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Corner Magazine #3

Une page se tourne à Xamax avec la fin de carrière de Raphaël Nuzzolo. Pour Corner Magazine, il revient sur les moments forts de son parcours. L'Argentine est réputée pour être un pays de football, reportage dans un pays où la ferveur n'a pas de limite. Né à Genève, Dylan Gissi vit son rêve en Amérique du Sud. Interview exclusive. Que pensent les autres pays de la Super League ? Décryptage.

Une page se tourne à Xamax avec la fin de carrière de Raphaël Nuzzolo. Pour Corner Magazine, il revient sur les moments forts de son parcours.
L'Argentine est réputée pour être un pays de football, reportage dans un pays où la ferveur n'a pas de limite.
Né à Genève, Dylan Gissi vit son rêve en Amérique du Sud. Interview exclusive.
Que pensent les autres pays de la Super League ? Décryptage.

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CORNER<br />

RAPHAËL<br />

NUZZOLO<br />

La dernière danse<br />

PARIS<br />

Le centre du monde<br />

du football moderne<br />

DYLAN<br />

GISSI<br />

Viva Argentina<br />

MAI 2023 <strong>#3</strong>


L'ÉDITO'<br />

CARTON ROUGE POUR<br />

L'ARBITRAGE SUISSE<br />

Dans le championnat suisse, le ballon rond est souvent éclipsé par les erreurs d'arbitrage<br />

qui se multiplient à une vitesse alarmante. Chaque semaine, les spectateurs sont témoins<br />

de décisions incompréhensibles. L'arbitrage suisse est devenu le protagoniste<br />

malheureux d'un scénario cauchemardesque qui fait perdre tout crédit à notre<br />

championnat.<br />

Une des principales sources de frustration réside dans l'utilisation incohérente de la VAR<br />

(Video Assistant Referee). La technologie censée apporter une aide précieuse aux arbitres<br />

devient souvent le théâtre de controverses. Certaines décisions, qui semblaient évidentes<br />

aux yeux de tous, sont négligées ou interprétées de manière erronée par les arbitres<br />

assistants vidéo. La VAR ne garantit pas une plus grande objectivité et se transforme en<br />

une source supplémentaire de confusion et d'injustice.<br />

L'autre problème majeur de l'arbitrage suisse réside dans l'application rigide du<br />

règlement, parfois au détriment du bon sens et de la compréhension du jeu. Les arbitres<br />

semblent souvent se conformer aveuglément aux règles, sans prendre en compte les<br />

spécificités des situations de jeu. L'application scolaire du règlement nuit à l'aspect fluide<br />

et imprévisible du football, et les joueurs, les entraîneurs et les spectateurs en sont les<br />

victimes.<br />

Il est indéniable que l'arbitrage en Suisse souffre d'un manque de professionnalisme. Les<br />

arbitres manquent de l'expertise et de l'expérience nécessaires pour prendre des<br />

décisions cruciales dans des matchs de haut niveau. Il est temps de revoir en profondeur<br />

le système de formation et de sélection des arbitres, afin de garantir des compétences<br />

solides et une connaissance approfondie des règles du jeu.<br />

Des mesures concrètes doivent être prises pour remédier à ces problèmes récurrents de<br />

l'arbitrage suisse; renforcer la formation, le suivi des arbitres et mettre l'accent sur la<br />

professionnalisation de cette fonction essentielle pour l'intégrité du jeu. Les critères de<br />

sélection doivent être revus pour garantir que seuls les arbitres les plus compétents et<br />

expérimentés officient lors des rencontres de haut niveau. La VAR doit être un outil<br />

d'aide fiable, et non une source supplémentaire de confusion et de controverse.<br />

Enfin, il est essentiel de promouvoir un dialogue constructif entre les acteurs du football<br />

suisse. Les joueurs, les entraîneurs, les arbitres et les instances dirigeantes doivent<br />

travailler ensemble pour trouver des solutions et améliorer l'arbitrage dans notre<br />

championnat. Les débats et les échanges d'expériences peuvent contribuer à une<br />

meilleure compréhension mutuelle et à l'élaboration de nouvelles directives qui<br />

favorisent l'équité et la justesse des décisions.<br />

Le carton rouge pour l'arbitrage suisse est mérité. Il est temps d'agir avec détermination<br />

pour redonner confiance aux joueurs et aux spectateurs. En investissant dans la<br />

formation, la professionnalisation et la communication, nous pourrons espérer voir les<br />

erreurs d'arbitrage se faire de plus en plus rares sur les terrains de football suisses.


SOMMAIRE<br />

RAPHAËL<br />

NUZZOLO<br />

LA<br />

DERNIÈRE<br />

DANSE<br />

Après être passé par Carouge, Bâle<br />

et Xamax, Dylan Gissi évolue en<br />

Argentine depuis de nombreuses<br />

années. Il nous parle de son<br />

parcours et de la ferveur du pays.<br />

Pour la cinquième fois depuis six<br />

ans, Young Boys remporte le<br />

championnat de Suisse. Cela mérite<br />

bien une revue de l'effectif version<br />

rédac'<br />

VIVA<br />

ARGENTINA<br />

Décrié par certains, reconnus par<br />

d'autres, nous nous sommes<br />

questionnés sur la réputation du<br />

championnat de Suisse. À travers<br />

l'Europe et le monde, nous avons<br />

pu échanger avec différents<br />

protagonistes qui ont pu nous<br />

donner leur point de vue.<br />

PARIS,<br />

LE CENTRE<br />

DU MONDE<br />

DU FOOT<br />

L'équipe de Suisse de 1994 a mis fin<br />

à une disette de 28 ans sans<br />

participation à une Coupe du<br />

Monde. La dernière participation<br />

de la Nati remontait à la Coupe du<br />

Monde 1966 en Angleterre.<br />

Road to Prague !<br />

Le FC Bâle a presque réalisé<br />

l'incroyable exploit de se qualifier<br />

pour la première finale de coupe<br />

d'Europe de l'histoire du fooball<br />

suisse.


RÉDACTION | Julien MORET Bastien FELLER<br />

Romain BLANCHARD Ludovic CHEVALIER Téo NANIA<br />

PHOTOGRAPHIE | Maya CRETEGNY Dylan OPPLIGER<br />

PRODUCTION | KMedia


DERNIÈRE DANSE<br />

NUZZOLO<br />

"LES REMERCIEMENTS<br />

DES SUPPORTERS ME<br />

TOUCHENT ET<br />

COMPTENT<br />

BEAUCOUP"


BSC YB<br />

bientôt 40 ans, l’heure<br />

de la retraite sportive a<br />

sonné pour Raphaël<br />

Nuzzolo. En 22 ans de<br />

carrière, le Biennois a Àconnu des hauts, des bas et a<br />

accepté de revenir avec nous sur ce<br />

long chemin. Une trajectoire qui l’a<br />

vu porter le maillot rouge et noir de<br />

Xamax et jaune et noir d’YB pour un<br />

total de 684 matches professionnels<br />

(sans compter une éventuelle<br />

participation au barrage début<br />

juin), 170 buts et 111 assists. Des<br />

chiffres fous qui en disent long sur<br />

la longévité et la passion qui anime<br />

le joueur xamaxien. Mais c’est<br />

également par ses qualités de cœur<br />

que Raphaël Nuzzolo a su conquérir<br />

l’amour des fans.<br />

Photo: Xamax<br />

AMAX


En 2002, Raphaël Nuzzolo effectue ses<br />

premiers pas avec Neuchâtel Xamax, un<br />

club avec lequel il allait partager une<br />

relation spéciale tout au long de sa<br />

carrière. Dès ses premières minutes de<br />

jeu, Nuzzolo se fait remarquer par ses<br />

qualités techniques et son sens aigu du<br />

jeu. En tant qu'attaquant polyvalent, il<br />

est rapidement devenu un pilier<br />

essentiel de l'équipe, capable de<br />

marquer des buts cruciaux et<br />

d'influencer le résultat des matchs. Au<br />

fil des années, Nuzzolo a acquis une<br />

stature de leader au sein de l'équipe.<br />

Son professionnalisme, son éthique de<br />

travail exemplaire et sa détermination<br />

sans faille ont fait de lui un modèle<br />

pour ses coéquipiers. Il a su inspirer et<br />

motiver l'équipe dans les moments<br />

difficiles, et sa présence sur le terrain<br />

était un facteur de confiance et de<br />

cohésion pour Xamax.<br />

Photo: Xamax<br />

Après de nombreuses saisons<br />

passées avec Xamax, Nuzzolo a<br />

annoncé son départ du club en<br />

2011. Ce fut un moment<br />

émouvant pour les supporters<br />

et le club tout entier, qui<br />

reconnaissaient l'apport<br />

inestimable de Nuzzolo.<br />

Dès ses débuts, il s'intègre<br />

parfaitement à l'équipe et à la<br />

philosophie de jeu de son<br />

nouveau club. Sa capacité à<br />

jouer à différents postes et sa<br />

vision du jeu remarquable font<br />

de lui un élément polyvalent et<br />

essentiel pour l'attaque des<br />

Young Boys. Son entraineur de<br />

l’époque, Adi Hütter, était sous<br />

le charme : "Raphaël est un<br />

joueur remarquable, avec une<br />

intelligence de jeu exceptionnelle.<br />

Sa polyvalence et sa capacité à<br />

marquer des buts importants font<br />

de lui un atout majeur pour<br />

l'équipe."<br />

Photo: Xamax


Lors de son retour en terre<br />

neuchâteloise en 2016, tous étaient<br />

conquis. Laurent Walthert, l'ancien<br />

gardien du club, a déclaré : "Raphaël<br />

est un joueur d'exception, avec une<br />

mentalité irréprochable. Son<br />

leadership sur le terrain et son<br />

dévouement envers le club sont une<br />

source d'inspiration pour tous."<br />

C’est par cette mentalité que<br />

Raphaël Nuzzolo donne ses<br />

dernières forces dans la bataille.<br />

Une bataille qui doit permettre à<br />

son club de cœur, Xamax, de rester<br />

en Challenge League. Blessé,<br />

l’homme de 39 ans fait tout pour<br />

être de retour pour le barrage. Un<br />

nouveau maintien et une nouvelle<br />

victoire pour un joueur qui a bien<br />

plus à donner que ses simples<br />

qualités footballistiques. L’histoire<br />

serait belle.


