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Qualité Référence 94

Spécial Numérique et focus : Aéronautique, spatial et défense

Spécial Numérique et focus :
Aéronautique, spatial et défense

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Septembre 2022 à Février 2023 / Trimestriel / 20€ N° <strong>94</strong>-95<br />

Septembre 2022 à Février 2023 / Trimestriel / 20€ Spécial Numérique et focus Aéronautique, spatial et défense<br />

Dossier<br />

Spécial Numérique et focus<br />

Aéronautique, spatial et défense 24<br />

CERTIFICATION, CONSEIL<br />

Le marché de la certification en 2022 et les<br />

perspectives pour 2023 45<br />

PREVENTION DES RISQUES,<br />

ENVIRONNEMENT<br />

L’exactitude des valeurs : un prérequis indispensable<br />

pour bien gérer ses risques 22<br />

EXCELLENCE, DÉMARCHE<br />

Comment l’innovation prépare-t-elle<br />

à la résilience ? 65<br />

OUTILS QUALITÉ<br />

Santé et environnement : quelles<br />

solutions pour la gestion des risques<br />

et de la qualité ? 69


ÉDITORIAL<br />

©DR<br />

De la Refondation Numérique<br />

à l’Industrie Zéro Carbone<br />

Valérie Brenugat<br />

Rédactrice en chef<br />

En novembre dernier, Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la Transition<br />

numérique et des Télécommunications avait lancé le Conseil National de la Refondation<br />

« Numérique ». Il réunit des représentants des forces politiques, des partenaires sociaux,<br />

des élus locaux, des représentants du monde économique et associatif. Dans ce numéro<br />

double, le dossier sur le numérique révèle les résultats de deux études : l’une sur l’impact<br />

de la crise sanitaire sur la maturité digitale de la France et l’autre sur la maturité digitale<br />

des services <strong>Qualité</strong> et HSE. Des avis<br />

d’experts traitent, quant à eux, du risque<br />

cyber des organisations et de l’agilité<br />

des processus.<br />

En outre, le 15 novembre, le ministre<br />

délégué chargé de l’Industrie, Roland<br />

Lescure, a réuni les dirigeants des 50<br />

sites industriels les plus émetteurs et les<br />

représentants de leurs filières au sein<br />

« Les entreprises devront proposer<br />

sous cinq mois plusieurs scenarios<br />

de transition écologique utilisant des<br />

technologies de rupture afin d’atteindre<br />

l’objectif global fixé par le président de<br />

la République»<br />

du Conseil National de l’Industrie afin de lancer l’initiative « Industrie Zéro Carbone » qui<br />

portera la planification écologique de l’industrie. Cet échange fait suite à la demande exposée<br />

par le président de la République que soient élaborées des feuilles de route de décarbonation<br />

afin de diviser par deux les émissions industrielles de gaz à effet de serre en dix ans, et<br />

d’ajouter le soutien financier de l’Etat aux efforts des industriels dans une logique de contrats<br />

de transition écologique. Les entreprises devront proposer sous cinq mois plusieurs scenarios<br />

de transition écologique utilisant des technologies de rupture afin d’atteindre l’objectif<br />

global fixé. Les scenarios les plus efficaces budgétairement seront retenus pour établir le<br />

niveau d’effort de l’industrie pour la prochaine Stratégie Nationale Bas Carbone et le niveau<br />

de soutien public associé. La décarbonation est donc un des sujets d’actualité abordés dans<br />

plusieurs dossiers de ce numéro. Ces feuilles de route de décarbonation en cours d’élaboration<br />

permettront-elles atteindre les objectifs fixés sans difficultés ?<br />

Valérie Brenugat<br />

Envie de réagir ?<br />

@qualiref<br />

redaction@qualite-references.com<br />

ÉDITEUR<br />

MRJ Informatique<br />

22, Boulevard Gambetta<br />

92130 Issy-les-Moulineaux<br />

Tél. : 01 84 19 38 10<br />

Fax : 01 34 29 61 02<br />

www.qualite-references.com<br />

redaction@qualite-references.com<br />

/Qualite.References<br />

/@qualiteref<br />

Direction :<br />

Michaël Lévy<br />

Directeur de publication :<br />

Jérémie Roboh<br />

Directeur des rédactions :<br />

Olivier Guillon<br />

Rédactrice en chef :<br />

Valérie Brenugat<br />

COMMERCIALISATION<br />

Publicité :<br />

Sonia Cheniti<br />

s.cheniti@mrj-corp.fr<br />

Diffusion et Abonnements :<br />

https://digital.mrj-presse.fr/<br />

https://qualite-references.com/<br />

la-revue/<br />

Emilie Bellenger<br />

abonnement@qualite-references.com<br />

Prix au numéro :<br />

20 €<br />

Abonnement 1 an France et<br />

Etranger, 4 numéros en version<br />

numérique : 60 € TTC<br />

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Règlement par chèque<br />

bancaire à l’ordre de MRJ<br />

RÉALISATION<br />

Conception graphique :<br />

Gaëlle Vivien<br />

Impression :<br />

GT Print EOZ<br />

6, avenue Jean d’Alembert<br />

78190 Trappes<br />

N°ISSN :<br />

1293-2<strong>94</strong>9<br />

Dépôt légal : à parution<br />

Périodicité : Trimestrielle<br />

Numéro : <strong>94</strong>/95<br />

Date :<br />

Septembre-Octobre-<br />

Novembre-Décembre 2022<br />

-Janvier-Février 2023<br />

RÉDACTION<br />

Rédactrice en chef<br />

Valérie Brenugat<br />

Comité de rédaction : Christian<br />

Doucet (AME), Pierre Girault (AFQP, Air<br />

France), Olec Kovalevsky (Performance<br />

<strong>Qualité</strong> TPE – PME).<br />

Ont contribué au numéro :<br />

Valérie Brenugat, Christian Doucet,<br />

Olec Kovalevsky, Olivier Javel et<br />

Pierre Lacoin (1792avocats), Loïc<br />

Le Dréau (FM Global), Jean-Philippe<br />

Guillemin (Apixit), Frederick<br />

Benaben et Xavier Lorca (IMT Mines<br />

Albi), Pierre Bregeault et Jean-Michel<br />

Rey (Posithot), Vincent Etchebehere<br />

(Air France), Olivier Guillaumon<br />

(MAP Space Coatings), Georges Abi<br />

Rached (AB Certification), Laurent<br />

Croguennec (Bureau Veritas Certification),<br />

Olivier Audebert (SGS France),<br />

Philippe Defiolle, Olivier Fauroux et<br />

Philippe Roudier (LRQA), Julien Nizri<br />

(Afnor Certification), Gil Doat (Eco CO2),<br />

Sébastien Beague et Claire Trubert<br />

(Centre Hospitalier de Dunkerque),<br />

François Versini (Digilence), Lisa<br />

Bossu (Hôpital des Quinze-Vingt),<br />

Pierre Girault .<br />

Crédits Photos :<br />

iStock<br />

Encartage : Kern Sohn<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 3


SOMMAIRE<br />

DOSSIER<br />

DOSSIER<br />

Spécial Numérique<br />

25 L’impact de la crise sanitaire sur la maturité digitale de la<br />

France : une étude BCG-Medef<br />

28 Rapport 2022 sur la maturité digitale des services <strong>Qualité</strong> et HSE<br />

30 Comment estimer le risque cyber des organisations ?<br />

32 Agilité des processus<br />

Focus Aéronautique, spatial et défense<br />

34 La densité de défauts au cœur de l’Assurance <strong>Qualité</strong> !<br />

38 Air France : vers un horizon vert<br />

41 MAP Space Coatings : un haut niveau de qualité allié à une démarche<br />

environnementale forte<br />

24<br />

Éditorial<br />

03 De la Refondation Numérique à<br />

l’Industrie Zéro Carbone<br />

Billet<br />

08 L’Excellence au pied du mur<br />

Tribune<br />

10 Zoom contextuel et nouvelles<br />

perspectives<br />

Actualités<br />

12 Biodivercity Life pour la biodiversité<br />

d’un site et le bien-être de ses<br />

occupants<br />

14 Un nouveau président pour Gesip<br />

16 Une mobilisation pour la<br />

décarbonation et les économies<br />

d’énergie<br />

TPE-PME<br />

17 Premiers pas en <strong>Qualité</strong> dans<br />

les TPE – PME<br />

Prévention des risques,<br />

Environnement<br />

22 L’exactitude des valeurs : un prérequis<br />

indispensable pour bien gérer ses<br />

risques<br />

Formation, Conseil,<br />

Certification<br />

45 AB Certification, Afnor Certification,<br />

Bureau Veritas Certification France,<br />

LRQA France et SGS France : regards<br />

croisés<br />

58 Air France : les carburants durables, un<br />

levier pour sa politique de décarbonation<br />

60 Le transport routier en transition<br />

63 Discrimination positive, attention à<br />

l’interdiction des discriminations<br />

Excellence, Démarche,<br />

Management<br />

65 Comment l’innovation prépare-t-elle à<br />

la résilience ?<br />

67 Mutations du travail : obligation de<br />

reclassement et formation à la charge<br />

de l’employeur<br />

Outils <strong>Qualité</strong><br />

69 Comment libérer le potentiel du digital<br />

en santé par la qualité ?<br />

72 Apport de l’Intelligence Artificielle<br />

à la performance opérationnelle et<br />

environnementale de la gestion des<br />

réseaux d’eau<br />

74 Hôpital des Quinze-Vingt : la<br />

responsable <strong>Qualité</strong> du laboratoire<br />

témoigne<br />

09 Boite à livres<br />

76 Agenda<br />

Outils<br />

78 Sommaire / Index<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 5


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LES TEMPS FORTS<br />

©DR © AdobeStock_263073481<br />

©DR<br />

©DR<br />

DOSSIER<br />

FORMATION, CONSEIL<br />

EXCELLENCE, DÉMARCHE…<br />

OUTILS QUALITÉ<br />

Spécial Numérique et focus Aéronautique,<br />

spatial et défense p 24 à 44<br />

L’étude BCG-Medef révèle que la plupart des entreprises françaises se sont<br />

adaptées aux principales attentes numériques suite à la crise sanitaire.<br />

BlueKanGo dévoile aussi les résultats de la première enquête européenne sur la<br />

maturité digitale des services <strong>Qualité</strong> et HSE. En outre, Apixit expose comment<br />

estimer le risque cyber des organisations. Le Directeur du laboratoire Deep-<br />

Turtle partage, quant à lui, son expertise sur l’agilité des processus. Par ailleurs,<br />

Posithot explique comment l’utilisation de la spectroscopie d’annihilation de<br />

positrons permet d’identifier des défauts. En outre, Air France présente sa<br />

politique environnementale dans les transports. Enfin, MAP Space Coatings<br />

commente sa gestion de la qualité.<br />

Le marché de la certification en 2022<br />

et les perspectives pour 2023 p 45 à 57<br />

Georges Abi Rached, Directeur Général d’AB Certification, Laurent<br />

Croguennec, Président Directeur Général de Bureau Veritas Certification,<br />

Olivier Audebert, Directeur Technique et Développements chez SGS<br />

France, Philippe Defiolle, Responsable des auditeurs, Olivier Fauroux,<br />

Responsable Technique Durabilité et Philippe Roudier, responsable Aéro,<br />

Défense et Cybersécurité chez LRQA France et Julien Nizri, directeur<br />

d’Afnor Certification dressent un bilan sur le marché de la certification<br />

en 2022. Ils dévoilent aussi leurs projets de développement en 2023.<br />

Comment l’innovation prépare-t-elle<br />

à la résilience ? p 65 à 66<br />

Dans un avis d’expert, les Médecins Réanimateurs du Service de Médecine<br />

Intensive et Réanimation du Centre Hospitalier de Dunkerque, Dr Sébastien<br />

Beague, et Dr Claire Trubert, constatent que depuis 2020, le terme Résilience<br />

aura été plus employé dans le secteur de la Santé comme une aspiration<br />

rassurante au calme du monde d’avant après deux ans d’épreuves<br />

organisationnelles, fonctionnelles et individuelles. Focus<br />

Santé et environnement : quelles<br />

solutions pour la gestion des risques<br />

et de la qualité ? p 69 à 75<br />

Le président du Comité Scientifique eSanté de la société Digilence explique<br />

comment libérer le potentiel du digital en santé par la qualité. Apport de l’Intelligence<br />

Artificielle à la performance opérationnelle et environnementale de la<br />

gestion des réseaux d’eau. Le Directeur du centre Génie Industriel d’IMT Mines<br />

Albi présente, quant à lui, l’apport de l’Intelligence Artificielle à la performance<br />

opérationnelle et environnementale de la gestion des réseaux d’eau. Enfin, la<br />

responsable <strong>Qualité</strong> du laboratoire de l’Hôpital des Quinze-Vingt, témoigne sur<br />

l’utilisation de ses outils dans un établissement public de santé.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 7


BILLET<br />

L’EXCELLENCE<br />

AU PIED DU MUR<br />

“Les français sont le peuple européen<br />

de la culture par excellence”<br />

(Hermann von Keyserling :“Analyse spectrale de l’Europe”)<br />

©DR<br />

Christian Doucet,<br />

membre du comité<br />

éditorial et auteur<br />

d’ouvrages.<br />

Nous connaissons<br />

actuellement des<br />

bouleversements :<br />

• Le réchauffement<br />

climatique et la limitation<br />

indispensable des<br />

émissions de gaz à effet<br />

de serre (COV), qui vont<br />

entraîner des répercussions<br />

considérables sur nos modes<br />

de vie, de transports et nos<br />

structures industrielles<br />

(pensons par exemple aux<br />

industries automobile<br />

et aéronautique mais<br />

pratiquement toutes seront<br />

concernées),<br />

• La guerre en Ukraine,<br />

dont les répercussions<br />

sont multiples et<br />

mondiales (inflation,<br />

ruptures de chaînes<br />

d’approvisionnement,<br />

pénuries de pétrole, de<br />

gaz et de céréales) va sans<br />

doute amener à revoir<br />

la mondialisation et à<br />

modifier de façon durable<br />

les relations internationales<br />

et économiques<br />

• la pandémie du CoVid19,<br />

de son côté, a invité dans<br />

l’entreprise un mode de<br />

travail inatten-du : le<br />

télétravail, qui améliore les<br />

conditions de travail des<br />

cadres essentiellement et<br />

ren-force l’évolution vers<br />

l’entreprise « étendue »<br />

avec des collaborateurs<br />

pouvant être répartis<br />

géographiquement.<br />

• Les pénuries actuelles<br />

de personnel (hôtellerierestauration,<br />

bâtiment,<br />

santé, chauffeurs, etc.…)<br />

vont-elles se poursuivre ? Un<br />

nouvel équilibre semble en<br />

train de se mettre en place<br />

avec des salaires plus élevés<br />

et des conditions de travail<br />

améliorées.<br />

Toutes ces évolutions<br />

sont de nature à accroître<br />

les coûts de revient<br />

(approvisionnements,<br />

salaires, énergie...), et les<br />

entreprises peuvent avoir<br />

envie de reconstituer leur<br />

marge au détriment de la<br />

quali-té des matières et des<br />

productions.<br />

Tous ceux qui suivent<br />

assidument cette rubrique<br />

(il y en a, je le sais !) savent<br />

que la qualité qui rapporte,<br />

c’est l’excellence, c’est-à-dire<br />

la capacité à obtenir, grâce<br />

à notre effort de qualité à<br />

tous les niveaux, une très<br />

belle image auprès des<br />

clients réels et potentiels,<br />

image qui permet ensuite<br />

de développer nos ventes à<br />

notre prix. L’excellence doit<br />

normalement être le résultat<br />

d’une dé-marche qualité<br />

bien menée.<br />

Et n’oublions pas que<br />

notre richesse provient<br />

essentiellement de nos<br />

ventes extérieures, qui<br />

sont directement liées<br />

à cette excellence. Plus<br />

notre renommée est forte,<br />

mieux ça marche. Citons<br />

l’aéronautique, le tourisme,<br />

le luxe, etc... Partout où les<br />

clients sont heureux de se<br />

fournir chez nous, les affaires<br />

fleurissent.<br />

Il ne faudrait donc pas que les<br />

difficultés inévitables à venir<br />

nous poussent à baisser la<br />

garde. Au contraire, lorsque<br />

les coûts augmentent, c’est<br />

le renom et la qualité des<br />

produits et des services qu’il<br />

faut renforcer, afin que les<br />

prix de vente puissent suivre.<br />

Notre choix est simple :<br />

décidons de réussir !<br />

●<br />

8<br />

I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


A LIRE, VOIR, ÉCOUTER<br />

BOITE À OUTILS<br />

UNE MEILLEURE ÉLOQUENCE AU QUOTIDIEN<br />

Cet ouvrage analyse les codes de la prise de parole et des dialogues sous toutes leurs formes. En comprenant<br />

davantage un interlocuteur et ce qui se joue dans l’échange, la communication sera alors pertinente.<br />

