Pulsations Avril 2021

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Pulsations

Avril - Juin 2021

Mieux-vivre

Surfer sur

les vagues

du Covid-19

Junior

Le sucre

DOSSIER

Partenariat

Le savoir

des patient.es


URGENCES TROIS-CHÊNE,

UN ACCUEIL RAPIDE ET

EXCLUSIF AUX PERSONNES

DE 75 ANS ET PLUS

Pour les urgences non vitales et non chirurgicales

Ouvert tous les jours de 8h à 19h

Hôpital des Trois-Chêne

Chemin du Pont-Bochet 3

1226 Thônex

Accueil d’urgence :

022 305 60 60


Pulsations

Avril - Juin 2021

Sommaire

Actualité

04

Rencontrer les jeunes

en rupture

06

Nouvelle unité

de réadaptation

en cardiologie

08

Un robot pour les

prothèses du genou

22

L’organe

La vésicule biliaire

24

Le portrait

Sandra Merkli :

« Œuvrer pour

décloisonner

l’hôpital »

32

Reportage

La voirie

des HUG

36

Prise en charge

L’interruption

de grossesse

médicamenteuse

à domicile

38

L’invitée

Dre Aglaé Tardin,

médecin cantonale

40

Junior

« Je suis un

bec à sucre »

10

22

24

32

09

Maison

de l’enfant

et de l’adolescent

10

Réalité virtuelle

contre la douleur

12

Rencontre

Pr Jean-Luc Reny, au

cœur de la médecine

interne générale

26

Traitement

Les plaies complexes

28

Témoignage

Francis Grandi :

« Ce n’est pas facile

de voir ma femme

régresser ainsi »

30

L’infographie

Les médicaments

14

DOSSIER

PARTENARIAT

Le savoir des

patient∙es

42

Mieux-vivre

Garder le moral

malgré la pandémie

44

Brèves

Agenda

48

Livres & Web

Pour en savoir plus

IMPRESSUM Editeur Bertrand Levrat, Hôpitaux universitaires de Genève, Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4, CH-1211 Genève 14, www.hug.ch Réalisation Bertrand Kiefer, Michael

Balavoine, Planète Santé / Médecine et Hygiène, www.planetesante.ch Responsable de publication Frédérique Tissandier Rédactrice en chef Suzy Soumaille Edition Joanna Szymanski,

Giuseppe Costa Maquette et mise en page Jennifer Freuler, Bogsch & Bacco Publicité Michaela Kirschner, pub@medhyg.ch Abonnements Version électronique : gratuit, www.hug.ch/

pulsations-magazine. Version papier : gratuit, Tél. 022 702 93 11, www.pulsations.swiss Fiche technique Tirage : 39’500 exemplaires, 4 fois par an. Référence 441696 — La reproduction totale

ou partielle des articles contenus dans Pulsations est autorisée, libre de droits, avec mention obligatoire de la source.

Crédits couverture: istockphoto, Science Photo Library, Carolina Pimenta Crédits sommaire : istockphoto, Fred Merz | Lundi 13, Nicolas Righetti | Lundi 13

1


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PROCHAINES ÉDITIONS 2021

MODULES NUTRITION ARTIFICIELLE

ÉVALUATION CLINIQUE ENFANT &

ADOLESCENT & FAMILLE

ÉVALUATION CLINIQUE PERSONNE ÂGÉE

ÉVALUATION CLINIQUE SANTÉ MENTALE

RÉSEAUX & PARTENARIAT

OUTILS ET CONNAISSANCES POUR L’USAGE

DES SAVOIRS SCIENTIFIQUES

CONDUITE DE PROJETS

MALTRAITANCE ENVERS LA PERSONNE ÂGÉE

CAS

DAS

COORDINATION DES SOINS ET TRAVAIL EN RÉSEAU

PROMOTION DE LA SANTÉ ET PRÉVENTION

DANS LA COMMUNAUTÉ

SANTÉ DES POPULATIONS VIEILLISSANTES

Liste complète des formations et renseignements : www.ecolelasource.ch

505 529

www.ecolelasource.ch


Pulsations

Patient·e,

un nouveau

métier ?

« Cherche patient∙e

expérimenté∙e pour

poste à 50% au sein

de l’hôpital. Durée

du contrat : 2,5 ans ».

Annonce bidon ? Non,

mais sans aucun doute

une première. Un

program me clé du

nouveau plan stratégique

des HUG sera co-dirigé

par un∙e patient∙e et

un∙e professionnel∙le

de la santé. Un casting

de rêve pour mener des

projets qui visent à mieux

intégrer les proches, les

malades et les bénévoles

pour améliorer la qualité des soins.

Suzy Soumaille

Rédactrice en chef

« Le patient a le vécu,

les soignants possèdent

les connaissances.

Pour avancer,

il faut mettre les deux

ensemble », peut-on

lire dans le dossier de

cette édition (lire en

page 14). Fondée sur

la reconnaissance de

la complémentarité

des savoirs, cette

approche collaborative

est aujourd’hui encouragée

dans tous les

domaines médicaux,

mais pas seulement.

Grâce à la création

d’une plateforme de

recrutement, plusieurs

centaines de patient∙es

et proches aidant∙es

participent déjà à des

projets touchant aussi

bien les prises en

charge et la recherche

clinique que l’organisation

de l’hôpital et la gouvernance.

Avril - Juin 2021

E d i t o r i a l

Ce binôme inédit est le fruit d’un

changement de culture insufflé

depuis six ans dans le cadre du projet

« Patients partenaires ». Modèle

traditionnel à sens unique, le paternalisme

médical recule toujours plus

au profit d’un authentique partenariat

avec les usagers des soins.

Se former au partenariat est l’autre

idée phare pour diffuser largement ce

nouveau mode relationnel dans tout

le réseau de santé et auprès du grand

public. L’enseignement est bien sûr

dispensé par des patient·es et des

professionnel·les. On ne change pas

une équipe qui gagne.

3


Pulsations

Sortir des murs

pour rencontrer

les jeunes

en rupture

Avril - Juin 2021

A c t u a l i t é

Par Esther Rich Photo Fred Merz | lundi13

L‘Équipe mobile du jeune

adulte offre une prise

en soins précoce. Elle se

déplace à domicile, dans

un café, dans un parc…

là où elle peut établir un

contact avec la personne.

Pour les jeunes souffrant d’un

trouble psychique grave

(comme la psychose, un trouble

de l’humeur ou un trouble

de personnalité), il n’est pas

évident de se rendre dans un cabinet

médical ou à l’hôpital. La peur de sortir

de chez soi, le sentiment d’être stigmatisé∙e

en poussant la porte d’une unité psychiatrique

ou simplement le déni de la situation

sont autant de barrières qui laissent ces

personnes fragiles sur le carreau, sans

aucune prise en soins.

L’Unité de psychiatrie du jeune adulte

– destinée aux 18-25 ans – a donc mis

en place une petite équipe mobile,

constituée de deux infirmier∙ères, qui

se déplace à domicile, dans un café,

dans un parc… là où elle peut établir

un contact avec la personne. « Plus

la détection et l’intervention pour les

troubles psychiatriques sont précoces,

mieux c’est. Plus on laisse les troubles

se développer dans le temps, moins bon

sera le pronostic. L’équipe mobile permet

d’aller à la rencontre de ces jeunes qui

ne viennent pas ou plus consulter »,

explique le Dr Logos Curtis, responsable

de l’Unité de psychiatrie du jeune adulte.

Garder le contact

L’idée de se déplacer hors de l’hôpital

est en particulier venue d’un besoin

d’assurer une transition entre la fin d’une

hospitalisation et le retour à domicile des

patient.es. C’est ainsi qu’est né le concept

de case management de transition. « Les

personnes hospitalisées pour une crise

grave sont vues par l’un des infirmiers

de l’équipe mobile avant leur retour dans

la communauté. Une fois sorties, l’infirmier

reprend contact avec elles et les voit

à l'extérieur », ajoute le Dr Curtis.

Par ailleurs, l’équipe mobile du jeune

adulte a aussi été développée pour aller

à la rencontre de celles et ceux qui ne

sont pas suivi∙es. Elle se mobilise suite

à une demande de toute personne (proche,

enseignant.e) qui se manifeste pour venir

en aide à un.e jeune en rupture. « Dans

un premier temps, nous ne cherchons pas

à apporter des soins, mais à évaluer le

problème que rencontre le jeune dans

son quotidien. Cela peut être un problème

financier pour lequel il doit demander

de l’aide, une recherche d’emploi ou de

4


Actualité

formation, etc. Petit à petit, nous

allons traiter les symptômes qui freinent

les objectifs du patient », détaille

Audrey Metral, infirmière spécialisée

de l'équipe mobile.

Rencontrer ces personnes à leur domicile

ou dans leur environnement permet à

l’infirmier.ère de mieux évaluer leurs

besoins et de les orienter vers les membres

du réseau de santé. « Aider le jeune à se

raccrocher à un projet fait toute la différence.

Notre mobilité et notre flexibilité

nous ouvrent clairement des portes. Nous

employons aussi un langage qui sort du

jargon psychiatrique habituel et qui parle

davantage aux jeunes que nous aidons »,

relève Ioannis Papoutsos, infirmier spécialisé,

faisant lui aussi partie de l'équipe.

L’équipe mobile du jeune adulte suit – depuis

sa création en 2019 – une cinquantaine de

jeunes. Son but est de réussir petit à petit à

les faire intégrer une structure de soins plus

conventionnelle pour un suivi durable.

Théo* : « L’infirmière de l’équipe

mobile a été comme une main

rassurante sur mon épaule »

Les proches de Théo*, la vingtaine, se sont rendu

compte que quelque chose n’allait pas durant

l’été 2019 : « Je consommais du cannabis tous

les jours et je vivais en accéléré. Mon état maniaque

m’empêchait de dormir. Étant engagé

sur plusieurs projets avec des délais assez serrés,

j’ai profité de mes insomnies pour avancer. Je

suis toutefois devenu très irritable. Mes parents

se sont inquiétés et moi aussi. J’ai demandé à

être hospitalisé. » Le jeune homme passe ainsi

deux mois à l’Unité de psychiatrie du jeune

adulte. Le diagnostic de trouble bipolaire est

posé. « Pendant mon séjour hospitalier, j’avais

un médecin et un infirmier référents. En sortant,

grâce à Audrey Metral de l’équipe mobile, j’ai

pu continuer à avoir une personne référente.

Elle a été comme une main rassurante sur mon

épaule. Elle a joué un rôle important pour que

ma transition entre l’hôpital et le cabinet privé

où je suis actuellement suivi se passe au mieux. »

* Prénom d’emprunt.

Avril - Juin 2021

5


Pulsations

Une parenthèse

pour soi

et son cœur

Avril - Juin 2021

A c t u a l i t é

Par Laetitia Grimaldi Illustration Bogsch & Bacco

Inaugurée en novembre

dernier, l’Unité de réadaptation

stationnaire en cardiologie

de l’Hôpital Beau-Séjour propose

une prise en charge globale après

un incident cardiaque sévère.

6


Actualité

Pour l’heure, ce

ne sont que six

à huit lits, mais

l’ambition est

grande pour

cette structure inédite

dans le canton de Genève.

Fruit d’une collaboration

entre les Services de

médecine interne et de

réadaptation, cardiologie et

chirurgie cardiovasculaire,

l’Unité de réadaptation

stationnaire en cardiologie

de l’Hôpital Beau-Séjour

est destinée aux patient·es

sortant d’une atteinte

cardiaque majeure – infarctus

du myocarde, chirurgie

cardiaque ou encore hospitalisation

pour insuffisance

cardiaque. L’idée : offrir,

durant trois à quatre semaines,

une prise en charge

à 360°, individualisée,

associant soins médicaux,

activité physique adaptée,

aide à l’arrêt du tabac,

ateliers de diététique et

de gestion du stress

(hypnose par exemple).

Les conditions clés ? « Une

maladie cardiaque stabilisée

et une grande motivation

à repenser son hygiène de

vie », indique la Dre Elena

Tessitore, cheffe de clinique

au Service de cardiologie

et cardiologue de référence

au sein de cette unité. Et

pour cause : « Un incident

cardiaque peut être le

fruit d’une prédisposition

génétique, c’est certain.

Mais le plus souvent, il

résulte d’un contexte de vie

qui use inlassablement le

cœur (hypertension artérielle,

stress, excès de poids,

tabagisme, diabète, hypercholestérolémie

ou encore

sédentarité) », souligne la

spécialiste. Avant d’ajouter :

« Après une alerte cardiaque,

la tentation est

grande de reprendre sa

vie sans rien changer. »

Malheureusement, notre

cœur ne voit pas les choses

ainsi. « On sait que le taux

de récidive est élevé si

les facteurs de risque

cardiovasculaire ne sont

pas pris en main et corrigés.

La réadaptation cardiaque

répond à ce besoin, et c’est

ce qui a motivé ce vaste

projet, tous les patients

ne pouvant suivre facilement

un programme

ambulatoire », indique

la Dre Eliana Hanna,

médecin adjointe au

Service de médecine

interne et de réadaptation.

Changer de vie prend

du temps

Programme clé, la réhabilitation

cardiaque se dessine

en trois phases. La première

(phase I) est la mobilisation

précoce. Proposée aux

soins aigus, elle permet

de remobiliser progressivement

l’organisme. La

deuxième (phase II) est le

cœur de la réadaptation

cardiaque. Conseillée sur

quatre à six semaines pour

repenser l’hygiène de vie

et adapter au mieux les

efforts physiques, elle se

décline en version « ambulatoire

» ou « stationnaire ».

Quant à la troisième (phase

III), la réhabilitation dite

« au long cours », elle

ambitionne de consolider

les efforts, notamment en

termes d’activité physique.

Si le tableau semble parfaitement

codifié, la réalité

s’en éloigne : « En Suisse,

il est estimé que seuls 50%

des patients participent

à la phase II et, selon une

étude menée aux HUG,

moins de 5% de ces personnes

poursuivent ensuite

la phase III. Or, on sait

qu’après un infarctus du

myocarde, la réadaptation

cardiaque permet de réduire

la mortalité cardiovasculaire

de 25% à 5 ans et les

bénéfices se prolongent

dans le temps. Mais il faut

s’y astreindre et changer

de vie prend du temps »,

relaye la Dre Tessitore.

