Production Maintenance n°61
La surveillance vibratoire entre dans l'ère 4.0
La surveillance vibratoire entre dans l'ère 4.0
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DOSSIER 12<br />
La surveillance vibratoire<br />
entre dans l’ère 4.0<br />
MAINTENANCE<br />
EN PRODUCTION<br />
La gestion des stocks :<br />
une arme redoutable pour<br />
gagner en productivité<br />
N° 61 | Mai-Juin-Juillet 2018 | Trimestriel | 20€<br />
32 41 46 52<br />
MANAGEMENT<br />
Spécial Formation :<br />
Pallier le manque<br />
de ressources<br />
en maintenance<br />
MARCHÉ<br />
Quelle place<br />
occupent les femmes<br />
dans les métiers<br />
de la maintenance ?<br />
MAINTENANCE<br />
MÉCANIQUE<br />
Quand la lubrification<br />
devient connectée<br />
et intelligente
Quand c’est usé,<br />
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ÉDITORIAL<br />
Garder de la hauteur<br />
face à l’intelligence artificielle<br />
L’industrie du futur ne se limite pas à l’Internet des objets (IoT). Elle représente<br />
aussi une brèche ouvrant la voie à des applications bien plus larges. Car aujourd’hui,<br />
le monde industriel se prépare à l’intelligence artificielle, ce concept qui naguère<br />
relevait quasi-exclusivement des romans et des films de science-fiction, pour<br />
ensuite déferler dans les produits du quotidien ; désormais, c’est au tour du monde<br />
de l’entreprise de prendre le virage de l’IA, avant de trouver véritablement sa place<br />
dans l’industrie, comme en témoignent les conclusions du rapport Villani remis<br />
au printemps dernier ou encore les dizaines de start-up venues exposer leurs solutions<br />
sur le salon VivaTech qui s’est déroulé fin mai à Paris.<br />
Olivier guillon<br />
Rédacteur en chef<br />
Les technologies destinées à<br />
l’industrie reposant sur l’IA se<br />
multiplient, répondant à des<br />
besoins, en particulier dans la<br />
maintenance où l’on n’est parfois<br />
pas loin de parler de « miracle »,<br />
comme l’idée de « prédire les<br />
« L’IA ne doit pas être une fin en soi mais<br />
bien un moyen d’assister le technicien<br />
de maintenance »<br />
pannes », s’affranchissant d’investissements lourds et pourquoi pas, du savoirfaire<br />
humain. Or penser de la sorte conduit inévitablement à l’échec. L’IA ne<br />
doit pas être une fin en soi mais bien un moyen d’assister le technicien de maintenance<br />
afin d’identifier plus rapidement l’apparition d’un problème. Certaines<br />
sociétés vendent par exemple des capteurs absolument sous-dimensionnés pour<br />
du diagnostic vibratoire sur des roulements ; l’expérience humaine jouera donc<br />
toujours un rôle, ne serait-ce que pour savoir ce qu’on achète vraiment. ●<br />
Olivier Guillon<br />
@productionmaint<br />
éditEUR<br />
MRJ informatique<br />
Le Trèfle<br />
22, boulevard Gambetta<br />
92130 Issy-les-Moulineaux<br />
Tel : 01 73 79 35 67<br />
Fax : 01 34 29 61 02<br />
/Facebook.com/<br />
productionmaint<br />
/@productionmaint<br />
direction :<br />
Michaël Lévy<br />
directeur de publication :<br />
Jérémie Roboh<br />
Rédacteur en chef :<br />
Olivier Guillon<br />
coMMERciALisAtion<br />
Publicité :<br />
Patrick Barlier<br />
p.barlier@mrj-corp.fr<br />
diffusion et Abonnements :<br />
vad.mrj-presse.fr<br />
Prix au numéro :<br />
25 €<br />
Abonnement 1 an :<br />
85 € / 4 numéros<br />
Étranger :<br />
100 €<br />
Règlement par chèque<br />
bancaire à l’ordre de MRJ<br />
RéALisAtion<br />
conception graphique :<br />
Eden Studio<br />
Maquette :<br />
Géraldine Lepoivre<br />
impression :<br />
Rivadeneyra, sa<br />
Calle Torneros, 16<br />
Poligono Industrial de Los Angeles<br />
28906 Gerafe - Madrid<br />
n°issn :<br />
1632 - 4153<br />
commission paritaire :<br />
0 414 T 83 214<br />
dépôt légal : à parution<br />
Périodicité : Trimestrielle<br />
numéro : 61<br />
date : mai-juin-juillet 2018<br />
RédAction<br />
ont collaboré à ce numéro :<br />
Henri Campagna (DBVib Group)<br />
Matthieu Jolens (JIConseil)<br />
Daniel Mazières (UE-Systems)<br />
Claude Pichot (Afim)<br />
Membre du réseau REPM-EMPn<br />
cRédits<br />
photo de couverture :<br />
Photo : iStock<br />
Crédit : Nostal6ie<br />
Toute reproduction, totale ou<br />
partielle, est soumise à l’accord<br />
préalable de la société MRJ.<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı1
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sommaire<br />
dossier<br />
12<br />
SPÉCIAL ANALYSE VIBRATOIRE<br />
12 L’analyse vibratoire, une technologie accessible à tous ?<br />
14 À propos de balourd de rotor rigide<br />
16 Ouvert à tous les vents<br />
20 L’intelligence artificielle au service de la maintenance prévisionnelle<br />
24 Le technicien de maintenance peut aussi faire de l’analyse vibratoire<br />
26 Que doit-on attendre des capteurs sans fil ?<br />
28 Plus de rentabilité pour une installation Wi-care dans le domaine HVA<br />
Actualités<br />
06 Avec Berger-Levrault,<br />
Carl Software veut prendre<br />
une autre dimension<br />
06 La méthode Value Driven<br />
<strong>Maintenance</strong> objet<br />
d’un deuxième ouvrage<br />
07 Jet Moteurs poursuit<br />
le développement de la marque<br />
Siti dans l’Hexagone<br />
09 Euromaintenance revient<br />
cet automne sur le signe<br />
de la maintenance 4.0<br />
10 La Chocolaterie Monbana<br />
s’appuie sur la GMAO Web Altair<br />
pour gérer sa maintenance<br />
<strong>Maintenance</strong><br />
en production<br />
32 Générer de la valeur par une<br />
meilleure gestion des stocks<br />
34 De la gestion des stocks<br />
de pièces détachées aux<br />
indicateurs de performances<br />
36 Gestion des stocks : l’expérience<br />
et les conseils d’un leader<br />
de la maintenance<br />
39 ec@t-npmi, un outil<br />
de performance unique<br />
pour la gestion des stocks<br />
Inventaire chez Haas – DR<br />
© WorldSkills France<br />
Management<br />
41 La France toujours impuissante<br />
face au manque de formation<br />
en maintenance<br />
44 « L’apprentissage retrouve<br />
ses lettres de noblesse »<br />
46 La maintenance, des métiers<br />
– aussi – pour les femmes<br />
47 Être une femme dans<br />
la maintenance industrielle<br />
48 Quand l’esprit créatif mène<br />
à la maintenance industrielle<br />
49 Sauter la barrière des préjugés<br />
Klüber Efficiency Support<br />
<strong>Maintenance</strong><br />
mécanique<br />
52 Vers de plus en plus de<br />
connectivité dans la lubrification<br />
54 Mettre la technologie<br />
des ultrasons au service<br />
du graissage<br />
60 Un outil logiciel pour mieux<br />
gérer la lubrification<br />
62 S’orienter vers les technologies du<br />
futur au service de la lubrification<br />
64 Hafa lance une application<br />
digitale de gestion<br />
de lubrification<br />
66 Les six indicateurs d’un programme<br />
de lubrification acoustique efficace<br />
Outils<br />
71 Agenda<br />
72 Au sommaire du prochain numéro<br />
72 Index<br />
72 Le chiffre à retenir<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı3
nos dossiers en un clin d’œil<br />
Photo : Fuchs Photo : 3M Photo : igus DBVib - solution de monitoring<br />
TECHNOLOGIES<br />
MAINTENANCE EN PRODUCTION<br />
MANAGEMENT<br />
MAINTENANCE MÉCANIQUE<br />
L’analyse vibratoire : point de<br />
départ de tout diagnostic p. 12 à 30<br />
La déferlante des solutions dites « prédictives » ou « 4.0 »<br />
ne doit pas faire oublier qu’optimiser la production en détectant<br />
le plus tôt possible les moindres signes de défaillances d’une<br />
machine passe avant tout par un bon diagnostic. Or celui-ci<br />
ne peut faire l’impasse sur l’analyse vibratoire, même si d’autres<br />
techniques plus « amont » existent comme les ultrasons ou<br />
encore l’optique pour du pré-diagnostic. Dans tous les cas, la<br />
connaissance de ses équipements est absolument essentielle.<br />
Mieux gérer ses stocks pour<br />
gagner en productivité p. 32 à 40<br />
La connaissance de ses équipements et de son matériel passe<br />
aussi par le stock dont la bonne organisation est primordiale<br />
pour gagner en qualité d’intervention mais aussi pour espérer<br />
entreprendre et mener à bien une démarche d’industrie<br />
du futur. Car rendre ses stocks plus performants, c’est faire<br />
la chasse à l’obsolescence des pièces et mieux identifier les<br />
équipements critiques. Des paramètres indispensables pour<br />
connaître avec précision ses besoins et intégrer de nouvelles<br />
technologies dites « 4.0 ».<br />
La formation au centre<br />
de toutes les attentions p. 41 à 50<br />
Ce trimestre, la rédaction du magazine <strong>Production</strong> <strong>Maintenance</strong><br />
a choisi de mettre l’accent sur les besoins grandissants<br />
en formations pour les entreprises, en particulier dans<br />
les différents métiers que réunit le domaine de la maintenance<br />
industrielle. Un focus est également consacré à la place de<br />
la gente féminine, encore trop peu nombreuse dans la filière,<br />
mais qui croît d’années en années, avec à l’appui de ce dossier,<br />
trois portraits de femmes qui nous font part de leur expérience<br />
dans un monde d’hommes.<br />
Une lubrification de plus<br />
en plus connectée p. 52 à 70<br />
C’est la tendance du moment : l’industrie 4.0 et les IoT rattrapent<br />
le monde discret de la lubrification. Comment ? En apportant<br />
des solutions visant à mieux organiser les plannings de graissage,<br />
le préventif voire la maintenance conditionnelle en connectant<br />
les machines afin d’alerter un quelconque échauffement ou<br />
un manque de lubrifiant à un endroit précis. Une suite logique<br />
de l’industrie du futur mais qui n’en est pas moins importante<br />
lorsqu’on sait qu’analyser les points de lubrification constitue<br />
le point de départ de la surveillance d’un équipement.<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı5
actualités<br />
en bref<br />
Athesi équipe les techniciens<br />
de maintenance sur site<br />
de Garanka de sa tablette<br />
durcie E8<br />
600 tablettes durcies 8 pouces<br />
Windows 10 E8 Athesi, ont été<br />
déployées dans toutes les antennes<br />
de maintenance Garanka (troisième<br />
acteur de la maintenance<br />
de chaudières individuelles<br />
en France, filiale du groupe Vaillant)<br />
afin d’optimiser les interventions<br />
en clientèle tout en apportant<br />
de nouvelles fonctionnalités<br />
aux techniciens. ●<br />
KLM UK Engineering et SAS<br />
signent un contrat<br />
de maintenance en ligne<br />
Leader sur le marché de la maintenance<br />
des flottes régionales et monocouloir<br />
sur les produits Boeing 737, Embraer<br />
170/190, BAe146/Avro RJ, Fokker<br />
70/100 et la famille Airbus A320,<br />
KLM UK Engineering a confirmé<br />
au printemps son contrat avec SAS,<br />
Scandinavian Airlines. KLM UK<br />
Engineering supportera les flottes<br />
Boeing 737 et famille Airbus A320<br />
de SAS, assurant depuis le début<br />
de l’année leur maintenance en ligne<br />
à Aberdeen et Edimbourg. ●<br />
Hommage à Ivry/Seine<br />
au Poilu Ponticelli<br />
Le 25 mars dernier, dix ans après<br />
la mort de Lazare Ponticelli, dernier<br />
vétéran français de la Première<br />
Guerre mondiale et, accessoirement<br />
le co-fondateur de la société éponyme,<br />
leader dans la maintenance<br />
industrielle, un hommage francoitalien<br />
a été rendu au cimetière<br />
parisien d’Ivry/Seine (94). ●<br />
Acquisition<br />
Avec Berger-Levrault, Carl Software<br />
veut prendre une autre dimension<br />
L’éditeur français de logiciels<br />
de logiciel a mis la main sur<br />
son compatriote Carl, spécialiste<br />
de la GMAO afin de « mutualiser<br />
leurs expertises, d’élargir la globalité<br />
de leur offre et d’étendre leur leadership<br />
à l’international », peut-on lire dans<br />
un communiqué. Une opération<br />
« gagnant-gagnant » si l’on en croit<br />
Éric Bonnet, fondateur et dirigeant<br />
historique de Carl Software depuis<br />
1985, pour qui ce regroupement s’inscrit<br />
dans une perspective de développement<br />
ambitieuse, stable et durable.<br />
En effet, face à la croissance impressionnante<br />
de l’éditeur lyonnais – qui<br />
est passé d’une centaine à près de 200<br />
collaborateurs en moins de dix ans –, il<br />
a fallu s’appuyer « sur la structure d’un<br />
groupe capable de soutenir nos ambitions,<br />
que ce soit en termes d’innovation<br />
produits, ou de développement international.<br />
» Pour Carl Software, cette<br />
opération doit lui permettre de dynamiser<br />
sa croissance en lui conférant une<br />
taille significative pour la conquête de<br />
nouveaux marchés, de poursuivre avec<br />
plus de moyens le développement de<br />
ses solutions-métiers sur l’ensemble de<br />
ses secteurs d’activité et d’accélérer son<br />
développement à l’international. ●<br />
EN SAVOIR PLUS > www.carl-software.fr<br />
Publication<br />
La méthode Value Driven <strong>Maintenance</strong><br />
objet d’un deuxième ouvrage<br />
Après un premier succès mondial<br />
avec leur première publication<br />
intitulée VDM: New Faith in<br />
<strong>Maintenance</strong>, Mark Haarman et Guy<br />
Delahay (tous deux pionniers dans la<br />
maintenance et l’asset management),<br />
ont rédigé un nouvel ouvrage bien<br />
décidé à aller plus loin dans l’analyse<br />
de cette méthode qui s’appuie<br />
sur un modèle économique, douze<br />
KPI, des analyses comparatives spécifiques<br />
et intégrant une cinquantaine<br />
de pratiques. VDM XL , Le défi des équipements<br />
& installations vieillissantes<br />
explique comment la maintenance, la<br />
prolongation de la durée de vie et la<br />
modernisation peuvent apporter une<br />
grande valeur économique à une usine,<br />
un parc ou une infrastructure existante.<br />
La méthode VDM XL avait fait l’objet le 12<br />
avril dernier, à Paris, d’une conférence<br />
de haut vol avec de multiples interventions<br />
qui ont notamment servi à rédiger<br />
l’ouvrage de Mark Haarman et Guy<br />
Delahay. Des retours d’expérience signés<br />
VolvoCars, DSM, PepsiCo ou encore<br />
GlaxoSmithKline ont en effet rythmé<br />
cette journée riche en conférences. ●<br />
EN SAVOIR PLUS > www.mainnovation.com<br />
6ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
RELIABILITY ENGINEERING<br />
PREDICTIVE MAINTENANCE<br />
MONITORING TOOLS
actualités<br />
Réducteurs<br />
JET Moteurs poursuit le développement<br />
de la marque Siti dans l’Hexagone<br />
Cette année, Siti fête ses 50 ans. Avec un demi-siècle d’existence et environ trente ans de présence<br />
sur le marché français, le fabricant italien de réducteurs continue d’innover avec une nouvelle gamme<br />
de réducteurs épicycloïdaux mais également avec des solutions complètes et conçues avec l’aide de JET Moteurs,<br />
son distributeur exclusif.<br />
Avec trente ans de présence en<br />
France, Siti, fabricant italien<br />
de réducteurs de tous types<br />
(roue, vis, conique, pendulaire, à renvoi<br />
d’angle, à arbres parallèles et co-axiaux<br />
atteignant des taux de rendement allant<br />
jusqu’à 95%) ambitionne d’occuper de<br />
plus en plus de place sur un marché<br />
dominé par les grands acteurs historiques<br />
; mais pas de la même manière<br />
que ses concurrents. Certes, l’entreprise<br />
continue d’innover en lançant régulièrement<br />
des nouveautés à l’exemple<br />
du récent lancement de ses nouveaux<br />
réducteurs épicycloïdaux – gamme<br />
composée de six tailles avec quatre<br />
modes de fixation et quatre arbres lents<br />
clavetés, lisses, cannelés ou creux. Mais<br />
le fabricant implanté près de Bologne<br />
(et qui emploie près de 150 personnes<br />
pour 23 M€ de chiffre d’affaires) s’appuie<br />
en outre sur la disponibilité et la<br />
forte réactivité de son distributeur français,<br />
JET Moteurs.<br />
Implanté dans la commune de Vitré<br />
(en Ille-et-Vilaine), JET Moteurs – six<br />
personnes et un CA de 3 M€ – distribue<br />
les réducteurs Siti, associés ou<br />
non à des moteurs Cantoni. Plusieurs<br />
milliers de solutions Siti équipent déjà<br />
les car-wash ; « nous avons obtenu ce<br />
marché important dont les installations<br />
se composent d’un parc machines<br />
remplies de motoréducteurs car nous<br />
avons su nous adapter aux besoins du<br />
client », précise Thierry Legal, directeur<br />
de JET Moteurs.<br />
Exemple de fabrication Vitesse 0.06 T/mn -<br />
NRG MBH<br />
Le secteur agroalimentaire représente<br />
pour le distributeur un marché encore<br />
plus important. JET Moteurs propose<br />
d’ailleurs une gamme dédiée à l’élevage.<br />
Celle-ci est notamment composée de relevages<br />
de trappe chargés d’ouvrir automatiquement<br />
les portes pour laisser les poules<br />
sortir ; un exemple de développement<br />
mené entre le distributeur et les industriels<br />
et qui a donné naissance à cette innovation<br />
chargée d’améliorer le bien-être animal.<br />
Ou encore la mise au point d’un système<br />
permettant de baisser automatiquement le<br />
plafond dans les porcheries et de le remonter<br />
en fonction de la croissance de l’animal,<br />
et dont l’objectif est d’économiser de<br />
l’énergie en maintenant la chaleur ; environ<br />
2 000 treuils de ce type ont été livrés.<br />
Outre l’agroalimentaire, JET Moteurs<br />
propose les solutions Siti dans bien<br />
d’autres secteurs comme la sidérurgie<br />
et le naval. L’entreprise bretonne<br />
travaille depuis vingt ans avec SKF sur<br />
une centrale de graissage entraînée par<br />
des motoréducteurs, ou encore plus<br />
récemment avec l’usine de production<br />
des nouvelles Alpine à Dieppe dans<br />
laquelle elle a intégré une dizaine de<br />
solutions Siti. ●<br />
Olivier Guillon<br />
De nombreuses solutions<br />
très sollicitées,<br />
notamment dans l’élevage<br />
Un des réducteurs épicycloïdal livré sur le site Renault Alpine à Dieppe<br />
8ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
ACTUALITÉS<br />
Euromaintenance<br />
de retour cet automne<br />
sur le signe<br />
de la maintenance 4.0<br />
La plus grande conférence européenne sur la maintenance<br />
et l’Asset Management revient du 24 au 27 septembre<br />
à Antwerp (Belgique) sous le nom d’Euromaintenance<br />
4.0. À l’aube de la 4 e révolution industrielle, l’IOT et l’analyse<br />
prévisionnelle apportent des possibilités inédites en matière<br />
de maintenance, de fiabilité et de condition monitoring.<br />
Euromaintenance 4.0. vise à offrir un programme complet<br />
et attrayant d’opportunités d’apprentissage pour les directeurs<br />
techniques, les gestionnaires d’actifs, les responsables<br />
de maintenance et de fiabilité, les ingénieurs de maintenance<br />
et de fiabilité, les spécialistes en Condition Monitoring et<br />
autres managers opérationnels en Europe et dans le monde.<br />
Cet événement se concentrera sur les technologies innovantes<br />
sans oublier les bases essentielles et les meilleures pratiques en<br />
<strong>Maintenance</strong>, fiabilité, condition monitoring et gestion d’actifs.<br />
Euromaintenance 4.0 offre une opportunité unique de<br />
partager des expériences et l’expertise mais aussi de présenter<br />
des innovations dans ces domaines. Depuis 1972, Euromaintenance<br />
est la conférence européenne dans le domaine de la<br />
maintenance la plus importante ; elle a été organisée pour la<br />
première fois en Belgique en 2008. Cette année encore, Euromaintenance<br />
4.0 2018 vise plus de 750 participants venus de<br />
51 pays, et entend bien dépasser le succès de 2008. ●<br />
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PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı9
actualités<br />
En application<br />
La Chocolaterie Monbana s’appuie sur la<br />
GMAO Web Altair pour gérer sa maintenance<br />
Enraciné en Mayenne, Monbana, un leader du chocolat français, exporte dans le monde entier et connait une<br />
croissance importante. Avec une activité en constant développement et une certification IFS/BRC à défendre,<br />
la chocolaterie Monbana a opté pour la solution GMAO Altair de DSDSystem.<br />
Chaque jour près de 3 millions de chocolats sortent des<br />
deux sites de production du chocolatier pour fournir<br />
cafés, épiceries et hôtels de France… mais aussi de<br />
l’étranger, où Monbana réalise 20% de son chiffre d’affaire.<br />
Sur dix ans, les ventes de chocolat ont quadruplé, entre l’exportation,<br />
les ouvertures de magasins Monbana et le développement<br />
de produit en marque propre. Ainsi, le nombre<br />
de sites de production est passé d’un seul en 2000 à trois<br />
2013. La première usine du groupe a été en outre remplacée<br />
par un site neuf en 2016.<br />
« Face à la hausse de la production<br />
la maintenance a dû muer pour devenir<br />
plus organisée, plus efficace »<br />
Face à la hausse de la production et la nécessité de maintenir<br />
les sites de production dans les standards du référentiel<br />
IFS/BRC, la maintenance a dû muer pour devenir plus organisée,<br />
plus efficace. Sylvain Bourgeon, responsable Service<br />
<strong>Maintenance</strong> chez Monbana, décrit le fonctionnement de<br />
la maintenance à l’aube du projet GMAO : « Nous utilisions<br />
auparavant trois tableurs Excel : un pour le magasin, un pour<br />
la traçabilité des bons de travail et un dernier pour le préventif.<br />
Les techniciens allaient sur le terrain munis de leur carnet<br />
de maintenance pour pointer et consigner leur rapport et les<br />
mesures. Il fallait parfois jusqu’à trois opérations successives<br />
pour reporter ces informations dans les tableurs ». Le manque<br />
de traçabilité ainsi que le temps perdu entre le papier et les<br />
fichiers ont rendu indispensable la migration vers un logiciel<br />
GMAO unique et centralisé.<br />
La technologie Web et la mobilité au cœur<br />
du choix d’Altair<br />
Les contraintes imposées par la norme IFS/BRC, notamment<br />
en termes de traçabilité et de fiabilité des informations, ont<br />
défini précisément les besoins des services maintenance.<br />
« Nous avions besoin d’un outil accessible à n’importe quel<br />
moment, afin d’assurer une fiabilité des mesures, des pointages<br />
et d’avoir une traçabilité parfaite, explique Sylvain Bourgeon.<br />
10ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
actualités<br />
Avec sa technologie web et sa mobilité<br />
efficace, Altair permet de remplacer<br />
avantageusement nos carnets de maintenance<br />
tout en étant accessible immédiatement<br />
et de partout ».<br />
Un changement technologique radical<br />
qui soulève une autre problématique :<br />
convertir la douzaine de techniciens et<br />
responsables qui constituent les effectifs<br />
de maintenance des deux sites à l’outil<br />
de GMAO ; c’est pourquoi une solution<br />
améliorant le confort de travail<br />
était devenue nécessaire afin de motiver<br />
les effectifs à son utilisation assidue…<br />