Avec des conseils sur la manière de poser sa voix, d’exprimer un sentiment ou de répondre à un reproche,<br />

ce guide permet de maîtriser l’art de l’éloquence pour être à l’aise avec tout le monde et en toute situation.<br />

Éric Cobast est professeur agrégé de l’Université. Ancien directeur académique, il a créé «l’Académie de<br />

l’Éloquence». Dirigeant de l’agence SWN, il accompagne de nombreuses entreprises et personnalités dans<br />

leur communication.<br />

« L’incroyable pouvoir de l’éloquence au quotidien », Éric Cobast, Eyrolles, 224 p, 16,90 €, www.<br />

editions-eyrolles.com<br />

50 ÉPISODES MANAGÉRIAUX<br />

Réunis sous le nom « Eleven - collectif de coachs », 11 coachs expérimentés ont mis en commun leur<br />

expertise afin de traiter, en 50 épisodes de vie managériale, des cas concrets inspirés par leur pratique.<br />

Les auteurs de cet ouvrage croisent leurs regards au travers de techniques créatives afin d’aborder<br />

des situations managériales. Exposé en séquence courte, chaque épisode, ancré dans le réel, permet<br />

de prendre du recul, de s’interroger sur sa posture de manager, et à envisager de nouvelles perspectives<br />

d’action. Cet ouvrage est destiné aux managers et aux dirigeants, ainsi qu’aux coachs et aux<br />

professionnels des RH.<br />

« 50 épisodes managériaux - Des coachs racontent et décryptent ! », Eleven - collectif de<br />

coachs, Afnor Editions, 176 p, 28 €, www.boutique.afnor.org/livres<br />

LE LEAN MANAGEMENT AU CŒUR DES SERVICES<br />

Mis en situation dans le secteur des services, ce guide de référence présente et développe chaque grand<br />

principe du Lean avec plusieurs exemples et cas pratiques. Il permet de transformer durablement et<br />

en profondeur une entreprise et d’apporter de l’énergie à une équipe.<br />

Formé à la pratique du Lean chez Toyota, Olivier René a été directeur de l’organisation et du Lean<br />

management du groupe Auchan. En 2019, il crée Kaizenco, son cabinet de conseil et d’accompagnement<br />

en Lean management. Bertrand De Graeve découvre, quant à lui, le Lean en étant un chef de<br />

secteur dans la grande distribution. Après avoir été directeur qualité et méthodes, il rejoint un cabinet<br />

de conseil expert en Lean management. En 2021, il fonde Cap Kaizen. Il accompagne la mise en<br />

œuvre de démarches d’amélioration continue.<br />

« Le Lean management au cœur des services », Olivier René, Bertrand De Graeve et Didier<br />

Leroy, Alisio, 288 p, 25 €, www.editionsleduc.com<br />

AUTOPSIE D’UN BURN-OUT<br />

Passionnée et engagée, Aude Selly s’était consacrée totalement à son travail. Mais à 33 ans, elle y<br />

a laissé sa santé, brisée par un burn-out la poussant au geste ultime suivi d’une hospitalisation. A<br />

partir de son témoignage, l’autrice devenue spécialiste et formatrice sur le sujet du burn-out, répond<br />

aux questions fondamentales afin d’éviter les conditions de son apparition et réussir sa guérison.<br />

Cet ouvrage s’inspire des trois livres consacrés au sujet par Aude Selly : « Quand le travail vous tue<br />

: Histoire d’un burn-out et de sa guérison », « Burn-out et après ? Comment le prévenir - Comment<br />

se reconstruire » et « Renaissance : Il y a une vie après le burn-out ». S’il en reprend le meilleur, il va<br />

plus loin en insistant particulièrement sur les signes annonciateurs, les solutions à mettre en place<br />

pour l’éviter, et comment se relever après avoir été touché.<br />

« Autopsie d’un burn-out », Aude Selly, Dunod, 240 p, 19,90 €, www.dunod.com<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 9


TRIBUNE<br />

FRANCE QUALITÉ<br />

Zoom contextuel et<br />

nouvelles perspectives<br />

©DR<br />

Pierre Girault, Président de<br />

France <strong>Qualité</strong> et membre du<br />

Comité Éditorial de <strong>Qualité</strong><br />

<strong>Référence</strong>s<br />

L’actualité relative aux démarches de progrès et de maîtrise des risques, se<br />

révèle particulièrement dense dans notre pays. France <strong>Qualité</strong>, organisation<br />

représentative de la communauté des professionnels concernés, souhaite<br />

partager un point global sur le sujet. Et ce, en exclusivité pour <strong>Qualité</strong><br />

<strong>Référence</strong>s, revue bien connue de la communauté. Trois thématiques générales<br />

font l’actualité du moment en France : le social, la sobriété, les « solutions ».<br />

Clairement, tous les acteurs<br />

politiques, économiques, sociaux,<br />

citoyens, cherchent une réponse à<br />

la problématique du devenir postcrise<br />

sanitaire et tensions économiques. On<br />

Cvoit que des préoccupations liées au déficit du<br />

commerce extérieur, au besoin de trésorerie des<br />

entreprises, au développement du numérique,<br />

demeurent prégnantes. De fait, le réseau France<br />

<strong>Qualité</strong> s’est engagé dans le débat, présentant dix<br />

préconisations aux Pouvoirs Publics. Un certain<br />

nombre d’entre elles, dont l’essor de promotions<br />

qualitatives des produits français à l’étranger,<br />

l’intégration de sensibilisations aux méthodes/<br />

outils d’amélioration continue, d’excellence,<br />

dans les cursus d’enseignement supérieur,<br />

retiennent d’ores et déjà l’attention. Nous<br />

poursuivrons les contacts avec les responsables<br />

ministériels - en témoigne la dernière lettre<br />

reçue de notre interlocutrice référente, Cheffe<br />

du Cabinet de Madame Marlène Schiappa, qui<br />

figure ci-contre. Heureusement, oui, la <strong>Qualité</strong><br />

peut et doit apporter des solutions !<br />

S’agissant de la sobriété écologiqueénergétique,<br />

les organismes publics et privés<br />

sont confrontés à la double nécessité d’une<br />

action durable et de résultats tangibles ; cela<br />

requiert du pragmatisme, de la méthodologie :<br />

là encore, la tribune publiée récemment et<br />

conjointement avec le Collège des Directeurs<br />

du Développement Durable, suscite de multiples<br />

réactions positives, sans doute parce qu’elle<br />

met l’accent sur plusieurs résonances... À<br />

savoir le fait que les démarches d’amélioration<br />

10 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


TRIBUNE<br />

permettent d’abord et avant tout d’éviter<br />

la «non» ainsi que la «sur»-qualité, donc<br />

assurent une consolidation de la sobriété,<br />

mais aussi renforcent l’efficience des<br />

processus en matière de consommation<br />

d’énergie.<br />

Il est par ailleurs nouveau que les synergies<br />

<strong>Qualité</strong>-Environnement [et par conséquent<br />

la présence de représentants spécialisés],<br />

s’avèrent au menu de grands congrès RSE,<br />

comme Produrable ou le World Impact Summit de Bordeaux<br />

(30 novembre & 1er décembre).<br />

Reste le volet social, soit plutôt la famille d’enjeux <strong>Qualité</strong><br />

de Vie et Conditions de Travail, bien-être. Beaucoup d’outils<br />

<strong>Qualité</strong>, tels que les ateliers participatifs, management visuel<br />

et reconnaissances, programmes de suggestions, méthodes de<br />

résolution de problèmes, sans oublier l’approche processus,<br />

sont de nature à conforter des liens de confiance, y compris en<br />

transverse, entre les équipes. Gageons<br />

que notre campagne promotionnelle<br />

à venir, consacrée au dispositif<br />

Concordance d’excellence relationnelle<br />

- c’est un scoop -, puisse en faciliter<br />

l’appropriation. Quant à la fonction<br />

<strong>Qualité</strong> elle-même, elle apparaît, au<br />

vu d’études successives, notamment<br />

celle du Cabinet franco-canadien<br />

Pyx4, porteuse en termes d’emploi.<br />

Manifestement au regard des considérations précédentes. Voilà<br />

pourquoi France <strong>Qualité</strong>, dans son rôle de veille, après avoir<br />

diffusé des podcasts sur le Manager <strong>Qualité</strong> du futur, prévoit<br />