Tout d’abord, comment va ta<br />

cuisse, seras-tu remis pour le<br />

barrage ?<br />

Cela va bien, merci. On va travailler<br />

pour être de retour pour cette<br />

échéance.<br />

J'ai vu que ton père est italien, quel<br />

est ton lien avec ce pays?<br />

Oui, il est Italien et vient de la<br />

région de Naples. Tous les étés,<br />

nous y allions en voiture. Ce sont<br />

des souvenirs magnifiques.<br />

Tu es donc fan du Napoli?<br />

Oui, j’ai toujours été fan de cette<br />

équipe et cela a été une belle année<br />

avec ce scudetto. C’est super pour le<br />

club et la ville. J’ai une relation<br />

spéciale avec cette ville. D’ailleurs,<br />

j’ai eu la chance de jouer au San<br />

Paolo, devant ma famille, avec YB<br />

en Europa League. Cela restera<br />

comme un des meilleurs souvenirs<br />

de ma carrière.<br />

Comment se sont passées tes<br />

premières années dans le foot?<br />

Normalement, je dirais. J’étais tout<br />

le temps dehors avec mes potes à<br />

jouer. Le week-end, avec le FC<br />

Bienne, nous gagnions souvent avec<br />

des scores larges. L’époque des<br />

juniors D, avec les petits buts et les<br />

tournois, cela fait partie des<br />

meilleurs souvenirs de mon<br />

enfance.<br />

Le match à Naples est l'un<br />

des meilleurs souvenirs<br />

de ma carrière !<br />

À quel moment tu te dis que cela<br />

pourrait devenir ton métier?<br />

Le moment où je me suis rendu<br />

compte que je pourrais faire<br />

carrière a été lorsque je suis entré<br />

en sélection bernoise, puis en<br />

sélection nationale M15. Ensuite, j’ai<br />

fait toute la filière jusqu’au M18. Tu<br />

voyages, tu joues contre les<br />

meilleurs joueurs des autres<br />

sélections européennes. C’est à ce<br />

moment que tu te rends compte<br />

que tu as envie de continuer dans le<br />

foot d’élite. Même si, à notre<br />

époque, on n’en rêvait pas trop.<br />

C’est venu petit à petit. À 17 ans,<br />

j’avais comme petite ambition de<br />

vivre du football durant un petit<br />

moment et c’est là que j’ai pris le<br />

risque d’arrêter l’école et de tout<br />

miser sur le foot durant 2-3 ans<br />

pour voir où ça me mènerait.<br />

Tu n'as "trompé" Neuchâtel Xamax<br />

qu'une fois dans ta carrière après<br />

presque 10 ans, qu'est-ce cela<br />

t'avait fait de quitter ton club de<br />

cœur?<br />

J’ai quitté Neuchâtel après la finale<br />

de Coupe face à Sion (ndlr : 2011).<br />

Durant la mi-temps, je savais que<br />

cela allait être mon dernier match.<br />

Je n’étais plus trop d’accord avec où<br />

le club voulait aller. Le lendemain,<br />

lorsque je suis venu chercher mes<br />

affaires, cela a fait un peu mal au<br />

cœur. Mais d’un autre côté, tout est<br />

allé très vite entre le départ et la<br />

signature à YB durant les vacances,<br />

donc je n’ai pas vraiment eu le<br />

temps d’être triste. D’autant plus<br />

que je savais que j’allais revenir un<br />

our ou l’autre. Cela était clair dans


j ma tête, de belles choses<br />

m’attendaient à Berne et je savais<br />

que j’allais venir finir ce que j’avais<br />

à faire à Neuchâtel.<br />

À Berne, tu as pu connaître la<br />

Coupe d'Europe, le San Paolo,<br />

Anfield, mais tu n'as pas gagné de<br />

titre, est-ce un regret pour toi?<br />

Le club voulait commencer à<br />

concurrencer Bâle. Cela a été 5<br />

années de reconstruction. La<br />

première, il y avait de grandes<br />

attentes autour de l’arrivée de<br />

Christian Gross sur le banc et<br />

d’autres joueurs. On a raté le coche,<br />

car nous avons terminé très loin de<br />

Bâle et le club avait également<br />

perdu pas mal d’argent. Il a fallu<br />

reconstruire en étant quelque peu<br />

économe. Mais je suis fier d’avoir<br />

été à YB durant cette période de<br />

reconstruction. J’ai pu voir<br />

comment se construit un club de<br />

façon saine, pour le long terme et je<br />

pourrais le réutiliser pour mon<br />

futur. Un titre aurait été le<br />

couronnement, mais l’année où ils<br />

ont fait le premier titre (ndlr : 2018),<br />

j’étais de retour à Neuchâtel et nous<br />

avons été promu après une saison<br />

incroyable. Donc cela a été un<br />

bonheur de les voir remporter ce<br />

titre de loin, et d’avoir pu faire<br />

remonter Xamax en Super League.<br />

Je n’ai donc finalement pas eu de<br />

déception. Finir ma carrière sans<br />

titre majeur en Suisse, ce n’est pas<br />

le plus important pour moi. Les<br />

remerciements pour ce que j’ai fait<br />

pour Neuchâtel Xamax me touchent<br />

et comptent beaucoup. C’est une<br />

fierté pour moi d’avoir mis ce club<br />

avant les offres extérieurs et de<br />

n’avoir connu que deux clubs.<br />

J'aurais aimé jouer<br />

une ou deux<br />

saisons en MLS<br />

Aurais-tu aimé découvrir un<br />

championnat étranger et si oui,<br />

lequel?<br />

Je n’ai pas vraiment eu l’envie de<br />

partir à l’étranger. Lorsque j’étais à<br />

YB, et même lorsque j’avais 18-20<br />

ans, j’ai toujours été très attiré par<br />

les Etats-Unis. Le championnat<br />

devenait de plus en plus important<br />

et j’aurais bien aimé essayer d’y<br />

aller, vivre autre chose durant 2-3<br />

ans. Mais j’étais bien à Young Boys à<br />

ce moment-là et j’ai décidé de<br />

prolonger. Cela restera un tout<br />

petit regret que j’ai, de ne pas avoir<br />

pu aller jouer là-bas une ou deux<br />

saisons.<br />

Revenir à Xamax, alors en<br />

Challenge League, en 2016, c'était<br />

un choix facile pour toi?<br />

C’était clair dans ma tête que j’allais<br />

revenir à Xamax. Du moment que<br />

j’allais un peu moins jouer à YB et<br />

que j’avais 32 ans, je voulais trouver<br />

un endroit où je pourrais jouer tous<br />

les matches. Cela s’est donc bien<br />

goupillé. J’ai pu revenir au moment<br />

où il manquait le dernier pas pour<br />

remonter en Super League et j’avais<br />

énormément de copains dans<br />

l’équipe.


Cela a été 3-4 très belles années.<br />

D’autant plus que j’étais à un âge où<br />

on se rend plus compte de ces<br />

choses-là. C’était donc un choix<br />

facile, que je n’ai jamais regretté<br />

une seconde.<br />

Tu vas arrêter ta carrière avec près<br />

de 700 matches, qu'est-ce qui t'a<br />

donné la force de "pousser"<br />

jusque-là?<br />

Je dirais la passion. De jouer, d’aller<br />

à l’entraînement, de me déplacer<br />

avec mes coéquipiers, de gagner<br />

des matches difficiles, de repartir<br />

au combat le lundi après une<br />

défaite. J’ai également été épargné<br />

par les blessures et j’ai dû faire pas<br />

mal de sacrifice pour jouer autant.<br />

Je suis très fier du nombre de<br />

matches de Super League et de<br />

Challenge League que j’ai pu jouer<br />

et cela compte beaucoup pour moi.<br />

En 2005, Miroslav Blazevic dit que<br />

tu auras un avenir en équipe de<br />

Suisse, qu'est-ce qui t'a manqué<br />

pour y arriver?<br />

J’étais à Neuchâtel et je n’avais pas<br />

le niveau pour jouer en équipe de<br />

Suisse. Il y avait de grands joueurs,<br />

qui jouaient à l’étranger et je pense<br />

que je suis arrivé à mon meilleur<br />

niveau autour de la trentaine, plus<br />

un âge ou un avenir en équipe<br />

nationale est possible. Donc je n’ai<br />

pas de regret. D’autant plus que j’ai<br />

souvent dit que j’étais fan de l’Italie<br />

depuis tout petit grâce à mon père.<br />

Ce n’était donc pas forcément un<br />

objectif. Avoir une ou deux<br />

sélections par-ci par-là, ce n’est<br />

pas réellement avoir une carrière<br />

internationale. Si c’était pour y<br />

aller, ce serait pour joueur une<br />

Coupe du Monde, un Euro, faire des<br />

campagnes pleines.<br />

Photo: Xamax


Quel regard portes-tu sur<br />

l'évolution du foot?<br />

Le football est en grande évolution,<br />

de plus en plus de nouvelles choses<br />

arrivent. Les données GPS sont<br />

calculées, etc. et il y a énormément<br />

de positif là-dedans. Il faut juste<br />

bien utiliser ce matériel, car je<br />

pense que l’humain est le plus<br />

important pour faire des<br />

performances. Je fais aussi partie de<br />

l’ancienne génération et je pense<br />

que les performances sont aussi<br />

dues au mental, à l’humain, et que<br />

c’est la chose la plus importante.<br />

Mais si on peut aider le corps à<br />

mieux travailler avec des données<br />

et analyser les adversaires grâce à<br />

la technologie, tant mieux. Je trouve<br />

que c’est un vrai plus.<br />

Si tu pouvais ne remercier qu'une<br />

personne, qui choisirais-tu et<br />

pourquoi?<br />

Mes parents et mes frères qui m’ont<br />

toujours soutenu et aidé au début<br />

de ma carrière. Ils ont bâti les<br />

premières pierres, en nous<br />

amenant à l’entraînement et en<br />

nous suivant chaque week-end à<br />

gauche à droite. Au niveau du<br />

football pur, Alain Geiger m’a<br />

donné la chance d’entrer dans un<br />

contingent et il est une personne<br />

très importante pour moi. Nous<br />

avons d’ailleurs encore des<br />

contacts. Gérard Castella m’a<br />

beaucoup aidé dans ma<br />

progression. Il m’a fait confiance.<br />

Tout comme Blazevic, qui m’a<br />

donné énormément de confiance. Il<br />

a connu de grands joueurs, et de<br />

voir un avenir aussi brillant en moi<br />

m’a apporté beaucoup.<br />

De quoi es-tu le plus fier dans ton<br />

parcours?<br />

Je suis fier d’avoir toujours tout<br />

donné sur le terrain, que les gens<br />

aient apprécié mon jeu. Je suis<br />

également fier d’avoir été fidèle à<br />

mes valeurs. La plus belle des<br />

phrases est : « merci pour ce que tu<br />

as fait à Neuchâtel ». Même à YB, les<br />

fans m’appréciaient vraiment et<br />

c’est très important pour moi. Tous<br />

ces matches et ces expériences me<br />

rendent fier.<br />

Pourra-t-on encore voir Raphaël<br />

Nuzzolo marquer des buts en 2-3-<br />

4e ligue?<br />

Possible, cela dépendra surtout de<br />

ce que je ferai après ma carrière.<br />

J’aimerais bien m’amuser encore un<br />

peu, avoir des matches sans<br />

pression, mettre mes crampons 10<br />

minutes avant le début et y aller. On<br />

verra si je fais ça encore un peu. Je<br />

vais d’abord prendre des vacances<br />

et voir ensuite.


Que pouvons-nous te souhaiter?<br />

Que ma passion pour le foot<br />

continue et que je puisse apporter<br />

ces expériences à des joueurs ou à<br />

un club. Je suis sûr que je vais<br />

trouver ma voie et que je vais<br />

prendre énormément de plaisir<br />

dans ma deuxième vie, comme j’en<br />

ai eu dans la première. Je suis<br />

reconnaissant et c’est l’heure<br />

d’avoir un peu moins de plaisir<br />

lorsque je marque un but, mais de le<br />

prendre autrement et de façon toute<br />

aussi importante.<br />

Alain Geiger<br />

m'a donné la chance<br />

d'entrer dans un<br />

contingent<br />

Formé à<br />

2011-16<br />

Xamax<br />

Young Boys<br />

2016-23 Xamax<br />

684<br />

matchs<br />

05.07.1983<br />

Bienne<br />

170<br />

buts


CHAMPION


DE<br />

SUISSE


L'AVIS DE<br />

Le numéro 1 bis a bien<br />

les capacités de monter<br />

d'un cran dans la<br />

hiérarchie des gardiens.<br />

Une carrière (re)lancée.<br />

Venu confirmer la<br />

nouvelle tendance d'YB<br />

qui souhaite embaucher<br />

tous les gardiens suisses<br />

à fort potentiel.<br />

Attention, grand talent.<br />

À son apogée et<br />

intouchable avant sa<br />

blessure, un titre et des<br />

doutes après. Le football<br />

va vite.<br />

Un petit titre et puis<br />

s'en va. Le championnat<br />

de Suisse est trop petit<br />

pour le grand<br />

neuchâtelois qui<br />

rejoindra l'Allemagne.<br />

La tour de contrôle<br />

malienne semblait mûr<br />

pour l'étranger. Sa<br />

blessure fait les affaires<br />

d'YB qui pourra<br />

compter sur lui la<br />

saison prochaine.<br />

Une doublure de luxe<br />

pour son entraineur,<br />

une saison frustrante<br />

pour l'ancien futur<br />

latéral droit de la Nati.<br />

2023 2024 2025 2026<br />

La talent ne doit pas<br />

attendre. Aurèle<br />

Amenda sera le meilleur<br />

défenseur de Super<br />

League de la saison<br />

2023-24.<br />

Ulisses Garcia a du<br />

mentir sur son poste. Il<br />

est trop bon<br />

offensivement pour être<br />

défenseur. Désormais, à<br />

l'attaque de l'étranger.


LA RÉDAC'<br />

"Papy Lusti" fait de la<br />

résistance. Il joue son<br />

rôle et devra le faire<br />

plus souvent depuis le<br />

banc la saison<br />

prochaine.<br />

D'Yverdon à la Super<br />

League, il a montré la<br />

voie à son ancien club. Il<br />

remporte le titre et<br />

jouera l'Euro espoir. Il<br />

n'a pas fini de nous<br />

séduire.<br />

Raphaël Wicky a<br />

demandé à ce qu'il<br />

puisse y avoir un<br />

Valaisan dans l'effectif à<br />

la fin de la saison. C'est<br />

chose faite.<br />

C'est toujours sympa de<br />

voir les anciennes<br />

gloires du club à la<br />

cérémonie de remise du<br />

trophée.<br />

Il a fait le buzz sur<br />

internet grâce à sa<br />

passe décisive en Youth<br />

League et va vite être<br />

plus souvent sur le<br />

terrain l'année<br />

prochaine.<br />

On cherche encore si un<br />

joueur de Super League<br />

a pris le dessus sur<br />

Niasse. Impressionnant.<br />

2023 2024 2025 2026<br />

Sa première saison à YB<br />

était un échauffement.<br />

Le plat de résistance<br />

viendra l'année<br />

prochaine.<br />

Il voulait partir, mais il<br />

est toujours là. Cela se<br />

voit sur le terrain et<br />

c'est tant mieux pour<br />

YB.


Le Bayern Munich, le<br />

Borussia Dortmund ou<br />

un autre. Peu importe, il<br />

sera le transfert record<br />

de l'histoire du club<br />

bernois.<br />

Il aura la lourde tâche<br />

de faire oublier Fabian<br />

Rieder. Un premier titre<br />

qui le met dans le bain<br />

et en confiance pour la<br />

suite.<br />

Il ne compte plus le<br />

nombre de fois où les<br />

commentateurs l'ont<br />

confondu avec Ugrinic.<br />

Le titre ? Une<br />

magnifique success<br />

story pour lui.<br />

C'est un peu un<br />

magicien. Il disparait et<br />

réapparait. Mais quand<br />

il est là, on est toujours<br />

content.<br />

En plus de toujours<br />

marquer contre Bâle, il<br />

marque contre les<br />

autres équipes. Altruiste<br />

et efficace. Le meilleur<br />

renfort du club.<br />

Il va tellement vite<br />

qu'on se dit: "C'est sûr, il<br />

est déjà à l'étranger".<br />

2023 2024 2025 2026<br />

Personne ne le voyait là,<br />

lui s'y voyait. Tant<br />

mieux, il a démontré<br />

qu'il peut être une vraie<br />

alternative la saison<br />

prochaine.<br />

Monsieur but et pas<br />

n'importe lesquels. Très<br />

fort !


