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OH LIFE TOURISME (25-3-2024) Açores

Les croisières, sur de gros bateaux, c'est pouvoir marier le tourisme et faire la fête ! L'idée de faire un trip en camping car trottait dans la tête de la rédaction. Et le concert de Bruce Springsteen à Monza fut le déclencheur. Avec en prime des arrêts au Lc de Côme, à Venise, et à Turckheim... Halloween avec l'iD Buzz Cargo ! Un reportage des Mahaux : Coco au Mexique

Les croisières, sur de gros bateaux, c'est pouvoir marier le tourisme et faire la fête ! L'idée de faire un trip en camping car trottait dans la tête de la rédaction. Et le concert de Bruce Springsteen à Monza fut le déclencheur. Avec en prime des arrêts au Lc de Côme, à Venise, et à Turckheim... Halloween avec l'iD Buzz Cargo ! Un reportage des Mahaux : Coco au Mexique

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<strong>25</strong> MARS <strong>2024</strong> version 1<br />

Escapades et Gourmandises<br />

Bruges en McLaren 720S Spider - Waterloo en McLaren GT<br />

Luxembourg en McLaren 720S Coupé. Arturta au p’tit Gaby à Hannut


Partout,<br />

comme à la maison<br />

Dormir à la belle étoile. Se réveiller avec le murmure de la mer le matin.<br />

Découvrir des pays étrangers tout en se sentant constamment comme<br />

à la maison : le Volkswagen California 6.1, c’est de la liberté à l’état<br />

brut. Avec son équipement intérieur confortable et ses détails réfléchis,<br />

il transforme chaque trajet en une aventure inoubliable. Savourez votre<br />

indépendance et allez où vous voulez.<br />

Avec tout ce dont vous avez besoin. Découvrez-le dans un California Center<br />

où vous serez accueilli par nos experts California passionnés.<br />

#unlockwithcalifornia<br />

NEW u<br />

CLIQUEZ SUR LES BOUTONS<br />

Sommaire<br />

MARS -AVRIL <strong>2024</strong> ver. 1<br />

Gourmandises<br />

Et Balades<br />

VOYAGES VOYAGES<br />

CROISIERE ARCHIPEL DES AÇORES<br />

CROISIERE AU FIL DU BRAHMAPOUTRE (INDE)<br />

CROISIERE LES PERLES DU NORD (BELGIQUE)<br />

CROISIERE SUR LE NIL (EGYPTE)<br />

CROISIERE EXPLORIS USHUAIA / VALPARAISO<br />

COCO (MEXIQUE)<br />

EVASION EN MOBILHOME SPRINGSTEEN A MONZA<br />

BORDEAUX<br />

MAURICE<br />

VW CALIFORNIA (ECOSSE)<br />

QUEBEC (CANADA)<br />

MADERE (PORTUGAL)<br />

LA COROGNE ET BILBA (ESPAGNE)<br />

Cliquez sur les boutons pour accéder directement aux sujets<br />

CROISIERE EXPLORATION ANTARCTIQUE (GROENLAND)<br />

CROISIERE STARS CHEFS @ SEA<br />

CROISIERE MOBY MEDITERRANEE<br />

CROISIERE LES FJORDS DE NORVEGE<br />

CLIQUEZ SUR LES BOUTONS<br />

LE PLACE D’ARMES<br />

À LUXEMBOURG-VILLE<br />

MINI TRIP EN MCLAREN<br />

720S COUPÉ, EN 2022<br />

HÔTEL HÉRITAGE<br />

À BRUGES, EN 2021<br />

MINI TRIP EN MCLAREN<br />

720 S SPIDER EN 2021<br />

SOFITEL LE LOUISE<br />

À BRUXELLES, EN 2012,<br />

AVEC LA ROLLS ROYCE PHANTOM<br />

ESCAPADE À WATERLOO<br />

EN MCLAREN GT EN 2022<br />

Center<br />

Louez-le dans votre<br />

California Center<br />

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LIVRES<br />

SKI FRANÇAIS<br />

GUIDES<br />

RANDONNÉES DANS LE VAR<br />

Rédaction :<br />

redaction@ohlife.one<br />

Responsable de rubrique : Christiane GOOR (AJP)<br />

Responsable Images : Charles MAHAUX (AJP)<br />

Avec la participation de Pascale HEIDEBROEK<br />

(CAMINTER)<br />

Journalistes Accrédités :<br />

Eric HEIDEBROEK (AJP) - Christian HUBERT (AJP)<br />

7,2 - 8,5 L /100 KM • 189 - 223 G /KM CO 2<br />

(WLTP)*<br />

californiacenters.volkswagen.be<br />

*Contactez votre concessionnaire pour toute information relative à la fiscalité de votre véhicule.<br />

Informations environnementales (A.R. 19/03/2004) : volkswagen.be<br />

©<br />

TOUTES LES PHOTOS & TEXTES DE CE MAGAZINE SONT SOUMIS AUX DROITS D’AUTEURS<br />

Un lien ne fonctionne pas, ou renvoie ailleurs, dites le nous, on corrige. Merci.<br />

3


Zoom<br />

1<br />

07 mars <strong>2024</strong> Editorial<br />

Voici la page de départ de votre visite.<br />

Cliquez sur les gros boutons et vous serez dirigés vers la rubrique indiquée.<br />

A chaque rubrique son sommaire, parcourez alors les sujets.<br />

Vous voulez revenir au Zoom, cliquez sur le bouton 1,<br />

Vous voulez revenir au sommaire de rubrique, cliquez sur le bouton 2<br />

2<br />

By<br />

By<br />

<br />

By<br />

Christiane Goor<br />

Journaliste AGJPB<br />

Nous venons de participer à la croisière<br />

inaugurale d’une toute nouvelle<br />

compagnie croisiériste sur le marché,<br />

Exploris. Elle porte joliment son nom et<br />

vous pourrez en découvrir davantage<br />

dans les pages Travel de votre magazine.<br />

Ce voyage nous a inspiré quelques réflexions<br />

sur ce marché qui, indubitablement, trouve<br />

un public de plus en plus important s’il faut<br />

en croire les investissements consentis par<br />

les croisiéristes de par le monde. Même la<br />

Chine vient de lancer son premier paquebot,<br />

le Adora Magic City (16 ponts, 21<strong>25</strong> chambres<br />

Même<br />

les Chinois<br />

se lancent<br />

dans le<br />

monde des<br />

croisières<br />

capables de transporter 5246 passagers) qui<br />

a pris la mer à Shanghai ce 1er janvier <strong>2024</strong>,<br />

symbolisant ainsi les progrès du pays dans un<br />

secteur dominé par les industriels européens.<br />

Il est vrai que le potentiel chinois est important<br />

sur ce marché et de nombreux croisiéristes<br />

proposent directement leurs services<br />

dans cette région d’Asie. Faut-il s’en réjouir ?<br />

Chaque déplacement<br />

est source d’émissions nocives.<br />

Mais si le transport est responsable, comme on<br />

le dit, de <strong>25</strong>% de toutes ces émissions quelle<br />

est la part du tourisme dans ces <strong>25</strong>% ?<br />

4 Un lien ne fonctionne pas, ou renvoie ailleurs, dites le nous, on corrige. Merci.<br />

Un lien ne fonctionne pas, ou renvoie ailleurs, dites le nous, on corrige. Merci.<br />

5


Le transport maritime, que l’on parle de transport<br />

de marchandise ou de tourisme, compterait<br />

pour seulement 3 % des émissions de<br />

gaz à effet de serre. Et des objectifs de réduction<br />

de ces émissions ont été fixés.<br />

En dix ans, de véritables progrès ont été faits.<br />

Une réduction des émissions de dioxyde de<br />

carbone (CO2) de presque 50 % parfois. Par<br />

ailleurs, de nombreux constructeurs font le<br />

choix du gaz naturel liquéfié qui limite d’autres<br />

pollutions grâce à une système de filtration et<br />

de purification des gaz d’échappement. Bien<br />

sûr si la qualité de l’air est meilleure, l’eau n’en<br />

est pas moins contaminée! On pourrait parler<br />

aussi de la pollution sonore générée par les<br />

moteurs des bateaux. Bref, rien n’est simple.<br />

5.000 personnes à bord,<br />

Et des déchets directement recyclés !<br />

Cela dit, 5.000 personnes sur un paquebot,<br />

il est clair qu’elles émettent des déchets tout<br />

comme elles le feraient chez elles, et donc<br />

elles ne polluent pas plus, elles polluent ailleurs,<br />

là où leurs déchets sont directement<br />

recyclés.<br />

Alors quels sont les incontournables atouts<br />

des croisiéristes ?<br />

Ils vous offrent le confort d’un hôtel flottant<br />

tout en vous permettant de découvrir plusieurs<br />

destinations sans avoir à boucler vos valises.<br />

Chaque réveil vous offre un nouveau paysage,<br />

d’un port à l’autre, sans avoir à vous soucier<br />

de l’organisation des repas ni celle des visites.<br />

Libres à vous de choisir entre une excursion le<br />

temps d’une escale ou la flânerie dans la ville<br />

du débarquement. C’est souvent l’occasion<br />

d’un coup de cœur qui vous décidera à y revenir<br />

par vous-mêmes autrement, plus tard.<br />

Le tout est de bien cerner la croisière qui vous<br />

convient car elles offrent différentes facettes.<br />

Il y a les croisières maritimes populaires, souvent<br />

autour d’un thème, ou de type familial<br />

avec des occupations prévues pour les enfants,<br />

ou les transatlantiques dont la vie se<br />

concentre sur les différentes activités proposées<br />

par le paquebot. Les croisières fluviales<br />

sont un autre must avec le plaisir de voir défiler<br />

le paysage de part et d’autre du navire.<br />

Les participants sont évidemment nettement<br />

moins nombreux et les distances seront plus<br />

courtes mais chaque jour offre une escale.<br />

La dernière formule est celle des croisières<br />

d’expédition qui semblent de plus en plus<br />

en vogue. Elles s’adressent à un public passionné<br />

par la découverte de la richesse naturelle<br />

de notre planète et que les descentes<br />

un peu plus sportives en zodiac ne dérangent<br />

pas. Les conférences offertes par des experts<br />

(naturalistes, glaciologues et autres) sont un<br />

plus pour décoder cet environnement. C’est<br />

à cette découverte que nous vous invitons en<br />

ce début d’année.<br />

D’autres croisières, fluviale, méditerranéenne<br />

ou maritime, vous seront proposées au fil de<br />

l’année que nous vous souhaitons d’ores et<br />

déjà lumineuse.<br />

PUB VOYAGEURS DU MONDE


NEW u<br />

CROISIERE ARCHIPEL DES AÇORES<br />

CROISIERE BRAHMAPOUTRE(INDE)<br />

MSC EURIBIA LES PERLES DU NORD<br />

CROISIERE SUR LE NIL (EGYPTE)<br />

CROISIERE EXPLORIS USHUAIA / VALPARAISO<br />

COCO (MEXIQUE)<br />

HALLOWEEN & ID BUZZ CARGO A HANNUT (BELGIQUE)<br />

BORDEAUX (FRANCE)<br />

MAURICE (ILES MAURICE)<br />

QUÉBEC (CANADA)<br />

MADERE (PORTUGAL)<br />

LA COROGNE ET BILBAO (ESPAGNE)<br />

MINITRIP VENISE MONZA EN CAMPING CAR (ITALIE)<br />

VOLKSWAGEN CALIFORNIA DANS LES HIGHLANDS (ECOSSE)<br />

EXPLORATION ANTARTIQUE (GROENLAND)<br />

BOULOGNE S/MER NAUSSICAA (FRANCE)<br />

COSTA NAVARINO (GRECE)<br />

L’EXTREMADURE (ESPAGNE)<br />

LYON (FRANCE)<br />

NORMANDIE (FRANCE)<br />

BOURG EN BRESSE (FRANCE)<br />

GENEVE (SUISSE)<br />

THURINGE (ALLEMAGNE)<br />

RENNES (FRANCE)<br />

KEUKENHOF (HOLLANDE)<br />

NOUVEAU u<br />

ALLEMAGNE<br />

ANGLETERRE<br />

BELGIQUE<br />

CANADA<br />

CROISIERES<br />

ESPAGNE<br />

FRANCE<br />

GRECE<br />

GROENLAND<br />

HOLLANDE<br />

INDE<br />

ITALIE<br />

MAURICE<br />

MEXIQUE<br />

PORTUGAL<br />

SUISSE<br />

8 9<br />

Un lien ne fonctionne pas, ou renvoie ailleurs, dites le nous, on corrige. Merci.


V oyages<br />

AVANT-PROPOS<br />

& Loisirs<br />

Charles MAHAUX et Christiane GOOR<br />

sont nos Globe-Trotters.<br />

Ils ont déjà parcouru le monde entier,<br />

rapporté de superbes images et des textes pertinents comme très utiles,<br />

mais surtout des récits qui vous mettent l’eau à la bouche.<br />

Christiane et Charles sont reconnus mondialement<br />

par les plus hautes instances du tourisme.<br />

Pour <strong>OH</strong> ! <strong>LIFE</strong> VOYAGES & LOISIRS, ils voyagent en voiture<br />

dans les pays limitrophes et parfois plus loin. Ils partagent leurs impressions de<br />

conduite, donnent des informations sur les us et coutumes locaux en matière de<br />

roulage. Dans certains pays des choses sont permises, comme en Allemagne<br />

où la vitesse n’est pas limitée sur certaines portions d’autoroutes,<br />

mais strictement limitée et ...contrôlée en agglomération ou dans les travaux.<br />

En France aussi la rigueur de la Gendarmerie toujours au sujet de la vitesse<br />

sévèrement réprimée. Mais pour les destinations lointaines, ils racontent leurs<br />

périples que ce soit en avion ou en bateau et parfois aussi en train.<br />

Nos Globe-Trotters sont des passionnés d’histoires locales,<br />

vous découvrirez avec eux les régions du monde, insoupçonnées de beauté<br />

et de caractère. Et même en Belgique, et pays limitrophes ils vous feront<br />

découvrir des endroits merveilleux. Comme quoi, il ne faut pas nécessairement<br />

aller au bout du monde pour se dépayser totalement !<br />

11


ALLEMAGNE<br />

12 13


ALLEMAGNE<br />

Road-trip en<br />

Thuringe<br />

au cœur de l’Allemagne<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

Juillet 2020,<br />

première escapade<br />

hors de nos<br />

frontières depuis que<br />

le Covid-19 a bouleversé<br />

nos vies ! A seulement 500<br />

kilomètres de chez nous, ce<br />

road-trip a une saveur unique.<br />

Pour ce premier voyage, c’est<br />

une Nissan Qashqai qui est<br />

notre compagnon de route.<br />

Ouvrir le regard vers d’autres paysages,<br />

espérer de multiples découvertes,<br />

et puis découvrir le plaisir<br />

de prendre la route au volant de la<br />

Nissan Qashqai ProPilot qui offre<br />

des aides à la conduite particulièrement<br />

efficaces sur l’autoroute.<br />

Il suffit de pousser sur le bouton<br />

bleu à droite du volant, de choisir<br />

sa vitesse ainsi que la distance avec<br />

le véhicule précédent pour que le<br />

système entre en action. Au bout<br />

d’un quart d’heure, le temps de<br />

s’habituer à cette prise en charge<br />

qui maîtrise les accélérations et<br />

les ralentissements avec le cas<br />

échéant des remises en place sur<br />

la bande de circulation, on sent<br />

que la détente nous gagne au volant<br />

et on se cale dans son siège<br />

comme dans un fauteuil.<br />

Mais attention, pas question<br />

de lâcher le volant même d’une<br />

main car le ProPilot nous rappelle<br />

à l’ordre avec des sonneries de<br />

plus en plus intenses suivies de<br />

coups de frein si nous n’obtempérons<br />

pas !<br />

14 15


L’Eichsfeld,<br />

le cœur vert<br />

de la Thuringe.<br />

Première étape. Ici la route se déroule<br />

au rythme d’une promenade<br />

dans un paysage de campagne<br />

ondulante, de collines douces tendues<br />

de champs cultivés aux reflets<br />

dorés qui s’arrêtent au pied<br />

de cimes boisées de feuillus d’un<br />

vert sombre. Au creux des vallées<br />

des petits villages coquets dont les<br />

maisons se resserrent autour d’une<br />

église au clocher recouvert d’ardoises.<br />

Rien de tel que la balade<br />

jusqu’au sommet de Sonnestein,<br />

à quelque 500 mètres d’altitude,<br />

pour s’offrir une vue spectaculaire<br />

sur l’Eichsfeld qui se partage entre<br />

la Basse-Saxe et la Thuringe.<br />

Ces deux Lands ont été séparés<br />

par le rideau de fer au lendemain<br />

de la Seconde Guerre Mondiale<br />

dessinant sur près 1400 km une<br />

barrière impénétrable qui a douloureusement<br />

séparé de nombreux<br />

proches. Après la chute du<br />

mur de Berlin en 1989, le rideau<br />

de fer a été démantelé un peu partout<br />

mais la Thuringe a choisi de<br />

préserver ce témoignage unique.<br />

Cette ancienne bande frontalière<br />

interallemande longée de panneaux<br />

de clôture de 3m de haut<br />

mesurait 10m de large avec une<br />

zone interdite d’accès de 5km où<br />

il n’était pas rare de lâcher des molosses.<br />

Aujourd’hui le ruban vert,<br />

à savoir cette ancienne bande de<br />

la mort comme elle était appelée<br />

par la population, est accessible<br />

16 17


à la promenade sur 4,8 km dont<br />

un tiers revêtu de dalles de béton<br />

perforées a préservé la clôture<br />

d’origine, d’anciennes tours d’observation<br />

et même une installation<br />

de fermeture de la frontière telle<br />

qu’elle a fonctionné. Le miracle de<br />

cette ceinture verte est qu’elle est<br />

devenue un refuge pour la flore<br />

et la faune qui s’y sont développées<br />

sans entraves depuis le siècle<br />

dernier abritant ainsi un espace<br />

naturel incomparable pour le plus<br />

grand plaisir des randonneurs.<br />

L’Eichsfeld est aussi un paradis<br />

pour les amateurs de trails et de<br />

VTT qui trouvent de nombreuses<br />

pistes à leur disposition. Et pourquoi<br />

ne pas tenter l’expérience du<br />

vélorail qui parcourt une partie de<br />

l’ancien chemin de fer construit<br />

à la guerre franco-prussienne de<br />

1870. Une escapade insolite qui a<br />

le mérite de passer par un viaduc<br />

qui permet de découvrir la petite<br />

ville de Döringsdorf avec ses maisons<br />

colorées ou à colombages<br />

prolongées par des jardinets fleuris<br />

non loin d’une église qui semble<br />

veiller sur ses paroissiens.<br />

Terre de châteaux.<br />

La Thuringe c’est un peu un<br />

voyage vers les racines de notre<br />

royauté car la ville de Gotha était<br />

le lieu de résidence du duché de<br />

Saxe-Cobourg et Gotha dont le<br />

premier roi des Belges, Léopold<br />

Ier, est un descendant. L’imposant<br />

château de Friedenstein à la façade<br />

dépouillée et symétrique édi-<br />

fié au 17ème siècle abrite pourtant<br />

un extraordinaire décor baroque<br />

voire même rococo avec une profusion<br />

de plafonds en stuc, de<br />

sols en marqueterie sans oublier<br />

un mobilier précieux et une riche<br />

collection d’œuvres d’art. On y<br />

découvre aussi l’impressionnant<br />

arbre généalogique de la Maison<br />

de Saxe-Cobourg et Gotha dont<br />

plusieurs rejetons ont régné dans<br />

différents pays européens mais<br />

aussi au Brésil et au Mexique.<br />

On retiendra la branche toujours<br />

régnante en Belgique à travers<br />

les descendants de Léopold Ier<br />

mais aussi celle du Royaume-Uni<br />

puisque le Prince Albert, second<br />

fils d’Ernest Ier, a épousé la reine<br />

Victoria en 1840.<br />

Dans un tout autre style, le château-fort<br />

de la Wartburg édifié sur<br />

un pic abrupt surplombe la ville<br />

d’Eisenach, première forteresse<br />

inscrite en 1999 au patrimoine<br />

mondial de l’Unesco. Fondée au<br />

début du 11ème siècle, la résidence<br />

des landgraves de Thuringe<br />

a abrité Elisabeth de Hongrie mariée<br />

à 14 ans à Louis dit le Charitable.<br />

Un couple aimant mais<br />

à la mort de son époux quand il<br />

s’embarquait pour une croisade,<br />

elle choisit de consacrer sa vie aux<br />

pauvres en leur faisant construire<br />

trois hôpitaux. Morte à l’âge de<br />

24 ans en 1231, elle sera canonisée<br />

4 ans plus tard et est devenue<br />

la patronne des hôpitaux. La forteresse<br />

a encore accueilli Martin<br />

Luther quand il a été mis au ban<br />

18 19


1<br />

3 4 5<br />

1 - La vaste salle de bal du château de<br />

Friedenstein possède un imposant<br />

plafond baroque encadré de lourdes<br />

guirlandes de fleurs et de fruits sans<br />

oublier une alcôve entièrement<br />

consacrée à une luxueuse collection<br />

de porcelaines de Meissen<br />

2 - Les ruines du château de<br />

Hanstein dominent le petit village de<br />

Bornhagen<br />

4 - Les ruines romantiques du château<br />

médiéval de Hanstein raconte<br />

les affres de la Guerre de Trente Ans<br />

au 17e siècle.<br />

5 - Tours château d’eau...<br />

20 21


du Saint Empire. Il y vécut près<br />

d’un an qu’il consacra à traduire<br />

en allemand le Nouveau Testament.<br />

Solide forteresse, somptueuse<br />

résidence, auberge, lieu<br />

de sécurité et de recueillement, la<br />

Wartburg a donc été le théâtre de<br />

nombreux moments clés de l’histoire<br />

allemande.<br />

Erfurt, la métropole<br />

de la Thuringe.<br />

C’est à Erfurt que la théologie de<br />

la Réforme trouve ses racines car<br />

c’est ici que Luther obtint son diplôme<br />

de « magister » à la faculté<br />

des Arts en 1505 avant de choisir<br />

la vie monastique au couvent<br />

des Augustins en remerciement<br />

pour avoir survécu à la chute de<br />

la foudre lors d’un violent orage.<br />

Sécularisé en 1559, le monastère<br />

connaîtra diverses fortunes avant<br />

d’être restauré après la dernière<br />

guerre. Néanmoins on peut encore<br />

visiter les murs historiques<br />

et les cellules dans lesquelles les<br />

moines ont prié.<br />

Métropole de la Thuringe, Erfurt<br />

a accueilli au cours des siècles<br />

d’autres personnalités comme<br />

Schiller, Goethe, Bach, Herder et<br />

même le tsar Alexandre et l’empereur<br />

Napoléon lors d’une rencontre<br />

hautement politique pour<br />

mettre à jour le contenu de leur<br />

alliance. Centre économique de<br />

la région au carrefour de routes<br />

commerciales importantes au<br />

Moyen-Age, la cité a enrichi les<br />

négociants qui ont construit de<br />

belles maisons patriciennes épargnées<br />

par les bombardements de<br />

la Seconde Guerre Mondiale. On<br />

y trouve aussi, enjambant la Gera,<br />

le pont des Epiciers, le plus long<br />

pont encore habité d’Europe, à<br />

savoir que sur ses deux côtés<br />

s’alignent d’étroites maisons à<br />

colombages surmontées de toits<br />

pentus à découvrir pour leurs galeries<br />

d’art et leurs boutiques d’artisanat<br />

et d’antiquités. C’est aussi<br />

le lieu de tous les rendez-vous des<br />

uns et des autres dès que le soleil<br />

est de la partie. Les terrasses des<br />

restaurants, les biergarten et les<br />

jardins publics sont envahis par<br />

une foule joyeuse sans doute un<br />

peu trop compacte en ces temps<br />

de coronavirus…<br />

Weimar, de Goethe<br />

à Henry van de Velde.<br />

Dernière étape de notre voyage<br />

mais non des moindres, Weimar a<br />

d’ailleurs été saluée par l’UNESCO<br />

avec une quinzaine de sites répertoriés<br />

dont nous n’avons découvert<br />

que quelques-uns comme la<br />

somptueuse bibliothèque rococo<br />

Anna Amalia du nom de la duchesse<br />

qui assura la régence au<br />

cours du 18ème siècle. Sous son<br />

impulsion, la ville devient un centre<br />

intellectuel important dominé par<br />

Goethe qui de précepteur du futur<br />

duc Charles-Auguste devient aussi<br />

le directeur de la bibliothèque. Plus<br />

tard, Goethe fut nommé ministre<br />

par le grand-duc qui lui offrit une<br />

22 23


maison baroque qu’il a<br />

occupée jusqu’à son décès<br />

en 1832. C’est encore<br />

Goethe qui fit assécher les<br />

marais qui bordent la ville<br />

le long de la rivière Ilm pour<br />

y dessiner un vaste parc<br />

où il fit édifier un pavillon<br />

où il se retranchait pour<br />

écrire. D’autres hommes<br />

prestigieux du panthéon<br />

des Arts et des Lettres allemands<br />

ont résidé à Weimar<br />

et y ont exercé leurs<br />

talents à l’image des écrivains<br />

Schiller et Herder et<br />

des compositeurs Bach<br />

et Liszt qui prit même la<br />

direction de l’opéra de la<br />

ville.<br />

rencontrera le grand-duc<br />

qui le charge de mettre<br />

en valeur les productions<br />

culturelles de la région.<br />

Van de Velde décide alors<br />

de résider à Weimar avec<br />

sa famille et y construit sa<br />

propre maison, la Haus<br />

Hohe Pappeln. En 1908<br />

il fonde l’Institut des Arts<br />

décoratifs et industriels<br />

de Weimar dont il sera le<br />

directeur jusqu’à ce que<br />

la Première Guerre Mondiale<br />

l’oblige à quitter l’Allemagne<br />

et à rentrer en<br />

Belgique non sans avoir<br />

désigné son successeur<br />

Walter Gropius, architecte<br />

et designer allemand.<br />

Les dernières années<br />

du Grand-Duché de<br />

Saxe-Weimar-Eisenach<br />

sont particulièrement fertiles<br />

culturellement parlant<br />

car le grand-duc désigne<br />

comme conseiller<br />

artistique Harry Kessler, un<br />

éminent amateur d’art et<br />

mécène qui se passionne<br />

pour tous les mouvements<br />

modernes de l’impressionnisme<br />

et du symbolisme. Il<br />

croise ainsi notre compatriote<br />

Henry Van de Velde<br />

spécialisé en architecture<br />

d’intérieur à qui il confie la<br />

décoration de sa maison à<br />

Weimar.<br />

C’’est à cette occasion qu’il<br />

Au sortir de la guerre,<br />

après la proclamation de<br />

la république de Weimar,<br />

Gropius reprend la tête<br />

de l’école qu’il renomme<br />

Bauhaus Institut jetant<br />

ainsi les bases d’un style<br />

international basé sur le<br />

fonctionnalisme tout en<br />

encourageant l’émulation<br />

entre artistes et artisans.<br />

Il faut flâner dans<br />

le tout nouveau musée<br />

consacré au Bauhaus<br />

pour comprendre combien<br />

cette école fut le berceau<br />

du design moderne<br />

car elle permettait l’expérimentation<br />

artistique en<br />

utilisant entre autres de<br />

nouveaux matériaux. Le<br />

24 <strong>25</strong>


Bauhaus a bien entendu été chassé<br />

d’Allemagne par le mouvement nazi<br />

qui pourtant apprécie Weimar qui<br />

a concentré entre les 17 et 19ème<br />

siècles la quintessence de la culture<br />

allemande. Ce qui fait dire que cette<br />

ville emblématique a connu une histoire<br />

assez paradoxale.<br />

Le Crossover Nissan<br />

Qashqai ProPilot en ville.<br />

les distances si l’arrêt dure moins de 3<br />

secondes ou sinon, il suffit d’effleurer<br />

la pédale d’accélérateur ou de lancer<br />

la touche « Res » du volant. De quoi<br />

offrir un véritable confort de sécurité<br />

surtout quand il faut suivre le Gps<br />

particulièrement bien clair et audible.<br />

Un plus aussi pour la confortable<br />

habitabilité à bord avec de l’espace<br />

pour étendre ses jambes à l’avant,<br />

du rangement adapté aux gourdes<br />

indispensables sur la route et un authentique<br />

silence de roulement !<br />

On avait apprécié sur l’autoroute le<br />

plaisir de partager la route avec le<br />

copilote de l’assistance de direction<br />

Nissan ProPilot avec les accélérations<br />

et ralentissements maîtrisés, l’insertion<br />

d’un autre véhicule devant les<br />

caméras clairement annoncée et de<br />

rares remises en place intempestives<br />

au milieu de la file grâce à l’aide au<br />

maintien dans la voie à condition<br />

toutefois de changer de voie en l’annonçant<br />

avec son clignoteur !<br />

Infos sur le Land :<br />

www.thueringen-entdecken.de/<br />

www.visit-thuringia.com/<br />

www.eichsfeld.de/<br />

www.grenzlandmuseum.de<br />

www.erfurt-tourismus.de/fr/<br />

www.weimar.de/fr/tourisme/.<br />

Se loger : A Teistungen, un centre dédié<br />

au sport avec un restaurant à Eisenach,<br />

un petit hôtel (www.victors.de/en/hotels/<br />

teistungenburg/) à 2 pas du centre de la<br />

ville qui abrite outre la maison de Bach, la<br />

maison de Luther www.eisenacherhof.de/<br />

en qui propose une table étonnante qui<br />

plonge le client dans la gastronomie médiévale,<br />

toute une expérience.<br />

Gastronomie : La Thuringe est le pays de<br />

la saucisse à griller, un délice depuis 600<br />

ans, parfumée à la marjolaine, au cumin<br />

et à l’ail et impérativement à griller sur du<br />

Nous avons retrouvé le même plaisir<br />

charbon de bois. Outre ce standard nous<br />

dans la campagne d’un rond-point à<br />

avons apprécié dans l’Eichsfeld la table du<br />

l’autre et dans les villes au cœur du<br />

Klausenhof, une cuisine nouvelle parfumée<br />

trafic. En effet, le système anticipe<br />

aux herbes, une découverte gastronomique<br />

bien les ralentissements et s’arrête<br />

dans un environnement historique www.<br />

sans avoir à intervenir sur la pédale<br />

klausenhof.de et à Weimar l’ambiance cosy<br />

de frein pour repartir automatiquement<br />

et délicatement en respectant<br />

du Gretchen’s Cafe & Restaurant<br />

https://gretchens-weimar.de/<br />

26 27


ANGLETERRE<br />

28 29


ANGLETERRE<br />

2012<br />

Les Highlands<br />

Territoiresd’Écosse<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

Découvrir à peu de frais l’Ecosse, terre de brume<br />

et pays de légendes, c’est devenu possible si vous<br />

voyagez en couplant la formule des aires de campings<br />

agréables et confortables qui essaiment la région avec<br />

le charme indéniable de la California Comfortline<br />

de Volkswagen, tout l’art de combiner le plaisir de la<br />

berline avec le caravaning.<br />

C’est a son volant que nous sommes partis à la<br />

découverte des Hautes-Terres d’Ecosse.<br />

Durant 8 jours, notre véhicule est devenu<br />

notre résidence secondaire de tout confort..<br />

30 31


Les Highlands, comme leur nom l’indique,<br />

sont des régions de montagnes singulièrement<br />

burinées appelées ici des bens et entrecoupées<br />

de glens, des vallées creusées<br />

par des lochs argentés dont on ne devine<br />

pas toujours s’ils sont des lacs ou des fjords.<br />

A une heure de route d’Edimbourg, la capitale<br />

écossaise, le parc du loch Lomond et<br />

des Trossachs offre un havre de verdure et<br />

de tranquillité entre collines boisées, eaux<br />

cristallines et bourgades attrayantes.<br />

On se laisse prendre à l’attrait romantique d’un<br />

parcours sinueux au cœur de reliefs ondulés,<br />

piqués d’épaisses forêts qui se reflètent dans<br />

des lacs miroitants. De lochs en rivières, on<br />

arrive à Glencoe, modeste village dominé par<br />

des falaises escarpées et des éperons rocheux,<br />

véritables pyramides minérales.<br />

Ici tout semble se graver dans un silence de pierre<br />

égayé fort heureusement par une joyeuse soirée<br />

dans un pub où alternent conversations autour de<br />

randonnées et chansons populaires encouragées<br />

par un couple de vieux musiciens.<br />

La route qui mène à Fort William se fraie un chemin<br />

qui longe des gorges encaissées, aux pentes<br />

verdoyantes ou rocheuses. Des virages en<br />

épingle à cheveux découpent à chaque détour de<br />

nouveaux pans de décor, rudes et spectaculaires.<br />

A l’ombre du Ben Nevis, la petite ville de Fort<br />

William attire ceux qui rêvent d’escalader le<br />

sommet le plus haut de Grande Bretagne avec<br />

ses 1.344 mètres. Mais les abords du Ben Nevis<br />

sont aussi l’occasion de randonnées bucoliques<br />

au cœur de landes herbeuses, piquetées<br />

de champs de bruyère où paissent en toute liberté<br />

chèvres et moutons et même des vaches<br />

cornues à tête de yack, des Highland cattle<br />

aux poils longs et à la frange rebelle. Avec ses<br />

châteaux hantés, ses ports de pêches, son rivage<br />

découpé, ses montagnes brunes, vertes<br />

ou rousses et ses tourbières envahies par les<br />

32 33


moutons, l’île de Skye dévoile des paysages d’une<br />

rare beauté. C’est un peu un condensé d’Ecosse<br />

sur quelques hectares, un pays singulier où on se<br />

sent au bout du monde, d’autant que les routes y<br />

sont tortueuses et étroites mais heureusement jalonnées<br />

d’aires de délestement qui permettent aux<br />

véhicules de se croiser.<br />

Le Volkswagen California<br />

se complait parfaitement<br />

dans le paysage écossais.<br />

Premier atout qui a son importance : son gabarit<br />

reste raisonnable, voire même discret. Avec moins<br />

de 5 mètres de long, elle reste dans la catégorie<br />

des véhicules de tourisme. Prendre ainsi le ferry<br />

ne coûte pas plus cher, idem pour l’entrée dans<br />

les campings. De plus, grâce à sa taille, semblable<br />

à celle de sa cousine la Transporter, couplée à la<br />

souplesse de conduite, tous les sites qui seraient<br />

inaccessibles aux camping-car classiques ne la rebutent<br />

absolument pas.<br />

Il faut encore ajouter que son équipement de<br />

transmission intégrale permanente, le 4Motion,<br />

permet d’emprunter en toute sécurité des chemins<br />

boueux, pentus jusqu’à 37° et même détrempés.<br />

De fait, si une roue venait à patiner, les autres<br />

prennent immédiatement le relais pendant un<br />

court instant. La sensation de conduire une berline<br />

de luxe prend également tout son sens dans les<br />

déplacements et les manœuvres dans les villages<br />

ou encore au moment de croiser un autre véhicule<br />

sur les chemins exigus des Highlands.<br />

Quel plaisir par contre de pouvoir se poser n’importe<br />

où à l’heure des repas ou d’une petite sieste !<br />

La porte coulissante grande-ouverte sur un décor<br />

grandiose de loch ou de montagne, il suffit de<br />

quelques minutes à peine pour installer table et<br />

strapontins bien cachés dans les portes et hayons<br />

arrière. Sans oublier de dérouler la marquise qui<br />

34 35


assurera un abri au cas très probable d’une<br />

douche écossaise, par définition brève, forte et<br />

inattendue.<br />

Plaisir de siroter un verre de vin blanc bien<br />

frappé dans le bac-frigo du véhicule et de savourer<br />

le confort d’un pique-nique au cœur<br />

d’un cadre naturel exceptionnel. Un petit clic<br />

suffit également pour que le toit se soulève et la<br />

couchette est déjà prête pour l’amateur d’une<br />

sieste bien méritée.<br />

Quand vient l’heure de rejoindre une aire de<br />

camping plus adaptée pour y passer la nuit, il<br />

y est tout aussi aisé de choisir un emplacement<br />

qui permettra de profiter de la magie du lever<br />

du soleil depuis la fenêtre semi-circulaire qui<br />

s’ouvre dans la toiture surélevée.<br />

Nuit magique même quand les bourrasques de<br />

vent s’enroulent autour du véhicule : on se sent<br />

bien au chaud en sécurité au cœur de la California<br />

au point que celui qui occupe la couchette<br />

inférieure, à l’abri de stores déroulants<br />

qui occultent toutes les fenêtres, ne devinera<br />

même pas qu’il pleut des cordes à l’extérieur.<br />

De plus, le cas échéant, un système additionnel<br />

permet de maintenir une température agréable<br />

dans l’habitacle.<br />

L’heure du petit-déjeuner préparé sur la kitchenette<br />

du véhicule et consommé dans l’habitacle<br />

à cette heure matinale, grâce au plan de travail<br />

escamotable et aux sièges avants qui pivotent,<br />

est un moment qui étire le réveil en douceur<br />

tout en profitant de la nature environnante par<br />

la portière coulissante grande-ouverte : chant<br />

des oiseaux virevoltant au-dessus du loch, canards<br />

caquetant courant sur la plage, moutons<br />

paissant à quelques mètres à peine…<br />

Vaisselle faite et rangée sous l’évier, sacs de<br />

couchage repliés dans le tiroir de rangement<br />

sous la banquette, toit baissé, un dernier coup<br />

36 37


Partout,<br />

comme à la maison<br />

Dormir à la belle étoile. Se réveiller avec le murmure de la mer le matin.<br />

Découvrir des pays étrangers tout en se sentant constamment comme<br />

à la maison : le Volkswagen California 6.1, c’est de la liberté à l’état<br />

brut. Avec son équipement intérieur confortable et ses détails réfléchis,<br />

il transforme chaque trajet en une aventure inoubliable. Savourez votre<br />

indépendance et allez où vous voulez.<br />

Avec tout ce dont vous avez besoin. Découvrez-le dans un California Center<br />

où vous serez accueilli par nos experts California passionnés.<br />

#unlockwithcalifornia<br />

Center<br />

Louez-le dans votre<br />

California Center<br />

Configurez-le ici<br />

Quel plaisir par contre de pouvoir se poser n’importe où à l’heure des repas ou d’une petite sieste !<br />

La porte coulissante grande-ouverte sur un décor grandiose de loch ou de montagne, il suffit de<br />

quelques minutes à peine pour installer table et strapontins bien cachés dans les portes et hayons<br />

arrière. Plaisir, aussi à l’étape, de siroter un verre de vin blanc bien frappé dans le bac-frigo du<br />

véhicule et de savourer le confort d’un pique-nique au cœur d’un cadre naturel exceptionnel.<br />

7,2 - 8,5 L /100 KM • 189 - 223 G /KM CO 2<br />

(WLTP)*<br />

californiacenters.volkswagen.be<br />

*Contactez votre concessionnaire pour toute information relative à la fiscalité de votre véhicule.<br />

Informations environnementales (A.R. 19/03/2004) : volkswagen.be


de balai dans l’habitacle, on est reparti pour de<br />

nouvelles aventures.<br />

Le prix d’achat est sans doute important mais il<br />

faut retenir que la toiture relevée de la California<br />

permet de s’y tenir debout et autorise donc<br />

le label « utilitaire » avec, par conséquent, une<br />

taxe de mise en circulation nulle et une taxe<br />

de roulage très réduite. Enfin, quelle économie<br />

d’avoir deux véhicules en un : magie d’une berline<br />

haut de gamme qui combine le plaisir d’une<br />

conduite souple et légère, digne de la marque,<br />

avec une consommation moyenne de 9l au 100<br />

pour se déplacer et le confort d’un équipement<br />

de qualité très fonctionnel qui autorise au<br />

pied-levé toutes les évasions pour 3 adultes ou<br />

une famille avec deux enfants.<br />

Enfin, dernier argument de poids quand on part<br />

en vacances avec une California : le coût de la<br />

vie relativement élevé en Ecosse par exemple ne<br />

pèse plus dans le budget vacances puisque les<br />

nuits en campings sont moins chères et la plupart<br />

des repas peuvent être préparés grâce à la<br />

kitchenette du véhicule et consommés sur place.<br />

Les châteaux, carte<br />

postale de l’Ecosse.<br />

La terre écossaise est parsemée de forteresses<br />

en ruines, victimes des conflits mais aussi du<br />

désintérêt pour ces vastes demeures sombres<br />

et froides. Ces vieilles carcasses de pierre qui<br />

se reflètent dans les eaux sombres d’un loch ou<br />

qui se perchent au sommet d’un pic rocheux<br />

battu par les vents alimentent aujourd’hui les<br />

passionnés de fantômes et retrouvent une seconde<br />

vie auprès des chasseurs d’images chargées<br />

de romantisme.<br />

Au Nord de l’île de Skye, la massive silhouette<br />

du château de Dunvegan, fief du clan MacLeod,<br />

se dresse sur une plateforme qui domine le<br />

40 41


loch du même nom. Les Campbell ont également<br />

conservé leur château construit au 18ème siècle<br />

par le duc d’Argyll à Inveraray sur la rive du loch<br />

Fyne. Partiellement ouvert aux touristes, il n’en<br />

reste pas moins leur résidence privée.<br />

La petite ville d’Inveraray construite aux abords<br />

du château est un petit bijou avec ses élégantes<br />

façades blanches. Elle abrite des bâtiments importants<br />

à l’image de son ancien statut de bourg royal:<br />

un palais de justice, une prison, une église paroissiale<br />

et des auberges historiques.<br />

Pousser la porte du pub The George est une heureuse<br />

manière de poursuivre la visite en plongeant<br />

dans une ambiance surannée de larges cheminées,<br />

de poutres apparentes et d’anciennes horloges.<br />

On se laisse prendre au charme de la taverne où la<br />

bière et le whisky délient les langues et réunissent<br />

les visiteurs d’un soir. Dans une contrée qui plonge<br />

ses habitants dans de grands espaces empreints de<br />

solitude, les Ecossais ont un merveilleux sens de<br />

l’accueil chaleureux.<br />

Infos pratiques :<br />

Circuler : Le réseau routier est dans l’ensemble excellent<br />

et la plupart des routes pittoresques. On trouve des pompes<br />

un peu partout mais elles sont moins chères près des villes.<br />

Veillez à vous approvisionner le samedi car le dimanche<br />

est un vrai jour férié. Quant à la conduite à gauche, on s’y<br />

habitue très vite. De plus les Ecossais sont prudents et très<br />

courtois avec les étrangers.<br />

Infos : Auprès de www.visitbritain.com/be ou encore de<br />

www.visitscotland.com<br />

Se loger : L’Ecosse offre un réseau d’aires de camping 4<br />

voire 5 étoiles classées «chardons» puisque cette plante<br />

est l’emblème de l’Ecosse www.thistleparks.co.uk/touring.<br />

Ils jouissent tous d’une situation exceptionnelle avec de<br />

vastes espaces qui autorisent une certaine privacité.<br />

Les pubs : Faites confiance au gérant de votre camping.<br />

Certains pubs offrent même un service de taxi afin d’assurer<br />

un retour en toute sécurité malgré la quantité de<br />

bières ou de whisky ingérée… Pour mieux comprendre la<br />

culture du whisky, rien de tel qu’une dégustation dans une<br />

distillerie comme par exemple www.glengoyne.com.<br />

42 43


BELGIQUE<br />

HANNUT (HALLOWEEN ET ID.BUZZ CARGO)<br />

44 45


Halloween<br />

In Cargo Buzz<br />

Halloween<br />

in Hannut<br />

L’utilitaire de l’année,<br />

le Volkswagen iD.Buzz Cargo<br />

était en visite à Hannut, le 27<br />

octobre dernier.<br />

Dans sa livrée sombre, il accompagne<br />

Sacha et Elliot au Château<br />

Grégoire avec un rendez-vous à la<br />

nocturne Halloween... Brrr.<br />

Quand Sacha et Elliot sortent de<br />

l’écrin sécurisé de l’iD.Buzz Cargo,<br />

ils sont directement happés par


un petit courant d’air<br />

glacé qui les fait frissonner<br />

! L’atmosphère<br />

se montre oppressante,<br />

lugubre !<br />

IMG_<br />

Le moindre bruit, le<br />

moindre craquement<br />

fait sursauter... Surtout<br />

quand un cri d’effroi<br />

déchire le silence, les<br />

chevaux se dressent sur<br />

la tête, la chair de<br />

poule couvre les bras,<br />

un frisson glacé court<br />

sur l’échine au moment<br />

où une tronçonneuse se<br />

met à rugir...!<br />

Vous ne passerez<br />

paaas !<br />

Les sorcières vous<br />

ensorcellent !<br />

Venez par iciiii<br />

Héhéhéééé !


Même pas peur !<br />

(pas très rassurée non plus...)


Les occupants de<br />

l’au-delà s’éveillent,<br />

se relèvent habillés<br />

d’un linceul<br />

ensanglanté,<br />

des apparitions<br />

aussi furtives<br />

qu’inquiétantes<br />

surgissent dans des<br />

cris glaçants, ou<br />

des grondements<br />

terrifiants. Les<br />

mixtures au venin<br />

d’araignées toniques<br />

laissent entendre<br />

que des sortilèges<br />

maléfiques se<br />

préparent. Brrrr !!!


Quand un monstre<br />

terrifiant se joue<br />

du feu et maîtrise<br />

l’obscurité<br />

54 55


Heureusement l’iD.Buzz Cargo<br />

est là pour protéger Sacha et<br />

Elliot qui trouvent refuge à son<br />

bord. L’iD.Buzz Cargo tourne<br />

alors sur place, son rayon de<br />

braquage est ultra-court, mais<br />

pas les nombreux tours de volant<br />

qui le font braquer si fort.<br />

Remis d’aplomb, l’iD.Buzz Cargo<br />

file alors en silence, et rejoint<br />

un endroit qui sera à<br />

même de calmer les frayeurs<br />

par un repas adapté aux jeunes<br />

appétits. Certes, c’est de la<br />

«malbouffe», mais elle cale<br />

sans problème les estomacs<br />

tout en flattant ces jeunes et<br />

gourmandes papilles.


