Premier tour - Le Travailleur Catalan

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Premier tour - Le Travailleur Catalan

L’hebdo communiste des P-O

1,80 - N°3460 - Semaine du 4 au 10 mai 2012

LE TRAVAILLEUR CATALAN

1 er tour

Analyse P.4

1 er mai

Puissants défilés P.8

Virons Sarko !


2 l’édito

de René Granmont

Premièrement :

virer Sarko

Mardi dernier, à l’occasion du premier mai, ouvriers, fonctionnaires,

chômeurs, précaires, étudiants, retraités, ont exprimé

avec force leur certitude que la solution, la réponse à leurs

aspirations passent par le combat collectif. Face au poison de

la division instillé jour après jour par la droite, de l’extrême à

la « à peine plus fréquentable », le peuple des travailleurs a

renoué avec la résistance, avec la lutte ensemble.

Et que le président sortant ait retrouvé des accents pétainistes

pour s’approprier une journée de lutte pour la réduction

du temps de travail instituée par la IIe Internationale en 1889,

voilà qui en dit long sur les objectifs de Nicolas Sarkozy, sur

jusqu’où il est prêt à aller pour combattre les aspirations populaires.

Voilà qui ne peut qu’inquiéter tout démocrate, tout républicain.

C’est d’ailleurs ce qu’avaient parfaitement compris les

milliers de citoyennes et citoyens qui ont arpenté les rues des

villes et des villages du département.

Mais le président sortant (et, espérons-le, bientôt sorti) a été

plus loin ce mardi au Trocadéro, en ordonnant aux syndicats

« Posez vos drapeaux rouges et servez la France ». On pourrait

répondre avec ironie que la peur du rouge est une affaire de

bêtes à cornes. Mais cette injonction est trop sérieuse et en

dit long sur ce qui attend le monde des salariés, le peuple, si

Nicolas Sarkozy revenait pour cinq ans : dans « sa » France,

on obéit et on se couche…

Il est donc évident que battre ce personnage qui « extrême

droitise » son discours chaque jour un peu plus, c’est faire

œuvre de salubrité publique pour la République et pour le

pays.

Utiliser le bulletin François Hollande pour virer Nicolas

Sarkozy, voilà quelle est la première urgence.

Cela ne signifie en rien donner un blanc-seing à qui que ce

soit. Car la plupart des manifestants du 1er mai avaient bien

conscience que ce sera leur rassemblement, que ce seront

leurs luttes qui imposeront les changements qu’ils espèrent.

Et que ce sera un point d’appui important que d’avoir à l’Assemblée

nationale des députés dont le bras ne tremble pas quand

il s’agit de s’opposer aux marchés financiers, aux banques,

aux grandes fortunes. Quand il s’agit d’augmenter le Smic et

les salaires, de rétablir la retraite à 60 ans, de s’opposer aux

destructions d’emplois, … Que ce sera donc un point d’appui

important d’avoir un fort groupe Front de gauche au parlement

pour poursuivre ce qu’à fait germer ce premier mai.

politique

J. Irles vers la droite populiste

La députée sortante de la 4 e circonscription

craint sans doute de ne pas retrouver

son siège après les législatives. Le résultat

de la présidentielle dans le département a

montré que le Front National a, encore plus

qu’ailleurs, siphonné les voix de l’UMP. Dans

sa propre commune, Villeneuve-de-la-Raho,

la gauche devance la droite. Voilà pourquoi,

à l’image de son chef Sarkozy, elle trouve désormais

toutes les vertus au Front National

et à ses idées nauséabondes. Jacqueline Irles

ne veut ou ne peut franchir le cap et intégrer

directement le parti de Le Pen, mais elle

vient d’adhérer à la Droite populaire, ou peut

être devrait-on dire populiste, dont un autre

député des P.-O. est un des principaux membres.

Chacun aura reconnu Daniel Mach qui

chasse au bazooka sur les terres marécageuses

du FN. Entre cette droite-là, où presque

tout le monde à l’UMP a basculé, et l’extrême

droite il y a une feuille de papier à cigarette.

Raison de plus pour renvoyer Sarkozy à ses

chères études avec pour l’accompagner les 3

députés UMP des P.-O.

Le Travailleur Catalan

N°3460

Semaine du 4 au 10 mai 2012

LU - VU - ENTENDU

José Puig, le plus socialiste

des électeurs de Bayrou

Le maire de Claira est un centriste (ex

UDF) et actuellement Modem, ce qui

ne l’a pas empêché de se faire élire au

Conseil Général avec le Parti Socialiste

contre l’UMP. Il est question qu’il soit le

candidat de François Bayrou dans la 2 e

circonscription des P.-O. où se trouve

la commune dont il est le premier magistrat.

Si ce dernier briguait la députation,

il le ferait sans doute dans le but

d’affaiblir l’UMP. Mais avec l’étiquette

qui lui colle désormais à la peau, il n’est

pas du tout sûr que ce ne soit pas la

candidate socialiste qui finalement soit

pénalisée par la présence de José Puig.

La question est la suivante : qui donnera

le feu vert au maire de Claira pour

présenter sa candidature, le Modem ou

le PS ?

Bourquin inaugure

une rame Train Express Régional

Beaucoup de cheminots s’étaient donné rendezvous

à Cerbère vendredi 27 avril. D’abord pour

manifester leur volonté de conserver le petit train

jaune et le site de Cerbère pour le fret et les voyageurs,

devant le président de la Région et le responsable

régional de la SNCF, puis pour souhaiter

une bonne retraite à leur dirigeant syndical CGT,

Georges Gauby. Les travailleurs du rail ont bien entendu

Christian Bourquin et ses bonnes intentions,

sur le site de Cerbère, sur le train à 1 et sur le

financement d’un tiers du coût de la mise aux normes

du « Canari » (40 millions sur 120 millions).

Les agents SNCF souhaitent, quant à eux, que Cerbère

reste le bout de ligne, que la ligne de la Côte

Vermeille soit mieux utilisée, que celle du Boulou-

Elne-Perpignan soit réouverte aux voyageurs, que

la régionalisation soit inversée (financement par

l’Etat, décision par les régions), que la SNCF ne

devienne pas une holding mais demeure une entreprise

nationale, que celle-ci reprenne la main sur

le fret avec le retour du wagon isolé, que la libéralisation

du transport voyageur prévue pour janvier

2013 soit annulée. Pas sûr que les cheminots aient

reçu les réponses à ces questions.

Jacques Cresta contre vents et marées

Chacun en politique essaye de se faire un nom. Le secrétaire départemental

du PS a bien mal choisi le moment et la méthode pour

le faire. En avançant son nom, contre vents et marées, pour la

candidature aux législatives dans la 1 ère circonscription des P.-O.,

sans doute la plus dangereuse pour la gauche, Jacques Cresta

met en colère beaucoup de socialistes du département, plus lucides

que lui sur la question, mais aussi une majorité d’électeurs

du Front de gauche, alors que l’heure est à rassembler toute la

gauche pour battre Nicolas Sarkozy le 6 mai. Comment ne pas

s’interroger sur l’attitude du secrétaire départemental du PS à ce

moment crucial, alors que sur le site même du PS national, la

1 ère circonscription apparaît comme « réservée aux partenaires »

(sur les trois autres circonscriptions, les candidats(es) socialistes

sont nommés). Par ailleurs tout le monde sait que le 23 avril

les discussions ont repris entre forces de gauche pour décider de

candidatures uniques face au danger d’élimination de la gauche

dès le premier tour des législatives et que, dans ce cadre, le Front

de gauche fait de la 1 ère circonscription, avec ses candidats Jean

Vila et Nicole Gaspon, une priorité absolue.

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N°3460 politique 3

Semaine du 4 au 10 mai 2012

Le TC : Marie, pouvez-vous nous

parler de votre histoire, de votre

parcours ?

Marie Guyot : Comme beaucoup, ici,

dans ce coin, je suis une fille issue de la

Retirada. Mon père, Catalan, est rentré

en France en 39, à 14 ans. Très jeune, il a

participé un temps aux combats. En France,

comme chacun le sait, il « visita » les

camps : Rivesaltes, Argelès et, étonnamment,

Belle-Île-en-Mer. Il atterrit ensuite

en Ariège et, à ce moment-là, il s’est rapproché

des familles qui résistaient. Voilà.

Marié après la guerre, il finit par s’installer

dans les Pyrénées-Orientales, à Bages. J’ai

donc 57 ans. J’ai passé ma jeunesse à

Bages, passé mon bac à « Jean Lurçat » .

J’ai ensuite effectué quelques études de

droit et de gestion administrative. Je suis

aujourd’hui employée dans une mairie.

Le TC : Vous êtes militante depuis

longtemps ?

M.G. : Pas du tout. J’avais mes idées, forgées

lentement dans ma famille et mon

entourage. C’était tout. Je n’allais pas

plus loin. Le vote, à chaque élection, mais

pas d’engagement. Je ne sais pas ce qui

m’a décidé, aujourd’hui. Je pense qu’il

s’agit d’un gros « ras le bol ! », d’une

prise de conscience, mais surtout d’un

homme, Mélenchon. La réalité des propositions

faites, la précision de ses paroles,

son enthousiasme m’ont convaincue de

voter, mais aussi de militer, de m’engager.

Le TC : C’est quoi, pour vous, militer

?

M.G. : Eh bien, sur le terrain, le tractage

et le « reste ». Ensuite, et je l’ai beaucoup

utilisé, Internet, pour transmettre aux

connaissances, aux amis, les informations

utiles à la réflexion de chacun. On a fait

comme les jeunes, dans cette période. Et

puis, les rencontres directes, pour expliquer,

s’expliquer, avec les gens.

Le TC : Qui, par exemple ?

M.G. : Ceux avec qui je travaille, ceux

que je rencontre habituellement, dans

mon activité, en « buvant le café ».

D’ailleurs, je crois qu’on a dû en oublier,

un « paquet », les personnes les plus

touchées par la crise et les difficultés,

qui se « révoltent » contre un ordre

établi, contre une certaine élite, éloignée

d’eux. C’est ce qu’ils pensent. Je

parle là des électeurs du FN. Nous ne

l’avons pas entendu. Enfin, moi. J’ai un

« Des élus actifs,

capables de proposer,

de contester et d’agir avec les gens »

Marie Guyot. A la terrasse d’un café, dans son village, Marie confie ses premières

réactions après le premier tour. Le vote Front National occupe une grande place dans

l’échange. Elle s’interroge, confie ses analyses et parle de l’avenir.

Marie Guyot : « Tout dépendra de la pression que les gens et le Front de gauche

seront capables de mettre. »

avis là-dessus. Mélenchon, et ce n’est

pas une critique, développe un discours

précis, complexe, de « haut niveau », difficile

au fond. Il est instruit, cela se voit,

littéraire, il est un intellectuel. Marine Le

Pen, au contraire, ne parle que par mots

d’ordre, avec démagogie et simplisme,

joue avec les contrevérités : sortir de

l’Europe, immigrés responsables de tous

les maux, chômage, déficits des caisses,

délinquance, culture en danger, syndicats

tous pourris … Je ne veux pas dire par là

qu’il faut prendre les électeurs pour des

imbéciles. Mais nous en sommes là. Nous

avons le devoir d’affronter les problèmes,

pour de vrai, ceux que rencontrent les

gens, et nous devons faire les démons-

trations, expliquer, expliquer, expliquer…

s’expliquer.

Le TC : Mais, pourtant, il semble

que les problèmes soient moins

aigus dans les campagnes et pourtant,

le vote d’extrême droite y est

aussi important qu’ailleurs ?

M.G. : Oui. C’est vrai. Mais l’ambiance

est créée. On fait peur aux gens, on décrit

un avenir très incertain, on développe

l’angoisse du futur, la peur de l’autre, et,

en face, on pose des idées « simples ». La

crise est utilisée pour provoquer ce repli

sur soi. L’évolution des sociétés, de notre

société, apparaît alors comme angoissante,

complexe et dangereuse.

Le TC : Le Front de gauche a fait un

score intéressant, encourageant ?

M.G. : Plus qu’honorable ! Oui. C’est

un réel progrès, une avancée. Je ne sais

pas si c’est général, si c’est exact, mais,

autour de moi, des familles, des personnes

qui ont un métier, une « situation »,

qui angoissent moins peut-être, ont été

très sensibles à ce que nous disions et au

programme « L’humain d’abord ». Certainement

plus que ceux qui sont dans

la difficulté à envisager l’avenir. Et puis,

il y a ce dynamisme, cet enthousiasme,

qui ont marqué la campagne, et çà aussi,

c’est important pour la suite. De ce point

de vue, la personnalité du candidat y est

pour beaucoup. Je rajoute, et cela me

semble nouveau, que beaucoup de jeunes

sont devenus des acteurs dans la campagne,

des « militants » et c’est très encourageant

pour l’avenir.