À l’image de la solution d’Altair,<br />
un outil qui « nous permet d’avoir plus<br />
de temps et de recul pour travailler à<br />
l’amélioration continue de la maintenance<br />
du site, un défi permanent qui<br />
rend notre métier passionnant ».<br />
« Altair nous permet d’avoir<br />
plus de temps et de recul pour<br />
travailler à l’amélioration<br />
continue de la maintenance »<br />
Pour Bernard Decoster, directeur de<br />
DSDSystem, éditeur de la GMAO Altair<br />
Enterprise, « un tournevis n’est bon que<br />
s’il est muni d’un manche confortable.<br />
C’est pour cela qu’en développant notre<br />
GMAO nous pensons autant à l’efficacité<br />
technologique et fonctionnelle<br />
qu’au confort d’utilisation. » Et de poursuivre<br />
: « c’est ce qui a motivé le choix<br />
de la GMAO Altair par Monbana, dont<br />
la problématique était à la fois de trouver<br />
une solution efficace et réactive tout<br />
en améliorant le confort de travail de<br />
la maintenance, que l’on sait parfois<br />
pénible et souvent risqué. » ●<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı11
technologies<br />
dossier<br />
L’analyse vibratoire,<br />
une technologie accessible<br />
à tous ?<br />
Il va sans dire que les solutions d’analyse vibratoires sont<br />
au cœur de toutes les attentions depuis quelque temps, et<br />
pas seulement parce qu’il s’agit d’un moyen très efficace<br />
de détecter les signes avant-coureurs d’une panne et d’aller<br />
plus loin en procédant à des premiers diagnostics suffisamment<br />
précis pour enrichir les rapports de mesure associés.<br />
L’autre raison de cet engouement quasi-général va de pair<br />
avec l’aboutissement des technologies reposant sur l’Internet<br />
industriel des objets (IIoT) et l’émergence de start-up ;<br />
ainsi le marché voit déferler pléthore de nouvelles solutions,<br />
parfois très innovantes.<br />
Surfant sur la rupture technologique (disruptive technology)<br />
qu’a apporté depuis plusieurs années les majors du Web –<br />
à commencer par les Google-Apple-Facebook-Amazon (Gafa) –,<br />
ces nouveaux outils, même s’ils promettent parfois monts et<br />
merveilles, se posent le plus souvent en bon complément des<br />
technologies traditionnelles. Toutefois, chose est sûre, c’est<br />
qu’une application Web, une solution d’intelligence artificielle<br />
ou un capteur sans fil ne remplaceront pas l’expérience d’un<br />
spécialiste en analyse vibratoire – du moins pour le moment<br />
car nul ne sait ce que l’avenir nous réserve malgré les agitations<br />
de nombreux « évangélistes » et autres « prédicateurs ».<br />
Pour l’heure, le savoir-faire humain et la connaissance de l’environnement<br />
de l’atelier dans lequel évoluent les machines et<br />
les équipements qui la composent priment, comme le montre<br />
l’essentiel des articles proposés dans ce dossier. Celui-ci fait<br />
intervenir plusieurs spécialistes du domaine venant nous faire<br />
part des bonnes pratiques à mettre en œuvre afin de réaliser<br />
le bon diagnostic et assurer du conditionnel voire de la maintenance<br />
prévisionnelle. Mais dans ce dossier, le lecteur pourra<br />
découvrir un reportage exclusif sur la première éolienne<br />
française en mer bardée de technologies SKF et, tendance<br />
oblige, découvrir une solution d’intelligence artificielle, le<br />
premier assistant personnel de maintenance développé par<br />
deux acteurs français : Eolane et la start-up Cartesiam. Bonne<br />
lecture ! ●<br />
Olivier Guillon<br />
au sommaire de ce dossier<br />
14 À propos de balourd de rotor rigide<br />
16 Ouvert à tous les vents<br />
20 L’intelligence artificielle au service<br />
de la maintenance prévisionnelle<br />
24 Le technicien de maintenance peut aussi<br />
faire de l’analyse vibratoire<br />
© DR<br />
26 Que doit-on attendre des capteurs sans fil ?<br />
12ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
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technologies<br />
Expertise<br />
À propos de balourd de rotor rigide<br />
L’analyse vibratoire est un outil incontestable pour la maintenance<br />
conditionnelle des machines tournantes. En effet, le fonctionnement<br />
des machines tournantes engendre des efforts qui sont la cause de<br />
nombreuses défaillances, parmi lesquelles le balourd est représentatif<br />
de 80% d’entre elles.<br />
Le déséquilibre du rotor ou plus communément appelé<br />
le balourd est l’une des principales causes de vibrations<br />
des machines tournantes. On parle aujourd’hui<br />
de déséquilibre mécanique généré sur un rotor lorsque sa<br />
répartition de masse est telle que son axe d’inertie n’est pas<br />
confondu avec son axe de rotation. Il en résulte donc un<br />
tenseur de force appliqué au niveau des paliers (forces et<br />
couples), dans le cas d’une vitesse de rotation fixe aux paramètres<br />
suivants :<br />
• carré de la vitesse angulaire (ω²) ;<br />
• distance entre le centre d’inertie du rotor et son axe<br />
de rotation ;<br />
• moment d’inertie du rotor.<br />
Dans un plan perpendiculaire à l’axe de rotation, les forces<br />
réactives au niveau des paliers sont tournantes de type :<br />
où<br />
• m = masse de déséquilibre « équivalente » située à la<br />
périphérie du rotor<br />
• r = rayon du rotor<br />
• ω = vitesse angulaire du rotor<br />
Cette description ne concerne que les rotors dits rigides (c’està-dire<br />
dont la vitesse de rotation nominale est inférieure à la<br />
première fréquence critique de l’arbre). De cette manière, la<br />
répartition du déséquilibre de masse le long du rotor amène<br />
à définir différents types de balourds en fonction de leurs<br />
effets induits sur le mouvement du rotor.<br />
Le balourd statique<br />
Description<br />
Ci contre, en figure 1, le balourd<br />
statique présente un axe d’inertie<br />
Δ décalé parallèlement à l’axe<br />
de rotation Z. Ceci suppose que :<br />
• le déséquilibre de masse soit<br />
réparti régulièrement le long<br />
d’une génératrice du rotor ; ceci<br />
est très peu probable.<br />
• le déséquilibre de masse soit<br />
concentré en un plan perpendiculaire<br />
à l’axe, situé au centre<br />
du rotor.<br />
Correction du balourd statique<br />
En pratique, cela concerne essentiellement<br />
les rotors comprenant<br />
une roue au milieu de l’arbre,<br />
dont le diamètre est grand par<br />
rapport à la largeur.<br />
L’équilibrage est alors réalisé en<br />
un seul plan, par la mise en place<br />
d’une masse identique, diamétralement<br />
opposé à m (voir figure 2).<br />
Déséquilibre de couple pur<br />
Description<br />
L’axe d’inertie Δ est sécant à l’axe<br />
de rotation Z en son centre de<br />
gravité G les deux axes sont dans<br />
le même plan (Cf. figure 3).<br />
Correction du balourd de couple pur<br />
En pratique, cela concerne essentiellement<br />
les rotors comprenant<br />
une roue au milieu de l’arbre,<br />
dont le diamètre est grand par<br />
rapport à la largeur.<br />
L’équilibrage est alors réalisé en<br />
un seul plan, par la mise en place<br />
d’une masse identique, diamétralement<br />
opposé à m (voir figure 2).<br />
Balourd dynamique<br />
C’est la somme des deux descriptions précédentes. Ici on<br />
montre que les efforts peuvent être annulés avec deux masses<br />
de correction dans deux plans différents. C’est le cas de déséquilibre<br />
le plus fréquent rencontré dans l’industrie.<br />
14ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
technologies<br />
Description En résumé, on peut dire que :<br />
Les axes d’inertie Δ et de rotation<br />
Z sont concourants : les axes<br />
ne sont dans le même plan (cf.<br />
figure 5).<br />
• seuls les balourds statiques peuvent s’équilibrer en un plan ;<br />
• les autres balourds peuvent s’équilibrer en deux plans.<br />
Un équilibrage 2 plans résolvant également un problème de<br />
balourd statique, tout équilibrage de rotor rigide peut donc<br />
être effectué en 2 plans.<br />
Correction<br />
Les masses de corrections ne<br />
sont pas égales et opposées. On<br />
montre que là encore deux plans<br />
d’équilibrage sont nécessaires et<br />
suffisants.<br />
Synthèse<br />
Un déséquilibre est caractérisé par non-coïncidence de l’axe<br />
principal d’inertie et de l’axe de rotation. L’opération d’équilibrage<br />
consiste donc à ramener ces deux axes confondus,<br />
de manière à supprimer les forces transmises aux paliers.<br />
Enfin et contrairement à une idée reçue, le balourd est certainement<br />
l’un des problèmes vibratoires les plus difficiles à<br />
identifier sur une machine tournante.<br />
En effet, il existe toujours un balourd résiduel. Un problème<br />
de balourd ne peut donc être détecté que par une évaluation<br />
du niveau, et non pas seulement sur la présence de manifestations<br />
spectrales spécifiques, comme pour la plupart des<br />
autres problèmes.<br />
Cette évaluation du niveau est affectée par les notions de<br />
transfert vibratoires (présence de fréquence de résonnance<br />
voisine de la vitesse de rotation).<br />
Par ailleurs bien d’autres phénomènes tels que le balourd<br />
thermique, le balourd d’origine électrique peuvent crée une<br />
ambigüité de diagnostic. ●<br />
Henri Campagna,<br />
Expert vibrations (dB Vib Groupe)<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı15
technologies<br />
Reportage<br />
Ouvert à tous les vents<br />
L’éolien offshore est l’une des filières d’énergies renouvelables les plus<br />
prometteuses. À l’heure de la transition énergétique, la France se met<br />
en devoir de rattraper son retard. Sa première éolienne en mer a pour<br />
originalité d’être flottante. Rencontre avec Ideol, une PME en pointe.<br />
Sur les quais des chantiers navals de Saint-Nazaire, le grand port de commerce<br />
de la façade atlantique, les bourrasques de vent rendent la pluie encore plus<br />
cinglante. Cela n’altère en rien la bonne humeur de l’équipe Ideol et la fierté<br />
de ses ingénieurs. Dominant le port du haut de ses 62 m, l’éolienne flottante Floatgen<br />
vient tout juste d’être terminée et sera bientôt remorquée vers un site d’essais<br />
au large pour commencer à produire ses premiers kilowattheures.<br />
L’enjeu est de taille tout comme les espoirs placés dans sa réussite. C’est la première<br />
incursion de la France dans la production d’énergie en mer et c’est aussi la première<br />
dans une solution flottante, laquelle pourrait, si elle est appliquée à des installations<br />
à grande échelle, fournir de l’électricité à des millions de consommateurs.<br />
On estime que, rien qu’au large de la côte méditerranéenne, l’éolien flottant<br />
pourrait produire 3 GW à l’horizon 2030 – soit la consommation d’électricité de<br />
6,8 millions d’habitants.<br />
Le projet Ideol a nécessité deux ans pour relever des défis techniques importants<br />
25 millions d’euros<br />
pour le projet<br />
L’aventure a commencé en 2010 lorsque<br />
les ingénieurs Paul de la Guérivière et<br />
Pierre Coulombeau ont fait le pari que<br />
le concept innovant d’une éolienne<br />
flottante avait toutes les chances de<br />
s’imposer comme un complément incontournable<br />
aux éoliennes construites sur<br />
une base fixée sur le fond sous-marin.<br />
Le principal avantage des éoliennes flottantes<br />
est de pouvoir être installées en mer<br />
profonde (à partir de 30 m). Les vents y<br />
étant plus forts et plus constants, elles<br />
peuvent produire plus régulièrement,<br />
ce qui réduit le coût final de l’énergie<br />
produite. Par ailleurs, leur éloignement<br />
des côtes diminue leur impact visuel et<br />
leur caractère flottant limite l’impact sur<br />
la faune et les fonds marins. De plus, elles<br />
sont plus facilement déconnectables.<br />
C’est ainsi qu’est née Ideol, une start-up<br />
implantée à La Ciotat, près de Marseille.<br />
Aussitôt débutèrent la conception et l’ingénierie<br />
du système flottant : la fondation<br />
flottante brevetée par Ideol – un anneau<br />
carré creux en son centre (grâce au<br />
système breveté Damping Pool), capable<br />
d’accueillir tout type de turbine. Parallèlement<br />
s’est organisé un consortium européen<br />
composé de sept partenaires, parmi<br />
lesquels l’expert en génie civil Bouygues<br />
et l’École Centrale de Nantes, pour la<br />
mise en place d’un test grandeur nature<br />
avec le soutien de l’Union européenne<br />
dans le cadre du programme FP7. Objectif<br />
: démontrer que les éoliennes flottantes<br />
représentent une solution techniquement<br />
fiable et économiquement viable. Durée<br />
prévue de l’expérimentation : deux ans<br />
minimum. Coût total : 25 millions d’euros.<br />
16ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
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L’ensemble des travaux de construction<br />
se déroulant à Saint-Nazaire,<br />
Ideol a envoyé sur place une équipe.<br />
« Lorsque nous nous sommes installés à<br />
Saint-Nazaire, cette aventure folle mais<br />
passionnante est devenue une réalité<br />
quotidienne, raconte Serge Gracia,<br />
responsable des projets stratégiques<br />
chez Ideol. Pour chacun de nous, il y<br />
avait surtout la fierté de participer à<br />
la construction de la première éolienne<br />
en mer flottante de France. Et nous<br />
sommes fiers de notre travail : nous<br />
avons surmonté les défis techniques, et,<br />
en moins de deux ans, nous avons réussi<br />
à construire la fondation, développer et<br />
créer la pièce de transition et la tour,<br />
effectuer les tests, etc. ».<br />
Coordinateur de l’ensemble du projet,<br />
Ideol s’est également chargé de l’acquisition<br />
et de la préparation de la turbine.<br />
L’entreprise a d’abord demandé à SKF<br />
Solution Factory France de réaliser un<br />
audit approfondi. La machine a ensuite<br />
été équipée de capteurs qui permettront<br />
à SKF d’assurer le suivi vibratoire à<br />
distance lorsqu’elle sera en mer. Après la<br />
construction du flotteur en béton, l’éolienne<br />
Floatgen a été assemblée bord à<br />
quai. Mise en flottaison en août 2017,<br />
elle a été soumise aux tests de transfert<br />
de personnel. Après son inaugurasKF<br />
participe à l’aventure Floatgen<br />
Fondation flottante – ©Ideols<br />
Commissionné par Ideol, SKF a effectué l’audit initial sur l’état de la turbine,<br />
une Vestas V80. Une équipe de la SKF Solutions Factory France est venue<br />
examiner l’état des roulements principaux et la qualité de la graisse, ainsi que<br />
l’état électrique de la génératrice (solution Baker). Un système de surveillance<br />
vibratoire continue a été installé sur l’ensemble de la chaîne cinématique de la<br />
machine (roulements principaux, multiplicateur, génératrice), ce qui permettra<br />
de surveiller à distance le comportement vibratoire de la machine.<br />
tion le 13 octobre, tous les tests opérationnels destinés notamment à évaluer la<br />
capacité de la turbine à produire de l’électricité ont été menés avec succès. Puis,<br />
l’installation flottante a été remorquée jusqu’au site d’essais SEM-REV de l’École<br />
Centrale de Nantes, où l’infrastructure nécessaire à son raccordement au réseau<br />
était déjà en place.<br />
Sur le plan social, le projet a mobilisé en phase de construction<br />
de la fondation flottante jusqu’à soixante-dix emplois<br />
à Saint-Nazaire, sans compter ceux générés auprès des<br />
sous-traitants et dans les entreprises membres du consortium.<br />
Sur le plan économique cette fois, outre les quelque 20<br />
millions d’euros de retombées dont ont bénéficié les fournisseurs<br />
français impliqués dans le projet, Floatgen représente<br />
pour Ideol le point de départ d’un déploiement en série. Une<br />
étape essentielle pour confirmer sa position de leader dans<br />
le monde. D’ores et déjà, d’importants projets, comme celui<br />
d’une ferme de quatre éoliennes de 6 MW chacune, au large<br />
de Perpignan, sont en préparation. ●<br />
Après avoir mené un audit, SKF a de nouveau été sollicité pour assurer<br />
le suivi vibratoire<br />
18ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
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innoVAtion<br />
L’intelligence artificielle<br />
au service de la maintenance<br />
prévisionnelle<br />
En pleine actualité du rapport Villani remis au gouvernement fin mars dernier sur l’intelligence artificielle, l’IA<br />
touche de plus en plus l’industrie, en passant par la maintenance. En s’associant avec le spécialiste des services<br />
industriels en électronique et en solutions connectées Éolane, la start-up Cartesiam a lancé sur le marché<br />
Bob, le premier assistant de maintenance prévisionnelle dédié aux équipements industriels soumis aux fortes<br />
vibrations, intégrant une IA directement dans les capteurs.<br />
«<br />
Bonjour, je suis Bob, votre assistant<br />
personnel de maintenance ». Qui<br />
aurait cru, il y a encore quelques<br />
années, que l’intelligence artificielle<br />
ferait son entrée dans les métiers de la<br />
maintenance industrielle à travers, dans<br />
ce cas précis, ce boitier comprenant des<br />
capteurs de vibration et de température<br />
et capable de diagnostiquer seul l’environnement<br />
d’une machine et en informer<br />
l’utilisateur. Plus précisément, Bob<br />
est ce qu’on appelle un assistant. Dès<br />
qu’il repère la moindre défaillance ou<br />
de la moindre dérive, celui-ci est chargé<br />
d’avertir immédiatement et de fournir<br />
le résultat de son analyse vers une<br />
console de supervision, une plateforme<br />
IOT sur Internet ou sur le smartphone<br />
d’un opérateur.<br />
La différence avec Bob, c’est qu’il<br />
n’est pas question ici de centaines ou<br />
de milliers de données aveuglément<br />
envoyées dans le Cloud. Ici, le système<br />
ne communique que l’analyse de ce qu’il<br />
a lui-même repéré comme étant anormal.<br />
« Nous avons, à travers cette innovation<br />
de rupture, souhaité développer<br />
de l’intelligence à partir du capteur »,<br />
précise Joël Rubino, co-fondateur de<br />
Cartesiam (avec son frère Michel et<br />
François de Rochebouët), avant d’argumenter<br />
que « seulement 1% des données<br />
stockées sont soumises à analyse », selon<br />
une étude menée récemment par IBM.<br />
UN fONCTIONNEMENT ADAPTÉ<br />
à L’ANALYSE VIBRATOIRE<br />
Installé sur toutes machines tournantes<br />
ou soumises à vibration, le<br />
système est attaché ou aimanté. En<br />
appuyant simplement sur un bouton,<br />
on enclenche le système qui va entrer<br />
automatiquement en phase d’apprentissage<br />
de manière à s’imprégner de son<br />
environnement et des vibrations auquel<br />
il est confronté, plusieurs heures durant.<br />
Puis vient la phase de découverte,<br />
période de plusieurs jours au cours de<br />
laquelle le système va confronter son<br />
apprentissage avec la réalité ; « s’il n’y<br />
parvient pas tout de suite, Bob continue<br />
jusqu’à arriver à un seuil de reconnaissance<br />
puis “switcher” en mode monitoring<br />
», poursuit Joël Rubino.<br />
À intervalles réguliers, Bob envoie par<br />
radio LoRaWan un rapport d’activité et<br />
de santé de l’équipement surveillé mais<br />
également des alertes en cas de suspicion<br />
d’anomalie (présente ou à venir).<br />
Bob est ainsi capable de reconnaître<br />
la signature des vibrations normales<br />
ou anormales, comme l’application<br />
Shazam le fait pour la musique afin de<br />
reconnaître le titre que l’on est en train<br />
d’écouter à la radio ou autre. « Dans<br />
le domaine de l’analyse vibratoire, il<br />
est difficile de faire un apprentissage<br />
20ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
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a priori dans la mesure où les signatures vibratoires d’un équipement<br />
tel qu’un compresseur sont différentes d’un point à<br />
l’autre, explique François de Rochebouët. C’est pourquoi nous<br />
avons eu l’idée d’embarquer l’e-learning dans le boîtier ; il suffit<br />
de l’installer et d’appuyer sur un bouton pour qu’il démarre la<br />
phase d’apprentissage ».<br />
Déjà bien implanté chez les industriels<br />
Après une période de validation chez de grands industriels<br />
(EDF, Veolia), mais également dans des PME comme par<br />
exemple SJD décolletage, Bob est désormais disponible<br />
pour la réalisation de tests industriels. Il sera commercialisé<br />
sous forme d’abonnement mensuel dans les prochaines<br />
semaines. Un premier déploiement a été effectué pendant<br />
neuf mois dans trois usines allemandes de Veolia. Un test<br />
grandeur nature et dans des environnements industriels<br />
à la fois intenses et très différents les uns des autres : Bob<br />
opère en effet dans un site de traitement et de broyage de<br />
déchets, une usine de traitement d’eau et une centrale biogaz ;<br />
« avoir en permanence une dizaine “d’assistants” experts qui<br />
écoutent, analysent vos équipements et vous alertent avant que<br />
des problèmes ne se déclenchent, a apporté une grande sérénité<br />
à nos équipes de maintenance, sans modifier aucun de<br />
nos process actuels », confie Boris Lejean, directeur de l’innovation<br />
chez Veolia Allemagne.<br />
Chez EDF, c’est au sein d’une centrale thermique située en<br />
Corse que Bob Assistant a fait ses premiers pas. « Nous testons<br />
actuellement les assistants de maintenance de la société Cartesiam<br />
sur les moteurs de notre centrale thermique d’Ajaccio,<br />
détaille Jacques-Thierry Monti, directeur régional d’EDF<br />
pour la région Paca, qui affirme avoir été séduit par la simplicité<br />
d’installation de cette technologie innovante ainsi que<br />
l’efficacité et la réactivité de l’équipe ». De son côté, Daniel<br />
Sfecci, dirigeant et fondateur de SJD décolletage, venu<br />
témoigner le 6 avril dernier à Paris de son expérience fructueuse<br />
avec Cartesiam et Éolane, explique que c’est sur ses<br />
compresseurs d’air que Bob Assistant prend tout son sens,<br />
ne serait-ce que pour identifier, dès les premières heures,<br />
qu’un de ses équipements était défectueux, et pouvoir ainsi<br />
rompre le contrat avec un prestataire extérieur de maintenance<br />
peu scrupuleux. « Mais ce système nous a surtout<br />
permis de mieux calibrer le préventif. De plus, avec la remontée<br />
d’informations dans notre dashboard, nous restons maîtres<br />
de notre solution. Nous avons à ce jour équipé toute notre<br />
usine ; prochaine étape, la mesure de la production ». ●<br />
Olivier Guillon<br />
Équipes de Cartesiam et d’Eolane<br />
22ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
technologies<br />
Solutions<br />
Le technicien de maintenance peut<br />
aussi faire de l’analyse vibratoire<br />
Après avoir imaginé la première caméra de détection ultrasonore, Synergys, spécialiste des outils de diagnostic<br />
