ALBAHACA SPECTACLE MUSICAL - Le Poche

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ALBAHACA SPECTACLE MUSICAL - Le Poche

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Michele Millner

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ALBAHACA

SPECTACLE MUSICAL

10 > 31 DÉCEMBRE 2010

Conception & mise en scène Michele Millner

Scénographie & lumière Aurélien Gattegno

Collaboration scénographie Miriam Kerchenbaum

Costumes Eva Heymann

Assistante à la mise en scène Naima Arlaud

Musique Sylvain Fournier, Yves Cerf,

Paco Chambi

Saxophones & kena Yves Cerf

Guitare & chant Paco Chambi

Percussions & chant Raúl Esmerode

Cuisine & chant Montse Sadurni

Chant & jeu Michele Millner

Jeanne Pasquier

Images disponibles, libres de droits

Michele Millner dans Albahaca / Photographie Augustin Rebetez


10 > 31 DÉCEMBRE 2010 ALBAHACA

FICHE D’IDENTITÉ DE L’ŒUVRE

ALBAHACA

Genre : Spectacle musical et culinaire

Auteur : Michele Millner

Objets d’étude : L’exil

La mémoire

Les parfums de l’enfance

Registre : Témoignages

Forme : Poésie

Chant et musique

Cuisine

Sujet : Albahaca, basilic en français est le roi des herbes du jardin au Chili.

On l’utilise dans tous les plats, de la plus humble sopa de porotos aux mets

les plus raffinés. Ce qui nous accompagne tous à travers peines et joies,

amours et séparations, ce sont les parfums de notre enfance, raconte Michele

Millner. C’est à une création très personnelle et en partie autobiographique

qu’elle nous convie, à partir de ses propres textes et ceux d’autres femmes

chiliennes de sa génération. Autour de la mémoire, ces témoignages seront le

fil rouge d’un spectacle musical inspiré par les poèmes de Pablo Neruda et de

Gabriela Mistral, ainsi que les chansons de Victor Jara.

Car comment alléger le chagrin de l’exil, si ce n’est en chantant, autour d’un

bon repas

Création : Première au Théâtre Le Poche en décembre 2010

Durée du spectacle : environ 1h15


10 > 31 DÉCEMBRE 2010 ALBAHACA

LES PARFUMS DE NOTRE ENFANCE

Tout au long de notre vie, les parfums et les goûts de notre enfance sont présents

dans notre mémoire.

Combien de fois est-on surpris par des souvenirs enfouis au plus profond de nous.

Nos souvenirs nous guettent patiemment et, au moment le plus inattendu ils

surgissent, parfois délicatement comme l’odeur des mains de ma grand-mère,

parfois violemment comme ma petite sœur cachée sous le lit qui attend pour me

faire peur.

Basilic. Albahaca. Un nom espagnol avec ses airs et sa sonorité arabes que j’adorais

dans mon enfance chilienne. Là-bas, cet arôme se retrouvait dans tous les mets.

À dix ans, j’ai dû quitter le Chili. À notre arrivée en Australie, au début des années

septante, nous ne trouvions pas de basilic. Cela n’existait pas dans la nourriture

anglo-saxonne.

Un jour beaucoup plus tard, dans le quartier italien de Sydney, j’ai tout d’un coup

senti une odeur que je connaissais, mais je ne savais plus d’où et je me suis mise à

chercher.

Je me suis approchée d’un jardin et un vieux monsieur m’a ouvert la porte de son

potager. Les tomates étaient magnifiques mais ce n’était pas elles qui m’avaient fait

pleurer, ni les oignons de printemps qui se trouvaient juste à côté. Il m’a tendu la

main et j’ai senti l’odeur. « Basilico » m’a-t-il dit et j’ai senti sur ses doigts un des

plus purs parfums de mon enfance.

Michele Millner


10 > 31 DÉCEMBRE 2010 ALBAHACA

ODE AU GOÛT

entretien avec Michele Millner réalisé par Katia Gandolfi

Albahaca agit à la fois sur notre palais et sur notre mémoire. Un voyage, haut en saveurs et

odeurs, qui nous plonge dans le souvenir. Souvenir de l’exil, souvenir de l’abandon de sa

culture, mais aussi de sa réappropriation à travers la musique, la poésie et la nourriture.

Comment est né ce projet ?

L’idée de base de Albahaca est la cuisine comme expression symbolique de rencontre,

partage, discussion, communion. Au Chili, comme dans diverses autres réalités culturelles,

les réunions familiales, sociales, amicales ou politiques se font autour d’un plat.

J’avais envie de transposer ce moment crucial dans cette création. J’ai donc imaginé de

convier, à la fin de la représentation, les spectateurs à partager le repas afin d’échanger les

impressions, les goûts ou encore les recettes. Le plateau devient alors un lieu de dialogue.

Car pour moi, le théâtre se fait avec les autres, il ne s’achève pas à la tombée du rideau, il se

prolonge, il s’infiltre en quelque sorte dans les interstices de la vie.

De même que chez Proust1 , la nourriture agit comme déclencheur de souvenirs ?