C’est ce qui a motivé la

création de cette nouvelle

unité. « À terme, nous

espérons l’ouverture de

24 à 25 lits, ce qui nous

permettra d’accueillir

250 patients en moyenne

chaque année », se réjouit

la Dre Hanna.

Avril - Juin 2021

7


Pulsations

Un robot améliore

la pose des prothèses

du genou

Avril - Juin 2021

A c t u a l i t é

Par Elisabeth Gordon

Les HUG sont le premier hôpital

suisse à disposer d’une machine

de ce type. Pour les patient·es :

diminution des douleurs et

récupération plus rapide.

Chaque année,

environ 240

prothèses du

genou sont

implantées

aux HUG. Une intervention

courante qui donne

d’ailleurs d’excellents

résultats. « Plus de 85%

des personnes portant

un implant sont satisfaites.

Toutefois, environ 20%

d’entre elles gardent

des douleurs », constate

le Pr Didier Hannouche,

médecin-chef du Service de

chirurgie orthopédique et

traumatologie de l’appareil

moteur. Depuis septembre

dernier, l’équipe chirurgicale

orthopédique dispose d’un

nouveau robot, dénommé

ROSA ® Knee System, qui

permet d’améliorer encore

la technique.

Que les patient·es qui

craindraient d’être opéré·es

par une machine se rassurent,

« le robot ne fait

que nous assister, précise

le médecin-chef, c’est nous

qui restons les maîtres

de l’opération ».

Moins de douleurs

Mais les chirurgiens et

chirurgiennes peuvent

désormais compter sur

cette aide pour les épauler.

D’abord, au moment de

planifier leur intervention.

Le robot leur fournit une

image du genou en 3D, leur

indique comment réaliser

les coupes des os « avec une

précision de 0,5 millimètre »,

puis les guide, « ce qui

permet de positionner au

mieux la prothèse dans

les trois plans de l’espace.

Pendant l’opération, il

permet aussi de vérifier et

de valider chaque étape ».

Manipulé par des spécialistes

bien formés à cet

effet, « le robot améliore

donc la pose de l’implant.

Il pourrait ainsi mieux

épargner les tissus sains

autour de la prothèse et

assurer un meilleur équilibrage

des ligaments ; mais

ce dernier point reste à

vérifier », poursuit le Pr

Hannouche.

Si les médecins « semblent

y trouver des avantages »,

précise le professeur, dont

le service évalue la toute

nouvelle machine, les

patient·es devraient aussi

en tirer bénéfice. Selon

une étude britannique

portant sur un système

similaire, les douleurs

sont réduites, les séjours

à l’hôpital raccourcis et

la récupération plus

rapide. Avec ce robot, « la

chirurgie orthopédique entre

dans une nouvelle ère »,

conclut le Pr Hannouche.

Crédit : Science Photo Library

8


Pulsations

Un lieu unique pour

les adolescents

Le grand projet de la

Maison de l’enfant et de

l’adolescent (MEA) est

pensé pour les jeunes.

Il se fonde sur une

approche globale avec

des passerelles entre le

monde médical, la vie

sociale et le milieu culturel.

un projet unique en

son genre en Europe,

né d’une réflexion sur le

parcours de soins et sur

C’est

la nécessité d’intégrer la

pédopsychiatrie dans la cité. Située entre la

Maternité et l’Hôpital des enfants, la MEA

rassemblera le Service de pédopsychiatrie

et celui de la médecine somatique pour les

adolescents. « C’est une opportunité de

réunir les soins sous un seul et même toit,

en permettant des parcours de soins plus

fluides pour les jeunes avec une psychopathologie,

à partir de la période prénatale et

jusqu’à 18 ans », confie la Pre Nadia Micali,

médecin-cheffe du Service de psychiatrie

de l’enfant et de l’adolescent.

médiation, des salles de spectacle, un

studio radio, un hall d’exposition, une

cuisine, etc. La médiation et la culture

peuvent être très utiles dans la prise en

charge des patients avec une pathologie

psychiatrique », ajoute Nadia Micali.

« Maison » de l’enfant et de l’adolescent :

le terme n’a pas été choisi au hasard.

« Il ne s’agit pas d’un “ hôpital ” mais d’un

lieu, ouvert sur la ville, où les jeunes

seront accueillis et non stigmatisés »,

souligne la Pre Posfay-Barbe. Un espace

dédié à l’enseignement et à la recherche

sera également intégré au projet.

La première pierre déjà posée

À l’occasion de la pose de la première

pierre, le 28 septembre dernier sur

l’ancien site de médecine dentaire, de

jeunes patient·es ont pu enterrer, dans

un geste symbolique, des objets de leur

époque enfermés dans une « capsule

temporelle ». Le futur bâtiment, d’une

surface de 12’600 m 2 répartis sur six

étages, devrait ouvrir ses portes à l’été

2023. Il sera le fruit du bureau genevois

CLR architectes, associé à l’architectepaysagiste

Pascal Heyraud, lauréats

d’un concours lancé en 2016.

Par Clémentine Fitaire

Avril - Juin 2021

A c t u a l i t é

Crédit : istockphoto

Les jeunes au cœur de la cité

« L’idée novatrice est d’utiliser différents

moyens pour aider l’enfant et l’adolescent

dans leur guérison », explique la Pre Klara

Posfay-Barbe, médecin-cheffe du Service de

pédiatrie générale. Une partie du bâtiment,

ouverte à tous, sera consacrée aux rendezvous

culturels et sportifs. « Le lieu permettra

une approche plus globale, avec un espace de

Un partenariat public-privé

Le budget de construction de la

Maison de l’enfant et de l’adolescent

(MEA), estimé à 82 millions de

francs, est financé à la fois par des

partenaires privés, par la Fondation

Children Action, par une fondation

privée genevoise, ainsi que par des

donateurs·trices.

9


Pulsations

La réalité virtuelle

contre la douleur

Avril - Juin 2021

A c t u a l i t é

Par Clémentine Fitaire

Aider un enfant à surmonter

douleur et anxiété lors d’un

soin est une des préoccupations

majeures des soignant·es,

mais aussi des parents. V-Relief,

un programme pilote utilisant

la réalité virtuelle, est actuellement

testé aux HUG.

«Le temps est passé

très vite et je n’ai

presque pas senti

quand on m’a mis

un spaghetti dans

le nez !» Ce qui a fait oublier sa douleur

à Rose, 11 ans, l’espace de quelques instants

lors d’une nasofibroscopie et d’une prise

de sang, c’est un mécanisme bien connu

du corps médical : le détournement de

l’attention. « L’immersion dans la réalité

virtuelle rend l’expérience moins traumatisante.

Elle est un outil comme d’autres,

tels que l’hypnose, qui peut permettre

de limiter le recours aux sédatifs », explique

le Dr Cyril Sahyoun, médecin adjoint au

Service d’accueil et d’urgences pédiatriques

(SAUP) et spécialiste en sédation et analgésie

procédurales, qui a introduit l’outil dans

son service en juin 2020.

Une fois le casque placé devant ses yeux,

l’enfant est immergé dans un scénario

conçu spécialement pour ce contexte de

soin. Il a été imaginé en collaboration

avec David Rudrauf et Corrado Corradi

Dell’Acqua, du laboratoire de modélisation

multimodale de l’émotion et du ressenti et

du laboratoire pour la théorie de la douleur

de l’Université de Genève et le Campus

Biotech. La narration a lieu en deux étapes.

L’enfant entre d’abord dans une phase de

familiarisation avec son environnement,

puis dans une phase de relaxation incluant

des exercices de respiration. Enfin, il est

invité à participer à des jeux qui permettront

d’activer son esprit pendant le soin.

L’innovation de ce dispositif, par rapport

aux systèmes existants, c’est la possibilité

pour le ou la soignant·e de choisir le

moment adéquat pour augmenter la

stimulation audiovisuelle. « On voudrait

contrôler ces outils afin de maximiser le

stimulus au summum de la douleur. Le

cerveau se concentre ainsi sur ce qu’il voit et

entend, plutôt que sur la sensation douloureuse

ou l’anxiété », détaille le Dr Sahyoun.

À terme, plusieurs programmes seront

développés afin que chaque enfant puisse

voyager dans l’univers qui lui plaît le plus.

Des techniques d’hypnose

intégrées au jeu

Pour mettre au point les différents scénarios

proposés et répondre aux particularités

du contexte, le programme VRelief intègre

des principes d’hypnose, une technique

qui peut se révéler utile chez les plus

jeunes pour les aider à gérer la douleur.

« Les enfants ont moins de barrières liées

à l’anxiété que les adultes et parviennent

à lâcher prise plus facilement. La réalité

Crédit : Yvain Tisserand et Équipe VRelief/MMEF Lab - UNIGE/ SAUP-DFEA-HUG

10


Actualité

virtuelle permet de reprendre le contrôle

sur soi, c’est un bel apprentissage de

mise en confiance personnelle », constate

Stéphanie Mermet, infirmière au SAUP

et praticienne en hypnose, qui a rejoint

le projet à son début.

Certains enfants, particulièrement anxieux,

seront moins réceptifs que d’autres et auront

plus de difficultés à lever leur vigilance.

La place de l’humain et de la parole est alors

très importante, en complément de la technologie.

« Il faut être attentif aux réactions

du jeune patient, observer comment il se

comporte et appréhende le moment. Avant

de lui mettre le casque, on lui explique, on

le rassure. Après le soin, on lui fait exprimer

son ressenti », ajoute Stéphanie Mermet.

Bientôt tous casqués ?

Pour Cyril Sahyoun, le rêve serait qu’en

complément à d’autres modalités, telles

que l’hypnose, « la réalité virtuelle soit

disponible pour tout enfant qui pourrait en

bénéficier, afin de rendre son soin moins

douloureux et moins anxiogène ». Pour

l’instant, le projet pilote ne concerne que

le Service d’accueil et des urgences pédiatriques,

mais l’outil est souvent emprunté

pour être utilisé dans les autres unités et

pourrait, à terme, être adapté pour d’autres

services de pédiatrie. Et, « pourquoi pas,

pour tous les pédiatres de ville », conclut

le médecin.

Avril - Juin 2021

Hackathon

et financement

Mis au point en collaboration

avec l’Université de Genève, le

projet VRelief est soutenu par la

Fondation privée des HUG qui a

alloué un financement pour son

développement. Ce projet avait

d’ailleurs remporté le prix « Coup

de cœur » du hackathon 2019

organisé au Centre de l’innovation

des HUG, qui rassemble, catalyse

et récompense des recherches de

solutions innovantes en lien avec

les problématiques de santé.

11


Pulsations

Avril - Juin 2021

R e n c o n t r e

Par Clémentine Fitaire Photo Nicolas Righetti | lundi13

« Le SMIG

est la colonne

vertébrale

de l’hôpital »

Le navire hospitalier

vit une période plus que

mouvementée depuis

mars 2020. Le Service de

médecine interne générale

(SMIG), en particulier,

s’est retrouvé au cœur

d’une tempête inédite.

Mais quelles sont ses

activités? Rencontre

avec le Pr Jean-Luc Reny,

à la barre du service

depuis 2018.

12


Rencontre

Pulsations La pandémie

a particulièrement

impacté votre Service

de médecine interne

générale. Comment

avez-vous traversé

cette situation ?

Pr Jean-Luc Reny Lors de la

première vague, nous avons

improvisé en temps réel

– mais avec le maximum

d’anticipation – face à

l’afflux important de patients.

Pour la deuxième

vague, nous avions préparé

certaines hypothèses…

qui ont très rapidement

été dépassées. En plus des

20-30 patients « hors Covid »

que nous avons par jour en

moyenne, notre service a

absorbé jusqu’à plus de 50

nouvelles entrées « Covid »

supplémentaires quotidiennes,

triplant ainsi la

fréquentation. Ça a été très

difficile et nous pouvons

être fiers des résultats et

de la collaboration avec

les services partenaires au

sein des HUG. Aujourd’hui,

nous ne sommes pas encore

revenus à notre activité

habituelle, il reste des

patients Covid, mais aussi

post-Covid.

Comment vous

êtes-vous organisés

dans l’urgence ?

Cela s’est traduit par des

ouvertures d’unités – parfois

deux par jour – de 18 à 26 lits,

avec un personnel compétent

qu’il a fallu trouver. Nous

avions prévu des ressources

humaines durant l’été, tant au

niveau médical que soignant.

Nous avons également fait

appel à d’autres services de

notre département, à d’autres

départements et à des collègues

extérieurs aux HUG.

Cela a permis notamment

de maintenir des patients

en soins intermédiaires,

en évitant de surcharger

les soins intensifs.

Comment fonctionne

votre service

habituellement ?

Le SMIG est la colonne

vertébrale de l’hôpital.

C’est un service de médecine

interne qui travaille

avec toutes les spécialités,

comme les maladies infectieuses,

la cardiologie,

l’immunologie, la pneumologie,

la néphrologie… Pour

des soins médicaux aigus,

nous avons un fonctionnement

très matriciel entre

la médecine interne et les

différentes spécialités de

médecine. Nous apportons

ainsi le meilleur des deux

compétences au chevet

des patientes et patients.

Il existe des unités angiologie-MIG,

pneumologie-

MIG, cardiologie-MIG, etc.

Ce service est moins

souvent mis en lumière

que d’autres spécialités…

Pourquoi ?

D’un point de vue technologique,

nous ne sommes pas

dans une médecine hautement

spécialisée. Ce qui

intéresse le grand public,

les médias, c’est justement

ce qui est à la pointe de

la technicité. Chez nous,

elle est remplacée par des

connaissances transversales

assez larges qui nous permettent

d’assurer une prise

en charge globale du patient

intégrant la décision partagée.

L’autre force de la

médecine interne est de

s’appuyer sur une approche

diagnostique qui a du sens,

en basant notre pratique sur

les faits, les preuves, et une

utilisation rationnelle des

tests à disposition.

Celle qu’on appelle la

« médecine du futur »

doit-elle aussi avoir sa

place dans votre service ?