Le TC : Justement, la suite ?

M.G. : Aucun problème. Il faut que Hollande

soit élu, bien élu. Ce serait un pas.

On serait déjà débarrassé de cette politique

qui n’a profité qu’aux riches, et, pour

parler simplement, de cette politique alignée

sur ce que désire Merkel, celle qui

veut la règle d’or dans la constitution.

Nous avons montré qu’il y a une autre

gauche, le futur gouvernement devra en

tenir compte. Hollande dit vouloir renégocier

le traité européen en cours. Eh bien,

en fait, tout dépendra de la pression que

le Front de gauche sera capable de mettre,

avec les gens. Il est donc très important

qu’il y ait plus de députés, combatifs,

partout en France, pour que l’Assemblée

nationale puisse entendre le groupe, avec

ces élus capables de proposer, de contester

et surtout, d’agir avec les gens.

Propos recueillis par Michel Marc

Pour suivre les assemblées citoyennes,

Pour connaître les activités

et les propositions des candidats

du Front de gauche

aux élections législatives,

Le blog du Front de gauche et de ses

candidats dans le département

www.frontdegauche66.fr


N°3460

4 politique Semaine du 4 au 10 mai 2012

L’électorat

de Jean-Luc Mélenchon

CSA. Sondage réalisé le jour du vote au premier tour

de l’élection présidentielle

Arrivé en 4e L’électorat du Front de gauche se trouve aussi

parmi les jeunes

position lors du premier tour de l’élection

présidentielle de 2012, Jean-Luc Mélenchon

a obtenu 11,11% des suffrages. Si le candidat du

Front de gauche n’est pas parvenu à atteindre son

objectif de devenir le troisième homme de cette élection,

il a néanmoins réalisé le meilleur score d’un candidat

à la gauche du Parti socialiste depuis Georges

Marchais en 1981 (15,35%). Son succès tient au fait

qu’il est parvenu à attirer un électorat venant de différents

horizons. A la gauche du Parti socialiste tout

d’abord, 80% de l’électorat communiste de 2007 et

40% de celui d’Olivier Besancenot ont voté pour lui.

Mais son haut résultat est également à mettre sur le

compte d’un attrait qui va au-delà de cette frange de

l’électorat puisqu’il a convaincu une partie non négligeable

des électeurs de Ségolène Royal (12%) et de

ceux de François Bayrou (10%) au premier tour de la

présidentielle de 2007. Dans le détail, les zones de

force de Jean-Luc Mélenchon sont à trouver parmi les

plus jeunes (16% des 18-24 ans ont voté pour lui) et

les classes populaires (13%). La dimension populaire

de son électorat est encore plus nette au regard de

la classe sociale subjective. Le candidat du Front de

gauche a en effet davantage attiré les personnes qui

se considèrent comme faisant partie des catégories

populaires (13%), des classes moyennes modestes

(12%) et des classes défavorisées (11%) que celles se

percevant comme aisées. Par conséquent, la composition

de son électorat est marquée par une proportion

plus importante des catégories les moins favorisées

par rapport à leur proportion au sein de la population

en âge de voter (50% contre 47,3%).

RH

Retour sur le scrutin du 22 avril

Présidentielle. Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent ont, chacun de leur côté, procédé

aux premières analyses du scrutin. Nous reprenons l’essentiel de leurs conclusions.

Les premiers sondages sont tombés en novembre

2011. Le Front de gauche n’a pas été à la fête

jusqu’à la mi-janvier. Rappelons l’étude de l’Ifop

réalisée début janvier, peu différente de celles publiées

par les autres instituts : François Hollande 28%, Nicolas

Sarkozy 26%, Marine Le Pen 19%, François Bayrou

12%, Jean-Luc Mélenchon 6%. Pas de quoi pavoiser. Et

puis, à partir de la mi-février, ça commence à bouger :

Mélenchon progresse, Le Pen régresse. Un mois après,

c’est au tour de Bayrou. Vers la fin mars, il se voit damer

le pion par Mélenchon qui, dans les sondages, continue à

grignoter des points. C’est en se référant à ce temps long

de la campagne, qu’il faut apprécier le score du candidat

du Front de gauche comme « un événement majeur

de l’élection » (Pierre Laurent), car « nous aurons été la

force politique nouvelle, la seule qui ait percé et qui soit

née dans cette élection » (Jean-Luc Mélenchon).

La chute de la droite

Pour comprendre les dynamiques en cours, voyons

d’abord les les évolutions :

Si l’on totalise les voix de toutes les droites, extrême

droite comprise, elles sont en recul. En 2007, les votes

pour Le Pen, Mégret et Nihous ajoutés à ceux de Sarkozy

et Bayrou, donnaient 23 342 364 suffrages. En 2012,

les mêmes catégories recueillent 19 550 966 voix. C’est

16 % de moins. Autre chiffre : en 2012, le total Sarkozy-

Bayrou est à 36,20 %, quand en 2007, le total de droite

passait nettement la barre des 50%.

Le cœur de la droite, c’est-à-dire l’UMP, est dans l’impasse.

Nicolas Sarkozy perd 1,8 millions d’électeurs par

rapport à 2007. L’analyse géographique de ses résultats

montre que son électorat le plus fidèle et mobilisé est

celui de la grande bourgeoisie. Pour Jean-Luc Mélenchon,

« les grandes fortunes ont donc fait bloc autour

de leur homme de main. Mais c’est un échec terrible,

car les beaux quartiers ne peuvent gouverner que si les

quartiers populaires se laissent séduire. Or le recul de

Sarkozy est spectaculaire dans la partie plus populaire de

l’électorat de droite ». Une partie de ce recul est en effet

récupérée par le Front national, puisqu’il gagne 7,86%.

Cette récupération du vote de droite est confirmée par

une étude de l’IFOP, qui indique que Marine Le Pen a

retrouvé 70% des électeurs de son père en 2007, et gagné

11% des électeurs de Sarkozy, 10% des électeurs de

Bayrou, 7% des électeurs de Royal, et 6% des électeurs

d’extrême gauche. Pour autant, la puissance actuelle du

vote FN ne doit pas empêcher de regarder son évolution

dans le temps long. C’est un fait et il est alarmant :

Marine Le Pen gagne 2,6 millions de voix par rapport

au score de son père en 2007. Avec près de 18 %, elle

dépasse le résultat historique du FN en 2002. Mais elle

ne parvient pourtant pas au niveau cumulé des scores de

son père et de Mégret qui était de 19 %.

La percée du Front de gauche…

Et maintenant à gauche. En 2012, les cinq candidats,

Hollande, Mélenchon, Joly, Poutou et Arthaud, totali-

sent 15 701 071 voix soit 43,43 %, des exprimés, alors

qu’en 2007 les sept candidats, Schivardi, Besancenot,

Laguiller, Buffet, Voynet, Bové, Royal en recueillaient

13 377 032 soit 36,44 % des exprimés, soit une progression

de 17%. On peut faire une comparaison en ne

prenant que la gauche radicale. En 2007, Besancenot,

Schivardi, Laguiller et Marie-George Buffet recueillaient

3 300 254 suffrages. Cette fois-ci, Poutou, Arthaud et

Mélenchon recueillent 4 599 038 voix, soit une progression

de 39 %.

Autre élément : en 2007, avec 27,87 %, Ségolène Royal

réalisait à elle seule plus des trois quarts du résultat de

la gauche. Aujourd’hui, François Hollande fait un beau

score avec 28,13 % et plus de 10 millions de voix. Pour

autant, il n’obtient que 770 000 voix de plus que Ségolène

Royal. De sorte que, si le total des voix de gauche

augmente fortement par rapport à la dernière présidentielle,

son résultat n’est responsable que d’une petite

partie de cette progression. Les deux tiers des voix supplémentaires

comptées à gauche viennent de la percée

du Front de gauche.

… fait gagner à gauche

De sorte que « le fait majeur, le fait le plus nouveau et le

plus prometteur est le score de notre candidat Jean-Luc

Mélenchon, qui, avec 11,11% et quasiment 4 millions

de voix, assure la part décisive du progrès de la gauche

et sa dynamique la plus significative » (Pierre Laurent).

Il faut rappeler, pour prendre la mesure de cette dynamique,

que les candidats du PCF aux présidentielles

avaient obtenu 2,6 millions en 1995 (Robert Hue,

8,73%), 955 000 en 2002 et 691 000 voix en 2007.

Deux ans après, pour les européennes de 2009, c’est,

cette fois, le Front de gauche qui mène sa première campagne,

et il rassemble 6,5 % des suffrages. Trois ans plus

tard, il atteint 11,11 %. Ce score à deux chiffres, il aura

fallu que les forces de transformation sociale attendent

30 ans pour le retrouver. L’autre caractéristique, c’est

qu’il est devenu un vote national homogène. Il fait plus

de 7 % dans tous les départements sans exception en

métropole (les plus bas, les deux départements d’Alsace,

sont à 7,3%). Il recueille 10 % des votes ou plus dans 70

départements et plus de 13 % dans 20 départements.

Nous laissons la conclusion à Pierre Laurent : « Ne perdons

pas de vue l’essentiel. Un bras de fer a lieu, en

ce moment, en France et en Europe, entre les forces du

capital et les forces sociales qui résistent à la généralisation

des politiques d’austérité et au recul des droits

sociaux. Dans ces conditions, nous parvenons à réunir

quatre millions de voix sur une alternative de haut niveau.

Nous créons les conditions de la victoire contre

Sarkozy car la percée du Front de gauche est la contribution

la plus importante du premier tour au progrès

de toute la gauche. Et nous maintenons ouvert, en cas

de victoire de François Hollande, le débat sur le sens de

l’alternative politique. Tout cela représente des victoires

politiques incontestables ».

Roger Hillel


N°3460 politique 5

Semaine du 4 au 10 mai 2012

Nouveau cap dans la révolution

citoyenne et le progrès social à Elne

Présidentielle. Analyse des résultats du premier tour dans la cité illibérienne

AElne, 856 électrices et

électeurs ont accordé

leurs suffrages au candidat

du Front de gauche et

permis ainsi une progression de

11% et 531 voix. Cependant

personne ne peut se satisfaire

des 27% obtenus par le Front

national sur la ville. Autre élément

important, le total FNdroite

est en recul de 7% entre

2007 et 2012. On ne peut donc

pas parler de déferlante, mais

plutôt d’un transfert des voix

de droite vers le FN. Le total des

voix de gauche passe de 36%

en 2007 à 42,7% en 2012 (+

6,70%). La forte progression

du Front de gauche sert donc

toute la gauche.

Au-delà des résultats de Sarkozy

et Le Pen, encore bien trop

élevés, la situation par rapport à

2007 est des plus encourageantes

pour le Front de gauche. En

effet, en 2007, le résultat de

Marie-George Buffet qui repré-

2007 2012 Evolution

Front de Gauche 7,13 % 18,26 % + 11,13 %

Parti Socialiste 22,09 % 23,05 % + 0,96 %

UMP/UDF 42,69 % 26,10 % - 16,59 %

FN 16,14 % 27,36 % +11,22%

sentait ce mouvement était de

7 % contre 18% cette fois pour

le candidat Mélenchon.

Compte tenu de la progression

enregistrée par le Front de

gauche à la présidentielle qui

va permettre de débarrasser

la France de Nicolas Sarkozy,

il faut que celles et ceux qui

voient dans le programme du

Front de gauche des réponses à

leurs besoins pèsent sur la politique

de gauche qui devra être

menée après la présidentielle.

Qu’ils favorisent la constitution

d’un groupe parlementaire

important du Front de gauche

à l’Assemblée Nationale pour

défendre becs et ongles leurs

revendications.

Ray Cathala

Percée du Front de gauche, le PS reste

stable, vases communicants à droite

Cabestany. Que s’est-il passé dans cette ville connue pour voter plutôt à droite

lors des scrutins nationaux et pour son maire communiste, Jean Vila, lors

des élections locales ?

D’abord, à Cabestany, le résultat du premier

tour de l’élection présidentielle ne

fait pas apparaître de changements dans

l’ordre des trois premiers : Sarkozy est en tête

avec 1.629 voix, Hollande est 2 e (1.470 voix), Le

Pen 3 e (1.371 voix).

Mais cet élément ne doit pas masquer les deux

faits qui ont marqué cette présidentielle :

- à droite, le total des voix Modem/UMP/FN est

en recul de 100 voix par rapport à 2007. Mais en

détail, on observe la perte de 300 voix de l’UMP

au profit du FN.

