Tajan - Autographes et Manuscrits

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Tajan - Autographes et Manuscrits

MARDI 4 OCTOBRE 2005

AUTOGRAPHES ET MANUSCRITS

PARIS - MARDI 4 OCTOBRE 2005 - HÔTEL DROUOT


AUTOGRAPHES ET MANUSCRITS

COLLECTION D’UN AMATEUR ET À DIVERS

MARDI 4 OCTOBRE 2005 À 14 HEURES 30

HÔTEL DROUOT SALLE 16

9, RUE DROUOT 75009 PARIS

EXPOSITIONS

CHEZ L’EXPERT

DU LUNDI 26 AU JEUDI 29 SEPTEMBRE 2005

SUR RENDEZ-VOUS

HÔTEL DROUOT - SALLE 16

9 RUE DROUOT 75009 PARIS

+33 1 48 00 20 16

LE LUNDI 3 OCTOBRE 2005

DE 11 H À 18 H

LE MARDI 4 OCTOBRE DE 11 À 12 H

RENSEIGNEMENTS ÉRIC MASQUELIER

+33 1 53 30 30 79

masquelier-e@tajan.com

EXPERT ALAIN NICOLAS

EXPERT PRÈS LA COUR D’APPEL DE PARIS

AGRÉÉ PAR LE CONSEIL DES VENTES VOLONTAIRES

(LIVRES ANCIENS ET MODERNES, MANUSCRITS, AUTOGRAPHES)

LIBRAIRIE « LES NEUF MUSES »

41, QUAI DES GRANDS AUGUSTINS, 75006 PARIS

TÉl. : 01 43 26 38 71 - FAX : 01 43 26 06 11

TAJAN

37 RUE DES MATHURINS

75008 PARIS (F)

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+33 1 53 30 30 31 fax

www.tajan.com

TAJAN S.A. SOCIÉTÉ DE VENTES VOLONTAIRES DE MEUBLES AUX ENCHÈRES PUBLIQUES

SOCIÉTÉ ANONYME À DIRECTOIRE ET CONSEIL DE SURVEILLANCE, AGRÉÉE EN DATE DU 7 NOVEMBRE 2001 SOUS LE N° 2001-006. N° RCS PARIS B 398 182 295


En couverture, lettre de Céline à Roger Nimier, avec signature au verso, n° 18.

54, éventail avec poème de Jean Lorrain 55, éventail avec dessins et citations


AUTOGRAPHES ET MANUSCRITS

COLLECTION D’UN AMATEUR

ET À DIVERS

comprenant plus de 7 000 lettres et manuscrits concernant

la musique, le théâtre, le spectacle, la littérature, l’histoire

Apollinaire, S. Bernhardt, Berlioz, Chabrier, Chausson, Cherubini, Cocteau,

Colonne, Copeau, Courteline, Daudet, Debussy, Delibes, Dukas, Dumas père,

Dumas fils, Duparc, Duse, Dussane, Enesco, Eugène de Beauharnais, Fauré,

Gandhi, M elle George, Guitry, Hahn, Hugo, Huysmans, d’Indy, Jacob,

Jammes, Labiche, Lamartine, Leoncavallo, Lorrain, Malibran, Mars,

Mascagni, Massenet, Maupassant, Méhul, Mérimée, Messager,

Meyebeer, Napoléon I er , Napoléon III, Offenbach, Patti, Prince impérial,

Rachel, Renan, A. Roussel, Saint-Saëns, Sand, Spontini, Talleyrand,

Talma, Thibaud, Van Dongen, Verdi, Cosima Wagner, Windsor, Zola, etc.

GOUNOD

Manuscrit musical inédit de sa

Première messe solennelle à grand orchestre,

soigneusement copié par sa mère

VERLAINE

Beau poème des Odes en son honneur

CÉLINE

Exceptionnelle correspondance littéraire adressée

à l’écrivain Roger NIMIER

« le correspondant de la confiance sans réserve » selon Philippe Sollers

228 lettres dont 26 inédites

3


4

131

97

Nota bene : comme reproduit ci-dessus, les autographes provenant de l’importante « Collection d’un amateur ” sont souvent

accompagnés de portraits gravés ou photographiques, reproductions, coupures de presse et intéressants documents divers

concernant leur auteur. Certaines pièces sont encore soigneusement montées sur leurs feuillets en papier fort d’origine ; les autres,

démontées, portent au verso de discrètes traces d’onglets.

COLLECTION D’UN AMATEUR

ET À DIVERS

1 AGOULT (Marie de Flavigny, comtesse d’). 2 lettres autographes signées. S.l.n.d. 1 p. 1/2 in-8.

150/200

« Le graveur va avoir terminé le portrait pour les Esquisses. Je vous prie en conséquence de ne pas tarder à m’apporter nos

conventions et ensuite de faire partir l’envoi des épreuves... » (« 18 nov. »).

ON JOINT 2 lettres autographes signées du comte d’Agoult.

2 ANNUNZIO (Gabriele d’). 2 lettres autographes signées. Rome, s.d., et s.l.n.d. 2 pp. in-8

coupées en deux à la pliure. 100/150

« Très cher camarade, je pars toujours ! Ce soir je pars pour Settignano, et je reviens samedi... » (Rome s.d.).

« Cara amica, torno or da Casal Rotondo e vedo che non potrò sta sera venire a pranzo ! Croyez à mon regret très sincère.

J’ai bien vivant en moi le souvenir de ce lent retour à travers la campagne transfigurée par votre voix. Veuillez me pardonner

et me faire pardonner par la Chanoinesse... » (s.l., « ce vendredi »).

3 ANTOINE (André). Ensemble de 37 lettres et cartes, dont 30 autographes signées et 7 signées,

ainsi que d’une pièce autographe signée. 1898-1930 et s.d. 200/300

« Cher Monsieur DAUDET, je ne puis rien décider avant les concours du Conservatoire qui m’amèneront de nouvelles recrues.

Pour le moment je suis au complet... » (5 juillet 1906).

« Cher Monsieur CLARETIE, Laurent TAILHADE, au cours de sa conférence à l’Odéon jeudi dernier, a prononcé quelques mots

qui m’ont fort surpris et tout à fait désobligé. – Je le lui ai dit... » (30 décembre 1907).

« La petite comédie de Sacha GUITRY que l’on répétera avec deux actes en vers est le spectacle de couverture que je tiens toujours

prêt après chacun de mes gros morceaux, en cas d’accident trop brusque. RAMUNTCHO va être prêt et passera, j’espère, vers le

15 février... » (23 janvier 1908).

« Monsieur l’administrateur général de la Comédie-Française. je viens solliciter de votre haute bienveillance l’autorisation

pour Mademoiselle Lerou, pensionnaire de la Comédie-Française, de venir... créer le rôle de Madame Burle, dans l’adaptation

faite par Mr Henry CÉARD de la nouvelle de Mr Émile ZOLA. Cette représentation comportera : un acte inédit, en vers, de

Mr Théodore de BANVILLE, trois actes également inédits d’un jeune homme inconnu, et enfin la pièce, un acte, en prose, de

Mr Céard... » (« dimanche soir »).

« Je prends la respectueuse liberté d’appeler la bienveillante attention de Monsieur Antonin PROUST sur le travail dont je me

hâte de détacher les bonnes feuilles ci-jointe... » (« vendredi »).

ON JOINT 2 pièces manuscrites.

4 APOLLINAIRE (Guillaume). Lettre autographe signée à son « vieux frère ». Nîmes, 22 décembre

1914. 1 p. in-folio, en-tête imprimé du Grand bar parisien, déchirures restaurées au dos. 150/200

« Écris-moi de tes nouvelles. Que deviens-tu ? QUAND PARS-TU POUR LE FRONT ? TON FRÈRE D’ARMES GUILLAUME APOLLINAIRE.

Adresse Guillaume Kostrowitzky, 2 e canonnier conducteur, 28 e rég t d’art. de campagne, 70 e batterie, Nîmes, Gard. »

5 AUBER (Daniel François Esprit). 3 lettres, dont 2 autographes signées et une signée. Paris, 1842

et 1862, et s.l.n.d. 1 p. lithographiée in-4 et 2 demi-pp. in-12. 150/200

« Un corps de musique militaire... devant être formé pour accompagner LE CONVOI DE M R CHERUBINI, j’ai pensé que dans cette

triste circonstance vous voudriez bien prêter le concours de votre talent pour rendre un dernier hommage à l’illustre

compositeur dont nous déplorons la perte... » (17 mars 1842).

5


3

6 BARRÈS (Maurice). Ensemble de 7 lettres et cartes, dont 6 autographes signées et une

autographe. 1908 et s.d. 150/200

« C’est pour moi un supplice... Il faut ou que vous me fassiez recopier et me communiquiez votre copie, ou que je voie les

épreuves. Mais je sais : on ne me donne pas les épreuves, sous prétexte qu’on n’a pas le temps !... » (s.d.).

ON JOINT une lettre autographe signée de sa femme Paule Couche.

7 BAUDIN (Charles). 3 lettres autographes signées. Paris, 1840, Toulon, 1846 et s.l., 1853. 5 pp.

in-folio et 1 p. in-12. 100/150

« C’est hier soir seulement que m’est parvenue votre lettre... accompagnant celle que plusieurs notables du HAVRE m’ont fait

l’honneur de m’adresser... Je crois que la pétition doit se borner à établir... l’urgente et indispensable nécessité d’agrandir votre

port et de lui créer une seconde entrée. Quand cette nécessité sera bien constatée et bien reconnue par la Chambre et par le

gouvernement, les fortifications actuelles tomberont d’elles-mêmes... » (25 janvier 1840).

« J’ai reçu la dépêche télégraphique par laquelle vous me demandez le Montézuma pour vous conduire à Bône. J’ai sur le

champ donné ordre au capitaine de ce paquebot de se mettre à votre disposition... » (au comte de SALVANDY, 14 juillet 1846).

8 BERLIOZ (Hector). 2 lettres, dont une autographe signée et une autographe. S.l.n.d. et s.l., 1859.

2 pp. in-8. 400/500

« Veuillez être assez bon pour donner place dans votre journal au programme ci-joint... » (s.l.n.d.).

« Philippin a oublier de souhaiter le bonjour à Philippine, mais il serait bien malheureux si Philippine ne pensait quelquefois

à Philippin. Il la prie donc de boire le souvenir dans ce verre, qui lui rappellera en outre de belles forêts, de vertes collines,

un charmant pays ; il vient de [Berlioz a inscrit ici une portée musicale avec quatre notes qui, dans les systèmes

alphabétiques en cours dans les pays allemands et en Angleterre, se lisent BADE]... » (14 novembre 1859). Berlioz fit

plusieurs voyages à Bade entre 1853 et 1863, dont un en août-septembre 1859.

9 BERNHARDT (Rosine Bernard, dite Sarah). Ensemble de 6 lettres et cartes autographes

signées. 1888-1892 et s.d. 200/300

« Mon cher Carré, j’ai passé ma journée... dehors et j’ai reçu votre mot en rentrant... Tout cela eût été du reste impossible parce

que je n’ai pas de costume mais j’ai en revanche de forts regrets... » (19 mai 1892).

« Mon cher Basset,... voulez-vous bien annoncer que mes cours commenceront samedi prochain et se continueront les samedis

et mardis de chaque semaine... » (s.d.).

10 BONAPARTE (Napoléon). Apostille signée « Bonaparte » (Paris, 15 germinal an X-5 avril 1802,

4 lignes) sur une pièce signée par le ministre de la Guerre Alexandre Berthier avec quelques

mots autographes de celui-ci (Paris, 3 germinal an X-24 mars 1802, 1 p. in-folio, en-tête

manuscrit « Département de la Guerre. Rapport fait aux Consuls »). 400/500

« Demande du brevet de sous-lieutenant à la suite du corps des Sapeurs, pour le c en Clouet, neveu du chef de brigade du Génie

Tousard, destiné à remplir aux Indes les fonctions de directeur provisoire des fortifications. Une maladie ayant empêché ce

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jeune homme de se présenter à l’examen de l’an 9 pour entrer à l’École polytechnique, ses vingt ans accomplis ne lui permettent

plus maintenant d’aspirer à cette école... »

Bonaparte a fait inscrire : « Je prie le ministre de se faire rendre compte pourquoi on lui propose une chose contraire aux

règles fondamentales du corps... »

Berthier a ensuite écrit de sa main : « prévenir le cn Tousard du refus du 1r consul. B. »

11 BONAPARTE (Napoléon). – Pièce signée (secrétaire), contresignée par le secrétaire d’État

Hugues-Bernard MARET et le ministre de la Guerre Alexandre BERTHIER. Saint-Cloud, 27 floréal

an XI [17 mai 1803]. 1 p. in-folio imprimée avec ajouts manuscrits, sur peau de vélin, en-tête

imprimé « Département de la Guerre » avec vignette gravée sur cuivre, timbre sec de Bonaparte

premier consul. 50/100

« Brevet de capitaine pour le c en Comercy (Arnaud), né à Vic, départem t des Hautes-Pyrénées le 9 mars 1757 », appartenant

à la 7 ème demi-brigade légère.

12 BOTREL (Théodore). Une lettre et une carte autographes signées. S.l., 1904 et s.d. 50/100

La carte, qui représente un couple breton en costume traditionnel, porte le texte d’un poème intitulé « Les petits

sapins » : « Les sapins danois, les pauvres petits / Dont on a semé la côte bretonne / Soupirent un air triste et monotone /

Quand vient à souffler la brise d’automne... / ... Dame ! Ils ont aussi le mal du pays ! »

13 BOULANGER (Nadia). Ensemble de 7 lettres et cartes autographes signées. 1907-1932.

200/300

« Je dois donner demain soir mon article. Ne pouvez-vous me faire communiquer pour une heure ou deux, l’œuvre de votre

ami. J’ai bien compris comment il en faut parler, je comprends mieux encore que pour STRAWINSKY, cela n’a aucun intérêt

– mais... j’aimerais bien l’avoir lue, cette partition éblouissante... » (21 octobre 1923).

« Mon cher maître, votre affection m’est une grande joie et vos félicitations me sont précieuses... » (à Henry Expert, 21 juillet

1932).

« En répondant aux témoignages de sympathie qui nous ont entourées, je relis votre admirable et touchante lettre qui eût tant

ému notre pauvre petite LILI. Je ne peux vous répondre, vous remercier – pour cela, il faut du recueillement mais je viens

pleurer, près de votre cœur... » (s.d.).

14 BOURGET (Paul). Ensemble de 7 lettres autographes signées. 1884-1903 et s.d. 150/200

« J’aurais voulu, Monsieur, vous remercier plus tôt de l’article du Temps... Ce dont je vous suis surtout reconnaissant, c’est

d’avoir si bien vu l’unité profonde que je sens exister entre mes vers, ma critique et mes nouvelles... » (à Alfred Marchand,

13 octobre 1884).

« Mon cher EPHRAÏM, je n’ai jamais eu l’exemplaire de L’Incendie de Rome... Je ne l’ai pas lu, par conséquent, mais je vais

me le procurer... » (25 février 1899).

« ... Un artiste littéraire n’a jamais à s’offenser de la critique, du moment qu’elle lui rend le plus flatteur des hommages : celui

de prendre son effort et son œuvre sincèrement... » (31 décembre 1900).

« Je serai extrêmement honoré de faire partie du comité que vous formez pour élever un monument à Eugène Fromentin.

JE CONSIDÈRE L’AUTEUR DE DOMINIQUE COMME UN DES MAÎTRES DU ROMAN MODERNE, ET EN PARTICULIER DU ROMAN

D’ANALYSE... » (20 janvier 1901).

15 BROHAN (Augustine, Madeleine et Suzanne). Ensemble d’environ 110 lettres autographes

signées. 1853-1877 et s.d. 400/500

Augustine Brohan : « Très aimable régisseur, je suis la plus malheureuse des femmes : je ne peux plus parler. C’est à la lettre.

Mon docteur assure que cela doit finir bientôt... » (« 5 octobre »). – « Cher Monsieur, comme vous l’avez désiré, vous verrez

la pièce de VACQUERIE (tant pis pour vous !)... » (s.d.).

Madeleine Brohan : « Mon cher L’Épine, je sais que vous m’aimez assez pour apprendre avec plaisir que je vais beaucoup

mieux... Oui, grâce à Dieu cette affreux mal a fini par céder, et je suis en bonne voie de guérison. La mienne (voix) est tout à

fait revenue, ce qui me rend bien heureuse. J’AI EU SI PEUR D’ÊTRE OBLIGÉE DE QUITTER LE THÉÂTRE... » (Pise, « 7 février »).

–«... Je reçois une lettre qui m’apprend que JE JOUE TARTUFFE DIMANCHE. Enfin !... » (s.d.). – « Mon cher L’Épine, sachant

la façon gracieuse dont M. de MORNY m’a toujours accueillie, un de mes amis me prie de recommander à sa bienveillance M r S t -

Français, un artiste de beaucoup de talent... » (s.d.)

Suzanne Brohan : « LES TROIS BROHAN SONT BIEN RECONNAISSANTES, Monsieur, de la manière tout à fait aimable et gracieuse

dont vous parlez d’elles à vos lecteurs... » (« lundi »).

ON JOINT une lettre d’Henry de Pène à « Melle Brohan ».

16 CARON (Rose Meuniez, dite Rose). Ensemble de 17 lettres et cartes, dont 14 autographes

signées et 3 autographes. 1890-1926. Une lettre incomplète. 150/200

« ... je ne vois pas très bien la possibilité de répéter et FIDÉLIO et TRISTAN qui sont des œuvres si importantes. Croyez, Monsieur,

que je suis très sensible à la bonne pensée que vous avez eue de me demander de chanter... »(1er février 1898, incomplète).

« Ma fille m’a dit votre désir d’avoir une chanteuse pour un concert à Bourges. Je veux vous indiquer ma meilleure élève du

Conservatoire Melle Bourgeois... Elle a une fort belle voix et beaucoup de sentiment... » (23 mars 1904).

« ... Ma fille et moi nous serons très heureuses d’aller entendre et applaudir le grand artiste qu’est Monsieur Jacques

THIBAUD... » (16 juin 1926).

ON JOINT une lettre manuscrite.

17 CARVALHO (Léon Carvaille, dit). Ensemble de 14 lettres et cartes, dont 11 autographes signées

et 3 autographes. 1872-1898 et s.d. 300/400

« MON CHER REYER, il est bien regrettable pour moi que La Statue soit au Théâtre-Lyrique. J’aurais été charmé de la monter

immédiatement à l’Opéra-Comique... » (« mardi »).

« MON CHER DAUDET, je sais tout ce que vous avez eu de bonté, tout ce que vous avez fait pour moi pendant ces tristes mois

que je viens de passer !... Après les débats devant les tribunaux, ont commencé les débats avec l’administration des Beaux-Arts

qui a fini par me prendre ma place et mes choses sans aucun souci de l’acte excessif qu’elle a commis !... » (« 3 janvier »).

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18 CÉLINE (Louis-Ferdinand). Correspondance de 228 lettres autographes (225 signées, de

diverses manières) à Roger NIMIER, dont 26 inédites. 1949-1961.

3 lettres sont illustrées de petits CROQUIS par Céline, 6 d’entre elles ont été écrites par Céline au

dos de lettres signées de Roger Nimier. Environ 350 pp. de formats divers, les deux tiers des

enveloppes conservées. 5 lettres avec déchirures marginales et 2 tachées.

Avec 14 pièces manuscrites et imprimées jointes par Céline à cette correspondance, dont

5 lettres signées et autographes signées adressées à Céline (par Marcel Arland, Henri Mondor,

Robert Poulet, etc.), des coupures de presse et une photographie.

JOINT 6 pièces manuscrites et dactylographiées, dont 2 pièces autographes signées de Céline :

une ordonnance (1937) et un feuillet de dédicace (s.d.). 120.000/130.000

UNE EXCEPTIONNELLE CORRESPONDANCE LITTÉRAIRE.

Jeune auteur, Roger Nimier envoya à Céline son roman Les Épées avec cette dédicace : « Au maréchal des logis

Destouches, qui paie aujourd’hui trente ans de génie et de liberté, respectueusement, le cavalier de 2e classe Roger

Nimier, février 1949 ». En février 1950, il lui envoya encore Le Hussard bleu et, en mars de la même année, lui

consacra un article dans La Table ronde. Conduit pour la première fois chez Céline à Meudon par Marcel Aymé,

il devint un familier de Céline et de sa femme Lucette Almanzor. Devenu conseiller littéraire aux éditions

Gallimard en décembre 1956, Roger Nimier réussit dès 1957 le lancement du roman D’Un Château l’autre,

notamment en arrangeant une interview de Céline par Madeleine Chapsal pour L’Express. « Après ce succès, il sert

de truchement entre Gaston [Gallimard] et Louis jusqu’à la fin et il devient le correspondant quasi exclusif de

Céline pour les années qui suivent – jusqu’à la mort de Céline le 1er juin 1961 » (Philippe Alméras) 1 .

LE RÔLE DE ROGER NIMIER DANS LA REDÉCOUVERTE DE CÉLINE PAR LE GRAND PUBLIC EST ESSENTIEL : « pendant les

dernières années de la vie de Céline, il se démena aussi comme un diable pour secouer l’indifférence du public,

multipliant les articles, les critiques, les interviews » (François Gibault) 2 .

Cette correspondance de Céline à Roger Nimier a été publiée par Pascal Fouché3 , à l’exception de 26 lettres dont

les 25 premières (antérieures à l’entrée de Nimier chez Gallimard). Elle se révèle d’une très grande importance en

raison de la connivence intellectuelle qui s’est peu à peu tissée entre les deux écrivains :

« LE CORRESPONDANT DE LA CONFIANCE SANS RÉSERVE, SERA À PARTIR DE 1956, ROGER NIMIER. Encore le style. Pour

Nimier, Céline sera Ferdinand et même Louis. Il sait le prendre à la légère et du tac au tac [...]. Céline peut trouver,

en Nimier, l’acteur désabusé du monde technique et abruti qu’il vomit, chaos d’alcool et d’autos » (Philippe

Sollers) 4 .

« Les lettres que Céline lui envoie, tout en se maintenant dans un registre très célinien de drôlerie et d’imprécation,

laissent à tout moment percer pour Nimier et les siens l’affection la plus sensible » (Henry Godard) 5 .

« Il n’est que d’écouter les échos que renvoient la correspondance pour percevoir la nature profonde des rapports

entre Céline et Nimier : un dialogue d’écrivains, en dépit de la hauteur à laquelle le cadet place l’œuvre du Maître »

(Marc Dambre) 6 .

1 Dictionnaire Céline, Paris, Plon, 2004, p. 624.

2 Céline 1944-1961. Cavalier de l'Apocalypse, Paris, Mercure de France, 1981, p. 300.

3 Louis-Ferdinand Céline, Lettres à la N.R.F. 1931-1961, Paris, Gallimard (Nrf), 1991.

4 Préface à l'édition des Lettres à la N.R.F. de Céline, op. cit., p. xiii.

5 Note publiée dans son édition des romans de Céline, Paris, Gallimard (Nrf, Bibliothèque de la Pléiade), 1974, p. 1013.

6 Roger Nimier. Hussard du demi-siècle, Paris, Gallimard, 1989, p. 519.

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L’ERMITE DE MEUDON AU HUSSARD.

«JE NE SAIS PAS SI C’EST MA “LIBERTÉ” OU MON “GÉNIE” QUI M’ONT FOURRÉ DANS L’ÉTAT OÙ JE ME TROUVE MAIS ÇA DOIT ÊTRE

PLUTÔT À MON SENS MA CONNERIE ! MOINS CON JE NE SERAIS JAMAIS TOMBÉ SI BAS ! JE VOIS BIEN D’AUTRES GÉNIES QUI S’EN

TIRENT À MERVEILLE ! MALRAUX, GIONO ! GIDE ! DUHAMEL, DES CENTAINES ! ET POURRIS D’HONNEUR ! VOUS ÊTES VOUS-MÊME

“GÉNIAL” JE LE VOIS, FOUTRE ! ET VOUS PORTEZ SUPERBEMENT ! CE CYNISME JOVIAL BON ENFANT C’EST LE GÉNIE DU JOUR !

JE NE CHERCHERAI QU’UNE PETITE QUERELLE – POUR CLAUDE [PERSONNAGE DU ROMAN DE NIMIER LES ÉPÉES, sœur du héros].

Pour moi voyez-vous pas d’idéalisation de femme sans danse classique, et silence. Je voudrais voir Claude à la barre. Ce qu’il

en resterait de toute cette idéalisation. Quelle balourde bonniche ! Ah c’est aussi important que l’épreuve des matraques pour

passer d’un monde dans un autre – le monde de l’irréalité [...]. Je vous vois là cafouiller autour d’une dimension qui vous

échappe... Vous loupez, là le cynisme bon enfant vous dévoye... Et pourtant vous avez le sens du muscle. Tout espoir n’est donc

pas perdu ! [...] » « Le 26 » [pour le 24 février 1949], LETTRE INÉDITE.

« [...] OH SARTRE JE LUI FERAIS UNE RENTE S’IL N’ÉTAIT PAS DEVENU SI RICHE ET MOI SI PAUVRE JUSTE POUR SA PHRASE DES TEMPS

NOUVEAUX ! Pensez que je lui en veux pas ! ah loin ! Cette belle franchise de haine moucharde mais c’est très rare médicalement

parlant ! cette forme “ouverte”... Mais c’est à montrer aux “étudiants” ! pour combien de milliers de cas invisibles. [...]

JE POURSUIS LA LECTURE DE VOTRE LIVRE... C’EST UN LABEUR, C’EST TERRIBLE DE TRAVAIL, ET C’EST RÉUSSI. JE N’AI

MALHEUREUSEMENT PAS VOTRE SUBTILITÉ PROUSTIENNE. JE NE VOUS SUIS PLUS DANS L’ANALYSE. EN MÉDECINE J’EN SUIS FÉRU,

PAS EN LETTRES. MAIS SEULEMENT LA CHANSON M’ENCHANTE. JE SUIS POPULEUX. Je veux pas avoir l’air intelligent et je le suis

pas [...]. Si ça chante, ça va, et merde ! [...] » 13 [janvier 1950], LETTRE INÉDITE.

« AH VOUS ME FAITES JOLIMENT PLAISIR EN M’ENVOYANT VOTRE HUSSARD [le roman de Nimier Le Hussard bleu]. Je marre

dès la première page et à la vingtième j’arrête plus ! VOILÀ UN ROMAN COMME J’AIME, LE DIRECT ET SAVANT QUAND MÊME OH

SUBTIL HABILE ROUBLARD... SENSIBLE – OH LA LA, JE DÉSOPILE ! Et c’est dur vous savez, où je suis où j’en suis ! JE DIRAIS : VOUS

AVEZ DU GÉNIE si y en avait pas tellement d’autres, qui disent et que c’est faux et qu’on les croit ! Je vous chercherai une épithète

quand j’aurai tout lu. ALLEZ PAS CROIRE QUE CASSE PIPE C’ÉTAIT SEULEMENT CE PRÉLUDE, DIANTRE IL Y AVAIT 600 PAGES ! MES

ÉPURATEURS ONT TOUT FOUTU AUX RUISSEAUX – PLEIN LA BUTTE... LE MILIEU, LA FIN, LE PLUS BEAU, LE SUBLIME ! Une bite !

l’impression qui me reste ! l’Abélard ! Châtré de l’œuvre ! Suis ! [...] » 15 [octobre 1950], LETTRE INÉDITE.

« AH ADMIRABLE VOTRE HUSSARD ! UNE LECTURE HARASSANTE DE COCASSERIE, DE FINESSE ET FOUTRE DE GÉNIE PUISQUE JE

SAISIS VOTRE RYTHME, ENTHOUSIASMANT. En médecin j’observe des différences essentielles entre ce temps, et le vieux mien

(1912 !) [...] le mien au 12e Cuirassiers – absolument breton – ah pas proustiens du tout – même pas se sensualité élémentaire

– 5 ans j’en ai fait paix et guerre ! Je sais ce que je cause ! Ils ne bandaient pas, pour ainsi dire jamais, et quels ploucs !

spécialement recrutés en ce temps pour les grèves parisiennes, qui étaient chaudes ! Une petite érection vers la cantinière...

vague, à peine, tristes gens, mystiques. Je les ai vu foncer dans la mort – sans ciller, les 800, comme un seul homme et

chevaux, une sorte d’attirance, pas une fois, dix ! comme d’un débarras, pas de sensualité [...] » 1er [novembre 1950],

LETTRE INÉDITE.