Totalement. Nous travaillons

beaucoup sur cette notion

de « Smarter Medicine »,

la personnalisation des

traitements, la relation

avec le patient pour une

décision partagée et surtout

le « Smarter Testing », qui

consiste à faire des examens

quand ils apportent vraiment

quelque chose à la

prise en charge. Des progrès

restent à faire, certes, mais

l’innovation peut aussi avoir

sa place dans notre service.

Nous sommes par exemple

en train de mettre en place

l’utilisation de l’ultrason au

lit du patient, en remplacement

du stéthoscope, pour

évaluer certaines infections

pulmonaires ou des anomalies

cardiaques simples.

La recherche est

également l’une de

vos forces…

Oui, nous travaillons autour

de trois grands axes : les

maladies fréquentes (insuffisance

cardiaque, pneumonie,

médicaments contre la

thrombose, etc.), les maladies

rares et l’éducation en

lien avec l’« evidence-based

medicine », la médecine

basée sur les preuves. Nous

avons mis au point, avec un

partenariat large, une plateforme

de recommandations

pour le Covid-19, reconnue et

utilisée internationalement,

dont le but est la synthèse et

la dissémination de résultats

obtenus en recherche

clinique et à travers des

consensus d’experts.

Avril - Juin 2021

13


Pulsations

Avril - Juin 2021

D o s s i e r

Par André Koller et Giuseppe Costa Photo Nicolas Schopfer

La médecine

pour et avec

les patient∙es

En 2015, les HUG ont lancé

un vaste projet stratégique

pour impliquer davantage

les patient·es et les proches

dans les soins. Six ans plus tard,

plusieurs centaines de nonsoignant·es

participent à des

programmes dans des domaines

aussi variés que les prises en

charge, la recherche médicale,

l’événementiel et même

l’organisation de l’hôpital.

Pr Thomas AGORITSAS,

médecin adjoint agrégé,

enseigne le partenariat

patient à la Faculté

de médecine.

Photo : Louis Brisset

14


Dossier

Partenariat

Photo : François Schaer/phovea

C

ertaines révolutions s’instaurent

avec fracas. D’autres se

diffusent discrètement. C’est le

cas du partenariat patient·e*.

Pourtant, il transforme en

profondeur les pratiques

médicales et peut-être bientôt l’organisation

des soins. Comment ? En reconnaissant que

le savoir issu du vécu de la maladie – qualifié

d’expérientiel – est équivalent à celui

des professionnel·les de santé. Cette reconnaissance

change la posture des soigné·es,

comme celle des soignant·es et de l’hôpital :

patient·es et proches deviennent acteurs et

actrices non seulement au niveau des soins,

mais du système de santé en général.

Reste que les études scientifiques démontrant

les bénéfices du partenariat ne sont

pas encore nombreuses. « On sait qu’il

génère davantage de satisfaction et moins

de regrets. Globalement, il produit une

meilleure qualité des soins. Mais ce n’est

pas une recette de cuisine.

« On sait que

le partenariat

génère davantage

de satisfaction et

moins de regrets.

Globalement,

il produit une

meilleure qualité

des soins »

Pr Thomas AGORITSAS

Sa réussite dépend des situations, des

professionnels et des patients qui le

pratiquent », argumente le Pr Thomas

Agoritsas, médecin adjoint agrégé, qui

enseigne le partenariat patient à la Faculté

de médecine.

Les HUG, pourtant, n’ont pas hésité.

Selon la recommandation de l’Organisation

mondiale de la santé, le projet « Patients

partenaires » est devenu un axe majeur de

leur plan stratégique 2015-2020. « J’avais

pris conscience du problème en 2010

lorsque je travaillais sur une étude intitulée

“Main dans la main”. Nous demandions aux

patients de rappeler aux soignants de se

désinfecter les mains. Croyez-le ou non,

pas un seul, jamais, n’a osé le faire », raconte

la cheffe du projet, Sylvie Touveneau.

Mais pourquoi ? Il faut en chercher les

raisons dans un mode relationnel à sens

unique, le modèle paternaliste hérité des

19 e et 20 e siècles, où le corps médical est

vu comme seul détenteur du savoir. Une

asymétrie historique qui structure encore

l’organisation des systèmes de santé.

Années sida

Une prise de conscience a lieu dans les

années 80, surtout en Amérique du Nord,

avec l’épidémie du sida. Des patient·es

regroupé·es en association, insatisfait·es

de leur implication dans les soins, revendiquent

un accès facilité aux traitements et

une collaboration active dans la recherche.

En parallèle, dans le domaine des maladies

chroniques, des médecins explorent l’éducation

thérapeutique (lire en page 20). « Sous

la pression de ces divers mouvements, le

modèle paternaliste a migré d’abord vers

les soins centrés SUR le patient. Puis, très

récemment, vers un authentique partenariat

avec la reconnaissance réciproque des

savoirs », rappelle Sylvie Touveneau.

* Le partenariat concerne aussi les proches. Pour alléger le texte,

ils·elles ne sont pas systématiquement mentionné·es.

Sylvie TOUVENEAU,

cheffe du projet

« Patients partenaires »

Avril - Juin 2021

15


Pulsations

Avril - Juin 2021

« Le patient a le vécu, les professionnels

possèdent les connaissances. Pour avancer,

il faut mettre les deux ensemble », martèle

Kabeza Kalumiya, patiente investie dans

le projet « Patients partenaires ». « Avant

mon implication dans ce projet, j’avais

peur de déranger les médecins. Puis j’ai

découvert qu’au contraire, exprimer mon

ressenti m’aide moi-même et guide les

professionnels dans ma prise en charge. »

Décision médicale partagée

« Cette idée de découverte est importante,

rebondit le Pr Thomas Agoritsas. Nous

l’observons aussi chez les professionnels.

C’est en pratiquant cette démarche qu’on

en découvre le potentiel. » Et de poursuivre :

« Prenez la décision médicale. Historiquement,

elle est prise par le médecin. Or, on

sait que le choix thérapeutique le plus

raisonnable n’est pas fondé uniquement sur

le savoir scientifique. Pour être optimale,

une décision doit faire sens pour le patient.

Son concours est donc indispensable. »

Selon une récente enquête européenne

réalisée parmi 8’000 patient·es, 70 à 90% des

personnes interrogées aspirent à davantage

d’implication dans les décisions médicales.

Contre environ 50% dans les années 2000.

Et plus de la moitié se dit insuffisamment

informée pour pouvoir s’impliquer dans les

soins. « Ce dernier point est très important.

Ma collaboration avec les HUG m’a donné

une nouvelle légitimité », souligne Inès

Serre, proche aidante partenaire. « Avec

mon médecin, les infirmières ou la direction

de l’EMS où mon père a vécu, les regards

changeaient dès que je me présentais

comme partenaire des HUG. Cela m’a

ouvert des portes. Il devenait plus facile

de prendre part aux décisions médicales. »

Faire AVEC les patient·es

« Le partenariat, c’est la médecine AVEC et

non POUR les patients. Mais accepter les

idées des autres, c’est un sacré challenge »,

résume Sylvie Touveneau. Pour lancer le

projet, elle collabore d’abord avec des professionnel·les

déjà engagé·es, notamment

au Service d’éducation thérapeutique, en

santé mentale et en pédiatrie, et avec des

patient·es. Puis, avec son équipe, elle met

sur pied une plateforme pour la promotion

du partenariat et le recrutement de patient·es

et de proches qui souhaitent s’impliquer

dans des projets institutionnels.

« Nous avons également donné un cadre et

des règles de fonctionnement. Et, surtout,

nous proposons un accompagnement individualisé

chaque fois qu’un service ou une

unité souhaite établir un partenariat. »

Ce travail porte ses fruits. Le partenariat

est entré dans les mœurs de l’Hôpital.

En octobre 2020, la plateforme comptait

quelque 600 patient·es et proches recruté·es,

170 créations de partenariats et 950 implications

de non-soignant·es dans divers

projets institutionnels. Et pour la première

fois, un.e patient.e co-dirige un programme

du nouveau plan stratégique des HUG (lire

en page 21). A.K.

« Le patient

a le vécu, les

professionnels

possèdent les

connaissances.

Pour avancer,

il faut mettre

les deux

ensemble »

Kabeza KALUMIYA, patiente investie dans

le projet « Patients partenaires »

16


Dossier

« Il y a une

reconnaissance

mutuelle des

savoirs et

un objectif

commun

de créer un

partenariat »

Sandrine JONNIAUX,

infirmière spécialiste

clinique en soins

de réadaptation

et coordinatrice

de la journée CVC

Promouvoir la

santé ensemble

Une équipe composée de patient·es

partenaires et de professionnel·les

conçoit et anime la journée « Cœur,

vaisseaux, cerveau ».

La 3 e Journée « Cœur, Vaisseaux, Cerveau »

(CVC), soutenue par la Fondation privée des

HUG, s’est tenue fin octobre… sous une forme

revisitée, en raison du Covid-19, mais avec des

objectifs identiques. « Nous avons remplacé les

stands d’information par des ateliers éducatifs

à distance. Le but demeure la prévention des

maladies cardiovasculaires et la promotion de

la santé », résume Sandrine Jonniaux, infirmière

spécialiste clinique en soins de réadaptation et

coordinatrice de la journée CVC.

Surtout, depuis le lancement de cette journée

en 2018, tout se réalise avec un groupe de

patient·es partenaires : de la conception

à l’animation en passant par le choix des

thématiques ou la formation des personnes

impliquées. Ainsi, cette année, deux professionnel·les

et un·e patient·e ont pensé

et co-animé chaque atelier, pour un total de

trente personnes impliquées. « D’un côté, il

y a le savoir-faire, de l’autre, le vécu, mais nous

ne faisons qu’un », note Pierre Sutter, qui a

bénéficié d’un triple pontage coronarien en

2014. Depuis 2017, il s’investit comme patient

partenaire : « Je veux montrer ma reconnaissance

aux soignants, partager mon expérience pour

rassurer les personnes et faire en sorte qu’elles

évitent un infarctus. »

Partenariat

Avril - Juin 2021

En travaillant ensemble, c’est le regard des

un·es et des autres qui change. « Le professionnel

se met au niveau de la personne soignée

et celle-ci élargit sa vision du monde médical.

Il y a une reconnaissance mutuelle des savoirs

et un objectif commun de créer un partenariat »,

relève Sandrine Jonniaux. Et Pierre Sutter

d’insister sur un dernier point : « En tant que

patient, il faut poser des questions afin de créer

un partenariat avec les professionnels qui soit

bénéfique aux soins. » G.C.

« D’un côté,

il y a le savoirfaire,

de

l’autre, le vécu,

mais nous ne

faisons qu’un »

Pierre SUTTER,

patient partenaire

17


Pulsations

Avril - Juin 2021

Enrick MONACHON,

coordinateur de

projet au Centre

de formation

Se former au partenariat

Le partenariat dans les

soins est un changement

de culture. Pour exister,

ce nouveau mode

relationnel doit se

diffuser non seulement

dans tout le réseau de

santé mais également

auprès du grand public.

Un objectif fort du projet

« Patients partenaires » a été

la co-construction avec des

patient·es, la Faculté de médecine,

le Centre interprofessionnel

de simulation (CIS) et la Haute

école de santé (HES-SO), d’une

information et d’une formation

en ligne 1 élaborées avec le soutien

de la Fondation privée des

HUG. Ces dernières s’adressent

à un large public : patient·es,

proches, étudiant·es et professionnel·les

de santé.

La formation, intitulée « pour

le partenariat dans les soins

et les services », est dispensée

par des patient·es et des professionel·les.

Son contenu est

issu des rencontres baptisées

« Regards croisés », organisées

dans le cadre du projet

« Patients partenaires ».

Stefaan RAË, patient

formateur, enseignant

retraité, qui a

contribué à l’élaboration

de la formation

Ces cours comprennent une

partie théorique et une partie

pratique. Dans la première, les

participant·es identifient leurs

compétences en partenariat et

promeuvent la reconnaissance

réciproque des savoirs. La seconde

consiste à les traduire en

actions. « Elles peuvent être très

simples. Pour les patients, c’est

oser poser plus de questions ou

demander des alternatives thérapeutiques.

Les professionnels,

eux, peuvent s’interroger sur

l’implication des patients dans

certaines pratiques et ouvrir, par

exemple, un espace de dialogue

pendant une visite médicale »,

illustre Enrick Monachon,

coordinateur de projet au

Centre de formation.

« Nous sommes

des facilitateurs »

« Nous ne nous présentons pas

comme détenteurs d’un savoir »,

précise Stefaan Raë, patient

formateur, enseignant retraité,

qui a contribué à l’élaboration

de la formation. « Les patients,

comme les proches partenaires,

nous sommes des facilitateurs.

Notre retour éclaire les pratiques

et favorise le partenariat. Induire

une réflexion de ce type est déjà

un excellent début. »

Cette formation vise bien entendu

les soignant·es. Mais également

les huissiers, le personnel

administratif ou encore celui de

la pharmacie. Et les ambitions du

projet « Patients partenaires » ne

s’arrêtent pas là. L’expérience

acquise doit servir à construire,

dès cette année, un enseignement

pour les patient·es et proches qui

souhaitent pousser plus loin leur

implication dans le système de

santé. « L’enseignement universitaire,

la recherche médicale et

même les aspects organisationnels

de l’Hôpital peuvent intégrer

le partenariat, appuie Enrick

Monachon. À ce niveau, l’objectif

des futures formations est

d’outiller patients et professionnels

pour qu’ils collaborent de

manière optimale. »

« Tout cela peut paraître

ambitieux, ajoute Stefaan Raë.

Mais c’est au contraire un

enseignement très accessible.

Le partenariat est un savoir

évolutif. Chacun et chacune

d’entre nous peut y trouver

sa vraie place. » A.K.

1

Informations et inscription à la formation

en ligne : www.hug.ch/patients-partenaires

18


Dossier

Intégrer les

proches aidant·es

Partenariat

Dans un projet de soins, leur

implication doit être reconnue.

« Les proches

sont une

ressource

essentielle

pour l'équipe

soignante.

