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Dieu conduit malgré tout - Un poisson dans le net

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Ruth,

Dieu conduit malgré tout

crédit photo : YanivG en CC BY-NC-SA, à http://www.flickr.com/photos/yanivg/630747675/

Une série de prédications de Florent Varak


Livre de Ruth Ruth 1 Page 1/7

La main de Dieu au temps des larmes – Ruth 1

Introduction

Douleurs et providence

Il y a des moments où la vie nous malmène.

� Je pense à un couple d’amis, de quelques années plus jeunes – elle est entre la vie et la

mort suite à une tumeur du cerveau.

Un collègue termine ses études de doctorat en théologie en Angleterre. Il prend 1 mois de

vacances à Paris – et sa fille vient de se faire opérer du cerveau…

� Sans parler des divorces, des pertes d’emploi, de la solitude… Des souffrances dans les

couples, dans le célibat prolongé ou avec des enfants qui dérapent…

Surgit inévitablement la plus naturelle des questions : Pourquoi ? Où est Dieu dans tout cela ?

Le thème du livre de Ruth, c’est que Dieu est souverain et qu’il conduit les évènements, en

dépit de nos erreurs. Et c’est un Dieu bon, même si on ne le voit pas toujours.

Lecture : Ruth 1

Les larmes quand on fuit les problèmes (1.1-5)

« 1 Au temps du gouvernement des juges, il y eut une famine dans le pays. Un homme de

Bethléhem de Juda partit, avec sa femme et ses deux fils, pour séjourner dans la campagne de

Moab. 2 Le nom de cet homme était Élimélek, le nom de sa femme Noémi et le nom de ses

deux fils Mahlôn et Kilyôn ; (ils étaient) Éphratiens, de Bethléhem de Juda. Ils arrivèrent dans la

campagne de Moab et ils y vécurent. 3 Puis Élimélek, mari de Noémi, mourut, et elle resta avec

ses deux fils. 4 Ils épousèrent des femmes moabites. Le nom de la première était Orpa et le

nom de la seconde Ruth. Ils habitèrent là environ dix ans. 5 Mahlôn et Kilyôn moururent aussi

tous les deux, et la femme resta, privée de ses deux enfants et de son mari. »

Nous sommes au temps des Juges –C’est la pire période de l’Ancien Testament–

l’ambiance est décrite dans les versets suivants :

� … et il s’éleva après elle une autre génération, qui ne connaissait pas l’Éternel, ni l’œuvre

qu’il avait accomplie pour Israël (Juges 2.10)

� Les Israélites firent ce qui est mal aux yeux de l’Éternel, ils oublièrent l’Éternel, leur Dieu, et

rendirent un culte aux Baals et aux Achéras (3.7)

� En ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon

(17.6)

Le livre des Juges devrait être censuré pour les moins de 16 ans... Ce récit terrible montre à

quel point l’homme qui se détourne de Dieu se délabre et il se termine avec la terrible histoire

d’un viol collectif qui engendre la mort…

Il y eut une famine en ce temps-là : La famine en Israël est souvent un jugement dans l’Ancien

Testament (Lév 26.18-20 ; Deut 28.15, 23-24) mais dans le contexte particulier des relations

entre Israël et son Dieu, et non dans le contexte actuel ; d’autant qu’à 50km de là, à Moab, ce

n’était pas le cas.

Un homme de Bethlehem : Le rôle d’un homme est de pourvoir financièrement et

spirituellement aux besoins des siens. Alors, que faire lorsqu’on est à Bethlehem (littt. La

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maison du Pain) et qu’il n’y a plus de pain ?

Deux options sont possibles :

� Faire corps avec le peuple, conduire à la repentance ceux et celles qui les entourent …

Rester fidèle à l’alliance et s’appuyer sur les promesses de Dieu

� Fuir. Fuir le problème. Rejeter la terre promise – une manière de faire un pied de nez à

Dieu

Le choix de cet homme est d’aller chez des peuples infidèles, à Moab. Moab est né de la

relation incestueuse de Lot avec sa fille. Rappelez-vous : Dieu détruit Sodome & Gomorrhe, Lot

fuit avec sa femme et ses filles – sa femme meurt en regardant avec envie les trésors qu’elle

laisse derrière elle. Elle est transformée en statue de sel… Les filles de Lot lui font boire du

vin… couchent avec leur père… Ainsi naît Moab.

Les Moabites deviennent une civilisation solide (fondée sur l’agriculture) mais opposée à Israël.

Ils adorent Kamosh et pratiquent le sacrifice humain, notamment le sacrifice d’enfant (cf. 2 Rois

3.27).

Se rendre chez les Moabites… c’est choisir la direction opposée à Dieu

Le devoir d’un homme est de prendre soin de sa famille, d’assurer sa protection et de la garder

des mauvaises influences. Cet homme s’appelait Elimelek – c'est-à-dire « Dieu est mon roi »,

ce n’est pas une réalité dans sa vie ! Il n’a pas confiance dans les soins de Dieu

Il prend donc sa famille et l’installe dans l’une des pires régions – en termes d’influence

spirituelle – du moment. Et les premiers concernés vont être ses enfants.

Sa femme s’appelle Noémi qui veut dire « ma gracieuse » ou ma belle, ma mignonne, ou mon

petit gâteau sucré, ma glace à la vanille !

Ses fils s’appellent Mahlôn (c'est-à-dire maladif) et Kilyôn (perte). Il est étonnant de donner de

pareils prénoms. Cela rappelle ce que l’on m’a rapporté de la façon directe de présenter les

personnes par leurs caractéristiques physiques en Thaïlande : le grand, la grosse !

Et la tragédie frappe : le mari de Noémie meurt. Des années plus tard, ses enfants épousent

des femmes Moabites. Rien d’étonnant puisque le choix de leur père les a placés dans ce pays,

où ils ne pouvaient rencontrer que des Moabites.

10 ans plus tard ses deux fils meurent.

Pouvez-vous imaginer plus douloureux ? 3 funérailles en 10 à 20 ans, et elle se retrouve

seule… L’hébreu relève la solitude que connaît Noémi.

Voilà une femme marquée par les larmes. La mignonne qu’elle était a connu la famine, la

séparation d’avec sa famille, ses amis croyants, l’apprentissage d’une vie à l’étranger, le

veuvage et la perte de ses enfants

Divorce ? Veuvage ? Perte du boulot ? Où est Dieu dans tout ça ?

Les réponses sont diverses dans les épreuves, on peut :

� Subir… mais cela génère une immense tristesse

� Fuir… mais cela génère de plus gros problèmes. C’est ce que fait Elimélek.

� Les renverser d’une certaine manière, laisser Dieu nous sculpter par les épreuves, c'est-àdire

faire d’eux des serviteurs d’un but supérieur.

Fondamentalement, Elimelek et Noémi n’ont pas eu confiance et ont décidé de prendre les

choses en main, au mépris de la Loi de Dieu. Ils n’ont vu les conséquences de leurs actes que

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plusieurs années plus tard.

Cela rappelle Abraham. Dieu lui avait promis un enfant, et ne voyant rien venir à un âge

canonique, il décide de prendre les choses en main, et de faire un enfant avec la servante de

sa femme pour générer par lui-même l’accomplissement de la promesse.

Je pense également aux espions que Moïse envoya pour explorer la terre promise… Lorsqu’ils

reviennent, ils déclarent qu’il n’y a aucun espoir: Il y a des géants – fuyons !

Le problème, bien sûr, c’est que nos décisions passées nous poursuivent. C’est ce problème

auquel maintenant Noémi doit faire face.

Les larmes quand on cache ses fautes (1.6-18)

« 6 Alors elle se leva, elle et ses belles-filles, et s’en revint de la campagne de Moab, car elle

avait appris dans la campagne de Moab que l’Éternel était intervenu en faveur de son peuple

en lui donnant du pain. 7 Elle sortit du lieu où elle vivait, ses deux belles-filles avec elle, et elles

se mirent en route pour retourner au pays de Juda. 8 Noémi dit alors à ses deux belles-filles :

Allez, retournez chacune à la maison de sa mère ! Que l’Éternel use de bienveillance avec

vous, comme vous l’avez fait envers ceux qui sont morts et envers moi. 9 Que l’Éternel vous

donne à chacune de trouver du repos dans la maison d’un mari ! Elle les embrassa. Elles se

mirent à sangloter ; »

Imaginez. Vous êtes juive. C'est-à-dire au bénéfice de l’alliance d’Abraham. Vous retournez

vers Dieu, le Dieu d’Israël. Le seul et unique Dieu…et vos 2 belles filles, qui sont moabites,

partent avec vous… Que dites-vous ? « Alléluia ! » et non pas « rentrez chez vous ! » Où est le

message de Jean 3.16 dans l’attitude de Noémi ?

Noémi aime ses belles-filles. Comme quoi, il y a de belles histoires de belles-mères ! Je

suppose que certains d’entre vous le vivent. L’époux ou l’épouse de vos enfants vous sont si

précieux, si chers, que vous avez pour eux un souci de bienveillance, d’amour – comme pour

votre propre enfant !

Mais le discours de Noémie est le suivant : allez vous marier, vous êtes jeunes… un avenir

d’amour est encore possible pour vous…

Pourquoi est-elle si insistante ?

….Parce que ses fils n’auraient jamais dû épouser des moabites.

Les conjoints partagent une même foi. C’était le cas du temps de l’Ancien Testament : la Loi

de Moïse interdisait formellement aux Israélites d’épouser des païennes (Ex 34:15-16 ; De 7:3-

4), car les non-croyants pouvaient conduire à l’idolâtrie et à l’immoralité, ce que l’histoire

d’Israël démontre à maintes reprises (Jug 3:6 ; 1 Rois 11:1-2 ; Esd 9:1-2; 10:2-3). Cette loi est

reprise dans le N.T. (1 Cor. 9.5 mentionne « une sœur » ou encore 1 Cor. 7.39 précise qu’une

veuve peut se marier, seulement, que ce soit « dans le Seigneur » ; cf. également 2 Cor. 6.14-

7.1).

La Bible interdit aux Juifs de se marier avec des femmes moabites (Dt 7.1-11). Dieu dit « Moab

est le bassin où je me lave » (Ps 60.10).

NB. : L’unité d’un couple est déjà difficile à réaliser. Partager la même foi c’est porter un regard

concerté sur l’éducation des enfants, la participation à la vie de l’église, une certaine moralité,

etc. Cette loi est à comprendre dans le sens d’une aide à l’unité, plutôt que d’une intolérance

religieuse !

Les moabites adorent Kamosh et leur culte comprend des sacrifices humains. Imaginez, vous

êtes mariée à un moabite, et le jour de la fête nationale, votre époux revient tout sourire « au

fait, j’ai brûlé notre fils Marcel en l’honneur de Kamosh – les récoltes devraient être bonnes

cette année… y a quoi à la télé ce soir ?! »

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Si Noémi ne veut pas que ses filles viennent avec elle, c’est peut-être pour masquer combien

elle a multiplié les erreurs spirituelles. Elle aurait été forcé d’admettre, non seulement que son

mari et elle avaient été infidèles à la volonté de Dieu, mais que ses fils aussi.

Revenir avec ses belles-filles, moabites, c’était la preuve vivante de sa désobéissance. C’était

revenir coupable et avec le sentiment effroyable d’avoir subi un terrible jugement…

“Celui qui dissimule ses fautes ne réussit pas. Mais celui qui les confesse et les délaisse trouve

de la compassion.” (Pr 28:13)

Lisons ces dialogues. Ce petit livre comporte beaucoup de dialogues – normal, les femmes en

sont les actrices principales (!) - qui colorent pour nous la personnalité de ces personnes.

« 10 et elles lui dirent : (Non), nous irons avec toi vers ton peuple. 11 Noémi dit : Retournez,

mes filles ! Pourquoi viendriez-vous avec moi ? Ai-je encore dans mon sein des fils qui puissent

devenir vos maris ? 12 Retournez, mes filles, allez ! car je suis trop vieille pour appartenir à un

homme et quand je dirais : Il y a de l’espoir pour moi, quand cette nuit j’appartiendrais à un

homme et que je mette des fils au monde, 13 attendriez-vous pour cela qu’ils aient grandi,

refuseriez-vous pour cela d’appartenir à un homme ? Non, mes filles ! car mon sort est plus

amer que le vôtre, et la main de l’Éternel s’est abattue sur moi. »

La remarque de Noémi s’inspire d’une loi qui permettait de faire vivre la descendance et

l’héritage d’un fils décédé. Le frère devait alors épouser la veuve du défunt pour éviter la

disparition de la famille

“5 Lorsque des frères habiteront ensemble, si l’un d’entre eux meurt sans laisser de fils, la

femme du défunt ne se mariera pas au dehors avec un étranger, mais son beau-frère ira vers

elle, la prendra pour femme et l’épousera comme beau-frère. 6 Le premier-né qu’elle enfantera

portera le nom du frère défunt, afin que ce nom ne soit pas effacé d’Israël.” (De 25:5-6)

Manifestement, même s’il elle se remariait, il faudrait encore une bonne vingtaine d’années…

Et même dans ce cas, il y a peu de probabilité que cela soit très satisfaisant comme

perspective.

