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la lettre - Filmer en Alsace

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AUTOMNE<br />

HIVER 2012<br />

<strong>la</strong> <strong>lettre</strong><br />

<strong>Filmer</strong><br />

dans le Grand-Est<br />

Au balcon du monde<br />

d’A<strong>la</strong>in Chréti<strong>en</strong><br />

produit par Ere production<br />

et Nomades TV,<br />

France Télévisions<br />

et Vosges télévision


Structures parties pr<strong>en</strong>antes<br />

de <strong>Filmer</strong> dans le Grand-Est<br />

Lorraine<br />

<strong>Alsace</strong><br />

Champagne<br />

<strong>Filmer</strong><br />

<strong>en</strong> <strong>Alsace</strong><br />

Franche-Comté<br />

Bourgogne<br />

Au balcon du monde<br />

d’A<strong>la</strong>in Chréti<strong>en</strong><br />

Un atelier Grand-Est à Belfort<br />

| | |<br />

Des avancées <strong>en</strong> Grand-Est<br />

Au festival EntreVues, deux temps forts ont<br />

structuré <strong>la</strong> journée du 30 novembre 2012,<br />

d’une part <strong>la</strong> question de <strong>la</strong> mutualisation<br />

et de l’interrégionalité, et d’autre part celle<br />

de « Quels lieux de diffusion pour quelles<br />

œuvres ». La prés<strong>en</strong>ce de nombreux participants<br />

des cinq régions, issus aussi bi<strong>en</strong><br />

des collectivités publiques que des milieux<br />

institu tionnels ou associatifs, de <strong>la</strong> production<br />

que de <strong>la</strong> diffusion, a permis des<br />

échanges assez riches. Des avancées <strong>en</strong><br />

Lorraine, <strong>en</strong> Champagne-Ard<strong>en</strong>ne, <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong>,<br />

<strong>en</strong> Bourgogne et Franche-Comté, dont il<br />

est question dans les pages qui suiv<strong>en</strong>t<br />

(cf. pages 2 à 6).<br />

D’autres sont évoquées, comme <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong><br />

<strong>la</strong> signature d’une conv<strong>en</strong>tion de coani<br />

mation du Pôle régional d’éducation<br />

artis tique au cinéma et à l’audiovisuel par<br />

Vidéo Les Beaux Jours et <strong>Alsace</strong> Cinémas,<br />

ou <strong>la</strong> reprise des missions – anci<strong>en</strong>nem<strong>en</strong>t<br />

confiées à iconoval – d’animation de <strong>la</strong> filière<br />

par l’Ag<strong>en</strong>ce culturelle d’<strong>Alsace</strong>. Ou <strong>en</strong>core<br />

<strong>en</strong> Bourgogne, l’importance de mutualiser<br />

les projets à l’échelle inter régionale et de<br />

sout<strong>en</strong>ir les actions fédé ratrices, dans un<br />

contexte financier défa vorable, pour aller<br />

vers une structuration assurée ess<strong>en</strong> tiellem<strong>en</strong>t<br />

par le portail APARR de Bourgogne<br />

et Franche-Comté.<br />

Les deux volets communs au Grand-Est,<br />

le portail et <strong>la</strong> Lettre, ont égalem<strong>en</strong>t été<br />

inter rogés <strong>en</strong> vue d’un é<strong>la</strong>rgissem<strong>en</strong>t et<br />

d’une parti ci pation des cinq régions.<br />

Un portail Grand-Est<br />

et une Lettre <strong>en</strong> chantier<br />

Deux hypothèses techniques ont été<br />

déve loppées quant à un portail : un seul<br />

site avec possibilité de filtrer les informations<br />

par région, ou bi<strong>en</strong> des déclinaisons<br />

régionales du site. Selon le mode<br />

choisi, l’APARR peut assurer, moy<strong>en</strong>nant<br />

financem<strong>en</strong>t, les différ<strong>en</strong>tes phases de<br />

l’é<strong>la</strong>r gis sem<strong>en</strong>t aux trois autres régions.<br />

Un des intérêts de cette ext<strong>en</strong>sion est de<br />

pouvoir y intégrer le catalogue des films<br />

produits dans chaque région, <strong>en</strong> veil<strong>la</strong>nt<br />

à éviter les doublons, comme l’annuaire<br />

des technici<strong>en</strong>s qui figure sur l’e-book de<br />

l’Ag<strong>en</strong>ce culturelle d’<strong>Alsace</strong>. Conçu comme<br />

une vitrine de <strong>la</strong> filière, il r<strong>en</strong>voie vers<br />

des ressources déjà existantes. Il est une<br />

interface qui c<strong>en</strong>tralise les informations<br />

pour assurer <strong>la</strong> visibilité de tous les acteurs.<br />

Après consultation sur les <strong>en</strong>jeux, les coûts<br />

et <strong>la</strong> stratégie par les part<strong>en</strong>aires Grand-Est<br />

courant janvier, décision sera prise <strong>en</strong> mars<br />

lors des Journées de Gérardmer.<br />

Pour <strong>la</strong> Lettre <strong>Filmer</strong> dans le Grand-Est, se<br />

pose <strong>la</strong> question de son financem<strong>en</strong>t qui<br />

n’est porté actuellem<strong>en</strong>t que par l’<strong>Alsace</strong>.<br />

Il faut c<strong>la</strong>rifier l’implication des autres<br />

régions, autant sur le p<strong>la</strong>n financier qu’éditorial.<br />

<strong>Filmer</strong> <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong> fournira de même<br />

des élém<strong>en</strong>ts <strong>en</strong> janvier.<br />

Estelle Cavoit, Georges Heck, Delphine Maza<br />

Vers une diffusion de courts métrages<br />

Aux participants de <strong>la</strong> matinée, se sont joints les<br />

représ<strong>en</strong>tants des Cinémas indép<strong>en</strong>dants de Bourgogne<br />

(CIB), du Grou pem<strong>en</strong>t national des cinémas de recherche<br />

(GNCR), de l’Association du cinéma indép<strong>en</strong>dant pour<br />

sa diffusion (ACID), de l’Ag<strong>en</strong>ce du court métrage, de<br />

cinémas et de médiathèques, pour discuter diffusion<br />

des œuvres. Ainsi le travail de prévisionnem<strong>en</strong>t reste<br />

<strong>en</strong>core à m<strong>en</strong>er dans <strong>la</strong> plupart des régions pour nourrir<br />

le programme À l’Est des Dames, courts métrages<br />

sout<strong>en</strong>us par les Régions du Grand-Est, <strong>en</strong> part<strong>en</strong>ariat<br />

avec l’Ag<strong>en</strong>ce du court métrage. D’autres expéri<strong>en</strong>ces<br />

ont été partagées, comme celle pédagogique d’Au<br />

voleur ! (cf. page 14), bi<strong>en</strong>tôt suivie peut-être par<br />

Comme un lion, le nouveau film de Samuel Col<strong>la</strong>rdey<br />

(cf. page 7). En Champagne-Ard<strong>en</strong>ne, l’ORCCA mène<br />

un important travail de promotion des films sout<strong>en</strong>us<br />

(cf. page 6). Enfin les média thèques, qui particip<strong>en</strong>t<br />

depuis plus de dix ans au Mois du film docum<strong>en</strong>taire,<br />

ont parlé de <strong>la</strong> difficulté à acquérir des films régionaux.<br />

Tous se sont accordés à dire que <strong>la</strong> principale motivation<br />

du souti<strong>en</strong> de <strong>la</strong> diffusion des films doit être<br />

leur qualité et non <strong>la</strong> localisation de leur production<br />

ou de leur tournage. Il s’agit aussi d’accompagner ces<br />

films parfois fragiles : <strong>la</strong> Région Rhône-Alpes finance<br />

ainsi des postes de médiateur ; <strong>en</strong> Bretagne, le Conseil<br />

général du Finistère paie <strong>la</strong> moitié de l’abonnem<strong>en</strong>t<br />

au Réseau alternatif de diffusion (RADI) pour les<br />

salles du dépar tem<strong>en</strong>t. Un système que l’on pourrait<br />

décliner dans d’autres régions. De courts modules sont<br />

proposés par le GNCR pour communiquer sur certains<br />

films : l’aide des collectivités territoriales pourrait être<br />

solli citée pour les films régionaux. Les salles <strong>en</strong> région<br />

sont isolées et ont peu d’échanges ou de visibilité : le<br />

portail pourrait mieux valoriser les réseaux de salles<br />

(CIB, Écrans Sa<strong>la</strong>mandre…).


éditorial<br />

<strong>la</strong> <strong>lettre</strong><br />

Chers amis,<br />

Impératif, le besoin de nous concerter, <strong>en</strong>tre régions, ici <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong>, à<br />

Gérardmer lors des Journées, à Belfort lors du festival EntreVues, <strong>en</strong><br />

d’autres occasions <strong>en</strong>core, autour d’une partition <strong>en</strong> train de s’écrire,<br />

comme des occasions offertes à <strong>la</strong> filière professionnelle, incluant les<br />

étudiants, de se retrouver pour réfléchir à <strong>la</strong> manière dont le secteur<br />

évolue dans un contexte de crise, à nos métiers, à nos savoir-faire, pour<br />

créer des li<strong>en</strong>s de solidarité, transversale. Quant au Forum de <strong>Filmer</strong><br />

<strong>en</strong> <strong>Alsace</strong>, il a été un réel succès, – images plein <strong>la</strong> tête, une belle<br />

soirée de <strong>la</strong>ncem<strong>en</strong>t, des films d’animation très imaginatifs et drôles<br />

des étudiants de <strong>la</strong> Haute École des arts du Rhin. L’année 2012 aura<br />

été productive, créative, mais économiquem<strong>en</strong>t très dure. En prés<strong>en</strong>ce<br />

d’une c<strong>en</strong>taine de personnes, dont beaucoup d’étudiants et jeunes<br />

réalisateurs, ce forum a traité <strong>en</strong> trois tables rondes des avancées<br />

concrètes du transmédia, et de ses financem<strong>en</strong>ts, du pot<strong>en</strong>tiel créatif<br />

de production des films d’animation dans cette région et du délicat<br />

passage de l’écriture à <strong>la</strong> production.<br />

Il est apparu <strong>en</strong> conclusion le besoin de multiplier ces r<strong>en</strong>contres,<br />

car elles sont une occasion unique de se rapprocher <strong>en</strong>tre acteurs des<br />

différ<strong>en</strong>ts métiers du cinéma et de l’audiovisuel, de mieux échanger,<br />

de partager nos questions et soucis, de trouver <strong>en</strong>semble des réponses<br />

et idées, de mutualiser nos moy<strong>en</strong>s. Aussi de pr<strong>en</strong>dre le temps de<br />

visionner des productions réc<strong>en</strong>tes – ri<strong>en</strong> de tel que de voir <strong>en</strong>semble<br />

des films et d’<strong>en</strong> parler : notre vocabu<strong>la</strong>ire commun de professionnels<br />

se forge dans un partage des images et de leur lecture, comme les<br />

musici<strong>en</strong>s accord<strong>en</strong>t leurs instrum<strong>en</strong>ts.<br />

Ce que je reti<strong>en</strong>s de ces forums, c’est ce qui fait moteur, le désir de<br />

raconter avec des images, des détails infinim<strong>en</strong>t soignés, des sons<br />

et des musiques subtiles des histoires et des réalités plus fortes que<br />

l’imaginaire.<br />

Au seuil de cette nouvelle année, ce mot d’Albert Londres : « ...notre<br />

métier n’est pas de faire p<strong>la</strong>isir, non plus de faire du tort, il est de porter<br />

<strong>la</strong> plume dans <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ie. » L’image peut sembler viol<strong>en</strong>te, mais qu’est-ce<br />

à côté des luttes de ceux qui se batt<strong>en</strong>t pour <strong>la</strong> liberté d’expression <br />

Antoinette Spielmann<br />

Dans cette Lettre <strong>Filmer</strong> dans le Grand Est automne-hiver 2012, quelques nouveautés :<br />

une plus grande ouverture éditoriale, et des Chiffres du Grand-Est désormais<br />

accessibles et téléchargeables sur le site www.filmer<strong>en</strong>alsace.eu, ainsi qu’une<br />

version <strong>en</strong> couleur de <strong>la</strong> Lettre. Bonne lecture !<br />

Merci pour ce numéro à : Sophie Bousseau, Estelle Cavoit, Ève Chambrot, Marie<br />

Chapelet, Émilie Charnot, Pierre Charpilloz, Pierre Combier, Vinc<strong>en</strong>t Courtois,<br />

Stéphanie Dalfeur, Hélène Dudragne, Murielle Famy, Marie-Alix Fourqu<strong>en</strong>ay,<br />

Éti<strong>en</strong>ne Génieux, Bérangère Gooss<strong>en</strong>s, Stéphanie Guillemaud, Gl<strong>en</strong>n Handley,<br />

Georges Heck, Éti<strong>en</strong>ne Jaxel-Truer, Lauriane Jussiau, V<strong>la</strong>dimir Kozlov, Léa<br />

Laubacher, Ermeline Le Mézo, Dominique Matz-Ho<strong>en</strong><strong>en</strong>, Jean-Cyrille Muzelet,<br />

Estelle Nothoff, Léo Pignaud, Aurélie Réveil<strong>la</strong>ud, Olivier Roncin, François Sanchez,<br />

Antoinette Spielmann, Mary Taranto<strong>la</strong>, Amandine Thév<strong>en</strong>in, Philippe Thomine,<br />

Jérémie Vald<strong>en</strong>aire, Laura Zornitta et à tous ceux qui ont livré leur parole.<br />

<strong>en</strong> <strong>Alsace</strong><br />

Antoinette Spielmann, présid<strong>en</strong>te<br />

<strong>Filmer</strong> <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong><br />

Cédric Bonin et Yannis Metzinger<br />

Association des producteurs<br />

audiovisuels d’<strong>Alsace</strong> (APAA)<br />

Dami<strong>en</strong> Fritsch<br />

et Jean-Cyrille Muzelet<br />

Safire <strong>Alsace</strong><br />

Estelle Nothoff et Paviel Raymont<br />

Kinofactory<br />

Catherine Mueller<br />

Vidéo Les Beaux Jours<br />

Gl<strong>en</strong>n Handley<br />

Ag<strong>en</strong>ce culturelle d’<strong>Alsace</strong><br />

Isabelle Pantic-Guillet<br />

Ina Grand-Est<br />

Jean-François Moris<br />

Université de Strasbourg<br />

Stéphanie Dalfeur<br />

<strong>Alsace</strong> Cinémas<br />

Jean-François Pey<br />

rectorat de l’Académie<br />

de Strasbourg<br />

Georges Heck<br />

départem<strong>en</strong>t audiovisuel<br />

et cinéma de <strong>la</strong> direction<br />

de <strong>la</strong> culture de <strong>la</strong> Ville<br />

et de <strong>la</strong> Communauté<br />

urbaine de Strasbourg<br />

Laur<strong>en</strong>t Bog<strong>en</strong><br />

DRAC <strong>Alsace</strong> et Lorraine<br />

<strong>en</strong> Franche-Comté<br />

Pôle Image Franche-Comté<br />

Bernard Roux<br />

Institut régional de l’image<br />

et du multimédia (Irimm)<br />

François Sanchez<br />

MJC Franche-Comté<br />

<strong>en</strong> Bourgogne<br />

Estelle Cavoit<br />

Association des producteurs<br />

audiovisuels Rhin-Rhône (Aparr)<br />

<strong>en</strong> Lorraine<br />

Pôle Image Lorraine<br />

Anthony Velvelovich<br />

et Anaïs Kleinprintz<br />

<strong>en</strong> Champagne-Ard<strong>en</strong>ne<br />

Sophie Bousseau<br />

Office régional culturel<br />

de Champagne-Ard<strong>en</strong>ne<br />

(Orcca)<br />

<strong>Filmer</strong> <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong><br />

est sout<strong>en</strong>u par :<br />

- le ministère de <strong>la</strong> Culture<br />

et Communication<br />

DRAC <strong>Alsace</strong><br />

- <strong>la</strong> Région <strong>Alsace</strong><br />

- <strong>la</strong> Ville de Strasbourg<br />

SOMMAIRE<br />

Éditorial.....................................1<br />

Lorraine .....................................2<br />

<strong>Alsace</strong>.........................................3<br />

Franche-Comté ......................4<br />

Bourgogne ...............................5<br />

Champagne-Ard<strong>en</strong>ne ..........6<br />

Cinéma ......................................7<br />

Productions <strong>en</strong> région .........8<br />

Auteurs <strong>en</strong> région .............. 10<br />

Aujourd’hui, hier, demain.. 12<br />

Pédagogie .............................. 14<br />

Diffusion................................. 15<br />

Europe…................................. 16<br />

R<strong>en</strong>contre ............................. 17<br />

Séance de l’invité ............... 18<br />

Retour de ............................... 19<br />

Brèves ..................................... 20<br />

Films<br />

<strong>en</strong> fabrication ...................3 à 11<br />

sortis de fabrique ......13 à 19<br />

primés, sortis <strong>en</strong> salle .........21<br />

Responsable<br />

de <strong>la</strong> publication :<br />

<strong>Filmer</strong> <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong><br />

Coordination<br />

et secrétariat de rédaction :<br />

Delphine Maza<br />

Graphisme :<br />

L’intranquille<br />

Impression :<br />

Ott imprimeurs, Wasselonne<br />

1 er trimestre 2013<br />

ISSN 1776-7873<br />

Contact :<br />

<strong>Filmer</strong> <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong><br />

c/o La Maison de l’image<br />

31 rue Kag<strong>en</strong>eck<br />

67000 Strasbourg<br />

téléphone 0388238651<br />

info@filmer<strong>en</strong>alsace.eu<br />

www.filmer<strong>en</strong>alsace.eu<br />

Contact pour La Lettre :<br />

<strong>la</strong>-<strong>lettre</strong>@<strong>la</strong>poste.net


lorraine<br />

En 2012, c’est officiel, <strong>la</strong> Lorraine se dote d’un Pôle image, situé à Epinal, dans<br />

les locaux de <strong>la</strong> Maison romaine. Après plusieurs années de travail, d’échanges et<br />

de synthèses <strong>en</strong>tre part<strong>en</strong>aires du cinéma et de l’audiovisuel lorrain, re<strong>la</strong>tés dans<br />

les numéros précéd<strong>en</strong>ts de <strong>la</strong> Lettre, <strong>la</strong> région s’<strong>en</strong>gage donc dans une nouvelle<br />

étape. Les 19, 20, et 21 septembre derniers, trois journées professionnelles ont<br />

été l’occasion d’acter ces nouveautés, et de prés<strong>en</strong>ter lieux et interlocuteurs.<br />

Voici donc <strong>la</strong> lég<strong>en</strong>de du Pôle, et de ses deux hérauts.<br />

Anaïs Kleinprintz, Anthony Velvelovich<br />

PHOTOS ÉTIENNE JAXEL-TRUER<br />

La Lorraine se dote<br />

d’un pôle image<br />

Une poignée d’irréductibles producteurs lorrains<br />

décidèr<strong>en</strong>t un jour que l’union pouvait faire <strong>la</strong><br />

force. Ce jour-là, dans un microcosme plutôt<br />

indi vi dualiste, <strong>la</strong> nouvelle fit grand bruit.<br />

Tellem<strong>en</strong>t grand bruit, d’ailleurs, que <strong>la</strong> Lorraine<br />

découvrit avec intérêt l’exist<strong>en</strong>ce d’une “vraie”<br />

économie, certes plus confid<strong>en</strong>tielle que <strong>la</strong><br />

sidé rurgie… mais pot<strong>en</strong>tiellem<strong>en</strong>t plus pér<strong>en</strong>ne.<br />

« Prouvez-nous l’intérêt de <strong>la</strong> chose » fut-il cep<strong>en</strong>dant<br />

demandé prudemm<strong>en</strong>t.<br />

Une fédération, Films <strong>en</strong> Lorraine fut donc créée.<br />

Oui, mais <strong>en</strong>core Si l’av<strong>en</strong>ture avait comm<strong>en</strong>cé<br />

avec les producteurs, désormais il fal<strong>la</strong>it compter<br />

avec les éducateurs, formateurs et <strong>en</strong>seignants<br />

d’un côté, mais aussi avec les diffuseurs, distributeurs<br />

et festivals de l’autre. Des univers bi<strong>en</strong><br />

distincts qui, malgré une bi<strong>en</strong>veil<strong>la</strong>nce courtoise,<br />

dur<strong>en</strong>t se r<strong>en</strong>dre à l’évid<strong>en</strong>ce : le modèle du<br />

pôle al<strong>la</strong>it être difficile à cerner. Comme d’après<br />

le ministère de <strong>la</strong> Culture, un tel pôle se devait<br />

d’intégrer une forte composante d’édu cation<br />

à l’image, il est facile de deviner que cette<br />

dim<strong>en</strong>sion fut rapidem<strong>en</strong>t actée. Comme les<br />

Lorrains avai<strong>en</strong>t <strong>la</strong> chance d’avoir à leurs côtés<br />

des diffuseurs et des distributeurs att<strong>en</strong>tifs et<br />

combatifs, leur p<strong>la</strong>ce dans l’av<strong>en</strong>ture eut rapidem<strong>en</strong>t<br />

l’importance qu’elle méritait. P<strong>en</strong>dant ce<br />

temps les technici<strong>en</strong>s s’organisèr<strong>en</strong>t, les auteurs<br />

montèr<strong>en</strong>t à bord, le ban et l’arrière-ban se mir<strong>en</strong>t<br />

à frémir et… malgré tout, le bébé prit forme.<br />

La Maison romaine<br />

C’est dans le cadre discrètem<strong>en</strong>t bourgeois et <strong>en</strong>soleillé d’Épinal, les 19, 20<br />

et 21 septembre 2012, que <strong>la</strong> chose a été signée. Deux jolis jours d’arrièresaison,<br />

p<strong>en</strong>dant lesquels cette petite ville vosgi<strong>en</strong>ne nous a montré ses<br />

plus beaux atours : studio et multiplexe f<strong>la</strong>mbant neufs, télévision locale<br />

hyperactive et une très jolie demeure, posée au bord de <strong>la</strong> Moselle : <strong>la</strong><br />

Maison romaine, désormais pépinière de tal<strong>en</strong>ts dédiée aux métiers de<br />

l’image et à l’innovation. La conjonction de l’action volontariste du députémaire<br />

de <strong>la</strong> ville, de <strong>la</strong> Région Lorraine, de <strong>la</strong> DRAC, du CNC et du désir<br />

des Lorrains d’avancer vite a fait d’Épinal le c<strong>en</strong>tre névralgique de l’affaire.<br />

Le Pôle image lorrain existe, son siège est à Épinal et il s’appelle pour<br />

l’instant… Pôle image Lorraine. Ici pas d’étude marketing ruineuse et de<br />

marque obsédante, juste <strong>la</strong> volonté de réunir <strong>en</strong> un lieu des personnes qui<br />

travailleront à mettre à <strong>la</strong> disposition des professionnels les ressources<br />

dont ils ont besoin : éducation à l’image, conservation du patrimoine et<br />

aide aux producteurs de cont<strong>en</strong>u. À ce titre, le BAT lorrain sera bi<strong>en</strong>tôt<br />

raccroché à l’av<strong>en</strong>ture. Mais au-delà de ces missions c<strong>la</strong>ssiques, il s’agit<br />

maint<strong>en</strong>ant de réfléchir à un modèle économique pouvant offrir des<br />

emplois à <strong>la</strong> région : formation, innovation, financem<strong>en</strong>t des projets et des<br />