« Mondor [le médecin, écrivain et historien de la littérature Henri Mondor] toujours très attentif aux échos des Lettres

me parle de votre très aimable récit des “Arts”. Je m’y précipite et je trouve que vous m’y traitez d’”un des plus grands” bigre !

bougre ! Je n’ai pas mon compte ! foin de “l’un des”... le plus grand ! voilà qui me convient ! Nous en reparlerons ! JE NE PARLE

POUR MON COMPTE QUE DE L’IMMENSE NIMIER, QUI EST TRÈS LOIN ENCORE D’AVOIR DONNÉ TOUTE SA MESURE ! il faut être

paranoïaque ou disparaître... tel est la loi du temps ! atomique, stratosphérique, et plus que ça ! [...] » 24 mars [1955],

LETTRE INÉDITE.

« CHER AMI, JE SUIS TOUJOURS HEUREUX DE VOUS VOIR, seul ou accompagné... [...] » 31 [pour 30] Mars 1955, LETTRE INÉDITE.

« OH QUE CELA EST MAGNIFIQUE ! QUELLE RÉSURRECTION ! GRÂCE À VOUS ! mais quelle chétivité à côté de Sagan, Drouet, Delly,

cent autres ! toutes les mercières en témoigneront ! nous qui nous singularisons n’avons (sauf énorme fortune) droit qu’à la

hache ! et en attendant : ramer pour Achille ! [...] » 17 [juillet 1957].

« VOS AVIS SONT TOUJOURS EXCELLENTS ET J’EN FAIS GRAND CAS, ILS VOUS REMONTENT L’AMOUR-PROPRE. Certes le guignol y

pourrait faire des petits mais encore y faut-il le temps ! le Temps notre maître absolu ! Que je me règle sur Sophocle 90 ans ou

au pire sur Cervantès 81 ans ! en attendant me voici membre titulaire du Syndicat des Écrivains qu’on se le dise, foutre !

À l’heure H ce sera lui qui saisira les éditeurs et leurs inavouables bénéfices ! je serais là et de choc ! comptez sur moi ! [...] »

16 [avril 1958].

« NOUS ÉTIONS TOUS DÉSEMPARÉS, JE VOUS SAVAIS MALADE, MAIS À QUEL POINT ? Je vois ce qu’il en est, un petit incident...

Votre vie très agitée et sans auto. La Suisse vous fera grand bien, mais mieux encore, serait une solide sécurité en banque,

tout le reste est cardiogrammes et déconneries. Hélas nous en sommes tous, pauvres, là [...] » 21 [juillet 1958].

« LE MALHEUR VOUS VOYEZ C’EST QUE VOTRE PRÉFACE EST TROP BIEN VENUE, TROP INCISIVE, VOUS FAITES DU TORT À SWIFT, QUI

PARAÎT À CÔTÉ BIEN PÂLE, BIEN VELLÉITAIRE... Oh ne vous alarmez pas ! les connaisseurs n’y verront rien ! d’abord, ils ne liront

que vous ! [...] » 18 [novembre ou décembre 1958]. Nimier venait d’écrire une préface pour l’édition de poche des

Instructions aux domestiques de Swift.

« Que ce Nimier est donc admirable !... sa critique dans Arts [probablement « Le Voyage continue », Arts, 15-21 juin

1960] est un peu reléguée dans l’ombre d’une page mais c’est la faute du Gourion... qui s’allait juste, nabotissime, présenter

ce qu’il faut où il faut... mille feux quand même brûlent cette page !... QUE CE NIMIER EST ADMIRABLE, QUE GROUILLENT ET SE

TERRENT, S’ENFOUISSENT SOUS QUELLE CROTTE ! TOUS LES NON-ÉBLOUIS ! LES TEMPS SONT VENUS ! » 16 [juin 1960].

« JE N’OSE PLUS ME CONSIDÉRER DANS LES MIROIRS ! JE SUIS TROP BEAU, TROP JEUNE ! IRRÉSISTIBLE ! GRÂCE À VOUS ! JE ME

PRENDS À M’AIMER ! Ainsi vêtu il le fallait, 20 ans plus tôt, j’enlevais les Folies Bergères et la Banque [de] France ! L’Arc de

Triomphe décollait ! et me suivait partout ! j’en couvrais le général et génial Lazareff ! je vous donnais le choix entre Napoléon,

sa Coupole, et l’autre et ses 40 fauteuils pour vous tout seul ! Gaston [Gallimard] en huissier, au balai, aux chiotts ! Comme

on en rigolait ! Toute ma reconnaissance pour ce vêtement resplendissant, magique, unique ! [...] » 7 juin [1961].

CÉLINE FACE À SON ŒUVRE, À LA CRITIQUE ET À LA LITTÉRATURE.

« JE VOUS SUIS TRÈS RECONNAISSANT D’AVOIR CONSACRÉ QUATRE COLONNES DE CARREFOUR À MES OUVRAGES LYRICO-

BURLESQUES (enfin il me semble). Le lyrisme vous le savez est ce qui déplaît le plus aux Français, ratiocineurs (cartésiens,

comme ils disent) de nature. IL EST À NOTER CEPENDANT [...] QUE LES ÉCRIVAINS, VAINS, ÉTRANGERS OU FRANÇAIS, CONTINUENT

À DÉTAILLER, DÉCRIRE, BLABLATER ABSOLUMENT COMME SI LE CINÉMA N’EXISTAIT PAS ENCORE ! [...] IL NE LEUR RESTE QUE LE

DOMAINE DE L’ÉMOTION EN PROPRE [...] Le domaine propre à l’écrivain se rétrécit amenuise ratatine comme le domaine des

vaccins [...]. Vous me dites oratoire je veux bien. Mais ce n’est pas ça ! Quand on me lit tout bas il faut avoir l’impression

qu’on vous lit à vous le texte tout haut en pleine tête [...] Lus tout haut vos textes sont franchement hideux, grotesques

d’emphase ! Vive Bossuet alors ! C’EST LE “RENDU ÉMOTIF” INTERNE AUQUEL JE M’EFFORCE – un tout autre travail ! [...] ”

21 [août 1952], LETTRE INÉDITE. Nimier venait de publier l’article « Le Maréchal des logis Céline » dans Carrefour du 6

août 1952.

« EH BIEN VOICI, JE LE DIS COMME JE LE PENSE, UN ARTICLE JOLIMENT ADMIRABLE, ET QUI ME FAIT PLAISIR À EN GIGOTTER

D’EXHALTATION ! À PERDRE LE SOUFFLE ! ENFIN, UN CONNAISSEUR ! il faut un sacré don, une intuition bien singulière,

pour évaluer si justement ces petits riens qui font une trame tout de même... Oh ! c’est du devin ! [...] » 13 avril

[1955], LETTRE INÉDITE. Nimier venait de publier l’article « Louis-Ferdinand Céline : dénonciateur du roman » dans

le Bulletin de Paris du 8 avril 1955.

« QUE TOUS CES GENS PHRASIBULLEUX SONT DONC EMMERDANTS AVEC LEURS CINQUANTE... CENT ANNÉES DE RETARD !... ET TOUS

CRÂNEURS ! malgré ! madame ! des fous de prétention, niais, lourds, circonlocutants... Ah, l’engeance ! Ils boivent bouffent

bavachent trop... hygiène ! hygiène ! [...] » 9 novembre [1955], LETTRE INÉDITE.

« APRÈS VOTRE ARTICLE ADMIRABLE, AUCUN DOUTE, JE L’AI !... Mais de nouveaux soucis ! et quels ! le flouze, certes ! tout le

flouze ! j’en veux ! et n’en cède un millième ! Mais la gloire ? les lauriers ? foutre n’en veux ! pour tout l’or du monde ! [...]

mais la bulle là pas d’histoires ! Mon épicier... charbonnier... le gaz... l’électricité... les chiens... en veulent ! s’en étranglent !

ah merci du fond du cœur ! [...] » 20 [octobre 1956], LETTRE INÉDITE.

« VOUS ÊTES FOLLEMENT COURAGEUX ET AIMABLE D’OSER ME NOMMER DANS LE FIGARO !... Mais que vos interlocuteurs diable !

déconnent ! Que ne leur vient-il à l’idée tout simplement que tous ces écrivains romanciers de hasard ne sont pas du tout faits

pour écrire des romans ! oh mais pas du tout ! qu’ils sont nés, conçus, doués, pour être députés ou journalistes, mais pas du

tout pour être romanciers ! [...] ils ont monté une conjuration féroce des “bons-à-lape” ! d’incapables tyranniques ! un trust !

romancier par les temps qui courent, vous le savez c’est transposer... ou renoncer ! Cinéma ou journalisme, à choisir !...

LE STYLE C’EST L’HOMME, aucun de tous ces Jean foutres n’a même le soupçon d’un style ! [...] » 23 novembre [1956],

LETTRE INÉDITE.

« [...] LE “CAPORAL ÉPINGLÉ” [roman de Jacques Perret, publié à la N.R.F. en 1947] VOUS AVEZ RAISON, EST JOLIMENT BIEN

TOURNÉ ! belle maîtrise de ce nouveau style, que je connais un peu... MAIS L’ÉCUEIL ! je le connais aussi ! d’un rien, d’un mille,

IL VERSE AU “NATURALISME POPULISME”. L’auteur là y trébuche ! il faut une fibre bien sensible pour n’y point choir ! entre le

ronron académique et le populisme quelle corde raide ! traîtrise !... de la broderie à la dentelle il s’en faut d’un fil ! d’une très

minuscule balourdise ! le Caporal épinglé est objectif, EN ART TOUT CE QUI EST OBJECTIF EST NUL ET CROTTE... RIEN

ABSOLUMENT RIEN NE DOIT ÊTRE RÉEL... le Caporal demeure en pleine réalité... il s’en faut d’un rien qu’il opte pour l’envol...

il a peur, il reste à terre... il ne veut tout de même pas rompre avec le “beau style”... et il a des ailes ! il ne les ouvre pas...

il marche comme tout le monde... » 22 février [1957].

« [...] On est bien content d’appartenir à cette espèce disparue de roture qui n’avait droit absolument à rien qu’à crever en

travaillant et se taire. Moi qui ne me suis pas tu on me l’a fait bien voir ! et ce n’est pas fini ! Je me passionne entre 11h et

minuit sur VOTRE ENCYCLOPÉDIE [Histoire des littératures, dirigée par Raymond Queneau, parue dans l’Encyclopédie

de la Pléiade] si pleine de magnifiques enseignements, si attentive à citer Camus, Sartre, Bernanos... AH VRAIMENT

IMPECCABLEMENT IGNORANTE DU »VOYAGE” ! TOUS CES GENS À PENDRE, BIEN ENTENDU ! “PÉCHEURS PAR OMISSION” SELON

L’ÉVANGILE ! LA PLUS LÂCHE DÉTESTABLE ESPÈCE ! LE GHETTO DE TARTUFES NRF HAUTEMENT RESPONSABLE ! en quelle caverne

vous voici ! quel preux ! quel Siegfried ! et que d’hydres ! [...] » Paris, 20 mars 1957.

« VOUS N’AVEZ PAS DEVINÉ QU’ARAGON VENAIT AVEC SES TROUPES À L’ASSAUT DE LA NRF POUR ARRACHER MORT À CRÉDIT

ET LE TRADUIRE EN RUSSE COMME IL A TRADUIT LE VOYAGE... avant la téléguidée ! Paraz a bien raison, lui qui a déjà l’enfer au

trouf, de se saouler comme un pape ! les trois sister Cana [les sœurs Canavaggia, dont l’une, Marie, servait de secrétaire

à Céline], Brontë comme jamais, sont allés chercher des bites en Engadine... proutt ! des motifs... [...] J’ESPÈRE QUE VOTRE

REVUE VA CONSACRER UN NUMÉRO SPÉCIAL À L’ACCIDENT SAGAN [Françoise Sagan venait d’être blessée dans un accident

de voiture]... excellente réclame pour Julliard... et psychanalyse, ivrogneries, troufignoleries, sublimeries, fouetteries à ravir

tout l’état-major... » 20 avril 1957.

« CERTAINEMENT CHER AMI PUISQUE VOUS ME FAITES L’AMITIÉ DE VOUS OCCUPER D’UN CHÂTEAU L’AUTRE, À VOTRE GUISE ET

ZÈLE CHOISISSEZ CE QUI VOUS PARAÎTRA PROPRE À STIMULER LE ZÈLE HARGNEUX DES GENS DE PRESSE. Depuis que je les vois se

ruer sur de tels navets je me dis que j’ai pour moi au moins la saveur d’être bien rebutant... Donc pleins pouvoirs ! [...] »

27 avril [1957].

« Voici lettre Arland. Je suis d’accord mais à condition, je lui écris, que le commentaire ne soit pas d’ordre péteux, honteux,

horriblement gêné. Vous connaissez le genre ! Je lui dis de prendre à ce propos contact avec vous ! JE VEUX DE L’ENCENS À

TORRENT ! DES TONNERRES D’ORGUE ! [...] » 4 avril [pour mai] 1957. Dans sa lettre (autographe signée, ici jointe), Marcel

Arland demande à Céline l’autorisation de faire paraître des extraits d’UN CHÂTEAU L’AUTRE dans La Nouvelle NRF

avec une étude sur son œuvre. Ces extraits paraîtraient dans le numéro de juin 1957 avec un article de Nimier sur

Céline.

« Je vous vois en belluaire, joliment habile à me rabattre tous ces chacals joliment prêts depuis 3 décades à me déchirer

décerveler etc... CEUX DE L’EXPRESS PARTICULIÈREMENT CHAROGNIERS, EH DIABLE ! QUE FOUTRE ! MENEZ-LES MOI QU’ILS ME

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VOIENT AIMABLES COMME JE LES VOIS RIRE HYÉNEUX... Il ne vous manque que le dolman à brandebourgs et le trident, pour me

sembler vraiment magnifique... Place au Cirque !... il ne m’étonne pas que toutes ne parlent que de vous !... déjà à Rome !...

Votre ami dans l’arène ! [...] » 1er juin [1957]. Céline allait donner peu après une interview à Madeleine Chapsal pour

L’Express, qui paraîtrait le 14 juin et serait déterminante pour le lancement de son roman D’Un Château l’autre.

« À 16 heures ce tantôt JE SUIS TÉLÉVISÉ RUE COGNAC JAY ! [dans l’émission Lectures pour tous] SANS DOUTE CETTE GLOIRE

VOUS EST DUE ! Mille reconnaissances ! [...] » 10 juillet [1957].

« [...] Je sais en tous les cas que MAC ORLAN A REÇU UNE LETTRE DE LECACHE OÙ IL ÉTAIT MIS EN GARDE CONTRE D’UN

CHÂTEAU L’AUTRE... RÉVEIL DE L’ANTISÉMITISME ! pas l’avis de Rivarol !... le tout est d’arriver à Shakespeare... » un conte idiot,

bafouillé par un ivrogne, et qui n’a pas de sens” pardi ! Honte des hontes ! [...] » 10 [septembre 1957]. Il évoque ici Bernard

Lecache, journaliste et fondateur de la Ligue internationale contre l’antisémitisme.

« [...] À propos on me fait savoir qu’un certain auteur “quid ?” s’est vanté à la dernière séance de la télévision (Lecture pour

tous) d’être L’INVENTEUR DE “BLA BLA”... TONNERRE DIEU ! QUE C’EST MOI, NUL AUTRE ! NOIR SUR BLANC DANS L’ÉCOLE... !

à cette grotesquerie je peux juger du mal qu’on a pu me faire, de combien on m’a pillé... en sus de mon or et de mes meubles et

mon honneur ! [...] » 25 septembre [1957].

« Je bafouillais ! bla bla est dans BAGATELLE page 265 Éd Denoël 1938. Priorité ! arrière plagiaires ! menteurs ! engeance de

rats ! Télévisés ! Votre hérissé ami [...] » 25 septembre [1957].

« En bref. Très grave. Il me reste et m’empêchent de dormir QUATRE PETITS TRAVAUX QUE JE VOUDRAIS VOIR IMPRIMÉS EN LUXE

AVEC ILLUSTRATIONS. 3 BALLETS : 1° LA NAISSANCE DUNE FÉE 2° VOYOU PAUL, BRAVE VIRGINIE 3° FOUDRES ET FLÈCHES ET

UN SCÉNARIO 4° SCANDALE AUX ABYSSES. L’illustratrice je crois l’avoir... mais la NRF, peut-elle se charger de cette édition ?

ah ? si elle ne veut pas, nous irons voir sous d’autres réverbères... Qu’en pensez-vous, surmené féerique Roger ? J’ai eu grâce

à vous, Parinaud et son usine, je ne suis pas à une honte près, mais celle-ci doit être joliette ! vous la verrez et ne m’en parlerez

pas. En vendrais-je enfin un livre de plus ? Que c’est douteux ! [...] » 23 juin [1958]. Céline avait publié ces textes

séparément : « La Naissance d’une fée » et « Voyou Paul, Brave Virginie » dans Bagatelles pour un massacre en 1937

(chez Denoël), Foudres et flèches en 1949 (chez Charles de Jonquières) et Scandale aux abysses en 1950 (chez Frédéric

de Chambriand, pseudonyme de Pierre Monnier). André Parinaud a publié une interview de Céline dans le

numéro des 19-25 juin d’Arts.

« Voyou Paul et Naissance d’une fée se trouvent dans Bagatelles. Je vous les ferai envoyer par Marie Canavaggia

[sa secrétaire], le reste aussi Scandale et Foudres, LE TOUT DOIT FAIRE PEU DE PAGES, UNE CINQUANTAINE. QUANT À

L’ILLUSTRATRICE, J’AI PENSÉ ET AI ALERTÉ MON EX ÉPOUSE MME ÉDITH LEBON, 30 rue Vaneau, qui est professionnelle de

l’illustration. Elle a illustré pour Robert Denoël [...] » 25 [juin 1958].

« [...] Pouvez-vous faire envoyer au plus tôt, mes livres 1° Guignols Band 2° Voyage au bout de la nuit 3° Mort à crédit

4° Entretiens avec le Pr Y à Madame Édith Lebon [...] À MA GRANDE HONTE, JE ME SUIS APERÇU QUE MON EX-FEMME N’AVAIT

JAMAIS LU AUCUN DE MES LIVRES, MAIS QU’ELLE CONNAISSAIT MAC ORLAN PAR CŒUR ET SARTRE ET CENT AUTRES ! je veux lui

faire ce cadeau pour essayer de l’intéresser à l’illustration de mes ballets. Je tiens très fort à cette réalisation. Mais mettre une

femme riche au travail est un exploit d’Hercule, et bon Dieu que je me sens faible ! [...] » [17 juillet 1958].

« [...] Patatrac ! pour l’illustratrice ! plus question ! en trente ans, devenue trop riche, poivrote, et curée, fainéante totale, et

maquisarde absolue ! en sus ! hostile doucereuse mais féroce ! et mandatée ! gourrance donc ! la gueule du loup ! n’en parlons

plus ! assez d’emm... tel quel ! [...] » 9 août [1958].

« La situation est en main ! sauvée ! Je me suis assuré le talent de ma très ancienne petite cliente (de Clichy) Éliane Bonabelle

elle est disposée et ravie d’illustrer mes quatre ballets et le film. Éliane est connue à la NRF et son talent est national et

international ! [...] » 13 août 1958.

« Toute ma reconnaissance ! QUE CES GENS SI LOUCHES SIGNENT ENFIN CE CONTRAT NORD et me versent 100 sacs par mois

pendant un an et puis deux ans à la remise du manuscrit. Entendu ! Mais pas de Nord sans décision pour la Pléiade ! Qu’ils

s’éveillent ! [...] » 29 [avril 1959].

« Grâce à vous je suis aux anges d’être de la Pléiade, exultant comme A. Allais d’être “abonné au gaz”, je l’écris à MONDOR

en même temps que je le tape d’une préface... » 4 [juin 1959]. Henri Mondor, célèbre médecin, était par ailleurs écrivain

et historien de la littérature.

« [...] JE PENSE À PAUL MORAND SI MONDOR COMME IL ME PARAÎT FLAGEOLLE ET S’ESQUIVE... maintenant, qu’est-il décidé noir

sur blanc à la NRF ?... Ceux-là aussi sont intouchables ! Pour mon compte JE SUIS AU DERNIER CHAPITRE DE NORD et foutre

ne leur donnerai que ma Pléiade parue ! ainsi que convenu ! [...] » [11 septembre 1959].

« TRÈS DISCRÈTEMENT ET DES PLUS RAPIDES NOUS AVONS ÉTÉ MARIE À LA NRF CE MATIN PORTER L’OURS À FESTY [Céline est

allé avec sa secrétaire Marie Canavaggia porter le manuscrit de Nord à Jacques Festy, chef de la fabrication chez

Gallimard]. Nous n’allions pas vous déranger ! [...] Je songe aussi que vous m’avez parlé d’une certaine somme que je dois

toucher à la remise du manuscrit de NORD... Je songe encore que je dois toucher une autre somme pour le VOYAGE de poche...

Il faut que les galériens mangent de temps en temps... Vacances à d’autres, mais la gamelle ! [...] » 23 [décembre 1959].

« TOUT BIEN PESÉ JE CROIS QUE LE MIEUX EST QU’ILS SE METTENT TOUT DE SUITE À L’IMPRESSION, CAR MÊME POUR MARS CE SERA

COURT ! POUR PEU QUE VOUS AYEZ PARCOURU CE NORD VOUS AVEZ PU VOIR QU’IL ÉTAIT PLEIN D’EMBÛCHES ET JE ME VOIS BIEN

MAL SURVEILLER SEUL L’IMPRESSION... PESTE DES DITS CORRECTEURS ! Or Marie [Marie Canavaggia, sa secrétaire] n’est pas

comme moi, figé et dolmen, elle est comme les gens d’à présent pour un rien elle fout le camp et on ne la revoit plus, tous les

prétextes ! Une grand-mère dans le Nord, un filleul dans le Midi, une crise de gigite, un vieil ami à Fréjus, un concert à

Péronne... la première tartuferie quelconque... foutre le camp ! J’AI PEUR DE L’AVENIR ROGER... L’IMPRESSION, VITE ! [...] »

8 janvier [1960].

« TOUS NOS MALHEURS VIENNENT DE CE QUE NOUS RÉGLONS MAL NOS RÊVES, AUX PROPORTIONS DE NOS ÂGES ET RESSOURCES...

JE NE RÊVERAI PLUS DE TRAVERS... AU PROCHAIN MANUSCRIT “COLIN MAILLART” J’AURAI LARGEMENT DÉPASSÉ MES 70 ANS...

[...] » 16 janvier [1960]. Colin Maillart était le premier titre prévu pour Rigodon.

« Je vous relance, non par manie, mais par frousse. QUE PEUVENT ÊTRE DEVENUS LES MANUSCRITS DE MES IMMORTELS BALLETS ?

LANCÉS À TRAVERS TOUS CES HYSTÉRIQUES IMPUISSANTS PLAGIAIRES ? Je souffre d’y penser ! Un mot si vous revenez le temps

d’un soupir sur terre... » 31 [mars 1960].

« Par bien puérile curiosité ! Vous me pardonnerez ! JE TENTE BIEN FURTIVEMENT ET BIEN HUMBLEMENT DE SAVOIR SI NORD SE

VEND OU RESTE EN PANNE ? Personne n’en sait rien ! bien sûr... bredouillis, berlificots, bla-blas secs ou grasses esquives, zéro !

Peut-être seriez-vous plus heureux ?... Un risque !... un chiffre ?... Très très discret votre LFC » 21 [juin 1960].

« MON CHER ROGER SOS ! IL N’Y A PLUS DE NORD NI DE BALLET EN LIBRAIRIES, NI À LA NRF EN STOCK ! SABOTAGE ! plus un !

or vous le savez mon contrat expire... et quand tous ces supercons reviendront de leur éternelle vacance ce sera bien pire.

Goncourt et le reste ! J’AURAI LIVRÉ À NOËL MON MANUSCRIT, PERLES AUX COCHONS ! SOS Roger ! Ce que vous pourrez ! Ah si

ces gens pouvaient ne jamais revenir !... envoûtés par leurs vacances... » 4 [août 1960].

« [...] 1° GUIGNOLS BAND N’EST-IL PAS ÉPUISÉ ? 2° POUR LES MOTS CENSURÉS DE LA PLÉIADE NOUS EN REPARLERONS BIEN

SÛR... [...] » [28 janvier 1961].

GASTON GALLIMARD ALIAS ACHILLE BROTTIN.

« Joliment touché par votre si revigorante et affectueuse visite ! HÉLAS, S’IL EST UN CARRÉ DE LA VILLE BIEN REVÊCHE STÉRILE

ET HOSTILE ET CON À TOUTE ENTREPRISE, MÊME PROFITABLE ET BIEN INDIQUÉE, C’EST LE CARRÉ BOTTIN [les éditions Gallimard,

situées rue Sébastien-Bottin à Paris] ! Une poubelle est beaucoup plus fructueuse ! Un conglomérat de “bas de plafond”

irrémédiable ! Que vous avez de la tablature ! celui qui a eu l’Univers entier à ses trousses, et au gniouf, vous pensez se rit de

ces maringoulins ! mille façon de les éperdre ! dans la merde ! 10 000 pieds ! mais plus intéressant est de ne pas vous, vous

perdre ! Ce sera ardu ! le petit con en chef, j’ai nommé Gaston [Gallimard], est inépuisable en sottises astucieuses, à vous faire

tout vomir ! vous verrez menteur, et lassant, et chinois, et inutile !... [...] » 19 décembre [1956].

« JE L’AI ÉCRIT AU PALTOQUET GASTON [GALLIMARD] QUE SES EMPLOYÉS SORTAIENT DE COURTELINE, AUTANT DE MM SOUPE,

QU’ILS SE LAVAIENT LES PIEDS EN JOUANT DE LA TROMPETTE AU LIEU DE TRAVAILLER. PAULHAN [Jean Paulhan] CETTE

FORMIDABLE LIMACE JOUE AUX SOUCOUPES. D’ailleurs que feraient-ils ? Pourvu que le petit paltoquet foute ses 400 millions à

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la Seine ! N’allez pas troubler ce splendide vivarium ! que vos juvéniles et géniales ardeurs ne troublent point ce

chèquetarium ! Soyez napoléonien ! “Je donne des ordres ou je me tais” [...] » 21 décembre [1956].

« Je ne veux pas vous ennuyer... mais IL ME SEMBLE QUE GASTON ME MÈNE EN BATEAU AVEC SON ÉDITION DE POCHE dont je ne

vois pas du tout venir le contrat... il ne verra pas lui, venir l’ours [le manuscrit de son roman D’Un Château l’autre]... il ne

le verra jamais s’il continue, le foutriquet ! QU’IL S’AMUSE, PETIT SADIQUE ! SON ENTERREMENT QUI M’INTÉRESSE, moi qui ne

vais jamais nulle part, j’irai (s’il ne pleut pas !) [...] » 26 février [1957].

« Je réfléchis encore, vous avez l’oreille de Gaston [Gallimard], la NNRF [La Nouvelle nouvelle revue française] lui coûte

500 sacs par mois, et il pleure ! et diable en plus CETTE CACOPHAGERIE CHANTE TOUS LES AUTEURS ÉTRANGERS PASSOS JOYSE

ETC. TOUS ! SAUF LES FRANÇAIS ! ET MOI, JAMAIS ! POUR RIEN AU MONDE ! NI VOUS ! il y a bien sûr de bonnes raisons, la fouettée

Aury [Dominique Aury] m’a expliqué : pudeur, modestie, élégance ! foutre, qui va même révéler nos noms si cette NNRF

les omet expressément ? Tout simplement idiot et de mauvais, très mauvais commerce. Ce n’est pas Le Figaro ou la Table

ronde qui vont chanter nos génies... alors qui ?... La NNRF donne le prétexte aux étrangers (trop heureux !) à ne jamais parler

de nos livres ! »Vous voyez les Gallimard eux-même ne les mentionnent jamais !” AH MAIS RILKE, FAULKNER, PASSOS !