EURO M17<br />

SASCHA<br />

STAUCH<br />

"ZEKI AMDOUNI ?<br />

UN EXEMPLE DE<br />

RÉUSSITE !"<br />

Bonjour Sascha, commençons par<br />

le début. Comment es-tu arrivé à<br />

l'ASF et quel est ton domaine<br />

d'activité au sein de l'association ?<br />

En 2014, j'avais déjà un pied à l'ASF<br />

en tant qu'observateur des<br />

adversaires de l'équipe nationale<br />

M21. Parallèlement, j'étais encore<br />

responsable technique de la section<br />

junior du FC Aarau. En 2017, j'ai<br />

rejoint l'ASF en tant que<br />

"responsable de l'analyse et du<br />

développement des matchs".<br />

Ensuite, mon domaine d'activité<br />

s'est étendu au poste d'entraîneur<br />

adjoint de l'équipe nationale M21<br />

sous Mauro Lustrinelli et, en même<br />

temps, à celui d'entraîneur en chef<br />

des M16. Mais il n'a pas été facile de<br />

concilier toutes ces fonctions.<br />

Depuis le retour de Lustrinelli dans<br />

le football de club, je me concentre<br />

désormais sur les tâches<br />

d'entraîneur en chef des M17 et je<br />

continue à m'occuper de la<br />

formation dans le domaine de<br />

l'analyse de jeu.<br />

Tu es employé par l'ASF à 100%. De<br />

nombreux scouts et analystes de<br />

match ne sont toutefois pas 100%<br />

professionnels dans le football de<br />

club en Suisse et ont souvent<br />

besoin d'un deuxième job.<br />

Le domaine de l'analyse de match<br />

doit absolument être étendu en<br />

Suisse. La génération Z a vécu la<br />

numérisation et est habituée à<br />

traiter des contenus numériques.<br />

C'est donc précisément dans ce


domaine que sommeille encore un<br />

grand potentiel dans lequel il faut<br />

investir.<br />

Au cours de ton activité de<br />

responsable du développement du<br />

jeu, as-tu intégré certaines<br />

pratiques qui font aujourd'hui<br />

partie intégrante de la formation<br />

de l'ASF ?<br />

En m'appuyant sur la philosophie<br />

de jeu et de formation suisse, j'ai<br />

participé à l'élaboration du modèle<br />

de jeu de l'équipe nationale suisse.<br />

Parallèlement, j'ai notamment joué<br />

un rôle de leader dans la mise à<br />

disposition numérique d'exercices<br />

de référence pour la relève. Il s'agit<br />

toutefois d'un processus continu<br />

dans lequel il est possible d'investir<br />

encore bien davantage.<br />

En tant que co-entraîneur de<br />

l'équipe nationale des moins de 21<br />

ans, tu as eu affaire à des joueurs<br />

aujourd'hui très connus : Okafor,<br />

Lotomba ou Zeqiri. Y a-t-il un<br />

joueur dont tu as été<br />

particulièrement séduit ?<br />

J'ai pu vivre deux campagnes avec<br />

les générations 1998/99 et 2000/01.<br />

Celui que j'ai trouvé très<br />

passionnant à l'époque, c'est Vasilije<br />

Janjicic, qui était à Hambourg. Sa<br />

maladie lui a fait subir un coup dur<br />

au cours de sa jeune carrière. Toni<br />

Domgjoni m'a également toujours<br />

beaucoup plu, mais lui aussi a un<br />

peu disparu des radars suisses<br />

depuis son départ pour Vitesse<br />

Arnheim. Le cas de Jérémy<br />

Guillemenot, qui s'est très bien<br />

développé à Saint-Gall, est<br />

également intéressant. Ce qui est<br />

réjouissant, c'est que de nombreux<br />

membres de cette génération ont<br />

franchi l'étape suivante et<br />

poursuivent désormais une carrière<br />

couronnée de succès - comme<br />

Zesiger, Lotomba, Okafor, Vargas<br />

ou Lotomba.<br />

Comment vois-tu l'équipe<br />

actuelle?<br />

Il s'agit sans aucun doute d'une<br />

équipe très talentueuse, dans<br />

laquelle de nombreux joueurs ont<br />

connu un développement<br />

formidable et sont aujourd'hui de<br />

véritables piliers. Je pense par<br />

exemple à Dan Ndoye, Zeki<br />

Amdouni ou Darian Males. D'un<br />

autre côté, il y a des joueurs comme<br />

Felix Mambimbi, Alexandre<br />

Jankewitz et Gabriel Barès, qui<br />

étaient autrefois des piliers<br />

importants de l'équipe, mais qui ont<br />

aujourd'hui du mal à se faire une<br />

place dans l'équipe.<br />

Le cas personnel de Zeki Amdouni<br />

est très intéressant : il a trouvé le<br />

chemin de l'ascension par un<br />

détour semé d'embûches, mais a<br />

échappé d'un cheveu à l'ASF.<br />

Comment vois-tu son évolution ?<br />

Il y a toujours des évolutions<br />

inattendues de ce genre. Amdouni a<br />

suivi un beau parcours<br />

professionnel qui, grâce à un travail<br />

acharné et à un bon<br />

environnement, l'a mené au football<br />

de haut niveau. Ce qui est<br />

important à souligner, c'est qu'il a<br />

suivi un parcours suisse. Malgré sa<br />

déception au Servette, il n'est pas<br />

parti très tôt à l'étranger, mais il a<br />

continuellement gravi les échelons<br />

du football junior suisse et n'a cessé<br />

de progresser. Amdouni est donc<br />

un exemple de réussite de la voie<br />

suisse, même dans les petits clubs.


Comment l'a-t-on convaincu de<br />

revenir à l'ASF après son détour<br />

par la fédération turque ?<br />

Je suis trop éloigné de cela. Ce sont<br />

des sujets politiques avec lesquels je<br />

n'avais rien à faire en tant<br />

qu'entraîneur adjoint.<br />

D’ailleurs, comment se passe le<br />

recrutement des doubles<br />

nationaux dans les niveaux de la<br />

relève ?<br />

La Suisse est multiculturelle. C'est<br />

une force pour notre pays et cela<br />

fait partie de notre quotidien.<br />

Presque tous les doubles nationaux<br />

sont nés ici et sont ainsi<br />

continuellement intégrés dans les<br />

équipes nationales. Dès le niveau<br />

M15, les parents sont sensibilisés à<br />

la thématique de la naturalisation,<br />

car à partir du niveau M17, chaque<br />

joueur a besoin d'un passeport<br />

suisse pour les campagnes de<br />

l'UEFA. C'est pourquoi il nous tient<br />

à cœur de convaincre très tôt les<br />

joueurs d'origine étrangère de<br />

rejoindre l'ASF.<br />

Il existe également un petit<br />

réservoir de joueurs d'origine<br />

suisse à l'étranger qui pourraient<br />

entrer en ligne de compte pour<br />

l'ASF. Ruwen Werthmüller (Hertha<br />

BSC) et Yvann Konan (Lyon) ont<br />

par exemple pu être recrutés pour<br />

la Suisse. Quelle est la stratégie de<br />

l'ASF ?<br />

L'ASF ne recherche pas de manière<br />

ciblée à l'étranger des talents<br />

autorisés à jouer en Suisse. Mais<br />

comme le monde du football est<br />

aujourd'hui si dense, l'association<br />

est naturellement informée de<br />

l'existence d'un joueur<br />

potentiellement intéressant à<br />

l'étranger. Mais ce n'est pas parce<br />

qu'un joueur a des liens familiaux<br />

en Suisse qu'il est automatiquement<br />

autorisé à jouer pour nous selon le<br />

règlement de la FIFA. Avec<br />

Werthmüller et Konan, deux jeunes<br />

joueurs ont pu être intégrés à l'ASF,<br />

mais le grand "top shot" n'a pas<br />

encore été découvert à l'étranger.<br />

Actuellement, des clarifications<br />

sont en cours concernant le<br />

défenseur du PSG Hugo Lamy, qui<br />

pourrait être intéressant pour l'ASF<br />

à l'avenir.<br />

Lewin Blum est actuellement le<br />

seul défenseur latéral qualifié de<br />

l'équipe nationale M21. Faut-il<br />

s'inquiéter à ce poste ?<br />

Au niveau suisse, il n'y a pas un<br />

grand réservoir de talents aux<br />

postes de défenseurs latéraux, c'est<br />

vrai. Surtout à gauche. C'est<br />

pourquoi, en M21, les latéraux<br />

défensifs sont souvent occupés par<br />

des défenseurs centraux<br />

expérimentés comme Albian<br />

Hajdari, Jan Kronig ou Anel Husic.<br />

Tout le monde aimerait bien sûr<br />

avoir un arrière gauche fort dans<br />

son équipe - mais ces joueurs sont<br />

difficiles à trouver. Même à mon<br />

niveau, en 2006, nous n'avons pas<br />

beaucoup de choix à l'arrière<br />

gauche. Mais ce n'est pas forcément<br />

un inconvénient - l'Allemagne est<br />

devenue championne du monde en<br />

2014 avec quatre défenseurs<br />

centraux dans sa ligne de défense. Il<br />

faut être créatif et trouver des<br />

combinaisons qui correspondent<br />

aux joueurs disponibles.<br />

As-tu sur tes tablettes l'un ou<br />

l'autre jeune arrière gauche qui<br />

pourrait à l'avenir combler cette<br />

lacune ?


Leny Meyer du FC Lucerne a connu<br />

une bonne évolution ces derniers<br />

temps. Le Servettien Malik<br />

Sawadogo est lui aussi très<br />

prometteur, mais il s'est déchiré les<br />

ligaments croisés l'année dernière.<br />

Il ne faut pas oublier : lors de<br />

l'EURO 2018 des moins de 17 ans, la<br />

Suisse a également joué contre<br />

l'Angleterre et s'était alors imposée<br />

par 1 à 0.<br />

L'Euro ? Un grand défi que nous<br />

abordons de manière positive<br />

En revanche, l'ASF a moins de<br />

problèmes à l'arrière droit. Mattia<br />

Rizzo (FCZ), Eliah Jordan (Bâle) et<br />

Tarik Seferovic (FCSG), par<br />

exemple, sont de bons joueurs au<br />

niveau des M17.<br />

Justement, l'équipe nationale M17.<br />

Fin mai, un véritable groupe de<br />

choc attend la Suisse avec<br />

l’Angleterre, les Pays-Bas et la<br />

Croatie. Quels sont les enjeux pour<br />

l'équipe ?<br />

Ce sont bien sûr trois adversaires<br />

très forts. Dans le classement des<br />

coefficients, les Pays-Bas sont à la<br />

première place, l'Angleterre à la<br />

troisième, les Croates à la 26e. Nous<br />

sommes classés à la 19e place.<br />

Quand on se retrouve dans un<br />

groupe avec le numéro 1 et le<br />

numéro 3, il est bien sûr<br />

présomptueux de dire qu'il faut<br />

absolument atteindre les quarts de<br />

finale. Nous devons réaliser une<br />

performance de haut niveau, nous<br />

avons besoin de chance dans le jeu<br />

et de cohésion d'équipe. Et de<br />

préférence, bien sûr, un attaquant<br />

capable de marquer l'un ou l'autre<br />

but. C'est un grand défi, mais nous<br />

l'abordons de manière très positive.<br />

L'une des "stars" de l'équipe est le<br />

buteur de Gladbach Winsley Boteli,<br />

qui a également souvent marqué<br />

en équipe nationale M17. Quel<br />

genre de joueur est-il et comment<br />

évalues-tu son potentiel ?<br />

Boteli est un attaquant pur sang.<br />

Son passage de Servette à Gladbach<br />

a porté ses fruits jusqu'à présent.<br />

Au premier tour, il s'est tout de<br />

suite imposé avec les M17 et a<br />

également joué avec les M19. Devant<br />

le but, il n'a pas besoin de beaucoup<br />

d'occasions, il a du sang froid et<br />

dispose d'une bonne technique de<br />

tir. Il apporte en outre une certaine<br />

rapidité, il sait bien se faufiler<br />

autour des adversaires. Il a un peu<br />

de tout, mais il a bien sûr encore<br />

beaucoup de travail à faire. Son<br />

travail défensif, notamment, a<br />

encore une marge de progression.<br />

J'ai hâte de voir sa performance à<br />

l'EURO.<br />

La sélection pour la phase finale<br />

est déjà connue. En font partie :<br />

deux joueurs nés en 2007 - le<br />

milieu de terrain Elio Rufener (YB)<br />

et le défenseur central Marvin<br />

Akahomen (FCB), qui a récemment<br />

fait ses débuts en Super League.