<strong>en</strong>treprises… avec déjà des actions concrètes, comme l’accueil de startup<br />

innovantes à Épinal, ou <strong>la</strong> décision des élus régionaux d’augm<strong>en</strong>ter le<br />

fonds de souti<strong>en</strong> et de développer les métiers de l’animation. De plus, <strong>la</strong><br />

Communauté urbaine du Grand Nancy et <strong>la</strong> Ville de Metz sont désormais<br />

de <strong>la</strong> partie.<br />

Mais <strong>la</strong> route est longue et <strong>en</strong> att<strong>en</strong>dant qu’elle se déroule, <strong>la</strong> réalité <strong>la</strong><br />

plus palpable est l’omniprés<strong>en</strong>ce d’Anaïs et d’Anthony, les deux premiers<br />

sa<strong>la</strong>riés du pôle. Dans l’Est, tout le monde connaît déjà le sourire d’Anaïs :<br />

cette jeune femme, diplômée de l’école d’art de Metz, accompagne depuis<br />

deux ans Dominique H<strong>en</strong>nequin, le présid<strong>en</strong>t de <strong>la</strong> fédération Films <strong>en</strong><br />

Lorraine. Anthony, quant à lui, a déjà fait ce qu’il fal<strong>la</strong>it pour se r<strong>en</strong>dre<br />

indisp<strong>en</strong>sable : interlocuteur infatigable, sur tous les fronts sur lesquels il y<br />

a de l’action, il préside au développem<strong>en</strong>t et à <strong>la</strong> coordination des Journées<br />

professionnelles, du Mois du doc et de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>te-forme multimédia.<br />

Anaïs est originaire de Belfort, Anthony de Pont-à-Mousson. Ils n’ont<br />

donc pas peur de vivre au milieu des Vosges, malgré les loups, les basses<br />

spongieuses et les sorcières ricanantes. Cette crainte était pourtant palpable<br />

chez certains candidats à <strong>la</strong> direction du pôle. Et pourtant… disposant<br />

d’une médiathèque et d’un multiplexe confortables, d’un musée de l’image,<br />

d’un musée d’art moderne, d’une école d’art réputée et bi<strong>en</strong>tôt d’un c<strong>en</strong>tre<br />

de musiques actuelles, <strong>la</strong> ville d’Épinal offre bi<strong>en</strong> plus qu’un cadre<br />

provincial agréable et champêtre. En fait, elle préfigure ce que pourrait<br />

être une France débarrassée de ses pesants réflexes c<strong>en</strong>tralisateurs. Et à<br />

bi<strong>en</strong> y réfléchir, <strong>la</strong> Lorraine étant ce qu’elle est, improbable rapprochem<strong>en</strong>t<br />

de départem<strong>en</strong>ts dissemb<strong>la</strong>bles, de popu<strong>la</strong>tions v<strong>en</strong>ues de toutes parts et<br />

héritière d’une histoire mouvem<strong>en</strong>tée, préfigure peut-être à sa façon ce que<br />

pourrait être une Europe cosmopolite et régionalisée.<br />

Ce pôle aura, n’<strong>en</strong> doutons pas, des ramifications à Metz et à Nancy et<br />

probablem<strong>en</strong>t dans des villes plus modestes. Si développem<strong>en</strong>t économique<br />

il y a, il se fera sur de nombreux territoires : l’économie des médias<br />

est suffisamm<strong>en</strong>t dématérialisée pour que chaque vil<strong>la</strong>ge de montagne<br />

puisse accueillir ici des auteurs <strong>en</strong> résid<strong>en</strong>ce, là des artistes, des comédi<strong>en</strong>s,<br />

des tournages et des studios ambitieux. Mon rêve, nous soumet Anthony,<br />

c’est de connecter tout ça de façon “naturelle” : le docum<strong>en</strong>taire, <strong>la</strong> fiction,<br />

le film d’animation, mais aussi <strong>la</strong> peinture, <strong>la</strong> photo, les musici<strong>en</strong>s et les<br />

nouveaux médias… Normalem<strong>en</strong>t, il y a de quoi faire, dans le Grand-Est. Il<br />

faut juste se remonter les manches.<br />

2<br />

Éti<strong>en</strong>ne Jaxel-Truer, producteur


alsace<br />

En ouverture du Forum cette année, le mercredi 21 novembre à l’auditorium<br />

de l’École supérieure des arts décoratifs, une soirée intitulée Anim’<strong>Alsace</strong><br />

a permis de découvrir un panel de films d’animation d’étudiants et productions<br />

régionales ou <strong>en</strong> li<strong>en</strong> avec <strong>la</strong> région <strong>Alsace</strong>, ferm<strong>en</strong>t de tal<strong>en</strong>ts ou<br />

tal<strong>en</strong>ts confirmés, dont les acteurs pour partie se sont r<strong>en</strong>contrés pour <strong>la</strong><br />

première fois sous un ciel brumeux, après une soirée conviviale. Mais c’est<br />

sous le soleil que s’est déroulée <strong>la</strong> journée du jeudi 22, marquée par trois<br />

tables rondes constructives…<br />

PHOTO DELPHINE MAZA<br />

Un forum <strong>Filmer</strong> <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong> très animé<br />

À <strong>la</strong> médiathèque André Malraux de Strasbourg, une c<strong>en</strong>taine de<br />

professionnels du film et d’étudiants étai<strong>en</strong>t rassemblés pour suivre<br />

att<strong>en</strong>tivem<strong>en</strong>t les débats. La première table ronde a été dédiée aux<br />

difficultés du passage de l’écriture à <strong>la</strong> production. Des auteures d’un<br />

premier projet ou dont <strong>la</strong> carrière est déjà établie, comme Aline Battaglia,<br />

Léa Triboulet et Rachel Lang, des producteurs de docum<strong>en</strong>taires<br />

(Laur<strong>en</strong>t D<strong>en</strong>é, Bix films) et de fictions (Jérémy Forni, ChevalDeuxTrois)<br />

et, comme un li<strong>en</strong>, les résid<strong>en</strong>ces De l’écriture à l’image, représ<strong>en</strong>tées<br />

par Eminé Seker, ont décrit une création <strong>en</strong> région <strong>en</strong> pleine ébullition.<br />

Si celle-ci peut <strong>en</strong>core être freinée, l’<strong>Alsace</strong> prés<strong>en</strong>te de nombreux<br />

atouts égalem<strong>en</strong>t, des dispositifs d’aide à l’écriture pour des films qui<br />

intrigu<strong>en</strong>t et attir<strong>en</strong>t un public de plus <strong>en</strong> plus <strong>la</strong>rge.<br />

La table ronde suivante a été consacrée au développem<strong>en</strong>t nouveau de<br />

l’animation <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong>. Ont été invités à s’exprimer des professionnels<br />

et <strong>en</strong>seignants installés <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong> depuis longtemps ou depuis peu :<br />

Manuel Hauss (MJM), Fabrice Barbey (Protozoaire), Oh Eun Lee (ESAD)<br />

et Ron Dy<strong>en</strong>s (Sacrebleu), Edmond Grandgeorge (R<strong>en</strong>contres inter natio<br />

nales du cinéma d’animation (RICA) de Wissembourg). La prochaine<br />

édition de ce festival continuera à rassembler un public et des professionnels<br />

curieux… mais il faudra att<strong>en</strong>dre 2014 car il s’agit d’une<br />

bi<strong>en</strong>nale.<br />

Enfin, <strong>la</strong> table ronde consacrée au transmédia a permis de découvrir<br />

des projets originaux, dont l’av<strong>en</strong>ture de production s’est achevée <strong>en</strong><br />

tirant au passage quelques leçons, comme pour Bielutine, et Le défi<br />

des bâtisseurs prés<strong>en</strong>tés par Cédric Bonin et Jérémie G<strong>en</strong>tais (Seppia).<br />

Les Mémés, d’Éti<strong>en</strong>ne Jaxel-Truer, et So Game ! prés<strong>en</strong>té par Frédéric<br />

Burgun n’étai<strong>en</strong>t pas <strong>en</strong> reste d’un parcours difficile, novateur, mais<br />

passionnant. Un marché du transmédia que les Cross Vidéo Days<br />

balis<strong>en</strong>t, <strong>en</strong>tre autres étapes de production : Bruno Smadja a pu décrire<br />

ces tours de pitch et une ambiance que le producteur des Mémés a<br />

confirmée.<br />

L’édition 2012 du Forum a aussi été le lieu du bi<strong>la</strong>n et des perspectives<br />

de l’association fédérative <strong>Filmer</strong> <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong>, qu’Antoinette Spielmann,<br />

sa présid<strong>en</strong>te, et Georges Heck, ont permis de brosser : beaucoup<br />

d’événem<strong>en</strong>ts passés – même si discrets – et à v<strong>en</strong>ir, dont l’<strong>en</strong>semble<br />

fait avancer l’audiovisuel alsaci<strong>en</strong> vers une année 2013 ouverte au<br />

contexte national. Une filière qui ress<strong>en</strong>t plus que jamais le besoin de<br />

se retrouver, de se structurer <strong>en</strong> réseau de réseaux et de se doter d’une<br />

base perman<strong>en</strong>te pour que les démarches soi<strong>en</strong>t mieux sout<strong>en</strong>ues. Un<br />

prochain r<strong>en</strong>dez-vous avant un an s’impose !<br />

Gl<strong>en</strong>n Handley, Georges Heck, Delphine Maza<br />

films <strong>en</strong> fabrication<br />

L’école du dehors<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Mariette Feltin (HD)<br />

C’est <strong>la</strong> r<strong>en</strong>trée à l’école maternelle Jacqueline dans <strong>la</strong><br />

zone d’éducation prioritaire de Hautepierre. Au pied de<br />

l’école, il y a une cour un peu différ<strong>en</strong>te des autres. Ce<br />

lieu est <strong>en</strong> fait une seconde salle de c<strong>la</strong>sse. Accompagnées<br />

par Joëlle, animatrice <strong>en</strong>vironnem<strong>en</strong>t, et sout<strong>en</strong>ues par<br />

leur directeur, les <strong>en</strong>seignantes expérim<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t depuis un<br />

an une pédagogie “par” <strong>la</strong> nature.<br />

Production Ana films<br />

films <strong>en</strong> fabrication<br />

C’est ma vie qui me regarde<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Dami<strong>en</strong> Fritsch (HD)<br />

Alice a 88 ans et vi<strong>en</strong>t de perdre son mari. Elle se retrouve<br />

seule et à moitié aveugle. Pas question d’aller dans une<br />

maison de retraite. Mais il faut faire des gros travaux<br />

dans cette maison dé<strong>la</strong>brée. Au rythme de toutes ces<br />

transformations nous allons suivre Alice plongée dans<br />

cette “nouvelle vie”.<br />

Production Ana films<br />

Tout <strong>en</strong> haut du monde<br />

Long métrage d’animation de 1 h 20 de Rémi Chayé (DCP)<br />

Sacha, une jeune fille de l’aristocratie russe de <strong>la</strong> fin du<br />

XIX e , rêve de Grand Nord. Elle se <strong>la</strong>nguit de son grandpère<br />

Oloukine. Explorateur r<strong>en</strong>ommé, il n’est pas rev<strong>en</strong>u<br />

de sa dernière expédition. Il y a consacré sa carrière,<br />

Sacha veut y consacrer sa vie et retrouver son grand-père.<br />

Production Sacrebleu productions<br />

Le cénotaphe<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 65’ de Leï<strong>la</strong> Férault-Levy (HD)<br />

Édouard Ros<strong>en</strong>b<strong>la</strong>tt est né <strong>en</strong> 1944 <strong>en</strong> Pologne. Pour le<br />

sauver, Abraham, son père, le dépose sur le rebord d’une<br />

f<strong>en</strong>être. Alors qu’il se cache dans <strong>la</strong> forêt, Abraham est<br />

abattu par les Allemands. 46 ans plus tard, Édouard érige<br />

un cénotaphe, un tombeau vide pour son père inconnu.<br />

Coproduction Bix films, Camera obscura (Pologne), BIP TV<br />

Le temps du bac<br />

(Les presqu’adultes)<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Marc Grün (HD)<br />

Lycée Xavier Marmier à Pontarlier. Manon, Emylou, Léo et<br />

Maud sont <strong>en</strong> c<strong>la</strong>sse de terminale. Dans quelques mois ils<br />

passeront le Bacca<strong>la</strong>uréat. Dev<strong>en</strong>us grandem<strong>en</strong>t capables<br />

de se filmer eux-mêmes, ils s’empar<strong>en</strong>t de <strong>la</strong> caméra.<br />

Coproduction Ère production, France Télévisions,<br />

France 3 Franche-Comté<br />

3


franche-comté<br />

D’EntreVues <strong>en</strong> R<strong>en</strong>contres, le Pôle image Franche-Comté a mis <strong>en</strong> valeur<br />

<strong>en</strong> novembre docum<strong>en</strong>taires et docum<strong>en</strong>taristes, rassemb<strong>la</strong>nt dans un geste,<br />

celui-ci formateur, des gestes cinématographiques et expéri<strong>en</strong>ces de cinéastes.<br />

Des échanges nourris, et suivis, que nous re<strong>la</strong>te François Sanchez.<br />

Jean-Charles Hue, Marion Lary, D<strong>en</strong>is Gheerbrant, Christophe Loizillon<br />

PHOTOS FRANÇOIS SANCHEZ<br />

Webdocum<strong>en</strong>taire Déf<strong>en</strong>se d’afficher<br />

de Sidonie Garnier, François Le Gall, et Jeanne Thibord<br />

4<br />

R<strong>en</strong>contres régionales<br />

de l’éducation artistique<br />

Avec le souti<strong>en</strong> de <strong>la</strong> Région, de <strong>la</strong> DRAC et du CNC, le Pôle<br />

régional d’éducation artistique et de formation au cinéma et à<br />

l’audiovisuel de Franche-Comté organisait le 27 novembre dernier<br />

une r<strong>en</strong>contre régionale <strong>en</strong> col<strong>la</strong>boration avec le festival EntreVues<br />

à Belfort et consacrée au thème de <strong>la</strong> création docum<strong>en</strong>taire.<br />

Animé par <strong>la</strong> MJC C<strong>en</strong>tre image du Pays de Montbéliard et par<br />

l’IRIMM, le Pôle régional de Franche-Comté a été créé <strong>en</strong> 2006<br />

<strong>en</strong> rejoignant un réseau national alors prés<strong>en</strong>t dans 13 régions.<br />

Les r<strong>en</strong>contres régionales du pôle se compos<strong>en</strong>t de deux journées<br />

de formation et d’échanges organisées dans des lieux différ<strong>en</strong>ts<br />

<strong>en</strong> part<strong>en</strong>ariat avec des acteurs culturels et artistiques de <strong>la</strong><br />

région Franche-Comté. L’un des objectifs du pôle régional est de<br />

favoriser les échanges et les col<strong>la</strong>borations avec des événem<strong>en</strong>ts<br />

et des acteurs régionaux de l’action culturelle et de l’éducation<br />

artistique cinématographique. Ainsi le 9 mai dernier une première<br />

journée de r<strong>en</strong>contre et de formation réunissait une vingtaine de<br />

participants à Besançon <strong>en</strong> col<strong>la</strong>boration avec l’Espace cinéma<br />

Kursaal, Scène nationale de Besançon, pour accueillir Daniel<br />

Deshays v<strong>en</strong>u animer une confér<strong>en</strong>ce et des échanges autour de<br />

<strong>la</strong> question du son au cinéma. Pour <strong>la</strong> deuxième journée organisée<br />

le 27 novembre dernier, le travail de part<strong>en</strong>ariat avec le festival<br />

EntreVues a démontré toute <strong>la</strong> richesse qu’il recèle grâce tant à <strong>la</strong><br />

diversité des œuvres qui sont prés<strong>en</strong>tées à Belfort qu’à <strong>la</strong> qualité<br />

d’accueil du festival.<br />

Le thème de <strong>la</strong> création docum<strong>en</strong>taire a été servi par <strong>la</strong> r<strong>en</strong>contre<br />

et les échanges avec Jean-Louis Comolli, à partir principalem<strong>en</strong>t<br />

du travail de son dernier ouvrage Corps et cadre (2012, éditions<br />

Verdier) et d’un rappel du travail docum<strong>en</strong>taire qu’il a m<strong>en</strong>é de<br />

1989 à 2001 et que l’on a pu découvrir à travers des extraits<br />

de son film Marseille contre Marseille. D<strong>en</strong>is Gheerbrant (La<br />

République Marseille, 2009) et Christophe Loizillon (Famille,<br />

2011 ; Corpus/corpus, 2008) sont v<strong>en</strong>us égalem<strong>en</strong>t prés<strong>en</strong>ter<br />

leur démarche de création. D<strong>en</strong>is Gheerbrant nous a parlé de<br />

son travail qui s’inscrit dans l’expéri<strong>en</strong>ce de <strong>la</strong> re<strong>la</strong>tion étroite à<br />

l’autre, dans l’acte de filmer et d’être filmé comme un processus<br />

<strong>en</strong> cours qui é<strong>la</strong>bore patiemm<strong>en</strong>t, au fur et à mesure, l’œuvre<br />

comme révé<strong>la</strong>tion des êtres à eux-mêmes et aux autres. Une<br />

table ronde, animée par Christophe Postic (directeur artistique<br />

des États généraux du docum<strong>en</strong>taire à Lussas) réunissait <strong>en</strong>fin<br />

les différ<strong>en</strong>ts interv<strong>en</strong>ants auxquels – v<strong>en</strong>us se joindre Marion<br />

Lary (Un sil<strong>en</strong>ce assourdissant, 2009 ; Dans mon quartier, je vis,<br />

je meurs, 2011) et Jean-Charles Hue (La BM du Seigneur, 2010)<br />

pour échanger sur leur « expéri<strong>en</strong>ce de cinéastes comme véritable<br />

expéri<strong>en</strong>ce de vie ». Une c<strong>en</strong>taine de participants et festivaliers<br />

aux r<strong>en</strong>contres du Pôle ont suivi les débats de <strong>la</strong> journée.<br />

François Sanchez, pour <strong>la</strong> MJC C<strong>en</strong>tre image et l’IRIMM<br />

Prochaine journée de r<strong>en</strong>contre et de formation<br />

jeudi 4 avril 2013 à Dole<br />

Création <strong>en</strong> danger<br />

Le 14 décembre 2012, le Conseil régional de Franche-Comté a voté<br />

<strong>la</strong> susp<strong>en</strong>sion de sa politique <strong>en</strong> faveur de l’aide à <strong>la</strong> production<br />

cinématographique et audio visuelle pour l’année 2013. Cette<br />

décision, prise sans concertation avec les professionnels, intervi<strong>en</strong>t<br />

dans un contexte déjà très fragile pour le secteur <strong>en</strong> France et sans<br />

aucun dispositif de souti<strong>en</strong> palliatif. Selon <strong>la</strong> Région Franche-<br />

Comté, « depuis 2010, <strong>la</strong> politique régionale d’aide à <strong>la</strong> production<br />

a été rec<strong>en</strong>trée sur le court métrage de fiction, le docum<strong>en</strong>taire<br />

audiovisuel et le long métrage docum<strong>en</strong>taire. Insuffisamm<strong>en</strong>t repéré<br />

par les profes sionnels, le fonds n’a pas eu l’effet levier escompté ».<br />

Pourtant, l’actualité cinématographique et audiovisuelle franccomtoise<br />

n’a jamais été aussi foisonnante qu’<strong>en</strong> cette fin d’année<br />

2012 : sortie du deuxième long métrage de Samuel Col<strong>la</strong>rdey<br />

Comme un lion, prix Louis-Delluc pour Louise Wimmer de Cyril<br />

M<strong>en</strong>negun, trois courts métrages sélectionnés pour le prochain<br />

festival du court métrage de Clermont-Ferrand, Prix RFI-France 24<br />

pour le webdocum<strong>en</strong>taire Déf<strong>en</strong>se d’afficher produit par La Maison<br />

du directeur… On pourra s’étonner aussi de ce choix budgétaire,<br />

alors que le bi<strong>la</strong>n de <strong>la</strong> production du téléfilm Le repère de <strong>la</strong><br />

Vouivre, diffusé sur France 2 et aidé par <strong>la</strong> Région Franche-Comté<br />

à hauteur de 100 000 €, fait état de 528 000 € de dép<strong>en</strong>ses locales…<br />

L’APARR <strong>la</strong>nce un appel à <strong>la</strong> mobilisation générale, craignant les<br />

conséqu<strong>en</strong>ces désastreuses pour <strong>la</strong> création cinématographique et<br />

audiovisuelle <strong>en</strong> Franche-Comté et l’effet boule de neige possible<br />

pour d’autres régions.<br />

Catherine Siméon, présid<strong>en</strong>te de l’APARR<br />

Pétition <strong>en</strong> ligne : www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspxpi=aparr<br />

Docs ici, Courts là<br />

Docs ici, Courts là est une opération de diffusion de docum<strong>en</strong>taires et de<br />

courts métrages qui sera <strong>la</strong>ncée <strong>en</strong> janvier 2013 par l’APARR avec le souti<strong>en</strong><br />

des Régions et des DRAC de Bourgogne et Franche-Comté. Elle vise à favoriser<br />

<strong>la</strong> diffusion d’œuvres réalisées et/ou produites sur les deux régions auprès<br />

d’un <strong>la</strong>rge public, à travers leur projection tout au long de l’année, au plus<br />

près du public, dans des lieux aussi accessibles et variés que possibles.<br />

Le catalogue d’une vingtaine de films sera <strong>en</strong>richi chaque année. Chaque<br />

film sera disponible à un tarif préfér<strong>en</strong>tiel pour les lieux de projection,<br />

avec des droits de diffusion al<strong>la</strong>nt jusqu’à cinq ans. Pour les établissem<strong>en</strong>ts<br />

sco<strong>la</strong>ires, les films seront mis à disposition gratuitem<strong>en</strong>t. Les inscriptions<br />

sont ouvertes à partir de janvier 2013, via une p<strong>la</strong>te-forme web actuellem<strong>en</strong>t<br />

<strong>en</strong> construction.<br />

Lauriane Jussiau, chargée de mission à l’APARR<br />

Portail du cinéma et de l’audiovisuel <strong>en</strong> Bourgogne et Franche-Comté :<br />

www.reseau-farr.org


ourgogne<br />

Du 18 au 20 octobre 2012 se sont déroulées à Dijon les R<strong>en</strong>contres cinématographiques<br />

organisées par <strong>la</strong> Société civile des auteurs-réalisateursproducteurs<br />

(ARP). À l’initiative de <strong>la</strong> Région Bourgogne, <strong>en</strong> part<strong>en</strong>ariat avec<br />

<strong>la</strong> Commission du film de Bourgogne, l’Association des producteurs audiovisuels<br />

Rhin-Rhône (APARR) et Liaisons Arts Bourgogne, les profes sionnels<br />

de l’audiovisuel de Bourgogne se sont réunis autour de l’éco-production, une<br />

évolution du secteur. Une table ronde coanimée par Estelle Cavoit, qui nous<br />

<strong>en</strong> r<strong>en</strong>d compte.<br />

Les r<strong>en</strong>contres de Dijon<br />

PHOTO ESTELLE CAVOIT<br />

L’éco-production au cœur des débats<br />

La filière audiovisuelle française émet <strong>en</strong>viron un million de tonnes<br />