EXTASES ! EXTASES ! LÀ AURY SE DONNE ET PAULHAN ! VOILÀ LES GENRES RECONNUS PAR LA NRF ! pour eux Gaston y va de ses

500 sacs par mois ! QUAND JE DIS QU’IL SABOTE SES AUTEURS JE NE DIS RIEN QUE D’ÉVIDENT ! aucune publicité et le silence

absolu de son propre torchon ! [...] » 13 mars [1957].

« C’est bien ce que je pensais... PLUS JE TRAVAILLE ET ME TUE (À MON ÂGE !) PLUS JE DOIS DE L’ARGENT À GASTON

[GALLIMARD]... je serais tout à fait fou de m’endetter d’avantage ! Posons les clous ! [...] » « Le 5/1 » [pour le 5 février 1958].

« LA PREUVE EST FAITE, LES GALLIMOCHES SE FOUTENT DE MOI, DONC AYEZ LA BONTÉ DE LEUR DIRE QUE RETRAITÉ, JE POSE LES

CLOUS, NE FOUS PLUS RIEN, LAISSE TOUT EN PLAN, À MOINS DE RECEVOIR TRÈS VITE CE CONTRAT DE PLÉIADE CENT FOIS PROMIS,

JURÉ, CENT FOIS RENIÉ... ZÉRO ! [...] » 2 [mai 1959].

« Ô mon cher Roger, si jeune et subtil, le mal est d’être vieux ! Gaston n’en doute pas... à attendre, remis à l’année prochaine

(que la NRF est exténuante d’idioties roublardes, ou soi-disant !) je risque fort d’être décédé avant d’être pléiadé ! GASTON LUI

EST HÉRITIER UNE FOIS POUR TOUTES DE TOUS ET DE TOUT, ALORS IL SE DIT QUE MOI AUSSI JE LE PRÉCÉDERAI AU TROU... BIEN

FOL ! [...] » 4 [février 1960].

« À votre conseil J’AI BONDI SUR LA PLUME, ÉCRIT À CE CLAUDE [Gallimard, fils de Gaston]... BIEN COURTOISEMENT JE

L’AURAIS TRAITÉ BIEN POURRI, Y ENFONCÉ DANS LA TINETTE, IL N’AURAIT PAS MOINS RÉPONDU... MAIS SAIT-IL ÉCRIRE ? tout est

là !... une courte réponse demande le secours de bien des comités... d’anancéphales ! j’ai obtenu d’une secrétaire l’avis que rien

serait fait pour “NORD” avant 13 jours... quant à la Pléiade nul n’en a entendu parler si ce n’est que la préface Mondor est en

sûreté chez Claude... je pouvais la mettre au Crédit lyonnais ! [...] » 10 [février 1960].

« VOUS COMPRENEZ ROGER CE QUI EST TOUT À FAIT AFFLIGEANT C’EST D’ÊTRE TRAITÉ DE PAIR À ÉGAL PAR DES IDIOTS ET DES

PLATES FRIPOUILLES COMME LA CLIQUE BROTTIN [dans Nord, Céline avait rebaptisé Gaston Gallimard Achille Brottin, en

référence déformée à la rue Sébastien-Bottin où était située la maison d’éditions]. Ces gens sont décourageants par

leurs roueries inutiles, leurs “subtilités” méfiantes, leur arrogance d’on ne sait d’où... écœurants stupides... travailler pour ces

ineptes vous fait trop vomir. Ils ne sont et ne seront jamais qu’à la hauteur des “droits communs” Le pire, ils vous assimilent !

VIVE N’IMPORTE QUEL COMMISSAIRE ! MÊME ARAGON ! [...] » 12 [février 1960].

FERDINAND FURIEUX

« Voilà qui est bien aimable – mais comment agir sans me nuire ? C’est difficile impossible. TOUT EST COMÉDIE TRAGIQUE EN

CE MONDE ET J’AI LE RÔLE DE BOUC QUI PUE – DE BÊTE HORRIBLEMENT NUISIBLE. C’EST UN PROBLÈME DE VÉNERIE ET D’HYSTÉRIE

COLLECTIVE [...]. Le rôle n’est pas agréable bien sûr, je m’y suis fourré, je le regrette bien. Il m’arrive des moments d’amertume.

J’aimerais mieux rigoler. Je suis gai naturellement, j’aime bien les ballets, les danseuses. Toute cette grand guignolerie,

Petioterie me paraît invention du diable, mais le diable ne me lâche pas ! [...] » 12 février [1949], LETTRE INÉDITE.

« [...] Ah misère de moi si les collabos revenaient au pouvoir, et vichyssois ! J’aimerais mieux Ben Gourion ! Tout net ! LES

COLLABOS ET VICHYSSOIS ILS PENSAIENT QU’À ME CREVER À SIEGMARINGEN PENDANT QUE JE LES SOIGNAIS JOUR ET NUIT. C’EST

LA CONSÉQUENCE DU GÉNIE comme vous savez. Ça c’est une coupure, la vraie bath, toutes les conneries et Dieu sait ! [...] »

« Le 28 » [probablement 1950], LETTRE INÉDITE.

« OUI, J’AI BIEN SOUPÉ DE CETTE PERSÉCUTION DE 7 ANNÉES, ARCHICONNE ! Sans rime ni raison. Encore quand on escomptait

ma carne à la torture on pouvait penser aux intérêts du cirque [...] mais à présent ?... Seulement je crois qu’il faut y aller sans

tomber dans les pièges résistentialistes. Les “durs de la place”, les “ingrats d’Hitler”... [...] C’est plein de flics partout, des :

“j’ai tué ma mère et toi ??” ah ça pullule ! ET CHEZ LES PLUS PROCHES POTES – LA CHIASSE VOUS ENGENDRE DE CES FRÉGOLIS !

[...] » « Samedi » [25 novembre 1950], LETTRE INÉDITE.

« Mon cher Hussard, néo-Barbusse, géant des Lettres, commissaire des peuples, idole du nouveau Fémina [Roger Nimier

collaborait alors à cette revue, qui avait été dirigée un temps par Henri Barbusse], ami... [...] QUANT À L’ANTISÉMITISME

JE VOULAIS VOUS RÉPONDRE... JE NE SUIS PAS NON PLUS ANTISÉMITE JE SUIS PROFRANÇAIS... Je me suis lancé et comme ! et tout

a fait gratuitement, dans cette folle aventure, dans l’espoir d’épargner aux Français le ridicule d’une nouvelle guerre... dont je

savais qu’ils sortiraient tels qu’ils sont actuellement... on m’en fait crever d’avoir sonné la cloche... soit ! soit ! c’était idiot...

J’en conviens. [...] » 19 janvier [1955], LETTRE INÉDITE.

« MON DIEU COMME IL AURAIT ÉTÉ PLUS SIMPLE DE PROMULGUER UNE LOI »N’AURONT DROIT D’ÉCRIRE DES LIVRES QUE LES

ÉCRIVAINS DE LA RÉSISTANCE”. TOUT SERAIT DIT ! [...] Que cela nous épargnerait de zizanies idiotes ! et de motif de cabotinages

“pour” et “contre” ! fatigues ! en attendant que le foutriquet [Gaston Gallimard] me glisse dans la Pléiade ou malheur à lui !

je m’éditerai en Israël rien que pour l’emmerder ! positif ! [...] » 6 avril [1957].

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« EN GROS, LES ÊTRES HUMAINS SE DIVISENT EN 2 SECTES, 1° LES VOYEURS ET 2° LES EXHIBITIONNISTES, TOUT AUSSI FUMIERS LES

UNS QUE LES AUTRES ! MAIS IL SE TROUVE QUE JE SUIS DES “VOYEURS TOTAL” PAS DU TOUT DU TOUT EXHIBITIONNISTE. J’ai

l’horreur absolue d’être vu ! Ou pour être “de théâtre” : auteur ou acteur, il faut être “de théâtre”. Tous les charmants auteurs

que vous me citez sont des êtres, à la fibre, “de théâtre”, comme des femmes, qui vous le savez, sont toutes exhibitionnistes...

essentiellement... CE DONDE“PARAÎTRE” M’A ÉTÉ ABSOLUMENT REFUSÉ, JE NE ME TROUVE À MON AISE QUE DANS L’ARCHI-

ARRIÈRE COULISSE, À TOUT ENTENDRE, TOUT VOIR, NE JAMAIS JAMAIS PARLER. Cafard, cloporte, scolopendre... Mais combien ?

[...] » 31 juillet [1957].

« Il a fallu Philippe le Bel pour se tirer des Templiers... et par quels moyens ! les Templiers revenus ... dix mille fois plus forts !

IL S’AGIT D’UN ORDRE, NI D’UNE RACE, NI D’UNE ETHNIE ! D’UN FORMIDABLE PROFITARIAT ! BIEN PROSAÏQUE, BIEN PRATIQUE,

CARTÉSIEN, ALCOOLIQUE, CON, ET FOLLEMENT JOUISSEUR... [...] » 10 septembre [1957].

« CE N’EST PAS DE GRIPPE ASIATIQUE DONT LES FRANÇAIS ONT TEL BESOIN, MAIS D’UN FORMIDABLE PIED AU CUL, ASIATIQUE, POUR

CESSER ENFIN DE DÉCONNER INFINI... Cela leur est dû ! Il parcourt déjà le ciel ! [...] » 7 [octobre 1957]. Une épidémie de

grippe asiatique venait de se répandre dans toute l’Europe.

« Ce BUFFET SE PREND À PRÉSENT, TOUT L’Y ENGAGE, POUR UN LÉONARD, AVEC SA COUR DE PÉDÉS ALCOOLIQUES... tout ceci

serait bien négligeable n’était la question cabale, qui me voue à mille trépas, de Rivarol à L’Huma... Faute d’argent il faut

s’alarmer de tout, avec on peut se foutre de tout, là est le drame, le seul. Vous êtes mille fois généreux d’avoir pris ma défense,

ce petit sagoin ferait mieux de me rendre le livre qu’il m’a pris pour le soi-disant illustrer... [...] » 16 janvier 1948 [pour 1958].

« VOICI JE CROIS L’AFFAIRE CÉLINE UNE VIEILLE BROCHURE RÉDIGÉE À ALGER PARUE EN 1952, FARCIE D’AILLEURS DE “FAUX” ET

TRUQUERIES ET QUI NE VEUT RIEN DIRE, SAUF UNE HAINE ÉNORME, ET CERTAINEMENT INÉPUISÉE ET INÉPUISABLE. Qu’y puis-je ?

sauf proclamer que je me suis trompé que l’armée française n’est pas foutu le camp en 39, que la France n’a pas perdu ses

colonies, que Joanovici est un héros, que Dien Bien Hu fut une sacrée victoire, sans fuite aucune, etc. etc. Cette brochure

torche raie fut d’ailleurs rédigée en vue de mon procès, qui a eu lieu deux fois, jugement passé, amnistie passée, prison passée,

haine et jalousie demeurent, bien entendu, ma condition miteuse aussi... mes carambouilleurs : commandeurs ! QUE LA FUSÉE

H ARRANGE TOUT !... [...] Il n’en dit pas plus que Cousteau condamné à mort ! plutôt moins ! bien moins ! » 25 [février 1958].

La brochure de Maurice Vanino, L’Affaire Céline. L’École d’un cadavre, parut sans nom d’auteur dans les cahiers de la

Résistance en 1950, à la veille du procès de Céline, et reparut en 1952 avec nom d’auteur et la mention « Édition

Créator ». Joseph Joanovici, ancien chiffonnier devenu milliardaire, fut accusé d’intelligence avec l’ennemi et

acquitté, puis condamné en 1950 pour collaboration économique. Pierre-Antoine Cousteau, journaliste à Je suis

partout pendant l’Occupation, condamné à mort en 1946 puis gracié, fut de ceux qui considérèrent que Céline avait

trahi ses anciennes amitiés en publiant D’Un Château l’autre, et l’accusa violemment dans trois articles parus en juin

et juillet 1957.

« QUE ME FONT BIEN RIGOLER TOUS CES LUSTUCRUS DÉFILANT EN HORDES HOSTILES, MENAÇANTES, DÉLIRANTES, QUI SE

TROUVAIENT ADMIRABLEMENT D’ACCORD QUAND IL S’AGISSAIT DE MOI M’ÉTRIPER ! et qui se retrouveront très bien du même avis

à l’occasion ! JE SUIS “L’UNION NATIONALE” DE TOUTES CES ORDURES ! Nous en verrons de belles si nous vivons assez ! Toute

cette racaille ne devrait défiler qu’en égouts ! [...] » 31 mai [1958].

« CETTE PAUVRE FILLE FAIT À PEINE DU 5 SUR 20. VENTRE FLASQUE, PAS DE MUSCLES, NICHONS PENDANTS, GROS GENOUX, UNE

FLASQUE HORREUR, EXCUSE À TOUTE PÉDÉRASTIE. QUANT À LA FIGURE, PLOMBIER FACTEUR OU GARDE CHAMPÊTRE. PENSEZ QUE

ÇA DOIT ÊTRE GRAND-MÈRE, ET TRÈS RESPECTÉE, ACTUELLEMENT, CONSEILLÈRE MUNICIPALE... TOUTE EN PANNE ET CELLULITE. QUE

ÇA A DÛ ÊTRE “RÉSISTANTE” ! FÉROCE ! [...] » 27 janvier [1959]. Céline a glissé dans sa lettre la photographie d’une

femme nue (ici jointe).

« Vous voyez au lieu de tous ces poteaux Michelin contre es accidents, dont on se fout bien, LE “CONVENABLE” VOUDRAIT VOIR

PLACER PARTOUT DES PANCARTES “SALUTAIRES”, sur les plages, les landes, dans les bois... “miteux ne t’endors pas, ne jouis pas,

pense à ton travail, à la rentrée, à tes dettes !” “ Fainéant, ne te saoule pas, ne baise pas, souviens-toi que tu es indigne de toute

distraction !” “ NE VAS PAS TE BAIGNER, SALIR POLLUER L’EAU, COCHON DE PAUVRE ! UNE ÉPONGE DOIT TE SUFFIRE !” “ RIEN DE

CE QUE TU VOIS NE T’APPARTIENT ! TON REGARD SOUILLE TOUT ! FEMMES, BÊTES ET CHOSES !” “ L’HOMME DIGNE SE RECONNAÎT

À SON COMPTE EN BANQUE ! TOUT LE RESTE EST IMPOSTURE !” Question des amphitryons, réforme encore, et urgente, il faudrait

qu’ils se débarrassent de leurs invités “économiquement faibles” avec éclat... “Foutez le camp, crasseux, méchants clowns !

vous nous soulevez le cœur !” et bien entendu on les fouetterait pour qu’ils décampent plus vite ! et les enfants riches seraient

dressés à les couvrir d’immondices ! “au travail, ignobles !” le mot de la fin de ces soi-disant détentes... Tout est à faire ! [...] »

23 [juillet 1959]. Roger Nimier passait alors des vacances en Bretagne.

« Vous avez vu ces Gallimards en plein effort [Nimier se rendait régulièrement dans la maison de campagne de Gaston

Gallimard], LES RICHES SONT TOUT LE TEMPS EN TRAIN D’HÉRITER ET DE NOUS VOLER, NOS HEURES, NOTRE VIE, LEURS ENFANTS

DE NOUS COUVRIR D’ORDURES ET DE NOUS FAIRE VOIR CE QUE PENSENT LEURS PARENTS, HAINE ET MÉPRIS... la malice avec eux

est de se taire, s’ils vous engraissent, c’est pour les murènes... d’ailleurs LES PAUVRES NE SONT QUE DES PRIMATES DÉÇUS, TOUT

AUSSI FÉROCES, DÉGUEULASSES QUE LES RICHES... plein les plages, plein les routes, plein les cimetières, les asticots... ne vous

faites pas blesser, accidenter ! l’accident est un sport de riches... le pauvre y geint, souffre, lasse, perd sa place de clown...

Hardiesse aux riches ! Platitude aux vils ! [...] » [1er août 1959].

« [...] IL FAUT UN TRAÎTRE ! QUE TOUS LES AUTRES SE SENTENT DURS, PURS ! il a l’emploi ! il est ! sérénité ! soupirs ! bonnes

tables ! bises partout ! délivrance ! paix des consciences ! qu’il tienne son emploi ! renâcle ? murmure ? croule ? qu’on

l’empale ! Inflexibles digestions, pets et variantes ! [...] » [12 ou 13 juin 1960].

« TANT MIEUX ! TANT MIEUX SI NOS MIGNONS SONT PRÊTS ! RECEVRONT OÙ JE PENSE LES JAUNES AVEC ENTHOUSIASME, nous

épargneront leurs horribles fusées ! ces réceptions proustiennes sont propitiatrices (NRF). Rouvrons les bordels pour les deux

sexes et nous serons fin parés ! assez d’échecs ! Il nous faut l’Anu national ! Baisers de saison ! [...] » 15 octobre [1960].

« CE QUI MANQUE AU MOUVEMENT LITTÉRAIRE C’EST UN PRIX VRAIMENT SUPERBOUM, JE PROPOSERAIS LE “GRAND PRIX DU

NAVET” LE PLUS MAUVAIS LIVRE DE L’ANNÉE, que ce soit bien avoué, entendu, bien proclamé. Le Goncourt ne viendrait

forcément qu’en seconde ligne. Je ferais volontiers parti de cette Académie, si vous en étiez. Baisers évanescents [...] »

2 [décembre 1960].

« MAIS CERTAINEMENT CHER ROGER L’AVENIR EST AUX PÉDÉRASTES ENTHOUSIASTES, CHARGÉS DE FAMILLES NOMBREUSES,

ALCOOLIQUES ET COCAÏNOMANES et forcément prix Cognacq et Monthyon, la machine à écrire va de soi ! [...] » 30 mai [1961].

Le prix Monthyon était attribué par l’Académie française, de même que le prix de la fondation Cognacq-Jay, mais

celui-ci à des familles nombreuses.

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20

19 CHABRIER (Emmanuel). Une lettre (1 p. in-8) et une carte de visite autographes signées.

S.l.n.d. 200/300

« Je vous serais bien obligé si vous pouviez prendre au Conservatoire MON ADAGIO qui se trouve dans un carton à mon adresse

et me le remettre à la maison... ».

« Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien faire agréer à Madame Duvernoy mes plus sincères félicitations. Quel admirable style

& quelle musicienne !... »

20 CHAMINADE (Cécile). Ensemble de 12 lettres et cartes autographes signées (dont 2 au

crayon). S.d. 200/300

« Voulez-vous être assez aimable pour m’autoriser à publier Viatique, votre belle poésie que j’ai mise en musique ces jours-ci.

Je sais que FAURÉ l’a écrite aussi, mais j’espère que vous ne lui avez pas donné d’autorisation exclusive et que vous voudrez

bien me l’accorder aussi... » (à Eugène MANUEL).

« Je suis très ENCHANTÉE DE JOUER MON 2ME TRIO vendredi prochain à la trompette et je vous remercie de vouloir bien le mettre

sur votre programme... ».

21 CHAMPFLEURY (Jules François Félix Husson, dit). Ensemble de 4 lettres autographes signées.

1864-1869 et s.d. 100/150

« Votre vente s’annonce bien. Il s’agit de la presser encore. Avez-vous envoyé un catalogue illustré comme je vous le

recommandais spécialement à Mr Dentu... ? » (20 novembre 1864).

« J’aurai le plaisir de manger deux œufs en votre compagnie aujourd’hui vendredi entre 11 heures et 11 h. 1/2 et

NOUS POURRONS CAUSER FAÏENCE... » (23 juin 1865).

22 CHARPENTIER (Gustave). Ensemble de 20 lettres et cartes, dont 19 autographes signées et une

signée. 1901-1915. 300/400

« Si parfois tu tirais une conclusion de la bizarre attitude du dénommé Prudhomme agent à tout faire de notre aimable Ricordi

et de ses acolytes, fais-le moi connaître. En tout cas très honoré d’être près de toi au pilori de leur rancune... » (à Claude

DEBUSSY, 1er janvier 1913).

« J’ai oublié... que Mme Massenet m’avait demandé instamment d’assister à la générale de PANURGE. Je ne puis guère me

dérober. Il me faudra donc ne pas entendre l’ensemble d’orchestre de cet après-midi. Veuillez prévenir Wolff en lui demandant

d’y travailler le 3e acte, et de réserver le 1er pour une prochaine répétition... » (s.d.).

« ... Vos paroles sur “LOUISE”, qui ne sont pas les premières, m’ont profondément touché !... » (s.d.).

23 CHAUSSON (Ernest). Ensemble de 4 lettres et cartes autographes signées. 1891-1898 et s.d.

200/300

« Le Comité [de la Société nationale de musique] vient de mettre votre quintette au programme du 4 avril. Veuillez vous

entendre, pour les répétitions, avec Mr Trombetto... » (Paris, « 1 er mars »).

21


22

24 CHERUBINI (Luigi). Ensemble de 5 lettres, dont 3 autographes signées et 2 signées. 1827-1841.

300/400

« Je m’empresse d’avoir l’honneur de vous informer que M. Hetzel votre protégé a été admis aujourd’hui à l’École. Je l’ai placé

dans une classe de solfège, en attendant qu’il puisse entrer dans celle de piano... » (22 février 1827).

« J’apprends, Monsieur, que depuis plusieurs jours vous n’êtes pas venu tenir votre classe & que votre intention est de vous

démettre des fonctions de professeur-adjoint de solfège que vous remplissez, à ma satisfaction, depuis plus de 9 ans. Tout en

regrettant d’être privé de votre concours, je viens vous prier, Monsieur, de me faire connaître par écrit, le plus tôt possible,

votre détermination, afin que je puisse proposer au ministre votre remplaçant... » (24 mars 1841).

25 COCTEAU (Jean). Ensemble de 4 lettres autographes signées à Abel BONNARD (nom gratté).

1910 et s.d. 150/200

« ... Je désire bien fort vous voir et vous dire encore ma reconnaissance car vous êtes un peu responsable du succès

extraordinaire de “SCHÉHÉRAZADE”... ” (Paris, s.d.).

« J’adore votre “lettre” du Figaro et je pense à vous de tout cœur. Vos livres m’ont sauvé de bien des heures pluvieuses et

pénibles !... » (Maisons-Laffitte, s.d.).

26 COLONNE (Édouard). Ensemble de 11 lettres et cartes, dont 10 autographes signées et une

autographe. 1881-1899. 150/200

« Mon cher ami, en ce moment je n’ai ni jours ni heures fixes – vous savez ce qu’est L’EXISTENCE DE BOHÊME D’UN HOMME QUI

A AU PIED LE BOULET D’UN CONCERT HEBDOMADAIRE... » (31 octobre 1884).

« Envoyez moi les programmes exacts et complets de Jacques sans lesquels je ne puis fixer le nombre de musiciens nécessaires

et conséquemment le prix de revient de ces concerts... Ne pas oublier la composition de l’harmonie des soli. » (« Lundi »).

27 COMÉDIE-FRANÇAISE. – 3 lettres et pièces concernant le Théâtre Français. 1847-1848.

100/150

Lettre signée par le ministre de l’Intérieur Charles Marie Tanneguy Duchâtel à François BULOZ (Paris, 14 septembre

1847, 1 p. in-folio). Il lui annonce sa nomination au poste d’administrateur du Théâtre Français.

Ampliation de l’ordonnance de Louis-Philippe Ier concernant cette nomination.

Lettre autographe signée par François BULOZ en qualité d’administrateur du Théâtre Français (Paris, 7 septembre

1848) : « Si vous ne pouvez pas lire vos deux actes... tâchez alors de finir l’ouvrage en 3 actes... Je crois qu’il serait important

pour vous comme pour le théâtre que cette pièce pût être jouée dans le mois de janvier ou février prochain, c’est-à-dire trois à

quatre mois après LATRÉAMONT... »

28 COPEAU (Jacques). 3 lettres, dont une autographe signée et 2 signées (une au crayon). Paris,

1922 et 1923, Morteuil, 1925. 50/100

Lettres concernant un rendez-vous et un don d’argent reçu par lui.

29 COPPÉE (François). Ensemble de 24 lettres et cartes, dont 22 autographes signées et

2 autographes. 1866-1905 et s.d. 150/200

« Le beau-fils de Banville, Georges ROCHEGROSSE, a un tableau très important, qui le désigne – plusieurs maîtres me l’ont

dit – pour le prix du Salon. Je vous recommande très chaudement Georges Rochegrosse, car BANVILLE, VOUS LE SAVEZ, EST UN

DE MES MEILLEURS AMIS, et le tableau de Georges Rochegrosse est, je vous assure, une œuvre capitale... » (« Dimanche »).

« J’ai accepté, comme vous le savez sans doute, une candidature dans la Charente, pour tenir la place, momentanément vacante,

de MON AMI DÉROULÈDE... » (« Mercredi ».

« ... Quand la trombe des “premières” sera passée, je parlerai un peu des poètes – et je n’oublierai pas le volume de M. de

LAPRADE... Je connais Jacques NORMAND... Comme poète, il n’égale pas Orphée ; mais il a eu de jolis succès... Une poésie gaie,

Les Écrevisses, dites partout par COQUELIN, a fait le tour du monde... Correct et sans génie... » (« 4 Xbre »).

30 COQUELIN AÎNÉ (Constant Coquelin, dit). Ensemble de 27 lettres et cartes autographes

signées. S.d. 200/300

« ... LONDRES EST UNE VILLE CURIEUSE au point de vue de la vie active et des affaires. Les arts s’y gèlent et s’y désolent, et le

ciel brumeux et charbonneux doit y contribuer pour la plus grande part, les arts ont besoin de soleil, l’esprit et l’imagination

s’y réchauffent et sans lumière rien de grand ni de généreux ne peut se produire. Du succès, ceux qui doivent en avoir parmi

nous en ont suffisamment mais Got est un bien triste et piètre administrateur... Tous nos spectacles sont mal annoncés... ».

« Mon cher Eugène MANUEL... surtout vous ne me remercierez pas... Je suis trop payé par le plaisir de dire de jolis vers

composés un peu à mon intention et dans lesquels vous donnez à votre interprète l’occasion d’un succès comme il en a

rarement... on pleure beaucoup et dans cette circonstance, J’ADORE VOIR COULER DE VRAIES LARMES... ».

« Mon cher Eugène... Tâche de m’envoyer les vers sur PASTEUR le plus tôt que tu pourras. Je tiens à les avoir dans le bec pour

les bien dire... » (Bruxelles, s.d.).

« Mon cher Alphonse, je te renvoie le manuscrit de CLADEL. La pièce qui était possible et en effet saisissante avant la guerre

ne serait plus écoutée aujourd’hui... ».

31 COQUELIN CADET (Ernest Coquelin, dit). Ensemble de 45 lettres et cartes autographes

signées. 1872-1906 et s.d. 200/300

« Cher Charles LEROY, merci pour ton admirable livre – et pour ton chic japon. Tu es un ange. Tu as un énorme talent, fichetoi

des vieux camaros qui te font le nez parce que tu as beaucoup de succès. J’en ai vu aussi, moi, bien des nez, depuis que

j’existe ! Le mois prochain... je lirai plusieurs chefs-d’œuvre des Nouveaux exploits de Ramollot... » (27 janvier 1884).

« Cher Alphonse, envoie moi pour “mes étrennes” Cosmopolis et LES TROPHÉES – et je serai radieux... » (6 mars 1893).

« Dites à Catulle que c’est entendu et avec plaisir pour samedi chez Sarah. JE DIRAI LE CLOWN –NINA DE VILLARD,

LE BILBOQUET –CH. CROS. Je ne me rappelle plus L’ancien Pierrot de Banville et n’ai pas le temps de le remettre. S’il faut autre

chose je dirai de Richepin Un vieil habit ou Mon petit toutou. Je désire être sur l’affiche après Mounet (à Gustave Kahn,

13 juin 1900).

ON JOINT un brouillon autographe signé de lettre à Jules Claretie (1905).

32 CORTOT (Alfred). Ensemble de 4 lettres autographes signées. 1900-1941. 150/200

« La reprise de mes activités musicales personnelles a eu pour effet de me libérer des responsabilités administratives que j’avais

assumées depuis deux ans auprès des pouvoirs publics... » (20 septembre 1941).