Nous cherchons

à les inclure

dans les soins »

Virginie TITELEIN,

infirmière responsable

d’unité

Comment impliquer un·e proche aidant·e

lors d'une hospitalisation ? Le Centre de

l’innovation des HUG, avec le soutien de

la Fondation privée des HUG, apporte une

réponse. Elle se nomme Harmonie et sera

disponible d'ici cet été. « Cette application a

pour objectif de faire le lien entre les proches,

les patients et les équipes médico-soignantes.

C’est le miroir de Concerto, l’application pour

les patients », résume Catherine Zimmermann,

cheffe de projet Harmonie. Parmi les

fonction nalités, la visualisation de l'agenda

de la personne hospitalisée, le partage de

questions ou encore la visioconférence. Cette

dernière est largement utilisée depuis la crise

du Covid-19. Avec la restriction des visites,

les tablettes à disposition dans les services

ont permis à des patients et des patientes

isolé·es de voir leurs proches.

À l’Hôpital Beau-Séjour, Virginie Titelein,

infirmière responsable d’unité, vit au

quotidien l’importance d’intégrer les proches

aidant·es. « Ils sont une ressource essentielle

pour l’équipe soignante. Ils ont besoin

d'informations. Nous cherchons à les inclure

dans les soins, par exemple en montrant

comment faire une toilette lorsque la

personne est hémiplégique ou comment

lui donner à manger si elle a des troubles

de la déglutition. Des acquis sécurisants

pour le retour au domicile du proche »,

explique-t-elle.

Et Carole Sémon, qui a accompagné ses

parents lors de plusieurs hospitalisations,

de confirmer : « Nous avons besoin d'être

pris en compte pour que le partenariat se

mette en place. Il faut qu'on puisse poser

des questions. Lors de la pose d’un

pacemaker à ma mère, on m'a montré

les réglages et donné des explications,

j'ai particulièrement apprécié ce moment. »

Rappelons que, depuis mars 2020, les

HUG et la Direction générale de la santé

ont signé une charte de la personne proche

aidante. Elle reconnaît le statut de cette

dernière, lui donne un cadre à son action,

la soutient dans son rôle et répond à

ses besoins. G.C.

« Nous avons

besoin d'être

pris en compte

pour que le

partenariat se

mette en place.

Il faut qu'on

puisse poser

des questions »

Carole SÉMON, proche aidante

Avril - Juin 2021

19


Pulsations

Tourane CORBIÈRES,

patiente partenaire

Christine FORTIS,

patiente partenaire

Avril - Juin 2021

La recherche

médicale s’ouvre

au public

Davantage de transparence et

de partenariat dans ce domaine.

Pour la Dre Nadia Elia, médecin adjointe agrégée

à l’Unité d’investigations anesthésiologiques, il

est temps d’ouvrir la recherche au grand public :

« Priorisation des sujets d’études, élaboration

des protocoles, publication des résultats,

protection des données… tout cela reste assez

opaque pour les non-professionnels. Or, c’est

financé en grande partie par des fonds publics.

La transparence et le partenariat patient dans

la recherche vont devenir la norme. »

Dans le cadre du projet « Patients partenaires »,

un groupe de travail planche sur la création d’un

site d’information destiné aux professionnel·les et

au grand public. « Nous y trouverons des conseils

méthodologiques ainsi que les résultats des

études menées aux HUG », explique la Dre Elia.

Meilleure adhésion

Tourane Corbière, patiente partenaire, participe

à ces travaux : « D’abord, nous avons disséqué

les étapes d’une recherche. Nous réfléchissons

maintenant à la meilleure manière d’intégrer des

patients dans chacune d’entre elles. Par le passé,

j’ai collaboré avec des chercheurs du privé. J’ai

constaté que les études élaborées avec des

patients sont mieux présentées et l’adhésion

des participants, meilleure. »

Reste que les études incluant des patient·es

partenaires sont encore marginales aux HUG.

Cette démarche ne constitue pas un critère

de validation pour la Commission cantonale

d’éthique de la recherche. Cela pourrait changer.

« Pour obtenir un financement du Fonds national

suisse de la recherche scientifique, les chercheurs

doivent désormais intégrer des patients dans leur

projet. Ou démontrer que ce n’est pas possible.

Et la plateforme informatique, financée par la

Fondation privée des HUG et disponible en 2021,

contribuera elle aussi à promouvoir le partenariat

dans la recherche », conclut la Dre Elia. A.K.

L’éducation

thérapeutique,

pionnière

du partenariat

Les spécialistes des maladies chroniques ont

réfléchi plus tôt que les autres à l’implication

des patient·es dans les soins. En 1975 déjà,

le Pr Jean-Philippe Assal introduit aux HUG

l’éducation thérapeutique, une démarche

qui vise à renforcer les compétences de la

personne malade. « Mais nous devions faire

un pas supplémentaire : travailler avec les

patients et plus uniquement pour eux. La

reconnaissance mutuelle des savoirs des

patients et des professionnels de santé

est la clé du partenariat, et elle renouvelle

l’éducation thérapeutique », remarque

Aline Lasserre Moutet, pédagogue à l’Unité

d’éducation thérapeutique du patient (UETP).

Cette étape est en passe d’être franchie.

En 2019, la Dre Florence Somers, cheffe de

clinique à l’UETP, a intégré Christine Fortis,

patiente partenaire, dans une réflexion sur

le programme de préparation au by-pass

gastrique. « L’objectif est d’améliorer les

résultats à long terme de cette opération.

Mais en incluant Christine à un stade aussi

précoce, nous voulions aussi montrer

aux équipes que le savoir patient est

complémentaire au nôtre », dit-elle.

« Certains ne voyaient pas ce que ma

présence apportait au groupe de travail,

se souvient Christine Fortis. Mais au final,

cela a abouti à une plus forte intégration

des patients dans le processus. Je vais ainsi

former deux patients dont la mission sera

d’observer une séance de préparation au

by-pass pour guider ensuite les réflexions

du groupe. » Une expérience qui démontre

une fois encore que le partenariat convainc

souvent par la pratique. A.K.

Dre Nadia ELIA,

médecin adjointe agrégée

à l’Unité d’investigations

anesthésiologiques

Dre Florence SOMERS,

cheffe de clinique

à l’UETP

20


Dossier

Penser l’hôpital

de demain avec

les patient·es

Partenariat

Un des sept programmes du

nouveau plan stratégique, fruit

d'une large consultation, est

co-dirigé par un.e patient.e.

Photo : Louis Brisset

« Vision 20+5

est un nouveau

plan stra té gique

conçu avec

les patients et

pas unique ment

pour les

patients »

Sébastien SAVORNIN,

chargé de mission à la

Direction générale et

membre de l’équipe projet

Vision 20+5. Tel est le nom du nouveau plan

stratégique des HUG. Il a démarré en mai

2021 et guidera les actions des cinq prochaines

années. Un mot résume son élaboration

: participatif. Consultation citoyenne aux

Automnales 2019, avis des collaborateurs et

collaboratrices, des patient·es partenaires et

proches aidant·es, recueillis lors de goûters

itinérants et de nombreux groupes de discussion.

Toutes les opinions ont été prises en

compte. « C’est la véritable force de ce plan

stratégique. Impliquer le plus largement

possible tous les acteurs, spécialement les

patients partenaires », souligne Sébastien

Savornin, chargé de mission à la Direction

générale et membre de l’équipe projet.

L’équipe projet a confronté les idées reçues

à un groupe d’accompagnement, incluant

notamment deux patients très investis. « Leur

simple présence change notre posture. Il y

a davantage d’écoute et nous recentrons

nos discussions autour du patient. Leur

expérience nous confronte à nos idées,

nos certitudes. Au final, nous avons défini

ensemble les grands axes et les ambitions

prioritaires pour l’hôpital de demain. C’est

un nouveau plan stratégique conçu avec

les patients et pas uniquement pour les

patients », relève Sébastien Savornin.

« J’ai ressenti la volonté de nous inclure, avec

écoute, reconnaissance et respect. Le savoir du

patient est considéré au même titre que celui

des professionnels. Notre apport est la connaissance

de la maladie, la pratique des HUG en

tant que patient et citoyen. De cette collaboration

naît une intelligence collective », complète

Marc Houvet, l’un des patients impliqués dans

l’élaboration du plan stratégique. Cette intégration

a franchi encore un pas supplémentaire.

Pour la première fois, un.e patient.e contribue à

la réalisation du plan stratégique en co-dirigeant

le programme intitulé « + de collaboration pour

la prise en charge des patient.es. » Comme

son nom l'indique, ce projet vise à intégrer les

proches aidants, les patient.es et les bénévoles

dans les prises en soins. G.C.

« Notre apport

est la connaissance

de

la maladie,

la pratique des

HUG en tant

que patient

et citoyen. De

cette collaboration

naît une

intelligence

collective »

Marc HOUVET,

patient impliqué

dans l’élaboration

du plan stratégique

Avril - Juin 2021

21


Pulsations

LA

VÉSICULE

BILIAIRE

Avril - Juin 2021

L ’ o r g a n e

Par Geneviève Ruiz

Ce réservoir de bile

participe au fonctionnement

du système

digestif. Si cette

substance, produite

par le foie, est indispensable

au corps

humain, la vésicule

peut toutefois être

enlevée en cas de

complications liées

à des calculs ou

à un cancer.

Expert

Pr Christian Toso,

médecin-chef du Service de

chirurgie viscérale des HUG

50 ml

Quantité de bile

pouvant être

stockée dans la

vésicule biliaire.

10 cm

Longueur approximative

de la vésicule

biliaire, pour environ

3 cm de large.

22


L’organe

Le réservoir de la bile

La vésicule biliaire consiste en une

sorte de petit sac en forme de poire.

Elle est située dans l’abdomen, accolée

au foie. Ce dernier produit de 500

à 1000 ml de bile par jour, liquide qui

participe à la digestion des aliments.

Entre les repas, la bile est stockée

dans la vésicule biliaire. Lorsqu’on

mange, l’intestin produit une hormone

qui contracte le muscle de la

vésicule biliaire. La bile est alors

expulsée à travers les voies biliaires

pour arriver dans l’intestin grêle.

Une ablation possible

La vésicule biliaire n’est pas un organe

vital et son ablation est possible

sans conséquences majeures. Après

l’opération, les voies biliaires s’élargissent

pour stocker la bile entre les

repas, remplaçant ainsi la fonction de

la vésicule biliaire.

Des infections

qui peuvent être graves

La plupart des individus

qui ont des calculs biliaires

l’ignorent car ils sont

asymptomatiques et cela

ne nécessite aucune prise

en charge. Des problèmes

peuvent survenir lorsque

les calculs irritent les parois

de la vésicule biliaire et

conduisent à des douleurs

chroniques. Parfois, les

calculs bloquent la sortie

de la bile de la vésicule

et mènent à une infection

aiguë appelée cholécystite.

D’autres fois, les calculs

sortent dans le canal biliaire,

où ils peuvent conduire

à son infection, appelée

cholangite. Ces complications

doivent être traitées

par une ablation de la vésicule

biliaire.

Avril - Juin 2021

Crédit : Science Photo Library

40%

Le pourcentage

de femmes de plus

de 60 ans qui ont

des calculs biliaires

(20% chez les hommes

du même âge).

97%

Le pourcentage

d’eau contenue dans

la bile. Le reste est

composé de sels

biliaires, de calcium

et de cholestérol.

La formation de calculs

La formation de calculs biliaires,

que l’on peut comparer à des petits

cailloux, est l’un des principaux problèmes

liés à la vésicule biliaire. Les

calculs sont composés d’une proportion

variable de cholestérol, de sels

biliaires et de calcium. La probabilité

d’en développer augmente avec l’âge.

Mais d’autres facteurs comme l’obésité,

le diabète, les maladies du foie ou

encore des prédispositions génétiques

favorisent les calculs. La grossesse

et la prise de pilules contraceptives

jouent également un rôle, raison pour

laquelle les femmes sont davantage

touchées que les hommes.

Un cancer peu commun

Le cancer de la vésicule

biliaire est peu fréquent en

Suisse. Il affecte plus souvent

les femmes (55 %) que les

hommes (45 %). Deux tiers

des patient·es ont au moins

70 ans au moment du diagnostic.

Le principal problème

de ce cancer est que

sa détection arrive la plupart

du temps à un stade avancé,

car il ne provoque pas de

symptômes spécifiques

avant que la tumeur ne

bloque la bile. Les cellules

cancéreuses ont alors souvent

eu le temps de migrer

dans les organes avoisinants,

comme le foie, le pancréas

ou l’intestin.

23


Pulsations

Avril - Juin 2021

Le portrait

Par Elodie Lavigne Photo François Wavre | lundi13

« Œuvrer pour

décloisonner

l’hôpital »

Avant de devenir directrice des

soins aux HUG, Sandra Merkli

a gravi peu à peu les échelons de

l’institution. Après 35 ans de maison,

elle continue de servir l’hôpital

public avec le même enthousiasme

et la même détermination.

24


Le portrait

les Genevois ont

une histoire avec les

Hôpitaux universitaires

de Genève, l’hôpital

«Tous

fait partie de la Cité »,

déclare Sandra Merkli, directrice des

soins et membre du Comité de direction.

Sa propre histoire avec les HUG commence

il y a 35 ans. Son diplôme d’infirmière

en poche, cette Genevoise pure sucre

qui a grandi à Meyrin-Village, entre à

l’Hôpital cantonal – comme on l’appelait

alors – pensant y rester un ou deux ans,

le temps de s’enrichir d’une expérience en

milieu hospitalier. Alors qu’elle se projetait

dans les soins à domicile, c’est très vite

une révélation : au sein du Service de

chirurgie thoracique, elle découvre le

bloc opératoire et le métier d’infirmière

anesthésiste, puis se lance dans cette

spécialisation. « Durant ma formation,

j’ai eu la possibilité de passer par toutes

les spécialités chirurgicales. J’ai découvert

des missions très différentes et côtoyé

des profils professionnels très variés »,

se réjouit-elle.

Très vite, prendre des responsabilités

l’attire. « Petite fille, j’étais de celles qui

savent ce qu’elles veulent », confie-t-elle.

Elle saisit une première opportunité

et devient responsable d’équipe dans

le Service d’anesthésie, puis adjointe de

la responsable des soins du Département

de chirurgie. À force de travail et de

conviction, elle gravit peu à peu les

échelons de l’institution : « On m’a

donné ma chance, on m’a formée et

on m’a permis d’évoluer », dit-elle

avec beaucoup de reconnaissance.