pour la maintenance conditionnelle, a mis au point une autre caméra, cette fois dédiée à l’analyse vibratoire.<br />
Baptisée VShooter, cette solution innovante qui a fait sensation fin 2016 à Hanovre, a démarré<br />
sa commercialisation en trombe l’an passé.<br />
«<br />
La vibration est le premier élément à prendre en compte pour diagnostiquer une<br />
machine, rappelle Arabelle McKenna, directrice générale de Synergys Technologies.<br />
Afin d’aller plus loin que la simple “écoute” de l’équipement, et sans pour<br />
autant avoir recours à des technologies d’analyse vibratoire – onéreuses, complexes<br />
et surdimensionnées pour certaines applications –, nous avons décidé de développer<br />
une solution simple, intuitive et générant rapidement un rapport ». Arabelle<br />
McKenna est claire : l’ambition de la caméra VShooter n’est pas de remplacer les<br />
instruments d’analyse vibratoire poussée et nécessaires pour établir un diagnostic<br />
complet mais bien de permettre au technicien de maintenance de faire un<br />
pré-diagnostic dès qu’il rencontre un problème sur son équipement.<br />
S’appuyant sur la même technologie que le LeakShooter LKS1000, une caméra de<br />
détection ultrasonore conçue en 2013 à partir de besoins clients qui ne trouvaient<br />
pas de réponse sur le marché, le VShooter VBS1T a été développé par Synergys<br />
Technologies qui, rappelons-le, est à l’origine un distributeur de solutions.<br />
MCP (Photo de Condition de Machine) est un nouveau concept<br />
consistant à visualiser d’un coup d’œil la condition de l’état<br />
machine sur sa photo. Plus besoin de logiciel PC pour programmer<br />
la base de donnée! L’encodage est automatiquement crée<br />
sur la photo machine.<br />
FFT pour des réparations immédiates.<br />
On obtient ensuite la photo de condition<br />
de machine (MCP, Machine Condition<br />
Picture). Enfin, il est possible de<br />
décharger les fichiers sur pc pour éditer<br />
les rapports (données et alarmes). La<br />
tendance est aussi visible si on suit<br />
la machine dans le temps pour un<br />
programme prévisionnel. Il est possible<br />
de stocker 1000 MCP avec dix points de<br />
mesure pour chaque MCP.<br />
Le VShooter est destiné en particulier<br />
à la surveillance de machines à cinématique<br />
simple et a paliers roulement.<br />
Les applications sont diverses : moteur/<br />
alternateur électrique, pompe centrifuge,<br />
compresseur a vis ou centrifuge<br />
/ surpresseur, ventilateur, turbine et<br />
autres mélangeur, broche de machine<br />
outil, petit réducteur à engrenage…<br />
Simplifier au maximum l’utilisation de l’appareil<br />
Le VShooter n’est ni un gros analyseur, ni un simple vibromètre, mais plutôt un<br />
compromis entre les deux. Pour l’utiliser, il suffit de prendre une photo de la<br />
machine avec la caméra embarquée de l’appareil, de placer les points de mesure<br />
à l’aide d’un clavier/joystick, de prendre les mesures de vibration globales avec<br />
l’accéléromètre puis de visualiser les conditions machines colorisées (vibration<br />
et état de roulement). On peut également visualiser les diagnostiques d’alarmes<br />
24ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
TECHNOLOGIES<br />
DE BONS DÉBUTS SUR LE MARCHÉ<br />
Après avoir fait sensation à Hanovre et séduit de premiers<br />
clients en France notamment pour les roulements et les<br />
pompes, le VShooter devrait trouver de nouvelles applications<br />
dans la machine-outil en particulier sur les broches.<br />
« Nous continuons à développer notre solution comme nous le<br />
faisons habituellement, en étant en permanence à l’écoute de<br />
nos utilisateurs sur le terrain », affirme Arabelle McKenna.<br />
Pour l’heure, Synergys poursuit ses développements en<br />
sondant en permanence ses utilisateurs, à savoir les techniciens<br />
de maintenance ; c’est d’ailleurs grâce à ces précieuses<br />
remontées du terrain que l’entreprise en est venue à mettre<br />
au point sa première solution LeakShooter puis développer<br />
le VShooter en intégrant une caméra et en offrant ainsi un<br />
outil à portée de main et de toutes les compétences. ●<br />
Olivier Guillon<br />
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PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı25
technologies<br />
Tendances<br />
Que doit-on attendre<br />
des capteurs sans fil ?<br />
Si les capteurs sont encore majoritairement alimentés par câbles,<br />
les solutions d’aujourd’hui et de demain tendent – industrie 4.0 oblige –<br />
vers des solutions sans fil et plus intelligentes. Mais attention aux belles<br />
promesses car les protocoles entourant les capteurs sans fil n’autorisent<br />
pas toutes les mesures et sur tous les équipements ; des choix doivent<br />
donc être faits en fonction des besoins identifiés sur chaque équipement.<br />
Des capteurs qui permettent, sans rien faire ou presque, de tout mesurer et de<br />
remonter un maximum de données dans le Cloud, voilà ce que proposent<br />
de plus en plus de sociétés – bien souvent des start-up n’ayant pas toujours<br />
le sens des réalités de l’atelier ni des équipements à surveiller… Tel est le constat<br />
qu’a fait la société Acoem, un des spécialistes français de la mesure et plus particulièrement<br />
de la maintenance prévisionnelle sur les machines tournantes à travers<br />
sa marque Oneprod ; son responsable marketing, Bertrand Wascat, explique que<br />
« l’engouement des industriels pour l’industrie 4.0 est fort, notamment ce qui concerne<br />
les technologies sans fil. Il nous semblait important de clarifier le positionnement de ces<br />
solutions, à la fois aujourd’hui et demain de façon à comprendre comment exploiter<br />
ce levier essentiel de compétitivité ». En somme, il s’agit d’expliquer comment réussir<br />
son passage vers le « 4.0 » et c’est pourquoi les équipes d’Oneprod publieront<br />
courant juin un livre blanc (cf. encadré) portant sur ce sujet en apparence simple<br />
mais qui revêt en réalité des aspects beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît.<br />
Le sans-fil complémentaire du capteur filaire<br />
Aujourd’hui, le premier réflexe des techniciens est d’assimiler un capteur sans fil à un<br />
capteur classique mais uniquement dépourvu d’un câble. Une vision trop restreinte<br />
qui ne prend pas en compte les deux segments que composent les appareils dits sans<br />
fil : d’un côté, on trouve les instruments de mesure portable qui privilégient la vitesse<br />
pour collecter les données ; de l’autre, les applications plus poussées, nécessitant plus<br />
de puissance pour être connectées au Cloud ou envoyer des informations à distance.<br />
Ce type de matériel se doit d’être à la fois performant et robuste – c’est-à-dire sans<br />
d’intervention pendant au moins quelques années (durée variable selon les modèles) ;<br />
ainsi, le protocole utilisé dans ce cas n’a rien à voir avec le Wifi ou encore la technologie<br />
Bluetooth. « Actuellement, les capteurs sans fil industriels s’appuient majoritairement<br />
sur la couche de communication appelée 802.15.4 utilisée par différents protocoles<br />
reconnus aujourd’hui (Wireless Hart, ISA100.11a, Zigbee), poursuit Bertrand Wascat.<br />
Ce protocole est certes moins rapide mais il consomme beaucoup moins d’énergie (garantissant<br />
plus d’autonomie) et assure une plus longue portée ; à titre d’exemple, nous avons<br />
déjà mis en place notre solution Oneprod Eagle sur des machines situées à 700 mètres de<br />
distance pour de l’analyse vibratoire (spectre et signaux temporels) ».<br />
Bertrand Wascat<br />
Responsable marketing d’Oneprod<br />
D’autres protocoles – comme LoRa et<br />
Sigfox – autorisent des portées plus<br />
longues de plusieurs kilomètres. Seul<br />
inconvénient : la taille des tuyaux de<br />
communication est beaucoup plus<br />
petite et le volume de données transférables<br />
nettement plus restreint. «<br />
Dans ce contexte, il devient nécessaire<br />
d’identifier les besoins les plus urgents<br />
et de trier au mieux les informations<br />
que l’on souhaite obtenir. Par ailleurs,<br />
Monitoring sans fil et<br />
maintenance prévisionnelle :<br />
be smart !<br />
La marque Oneprod (groupe Acoem)<br />
publie courant juin de cette année<br />
un livre blanc visant à aider et à<br />
accompagner les industriels dans<br />
le choix et l’utilisation de capteurs<br />
sans fil destinés à surveiller les<br />
machines et les équipements. Outre<br />
la présentation des différents enjeux<br />
liés à la technologie sans fil mais aussi<br />
les risques liés à certains capteurs<br />
peu performants qui inondent<br />
aujourd’hui le marché, cette publication<br />
reviendra également sur les solutions<br />
que l’on trouvera demain, alliant le<br />
plus souvent deux intelligences : celle<br />
du réseau et celle du capteur luimême,<br />
compromis prenant forme<br />
sous la notion d’« Edge Computing ».<br />
Réalisé par différents experts<br />
Oneprod, en partenariat avec Hikob,<br />
spécialiste dans les infrastructures<br />
sans fil, le livre blanc sera accessible<br />
à tous et téléchargeable gratuitement<br />
sur le site oneprod.com.<br />
26ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
technologies<br />
Semi-online – Vibration Analysis / Capteurs sans fil / Les capteurs sans fil exigent de reposer sur un protocole fiable<br />
il est évident que pour le moment, compte tenu de ses limites,<br />
le capteur sans fil est complémentaire au capteur filaire ; ce<br />
dernier sera utilisé pour des équipements hautement critiques<br />
et qu’il faut surveiller de près. Le capteur sans fil sera quant à<br />
lui davantage utilisé pour le reste du parc machine ».<br />
Mettre l’intelligence dans le capteur<br />
avant le Cloud<br />
Selon l’expert d’Oneprod, les solutions s’orienteront dans un<br />
avenir proche vers un compromis entre le Cloud et le capteur<br />
qui, de fait, intègrera plus d’intelligence qu’aujourd’hui.<br />
L’idée est qu’au niveau même du capteur, l’utilisateur obtiendra<br />
un premier niveau d’information sur l’état de santé de<br />
sa machine. « Tout transférer vers le Cloud n’est pas la solution,<br />
même si de nombreuses start-up promettent actuellement<br />
monts et merveilles, prévient Bertrand Wascat. D’autant que<br />
bien souvent, leurs solutions intègrent des capteurs basés sur<br />
des technologies d’entrée de gamme qui, limitées en performances<br />
de mesure, ne permettent pas un suivi efficace des<br />
problèmes de roulements par exemple ». ●<br />
Olivier Guillon<br />
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Eviter les arrêts imprévus<br />
Industrie 4.0 : Les plastiques intelligents augmentent la sécurité face aux défaillances.<br />
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PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı27
technologies<br />
Solution<br />
Plus de rentabilité<br />
pour une installation Wi-care<br />
dans le domaine HVAC<br />
En 2013, après plus de cinq années de recherche et développement, I-care lançait sa gamme de produits Wicare,<br />
des capteurs et transmetteurs de vibration et température sans fils à la pointe de la technologie, épaulés<br />
par la plateforme de traitement de données I-see, elle aussi développée en interne. Depuis leurs lancements,<br />
Wi-care et I-see n’ont jamais cessé de s’améliorer et font aujourd’hui partie des meilleures solutions du marché<br />
pour la maintenance 4.0.<br />
Le remplacement systématique des roulements d’une<br />
installation HVAC (turbine et moteur) représente<br />
un montant non négligeable. On estime ce coût en<br />
moyenne à près de 1 000 € par HVAC et par an (préparation,<br />
pièces et main d’œuvre). De plus, le remplacement<br />
systématique introduit des modes de défaillance dont les<br />
causes racines sont l’alignement, la tension des courroies,<br />
la mortalité infantile et le cycle de vie des roulements, ainsi<br />
que l’introduction de nouveaux modes de défaillance dûs<br />
au démontage et remontage des équipements. Même si la<br />
maintenance prédictive n’empêche pas le remplacement des<br />
roulements, elle en optimise l’occurrence.<br />
La technologie sans fil Wi-care<br />
Les capteurs et transmetteurs Wi-care développés par I-care<br />
sont des capteurs sans fil de vibration mono-axe ou tri-axes,<br />
température, pression et corrosion permettant une précision<br />
de mesure identique voire supérieure à l’analyse vibratoire<br />
classique ou à d’autres systèmes de mesure. Une installation<br />
Wi-care se compose de capteurs sans fils, de range extenders<br />
(amplificateurs de signal) et d’une gateway (passerelle pour<br />
la réception et transmission des données). Chaque gateway<br />
peut gérer jusqu’à 144 capteurs et garder en mémoire près<br />
de deux mois de données, évitant ainsi toute perte d’information<br />
en cas de perte de connexion internet.<br />
Le placement des capteurs se fait en quelques minutes par<br />
équipement et une fois le système complètement installé, les<br />
premières données seront collectées quelques minutes plus<br />
tard et aussitôt transmises à la plateforme en ligne I-see. Plus<br />
besoin de logiciels complexes et coûteux. De plus, chaque<br />
client Wi-care bénéficie des mises à jour et améliorations<br />
régulières de l’outil en ligne I-see.<br />
28ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
technologies<br />
Résumé des coûts des différents scénarios<br />
Ces données pourront ensuite être analysées par les ingénieurs<br />
fiabilistes de I-care ou du propriétaire de l’installation<br />
pour anticiper tout risque de pannes. Grâce aux alertes<br />
programmables, toute déviance du spectre vibratoire, de<br />
température ou autre paramètre nécessitant une surveillance<br />
peut être détectée quasi-instantanément, même en dehors<br />
des périodes d’analyses contractuelles. Sur base d’une prise<br />
de mesure toutes les deux heures, la durée de vie des batteries<br />
des capteurs Wi-care est de cinq ans. Grâce à leur certification<br />
Atex, les capteurs Wi-care peuvent également être<br />
utilisés dans des zones à atmosphère explosive.<br />
Exemple réel<br />
Situation de départ : pas de prévisionnel...<br />
Les équipes d’Icare ont réalisé une étude chez un de leurs<br />
clients dans le secteur pharmaceutique. Les résultats de cette<br />
étude ont démontré que sur un échantillon de 71 HVAC (sur<br />
un total de 125 équipements jugés critiques 1 ), le remplacement<br />
systématique des roulements s’élevait à 71 000 € par<br />
an et qu’environ dix pannes mécaniques significatives entraînant<br />
un arrêt de plus de deux heures ont été relevées chaque<br />
année au cours des quatre dernières années.<br />
Le coût moyen d’une de ces pannes a été estimé à 16 128 €,<br />
coût établi en « best case », c’est-à-dire des coûts de maintenances<br />
volontairement tirés vers le bas, pas de prise en<br />
compte de la mobilisation du matériel de production lors<br />
de la panne, ni de comptabilisation d’un report éventuel de<br />
production. Ces données extrapolées à l’ensemble des 125<br />
équipements critiques du client représentent un coût annuel<br />
total pour notre client de plus de 415 000 € (125 000 € de<br />
remplacement des roulements et 290 304 € pour les dix-huit<br />
pannes significatives).<br />
Scénario 1 : Analyse vibratoire trimestrielle<br />
L’analyse vibratoire trimestrielle permettrait de de réduire<br />
significativement ces coûts grâce à une baisse de la probabilité<br />
de défaillance à 10%. En effet, la détection de défauts à<br />
un stade précoce permet une intervention corrective empêchant<br />
une détérioration avancée de l’équipement. Un investissement<br />
de base sera nécessaire pour équiper les HVAC de<br />
capteurs. Le coût moyen dans ce cas est de 1 050 € par HVAC,<br />
soit 131 250 € pour l’ensemble des équipements du client. Les<br />
résultats des analyses vibratoires trimestrielles permettront<br />
d’identifier les problèmes d’alignement et d’équilibrage anticipatifs<br />
à un problème de roulements. Cela évitera ainsi les<br />
remplacements systématiques et permettra au client de planifier<br />
sa maintenance de façon optimale, par exemple lors des<br />
périodes de « shutdown » ou d’intercampagne, évitant ainsi<br />
un arrêt de production inopiné. Les coûts annuels deviendraient<br />
donc les suivants :<br />
• 13 500 € pour les prises de mesures, analyses et rapports<br />
trimestriels ;<br />
• 32 256 € pour les pannes significatives (10% de probabilité<br />
de défaillance non détectée = deux pannes) ;<br />
• 16 000 € de coûts de maintenance ou réparations planifiées<br />
(90% de pannes évitées avec un coût maximal estimé<br />
à 1 000 €/HVAC).<br />
En plus de l’impact significatif sur la qualité et le volume<br />
de production, les coûts peuvent donc être réduits de plus<br />
de 85% pour atteindre un montant estimé à 61 756 € par an<br />
(hors investissement de base pour les capteurs).<br />
Scénario 2 : Solution Wi-care<br />
La solution Wi-care réduit le risque de pannes non détectées<br />
à moins de 1%. L’investissement de base complet (capteurs,<br />
transmetteurs, range extenders et gateways) est estimé à<br />
250 000€ pour équiper les 125 HVAC critiques du client.<br />
Les coûts annuels de la solution Wi-care dans ce cas-ci sont<br />
les suivants :<br />
• 12 375 € pour les prises de mesures, analyses et rapports<br />
mensuels ;<br />
• 0 € pour les pannes significatives (1% de probabilité de<br />
défaillance non détectée = 0,18 pannes par an) ;<br />
• 18 000 € de coûts de maintenance ou réparations planifiées<br />
(99% de pannes évitées avec un coût maximal estimé<br />
à 1 000 €/HVAC).<br />
Hors investissement de base, les coûts annuels de la solution<br />
Wi-care sont donc de 30 375 €, soit 93% de moins que les<br />
frais encourus en l’absence de maintenance prévisionnelle<br />
et 51% de moins que l’analyse vibratoire trimestrielle. L’investissement<br />
de base Wi-care est important mais reste néanmoins<br />
inférieur aux coûts annuels occasionnés par l’absence<br />
totale de maintenance prédictive (voir graphe de comparaison<br />
dans le point 4). De plus, la solution Wi-care présente<br />
de nombreux avantages et fonctionnalités supplémentaires à<br />
l’analyse vibratoire trimestrielle : une installation plus simple<br />
que les capteurs classiques (réel Plug&Play) générant moins<br />
de mobilisation des outils de production et main d’œuvre,<br />
une prise de mesure et enregistrements des données plusieurs<br />
fois par jour (par défaut toutes les deux heures), des analyses<br />
et des rapports mensuels 2 , donc quatre fois plus fréquents<br />
que le préventif trimestriel.<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı29
technologies<br />
Autre avantages de cette solution ; des alarmes de déviance<br />
de spectre, de température ou autres envoyées par email ou<br />
sms et permettant une intervention rapide et l’évitement<br />
d’arrêts de production, le suivi en temps réel via la plateforme<br />
I-see, l’historique intégral des systèmes consultables<br />
à tout moment, un dashboard clair, évolutif et personnalisable<br />
de la santé des équipements, le benchmark de tous les<br />
systèmes mesurés et gestion de KPIs ou encore la diminution<br />
des risques HSE car pas de déplacements humains sur<br />
site et l’intégration possible avec des outils de gestion GMAO<br />
tels que SAP PM.<br />
Au vu du cas réel exposé ci-dessus, les avantages d’un<br />
programme de maintenance prévisionnelle ne sont plus à<br />
démontrer en termes d’optimisation des coûts de maintenance<br />
et de production. Les seuils de rentabilité des deux<br />
scénarios sont respectivement atteints après quatre mois et<br />
demi et huit mois par rapport à une politique de remplacement<br />
systématique. À l’heure où le monde industriel s’oriente<br />
de plus en plus vers les solutions de maintenance 4.0, l’investissement<br />
de base nécessaire à la solution Wi-care, bien que<br />
supérieur à un programme trimestriel classique, se justifie<br />
pleinement de par la réduction encore plus grande de risque<br />
de pannes non détectées, mais surtout grâce à la plus-value<br />
importante apportée par ses fonctionnalités supplémentaires<br />
énumérées précédemment. ●<br />
1<br />
Un équipement HVAC jugé critique signifie un impact important<br />
sur la production en cas de panne.<br />
2<br />
La fréquence des analyses et rapports Wi-care est déterminée dans<br />
le contrat de départ par le client et I-care mais peut être à tout moment<br />
adaptée sur demande.<br />
Représentation graphique de l’évolution<br />
des gains/coûts des différents scénarios<br />
Résumé des risques liés à chaque scénario<br />
30ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
Petrol Blauw :<br />
pantone 315 100%<br />
pantone 315 55%<br />
Groen :<br />
pantone 376 100%<br />
pantone 376 85%<br />
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maintenance en production<br />
méthode<br />
Générer de la valeur par une<br />
meilleure gestion des stocks<br />
La gestion des stocks de pièces de rechange et de pièces détachées a longtemps été la grande oubliée<br />
de l’atelier, les efforts étant systématiquement fournis en faveur de la production. Pourtant, depuis plusieurs<br />
années émergent des projets et des solutions visant à rationaliser les magasins, tant au niveau du matériel<br />
que du management lui-même.<br />
© DR<br />
La gestion des pièces détachées fluidifiée, la recherche<br />
de mise en commun des stocks – en d’autres termes,<br />
la création de stocks mutualisés – le tout associé à des<br />
outils logiciels et des solutions en matière de rayonnage particulièrement<br />
innovantes ont permis de générer de la valeur.<br />
Mais par-dessus tout, c’est la connaissance de l’état du magasin<br />
en temps réel (ou presque) qui s’avère encore plus stratégique<br />
; car accéder le plus rapidement possible à la pièce<br />
recherchée lors d’une réparation crée aussi de la valeur.<br />
Certes, on parle de plus en plus d’impression 3D. La fabrication<br />
additive, notamment métallique pour certaines pièces<br />
mécaniques unitaires de remplacement, est une solution que<br />
l’on voit émerger dans certains ateliers ; ce sera valable pour<br />
des pièces difficiles à trouver ou obsolètes, permettant ainsi de<br />
ne plus remplacer tout un ensemble. Mais avant de recourir à<br />
l’impression 3D, technologie aux multiples procédés qui exige<br />
encore des investissements importants et une certaine maîtrise,<br />
d’autres moyens existent pour éviter des délais d’approvisionnement<br />
trop importants. Ceux-ci concernent notamment des<br />
méthodes destinées à optimiser cette gestion mais aussi, pour<br />
aller plus loin dans la démarche, à la rendre plus performante.<br />
Créer de la performance et de la valeur sur la gestion des<br />