équival<strong>en</strong>t CO 2<br />

chaque année sur le territoire. C’est le constat établi par<br />

le collectif Écoprod, créé <strong>en</strong> 2009 pour <strong>en</strong>gager <strong>la</strong> filière audiovisuelle<br />

dans <strong>la</strong> prise <strong>en</strong> compte de son empreinte <strong>en</strong>vironnem<strong>en</strong>tale.<br />

Olivier-R<strong>en</strong>é Veillon, membre du collectif et directeur général de <strong>la</strong><br />

commission du film d’Ile-de-France, est interv<strong>en</strong>u pour prés<strong>en</strong>ter les<br />

<strong>en</strong>jeux de l’éco-production. Selon lui, il y a urg<strong>en</strong>ce à se préoccuper de<br />

cette question, car « l’éco-production est dev<strong>en</strong>ue un critère ess<strong>en</strong>tiel<br />

pour les diffuseurs internationaux » et les Régions comm<strong>en</strong>c<strong>en</strong>t à<br />

mettre <strong>en</strong> p<strong>la</strong>ce l’éco-conditionnalité des aides.<br />

Mais les professionnels sont-ils prêts à réformer leurs pratiques <br />

Plusieurs freins ont été id<strong>en</strong>tifiés par les producteurs, réalisateurs<br />

et technici<strong>en</strong>s locaux prés<strong>en</strong>ts, qui se sont réunis <strong>en</strong> tables rondes<br />

thématiques : le temps (<strong>en</strong> amont et au mom<strong>en</strong>t du tournage), les coûts<br />

et le travail supplém<strong>en</strong>taires induits par l’éco-production, tout comme<br />

une certaine culture du gaspil<strong>la</strong>ge dans le milieu du cinéma.<br />

De chaque table ronde ont émergé des idées pour faire avancer<br />

concrètem<strong>en</strong>t <strong>la</strong> réflexion : rec<strong>en</strong>ser les branchem<strong>en</strong>ts forains existant<br />

<strong>en</strong> Bourgogne pour éviter le recours aux groupes électrogènes, travailler<br />

<strong>en</strong> réseau pour grouper les commandes et les dép<strong>la</strong>cem<strong>en</strong>ts, valoriser<br />

les ressources locales (cantine, décors, costumes, régie…).<br />

Le site internet d’Écoprod, basé sur le partage d’expéri<strong>en</strong>ces, offre<br />

des outils intéressants : guide de l’éco-production, Carbon’c<strong>la</strong>p (pour<br />

calculer son propre bi<strong>la</strong>n carbone !), affiches signalétiques pour le<br />

tri des déchets, fiches pratiques par métier… Mais pour garantir<br />

le changem<strong>en</strong>t, <strong>la</strong> clé évoquée par les professionnels prés<strong>en</strong>ts est <strong>la</strong><br />

combinaison des rôles du producteur et du régisseur général avec<br />

l’éco-conditionnalité des aides, év<strong>en</strong>tuellem<strong>en</strong>t sous <strong>la</strong> forme d’un<br />

système de bonus/malus, avec un accompagnem<strong>en</strong>t et une contrepartie<br />

financière.<br />

Estelle Cavoit, chargée de mission à l’APARR<br />

La réflexion se poursuit sur le forum du portail du cinéma<br />

et de l’audiovisuel <strong>en</strong> Bourgogne - Franche-Comté : www.reseau-farr.org<br />

films <strong>en</strong> fabrication<br />

Trou de mémoire<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ d’Olivier Jarrige<br />

et Dominique H<strong>en</strong>nequin (XDCam HD)<br />

Qui se souvi<strong>en</strong>t qu’<strong>en</strong> 1942, un habitant de Moselle sur<br />

sept est un homme ou une femme d’origine russe, polonaise<br />

ou ukraini<strong>en</strong>ne Prisonniers de guerre lors de l’opération<br />

Barbarossa ou familles raflées par l’occupant nazi<br />

doiv<strong>en</strong>t sout<strong>en</strong>ir l’effort de guerre allemand <strong>en</strong> Moselle<br />

annexée.<br />

Coproduction Nomades TV, Mirabelle TV,<br />

GIE Lorraine Télévisions<br />

films <strong>en</strong> fabrication<br />

Tsiganes – un voyage infini<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ et Jean-Marie Fawer (HD)<br />

Installée dans des baraquem<strong>en</strong>ts précaires depuis plus de<br />

40 ans, à proximité du terrain d’aviation de Strasbourg-<br />

Polygone, <strong>la</strong> communauté tsigane déménage pour un<br />

lotis sem<strong>en</strong>t d’une cinquantaine de maisons.<br />

Production Ana films<br />

Petits arrangem<strong>en</strong>ts avec…<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Ro<strong>la</strong>nd Muller (HD)<br />

Mont Sainte-Odile, un des hauts lieux de l’<strong>Alsace</strong> : Qu’est-ce<br />

qu’on peut bi<strong>en</strong> v<strong>en</strong>ir y chercher Que va-t-on y faire <br />

Et pourquoi Entreti<strong>en</strong> avec le père Koelher, recteur du<br />

Mont Sainte-Odile, des pèlerins, visiteurs…<br />

Coproduction Ère production,<br />

France Télévisions, France 3 <strong>Alsace</strong><br />

Le cristal et <strong>la</strong> fumée<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 70’ de Stéphane Manchematin<br />

et Serge Steyer (HD)<br />

Dans les Vosges où il vit <strong>en</strong> retrait du monde, un artiste<br />

façonne une œuvre énigmatique, à <strong>la</strong> fois contemporaine<br />

et sans âge. Le jour où un c<strong>en</strong>tre d’art lui passe une<br />

commande qui pourrait asseoir sa notoriété, ses proches<br />

se réjouiss<strong>en</strong>t mais il ne change ri<strong>en</strong> à son quotidi<strong>en</strong>.<br />

Coproduction Bix films, Mille et Un Films, Vosges télévision<br />

Un chasseur sachant chasser<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Guy Wach (HD)<br />

Les pas prud<strong>en</strong>ts, sil<strong>en</strong>cieux, lourds cep<strong>en</strong>dant, d’un<br />

homme dans <strong>la</strong> forêt. C’est l’automne, il fait <strong>en</strong>core nuit.<br />

Il <strong>en</strong>t<strong>en</strong>d tout près un bruit dans <strong>la</strong> forêt. Il arme son<br />

fusil. Épaule. Ne bouge plus. Ne respire plus. Face à lui, <strong>la</strong><br />

nature, grise, sombre, immobile. Le sil<strong>en</strong>ce…<br />

Coproduction Faites un vœu, France 3 <strong>Alsace</strong><br />

5


champagne-ard<strong>en</strong>ne<br />

Le mardi 23 octobre dernier, l’ORCCA organisait au Cinéma des cinéastes à<br />

Paris <strong>la</strong> troisième soirée La Région Champagne-Ard<strong>en</strong>ne fait son cinéma. Cet<br />

événem<strong>en</strong>t s’inscrit dans une action globale de diffusion et de promotion<br />

des films sout<strong>en</strong>us par <strong>la</strong> Région Champagne-Ard<strong>en</strong>ne.<br />

cinéma<br />

6<br />

Dami<strong>en</strong> Gault, Jacques Kermabon, Géraldine Keiflin, Marion Cozzutti<br />

PHOTO LÉO PIGNAUD/ORCCA<br />

La Champagne fait son cinéma<br />

Dans le cadre de sa politique cinématographique, <strong>la</strong> Région Champagne-<br />

Ard<strong>en</strong>ne a mis <strong>en</strong> p<strong>la</strong>ce différ<strong>en</strong>ts dispositifs d’aides à <strong>la</strong> création de<br />

courts métrages de fictions ou docum<strong>en</strong>taires. Et pour accompagner<br />

au mieux ce g<strong>en</strong>re artistique fragile, <strong>la</strong> Région a égalem<strong>en</strong>t souhaité<br />

favoriser <strong>la</strong> diffusion de ces films, permettant ainsi <strong>la</strong> r<strong>en</strong>contre <strong>en</strong>tre<br />

les œuvres et le public. Pour l’année 2012, 14 soirées de projections, <strong>en</strong><br />

prés<strong>en</strong>ce des équipes de films, auront ainsi été organisées par l’ORCCA<br />

dans <strong>la</strong> région, et ces films sont égalem<strong>en</strong>t <strong>la</strong>rgem<strong>en</strong>t diffusés lors de<br />

festivals et événem<strong>en</strong>ts cinématographiques régionaux. La soirée de<br />

projection organisée à Paris a, quant à elle, pour objectif de promouvoir<br />

ces créations <strong>en</strong> dehors de <strong>la</strong> Région, sur un p<strong>la</strong>n national. La Région<br />

Champagne-Ard<strong>en</strong>ne est accueillie pour l’occasion au Cinéma des<br />

cinéastes, dans le cadre d’un part<strong>en</strong>ariat <strong>en</strong>tre <strong>la</strong> Société civile des<br />

auteurs-réalisateurs-producteurs (ARP), propriétaire du cinéma, et<br />

l’ORCCA. Ce part<strong>en</strong>ariat permet notamm<strong>en</strong>t, <strong>en</strong> Champagne-Ard<strong>en</strong>ne,<br />

<strong>la</strong> t<strong>en</strong>ue du séminaire annuel de l’ARP et l’organisation de projections<br />

accompagnées par un réalisateur membre de l’ARP.<br />

La soirée du 23 octobre a mis <strong>en</strong> avant quatre courts métrages tournés<br />

dernièrem<strong>en</strong>t sur le territoire champard<strong>en</strong>nais et reflétant <strong>la</strong> diversité<br />

de <strong>la</strong> production régionale : La part céleste de Thibaut Gobry (Zorba<br />

productions), Footing de Dami<strong>en</strong> Gault (La vie est belle), Pisseuse de<br />

Géraldine Keiflin (Bathysphere productions), et Chantou de Marion<br />

Cozzutti (Kazak productions). Sélectionnés dans le cadre du Fonds<br />

d’aide à <strong>la</strong> création cinématographique de <strong>la</strong> Région Champagne-<br />

Ard<strong>en</strong>ne, ces quatre films ont égalem<strong>en</strong>t bénéficié de l’accompagnem<strong>en</strong>t<br />

du Bureau d’accueil des tournages, géré par l’ORCCA, lors de leur<br />

tournage <strong>en</strong> région.<br />

À travers cette projection, <strong>la</strong> Région Champagne-Ard<strong>en</strong>ne peut ainsi<br />

valoriser le travail de ces jeunes cinéastes et <strong>la</strong> qualité des films<br />

produits sur le territoire. Un débat animé par Jacques Kermabon,<br />

rédacteur <strong>en</strong> chef du magazine Bref, a d’ailleurs permis aux réalisateurs<br />

de comm<strong>en</strong>ter leur travail et de répondre aux questions du public. Et<br />

cette année, <strong>la</strong> soirée a mis <strong>en</strong> avant un réalisateur champard<strong>en</strong>nais,<br />

Thibaut Gobry, qui a récemm<strong>en</strong>t reçu différ<strong>en</strong>ts prix internationaux<br />

pour son film, La part céleste.<br />

Cet événem<strong>en</strong>t est l’occasion, pour l’ORCCA et pour les professionnels<br />

de Champagne-Ard<strong>en</strong>ne prés<strong>en</strong>ts, de r<strong>en</strong>contrer le public, les professionnels<br />

parisi<strong>en</strong>s et les part<strong>en</strong>aires nationaux et de favoriser ainsi<br />

les échanges et <strong>la</strong> naissance de nouveaux projets. Avec plus de 300<br />

spec tateurs cette année, <strong>la</strong> soirée fut un réel succès et sera reconduite<br />

l’an prochain pour vous prés<strong>en</strong>ter les nouveaux courts métrages <strong>en</strong><br />

prov<strong>en</strong>ance de Champagne-Ard<strong>en</strong>ne !<br />

ORCCA<br />

Le Star PHOTO LE STAR<br />

Tapis rouge pour le Star<br />

à Strasbourg<br />

Fait exceptionnel, une salle française est récomp<strong>en</strong>sée<br />

pour <strong>la</strong> première fois par le Prix Europa Cinemas de <strong>la</strong><br />

meilleure programmation europé<strong>en</strong>ne. C’est ainsi que<br />

Stéphane Libs a reçu le 23 novembre à Paris ce prix<br />

qui récomp<strong>en</strong>se chaque année un cinéma parmi les<br />

1 170 salles du réseau Europa Cinemas réparties dans<br />

68 pays. Retour sur l’épopée du cinéma Star <strong>en</strong> 2012.<br />

Au comm<strong>en</strong>cem<strong>en</strong>t d’une année riche <strong>en</strong> émotions, il<br />

aura fallu déjouer des soucis financiers liés à l’augm<strong>en</strong>tation<br />

conséqu<strong>en</strong>te du loyer du cinéma. Un appel<br />

à don s’impose alors devant l’ampleur des sommes <strong>en</strong><br />

cause, dont le succès démontre l’attachem<strong>en</strong>t fort des<br />

Strasbourgeois à leur salle. Grâce à <strong>la</strong> mobilisation du<br />

public et au souti<strong>en</strong> des collectivités, ces soucis sont<br />

réglés <strong>en</strong> juillet. Si bi<strong>en</strong> qu’<strong>en</strong> septembre, Stéphane<br />

Libs offre une séance de cinéma plein air à 200 personnes,<br />

pour voir « un film de cinéma total. Nous<br />

avons choisi un film <strong>en</strong> technicolor, cinémascope,<br />

daté de l’âge d’or du cinéma, années 50, spectacu<strong>la</strong>ire<br />

et apprécié aussi des plus jeunes, soit un Cyclone à<br />

<strong>la</strong> Jamaïque avec Anthony Que<strong>en</strong> <strong>en</strong> pirate. Bon, il<br />

a plu ce soir-là ! Mais c’était un film rare. » déc<strong>la</strong>re<br />

Stéphane Libs, une pointe d’émotion dans <strong>la</strong> voix.<br />

Un tout-cinéma que Stéphane Libs rev<strong>en</strong>dique, avec<br />

47 % de séances de films europé<strong>en</strong>s, soit 75 % si l’on<br />

inclut les films français. Ce record vaut égalem<strong>en</strong>t<br />

pour sa qualité, et sa diversité : des films d’auteur<br />

et des découvertes des cinémas étrangers avec 40<br />

natio nalités représ<strong>en</strong>tées, des œuvres novatrices, de<br />

recherche, des bobines anci<strong>en</strong>nes et de jeunes tal<strong>en</strong>ts,<br />

qui vont à <strong>la</strong> r<strong>en</strong>contre d’un public aficionado. Appuyé<br />

sur une active politique d’animation, d’accueil de<br />

festivals, égalem<strong>en</strong>t tournée vers les jeunes spectateurs,<br />

le Prix Europa Cinemas de <strong>la</strong> meilleure program<br />

mation reçu par le Star <strong>en</strong> novembre aura été<br />

bi<strong>en</strong> mérité.<br />

Stéphane Libs a aussitôt voulu le partager, tant avec<br />

les distributeurs, qu’avec les spectateurs. Ce qui ne<br />

l’empêche d’accuser une baisse de fréqu<strong>en</strong>tation.<br />

« Elle est générale <strong>en</strong> France, mais il faut préciser<br />

que l’année 2011 fut exceptionnelle, avec <strong>la</strong> sortie<br />

des Intouchables, de Me<strong>la</strong>ncholia, Polisse, ou <strong>en</strong>core<br />

Habemus Papam… ». Soit une vision du cinéma généreuse,<br />

et pourtant, il avoue « n’avoir de visibilité qu’à<br />

deux ou trois mois »…<br />

Delphine Maza


cinéma (suite)<br />

Le prochain film de Samuel Col<strong>la</strong>rdey, Comme un lion, sortira <strong>en</strong> salles le<br />

9 janvier 2013. Quatre ans après L’appr<strong>en</strong>ti, son premier long métrage très<br />

remarqué, le réalisateur d’origine franc-comtoise nous emmène au cœur<br />

du Sénégal pour explorer les rêves de gloire que caress<strong>en</strong>t de nombreux<br />

jeunes Sénéga<strong>la</strong>is avec <strong>la</strong> pratique professionnelle du football.<br />

Comme un lion de Samuel Col<strong>la</strong>rdey<br />

Comme un lion,<br />

le nouveau film de Samuel Col<strong>la</strong>rdey<br />

Mitri a 15 ans et vit dans un vil<strong>la</strong>ge au Sénégal. Comme tous les jeunes<br />

de son âge, il joue au foot <strong>en</strong> rêvant du Barça et de Chelsea. Lorsqu’un<br />

ag<strong>en</strong>t recruteur le repère, Mitri croit <strong>en</strong> sa chance. Mais pour partir à<br />

l’assaut des grands clubs europé<strong>en</strong>s, il faut payer. La famille se cotise et<br />

s’<strong>en</strong>dette pour l’aider. Une fois à Paris, tout s’écroule : Mitri se retrouve<br />

abandonné sans un sou <strong>en</strong> poche, et ne peut imaginer affronter <strong>la</strong> honte<br />

du retour au vil<strong>la</strong>ge. Une odyssée faite de débrouilles comm<strong>en</strong>ce alors.<br />

Mais son rêve de foot le rattrapera au coin d’une r<strong>en</strong>contre. Le synopsis<br />

du film a été inspiré par <strong>la</strong> r<strong>en</strong>contre de Samuel Col<strong>la</strong>rdey avec un<br />

jeune Sénéga<strong>la</strong>is au FC Sochaux. « Il y avait […] dans ce témoignage<br />

l’alliance d’un jeune avec un adulte qui porte <strong>en</strong> lui une faille, un<br />

thème qui m’accompagne de film <strong>en</strong> film », analyse le réalisateur.<br />

Comme pour son précéd<strong>en</strong>t film, L’appr<strong>en</strong>ti, le dispositif filmique<br />

mêle le docum<strong>en</strong>taire à <strong>la</strong> fiction. Mais contrairem<strong>en</strong>t à L’appr<strong>en</strong>ti qui<br />

<strong>la</strong>issait une <strong>la</strong>rge p<strong>la</strong>ce à l’improvisation, Samuel Col<strong>la</strong>rdey a conçu<br />

Comme un lion comme une fiction, très écrite et construite. Comme<br />

l’histoire avait déjà été vécue, <strong>la</strong> fiction était une nécessité, mais le<br />

réalisateur est resté fidèle à son approche docum<strong>en</strong>taire. Plusieurs<br />

mois d’<strong>en</strong>quête ont été <strong>en</strong>trepris et <strong>la</strong> mise <strong>en</strong> scène s’appuie sur une<br />

majorité d’acteurs non-professionnels. « Ce dispositif de tournage<br />

conti<strong>en</strong>t son lot de contraintes mais c’est ce qui me permet d’accéder à<br />

une vérité », déc<strong>la</strong>re le réalisateur.<br />

Produit par Laz<strong>en</strong>nec avec le souti<strong>en</strong> de <strong>la</strong> Région Franche-Comté,<br />

le film a été tourné au Sénégal, <strong>en</strong> région parisi<strong>en</strong>ne et <strong>en</strong> Franche-<br />

Comté, dans le pays de Montbéliard, <strong>en</strong> 2011. Un territoire que Samuel<br />

Col<strong>la</strong>rdey connaît bi<strong>en</strong> puisqu’il a étudié au BTS audiovisuel du lycée<br />

Viette, avant d’<strong>en</strong>trer à <strong>la</strong> Fémis <strong>en</strong> 2001. Ce film était l’occasion de<br />

s’intéresser bi<strong>en</strong> sûr aux rapports Nord-Sud mais constituait aussi un<br />

prétexte pour décrire le bassin industriel du pays de Montbéliard,<br />

d’y filmer les usines Peugeot, ses ouvriers et le club du FC Sochaux,<br />

très lié aux <strong>en</strong>treprises Peugeot à <strong>la</strong> fois historiquem<strong>en</strong>t et dans les<br />

pratiques actuelles.<br />

Lauriane Jussiau,<br />

chargée de mission à l’APARR<br />

Le film est sorti le 26 décembre dans les salles de cinéma de Franche-Comté<br />

et le 9 janvier dans le reste de <strong>la</strong> France.<br />

films <strong>en</strong> fabrication<br />

Sir<strong>en</strong>ashow<br />

Court-métrage d’animation de 15’ de Yann Jouette (numérique)<br />

Un poisson échoué dans un port se fait passer pour un<br />

homme pour rejoindre une femme qui fait un numéro de<br />

sirène <strong>en</strong> plein désert. Lorsqu’il découvre que c’est une<br />

femme et non une sirène il meurt, asphyxié de chagrin.<br />

Coproduction Sacrebleu productions, MovieBrats (Allemagne)<br />

films <strong>en</strong> fabrication<br />

Trois pasteurs Sri Lankais<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 2 x 29’ d’Isabelle Marina<br />

et Jude Ratman (HD)<br />

Deux pasteurs de Colombo à <strong>la</strong> retraite ont vécu leur<br />

<strong>en</strong>gagem<strong>en</strong>t religieux durant <strong>la</strong> guerre civile et souhait<strong>en</strong>t<br />

transmettre aux générations suivantes. Un jeune pasteur<br />

arrive dans un vil<strong>la</strong>ge tamoul et t<strong>en</strong>te de trouver sa voie…<br />

Production Bix films<br />

Au-dessus des nuages<br />

Long métrage de 85’ de Pepe Diokno (DCP, 35 mm)<br />

Confié à son grand-père après <strong>la</strong> mort de ses par<strong>en</strong>ts,<br />

Daniel est un adolesc<strong>en</strong>t déboussolé et rebelle. Le grandpère<br />

part avec lui esca<strong>la</strong>der une montagne. Peu à peu,<br />

au fil du périple, surmontant méfiance et douleur, ils<br />

arriv<strong>en</strong>t à dépasser leurs propres hantises.<br />

Coproduction Unlimited, Epicmedia (Philippines)<br />

Le voyage de Chang-Ho<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 60’ de Gabriel Laur<strong>en</strong>t<br />

et Choi Yun-Jung (numérique)<br />

Au cours de l’été 2012, Chang-Ho vi<strong>en</strong>t pour <strong>la</strong> première<br />

fois <strong>en</strong> France et revoit sa fille, Sophie, qu’il a abandonnée à<br />

l’âge de six ans. Séparés p<strong>en</strong>dant plus de 20 ans, Chang-<br />

Ho et Sophie se sont miraculeusem<strong>en</strong>t retrouvés. Un li<strong>en</strong><br />

nouveau <strong>en</strong>tre le père et sa fille est <strong>en</strong> train de se tisser.<br />

Coproduction Unlimited,<br />

Cinema Dal (Corée du Sud), Vosges télévision<br />

Les progrès d’hier et de demain<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ d’A<strong>la</strong>in Guillon (numérique)<br />

série Gares du Nord-Est de <strong>la</strong> France<br />

La mise <strong>en</strong> perspective des gares de Culmont-Chalindrey<br />

et de Reims-Bezannes permet de réfléchir à l’empreinte<br />

du chemin de fer sur l’aménagem<strong>en</strong>t du territoire et sur<br />

<strong>la</strong> vie de <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion d’une grande partie de <strong>la</strong> région<br />