Rassembler

Pourtant, rien ne la prédestinait à un

avenir dans le milieu médical. Sa mère était

secrétaire dans une banque et son père

employé dans les assurances. Le choix de

sa profession est-il lié à son hospitalisation

à l’âge de 4 ans, après être tombée d’une

fenêtre du 4 e étage ? Peut-être. De sa

« magnifique jeunesse », elle garde l’esprit

de famille et un sens des responsabilités.

Ainsi qu’une éducation moderne : « Mon

père m’a toujours dit qu’il fallait avoir un

métier pour pouvoir être indépendante. »

1961

Naissance

à Genève.

1984

Obtient

son diplôme

d’infirmière.

1985

Arrivée

aux HUG.

2017

Nommée

directrice

des soins.

Elle grandit avec la notion de partage et

d’échange, des qualités qu’elle revendique :

« Seule dans mon bureau, je ne ferais pas

grand-chose. Chacun peut amener une

bonne idée. » L’ancienne infirmière sait

travailler en équipe. La création du Service

des soins intensifs adultes tout comme

l’intégration de la clinique Joli-Mont

sont, à cet égard, un souvenir fort :

« Il a fallu identifier les valeurs communes,

les besoins de chacun, réconcilier

des cultures, gérer le changement. »

Fédérer, mettre ensemble… Un art dans

lequel elle excelle, également dans sa vie

privée. Sandra Merkli suit depuis plus de

dix ans des cours d’ikebana, un art floral

japonais. Elle aime la nature et jardiner :

« Lorsque je coupe, je taille, je plante,

je ne pense à rien ! » Résister au stress

est inné chez elle, mais elle a aussi la

chance de bien connaître ses limites.

« Je fais beaucoup d’heures de travail,

mais durant le week-end et les vacances,

je déconnecte. » Un équilibre nécessaire

quand on est confrontée à la souffrance,

à la tristesse, à la mort, inhérentes au

milieu hospitalier. Malgré sa fonction

dirigeante, Sandra Merkli ne perd pas de

vue les patient·es. Elle est d’ailleurs la

mandante du projet « Patients partenaires »

(lire dossier en pages 14 et suivantes).

Même si elle n’est plus à leur chevet,

les patient·es sont sa raison d’être :

« Je côtoie les professionnels qui sont

en contact avec eux, ils me permettent

de garder le sens de mes actions. »

Très attachée à la mission d’hôpital

public des HUG, elle aime que

ses idées prennent forme : « J’éprouve

de la satisfaction lorsque j’ai aidé

des collègues à réaliser leurs projets. »

Donner la possibilité aux autres de

donner le meilleur d’eux-mêmes, repérer

les nouveaux talents, assurer la relève,

voilà à quoi s’attelle – entre autres –

la directrice des soins. Œuvrer pour

décloisonner l’hôpital et faciliter son

intégration dans le réseau de soins

est un autre défi de taille qui l’anime.

« Y participer et réussir, ce serait un

joli bilan », conclut-elle.

Avril - Juin 2021

25


Pulsations

Soigner les plaies

complexes

Avril - Juin 2021

T r a i t e m e n t

Par Elisabeth Gordon Illustration Bogsch & Bacco

Requérant la collaboration

de divers spécialistes, les

plaies dites complexes

nécessitent une prise en

charge qui ne l’est pas moins.

L’Unité d’orthopédie septique

dispose d’une consultation

multidisciplinaire pouvant

accueillir et traiter les

patient·es concerné·es.

Certaines plaies « nécessitent

des mois, voire des années

de traitement, avant de

pouvoir cicatriser », précise

le Dr Domizio Suva, médecin

adjoint agrégé responsable de l’Unité

d’orthopédie septique. Qualifiées de « complexes

», elles peuvent prendre des allures

très différentes. Toutefois, « la complexité

provient autant de la nature de la plaie que

du contexte social et médical des patients »,

souligne le médecin. La prise en charge est

en effet plus difficile « chez des personnes

qui vivent dans des conditions précaires et

qui ont du mal à adhérer à leur traitement ».

Ou encore chez celles « qui souffrent de

diabète, d’infections ou qui ont un système

immunitaire affaibli ». Les soins doivent

donc être adaptés à la situation de chacun·e.

Multiples opérations

Lorsque la plaie est « propre », il faut d’abord

identifier les facteurs qui l’ont provoquée

avant de la traiter. « Une majorité de plaies

survient aux membres inférieurs et aux

pieds. Il faut donc chercher à savoir si le

problème vient par exemple de chaussures

mal adaptées ou d’une insuffisance vasculaire

», explique le Dr Suva.

Si la plaie est infectée et qu’elle évolue

en abcès, il faut hospitaliser la personne

en urgence pendant plusieurs semaines

pour stopper l’infection. Dans ce cas, le

traitement est lourd et long. « Le malade

est opéré à de multiples reprises. Il faut en

effet nettoyer la plaie, notamment pour ôter

les tissus dévitalisés qui ne reçoivent pas

d’antibiotiques par la circulation sanguine

et qui constituent donc des réservoirs pour

les bactéries. » Une chirurgie plastique est

aussi parfois nécessaire quand il n’y a pas

suffisamment de tissu pour refermer la

plaie. Enfin, on a recours à la médecine

hyperbare (lire en page 27) « chaque fois

que cela est possible ».

C’est dire que lorsqu’une plaie est complexe,

son traitement l’est tout autant,

ce qui implique « une prise en charge

multidisciplinaire dans un centre spécialisé

», souligne le chirurgien.

Stratégie de pansements

Le travail en équipe inclut aussi des

infirmiers et infirmières spécialistes

cliniques en soins de plaies et cicatrisation,

comme Anne-Laure Blanchard Courtois,

qui intervient de façon transversale selon

les besoins des équipes. « Nous définissons

une stratégie de pansements en fonction

de la nature de la plaie, en tenant compte

de la personne dans sa globalité et de

l’objectif à atteindre. »

Le traitement est lourd. « Pour la moitié

des patients, le moment le plus pénible est

le changement de pansement. En outre, à

la douleur physique s’ajoute une atteinte

à l’image corporelle », constate l’infirmière.

26


Traitement

L’oxygène accélère

la cicatrisation

L’oxygénothérapie hyperbare

complète le traitement des plaies

complexes. Cette technique

consiste à faire inhaler aux

patient·es de l’oxygène à très

haute dose, en les plaçant dans

un caisson dont la pression

intérieure est supérieure à la

pression atmosphérique. « En une

séance, la quantité d’oxygène

circulant dans le sang est multipliée

en moyenne par vingt », explique

Rodrigue Pignel, médecin adjoint

responsable de l’Unité subaquatique

et hyperbare des HUG.

Cette thérapie facilite la cicatrisation

: « Une personne diabétique

qui avait des plaies depuis plusieurs

mois, voire plusieurs années, peut

les voir se refermer en un mois et

demi à deux mois. » À condition,

souligne le médecin, « qu’elle

vienne se faire traiter dès le début

de la plaie. »

Avec leur « double chambre

hyperbare permettant d’effectuer

deux traitements différents dans

chaque compartiment », poursuit

le spécialiste, les HUG sont le seul

établissement public en Suisse

à disposer des équipements

nécessaires à la pratique de

la médecine hyperbare.

Avril - Juin 2021

D’une façon générale, le traitement est

« très contraignant, car il oblige à venir

régulièrement à l’hôpital, ce qui a un impact

important sur la qualité de vie. C’est pour

cette raison que nous collaborons avec

les infirmiers et infirmières à domicile et

l’IMAD, afin de préserver au maximum

l’autonomie et la qualité de vie des gens »,

remarque le Dr Suva.

Pôle d’expertise

L’Unité de chirurgie orthoseptique

est un pôle d’expertise à Genève

et en Suisse romande. Elle reçoit

des patient·es fragiles vivant

des situations complexes qui

présentent des problèmes de

plaies, d’infections orthopédiques

aiguës et d’affections ostéoarticulaires.

Elle a fait peau neuve

en agrandissant sa capacité et la

qualité de l’accueil.

27


Pulsations

« Ce n’est pas facile

de voir ma femme

régresser ainsi »

Avril - Juin 2021

T é m o i g n a g e

Par Esther Rich Photo Nicolas Schopfer

Pendant plus

de six ans,

Francis Grandi

est parvenu

à épauler sa

femme, souffrant

de la maladie

d’Alzheimer*,

grâce à un suivi

personnalisé.

* La maladie d’Alzheimer est la plus fréquente

des maladies dégénératives liées à l’âge. Elle résulte

probablement de l’accumulation de substances

toxiques (protéines Tau et plaques amyloïdes) dans

certaines zones du cerveau, entraînant la mort

progressive des neurones. Les symptômes sont des

troubles de la mémoire à court terme, des troubles

du langage, des difficultés d’orientation, des sautes

d’humeur, etc., qui s’accentuent au fil du temps.

28


Témoignage

Francis et Michelle

Grandi ont plus

de cinquante-cinq

ans de mariage

et une fille adulte

soutenante. Le couple a ainsi

passé presque toute sa vie

ensemble. « Ma femme est

entrée en EMS en avril 2019.

Ce fut une décision très

difficile à prendre, mais

j’étais conscient que la

charge d’aidant deviendrait

de plus en plus lourde. Je ne

pouvais plus sortir de chez

moi et la laisser seule, de

peur qu’elle ne fasse une

bêtise. Un jour, j’ai constaté

qu’elle avait allumé les

quatre plaques de la cuisinière.

Heureusement que

j’avais pensé à la débrancher

avant de partir. »

Quelques oublis

après une opération

Les premiers signes

des troubles cognitifs de

Michelle Grandi sont apparus

en 2012, à la suite d’une

opération de la hanche.

« Ma fille et moi pensions

que ses légères pertes de

mémoire étaient une des

conséquences de la narcose,

mais petit à petit, elles se

sont intensifiées. En 2014,

elle a commencé à oublier

où elle avait mis certaines

choses, à ne plus se souvenir

des discussions. Ces

affections mnésiques sont

devenues de plus en plus

importantes et le diagnostic

de la maladie d’Alzheimer

a été confirmé. »

Michelle et Francis Grandi

commencent alors à consulter

le Centre de la mémoire.

L’octogénaire rencontre de

son côté Lara Fazio, neuropsychologue

et responsable

du programme de soutien

aux familles de patients

atteints de troubles cognitifs.

Un suivi régulier est

alors mis en place pour

aider Francis Grandi à

traverser cette nouvelle

étape de sa vie. « Cela me

fait beaucoup de bien de

pouvoir parler à quelqu’un

qui a suivi l’évolution de

cette situation depuis ses

débuts. À plusieurs reprises,

tellement épuisé, j’ai eu

peur de craquer malgré

l’aide de notre fille. Ce n’est

pas facile de voir ma femme,

que je connais depuis plus

de soixante ans, régresser

ainsi. S’occuper d’elle s’apparente

à s’occuper d’un

enfant, à la différence que

l’enfant évolue de mois en

mois et la charge s’allège

pour les parents. Dans

le cas d’Alzheimer, c’est

l’inverse qui se produit. »

Le fait de pouvoir parler

régulièrement à une personne

qui connaît la maladie,

de pouvoir se confier,

a été salvateur pour Monsieur

Grandi.

Accès de violence

Celui-ci se souvient en

effet d’épisodes traumatisants

lorsque son épouse

est devenue violente et qu’il

a dû faire appel au 144.

Ou lorsqu’elle devait se

rendre chez son médecin

et qu’elle n’est jamais arrivée

à destination : « Je l’ai

cherchée toute l’après-midi

et elle est finalement parvenue

à rentrer à la maison

par ses propres moyens.

Mais à partir de ce jour-là,

je ne l’ai plus laissée seule. »

Plus le temps passait, plus le

risque d’épuisement guettait

Monsieur Grandi.

Lorsqu’elle vivait encore

dans leur appartement,

Michelle Grandi avait de

plus en plus de peine à

trouver le sommeil, perturbant

de ce fait celui de son

mari, en permanence sur

le qui-vive.

Aujourd’hui, bien que

son épouse réside en EMS,

l’octogénaire continue de

consulter Lara Fazio régulièrement.

Et il rend visite

à sa femme plusieurs fois

par semaine : « Si elle reconnaît

mon visage, je ne

suis pas certain qu’elle ait

conscience que je suis son

mari. Son aphasie rend nos

échanges pratiquement

incompréhensibles, mais

lorsqu’un sourire apparaît

sur son visage, cela me met

du baume au cœur. »

Savoir +

www.hug.ch/centre-memoire

Avril - Juin 2021

29


Pulsations

Avril - Juin 2021

L ’ i n f o g r a p h i e

Par Laetitia Grimaldi Illustration Muti | Folioart

6

Le nombre moyen

de médicaments

pris chaque jour par

les plus de 65 ans

Les médicaments

Notre santé peut en dépendre, mais aussi en pâtir. Les médicaments

sont à l’origine d’effets multiples, certains prévisibles, d’autres

moins, en lien avec notre métabolisme. La clé ? Rester vigilant·e,

car jusqu’à 50 % des effets secondaires seraient évitables.

Ce qui se passe

dans le corps

Chaque remède possède sa propre

signature dans le corps. On appelle

« cinétique » la vie d’un médicament dans

l’organisme : comment il est absorbé,

transporté/distribué au bon endroit,

transformé, puis éliminé. 1

Experte : Pre Caroline Samer, médecin adjointe agrégée, responsable

de l’Unité de pharmacogénomique et de thérapie personnalisée des HUG

L’exemple de la codéine

Ses particularités :

• Antidouleur de type opioïde contre les

douleurs modérées à sévères

• Transformée en morphine (son principe

actif) par l’organisme

• Interdite chez les moins de 12 ans

• Efficacité et potentielle toxicité

influencées par nos gènes

2

1

Absorption

La codéine est prise par la bouche, injectée

ou administrée par voie rectale.

3

4

4

La prise de quatre

médicaments triple

le risque d’effets

secondaires

2

Distribution

Le médicament est transporté dans le sang

pour être distribué vers les organes et les

tissus (diffusion).