- à gauche, le PS qui gagne seulement 100 voix

(venant peut-être de l’électorat Modem) n’a vraisemblablement

pas bénéficié de sa campagne

nationale anti-Sarkozy, ni d’ailleurs du vote utile

brandi durant de longs mois. Cet élément local

rejoint la réalité nationale où le vote utile a, malgré

tout, pesé un peu plus dans la balance.

Seconde étape en juin

Venons-en au Front de gauche. Avec près de

1.000 voix à Cabestany (991 voix) et 16,13%,

ce score est véritablement l’évènement de cette

campagne. Ce rassemblement multiplie par 4 les

voix de Marie-George Buffet en 2007, avec un

gain de 730 électeurs supplémentaires. La progression

des voix de gauche est donc à mettre

au crédit de la campagne du Front de gauche, de

la multiplication des gestes militants, des rencontres

multiformes avec les habitants et de la forte

résonance nationale de Jean-Luc Mélenchon. La

bataille s’est menée de manière très structurée et

dynamique. De nouveaux adhérents du PCF, des

plus anciens, mais aussi de nombreux citoyens

ont participé à ce résultat.

Cette élection est bien une première étape sur

laquelle il faut s’appuyer pour bousculer, dans 5

semaines, le scénario des élections législatives.

Sur la 1 ère circonscription, les 5.166 voix de plus

qu’en 2007 rendent crédible la défaite de la droite.

Ils placent également Jean Vila comme le rassembleur

face à Daniel Mach (UMP) qui se doit

d’assumer le bilan désastreux de la droite mais

également face à Louis Aliot, le numéro 2 du FN.

Le Front de gauche peut se targuer d’avoir multiplié

par 4 ses voix dans les villes de gauche et par

8 dans celles dirigées par la droite. Près de 500

électeurs ont choisi la gauche de transformation

sociale à Toulouges mais aussi à Bompas. Ce sont

plus de 3.000 voix gagnées dans les cantons de

Perpignan pour le Front de gauche.

Cela augure d’une bataille électorale tout aussi

acharnée autour de Jean Vila, avec l’objectif d’envoyer

à l’assemblée un député qui ne tremblera

pas devant la finance et la pression des marchés.

Rémi Lacapère

Premier tour de la présidentielle

dans les P.-O.

Analyse. Comparaison 2002, 2007 et 2012

En 2012 Fdg + LO + NPA

38309 voix (+ 17000 voix)

FN + Ext. Dr Gauche Radicale PS + Verts Droite

2002 2007 2012

La gauche radicale comprend : NPA, LO, le Front de gauche.

C’est la gauche qui a dit non au référendum de 2005 sur le Traité

constitutionnel européen

2002 : 28840 voix (dont 9700 voix à Robert Hue candidat du PCF)

2007 : 21080 voix

2012 : 38309 voix (dont plus de 33739 pour Mélenchon).

Le nombre de voix est donné sans les unités. Il s’agit d’un

arrondi significatif.

Quelques « petits candidats » ne sont pas pris en compte. Mal

identifiés sur l’échiquier et au nombre de voix peu significatif.

En 2012 Fdg + LO + NPA

14,5% (+ 6,5 %)

FN + Ext. Dr Gauche Radicale PS + Verts Droite

2002 2007 2012

Pour 2002, Le FN n’était pas seul à l’extrême droite. (26,53%). Mégret

et, avec les mêmes orientations, Madelin, étaient candidats.

(Le pourcentage de St Josse n’est pas pris en compte). Il n’y a

donc pas progression par rapport à 2002. En 2007, Sarkozy l’avait

considérablement siphonné.

La « gauche radicale » (LO, NPA + PC et FDG) atteint 14,5% et progresse

de 6,5% par rapport à 2007. Le Front de gauche seul réalise

12,77%. (le PC, M.G.Buffet, avait réalisé 2,62% en 2007 et, avec

Hue, 4,82% en 2002).

La droite perd plus de 13%, en partie récupérés par le FN.

Le Front de gauche, dans les PO, réalise un pourcentage légèrement

supérieur à la moyenne nationale (11,1%), et s’installe sur

l’ensemble des communes. Il permet, comme ailleurs, de rénover

en profondeur les forces « transformatrices » et apparait aux électeurs

comme l’outil unitaire dynamique, indispensable, incontournable.

En tête dans plusieurs communes des PO. La « forme » du

Front de gauche semble durablement validée.

Nous ne pouvons, avec précision, apprécier le pourcentage de ceux

qui, dans les derniers jours, ont craint l’absence d’un candidat de

Gauche au second tour. Les témoignages recueillis tendent à nous

faire penser que ce pourcentage n’est pas négligeable. Le « vote utile

» a, sans aucun doute, minimisé les résultats du Front de gauche.


6 dans le département

Sarkozy ripoline Pétain

Présidentielle. Les relents pétainistes du discours sarkozyste se confirment, donnant à voir des visées d’une partie de la droite.

Au lendemain de sa défaite du premier tour,

Sarkozy n’a rien trouvé de mieux que d’annoncer

: « le 1 er mai, nous allons organiser la

Fête du travail, mais la Fête du vrai travail, de

ceux qui travaillent dur, qui souffrent et qui ne veulent

plus que, quand on ne travaille pas, on puisse gagner

plus que quand on travaille ». La proximité lexicale avec

Pétain est évidente. N’est-ce pas ce dernier qui, en 1941,

en pleine occupation nazie, avait organisé la «Fête du

vrai travail » et lancé un « appel aux vrais travailleurs ».

On pourrait rapprocher « la fête » sarkozyste, de celle

du Front national de Jean-Marie Le Pen qui, en 1988,

cherchait à récupérer le mythe de Jeanne d’Arc. Alors

que le 8 mai est le jour où, en 1429, la « pucelle » aurait

délivré Orléans de l’occupation anglaise, le FN avait

choisi le 1 er mai, pour une « Fête du travail et de Jeanne

N°3460

Semaine du 4 au 10 mai 2012

d’Arc ». La date tombait, comme par hasard, entre les

deux tours de la présidentielle. Mais, ce précédent nauséeux

ne se présentait pas comme une riposte directe

au 1er mai des syndicats, contrairement à la contre-manif

organisée par l’UMP. Cette initiative est inédite et s’inscrit

dans le contexte de la radicalisation du discours de

Nicolas Sarkozy, spécialement sa dénonciation violente

du rôle des syndicats. C’est une dérive inquiétante de la

droite classique qui ne mérite déjà plus le qualificatif de

« républicaine ». Car, il ne s’agit pas seulement d’une

manœuvre électoraliste d’entre deux tours pour capter la

plus grande part possible des voix du Front national. On a

affaire à une accentuation de convergences idéologiques

autour d’un bloc d’ultra-droite. Cette dérive se traduit, à

veille du second tour, par des discours aux accents pétainistes,

tel celui de Longjumeau, dans lequel Sarkozy

invoquait les « racines chrétiennes de la France et son

long manteau de cathédrale », l’unité de la nation qui

se serait construite « grâce aux rois », son « amour »

du travail, de la famille et de la patrie, sa dénonciation

des « corps intermédiaires », le travail qui « rend libre ».

Et pour ne pas être en reste, dans la bonne tradition de

la droite anti-républicaine, Sarkozy multiplie les mensonges.

Sur TF1, il jure ses grands dieux qu’il n’a jamais dit

« vrai travail ». Sur la même chaîne, il affirme, contre

toute vérité, que Tariq Ramadan, l’idéologue de l’islam, a

appelé à voter Hollande. Sur France Inter, il spécule sur un

prétendu appel des mosquées à voter contre lui, ce qui

a été immédiatement démenti par les responsables de

l’islam en France. Du coup, les chiens de l’UMP sont lancés,

avec en tête de la meute, les députés de la « droite

populaire ». Deux députés de notre département, Mach

et Irlès, sont membres de cette officine ultra droitière. Gageons

que cela ne leur portera pas bonheur au moment

des élections législatives.

RH

La CGT appelle à battre Sarkozy le 6 mai

Présidentielle. En pointant très clairement les conséquences catastrophiques de la politique du gouvernement Sarkozy, sa

capacité de nuisance, l’aggravation des inégalités, la CGT ouvre la voie d’une nouvelle période de résistance.

Face aux provocations inqualifiables

et indignes du Président de

la République, quand bien même

candidat, la CGT a remis Sarkozy

à sa place et les choses en ordre en appelant

clairement à le battre le 6 mai prochain.

Pour François Copé, cela revient à

appeler à voter Hollande. Jouant la surenchère,

le secrétaire général de l’UMP, pris

d’hystérie, déclarait: « C’est une insulte

aux ouvriers, aux salariés, aux ingénieurs,

aux chercheurs de la filière nucléaire, que

François Hollande et ses amis verts et

mélenchonistes ont promis d’anéantir ».

Rien que ça ! A la veille du premier mai,

au sortir du 1 er tour de l’élection présidentielle,

comme pendant toute la durée de

cette campagne, Sarkozy s’est exprimé

encore plus violemment contre les syndicats.

Stigmatisant principalement la CGT,

dénaturant la Fête du travail en parlant

« du vrai travail », engagé dans une croisade

antisyndicale, Sarkozy drague sans

complexe l’électorat frontiste le plus réactionnaire,

fasciste, en lui promettant de

se débarrasser des syndicats s’il était élu.

Sur ce sujet, il fait mieux que Le Pen qu’il

fait passer pour un démocrate. Comparé à

Pétain dans l’Humanité, le chef de l’Etat

montre son vrai visage et joue ses dernières

cartes, instaurant volontairement

un malaise profond et dangereux pour la

démocratie et la paix civile. Pensant à tort

que la CGT ne s’aventurerait pas sur le

terrain politique, le positionnement de la

centrale syndicale est un coup dur pour

l’UMP et une première depuis 1981.

Résistance :

une nouvelle voie s’ouvre !

Pour beaucoup, cet appel est légitime, car

il répond aux attentes qui se sont exprimées

dans cette période face à la crise.

Il donne aussi un aperçu de la détermination

du leader de la CGT à poursuivre

la campagne de mobilisation face aux réformes

antisociales de Sarkozy et pour la

satisfaction des revendications exprimées,

sur les salaires, la retraite, l’emploi... En

pointant très clairement les conséquences

catastrophiques de la politique de ce gouvernent,

l’aggravation des inégalités, la

capacité de nuisance de Sarkozy, la CGT

ouvre la voie d’une nouvelle période de

résistance. Une stratégie qui conduit Bernard

Thibault et la CGT à un constat : « se

défaire de Sarkozy, dans la nécessité de

créer un contexte plus favorable aux revendications

et au progrès social ». Mais

cette stratégie est-elle partagée ? A priori

oui ! Quoi de plus légitime ? Bien évidemment,

cette déclaration fait débat dans

la centrale. Pour autant, il n’agite qu’une

petite minorité qui oppose l’indépendance

de la CGT à la nécessité de s’exprimer

en tant qu’acteur de la vie sociale, économique

et politique du pays. Un débat qui

n’est pas nouveau, mais qui, dans ces moments,

s’affirme et a pris une nouvelle dimension,

face aux attaques antisyndicales

et aux dangers de la montée de l’extrême

droite. De nombreux syndicalistes n’ont

pas attendu le feu vert des états-majors

pour s’exprimer. Ils l’ont fait très tôt, en

appelant à voter Jean-Luc Mélenchon et à

porter le programme du Front de gauche.

Dans les Pyrénées-Orientales, des dizaines

de syndicalistes de la CGT, mais aussi de

la FSU, de Solidaires, se sont exprimés en

ce sens. Pour la grande majorité, ce n’est

pas qu’une réponse aux attaques fronta-

© Jean Quillio

Bernard Thibault : « Se défaire de

Sarkozy, une nécessité »

les de Sarkozy. C’est avant tout l’exigence

de mettre en débat une véritable politique

de transformation à gauche. Pour la CGT,

le combat ne s’arrêtera donc pas au soir

du 6 mai. C’est un message on ne peut

plus clair.

Philippe Galano


«

N°3460

Semaine du 4 au 10 mai 2012

« Elles avaient choisi la liberté

et la résistance »

Hommage. Dans le hall d’accueil de la Préfecture, sous la plaque dédiée

à la mémoire de Francine Sabaté, la présidente de l’Association de la

Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Nicole Rey, a prononcé un

discours ancré dans les réalités de notre temps.

Quand on dit Résistance, les images qui

nourrissent notre imaginaire collectif se

déclinent le plus souvent au masculin.