Que peux-tu nous dire sur ces<br />

deux poussins ? Qu'est-ce qui les<br />

distingue des autres talents ?<br />

Marvin Akahomen a rejoint les M18<br />

du FC Bâle lors de cette deuxième<br />

partie de saison, où il s'est<br />

rapidement imposé. Ce qui le<br />

distingue : il est gaucher et nous<br />

n'avons pas de défenseur central<br />

gaucher avec son profil intéressant<br />

dans la classe d'âge 2006. Elio<br />

Rufener a également déjà joué l'un<br />

ou l'autre match avec les M18 d'YB<br />

et est capitaine des M16 suisses.<br />

C'est un joueur qui peut aller de<br />

l'avant. De plus, comme nous avons<br />

encore trois joueurs suspendus<br />

pour cause de jaune au début du<br />

tournoi, il est prévu comme<br />

solution de remplacement.<br />

Peux-tu nous présenter l'équipe<br />

des moins de 17 ans plus en détail ?<br />

Commençons par les buts...<br />

Notre numéro 1 est Gentrit Muslija,<br />

gardien M18 du FC Saint-Gall. Il a<br />

connu une évolution réjouissante :<br />

bon positionnement, organise la<br />

défense, bon avec le pied. Dario<br />

Wälti, du FC Thoune, est le numéro<br />

2. C'est un gars qui a les pieds sur<br />

terre et qui s'intègre parfaitement à<br />

l'équipe. Felix Löpfe, issu du centre<br />

de formation du FCB, est le<br />

troisième gardien.<br />

Les défenseurs...<br />

Derrière à droite, nous avons Mattia<br />

Rizzo, dont nous avons déjà parlé et<br />

qui a été très important pour nous<br />

lors du tour Elite. C'est un leader<br />

agressif, bon dans les duels et doté<br />

d'un esprit offensif. Eliah Jordan, du<br />

FC Bâle, entre également en ligne<br />

de compte pour le côté droit. Il est<br />

techniquement fort et très<br />

dynamique.<br />

La défense centrale est composée<br />

de Jeremy Fasano des<br />

Grasshoppers, qui a ses points forts<br />

dans la construction du jeu et une<br />

bonne vitesse. D'Elohim Kamoko du<br />

FC Zurich, un défenseur<br />

physiquement fort avec de grandes<br />

qualités dans les duels. Et de<br />

Marvin Ahakomen, dont nous avons<br />

déjà parlé, qui sera précieux pour<br />

nous en tant que pied gauche.<br />

Le côté gauche de la défense est<br />

composé de Rhodri Smith des<br />

Young Boys - dynamique, actif vers<br />

l'avant - et de Tarik Seferovic du FC<br />

Saint-Gall, discipliné sur le plan<br />

défensif. Ce dernier serait en fait un<br />

droitier, mais grâce à un bon pied<br />

gauche, il peut également occuper<br />

ce poste.<br />

Les milieux de terrain...<br />

Au milieu de terrain, nous avons<br />

Demir Xhemalija du FC Bâle, notre<br />

capitaine. Il est très important pour<br />

la stabilité en tant que lien. Bon<br />

dans les duels, actif dans la<br />

construction du jeu. Ensuite, nous<br />

avons Alessandro Romano, qui a été<br />

transféré l'année dernière du FC<br />

Winterthur à l'AS Roma. Il y est<br />

devenu titulaire chez les moins de<br />

18 ans. Ensuite, il y a Corsin<br />

Konietzke, qui est déjà utilisé par le<br />

FCSG en M21. Il a une bonne<br />

personnalité et est également<br />

dangereux pour les buts grâce à ses<br />

courses dans la boîte ou ses tirs de<br />

loin.<br />

Ensuite, il y a le duo du FCZ, Leon<br />

Grando et Cheveyo Tsawa. Grando<br />

a été très important pour nous lors<br />

du tour de qualification, il est<br />

dangereux et apporte une<br />

agressivité saine. Tsawa est


discipliné, se déplace beaucoup et<br />

donne des impulsions à l'équipe.<br />

Elio Rufener, déjà mentionné,<br />

apporte de la stabilité et peut<br />

contribuer à façonner le jeu en tant<br />

que pied gauche. Luca Bühlmann,<br />

du FC Bâle, a un grand potentiel<br />

qu'il n'a pas encore totalement<br />

exploité. Il se déplace bien entre les<br />

lignes et reconnaît de nombreux<br />

espaces. Et puis nous avons Jason<br />

Parente du FCSG, notre prodige de<br />

la course. Il parcourt régulièrement<br />

plus de 12 km à haute intensité et<br />

donne ainsi beaucoup d'énergie à<br />

l'équipe.<br />

Et pour finir, les attaquants.<br />

Ici, nous avons l'embarras du choix<br />

entre trois bons attaquants : d'une<br />

part Arlet Junior Zé. C'est un joueur<br />

clé qui nous a permis de passer le<br />

tour Elite. Entre-temps, il joue<br />

aussi régulièrement avec les M21 du<br />

FC Bâle. Il est très fort en un contre<br />

un, il peut aussi s'imposer<br />

physiquement, il apporte de la<br />

vitesse et il est très bon des deux<br />

pieds pour conclure.<br />

Ensuite, nous avons Winsley Boteli,<br />

dont nous avons déjà parlé. La<br />

troisième option en attaque est<br />

Modou Minteh, également du FC<br />

Bâle. Il est très désagréable pour les<br />

En attaque ?<br />

Avec Zé, Boteli et Minteh,<br />

nous avons l'embarras du<br />

choix !<br />

défenseurs adverses, il va au duel, il<br />

s'arrache. En outre, il est très fort<br />

en fin de match et peut faire bouger<br />

les choses grâce à ses qualités<br />

athlétiques, notamment en tant que<br />

joker.<br />

Avec Boteli et Alessandro Romano<br />

(AS Roma), la sélection comprend<br />

deux joueurs sous contrat avec des<br />

clubs étrangers. A ton avis, qu'estce<br />

qui est le plus judicieux pour un<br />

jeune joueur : rester dans son pays<br />

ou partir tôt à l'étranger ?<br />

Il existe à la fois des exemples<br />

positifs de transfert précoce et des<br />

exemples négatifs. Boteli et Romano<br />

ont réussi à s'imposer en premier,<br />

mais d'autres sont souvent mis de<br />

côté après un transfert. L'aspect de<br />

la pratique du match est<br />

incroyablement important, car ce<br />

n'est pas parce qu'un joueur est<br />

sous contrat avec un grand club<br />

qu'il sera automatiquement<br />

convoqué pour l'équipe nationale.<br />

Outre la concurrence accrue, une<br />

autre difficulté réside dans le fait<br />

que les grands clubs étrangers ne<br />

détachent parfois pas leurs joueurs<br />

pour les matches internationaux.<br />

Toute démarche à l'étranger doit<br />

donc être mûrement réfléchie. Si un<br />

transfert fait sens pour le joueur en<br />

question, cela peut effectivement<br />

être un avantage dans certains cas.<br />

Mais cela ne signifie pas pour<br />

autant que chaque transfert aura un<br />

effet positif sur l'équipe nationale.<br />

Quel rôle joue la tactique au niveau<br />

des M17 ?<br />

Bien sûr, nous nous préparons<br />

tactiquement pour chaque<br />

adversaire et élaborons un plan de<br />

match.


Mais j'ose affirmer qu'à tous les<br />

niveaux, la mentalité est plus<br />

importante que la tactique ou la<br />

classe individuelle. Souvent, une<br />

mauvaise performance n'est pas<br />

une question de formation, mais<br />

d'attitude. Comment vais-je<br />

aborder le duel ? Avec quelle<br />

conviction vais-je me rendre sur le<br />

terrain ? C'est là que se trouve la<br />

clé, plutôt que dans les questions<br />

de tactique. Avec une énergie et<br />

une mentalité positive, tu peux<br />

généralement faire plus qu'avec<br />

une tactique sophistiquée.<br />

Comment un entraîneur peut-il<br />

faire naître une telle mentalité<br />

positive ?<br />

En soudant l'équipe. Il s'agit de se<br />

soutenir mutuellement, de se<br />

motiver et de rester ainsi actif et<br />

plein d'initiative. C'est ainsi que tu<br />

peux rattraper ton retard en tant<br />

qu'équipe et résister à des<br />

adversaires forts. Mais cela ne<br />

fonctionne que si l'équipe<br />

fonctionne aussi en dehors du<br />

terrain. Des petites choses comme<br />

des jeux de cartes en commun et<br />

un échange constant entre<br />

l'entraîneur et les joueurs<br />

permettent de favoriser cela.<br />

En guise de conclusion : Un retour<br />

dans le football de club est-il à<br />

l'ordre du jour pour toi ?<br />

Je me sens très bien dans ma<br />

fonction à l'ASF. Bien sûr, on ne<br />

peut jamais rien exclure. Mais<br />

revenir dans le football de club<br />

n'est pas un objectif prioritaire. En<br />

tant qu'entraîneur national, je<br />

trouve extraordinaire de pouvoir<br />

travailler avec les meilleurs joueurs<br />

de Suisse et de fêter des succès. De<br />

plus, lorsque d'anciens protégés<br />

mènent une carrière couronnée de<br />

succès, c'est agréable de savoir que<br />

l'on y a également apporté une<br />

petite contribution.<br />

Réalisation de l'article par<br />

Emanuel Staub (Bolzplazz)


ÉQUIPE SUISSE U17<br />

MUSLIJA<br />

WÄLTI<br />

SRDANOVIC<br />

SMITH<br />

FASANO<br />

KAMOKO<br />

GENTRIT<br />

DARIO<br />

LOUN<br />

RHODRI<br />

JEREMY<br />

ELOHIM<br />

FC SAINT-GALL<br />

FC THOUNE<br />

SERVETTE FC<br />

BSC YOUNG BOYS<br />

GRASSHOPPER<br />

CLUB<br />

FC ZURICH<br />

SEFEROVIC<br />

AKAHOMEN<br />

XHEMALIJA<br />

TSAWA<br />

ROMANO<br />

ZÉ<br />

TARIK<br />

MARVIN<br />

DEMIR<br />

CHEVEYO<br />

ALESSANDRO<br />

JUNIOR<br />

FC SAINT-GALL<br />

FC BÂLE<br />

FC BÂLE<br />

FC ZURICH<br />

AS ROME<br />

FC BÂLE<br />

KONIETZKE<br />

GRANDO<br />

BÜHLMANN<br />

RUFENER<br />

JORDAN<br />

PARENTE<br />

CORSIN<br />

LEON<br />

LUCA<br />

ELIO<br />

ELIAH<br />

JASON<br />

FC SAINT-GALL<br />

FC ZURICH<br />

FC BÂLE<br />

BSC YOUNG BOYS<br />

FC BÂLE<br />

FC SAINT-GALL<br />

BOTELI<br />

MINTEH<br />

WINSLEY<br />

MODOU<br />

BORUSSIA<br />

MÖCHENGLADBACH<br />

FC BÂLE


ZOOM<br />

PARIS,<br />

LE CENTRE DU<br />

MONDE DU<br />

FOOTBALL<br />

MODERNE


La région parisienne a<br />

toujours été un berceau<br />

pour les jeunes talents de<br />

football. Au fil des ans,<br />

elle est devenue une<br />

source inépuisable de talents,<br />

fournissant des joueurs de classe<br />

mondiale à des clubs du monde<br />

entier. Nous avons exploré<br />

l'importance de la région parisienne<br />

dans le football moderne et son rôle<br />

dans la production de grands<br />

talents.<br />

La région parisienne compte<br />

aujourd'hui plus de 12 millions<br />

d'habitants et est le centre<br />

économique et culturel de la<br />

France. C'est également l'un des<br />

endroits les plus densément<br />

peuplés d'Europe, avec une forte<br />

concentration de jeunes joueurs de<br />

football. Des clubs de football<br />

amateurs aux académies de clubs<br />

professionnels, la région parisienne<br />

est un vivier de jeunes talents.<br />

Le football, le sport le plus<br />

pratiqué<br />

Au fil des ans, le nombre de<br />

licenciés de football en région<br />

parisienne a connu une croissance<br />

régulière. En 2005, on comptait<br />

environ 190 000 licenciés de<br />

football en région parisienne. Dix<br />

ans plus tard, en 2015, ce chiffre<br />

avait atteint près de 250 000.<br />

Depuis lors, le nombre de licenciés<br />

a légèrement diminué, passant à<br />

environ 240 000 en 2021, mais reste<br />

tout de même élevé en comparaison<br />

avec d'autres sports. Si les grands<br />

clubs professionnels comme le<br />

Paris Saint-Germain, l'Olympique<br />

Lyonnais ou l'Olympique de<br />

Marseille attirent de nombreux<br />

supporters, la majorité des licenciés<br />

sont plutôt affiliés à des clubs<br />

amateurs, souvent situés en<br />

banlieue. C’est là que l’impact de la<br />

région parisienne est très<br />

important. En effet, de nombreux<br />

clubs de quartier, jouent un rôle<br />

important dans la formation des<br />

jeunes joueurs.<br />

Et là encore, la région a connu une<br />

croissance exponentielle de son<br />

nombre de clubs de football ces<br />

dernières années. Des clubs tels<br />

que le Red Star FC, le Paris FC, l'AS<br />

Bondy et l'US Créteil-Lusitanos<br />

sont devenus des fers de lance du<br />

football amateur français. Le point<br />

commun de ces clubs? La<br />

formation. Le Red Star FC, club des<br />

plus historiques de la région<br />

parisienne fondé en 1897, a<br />

remporté le championnat de France<br />

à cinq reprises avant la Seconde<br />

Guerre mondiale. Mais après la<br />

guerre, le club a connu des<br />

difficultés financières et sportives<br />

et a peu à peu glissé dans les<br />

divisions inférieures. C'est dans les<br />

années 2000 que le club commence<br />

à renaître de ses cendres grâce à<br />

une politique de formation<br />

ambitieuse qui a permis à de<br />

nombreux jeunes joueurs de la<br />

région parisienne de s'exprimer et<br />

de percer dans le monde du football<br />

professionnel. Des joueurs tels que<br />

Paul Pogba, Antoine Griezmann ou<br />

encore Kingsley Coman ont ainsi<br />

commencé au Red Star FC.<br />

L’AS Bondy, lui, a vu sa côte<br />

grimper grâce à la formation de<br />

Kylian Mbappé. Le jeune prodige<br />

français a débuté sa carrière dans<br />

ce club qui s'est vu être mis sur le<br />

devant de la scène ses dernières<br />

années.