Prise en main<br />

Le confort à bord est bien<br />

étudié et permet à trois<br />

adultes de s’installer face<br />

à la route. Un grand videpoche<br />

creusé dans la<br />

planche de bord est équipé<br />

de prises USB-C et<br />

d’une prise «allume-cigare».<br />

On est dans un utilitaire<br />

et les rangements<br />

sont nombreux et facilement<br />

accessibles. On regrettera<br />

quand même que<br />

les emplacements de portières,<br />

ou, centraux ne<br />

peuvent pas accueillir de<br />

gros conteneurs, comme<br />

des thermos ou de grandes<br />

bouteilles, car, même s’ils<br />

sont longs et profonds, ils<br />

manquent de largeur.<br />

Par contre on apprécie le<br />

style dépouillé et design de<br />

la cabine. La visibilité, avant<br />

et 3/4 avant, est bonne.<br />

Pour l’arrière, Volkswagen<br />

a prévu la conservation<br />

d’une vitre sur la porte<br />

coulissante, masquée de<br />

l’extérieur par un film<br />

couleur caisse. Futé, car on<br />

voit à travers depuis le<br />

siège conducteur.<br />

Le câble de recharge est<br />

rangé sous le plancher de<br />

la zone de chargement.<br />

Une petite trappe dans la<br />

marche d’accès permet de<br />

le ranger proprement.<br />

La belle surface de chargement<br />

permet de construire


un véhicule atelier destiné à<br />

une profession, à un sport, des<br />

loisirs ou simplement à ranger<br />

des colis à livrer. Comme ils<br />

disent chez D’Ieteren : «Nous<br />

faisons tous les métiers.»<br />

La conduite du iD.Buzz Cargo, si<br />

elle est similaire à celle de l’iD.<br />

Buzz Family, se montre plus<br />

agréable et précise. Effectivement,<br />

le Cargo est plus agile et<br />

offre des reprises plus vives. Ceci<br />

est dû à la réduction de poids de<br />

l’ordre de 150 kg. Maintenant, il<br />

faut voir ça quand il est chargé.<br />

Il peut prendre 650 kg contre les<br />

870 kg du T6. Le Cargo peut aussi<br />

tracter une remorque de<br />

750 kg non freinée. (1.000 kg<br />

freinée). La précision de conduite<br />

et le confort demeurent.<br />

La visibilité périphérique est<br />

bonne même si c’est un «tôlé».<br />

L’autonomie annoncée frôle les<br />

4<strong>25</strong> km et dans la réalité, on est<br />

proche des 380 km fiables. Côté<br />

recharge, sur les super-chargeurs,<br />

on passe de 5 à 80% en<br />

30 minutes. Sur des chargeurs<br />

normaux, il faut compter sept<br />

heures trente. Ils sont vraiment<br />

dans le bon, chez Volkswagen.<br />

Halloween<br />

in Hannut


CANADA


CANADA<br />

Québec<br />

Cap sur la ville<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

8 jours,<br />

c’est le temps que nous avons partagé entre<br />

Québec, capitale de la Belle Province<br />

du même nom, Wendake, à la rencontre<br />

des Hurons-Wendats, les premiers Québécois<br />

et enfin la région de Charlevoix<br />

et sa nature grandiose.<br />

Un séjour dense de quelque 500 km à peine<br />

qui laisse évidemment un goût de trop peu<br />

mais quelle belle invitation à y revenir !


Pour s’y rendre, rien de tel<br />

qu’Air Transat, la compagnie aérienne<br />

québécoise qui d’emblée vous invite en<br />

voyage avec l’accueil personnalisé<br />

du chef de cabine principal qui vous<br />

salue, quelle que soit la classe de votre<br />

vol, avec un «Bon Matin» mâtiné de<br />

cet accent unique et irremplaçable qui<br />

colore le parler québécois.<br />

Transat, bien plus qu’un fauteuil posé sur la<br />

plage ou près d’une piscine, bien plus que<br />

les bateaux transatlantiques, c’est, comme<br />

l’annonce le commandant de l’avion, «une<br />

belle croisière de quelque 6h30 jusque<br />

Montréal».<br />

De fait un bon voyage avec une escale à<br />

Montréal pour rejoindre Québec toujours<br />

avec Air Transat en attendant qu’un jour pas<br />

trop lointain semble-t-il un train puisse permettre<br />

cette dernière étape depuis l’aéroport<br />

de Montréal jusqu’à la gare de Québec.<br />

Notez quand même qu’Air Transat vient<br />

d’être élue pour la cinquième fois «Meilleure<br />

compagnie aérienne loisirs au monde»<br />

aux World Airlines Awards de Skytrax !<br />

Remonter le temps à Québec.<br />

La ville de Québec est un petit bijou salué<br />

d’ailleurs par l’Unesco en 1985, du moins<br />

tout son quartier historique. Découverte par<br />

Jacques Cartier en 1534 mais fondée par Samuel<br />

de Champlain en 1608, le Vieux-Québec<br />

demeure la seule ville d’Amérique du<br />

Nord à avoir conservé ses remparts ceinturant<br />

la vieille ville répartie entre la Haute-<br />

Ville, située au sommet du cap Diamant, et<br />

la Basse-Ville, coincée entre la falaise et le<br />

fleuve St-Laurent, formant un des meilleurs<br />

exemples de ville coloniale fortifiée.<br />

La citadelle, la plus importante forteresse<br />

britannique en Amérique du Nord, se situe<br />

sur le Cap Diamant, le point naturel le plus<br />

haut de la ville et à l’intérieur de l’arrondissement<br />

historique du Vieux-Québec.<br />

Bâtie entre 1820 et 1850 elle s’intègre à<br />

l’ensemble des fortifications de la ville.<br />

Elle s’inspire des systèmes de défense de<br />

Vauban et se caractérise par une enceinte<br />

Le château de Frontenac découvert depuis la place de Paris en Basse-Ville.<br />

66 67


La porte Saint-Kent et sa muraille jusqu’à la porte Saint-Jean.<br />

en forme d’étoile qui finalement ne servit<br />

jamais tant sa seule présence imposante<br />

était dissuasive.<br />

Aujourd’hui elle est la maison mère du<br />

Royal 22ème Régiment, unique régiment<br />

d’infanterie francophone au sein de la<br />

Force régulière des Forces canadiennes.<br />

La visiter c’est l’occasion de vivre d’anciennes<br />

traditions militaires comme lors de<br />

la relève de la garde ou le tir quotidien du<br />

canon qui annonce midi.<br />

Trois arches délimitent l’entrée dans l’enceinte<br />

de la Haute-Ville : les portes Saint-<br />

Louis et Saint-Jean suivies de rues du<br />

même nom et la porte Saint-Kent.<br />

Curieusement elles se ressemblent<br />

avec une tourelle et un toit de cuivre<br />

vert mais elles ont été reconstruites<br />

pour adapter le trafic moderne et<br />

cette restauration s’est voulue harmonieuse.<br />

Les rues intra-muros sont<br />

bordées d’édifices patrimoniaux et<br />

cultivent une tradition commerçante<br />

La garde de la Citadelle.<br />

68 69


La statue de Samuel de<br />

Champlain sur la terrasse<br />

Dufferin en planche avec<br />

l’ancien édifice postal de<br />

la ville.<br />

Au-delà du port de<br />

plaisance le paseo<br />

maritimo s’étire sur<br />

12km autour de la<br />

péninsule.<br />

Le Petit Champlain découvert depuis une terrasse de l’escalier Casse-Cou.<br />

Ambiance de quartier au coeur de la Basse-Ville.<br />

et gourmande qui attire les foules. Elles<br />

mènent vers la célèbre place d’Armes où<br />

se dresse un monument gothique dédié à la<br />

Foi, en souvenir des Récollets, la première<br />

communauté religieuse à s’être implantée en<br />

Nouvelle-France. C’est ici aussi que s’ouvre<br />

le château Frontenac surmonté de tourelles<br />

et de toits en cuivre, l’icône de la ville de<br />

Québec qui date de la fin du 19ème siècle.<br />

Ancienne résidence du gouverneur français,<br />

lieu de rencontre des Alliés pour discuter<br />

de la logistique du débarquement en<br />

Normandie et aujourd’hui dans les mains<br />

du groupe Fairmont qui en a fait un hôtel 5<br />

étoiles, on ne se lasse pas de cette silhouette<br />

qui se révèle où que l’on se trouve dans le<br />

quartier historique.<br />

Au pied du château s’allonge une large et<br />

longue terrasse de planches balayée par les<br />

vents et surplombant le Saint-Laurent. On<br />

y trouve une statue imposante de Samuel<br />

de Champlain à la hauteur du rôle qu’il a<br />

joué comme fondateur de la ville et principal<br />

promoteur d’une colonie française sur<br />

les rives du St-Laurent.<br />

Quand on remonte la rue Saint-Anne où<br />

se multiplient les galeries d’artistes à ciel<br />

ouvert, on longe la première cathédrale<br />

anglicane construite hors des îles britanniques<br />

et on atteint la place de l’Hôtel de<br />

Ville où s’élèvent les 18 étages de l’Edifice<br />

Price, seul gratte-ciel à l’intérieur des<br />

murs du Vieux Québec, construit en 1926.<br />

Plus heureux, le miroir d’eau à la mode de<br />

Bordeaux, ville jumelle de Québec, anime<br />

la place.<br />

Nettement plus petit mais très fréquenté par<br />

les enfants qui s’ébattent dans les jets d’eau<br />

tandis que les parent bavardent, assis sur<br />

des marches ou sur les chaises colorées qui<br />

surmontent la place.<br />

On rejoint la Basse-Ville du Vieux-Québec<br />

par un funiculaire ou en descendant la centaine<br />

de marches de l’escalier Frontenac à<br />

moins que vous ne préfériez les 59 marches<br />

de l’escalier Casse-Cou, sans doute le plus<br />

ancien de la ville. Entièrement rénové il<br />

n’en a pas moins gardé son nom. L’emprunter<br />

permet de profiter de son aménagement<br />

en différentes terrasses pour prendre<br />

70 71


Quand les jardins de<br />

Saint-Jean regardent<br />

défiler les bateaux sur le<br />

fleuve Saint-Laurent…<br />

La rue Sous-le-Cap<br />

et son dédale de<br />

terrasses.<br />

une pause et surtout profiter de la vue sur<br />

le riant secteur du Petit Champlain. Jadis<br />

un centre portuaire qui a repris vie grâce à<br />

la superbe fresque murale toute en trompel’œil<br />

pour illustrer les étapes de la vie de<br />

ce quartier populaire, aujourd’hui un charmant<br />

quartier piétonnier de ruelles pavées<br />

qui alignent des boutiques, des antiquaires,<br />

des ateliers d’artisans et des restaurants.<br />

Une autre fresque en trompe-l’œil, celle<br />

des Québécois, restitue sur 420m2 près de<br />

400 ans d’histoire, de Champlain au chanteur<br />

Félix Leclerc. Au centre du quartier, la<br />

place Royale est veillée quant à elle par la<br />

plus vieille église du Canada, Notre-Damedes-Victoires<br />

édifiée en 1690.<br />

Il faut prendre le temps de déambuler dans<br />

les venelles de ce quartier en se dirigeant<br />

vers la rue Saint-Paul et le curieux dédale<br />

de passerelles et de terrasses enjambant les<br />

hangars adossés à la falaise vers l’arrière<br />

des maisons de la rue Saint-Paul. Cette pittoresque<br />

ruelle baptisée rue Sous-le-Cap<br />

rappelle que jadis les eaux de la rivière<br />

Saint-Charles toute proche dont l’embouchure<br />

s’ouvre ici sur le Saint-Laurent pouvaient<br />

inonder la rue lors des marées.<br />

Les échappées vertes de la ville.<br />

Même si la ville est dotée d’un magnifique<br />

parc urbain d’une centaine d’hectares<br />

sillonné de sentiers sur le lieu-dit<br />

parc des Champs-de-Bataille en souvenir<br />

72 73


Le défilé des maisons anciennes<br />

dans la rue Saint-Louis.<br />

La rue centrale du<br />

village de Saint-Jean,<br />

sur l’île d’Orléans.<br />

Félix LECLERC<br />

des conflits armés de 1759 et 1760, dernier<br />

sursaut de la France coloniale au Canada,<br />

les Québécois ont aussi leur coin de campagne<br />

sur l’île d’Orléans ainsi baptisée par<br />

Jacques Cartier à une trentaine<br />

de kilomètres de la ville. Toute<br />

en longueur avec une route qui<br />

ceinture l’île sur quelque 68 kilomètres.<br />

Dès que l’on traverse<br />

le pont qui y mène, on laisse<br />

l’agitation urbaine derrière soi<br />

et déjà on se laisse bercer par<br />

la promesse d’une journée bucolique.<br />

Plus de 90% des terres<br />

sont réservées à l’agriculture : des fraises,<br />

des framboises, des pommes qui donnent<br />

du cidre de glace, des vignobles, du blé. La<br />

population qui compte quelque 10000 habitants<br />

dont plusieurs navettent entre Québec<br />

et leur île, se concentre dans les 6 villages<br />

aux noms sanctifiés reliés par la rue Royale<br />

: Saint-Pierre, Sainte-Famille, Saint-François,<br />

Saint-Jean, Saint-Laurent<br />

et Sainte-Pétronille. On y trouve<br />

évidemment d’anciennes églises<br />

du début du 18ème siècle dont la<br />

plus insolite avec ses trois clochers<br />

se trouve à Sainte-Famille.<br />

Chaque village multiplie les<br />

maisons traditionnelles en bois<br />

qui servent aussi de secondes<br />

résidences aux Québécois trop<br />

heureux de se mettre au vert tout comme<br />

le faisait Félix Leclerc qui y termina sa vie<br />

et dont le souvenir est immortalisé depuis<br />

2014 par une statue le représentant jouant<br />

74 75


Les chutes de Montmorency.<br />

de la guitare dans un pré au pied d’un érable.<br />

A Sainte-Pétronille, une auberge mérite<br />

le détour pour y séjourner ou simplement<br />

pour s’y restaurer car sa situation exceptionnelle<br />

au bout d’une impasse offre une<br />

vue exceptionnelle sur le fleuve et la ville<br />

de Québec auberge www.goeliche.ca.<br />

Depuis l’île on peut aussi découvrir la chute<br />

Montmorency, un géant aquatique de plus<br />

de 80 mètres qui domine le fleuve depuis<br />

le continent, moins large mais plus haute<br />

que les chutes du Niagara. Un pont suspendu<br />

au-dessus du torrent permet de profiter<br />

de la vue et du bruit assourdissant des eaux<br />

déchaînées.<br />

Sachez aussi que le train à hydrogène conçu<br />

par Alstom et donc zéro-émission est entré<br />

en vigueur le 17 juin dernier, une première<br />

sur le continent américain.<br />

Il relie le parc de la Chute-Montmorency à<br />

Charlevoix en s’arrêtant à Baie-Saint-Paul<br />

et à La Malbaie. Il circulera durant tout<br />

l’été jusqu’au 30 septembre.<br />

info@reseaucharlevoix.com.<br />

Infos :<br />

Ne pas oublier que tout voyage au Canada<br />

exige d’acquérir une AVE (autorisation de<br />

voyage électronique) disponible en ligne<br />

au prix de 7$ et valable 5 ans.<br />

Site : www.bonjourquebec.com/fr/ou-aller/<br />

regions-du-quebec/quebec;<br />

Y aller :<br />

vols directs Air Transat 3 fois par semaine<br />

au départ de Bruxelles de juin à fin octobre<br />

ou quotidien depuis Paris CDG. Classes<br />

Club ou Eco avec possibilité de prendre<br />

l’option Plus pour plus de confort (bagage<br />

supplémentaire, sélection du siège et services<br />

prioritaires à l’aéroport)<br />

www.airtransat.be<br />

Se loger à Québec :<br />

Idéalement situé à deux pas de la place de<br />

l’hôtel de ville l’hôtel Monsieur Jean offre<br />

des suites de qualité supérieure toutes aménagées<br />

d’un coin cuisine et d’une vue panoramique<br />

sur la ville et le fleuve.<br />

https://monsieurjean.ca<br />

Se nourrir à Québec :<br />

Pour son ambiance colorée et chaleureuse,<br />

essayez La Bûche qui offre outre son folklore<br />

une cuisine typiquement québécoise<br />

www.restolabuche.com.<br />

L’auberge La Goéliche à Sainte-Pétronille,<br />

sur l’île d’Orléans.<br />

Le château de Frontenac découvert<br />

depuis la rue Cul-de-Sac en Basse Ville<br />

Pour une table plus raffinée avec une cuisine<br />

à aire ouverte et une superbe verrière<br />

sur le fleuve Saint-Laurent, choisissez Bistro<br />

Le Sam dont le nom est inspiré par le<br />

fondateur de la ville Samuel de Champlain.<br />

En plus vous pourrez découvrir ainsi les salons<br />

du palace Fairmont puisque le Bistrot<br />

est installé dans le château de Frontenac<br />

www.fairmont.fr<br />

76 77


Coucher de soleil sur l »e fleuve Saint-Laurent depuis les falaises de La Malbaie.<br />

Cap sur deux sites<br />

incontournables<br />

à proximité de Québec.<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

Tout commence dans la Basse-Ville de Québec par une visite au Musée<br />

de la Civilisation qui offre un véritable périple à travers la culture et le<br />

patrimoine québécois. Immanquable, l’exposition permanente<br />

«C’est notre histoire» décline en plusieurs volets et quelque 350 objets<br />

une mise en valeur de l’identité des cultures autochtones https://mcq.org<br />

Wendake,<br />

capitale de la réserve<br />

Huronne-Wendat.<br />

Avec 11 nations réparties en 20 communautés<br />

la culture amérindienne s’impose dans<br />

le paysage québécois car elle ne se contente<br />

plus de faire de la figuration. Unies pour<br />

être plus fortes, les Premières Nations entretiennent<br />

le feu sacré de la mémoire en proposant<br />

des activités variées auprès de ceux<br />

qui veulent se familiariser avec cette composante<br />

importante de l’histoire québécoise.<br />

Les Wendats ont été surnommés Hurons par<br />

Samuel de Champlain et ses hommes car la<br />

coiffure des Amérindiens qui se rasaient les<br />

côtés de la tête ne conservant qu’une bande<br />

de cheveux évoquaient pour eux la hure du<br />

sanglier. A l’alliance commerciale qui permet<br />

l’échange de lames métalliques contre<br />

des fourrures vont également s’ajouter des<br />

conversions au catholicisme sous la houlette<br />

des Récollets et des Jésuites.<br />

Toutefois les Hurons-Wendats sont en<br />

guerre depuis longtemps contre les Iroquois<br />

qui occupent la rive opposée du<br />

fleuve. Leur alliance avec les colons français<br />

ne leur permettra pas de résister aux<br />

Iroquois soutenus par les Hollandais puis<br />

les Britanniques. De plus les épidémies apportées<br />

par les colons vont décimer les populations<br />

amérindiennes et seuls quelques<br />

300 Hurons-Wendats décident finalement<br />

de s’installer dans la région de Québec.<br />

Aujourd’hui ils sont un peu plus de 1500<br />

à vivre dans une réserve qui surprend tou-<br />

78 79


jours le touriste car rien ne lui signale qu’il<br />

circule dans une réserve : mêmes maisons,<br />

mêmes voitures et même une jolie petite<br />

église de 1862, Notre-Dame-de-Lorette,<br />

qui s’élève au cœur du village.<br />

Toutefois le visiteur ne peut manquer d’appréhender<br />

la richesse des cultures autochtones,<br />

déjà en choisissant de loger dans le<br />

spectaculaire hôtel-musée des Premières<br />

Nations dont la structure extérieure avec<br />

une façade aveugle évoque un fumoir algonquien<br />

tandis que le musée Huron-Wendat<br />

qu’il abrite se niche dans un bâtiment aux<br />

allures de tipi https://museehuronwendat.ca.<br />

A l’extérieur une authentique maison<br />

longue, l’habitat traditionnel des Hurons-Wendats,<br />

a été reconstituée derrière sa<br />

haute palissade de 10m avec une entrée en<br />

chicane pour perturber l’ennemi éventuel.<br />

A l’écoute<br />

des Mythes et<br />

légendes dans la<br />

maison longue<br />

de l’hôtel des<br />

Premières Nations<br />

à Wendake<br />

La haute palissade construite au tour de la maison longue<br />

sur le site de l’hôtel des Premières Nations à Wendake.<br />

Il faut s’offrir une séance «Mythes et légendes»,<br />

au cœur de la maison longue autour<br />

de la flamme d’un feu de bois, soirée<br />

animée par un jeune Wendat qui restitue<br />

pour son petit auditoire la transmission<br />

orale toujours bien vivace chez les Amérindiens<br />

pour remonter jusqu’au mythe fondateur<br />

de la tribu. Cette veillée particulière<br />

prend tout son sens quand on la poursuit<br />

avec le parcours enchanté Ohnwa’Lumina<br />

au cœur d’une forêt qui s’anime au<br />

fil d’un éclairage ténu qui mène le<br />

visiteur de station en station dans<br />

un spectacle son et lumière qui<br />

fait revivre les contes d’un soir.<br />

Sous la voûte étoilée qui résonne<br />

de chants ancestraux on se laisse<br />

transporter par la magie de la<br />

vie de la nation huronne-wendat<br />

www.onhwalumina.ca<br />

Que dire alors quand on se couche<br />

dans le confort moderne d’un hôtel<br />

dont les chambres s’ouvrent<br />

sur une forêt où coule la rivière<br />

A l’intérieur de la maison<br />

longue nationale Ekionkiestha<br />

sur le site traditionnel des<br />

Hurons-Wendats Onhoüa<br />

Chetekbe à Wendake.<br />

80 81


Le site exceptionnel des<br />

moulins de l’Isle-aux-Coudres<br />

Akiawenrahk et sont décorées avec des objets<br />

authentiques. Même la table du restaurant<br />

La Traite permet de découvrir des recettes<br />

inspirées par la culture amérindienne<br />

sous la houlette d’un chef français deux<br />

fois étoilé Michelin, Marc de Passorio qui,<br />

équipé d’une roulotte, a pris le temps de<br />

visiter plusieurs communautés pour découvrir<br />

leurs traditions culinaires pour mieux<br />

les sublimer sur notre table.<br />

Une des meilleures expériences gastronomiques<br />

de notre voyage. Il reste le lendemain<br />

à visiter le site traditionnel des Hurons-Wendats<br />

Onhoüa Chetekbe qui se découvre au<br />

Charlevoix<br />

entre fleuve et montagne.<br />

A une petite centaine de kilomètres, Baie-<br />

Saint-Paul est la porte d’entrée de la région<br />

de Charlevoix dont la superficie correspond<br />

en gros à celle du département de Charente-Maritime,<br />

tellement proche de Québec<br />

que nombreux sont les citadins à s’offrir une<br />

escapade d’un week-end dans ce terroir.<br />

La Route 138 qui s’appelle encore la<br />

Route du Fleuve à Charlevoix est un must<br />

à parcourir, on boucle sa ceinture sur une<br />

petite centaine de kilomètres de toute<br />

beauté le long du Saint-Laurent jusqu’à<br />

Baie-Sainte-Madeleine, dernier village côtier<br />

de Charlevoix, où la route s’interrompt<br />

face à l’embouchure de la rivière Saguenay<br />

sur le fleuve Saint-Laurent. Il faut emprunter<br />

un traversier pour franchir l’obstacle et<br />

atteindre la petite ville de Tadoussac, point<br />

Quand les lumières du<br />

soir illuminent l’hôtel des<br />

Premières Nations soulignant<br />

sa silhouette sans pareille.<br />

La délicieuse planche dégustation signature « De notre terre mère » proposée en lunch au restaurant La Traite dans l’hôtel des Premières Nations à Wendake.<br />

fil d’une visite guidée très complète avec la<br />

découverte de la maison longue nationale<br />

Ekionkiestha, d’un fumoir à poissons, d’une<br />

hutte de sudation mais surtout alimentée<br />

de nombreuses explications données par la<br />

guide, elle-même amérindienne Wendat et<br />

fière de l’être. Une belle boutique d’artisanat<br />

amérindien issu de toutes les nations du<br />

Québec ajoute un plus à la découverte<br />

www.huron-wendat.qc.ca.<br />

d’entrée de la région de Côte-Nord. C’est<br />

aussi une belle occasion pour s’offrir une<br />

croisière de 3 heures pour observer les baleines<br />

mais aussi les pingouins, les phoques,<br />

et autres animaux marins sous la houlette<br />

de guides-naturalistes qui vous apprennent<br />

tout ce qu’il faut savoir sur ces géants des<br />

mers et le parc marin du Saguenay-Saint-<br />

Laurent, la seule aire marine nationale de<br />

conservation de l’Est du Canada<br />

www.croisieresaml.com.<br />

Parcourir la Route du Fleuve, c’est serpenter<br />

au cœur d’un paysage pittoresque entre<br />

des collines (le plus haut sommet atteignait<br />

768m) qui ont ici des allures de montagnes<br />

verdoyantes tant les côtes dont certaines<br />

82 83


atteignent parfois plusieurs kilomètres de<br />

long, sont souvent abruptes et ne laissent<br />

même pas apercevoir ce qui se passe au-delà<br />

du sommet ! De dos d’âne en dos d’âne<br />

en traversant des villages au creux des vallons,<br />

la balade annonce clairement qu’ici la<br />

nature est reine au point que Charlevoix a<br />

été la première région habitée par l’homme à<br />

s’être vue attribuer le statut de Réserve mondiale<br />

de la biosphère par l’Unesco en 1988.<br />

Ses courbes généreuses s’expliquent par<br />

l’impact d’une météorite de 15 milliards de<br />

tonnes il y a 400 millions d’années qui a<br />

créé un cratère de 56km de diamètre entre<br />

tremblement de terre de 1163, ou Saint-Irénée<br />

qui s’ouvre sur une longue plage de sable, la<br />

plus belle de Charlevoix et où il faut s’arrêter<br />

chez Stéphane Bouchard pour découvrir ses<br />

œuvres exclusives en utilisant la technique du<br />

Raku (méthode de cuisson japonaise) ou celle<br />

de la poterie fonctionnelle.<br />

Généralement il est au travail, l’occasion<br />

de mieux comprendre l’histoire d’une création<br />

dans un cadre exceptionnel en plus, au<br />

sommet du village<br />

www.lesatelierscharlevoix.com.<br />

La route se poursuit avec une descente spectaculaire<br />

vers Saint-Joseph-de-la-Rive que<br />

Stéphane Bouchard au cœur<br />

de son atelier à Saint-Irénée.<br />

La rue animée Saint-Jean-Baptiste de Baie-Saint-Paul.<br />

Baie-Saint-Paul et La Malbaie où l’Observatoire<br />

de l’Astroblème (à savoir un cratère<br />

terrestre d’origine météoritique n’existant<br />

plus qu’à l’état de fossile, recouvert par des<br />

sédiments et donc difficilement décelable)<br />

de Charlevoix est le seul centre d’interprétation<br />

axé sur ce cratère découvert et reconnu<br />

en 1968. La visite guidée par une animatrice<br />

scientifique s’avère passionnante<br />

d’autant qu’elle peut se poursuivre par une<br />

randonnée au bord du fleuve pour mieux<br />

appréhender la géologie régionale<br />

www.astroblemecharlevoix.org .<br />

La route passe par des villages aux noms pittoresques<br />

comme Les Eboulements, en souvenir<br />

d’un glissement de terrain consécutif au<br />

dans les années 30 il fallait faire en marche<br />

arrière tant la pente est raide. En l’absence<br />

de pompe, l’essence ne montait plus au carburateur<br />

! On y découvre le fascinant Musée<br />

maritime de Charlevoix installé dans un<br />

ancien chantier naval.<br />

C’est ici en effet que dès la fin du 17ème<br />

siècle jusque dans les années 70 on a<br />

construit des goélettes pour transporter le<br />

bois et ravitailler les villages avant que les<br />

routes ne soient construites.<br />

Une visite qui se veut dynamique sur un<br />

terrain où le réseau de rails et le treuil et son<br />

traîneau rappellent que déplacer un bateau<br />

hors de l’eau était toute une aventure, où des<br />

La façade de la Buvette<br />

Gentille à Baie-Saint-Paul.<br />

84 85


La rue animée Saint-Jean-<br />

Baptiste de Baie-Saint-Paul<br />

Le food-truck de La Charrette sur la<br />

plage de Baie-Saint-Paul.<br />

goélettes de bois et un remorqueur centenaire<br />

en cale sèche se laissent explorer des<br />

cales au poste de pilotage, où personne n’interdit<br />

de toucher les outils de la scierie, de la<br />

forge ou de l’atelier sans oublier un show vidéo<br />

d’une dizaine de minutes présentée dans<br />

la cale d’un bateau retraçant le voyage de la<br />

goélette Saint-André bourrée d’explosifs<br />

www.museemaritime.com.<br />

Saint-Joseph-de-la-Rive est aussi le port<br />

d’embarquement du traversier qui mène<br />

ses passagers gratuitement à L’Isle-aux-<br />

Coudres, dont le tour sur un parcours de<br />

23 km est incontournable tout comme le<br />

tour de l’île d’Orléans. 4 villages et autant<br />

de maisons traditionnelles en bois et des<br />

lieux de villégiature qui invitent à y passer<br />

une nuit.<br />

C’est un territoire unique et inspirant surtout<br />

quand on prend la peine de rencontrer<br />

ceux qui y vivent à l’année, comme l’écomusée<br />

de la Meunerie toujours en activité.<br />

C’est le seul site du genre à regrouper au<br />

même endroit un moulin à eau, un moulin<br />

à vent et la maison du meunier. Construit<br />

en 18<strong>25</strong>, le moulin à eau ne suffisait pas à<br />

la tâche. Le moulin à vent édifié en 1836 a<br />

permis de prendre le relais en hiver quand<br />

l’eau gelée venait à manquer.<br />

Avec l’avènement des grandes minoteries,<br />

ces moulins ont été réduits au silence en<br />

1948 jusqu’à ce que dans les années 80,<br />

une cure de rajeunissement tout en respectant<br />

l’intégralité du site a permis leur restauration<br />

et leur remise en fonction.<br />

La visite du site accompagnée de démonstrations<br />

est impressionnante d’autant qu’on<br />

y apprend comment la farine (13 tonnes par<br />

saison) moulée par le meunier est entièrement<br />

labellisé Isle-aux-Coudres puisque<br />

c’est le blé cultivé par les quelques agriculteurs<br />

locaux qui alimentent le moulin<br />

https://lesmoulinsdelisleauxcoudres.com .<br />

Dernière étape de notre parcours, Baie-<br />

Saint-Paul, une adorable petite ville nichée<br />

dans le creux d’une vallée creusée par la<br />

rivière du Gouffre cernée de collines verdoyantes,<br />

à un kilomètre de son embouchure<br />

avec le fleuve Saint-Laurent.<br />

Une des villes les plus anciennes du Québec,<br />

fondée en 1678. Les quelques rues du centre<br />

sont bordées de jolies maisons traditionnelles<br />

en bois peint, avec un auvent qui accueille<br />

en fin de journée les habitants qui se<br />

retrouvent entre voisins, une bière à la main.<br />

La populaire rue Saint-Jean-Baptist concentre<br />

de nombreuses galeries d’art qui rappellent<br />

que cette ville a de tout temps été le<br />

refuge des artistes québécois séduits par le<br />

charme de la région.<br />

Savez-vous que c’est ici qu’une modeste<br />

troupe d’artistes acrobates a été choisie<br />

pour participer aux 450ème anniversaire de<br />

la découverte du Canada ?<br />

Le Cirque du Soleil est né alors avec le<br />

succès qu’on lui connaît et même s’il est<br />

aujourd’hui dans les mains d’investisseurs<br />

étrangers on en parle toujours avec fierté<br />

dans la petite ville.<br />

Il faut également emprunter la belle promenade<br />

arborée d’érabliers qui mène à la baie<br />

qu’un long quai en bois partage entre une<br />

mini-marina le long de la rivière du Gouffre<br />

et la plage de sable bordée d’une prairie où<br />

s’éparpillent des jeux et des tables de pique-nique.<br />

Ou comment partager un beau<br />

dimanche avec les habitants des lieux.<br />

86 87


La plage de Baie-Saint-Paul.<br />

INFOS :<br />

Ne pas oublier que tout voyage au Canada exige<br />

d’acquérir une AVE (autorisation de voyage électronique)<br />

disponible en ligne au prix de 7$ et valable<br />

5 ans.<br />

SITES : www.tourismeautochtone.com;<br />

www.bonjourquebec.com/fr/ou-aller/regions-du-quebec/charlevoix<br />

Y ALLER : vols directs Air Transat 3 fois par semaine<br />

au départ de Bruxelles de juin à fin octobre<br />

ou quotidien depuis Paris CDG. Classes Club ou<br />

Eco avec possibilité de prendre l’option Plus pour<br />

plus de confort (bagage supplémentaire, sélection<br />

du siège et services prioritaires à l’aéroport)<br />

www.airtransat.be<br />

SE LOGER : A Wendake, l’Hôtel des Premières<br />

Nations propriété des Amérindiens https://hotelpremieresnations.ca.<br />

A La Malbaie à l’Auberge des<br />

Falaises avec une vue sur le coucher du soleil sur<br />

le fleuve www.aubergedesfalaises.com. Sur l’Isleaux-Coudres<br />

testez l’hôtel Cap aux Pierres une<br />

grande auberge familiale avec son toit à double rangée<br />

de lucarnes www.hotelcapauxpierres.com.<br />

A Baie-Saint-Paul l’auberge La Muse accueille au<br />

coeur du village et son jardin arboré offre une oasis<br />

de verdure inattendu www.lamuse.com.<br />

SE NOURRIR : A Wendake laissez-vous emporter<br />

dans le restaurant La Traite intégré à l’Hôtel-Musée<br />

Premières Nations par le savoir-faire de Marc<br />

de Passorio qui a intégré de jeunes Autochtones à sa<br />

brigade https://restaurantlatraite.ca.<br />

A Baie-Saint-Paul, la Buvette Gentille située rue<br />

Saint-Jean-Baptiste est un sympathique petit restaurant<br />

où on déguste de gentils plats élaborés avec les<br />

ressources des producteurs locaux que l’on partage<br />

avec son gentil compagnon de table, tout un programme<br />

savoureux.<br />

Découvrez nos deux établissements | Faux Bergers<br />

(nous n’en avons testé qu’un !). Le Bistro des Artistes,<br />

autre restaurant dans la même rue qui offre<br />

une réelle qualité pour des prix doux avec des plats<br />

qui relève plutôt de la cuisine italienne<br />

www.bistrotdesartistes.ca.<br />

La baie de Saint-Joseph-de-la-Rive avec son remorqueur échoué sur la plage au pied de l’ancien chantier naval.<br />