Notre mémoire collective fait appel à des noms

d’hommes, à des actes d’hommes, à des bravoures

d’hommes. Nous savons aujourd’hui, que la

Résistance fut aussi l’affaire des femmes, et pas

seulement de femmes dont les noms résonnent

dans l’excellence : Marie-Claude Vaillant-Couturier,

Danièle Casanova, Geneviève de Gaulle, ou encore

Germaine Tillon, ou Lucie Aubrac. Nous savons que

ces femmes avaient nom aussi: Joséphine Sabaté,

Francine Sabaté, Odette Sabaté, Rosette Blanc,

Louisette Horte, Marcelle Sentis et Louisette Carreras

(…). Elles étaient toutes, comme tant d’autres

que je ne peux nommer, des résistantes issues de

notre pays catalan. Et si aujourd’hui, Monsieur le

Préfet, nous rendons hommage plus particulièrement

à Francine Sabaté, vous me permettrez

d’associer à cet hommage, Joséphine, sa maman

et Odette sa jeune sœur, car ces trois femmes ont

été étroitement unies dans cette Résistance, dont

les premières manifestations n’avaient pas d’arme,

si ce n’est celle de l’intelligence et du courage (…)

Ce choix s’est impliqué dans la quotidienneté de

ces trois femmes, un choix auquel elles n’avaient

pas mis de limite, puisque Francine et Joséphine

sont mortes au camp nazi de Ravensbrück. Odette,

pour sa part, a connu les prisons et les interrogatoires

de Barbie.

L’hommage que nous leur rendons régulièrement

sera empreint cette année d’une immense inquié-

tude. Inquiétude de voir ressurgir et s’installer au

cœur même de notre démocratie, et peut-être très

vite au sein de nos institutions si nous ne sommes

pas vigilants, ceux qui portent des idées nauséabondes,

racistes et xénophobes, ceux qui stigmatisent

les minorités et les populations vulnérables.

Ceux qui emploient à leur égard un vocabulaire si

dépréciatif qu’il installe un état de tension permanent

entre les citoyens de notre pays. Toutes choses

que les femmes dont nous honorons la mémoire

aujourd’hui avaient combattues, avec tant de clairvoyance,

au temps où elles en voyaient, comme

aujourd’hui, monter les terribles dangers. »

Nicole Rey devait poursuivre en retraçant « le parcours

des Dames Sabaté, parce qu’il est intemporel

et donc exemplaire de ce qu’il faut transmettre à

notre jeunesse pour qu’elle accède, dans son actualité,

à la vigilance ! »

Ecolo et aide humanitaire

UDAC 66. L’association organisait, samedi 28 avril, au Centro Espagnol,

une journée sur les initiatives et alternatives locales.

Quatre-vingts exposants

étaient réunis. Produits

bios en abondance,

énergies nouvelles, dont des

fours solaires destinés aux pays

africains. Des stands plus revendicatifs

tels que les faucheurs

volontaires. Bref, une ambiance

très sympathique et très orientée

écolo et aide humanitaire. Une

bouffée d’espoir dans l’homme

dans ces temps qui se revendiquent

individualistes.

Impossible de rendre compte de

la diversité présente à cette journée.

Le TC a choisi de mettre en

exergue une exposante, un peu

atypique, mais qui nous a semblé

incarner l’esprit du lieu.

Les créations de Petra

Cantinière dans une école primaire

à l’origine, Petra a participé

à l’opération « récré fruitée »

initiée par le Conseil général. Il

s’agissait de distribuer des fruits

aux enfants lors des récréations.

Mais très vite le constat a été

que les enfants ne mangeaient

pas ces fruits. Dès lors est née de

Nicole Rey rendant hommage à Francine Sabaté

l’équipe pédagogique l’idée d’intéresser

les enfants aux fruits par

un biais artistique, confié à Petra.

Elle s’est donc d’abord lancée

dans des compositions de fruits

découpés, forcément attirantes

pour des enfants. Puis dans des

sculptures de fruits : une banane

devenant un dauphin ; une poire,

un pingouin ; une orange, une

coccinelle ; un citron, une souris

; un kiwi, une grenouille. Résultat

bluffant ! Autant dire que

le succès a été immédiat. A tel

point que l’équipe pédagogique

envisage de confier un atelier à

Petra pour qu’elle communique

aux enfants à la fois l’amour des

fruits et l’envie de créer.

Belle réussite que d’associer le

bio, le sain et l’art !

A-M D

Un sympathique

rassemblement

du Front de gauche

Mardi 1er mai, le Front

de gauche avait organisé

un rassemblement

festif au Bocal du Têt,

à l’endroit où, chaque année,

le Travailleur Catalan organise

sa fête annuel. C’est donc sous

le soleil, que près de 250 militants

et amis se sont, à l’issue

des manifestations du 1er mai,

retrouvés dans une ambiance

chaleureuse.

Après Nicolas Garcia, secrétaire

départemental du PCF, et

Dany Benquet, responsable du

Parti de gauche dans les P.O.,

Jérome Quaretti a rappelé en

quoi ce banquet communard

était une tradition du mouve-

Dany Benquet, Nicolas Garcia et Jérôme Quaretti

7

ment ouvrier et révolutionnaire

et correspondait à l’esprit du

Front de gauche.

Autour d’un méchoui, ce fut

l’occasion de discuter des

résultats du premier tour de

l’élection présidentielle, de

se féliciter de la magnifique

campagne du Front de gauche.

Mais aussi d’envisager déjà

celle des prochaines élections

législatives.

Merci à Antoine, Michel, Annie,

Nourredine, Maurice, Loulou,

Nathalie, Michel, Victor, Martine,

Michel, Rémi, Françoise

et Maryse, sans qui rien ne se

serait fait…


8 le 1 er mai à perpignan…

Les travailleurs montrent leur force

Perpignan. Les salariés ont répondu en nombre à l’appel des syndicats. Comme dans la manifestation de 7 000 personnes

qui s’est déroulée à Perpignan, les revendications sociales et slogans contre Sarkozy ont alimenté les quatorze cortèges

et rassemblements qui ont eu lieu dans le département

C’est une manifestation importante

qui a marqué ce premier mai

à Perpignan. En effet, ce sont

près de 7 000 personnes qui

ont défilé dans les rues de la capitale du

Roussillon. Et il fallait remonter assez loin

dans le temps pour retrouver une telle

affluence. C’est que, comme l’ont souligné

les responsables syndicaux à l’issue

de la manifestation, cette journée internationale

des travailleurs (il convient de

rappeler ici, en ces temps de dévoiement,

l’origine de cette journée) se situe cette

année dans une période particulière, celle

de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle.

Et si la foule était bon enfant,

souriante, heureuse de se retrouver si

nombreuse, elle n’en était pas moins très

revendicative.

Coup de gueule

Les aveugles

Sachez qu’il existe une nouvelle race

de journalistes. Ce sont les journalistes

à qui l’on confie la tâche de rendre

compte de ce qu’ils voient alors qu’ils

souffrent de cécité, ce qui n’est pas,

vous en conviendrez, sans poser de

gros problèmes.

Pour l’Indépendant, c’est un de ces

journalistes qui a probablement couvert

la manifestation du 1 er mai à Perpignan.

En effet, alors que, derrière les organisations

syndicales, le cortège du Front

de gauche, derrière sa large banderole,

rassemblait plusieurs centaines de

manifestants, c’est-à-dire beaucoup plus

que les autres formations politiques

présentes, notre journaliste n’a vu que

le président de la région et les candidats

socialistes aux élections législatives.

Comme nous ne saurions laisser un

confrère avec un tel handicap, le Travailleur

Catalan, par esprit de solidarité,

propose de prendre charitablement en

charge ses frais d’ophtalmologue et

d’opticien.

R.G.

«

Bien sûr, les revendications syndicales

étaient au premier plan comme le rappelait

d’ailleurs la banderole unitaire

des syndicats CFDT, CGT, FSU, Solidaires,

UNSA, qui marquait le début du cortège :

« Tous ensemble pour un 1 er mai unitaire

et revendicatif ». Salaires, retraites, emploi,

conditions de travail étaient au cœur

des préoccupations de ceux qui ont battu

le pavé mardi dernier. Et les salariés de

Plaine de Roussillon, menacés de licenciement,

n’étaient pas les derniers dans le

défilé syndical.

Mais une autre volonté transparaissait

très clairement à la lecture des pancartes

et calicots :« Ma France, c’est pas

Sarko », « financiers, dégagez », « Sarko,

dégage », … Celle de battre le président

sortant dimanche prochain. Et si certains

syndicats, tel FO (qui a participé au défilé

N°3460

Semaine du 4 au 10 mai 2012

© Jean Quillio

à la tête du cortège du Front de gauche, Dany Benquet, Françoise Fiter, Nicole

Gaspon et Jean Vila

« Notre 1 er mai !»

mais en restant hors de l’appel commun),

souhaitaient rester dans une sorte de

neutralité politique, d’autres, tels la CGT,

la FSU ou Solidaires ont très clairement

exprimé leur souhait que Nicolas Sarkozy

soit sorti.

On retrouvait cette même volonté dans les

rangs, denses et rouges de drapeaux, du

Front de gauche, dans ceux, plus clairsemés,

du NPA ou dans ceux, plus discrets,

du Parti socialiste.

Cette journée aura donc été marquée dans

le département, par une très forte mobilisation

des travailleurs, l’union départementale

CGT totalisant près de 9 000

participants dans les 14 rassemblements

qui se sont déroulés dans les P.-O.

René Granmont

CGT. Extraits de l’intervention de Pierre Place, secrétaire départemental de la CGT

L’injustice sociale a été le maître mot du quinquennat, de la

même façon que reste injuste et inefficace une loi idéologique

sur les retraites, décrétée sans réelles négociations et

contre l’avis de 70 % des Français. Quoi de plus étonnant, dès

lors, que le bilan du candidat sortant, Nicolas Sarkozy, soit considéré

comme négatif par la CGT comme par une large majorité

de salariés (…) c’est pour toutes ces raisons que la CGT appelle

sans ambiguïté les salariés à ne pas prendre le risque d’une

nouvelle période Sarkozy-Medef aux commandes. Elle appelle

surtout à de réels changements dans les décisions pour remettre

le travail au cœur de la croissance et des préoccupations ?

Les salariés nous le disent tous les jours, ils exigent des réponses

concrètes, là, maintenant. Ils les ont imposés au cœur du débat

de la campagne électorale et elles ont été reprises par une partie

des candidats. Ces attentes sont légitimes, bien plus que la

pitoyable provocation du président sortant ou de la fausse amie

des salariés, Marine Le Pen, pour dévoyer notre, je dis bien notre,

1 er mai. (…)

Notre responsabilité est grande à créer des convergences de

lutte, seules capables de nous faire atteindre un rapport de force

© Jean Quillio

gagnant. Ce sont elles qui sont, ici comme partout dans le monde,

portées par le sens du 1 er mai, journée internationale de tous

les travailleurs et qui résonne toujours du même message, celui

de la défense de la paix et de la solidarité entre les peuples. »

Les dirigeants syndicaux en tête de la manifestation

© Jean Quillio


N°3460 … et dans le département 9

Semaine du 4 au 10 mai 2012

Prades

C e

Une forte participation

sont plus de trois cents personnes qui ont

participé au rassemblement du 1er mai à

Prades. Rassemblement où le responsable de la

CGT a rappelé les revendications syndicales, mais

P lus

Estagel

Un 1 er mai combatif

C’est une tradition dans notre secteur, le 1 er

mai des « vrais travailleurs » se fête à Estagel.

Pour commencer la journée, c’est avec les syndicats,

l’organisation d’une manifestation dans

le village et d’un dépôt de gerbe au monument

aux morts. Cette année, plus de 100 personnes

ont répondu à l’appel des organisateurs. Ensuite,

autour d’un apéritif, Bernard Bocabarteille,

secrétaire du syndicat CGT Agly-Fenouillèdes,

a indiqué les perspectives de son union locale

et invité son auditoire à continuer le combat

et à tout faire pour battre dimanche prochain

Nicolas Sarkozy.

DP

aussi la volonté de beaucoup de salariés de voir

Sarkozy dégagé dimanche prochain. On notait la

présence dans la foule des conseillers généraux

communistes, Jean-Louis Alvarez et Guy Cassoly.

Argelès-sur-Mer

Un défilé fraternel et joyeux

de 250 personnes ont participé

au défilé du 1er mai dans les rues

d’Argelès, mais celui-ci ne ressemblait

pas aux précédents. On y percevait

une dynamique nouvelle, une joie partagée.