L’influence de la banlieue sur le<br />

football<br />

À contrario d’autres régions<br />

françaises, la banlieue de Paris est<br />

également connue pour ses<br />

infrastructures de qualité. De<br />

nombreux clubs de football locaux<br />

ont des installations modernes et<br />

bien équipées, ce qui permet aux<br />

jeunes joueurs de s'entraîner dans<br />

les meilleures conditions possibles.<br />

Les entraîneurs locaux sont<br />

également très compétents et<br />

peuvent fournir aux jeunes joueurs<br />

une formation de qualité. Le PSG,<br />

lui, a flairé le bon coup avec Nasser<br />

Al-Khelaïfi qui a déclaré en son<br />

temps: « Le Paris Saint-Germain a<br />

un engagement fort envers la banlieue<br />

parisienne, où nous avons créé de<br />

nombreux centres de formation et<br />

programmes de développement pour<br />

les jeunes joueurs. Nous croyons en<br />

l'importance de soutenir la<br />

communauté et de contribuer à la<br />

formation des futurs talents du<br />

football. »<br />

La richesse ethnique qui vit en<br />

banlieue est également reflétée<br />

dans les équipes de football. Les<br />

jeunes joueurs sont exposés à<br />

différents styles de jeu et peuvent<br />

apprendre de différentes<br />

techniques et tactiques. Toutefois,<br />

cette région s’est vu identifier un<br />

style de jeu unique souvent appelé «<br />

le jeu à la parisienne ». Celui-ci est<br />

caractérisé par une grande<br />

technique individuelle, une rapidité<br />

d'exécution, une grande créativité<br />

et une forte intensité.<br />

Avec ces terrains souvent plus<br />

petits que ceux des clubs<br />

professionnels, les joueurs évoluant<br />

en banlieue doivent être capables<br />

de jouer dans des espaces réduits et<br />

de réagir rapidement à des<br />

situations imprévues. Cela a<br />

entraîné une grande capacité à<br />

improviser et une créativité accrue<br />

chez les joueurs locaux. « Je suis<br />

fier de venir de la banlieue<br />

parisienne, où le football est une<br />

passion et un mode de vie. C'est là que<br />

j'ai appris à jouer au football, et je<br />

sais que beaucoup d'autres talents<br />

peuvent émerger de ces quartiers. »<br />

avait déclaré Kylian Mbappé pour<br />

souligner l’impact de la région sur<br />

son football.<br />

« Le jeu à la parisienne » est<br />

également connu pour sa vitesse et<br />

son intensité. Les joueurs ont<br />

souvent des rythmes cardiaques<br />

élevés tout au long du match et sont<br />

capables de jouer à un niveau très<br />

élevé pendant de longues périodes.<br />

Les contre-attaques sont une arme<br />

privilégiée de ces équipes qui<br />

cherchent à jouer rapidement en se<br />

projetant vers l'avant avec rapidité.<br />

240'000<br />

licenciés à Paris en 2021


Le style de jeu en banlieue<br />

parisienne a également<br />

influencé les tactiques de<br />

nombreux clubs<br />

professionnels en France et<br />

dans le monde entier. De<br />

nombreux entraîneurs ont<br />

cherché à imiter ce style de jeu<br />

en encourageant leurs joueurs<br />

à jouer avec plus de créativité<br />

et de liberté. En effet, Arsène<br />

Wenger, ancien entraîneur<br />

d'Arsenal et actuellement<br />

directeur du développement<br />

du football mondial à la FIFA, a<br />

été l'un des premiers à intégrer des<br />

joueurs français issus de la banlieue<br />

parisienne dans son équipe d'Arsenal,<br />

tels que Thierry Henry, Patrick Vieira et<br />

Nicolas Anelka. « La banlieue parisienne<br />

est un véritable incubateur pour les talents<br />

du football. La culture du jeu de la rue, la<br />

diversité et l'émulation qui y règnent ont<br />

contribué à la formation de certains des<br />

meilleurs joueurs du monde » avait<br />

déclaré le coach français à l’époque pour<br />

justifier sa stratégie de recrutement.<br />

En 2022, la région parisienne<br />

n’a cessé de jouer un rôle<br />

important sur le monde du<br />

football. On compte ainsi près<br />

de 200 joueurs professionnels<br />

de football dans le monde qui<br />

ont grandi dans la région<br />

parisienne. Ce chiffre ne<br />

prend toutefois en compte<br />

que les joueurs qui ont passé<br />

par un club de la région<br />

parisienne avant de rejoindre<br />

un club professionnel. De<br />

nombreux autres joueurs<br />

professionnels ont en effet<br />

déménagé en région


parisienne pour y jouer dans des<br />

équipes locales, sans y être<br />

originaires.<br />

Cependant, malgré les avantages<br />

qu'offre la banlieue de Paris pour le<br />

football, les jeunes joueurs doivent<br />

faire face à de nombreux défis. La<br />

pression pour réussir est énorme,<br />

et les jeunes joueurs peuvent<br />

parfois être confrontés à des<br />

obstacles tels que le manque de<br />

financement et la difficulté d'accès<br />

aux installations d'entraînement.<br />

Les exemples ne manquent pas<br />

Le football et la banlieue parisienne<br />

est une histoire vieille comme le<br />

monde. Des légendes françaises<br />

telles que Michel Platini, Raymond<br />

Kopa et Thierry Henry ont tous été<br />

formés en région parisienne.<br />

Plus récemment, Mbappé est l'un<br />

des meilleurs exemples de la<br />

réussite de la région parisienne<br />

dans la production de talents. Né et<br />

élevé dans la banlieue de Bondy,<br />

Kylian Mbappé a commencé sa<br />

carrière avec le club local de l'AS<br />

Bondy. Il a ensuite rejoint le centre<br />

de formation de l'AS Monaco, où il a<br />

fait ses débuts professionnels en<br />

2015. Depuis lors, Mbappé est<br />

devenu l'un des joueurs les plus<br />

scrutés du monde et a remporté<br />

plusieurs titres nationaux et<br />

internationaux avec le PSG et<br />

l'équipe de France.


Et la Suisse<br />

dans tout ça?<br />

En Suisse, le championnat<br />

dénombre également certains<br />

exemples issus de cette région.<br />

Andy Diouf, né en 2003 à Neuillysur-Seine,<br />

est passé par le centre<br />

de formation du Paris Saint-<br />

Germain avant de rejoindre le Stade<br />

Rennais. Aujourd’hui au FC Bâle,<br />

l’international français espoir peut<br />

s’éviter le mal du pays avec son<br />

compatriote Jean-Kevin Augustin,<br />

né en 1997 à Paris et qui a grandi<br />

dans le 20ème arrondissement de la<br />

ville.<br />

Mais l’un des meilleurs exemples de<br />

notre championnat sur la réussite<br />

de cette région est sûrement celui<br />

de Gaël Clichy, qui fut l'un des<br />

meilleurs défenseurs latéraux du<br />

football français des dernières<br />

années. Avant de fouler les pelouses<br />

du monde entier, Clichy a grandi<br />

dans la banlieue parisienne. Né le 26<br />

juillet 1985 à Toulouse, en Haute-<br />

Garonne, Clichy a déménagé avec<br />

sa famille en région parisienne à<br />

l'âge de deux ans. Il a grandi dans le<br />

quartier de la Goutte d'Or, dans le<br />

18ème arrondissement de Paris, une<br />

zone qui a produit plusieurs joueurs<br />

de football de renom comme<br />

Nicolas Anelka ou encore Abou<br />

Diaby.


L'actuel joueur du Servette<br />

FC a commencé à jouer au<br />

football à l'âge de six ans<br />

dans un petit club de<br />

quartier, l'Espérance Paris.<br />

Il y a rapidement fait ses<br />

preuves, se faisant<br />

remarquer par les<br />

recruteurs de l'AS Cannes.<br />

À l'âge de 15 ans, il a rejoint<br />

le centre de formation de<br />

ce club aujourd'hui en<br />

National 3, où il a<br />

commencé à gravir les<br />

échelons. Après être passé<br />

par Arsenal et notamment<br />

Manchester City, sa<br />

carrière est un exemple de<br />

réussite pour les jeunes<br />

joueurs de banlieue<br />

parisienne qui rêvent de<br />

faire carrière dans le<br />

football.


N A T I<br />

D E L ' É T R A N G E R<br />

S A I S O N 2 0 2 2 / 2 3<br />

YANN SOMMER<br />

Un début de saison à Gladbach et une fin de saison au<br />

Bayern Munich. Le portier de la Nati remporte la<br />

Bundesliga et ainsi justifie pleinement son choix de<br />

carrière. Les nombreux changements au sein du club<br />

bavarois ainsi que le retour de Neuer pourrait le forcer<br />

à changer ses plans.<br />

GREGOR KOBEL<br />

Probablement le meilleur gardien de la saison en<br />

Bundesliga. Gregor Kobel était à deux doigts de<br />

remporter le titre et ainsi écrire encore un peu plus sa<br />

légende au Borussia Dortmund. Un club qui aura<br />

beaucoup de mal à le conserver cet été.<br />

JONAS OMLIN<br />

Finalement parti du 12ème de Ligue 1 pour le 10ème de<br />

Bundesliga. En 6 mois, il a totalement justifié la<br />

confiance que lui accorde le Borussia Möchengladbach.<br />

Une des rares satisfactions du club, il sera déterminant<br />

dans le renouveau annoncé par Gladbach pour la saison<br />

prochaine.<br />

PHILIPP KÖHN<br />

Élu meilleur gardien du championnat autrichien,<br />

Philipp Köhn réalise - une nouvelle fois - une saison<br />

pleine. Ses performances en Ligue des Champions font<br />

de lui un gardien convoité. Un départ, cet été, est<br />

envisageable. Manchester United est à l'affût.<br />

NICO ELVEDI<br />

Peut-être la moins bonne saison du défenseur suisse<br />

depuis son arrivée en Allemagne. Passé à côté de<br />

certains matchs, il a semblé moins serein qu'à son<br />

habitude. Il reste toutefois le patron de la défense de<br />

Gladbach. Et si c'était le moment de changer d'air Nico?


MANUEL AKANJI<br />

C'est le Suisse de l'année ! Manu Akanji s'est imposé<br />

brillamment dans le onze de Pep Guardiola. Après avoir<br />

remporté la Premier League, il peut encore rafler la<br />

mise en Ligue des Champions. En tout cas, City peut<br />

compter sur son roc suisse pour le faire !<br />

SILVAN WIDMER<br />

Le capitaine de Mayence a connu un léger trou dans sa<br />

saison poussant même son coach à le mettre sur le<br />

banc quelques matchs. Il faut dire qu'une blessure est<br />

venue perturber sa forme. Bien revenu, il retrouve son<br />

niveau d'antan et sa forme qui font de lui un des<br />

meilleurs latéraux de Bundesliga.<br />

RICARDO RODRIGUEZ<br />

Placé dans une défense à trois par son coach, Ricardo<br />

Rodriguez réalise l'une de ses meilleures saisons<br />

depuis des années. Régulier, il est même devenu<br />

capitaine de son club, Torino, surprenant 8ème de<br />

Serie A.<br />

ERAY CÖMERT<br />

Un début de saison en fanfare sous l'ère Gattuso a fait<br />

de lui l'un des seuls joueurs à éviter les critiques des<br />

supporters de Valance. Le changement d'entraineur<br />

opéré par la direction lui coûte sa place de titulaire.<br />

Une fin de saison triste pour un joueur qui prenait son<br />

envol à l'étranger.<br />

JORDAN LOTOMBA<br />

Jordan Lotomba s'est complètement révélé cette saison<br />

avec l'OGC Nice. L'arrivée de Didier Digard au poste<br />

d'entraineur lui a permis de franchir un cap. Le<br />

Vaudois doit confirmer l'année prochaine pour gagner<br />

sa place en sélection.<br />

EDIMILSON FERNANDES<br />

C'est l'homme de l'ombre dans son club, Mayence.<br />

Edimilson est titulaire à tous les matchs et bien en<br />

jambes. Son nouveau poste, dans une défense à trois,<br />

lui permet de faire jouer sa plus grande qualité,<br />

l'intelligence de jeu.


FABIAN SCHÄR<br />

Comme Akanji et Xhaka, Fabian Schär a vécu une<br />

magnifique saison en Angleterre. Patron de la défense<br />

de Newcastle, il a régulièrement été mis sur le devant<br />

de la scène pour ses performances. Cerise sur le<br />

gâteau, il va retrouver la Ligue des Champions.<br />

DJIBRIL SOW<br />

Très en vue en Ligue des Champions, Djib a mis tous<br />

les avantages de son côté pour se voir offrir une<br />

opportunité dans un grand club. À Frankfurt,<br />

l'international suisse risque de faire la "saison de trop"<br />

et stagner. Ses performances parlent pour lui.<br />

DENIS ZAKARIA<br />

Arrivé en fin de mercato d'été à Chelsea, Denis Zakaria<br />

ne fera pas long feu à Londres. Le licenciement de<br />

Thomas Tuchel a eu un effet dévastateur pour lui. Les<br />

rares fois où il a pu être sur le terrain, l'international<br />

suisse s'est montré performant dans une équipe qui ne<br />

l'était pas. Maigre réconfort.<br />

MICHEL AEBISCHER<br />

L'histoire d'amour en Michel Aebischer et Bologne a du<br />

mal à prendre. À sa décharge, le Suisse n'est pas utilisé<br />

à bon escient au sein du club italien. Il ne joue plus<br />

vraiment à son poste et a du mal à enchainer les<br />

titularisations. Une saison compliquée.<br />

REMO FREULER<br />

Le pari risqué de Remo semblait être payant.<br />

Indéboulonnable, il a même porté le brassard de<br />

capitaine de Nottingham Forest. La fin de saison du<br />

Suisse est plus compliquée avec quelques matchs sur le<br />

banc.<br />

GANIT XHAKA<br />

Quelle saison de l'international suisse ! Granit Xhaka<br />

va probablement quitter Arsenal en ayant réalisé une<br />

saison d'un niveau stratosphérique. Repositionné par<br />

son coach, il a été à la manoeuvre d'une équipe<br />

flamboyante ratant de peu le titre de champion.


RUBEN VARGAS<br />

Régulier avec l'équipe de Suisse, Ruben Vargas l'est<br />

moins avec son club, Augsburg. L'ailier a du mal à être<br />

efficace en Bundesliga dans une équipe qui joue le bas<br />

de tableau. Il s'est toutefois montré plus à son avantage<br />

en fin de saison. Un départ serait une bonne chose.<br />

NOAH OKAFOR<br />

La Coupe du Monde a freiné l'ouragan Noah Okafor.<br />

Son début de saison laissait présager une année record<br />

pour le Suisse. Les rumeurs de départ et une blessure<br />

sont venues chambouler les plans. Le temps de Noah à<br />

Salzburg est compté. Cap sur un club du Bige Five.<br />

XHERDAN SHAQIRI<br />

Le rêve américain de Xherdan Shaqiri pourrait se<br />

transformer en cauchemar. L'ancien bâlois ne répond<br />

pas complètement aux attentes et son club est à la<br />

peine. Son salaire - le plus élevé de la ligue - est un<br />

lourd fardeau. Son avenir en équipe de Suisse peut être<br />

en danger.<br />

STEVEN ZUBER<br />

Oublié des derniers rassemblements de l'équipe de<br />

Suisse, Steven Zuber revit en cette fin de saison.<br />

Désormais avant-centre, il marque et a contribué au<br />

doublé réalisé par l'AEK Athènes. La Grèce semble être<br />

l'adresse parfaite pour le Zurichois.<br />

BREEL EMBOLO<br />

Frustrante saison pour l'attaquant de la Nati. Deuxième<br />

meilleur buteur de son club, son coach lui a coupé<br />

l'herbe sous le pied en le sortant - injustement - du<br />

onze de base. Depuis, l'AS Monaco est en perte de<br />

vitesse.<br />

HARIS SEFEROVIC<br />

Haris Seferovic a retrouvé la Liga, mais pas sa forme.<br />

Même s'il compte désormais plus de temps de jeu, ses<br />

performances ne sont pas encore totalement au<br />

rendez-vous. Son avenir est incertain.


IL ÉTAIT UNE FOIS<br />

L'ÉQUIPE DE<br />

SUISSE DE<br />

1994<br />

L'équipe de Suisse de 1994,<br />

entrainée par Roy Hodgson, a réussi<br />

à se qualifier pour la Coupe du<br />

monde de la FIFA 1994 aux États-<br />

Unis. À la Coupe du monde, la<br />

Suisse a été placée dans le groupe A<br />

aux côtés des États-Unis, de la<br />

Colombie et de la Roumanie.<br />

Lors de ce tournoi, la Suisse a<br />

réalisé une performance honorable,<br />

enregistrant une victoire contre la<br />

Roumanie (4-1), un match nul<br />

contre les États-Unis (1-1) et une<br />

défaite contre la Colombie (0-2).<br />

Avec quatre points, la Suisse ira en<br />

huitième de finale et sera sortie par<br />

l'Espagne (3-0).<br />

Cette équipe a marqué l'histoire du<br />

football suisse et est restée dans les<br />

mémoires des supporters comme<br />

l’une des premières d’une nouvelle<br />

ère pour le football suisse. Quelques<br />

anecdotes!<br />

Marco Pascolo:<br />

Lors du match contre la Roumanie,<br />

le gardien de but suisse Marco<br />

Pascolo a réalisé un exploit<br />

incroyable en arrêtant un penalty<br />

alors que la Suisse menait 3-1. Le<br />

penalty avait été accordé pour une<br />

faute sur Gheorghe Hagi, le célèbre<br />

joueur roumain. Pascolo a réussi à<br />

arrêter le penalty d'une manière<br />

très spectaculaire en plongeant sur<br />

sa droite et en repoussant le ballon<br />

avec sa main gauche. Cet arrêt<br />

crucial a permis à la Nati de<br />

remporter le match 4-1.