Est depuis 150 ans. Un film politique et économique pour<br />

appr<strong>en</strong>dre et compr<strong>en</strong>dre.<br />

Coproduction Ère production, France Télévisions,<br />

France 3 Champagne-Ard<strong>en</strong>ne<br />

PHOTO CINÉLIGUE CHAMPAGNE-ARDENNE<br />

7


productions <strong>en</strong> région<br />

De <strong>la</strong> libéralisation du marché de l’audiovisuel à son économie administrée, du service public à l’externalisation des programmes,<br />

de crise concurr<strong>en</strong>tielle <strong>en</strong> crise budgétaire, France Télévisions n’<strong>en</strong> finit pas de soulever passions et politiques de création. Moins<br />

d’émissions de flux, plus de rediffusion, et… moins de programmes. On se tourne vers un modèle BBC. On se retourne vers les missions<br />

de service public. Et se pos<strong>en</strong>t les questions « quels films » et « quels producteurs ». En septembre dernier paraissait une tribune<br />

dans Libération, signée d’abord de producteurs <strong>en</strong> région. Elle est ici republiée, et mise à jour, quelques mois plus tard, par Olivier<br />

Roncin, signataire : du mail<strong>la</strong>ge des territoires par des productions, des œuvres et des auteurs, à une réforme nécessaire du système,<br />

les régions ne manqu<strong>en</strong>t ni d’inv<strong>en</strong>tivité ni de voix.<br />

PHOTOS DELPHINE MAZA<br />

Audiovisuel, territoire oublié<br />

de <strong>la</strong> déc<strong>en</strong>tralisation<br />

Tribune parue<br />

dans Rebonds de Libération<br />

jeudi 20 septembre 2012<br />

8<br />

PAR UN GROUPE DE PROFESSIONNELS DE L’AUDIOVISUEL ET DU CINÉMA<br />

Dans une réc<strong>en</strong>te déc<strong>la</strong>ration au journal Le Monde,<br />

Aurélie Filippetti, ministre de <strong>la</strong> Culture, estime que <strong>la</strong><br />

régionalisation de France 3 serait « trop coûteuse ». Dans<br />

ce contexte, il est ess<strong>en</strong>tiel de rappeler que <strong>la</strong> production<br />

audiovisuelle et cinématographique <strong>en</strong> régions est un « territoire<br />

oublié » de <strong>la</strong> déc<strong>en</strong>tralisation. Les chiffres sont accab<strong>la</strong>nts :<br />

<strong>en</strong> 2010, 94 % des rémunérations des artistes et technici<strong>en</strong>s,<br />

perman<strong>en</strong>ts et intermitt<strong>en</strong>ts, de l’audiovisuel et du cinéma<br />

94 % des rémunérations des artistes<br />

et technici<strong>en</strong>s, perman<strong>en</strong>ts<br />

et intermitt<strong>en</strong>ts de l’audiovisuel<br />

et du cinéma, ont été versées par<br />

des producteurs francili<strong>en</strong>s.<br />

(source Audi<strong>en</strong>s) ont été versées par des producteurs francili<strong>en</strong>s.<br />

Les chiffres plus anci<strong>en</strong>s, de 2000, sont quasim<strong>en</strong>t id<strong>en</strong>tiques, <strong>la</strong><br />

t<strong>en</strong>dance à <strong>la</strong> c<strong>en</strong>tralisation de cette filière est d’une consternante<br />

stabilité. Ce constat est d’autant plus paradoxal que, dans <strong>la</strong> même<br />

période, les collectivités territoriales ont fortem<strong>en</strong>t augm<strong>en</strong>té<br />

leur souti<strong>en</strong> au cinéma et à l’audiovisuel. On assiste donc à une<br />

forte « captation » des financem<strong>en</strong>ts régionaux, par des acteurs<br />

économiques issus quasi exclusivem<strong>en</strong>t d’un unique territoire.<br />

Aucune autre forme d’expression artistique n’a conc<strong>en</strong>tré à ce<br />

point son mode de financem<strong>en</strong>t et de décision : le théâtre, <strong>la</strong> danse,<br />

les musiques c<strong>la</strong>ssiques ou actuelles, les arts visuels, l’architecture<br />

se financ<strong>en</strong>t de manière plus équilibrée, sur tous les territoires.<br />

Mais pour l’audiovisuel ou le cinéma, une seule région prime et<br />

t<strong>en</strong>d à exclure les professionnels imp<strong>la</strong>ntés hors d’Ile-de-France.<br />

L’<strong>en</strong>jeu ne se limite pas à une question d’aménagem<strong>en</strong>t du territoire<br />

et de coût mais bi<strong>en</strong> plus, à l’<strong>en</strong>jeu c<strong>en</strong>tral de <strong>la</strong> diversité et<br />

de <strong>la</strong> création culturelle. Une seule région ne peut suffire pour<br />

embrasser les expressions, les s<strong>en</strong>sibilités, les spécificités d’un pays<br />

si divers que le nôtre. La pluralité des points de vue, l’expression<br />

de <strong>la</strong> diversité de tout un territoire sont les clefs de l’exception<br />

culturelle française.<br />

La séqu<strong>en</strong>ce politique qui s’ouvre avec l’élection de François<br />

Hol<strong>la</strong>nde doit être marquée, selon son programme, par « l’acte III<br />

de <strong>la</strong> déc<strong>en</strong>tralisation ». Belle ambition ! Et comme les actes I<br />

et II sont passés à côté du cinéma et de l’audiovisuel, l’occasion<br />

est v<strong>en</strong>ue de s’y mettre. La ministre de <strong>la</strong> Culture s’est égalem<strong>en</strong>t<br />

déc<strong>la</strong>rée « ambassadrice de <strong>la</strong> diversité » et Marylise Lebranchu,<br />

ministre chargée de <strong>la</strong> Déc<strong>en</strong>tralisation, estime que « <strong>la</strong> réforme de<br />

l’action publique est un chantier majeur ». L’État dispose de moy<strong>en</strong>s<br />

puissants pour m<strong>en</strong>er cette déc<strong>en</strong>tralisation culturelle avec France<br />

Télévisions, le CNC, les contrats État-Région et d’autres institutions<br />

re<strong>la</strong>is. Les villes, les collectivités locales et territoriales sont des<br />

part<strong>en</strong>aires actifs et responsables de <strong>la</strong> politique culturelle. Elles le<br />

prouv<strong>en</strong>t <strong>la</strong>rgem<strong>en</strong>t par leurs <strong>en</strong>gagem<strong>en</strong>ts dans le financem<strong>en</strong>t du<br />

cinéma et de l’audiovisuel.<br />

Pour se débarrasser du « réflexe parisi<strong>en</strong> », il y a donc du grain<br />

à moudre ! Seule une politique volontariste peut faire varier le<br />

curseur de <strong>la</strong> déc<strong>en</strong>tralisation. Côté audiovisuel, l’acteur majeur est<br />

France Télévisions avec France 3, une « chaîne des régions »<br />

<strong>en</strong>core <strong>en</strong>fermée dans un modèle issu d’une conception du<br />

régionalisme des années Pompidou : seulem<strong>en</strong>t 15 heures<br />

hebdomadaires de programmes régionaux dont 10 d’information<br />

et moins de 5 % de ses programmes conçus et<br />

produits <strong>en</strong> régions. Il faut donc <strong>en</strong>visager une nouvelle phase<br />

de développem<strong>en</strong>t qui devra s’appuyer sur une véritable<br />

régionalisation de France 3 avec une politique de production et<br />

de création autonome, à <strong>la</strong> mesure de l’int<strong>en</strong>se activité de création<br />

culturelle qui se développe sur tout le territoire.<br />

Les professionnels constat<strong>en</strong>t que l’ouverture des ant<strong>en</strong>nes<br />

régionales de FR3 au milieu des années 90 et <strong>la</strong> montée <strong>en</strong> puissance<br />

du souti<strong>en</strong> des collectivités régionales ont permis, à contre-courant,<br />

un développem<strong>en</strong>t du secteur audiovisuel et du cinéma « au-delà<br />

du périphérique ». La création <strong>en</strong> régions compte aujourd’hui des<br />

dizaines de sociétés de production reconnues qui s’appui<strong>en</strong>t sur des<br />

auteurs, des réalisateurs, des comédi<strong>en</strong>s et des équipes techniques.<br />

Le pot<strong>en</strong>tiel régional est considérable : docum<strong>en</strong>taires, films et<br />

séries d’animation, captations de spectacle, courts et longs métrages,<br />

fiction TV se tourn<strong>en</strong>t tous les jours sur l’<strong>en</strong>semble des territoires.<br />

Il est donc temps de passer à un autre modèle de production qui<br />

s’<strong>en</strong>richisse de <strong>la</strong> créativité et du savoir-faire de tous.<br />

Nous, professionnels de l’audiovisuel et du cinéma <strong>en</strong> régions,<br />

appelons à <strong>la</strong> mise <strong>en</strong> p<strong>la</strong>ce d’une politique active de déc<strong>en</strong>tralisation<br />

audiovisuelle et cinématographique de <strong>la</strong> part du CNC et de France<br />

Télévisions <strong>en</strong> s’appuyant, <strong>en</strong>tre autres, sur le développem<strong>en</strong>t d’une<br />

télévision publique régionale dotée de moy<strong>en</strong>s de production et<br />

d’espaces de diffusion correspondant <strong>en</strong>fin à <strong>la</strong> réalité et aux richesses<br />

des territoires dans lesquels elle est imp<strong>la</strong>ntée.<br />

Premiers signataires : Olivier Roncin, producteur, Nantes<br />

Estelle Robin-You, productrice, Nantes, Gilles Padovani, producteur,<br />

R<strong>en</strong>nes, Jean-François Le Corre, producteur, R<strong>en</strong>nes, Olivier Bourbeillon,<br />

producteur et réalisateur, Brest, Antoine Martin, producteur, Rou<strong>en</strong>,<br />

Alexandre Cornu, producteur, Marseille, Jérôme Duc-Maugé, producteur,<br />

Lyon, Thierry Gauthier, producteur, Tours, Daniel Lac<strong>la</strong>vière, producteur,<br />

Brest, Dominique Garing, producteur, Besançon, Laur<strong>en</strong>t D<strong>en</strong>é, Josiane<br />

Schauner, producteurs, Strasbourg, Cécile Lestrade, productrice, Orléans


Trois mois plus tard…<br />

Depuis <strong>la</strong> publication de ce texte dans Libération, les cosignataires étai<strong>en</strong>t 1 254<br />

mi-novembre. Des professionnels, certains de solide répu tation, des auteurs et un<br />

public certainem<strong>en</strong>t plus <strong>la</strong>rge ont répondu avec force comm<strong>en</strong>taires sur le site<br />

dédié. Ces signataires couvr<strong>en</strong>t le territoire national avec une forte prés<strong>en</strong>ce dans<br />

l’Ouest. Des villes comme R<strong>en</strong>nes, Nantes, Brest sont très prés<strong>en</strong>tes, sans pour<br />

autant négliger Strasbourg, Toulouse, Marseille, Lille, Lyon… Et aussi Paris ! Un<br />

succès tout à fait logique, tant ce c<strong>en</strong>tralisme borné de l’audiovisuel et du cinéma<br />

est anachronique. Les g<strong>en</strong>s de culture, de création, d’innovation sav<strong>en</strong>t que les<br />

territoires sont des lieux de bouillonnem<strong>en</strong>t créatif, de jeunesse, de r<strong>en</strong>ouvellem<strong>en</strong>t<br />

d’écritures. Un succès qui dérange aussi car les professionnels de <strong>la</strong> profession, les<br />

cercles accrédités, les affidés de l’intra-périphérique ne compr<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t pas. Pour eux<br />

tout va bi<strong>en</strong>, et quand il faut produire un film <strong>en</strong> région, ils <strong>en</strong>fil<strong>en</strong>t leurs bottes <strong>en</strong><br />

caoutchouc…<br />

Plusieurs responsables politiques ont réagi, souv<strong>en</strong>t très impliqués régionalem<strong>en</strong>t.<br />

La Bretagne <strong>en</strong> particulier mais aussi d’autres régions. Dans le cadre de <strong>la</strong> préparation<br />

de l’acte III de <strong>la</strong> déc<strong>en</strong>tralisation, ils veul<strong>en</strong>t t<strong>en</strong>ter des expérim<strong>en</strong>tations.<br />

D’autres régions s’interrog<strong>en</strong>t sur l’efficacité des fonds de souti<strong>en</strong> à <strong>la</strong> production<br />

et cherch<strong>en</strong>t à formuler de nouvelles propositions comme le souti<strong>en</strong> à l’innovation,<br />

aux programmes de développem<strong>en</strong>t des <strong>en</strong>treprises de production, à <strong>la</strong> coopération<br />

europé<strong>en</strong>ne.<br />

Le CNC, le ministère de <strong>la</strong> Culture, France Télévisions n’ont pas brillé par leur<br />

réactivité. Sil<strong>en</strong>ce courtois, déc<strong>la</strong>ration <strong>la</strong>ngue de bois, abs<strong>en</strong>ce de position, les<br />

débats ou les recherches de nouvelles perspectives sont au frigo. Cette g<strong>la</strong>ciation<br />

ne ti<strong>en</strong>dra pas avec <strong>la</strong> v<strong>en</strong>ue du printemps prochain car le débat sur l’acte III de<br />

<strong>la</strong> déc<strong>en</strong>tralisation sera sur le devant de <strong>la</strong> scène. Il faudra alors rappeler que le<br />

c<strong>en</strong>tralisme culturel est un handicap, un étau créatif, un carcan inutile et bi<strong>en</strong><br />

mesurer les <strong>en</strong>jeux pour déf<strong>en</strong>dre <strong>la</strong> création <strong>en</strong> région.<br />

Nous avons plusieurs atouts. Côté ministre de <strong>la</strong> Culture, nous savons que<br />

France Télévisions a besoin d’un sérieux reformatage bi<strong>en</strong> au-delà d’un simple<br />

amaigrissem<strong>en</strong>t du “mammouth”. Si France 2, France 5 et France 4 doiv<strong>en</strong>t<br />

connaître seulem<strong>en</strong>t des ajustages édi toriaux (comme <strong>la</strong> fin des script-reality),<br />

France 3 et France Ô sont à rep<strong>en</strong>ser sérieusem<strong>en</strong>t. L’un coûte 1,2 milliard d’euros<br />

et l’autre 50 millions d’euros, soit <strong>la</strong> moitié du budget de France Télévisions !<br />

Bi<strong>en</strong> évidemm<strong>en</strong>t, toute réforme doit intégrer les contraintes budgé taires et<br />

s’accompagner d’un p<strong>la</strong>n de réduction des coûts. La question est : « Est-ce que<br />

ce ministre aura le courage – ou les marges de manœuvre – pour pr<strong>en</strong>dre des<br />

initiatives »<br />

Je p<strong>en</strong>se qu’il faut pr<strong>en</strong>dre nos responsabilités, de citoy<strong>en</strong>, de professionnel, pour<br />

affirmer, rappeler, et s’<strong>en</strong>gager à cette occasion, que ce “territoire oublié” est une<br />

“friche abandonnée”, <strong>la</strong>m<strong>en</strong>table, qui ampute d’autant <strong>la</strong> création française.<br />

Olivier Roncin,<br />

producteur, cosignataire de <strong>la</strong> tribune de Libération<br />

PHOTO MARY TARANTOLA<br />

films <strong>en</strong> fabrication<br />

Un saut dans l’inconnu<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Sarah-Myriam Poirson (HD)<br />

Réfugiée politique <strong>en</strong> France, Thiviya, jeune femme d’origine<br />

tamoule du Sri Lanka, vit à Strasbourg. Un jour, elle<br />

décide d’aller se marier au Sri Lanka, avec un homme<br />

qu’elle n’a jamais r<strong>en</strong>contré, sinon par Facebook.<br />

Coproduction Human Doors, <strong>Alsace</strong> 20<br />

films <strong>en</strong> fabrication<br />

Chaurasia, radio indi<strong>en</strong>ne<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Yann Rei<strong>la</strong>nd (HD)<br />

La vie musicale de Chaurasia ti<strong>en</strong>t dans cet instrum<strong>en</strong>t, <strong>la</strong><br />

flûte Bansuri : une tige de bambou creusée de sept trous.<br />

Cet homme âgé de 70 ans parcourt le monde pour jouer<br />

dans les lieux les plus prestigieux. À <strong>la</strong> découverte de <strong>la</strong><br />

musique indi<strong>en</strong>ne c<strong>la</strong>ssique et d’une culture ancestrale.<br />

Coproduction Ère production, Mezzo, Mirabelle TV<br />

Albert Schweitzer<br />

Autopsie d’un mythe<br />

Film de 60’ et 90’ de Georg Misch (HDCam)<br />

En 1953, le Time magazine sacrait Schweitzer The Greatest<br />

Man in the World. Derrière cette image publique véhiculée<br />

par les médias, le film part à <strong>la</strong> découverte de <strong>la</strong> véritable<br />

personne.<br />

Coproduction Seppia,<br />

Mischief Films (Autriche),<br />

NFP (Allemagne)<br />

Le diable au cœur<br />

Récréation de 48’ de Gabriel Goubet<br />

Comme chaque année, <strong>la</strong> tournée d’été de <strong>la</strong> Chou crouterie<br />

est allée de villes <strong>en</strong> vil<strong>la</strong>ges prés<strong>en</strong>ter un nouveau<br />

spectacle.<br />

Coproduction Seppia, France Télévisions pôle Nord-Est,<br />

APCA théâtre de <strong>la</strong> Choucrouterie<br />

Une saison <strong>en</strong> <strong>en</strong>fer<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Ro<strong>la</strong>nd Muller (HD)<br />

Aujourd’hui, Strasbourg possède l’un des plus grands stades<br />

de France mais n’a plus d’équipe de football profes sionnelle.<br />

Pourtant, il y a six ans, ce même club, c<strong>en</strong>te naire,<br />

remportait <strong>la</strong> Coupe de <strong>la</strong> ligue et r<strong>en</strong>contrait <strong>en</strong>core des<br />

grands d’Europe comme l’Inter de Mi<strong>la</strong>n…<br />

Coproduction Ere productions, France 3 <strong>Alsace</strong><br />

9


auteurs <strong>en</strong> région<br />

Pôles régionaux de France 3 qui perd<strong>en</strong>t leur autonomie de choix et diminu<strong>en</strong>t<br />

considérablem<strong>en</strong>t le nombre des coproductions, disparités sécu<strong>la</strong>ires <strong>en</strong>tre Paris<br />

et le reste de <strong>la</strong> France, politique de rigueur Malgré un contexte difficile, des<br />

auteurs <strong>en</strong> région se mobilis<strong>en</strong>t autour d’initiatives, d’expérim<strong>en</strong>tations, pour<br />

répondre à l’effort de déc<strong>en</strong>tralisation. Deux exemples croisés pour ce focus,<br />

<strong>en</strong>tre Robin Hunzinger, représ<strong>en</strong>tant du groupe Auteurs <strong>en</strong> région de <strong>la</strong> Scam,<br />

et Bérangère Gooss<strong>en</strong>s, membre de l’association Interezzo, qui l’interroge.<br />

10<br />

Pour ceux qui ne connaîtrai<strong>en</strong>t pas Interezzo, c’est un réseau, comme son nom<br />

l’indique, d’associations régionales d’auteurs réalisateurs mobilisés autour de <strong>la</strong><br />

création docum<strong>en</strong> taire <strong>en</strong> Régions qui existe depuis 2005. Ces échanges informels<br />

permett<strong>en</strong>t de savoir ce qui se passe dans d’autres régions et de voir se dessiner les<br />

grandes lignes de l’audiovisuel français, les réponses que chaque région trouve au<br />

contexte actuel, chacune avec ses spécificités. Car <strong>en</strong>fin, sans tomber dans le folklore<br />

patrimonial de slogan comme “nos régions ont du tal<strong>en</strong>t”, il n’empêche que <strong>la</strong> diversité<br />

est <strong>en</strong>core une richesse.<br />

La Scam quant à elle, souhaite faire un pas vers <strong>la</strong> déc<strong>en</strong>tralisation, qui a comm<strong>en</strong>cé par<br />

une <strong>en</strong>quête réc<strong>en</strong>te auprès de ses auteurs affiliés <strong>en</strong> région. Robin Hunzinger, auteur<br />

alsaci<strong>en</strong>, fait partie de ce groupe mandaté pour développer ce type d’actions. Il nous<br />

fait son retour sur cette <strong>en</strong>quête. Notre <strong>en</strong>treti<strong>en</strong> s’est déroulé par téléphone et par<br />

mail, <strong>en</strong>tre <strong>la</strong> Bretagne, les Vosges et <strong>la</strong> Lorraine. Un <strong>en</strong>treti<strong>en</strong> régional et déc<strong>en</strong>tralisé,<br />

à l’image de <strong>la</strong> réalité des auteurs sondés par <strong>la</strong> Scam.<br />

Lundi 5 novembre, le r<strong>en</strong>dez-vous est pris pour 16 h, au téléphone.<br />

Bérangère Gooss<strong>en</strong>s : La Scam a récemm<strong>en</strong>t fait une <strong>en</strong>quête<br />

sur les auteurs <strong>en</strong> région, comm<strong>en</strong>t est née l’idée <br />

Robin Hunzinger : Il y a un an s’est créé à <strong>la</strong> Scam<br />

un groupe d’auteurs <strong>en</strong> région. En li<strong>en</strong> avec <strong>la</strong><br />

commission audiovisuelle, il se charge de lui<br />

faire remonter les informations. C’est à l’intérieur<br />

de ce groupe, dont je fais partie, que nous nous<br />

sommes interrogés sur Qu’est-ce qu’être auteur<br />

<strong>en</strong> région Nous avons donc m<strong>en</strong>é l’<strong>en</strong>quête<br />

auprès de ces auteurs affiliés à <strong>la</strong> Scam. Notez<br />

que <strong>la</strong> Scam regroupe 21 000 auteurs <strong>en</strong> tout,<br />

dont 6 000 hors Ile-de-France…<br />

B. G. : Et qu’avez-vous appris à travers cette <strong>en</strong>quête <br />

R. H. : Tout d’abord, je ti<strong>en</strong>s à préciser que sur<br />

3000 questionnaires <strong>en</strong>voyés, nous avons reçu<br />

557 réponses ce qui nous fait donc un taux de<br />

réponses de 19 % tout à fait louable.<br />

Nous avons appris que les auteurs <strong>en</strong> région<br />

ont de multiples profils : de tous âges, retraités,<br />

jeunes diplômés, auteurs à mi-temps, à temps<br />

plein, journalistes, graphistes, réalisateurs…<br />

Pour <strong>la</strong> grande majorité d’<strong>en</strong>tre eux, <strong>la</strong> définition<br />

d’auteur <strong>en</strong> région ne fait pas nécessairem<strong>en</strong>t<br />

s<strong>en</strong>s : si 18 % d’<strong>en</strong>tre eux parl<strong>en</strong>t d’un choix<br />

id<strong>en</strong>titaire ou politique, à 88 %, ils ont choisi de<br />

vivre <strong>en</strong> région pour <strong>la</strong> qualité de vie. Certains<br />

nous ont même dit qu’ils étai<strong>en</strong>t auteurs, point.<br />

En ce qui concerne l’idée qu’il y aurait un prix<br />

à payer pour habiter <strong>en</strong> région, aucune grande<br />

t<strong>en</strong>dance ne se dégage, les taux de réponse se<br />

val<strong>en</strong>t. Selon les rapports que les auteurs <strong>en</strong>treti<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t<br />

avec les producteurs et les diffuseurs,<br />

certains se s<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t désavantagés, d’autres non.<br />

La moitié d’<strong>en</strong>tre eux travaill<strong>en</strong>t autant avec les<br />