Et puis, regardez comment Noémi se décrit : « mon sort est plus amer que le vôtre » - qui

voudrait vivre avec une vieille femme amère ?!!! Noémi est au fond du trou et elle capitule. Elle

a juste envie de revenir à Bethlehem… là où sont les siens, là où est son Dieu

« 14 Elles sanglotèrent encore. Orpa embrassa sa belle-mère, mais Ruth s’attacha à elle. 15

Noémi dit alors : Voici que ta belle-sœur est retournée à son peuple et à ses dieux ; retourne à

la suite de ta belle-sœur. 16 Ruth dit : Ne me pousse pas à te quitter, à me détourner de tes

pas ! Où tu iras, j’irai ; où tu demeureras, je demeurerai, ton peuple est mon peuple, et ton Dieu

est mon Dieu, 17 où tu mourras, je mourrai et j’y serai ensevelie. Que l’Éternel me fasse ceci et

qu’il ajoute cela si ce n’est pas la mort qui me sépare de toi. 18 (Noémi), la voyant résolue à

aller avec elle, cessa de lui parler. »

L’insistance de Noémi pour que ses belles-filles retournent à leurs faux dieux est incroyable !

Mais c’est là que l’on découvre le caractère de Ruth. Elle prononce l’une des plus belles

confessions de foi de toute l’Ecriture.

� Elle affirme son attachement à sa belle mère

� Elle affirme son attachement au peuple de l’alliance

� Et surtout elle affirme son attachement au Dieu d’Israël.

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Elle est absolue dans sa foi : Deut 23.3 interdisait la présence de moabites dans l’assemblée

juive pour toujours. Mais sa foi en Dieu – sa conversion au Dieu d’Israël – surpasse cette loi.

La suite de l’histoire ? Elle devient membre de la lignée de David, et membre de la lignée de

Jésus, citée dans la généalogie de Matthieu.

Dieu est un Dieu de grâce. Dans la généalogie de Jésus, 4 femmes sont mentionnées, dont on

peut questionner la valeur morale :

� Tamar, qui a commis l’inceste avec son beau-père (Gen 38.3)

� Rahab, qui était une prostituée païenne

� Ruth, une femme étrangère, issue d’un peuple idolâtre

� Bathscheba, adultère avec David

Qu’est-ce que cela nous dit ? … que Dieu est un Dieu de grâce

C’est lui le héros de la Bible, qui donne une nouvelle espérance.

C’est lui qui agit par l’intermédiaire des hommes et des femmes indignes que nous sommes.

C’est également lui qui renverse, avec grâce, les situations dans lesquelles nous tombons…

Bien aimés, Dieu est capable d’utiliser nos fautes, nos erreurs, nos manquements, nos

tragédies et de les transformer. C’est toute l’histoire de Ruth. C’est un livre où transpire la

providence de Dieu. Il règne, et conduira même au travers des actes mauvais des hommes et

des femmes qui nous entourent. Cela ne veut pas dire que tout ce qui a lieu est ce qu’il veut – il

ne veut pas le péché, le viol, l’avortement, l’immoralité sexuelle, la colère, le jugement, la

calomnie, etc. Mais il sait même utiliser ceci pour un objectif bienveillant, futur…

Les larmes quand on accuse Dieu (1.19-22)

19 Elles marchèrent toutes deux jusqu’à leur entrée à Bethléhem. Lorsqu’elles entrèrent à

Bethléhem, toute la ville fut étonnée à leur sujet et (les femmes) disaient : Est-ce là Noémi ? 20

Elle leur dit : Ne m’appelez pas Noémi ; appelez-moi Mara, car le Tout-Puissant m’a rendu (la

vie) bien amère ! 21 Comblée j’étais partie ; vide l’Éternel me ramène. Pourquoi m’appelez-vous

Noémi ? L’Éternel a témoigné contre moi, le Tout-Puissant m’a fait du mal. 22 Ainsi revint

Noémi, et avec elle sa belle-fille, Ruth la Moabite qui revenait de la campagne de Moab. Elles

arrivèrent à Bethléhem au début de la moisson des orges.

Déjà auparavant on voit la perspective de Noémi « et la main de l’Éternel s’est abattue sur

moi. »

Elle arrive dans son village natal… « Est-ce là Noémi ? » Elle est méconnaissable : Elle qui

était plaisante, mignonne, belle à croquer… elle a vieilli au-delà de son âge. Et regardez

l’attitude qui est sienne :

Ne m’appelez pas mignonne, appelez-moi : Amère.

Appelez-moi, vieille bique, gourde à vinaigre, acide sulfurique – assiette de bile ou

simplement… amertume !

Et bien entendu, le coupable, c’est Dieu. Le Tout Puissant (celui donc qui aurait pu mieux faire)

m’a rendu la vie bien amère…

� Bien sûr il ne faut pas lui rappeler que c’est elle et son mari qui sont partis de Bethlehem

� Bien sûr il ne faut pas lui rappeler que ses fils n’ont pas pris de très bonnes décisions…

« Comblée j’étais partie ; vide l’Éternel me ramène. Pourquoi m’appelez-vous Noémi ? L’Éternel

a témoigné contre moi, le Tout-Puissant m’a fait du mal. »

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Livre de Ruth Ruth 1 Page 6/7

Quel discours à l’arrivée dans sa ville d’origine quelques 10 à 20 ans après son départ !

J’aime bien cette honnêteté brutale de Noémi.

� Certains chrétiens ronchonnent dans leurs cœurs sans jamais en parler à d’autres.

� Certains chrétiens souffrent d’énormes pertes dans leur cœur et ne savent pas les gérer.

� Certains chrétiens accusent Dieu de leur avoir donné une vie pourrie, et n’osent pas parler

de leur déception.

Par cette formule « choc » elle appelle à l’aide. Aidez-moi ! Je reviens à Bethlehem et j’ai

besoin d’aide pour revenir au Dieu de Bethlehem…

Un collègue rapportait qu’il rendait visite à un couple dont le fils venait de mourir. Le père a

demandé à le voir en privé. Tout sanglotant il lui a dit : « je sais pourquoi mon fils est mort, c’est

à cause de mon péché… » La réponse a été claire « en fait, un autre fils est déjà mort pour

votre péché… vous n’avez pas besoin d’imaginer là un jugement de Dieu… »

Qu’auriez-vous dit à Noémi ?

� La première chose à dire… c’est de ne rien dire ! C’est de prendre dans les bras, et de

consoler. Une personne qui souffre a besoin de réconfort. Pas de discours.

� Mais avec le temps, avec sensibilité, il faudrait reprendre quelques vérités :

� La vie, même simple, même difficile, est trésor. Vivre est déjà un miracle

� La présence de sa belle-fille est un trésor. Elle ne revient pas vide – mais accompagnée !

� La présence de ses amies à son arrivée est un trésor. Elle ne revient pas dans une ville

fantôme, mais à des racines qui l’ont reconnue.

� Les opportunités qui s’ouvrent maintenant à elle… de servir une communauté. Elle ne sait

pas encore à quel point les choses vont bien tourner pour elles.

Mais c’est tout de même beaucoup à supporter pour nous, non ?

Le fardeau est difficile parfois. Mais l’histoire finale est glorieuse, n’est-ce pas ?

Il n’y a rien d’éternel que le diable et le monde puissent nous prendre. Nos habitations, nos

véhicules – et même notre corps – sont tous temporaires. La gloire à venir pour ceux qui

s’attendent à Lui est supérieure à tout ce que nous pouvons imaginer.

Conclusion

Un pasteur a dit : « la vie chrétienne victorieuse est une série de nouveaux commencements ».

C’est entre le pessimisme et l’optimisme – en tout cas réaliste !

Est-ce que Dieu peut encore vous surprendre ?

Je pense à Jacob qui croyait son fils Joseph mort depuis longtemps et qui restait prostré… mort

dans son cœur… Endeuillé à jamais. Quand il réalise soudain qu’il est vivant, ses derniers jours

deviennent joyeux … et malheureusement il a perdu des années dans une émotion qui n’était

pas le reflet de la réalité.

Est-ce que Dieu peut encore vous surprendre ?

Un divorce est passé… ou un deuil… ou une énorme déception…

Est-ce que Dieu peut encore vous surprendre ? Peut-il réorienter votre route ?

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Livre de Ruth Ruth 2 Page 1/11

La main de Dieu au temps des rencontres (Ruth 2)

Introduction

Les relations people

Hier, j’ai pris 10 minutes pour accroître ma culture des people. Saviez-vous que, selon

purepeople.com ::

� La princesse Charlène est une sirène divine et passionnée auprès d’Albert de Monaco ?

� Brad Pitt a provoqué une émeute à son arrivée en Ecosse. Mais il est toujours avec

Angelina...

� Gwyneth Paltrow, Chris Martin et leurs enfants ont été vus ensemble... Incroyable !

� Reese Witherspoon et Jim Toth prennent leurs vacances à Hawaï…

� Je crois avoir lu que la belle Julia Roberts est avec quelqu’un… d’autre. Mais je ne me

souviens plus qui.

� Marc Anthony harcèlerait Jennifer Lopez

� Kate Walsh a un nouveau petit ami.

� La nouvelle compagne de George Clooney, l’ancienne catcheuse Stacy Keibler, aurait le

béguin pour Brad Pitt.

� Dites-moi …. Dites-moi… Où cela s’arrêtera-t-il ?

Pas étonnant qu’il y ait des problèmes dans les couples aujourd’hui ! Ce sont ces mêmes

personnes qui illustrent par leur vie et leurs scénarios ce à quoi devrait ressembler la famille ou

le couple qui nous fait rêver.

Pas de cours people aujourd’hui ! Nous poursuivons la série sur Ruth… Ce livre nous raconte

ce matin comment Dieu a surpris cette femme, ouvrant la porte à l’une des plus belles histoires

de tendresse de toute la Bible. Ce livre est comme un rayon de soleil au cours d’une période

particulièrement sombre de l’histoire d’Israël, un récit riche en leçons humaines et théologiques.

Comme un certain nombre d’entre aviez l’outrecuidance (!) d’être en vacances la semaine

dernière, je vais faire pour le même prix, un petit résumé.

L’histoire a lieu au temps des Juges – entre la période des rois et le temps de Moïse. La

génération de Moïse a vu les plus grands miracles de toute l’histoire de la Bible, période de

Jésus exceptée. Après la période de Moïse et Josué, l’ambiance est devenue particulièrement

sombre. Trois versets dans le livre des juges caractérisent cette période :

« Et il s’éleva après elle une autre génération qui ne connaissait pas l'Éternel ni l’œuvre

qu’il avait accompli pour Israël » ; c’est le danger qui guette chaque assemblée,

construite sur une première génération et qui a pour défi de transmettre à la génération

suivante la même passion pour Christ.

« Les Israélites firent ce qui est mal aux yeux de l'Éternel ; ils oublièrent l'Éternel leur

Dieu et rendirent un culte aux Baals et aux Achéra ». Ils se sont détournés du Dieu qui

les avait conduit de la maison de servitude à la terre promise pour s’adonner au culte

des idoles..

« En ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël, Chacun faisait ce qui lui semblait

bon.

L’histoire rapporte la situation d’un couple qui a pris de mauvaises décisions :

� Noémi et Elimélek fuient la famine et vont à Moab, chez les adorateurs de Kémosh,…

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Livre de Ruth Ruth 2 Page 2/11

� Mahlôn et Kilyôn, leurs fils, épousent des femmes moabites…

� Le père et les deux fils meurent, laissant 3 veuves dévastées par ces circonstances.

� Noémi rentre en Israël, et enjoint à ses belles filles de rester à Moab. Leur présence en

Israël témoignerait, en effet des multiples désobéissances de cette famille.

Et Ruth se convertit ! L’une des plus merveilleuses conversions de tout l’Ancien Testament : elle

n’a connu que des tragédies dans sa vie, elle rentre dans un pays où elle sera une émigrée des

plus méprisée – tout simplement parce qu’elle aime Dieu et qu’elle aime son peuple.

Ruth est un livre qui a plusieurs objectifs :

� Apporter un peu d’espérance dans un monde de brutes.

� Montrer que Dieu conduit les événements de ceux qui se confient en lui, même après

avoir pris des chemins qui n’étaient pas justes. Dieu est le héros rédempteur.

� Illustrer les soins rédempteurs de Dieu, ce qui sera développé plus tard.

� Préparer la descendance royale de David et la lignée messianique.

� Anticiper que le Dieu d’Israël serait adoré par toutes les nations. Pendant la période des

Juges, les Juifs faisaient n’importe quoi. Et voilà qu’une « outsider », une « goï », place sa

confiance en Dieu ! Noémi et Elimélek auraient dû faire confiance à Dieu - mais c’est Ruth,

la moabite, qui le fera…

Nous reprenons l’histoire au chapitre 2.

Noémi et Ruth sont rentrées de Moab.

� Noémi – qui veut dire « mignonne, jolie fille » / Babe ! – arrive complètement brisée

� « Ne m’appelez plus mignonne », dit-elle, mais « amère »

� Elles n’ont pas un sou. Elles n’ont pas bonne réputation. Elles sont vulnérables…

� Elles sont tout en bas de l’échelle sociale. Elles ne vivent pas, elles survivent…

Lecture : Ruth 2

Elle – la confiance (2.1-3)

« 1 Noémi avait un parent de son mari. C’était un homme puissant et riche de la famille

d’Élimélek et qui se nommait Booz.. 2 Ruth la Moabite dit à Noémi : Je vais aller aux champs

pour glaner des épis derrière celui dont j’obtiendrai la faveur. Elle lui dit : Va, ma fille. 3 Elle

partit et s’en vint glaner dans un champ derrière les moissonneurs. Il se trouva que la pièce de

terre appartenait à Booz qui était de la famille d’Élimélek. »

Le récit nous présente un autre personnage : Booz

� Son nom veut dire ‘en lui la force’.