Ciriaco Sforza:<br />

Lors de ce tournoi, il a<br />

impressionné les observateurs par<br />

sa technique, sa combativité et sa<br />

vision du jeu, et a été élu meilleur<br />

joueur suisse de la compétition.<br />

Sforza a été le premier joueur suisse<br />

à porter le maillot de l'Inter Milan.<br />

En 2017, il a publiquement parlé de<br />

sa lutte contre la dépression et de la<br />

nécessité de chercher de l'aide pour<br />

traiter cette maladie mentale.<br />

Alain Sutter:<br />

Alain Sutter a été qualifié par<br />

certains médias de « Beckham<br />

suisse ». Une chevelure blonde, un<br />

style élégant sur le terrain et une vie<br />

sous les projecteurs ont mené le<br />

Bernois à faire carrière autant au<br />

Bayern Munich qu’à Dallas au États-<br />

Unis. Avide de virées nocturnes,<br />

Alain Sutter a notamment vécu à<br />

Miami et à Majorque. Viva la noche!


SANS MODÉRATION<br />

VIVA<br />

ARGEN


INA


'Argentine est un pays où<br />

le football est roi. Depuis<br />

des décennies, le ballon<br />

rond est la passion<br />

nationale, omniprésente Ldans la vie quotidienne. Qu'on soit<br />

petit ou grand, homme ou femme,<br />

riche ou pauvre, tout le monde ici<br />

parle de football.<br />

Dans les rues, les places, les parcs<br />

et les terrains de quartier, les<br />

Argentins s'adonnent à leur<br />

passion. Des matchs improvisés<br />

opposent des équipes aux maillots<br />

dépareillés, où les dribbles sont<br />

savants et les tacles, parfois<br />

rugueux. « Le football de rue en<br />

Argentine, c'est comme respirer. C'est<br />

quelque chose que nous faisons tous,<br />

depuis que nous sommes petits,<br />

jusqu'à l'âge adulte. C'est une partie<br />

de notre culture, de notre façon de<br />

vivre. Quand j'étais enfant, nous<br />

n'avions pas beaucoup d'argent pour<br />

acheter des ballons, alors nous<br />

faisions des balles avec des<br />

chaussettes et nous jouions sur le<br />

bitume. Cela m'a appris à être créatif,<br />

à m'adapter à n'importe quelle<br />

situation. C'est la base de mon jeu, de<br />

ma philosophie en tant que joueur. Et<br />

je sais que pour beaucoup d'Argentins,<br />

c'est la même chose. C'est pourquoi je<br />

suis fier de dire que je suis né et j'ai<br />

grandi en Argentine, le pays du<br />

football. » Les propos de Diego<br />

Maradona posent le décor. L’idole<br />

de tous les Argentins – devenu une<br />

icône mondiale du football – a<br />

commencé à jouer à «La Canchita»,<br />

le terrain de rue le plus connu situé<br />

dans le quartier de La Boca à<br />

Buenos Aires.<br />

Depuis, ce terrain, d’environ 20<br />

mètres de long sur 10 mètres de<br />

large et entouré d'un mur en béton,<br />

est devenu un lieu de pèlerinage<br />

pour les fans du monde entier qui<br />

veulent se connecter à l'histoire de<br />

l'un des plus grands footballeurs de<br />

tous les temps. Ouvert à tous, « La<br />

Canchita » est un véritable lieu de<br />

rassemblement social et désormais<br />

utilisé par des clubs locaux et des<br />

organisations caritatives. L’actuel<br />

sélectionneur argentin, Lionel<br />

Scaloni, s’étonne presque de son<br />

succès: « C'est incroyable de voir à<br />

quel point ce petit terrain de football<br />

peut rassembler autant de gens. La<br />

Canchita est un symbole de la passion<br />

que les Argentins ont pour le football<br />

et pour leur quartier. Pour moi, c'est<br />

l'un des endroits les plus<br />

emblématiques de Buenos Aires. »<br />

C'est incroyable<br />

de voir à quel<br />

point ce petit<br />

terrain de football<br />

peut rassembler<br />

autant de gens!


Le plus beau derby du monde<br />

Mais le vrai spectacle se déroule dans les<br />

stades. Les rencontres du championnat<br />

argentin sont des événements majeurs, qui<br />

attirent des milliers de supporters.<br />

L’affluence moyenne de la première<br />

division du pays se situe entre 15'000 et<br />

20'000 spectateurs par match. Les clubs les<br />

plus populaires comme Boca Juniors, River<br />

Plate ou Independiente peuvent attirer des<br />

foules plus importantes, allant jusqu'à<br />

60'000 personnes dans leur stade<br />

respectif. Les chants, les drapeaux et les<br />

étendards s'entremêlent dans un déluge de<br />

couleurs et de bruits, faisant vibrer les<br />

tribunes et les gradins. Cette ambiance si<br />

particulière se reflète également sur le<br />

tourisme, boosté par l’envie de découvrir<br />

les gradins argentins. Avec environ 600<br />

000 touristes étrangers qui visitent<br />

l'Argentine chaque année pour assister à<br />

des matchs de football, cela génère des<br />

revenus estimés à environ 1 milliard de<br />

dollars par an. Le football est donc un<br />

facteur important dans l'industrie<br />

touristique argentine.<br />

L’ancien numéro 10 de Boca Juniors,<br />

Juan Roman Riquelme, précisait<br />

même « Les stades en Argentine ont une<br />

atmosphère unique, avec des supporters<br />

passionnés qui chantent et dansent<br />

pendant tout le match. C'est une<br />

expérience incroyable pour les joueurs<br />

et cela ajoute une dimension<br />

supplémentaire à la compétition. Il y a<br />

une énergie incroyable qui émane des<br />

tribunes et cela peut inspirer l'équipe<br />

locale ou perturber l'équipe visiteuse. »


Les deux plus grands clubs du pays,<br />

Boca Juniors et River Plate, ont une<br />

rivalité historique qui électrise les<br />

foules. Les supporters s'identifient<br />

fortement à leur équipe, en portent<br />

fièrement les couleurs et chantent<br />

des chansons dédiées à leurs idoles.<br />

D’ailleurs, cette rivalité dépasse les<br />

frontières et est même décrite<br />

comme « unique dans le monde. Elle<br />

est très passionnelle, très intense. »<br />

par Enzo Francescoli (ancien<br />

joueur de River Plate). L’ancien<br />

gamin des rues de Bueno Aires,<br />

Carlos Tevez, explique même que «<br />

c’est la plus grande rivalité du monde.<br />

C'est un match qui peut changer votre<br />

carrière ». Un match intense, des<br />

supporters passionnés, mais qui<br />

peut parfois conduire à des<br />

comportements violents. Le dernier<br />

exemple en date a eu lieu lors du<br />

match de la Copa Libertadores en<br />

2018.<br />

Le match avait été initialement<br />

programmé le 10 novembre 2018 au<br />

stade de River Plate, mais avait été<br />

reporté en raison de l'attaque du<br />

bus de Boca Juniors par des<br />

supporters de River Plate. Lors du<br />

match retour, qui s'est finalement<br />

déroulé en Espagne, les supporters<br />

de Boca Juniors ont encore une fois<br />

été la cible de jets de pierres et de<br />

bouteilles par les supporters de<br />

River Plate.<br />

La rivalité entre les deux clubs a été<br />

exacerbée par leur succès sur la<br />

scène nationale et internationale.<br />

Boca Juniors est le club le plus titré<br />

d'Argentine, avec 34 titres de<br />

champion, tandis que River Plate en<br />

a remporté 36. Les deux clubs ont<br />

également remporté la Copa<br />

Libertadores à plusieurs reprises.<br />

Les joueurs ont également été<br />

impliqués dans des incidents. En<br />

2018, lors de la finale de la Copa<br />

Libertadores, le défenseur de River<br />

Plate, Jonatan Maidana, a été filmé<br />

en train de frapper un joueur de<br />

Boca Juniors lors d'un<br />

échauffement. L'incident a suscité<br />

de vives réactions dans les médias<br />

et a contribué à alimenter la rivalité<br />

entre les deux clubs.<br />

Le football, un outil politique<br />

Mais la passion du football argentin<br />

ne se limite pas aux stades. Elle<br />

imprègne la culture locale, comme<br />

en témoigne la popularité des<br />

émissions de télévision, des jeux<br />

vidéo et des magazines dédiés au<br />

football. Surfant sur cette passion,<br />

les dirigeants politiques ont utilisé<br />

le football pour leur propre<br />

bénéfice, avec des résultats souvent<br />

mitigés. Cette proximité entre le<br />

football et la politique a souvent<br />

donné lieu à des scandales et des<br />

polémiques. En effet, l'influence<br />

politique dans le monde du football<br />

a souvent conduit à des pratiques<br />

corrompues, notamment dans la<br />

gestion des clubs et de la fédération<br />

argentine.<br />

Le gouvernement argentin a ainsi<br />

utilisé le football pour masquer<br />

d'autres problèmes plus importants<br />

du pays. Les médias locaux ont<br />

souvent rapporté des histoires de<br />

dirigeants politiques qui ont utilisé<br />

des fonds publics pour soutenir<br />

leur club de football préféré, ou<br />

pour construire des stades dans<br />

leurs circonscriptions.


Malgré cela, le football argentin<br />

continue d'être un élément<br />

important de la culture nationale.<br />

Les Argentins sont fiers de leur<br />

passion pour le football, et ils<br />

continuent à soutenir leurs clubs de<br />

manière inconditionnelle, même<br />

lorsque la politique se mêle à<br />

l'équation.<br />

Cependant, les récents scandales<br />

ont également conduit à une prise<br />

de conscience croissante de la<br />

nécessité de séparer le football de la<br />

politique. De plus en plus de voix se<br />

font entendre pour demander une<br />

gestion plus transparente et plus<br />

indépendante du football argentin,<br />

afin que le sport puisse enfin être<br />

libéré de l'influence politique qui l'a<br />

souvent assombri.<br />

Le récent sacre de l'Argentine lors<br />

de la Coupe du Monde au Qatar a eu<br />

un impact économique positif sur<br />

le pays. Les ventes de maillots et de<br />

produits dérivés ont augmenté,<br />

générant ainsi des revenus<br />

supplémentaires pour les<br />

entreprises locales. Le<br />

gouvernement a cherché à<br />

capitaliser sur le succès de l'équipe<br />

pour améliorer l'image de<br />

l'Argentine sur la scène<br />

internationale et attirer des<br />

investissements étrangers dans le<br />

pays. C’est notamment le cas<br />

d’entreprises spécialisées dans le<br />

marketing sportif et la diffusion de<br />

contenu. Attirées par les potentiels<br />

revenus liés à la passion des<br />

Argentins pour ce sport, elles<br />

n’hésitent plus à investir pour faire<br />

de certains clubs des marques<br />

mondiales et de maximiser leur<br />

potentiel commercial.<br />

Vous l’aurez compris, pour les<br />

Argentins, le football est bien plus<br />

qu'un simple sport. C'est un mode<br />

de vie, une façon d'exprimer sa<br />

passion, sa fierté et son identité.<br />

Comme l'a dit Diego Maradona: « Le<br />

football n'est pas une question de vie<br />

ou de mort, c'est quelque chose de bien<br />

plus important que cela. » Et en<br />

Argentine, cette phrase prend tout<br />

son sens.<br />

Les Argentins<br />

en Super League<br />

Ignacio ALISEDA<br />

23 ans<br />

FC Lugano<br />

Attaquant<br />

18 matchs<br />

6 buts<br />

2 passes décisives<br />

Milton VALENZUELA<br />

24 ans<br />

FC Lugano<br />

Défenseur<br />

27 matchs<br />

2 buts<br />

3 passes décisives


ENTRETIEN<br />

Dylan<br />

GISSI<br />

"LA SUPER LEAGUE ?<br />

UN CHALLENGE<br />

INTÉRESSANT"


u-delà des terrains de<br />

football, il existe une<br />

symphonie qui se joue<br />

entre les rues sinueuses<br />

de Buenos Aires et les Arives paisibles du lac Léman à<br />

Genève. Une danse éternelle qui<br />

puise sa force dans le choc culturel,<br />

où les rythmes enflammés de<br />

l'Argentine se marient avec la<br />

précision millimétrée de la Suisse.<br />

Et au cœur de cette fusion<br />

envoûtante, se tient un homme<br />

dont le parcours incarne à la<br />

perfection cette alchimie<br />

passionnante: Dylan Gissi.<br />

Né et élevé aux pieds des<br />

montagnes à Genève, Dylan Gissi a<br />

été bercé par les aléas de la carrière<br />

professionnelle de son père, Oscar.<br />

Le football, pour la famille Gissi, est<br />

plus qu'un simple jeu. C'est une<br />

chorégraphie dans laquelle on<br />

apprend à danser dès son plus<br />

jeune âge. Dylan est tombé dedans,<br />

tout comme son frère Kevin.<br />

Le destin de l’imposant défenseur<br />

central l’a ramené à ses origines :<br />

l’Argentine et Bueno Aires. Là-bas,<br />

le rythme effréné de la métropole a<br />

pris la place de la quiétude des<br />

horloges mécaniques, où chaque<br />

seconde est précieusement<br />

comptée. Alors qu’il lui fallait à<br />

peine 20 minutes pour rejoindre les<br />

terrains d’Étoile Carouge à ses<br />

débuts, c’est désormais plus d’une<br />

heure de patience qui se dresse sur<br />

le chemin du joueur helvéticoargentin<br />

pour rejoindre le centre<br />

d’entrainement de Banfield, situé à<br />

l’extérieur de la ville.<br />

Il nous raconte la ferveur du peuple<br />

Albicelestes pour son football et son<br />

histoire personnelle aussi<br />

passionnante qu’originale. Une<br />

interview exclusive.