d’en réaliser d’autres au premier trimestre 2023, davantage<br />

centrés compétences voulues.<br />

« Heureusement, oui,<br />

la <strong>Qualité</strong> peut<br />

et doit apporter<br />

des solutions ! »<br />

Je crois que l’on n’a décidément pas fini d’évoquer de telles<br />

opportunités - merci de votre attention ! ●<br />

Pierre Girault<br />

PATRONNES<br />

Si les femmes représentent 52 % de la<br />

population française, seulement 3 dirigeantes<br />

occupent des postes de responsabilité<br />

dans des sociétés cotées au CAC<br />

40. Sur les 120 plus grandes entreprises<br />

françaises, elles sont 18 à avoir atteint<br />

le poste le plus élevé. Dans le monde de<br />

la Tech, alors que les femmes créent 24<br />

% des start-up, elles n’obtiennent que 12<br />

% des fonds levés chaque année. Pourtant,<br />

les 52 femmes de ce livre ont réussi à<br />

devenir numéro une de leurs entreprises.<br />

Elles racontent leurs parcours.<br />

Et comme leur ascension est rarement<br />

accompagnée d’un manuel, Patronnes<br />

est le mode d’emploi, sans langue de<br />

bois, inspiré par ces femmes qui ont<br />

réussi à atteindre le sommet. Parmi les 52<br />

portraits de patronnes, figurent ceux de<br />

Catherine MacGregor, Delphine Arnault<br />

et Delphine Ernotte Cunci.<br />

« Patronnes », Elodie Andriot,<br />

Albin Michel, 320 p., 22,90 €<br />

www.albin-michel.fr<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 11


ACTUALITÉS<br />

IMMOBILIER<br />

Le label Biodivercity Life a été<br />

lancé en novembre dernier<br />

dans le Campus Evergreen du<br />

groupe Crédit Agricole, site<br />

pilote situé à Montrouge (92).<br />

Tout actif immobilier existant<br />

en exploitation depuis plus<br />

d’un an peut prétendre à cette<br />

labellisation. Un propriétaire,<br />

un gestionnaire, des usagers ou<br />

les services généraux peuvent<br />

en faire la demande comme tout<br />

acteur participant à la gestion<br />

des locaux et espaces végétalisés<br />

d’un site.<br />

«La labellisation Biodivercity Life<br />

nous permet d’aller au-delà de<br />

l’effet spectaculaire des 8 hectares<br />

du campus Eveergreen pour donner<br />

à la diversité de la faune et de la flore leur<br />

pleine place. » déclare Catherine Pouliquen,<br />

directrice RSE et Innovation chez Crédit<br />

Agricole Immobilier (CAI). Ce label note,<br />

affiche et améliore la performance des actifs<br />

existants vis-à-vis de leur niveau de prise<br />

en compte de la biodiversité au bénéfice<br />

du vivant et de de leurs occupants. Son<br />

but : valoriser le potentiel biodiversité d’un<br />

actif et favoriser le bien-être des usagers<br />

à travers un processus d’engagement<br />

vers une amélioration continue. Le label<br />

permet ainsi à chaque site existant de<br />

mieux intégrer le vivant et de participer<br />

concrètement, visiblement, localement à<br />

la transition écologique locale.<br />

Quatre prérequis sont nécessaires à la<br />

labellisation BiodiverCity Life : être<br />

accompagné d’un assesseur (écologue<br />

ou agronome ayant une expérience<br />

dans le milieu urbain) accrédité par le<br />

Cibi et formé au label, lancer une étude<br />

écologique du site et de son contexte,<br />

une surface des espaces végétalisés du<br />

site d’au moins 100 m² et un bâtiment<br />

livré depuis 1 an minimum. Le processus<br />

de la labellisation comprend plusieurs<br />

phases. La labellisation du projet (étude<br />

du site et plan d’action sur 3 ans)<br />

nécessite l’intervention d’un auditeur<br />

Biodivercity Life<br />

d’un site et le bien-être<br />

Le campus Evergreen du groupe Crédit Agricole labelisé<br />

qui labellise le plan d’action après l’étude<br />

du dossier et l’audit du site. Puis il y a<br />

la mise en œuvre du plan d’action avec<br />

la participation du jardinier. Ensuite, le<br />

suivi est assuré avec l’outil de pilotage.<br />

Après, la phase de l’amélioration continue<br />

consiste en un renouvellement pour un<br />

cycle de 3 ans avec un nouveau plan<br />

d’action et nouvelle notation). Enfin,<br />

elle se termine par un engagement et un<br />

audit de renouvellement. Les projets sont<br />

labellisés à l’issue d’un double contrôle<br />

de l’atteinte des objectifs du référentiel<br />

par une évaluation assesseur puis par<br />

un vérificateur d’un organisme tiers<br />

indépendant. Ils obtiennent une notation<br />

sur les 4 axes composant le référentiel.<br />

Le label BiodiverCity Life propose une<br />

démarche d’engagement et d’amélioration<br />

continue pour des sites existants sur le<br />

sujet de la biodiversité. Cela passe par<br />

un engagement par la connaissance de<br />

la biodiversité et biophilie du site, la<br />

mobilisation et l’engagement des différents<br />

acteurs ainsi que la mise en place d’une<br />

dynamique d’amélioration continue. Elle<br />

permet aussi de renforcer une valeur<br />

écologique déterminée en fonction de la<br />

qualité écologique, de la fonctionnalité<br />

A gauche, Jean-François Farnault,<br />

Animateur <strong>Qualité</strong> et Environnement / Chief<br />

Risk Officer au CAI et à droite, Jérémy<br />

Durand, Ecologue accrédité Biodivercity chez<br />

ARP-ASTRANCE.<br />

© Valérie Brénugat<br />

12 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


ACTUALITÉS<br />

© Valérie Brénugat<br />

pour la biodiversité<br />

de ses occupants<br />

écologique et de la capacité d’accueil des<br />

habitats écologiques du site. Par ailleurs,<br />

cette labellisation se traduit par un<br />

renforcement écologique avec une gestion<br />

écologique et différenciée des espaces verts,<br />

un accueil du Vivant, un renforcement des<br />

continuités écologiques. Elle atteste aussi<br />

une contribution du bâti à la biodiversité<br />

tout en limitant des impacts. Elle entraine<br />

également un renforcement biophilique :<br />

Les ruches du Campus Evergreen<br />

© Valérie Brénugat<br />

biophilie des espaces intérieurs et extérieurs,<br />

sensibilisation et éducation à la biodiversité,<br />

santé des usagers, implication des usagers<br />

et agriculture urbaine.<br />

LE CAMPUS EVERGREEN,<br />

UN SITE PILOTE<br />

Les équipes de l’immobilier d’exploitation<br />

du CAI ont œuvré à l’obtention du label<br />

pilote Biodivercity Life en 2020. Ainsi, le<br />

Campus Evergreen figure parmi les 9 sites<br />

labellisés avec ses 4 hectares de biodiversité<br />

sur 8 au total, son jardin japonais et ses<br />

bassins d’agrément. Plusieurs acteurs sont<br />

intervenus dans la labellisation. Le DIMEX<br />

du Crédit Agricole Immobilier en a assuré<br />

le pilotage. Catherine Pouliquen remarque<br />

à propos du rôle de ce pilotage : « Nous<br />

sommes intervenus à double titre : notre<br />

rôle d’accompagnement sur l’exploitation<br />

du site de Crédit Agricole SA et en tant que<br />

reporting manager pour des investisseurs<br />

institutionnels sur le site Campus Europa<br />

Avenue à Bois-Colombes. On a donc<br />

contribué à la co-construction de ce label.<br />

Cela s’inscrit dans une démarche plus<br />

large Nature en Ville by CAI. En tant que<br />

promoteur, on propose des logements et<br />

des bureaux. Cela se traduit au quotidien<br />

dans la façon de penser nos projets et dans<br />

l’aménagement en intégrant l’homme et<br />

la nature et dans la manière de réaliser<br />

ces ensembles immobiliers. » En outre,<br />

l’entreprise Jardins de Gally a été chargée de<br />

la gestion des espaces verts respectueuse de<br />

l’environnement et favorisant la biodiversité<br />

et la sensibilisation des occupants. La LPO<br />

s’est occupé, quant à elle, du label lié à la<br />

préservation des espèces sur le campus.<br />

Par ailleurs, ARP Astrance, assesseur<br />

BiodiverCity du site, est intervenu<br />

sur la partie Conseil en immobilier et<br />

développement durable, Deloitte sur la<br />

certification et Cibi sur la délivrance du<br />

Des labels<br />

pour construire<br />

et habiter<br />

avec le vivant<br />

Créés en 2013, les labels<br />

Biodiversity accompagnent les<br />

projets de construction neufs, de<br />

rénovation de l’îlot bâti au quartier<br />

ainsi que les sites existants dans une<br />

démarche favorable à un meilleur<br />

équilibre Homme-Nature dans<br />

les villes. Leurs objectifs : faire<br />

grandir dans un cadre structuré<br />

la place donnée à la Biodiversité<br />

dans l’acte de construire et les<br />

métiers de l’immobilier. Ces outils<br />

destinés aux porteurs de projet<br />

immobiliers, des gestionnaires<br />

d’actifs et les exploitants de sites<br />

urbains permettent d’agir pour<br />

la biodiversité locale et créer une<br />

valeur écologique et une valeur<br />

d’usage biophilique.<br />

label. Enfin, le Crédit Agricole a été le<br />

dernier acteur dans ce processus.<br />

Les actions en faveur de la biodiversité<br />

déployées en lien avec le label ont été<br />

la réalisation d’études écologique et<br />

biophilique, le partenariat avec la LPO<br />

pour un accompagnement pour les actions<br />

en lien avec la biodiversité, le changement<br />

de prestataire pour la gestion des espaces<br />

verts. Elles ont concerné aussi l’activité<br />

d’animation et sensibilisation autour des<br />

espaces verts, la mise en place de panneaux<br />

pour le passage des canards, la zone de<br />

tonte tardive ou raisonnée, la création<br />

de prairies fleuries, le maintien des trois<br />

ruches et la réduction de la fréquence<br />

d’arrosage. Enfin, dans une démarche<br />

d’amélioration globale du cadre de vie, de<br />

la prise en compte de la biodiversité et des<br />

usagers du site, ARP Astrance a réalisé un<br />

benchmarking des solutions biodiversité<br />

et biophilie pouvant être apportées sur<br />

le site autant dans les espaces extérieurs<br />

qu’intérieurs ●<br />

Valérie Brenugat<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 13


ACTUALITÉS<br />

ASSOCIATION<br />

Un nouveau président<br />

pour Gesip<br />

©DR<br />

L’association d’industriels français et internationaux spécialisée<br />

dans la sécurité industrielle a nommé Cyril de Coatpont au poste de<br />

Président.<br />

Cyril de Coatpont Président du Gesip<br />

et Vice-Président Santé et Sécurité<br />

au Travail de TotalEnergies<br />

Des exercices dans<br />

le centre du CNPP<br />

du Vernon (Eure)<br />

Diplômé du Master en<br />

ingénierie de mécanique<br />

des fluides à l’Ecole Centrale,<br />

le président du Gesip, Cyril<br />

de Coatpont, a débuté sa carrière chez<br />

Schlumberger Wireline and Testing en<br />

1995 en tant qu’ingénieur de terrain<br />

Wireline au Pérou et en Equateur avant<br />

de faire sa carrière chez Total. En 1997, il a<br />

rejoint la compagnie dans la maintenance<br />

et les opérations sur les plates-formes<br />

offshore au Moyen-Orient et en Asie du<br />

Sud-Est. Il a eu occupé plusieurs postes<br />

dans l’ingénierie et la gestion de projets,<br />

dans des programmes en eaux profondes<br />

et onshore, en Afrique et en Asie du<br />

Sud-Est ainsi que dans l’ingénierie de<br />

développement sur le terrain, au siège de<br />

Total. En juillet 2016, il est devenu Vice-<br />

Président Projet et Construction pour<br />

la branche Exploration et Production.<br />

Puis il a travaillé en septembre 2017 sur<br />

le projet Kaombo. Nommé Directeur des<br />

Projets et de la Construction de la Branche<br />

Raffinage-Chimie de Total jusqu’à l’été<br />

2021, il rejoint en septembre 2021 la<br />

Holding de la Société en tant que Vice-<br />

Président Santé et Sécurité au Travail.<br />

Cette association exerce, en effet, des<br />

activités liées à la qualité. Cyril de<br />

Coatpont déclare à ce propos : « Nous<br />

proposons des prestations comme la<br />

qualification des émulseurs qui fait partie<br />

du contrôle <strong>Qualité</strong>. Nous allons vérifier<br />

sur le terrain et à grande échelle que les<br />

produits sont bien efficaces et ont une<br />

bonne qualité. Il en ressort un agrément<br />

Gesip. Cela signifie que dans le cadre<br />

du protocole agréé par les autorités, on<br />

peut rajouter un certain nombre de tests<br />

et en donner un agrément. Cela est plus<br />

confortable pour des adhérents et des<br />

acheteurs de produits. Ils savent que le<br />

produit a été testé de façon indépendante<br />

et qui répond à leurs besoins. »<br />

En outre, David Audouin, Directeur<br />

des Centres de Formation et des Essais,<br />

ajoute : « En termes de qualité, il y a<br />

aussi le système de gestion de la sécurité.<br />

On est dans le process du management<br />

de la sécurité. Quand on fait un audit<br />

on conseille sur la défense de l’incendie,<br />

on va essayer de challenger. On pourra<br />

dire de redimensionner la défense contre<br />

l’incendie. Par exemple, par rapport au<br />

risque, on peut dire quel débit, il faut avoir<br />

et pendant quel temps. »<br />

Le président du Gesip note aussi : « On<br />

revoit les POI (plan d’opération interne).<br />

Par exemple, en cas de crise, cela consiste à<br />

organiser le site. Les prestations concernent<br />

alors soit l’aide à l’industriel à rédiger le<br />

POI, soit l’auditer (revoir la qualité, le<br />

critiquer). » Le Directeur des Centres<br />

de Formation et des Essais remarque<br />

également : « Souvent, on va demander<br />

le document, les outils et les procédures.<br />

Souvent, cela finit par un exercice in situ<br />

dans lequel on va illustrer les points à<br />

améliorer à partir d’expériences qu’on<br />

a organisé pour définir un scénario.<br />

Finalement, on se positionne parfois<br />

© Valérie Brénugat<br />

14 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


ACTUALITÉS<br />

© Valérie Brénugat<br />

Gesip vérifie la qualité des émulseurs sur<br />

leur capacité réelle à l’extinction.<br />

comme la Dreal mais avec un point de vue<br />

prescripteur. »<br />

Par ailleurs, les formations ont obtenu<br />

le renouvellement des certifications<br />

Qualiopi l’année dernière. David Audoin<br />

précise : « Pour nous, la certification est<br />

la poursuite par l’administration que nos<br />

guides soient reconnus. Concernant les<br />

extincteurs sans fluor, nous avons des<br />

réunions avec l’administration. Gesip est<br />

alors reconnu comme l’interlocuteur de<br />

l’administration avec des organisations<br />

comme France Chimie ou d’autres<br />

associations industrielles ». Si les centres<br />

de formation, notamment à l’étranger<br />

(Tunisie, Madagascar), veulent l’agrément<br />

Gesip, l’association fait alors un contrôle<br />

<strong>Qualité</strong>. Le Directeur des Centres de<br />

Formation et des Essais précise : «<br />

L’installation doit être Safe et Protection<br />

de l’environnement. L’équipe pédagogique<br />

est alors challengée. Cela a été le cas avec<br />

un groupe canadien. Deux formateurs<br />

permanents se sont rendus sur place. »<br />

Ainsi, selon une périodicité prédéfinie<br />

ou à définir, Gesip contrôlera que tout<br />

respecte bien le processus sur lequel son<br />

partenaire s’est bien engagé ●<br />

Valérie Brenugat<br />

A propos du Gesip<br />

Née de la volonté de ces entreprises<br />

d’améliorer la sécurité industrielle<br />

il y a 70 ans, l’association Gesip<br />

rassemble 60 industriels spécialisés.<br />

Les membres sont issus des<br />

secteurs du gaz, du pétrole, de la<br />

chimie, du traitement des eaux et<br />

des déchets. L’association souhaite<br />

se développer sur de nouveaux<br />

secteurs comme l’hydrogène. Si la<br />

plupart des sociétés sont françaises,<br />

il y a aussi des entreprises<br />

africaines : principalement de la<br />

Tunisie, le Cameroun et la Côte<br />

d’ivoire, soit au total une dizaine<br />

de pays africains. Par ailleurs,<br />

Gesip a signé des partenariats avec<br />

l’Allemagne et compte se développer<br />

à l’international.<br />

LA SMART METROLOGY<br />

Convaincus qu’elle pourrait de nouveau changer le monde,<br />

Jean-Michel Pou et Laurent Leblond développent dans ce livre<br />

leur réflexion sur la rénovation de la métrologie au XXI e siècle :<br />

la Smart metrology.<br />

A l’ère du Big Data, les auteurs ambitionnent<br />

de permettre à la métrologie<br />

d’occuper sa véritable place dans les<br />

organisations industrielles, et au-delà<br />

du cadre des systèmes <strong>Qualité</strong> des entreprises.<br />

La première partie de cet ouvrage livre<br />

une description de la métrologie en général<br />

et expose les raisons pour lesquelles<br />

elle est si mal exploitée. Dans une seconde<br />

partie, les auteurs présentent toutes les<br />

évolutions souhaitables pour favoriser une<br />

approche rénovée de la mesure. Avec des<br />

exemples d’application, ils expliquent les<br />

gains attendus dans de nombreux secteurs<br />

de l’activité industrielle.<br />

Ce livre est destiné aux métrologues,<br />

mais aussi à toutes les personnes concernées<br />

par les mesures dans les organisations.<br />

Jean-Michel Pou, président fondateur de la société Delta Mu,<br />

membre de la commission AFNOR X07b « Métrologie », est aussi<br />

président du cluster d’excellence Auvergne Efficience Industrielle.<br />

En outre, il a été responsable d’accréditation Cofrac (Auvergne<br />

<strong>Qualité</strong>), directeur technique et commercial (BEA Métrologie),<br />

directeur général délégué (A+Métrologie) et président du GIE<br />

(groupement d’intérêt économique)<br />

Quantum Metwork<br />

Laurent Leblond, expert en Statistique<br />

Industrielle pour le Groupe PSA à la<br />

direction <strong>Qualité</strong>, diplômé de l’École<br />

nationale de la statistique et de l’administration<br />

économique (ENSAE), a<br />

commencé sa carrière comme ingénieur<br />

d’étude à l’Institut national de la santé<br />

et de la recherche médicale (INSERM).<br />

Aujourd’hui, il développe des référentiels<br />

appliqués à la qualité, conseille les<br />

métiers de la conception et de la fabrication<br />

automobile en statistique industrielle<br />

dont la métrologie. Enfin, il<br />

est expert auprès de la commission «<br />

Statistique » d’AFNOR et membre de la<br />

Société Française de Statistique.<br />

« La Smart Metrology », Jean-Michel Pou et Laurent<br />

Leblond, Afnor Editions, 208 p, 23 €<br />

www.boutique.afnor.org<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 15


ACTUALITÉS<br />

ENVIRONNEMENT<br />

Une mobilisation<br />

pour la décarbonation<br />

et les économies d’énergie<br />

La démarche « Je Décarbone », initiée par le Comité stratégique de filière des Nouveaux Systèmes Energétiques,<br />

met en relation les offreurs et demandeurs de solutions de décarbonation avec deux objectifs principaux. Elle<br />

consiste à promouvoir les solutions technologiques françaises pour en accélérer le déploiement et la diminution<br />

des coûts. En outre, elle accompagne les industriels dans leur décarbonation et leur économie d’énergie et<br />

plus particulièrement dans l’identification des solutions et des acteurs avec lesquels ils peuvent travailler.<br />

Cette communauté « Je Décarbone » est animée par<br />

le Comité Stratégique de Filière Nouveaux Systèmes<br />

Energétiques, en partenariat avec l’Alliance Allice<br />

et le CEA. « Je Décarbone » bénéficie du soutien du<br />

ministère de la Transition énergétique, du ministère chargé de<br />

l’Industrie, du Secrétariat général à l’Investissement et de l’Ademe<br />

dans le cadre de France 2030. La démarche est parrainée par<br />

une équipe de 13 industriels : Capgemini, Dalkia, Edf, Engie<br />

Solutions, Grdf, Greenflex, GRTGaz, John Cockerill, Naldéo,<br />

Schneider Electric, Technip Energies, Terega et TotalEnergies. Une<br />

trentaine d’organisations jouent un rôle central de mobilisation<br />

des offreurs de solutions ou de diffusion de l’information auprès<br />

des industriels.<br />

Stéphane Michel, Directeur Général de Gaz Renewables & Power<br />

TotalEnergies et co-président du CSF Nouveaux Systèmes Energétiques<br />

déclare : « Je suis frappé par le nombre de clients qui depuis<br />

2 ans viennent nous voir pour nous demander comment ils doivent<br />

décarboner parce que leurs clients le leur demandent. Cette clientèle<br />

souhaite la preuve de décarbonation, on est alors dans des sujets<br />

ISO et de qualité. C’est donc un point dont les responsables <strong>Qualité</strong><br />

doivent se saisir. Donc en termes d’offre de conseils sur ces sujets,<br />

on ne peut qu’inciter les professionnels qui aident les entreprises<br />

en termes d’environnement de s’inscrire sur la plateforme parce<br />

que ce geste de le faire est la preuve qu’on s’engage. »<br />

Sylvie Jéhanno, PDG de Dalkia et co-présidente du CSF Nouveaux<br />

Systèmes Energétiques ajoute : « Nous voulons des acteurs de la<br />

qualité. La certification est une façon dont on regardera l’inscription<br />

des acteurs sur notre plateforme. Quand il y a beaucoup de<br />

monde, la certification a alors de la valeur. »<br />

UNE DÉMARCHE DE LONG TERME<br />

Le site je-decarbone.fr facilite le parcours des industriels cherchant<br />

à se décarboner en leur proposant des informations pratiques et<br />

les aident à identifier les solutions adaptées à leur besoin via une<br />

plateforme de mise en relation. Elle comprend déjà 450 entreprises<br />

Signature du Pacte de décarbonation<br />

référencées et 600 dossiers sont en cours d’instruction. L’objectif<br />

des rencontres IDécarbone consiste à fournir l’information la plus<br />

individualisée au plus près des industriels, sur les territoires et<br />

dans les différentes filières. En partenariat étroit avec l’écosystème<br />

de chaque région et de chaque filière industrielle française, les<br />

rencontres IDécarbone se dérouleront partout en France d’ici<br />

la fin de l’année 2023 et s’articuleront autour de présentation de<br />

solutions et de rendez-vous en B2B.<br />

SIGNATURE D’UN PACTE DE MOBILISATION<br />

Outre l’Etat et les 13 entreprises du premier cercle (Core Team), 25<br />

associations ont également signé le pacte marquant l’engagement<br />

des chacune des parties prenantes à se mobiliser pour accélérer<br />

la décarbonation et les économies d’énergie tout en développant<br />

une filière française d’offres au service de la décarbonation et<br />

de l’efficacité énergétique : l’A3M, l’AIF, l’Afpac, l’Ania, Axelera,<br />

Aluminium France, Cap Energies, CCI France, la CME, le CSF<br />

Mines et Métallurgie, Derbi, la Fedene, FEE, France Hydrogène,<br />

France Industrie, le Gimelec, InnoEnergy, Les entreprises<br />

s’engagent, le Medef, le Pexe, le SER, le Serce, Syntec Ingénierie,<br />

Tenerrdis et Think SmartGrids ●<br />

Valérie Brenugat<br />

© Valérie Brénugat<br />

16 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


TPE-PME<br />

TRIBUNE<br />

« Premiers pas numériques<br />

en <strong>Qualité</strong> dans les TPE – PME »<br />

© DR<br />

Olec Kovalevsky<br />

consultant- formateur,<br />

gérant d’Avantage <strong>Qualité</strong><br />

Pour cette dernière contribution de l’année,<br />

nous vous offrons un condensé des sujets<br />

qui nous ont occupés en 2022, riche en<br />

nouveautés : Qualiopi, processus métiers<br />

et numérisation des systèmes qualité.<br />

Mehdi Jabrane, fondateur de Mapotempo et directeur<br />

général adjoint de Woop, partage son expérience de<br />

lancement d’une démarche qualité dans son organisation.<br />

Son premier chantier a été la mise en place<br />

d’un processus de formation des utilisateurs du<br />

logiciel Mapotempo. Le travail a abouti à la certification<br />

Qualiopi de son organisme de formation<br />

en juillet dernier.<br />

Performance <strong>Qualité</strong> TPE – PME est honoré d’avoir<br />

indirectement contribué à ce succès au travers de la<br />

mise à disposition d’une consultante spécialisée et<br />

de notre application numérique « QUALITE – OF »,<br />

développée à partir du framework de notre partenaire<br />

AnCodea, pour faciliter la mise en conformité au<br />

référentiel Qualiopi.<br />

Cette contribution nous a fait rencontrer Gontran<br />

Boizanté, consultant en gestion des processus et<br />

fondateur de la plateforme Geeers, application informatique<br />

d’exécution pilotée des procédures, qui a<br />

accompagné Mapotempo dans ce projet.<br />

C’est avec grand plaisir qu’il a accepté de collaborer<br />

à cet article en recueillant le témoignage de Mapotempo<br />

puis en nous faisant partager son expérience<br />

dans l’automatisation des processus et procédures.<br />

Notre collaboration ne s’arrête pas là et cette rencontre<br />

fortuite nous incite à joindre nos forces et nos<br />

compétences, en 2023 et au-delà, pour accompagner<br />

la transition numérique des TPE – PME et de leurs<br />

processus métiers ●<br />

Olec Kovalevsky<br />

olec.kovalevsky@gmail.com<br />

Premiers pas en qualité chez<br />

Mapotempo by Woop,<br />

spécialiste de l’optimisation<br />

des tournées de livraison<br />

Entretien avec Mehdi jabrane, propos recueillis par<br />

Gontran Boizanté<br />

Gontran Boizanté :<br />

MAPOTEMPO EST D’ABORD UNE SOLUTION<br />

NUMÉRIQUE, AVEC UN LOGICIEL D’OPTIMISATION<br />

DES TOURNÉES DE LIVRAISON. POURQUOI<br />

S’INTÉRESSER À LA QUALITÉ DANS CET UNIVERS DE<br />

LA TECH ?<br />

Medhi Jabrane : La qualité s’applique partout ! Comme<br />

toute organisation, nous avons des processus qui permettent de<br />

répondre aux besoins de nos clients. Nous sommes une plateforme<br />

numérique, donc c’est vrai que nous transformons avant tout des<br />

données. Mais notre plateforme est souvent essentielle dans les<br />

opérations quotidiennes chez nos clients. Nous nous devons de<br />

toujours améliorer nos standards de qualité. C’est une évidence<br />

pour moi, dans la Tech comme ailleurs.<br />

G.B : LE PREMIER PROJET A ABOUTI À LA<br />

CERTIFICATION QUALIOPI ! POURQUOI AS-TU CHOISI<br />

CET OBJECTIF POUR DÉMARRER ?<br />

M.J : Une plateforme numérique ne sert à rien si les utilisateurs<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 17