33 COURTELINE (Georges Moinaux, dit). Ensemble de 7 lettres et cartes autographes signées.

1926 et s.d. 150/200

« Remettez-vous, je vous en prie ! Nous ne sommes plus en Bavière, c’est vrai, mais nous ne sommes pas à S t -Malo. Nous n’y

avons pas été cette année, ni même été pour y aller. Je ne vous comprends pas, à votre âge, de vous mettre dans des états pareils !

Ce n’est pas raisonnable, vraiment ; et peut-être feriez-vous bien d’avoir recours aux soins du professeur Pognon. Un simple

mot, et je vous expédie ce distingué praticien... » (Paris, s.d.).

34 DAUDET (Alphonse). Billet autographe signé à Émile Pouvillon. Paris, 6 février 1884 (d’après

le cachet postal). 4 lignes sur 1 p. in-12, enveloppe, trace de colle sur le bas de la page.

50/100

« Mon cher ami, LOTI EST-IL À PARIS ? En avez-vous des nouvelles ? Et votre roman ?... »

Émile Pouvillon (1840-1906), qui débuta sous l’égide de Vallès et de Zola, publia de nombreux romans évoquant sa

région natale, le Quercy.

35 DAVID (Félicien). 2 lettres autographes signées. S.l.n.d. 2 pp. in-8. 100/150

« ... Mr Detroux, jeune pianiste de beaucoup de talent, a fait un morceau sur le Désert, qu’il joue dans les soirées et qu’on

trouve charmant. Je l’ai entendu, et je suis aussi de cet avis. Si vous vouliez le graver, vous me feriez plaisir... »

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36 DEBUSSY (Claude). Lettre autographe signée à Hector DUFRANNE. Paris, « Mardi » [28 janvier

1908]. 2 p. 1/2 in-12 carré, enveloppe. 400/500

« Vous êtes mille fois gentil d’avoir pensé à des mélodies de moi pour New York... malheureusement je ne vois rien qui puisse

vous convenir absolument ! Voulez-vous essayer de demander de ma part chez Durand... un recueil des DOUZE MÉLODIES POUR

VOIX GRAVES où, peut-être, trouverez-vous quelque-chose qui aura la chance de pouvoir vous servir... »

Le chanteur Hector Dufranne avait créé le personnage de Golaud dans Pelléas et Mélisande.

37 DEBUSSY (Claude). Carte de visite avec 3 lignes autographes signées de son initiale. S.l.n.d.

150/200

Le compositeur demande deux places pour un spectacle.

ON JOINT une lettre autographe signée de Maurice DONNAY à Claude Debussy (1903).

38 DÉJAZET (Virginie). Ensemble de 26 lettres et cartes autographes signées. 1840-1875.

Quelques restaurations. 300/400

« Mon cher Ambroise, NOUS ALLONS TOUS À LONDRES faire l’ouverture d’un nouveau théâtre, et je viens vous demander s’il

vous serait agréable d’y venir avec nous... » (s.d.).

« Si mon nom n’est pas tout à fait oublié de Monsieur le comte de WALESKI, je viens lui recommander particulièrement mon

fils, et intercéder pour que votre protection, votre bonté si connue pour les artistes, s’étende un peu sur lui... » (9 mars 1861).

« Chère amie, je débute lundi 15, entendez-vous ? lundi ! et si je n’emportais pas mes coiffures je serais horriblement

tourmentée... » (à « Madame Léon, modiste », 10 septembre 1856).

ON JOINT 8 lettres et pièces.

39 DELIBES (Léo). Ensemble de 11 lettres et cartes autographes signées (une au crayon). S.d.

500/600

« ... Je n’ai pas encore reçu le manuscrit du 2d acte de JEAN DE NIVELLE... Je vois qu’on n’a encore rien fait aujourd’hui de

LAKMÉ, au théâtre ; pourquoi ? Je sais qu’on ne pouvait réunir les principaux artistes mais pourquoi ne pas en avoir profité

pour faire travailler soigneusement avec Bazille les 3 jeunes filles, et surtout Mlle Rémy ? Avant de prendre une part à ce sujet,

il est nécessaire que nous puissions juger sur une chose suffisamment apprise et bien mise au point. Voulez-vous bien dire à

Carvalho que je lui demande cela... » (« jeudi 9 »).

40 DUBOIS (Théodore). Ensemble de 32 lettres et cartes autographes signées. 1867-1921.

400/500

« À mon retour de Rome j’ai cherché inutilement un livret ; j’ai donc fait le concours alors ouvert au Théâtre-Lyrique pour

La Fiancée d’Abydos, je n’ai pas réussi. De guerre lasse, j’ai composé de la musique religieuse en assez grand nombre et

entr’autres choses un oratorio sur les 7 paroles du Christ exécuté à Ste-Clotilde & à la Madeleine, et qui se publie en ce moment

chez Hartmann. J’ai fait aussi le concours de Florentin à l’Opéra-Comique ; je n’ai pas encore réussi. Enfin j’ai fini par avoir

un livret en un acte de Michel Carré : je viens d’en terminer la musique et j’ai la promesse du directeur de l’Opéra-Comique

d’être exécuté prochainement... » (14 septembre 1870).

« J’ai mis en musique la pièce de vers intitulée : Adieu, tirée de votre volume : Pages intimes, et je viens vous demander de

vouloir bien m’autoriser à la faire figurer dans un recueil de mélodies que j’ai l’intention de faire paraître prochainement... »

(à Eugène MANUEL, 27 octobre 1883).

« Mes plus vives félicitations, mon cher MURATORE, pour votre belle création dans Déjanire. – C’est remarquable !... »

(23 novembre 1911).

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41 DUKAS (Paul). Une lettre autographe signée (1 p. in-12) et 2 cartes de visite avec quelques mots

autographes. S.l.n.d. 200/300

La lettre présente des remerciements humoristiques à un ami écrivain pour l’envoi de son dernier livre.

42 DUMAS père (Alexandre). Ensemble de 4 billets autographes signés (s.l.n.d.) et d’un manuscrit

en partie autographe. 200/300

« Cher Adolphe, donnez moi mon VOYAGE DE RUSSIE complet depuis le départ de Paris, jusqu’au retour par le Caucase... ».

Le manuscrit, comprenant une quinzaine de lignes autographes sur 3 pp. in-folio préparées pour l’impression

s’intitule « Trois lettres de Napoléon à propos du pape Pie VII ».

43 DUMAS père (Alexandre). Lettre autographe signée à « Mr Pommier ». S.l.n.d. 1/2 p. in-8,

en-tête à ses initiales. 50/100

« Mon cher Pommier, vous m’avez dit que je pourrais prendre 200 f chez vous en vous prévenant quelques jours d’avance.

Je tire sur vous pour le 9 courant... »

44 DUMAS fils (Alexandre). Ensemble de 9 lettres et cartes autographes signées. S.d. 150/200

« Merci, mon cher Monsieur CARRÉ, pour ce service magnifique. Sauf avis contraire, répétition demain mercredi 1 heure... ».

« La princesse TROUBETSKOÏ doit demeurer 79 rue de Grenelle St-Germain. Si elle ne demeure pas là, on vous y donnera son

adresse car son fils ou son beau-frère y demeurent... ».

ON JOINT 4 lettres autographes signées de sa femme Nadeja Knorring (dite Nadine).

45 DUPARC (Marie Eugène Henri Fouques-Duparc, dit Henri). Carte postale et carte de visite

autographes signées. S.l.n.d. 100/150

Le compositeur envoie ses vœux de nouvel an.

46 DUPRÉ (Marcel). 2 lettres autographes signées. Rouen et s.l., s.d. 2 pp. in-12. 100/150

Lettre amicale et lettre d’affaires.

47 DUSE (Eleonora). Lettre autographe signée (1 p. 1/2 in-4) et carte de visite autographe signée.

1899 et s.d. 100/150

« Cher Monsieur Schürmann... Qu’avez-vous à me proposer pour l’hiver prochain ? Il faut préparer quelque-chose, donnez

donc une idée de vos projets. J’espère que vous n’allez pas me proposer des choses absurdes, et que nous pourrons arranger

quelque-chose. Je reste ici encore quelques jours, puis Venise... » (Florence, 26 juin 1899).

48 DUSSANE (Béatrix Coulond-Dussan, dite). 7 lettres et cartes autographes signées. 1906-1941 et

s.d. Une des lettres avec fortes mouillures, une autre avec coupure angulaire. 200/300

« Vous qui êtes “l’homme-de-Paris-qui-connaît-le-mieux-la-Restauration”, éclairez un peu ma lanterne. J’en suis au milieu du

XIX e siècle pour mon bouquin. Vous savez que la période 1820-1850, sauf les représentations de Rachel, fut financièrement

lamentable pour la Comédie. On attribue cela généralement à la crise romantique, mais il y a, à mon idée, autre chose.

J’ai l’impression que la “mode”, qui était sous l’Empire à la Comédie-Française à cause de la prédilection que Napoléon avait

pour le théâtre, s’en est retirée sous la Restauration, soit que la Cour ait peu fréquenté les spectacles, soit que le movement

mondain ait émigré vers la musique... » (20 avril 1921).

ON JOINT une lettre autographe signée de son mari le journaliste Édouard Helsey (1926).

49 ÉCRIVAINS ET DIVERS. – Ensemble d’environ 350 lettres et pièces de poètes, auteurs

dramatiques, romanciers, journalistes, etc., XIX e -XX e siècles. 1.000/1.500

Jean AJALBERT, Henri BARBUSSE, Maurice BARRÈS, Pierre BENOIT, Pierre Jean de BÉRANGER, Émile BERGERAT, Tristan

BERNARD, Henri BERGSON, Élémir BOURGES, Henry CÉARD, CHAMPFLEURY, Félicien CHAMPSAUR, Alphonse de

CHATEAUBRIAND, Romain COOLUS, Alphonse DAUDET, Casimir DELAVIGNE, Eugène DÉSAUGIERS, Lucien DESCAVES,

Léon DIERX, ERCKMANN-CHATRIAN, Georges FEYDEAU, Robert de FLERS, Paul FORT, Anatole FRANCE, FRANC-NOHAIN,

Léon FRAPIÉ, Eugène FROMENTIN, Edmond et Jules de GONCOURT, Sacha GUITRY, GYP, Léon HENNIQUE, José Maria de

HEREDIA, Abel HERMANT, Henry HOUSSAYE, Clovis HUGUES, Joris Karl HUYSMANS, Jean LORRAIN, Pierre LOTI, Pierre

LOUŸS, Hector MALOT, Eugène MANUEL, Auguste MAQUET, François MAURIAC, André MAUROIS, Charles MAURRAS,

Paul MEURICE, Charles MONSELET, Robert de MONTESQUIOU, Émile OLLIVIER, Georges de PORTO-RICHE, Edgar QUINET,

Édouard ROD, ROSNY aîné, SAINT-GEORGES DE BOUHÉLIER, Xavier-Boniface SAINTINE, Rodolphe SALIS, Anaïs SÉGALAS,

Marquis de SÉGUR, Eugène SCRIBE, Jules VALLÈS, etc.

50 ENESCO (Georges). 2 lettres autographes signées. Paris, 9 juillet 1905 et Dorohoi

(en Roumanie), s.d. 3 pp. in-12. 200/300

« Chère Madame, je suis désolé du petit malentendu, et je vous en demande infiniment pardon. LE MAÎTRE FAURÉ EST

DÉBARQUÉ HIER MATIN CHEZ MOI, UN PEU AFFOLÉ, pour me remettre l’enveloppe qui m’était destinée. J’étais encore au lit quand

il est arrivé !... » (1905).

« Chère Madame, hélas, j’ai été rappelé subitement par un télégramme auprès de mon père... » (s.d.).

51 ERLANGER (Camille). Ensemble de 17 lettres et cartes, dont 16 autographes signées et une

autographe (une au crayon). 1895-1918 et s.d. 300/400

« Mon cher Directeur... comme vous me le demandez, je vous expédie le livret d’APHRODITE... » (10 juin 1909).

« Cher ami, comme je vous l’ai dit de vive voix, le sujet des Amants de Venise me plaît infiniment et votre scénario me paraît

parfaitement agencé. En outre, je vous répète que je me réjouis fort de collaborer avec vous... Quant à vous fixer “la date in

extremis pour la fin de ma partition” il faudrait pour vous donner satisfaction être sûr de pouvoir commander à son

inspiration. Tel n’est malheureusement pas mon cas... » (31 janvier 1907).

ON JOINT une lettre autographe signée de sa femme Irène Hillel-Erlanger au directeur de l’Opéra-Comique Albert

Carré (1919).

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52 EUGÈNE (Eugène de Beauharnais, dit le prince). Lettre signée « Eugène Napoléon ». Monza

[Italie], 22 juillet 1807. 6 lignes sur une p. in-folio. 150/200

« Je répare l’erreur qui a été commise par mes bureaux... et je m’empresse de vous adresser la dépêche de M. Alquier qui devait

accompagner la mienne du 30 juin... »

Charles-Jean-Marie Alquier (1752-1826), député sous la Révolution puis diplomate, futur baron d’Empire, était

alors ambassadeur de France à Rome. Le prince Eugène était vice-roi d’Italie depuis 1805.

53 EUGÉNIE (Impératrice). Lettre autographe signée « Eugénie » à sa « chère nièce » [Maria Luisa

Fitzjames]. Chislehurst [Angleterre], 3 janvier 1872. 2 pp. 1/2 in-12. 150/200

« J’ai eu de vos nouvelles par Achille, et j’aurais bien voulu le charger de ma réponse à votre chère lettre mais je n’ai pas eu un

seul moment à moi tous ces jours-ci. J’espère qu’une autre année la Providence nous réunira tous, et qu’elle nous épargnera

LES ÉPREUVES PAR LESQUELLES NOUS AVONS PASSÉ... »

ON JOINT 5 pièces concernant l’impératrice et son entourage : 2 lettres de sa mère, une dépêche, 2 lettres du coiffeur

de Napoléon III.

54 ÉVENTAIL. – LORRAIN (Paul Duval, dit Jean). Manuscrit autographe signé d’un poème daté

d’avril 1895, sur un éventail (68 x 36 cm) orné d’une aquarelle. Papier vélin fort monté sur

8 brins de bois clair façon bambou. 300/400

« Longs pétales de soie et calices funèbres, / Je suis, fiers iris noirs, fervent de vos ténèbres, / Thyrses de crêpe éclos jadis aux

bois Dormants / Vous êtes délicats, monstrueux et charmants, / Fleurs d’ombres à la fois candides et subtiles / La chasteté du

mal vit en vos cœurs hostiles / Et vous semblez garder pour l’amour de Sigurd / Le val où Brunehild dort son sommeil obscur

/ Un éternel défi jaillit de vos corolles / Et je vous vois, Iris, fleurir en auréoles / Les tempes de ceux-là qui, désirant toujours,

/ Ne consentent jamais, fleurs des vierges amours... »

L’aquarelle, signée « Fonseca » (?), occupe les trois quart de la surface et représente des iris avec une libellule.

Éventail en parfait état de conservation.

55 ÉVENTAILS. – Deux éventails ornés de dessins originaux et signatures autographes (environ

30 x 60 cm, ouverts), l’un avec mention de date au 1 er avril 1891 (papier vélin fort monté sur

18 brins de bois foncé) et l’autre sans date (papier vélin fort monté sur 16 brins style écaille).

500/600

Une citation autographe signée de LECONTE DE LISLE, une signature de Gaston BOISSIER, des citations musicales

autographes signées de Benjamin GODARD et Georges PFEIFFER, des dessins originaux signés de Léon BONNAT, Jules-

Clément CHAPLAIN, Raphaël COLLIN, etc.

Éventails en parfait état de conservation, dédicacés à Marguerite DREYFUS, journaliste féministe, administratrice du

journal féminin La Fronde.

56 FAURÉ (Gabriel). Ensemble de 7 lettres et cartes, dont 6 autographes signées et une

autographe. 1923 et s.d. 300/400

« Je ne puis vous dire avec quelle joie je viens d’apprendre la belle et bonne nouvelle ; ma grande admiration pour votre talent

et mon sincère attachement pour votre personne y trouvent leur compte !... » (au ténor Lucien MURATORE, 1923).

« Une longue ligne d’obstacles m’oblige à modifier nos projets et à remettre à la semaine de quasimodo l’exécution de TOBIE... » (s.d.).

57 FAVART (Maria Pingaud, dite Mademoiselle). Ensemble de 4 lettres autographes signées. S.d.

200/300

« ... On me gâte beaucoup, mais RIEN NE PEUT ENTRER EN LUTTE AVEC MA CHÈRE COMÉDIE-F. et mes chers amis. Je vous envoie

un journal du cru où justement on parle de notre Maison – lisez-le, ça vous fera plaisir de voir l’estime que l’on a pour votre

théâtre et le respect qu’inspirent nos artistes... » (Toulouse, « 11 août »).

« Madame la princesse... L’IMPÉRATRICE ASSISTE CE SOIR À LA REPRÉSENTATION – impossible d’avoir une bonne loge... » (s.d.).

58 FEUILLÈRE (Edwige Cunati, dite Edwige). Ensemble de 5 lettres et cartes, dont 4 autographes

signées et une signée. 1950-1954 et s.d. 100/150

« ... J’ai parlé de vous à Claude AUTANT-LARA, il ne voit pas quel rôle il pourrait vous confier dans son film, mais il m’a promis

de penser à vous... » (« 12 juillet »).

« ... Cette affiche, qui est un peu celle de vos débuts, va orner la loge qui m’accueille en ce moment au Théâtre Sarah-Bernhardt

et qui fut celle de la grande artiste... » (3 janvier 1950).

59 GÂNDHI (Mohandas Karamchand). Quelques mots (en caractères indiens) avec signature

(en caractères européens), sur un petit feuillet (65 x 90 mm). 150/200

60 GARCIA (Famille). Ensemble de 19 lettres et pièces, dont 17 autographes signées et 2 signées,

par des membres de cette célèbre famille de chanteurs. 1831-1862 et s.d. Une lettre avec

restaurations. 600/800

Cette jolie réunion comprend notamment un reçu du Théâtre royal italien signé par la MALIBRAN (la mezzo-soprano

Maria Garcia), des lettres autographes signées du violoniste Charles de Bériot (second mari de la Malibran), du

baryton MANUEL Garcia (frère de la Malibran), de la soprano Eugénie Mayer (épouse de Manuel Garcia), de la

mezzo-soprano Pauline VIARDOT (Pauline Garcia, sœur de la Malibran), de l’écrivain et directeur de théâtre Louis

Viardot (mari de Pauline Garcia), du violoniste Paul Viardot (fils de Pauline et Louis Viardot).

61 GARDEN (Mary). Ensemble de 10 lettres et cartes autographes signées. S.d. 150/200

« J’ai lu vos »Souvenances et nostalgies” avec grande joie. Quel charme infini vous avez mis dans ce petit livre... »

(à Édouard de ROUGEMONT).

Debussy confia à cette cantatrice le rôle de Mélisande lors de la création de Pelléas et Mélisande (1902).

62 GEORGE (Marguerite Joséphine Weimer, dite Mademoiselle). Ensemble de 8 lettres

autographes signées. 1862 et s.d. 200/300

« Madame et chère camarade, je viens vous offrir tous mes remerciements les plus affectueux pour la grâce que vous avez mise

à me prêter l’appui de votre délicieux talent. Le public vous a payé plus de la moitié de ma dette... » (s.d.).

ON JOINT 2 lettres autographes signées de sa sœur l’actrice Mademoiselle George Cadette.

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63 GEVAERT (François-Auguste). 2 lettres autographes signées (Bruxelles, 1884 et s.l.n.d., 2 pp.

in-8) et un fragment musical autographe signé (1886, 2 pp. in-folio). 150/200

Le compositeur belge demande dans ses lettres des faveurs.

ON JOINT 3 lettres et pièces.

64 GODARD (Benjamin). Ensemble de 10 lettres et cartes, dont 9 autographes signées et une

autographe. 1874-1893. 200/300

« Madame, MON AMI COLONNE et moi désirons avoir l’honneur de vous voir afin de vous parler d’une affaire artistique au sujet

de laquelle nous serions heureux de recevoir vos précieux conseils... » (5 octobre 1874).

« Dans le traité que nous avons passé ensemble pour mes études artistiques il est question de primes que vous devez me donner

après la vente d’un certain nombre d’exemplaires. Voulez-vous être assez aimable pour m’envoyer une petite note à ce sujet ?

Je serais curieux de savoir dans quelle proportion ces morceaux ont été appréciés jusqu’à aujourd’hui par le public... » (27 mai

1882).

ON JOINT une lettre autographe signée de son père (1867).

65 GOUNOD (Charles). Manuscrit musical de sa « première messe solennelle à grand orchestre »,

partition pour orchestre et chœurs copiée de la main de sa mère, avec des mentions d’autres

mains et une note liminaire autographe de Charles Gounod. 133 pp. in-folio sur 80 ff., en

8 cahiers reliés dans un volume in-folio à dos et coins de parchemin vert, un cahier détaché

(reliure de l’époque). 8.000/10.000

ŒUVRE DE JEUNESSE INÉDITE.

« RELIQUE VÉNÉRABLE DE LA PATIENCE DE MA MÈRE BIEN AIMÉE ».

Gounod venait d’obtenir le prix de Rome, auquel il s’était présenté pour la troisième fois. Il écrivit alors la présente

messe solennelle, la première dans son Œuvre, dont il dirigea l’exécution à l’église Saint-Eustache à Paris en

novembre 1839. Il raconte dans ses Mémoires d’un artiste, écrits en 1875 et publiés en 1896 : « Avant mon départ,

l’occasion s’offrit à moi de me livrer à un travail bien sérieux à tout âge et surtout au mien, une messe. Le maître

de chapelle de Saint-Eustache, Dietsch, qui était alors chef des chœurs à l’Opéra, me dit un jour : “Écrivez donc une

messe avant de partir pour Rome ; je vous la ferai exécuter à Saint-Eustache”. Une messe ! de moi ! dans Saint-

Eustache ! Je crus rêver. J’avais cinq mois devant moi ; je me mis résolument à l’œuvre [...]. Ma messe n’étais certes

pas une œuvre remarquable : elle dénotait l’inexpérience qu’on pouvait attendre d’un jeune homme encore tout

novice dans le maniement de cette riche palette de l’orchestre dont la possession demande une si longue pratique ;

quant à la valeur de idées musicales considérées en elles-mêmes, elle se bornait à un sentiment assez juste, à un

instinct assez vrai de conformité au sens du texte sacré ; mais la fermeté du dessin, le voulu y laissait fort à désirer.

Quoi qu’il en soit, ce premier essai me valut de bienveillants encouragements [...] » (pp. 73-75).

Parti ensuite à Rome, Gounod demanda à recevoir son manuscrit, mais sa mère lui en fit la présente copie par

affection et par prudence. Le compositeur explique dans ses Mémoires d’un artiste : « Il y a à Rome, dans le Corso,

une église qu’on appelle Saint-Louis-des-Français, et qui est desservie par un chanoine et des prêtres français. Tous

les ans, à la fête du roi Louis-Philippe, c’est-à-dire le 1er mai, on célébrait, dans cette église, une messe en musique

dont la composition revenait au musicien pensionnaire. L’année de mon arrivée à Rome, la messe exécutée (messe

avec orchestre) était de mon camarade Georges Bousquet. L’année suivante, ce devait être mon tour. Craignant

qu’avec mes obligations de pensionnaire je n’eusse pas le temps d’accomplir un travail de cette importance,

MA MÈRE M’ENVOYA MA MESSE DE SAINT-EUSTACHE ENTIÈREMENT COPIÉE DE SA MAIN sur le manuscrit de ma partition

d’orchestre, dont elle ne voulait ni se dessaisir ni risquer la perte dans le transport par la poste. On imagine ce que

j’éprouvai en recevant, à Rome, cette nouvelle preuve de la tendresse et de la patience maternelles. Toutefois je n’en

fis pas l’usage auquel ma mère l’avait destinée : [...] je poursuivis bravement la nouvelle messe que j’avais

commencée en vue de la fête du roi. » (pp. 123-124).

Ce sentiment de reconnaissance filiale se révèle encore dans l’épigraphe inscrit de la main de Gounod en tête de la

page de titre du présent manuscrit : « Relique vénérable de la patience de ma mère bien aimée ».

La mère de Gounod l’avait d’autre part aidé à copier les parties séparées de cette messe, destinées aux exécutants

pour la première représentation. Toujours dans ses Mémoires d’un artiste, le compositeur rend justice à cette aide

précieuse : « au jour dit, j’étais prêt, grâce à l’activité laborieuse de ma mère qui m’avait aidé à copier les parties

d’orchestre, car nous n’avions pas les moyens de payer un copiste » (p. 74).

Une note au f. 14r du présent manuscrit rappelle cette aide précieuse : « Note des parties détachées que j’ai envoyées à

Charles avec la copie de la partition de sa messe... 1° – Orgue du chœur. 2° – les soli pour soprano, 1er ténor, 2d ténor, 1re et

2de basse taille... ».

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66 GOUNOD (Charles). Ensemble de 3 lettres et une carte autographes signées. 1881-1892.

400/500

« ... En souvenir de ce POLYEUCTE (si peu longtemps martyr) et pour lequel vous m’avez si gracieusement témoigné votre

sympathie... » (1881). – « Je vous remercie des deux jolies mélodies que vous m’avez adressées, et j’accepte bien volontiers la

dédicace de celle dont vous me parlez... » (au compositeur Henri Duvernoy, 1887).

ON JOINT une lettre manuscrite de Gounod, une lettre autographe signée de sa femme Anna Zimmerman (1902) et

8 lettres et cartes autographes signées de son fils Jean Gounod (1908-1918 et s.d.).

67 GRISI (Famille). Ensemble de 4 lettres autographes signées (une en italien) et une pièce signée

par des membres de cette célèbre famille de musiciennes et danseuses. 1833 et s.d. 200/300

Jolies lettres des sœurs Carlotta (danseuse) et Ernesta (cantatrice, maîtresse de Théophile Gautier), et de leurs

cousines Giuditta et Giulia (cantatrices).

Carlotta : « ... Je suis impatiente de savoir ce que vous faites et comment on aura reçu à Neuilly la nouvelle de notre arrivée.

J’ai fait hier une petite aquarelle à l’huile d’une violette, une pervenche rouge, et une prime-verre avec du feuillage, ce n’est

pas trop mal mais j’ai une peine terrible à trouver mes couleurs... Je vous expédierai demain Les Travailleurs de la mer »

(s.d.).

ON JOINT une lettre relative à Giuditta.

68 GUILBERT (Yvette). Ensemble de 22 lettres et cartes autographes signées (une au crayon). 1891-

1912 et s.d. 300/40

« Je vois qu’avec tous mes soucis relatifs à mon répertoire, il ne me sera pas possible de bouger de chez moi. MA TOURNÉE DE

RUSSIE, etc. etc. Donc si tu étais bien gentil, tu viendrais avec COURTELINE... déjeuner lundi chez moi à Paris... » (Paris, s.d.).

« Comme c’est aimable à vous d’avoir pris le temps de penser à mes chansons !... Je vais chercher et j’espère que bientôt je

chanterai une belle chanson de route, qui fera nouveau dans mon tas de couplets...” (s.d.).

« Cher Monsieur CLARETIE, pouvez-vous me dire où je puis trouver un livre, ou des documents, concernant l’histoire du

théâtre depuis ses origines ? Je désire savoir à quelle époque il y eut des improvisateurs... » (Paris, s.d.).

ON JOINT une lettre de son mari le docteur Max Schiller.

69 GUITRY (Lucien). Ensemble de 15 lettres et cartes autographes signées (dont un brouillon au

crayon). 1901-1921. 150/200

« Monsieur le Directeur... JE VOUS DOIS D’AVOIR ENTENDU FAIRE, DE MON VIVANT, UN ÉLOGE DE MOI-MÊME QUE JE DÉSESPÈRE

DE MÉRITER APRÈS MA MORT. C’est ce qu’on mérite le moins qui nous touche le plus. Naturellement ! Vous l’avez fait avec une

véhémence et une bonne grâce dont je garde religieusement le souvenir. – (moi, pas si bête !) Voilà... » (Paris, 31 décembre

1901).