En menant ce travail sur la cuisine, les saveurs et odeurs de mon enfance ont ressurgi et

avec elles mes souvenirs que j’ai ensuite voulu retranscrire. Toute une époque également

s’est réveillée, celle de l’histoire chilienne avant le coup d’État de 1973. Une époque

d’euphorie et d’espérance.

Une composante essentielle d’« Albahaca » est la musique, quel rôle joue-t-elle dans vos

créations… un substitut de la parole ?

La musique a jalonné mon parcours professionnel et personnel, dès le début elle a été partie

intégrante de mes créations. Après une formation de chanteuse lyrique en Australie, j’ai suivi

les cours de théâtre de Jacques Lecoq à Paris. Suite à diverses expériences musicothéâtrales,

notamment l’adaptation de Las Décimas de Violeta Parra, j’ai décidé de

poursuivre cette recherche avec mes compagnons de longue date, Yves Cerf, Sylvain

Fournier et Paco Chambi, qui cette fois-ci ont composé la musique du spectacle.

Parfois les mots ne suffisent plus. La musique prend le relais et fait office de médium dans

la transposition de nos sentiments et des émotions. Rage ou désespoir, amour et

mélancolie, horreur ou beauté : pour chacun une note différente.

À la mort de Salvador Allende et après l’instauration de la dictature, on ne pouvait plus

parler, les sons ont alors remplacé les mots.

La musique non seulement véhicule des idées, mais elle permet également une communion.

Elle joue le même rôle que la maizena dans la cuisine, elle lie les histoires entre elles.

1 Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, Pléiade, p. 46

« Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche

matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans

sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite

madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis,

sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres

plus récents; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés depuis si longtemps hors de la mémoire, rien ne

survivait, tout s’était désagrégé; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel

sous son plissage sévère et dévot - s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur

eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des autres, après

la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles,

l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de

tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »


10 > 31 DÉCEMBRE 2010 ALBAHACA

La poésie comme moyen de transmission…

La musique du spectacle est inspirée par mes propres poèmes et par deux écrivains majeurs

de la tradition littéraire chilienne, Pablo Neruda et Gabriela Mistral. Au Chili, comme partout

en Amérique latine, la poésie, comme le chant, sont des formes d’expression très

populaires. À l’image des dizains de Violeta Parra, j’ai voulu recueillir quelques éléments

autobiographiques sous forme de vers chantés. La transmission orale peut se révéler

fondamentale car sa cadence, son rythme, sa texture dans sa forme poétique ou musicale,

évoque des images, suggère des sensations et divulgue des histoires qui dépassent parfois

l’écrit. Et surtout, elle reste vivante, car elle est toujours en mouvement et en devenir.

Les souvenirs, le retour au passé, sorte d’exorcisation de l’exil ?

Mon objectif n’est pas d’exorciser le passé, mais au contraire d’apprendre à l’intégrer et à

évoluer avec toutes ses contradictions.

Je voulais partir du petit, un souvenir, un petit fragment du passé, pour embrasser une sorte

d’universalité. L’exil, l’émigration, une réalité vécue par de nombreuses personnes, en

Suisse comme ailleurs.

Dans ce sens, il ne s’agit pas d’un spectacle passéiste car il est éminemment rattaché aux

problèmes actuels liés à l’émigration : le déracinement, l’exclusion, la multiculturalité, la

langue. D’ailleurs, le choix d’une représentation bilingue n’est pas anodin. Un dépaysement

s’effectue à travers la langue et met le spectateur dans la situation de l’émigré. Le but

n’étant pas celui de l’exclure, mais au contraire de l’accompagner, à travers la musique, et

de lui transmettre le sentiment complexe de double appartenance culturelle.

Mon intention est de créer un spectacle qui pose des questions, qui ouvre des petites

brèches dans nos mémoires et provoque des sensations diverses. Ce que j’ai vécu lors de

mon enfance au Chili, cette effervescence et cette attente impatiente de changements,

chacun peut l’imaginer, particulièrement à une époque d’instabilité économique, sociale et

politique comme celle d’aujourd’hui.

Dans un monde qui se déshumanise, il devient de plus en plus difficile de transmettre sa

propre histoire et d’écouter celle des autres.


10 > 31 DÉCEMBRE 2010 ALBAHACA

POÉSIE

Odes élémentaires, Pablo Neruda, Gallimard, 1974

Ode à la tomate

La rue

s'est remplie de tomates

midi,

été,

la lumière

se coupe

en deux moitiés

de tomate,

dans les rues

le jus coule.

En décembre

la tomate

se déchaîne,

envahit les cuisines,

s'introduit dans les repas,

s'assied

calmement

sur les buffets, parmi les verres,

les beurriers,

les salières bleues.

Elle a

une lumière propre,

une majesté bénigne.