88 89


Les Croisières...<br />

CROISIERE AUX AÇORES<br />

EXPLORIS, UN CROISIÉRISTE<br />

D’EXPÉDITION D’EXCEPTION.<br />

CROISIERE SUR LE NIL (EGYPTE)<br />

MSC EURIBIA - LES PERLES DU NORD<br />

HOLLANDE - FRANCE - ANGLETERRE - BELGIQUE<br />

STARS CHEFS @ SEA<br />

MOBY MEDITERRANEE<br />

LES FJORDS DE NORVEGE<br />

90 91


Christiane Goor<br />

CAPTURE D’IMAGES<br />

Charles Mahaux<br />

Rien de tel que le bateau<br />

pour s’offrir un tour d’horizon<br />

de l’archipel des <strong>Açores</strong><br />

à l’extrême bout occidental<br />

de l’Europe, presque à<br />

mi-chemin entre notre continent<br />

et l’Amérique. 9 îles<br />

dont nous en découvrirons<br />

5, de la plus animée à la plus<br />

paisible, mais toujours à la<br />

rencontre d’un univers qui ne<br />

semble guère avoir changé<br />

au cours des siècles. Embarquement<br />

immédiat.<br />

Le World Explorer.<br />

Il porte bien son nom ce<br />

yacht d’expédition affrété<br />

Une croisière aux <strong>Açores</strong><br />

loin du tourisme de masse<br />

PLUME<br />

par Rivages du Monde pour<br />

explorer les océans du monde<br />

au fil d’itinéraires qui se succèderont<br />

d’avril à novembre<br />

<strong>2024</strong> en passant par les deux<br />

pôles ou presque.<br />

Croisières culturelles et<br />

croisières d’expédition sont<br />

au menu de ces séjours dans<br />

un navire qui accueille au<br />

maximum 180 passagers<br />

(nous n’étions que 140)<br />

avec quelques 1<strong>25</strong> membres<br />

d’équipage, de quoi assurer<br />

un service 5 étoiles.<br />

Une intimité qui permet la<br />

convivialité et le partage des<br />

expériences tout en offrant<br />

le confort de cabines toutes<br />

extérieures et la plupart avec<br />

un balcon, un salon d’observation<br />

à la proue du bateau<br />

avec une vue à 180°, une<br />

piscine d’eau de mer chauffée<br />

avec 2 bains à remous et<br />

au dernier pont, le pont<br />

92 93


numéro 8, une piste de<br />

course ou de marche à pied<br />

de quelque 800 m, de quoi<br />

se dérouiller les jambes durant<br />

les jours de navigation.<br />

Sans oublier la qualité des<br />

repas servis à table accompagnés<br />

de vins au choix, les<br />

jeux mis à la disposition des<br />

passagers, les conférences<br />

qui décodent les destinations,<br />

les soirées jazzy au<br />

bar ou encore les mini récitals<br />

improvisés du directeur<br />

de croisière dont la voix de<br />

baryton surprend d’abord<br />

puis émeut les passagers…<br />

C’est à Funchal sur l’île de<br />

Madère que nous attend<br />

notre bateau sous un grand<br />

ciel bleu qui invite déjà à<br />

l’exotisme en ce printemps<br />

qui se laisse désirer sur le<br />

continent. Une journée pour<br />

découvrir les charmes de l’île<br />

aux fleurs ou tout simplement<br />

sa capitale où une féerie de<br />

couleurs et de parfums anime<br />

son centre en jonchant le sol<br />

pavé de mosaïques de pétales<br />

bleus des jacarandas. Couleur<br />

qui éclate aussi au marché,<br />

le Mercado dos Labradores,<br />

où les brassées de fleurs<br />

débordent des vanneries. Les<br />

fruits et les légumes s’entassent<br />

joliment dans des<br />

paniers à osier et leur exotisme<br />

surprend à ces latitudes<br />

: maracujas dorés, mangues<br />

juteuses, tomates d’arbre,<br />

goyaves mauves, petites<br />

bananes tendres, papayes<br />

oblongues, etc….<br />

Le World Explorer met le cap<br />

vers l’archipel des <strong>Açores</strong><br />

en fin de journée et ce n’est<br />

qu’au terme de 24 heures de<br />

navigation que nous atteindrons<br />

notre première île, le<br />

temps d’acquérir le pied marin<br />

et d’apprivoiser tous les<br />

espaces du navire. Certains<br />

auront à gérer le mal de mer,<br />

rien de tel pour y faire face<br />

que les bracelets anti-nausées<br />

efficaces pour les femmes<br />

enceintes et depuis vendus<br />

en pharmacie pour contrer<br />

également toutes les formes<br />

du mal de voyage. On en a<br />

fait l’expérience !<br />

São Miguel,<br />

l’île la plus vaste.<br />

On raconte que cette grande<br />

île offre un concentré de<br />

tout l’archipel entre lacs,<br />

caldeiras, plages et paysages<br />

exceptionnels. Comme nous<br />

94 95


découvrirons d’autres îles<br />

plus spécifiques, nous avons<br />

choisi de nous offrir un tourisme<br />

urbain à la découverte<br />

de Ponta Delgada, la capitale<br />

de São Miguel depuis 1546.<br />

Construite autour d’une baie<br />

naturelle, elle aligne derrière<br />

son front de mer un peu<br />

gâché par des constructions<br />

modernes un quadrillage<br />

de venelles avec de belles<br />

façades blanches serties de<br />

basalte pour encadrer les<br />

fenêtres. Toutefois deux<br />

belles places s’ouvrent sur<br />

l’horizon marin dont la plus<br />

majestueuse est la Gonçalo<br />

Velho Cabral du nom du<br />

découvreur de l’île. Sa statue<br />

s’élève face aux Portes de<br />

la Cité, trois arches ouvertes<br />

sur la mer mais aussi sur<br />

la haute façade de l’église<br />

São Sebastian et son élégant<br />

portail manuélien en calcaire<br />

blanc. Le quartier historique<br />

est quadrillé de rues pavées<br />

de mosaïques en galets noirs<br />

et blancs qui rappellent les<br />

boulevards de Lisbonne.<br />

Il faut aussi prendre de la<br />

hauteur et grimper jusqu’à<br />

la chapelle da Mãe de Deus,<br />

élevée au 19ème siècle sur<br />

l’emplacement d’un bastion<br />

militaire au cœur d’un<br />

petit parc qui offre une vue<br />

imparable sur la ville historique<br />

et sa périphérie urbaine<br />

plus moderne, scandée de<br />

quelques hauts buildings.<br />

Ponta Delgada se révèle une<br />

petite capitale dynamique<br />

d’autant qu’elle abrite le<br />

gouvernement régional des<br />

<strong>Açores</strong> et l’université. Les<br />

étudiants s’éparpillent dans<br />

les jardins et les parcs dont<br />

le plus vaste est le jardin<br />

botanique António Borges<br />

planté de nombreux arbres<br />

exotiques dont un figuier<br />

élastique originaire d’Inde.<br />

Ses racines telles d’énormes<br />

tentacules qui jaillissent de<br />

toutes parts s’étalent en une<br />

immense corolle qui semble<br />

prendre vie.<br />

Graciosa, l’île blanche.<br />

Véritable jardin d’Eden, cette<br />

île, la seconde plus petite de<br />

l’archipel avec ses 12 km de<br />

long et 8 km de large, compte<br />

à peine 4000 habitants répartis<br />

entre quatre villages.<br />

C’est à Praia qui porte bien<br />

son nom de « plage » que<br />

nous aborderons. D’emblée<br />

on est séduit par la ligne<br />

blanche et basse des maisons<br />

serrées les unes contre les<br />

96 97


autres pour souligner le front<br />

de mer avec à l’arrière-plan<br />

les collines vertes arrondies,<br />

entre damiers de bois feuillus,<br />

de prairies et de cultures<br />

de céréales.<br />

Ici on vit lentement et les<br />

seuls embouteillages sont<br />

ceux causés par les vaches<br />

qui envahissent les routes<br />

quand on les conduit à<br />

l’étable. Il n’est pas rare non<br />

plus de croiser un paysan sur<br />

sa charrue tirée par un âne,<br />

une espèce endémique ici.<br />

On s’arrêtera à Santa-Cruz<br />

où quelques femmes qui ont<br />

vu arriver notre bateau ont<br />

installé sur la place du village<br />

leur humble artisanat,<br />

entre confitures de raisins,<br />

brassières tricotées et petits<br />

napperons crochetés. Une<br />

belle occasion de bavarder<br />

avec elles qui souhaitent que<br />

leurs enfants quittent l’île<br />

au terme de leurs études car<br />

hormis l’agriculture, rien ne<br />

les attend à Graciosa.<br />

Pourtant le tourisme a de<br />

beaux jours ici durant la belle<br />

saison d’autant que plusieurs<br />

moulins dits flamands (jadis<br />

ils furent importés par des<br />

migrants d’origine flamande,<br />

venus aussi avec leurs vaches<br />

laitières) se reconvertissent<br />

peu à peu en logis d’étape<br />

pour les randonneurs qui<br />

s’installent sur l’île.<br />

Avec leur dôme rouge et leur<br />

tour blanche édifiée sur un<br />

socle de pierre, ils ont fière<br />

allure. Graciosa n’en est pas<br />

moins une île volcanique<br />

comme les autres et on y<br />

trouve même la plus vaste<br />

grotte volcanique d’Europe<br />

avec un plafond en voûte<br />

parfaite qui chapeaute un lac<br />

d’eau froide, la caverne de la<br />

Furna do Enxofre, à savoir la<br />

caverne de soufre qui se libère<br />

imperceptiblement de divers<br />

points du sol de la grotte.<br />

On y accède aujourd’hui par<br />

un escalier en colimaçon de<br />

183 marches et non plus en<br />

rappel comme le fit le Prince<br />

Albert I de Monaco. Q<br />

uant aux abords sauvages de<br />

l’île, ils sont dessinés par des<br />

roches noires luisantes sous<br />

les assauts de la houle qui<br />

explose en jetant des vagues<br />

d’un bleu électrique bordées<br />

d’écume blanche.<br />

98 99


Faial, l’île bleue.<br />

Ce sont les hortensias qui y<br />

fleurissent partout durant la<br />

belle saison qui lui ont donné<br />

son surnom mais aussi le<br />

pastel qu’on y cultiva jadis et<br />

qui durant deux siècles représenta<br />

le principal support de<br />

la croissance économique de<br />

l’île. Aujourd’hui Horta sa<br />

capitale nous accueille sous<br />

une pluie drue et les sommets<br />

de l’ile sont noyés dans une<br />

brume épaisse. Il faut croire<br />

que le célèbre anticyclone<br />

des <strong>Açores</strong> que nous apprécions<br />

tant s’approche du<br />

continent européen laissant<br />

l’archipel au cœur d’une dépression<br />

mouillée. Une chose<br />

est sûre, pour le voyageur<br />

qui choisit les <strong>Açores</strong> comme<br />

destination de vacances, le<br />

climat y est capricieux.<br />

Nous nous contenterons de<br />

la visite de Horta qui a connu<br />

une époque dorée quand la<br />

situation exceptionnellement<br />

protégée de son port lui valut<br />

de servir d’escale durant des<br />

siècles aux différents navires<br />

qui sillonnaient l’Atlantique.<br />

De plus grâce à sa localisation,<br />

l’île s’est transformée<br />

en un centre névralgique de<br />

télécommunications. Le premier<br />

réseau de câbles télégraphiques<br />

sous-marins amarrés<br />

à Horta est inauguré en<br />

1893 et c’est en 1915 qu’on<br />

y construira l’Observatoire<br />

météorologique.<br />

Malgré la pluie, la petite ville<br />

s’avère pittoresque avec ses<br />

trois églises hautes et grandioses<br />

qui dominent les maisons.<br />

Leurs façades rehaus-<br />

100 101


sées de pierres de lave sont<br />

toutes tournées vers la mer.<br />

Sur les hauteurs se dresse la<br />

fière tour de l’horloge jadis<br />

accolée à une église ravagée<br />

par un incendie. Aujourd’hui<br />

elle est cernée par un joli<br />

parc verdoyant qui offre une<br />

belle vue à la fois sur la ville<br />

et l’horizon marin mais aussi<br />

sur les collines tapissées de<br />

parcelles de terre encadrées<br />

par des murets de basalte,<br />

aujourd’hui écrasées par un<br />

ciel plombé….<br />

Il nous reste à nous réfugier<br />

au célèbre Peter Café Sport,<br />

un vieux bistrot de marins tapissé<br />

de pavillons offerts par<br />

des matelots du monde entier.<br />

La marina, sans doute la plus<br />

colorée des <strong>Açores</strong>, aligne un<br />

môle mythique qui se visite<br />

comme une galerie d’art en<br />

plein air, avec les souvenirs<br />

de leur passage qu’y laissent<br />

encore les équipages des<br />

navires et des voiliers au fil<br />

des ans.<br />

Pico, l’île noire.<br />

La plus montagneuse mais<br />

aussi la plus jeune des îles<br />

de l’archipel, formée il y a<br />

quelque 300000 ans surgit<br />

à 7km à peine de sa voisine<br />

Faial. La richesse minérale<br />

des sols de lave va encourager<br />

les planteurs de pastel à<br />

coloniser cette île qui peu à<br />

peu deviendra le verger des<br />

propriétaires installés à Faial.<br />

C’est pourtant la culture de la<br />

vigne qui va donner son essor<br />

à l’île grâce au travail des<br />

insulaires qui ramasseront<br />

les pierres de lave éparpillées<br />

pour dresser des longues<br />

lignes de murs de basalte<br />

noirs pour encadrer des petits<br />

enclos appelés currais accolés<br />

les uns aux autres. Les<br />

ceps de vigne y seront ainsi<br />

protégés du vent et des embruns.<br />

De plus la pierre noire<br />

redistribue durant la nuit la<br />

chaleur emmagasinée pendant<br />

la journée. Ce paysage<br />

modelé par l’homme d’une<br />

beauté insolite est le meilleur<br />

témoignage d’une pratique<br />

qui se maintient encore et a<br />

été salué en 2004 par l’Unesco<br />

comme paysage viticole<br />

remarquable. Ce vaste réseau<br />

de parcelles est contigu à des<br />

caves à vin, des entrepôts, des<br />

petites maisons qui affichent<br />

également des façades noires<br />

construites avec des pierres<br />

volcaniques. On raconte<br />

ici que si on alignait toutes<br />

102 103


les pierres ramassées sur<br />

l’île pour construire ce paysage-mosaïque<br />

on ferait deux<br />

fois le tour de l’Equateur….<br />

L’île possède également à<br />

São Roque do Pico un intéressant<br />

musée installé face<br />

à la mer dans l’unique usine<br />

baleinière de l’archipel qui<br />

occupa une grande partie de<br />

la population de 1876 à 1987.<br />

En effet la chasse açorienne y<br />

était artisanale, l’approche se<br />

faisait sous voile et le harponnage<br />

manuellement.<br />

Les baleines qui étaient en<br />

fait des cachalots étaient remorqués<br />

par bateau jusqu’au<br />

vaste parvis devant l’usine<br />

où ils étaient échoués puis<br />

débités pour les transformer<br />

: la graisse fondue dans des<br />

chaudières donnait de l’huile,<br />

le foie pressé procurait des<br />

vitamines, la viande moulue<br />

devenait farine pour l’alimentation<br />

des animaux et les<br />

os broyés de l’engrais.<br />

La façade de l’usine toujours<br />

surmontée de sa haute cheminée<br />

annonce clairement les<br />

résultats de la transformation<br />

et le nom de la coopérative.<br />

Terceira, l’île violette.<br />

Nous aurions dû aborder à<br />

Santa Maria pour boucler<br />

notre périple mais les conditions<br />

météorologiques se dégradant<br />

toujours davantage, il<br />

était exclu de mettre des chaloupes<br />

à l’eau pour emmener<br />

les passagers sur l’île.<br />

Le commandant du bateau a<br />

donc décidé de nous emme-<br />

104 105


ner sur la façade sud de l’île<br />

Terceira, à Praia da Vitória,<br />

qui se découvre comme une<br />

charmante petite ville balnéaire<br />

avec une immense<br />

plage de sable marron bien<br />

abritée derrière le port de<br />

plaisance.<br />

Si ce n’est que sous la pluie<br />

nous ne traverserons qu’une<br />

ville déserte. Pourtant Terceira<br />

passe pour être l’île de la fête<br />

aux <strong>Açores</strong>, toutes organisées<br />

par les différentes communautés<br />

de l’île lors de la St-Jean<br />

et des Touradas a Corda, des<br />

lâchers de taureaux dans les<br />

rues des villages.<br />

Quant aux lilas mauves qui<br />

lui donnent son surnom, nous<br />

n’en verrons aucun. Nous retiendrons<br />

cependant les deux<br />

belles façades colorées des<br />

églises de Praia, une jaune et<br />

blanche, celle de Santa Cruz<br />

et l’autre bleue et blanche,<br />

celle de Senhor Santo Cristo<br />

das Misericordias, tout<br />

comme son lacis de venelles<br />

pavées et bordées de maisons<br />

anciennes dont les fenêtres<br />

sont souvent protégées par<br />

des grilles.<br />

***<br />

Conclusion<br />

Fin d’une croisière d’une dizaine<br />

de jours avec un retour<br />

vers Porto, soit deux jours de<br />

navigation.<br />

De quoi observer les colonies<br />

de dauphins qui surgissent<br />

inopinément pour sauter<br />

dans les vagues creusées par<br />

notre bateau, se reposer de ce<br />

périple et surtout échanger<br />

sur le charme indéniable qui<br />

se dégage de ces îles qui sont<br />

comme autant de confettis<br />

de roches noires au milieu de<br />

l’Atlantique.<br />

Malgré les brumes qui caressent<br />

les sommets des<br />

caldeiras, grâce aux éclaircies<br />

fulgurantes qui illuminent<br />

des prairies verdies par les<br />

pluies, on ne revient pas de là<br />

indifférent.<br />

Rivages du Monde<br />

commence sa saison de<br />

croisières maritimes <strong>2024</strong> à<br />

bord du World Explorer en<br />

proposant deux croisières aux<br />

<strong>Açores</strong> la première au départ<br />

de Porto le 20 avril et la<br />

seconde au départ de Funchal<br />

capitale de Madère le 29 avril<br />

<strong>2024</strong>. Il est plus que temps de<br />

réserver.<br />

106 107


Exploris,<br />

un croisiériste<br />

d’expédition<br />

d’exception.<br />

PLUME<br />

Christiane Goor<br />

CAPTURE D’IMAGES<br />

Charles Mahaux<br />

Nous avons eu la chance de participer durant<br />

les réveillons de 2023 à la croisière inaugurale<br />

d’une toute nouvelle compagnie 100% française<br />

dans le marché des croisières d’expéditions.<br />

Exploris, c’est son nom qu’elle porte fièrement.<br />

109


Sortie en mer, avec le zodiac,<br />

on zigzague entre les petits icebergs<br />

Philippe Videau, fondateur<br />

et président d’Exploris est<br />

un passionné de la mer.<br />

Ancien officier de la marine marchande<br />

française, il est aussi un des cofondateurs<br />

du croisiériste d’expédition Ponant dont<br />

il a été président durant une vingtaine<br />

d’années avant de le quitter pour réitérer<br />

l’aventure avec la création d’Exploris.<br />

« Nous revendiquons une vision équilibrée de<br />

l’entreprise entre performance, épanouissement<br />

individuel et respect de la planète bleue<br />

et des êtres qui l’habitent.<br />

Avec l’Exploris One dont nous sommes propriétaires,<br />

les expéditions restent de taille humaine,<br />

avec seulement 144 passagers (120 en<br />

régions polaires), un format qui permet de faciliter<br />

pour chacun l’accès à certains trésors<br />

insoupçonnés des régions les plus reculées du<br />

globe. » Finalement, quel est notre ressenti au<br />

terme de 13 jours de voyage « Au paradis des<br />

Canaux et des Glaciers de Patagonie » ?<br />

C’est quoi une croisière d’expédition ?<br />

Ce type de croisière se propose d’offrir un<br />

voyage à la découverte de régions sauvages,<br />

isolées, souvent inaccessibles par la route.<br />

Une flottille de zodiacs permet le débarquement<br />

des passagers en petits groupes d’une<br />

110 111


On se sent tout petit<br />

au pied du glacier Aguila.<br />

dizaine de personnes sous la houlette d’un<br />

accompagnateur expert, que ce soit pour accoster<br />

sur un rivage ou pour une croisière<br />

d’approche vers un glacier, par exemple.<br />

Nous sommes tous équipés chaudement,<br />

bottes et parkas offerts par Exploris avec<br />

l’inscription à la croisière. L’équipe des<br />

guides-experts (naturalistes, glaciologues,<br />

géologues, historiens, etc.) tous hautement<br />

qualifiés dans leur domaine, proposent quotidiennement<br />

des conférences thématiques<br />

pour dispenser leur savoir et durant toute la<br />

croisière, ils sont disponibles pour partager<br />

leurs expériences.<br />

A bord, on trouve tout le luxe offert par des<br />

croisières traditionnelles, à savoir une cuisine<br />

gastronomique, un centre de fitness, un<br />

espace bien-être, des jacuzzis sur la proue à<br />

l’abri du vent derrière des auvents transparents<br />

et des cabines confortables parfaitement<br />

équipées. Comme les bateaux sont plus petits<br />

(108m sur 16m pour l’Exploris), l’ambiance<br />

est plus intimiste et vous n’y trouverez pas de<br />

spectacles affriolants ni de salles de casino.<br />

Enfin comme ces voyages sont conçus par et<br />

pour des amoureux de la nature, tout est mis<br />

en œuvre pour minimiser l’impact sur l’environnement.<br />

Les navires font partie des plus<br />

«verts» du monde.<br />

Si la priorité est donnée à l’exploration au<br />

sens noble du terme, la protection de l’environnement<br />

et de ses richesses est aussi un<br />

112 113


moteur de ce type de croisière. L’Exploris<br />

utilise un combustible très raffiné et léger et<br />

ne dégage aucune fumée, même blanche.<br />

Par ailleurs, tous les déchets de poubelle sont<br />

compactés et récupérés lors de l’escale de<br />

débarquement tout comme les eaux grasses<br />

(celles de fond de cale). Les eaux grises<br />

(celles de lavage) et les eaux noires (celles<br />

des toilettes) sont également directement<br />

traitées et stockées avant d’être déversées en<br />

mer au-delà de 12000 miles des côtes. Les régions<br />

visitées sont laissées en l’état, aucune<br />

dégradation ni ramassage d’un quelconque<br />

objet (pierre, plante) n’est tolérée.<br />

Par ailleurs à partir du 1er janvier <strong>2024</strong>, tous<br />

les navires de plus de 5000 tonnes sont soumis<br />

au système européen de quotas d’émissions<br />

de CO2 et visiblement Philippe Videau<br />

se sent très à l’aise face à cette contrainte.<br />

L’aventure commence à Valparaiso.<br />

Les fjords chiliens ne bénéficient pas encore<br />

de la même notoriété que ceux de l’Alaska ou<br />

de la Norvège par exemple. Pourtant encastrés<br />

dans la Cordillère des Andes côtière qui<br />

égrène son chapelet de sommets de 3.000 m<br />

en toile de fond, ils sont aussi spectaculaires.<br />

De plus l’itinéraire est plus diversifié car<br />

nous sommes passés de 30° à Valparaiso à 4°<br />

13 jours plus tard quand nous avons débarqué<br />

à Ushuaïa, ce qui implique aussi tous les<br />

dégradés de végétation.<br />

114 115


La plage de Caleta de Tortel<br />

La croisière a commencé avec deux jours en<br />

mer pour parcourir les 1200 km qui devaient<br />

nous mener à l’archipel de Chiloé. L’océan<br />

qui n’a de Pacifique que le nom nous a offert<br />

des creux de 4 mètres de quoi allonger<br />

de nombreux passagers sur leur lit le soir de<br />

Noël. C’est qu’il faut aussi s’accoutumer au<br />

rythme de la mer et si certains s’amarinent<br />

rapidement, ce n’est pas le cas de tous.<br />

Un conseil, consultez votre pharmacien pour<br />

emporter des bracelets anti-nausées ou des<br />

patchs anti mal de mer bien utiles en cas de<br />

houle prolongée. Le programme sera d’ailleurs<br />

revu l’année prochaine pour qu’il y ait<br />

moins de jours en mer (nous avons parcouru<br />

quand même 2200 miles marins soit près de<br />

3500 km) pour que d’emblée les passagers<br />

soient plongés au cœur des fjords. L’embarquement<br />

se fera sans doute à Punta Arenas,<br />

capitale de la Patagonie chilienne, avec une<br />

navigation, à définir encore, au cœur de cet<br />

incroyable fouillis d’îles qui festonnent la<br />

côte chilienne sur près de 2000 km.<br />

L’incursion sur la côte Est de l’île de Chiloé<br />

nous a amenés dans des eaux paisibles et la<br />

première escale à Castro, capitale de l’île,<br />

nous a permis de comprendre combien sa<br />

condition insulaire a permis à l’archipel de<br />

préserver les vestiges de son passé quand les<br />

jésuites ont colonisé la région en y construi-<br />

116 117


cendues des glaciers andins au fil de la rivière<br />

Baker. Un village insolite de quelque 500 habitants<br />

perché sur des échasses avec un réseau<br />

de près de 8 km de pontons, passerelles, escaliers<br />

et ruelles suspendues longées par des<br />

maisonnettes toutes en bois également qui se<br />

hissent sur les déclivités noyées de fuchsias<br />

roses qui font le délice des colibris. Partout<br />

Le village sur pilotis de Castro sur<br />

l’île de Chiloé, avant d’atteindre<br />

la Patagonie<br />

sant de nombreuses églises en bois qui ont<br />

toutes l’allure d’un bateau retourné surmonté<br />

d’un clocher face à la mer pour servir de<br />

phare. Chaque village aligne des maisons en<br />

bois rustiques et bigarrées, Castro offre un<br />

centre plus animé autour d’un joli parc verdoyant<br />

et ombragé et face à une belle église<br />

jaune et violette. Plus traditionnelles, des maisons<br />

de pêcheurs sur pilotis s’étirent le long<br />

de l’estuaire de la rivière Gamboa où vivent<br />

de nombreux cygnes à col noir, à l’affut des<br />

restes de poissons déversés dans l’eau.<br />

Seconde escale le lendemain au cœur de la<br />

caleta de Tortel, au fond d’un estuaire au bleu<br />

laiteux, le dernier village que la route australe,<br />

une piste caillouteuse, permet d’atteindre au<br />

Chili. Cette singulière teinte d’opaline serait<br />

le résultat de la rencontre des eaux salées du<br />

large avec celles chargées de minéraux des-<br />

des avis indiquent la direction à prendre vers<br />

les hauteurs en cas de « tsunami » causé par<br />

un vêlage d’un iceberg imposant. Ici on vit<br />

de la pêche mais aussi du bois, notamment<br />

des cyprès de Guaitecas qui attendent sur le<br />

ponton d’être livrées. Espèce endémique et<br />

réputée imputrescible, il est essentiel pour<br />

toute nouvelle construction sur pilotis.<br />

La Patagonie et son dédale d’îlots.<br />

La Patagonie est une région immense qui englobe<br />

le sud de l’Argentine et le sud du Chili.<br />

118 119


Le côté argentin est nettement plus vaste et<br />

plus facile à traverser, avec des paysages variés<br />

entre des fjords andins, des lacs de montagne<br />

et les plaines désolées de la fameuse<br />

pampa. Par contre la Patagonie chilienne est<br />

une bande de terre longue, étroite,<br />

essentiellement montagneuse qui<br />

porte le nom de Magallanes du nom<br />

de l’explorateur et navigateur portugais<br />

passé au service de la couronne<br />

d’Espagne qui est le premier<br />

à reconnaître ces côtes en 1520.<br />

Une chose est sûre, le paysage austère que<br />

nous traverserons en empruntant une partie<br />

du détroit de Magellan puis ensuite le canal<br />

Beagle qui nous mènera à Ushuaïa, port de<br />

débarquement, n’a pas changé depuis des<br />

siècles. Sans aucun doute est-ce une des dernières<br />

étendues vierges du globe qui s’étire<br />

sur près de 2000 km, morcelée en un puzzle<br />

d’îles et de chenaux parfois bordés par des<br />

forêts primaires infranchissables d’hêtres<br />

aux branches tortueuses courbées par les<br />

vents. Ici les Andes chutent abruptement<br />

dans l’Océan, laissant des sommets immergés<br />

creusés par des fjords qui débouchent sur<br />

des glaciers suspendus qui craquent avant de<br />

déverser des morceaux de glace.<br />

Chaque jour nous partirons à la rencontre des<br />

glaciers. Le Pio XI ou Brüggen est le plus<br />

vaste de l’hémisphère sud si on exclut l’Antarctique<br />

avec une longueur de 64 km. C’est<br />

en zodiac que l’on s’approchera du géant de<br />

glace colossal en écartant des centaines de<br />

glaçons que le soleil fait miroiter. Un faceà-face<br />

qui nous laisse tous silencieux, ébahis<br />

par la puissance de la nature.<br />

Le lendemain, nous découvrirons à pied le<br />

glacier Amalia après un débarquement au<br />

ras de l’eau sur une plage de galets hérissée<br />

des icebergs qui s’y sont échoués après<br />

avoir été vêlés par le glacier. Des traces de<br />

pas imprimées dans le sable qui évoquent un<br />

ongulé seront suivies par certains passagers<br />

qui surprendront ainsi un huemul, le dernier<br />

petit cervidé trapu aux bois courts qui habitent<br />

ces lieux.<br />

Un autre jour nous débarquerons en zodiac<br />

pour une promenade, les bottes dans l’eau,<br />

autour d’un lagon formé par la fonte du glacier<br />

Aguila, un immense bloc de glace au<br />

cœur de la cordillère de Darwin, dans un<br />

éblouissant décor de montagnes enneigées<br />

survolées par des condors.<br />

Magie bleue du colossal glacier Pio XI.<br />

Dernier glacier que nous approcherons en<br />

zodiac, le Garibaldi au fond d’un fjord du<br />

même nom, une immense paroi glacée aux<br />

nuances de saphir et de bleu canard caractérisé<br />

par une moraine médiane qui montre que<br />

ce glacier est né de la jonction de deux flux<br />

de glace distincts.<br />

Le fjord élève ici de hautes parois sillonnées<br />

par des cascades d’eaux vives et la flore<br />

trouve le moyen de prospérer dans cet envi-<br />

120 121


onnement rocailleux qui accueille des colonies<br />

de cormorans et même un harem de lions<br />

de mer autour d’un mâle puissant nullement<br />

impressionné par notre passage silencieux en<br />

bordure de la falaise.<br />

Une croisière francophone.<br />

Philippe Videau assume totalement ce choix<br />

qui assure à tous les passagers (français,<br />

belges, luxembourgeois et suisses) de pouvoir<br />

à la fois s’exprimer dans sa langue et<br />

entendre toutes les conférences essentielles<br />

à l’appréhension de l’environnement qu’on<br />

aborde. La même passion semble animer tous<br />

les passagers de ce voyage, la découverte de<br />

ces paysages lointains qui sont parmi les dernières<br />

étendues vierges du globe et très vite<br />

les liens se créent, on partage nos émotions,<br />

ou tout simplement un apéritif.<br />

En dehors des sorties quotidiennes, nous<br />

partageons nos journées entre le salon d’observation<br />

à l’avant du bateau et les ponts<br />

panoramiques d’autant qu’il est possible de<br />

faire le tour intégral du pont 6 pour un total<br />

de 202 mètres, idéal pour se dégourdir les<br />

jambes tout en s’immergeant dans le paysage,<br />

sans oublier bien sûr le restaurant qui<br />

offre des menus d’exception entre cuisine<br />

française et spécialités locales alimentées par<br />

les saumons et fruits de mer.<br />

Un incontournable rendez-vous gourmand<br />

tout en gardant un œil sur les berges des canaux<br />

empruntés. Les journées sont longues<br />

ici dans l’été austral et plus on descend vers<br />

le grand sud plus le coucher de soleil tombe<br />

tard, bien après 22h, de quoi nous garder les


yeux rivés sur cette nature vierge, puissante<br />

et sauvage, et même si on admire Magellan,<br />

Darwin ou Cook qui ont affronté le même<br />

environnement, on se sent terriblement chanceux<br />

de naviguer sur leurs traces dans un bateau<br />

qui offre autant de confort et de sécurité.<br />

L’Exploris One, un bateau élégant.<br />

Construit en 1989, rénové en 2018 et en 2023,<br />

l’Exploris One, à ce jour le seul navire de la<br />

nouvelle compagnie, est doté d’une coque<br />

renforcée (homologuée classe Glace 1A)<br />

idéale pour explorer les contrées glaciaires et<br />

avec sa petite taille (108m sur 16m), il peut<br />

se faufiler là où n’iront pas les gros navires.<br />

Sa flottille d’une dizaine de zodiacs permet<br />

de débarquer rapidement les passagers et de<br />

les conduire au plus près des sites toujours<br />

sous la houlette d’un guide. Les adeptes de<br />

kayak ont pu pagayer au milieu des blocs de<br />

glace flottante qui s’agglomèrent devant le<br />

glacier dont ils se sont détachés. Magie de<br />

ces concrétions de glace bleutée qui prennent<br />

parfois la forme de tuyaux d’orgue.<br />

Chaque croisière offre son dépaysement et<br />

cette formule d’hôtel flottant où tout est inclus<br />

a tout pour séduire surtout dans cette région<br />

caractérisée par un foisonnement d’îlots, aucun<br />

moyen de transport ne peut rivaliser avec<br />

le bateau, véritable cordon ombilical au travers<br />

du Grand Sud chilien.<br />

Jusqu’à la mi-mars, Exploris One continuera<br />

à voguer entre la péninsule antarctique et les<br />

îles Malouines avant de traverser l’Atlantique<br />

vers le Sénégal, les Bijagos, le Cap Vert et les<br />

<strong>Açores</strong>. En été il remontera vers les îles britanniques<br />

avant d’aborder le grand Nord avec<br />

le Spitzberg, l’Islande, Le Groenland et l’Arctique<br />

canadien jusqu’au Saint-Laurent.<br />

Pour en savoir plus :<br />

124 1<strong>25</strong>


EGYPTE<br />

Une<br />

CROISIÈRE<br />

sur<br />

LENIL<br />

PLUME<br />

Christiane Goor<br />

CAPTURE D’IMAGES<br />

Charles Mahaux<br />

OU COMMENT<br />

REMONTER LE TEMPS<br />

Sous la houlette de CroisiEurope<br />

cette escapade d’une semaine baignée<br />

de soleil nous a permis de communier<br />

avec les héros de notre enfance,<br />

les pharaons et leurs dieux.<br />

126 127


Le terrible conflit israélo-palestinien<br />

a quelque peu refroidi les voyageurs qui<br />

rêvent de visiter l’Egypte mais la formule<br />

d’une croisière sur le Nil au départ de Louxor,<br />

le plus grand musée d’Egypte<br />

à ciel ouvert, jusque Assouan,<br />

à quelque <strong>25</strong>0 km au sud, s’est avéré<br />

très paisible, loin du bruit de la guerre.<br />

On a choisi d’éviter la capitale<br />

où pourraient surgir inopinément<br />

des manifestations, comme c’est le cas<br />

dans de nombreuses capitales.<br />

Pari gagné !<br />

A l’origine dotée<br />

de 2 obélisques, le pylone du temple<br />

de Louxor donne<br />

le ton du site: grandiose.<br />

128 129


D’emblée dans le temple de Louxor on se sent<br />

embrassé par l’Histoire.<br />

Petit rappel historique.<br />

Dans l’histoire de l’Egypte, 30 dynasties de pharaons se sont<br />

succédées de 3100 jusque 332 av. J-C. Durant l’Ancien Empire<br />

qui s’est achevé en 2155 av. J-C, les deux royaumes de Haute-<br />

Egypte et de Basse-Egypte sont unifiés en un vaste empire.<br />

Les 3 grandes pyramides de Giseh et le fameux sphinx ont été<br />

construits alors, non loin de Memphis, première capitale de<br />

l’Egypte antique, à l’embouchure du Nil.<br />

Le Moyen Empire de la XIIIème à la XVIIème dynastie court<br />

jusqu’en 1650 av. J-C et cette période marque le début de<br />

Thèbes, alias Louxor, comme capitale de l’Egypte. La monarchie<br />

pharaonique retrouve sa puissance, patronnée par<br />

le dieu d’Etat, Amon-Rê. Le Nouvel Empire englobe les dynasties<br />

XVIII à XX jusqu’en 1080 av. J-C et c’est l’âge d’or de<br />

l’empire pharaonique avec des noms aussi connus que les<br />

Aménophis, les Thoutmôsis, Akhénaton, Hatshepsout, Toutankhamon,<br />

Seti ou les Ramsès.<br />

Les dernières dynasties ont connu l’invasion des Perses vers<br />

5<strong>25</strong> av. J-C puis celle d’Alexandre le Grand en 333 av. J-C<br />

et c’est alors l’éclosion de la période gréco-romaine avec la<br />

dynastie des Ptolémées du nom du général macédonien à qui<br />

Alexandre confia le pouvoir.<br />

15 Ptolémées se succèderont sur le<br />

trône d’Egypte entre 303 et 30 av. J-C.<br />

Ptolémée XIII épousa la belle Cléopâtre qui épousa ensuite<br />

son propre frère Ptolémée XIV. La dynastie s’est éteinte avec<br />

la mort de Césarion, le fruit des amours de Cléopâtre et de<br />

César, qu’Octave fit assassiner. L’Egypte était désormais une<br />

province romaine.<br />

Tout commence à Louxor,<br />

anciennement Thèbes.<br />

Ce sont les princes thébains qui vont rétablir le royaume<br />

d’Egypte parti en déliquescence suite entre autres aux ambitions<br />

des chefs des provinces qui tendaient à s’éloigner du pouvoir<br />

central de Memphis. Le choix de Thèbes comme centre<br />

incontestable du gouvernement d’Egypte va encourager le<br />

développement de l’Empire. C’est aussi ici, dans « la ville aux<br />

cent portes » chantée par Homère, que trônait Amon, le roi des<br />

dieux et que les pharaons vont bâtir leurs palais et trouver après<br />

la mort leur repos éternel.<br />

130 131


La plupart<br />

des imposantes<br />

statues du temple<br />

de Karnak ont<br />

été installées<br />

par Ramsès II.<br />

132 133


Témoin du niveau atteint par l’ensablement du site,<br />

la mosquée encastrée dans le monument se trouve<br />

aujourd’hui à 5 mètres du sol.<br />

La hauteur des colonnes qui bordent<br />

le passage vers le sanctuaire du temple de Louxor<br />

évoque un palais de géants.<br />

Aujourd’hui l’ancienne capitale est la porte d’entrée pour découvrir<br />

les joyaux de la civilisation pharaonique. 3000 ans<br />

d’histoire déchiffrée dans les pages de nos encyclopédies d’enfants<br />

ou dans les romans historiques de Christian Jacq dont les<br />

intrigues se situent en Egypte ancienne se changent soudainement<br />

en pierre blonde : statues géantes, forêts de colonnes monumentales,<br />

obélisques creusés de hiéroglyphes, etc…. Et on<br />

reste muet, ébloui par tant de splendeurs, impressionné par la<br />

virtuosité architecturale qui a permis d’élever des temples monumentaux<br />

devant lesquels on se sent bien petit. Hérissée des<br />

hautes tours effilées de ses minarets, la ville de Louxor située<br />

sur la rive droite du Nil se découvre dans toute sa longueur<br />

depuis le pont-soleil de notre bateau amarré sur la rive gauche.<br />

Une ville bouillonnante, bruyante, vivante.<br />

Son temple qui dresse sa silhouette sur les berges du Nil fait<br />

corps avec la ville. Il était en fait une dépendance du temple<br />

de Karnak auquel il était relié par une allée rectiligne de près<br />

de 3km, bordée de plus de 700 sphinx à corps de lion.<br />

Chaque année au cours d’une fête qui célébrait la nouvelle<br />

crue du Nil, le dieu créateur Amon quittait Karnak<br />

accompagné de son épouse Mout dans une procession solennelle<br />

qui se rendait au temple de Louxor. Les statues en<br />

or posées sur des barques sacrées étaient accompagnées du<br />

pharaon tenu de prendre part aux festivités en tant que fils<br />

du dieu Amon-Rê.<br />

La structure du temple est semblable à celle qui préside à la<br />

construction des autres temples. Un premier pylone formé de<br />

deux tours monumentales à base rectangulaire reliées par un<br />

linteau offre une porte d’entrée devant laquelle se dresse, esseulé,<br />

un obélisque en granite rose, le frère jumeau de celui qui<br />

s’élève à Paris, place de la Concorde.<br />

L’entrée donne accès à une première cour où on découvre,<br />

encastrée dans les ruines, une ancienne petite mosquée<br />

construite au 3ème siècle de notre ère. Son entrée inaccessible<br />

à 5 m de haut rappelle que jadis le site de Luxor a été<br />

enseveli sous le sable. Ramsès II a imprimé sa marque sur<br />

le site en y ajoutant une série de statues imposantes, autant<br />

de colosses debout ou assis, certains à son effigie. Le plan<br />

de l’édifice est classique, comprenant parvis, pylones, cours<br />

à portiques, salles hypostyles et sanctuaire, entre parties ouvertes<br />

et fermées. Un temple agréable à visiter sous le soleil<br />

d’autant que la pierre calcaire semble s’être dorée au contact<br />

du sable dont il a fallu l’extraire.<br />

Le temple de Karnak dédié à Amon-Rê est plus majestueux.<br />

Véritable dédale de pierres aux proportions colossales, il est le<br />

plus grandiose de tous les temples d’Egypte. Il faut dire que<br />

depuis la fin du 3ème millénaire avant notre ère et pendant<br />

près de 20 siècles, chaque pharaon va y élever des monuments,<br />

multipliant les pylones et les cours, cherchant à bâtir toujours<br />

134 135


La barque céleste qui emportait la statue<br />

du dieu Amon et le pharaon a été installée<br />

sur l’allée des sphinx à Louxor.<br />

La mythique allée<br />

des sphinx entre Louxor<br />

et Karnak a été<br />

partiellement restaurée.<br />

plus grand, plus beau pour que l’offrande au dieu garantisse ses<br />

bienfaits. Les scènes qui recouvrent les fûts des 134 colonnes<br />

de la salle hypostyle et les parois des murs racontent les honneurs<br />

divins rendus à Amon-Rê par les pharaons. Lorsque<br />

les Arabes envahissent l’Egypte au 7ème siècle, ils nomment<br />

le lieu Karnak croyant y voir un village fortifié, un nom qui<br />

perdure jusqu’à nos jours.<br />

La Vallée des Rois.<br />

Si le culte des souverains est célébré dans les temples situés<br />

en bordure du Nil, les tombes royales sont creusées<br />

à même la pierre dans une vallée sèche désormais connue<br />

sous le nom de Vallée des Rois, située sur la rive gauche du<br />

Nil, juste en face de l’ancienne cité de Thèbes. Alors que<br />

leurs prédécesseurs de l’Ancien Empire avaient construit<br />

des pyramides pour s’assurer la vie éternelle, les pharaons<br />

ont préféré se protéger des pillards en cachant leurs sépultures<br />

dans la montagne dont on repère un pic élancé qui lui<br />

donne une forme grossièrement pyramidale.<br />

La plupart des tombes ont pourtant été pillées des richesses<br />

qu’elles contenaient, entraînant des procès relatés dans des<br />

papyrus remontant à 1100 av. J-C. Aujourd’hui 63 ont été<br />

recensées dont <strong>25</strong> sont des sépultures royales. Celle de Toutankhamon<br />