� C’est un homme d’importance dans le petit village de Bethléhem. La Bible évoque le terme

de puissant pour décrire des gardes du corps, des hommes d’élite. C’était un peu une

armoire à glace ! Il est solide, c’est un sportif… Et il est riche. C’est vrai que ça fait un peu

« Ici Paris » !

� Mais ce qu’on découvre, c’est qu’il a le cœur d’un homme droit.

� C’est juste une introduction, mais l’attitude et lele qu’il jouera dans la suite est éminent.

Ruth nous est présentée ici et nous avons vu ses qualités. Mais notez comment elle est

introduite : elle est « la moabite ». L’expression est volontairement péjorative, comme on

pourrait l’entendre parfois de certains groupes ethniques dans des cercles peu

recommandables.

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Livre de Ruth Ruth 2 Page 3/11

� Le livre de Ruth veut vraiment nous montrer la transition que Dieu va accomplir.

� D’un côté le peuple Juif : Elimelek et Noémi, qui auraient dû adorer vivre selon Dieu mais

se sont vautrés dans l’immoralité.

� D’autre part, Ruth, qui est une femme étrangère aux promesses de l’alliance… Mais sa

conversion est l’une des plus belles de tout l’Ancien Testament.

� Noémi ne voulait pas que ses belles-filles viennent avec elle à Bethléem (pour éviter le

jugement des autres et porter le témoignage de sa défaite). Mais Ruth répond (1.16) « Ne

me pousse pas à te quitter, à me détourner de tes pas ! Où tu iras, j’irai ; où tu demeureras,

je demeurerai, ton peuple est mon peuple, et ton Dieu est mon Dieu, où tu mourras, je

mourrai et j’y serai ensevelie. »

� Elle adore le Dieu d’Israël. Elle aime le peuple de Dieu.

Ce n’est pas une femme oisive, et elle s’active pour organiser la survie de sa belle-mère et

d’elle-même. Elle décide donc d’aller glaner. Ce droit est décrit dans l’Ancien Testament :

� “9 Quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu laisseras un coin de ton champ sans le

moissonner et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner. 10 Tu ne cueilleras pas non

plus les grappes restées dans ta vigne, et tu ne ramasseras pas les grains qui en seront

tombés. Tu abandonneras cela au malheureux et à l’immigrant. Je suis l’Éternel, votre

Dieu.” (Lévitique 19:9-10)

� “Quand vous ferez la moisson de votre terre tu laisseras un coin de ton champ sans le

moissonner, et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner. Tu abandonneras cela au

malheureux et à l’immigrant. Je suis l’Éternel, votre Dieu.” (Lévitique 23:22)

� “19 Quand tu feras la moisson de ton champ et que tu auras oublié une gerbe dans le

champ, tu ne retourneras pas la prendre : elle sera pour l’immigrant, pour l’orphelin et pour

la veuve, afin que l’Éternel, ton Dieu, te bénisse dans toute l’œuvre de tes mains. 20

Quand tu secoueras tes oliviers, tu ne cueilleras pas ensuite ce qui reste ; ce sera pour

l’immigrant, pour l’orphelin et pour la veuve. 21 Quand tu vendangeras ta vigne, tu ne

grappilleras pas ensuite ce qui reste ; ce sera pour l’immigrant, pour l’orphelin et pour la

veuve. 22 Tu te souviendras que tu as été esclave dans le pays d’Égypte ; c’est pourquoi

je te donne cet ordre à mettre en pratique.” (Deutéronome 24:19-22)

La Loi de Moïse proposait un arsenal juridique pour donner une seconde chance aux individus

qui avaient tout perdu.

� Ils pouvaient devenir esclaves d’un patron (où ils avaient le logis, le couvert, et les congés

payés) pour un maximum de 6 années. Et la septième année, ils repartaient avec un petit

pécule qui leur permettait de redémarrer.

� Et pour ceux qui n’en étaient pas encore là, s’ils étaient courageux et volontaires, ils

pouvaient amasser des réserves pour eux-mêmes en glanant, c’est-à-dire en récupérant ce

qui était laissé pendant les vendanges ou les moissons…

� C’était vraiment un système généreux dans un monde sans chômage ni sécurité sociale.

Une manière de porter secours à ceux qui étaient sans terre.

Un peu comme si une loi obligeait en France les grandes surfaces à réserver quelques postes

de travail non qualifié, comme par exemple remplir les caddies des clients… et que ces

employés soient payés avec les denrées périmées du jour. Ce ne serait pas grand-chose, bien

sûr, mais ce serait la garantie d’avoir une activité et de pouvoir manger et nourrir sa famille.

Je ne sais pas comment Ruth sait que cette loi existe en Israël :

� L’histoire lui a sans doute été racontée par Noémie ? Pendant des années, elle a passé du

temps avec elle

� Elle a peut-être lu la Loi de Moïse et cela lui a fait admirer le Dieu d’Israël par opposition à

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Kemosh ?

Seulement voilà, lorsqu’on est une femme étrangère et que l’on veut glaner, ce n’est pas facile :

� Il n’y a pas de Googlemap ni de GPS, mais seulement des groupes qui moissonnent ici et

là.

� Il ne faut pas mal tomber. Il est facile de faire de mauvaises rencontres dans les champs,

surtout à cette époque et lorsqu’on est vulnérable, ce qui est le cas d’une émigrée sans

protection (cf. ambiance du temps des Juges…)

Elle tombe justement, par « hasard » (avec un grand « D »), sur le champ de Booz, dont la fin

de l’histoire dit qu’il a un droit de rachat… L’histoire nous présente un divin hasard : « il se

trouva que… »

� Je suis rentré des Etats-Unis après des études de business, et « il se trouva que » Lori, ma

future épouse, est arrivée en France le même mois pour servir dans cette église en tant

que missionnaire.

� Je ne sais pas comment les choses se font sinon qu’ « il se trouva que ». Et Dieu conduit

dans sa providence.

Prendre l’initiative – se lever pour glaner. Marcher avec confiance. Avoir confiance et marcher…

n’est-ce pas là la caractéristique d’une saine attitude ? Ruth avait confiance et elle prenait les

décisions de la confiance.

Messieurs, vous cherchez une femme ? Bien sûr vous voulez qu’elle soit belle à croquer, mais

vous voulez surtout voir si elle est comme Ruth :

Une femme solide dans sa foi au point de sacrifier ses relations passées pour vivre avec le

peuple de Dieu.

Une femme entreprenante pour résoudre les problèmes qui l’affligent. Qui prend des

décisions, qui agit. Une femme qui n’est pas seulement belle d’apparence mais également

du cœur.

Une femme spirituelle et engagée dans la vie spirituelle.

Lui – la générosité (2.4-16)

Et Booz entre en scène. Le « Big Boss » arrive. Il est riche, et il est puissant. Le bellâtre par

excellence, le prince charmant – mesdemoiselles ne vous évanouissez pas ! Il est depuis

longtemps mort et enterré ! Vous ne le retrouverez pas sur Facebook – et si vous le retrouviez,

il aurait tellement d’amis que son compte serait simplement devenu un compte de fans ☺.

Mais je vais vous dire une chose. Cherchez ses qualités. Pas toutes avec la même intensité –

ce serait Christ que vous trouveriez, et il est déjà marié. Il est marié (je devrais dire fiancé) avec

l’Église, l’ensemble des rachetés qui partageront sa vie.

Mais ce qui est magnifique chez Booz, ce n’est pas qu’il soit beau, grand, fort et riche, mais

c’est qu’il aime Dieu, qu’il est respectueux des pauvres, qu’il aime son prochain et qu’il vit dans

la justice… un homme remarquable !

Et messieurs du groupe de jeunes, voici votre héros, si vous rêvez à la princesse que vous

pourriez épouser. Avant de vous demander qui pourrait venir dans vos bras, pensez à ce que

vous pouvez devenir… développer les traits de caractères qui sont valorisés dans la personne

de Booz.

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Il aime Dieu (2.4)

4 Voici que Booz vint de Bethléhem et dit aux moissonneurs : Que l’Éternel soit avec vous ! Ils

lui répondirent : Que l’Éternel te bénisse !

Booz arrive de Jérusalem, il gare son 4x4 pas très loin, il va voir ses employés et il les bénit !

� Imaginez le patron de Total qui rentre dans son quartier général et qui s’exclame : « que

tous les secrétaires et les cadres soient bénis aujourd’hui ; que le Seigneur Dieu toutpuissant

vous accompagne en cette belle journée ! »

� Ou bien le recteur de l’Académie Lyonnaise …

� Imaginez cette bénédiction qui retentit dans tout le champ !

� Mais le plus étonnant, c’est qu’ils répondent ! L’influence de cet homme est notée, et il

semble qu’il y ait une véritable communion….

Bien-aimé(e), n’épouse pas une moabite qui adore Khemosh et qui risque un jour de prendre

votre enfant et de l’offrir en sacrifice pour garantir la pluie pour la saison !!! La Bible demande

l’union d’un frère et d’une sœur ! 1 Cor. 9.5 « une sœur » ou encore 1 Cor. 7.39 se marier

« dans le Seigneur » ; cf. 2 Cor. 6.14-7.1).

� Il ne s’agit pas de racisme spirituel, mais de réalisme. Des valeurs communes sont un

fondement nécessaire.

� Et pas uniquement ! c’est le petit quelque chose qui fait qu’on a pas envie de se lever ni de

se coucher sans l’autre.

� La compatibilité dans la foi, c’est l’essentiel… pour être au même niveau…

� Cela ne veut évidemment pas dire que 2 chrétiens qui se marient seront nécessairement

heureux. Mais que c’est un minimum syndical, un fondement commun obligatoire.

� Evitez de fréquenter en dehors de la foi.

Posez-vous la question, mesdames et messieurs qui souhaitez fréquenter :

� Ou en suis-je dans mon amour pour Christ ?

� Ou en est-elle / il dans son amour pour Christ ?

Il se renseigne (2.5-7)

« 5 Booz dit à son serviteur, chargé de surveiller les moissonneurs : A qui est cette jeune

femme ? 6 Le serviteur chargé de surveiller les moissonneurs répondit : C’est la jeune Moabite

qui est revenue avec Noémi de la campagne de Moab. 7 Elle a dit : Je vais glaner et ramasser

(des épis) entre les gerbes derrière les moissonneurs. Depuis qu’elle est venue, ce matin, elle a

été debout jusqu’à présent et ne s’est assise qu’un moment à la maison. »

Il ne va pas directement vers la jeune fille en lui disant « salut… t’as un portable ? » - la version

plus ancienne ce serait « vous habitez chez vos parents ?! » Aujourd’hui, il paraît qu’on dit plus

souvent « mademoiselle, t’es chère bonne ! »

Il se renseigne. Qui est cette jeune femme ? D’où vient-elle ? Que fait-elle ? L’expression

montre qu’il veut savoir si elle a des attaches, une famille, des liens établis. Et là, il apprend que

c’est une bucheuse, une femme courageuse. Elle ne vient pas conter fleurette aux

moissonneurs. Et Booz a entendu parler d’elle. Le verset 11 nous dit que l’histoire s’est vite

répandue – ça c’est la vie des villages !

C’est un peu un coup de foudre qu’on lit ici. Mais tamisé par la sagesse. On a l’impression qu’il

est frappé d’amour, mais il retient un peu sa fougue.

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Il prend l’initiative (2.8)

« 8 Booz dit à Ruth : Écoute bien, ma fille ; ne va pas glaner dans un autre champ; ne t’éloigne

pas non plus d’ici et attache-toi à mes servantes. «

Ruth est sur le point de recevoir bénédiction sur bénédiction. Mais ce qui est touchant, c’est

qu’elle ne les cherche pas. Booz prend les devants.

De tout temps la question de l’initiative a été une difficulté. Mais peut-être plus du côté des

hommes d’aujourd’hui, qui ont de la peine à prendre un engagement ou à s’identifier. Il faut

savoir prendre les initiatives, se joindre aux bons groupes de chrétiens, où se trouvent

précisément … des disciples de Jésus pour voir s’il n’y aurait pas, au cours d’une étude

biblique, d’une randonnée, d’un camp d’évangélisation, une âme sœur dans les parages…

Ruth se présente au bon endroit

Booz prend l’initiative pour discuter.

J’aime bien ça. Parce que c’est comme cela que les divins « hasarDs » ont lieu…

Il protège (2.9)

9 (Aie) les yeux sur le champ que l’on moissonne et tu iras derrière elles. Voici : j’ai ordonné

aux serviteurs de ne pas te toucher ; et (quand) tu auras soif, tu iras aux cruches et tu boiras de

ce que les serviteurs auront puisé.

L’une des qualités d’un homme c’est qu’il pourvoie aux besoins de sa famille et en prenne soin.

Il y a la notion de protection. L’histoire n’est pas « mon papa, il est policier » mais « mon copain,

il dit que j’ai accès à toutes ses ressources » !