pièces détachées, c’est aussi prendre à bras le corps les<br />
problèmes que pose la digitalisation de l’entreprise. Car<br />
faire le point sur son magasin est une étape essentielle à la<br />
démarche d’industrie du futur que les entreprises devront<br />
mener tôt ou tard, comme le montre Matthieu Jolens.<br />
Dans ce nouveau numéro de <strong>Production</strong> <strong>Maintenance</strong>, la<br />
rédaction a fait appel au fondateur de la société J.I.Conseil<br />
(également intervenant sur les prochaines conférences <strong>Maintenance</strong><br />
du Sepem à Colmar et à Avignon) pour expliquer<br />
comment franchir ce palier et bâtir une véritable organisation<br />
fonctionnelle de la maintenance. De son côté, Rabah Achemaoui,<br />
patron de la maintenance chez Endel (groupe Engie)<br />
livrera des clefs de réussite pour bien mener la gestion des<br />
stocks et Claude Pichot, président de l’Afim, expliquera dans<br />
un entretien en quoi la plateforme Ec@t-npmi est devenue<br />
un outil de références de pièces incontournable chez certains<br />
grands comptes tels que Renault et Airbus ; la plateforme a<br />
d’ailleurs dépassé le million de pièces référencées et ce n’est<br />
pas prêt de s’arrêter. ●<br />
Olivier Guillon<br />
32ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
https://shop.bito.com/fr-fr/
maintenance en production<br />
production<br />
De la gestion des stocks de pièces<br />
détachées aux indicateurs de performances<br />
Dans l’organisation de la maintenance, les stocks des<br />
pièces détachées se révèlent un levier de performance<br />
non négligeable. La disponibilité des moyens<br />
de productions dépend directement de la mise<br />
à disposition des pièces détachées.<br />
La criticité est définie comme le produit de la probabilité d’occurrence<br />
d’un accident (panne) par la gravité de ses conséquences<br />
: criticité = probabilité x gravité<br />
La question de la gestion des stocks est le plus souvent<br />
traité de façon « historique », par but de ne pas<br />
« manquer » ou encore « on ne sait jamais ! », rarement<br />
d’après une cartographie des processus et des flux. L’objectif<br />
est de dimensionner au plus juste les besoins afin de<br />
gagner en qualité, réactivité, diminuer les couts d’immobilisation<br />
tout en améliorant le taux de service des magasins<br />
de pièces détachées. Les gisements de productivités sont<br />
importants, tant sur les pièces dont la rotation est importante<br />
que sur les pièces dont la rotation est faible. Mais pas<br />
seulement, la performance stock des pièces détachées va<br />
impacter la sécurité, la qualité, FoodSafety, la réactivité, le<br />
produit, l’ergonomie…<br />
Un stock performant est un stock qui répond aux besoins de<br />
maintenir les moyens de production. C’est pour cela que la<br />
criticité des moyens de productions (équipement critique)<br />
et la criticité des interventions (intervention critique) sont<br />
des étapes fondamentales. Les équipements critiques sont<br />
hiérarchisés selon leur importance globale suivant un certain<br />
nombre de critère (sécurité, qualité, production, utilisation,<br />
fréquence des pannes supérieur à 10 min., maintenabilité)<br />
aboutissant à une classification en trois catégories : A/B/C.<br />
Cette classification peut être assignée à chaque équipement<br />
de la GMAO ou dans SAP. L’indicateur apparait dans la liste<br />
des ordres de travail (OT) directement lié à la « functional<br />
location ». À la suite de cette classification, les taux de rotations<br />
des pièces détachées étant sur cinq ans, il est d’usage<br />
de constater que 80% des pièces détachées tenues en stock<br />
sont rarement utilisées, 50% des surstocks seront obsolètes<br />
dans un délai de quatre ans et 40% du surstocks sont liés à<br />
la non réalisation du préventifs. Le fait d’avoir critiquer les<br />
moyens de production, il est plus simple d’appliquer par la<br />
suite sur chaque ensemble et sous-ensemble qui compose, un<br />
moyen de pondérer le coût de possession versus la criticité.<br />
A : Impact fort<br />
B : Impact modéré<br />
C : Impact faible<br />
34ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
MAINTENANCE EN PRODUCTION<br />
Les pièces à mettre en stock doivent être<br />
estampillées stock de sécurité. Le stock<br />
de sécurité et dédié au curatif.<br />
LES PLANS DE MAINTENANCE<br />
PRÉVENTIVE IMPACTENT<br />
L’IMMOBILISATION DES STOCKS !<br />
Un plan de maintenance préventive se<br />
doit d’être accompagné d’une liste de<br />
pièces détachées et une fréquence. Si la<br />
GMAO vous le permet, il est judicieux<br />
de passer les préventif en commande<br />
de pièces détachées en automatique et<br />
d’anticiper les approvisionnements en<br />
fonction du délai d’approvisionnement<br />
du fournisseur afin d’obtenir une organisation<br />
du « juste à temps » !<br />
Autre conseil, en matière de mutualisation<br />
des stocks entre sites, l’organisation<br />
d’un référent pièces détachées doit<br />
permettre de rationaliser les coûts sur<br />
des références à fort couts et faible taux<br />
de rotations. On peut aussi diminuer les<br />
stocks à la suite de l’identification des<br />
pièces obsolètes, des doublons ou des<br />
pièces endommagées et demander la<br />
mise en place de stock de consignation.<br />
DES INDICATEURS DE<br />
PERfORMANCE PERTINENTS<br />
La mesure induit le comportement.<br />
Aucun moyen de gestion ne fonctionnera<br />
de manière pérenne et performant<br />
s’il n’est pas contrôlé par des indicateurs<br />
qui ont du sens. Notons qu’il<br />
existe deux types d’indicateurs : les<br />
indicateurs de résultat (ou de succès)<br />
essentiellement orientés satisfaction<br />
fournisseurs, et les indicateurs de<br />
processus (ou de progrès) qui indiquent<br />
comment fonctionne le système.<br />
Parmi les exemples d’indicateur mesurés<br />
mensuellement figurent la valeur<br />
du stock et du stock de sécurité en euro<br />
et sa dépréciation, l’objectif stock visé,<br />
l’écart Stock/Objectif, le nombre de références<br />
en stock, inventoriées et avec un<br />
écart d’inventaire, sans oublier la fiabilité<br />
du stock (Nbr de référence en stock/<br />
Nbr de référence inventorié)… ●<br />
Matthieu Jolens<br />
J.I.Conseil<br />
SOLUTIONS ÉPROUVÉES<br />
ET CONTRÔLÉES<br />
SSI SCHÄFER propose une gamme complète de<br />
solutions intralogistiques modulaires et durables,<br />
incluant des prestations de maintenance et de<br />
service sur mesure pour l’ensemble de la France.<br />
ssi-schaefer.com<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı35
maintenance en production<br />
Entretien<br />
Gestion des stocks : l’expérience et les<br />
conseils d’un leader de la maintenance<br />
Dans ce focus consacré à la gestion des stocks, il nous semblait intéressant d’interroger Rabah Achemaoui,<br />
patron de la maintenance d’Endel Engie, filiale du groupe Engie et leader en France de l’intégration<br />
de prestations industrielles autour d’un cœur de métier de spécialistes du métal, pour des environnements<br />
imposant sûreté, sécurité et qualité.<br />
Dans quels secteurs opèrent<br />
vos clients ? Quelles sont<br />
leurs problématiques en matière<br />
de maintenance ?<br />
Nos clients opèrent sur tous les secteurs<br />
industriels comme le nucléaire, la<br />
sidérurgie, la pétrochimie, la chimie,<br />
la pharmacie. Les problématiques en<br />
matière de maintenance sont souvent les<br />
mêmes et tournent autour de plusieurs<br />
aspects : la sécurité des personnes, des<br />
biens et de la protection de l’environnement,<br />
l’optimisation des coûts, la réduction<br />
des temps d’arrêt pour réaliser la<br />
maintenance, la réduction des pannes<br />
et des temps associés et l’optimisation<br />
des stocks de pièce de rechange.<br />
Quelles sont leurs problématiques<br />
en matière de stockage (espace<br />
et coûts d’immobilisation) ?<br />
Le principal problème pour les industriels<br />
est de réduire les stocks. En effet,<br />
au fur et à mesure du temps les stocks<br />
augmentent. Par exemple chez un<br />
industriel, nous avons remarqué que dès<br />
lors que vous réservez des pièces pour<br />
un gros arrêt annuel, le système informatique<br />
déclenche automatiquement<br />
une demande de ré approvisionnement.<br />
Lorsque les pièces ne sont pas consommées<br />
lors de l’arrêt elles sont alors réintégrer<br />
dans le magasin, ce qui provoque<br />
une augmentation du stock de pièce de<br />
rechange.<br />
36ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
maintenance en production<br />
Quels en sont les enjeux (financiers,<br />
réactivité et qualité d’intervention,<br />
temps d’arrêt de production...) ?<br />
Les enjeux sont importants. Ils sont<br />
en premier lieu d’ordre financier. Un<br />
stock immobilise un capital. De plus,<br />
même lorsque les pièces de rechange<br />
sont bien stockées, elles ont une durée<br />
de vie limitée. Ce stock est déprécié<br />
d’année en année et en plus il faut<br />
disposer d’un magasin avec ses équipements<br />
et du personnel pour le gérer.<br />
Avoir un stock, c’est d’abord pour gérer<br />
des risques économiques qu’engendre<br />
une pénurie de pièces. D’une part, le<br />
coût pénurie qui passe par une indisponibilité<br />
des équipements, la perte<br />
de production, de CA et MB, sans<br />
oublier l’insatisfaction du client final.<br />
D’autre part, le coût de possession :<br />
argent immobilisé, impôts, assurances,<br />
personnel, bâtiment.<br />
Sur quels leviers peut-on agir afin<br />
de mieux gérer son stockage ?<br />
La solution est de trouver un compromis<br />
économique en optimisant le coût<br />
de possession par rapport à un risque<br />
admissible de pénurie. Cela veut dire<br />
d’abord de bien catégoriser les équipements<br />
de production pour connaitre<br />
ceux qui sont critiques et ceux qui ne le<br />
sont pas. Ensuite, pour les équipements<br />
critiques, il est nécessaire de réaliser un<br />
découpage fonctionnel qui va jusqu’à la<br />
pièce de rechange. Pour chaque pièce<br />
de rechange critique, on connaît son<br />
délai d’approvisionnement, son cout<br />
et les fournisseurs potentiels. Pour<br />
chaque pièce de rechange, on calcule<br />
son coût de pénurie pour décider s’il<br />
faut la stocker. En revanche, on ne va<br />
pas traiter toutes les pièces de rechange<br />
de la même manière. Il y a les pièces<br />
courantes et les pièces stratégiques.<br />
Comment optimiser la gestion<br />
de ses pièces détachées et en faire<br />
une force plutôt qu’une faiblesse ?<br />
Lorsque nous intervenons chez nos<br />
clients pour optimiser leurs stocks, nous<br />
cherchons en permanence à réduire le<br />
capital immobilisé. Le constat est que<br />
généralement 20% des stocks tournent<br />
et les 80% restant représentent le stock<br />
dormant et le stock mort. Bien souvent,<br />
les articles pouvant engendrer un arrêt<br />
de production ne sont pas suffisamment<br />
stockés. Pour en faire une force,<br />
il faut se donner comme objectif d’avoir<br />
toujours les pièces au bon moment et au<br />
bon endroit au meilleur prix.<br />
D’une manière générale, la principale<br />
problématique est l’absence d’analyse<br />
périodique des stocks. Un intérêt<br />
certain leur est porté lors de leur<br />
constitution, mais on a tendance à<br />
oublier rapidement qu’ils revêtent<br />
un caractère dynamique. En effet, les<br />
paramètres qui permettent de définir<br />
et gérer les articles à stocker évoluent<br />
dans le temps : les cadences de production<br />
varient, les politiques de maintenance<br />
évoluent, les équipements<br />
vieillissent, ils sont parfois remplacés<br />
ou tout simplement modifiés…<br />
En l’absence d’analyses régulières, les<br />
problèmes d’obsolescence apparaissent<br />
et les consommations évoluant, il en<br />
est de même pour le dimensionnement<br />
des stocks (sous ou sur-stockage).<br />
Ces conséquences peuvent générer<br />
des coûts de possession inutiles ou<br />
une augmentation de l’indisponibilité<br />
des équipements qui se traduit directement<br />
par des pertes de production<br />
importantes. Tous ces coûts peuvent<br />
se chiffrer en plusieurs centaines de<br />
millier d’euros. Mais d’autres problèmes<br />
existent comme les stocks pirates, les<br />
doublons d’articles, l’absence du taux de<br />
service par article sans oublier les mises<br />
à jour des bases de données des ERP.<br />
En matière d’outils technologiques,<br />
quelles solutions existent sur<br />
le marché pour mieux accompagner<br />
l’organisation de son magasin ?<br />
Il existe de nombreux logiciels de<br />
gestion de stock sur le marché. Certains<br />
d’entre eux intègrent des fonctionnalités<br />
d’optimisation des stocks plus<br />
ou moins performantes. Le problème<br />
réside dans le fait que les industriels<br />
sont déjà dotés de tels outils, dans la<br />
plupart des cas, intégrés à leur ERP et<br />
n’ont pas la volonté d’utiliser un logiciel<br />
dédié déconnecté de leur principal outil.<br />
Pour répondre à cela, quelques logiciels<br />
ont vu le jour ces dernières années. Ils<br />
ne se substituent pas à l’outil de gestion<br />
des stocks existant mais en constituent<br />
plutôt un complément. Connectés à<br />
l’ERP, ils en extraient les données dans<br />
le seul but d’optimiser les stocks.<br />
Cependant, ces logiciels présentent deux<br />
inconvénients majeurs : le manque de<br />
transparence concernant les algorithmes<br />
de calcul (l’utilisateur ne peux pas apprécier<br />
la pertinence des modèles utilisés et<br />
des calculs réalisés) et un coût relativement<br />
élevé. De plus, ils sont de manière<br />
générale adaptés à des stocks d’articles<br />
à taux de rotation élevés, ce qui est<br />
loin d’être le cas des pièces de rechange<br />
dédiées à la maintenance et sont plutôt<br />
destinés à des stocks importants.<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı37
maintenance en production<br />
Avez-vous mis au point des solutions « maison » ?<br />
Le constat qui vient d’être évoqué nous a poussés à innover<br />
en créant deux outils nous permettant d’optimiser les stocks<br />
de pièces de rechange. Un pour les pièces courantes et un<br />
pour les pièces stratégiques. Le premier se nomme Harristock<br />
dont vous trouverez ci-après le processus. Il permet de<br />
définir la meilleure méthode de réapprovisionnement mais<br />
aussi de calculer l’ensemble des paramètres de gestion de<br />
stock. Cet outil nous permet surtout d’établir ces paramètres<br />
à partir de prévisions de consommations.<br />
Le second outil que nous avons créé s’appelle Markspare et<br />
est dédié aux pièces stratégiques. En fonction d’un certain<br />
nombre de donnée d’entrée et d’un algorithme que nous avons<br />
développé, il nous préconise ou pas de stocker la pièce avec<br />
la quantité optimum.<br />
Quel est le rôle des magasins déportés ?<br />
Sont-ils nécessaires et dans quelles configurations ?<br />
Il existe plusieurs types de magasins déportés. Par exemple,<br />
pour les pièces de rechange stratégiques, il est possible de les<br />
stocker dans un magasin central et ainsi pouvoir alimenter en<br />
cas de besoin plusieurs usines qui ont les mêmes besoins. On<br />
peut aussi posséder des magasins déportés pour les sites industriels<br />
de grande dimension. Pour réduire les pertes de temps liés<br />
aux transports, on va créer des magasins au plus près des zones<br />
d’intervention avec les articles les plus couramment consommés.<br />
Le dernier type de magasin déporté est le stock consigné.<br />
Les pièces de rechange se trouvent alors dans le magasin du ou<br />
des fournisseurs. On parle alors de « stocks en consignation ».<br />
Au niveau management, y a-t-il de bonnes pratiques<br />
« humaines » à mettre en place ?<br />
Nous accordons aussi beaucoup d’importance au profil de base<br />
des gestionnaires de magasins. Endel Engie considère que la<br />
gestion des stocks de pièces de rechange est une fonction à part<br />
entière de la maintenance industrielle, il est donc logique que<br />
les profils de ces postes disposent de solides connaissances techniques.<br />
De plus, fort de son expérience de maintenancier, le<br />
groupe connait parfaitement les problématiques « clients » relatives<br />
à la gestion des pièces de rechange (disposer de la bonne<br />
pièce, au bon moment, au bon endroit et avec un cout minimum).<br />
Notre métier nous a appris à quel point la disponibilité des équipements<br />
de production est un enjeu majeur pour nos clients. La<br />
réactivité de nos équipes en est une conséquence et celle-ci passe<br />
par notre capacité à mettre en œuvre le plus rapidement possible<br />
les ressources humaines et matérielles nécessaires. Cette culture<br />
maintenance de services est un atout majeur qui permet de nous<br />
différencier dans ce métier. L’animation et le partage d’expérience<br />
d’une communauté construite autour de nos prestations<br />
de gestion des stocks nous permettent de nous tenir informés des<br />
dernières évolutions technologiques et organisationnelles pour<br />
ainsi être force de propositions auprès de nos clients.<br />
Avez-vous des exemples concrets à nous présenter en<br />
matière d’optimisation des stocks et des pièces détachées ?<br />
Oui, nous avons plusieurs exemples dans différents secteurs.<br />
Le premier concerne la chimie où nous avons un stock d’une<br />
valeur de près de 40 M€ avec près 65% de stock mort et 16%<br />
de stock dormant. Nos préconisations ont été bien entendues<br />
de réduire les stocks dormant et tournant. La bonne pratique<br />
simple à mettre en place que je préconise est de calculer pour<br />
chaque article le taux de couverture. Par exemple, si vous avez<br />
en stock deux articles d’une même référence et que vous en<br />
consommez un par an, alors votre taux de couverture est de<br />
deux ans. Très rapidement, vous allez mettre en évidence les<br />
articles qui ne bougent jamais. Au-delà d’un taux de quatre<br />
à cinq ans il faut vraiment se poser les bonnes questions.<br />
Le second exemple concerne un client dans le secteur de la<br />
pharmacie. Nous avons très rapidement identifié une économie<br />
réalisable représentant 20% de la valeur du stock. Nous<br />
avons également travaillé sur un plan d’actions visant à revoir<br />
en globalité l’organisation et la gestion du stock à la suite d’un<br />
constat réalisé mettant en évidence que le magasin général<br />
ne répondait pas au besoin des utilisateurs. En conséquence,<br />
des stocks pirates de volumes cumulés, presque identiques<br />
à celui du magasin général, avaient été mis en place par les<br />
utilisateurs. ●<br />
Propos recueillis par Olivier Guillon<br />
38ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
maintenance en production<br />
gestion<br />
ec@t-npmi, un outil de performance unique<br />
pour la gestion des stocks<br />
Apparue il y a une vingtaine d’années, ec@t-npmi est une plateforme<br />
permettant aux professionnels de la production et de la maintenance<br />
de gérer au sein de catalogues privés toutes les données indispensables<br />
au maintien en état… une sorte de passerelle de conversion données<br />
en somme qui a su séduire de grands noms de l’industrie pour la gestions<br />
de leurs stocks.<br />
Claude Pichot<br />
Président de l’Association française<br />
des ingénieurs de maintenance (Afim)<br />
Quand est née l’idée de créer<br />
un tel catalogue et quels étaient<br />
les besoins identifiés ?<br />
L’idée du catalogue est ancienne et<br />
remonte à 1999. PSA et Renault ont<br />
sollicité l’Afim pour rationaliser la<br />
gestion de leurs stocks de pièces de<br />
rechange. Nous sommes partis d’un<br />
constat partagé par Renault et PSA qui<br />
avaient développé dans les années 70<br />
un référentiel commun pour la classification<br />
et l’identification des pièces de<br />
rechange des équipements de production<br />
normalisés au sein de l’automobile.<br />
À partir de la même règle, chacun avait<br />
identifié en trente ans, nommé et classé<br />
plus de 30 millions de pièces identiques.<br />
In fine, aucune des pièces identiques<br />
existant chez chacun n’avait le même<br />
identifiant, pas plus qu’une désignation<br />
identique et une même classification.<br />
C’est de ce constat qu’est née l’idée<br />
de développer un système de classification<br />
et de description unique adapté aux<br />
besoins de tous les acteurs de la chaîne<br />
de valeur : fabricants, ingénieries,<br />
concepteurs, ensembliers, acheteurs,<br />
exploitants, maintenance, gestionnaires<br />
de stock, etc.<br />
En quoi consiste exactement ec@tnpmi<br />
et comment fonctionne-t-il ?<br />
Cette plateforme communautaire<br />
permet la publication de catalogues<br />
de produits manufacturés ainsi que la<br />
conversion des référentiels des utilisateurs<br />
selon la même convention universelle<br />
d’interopérabilité des données<br />
ec@t-eCl@ss. ec@t-npmi utilise la<br />
même bibliothèque multilingue de<br />
modèles de description (ec@t-eCl@ss).<br />
Pour les fabricants, la plateforme distribue<br />
ces modèles à la même version et<br />
certifie la conformité des données fournies<br />
aux exigences spécifiées dans les<br />
modèles utilisés pour la constitution de<br />
catalogues de produits. Les fiches techniques<br />
sont regroupées dans des catalogues<br />
par familles de produits selon la<br />
convention universelle d’interopérabilité<br />
ec@t-eCl@ss. Ces données peuvent<br />
être publiques ou privées pour les fabricants<br />
qui ne souhaiteraient pas rendre<br />
visibles leurs produits sur l’Internet.<br />
Pour les utilisateurs, ec@t-npmi convertit<br />
les référentiels existants (achats ou<br />
stocks) selon la même convention ec@teCl@ss<br />
tout en conservant les classifications<br />
existantes. Les articles sont<br />
regroupés dans des catalogues privés<br />
sur des serveurs dédiés. La description<br />
des articles est enrichie des caractéristiques<br />
techniques des produits déposés<br />
par les fabricants.<br />
Qu’apporte-t-il dans la gestion<br />
des stocks et des pièces de rechange ?<br />
ec@t-npmi est la passerelle de conversion<br />
des données existantes en données<br />
interopérables pour accompagner la<br />
transition numérique nécessaire pour<br />
l’industrie 4.0. Son premier apport est<br />
la conversion de référentiels hétéroclites<br />
contenant des dizaines ou des centaines<br />
de milliers d’articles issus de milliers de<br />
fournisseurs différents selon la même<br />
convention. Cette conversion automatisée<br />
permet de réorganiser les référentiels<br />
selon la convention universelle de<br />
classification et de description eCl@sec@t<br />
en conservant les classifications<br />