qui porte le numéro 62 a été découverte en 1922,<br />

il y a un siècle à peine. Toutes ne sont pas accessibles au public,<br />

les autorités procèdent par roulement n’hésitant pas à<br />

fermer celles qui ne peuvent plus supporter le passage des<br />

touristes qui augmentent le degré d’humidité dans les tombes,<br />

La haute<br />

(11m) statue<br />

de granit<br />

rose de<br />

Ramsès II<br />

La grande<br />

cour du temple<br />

d’Horus à Edfou<br />

est entourée<br />

par d’immenses<br />

colonnes gravées<br />

de hiéroglyphes<br />

Le pylone du temple de Horus à Edfou<br />

est haut de 32m et deux faucons géants<br />

symboles du dieu gardent l’entrée du temple.<br />

136 137


Le scarabée accompagne la barque du pharaon<br />

vers la renaissance dans la tombe de Séti 1 er<br />

dans la Vallée des Rois.<br />

accélérant la décoloration des pigments et la prolifération<br />

des champignons.<br />

Nous avons eu la chance de visiter celle de Seti Ier, père de<br />

Ramsès II, d’une richesse exceptionnelle, la plus grande de<br />

la Vallée des Rois, celle de Ramsès 4 remarquable pour la<br />

finesse de l’exécution de ses décors et celle de Toutankhamon<br />

où repose encore sa momie.<br />

Quand on sait que la tombe de cet enfant roi mort à 18<br />

ans, compte à peine 4 salles mais a permis de récolter 5398<br />

pièces répertoriées par l’égyptologue Howard Carter, on<br />

s’interroge sur la richesse des trésors aujourd’hui disparus<br />

qui ont accompagné d’autres pharaons dont le règne a été<br />

plus long et plus fameux.<br />

Le plan des tombes royales est souvent le même, une porte<br />

d’entrée qui ouvre sur des escaliers, des corridors qui<br />

mènent à des vestibules avant d’arriver à la chambre funéraire.<br />

Les décors gravés et peints sur les parois racontent<br />

des scènes mythologiques censées assurer le passage et la<br />

survie du défunt dans l’au-delà.<br />

On y retrouve souvent la barque royale accompagnée du<br />

scarabée, symbole de la renaissance. De nombreux hiéroglyphes<br />

tirés du Livre des Morts donnent des formules<br />

destinées à faciliter la vie dans l’au-delà. Ici le visiteur mesure<br />

qu’il est au centre de l’univers, à la frontière entre le<br />

monde des vivants et celui des morts.<br />

Nous ne visiterons pas la Vallée des Reines ni celle des<br />

Nobles, le temps nous manque mais nous découvrirons le<br />

temple mortuaire de Hatchepsout, la seule reine-pharaon<br />

autoproclamée.<br />

En effet devenue régente après la mort de son époux et<br />

demi-frère Thoutmôsis II, elle devait préparer le fils qu’il<br />

avait eu avec une concubine, un nourrisson trop jeune<br />

pour prendre le trône.<br />

Toutefois elle prit goût au pouvoir qu’elle conserva pendant<br />

22 ans et n’hésita pas à arborer les attributs royaux<br />

des pharaons comme la barbe postiche. Son règne soutenu<br />

par le clergé d’Amon est généralement considéré comme<br />

un des plus prospères de l’Egypte. Thoutmôsis III, le<br />

nourrisson devenu pharaon à sa mort, mena campagne<br />

pour détruire son héritage, cassant ses statues et martelant<br />

ses représentations. Son temple mortuaire qu’elle a<br />

fait édifier en calcaire et non pas en grès comme la plupart<br />

des autres temples s’intègre à la falaise dorée contre<br />

laquelle il s’adosse et son architecture qui consiste en<br />

3 terrasses en gradins reliées par une double rampe<br />

étonne par sa modernité.<br />

Au fil du Nil,<br />

une autoroute fluviale.<br />

Notre bateau de croisière, le Da Vinci affrété par CroisiEurope<br />

pour naviguer entre Louxor et Assouan a tout<br />

pour séduire avec sa dimension humaine puisqu’il ne<br />

dispose que de 54 cabines disposées sur trois ponts offrant<br />

toutes les commodités que l’on peut en attendre.<br />

Les larges baies vitrées du salon-bar permettent d’admirer<br />

les paysages traversés avec le confort d’une cli-<br />

138 139


matisation adaptée. Toutefois la plupart des passagers se<br />

retrouvent sur le pont-soleil équipé de confortables transats,<br />

d’une piscine et d’un bar. Lieu idéal pour se détendre<br />

en observant la vie qui s’égrène sur les berges et sur l’eau.<br />

Nous ne sommes pas les seuls à naviguer, loin de là, l’occasion<br />

de découvrir que notre paquebot avec son 1,80 m<br />

de tirant d’eau a de nombreux cousins qui descendent ou<br />

remontent le Nil, sans oublier de se saluer à coups de sirènes.<br />

Le fleuve devient le théâtre d’un ballet incessant et<br />

distrayant. Les dahabiehs, jadis bateaux privés des princes<br />

et des pachas, attirent le regard avec leur forme effilée. Bien<br />

qu’ils soient plus longs, ils ont des airs de felouque avec<br />

leurs deux voiles latines, une large à l’avant et une plus petite<br />

à l’arrière. Leur faible tirant d’eau, à peine 60 cm, leur<br />

permet d’accoster plus aisément au bord des berges.<br />

Toutefois, l’absence de vent en cette saison les oblige à enrouler<br />

leurs voiles autour des mâts pour être tractés par<br />

un petit remorqueur. On croise encore des felouques bien<br />

sûr mais aussi des esquifs de pêcheurs qui se convertissent<br />

parfois en marchands de souvenirs en s’accrochant à notre<br />

bateau et en haranguant les passagers qui s’appuient sur<br />

la rambarde du pont soleil. Négociation à gorge déployée<br />

pour une nappe ou une serviette de plage. C’est à l’écluse<br />

de Esna quand les bateaux sont obligés d’attendre leur tour<br />

qu’ils se font le plus pressants.<br />

Le chant du muezzin nous réveille à Edfou, un petit bourg<br />

bruyant où la rue principale se mue en une chenille de<br />

calèches chargées de touristes qui se rendent au temple dédié<br />

à Horus, dieu à tête de faucon, construit de 237 à 57<br />

av. J-C, un des mieux conservés d’Egypte et l’archétype du<br />

temple pharaonique avec sa succession inévitable des 4 espaces,<br />

depuis le pylone qui ouvre sur la grande cour suivie<br />

140 141


Temple de Philae<br />

de la salle aux colonnes et<br />

enfin le sanctuaire, le lieu le<br />

plus obscur et le plus sacré<br />

accessible uniquement au<br />

pharaon et au grand prêtre.<br />

L’après-midi s’étire paresseuse<br />

à observer cette étroite et<br />

luxuriante bande de terre<br />

qui longe le cours du fleuve.<br />

Jadis la vie des Egyptiens était<br />

soumise au rythme imposé<br />

par le Nil dont la crue<br />

jamais dévastatrice apportait<br />

l’eau nourricière mais aussi<br />

le limon qui fertilisait les<br />

champs. Un vaste réseau<br />

d’irrigation sera également<br />

mis en place et aujourd’hui<br />

le bourdonnement des<br />

moteurs qui envoient l’eau<br />

vers les canaux accompagne<br />

notre voyage tout comme le<br />

sifflement rauque des trains<br />

qui remontent vers Assouan.<br />

Des plantations de bananiers<br />

succèdent aux champs de<br />

canne à sucre, des manguiers<br />

offrent de l’ombre bienfaisante<br />

au berger qui somnole<br />

sous sa hutte de paille tandis<br />

Bal des felouques à Assouan<br />

que ses buffles s’ébrouent dans<br />

l’eau. Au-delà de cette bande<br />

verte, il ne reste plus que sable<br />

et cailloux et les collines de<br />

grès de Gebel Sisileh laissent<br />

entrevoir des fronts de taille<br />

en escaliers où jadis travaillaient<br />

des milliers d’ouvriers<br />

à l’extraction des pierres qui<br />

servirent à édifier les temples<br />

de Thèbes, Edfou et Kom<br />

Ombo. Les vestiges de cet<br />

étrange double temple dédié<br />

à Sobek et à Haroeris dressé<br />

face au fleuve se laissent<br />

embrasser d’un seul regard, il<br />

permettait le culte du dieu de<br />

la fertilité à tête de crocodile<br />

et du dieu bienfaisant à<br />

tête d’épervier. Kom Ombo,<br />

c’est aussi la frontière entre<br />

l’Egypte arabe et l’Egypte<br />

africaine. Les champs verdoyants<br />

laissent la place au<br />

sable, le désert se referme sur<br />

les eaux du Nil où émergent<br />

quantité d’îlots et de récifs, le<br />

rythme se fait plus lent et on<br />

aborde Assouan, la dernière<br />

cité importante avant l’immense<br />

lac Nasser, une<br />

142 143


des plus grandes retenues<br />

d’eau artificielles au monde<br />

née lors de la création du<br />

Haut-Barrage.<br />

Aux portes d’Assouan et de<br />

l’antique Nubie. Assouan<br />

est le point de départ incontournable<br />

pour explorer<br />

Abu Simbel, le joyau<br />

de Ramsès II, à qui on doit<br />

la notion de « Patrimoine<br />

mondial de l’humanité »<br />

née en 1972 avec l’entreprise<br />

pharaonique orchestrée<br />

par l’Unesco pour<br />

déplacer pierres, statues<br />

et stèles menacées d’être<br />

englouties par les eaux du<br />

lac Nasser, créé à l’issue<br />

de la construction du haut<br />

barrage d’Assouan.<br />

Depuis, des centaines de<br />

monuments ont été sauvés<br />

de par le monde !<br />

Nous choisirons de ne pas<br />

nous rendre à Abu Simbel<br />

qui a pourtant ébloui tous<br />

ceux qui, chargés de leur<br />

oreiller, ont pris le car durant<br />

3h pour s’y rendre.<br />

Nous avons préféré la<br />

seconde option, à la<br />

découverte des îles qui<br />

émergent des eaux du Nil.<br />

L’île Kitchener devenue le<br />

jardin botanique de la ville<br />

pour le grand bonheur<br />

des oiseaux qui s’y cachent<br />

est une oasis de fraîcheur<br />

entre de hauts arbres et de<br />

nombreuses essences tropicales<br />

avec une vue<br />

panoramique sur le mausolée de l’Agha Khan, solitaire et<br />

dépouillé qui domine le fleuve. L’île Eléphantine noyée de<br />

verdure où un ponton permet d’aborder à la découverte<br />

d’un espace privatisé par le bateau nous offrira dans le<br />

confort de coussins et de tapis posés sur le sable un teatime<br />

face à un coucher de soleil flamboyant.<br />

Il faut dire que sur cette berge qui fait face à la ville, les<br />

dunes de sable blond tombent littéralement dans le fleuve<br />

à tel point que des petits bateaux à moteur y débarquent<br />

Les colosses de Memnon<br />

Temple de Hatchepsout<br />

des passagers trop heureux de fouler le sable, les pieds<br />

dans les eaux du fleuve. Des dromadaires prêts à promener<br />

le touriste sont regroupés au pied de rares arbres. On est<br />

en pays nubien et un chapelet de petits villages colorés se<br />

succèdent sur la rive.<br />

Jadis les Nubiens appartenaient à des royaumes déchirés<br />

entre le Soudan et l’Egypte. Déracinés avec la construction<br />

successive des deux barrages, ils ont été transplantés<br />

dans des sites devenus des villages qui se laissent visiter.<br />

Une Dahabieh remorquée<br />

144 145


Les maisons chaulées, en argile crue ou cuite, aux murs<br />

peints en bleu, rose ou jaune, nous ouvrent d’autres horizons.<br />

Certaines accueillent l’étranger autour d’un verre de<br />

thé, l’occasion de lire sur les murs l’histoire de la famille ou<br />

du moins la représentation des moments clés de leur vie,<br />

un mariage ou un pèlerinage à La Mecque. Une plongée<br />

dans un autre monde.<br />

On a terminé ce voyage avec la « perle de l’Egypte », le fabuleux<br />

temple de Philae dédié à la déesse Isis, construit au<br />

3ème siècle av. J-C. Lui aussi fut sauvé des eaux par l’Unesco<br />

et reconstruit sur l’île proche d’Agilkia. L’élégant kiosque<br />

de Trajan avec ses 14 colonnes aux chapiteaux surmontés<br />

de feuillages de pierre se laisse découvrir depuis le fleuve.<br />

Jadis il servait de reposoir pour la barque d’Isis quand elle<br />

quittait son temple.<br />

Retour vers Assouan en laissant errer le regard sur le ballet<br />

des felouques dont les voiles blanches enflées par la<br />

brise du soir semblent portées par les prières lointaines<br />

des muezzins.<br />

Pour configure votre voyage,<br />

cliquez sur ce bouton ici : -><br />

Infos pratiques :<br />

Nous avons confié notre voyage à CroisiEurope sans aucun<br />

doute le numéro 1 des croisières fluviales.<br />

En Egypte la société affrète un bateau 5 ancres à dimension<br />

humaine, le RS Da Vinci mesurant 72 mètres de long<br />

et 13,60 mètres de large.<br />

CroisiEurope offre ses plus incontournables comme les<br />

boissons incluses aux repas, un système audiophone aux<br />

excursions, la présence d’un accompagnateur ou directeur<br />

de croisière à bord et l’assurance assistance/rapatriement<br />

incluse dans le prix de la croisière. www.croisieurope.be<br />

Un bon guide.<br />

Ahmed Mostafa, un égyptien, nous a guidés durant toute<br />

la croisière et les qualités de son accompagnement ont<br />

contribué pour beaucoup à notre émerveillement.<br />

A contacter sans hésiter pour vous guider dans vos<br />

voyages individualisés ahmos6501@yahoo.com<br />

Nous avons pu visiter la timonerie et rencontrer le commandant<br />

et son assistant, une visite réalisée sous la houlette<br />

du responsable de la réception.<br />

Quand le Nil embrasse le désert<br />

Couloir d’entrée du tombeau de Ramsès IV<br />

dans la Vallée des Rois<br />

146 147


Visite insolite car les outils de navigation se limitent à peu de choses<br />

ici, ni GPS, ni radar. Tout est confié à l’expérience conjuguée de<br />

ces deux hommes sexagénaires qui vivent sur le Nil depuis leur enfance,<br />

entre felouques, petits bateaux à moteur puis ferry ou enfin<br />

la commande de bateaux du même type que le nôtre.<br />

Ambiance d’un village nubien<br />

Un marin est également à leur service pour allumer les torches à la<br />

nuit tombée ou vérifier le cas échéant la profondeur de l’eau avec<br />

un bâton gradué. Les deux hommes vivent jour et nuit dans l’espace<br />

étroit de la timonerie qui abrite un lit et un divan ainsi qu’une<br />

mini-cuisine où ils réalisent eux-mêmes leurs repas.<br />

A les entendre, ils connaissent par cœur les bancs de sable, les rochers<br />

qui affleurent le courant, le chemin qu’il faut emprunter entre<br />

les îlots. Ils vivent là en djellabas, assis devant la barre sur un siège<br />

assez large pour qu’ils puissent y adopter la position traditionnelle<br />

du lotus. Ils ne quittent pas le fleuve du regard et nous les abandonnons<br />

impressionnés et pourtant rassurés par la force tranquille<br />

de leur expérience.<br />

148 149


Euribia<br />

Le nouveau paquebot<br />

de MSC Cruises est<br />

À Zeebruges<br />

Plume : Eric HEIDEBROEK - Capture d’Images : E.H. et MSC<br />

Les «Perles du Nord», c’est le thème choisi pour<br />

les nouvelles missions du navire amiral de la<br />

compagnie MSC Cruises.<br />

***<br />

Les croisières «Perles du Nord» se posent sur<br />

sept nuits. L’Euribia fait escale à Hambourg en<br />

Allemagne, à Rotterdam aux Pays-Bas, à Zeebruges<br />

en Belgique, au Havre pour Paris en France et à<br />

Southampton pour Londres au Royaume-Uni.<br />

***<br />

Petite visite de ce monumental bâtiment...<br />

***<br />

150 151


Gigantesque, ce navire est énorme.<br />

Lisez plutôt, il fait 331 m de long, 43 m<br />

de large et quelque chose comme 45 m de<br />

haut à partir du bord de quai... En termes<br />

de mesures de marine, il jauge 183.500 tonneaux.<br />

Avec ses quatre nouveaux moteurs<br />

fonctionnant au GNL (gaz naturel liquéfié)<br />

et développant chacun 20 mégawatts l’Euribia<br />

navigue à 23 nœuds, soit presque 40<br />

km/h. Grâce au gaz naturel, la pollution<br />

caractéristique de ces géants des mers disparaît<br />

pratiquement. Il n’y a pas de rejet de<br />

particules fines, les gaz à effet de serre sont<br />

réduits à 20%.<br />

MSC est à la pointe du progrès en matière<br />

de rejets de toute sorte. En effet, toutes les<br />

eaux usées à bord passent par un système<br />

de traitement des eaux. Ainsi, l’eau ne peut<br />

quitter le navire sans un traitement spécifique<br />

qui la nettoie selon des normes très<br />

strictes. Cela permet d’éviter le transport<br />

de bactéries, microbes, petits invertébrés,<br />

larves et autres micro-organismes d’une région<br />

du monde à une autre, représentant<br />

une menace pour les écosystèmes locaux.<br />

Tous les déchets collectés sont triés afin de<br />

séparer les éléments à recycler.<br />

Quand on monte à bord, le gigantisme<br />

continue, l’Euribia doit être l’un des plus<br />

grands bateau de tourisme du monde. Entout-cas,<br />

l’espace intérieur est spectaculaire,<br />

lumineux, aéré, et aussi très luxueux.<br />

De magnifiques escaliers aux marches garnies<br />

de cristaux Swarovski, scintillent et<br />

s’illuminent tout au long de votre parcours.<br />

152 153


Pour l’anecdote, chaque marche coûte la<br />

bagatelle de €6.000 ! Tout cet espace permet<br />

à quelque 6.327 passagers y compris<br />

aux 1.711 membres de l’équipage de circuler<br />

agréablement dans tout le bâtiment.<br />

Les 2.419 cabines, sont toutes équipées du<br />

confort moderne le plus complet. Pour accéder<br />

aux divers étages, plusieurs batteries<br />

d’ascenseurs intelligemment programmés<br />

emmènent les passagers vers leurs cabines<br />

ou les différentes et très nombreuses activités<br />

proposées à bord. À noter que deux<br />

ascenseurs de part et d’autre du navire sont<br />

«ouverts» sur la mer.<br />

Tout est conçu à bord pour offrir de l’occupation<br />

aux meilleurs goûts de chacun.<br />

Ainsi, il y a 10 restaurants dont 5 sont<br />

154 155


spécialisés, avec un Japonais entre autres.<br />

Les salles de restaurant sont grandes, spacieuses<br />

et très confortables. Et l’accueil souriant<br />

est des plus agréables. Allez, à table !<br />

Pour découvrir une carte bien fournie tant<br />

en propositions qu’en vins fins.<br />

Et justement, à propos des vins, l’Euribia<br />

possède sa propre cave à vin avec en plus<br />

un bar à vin ! Erasmus JOWOPE, sommelier<br />

de l’Euribia, vous propose de découvrir<br />

plusieurs vins selon vos propres goûts. «Il y<br />

a 95 sortes de vins de toutes les régions et cépages du<br />

monde. Par exemple, en Chardonnay, vous pouvez<br />

choisir le pays d’où il vient, le Chilien, l’Argentin, le<br />

Californien, le Français, etc. La dégustation peut<br />

se faire ici, nous avons des dizaines de bouteilles<br />

ouvertes. Leur contenu est protégé par un système<br />

qui évite l’oxydation du vin et qui le maintient à<br />

la température idéale de consommation. Il est bien<br />

évident que l’on peut acheter du vin sur le bateau.»<br />

explique Erasmus, avec un talent et une<br />

156 157


connaissance que l’on aimerait découvrir<br />

plus en profondeur. Si le bar à vin est un<br />

endroit très apprécié du navire, il y en a<br />

d’autres comme le casino, le bowling, une<br />

salle multisports, des salles de jeux pour les<br />

enfants, et même des simulateurs de pilotage<br />

de Formule 1 ! Un peu normal quand<br />

on est un gros sponsor du championnat du<br />

monde de F1.<br />

Plus impressionnant encore, le théâtre de<br />

bord qui peut recevoir plus de 900 spec-<br />

158 159


tateurs dans d’excellentes conditions<br />

d’appréciation des prestations<br />

de classe mondiale dans<br />

une atmosphère sonore exceptionnelle.<br />

La salle de spectacle est<br />

à l’avant du bateau, tandis qu’à<br />

l’arrière, on retrouve une salle de<br />

concert avec une piste de danse.<br />

Le tout séparé par quelque chose<br />

comme 200 mètres, et donc pas<br />

de problème d’interférence entre<br />

les spectacles. Et encore une fois,<br />

cette impression d’espace et d’aisance<br />

où se combinent les effets<br />

lumineux et sonores des plaisirs<br />

modernes.<br />

Pour ceux qui préfèrent l’extérieur,<br />

l’Euribia n’est pas en<br />

reste. Jugez plutôt !<br />

160 161


Le gigantisme de<br />

ce vaisseau Amiral<br />

profite aussi au<br />

plus grand nombre.<br />

On trouve cinq<br />

piscines, dont une<br />

avec un toit rétractable.<br />

Un parc<br />

aquatique le «Coral<br />

Reef Aquapark» est<br />

le point fort avec<br />

ses trois toboggans<br />

aquatiques pour<br />

petits et grands qui<br />

font agréablement<br />

passer le temps à<br />

bord, comme des<br />

jacuzzi, et surtout<br />

de beaux ponts où il<br />

fait bon se promener<br />

et profiter du vent<br />

du large comme du<br />

soleil.<br />

Tout est étudié pour<br />

offrir un maximum<br />

de détente,<br />

des brise-vent permettent<br />

de profiter<br />

de la vue sans être<br />

ébouriffé. Pour ceux<br />

qui veulent s’offrir<br />

une expérience de<br />

yacht privé, L’Euribia<br />

propose son<br />

pack VIP, le Yacht<br />

Club avec ses terrasses<br />

privées des<br />

attentions exclusives<br />

comme les services<br />

d’un majordome<br />

24h/24h ou encore,<br />

découvrir le restaurant<br />

gastronomique<br />

avec une incroyable<br />

vue panoramique<br />

sur la mer.<br />

162 163


Découvrez la visite vidéo<br />

Si le Yacht Club est la formule ultime et<br />

réservée à quelques «happy Fews», les formules<br />

les plus en vue sont les cabines avec<br />

«vue sur mer» ou «avec balcon», voire les<br />

«Suites». Les cabines avec vue sur mer<br />

permettent de profiter des grands espaces,<br />

celles avec un balcon sont plus spacieuses<br />

offrant en prime une certaine intimité. Et<br />

enfin, les Suites offrent en plus la possibilité<br />

de profiter du jacuzzi mis à disposition.<br />

Quelques conseils.<br />

Il faut toujours prendre le pack Wifi, car<br />

en mer, le régime «Réseau Maritime» est<br />

à un tarif violent. Ensuite, à bord, il vaut<br />

mieux prendre le Premium Drink Pack,<br />

qui couvre toutes boissons softs et autres.<br />

Pour une croisière «Perles du Nord» dans<br />

un bon confort, il faut compter €443* par<br />

personne. Plus d’infos :<br />

* à partir de<br />

164 165


Stars Chefs @ Sea<br />

La troisième édition<br />

de «Stars Chefs @ Sea»<br />

aura lieu l’année prochaine<br />

au mois de mars <strong>2024</strong> au cours d’une<br />

croisière gastronomique aux Caraïbes<br />

à bord du navire MSC Seaside.<br />

Communiqué revisité par Eric HEIDEBROEK<br />

«Stars Chefs @ Sea » - un concept conçu et réalisé<br />

par Emmanuel Sakkas directeur de l’agence<br />

«Manu Voyages» - est un événement qui marie<br />

croisières et expériences culinaires. Durant cet<br />

événement, des chefs renommés sont invités à<br />

monter à bord d’un navire de croisière pour organiser<br />

des dîners exclusifs et des activités culinaires<br />

pour les passagers. Cela offre une occasion<br />

unique aux invités de savourer une gastronomie<br />

de haute qualité tout en profitant<br />

d’une expérience de croisière de<br />

luxe. La troisième édition de Stars Chefs<br />

@ Sea aura lieu l’année prochaine au mois<br />

de mars. Il s’agît donc d’un concept de voyage<br />

unique dans son genre où le plaisir culinaire et<br />

voyager dans le luxe et le confort total sans souci<br />

sont au cœur de l’expérience.<br />

Un concept de voyage unique<br />

Une sélection exceptionnelle de chefs étoilés a<br />

déjà confirmé leur présence : un ensemble de pas<br />

moins de 10 étoiles seront réunies sur cette croisière<br />

vers les Caraïbes. Les chefs qui ont confirmé<br />

leur présence sont :<br />

166 167


Cyril Molard (Restaurant ‘Ma langue sourit’ à Moutford<br />

au Luxembourg, 2 étoiles), Eric Fernez (‘D’Eugènie<br />

à Emilie’ à Baudour, 2 étoiles), Viki Geunes<br />

(‘Zilte’ à Anvers, 3 étoiles), Thijs Vervloet (‘Colette’<br />

à Averbode, 2 étoiles), Michael Rewers (‘Bistrot du<br />

Nord’ à Anvers, 1 étoile). Durant la croisière, les hôtes<br />

auront l’occasion de savourer les délices culinaires<br />

des chefs.<br />

Les «Stars Chefs @ Sea», ou chefs étoilés en mer,<br />

apportent une touche de prestige et d’élégance à<br />

bord des navires de croisière.<br />

168


Leur présence vise à offrir une expérience culinaire<br />

exceptionnelle aux passagers, alliant la haute gastronomie<br />

à l’ambiance luxueuse d’une croisière en<br />

mer.<br />

Voici quelques-unes des activités et contributions<br />

qu’ils apportent : la création des menus exclusifs,<br />

des démonstrations culinaires, des expériences de<br />

dégustation et de dîners spéciaux, des rencontres<br />

et échanges, des ateliers de cuisines, parfois artistiques.<br />

En somme, les «Stars Chefs @ Sea» apportent une<br />

dimension gastronomique de haut niveau à l’expérience<br />

de croisière, offrant aux passagers l’opportunité<br />

de savourer des plats exquis et de découvrir<br />

l’art de la cuisine à un niveau exceptionnel, le tout<br />

dans le cadre somptueux d’une croisière en mer.<br />

Les Caraïbes :<br />

un paradis éternel pour les voyageurs en<br />

quête de rêve et d’aventure<br />

Depuis des temps mémoriaux, les Caraïbes demeurent<br />

l’une des destinations les plus enchanteresses<br />

et captivantes au monde, un rêve de tout<br />

vacancier en quête de détente dans des lieux féeriques.<br />

Les étendues de sable blanc à perte de vue,<br />

les majestueux palmiers, les fruits exotiques, les<br />

récifs coralliens foisonnants de poissons tropicaux<br />

aux couleurs éclatantes et une mer d’un bleu turquoise<br />

infini ne cessent d’émerveiller.<br />

Désormais, avec l’émergence de l’île exclusive<br />

Ocean Cay MSC Marine Reserve, les visiteurs ont<br />

l’opportunité de vivre une expérience inédite au<br />

cœur des eaux caribéennes.<br />

De la Barbade à la Jamaïque, de Sainte-Lucie aux<br />

Bahamas, de la Guadeloupe à la Trinité-et-Tobago,<br />

ces îles offrent un spectacle à couper le souffle. Ici, on<br />

peut se laisser bercer par les vagues, s’évader entre<br />

les boutiques élégantes et la vie nocturne trépidante<br />

de Miami, ou plonger dans le mystère envoûtant de la<br />

Costa Maya mexicaine. Le tout dans une atmosphère<br />

qui semble avoir figé le temps, transportant le voyageur<br />

dans un monde ancien, empreint de villages<br />

coloniaux, de plantations de rhum et de criques hantées<br />

par le souvenir des pirates.<br />

Voyager à bord du MSC Seaside<br />

MSC Seaside réinvente les règles du design à<br />

bord des navires de croisière, en mélangeant espaces<br />

intérieurs et espaces extérieurs pour vous<br />

connecter à la mer comme jamais auparavant. Le<br />

pont 8 est bordé d’une promenade unique en bord<br />

de mer, le long de laquelle s’alignent des lieux où<br />

manger, boire un verre, faire des achats, nager et<br />

prendre un bain de soleil.<br />

Et vous pourrez profiter de superbes vues depuis<br />

les deux passerelles en verre et les ascenseurs<br />

panoramiques.<br />

170 171


L’expérience privée du MSC Yacht Club :<br />

un monde de luxe, d’intimité et d’exclusivité<br />

Le MSC Yacht Club est un havre exclusif à bord de<br />

nombreux navires de MSC Cruises, où les clients<br />

peuvent savourer l’intimité et le luxe dans un monde<br />

de choix avec une richesse de services personnalisés<br />

inégalés pour assurer l’expérience ultime de<br />

luxe et de tranquillité pendant leur séjour en mer.<br />

Situé à l’avant du navire, offrant les meilleures vues,<br />

ce concept unique de «navire dans le navire» permet<br />

aux clients d’avoir un accès exclusif aux installations<br />

privées élégantes du MSC Yacht Club, aux<br />

logements somptueux, aux possibilités de loisirs et<br />

de divertissement, tout en bénéficiant d’un accès à<br />

toutes les opportunités de loisirs offertes sur l’ensemble<br />

du navire.<br />

La combinaison de services personnalisés et d’un<br />

cadre raffiné en fait l’un des clubs privés les plus<br />

exclusifs au monde.<br />

Réservations<br />

Comment réserver votre place tant convoitée pour<br />

cette croisière unique ?<br />

Ce concept de voyage unique est élaboré par un<br />

de nos partenaires : Emmanuel Sakkas de Manu<br />

Voyages. Les réservations peuvent être effectuées<br />

en direct auprès d’eux.<br />

Manu Voyages offre ses hôtes la possibilité de booker<br />

trois choix de cabines ultra-luxueuses au MSC<br />

Yacht Club : une Suite Intérieure de 21 m 2 (Pont 16 et<br />

18), une Suite Balcon de <strong>25</strong> m 2 et Suite Jacuzzi de 28<br />

m 2 . Les prix démarrent à partir de 4.590€ TTC. Les<br />

réservations pour la partie flamande du territoire<br />

sont gérées par le partenaire Cruise Ambassadors.<br />

172 173


MOBY<br />

Just To Start Your Perfect Holidays!<br />

LES ROUTES DE LA MEDITERRANEE SONT REMPLIES D’EMOTIONS.<br />

MOBY est la première compagnie maritime en Italie pour le transport de voitures et de passagers vers les plus belles îles de la Méditerranée<br />

(Sardaigne, Corse et l'île d'Elbe). Grâce à son partenariat avec St. Peter Line, la compagnie est également devenue l'ambassadrice du<br />

«Made in Italy» en mer Baltique, où elle propose une croisière entre Saint-Pétersbourg, Helsinki, Stockholm et Tallinn.<br />

Avec à l’heure actuelle sa cinquième<br />

génération d'armateurs,<br />

MOBY possède une flotte<br />

de 20 navires qui effectueront<br />

plus de 13.000 départs en 2018.<br />

The Family Company<br />

Premier au monde à décorer les<br />

flancs de ses navires avec les légendaires<br />

Looney Tunes de Warner<br />

Bros., c’est par excellence la<br />

compagnie pour les familles. À<br />

bord de ses navires, la récréation,<br />

le soin accordé à l'environnement,<br />

la qualité du service et l'excellente<br />

offre gastronomique représentent<br />

la première émotion<br />

authentique des vacances. Ses<br />

ferries rapides sont parmi les<br />

meilleurs en termes de qualité:<br />

au cours des trois dernières années<br />

(2016, 2017 et 2018), MOBY<br />

a reçu le Label de qualité de la<br />

prestigieuse Green Star et a été<br />

élu par les passagers «meilleure<br />

compagnie de ferries» dans le<br />

cadre de l’Italia Travel Awards<br />

2017. Label, 1e place consécutive<br />

pour la 4e année de suite !<br />

Un certificat qui est devenu<br />

une garantie de qualité pour les<br />

consommateurs et une garantie<br />

de succès pour les entreprises<br />

en Italie. La plus grande<br />

attention pour les passagers,<br />

une haute qualité de service<br />

ainsi que des navires efficaces<br />

et confortables.<br />

Le 2 janvier 2012, MOBY a acquis<br />

Toremar, Compagnia Regionale<br />

Toscana et, en juillet 2015, 100<br />

% de Tirrenia. Grâce aux synergies<br />

entre les trois compagnies,<br />

MOBY est la première compagnie<br />

maritime italienne pour les<br />

routes méditerranéennes.<br />

174 86<br />

175 87


SERVICES ON BOARD:<br />

Avec MOBY, Tirrenia et Toremar,<br />

vous êtes en vacances dès<br />

le départ ! Les navires ont tout<br />

ce qu'il faut pour que vous<br />

soyez entièrement à votre aise<br />

et pour vous garantir une expérience<br />

de voyage unique, dans<br />

la détente absolue.<br />

est la solution idéale pour<br />

voyager dans le confort de votre<br />

camping-car ou de votre<br />

caravane.<br />

CENTRE EUROPÉEN<br />

DE RÉSERVATION<br />

MOBY – TOREMAR – TIRRENIA<br />

MOBY Lines Europe GmbH<br />

Wilhelmstr. 36-38<br />

D-65183 Wiesbaden<br />

Tel. +49 611 1402208<br />

info@mobylines.de<br />

info@tirrenia.de<br />

www.mobylines.be<br />

www.tirrenia.nl<br />

LA NORVÈGE<br />

DES<br />

F J O R D S<br />

Les nombreux services à bord<br />

ont été conçus tout spécialement<br />

pour vous et sont à même<br />

de répondre à tous vos besoins.<br />

Détendez-vous dans les cabines<br />

confortables, pour arriver à destination<br />

frais et reposé, ou allez<br />

voir un film dans l’un des cinémas<br />

que vous trouvez à bord.<br />

Installez-vous dans l’un des<br />

élégants restaurants et savourez<br />

les meilleures recettes de<br />

la cuisine méditerranéenne, savamment<br />

cuisinées par nos<br />

chefs sur place; choisissez le<br />

self-service pour un repas rapide,<br />

mais tout aussi exquis, ou<br />

goûtez la pizza napolitaine<br />

classique de nos pizzerias.<br />

Si vous avez envie de vous distraire,<br />

vous pouvez prendre un<br />

apéritif aux notes d'une musique<br />

de qualité, faire des<br />

achats dans les boutiques ou<br />

vous amuser dans la salle de<br />

jeux. À bord de la flotte Onorato<br />

Armatori, vous n'avez que<br />

l'embarras du choix !<br />

Quant aux plus petits, ils pourront<br />

voyager en s'amusant, entre<br />

un plongeon dans la piscine<br />

et un saut dans l'espace de jeux<br />

qui leur est réservé.<br />

En cas de besoin, vous pouvez<br />

à tout moment vous adresser à<br />

la réception du bord, qui est<br />

ouverte 24 heures sur 24.<br />

Dormir:<br />

Avec MOBY, vous voyagez en<br />

toute détente et vous arrivez à<br />

destination de la manière la<br />

plus confortable pour vous.<br />

Vous avez le choix parmi différentes<br />

catégories d'installations,<br />

en fonction du type de<br />

traversée et de sa durée.<br />

Manger<br />

À bord, vous profiterez d'une<br />

grande gamme de services de<br />

restauration qui se distinguent<br />

par leur qualité et leur variété.<br />

Enfants et famille<br />

Vous trouverez des espaces de<br />

jeux avec des balles et des tunnels,<br />

des jeux vidéo, des cinémas<br />

qui passent les meilleurs<br />

films et une piscine fantastique.<br />

Wi-Fi<br />

À bord des ferries MOBY et Tirrenia<br />

à destination de la Sardaigne,<br />

de la Corse et de la Sicile,<br />

vous pouvez utiliser le<br />

service Wi-Fi payant et rester<br />

en ligne aussi longtemps que<br />

vous le souhaitez.<br />

Camping à bord<br />

La formule «Camping à bord»<br />

Roads offered by<br />

Onorato Armatori<br />

MOBY<br />

TIRRENIA<br />

TOREMAR<br />

Sardaigne<br />

Gênes - Olbia<br />

Gênes - Porto Torres<br />

Gênes - Arbatax<br />

Livourne - Olbia<br />

Piombino - Olbia<br />

Civitavecchia - Olbia<br />

Civitavecchia - Arbatax<br />

Civitavecchia - Cagliari<br />

Naples - Cagliari<br />

Palerme - Cagliari<br />

Bonifacio - S. T. di Gallura<br />

Corse<br />

Livourne - Bastia<br />

Nice - Bastia<br />

Gênes - Bastia<br />

S. T. di Gallura - Bonifacio<br />

Sicile<br />

Cagliari - Palerme<br />

Naples - Palerme<br />

îles Tremiti<br />

Termoli - Tremiti<br />

En voiture, la Norvège impose un rythme de voyage inévitablement scandé par des traversées en ferry et le passage de redoutables<br />

cols au terme de routes en lacets étroits.<br />

Rien de tel dès lors que la croisière qui permet, le temps d’une nuit, de passer d’un fjord à l’autre en ouvrant des perspectives<br />

vertigineuses sur des falaises perçues en contre-plongée au ras des flots.<br />

île d'Elbe<br />

Piombino - Portoferraio<br />

Piombino - Cavo<br />

Piombino - Rio Marina<br />

Les croisières<br />

Mini-croisière spéciale<br />

Croisière en Europe du Nord<br />

176 88 177 89


Sait-on que si la crête de la falaise<br />

culmine à plus de mille<br />

mètres au-dessus du niveau de<br />

la mer, l’abysse plonge par plus<br />

de mille mètres de fond ?<br />

Pas étonnant que les Norvégiens<br />

continuent de voir derrière<br />

la puissance de la nature<br />

des forces surnaturelles symbolisées<br />

par les trolls, des gnomes<br />

poilus et hirsutes, à face humaine<br />

mais avec une queue terminée<br />

par un plumet touffu.<br />

Le Hardangenfjord.<br />

Avec ses 180 kilomètres, il<br />

ouvre une longue brèche au<br />

cœur de massifs qui plongent<br />

dans le fjord. Vers la mer, ses<br />

berges dessinent un paysage<br />

peigné par des rangées de fruitiers<br />

qui encadrent des villages<br />

pimpants qui contraste avec<br />

les sommets balayés par les<br />

vents, royaume des derniers<br />

troupeaux de rennes sauvages.<br />

A son terme, le Hardangenfjord<br />

se subdivise en 5 fjords plus<br />

étroits. Eidfjord est notre escale,<br />

le point de départ de nombreuses<br />

randonnées, que ce soit<br />

vers les pistes balisées qui sillonnent<br />

le plateau ou dans le décor<br />

bucolique des fermes d’alpage<br />

perchées sur des contreforts<br />

montagneux d’où la vue sur le<br />

fjord est tout aussi idyllique.<br />

Notre bateau ancré tel un grand<br />

oiseau blanc flottant sur des eaux<br />

paisibles semble se fondre dans<br />

la douce sérénité du décor.<br />

Le Geirangerfjord,<br />

au bout du Stortfjord.<br />

Avec ses 110 kilomètres de long,<br />

le Stortfjord a tout d’un lierre tortueux<br />

dont les branches se multiplient.<br />

L’une d’elles, la plus<br />

célèbre, mérite son nom de «<br />

perle des fjords », le Geirangerfjord.<br />

Sur une vingtaine de kilomètres,<br />

il étire ses eaux sombres dans<br />

un défilé étroit, entre des parois<br />

rocheuses qui culminent jusqu’à<br />

1200 mètres d’altitude. De nombreuses<br />

cascades grossies par la<br />

fonte des neiges dégringolent des<br />

falaises abruptes. Quelques<br />

taches émeraude émaillent le rocher,<br />

ce sont les jardinets qui autrefois<br />

ceinturaient les<br />

chaumières des éleveurs dont la<br />

plupart sont abandonnées aujourd’hui<br />

mais restaurées en lieux<br />

de vacances.<br />

Quand on parcourt la route des<br />

Aigles qui grimpe sur 8 kilomètres<br />

en multipliant les virages en épingles<br />

à cheveux, on découvre la<br />

courbe gracieuse entre deux<br />

murs presque verticaux que dessine<br />

le fjord à l’arrivée au village de<br />

Geiranger. Plus loin, la route si-<br />

178 90<br />

179 91


Partout,<br />

comme à la maison<br />

nueuse s’enfonce entre des hameaux bucoliques<br />

posés au bord de petits lacs miroitants<br />

qui mènent à des fermes d’alpage où la traite<br />

quotidienne permet de fabriquer un fromage<br />

brun au goût de caramel.<br />

Quelques cabanes rustiques servent de résidences<br />

d’été. Il faut dire que le Norvégien<br />

adore s’isoler le temps d’un week-end, au<br />

cœur de la nature, dans un petit chalet en<br />

bois, où la lumière des chandelles remplace<br />

l’électricité, où le repas mijote dans<br />

une marmite accrochée dans l’âtre, où<br />

l’eau va se puiser dans le torrent proche.<br />

Le bonheur dans son expression la plus<br />

authentique !<br />

Olden, la route des glaciers.<br />

Le Nordfjord, un des plus beaux de Norvège,<br />

s’étire sur une centaine de kilomètres<br />

avant de déboucher au pied de deux<br />

hameaux voisins, Olden et Loen, portes<br />

d’accès à une vallée spectaculaire qui remonte<br />

vers le glacier de Jostedal, le plus<br />

grand d’Europe. Sa calotte de 486 km2 encapuchonne<br />

le sommet du plateau et<br />

étend ses cinq bras vers les vallées en<br />

contrebas en se moulant en quelque <strong>25</strong><br />

langues glaciaires dont certaines sont aisément<br />

joignables.<br />

Sur la route vers la langue du Briksdal, on<br />

longe une vallée émaillée de maisonnettes<br />

rouges et blanches, ceinturées de prés<br />

parsemés d’œufs de Troll qui ne sont que<br />

les grosses balles blanches enrubannées<br />

des silos. La langue bleutée du Melkenvol<br />

qui domine la rivière de Olden donne un<br />

premier avant-goût de notre escapade<br />

vers le glacier de Briksdal. La balade est un<br />

peu rude et la difficulté de l’ascension<br />

coupe le souffle des touristes qui se taisent<br />

alors, subjugués par le spectacle du torrent<br />

tumultueux qui dévale depuis le sommet<br />

de la montagne. L’eau turquoise jette avec<br />

fracas ses rouleaux ourlés d’écume<br />

blanche sur les rochers.<br />

Un petit lac s’est créé au pied de cette immense<br />

langue de glace bleu émeraude qui<br />

glisse dans une faille du rocher, prête à<br />

tomber. Chacun puise ici une énergie et<br />

une humilité qu’il n’imaginait pas dans<br />

cette immense réserve de liberté brute<br />

qu’offre la proximité du glacier.<br />

Une croisière ferroviaire à Flåm.<br />

Le Sognefjord est sans conteste le plus long<br />

(203 km) et le plus profond (1308 m) des<br />

fjords norvégiens, de quoi offrir un extraordinaire<br />

défilé tout au long de la croisière<br />

jusque Flåm. Cette jolie petite bourgade se<br />

présente comme une station touristique<br />

avec ses auberges traditionnelles, ses boutiques<br />

de souvenirs et ses restaurants, tous<br />

regroupés autour d’une gare.<br />

Une ligne ferroviaire, le Flamsbana, a été<br />

inaugurée en 1944 pour relier la ligne<br />

Oslo-Bergen qui passe à quelque 866 m<br />

d’altitude avec 55% de dénivelé. Il fallut 20<br />

ans de travaux pour percer 20 tunnels, la<br />

plupart creusés à la main, sur 20 kilomètres,<br />

le tout pour la somme de 20 millions<br />

de NOK. C’est pourquoi les Norvégiens la<br />

surnomme affectueusement la « twenty<br />

line » d’autant qu’elle a permis de désenclaver<br />

le village isolé du reste du pays.<br />

Il faut compter 50 minutes de voyage pour<br />

parcourir les 20 km de ligne, une expérience<br />

inoubliable car elle offre des perspectives<br />

inattendues sur le fjord et sur les cascades,<br />

elle parcourt des vallons émaillés de fermettes<br />

et de prairies et côtoie quelques vertigineux<br />

à-pics. Le retour se fait le plus souvent<br />

en vélo ou à pied le long de l’ancienne<br />

route des cheminots, la Rallarvegen, un sentier<br />

caillouteux bien balisé qui commence par<br />

une descente abrupte avec 21 virages serrés<br />

avant de s’enfoncer dans un décor bucolique<br />

de prairies fleuries au pied de parois rocheuses<br />

lézardées par des cascades qui alimentent<br />

une rivière.<br />

Infos pratiques : Il porte bien son nom<br />

ce yacht d’expédition affrété par Rivages<br />

du Monde pour explorer les océans du<br />

monde au fil d’itinéraires qui se<br />

succèderont d’avril à novembre <strong>2024</strong> en<br />

passant par les deux pôles ou presque.<br />

Croisières culturelles et croisières<br />

d’expédition sont au menu de ces séjours<br />

dans un navire qui accueille au maximum<br />

180 passagers (nous n’étions que 140)<br />

avec quelques 1<strong>25</strong> membres d’équipage,<br />

de quoi assurer un service 5 étoiles. Une<br />

intimité qui permet la convivialité et le<br />

partage des expériences tout en offrant le<br />

confort de cabines toutes extérieures et<br />

la plupart avec un balcon, un salon<br />

d’observation à la proue du bateau avec<br />

une vue à 180°, une piscine d’eau de mer<br />

chauffée avec 2 bains à remous et au<br />

dernier pont, le pont 8, une piste de<br />

course ou de marche à pied de quelque<br />

800 mètres, de quoi se dérouiller les<br />

jambes durant les jours de navigation.<br />

Sans oublier la qualité des repas servis à<br />

table accompagnés de vins au choix, les<br />

jeux mis à la disposition des passagers, les<br />

conférences qui décodent les<br />

destinations, les soirées jazzy au bar, etc<br />

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Dormir à la belle étoile. Se réveiller avec le murmure de la mer le matin.<br />

Découvrir des pays étrangers tout en se sentant constamment comme<br />

à la maison : le Volkswagen California 6.1, c’est de la liberté à l’état<br />

brut. Avec son équipement intérieur confortable et ses détails réfléchis,<br />

il transforme chaque trajet en une aventure inoubliable. Savourez votre<br />

indépendance et allez où vous voulez.<br />

Avec tout ce dont vous avez besoin. Découvrez-le dans un California Center<br />

où vous serez accueilli par nos experts California passionnés.<br />

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*Contactez votre concessionnaire pour toute information relative à la fiscalité de votre véhicule.<br />

Informations environnementales (A.R. 19/03/2004) : volkswagen.be<br />

93


GROENLAND<br />

Expédition polaire<br />

.Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

Choisir une croisière pour découvrir le Groenland, une destination mythique pour<br />

ceux qui ont le virus de l’exploration, est sans aucun doute la meilleure manière de<br />

découvrir ce territoire en y multipliant les expériences. Embarquement immédiat !<br />

Il faut savoir que la plus longue route goudronnée<br />

du pays ne dépasse pas 35 km et que les villes<br />

ne sont pas connectées entre elles, comme elles<br />

le sont ailleurs dans le monde. Au Groenland<br />

dont 81% du territoire ne forme qu’une immense<br />

calotte glaciaire, les villes sont toutes côtières à<br />

l’exception de Kangerlussuaq située à l’extrémité<br />

du plus long fjord du pays, à quelque 170 km de<br />

la mer. Il ne reste donc que le bateau, l’avion ou<br />

l’hélicoptère pour se déplacer d’un lieu à l’autre.<br />

Nous avons voyagé avec le SH Vega, un des deux<br />

bateaux que possède la toute nouvelle venue<br />

sur le marché des croisières d’exception, Swan<br />

Hellenic.<br />

Ce navire qui accueille au maximum 152 passagers<br />

répartis dans 76 cabines a été conçu pour<br />

affronter les zones de latitude extrême avec une<br />

coque renforcée contre la glace et des stabilisateurs<br />

extra-larges pour le confort des passagers.<br />

Un bateau propre !<br />

Autre plus, sa propulsion diesel-électrique qui<br />

assure une navigation silencieuse qui augmente<br />

les chances de voir la vie marine.<br />

La côte Est du Groenland,<br />

première rencontre.<br />

182 183


Après une journée en mer depuis le départ de<br />

Reykjavik, la côte groenlandaise s’offre enfin sous<br />

la forme d’un liseré d’îlots rocheux chapeautés de<br />

neige et de glace. Autour de nous dérivent lentement<br />

nos premiers icebergs, d’une blancheur immaculée.<br />

Le bateau emprunte le fjord étroit de Skjoldungen<br />

bordé de pics escarpés, de parois rocheuses verticales<br />

et de rivières serpentines de glace plongeant<br />

dans la mer. Notre première sortie en zodiac nous<br />

permettra d’approcher de plus près cet incroyable<br />

paysage qui superpose d’énormes crevasses et des<br />

blocs de glace, des séracs, qui se découpent dans<br />

un ciel bleu qui se noie dans les eaux laiteuses du<br />

fjord, enrichies par les minéraux qui dégringolent<br />

des falaises.<br />

Le Prince Christian Sound<br />

Cette voie d’eau d’une centaine de kilomètres entre<br />

les îles de l’archipel du Cap Farewell permet de rejoindre<br />

plus aisément la mer du Labrador sur la côte<br />

Ouest. Les nombreux fjords cernés de montagnes<br />

abruptes qui grimpent souvent à quelque 2000 m de<br />

hauteur créent ici des courants de marée qui ralentissent<br />

le cours du bateau, attentif à garder son cap<br />

grâce au sonar qui lui indique les roches sous-marines.<br />

Le bateau empruntera une ramification d’un<br />

fjord plus paisible pour nous offrir une sortie avec<br />

un débarquement sur une plage caillouteuse où on<br />

découvrira, avec surprise, une variété inattendue de<br />

fleurs basses de couleurs variées protégées par des<br />

184 185


ouquets d’herbes hautes. L’occasion aussi de découvrir<br />

le «gneiss», une roche rare avec une structure<br />

en feuillets née suite à un épisode de déformation il<br />

y a cela des milliards d’années quand notre planète<br />

terre s’est disloquée pour peu à peu dessiner les<br />

continents actuels.<br />

Brattahlid, un village viking sur<br />

la côte Sud-Ouest du Groenland.<br />

Quand on découvre au matin le paysage verdoyant<br />

qui ceinture le hameau de Qassiarsuk à la pointe de<br />

l’Eriks Fjord, on ne s’étonne pas que le viking Erik le<br />

Rouge contraint de s’exiler d’Islande et explorateur<br />

des côtes groenlandaises ait choisi de se poser ici<br />

en 982 pour y fonder une colonie de fermiers.<br />

Persuadé d’avoir déniché un trésor de la nature il lui<br />

donnera le nom de Groenland, pays vert par opposition<br />

à son Islande natale, terre de glace, espérant ainsi<br />

attirer de nouveaux colons. Ici les prés escaladent doucement<br />

les collines et grimpent dans l’arrière-pays à la<br />

manière de nos alpages.<br />

Le site portait le nom de Brattahlid et on trouve encore<br />

des ruines vikings datant d’un millier d’années<br />

: les fondations de la première église chrétienne du<br />

Nouveau Monde sous l’impulsion de Tjodhilde, la<br />

femme d’Erik le Rouge convertie au christianisme ou<br />

encore les vestiges du Ping, l’assemblée politique<br />

locale qui créa ici une République Viking.<br />

186 187


On ne sait trop pourquoi exactement la population<br />

viking du Groenland s’éteignit au 15è siècle, leur disparition<br />

reste énigmatique. En l’an 2000, deux splendides<br />

reconstitutions de l’église Tjodhilde et d’une maisonnette<br />

d’époque attribuée à Erik le Rouge permettent de<br />

donner une idée de l’architecture viking en tourbe et en<br />

bois au cœur d’un vaste paysage ouvrant sur le fjord.<br />

Depuis 2017 le paysage «culturel» du village de Qassiarsuk<br />

a été classé au patrimoine de l’Unesco.<br />

Sisimiut, au nord du cercle<br />

polaire arctique.<br />

La seconde plus grande ville du pays avec ses 5500<br />

habitants se révèle séduisante avec sa collection de<br />

maisons colorées qui s’agrippent aux affleurements<br />

rocheux qui cernent le port qui serait le plus septen-<br />

trional du pays à être libre de glace toute l’année.<br />

La vieille ville rassemble plusieurs bâtiments coloniaux<br />

qui forment ensemble un musée consacré à<br />

l’histoire et à la culture locales. Pour pénétrer dans<br />

cet espace il faut passer sous un portail formé par<br />

le squelette d’une mâchoire de baleine, geste qui<br />

porte bonheur dit-on là-bas. La réunion de ces bâtiments<br />

historiques donne une idée de ce à quoi devait<br />

ressembler la ville dès le 18ème siècle. La vieille<br />

maison de 1756 rassemble des trouvailles issues de<br />

recherches de fouilles archéologiques près de la<br />

ville offrant un aperçu de la culture Saqqaq dans la<br />

région il y a 4000 ans. Pas étonnant que l’Unesco ait<br />

salué le site comme patrimoine culturel.<br />

Plus au nord encore, Ilulissat, la capitale<br />

188 189


des icebergs.<br />

Le site dominé par le glacier Sermeq Kujalleq qui s’avance dans un fjord échancré est<br />

un point d’observation privilégié de tonnes de glaciers vêlés par la langue glaciaire qui<br />

se jettent en s’accumulant dans les 60 km du fjord.<br />

Une première promenade de quelque 2 km sur les hauteurs de la ville le long d’un chemin<br />

en caillebotis surplombant une lande tourbeuse pailletée d’une végétation rase qui<br />

prend déjà des couleurs rousses d’automne permet d’atteindre un promontoire rocheux<br />

qui accueille même quelques bancs pour inviter chacun à contempler cette étincelante<br />

beauté de la dérive d’icebergs aux formes différentes, aux couleurs partagées<br />

entre blanc éclatant et bleu lumineux. Un spectacle naturel mémorable salué par<br />

l’Unesco en 2004.<br />

L’après-midi nous offrira deux heures d’émerveillement en face de cette beauté brute<br />

190 191


et toute naturelle pourtant. Nous repartons en « zodiac<br />

cruise » par petits groupes de 10, tous habillés<br />

de pied en cap pour se protéger du froid et gilets de<br />

sauvetage bien arrimés autour des épaules.<br />

Plus nous nous approchons des icebergs en dérive,<br />

plus nous nous sentons minuscules face à ces<br />

sculptures de glace et quand on sait que la partie<br />

visible ne représente que 10%, le reste étant immergé<br />

dans la mer, notre émotion est encore plus<br />

grande.<br />

C’est en silence d’ailleurs, médusés par cette expérience<br />

unique, que nous retournons vers le bateau<br />

qui s’illumine en cette fin de journée, rêve de chaleur<br />

et d’une soirée conviviale autour de nos souvenirs.<br />

Kangerlussuaq, fin de la croisière.<br />

Sans aucun doute c’est ici qu’on éprouve avec le<br />

plus d’acuité que le Groenland est encore une terre<br />

de pionniers. La découverte du port quand on y débarque<br />

avec notre zodiac nous laisse pantois : que<br />

des containers et une grue mobile qui circule pour<br />

les déposer sur le plateau d’un camion qui va les<br />

transporter vers la petite ville, à une quinzaine de<br />

minutes du port.<br />

Pourtant Kangerlussuaq est traditionnellement l’un<br />

des principaux points d’entrée au Groenland. On y<br />

trouve la plus longue piste d’atterrissage, ce qui lui<br />

vaut d’être un aéroport international que nous découvrirons<br />

le lendemain pour rejoindre Reykjavik. Ils<br />

seraient 500 habitants à vivre ici, regroupés autour<br />

de l’aéroport, vivant pour la plupart dans des containers<br />

colorés qui égaient le paysage.<br />

Nous partirons en bus à la découverte des paysages<br />

naturels intenses qui se trouvent juste à la porte de la<br />

ville, en empruntant des routes gravillonnées puis des<br />

pistes sableuses, de quoi s’offrir un petit safari dans la<br />

192 193


toundra dont l’horizon est barré au loin (une vingtaine<br />

de km à peine) par la calotte glaciaire.<br />

On sort ses jumelles pour débusquer des rennes<br />

ou des bœufs musqués qui, avec leur long pelage<br />

hirsute et leurs cornes recourbées vers l’avant,<br />

semblent débarquer des temps préhistoriques.<br />

Nous n’aurons pas cette chance, à peine un renne<br />

à proximité de notre véhicule et au loin un bœuf<br />

musqué.<br />

Par contre ce paysage tourmenté de petites montagnes<br />

rocailleuses semé de lacs et de landes<br />

couvertes de lichens et d’arbustes nains nous<br />

laissera un souvenir impérissable.<br />

Une adresse responsable de la distribution des<br />

expéditions de Swan Hellenic au Benelux et en<br />

France : Cruise Selection qui se veut le «pont»<br />

entre les agents de voyage, les clients et l’armateur,<br />

ce qui garantit aux professionnels et aux<br />

consommateurs d’avoir un point de contact où ils<br />

peuvent trouver toutes les informations dont ils<br />

ont besoin.<br />

Un site : www.cruiseselection.lu<br />

Un second croisiériste propose également des<br />

croisières d’expédition francophones vers le<br />

Groenland avec en sus la découverte de villages<br />

Inuits. Voyage prévu du 18 au 30 août au départ<br />

de Bruxelles vers Kangerlussuak et retour via<br />

Reykjavik.<br />

www.rivagesdumonde.be<br />

194 195


ESPAGNE<br />

196 197


ESPAGNE<br />

La Corogne<br />

et Bilbao<br />

deux pépites espagnoles<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

L’Espagne du Nord également maritime<br />

n’a pas la couleur bleue et blanche de l’Espagne<br />

méditerranéenne tendue vers l’Afrique.<br />

Plus discrète, elle étire une bande de terre verte<br />

au pied des montagnes et attire surtout<br />

les Espagnols du Centre et du Sud<br />

qui viennent y chercher un peu de fraîcheur<br />

durant les canicules estivales.<br />

BILBAO<br />

La rua del Correo<br />

bordée de hautes<br />

198 maisons étroites.<br />

199


Au-delà du port de<br />

plaisance le paseo<br />

maritimo s’étire sur<br />

12km autour de la<br />

péninsule.<br />

Un paradis écologique.<br />

Méconnue, elle mérite pourtant d’être découverte d’autant qu’on y trouve de<br />

vrais trésors architecturaux. Ainsi en est-il de La Coruña et de Bilbao, deux<br />

villes qui marquent les extrémités occidentale et orientale de la côte Nord atlantique<br />

de l’Espagne, à peine distantes de 550 km.<br />

A découvrir également lors d’une croisière de Rivages du Monde.<br />

La Corogne, la Cité de Cristal.<br />

Sans doute une des plus belles<br />

arrivées dans une escale de<br />

croisière maritime. Il faut dire<br />

que la ville s’étend sur une<br />

presqu’île dont le bateau doit<br />

faire le tour, l’occasion de<br />

découvrir la Tour de Hercule<br />

dressée sur un promontoire<br />

sauvage face aux flots.<br />

Ce phare bâti par les Romains<br />

au 2ème siècle est même le<br />

plus vieux phare au monde<br />

encore en activité et à ce titre<br />

classé au Patrimoine mondial<br />

de l’Unesco depuis 2009.<br />

Quand on pénètre ensuite<br />

dans la rade de la ville juste<br />

en face du port de plaisance<br />

La Tour Hercule sert de phare et de repère<br />

terrestre à l’entrée du port de La Corogne.<br />

200 201


Les façades<br />

le long<br />

du paseo<br />

maritime qui<br />

longe le port<br />

ont donné<br />

à la ville<br />

son surnom<br />

de Cité de<br />

Cristal.<br />

et de la superbe façade de la<br />

Marina, on ne peut qu’admirer<br />

ces pittoresques galeries<br />

d’acier couvertes de vitres et<br />

peintes en blanc auxquelles la<br />

ville doit son surnom.<br />

Bâtis dans la seconde moitié<br />

du 19ème siècle à l’époque de<br />

l’industrialisation de la ville,<br />

ces immeubles modernistes<br />

ont pris la place de l’ancien<br />

port de pêche. Tout en protégeant<br />

les habitations du vent<br />

de la mer, ces galeries permettent<br />

aussi de conserver la<br />

chaleur l’hiver et de les rafraîchir<br />

en été. Quand l’ancienne<br />

ville fortifiée cède la place à la<br />

bourgeoisie incarnée par les<br />

riches coloniaux qui quittent<br />

les colonies espagnoles au<br />

moment de leur indépendance<br />

pour s’installer dans le pays<br />

de leurs ancêtres, ils sont bien<br />

décidés à y faire souche là où<br />

il sera possible de commercer<br />

avec les pays d’Amérique.<br />

La Corogne sur une presqu’île<br />

qui s’avance dans l’océan et<br />

bordée d’une large baie est<br />

un lieu éminemment straté-<br />

gique, un carrefour commercial<br />

qui n’attendait plus que<br />

des entrepreneurs. Ils seront<br />

nombreux à s’y poser et à faire<br />

fortune. Audacieux ils introduiront<br />

de nouveaux courants<br />

artistiques venus de France<br />

et de Catalogne, loin du classicisme<br />

qui a inspiré le patrimoine<br />

historique. Les formes<br />

prennent vie, les parements<br />

sont ornés de lignes courbes et<br />

d’arabesques.<br />

Cœur vibrant de la ville, la<br />

place de María Pita bordées<br />

sur trois côtés de magnifiques<br />

arcades et fermée par un imposant<br />

hôtel de ville fait la transition<br />

entre la ville Art Nouveau<br />

et le casco antiguo, la vieille<br />

ville. Juchée sur une butte, elle<br />

n’a pas modifié sa physionomie<br />

pour autant mais elle est<br />

devenue résidentielle et abrite<br />

quelques collèges.<br />

S’y promener c’est entrer dans<br />

un monde feutré égayé par les<br />

chants d’oiseaux qui nichent<br />

dans les arbres qui ombragent<br />

les places dominées par des<br />

églises ou encore le jardin ro-<br />

202 203


La longue<br />

plage de<br />

sable<br />

urbaine<br />

de Riazor.<br />

La place de<br />

la modeste<br />

cathédrale<br />

Santiago<br />

bordée de<br />

maisons<br />

garnies<br />

de bowwindows.<br />

La belle<br />

façade du<br />

Marché de la<br />

Ribera.<br />

Regard sur la<br />

pièce de vie<br />

de la maison<br />

de Picasso<br />

ouverte sur<br />

un balcon<br />

étroit.<br />

mantique San Carlos. Les musées<br />

ne manquent pas pour<br />

les passionnés du genre mais<br />

tous devraient être séduits<br />

par la Casa Picasso où a vécu<br />

la famille Picasso à la fin du<br />

19ème siècle. Le jeune Pablo<br />

avait 10 ans quand ses parents<br />

ont déménagé à La Corogne<br />

et se sont installés dans cet<br />

appartement que l’on peut visiter<br />

aujourd’hui.<br />

C’est surtout l’occasion de<br />

découvrir comment s’organise<br />

une maison authentique<br />

avec ses galeries en bois et ses<br />

petites pièces. C’est à La Corogne<br />

que Pablo expose ses<br />

premières toiles dans un magasin<br />

de meubles du quartier.<br />

Il a 13 ans à peine et on connaît<br />

la suite. Il dira de cette ville où<br />

il ne vivra que 4 ans qu’elle<br />

était « la ville où mes sens se<br />

sont éveillés et ni le temps ni<br />

la distance ne peuvent l’effacer<br />

». Enfin l’un des principaux<br />

attraits de la ville est<br />

sa longue plage de Riazor,<br />

située au cœur de la ville où<br />

elle dessine un croissant niché<br />

entre le paysage urbain et<br />

les eaux bleues mouchetées<br />

de quelques rochers, un vrai<br />

bonheur pour les habitants<br />

de La Corogne.<br />

Bilbao, savant mélange<br />

entre avant-garde et tradition.<br />

La plus grande ville du Pays<br />

Basque se niche entre deux<br />

montagnes au bord d’une rivière<br />

qui s’écoule vers la mer<br />

à une dizaine de kilomètres<br />

de là. Le Casco Viejo, à savoir<br />

le centre historique de<br />

Bilbao s’est créé en 1300<br />

autour de 7 rues étroites qui<br />

forment un dédale piétonnier<br />

animé, ponctuées de placettes<br />

et bordées de hautes<br />

Le théâtre<br />

néo-baroque Arriega<br />

est en fait un opéra.<br />

204 205


L’atrium<br />

des cultures<br />

imaginé par<br />

Philippe<br />

Starck est<br />

une vaste<br />

place où 3<br />

cubes de<br />

brique sont<br />

soutenus par<br />

43 colonnes<br />

torses toutes<br />

différentes.<br />

maisons aux couleurs pastel<br />

garnies de bow-windows et<br />

de balcons en fer forgé. Elles<br />

débouchent toutes sur la cathédrale<br />

gothique de taille<br />

modeste avec son unique<br />

tour.<br />

Dédiée à St-Jacques elle rappelle<br />

que la ville est sur l’une<br />

des voies qui mènent à St-<br />

Jacques de Compostelle.<br />

Les rues piétonnes aux façades<br />

colorées sont bordées<br />

de boutiques de petits créateurs<br />

et de nombreux bars à<br />

pintxos, ces tapas typiquement<br />

basques servis sur du<br />

pain et piqués d’un cure-dent.<br />

Les noms des venelles et des<br />

tavernes sont d’ailleurs incompréhensibles<br />

pour nous<br />

avec ces x, ces z et ces k qui<br />

nous rappellent qu’on est en<br />

Euskadi.<br />

La gastronomie basque est<br />

aussi à l’honneur dans les gastrobars<br />

du marché de la Ribera<br />

construit en 1929 avec une<br />

belle touche Art déco variée<br />

au bord de la ria de Bilbao.<br />

Dans la seconde moitié du<br />

19ème siècle, avec l’essor<br />

industriel lié à l’exploitation<br />

de mines de fer, Bilbao traverse<br />

la rivière pour mieux<br />

s’étendre sur la rive gauche.<br />

L’intéressant théâtre Arriaga<br />

inspiré de l’opéra Garnier est<br />

l’œuvre de l’architecte municipal<br />

Joaquín Rucona et fut<br />

inauguré en 1890. Il porte<br />

son nom en hommage au musicien<br />

de Bilbao,<br />

Juan Crisóstomo Arriega<br />

connu comme le « Mozart<br />

espagnol » de par son talent<br />

exceptionnel.<br />

Il composa son premier opéra<br />

à 13 ans mais fut emporté<br />

par la tuberculose peu avant<br />

ses 20 ans. Dans une ville<br />

en pleine croissance, les<br />

belles avenues rectilignes<br />

se couvrent de palais, de<br />

banques et de demeures Art<br />

Nouveau. La place Moyúa en<br />

est l’épicentre avec l’éclectique<br />

palais Chávarri dessiné<br />

par Paul Hankar, un des<br />

maîtres bruxellois de l’Art<br />

Nouveau, ou encore la Casa<br />

Montero parfois appelée casa<br />

Gaudí de style moderniste.<br />

Toutefois dans les années<br />

1980, la crise de l’acier voit<br />

206 207


La tour<br />

Iberdrola,<br />

165 m<br />

de haut,<br />

41 étages,<br />

avec 20.000<br />

carrés<br />

de peau<br />

transparente<br />

composée de<br />

4.800 unités<br />

d’un verre<br />

exclusivement<br />

conçu pour la<br />

tour.<br />

La place<br />

de Bizkaia<br />

inaugurée<br />

en 2008<br />

bordée d’un<br />

édifice de<br />

cristal qui<br />

dessine une<br />

vague en<br />

mouvement.<br />

péricliter les activités sidérurgiques<br />

et Bilbao est touchée<br />

de plein fouet.<br />

Toutefois, elle se lance le<br />

pari de rebondir en assainissant<br />

sa rivière, en nettoyant<br />

ses façades couvertes d’une<br />

poussière noire et en invitant<br />

Frank Gehry à construire un<br />

musée moderne au cœur de la<br />

ville. La star de cette renaissance<br />

est bien sûr le fameux<br />

Guggenheim qui verra affluer<br />

des touristes du monde<br />

entier dès son inauguration<br />

en 1997 et la prospérité est<br />

au rendez-vous.<br />

De nouveaux édifices résolument<br />

modernes renforcent<br />

le renouveau architectural de<br />

Bilbao signé par des architectes<br />

de renom: la tour couverte<br />

de verre de 165m Iberdrola<br />

conçue par César Pelli,<br />

les bouches, couloirs et quais<br />

du métro signés par Norman<br />

Foster, l’Azkuna Zentroa<br />

installés dans les anciens<br />

chais municipaux réaménagés<br />

par Philippe Starck, …<br />

Infos.<br />

2 sites incontournables :<br />

www.visitcoruna.com et<br />

www.bilbaoturismo.net<br />

Ces deux villes sont idéales<br />

dans le cadre d’un double<br />

citytrip d’autant que Bilbao<br />

est facilement accessible par<br />

avion et La Corogne peut<br />

se rejoindre via l’autoroute<br />

Cantabrique A-8, gratuite<br />

depuis Bilbao jusqu’à la Galice.<br />

La Corogne peut également<br />

se joindre par avion via<br />

St-Jacques de Compostelle et<br />

ensuite par train (28 minutes<br />

pour une distance de 61km).<br />

On peut aussi visiter ces<br />

deux villes en participant à<br />

la croisière sur les rivages<br />

atlantiques proposée par Rivages<br />

du Monde à bord du<br />

World Explorer en <strong>2024</strong> au<br />

départ de Porto le 8 mai avec<br />

une arrivée prévue au Havre<br />

le 15 mai, après avoir découvert<br />

La Corogne, Bilbao,<br />

La Rochelle, Concarneau et<br />

Saint-Malo. Un programme<br />

encore plus riche :<br />

www.rivagesdumonde.be<br />

208 209


ESPAGNE<br />

L’Extrémadure<br />

une symphonie en vert majeur<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