Nombreux étaient les drapeaux

rouges. Un défilé joyeux, chantant

« on lâche rien », repris par certains

visiteurs qui, venus au vide grenier traditionnel,

s’arrêtaient un instant pour

applaudir et chanter avec ceux qui

défilaient. Puis ce fut le temps des discours,

l’occasion, entre autres, pour la

CGT de rappeler que tout «en gardant

son indépendance», elle «ne peut

rester neutre dans cette période», que

« battre Sarkozy en élisant un nouveau

président est nécessaire » et contribue

« à créer un contexte plus favorable

aux revendications et au progrès social

qui nécessiteront toujours des mobilisations

syndicales». Un apéritif offert

par la municipalité a précédé le repas

convivial organisé par la CGT et auquel

ont participé plus de 70 personnes.

MD

Toulouges

Une manifestation

revendicative

Nous étions entre 150 et 200 personnes à Toulouges

pour le défilé du 1 er mai. Le cortège s’est étiré dans les

rues du village derrière les musiciens et les personnalités

jusqu’à la cour de l’école. Le maire a fait un petit

historique de la célébration du 1 er mai dans les années

passées et a déploré la division instaurée cette année

par le président de la République.

Le représentant de la CGT a ensuite rappelé que le 1 er

mai était la fête de tous les travailleurs sans aucune distinction,

que les 5 années passées avaient malmené les

travailleurs. Les luttes seront nombreuses et se passeront

dans la rue. Le 6 mai sera déterminant pour stopper

les injustices. Après avoir chanté l’Internationale et la

Marseillaise, les manifestants ont participé à l’apéritif

servi par la municipalité.

DN

A noter que les rassemblements du 1 er mai ont rassemblé près de 100 personnes à

Alénya, près de trois cents à Céret, une cinquantaine à Port-Vendres, près de cent à

Ille-sur-Têt, cent cinquante à Millas et à Saint-Laurent de Cerdans …

Elne

Un défilé

revendicatif

et en musique

L e

syndicat CGT, drapeaux au vent,

en tête de cortège, suivi des élus

dont le maire, Nicolas Garcia, et de

plus d’une centaine de citoyennes

et de citoyens de la ville ont porté

les couleurs de l’espoir de nouvelles

conquêtes sociales en souhaitant

que Sarkozy soit, dimanche prochain,

mis hors d’état de nuire. RP

Saint-Cyprien

Cent manifestants

pour un 1er mai... cela

s’est-il déjà vu ?

A près

un défilé réunissant une centaine de personnes,

les responsables syndicaux, Christophe

Meunard pour la CGT et Jean-Paul Boy pour la FSU,

ont condamné la politique du président sortant, ses

attaques contre les travailleurs à travers les organisations

syndicales et ses appels du pied à l’extrême

droite. Critiques à entendre au plan local aussi !

Deux brins de muguet ont été déposés symboliquement

sur la stèle des évadés de France par la plus

jeune et « la moins jeune ». Un hommage à Raymond

Aubrac a été rendu à cette occasion. Un pot

fraternel a conclu cette manifestation.

JPB

Agly-Fenouillèdes

C omme

Le banquet du PCF

tous les ans, la section Agly-Fenouillèdes du Parti

communiste français conclut cette journée du 1er mai par

son traditionnel banquet. Plus de 80 convives ont pu écouter

l’intervention de Françoise Fiter, candidate du Front de gauche

dans la 2e circonscription pour l’élection législative de

juin, qui analysa les excellents résultats de Jean-Luc Mélenchon

tant au plan national que sur le plan départemental et

plus particulièrement dans les cantons de la section. Elle a

invité les présents à tout faire pour battre la droite le 6 mai

prochain, et à poursuivre les efforts pour que le Front de gauche

est le maximum de députés à l’Assemblée nationale. Le

message a été reçu avec enthousiasme par les participants.

DP


10 sports

Flash du XIII

Super League

Le week-end passé était consacré à la CUP . Pas

de surprise avec des scores faramineux. Le seul

match plus indécis a consolidé la valeur de Warringtonn

vainqueur de Bradford par 32 à 16.

Prochaines journées : vendredi : St Helens-Wakefields

; Wigan-Hull Kr Sky. Samedi : Hull FC-Leeds

Sky. Dimanche : London-Bradfords ; Warrington-Salford.

Lundi : Castelford-Widnes Sky.

Samedi 18h30 8h30 - Le choc :

Dragons-Huddersfield

Huddersfield

Pour le match de

coupe, aucun souci

quant au résultat. tat.

Mais la rigueur r

était de mise, avec

surtout Robinson, son,

on ne passe pas as à

côté de la plaque. ue. Avec

4 essais en un quart d’heure, on savait à quelle

sauce les Anglais ais passeraient et ce ne sont pas les

quelques changements effectués qui ont perturbés

nos Dragons qui, avec le maître à jouer, Dureau,

flairant tous les bons coups, ont pris un avantage

incontestable. Pryce, Bosc, Duport ou Menzies

sont à citer, apportant les outils nécessaires, pour

que le jeune Cardace se mette en évidence. Avant

ces quarts de finale du 13 mai, le prochain gros

morceau sera samedi avec la venue du leader de la

poule, acteur pour le moment d’une saison exemplaire.

Avec deux défaites dont la première sur son

herbe, à la troisième journée face à Warrington

(32 à 22) et à la huitième face à Hull KR (40 à 22),

ce club ne totalise que des victoires et non des

moindres. En CUP, ballade face à Swinton (52 à

0), mais pas mal de remplaçants étaient présents

car le match de samedi aura une autre envergure.

Sauf imprévu de dernière minute, le demi de

mêlée Brough, avec 4 essais et 83 points marqués

au pied, reste une pièce maîtresse, tout comme

l’ouvreur Brown. Ne pas oublier le centre Cudjoe

avec 6 essais, ou l’ailié Mc Gillvary. Dans les

avants, le pilier George avec 6 essais et l’imposant

Crabtree, la plus grande ossature en super. C’est

une équipe de valeur et les résultats le prouvent.

Les Dragons savent à quoi s’en tenir et croyez que

l’équipe sera mobilisée au maximum. Les Dreav,

Price seront les fers de lance, car, de la qualité,

il y en a chez les locaux. Mais toutes les choses

seront à gérer pour un autre exploit. Le travail

préparatoire a été fait dans ce sens.

Robert Escaro

USAP : petites histoires USAPistes

En ce dernier « cap de setmana »

du mois d’avril, pas de match

pour l’USAP ! Pas plus d’an-

no nonce officielle pour les recrues de

la

saison 2012-2013, le président

Pa Paul Goze, en homme sage, préférant

att attendre que son club soit définitive-

me ment « qualifié pour le Top14 », ce qui

de devrait se réaliser dès ce samedi 5 mai,

au aux alentours de 16 heures 15, avec la

ve venue de Lyon, lanterne rouge de ce

ch championnat.

No Notre « hebdo » est donc bâti cette se-

ma maine sur des histoires de l’USAP et du

ru rugby en général, certaines véridiques,

d’a d’autres … un peu moins.

Un U

instit, dans une classe de CE2

d’une école parisienne, demande

à ses élèves : « Qui est supporter du

Stade Français ? ». Tous les enfants lèvent

le doigt sauf Kevin.

L’instit : « Alors Kevin ! T’aimes pas le

rugby ? »

Kevin : « Oui, mais je suis supporter de

l’USAP ! »

L’instit : « De l’USAP ? Mais pourquoi

donc ? »

Kevin : « Parce que mon père et ma

mère sont supporters de l’USAP ! »

L’instit : « Ah bon ! Tu fais comme tes

parents ! Et si ton père était un crétin

et ta mère stupide, tu serais quoi ? »

Et Kevin de répondre : « Ben, je serais

supporter du Stade Français ! ».

Jacky et René sont deux amis passionnés

de rugby. Ils parlent rugby,

pensent rugby, vivent pour le rugby.

Un jour, Jacky dit à René : « On va se

promettre que le premier de nous deux

qui meurt reviendra sur Terre pour dire

à l’autre si le rugby existe au Paradis.

C’est très important ! ».

Un jour, René rend l’âme et il tient la

promesse : « Jacky ! J’ai une bonne et

une mauvaise nouvelle ! »

« Dis-moi René ! Hein qu’il y a du

rugby là-haut ? »

« Oh oui Jacky, ça c’est la bonne nouvelle

! Mais la mauvaise, c’est que tu

joues samedi prochain ! »

Il est connu des passionnés de

rugby que les joueurs de l’AS

Clermont-Auvergne descendent

toujours dans un hôtel thalasso de

Canet lorsqu’ils se déplacent en Roussillon

pour rencontrer l’USAP. Un jour,

le jardinier de cet hôtel découvre que

les rosiers font plus de 10 mètres de

haut, des tomates de 20 cm de diamètre

(comme des melons !) et les melons

comme des ballons de foot.

Stupeur ! Il appelle le directeur et lui

dit : « Moi je veux bien que l’hôtel héberge

chaque année les Clermontois,

mais dites-leur d’arrêter de pisser dans

le jardin ! ».

La veille du match contre Lyon,

une femme va voir son gynéco

près de la « dalle à ragots ». Celui-ci

se rend compte qu’elle a, à l’intérieur

de chaque cuisse un tatouage :

sur la cuisse gauche un tatouage de

James Hook, sur la droite un tatouage

de Nicolas Mas.

Elle avoue être fan de l’USAP. Le gynéco,

super fan lui aussi lui demande

: « Puis-je faire une bise sur chacun

d’eux afin de leur porter chance pour

le match de samedi ? ». Elle accepte.

Le médecin s’exécute, puis la patiente

s’écrie : « Et à Pérez, on ne lui fait pas

un bisou ? ».

Dans les années 60, les derbies

USAP-Béziers attiraient à « Aimé

Giral » des foules nombreuses et

très colorées, venues des quatre

coins du département. C’était,

pour certains supporters des hauts

cantons, l’occasion de festoyer dans la

capitale catalane. En ce dimanche de

mars, trois copains, célibataires endurcis,

décident d’amener avec eux Amé-

N°3460

Semaine du du4au10m 4 au 10 mai 2012

dée, le curé de Fontpédrouse. Les matches

se jouaient dans ces années-là à

15 heures le dimanche, et n’étaient en

aucun cas tributaires d’une quelconque

chaine cryptée.

Amédée n’avait pas oublié, après la

messe dominicale de 10 heures 30 de

clouer sur la porte de l’église un petit

panneau : « Ce soir , il n’y aura pas de

vêpres ! » (sans autre précision !).

Le match fut difficile pour nos Catalans,

car l’AS Béziers était alors la

grande équipe crainte par tous. L’USAP

l’emporta tout de même 9 à 6.

Nos quatre compères arrosèrent copieusement

la victoire dans un bistrot

du centre ville (on ne parlait pas encore

d’éthylotest et encore moins de

savoir s’il en faudrait deux ou trois

par voiture !). Après un bon repas au

Café de la Source, ils décidèrent d’un

commun accord de se rendre dans les

petites ruelles tout près de la Loge.

Amédée fit un signe de croix mais rapide.

Il avait laissé sa soutane à Fontpédrouse,

n’amenant dans ses poches

que le chapelet dans le cas où le match

aurait mal tourné.

Notre curé entra donc dans la confidentialité

de cette chambre exiguë

avec la pulpeuse Jocelyne qui procéda

alors aux préliminaires d’usage. En

particulier elle s’enduisit « sa partie

sacrée » d’une crème dont elle seule

avait le secret.

Amédée l’observa stupéfait, puis subitement

sortit le chapelet de sa poche.

Il l’enroula aussitôt autour de la partie

de son corps qu’il n’avait pas vu frémir

depuis très longtemps. Jocelyne s’exclama

alors : « Mais que fais-tu mon

poussin ? ».

Notre curé lui répondit alors : « Oh !

Vous savez, à Fontpédrouse, quand ça

glisse, on met les chaines ! ».

Fins aviat !

Jo Solatges


N°3460 communiqués 11

Semaine du 4 au 10 mai 2012

L’austérité pour les peuples,

des milliards

pour les dépenses militaires

Le SIPRI, l’Institut International

de Recherche pour la Paix de

Stockholm, a publié les données

de son étude annuelle concernant

les dépenses militaires mondiales

en 2011. « De record en record, les

dépenses militaires mondiales atteignent

en 2011 la somme extravagante

de 1 738 milliards de dollars »

dénonce Pierre Villard, co-président

du Mouvement de la Paix. L’institut

suédois note cependant une quasistabilisation

puisque, en termes réels,

l’augmentation par rapport à 2010

n’est plus que de 0,3%. La crise semble

donc avoir ralenti la course folle

à la mort. « Ce haut niveau signifie

cependant qu’en pleine crise, la part

des richesses mondiales détournée

dans les dépenses militaires reste à

un niveau insupportable alors que les

Objectifs du Millénaire pour le Développement

qui visaient à réduire de

moitié l’extrême pauvreté seront loin

annonces légales - annonces légales - annonces légales

AVIS DE CONSTITUTION

Forme : SARL

Dénomination : OASIA CONCEPT

Siège social : 2 rue Léon Bourgeois, 66000 PERPIGNAN

Capital social : 10 000

Durée : 99 ans

Gérant : M. GIL Jacques, 16 rue Albert Bausil 66330 CABESTANY

SCI MARIOL – 6 rue de Lanterne – 66000 PERPIGNAN

CESSION DE PARTS

ET TRANSFERT DE SIEGE SOCIAL

Suivant acte sous seing privé du 15 avril 2012, notifié à la société, Mme RAMOUSSE

Anne-Marie cède à M. PALETTA Olivier ses 400 parts qu’elle possède de la société, M.