3

Métabolisme

Dans des proportions propres à chacun·e,

le foie transforme la codéine en morphine,

grâce à des enzymes. Les paramètres en jeu :

Les gènes : en Suisse, cette transformation

est accélérée chez 5 % des individus,

mais absente chez 10 % d’entre eux.

Conséquences : un risque de surdosage

pour les premiers, une totale inefficacité

du traitement pour les seconds. Cette différence

agit aussi sur les effets secondaires.

L’environnement : l’activité des enzymes

du foie est influencée par de nombreux

médicaments, aliments et plantes (phytothérapie

notamment).

4

Elimination

Elle s’effectue par les reins, mais aussi par la

transpiration, l’air expiré, la bile ou encore la

salive. Diverses molécules peuvent modifier

le processus.

30


L’infographie

Les principaux + et – de la prise selon la forme pharmaceutique

(comprimé, sirop, suppositoire, etc.)

Bouche

Voies respiratoires

Système veineux

Comprimé sous la

langue (« sublingual »)

+ Effet rapide

– La bouche doit être

suffisamment humide

Comprimé / Sirop

+ Simplicité de la prise

– Absorption potentiellement

influencée par les

repas

Comprimé « retard »

+ Effet prolongé limitant

le nombre de prises

– Ne doit pas être coupé

ou écrasé

Spray nasal/buccal

+ Principe actif administré localement

vers la cible et effet rapide

– Technique à respecter

Peau

Patch

+ Effet prolongé

– Nécessité de protection occasionnelle

(douche, etc.), adhésivité parfois gênée

par la transpiration ou la pilosité

Crème

+ Action locale

– Effets systémiques * possibles et quantité

de principe actif appliquée peu précise

Médicament injectable

dans le sang

+ Effet rapide et substance

atteignant à 100%

la circulation sanguine

– Nécessité d’une

injection (douleur, risque

infectieux, peu adapté à

un traitement à domicile)

Voie rectale

Suppositoire

+ Résorption rapide

et action durable

– Réflexe de vidange rectale

Effets indésirables Situations à risque

La pharmacogénomique

En Suisse, seuls 5% des effets secondaires

sont rapportés. Conséquence : des données

précieuses manquent pour optimiser les

recherches sur les effets secondaires

(pharmacovigilance).

Que signaler ? Tout effet notable mentionné

ou non sur la notice du médicament.

Qui contacter ? Pour les HUG, le Service

de pharmacologie et toxicologie cliniques :

022 372 99 32

Parmi les facteurs susceptibles d’influencer l’effet

d’un médicament et ses effets secondaires :

• Prise conjointe d’autres médicaments

• Exposition au soleil

• Jus de fruits (pamplemousse, orange de

Séville, etc.)

• Phytothérapie (millepertuis, etc.)

• Aliments (chou, brocolis, réglisse, etc.)

• Alcool, tabac.

De plus en plus, la médecine personnalisée

s’applique à la prescription des médicaments.

Principe : tenir compte du profil génétique de la

personne pour choisir et adapter son traitement.

Méthode : test pharmacogénétique (prise de sang).

Remboursement par l’assurance maladie : oui,

au cas par cas, depuis 2017.

Ampleur : plus de 150 médicaments déjà concernés

par ces prescriptions hautement individualisées.

* Affectant l’ensemble du corps

Avril - Juin 2021

31


Pulsations

Voirie géante pour

un recyclage XXL

Avril - Juin 2021

R e p o r t a g e

Par Aude Raimondi Photos Nicolas Righetti | lundi13

Roue de vélo, morceaux

d’isolation, médicaments,

aiguilles, déchets sensibles…

La voirie des HUG

regorge d’objets en tous

genres. Ses employés,

souvent dans l’ombre,

effectuent un travail essentiel

pour la sauvegarde

de la planète.

Six mille tonnes de déchets.

Chaque année, les HUG produisent

à eux seuls une quantité

de détritus comparable à celle

de la ville de Plan-les-Ouates. Et

comme dans toute ville qui se respecte, un

service de voirie met un point d’honneur

à les trier afin d’en recycler un maximum.

Dans les sous-sols du bâtiment principal

du centre hospitalier, quatorze employés

s’activent dans un ballet incessant. Leur

mission : récupérer les poubelles aux quatre

coins du site et les rapatrier au Service de

voirie pour procéder à un tri méticuleux.

« Ici nous ne parlons pas de poubelles.

Tout ce que nous manipulons est considéré

comme de la matière que l’on peut valoriser »,

corrige Olivier Raedisch. À la tête du secteur

depuis 2014, l’homme ne cache pas sa fierté

lorsqu’il évoque le taux de recyclage de la

voirie des HUG, qui s’élève désormais à 52%.

C’est mieux que le canton de Genève, qui

n’atteint pas encore les 50%. Pour parvenir

à ce résultat, quelques principes sont nécessaires

: « Chaque collaborateur doit trouver

un sens à son travail, explique Olivier

Raedisch. Ici, chacun sait donc comment la

matière pourra être recyclée et réutilisée

grâce au tri effectué. »

Chacun·e doit faire sa part

Une organisation sans faille est également

indispensable. Le point de départ de la

chaîne de recyclage se trouve dans les

différents services de l’hôpital. Les patient·es

et soignant·es font partie intégrante du

processus. Plus on respecte les consignes

en triant les déchets dans les poubelles

dédiées, plus la valorisation de la matière

pourra être effectuée ensuite. Pour rendre

tout ceci plus intuitif, les filières de tri sont

séparées selon trois couleurs.

D’abord les sacs noirs, qui contiennent

des ordures ménagères. Pour des questions

d’hygiène, ces derniers sont directement

acheminés à l’incinération, sans être

ouverts. Les sacs transparents, en revanche,

sont sans doute ceux qui donnent le plus

de travail aux employés de la voirie. Ils

renferment tous les déchets recyclables, du

PET au papier en passant par les capsules

de café. Une fois arrivés au centre de tri, ces

sacs sont examinés afin de déterminer s’ils

contiennent des objets non conformes. Emilio

Musio, employé à la voirie depuis quinze ans,

se penche pour récupérer une peluche au

milieu du papier. « On trouve souvent tout et

n’importe quoi dans ces sacs », soupire-t-il.

32


Reportage

Les boîtes jaunes

renferment

les déchets

liés aux activités

de soins,

c’est-à-dire

des pansements,

des matériaux

souillés ou

encore des

aiguilles. Pour

éviter tout risque

infectieux, elles

doivent être

manipulées avec

précaution et

éliminées sans

être ouvertes.

Avril - Juin 2021

33


Pulsations

Si un taux de radioactivité trop élevé est

détecté dans l’un des sacs, il sera placé

dans une sorte de bunker, le temps que

ses valeurs redeviennent normales.

Avril - Juin 2021

Chaque collaborateur

sait

comment la

matière pourra

être recyclée

et réutilisée

grâce au tri

effectué.

Des déchets parfois dangereux

Au fond à gauche, l’un de ses collègues,

Ricardo Monney, empile avec précaution

des boîtes jaunes. Celles-ci renferment

les déchets liés aux activités de soins,

c’est-à-dire des pansements, des matériaux

souillés ou encore des aiguilles. Pour éviter

tout risque infectieux, ces boîtes doivent

être manipulées avec précaution et éliminées

sans être ouvertes. « C’est un métier qui

demande d’être minutieux et consciencieux

», souligne l’employé. Si ces déchets

atterrissent au mauvais endroit, les conséquences

peuvent être graves. Pour éviter de

se piquer avec une aiguille jetée par erreur

dans une poubelle, le personnel de la voirie

porte des gants de protection. La vigilance

est donc de mise.

Derrière la pile de boîtes jaunes, un petit

tracteur tirant plusieurs sacs s’engouffre

dans les sous-sols de la voirie. Comme

chaque véhicule qui pénètre ici, il passe

devant un détecteur de radioactivité. Suite

à un examen ou à un traitement (scintigraphie

osseuse, radiothérapie), une petite

quantité de molécules radioactives, éliminées

par les urines, peuvent se retrouver

dans les draps. « Nous sommes dans un

hôpital. Il ne faut pas oublier que nous

transportons des matériaux potentiellement

dangereux », rappelle Olivier Raedisch.

Comme dans tout établissement médical,

les HUG doivent aussi gérer une question

sensible : l’élimination des déchets pathologiques.

Il s’agit de tissus humains,

généralement issus des blocs opératoires.

Après analyses, ce sont les membres

de la voirie qui les récupèrent pour les

envoyer à l’incinération. « Lors de ces

tâches particulières, je n’ai jamais dû

demander à un employé de faire attention.

C’est automatique. Chacun a une grande

conscience de ce qu’il transporte et le

fait d’une manière extrêmement respectueuse

», souligne Olivier Raedisch.

La voirie des HUG

en chiffres

incinérés

recyclés

4’150 tonnes

de déchets

urbains/industriels

379 tonnes

de déchets

de chantiers

600 tonnes

de déchets

spéciaux

34


JULIETTE VOUS

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Pulsations

Avril - Juin 2021

P r i s e e n c h a r g e

Par Élodie Lavigne

L’interruption

de grossesse

médicamenteuse

à domicile

Grâce à un protocole

bien établi associé à une

surveillance médicale

étroite, les patientes des

HUG ayant choisi d’interrompre

leur grossesse

peuvent le faire à domicile.

Une pratique médicale

en augmentation depuis

plusieurs années.

36


Prise en charge

Crédit : istockphoto/Maria Ponomariova

Une interruption volontaire de

grossesse (IVG) n’est pas une

décision facile. Les femmes qui

ont fait le choix d’une IVG

médicamenteuse à domicile,

plutôt qu’à l’hôpital, ont l’avantage de

pouvoir maîtriser le processus de bout en

bout, d’en être actrices, ce qui renforce leur

sentiment d’autodétermination. « La majorité

rapporte une plus grande satisfaction »,

relate la Dre Michal Yaron, médecin adjointe

agrégée, responsable des consultations

ambulatoires de gynécologie. Le fait

d’être dans un contexte moins médicalisé

y est pour beaucoup : « Elles se sentent

davantage en sécurité, moins seules et à

l’abri des jugements », poursuit Renata

Maure Gerritsma, infirmière aux consultations

ambulatoires de gynécologie.

En 2020, plus de 120 patientes ont eu recours

à cette approche. Une pratique toujours plus

demandée. La sélection des patientes qui en

bénéficient se décide néanmoins au cas par

cas, car « la moindre complication pourrait

y mettre fin », déclare la Dre Michal Yaron.

Cette solution n’est proposée qu’aux patientes

remplissant des critères précis : être

majeure, parler le français ou l’anglais pour

bien comprendre les consignes, habiter à

moins d’une heure de l’hôpital, avoir du

soutien à la maison (conjoint ou proche)

et, enfin, ne pas présenter de maladies

susceptibles d’entraîner des complications.

« Lorsque le terrain psychologique ou somatique

est sensible, mieux vaut y renoncer »,

prévient la Dre Yaron. De même « si la

patiente a trop peur des saignements et des

douleurs et qu’elle ne se sent pas capable

d’y faire face », complète Renata Maure

Gerritsma. Dans ce cas, l’IVG médicamenteuse

peut avoir lieu à l’hôpital.

Le premier rendez-vous

Toute demande d’interruption de grossesse

débute par une consultation avec une infirmière

en orthogénie (planification et contrôle

des naissances), puis avec un médecin. On y

aborde les raisons qui amènent la personne à

avorter : « En cas d’ambivalence ou de fragilité,

nous référons les patientes à l’Unité de

santé sexuelle et Planning familial pour un

soutien ou un temps de réflexion », indique

Renata Maure Gerritsma. Lors de l’entretien,

les différentes options existantes sont

évoquées. La voie médicamenteuse est

possible jusqu’à 9 semaines de grossesse.

La préférence de la patiente est bien sûr

prise en compte. L’examen médical comprend,

en plus de l’anamnèse, la mesure

du taux de bHCG (hormone de la grossesse),

un contrôle sanguin (dépistage des IST, etc.),

ainsi qu’un ultrason pour dater la grossesse.

Il est aussi question à ce moment-là de

contraception, pour prévenir une nouvelle

grossesse non désirée.

Un suivi étroit

Si une femme, en accord avec le ou la médecin,

opte pour l’IVG médicale à domicile,

la marche à suivre lui est alors expliquée :

prise de médicaments, éventuels effets secondaires,

gestion de la douleur, signaux d’alerte,

etc. Un rendez-vous est fixé à l’hôpital pour

la prise des premiers médicaments. La patiente

reçoit à cette occasion les informations

(orales et écrites) nécessaires. La seconde

prise de médicaments se fait deux jours plus

tard, à la maison, où a lieu l’expulsion. À tout

moment, en cas de questions ou d’inquiétude,

elle peut contacter le Centre d’orthogénie et

de contraception ou les urgences à la Maternité.

Pour s’assurer du résultat de l’IVG, la

patiente renseigne sur une feuille de route

ses symptômes (saignements, douleur).

Trois semaines plus tard, un rendez-vous

de contrôle, par téléphone ou à l’hôpital,

est effectué pour évaluer, avec l’infirmière,

la réussite de l’intervention à travers un

questionnaire et un test de grossesse.

« Pour mieux accompagner la patiente,

nous lui demandons comment elle se sent

émotionnellement et si elle a besoin d’un

soutien psychologique », souligne Renata

Maure Gerritsma. S’il y a un doute, une

consultation est organisée dans les plus

brefs délais avec le médecin du Centre

d’ortho génie et de contraception.

Enfin, il s’avère que les femmes concernées

affichent une bonne adhésion au contrôle

médical et à la contraception. En plus d’être

efficace (à 95 %), cette pratique est moins

coûteuse. Pour cette raison aussi, elle pourrait

à l’avenir gagner en importance.

Avril - Juin 2021

37


Pulsations

« Sans l’adhésion

de la population, on ne

gagnera pas face au virus »

Avril - Juin 2021

L ’ i n v i t é e

Par Laetitia Grimaldi Photo Nicolas Righetti | lundi 13

Médecin formée en

médecine communautaire,

santé publique, médecine

tropicale et protection de

l’enfance, la Dre Aglaé Tardin

a succédé en 2020, à 48 ans,

à Jacques-André Romand au

poste de médecin cantonale

de Genève. Rencontre.