En Extrémadure,<br />

au Sud de la sierra de Gredos,<br />

c’est un peu comme si on descendait<br />

les marches d’un escalier colossal<br />

vers un paysage tout en rondeur<br />

où les paysans racontent qu’ici,<br />

on connaît 5 mois de sécheresse<br />

et 7 mois de saison verte !<br />

Le ton est donné !<br />

210 211


L’Extrémadure, une symphonie en vert majeur.<br />

Au Nord de l’Andalousie et à la frontière du Portugal, l’Extrémadure<br />

qui ne compte que deux provinces égrène pourtant un chapelet de<br />

merveilles entre patrimoine architectural, paysages verdoyants et lacs<br />

artificiels. Paradis pour les amoureux d’ornithologie et de randonnée, elle<br />

séduira aussi les gourmands qui, d’une terrasse à l’autre, découvriront<br />

une cuisine qui sent bon le terroir.<br />

Un paradis écologique.<br />

Sur fond de montagnes coiffées<br />

de neige jusqu’en avril,<br />

les régions du Nord de l’Extrémadure<br />

arborent des paysages<br />

spectaculaires dessinés<br />

par des gorges que creusent<br />

des ruisseaux qui déboulent<br />

en cascade dans des vallées<br />

profondes qui explosent de<br />

couleur dès le printemps.<br />

La plus impressionnante est<br />

sans aucun la vallée du Jerte<br />

dont les versants ont été taillés<br />

au cours des siècles pour<br />

y planter des cerisiers.<br />

L’histoire raconte qu’un sultan<br />

arabe qui y vivait au 12ème<br />

siècle tomba éperdument<br />

amoureux d’une fille du<br />

Nord qu’il épousa et installa<br />

dans ses terres. Comme la<br />

jeune femme se languissait des<br />

paysages enneigés de son enfance,<br />

le sultan fit planter des<br />

cerisiers qui en fleurissant<br />

couvrent les flancs de la montagne<br />

d’un impressionnant<br />

manteau blanc. Aujourd’hui<br />

ils sont plus d’un million à<br />

tapisser les pentes qui sur-<br />

212 213


plombent la rivière, apprivoisant<br />

le moindre escarpement<br />

et grimpant à l’assaut des<br />

cimes.<br />

Magie éphémère de blancheur<br />

parfumée à découvrir<br />

au rythme de la balade sur les<br />

routes sinueuses qui tracent<br />

leur chemin entre des murets<br />

de pierre sèche.<br />

L’Extrémadure est aussi la région<br />

européenne qui cumule<br />

le plus de kilomètres de côtes<br />

d’eau douce, plus de 1500<br />

qui bordent les réservoirs<br />

construits par les hommes<br />

pour s’assurer de ne jamais<br />

manquer d’eau ou encore les<br />

piscines naturelles aux eaux<br />

cristallines dessinées par des<br />

sources qui jaillissent en cascade<br />

en façonnant la roche,<br />

comme celle de la réserve naturelle<br />

de la « Gorge des enfers<br />

» particulièrement bouillonnante<br />

au printemps mais délicieusement<br />

tranquille en été.<br />

L’Extrémadure c’est encore<br />

le plus vaste système agroforestier<br />

d’Europe, à savoir<br />

3,5 millions d’hectares de<br />

pâturages arborés appelés<br />

ici «dehesa», un bel exemple<br />

d’équilibre entre la nature<br />

exploitée par l’homme et la<br />

conservation des ressources<br />

naturelles.<br />

Près de 60 millions d’arbres<br />

dont la plupart sont<br />

des chênes-verts et des<br />

chênes-lièges campent un<br />

paradis écologique où circulent<br />

en toute liberté des<br />

porcs ibériques qui se nourrissent<br />

durant leur courte<br />

vie de glands, de racines et<br />

d’herbes sauvages.<br />

De quoi donner les meilleurs<br />

jambons du monde sous le<br />

label strict de Dénomination<br />

d’Origine Dehesa.<br />

Un patrimoine historique.<br />

Comme son nom l’indique,<br />

l’Extrémadure désigne des<br />

terres éloignées et cette singulière<br />

situation à l’écart des<br />

grandes routes nationales lui<br />

a permis de préserver un héritage<br />

architectural qui lui a<br />

valu de gagner trois classifications<br />

au Patrimoine de l’Hu-<br />

214 215


manité : Guadalupe et son<br />

monastère, la ville romaine<br />

de Mérida et la vieille ville<br />

de Cáceres. Le premier rappelle<br />

combien la statue de la<br />

Vierge noire miraculeuse de<br />

Guadalupe a su forger l’unité<br />

nationale dans le Nouveau<br />

Monde jusqu’à devenir la patronne<br />

de tout le continent latino-américain.<br />

Rien d’étonnant<br />

quand on sait que c’est<br />

d’Extrémadure que partirent<br />

les grands conquistadors espagnols<br />

: Pizarro, vainqueur<br />

de l’empire inca, Orellana<br />

qui découvrit le fleuve Amazone,<br />

Cortés qui donna le<br />

Mexique à l’Espagne, Nuñez<br />

de Balboa, le découvreur de<br />

l’océan Pacifique et Hernando<br />

de Soto, le conquérant de<br />

la Floride. Le centre monumental<br />

de Cáceres abrite derrière<br />

ses murailles un monde<br />

secret de places, d’églises<br />

et de maisons seigneuriales<br />

qui racontent la grandeur de<br />

l’Espagne d’autrefois. S’égarer<br />

dans ce labyrinthe de venelles<br />

silencieuses, c’est s’offrir<br />

un voyage dans le passé.<br />

De nombreuses demeures<br />

racontent l’histoire de ces<br />

fiers et rudes hidalgos qui<br />

rêvaient jadis d’aventures,<br />

de fortunes et de conquêtes.<br />

Les pierres ocre qui s’illuminent<br />

au soleil couchant<br />

n’ont surgi que plus belles de<br />

la longue caresse des siècles.<br />

Quand les Romains envahissent<br />

la péninsule ibérique,<br />

ils feront de Mérida<br />

la capitale de la province de<br />

Lusitanie. Mérida vit encore<br />

à l’heure romaine avec ses<br />

sites éparpillés dans la ville,<br />

complètement intégrés au<br />

quotidien des habitants qui<br />

passent sous l’arc de Trajan<br />

ou se reposent au pied<br />

des vestiges majestueux du<br />

temple de Diane comme jadis.<br />

Le pont de 800 mètres,<br />

un des plus longs construits<br />

par les Romains, offre une<br />

longue promenade qui enjambe<br />

le Guadiana. Mais le<br />

joyau architectural du 1er<br />

siècle avant notre ère, c’est<br />

le théâtre qui jouxte l’amphithéâtre.<br />

Mis à jour par<br />

les archéologues en 1910,<br />

l’ensemble du site a dévoilé<br />

une rare conservation des<br />

216 217


éléments qui le composaient.<br />

Les gradins organisés en hémicycle<br />

font face à une scène<br />

imposante embellie de colonnes<br />

en marbre de style<br />

corinthien et dotée de 13<br />

portes dont l’une d’elle est<br />

surmontée d’une imposante<br />

statue de Céres, la déesse de<br />

l’abondance.<br />

Plus au Nord, Plasencia, a été<br />

fondée par Alphonse VIII au<br />

12ème siècle pour «le plaisir<br />

des hommes et de Dieu», ce<br />

qui lui vaut son nom ! Cité<br />

monumentale établie sur une<br />

colline bordée par la rivière<br />

Jerte, elle fut témoin de la cohabitation<br />

des trois cultures,<br />

maure, juive et chrétienne.<br />

Plus authentique que Caceres<br />

qui a tout d’un musée,<br />

la vieille ville s’anime chaque<br />

semaine avec un marché des<br />

saveurs qui donne à connaître<br />

les richesses gastronomiques<br />

de la région.<br />

La cathédrale est unique en<br />

son genre car elle réunit deux<br />

édifices d’époques et de styles<br />

différents, ce qui donne un<br />

rare ensemble romano-gothique<br />

avec une voûte aérienne<br />

soulignée par un lacis<br />

de nervures dorées sans oublier<br />

des autels de style baroque<br />

exubérant.<br />

Infos pratiques :<br />

Infos :<br />

www.spain.info , www.turismoextremadura.com<br />

Musées : à ne pas manquer<br />

à Mérida le Musée National<br />

d’Art Romain http://museoarteromano.mcu.es<br />

Y aller :<br />

Toutes les saisons invitent à<br />

découvrir l’Extrémadure si<br />

vous aimez l’écotourisme,<br />

entre la fête des cerisiers en<br />

fleurs de fin mars, les baignades<br />

de l’été, la saison des<br />

vendanges mais aussi celle<br />

des forêts colorées dans la<br />

vallée de l’Ambroz dès la fin<br />

octobre. L’idéal est de louer<br />

un véhicule à Madrid, à 3<br />

heures à peine de Plasencia<br />

et de découvrir la région en<br />

musardant au fil de l’inspiration.<br />

Les routes y sont excellentes<br />

et on n’y connaît pas<br />

d’embouteillages….<br />

218 219


Se loger :<br />

La magie de la découverte<br />

se poursuit dans la possibilité<br />

de se loger dans des demeures<br />

historiques réhabilitées<br />

en hôtels. A Plasencia,<br />

l’hôtel Carvaj<br />

al Girón est installé dans un<br />

palais du 17ème siècle sur<br />

une place qui fait le bonheur<br />

des familles installées en terrasse<br />

en fin de journée www.<br />

palaciocarvajalgiron.com.<br />

A Caceres, à deux pas de la<br />

plaza Mayor, l’hôtel NH Palacio<br />

de Oquendo occupe<br />

un superbe palais du 16ème<br />

avec de belles vues sur l’ancienne<br />

muraille arabe www.<br />

nh-hotels/caceres.<br />

Enfin offrez-vous l’expérience<br />

de vivre à l’heure romaine à<br />

une quinzaine de kilomètres<br />

de Mérida dans une maison<br />

rurale que son propriétaire,<br />

archéologue de son état, a<br />

transformée en domus romana<br />

avec son péristyle, ses<br />

thermes décorés par une<br />

mosaïque et son triclinium, à<br />

savoir la salle à manger traditionnelle<br />

romaine où, allongé<br />

sur des banquettes et revêtu<br />

de tenues d’époque, on savoure<br />

des menus inspirés par<br />

Virgile ou Caton l’Ancien….<br />

Toute une expérience qui<br />

prolonge heureusement la<br />

découverte des sites de Mérida<br />

www.aqualibera.com<br />

Gastronomie :<br />

10 dénominations d’origine<br />

et deux indications géographiques<br />

protégées assurent<br />

une table exclusive : paprika,<br />

huile d’olive, fromages, jambon<br />

ibérique, miel, cerises,<br />

bœuf et mouton, vin del Guadiana,<br />

…. A découvrir en profitant<br />

des terrasses et patios<br />

qui offrent le plaisir de savourer<br />

au soleil un verre de vin<br />

associé à de délicieuses tapas.<br />

Ou alors choisissez quelques<br />

bonnes tables comme le restaurant<br />

Succo à Plasencia<br />

www.restaurantesucco.es,<br />

ou la table du Parador de Cáceres<br />

ou encore le resto-bar<br />

de Nico Jimenez à Mérida qui<br />

découpera devant vous au<br />

220 221


couteau des tranches de son<br />

excellent jambon ibérique à<br />

déguster en s’offrant une bouteille<br />

du vin du patron.<br />

www.nicojimenez.com.<br />

Route du vin<br />

Ribera del Guadiana.<br />

Fleuron de l’art culinaire en<br />

Espagne pour la qualité exceptionnelle<br />

de ses produits<br />

du terroir, l’Extrémadure a<br />

également gagné en 1999<br />

l’appellation d’origine pour<br />

sa production viticole «Ribera<br />

del Guadiana» qui se<br />

développe particulièrement<br />

au sud de la région, autour<br />

de Zafra entre autres.<br />

A découvrir au cœur de la petite<br />

ville blanche l’entreprise<br />

familiale fondée en 1931 qui<br />

y possède un chai d’élevage<br />

www.bodegasmedina.net<br />

222 223


HERVAS<br />

Le premier musée de la<br />

moto et de l’auto classique !<br />

Museo moto Clasica<br />

A une trentaine de kilomètres<br />

au Nord de Plasencia,<br />

au coeur de la vallée de l’Ambroz<br />

qui abrite une magnifique<br />

forêt de châtaigniers,<br />

la petite bourgade de Hervás<br />

est annoncée par son église<br />

Sainte Marie édifiée sur les<br />

ruines d’un bastion défensif<br />

des Templiers.<br />

Au pied du site on se perd<br />

dans le lacis des ruelles du<br />

quartier juif, un des mieux<br />

conservés du pays.<br />

Depuis la tour on découvre<br />

de l’autre côté de la rivière un<br />

curieux ensemble architectural<br />

composé de pavillons<br />

chapeautés de toits ronds<br />

coniques et tous colorés en<br />

ocre rouge.<br />

C’est là que Juan Gil Moreno,<br />

entrepreneur de son état et<br />

amoureux des véhicules du<br />

siècle dernier a installé le premier<br />

musée de la Moto et de la<br />

Voiture Classique d’Espagne.<br />

On y trouve des fantastiques<br />

side-cars ainsi que des voitures<br />

américaines des années 20 à<br />

70. Une histoire qui a commencé<br />

lorsque Juan a acquis<br />

une Guzzi 65 qu’il a restaurée<br />

lui-même et il s’est découvert<br />

alors une passion qui l’a amené<br />

à acquérir d’autres véhicules<br />

qu’il retape seul ou avec<br />

des passionnés comme lui.<br />

Aujourd’hui le<br />

musée compte<br />

quelque 300<br />

véhicules distribués entre<br />

8 pavillons et tous sont en<br />

ordre de marche, à louer<br />

ou à acheter. Bienvenue<br />

aux amateurs ! www.<br />

museomotoclasica.<br />

com<br />

224 2<strong>25</strong>


FRANCE<br />

LIVRES<br />

BORDEAUX<br />

BOULOGNE S/MER + NAUSSICAA<br />

LYON<br />

NORMANDIE<br />

226 227


Partout,<br />

comme à la maison<br />

Dormir à la belle étoile. Se réveiller avec le murmure de la mer le matin.<br />

Découvrir des pays étrangers tout en se sentant constamment comme<br />

à la maison : le Volkswagen California 6.1, c’est de la liberté à l’état<br />

brut. Avec son équipement intérieur confortable et ses détails réfléchis,<br />

il transforme chaque trajet en une aventure inoubliable. Savourez votre<br />

indépendance et allez où vous voulez.<br />

Avec tout ce dont vous avez besoin. Découvrez-le dans un California Center<br />

où vous serez accueilli par nos experts California passionnés.<br />

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Des LIVRES<br />

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Des GUIDES<br />

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SKI FRANÇAIS<br />

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*Contactez votre concessionnaire pour toute information relative à la fiscalité de votre véhicule.<br />

Informations environnementales (A.R. 19/03/2004) : volkswagen.be


SKI FRANÇAIS Tome 4.<br />

L’Aventure Humaine<br />

Chez GLENAT<br />

Emile ALLAIS a<br />

20 ans, ce mégevois fait<br />

comme tous les autres, il<br />

va à Paris pour travailler à<br />

l’usine et ce qu’il en retient,<br />

c’est que tout est gris et<br />

terne. Il a alors l’idée de<br />

faire venir les Parisiens<br />

dans ses montagnes<br />

pour qu’ils respirent le<br />

bon air sous le ciel bleu..<br />

Ce skieur émérite,<br />

(3 médailles d’Or) leur<br />

fera découvrir les joies<br />

de la glisse.<br />

Dans ce 4e tome, vous<br />

pouvez découvrir les<br />

évolutions technologiques<br />

qui rendent les<br />

sports d’hiver si addictifs.<br />

(E.H.)


Le<br />

Var<br />

Jean-Michel POUY l’auteur de<br />

cet ouvrage est, entre-autres,<br />

membre de la Société nationale<br />

de géographie. Il est aussi pilote<br />

d’avions privés et aime la photo<br />

autant que la randonnée. Il a<br />

écrit plusieurs ouvrages-guides<br />

où il dépeint des itinéraires originaux<br />

et différents des guides<br />

touristiques.<br />

Le Var est la région de la Côte<br />

d’Azur, mais pas seulement.<br />

Avec ce guide vous découvrirez<br />

des paysages et des<br />

endroits extraordinaires.<br />

Ce guide vous donne en<br />

plus des indications sur le<br />

parcours comme la longueur,<br />

le temps estimé<br />

pour effectuer la randonnée,<br />

le degré de difficulté<br />

expliqué par des<br />

mots simples, comme<br />

«endroit où l’on met les<br />

mains, sentes raides»<br />

ou plus simplement :<br />

«facile» (E.H.)<br />

Chez GLENAT


FRANCE<br />

Bordeaux<br />

un city-trip très séduisant<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

Si une escapade de quelques jours vous tente n’hésitez pas à<br />

choisir Bordeaux. Nous y avons passé 3 journées dépaysantes<br />

à souhait car la capitale girondine ne manque pas d’atouts :<br />

lovée le long de la Garonne qui baigne ses deux rives,<br />

un climat doux, un centre historique inscrit depuis<br />

2007 sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco<br />

sans oublier l’explosion de la scène culinaire qui en fait une<br />

destination bistronomique de premier plan.<br />

234 235


Le City-Pass<br />

Il faut commencer par s’offrir un citypass<br />

qui inclut tous les transports en<br />

formule illimitée et les principaux<br />

musées à découvrir.<br />

Le tram qui sillonne la ville et son agglomération<br />

depuis bientôt 20 ans devient rapidement<br />

le meilleur ami pour circuler dans la cité en<br />

créant des liens entre les quartiers et le centre<br />

historique.<br />

Ouvert sur la ville, il est aussi visible de la rue<br />

et des architectes ont mis cette visibilité à profit<br />

pour transformer l’environnement urbain<br />

en recomposant les rues, de façade en façade,<br />

et en végétalisant les plates-formes pour offrir<br />

ainsi une qualité de vie qui avait sans doute<br />

disparu avec l’omniprésence des voitures.<br />

La Rive Gauche<br />

autour du Port de la Lune.<br />

Quand on prend un peu de hauteur on réalise<br />

que les quais sont incurvés autour d’un<br />

méandre en forme de croissant de lune que<br />

dessine ici la Garonne. «C’est certainement<br />

pour cette raison que les hommes se sont<br />

installés là il y a plus de 2000 ans nous explique<br />

notre guide. Cet arrondi casse le courant<br />

du fleuve et protège les bateaux du mascaret,<br />

un phénomène naturel qui se produit<br />

lors des grandes marées, remontant le fleuve<br />

depuis l’Atlantique sur plus de 100 km. »<br />

Cependant ce port sur lequel la ville a autrefois<br />

assis son rayonnement n’occupe plus<br />

qu’une place secondaire à l’échelle nationale.<br />

Historiquement tout a commencé en 1152<br />

avec le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec<br />

Henri Plantagenet, une union qui favorise les<br />

236 237


elations maritimes étroites avec les îles<br />

britanniques et les pays nordiques. Après<br />

une mise en sourdine suite à la reconquête<br />

française au 15ème siècle, il faut attendre<br />

le 17ème avec le développement du commerce<br />

triangulaire colonial, à tel point que<br />

le port de Bordeaux devient le premier<br />

port de France et le deuxième port mondial<br />

après Londres. Il approvisionne l’Europe<br />

en café, cacao, sucre, coton et indigo et exporte<br />

ses vins. Aujourd’hui le dernier cargo<br />

a largué ses amarres en 1987 et le port autonome<br />

de Bordeaux compte 7 terminaux<br />

spécialisés, en aval le long de l’estuaire de<br />

la Garonne.<br />

Toutefois le Port de la Lune accueille encore<br />

à l’année une cinquantaine de navires<br />

de croisière qui offrent ainsi une vue imprenable<br />

sur la ville à leurs passagers qui<br />

peuvent aussi visiter aisément à pied tout le<br />

cœur historique. D’autres bateaux, comme<br />

des voiliers ou des yachts font également<br />

escale à Bordeaux.<br />

Un Volkswagen Bulli Love visite Bordeaux : cliquez ici u<br />

q Le lion bleu surdimensionné domine la place de Stalingrad et rappelle un objet imprimé en 3D. p Ce méandre de la Garonne en forme de croissant a donné au port de Bordeaux ce surnom de Port de la Lune.<br />

La somptueuse place de la Bourse érigée en<br />

front de fleuve avec son plan symétrique typique<br />

de l’architecture classique témoigne<br />

de l’importance du port de commerce dans<br />

la prospérité de la ville. Jadis la place fermée<br />

avec des grilles abritait la douane et<br />

la bourse maritime, créant un balcon sur<br />

la Garonne d’où l’on pouvait apercevoir la<br />

forêt de mâts des nombreux navires qui<br />

mouillaient dans le port. Aujourd’hui la<br />

grille a disparu et une immense dalle de<br />

granit recouverte de 2 cm d’eau dessine<br />

un vaste miroir dans lequel se reflète la superbe<br />

façade de la place de la Bourse. Petits<br />

et grands y jouent avec plaisir, y dansant ou<br />

s’éclaboussant. Le soir, avec l’illumination<br />

des façades, le lieu se charge de magie et<br />

accueille de nombreux visiteurs.<br />

238 239


Il suffit alors de descendre le cours du fleuve<br />

en traversant d’abord des jardins abondamment<br />

fleuris entre lesquels se nichent les<br />

amoureux. Sur la gauche surgissent deux<br />

colonnes rostrales ornées d’éperons et de<br />

navires qui ouvrent l’accès à une place, la<br />

plus vaste de France, l’esplanade des Quinconces<br />

bordée de hauts arbres plantés en<br />

quinconce, ceci explique cela.<br />

Au-delà, la promenade se poursuit sur les<br />

quais des Chartrons remarquablement<br />

aménagés pour permettre à tous d’y déambuler<br />

en toute sécurité. Un large couloir est<br />

réservé aux piétons tandis qu’un autre est<br />

dédié aux vélos et aux trottinettes.<br />

p Face au fleuve les hautes colonnes rostrales (21m) de style néoclassique érigées en 1828 par Alexandre Poitevin. q Le pont Chaban-Delmas en arrière plan de la promenade des marchands de vins<br />

Des jeux pour enfants et un skate-park aux<br />

beaux volumes ont été créés là où jadis se<br />

trouvaient des entrepôts au bord du fleuve.<br />

L’abandon du port et la destruction des<br />

hangars offrent aujourd’hui un rapport direct<br />

entre la façade des anciennes maisons<br />

bourgeoises des négociants et le cours de<br />

la Garonne. C’est ici, au cœur de l’ancien<br />

fief du commerce viticole, que s’est installé<br />

le Musée du Vin et du Négoce.<br />

p La promenade le long des quais des Chartrons aligne côte à côte des bandes réservées aux piétons, au vélo, la voirie dédiée aux voitures et<br />

enfin la façade historique de l’ancien quartier des négociants.<br />

Il occupe dans le quartier des Chartrons<br />

le rez-de-chaussée et les vastes cours voûtées<br />

d’un bâtiment du 18ème siècle. L’occasion<br />

d’apprendre que toute la vieille ville<br />

était construite sur pilotis. L’intérêt de ce<br />

lieu réside dans le fait qu’il n’a jamais cessé<br />

d’être une maison de négoce et s’inscrit<br />

donc dans une démarche historique.<br />

En effet à l’issue de la visite vient le moment<br />

de la dégustation aménagé dans l’ancienne<br />

tonnellerie et bien sûr l’occasion de<br />

repartir avec une bouteille sous le bras !<br />

www.museeduvinbordeaux.com<br />

p Voyage interactif au cœur de l’histoire du vin dans la Cité du Vin.<br />

p Architecture originale de la Cité du Vin<br />

240 241


Le centre historique<br />

et son patrimoine.<br />

Il faut prendre le temps de flâner dans le<br />

quartier des Chartrons en levant le nez<br />

pour y découvrir des balcons sur trompes<br />

et de nombreux mascarons, autant de visages<br />

de pierre sculptés surgissant à la<br />

clef de voûte des arcades.<br />

Femmes ou hommes, tristes ou rieurs,<br />

échevelés ou grimaçants, personnages<br />

d’histoire ou de mythologie, ils sont la signature<br />

de Bordeaux. La rue Notre-Dame<br />

est le plus bel itinéraire qui traverse le<br />

quartier jusqu’à l’esplanade des Quinconces.<br />

On y trouve de nombreux antiquaires<br />

et des brocanteurs mais aussi des<br />

commerces de proximité et des boutiques<br />

branchées et surtout de jolies terrasses<br />

tirées sur la rue, presque à l’ombre des<br />

hautes tours de l’église Saint-Louis-des-<br />

Chartrons.<br />

Le monument aux<br />

Girondins dont les<br />

bronzes déboulonnés<br />

pendant la guerre<br />

pour être fondus<br />

ont été retrouvés<br />

intacts et replacés<br />

triomphalement à<br />

Bordeaux en 1945 est<br />

devenu un emblème de<br />

la liberté sauvegardée.<br />

Ambiance paisible dans la rue de<br />

la Madeleine<br />

La paisible place ombragée du Palais<br />

face à la monumentale porte Cailhau.<br />

Remontons la place des Quinconces vers<br />

l’impressionnante fontaine du monument<br />

aux Girondins et à la République encadrée<br />

par une profusion de statues dont l’Ange de<br />

la Liberté brisant ses chaînes au sommet de<br />

la colonne. Il ne reste plus qu’à rejoindre la<br />

place de la Comédie et son emblématique<br />

Grand Théâtre avec le long péristyle de<br />

la façade supporté par 12 colonnes corinthiennes<br />

surplombées de statues antiques.<br />

La place est aussi une des trois pointes du<br />

fameux Triangle de Bordeaux bordé par le<br />

cours piétonnier de l’Intendance, le cours<br />

Georges Clémenceau et les allées vertes de<br />

Tourny. Au cœur du Triangle se trouve la<br />

place des Grands Hommes qui abrite une<br />

242 243


très chic galerie installée sous une verrière<br />

dite aussi des Grands Hommes car elle se<br />

situe au carrefour de 6 rues, chacune dédiée<br />

à un écrivain célèbre : Diderot, Montaigne,<br />

Rousseau, Buffon, Montesquieu et<br />

Voltaire.<br />

La longue rue Sainte-Catherine, tout aussi<br />

emblématique pour être le lieu incontournable<br />

des fans de lèche-vitrines, s’ouvre sur<br />

la place de la Comédie après avoir traversé<br />

sur plus d’un kilomètre le quartier Saint-<br />

Pierre dans lequel il faut se perdre car il retient<br />

encore l’âme du vieux Bordeaux avec<br />

des façades qui s’échelonnent entre les<br />

15ème et 18ème siècle : cariatides, bas-reliefs,<br />

ferronneries attirent le regard mais<br />

surtout une ambiance bon enfant avec des<br />

rues semi-piétonnes, des terrasses et des<br />

boutiques en vogue.<br />

La place des Grands Hommes<br />

et sa très chic galerie ronde en verre.<br />

La médiévale monumentale porte Cailhau<br />

a survécu, elle servait jadis d’entrée royale<br />

vers la conviviale place du Palais où les<br />

hôtels particuliers du 18ème s’entourent<br />

de terrasses de café ombragées par des<br />

érables.<br />

La Grosse-Cloche est la seconde porte médiévale<br />

qui a survécu aux anciennes fortifications<br />

de Bordeaux. Elle servait aussi de<br />

beffroi pour l’ancien hôtel de ville. On l’appelle<br />

encore porte Saint-Eloi du nom de la<br />

petite église romane qui lui est accolée.<br />

Elle ouvre sur un quartier tout en venelles<br />

qui débouchent sur des espaces emblématiques<br />

comme la place Fernand Lafargue<br />

qui a conservé son pilori ou encore plus<br />

loin la place du Parlement avec une très<br />

belle fontaine de style baroque qui trône<br />

en son centre.<br />

244 245


Le passé recomposé.<br />

Durant les 15 premières années de ce siècle,<br />

Bordeaux a subi un grand lifting en ravalant<br />

la surface de ses murs pour laisser apparaître<br />

ses façades blondes et mieux souligner<br />

ainsi l’extraordinaire unité urbaine<br />

et architecturale classique et néo-classique<br />

qui a présidé à la construction et au développement<br />

du Port de La Lune.<br />

Il faut aussi être attentif et lever le nez<br />

pour découvrir qu’une façade historique<br />

peut ouvrir sur un bâtiment moderne et<br />

cet insolite assemblage se révèle souvent<br />

séduisant. Ailleurs dans le même quartier<br />

des Chartrons, un micro-campus a pris<br />

place entre deux murs d’antan reliés par<br />

une belle verrière métallique.<br />

Le point d’orgue de la réhabilitation du<br />

quartier est l’installation de la Cité du Vin<br />

qui semble servir de vigie au bord de la Garonne.<br />

Dans un édifice tout en courbes, en<br />

verre et en aluminium dont la forme évoquerait<br />

un cep de vigne noueux à moins<br />

que ses rondeurs ne soient inspirées par le<br />

mouvement du vin dans une carafe, ce bâp<br />

Le ciel et les façades se reflètent qLe mini-campus, sa toiture de verre tendue entre deux murs historiques en pierre jaune. Insolite superposition de deux façades, une historique et l’autre très contemporaine. q<br />

Mais il est aussi une autre manière d’animer<br />

la ville en transformant pour les réemployer<br />

des bâtiments vétustes ou devenus<br />

hors service. C’est ce qui est arrivé dans le<br />

quartier de Bacalan ou des Bassins à Flots,<br />

créés entre 1869 et 1911 qui ont prospéré<br />

jusqu’aux années 1930 avant d’être<br />

occupés par les forces allemandes qui y<br />

construisirent une base sous-marine. Délaissés,<br />

cette plaque portuaire et ses immenses<br />

hangars se situent au-delà du quai<br />

des Chartrons, autour du pont Jacques-<br />

Chaban-Delmas.<br />

246 247


timent est un temple dédié au vin qui est<br />

abordé de manière sensorielle, historique,<br />

culturelle géographique, etc. en parcourant<br />

des espaces thématiques qui se découvrent<br />

avec un audio-guide que l’on active soimême.<br />

Il y a tant à voir qu’il vaut mieux se<br />

laisser guider selon les intérêts particuliers<br />

et en tout cas terminer par le belvédère<br />

situé au 8ème étage où le billet d’entrée<br />

donne droit à la dégustation d’un verre de<br />

vin tout en profitant d’une vue exceptionnelle<br />

panoramique sur Bordeaux et son<br />

fleuve www.laciteduvin.com.<br />

On peut aussi s’inscrire auprès du parcours<br />

immersif de dégustation Via Sensoria qui<br />

se fait sous la houlette d’un animateur<br />

sommelier en associant créations visuelles<br />

et sonores, poésie et dégustations.<br />

D’autres lieux culturels se sont installés<br />

dans le quartier comme le Musée Mer Marine<br />

www.mmmbordeaux.com qui se veut<br />

une vaste fenêtre panoramique sur le passé,<br />

l’actualité et l’avenir de la mer et de la<br />

marine, mais aussi des Halles gourmandes<br />

et des lieux alternatifs à quelques minutes<br />

à peine en tram ou en vélo depuis le<br />

centre historique. Par ailleurs des architecp<br />

La Cité du Vin q Le Musée De La Marine D’après les images de l’espace culturel des Bassins de Lumières Immersion en réalité virtuelle dans les oeuvres de Dali et Gaudi q<br />

Tout aussi incontournable, l’ancienne base<br />

sous-marine est devenue un gigantesque<br />

espace culturel dont la vedette sont les Bassins<br />

de Lumières, le plus grand centre d’art<br />

numérique au monde dont les projections<br />

temporaires habillent de façon féerique les<br />

anciennes alvéoles.<br />

Nous y avons découvert l’exposition en réalité<br />

virtuelle consacrée à Gaudi et à Dalí.<br />

Une expérience saisissante !<br />

www.bassins-lumieres.com<br />

248 249


tures audacieuses côtoient d’anciens silos<br />

à grain, des grues et des rails, témoins de<br />

l’activité industrielle passée. Ainsi en est-il<br />

de l’hôtel Renaissance dont l’entrée spectaculaire<br />

se fait par des silos historiques<br />

de l’usine Lesieur avant de nous emmener<br />

dans un bâtiment moderne et vitré adossé<br />

aux silos, le tout avec un design avant-gardiste<br />

qui veut refléter la culture vibrante de<br />

la ville de Bordeaux<br />

www.marriott.com/fr/hotels/bodbr-renaissance-bordeaux-hotel<br />

Bordeaux, la première ville verte de France.<br />

En avril dernier, le journal Le Parisien a établi<br />

le classement des villes vertes de France<br />

et Bordeaux a remporté la première place<br />

devant Rennes et Grenoble.<br />

Bordeaux se démarque sur ses déplacements<br />

avec ses 200 kilomètres de pistes cyclables<br />

et près de 1400 sur l’ensemble de sa<br />

métropole ! Entre 12 et 20% des habitants<br />

adoptent le vélo comme mode de déplacement.<br />

sa très chic Par galerie ailleurs ronde avec en verre. un réseau de 77 ki-<br />

La place des Grands Hommes<br />

et<br />

lomètres de rails, le tramway de Bordeaux<br />

est un des plus grands de France.<br />

Il reste à accentuer la végétalisation de la<br />

ville mais il n’empêche, de très beaux jardins<br />

sont à la disposition des habitants. A<br />

commencer par le Jardin des Lumières qui<br />

encadre le miroir d’eau avec pas moins de<br />

33000 plantes réparties sur deux espaces<br />

spacieux bien connus des amoureux. Le<br />

Jardin Botanique découpé en secteurs permet<br />

de découvrir des plantes aquatiques<br />

mais aussi un espace fleuri, de nombreuses<br />

serres et une vaste pelouse envahie par<br />

beau temps pour y pique-niquer en famille<br />

ou entre amis.<br />

Enfin, quand on passe un dimanche à Bordeaux<br />

il faut le vivre comme les Bordelais<br />

qui s’offrent un vrai bol d’air sans pour autant<br />

quitter leur ville. Il suffit de traverser<br />

le pont Jacques-Chaban-Delmas et de longer<br />

la rive droite de la Garonne.<br />

Champs de vignes puis friche industrielle,<br />

cette zone a longtemps été boudée par les<br />

Bordelais mais des réaménagements urbains<br />

dans ce quartier appelé La Bastide et<br />

surtout la création d’espaces verts qui se<br />

succèdent sur les berges et qui ont donné<br />

vie à des paysages naturels ont ramené les<br />

habitants sur cette rive. Il faut dire qu’elle<br />

offre une des plus belles vues sur le patrimoine<br />

historique de Bordeaux. On s’y promène<br />

à pied ou en vélo, souvent en famille<br />

pour les enfants qui y trouvent un terrain<br />

de jeux, on y pique-nique volontiers aussi.<br />

L’Espace Darwin y a investi une ancienne<br />

caserne désaffectée pour y créer une expérience<br />

sociologique multiforme en attirant<br />

autant de profils différents que de<br />

projets novateurs : skateurs et passionnés<br />

de street-art, entrepreneurs de la green<br />

économie, fans de musique électro, défenseurs<br />

de la biodiversité et les «bruncheurs»<br />

bio du dimanche !<br />

Darwin cliquez ici u<br />

«Darwin est une place de village dans la<br />

ville de Bordeaux rive droite» explique son<br />

fondateur Philippe Barre.<br />

Quand on poursuit la balade le long des<br />

berges on atteint la place Stalingrad reconnaissable<br />

à sa statue d’un lion bleu, juste<br />

en face de l’élégant pont de pierre, le premier<br />

pont inauguré à Bordeaux en 1822<br />

qui a permis de rallier les deux rives de<br />

la Garonne en une même cité. On le doit<br />

<strong>25</strong>0 <strong>25</strong>1


à Napoléon et ses 17 arches sont un clin<br />

d’œil au nombre de lettres figurant dans le<br />

nom de Napoléon Bonaparte.<br />

situé place de la Bourse, une cuisine régionale<br />

haut de gamme autour de produits de<br />

saison https://le-gabriel-bordeaux.fr.<br />

Aujourd’hui il est réservé aux piétons, aux<br />

cyclistes et aux transports en commun. Il<br />

débouche rive gauche sur la porte de Bourgogne,<br />

un édifice au style néo-classique<br />

dont la sobriété rappelle davantage une<br />

arche monumentale. D’un côté on pénètre<br />

dans le quartier cosmopolite de Saint-Michel,<br />

de l’autre on retrouve le quartier<br />

Saint-Pierre. La boucle est bouclée.<br />

Infos :<br />

Bordeaux vue par drone cliquez ici u<br />

Un site : www.bordeaux-tourisme.com<br />

Y aller :<br />

La liaison en train Paris-Bordeaux est devenue<br />

très rapide, 2 heures à peine, à tel<br />

point que beaucoup de Parisiens s’installent<br />

à Bordeaux pour une meilleure qualité<br />

de vie !<br />

La place des Grands Hommes<br />

Depuis Bruxelles la formule train est imbattable<br />

en passant par Charles-de-Gaulle<br />

et sa très chic galerie ronde en verre.<br />

pour éviter la traversée de Paris entre Auzterlitz<br />

et Montparnasse.<br />

Et si vous préférez l’avion, sachez que la<br />

ligne A du tram offre une liaison entre<br />

l’aéroport vers le centre-ville de Bordeaux<br />

(Pay-Berland), avec une fréquence toutes<br />

les 10 minutes.<br />

Gastronomie :<br />

Le vin et la gastronomie font partie du patrimoine<br />

de la ville et sont un élément incontournable<br />

de l’art de vivre à la bordelaise.<br />

Nous avons testé plusieurs adresses<br />

que voici. Le Bistrot de Gabriel idéalement<br />

La Brasserie bordelaise au cœur du centre<br />

historique, une institution dans un cadre<br />

convivial pour « les vrais gourmands, francs<br />

buveurs » www.brasserie-bordelaise.fr.<br />

Zéphyrine, du nom de l’arrière-grand-père<br />

de Romain Corbière, ex-chef étoilé aux<br />

commandes avec Marie. Une auberge urbaine<br />

avec en sus un comptoir gourmand.<br />

On s’y sent bien, pas de carte mais tout est<br />

surprise concocté par le chef que l’on voit<br />

travailler autour de ses fourneaux.<br />

https://zephirine.fr.<br />

Enfin pas besoin de loger dans l’hôtel Renaissance<br />

pour pouvoir profiter du bar et<br />

du restaurant Chez Gina installés dans le<br />

rooftop au 9ème étage, une savoureuse cuisine<br />

italienne avec un point de vue imprenable<br />

sur la Cité du Vin et le pont Jacques-<br />

Chaban-Delmas. www.gina-bordeaux.fr.<br />

<strong>25</strong>2 <strong>25</strong>3


Campings et aires de camping-car<br />

Vous cherchez un camping à Bordeaux ou aux alentours ?<br />

Le Yelloh ! Village Bordeaux Lac et le Domaine EcÔtelia,<br />

vous proposent des emplacements authentiques pour passer vos vacances au milieu de la nature.<br />

Vous venez en camping-car ?<br />

Découvrez des aires qui vous accueillent près de Bordeaux ou dans le vignoble !<br />

Partout,<br />

comme à la maison<br />

Dormir à la belle étoile. Se réveiller avec le murmure de la mer le matin.<br />

Découvrir des pays étrangers tout en se sentant constamment comme<br />

à la maison : le Volkswagen California 6.1, c’est de la liberté à l’état<br />

brut. Avec son équipement intérieur confortable et ses détails réfléchis,<br />

il transforme chaque trajet en une aventure inoubliable. Savourez votre<br />

indépendance et allez où vous voulez.<br />

Avec tout ce dont vous avez besoin. Découvrez-le dans un California Center<br />

où vous serez accueilli par nos experts California passionnés.<br />

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On vous conseille !<br />

L’Office de Tourisme & des Congrès de Bordeaux<br />

vous accueille :<br />

- Du lundi au samedi de 9h00 à 18h30<br />

- Dimanches et jours fériés de 9h30 à 17h00<br />

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*Contactez votre concessionnaire pour toute information relative à la fiscalité de votre véhicule.<br />