Salut Dylan, tout d’abord,<br />

comment vas-tu ?<br />

Ça va très bien, merci. Je suis en<br />

dernière phase de récupération<br />

d’une blessure. Il y a 7 mois, je me<br />

suis fait les croisés. C’est une<br />

première pour moi qui n’avais<br />

jamais connu d’opération ou de<br />

grosses blessures. J’avais déjà eu<br />

quelques entorses par le passé,<br />

mais rien de très grave. C’est<br />

nouveau, mais je vois le bout du<br />

tunnel et je suis maintenant dans<br />

les 15 derniers jours de travail avant<br />

d’être à nouveau à disposition de<br />

l’entraineur.<br />

Comment se passe la saison<br />

actuelle avec ton club (Banfield) ?<br />

Pour le moment, c’est compliqué.<br />

Nous luttons pour le maintien en<br />

première division, donc forcément<br />

ce n’est pas évident. Il y a eu un<br />

changement d’entraineur très<br />

récemment. Le nouveau coach est<br />

connu ici en Argentine, il est passé<br />

par de gros clubs. Pour ma part, j’ai<br />

eu un bon feeling avec lui.<br />

D’ailleurs, il n’y a pas énormément<br />

de coachs étrangers en Argentine…<br />

Non, c’est vrai. Il y a quelque<br />

uruguayens et quelque chiliens.<br />

Mais tu sais ici en Argentine, le<br />

football, c’est très compliqué. C’est<br />

un football très dur et pas<br />

forcément très beau à voir sur le<br />

terrain. Il y a d’autres aspects à<br />

prendre en considération, et<br />

notamment la pression du public.<br />

Le football ici est une religion, les<br />

gens sont des passionnés. La<br />

pression est telle qu’un entraineur<br />

peut signer un contrat, perdre les 3<br />

premiers matchs et être sur la<br />

sellette. C’est très basé sur<br />

l’émotionnel, tant pour les<br />

dirigeants que pour le public. Il y a<br />

28 équipes en première division,<br />

nous avons disputé 15 matchs et il y<br />

a déjà eu 11 changements<br />

d’entraineurs !<br />

Justement, cette ferveur des<br />

supporters. Comment la vit-on<br />

lorsque l’on est en difficulté et que<br />

l’on se bat contre la relégation ?<br />

Bah écoute, ça dépend des joueurs.<br />

Nous ne réagissons pas tous de la<br />

même manière. Je pense que<br />

l’expérience aide beaucoup dans ce<br />

genre de situation. À titre<br />

personnel, j’ai joué plusieurs fois<br />

dans des équipes qui luttaient pour<br />

le maintien et je me suis sauvé deux<br />

fois. Cela aide dans l’appréhension<br />

des matchs. Certains joueurs sont<br />

paralysés par les attentes du public.<br />

Mais ici, le 95% des hommes a déjà<br />

joué au football dans leur vie et ils<br />

savent à quel point c’est compliqué<br />

d’être footballeur professionnel. Le<br />

public est exigeant, mais si tu fais<br />

l’effort, si les spectateurs voient que<br />

tu donnes tout sur le terrain, ils<br />

sont reconnaissants. C’est lorsque<br />

les supporters jugent que tu ne<br />

donnes pas tout que cela peut vite<br />

devenir compliqué.<br />

Tu as un exemple en tête ?<br />

Oui, l’année passée des supporters<br />

ont brûlé les voitures des joueurs<br />

de leur équipe sur le parking du<br />

stade. Ce sont des débordements<br />

qui peuvent arriver en Argentine.<br />

On entend souvent des anecdotes<br />

sur le football de rue en Argentine,<br />

qui est un vrai élément social. C’est<br />

toujours le cas ?


Aujourd’hui, peut-être un peu<br />

moins. Il y a 20 ou 30 ans en arrière,<br />

il y avait énormément de petits<br />

terrains en terre dans toutes les<br />

zones d’habitation. C’est dans ces<br />

terrains que les enfants jouaient au<br />

foot. Tous les parents déposaient<br />

simplement leurs enfants là l’aprèsmidi<br />

pour qu’ils s’occupent.<br />

Aujourd’hui, les choses changent.<br />

Plus vite, les parents souhaitent<br />

mettre leur enfant dans un club,<br />

dans une structure plus organisée.<br />

Ce football de rue est peut-être un<br />

moins répandu que par le passé,<br />

mais la passion pour le football et le<br />

jeu est toujours là.<br />

Prends l’exemple de Carlos Tevez,<br />

qui venait de la Juventus, et qui<br />

après 6 bons mois n’a pas réussi à<br />

maintenir son niveau. Mais au-delà<br />

du niveau de jeu, c’est vraiment<br />

On synthétise : en Argentine, il y a<br />

eu Maradona, Messi. Et<br />

maintenant ?<br />

Ce sera très, très compliqué après<br />

Messi. Attention, il y a beaucoup de<br />

bons joueurs et beaucoup de talents<br />

en Argentine. Mais comme à<br />

l’époque de Maradona, lorsqu’un tel<br />

joueur arrête, tu te demandes<br />

forcément qui va prendre le<br />

flambeau. Et pour retrouver un<br />

joueur de ce niveau, cela demande<br />

énormément de temps.<br />

Pour toi qui évolues depuis<br />

plusieurs années en Argentin, quel<br />

est le niveau du championnat ?<br />

Le niveau est bon et c’est un bon<br />

championnat tremplin. Le football<br />

argentin est très, très physique. Il y<br />

a des joueurs qui sont venus ici et<br />

qui n’ont pas su tenir l’intensité<br />

physique du championnat.


l’ambiance qui est la force de ce<br />

championnat. Il n’y a pas mieux<br />

ailleurs. Les stades sont pleins, le<br />

public pousse derrière son équipe.<br />

Quelqu’un qui vient voir un match<br />

en Argentine en garde un souvenir<br />

toute sa vie. Ce n’est pas pour rien<br />

que des joueurs de renommés<br />

internationales sont attirés par ce<br />

championnat. Des matchs avec une<br />

ambiance de folie, il y a en tous les<br />

week-ends.<br />

Le public et l’ambiance sont le<br />

moteur du championnat ?<br />

Oui, parce qu’économiquement ce<br />

n’est pas un football où tu gagnes<br />

des sommes astronomiques. Il y a<br />

2-3 clubs qui paient bien.<br />

Aujourd’hui, un jeune talent du<br />

championnat cherchera à partir<br />

pour faire carrière et gagner plus.<br />

Forcément, l’Europe est une<br />

priorité, car footballistiquement, il<br />

n’y a pas mieux. À l’heure actuelle,<br />

certains très bons joueurs du<br />

championnat partent aussi au<br />

Mexique, au Brésil ou en MLS pour<br />

des raisons économiques. Sans<br />

l’aspect économique, je pense<br />

qu’énormément de joueurs<br />

resteraient ou viendraient en<br />

Argentine.<br />

La MLS est perçue comme un pas<br />

en avant sportivement parlant ?<br />

Oui, car aujourd’hui la MLS est une<br />

très bonne étape pour viser<br />

l’Europe.<br />

Il y a très peu de brésilien dans le<br />

championnat argentin et peu<br />

d’Argentins dans le championnat<br />

Brésiliens. C’est à cause de la<br />

rivalité ?<br />

Peut-être. Mais il y a beaucoup de<br />

matières premières autant en<br />

Argentine qu’au Brésil.


Finalement, quand tu as des joueurs<br />

plus ou moins du même niveau, cela<br />

ne sert à rien d’aller chercher<br />

ailleurs. Et dans les deux cas, le<br />

rêve commun est l’Europe. Tu n’as<br />

pas besoin de passer d’un<br />

championnat à l’autre pour<br />

atteindre ce rêve.<br />

Ta formation est marquée par de<br />

nombreux changements, Carouge,<br />

Bâle, Arsenal (Argentine), Xamax,<br />

Atletico Madrid. Tu nous racontes?<br />

Ce sont des circonstances de vie.<br />

Nous sommes nés à Genève où nous<br />

avons grandi. Nous habitions à<br />

Collonges et un entraineur de<br />

Carouge nous avait remarqués,<br />

mon frère et moi.<br />

Tu as aussi fait un passage en<br />

France, à Montpellier. Comment ça<br />

s’est passé là-bas ?<br />

Pas comme c'était prévu, pas<br />

comme j'aurais voulu. Je pense<br />

qu’au niveau de la maturité, je n’y<br />

étais pas. Avec le recul, il y a aussi<br />

derrière des circonstances de «<br />

bureau ». Au club, les gens étaient<br />

contents de moi, mais tout ne passe<br />

pas toujours comme prévu et<br />

beaucoup de monde gravite autour<br />

du football ce qui peut rendre les<br />

choses compliquées. C’est une<br />

expérience et je pense que c’est le<br />

destin. Les choses devaient être<br />

comme ça.<br />

Montpellier ? Si c'était à<br />

refaire, je ferai les choses<br />

un peu différemment<br />

Ensuite, j’ai eu la chance de faire la<br />

coupe Nike et c’est là que je me suis<br />

fait repérer par le FC Bâle. J’ai fait<br />

deux ans à Arsenal FC puis nous<br />

sommes retournés en Suisse, à<br />

Neuchâtel. Je jouais avec la réserve<br />

et je pouvais m’entrainer avec la<br />

première de Nestor Clausen. Après,<br />

j'ai eu la possibilité de partir à<br />

l'Atlético Madrid. Je suis resté un an<br />

là-bas et j’ai obtenu un contrat pro<br />

en Argentine, où j'ai fait 3 ans.<br />

Avec le recul, est-ce que tu ferais<br />

quelque chose différemment ?<br />

Oui, je pense qu'à ce moment-là, je<br />

devais plus parler avec les gens.<br />

Mais quand tu es jeune et que c’est<br />

ta première expérience à l’étranger,<br />

c’est compliqué sur le moment. Et<br />

puis la Ligue 1, c’est un gros palier.<br />

Ce n’est pas facile. J’ai essayé de<br />

travailler dur, être bon sur le<br />

terrain tous les jours pour jouer


plus, mais il y a des choses qui n’ont<br />

rien à voir avec le football. Qui sont<br />

de l’ordre du business, et que tu ne<br />

contrôles pas. C’est comme ça.<br />

Je suis retourné en Argentine en<br />

2017 et depuis, j’ai fait plusieurs<br />

clubs de première division. Je suis<br />

content de ma carrière et, à 32 ans,<br />

j’ai encore l’envie et la forme<br />

physique pour continuer quelques<br />

années. Je veux jouer le plus<br />

longtemps possible, c’est le<br />

physique qui dictera la suite.<br />

Tu es un défenseur très physique,<br />

rugueux. Le parfait défenseur<br />

argentin en soit (rires) ?<br />

Oui, c’est vrai, cela me correspond<br />

bien ! J’ai beaucoup travaillé,<br />

notamment physiquement, durant<br />

toutes ces années et je pense<br />

qu’avant ma blessure, j’étais à mon<br />

meilleur niveau. C’est comme ça, ce<br />

sont des choses qui arrivent, c’est le<br />

destin. Je me suis blessé tout seul<br />

en retombant d’un saut. Je vais tout<br />

faire pour retrouver vite mon<br />

niveau.<br />

Ton frère, Kevin, a joué à Servette<br />

il y a quelques années. Tu aurais<br />

aimé jouer en première division<br />

suisse ?<br />

Je suis né en Suisse, cela fait partie<br />

de mon ADN. C’est quelque chose<br />

que j’aurais aimé, et on ne sait<br />

jamais. C’est un football différent,<br />

plus dynamique, assez physique et<br />

surtout très technique. Je sais qu’il<br />

y a un peu plus de ferveur en Suisse<br />

alémanique, ce serait un challenge<br />

intéressant. Mais j’ai un rêve depuis<br />

tout petit, jouer avec mon frère.<br />

C’est quelque chose qui me tient<br />

vraiment à cœur !<br />

D’ailleurs, quel est le regard de<br />

l’Argentine sur le football suisse ?<br />

Cela a beaucoup changé ces<br />

dernières années. Cela avait déjà<br />

commencé lorsque l’équipe de<br />

Suisse M17 avait gagné la Coupe du<br />

Monde. Cette victoire a un peu<br />

placé la Suisse sur la carte du<br />

monde, car il faut dire que la Suisse<br />

est un petit pays au milieu de<br />

l’Europe. À l’étranger – dans les<br />

pays où le niveau d’étude n’est pas<br />

comme en Suisse -, c’est un pays<br />

que les gens ne connaissent pas<br />

vraiment. Par la suite, la Nati a<br />

toujours fait des bonnes<br />

performances à la Coupe du Monde,<br />

et notamment contre l’Argentine en<br />

8ème de finale. C’est une équipe qui<br />

a gagné du respect.<br />

Si demain, un jeune talent argentin<br />

prometteur venait à signer dans le<br />

championnat de Suisse. Le pays<br />

verrait-il cela comme un tremplin<br />

ou un mauvais choix de carrière ?<br />

Cela dépend la situation, mais le<br />

pays verrait probablement ce<br />

transfert comme un tremplin vers<br />

un grand championnat d’Europe.<br />

Mais encore une fois, l’Argentine,<br />

c’est compliqué. Sur certains<br />

joueurs, les attentes sont parfois<br />

trop fortes, un peu démesurées et<br />

tout le monde attend que le joueur<br />

parte d’Argentine pour signer, par<br />

exemple, au Paris Saint-Germain.<br />

Quelquefois, on ne se rend pas<br />

compte du changement que cela<br />

représente, aussi au niveau de la<br />

culture, de l’intégration. Il faut<br />

aussi prendre en compte l’aspect<br />

économique. Aujourd’hui, un bon<br />

jeune joueur du championnat va<br />

partir pour 4 millions au moins.


Est-ce qu’un club suisse est capable<br />

de mettre cet argent pour un jeune<br />

argentin ? Je ne sais pas.<br />

Cependant, en termes de niveau<br />

sportif, un jeune argentin – s’il<br />

parvient à bien s’intégrer – peut<br />

tout à fait faire carrière en Suisse.<br />

Si tu avais dû choisir entre la<br />

Suisse et l’Argentine pour la<br />

sélection, quel choix aurais-tu fait?<br />

Très difficile. Je pense que quand tu<br />

as la chance d’avoir plusieurs<br />

nationalités, lorsqu’une des<br />

sélections t’appellent tu saisis<br />

l’opportunité, tu prends ça comme<br />

un cadeau. À l’époque, j’avais été<br />

convoqué en équipe de Suisse<br />

junior, j’avais été honoré de porter<br />

ce maillot.