TPE-PME<br />

Gontran et Mehdi célébrant<br />

la certification Qualiopi<br />

de Mapotempo (juillet 2022).<br />

ne sont pas formés à son usage. L’algorithme embarqué dans<br />

notre solution permet d’optimiser les distances, les temps<br />

de trajets ou encore le nombre de véhicules nécessaires pour<br />

réaliser des tournées de livraison. Il y a beaucoup de variables<br />

qui peuvent influer sur le calcul de l’optimisation. C’est donc<br />

dans l’intérêt de nos clients qu’ils soient bien formés à l’usage<br />

de Mapotempo. Cela augmente la satisfaction client. En même<br />

temps, cela diminue les demandes de support, ce qui allège la<br />

charge sur nos équipes. Cet objectif était donc prioritaire. Avec<br />

la certification Qualiopi en bonus !<br />

G.B : COMMENT S’EST DÉROULÉ CE PROJET DE<br />

CERTIFICATION ?<br />

MJ : D’abord, nous nous sommes rapprochés du groupement<br />

Performance <strong>Qualité</strong> TPE-PME, qui nous a accompagné dans la<br />

compréhension du référentiel. Dans ce cadre, nous avons utilisé<br />

le logiciel collaboratif AnCodea pour bien se préparer à l’audit.<br />

C’était bienvenu car parfois les exigences nous ont paru difficiles<br />

à décrypter. Rapidement nous avons compris les attendus.<br />

La deuxième phase a été de rassembler les équipes et de mettre<br />

à plat notre système documentaire et nos procédures. J’en<br />

profite pour te remercier Gontran de nous avoir accompagnés<br />

sur ce sujet !<br />

Enfin nous avons évidemment numérisé nos procédures sur<br />

la plateforme Geeers. En tant qu’entreprise Tech, c’est assez<br />

naturel d’utiliser les dernières innovations pour améliorer<br />

notre fonctionnement !<br />

G.B : COMMENT LES ÉQUIPES ONT-ELLES<br />

ACCUEILLI CETTE DÉMARCHE ?<br />

M.J : Les équipes étaient en demande pour améliorer ce<br />

processus. Les échanges ont été dynamiques et chacun a essayé<br />

d’expliquer aux autres ses actions quotidiennes dans le cadre de<br />

ce processus. Ces temps d’échange ont permis de clarifier les<br />

rôles de chacun et les informations qui devaient être partagées.<br />

L’usage de Geeers a permis de rendre visible ce travail avec des<br />

procédures numérisées.<br />

G.B : DES DIFFICULTÉS SUR LA ROUTE ?<br />

M.J : L’audit Qualiopi n’a pas été validé immédiatement. Quelques<br />

non-conformités ont été relevées. Nous avons su les traiter en<br />

moins d’un mois de manière collective. De mon point de vue,<br />

l’important c’est de grandir en tant qu’organisation.<br />

G.B : QUELLE SUITE ENVISAGES-TU ?<br />

M.J : Je souhaite évidemment continuer sur notre lancée.<br />

Nous travaillons maintenant sur le processus de traitement<br />

des commandes clients. Le but est d’être plus efficient, pour<br />

nos clients bien sûr, mais aussi pour nos équipes en interne.<br />

Quel plaisir de voir nos processus s’exécuter de manière fluide<br />

tout en assurant la conformité par rapport à nos standards<br />

de qualité ! ●<br />

Propos recueillis par Gontran Boizanté<br />

18 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


TPE-PME<br />

Automatisation :<br />

jusqu’à quel point ?<br />

Entretien avec Gontran Boizanté, fondateur de Geeers, plateforme de gestion et d’automatisation des procédures.<br />

Olec Kovalevsky :<br />

POUR COMMENCER GONTRAN, PEUX-TU NOUS<br />

PLANTER LE DÉCOR ACTUEL DANS LE MONDE DE<br />

L’AUTOMATISATION DES PROCESSUS, DU RPA, DU<br />

BPM ETC. ?<br />

Gontran Boizanté : Le RPA, pour Robotic Process<br />

Automation, est un terme qui a pris de l’ampleur ces<br />

dernières années. L’idée du RPA<br />

est d’automatiser un processus,<br />

c’est-à-dire de retirer l’intervention<br />

humaine dans sa réalisation.<br />

On pourrait penser bien sûr<br />

aux processus impliquant des<br />

transformations physiques,<br />

comme par exemple sur une ligne<br />

de production. En fait, le terme<br />

RPA réfère plutôt aux processus<br />

de transformation de données.<br />

De nombreux acteurs logiciels<br />

ont développé des solutions<br />

d’automatisation avec une idée<br />

simple : traiter les données plus<br />

rapidement et éviter les erreurs<br />

humaines.<br />

O.K : LE RPA EST UNE IDÉE<br />

SÉDUISANTE. PEUX-TU<br />

NOUS DONNER QUELQUES<br />

EXEMPLES CONCRETS ?<br />

G.B : Le monde s’est massivement<br />

numérisé. C’est une évidence.<br />

Nous vivons entourés<br />

d’applications logicielles dans<br />

notre quotidien personnel et au<br />

travail. Nous sommes donc tous<br />

générateurs, consommateurs et<br />

aussi manipulateurs de données.<br />

L’automatisation du traitement<br />

des données présente, au premier<br />

regard, beaucoup de bénéfices.<br />

Toutes les tâches rébarbatives<br />

sont des candidates idéales pour<br />

l’automatisation. Je pense, par<br />

Principe d’utilisation de Geeers :<br />

un déclencheur active la séquence<br />

d’actions prédéfinies.<br />

exemple, à la génération automatique de documents (rapports,<br />

factures,...), à la génération automatique d’informations dans<br />

des tableurs, ou bien à l’envoi d’emails lorsqu’un événement<br />

précis se réalise.<br />

O.K : JUSTEMENT, QUELS SONT LES BÉNÉFICES DE<br />

L’AUTOMATISATION ?<br />

© DR<br />

G.B : Le fait que les données soient<br />

traitées presque instantanément selon<br />

des règles logiques prédéterminées est<br />

un bénéfice évident. Certaines actions<br />

qui nécessitent plusieurs minutes ou<br />

même plusieurs heures peuvent être<br />

exécutées en un clin d’œil, sur des<br />

volumes importants de données, sans<br />

même s’en apercevoir.<br />

On voit tout de suite un corollaire.<br />

Ces fameuses règles logiques<br />

prédéterminées doivent être bien<br />

définies et couvrir toutes les situations.<br />

Ce n’est pas toujours possible. Dans ce<br />

cas, une automatisation complète n’est<br />

pas la solution. Il faudra maintenir<br />

des actions humaines à des étapes<br />

clés du processus.<br />

Un deuxième bénéfice est d’éviter<br />

les erreurs humaines de saisie ou<br />

de recopie de données. On a tous<br />

l’expérience du tableur qui doit être<br />

“nettoyé” manuellement avant de<br />

pouvoir en exploiter les données.<br />

Mais attention, invariablement les<br />

automatisations vont exécuter ce<br />

qu’on leur a demandé de faire, ni plus,<br />

ni moins. C’est là qu’il faut prendre<br />

la mesure du RPA. Une personne<br />

pourra certes faire des erreurs, mais<br />

elle en corrige aussi beaucoup, et peut<br />

adapter les données en fonction d’un<br />

contexte souvent variable. A l’inverse,<br />

une automatisation mal calibrée<br />

pourra générer de la donnée inutile,<br />

voire erronée.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 19


TPE-PME<br />

O.K : LE RPA A DONC DES INCONVÉNIENTS.<br />

PEUX-TU NOUS EN DIRE PLUS ?<br />

G.B : Oui, il y a des écueils à éviter quand on se lance dans<br />

l’automatisation des processus d’une entreprise.<br />

Par nature, l’automatisation se réalise sans intervention<br />

humaine. On ne peut que constater le résultat de<br />

l’automatisation. Avec le temps, on oublie que l’automatisation<br />

existe, et on ne sait même plus comment elle fonctionne.<br />

Si on multiplie les automatisations en cascade dans une<br />

entreprise, il y a des risques sérieux pour les opérations.<br />

Par exemple, une simple mise à jour d’un logiciel dans une<br />

chaîne automatisée peut venir bloquer un processus entier.<br />

Si la personne qui a mis en place l’automatisation n’est pas<br />

disponible, on peut vite rentrer dans une situation de crise.<br />

Il y a ici un risque de dépendance envers l’automatisation.<br />

On remarque aussi le besoin de maintenance du système.<br />

Un autre inconvénient découle d’une confusion possible entre<br />

automatisé et optimisé : un processus automatisé n’est pas<br />

forcément un processus optimisé ! Automatiser sans avoir<br />

réfléchi à son processus, à sa finalité, aux résultats attendus,<br />

c’est mettre la charrue avant les bœufs. On peut se retrouver<br />

avec des usines à gaz, c’est-à-dire avec des enchaînements<br />

d’actions automatiques qui au final n’apportent pas la valeur<br />

ajoutée souhaitée. Des données se dupliquent et s’accumulent,<br />

rendant le système et la structure de données illisibles, tout<br />

en consommant plus d’espace sur les serveurs.<br />

O.K : QUELLES SONT TES RECOMMANDATIONS<br />

POUR ÉVITER CES SITUATIONS ?<br />

G.B : Ne pas commencer par l’automatisation ! Il faut voir<br />

l’automatisation comme la cerise sur le gâteau. Et le gâteau,<br />

c’est de bien cartographier et optimiser ses processus, quitte à<br />

ce que les actions restent manuelles dans un premier temps. De<br />

manière générale, il faut conserver la maîtrise du savoir-faire<br />

de l’entreprise et ne pas le diluer dans des automatisations<br />

dont on oublie les tenants et les aboutissants.<br />

Il y a beaucoup de temps et d’efficacité à gagner, même en<br />

conservant un processus manuel. Par exemple, on peut<br />

commencer par mieux orchestrer les actions entre les<br />

différentes personnes impliquées dans le processus.<br />

Une autre recommandation est de ne pas se focaliser sur la<br />

réduction d’effectif grâce à l’automatisation. Souvent, on le<br />

voit bien dans les entreprises, les collaborateurs n’ont pas<br />

assez de temps pour faire tout ce qui serait utile qu’ils fassent<br />

et qu’ils voudraient faire. L’automatisation peut avoir pour<br />

effet de libérer du temps qui sera consacré à d’autres activités,<br />

d’analyse et d’amélioration par exemple, non automatisables<br />

et à plus forte valeur ajoutée.<br />

O.K : TU RECOMMANDES DONC DE NE PAS<br />

DÉBUTER LES PROJETS D’AMÉLIORATION<br />

PAR L’AUTOMATISATION. N’EST-CE PAS<br />

CONTRADICTOIRE AVEC LA PLATEFORME QUE TU<br />

COMMERCIALISES ?<br />

G.B : Justement, Geeers est avant tout une plateforme de<br />

gestion des procédures. L’automatisation vient dans un<br />

deuxième temps. La plateforme permet de rassembler le savoirfaire<br />

de l’entreprise, matérialisé sous forme de procédures.<br />

Contrairement aux outils purement RPA, Geeers est d’abord<br />

un outil BPM (Business Process Management) qui permet<br />

d’inclure des actions manuelles dans les flux opérationnels.<br />

Comme illustré ci-contre, le principe d’utilisation de Geeers<br />

est celui d’un flux de séquences : un déclencheur active la<br />

séquence d’actions prédéfinies. Les personnes concernées sont<br />

informées au bon moment et disposent des données nécessaires<br />

pour réaliser leurs tâches. Des actions automatiques peuvent<br />

être ajoutées à n’importe quel endroit dans la procédure.<br />

Bien sûr, il peut être utile d’automatiser l’envoi d’emails ou<br />

bien le transfert de données vers un système tiers. C’est un<br />

gain de temps et Geeers permet cela. Mais notre motivation<br />

première est de fluidifier les transferts d’informations entre<br />

les personnes et d’orchestrer les actions au sein d’une équipe.<br />

C’est là que se situent les gains les plus importants. On le<br />

voit régulièrement chez nos clients.<br />

O.K : LE BPM EST SOUVENT ÉVOQUÉ DANS<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES. POURRAIS-TU NOUS<br />

EN DIRE PLUS ET PARTAGER QUELQUES<br />

RÉALISATIONS CONCRÈTES CHEZ TES CLIENTS ?<br />

G.B : C’est vrai que le BPM prend enfin la place qu’il mérite<br />

dans les organisations. Pour ma part, je visualise une<br />

entreprise comme un ensemble de processus et de procédures<br />

qui relient les besoins clients à leur satisfaction.<br />

Ces processus sont transversaux par nature. Chez Mapotempo<br />

(cf. témoignage ci-dessus) nous avons mis en place plusieurs<br />

procédures. Dans tous les cas, différents “services” sont<br />

impliqués.<br />

Par exemple, la procédure de traitement d’une commande<br />

implique l’équipe commerciale, l’équipe marketing, l’équipe<br />

de facturation, l’équipe de formation et bien sûr l’équipe<br />

technique. Toutes ces personnes ont des métiers différents,<br />

des compétences particulières, elles travaillent souvent à<br />

distance, mais elles collaborent de manière ordonnée pour<br />

traiter la commande du client dans un temps record et avec<br />

une traçabilité assurée.<br />

Le rôle de Geeers dans un déroulement d’affaire est d’informer<br />

20 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


TPE-PME<br />

les bonnes personnes, au bon moment, avec les bonnes données,<br />

pour qu’elles réalisent leurs tâches. Cela évite de nombreux<br />

allers-retours par mails, messages, etc. C’est un gain de temps<br />

énorme !<br />

Ce type de procédure de traitement des commandes concerne<br />

beaucoup de nos clients évidemment. D’autres exemples<br />

peuvent être cités : une procédure de maintenance préventive<br />

d’un parc automobile, une procédure de création de bon de<br />

commande, une procédure d’approbation d’utilisation d’un<br />

produit chimique dangereux.<br />

Chaque entreprise a ses spécificités. En même temps, on<br />

retrouve souvent des besoins similaires. L’expertise que nous<br />

développons chez Geeers permet à chaque fois d’être encore<br />

plus performant dans le déploiement et la numérisation du<br />

BPM dans les organisations.<br />

O.K : QUELS SONT LES RETOURS DES UTILISATEURS<br />

DE LA PLATEFORME JUSQU’À PRÉSENT ?<br />

G.B : Le premier contact avec le BPM est toujours un peu<br />

déstabilisant. Cela demande de changer son regard sur<br />

l’organisation et de se poser des questions fondamentales. Quels<br />

sont les besoins des clients ? Quels processus mettre en place<br />

pour y répondre ? Pour chaque processus, quelle est la finalité<br />

précise et mesurable ? Quelles sont les données d’entrée ? Quelles<br />

ressources pour réaliser ces processus ? Quelles informations<br />

doivent transiter ? L’interface de Geeers permet d’outiller cette<br />

démarche, qui est nécessairement progressive. Les utilisateurs<br />

commencent par une première procédure, puis une deuxième, et<br />

ainsi de suite. Ce qui est le plus apprécié, c’est la simplicité visuelle<br />

de l’interface. Je pense que le BPM doit être accessible à tout un<br />

chacun, et non pas réservé à des experts. C’est notre mission ●<br />

Propos recueillis par Olec Kovalevsky<br />

BIODIVERSITÉ<br />

Dans cet ouvrage, l’auteure explique les<br />

méthodes et les principes d’action afin de<br />

mettre en œuvre efficacement une démarche<br />

dans une entreprise et un système managérial,<br />

se basant notamment sur la norme NF<br />

X32-001 Biodiversité - Démarche biodiversité<br />

des organisations - Exigences et lignes<br />

directrices.<br />

Implication des parties prenantes, place de la<br />

gouvernance, veille réglementaire, diagnostic,<br />

stratégie et plan d’action, surveillance des<br />

résultats… : toutes les composantes et conditions<br />

d’un succès sont analysées et décortiquées<br />

de façon pratique pour en assurer la<br />

maîtrise opérationnelle. L’ouvrage présente<br />

aussi les outils afin de concevoir facilement<br />

un scénario adapté à son activité.<br />

Ingénieure en biochimie, biologie et microbiologie,<br />

Geneviève Girod exerce des activités<br />

de conseil en environnement et responsabilité<br />

sociétale depuis plus de trente ans.<br />

« Biodiversité », Geneviève Girod,<br />

Afnor Editions, 126 p, 28 €<br />

www.boutique.afnor.org/livres<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 21


PRÉVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT<br />

TRIBUNE<br />

L’exactitude des valeurs :<br />

un prérequis indispensable<br />

pour bien gérer ses risques<br />

Déclarer des valeurs fiables est fondamental pour le processus de souscription, mais aussi pour garantir<br />

qu’un programme de gestion des risques atteindra ses objectifs : renforcer la résilience des entreprises,<br />

limiter les arrêts d’activité et accélérer la reprise en cas de sinistre.<br />

Si le calcul des valeurs d’assurance semble<br />

souvent fastidieux, il est néanmoins<br />

crucial pour protéger efficacement toute<br />

activité. Une entreprise insuffisamment<br />

assurée, disposant de services inadéquats ou<br />

mal conseillée risque en effet de mettre en place<br />

des mesures de gestion des risques inadaptées.<br />

Le secteur de l’assurance dommages aux biens<br />

est confronté à un problème récurrent de sousdéclaration<br />

de valeurs. Il arrive trop souvent<br />

que les frais engagés pour reconstruire un site<br />

et relancer l’activité après un incendie, une<br />

inondation ou un autre événement naturel soient<br />

1,5 à 2 fois supérieurs aux valeurs déclarées.<br />

De tels écarts s’expliquent sans doute par le<br />

fait que la valeur des biens et équipements ne<br />

suit pas uniquement l’indexation générale des prix, mais doit<br />

aussi prendre en compte des facteurs comme l’évolution de la<br />

réglementation, les difficultés d’approvisionnement ou encore<br />

les délais de construction.<br />

Au premier abord, on pourrait penser que seul l’assureur<br />

est impacté, dans la mesure où le sinistre est de toute façon<br />

couvert. Son ratio sinistres/primes s’en trouvera affecté, mais<br />

il parviendra bien à rétablir l’équilibre d’une façon ou d’une<br />

autre, par exemple en surfant sur la tendance haussière des taux<br />

de prime ! Ce n’est pas impossible, mais il n’en reste pas moins<br />

qu’un partenariat assuré-assureur n’est jamais plus performant<br />

que lorsqu’il est fondé sur des valeurs fiables.<br />

Alors pourquoi les valeurs sont-elles sous-déclarées ? Pour<br />

réduire les coûts, diront les cyniques. Considérons ensemble<br />

des motifs moins litigieux.<br />

FAIRE LA DIFFÉRENCE ENTRE VALEURS<br />

COMPTABLES ET VALEURS D’ASSURANCE<br />

La première cause de sous-déclaration des valeurs peut<br />

être l’inertie. Une entreprise va par exemple reconduire<br />

automatiquement, pendant des années, la même limite<br />

©DR<br />

Loïc Le Dréau, Directeur général<br />

des Opérations de Paris de FM<br />

Global<br />

contractuelle d’indemnité. Les montants de<br />

garanties ayant précédemment été validés au<br />

plus haut niveau, les valeurs déclarées ne sont<br />

pas contrôlées chaque année pour vérifier que<br />

ces montants demeurent adaptés. L’évolution des<br />

activités de l’entreprise, la valeur créée depuis<br />

les derniers calculs et l’inflation ne sont donc<br />

pas pris en compte.<br />

La deuxième cause de sous-déclaration la<br />

plus courante est le recours systématique aux<br />

documents comptables. La valeur des actifs dans<br />

le bilan, ou le coût d’acquisition d’une nouvelle<br />

entité, ne peuvent pas être directement convertis<br />

en valeurs d’assurance. Si un site acquis il y a<br />

15 ans pour 150 millions de dollars est détruit<br />

lors d’un sinistre, son coût de reconstruction<br />

pourrait être bien supérieur, sans oublier les pertes d’exploitation<br />

qui perdureront pendant de longs mois. Pour protéger son<br />

entreprise, il est indispensable de couvrir tous les risques, de<br />

s’y préparer, d’établir des priorités et de les gérer.<br />

Autre exemple : un distributeur a décuplé son chiffre d’affaires<br />

pendant la pandémie en déployant le « click and collect ».<br />

La valeur de l’entreprise est montée en flèche sans qu’elle<br />

augmente sa surface commerciale. Comme ses garanties sont<br />

basées sur son ancien modèle d’activité, si un incendie ou une<br />

inondation endommageait l’un de ses centres de distribution<br />

clés, l’assurance ne correspondrait pas à son nouveau volume<br />

de revenus. L’entreprise serait donc insuffisamment assurée et<br />

ses clients risqueraient de ne pas revenir en magasin une fois<br />

les stocks reconstitués.<br />

ÊTRE PROACTIF POUR MIEUX PROTÉGER<br />

Bénéficier d’une couverture d’assurance adaptée n’est toutefois<br />

pas la seule raison pour laquelle vos équipes devraient prendre<br />

le temps de générer des valeurs fiables. Les directeurs financiers<br />

en particulier peuvent en tirer parti pour :<br />

• Comprendre le risque. Des valeurs fiables offrent des données<br />

22 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


PRÉVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT<br />

© DR<br />

Le siège social de FM Global à Johnston aux États-Unis<br />

robustes et objectives qui permettent d’identifier les sites essentiels<br />

à la continuité des activités.<br />

• Gérer le risque. Comment gérer le risque sans le quantifier<br />

? Si l’on ne connait pas le véritable montant des pertes liées<br />

à la destruction d’un site et à son indisponibilité prolongée,<br />

l’appétence au risque ne sera qu’une approximation.<br />

• Définir les priorités de réduction des risques. Le budget de la<br />

plupart des entreprises n’est pas illimité. Quantifier le risque est<br />

donc indispensable pour déterminer les priorités d’investissement.<br />

• Déclarer le risque. L’assureur est un partenaire de toute équipe<br />

de gestion des risques. Il se base sur les valeurs déclarées pour<br />

déployer les capacités correspondant au risque. Des valeurs<br />

inexactes pourraient donc l’amener à dépasser son seuil<br />

d’appétence au risque.<br />

Déclarer des valeurs fiables est fondamental pour le processus<br />

de souscription, mais aussi pour garantir que le programme de<br />

gestion des risques atteindra ses objectifs : renforcer la résilience<br />

de son entreprise, limiter les arrêts d’activité et accélérer la<br />

reprise en cas de sinistre.<br />

En définitive, mieux vaut ne pas attendre qu’un sinistre révèle les<br />

vulnérabilités d’une entreprise. Agir dès à présent pour éviter les<br />

mauvaises surprises, voilà l’une des dimensions incontournables<br />

de la résilience<br />

Loïc Le Dréau<br />

EXPÉRIMENTER LA QUALITÉ À L’UNIVERSITÉ<br />

Les universités françaises connaissent une transformation<br />

à un rythme accéléré depuis l’adoption de la loi portant sur<br />

les libertés et les responsabilités de 2007. Dans ce nouveau<br />

paysage universitaire, la gestion des établissements devient<br />

un enjeu majeur. Ce livre, issu d’une thèse de doctorat,<br />

s’est penché sur le déploiement d’un instrument de gestion<br />

inspiré par le New Public Management. Celle-ci est une<br />

démarche qualité, mise en place afin d’améliorer l’efficacité<br />

des services administratifs d’une université. En se basant<br />

sur une expérience vécue, l’auteur s’est questionné sur les<br />

effets de l’instrumentation de gestion en usage. Une attention<br />

particulière est consacrée, d’une part, aux surprises<br />

surgissant dans l’action, et, d’autre part, à la façon dont<br />

les acteurs négocient les effets produits. L’ouvrage explique<br />

ainsi l’importance de l’expérimentation comme méthode<br />

de transformation des organisations publiques et propose<br />

une redéfinition du rôle du manager public.<br />

Anthropologue et linguiste de formation initiale, Alvin<br />

Panjeta est docteur en management, maître de conférences<br />

à l’IAE de Paris-Est (UPEC) et chercheur à l’IRG (UPEC/<br />

Université Gustave Eiffel).<br />

« Expérimenter la qualité à l’université »,<br />

Alvin Panjeta, L’Harmattan,<br />

244 p, 25,5 €<br />

www.editions-harmattan.fr<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 23


DOSSIER<br />

SPÉCIAL NUMÉRIQUE : DE LA CYBERSÉCURITÉ AU PROCESSUS<br />

SOMMAIRE<br />

25 L’impact de la crise<br />

sanitaire sur la<br />

maturité digitale de la<br />

France : une étude BCG-<br />

Medef<br />

28 Rapport 2022 sur la<br />

maturité digitale des<br />

services <strong>Qualité</strong> et HSE<br />

30 Comment estimer<br />

le risque cyber des<br />

organisations ?<br />

32 Agilité des processus<br />

© Image de senivpetro sur Freepik<br />

FOCUS AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE<br />

SOMMAIRE<br />

34 La densité de défauts<br />

au cœur de l’Assurance<br />

<strong>Qualité</strong> !<br />

38 Air France : vers un<br />

horizon vert<br />

41 MAP Space Coatings :<br />

un haut niveau de qualité<br />

allié à une démarche<br />

environnementale forte<br />

© DR<br />

24 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


SPÉCIAL NUMÉRIQUE<br />

DOSSIER<br />

© DR<br />

© DR<br />

Christian Poyau,<br />

co-président de la<br />

commission Mutations<br />

numériques et impacts<br />

sociétaux du numérique<br />

du Medef<br />

RAPPORT<br />

L’impact de la crise<br />

sanitaire sur la maturité<br />

digitale de la France :<br />

une étude BCG-Medef<br />

Selon l’étude BCG-Medef, les entreprises françaises se sont globalement<br />

adaptées aux principales attentes numériques à la suite de la crise sanitaire.<br />

Cela n’a pas transformé en profondeur leur activité. La crise sanitaire a imposé<br />

un changement de paradigme dans les usages des outils numériques pour les<br />

individus –collaborateurs et clients –et pour le fonctionnement des entreprises.<br />

Alors que les sociétés ne plaçaient pas la transformation numérique en tête<br />

de leurs priorités en 2019, le Covid a accéléré les mutations à l’œuvre depuis<br />

plusieurs années et les a contraintes à s’adapter rapidement.<br />

© DR<br />

© DR<br />

Pascale Dumas,<br />

co-présidente de la<br />

commission Mutations<br />

numériques et impacts<br />

sociétaux du numérique<br />

du Medef<br />

Alexandre Aractingi,<br />

Managing Director &<br />

Partner chez BCG<br />

Clémentine Desigaud,<br />

consultante chez BCG<br />

Les entreprises françaises se sont<br />

globalement adaptées pour répondre<br />

aux nouvelles attentes issues de<br />

la crise. Afin de répondre aux<br />

collaborateurs qui recherchent un nouvel<br />

équilibre entre la souplesse permise par<br />

le télétravail et le lien social qui se crée en<br />

entreprise, des modes de travail plus flexibles et<br />

des outils numériques de communication et de<br />

collaboration ont été mises en place. A cause de<br />

la multiplication des actes malveillants pendant<br />

la crise sanitaire et des points d’attaque avec<br />

la mise en œuvre en urgence du télétravail, la<br />

cybersécurité devient une préoccupation des<br />

chefs d’entreprise et fait l’objet de démarches<br />

de sensibilisation et d’accompagnement. Par<br />

ailleurs, Christian Poyau, co-président de la<br />

commission Mutations numériques et impacts<br />

sociétaux du numérique du Medef déclare à<br />

propos des préconisations sur la cybersécurité :<br />

« Il faut prendre le sujet de cybersécurité au<br />

bon niveau : c’est une vraie menace. Nous<br />

avons donc lancé Alerte Cyber afin d’aider<br />

les entreprises à prendre conscience de ces<br />

sujets et de répondre de la meilleure manière<br />

possible. Si vous mettez à jour vos systèmes et<br />

évitez les mots de passe simplistes, vous résolvez<br />

une partie des problèmes. Il faut le prendre en<br />

compte sérieusement. Il poursuit : « De plus en<br />

plus d’entreprises, notamment les plus grandes,<br />

demandent des qualifications ISO ou d’autres<br />

certifications sur le côté cybersécurité. Vous<br />

pouvez, en effet, être référencé dans un grand<br />

groupe si vous respectez un certain niveau de<br />

qualité comme l’ISO 27 000. Ce point important<br />

permet de sensibiliser les entreprises mais elles le<br />

perçoivent comme une contrainte. Car cela peut<br />

aussi être coûteux. Mais cela permet un certain<br />

niveau de qualité de fonctionnement avec une<br />

entreprise cliente qui est souvent une grande<br />

société. C’est aussi une manière concurrentielle<br />

car les entreprises asiatiques répondent moins<br />

bien à ces exigences. Donc on pousse vers cela<br />

sans excès de réglementation. Mais pour le<br />

versant sécurité, cela est indispensable. »<br />

Devant l’accent mis sur la responsabilité<br />

sociétale des entreprises par le public, les<br />

entreprises cherchent à diminuer l’empreinte<br />

carbone de leurs ressources numériques et à<br />

mobiliser les outils numériques afin de réduire<br />

l’empreinte globale de leur activité. En outre,<br />

Pascale Dumas, co-présidente de la commission<br />

Mutations numériques et impacts sociétaux<br />

du numérique du Medef : « La RSE devient un<br />

critère de notation qui permet de se positionner<br />

et réguler naturellement le marché. » Christian<br />

Poyau note quant à lui : « La technologie a<br />

bien sûr des répercussions négatives mais<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 25