Informations environnementales (A.R. 19/03/2004) : volkswagen.be


FRANCE<br />

Boulogne<br />

Sur Mer<br />

Un appel<br />

vers le grand large !<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

L’ONU a fini par s’entendre !<br />

Et c’est à Boulogne sur Mer que le premier traité<br />

international de protection de la haute mer<br />

destiné à lutter contre les menaces<br />

qui pèsent sur des écosystèmes<br />

vitaux pour l’humanité et à juste titre<br />

quand on sait que la haute mer couvre<br />

près de la moitié de la surface du globe<br />

et 60% des océans !<br />

<strong>25</strong>6 <strong>25</strong>7


Le 4 mars 2023, après plus de 15 ans de<br />

pourparlers, les Etats membres de l’ONU se<br />

sont accordés sur le premier traité international<br />

de protection de la haute mer destiné à<br />

lutter contre les menaces qui pèsent sur des<br />

écosystème vitaux pour l’humanité.<br />

Comme quoi la protection de la nature et des<br />

personnes peut triompher de la géopolitique<br />

et ce signal doit nous inciter à une escapade<br />

à Boulogne-sur-Mer pour une visite du plus<br />

grand aquarium d’Europe !<br />

Nausicaá<br />

Le plus grand aquarium d’Europe.<br />

Bassins géants, explorations sous-marines, technologies<br />

de pointe dans la magie d’une mise en scène<br />

grandiose, tout est là pour faire rêver les adultes<br />

comme les enfants ! Il faut prévoir d’y passer une<br />

journée entière tant il y a à voir et même revenir sur<br />

ses pas pour s’immerger une fois de plus dans la<br />

contemplation de ces abîmes vivants offerts devant<br />

nos yeux. 3 expositions scandent la visite.<br />

Voyage en Haute Mer.<br />

Mise à l’honneur par ce traité et à juste titre quand<br />

on sait que la haute mer couvre près de la moitié de<br />

la surface du globe et 60% des océans !<br />

Elle est enfin reconnue comme un espace international<br />

qui n’appartient à personne mais est sous la<br />

responsabilité de tous.<br />

Ici la visite s’articule autour du plus grand bassin<br />

d’Europe, 10000m3, avec des perspectives différentes<br />

selon qu’on s’immerge parmi les créatures<br />

sous-marines dans un tunnel vitré de 18m de long,<br />

ou qu’on observe la vie-sous-marine dans une grande<br />

<strong>25</strong>8 <strong>25</strong>9


faille haute de 7m ou encore<br />

qu’on se laisse emporter par<br />

le bleu des hautes mers face<br />

à une immense baie de 20m<br />

de long et 5m de haut d’autant<br />

que si vous vous offrez<br />

l’expérience de réalité augmentée<br />

vous verrez jaillir<br />

vers vous des animaux virtuels<br />

comme la tortue luth<br />

qui broute une méduse à<br />

crinière de lion ou un espadon<br />

qui tâche d’interrompre<br />

un banc de sardines.<br />

Des Rivages<br />

et des Hommes.<br />

Ou comment faire le tour<br />

du monde des questions<br />

de gestion des espaces littoraux.<br />

On apprend à décoder<br />

les nombreux services<br />

rendus par la mer aux<br />

hommes, proche de chez<br />

nous d’abord avec la mer<br />

du Nord mais aussi la Méditerranée<br />

puis les lagons, les<br />

récifs coraliens et enfin la<br />

pleine mer. Les plus jeunes<br />

apprécieront de s’immerger<br />

par un tunnel dans le bassin<br />

des lions de mer ou de s’embarquer<br />

à bord de la Thalassa,<br />

un navire de recherche<br />

de l’Institut français de Recherche<br />

pour l’Exploitation<br />

de la Mer avec en sus l’expérience<br />

d’une mer déchaînée<br />

avec le fracas des vagues qui<br />

déferlent et le mouvement<br />

de la proue qui plonge dans<br />

la houle, autant de sensations<br />

fortes à vivre, au sec,<br />

comme si vous y étiez.<br />

Dans l’Oeil<br />

du Climat.<br />

A savoir 430m2 de projection<br />

du sol aux murs avec<br />

une immersion sonore pour<br />

découvrir et vivre les effets<br />

du réchauffement climatique<br />

comme par exemple la<br />

vision d’une maison prête à<br />

tomber d’une falaise, conséquence<br />

saisissante de l’érosion<br />

côtière.<br />

La visite se poursuit aussi par<br />

la découverte d’espèces en<br />

danger (manchots, coraux,<br />

méduses, …) et à l’issue de<br />

260 261


• Salle immersive,<br />

dans le monde des méduses<br />

Photos : H-Lamblin-Iconocom


• Murènes<br />

ce voyage, le visiteur comprend<br />

que des solutions<br />

existent ou comment devenir<br />

acteurs en vivant de<br />

façon plus écologique.<br />

Boulogne-sur-mer,<br />

bien plus<br />

qu’un aquarium !<br />

Quand on sort de Nausicaá,<br />

on se rend compte que<br />

cet impressionnant complexe<br />

semble amarré sur<br />

une immense plage léchée<br />

par la Manche, un must<br />

dans une ville, tandis que<br />

de l’autre côté du boulevard<br />

s’amorcent déjà les<br />

falaises sur lesquelles se<br />

sont installées jadis les<br />

maisons des pêcheurs de<br />

Boulogne-sur-Mer. C’est<br />

que les Boulonnais aiment<br />

à dire que c’est de l’eau<br />

salée qui coule dans leurs<br />

veines tant ils ont vécu et<br />

vivent encore de la pêche.<br />

Boulogne-sur-Mer est d’ailleurs<br />

le premier port de<br />

264 265


1 2 3 4 <br />

1 • Anémones et coraux<br />

2 • Hippocampes<br />

3 • Réserve des lions de mer<br />

Photos Turpin<br />

4 • Anémones panache blanc


1 • Nausicaà<br />

2 • Raie Manta<br />

3 • Poisson-pierre<br />

4 • Perches de mer pourpre<br />

et barbiers à queue de lyre<br />

1 2<br />

3 4


pêche français et plus de 70 espèces différentes y sont<br />

débarquées et vendues à la criée 6 jours par semaine.<br />

La ville est aussi la première plateforme européenne<br />

de transformation des produits de la mer.<br />

La maison dite de la Beurière.<br />

Etrange nom qui vient du mot «bure» qui signifie «petite<br />

cabane de pêcheurs» en patois ! Il faut grimer la<br />

longue volée d’escaliers de la rue Mâchicoulis pour<br />

atteindre cette maison qui s’accroche au dénivelé des<br />

marches. Sa visite est incontournable pour appréhender<br />

le quotidien de ces marins d’avant-guerre.<br />

Epargnée par les bombardements de la Seconde Guerre<br />

Mondiale, elle a été transformée en un écomusée qui<br />

permet d’entrer ainsi dans l’intimité d’une famille de<br />

9 personnes qui occupaient le seul rez-de-chaussée,<br />

tandis que l’étage aujourd’hui consacré à une exposition<br />

d’objets de jadis était occupé par une autre famille.<br />

La maison est minuscule et la première pièce<br />

où se trouve le lit qui servait à 4 personnes au moins<br />

est aussi la pièce où l’on recevait. Les bébés emmaillotés<br />

dormaient dans le tiroir de la commode laissé<br />

270 271


ouvert. Partout des objets religieux au mur ou sous<br />

globe rappellent que la prière accompagnait le départ<br />

des marins qui ne revenaient qu’au terme de plusieurs<br />

semaines en mer vers l’Islande ou l’île de Terre-Neuve.<br />

La vie se concentrait dans la seconde pièce encore plus<br />

petite qui servait de cuisine, de salle de bain mais aussi<br />

de chambre pour les plus petits qui dormaient dans<br />

l’armoire.<br />

Cette visite dévoile la rudesse et la simplicité de ces<br />

hommes et de ces femmes qui vivaient pour et grâce<br />

à la mer. On comprend aussi le rôle de la femme,<br />

épouse et mère qui tient la maison d’une main de<br />

maître et ne ménage pas ses efforts. L’espérance de vie<br />

au siècle dernier était de 45 ans à peine…. A l’étage<br />

une paire de hautes bottes en cuir que les marins enfilaient<br />

bourrées de paille. 6 kg au pied nécessaires pour<br />

arrimer les hommes sur le pont quand la mer était<br />

houleuse et de toutes façons, personne ne savait nager<br />

et au pire on coulait tout de suite. Les marins ôtaient<br />

leurs bottes à leur retour sur terre….<br />

272 273


Une ville à<br />

plusieurs facettes.<br />

Avec sa « basse ville » qui désigne<br />

le centre-ville et le port<br />

qui s’étirent de part et d’autre<br />

du long chenal qui mène à la<br />

Manche et sa «haute ville» qui<br />

signale la ville fortifiée enserrée<br />

derrière ses remparts, Boulogne-sur-Mer<br />

raconte comme<br />

elle est ancrée dans ses racines<br />

mais tournée vers l’avenir.<br />

La basse ville, un<br />

musée en plein air.<br />

Sinistrée à 85% à l’issue de la<br />

Seconde Guerre mondiale, la<br />

basse ville fera l’objet d’une<br />

reconstruction qui va orchestrer<br />

un plan d’urbanisme<br />

qui rompt totalement avec<br />

le passé. 4 hauts buildings<br />

de quelque 40m de haut se<br />

succèdent en oblique sur une<br />

étroite parcelle allongée le<br />

long de l’avenue Gambetta<br />

juste en face du chenal. Une<br />

architecture audacieuse dans<br />

les années 50, plus fonctionnelle<br />

qu’esthétique mais<br />

elle a permis de reloger de<br />

nombreuses personnes qui<br />

avaient perdu leur habitat.<br />

Boulogne-sur-Mer s’est lancée<br />

dans une nouvelle dyna-<br />

274 275


mique, celle de « l’art dans<br />

la rue » grâce à la créativité<br />

d’artistes locaux et internationaux.<br />

Un parcours d’art<br />

urbain dans un espace qui<br />

appartient à tous se dévoile<br />

comme une invitation à la découverte<br />

de différents mouvements<br />

artistiques qui se<br />

manifestent depuis 7 éditions<br />

avec un point d’orgue du 23<br />

juillet au 31 août : fresques<br />

murales, coffrets électriques<br />

peints, expositions éphémères.<br />

De quoi surprendre<br />

le visiteur, l’interpeller et l’intriguer<br />

pour susciter un nouveau<br />

regard sur la ville.<br />

La haute ville, le trésor patrimonial<br />

de Boulogne-sur-Mer.<br />

Par contre la ville fortifiée a<br />

conservé dans son intégralité<br />

sa solide ceinture de remparts<br />

du XIIIème siècle, percés<br />

de 4 portes à chaque point<br />

cardinal. Une belle occasion<br />

d’en faire le tour par l’ancien<br />

chemin de ronde devenu une<br />

des promenades préférées<br />

des Boulonnais d’autant qu’il<br />

offre des vues panoramiques<br />

sur la rade, le port et la ville<br />

basse.<br />

Quand on choisit de s’aventurer<br />

ensuite dans le dédale<br />

des venelles de ce musée à<br />

276 277


ciel ouvert, on ne manquera pas la colossale basilique<br />

Notre-Dame, coiffée par une coupole haute de<br />

101m, qui se visite aussi pour sa crypte, l’une des<br />

plus vastes d’Europe avec ses 1400m2, pas moins<br />

de 4000m2 de peintures murales et de nombreuses<br />

pièces d’orfèvrerie à découvrir.<br />

Sur la place Godefroid de Bouillon, le beffroi élève<br />

ses 37m de hauteur au-dessus de la cité qu’il domine<br />

depuis le XIIème siècle et aujourd’hui il<br />

semble veiller sur les habitants avec la bonhomie<br />

d’un vieux sage. Au XVIIIème siècle on a construit<br />

à ses pieds un vaste hôtel de ville tout en brique et<br />

l’association de ces architectures aux matériaux différents<br />

ne manque pas de charme.<br />

278 279<br />

Infos :<br />

L’office de Tourisme du Boulonnais<br />

Côte d’Opale<br />

www.boulonnaisautop.com.<br />

L’OT propose des visites guidées pour groupes et individuels<br />

de la ville mais aussi du parcours street art<br />

(un musée en plein air) et du port en bateau de mars<br />

à octobre.<br />

Nausicaá<br />

www.nausicaa.fr<br />

Petit conseil, préparez votre visite car certaines activités<br />

pourraient être complètes à votre arrivée. N’hésitez<br />

pas à embarquer votre pique-nique car les services<br />

de restauration du musée sont plus alléchants que délicieux<br />

et trop chers en rapport qualité-prix.<br />

Se loger :<br />

www.evancy.fr<br />

Depuis 2020, leur première année d’expérience,<br />

le groupe Evancy affiche sa volonté d’offrir des résidences<br />

hôtelières «à la française», en misant sur<br />

une vue toujours exceptionnelle, un esprit élégant et<br />

raffiné et un accueil attentif. Implantés sur la Côte<br />

d’Opale (il y en a également à Boulogne-sur-Mer !)<br />

et sur la Cöte d’Azur.


FRANCE<br />

Lyon<br />

Coup de projecteur<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

Plus de 2000 ans déjà que les hommes<br />

se sont installés sur le site de Lyon.<br />

Et au fil des siècles,<br />

ils ont bâti et élargi une ville<br />

dont toutes les étapes de développement<br />

sont encore visibles aujourd’hui.<br />

C’est ce rare témoignage<br />

de la continuité de l’urbanisation<br />

que l’Unesco a voulu saluer.<br />

Une histoire urbaine en marche<br />

que je vous invite à découvrir.<br />

280 281


La colline de<br />

Fourvière qui<br />

surplombe<br />

le Vieux-Lyon.<br />

C’est sur la butte occupée<br />

par des Gaulois en surplomb<br />

de la Saône que la colonie<br />

romaine de Lugdunum a été<br />

fondée en 43 avant notre ère.<br />

Il faut pourtant attendre<br />

1933 pour qu’un ensemble<br />

unique de monuments de<br />

spectacles composé d’un<br />

théâtre et d’un odéon soit<br />

mis à jour. Quand le ciel est<br />

bleu car l’esplanade en haut<br />

de la colline offre le plus<br />

beau point de vue sur Lyon.<br />

Le charme du Vieux-Lyon.<br />

Quand on descend de Fourvière<br />

à pied par la côte raide<br />

et étroite du Gourguillon,<br />

on rejoint le quartier St-<br />

Georges où s’installèrent les<br />

premiers artisans tisseurs de<br />

soie qui marquent le début<br />

d’une entreprise florissante.<br />

Dès le 15ème siècle Lyon<br />

possédait quatre foires annuelles<br />

qui attiraient des<br />

marchands de toute l’Europe<br />

et avec eux des banquiers<br />

pour la plupart italiens qui<br />

installèrent des succursales.<br />

Ce sont eux qui ont édifié<br />

dans les venelles étroites<br />

du quartier des centaines<br />

de demeures particulièrement<br />

hautes en créant des<br />

282 283


traboules, à savoir des passages<br />

privés permettant de<br />

passer d’une rue à l’autre<br />

en traversant des cours.<br />

Entièrement réhabilité, le<br />

quartier du Vieux-Lyon<br />

multiplie bouchons, bars<br />

et boutiques, attirant les<br />

visiteurs du monde entier<br />

comme en écho aux foires<br />

d’antan.<br />

Incontournable, la place<br />

St-Jean où s’élève la cathédrale<br />

St-Jean dont pinacles<br />

et balustrades ajourées soulignent<br />

la façade qui offre<br />

une belle unité en art roman<br />

avec un élan gothique.<br />

La Presqu’île et ses<br />

multiples places.<br />

La Presqu’île étire entre<br />

Saône et Rhône une longue<br />

bande de terre de quelque<br />

5 km, du pied de la colline<br />

de la Croix-Rousse jusqu’au<br />

confluent entre les deux<br />

fleuves.Centre administratif<br />

et commercial de la ville<br />

depuis la fin du Moyen-<br />

Âge, elle connaît son<br />

apogée aux 18 et 19ème<br />

siècles. La place Bellecour<br />

au centre de laquelle se<br />

dresse la statue équestre<br />

de Louis XIV fut la plus<br />

vaste place (6 hectares !)<br />

d’Europe jusqu’à la création<br />

de la place Concorde<br />

à Paris. Juste à côté, la<br />

place des Célestins avec<br />

son théâtre à l’italienne est<br />

très fréquentée pour son<br />

ambiance intimiste créée<br />

par les bancs qui s’étirent à<br />

l’ombre de magnolias.<br />

284 285


La place de l’Hôpital côté<br />

Rhône borde l’ancien hôpital<br />

du 18ème siècle qui brillait jadis<br />

par ses techniques médicales<br />

de pointe. Il a été réhabilité<br />

en 2018, toujours dans un<br />

esprit tourné vers l’hospitalité<br />

en offrant dans un décor historique<br />

un hôtel 5 étoiles, un<br />

espace de shopping tendance<br />

et une Cité internationale de<br />

la Gastronomie. Entre l’agitation<br />

de la rue de la République<br />

et le cours du Rhône,<br />

on y vient découvrir, flâner et<br />

se faire plaisir.<br />

La place des Terreaux où se<br />

dresse l’Hôtel de Ville est bordée<br />

de terrasses qui rayonnent<br />

autour de l’imposante fontaine<br />

Bartholdi. L’opéra surmonté<br />

d’une énorme verrière<br />

due à Jean Nouvel lors de la<br />

rénovation du bâtiment fait<br />

la jonction avec la place Louis<br />

Pradel, une vaste esplanade<br />

aménagée avec des degrés et<br />

des cours d’eau juste en face<br />

du Rhône.<br />

La Croix-Rousse, le<br />

quartier des Canuts.<br />

Cette commune indépendante<br />

lovée sur un plateau à<br />

l’extérieur des fortifications<br />

de la ville y a été rattachée<br />

en 1852 quand les pentes du<br />

site se parent d’un réseau<br />

dense de maisons hautes<br />

avec au moins 4 m de hauteur<br />

sous plafond le long<br />

286 287


de ruelles dénivelées. Cet<br />

habitat particulier a permis<br />

aux fameux Canuts s’y<br />

installer leurs nouveaux<br />

métiers Jacquart du nom<br />

de l’inventeur, un Lyonnais<br />

qui révolutionna leur<br />

travail. Particulièrement<br />

hauts, ces métiers vont envahir<br />

la plupart des maisons<br />

jusqu’aux derniers étages<br />

derrière les nombreuses<br />

fenêtres qui illuminent les<br />

pièces. Les soyeux quittent<br />

le quartier de St-Georges<br />

et apprivoisent les pentes<br />

de la Croix-Rousse, le nouveau<br />

quartier des ouvriers<br />

de la soie.<br />

Le Mur des Canuts permet<br />

de plonger dans l’histoire<br />

de ce quartier. Cette imposante<br />

fresque couvre la<br />

façade arrière de plusieurs<br />

bâtiments sur 1200 m2, de<br />

quoi en faire le plus grand<br />

mur peint d’Europe. Le<br />

trompe-l’œil est efficace,<br />

on croit pénétrer dans le<br />

quartier des anciens ouvriers<br />

immortalisés de surcroit<br />

par le visage de vrais<br />

habitants du quartier.<br />

Les pentes de la<br />

Croix-Rousse.<br />

On peut « trabouler » depuis<br />

la jolie place Colbert<br />

sur le plateau et de passages<br />

en escaliers, on peut<br />

même descendre jusqu’à<br />

la place des Terreaux. On<br />

comprend aussi que ces<br />

passages couverts permettaient<br />

de livrer à l’abri des<br />

intempéries les balles de<br />

soie aux marchands qui<br />

étaient installés tout en<br />

bas, dans le quartier des<br />

Terreaux.<br />

On peut aussi quitter les<br />

passages pour emprunter<br />

la Montée dite de la<br />

Grande Côte, le plus ancien<br />

passage des pentes.<br />

D’un palier à l’autre, on<br />

redescend vers la ville en<br />

longeant quelques belles<br />

maisons crépies de jaune,<br />

ocre ou rose qui abritent<br />

aujourd’hui des artistes,<br />

des boutiques et des cafés,<br />

loin de toute circulation<br />

automobile.<br />

Lyon, ville des<br />

temps modernes.<br />

L’histoire est toujours en<br />

marche avec d’abord l’extension<br />

de la ville sur la rive<br />

gauche du Rhône et ensuite<br />

l’aménagement du<br />

tout récent écoquartier de<br />

la Confluence qui dessine la<br />

pointe de la Presqu’île, là où<br />

la Saône rejoint le Rhône.<br />

A début du 20ème siècle,<br />

à l’étroit sur la Presqu’île,<br />

la ville franchit le Rhône<br />

et investit les anciens bras<br />

du fleuve qu’on appelle des<br />

brotteaux. Aujourd’hui elle<br />

288 289


s’étire largement autour de<br />

la gare Part-Dieu et de la<br />

tour du même nom qui de<br />

loin fait penser à un crayon.<br />

L’ancienne gare des Brotteaux.<br />

Edifiée en 1908,<br />

c’était la première gare de<br />

Lyon qui permettait de raccorder<br />

Paris, Marseille et<br />

Genève.<br />

Avec ses 153m de long<br />

et un bâtiment central<br />

de 21m de haut, elle est<br />

somptueuse. L’arrivée du<br />

TGV va signer l’abandon<br />

de cette gare en faveur de<br />

la gare de Part-Dieu. Classée<br />

monument historique<br />

et restaurée, le site a été<br />

racheté par un commissaire-priseur<br />

lyonnais qui<br />

en a fait une prestigieuse<br />

salle de ventes.<br />

Le parc de la Tête<br />

d’Or, le poumon<br />

vert de Lyon.<br />

A deux pas de là, imaginez<br />

105 ha d’espaces de<br />

détente, tous entièrement<br />

gratuits et interconnectés.<br />

Le premier dépaysement<br />

commence avec un vaste<br />

jardin tropical luxuriant<br />

dans de belles serres de<br />

fonte et d’acier sous une<br />

toiture en anse de panier.<br />

Tous les continents y sont<br />

représentés. Le jardin botanique<br />

extérieur s’étire<br />

aux alentours avec une<br />

impressionnante variété<br />

florale. On dit que la volonté<br />

du paysagiste était<br />

de proposer aux Canuts<br />

des modèles de fleurs à<br />

reproduire. Des arbres<br />

sont plantés par bouquets<br />

et des allées conçues en<br />

lacets pour laisser place<br />

à de vastes pelouses où<br />

s’égayent les promeneurs<br />

pour s’y offrir une sieste<br />

ou une pause. Un lac de<br />

16 ha attire les amateurs<br />

de canotage. Sans transition<br />

on se retrouve dans<br />

un jardin zoologique où<br />

3 girafes, des lémuriens,<br />

des antilopes et un zèbre<br />

cohabitent en semi-liberté<br />

dans la plaine dite africaine<br />

bordée d’un plan d’eau où<br />

nagent des pélicans et des<br />

flamants roses. Des plaines<br />

de jeux et des spectacles de<br />

Guignol complètent cette<br />

joyeuse escapade qui nous<br />

fait presque oublier la ville<br />

trépidante toute proche.<br />

La Confluence,<br />

la reconversion<br />

architecturale<br />

de Lyon.<br />

A la pointe de la Presqu’île,<br />

là où se rencontrent la<br />

Saône et le Rhône, s’ouvraient<br />

à la fin du siècle<br />

dernier 150 ha d’entrepôts<br />

vides et abandonnés d’un<br />

ancien marché de gros et<br />

les docks du port Rambaud<br />

qui alimentait jadis la ville<br />

en marchandises arrivant<br />

par le fleuve.<br />

Une situation qui a permis<br />

dès 2003 l’éclosion<br />

d’un projet urbain de<br />

grande ampleur où mixité<br />

des bâtiments et des habitants,<br />

qualité architecturale,<br />

performance environnementale,<br />

confort<br />

d’usage et qualité de vie<br />

ont toujours guidé les architectes<br />

pour construire<br />

un quartier vivant. Lyon<br />

offre ici sa facette résolument<br />

avant-gardiste.<br />

La ville autour<br />

de la Darse.<br />

Un bassin a été creusé pour<br />

que la Saône s’invite encore<br />

davantage dans la ville, on y<br />

trouve une place nautique<br />

mais aussi des familles de<br />

canards et aux alentours<br />

de nombreux bancs pour<br />

se poser et admirer ce nouveau<br />

paysage urbain. On<br />

devine que la plupart des<br />

bâtiments se veulent passifs.<br />

De plus le quartier<br />

est maillé de nombreuses<br />

stations de transports en<br />

commun dont un vaporetto<br />

290 291


permet de relier en douceur<br />

le centre de Lyon tout en<br />

offrant une découverte des<br />

berges de la Saône.<br />

Des activités<br />

médiatiques.<br />

Les anciens docks sont devenus<br />

un pôle d’activités<br />

médiatiques et l’une des<br />

vitrines de la reconversion<br />

architecturale du quartier.<br />

On retient surtout le<br />

« rectangle vert pomme »,<br />

siège de la chaîne de télévision<br />

Euronews et le « cube<br />

orange », siège du groupe<br />

Cardinal, tous deux signés<br />

Jakon&McFarlane.<br />

Le Musée des Confluences.<br />

Figure de proue à l’entrée<br />

sud de la ville pour tous les<br />

croisiéristes, au point de<br />

confluence de la Saône et<br />

du Rhône, la silhouette insolite<br />

de ce musée rappelle<br />

le Guggenheim de Bilbao<br />

en version aplatie.<br />

Inauguré en 2014, il mérite<br />

l’enthousiasme qu’il suscite.<br />

Le musée répond à 4<br />

questions universelles :<br />

qui sommes-nous ?<br />

d’où venons-nous ? où allons-nous<br />

?<br />

que faisons-nous ?<br />

Un voyage étonnant entre<br />

des centaines d’objets exposés.<br />

292 293


Infos pratiques :<br />

Y aller : Le plus simple depuis la Belgique est d’emprunter<br />

le TGV qui assure en 3h30 le trajet direct entre Bruxelles et<br />

les 2 gares de Lyon afin d’éviter la correspondance entre les<br />

gares de Paris Nord et Paris Lyon. Il suffit d’un retard pour<br />

perdre la correspondance. ONLYLYON tel est le logo de<br />

l’office du tourisme cet été, installé sur la place Bellecour au<br />

cœur de la ville www.lyon-france.com<br />

Se nourrir à Lyon :<br />

Impossible de faire l’impasse sur un « bouchon » du Vieux-<br />

Lyon pour découvrir la formule de l’estaminet où on déguste<br />

la cuisine locale : quenelles de brochet, tablier de sapeur, tête<br />

de veau, cervelle de canut…<br />

On a testé et apprécié « Les Lyonnais » pour son rapport<br />

qualité-prix et pour son ambiance bon enfant www.restaurant-lyonnais.com.<br />

Pour se changer des petits bouchons du<br />

Vieux-Lyon, rien de tel que la cuisine du marché créative<br />

dans un décor d’époque www.brasseriedesbrotteaux.com<br />

Se loger :<br />

La ville regorge de possibilités de logement à tous les prix<br />

et finalement peu importe le quartier choisi car ils sont tous<br />

très bien interconnectés. Nous avons testé et apprécié l’Hôtel<br />

Le Royal sur la place Bellecour, idéalement situé et dont la<br />

décoration intérieure permet de s’échapper dans une Maison<br />

Lyonnaise de caractère www.lyonhotel-leroyal.com<br />

Se déplacer à Lyon :<br />

Il faut oublier la voiture quand on est à Lyon et il est aisé de<br />

se déplacer à pied. Rien de tel que la City Card qui outre un<br />

accès illimité à l’ensemble du réseau, tram, bus et funiculaire<br />

donne un accès libre à quelque 23 musées.<br />

Faire son marché :<br />

Tout simplement sur le marché alimentaire St-Antoine Célestins<br />

sur les quais du même nom. Pour les gourmands, les<br />

Halles de Lyon rebaptisées du nom de Paul Bocuse dans le<br />

quartier de la Part-Dieu. On y trouve 56 commerces d’exception<br />

avec une belle convivialité autour des comptoirs www.<br />

halles-de-lyon-paulbocuse.com<br />

294 295


Road-trip<br />

FRANCE<br />

en Normandie entre Seine-Maritime et Calvados<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

A 4 heures de route de chez<br />

nous, c’est le dépaysement assuré,<br />

entre des villages historiques<br />

au cœur d’une campagne<br />

verdoyante et un littoral qui se<br />

partage entre falaises calcaire et<br />

plages de sable bordées de villas<br />

d’un autre temps qui évoquent<br />

la Belle Epoque.<br />

Pont-l’Evêque, à la fois porte d’entrée<br />

du pays d’Auge mais à une<br />

quinzaine de km seulement de<br />

Deauville et de Trouville-sur-Mer, a<br />

toujours été une escale par sa position<br />

clé entre Haute et Basse Normandie,<br />

au confluent de 3 rivières<br />

qui dessinent un étonnant réseau<br />

quand on flâne dans la ville.<br />

Le Pays d’Auge,<br />

au cœur du Calvados.<br />

Des routes buissonnières, des villages<br />

de poupée, des maisons<br />

à colombages, des prairies verdoyantes<br />

où paissent des vaches<br />

blanches avec plus ou moins de<br />

taches brunes, des haras dissimu-<br />

296 297


lés par un rideau d’arbres, le Pays<br />

d’Auge est un condensé de la campagne<br />

normande dans la région<br />

du Calvados. Pierrefitte-en-Auge,<br />

St-Hymer, Beaumont-en-Auge,<br />

Beuvron-en-Auge autant de villages<br />

qui alignent de belles maisons<br />

colorées à colombages scrupuleusement<br />

entretenues qui charment<br />

l’œil, d’autant que la plupart sont<br />

fleuries. On raconte que les couleurs<br />

des façades permettaient de<br />

les distinguer les unes des autres.<br />

Beuvron-en-Auge classé parmi<br />

les plus beaux villages de France<br />

semble particulièrement figé dans<br />

le temps. Si vous êtes gastronomes,<br />

les anciennes halles abritent un<br />

restaurant étoilé, Le Pavé d’Auge,<br />

dont la salle est décorée dans le<br />

plus pur style augeron.<br />

Sait-on que c’est en Normandie<br />

que la pomme s’implante massivement<br />

vers le 10ème siècle sous<br />

l’impulsion du clergé et de la noblesse<br />

? Au fil du temps, ce fruit<br />

va donner naissance à une large<br />

gamme de produits qui font la célébrité<br />

de la région et en particulier<br />

du Calvados, le département<br />

champion des pommiers. Jus de<br />

pomme, cidre, vinaigre de cidre,<br />

calvados, pommeau, il y en a pour<br />

tous les goûts, il suffit de faire une<br />

halte chez un des producteurs locaux<br />

qui sont à découvrir en suivant<br />

l’itinéraire fléché d’une quarantaine<br />

de kilomètres « Route du<br />

Cidre » qui serpente au cœur du<br />

pays d’Auge.<br />

298 299


Dans les Jardins du Pays d’Auge,<br />

un écomusée évoque les métiers<br />

de jadis dans un bâti entièrement<br />

restauré au cœur d’un parc de 4<br />

hectares de verdure qui multiplient<br />

des jardins à thème où la<br />

nature est reine, à peine troublée<br />

par les trillements des oiseaux et<br />

les croassements des crapauds.<br />

Entre Côte d’Albâtre,<br />

Côte Fleurie et<br />

Côte de Nacre.<br />

120 kilomètres de falaises de calcaire<br />

courent le long de la Côte<br />

d’Albâtre qui porte bien son<br />

nom. Quand elles s’interrompent<br />

dans une brèche entaillée par un<br />

fleuve, elles repartent aussitôt de<br />

plus belle. La mer Manche en sape<br />

la base au rythme du ressac, des<br />

pans s’écroulent faisant reculer<br />

la muraille mais celle-ci n’en est<br />

pas moins charmeuse, interpelant<br />

l’imaginaire de chaque promeneur<br />

qui tente de fixer les falaises<br />

sur une image. Quand on arrive à<br />

St-Valéry-en-Caux, on est immédiatement<br />

frappé par l’odeur de<br />

la mer avec ses relents de poissons<br />

qui flottent ici même sur le front<br />

de mer aménagé pour la promenade<br />

s’étirant d’un côté jusqu’au<br />

vieux phare blanc signalant le<br />

bout de la jetée et de l’autre sur la<br />

plage de galets au pied des falaises<br />

blanches. A découvrir la maison<br />

Henri IV du 16ème siècle toute à<br />

pans de bois, elle a heureusement<br />

échappé aux bombardements<br />

de 1940. Veules-les-Roses, un<br />

étonnant village qui allie tous les<br />

charmes de la mer et de la campagne<br />

a obtenu le label de « Plus<br />

beau village de France » en 2017<br />

car il est traversé par la Veule, le<br />

plus petit fleuve de France avec<br />

ses 1149 mètres de longueur, depuis<br />

sa source jusqu’à son embouchure<br />

dans la Manche. Quand on<br />

aborde le village, on découvre une<br />

architecture variée avec des villas<br />

de style balnéaire, des chaumières<br />

à pans de bois fleuries, une église<br />

classée monument historique et<br />

une large plage de sable encadrée<br />

par les falaises qui à marée basse<br />

offre un bel espace de loisirs pour<br />

les familles.<br />

De l’embouchure de la Seine à<br />

celle de l’Orne, la Côte Fleurie déroule<br />

40 km de plages sableuses<br />

à souhait qui font le succès des<br />

fameuses stations balnéaires que<br />

sont Cabourg avec sa promenade<br />

piétonne, la plus grande d’Europe,<br />

Deauville et Trouville-sur-<br />

Mer rivalisant avec leurs Planches,<br />

plus mondaines dans la première,<br />

plus longues dans la seconde. On<br />

y cultive depuis le 19ème siècle la<br />

mode des bains de mer d’abord<br />

pour leurs vertus thérapeutiques,<br />

une pratique médicale venue<br />

d’Angleterre. Très vite pourtant,<br />

ceci n’est plus qu’un prétexte pour<br />

y vivre l’été en passant d’une fête à<br />

l’autre. L’arrivée du train dès 1848<br />

ne fait qu’accentuer le mouvement.<br />

La vie sportive devient éga-<br />

300 301


lement un élément majeur de la<br />

vie balnéaire : courses, bicyclette,<br />

tir aux pigeons, croquet. C’est<br />

tout un art de vivre qui émerge<br />

dans les stations balnéaires de la<br />

Côte Fleurie qui deviennent des<br />

théâtres d’élégance pendant la<br />

belle saison, lieux incontournables<br />

de la vie mondaine de la bonne société<br />

en villégiature. Les hôtels et<br />

les villas se multiplient. Quand on<br />

quitte l’eau et la plage, c’est vers<br />

les casinos qu’on se tourne pour<br />

y jouer mais aussi pour y danser<br />

et y voir des spectacles. Au-delà<br />

des nombreuses façades des villas<br />

que l’on peut encore admirer<br />

au fil des promenades, il en est<br />

une, à Cabourg, qui a ouvert ses<br />

portes le 19 mai 1921 pour offrir<br />

un espace muséal dédié à l’épopée<br />

de la Belle Epoque. Une machine<br />

à remonter le temps grâce à<br />

une scénographie qui associe des<br />

ambiances visuelles, sonores, musicales,<br />

numériques et même olfactives,<br />

comme pour mieux nous<br />

immerger dans la Belle Epoque. La<br />

Villa du Temps retrouvé se veut un<br />

espace pour mieux comprendre le<br />

temps suspendu de cette époque,<br />

entre deux siècles, entre deux<br />

mondes.<br />

Longue de 80 km la Côte de Nacre<br />

étire depuis Ouistreham jusque<br />

Courseulles-sur-Mer ses immenses<br />

plages de sable jalonnées de petites<br />

stations balnéaires plus populaires<br />

que celles de la côte Fleurie.<br />

Nous n’avons pas eu le temps d’al-<br />

ler au-delà de Ouistreham qui a la<br />

chance d’être connectée à Caen<br />

par un chemin de halage d’une<br />

quinzaine de km le long de l’Orne.<br />

A parcourir en vélo, à rollers ou à<br />

pied. Ouistreham est donc le débouché<br />

maritime de Caen et son<br />

port assure des liaisons régulières<br />

avec l’Angleterre mais c’est aussi<br />

une station balnéaire familiale et<br />

vivante toute l’année grâce à sa<br />

proximité avec Caen, une cité importante<br />

proche des plages du débarquement.<br />

Pour partir à la découverte<br />

du bourg, rien de tel que<br />

la balade sonore «La Délicate»<br />

sous une ombrelle géolocalisée<br />

au départ du Bureau d’Information<br />

de Ouistreham, une plongée<br />

émouvante au cœur de la Grande<br />

Histoire à travers la petite évoquée<br />

par les témoignages de ceux qui<br />

l’ont vécue.<br />

Les plages du débarquement sont<br />

proches et toute la région se raconte<br />

au fil de visites de tourisme<br />

de mémoire sur les plus hauts lieux<br />

qui ont marqué le D-Day.<br />

Nous avons choisi de découvrir la<br />

batterie de Merville installée sur<br />

un site de 16ha protégé de barbelés,<br />

de mines et de fosses antitank,<br />

l’un des plus impressionnants du<br />

mur de l’Atlantique.<br />

Le 6 juin à 4h30, 150 hommes<br />

du 9ème Bataillon des parachutistes<br />

britanniques attaquent par<br />

surprise la Batterie parvenant à la<br />

302 303


neutraliser, le Débarquement sur<br />

la Sword Beach peut avoir lieu. Un<br />

parcours d’une casemate à l’autre<br />

plonge le visiteur au coeur de<br />

l’événement à grand renfort d’effets<br />

spéciaux.<br />

Les passionnés découvriront également<br />

un authentique Douglas<br />

C-47 ayant participé à toutes les<br />

opérations aéroportées du théâtre<br />

d’opérations européen durant la<br />

seconde guerre mondiale, on peut<br />

même y grimper pour retrouver<br />

les sensations qu’ont pu vivre les<br />

hommes assis côte à côte dans cet<br />

avion.<br />

304 305


Infos :<br />

Quelques sites riches en informations<br />

:<br />

www.seine-maritime-tourisme.com<br />

www.normandie-cabourg-paysdauge-tourisme.fr<br />

www.caenlamer-tourisme.fr<br />

Route du cidre de Cambremer Normandie<br />

Calvados<br />

www.batterie-merville.com https://villadutempsretrouve.com.<br />

Se loger : Pour mieux se plonger dans<br />

l’ambiance de Veules-les-Roses, n’hésitez<br />

pas à faire escale dans l’ancien<br />

relais de poste Douce France, une<br />

adresse de charme.<br />

Plusieurs chambres aux allures de suites<br />

ont vue sur la rivière<br />

www.doucefrance.fr. L’Hôtel Eden Park<br />

situé au bord du lac de Pont -L’Evêque,<br />

un havre de quiétude Eden Park hotel***<br />

Restaurant - Pont l’Evêque -<br />

Normandie.<br />

Nous avons testé également le Manoir<br />

d’Hastings à Bénouville non loin de<br />

Caen. 4 chambres à thème cosy dans<br />

une vieille bâtisse joliment restaurée<br />

avec au rez-de-chaussée un restaurant<br />

qui propose une très belle carte savoureuse<br />

entre Mer et Terre<br />

www.manoirdhastings.fr<br />

Rien de tel quand vous n’avez plus envie<br />

de bouger, juste de profiter de la quiétude<br />

des lieux ouverts sur un jardin clos.<br />

Se nourrir : Quand on voyage sur les<br />

côtes normandes, on ne peut que goûter<br />

le poisson soit aux halles qui offrent<br />

des tables de dégustation soit sur une<br />

terrasse avec le plus souvent vue sur<br />

mer. Le Bistrot Le Vivier situé sur les<br />

306 307


planches à Trouville-sur-Mer est le lieu<br />

idéal pour découvrir en famille ou entre<br />

amis des spécialités de fruits de mer et<br />

de poissons cuits a la plancha Bistrot Le<br />

Vivier • Trouville-sur-Mer (restaurantlevivier.com).<br />

A Veules-les-Roses, Les Galets est le<br />

restaurant gastronomique du village,<br />

une cuisine inventive dans un cadre<br />

plutôt classique. La Passerelle, la table<br />

du Casino de Saint-Valéry-en-Caux<br />

avec sa grande baie qui s’avance vers<br />

le large vaut le détour avec une cuisine<br />

très axée sur la mer http://www.casino-saintvalery.com/restaurant.<br />

Autre<br />

adresse, Le Baligan à Cabourg, une<br />

salle bistrot chic avec la fraîcheur des<br />

produits de la mer assurée Le Baligan,<br />

Restaurant de Poissons, Fruits de mer à<br />

Cabourg - Normandie. A Ouistreham,<br />

la Table d’Hôtes propose une carte<br />

courte mais raffinée et goûteuse qui lui<br />

a valu un Bib gourmand.<br />

Plus à l’intérieur des terres Le Rollon,<br />

une petite adresse bistronomique de<br />

Pont-L’Evêque où nous avons découvert<br />

une savoureuse côte de bœuf<br />

de race normande avec un écrasé de<br />

pommes de terre à huile de truffes.<br />

Enfin, cerise sur le gâteau, Le Pavé<br />

d’Auge installé dans les anciennes<br />

halles de Beuvron-en-Auge compte<br />

parmi les grandes tables du département<br />

du Calvados et s’enorgueillit<br />

d’un macaron au Michelin. Comment<br />

découvrir le goût de la gastronomie<br />

régionale magnifiée par la créativité du<br />

chef Jérôme Bansard.<br />

www.pavedauge.com.<br />

MAZDA CX-30<br />

Pour réaliser ce reportage nous<br />

avons eu la chance de voyager<br />

avec une Mazda CX-30 2.0<br />

SKYACTIV-X 180 ch, de l’édition<br />

spéciale 100ème anniversaire.<br />

En effet, cela fait déjà une centaine<br />

d’années que Mazda est<br />

devenu l’un des constructeurs automobiles<br />

les plus innovants au<br />

monde. Nous avons découvert<br />

l’univers technologique et raffiné<br />

de cette marque discrète avec le<br />

CX-30, SUV compact, et sa dernière<br />

technologie SKYACTIV.<br />

Une incroyable mécanique à essence<br />

qui fonctionne comme un<br />

Diesel. Un appareil qui nous a offert<br />

un très appréciable confort de<br />

conduite, que ce soit sur les routes<br />

rapides ou dans les routes buissonnières<br />

de l’arrière-pays normand.<br />

Ce n’est pas vraiment un véhicule<br />

nerveux mais sa rondeur s’apprécie<br />

en conduite coulée.<br />

La nouvelle technologie du SKYAC-<br />

TIV qui suppose un moteur à essence<br />

à allumage par compression<br />

en fait un véhicule plutôt frugal.<br />

Notre moyenne de consommation<br />

après 2.000 km tourne autour<br />

des 7L/100, ce qui est un résultat<br />

correct non seulement pour une<br />

mécanique à essence et pour un<br />

véhicule haut sur pattes.<br />

308 309


Un plus également en termes de<br />

sécurité : l’affichage tête haute<br />

à savoir la projection sur le parebrise,<br />

dans le champ de vision du<br />

conducteur, de quelques informations<br />

pertinentes sur la sécurité,<br />

une manière de maintenir le regard<br />

du conducteur sur la route.<br />

De plus, les aides à la conduite,<br />

comme le Blind Assist (gestion des<br />

angles morts) avec ses témoins<br />

lumineux dans les rétroviseurs<br />

secondés par une alerte sonore,<br />

dispose d’un rappel visuel dans<br />

l’affichage tête haute. Un rappel<br />

pertinent et efficace qui permet<br />

au conducteur de garder le regard<br />

devant lui !<br />

Par ailleurs Mazda a soigné l’insonorisation<br />

globale avec un moteur<br />

particulièrement discret mais aussi<br />

une réelle qualité des sons diffusés<br />

par la radio.<br />

Le tableau de bord et la console<br />

centrale sont d’une sobriété<br />

agréable même si on dispose des<br />

mêmes fonctions que dans les<br />

autres marques de véhicule.<br />

Pour gérer les menus de l’écran au<br />

format horizontal, il faut toutefois<br />

apprendre à utiliser une molette<br />

en oubliant les gestes tactiles auxquels<br />

nous ont habitués les gsm<br />

et les tablettes. Il faut donc prévoir<br />

un temps d’adaptation, 3 jours<br />

dans notre cas, pour gérer cette<br />

molette et utiliser correctement le<br />

GPS.<br />

310 311


FRANCE<br />

Itinérance en terre de<br />

Bresse<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

Si le nom évoque<br />

la célèbre volaille<br />

savoureuse à souhait,<br />

son terroir est encore<br />

méconnu. Pourtant il a tout<br />

pour séduire les plus exigeants,<br />

entre patrimoine et paysage<br />

naturel, de quoi se ressourcer<br />

auprès de Bressans qui mettent<br />

la simplicité au cœur d’un<br />

authentique art de vivre.<br />

A la mi-juin, l’autoroute du Sud<br />

qui nous mène à Bourg-en-Bresse<br />

n’est pas encore envahie par les<br />

vacanciers et si ce n’est un ralentissement<br />

important pour la<br />

traversée du Luxembourg aux<br />

heures de pointe du matin, c’est<br />

sans souci que nous franchirons<br />

les quelque 620 km qui nous<br />

conduisent à Bourg-en-Bresse.<br />

Notre VW T-Cross version 3 cylindres<br />

essence 1.0 TSI, affichant<br />

115 chevaux et dotée d’une boîte<br />

automatique, s’est avérée une excellente<br />

routière d’autant que les<br />

aides à la conduite comme par<br />

exemple le Cruise contrôle qui<br />

s’adapte sans heurt au trafic et au<br />

ralentissement opéré par le véhicule<br />

précédent ou encore le Lane<br />

assist qui vous enjoint à tenir votre<br />

bande permettent une certaine<br />

détente de la part du conducteur,<br />

et si celui-ci semble perdre l’attention<br />

sur la route, un bip sonore intervient<br />

avec un message d’alerte<br />

«Reprenez le contrôle»… Mais<br />

surtout, l’impression d’habitacle<br />

généreux est réelle pour une voiture<br />

qui conserve quand même le<br />

312 313


look compact de la Polo dont elle<br />

s’inspire. Quand on arrive à notre<br />

maison d’hôtes, ni l’un ni l’autre<br />

ne sommes courbaturés malgré<br />

une route assumée sans réelle<br />

pause.<br />

Bourg-en-Bresse,<br />

tout un patrimoine.<br />

Jadis le territoire de la Bresse était<br />

une vaste zone marécageuse peu<br />

profonde qui n’encourageait ni<br />

l’élevage si ce n’est la volaille devenue<br />

célèbre au fil du temps ni<br />

l’agriculture si ce n’est le chanvre<br />

et plus tard le maïs. C’est au<br />

10ème siècle que naît Bourg-en-<br />

Bresse entre collines et gués au<br />

pied du Revermont, le contrefort<br />

sud du massif du Jura. Il faudra<br />

encore attendre 5 siècles avant<br />

que la région et même la ville se<br />

fassent connaître en dehors des<br />

fortifications qui cernent Bourgen-Bresse.<br />

La culture du maïs blanc<br />

fait son entrée dans le terroir et se<br />

révèle un aliment de prédilection<br />

pour compléter l’alimentation des<br />

poules de Bresse qui courent dans<br />

les champs. Autre renommée déjà<br />

saluée par Alexandre Dumas et<br />

largement confirmée aujourd’hui,<br />

celle du monastère de Brou édifié<br />

aux portes de la ville par la seule<br />

volonté de Marguerite d’Autriche,<br />

régente des Pays-Bas, qui décide<br />

d’ériger en Savoie un monastère<br />

dont une vaste chapelle sert de<br />

nécropole pour son époux Philibert<br />

le Beau, duc de Savoie, décédé<br />

inopinément après trois ans de<br />

mariage heureux.<br />

314 315


Elle-même y sera inhumée dans<br />

un tombeau encore plus somptueux.<br />

Le conservateur explique<br />

volontiers que ce monument est<br />

un bout de la Belgique en terre<br />

française. C’est que si le matériau<br />

de base est la pierre du Revermont<br />

et la brique de la Dombe,<br />

l’ensemble surmonté d’une haute<br />

toiture de tuiles vernissées et colorées<br />

se singularise par un style<br />

gothique brabançon flamboyant.<br />

Bourg-en-Bresse<br />

offre deux atouts.<br />

Son centre historique d’abord<br />

qui se révèle un livre d’histoire à<br />

ciel ouvert, entre des maisons<br />

médiévales à pans de bois, des<br />

hôtels particuliers et des édifices<br />

belle Epoque, toutes les venelles<br />

souvent piétonnes se refermant<br />

autour de la cathédrale Notre-<br />

Dame, point d’orgue du centreville<br />

qui abrite une petite statue<br />

de la Vierge Noire vénérée depuis<br />

des siècles. Une promenade<br />

qui permet de remonter le temps<br />

mais qui séduira aussi les amateurs<br />

d’artisanat et de tradition.<br />

Chez le bijoutier Jeanvoine ainsi,<br />

les émaux bressans, qui jadis ornaient<br />

les princesses et les aristocrates,<br />

proposent aujourd’hui de<br />

nouvelles formes plus modernes<br />

tout en respectant les lignes originelles<br />

caractérisées par une rosace<br />

centrale en or appliquée sur<br />

l’émail coloré et perlée de délicates<br />

gouttes d’émail. Les saveurs<br />

bressanes sont aussi à l’honneur,<br />

comme la tarte bressane briochée<br />

à la crème et au sucre, ou encore<br />

les gaudes à base de farine de<br />

maïs sous forme de sablés salés ou<br />

sucrés, à découvrir dans les pâtisseries<br />

ou sur les étals du marché.<br />

Ou encore la maison Giraudet qui<br />

distribue la quenelle moulée à la<br />

cuillère jusque Paris, une tradition<br />

perpétuée depuis plus de 100 ans.<br />

Villages du Revermont.<br />

Proche de Genève et de Lyon, de<br />

Macon et de Beaune, Bourg-en-<br />

Bresse et sa région ont séduit de<br />

nombreux citadins qui ont choisi<br />

d’y vivre et c’est ainsi que notre<br />

itinérance sur les routes de campagne<br />

nous a menés d’un village<br />

à l’autre tous bien habités. On est<br />

loin d’une campagne abandonnée<br />

et chaque village de caractère<br />

s’enroule autour d’un château,<br />

d’un lavoir ou d’une église sans<br />

oublier de fleurir ses venelles et<br />

d’entretenir ses maisons à pans<br />

de bois. D’anciennes fermes bressannes<br />

basses et allongées avec<br />

une toiture débordante sur les côtés<br />

se sont muées en écomusées<br />

avec des collections de mobilier et<br />

d’objets anciens qui racontent une<br />

vie rurale basée sur une économie<br />

agraire. De curieuses cheminées<br />

coiffent ces fermes, elles portent le<br />

joli nom de sarrasines sans doute<br />

parce qu’elles étaient singulières,<br />

issues d’une autre civilisation. Autant<br />

de lieux à visiter à la rencontre<br />

d’habitants du coin, accueillants<br />

et prolixes en anecdotes. De quoi<br />

se sentir dépaysés dans ce terroir<br />

riant proche de chez nous.<br />

316 317


Se loger :<br />

La région<br />

ne manque<br />

pas de<br />

chambres<br />

d’hôtes.<br />

Essayez<br />

l’Annexe<br />

Maison<br />

Bourgeoise<br />

à<br />

Malafretaz,<br />

une oasis de<br />

charme et<br />

une table<br />

d’hôtes<br />

goûteuse à prix doux.<br />

33(0)675414327<br />

Les fermes bressanes<br />

www.ecomuseebresse.fr,<br />

www.bresse-sougey.net,<br />

www.ain.fr/solutions/<br />

musee-de-bresse-domaine-planons<br />

Le terroir bressan fait la<br />

part belle à la nature, aux<br />

randonnées pédestres ou<br />

en vélo. La Plaine Tonique<br />

à Malafretaz et La Grange<br />

du Pin à Cuisiat sont reconnus<br />

Bases d’activité<br />

VTT et offrent en sus de<br />

beaux plans d’eau pour<br />

s’y plonger en été. L’un<br />

comme l’autre autorise<br />

le camping.<br />

Evadez-vous aussi au Parc<br />

des Oiseaux à Villars-les-<br />

Dombes www.parcdesoiseaux.com<br />

un tour du<br />

monde ornithologique et<br />

le plaisir de nourrir<br />

plus de 200<br />

loris qui se<br />

perchent<br />

sans hésiter<br />

sur votre<br />

main ou<br />

votre épaule.<br />

Volkswagen<br />

T-CROSS<br />

Ni citadine<br />

ni SUV,<br />

La T-Cross<br />

1.0 TSI s’est<br />

révélée un baroudeur urbain<br />

compact aux dimensions<br />

sans doute réduites<br />

mais la conduite du véhicule<br />

était agréable même<br />

sur une longue distance si<br />

ce n’est que dans ce cas il<br />

lui manque un accoudoir<br />

central digne de ce nom<br />

pour reposer le bras. Ses<br />

équipements sécuritaires<br />

et son assistance à la<br />

conduite très complets<br />

sur ce type de modèle<br />

contribuent largement<br />

au plaisir de la route. La<br />

boîte automatique sans<br />

à-coups se fait oublier et<br />

la conduite reste souple<br />

même sur les routes sinueuses<br />

du Jura.<br />

INFOS :<br />

• monastere-de-brou.fr,<br />

• bourgenbressetourisme.fr<br />

318 319


VOYAGE & LOISIRS<br />

Rennes<br />

Un road-trip Full électrique...<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