« Cher ami, ce petit couillon de Mortier dit ce matin dans son courrier du Gil Blas mille conneries... Celui qui concerne la

Renaissance est à réfuter par une information vraie... Démentez ces bruits stupides & dites si vous voulez que la pièce qui

succédera quand il en sera temps au... (ravissant, délicieux, sublime, à votre choix) Mannequin d’osier, est Le Passé de G. de

Porto-Riche dans lequel la... (ravissante, délicieuse, adorable, à votre choix) MARTHE BRANDÈS rejouera le rôle de Dominique

qui l’a fait sortir de la Comédie-Française ! Dans cette pièce... elle AURA POUR PARTENAIRE, protagoniste, dirait feu Bauër,

L’ADMIRABLE & DIVIN (JE NE CRAINS PAS DE LE DIRE) LUCIEN GUITRY qui jouera pour la 1ère fois François Prieur de la manière

que chacun sait... » (Paris, s.d.).

« IL S’AGIT DE RÉVÉLER... COMMENT SE COMPOSE UN PERSONNAGE DE THÉÂTRE, comment l’acteur doit s’y prendre pour

l’habiller, le faire mouvoir, gesticuler, parler, etc... – JE N’EN SAIS RIEN. J’ATTENDS QUE ÇA VIENNE. Et, je ne veux pas dire que

cela me vient par visitation d’un souffle d’en haut, mais ça vient la plupart du temps en dehors de toute application... – cela

ne me coûte pas grand peine... Ce n’est pas que le métier d’acteur se borne à rien faire... il y a un technicien, oui, sans doute...

mais il ne faut pas en parler... Je n’ai jamais rien lu d’un artiste sur son art qui me fît plaisir ou m’offrît quelque chose – Eugène

Delacroix exprima des idées magnifiques & saisissantes mais c’étaient surtout des idées d’Homme & non de peintre. Tant vaut

l’Homme tant vaut l’Artiste, mais c’est toujours l’Homme qui commence... » (au rédacteur en chef du Matin, s.d.).

ON JOINT : 5 lettres autographes signées de René Delmas de PONT-JEST (1871-1900), père de la première femme de

Lucien Guitry et grand-père de Sacha Guitry ; une carte autographe signée de Jeanne DELCLOS, seconde femme de

Lucien Guitry (1910) ; le livret gravé de la répétition générale de CHANTECLER (janvier 1910, 1 volume in-8, broché

sous cartonnage souple). Lucien Guitry y créa le rôle titre.

70 HAHN (Reynaldo). Ensemble de 15 lettres et cartes, dont 12 autographes signées et

3 autographes. 1911-1916 et s.d. 500/600

« ... Je vous remercie de votre amical envoi. J’ai relu vos pages si claires et qui donnent une telle impression de sécurité qu’on

en arrive à désirer d’être blessé pour être soigné par vous ! C’est le comble de la confiance... » (au Dr Devraigne, 1916).

« Cher ami, je ne suis pas encore allé à Cannes. Votre morceau doit m’attendre au Casino, où je serai dans quelques jours et je

prendrai, j’en suis sûr, grand plaisir à le lire. Merci de la dédicace !... » (s.d.).

71 HALÉVY (Fromental). Ensemble de 11 lettres autographes signée. 1851-1860 et s.d. 300/400

À Eugène SCRIBE :« Mon cher & illustre collaborateur, Duponchel désire trop que vous soyez persuadé de tout le désir qu’il

a de vous être agréable pour accepter la proposition que je lui ai faite de votre part. Voici ce qu’il me charge à son tour de vous

proposer... Il vous sera compté une somme de 5000 f., lorsque vous remettrez le manuscrit... Je vous en prie maintenant en mon

nom, occupez-vous de moi, JE TÂCHERAI DE VOUS FAIRE DE BELLE MUSIQUE ; ne m’oubliez pas sous vos frais ombrages, et

DONNEZ MOI, LE PLUS TÔT POSSIBLE, UN CHEF-D’ŒUVRE... » (s.d.).

À Daniel François Esprit AUBER :« Veuillez je vous prie donner une bonne loge pour ce soir... » (« lundi 17 mai »).

ON JOINT une lettre autographe signée de son frère l’écrivain Léon Halévy (1854).

72 HISTOIRE. – Ensemble d’environ 200 lettres et pièces de généraux et maréchaux, amiraux,

princes, hommes politiques, etc., XIX e siècle. Collection montée sur des feuillets de papier fort

avec des portraits gravés ou photographiques, reproductions, coupures de presse et documents

divers. 400/500

Aimable Guillaume Prosper Brugière de BARANTE, Louis BLANC, quelques membres de la famille BONAPARTE (dont

surtout la princesse Mathilde), Charles Denis Sauter BOURBAKI, François Certain CANROBERT, Nicolas Anne

Théodule CHANGARNIER, Pierre-Philippe DENFERT-ROCHEREAU, Abel DUPETIT-THOUARS, Prince EUGÈNE (apostille),

Gaston Auguste de GALLIFET, Charles Forbes de MONTALEMBERT, Adolphe NIEL, Émile OLLIVIER, quelques membres

de la famille d’ORLÉANS (dont surtout la reine Marie-Amélie), Joseph-Marie PORTALIS, Jacques Louis César

Alexandre RANDON, Louis-Jules TROCHU, etc.

73 HISTOIRE, BEAUX-ARTS ET DIVERS. – Ensemble d’environ 35 pièces, manuscrites ou

imprimées, XVIII e -XX e siècles. 50/100

Affiches, faire-parts, billets d’entrée, reçus, avis (dont un concernant la gabelle), quelques dessins, estampes et

reproductions, etc. À noter un avis imprimé concernant la gabelle (XVIII e siècle), l’exemplaire d’une lettre circulaire

adressé à Camille Pissaro (1884), et un brouillon autographe de Sacha Guitry (au crayon).

74 HISTOIRE ET LITTÉRATURE. – Ensemble d’environ 100 lettres et cartes, fin XVIII e -XX e .

400/500

Hommes politiques de la Révolution : BARRAS, MERLIN DE DOUAI, TALLIEN.

Divers personnages historiques (XIX e-XX e siècles) : membres de la famille d’ORLÉANS, maréchal FOCH.

Hommes politiques de la IIIe République : Paul BERT, Louis BLANC, Jean-Paul-Pierre CASIMIR-PÉRIER, Georges

CLEMENCEAU, Isaac-Adolphe CRÉMIEUX, Paul DESCHANEL, Paul DOUMER, Félix FAURE, Charles FLOQUET, Léon

GAMBETTA, Gabriel HANOTAUX, Clovis HUGUES, Émile LOUBET, Georges MANDEL, Henri MARTIN, Raymond POINCARÉ,

Tony RÉVILLON, Auguste SCHEURER-KESTNER, Jules SIMON, etc.

Écrivains et journalistes : Juliette ADAM, Ernest DAUDET, Paul MARGUERITTE, Victorien SARDOU, Gabriel-Antoine

Jogand-Pagès dit Léo TAXIL, WILLY, etc.

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75 HOLMÈS (Augusta May Anne). Ensemble de 12 lettres et cartes autographes signées. 1881-1895

et s.d. 300/400

« J’ai appris par M. Gailhard que vous devez faire les décors de mon ouvrage “LA MONTAGNE NOIRE”... Mais il faut absolument

que nous ayons ensemble une ou plusieurs conversations, et que je puisse vous remettre les photographies et documents divers

que j’ai en ma possession au sujet du Monténégro au point de vue paysages et habitations... » (5 septembre 1894).

« Mon cher éditeur, j’ai prié M. Bannelier, il y a une quinzaine, de vous avertir qu’étant horriblement harassée pour la

réduction des deux derniers actes de la “MONTAGNE”, j’ai dû faire faire la réduction par Mlle Pirodon, qui a déjà fait avec moi,

par le même procédé, l’”ODE TRIOMPHALE”... ” (23 septembre 1894).

« Il faut que vous fassiez de la réclame payée, comme tous les autres éditeurs pour leurs pièces... Indiquez moi les journaux

où vous voulez des notes, et je vous les ferai moi-même... Puis les affiches d’éditeur avec dessin, ou si c’est trop cher, les

affiches pour mettre chez vos confrères, simplement LA MONTAGNE NOIRE, en vente chez M. Magnin... » (3 mars 1895).

ON JOINT 9 lettres.

76 HUGO (Victor). Lettre autographe signée « Victor Hugo ». Hauteville House (Guernesey),

12 janvier 1865. 1 p. in-8. 200/300

« Monsieur, je vous serais obligé de m’envoyer le plus tôt possible, en tenant compte pourtant des obstacles que peut présenter

la saison, DEUX TONNEAUX DE VIN, même qualité, même prix, que le précédent... »

77 HUGO (Victor). Billet autographe signé « Victor Hugo ». « 30 juin ». 1 p. in-12 oblong.

150/200

« Vous savez, mon cher et ancien ami, comme je suis à vous et aux vôtres de tout mon cœur... »

ON JOINT deux pièces, dont une enveloppe de sa main portant l’adresse de Charles Monselet.

78 HUYSMANS (Georges-Charles, dit Joris-Karl). Lettre autographe signée. S.l., [1903]. 1 p. in-12,

trace de colle au verso. 150/200

« Je n’ai pas de bonnes feuilles de L’OBLAT chez moi, mais passez donc chez Stock que je préviens ; il vous en remettra.

LE VOLUME PARAÎTRA, JE CROIS, SAMEDI...”

79 INDY (Vincent d’). Ensemble de 11 lettres et cartes, dont 10 autographes signées et une

autographe. 1897-1910 et s.d. 400/500

« Je reçois et lis très volontiers les “GUÊPES” lorsque je trouve le moment de lire... ce qui est rare, et je suis heureux que votre

lettre me donne l’occasion de vous féliciter de la rédaction et de l’intérêt de votre revue... » (27 novembre 1910).

« Madame, j’apprends, à mon retour d’Angleterre, la si triste nouvelle... je pleure avec vous le bon et sincère ami disparu.

Il était lié à MES PREMIÈRES IMPRESSIONS D’ART MILITANT, À CES ÉPOQUES OÙ L’ARTISTE, PLEIN DE JEUNESSE ET D’ENTHOUSIASME,

NE RÊVE QUE DE COMBATTRE POUR SA FOI ARTISTIQUE... » (19 mars 1909).

80 INGHELBRECHT (Désiré Émile). Lettre autographe signée. Paris, 2 décembre 1928. 1/2 p.

in-8 carré. 100/150

« Je reçois à l’instant votre article, mon cher DANDELOT, et je ne veux pas plus attendre pour vous dire combien je suis sensible

à votre si charmante attention... »

81 ITALIE. – GEORGIS (Johannes Michael de). Acte signé en qualité de pro-vicaire général de

l’évêché de Mondovi, contresigné par le prieur et le doyen de l’Université. Mondovi,

16 septembre 1693. 1 p. grand in-folio oblong (505 x 610 mm) sur parchemin, couvercle de boîte

métallique ciselé appendu à un double ruban de tissu, large découpure angulaire avec

manque. 50/100

DIPLÔME DE DOCTEUR EN PHILOSOPHIE ET EN MÉDECINE, DÉCERNÉ PAR L’UNIVERSITÉ DE MONDOVI à Nicolaus Margaria,

originaire de Cuneo. C’est à Mondovi que fut fondée la première Université piémontaise.

BELLE ILLUSTRATION : deux représentations héraldiques peintes en couleurs dont les armoiries du duc Victor-

Amédée II de Savoie, lacs d’amours de Savoie dorés dans les bordures, et ornements calligraphiés à l’encre

(dont trois oiseaux).

82 JACOB (Max). Manuscrit autographe, avec 2 DESSINS ORIGINAUX à l’encre à pleine page, dont

l’un signé « Max Jacob ». 12 pp. in-folio avec ratures et corrections, perforations marginales pour

classeurs. 600/800

Récit organisé sous la forme de trois lettres, d’une mère puis d’un père à leur fils (Toudoux), et enfin de celui-ci à

sa fiancée (Ginette) : « Paris... 16 mai 1933. Mon cher Toudoux. On ne peut pas te parler quand tu es là en face de nous

parce que tu es tellement distant avec tes parents ! C’est bien désagréable et je t’avoue que c’est pénible. Avoir eu un petit tout

petit comme une jolie poupée dans son berceau, lui avoir appris à dire papa et maman, l’avoir tant soigné quand il était malade

et maintenant c’est un monsieur hautain !... Le temps passe, tu es un jeune homme et tu as des amours comme les autres, mais

Ginette ! Ginette ! Oh ! Ça je suis étonnée. D’après tes lettres je vois que c’est elle qui t’aime... Je ne cache rien à ton père qui

n’a pas été ému du tout... Il ne tient pas à vous marier car ce serait une charge pour notre budget... ».

« Lettre du père de Toudoux... Il est un fait certain, c’est que Toudoux ne veut plus se marier et que d’ailleurs il n’a pas de

situation. D’autre part, mon cher ami, il résulte de la correspondance que j’ai sous les yeux qu’il ne s’est rien passé de définitif

– vous comprenez ce que je veux dire – entre eux... Ginette se consolera : on se marie rarement avec l’être qu’on a aimé... ».

« Lettre du Toudoux à Ginette... Maman a pitié de toi parce que tu m’aimes. Tu m’aimes ! tu m’aimes ! tant pis pour toi ! alors

s’il prenait la fantaisie à n’importe qui de m’aimer il faudrait que j’épouse tout le monde ?... »

Les dessins sont légendés : « Toudoux enfant et sa mère » et « Ginette, Toudoux et la mère de Toudoux, vingt ans après ».

83 JAMMES (Francis). – Ensemble de 5 lettres et cartes autographes signées. 1911-1916.

200/300

« Mademoiselle, c’est en tremblant que le pauvre connaisseur que je suis, mais tout de même qui ressent la musique sacrée à

un haut degré, a soussigné quelques chants... » (12 février 1914).

« Votre étude sur M. l’abbé Poncier est de celles que l’on ouvre avec une certaine méfiance, parce que tant de biographes

décernent tant d’auréoles à leurs grands hommes que l’on ne sait quoi penser. On regretterait le purgatoire. Tranquillisez-vous,

ceci est presque la monographie d’une humble fleur alpestre dont vous dégagez le parfum avec un tact incomparable, et dans

une langue pure comme l’eau de vos vallées... Donnez moi des nouvelles du bon maître dont j’ai admiré la préface. Il est

toujours le même et je voudrais que ses amis lui dédiassent cette devise : lucide et bon... » (27 juillet 1916).

Deux des cartes montrent au dos un portrait photographique de Jammes, et l’une de ces deux-là est co-signée par

François MAURIAC et André LAFON.

84 KALKBRENNER (Christian). Lettre autographe signée « aux citoyens administrateurs du Théâtre

de la République et des Arts à Paris ». Paris, 15 prairial an VI [3 juin 1798]. 1 p. in-4, adresse au

dos, cachet de cire rouge, petite déchirure due à l’ouverture. 200/300

« Le jour que j’eus l’honneur de dîner avec vous, cher Guillard, je manifestai le désir de former Mlle Peroux pour le Théâtre

des Arts... Je serais au désespoir, si elle fut abandonné à vos maîtres de chant français, et au lieu de pouvoir devenir le premier

ornement du Théâtre des Arts elle finirait par augmenter le nombre des MAUVAISES CHANTEUSES QUI NE SAVENT QUE CRIER, OU

CHANTER SÈCHEMENT À LA FRANÇAISE ANCIENNE... »

ON JOINT 2 lettres autographes signées de son fils Friedrich Wilhelm Michael Kalkbrenner, pianiste et compositeur

qui fut le professeur de Chopin (1844 et 1847).

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85 KARR (Alphonse). Ensemble de 4 lettres et cartes autographes signées et d’une pièce

autographe. S.d. Une lettre déchirée avec restauration au dos. 100/150

« Voici qui vous fera prendre patience, mon cher confrère – je relis une partie de mes autres notes que je vais vous envoyer dans

deux heures – le reste sera fait aujourd’hui ou demain. Il reste à modifier votre préambule dont vous n’êtes pas content – je ne

suis pas content non plus de ce que j’avais trouvé – je vais chercher autre chose... » (s.d.).

ON JOINT une lettre de sa petite-fille Bouyer-Karr (1925).

86 LABICHE (Eugène). 3 lettres autographes signées. Souvigny, 1873, s.l., 1874-1886. 7 pp. 1/2

in-12. 150/200

« Cher Monsieur, je suis venu ici pour passer mes vacances de Pâques et avec la ferme intention de ne m’occuper sous aucun

prétexte des affaires de théâtre. Je ne pense pas d’ailleurs que nos projets de collaboration soient aussi avancés que vous me

faites l’honneur de le croire. Parmi les quatre ou cinq idées que vous m’avez proposées, j’en ai trouvé une plus scénique que les

autres, mais je ne vous ai pas dissimulé tous les dangers d’un pareil sujet. Je ne l’envisage pas encore sans trembler. Il n’y a

donc, quant à moi, rien de décidé, ma peur n’est pas vaincue. Je vous ai indiqué des compartiments à remplir, tout en fesant

mes réserves sur le scabreux du sujet. VOYEZ, CHERCHEZ, TÂCHEZ DE RENDRE POSSIBLE POUR LE PUBLIC LES AGISSEMENTS D’UN

ONCLE QUI PROCURE À SON NEVEU DES FEMMES DU MONDE... Si vous croyez avoir trouvé une cuirasse pour traverser ce feu

ardent sans vous y brûler, alors venez me voir à Paris, nous causerons... Je vous quitte, mon garde me signale quelques

bécassines dans un marais du voisinage. Je vous laisse à juger si je me plais à oublier le théâtre du Palais-Royal... » (Souvigny,

4 avril 1873).

87 LAMARTINE (Alphonse de). Ensemble comprenant une lettre autographe signée de l’écrivain

et 5 lettres de membres de sa famille. 100/150

Lettres amicales et d’affaires.

88 LAMENNAIS (Félicité Robert de). 2 lettres autographes signées. S.l.n.d. 100/150

À propos de l’envoi d’un volume et du texte d’un visa que lui a délivré la Préfecture de police.

89 LANDOWSKA (Wanda). Ensemble de 7 lettres et cartes, dont 6 autographes signées et une

autographe. 1908 et s.d. 300/400

« ... COMMENT VONT MES CLAVECINS ?... Il me tient très à cœur de savoir comment avance la réparation de l’ancien et la

construction du nouveau. Ma saison, comme je vous l’ai déjà dit, est déjà presque au complet – je serais désolée si mes

instruments n’étaient pas prêts à temps... » (« dimanche »).

90 LAPRADE (Victor de). Ensemble de 3 lettres autographes signées. Lyon, 1861 et 1883, Aix-en-

Provence, s.d. 6 pp. in-8. Fente à une pliure. 100/150

« J’AI REÇU LE COUP DE L’ENNEMI AVEC ORGUEIL, ME VOILÀ MAINTENANT LAVÉ DE TOUTES LES TACHES DE LA SERVITUDE et plus

digne de combattre pour la liberté. Mais n’a-t-on pas d’avance brisé toutes nos armes. L’imprimeur du Correspondant...

a refusé de livrer un seul exemplaire tiré à part : ordre formel lui en est venu de la Direction de la librairie. Je connais dans

mon voisinage un imprimeur qui a fait mieux, il n’a pas voulu consentir à imprimer mon nom en tête d’une pièce de vers

– sans objet politique – qui m’était dédiée, et dans un journal purement littéraire... » (1861).

91 LECOCQ (Charles). Ensemble de 10 lettres et cartes, dont 9 autographes signées et une

autographe. 1874-1905 et s.d. 200/300

« Mon cher Monsieur CLARETIE, j’ai reçu il y a quelque temps déjà, une lettre d’Yvette Guilbert me demandant si je vous ai

vu et si nous sommes convenus de quelque-chose touchant la pièce dont il a été question... » (28 janvier 1905).

« C’est désespérant ! Édites-tu, ou n’édites-tu pas ? Tu es un misérable ! Ta victime Ch. Lecocq... » (s.d.).

ON JOINT une lettre.

92 LEMAÎTRE (Antoine Louis Prosper, dit Frédérick). Ensemble de 5 lettres et une pièce

autographes signées. 1840-1861. 200/300

« Ayez la complaisance de chercher mon tour-de-cheveux que je vous ai remis enveloppé dans un journal (L’Événement)

le jour que vous vîntes chercher mon costume... il m’est nécessaire ! pour poser... » (à « Gustave Marin costumier », s.d.).

93 LENEPVEU (Charles). Ensemble de 10 lettres et cartes, dont 9 autographes signées et une

autographe, ainsi que de 2 citations musicales autographes signées (1 p. in-4 et 2 pp. in-folio).

1874-1904 et s.d. 150/200

« Mon cher Monsieur Vallet, j’aurais absolument besoin que vous veniez passer deux heures ce soir avec moi ; il faut pour

demain matin 12 parties de chœur de plus que je ne croyais – et il y a pas mal à coudre... » (« Mercredi matin »).

94 LEONCAVALLO (Ruggero). Ensemble de 3 lettres autographes signées. Brissago, 1903,

Viareggio, 1915, et s.l.n.d. 7 pp. in-12. 200/300

À Victorien SARDOU :« Cher Maître, mon collaborateur Maurice VAUCAIRE m’envoie la bonne nouvelle que vous avez signé

le contrat nous accordant le droit de tirer une pièce lyrique pour mettre en musique de votre admirable pièce Les Premières

armes de Figaro... Il y avait si longtemps que je cherchais à faire un ouvrage comique dans le vrai sens du mot sans tomber

dans la pochade !... Aussitôt lue votre pièce j’ai crié : la voilà ! Le miracle était accompli. Il est vrai que le miracle était facile

puisque JE M’ÉTAIS ADRESSÉ AU SEUL ÉCRIVAIN QUI PUISSE TENIR TÊTE À BEAUMARCHAIS – À SARDOU !... » (7 août 1903).

95 LESUEUR (Jean-François). Lettre autographe signée à Jean Denis Barbié dit BARBIÉ DU BOCAGE.

S.l., 8 août 1824. 1 p. in-4, adresse au dos. 150/200

« ... Je n’ai point assisté au concours, étant retenu chez moi depuis plus de 3 semaines, par indisposition. J’avais prié plusieurs

confrères d’avoir égard aux titres honorables qui parlaient en faveur de la personne que vous m’aviez recommandée, et je suis

étonné et fâché autant que vous qu’elle n’ait rien obtenu. On m’a dit, cependant, qu’elle a une belle voix, et qu’elle avait très

bien chanté... »

96 LITTÉRATURE. – Ensemble de 6 lettres autographes signées et un manuscrit. 150/200

Lettres de Juliette ADAM, Louis BERTRAND, Paul BOURGET (forte mouillure), Émile MÂLE (avec une carte de visite

portant 3 lignes autographes), etc.

Manuscrit d’un texte de Paul Claudel intitulé « Propositions sur les anges » (7 pp. in-folio, avec ajouts et corrections).

Texte écrit en 1908 et paru dans le périodique L’Amitié de France en 1911. « I. Fonction des anges... 2. Je dis qu’ils sont

les serviteurs par excellence, car 2 choses sont des obstacles au service : ou une difficulté extérieure ou une difficulté intérieure :

qui ne peuvent être chez de purs esprits et parfaits suivant leur espèce, que par une transgression volontaire de l’ordre propre

auquel ils sont assignés... II. Action des anges. 1. L’action est la plénitude de l’être : elle est l’acte de l’être spécialement

informé... 4. J’imagine que les créatures dans les ordres différents de l’être sont entre elles dans une relation “métaphysique”

de sorte que chacune est sensible à l’entraînement de l’autre comme un orchestre qui suit le violon conducteur. Je compare

encore cette action aux phénomènes d’électricité connus sous le nom d’induction par lesquels des courants à des degrés divers

de tension réagissent diversement l’un sur l’autre. 5. Ce qui est induction chez l’ange devient séduction chez le diable : les

parties basses de notre nature corrompue s’ébranlent à l’invitation du violon infernal... 7... l’action des bons anges conforme

au sens naturel des choses vers leur fin est toujours douce, correctrice, médicinale : l’action aberrante du diable est violente et

fait voler quelque-chose en éclats. Qui se prête à la tentation soumet son corps et son âme à l’habitude qui est une seconde

nature. Le second degré de l’habitude est la possession... »

Sous la signature a été inscrit entre parenthèses : « “Je réprouve d’avance tout ce que ces propositions pourraient contenir

de contraire à l’orthodoxie”, ajoute-t-il. »

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97 LITTÉRATURE. – Très important ensemble d’environ 2000 lettres et pièces de poètes, auteurs

dramatiques, romanciers, journalistes, éditeurs, etc., XIX e -XX e siècles principalement. Collection

montée sur des feuillets de papier fort avec des portraits gravés ou photographiques,

reproductions, coupures de presse et documents divers. 6.000/8.000

Edmond ABOUT, Juliette ADAM, Émile AUGIER, Ferdinand BAC, Léon BAILBY, Théodore de BANVILLE, Henry BATAILLE,

Roger de BEAUVOIR, Pierre Jean de BÉRANGER, Émile BERGERAT, René BOYLESVE, Paul BONNETAIN, Henry BORDEAUX,

Paul BOURGET, François BULOZ, Gaston CALMETTE, Francis CARCO, Elme CARO, Léon CLADEL, Romain COOLUS,

François de CUREL, Victor COUSIN, Alphonse, Ernest et Léon DAUDET, Armand DAYOT, Lucie DELARUE-MARDRUS,

Albert DELPIT, Philippe DENNERY, Paul DÉROULÈDE, Lucien DESCAVES, Maurice DONNAY, René DOUMIC, Louis DUMUR,

Victor DURUY, Henri DUVERNOIS, Georges d’ESPARBÈS, Émile FAGUET, Claude FARRÈRE, Octave FEUILLET, Paul FORT,

Delphine GAY, Gustave GEFFROY, Paul GÉRALDY, Léon GOZLAN, Fernand GREGH, Georges GUSTAVE-TOUDOUZE,

Louis HACHETTE, Léon et Ludovic HALÉVY, Edmond HARAUCOURT, Paul HERVIEU, Jules HETZEL, Jules JANIN,

Henry de JOUVENEL, Eugène LABICHE, Jacques de LACRETELLE, Gustave LARROUMET, Henri de LATOUCHE,

Henri LAVEDAN, Ernset LAVISSE, Louis LE CARDONNEL, Ernest LEGOUVÉ, Frédéric LOLIÉE, Jules LEMAÎTRE, Émile LITTRÉ,

Maurice MAETERLINCK, Maurice MAGRE, Hector MALOT, Paul et Victor MARGUERITTE, Pierre MILLE, Francis de

MIOMANDRE, Charles de MONTALEMBERT, Pierre de NOLHAC, Georges OHNET, Édouard PAILLERON, Jean PAULHAN,

Joséphin PÉLADAN, Georges de PORTO-RICHE, Lucien-Anatole PRÉVOST-PARADOL, Edgar QUINET, Paul REBOUX,

Élisée RECLUS, Jean RICHEPIN, André RIVOIRE, Louis de ROBERT, Henri ROUJON, SAINT-MARC GIRARDIN, Paul de SAINT-

VICTOR, Francisque SARCEY, Victorien SARDOU , Edmond SÉE, Jean SCHLUMBERGER, Aurélien SCHOLL,

Alexandre SOUMET, Émile SOUVESTRE, SULLY-PRUDHOMME, Léo TAXIL, Gustave THÉRY, André THEURIET,

Gabriel TRARIEUX, Auguste VACQUERIE, Émile VERHAEREN, Francis VIELLÉ-GRIFFIN, Fernand VANDÉREM,

René VALLERY-RADOT, Maurice VAUCAIRE, Andrée VIOLLIS, WILLY, etc.

98 LITTÉRATURE ET DIVERS. – Ensemble d’environ 30 pièces, principalement des dédicaces

découpées. 200/300

Réunion comprenant notamment :

22 pages de titre extraites de livres avec envois autographes signés par les auteurs, dont : Henry Bataille, Jean

Blanzat, Élémir Bourges, Emmanuel Bove, Joseph Delteil, Jean Fayard, Louis de Gonzague Frick, Marcel Hamon,

Jacques de Lacretelle, Paul Morand, Jean Prévost, Philippe Soupault.