Le prince charmant protège ! Messieurs, dans le groupe de jeunes, apprenez dès maintenant

l’art de protéger les jeunes filles. Raccompagnez-les le soir. Veillez sur elle si un personne

louche tourne autour d’elle.

� Il y a quelques années en arrière… nous avions une liste des membres du groupe de

jeunes avec photo. Une personne extérieure est venue, et a pris les numéros de toutes les

filles seules !

� J’ai vu des jeunes filles en situation délicate, se faisant aborder dans la rue et les jeunes

gens se sont interposés. Bravo les jeunes du camp LOTS !

Il remarque les vraies valeurs (2.10-11)

« 10 Alors elle tomba en se prosternant, la face jusqu’à terre. Elle lui dit : Comment ai-je obtenu

ta faveur pour être reconnue, moi qui ne suis qu’une inconnue ? 11 Booz lui répondit : On m’a

raconté (en détail) tout ce que tu as fait pour ta belle-mère depuis la mort de ton mari et

comment tu as abandonné ton père, ta mère et ton pays natal pour aller vers un peuple que tu

ne connaissais pas auparavant. »

J’imagine l’émerveillement de Ruth. Comment la femme la plus socialement insignifiante se

retrouve-t-elle portée par la bienveillance de l’homme le plus important de tout le territoire ?

C’est la grâce !

� A la mort du Président Reagan, un jeune homme a pris la parole au moment des obsèques.

Il a témoigné qu’enfant abandonné, il avait été adopté par Ronald Reagan. Il en parlait

comme d’un don extraordinaire de la providence, car il avait été un père attentionné à son

égard. C’est cela la providence de Dieu en action. Il conduit.

Un petit mot sur la manière dont Dieu agit. Dieu œuvre de deux manières différentes : le

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miracle qui marque l’irruption de Dieu dans le monde matériel à l’encontre des lois naturelles et

la providence où Dieu utilise les lois de la nature et les circonstances pour accomplir son plan.

� De nombreux chrétiens ont le mot « miracle » à la bouche comme si c’était la denrée la

plus sucrée que Dieu pouvait donner.

� Bienaimés, vivre de miracles, c’est vivre dans la plus grande insécurité, comme un enfant

qui a besoin de voir la main de son père pour chaque pas. Dieu fait les miracles qu’il veut et

nous pouvons prier pour cela.

� Mais nous avons besoin de voir la providence de Dieu. Dieu accomplit son œuvre, en dépit

--et parfois au travers --des hommes mauvais, de nos faiblesses, de nos mauvais choix…

Chacun reste responsable de ses actes, mais ce n’est jamais absent du plan de Dieu.

Mais ce que j’admire, c’est ce que Booz admire :

� Les soins de Ruth pour sa belle mère

� La solidarité de Ruth avec le peuple de Dieu par amour pour Noémi et par amour pour

Dieu.

« 16 Ruth dit : Ne me pousse pas à te quitter, à me détourner de tes pas ! Où tu iras, j’irai ; où

tu demeureras, je demeurerai, ton peuple est mon peuple, et ton Dieu est mon Dieu, 17 où tu

mourras, je mourrai et j’y serai ensevelie. »

Et je me dis que c’est quand même fort :

� Lui, il sort de son bureau de Bethléhem, il prend sa voiture avec air-conditionné, il sort dans

les champs et la brise dispense un après rasage plutôt sympa…

� Elle, elle vient de passer la matinée à moissonner, elle s’est à peine arrêtée… Elle ne doit

pas sentir l’après rasage – d’ailleurs je ne lui souhaite pas non plus !!

� Il ne la remarque pas alors qu’elle sort d’un salon de coiffure, toute prête pour une session

photo. Il sait reconnaître les vraies valeurs de cette femme…

Il bénit et encourage (2.12-13)

« 12 Que l’Éternel te rende ce que tu as fait ! Que ta récompense soit complète de la part de

l’Éternel, le Dieu d’Israël, sous les ailes de qui tu es venue te réfugier. 13 Elle dit : J’obtiens

donc ta faveur, mon seigneur ; tu m’as consolée, tu as parlé au cœur de ta servante, et pourtant

moi je ne suis pas même comme l’une de tes servantes. »

Voici un autre indice pour une relation :

� est-ce qu’il ou elle vous épuise, ou est-ce qu’il ou elle vous bénit ?

� est-ce qu’il ou elle prie pour vous ?

� est-ce qu’il ou elle est un poids de découragement, de souci, d’intrigue ?

Booz prie que Dieu comble Ruth, Lui qui est un refuge pour les opprimés.

En tout cas, on imagine Ruth, qui le regarde avec des yeux de Bambi !

� Quelle faveur… quelle consolation… son cœur en est réconforté.

� J’imagine qu’elle en train de fondre. Ken a posé ses yeux sur Barbie !

� Elle a conscience du cadeau de la bienveillance de cet homme ;

Il est généreux (2.12-13)

« 14 Au moment du repas, Booz lui dit : Approche, mange du pain et trempe ton morceau dans

la vinaigrette. Elle s’assit à côté des moissonneurs. Il lui tendit du grain rôti ; elle mangea, se

rassasia et garda le reste. 15 Puis elle se leva pour glaner et Booz donna cet ordre à ses

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serviteurs : Qu’elle glane aussi entre les gerbes, sans que vous lui fassiez d’affront. 16 Vous

ôterez même pour elle des javelles (quelques épis) que vous lui laisserez à glaner, sans lui faire

de reproches. »

Normalement, les pauvres qui glanaient passaient après et n’étaient pas intégrés au repas.

Voici qu’elle prend place avec les autres et qu’elle mange gratuitement.

� Cela nous semble si facile, à nous pour qui l’abondance est la norme.

� Mais dans ces contrées, on travaillait une journée pour vivre de cette journée. Les

économies étaient rares.

Voici donc une autre astuce, Messieurs pour toucher le cœur d’une jeune fille Invitez-la à dîner.

Pas au ciné ni à un concert – on n’y parle pas. Invitez-la au restaurant ! Et Inviter cela veut dire

payer l’addition aussi !

Mieux, Booz s’arrange pour qu’elle puisse ramasser plus. Super ! Voilà un homme qui ne

compte pas pour lui-même… Qui sait se montrer attentionné.

Et elle prend les restes pour les ramener à sa mère. Du coup, Booz touche le cœur de Ruth, et

le cœur de sa future belle-mère – excellente stratégie !

L’égoïsme tue le couple. La volonté de ne pas donner – de son temps, de sa tendresse, de ses

mots, ou de son argent – est le facteur le plus sûr d’une perte de vitesse.

Eux – l’espérance (2.17-23)

« 17 Elle glana dans le champ jusqu’au soir et battit ce qu’elle avait glané. Il y eut environ un

épha d’orge. 18 Elle l’emporta, rentra en ville et montra à sa belle-mère ce qu’elle avait glané.

Elle sortit aussi le surplus de son repas et le lui donna. 19 Sa belle-mère lui dit : Où as-tu glané

aujourd’hui et où as-tu travaillé ? Béni soit celui qui a fait attention à toi ! Elle raconta à sa bellemère

ce qui s’était passé avec lui ; puis elle dit : Le nom de celui à qui j’ai eu affaire est Booz.

20 Noémi dit à sa belle-fille : Qu’il soit béni de l’Éternel qui n’abandonne pas sa bienveillance

envers les vivants et les morts ! Cet homme est notre proche (parent), lui dit (encore) Noémi, il

est de ceux qui ont envers nous devoir de rachat. 21 Ruth la Moabite reprit : Il m’a dit aussi :

Attache-toi à mes serviteurs jusqu’à ce qu’ils aient achevé toute ma moisson. 22 Noémi dit à

Ruth, sa belle-fille : Il est bon, ma fille, que tu sortes avec ses servantes et qu’on ne te

rencontre pas dans un autre champ. 23 Elle s’attacha aux servantes de Booz pour glaner

jusqu’à l’achèvement de la moisson des orges et de la moisson des blés ; elle demeurait avec

sa belle-mère. »

C’est surprenant :

� Noémi dit à Ruth « va glaner ». Pas d’encouragement, pas de prière. Pas de bénédiction.

� Ruth part avec confiance, une confiance totale en Dieu.

� J’imagine que Noémi a dû s’inquiéter pour sa belle fille. Et peut-être Ruth pour Noémi qui

n’avait pas à manger…

Mais la roue commence à tourner pour Noémi.

Un épha représente 40 litres soit probablement une vingtaine de kilos. Cela représenterait

une semaine de nourriture pour 2 personnes. Fructueuse journée !

� En plus, elle rapporte le surplus de son repas de midi à sa belle-mère.

C’est la première louange qui sort de la bouche de Noémie. De la vielle femme amère sort,

pour la première fois, une parole de louange, et une prière.

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Booz est un personnage important parce qu’il a devoir de rachat :

� Lév 25.25-34 développe cette loi généreuse… Extraits :

“25 Si ton frère devient pauvre et vend une portion de sa propriété, celui qui a le devoir

de rachat, son plus proche parent, viendra et rachètera ce qu’a vendu son frère. 26 Si

un homme n’a personne qui ait le devoir de rachat, et qu’il se procure lui-même de quoi

faire son rachat, 27 il comptera les années depuis la vente, restituera le surplus à

l’acquéreur et retournera dans sa propriété. 28 S’il ne trouve pas de quoi lui faire cette

restitution, ce qu’il a vendu restera jusqu’à l’année du jubilé dans les mains de

l’acquéreur, qui en sortira au jubilé ; quant à lui, il retournera dans sa propriété.

(Lévitique 25:25-28)

� L’espérance est la suivante : Elimélek avait probablement hypothéqué sa propriété en

partant pour Moab. Un membre de la famille pouvait lever cette hypothèque et devenir le

propriétaire de la terre. Mais il prenait aussi les membres de la famille (qui demeurent

attachés à la terre).

� Le rédempteur rachetait la terre et la famille et éduquait les enfants au nom du défunt.

Quelle image de prévenance. Un homme qui épouse une femme devient un mini rédempteur.

Mais pas pour le salut.

� Voilà une jeune femme sans beaucoup d’espoir humain. Elle n’est plus la fraîche jeune fille

sortie du foyer parental. Elle a déjà été mariée, elle est veuve, elle n’a pas un sou, elle est

étrangère, elle n’a pas d’enfant. La soupe populaire était son seul espoir. Mais c’est une

femme de cœur, une travailleuse sérieuse. Elle est admirable.

� Et Booz devient son rédempteur. Certains d’entre vous, messieurs, avez ou vous allez

épouser une femme veuve, ou divorcée, ou une femme qui aura été abusée par des

hommes qui n’ont rien compris à la vie. Et vous êtes appelé à être rédempteur. Prendre

soin. Protéger. Nourrir. Accompagner.

Pour reprendre l’histoire de départ… imaginez Ruth de nos jours. Elle n’a pas un sou, elle vient

d’Algérie, elle est avec sa belle mère. Elle a déjà vécu avec quelqu’un. Elle n’est plus toute

jeune…

� Elle rentre dans une grande surface – Auchan par hasard.

� Elle demande à prendre place au bout d’une caisse et elle remplit les caddies des clients.

� Le directeur du magasin remarque qu’elle travaille avec ardeur, qu’elle est agréable avec

les clients, qu’elle a bonne réputation.

� Et puis soudain, entre Booz. Le grand patron de la chaîne Auchan ! Il est riche, il est fort, et

même s’il n’est plus tout jeune, il est encore célibataire. Leurs yeux se croisent et son cœur

fond…

� Et Booz demande au directeur « c’est qui la gazelle qui est en bout de caisse 25 ? »

� Apprenant toutes ses qualités, il dit au directeur : cette femme mangera à midi avec les

responsables de secteur, sans limite sur le menu, et quand elle partira ce soir, c’est avec le

camion frigorifique rempli de denrées pour sa belle-mère. Et si quelqu’un l’embête, si

quelqu’un lui demande son numéro de portable, si quelqu’un lui fait la moindre remarque…

je veux qu’il soit muté dans le Nord !!!

Rédempteur… C’est un autre nom pour un mari… Quelqu’un qui prend soin, qui donne de

l’espoir, qui relève. Même quand le passé est trouble, comme Ruth. Le passé d’une personne

joue sur le bonheur d’un couple. Mais… en Christ, lorsque les déconvenues et les souffrances

ont été correctement gérées, un véritable espoir naît.

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Quand elle rentre, Noémi est bouleversée. La vielle femme amère sort de son attitude

d’apitoiement sur elle-même et reprend un chant de louange. Dieu a visité son peuple. Dieu a

porté sa grâce.

Noémi encourage l’obéissance – et Ruth devait être remplie de joie ! Tout au long des

moissons, elle a dû rapporter plusieurs mois de vivre. Chaque jour elle devait se dire que le

« hasarD » avait merveilleusement fait les choses !

Conclusion

Une lecture « vie quotidienne »

Histoire de couples :

� Je connais un couple. Ils se sont mis ensemble il y a longtemps. 30 ans plus tard leur

relation est séparée à en pleurer. Ils font chambre à part, cœur à part. Lui est riche. Elle n’a

rien. S’il meurt avant elle, elle sera sans ressource. Il refuse de signer même un PACS pour

lui garantir le même revenu à son départ. Il y a 30 ans, c’était pourtant le grand amour…

� Des histoires, je peux les multiplier. Les bellâtres qui ont séduit de belles jeunes filles et qui

se sont révélés violents, pervers, indifférents. Les belles filles qui ont séduit de beaux gens

et qui se sont révélées manipulatrices, égoïstes, matérialistes.