Découvrir Rennes en<br />

mode éco-responsable !<br />

Une semaine de vacances à<br />

Rennes à pied, en vélo, en bus,<br />

en voiture électrique louée<br />

pour les excursions hors ville et<br />

en train ! Sans oublier le choix<br />

d’un hôtel dont la démarche<br />

soucieuse de l’environnement<br />

a été saluée par l’obtention de<br />

l’éco label européen.<br />

Pari réussi et en fait très aisé à<br />

vivre. En voici les clés !<br />

L’idée est née en décembre dernier<br />

quand les médias ont annoncé que<br />

la SNCF lançait dès le 16 décembre<br />

une nouvelle ligne à grande vitesse<br />

entre Bruxelles et Rennes, à raison<br />

d’une liaison aller-retour quotidienne<br />

pour chaque jour de la<br />

semaine. Soit 4h30 de voyage<br />

très confortable avec une arrivée<br />

dans la capitale bretonne<br />

en début de soirée et un retour<br />

sans doute matinal mais peu dérangeant<br />

avec un hôtel à 8 minutes à<br />

pied de la gare d’autant que le départ<br />

vers 6h30 du matin offre la possibilité<br />

de vivre encore sa journée en<br />

Belgique.<br />

Rennes du patrimoine.<br />

Malgré une population officielle de<br />

quelque 215.000 habitants, la ville<br />

n’en est pas moins une métropole<br />

singulière, d’abord parce qu’elle<br />

reste à taille humaine et on la traverse<br />

aisément à pied en arpentant<br />

les nombreuses rues piétonnes du<br />

centre historique. Elle possède aussi<br />

la plus grande concentration de<br />

maisons à pans de bois du Grand<br />

Ouest qui rythment le fil de la<br />

balade d’autant qu’elles sont<br />

en général toujours occupées,<br />

entre autres par des<br />

commerces de bouche et<br />

des bars. Enfin de vastes<br />

places souvent fleuries<br />

donnent à admirer des édifices<br />

emblématiques comme celle<br />

320 321


du Parlement de Bretagne joyau et<br />

symbole de la ville, aujourd’hui palais<br />

de justice du département d’Ille-et-<br />

Vilaine, ou encore celle de la Mairie<br />

où avec sa façade concave, l’hôtel de<br />

ville du 18ème siècle semble s’emboîter<br />

parfaitement avec celle convexe<br />

de l’Opéra qui lui fait face, ou mieux<br />

encore la place de la République, dominée<br />

par le majestueux palais du<br />

Commerce percé d’une arcade au niveau<br />

du pavillon central qui ouvre ainsi<br />

un passage entre le centre ancien,<br />

bourgeois et commerçant largement<br />

reconstruit après l’incendie de 1720<br />

qui détruisit 40% de la ville, et les<br />

faubourgs sud jadis plus populaires<br />

mais aujourd’hui en passe d’afficher<br />

de nouveaux lieux contemporains<br />

comme les Champs Libres sur la vaste<br />

esplanade Charles de Gaulle, un espace<br />

culturel atypique et novateur<br />

dans une structure de verre et d’acier<br />

signée par Christian de Portzamparc.<br />

On peut aussi citer la toute nouvelle<br />

gare de Rennes avec son bâtiment<br />

aéré tout en longueur surmonté d’un<br />

toit translucide en forme de bulles<br />

d’air ondulées.<br />

Largement piétonne, la ville concentre<br />

aussi une offre de commerces foisonnante<br />

avec de nombreuses boutiques<br />

indépendantes, autant d’enseignes<br />

originales et artisanales. Par ailleurs<br />

en été, les Rennais aiment fuir leur<br />

ville pour se réfugier à la côte où<br />

nombreux sont ceux qui y possèdent<br />

une seconde résidence. Autant de<br />

plaisir pour le touriste qui s’approprie<br />

d’autant plus facilement les espaces.<br />

Mais attention, les terrasses des restaurants<br />

sont vite envahies par ceux<br />

qui connaissent les lieux tendances ou<br />

qui y ont leurs habitudes et il importe<br />

de réserver sa place pour en profiter<br />

d’autant que Rennes s’avère une véritable<br />

étape gastronomique qui va<br />

bien au-delà des célèbres crêperies.<br />

Rennes de la nature.<br />

Même si le fleuve de la Vilaine est recouvert<br />

sur une grande partie de son<br />

cours au cœur de la ville ne laissant<br />

de son souvenir que le nom des anciens<br />

quais qui alignent de beaux<br />

immeubles historiques, il attire les<br />

promeneurs le long des chemins de<br />

halage qui commencent juste au bout<br />

de la Place de la République, là où sur<br />

un terrain en forme de proue Jean<br />

Nouvel a construit un étonnant édifice<br />

largement vitré avec des murs végétaux,<br />

des pergolas et des balcons revêtus<br />

de bois autour d’espaces plantés.<br />

On a choisi de louer un vélo électrique<br />

pour suivre un itinéraire qui depuis le<br />

quai de la Prévalaye, juste en face de<br />

l’immeuble « Jean Nouvel » va nous<br />

mener tranquillement d’une écluse à<br />

l’autre aux étangs d’Apigné bordés<br />

d’une jolie plage de sable bien appréciée<br />

durant cet été chaud par les<br />

amoureux de la bronzette. On a poursuivi<br />

par une boucle très agréable qui<br />

fait le tour des étangs et qui se révèle<br />

un parcours santé pour les plus courageux.<br />

Au retour une halte au MeM,<br />

un lieu de culture aménagé sous un<br />

espace forain mais surtout signalé par<br />

une jolie guinguette de tables écologiques<br />

construites avec de simples<br />

palettes en bois éparpillées sous les<br />

322 323


1<br />

2<br />

3 4 5<br />

1 - La plage , lieu préféré des Rennois<br />

On s’y rend facilement à vélo électrique.<br />

2 - Le canal d’Ille-et-Rance et sa<br />

double voie verte font le bonheur de<br />

tous ceux qui aoiment les balades<br />

bucloliques..<br />

3 - Rien de plus romantique que de<br />

flâner au cœur du patrimoine architectural<br />

de Fougères située de part et<br />

d’autre de la rivière Nançon<br />

4 - La place des Lices est un concentré<br />

de l’art de vivre avec son marché<br />

alimentaire hebdomadaire, mais aussi<br />

du patrimoine rennais avec de beaux<br />

hôtels particuliers à pans de bois.<br />

5 - Maniable et silencieuse, la petite Zoé<br />

s’est révélée idéale pour visiter les alentours<br />

et boucler notre minitrip<br />

Zéro émissions<br />

324 3<strong>25</strong>


arbres. On se sent en vacances !<br />

Le lendemain on franchira de la même<br />

manière la dizaine de kilomètres du<br />

chemin de halage qui longe le canal<br />

d’Ille-et-Rance jusqu’à la petite ville<br />

de Betton, à découvrir pour son sympathique<br />

marché dominical qui s’étire<br />

le long de l’eau. Les chemins de halage<br />

de part et d’autre du canal sont<br />

bien aménagés pour y pratiquer le<br />

vélo ou la course à pied. L’écluse de<br />

Saint-Grégoire et son ancien moulin<br />

offrent une pause agréable pour y déguster<br />

nos fruits achetés au marché.<br />

La plus grande partie du cours du canal<br />

est alimentée par le lit de l’Ille qui<br />

à Rennes se jette dans la Vilaine, dans<br />

une zone naturelle préservée appelée<br />

les Prairies inondables de Saint-Martin.<br />

Un espace de biodiversité en<br />

passe de réaménagement pour devenir<br />

un des poumons verts urbains de<br />

Rennes. Jadis cet axe liquide servait à<br />

transporter des marchandises et des<br />

hommes mais supplanté par le chemin<br />

de fer plus rapide, le canal s’est<br />

depuis ouvert aux plaisanciers, aux<br />

pêcheurs, aux sportifs de tout poil et<br />

aux promeneurs.<br />

En fait la nature n’est jamais loin<br />

à Rennes. Déjà au célèbre Marché<br />

des Lices qui réunit chaque samedi<br />

quelque 300 agriculteurs producteurs,<br />

artisans transformateurs alimentaires<br />

et fleuristes. Ils y accueillent<br />

depuis bientôt 4 siècles (1622) les<br />

Rennais qui y cheminent, panier en<br />

main et papilles en éveil. Ce serait le<br />

second plus grand marché de France<br />

qui rassemble au pied des façades à<br />

pans de bois et des hôtels particuliers<br />

tout ce que la région fait de mieux en<br />

gastronomie. Les étals débordent de<br />

générosité et de gourmandise. Autre<br />

lieu de rendez-vous inévitable des<br />

Rennais, le parc du Thabor, soit une<br />

dizaine d’hectares aménagés en plein<br />

centre de la ville. Une roseraie de près<br />

de 2000 variétés de roses, des arbres<br />

remarquables dont certains affichent<br />

deux cents ans, un jardin à la française<br />

au pied des serres de l’orangerie,<br />

un jardin botanique, une jolie volière,<br />

une aire de jeux pour les enfants<br />

et un enclos à canards, de quoi attirer<br />

les promeneurs jour après jour qui ne<br />

s’en privent pas.<br />

Aux alentours de Rennes.<br />

Incontournables, les Jardins de Rocambole<br />

à quelque 18 km au sud<br />

de Rennes méritent le détour. Pour<br />

s’y rendre on a choisi la formule de<br />

la location d’une voiture électrique, la<br />

petite Zoé de chez Renault qui s’est<br />

révélée performante, confortable et<br />

bien agréable à conduire.<br />

S’égarer dans les jardins potagers et<br />

botaniques conçus par Luc Bienvenu<br />

sur près de 7000 mètres carrés, c’est<br />

d’abord s’offrir un voyage éco-artistique<br />

voire même poétique.<br />

Il faut dire que ce jardinier est aussi<br />

un visionnaire passionné de recyclage<br />

de différents matériaux qu’il transforme<br />

en structures paysagères insolites<br />

autour desquelles croissent des<br />

parterres de fleurs soigneusement<br />

aménagés pour donner l’impression<br />

de bouquets sauvages. Les objets insolites<br />

émaillent le parcours comme<br />

326 327


ce claustra construit avec des fourchettes tordues<br />

et blanchies qui devient un arbre à oiseaux<br />

entre deux espaces jardins, ou cette famille de<br />

hauts personnages façonnés avec des calebasses<br />

séchées qui semblent arpenter les lieux<br />

à nos côtés. Quelques miroirs cernés de plantes<br />

surprennent en ouvrant de nouvelles perspectives.<br />

On est charmé par ce patchwork qui mêle<br />

le végétal et le minéral en ouvrant la porte aux<br />

rêves. « Pour faire un jardin il faut un morceau<br />

de terre et d’éternité », une phrase de Gilles<br />

Clément qui sonne ici dans la bouche de Luc<br />

comme un adage.<br />

Le lendemain, on a retrouvé notre petite Zoé<br />

pour une escapade vers le nord cette fois, à une<br />

cinquantaine de km, à Fougères, une des anciennes<br />

places fortes du duché breton qui surveillaient<br />

l’envahisseur français. En vain, puisque<br />

le mariage de François Ier avec la fille de Anne de<br />

Bretagne allait sonner le glas de l’indépendance<br />

bretonne. L’imposant château-fort de Fougères<br />

reste un imposant témoignage de cette époque<br />

d’autant qu’il a conservé une douzaine de tours<br />

qui se reflètent dans l’eau des douves. La plus<br />

belle vue panoramique sur le quartier médiéval<br />

de la ville dominé par l’imposante enceinte de<br />

la forteresse qui aligne coursive, tourelles et créneaux<br />

se découvre depuis le belvédère du jardin<br />

public créé au pied de l’église St-Léonard doté<br />

de gargouilles en forme de canons tournés vers<br />

la campagne environnante.<br />

Infos pratiques.<br />

Y aller :<br />

Autant rejoindre la capitale bretonne en TGV au départ de<br />

Bruxelles depuis qu’en décembre dernier une ligne directe<br />

Bruxelles Midi-Rennes a été ouverte avec un voyage quotidien<br />

https://be.oui.sncf. Depuis Rennes rien de tel que la location<br />

d’une petite Zoé électrique pour partir en excursion https://<br />

rennesmetropole.citiz.coop. Le coût pour deux journées avec<br />

une assurance tout risques, 85 euros. Enfin Rennes a été la première<br />

ville du monde à s’équiper d’un vélo en libre-service informatisé.<br />

C’était en 1998 et aujourd’hui le principe reste le même<br />

avec le Vélo STAR, une solution souple pour visiter la ville et ses<br />

environs www.levelostar.fr .<br />

Sites à consulter : www.tourisme-rennes.com;<br />

www.ot-fougeres.fr; www.jardinsrocambole.fr;<br />

Lieux culturels insolites :<br />

La Criée, un centre d’art contemporain implanté dans le bâtiment<br />

du marché central construit en 1923 www.la-criee.org; le<br />

FRAC, fonds régional d’art contemporain de Bretagne, un des<br />

plus importants en France www.fracbretagne.fr; les Ateliers du<br />

Vent, un collectif d’artistes et un lieu de convivialité www.lesateliersduvent.org<br />

Se loger :<br />

A mi-chemin entre la gare et la vieille ville, le Garden Hôtel, un<br />

hôtel à taille humaine autour d’un patio verdoyant paisible, une<br />

véritable oasis dans la ville www.hotel-garden.fr . A noter que<br />

les produits offerts au petit-déjeuner sont issus pour la plupart<br />

d’entre eux de producteurs locaux auprès de qui les propriétaires<br />

de l’hôtel s’approvisionnent directement. Un réservoir<br />

à compost est installé dans le patio pour qu’y<br />

soient déposés tous les déchets verts ainsi que marc<br />

de café et sachets de thé. Enfin le jardin arboré d’un<br />

vieux chèvrefeuille abrite des nids d’oiseaux qui accompagnent<br />

les levers matinaux !<br />

Se nourrir :<br />

A Rennes les produits du terroir breton, de la terre à<br />

la mer toute proche, sont sublimés par des cuistots<br />

créatifs. Incontournable, la crêperie Saint-Georges<br />

dans une belle demeure à pans de bois offre un large<br />

éventail de galettes sarrasines autour des Georges<br />

célèbres www.creperie-saintgeorges.fr.<br />

On a été bluffé par le jeune cuistot du restaurant<br />

Debrin qui improvise dans sa mini-cuisine un menu<br />

surprise en fonction du marché et de son inspiration<br />

www.debrin-restaurant.fr .<br />

Oh my biche, un coffee shop tendance aux plats à<br />

la fois sains et gourmands, idéal pour un déjeuner<br />

www.ohmybiche.fr Chez @Pierrerestaurantdecopains,<br />

un franc bistrot qui fait plaisir avec en toile<br />

de fond une cuisine fraîche du marché inventive. Le<br />

must c’est Paris-Brest, le restaurant gastronomique<br />

de la gare où Christian Le Squer, le chef triplement<br />

étoilé du « Le V » à Paris, a renoué avec ses origines<br />

bretonnes en confiant les rênes de cette table à son<br />

jeune chef Benjamin Le Coat avec qui il concocte<br />

d’anciennes recettes qui mettent la Bretagne à l’honneur<br />

pour un prix doux www.parisbrest.bzh.<br />

328 329


GRECE<br />

330 331


Costa<br />

GRECE<br />

Navarino<br />

Trésor caché du Péloponnèse.<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

Face au bleu cristallin de la mer Ionienne, ce n’est<br />

pourtant pas le nom d’une côte balnéaire mais celui<br />

d’une destination touristique bien gardée entre plages<br />

sableuses dorées et versants montagneux verdoyants, de<br />

quoi assurer une destination au soleil aérée par la brise<br />

marine et offrir une parenthèse enchantée à ceux qui<br />

choisiront de s’y poser.<br />

Navarino Dunes,<br />

un environnement<br />

exceptionnel.<br />

Très lumineuse, l’entrée de<br />

l’hôtel annonce déjà le style<br />

traditionnel de Messénie<br />

avec de la pierre naturelle,<br />

des tons chauds et des boiseries<br />

blondes. Comptoirs<br />

discrets en olivier massif, fer<br />

forgé pour les luminaires,<br />

canapés d’attente à baldaquin<br />

aux voilages écrus,<br />

le ton est donné. Les silencieuses<br />

golfettes s’avèrent<br />

bien utiles pour parcourir le<br />

site jusqu’à notre chambre.<br />

L’occasion de réaliser combien<br />

les allées slaloment<br />

entre jardins, piscines paysagées<br />

et bâtiments bas où les<br />

chambres se déploient entre<br />

le rez-de-chaussée et l’étage.<br />

Le chantier de la construction<br />

a nécessité la déplantation et<br />

replantation de 7.100 oliviers<br />

pour parvenir à insérer le bâti<br />

au cœur du milieu naturel.<br />

Près d’un million d’essences<br />

forestières endémiques, arbustes,<br />

fleurs saisonnières et<br />

herbes aromatiques ont également<br />

été plantées offrant à<br />

chacun la chance d’une promenade<br />

entre des bosquets<br />

odorants.<br />

Rêve de valorisation<br />

d’une région.<br />

Tout a commencé lorsque le<br />

capitaine Vassilis Constantakopoulos,<br />

un enfant du pays<br />

devenu un riche armateur<br />

dans la marine marchande,<br />

a souhaité revitaliser sa région<br />

d’origine, la Messénie.<br />

C’est ainsi qu’il a créé Costa<br />

Navarino, avec l’espoir d’offrir<br />

des options luxueuses<br />

mais durables aux futurs visiteurs<br />

du monde entier qui<br />

pourraient ainsi découvrir la<br />

beauté préservée de sa patrie<br />

tout en s’immergeant<br />

dans l’histoire de la région<br />

et en offrant des opportunités<br />

d’emploi à la communauté<br />

locale. Aujourd’hui ils sont<br />

quelque 1200 à travailler à<br />

Navarino Dunes, une chance<br />

inouïe de développement<br />

pour la population locale.<br />

Passionné de golf, le capitaine<br />

a ainsi fait tracer par<br />

332 333


des champions de ce sport d’élite 2<br />

parcours de golf 18 trous qui offrent<br />

des perspectives panoramiques sur<br />

des collines bucoliques ou encore des<br />

vues spectaculaires sur la mer. Afin de<br />

répondre aux besoins d’arrosage des<br />

deux parcours, trois réservoirs d’eau<br />

de près de 1.180.000 m3 ont été créés.<br />

Le mélange de graminées qui a servi à<br />

ensemencer les greens a été sélectionné<br />

particulièrement résistant et adapté<br />

au climat local.<br />

Le Westin Resort,<br />

signé Marriott International.<br />

Sans aucun doute l’intelligence du Capitaine<br />

Constantakopoulos a été de<br />

s’associer avec une société hôtelière<br />

de premier plan, forte de son expertise<br />

dans la gestion d’établissements raffinés,<br />

élégants et au service exemplaire.<br />

445 chambres et suites avec balcons<br />

aux étages tandis que la plupart au<br />

rez-de-chaussée disposent de piscines<br />

privées à débordement.<br />

Petit détail bien agréable, une porte<br />

coulissante en bois au-dessus de la<br />

baignoire permet d’avoir une large vue<br />

directe sur la chambre et au-delà sur la<br />

terrasse et le paysage.<br />

Deux piscines, la Westin Pool de 850 m2<br />

et la Lagoon Pool de 890 m2 sont deux<br />

perles bleues pour leurs qualités de<br />

334 335


symbiose avec le jardin. Enrochements,<br />

formes arrondies, cascades,<br />

margelles sécurisées, jardins plantés<br />

d’oliviers, quelques hamacs qui<br />

vous tendent les bras, et bien sûr<br />

des bars installés dans l’eau où il<br />

est même possible de déguster des<br />

salades légères tout en s’offrant<br />

une boisson rafraîchissante.<br />

Outre le golf pour les amateurs,<br />

d’autres activités sont proposées<br />

intra-muros. Les hédonistes apprécieront<br />

le spa Anazoe, un centre<br />

de thalassothérapie sur 4000 m2<br />

avec saunas, hammams, piscines,<br />

brumisateurs et plusieurs formules<br />

de thérapie par la lumière et la chaleur.<br />

Les sportifs ne manqueront<br />

pas le Mouratoglou Tennis Center<br />

avec ses 16 courts de tennis et une<br />

variété de programmes sur des sols<br />

variés depuis la terre battue naturelle<br />

au gazon naturel. Les familles<br />

trouveront un véritable refuge<br />

pour les enfants dans un parc aquatique<br />

conçu pour eux avec piscine<br />

et toboggans. Les ados repéreront<br />

rapidement la salle de gymnase<br />

équipée pour des parties de basket,<br />

volley-vall, badminton et ping-pong<br />

mais ils se réjouiront également<br />

des activités telles l’escape room,<br />

le karaoké ou le bowling organisés<br />

dans la Youth Hub Division<br />

16.<br />

En soirée c’est l’Agora qui<br />

accueille les uns et les autres,<br />

pour un apéritif dans un Kaféneion<br />

sous le feuillage d’un<br />

platane, comme si vous étiez<br />

au coeur d’un village grec.<br />

C’est ici aussi que convergent<br />

336 337


les boutiques mais aussi tous<br />

les restaurants qui offrent des<br />

cuisines variées toujours savoureuses<br />

pour proposer un voyage<br />

gastronomique aux adultes pendant<br />

que les enfants s’ébattent<br />

en riant dans la vaste cour sous<br />

l’œil attentif de leurs parents.<br />

Au cœur de<br />

l’histoire antique.<br />

Costa Navarino a été voulu par<br />

son fondateur car ce projet s’inscrivait<br />

au coeur d’un patrimoine<br />

façonné par 4500 ans d’histoire<br />

et les amateurs de vieilles pierres<br />

ne seront pas en reste. Le long<br />

des côtes découpées s’égrènent<br />

des forteresses, témoins du passage<br />

des Francs, des Vénitiens ou<br />

des Ottomans.<br />

A Chora d’abord sur les ruines<br />

du palais de Nestor érigé sur une<br />

colline émergeant au milieu d’un<br />

océan d’oliviers. Il n’en subsiste<br />

plus que les fondations à découvrir<br />

en empruntant un réseau<br />

de passerelles surplombant les<br />

différents espaces. Le roi Nestor<br />

aurait participé à la guerre<br />

de Troie et fit de Pylos qui exista<br />

d’abord autour du palais une<br />

cité florissante. On retrouve l’espace<br />

réservé aux jarres à huile et<br />

à grains toujours insérées dans<br />

des banquettes de pierre qui<br />

préservaient leur température.<br />

Le vestige le mieux conservé est<br />

la baignoire en pierre sculptée<br />

qui appartenait sans doute à la<br />

reine.


Quand on la découvre depuis les<br />

vestiges du palais de Nestor, on<br />

comprend que la rade de Pylos<br />

gardée par la muraille rocheuse<br />

de l’île de Sfaktiria est sans aucun<br />

doute une des plus belles et<br />

plus sûres de la mer Ionienne.<br />

Pas étonnant que le petit port<br />

de Pylos s’y soit développé en<br />

amphithéâtre face à la baie. La<br />

vaste place centrale ombragée<br />

par des platanes centenaires et<br />

bordée d’arcades domine le petit<br />

port de pêche doublé d’une<br />

marina. De quoi alimenter les<br />

bavardages des habitants qui<br />

ne manquent pas de prendre un<br />

café dans l’un ou l’autre kafénéion<br />

qui se déploie sur la place.<br />

Pylos abrite un autre trésor<br />

historique caché parmi les pins<br />

sur les hauteurs de la ville. La<br />

Nouvelle Forteresse qui date<br />

du 16ème siècle et qui fut<br />

construite par les Ottomans<br />

avant de tomber dans les mains<br />

des Vénitiens a tout d’une citadelle<br />

avec ses bastions et ses<br />

tours et surtout une muraille<br />

défensive qui enferme un vaste<br />

espace de 7,5 ha. Il faut grimper<br />

sur les bastions des remparts<br />

pour profiter de la vue sur l’ensemble<br />

du site et sur la baie.<br />

Dernier vestige d’une époque<br />

lointaine, l’ancienne mosquée<br />

Bajazet dont le minaret a été<br />

abattu et qui date de 1573.<br />

Depuis elle a été reconvertie<br />

en lieu de culte orthodoxe<br />

et porte le nom d’Eglise de la<br />

340 341


Transfiguration. Voidokilia, une des<br />

plus belles plages du monde. C’est<br />

du moins le titre que lui a accordé le<br />

Times. Au coeur d’une anse protégée<br />

des houles de la mer Ionienne par<br />

deux promontoires rocheux, cette<br />

plage circulaire presque refermée<br />

sur elle-même dessine la forme quasi<br />

parfaite d’un oméga grec géant.<br />

Son eau cristalline d’un bleu turquoise,<br />

sa faible profondeur idéale<br />

pour les enfants, son arrière-plan de<br />

dunes sauvages et sa longue plage<br />

de sable fin offrent une véritable oasis<br />

de détente.<br />

Toutefois cette plage se mérite car<br />

elle se niche au terme d’une mini-randonnée<br />

dans le sable et rien de tel<br />

que l’excursion guidée en vélo, électrique<br />

pour ceux qui le souhaitent,<br />

organisée par Costa Navarino pour<br />

ceux qui veulent plonger dans le<br />

décor sauvage de l’arrière-pays, par<br />

des petites routes peu fréquentées<br />

entre vignes et oliveraies. Première<br />

étape avant le repos bien mérité sur<br />

la plage de Voidokillia, toujours en<br />

vélo sur une piste herbeuse souvent<br />

étroite, longer la lagune de Yalova,<br />

une zone humide de 24 km2 classée<br />

Natura 2000 qui accueille au printemps<br />

de nombreux oiseaux sur leur<br />

route migratoire, entre autres des flamants<br />

roses.<br />

La lagune est surtout inondée par la<br />

mer et c’est un lieu d’alimentation<br />

pour une série d’oiseaux piscivores.<br />

Au fil de la saison, les eaux reculent<br />

découvrant des petites plages recouvertes<br />

de croûtes de sel.<br />

342 343


Quand notre séjour de 3 jours se termine, nous<br />

repartons avec des souvenirs en pagaille entre<br />

les activités culturelles et sportives, entre les<br />

expériences gastronomiques et les moments<br />

de pause trop rares mais si ressourçants.<br />

C’est ainsi que nous bouclons un article qui malgré<br />

son implication hôtelière raconte toute la<br />

douceur vécue de cette parenthèse enchantée.<br />

de Costa Navarino. D’autres vols ont lieu,<br />

toujours avec Aegean Airlines, vers Athènes,<br />

à 270 km de route. https:// fr.aegeanair.com<br />

Infos : www.costanavarino.com<br />

et westincostanavarino.com<br />

du nom de la ville de Koroni en Méssénie.<br />

A découvrir également en douceur<br />

apéritive, les olives spoon sweet, à savoir<br />

des olives dénoyautées puis fourrées<br />

avec une amande et enrobées d’un<br />

mélange de miel et d’épices qui se dégustent<br />

délicatement avec une cuillère.<br />

Souvenirs :<br />

Tout ce qui a trait aux olives bien entendu<br />

Petit conseil :<br />

INFOS<br />

Y aller : Aegean Airlines propose un vol dominical<br />

depuis Bruxelles jusque Kalamata, capitale<br />

avec entre autres des canettes d’un demi-litre<br />

ou d’un litre d’huile d’olive EVOO<br />

(Extra Virgin Olive Oil) de la variété Koroneiki<br />

N’hésitez pas à télécharger l’application<br />

«Costa Navarino» qui permet de<br />

s’orienter dans le site mais aussi de ré-<br />

344<br />

de la Messénie, à 45 km en voiture<br />

considérée comme la reine des olives,<br />

server son activité en un seul clic.<br />

345


GROENLAND<br />

346 347


GROENLAND<br />

Expédition polaire<br />

.Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

Choisir une croisière pour découvrir le Groenland, une destination mythique pour<br />

ceux qui ont le virus de l’exploration, est sans aucun doute la meilleure manière de<br />

découvrir ce territoire en y multipliant les expériences. Embarquement immédiat !<br />

Il faut savoir que la plus longue route goudronnée<br />

du pays ne dépasse pas 35 km et<br />

que les villes ne sont pas connectées entre<br />

elles, comme elles le sont ailleurs dans le<br />

monde. Au Groenland dont 81% du territoire<br />

ne forme qu’une immense calotte<br />

glaciaire, les villes sont toutes côtières<br />

à l’exception de Kangerlussuaq située à<br />

l’extrémité du plus long fjord du pays, à<br />

quelque 170 km de la mer. Il ne reste donc<br />

que le bateau, l’avion ou l’hélicoptère pour<br />

se déplacer d’un lieu à l’autre.<br />

Nous avons voyagé avec le SH Vega, un des<br />

deux bateaux que possède la toute nouvelle<br />

venue sur le marché des croisières<br />

d’exception, Swan Hellenic. Ce navire qui<br />

accueille au maximum 152 passagers répartis<br />

dans 76 cabines a été conçu pour affronter<br />

les zones de latitude extrême avec<br />

une coque renforcée contre la glace et des<br />

stabilisateurs extra-larges pour le confort<br />

des passagers.<br />

Un bateau propre !<br />

Autre plus, sa propulsion diesel-électrique<br />

qui assure une navigation silencieuse qui<br />

augmente les chances de voir la vie marine.<br />

348 349


La côte Est du Groenland,<br />

première rencontre.<br />

Après une journée en mer depuis le départ de<br />

Reykjavik, la côte groenlandaise s’offre enfin<br />

sous la forme d’un liseré d’îlots rocheux chapeautés<br />

de neige et de glace. Autour de nous<br />

dérivent lentement nos premiers icebergs,<br />

d’une blancheur immaculée. Le bateau emprunte<br />

le fjord étroit de Skjoldungen bordé de<br />

pics escarpés, de parois rocheuses verticales<br />

et de rivières serpentines de glace plongeant<br />

dans la mer. Notre première sortie en zodiac<br />

nous permettra d’approcher de plus près cet<br />

incroyable paysage qui superpose d’énormes<br />

crevasses et des blocs de glace, des séracs, qui<br />

se découpent dans un ciel bleu qui se noie dans<br />

les eaux laiteuses du fjord, enrichies par les minéraux<br />

qui dégringolent des falaises.<br />

Le Prince Christian Sound<br />

Cette voie d’eau d’une centaine de kilomètres<br />

entre les îles de l’archipel du Cap Farewell permet<br />

de rejoindre plus aisément la mer du Labrador<br />

sur la côte Ouest. Les nombreux fjords<br />

cernés de montagnes abruptes qui grimpent<br />

souvent à quelque 2000 m de hauteur créent ici<br />

des courants de marée qui ralentissent le cours<br />

du bateau, attentif à garder son cap grâce au<br />

sonar qui lui indique les roches sous-marines.<br />

Le bateau empruntera une ramification d’un<br />

fjord plus paisible pour nous offrir une sortie<br />

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avec un débarquement sur une plage caillouteuse<br />

où on découvrira avec surprise une variété<br />

inattendue de fleurs basses de couleurs<br />

variées protégées par des bouquets d’herbes<br />

hautes. L’occasion aussi de découvrir le gneiss,<br />

une roche rare avec une structure en feuillets<br />

née suite à un épisode de déformation il y a<br />

cela des milliards d’années quand notre planète<br />

terre s’est disloquée pour peu à peu dessiner<br />

les continents actuels.<br />

Brattahlid, un village viking<br />

sur la côte Sud-Ouest du Groenland.<br />

Quand on découvre au matin le paysage verdoyant<br />

qui ceinture le hameau de Qassiarsuk<br />

à la pointe de l’Eriks Fjord, on ne s’étonne pas<br />

que le viking Erik le Rouge contraint de s’exiler<br />

d’Islande et explorateur des côtes groenlandaises<br />

ait choisi de se poser ici en 982 pour y<br />

fonder une colonie de fermiers.<br />

Persuadé d’avoir déniché un trésor de la nature<br />

il lui donnera le nom de Groenland, pays<br />

vert par opposition à son Islande natale, terre<br />

de glace, espérant ainsi attirer de nouveaux<br />

colons. Ici les prés escaladent doucement les<br />

collines et grimpent dans l’arrière-pays à la<br />

manière de nos alpages. Le site portait le nom<br />

de Brattahlid et on trouve encore des ruines<br />

vikings datant d’un millier d’années : les fondations<br />

de la première église chrétienne du<br />

Nouveau Monde sous l’impulsion de Tjodhilde,<br />

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la femme d’Erik le Rouge convertie au christianisme<br />

ou encore les vestiges du Ping, l’assemblée<br />

politique locale qui créa ici une République<br />

Viking.<br />

On ne sait trop pourquoi exactement la population<br />

viking du Groenland s’éteignit au 15èmesiècle,<br />

leur disparition reste énigmatique.<br />

En l’an 2000, deux splendides reconstitutions<br />

de l’église Tjodhilde et d’une maisonnette<br />

d’époque attribuée à Erik le Rouge permettent<br />

de donner une idée de l’architecture viking en<br />

tourbe et en bois au cœur d’un vaste paysage<br />

ouvrant sur le fjord. Depuis 2017 le paysage<br />

«culturel» du village de Qassiarsuk a été classé<br />

au patrimoine de l’Unesco.<br />

Sisimiut,<br />

au nord du cercle polaire arctique.<br />

La seconde plus grande ville du pays avec ses<br />

5500 habitants se révèle séduisante avec sa<br />

collection de maisons colorées qui s’agrippent<br />

aux affleurements rocheux qui cernent le port<br />

qui serait le plus septentrional du pays à être<br />

libre de glace toute l’année.<br />

La vieille ville rassemble plusieurs bâtiments<br />

coloniaux qui forment ensemble un musée<br />

consacré à l’histoire et à la culture locales. Pour<br />

pénétrer dans cet espace il faut passer sous un<br />

portail formé par le squelette d’une mâchoire<br />

de baleine, geste qui porte bonheur dit-on làbas.<br />

La réunion de ces bâtiments historiques<br />

donne une idée de ce à quoi devait ressembler<br />

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la ville dès le 18ème siècle. La vieille maison de 1756 rassemble des trouvailles<br />

issues de recherches de fouilles archéologiques près de la ville offrant<br />

un aperçu de la culture Saqqaq dans la région il y a 4000 ans. Pas étonnant que<br />

l’Unesco ait salué le site comme patrimoine culturel.<br />

Plus au nord encore,<br />

Ilulissat, la capitale des icebergs.<br />

Le site dominé par le glacier Sermeq Kujalleq qui s’avance dans un fjord échancré<br />

est un point d’observation privilégié de tonnes de glaciers vêlés par la<br />

langue glaciaire qui se jettent en s’accumulant dans les 60 km du fjord.<br />

Une première promenade de quelque 2 km sur les hauteurs de la ville le long<br />

d’un chemin en caillebotis surplombant une lande tourbeuse pailletée d’une<br />

végétation rase qui prend déjà des couleurs rousses d’automne permet d’atteindre<br />

un promontoire rocheux qui accueille même quelques bancs pour in-<br />

viter chacun à contempler cette étincelante<br />

beauté de la dérive d’icebergs aux formes différentes,<br />

aux couleurs partagées entre blanc<br />

éclatant et bleu lumineux. Un spectacle naturel<br />

mémorable salué par l’Unesco en 2004.<br />

L’après-midi nous offrira deux heures d’émerveillement<br />

en face de cette beauté brute et<br />

toute naturelle pourtant. Nous repartons en «<br />

zodiac cruise » par petits groupes de 10, tous<br />

habillés de pied en cap pour se protéger du<br />

froid et gilets de sauvetage bien arrimés autour<br />

des épaules. Plus nous nous approchons<br />

des icebergs en dérive, plus nous nous sentons<br />

minuscules face à ces sculptures de glace et<br />

quand on sait que la partie visible ne repré-<br />

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sente que 10%, le reste étant immergé dans la<br />

mer, notre émotion est encore plus grande.<br />

C’est en silence d’ailleurs, médusés par cette<br />

expérience unique, que nous retournons vers<br />

le bateau qui s’illumine en cette fin de journée,<br />

rêve de chaleur et d’une soirée conviviale autour<br />

de nos souvenirs.<br />

Kangerlussuaq, fin de la croisière.<br />

Sans aucun doute c’est ici qu’on éprouve avec<br />

le plus d’acuité que le Groenland est encore<br />

une terre de pionniers. La découverte du port<br />

quand on y débarque avec notre zodiac nous<br />

laisse pantois : que des containers et une grue<br />

mobile qui circule pour les déposer sur le plateau<br />

d’un camion qui va les transporter vers la<br />

petite ville, à une quinzaine de minutes du port.<br />

Pourtant Kangerlussuaq est traditionnellement<br />

l’un des principaux points d’entrée au Groenland.<br />

On y trouve la plus longue piste d’atterrissage,<br />

ce qui lui vaut d’être un aéroport international<br />

que nous découvrirons le lendemain<br />

pour rejoindre Reykjavik. Ils seraient 500 habitants<br />

à vivre ici, regroupés autour de l’aéroport,<br />

vivant pour la plupart dans des containers<br />

colorés qui égaient le paysage.<br />

Nous partirons en bus à la découverte des<br />

paysages naturels intenses qui se trouvent<br />

juste à la porte de la ville, en empruntant des<br />

routes gravillonnées puis des pistes sableuses,<br />

de quoi s’offrir un petit safari dans la toundra<br />

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dont l’horizon est barré au loin (une vingtaine<br />

de km à peine) par la calotte glaciaire.<br />

On sort ses jumelles pour débusquer des<br />

rennes ou des bœufs musqués qui, avec leur<br />

long pelage hirsute et leurs cornes recourbées<br />

vers l’avant, semblent débarquer des<br />

temps préhistoriques.<br />

Nous n’aurons pas cette chance, à peine un<br />

renne à proximité de notre véhicule et au<br />

loin un bœuf musqué.<br />

Par contre ce paysage tourmenté de petites<br />

montagnes rocailleuses semé de<br />

lacs et de landes couvertes de lichens et<br />

d’arbustes nains nous laissera un souvenir<br />

impérissable.<br />

Une adresse responsable de la distribution<br />

des expéditions de Swan Hellenic au Benelux<br />

et en France : Cruise Selection qui se<br />

veut le «pont» entre les agents de voyage,<br />

les clients et l’armateur, ce qui garantit<br />

aux professionnels et aux consommateurs<br />

d’avoir un point de contact où ils peuvent<br />

trouver toutes les informations dont ils ont<br />

besoin. Un site : www.cruiseselection.lu<br />

Un second croisiériste propose également<br />

des croisières d’expédition francophones<br />

vers le Groenland avec en sus la découverte<br />

de villages Inuits. Voyage prévu du 18 au 30<br />

août au départ de Bruxelles vers Kangerlussuak<br />

et retour via Reykjavik.<br />

www.rivagesdumonde.be<br />

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HOLLANDE<br />

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HOLLANDE<br />

Keukenhof<br />

le printemps de l’Europe<br />

Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

Fermé l’année dernière pour<br />

cause de pandémie, Keukenhof, le<br />

plus grand parc floral du monde,<br />

aurait dû cette année ouvrir ses<br />

portes du samedi 20 mars au<br />

dimanche 9 mai inclus afin de<br />

pouvoir y admirer les parterres de<br />

fleurs à bulbes.<br />

Tout est fin prêt, le parc commence<br />

déjà à fleurir mais voilà, ce<br />

10 mars, la décision est tombée,<br />

Keukenhof restera fermé jusqu’à<br />

nouvel ordre, toujours en raison<br />

de la pandémie. Comme les excursions<br />

hors de nos frontières ne<br />

s’annoncent possibles qu’à partir<br />

du 18 avril, on peut rêver que<br />

d’ici là l’interdiction soit levée et<br />

la saison des fleurs battra encore<br />

son plein ! Sachez toutefois que<br />

les billets ne peuvent être commandés<br />

qu’en ligne et ils sont<br />

valables à date fixe avec une<br />

heure d’arrivée imposée dans un<br />

créneau horaire prédéterminé.<br />

Toute modification voire même<br />

annulation peut cependant se<br />

faire jusqu’à 7 jours avant l’arrivée<br />

via le lien prévu dans l’e-mail<br />

de confirmation d’achat. Vous voilà<br />

prévenus ! En attendant nous<br />

vous offrons ici une petite visite<br />

virtuelle inspirée par un voyage<br />

précédent.<br />

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A peine le portail franchi, le parfum devient<br />

enivrant. Quelques pas suffisent<br />

pour embrasser du regard un panorama<br />

multicolore, unique parce qu’éphémère.<br />

En face, à gauche, à droite, le spectacle<br />

est grandiose. Les allées dessinent des<br />

perspectives matérialisées par des alignements<br />

d’arbres plus que centenaires<br />

et, surtout, par des parterres couverts de<br />

fleurs. Nous sommes à Keukenhof, un domaine<br />

de 32 hectares déroulant chaque<br />

année pendant huit semaines un tapis de<br />

millions de fleurs. Ici aux Pays-Bas, le plat<br />

pays s’est forgé une réputation internationale<br />

grâce aux bulbes, exportés dans le<br />

monde entier, principalement aux Etats-<br />

Unis, au Japon et en Allemagne.<br />

Aujourd’hui encore, c’est une des richesses<br />

et des fiertés de nos voisins du<br />

Nord. Elle fait partie des clichés, à l’instar<br />

des sabots ou du fromage. Les bataves<br />

sont devenus les plus grands producteurs<br />

de fleurs à bulbes avec 20.000<br />

hectares de champs. La tulipe, mais<br />

aussi les lys, les glaïeuls, les narcisses ou<br />

encore les jacinthes colorent certaines<br />

campagnes. Keukenhof, c’est en quelque<br />

sorte la vitrine de ce savoir-faire.<br />

Une centaine d’entreprises auréolées de<br />

l’appellation enviée «Fournisseurs de la<br />

Cour» livrent leurs bulbes qui sont plantés<br />

par millions entre la fin septembre et<br />

les premières gelées, de manière à offrir<br />

un spectacle haut en couleurs de mars<br />

à mai. Pour rendre encore plus féérique<br />

La tulipe,<br />

ce magnifique parc arboré, les dizaines<br />

de jardiniers recourent à la technique<br />

originaire du Caucase<br />

de plantation en étages. En pratique,<br />

C’est la tulipe qui règne en maître depuis<br />

son introduction en 1593 au pied<br />

les bulbes sont plantés les uns au-dessus<br />

des autres : les tulipes tardives sont<br />

des moulins à vent. En effet, cette fleur<br />

placées le plus en profondeur, sous les<br />

déclinée en une multitude de tons n’est<br />

tulipes précoces et les crocus. De quoi<br />

pas originaire des Pays-Bas, elle provient<br />

renouveler les parterres qui jalonnent la<br />

d’une région montagneuse du Caucase<br />

promenade dans ce site historique. Les<br />

qui faisait alors partie de l’empire ottoman.<br />

C’est un botaniste, Charles de<br />

vestiges du château Teyligen sont ainsi<br />

encore visibles. Ce domaine a appartenu<br />

Lécluse, originaire d’Arras et engagé à<br />

à la Comtesse de Hollande, Jacoba van<br />

Leiden, qui y planta en 1593 le premier<br />

Beieren, de 1401 à 1436. C’est ici qu’elle<br />

bulbe de tulipe des Pays-Bas à partir<br />

chassait et recueillait des fruits, des légumes<br />

et des fines herbes pour les cui-<br />

d’une poignée d’oignons volés à la cour<br />

du sultan Soliman le Magnifique par<br />

sines du château, raison pour laquelle,<br />

un ambassadeur autrichien qui les lui<br />

dit-on, le nom de Keukenhof (littéralement<br />

La Cour des Cuisines) s’est imposé.<br />

céda. Il acclimata si bien cette fleur que<br />

quelque 50 ans plus tard, on compte<br />

Sur place, on vous explique que les fondements<br />

du parc actuel remontent à<br />

déjà 650 variétés de tulipes et ce foisonnement<br />

de couleurs et de formes<br />

1840 et portent la griffe des architectes<br />

provoque un tel engouement que l’on<br />

paysagistes concepteurs du célèbre parc<br />

peut parler de « tulipomania ». Vases et<br />

Vondel à Amsterdam. C’est au maire de<br />

jardins s’adaptent, les polders gagnés<br />

Lisse, la bourgade toute proche qu’est<br />

sur la mer offrent un terrain de choix et<br />

revenue l’initiative de lancer ce jardin<br />

bulbes et oignons s’exportent avec un<br />

d’agrément en 1949 avec la collaboralabel<br />

d’origine … hollandaise.<br />

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tion de professionnels de l’horticulture.<br />