5 lettres, dont une autographe signée de Paul Morand : « ... Merci pour ce que vous me dites de mon papier sur l’avarice.

J’aimerais qu’il fût donné intégralement à M. Chaumeix... » (Saint-Moritz, 14 janvier 1926).

99 LIVRES, MANUSCRITS, PHOTOGRAPHIES, REPRODUCTIONS ET DIVERS. – Ensemble

varié concernant la littérature, le spectacle, l’histoire. 400/500

l comprend notamment : Charles-François-Dominique de VILLERS. Lettre à Madame la comtesse F[anny] de

B[eauharnais] ; contenant un récit des événemens qui se sont passés à Lubeck dans la journée du jeudi 6 novembre 1806, et

les suivantes. Amsterdam, au Bureau des arts et de l’industrie, 1807. In-12, 78 pp., cartonnage souple bleu marine,

étiquette manuscrite ancienne au dos, quelques taches et rousseurs (reliure un peu postérieure). Seconde édition

parue un an après l’originale (Lübeck, 1806). Ancien officier de l’armée des émigrés sous la Révolution, Charles de

Villers (1765-1815) s’exila à Göttingen puis Lübeck, où il enseigna l’histoire. Il assista là-bas aux exactions françaises

lors de la prise de la ville. Correspondant de Mme de Staël et de Benjamin Constant, membre de l’Institut, il était

un spécialiste de la littérature allemande.

De nombreux portraits photographiques dédicacés, dont une trentaine dédicacés (Raymond Rouleau, Micheline

Presle, Nat King Cole, etc.).

Une dizaine de dessins et reproductions, affiches, cartes, lettres, dont plusieurs autour de Cocteau.

8 ouvrages imprimés brochés dont : Cocteau, Le Livre blanc (Paris, Morihien, 1949), Cocteau, Témoignage (Paris,

Pierre Bertrand, 1956), et Viollet-le-Duc, Description du château de Pierrefonds (Paris, Bance, 1857).

100 LUGNÉ-POE (Aurélien Lugné, dit). Ensemble de 22 lettres et cartes autographes signées. 1904-

1936. 200/300

« À mon tour merci des lignes que vous consacrez dans L’Art du théâtre... D’ailleurs il y a déjà près de 10 ans que j’ai écrit

mon sentiment sur une formule de théâtre du peuple, sorte d’office, satisfaisant plus les aspirations de demain et qui naîtra

certainement lorsque le terme de perfection du train-train d’aujourd’hui sera atteint... » (12 juillet 1909).

« J’avais lu ton papelard : les décors étaient entièrement peints composés par P. Bonnard (!) Séruzier, Valloton & Ranson

l’avaient aidé... » (s.d.)

ON JOINT un programme du théâtre de L’Œuvre pour La Belle au Bois dormant de Henry Bataille et Robert

d’Humières, illustré par BURNE-JONES.

101 MARQUET (Mary). Ensemble de 11 lettres et cartes, dont 7 autographes signées, 3 autographes

et une signée. 1932 et s.d. 200/300

« ... En septembre, dites moi où vous serez, afin que je puisse vous faire convoquer pour du cinéma, le cas échéant – car, hélas

et heureusement, “INTERDIT AU PUBLIC” COMMENCE UNE TRÈS LONGUE CARRIÈRE... » (« ce 14 août »).

« ... Je n’oublie pas que vous avez écrit sur mon père le plus touchant et noble article qui soit... » (« Ce samedi »).

102 MARS (Françoise Hippolyte Boutet, dit Mademoiselle). Ensemble de 6 lettres, dont

4 autographes signées et 2 autographes. 1826-1834 et s.d. 2 lettres avec déchirures dues à

l’ouverture sans atteinte au texte. 200/300

« Mon enrouement a tellement augmenté depuis hier que je ne puis, mon cher Monrose, aller me joindre à vos convives et qu’il

faut renoncer au plaisir de vous voir. Vous jugez de tout mon ennui, mais on m’ordonne un silence absolu, et je ne me sens de

force à suivre l’ordonnance que si on me laisse seule... » (s.l.n.d.).

« Ma chère Madame d’Harcourt, j’ai réfléchi, et j’aime mieux me donner une robe de velours noir qu’un manteau... mes

finances ne me permettent pas cette dépense de luxe... (s.l.n.d.).

103 MARSOLLIER DES VIVETIÈRES (Benoît-Joseph). Lettre autographe signée à « Monsieur Roger

le fils maison de Monsieur son père directeur de L’Athénée... à Montpellier ». Versailles, « ce mercredi ».

3 pp. 1/2 in-4, adresse au dos, déchirure due à l’ouverture avec petit manque de texte.

150/200

« ... Votre voyage commencé sous d’assez tristes auspices a-t-il fini heureusement ? CE BONMÉHUL n’a-t-il pas été trop

fatigué ? Vous en aurez bien soin, j’en suis sûr et vous lui aurez inspiré une solide amitié, j’en suis sûr aussi !... FAITES JOUER

LES AVEUGLES à Montpellier. Il s’y trouve un bon Martin... »

Fécond auteur dramatique, Marsollier des Vivetières (1750-1817) écrivit plusieurs livrets mis en musique par

Méhul.

104 [MARTINI (Johann Paul Aegidius Schwarzendorf, dit Jean-Paul-Égide)]. Liste manuscrite des

œuvres de l’auteur de Plaisir d’amour. [Vers 1800]. 1 p. in-folio. 50/100

105 MASCAGNI (Pietro). Lettre autographe signée à Jules CLARETIE. Livourne, 24 février 1894. 3 pp.

in-12 carré, adresse au dos. 150/200

« ... Je viens causer de CIGARETTE : ce petit roman, dans lequel vous avez su concentrer tant de force passionnelle, je le

connaissais depuis ‘91 et j’avais déjà pensé d’en tirer un mélodrame... La composition de Cigarette... est maintenant achevée ;

mais je viens de lire dans quelques journaux un entrefilet annonçant que vous m’avez refusé votre autorisation et cela parce

que vous avez déjà donné cette permission à L’ILLUSTRE MASSENET. Je n’ai pas jusqu’ici demandé votre autorisation et

conséquemment vous ne me l’avez pas refusée. – Je vous la demande maintenant... M. Massenet est si haut placé qu’un autre

opéra sur le même sujet ne peut nullement nuire au succès qu’il obtiendra par son œuvre... »

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106 MASSÉ (Félix Marie, dit Victor). Ensemble de 10 lettres autographes signées et d’un fragment

musical autographe signé. 1872-1891 et s.d. 300/400

« Chère Madame, VOUS RAPPELEZ-VOUS UNE CERTAINE ROMANCE QUE VOUS CHANTIEZ TRÈS BIEN, et qui commençait par ces

mots : depuis qu’une amante inconstante... etc. Je désirerais faire graver ce petit morceau dans un recueil qui doit bientôt

paraître ; j’ai voulu l’écrire, et je me suis aperçu qu’il m’en restait très peu de chose dans la mémoire ; il y a des ritournelles,

des phrases entières qui m’échappent... je viens vous prier de vouloir bien m’écrire la mélodie et m’esquisser

l’accompagnement... »

107 MASSENET (Jules). Ensemble de 65 lettres et cartes, dont 60 autographes signées et

5 autographes. 1875-1912. 600/800

BELLE ET IMPORTANTE RÉUNION :

« Cher ami, je voudrais causer avec vous de ces chœurs car votre petit mot écrit à la hâte ne me dit pas assez et je ne me trouve

pas au courant pour donner une opinion... » (« dimanche »).

« ... JE SUIS BIEN HEUREUX DU SUCCÈS DE REYER ! Je l’ai vu ce matin. » (12 novembre 1876).

« Chère Madame, je devrais aller vous présenter mon excellent élève M. SAVARD qui vous est recommandé par Mme Montigny.

– Ce jeune compositeur a été reçu le 2d au concours de Rome. Ah ! SI VOUS VOULIEZ NOUS FAIRE LA “GLOIRE” DE CRÉER SA

CANTATE !!!... » (18 mai 1885).

« ... Je n’ai pas eu la possibilité d’aller vous voir pendant les deux heures passées à Paris avant mon départ pour l’Allemagne

– comme vous seriez intéressé par toutes les représentations. TRISTAN, ET PARSIFAL À BAYREUTH. C’EST UNIQUE AU MONDE... »

(26 août 1886).

« Vous êtes vraiment si gentil pour “THÉRÈSE”! Pour vous prouver à quel point je suis touché de vos sympathies je vous

demande de conserver cette épreuve jusqu’à l’heure où vous aurez la partition... » (19 janvier 1907).

« ... La 100ème d’ESCLARMONDE a eu lieu... » (16 juin 1907).

« Je n’étais pas averti de ce qui a été écrit sur le nouveau 2d tableau du 3e acte de “SAPHO”... Certes, j’ai lu le livre étonnant,

unique d’Anatole France ; c’est un chef-d’œuvre. Combien de pensées j’ai remuées !!!... » (6 août 1908).

« J’ai hâte de rentrer à Paris maintenant que “ROMA” a été ici un succès vraiment inoubliable... » (6 juillet 1912).

108 [MASSENET]. – Correspondance d’environ 280 lettres adressées au compositeur Jules

MASSENET. 600/800

Juliette ADAM, Émile BERGERAT, Albert CARRÉ, Lina CAVALIERI, Emmanuel CHABRIER, Léon CARVALHO, Paul

DÉROULÈDE, Paul DESCHANEL, Benjamin GODARD, Charles GOUNOD, Augusta HOLMÈS, Engelbert HUMPERDINCK,

Henri MEILHAC, la princesse de METTERNICH-SANDOR, Paul MEURICE, Armand SILVESTRE, Charles-Marie WIDOR, etc.

ON JOINT quelques lettres à la femme de Massenet.

109 MAUPASSANT (Guy de). Carte autographe signée à Édouard ROD. Paris, « samedi ». 1 p. in-12

oblong, pliure. 200/300

« Je suis rentré hier à Paris et je trouve chez moi votre si aimable article de la Revue contemporaine. Je vous en remercie bien

vivement. Ne peut-on vous voir ? Je ne retrouve pas votre adresse. Je voudrais causer avec vous et vous remettre 100 f. que je

dois à votre revue... »

Romancier et critique suisse, Édouard Rod (1857-1910) était proche de Zola et du groupe naturaliste.

110 MÉHUL (Étienne Nicolas). Pièce autographe signée. Paris, 15 brumaire an IX [6 novembre

1800]. 3/4 p. in-4, rousseurs. 200/300

« J’autorise mon collègue GOSSEC à signer pour moi l’état de traitement de l’Institut, étant retenu chez moi pour cause

d’incommodité... »

111 MEILHAC (Henri). Ensemble de 13 lettres et cartes autographes signées. 1891 et s.d.

150/200

« Mon cher directeur, c’est chose faite – RÉJANE accepte – Elle vous prie de lui faire savoir l’ordre et la marche... » (« 28 avril »).

« ... Pendant que je suis en train, JE VAIS TOUT DE SUITE REFAIRE LA SCÈNE, plus quelques modifications que la scène changée

amènera dans la pièce et, dans huit jours, j’espère, je vous enverrai un manuscrit définitif... » (s.d.).

« L’exactitude est certainement une bonne chose, mon cher directeur, et IL N’Y A POINT DE MAL À CE QUE LE DÉCOR RESSEMBLE

ÀL’ESCALIER DES GRANDES LIGNES DE LA GARE ST-LAZARE. Il faut cependant veiller à ce que ce décor soit lumineux, gai, il faut

aussi que les entrées indiquées dans la pièce se fassent avec facilité, que les chœurs en descendant ce fameux escalier forment

un spectacle agréable au regard. HALÉVY ne quitte pas Paris du reste, il vous dira si votre décor est ce qu’il doit être et ce qu’il

vous dira sera bien dit... » (Trouville, « le 1er août »).

112 MENDÈS (Catulle). Ensemble de 9 lettres et cartes autographes signées. 1892-1906 et s.d.

150/200

« ... J’ai télégraphié à RICHEPIN. Demandez lui la réponse. S’il consent, prévenez vos camarades du jour où on répétera.

COURTELINE aura tout à l’heure l’obligeance de vous remettre 6 ou 7 brochures de LA FEMME DE TABARIN... » (s.d.).

« C’est désolant. Je ne pouvais pas refuser à MASSENET de rester pour samedi pour Thérèse. Or les directeurs de Lyon nous

télégraphient... qu’ils ne peuvent jouer que mercredi. Ce qui nous mettrait à Paris vendredi, ce qui est impossible, pour moi,

vous le savez, & pour eux aussi. – Il n’y a qu’un moyen, faites un article d’une centaine de lignes que je compléterai lundi à

mon arrivée... » (Ostende, s.d.).

ON JOINT 8 lettres autographes signées de JANE CATULLE-MENDÈS.

113 MÉRIMÉE (Prosper). 2 lettres autographes signées. S.l., 1855 et s.d. 100/150

Il donne un renseignement bibliographique, et annonce l’organisation d’un dîner.

114 MÉRY (Joseph). Ensemble de 9 lettres autographes signées (8 signées « Mery » et une signée

« Mery & Barthelemy »). 1828-1854 et s.d. 200/300

« Vous pouvez m’annoncer comme devant continuer Histoire naturelle en action ; je vous donnerai l’âne, le chat & le

cygne... » (Bade, « 1er 7bre »).

« TOUS CES LUNDIS J’AI ÉTÉ RETENU À L’OPÉRA PAR LA RECONSTRUCTION DE BABYLONE, & LES RÉPÉTITIONS DE SÉMIRAMIS... »

(s.d.).

« VICTOR HUGO vous a demandé hier deux stalles pour ANGELO, dont une pour moi. Le régisseur a donné deux stalles pour

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le 15 mai ; soyez assez bon, je vous prie, pour corriger cet anachronisme... » (« 16 mai »).

« Voici mon CHINOIS ; excusez mon retard. Il y avait bien longtems que je l’avais commencé, mais ne croyant pas l’affaire

urgente, je continuais un roman pour la Presse... » (17 avril 1844).

115 MESSAGER (André). 8 lettres et cartes autographes signées. 1904-1925 et s.d. 300/400

« J’ai eu également un mot de FLERS qui me confirme ce qu’il vous a dit et me promet d’être prêt à la fin de mai, au plus tard.

Tout de même, quand je pense qu’il devait m’envoyer le libretto fin juin, l’année dernière, que de temps perdu !... » (16 avril

1906).

« Je suis tout à la disposition de ROLAND-MANUEL. J’attendais un mot de lui pour fixer un rendez-vous... » (27 novembre

1925).

116 MEYERBEER (Jakob-Liebmann Beer, dit Giacomo). Ensemble de 5 lettres autographes signées

(dont 2 en allemand). 1827-1843 et s.d., large découpure angulaire à l’une des lettres.

400/500

« Mon cher Leduc, voudriez-vous avoir l’extrême obligeance de demander à Monsieur ROQUEPLAN s’il veut avoir la bonté de

me recevoir aujourd’hui... » (s.d.).

« Geehrter Heer NEUKOMM ! Nicht auf Heute sondern auf Morgen um 2 Uhr war unser Rendez-vous festgesetzt... » (19 avril

1827).

117 MISTRAL (Frédéric). Une lettre et une carte postale (à son portrait) autographes signées.

Maillane, 1891 et 1911. 1 p. in-8 et 1 p. in-12 oblong. 50/100

« AUX BORDS DU LEZ... m’a rappelé cette brillante période de l’ascension félibréenne où votre poétique et vaillante LYDIE étoilait

de sa jeunesse le ciel de Santo Estello. Je vous félicite... d’avoir sauvé et publié les chants délicats et fiers de cette muse qui fut

vôtre, et qui prêta ses ailes à nos deux saints enthousiasmes... » (à Louis-Xavier de Ricard, 1891).

« ... j’ai reçu avec grand plaisir... LES DEMOISELLES DE SAINT-ANDRÉ qui m’ont rappelé la délicieuse félibrée de Pau où je serrai

la main du sympathique CHAMPOL. J’ai lu avec un vif intérêt ce vivant épisode du passé bigourdan, si bien décrit comme

mœurs et paysages... » (au comte de Lagrèze, 1911).

118 MONNIER (Henry). Ensemble de 7 lettres autographes signées. 1834-1855 et s.d. 150/200

« Ce n’est point comme TRIAL ou LARUETTE que je m’adresse en ce moment à vous mais comme un dessinateur qui depuis un

tems immémorial a toujours eu ses entrées à l’Opéra-Comique et auquel vous les avez conservées. Je vous en suis bien

reconnaissant mais si je les accepte ce n’est qu’à la charge pour vous de me mettre à même de vous être de quelque utilité... J’ai

encore une autre affaire à vous proposer. J’ai parcouru la province pendant deux années et je puis vous donner de bons

renseignemens sur beaucoup d’artistes... » (au directeur de l’Opéra-Comique, 1834).

119 MORÉAS (Ioannis Papadiamantopoulos, dit Jean). Lettre autographe signée. S.l.n.d. 1 p. in-12.

50/100

« Excusez-moi de manquer au déjeuner. Et comment je le regrette ! Mais il fait si mauvais temps, et je suis très fatigué... »

120 MURGER (Henri). 2 lettres autographes signées. S.l.n.d. 1 p. in-12 et 1 p. in-24, une adresse.

50/100

Il demande des places de spectacle et annule un rendez-vous.

121 MUSIDORA (Jeanne Roques, dite). Lettre (1 p. 1/2 in-8, restauration) et carte de visite

autographes signées » Musidora ». S.l.n.d. 100/150

« Le réveillon... c’est pour moi l’agonie de l’année qui meurt... Dès que j’ai eu l’âge de comprendre ce que c’était “qu’une”

année de notre vie... Je n’ai jamais pu ressentir de joie pure à un réveillon. J’ai été une petite fille qui doutait de l’existence du

Père Noël... Pour mes étrennes ? La place de la Concorde. Notre-Dame... La Sainte-Chapelle... Les boulevards... Les Parisiens...

savoir – Paris...! Paris...! Créer une belle pièce à Paris !... »

La lettre est illustrée d’un DESSIN ORIGINAL par l’actrice représentant un visage féminin. La carte de visite est illustrée

d’une reproduction d’un dessin de visage féminin.

122 MUSIQUE. – Ensemble de 20 manuscrits musicaux, autographes, signés ou non.

1.000/1.200

Belle réunion de citations ou de fragments, le plus souvent sur 1 p. in-8 ou in-4, par : Maurice ALQUIER,

Marcel BERTRAND, Charles BORDES, Alfred BRUNEAU, Emmanuel CHABRIER, Gabriel FAURÉ, Ernest GUIRAUD,

Victorin de JONCIÈRES, Louis LACOMBE, Xavier LEROUX, Omer LETOREY, Auguste MERMET, Johann Peter PIXIS,

Paul PUGET, Prosper SAIN D’AROD, Paul VIDAL, Georges-Martin WITKOWSKI, André WORMSER.

123 MUSIQUE. – Ensemble d’environ 500 lettres et pièces de compositeurs, instrumentistes, chefs

d’orchestre, musicologues, XIX e -XX e siècles. Collection montée sur des feuillets de papier fort

avec des portraits gravés ou photographiques, reproductions, coupures de presse et documents

divers. 4.000/5.000

Edmond AUDRAN, Alfred BACHELET, Charles Marie Anne BORDES, Louis Albert BOURGAULT-DUCOUDRAY,

Alfred BRUNEAU, Henry BUSSER, Marguerite CANAL, Lucien CAPET, Henri CASADESUS, Camille CHEVILLARD,

Marc DELMAS, Louis DIÉMER, Gabriel DUPONT, Ernest GUIRAUD, Henri HERZ, Arthur HONEGGER, Georges Adolphe

HUE, Victorin de JONCIÈRES, Louis LACOMBE, Paul Jean Jacques LACÔME D’ESTALENX, Charles LAMOUREUX,

Raoul LAPARRA, Sylvio LAZZARI, Fernand LEBORNE, Xavier LEROUX, Charles Gaston LEVADÉ, Martin Pierre Joseph

MARSICK, Louis NIEDERMEYER, Max D’OLLONE, Jules Étienne PASDELOUP, Marc PINCHERLE, Robert PLANQUETTE,

Francis PLANTÉ, RHENÉ-BATON, Emil Georg Konrad SAUER, Florent SCHMITT, Firmin TOUCHE, Paul VIDAL,

Paul TAFFANEL, Henri VIEUXTEMPS, Siegfried Helferich Richard WAGNER, Georges Martin WITKOWSKY, Albert WOLFF,

Lucien WURMSER, etc.

124 NADAUD (Gustave). Ensemble de 5 lettres autographes signées. 1852-1890. 100/150

Lettres amicales, rendez-vous, etc.

ON JOINT un manuscrit d’un poème de lui intitulé « Éloge de la vie ».

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125 NAPOLÉON I er . Apostille signée « Np » (Fontainebleau, 24 octobre 1810, un mot) sur une pièce

signée par le ministre de la Guerre Henry CLARKE (Paris, 21 octobre 1810, 1 p. in-folio, en-tête

imprimé Ministère de la Guerre. Rapport à Sa Majesté l’empereur et roi). 300/400

« Son Altesse Impériale madame LA GRANDE-DUCHESSE DE TOSCANE [Élisa Bonaparte, sœur de Napoléon] a ordonné au

général de brigade Dalesme [Jean-Baptiste Dalesme, 1763-1832], qui commande le département de l’Ombrone, d’aller

PRENDRE LE COMMANDEMENT DE L’ILSE D’ELBE, en remplacement du général Dazémar [Jean-Jacques Dazémar, 1757-1816]

appelé par Son Altesse Impériale au commandement du département de l’Ombrone. Le général Dazémar est affecté de

rhumatismes qui ne lui permettent pas de supporter le climat de l’île d’Elbe ; mais il peut être encore utilement employé dans

le commandement d’un département de l’intérieur... »

Napoléon a fait inscrire « approuvé ».

126 NAPOLÉON III (Louis-Napoléon Bonaparte, futur). Lettre autographe signée « NB » à

Hortense CORNU. [FORT DE HAM, 19 janvier 1844, d’après le cachet postal]. 1 p. in-8, adresse au

dos. 200/300

« J’ai reçu le livre que vous avez eu la bonté de m’envoyer ainsi que l’édredon... Je vous renvoie le seul dessin où il y ait quelquechose

à corriger. Les autres sont bien. Vous m’avez envoyé Paul Jove, ce n’est pas sa vie des hommes illustres que je désirais

avoir, mais les imprese. Mais j’ai de quoi travailler pendant longtemps encore ainsi ne vous pressez pas... »

Hortense Lacroix (1809-1875), épouse du peintre Sébastien-Melchior Cornu, était la fille d’une femme de chambre

de la reine Hortense. Elle fut élevée près du prince Louis-Napoléon, associée à ses études, et conserva longtemps

une grande influence sur lui. Elle le poussa à la politique, lui procura des livres et prit des notes pour lui tandis

qu’il était enfermé à Ham. Elle s’éloigna un temps de lui quand il devint empereur mais renoua en 1862, usant de

son influence pour favoriser des hommes tels que Renan ou Littré.

ON JOINT 4 lettres autographes signées d’Hortense Cornu (1862-1874 et s.d.).

127 NAPOLÉON III. 3 lettres signées « Napoléon ». Compiègne, 1859, s.l., 1867, et Paris, s.d.

3 demi-pp. in-8. 300/400

« Mon cher Maréchal, JE DÉSIRE QUE POUR L’ÉQUIPEMENT DE LA GARDE, LES OFFICIERS SUPÉRIEURS DE L’INFANTERIE

CONSERVENT LEUR ÉPÉE ACTUELLE et que la même soit donnée aux officiers subalternes. Quant aux bonnets de police des

carabiniers ; ceux-ci réclament comme un droit qui leur aurait été concédé après je ne sais quelle bataille, d’avoir un galon

comme la Garde impériale. Que cette prétention soit ou non fondée, je ne vois aucun inconvénient à répondre à leur désir... »

(Palais des Tuileries, Paris, « 5 avril »).

128 NAVAR (Tonia). Ensemble de 5 lettres et une pièce autographes signées. S.d. 150/200

« ... Nous avons quatre grands galas de la Tragédie-Française extraordinaires. Andromaque avec Cécile Sorel dans le rôle

d’Hermione où elle est admirable... Moi Andromaque – musique St-Saëns, Abel Hermant et Maurice Donnay parleront.

JE JOUE PHÈDRE – aurais-tu un splendide Hippolyte ? Pressé... »

« Mon petit André, Je viens de me purifier avec PHÈDRE. J’ai quitté la boîte.... Mon succès dans Phèdre hier jeudi a été tel

que je te voudrais. J’ai changé complètement mon interprétation. Ce fut... magnifique !... ».

La pièce est un fragment d’œuvre dramatique (6 pp. 1/2 in-folio au crayon).

129 NOAILLES (Anna Bibesco-Brancovan, comtesse de). Ensemble de 8 lettres et cartes

autographes signées. 1907-1923, plusieurs noms de destinataires grattés. 200/300

« Vous seriez si bon si vous tâchiez d’être libre, demain soir samedi, de venir dîner dans l’intimité, en costume quelconque,

avec ROSTAND qui vient de me téléphoner qu’il sera là... » (à Jules LEMAÎTRE, « vendredi »).

« Monsieur le directeur, j’ai lu avec une bien grande stupéfaction la narration en tous points fantaisiste et caricaturale d’un

projet que j’aurais fait pour aller voir des personnes de ma famille qui combattent sur le front. Je ne sais comment un récit dont

les détails sont aussi totalement inexacts d’un bout à l’autre a pu vous parvenir, mais je vous serais très obligée de publier ce

mot de rectification... » (s.l.n.d.).

ON JOINT une lettre.

130 OFFENBACH (Jacques). Fragment de manuscrit musical autographe. 4 systèmes de trois

portées sur 1 p. in-folio oblong. 800/1.000

Manuscrit musical très décoratif.

Une voix avec accompagnement.

131 OFFENBACH (Jacques). 2 lettres autographes signées, montées sur papier fort avec des

portraits. Paris, s.d. 2 pp. in-8. 500/600

« J’ai absolument besoin de la pièce de GEVAERT – J’ai absolument besoin des musiciens. Voyez donc cela bien vivement. Voulezvous

m’envoyer aussi la pièce de de FLOTTOW, je voudrais la relire. Si vous avez la partition veuillez me l’envoyer en même

temps... » (« 17 9bre »).

ON JOINT plusieurs pièces dont une lettre autographe signée de sa femme Herminie de Alcain.

132 OPÉRA. – Ensemble d’environ 750 lettres et pièces de chanteurs et cantatrices, essentiellement,

avec quelques directeurs de salles, XIX e -XX e siècles. Collection montée sur des feuillets de papier

fort avec des portraits gravés ou photographiques, reproductions, coupures de presse et

documents divers. 4.000/5.000

Emma ALBANI, Marietta ALBONI, André ALLARD, Zulma BOUFFAR, Lucienne BRÉVAL, Emma CALVÉ, Victor CAPOUL,

Albert CARRÉ, Marguerite CARRÉ, Caroline et Léon CARVALHO, Lina CAVALIERI, Joachim CERDAN, Edmond CLÉMENT,

Émile COSSIRA, Jean-François DELMAS, Marie DELNA, Fidès DEVRIÈS, Camille DU LOCHE, Marie-Cornélie FALCON,

Jean-Baptiste FAURE, Edmée FAVART, Lucien FUGÈRE, Pierre GAILHARD, Pierre-Barthélemy GHEUSI, Yvonne GALL,

Marie Célestine Laurence GALLI-MARIÉ, Louise GRANDJEAN, André GRESSE, Meyriane HÉGLON, Anna JUDIC,

Maria KOUSNEZOFF, Gabrielle KRAUSS, Jean LASSALLE, Georgette LEBLANC, Joséphine MAINVIELLE-FODOR, Paola MARIÉ

DE L’ISLE, Victor MAUREL, Léon MELCHISSÉDEC, Mily MEYER, Marie MONTBAZON, Lucien MURATORE,

Christine NILSSON, Jean NOTÉ, Jean PÉRIER, Léa PIRON, Jeanne RAUNAY, Maurice RENAUD, Jean et Joséphine de

RESZKÉ, Cécile RITTER-CIAMPI, Sybil SANDERSON, Jeanne SAULIER, Marie Van ZANDT, Pauline VIARDOT,

Carlotta ZAMBELLI, etc.