Alors on fait quoi ? Stromaë dit « alors on danse… » !

Voici quelques leçons que je tire de cette histoire :

� N’allez pas vers Moab pour trouver une compagne ! Tenez-vous là où se trouvent des

chrétiens !

� Observez qui Dieu met sur votre chemin.

� Prenez le temps d’observer les qualités humaines et spirituelles d’une personne.

� Prenez soin de l’autre. Travaillez sur la prévenance, la capacité de mettre l’autre en

premier.

� Prenez l’initiative. Pour les femmes de vous placer « devant » et pour les hommes de

proposer d’aller marcher pour se parler ! En toute douceur.

� Acceptez le risque du refus. La souffrance possible d’un refus n’est pas une raison pour ne

jamais s’exposer. L’apôtre Paul reconnaît qu’une relation amoureuse engendre des

difficultés – et c’est l’une des raisons qui le pousse à considérer le célibat comme une

alternative viable.

NB : tous les héros du livre de Ruth sont des célibataires qui veulent aimer le Seigneur avant

tout !

Une lecture théologique

L’histoire de Ruth est toute simple. Mais elle illustre plusieurs données théologiques.

� D’un côté les Juifs de Juda qui étaient idolâtres… d’un autre, une femme païenne fidèle à

Dieu et à son peuple. Ceci annonce que la bienveillance de Dieu allait un jour toucher

toutes les nations, comme l’alliance avec Abraham l’avait promise…

� D’un côté une femme sans ressource ni revenu… d’un autre un homme qui a la capacité de

la racheter et de l’établir dans un héritage. Ceci évoque l’image du Christ qui rachète.

Et notez les comparaisons :

� L’initiative 1 Jean 4.19 “Pour nous, nous aimons, parce que lui nous a aimés le premier.”

� La grâce : Tite 3.5 « il nous a sauvé, non parce que nous aurions fait des œuvres de

justice, mais en vertu de sa propre miséricorde… »

� Le refuge : Héb 12 « C’est donc avec assurance que nous pouvons dire : Le Seigneur est

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Livre de Ruth Ruth 2 Page 11/11

mon aide, je ne craindrai rien ; Que peut me faire un homme » ? Matt 11.27-28 « 28 Venez

à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »

� Le Rédempteur : 1 Corinthiens 1:30 « Or, c’est par lui que vous êtes en Christ-Jésus qui, de

par Dieu, a été fait pour nous sagesse, et aussi justice, sanctification et rédemption » ;

Ephésiens 1:7 « En lui, nous avons la rédemption par son sang, le pardon des péchés

selon la richesse de sa grâce. »

Booz, l’homme par excellence, va devenir avec Ruth l’ancêtre de David, et celui de Jésus…

Cette création par Florent Varak est mise à disposition selon les termes de la licence

Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions

Initiales à l'Identique 2.0 France.

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La main de Dieu au temps de l’initiative – Ruth 3

Introduction

Histoire d’amour

C’est une merveilleuse histoire d’amour que nous lisons…

Elle : Elle n’a pas que des avantages :

� On ne sait rien de ses parents, sinon qu’ils étaient Moabites, un peuple idolâtre, né de

l’inceste entre Lot et ses filles, souvent opposé à Israël, et en tout cas adorateurs de Kémosh …

� Elle rencontre le fils de Noémi et d’Elimelek, un couple Juif qui a fui la famine de Bethlehem

plutôt que de faire confiance à Dieu. Ils se sont enfuis vers une terre idolâtre. En conséquence les

deux fils épousent chacun une moabite.

� Parents, si vous voulez que vos enfants épousent des hommes et des femmes de foi,

assurez-vous de tisser des relations au bon endroit !

� Et puis c’est la tragédie… son beau père meurt, son mari meurt, son beau-frère meurt…

� C’est maintenant une femme esseulée, qui n’a plus vingt ans…

� Elle rentre avec Noémi sa belle-mère, dans une terre étrangère. Elle mange aux restos du

cœur. Noémi et elle sont toutes deux dans le plus complet dénuement.

Mais elle est formidable !

� Elle se convertit au Dieu d’Israël.

« Où tu iras j’irai ; où tu demeureras je demeurerai, ton peuple est mon peuple, et ton Dieu

est mon Dieu, où tu mourras, je mourrai et j’y serai ensevelie… » Ruth 1.16

� Ruth fait preuve d’une foi solide : elle compte sur Dieu, sur son programme et sur son peuple.

Une foi supérieure à celle d’Abraham…

� Elle a confiance que Dieu va la conduire !

� Elle prend l’initiative de glaner dans un champ et comme par hasard , elle tombe sur un

homme généreux…

� C’est une bucheuse qui se donne pleinement à son travail.

� C’est une femme qui est généreuse, qui partage avec sa belle mère. Il y a une fidélité

touchante chez Ruth.

� Ce n’est pas une flirteuse – elle ne va pas conter fleurette aux jeunes hommes qui travaillent

dans les champs…

Lui : Ruth part glaner et tombe « par hasard » sur le champ de Booz. Lui, c’est Monsieur Super

Sympa

� C’est un homme puissant dans le village et qui a bonne renommée.

� Il est riche, Il est fort.

� Mais il n’a pas que des avantages non plus… Il n’est pas tout jeune.

Booz exhibe de nombreuses qualités et il manifeste envers Ruth une bienveillance formidable.

� Il est connu pour aimer Dieu. Il bénit ses employés… il est expressif dans sa voix…

� Il sait tempérer ses ardeurs en se renseignant préalablement sur la personne.

� Il prend l’initiative d’être généreux.

� Il protège. Il est de tempérament protecteur.

� Il remarque les vraies valeurs

� Il bénit et encourage

� Il est généreux, et notamment pour sa belle mère.

Mesdames et Messieurs qui cherchez homme ou femme à épouser, remarquez la noblesse de

caractère des personnages !


Livre de Ruth Ruth 3 Page 2/9

� Mesdemoiselles, apprenez à vous manifester devant les hommes ! Allez là où se

trouvent des hommes qui aiment Dieu, avec l’attitude joyeuse et entreprenante d’une

femme qui sait ce qu’elle veut !

� Messieurs, apprenez ce sens de l’initiative ! Répondez aux occasions que Dieu place

souverainement devant vous ! Apprenez à connaître, à prendre le risque de la discussion,

de la générosité, de l’initiative !

Ce matin, nous allons voir la suite de cette romance en remarquant :

� Le jeu subtil et humain des personnages.

� Quelques bons principes sur les fréquentations

� L’espérance que Dieu, dans sa providence, sait renverser nos tragédies humaines.

� L’amour de Dieu. Parce que l’histoire de Ruth et Booz illustre l’amour de Dieu et de son

peuple au moment le plus terrible et le plus glauque de toute l’histoire d’Israël.

Lecture Ruth 3

Le conseil de la Maman-Belle (3.1-5)

« Ton bonheur » (3.1-2)

« 1 Noémi, sa belle-mère, lui dit : Ma fille, je voudrais te procurer du repos pour que tu sois

heureuse. 2 Et maintenant, Booz, avec les servantes de qui tu as été, n’est-il pas notre parent ?

Or lui-même doit vanner cette nuit les orges qui sont dans l’aire. »

Noémi est rentrée de Moab avec une attitude terrible : Elle est amère, accusatrice et finalement

assez déprimée.

Et il n’y a rien de plus terrible, lorsqu’on est dans la détresse matérielle, que d’être en plus

déprimé : aucune énergie pour entreprendre quoi que ce soit, aucune initiative, rien.

� Mais pour la première fois – voir Ruth 2– nous avons vu qu’elle commence à changer.

� Elle offre une louange à Dieu lorsque Ruth revient, au premier jour des moissons, avec

de quoi les nourrir pendant 1 semaine.

Et finalement c’est l’une des belles solutions pour la déprime. Le fait de s’occuper des autres.

� Son souci se décale d’elle-même. Elle est rentrée de Moab en disant « comblée j’étais

partie, vide l’Eternel me ramène » (1.21).

� Et maintenant elle se préoccupe de Ruth, sa belle-fille : « Ma fille, je voudrais te

procurer du repos pour que tu sois heureuse ».

C’est tellement triste une belle-mère qui ne pense qu’à ce qu’elle n’a pas. C’est tellement

plaisant une belle-mère qui a le souci de sa belle-fille ou de son gendre !

Ce que vous devez garder en tête, c’est que Booz a parlé avec générosité à Ruth il y a

plusieurs semaines. Depuis, ils n’ont plus de contact. J’imagine que Ruth et Noémi ont parlé ad

nauseam de ce qui s’était passé ce premier jour des moissons !

� ….Et puis il m’a dit ça – à ton avis, cela veut dire quoi ?

� Et Noémi répond – à mon avis, cela veut dire qu’il t’aime. Mais dis-moi, quelle était

l’intonation de sa voix ? Comment l’a-t-il dit ? Dans quelle direction regardaient ses yeux ?

Ses joues ont-elles rosi quand il a dit ça ?

� Et Ruth ajoute – oui mais cela fait 3 semaines que l’on ne s’est plus parlé. Il ne m’a plus

adressé la parole. Je ne sais pas où nous en sommes ! Sommes-nous juste amis, sommesnous

simples partenaires de business, ou est-ce qu’il y a plus, je ne sais pas !

� Vous savez ce que c’est que deux filles qui essaient de comprendre où en est la

relation, ça cause et ça cause !!!

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Livre de Ruth Ruth 3 Page 3/9

Et plusieurs raisons ont peut-être conduit Booz à ne rien dire de plus :

� Il était peut-être trop occupé par les moissons.

� Il était peut-être trop torturé. S’il aime Ruth, il sait aussi qu’il n’a pas beaucoup de

chance, car il est plus vieux qu’elle, au point qu’il l’appelle « ma fille ». Si vous voulez sortir

avec une fille, vous ne l’appelez pas ainsi ! Si je me fais une juste idée de ce qui se passe,

Ruth doit avoir entre 25 et 30 ans, et lui doit être bien plus âgé, suffisamment pour être son

père. Peut-être 50 ans ou plus encore. Alors il se dit peut-être qu’il vaut mieux oublier

Ruth… Qu’il ne la mérite pas ?

� Ou alors c’est un homme assez typique. Pendant que Ruth se torture l’esprit, lui n’ose

pas faire le premier pas. Il a peur de se faire rejeter.

� Rien de nouveau sous le soleil, non ?

En tout cas, la maman-belle a un plan :

� Garantir pour sa belle-fille le repos d’une maison, c’est-à-dire un mariage. Rester veuve

en tant qu’étrangère n’aurait pas été facile

� Il n’est pas inhabituel à cette époque que les mariages soient arrangés par les parents.

� Forte des discussions précédentes, elle pense que Ruth a une chance réelle d’obtenir

la faveur du ‘rédempteur’

� Deut 25 établit un devoir de rachat d’une propriété appartenant à un veuf par un proche

parent. Ce proche parent héritait de la terre, de la femme et de la famille du veuf. Le proche

pouvait cependant rejeter ce devoir,.

� Alors Noémi se dit que cette loi pourrait être une excuse (parce que finalement, Ruth ne

peut pas vraiment en bénéficier. Noémi à la rigueur, mais pas la belle-fille…) Ce qui est

donc généreux de sa part.

A la fin des moissons, il y avait une belle célébration. D’abord il y avait du monde pour garder la

moisson des voleurs. Et le lieu le plus naturel était l’aire. Il ne s’agit pas d’une aire de repos,

mais d’une aire de vannage, l’endroit où l’on venait battre le grain et le tamiser avec un van

pour que le vent sépare la balle et le grain.

La fin des moissons approche. C’est le moment de tenter le tout pour le tout !

« Ton apparence » (3.3a)

« 3 Lave-toi, parfume-toi, puis mets tes beaux habits et descends sur l’aire. »

Un bon conseil. Avant de tenter le tout pour le tout

� Se laver

� Se parfumer

� Se présenter à son avantage. L’hébreu ne mentionne pas « de beaux habits » - ce

serait de toute façon difficile pour une personne aussi pauvre – mais l’idée est d’éviter de

se présenter en haillons.

J’entends des protestations…

� Oui, s’il ne m’aime pas comme je suis, tant pis pour lui. Non, non, pas tant pis pour lui,

mais tant pis pour toi !

Dieu est l’auteur de la beauté, des parfums, ... et de la première mode en remplaçant

des vêtements de feuille de figue par des vêtements de peau !

� Et il est aussi celui qui nous fait apprécier la beauté, les odeurs, et les habits.

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Livre de Ruth Ruth 3 Page 4/9

Certains chrétiens invoquent Timothée pour rester d’une sobriété amish… “N’ayez pas pour

parure ce qui est extérieur : cheveux tressés, ornements d’or, manteaux élégants,” (1 Pierre

3:3).

� Mais ce serait passer à côté du problème que Pierre dénonce. Les tresses étaient

nouées d’or, et les beaux vêtements étaient parfois un investissement important pour les

riches (cf. les propos de Jésus…). Ce que Pierre dénonce, c’est le fait de payer une

fortune en vêtements ou coiffures. Et surtout d’ignorer la parure intérieure de celui qui

cherche à honorer son conjoint.

� D’ailleurs, il est fréquent que ces mêmes personnes n’aient pas non plus une attitude

intérieure de douceur et d’amour. C’est une manière d’être paresseux avec son look !