PALETTA est à la suite de cette cession titulaire des droits attachés aux parts sociales

cédées. Suivant l’assemblée générale du 24 Avril 2012 le siège social de la SCI MARIOL

est transféré à : 2, rue Léon Bourgeois 66000 PERPIGNAN

Pour avis, le gérant

d’être atteints » note le responsable

pacifiste qui poursuit « il faut d’urgence

réduire massivement les dépenses

militaires pour consacrer ces

sommes au développement des services

publics et à la satisfaction des

besoins sociaux, contribuant ainsi à la

construction d’un monde plus juste et

plus sûr. »

La France, qui conserve un niveau de

dépenses très élevé, est passée du

3 e au 5 e rang des pays aux dépenses

militaires les plus élevées en 2011 du

fait de la très importante augmentation

(+9,3%) des dépenses militaires

russes. Elle reste avec les autres membres

permanents du Conseil de sécurité

de l’ONU, l’un des pays les plus

à la pointe de cette course mortelle.

« Triste record » déplore Pierre Villard.

Il poursuit « la France aurait tout à gagner

à investir dans la construction de

la paix, plutôt que dans la poursuite

VIIe journée nationale des mémoires

de la traite négrière transatlantique,

de l’esclavage et de leur abolition

A Thuir, jeudi 10 mai à 18h15, devant le mémorial de la

déportation.

Dépôt d’une gerbe, chanson de Billie Holiday « Strange

fruit », discours.

Retour à la mairie où sera servi un vin d’honneur.

A 20h30, salle du 3ème âge de la MJC, présentation d’un

court métrage « Le 10 mai » suivie d’une libre parole.

des guerres ».

Le budget français de la Défense

s’élevait à 32,15 milliards d’ en

2010, à 31,19 Md en 2011. Il devrait

passer à 31,83 Md en 2012,

en augmentation de 1,8% et avoisiner

encore les 32 Md en 2013.

C’est le 3 e poste budgétaire de l’État.

Dans le même temps, de nombreux

discours affirment que la France (qui a

encore 4 000 soldats en Afghanistan)

n’a pas d’argent pour financer les besoins

sociaux !

Pour notre pays, nous demandons la

diminution du budget militaire et le

transfert des économies réalisées :

- au développement des services publics

de base : éducation, santé, recherche,

aide aux personnes âgées,

culture, …

- au financement des politiques d’emploi

et de ré-industrialisation,

- à la protection de l’environnement

et à promotion des sources d’énergie

renouvelables,

- à la promotion et au développement

d’une culture de la paix et de la gestion

des conflits à tout niveau (depuis

la formation à la médiation à l’école

jusqu’au développement d’actions

diplomatiques internationales pour la

paix).

A l’occasion de la journée mondiale

du 17 avril dernier pour la réduction

des dépenses militaires, le Mouvement

de la Paix a réitéré sa proposition

de mettre en débat la réduction

de moitié des budgets militaires pour

les 10 ans à venir.

Le Mouvement de la Paix

SOCIETE FIDAL

AVOCATS AU BARREAU DES PYRENEES-ORIENTALES

Résidence « Le Marilyn »

39, Boulevard Kennedy – B.P. 11515

66103 PERPIGNAN CEDEX

Tél : 04.68.66.43.80

ALPHA AMBULANCES

Société par actions simplifiée

Au capital de 5.000 euros

Siège social : 269, Avenue de l’Industrie

66000 PERPIGNAN

RCS PERPIGNAN N° 539.444.091

Suivant décidions de l’associé unique du 25 Avril 2012, il résulte que :

la dénomination sociale, sera désormais : « ALPHA TAXIS 66 » à compter de ce jour.

L’article 2 des statuts a été modifié en conséquence

Pour avis,

Picasso à Céret

C ’était

un soir de fin de corrida (1953 ?) au premier

étage du café du Commerce, sur le boulevard

bordé de platanes centenaires.

Pablo Picasso avait, l’après-midi, présidé un spectacle

taurin aux arènes. Je l’avais observé sous son large

chapeau noir, avec ses amis proches, assis sur les

gradins.

Ses camarades du Parti l’avaient invité pour un apéritif

intime. Autour des guéridons rapprochés, verres sur

les marbres, était Picasso, Hélène Parmelin (écrivain)

et le peintre Pignon, ainsi que quelques responsables

politiques du département des PO et des militants

cérétans.

Paroles de bienvenue et de fraternité dans une ville

connue dans sa jeunesse ; Pablo écoutait. Quelques

échanges et voilà Pierre Mau, professeur de dessin

du lycée voisin qui pose sur le guéridon une feuille

de « canson » blanc, un flacon d’encre de Chine, un

pinceau et demande à Pablo de bien vouloir laisser

une trace de son passage à ses camarades catalans.

Impossible de reculer ! Une seconde de surprise tout

de même, puis, trempant le pinceau dans l’encrier une

première goutte tombe sur la feuille. Volontairement ?

Involontairement ? La sardane se met en mouvement,

bras levés, pieds sautillants, hommes et femmes

dansent. Une colombe les survole.

Pablo a terminé en quelques secondes. Applaudissements,

mais Pierre Mau en rajoute : « Pablo, et

la signature ? » Picasso semble hésiter (il connaît la

valeur de sa signature !) puis, signe, date et précise le

lieu : Céret.

J’avais 17 ans et, avec mon père, nous venions de

vivre un moment exceptionnel.

Cette « sardane de la paix » a été offerte, quelques

années après, au Musée d’art moderne de Céret par

la section locale du Parti communiste, où elle est

exposée aujourd’hui.

Œuvre simple, spontanée mais comme une pierre

pour poursuivre la découverte d’un « artiste » (il

n’aimait pas cette étiquette paraît-il), sans cesse en

mouvement.

Avec Marie-Claude, nous avons encore retrouvé les

traces de Picasso, à Vauvenargues, bien des années

plus tard, dans une demeure où il vécut quelques

temps avec Jacqueline, son épouse. Là où il repose.

Serge Guisset, mars 2012

AVIS

SARL MDCP

Société à responsabilité limitée

Au capital de 30 000,00 euros

502 231 541 RCS PERPIGNAN

Aux termes d’une décision en date du 26 mars 2012, les associés ont décidé à l’unanimité

de transférer le siège social du Pôle Nautique - Quai des Corbières, 66140 CANET

EN ROUSSILLON au Pôle Nautique - Rue Nautile, 66140 CANET EN ROUSSILLON à

compter du même jour et de modifier en conséquence l’article 4 des statuts.

Pour avis La Gérance

Le Travailleur Catalan

est habilité à publier les annonces

légales et judiciaires.

Renseignements

au 04 68 67 00 88


12 culture

A l afFiche

Perpignan

Théâtre de la Rencontre. Samedi 5 mai à

20h30, dimanche 6 mai à 17h. « En mai,

dis-moi Dimey » : le Bestiaire de Paris, Le

Milieu de la Nuit, Poèmes Voyous-Chansons

voyelles, etc. Avec André Stuber

(orgue de barbarie) et Bernadette Boucher.

Théâtre de l’Archipel, le

Carré. Vendredi 4 mai à 18h30.

Clôture festive des Heures

musicales. Avec la Cobla

Mil.lenaria, direction Jesus

Ventura. Tarif unique : 5 .

Théâtre de l’Archipel, le Carré. Jeudi 10

mai, vendredi 11 mai 20h30. « Déjeuner

chez Wittgenstein » de Thomas

Bernhard, mise en scène Frédéric Borie.

Spectacle en français surtitré en catalan.

L’écriture de Thomas Bernhard se

nourrit joyeusement de la détestation,

de la colère et de la dénonciation. C’est

résolument une langue qui « boxe ». Tarif

C (18, 15, 12, 11 ). 04 68 51 64 40.

Institut Jean Vigo. Salle Marcel

Oms. Vendredi 4 mai à 19h. Festival

Zoom Arrière. Soft et Hard au temps

du muet : Ciné Clandé (50mn). Une

séance de films érotiques et de

films de bordels. Interdit aux moins

de 18 ans. Sélection de courts

métrages de 1902 à 1925 : scènes

«coquines», saynètes «grivoises»,

premières «nudités»,... jusqu’à des

films pornographiques à destination

des maisons de prostitution.

Jeudi 10 mai à 19h. Dans le cadre

de la Semaine de l’Europe

et en partenariat avec la ville

de Perpignan, « Open Hearts »,

Suzanne Bier, Danemark 2003,

1h54.

Elmediator. Vendredi 11 mai à

20h30. Soirée « 100 grammes

de têtes ». Nouvel Album,

« Good Stuff » ! Ska-reggae.

Quelques grammes suffiraient

pour revivre avec jubilation

le long cheminement de la

musique jamaïcaine... Les 100

grammes font tout ça, et ils le

font bien. + Sound System :

Dapatch Selector (La Main

Verte) + Papet J de Massillia

Sound System. + Projection

du documentaire « Le Premier

Rasta » d’Hélène Lee (sorti au

cinéma en avril 2011) à 20h30.

Tarifs: 12 / 9 adhérent.

Librairie Torcatis. Vendredi 4 mai à

partir de 17h30. Jean Soler pour la

présentation de son dernier essai :

« Qui est Dieu ? » (Ed. de Fallois).

Présentation par Bernard Revel.

Jean Soler, agrégé de lettres, a

été conseiller culturel auprès de

l’ambassade de France en Israël

de 1969 à 1973 ; puis de 1989

à 1993. Il a publié aux éditions

de Fallois « Aux origines du Dieu

unique » en trois volumes et, en

2009, « La violence monothéiste ».

Dans les années 60, il était jeune, beau, impétueux

et il brûlait l’écran de la télé dans Thierry la Fronde.

Aujourd’hui, Jean-Claude Drouot ne renie pas cette

période enthousiaste. A la question « Est-ce que ça vous

agace qu’on en parle encore ?», il répond « Pas du tout !

Je n’ai non seulement rien à renier mais en plus, j’en suis

fier. Ç’a été une période importante de ma vie… D’autant

plus qu’après trente ans, d’autres générations découvrent

ce feuilleton ; le personnage de Thierry la Fronde continue

de renouveler son propre mythe ». Si Jean-Claude Drouot ne

regrette rien, c’est aussi parce qu’il a su ne pas se laisser

enfermer dans ce personnage et qu’il a fait depuis l’époque

de ses vingt ans une belle carrière au théâtre, au cinéma et

à la télévision.

« Mon amour pour le théâtre m’a protégé, confie-t-il. Dès

1963, je suis devenu un homme de théâtre à part entière. Je

suis quelqu’un qui a toujours été totalement responsable de

son destin d’homme et d’homme de théâtre. Parallèlement

au théâtre, j’ai continué à tourner régulièrement pour la télévision

: « Les gens de Mogador », « Gaston Phébus »... Non

pas pour briser une image mais pour cumuler les personnages.

La vie d’un acteur n’est pas faite au service d’un personnage

plus marquant que d’autres. Nous sommes la somme

de tous les personnages qui nous ont hanté. »

Des histoires de « taiseux »

Aujourd’hui c’est avec les « Portraits cévenols » que nous

revient Jean-Claude Drouot. Un coin en forme de veillée. Un

texte magnifique, un vrai bonheur de langue, de malice et

de tendresse pour les autres, de Gilbert Léautier. Ce dernier,

venu d’ailleurs, a vécu quarante ans dans les Cévennes. De

son intimité avec ce terroir et ses habitants, il a tiré une série

de portraits. Des portraits de « taiseux ». Une attitude que

La salle du rez-de-chaussée du Musée

des Arts et Traditions Populaires

de Thuir était trop petite pour

accueillir amis, admirateurs et curieux du

travail de Monique Hillel. Une ambiance

particulièrement chaleureuse régnait en

ce lieu aux parois en cayrou, support

idéal au feu d’artifice de couleurs auquel

conviait Monique. Des tableaux de tous

formats, à l’acrylique, des collages, et,

sa dernière création, des petits meubles

peints, tabourets, chaises ou consoles.