Pulsations Nommée en janvier 2020 au

poste de médecin cantonale, vous deviez

prendre vos fonctions le 1 er mai, mais

l’actualité sanitaire liée au Covid-19

en a décidé autrement…

Dre Aglaé Tardin En effet, le 28 février 2020, le

téléphone sonnait pour m’annoncer que je

venais en renfort dès le 1er mars, soit deux

mois avant la date prévue. Le démarrage

s’est fait sur les chapeaux de roues. Mon

prédécesseur – Jacques-André Romand –

a lui-même annulé ses vacances et décalé

son départ à la retraite de deux mois. Au

plus fort de la première vague, être à deux

sur ce poste n’était vraiment pas de trop.

Il n’est en effet pas banal d’endosser

de telles fonctions en pleine pandémie,

comment avez-vous vécu ces premiers

temps ?

Je suis arrivée dans un climat d’incertitude

et d’urgence qui était en réalité le lot de

toutes et tous. Bien sûr, la charge de travail

a été immédiatement immense, la nécessité

de prendre des décisions, impérieuse. Mais

il y a également eu des points positifs,

comme le fait de collaborer dès le départ

avec tout un réseau que j’aurais sans doute

mis plusieurs mois à rencontrer dans son

ensemble. Par ailleurs, un lien de confiance

a pu s’instaurer tout de suite avec les

équipes en place, mais également avec les

acteurs de terrain et les instances politiques.

A l’heure où une troisième vague fait

trembler de nombreux pays, quel enjeu

vous semble prioritaire ?

Une certitude demeure : sans l’adhésion de

la population, nous ne gagnerons pas face

au virus. Malgré l’arrivée de vaccins, nous

savons que la crise sanitaire va durer au

moins deux ans. Notre mission est d’orienter

les stratégies et décider des mesures les

plus justes et adéquates possibles en fonction

de l’état des connaissances à un instant

« t ». En effet, il ne s’agit pas de tenir une

ligne stricte et rigide, mais bel et bien de

nous adapter en permanence pour faire face

au mieux à cette épidémie mouvante et

infiniment complexe.

Autant de mesures évoluant mais

susceptibles également de faire

le nid de messages complotistes,

émanant de groupes « anti-masques »

ou « anti-vaccins »…

Dans une telle situation, ces mouvements

sont inévitables. Je peux comprendre les

interrogations, les résistances. Mais il y a

des chiffres indéniables, comme le nombre

d’hospitalisations ou de personnes en réanimation.

Et l’interprétation que l’on peut en

faire. Quand celle-ci est clairement erronée,

la démentir est aisé. Quand elle est déformée,

c’est plus compliqué. Nous devons

intégrer tout cela, en restant sur notre

38


L’invitée

objectif global de santé publique. Et favoriser

le dialogue bidirectionnel avec la

population, pour pouvoir répondre aux

questions, aux doutes, en temps réel selon

les connaissances à disposition. J’ajouterai

que face aux dissensions, il nous faut garder

en tête notre point commun à tous : au-delà

des mesures de protection mises en place,

c’est surtout du virus dont nous avons tous

marre... Et ce n’est qu’ensemble que nous

pouvons l’affronter.

Comment, dans un tel climat d’urgence,

s’assurer de l’avancée des autres dossiers

incombant à votre service ?

Grâce aux équipes en place qui ont l’expérience

et la mobilisation requises. Car

même si depuis des mois, nous pensons,

dormons, mangeons « Covid », il est certain

que d’autres priorités subsistent, comme

les actions de prévention et de promotion

inhérentes aux axes définis par le plan

cantonal, le renouvellement des contrats de

prestations avec les partenaires du milieu

associatif ou encore la mise en place du

tout nouveau secteur « Maladies transmissibles

». Pour affronter la crise sanitaire,

nous avons procédé à de nombreux engagements,

passant de l’équivalent de 40 postes

à temps plein à près de 350.

Avril - Juin 2021

Vous avez exercé la médecine communautaire

au Mexique, au Sénégal, dans

le milieu associatif, avant de rejoindre

le Service de santé de l’enfance et de la

jeunesse, puis d’endosser la fonction de

médecin cantonale. Quelle force tirezvous

de ce parcours ?

Je garde en tête les valeurs auxquelles je

crois profondément et qui m’ont guidée

jusque-là : l’accès aux soins pour tous, ainsi

que les principes d’éthique et d’équité. Quant

à la crise qui nous occupe aujourd’hui, elle

constitue un défi dont l’ampleur me marquera

assurément très longtemps...

39


Pulsations

>

Avril - Juin 2021

J u n i o r

Par Elodie Lavigne Illustrations PanpanCucul

Bonbons, sucettes, friandises, biscuits

et gâteaux font la joie des enfants,

et parfois celle des plus grands.

Notre corps a besoin de sucre pour

bien fonctionner, mais en manger

trop n'est pas bon pour la santé.

Voici pourquoi.

Une source d'énergie

Le sucre est la source

d’énergie la plus importante

pour notre corps et

notre cerveau. Cela représente

près de la moitié des

apports en énergie dont

nous avons besoin pour

fonctionner chaque jour.

C’est notre carburant,

comme l’essence l’est pour

la voiture. Mais qui dit

énergie, dit excitation.

Trop de sucre et on devient

une pile électrique !

Plus j'en mange,

plus j'en ai envie...

Expert

Pr Zoltan Pataky, médecin

adjoint agrégé à l’Unité

d’éducation thérapeutique

du patient et responsable de

la consultation de l’obésité

aux HUG

Lorsqu’on consomme des aliments

sucrés, on se sent bien, rassuré•e,

apaisé•e. Pourquoi ? Parce que cela

active le circuit de la récompense

dans notre cerveau. Mais cette sensation

est de courte durée ! Notre

cerveau nous en demande toujours

plus pour se sentir bien. C’est un

engrenage. Plus notre corps a du

sucre à disposition, plus il en a envie.

La science a montré que le sucre

peut provoquer une addiction,

comme l’alcool ou les drogues, c’est

pourquoi il ne faut pas en abuser.

40


Junior

Le bon et le mauvais sucre

Le bon sucre est celui que l’on trouve

dans les fruits (fructose) ou le lait

(lactose). On le dit > car lorsqu’on

mange une pomme, on absorbe en même

temps des vitamines, des minéraux et

des fibres, ce qui freine l’absorption de

sucre par le corps. Dans les friandises,

les sodas et autres boissons sucrées

(limonades, thé froid et jus de fruits

industriels, eaux aromatisées, etc.) en

revanche, il n’y a pas ces nutriments

indispensables à la santé, si bien que le

taux de sucre dans le sang s’élève rapidement

quand on en consomme. On se

croit rassasié, mais peu de temps après,

on a de nouveau faim et notre corps en

redemande. De plus, avec les boissons

sucrées, on avale beaucoup de sucres

sans s’en apercevoir.

Trop, c'est trop

A long terme, manger trop sucré peut avoir des

conséquences graves pour la santé. L’excès de

sucre fait peu à peu prendre du poids car notre

foie transforme l’excès de sucre en >

graisse. C’est la porte ouverte aux kilos superflus.

Le surpoids et l’obésité sont dangereux car

ils entraînent d’autres maladies, comme les

troubles cardiovasculaires (maladies du coeur)

ou le diabète de type 2 (diabète sucré), par

exemple. On sait aussi que le risque de cancer

augmente.

Attention aux caries

Notre bouche est peuplée de bactéries qui adorent

le sucre... Lorsqu’on mange ou boit des aliments

sucrés régulièrement, elles se multiplient et attaquent

nos dents. Pour éviter les caries, il est

important de bien se brosser les dents après

chaque repas ou collation, afin d’éliminer le

sucre. Si ce n’est pas possible, rince-toi au moins

la bouche avec de l’eau. Et fais en sorte d’éviter

les grignotages !

Avril - Juin 2021

Le saviez-vous ?

1 litre de soda contient

100 grammes de sucre

ajouté (le mauvais

sucre) et une canette

en contient environ

30 grammes ! Or, on ne

devrait pas consommer

plus de 50 grammes de

sucre ajouté par jour.

En partenariat avec

41


Pulsations

Avril - Juin 2021

M i e u x - v i v r e

Par Élodie Lavigne

Surfer sur

les vagues

du Covid-19

Le coronavirus continue

d’inquiéter, nous oblige

à changer nos habitudes,

à remettre à plus tard

certains projets, quand

il ne nous confronte pas

directement à la maladie

et à la mort. Les plus

jeunes sont particulièrement

concernés. Les

conseils de deux spécialistes

pour garder le

moral dans ce contexte.

«Nom d’un petit

pangolin, je ne

sais pas ce qui me

retient d’envoyer

sur Vénus ce

satané virus ! », s’exclame Aldebert dans

« Corona Minus », chanson à destination du

jeune public. À tout âge, la lassitude envers

le Covid-19 et les mesures pour s’en protéger

est profonde, confirme la Dre Lamyae

Benzakour, médecin adjointe en charge de

la psychiatrie de liaison aux HUG : « Des

études montrent, dans la population générale,

une augmentation des troubles du

sommeil, de l’anxiété, des dépressions et des

troubles de stress post-traumatique. » Après

la première vague, on a observé, chez les

jeunes, « une baisse de la motivation, une

perte de sens, des difficultés à retourner à

l’école, des troubles dépressifs importants

avec plus de tentatives de suicide, mais

aussi des crises familiales majeures avec des

séparations parentales », ajoute la Dre Anne

Edan, médecin adjointe responsable de

l’Unité de crise Malatavie. L’impact psychologique

de la pandémie et des restrictions

qui l’accompagnent est fort, mais dépend

beaucoup de la situation personnelle et des

ressources de l’individu.

42


Mieux-vivre

Ne pas minimiser

Comment faire pour traverser au mieux les

vagues successives ? D’abord, ne pas minimiser.

Insécurité, solitude, angoisse, colère…

Qu’est-ce que la pandémie provoque en

nous ? Prenons conscience de nos émotions

et soyons bienveillants avec nous-mêmes

et avec les autres. « Il est illusoire de penser

que nous vivons les événements de la même

manière que ceux qui nous entourent »,

relève la Dre Benzakour. Certain·es sont

exaspéré·es par les mesures, d’autres sont

très inquiet·ètes à l’idée de tomber malade

ou de contaminer leurs proches. Être dans

le jugement ne fait qu’alimenter les tensions.

Au travail, en famille ou entre ami·es, la

psychiatre conseille d’exprimer ses besoins

et de veiller à sa propre protection, sans se

mettre dans des situations sources de stress.

« Faire comme si le Covid n’existait pas,

alors qu’il bouleverse tout, est certainement

l’écueil le plus fort à éviter », note la Dre

Edan, qui préconise des pauses de réflexion

en famille. « Parler de son ressenti, ajoutet-elle,

permet une résonance émotionnelle

chez l’autre. »

Une attention et une écoute particulières

sont très protectrices pour les plus jeunes,

qui perçoivent ainsi le soutien de leurs

parents. Verbaliser est un bon moyen de

susciter le dialogue : « Tu t’énerves souvent…

» Il s’agit de tenir compte du vécu

propre de chacun, sans a priori et sans

projeter sa vision d’adulte sur l’enfant.

Reconnaître les difficultés passe aussi par

l’acceptation de nos fragilités et des éventuels

débordements qui peuvent survenir

dans un quotidien rythmé par l’angoisse

et l’incertitude. Revenir sur les moments

de tension, en instaurant par exemple des

conseils de famille, peut être bénéfique.

Faire preuve de créativité

Et puisque le retour à une certaine normalité

n’est pas pour demain, faisons preuve de

créativité : « Évitons de vivre en apnée et

adaptons notre vie. Retrouver du contrôle

dans la situation est primordial », souligne

la Dre Benzakour. Prévoir des moments de

détente et de respiration en cherchant des

compromis dans la situation actuelle. Puiser

dans ses ressources et se tourner vers ce qui

nous fait du bien (lecture, musique, expressions

artistiques, cuisine, balades, activité

sportive à l’extérieur, etc.), aussi. Mis à mal

par la pandémie, le lien social reste une

source importante de réconfort, quelle

que soit la génération. Il s’agit de trouver

des alternatives pour ne pas tomber dans

l’iso lement. Et de respecter l’intimité de

chacun, en particulier des ados qui manquent,

du fait de la pandémie, d’échappatoires

nécessaires. Internet et les réseaux

sociaux, souvent critiqués, leur permettent

de rester en lien avec leurs pairs. Et la Dre

Edan de préciser : « C’est un soutien fort,

pour autant qu’on en fasse un usage raisonnable

et qu’on diversifie les activités. »

Enfin, rappelons-nous que cette crise finira

par passer et qu’elle pourrait avoir des

bénéfices inattendus. « C’est la vertu de la

limite, qui ouvre sur de nouvelles perspectives

», conclut la Dre Edan.

Quand la douleur

persiste

Si, malgré ces conseils,

la souffrance est trop grande,

faites appel à un·e spécialiste

en santé mentale.

www.hug.ch/coronavirus/

soutien-psychologique

Retrouvez d’autres conseils

(en vidéo)

http://hug.plus/soutien-covid

Avril - Juin 2021

43


Pulsations

@choum -– à vos

symptômes !

@choum est un outil développé

dans le cadre d’une étude sur la

surveillance de la pandémie de

Covid-19. Son but ? Détecter de

façon précoce les flambées de

cas (clusters). Vous souhaitez

participer à l’étude ? Signalez

vos symptômes compatibles

avec une infection au coronavirus

SARS-CoV-2 via le bouton

Est-ce

une allergie

alimentaire ?

Vous ou votre enfant avez

déjà présenté une réaction

allergique dans l’heure qui a

suivi la consommation d’un

aliment ? L’Unité d’allergologie

pédiatrique des HUG et le

Service de la consommation

et des affaires vétérinaires

(SCAV) du canton de Genève

recherchent des volontaires

pour la participation à une

Neuropédiatrie

distinguée

Le Dr Christian Korff,

médecin adjoint agrégé

et responsable de l’Unité

de neuropédiatrie des HUG,

a été nommé président de

la Société européenne de

neurologie pédiatrique

(SENP). Un honneur pour

ce pédiatre et neuropédiatre

FMH formé à Genève, également

chargé de cours à la

Faculté de médecine de

l’Université de Genève.