France 3 région qu’avec des chaînes nationales.<br />

Majoritairem<strong>en</strong>t, ces auteurs n’attribu<strong>en</strong>t pas<br />

leur réussite ou leur échec à leur contexte géogra<br />

phique. Quelques-uns dis<strong>en</strong>t souffrir du régiona<br />

lisme, et app<strong>la</strong>udiss<strong>en</strong>t l’arrivée du 06 qui ne<br />

permet plus de filtrer les appels comme avant :<br />

« Avec un 03, on ne nous répondait même pas ! ».<br />

B. G. : Alors qui sont ces auteurs <br />

R. H. : Pour deux tiers d’<strong>en</strong>tre eux ce sont des<br />

“nomades”, <strong>en</strong>tre plusieurs régions, Paris,<br />

l’étranger, ils travaill<strong>en</strong>t avec leur portable et<br />

internet. Le facteur régional n’est pas néces sairem<strong>en</strong>t<br />

un frein pour travailler.<br />

B. G. : Alors pourquoi seulem<strong>en</strong>t un tiers des auteurs<br />

exerc<strong>en</strong>t-ils depuis <strong>la</strong> région <br />

R. H. : La réalité est quand même là, c’est quand<br />

même plus compliqué si l’on n’est pas à Paris.<br />

20 % des auteurs exprim<strong>en</strong>t un s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t d’isolem<strong>en</strong>t,<br />

ils ne peuv<strong>en</strong>t pas toujours se dép<strong>la</strong>cer à<br />

Paris pour assister à des réunions, des colloques,<br />

des séminaires.<br />

B. G. : À ce propos, avez-vous eu des retours<br />

sur l’image de <strong>la</strong> Scam <br />

R. H. : Oui, nous nous sommes aperçus que 75 %<br />

des sondés n’étai<strong>en</strong>t pas abonnés à <strong>la</strong> <strong>lettre</strong> Zoom<br />

et que les avant-premières et les débats de <strong>la</strong><br />

Scam retransmis <strong>en</strong> direct sur le site n’étai<strong>en</strong>t pas<br />

évoqués. La Scam est considérée comme un outil<br />

de travail et sa déc<strong>en</strong>tralisation intéresse à 35 %.<br />

B. G. : Pourquoi <strong>la</strong> Scam<br />

souhaite-t-elle déc<strong>en</strong>traliser <br />

R. H. : La Scam souhaite se rapprocher des associations<br />

d’auteurs régionales pour sout<strong>en</strong>ir les<br />

structures existantes <strong>en</strong> faisant circuler les informations,<br />

<strong>en</strong> organisant des r<strong>en</strong>contres. Si nous<br />

avons récemm<strong>en</strong>t obt<strong>en</strong>u le retour du docum<strong>en</strong>taire<br />

le samedi midi sur France 3, nos li<strong>en</strong>s<br />

avec <strong>la</strong> chaîne sont pour ainsi dire inexistants<br />

et nous souhaitons les développer, notamm<strong>en</strong>t<br />

avec l’aide des auteurs. Nous avons fait appel<br />

aux associations pour qu’elles nomm<strong>en</strong>t <strong>en</strong> leur<br />

sein un représ<strong>en</strong>tant qui serait un correspondant<br />

de <strong>la</strong> Scam, un premier li<strong>en</strong> <strong>en</strong>tre Paris et les<br />

régions. Nous aimerions pouvoir organiser des<br />

soirées Brouillon d’un rêve, une nuit des Étoiles<br />

de <strong>la</strong> Scam dans nos villes.<br />

Et petite nouvelle toute fraîche, <strong>la</strong> Scam ouvrira<br />

sa maison des auteurs le 20 décembre, au sein du<br />

siège, à Paris, un lieu ressource tant technique<br />

que culturel et un lieu de r<strong>en</strong>contre pour tous<br />

les auteurs affiliés.<br />

B. G. : En quoi cette maison des auteurs à Paris<br />

peut-elle être bénéfique aux auteurs non francili<strong>en</strong>s <br />

R. H. : Ce sera un lieu très important pour les<br />

auteurs ne vivant pas à Paris. Il y aura une<br />

médiathèque professionnelle, un c<strong>en</strong>tre de<br />

ressources pour travailler, un bar et un salon<br />

pour se r<strong>en</strong>contrer, des salles de projection,<br />

des postes de copies de films, des espaces de<br />

r<strong>en</strong>dez-vous où les auteurs vivant <strong>en</strong> dehors<br />

de Paris pourront pr<strong>en</strong>dre leurs r<strong>en</strong>dez-vous<br />

professionnels. Il faut savoir que nous sommes<br />

là dans un dispositif expérim<strong>en</strong>tal.


PHOTOS DELPHINE MAZA<br />

Alors voilà, nous sommes c<strong>en</strong>tralisés. Avec <strong>la</strong> moitié<br />

des sondés qui s’investit dans des associations<br />

profes sionnelles et l’autre qui ne souhaite pas <strong>en</strong><br />

faire partie, ne se s<strong>en</strong>tant pas bi<strong>en</strong> représ<strong>en</strong>tée. Avec un<br />

complexe régional d’infériorité face « aux Parisi<strong>en</strong>s ».<br />

Avec des régions qui ont plus de mal que d’autres à se<br />

mobiliser, faute de moy<strong>en</strong>s aussi.<br />

Mais on se bat <strong>en</strong> région. Il faut aller vers le politique<br />

pour chaque petite avancée, pour conserver ses droits,<br />

pour exister dans <strong>la</strong> ba<strong>la</strong>nce décisionnaire. La création<br />

du Pôle image <strong>en</strong> Lorraine ti<strong>en</strong>t à <strong>la</strong> mobilisation du tissu<br />

profes sionnel dans un contexte politique favorable. Les<br />

énergies déployées ont été considérables.<br />

La difficulté de <strong>la</strong> diffusion interroge au-delà du régional,<br />

tant dans l’espace qu’elle <strong>la</strong>isse à <strong>la</strong> case docum<strong>en</strong>taire<br />

qu’à <strong>la</strong> contrainte de <strong>la</strong> forme qu’elle impose souv<strong>en</strong>t.<br />

Comm<strong>en</strong>t faire nos films et les montrer Ici ou ailleurs <strong>la</strong><br />

question reste <strong>la</strong> même : trouver son espace de liberté et<br />

gagner sa vie <strong>en</strong> exerçant son métier.<br />

Dans mes derniers échanges avec Interrezo au Moulin<br />

d’Andé, nous avons constaté une montée des productions<br />

associatives <strong>en</strong> marge du système télévisuel, pour<br />

justem<strong>en</strong>t créer une p<strong>la</strong>ce aux films qui n’<strong>en</strong> aurai<strong>en</strong>t<br />

pas sinon. Cette initiative est <strong>en</strong>couragée dans certaines<br />

régions, comme dans <strong>la</strong> Région Aquitaine, avec une aide<br />

spéciale “hors diffusion TV”. Le régionalisme n’est pas une<br />

fin <strong>en</strong> soit, c’est un état de fait, on y est ou pas. Peu<br />

importe, <strong>la</strong> création est à déf<strong>en</strong>dre partout.<br />

S’il fal<strong>la</strong>it ret<strong>en</strong>ir une chose de tout ce<strong>la</strong>, ce serait qu’il ne<br />

faut ri<strong>en</strong> lâcher. Et continuer à se regrouper, à échanger.<br />

Même si les associations ne sont pas parfaites, elles<br />

sont un premier pas vers le politique et <strong>la</strong> déf<strong>en</strong>se de<br />

<strong>la</strong> profession. Ne nous <strong>la</strong>issons pas décourager par ceux<br />

qui dis<strong>en</strong>t que les auteurs ne se mobilis<strong>en</strong>t pas. Mais on<br />

touche là aux mythes qui <strong>en</strong>tour<strong>en</strong>t les auteurs, et ça,<br />

c’est une autre histoire…<br />

Propos recueillis par Bérangère Gooss<strong>en</strong>s,<br />

Safire Lorraine, Interrezo<br />

Appelés par <strong>la</strong> Scam à élire des délégués <strong>en</strong> région,<br />

A<strong>la</strong>in Chréti<strong>en</strong> et Stéphane Manchematin (suppléant)<br />

représ<strong>en</strong>teront <strong>la</strong> Safire Lorraine ;<br />

Pascal Cling représ<strong>en</strong>tera <strong>la</strong> Safire <strong>Alsace</strong>.<br />

PHOTO MARY TARANTOLA<br />

films <strong>en</strong> fabrication<br />

L’image mouvem<strong>en</strong>tée<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Sylvain Roumette (HD)<br />

L’art cinétique est un courant des arts p<strong>la</strong>stiques modernes<br />

qui a connu son apogée dans les années 60-70. Le film<br />

propose d’explorer ce mouvem<strong>en</strong>t et d’<strong>en</strong> découvrir les<br />

artistes à l’occasion de l’exposition Lumineux ! Dyna mique !<br />

au Grand Pa<strong>la</strong>is <strong>en</strong> avril 2013.<br />

Coproduction Bix films, RMNGP, France 5<br />

films <strong>en</strong> fabrication<br />

De force dans <strong>la</strong> Wehrmacht<br />

Film de 52’ et 90’ de Luis Miranda et Yann Mège (HD)<br />

Juillet 44 : 57 000 prisonniers allemands sont re groupés<br />

à Moscou. Les Moscovites ignor<strong>en</strong>t que, parmi eux, se<br />

trouv<strong>en</strong>t des déserteurs de l’armée alle mande : Alsaci<strong>en</strong>s,<br />

Mosel<strong>la</strong>ns, Luxembourgeois, Belges, Polonais, Slovènes…<br />

<strong>en</strong>rôlés de force dans l’armée allemande.<br />

Coproduction Seppia, Tarantu<strong>la</strong> (Luxembourg)<br />

La bataille du hasard<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Christophe Lagrange (HD)<br />

Ici, dans les Vosges, chaque montagnard savait ce qui se<br />

passait au camp de conc<strong>en</strong>tration Natzweiller-Struthof.<br />

Dès 1940, un groupe de résistants a émergé. Près de<br />

70 ans plus tard, les vétérans s’interrog<strong>en</strong>t <strong>en</strong>core sur<br />

l’utilité de leur sacrifice et de ceux des copains…<br />

Coproduction Ère production, Vosges Télévision<br />

La horde<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 26’ de Jérôme Colin (HD)<br />

En inversant le point de vue habituel des films animaliers,<br />

ce projet satyrique se sert de l’humour pour nous faire<br />

réfléchir sur les <strong>en</strong>jeux du tourisme de masse dans les sites<br />

dits naturels et les zones protégées. Ici, c’est le prom<strong>en</strong>eur<br />

qui est traqué, observé, comme une bête curieuse.<br />

Coproduction Bix films, <strong>Alsace</strong> 20<br />

Itinérance<br />

Film de 52’et 90’ d’Andreas Voigt<br />

Un road movie consacré à l’histoire de personnes <strong>en</strong> mou vem<strong>en</strong>t,<br />

éloignées de leur famille, de leur patrie, de leur foyer…<br />

Coproduction Seppia, Barbara Etz Filmproduktion<br />

La sci<strong>en</strong>ce <strong>en</strong> quête<br />

de l’énergie vitale<br />

Film de 52’ de Laur<strong>en</strong>t Lutaud et Jean-Yves Bili<strong>en</strong><br />

Acupuncture, Qi Gong, toucher thérapeutique… autant<br />

de méthodes de soins issues de <strong>la</strong> médecine tradit ionnelle<br />

asiatique. L’action des thérapeutes sur les dysfonctionnem<strong>en</strong>ts<br />

énergétiques est-elle visible, mesurable, quantifiable<br />

A-t-elle même une réalité sci<strong>en</strong>tifique <br />

Coproduction Seppia, Ideacom Canada<br />

11


aujourd’hui, hier, demain<br />

20 ans, plusieurs films <strong>en</strong> projet, et internet devant soi… Oui, mais. Pierre<br />

Charpilloz, étudiant <strong>en</strong> arts du spectacle, interv<strong>en</strong>ant <strong>en</strong> atelier MJC, membre<br />

du collectif Kaanzi, et chroniqueur sur Radio Bi<strong>en</strong>v<strong>en</strong>ue Strasbourg, nous livre<br />

une tribune sur ce qu’il observe du cinéma sur une toile qui n’est pas b<strong>la</strong>nche,<br />

de <strong>la</strong> naissance du scénario à sa vidéo <strong>en</strong> streaming.<br />

12<br />

Toile fi<strong>la</strong>nte<br />

Nous connaissions trois révolutions du cinématographe : celle du par<strong>la</strong>nt,<br />

celle de <strong>la</strong> couleur, celle du numérique. Une dernière a eu lieu récemm<strong>en</strong>t :<br />

Il s’agit bi<strong>en</strong> sûr d’internet.<br />

Le numérique permet de réaliser plus facilem<strong>en</strong>t qu’avant un film (plus de<br />

bobine, ni de développem<strong>en</strong>t, solutions de montage simples et intuitives<br />

sur tous les ordinateurs…), tandis qu’internet offre ce qui manquait aux<br />

appr<strong>en</strong>tis réalisateurs à l’époque du Super8 : un espace de diffusion. De<br />

Youtube à Viméo, <strong>en</strong> passant par Dailymotion, les sites d’hébergem<strong>en</strong>ts de<br />

vidéos prolifèr<strong>en</strong>t. Certains sites sont plus “professionnels” que d’autres,<br />

mais il ne s’agit plus de “films”, seulem<strong>en</strong>t de “clips”. Internet recèle tout.<br />

Du dernier Chris Marker jusqu’au voyeurisme de bas étage. Mais aussi des<br />

courts métrages amateurs. Beaucoup de courts métrages amateurs.<br />

Réaliser un film nécessite, à l’instar de toute création collective, une équipe.<br />

On ne peut tout faire tout seul. C’est pourquoi se sont développées depuis<br />

<strong>la</strong> naissance d’internet et du numérique, des associations permettant à<br />

tous, du quidam au cinéphile <strong>en</strong> voie de professionnalisation, de faire un<br />

film. Mise à disposition de caméscopes, de micros et de perches. Plus un<br />

c<strong>la</strong>p év<strong>en</strong>tuellem<strong>en</strong>t, ça fait très “cinéma”. L’Ag<strong>en</strong>ce culturelle palliera<br />

aux besoins techniques supplém<strong>en</strong>taires et coûteux. L’association mettra<br />

égalem<strong>en</strong>t à disposition des ressources humaines, membres bénévoles<br />

comédi<strong>en</strong>s, ou technici<strong>en</strong>s. Tout ce<strong>la</strong> à l’air très bi<strong>en</strong> sur le papier, une sorte<br />

de rêve très Nouvelle Vague d’un cinéma débarrassé de ses contraintes<br />

techniques. Mais <strong>en</strong> réalité, deux questions se pos<strong>en</strong>t.<br />

Tout d’abord, les moy<strong>en</strong>s de diffusion ne sont pas <strong>en</strong> accord avec les médias<br />

diffusés : ces films amateurs sont souv<strong>en</strong>t assez l<strong>en</strong>ts, avares <strong>en</strong> gros p<strong>la</strong>ns<br />

mais riches <strong>en</strong> p<strong>la</strong>ns <strong>la</strong>rges ou moy<strong>en</strong>s qu’au final on distingue mal sur<br />

Youtube. Les voir devi<strong>en</strong>t pénible. Ce problème ne se poserait pas si le film<br />

était diffusé <strong>en</strong> salle : non seulem<strong>en</strong>t l’écran est plus grand, mais le contexte<br />

est différ<strong>en</strong>t, le public est captif. Sur internet, tout doit aller très vite : les<br />

vidéos les plus popu<strong>la</strong>ires sur ce média sont <strong>en</strong> effet celles très courtes et<br />

au montage très dynamique (Bref, Norman fait des vidéos, etc.). Quand on<br />

regarde une vidéo sur internet, on est mal assis, trop près de l’écran (<strong>la</strong><br />

plupart du temps), et on s’<strong>en</strong>nuie (souv<strong>en</strong>t), pour voir des films d’un quart<br />

d’heure découpés <strong>en</strong> p<strong>la</strong>ns de quatre minutes et deux de sil<strong>en</strong>ce.<br />

L’autre problème est celui du mûrissem<strong>en</strong>t : avant internet, réaliser un film<br />

diffusé relevait de l’exploit. Le scénario et le synopsis devai<strong>en</strong>t d’abord<br />

séduire un producteur, qui lui-même devait séduire un distributeur, et<br />

<strong>en</strong>fin des spectateurs. Le projet avait donc besoin d’être travaillé jusqu’à<br />

ce que le réalisateur se dise qu’il ne pourrait pas faire mieux. Ce<strong>la</strong> pr<strong>en</strong>ait<br />

parfois des années pour qu’un projet soit parfait. Désormais, un film passe<br />

du stade de début d’écriture à celui de produit prêt à visionner <strong>en</strong> deux<br />

ou trois mois.<br />

PHOTO MARY TARANTOLA<br />

Quid alors du public En voyant ces films sur<br />

internet, on se dit : « C’est plutôt pas mal, mais<br />

ça manque de quelque chose ». Ce quelque<br />

chose, c’est <strong>la</strong> maturation qui n’a pas pris. Le<br />

gâteau n’a pas assez reposé. Malgré ses bons<br />

ingrédi<strong>en</strong>ts, il ne donne pas <strong>en</strong>vie. Ajoutez à<br />

ce<strong>la</strong> qu’il n’est pas agréable de regarder ces films<br />

sur un écran d’ordinateur ou de Smartphone, on<br />

peut alors se demander : qui les regarde Et bi<strong>en</strong><br />

le plus souv<strong>en</strong>t, personne, hormis les amis du<br />

réalisateur et de son équipe. Il faudra att<strong>en</strong>dre<br />

qu’ils soi<strong>en</strong>t sélectionnés dans un festival, pour<br />

qu’ils regagn<strong>en</strong>t des viewers sur YouTube.<br />

Peut-être alors que le média internet devrait<br />

se limiter à être un simple galop d’essai pour<br />

les réalisateurs bénévoles de courts métrages<br />

<strong>en</strong> att<strong>en</strong>te de diffusion dans de vrais lieux<br />

de cinéma, pour leur permettre d’essayer et<br />

d’affuter leurs compét<strong>en</strong>ces techniques et artistiques<br />

avant une professionnalisation Internet<br />

n’est peut-être pas le plus grand festival de<br />

cinéma du monde…<br />

Pierre Charpilloz<br />

Kinofactory<br />

En septembre dernier, er, Kinofactory ory s’est joint aux<br />

bureaux d’accueil des tournages de <strong>la</strong> Région <strong>Alsace</strong><br />

et de <strong>la</strong> CUS pour organiser <strong>la</strong> seconde édition des<br />

R<strong>en</strong>contres des technici<strong>en</strong>s cie<br />

i<strong>en</strong>s<br />

alsaci<strong>en</strong>s aci<strong>en</strong>s du cinéma et de<br />

l’audiovisuel.<br />

L’emploi était au cœur des débats, avec une réunion<br />

d’information sur l’intermitt<strong>en</strong>ce - <strong>en</strong> part<strong>en</strong>ariat avec<br />

Pôle emploi <strong>Alsace</strong> - et une table ronde précisant les<br />

att<strong>en</strong>tes d’une production vis-à-vis d’une association<br />

de technici<strong>en</strong>s locaux. La naissance de Kinofactory a<br />

été saluée avec <strong>en</strong>thousiasme tant par les institutions<br />

et les directeurs de production invités que par les<br />

technici<strong>en</strong>s eux-mêmes. Au total, une c<strong>en</strong>taine de<br />

personnes ont assisté à ces r<strong>en</strong>contres, confirmant <strong>la</strong><br />

vitalité de <strong>la</strong> filière et l’intérêt des technici<strong>en</strong>s pour<br />

faire évoluer le paysage audiovisuel alsaci<strong>en</strong>.<br />

Prochaines étapes pour Kinofactory : <strong>la</strong> création d’ici<br />

fin 2012 du site www.kinofactory.eu, prés<strong>en</strong>tant <strong>en</strong><br />

ligne les CV de ses adhér<strong>en</strong>ts et une prés<strong>en</strong>ce sur les<br />

marchés du film aux côtés des bureaux d’accueil des<br />

tournages pour une promotion conjointe des compét<strong>en</strong>ces<br />

locales.<br />

En 2013, Kinofactory se fixe deux objectifs majeurs :<br />

représ<strong>en</strong>ter <strong>en</strong>core plus de technici<strong>en</strong>s régionaux et<br />

afficher une franche visibilité auprès des sociétés<br />

de production locales, nationales et dans les pays<br />

limitrophes !<br />

Estelle Nothoff<br />

PHOTO PIERRE CHARPILLOZ


aujourd’hui, hier, demain (suite)<br />

Comme de nombreuses régions <strong>en</strong> France, <strong>la</strong> Champagne est <strong>en</strong> ébullition :<br />

appelés à se structurer, des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel<br />

vi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t de créer le collectif Images et cinémas <strong>en</strong> Champagne-Ard<strong>en</strong>ne,<br />

sur fond de crise budgétaire et nécessité de mutualisation. Les premiers<br />

signa taires témoign<strong>en</strong>t ici. Un rapprochem<strong>en</strong>t, aujourd’hui, à l’intérieur<br />

d’une région vaste, et une ouverture à v<strong>en</strong>ir.<br />

Naissance d’un collectif<br />

Le Collectif images et cinémas regroupe, depuis octobre 2012, des structures<br />

qui conduis<strong>en</strong>t régulièrem<strong>en</strong>t des projets d’action culturelle cinématographique<br />

et audiovisuelle dans <strong>la</strong> région Champagne-Ard<strong>en</strong>ne. Il acte d’une volonté<br />

commune de mettre <strong>en</strong> œuvre une synergie pour mieux valoriser et amplifier<br />

les actions m<strong>en</strong>ées à ce jour, et créer des part<strong>en</strong>ariats r<strong>en</strong>forcés au sein de<br />

<strong>la</strong> région. Le collectif rassemble déjà neuf membres, et souhaite tout d’abord<br />

rappeler <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce de l’image dans notre société, <strong>en</strong> affirmant l’importance de<br />

l’éducation à l’image. Le travail de terrain qui est le nôtre participe fortem<strong>en</strong>t à<br />

<strong>la</strong> démocratisation culturelle et à l’aménagem<strong>en</strong>t du territoire, dans une région<br />

très ét<strong>en</strong>due, où les salles <strong>en</strong>gagées dans l’action cinématographique sont peu<br />

nombreuses.<br />

Les signataires font état du nombre important de spectateurs touchés par leurs<br />

actions dans de multiples lieux, fruit d’un <strong>en</strong>gagem<strong>en</strong>t constant sur le terrain, par<br />

des structures actives et imaginatives qui travaill<strong>en</strong>t déjà <strong>en</strong>semble et souhait<strong>en</strong>t<br />

r<strong>en</strong>forcer leurs col<strong>la</strong>borations, car elles partag<strong>en</strong>t les mêmes objectifs d’éducation<br />

et de formation à l’image, de diffusion de <strong>la</strong> création audiovisuelle dans <strong>la</strong><br />

région et de s<strong>en</strong>sibilisation à des œuvres cinématographiques peu diffusées.<br />

Ils sont investis dans des événem<strong>en</strong>ts nationaux, des dispositifs sco<strong>la</strong>ires, des<br />

ateliers de pratiques artistiques et des actions de diffusion touchant des publics<br />

très différ<strong>en</strong>ts : le Mois du docum<strong>en</strong>taire, Passeurs d’images, <strong>la</strong> Fête du cinéma<br />

d’animation, ou <strong>en</strong>core le Jour le plus court, le festival Les <strong>en</strong>fants du cinéma et<br />

les R<strong>en</strong>dez-vous du cinéma europé<strong>en</strong>, des actions à destination de publics jeune,<br />

rural, <strong>en</strong> situation de handicap…<br />

Des difficultés économiques – <strong>en</strong> cette période de crise – amèn<strong>en</strong>t le collectif<br />