L’hygiène personnelle, surtout pour celui ou celle qui travaille durement à l’extérieur, loin de l’air

conditionné, est un aspect important de l’attraction. L’ignorer peut faire fuir…

« Ton timing » (3.3b)

« Ne te fais pas connaître à lui avant qu’il ait achevé de manger et de boire. »

J’ai un peu hésité à mettre en avant le timing. Mais juste pour le fun…

� Noémi a été marié avec Elimelek quelque temps. Ils ont vécu des moments difficiles, ils

ont élevé deux garçons.

� Noémi sait donc comment fonctionne un homme.

Mesdemoiselles, voici ce que je vous propose. Ne commencez pas une rencontre par une mise

au point : « alors où en est-on dans notre relation ? » Ni par des larmes, ni par des

questions… « Pourquoi ne me parles-tu plus depuis le début de la moisson, hein, pourquoi ?! »

Attendez plutôt que l’homme ait mangé et bu !! Quand un homme a mangé et bu, il peut

discuter de tout. Avant sa viande et ses pommes de terre, il ne peut pas parler de choses

sérieuses et solennelles – il ne cessera de regarder sa montre pour voir s’il n’est pas en train de

manquer le dîner !

« Ta disposition » (3.4-5)

« 4 Quand il ira se coucher, tu observeras à quel endroit il se couche. Ensuite tu iras découvrir

ses pieds et tu te coucheras. Il te dira lui-même ce que tu auras à faire. 5 Elle lui répondit : Tout

ce que tu m’as dit, je le ferai. »

Le verset 4 est l’un des plus problématiques du livre. Qu’est-ce que suggère Noémi à sa belle

fille ? Certaines personnes suspectent un complot plutôt malsain :

� Tu attends qu’il ait mangé et bu – et il est vraisemblable qu’il ne s’agissait pas de

Perrier.

� Quand il dort profondément, vers minuit, tu vas te coucher à ses pieds, en lui

découvrant les pieds.

� Le froid des pieds le réveillera… et il te dira quoi faire…

� Vraiment, il te dira quoi faire ?! Que peut dire un homme célibataire, qui se réveille au

beau milieu de la nuit avec une jeune fille à ses pieds ?

Ceux qui interprètent ainsi l’histoire relèvent :

� Que le terme « pieds » est parfois un euphémisme des organes sexuels (Ex 4.25, Jug

3.24, 1 Sam 24.3 ; etc.)

� Que l’expression « se coucher » a souvent la connotation de « coucher avec », c’est-àdire

avoir des relations sexuelles.

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Pour parler crûment, certains ont donc pensé que Noémi voulait que Ruth observe où dormirait

Booz, qu’elle attende minuit pour ensuite aller le déshabiller et s’allonger à ses côtés pour

éveiller en lui un désir qu’il serait difficile de gérer au beau milieu de la nuit. Dans quel objectif ?

S’il couche avec elle, il devient nécessaire de l’épouser… Ainsi Noémi garantirait un futur à sa

belle-fille, même si les moyens pour y parvenir étaient plus que douteux.

Avant qu’on ne regarde cela de plus près, j’aimerais souligner que c’est le pire conseil que vous

puissiez donner ! Si vous êtes père ou mère d’un jeune homme ou d’une jeune fille, ne lui dites

pas … « attends que la fête soit terminée, et va dormir à côté de celui ou celle que tu veux

épouser ! » Ce n’est pas une bonne idée !

� Messieurs les pères, passez du temps dès le plus jeune âge avec vos jeunes filles pour

qu’elles sachent à quoi ressemble une relation tendre et pure.

� Prenez un thé ensemble, une glace, faites une promenade, dites-lui des compliments…

Selon les âges et les ambitions…

� Et lorsque le temps des relations possibles arrive, achetez une carabine – en plastique,

mais bien imitée – pour recevoir à la porte tous les prétendants. Juste pour mettre

l’ambiance !

� Faites remplir au prétendant un dossier en trois exemplaires en lui annonçant 5 ans de

réflexion !

� Et surtout, pas question d’accepter le « je reste passer la nuit chez ma copine » surtout

quand elle a une barbe et que personne d’autre ne le sait !

� Pas question non plus, bien entendu du conseil de Noémi

En fait je ne crois pas un instant que Noémi ait un esprit aussi tordu pour manigancer une chute

qui serait la source d’un mariage. Et voici pourquoi.

� L’hébreu ne dit pas forcément « pied » mais partie inférieure du corps, donc les jambes.

Il n’y a donc pas d’euphémisme pour les organes sexuels

� Verset 9, Ruth dit « étends ton aile ». Une expression qui relève de l’humble recherche

de la protection. Parfois celle de Dieu (Ps 91.4). L’hébreu peut se traduire aussi « ta jupe »

ou plutôt ton vêtement. Cette expression se retrouve en Ezéch 16.8 : “Je passai près de toi,

je te regardai, et voici que ton temps était là, le temps des amours. J’étendis sur toi le pan

de mon manteau, je couvris ta nudité, je te fis un serment, je contractai une alliance avec

toi, — oracle du Seigneur, l’Éternel, et tu fus à moi.”

� C’est donc une image de l’alliance, une image du mariage. Elle conseille à Ruth de

prendre l’initiative de la demande en mariage.

� Et puis c’est assez subtil, parce que Booz avait dit à Ruth : “Que l’Éternel te rende ce

que tu as fait ! Que ta récompense soit complète de la part de l’Éternel, le Dieu d’Israël,

sous les ailes de qui tu es venue te réfugier.” (Ruth 2:12). Le conseil de Noémi s’appuie

donc sur les propos mêmes de Booz, comme pour suggérer de rebondir dessus.

� Et il y a une autre raison. Parfois, les gens font confiance à la souveraineté de Dieu, ou

demandent des miracles, sans réaliser que Dieu attend aussi des initiatives. Ce ne sont pas

les détails du conseil de Noémi qu’il faut retenir, mais le principe de la prise d’initiative

Faire confiance en Dieu et agir. Agir et faire confiance en Dieu ! Qui dira que l’Ancien

Testament est sexiste ?

Le pari de la Fille-Belle (3.6-13)

6 Elle descendit jusqu’à l’aire et fit tout ce que sa belle-mère avait ordonné. 7 Booz mangea et

but, et son cœur fut joyeux. Il alla se coucher à l’extrémité du tas de gerbes. (Ruth) vint tout

doucement découvrir ses pieds et se coucha. 8 Au milieu de la nuit, cet homme frissonna et se

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Livre de Ruth Ruth 3 Page 6/9

retourna : voici qu’une femme était couchée à ses pieds. 9 Il dit : Qui es-tu ? Elle répondit : Je

suis Ruth, ta servante, étends ton aile sur ta servante, car tu as devoir de rachat.

Ruth montre d’autres qualités.

� Non seulement elle a confiance en Dieu

� Non seulement elle aime le peuple de Dieu

� Non seulement elle est besogneuse et courageuse.

� Mais en plus, elle a du courage !

C’est une initiative osée ! Elle fait ce que lui a suggéré Noémi. Elle observe les faits et gestes

de Booz, ce qu’il mange, combien de bières il boit… Elle sait que son cœur est joyeux (je ne

pense pas qu’il soit ivre, mais peut-être un peu éméché !) et elle sait où il se couche.

� Elle lui enlève son manteau de ses pieds

� Elle se couche à ses pieds.

� Le froid de la nuit le réveille. Et il voit la forme d’une femme allongée, et lui demande :

« qui es-tu ? »

La question s’impose ! Certaines femmes frivoles pouvaient monnayer leur service contre une

part de moisson… Surtout au milieu de la nuit.

Ruth se présente, et cherche à obtenir :

� Le droit de rachat c’est-à-dire le fait de faire vivre l’héritage familial d’Elimelek par un

proche parent, ici Booz.

� Avec ces propos et en lui demandant d’étendre son aile, elle ne lui demande rien

d’autre que le mariage.

J’imagine que son cœur a dû battre fort ! J’imagine qu’il y a eu un long silence !

Le consentement du Fils-Beau (3.10-13)

Il est émerveillé par Ruth (3.10-11)

10 Il dit : Sois bénie de l’Éternel, ma fille ! Cette dernière marque de loyauté vaut mieux encore

que la première, car tu n’as pas recherché des jeunes gens, pauvres ou riches. 11 Maintenant,

ma fille, sois sans crainte, je ferai pour toi tout ce que tu diras, car sur la place publique chacun

sait que tu es une femme de valeur.

C’est un peu ennuyeux qu’il continue de l’appeler « ma fille » ! Il aurait dit « Madame » ou ma

chérie, mon trésor ou ma gazelle des montagnes (une expression locale !), c’était tout de suite

mieux !

Mais il est émerveillé par Ruth. Il dit qu’elle manifeste là une loyauté particulière remarquable,

supérieure à la première. De quelle marque de loyauté est-il question ?

� La première était celle de rester fidèle à sa belle-mère et d’embrasser son Dieu comme

le sien, et son peuple comme le sien. Une décision remarquable de confiance et d’amour

envers Dieu.

� La seconde explique en fait pourquoi il n’y a là aucune stratégie mauvaise, ni de la part

de Noémi ni de celle de Ruth. En fait elle va jusqu’au bout de son choix de s’unir à Dieu et

au Dieu d’Israël.

� Elle a confiance qu’en demandant à Booz de l’épouser, Dieu saura l’utiliser lui, et elle

pour contribuer à accomplir, d’une manière ou d’une autre, la promesse faite à Abraham

que sa descendance serait en bénédiction à toutes les nations.

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Livre de Ruth Ruth 3 Page 7/9

Quelques précisions…

� Ruth est une femme entre 25 et 30 ans. Elle a déjà été mariée. Elle pourrait épouser un

jeune homme de son âge, riche ou pauvre, et vivre sa vie.

� En choisissant d’épouser Booz, elle choisit de se marier en fonction des lois d’Israël

pour faire vivre une famille, une lignée (c’est la Loi du lévirat). Certes, il y a tout l’amour et

tout l’impact émotionnel de leur première rencontre.

� Mais il y a en plus, la conscience d’entrer dans le plan de Dieu, de faire confiance dans

la providence de Dieu et la pensée que c’est correct ainsi.

Et Booz perçoit que ce petit bout de femme s’abandonne au plan de Dieu, et qui le suit.

Pourquoi n’a-t-il pas pris les devants ?

� Peut-être par crainte du rejet (le discours intérieur qui dit « tu te fais des illusions, ça ne

marchera pas avec elle, elle a trop de talents et de qualités »)

� Peut-être aussi parce qu’il sait qu’une autre personne a priorité.

� Peut-être par embarras (il est plus vieux qu’elle)… Et il est difficile pour une personne

plus âgée de manifester de l’amour à une plus jeune. Les motivations peuvent être mal

perçues par l’entourage.

Il a confiance dans la providence divine (3.12-13)

12 Maintenant il est vrai que j’ai devoir de rachat, mais il en existe un autre plus proche que moi.

13 Passe ici la nuit. Au matin, s’il veut s’acquitter de son devoir de rachat envers toi, c’est bien,

qu’il s’en acquitte ; mais s’il ne lui plaît pas de s’en acquitter envers toi, moi je m’en acquitterai

envers toi, l’Éternel est vivant ! Reste couchée jusqu’au matin.

Il y a un problème dans ce plan de mariage. Bien sûr il y a de l’amour, et bien sûr il y a la

perspective de participer à l’œuvre de Dieu. Mais il y a un obstacle. Un autre parent, plus

proche d’Elimélec, a droit de rachat.

� Noémi devait avoir connaissance de cet homme.

� Mais il n’est pas sûr que Ruth le connaissait.

� Pourquoi n’a-t-elle pas recherché directement ce plus proche parent ? Était-il moins

digne de confiance ? ou simplement, elle a vu comment Dieu dirigeait ?

Mais Booz est vraiment un homme droit. Il se montre confiant dans la souveraineté de Dieu.

Et j’aime bien ces deux mots « au matin ».

� Il ne lui dit pas : « tu auras ma réponse dans les 8 prochains mois » !

� Ni : « je vais demander l’avis de mes copains. »

� Il est clair dans son ambition de répondre à l’amour… par une décision.

Il prend soin de sa future Maman-Belle (3.14-18)

14 Elle resta couchée à ses pieds jusqu’au matin et se leva avant (l’heure où) l’on peut se

reconnaître l’un l’autre. (Booz se) dit : Qu’on ne sache pas que cette femme est entrée dans

l’aire. 15 Il dit alors : Tends-moi le manteau qui est sur toi et tiens-le bien. C’est ce qu’elle fit et il

mesura six (mesures) d’orge dont il la chargea, puis il rentra dans la ville. 16 (Ruth) revint auprès

de sa belle-mère et (Noémi) dit : Est-ce toi, ma fille ? Elle lui raconta tout ce que cet homme

avait fait pour elle. 17 Elle dit : Il m’a donné ces six (mesures) d’orge en me disant : Ne retourne

pas à vide vers ta belle-mère. 18 (Noémi) dit : Reste ici, ma fille, jusqu’à ce que tu saches

comment finira l’affaire, car cet homme ne sera pas tranquille qu’il n’ait terminé cette affaire

aujourd’hui.

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Livre de Ruth Ruth 3 Page 8/9

Et Booz fait preuve d’une belle maitrise de lui-même. La nuit ne cache rien aux yeux de Dieu.