Avril - Juin 2021

B r è v e s

Par Giuseppe Costa

@choum de l’application

CoronApp-HUG. Elle vous

indique ensuite si votre lieu de

domicile ou de travail se trouve

dans une zone de cluster.

L’étude est développée par des

chercheurs du Service de

médecine de premier recours

des HUG, de l’Université de

Genève et de l’École polytechnique

fédérale de Lausanne, en

collaboration avec l’Université

de Paris. Téléchargement

de l’application gratuite et

sécurisée CoronApp-HUG sur

hug.plus/atchoum

étude. Elle vise à répertorier,

sur l’année 2021, les réactions

d’allergies alimentaires et

identifier leurs facteurs déclenchants.

Cette étude permettra

de savoir à quels aliments les

Genevois∙es (enfants et adultes)

réagissent et à partir de

quelle quantité consommée.

Une allergie alimentaire survient

dans l’heure qui suit

l’ingestion de l’aliment et se

manifeste par un ou plusieurs

symptômes (urticaire, picotements

dans la bouche, gonflement,

etc.).

Toutes les infos sur

http://hug.plus/aage21

Créée en 1971, la SENP est

la société savante dédiée à

la discipline de la neurologie

pédiatrique la plus ancienne

dans le monde. Elle regroupe

quelque 150 membres.

Durant les trois années à la

tête de la SENP, Christian

Korff aura à cœur de poursuivre

le travail accompli

par ses prédécesseurs. Par

ailleurs, ce dernier dirige

plusieurs projets de recherche

dans le domaine de

l’épileptologie pédiatrique

et collabore activement à

d’autres travaux sur ce

même sujet, tant sur le plan

national qu’international.

Crédits : DR, shutterstock, HUG

44


Brèves

Combattre

la sclérose

en plaques

Nouvelle avancée dans les recherches

en lien avec la sclérose

en plaques. Des chercheurs des

universités de Genève, de

Munich et de l’Institut technique

de Munich ont découvert, chez

des souris, que la destruction

des synapses de la matière grise

réduisait l’activité des neurones

dans le cortex cérébral et

constituait un facteur majeur

de progression de la sclérose

en plaques. Ce mécanisme est

Qualité à

l’honneur

Le Pr Pierre Chopard, médecinchef

du Service qualité des soins

des HUG et professeur associé

à l’Université de Genève, a été

nommé président de la nouvelle

Commission fédérale de la qualité

(CFQ), chargée de conseiller

le Conseil fédéral en matière de

qualité des soins et de sécurité

des patients et patientes.

Label cantonal

pour les HUG

Pour leur engagement en

faveur de l’emploi, les HUG

ont reçu, cette année encore,

le label 1 + pour tous. Cette

distinction cantonale récompense

les entreprises qui

engagent, en contrat à durée

indéterminée, des personnes

sans emploi résidant dans le

Avril - Juin 2021

Crédits : Unige, HUG, DR

potentiellement réversible,

notamment au travers de

l’inhibition ciblée de certaines

cellules immunitaires. Ces

résultats, publiés dans la revue

Nature Neuroscience, offrent

une approche intéressante pour

de nouvelles thérapies. La

sclérose en plaques, maladie

inflammatoire chronique du

système nerveux central, touche

une personne sur mille. En détruisant

des cellules nerveuses

dans le cerveau, elle engendre

des troubles d’une intensité

variable pouvant toucher la

vision, la communication et les

fonctions locomotrices.

Pour en savoir plus : https://

www.hug.ch/actualite/combattre-sclerose-plaques-etudeoffre-approche

Avec l’entrée en vigueur le

1 er avril 2021 de modifications

législatives qui prévoient des

mesures d’amélioration contraignantes

dans le domaine de la

qualité, cette commission est

appelée à jouer un rôle important.

La CFQ sera chargée de

mettre en œuvre, avec les

différents acteurs de la santé,

les objectifs fixés par le Conseil

fédéral tous les quatre ans. Elle

devra élaborer des indicateurs

de qualité, mener des programmes

nationaux de promotion

de la qualité et veiller à ce que

la sécurité des patients et

patientes soit encouragée.

canton de Genève. Afin de

favoriser ce recrutement,

les HUG collaborent étroitement

avec l’Office cantonal

de l’emploi (OCE). Ce label

hisse les HUG au rang des

sociétés socialement et économiquement

responsables.

Tous les postes à pourvoir

actuellement sont par

ailleurs disponibles sur

le site https://careers.

smartrecruiters.com/HUG

45


Soins

à domicile

Depuis 35 ans en Suisse et plus de 20 ans dans

le canton de Genève. Nous proposons une

gamme complète de prestations permettant le

maintien à domicile :

• Soins de base • Soins Infirmiers

• Assistance • Aide au ménage

• Veille de nuit • 24h/24, 7j/7

Notre équipe collabore étroitement avec les

familles et les proches aidants de nos client(e)s,

afin que ceux-ci puissent vivre le plus longtemps

possible dans le confort de leur foyer.

Service reconnu

par toutes les

caisses-maladie

Pour cela, nous veillons à toujours affecter,

aux horaires convenus, le même personnel à

nos client(e)s.

Appelez-nous et convenons ensemble d’un

entretien-conseil sans engagement :

Filiale Genève, 022 340 40 95

www.spitexvillecampagne.ch

528

INFOKIDS

l’application

des urgences

pédiatriques

+ Donne des

conseils médicaux

+ Informe quand

consulter un pédiatre

ou les urgences

+ Renseigne sur

l’affluence aux

urgences

Téléchargez

gratuitement

infokids.ch


Pulsations

AVRIL

Jusqu’au 30/04

La peur

Exposition

7h30 à 19h, lundi à vendredi

Salle d’exposition

Uni Carl Vogt

66, bd Carl-Vogt

Entrée libre

La peur est une émotion

individuelle produite dans le

corps face à un danger réel

ou imaginaire: la peur lors

d’un accident, la peur du noir

ou du loup. Dans l’histoire,

elle est aussi un sentiment

collectif qui peut s’emparer

de toute une société et

l’obliger à réagir. Des jeunes

de 8 à 19 ans du canton de

Genève se sont emparé∙es

du sujet et lui ont donné

corps au travers d’objets

individuels ou collectifs,

en utilisant des techniques

aussi variées que la couture,

le dessin, le graphisme,

la peinture, le collage ou

le papier mâché.

https://www.unige.ch/-/peur

À côté du Centre Nicolas Bouvier

2, ch. Petit-Bel-Air

1226 Thônex

Marie-Eve Brunner, Pascal

Benoit et Alice Izzo sont trois

artistes réunis à l’occasion

d’une exposition collective

dans le domaine de Belle-

Idée. Trois techniques différentes

sont représentées : le

collage, la photographie et

l’illustration. Cette exposition

en plein air, dans le parc de

Belle-Idée, est accessible au

public jusqu’au 31 août 2021.

www.arthug.ch/exposition/

p-benoit-m-e-brunner-izzo

Jusqu’au 31/12

Alliances

Maëlle Cornut

Entrée du domaine de Belle-Idée

2, ch. du Petit-Bel-Air

Arrêt de bus de l’Hôpital des

Trois-Chêne

3, ch. du Pont-Bochet

1226 Thônex

près ou de loin, ces formes

colorées s’inspirent des

fameuses planches à l’encre

élaborées par le Dr Hermann

Rorschach en 1921. Cette

exposition en plein air, dans

le domaine de Belle-Idée, est

accessible au public jusqu’au

31 décembre 2021.

www.arthug.ch/exposition/

alliances

14/06

JUIN

Don du sang

Journée mondiale

7h30 à 15h

Centre de transfusion sanguine

Rue Gabrielle-Perret-Gentil 6

Donner son sang, c’est

sauver des vies. À l’occasion

de la Journée mondiale des

donneurs de sang, donnez le

vôtre au Centre de transfusion

sanguine. La transfusion

sanguine est vitale dans les

cas de leucémies, de transplantations,

d’hémorragies

importantes lors d’un accident,

d’une opération ou

d’un accouchement.

Par Giuseppe Costa

Avril - Juin 2021

A g e n d a

Crédits : Maëlle Cornut

Jusqu’au 31/08

Exposition

collective

Marie-Eve Brunner,

Pascal Benoit, Alice Izzo

Domaine de Belle-Idée

Maëlle Cornut, artiste

formée à la Haute école d’art

et de design de Genève

(HEAD), a imaginé pour les

HUG la série Alliances. Elle

se compose de neuf images,

chacune dotée d’une couleur

différente. À appréhender de

Coronavirus

Selon l’évolution de

l’épidémie du coronavirus

(Covid-19), des événements

peuvent être annulés.

Retrouver les informations

à jour sur www.hug-ge.ch

47


Pulsations

Avril - Juin 2021

L i v r e s & W e b

En collaboration avec la Bibliothèque de l’Unige, site CMU

Pour

en savoir

plus sur…

Proches aidants et

maladie d’Alzheimer

À l’écoute des proches

aidants

Du répit à la rêverie :

approche psychique des

émotions des accompagnant∙es

et des soignant∙es

Hélène Viennet

Seli Arslan, 2020

L’équilibre familial est toujours

perturbé face à la maladie ou à

la démence. De nombreuses situations,

des paroles d’aidant∙es

et de soignant∙es, qui peuvent

être démuni∙es face aux

difficultés psychiques

de l’entourage des

patient∙es, émaillent

ce livre.

La maladie d’Alzheimer :

accompagnez votre proche

au quotidien

Coll. Guides pratiques

de l’aidant

Jacques Selmès

John Libbey Eurotext, 2011

Destiné aux familles et à tous

ceux et celles qui accompagnent

au quotidien une personne touchée

par la maladie d’Alzheimer,

ce guide est le fruit de

plusieurs années de

contact permanent

auprès des malades

et de leurs proches.

CONTACT

Tous les livres référencés sont disponibles

à la Bibliothèque de l’Université,

site CMU. Ils peuvent être consultés

et/ou empruntés gratuitement.

Bibliothèque de l’Université

de Genève

Centre médical universitaire

Avenue de Champel 9

1206 Genève

Lu-ve : 8h-22h et sa-di : 9h-18h

biblio-cmu@unige.ch

022 379 51 00

Pers. de contact : Annick Widmer

www.unige.ch/biblio/patients/

Je suis là : le guide

indispensable pour tous

ceux qui accompagnent

un proche en souffrance

Dre Stéphanie Marchand-Pansart

Lafon, 2020

Un livre utile et bienveillant,

une approche nouvelle

et innovante du rôle

et de la place des

aidant∙es auprès de

ceux et celles qu’ils et

elles accompagnent.

Troubles psychiques

Le mur : la maladie

psychique dans la famille

Ileana Winteregg

Société des écrivains, 2017

L’auteure livre un témoignage

saisissant de son expérience de

mère d’un fils souffrant de troubles

bipolaires. Digne,

sincère et émouvant,

un ouvrage qui brise

bien des silences et

des non-dits.

Le jour où ma fille

est devenue folle

Michael Greenberg,

Pierre Guglielmina (trad.)

Flammarion, 2010

Implacable chronique de l’été

durant lequel la fille de l’auteur,

âgée de quinze ans, a connu

sa première crise maniacodépressive,

un événement qui

a bouleversé sa vie et celle de

toute la famille. Un récit

surprenant, déchirant,

tout sauf sentimental,

d’un père qui tente

désespérément de

ramener sa fille à lui.

Sucre

Avec ou sans sucre ?

90 clés pour comprendre

le sucre

Philippe Reiser

Quae, 2015

À travers l’histoire, la science

et des anecdotes

surprenantes, cet

ouvrage nous propose

de mieux connaître

le sucre et les

édulcorants.

Réalité virtuelle

dans les soins

Se libérer des troubles

anxieux par la réalité

virtuelle

Eric Malbos,

Rodolphe Oppenheimer,

Christophe Lançon

Eyrolles, 2017

Conçu par une équipe de

spécialistes, illustré avec

des cas réels, cet ouvrage

est une synthèse

de référence pour

découvrir, comprendre

et pratiquer cette

thérapie.

Médicaments

Les médicaments

en 100 questions

François Chast

Tallandier, 2016

En 100 points clés, le Pr François

Chast nous éclaire sur les modes

d’action des médicaments

et les risques. Il décrypte

des phénomènes récents

et distingue les vraies

avancées des fausses.

Pour prendre nos

médicaments en toute

connaissance de cause.

Patient∙e

partenaire

Patient partenaire,

patient expert :

de l’accompagnement

à l’autonomie

Coll. Sciences et Santé

Hugues Lefort, Thérèse Psiuk

Vuibert, 2019

L’intelligence collective autour

des parcours de soins, de santé

et de vie des patient∙es,

autorise un raisonnement

clinique d’un niveau supérieur,

pour des ajustements efficients.

Le·la patient∙e peut être ainsi

reconnu∙e comme expert∙e.

Ces enjeux sont

majeurs pour les

relations interpersonnelles

et les

systèmes de soins.

48


GRÂCE À SES DONATEURS, LA FONDATION

PRIVÉE DES HUG RÉALISE DES PROJETS

INNOVANTS ET AMBITIEUX AVEC 3 OBJECTIFS

AUGMENTER

LE BIEN-ÊTRE

DU PATIENT

Exemple de projet réalisé : favoriser la réhabilitation cardiaque par l’exercice physique encadré par des professionnels.

AMÉLIORER

LA QUALITÉ

DES SOINS

Infokids

Exemple de projet réalisé : création de l’application Infokids pour une assistance interactive lors d’urgences pédiatriques.

FAVORISER

LA RECHERCHE

MÉDICALE

Exemple de projet réalisé : soutenir la recherche en immunothérapie pour lutter contre les tumeurs cérébrales.

L’EXCELLENCE MÉDICALE

POUR VOUS, GRÂCE À VOUS.

Pour faire un don :

www.fondationhug.org

IBAN CH75 0483 5094 3228 2100 0

T +41 22 372 56 20

Email : fondation.hug@hcuge.ch


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vos soins

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humain en images

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