Quel est le meilleur souvenir de ta<br />

carrière ?<br />

Il y en a plusieurs. Mon premier<br />

match en professionnel forcément,<br />

mon premier match avec l’équipe<br />

de Suisse junior et mon premier<br />

match à Boca, dans ce stade<br />

mythique. Ce sont des jolis<br />

souvenirs.<br />

Tu es en fin de contrat, c’est quoi la<br />

suite ?<br />

Je priorise mon club actuel,<br />

Banfield, avec qui nous sommes en<br />

discussions. C’est ma priorité,<br />

j’aimerais vraiment rester. Je suis<br />

bien ici et j’ai un très bon feeling<br />

avec le nouvel entraineur. J’ai<br />

quelques contacts avec d’autres<br />

clubs également. On verra<br />

comment tout ça va évoluer. Pour le<br />

moment, je me concentre sur mon<br />

retour au jeu. Un joueur blessé,<br />

c’est trop risqué pour les clubs.<br />

Surtout dans la situation actuelle en<br />

Argentine. Il y a des gros soucis<br />

économiques, le pays a subi une<br />

inflation de 100%. Donc cela<br />

complique les négociations. Rien<br />

n’est stable.<br />

Tu penses déjà à l’après-carrière ?<br />

Oui, parfois. Je ne suis pas trop au<br />

clair avec ce que j’aimerais faire<br />

après. J’aime beaucoup la partie<br />

physique, je pense que c’est une<br />

piste pour moi. Ce qui est sûr, c’est<br />

que j’aimerais rester dans le monde<br />

du football !<br />

LE SAVIEZ-VOUS ?<br />

L'ancien attaquant du Servette<br />

FC, Kevin Gissi, est le frère de<br />

Dylan


ROAD TO PRAGUE<br />

CRUSADERS<br />

Un rodage nord-irlandais qui<br />

a été écarté lors du match<br />

aller grâce des buts de<br />

Ndoye et Szalai<br />

BRONDBY<br />

SOFIA<br />

Un match aller compliqué, un<br />

match retour de très haut<br />

niveau d'intensité. 30 tirs<br />

tentés, qualification méritée<br />

Pour passer l'étape bulgare,<br />

le FC Bâle s'en remet à ses<br />

vieux briscards, Fabian Frei<br />

et Michi Lang<br />

L'EUROPE DE<br />

L'EST<br />

TRABZON'<br />

Phase de groupe compliquée<br />

et laborieuse, mais on<br />

retiendra le "Burger show"<br />

contre Pyunik ainsi que la<br />

double étape de Bratislava<br />

Zeki Amdouni, ça y est,<br />

l'Europe a cohé son nom<br />

NICE<br />

FLORENCE<br />

Fabuleux, grandiose,<br />

phénoménal ! Des<br />

ressources mentales<br />

impensables pour une soirée<br />

magistrale<br />

Un final dans une ambiance<br />

de folie, mais la fin la plus<br />

cruelle possible. Le FCB a<br />

toutefois dignement<br />

représenté la Suisse !


LA SUPER LEAGUE<br />

PEINE À<br />

CONVAINCRE À<br />

L’ÉTRANGER


Tu n'as pas à maîtriser Bâle, tu as à<br />

défoncer Bâle. Bâle, c'est une<br />

équipe en carton, défonce-les ! »<br />

s'exprimait un certain Daniel Riolo,<br />

journaliste chez RMC Sport, il y a<br />

quelques semaines. Un sentiment<br />

de supériorité net qui tend parfois à<br />

dénigrer le football suisse. Mais que<br />

pensent les autres pays de notre<br />

championnat ? Décryptage.<br />

Lorsque l'on parle du championnat<br />

suisse à l'étranger, la discussion<br />

tourne très vite autour du FC Bâle<br />

ou de l'un de ses concurrents<br />

(Young Boys ou encore le FC<br />

Zurich). Une certaine réputation a<br />

été acquise grâce aux quelques<br />

campagnes européennes menées<br />

depuis le début des années 2000<br />

par ces trois clubs. Le reste ? Un<br />

énorme brouillard. Au-delà de nos<br />

frontières, l'engouement pour la<br />

Super League est très difficile à<br />

mesurer et peine à s'établir. Le<br />

championnat est méconnu pour<br />

certains et attire peu les regards.<br />

Mais est-il respecté ? Là encore, les<br />

réponses diffèrent. Par le passé, il<br />

était catalogué comme un<br />

championnat souhaitant récupérer<br />

d'anciennes stars ou des joueurs en<br />

fin de carrière, et la Super League<br />

n'a pas complètement réussi à se<br />

dissocier de cette image. Les<br />

arrivées plus ou moins récentes de<br />

Gennaro Gattuso, Mario Balotelli,<br />

Guillaume Hoarau et plus<br />

récemment de Jean-Kevin Augustin<br />

ancrent toujours un peu plus ce<br />

sentiment d'exil pour une fin de<br />

carrière "tranquille".<br />

Il va sans dire que les équipes<br />

suisses ne font pas peur aux clubs<br />

et aux supporters du Big Five.<br />

Au moment où le FC Bâle<br />

s'apprêtait à disputer la deuxième<br />

demi-finale de coupe d'Europe de<br />

son histoire, l'Italie ne tremblait<br />

pas. Un club suisse à ce stade de la<br />

compétition, c'était le tirage idéal<br />

pour les équipes ayant une<br />

réputation plus importante. « Nous<br />

n'avons pas peur de Bâle, pas peur<br />

des chocolatiers. On nous a déjà mis<br />

en garde contre Sivasspor, puis contre<br />

Poznan, et finalement, on est toujours<br />

là », s'exclamaient des tifosis de La<br />

Viola. L'automne dernier non plus,<br />

les Zurichois n'ont pas fait trembler<br />

les supporters du PSV Eindhoven,<br />

qui considéraient clairement Zurich<br />

comme un « adversaire » à 6 points<br />

au sein du groupe.<br />

Il y a Bâle, et les autres<br />

Mais qu'ont vraiment en tête les<br />

amateurs de football à l'étranger<br />

lorsqu'un joueur de Super League<br />

débarque chez eux ? Prenons le cas<br />

de la récente officialisation de Becir<br />

Omeragic à Montpellier. Les mots «<br />

temps d'adaptation », « promesse »<br />

ou encore « rajeunissement »<br />

reviennent souvent, mais ils<br />

démontrent que, selon les<br />

supporters, le défenseur n'arrive<br />

pas comme un renfort de tout<br />

premier plan. L'histoire s'est<br />

répétée pour Vincent Sierro, qui a<br />

récemment rejoint la ville rose et le<br />

Toulouse Football Club. Pourtant,<br />

avec son expérience internationale<br />

acquise avec YB, certains<br />

supporters se questionnaient sur<br />

l'apport et l'impact du milieu<br />

valaisan au sein de leur équipe. Ces<br />

derniers pointaient du doigt l'écart<br />

entre la Super League et la Ligue 1.


Dans le même temps, le club<br />

réalisait une communication plutôt<br />

intéressante pour annoncer son<br />

arrivée, ce qui peut démontrer un<br />

certain paradoxe entre l'avis des<br />

professionnels du métier et des<br />

suiveurs. Une situation également<br />

vécue par un autre ancien Bernois,<br />

Michel Aebischer. Alors adulé à YB<br />

et en pleine progression au sein de<br />

l'équipe de Suisse, les supporters de<br />

Bologne se demandaient ce que<br />

venait faire ce jeune milieu en Serie<br />

A. Une réaction qui démontre<br />

encore un peu plus le peu de crédit<br />

que donnent les supporters<br />

étrangers à notre ligue.<br />

Mais ce n'est pas toujours le cas,<br />

nos amis belges étaient, au<br />

contraire, plutôt satisfaits de la<br />

signature de Cameron Puertas au<br />

sein de l'Union Saint-Gilloise l'an<br />

passé. « Vrai renfort », « très<br />

complet », pouvait-on lire sur les<br />

réseaux sociaux belges. Des<br />

supporters qui n'ont pas déchanté<br />

et qui soutiennent encore l'ancien<br />

joyau de La Tuilière, malgré un<br />

temps de jeu limité. L'histoire était<br />

encore plus belle lors de la<br />

signature d'Artur Cabral du côté de<br />

la Fiorentina. En effet, ces derniers<br />

venaient d'être dépouillés de leurs<br />

vedettes Dusan Vlahovic et ont<br />

découvert le nom de Cabral. « Pas là<br />

pour déconner », « un vrai 9 », des<br />

propos encourageants pour un<br />

transfert venu combler le départ de<br />

l'attaquant serbe. Petit hic, il s'agit<br />

là d'un départ du FC Bâle - pour la<br />

modique somme de 15 mio CHF -<br />

qui ouvre également le débat sur la<br />

question de l'égalité de réputation<br />

au sein des clubs. Et si seul Bâle<br />

venait à convaincre l'Europe ?<br />

Il faut dire que lorsqu'un joueur<br />

quitte le FC Bâle, son prix et sa<br />

réputation descendent en flèche.<br />

Les clubs étrangers le savent et en<br />

profitent. Récents champions de<br />

Suisse, les Young Boys ne dérogent<br />

pas à la règle, même si le club<br />

progresse clairement à ce niveau.<br />

Le récent départ de Zesiger appuie<br />

ces dires. Mais la marge reste<br />

encore importante, comme le<br />

montre le départ de l'international<br />

camerounais Moumi Ngamaleu<br />

pour la faible somme de 2 mio CHF<br />

en Russie à l'automne dernier, alors<br />

qu'il était au sommet de son art.<br />

Mais comment rendre notre<br />

championnat plus attractif ? Même<br />

si une partie de la réponse passe<br />

par les résultats de notre équipe<br />

nationale - qui reste la meilleure<br />

vitrine de notre football -, nos clubs<br />

suisses doivent d'abord être<br />

performants sur la scène<br />

européenne. Au cours des dernières<br />

années, la Suisse a été rattrapée par<br />

les clubs écossais, serbes ou encore<br />

danois, et elle n'est plus seule dans<br />

l'optique d'un tremplin vers le Big<br />

Five. D'ailleurs, les anciens<br />

internationaux suisses Josip Drmic<br />

et Mario Gavranovic ont souligné la<br />

perte de vitesse de notre<br />

championnat par rapport à ce qu'ils<br />

connaissaient en Croatie.<br />

Une réputation qui commence à<br />

poser des problèmes dans le<br />

cadre du recrutement<br />

En manque de moyens, la<br />

réputation est l'un des très bons<br />

arguments que peuvent utiliser les<br />

10 (bientôt 12) heureux élus de la<br />

première division suisse.


Autrefois habitués à recruter en<br />

Amérique du Sud, les clubs suisses<br />

délaissent peu à peu ce marché qui,<br />

contrairement à l'Europe, nourrit<br />

de belles paroles envers notre<br />

football. Récemment approché,<br />

Dylan Gissi, défenseur du FC<br />

Banfield en Argentine, nous<br />

expliquait que le championnat de<br />

Suisse était considéré comme un<br />

bon tremplin dans cette partie du<br />

globe. Alors pourquoi ne voit-on<br />

pas plus de Sud-Américains sur nos<br />

pelouses ? Pour des raisons<br />

financières ! Alors que les prix sur<br />

ce marché augmentent, les clubs<br />

suisses n'ont plus les ressources<br />

nécessaires pour se positionner sur<br />

les bons joueurs de première<br />

division.<br />

Après les difficultés de recrutement<br />

sur la scène européenne liées à la<br />

perte de vitesse de la réputation de<br />

notre championnat, voilà que<br />

l'élément financier vient semer le<br />

trouble sur un marché pourtant<br />

propice à l'expérience. Et ce n'est<br />

pas tout, les clubs suisses ne<br />

bénéficient pas des mêmes droits<br />

que certains de nos voisins.<br />

L'Autriche, qui mène désormais la<br />

danse face à nos clubs, se tourne<br />

régulièrement vers l'Afrique pour<br />

recruter de jeunes joueurs. Un<br />

continent qui a souri à la Suisse<br />

dans un passé récent, avec des<br />

exemples frappants tels que<br />

Mohamed Salah, Mohamed El Neny<br />

ou encore Serey Die.


Cependant, avec le durcissement<br />

des règles d'obtention du permis de<br />

travail en Suisse, il est désormais<br />

presque impossible pour nos clubs<br />

de recruter les meilleurs talents du<br />

continent africain - du moins pas<br />

suffisamment tôt. Cela représente<br />

un véritable obstacle signalé à de<br />

nombreuses reprises par certains<br />

présidents, comme Christian<br />

Constantin ou plus récemment<br />

David Degen.<br />

Des communications qui font<br />

tache<br />

« Vos meilleurs ambassadeurs sont<br />

vos joueurs ». Une phrase lourde de<br />

sens. On les citait précédemment,<br />

la Super League a hérité des deux<br />

têtes brûlées du football italien,<br />

Gennaro Gattuso et Mario Balotelli.<br />

Ce sont des joueurs de grand aura<br />

en Europe et avec un pouvoir<br />

d'attractivité important.<br />

Malheureusement, l'attractivité ne<br />

vient jamais seule et est souvent<br />

accompagnée du pouvoir de<br />

nuisance. En un commentaire, la<br />

Super League peut se retrouver en<br />

tête des médias européens. Cela a<br />

été le cas lorsque les propos de<br />

Mario Balotelli concernant les plus<br />

hautes instances du football suisse<br />

ont été vus par ses plus de onze<br />

millions d'abonnés sur Instagram.<br />

Non, notre championnat n'avait pas<br />

besoin de cela. Récemment pris<br />

dans la tourmente des erreurs<br />

d'arbitrage, la Super League a dû<br />

faire face au ridicule, amplifié par la<br />

lettre rendue publique adressée à<br />

l'instance dirigeante par Christian<br />

Constantin. Une polémique de plus<br />

s'ajoute au vif débat sur la réforme<br />

du championnat l'année dernière,<br />

accompagnée des fameuses<br />

banderoles « non aux play-offs » en<br />

trois langues et des tribunes vides,<br />

qui ont fait le tour des réseaux<br />

sociaux en Europe et suscité<br />

l'intérêt de la toile. On peut se<br />

demander si la Super League est<br />

faite de polémiques, ce qui<br />

n'arrange pas la vie des clubs.<br />

En conclusion, il est indéniable que<br />

la Super League suisse peine à<br />

convaincre à l'étranger. Le manque<br />

de réputation, les difficultés de<br />

recrutement, les problèmes<br />

financiers et les controverses<br />

entourant le championnat<br />

contribuent à cette situation. Pour<br />

rendre le championnat suisse plus<br />

attractif, il est crucial que nos clubs<br />

réussissent à obtenir de bons<br />

résultats sur la scène européenne et<br />

améliorent leur image. De plus, des<br />

réformes sont nécessaires pour<br />

renforcer l'attractivité du<br />

championnat et permettre aux<br />

clubs suisses de rivaliser sur le<br />

marché des transferts. Il reste<br />

encore beaucoup de travail à faire<br />

pour que la Super League suisse<br />

puisse s'imposer et attirer<br />

l'attention au-delà de nos<br />

frontières.

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