Aucun adultère, aucune fornication (relations sexuelles avant le mariage) ne lui sont cachés.

Elle part avant qu’on sache qu’il a dormi aux côtés d’une jeune femme, ce qui ne manquerait

pas de faire parler les bavardes de manière mal attentionnée.

Autre remarque – et dernière. Il sait se faire apprécier de sa maman-belle. Si vous voulez

fréquenter paisiblement et vous marier joyeusement, ménagez, quand c’est possible, les

relations avec les belles-mamans ! Ne venez pas les mains vides, mais avec un bouquet, son

dessert favori, ou un petit mot qui complimente son enfant…

Ruth revient avec 30 kg d’orge. C’est moins sympa que des chandelles pour la maison, mais

c’est bien plus utile quand on est pauvre !

Noémi est évidemment tout excitée d’apprendre ce qui s’est passé ! Es-tu encore Mademoiselle

la Moabite, ou bientôt Mme Ruth BOOZ ?

Elle est consciente que l’homme qui est prêt au mariage, est vraiment prêt au mariage. La suite

au prochain épisode !

Conclusion

C’est une belle histoire, où les caractères des personnages sont finement sculptés.

Belle histoire aussi où la tragédie qui frappe nos vies trouvera un jour une inversion. Le deuil, le

divorce, la maladie, la violence, la ruine, ou le chômage peuvent faire irruption.

Quelles applications peut-on en tirer ?

Dieu n’est pas absent. Même si sa manière d’agir demeure au-delà de notre

compréhension…

� Le temps vient où Dieu saura renverser ces circonstances.

� Le temps du bonheur peut surprendre. Un nouveau mariage, un nouveau job, un

nouvel enfant, une paix au milieu de la tempête.

Le Psaume 46 dit ceci : « arrêtez et reconnaissez que je suis Dieu : je domine sur les

nations, je domine sur la terre. L’Eternel des armées est avec nous, le Dieu de Jacob est

pour nous une haute retraite. »

Quant aux leçons spirituelles, Ruth et Booz illustrent l’amour de Christ et de l’Église

Une païenne méprisable devient la favorite puis l’épouse d’un Juif respectable.

� Cette femme ne devait pas se contenter des petits cadeaux que lui avait faits Booz. Elle

le voulait lui – comment ne pas dire la même chose de notre union avec Christ ?

Un commentateur liste l’ensemble des parallèles entre Ruth et Booz :

� Ruth se prépare, prend un bain, se parfume, change de vêtements, et s’engage à se

présenter à Booz… Comme l’Église, non ?

� Ruth apprend comment se présenter à Booz, et décide d’obéir, de se placer sous sa

protection et sous sa garde. Et elle attend que ce rachat se conclue… comme l’Église,

non ?

� Booz accepte Ruth, la rassure, la rachète. Et lui fait des cadeaux…

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Livre de Ruth Ruth 4 Page 1/8

La main de Dieu au temps de la rédemption (Ruth 4)

Introduction

La vie à Bethlehem

Si Paris Match avait existé à l’époque, voici les titres que vous auriez pu lire au temps de

l’histoire qui nous préoccupe aujourd’hui :

� Rubrique People : La plus belle idole d’Israël est chez Mika

� Rubrique People : Mika a son propre prêtre de Bethléhem

� Rubrique Actu : Le clan de Dan s’achète le prêtre de Mika

� Rubrique Actu : Un prêtre s’achète les services d’une femme de Bethléhem. Cette femme

lui est infidèle et rentre chez son père, à Bethléhem. L’homme attristé repart la chercher,

gagne son cœur et la ramène chez lui. En chemin, la femme se fait violer par tout le village

et meurt au matin. Son homme la coupe en 12 morceaux et les envoie « dans tout le

territoire d’Israël ». Le peuple est tellement écœuré par ce crime qu’il se lève comme un

seul homme afin de combattre la tribu de Benjamin, qui perd 25100 hommes de guerre au

combat. La tribu de Benjamin est quasiment exterminée.

C’est triste et courant, la violence que nous trouvons dans le livre des Juges. Une période

glauque qui fait suite à la sortie d’Egypte et à la conquête de la terre promise (~1500 av. J.-C.)

et qui précède la royauté (~1000 av. J.-C.). C’est une période marquée par ces leitmotivs :

Une nouvelle génération qui ne connaissait pas Dieu

� Il n’y avait pas de roi

� Chacun faisait ce qu’il voulait

Et dans ce monde bien triste, on lit l’histoire d’une tragédie. Celle d’une famille qui fuit

Bethléhem au temps de la famine et va s’établir en Moab.

Le livre s’ouvre sur 3 funérailles et se termine par un mariage et un bébé « Car sa colère (dure)

un instant, Mais sa faveur toute la vie ; Le soir arrivent les pleurs, Et le matin la jubilation. »

(Psaume 30:6)

Lecture : Ruth 4

Un mariage (4.1-13a)

La négociation du mariage (4.1-8)

« 1 Booz était monté à la porte et s’y était assis. »

La porte était la cour civile de l’époque

� C’est là que se réglaient les litiges de la vie civile (Deut 22.15)

� C’est là qu’Absalom a préparé sa rébellion contre son père David (2 Sam 15.2)

� C’est là que siégeait le roi de Juda, au temps de Jérémie (Jér 38.7)

La porte, c’est l’endroit où vous rendiez :

� Pour vous plaindre du fils de votre voisin lorsqu’il a fait des excès de vitesse sur son âne au

milieu de la nuit et fait crisser ses sabots autour du rond point !

� Il y avait là des notables disponibles pour trancher divers litiges…

� On y allait également pour sceller des transactions commerciales importantes (le papier

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Livre de Ruth Ruth 4 Page 2/8

n’était pas facilement accessible, et de toute façon peu durable comme certification). Dans

ces contrées, la mémoire était essentielle, et la présence de plusieurs témoins centrale.

� Le rôle de la mémoire dans les pays dits du tiers monde est impressionnant. Les gens

parlent facilement 3 à 5 langues ou dialectes, et la transmission orale fait que la parole est

beaucoup plus importante.

« Or, voici que celui qui avait devoir de rachat et dont Booz avait parlé vint à passer. Booz lui

dit : Approche-toi, assieds-toi ici, toi un tel. Il s’approcha et s’assit. »

La Bible reste sobre sur cet homme – on ne connaît pas son nom ! En partie parce que le refus

d’assumer le droit ou le devoir de reprise est honteux.

� Lév 25.23-34 régule la vente des terres perdues par faillite

� Deut 25.5-10 est la loi du Lévirat qui régule la succession familiale.

� En gros, le principe est donné par cette loi : « La terre ne se vendra pas à titre définitif ; car

le pays est à moi, car vous êtes chez moi comme immigrants et comme résidents

temporaires. Dans tout le pays dont vous aurez la possession, vous établirez le droit de

rachat pour la terre. » (Lév 25.23-24)

� En sorte qu’une famille qui faisait faillite pouvait disposer de sa terre, et en quelque sorte

l’hypothéquer. Mais elle ne pouvait être cédée de façon permanente. Au bout de 6 ans il y

avait un retour de la terre, et tous les 49 ans, au Jubilée, il y avait une remise complète des

dettes…

Ce qui est triste c’est que cette loi de justice sociale n’a que peu été respectée. Tout au long de

l’histoire d’Israël, les prophètes ont reproché au peuple sa dureté de cœur. Et ce sera d’ailleurs

l’une des causes de la captivité de Juda par les Babyloniens (2 Chron 36.21).

« 2 Booz prit alors dix hommes parmi les anciens de la ville et dit : Asseyez-vous ici. Et ils

s’assirent. »

Ces 10 hommes :

� Ce sont des « anciens » littéralement « ils ont la barbe. » C’est-à-dire des hommes mûrs et

capables d’un jugement sur les question de la vie…

� Ils forment une sorte de conseil municipal, et de tribunal. Ils ont un rôle social essentiel

dans la vie d’Israël (Deut 19.12, 21.2, 22.15, Juges 11.7-8, 1 Rois 8.3, 21.8, Esd 10.8, etc.).

� Incidemment, après Néhémie, c’est-à-dire plus de 1000 ans plus tard, ce sera une règle

pour établir une synagogue, 10 anciens…

« 3 Puis il dit à celui qui avait le devoir de rachat : Noémi, revenue de la campagne de Moab, a

mis en vente la pièce de terre qui (appartenait) à notre frère Élimélek. 4 Et moi j’ai pensé t’en

informer et te dire : Fais (-en) l’acquisition en présence de ceux qui siègent et des anciens de

mon peuple ! Si tu veux racheter, rachète ! Si tu ne rachètes pas, déclare-le moi, que je le

sache, car il n’y a personne, à part toi, qui ait ce devoir. Je ne l’ai qu’après toi. Il répondit : C’est

moi qui rachèterai. »

Le terme rachat signifie : libérer par le versement d’un prix.

� Il fallait donc trouver celui qui était le plus proche de Noémi et qui avait la possibilité de

racheter la propriété

� La propriété d’Elimélek était passée à Noémi, à son décès à son fils Mahlon, et à son

décès, elle était dans les mains de Ruth.

� Il semble que la propriété était sous une forme d’hypothèque ou d’utilisation et il fallait

officialiser un acte de vente temporaire

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J’imagine les émotions de Booz lorsqu’il entendit cet homme dire : « C’est moi qui rachèterai » !

� Tout son amour, l’espoir de la tendresse de Ruth, partait en fumée…

� Mais Booz se montre fin stratège ! Après avoir appâté par le gain financier, il lui parle d’un

devoir familial plus contraignant…

« 5 Booz dit : Le jour où tu acquerras le champ de la main de Noémi, tu l’acquerras (en même

temps) de Ruth la Moabite, femme du défunt, pour maintenir le nom du défunt sur son

héritage. »

La terre venait avec une femme, et si elle avait un enfant, ce serait légalement le fils de Mahlon

– et non son propre fils. Et le problème pour cet homme c’est qu’il fallait qu’il puise dans le

capital de sa propre famille pour racheter un champ qui pouvait tomber dans les mains de ce

fils. Ce serait donc une perte financière pour sa propre famille, et c’est ce qui le décide à ne pas

accepter…

« 6 Celui qui avait le devoir de rachat répondit : Je ne peux pas racheter pour mon compte, de

peur de détruire mon héritage ; rachète pour toi ce que j’ai le devoir de racheter, car je ne peux

pas racheter. 7 Autrefois, en Israël, pour valider une affaire quelconque, relative à un rachat ou

à un échange, on ôtait sa sandale et la donnait à l’autre, et cela servait d’attestation en Israël. 8

Celui qui avait devoir de rachat dit donc à Booz : Fais l’acquisition pour ton compte ! Et il ôta sa

sandale. »

Parlons un peu du mariage… J’entends certains, notamment les jeunes, dire : « on vit

ensemble donc on est marié ». Ce n’est pas le cas ! Le fait de coucher ensemble ne fait pas un

mariage. Pour établir un mariage – écoutez bien – il faut… ôter sa sandale et la donner à

l’autre ! Non, en fait c’est une pratique ancienne (civilisation Nuzi) où la personne qui achetait

une terre marchait dessus en signe de prise de possession.

Plus sérieusement… La volonté morale du mariage est énoncée ainsi :

� Les conjoints sont un homme et une femme mûrs de familles différentes (Gen 2 ; 1

Cor. 7 ; 11.12)

� Les conjoints s’engagent pour l’amour. Dieu veut de l’amour dans le mariage ! La Parole

exhorte mari et femme à « s’aimer », et elle le dit de manière explicite : Eph 5 :22-33 ; Tite

2 :3-4 ; 1 Tim5 :8 ; Col 3 :19

Aimer ce n’est pas « posséder » quelqu’un, avoir des droits sur lui, mais vouloir

positivement son bien. Vouloir le voir heureux, être attentif à ses besoins, à son évolution, à

son devenir, c’est faire vivre l’amour dans la durée.

� Les conjoints partagent une même foi. C’était le cas du temps de l’Ancien Testament : la

Loi de Moïse interdisait formellement aux Israélites d’épouser des païennes (Ex 34:15-16 ;

De 7:3-4), car les non-croyants pouvaient conduire à l’idolâtrie et à l’immoralité, ce que

l’histoire d’Israël démontre à maintes reprises (Jug 3:6 ; 1 Rois 11:1-2 ; Esd 9:1-2; 10:2-3).

Cette loi est reprise dans le Nouveau Testament (1 Cor. 9.5 « une sœur » ou encore 1 Cor.

7.39 se marier « dans le Seigneur » ; cf. 2 Cor. 6.14-7.1).

NB. : l’unité d’un couple est déjà difficile à réaliser. Partager la même foi c’est porter un

regard concerté sur l’éducation des enfants, la participation à la vie de l’église, une certaine

moralité, etc. Cette loi est à comprendre dans le sens d’une aide à l’unité, plutôt que d’une

intolérance religieuse !

� Les conjoints s’engagent pour toute la vie. Dieu a conçu le lien du mariage comme une

alliance inviolable (Matt 19.3-6 ; Prov 2.17 ; Mal 2.14), et qui dure jusqu’à la mort (Rom

7.2). Lorsque deux conjoints chrétiens se rendent la vie impossible, ils peuvent se séparer

mais demeurent conjugalement liés et sont invités à se réconcilier (1 Cor. 7.10-11).