à s’inquiéter de <strong>la</strong> fragilité des structures, dans lesquelles les emplois sont <strong>en</strong><br />

danger, et de <strong>la</strong> pér<strong>en</strong>nité des actions, remises <strong>en</strong> cause. Il demande l’ouverture<br />

d’une démarche de reconnaissance plus forte du secteur de l’action culturelle<br />

cinématographique, et s’<strong>en</strong>gage à travailler <strong>en</strong> dialogue avec ses interlocuteurs<br />

publics. Il affirme le besoin d’une politique r<strong>en</strong>forcée, pour accompagner le<br />

cinéma d’auteur d’hier et d’aujourd’hui, permettre son accès au public et démocratiser<br />

l’accès à <strong>la</strong> pratique artistique du cinéma.<br />

Affirmant sa volonté de r<strong>en</strong>forcer <strong>la</strong> mutualisation de certains moy<strong>en</strong>s, il<br />

souhaite par exemple coopérer autour de programmes constitués, de tournées<br />

de réalisateurs, <strong>en</strong> matière de communication, ou <strong>en</strong>core de formations. Dans<br />

ce cadre, l’organisation de journées de r<strong>en</strong>contres avec des acteurs d’autres<br />

régions serait une manière de nouer des li<strong>en</strong>s <strong>en</strong> Grand-Est. Alors… À bi<strong>en</strong>tôt !<br />

collectif-cinema-champagne-ard<strong>en</strong>ne@gmail.com<br />

De haut <strong>en</strong> bas :<br />

1 La Pellicule <strong>en</strong>sorcelée<br />

2-3 Télé C<strong>en</strong>tre Bernon<br />

4-5 Ciné-ligue<br />

6 La Pellicule <strong>en</strong>sorcelée<br />

7-8 Autour de <strong>la</strong> terre<br />

9 10200 Z’Images<br />

Premiers signataires<br />

Autour de <strong>la</strong> terre (Haute-Marne)<br />

Autour du cinéma (Reims)<br />

Ciné-Ligue Champagne-Ard<strong>en</strong>ne<br />

Cinéma Le Pa<strong>la</strong>ce (Epernay)<br />

Cinéma Opéra (Reims)<br />

MJC (Chaumont)<br />

La Pellicule <strong>en</strong>sorcelée (Charleville-Mézières)<br />

Télé C<strong>en</strong>tre Bernon (Epernay)<br />

10200 Z’Images (Bar-sur-Aube)<br />

films sortis de fabrique<br />

Le défi de Thibault<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Sarah-Myriam Poirson (HD)<br />

Coproduction Human Doors, <strong>Alsace</strong> 20, Equidia<br />

Diffusion <strong>en</strong> avant-première le 5 décembre 2012,<br />

les 7, 16 et 18 décembre sur Equidia Life ;<br />

sur www.equidiawatch.fr durant 30 jours<br />

après <strong>la</strong> première diffusion,<br />

sur <strong>Alsace</strong> 20 les 15 et le 16 décembre<br />

Ce temps-là<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Laëtitia Giroux (HD)<br />

Coproduction Aber images,<br />

France 3 Lorraine, France 3 national<br />

Diffusion <strong>en</strong> att<strong>en</strong>te<br />

Les s<strong>en</strong>tiers de <strong>la</strong> liberté<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Jean-Michel Dury (HD)<br />

Coproduction Faites un vœu, France Télévisions<br />

pôle sud-ouest, France Télévisions ant<strong>en</strong>ne Bourgogne<br />

Diffusion le 1 er décembre 2012<br />

sur France 3 Bourgogne<br />

Aron Jean-Marie Lustiger,<br />

le cardinal juif<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 53’ de Jean-Yves Fischbach (HD)<br />

Production Ana films<br />

Diffusion le 5 août 2012<br />

sur KTO<br />

Le défi des bâtisseurs<br />

La cathédrale de Strasbourg<br />

Docu-fiction de 88’ de Marc Jampolsky (3D-relief)<br />

Coproduction Zdf/Arte, Arte Geie, Seppia,<br />

Indifilm, Cfrt, Binocle<br />

Diffusion <strong>en</strong> avant-première<br />

le 4 et le 15 décembre 2012 sur Arte TV,<br />

au Star et sur le web à partir du 4 décembre<br />

Au balcon du monde<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ d’A<strong>la</strong>in Chréti<strong>en</strong> (HD)<br />

Coproduction Ère production, France Télévisions,<br />

Nomades TV, Vosges télévision<br />

Diffusion <strong>en</strong> avant-première<br />

le lundi 18 juin 2012<br />

et sur France 3 Lorraine<br />

le mercredi 20 juin 2012 à 23 h 55<br />

Bielutine,<br />

le mystère d’une collection<br />

Web docum<strong>en</strong>taire de 90’ de Clém<strong>en</strong>t Cogitore (HD)<br />

Coproduction Seppia, Arte, L’express.Fr<br />

Mis <strong>en</strong> ligne le 24 avril 2012<br />

Noire ici,<br />

b<strong>la</strong>nche là-bas<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de C<strong>la</strong>ude Haffner (16 mm, HD)<br />

Coproduction Seppia, <strong>Alsace</strong> 20<br />

Mis <strong>en</strong> ligne le 24 avril 2012<br />

films sortis de fabrique<br />

13


pédagogie<br />

Séqu<strong>en</strong>ce 1 : Au voleur ! de Sarah Léonor, tourné <strong>en</strong> partie <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong>, sort <strong>en</strong> salles <strong>en</strong> 2009. Séqu<strong>en</strong>ce 2 : <strong>Alsace</strong> Cinémas propose<br />

Au voleur ! dans le cadre de Lycé<strong>en</strong>s et appr<strong>en</strong>tis au cinéma. Séqu<strong>en</strong>ce 3 : Jean-François Pey r<strong>en</strong>contre Sarah Léonor et prépare un<br />

docum<strong>en</strong>t pédagogique… Une belle av<strong>en</strong>ture racontée <strong>en</strong> quelques questions par le rédacteur du dossier, animateur d’une r<strong>en</strong>contre <strong>en</strong>tre<br />

réalisatrice et <strong>en</strong>seignants de cinéma. Gageons qu’elle <strong>en</strong> <strong>en</strong>traîne d’autres…<br />

Au voleur ! de Sarah Léonor<br />

14<br />

À l’école d’Au voleur !<br />

Delphine Maza : Dans quel cadre Sarah Léonor<br />

est-elle v<strong>en</strong>ue s’exprimer devant des professeurs <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong> <br />

Jean-François Pey : Sarah Léonor a accompagné <strong>la</strong> diffusion de son film<br />

Au voleur ! auprès d’un public d’<strong>en</strong>seignants de lycée. À quatre reprises,<br />

elle a répondu à leurs questionnem<strong>en</strong>ts sur le film. Au total, près de<br />

200 professeurs ont participé à ces échanges.<br />

Lycé<strong>en</strong>s et appr<strong>en</strong>tis au cinéma est un dispositif sco<strong>la</strong>ire national sout<strong>en</strong>u<br />

par le CNC. L’objectif est de proposer aux élèves des lycées de m<strong>en</strong>er un<br />

travail approfondi sur trois films p<strong>en</strong>dant l’année sco<strong>la</strong>ire. La démarche<br />

est très cohér<strong>en</strong>te : les <strong>en</strong>seignants sont formés à l’analyse filmique des<br />

trois films, ils reçoiv<strong>en</strong>t une docum<strong>en</strong>tation pédagogique complète. Ils<br />

emmèn<strong>en</strong>t <strong>en</strong>suite les lycé<strong>en</strong>s dans une salle de proximité puis étudi<strong>en</strong>t<br />

le film <strong>en</strong> c<strong>la</strong>sse. C’est un dispositif qui offre aux jeunes une ouverture<br />

culturelle <strong>en</strong> direction de films, contemporains ou du patrimoine, différ<strong>en</strong>ts<br />

de ceux qu’ils “consomm<strong>en</strong>t” habituellem<strong>en</strong>t.<br />

Dans l’Académie de Strasbourg, <strong>la</strong> coordination de ce dispositif est confiée<br />

à <strong>Alsace</strong> Cinémas. Le choix d’Au voleur !, film réalisé <strong>en</strong> partie <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong>,<br />

par une réalisatrice née dans <strong>la</strong> région, offrait des perspectives nouvelles<br />

dans le cadre bi<strong>en</strong> rodé de Lycé<strong>en</strong>s au cinéma, comme d’inviter des<br />

technici<strong>en</strong>s du film dans les c<strong>la</strong>sses.<br />

D. M. : <strong>Alsace</strong> Cinémas a pris une initiative exceptionnelle.<br />

Comm<strong>en</strong>t êtes-vous arrivé dans l’av<strong>en</strong>ture <br />

J.-F. P. : <strong>Alsace</strong> Cinémas a pris l’initiative de proposer dans notre académie<br />

un film qui ne figurait pas dans <strong>la</strong> liste proposée par le CNC et pour lequel<br />

il n’existait donc pas de docum<strong>en</strong>tation pédagogique. Stéphanie Dalfeur<br />

m’a demandé de faire une proposition d’analyse filmique. Il s’agissait de<br />

rédiger une série d’articles sur le film, les uns rassemblés dans un dossier<br />

de 28 pages destiné aux professeurs, les autres constituant une fiche de<br />

4 pages distribuée à tous les élèves. Près de 15000 lycé<strong>en</strong>s vont étudier ce<br />

film dans l’académie. À partir de l’an prochain, Au voleur ! et les docum<strong>en</strong>ts<br />

pédagogiques vont être proposés aux autres coordinations régionales.<br />

D. M. : Pouvez-vous nous expliquer <strong>en</strong> quoi a consisté votre travail <br />

J.-F. P. : La ligne éditoriale des dossiers CNC est assez précise. Il y a de<br />

nombreux passages obligés : découpage séqu<strong>en</strong>tiel, analyse de séqu<strong>en</strong>ce,<br />

analyse de p<strong>la</strong>n, décryptage du récit et de <strong>la</strong> mise <strong>en</strong> scène… mais aussi<br />

une certaine liberté d’aborder des articles plus spécifiques ou personnels :<br />

j’ai choisi de m’attarder par exemple sur <strong>la</strong> bande musicale du film ou de<br />

mettre à jour des li<strong>en</strong>s p<strong>la</strong>stiques et thématiques <strong>en</strong>tre le film de Sarah<br />

Léonor et High Sierra, un des premiers films noirs de <strong>la</strong> Warner, réalisé par<br />

Raoul Walsh <strong>en</strong> 1941.<br />

J’ai m<strong>en</strong>é des <strong>en</strong>treti<strong>en</strong>s filmés avec Sarah Léonor, Michel Klein le<br />

producteur du film et Frank Beauvais, le conseiller musical – qui sont<br />

consultables sur alsace-cinemas.org – avant de me <strong>la</strong>ncer dans <strong>la</strong> rédaction<br />

du dossier afin de préciser le contexte de réalisation. Un premier long<br />

métrage est toujours une av<strong>en</strong>ture singulière.<br />

J’étais particulièrem<strong>en</strong>t intéressé par <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce des<br />

comédi<strong>en</strong>s dans le film ainsi que par l’évolution<br />

des dispositifs de mise <strong>en</strong> scène de Sarah par<br />

rapport à ses réalisations précéd<strong>en</strong>tes. Je ti<strong>en</strong>s<br />

beaucoup à ce que mes analyses rest<strong>en</strong>t proches<br />

des films, du travail des auteurs, et ce film m’<strong>en</strong><br />

offrait une belle opportunité.<br />

D. M. : Quel a été votre rôle<br />

dans <strong>la</strong> formation des professeurs <br />

J.-F. P. : Je développe les aspects généraux : le<br />

contexte de production, <strong>la</strong> situation du cinéma<br />

d’auteur <strong>en</strong> France… Puis je fais des li<strong>en</strong>s ponctuels<br />

avec les articles rédigés et j’indique des activités<br />

pédagogiques qui peuv<strong>en</strong>t être m<strong>en</strong>ées <strong>en</strong> c<strong>la</strong>sse…<br />

Mais surtout je <strong>la</strong>isse parler Sarah. Nous voulions<br />

privilégier le questionnem<strong>en</strong>t direct, c’était<br />

l’objectif premier de cette série de r<strong>en</strong>contres.<br />

D. M. : Était-ce <strong>la</strong> première fois <br />

J.-F. P. : J’intervi<strong>en</strong>s depuis plusieurs années pour<br />

s<strong>en</strong>sibiliser mes collègues des lycées, mais aussi<br />

des collèges, où le même dispositif existe, mais<br />

c’est <strong>la</strong> première fois que je “décortique” une<br />

œuvre <strong>en</strong> prés<strong>en</strong>ce de l’auteur. D’emblée, ce<strong>la</strong><br />

conc<strong>en</strong>tre l’att<strong>en</strong>tion sur l’ess<strong>en</strong>tiel : le point de<br />

vue et <strong>la</strong> mise <strong>en</strong> scène. L’indicible aussi. Tout<br />

film recèle une part qui résiste à l’analyse. Si<br />

c’est l’auteur qui le dit, ce<strong>la</strong> est plus audible visà-vis<br />

d’un public qui veut souv<strong>en</strong>t compr<strong>en</strong>dre<br />

avant de ress<strong>en</strong>tir.<br />

D. M. : Quelles ont été <strong>la</strong> réception<br />

et <strong>la</strong> suite de cette interv<strong>en</strong>tion <br />

J.-F. P. : Excell<strong>en</strong>te. Mes collègues étai<strong>en</strong>t ravis<br />

de l’expéri<strong>en</strong>ce et nombreux sont ceux qui<br />

souhait<strong>en</strong>t <strong>la</strong> voir reconduite avec d’autres films.<br />

La prés<strong>en</strong>ce de Sarah a donné un nouveau relief<br />

à <strong>la</strong> formation qui s’ancre un peu plus dans <strong>la</strong><br />

compréh<strong>en</strong>sion d’une démarche d’auteur. Je suis<br />

convaincu que nous pouvons faire partager cette<br />

approche à nos élèves pour qu’ils acquièr<strong>en</strong>t<br />

le goût d’un art subtil, s<strong>en</strong>suel, ouvert, où le<br />

monde ne leur est pas donné, où il faut guetter<br />

les instants de vérité.<br />

Propos recueillis par Delphine Maza<br />

alsace-cinemas.org


diffusion<br />

Mardi soir à Nancy R<strong>en</strong>dez-vous à l’Institut europé<strong>en</strong> du cinéma et de<br />

l’audiovisuel pour r<strong>en</strong>contrer un docum<strong>en</strong>tariste et son film, lors d’une séance<br />

où <strong>la</strong> convivialité reflète celle de son équipe, sout<strong>en</strong>ue par des part<strong>en</strong>aires<br />

régionaux et curieuse de nouvelles expéri<strong>en</strong>ces de diffusion, hors les murs ou<br />

à <strong>la</strong> découverte de nouveaux tal<strong>en</strong>ts.<br />

PHOTO CINÉLIGUE CHAMPAGNE-ARDENNE<br />

Les Mardis du doc,<br />

sept ans de projections !<br />

Nés <strong>en</strong> 2005 d’une col<strong>la</strong>boration <strong>en</strong>tre <strong>la</strong> Safire Lorraine, Addoc et<br />

l’association Les Yeux de l’Ouïe, les Mardis du doc milit<strong>en</strong>t et œuvr<strong>en</strong>t<br />

pour <strong>la</strong> diffusion du docum<strong>en</strong>taire de création. Un public régulier s’est<br />

construit d’année <strong>en</strong> année, composé de personnes intéressées par <strong>la</strong><br />

thématique du film et d’amateurs d’images nouvelles <strong>en</strong> général, les<br />

premiers pouvant v<strong>en</strong>ir grossir les rangs des seconds au fil des séances.<br />

Les Mardis sont le fruit d’un travail collectif, de <strong>la</strong> réflexion m<strong>en</strong>ée par<br />

un groupe de six personnes <strong>en</strong>thousiastes qui veill<strong>en</strong>t aux exig<strong>en</strong>ces<br />

de qualité et procèd<strong>en</strong>t <strong>en</strong>semble aux sélections. Pas de thématique<br />

ni de vraie méthode, mais un fonctionnem<strong>en</strong>t au coup de cœur à faire<br />

partager ! Au final, cinq à six séances par an avec une cinquantaine<br />

de spectateurs à chaque fois, voire deux fois plus quand il s’agit d’un<br />

réalisateur dont le travail est suivi depuis longtemps aux Mardis du<br />

doc, comme c’est le cas pour François Cail<strong>la</strong>t ou C<strong>la</strong>udio Pazi<strong>en</strong>za.<br />

Les Mardis du doc ne sont pas seulem<strong>en</strong>t un moy<strong>en</strong> de proposer au<br />

public des docum<strong>en</strong>taires sur des sujets de société qui les concern<strong>en</strong>t<br />

et dont ils peuv<strong>en</strong>t débattre après <strong>la</strong> projection. Ils représ<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t aussi,<br />

et peut-être surtout, un lieu d’échange autour de <strong>la</strong> question : que nous<br />

dis<strong>en</strong>t les images (et les sons) du réel Comm<strong>en</strong>t représ<strong>en</strong>ter <strong>la</strong> réalité et<br />

comm<strong>en</strong>t l’interroger Y a-t-il des chemins plus justes, plus pertin<strong>en</strong>ts,<br />

plus personnels dans cette imm<strong>en</strong>se bouillie d’images dans <strong>la</strong>quelle<br />

nous baignons Comm<strong>en</strong>t retrouver un regard vif, aigu, critique<br />

malgré <strong>la</strong> surabondance Ces interrogations concern<strong>en</strong>t aussi bi<strong>en</strong> le<br />

grand public que les professionnels, elles relèv<strong>en</strong>t d’une nécessaire<br />

“formation perman<strong>en</strong>te” à l’image. Elles interpell<strong>en</strong>t le citoy<strong>en</strong> face au<br />

monde comme l’artiste face à <strong>la</strong> création. Elles explor<strong>en</strong>t cet <strong>en</strong>droit<br />

s<strong>en</strong>sible où se rejoign<strong>en</strong>t questions de forme et questions de fond.<br />

À travers le dialogue avec les réalisateurs, toujours prés<strong>en</strong>ts aux<br />

projections, à travers les débats avec les spectateurs et le soin porté<br />

au choix des films projetés, les Mardis du doc t<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t à chaque séance<br />

d’apporter des réponses à ces questions, mais aussi des éc<strong>la</strong>irages<br />

diversifiés sur les démarches artistiques à l’œuvre, et des pistes de<br />

réflexions à remporter chez soi… Une expéri<strong>en</strong>ce toujours vivace et<br />

passionnante à <strong>la</strong> huitième saison !<br />

Ève Chambrot, Les Yeux de l’Ouïe<br />

Philippe Thomine, Safire Lorraine<br />

www.lesyeuxdelouie.com<br />

Gagarin<strong>la</strong>nd de V<strong>la</strong>dimir Kozlov, projeté <strong>en</strong> décembre à Nancy<br />

LES DOCS DU NORD/LES FILMS DE LA CASTAGNE<br />

films sortis de fabrique<br />

Celles et ceux de Maflo<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ d’Aline Battaglia (HD)<br />

Coproduction Dora films SAS, Mosaïk TV,<br />

Vosges télévision<br />

Diffusion <strong>en</strong> avant-première le 1 er octobre 2012,<br />

le 15 octobre 2012 sur Vosges télévision,<br />

le 31 octobre au forum social de Meis<strong>en</strong>thal<br />

EnFin,<br />

<strong>la</strong> grande mosquée<br />

Film de 52’ de Afsaneh Chehrehgosha (HD)<br />

Coproduction Seppia, <strong>Alsace</strong> 20<br />

Avant-première le 7 janvier 2013<br />

Diffusion les 28 et 29 septembre 2012<br />

sur <strong>Alsace</strong> 20<br />

films sortis de fabrique<br />

Les obstinés du ried<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Max Disbeaux et Marc Jonas (HDV)<br />

Coproduction Des Jours meilleurs, <strong>Alsace</strong> 20<br />

Diffusion <strong>en</strong> décembre 2012<br />

Portraits de voyages<br />

Série d’animation de 20 x 3’<br />

de Basti<strong>en</strong> Dubois (DCP, HDcam)<br />

Coproduction Sacrebleu productions, Arte France<br />

Diffusion début 2013 sur Arte France<br />

Adieu <strong>la</strong> vie,<br />

adieu l’amour<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’<br />

de Michel Brunet et Dominique H<strong>en</strong>nequin (XDCam HD)<br />

Coproduction Nomades TV,<br />

France Télévisions (France 3 Picardie)<br />

Diffusion sur France 3 Picardie,<br />

France 3 Lorraine et France 3 Languedoc-Roussillon<br />

le 10 novembre 2012<br />

Avant-premières le 25 octobre à l’Historial<br />

de <strong>la</strong> Grande Guerre de Péronne (Somme),<br />

le 6 novembre à <strong>la</strong> médiathèque du Grand Narbonne,<br />

le 8 novembre au Caméo Ariel de Metz<br />

dans le cadre du Mois du docum<strong>en</strong>taire lorrain<br />

Pierre Chambon,<br />

l’homme aux mille souris<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Ayméric Jeay (HD)<br />

Coproduction Bix films, Groupe Ga<strong>la</strong>ctica,<br />

Vosges télévision, TLSP<br />

Diffusion le 1 er trimestre 2013 sur Vosges télévision<br />

15


europe<br />

Co-organisée par l’Ant<strong>en</strong>ne MEDIA Strasbourg, <strong>la</strong> deuxième des sessions de formation European Social Docum<strong>en</strong>tary (ESoDoc) s’est<br />

t<strong>en</strong>ue à Strasbourg du 4 au 7 juillet 2012, avec pour objectif d’<strong>en</strong>courager le développem<strong>en</strong>t de projets à l’international et de créer<br />

un réseau de professionnels europé<strong>en</strong>s. Sur p<strong>la</strong>ce, une vingtaine de producteurs, réalisateurs et représ<strong>en</strong>tants d’ONG développai<strong>en</strong>t un<br />

projet de docum<strong>en</strong>taire sur une thématique sociale ou <strong>en</strong>vironnem<strong>en</strong>tale tout <strong>en</strong> abordant les questions d’écriture, de production et<br />

de diffusion autour des nouveaux médias.<br />

Les professionnels alsaci<strong>en</strong>s ayant participé à ESoDoc PHOTOS ESODOC<br />

16<br />

ESoDoc à Strasbourg<br />

40 professionnels pour 5 jours de r<strong>en</strong>contres<br />

et une projection publique<br />

Entre <strong>la</strong> session de mai organisée à Bolzano et celle de septembre à<br />

Bard<strong>en</strong>nochia, Strasbourg a accueilli <strong>en</strong>viron 40 participants parmi lesquels<br />