Sur chaque toile, un enchevêtrement,

une infinité de sujets mis en tous sens,

personnages, traits, figures géométriques,

paysages, ballons, roues, jouets...

un joyeux melting-pot sur lequel le

regard doit s’attarder pour, progressivement,

en déceler la teneur, comme

dans ces jeux où le but est de deviner

la forme cachée. Plaisir d’aller de l’une

à l’autre de ces oeuvres aux couleurs

éclatantes, toute la gamme mêlée, sans

Toujours fougueux,

passionné, plein de foi

dans le monde

Théâtre de la Rencontre. Vendredi 27 avril, Jean-Claude

Drouot a donné le meilleur de lui-même dans « Portraits

cévenols » de Gilbert Léautier.

crainte d’appariements culottés, mais

elle a raison d’oser, Monique, cela touche

juste. C’est tout un univers qui n’est

pas étranger aux peintures africaines,

ou aux peintres « naïfs », sans doute

parmi les sources d’inspiration de l’artiste,

univers ludique et émouvant, avec

des références à l’enfance, aux rêves, au

temps qui passe... Quelques collages,

aux tons plus doux, montrent des villes,

des maisons de bas en haut, aux jolis

toits rouges, des arbres... images du vivre

ensemble.

Et puis il y a les meubles ! Et l’idée géniale

de les peindre à la manière des

toiles, à l’acrylique, avec mille formes et

couleurs. Les voilà transformés en objets

d’art et de décoration, belle réussite

qui risque fort de donner du travail supplémentaire

à l’artiste, les amateurs se

sont précipités, comme pour les toiles.

Pressée par Jean-Georges Mas (prési-

N°3460

Semaine du 4 au 10 mai 2012

partagent tous ceux qui ont un rapport intime avec la terre,

avec ses travaux rythmés par la nature, avec le besoin d’observation

qu’ils exigent, avec la réflexion, le souci du concret, la

solidité nécessaires. « Taiseux » mais parfois aussi roublards,

occultant leur malice, protégeant leur quant-à-soi. Car, à la

campagne, chacun voit vivre l’autre. On n’est pas perdu dans

la foule qui vous servirait d’écran. On est aussi marqué par la

tradition, voire l’atavisme : l’apparente ladrerie selon laquelle

« un sou est un sou » est le fruit de générations de misère qui

ont laissé de profondes traces.

C’est tout cela que Léautier et Drouot nous font sentir. Avec

une tendresse profonde pour ces personnages déjà un peu

outrepassés par nos temps devenus frivoles. Avec beaucoup

d’humour aussi. La malice est un trait paysan : de beaux

exemples en sont la Louise, ou la Muguette, Georgette ou

autre « ette », toujours là où on ne les attend pas. Avec la

longue histoire de l’oncle siphonnant trop souvent son tonneau

qu’on a fini par envoyer à l’hospice, arrachant après son

départ les vignes qu’il n’avait plus le loisir de cultiver. Avec

tant d’autres encore…

Si Jean-Claude Drouot nous fascine tant avec ses portraits

cévenols, c’est grâce à la vie, au mouvement qu’il sait leur

donner. « Ce qui m’anime, avoue-t-il, c’est une foi immense

au monde. Je me trouve mieux dans la violence des orages

qu’au milieu d’un calme plat. Je me suis forgé une exigence,

par tempérament et par besoin de dépaysement. Et étant très

exigeant avec moi-même, je suis très souvent insatisfait. Je

suis perpétuellement en quête de nourritures. »

Pour couronner le tout, il nous confie que bientôt, en chaire

de la cathédrale de Meaux, il dira du Bossuet. Devinez quoi.

Un texte sur les riches et les pauvres.

Y.L.

Elle nous en fait voir de toutes les couleurs

Peinture. Monique Hillel expose à Thuir

dent des Cimaises Ephémères et hôte

des lieux) de parler de son travail, Monique,

discrète, devait seulement dire son

amour des couleurs et de la mixité, à

tous les niveaux, « les couleurs se font

du bien entre elles »; ajoutant qu’il ne

faut pas « chercher de clé » dans ses

créations , elle laissait à chacun le soin

de les découvrir et se les approprier.

NG

A voir jusqu’au 6 mai, Musée à côté

de la Mairie.


N°3460 culture 13

Semaine du 4 au 10 mai 2012

Cantilène pour un poète

« L’ocell cerdá ». En coopération Compagnie du Sarment - Jordi Pere Cerdá

Un jour, le maire a proposé à

Neus Vila de monter un spectacle

à Bellver de Cerdagne, son

village natal. Profondément attachée

à l’œuvre de Jordi Pere Cerdá, que ses

proches préfèrent nommer Antoine,

elle a choisi les poèmes tirés du recueil

« Ocells / Oiseaux » écrit durant un hiver

en Cerdagne, dans le village de Nahuja.

Le spectacle fut réalisé au cours de l’année

2011. Antoine Cayrol participa à sa

gestation. Il y figure, en images, filmé

quelques semaines avant sa mort et sa

voix y est fugitivement présente. L’Ocell

cerdá fut joué le 15 août 2011 à Tallo,

nouveau centre de recherche du parc

naturel Cadi-Moixeró. Le 11 septembre

suivant, Antoine quittait ce monde.

Fait de poèmes, « l’Ocell cerdá - l’Oiseau

cerdan » est en soi un vaste poème où

se tissent en puissante évocation de la

montagne, de sa rudesse et de ses charmes,

les mots, les images et les sons.

La comédienne, Neus Vila, qui dit les

poèmes, le plus souvent dans la langue

rocailleuse de la Cerdagne, de temps en

temps dans la souplesse atténuée du

français, est au cœur. La profusion des

images, immense enveloppement d’un

horizon sans limites, leur fusion, le choc

du ciel aux couleurs d’azur ou de feu,

les cascades de roches, le jaillissement

des plantes et des fleurs, est envoyée en

symbiose active avec le rythme de son

jeu. La musique, elle aussi diffusées en

direct, s’associe à ce rythme, s’y mêle

en contrepoint : se taisant pour laisser

la place au texte elle atteint dans les

intermèdes et vers le final, un « climax

explosif ».

Deux oiseaux, deux rapaces, le faucon

et le grand duc, guident cet itinéraire

où la nature apparaît tantôt telle

quelle, tantôt abstraite. Les oiseaux ne

figurent pas sur les images, nous dit le

metteur en scène, Cédric Chayrouse,

ils ne sont présents que dans la voix

de la comédienne. Les échanges avec

Antoine Cayrol ont aidé à donner sens

à la composition : à l’origine l’appel,

un appel inconnu, ouvrant un chemin

pour la fuite. Le poète que son corps

abandonne va partir pour l’ailleurs. La

fuite des couleurs s’y mêle, la musique

est plus allégée. Ce cheminement est

un symbole dont les poèmes portent le

sens, il est l’élévation du poète ancré

dans le réel.

L’accord profond entre les quatre interprètes

: Neus Vila, la comédienne,

Cedric Chayrouse, le metteur en scène,

François Grandjacques qui a filmé les

images sur place au mois d’août, Sébastien

Chatron qui a composé en mêlant

musique acousmatique et flûte, alliant

sons du réel et matériel abstrait, leur

écoute l’un pour l’autre, leur entente

profonde et leur amour pour Antoine

Cayrol, la volonté farouche de « rester

d’accord avec lui, avec les images qu’il

donnait dans sa langue », ont produit

ce joyau, messe profane pour un envol

vers l’infini.

Cette puissante source d’inspiration,

les membres de la compagnie du Sarment

entendent ne pas l’abandonner.

Ils continueront à travailler sur l’œuvre

de Jordi Pere Cerdá. La matière leur en

sera riche.

Yvette Lucas

Un cadre d’époque pour musiques 1900

Concert costumé. La musique entre 1900 et 1910 c’est - parmi d’autres - Reynaldo

Hahn, Ravel, Fauré, Chausson, Saint-Saëns. Pour le concert dédié à ces compositeurs,

samedi 28 avril à Thuir, Mme Danielle Hamelin avait décidé de créer des costumes

d’époque et d’en vêtir les musiciens.

Amandine Trenc, soprano, Guillaume Chilenne, violoniste

et Nathanaël Gouin, pianiste, se présentaient

donc dans les costumes qu’ils auraient portés au

cours d’une soirée musicale en 1902. Costumes inspirés de

Jeanne Paquin, qui libéra la femme du corset et eut Paul Poiret

comme dessinateur. Dames en robes fluides ornées de

dentelles et de broderies, toute aérienne pour la cantatrice,

fourrures pour les messieurs illustrant chacun un type : le rapin

pour Nathanaël Gouin, le dandy pour Guillaume Chilenne.

Si Amandine put garder sa robe, aussi légère que seyante,

ces messieurs durent ôter leurs vestes lourdes et entravantes

pour rejoindre leurs instruments. Nous connaissons déjà bien

Nathanaël Gouin, lauréat à Collioure l’an dernier du grand

prix Alain Marinaro et nous le retrouvons chaque fois avec

bonheur. Pour la circonstance il s’était fait l’accompagnateur

attentif et inspiré de la soprano Amandine Trenc, issue entre

autres lieux de formation, du Conservatoire National de Musique

et de Danse de Lyon. Guillaume Chilenne, qui a débuté

le violon à Toulouse dès l’âge de trois ans, fut reçu en 2005

premier nommé à l’unanimité du jury au Conservatoire National

Supérieur de Musique de Paris et a obtenu en 2010 le

3e Grand Prix du concours de violon Long-Thibaud.

Familière de la mélodie et du lied, Amandine Trenc charma

le public avec de courtes pièces où texte et musique jouent

à part égale : quatre chansons de Reynaldo Hahn écrites en

anglais (dites en français) sur des textes de Stevenson, des

mélodies populaires grecques richement harmonisées par

Nathanaël Gouin en rapin, Amandine Trenc d’une élégance

raffinée et une dame invitée

Maurice Ravel, deux mélodies de Fauré - Mandoline et les

Roses d’Ispahan – et deux pièces de Chausson : Papillons,

sur un texte de Théophile Gauthier et le Colibri, sur un sonnet

de Leconte de Lisle. Le moment purement instrumental

fut consacré par le pianiste et le violoniste à la sonate pour

piano et violon de César Franck dont le public salua la fort

belle interprétation avant qu’un tutti rassemble les trois musiciens

pour Violons dans le soir de Camille Saint-Saëns. Un

programme parfaitement équilibré où chacun sut jouer sa

partition avec ferveur et simplicité.

Y.L.

La Poudrière. Rue Rabelais à

Perpignan. Vendredi 4 mai à 18h.

Vernissage de l’exposition de

photographies de Michel Nicolau,

« Le rock et les filles ». Passionné

d’images et de sons, Michel

Nicolau présente une exposition

consacrée aux filles dans le rock.

Seront exposés une quarantaine

de tirages pris sur le vif, qui traduisent

toute l’énergie des groupes

qui ont fait l’histoire musicale du

Crockmore. Exposition du 4 mai

2012 au 24 juin 2012. Entrée libre.

Canohès

Théâtre de la Rencontre.

Jeudi 10 mai à 15h.

Théâtre Jeune Public,

pour les 3-11 ans.

« Rondouille et Pipelette

». Tarif : 5 . Infos

au 04 68 55 39 77.

Elne

Cinéma Vautier-Cinémaginaire.

Vendredi 4 mai à 18h30.

Nouveau ! Le Ciné des Ado :

l’ AdoCiné en partenariat avec

le P.I.J. « Avengers » de Joss

Whedon (USA 2012, VF et en

3D) avec Chris Evans, Robert

Downey Jr., Chris Hemsworth.

Cinéma Vautier-Cinémaginaire.

Mardi

8 mai à 14h30. Le

Ciné des Aînés :

« Hasta la vista »

de Geoffrey Enthoven

(Belgique

2012, 1h53) avec

R. V. Thoren, G.

De Schrijver, Tom

Audenaert.

Tarif : 5 euros.

Cinéma Vautier-Cinémaginaire.

Jeudi 10 mai

à 21h. Cinémaginaire

accueille Jean-Claude

Taki, réalisateur du film

« Sotchi 255 » (France

2012, 1h55) avec Ania

Svetovaya.

Ille-sur-Têt

La Fabrica. Vendredi

4 mai à 20h30. « Les

Fantoches » par la

Compagnie Gérard

Gérard. Ces jeunes

comédiens installés à

Rivesaltes se démarquent

par leur talent

et leur créativité.

Vous voulez vraiment

savoir ce qu’il y a derrière

la nuit ? Entrez

dans le bar itinérant

des Gérard Gérard.

La Fabrica, 25 rue de

la neige, 66130, Illesur-Têt.