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133 PAËR (Ferdinando). 3 lettres, dont 2 autographes signées et une autographe. Paris, 1813, 1833

et s.d. 200/300

« ... J’ai promis depuis 3 jours à Monsieur CHERUBINI de dîner chez lui. C’est une espèce de dîner pour MA RÉCEPTION AU

PROFESSORAT DU CONSERVATOIRE royal de musique, et je ne puis lui manquer... » (« ce 25 janvier »).

134 PALADILHE (Émile). Ensemble de 9 lettres et cartes, dont 8 autographes signées et une

autographe. 1875-1899 et s.d. 200/300

« Mon cher Egrot, en réponse à votre bonne lettre, je vous ai écrit que devant une distribution de choix, je serais tout disposé,

en principe, à autoriser la REPRISE DE SUZANNE AU TH. LYRIQUE DE LA RENAISSANCE... Certes, le nom de Suzanne évoque en

moi, et bien sympathiquement, le souvenir du pauvre Nicot et de sa chère femme ! Quels deux charmants artistes et quel grand

et légitime succès ils eurent !... »

ON JOINT 2 lettres autographes signées de son père Alcide Paladilhe.

135 PASCA (Alix-Marie-Angèle Séon, madame Pasquier, dite madame). Ensemble de 18 lettres et

cartes (2 au crayon), dont 16 autographes signées et 2 autographes. 1867-1891 et s.d. 300/400

« ... vous faites un rôle pour moi dans la pièce à laquelle vous travaillez en ce moment. Je tiens à vous dire merci ! Si le travail

doit apporter un allègement à ma peine, je serai heureuse de vous le devoir... » (à Alphonse DAUDET, 11 novembre 1891

d’après le cachet postal).

ON JOINT une pièce manuscrite.

136 PATTI (Adelina). Ensemble de 3 lettres (en anglais) et une pièce autographes signées, montées

sur papier fort avec portraits. 1871-1914. 9 pp. in-12. 200/300

« I HAVE BEEN VERY MUCH ENGAGED AND BOTHERED WITH “OTHELLO” which I sang for the first time in my life last thursday

with enormous success... » (Saint-Pétersbourg, 21 janvier 1871).

« Pourquoi la musique est-elle aimée de tous ? parce qu’elle sait rire avec ceux qui sont gais et pleurer avec ceux qui sont

tristes... » (s.l., 1914).

ON JOINT 2 lettres autographes signées de son premier mari le marquis Henri de Caux, et une lettre autographe

signée de sa sœur la cantatrice Amalia Patti, épouse du chanteur Maurice Strakosch.

137 PESSARD (Émile). Ensemble de 9 lettres et cartes autographes signées. 1878-1915. 150/200

« Cher collègue,... LE GÉNÉRAL JOFFRE M’A FAIT REMERCIER DE MA CHANSON par son secrétaire d’état-major en termes très

aimables. J’ai prévenu les étoiles que s’ils désirent chanter à orchestre, vous leur enverrez le matériel à titre gracieux. Que Dieu

sauve la France, que les Allemands reçoivent le châtiment attendu... par nous & qu’Honneur au Gl Joffre soit un gros succès

d’édition & d’audition... » (13 avril 1915).

ON JOINT : une citation musicale autographe signée (2 portées sur une p. in-4 oblong étroit, extrait du Capitaine

Fracasse), une citation musicale humoristique signée (3 portées en bas d’une lettre autographe signée d’Hector

Pessard, 1 p. in-12), et un texte de souvenirs autographe signé (1 p. in-folio).

138 PIERNÉ (Gabriel). Ensemble de 13 lettres et cartes autographes signées. 1887-1931 et s.d.

Une lettre avec importantes déchirures restaurées. 400/500

« ... Je vous disais un tas de choses aimables ; que je déjeunerais avec vous, avec grand plaisir, et PADEREWSKY aussi... » (9 avril 1890).

« Cher maître et ami, j’ai relu la partition du “COLLIER DE SAPHIRS” et il est réellement impossible d’en faire un arrangement

pour piano seul. La partition exécutée telle qu’elle est gravée serait d’une monotonie dangereuse... » (s.d.).

« Je viens de lire avec un vif plaisir... les lignes très élogieuses que vous consacrez à “LA FILLE DE TABARIN”...” (1er mars 1901).

« ... LES CANDIDATS AU PRIX DE ROME SONT AUJOURD’HUI SOMPTUEUSEMENT LOGÉS AU PALAIS DE COMPIÈGNE et il est

vraisemblable que leurs impressions de “logistes” diffèrent sensiblement des nôtres. Mes camarades de loges étaient mon cher

et regretté Georges Marty, Paul Vidal, Xavier Leroux... NOUS HABITIONS ALORS DANS DES PETITES LOGES OBSCURES, dont les

fenêtres grillagées (assez semblables aux fenêtres de cuisine qui donnent sur les cimetières parisiens) faisaient face à l’église St- Eugène, rue Ste-Cécile... Les repas, en commun dans le foyer des artistes de la Société des concerts, puis récréation dans la cour

du Conservatoire, visites amicales de Gounod (qui m’apportait des joujoux), de Saint-Saëns, de Massenet et de nos familles

respectives... » (28 mai 1914).

« MON CHER D’INDY, j’ai appris... que vous aviez assisté tout dernièrement à une répétition d’”OSKAR”et que vous alliez bien

– permettez-moi de saluer ce retour à la santé d’un ami que j’aime et d’un artiste que j’admire et recevez les félicitations que

je vous adresse de grand cœur... » (s.d.).

139 PIERSON (Blanche). Ensemble de 27 lettres et cartes autographes signées. 1898-1919.

200/300

« J’ai passé... 4 mois à Versailles, où je te prie de croire que les nuits n’étaient pas plus calmes qu’à Paris ! Nous avions, en

plus, les tirs de barrage... Je suis rentrée à Paris le 1 er octobre. Je rejoue, je répète – 4 actes de Bataille, et comme je ne doute de

rien, je veux revoir l’Italie, l’Angleterre, l’Espagne, etc. aussi j’ai donné ma démission... Je te supplie de faire comme moi des

projets, et d’avoir la volonté de les accomplir. Crois-moi ; NOUS SOMMES D’UNE RACE, D’UN SANG DONT NOTRE GRAND

CLEMENCEAU EST LE PLUS EXTRAORDINAIRE SPÉCIMEN... » (4 janvier 1919).

140 PRINCE IMPÉRIAL (Louis-Napoléon Bonaparte, dit le). Brouillon autographe signé d’une

lettre. S.l.n.d. 1 p. in-8, ratures et corrections, déchirures et restaurations. 300/400

« Mon cousin, j’ai reçu avec beaucoup de plaisir L’ENVOI QUE VOUS M’AVEZ FAIT DES MÉDAILLES FRAPPÉES CHAQUE ANNÉE EN

L’HONNEUR DU ST PÈRE DEPUIS SON AVÈNEMENT. Elles retracent d’une manière très intéressante toutes les choses mémorables

de ce long pontificat. Puisse Dieu le prolonger encore pour la consolation de tous les fidèles. Ce souvenir m’est surtout précieux

par ce qu’il vient de vous et m’assure une fois de plus de votre affection... »

Le prince impérial avait eu pour parrain Pie IX (pape de 1846 à 1878).

ON JOINT un carton d’invitation au baptême du Prince impérial (1 p. in-12 oblong imprimée).

141 PUGNO (Raoul). Ensemble de 15 lettres autographes signées. 1888-1910. 150/200

« Mon cher DANDELOT... j’espère que nous ferons une belle réussite avec nos séances. Je vais à Madrid et au Portugal – avec

YSAŸE. Madame Gay y va aussi, avec CORTOT... » (2 octobre 1903).

« Mon cher DANDELOT, c’est entendu pour la sonate de GRIEG – avec Hekking. Voici mes deux numéros de soli... 1° Le carnaval

de Vienne op. 26 SCHUMANN... La durée de ce numéro est de 17 minutes. N°2 Impromptu posthume CHOPIN Nocturne en fa

dièse Chopin Polonaise op. 22 Chopin. Durée de ce numéro 14 minutes. Voilà – n’oubliez pas que je joue les Pleyel – et ayez

l’obligeance de demander d’indiquer l’heure et le jour où la maison Pleyel pourra envoyer l’instrument et ma chaise... »

(« Dimanche matin »).

142 RABAUD (Henri). Ensemble de 8 lettres et cartes autographes signées. 1905-1939. Une lettre

déchirée en deux à la pliure. 200/300

« Voulez-vous être mon interprète auprès de tous les artistes qui ont collaboré à l’excellente exécution de LA FILLE DE ROLAND,

pour les remercier très vivement, de ma part, du talent et du zèle avec lesquels ils ont interprété mon œuvre... » (9 mars 1905).

« Toutes mes plus sincères félicitations, cher ami » (au ténor Lucien MURATORE, 13 septembre 1923).

« Je vous remercie bien vivement d’avoir signalé tout de suite la présence chez vous du violon qui avait été volé à un de nos

jeunes élèves...” (23 février 1939).

143 RACHEL (Élisabeth Rachel Félix, dite Mademoiselle). 2 lettres autographes signées, s.l., 1856,

et s.l.n.d. (rousseurs et restaurations au dos). 400/500

« Je souhaite avoir une copie de mon extrait de naissance... » (23 mai 1856).

« ... Je vous donnerai les moyens de voir Angélo. JE TIENS À CE QUE VOUS ME VOYIEZ AINSI DANS CETTE NOUVELLE CRÉATION... »

(s.l.n.d.).

ON JOINT sa carte de visite.

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144 RÉGNIER (Henri de). Ensemble de 15 lettres et cartes, dont 13 autographes signées et

2 autographes. 1902-1922. 150/200

« ... Envoyez donc un exemplaire de votre livre à M. Catulle MENDÈS. Il désire l’avoir... » (à Abel BONNARD d’après une

note d’une autre main).

« ... Que je vous envie donc d’être en Italie. Combien les belles journées d’ici doivent être là-bas, plus belles ! Je pense que vous

êtes à Rome. Saluez-y de ma part notre ami PRIMOLI... Gérard d’HOUVILLE vous dit maintes choses... » (à Abel BONNARD

d’après une note d’une autre main, 4 novembre 1911).

« Le Temps m’apporte votre article... Ce beau, ce noble témoignage d’estime publique, et cette haute marque d’amitié m’ont

touché profondément, m’ont ému plus que je ne saurais vous le dire. Venus d’un poète que j’admire et que j’aime, j’en sais tout

le prix et toute la douceur et je m’en répète avec joie l’éloquente et sûre splendeur... » (à Abel BONNARD d’après une note

d’une autre main, 19 janvier 1912).

« Je vous remercie de l’aimable envoi de votre roman... Je vais emporter La Rose des ruines et aller la lire loin de Paris... »

(à Victor MARGUERITTE, Paris, 4 octobre 1913).

145 RENAN (Ernest). Lettre autographe signée. Paris, 2 novembre 1862. 1 p. in-12. 50/100

« Je vous remercie vivement de l’épreuve encollée. J’y ai fait les marques nécessaires, attendant pour quelques autres à en causer

avec vous... »

ON JOINT une lettre autographe signée de sa femme Cornélie Scheffer (1887).

146 RENARD (Jules). Lettre autographe signée et 2 cartes avec une ligne autographe. S.d.

100/150

« Mon cher ami, je reçois seulement votre protestation que je vous renvoie signée. Excusez-moi, éreinté ! Vous écrirai

longuement dès ma rentrée fin de cette semaine. Voulais vous envoyer argent, mais perdu chèques. Amitiés... »

147 REYER (Louis-Étienne Rey, dit Ernest). Ensemble de 44 lettres et cartes, dont 42 autographes

signées et 2 autographes. 1881-1901. 400/500

« J’ai eu un très grand plaisir à revoir HAMLET... » (« lundi »).

« Je suis ici chez mes amis Gérôme jusqu’au moment où la 1ère représentation de LOHENGRIN me rappellera à Paris... »

(« St-Martin près Pont-L’Évêque mercredi 25 juin »).

« ... L’Essai sur la musique de Laborde que j’ai dans ma bibliothèque me vient de Théophile GAUTIER... »(« jeudi

matin »).

« Je reçois une dépêche... me priant de venir assister à la répétition gle de SALAMMBÔ qui a lieu après-demain soir... »(«jeudi »).

« Je vous demande mille pardon d’avoir tant tardé à vous remercier de vos deux excellents et trop élogieux articles sur

SIGURD... » (24 octobre 1885).

148 RISLER (Édouard). 16 lettres et cartes (une au crayon), dont 15 autographes signées et une

autographe. 1893-1917. 150/200

« Je voudrais mettre à exécution mon plan de donner à Paris au nouveau théâtre six concerts qui porteraient le titre de Concerts-

Risler et qui se composeraient en partie de récitals, en partie de musique de chambre et chant, avec des artistes français et

étrangers que j’engagerais. Ce serait à peu près le genre des Jeudis de Colonne, mais sans orchestre... » (28 juillet 1901).

« ... Une excursion en Bretagne m’a retardé dans mon travail et m’obligera probablement à une modification de mes concerts de

janvier, où je ferai une plus grande part à la musique de chambre... J’AI REÇU... DES PROPOSITIONS POUR UN ARRANGEMENT DU

CYCLE BEETHOVEN à Genève, Lausanne et Zurich, accompagné de quelques concerts dans les autres villes... » (30 août 1906).

149 ROCHEFORT (Victor-Henri de Rochefort-Luçay, dit Henri). Ensemble de 5 lettres et d’une carte

autographes signées. 1892-1893 et s.d. 100-150

« Mon cher Berthier, nous avons causé MILLEVOYE et moi d’un projet de meeting d’indignation et de protestation contre le

quadruple assassinat de Sofia qui est en somme une provocation à la Russie (les journaux anglais l’avouent). Il y aurait là une

manifestation contre les d’Orléans et en faveur de l’alliance russe... » (s.d.).

« Mon cher CLARETIE, je me permets de vous signaler en vous le recommandant un jeune élève de la classe de Got, M. Degeorge

cousin de mon collaborateur et ami de L’INTRANSIGEANT Ayraud-Degeorge... » (s.d.).

« Cher Monsieur LAURENT-PICHAT... si quelqu’un est à plaindre dans votre procès ce sont les magistrats qui vous condamnent

et non vous qui êtes condamné pour avoir fait votre devoir... » (s.d.).

150 RODENBACH (Georges). Ensemble de 6 lettres et cartes autographes signées. S.d. 200/300

« Remerciements sincères pour l’envoi de ces proses et poèmes d’une mysticité et d’une imagination si délicates, d’une

orfèvrerie de style archaïque, naïve et pourtant précieuse, comme de vieux bijoux – et que j’ai lus avec un vif plaisir d’art... ».

« Merci pour l’aimable envoi de cet extraordinaire va-t-en-guerre, roi de l’outrance et du bon sens, qui est à la fois

Don Quichotte et Sancho Pansa – et un poète lyrique, c’est-à-dire vous même, un peu. J’ai lu avec joie sa mirifique vie,

que j’envie... ».

« Il faut rendre à César... Je me permets donc de vous informer que c’est moi – et non pas Mr VERHAEREN – qui ai fait dans

Le Progrès la critique du volume de Moréas qui semble vous avoir fait plaisir... Ne pourriez-vous pas m’envoyer Sagesse de

VERLAINE... ».

151 ROPARTZ (Joseph-Guy). Ensemble de 7 lettres et cartes, dont 5 autographes signées et

2 autographes. 1900-1919. 200/300

« Mes chers amis, je ne pars pas aujourd’hui... je veux du moins en profiter pour aller vous réentendere demain avec ma fille... »

(à Raoul PUGNO et Eugène YSAŸE, 22 mai 1908).

« ... Les concerts du Conservatoire de Nancy ont été fondés – sous le nom de Concerts populaires – par Albert Carré lorsqu’il

était directeur du théâtre de notre ville en 1882. Ils ont été successivement dirigés par Brunel, Sandré, Glück et moi-même

depuis 1894-1895... Nous donnons actuellement onze concerts annuels avec un orchestre de 75 musiciens et un chœur de 120 à

140 exécutants » (19 juillet 1911).

« Vous savez que je suis en relations personnelles avec la plupart des solistes instrumentaux et chanteurs : il est donc naturel

que je corresponde directement avec eux... » (7 octobre 1919).

152 ROSTAND (Rosemonde Gérard, madame Edmond). Ensemble de 18 lettres, dont

17 autographes signées et une signée, et d’une pièce autographe. 1913-1932 et s.d. 200/300

« Nous avons reçu les croquis de Multzer : délicieux, originaux, amusants, et d’une extrême intelligence poétique... » (à Albert

Carré, « septembre »).

« Vous avez pu juger par vous-même, l’autre jour, avec quelle gentille résignation j’ai essayé, dans le premier moment,

d’accepter la grande déception de n’avoir pas madame Carré dans ce rôle de LA MARCHANDE D’ALLUMETTES où nous l’avons,

mon fils et moi, depuis si longtemps rêvée ! Faut-il avouer que cette résignation a peu à peu disparu à mesure que parlait et

chantait dimanche Mélisande, et, hier, Madame Butterfly ? Aujourd’hui il n’en reste plus rien. Il nous est impossible

d’imaginer personne d’autre que madame Carré dans ce personnage qui ne peut avoir son intensité que par elle... » (à Albert

Carré, 5 février 1913).

« ... Je serais enchantée d’entendre lundi soir “LES CONTES D’HOFFMANN”... j’aimerais beaucoup – et cela me serait même utile

pour quelques dernières petites mises au point du livret – me familiariser un peu avec vos admirables mises en scène... »

(à Albert Carré, s.d.).

ON JOINT deux lettres la concernant.

153 ROUSSEL (Albert). 2 lettres autographes signées. 1910 et 1921. 1 p. in-folio oblong et 1 p. in-12.

200/300

« Cher Monsieur, j’apprends que le prix Calmann-Lévy vient de vous être attribué par l’Académie. Permettez-moi de vous

adresser mes bien sincères félicitations... » (Paris, 11 juin 1910).

« Mon cher ami, ce serait bien volontiers que j’accompagnerais Madame Hardy Verneuil le 8 novembre ; je ne serai

malheureusement pas à Paris ce soir-là... j’apprends avec plaisir qu’elle a mis une de mes mélodies à son programme... » (s.l.,

18 octobre 1921).

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154 SAINT-SAËNS (Camille). Ensemble de 24 lettres et cartes, dont 21 autographes signées et

3 autographes. Une lettre avec importantes déchirures restaurées. 1887-1917. 1.000/1.200

« Chère amie, en ce moment, pris entre mes répétitions et la correction des épreuves de mon orchestre, je n’ai pas un moment...

Seulement il ne faut pas vous dissimuler qu’IL Y A DÉJÀ 3 DALILAS À L’OPÉRA, MMES HÉGLON, FLAHAUT ET SOYER, et qu’il n’y

a guères d’apparences qu’il en engage une quatrième !... » (16 septembre 1901).

« Mon cher CLARETIE, je suis allé hier à la Comédie, j’ai vu La Rivale et j’ai été à la fois charmé et suffoqué de voir la réclame

énorme que la grande maison faisait à ma pauvre musique. Ma reconnaissance est impuissante à égaler de tels bienfaits... »

(4 juillet 1904).

« Mon cher confrère, si j’étais à Paris je vous demanderais votre voix pour Gabriel FAURÉ et je suis bien sûr que vous ne me

la refuseriez pas... » (22 février 1909).

« JE PARS CE SOIR POUR LE CAIRE où je passerai tout le mois de février, fort occupé à l’Opéra où l’on va représenter

L’ANCÊTRE... » (Louqsor, 27 janvier 1911).

155 SALM-DYCK (Constance-Marie de Theis, princesse de). 2 lettres et une citation autographes

signées. S.l., 1828, et s.l.n.d. 5 pp. in-12. 100/150

Auteur de Sapho dont Martini écrivit la musique, la princesse de Salm-Dyck était surnommée « le Boileau des

femmes ».

« SI LA NATURE A FAIT DEUX SEXES DIFFÉRENTS, / ELLE A CHANGÉ LA FORME ET NON LES ÉLÉMENTS. / Même loi, même erreur,

même ivresse les guide ; / l’un et l’autre propose, exécute, ou décide ; / les charges, les pouvoirs, entre eux deux compensés, /

pour un ordre immuable y restent balancés ; / tous deux peuvent régner, et tous deux obéissent ; / ensemble ils sont heureux,

séparés ils languissent ; / tour à tour l’un de l’autre enfin guide et soutien, / même en se donnant tout, ils ne se doivent rien.

Épître aux femmes (fragment)... »

La lettre datée de 1828, adressée à monsieur d’Asfeld, évoque sa « nouvelle épître », et la lettre non datée, adressée

à l’éditeur Artus Bertrand, évoque son « petit roman ».

156 SAND (Aurore Dupin, dite George). Lettre autographe signée à « Monsieur Moreau à La Châtre ».

Nohant, 9 février 1861. 1 p. in-8, adresse au dos, rousseurs et traces d’humidité. 150/200

« Vous me prenez très cher, mais j’espère que vous me servirez bien, que vous me donnerez un bon conducteur et de bons

chevaux, avec d’autres chevaux au relais qui ne me ferons pas attendre. Le prix convenu comprend ce relais et le retour de ma

voiture ; autrement nous ne serions pas d’accord... »

157 SAND (Maurice Dudevant, dit Maurice). Lettre autographe signée. Paris, « jeudi 12 mars ». 1 p.

in-12, en-tête gaufré à ses initiales, quelques taches d’encre. 50/100

« Je viens d’écrire à Théophile GAUTIER pour lui dire que j’irai lui porter votre lithographie d’après mon fusain, dimanche – et

je lui demande aussi s’il en veut pour L’Artiste... »

158 SANDEAU (Julien dit Jules). Ensemble de 6 lettres autographes signées. 1858 et s.d. Une lettre

avec restaurations. 150/200

Lettres amicales de remerciement, de regrets, évoquant notamment sa famille.

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159 SÉVERINE (Caroline Rémy, dite). Ensemble de 9 lettres autographes signées. 1892-1925.

150/200

« Le prix de mes articles est, aujourd’hui, de trois cents francs – c’est ce que me les paie Le Journal, et je ne supposais pas

Le Gaulois moins riche... » (14 mai 1897).

« Cher Monsieur et ami, votre fille a dû vous transmettre mes remerciements, au sujet de l’article du Temps, sur VALLÈS et

GORKI. Je suis gênée pour vous dire ce que j’en pense ; peut-être qu’un mot suffira : on ne se venge pas plus noblement... »

(Paris, 1er mars 1905).

« JE DONNE... AU GYMNASE UNE CONFÉRENCE (AU JARDIN DES MUSES) QUI TRAITERA DE LA POÉSIE FÉMININE CONTEMPORAINE.

Mon désir est que ce soit, pour celles dont je parlerai, une belle apothéose littéraire. Vous ne voyez point d’inconvénient, n’estce

pas, à ce que quelques-unes de vos pensionnaires m’accordent leur concours ?... » (31 janvier 1907).

160 SILVESTRE (Armand). Ensemble de 5 manuscrits littéraires et 8 lettres, autographes signés.

1873-1899. 200/300

Les manuscrits littéraires comprennent une nouvelle intitulée « Lune de mai » (2 pp. in-8 carré, déchirure avec petit

manque de texte), et 4 poèmes intitulés : « À Georges Cain », « Sonnet d’amour », « Adoration », et « Sonnet sidéral » :

« Sur le chemin bleu des sézames / Qu’ouvre la clef d’or des amours, / Je veux, sans penser aux retours, / Suivre le vol léger

des âmes... »

Les lettres évoquent Grisélidis, Victorien Sardou, divers journaux, etc. L’une d’elles est adressée à Laurent

TAILHADE : « C’est avec un diamant, mon cher Tailhade, que vous avez écrit sur les vitres des églises. Vous n’avez rien fait de

plus parfait et de plus durable que les volumes trop courts que vous m’avez apportés... » (« samedi »).

Reproduction page précédente

161 SPONTINI (Gaspare). 2 lettres et une pièce autographes signées. S.l.n.d. 2 pp. 1/2 in-12.

300/400

Les lettres conviennent de rendez-vous, et la pièce est un bon pour une place dans sa loge.

ON JOINT une lettre de sa femme.

162 SULLY-PRUDHOMME (René Prudhomme, dit). Ensemble de 12 lettres et cartes, dont

7 autographes signées et 5 autographes, adressées au docteur Moret. 1885-1896 et s.d.

50/100

« ... J’ai lu avec beaucoup d’attention et de profit les lignes de votre lettre où vous critiquez, avec une compréhension dont je

suis dépourvu, les résultats des observations fournies par le microscope, au point de vue de l’origine de la vie sur la terre...

cette question m’a passionné... » (Paris, 2 novembre 1896).

163 TAILHADE (Laurent). Ensemble de 4 lettres autographes signées. 1884-1902 et s.d. 100/150

« Mon cher confrère, je n’ai pas reçu encore Le Mazareilh ; mais je connais Emmanuel DELBOUSQUET ; je sais combien son

livre doit être pur et beau. Il ne m’est pas loisible d’en parler, car, avec la chevalerie qui caractérise les tenanciers de papiers

publics, tous les journaux où, sous forme tantôt dogmatique tantôt fantaisiste, je publiais des études littéraires, se sont

empressé de me fermer leurs portes, DÈS QUE J’EUS MÉCONTENTÉ NICOLAS II TZAR MONGOL ET ROI DE FRANCE... » (prison de

la santé, 23 février 1902).

164 TALLEYRAND (Charles Maurice de). Pièce signée « le p ce de talleyrand ». Vienne, 3 juin 1815.

2/3 p. in-folio, petite mouillure. 100/150

« Le prince de Talleyrand a l’honneur de recommander à Son Excellence Monsieur le directeur général de la Police de Vienne,

M. HEROLD,... élève musicien à l’école des Beaux-Arts à Rome qui demande la permission de demeurer à Vienne pour se

perfectionner dans son art à l’école de M. SALIÉRI de qui il est connu... »

Louis Joseph Ferdinand Hérold (1791-1833) fut entre autres professeur des fils de Murat à Naples. Talleyrand

représentait en 1815 la France au Congrès de Vienne.

165 [TALLEYRAND (Famille de)]. Lettre signée par le commissaire du Directoire près le

département de la Seine au commissaire du Directoire près le dixième arrondissement de Paris.

Paris, 4 fructidor an VI [21 août 1798]. 1 p. in-4, en-tête imprimé avec vignette gravée sur bois,

petite déchirure due à l’ouverture. 50/100

LETTRE CONCERNANT LES COUSINS ÉMIGRÉS DE TALLEYRAND.

« En me donnant... des détails sur les frères Taleyrand-Périgord, ex-prince de Chalais et ex-comte Adelbert [Élie-Charles et

Adalbert-Charles] qui demeuroient avec leur père mort il y a environ six mois rue de l’Université n°117, vous ne me donnés

aucun renseignement sur leur émigration... »

166 TALMA (François-Joseph). Ensemble de 2 lettres et 2 pièces autographes signées. 1815-1824 et

s.d. 200/300

« La porte de communication entre le théâtre et la salle ne sera pas ouverte de la soirée. Ainsi je n’ai pris qu’un billet de parterre

pour vous, mais j’ai retenu en même temps une de balcon ou 1re galerie. Tout ce que je puis faire pour vous est de vous donner

un mot pour le contrôleur et vous resterés dans le vestibule jusqu’à l’ouverture des portes. Alors vous serrai sûr d’entrer l’un

des premiers... » (à « Monsieur Bonnellier »).

ON JOINT une lettre de sa femme l’actrice Charlotte Vanhove (1823).

167 TERRASSE (Claude). Ensemble de 9 lettres autographes signées. 1902-1922. 300/400

« ... Il ne faut pas compter sur LA PETITE FEMME DE LOTH. Tristan BERNARD, après le succès qu’avait remporté la pièce dans

un cadre comme l’Opéra-Comique, comparativement à celui des Mathurins, dans l’intérêt de la pièce, désire attendre une

occasion qui lui semble prochaine de donner la pièce avec chœur et grand orchestre... NOUS ALLONS TRAVAILLER SÉRIEUSEMENT

AVEC DE FOUQUIÈRES ET KOLB ET VOUS PRÉPARER UNE BELLE OPÉRETTE POUR AVRIL... » (30 novembre 1911).