22 professionnels, 12 tuteurs chargés d’animer les ateliers de travail, ainsi<br />

que l’équipe ita li<strong>en</strong>ne organisatrice. Deux personnes mises à dispo sition<br />

par l’ant<strong>en</strong>ne MEDIA ont égalem<strong>en</strong>t accompagné les participants. Au<br />

programme de cette semaine de travail int<strong>en</strong>sif, des séances plénières, des<br />

séminaires <strong>en</strong> sous-groupes, des études de cas, des r<strong>en</strong>dez-vous individuels<br />

ainsi que des séances de projections suivies de débats. Interv<strong>en</strong>tions qui<br />

ont permis d’approcher les principes de <strong>la</strong> photographie docum<strong>en</strong>taire<br />

et du pitching, les audi<strong>en</strong>ces du webdocum<strong>en</strong>taire, le storytelling. Enfin,<br />

une projection publique à l’Odyssée a permis de prés<strong>en</strong>ter cette formation<br />

ESoDoc au public strasbourgeois.<br />

12 participants régionaux<br />

et un projet local sélectionné<br />

Invités à postuler à l’<strong>en</strong>semble de <strong>la</strong> formation, deux réalisateurs des<br />

régions Est ont été sélec tionnés pour suivre l’<strong>en</strong>semble de <strong>la</strong> mani fes tation,<br />

les réalisateurs Max Disbeaux et A<strong>la</strong>in Chréti<strong>en</strong>. Le premier avec un projet<br />

transmédia et le second avec un projet de docum<strong>en</strong>taire.<br />

Max Disbeaux témoigne : « Avec le déve lop pem<strong>en</strong>t des webdocs et des<br />

expéri<strong>en</strong>ces trans média <strong>en</strong> général, un nouveau métier est <strong>en</strong> train de<br />

naître, celui d’auteur-réalisateur de films interactifs. Ça a été passionnant<br />

d’échanger avec d’autres réalisateurs de toute l’Europe pour rechercher<br />

comm<strong>en</strong>t affirmer son point de vue d’auteur dans ce nouvel univers<br />

composé de développeurs informatiques, de webdesigners, de responsables<br />

marketing. »<br />

Douze professionnels alsaci<strong>en</strong>s, Christophe Berthaud, Anne Fantinel,<br />

Mariette Feltin, Luis Miranda, Myriam Poirson, David Hourt, Anton Calleja,<br />

Daniel Coche, Cécile Enjalbal, Marc Jonas, Delphine Maza, Sarah Myriam<br />

Poirson, Christian von der Heyd<strong>en</strong>, pour <strong>la</strong> plupart réalisateurs, ont de plus<br />

participé à ce séminaire <strong>en</strong> tant qu’observateurs. Et le projet de Mariette<br />

Feltin, Raconte-moi ta <strong>la</strong>ngue, a été ret<strong>en</strong>u pour bénéficier d’une expertise<br />

par des tuteurs, sur l’<strong>en</strong>semble de <strong>la</strong> semaine.<br />

8 points de synthèse des comm<strong>en</strong>taires<br />

des participants locaux<br />

La découverte de nouvelles approches par le prisme de modèles américains<br />

et anglo-saxons a permis à tous d’<strong>en</strong>visager <strong>la</strong> création sous un<br />

angle neuf. Les cours <strong>en</strong>richissants, concrets, pratiques ainsi que les informations<br />

concernant les méthodes de production et de diffusion ont su<br />

éveiller l’<strong>en</strong>vie de se replonger dans d’anci<strong>en</strong>s<br />

projets mais aussi de s’ori<strong>en</strong>ter davantage vers<br />

les nouveaux médias. De plus, <strong>la</strong> possibilité de<br />

r<strong>en</strong> contrer des professionnels internationaux de<br />

l’audiovisuel a permis aux participants de se<br />

projeter dans leurs parcours à travers des exposés<br />

c<strong>la</strong>irs, utiles, intel ligemm<strong>en</strong>t illustrés, et de s’<strong>en</strong><br />

inspirer pour avancer. Le réseautage était égalem<strong>en</strong>t<br />

un atout fort de ces temps d’échanges<br />

<strong>en</strong>tre professionnels, avec des one to one pouvant<br />

déboucher sur des perspectives profes sion nelles,<br />

ainsi qu’<strong>en</strong>tre les anci<strong>en</strong>s élèves ESoDoc qui<br />

ont pu rev<strong>en</strong>ir sur leurs parcours respectifs et<br />

les difficultés r<strong>en</strong>contrées. Toutefois, certaines<br />

confé r<strong>en</strong>ces, trop éloignées des att<strong>en</strong>tes, de même<br />

que les visions parfois trop anglo-saxonnes<br />

de quelques confér<strong>en</strong>ciers, ont pu paraître <strong>en</strong><br />

déca <strong>la</strong>ge avec <strong>la</strong> réalité de <strong>la</strong> production audiovisuelle<br />

française et manquer d’intérêt pour les<br />

participants. Subsist<strong>en</strong>t aussi quelques frustrations<br />

quant au domaine du transmédia, trop<br />

peu évoqué lors des r<strong>en</strong>contres.<br />

Il n’<strong>en</strong> reste pas moins que cette approche pédagogique,<br />

ludique, impliquante et pragmatique<br />

fut à l’unanimité <strong>la</strong> source d’un questionnem<strong>en</strong>t<br />

béné fique sur ses propres pratiques et l’occasion<br />

de r<strong>en</strong>forcer <strong>en</strong>core les li<strong>en</strong>s <strong>en</strong>tre les différ<strong>en</strong>ts<br />

acteurs locaux.<br />

Aurélie Réveil<strong>la</strong>ud,<br />

Ant<strong>en</strong>ne MEDIA Strasbourg<br />

Pour participer à ESoDoc 2013<br />

Envoyez vos dossiers de candidatures jusqu’au 14 janvier 2013.<br />

Les 3 sessions se ti<strong>en</strong>dront du 18 au 24 mars à La Hague<br />

<strong>en</strong> Hol<strong>la</strong>nde, <strong>en</strong> mai <strong>en</strong> Norvège et <strong>en</strong> septembre <strong>en</strong> Italie.<br />

Contact : Heidi Gronauer, gronauer@zeligfilm.it<br />

www.esodoc.eu<br />

À noter sur vos ag<strong>en</strong>das<br />

L’ant<strong>en</strong>ne MEDIA accueille le forum G<strong>en</strong>erator<br />

du 25 au 27 janvier 2013 à Strasbourg.<br />

Cet événem<strong>en</strong>t est organisé par le réseau europé<strong>en</strong> Nisimasa<br />

et réunira 120 jeunes professionnels europé<strong>en</strong>s autour<br />

d’ateliers pratiques, tables rondes et projections.<br />

Les professionnels régionaux sont les bi<strong>en</strong>v<strong>en</strong>us.<br />

Contact : Léa Triboulet pour Nisimasa,<br />

lea.triboulet@gmail.com


PHOTO NICK WARE<br />

r<strong>en</strong>contre<br />

Docum<strong>en</strong>taries Une analyse franco-ang<strong>la</strong>ise<br />

formulée par Nick Ware, interrogé par Lauriane<br />

Jussiau à Fulvy, petit vil<strong>la</strong>ge de l’Yonne où il<br />

a emménagé il y a un an et demi, après avoir<br />

longtemps travaillé à <strong>la</strong> BBC : pour les chaînes<br />

et <strong>en</strong> tant que chargé de programmes, directeur<br />

d’unité. Pourquoi donc quitter <strong>la</strong> vie londo ni<strong>en</strong>ne<br />

pour l’Yonne <br />

Nick Ware, produire in Burgundy<br />

Lauriane Jussiau : Parlez-nous de vous, de votre carrière…<br />

Nick Ware : J’ai démarré à <strong>la</strong> BBC, d’abord <strong>en</strong> tant que prés<strong>en</strong>tateur<br />

et producteur radio, puis du côté de <strong>la</strong> télévision au mom<strong>en</strong>t de <strong>la</strong><br />

révolution numérique. J’ai travaillé sur le <strong>la</strong>ncem<strong>en</strong>t de deux chaînes :<br />

l’une d’elles, Channel 4, est maint<strong>en</strong>ant <strong>la</strong> principale chaîne culturelle<br />

<strong>en</strong> Angleterre, un peu équival<strong>en</strong>te à Arte. Je suis aussi directeur<br />

international de <strong>la</strong> nouvelle Indian Docum<strong>en</strong>tary Foundation qui vise<br />

à sout<strong>en</strong>ir les producteurs indi<strong>en</strong>s à travers <strong>la</strong> formation et des bourses<br />

d’aides au développem<strong>en</strong>t. Je suis fasciné par les nouvelles façons de<br />

financer, distribuer et concevoir des docum<strong>en</strong>taires, et j’ai beaucoup<br />

d’expéri<strong>en</strong>ces différ<strong>en</strong>tes, parce que je suis amateur de nouveaux<br />

chall<strong>en</strong>ges – comme déménager <strong>en</strong> France !<br />

L. J. : Quelles sont les raisons qui vous ont am<strong>en</strong>ées ici <br />

N. W. : C’était un réel coup de cœur. La raison principale de ma v<strong>en</strong>ue<br />

est <strong>la</strong> volonté de construire une nouvelle vie à <strong>la</strong> campagne avec ma<br />

famille et de travailler <strong>en</strong> compagnie de ma femme. Nous avons deux<br />

gîtes et une boutique de produits ang<strong>la</strong>is qui fait aussi salon de thé !<br />

L. J. : Quels sont vos projets actuels <br />

N. W. : Ma passion est le docum<strong>en</strong>taire de création, j’<strong>en</strong> ai deux <strong>en</strong><br />

déve lop pem<strong>en</strong>t : l’un se passera <strong>en</strong> Afrique et l’autre est une histoire<br />

bourgui gnonne avec une intrigue américaine ! Je suis égalem<strong>en</strong>t formateur<br />

et consultant. Je suis passionné par <strong>la</strong> formation des producteurs<br />

et réalisateurs de docum<strong>en</strong>taires que j’exerce dans des festivals et des<br />

forums de pitch à travers le monde.<br />

L. J. : Que vous évoque <strong>la</strong> perspective de travailler<br />

avec des producteurs français Effrayant Excitant <br />

N. W. : Je suis ravi de travailler avec Faites un vœu, une société de<br />

production franc-comtoise. Je dois dire qu’il y a tout de même des<br />

différ<strong>en</strong>ces culturelles <strong>en</strong>tre les réalisateurs français et ang<strong>la</strong>is. Ici, tout<br />

est toujours basé sur l’auteur, écrire un film, c’est être un vrai dictateur !<br />

C’est moins le cas <strong>en</strong> Angleterre. Le style français est plus poétique,<br />

<strong>la</strong>ngoureux et parfois impénétrable ! Je travaille avec une tradition<br />

narrative très c<strong>la</strong>ire, donc vous m’<strong>en</strong>t<strong>en</strong>drez toujours demander « Quelle<br />

est l’histoire Quelle est <strong>la</strong> structure narrative ».<br />

L. J. : Quels sont vos réalisateurs français préférés <br />

N. W. : Je sais que c’est prévisible, mais je dois citer Agnès Varda et<br />

Raymond Depardon. Et à chaque fois que je regarde Le chagrin et <strong>la</strong><br />

pitié, je suis bouleversé.<br />

L. J. : Si vous deviez décrire <strong>la</strong> production docum<strong>en</strong>taire française <strong>en</strong> un mot <br />

N. W. : Int<strong>en</strong>se !<br />

L. J. : Quelles sont pour vous les différ<strong>en</strong>ces <strong>en</strong>tre <strong>la</strong> production ang<strong>la</strong>ise et française <br />

N. W. : Je dirais qu’<strong>en</strong> général, les Français privilégi<strong>en</strong>t toujours le côté<br />

artistique, <strong>en</strong> Angleterre ce serait plutôt les spectateurs. Les deux pays<br />

ont des fortes traditions et idéalem<strong>en</strong>t, il faudrait un mé<strong>la</strong>nge des deux<br />

approches ! Ce que je p<strong>en</strong>se très sain <strong>en</strong> ce mom<strong>en</strong>t, c’est de p<strong>en</strong>ser à<br />

l’impact d’un film et comm<strong>en</strong>t il peut r<strong>en</strong>contrer son public au fil du<br />

temps. Je p<strong>en</strong>se que c’est quelque chose qui est toujours mieux fait par<br />

les Ang<strong>la</strong>is ! Mais <strong>en</strong> France, vous avez vraim<strong>en</strong>t intégré les nouvelles<br />

formes de narration avec les webdocs. Il y a plusieurs sociétés de<br />

production de cont<strong>en</strong>u transmédia que j’admire – comme Upian par<br />

exemple. De plus, l’<strong>en</strong>gagem<strong>en</strong>t des chaînes nationales a contribué à <strong>la</strong><br />

création de tal<strong>en</strong>ts et de créativité.<br />

Propos recueillis par Lauriane Jussiau, chargée de mission à l’APARR<br />

films sortis de fabrique<br />

La cinquième saison<br />

Long métrage de 85’ de Peter Bros<strong>en</strong>s<br />

et Jessica Woodworth (DCP, 35 mm)<br />

Coproduction Unlimited, Bo films, Entre chi<strong>en</strong> et loup<br />

(Belgique), Mol<strong>en</strong>wiek productions (Pays-Bas)<br />

Diffusion <strong>en</strong> salles <strong>en</strong> mars 2013<br />

films sortis de fabrique<br />

Un père américain<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 56’ de Jean-Baptiste Mathieu (numérique)<br />

Coproduction Les Films de l’étranger, Vosges télévision<br />

Diffusion prévue <strong>en</strong> 2013<br />

L’arbre d’<strong>en</strong> face<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Pierre Toussaint (HD)<br />

Coproduction Bix films, <strong>Alsace</strong> 20, Vosges télévision,<br />

Les Films terre africaine<br />

Diffusion fin décembre 2012 sur <strong>Alsace</strong> 20<br />

Le <strong>la</strong>c de Jean-Christophe Maillot,<br />

immersion dans une création<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ d’A<strong>la</strong>in Guillon (HD)<br />

Coproduction Ère production, France Télévisions, Mezzo<br />

Diffusion <strong>en</strong> avant-première le 24 novembre 2012<br />

à Monaco, sur France 3 Côte d’Azur le 22 décembre<br />

dans Les coulisses des ballets de Monte-Carlo<br />

L’interne de garde<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Virginie Saclier (HD)<br />

Coproduction Aximée productions, France 3 Bourgogne<br />

Diffusion <strong>en</strong> avant-première<br />

le 20 novembre 2012 à Autun<br />

et le 23 novembre sur France 3 Bourgogne<br />

17


séance de l’invité<br />

Invité de <strong>la</strong> Safire à l’Ag<strong>en</strong>ce culturelle d’<strong>Alsace</strong>, Andrea Caccia, réalisateur<br />

itali<strong>en</strong> découvert précédemm<strong>en</strong>t aux États généraux de Lussas, a r<strong>en</strong>contré<br />

un public att<strong>en</strong>tif, dont Jérémie Vald<strong>en</strong>aire, étudiant <strong>en</strong> lic<strong>en</strong>ce 3 arts du<br />

spectacle-cinéma à Strasbourg, faisait partie. Deux regards sur le cinéma, l’un<br />

artiste et artisan, l’autre appr<strong>en</strong>ti.<br />

Andrea Caccia DR<br />

La vita al tempo del<strong>la</strong> morte<br />

L’estate vo<strong>la</strong> (à droite)<br />

18<br />

Cheminem<strong>en</strong>ts<br />

avec Andrea Caccia<br />

Première projection de <strong>la</strong> journée, La vita al<br />

tempo del<strong>la</strong> morte [La vie au temps de <strong>la</strong> mort] :<br />

le caractère expérim<strong>en</strong>tal du cinéma d’Andrea<br />

Caccia me saisit, bouscule mes habitudes. Le<br />

film est <strong>en</strong> effet découpé <strong>en</strong> trois parties distinctes<br />

et à première vue indép<strong>en</strong>dantes ; son<br />

esthé tique étonne. La première séqu<strong>en</strong>ce est<br />

filmée <strong>en</strong> basse résolution avec flous optiques et<br />

ajout de divers filtres ; s’y déroule <strong>la</strong> vie d’un <strong>la</strong>c<br />

au fil des différ<strong>en</strong>tes saisons. Un p<strong>la</strong>n séqu<strong>en</strong>ce<br />

d’ouverture montre <strong>la</strong> mort d’un papillon <strong>en</strong><br />

temps réel… La manière de traiter l’image imprime<br />

à cette scène une sorte de mystère, très<br />

proche du fantastique ou de ce qu’a pu réaliser<br />

Jean Epstein <strong>en</strong> son temps. La deuxième partie,<br />

beaucoup plus conv<strong>en</strong>tionnelle, est une suite<br />

d’<strong>en</strong>treti<strong>en</strong>s avec des personnes <strong>en</strong> phase terminale<br />

de cancer (même si le mot n’est jamais<br />

prononcé) ; le changem<strong>en</strong>t de registre surpr<strong>en</strong>d<br />

d’autant que le film continue <strong>en</strong> 16 mm noir<br />

et b<strong>la</strong>nc, avec une mis <strong>en</strong> scène assumée : le<br />

réalisateur y range son garage à <strong>la</strong> suite du décès<br />

de son père, des vieux vinyles le replong<strong>en</strong>t dans<br />

des souv<strong>en</strong>irs ou des anci<strong>en</strong>s rêves qu’il raconte<br />

<strong>en</strong> off. Ces différ<strong>en</strong>tes parties apparaiss<strong>en</strong>t ainsi<br />

rétrospectivem<strong>en</strong>t comme les étapes d’un chemi<br />

nem<strong>en</strong>t intérieur du réalisateur (pas nécessai<br />

rem<strong>en</strong>t chronologique), de <strong>la</strong> contem p<strong>la</strong>tion<br />

à l’inter rogation, pour rev<strong>en</strong>ir à soi. Ainsi, à<br />

partir d’un événem<strong>en</strong>t personnel (<strong>la</strong> mort d’un<br />

proche), Andrea Caccia nous fait ress<strong>en</strong>tir le<br />

monde comme un cycle, comme les différ<strong>en</strong>tes<br />

saisons de <strong>la</strong> première séqu<strong>en</strong>ce <strong>en</strong> témoign<strong>en</strong>t, <strong>la</strong> mort du papillon et<br />

surtout <strong>la</strong> prés<strong>en</strong>ce du propre fils du cinéaste dans le dernier p<strong>la</strong>n du film<br />

puisque ce dernier aura lui aussi un jour à “ranger le garage”.<br />

Deuxième projection, deuxième expéri<strong>en</strong>ce : L’estate vo<strong>la</strong> (L’été s’<strong>en</strong>vole).<br />

Des images d’immeubles <strong>en</strong> ruine, de murs qui s’écaill<strong>en</strong>t, de terrains<br />

vagues, de foule, y défil<strong>en</strong>t à toute allure dans <strong>la</strong> chaleur d’août ; loin des<br />

beaux immeubles de <strong>la</strong> ville et de <strong>la</strong> Sca<strong>la</strong>. En off saturé, un étranger à cette<br />

p<strong>la</strong>nète semble décrire froidem<strong>en</strong>t les caractéristiques de l’humanité ; je<br />

dis “semble”, car ce que dit <strong>la</strong> voix est très difficile à compr<strong>en</strong>dre d’autant<br />

qu’à force d’être transformée elle devi<strong>en</strong>t une sorte de mélodie grinçante<br />

inintelligible. La “visite” se termine dans <strong>la</strong> soute d’un avion où deux<br />

<strong>en</strong>fants africains ont écrit Italie avant de mourir ; une destination qu’ils<br />

n’ont jamais atteinte, un message où l’on devine l’espoir nourri par l’image<br />

médiatisée d’une Europe utopique. Le film est beaucoup plus nerveux,<br />

peut-être un peu moins maîtrisé, sorte de brûlot de jeunesse il me semble,<br />

mais il n’<strong>en</strong> reste pas moins hypnotique. L’émulsion <strong>en</strong>tre ces images<br />

stroboscopiques que ne r<strong>en</strong>ierait pas Vertov, le regard clinique de <strong>la</strong> voix<br />

off, le tout adoubé par <strong>la</strong> musique de Mogwai – au début paisible puis<br />

saturée et nerveuse, semble retracer le vécu des <strong>en</strong>fants africains cherchant<br />

à immigrer, de l’espoir du havre de paix à <strong>la</strong> mort.<br />

Dernier film de <strong>la</strong> journée, Mi piace quello alto con le stampelle [J’aime le<br />

grand avec des béquilles]. Le film nous immerge dans <strong>la</strong> vie quotidi<strong>en</strong>ne<br />

d’<strong>en</strong>fants dont on compr<strong>en</strong>d qu’ils sont tous atteints de cancer et que<br />

certains ne survivront pas. Peut-être <strong>en</strong> raison de sa diffusion (télévisuelle,<br />

ce qui, <strong>en</strong> tant qu’étudiant, m’inquiète pour mon av<strong>en</strong>ir professionnel),<br />

Mi piace se révèle beaucoup plus c<strong>la</strong>ssique. Je suis déçu de ne pas y<br />

retrouver les expéri<strong>en</strong>ces rythmiques visuelles, narratives et musicales,<br />

qui m’avai<strong>en</strong>t tant plu au début de journée d’autant que grâce au discours<br />

du réalisateur prés<strong>en</strong>t, j’avais pu égalem<strong>en</strong>t mieux les compr<strong>en</strong>dre et les<br />

vivre. Malgré tout, c’est <strong>la</strong> tête pleine d’images, mais aussi remplie de<br />

questionnem<strong>en</strong>ts personnels (sur <strong>la</strong> vie, <strong>la</strong> mort…) que je quitte Sélestat,<br />

preuve que ces films difficiles d’accès <strong>la</strong>iss<strong>en</strong>t une marque profonde chez<br />

leur spectateur, <strong>en</strong> tout cas chez moi.<br />

Jérémie Vald<strong>en</strong>aire,<br />

lic<strong>en</strong>ce 3 arts du spectacle-cinéma


etour de…<br />

Lussas, une géographie de l’image<br />

Cette année, chaque séance de projections <strong>en</strong> plein air était l’occasion de (re-)<br />

découvrir un court métrage peu connu de notre défunt Chris Marker. Loin et<br />

néanmoins proche de La jetée ou du Tombeau d’Alexandre, le festival s’est ainsi<br />

ouvert sur Slon (Tango), 1993. Cette première soirée se poursuivit avec La vierge,<br />

les Coptes et moi de Namir Abdel Messeeh, intéressant travail à mi-chemin <strong>en</strong>tre<br />

docum<strong>en</strong>taire et fiction (un jeu habituel à Lussas).<br />

Mais les soirées de plein air, c’était aussi des films très s<strong>en</strong>sibles comme Matthew’s<br />

Laws, dont le personnage autiste nous ouvre et nous ferme une porte tout à <strong>la</strong> fois. Le<br />

regard du réalisateur Marc Schmidt, à <strong>la</strong> fois distant et complice, cherche <strong>la</strong> juste<br />

mesure pour poser sa caméra.<br />

Plus contemp<strong>la</strong>tif, Victor Kossakovsky nous propose un docum<strong>en</strong>taire, Vivan <strong>la</strong>s<br />

antipodas sautant des exacts antipodes de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>nète. Le film nous perd un peu sur<br />

<strong>la</strong> durée, car passer du calme de <strong>la</strong> Patagonie à une nuée de scooters de Pékin est<br />

un exploit auditif viol<strong>en</strong>t. Si d’un point de vue image, le film est très réussi, le son<br />

et <strong>la</strong> musique sont une réelle agression. En revanche, les organisateurs du festival<br />

ont eu le coup de génie de passer avant ce film Where the condors fly de Carlos<br />