Depuis lors, le succès ne se dément pas:<br />

Keukenhof accueille bon an mal an 1,5<br />

millions de visiteurs du monde entier, parmi<br />

lesquels de nombreux Belges. Et plus<br />

de 18 sortes d’oiseaux migrateurs…<br />

Un cadre changeant<br />

Progressivement, cette véritable institution<br />

a multiplié les facettes de ces cadeaux<br />

de la nature. En bordure de pièces<br />

d’eau appréciées par les cygnes et les<br />

canards ou au sommet de petites buttes,<br />

la vision de ces fleurs ne lasse pas, d’autant<br />

que le cadre naturel se modifie sans<br />

cesse au fil de la promenade. Les arbres<br />

le plus souvent majestueux modifient<br />

ainsi les perspectives et créent des ambiances<br />

diversifiées. Centenaires ou non,<br />

ils sont l’objet de toutes les attentions :<br />

tous les 5 ans, un avion survole le parc<br />

pour les photographier suivant la technique<br />

de l’infrarouge, de façon à s’assurer<br />

qu’ils sont encore tous sains. Le<br />

gazon vert vif - plus de 6.500 kilos de<br />

graines d’herbe sont semés annuellement<br />

! - contribue à donner plus d’éclat<br />

à la toile de fond.<br />

Au gré des sentiers, on découvre tour<br />

à tour des jardins à thème. Ici, dans le<br />

Jardin naturel, bulbes et plantes vivaces<br />

sont revenues à l’état sauvage. Là, dans<br />

le Jardin de la musique, on se laisse bercer<br />

par les mélodies. Plus loin, dans le<br />

Jardin historique, le franchissement des<br />

portes en bois marque une remontée<br />

vers le Moyen Age. A l’abri des murs,<br />

les fines herbes particulières rappellent<br />

l’époque de l’ancienne maîtresse des<br />

lieux, Jacoba van Beieren. Plus récent,<br />

le Jardin japonais, situé aux environs du<br />

moulin qui offre un magnifique panorama<br />

depuis sa terrasse, symbolise des<br />

liens vieux de 400 ans entre le Japon et<br />

les Pays-Bas.<br />

Art et horticulture<br />

Pour procurer un plaisir supplémentaire<br />

aux promeneurs, les responsables de<br />

Keukenhof ont agrémenté les lieux avec<br />

une série d’œuvres d’art. Il existe même<br />

un itinéraire de statues ainsi que des expositions<br />

de photos et de peintures dans<br />

différents pavillons. Le domaine abrite<br />

en effet sur ses terres plusieurs espaces<br />

couverts particulièrement appréciés lors<br />

des jours de pluie. Ces pavillons mettent<br />

en valeur, entre autres, des expositions de<br />

fleurs coupées ou sont dédiées à des essences<br />

particulières comme les orchidées,<br />

les bambous ou encore les lys.<br />

Avec un tel menu, une journée de visite<br />

paraît finalement bien courte. Pourtant,<br />

il serait dommage de mettre directement<br />

le cap sur la Belgique. A peine sorti du domaine,<br />

en empruntant les petites routes<br />

des campagnes avoisinantes, les champs<br />

de fleurs foisonnent. Plus vrais que nature<br />

évidemment. Les bandes de différentes<br />

couleurs alternent pour le plus<br />

grand plaisir des yeux. Quelle beauté ! Le<br />

bouquet de tulipes sur la table du salon<br />

au retour ne constituera qu’un maigre<br />

souvenir de cette escapade originale.<br />

Infos pratiques :<br />

Sachez qu’à l’automne, fin septembre,<br />

le parc est métamorphosé en un grand<br />

marché proposant un large assortiment<br />

de fleurs à bulbes mais aussi<br />

des articles apparentés, comme par<br />

exemple des décorations pour les fleurs,<br />

du mobilier de jardin, des clôtures et<br />

des objets ornementaux, nostalgiques<br />

et chaleureux. Pour réserver des billets<br />

et obtenir davantage d’informations :<br />

www.keukenhof.nl/fr/<br />

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INDE<br />

AU FIL DU BRAHMAPOUTRE<br />

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Plume : Christiane Goor - Capture d’Images : Charles Mahaux<br />

Au fil du Brahmapoutre<br />

AU FIL DU BRAHMAPOUTRE,<br />

UN LARGE BOULEVARD FLUVIAL EN TERRE D’ASSAM.<br />

Des Sept Soeurs de l’Inde, l’Assam est une région auréolée<br />

de mythes et de mystères.<br />

Carrefour des peuplades à la recherche des terres fertiles irriguées par le Brahmapoutre,<br />

cet Etat du Nord-Est de l’Inde vous réserve bien des surprises.<br />

Quand on interroge les uns<br />

et les autres, l’Assam évoque<br />

d’abord, voire même uniquement,<br />

un thé noir à la<br />

palette aromatique spécifique,<br />

à la fois fort, épicé et<br />

légèrement malté.<br />

SAVEZ-VOUS qu’il n’existe<br />

en fait que deux variétés<br />

naturelles du théier (camelia<br />

sinensis) utilisées en culture<br />

: la variété sinensis (chinoise)<br />

cultivée dans des plantations<br />

de haute altitude pouvant<br />

subir des températures<br />

basses et la variété assamica<br />

baptisée ainsi par Robert<br />

Bruce, un major écossais, qui<br />

l’a découverte dans la jungle<br />

de l’Assam. Celle-ci s’épanouit<br />

dans des zones plus<br />

tropicales pouvant connaître<br />

de fortes pluies et s’est développée<br />

dans les colonies


itanniques. Par contre en<br />

remontant le Brahmapoutre,<br />

c’est en vain que vous chercheriez<br />

ces «jardins de thé»<br />

tant le lit du fleuve peut être<br />

large, jusqu’à atteindre une<br />

vingtaine de kilomètres. Parsemé<br />

d’îlots et de bancs de<br />

sable mouvants qui obligent<br />

les bateaux à serpenter<br />

dans ce paysage insolite et<br />

unique, il offre pourtant le<br />

plus beau des voyages pour<br />

découvrir cette région isolée<br />

et méconnue.<br />

UN PEU DE GÉOGRAPHIE<br />

ET D’HISTOIRE.<br />

La Brahmapoutre prend sa<br />

source au Tibet, près du<br />

mont Kailash dans un glacier<br />

de l’Himalaya, et il dévale<br />

ensuite vers l’Inde où il traverse<br />

l’énorme appendice<br />

territorial en forme de main<br />

tendue vers le Sud-Est asiatique<br />

qui compte 7 états<br />

indiens interdépendants les<br />

uns des autres donnant ainsi<br />

naissance aux «Sept Sœurs».<br />

Cette partie de l’Inde n’a<br />

que 21 km de frontière commune<br />

avec le reste du pays<br />

! Par contre elle est cernée<br />

par le Pakistan, le Tibet, le<br />

Népal, le Bhoutan, le Bangladesh<br />

et le Myanmar.<br />

L’Etat central de ce vaste<br />

territoire essentiellement<br />

montagneux est l’Assam,<br />

le seul à être caractérisé<br />

par une large vallée fertile<br />

arrosée d’Est en Ouest sur<br />

près de 7<strong>25</strong> km par le fleuve<br />

qui prend ici le nom de<br />

Brahmapoutre, du sanscrit<br />

signifiant «fils de Brahmâ».<br />

En Assam il se subdivise en<br />

une multitude de bras et<br />

de canaux à la géographie<br />

changeante. Des milliers<br />

d’îles créées par l’accumulation<br />

d’alluvions puis<br />

lessivées et érodées par le<br />

courant fournissent un habitat<br />

précaire aux nomades<br />

indiens éleveurs de vaches.<br />

Il entre enfin au Bangladesh<br />

où il change de nom avant<br />

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de se jeter 290 km plus loin<br />

dans le golfe du Bengale à<br />

travers l’immense delta du<br />

Gange, le plus grand delta<br />

du monde !<br />

Les Ahoms, une tribu d’origine<br />

shan (thaï), envahirent<br />

la rive sud du Brahmapoutre<br />

au 13ème siècle et ils s’étendirent<br />

progressivement dans<br />

toute la vallée qu’ils dominèrent<br />

jusqu’en 1810, date<br />

de l’éphémère conquête<br />

par les Birmans rapidement<br />

chassés par les Anglais qui<br />

annexèrent la région. L’arrivée<br />

des Ahoms est un véritable<br />

tournant historique, les<br />

érudits estiment c’est cette<br />

dynastie qui a régné plus<br />

de six siècles qui a donné<br />

son nom à l’Etat. Au fil du<br />

temps ils s’hindouisèrent<br />

et construisirent même des<br />

temples aux divinités du<br />

panthéon brahmanique.<br />

L’implantation d’une multitude<br />

d’ethnies dans cette<br />

mosaïque de paysages reflète<br />

des vagues d’immigrations<br />

successives, venues du<br />

Tibet et d’Asie du Sud-Est.<br />

Dans les plaines, des « tribus<br />

du thé » sont arrivées<br />

de l’Est de l’Inde avec les<br />

planteurs de l’empire colonial<br />

britannique et elles<br />

travaillent encore dans les<br />

plantations. Ce brassage de<br />

population confère à l’identité<br />

assamaise une richesse<br />

culturelle indéniable d’autant<br />

que les différentes communautés<br />

coexistent en paix<br />

avec leurs propres traditions,<br />

codes vestimentaires et<br />

mode de vie.<br />

LES HUMEURS<br />

DU BRAHMAPOUTRE.<br />

Le Brahmapoutre n’est que<br />

démesure : son lit atteint<br />

par endroits 20 kilomètres<br />

de large, les bancs de sable<br />

mouvants y sont des déserts.<br />

A la passerelle, il faut toute<br />

la science du pilote pour<br />

permettre au timonier de se<br />

faufiler en eau profonde. En<br />

cas de doute des matelots<br />

décrochent la barque qui<br />

nous sert de navette pour<br />

rejoindre les rives afin de vérifier<br />

la profondeur du fleuve<br />

en aval pour mieux guider le<br />

pilote. Il suffit de découvrir<br />

les habitants, hommes et<br />

femmes, s’activant à remplir<br />

des sacs de sable pour<br />

construire des digues afin<br />

de renforcer les berges et<br />

ailleurs les lignes d’échafaudages<br />

en bambou dressés à<br />

même le fleuve pour tâcher<br />

d’en diriger le courant pour<br />

comprendre combien les<br />

crues de la mousson sont<br />

redoutées.<br />

Inutile de rêver d’une croisière<br />

sur le Brahmapoutre<br />

entre mai et septembre, car<br />

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alimenté par les pluies, le<br />

fleuve se gonfle et envahit<br />

tout, avalant les berges,<br />

noyant les cultures, détruisant<br />

les maisons. Des cours<br />

d’eau aléatoires naissent<br />

et se répandent hors de<br />

contrôle dans les plaines, y<br />

déposant de riches alluvions<br />

qui ramènent les habitants<br />

dès que le fleuve se pacifie.<br />

Comme il n’est pas possible<br />

de naviguer la nuit, chaque<br />

soir le bateau jette l’ancre au<br />

milieu du fleuve, au moment<br />

du coucher du soleil qui<br />

tombe tôt, vers 16h30, inondant<br />

le Brahmapoutre de sa<br />

lumière flamboyante.<br />

Tôt matin, la brume assourdit<br />

les couleurs et estompe<br />

les contours. C’est l’heure du<br />

départ qui se fait en douceur.<br />

Depuis le pont, le regard<br />

se perd dans ce décor<br />

de bancs de sable presque<br />

lunaires, de rares pêcheurs<br />

relèvent des carrelets avant<br />

que le soleil ne soit trop<br />

haut dans le ciel, tout se fige<br />

ensuite. Mais chaque jour<br />

nos escales nous racontent<br />

la vie qui se déroule le long<br />

du fleuve.<br />

RENCONTRE<br />

AVEC LES VILLAGEOIS.<br />

A l’approche des villages,<br />

nous embarquons sur notre<br />

navette qui vient s’accrocher<br />

à un pieu enfoncé dans le<br />

sable. Notre passerelle mobile<br />

est lancée vers la terre<br />

et avec le secours ferme<br />

des membres de l’équipage<br />

nous grimpons les talus.<br />

Rien ne laisse présager la<br />

présence d’un hameau si ce<br />

n’est la nuée d’enfants rieurs<br />

qui nous ont vus arriver et<br />

qui surveillent notre ascension<br />

avant de s’encourir vers<br />

le village. Nous visiterons<br />

deux villages, l’un moins<br />

378 379


iche que l’autre. Le premier<br />

est occupé par des membres<br />

de la communauté indigène<br />

Mising d’origine chinoise,<br />

qui sont installés en Assam<br />

depuis le 10è siècle.<br />

Une cinquantaine de maisons<br />

toutes construites sur<br />

pilotis, à la fois pour éviter<br />

les inondations mais aussi<br />

pour abriter sous la charpente<br />

un métier à tisser<br />

car les femmes Mising sont<br />

passées maîtresses dans<br />

l’art du tissage d’étoles et de<br />

couvertures dans des tons<br />

très colorés qui séduiront<br />

quelques-unes parmi nous.<br />

Ici on vit presque en autarcie,<br />

de l’élevage de vaches<br />

et de chèvres mais aussi de<br />

cochons noirs idéaux pour<br />

maintenir le village propre<br />

et d’une basse-cour piaillante.<br />

Comme c’est le printemps,<br />

tous ces animaux sont accompagnés<br />

de leurs petits<br />

et c’est un vrai plaisir de<br />

saisir la vie qui se disperse<br />

joyeusement autour de<br />

nous.<br />

Le second village déroule<br />

de part et d’autre de la piste<br />

des petits bassins de retenue<br />

d’eau, des auges autour<br />

desquelles se retrouvent des<br />

vaches et leurs veaux, des<br />

potagers soignés et riches<br />

d’aubergines, de piments,<br />

de maïs ou de courges, des<br />

meules rondes de pailles de<br />

riz, une richesse qui nous<br />

surprend mais ici, des petites<br />

camionnettes viennent<br />

chercher les légumes et les<br />

sacs de riz ou de maïs pour<br />

les revendre à la ville relativement<br />

proche.<br />

Les enfants courent autour<br />

de nous en riant et leurs parents<br />

nous invitent à découvrir<br />

leur habitation ou leur<br />

cour autour de laquelle s’est<br />

installée toute une famille<br />

au fil des générations. Un<br />

visage souriant sur le seuil<br />

d’une maison suspendue en<br />

bambou tressé, un bavardage<br />

interrompu au lavoir<br />

alimenté par une pompe<br />

sans doute reliée à la rivière<br />

aux eaux stagnantes en<br />

cette saison, l’humble lessive<br />

tendue sur des clôtures<br />

ou sur un bambou posé sur<br />

deux piliers, les pistes en<br />

terre bordées de bananiers,<br />

de papayers et de cocotiers<br />

lourds de fruits, autant d’instantanés<br />

qui se retrouvent<br />

dans chaque village et qui<br />

s’impriment dans nos mémoires<br />

et ne nous laissent<br />

pas indemnes.<br />

Les villages de nos arrière<br />

grands-parents ne ressemblaient-ils<br />

pas à ceux-ci ?<br />

Labeur lié à la terre, simplicité<br />

dans les besoins, tout un art<br />

de vivre qui certainement<br />

évoluera au vu des nombreux<br />

smartphones qui surgissent<br />

dans les mains des<br />

380 381


adolescents qui réclament<br />

des selfies.<br />

La propreté des lieux qui<br />

nous surprendra dans ces<br />

villages se retrouve également<br />

dans le marché<br />

hebdomadaire que nous<br />

visiterons tôt matin. Notre<br />

directrice de croisière a<br />

imaginé un petit jeu qui<br />

exige que chaque couple de<br />

voyageurs après avoir hérité<br />

d’un petit papier accroché<br />

à un billet de 50 roupies<br />

se charge de ramener au<br />

bateau un légume que le<br />

sort aura désigné. Pas de<br />

panique, une traduction est<br />

également proposée sur<br />

notre message. C’est ainsi<br />

que nous déambulerons<br />

entre les étals très colorés<br />

avec des monticules de légumes<br />

posés à même le sol.<br />

Pour 50 roupies soit 0,75 €<br />

nous avons ramené deux kilos<br />

de belles carottes toutes<br />

nettoyées. Les marchands<br />

se sont prêtés au jeu, l’occasion<br />

de noter que seuls les<br />

hommes tiennent les rênes<br />

du marché tant les vendeurs<br />

que les acheteurs. On imagine<br />

que ce sont les femmes<br />

qui ont nettoyé les légumes<br />

après la récolte !<br />

FIERS D’ÊTRE ASSAMAIS !<br />

Les femmes vêtues de saris<br />

colorés, les vaches errantes<br />

dans les rues, les rickshaws<br />

bariolés (électriques !), une<br />

population typée et souriante,<br />

on est bien en Inde<br />

mais ici la densité de la population<br />

est moins importante<br />

et même les villes sont<br />

globalement plus paisibles<br />

et propres, les devants des<br />

maisons régulièrement balayés<br />

et surtout le trafic est<br />

nettement moins envahissant.<br />

Bien sûr la capitale Guwahati<br />

est plus chaotique avec des<br />

édifices modernes de béton<br />

et de verre peu séduisants<br />

mais le cœur de la vieille ville<br />

est imprégné de la culture<br />

locale avec ses palmiers, ses<br />

étangs, ses petites maisons<br />

traditionnelles et d’anciennes<br />

demeures coloniales.<br />

De plus la ville s’étire au pied<br />

d’une colline où se dresse un<br />

temple sacré, le mandir de<br />

Kamakhya, un des centres<br />

de pèlerinage les plus importants<br />

de l’Inde car il abrite<br />

dans une grotte une fissure<br />

dans la roche en forme de<br />

vulve qui serait le pendant<br />

du lingam, symbole de Shiva.<br />

Le déesse-mère Kamakhya,<br />

la jeune fiancée de Shiva,<br />

y est vénérée au point que<br />

chaque jour une chèvre lui<br />

est sacrifiée ! La seule occasion<br />

de nous immerger pieds<br />

nus comme il se doit au<br />

cœur d’une foule dense.<br />

Tezpur nous séduira davantage<br />

avec ses parcs soignés<br />

autour de bassins aux allures<br />

de lacs où il est même possible<br />

de louer une barque<br />

pour une balade roman-<br />

382 383


tique. Le Cole Park créé en<br />

1906 sur un ancien site archéologique<br />

du 9ème siècle<br />

est parsemé d’étonnantes<br />

pierres sculptées qui ont été<br />

récupérées sur les ruines<br />

d’anciens temples et palais.<br />

Ce musée à ciel ouvert suscite<br />

la curiosité, comme les<br />

gravures de danseurs saisis<br />

dans des poses exquises ou<br />

des groupes de nymphes<br />

alignées sur des panneaux<br />

de pierre. Autre temple, le<br />

Da Parbatia, à la fois site<br />

touristique et religieux<br />

encore vénéré aujourd’hui<br />

même s’il subsiste en ruines<br />

à l’exception de l’encadrement<br />

d’une porte ornée des<br />

déesses Ganga et Yamuna.<br />

A l’image des sites de<br />

Tezpur, nous découvrirons<br />

d’autres temples au fil de la<br />

croisière qui racontent tous<br />

la ferveur des Assamais qui<br />

viennent s’y recueillir un<br />

instant, déposant une obole<br />

ou plus souvent une assiette<br />

chargée de fruits et de fleurs<br />

et poursuivant ensuite leurs<br />

promenades au travers du<br />

site toujours jonché d’anciennes<br />

ruines rassemblées<br />

sur place. Un peu comme si<br />

cette démarche était aussi<br />

l’occasion de rencontres<br />

entre les habitants, particulièrement<br />

les jeunes adolescents.<br />

Nombreux sont<br />

ceux et celles qui arborent<br />

à cette occasion un « sadar<br />

», à savoir une écharpe<br />

blanche tissée de motifs<br />

floraux rouges, jadis portée<br />

par les pêcheurs et les paysans<br />

pour éponger la sueur,<br />

aujourd’hui devenue symbole<br />

de l’identité assamaise<br />

au point qu’elle nous sera<br />

offerte en cadeau, témoignage<br />

d’accueil.<br />

L’île de Majuli qui fut jadis<br />

l’une des plus grandes îles<br />

fluviales du monde (1<strong>25</strong>0<br />

km2) a perdu en un siècle<br />

deux-tiers de sa superficie,<br />

rongée par les eaux du<br />

fleuve et certains prédisent<br />

qu’elle disparaîtra d’ici 20<br />

ans. Pourtant elle est un<br />

autre haut lieu de pèlerinage<br />

et le berceau d’une<br />

tradition religieuse unique<br />

tournée autour de Vishnu et<br />

son principal avatar Krishna.<br />

On y trouve une vingtaine<br />

de sattras, à savoir des monastères<br />

hindouistes où des<br />

moines développent depuis<br />

le 15ème siècle des pratiques<br />

spirituelles uniques<br />

caractérisées par un art<br />

classique majeur, le sattriya,<br />

reconnu comme un des plus<br />

grands arts du spectacle traditionnel<br />

indien. Il s’agit d’un<br />

style de danse et de chant<br />

dramatique qui raconte un<br />

hindouisme pétri d’humanité<br />

et d’égalité. Une visite est<br />

incontournable d’autant que<br />

les monastères, des lieux<br />

paisibles qui n’ont rien de<br />

spectaculaire, sont ouverts à<br />

tous et on devine qu’ici les<br />

habitants vivent en semi-au-<br />

384 385


tarcie, à l’écart du temps.<br />

L’incontournable parc national<br />

Kaziranga.<br />

Ce parc classé au patrimoine<br />

mondial de l’Unesco<br />

qui couvre quelque<br />

430 km 2 s’étire le long du<br />

Brahmapoutre sur environ<br />

60 km, offre une première<br />

opportunité d’observation<br />

des animaux, entre autres<br />

des éléphants ! Mais notre<br />

safari réparti sur une journée<br />

et demi pour avoir l’occasion<br />

de parcourir en jeep 3<br />

secteurs du parc sur 4 nous<br />

donnera la chance de voir<br />

de nombreux animaux. Le<br />

plus emblématique est le<br />

rhinocéros unicorne, une<br />

espèce endémique en Inde<br />

mais les deux tiers de la population<br />

vivent ici éparpillés<br />

dans de vastes prairies dont<br />

les herbes courtes en cette<br />

saison offrent davantage de<br />

chance de les apercevoir.<br />

On croisera également<br />

des éléphants en train de<br />

s’abreuver dans un des<br />

nombreux points d’eau qui<br />

parsèment le parc où des<br />

buffles dotés de cornes gigantesques<br />

aiment se vautrer<br />

dans la boue. Des cerfs<br />

des marais et des cerfs-cochon<br />

aux cornes droites et<br />

courtes occupent les prairies<br />

en grand nombre et ne se<br />

laissent guère impressionner<br />

par nos véhicules. Le<br />

secteur situé à l’Est est plus<br />

boisé parsemé entre autres<br />

de hauts kapokiers fleuris<br />

de belles corolles rouges.<br />

Ils attirent des myriades<br />

d’oiseaux dont certains<br />

captivent le regard tant<br />

ils sont colorés comme le<br />

martin-chasseur de Smyrne<br />

avec son dos et ses ailes<br />

bleu électrique surmonté<br />

d’une grosse tête qui se<br />

prolonge dans un long bec<br />

rouge. Dans la lumière du<br />

couchant, des volatiles aussi<br />

dégingandés et fascinants<br />

que le jabiru, le marabout<br />

ou la cigogne bec-ouvert<br />

ressemblent à des sculptures<br />

de Giacometti.<br />

C’est aussi non loin du parc<br />

que nous prendrons une<br />

leçon édifiante sur le thé<br />

produit en Assam. Pour cette<br />

occasion, des sièges (Ikea<br />

!) ont été disposés devant<br />

une table dressée au coeur<br />

d’une plantation. Un décor<br />

exceptionnel<br />

d’autant qu’on devine entre<br />

les buissons sculptés des<br />

cueilleuses, seules taches<br />

de couleur dans ce vaste<br />

jardin d’un vert uniforme.<br />

Chargées de leur hotte pour<br />

les remplir avec le bourgeon<br />

et les deux plus jeunes<br />

feuilles terminales des tiges,<br />

elles glissent d’arbuste<br />

en arbuste. Plus insolite,<br />

quelques vaches s’égarent<br />

dans la plantation à la recherche<br />

des rares mauvaises<br />

herbes qui poussent au pied<br />

des théiers.<br />

386 387


Si le thé d’Assam est un souvenir<br />

typique à ramener de<br />

ce séjour, il en est un autre,<br />

les soieries tissées main.<br />

Nous ferons escale à une<br />

trentaine de kilomètres de<br />

la capitale à Sualkuchi, un<br />

village considéré comme<br />

le cœur de l’activité textile<br />

d’Assam réputée pour le<br />

tissage à la main. Encore<br />

une leçon de choses auprès<br />

d’un mûrier grignoté par<br />

plusieurs vers à soie.<br />

On y apprend qu’il y a des<br />

cocons de type divers mais<br />

que le Muga qui donne des<br />

fils dorés ne se produit nulle<br />

part ailleurs dans le monde.<br />

La tradition du tissage remonte<br />

au 11ème siècle et<br />

aujourd’hui tout le village se<br />

consacre à cette activité qui<br />

permet d’alimenter les boutiques<br />

des villes voisines.<br />

388 389


La croisière se termine autour<br />

d’une soirée, pieds nus<br />

dans le sable d’une plage<br />

mouvante autour d’un barbecue<br />

à la mode indienne.<br />

Nous danserons (presque)<br />

tous autour du feu, ravis<br />

d’avoir pu tisser entre nous,<br />

à peine une trentaine de<br />

passagers, des liens alimentés<br />

par notre indécrottable<br />

envie de découvrir le<br />

monde tout en profitant du<br />

moment présent.<br />

Le Charaidew II appartient à<br />

la compagnie Assam Bengal<br />

Navigation qui a commencé<br />

ses opérations en 2003<br />

comme entreprise indo-britannique<br />

qui s’est progressivement<br />

développée jusqu’à<br />

employer quelque 300 personnes.<br />

Toujours au service<br />

de la découverte des plus<br />

grands fleuves indiens, le<br />

Gange et le Brahmapoutre,<br />

par le biais d’expéditions<br />

engagées auprès des communautés<br />

locales dans des<br />

bateaux aux silhouettes<br />

d’une autre époque, offrant<br />

luxe et confort.<br />

CONFORTABLE CROISIERE<br />

Le Charaidew II inauguré en<br />

2019 rend hommage aux<br />

nobles traditions de l’artisanat<br />

indien. Du bois partout<br />

sur les sols, à l’exception<br />

des espaces de douche, des<br />

meubles en bois ou en bambou<br />

tressé. 45 m de long,<br />

11 m de large et seulement<br />

18 cabines, toutes confortables<br />

et dotées de balcons<br />

français, il assure une croisière<br />

intimiste où tout le<br />

monde se retrouve dans le<br />

salon-bar aux fauteuils profonds,<br />

seul espace où la wifi<br />

est accessible, ou sur le pont<br />

soleil panoramique arboré<br />

de plantes vertes, lieu idéal<br />

pour regarder le monde<br />

défiler doucement.<br />

Un guide indien francophone<br />

va nous accompagner<br />

tout au fil de ce voyage<br />

390 391


et sa culture tout comme<br />

sa disponibilité sont un réel<br />

plus pour nous aider à décoder<br />

cette terre méconnue.<br />

Le voyage fluvial sur cet<br />

hôtel flottant offre en Inde le<br />

grand avantage d’un mode<br />

de transport loin de l’agitation<br />

des grandes villes et des<br />

routes encombrées tout en<br />

favorisant au fil des escales<br />

de belles rencontres avec la<br />

population.<br />

Prochaines croisières sur le<br />

Brahmapoutre en janvier et<br />

en mars 20<strong>25</strong>.<br />

Ou encore sur le Gange<br />

en mars 20<strong>25</strong>.<br />

www.rivagesdumonde.be<br />

393


ITALIE<br />

394 395


Mini Trip en Mobibulle ©<br />

Venise - Monza<br />

Un reportage qui tombe en plein mois de<br />

juillet dont le thème est un mini trip en camping-car.<br />

Quelle idée ! Et pourtant, ce secteur<br />

de loisirs est en plein boum. Aussi avons-nous<br />

choisi de réaliser ce voyage et de vous en<br />

raconter les périples.<br />

Pour l’heure, des préparatifs sont indispensables.<br />

A commencer<br />

par l’établissement<br />

de<br />

l’itinéraire et<br />

des étapes.<br />

L’idée est<br />

de quitter la<br />

Belgique par<br />

le Grand-<br />

Dûché de<br />

Luxembourg,<br />

pour filer vers<br />

la Suisse et<br />

s’arrêter<br />

du côté du Lac de Côme pour une première<br />

étape. Ensuite, direction Venise. Un ou<br />

deux jours sur place et direction Monza.<br />

Ensuite, cap sur Strasbourg, et enfin,<br />

rejoindre la Belgique.<br />

Pour en savoir plus sur les camping<br />

cars, cliquez sur le logo de notre<br />

partenaire.<br />

396


Le Choix :<br />

Nomade<br />

Motorhomes,<br />

Un Must !<br />

pation et de la précision. Qualité d’efficacité<br />

et d’organisation que nous avons pu vérifier<br />

tout au long de notre périple, ce qui montre<br />

le haut degré de professionnalisme de cette<br />

équipe. De plus, par rapport à notre premier<br />

partenaire, le véhicule mis à notre disposition<br />

est nettement plus grand et dispose d’équipements<br />

non prévus dans le premier projet,<br />

comme un ensemble sanitaire comportant<br />

toilette et douche.<br />

Comme nous partons à trois, Nomade Motorhomes<br />

nous propose spontanément une<br />

version équipée d’un toit relevable pour que<br />

le troisième occupant dispose d’un<br />

confort royal. Ce qui s’est<br />

avéré une excellente<br />

solution par rapport<br />

à un hamac fixé<br />

derrière les sièges<br />

avant...<br />

A la rédaction d’<strong>OH</strong> ! <strong>LIFE</strong>, l’idée<br />

de tester un camping-car trottait<br />

dans la tête depuis un certain temps.<br />

Aussi, le projet d’assister au concert de<br />

Bruce Springsteen and the E Street Band’s<br />

lors de la dernière étape de son tour<br />

d’Europe, à Monza, commençait<br />

à se dessiner.<br />

Tout roule sur des roulettes,<br />

même quand ce n’est pas simple !<br />

Car le 7 juin, le partenaire avec lequel nous<br />

construisions ce projet de reportage depuis<br />

de longues semaines nous annonce qu’il est<br />

obligé de se désister en toute dernière minute,<br />

et, pour respecter les engagements pris, nous<br />

avons du réagir très vite.<br />

Lors notre visite du salon des vacances en février<br />

dernier, nous avions rencontré la jeune et<br />

dynamique équipe de Nomade Motorhomes.<br />

Nous reprenons contact et exposons notre projet.<br />

Ils sont séduits et décident de se joindre<br />

à nous malgré le fait que ce soit la pleine saison.<br />

Celà démontre bien leur sens de l’antici-<br />

398


Avant le départ, les équipes<br />

de Nomade-Motorhomes nous<br />

ont contactés plusieurs fois<br />

tant avec des conseils que des<br />

recommandations utiles.<br />

La première étant de nous indiquer ce<br />

que nous devions prévoir en plus de ce<br />

qu’ils offrent dans l’équipement «All-in» :<br />

Confort extérieur<br />

Table pliante extérieure.<br />

Chaises pliantes extérieures.<br />

Kit de cuisine :<br />

Set de couverts, verres, sets de table,<br />

grandes et petites assiettes, bols, tasses,<br />

casseroles et poêles, passoire, planche,<br />

couteau à légumes, essuie, ouvre-boîte,<br />

ouvre-bouteille, salière et poivrière.<br />

Kit de nettoyage :<br />

Essuie-tout, éponges, balai, balayette,<br />

ramassette, produit vaisselle, produit<br />

toilette, spray nettoyant, produit net -<br />

toyage toilette chimique, 4 rouleaux de<br />

papier toilette spécial toilette chimique.<br />

Kit Confort Mobilhome<br />

Caméra de recul, store solaire extérieur,<br />

cuisine avec taques au gaz, frigo<br />

et congélateur, chauffage à air pulsé,<br />

moustiquaires, toilette chimique et<br />

douche.<br />

Accessoires pratiques<br />

Rallonge électrique, adaptateur électrique,<br />

tuyau de remplissage d’eau,<br />

câles de mises à niveau, gilets jaunes,<br />

éthylotests, bombonne de gaz.<br />

Kit Vélos<br />

Porte vélo pour 2 à 4 vélos.<br />

Panneau de signalisation vélos.<br />

A emporter...<br />

Ce que vous prenez en plus, ce sont<br />

vos draps de lits et édredons ou sacs<br />

de couchages et Oreillers. Les protègesmatelas<br />

sont fournis d’office. Votre<br />

nécessaire de toilette, vos vêtements, et<br />

vos autres besoins propres.<br />

Le van de cet essai est équipé de 5<br />

prises USB dans le compartiment habitat<br />

et deux au tableau de bord qui ne<br />

fonctionnent, celles-là, qu’en roulant<br />

ou contact mis. Mais, surtout, ne prenez<br />

pas de trop de choses, trop de vê-<br />

400 401


tements, vous êtes en vacances, d’autant que<br />

les espaces de rangements sont naturellement<br />

moins spacieux dans les versions «Van» et<br />

«Grand Van».<br />

Nomade Motorhome et vous !<br />

Donc, Nomade Motorhomes vous<br />

écrit, et même pour les férus de camping-cars,<br />

les informations demeurent<br />

utiles. Voici quelques exemples<br />

de mails reçus, toujours émis<br />

de façons courtoises. Et franchement<br />

c’est agréable d’être<br />

suivis de la sorte. Chez Nomade<br />

Motor homes, on n’est pas des «numéros»,<br />

non seulement on est respectés,<br />

mais en plus chouchoutés.<br />

Et ça, c’est plaisir !<br />

402 403


www.<br />

<strong>OH</strong><br />

<strong>LIFE</strong><br />

.one<br />

www.<br />

<strong>OH</strong><br />

<strong>LIFE</strong><br />

.one<br />

<strong>OH</strong> <strong>LIFE</strong> remercie chaleureusement<br />

les équipes de Nomade Motorhomes<br />

pour leur excellente collaboration<br />

à ce reportage.<br />

404 405


BRUCE ON ARRIVE!!<br />

Plume @ Eric HEIDEBROEK • Capture d’images @ Caminter 2023<br />

Lors des confinements, les autorités nous imposaient de rester dans notre «bulle». Et de notre côté, à la<br />

rédaction, nous voulions présenter à nos lecteurs une solution pour sortir de chez eux en toute sécurité. Et<br />

nous avons pensé à la formule «mobilhome» qui permet de rester dans sa bulle tout en voyageant... Nous<br />

lancions alors une série d’articles que nous avions intitulés «voyagez en sécurité dans votre Mobibulle © ». Si<br />

nos journalistes avaient cette expérience, nous n’en n’avions aucune. Aussi, comme nous avions des places<br />

pour le concert de Bruce Springsteen and the E Street Band à Monza, on s’est dit : «après tout, pourquoi<br />

pas.» On en profitera même pour faire un petit tour en Italie... Récit d’une chouette expérience !<br />

406 407


Programme :<br />

1 - Lac de Côme, 2 - Venise, 3 - Monza, 4 - Turckheim<br />

Le concert est programmé pour le <strong>25</strong> juillet, et<br />

donc, nous recevons le camping-car le 21 juillet<br />

à 15 heures. Le temps de le préparer, nous quittons<br />

Nomade Motorhomes vers 17 heures. Nous<br />

avions préparé notre périple en choisissant de<br />

partir en fin d’après-midi pour parcourir la plus<br />

longue étape (888 km), soit Beersel - Menaggio<br />

(Lac de Côme). Ensuite nous quitterions Menaggio<br />

pour Venise distantes de 297 km où nous<br />

restons 2 jours. De Venise, nous remonterions à<br />

services aux plus novices. C’était le cas au camping<br />

de Menaggio à flanc du lac de Côme.<br />

Certes très joli endroit avec sa petite plage de galets,<br />

mais leurs chemins assez étroits et en «terrasse»<br />

ne posent pas réellement de problèmes,<br />

juste à l’arrivée et au départ. Un peu de patience,<br />

un super coup de main et tout est réglé! Prego !<br />

«Et c’est tant mieux car je ne ferais pas ça tous<br />

les jours» disait Marie-Pierre CASEY dans la<br />

pub «Pliz» en 1985.<br />

Milan où un taxi nous conduirait au concert sur<br />

le circuit de Monza. Le lendemain, nous entamerons<br />

le retour au pays avec une halte à Turckheim<br />

en Alsace (420 km) pour ensuite rejoindre le bureau<br />

de Hannut, (462 km), afin de donner un<br />

coup de propre avant de retouner le campingcar,<br />

à l’heure convenue, le 28 juillet.<br />

Comme recommandé dans les instructions de<br />

Nomade Motorhomes, il faut se souvenir que<br />

si la conduite d’un «Van» ou un «Grand Van»<br />

s’apparente à celle d’une très grande voiture, il<br />

convient de s’habituer non seulement à la largeur,<br />

mais surtout à la longueur.<br />

Aussi, on se souviendra d’élargir les courbes, surtout<br />

en agglomérations, afin que la roue arrière<br />

ne grimpe sur le trottoir. Ou, plus délicat, dans<br />

certains campings quand les «voiries» sont plus<br />

qu’étroites... Et que les arbres, ont tendance à<br />

vouloir s’appuyer contre la carrosserie.<br />

Heureusement, les occupants de ces lieux de villégiatures<br />

sont habitués et rendent d’excellents<br />

On retiendra aussi que si les «Van»<br />

roulent sans souci aux vitesses légales,<br />

et qu’ils freinent bien, on veillera à<br />

anti ciper, plus encore qu’en voiture, les<br />

conditions de circulation. Que ce soit pour<br />

les ralentissements ou les dépassements, les<br />

fortes montées et les grandes descentes, du fait<br />

d’un poids plus élevé et du centre de gravité plus<br />

haut. Avec un peu d’habitude on gère la puissance<br />

nécessaire et le refroidissement des freins.<br />

Le Ducato est au départ une camionnette utilitaire.<br />

Burstner a fait du bon travail en matière<br />

d’aménagements, les matériaux sont de qualité<br />

et bien utilisés. Les lits apportent largement<br />

le confort escompté. Dans le toit relevable on<br />

bénéficie de larges ouvertures qui permettent<br />

de profiter de la vue. Les matelas sont confortables.<br />

Les stores astucieusement intégrés aux<br />

vitres offrent toute l’intimité recherchée et sont,<br />

en plus, très esthétiques même s’ils demandent<br />

d’être délicat dans leur utilisation.<br />

Côté confort, si l’espace est compté, la circulation<br />

et l’usage du mobilier est facile.<br />

Côté conduite, ces vans FIAT surprennent par une<br />

position de conduite assez verticale et le pédalier<br />

assez fatigant. Etonnant que le groupe Stellantis<br />

qui propose ces véhicules sous différentes<br />

marques avec une ergonomie qui n’apporte pas<br />

408 409


Il est 1 heure du matin, et n’ayons pas honte de<br />

le dire, nous sommes perdus ! On tente alors le<br />

coup de demander notre chemin, par exemple<br />

au concierge d’un hôtel... et puis, tout à coup,<br />

nous apercevons un minibus qui fait des manoeuvres.<br />

Le chauffeur nous dit qu’il faut aller<br />

vers Zurich et prendre la direction du Gothard,<br />

qui mène à l’Italie. Elémentaire pour ceux qui<br />

connaissent. Maintenant, on sait aussi !<br />

Tunnel routier du Saint-Gothard<br />

Et nous voici repartis pour affronter ce fameux<br />

tunnel de 16,9 kilomètres au travers de la montagne.<br />

Et ça roule bien sur les autoroutes suisses,<br />

jusqu’au Gothard... Et là, bouchons, on avancera<br />

de temps à autres de quelques dizaines<br />

de mètres, l’embrayage du Ducato manifestant<br />

quelques fois son désaccord nous obligeant à<br />

jouer du double débrayage pour le soulager.<br />

C’est que ça n’arrête pas de monter et en plus, il<br />

fait un temps de chien !<br />

Ce n’est pas un embarras de circulation qui<br />

bloque, ce sont les suisses qui ne laissent passer<br />

qu’une vingtaine de véhicules à la fois. Alors,<br />

vous imaginez quand il y en a des milliers... Et<br />

une file qui s’allonge sur plusieurs kilomètres.<br />

Pour notre part, ça a pris 3 heures!<br />

Quand la route, enfin, retrouve ses libertés, il pleut<br />

encore et nous constatons qu’une pellicule grasse<br />

empêche les essuies-glaces de faire leur boulot.<br />

Aussi dès la première possibilité de s’arrêter, et ce,<br />

après de nombreux kilomètres, car l’infrastructure<br />

ne le permet pas, on s’arrêtera pour ôter<br />

une couche de parafine avec des «essuie-tout».<br />

En effet, c’est à cause des camions coincés avec<br />

nous dans l’embouteillage qui émettent, au ralenti<br />

et au re-démarrage, des vapeurs de mazout<br />

mal brûlé et bien sûr, hyper grasses. Pas bien ça.<br />

A cinq heures quarante deux du matin, nous arrivons<br />

à notre première étape, le Lac de Côme !<br />

le confort attendu même des professionnels de<br />

la route. En effet, on est très vite surpris qu’à<br />

l’abord d’un rond point, le Ducato s’effondre<br />

sur la roue avant extérieure au virage et pas seulement<br />

le campingcar de cet essai, nous avons<br />

constaté que la camionnette Peugeot de «Monsieur<br />

Bricolage» avait la même tendance, et ce<br />

n’est pas que l’on arrive trop vite ! C’est non seulement<br />

très inconfortable mais aussi à la limite de<br />

la perte d’adhérence du train avant. D’un autre<br />

côté, la tenue de route est de très bonne qualité<br />

même sur les routes sinueuses des Vosges utilisées<br />

aux vitesses légales et sans aucun souci de<br />

précision. Des questions se posent quand même.<br />

Dans le cadre de ce reportage, c’est donc un Fiat<br />

Ducato de 140 chevaux qui a fait le travail. Puissance<br />

et couple suffisants, consommation sur<br />

+/- 2.700km de l’ordre de 450 euros soit entre 9<br />

et 10 litres de mazout aux 100 km mais à sa décharge<br />

notre timing était loin de celui des vacanciers.<br />

Nous avons roulé à bonne allure sur l’ensemble<br />

des réseaux autoroutiers. On soulignera<br />

que les autoroutes italiennes étaient parfaites et<br />

surtout les limitations de vitesses bien pensées<br />

car adaptées aux conditions ou à l’infrastructure<br />

rencontrées.<br />

De Beersel à Menaggio, nous avons emprunté<br />

la E411 vers Luxembourg, poursuivi à travers la<br />

France, vers Bâle. En Suisse, notre gsm qui assumait<br />

la navigation n’a pas pu nous donner la<br />

route vers l’Italie... En cause, le prix d’accès au<br />

réseau internet Suisse qui facture la 4G à 12 € le<br />

méga, et après 5 mégas et donc 60 €, le compte<br />

se bloque par sécurité. Sauf si vous donnez<br />

l’auto risation à l’opérateur qui vous plombe,<br />

alors, dans les grandes largeurs... Faut le savoir<br />

la téléphonie/l’internet en Suisse c’est du racket !<br />

Donc, à la guerre comme à la guerre.<br />

410 411


Lac de<br />

Côme<br />

Magique, le Lac de Côme<br />

promène une image<br />

de luxe et d’opulence<br />

générée entre autres par<br />

le choix résidentiel de<br />

nombreuses célébrités.<br />

Sans oublier que cet<br />

endroit aux charmes<br />

délicats est aussi le<br />

théâtre de nombreux<br />

films et d’événements<br />

exceptionnels.<br />

Les cômois l’ont bien compris,<br />

leur paradis est visité<br />

par de très nombreux amateurs<br />

qui viennent admirer<br />

les superbes villas, le calme<br />

tranquille des villages adossés<br />

aux contreforts cernant<br />

le lac. Les eaux claires, la<br />

propreté presqu’helvétique,<br />

des rues, le charme latin des<br />

habitants, le café au parfum<br />

unique, les fruits et légumes<br />

d’une rare fraîcheur et au<br />

goût puissant.<br />

Tout cela génère une plénitude,<br />

une détente inimitable<br />

d’autant que les températures<br />

sont des plus agéables.<br />

Ni trop chaudes, ni trop froides,<br />

avec de temps à autre<br />

un petit vent qui équilibre<br />

l’atmosphère.<br />

Les voyageurs ne<br />

s’y trompent pas, le Lac<br />

de Côme est un endroit<br />

idéal pour passer<br />

de bons moments,<br />

y déguster une cuisine<br />

raffinée et de délicieux<br />

vins de pays.<br />

Plusieurs excursions en bateaux<br />

sont proposées. Cela<br />

va d’un Cadenazzi, le canot<br />

automobile de luxe compa-<br />

412 413


able à un Riva dans lequel les stars se déplacent<br />

ou tournent les scènes de leurs<br />

plus beaux films. Louer un canot automobile<br />

typique de l’image des stars est possible.<br />

De nombreux capitaines proposent<br />

leurs services aux alentours de 450 euros<br />

la balade de une ou deux heures.<br />

Vous découvrirez les villas dont les jardins<br />

plongent vers les eaux claires, laissant<br />

votre imagination vous emporter vers le<br />

monde magique des habitants de ces lieux<br />

qu’ils soient richissimes ou simplement ordinaires.<br />

Le Lac ne fait aucune différence, il<br />

offre sa plénitude à chacun. Maintenant,<br />

ces promenades privées en hors-bord de<br />

luxe ont un prix qui ne peut rivaliser avec<br />

une promenade en bateau des transports<br />

publics. En fait, ces bateaux sont comme<br />

des bus, ils transportent les passagers<br />

d’une ville à l’autre tout autour du lac en<br />

un temps record. Ils vous offrent un aperçu<br />

des beautés du lac pour quelques euros.<br />

A trois, nous avons payé 13,50 € pour rejoindre<br />

la villa Carlotta. Une promenade<br />

en plein soleil agrémentée d’un vent raffraichissant<br />

sur le pont supérieur. On aurait pu<br />

continuer jusqu’au terminus car ce n’était<br />

pas plus cher et tout aussi agréable.<br />

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Menaggio, une cité latine<br />

riche d’arbres séculaires,<br />

de mémoires, de ruelles<br />

intimistes et d’eaux claires.<br />

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Les cités du lac de Côme<br />

Paisibles et agréables,<br />

Dolce farniente, prego...<br />

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