DOSSIER<br />

SPÉCIAL NUMÉRIQUE<br />

elle a également des conséquences positives. Nous sommes<br />

convaincus que la somme des impacts positifs est très largement<br />

supérieure à la somme des impacts négatifs. Le télétravail, la<br />

télémédecine et le commerce à distance en sont des exemples.<br />

On peut se battre sur certains points d’amélioration concernant<br />

le numérique comme les « devices » consommateurs de terres<br />

rares. La technique au sens large et encore plus les technologies<br />

numériques sont des vecteurs positifs pour agir sur ces sujets<br />

extrêmement importants comme le réchauffement climatique.<br />

La tech est donc éthique. »<br />

Une plateforme pour gérer le bilan Carbone dans les TPE, PME et ETI<br />

Mais les entreprises françaises ne se sont pas encore engagées<br />

dans une transformation numérique en profondeur de leurs<br />

activités. Ainsi, elles dématérialisent certains processus<br />

(ressources humaines, relation client) et ont débuté la mise en<br />

place de nouveaux modes de commercialisation et de publicité<br />

avec la crise sanitaire, mais ils peuvent encore progresser sur<br />

la vente en ligne.<br />

Ainsi, les sociétés sont encore peu nombreuses à s’emparer<br />

du potentiel des données afin de moderniser et de gagner<br />

en compétitivité dans la conduite de leurs opérations. En<br />

particulier, le manque de compétences et de financement<br />

© DR ©DR<br />

peut représenter un frein à la transformation numérique<br />

avancée des entreprises.<br />

Néanmoins, des disparités sont visibles parmi les chefs<br />

d’entreprise qui ont répondu à l’enquête en ligne de BCG et<br />

du Medef, pourtant a priori les plus sensibles au numérique.<br />

Ces entreprises sensibilisées, souvent localisées dans des<br />

territoires dynamiques, se sont servies du numérique comme<br />

d’un facilitateur (pour vendre en ligne ou mettre en place de<br />

nouveaux modes de travail), mais elles se soient encore peu<br />

engagées dans une transformation avancée (par exemple, en<br />

exploitant leurs données).<br />

ACCROÎTRE LA COMPÉTITIVITÉ NUMÉRIQUE DES<br />

ENTREPRISES FRANÇAISES<br />

Selon BCG et le Medef, la France doit fédérer l’ensemble du<br />

tissu économique autour d’ambitions de transformation<br />

communes afin d’augmenter la compétitivité numérique<br />

de ses entreprises. Au-delà de la dématérialisation des<br />

relations avec les clients et les collaborateurs, le numérique<br />

et en particulier la valorisation des données modifieront<br />

les modèles économiques et les processus de production.<br />

Dans ce contexte d’accélération, l’étude propose deux pistes<br />

de réflexion pour renforcer la maturité digitale du tissu<br />

économique et consolider la position de la France dans la<br />

course internationale. La première proposition porte sur la<br />

création d’une dynamique d’entraînement afin de favoriser<br />

la transformation des entreprises traditionnelles. Quant à<br />

la seconde piste, elle concerne le soutien de l’émergence de<br />

filières par secteurs afin de faciliter l’émergence et l’adoption<br />

d’innovations répondant à des besoins métiers spécifiques. En<br />

effet, si la France a renforcé sa position en matière d’innovation<br />

numérique, en capitalisant sur ses forces (qualité de la R&D,<br />

formation d’excellence) et en consolidant le financement de<br />

l’innovation, ses entreprises traditionnelles demeurent en retard<br />

sur l’adoption des nouvelles technologies numériques. Ces<br />

filières, idéalement pan européennes pour bénéficier d’effets<br />

d’échelle face aux géants américains et chinois, favoriseraient la<br />

collaboration entre les scale-ups du numérique et les entreprises<br />

traditionnelles afin de déployer à grande échelle des solutions<br />

spécifiques.<br />

En outre, BCG et le Medef préconisent de continuer à attirer des<br />

investisseurs en capital risque afin que les start-up françaises<br />

aient des moyens financiers nécessaires à leur accélération.<br />

La création de champions nationaux ou européens, d’une<br />

taille suffisante pour proposer des services compétitifs face<br />

à leurs concurrents américains et chinois, permettrait aux<br />

entreprises de s’appuyer sur des offres de services favorisant leur<br />

26 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


SPÉCIAL NUMÉRIQUE<br />

DOSSIER<br />

Le manque de talents qualifiés pouvant<br />

accompagner les PME dans la transformation<br />

profonde de leurs processus constituerait<br />

un frein majeur pour l’avenir.<br />

© DR<br />

transformation digitale. En outre, Pascale Dumas remarque :<br />

« On constate un développement de start-ups qui aident les<br />

entreprises à sécuriser et authentifier les accès. Elles commencent<br />

à apporter une vraie valeur ajoutée en irriguant le territoire<br />

français et européen. Ce sujet majeur montre cette volonté de<br />

numérisation des entreprises parce qu’un des freins est la peur<br />

de perdre ses données et ses clients. »<br />

De plus, BCG et le Medef proposent de former en masse<br />

des travailleurs qualifiés, sachant exploiter le potentiel des<br />

outils numériques pour la transformation des entreprises,<br />

en particulier des PME. Outre l’intérêt sur l’innovation et<br />

l’excellence, la France doit relever le défi de l’adoption et de<br />

l’emploi du numérique par le du tissu économique, au-delà de<br />

la transformation de la relation client déjà amorcée. Le manque<br />

de talents qualifiés pouvant accompagner les PME dans la<br />

transformation profonde de leurs processus constituerait un<br />

frein majeur pour l’avenir.<br />

La seconde piste de réflexion du Medef et de BCG est de<br />

consolider les actions visant à effacer les disparités persistantes<br />

sur notre territoire. Cela passe par la consolidation du rôle<br />

de l’Etat comme catalyseur et tiers de confiance, notamment<br />

pour les petites entreprises, moins bien dotées que les grandes.<br />

Les efforts de la France (aides à la transformation numérique,<br />

ouverture des données publiques) et de l’Europe (encadrement<br />

du marché du numérique) doivent continuer pour accompagner<br />

la transformation numérique des entreprises, par exemple<br />

en rendant les financements plus visibles et accessibles pour<br />

les petites entreprises, en généralisant l’identité numérique<br />

et favorisant la confiance dans les services numériques<br />

(développement de normes de sécurité ou de qualité sur le<br />

modèle du cloud de confiance).<br />

Par ailleurs, BCG et le Medef conseillent de garantir un accès<br />

de qualité au très haut débit sur tout le territoire. La couverture<br />

encore incomplète contribue à creuser les disparités d’adoption<br />

d’un territoire à l’autre. Selon BCG et le Medef, l’accélération et<br />

l’amplification des plans de déploiement de la fibre et de la 5G,<br />

notamment pour l’industrie, semblent alors être une priorité.<br />

Enfin, BCG et le Medef préconisent de permettre à chaque<br />

Français de maîtriser un socle minimal de compétences<br />

digitales, à la fois dans son rôle de consommateur et dans son<br />

rôle de salarié ou entrepreneur. Le manque de compétences et<br />

la défiance des Français vis à vis des technologies numériques<br />

représentent aujourd’hui un frein à leur adoption par les<br />

sociétés.<br />

Face à ces enjeux, une collaboration efficace entre la sphère<br />

publique et la sphère privée permettra à la France d’arriver<br />

à une maturité numérique. Selon BCG et le Medef, les<br />

entreprises doivent donc se mobiliser sur le sujet (formation des<br />

salariés, recours à des spécialistes freelance, digitalisation des<br />

processus...) pour faire émerger une véritable pôle numérique<br />

aux côtés de la sphère publique ●<br />

Valérie Brenugat<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 27


DOSSIER<br />

SPÉCIAL NUMÉRIQUE<br />

ETUDE<br />

Rapport 2022 sur la maturité digitale<br />

des services <strong>Qualité</strong> et HSE<br />

La société BlueKanGo, présente les résultats de la première enquête européenne sur la maturité digitale<br />

des services <strong>Qualité</strong> et HSE réalisée par Manuel Muller et Mélanie Cascelli avec le soutien de France<br />

<strong>Qualité</strong>, Inforisque, Blog QHSE, HSE People et QAEC. 406 entreprises et responsables QHSE ont été, en effet,<br />

interrogés entre le 18 janvier et le 25 mars dernier dans différents continents : 72 % Europe (majoritairement<br />

en France), 15% Afrique, 12% Amérique et 1 % Asie.<br />

©DR<br />

Manuel Muller, directeur<br />

Communication de BlueKanGo<br />

Mélanie Cascelli, Responsable<br />

Pôle Content chez BlueKanGo<br />

Les entreprises sont majoritairement à l’ère de la<br />

bureautique. 28 % des entreprises interrogés utilisent<br />

principalement du papier. 52 % font appel à des<br />

outils bureautiques (Word/Excel/Powerpoint) ou<br />

des applications métiers et échangent surtout par emails. 20 %<br />

sont dotées d’un espace travail collaboratif (Digital Workplace)<br />

avec des applications accessibles en mobilité, une GED unifiée<br />

et des outils de communication intégrés.<br />

Les formulaires papiers et outils bureautiques sont largement<br />

présents dans les services QHSE. Dans un Système de<br />

Management totalement digital, les formulaires digitaux<br />

(tablette, smartphone…) remplacent les outils bureautiques.<br />

De plus, les workflows évitent les échanges d’emails et alertent<br />

automatiquement les destinataires (information ou action).<br />

Enfin, cela permet d’avoir un plan d’actions unique digitalisé<br />

pour le suivi Ainsi, les services QHSE des entreprises font<br />

appel aux papiers et outils bureautiques (50 %), aux logiciels<br />

métiers type ERP (26 %), au logiciel QHSE (16 %), au système<br />

de management QHSE 100 % digital (8 %).<br />

En outre, les veilles réglementaires et Applications Mobiles<br />

sont les plus utilisées par les services QHSE. 40% utilisent,<br />

en effet, un service de veille réglementaire en ligne. 34%<br />

emploient des applications terrain sur smartphone, tablettes<br />

(checklists, audits…). 28% font appel à une plateforme dédiée<br />

afin de piloter l’ensemble des activités <strong>Qualité</strong> et HSE. 11%<br />

utilisent des objets connectés type capteurs (IoT) pour remonter<br />

des informations terrain. S’il y a un intérêt marqué pour les<br />

applications mobiles, les applications terrain Veille occupe la<br />

première place du podium, suivi par la plateforme dédié puis<br />

la veille réglementaire. Enfin, les cas d’usage d’applications<br />

mobiles concernent les audits terrain, les inspections, les<br />

contrôles de matériel…<br />

© DR<br />

© DR<br />

©DR<br />

28 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


SPÉCIAL NUMÉRIQUE<br />

DOSSIER<br />

Par ailleurs, les principaux freins aux projets de digitalisation<br />

sont le manque de budgets (45,12 %), le manque d’infomations<br />

(25,37 %), la faiblie intérêt des décideurs (19,51 %) et ROI pas<br />

clair (10 %) Toutefois, un investissement est envisagé en 2022 :<br />

oui (42,40 %), non (16,60 %) et pas encore (41%). De plus, 64,1%<br />

des entreprises interrogées estiment qu’il leur faudra 5 années<br />

pour digitaliser entièrement leur système de management QHSE.<br />

Dans le classement des priorités pour 2022, viennent en tête le<br />

maintien ou l’obtention d’une certification puis l’allègement<br />

du travail administratif et l’amélioration des processus.<br />

D’autres priorités suivent la mise en place d’un suivi d’actions<br />

plus performant ; la réduction des incidents/accidents, non<br />

conformités... ; la mise en place un système de management<br />

intégré QHSE ; un engagement plus fort dans la RSE ; Répondre<br />

à des enjeux RH (turnover, recrutement...) : l’investissement<br />

dans des outils de production ou robotique ; Autres.<br />

Comme le responsable QHSE occupe une fonction transversale<br />

au sein des organisations, il peut travailler avec d’autres services :<br />

Production (27,30 %) ; Direction générale (20 %) ; Maintenance,<br />

inspection, contrôle (18,30 %), RH (17,60 %) et Achat (9,40 %).<br />

Parmi les quatre sujets sur lesquels les services QHSE sont<br />

régulièrement sollicités, figurent la Conformité <strong>Qualité</strong>, la<br />

Culture SST, le Reporting et la RSE. Selon 65% des entreprises<br />

interrogées, la RSE doit être portée par le service QHSE.<br />

En conclusion, cette étude apporte des enseignements<br />

principaux. Les services QHSE présentent des interactions<br />

fortes dans les organisations sur des sujets transverses. Si la<br />

bureautique est encore largement présente, le digital présente<br />

une opportunité intéressante pour fluidifier le travail avec les<br />

autres services. En outre, la collecte d’informations terrain<br />

avec des applications mobiles répond aux défis de mobilité.<br />

Mais les entreprises n’ont pas encore basculé dans le 4.0 et<br />

il n’est pas constaté un engouement fort actuellement pour<br />

les IoT. Enfin, Si la RSE est un sujet incontournable pour les<br />

services QHSE, ceux-ci constituent une ressource centrale<br />

pour faciliter le reporting RSE à condition de disposer d’un<br />

système de management mature ●<br />

Valérie Brenugat<br />

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QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 29