existantes. La plateforme ec@t-npmi<br />
permet par ailleurs la constitution de<br />
catalogues internes des produits stockés<br />
ou achetés organisés par fabricant,<br />
famille de produits, technologies,<br />
famille d’achats, équipement ou autre.<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı39
maintenance en production<br />
Lors de la constitution de ces catalogues,<br />
les articles identiques identifiés<br />
et dénommés différemment (les<br />
doublons) sont repérés et peuvent être<br />
éliminés. Au sein des catalogues privés,<br />
les propriétés existantes sur la plateforme<br />
ec@t-npmi peuvent être complétées<br />
par les utilisateurs (équipements,<br />
données de gestion et de magasinage,<br />
plans, protocoles de communication,<br />
etc.). Les articles peuvent être recherchés<br />
à partir de caractéristiques techniques,<br />
de gestion, de documentation,<br />
d’obsolescence, etc.<br />
L’Industrie du futur nécessite la conversion<br />
des données du présent dans un<br />
système global d’échange d’informations<br />
dont les ordinateurs sont la clef<br />
de voûte. La plateforme ec@t-npmi<br />
est le connecteur d’interopérabilité<br />
des données adapté à l’Industrie 4.0.<br />
Les données issues de fichiers différents<br />
doivent être rassemblées dans un<br />
système universel cohérent qui permette<br />
aux différents acteurs du cycle de vie<br />
des objets de les retrouver sans erreur.<br />
Faute de quoi, l’interopérabilité indispensable<br />
au développement de l’Industrie<br />
4.0 ne sera pas au rendez-vous.<br />
Pour un disjoncteur communicant par<br />
exemple, les données dimensionnelles<br />
ainsi que les plans sont utiles pour le<br />
montage. Les données électriques sont<br />
indispensables au dimensionnement<br />
des protections. Les données logistiques<br />
sont nécessaires pour l’approvisionnement.<br />
L’adresse physique MAC (Media Acces Control) est<br />
incontournable pour relier le disjoncteur à un réseau. La<br />
plateforme ec@t-npmi permet de rassembler ces données<br />
dans un même système qui permet de les classer et de les<br />
décrire selon la même convention ec@t-eCl@ss avec les<br />
mêmes modèles.<br />
Parlez-nous des utilisateurs d’ec@t-npmi.<br />
Qui sont-ils et quels étaient leurs problèmes ?<br />
En quoi cette solution s’inscrit-elle<br />
dans l’industrie du futur ?<br />
L’identification de 150 000 « doublons » dans un référentiel<br />
achats de 550 000 articles, la conversion d’un référentiel<br />
de 400 000 articles et 420 000 classes selon la convention<br />
ec@t-eCl@ss et l’intégration du stock de huit entités différentes<br />
dans un seul et même ensemble sont les résultats<br />
probants du retour d’expérience avec Dalkia, Renault et le<br />
SIAAP. Avec la plateforme ec@t-npmi, chacun des utilisateurs<br />
connaît le détail des articles qu’il possède ou achète,<br />
les quantités approvisionnées ainsi que les fabricants ou<br />
fournisseurs sources.<br />
Enfin, quelles seront les évolutions d’ec@t-npmi<br />
dans les années à venir ?<br />
Elle est le point focal de la convergence entre classifications.<br />
La plateforme a vocation de contribuer au développement<br />
de modèles de description adaptés aux besoins des utilisateurs<br />
finaux et des fabricants. Ainsi, les propriétés logistiques<br />
nécessaires aux distributeurs membre d’Edoni seront intégrées<br />
aux modèles de la plateforme afin de garantir la cohérence<br />
du système global d’interopérabilité ec@t-eCl@ss. La<br />
plateforme développera les partenariats à long terme avec<br />
les utilisateurs finaux et poursuivra la concertation avec tous<br />
les acteurs afin de consolider la convention universelle des<br />
échanges numériques indispensable au développement de<br />
l’Industrie 4.0. ●<br />
Propos recueillis par Olivier Guillon<br />
40ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
management<br />
Perspectives<br />
La France toujours impuissante face<br />
au manque de formation en maintenance<br />
La reprise économique et industrielle laisse souvent les industriels français pantois et dans une certaine<br />
frustration face aux grandes difficultés de recrutement dans le domaine de la production et de la maintenance.<br />
Un problème bien français qui tarde à se régler.<br />
« Urgent : Novo Nordisk recrute dix techniciens de maintenance<br />
à Chartres ». Voici ce que les lecteurs de l’édition du 6<br />
avril dernier ont lire dans L’Écho Républicain, un périodique<br />
local d’Eure-et-Loir qui précise que « plus de 250 postes sont<br />
actuellement proposés par les industriels de tous les secteurs<br />
d’activité et ne trouvent pas technicien de maintenance ». Ce<br />
genre d’articles se multiplie dans la presse locale qui se fait<br />
parfois, sous couvert de dépeindre une réalité sociale, le relais<br />
de la vitalité des entreprises industrielles de la région et de<br />
leurs besoins de main-d’œuvre. Et le cas est loin d’être isolé,<br />
à l’image des nombreuses dépêches portant sur les initiatives<br />
de plus en plus nombreuses en matière d’emplois dans<br />
la maintenance industrielle, qu’il s’agisse des portes ouvertes<br />
de l’Afpa à l’occasion de la Semaine de l’industrie à Dijon,<br />
de « marathons de l’apprentissage » à Clermont-Ferrand ou<br />
encore des Olympiades des métiers à Caen en passant par<br />
des « job dating » à Dunkerque sans oublier les « Trophées<br />
de l’économie » remis fin janvier dans la Vienne à une société<br />
prospère spécialisée dans la maintenance industrielle…<br />
Les temps ont changé et l’industrie,<br />
toujours mal vue car largement méconnue<br />
du grand public, reprend des couleurs<br />
Face à l’afflux de commandes dans l’industrie, les entreprises<br />
ont du mal à recruter. Et le paradoxe n’est pas que français.<br />
On le trouve dans la plupart des pays européens, y compris<br />
l’Allemagne et sa puissance de frappe, ainsi qu’Outre-Atlantique.<br />
Mais en France, on note une plus grande frustration<br />
au regard des chiffres du chômage qui, soyons francs, n’ont<br />
jamais réellement réussi à remonter la pente, les emplois aidés<br />
et autres initiatives similaires du passé mis à part. Depuis les<br />
années 80, la France est comme marquée par le chômage à<br />
jamais et l’épée de Damoclès continue de planer sur les têtes<br />
Formation des futurs opérateurs chez Toyota Valenciennes<br />
de toute une génération de jeunes dont les parents, effrayés à<br />
l’idée que leur rejeton « n’échoue » dans une filière technique,<br />
s’empressent de les « jeter » dans une voie générale à défaut<br />
d’être royale. Or les temps ont changé et l’industrie, toujours<br />
mal vue car largement méconnue du grand public, reprend<br />
des couleurs et le chemin inverse de ce long déclin tricennal,<br />
auquel la crise de 2008 aurait d’ailleurs dû porter le coup de<br />
grâce. Car depuis quelques années, alors que les entreprises<br />
industrielles ré-engrangent des commandes, le manque de<br />
main-d’œuvre freine considérablement le développement de<br />
celles-ci. Pis, elles se mettent parfois à perdre des marchés.<br />
Un fossé de compétences qui se creuse<br />
entre les jeunes et les anciens<br />
Les initiatives de recrutement, poussant certaines entreprises<br />
à faire de l’affichage en 4x3 sur les bords de routes – aux<br />
Herbiers, en Vendée, par exemple – pour attirer ne serait-ce<br />
qu’un tourneur-fraiseur, un mécanicien ou un électronicien,<br />
à la rémunération confortable… Et ces opérations séduction<br />
sont tout aussi valables en production qu’en maintenance,<br />
métiers dont les techniciens font l’objet de toutes les<br />
convoitises. Encore faut-il que ceux-ci soient convenablement<br />
formés. Et c’est là, précisément, que l’on tombe dans le<br />
paradoxe franco-français : on n’a cessé depuis les années 2000<br />
© DR<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı41
management<br />
Une situation en tension<br />
© Endress+Hauser<br />
– notamment sous l’ère du Président<br />
Sarkozy – de retirer les machines des<br />
centres de formations, au prétexte<br />
qu’elles coûtaient trop cher à entretenir.<br />
Une situation grotesque qui n’a fait<br />
qu’empirer d’autant que la crise économique<br />
a vu les parcs de machines et<br />
d’équipements vieillir et donc faire l’objet<br />
de plus de problèmes de maintenance.<br />
Directeur commercial du Centre de<br />
formation et de conseil dans le domaine<br />
de la maintenance industrielle, Stéphane<br />
Le Gall se souvient qu’à la création<br />
du Cimi en 1982, il fallait former les<br />
techniciens à la maintenance afin de<br />
répondre aux besoins des industriels en<br />
matière de personnel dans ce domaine ;<br />
ce métier n’existait pas en tant que tel,<br />
ou du moins il manquait de cadre et de<br />
méthodes afin de faire passer le technicien<br />
de la phase d’entretien à celle de<br />
maintenance curative. « Aujourd’hui,<br />
le métier est toujours en pénurie ; de ce<br />
côté-ci, ça n’a pas changé depuis trentecinq<br />
ans. En revanche, les raisons de<br />
cette lacune est complètement différente<br />
: elle est davantage liée au désintérêt<br />
de l’industrie de la part des jeunes<br />
et de leurs parents mais pas seulement ;<br />
l’autre raison, et elle est toute aussi préoccupante,<br />
est que le fossé en termes de<br />
compétences entre les anciennes et les<br />
nouvelles générations s’est considérablement<br />
creusé. On assiste aujourd’hui<br />
avec de nombreuses jeunes recrues à<br />
des problèmes de diagnostic de panne<br />
et une logique d’intervention qui s’appuie<br />
bien plus sur la technique de “essaierreur”<br />
que sur une vraie logique et une<br />
vraie réflexion reposant sur des critère<br />
physiques et mécaniques ».<br />
« Le fossé en termes<br />
de compétences entre<br />
les anciennes et les nouvelles<br />
générations s’est<br />
considérablement creusé »<br />
Un décalage parfois total entre des<br />
connaissances théoriques certes en<br />
hausse mais au dépens de la pratique,<br />
comme le déplore Stéphane Le Gall ;<br />
« ces nouvelles générations ont bien<br />
souvent du mal à faire le lien entre les<br />
deux, au point même de ne plus savoir<br />
usiner une pièce de rechange alors même<br />
que les ateliers disposent toujours d’un<br />
tour ou d’un centre d’usinage en cas<br />
d’urgence comme lors d’une casse de<br />
broche ». Combler de type de lacunes<br />
dans la formation est l’une des priorités<br />
du Cimi qui, pour répondre aux besoins<br />
des industriels en matière de compétences<br />
internes, n’a pas hésité à rouvrir<br />
il y a deux ans des formations dédiées<br />
à l’usinage conventionnel ! « On parle<br />
beaucoup d’impression 3D et de la possibilité<br />
de réaliser rapidement des pièces de<br />
rechange. Mais la réalité est toute autre :<br />
à l’exception de certaines grandes entreprises,<br />
la fabrication additive est encore<br />
peu développée dans les ateliers ».<br />
La réforme de la formation et de l’apprentissage<br />
qui se profile devrait aller<br />
dans le bon sens en remettant au cœur<br />
des préoccupations les besoins des<br />
entreprises, en particulier dans l’industrie,<br />
mais aussi l’idée que les personnes<br />
doivent être formées en permanence.<br />
Car s’il fallait quelques semaines il y<br />
a encore une quinzaine d’années pour<br />
intégrer une nouvelle recrue dans l’entreprise,<br />
il n’en est pas du tout de même<br />
aujourd’hui ; avec les rapides évolutions<br />
technologiques de ces dernières<br />
années, il faut parfois autant de temps<br />
pour s’adapter au poste qu’il faut pour<br />
former l’individu en école. En 2016, la<br />
mise en place du compte personnel de<br />
formation (CPF) visant à développer le<br />
recours à la formation, connaît certes<br />
une recrudescence en 2017 mais son<br />
bilan demeure mitigé, en particulier<br />
dans le secteur privé où moins de 1%<br />
des salariés a vu son dossier validé. Le<br />
temps de prendre ses marques dans le<br />
paysage économique français, notamment<br />
industriel, même si les écueils<br />
apparaissent vite ; « le CPF est une<br />
bonne idée mais il reste difficile à utiliser,<br />
indique un spécialiste de la formation<br />
continue. On fait le maximum de<br />
© DR<br />
42ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
management<br />
De moins en moins de jeunes sont formés à l’usinage<br />
© DR<br />
formation sans pour autant répondre<br />
aux besoins de l’entreprise ». De son côté,<br />
Stéphane Le Gall ajoute qu’« un passeport<br />
serait mieux adapté : il permettrait<br />
de se former petit à petit, au moment<br />
où l’on en a le plus besoin, plutôt que<br />
d’apprendre durant plusieurs mois de<br />
nombreuses choses que l’on oublie vite<br />
faute de les mettre en pratique ».<br />
« Le CPF est une bonne idée<br />
mais il reste difficile à utiliser.<br />
On fait le maximum<br />
de formation sans pour<br />
autant répondre aux besoins<br />
de l’entreprise »<br />
Au niveau de l’apprentissage, les réformes sont de mise avec notamment le financement<br />
des centres de formation des apprentis (CFA) au contrat et non plus à<br />
coup de subventions. En d’autres termes, l’établissement recevra une somme à<br />
chaque étudiant embauché en apprentissage, à l’image par exemple des contrats<br />
de professionnalisation. Un système qui met en lumière toutefois des inquiétudes<br />
chez les principaux concernés, à savoir la forte dépendance entre les CFA et les<br />
entreprises dans lesquelles évoluent leurs élèves.<br />
Les professionnels du secteur attendent de pied ferme l’issue de cette loi destinée<br />
à réformer l’apprentissage et la formation. Pour l’heure, certains centres<br />
de formations, après avoir connu une année 2017 record, en lien avec le climat<br />
de reprise économique, connaissent une baisse de régime parfois brutale en<br />
raison de l’incertitude qui règne aujourd’hui ; « nous subissons une chute des<br />
demandes de formation de la part d’entreprises qui s’explique par un manque<br />
de visibilité », indique un salarié ayant souhaité garder l’anonymat. Un coup<br />
dur pour certains centres de formation continue qui doivent combler ce trou<br />
d’air en développant d’autres activités… en attendant d’être fixés sur leur sort<br />
et connaître un nouvel engouement pour former les spécialistes de la maintenance<br />
industrielle de demain. ●<br />
Olivier Guillon<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı43
management<br />
Entretien<br />
« L’apprentissage retrouve<br />
ses lettres de noblesse »<br />
Fondateur et dirigeant du site de diffusion d’offres<br />
d’emploi Emploi-<strong>Maintenance</strong>Industrielle.com,<br />
Miroslav Lukic, en raison d’un parcours riche dans<br />
le domaine de la maintenance et de la production<br />
industrielles, tant dans les grands comptes<br />
qu’au niveau des PME, nous fait part de son opinion<br />
sur l’état de l’apprentissage de la maintenance<br />
en France. Pour lui, les réformes à venir vont<br />
dans le bon sens.<br />
Miroslav Lukic<br />
Fondateur et dirigeant de la plateforme<br />
Emploi-<strong>Maintenance</strong>industrielle.com,<br />
Miroslav Lukic possède une longue<br />
expérience dans la maintenance<br />
industrielle.<br />
À partir de quel constat a été créé<br />
emploi-maintenanceindustrielle.com ?<br />
Lors de mon parcours en maintenance<br />
et en direction générale d’entreprise, j’ai<br />
été confronté à chacun de mes postes<br />
aux mêmes problèmes de recrutement.<br />
Hormis le bouche à oreille, il était difficile<br />
de savoir comment trouver les profils<br />
qualifiés pour la maintenance des équipements<br />
industriels : technicien de<br />
maintenance, automaticien, mécanicien<br />
industriel… Je ne connaissais pas<br />
de support proposant de faire coïncider<br />
l’offre et la demande. Ayant envie de<br />
contribuer à la promotion de ces métiers,<br />
l’idée m’est donc venue de réunir les deux<br />
au sein d’une seule et même plateforme<br />
Web, Emploi-<strong>Maintenance</strong>Industrielle.<br />
com. Il s’agit plus concrètement d’un site<br />
de diffusion d’offres d’emploi spécialisé ;<br />
son rôle est de donner un maximum de<br />
visibilité aux offres des industriels auprès<br />
d’un public ciblé de professionnels de la<br />
maintenance.<br />
Quel premier bilan tirez-vous de cette<br />
initiative ?<br />
Après cinq ans d’existence, le bilan<br />
est positif. La plateforme répond aux<br />
attentes des entreprises et tous ceux<br />
qui ont l’essayé reviennent régulièrement<br />
; c’est le cas notamment, parmi<br />
les noms les plus connus de l’industrie,<br />
d’Amada, Fives mais aussi Elis, EDF<br />
ou encore la SNCF. Le succès repose<br />
sur le fait que notre plateforme, très<br />
ciblée, contrairement aux jobboards<br />
généralistes qui suivent un très grand<br />
nombre de métiers, a une connaissance<br />
très précise des fonctions de la<br />
maintenance et des qualifications qui<br />
y sont liées. Pour assurer la qualité aux<br />
candidats, notre plateforme segmente<br />
les offres par métier et ne diffuse que<br />
des annonces pertinentes.<br />
Quel est votre sentiment sur les<br />
projets du gouvernement en matière<br />
d’apprentissage ?<br />
Ce qui est en train de se passer est une<br />
bonne chose. Je constate qu’en une vingtaine<br />
d’années, en France, l’apprentissage<br />
dans le milieu industriel a enfin<br />
acquis ses lettres de noblesse. L’apprentissage<br />
est devenu une nouvelle façon<br />
de former et de recruter ; il vient là où<br />
l’Éducation nationale pèche. L’idée de<br />
base du Gouvernement est de redonner<br />
de l’importance à l’apprentissage<br />
en mettant en place des aménagements<br />
pour les moins de 18 ans, en augmentant<br />
leur rémunération à travers un<br />
contrat ou encore en aidant les jeunes<br />
à passer leur permis de conduire, etc.<br />
L’apprenti de 2018 n’est plus celui de<br />
1995 ! ●<br />
Propos recueillis par Olivier Guillon<br />
44ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
La formation, facteur clé du<br />
déploiement de l’usine 4.0<br />
MAINTENANCE :<br />
MANAGEMENT &<br />
ORGANISATION<br />
PRODUCTION<br />
MAITRISE DES<br />
ENERGIES<br />
MAINTENANCE des<br />
SYSTEMES AUTOMATISES<br />
& ROBOTISES<br />
Automatismes<br />
Supervision - Réseaux<br />
Robotique<br />
Variation de vitesse<br />
Régulation<br />
Simulation de process<br />
MAINTENANCE des<br />
SYSTEMES DE PRODUCTION<br />
& DE DISTRIBUTION D'ENERGIES<br />
Froid - Climatisation<br />
Air - Gaz - Vapeur<br />
Electrotechnique<br />
Formations Conseil<br />
Inter-Intra-Sur mesure<br />
MANAGEMENT &<br />
EFFICACITE PERSONNELLE<br />
MAINTENANCE des<br />
SYSTEMES DE TRANSMISSION<br />
MECANIQUE - FLUIDE<br />
OLEOPNEUMATIQUE<br />
Mécanique<br />
Usinage & Matériaux<br />
Soudage<br />
Oléohydraulique<br />
Pompes - Vannes<br />
Pneumatique<br />
Logiciels industriels<br />
www.cimi.fr<br />
02 54 74 65 15
management<br />
Tendance<br />
La maintenance, des métiers<br />
– aussi – pour les femmes<br />
Ça n’échappera à personne, l’industrie et tout particulièrement<br />
la maintenance n’attirent pas vraiment<br />
un public féminin. Pourtant, les femmes que l’on<br />
rencontre dans le secteur font souvent preuve d’une efficacité<br />
redoutable. Habituées à évoluer dans un monde d’hommes –<br />
et sensé le rester pour certains – elles doivent souvent davantage<br />
faire leurs preuves, se montrer plus offensives et parfois<br />
plus compétentes que la gente masculine.<br />
Dans ce dossier, nous nous abstiendrons de tenir des propos<br />
non fondés tels que les femmes sont plus efficaces que les<br />
hommes dans leur métier, et vice versa. Ce que la rédaction<br />
a souhaité, c’est avant toute chose à rendre hommage<br />
aux femmes ! Mais ce que nous avons aussi voulu mettre en<br />
avant, c’est que la maintenance et la diversité de tâches et<br />
de métiers qui la composent sont pas l’apanage d’un genre<br />
plutôt qu’un autre, notamment parce que les technologies<br />
évoluent et que les efforts physiques ne s’appuient plus sur<br />
la force physique.<br />
Les trois femmes dont nous avons dressé le portrait dans ce<br />
numéro spécialement consacré à la formation montrent à<br />
quel point elles ont non seulement été capables de franchir<br />
de multiples obstacles à travers des fonctions souvent très<br />
diverses dans le domaine de la maintenance industrielle, mais<br />
également à quel point elles aiment leur métier. Ce qui pêche,<br />
ce n’est pas tellement l’acceptation des femmes dans ce milieu<br />
essentiellement masculin, les mœurs évoluant parfois plus<br />
vite qu’on ne le pense, mais véritablement l’image véhiculée<br />
par des stéréotypes accusant le poids des années.<br />
© Foucha<br />
Sur le stand « Elles bougent » lors du salon Global Industrie 2018<br />
Sans mettre sur le tapis une pseudo théorie des genres, dès le<br />
plus jeune âge, il est essentiel de prendre conscience que les<br />
filières techniques, scientifiques et industrielles s’adressent<br />
tout autant aux femmes qu’aux hommes… et qu’il est grand<br />
temps de mettre les idées reçues au placard si l’on ne veut<br />
plus passer à côté de précieuses compétences qui pourraient<br />
enrichir considérablement le tissu industriel français. ●<br />
Olivier Guillon<br />
À SUIVRE, PLUSIEURS PORTRAITS<br />
47 Être une femme dans la maintenance<br />
industrielle<br />
48 Quand l’esprit créatif mène à la maintenance<br />
industrielle<br />
49 Émeline Deloffre<br />
Sauter la barrière des préjugés<br />
46ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
management<br />
Marisol Fernandez<br />
Être une femme<br />
dans la maintenance industrielle<br />
Le parcours de Marisol Fernandez démontre comment les aléas de la vie professionnelle<br />
n’ont rien de linéaires. Mais cette ingénieure de Supelec a toujours su maintenir le cap vers<br />
« tout ce qui était “électrique ” », glissant naturellement vers l’industrie et la maintenance,<br />
se frayant avec plus ou moins de difficultés un chemin au milieu des hommes.<br />
Être une femme dans un univers quasiment 100%<br />
masculin, c’est souvent à double-tranchant, un avantage<br />
avant de devenir un inconvénient. Bien loin des<br />
a priori sur les femmes, les entreprises industrielles font<br />
aujourd’hui preuve de plus en plus d’ouverture vis-à-vis de<br />
la gente féminine. Un effet de mode ? Une évolution sociétale<br />
? Pas seulement. « Postuler auprès des entreprises m’a fait<br />
prendre conscience qu’en tant que femme, dans l’industrie,<br />
j’avais parfois plus de chances d’être recrutée dans la mesure<br />
où les employeurs cherchent de plus en plus à donner une<br />