Nous devons, par malheur,

l'assassiner :

le couteau

plonge

dans sa pulpe vivante,

c'est un rouge

viscère,

un soleil

frais,

profond,

inépuisable,

elle emplit les salades

du Chili,

elle se marie allègrement

avec le clair oignon

et pour fêter ça

on laisse

tomber

l'huile,

fille

essentielle de l'olivier,

sur ses hémisphères entrouverts,

le poivre

ajoute

son encens,


10 > 31 DÉCEMBRE 2010 ALBAHACA

le sel son magnétisme :

ce sont les noces

du jour,

le persil

plante

ses banderoles,

les patates

bouillent vigoureusement,

le rôti

frappe

de son arôme à la porte,

c'est le moment,

allons !

Et sur

la table, à la ceinture

de l'été,

la tomate,

astre de terre,

étoile

répétée

et féconde,

nous montre ses circonvolutions,

ses canaux,

l'insigne plénitude

et l'abondance

sans noyau,

sans cuirasse,

sans écailles ni arêtes,

nous livre

le régal

de sa chaleur fougueuse

et la totalité de sa fraîcheur.


10 > 31 DÉCEMBRE 2010 ALBAHACA

ÉTAPE DE RECHERCHE

croquis réalisés par Miriam Kerchenbaum


10 > 31 DÉCEMBRE 2010 ALBAHACA


10 > 31 DÉCEMBRE 2010 ALBAHACA

MICHELE MILLNER

PACO CHAMBI

YVES CERF

Chilienne d’origine, Michele Millner émigre avec ses

parents en Australie à l’âge de dix ans. Elle étudie le

chant lyrique au Conservatoire de Sydney avant de suivre

les cours de théâtre de Jacques Lecoq à Paris. Dès 1990,

elle s’installe à Genève où elle fonde avec Patrick Mohr le

Théâtre Spirale. Parmi ses spectacles récents : Great

Expectations avec le Théâtre Kayonan à la Grange de

Dorigny, Janis ! avec la Fanfare du Loup au Théâtre de

l’Alhambra et Las Decimas de Violeta Parra à La

Parfumerie, puis en tournée à Paris, en Sicile et au Tessin.

Né à Lima, Paco Chambi commence la guitare au

conservatoire de sa ville natale à onze ans et trois ans

plus tard il enregistre son premier disque. Il vit depuis

1985 en Suisse, où après des études universitaires, il se

consacre entièrement à la musique et suit l’enseignement

du guitariste Paco Carbonel au Conservatoire Populaire de

Musique de Genève. Interprète tant de musique classique

que de musique populaire péruvienne, créole et andine, il

enseigne la guitare et travaille avec plusieurs formations

de musique latino-américaine telles que Santa Raices et

Flor y Canto.

Originaire de Suisse, Yves Cerf compose aussi bien des

musiques pour le cinéma, que pour le théâtre, comme

dernièrement Louves en collaboration avec le Théâtre

Spirale ou encore Great Expectations pour le Théâtre

Kayonan. Formé à l’école de jazz le CIM à Paris, il reçoit

jeune le Prix de composition de la Sacem. Il se passionne

très tôt pour la musique folklorique andine et outre son

activité de compositeur, il se produit régulièrement, en

groupe ou en solo, avec son saxophone et sa kena. Après

avoir sorti plusieurs disques, en 2009 il crée le Label

Zabirrr. Depuis vingt ans, il compose et joue pour la

Fanfareduloup Orchestra.


10 > 31 DÉCEMBRE 2010 ALBAHACA

RAÚL ESMERODE

JEANNE PASQUIER

MONTSE SADURNI

Né en en 1955 à Buenos Aires, Raúl Esmerode étudie la

batterie et la percussion dans sa ville natale. Il arrive à

Genève en 1974, où il se forme à la musique auprès de

Pierre Metral au conservatoire. En tant que batteur et

percussionniste, il collabore avec divers orchestres, dont

l’Orchestre de la Suisse Romande et la Fanfareduloup

Orchestra. Il est à l’origine des trios Geste Clair et Ailes

Fines. Parallèlement à ses prestations scéniques, il

enseigne au Conservatoire Populaire de Musique de

Genève et au Conservatoire Cantonal de Musique de Sion.

Grandie à Genève dans une famille très ouverte aux

disciplines artistiques, Jeanne Pasquier commence sa

formation de comédienne à l’âge de huit ans aux ateliers

du Théâtre Spirale. Après dix ans d’apprentissage auprès

de Michele Millner et Patrick Mohr, avec lesquels elle

collabore régulièrement, elle fréquente l’ École

Internationale de Théâtre LASSAAD à Bruxelles.

Fraîchement sortie, elle se lance dans une carrière

professionnelle de comédienne tout en se perfectionnant

au jeu de la clarinette.

En 1970, Montse Sadurni voit le jour près de Barcelone.

Polyglotte et grande voyageuse, elle participe à divers

projets humanitaires. Arrivée en Suisse en 1995, elle

s’adonne en autodidacte à ses deux passions : la cuisine et

le chant. En tant que cuisinière, elle travaille notamment à

la Buvette des Bains des Pâquis, avec laquelle elle

collabore depuis dix ans. Parallèlement, elle chante dans

plusieurs orchestres de musique latino et suit des cours

de chant auprès d’Hélène Corini et Ondina Duany. Elle fait

partie, en tant que choriste, du collectif de musique afrocubaine

Wemilere.

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