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NB. : à cause de la dureté des cœurs, Dieu a régulé le divorce (Deut 24.1-5 ; Matt 19.3-12 ;

1 Cor. 7.12-24) pour le restreindre à l’immoralité persistante d’un conjoint (Matt 19.9) ou au

départ du conjoint non-chrétien et antagoniste (1 Cor 7.14-16).

� Les conjoints se préservent de relations sexuelles en dehors du mariage. La sexualité

est l’un des aspects fondateurs du couple, établissant l’expérience d’être « une seule

chair ». Valorisée par l'Écriture au sein du couple marié (Prov 5.15ss ; Cantique des

Cantiques ; 1 Cor. 7.1-6), elle est strictement balisée par le mariage. La Bible interdit une

sexualité avant le mariage (1Cor. 7.2 ; Hébr 13.4) et en-dehors du mariage (Ex 20.14 ; Lév

20.10 ; Rom 7.3). L’exemple de Joseph et Marie confirme son bien fondé.

NB. : La relation sexuelle ne fait pas le mariage (Ex 22.15-16 ; 1 Cor. 6.16-17). Ce n’est

pas « coucher ensemble » qui est difficile dans le mariage, mais se lever ensemble chaque

jour pour bâtir un projet commun. Commencer une relation par le plaisir sexuel aveugle sur

les aspects centraux d’un couple : personnalité, projets, etc. Dieu est sage en présentant la

sexualité comme le fruit d’une union plutôt que comme sa source.

Si Dieu définit les critères du mariage, la Bible n’en définit pas les formes d’établissement :

� Du temps des patriarches, aucun contrat n’était nécessaire. L’engagement était reconnu

par les familles et suffisant pour l’établir (Gen 25.20 ; 28.9)

� Du temps de Moïse, les fiançailles font leur apparition, établissant des devoirs et des droits

(Ex 22:16 Lév 19:20 ; Deut. 20:7 ; 22.23-30).

� Du temps du Nouveau Testament, on découvre un protocole mieux établi (déjà du temps de

Salomon avec le Cantique des Cantiques) comprenant une fête et une reconnaissance

publique du mariage (Jean 2 ; Matt 25.1).

Henri Blocher, théologien évangélique, résume ainsi les éléments constitutifs du mariage que la

culture va légitimer :

Il y a mariage, mariage valide, quand les termes de cette définition sont respectés :

l’alliance, sanctionnée par l’autorité en charge de l’ordre social, par laquelle un

homme et une femme s’engagent sans contrainte à mener une vie commune et

s’unir sexuellement. 1

De tout temps la question du mariage a préoccupé. Quand une personne était-elle mariée ?

Liée à une personne ?

Chez les Romains, il y avait quatre manières de contracter une union 2 :

� Par l’union d’esclaves, dont la durée dépendait de la volonté du maître.

� par l'usage (usus), en cohabitant avec une femme pendant un an et un jour (union rompue

si l’épouse découchait trois nuits de suite) ;

� par un contrat (coemptio) dans lequel les deux parties se liaient l'une à l'autre par une vente

simulée. Il ne durait que le temps du consentement des époux, et s’établissait surtout entre

deux personnes de rang différent ;

� par une cérémonie religieuse (confarreatio), en présence de 10 témoins, du grand prêtre, et

accompagné du sacrifice d’une brebis.

C’est cette dernière forme qui deviendra la norme des chrétiens. Ce qui est intéressant, c’est

que les apôtres ne semblent pas faire de différence : un homme est lié à une femme ? Il est

marié ! Le vocabulaire de 1 Cor 7 ou de Rom 7.3 ne distingue pas toutes ces situations.

En France, seul l'État est habilité à légaliser un mariage. L'Église ne peut que célébrer ce qui a

1 Henri Blocher, « Clartés sur le mariage » Icthus, N° 57, Décembre 1975, p. 9. (souligné dans l’original).

2 http://www.mediterranees.net/civilisation/Rich/Articles/Religion/Mariage/Index.html

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antérieurement été signé.

Je trouve honorable et remarquable que Booz n’ait pas usé de la nuit pour une relation sexuelle

avec Ruth, mais qu’il ait suivi un juste protocole. Et voici maintenant le temps de la célébration !

La célébration du mariage (4.9-12)

« 9 Alors Booz dit aux anciens et à tout le peuple : Vous êtes témoins aujourd’hui que j’ai acquis

de la main de Noémi tout ce qui (appartenait) à Élimélek, à Kilyôn et à Mahlôn, 10 et que je me

suis également acquis pour femme Ruth la Moabite, femme de Mahlôn, pour maintenir le nom

du défunt sur son héritage et pour que le nom du défunt ne soit pas retranché d’entre ses frères

et de la porte de sa ville. Vous en êtes témoins aujourd’hui. »

Booz établit devant témoins qu’il prend une terre et une femme.

Son intention de suivre la loi est admirable et sa foi également. Parce qu’il épouse une femme

qui a vécu 10 ans avec un homme et qu’ils n’ont pas eu d’enfants. Et il dit pourtant qu’il entend

« maintenir le nom du défunt sur son héritage… »

« 11 Tout le peuple qui était à la porte et les anciens dirent : (Nous en sommes) témoins ! Que

l’Éternel donne à la femme qui entre dans ta maison (d’être) comme Rachel et Léa qui, toutes

deux, ont bâti la maison d’Israël. Deviens puissant à Éphrata et fais-toi un nom à Bethléhem. 12

Puisse la descendance que l’Éternel te donnera par cette jeune femme rendre ta maison

semblable à la maison de Pérets que Tamar enfanta à Juda. »

Vous entendez la marche nuptiale ?! Il y a tout une foule qui s’assemble et qui se réjouit ! Il y a

un chant et une célébration ! Tout le peuple est là et il bénit le couple ! C’est bien quand l’Église

s’associe à la joie d’un jeune couple et célèbre une union ! Et se réjouit de cette union !

Le vœu est aussi plein d’espérance :

� que celle qui a été stérile devienne aussi fertile que Rachel et Léa qui ont engendré les 12

tribus d’Israël !

� Ephrata est le nom primitif de Bethléhem, et il signifie « fructueux ».

� La foule bénit et prie que l'Éternel rende le nom de Boaz célèbre, et qu’il ait non seulement

un fils qui permette la continuité de Mahlon, mais encore des fils à lui…

� Tamar n’était certainement pas une femme d’honneur, mais elle fait partie de celles qui

entrent dans cette lignée de Juda qui occupera la région où se trouve Bethléhem.

Finalement, lorsqu’il y a mariage il y a le rassemblement public du peuple de Dieu qui prie, se

réjouit et bénit. La prochaine fois que vous participez à un mariage, ne faites pas seulement

acte de présence. Priez pour les mariés. Bénissez-les. Encouragez-les.

La consommation du mariage (4.13a)

« 13 Booz prit Ruth qui devint sa femme, et il alla vers elle. »

Le mariage s’accompagne de la consommation, c'est-à-dire l’intimité sexuelle. Cela fait partie

intégrante du mariage.

� Les relations sexuelles ne constituent pas à elles seules un mariage.

� Mais le mariage implique par définition une intimité sexuelle.

C’est au point que le droit germanique établissait le lien du mariage par le fait même d’un

rapport sexuel. C’est déjà l’idée dans la formulation de départ : « les deux deviendront une

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seule chair ». L’union des cœurs s’accompagne de l’union des corps.

� Notez que c’est dans ce sens-là que c’est prévu.

� J’entends parfois qu’il faut essayer avant d’acheter – une terrible métaphore d’ailleurs.

Comme toute pratique humaine la sexualité est un apprentissage. Apprendre avec

plusieurs soi-disant pour se préparer, c’est garantir que le lit conjugal sera accompagné de

bien des souvenirs et bien des comparaisons.

� Plusieurs personnes ont tellement un désir d’appartenance qu’ils ou elles livrent leurs

corps, pour ne réaliser que trop tard qu’ils ou elles n’ont pas engendré des liens affectifs du

tout.

Ce qui est triste c’est que la soi-disant libération sexuelle des années 60 a généré une sorte de

défiance vis-à-vis de la sexualité. Un peu comme à Corinthe (ville immorale) où Paul doit dire

aux Corinthiens que l’intimité sexuelle n’est pas mauvaise, elle-même exigée pour qu’elle soit

mutuellement satisfaisante (1 Corinthiens 7.1s)

Si vous êtes encore vierge et pas marié, ce n’est pas une tare mais un cadeau pour le jour de

votre mariage.

� En Christ nous sommes acceptés par le plus grand des amants : Dieu en personne.

� En Christ nous pouvons épouser un frère ou une sœur sachant que son passé a été lavé.

� En Christ nous pouvons construire une relation où deux deviennent un…

� En Christ nous devons représenter dans les couples cette union unique engendrée dans

les liens du mariage.

Si vous n’êtes pas encore marié et que vous n’êtes plus vierge, il existe dans la grâce de Christ

une reconstruction du cœur. Dieu pardonne. Dieu lave. Dieu redonne espoir. Cf. 1 Cor 6.9-11

Un bébé (4.13b)

« 13 (b) L’Éternel permit à Ruth de concevoir, et elle enfanta un fils. »

La main de Dieu providentielle de Dieu se voit encore ici. Ruth n’a pas pu avoir d’enfants

pendant 10 ans. Voilà qu’elle tombe enceinte !

Au pays où l’on adore Khémosh, stérile. Au pays de l’Eternel, dans les circonstances calculées

par le Seigneur… elle tombe enceinte.

Il faut bien réaliser que ce que Dieu fait du temps de ce livre n’est pas ce que Dieu fait en toute

époque :

� Le fait de ne pas enfanter n’est pas un jugement divin.

� Le fait d’expérimenter une famine n’est pas non plus un jugement divin.

Mais dans le cas présent, Dieu complote pour lancer une espérance qui nous touche

directement.

Une espérance (4.14-22)

« 14 Les femmes dirent à Noémi : Béni soit l’Éternel qui ne t’a pas laissé manquer aujourd’hui

d’un rédempteur dont le nom sera célébré en Israël. 15 Il te fait revenir à la vie et soutient ta

vieillesse ; car ta belle-fille qui t’aime l’a enfanté, elle qui vaut mieux pour toi que sept fils. 16

Noémi prit l’enfant et le mit sur son sein et ce fut elle qui l’éleva. 17 Les voisines lui donnèrent

un nom en disant : Un fils est né à Noémi ! Elles l’appelèrent du nom d’Obed. C’est lui le père

d’Isaï, père de David. 18 Voici les descendants de Pérets : Pérets engendra Hetsrôn ; 19

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Hetsrôn engendra Ram ; Ram engendra Amminadab ; 20 Amminadab engendra Nahchôn ;

Nahchôn engendra Salma ; 21 Salmôn engendra Booz ; Booz engendra Obed ; 22 Obed

engendra Isaï ; Isaï engendra David. »

Les voisines et amies de Noémi bénissent Dieu :

� Il te fait revenir à la vie !

� Il soutient ta vieillesse !

� En plus elle devient Nannie, le rêve !

Il n’y a rien de mieux que de s’investir dans la génération montante pour avoir un peu de joie et

de sens à son existence.

Et c’est vrai que c’est une histoire qui se termine bien : Ce livre s’ouvre sur une famine, et trois

enterrements. Il se termine sur la naissance d’un enfant. Et quel enfant…

� Il y a comme une prophétie de ces femmes : « un rédempteur dont le nom sera célébré en

Israël »

� Il l’appelle « serviteur » et voilà ce que Dieu fera de ce serviteur…

� Il sera le grand-père de David…

David, le roi que Dieu s’est choisi et avec qui Dieu fera alliance pour que s’accomplissent les

promesses faites à Abraham…celui de qui naît le Messie, Jésus, 1000 ans plus tard…

Cette scène a lieu à Bethléhem… « Et toi, Bethléhem Éphrata Toi qui es petite parmi les milliers

de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël Et dont l’origine remonte au

lointain passé, Aux jours d’éternité. » (Michée 5:1-2)

Conclusion

Que faire de ces messages sur Ruth ?

� Déjà s’inspirer (avec recul quand même !) des fréquentations entre Ruth et Booz !

� Ensuite réaliser que Dieu conduit nos circonstances, même quand nous sommes dans

un profond désespoir. Pensez à Noémi, qui commence son périple jeune mariée, deux

garçons, et qui rentre dans son pays natal, veuve, ruinée et privée de ses deux enfants…

Dieu n’a pas oublié cette femme. Et de la même manière il nous conduira à bon port.

Dieu est l’auteur du dernier chapitre de nos vies. Il n’a pas encore dit le dernier mot. Quand

il le dira, ce sera glorieux.

� Ensuite Dieu complote pour établir sa royauté :

� Du temps des Juges, il n’y avait pas de Roi

� En 1 Samuel, on voit apparaître le roi choisi par les hommes : Saül

� En 2 Samuel , le roi de Dieu, David.

� Mais ses descendants ne feront pas vraiment mieux…

� Justement, le Roi, LE Roi, arrive. Est-il votre roi ?

� Le héros de l’histoire, c’est Dieu.

Dieu qui sauve une femme de sa détresse

Dieu qui rachète une famille

Un peu comme Dieu qui nous rachète de notre misère.

� Christ est libérateur !

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Cette création par Florent Varak est mise à disposition selon les termes de la licence

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