autre vision, une façon différente de voir les problèmes et de<br />
les résoudre, précise Marisol Fernandez, aujourd’hui responsable<br />
de la sécurité au sein de SNCF Réseau. Cependant, à<br />
l’intérieur, c’est une toute autre histoire. Le fait d’être acceptée<br />
par les équipes ne se fait pas du jour au lendemain ».<br />
Le parcours de Marisol Fernandez, en bref<br />
Âgée de 40 ans et nommée tout récemment responsable<br />
QSE dans une unité de production et de maintenance chez<br />
SNCF Réseau, Marisol Fernandez a débuté sa carrière en<br />
tant que chargée d’affaires chez ETDE (groupe Bouygues).<br />
Quelques années plus tard, elle intègre le groupe Arcelor-<br />
Mittal comme « Technical Excellence Energy », poste<br />
d’ingénieur-support qui porte en grande partie sur la<br />
gestion de l’énergie sur le site de Fos-sur-Mer. Elle entre<br />
ensuite, comme responsable maintenance, chez Réseaux<br />
ferrés de France (RFF), plus tard fusionné avec SNCF<br />
Réseau.<br />
C’est avant tout sur le terrain qu’une femme doit faire ses<br />
preuves. « Le fait d’être la seule femme, qui plus est diplômée<br />
d’une école d’ingénieurs, ne facilite pas l’approche ; et ça laisse<br />
des souvenirs parfois désagréables, se remémore la responsable<br />
QSE. Mais une fois que cette période est passée, que l’on<br />
a donné la preuve de nos compétences et de notre motivation,<br />
ça redevient un avantage ». En effet, comme l’explique<br />
Marisol, le simple fait d’être une femme apaise les tensions<br />
et permet de renouer avec le dialogue dans des situations<br />
parfois compliquées à gérer, lorsque les techniciens accumulent<br />
les heures de travail sur un chantier délicat, dans des<br />
contextes d’urgence et parfois de tensions sociales. « Il faut<br />
toujours savoir utiliser ses atouts ; les hommes ont souvent plus<br />
de retenues envers une femme, que certains voient parfois un<br />
peu comme leur fille. D’un autre côté, il y a peut-être davantage<br />
d’empathie de notre part ». À vérifier… En tout cas, être<br />
une femme ne suffit pas ; la reconnaissance s’obtient par les<br />
compétences et l’expérience, et non par le genre ; c’est aussi<br />
ça, l’égalité des sexes. ●<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı47
management<br />
Anaïs Rollet<br />
Quand l’esprit créatif mène<br />
à la maintenance industrielle<br />
Ingénieure méthodes maintenance au sein du groupe ADF, Anaïs Rollet<br />
a su, grâce aux encouragements de son professeur de technologies au<br />
collège, mettre à profit ses atouts pour se frayer un chemin ambitieux<br />
dans la maintenance. Portrait d’une jeune ariégeoise qui a fait de son<br />
attrait pour les arts plastiques une force dans l’industrie.<br />
Enfant, elle rêvait d’être infographiste et de travailler pour<br />
Pixar, l’un des spécialistes incontestés du film d’animation.<br />
C’est finalement vers la maintenance industrielle<br />
qu’elle s’est tournée. Erreur de parcours pour Anaïs Rollet,<br />
une jeune ingénieure Méthodes maintenance dans le groupe<br />
ADF (ex Latécoère Services) ? Pas vraiment. Car l’esprit créatif<br />
d’Anaïs l’a toujours suivi, de ses premières armes au sein du<br />
lycée toulousain Déodat de Sévrerac où elle obtient en 2008<br />
un Bac STI Génie mécanique et productique et d’y découvrir<br />
le monde de l’automatisme et de l’usinage. « On m’avait<br />
suggéré d’entrer dans une école d’arts appliqués mais je m’estimais<br />
être trop terre à terre pour intégrer une filière trop “artistique”,<br />
reconnaît Anaïs. J’ai donc opté pour la mécanique ».<br />
Tentée par un BTS de maintenance industrielle, la jeune<br />
étudiante entend finalement intégrer l’IUT du Mirail 2 à Figeac<br />
et se perfectionner dans le domaine des automatismes, « sous<br />
les conseils de mon frère qui m’a conseillée cette voie pour ne pas<br />
être bloquée ensuite ». De là s’en suit un premier stage chez un<br />
fabricant d’aluminium ; « c’est à ce moment précis que je suis<br />
tombée amoureuse de la maintenance ! » L’idée de faire face à<br />
l’urgence autrement qu’en rafistolant des tuyaux avec du Chatterton,<br />
intervenir vite et bien. « On a beau tout structurer, d’un<br />
coup, ça peut casser ; le problème est qu’on est encore trop dans le<br />
curatif, pas assez dans le préventif », déplore Anaïs. Et de poursuivre<br />
: « on découvre beaucoup de choses avec la maintenance<br />
et ma curiosité me pousse toujours à dire qu’il y a une solution<br />
à tout problème ; il faut simplement la trouver ».<br />
« Qui ne tente rien n’a rien ! »<br />
La curiosité, une autre qualité d’Anaïs qui n’a pas hésité à<br />
poursuivre son chemin vers une Licence en management<br />
de la production à Agen (université de Bordeaux 1, en alternance<br />
chez Lafarge à St-Loubès dans la mise en place d’outils<br />
de gestion tels que la GMAO) avant de passer son diplôme<br />
d’ingénieur par apprentissage en génie industriel à l’Ifma de<br />
Clermont-Ferrand, pour enfin achever son parcours scolaire<br />
à l’Ecam de Lyon avec un mastère spécialisé en Management<br />
de l’amélioration continue. « Qui ne tente rien n’a rien ! C’est ce<br />
que je suis dit lorsque j’ai de nouveau postulé à l’Ifma. Cela m’a<br />
permis d’effectuer un stage très enrichissant chez Aubert & Duval<br />
au sein de la maison-mère et de travailler sur cinq cellules de<br />
maintenance afin de mettre en place la TPM. Mais si celle-ci a<br />
échoué, nous en avons toutefois tiré de nombreux indicateurs de<br />
performances et géré les arrêts techniques des machines réparties<br />
dans toute l’usine ». Lors de sa dernière année, Anaïs a même<br />
été chargée d’organiser un service maintenance entier dans<br />
l’usine la filiale britannique Erastil (groupe Eramet) implantée<br />
à Manchester en seulement huit semaines !<br />
Chargée une année durant de l’amélioration continue chez<br />
Microturbo (groupe Safran), Anaïs Rollet intègre en enfin<br />
ADF… en tant que seule représentante de son service de la<br />
gente féminine (sur près de 300 personnes), jusqu’au jour<br />
où elle fut rejointe par une autre femme. « Je me revoie en<br />
elle il y a trois ans, à mes débuts dans l’entreprise ». Malheureusement<br />
pour cette dernière, elle se retrouvera prochainement<br />
seule, Anaïs ayant décidé de quitter ADF pour renouer<br />
avec la technique. Prochain objectif : prendre le poste de<br />
responsable maintenance. Un défi qu’elle entend bien relever,<br />
armée de principes qui ont nourri la base de sa carrière<br />
dans un monde – presque – 100% masculin : « pour réussir,<br />
il faut à la fois être curieuse, avoir du caractère et agir<br />
sans a priori ; il ne faut pas avoir peur de dire ce qu’on pense<br />
et parfois être maligne. Enfin, à l’image des outils dont on<br />
dispose aujourd’hui, il faut savoir être et penser “collaboratif”<br />
en mettant à profit les qualités et les défauts de chacun ».<br />
Une belle leçon de management, domaine qui lui non plus,<br />
n’appartient pas qu’aux hommes. ●<br />
Olivier Guillon<br />
48ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
management<br />
Émeline Deloffre<br />
Sauter la barrière des préjugés<br />
Titulaire d’un bac professionnel <strong>Maintenance</strong><br />
des équipements industriels en 2009 et d’un BTS<br />
<strong>Maintenance</strong> industrielle en 2011 effectué<br />
en apprentissage chez Grupo Antolin Cambrai,<br />
Émeline Deloffre décroche immédiatement,<br />
à la fin de ses études, un CDI directement chez<br />
Grupo Antolin Cambrai pour exercer la fonction<br />
de technicienne Méthodes maintenance, poste<br />
qu’elle occupe toujours.<br />
Quelle fonction occupez-vous aujourd'hui chez Grupo<br />
Antolin (et présentez en quelques mots les activités<br />
de cette entreprise) ?<br />
J’occupe le poste de technicienne Méthodes maintenance<br />
chez Grupo Antolin Cambrai qui est un équipementier automobile<br />
spécialisé dans la production de pièces plastiques<br />
(panneaux de portes et ébénisteries).<br />
En quoi consistent vos tâches au quotidien ?<br />
Je m’occupe de la gestion du magasin de pièces détachées<br />
maintenance, de la gestion des indicateurs (taux de panne,<br />
taux de maintenance préventive), la création de gammes de<br />
maintenance préventive, la mise en place du planning de<br />
maintenance préventive et le suivi de réalisation. La définition<br />
des pièces de rechange à tenir en stock lors de l’arrivée<br />
de nouvelles machines. Le suivi des prestataires extérieurs<br />
lors de la maintenance prédictive (thermographie, analyses<br />
vibratoires...) et la réalisation de plans de prévention.<br />
Comment en êtes-vous arrivée à la maintenance ?<br />
Quelle influence a exercé votre entourage, un professeur<br />
ou autre, sur cette voie peu empruntée par les femmes ?<br />
Après mon année de seconde générale, je suis partie en filière<br />
scientifique pour passer un bac sciences et techniques de laboratoire.<br />
Je ne me sentais pas dans mon élément, j’ai donc mis<br />
fin à mon année de 1 re après trois mois. Avec l’aide ma mère,<br />
j’ai recherché un lycée qui voulait bien me reprendre en cours<br />
d’année près de chez moi. Je suis donc arrivée en 1 re année<br />
de bac pro MEI « par hasard » et j’ai tout de suite accroché.<br />
Quelles ont été les difficultés pour vous en tant que<br />
femme à exercer ce métier ? À l'inverse, y a-t-il<br />
des avantages à ne pas être un homme ?<br />
En tant que femme, je n’ai pas eu trop de difficultés pour<br />
l’instant. Je suis arrivée dans cette entreprise à 17 ans et mes<br />
collègues ont également été mes formateurs. Il n’y a pas eu de<br />
préjugés. Ils ont appris à me connaître et me faire confiance.<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı49
MANAGEMENT<br />
Le plus difficile je pense, c’est de ne pas être prise au sérieux<br />
par les supérieurs qui sont arrivés après moi et qui ne me<br />
connaissent pas. On a l’impression de toujours devoir faire<br />
ses preuves.<br />
Y a-t-il des a priori sur la maintenance que vous<br />
souhaiteriez voir disparaître ?<br />
Oui car pour moi, maintenant, tout est fait pour rendre le<br />
travail moins difficile (au niveau force par exemple) donc<br />
c’est tout à fait accessible aux femmes comme aux hommes.<br />
Enfin, quels conseils donneriez-vous à une jeune femme<br />
– ou à une femme en reconversion professionnelle – pour<br />
réussir dans le métier de technicien de maintenance ?<br />
Aux femmes qui n’osent pas se lancer de peur des préjugés<br />
ou du sexisme, je leur dirais de foncer et de croire en elles<br />
car une femme qui croit d’abord en elle peut arriver à tout. Il<br />
faut avoir du caractère et ne pas avoir peur de se heurter aux<br />
murs de temps en temps car il y aura toujours quelqu’un qui<br />
essayera de nous prouver qu’une femme n’est pas à sa place<br />
en maintenance. Et c’est faux. ●<br />
Propos recueillis par Olivier Guillon<br />
© WorldSkills France<br />
50ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
Un évènement<br />
Les<br />
Assises du<br />
Manufacturing . Enterprise . Solutions<br />
18<br />
octobre<br />
2 0 1 8<br />
Les conférences M.E.S<br />
100% retours d’expériences<br />
p a r i s<br />
Les saL ons<br />
de L’aveyron<br />
Commissariat général :<br />
assises.club-mes.com
maintenance mécanique<br />
Focus<br />
Vers de plus en plus<br />
de connectivité<br />
dans la lubrification<br />
La lubrification, point de départ de la surveillance d’un<br />
équipement, n’est plus le parent pauvre de la maintenance<br />
qu’elle était autrefois. Les machines et les équipements<br />
étant de plus en plus complexes et les temps de<br />
production toujours plus serrés, plus question de faire l’impasse<br />
sur le préventif et d’oublier les points de graissage<br />
sur les installations les plus critiques. Mais la maintenance<br />
préventive a ses limites. Les visites périodiques et systématiques<br />
assurent un graissage régulier en fonction des évolutions<br />
estimées de l’usure d’un équipement mais, a contrario,<br />
font perdre de l’argent en lubrifiant à des endroits qui n’en<br />
ont pas nécessairement besoin.<br />
Alors qu’aujourd’hui on parle à tout va de maintenance prévisionnelle<br />
ou de « predictive maintenance », les industriels<br />
sont à la recherche d’outils permettant de suivre en temps<br />
réel l’évolution de chaque équipement composant un atelier<br />
afin d’intervenir au plus près et au meilleur moment. La<br />
lubrification et le graissage n’échappent pas à cette volonté<br />
de gagner toujours davantage en réactivité, en sécurité de<br />
process et naturellement en argent. Pour ce faire, des solutions<br />
existent afin d’optimiser les opérations de lubrification.<br />
La société AMO Technologies a par exemple mis au<br />
point un logiciel de fiabilité de la maintenance qui prend en<br />
compte tous les points de graissage. Du côté des fabricants<br />
de fluides aussi les choses évoluent avec des solutions intelligentes<br />
permettant d’alerter l’opérateur lorsqu’un graissage<br />
est à prévoir, suivant des paramètres enregistrés à l’avance,<br />
en fonction des sollicitations de la machine voire en temps<br />
réel selon l’état de santé de l’équipement. ●<br />
Olivier Guillon<br />
Plantogel – Application sur roulement<br />
au sommaire de ce dossier<br />
54 Mettre la technologie des ultrasons<br />
au service du graissage<br />
60 Un outil logiciel pour mieux gérer<br />
la lubrification<br />
62 S’orienter vers les technologies du futur<br />
au service de la lubrification<br />
64 Hafa lance une application digitale de gestion<br />
de lubrification<br />
66 Les six indicateurs d’un programme<br />
de lubrification acoustique efficace<br />
© Fuchs<br />
52ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
UN CONCENTRÉ<br />
DE PUISSANCE<br />
simalube IMPULSE –<br />
amplificateur de pression<br />
simalube IMPULSE – amplificateur de pression jusqu‘à 10 bar<br />
Chaleur, hauteur, fonctionnement permanent des machines, visualisation: la solution c‘est l‘IMPULSE<br />
• Le point de lubrification devient accessible<br />
• Nouvelles normes de sécurité respectées: plus<br />
d’échelle et le point de graissage est à<br />
l’extérieur des grilles<br />
• Simplicité extrême d’utilisation<br />
• Le fonctionnement correcte du graisseur est<br />
visible de loin-installation dans des espaces<br />
très réduits<br />
• Économies considérables grâce à sa réutilisation<br />
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MAINTENANCE MÉCANIQUE<br />
AVis d’ExPERt<br />
Mettre la technologie<br />
des ultrasons au service<br />
du graissage<br />
Le graissage est une tâche facile n’est-ce pas ? Il suffit d’utiliser le bon lubrifiant,<br />
au bon moment et avec le bon dosage ! Et si cette tâche devenait très simple à mettre<br />
en œuvre grâce à la technologie des ultrasons, selon Daniel Mazières, responsable marché<br />
francophone d’UE Systems.<br />
On estime que 60 à 80 % des défaillances de roulements<br />
sont liées à la lubrification et à l’origine d’arrêts<br />
non planifiés et coûteux. Les défaillances de<br />
roulements conduisent très souvent à des temps d’arrêts non<br />
planifiés. Ces arrêts équipements ont souvent un impact<br />
important sur la production ainsi que sur les équipements<br />
connexes. Ces temps d’arrêts sont coûteux. Bien que les coûts<br />
varient en fonction de la gravité de l’incident et de l’industrie<br />
considérée, ils s’additionnent aux coûts de production.<br />
La cause de défaillance la plus fréquente des roulements étant<br />
directement liée à leur lubrification, nous sommes donc ici<br />
en présence d’un vrai sujet. Son impact sur la fiabilité des<br />
équipements industriels n’est plus à démontrer ! Les faits<br />
montrent que pendant de nombreuses années le graissage<br />
des équipements tournants a été traité de façon plus aléatoire<br />
que méthodique et controlée. Beaucoup de techniciens<br />
s’en sont remis à une lubrification « préventive » basée sur le<br />
temps : graissage à période de temps fixe sans aucune mesure<br />
physique sur le palier prenant en compte le besoin ou pas<br />
de graissage ! Tous les X mois, une pompe à graisse fait son<br />
apparition devant le palier à graisser et les roulements sont<br />
ainsi lubrifiés. On prend se faisant les deux risques suivants :<br />
• Risque de sous-lubrification augmentant les contraintes<br />
mécaniques de rotation et pouvant être à l’origine de défaillances<br />
engendrant des casses et arrêts équipements ainsi<br />
que des interventions de maintenance curative coûteuses.<br />
• Risque de sur-lubrification étant remontée par un grand<br />
nombre d’études comme la cause origine principale de<br />
défaillance prématurée de roulements.<br />
C’est en s’appuyant sur des périodes de graissage uniquement<br />
basées sur le temps, ou même sur une combinaison de relevés<br />
de maintenance planifiées et de température comme indicateur<br />
d’état, que l’on prend ces risques de lubrification non<br />
appropriée. De cette manière, on suppose que les roulements<br />
doivent être graissés à des intervalles de temps réguliers et<br />
fixes. La question devient : comment établir ces intervalles<br />
de temps ? Cela se transforme souvent en combinaison de<br />
données constructeurs valables pour des cas généraux ou<br />
pour des roulements montés sur bancs de tests constructeurs<br />
et d’approximations basées sur une expérience empirique<br />
du même type d’équipement.<br />
En utilisant la technologie des ultrasons (ainsi que les<br />
pratiques standard telles que l’élimination des graisses usagées<br />
et leur remplacement par de nouvelles graisses appropriées),<br />
les techniciens peuvent combiner une maintenance standard<br />
reposant sur le temps et une maintenance conditionnelle<br />
basée sur l’état. Cette stratégie que nous allons détailler<br />
un peu plus loin permet d’avoir une image plus précise et<br />
plus juste de l’état des roulements et de leur lubrification :<br />
on améliore ainsi la fiabilité des ces derniers.<br />
54ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
maintenance mécanique<br />
Principe de la technologie des ultrasons<br />
et mise en œuvre pour le graissage<br />
Les instruments à ultrasons détectent les ultrasons transmis<br />
dans l’air (détection de fuites, détection de défauts électriques)<br />
ainsi que les ultrasons transmis dans les structures<br />
solides (paliers de roulements). Ces ultrasons sont inaudibles<br />
à l’oreille humaine. Dans le cas du graissage, le niveau<br />
ultrasonore détecté par un capteur en contact avec le palier<br />
est directement lié au niveau de friction des roulements.<br />
L’instrument à ultrasons détecte ce niveau ultrasonore et le<br />
traduit en signal sonore audible dans un casque d’écoute.<br />
Le technicien utilisateur écoutera ainsi la signature ultrasonore<br />
ainsi que son amplitude pour le palier concerné. Le<br />
niveau en dB mesuré par l’appareil est affiché à l’écran et<br />
peut être enregistré par ce dernier. Sur certains instruments,<br />
comme l’Ultraprobe UP15000, la forme d’onde ultrasonore<br />
peut également être visualisée et enregistrée sur un écran<br />
d’analyse spectrale embarqué. Grâce à ces informations,<br />
les techniciens en charge du contrôle des machines tournantes<br />
peuvent très rapidement et simplement connaître et<br />
analyser l’état des roulements.<br />
Lubrification de roulement, exemple 1 :<br />
Une autre forme d’onde associée au process de graissage : il<br />
a dans ce cas fallu 13 secondes pour voir l’effet de la graisse<br />
sur le niveau ultrasonore. On distingue bien l’avant de l’après<br />
graissage.<br />
Lubrification de roulement, exemple 3 : début de surgraissage<br />
Cet enregistrement ultrasonore montre l’amplitude du signal<br />
et son niveau en dB qui augmentent lorsque l’on continue à<br />
graisser : on atteint dans ce cas un niveau de sur-lubrification.<br />
Historique et suivi de lubrification :<br />
Forme d’onde d’écoute de roulement pendant le graissage.<br />
Cet enregistrement ultrasonore d’environ 1 minute montre<br />
le niveau ultrasonore ainsi que sa forme d’onde avant et après<br />
graissage.<br />
Lubrification de roulement, exemple 2 :<br />
— Ligne Verte : Référence<br />
— Ligne Jaune : Niveau d’Alarme bas : Graissage<br />
— Ligne Rouge : Niveau d’Alarme haut : Pré-Défailance<br />
Ce graphe montre un suivi de tendance des valeurs en dB<br />
mesurées sur un palier de roulement. On observe la ligne<br />
de référence (ligne verte) et les deux niveaux d’alarme positionnés.<br />
Niveau d’alarme bas (ligne jaune), niveau d’alarme<br />
élevé (ligne rouge).<br />
La technologie des ultrasons présente de nombreux avantages<br />
:<br />
• elle peut être utilisée dans pratiquement n’importe quel<br />
environnement ;<br />
• son apprentissage et mise en œuvre sont très simples et<br />
très rapides ;<br />
• une technologie relativement peu coûteuse ;<br />
56ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
MAINTENANCE MÉCANIQUE<br />
• les instruments de détection ultrasonore actuels permettent<br />
d’enregistrer et d’effectuer des suivis de tendance : historiques,<br />
maintenance prédictive ;<br />
• c’est une technologie extrêmement fiable avec un seuil de<br />
détection de défaillance très précoce.<br />
• Elle permet de mettre en place des stratégies de maintenance<br />
conditionnelle très efficaces :<br />
- prévenir au plus tôt les défaillances ;<br />
- planifier et Anticiper les interventions ;<br />
- réduire les arrêts équipements ;<br />
- planifier les changements et commandes de pièces de<br />
rechange ;<br />
- réduire drastiquement les coûts de maintenance ;<br />
- éviter la sur-lubrification destructrice pour les roulements<br />
- réduire les temps de graissage et les quantités de graisse<br />
utilisées ;<br />
- diagnostiquer les faibles vitesses de rotation.<br />
Sans une bonne<br />
protection<br />
le monde<br />
serait différent<br />
COMMENT LES ULTRASONS PERMETTENT-ILS<br />
D’AMÉLIORER CONSIDÉRABLEMENT LES PRATIqUES<br />
DE LUBRIfICATION ?<br />
La technologie ultrasonore aide le technicien chargé du graissage<br />
à éliminer une grande partie des suppositions sur les<br />
besoins en lubrification. Les signaux ultrasonores sont très<br />
directionnels. Ils permettent une détection précise et localisée<br />
des paliers écoutés. Ceci évite toute perturbation extérieure<br />
produite par un palier ou équipement voisin. L’écoute<br />
ultrasonore permet de diagnostiquer et d’écouter chacun des<br />
paliers individuellement pendant leur graissage.<br />
Exemple de mise en œuvre de la technologie des ultrasons<br />
dédiée au graissage : le responsable maintenance d’un grand<br />
site industriel remonte l’information suivante : depuis qu’il a<br />