04 68 84 08

09. www.lafabrica66.

com


14 culture

« J’écris pour que les mots et les notes

Le Boulou

Eglise Sainte-Marie du Boulou.

Samedi 5 mai à 20h30. XVIe Festival

international de musique Jeunes interprètes.

Gaspard Dehaene, pianiste

gagnant du grand prix Alain Marinaro

au Concours international de

piano de Collioure 2011. Œuvres de

Schubert, Chopin, Ravel et Boulez.

On entendra aussi le jeune pianiste

Camille Patau. Gratuit.

Eglise Sainte-Marie du

Boulou. Dimanche 6

Mai à 18h. RaGa Duo,

Raphaëlle et Gabrielle

Rubio. Récital violon et

guitare. Œuvres de Paganini,

Sarasate, Boutros,

Pujol, Ourkouzounov.

On entendra aussi la

jeune violoniste Roxane

Kiowalski. Gratuit.

Salses-le-Château

Le Portail à Roulettes. Vendredi

4 et samedi 5 mai à 21h. Amnésik

Théâtre : Soirée « Chamallows

et psychotropes ». Tarif :

8 pour les adhérents, 12

pour les non-adhérents (4

de carte d’adhésion + 8 du

spectacle)

On peut compter sur Thérèse Roussel pour nous rappeler

régulièrement que notre département est une

terre d’artistes. La galerie de la place Desprès est

ainsi, depuis des années, lieu de rencontre, de découvertes,

de redécouvertes, où l’on côtoie les plasticiens d’ici ou les

nombreux qui y ont élu domicile. C’est aujourd’hui Albert

Woda, Niçois d’origine, installé depuis 30 ans à Reynès, qui

occupe les cimaises de cet espace emblématique.

Treize toiles, est-ce un signe ? De toute façon il ne pourrait

y avoir de place pour plus de ces huiles de belle dimension.

Un regard, et l’on sent d’emblée la haute valeur de l’ensemble

à la sombre tonalité, excepté une seule oeuvre qui

tranche, justement nommée « Recevoir la lumière », grande

tache orange fluo, comme pour irradier les autres. Dans ces

dernières dominent les bruns, les bleus gris, le vieil or, des

peintures figuratives sans doute - on y devine des arbres, des

nuages, quelques vagues silhouettes - sans que ce soit tout

à fait exact. On serait plutôt dans quelque chose d’allusif,

à plusieurs niveaux de lecture, des références multiples. A

l’évidence, Albert Woda est marqué par la peinture hollandaise

dont on retrouve chez lui les immenses ciels nuageux

qui occupent les trois quarts de la toile, les horizons infinis,

il en fait juste autre chose, des paysages nimbés de mystère,

de mélancolie, suscitant le sentiment d’un monde perdu. Les

titres sont d’ailleurs éloquents : « Les âmes errantes », « Le

silence »... Ouvrant l’exposition un « Hommage à Rothko »

peut aussi évoquer la mythologie que le peintre américain

plaçait au coeur de son inspiration. Et d’autres, « La Re-nais-

N°3460

Semaine du 4 au 10 mai 2012

vivent ensemble »

Nilco. Le 30 juin, ce jeune chanteur, au carrefour de toutes les cultures, sera sur la scène des Fêlés du Bocal à la fête du Travailleur Catalan

Entretien éclectique. Un

jeune artiste nous reçoit,

simplement. Il écrit textes

et musiques, les entremêlent,

les accordent, les unit

pour que les notes et les sons

fassent sens, pour que les mots

résonnent en harmonie. Il est,

nous dit-il, « poésicien ». Il sera

à la fête du Travailleur Catalan, le

29, accompagné de musiciens.

Le T.C. : Qui êtes-vous monsieur

Nicolas Moogin ?

Nilco : Je m’appelle, sur scène

et pour le chant, Nilco. N’y voyez

là aucune forfanterie, ni la volonté

d’épouser l’esprit « star

système », mais la conséquence

simple de règles pour protéger

mes créations, surtout mes créations

écrites. J’ai donc rajouté le

« L » à mon surnom, parce que le

« L » est léger et sensible, parce

qu’il colle assez bien à la couleur

et à la sensibilité de mes textes.

Le T.C. : Votre parcours, quel

est-il ?

Nilco : La musique, d’abord, au

conservatoire de Perpignan, où

j’ai étudié le solfège et le piano

pendant de nombreuses années.

J’ai commencé l’écriture bien

plus tard, presque par hasard, en

aidant un ami. Nous avons ensuite

« monté » un petit groupe,

j’y ai trouvé ma place, je me suis

mis à écrire. Le groupe s’appelait

Amice. Puis j’ai continué, un peu

seul, avec textes et musiques.

Ensuite, c’est ce qui m’a lancé et

encouragé, au théâtre de la mer

à Sète, j’ai fait la première partie

de Lavilliers. Premier concert,

premiers tests. La rencontre avec

le public a été bonne. Ca s’est

très bien passé. Impressionnant.

J’ai fait ensuite d’autres premières

parties, dont celle de Magid

Cherfy, chanteur de Zebda que je

vais donc retrouver sur la fête.

Ont suivi de nombreuses premières

parties, puis la sortie d’un CD,

distribué nationalement, « Au

nom de qui… », qui a reçu de

bonnes critiques et qui a bien

marché. Sélection des Francofolies

de La Rochelle. L’histoire

continue maintenant, je suis

identifié, j’ai d’ailleurs reçu un

prix SACEM.

Le T.C. : Comment faitesvous

pour écrire ? De quoi

parlent vos textes ? Quel

est votre monde d’inspiration

?

Nilco : Ecoutez. Trois immenses

artistes ont marqué le monde

francophone, pas tous pour les

mêmes raisons. Brassens, Brel

et Ferré. Que dire de plus. J’ai

écouté et ils m’ont, c’est incontestable,

touché et « influencé ».

Je me sens très proche de Ferré,

« écorché et léger », « violent

et poétique ». Mon écriture est

« consciente » et poétique à la

fois, elle est musicale, parce que

les mots sont aussi musique.

J’écris pour que les mots et les

notes vivent ensemble et s’alimentent

en harmonie. Et oui, les

mots ont une couleur, un son,

une musique, un sens.

Le T.C. : C’est donc de la

chanson française ?

Nilco : Oui, c’est clair. Pour la

fête, je ne serai pas seul. Une

formation portera les textes.

Nous serons cinq. Un batteur,

Damien Françon, qui vient du

jazz, un bassiste, Dayon, et Aude

et Isabelle Massat, l’une au violon

alto, l’autre au violoncelle. La

volonté sera de métisser les musiques,

en douceur, de manière

boisée, avec la volonté de ne pas

couvrir le texte, un peu jazz, rap,

soul et rock acoustique.

Le T.C. : Vous connaissez

cette fête ?

Nilco : J’y suis venu souvent. J’ai

assisté à mon premier concert

sur ce terrain. Je m’en souviens

très bien. C’était le concert de

Bernard Lavilliers. J’avais à peine

3 ans. Extraordinaire. Lavilliers.

Premier concert dans le public,

premier concert sur scène. On

n’oublie pas. Ensuite, j’y ai déjà

joué, avec le groupe Amicel,

comme « artiste » donc, au stand

de Cabestany. C’est un espace,

un environnement que j’apprécie

beaucoup. On y est bien. L’état

d’esprit qui flotte, là, est super.

Les idées qui y circulent ne le

sont pas moins. A bientôt, donc.

Le soleil noir de la mélancolie

Exposition. Albert Woda expose chez Thérèse Roussel

Propos recueillis par M. M.

sance », « La chute d’Icare », « Le colloque des anges »...

des titres comme autant de points de repère. Il ne faut enfin

pas oublier qu’Albert Woda est en même temps graveur

et dessinateur, un élément qui complète l’approche de son

travail, de cet univers étrange et fascinant qui offre une traversée

de l’histoire de la peinture pour mieux ancrer sa forte

singularité.

NG

A voir jusqu’au 19 mai, 7 place Joseph Desprès du mardi

au samedi inclus l’après-midi.


N°3460 humeur 15

Semaine du 4 au 10 mai 2012

Devant l’accumulation des « cagades

» que l’agité-président a

pu proférer depuis les résultats

du premier tour, je me suis dit :

« il faut faire quelque chose, c’est l’image

du pays qui est en jeu ». Cet homme

n’est plus tout à fait maître de lui-même,

il a tellement peur de perdre. Que serat-il

sans le Fouquet’s, sans les courtisans,

sans l’Airbus présidentiel ? Il sent le cataclysme

proche et il panique ! Il en veut

à la terre entière et il dit n’importe quoi.

Puis il dit qu’il ne l’a pas dit. Puis quand

on lui fait entendre qu’il l’a dit, il dit que

c’est un complot. Le temps avançant et

les échéances définitives se rapprochant,

il est logique de craindre le pire pour ses

derniers moments de président, au cas où

les urnes ne voudraient plus de lui.

Ma sagesse proverbiale, mon flegme

unanimement reconnu (pourquoi tu tousses

?), m’incitent à lui prodiguer quelques

conseils de bon aloi, pour, après

avoir pratiquement tout raté pendant son

quinquennat, ne pas rater son départ. Je

crains de ne pas être entendu, de mauvais

esprits verront de la moquerie dans

ma démarche. Ils se trompent ; je pense

très fortement qu’il est totalement inutile

d’ajouter du malheur au malheur et que

ce n’est pas parce qu’il en a beaucoup

fait aux autres, en particulier à tous ceux

qui ont le portefeuille raplapla, qu’il ne

faut pas lui tendre une main secourable

au moment où il pourrait débarrasser le

plancher.

Ecoute bien

« Donc écoute bien, Nicolas ! Arrête de

tressauter ! Il faut te calmer ; respire

profondément, ne gigote pas sans arrêt.

Commence modestement à tenter

de rester sans bouger pendant quelques

secondes, puis augmente la durée de ces

moments de zénitude où tu ferais bien de

penser à ta fifille et à ta Carlita. Entraîne-

Ultimes recommandations

toi tous les jours à réduire ton agitation

chronique. C’est indispensable pour retrouver

un semblant d’équilibre…

Evite aussi de te laisser aller à tes penchants

colériques naturels : il est inutile

le soir du second tour de faire venir Fillon

et Copé à l’Elysée, tu vas les engueuler

comme des moins que rien, tu vas leur

expliquer qu’ils sont nuls, qu’ils sont la

cause de tous tes malheurs, qu’ils n’ont

L’actu vue par Delgé

rien compris à ton génie. Sans doute tu

as raison ! Mais à ce moment-là ressasser

tout ce qui peut te faire souffrir est inutile.

Ne crie pas, comme tu l’as fait pendant

cinq ans…

L’adversité est parfois une bonne occasion

de trouver la sagesse, ne la laisse pas passer.

Dis-toi qu’il y a eu pendant cinq ans

des millions de gens qui ont dû, à cause

de toi, affronter l’adversité des fins de

mois difficiles, du chômage qui n’en finit

pas, des services publics qui marchent

comme ils peuvent. Ils ont certes manifesté,

protesté, mais ils sont restés à peu

près tranquilles. Imite-les : il est bon que

de temps à autre les grands (enfin, c’est

une formule toute faite) de ce monde

s’inspirent de la sagesse populaire et de

sa capacité à encaisser les coups. Apprécie

donc cette adversité qui te confronte à

toi-même, dans la nudité d’une affectivité

ébranlée. Surtout ! Surtout ! Surtout ! Ne

pète pas les plombs. Ils attendent tous ça,

tes « amis », les faux et aussi peut-être

les « vrais »…

Et tais-toi !

Parle le moins possible en public, si tu vois

un micro, une caméra, détourne-toi, si tu

vois un groupe assemblé, passe au large.

C’est la meilleure façon de ne plus dire de

bêtises. Laisse se décanter, au fond de ta

cervelle, tous les mots, toutes les phrases,

tous les discours que tu as proférés, et

qui t’ont mis dans cette situation, certes

inconfortable (tu n’es plus grand-chose),

mais porteuse de promesses pour le plus

grand nombre (nous n’aurons plus à te

supporter)…

Un monde nouveau commence pour toi,

mais aussi pour nous. Si pour toi, c’est

douloureux, dispense-toi de croire que

pour nous ce soit une catastrophe. Tu

t’abuserais une nouvelle fois inutilement.

Je ne veux pas te faire trop de peine. C’est

sans doute même le contraire. Pour beaucoup,

beaucoup, beaucoup, c’est un moment

d’espoir, un moment gagné sur la

résignation, un moment où il peut devenir

possible de construire un avenir…

S’il te plaît, par une ultime bêtise dont on

sait que tu es capable, ne nous gâche pas

ce plaisir…

Tchao ! Pantin ! »

Jean-Marie Philibert.

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