Klein. Celui-ci, réalisé sur Victor Kossakovsky, nous permet de pr<strong>en</strong>dre consci<strong>en</strong>ce<br />

de l’aspect exubérant du réalisateur russe.<br />

Pour ma troisième année de prés<strong>en</strong>ce aux États généraux de Lussas, je me suis <strong>en</strong>fin<br />

décidé à passer le cap : aller à La nuit de <strong>la</strong> radio, organisée par <strong>la</strong> Scam, qui se passe<br />

dans un tout petit vil<strong>la</strong>ge sur les hauteurs de Lussas, Saint-Laur<strong>en</strong>t-sous-Coiron.<br />

Une fois <strong>la</strong> nuit tombée, nous avons pu découvrir le montage radiophonique de<br />

Christian Cléres sur le thème de “Ça ira mieux demain”. Selon Christian, on n’inv<strong>en</strong>te<br />

plus des histoires mais plutôt des rythmes. Par un melting-pot de fragm<strong>en</strong>ts<br />

d’émissions, al<strong>la</strong>nt de 1936 à aujourd’hui, il nous propose un regard à <strong>la</strong> fois<br />

philosophique et décalé sur les mutations de notre société. Et comme nous dit<br />

le metteur <strong>en</strong> ondes : « Si <strong>la</strong> condition féminine s’est nettem<strong>en</strong>t améliorée, nous<br />

pouvons <strong>en</strong> écoutant les archives sur cette période constater aussi une inquiétude<br />

montante sur les problèmes de l’écologie ».<br />

Fragm<strong>en</strong>t d’une œuvre, cette année, s’est consacré à une comparaison <strong>en</strong>tre le<br />

travail de Jean Rouch et celui de l’Américain B<strong>en</strong> Russell. La vision de son film Let<br />

Each One Go Where He May fut pour moi une réelle expéri<strong>en</strong>ce cinématographique.<br />

Comme souv<strong>en</strong>t dans ce g<strong>en</strong>re de cas, il s’agit d’une expéri<strong>en</strong>ce à faire une seule<br />

fois, mais à faire. Le film, tourné <strong>en</strong> pellicule 16 mm, est composé de douze p<strong>la</strong>ns<br />

séqu<strong>en</strong>ces (durée du film 135 min). Chaque p<strong>la</strong>n séqu<strong>en</strong>ce compose une partie du<br />

trajet de jeunes g<strong>en</strong>s, de leur vil<strong>la</strong>ge dans le Suriname, jusqu’à <strong>la</strong> ville voisine. Ce<br />

film travaille l’idée de durée (les dix minutes de pirogue représ<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t <strong>en</strong> réalité les<br />

dix heures de pirogue nécessaires au trajet).<br />

Cette œuvre nous suggère que l’objectif est le chemin et non l’arrivée, à <strong>la</strong>quelle<br />

d’ailleurs nous n’assistons pas.<br />

Jean-Cyrille Muzelet, Safire <strong>Alsace</strong><br />

Les États généraux du film docum<strong>en</strong>taire se sont t<strong>en</strong>us à Lussas du 19 au 25 août 2012.<br />

www.lussasdoc.org<br />

B<strong>en</strong> Russell, al<strong>en</strong>tour de Lussas<br />

PHOTOS MARY TARANTOLA<br />

films sortis de fabrique<br />

Re<strong>la</strong>xin’ at<br />

Saint-Jean-de-Losne<br />

Les nomades immobiles<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Jean-Paul Mignot (HD)<br />

Coproduction Ère production,<br />

France Télévisions, France 3 Bourgogne<br />

Diffusion <strong>en</strong> att<strong>en</strong>te<br />

Monsieur X,<br />

ou l’inconnu du quai de Seine<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Régis Caël (HD)<br />

Coproduction Ère production, France Télévisions<br />

Diffusion <strong>en</strong> att<strong>en</strong>te<br />

Reims<br />

8 juillet 1962,<br />

une journée particulière<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Didier Deleskiewizc (HD)<br />

Coproduction Ère production,<br />

France Télévisions, Ina<br />

Diffusion <strong>en</strong> avant-première le 6 juillet 2012<br />

<strong>en</strong> <strong>la</strong> cathédrale de Reims<br />

Nancy-Metz,<br />

je t’aime moi non plus<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Christophe Rémy (HD)<br />

Coproduction Ère production, France 3 Lorraine<br />

Diffusion <strong>en</strong> att<strong>en</strong>te<br />

Jungle d’eau douce<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 43’ et 52’<br />

de Serge Dumont et Thomas Weid<strong>en</strong>bach (HD)<br />

Coproduction Seppia,<br />

Läng<strong>en</strong>grad filmproduktion, Arte France<br />

Avant-première le 25 octobre 2012<br />

Diffusé sur Arte le 2 novembre<br />

Saint-Louis,<br />

cristal design<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 26’ de Jean-Baptiste Mathieu (HD)<br />

Coproduction Bix films, France Télévisions,<br />

France 3 Lorraine - Champagne-Ard<strong>en</strong>ne<br />

Diffusion France 3 Lorraine - Champagne-Ard<strong>en</strong>ne<br />

<strong>en</strong> mars 2013<br />

films sortis de fabrique<br />

19


èves<br />

Chacun son court<br />

Le festival Chacun son court, organisé par <strong>la</strong> Cigogne <strong>en</strong>ragée,<br />

s’est t<strong>en</strong>u du 23 au 28 octobre 2012 à Strasbourg. Au final,<br />

un bi<strong>la</strong>n plutôt partagé mais quelques (très) bonnes surprises<br />

comme les films d’étudiants Terminus de Ars<strong>en</strong>y Gonchukov,<br />

un huis clos maîtrisé sur fond de néonazisme, se traduisant<br />

par un s<strong>en</strong>s de <strong>la</strong> mesure assez rare dans <strong>la</strong> gestion de son<br />

susp<strong>en</strong>s – sans doute <strong>la</strong> naissance d’un futur cinéaste –, et We<br />

Are Your Fri<strong>en</strong>ds de Léopold Dewolf, un film parfois lourdaud<br />

et poseur mais qui arrive par éc<strong>la</strong>t à se hisser au niveau de son<br />

projet <strong>en</strong> r<strong>en</strong>dant compte aussi bi<strong>en</strong> de <strong>la</strong> désori<strong>en</strong>tation que<br />

de <strong>la</strong> superficialité de cette génération iPhone.<br />

Notons égalem<strong>en</strong>t <strong>la</strong> réussite d’une certaine veine comique<br />

avec surtout l’improbable r<strong>en</strong>contre <strong>en</strong>tre les Coh<strong>en</strong> et Nuri<br />

Bilge Cey<strong>la</strong>n (Miracle <strong>en</strong> Arménie de Laur<strong>en</strong>t Firode) ou le très<br />

réjouissant The White Mosquidos ou <strong>en</strong>core les amusants<br />

Confession d’un rétro-geek, Nazi Gor<strong>en</strong>g et I’m Your Man.<br />

Le festival a par ailleurs compté son lot de films pseudo-arty<br />

assez vains, un niveau animation très faible avec l’exception<br />

de B<strong>en</strong>dito Machine IV de Jossie Malis qui se p<strong>la</strong>ce dans le<br />

sil<strong>la</strong>ge p<strong>la</strong>stique d’Ocelot tout <strong>en</strong> al<strong>la</strong>nt chercher du côté du<br />

jeu vidéo.<br />

Chacun son court, pour au final 1 200 spectateurs…<br />

www.<strong>la</strong>cigogne-<strong>en</strong>ragee.fr<br />

http://chacunsoncourt.eu<br />

Aug<strong>en</strong>blick, le festival du cinéma<br />

<strong>en</strong> <strong>la</strong>ngue allemande <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong><br />

L’association <strong>Alsace</strong> Cinémas organise chaque année depuis huit ans cet événem<strong>en</strong>t<br />

d’<strong>en</strong>vergure régionale. “Un instant”, traduction directe de Aug<strong>en</strong>blick, une période de 18 jours<br />

– du 13 au 30 novembre 2012 – au cours de <strong>la</strong>quelle plus de 30 films <strong>en</strong> <strong>la</strong>ngue allemande<br />

issus d’Allemagne, de Suisse et d’Autriche, réc<strong>en</strong>ts et pour <strong>la</strong> plupart inédits <strong>en</strong> France, sont<br />

programmés. Une f<strong>en</strong>être ouverte sur <strong>la</strong> cinématographie de nos voisins germanophones,<br />

mais aussi sur leur culture et leur contexte socio-économique. Tous les cinémas membres de<br />

l’association y particip<strong>en</strong>t. Ce tour de force d’accueillir le festival dans 27 cinémas est avant tout<br />

dû à <strong>la</strong> motivation et à <strong>la</strong> volonté des salles. Ces dernières profit<strong>en</strong>t du festival pour mettre <strong>en</strong><br />

avant leur appart<strong>en</strong>ance au réseau et leur militantisme dans <strong>la</strong> diversité culturelle.<br />

Pour cette huitième édition 2012, ce sont 30 films d’Allemagne, de Suisse et d’Autriche, 30 lieux<br />

de projection, un ciné-concert, 300 séances de cinémas, 10 équipes de films prés<strong>en</strong>tes, un Prix<br />

du jury (Le mur invisible, Die wand de Julian Roman Pölsler), un Prix du public (Kaddish pour un<br />

ami, Kaddisch für ein freund de Leo Khasin) et <strong>la</strong> motivation d’un grand nombre de personnes<br />

pour faire tourner au mieux le festival.<br />

www.festival-aug<strong>en</strong>blick.fr<br />

PHOTO ROMAIN ZANIBONI<br />

9 es R<strong>en</strong>contres internationales<br />

du cinéma d’animation (RICA)<br />

La bi<strong>en</strong>nale des RICA, fortem<strong>en</strong>t installée dans le réseau des<br />

festivals d’animation, s’est t<strong>en</strong>ue du 12 au 20 novembre 2012<br />

à Wissembourg. Le ciné-club de cette ville du nord de l’<strong>Alsace</strong><br />

aura fait découvrir des courts métrages, mais aussi des longs<br />

métrages et réunir un public nombreux, près de 7 000 spectateurs.<br />

Cette année, outre l’animation bulgare, itali<strong>en</strong>ne et<br />

canadi<strong>en</strong>ne, avec une vingtaine d’artistes invités, dont Michel<br />

Ocelot, a été r<strong>en</strong>du un hommage à un des maîtres du g<strong>en</strong>re,<br />

le suisse Nag Ansorge. Né <strong>en</strong> 1925, sa carrière a débuté dans<br />

les années 50. Avec sa compagne, Gisèle, il réalise une œuvre<br />

prolifique <strong>en</strong> utilisant diverses techniques dont <strong>la</strong> plus utilisée<br />

est l’animation de sable. P<strong>en</strong>dant une vingtaine d’années,<br />

il a été égalem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> charge du départem<strong>en</strong>t cinéma de <strong>la</strong><br />

clinique psychiatrique universitaire de Lausanne, conduisant<br />

des ateliers avec les pati<strong>en</strong>ts. La dim<strong>en</strong>sion sco<strong>la</strong>ire a été égalem<strong>en</strong>t<br />

très prés<strong>en</strong>te, notamm<strong>en</strong>t avec <strong>la</strong> c<strong>la</strong>sse cinéma du<br />

lycée Stanis<strong>la</strong>s de <strong>la</strong> ville.<br />

Le Grand Prix a été remis au film Le grand ailleurs et le petit<br />

ici, de Michèle Lemieux (Canada) et celui du Public au long<br />

métrage Ernest et Célestine de B<strong>en</strong>jamin R<strong>en</strong>ner, Vinc<strong>en</strong>t Patar<br />

et Stéphane Aubier (France/Belgique/Luxembourg).<br />

www.rica-wissembourg.org<br />

Fiumana de Julia Gromskaya<br />

(Italie, 2012), M<strong>en</strong>tion spéciale du jury aux 9 e RICA<br />

PHOTO VINCENT COUTOIS<br />

20<br />

EntreVues et nous<br />

Pour sa 27 e édition, EntreVues, « le plus petit des grands festivals » comme le qualifie Janine<br />

Bazin, sa créatrice, s’est déroulé à Belfort du 24 novembre au 2 décembre 2012, autour d’une<br />

programmation <strong>en</strong> plusieurs volets :<br />

- 15 longs métrages (docum<strong>en</strong>taires et fictions) et 15 courts métrages constituai<strong>en</strong>t <strong>la</strong> compétition<br />

inter nationale, comme autant de tranches de vies, familiales (Ma belle gosse, Memories<br />

Look at Me), parfois très chaotiques (Everybody in our Family), de destins dés<strong>en</strong>chantés (Ape,<br />

Dispo, In April, The Following Year, There Was a Fire, Tower), de personnages <strong>en</strong> quête de<br />

vérité (La destruccion del ord<strong>en</strong> vig<strong>en</strong>te, Keep a tidy soul) livrés à eux-mêmes dans une fuite<br />

<strong>en</strong> avant (Los Salvajes, La nuit remue), rattrapés par une viol<strong>en</strong>ce sociale (Marseille <strong>la</strong> nuit,<br />

Stalingrad Lovers), ou le déchaînem<strong>en</strong>t des élém<strong>en</strong>ts (Leviathan) et qui, toujours, donn<strong>en</strong>t à<br />

réfléchir sur <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce <strong>la</strong>issée à l’autre, différ<strong>en</strong>t ;<br />

- des rétrospectives dédiées à Ernst Lubitsch et à Jean-Pierre Mocky ;<br />

- une thématique transversale sur l’arg<strong>en</strong>t qui, crise oblige, démontre que le festival EntreVues,<br />

est ancré dans une actualité brû<strong>la</strong>nte.<br />

Séances ponctuées d’échanges <strong>en</strong>tre les réalisateurs et le public, instants qui nous rappell<strong>en</strong>t<br />

<strong>la</strong> complexité d’un travail caractérisé par l’habile mé<strong>la</strong>nge de toutes formes de création : littérature,<br />

musique, théâtre, danse, peinture, photographie… pour former ce <strong>la</strong>ngage universel<br />

qu’est le cinéma. Félicitations à Catherine Bizern et toute son équipe pour cette programmation<br />

riche et variée.<br />

Laura Zornitta, Safire <strong>Alsace</strong><br />

Dimanche, il a plu, et on avait<br />

<strong>en</strong>vie d’aller au cinéma !<br />

Pour <strong>la</strong> cinquième édition de Des films, des auteurs, <strong>la</strong> Safire<br />

a poursuivi son fructueux part<strong>en</strong>ariat avec le Collectif citoy<strong>en</strong><br />

de Guebwiller, le cinéma Le Florival et l’hôtel de l’Ange de<br />

Guebwiller, Vidéo Les Beaux Jours, <strong>la</strong> DRAC et <strong>la</strong> Région <strong>Alsace</strong>.<br />

Du 9 au 11 novembre 2012, trois jours de projections et<br />

d’échanges conviviaux <strong>en</strong>tre le public et les réalisateurs, tous<br />

v<strong>en</strong>us pour l’occasion. Parmi les docum<strong>en</strong>taires sélectionnés :<br />

le t<strong>en</strong>du De rage et de raison de Didier Asson, le révoltant<br />

Hchouma de Zouhair Chéballe, le nostalgique Beyrouth<br />

transports d’Aïdan Obrist, et <strong>en</strong>fin, l’émouvant Où sont nos<br />

amoureuses de Robin et C<strong>la</strong>udie Hunzinger.<br />

L’ouverture et <strong>la</strong> fermeture de ces r<strong>en</strong>contres ont été dédiées<br />

aux jeunes. La relève prometteuse, constituée des étudiants<br />

de l’Université de Strasbourg et de l’Espace jeunesse de<br />

Guebwiller, nous a fait profiter de ses courts métrages. Une<br />

programmation riche et variée dont le point commun ti<strong>en</strong>t <strong>en</strong><br />

<strong>la</strong> volonté de l’événem<strong>en</strong>t : montrer les films singuliers réalisés<br />

ou produits <strong>en</strong> région <strong>Alsace</strong>.<br />

Laura Zornitta, Safire <strong>Alsace</strong>


primés, films sortis <strong>en</strong> salles<br />

efilms<br />

films primés, sortis<br />

Le bonheur, terre promise<br />

Long métrage docum<strong>en</strong>taire de 94’<br />

de Laur<strong>en</strong>t Hasse (DCP)<br />

Coproduction La Bascule et Sombrero and Co<br />

Distribution Les Docs de l’arche et Art cinefeel<br />

- Prix du film d’av<strong>en</strong>ture,<br />

Écollywood, Lille, 2012<br />

- Best Long-Docum<strong>en</strong>tary,<br />

South West International Film Festival,<br />

Londres (Royaume-Uni), 2012<br />

- Grand Prix jury jeune,<br />

Festival À nous de voir d’Oullins, 2012<br />

- Best Non-Fiction Film,<br />

Eurasia International Film Festival,<br />

Almaty (Kazakhstan), 2012<br />

- Prix spécial du jury, Millénium,<br />

Festival international du docum<strong>en</strong>taire,<br />

Bruxelles (Belgique), 2012<br />

- 3 e Prix, Baghdad International<br />

Film Festival (Irak), 2012<br />

- Grand prix, Festival Écozine,<br />

Saragosse (Espagne), 2012<br />

- Best Docum<strong>en</strong>tary,<br />

Ischia Film Festival (Italie), 2012<br />

- Grand Prix, Festival du film d’éducation<br />

d’Évreux, 2011<br />

- Sélections <strong>en</strong> France : États généraux du<br />

docum<strong>en</strong>taire à Lussas, Festival Résonances<br />

à Bobigny, Aux Écrans du réel au Mans,<br />

Festival EcoFilm à Vernouillet, Festival<br />

Itinérances à Alès, Festival Ecollywood<br />

à Lille, Terra Festival <strong>en</strong> Guadeloupe,<br />

Printemps des arts <strong>en</strong> résistances à Comps,<br />

Cinématic Festival à Gussignies, One<br />

Country, One Film à Apchat, Le R<strong>en</strong>dez-vous<br />

du carnet de voyage, Clermont-Ferrand<br />

- Sélections internationales : Pays-Bas, Serbie,<br />

Bénin, Australie, Qatar, Pologne, Israël,<br />

Moldavie, Italie, Autriche, Estonie, Pérou,<br />

Allemagne, Chili, Mexique, Brésil, Espagne,<br />

Colombie, Thaï<strong>la</strong>nde, Cuba, Indonésie, Chili<br />

Sortie <strong>en</strong> salle prévue le 26 décembre<br />

Beyrouth transports<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ d’Aïdan Obrist (HD)<br />

Production Ana films<br />

- Sélection au festival La Première Fois,<br />

Aix-<strong>en</strong>-Prov<strong>en</strong>ce, 2012<br />

La main dans le chapeau<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 60’ d’Aleksandra Szrajber (HD)<br />

Production Ana films<br />

- Sélection au Festival psy, Lorquin, 2012<br />

Bielutine,<br />

le mystère d’une collection<br />

Web docum<strong>en</strong>taire de 90’ de Clém<strong>en</strong>t Cogitore (HD)<br />

Coproduction Seppia, Arte, L’express.fr<br />

- Sélection au Durban International<br />

Film Festival (Afrique du Sud), 2012<br />

- Quinzaine du cinéma francophone,<br />

Paris, 2012<br />

- Sheffield Doc/Fest<br />

(Royaume-Uni), 2012<br />

La cinquième saison<br />

Long métrage de fiction de 85’ de Peter Bros<strong>en</strong>s<br />

et Jessica Woodworth (DCP, 35 mm)<br />

Coproduction Unlimited, Bo films, Entre chi<strong>en</strong> et<br />

loup (Belgique), Mol<strong>en</strong>wiek productions (Pays-Bas)<br />

- Prix Arca Cinema Giovani, Gre<strong>en</strong> Drop<br />

Award, V<strong>en</strong>ice Film Festival, 2012 (Italie)<br />

- Prix spécial du jury, Prix Fipresci, Prix du<br />

Jury jeunes, Seminci, Festival international<br />

du film, Val<strong>la</strong>dolid (Mexique) 2012<br />

Sortie <strong>en</strong> salle prévue <strong>en</strong> mars 2013<br />

Les éc<strong>la</strong>ireurs<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 94’ de Simone Fluhr<br />

et Daniel Coche (DVCAM)<br />

Production Dora films SAS<br />

- Sélection au Festival international du film<br />

des droits de l’homme, Gard, janvier 2013<br />

- Festival international du film des droits<br />

de l’homme, Nantes, juin 2012<br />

- Festival Écollywood, Lille, octobre 2012<br />

La t<strong>en</strong>ture de l’Apocalypse<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 53’ de Rodolphe Viemont (HD)<br />

Production Ana films<br />

- Prix Farel, Neuchâtel (Suisse), 2012<br />

Ma plus belle histoire<br />

Docum<strong>en</strong>taire de 52’ de Sarah-Myriam Poirson (HD)<br />

Coproduction Human Doors, <strong>Alsace</strong> 20, Equidia<br />

- Prix du public, 6 th International Disability<br />

Film Festival Breaking Down Barriers,<br />

Moscou (Russie), 2012<br />

- Japan Prize, NHK, Tokyo (Japon), 2012<br />

Margelle<br />

Court métrage de fiction de 29’<br />

d’Omar Mouldouira (DCP)<br />

Coproduction Les Films de l’étranger,<br />

Awman productions<br />

- Première mondiale au Festival international<br />

du film <strong>en</strong> compétition (Dubai), 2012<br />

De haut <strong>en</strong> bas :<br />

La cinquième saison<br />

Le bonheur, terre promise<br />

La main dans le chapeau<br />

La t<strong>en</strong>ture de l’Apocalypse<br />

Ma plus belle histoire<br />

Margelle<br />

21


CINÉMA ET IMAGE ANIMÉE<br />

L'AGENCE CULTURELLE D'ALSACE<br />

ACCOMPAGNE L'ÉCRITURE<br />

ET LE DÉVELOPPEMENT<br />

En 2013, <strong>la</strong> Région <strong>Alsace</strong> et l'Ag<strong>en</strong>ce culturelle modifi<strong>en</strong>t leurs dispositifs<br />

pour toujours mieux accompagner les auteurs et leurs projets. Nouveaux p<strong>la</strong>fonds<br />

réévalués / Ouverture aux nouveaux médias / Modalités de versem<strong>en</strong>t simplifiées.<br />

ÉCRITURE : Jusqu’à 3 500 € (CM) et 5 000 € (LM) ; suivi tutoral par un professionnel<br />

de <strong>la</strong> fiction ou du docum<strong>en</strong>taire. Pour les courts métrages de fiction,<br />

possibilité de participer gratuitem<strong>en</strong>t à <strong>la</strong> 4 e résid<strong>en</strong>ce d'écriture de fiction :<br />

5 jours <strong>en</strong> juillet et 2 jours <strong>en</strong> septembre 2013 <strong>en</strong> immersion avec 2 interv<strong>en</strong>ants<br />

pour aboutir à un dossier d’écriture.<br />

DÉVELOPPEMENT : Jusqu’à 10 000 €.<br />

Prochain dépôt le 22 mars.<br />

L’auteur, le réalisateur ou le producteur doit être basé <strong>en</strong> <strong>Alsace</strong>.<br />

Infos, et critères détaillés :<br />

www.culture-alsace.org/cinema-audiovisuel/souti<strong>en</strong>-creation<br />

La résid<strong>en</strong>ce d’écriture de fiction reçoit le souti<strong>en</strong> de <strong>la</strong> DRAC <strong>Alsace</strong> et le part<strong>en</strong>ariat du CEEJA.

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