adopté la technologie des ultrasons et pratiqué la surveillance<br />
assistée par ultrasons plutôt que de « courir pour éteindre<br />
des incendies », son usine est passée de près de trente pannes<br />
d’équipement tournants par an à zéro panne en trois ans.<br />
MAIS SELON qUELLE MÉTHODE LES ULTRASONS<br />
PERMETTENT-ILS L’AIDE AU gRAISSAgE ?<br />
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La première étape consiste à établir à la fois un niveau de<br />
référence en décibels et d’enregistrer la forme d’onde initiale.<br />
L’idéal est d’abord de comparer les niveaux en dB et les signatures<br />
ultrasonores de roulements similaires. Les anomalies<br />
seront facilement identifiables. Une fois établi, chaque enregistrement<br />
peut faire l’objet d’un suivi de tendance dans le<br />
temps : on pourra ainsi identifier tous les changements d’amplitudes<br />
et de signatures ultrasonore pour chacun des paliers.<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı57
maintenance mécanique<br />
De façon générale, lorsque l’amplitude d’un roulement s’élève<br />
de plus de 8 dB par rapport à sa référence et qu’il n’y a pas de<br />
changement au niveau de la signature ultrasonore établie à la<br />
base, le roulement doit être lubrifié. Pour éviter une sur-lubrification<br />
potentiellement désastreuse, le technicien appliquera<br />
ensuite une lubrification progressive tout en écoutant<br />
et visualisant la baisse du niveau ultrasonore. De nombreux<br />
services de maintenance mettent en place leurs programmes<br />
de lubrification « conditionnelle » en intégrant une approche<br />
en deux étapes. Les ingénieurs et techniciens utilisent dans<br />
un premier temps un instrument à ultrasons relativement<br />
complet pour effectuer la surveillance et mettre en place un<br />
suivi de tendance. Un rapport sur les roulements nécessitant<br />
une lubrification est alors édité. Le technicien en charge<br />
de la lubrification utilise ensuite un instrument à ultrasons<br />
plus simple lui permettant d’écouter les roulements pendant<br />
leur graissage. L’utilisateur est alors informé de la nécessité<br />
d’arrêter son graissage au moment où le niveau ultrasonore<br />
cesse de chuter. Ces instruments très simples d’utilisation et<br />
ergonomiques peuvent être fixés sur les pompes à graisse ou<br />
être portés de façon très pratique dans un étui fixé à la ceinture<br />
de l’utilisateur.<br />
Pour améliorer l’efficacité, il est bon que le technicien note le<br />
moment où l’équipement a été graissé pour la dernière fois<br />
ainsi que la quantité de graisse utilisée. Ces informations<br />
peuvent directement être enregistrées sur certains appareils<br />
comme l’Ultraprobe UP401 Digital Grease Caddy Pro. Le<br />
responsable lubrification pourra ainsi effectuer des rondes<br />
de graissage qui seront directement téléchargées dans l’instrument.<br />
Il pourra également calculer la quantité de graisse<br />
déployée pour chacun des paliers ainsi que pour la totalité<br />
de l’installation. En utilisant cette méthode, le technicien<br />
construit une base de données lui servant de guide et lui<br />
permettant d’optimiser ses fréquences de graissages. (Logiciel<br />
Ultratrend DMS). On note ici une réduction significative<br />
du temps passé et des quantités de graisse consommées.<br />
Beaucoup plus important encore, une telle stratégie de graissage<br />
permettant de ne graisser que les paliers qui le nécessitent,<br />
au bon moment et avec la bonne quantité de lubrifiant,<br />
le graissage ainsi pratiqué n’est plus « destructeur » pour les<br />
roulements.<br />
Bien que la majeure partie de cet article porte sur les dangers<br />
de la sous-lubrification et de la sur-lubrification, les ultrasons<br />
sont tout aussi fiables pour détecter d’autres défaillances<br />
potentielles des roulements. Le technicien utilisant les ultrasons,<br />
peut entendre des sons de « grincement » et d’autres<br />
anomalies, qui s’accompagnent souvent d’une augmentation<br />
d’amplitude.<br />
58ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
MAINTENANCE MÉCANIQUE<br />
KL 9H-90X274-OK.pdf 1 15/05/2018 09:41:06<br />
POURqUOI COMMENCER DèS AUJOURD’HUI<br />
LA MISE EN PLACE D’UNE STRATÉgIE DE gRAISSAgE<br />
ET DE SURVEILLANCE DE MACHINES TOURNANTES<br />
à L’AIDE DES ULTRASONS ?<br />
KL 9H<br />
Il y a toujours une certaine appréhension à investir dans une<br />
nouvelle technologie. Comment son utilisation vas-t-elle<br />
se passer ? Cela va-t-il être rentable ? Mes équipes aurontelles<br />
ou prendront-elles le temps de l’utiliser ? S’agit-il de<br />
matériel industriel robuste qui résistera dans le temps ?…<br />
Autant de question que chaque responsable maintenance se<br />
pose avant d’investir !<br />
Bien que de plus en plus d’usines utilisent les ultrasons et<br />
adoptent un état d’esprit prédictif et proactif plutôt que<br />
réactif, il reste encore pas mal de domaines où la maintenance<br />
curative demeure la principale stratégie. Le résultat<br />
final est un faible niveau de fiabilité, des heures de<br />
travail inutiles, des temps d’arrêt et une perte de productivité<br />
considérables. Bien que les ultrasons ne puissent<br />
pas solutionner tous les problèmes de fiabilité, il est avéré<br />
que dans pléthore de cas, il s’agit d’un outil de diagnostic<br />
précieux et puissant.<br />
Lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi important, à savoir la fiabilité<br />
des équipements, quand celle-ci passe par la lubrification,<br />
la question devient : « Peut-on se permettre de subir<br />
des casses liées à une stratégie de graissage non adaptée ? ».<br />
En prenant pour exemple l’usine qui est passée d’une trentaine<br />
de défaillances de roulements annuelles à zéro casse en<br />
trois ans après avoir implémenté une stratégie de graissage<br />
à l’aide des ultrasons, nous ne sommes pas ici en présence<br />
d’une coïncidence ; les ultrasons représentent une vraie solution<br />
aux problèmes de graissage ! ●<br />
Daniel Mazières<br />
UE System<br />
>> Pour de plus amples renseignements<br />
sur la technologie des ultrasons et pour accéder à<br />
de nombreuses ressources, bibliothèques ultrasonores<br />
et présentations sur ces sujets, visitez le site :<br />
http://www.uesystems.eu/fr/applications-fr/inspectionde-roulements-lubrification<br />
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PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı59
maintenance mécanique<br />
Solution<br />
Un outil logiciel pour mieux<br />
gérer la lubrification<br />
La lubrification est la première étape de la fiabilité d’un équipement. C’est en partant de ce postulat que<br />
Christophe Ranson, fondateur de la société AMO (AMO pour Asset Management Optimization), s’est vite rendu<br />
compte qu’aucun outil logiciel « simple » ne prenait véritablement en compte la gestion de la lubrification.<br />
C’est chose faite avec le logiciel AMO, un outil précieux qui, loin de l’idée de remplacer les GMAO et autres ERP,<br />
se pose en solide complément des solutions de gestion de la maintenance.<br />
Spécialisé dans la fiabilité des machines tournantes et<br />
les roulements, Christophe Ranson semble bien placé<br />
pour connaître les problématiques de lubrification sur<br />
le bout des doigts et déplorait, au moment de la création de<br />
sa société en 2009, qu’aucune solution de gestion de lubrification<br />
n’existait sur le marché, en langue française du moins.<br />
Et ce n’est pas faute d’avoir cherché. Mais en décidant d’accompagner<br />
les industriels dans leur démarche de fiabilité<br />
de leurs équipements, ce spécialiste en fiabilité mécanique,<br />
après avoir passé sept ans chez SKF France, devait absolument<br />
se doter d’un outil capable de prendre en compte, et<br />
dans le détail, tout le process de lubrification afin d’agir sur ce<br />
levier d’amélioration ; « la lubrification est un point clef dans le<br />
démarrage de l’amélioration de la fiabilité or paradoxalement,<br />
celle-ci est mal prise en compte dans les logiciels de GMAO et<br />
encore moins dans les fonctions maintenance des ERP, explique<br />
le dirigeant d’AMO (AMO pour Asset Management Optimization).<br />
Plus précisément, ces systèmes intègrent des plans de<br />
graissage ou de lubrification sur des lignes complètes mais sans<br />
entrer dans le détail des équipements ou des produits à utiliser<br />
; or de nombreux points de lubrification sont à prendre en<br />
compte, du point du vue de l’équipement, qu’il s’agisse d’une<br />
pompe, d’un palier moteur, d’un arbre ou d’une turbine etc.,<br />
du type d’huile à utiliser et des fréquences qui varient souvent<br />
d’une application à l’autre ».<br />
Le logiciel AMO prend en considération la totalité des points<br />
de graissage et de lubrification (du plan d’huile au stockage<br />
en passant par la formation, les systèmes de filtration et le<br />
maintien de la propreté des huiles ou lubrifiants) ; cependant,<br />
cet outil entre dans une application plus globale d’amélioration<br />
de la fiabilité des équipements. Il s’agit en somme d’un<br />
outil une gestion détaillée des tâches de maintenance préventive<br />
intégrant la lubrification mais également les visites, les<br />
AMO devait se doter d’un outil capable de prendre en compte<br />
tout le process de lubrification afin d’améliorer la fiabilité<br />
contrôles et les inspections. Le logiciel gère à la fois le plan<br />
de lubrification, le plan de maintenance préventive, la fiabilité<br />
et l’amélioration continue, le suivi des opérations, mais<br />
également la gestion QHSE (fiches sécurité, gammes, modes<br />
opératoires), la gestion des retours ainsi que les partages d’expériences<br />
et la gestion des connaissances.<br />
Un précieux complément pour la GMAO<br />
Ce précieux outil complète ainsi les GMAO existantes qui ne<br />
sont pas conçues ou inadaptées pour gérer ce type d’activités.<br />
AMO permet aux opérateurs de développer leur capacité<br />
à diagnostiquer et de capitaliser sur l’amélioration continue.<br />
Enfin, il simplifie et améliore le suivi des opérations de<br />
maintenance préventive et des équipements de production.<br />
« Moyennant un abonnement mensuel, l’utilisateur a la possibilité<br />
de fixer des seuils de maintenance conditionnelle et de<br />
déclencher des alertes, de faire de la détection d’anomalies et<br />
de l’inspection d’équipements à partir d’un listing avec la possibilité<br />
de prendre et d’intégrer des photos puis de remonter les<br />
informations à la GMAO ».<br />
60ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
maintenance mécanique<br />
Disponible sur tablette ou en mode SAAS (Web) – les<br />
données sont hébergées de façon sécurisée chez un prestataire<br />
–, ce logiciel dédié à la gestion des tâches sur le<br />
terrain s’adresse aux opérationnels de maintenance ainsi<br />
qu’aux opérateurs de production (maintenance autonome<br />
et TPM), aux gestionnaires (maintenance, QHSE, production)<br />
ou encore aux fiabilistes et responsables de l’amélioration<br />
continue. Un outil efficace mais que Christophe Ranson<br />
souhaite néanmoins faire évoluer vers une solution « main<br />
libres », peut-être à partir de lunettes connectées ou une<br />
application destinée aux smartphones. ●<br />
Olivier Guillon<br />
Le logiciel AMO prend en considération la totalité des points de graissage<br />
et de lubrification<br />
Mobile, cet outil s’adresse aux opérationnels de maintenance<br />
ainsi qu’aux opérateurs de production<br />
Formations<br />
Expertise en lubrification et fiabilité mécanique<br />
Diagnostics<br />
Audits<br />
Plan de lubrification Logiciel de lubrification Stockage des lubrifiants<br />
Etudes<br />
Systèmes de lubrification Filtration des huiles Expertises mécaniques<br />
162 rue Emile Zola, 59162 Ostricourt, France – Tél. : +33 (0)3 27 71 13 19 – contact@amo-technologies.com<br />
www.amo-technologies.com<br />
www.amo-software.com<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı61
maintenance mécanique<br />
Industrie 4.0<br />
S’orienter vers les technologies du futur<br />
au service de la lubrification<br />
2017 n’a pas été qu’une année record pour le<br />
spécialiste des lubrifiants de coupe et des solutions<br />
de graissage. Elle a également ouvert à Fuchs<br />
la voie des technologies nouvelles, aujourd’hui<br />
indispensables pour accompagner les industriels<br />
dans leur démarche d’usine 4.0. Dernier exemple en<br />
date avec l’acquisition en début d’année de la société<br />
texane Fluid Vision Technologies dont les solutions<br />
permettront au fabricant allemand de renforcer son<br />
offre dans le suivi à distance de la vie du lubrifiant.<br />
Quand le plus grand fabricant indépendant de lubrifiants<br />
– en d’autres termes non issus du pétrole –<br />
débarque au Texas, puissant symbole de l’or noir,<br />
ce n’est pas pour changer de braquet mais plutôt pour<br />
faire l’acquisition d’une entreprise… mais pas n’importe<br />
laquelle puisqu’il s’agit de la société Fluid Vision Technologies<br />
LLC, implantée à Dallas et spécialisée dans la technologie<br />
de capteurs sans fil. Rien à voir avoir les précédentes<br />
opérations de croissance externe du groupe allemand qui,<br />
pour un montant inférieur à 1 million d’euros, s’offre ici la<br />
première brique d’une démarche que l’on pourrait qualifier<br />
de « fluide 4.0 ». Avec cette acquisition datant du mois<br />
de mars, les clients en fluides industriels de Fuchs auront<br />
désormais la possibilité d’automatiser le processus de suivi<br />
des fluides grâce à la technologie IoT (Internet des objets<br />
connectés). « Nous sommes ravis de cette contribution à la<br />
révolution numérique de l’industrie, s’est enthousiasmé Keith<br />
Brewer, CEO de Fuchs Lubricants CO. La technologie de<br />
Fluid Vision offre à nos clients une optimisation de la maintenance<br />
des fluides et une amélioration de la performance à<br />
un coût réduit. »<br />
De son côté, en France, Stéphane Bouilloux-Lafont, dirigeant<br />
de la filiale implantée en région parisienne, confirme<br />
que cette nouvelle compétence en matière d’automatisation<br />
vient renforcer la tendance actuelle visant à intégrer de<br />
plus en plus de solutions digitales et de monitoring. « Cette<br />
première acquisition hors du métier de base de Fuchs permettra<br />
de suivre les produits de chaque client à distance, et ce de façon<br />
personnalisée et sécurisée ». Les multiples capteurs installés<br />
sur la machine pour les lubrifiants de coupe (permettant de<br />
mieux suivre l’usage du produit dans le centre d’usinage)<br />
et sur les différents équipements nécessitant du graissage,<br />
à la fois régulier et de qualité optimale, remonteront l’ensemble<br />
des informations nécessaires en fonction des besoins<br />
des utilisateurs, des exigences en matière de qualité ou de la<br />
stabilité du produit, telles que les données de température,<br />
le PH, la conductivité ou encore l’oxygène disssous. « Fluid<br />
Vision Technologies répond à notre volonté de garder un maximum<br />
de proximité avec nos clients et leurs produits. […] Pour<br />
62ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
maintenance mécanique<br />
certains gros clients possédant de grandes centrales d’usinage de plusieurs dizaines<br />
de mètres cubes par exemple, cela pourrait devenir un outil essentiel pour contrôler<br />
le lubrifiant en service avant de franchir la prochaine étape, celle qui permettra<br />
de tout connecter ensemble ».<br />
À terme, des remontées d’informations précieuses<br />
pour le laboratoire d’analyse<br />
Outre cette plus grande surveillance en temps réel sur le suivi de ses lubrifiants<br />
utilisés aux quatre coins de la planète, Fuchs entend bien se servir de cette densité<br />
de données et de précieuses informations pour enrichir les activités de ses laboratoires<br />
et de sa R&D. Implanté à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine, le<br />
laboratoire d’analyses devrait à terme tirer profit de la mise en place des technologies<br />
de vision en temps réel. Il faut dire que le laboratoire travaille depuis<br />
déjà une douzaine d’années avec les systèmes de vision automatisés permettant<br />
de connaître le parcours du lubrifiant afin de mieux comprendre les problèmes<br />
de pollution. Mais avec une solution de Fluid Vision, il sera dès lors possible de<br />
lier la performance du produit avec son historique afin d’optimiser le préventif<br />
et réduire le systématique voire améliorer l’utilisation du lubrifiant.<br />
Pour l’heure, les premières applications font l’objet d’essais au sein de sites pilotes<br />
implantés aux États-Unis. Mais des phases de qualification auront également lieu<br />
sur le Vieux Continent. ●<br />
Olivier Guillon<br />
Système automatique du suivi de fluide ; quels avantages ?<br />
La solution mise au point par la société texane s’appuie sur un système de<br />
supervision à distance des fluides en service. Celle-ci offre un accès instantané<br />
et permanent aux caractéristiques des fluides dans chacun des bacs ou des<br />
réservoirs depuis un portail en ligne. De plus, la connexion autonome permet<br />
une transmission radio-connectée depuis une unité sur batterie, et le design<br />
du produit facilite l’installation du système ; doté d’un hub intégré, les capteurs<br />
additionnels arrivent pré-calibrés et se connectent automatiquement. Enfin,<br />
outre le suivi personnalisé des fluides de chaque client, un portail sécurisé<br />
permet de recueillir les nombreuses informations nécessaires ainsi que<br />
des notifications par email en cas d’alerte.<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı63
maintenance mécanique<br />
Solution<br />
Hafa lance une application digitale<br />
de gestion de lubrification<br />
Après deux années de développement en interne, le spécialiste des<br />
lubrifiants automotive et industriels lance sur le marché son application<br />
Smartlub, un outil de gestion digital dédié au suivi et à l’optimisation<br />
de la lubrification de parcs de machines.<br />
Outil digital accessible 24h/24 sur PC, mobile et<br />
tablette, Smartlub permet de réaliser et d’actualiser<br />
des plans de graissage de manière fiable et<br />
simple, de les partager à ses équipes de maintenance avec<br />
l’ensemble des fiches techniques nécessaires, de réaliser un<br />
suivi des analyses d’huile en service et d’accéder aux équivalences<br />
entre les produits. Disponible en quatre langues (français,<br />
anglais, espagnol et portugais), l’outil est destiné à de<br />
nombreux secteurs d’activité, en particulier dans les métiers<br />
du transport, des travaux publics, de l’agricole, de la forêt ou<br />
encore des loueurs de matériels.<br />
de digitalisation prometteuse. Enfin, Smartlub est également<br />
disponible sous forme d’une API (interface de communication<br />
entre applications logicielles) qui permet d’intégrer les<br />
données des plans de graissage aux logiciels de maintenance. ●<br />
« C’est notre développement à l’export qui nous a permis d’imaginer<br />
et de créer ce nouvel outil de gestion, car nous avons des<br />
clients, notamment sur le continent africain, qui possèdent des<br />
parcs d’engins très importants, et pour qui la gestion du plan<br />
de graissage des engins est un véritable enjeu, explique Adrien<br />
Oberthur, directeur général-adjoint d’Hafa. Les premiers<br />
utilisateurs sont très positifs, ils apprécient la lisibilité des<br />
informations et la fiabilité. Par exemple avec Smartlub, les<br />
chefs d’atelier mettent à disposition de leur équipe des plans<br />
de graissage mis à jour avec les nouveaux véhicules du parc. Le<br />
choix des produits, mieux appliqué par les techniciens dans les<br />
ateliers, permet d’assurer une plus grande longévité du matériel<br />
et de faire faire des économies à nos clients ».<br />
Sur Smartlub, les plans de graissage sont tous validés par le<br />
Service technique d’Hafa dans une démarche fondée sur le<br />
respect des préconisations constructeurs. Le client est alerté<br />
automatiquement sur les évolutions de préconisation et spécifications<br />
des produits utilisés dans ses engins. D’autres développement<br />
sont envisagés, selon les besoins exprimés par<br />
les premiers utilisateurs, mais également pour adapter la<br />
démarche au secteur industriel : c’est une première brique<br />
Screenshot Smartlub<br />
Plan de graissage Smartlub<br />
© HAFA<br />
© HAFA<br />
64ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
maintenance mécanique<br />
Trois questions<br />
à Adrien Oberthur,<br />
directeur général-adjoint<br />
d’Hafa<br />
Quand et à partir de quels besoins précis de la part<br />
de vos clients avez-vous développé cette solution ?<br />
Le besoin de nos clients et de nos prospects est de<br />
disposer d’un plan de graissage fiable et disponible<br />
pour toutes les équipes de maintenance. C’est-à-dire<br />
de disposer d’un document indiquant le bon produit,<br />
techniquement validé, pour chaque organe (moteur,<br />
pont, système hydraulique, ...) d’un engin. Et cela<br />
à l’échelle d’un parc d’engin, parfois de plus de<br />
500 véhicules ! La solution a été développée depuis<br />
deux ans par les équipes d’Hafa et une agence<br />
de développement Web rouennaise, la société FTEL.<br />
En quoi consiste techniquement la solution Smartlub ?<br />
En quoi est-elle innovante ?<br />
Nous avons à travers cette application industrialisée<br />
la production de ces plans de graissage.<br />
La conservation de toutes informations déjà<br />
techniquement validées pour les véhicules répertoriés,<br />
permet d’en créer de nouveau très rapidement<br />
sans aucune validation supplémentaire. Ces plans<br />
de graissage sont dorénavant accessibles au client<br />
via un site Internet, et peuvent être mis à jour avec<br />
les nouveaux véhicules d’un parc en temps réel.<br />
Enfin l’application rend possible d’autres application<br />
comme par exemple sur le suivi des analyses<br />
d’huile en fonctionnement ou encore le diagnostic<br />
de consommation (par exemple : les achats sont-ils<br />
conformes en volume à l’utilisation du matériel ?)<br />
Où en êtes-vous à ce jour et quelles sont les<br />
perspectives de développement de Smartlub ?<br />
Après un an d’utilisation en interne par les équipes<br />
commerciales d’Hafa, l’outil est en service et les<br />
premières démonstrations clients se déroulent en<br />
ce moment. Les développements de l’outil s’orientent<br />
vers l’industrie, mais également vers la fonctionnalité<br />
de maintenance opérationnelle (alerte vidange…).<br />
Propos recueillis par Olivier Guillon<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı65
maintenance mécanique<br />
Avis d’expert<br />