DOSSIER<br />

SPÉCIAL NUMÉRIQUE<br />

AVIS D’EXPERT<br />

Comment estimer<br />

le risque cyber<br />

des organisations ?<br />

En 2021, les attaques informatiques ont généré plus de 5700<br />

milliards de dollars d’après le Clusit. Les cybercriminels ne<br />

cessent de perfectionner leurs méthodes pour améliorer leur<br />

efficacité en ciblant de plus en plus leurs attaques.<br />

© DR<br />

© DR<br />

Jean-Philippe Guillemin, Responsable de<br />

l’Offre Cybersécurité chez Apixit<br />

On assiste à un élargissement<br />

de ces attaques vers des<br />

entreprises de secteurs<br />

d’activité et de tailles<br />

différentes. Auparavant, les attaques<br />

étaient dirigées vers des structures de<br />

grande taille car le temps nécessaire à<br />

leur mise en œuvre ne permettait pas de<br />

les rentabiliser sur de petits périmètres.<br />

Désormais, la menace pèse sur tous les<br />

secteurs d’activités et toutes les tailles<br />

d’organisations.<br />

Entre 2020 et 2021, les cyberattaques<br />

enregistrées ont bondi de 50% (source :<br />

Check Point Research). Comme l’indique<br />

un rapport de l’ANSSI portant sur<br />

les rançongiciels, cette recrudescence<br />

concerne autant les grandes entreprises<br />

que les Services Publics, ETI, PME, TPE.<br />

©DR<br />

UN CONTEXTE CYBER QUI<br />

ÉVOLUE…<br />

Il est plus simple de réaliser une attaque<br />

en utilisant des ressources accessibles sur<br />

internet : l’outillage s’est banalisé.<br />

Les Systèmes d’Information connaissent<br />

de nouvelles évolutions telles que la<br />

migration vers le Cloud et le télétravail.<br />

Ces transformations introduisent de<br />

nouvelles failles qui sont exploitées par<br />

des cyberattaquants. Des mesures adaptées<br />

doivent donc être appliquées.<br />

… DES ATTAQUES TOUJOURS PLUS<br />

CIBLÉES<br />

La vulnérabilité des entreprises est<br />

aggravée par le ciblage des attaques,<br />

de plus en plus adaptées au profil et au<br />

contexte d’une entreprise ou d’un secteur<br />

d’activité. Les attaques sectorielles sont en<br />

pleine recrudescence. Pour preuve, celles<br />

qui ont impacté les hôpitaux durant la crise<br />

sanitaire : la continuité des soins, enjeu<br />

majeur du monde hospitalier, a servi de<br />

levier de chantage à l’extorsion.<br />

Les attaques ciblées s’appuient par exemple<br />

sur :<br />

• La connaissance de certains process<br />

propres au secteur d’activité ou à<br />

l’entreprise<br />

• L’identité des managers<br />

• Les spécificités techniques du SI<br />

30 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


SPÉCIAL NUMÉRIQUE<br />

DOSSIER<br />

© DR<br />

• Les enjeux métiers<br />

Ce ciblage permet aux attaquants de<br />

pénaliser l’organisation via la prise en<br />

compte de ses principaux enjeux pour<br />

« frapper là où ça fait mal ». Dans le cadre<br />

d’une entreprise industrielle, il s’agira<br />

principalement de réduire voire bloquer<br />

sa capacité à produire, tandis que pour un<br />

institut de recherche il s’agira davantage<br />

d’exfiltrer des données confidentielles.<br />

QUELLES MESURES POUR FAIRE<br />

FACE À CE PHÉNOMÈNE ?<br />

Les cybers-délinquants ont donc<br />

aujourd’hui une bonne vision des<br />

ressources essentielles et des faiblesses<br />

de leurs cibles. Mais qu’en est-il des<br />

entreprises elles-mêmes ? Disposent-elles<br />

d’une aussi bonne visibilité de leurs enjeux<br />

et de leurs vulnérabilités ?<br />

Selon Harmonie Technologie, les PME<br />

et ETI manquent d’éclairage pour<br />

prioriser leurs actions et mettre en place<br />

une gouvernance de leur cybersécurité.<br />

Aussi, on constate un retard voire une<br />

absence de gouvernance pour une majorité<br />

d’entreprises de taille intermédiaire : elles<br />

n’ont pas réalisé d’analyse de risques,<br />

élément fondamental de la politique de<br />

sécurité.<br />

La démarche d’analyse de risques prend du<br />

temps, elle doit être précédée d’une mise<br />

en conformité avec les bonnes pratiques<br />

déjà connues et normalisées.<br />

Il s’agit d’une stratégie en quatre temps :<br />

1. Sensibiliser les utilisateurs aux risques<br />

2. Renforcer la résistance du SI : mise en<br />

conformité avec les bonnes pratiques<br />

3. Protéger ce qui a de la valeur : mise au<br />

point d’un plan de sécurité incluant des<br />

sauvegardes permanentes en respectant la<br />

règle des 3 – 2 – 1 : 3 copies des données,<br />

stockées sur 2 supports différents en<br />

conservant 1 copie de la sauvegarde<br />

hors-site.<br />

4. Renforcer la résilience : gestion<br />

opérationnelle de la sécurité<br />

Les bonnes pratiques, répertoriées dans<br />

différents référentiels tels que l’annexe ISO<br />

27002 ou le Guide d’Hygiène Informatique<br />

de l’ANSSI, constituent les « quickwin<br />

», c’est-à-dire, le minimum essentiel<br />

devant être mis en œuvre pour protéger<br />

l’entreprise. Sans pour autant rechercher<br />

la labélisation, un audit de cartographie<br />

fondé sur l’un de ces référentiels, permet<br />

à l’entreprise de disposer rapidement d’un<br />

plan de mise en conformité selon les failles<br />

identifiées.<br />

Une analyse de risques définira les mesures<br />

de protection des valeurs stratégiques de<br />

l’entreprise, afin de préserver la continuité<br />

de service, les données sensibles, ou<br />

l’image de marque selon les priorités<br />

contextuelles. Pour mener à bien cette<br />

analyse, les ressources critiques de<br />

l’organisation doivent être identifiées<br />

et des mesures de protections de plus<br />

grande envergure doivent être déployées.<br />

Les référentiels ISO 27005 et EBIOS RM<br />

permettent d’apprécier et de traiter ces<br />

menaces.<br />

Dans un troisième temps, la mise en place<br />

d’un pilotage en 24/7 opéré par une équipe<br />

d’experts disposants d’outils d’analyse va<br />

permettre d’augmenter la résilience de<br />

l’entreprise. Ceci, en assurant en temps réel<br />

une détection efficace des cyber-attaques<br />

et des comportements suspects. Ce centre<br />

opérationnel de sécurité est couramment<br />

appelé SOC.<br />

LA CYBERSÉCURITÉ, UN<br />

SUJET CRITIQUE DANS UN<br />

CONTEXTE CYBER EN PLEINE<br />

EFFERVESCENCE<br />

Le risque cyber est donc un enjeu du<br />

quotidien pour toutes les organisations,<br />

et ce, indépendamment de leur taille et de<br />

leur secteur d’activité. Face à des attaques<br />

toujours plus complexes et ingénieuses, les<br />

entreprises doivent définir une stratégie<br />

de sécurité basée sur des référentiels mais<br />

également mettre en place des mesures de<br />

détection et de protection éprouvées dans<br />

un contexte de SI qui ne cesse de s’élargir.<br />

Dans un monde où la transformation<br />

digitale rythme la productivité et la<br />

croissance économique, il ne fait aucun<br />

doute que ces enjeux, déjà primordiaux,<br />

ne vont cesser de prendre de l’ampleur<br />

dans les prochaines années ●<br />

Jean-Philippe Guillemin<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 31


DOSSIER<br />

SPÉCIAL NUMÉRIQUE<br />

AVIS D’EXPERT<br />

Agilité des processus<br />

L’historique de l’apparition, de l’intégration et de l’évolution des<br />

processus dans le monde professionnel et plus généralement dans le<br />

quotidien de nos sociétés s’inscrit dans une trajectoire aussi singulière<br />

que mécanique. Les activités humaines se sont d’abord centrées<br />

autour des compétences (aptitudes humaines et outils), rapidement<br />

complétées par les informations (données, consignes, et éléments<br />

contextuels).<br />

©DR<br />

Frederick<br />

Benaben,<br />

Directeur du<br />

laboratoire<br />

commun Deep-<br />

Turtle entre<br />

Iterop et IMT<br />

Mines Albi<br />

Les processus sont ensuite<br />

apparus comme une solution<br />

coupler ces activités, comme<br />

un moyen de séquencer (avec la<br />

notion de circulation des informations et<br />

des consommables) et de structurer les<br />

activités à mener (et donc les compétences<br />

à mettre en œuvre) pour atteindre des<br />

objectifs identifiés. Pour autant, ces<br />

processus, alors qu’ils visaient à fluidifier<br />

et améliorer la dynamique des activités<br />

ont très largement été perçus comme des<br />

carcans contraignants, allant à l’inverse<br />

de l’initiative, et limitant l’expression des<br />

expertises. Cet état de fait relève en réalité<br />

de trois causes principales.<br />

D’abord, historiquement, les approches<br />

autour des processus se focalisaient surtout<br />

sur leur définition et leur optimisation ;<br />

considérant qu’une fois formalisé, le<br />

processus était intégré à l’activité de<br />

l’organisation. Cette vision implique que<br />

les acteurs en charge de la mise en œuvre<br />

des compétences nécessaires à la réalisation<br />

maitrisent le séquencement des activités<br />

pour respecter la structure du processus.<br />

Ensuite, la granularité des activités<br />

élémentaires qui composent les processus<br />

s’avère critique. En effet, ce niveau de<br />

précision des activités est à confronté au<br />

niveau d’expertise des ressources censées<br />

mettre en œuvre les compétences requises.<br />

Le processus se doit alors de solliciter<br />

les ressources au niveau exact de leur<br />

compétence, ni trop bas (frustration de<br />

la ressource face à ce qu’on lui demande),<br />

ni trop haut (incapacité de la ressource à<br />

réaliser ce qu’on lui demande).<br />

Enfin, la troisième cause concerne l’agilité<br />

des processus. Les processus sont, par<br />

essence, des composants représentatifs de<br />

la dynamique de l’organisation et à ce titre<br />

doivent coller à ses évolutions. Pourtant,<br />

les schémas de processus, souvent des<br />

schématisations visuelles ou des descriptifs<br />

procéduraux, sont délicats à mettre à jour,<br />

encore plus si on se réfère à la nécessité de<br />

faire en sorte que les ressources humaines<br />

les maitrisent (ce qui rend les évolutions<br />

fréquentes problématiques en termes<br />

d’assimilation).<br />

L’AGILITÉ DES PROCESSUS COMME<br />

MOTEUR DE LEUR ÉVOLUTION<br />

Plusieurs évolutions ont permis d’atténuer<br />

ces faiblesses (e.g. l’automatisation de<br />

l’orchestration des processus pour la<br />

première, les approches par compétences<br />

et les architectures orientées services pour<br />

la deuxième) mais si on se focalise sur la<br />

troisième cause et la question de l’agilité,<br />

on peut s’engager dans les considérations<br />

suivantes.<br />

Le bâtiment principal d’IMT Mines Albi<br />

Tout d’abord, la question de l’agilité des<br />

processus relève, a minima, de deux<br />

niveaux différents. Le premier niveau<br />

est celui de l’agilité de conception qui<br />

se focalise sur l’évolution continue du<br />

processus pour coller aux mutations de<br />

l’organisation. Le second est celui de<br />

l’agilité d’exécution qui concerne la façon<br />

dont un processus en cours de réalisation<br />

peut nécessiter des adaptations ponctuelles.<br />

L’agilité de conception a été très étudiée et a<br />

globalement été solutionnée par l’évolution<br />

des orchestrateurs de processus. Ces outils<br />

logiciels, s’ils permettent d’affranchir les<br />

ressources humaines de la maîtrise du<br />

séquencement des processus pour se<br />

concentrer sur la réalisation des activités<br />

relevant de leur expertise, s’appuyaient<br />

initialement sur des schémas structurels<br />

codés informatiquement. Toute évolution<br />

32 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


DOSSIER<br />

Un expert entre<br />

Atlanta et Pékin<br />

Professeur au Centre Génie Industriel<br />

(CGI) de l’IMT Mines Albi, Frederick<br />

Benaben est Adjunct Professor au H.<br />

Milton Stewart School of Industrial<br />

and Systems Engineering (ISyE)<br />

du Georgia Institute of Technology)<br />

ainsi qu’à la School of Economics<br />

and Management de Beijing Jiaotong<br />

University (BJTU). Il est également<br />

Directeur du laboratoire commun<br />

Deep-Turtle entre la société Iterop<br />

(Dassault Systèmes ou 3DS) et le CGI<br />

travaillant sur l’agilité des processus.<br />

des modèles de processus (pour s’adapter<br />

à des contraintes internes ou externes)<br />

nécessitait par conséquent une charge<br />

de travail conséquente pour modifier ces<br />

schémas structurels. Les orchestrateurs<br />

de processus ont donc évolué pour être<br />

aujourd’hui capable de lire à la volée des<br />

modèles de processus. Métaphoriquement,<br />

ces orchestrateurs qui se comportaient<br />

comme des boîtes à musique jouant la<br />

mélodie gravée sur leur cylindre, se sont<br />

transformés en orgues de barbarie capables<br />

de jouer toute musique inscrite sur des<br />

cartes à trous. Cette évolution permet donc<br />

aux orchestrateurs d’exécuter tout nouveau<br />

processus sans évolution significative du<br />

logiciel, simplement en lisant un nouveau<br />

fichier descriptif du processus modifié (les<br />

seules nuances concernent l’accès aux<br />

nouvelles données et aux nouveaux services<br />

que l’évolution du processus nécessite).<br />

L’agilité d’exécution est beaucoup plus<br />

délicate à ce jour car elle concerne les<br />

processus très instables, i.e. ceux dont<br />

l’exécution peut prendre de multiples<br />

formes selon le contexte. La première<br />

solution, laborieuse, consiste à modéliser<br />

toutes les options possibles pour ces<br />

processus et de décrire les justes critères<br />

de sélection entre ces options. C’est<br />

parfois une approche raisonnable selon<br />

la combinatoire et la clarté des options. Une<br />

autre approche relève de la convergence<br />

entre conception et exécution des processus.<br />

Il s’agit de permettre à l’orchestrateur de<br />

processus de construire le processus dans<br />

une temporalité similaire à son exécution.<br />

Symboliquement, l’orchestrateur devient<br />

alors un improvisateur qui, sur la base<br />

des informations contextuelles, définit le<br />

© IMT Mines Albi<br />

processus qu’il exécute : le séquencement<br />

des tâches, l’affectation aux ressources,<br />

la génération ou la transmission des<br />

informations, sont définies au moment<br />

où elles sont nécessaires, dictées par la<br />

poursuite des objectifs du processus. Cette<br />

approche concerne essentiellement les<br />

processus sociaux et apporte un soutien aux<br />

initiatives qu’elle outille et dont elle permet<br />

d’assurer la cohérence avec la poursuite des<br />

objectifs inhérents au processus.<br />

UNE AMBITION AUSSI DÉLICATE À<br />

ATTEINDRE QU’INCONTOURNABLE<br />

En conclusion, l’agilité des processus<br />

est une problématique aussi complexe<br />

qu’incontournable. Le nécessaire<br />

compromis entre formalisation et agilité<br />

est un incontournable de l’évolution des<br />

organisations en quête de performance,<br />

d’efficacité, d’efficience, de pertinence, de<br />

qualité et de respect des humains qui les<br />

composent. Les critères selon lesquels un<br />

processus est défini à un instant donné<br />

peuvent ne plus être valable dans un avenir<br />

proche ou tout simplement ne pas être<br />

valable pour une exécution particulière. Ce<br />

sont là les considérations sur lesquelles les<br />

systèmes d’information en devenir doivent<br />

se pencher pour assurer une pertinence et<br />

une légitimité à leur offre métier ●<br />

Frederick Benaben<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 33


DOSSIER FOCUS AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE<br />

AVIS D’EXPERT<br />

La densité de défauts<br />

au cœur de l’Assurance<br />

<strong>Qualité</strong> !<br />

Le focus mis sur la densité des défauts au niveau atomique est<br />

permis par une technique d’identification des défauts connue sous<br />

le nom de «spectroscopie d’annihilation de positrons». Développée<br />

pour les laboratoires de recherche depuis les années 1970, elle peut<br />

désormais accéder à une application industrielle grâce à la génération<br />

de positrons non radioactifs maîtrisée par Posithôt. L’objectif de cette<br />

manufacture d’antimatière : éradiquer les risques de défaillance en<br />

étalonnant et en mesurant les cracks avant leur apparition !<br />

© DR<br />

Jean-Michel<br />

Rey, Présidentfondateur<br />

de<br />

Posithôt<br />

© DR<br />

Pierre Bregeault,<br />

Chief commercial<br />

officer chez<br />

Posithôt<br />

QU’EST-CE QUE LA DENSITÉ DE DÉFAUTS<br />

AU NIVEAU ATOMIQUE DES MATÉRIAUX ?<br />

Notre mission est de maîtriser l’évolution de la densité de<br />

défauts dans le but d’éradiquer les risques de défaillances. Elle<br />

concerne les matériaux, produits et installations fonctionnant<br />

sous de fortes contraintes mécaniques, thermiques, électriques<br />

ou photoniques. En conséquence, elle réduit les impacts<br />

économiques et sociaux des défaillances.<br />

Cette nouvelle technique permet ainsi de mesurer les fissures,<br />

ou autre mécanisme de vieillissement, avant leur apparition<br />

et ainsi de prédire son évolution avec un temps d’avance, en<br />

utilisant une méthodologie de mesure à haute résolution.<br />

Le niveau de densité manquant à l’échelle atomique et sa<br />

diminution sous des sollicitations continues, répétitives<br />

ou abruptes est l’outil et le chainon manquant maintenant<br />

disponible, abordable et ouvert aux utilisateurs finaux<br />

industriels et aux opérateurs des matériaux transformés pour<br />

très logiquement comprendre, expliquer, mesurer, maîtriser,<br />

prédire et prévenir les augmentations de densité de défauts, les<br />

micro-fissures, les macro-fissures et les défaillances totales ou<br />

les crashs qui successivement en découlent sur les matériaux<br />

sous contrainte.<br />

Matériaux des pièces, organes,<br />

produits et installations sous<br />

contrainte<br />

Sollicitations de nature<br />

mécanique, thermique,<br />

électrique ou photonique<br />

Evolution de leurs densités<br />

de défauts au niveau<br />

atomique<br />

Perte de densité au niveau atomique,<br />

apparition de microfissures, de macro-fissures<br />

puis de la rupture et du crash<br />

Perte de la fonctionnalité et<br />

de la sûreté de fonctionnement<br />

des pièces et organes<br />

34 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FOCUS AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE<br />

DOSSIER<br />

Vue d’ensemble Endurance II<br />

© DR<br />

UN NOUVEL ÉQUIPEMENT INDUSTRIEL<br />

Posithôt, une jeune société française issue des travaux du<br />

CEA-IRFU, a ainsi développé une manière innovante et<br />

industrielle d’utiliser la spectroscopie de positrons, la manière<br />

la plus sensible de mesurer la densité de défauts au niveau<br />

atomique, en utilisant une technologie non radioactive pour<br />

produire des positrons. Grâce à cela, Posithôt a développé<br />

un savoir-faire unique pour prévenir en amont les risques<br />

de défaillance.<br />

Nos travaux ont été lauréats du concours ILAB en 2014,<br />

du concours Innov’up Leader de la région Ile de France<br />

en 2018, du forum d’innovation TechConnect à Boston en<br />

2019, du challenge CNES lanceurs de demain en 2021, et nos<br />

réalisations concrètes ont été financé par le PIA (programme<br />

des Investissements d’Avenir) pour la construction d’AM<br />

Gen – Endurance II le premier générateur de positons, non<br />

radioactif et à vocation industrielle, et par nos clients.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 35


