Bulletin de liaison et d'information - Institut kurde de Paris

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n° 256 • juillet 2006 Bulletin de liaison et d’information • 5 •

été tués dans la province de Van

lors d’une opération qui a également

fait quatre blessés dans les

rangs des forces de sécurité dont

l’un a succombé à l’hôpital des

suites de ses blessures. Un autre

soldat a été tué dans la région de

Sirnak par des tirs contre l’hélicoptère

dans lequel il se trouvait. De

plus, deux combattants du PKK et

un policier ont, le 17 juillet, été

tués lors de combats à Gercus,

province de Batman.

PKK», explique Mme Reusse-

Decrey.

Les combattants du PKK voulaient

aussi connaître précisément la portée

des engagements contenus

dans l’Appel de Genève. Ne sont

visées que les mines antipersonnel.

Ces armes explosent au

moindre contact, qu’il s’agisse

d’un militaire ou d’un civil. En

revanche, l’appel n’inclue pas les

engins antichars ou télécommandés

à distance.

PREMIÈRE VISITE OFFICIELLE À WASHINGTON

DU PREMIER MINISTRE IRAKIEN

REÇU PAR GEORGE W. BUSH

Par ailleurs, Zubeyir Aydar, chef

de la branche politique du PKK, a

signé le 18 juillet l’Appel de Genève,

renonçant aux mines antipersonnels.

«Les combats dans l’est de la

Turquie continuent. Renoncer à une

arme dans un tel contexte témoigne

d’une volonté de résoudre le conflit

par d’autres moyens», s’est réjouie

Elisabeth Reusse-Decrey, présidente

de l’Appel de Genève. Le

PKK est le 29e groupe insurgé à

signer l’appel. La Turquie a protesté

auprès de Mme Reusse-

Decrey, jugeant les efforts de cette

dernière «illégitimes et inacceptables».

Pour sa part, M. Aydar a

déclaré :

« Nous allons respecter notre signature

point par point». Mme Reusse

Decrey s’était rendue dans les

montagnes du Kurdistan pour

faire parapher l’Appel de Genève

par l’aile militaire du PKK.

Concrètement, le mouvement

s’engage à ne plus poser de mines

antipersonnel (ce qu’il dit ne plus

faire depuis 1998), à détruire les

stocks en sa possession ou encore

à faciliter les programmes de

déminage. Les signataires sont

aussi tenus d’accepter des missions

de vérification. Il aura fallu

plusieurs années de négociations

pour parvenir à la signature.

«Nous avons d’abord dû comprendre

la chaîne de commandement du

N

OURI AL-Maliki a, le 25

juillet, effectué sa première

visite aux Etats-Unis

depuis son entrée en fonction

en mai dernier. Il a été reçu à

Washington par le président

George W. Bush pour discuter de

la sécurité en Irak. Le lendemain,

les Chambres du Congrès américain

réunies en séance commune,

ont reçu à leur tour le Premier

ministre irakien. La visite de Maliki

a une dimension politique

importante pour les Etats-Unis, où

se dérouleront à l’automne des

élections parlementaires. La guerre

en Irak et les appels à un retrait

militaire américain devraient être

des enjeux majeurs lors de ce scrutin.

« Si M. Maliki n’a pas de plan

crédible pour désarmer, démobiliser et

réintégrer les milices, même le président

Bush devrait reconnaître qu’il

serait bien mieux que nos (militaires)

commencent à quitter l’Irak, plutôt

qu’ils prennent partie dans une guerre

civile confessionnelle impossible à

gagner », a souligné le sénateur

démocrate Edward Kennedy. « Il

faut que le président Bush explique à

M. Maliki que notre engagement en

Irak n’est pas indéfini », a renchéri

le chef de file des démocrates au

Sénat Harry Reid. Le premier

ministre irakien Nouri al-Maliki a,

le 26 juillet, demandé au Congrès

américain de l’aider à «enterrer» le

terrorisme, après avoir vanté les

progrès accomplis dans un discours.

«Nous avons besoin de votre

aide» pour la reconstruction, a

plaidé M. Maliki, avant de promettre:

«Je ne laisserai pas l’Irak

devenir une base de lancement pour

al-Qaïda et d’autres organisations terroristes.»

«Soyez sûrs que l’Irak sera

le tombeau du terrorisme et des terroristes,

pour le bien de l’humanité», a

encore lancé M. Maliki.

Alors que la guerre est de plus en

plus impopulaire aux États-Unis à

l’approche des élections parlementaires

de novembre, et qu’un

nombre croissant d’élus demandent

un calendrier de retrait des

troupes, M. Maliki a fait écho aux

arguments de l’administration

Bush, qui fait de l’Irak le front

principal de la «guerre contre le terrorisme».

«C’est votre devoir et notre

devoir de vaincre le terrorisme », a

dit M. Maliki, le destin de notre

pays et du vôtre sont liés. «Nous

avons choisi la démocratie », a-t-il

assuré. « Nous reconstruisons l’Irak

sur de nouvelles bases solides, la liberté,

l’espoir et l’égalité.» Le Premier

ministre irakien a déclaré que

l’Irak était dorénavant en première

ligne dans la guerre contre le

terrorisme, et que son pays était

déterminé à venir à bout de la violence

sectaire. « L’Irak est en pre-

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