Les six indicateurs d’un programme<br />
de lubrification acoustique efficace<br />
La lubrification acoustique est l’une des huit applications fondamentales utilisées dans le cadre de la mise en<br />
place de programmes ultrasonores efficaces. Et il s’agit de l’une des plus importantes. Les mauvaises pratiques<br />
en matière de lubrification sont responsables d’au moins 40 % des défaillances prématurées des paliers.<br />
Le recours aux ultrasons dans l’évaluation des besoins en lubrification et la programmation des intervalles<br />
de renouvellement de la graisse fait chuter ce chiffre à 10 %. Dans votre entreprise, avez-vous une idée<br />
de l’impact qu’aurait une réduction de 30 % des défaillances de paliers ?<br />
Appliquer les méthodes modernes<br />
de lubrification conditionnelle<br />
des paliers devient indispensable.<br />
Les avancées récentes proposées<br />
par SDT dans ce domaine transforment<br />
la façon dont nous considérons<br />
les tâches de graissage. Le LUBExpert<br />
de SDT est une solution ultrasonore qui<br />
aide à lubrifier correctement les paliers<br />
et qui simplifie ce processus complexe<br />
en une procédure en deux étapes.<br />
La mise en place réussie d’un<br />
programme de lubrification acoustique<br />
sera un gage de réussite pour votre<br />
entreprise. Moins de frais d’entretien,<br />
moins de graisse consommée et moins<br />
d’arrêts non programmés : voilà qui<br />
ouvre de nouvelles perspectives pour<br />
les équipes de maintenance, notamment<br />
une meilleure efficacité à l’échelle<br />
de l’usine. Des paliers correctement<br />
entretenus et lubrifiés fonctionnent<br />
de manière plus efficace, consomment<br />
moins d’énergie et présentent un impact<br />
environnemental réduit.<br />
Ces solutions innovantes sont à la portée<br />
de tous, sont-elles toutes appliquées<br />
dans votre usine ? Voici les six signes<br />
qui vont vous permettre de le savoir.<br />
Les six signes qui indiquent que votre<br />
programme de lubrification remplit<br />
ses objectifs<br />
1. Une réduction de la quantité de graisse<br />
consommée<br />
Les services de maintenance doivent suivre la consommation<br />
de graisse afin de surveiller et maîtriser leurs dépenses. L’analyse<br />
des causes fondamentales des défaillances des paliers<br />
indique que la surlubrification en est l’une des principales<br />
raisons. Les mauvaises pratiques conduisent généralement<br />
à ce que les paliers reçoivent plus de graisse qu’ils n’en ont<br />
besoin. L’excédant de graisse se trouve entraîné dans le carter<br />
du moteur ou est purgé à même le sol ! Une réduction de<br />
la consommation de graisse est un signe certain que votre<br />
programme va dans le bon sens.<br />
66ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
maintenance mécanique<br />
La sur-lubrification se produit lorsque les intervalles de graissage<br />
sont programmés en fonction du temps (hebdomadaire,<br />
mensuel…) plutôt qu’en fonction de l’état de santé des paliers<br />
et des besoins réels en graisse. Les ultrasons vous aident à<br />
maîtriser les tâches de lubrification en surveillant l’état des<br />
paliers et en contrôlant que le niveau de frottements est optimal.<br />
Généralement, la durée entre les intervalles de lubrification<br />
s’en trouve augmentée, ce qui de facto diminue la<br />
quantité de graisse utilisée.<br />
Les machines sur-lubrifiées sont non seulement sujettes à<br />
des défaillances plus fréquentes, mais elles sont aussi bien<br />
moins efficaces. Les paliers présentant une lubrification optimale<br />
consomment moins d’énergie et contribuent à rendre<br />
l’usine plus respectueuse de l’environnement. Ce seul argument<br />
devrait être une motivation suffisante pour lubrifier<br />
correctement les paliers !<br />
2. Moins de défaillances liées<br />
à la lubrification<br />
Votre entreprise doit surveiller les défaillances et réaliser une<br />
analyse des causes fondamentales pour éliminer les sources<br />
de défauts.<br />
L’optimisation des programmes de lubrification permet de<br />
réduire les défaillances liées à la lubrification. Moins de réparations<br />
à effectuer et de situations de crise à gérer libèrent du<br />
temps qui sera utilement consacré à d’autres tâches de maintenance<br />
tout aussi importantes pour le maintien de l’outil<br />
ou l’élargissement du programme de lubrification à d’autres<br />
machines considérées comme moins « critiques ».<br />
En outre, grâce aux ultrasons, vous détecterez de nombreux<br />
défauts non-identifiables par le seul suivi des tendances.<br />
Par exemple, des tuyaux de graisse bouchés ou cassés et des<br />
circuits de lubrification mal raccordés qui empêchent la<br />
graisse d’atteindre le palier.<br />
3. Une gestion optimisée des pièces détachées<br />
pour la maintenance, les réparations<br />
et le fonctionnement<br />
Votre nouveau programme de lubrification amélioré est synonyme<br />
de réussite, d’une meilleure maîtrise de la consommation<br />
de graisse, de moins de défaillances et d’une amélioration<br />
de la productivité du service de maintenance. Utilisez le temps<br />
gagné pour étudier les tendances et mieux gérer votre stock.<br />
La réduction des défaillances liées aux paliers permet d’optimiser<br />
la gestion des pièces détachées. Partagez vos données<br />
de lubrification ultrasonore avec le responsable de votre<br />
magasin de pièces détachées afin de créer un plan de réduction<br />
du nombre de pièces d’urgence en stock.<br />
Et puisque vous gérez votre stock de pièces détachées, pourquoi<br />
ne pas confier cette tâche à vos fournisseurs ? Demandez-leur<br />
de confirmer la disponibilité de vos pièces d’urgence<br />
dans leurs propres stocks. S’ils peuvent vous fournir une pièce<br />
dans la journée, à quoi bon la conserver dans votre inventaire ?<br />
4. Une augmentation du nombre de machines<br />
sous surveillance<br />
L’un des avantages d’un programme de lubrification efficace<br />
est le gain de temps.<br />
• Du temps qui peut être consacré à la surveillance des<br />
machines, plutôt qu’à leur réparation.<br />
• Du temps qui peut être consacré à l’évaluation correcte des<br />
besoins réels en lubrification.<br />
• Du temps qui peut être consacré à obtenir une vision<br />
globale de la situation.<br />
Considérons par exemple l’évaluation de la criticité. De<br />
nombreux programmes de lubrification commencent en se<br />
fixant de petits objectifs. Toutes les machines critiques de<br />
niveau A sont prioritaires, ce qui est normal. Et les autres ?<br />
Si vous disposez maintenant de davantage de temps pour<br />
planifier, organiser et programmer, augmentez le nombre<br />
de machines qui font l’objet d’une surveillance acoustique<br />
afin d’obtenir une lubrification optimale.<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı67
maintenance mécanique<br />
5. Gagnez du temps. Combinez<br />
la lubrificatio nacoustique<br />
et la maintenance<br />
prévisionnelle<br />
Vous avez travaillé dur pour obtenir<br />
ces résultats. Il est temps d’utiliser vos<br />
données pour autre chose que la lubrification.<br />
La lubrification acoustique est une<br />
méthode éprouvée qui garantit une<br />
lubrification précise des paliers. L’utilisation<br />
du LUBExpert proposé par<br />
SDT associe la lubrification guidée<br />
par quatre indicateurs de surveillance<br />
à l’évaluation de l’état de santé général<br />
des paliers en terme de frictions ou<br />
d’impacts.<br />
Le gain de temps résultant de l’évaluation<br />
de l’état des paliers lors du processus<br />
de lubrification est inestimable et<br />
constitue une autre preuve que votre<br />
programme de lubrification remplit<br />
bien son rôle.<br />
6. Des inspecteurs toujours<br />
plus confiants<br />
La fiabilité des machines est le reflet<br />
d’un programme de lubrification efficace.<br />
Il se mesure par :<br />
• une consommation de graisse maîtrisée<br />
;<br />
• moins de défaillances de paliers liées<br />
à la graisse ;<br />
• une gestion optimisée des pièces détachées<br />
;<br />
• davantage de machines sous surveillance<br />
;<br />
• des intervalles prolongés entre les<br />
collectes de données.<br />
En intégrant la technologie ultrasonore<br />
à votre programme de lubrification,<br />
vous augmentez la fiabilité. Et la<br />
fiabilité est source de confiance. Des<br />
inspecteurs plus confiants prennent de<br />
meilleures décisions et propagent une<br />
culture positive dans l’entreprise.<br />
La lubrification assistée par ultrasons<br />
des outils de production présente des<br />
avantages significatifs qu’une lubrification<br />
programmée à intervalles de temps<br />
définis n’offre pas. Le premier objectif de<br />
la lubrification consiste à créer une fine<br />
couche de lubrifiant entre les éléments<br />
roulants et les éléments glissants afin<br />
de réduire les frottements. Il est donc<br />
logique de penser que la meilleure façon<br />
de déterminer les besoins en lubrification<br />
d’une machine est de surveiller les<br />
niveaux de frottement, et certainement<br />
pas sa durée de fonctionnement.<br />
Les machines qui sont correctement<br />
lubrifiées nécessitent moins d’énergie<br />
pour fonctionner. Pensez qu’en réduisant<br />
votre consommation de graisse,<br />
vous réduisez également vos factures<br />
d’électricité. Les machines qui consomment<br />
moins d’électricité chauffent<br />
moins et leurs cycles de vie s’en voient<br />
allongés.<br />
Enfin, en surveillant l’état de lubrification<br />
de vos machines, vous collectez en même<br />
temps de précieuses données sur l’état<br />
de santé de vos machines elles-mêmes.<br />
Les données ultrasonores dynamiques et<br />
statiques combinées aux quatre indicateurs<br />
de surveillance (valeur RMS, valeur<br />
RMS Max, valeur Crête et facteur Crête)<br />
permettent un diagnostic précis de l’état<br />
de santé des roulements.<br />
L’optimisation de la lubrification des<br />
machines à l’aide des ultrasons réduit de<br />
façon significative la consommation de<br />
graisse. Les programmes ultrasonores<br />
efficaces accélèrent la mise en place<br />
d’une culture positive dans l’entreprise.<br />
Qui aurait pu imaginer tous les avantages<br />
apportés par le simple fait de passer d’une<br />
maintenance basée sur le temps à une<br />
maintenance prévisionnelle ? ●<br />
68ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
Devenez un LUBExpert ®<br />
UTILISEZ LES ULTRASONS POUR OPTIMISER VOTRE PROGRAMME DE LUBRIFICATION<br />
Les mauvaises pratiques de<br />
graissage sont la cause majeure de<br />
défaillance des roulements.<br />
De nombreux départements de maintenance planifient<br />
inutilement les intervalles de regraissage en se basant<br />
sur une périodicité préétablie. Il en résulte des<br />
roulements avec trop ou trop peu de graisse qui<br />
n’atteignent pas leur durée de vie théorique.<br />
Le LUBExpert vous dit quand<br />
graisser... et en quelle quantité.<br />
La graisse réduit le frottement dans les paliers. Moins<br />
de friction signifie une plus longue vie. Le LUBExpert<br />
vous avertit lorsque les niveaux de frottement<br />
augmentent, vous guide pendant le re-graissage et<br />
évite une sur-lubrification.<br />
LUBRIFICATION OPTIMALE<br />
DES ROULEMENTS :<br />
Bon lubrifiant<br />
Bon endroit<br />
Bon intervalle<br />
Bon dosage<br />
Bons indicateurs<br />
Ultrasound Solutions<br />
+32 (0) 2332 3225<br />
info@sdt.be<br />
www.sdtultrasound.com/lubexpert
publi maintenance communiqué mécanique<br />
Un concentré de puissance complet :<br />
Le nouvel amplificateur de pression simalube IMPULSE<br />
Enfin disponible ! Le simalube IMPULSE est le complément idéal du graisseur éprouvé simalube, dans toutes<br />
les situations où la pression doit être élevée. Il résiste sans problème à des contre-pressions allant jusqu’à<br />
10 bar et constitue donc la solution parfaite pour une contre-pression élevée et de longs tubes de graissage.<br />
Placez tout simplement simalube IMPULSE sur le point de graissage, vissez et activez le graisseur simalube<br />
désiré pour la durée d’utilisation souhaitée. Pas de réglages supplémentaires nécessaires sur le simalube<br />
IMPULSE. La DEL informe à chaque instant de son état et de son fonctionnement. Une fois complètement vidé,<br />
le simalube IMPULSE, muni d’un nouveau graisseur simalube et d’un nouveau bloc de batterie, peut être<br />
réutilisé plusieurs fois.<br />
Mode de fonctionnement convaincant<br />
Le simalube IMPULSE équipé des graisseurs simalube de 60, 125 ou 250 ml assure<br />
un graissage fiable avec une pression élevée et des tubes de graissage jusqu’à quatre<br />
mètres de long. Des impulsions de lubrification continues de 0,5 ml d’huile ou de<br />
graisse jusqu’à NLGI 2 pour une pression allant jusqu’à 10 bar lubrifient le point de<br />
graissage. L’appareil est peu gourmand en lubrifiant, puisque seule la dose est sous<br />
pression. De plus, l’amplificateur de pression intelligent informe en continu sur l’état<br />
de fonctionnement actuel. L’affichage DEL du simalube IMPULSE émet un clignotement<br />
vert à intervalles réguliers lorsque l’appareil fonctionne correctement. La<br />
surpression, l’arrêt ou un niveau vide sont signalés par une DEL rouge clignotante.<br />
Simplicité de montage et d’utilisation<br />
Le simalube IMPULSE est mis en service dès que le bloc de batterie est inséré et<br />
que le graisseur est vissé. Le graisseur simalube sert à donner la cadence. Sa durée<br />
de fonctionnement peut être modifiée à tout moment et le simalube IMPULSE<br />
s’ajuste automatiquement au nouveau réglage du graisseur. Lors d’un remplacement<br />
du graisseur, le simalube IMPULSE reste fixé sur le point de graissage. Il<br />
faut simplement insérer un nouveau bloc de batterie avant de visser un nouveau<br />
graisseur simalube. Le point de raccordement reste ainsi étanche même pendant<br />
le changement du graisseur, et aucun lubrifiant ne reflue.<br />
Le simalube IMPULSE avec un graisseur de<br />
125 ml est utilisé dans les usines de gravier.<br />
L’IMPULSE pousse le lubrifiant avec une pression<br />
de 10 bar à travers une tube de 4 mètres.<br />
Polyvalent et, grâce à sa réutilisation, très rentable<br />
Les dimensions compactes du simalube IMPULSE permettent une installation dans<br />
des espaces très réduits et dans tous les milieux, y compris sous l’eau. Car, en tant<br />
qu’appareil de classe de protection IP68, l’amplificateur de pression est étanche à la<br />
poussière et à l’eau et convient à l’utilisation dans diverses branches de l’industrie.<br />
Le simalube IMPULSE peut, s’il est équipé d’un nouveau bloc de batterie, être utilisé<br />
pour dix vidages d’un graisseur simalube 125 ml ou pendant près de trois ans. ●<br />
Fabricant et distributeur<br />
simatec ag, Stadthof 2, CH-3380 Wangen a. Aare<br />
Tél. : +41 32 636 50 00 / Fax : +41 32 636 50 19<br />
Site Internet : www.simatec.com / aE-mail : welcome@simatec.com<br />
Un mécanicien installe le simalube IMPULSE au<br />
bout d’un long tube de lubrification, à un milieu<br />
pratique et facile d’accès. (Le point de lubrification<br />
se trouve à 3,5 mètres au-dessus du sol).<br />
70ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
agenda<br />
Du 24 au 27 septembre 2018<br />
Euromaintenance 4.0<br />
La plus grande conférence européenne<br />
sur la maintenance et l’Asset<br />
Management revient cette année.<br />
Euromaintenance 4.0 2018 vise plus<br />
de 750 participants venus de 51 pays, et<br />
entend bien dépasser le succès de 2008.<br />
À Antwerp en Belgique<br />
www.euromaintenance.org<br />
Du 25 au 27 septembre 2018<br />
Sepem Avignon<br />
La nouvelle édition du sud-est des salons<br />
Sepem Industries se déroulera à la fin<br />
septembre à Avignon avec toujours un<br />
programme riche de conférences sur la<br />
maintenance et la prévention des risques<br />
au travail.<br />
Au parc des expositions d’Avignon<br />
avignon.sepem-industries.com<br />
Le 18 octobre 2018<br />
Assises du M.E.S.<br />
Les Assises du M.E.S est l’évènement<br />
100% retours d’expérience. Des<br />
industriels et des experts reconnus<br />
traitent des applications concrètes<br />
d’un déploiement M.E.S, le tout dans un<br />
environnement propice aux échanges.<br />
Aux Salons de l’Aveyron - Bercy Village<br />
assises.club-mes.com<br />
Les 23 et 24 octobre 2018<br />
Enova Paris<br />
L’édition parisienne d’Enova posera<br />
ses valises comme chaque années<br />
à la Porte de Versailles et se posera<br />
comme une véritable plateforme de<br />
convergence des technologies de<br />
l’électronique, de la mesure, de la vision<br />
et de l’optique.<br />
À Paris-Porte de Versailles<br />
www.enova-event.com<br />
Le 6 novembre 2018<br />
<strong>Production</strong> Temps Réel<br />
Une nouvelle édition régionale se<br />
déroulera à Bordeaux et rassemblera<br />
les experts du pilotage de l’entreprise<br />
industrielle.<br />
Au Stade Matmut Atlantique<br />
production-temps-reel.com<br />
Du 6 au 8 novembre 2018<br />
Expoprotection 2018<br />
Cette année, la biennale parisienne de<br />
la protection et de la prévention des<br />
risques prévoit d’accueillir près de 750<br />
exposants.<br />
À Paris-Porte de Versailles<br />
www.expoprotection.com<br />
Du 26 au 29 novembre 2018<br />
All 4 Pack 2018<br />
Toutes les nouveautés en Emballage,<br />
Processing, Printing et Manutention<br />
seront à découvrir lors du Salon<br />
All4Pack Paris (anciennement<br />
Emballage et Manutention) dont la<br />
prochaine édition aura lieu à Paris.<br />
À Paris Nord Villepinte<br />
www.all4pack.fr<br />
PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018 ı71
index<br />
Au sommaire du prochain numéro :<br />
TECHNOLOGIES<br />
Le bon fonctionnement des machines :<br />
les technologies de mesure et de contrôle<br />
par thermographie infrarouge pour assurer<br />
le bon fonctionnement des machies<br />
management<br />
DOSSIER > Assises du M.E.S. :<br />
tous les acteurs du M.E.S. se réuniront dans<br />
un dossier riche de retours d’expérience<br />
et de « best practices »<br />
MAINTENANCE mécanique<br />
© Flir<br />
© Keyence<br />
Spécial Moteurs électriques :<br />
augmenter la performance des<br />
moteurs et des servo-moteurs<br />
tout en garantissant leur fiabilité<br />
MAINTENANCE EN PRODUCTION<br />
Traçabilité et identification :<br />
garantir la sécurité des équipements par la traçabilité<br />
des composants<br />
PRÉVENTION DES RISQUES<br />
Spécial > Expotrotection :<br />
bonnes pratiques et EPI pour<br />
assurer une meilleure protection<br />
dans les ateliers de maintenance<br />
© O. Guillon<br />
Liste des entreprises citées et index des annonceurs<br />
3M...................................2 e de couverture<br />
ACOEM................................21 et 26<br />
AFI KLM E&M....................................6<br />
AFIM.............................................39<br />
AMO TECHNOLOGIE......................61<br />
ASSISES DU M.E.S.............51 et 71<br />
ATHESI..................................................6<br />
BEMAS............................9, 31 et 71<br />
BITO SYSTEM...............................33<br />
CARTESIAM..................................20<br />
CIMI..............................................45<br />
CORIM.............................................4<br />
ENDEL ENGIE..............................36<br />
ENOVA...........................................71<br />
EXPOPROTECTION......................71<br />
DBVIB..................................14 et 23<br />
DENIOS.............................(encartage)<br />
DSD SYSTEM........................2 et 10<br />
ELECTROCLASS.................23 et 26<br />
EMPLOI-<br />
MAINTENANCEINDUSTRIELLE<br />
.COM..............................................44<br />
EOLANE.......................................20<br />
EVEN PRO..................3 e de couverture<br />
FUCHS LUBRIFIANT..........57 et 62<br />
HAFA.............................................64<br />
ICARE.………………………………..7 et 28<br />
IDEOL…............................…………..16<br />
IFM ELECTRONIC……........………..25<br />
IGUS……..............................………..27<br />
JET MOTEURS…..................11 et 15<br />
JICONSEIL….................................34<br />
KLÜBER LUBRICATION…............65<br />
KTR...............................................55<br />
M+P INTERNATIONAL................17<br />
MAINNOVATION............................6<br />
MOLYDAL......................................59<br />
MSA.................................................9<br />
PONTICELLI...................................6<br />
PRODUCTION TEMPS RÉEL.......71<br />
RS COMPONENTS.....4 e de couverture<br />
SDT INTERNATIONAL........66 et 69<br />
SIMATEC (publi-communiqué)............53<br />
SKF......................................13 et 16<br />
SSI SCHAEFFER..........................35<br />
SYNERGYS..........................19 et 24<br />
UE-SYSTEM...............................56s<br />
Retrouvez nos anciens numéros sur :<br />
Le chiffre à retenir :<br />
4, 904 Md$<br />
C’est le montant total que devrait<br />
atteindre le marché de la « predictive<br />
maintenance » (maintenance<br />
prévisionnelle en français), contre<br />
1,404 Md$ en 2016, soit un taux<br />
de croissance annuel de 28,4% au<br />
cours de la période de prévision. Ces<br />
chiffres ont été dévoilés à l’occasion<br />
d’une étude menée par le cabinet<br />
MarketsandMarkets, laquelle révèle<br />
également que l’industrie devrait<br />
être le plus gros marché pour<br />
la maintenance prévisionnelle. Les<br />
nouvelles solutions de maintenance<br />
prévisionnelle affichent en effet<br />
une forte croissance boostée par<br />
une demande du marché dans tous<br />
les secteurs verticaux majeurs tels<br />
que le gouvernement, l’aérospatiale,<br />
la défense, l’industrie, l’énergie,<br />
les services publics, la santé,<br />
le transport et la logistique.<br />
www.production-maintenance.com<br />
72ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°61 • mai-juin-juillet 2018
SALON DES SERVICES, ÉQUIPEMENTS, PROCESS ET MAINTENANCE<br />
LA RÉPONSE À TOUTES VOS PROBLÉMATIQUES :<br />
PRODUCTION, MAINTENANCE,<br />
SÉCURITÉ, ENVIRONNEMENT...<br />
AVIGNON<br />
NOUVELLES<br />
DATES<br />
DOUAI<br />
7 SALONS NATIONAUX<br />
EN RÉGIONS<br />
25>27 SEPTEMBRE 2018<br />
Pôle Sous-traitance<br />
TOULOUSE<br />
NOUVELLES<br />
DATES<br />
29>31 JANVIER 2019<br />
Pôle Sous-traitance &<br />
Pôle Machine-outil & robotique<br />
ANGERS<br />
CRÉDIT PHOTO : ISTOCK / RÉALISATION PUBLIROM<br />
ROUEN<br />
28>30 JANVIER 2020<br />
Pôle Sous-traitance<br />
26>28 MARS 2019<br />
GRENOBLE<br />
11>13 FÉVRIER 2020<br />
Pôle Sous-traitance<br />
08>10 OCTOBRE 2019<br />
Pôle Sous-traitance<br />
COLMAR<br />
09>11 JUIN 2020<br />
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