« ... Encore tous mes remerciements pour l’admirable effort artistique que tu as fait pour mettre en valeur nos “TRAVAUX

D’HERCULE”... » (10 mars 1919).

« Les auteurs de TÉLÉMAQUE vous seraient reconnaissants de vouloir bien, si possible, faire passer dans Le Figaro la dédicace

de la partition qu’ils ont signée pour madame Carré... » (s.d.).

168 THÉÂTRE. – Très important ensemble d’environ 2000 lettres et pièces de comédiens,

essentiellement, avec quelques auteurs dramatiques et directeurs de salles, XIX e -XX e siècles.

Collection montée sur des feuillets de papier fort avec des portraits gravés ou

photographiques, reproductions, coupures de presse et documents divers. 6.000/8.000

Marie-Léonide AGAR, Marthe AGUILLON, ALBERT-LAMBERT, ARISTIPPE, Étienne ARNAL, Jeanne-Sylvanie-Sophie

ARNOULD-PLESSY, Jean-Pierre AUMONT, BAPTISTE aîné, Julia BARTET, Harry BAUR, Éric BERNARD, Henry BERNSTEIN,

Pierre BERTON, Dominique BONNAUD, Hugues Marie Désiré BOUFFÉ, Félix BOUTET DE MONVEL, Charles BOYER,

Rachel BOYER, Albert et Jules BRASSEUR, BRÉMONT, Béatrice BRETTY, André BRUNOT, André CALMETTES,

Pauline CARTON, Jules CLARETIE, Jean COQUELIN, Jean CROUÉ, DAZINCOURT, Max DEARLY, Jeanne DELVAIR,

Suzanne DESPRÈS, Mlle DICA-PETIT, DRANEM, Joséphine DUCHESNOIS, Raphaël DUFLOS, Renée DU MINIL,

Adolphe DUPUIS, Pierre DUX, Adolphe-Simonis EMPIS, Maurice ESCANDE, Charles ESQUIER, Jane ESSLER, Émile FABRE,

Anaïs FARGUEIL, René FAUCHOIS, Marie FAVART, Léontine FAY, Frédéric FEBVRE, Maurice de FÉRAUDY, FIRMIN,

Victor FRANCEN, FRANC-NOHAIN, FURSY, Pierre FRESNAY, Félix GALIPAUX, Edmond GEFFROY, Firmin GÉMIER,

Edmond GOT, Jeanne GRANIER, Jane HADING, Jacques HÉBERTOT, Félix HUGUENET, John Henry IRVING, Louis JOUVET,

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Victor KONING, LACRESSONNIÈRE, Henry LAFONTAINE, Cora LAPARCERIE, Jean-Paul LASSOUCHE, Marie LAURENT,

Charles LE BARGY, Léonide LEBLANC, Marie LECONTE, Jules LEITNER, Louis LELOIR, Augustine LERICHE,

Charlotte LYSÈS, MAYOL, MISTINGUETT, Céleste MOGADOR, Marguerite MORENO, Gaby MORLAY, Paul MOUNET,

Jean MOUNET-SULLY, Ermete NOVELLI, NUMA, Armand NUMÈS, PAULUS, Marie-Thérèse PIÉRAT, POLIN, Xavier PRIVAS,

Marthe RÉGNIER, Suzanne REICHENBERG, Louis Minet de ROSAMBEAU, Suzanne ROUYER, François Victor Arthur Gilles

de SAINT-GERMAIN, Jeanne SAMARY, Augustine-Célestine SCRIVANECK, Eugénie SEGOND-WEBER, Madame SIMONE,

Cécile SOREL, Émile TAIGNY, Paul Félix Joseph TAILLADE, baron Isidore TAYLOR, Louise THÉO, Jules TRUFFIER,

Louis VERNEUIL, VICTOR, Robert VIDALIN, Georges WAGUE, Gustave WORMS, Léonie YAHNE, etc.

169 THIBAUD (Jacques). 3 lettres autographes signées. 1905, 1906, et s.d. 6 pp. in-12. 100/150

« Je joue ici ce soir, je suis fourbu, je ne peux plus marcher et je ne vois pas la fin de la saison !... Où en êtes-vous avec la

tournée PUGNO ? Comment est l’itinéraire ?... Succès énorme partout. Je suis ravi... » (Strasbourg, 15 mars 1905).

« Arrangez-vous avec CORTOT pour cette question de Belgique... Pour Mulhouse, Astruc m’écrit que le concert aura lieu en

avril... » (La Bourboule, 29 juillet 1906).

170 THOMAS (Ambroise). Ensemble de 17 lettres et cartes (une au crayon), dont 14 autographes

signées et 3 autographes. 1849-1894. 400/500

« Madame, je vous envoie les modifications que vous m’avez demandées pour L’AIR D’OPHÉLIE n°6. La coupure que je vous

propose est très simple, elle n’exige aucun raccord à l’orchestre qui n’aura qu’à compter trois mesures de silence à la soudure

même. Pendant ce silence de l’orchestre, la voix continue ses traits qui conduisent aux dernières mesures de l’air... »

(2 décembre 1874).

« Madame, après avoir reçu la lettre que vous avez eu la bonté de m’écrire, j’ai inscrit le nom de monsieur Pradier en tête de

ma liste... » (« Mardi »).

« Monsieur, les occupations dont je suis accablé m’ont empêché jusqu’à aujourd’hui de lire complètement votre poème d’opéra.

Vos vers dénotent des sentiments élevés et d’heureuses tendances lyriques ; mais ce sujet politique me semble dangereux dans

tous les temps... » (11 août 1874).

« Cher Monsieur AUBER, voulez-vous avoir la bonté de donner un billet de 2de galerie au porteur de ma lettre ?... »

(« vendredi 2 »).

171 VAN DONGEN (Cornelis Theodorus Marie, dit Kees). Lettre autographe signée à une

« chère amie ». Paris, 18 décembre 1925. 1/2 p. in-folio, en-tête imprimé, petites déchirures

marginales. 200/300

« VOICI VOTRE PETIT TABLEAU DE FLEURS. Votre portrait quoique inachevé a beaucoup de succès mais c’est plutôt la jolie femme

que la peinture et pour que cela soit pour les deux il faut que vous trouviez le temps de venir POSER ENCORE UNE OU DEUX FOIS

POUR QU’ON TERMINE CETTE PEINTURE. À quand ?... »

ON JOINT 2 photographies de Van Dongen et d’un modèle devant son portrait par l’artiste ; ainsi qu’un catalogue

imprimé d’une Exposition Van Dongen (1925).

172 VERDI (Giuseppe). Carte de visite avec un mot autographe. S.d. 150/200

« Congratulazioni ».

173 VERLAINE (Paul). Manuscrit autographe signé d’un poème, daté du 1 er décembre 1891. 1 p. in-

8, sur un feuillet monté sur carton fort. 1.500/1.800

Poème de 24 vers publié d’abord dans L’Ermitage le 15 mai 1892 et dans Le Gil Blas le 15 juin 1892, intégré dans le

recueil des ODES EN SON HONNEUR paru en mai 1893.

« Riche ventre qui n’a jamais porté,

Seins opulents qui n’ont pas allaité

Bras frais et gras purs de tout soin servile,

... Croupe superbe éprise de loisir

Sauf aux travaux du suprême plaisir,

Aux gais combats dont c’est l’arrière-garde,

... Puis, au repos, – cuisses, mollets, genoux,

Fleurant comme ambre et blanches comme tout,

Tel le pastel d’après ma femme nue ! »

Le présent manuscrit comporte une petite variante avec la version définitive dans ses deux avant-derniers vers

(cités ci-dessus), devenus : « Puis, au repos – cuisses, genoux, mollet, – / Fleurant comme ambre et blanches comme lait ».

Cette variante n’est pas recensée par Le Dantec et Borel dans leur édition des Œuvres poétiques complètes de Verlaine

(Pléiade, 1968).

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174 VIARDOT (Pauline Garcia, Madame). Lettre autographe signée. Paris, 3 février 1884. 1 p. 1/2

in-12. 50/100

« ... J’AI ÉTÉ CHEZ LES SAND – J’AI PARLÉ À MAURICE, QUI CONSENT À LAISSER ARRANGER CONSUELO EN LIBRETTO. On pourra

même en causer avec lui qui pourrait peut-être y travailler... Vous recevrez une invitation pour la représentation des

MARIONNETTES du vendredi... ».

175 VIARDOT (Pauline Garcia, Madame). Ensemble de 20 lettres et cartes, dont 18 autographes

signées (une en allemand) et 2 signées. 1850-1887. 300/400

« Mon cher Monsieur ROQUEPLAN... MA RENTRÉE À L’OPÉRA est ajournée du 15 au 25 de ce mois... nous serons de retour à

Paris dès le 18, et... j’espère pouvoir me mettre immédiatement à votre disposition pour les répétitions qui seraient à faire

(une au piano, une à orchestre me semblent suffisantes... » (11 octobre 1850).

« Ma chère Léontine, je vous prie de faire ôter toute cette blague de l’affiche. Il paraît que l’on a mis une tyrolienne et un

boléro espagnol. Comme il n’en est pas question, néanmoins les personnes qui ne se trouveront pas avoir ce qui leur a été

promis seront fâchées contre moi et me traiteront de capricieuse. La nouvelle affiche aussi menteuse que la première – je vous

en prie faites mettre une bandelette sur les morceaux ci-dessus mentionnés, et, au lieu de l’air du FREYSCHÜTZ, mettez “grande

scène et air d’HÉLOÏSA de Costa (redemandé)”, et puis le duo de SEMIRAMIDE avec Mme Damoreau – et puis c’est tout !... »

(« ce 23 mars »).

« Chère Madame, LE PROPHÈTE est toujours annoncé pour dimanche, et je ne pense pas qu’il y aura un changement, à moins

d’accidents imprévus... » (s.d.).

176 WAGNER (Cosima Liszt, Madame). Lettre autographe signée à Gaetano Belloni, ancien

secrétaire de Franz Liszt. Florence, 20 novembre 1897. 2 pp. in-8, petite décoloration.

300/400

« Ce serait avec le plus grand plaisir que j’eusse satisfait à votre demande, si j’y étais autorisée. Mais, C’EST LA PRINCESSE

WITTGENSTEIN, QUI A ÉTÉ CONSTITUÉE L’HÉRITIÈRE DE MON PÈRE [FRANZ LISZT], et après sa mort c’est sa fille la princesse Marie

Hohenlohe qui a hérité de ses droits. Je suis parfaitement sûre qu’elle cédera à votre légitime réclamation, si vous lui présentez

la lettre où mon père vous déclare héritier de ses droits d’auteur... »

Fille de Franz Liszt et de Marie d’Agoult, Cosima (1837-1930) se maria en 1857 avec le chef d’orchestre Hans Van

Bülow puis devint la maîtresse de Wagner qu’elle épousa en 1870.

177 WIDOR (Charles-Marie). Ensemble de 10 lettres autographes signées. 1890-1932 et s.d.

400/500

« Mille fois merci du petit courrier d’hier ! J’y aurais répondu immédiatement sans JEANNE D’ARC qui est de jour en jour plus

absorbant ; il faut que j’aie livré jeudi prochain toute la partie mimée du 2 e tableau, et je n’aurai terminé le premier que demain

soir ! Ce matin je me suis trouvé au Conservatoire pour le jury du prix de Rome avec THOMAS, GOUNOD ET DELIBES, et on a

parlé de vous avec grande émotion, vous le savez !... » (10 mai 1890).

178 WINDSOR (Edward, duc de). Réunion de souvenirs concernant le duc, qui régna sous le nom

d’Edward VIII avant d’abdiquer en 1936. 300/400

Boîte en verre avec couvercle en métal argenté au chiffre couronné « WE », initiales des prénoms du duc et de la

duchesse de Windsor (Wallis et Edward).

Portrait photographique du duc en costume militaire écossais (cliché signé Bertram Park, 268 x 174 mm).

Portrait gravé sur cuivre du duc, en buste, signé par Gerald G. Harrison (24 x 17 cm).

179 ZOLA (Émile). Lettre autographe signée. Paris, 5 novembre 1889. 1 p. in-folio. 150/200

« J’irai, aujourd’hui mardi, vers quatre heures, vous prendre cinq mille francs ; et vous seriez bien aimable de tenir cette somme

à ma disposition... »

180 ZOLA (Émile). Ensemble de 3 lettres et 4 cartes de visite autographes signées. 1878-1896 et s.d.

600/800

« J’ai reçu et j’ai lu vos Fleurs du bitume... Mais il me sera bien difficile d’en parler dans le Voltaire, car je ne vois pas ce

que je pourrais en dire, au point de vue de la campagne que je fais... » (à Émile Goudeau, 17 août 1878).

« Mon cher ami, nous serons très heureux de vous avoir le dimanche qu’il vous plaira [à Médan]... Nous n’avons encore ni

cheval ni voiture, il te faudra descendre à Poissy, dans le cas où la course à pied t’effrayerait... » (16 juin 1887).

« Mon cher GANDERAX, je n’ai qu’à me louer de “La Revue de Paris”, elle ne m’a causé aucune contrariété, et c’est moi qui

serais désolé de vous avoir été le moins du monde désagréable... Certainement, je serais très heureux d’accepter votre très

aimable offre à déjeuner. Mais JE TRAVAILLE LE MATIN, JUSQU’À UNE HEURE, ET EN CE MOMENT JE M’ACHARNE TELLEMENT À UNE

BESOGNE, QUE JE NE VEUX PAS PERDRE UN JOUR... » (25 novembre 1896).

« Avec mes tardifs, mais bien sincères remerciements pour l’aimable envoi des “Braves gens”, cette œuvre admirable

d’héroïsme et de douleur... » (s.d.).

« Avec le regret de ne rien vouloir publier d’inédit à l’étranger, en ce moment – et avec l’autorisation de prendre dans mon

œuvre et de publier les lignes qu’on me demande et qu’on trouvera aisément, par exemple dans “PARIS”... » (s.d.).

« Mon cher confrère, je crois que vous pouvez reproduire un fragment de “L’ŒUVRE” dans votre revue, s’il n’est pas trop

important... » (s.d.).

ON JOINT 2 lettres autographes signées de sa femme Alexandrine Meley (1915).

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CONDITIONS DE VENTE ET ENCHÈRES

La vente est soumise à la législation française et aux conditions

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demande. Les informations y figurant sont fournies gracieusement et à

titre indicatif uniquement. Celles-ci ne sauraient engager en aucune

manière la responsabilité de Tajan. Par ailleurs, aucune réclamation à

propos des restaurations d’usage, retouches ou ré-entoilages ne sera

possible.

PARTICIPATION À LA VENTE

Pour participer à la vente, il sera demandé à toute personne qui souhaite

participer à une vente organisée chez Tajan pour la première fois

ou n’ayant pas participé récemment à une vente Tajan de fournir des

références bancaires. Il sera également nécessaire de fournir une

pièce d’identité.

ORDRE D’ACHAT ET ENCHÈRES PAR TÉLÉPHONE

Les ordres d’achat sont un service gracieux rendu au client. En aucun

cas Tajan ne pourra être tenu responsable de tout problème d’exécution

desdits ordres.

Si vous souhaitez faire une offre d’achat par écrit ou enchérir par téléphone,

vous devez utiliser le formulaire prévu à cet effet en fin de catalogue.

Celui-ci doit nous parvenir au plus tard 2 jours ouvrés avant la

vente accompagné de vos coordonnées bancaires, ainsi qu’une copie

d’une pièce d’identité.

Dans le cas de plusieurs offres d’achat de montant égal, la première

offre reçue par Tajan l’emporte sur les autres.

Les enchères par téléphone sont un service gracieux rendu aux clients

qui ne peuvent se déplacer. En aucun cas Tajan ne pourra être tenue

responsable d’un problème de liaison téléphonique. Par ailleurs, Tajan

se réserve le droit d’enregistrer toute communication téléphonique

durant la vente.

Dans ces deux cas, les ordres doivent être données en Euros.

ENCHÈRES

Les enchères suivent l’ordre des numéros au catalogue.

Tajan est libre de fixer l’ordre de progression des enchères et les

enchérisseurs sont tenus de s’y conformer.

Le plus offrant et dernier enchérisseur sera l’adjudicataire.

En cas de double enchère reconnue effective par Tajan, l’objet sera

remis en vente, tous les amateurs présents pouvant concourir à cette

deuxième mise en adjudication.

Toute personne qui enchérit durant la vente est réputée le faire à titre

personnel et en assume la pleine responsabilité, à moins d’avoir préalablement

fait enregistrer par Tajan un mandat régulier précisant que

l’enchère est réalisée au profit d’un tiers.

La vente aura lieu en Euros (€). Un panneau convertisseur de devises

sera mis à la disposition des enchérisseurs durant la vente. Les informations

y figurant sont fournies à titre indicatif seulement. Des erreurs

peuvent survenir dans l’utilisation de ce système et Tajan n’est en

aucun cas responsable pour ces informations. Seules les informations

fournies par le commissaire priseur habilité en Euros font foi.

PAIEMENT

Les achats sont payables comptant, sur le lieu de la vente ou au service

Caisse de la société Tajan, 37 rue des Mathurins 75008 Paris.

Les achats ne peuvent être retirés qu’après paiement de l’intégralité

des sommes dues. En cas de paiement par chèque ou par virement, la

délivrance des objets pourra être différée jusqu’à l’encaissement. Dès

l’adjudication, l’objet sera sous l’entière responsabilité de l’adjudicataire.

L’acquéreur sera lui-même chargé de faire assurer ses acquisitions.

Tajan décline toute responsabilité quant aux dommages que l’objet

pourrait encourir, et ceci dès l’adjudication prononcée.

Le paiement peut être effectué :

Par chèque en Euros

Par carte bleue, Visa, American Express

En espèces, en Euros, dans certaines limites et notamment : 3 000 €

pour les personnes physiques résident français.

Par virement bancaire en Euros sur le compte :

4079 8000 0111 4095 0000 156 - TAJAN SA

BANQUE OBC

57 AVENUE D’IÉNA, 75116 PARIS, FRANCE

CODE BANQUE : 4.798

CODE GUICHET : 00001

CODE SWIFT : OBCBFRPP

IBAN : FR 76

DÉFAUT DE PAIEMENT

Conformément à l’article 14 de la loi n° 2000-642 du 10 juillet 2000,

à défaut de paiement par l’adjudicataire, après mise en demeure restée

infructueuse, à la demande du vendeur, le lot sera remis en vente

sur folle enchère de l’adjudicataire défaillant. Dans ce cas, Tajan réclamera

à l’adjudicataire défaillant de percevoir de sa part la différence

entre le prix global initial et le prix global sur folle enchère pour le cas

où ce dernier serait inférieur.

Dans certains cas, l’Etat Français peut exercer un droit de préemption

sur les œuvres d’art ou les documents privés mis en vente publique.

L’Etat se substitue alors au dernier enchérisseur. Dans un tel cas, le

représentant de l’Etat fait la déclaration de préemption à Tajan une fois

prononcée l’adjudication de l’œuvre mise en vente et il en est fait mention

dans le procès verbal. La décision de préemption doit ensuite être

confirmée dans un délai de quinze jours. Tajan n’est en aucun cas responsable

des décisions administratives de préemption pouvant être

prises.

RETRAIT DES ACHATS

Pour toute information concernant le lieu de retrait de leurs objets, les

acheteurs sont invités à téléphoner au +33 1 53 30 30 04

Il est vivement demandé aux adjudicataires de procéder à un enlèvement

le plus rapide possible de leurs achats, afin de limiter les frais de

stockage pouvant être à leur charge. L’entreposage des lots ne saurait

engager en aucune façon la responsabilité de Tajan.

Sauf accord écrit préalable, chaque lot adjugé sera livré à la société

Les Transports Monin. Cette entreprise pourra, sur devis préalablement

approuvé, assurer l’expédition des achats. Les 8 premiers jours de

stockage suivant la vente seront gratuits. Au-delà, la société Monin

facturera des frais d’entreposage et d’assurance à l’adjudicataire.

TERMS OF SALE AND BIDDING

The sale is governed by French Law and the terms of sale presented in

this catalogue. The sale is made upon the condition of immediate payment

and is executed in Euros (€). The present document is a translation

of the French version of these terms of sale. In the event of a dispute,

the French language version of these terms will be considered as

the valid terms.

ESTIMATES

The estimate appearing beside each lot does not include the buyer’s

premium, other expenses as defined herein or VAT.

BUYER’S PREMIUM

In addition to the hammer price, the purchaser will pay a Buyer’s

Premium for each lot as follows:

AUTOGRAPHS AND MANUSCRIPTS

For the consideration up to €100 000:

19.5% + VAT, ie 23,32% tax included.

For the amount of the consideration exceeding €100 000:

12% + VAT, ie 14.35% tax included.

Lots marked with the ƒ symbol will be subject to an additional charge of

5.54% (excluding VAT), ie 6.57% tax included, of the hammer price.

BOOKS

For the consideration up to €100 000:

19,5% + VAT ie 20,57% tax included.

For the amount of the consideration exceeding €100 000:

12% + VAT ie 12.66% tax included.

EXCEPTIONS

Lots marked with the ƒ symbol will be subject to an additional charge of

5.5% (excluding VAT), ie 5.80% tax included, of the hammer price.

For more information, please contact our cashier on +33 1 53 30 30 35.

WARRANTIES

The representations made in the catalogue are made by Tajan and the

designated expert for the lot to the standards required for a French

auction house and subject to corrections and amendments which may

be made by the accredited auctioneer at the time of the sale. This

information, including the dimensions stated in the catalogue are stated

for information purposes only and Tajan’s responsibility may not be

engaged for any difference. Pre-auction viewings are open to the

public free of charge to enable potential purchasers to examine the

state and exact dimensions of any work offered for sale. No claim may

be made once the auctioneer’s hammer has fallen.

A condition report is available on request for all lots presented in the

catalogue and for which the low estimate exceeds €1 000. This report

may be provided free of charge and for information purposes only.

Tajan offers no warranty for the information contained therein

Furthermore, no claim may be made for any usual restoration, reworking,

or remounting.

BIDDING

In order to participate in the sale, new clients or those who have not

recently purchased an item in a Tajan sale will be required to present

a bank reference and identity papers.

ABSENTEE BIDS AND TELEPHONE BIDS

Absentee bids are a service provided free of charge to our clients. Tajan

accepts no liability for any problem in the execution of such orders.

If you wish to make an absentee bid in writing, or participate by telephone,

please use the form provided at the end of this catalogue. The

form must reach Tajan no later than two days before the date of the

sale, together with your bank references and copy of your proof of

identity.

If Tajan receives absentee bids for the same amount, the first such bid

received will prevail.

Telephone bids are a service provided free of charge to our clients.

Tajan accepts no liability for any problem in the execution of such

orders, including any problem resulting from the connection.

Furthermore, Tajan reserves the right to record any telephone conversation

made during the sale.

In both of the above cases, the bids must be made in Euros.

BIDDING

The auction will be carried out following the order of the lot numbers as

they are presented in the catalogue.

Tajan is free to set the increment of each bid, and all bidders must adhere

to this process. The highest and last bidder will be the prevailing bidder.

In the event of a double bid duly recognized as such by Tajan, the lot

will be put back to sale and all bidders will be entitled to continue bidding.

Any person making a bid at the sale is deemed to be doing so in his

own name and assumes full responsibility for his bids, unless he has

registered himself as an agent with Tajan, prior to the sale and in a

manner acceptable to Tajan.

The sale is carried out in Euros (€). As a service to the bidders, a currency

conversion panel will be shown during the auction. The currency

rates shown are indicative only. Errors or discrepancies may occur and

in no event is Tajan responsible for the information shown on this

panel. The only valid information is the euro price as stated by the auctioneer.

PAYMENT

Buyers are expected to pay for purchases immediately after the auction

at the cashier’s department, Tajan, 37 rue des Mathurins, 75008

Paris, France.

Possession of purchases may only be made after full payment of all

sums due. Should payment be made by cheque or wire transfer, the

release of lots may be delayed until the amount is credited on Tajan’s

account. Once the hammer falls, the lot becomes the responsibility of

the purchaser who will be required to insure it. From this moment,

Tajan will no longer be responsible for any damage which the lot could

suffer.

Payment may be made:

By cheque in Euros

By credit card, Carte Bleue, Visa, American Express

In cash, subject to certain limits and notably, €3 000 for individuals

resident in France

By wire transfer to:

4079 8000 0111 4095 0000 156 - TAJAN SA

BANQUE OBC

57 AVENUE D’IÉNA, 75116 PARIS, FRANCE

CODE BANQUE: 4.798

CODE GUICHET: 00001

CODE SWIFT: OBCBFRPP

IBAN: FR 76

NON-PAYMENT

In accordance with Article 14 of Law # 2000-642, in the event of the

buyer failing to pay and after a notice and demand for payment having

been made by Tajan and ignored by the buyer, the lot will be represented

for sale without the consent of the buyer. In such a case, Tajan will

claim any difference between the original purchase price and the resale

price from the buyer who failed to pay.

PRE-EMPTION

In certain cases the French State is entitled to use a pre-emption right

to acquire works of art or documents presented in an auction. In such

a case the State substitutes itself for the final bidder and becomes the

purchaser of the work. In such a case, the representative of the State

announces the exercise of a pre-emption right once the hammer falls

and this will be duly recorder in the official sale records. The decision

of the French state to pre-empt must be confirmed within 15 days of

the auction. Tajan may not be held responsible for any administrative

decision taken by the French State regarding the use of its pre-emption

right.

DELIVERY

For any confirmation concerning the withdrawal of a purchase, buyers

may call Tajan on +33 1 53 30 30 04.

Tajan strongly recommends that the purchaser of any lots takes possession

of their purchases as soon as possible in order to limit their

storage costs. Tajan is not responsible for any risks associated with

such storage.

Unless agreed in writing before the auction, all sold lots will be delivered

to Transports Monin. No charge will be made for the first eight days

of storage. Thereafter, Transports Monin will invoice storage and insurance

costs to the purchaser.

60 61


62

ORDRE D’ACHAT / ABSENTEE BID FORM

ENCHÈRES PAR TÉLÉPHONE / TELEPHONE BID FORM

AUTOGRAPHES ET MANUSCRITS

COLLECTION D’UN AMATEUR ET À DIVERS

HÔTEL DROUOT - SALLE 16 - 4 OCTOBRE 2005 À 14 H 30

NOM ET PRÉNOM / NAME AND FIRST NAME

ADRESSE / ADDRESS

TÉL / PHONE PORTABLE / MOBILE

RÉFÉRENCES BANCAIRES / BANK REFERENCES NOM DE LA BANQUE / NAME OF BANK N° DE COMPTE / ACCOUNT N°

ADRESSE DE LA BANQUE / BANK ADDRESS N° DE TÉLÉPHONE DE LA BANQUE / BANK TEL N°

TÉLÉPHONE PENDANT LA VENTE / TELEPHONE DURING THE AUCTION

DATE

LOT N O

DESCRIPTION DU LOT / LOT DESCRIPTION

* LES LIMITES NE COMPRENANT PAS LES FRAIS LÉGAUX / THESE LIMITS DO NOT INCLUDE FEES AND TAXES

APRÈS AVOIR PRIS CONNAISSANCE DES CONDITIONS DE VENTE, JE DÉCLARE LES ACCEPTER ET VOUS PRIE D'ACQUÉRIR

POUR MON COMPTE PERSONNEL AUX LIMITES INDIQUÉES EN €, LES LOTS QUE J'AI DÉSIGNÉS.

SIGNATURE OBLIGATOIRE / REQUIRED SIGNATURE

FAX

* LIMITE EN € / TOP LIMIT OF BID IN €

I HAVE READ THE TERMS OF SALE, I GRANT YOU PERMISSION TO PURCHASE ON MY BEHALF THE FOLLOWING ITEMS WITHIN THE LIMITS INDICATED IN €.

FAXER À / PLEASE FAX TO +33 1 53 30 30 31

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