DOSSIER FOCUS AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE<br />

Pour atteindre cet objectif, nous mesurons et comparons<br />

l’évolution en surface de la densité de défauts au niveau<br />

atomique des matériaux, monocouches ou multicouches,<br />

comme un signe d’alerte précoce de leur défaillance. La<br />

possibilité de mesurer les fissures avant leur apparition permet<br />

à nos clients industriels de prendre une longueur d’avance<br />

dans la prévention du risque de défaillance. Cette mesure leur<br />

permet d’augmenter le MTBF (Mean Time Between Failure) tel<br />

qu’il est défini par exemple par la FAA, grâce à une meilleure<br />

sensibilité aux petits défauts. Elle leur permet également<br />

d’améliorer la qualité de la conception, de la fabrication et de<br />

la maintenance par rapport aux exigences de fonctionnalité,<br />

de sécurité de fonctionnement et de durée.<br />

Pour ce faire, nous utilisons une méthodologie spécifique<br />

et développons des équipements industriels dédiés, dont un<br />

générateur de positrons non radioactifs et des équipements<br />

d’analyse spécifiques fonctionnant sous vide poussé. En<br />

d’autres termes, nous proposons un moyen non destructif,<br />

dédié à l’analyse des défauts et ayant la résolution du TEM<br />

(microscope électronique à transmission).<br />

Selon la nature, la géométrie et la volumétrie des produits,<br />

systèmes ou installations dédiés à l’analyse non destructive<br />

des défauts, l’installation se veut soit statique, soit mobile sur<br />

des camions spécifiques, la seule source d’énergie requise<br />

étant une alimentation électrique d’environ 40 KVA, maxi<br />

50 KVA. Pour l’équipement complet, une salle de contrôle<br />

est nécessaire. Pour l’équipement d’essai, la chambre à vide<br />

poussé contient la pièce analysée ou est localisée autour<br />

de la zone analysée. L’introduction et le déplacement des<br />

pièces à analyser sont soit manuels, soit semi-automatisés,<br />

soit automatisés.<br />

PRÉVENIR LA DÉFAILLANCE DES PIÈCES ET<br />

ORGANES<br />

Afin d’éradiquer les risques de défaillances et d’assurer<br />

l’assurance qualité des pièces et organes sous contrainte,<br />

notre suggestion, notre offre scientifique et technique,<br />

est donc de mesurer, au niveau atomique, la densité des<br />

défauts et son évolution, de la comparer à des signatures de<br />

défauts prédéterminées et de déterminer le temps restant en<br />

fonctionnement.<br />

Sa mise en œuvre de manière industrielle présente de<br />

manière directe ou indirecte la somme des bénéfices ou<br />

intérêts suivants : permettre d’améliorer la conception<br />

(optimisation du dimensionnement et des calculs), de mieux<br />

acheter (optimisation des panels de fournisseurs et des critères<br />

d’approvisionnement), de mieux produire (optimisation des<br />

processus générant des défauts), de mieux utiliser (optimisation<br />

du temps entre inspection), de mieux entretenir (optimisation<br />

du temps moyen entre défaillances et des équipements de<br />

test), de mieux réparer (optimisation des processus de remise<br />

en état), de moins consommer et payer (optimisation de la<br />

quantité de rebuts de fabrication et de pièces de rechange) ou<br />

de mieux assurer (optimisation des coûts de garantie, de la<br />

couverture interne et des primes d’assurance pour les risques<br />

techniques).<br />

Pour tous les utilisateurs de nos équipements et services,<br />

supportant une continuité de risque soit de conception,<br />

d’achats, de production, de défaillance opérationnelle ou de<br />

remplacement mais aussi un risque de réputation, c’est un<br />

moyen fort de mieux protéger et d’être mieux protégé par<br />

un processus innovant de qualification et de requalification.<br />

Réduction du risque technique<br />

Au moment de la conception<br />

Au moment de la production (pre ou<br />

post-production)<br />

Equipements industriels de test<br />

de pré et post production par<br />

annihilation de positons générés de<br />

manière non radioactive<br />

Quantification et qualification de<br />

la durée de vie prévisionnelle des<br />

pièces et organes série<br />

Au moment de la maintenance et de<br />

la réparation<br />

Equipements industriels de test de<br />

maintenance et de réparation par<br />

annihilation de positons générés de<br />

manière non radioactive<br />

Quantification et qualification de la<br />

durée de vie résiduelle des pièces et<br />

organes utilisés<br />

Réduction des coûts de nonqualité<br />

Mise en œuvre d’un processus<br />

continu de métrie de la densité de<br />

défauts au niveau atomique<br />

Equipements industriels de test<br />

de recherche et d’ingénierie par<br />

annihilation de positons générés de<br />

manière non radioactive<br />

Quantification et qualification de<br />

la durée de vie prévisionnelle des<br />

pièces et organes prototypes<br />

Prévention des pertes de<br />

fonctionnalité et de sûreté de<br />

fonctionnement<br />

Etalonnage, mesure, test et<br />

contrôle non destructif des<br />

matériaux<br />

Quantification et qualification du<br />

MTBF des pièces et organes<br />

Réduction des coûts de<br />

conception, d’exploitation et<br />

d’utilisation<br />

Optimisation du dimensionnement<br />

et de la durabilité des pièces et<br />

organes<br />

Réduction des entrants non<br />

qualifiés et des rebuts de<br />

fabrication<br />

Optimisation des consommations de<br />

pièces de rechange<br />

Réduction des coûts de garantie et<br />

de couverture du risque technique<br />

Inscription dans une politique<br />

continue de qualité et de sûreté<br />

de fonctionnement des pièces et<br />

organes sous contrainte sur les<br />

différents programmes<br />

Compréhension et validation fine<br />

en amont du comportement et de la<br />

tenue sous contrainte dans le temps<br />

des pièces et organes développés et<br />

mis au point<br />

Assurance-qualité de la production<br />

dans un contexte de rareté, de<br />

manque de disponibilité, de rupture<br />

de chaine d’approvisionnement,<br />

et d’augmentation des coûts des<br />

matières et de l’énergie<br />

Optimisation des temps de bon<br />

fonctionnement et d’utilisation<br />

sans incident, réduction des arrêts<br />

d’utilisation pour maintenance<br />

préventive, réduction des arrêts<br />

d’utilisation pour maintenance<br />

curative<br />

Inscription dans un politique<br />

continue de réduction des coûts<br />

et de sustainabilité des pièces et<br />

organes sous contrainte sur les<br />

différents programmes<br />

36 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FOCUS AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE<br />

DOSSIER<br />

Pour en savoir +<br />

Veuillez trouver ci-dessous les<br />

coordonnées du scientifique de notre<br />

équipe pour travailler avec votre équipe<br />

technique et vos experts en durabilité sur<br />

les pièces et composants préoccupants en<br />

termes de fonctionnalité et de sécurité de<br />

fonctionnement :<br />

M. Jean-Michel REY<br />

jean-michel.rey@posithot.com<br />

Tél. : +33 6 52 02 65 60<br />

Afin de vous apporter définitivement la<br />

démonstration et la preuve scientifique,<br />

pouvons-nous vous proposer de travailler<br />

à prix coûtant sur un premier contrat de<br />

caractérisation d’un matériau préoccupant<br />

pour votre entreprise ?<br />

Pour assurer la confidentialité des opérations,<br />

nous avons l’habitude de procéder<br />

de la manière suivante : En 1 : de signer<br />

un NDA (Votre proposition de NDA sera<br />

la nôtre, je vous renverrai un exemplaire<br />

signé dès réception). En 2 : de définir à<br />

l’issue de l’analyse scientifique et technique<br />

préliminaire de votre étude de cas<br />

l’étendue des travaux détaillés à réaliser<br />

et l’offre de service correspondante pour<br />

votre entreprise. En 3 : de compléter vos<br />

ressources internes afin d’aider et de<br />

déployer l’information et la solution à<br />

travers votre organisation et d’atteindre<br />

pleinement les résultats attendus. En<br />

4 : de procéder aux opérations matérielles<br />

nécessaires (Pour cette première<br />

phase : Détermination, envoi et<br />

réception des échantillons des parties<br />

et organes préoccupants en termes de<br />

fonctionnalité et de sécurité de fonctionnement,<br />

caractéristiques, représentativité,<br />

préparations, mesures,<br />

rapport d’analyse différentielle) et à<br />

leur suivi. En 5 : d’assurer ensemble le<br />

bon déroulement et la bonne intégration<br />

des travaux ●<br />

ASSURER LEUR SURETÉ DE FONCTIONNEMENT<br />

Il apparait que les défis et les contraintes auxquels les produits<br />

et systèmes complexes ainsi que les pièces techniques sont<br />

confrontées en exploitation sont d’une importance vitale<br />

non seulement pour les personnes qui les servent ou qui les<br />

utilisent, mais aussi pour leurs fournisseurs, leurs intégrateurs<br />

et leurs donneurs d’ordre. A ce titre, nous sommes heureux de<br />

développer de nouvelles applications industrielles pertinentes et<br />

utiles dans le domaine du militaire et de la sécurité, du spatial<br />

et de l’aviation, des semi-conducteurs et de l’électronique, de la<br />

production et de la distribution d’énergie, de l’automobile et de<br />

la mobilité décarbonée. Nos travaux et réalisations participent<br />

de manière significative à leurs chaines d’assurance-qualité<br />

sur leurs différents programmes ●<br />

Pierre Bregeault et Jean-Michel Rey<br />

PUB SOC 190X125 N°2287.qxp_Mise en page 1 21/12/2022 16:44 Page 1<br />

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QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 37


DOSSIER FOCUS AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE<br />

AÉRIEN<br />

Air France :<br />

vers une horizon vert<br />

Depuis 1933, la compagnie Air France porte haut les couleurs de la<br />

France à travers le monde entier. Avec une activité répartie entre le<br />

transport aérien de passagers, le fret, la maintenance et l’entretien<br />

aéronautique, elle est un acteur majeur du secteur aérien. Plus de<br />

40 000 collaborateurs se mobilisent au quotidien pour proposer à<br />

chaque client, une expérience de voyage unique.<br />

© DR<br />

Vincent Etchebehere, Directeur<br />

Développement durable et nouvelles<br />

mobilités chez Air France<br />

QUELS SONT LES ENJEUX<br />

DU TRANSPORT D’UNE<br />

COMPAGNIE AÉRIENNE LIÉS À<br />

L’ENVIRONNEMENT ?<br />

Vincent Etchebehere : La part de<br />

l’aviation dans les émissions mondiales<br />

de CO2 est aujourd’hui de 2 à 3%. Avec<br />

un trafic aérien en pleine expansion, elle<br />

pourrait augmenter significativement<br />

si nous ne nous mobilisons pas. La<br />

transformation nécessaire pour faire du<br />

transport aérien une industrie plus durable<br />

est peut-être sans doute le plus gros grand<br />

défi que nous allons devoir relever.<br />

Air France évalue les émissions totales<br />

générées en 2019 directement ou<br />

indirectement par notre activité à 20<br />

millions de tonnes de CO2.<br />

Plus de 90% de nos émissions totales sont<br />

liées au kérosène consommé par nos<br />

avions. Le déploiement à grande échelle<br />

de certains leviers de décarbonation, au<br />

premier rang, les SAFs, va être progressif.<br />

La décarbonation de l’aviation sera<br />

difficile, et prendra du temps. Elle<br />

nécessite une étroite coordination entre<br />

l’ensemble des acteurs, avionneurs,<br />

motoristes, fournisseurs de carburants,<br />

aéroports, contrôle aérien, pouvoirs<br />

publics, institut de recherche et monde<br />

académique.<br />

C’est un défi immense pour notre secteur<br />

qui joue un rôle sociétal clé : il rapproche<br />

les hommes, les cultures et les économies.<br />

COMMENT «AIR FRANCE ACT»,<br />

UN PROGRAMME PRÉSENTANT<br />

LA NOUVELLE TRAJECTOIRE DE<br />

RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE<br />

CO2 DE LA COMPAGNIE, A-T-IL<br />

ÉTÉ CONÇU ?<br />

V.E : L’urgence climatique est aujourd’hui<br />

une évidence pour la très grande majorité<br />

des acteurs du transport aérien. Depuis<br />

15 ans, Air France intègre, année après<br />

L’urgence climatique<br />

est aujourd’hui une évidence<br />

pour la très grande<br />

majorité des acteurs<br />

du transport aérien.<br />

année, les enjeux écologiques dans sa<br />

stratégie, jusqu’à faire de la transition<br />

écologique une priorité stratégique<br />

majeure aujourd’hui. Et ce d’autant<br />

plus que l’attente de nos clients et de<br />

nos salariés est toujours plus forte sur<br />

ce sujet. Le programme Air France Act<br />

vient souligner et faire connaitre les<br />

engagements d’Air France pour accélérer<br />

cette transition auprès d’un public large.<br />

Dans le cadre du programme Air France<br />

ACT, la compagnie s’est engagée à<br />

réduire de 30 % ses émissions de CO2<br />

par passager-kilomètre d’ici à 2030<br />

par rapport à 2019, soit 12 % en valeur<br />

absolue, à travers des investissements<br />

importants en faveur du renouvellement<br />

de sa flotte par des avions de nouvelle<br />

génération, l’utilisation de solutions<br />

innovantes pour réduire sa consommation<br />

de carburant ou encore à se mobiliser<br />

pour la création d’une future filière<br />

de Carburant Aviation Durable pour<br />

une aviation française responsable,<br />

économiquement viable et pérenne.<br />

QUELLES SONT VOS ACTIONS<br />

PRINCIPALES POUR ATTEINDRE<br />

L’OBJECTIF DE ZÉRO ÉMISSION<br />

NETTE D’ICI 2050 ?<br />

V.E : Pour contribuer à l’atteinte des<br />

objectifs de l’Accord de Paris visant<br />

38 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FOCUS AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE<br />

DOSSIER<br />

par l’action des équipages d’Air France<br />

formés à ces pratiques, permettent une<br />

réduction moyenne de 2 à 3 % d’émissions<br />

de CO2.<br />

à limiter le réchauffement climatique<br />

en-deçà de +2°C, la trajectoire de<br />

réduction des émissions de CO2 de la<br />

compagnie repose sur trois piliers :<br />

• réduire en priorité les émissions directes<br />

générées par les opérations d’Air France,<br />

• réduire les émissions indirectes,<br />

en amont et aval des activités de la<br />

compagnie,<br />

• contribuer en complément à des<br />

projets permettant de retirer du CO2 de<br />

l’atmosphère.<br />

Pour atteindre ses objectifs, Air France<br />

active tous les leviers de décarbonation<br />

à sa disposition :<br />

- Le renouvellement de la flotte avec des<br />

avions de nouvelle génération - Airbus<br />

A220, Airbus A350 - plus économes en<br />

carburant, émettant jusqu’à 25 % de CO2<br />

en moins, et dont l’empreinte sonore est<br />

réduite de 33 % en moyenne. D’ici 2030,<br />

ces appareils représenteront 70 % de la<br />

flotte Air France contre 7 % aujourd’hui<br />

grâce à un investissement d’un milliard<br />

d’euro par an d’ici 2025.<br />

- Le recours accru aux Carburants<br />

d’Aviation Durables (SAF), permettant<br />

80 % de réduction d’émissions de CO2 en<br />

moyenne sur le cycle de vie du carburant,<br />

et n’entrant pas en compétition avec la<br />

chaîne alimentaire. Depuis 2022, et<br />

conformément au mandat d’incorporation<br />

français, Air France incorpore l’équivalent<br />

de 1 % de Carburant d’Aviation Durable<br />

sur ses vols au départ de France. D’ici<br />

2030, la compagnie vise au moins 10 %<br />

d’incorporation sur l’ensemble de ses vols,<br />

et 63 % en 2050.<br />

- La pratique de l’éco-pilotage : roulage sur<br />

un moteur au sol quand cela est possible,<br />

trajectoires de vol optimisées grâce à<br />

l’intelligence artificielle, descente en<br />

continu en collaboration avec le contrôle<br />

aérien... Ces initiatives, rendues possibles<br />

Une restauration<br />

plus responsable<br />

en cabine Business<br />

© DR<br />

- La mise en place d’une restauration<br />

plus responsable, pour en diminuer<br />

l’empreinte carbone. A bord et dans<br />

ses salons, Air France privilégie, quand<br />

cela est possible, les produits locaux<br />

et de saison. La compagnie propose<br />

progressivement la présélection des plats<br />

avant le vol en cabine Business sur longcourrier,<br />

luttant ainsi activement contre<br />

le gaspillage alimentaire. En outre, d’ici<br />

fin 2022, Air France aura supprimé 90 %<br />

des plastiques à usage unique par rapport<br />

à 2018, après avoir remplacé en 2019 les<br />

gobelets, couverts et autres bâtonnets en<br />

plastique par des alternatives durables.<br />

- Le développement de l’intermodalité,<br />

afin de proposer des alternatives de<br />

transport à faible empreinte carbone<br />

pour les trajets de courte distance,<br />

notamment dans le cadre du renforcement<br />

du partenariat entre Air France et la SNCF.<br />

© DR<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 39


DOSSIER FOCUS AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE<br />

LES EFFORTS POUR<br />

RÉDUIRE L’EMPREINTE<br />

ENVIRONNEMENTALE VONT-ILS<br />

AVOIR DES IMPACTS AU NIVEAU<br />

DES CLIENTS, AU NIVEAU DES PRIX<br />

ET DU SERVICE RENDU ?<br />

V.E : De manière générale, la transition<br />

énergétique engendrera très probablement<br />

une augmentation des coûts dans<br />

le domaine des transports, comme<br />

dans beaucoup d’autres secteurs. La<br />

décarbonation du transport aérien<br />

nécessite des investissements conséquents,<br />

l’aviation étant l’un des secteurs les plus<br />

coûteux à décarboner (réduire 1 tonne de<br />

CO2 dans le secteur coûte, par exemple,<br />

plus de 5 fois plus cher que dans les<br />

secteurs de production d’énergie ou<br />

l’agriculture).<br />

Ces surcoûts se reflèteront probablement<br />

sur le prix des billets d’avion. Il faudra<br />

payer plus cher pour voler à l’avenir, mais<br />

ceci permettra de voyager en émettant<br />

moins de gaz à effet de serre. Nous<br />

sommes conscients qu’il s’agira d’un effort<br />

supplémentaire de la part de nos clients,<br />

et nous nous engageons à les informer<br />

de manière transparente sur le montant<br />

et l’impact concret de leur contribution<br />

à nos réductions d’émissions. C’est un<br />

effort qui sera graduel et dont l’ampleur ne<br />

devrait néanmoins pas remettre en cause<br />

la démocratisation du transport aérien<br />

et la qualité de services, auxquelles nous<br />

sommes tous attachés.<br />

COMMENT AIR FRANCE SE SITUE-<br />

T-IL PAR RAPPORT AUX AUTRES<br />

COMPAGNIES DU TRANSPORT<br />

AÉRIEN ET DE LEURS EFFORTS<br />

POUR RÉDUIRE LEUR IMPACT<br />

ENVIRONNEMENTAL ?<br />

V.E : Il est indispensable que les<br />

compagnies aériennes ainsi que tous les<br />

acteurs de la chaîne de valeur travaillent<br />

ensemble à une réduction de l’impact<br />

environnemental du transport aérien.<br />

La réponse aux enjeux de durabilité ne<br />

Un pilote d’Air France<br />

« La réponse aux enjeux<br />

de durabilité ne peut être<br />

que collective. »<br />

peut être que collective.<br />

Ainsi, l’industrie s’est engagée, par le biais<br />

de IATA (International Air Transportation<br />

Association), à fixer un cap vers zéro<br />

émission nette en 2050.<br />

Par ailleurs, le développement des leviers<br />

des décarbonations (appareils de nouvelle<br />

génération /avec nouveaux modes de<br />

propulsion, filières industrielles de SAFs),<br />

pourra bénéficier à toutes les compagnies<br />

au niveau mondial.<br />

EN QUOI CONSISTE LE PROJET<br />

OCTAVIE LANCÉ EN JUILLET<br />

DERNIER ?<br />

V.E : L’optimisation des opérations<br />

aériennes est un des leviers majeurs de<br />

réduction des émissions de gaz à effet de<br />

serre du transport aérien commercial.<br />

Celle-ci consiste à permettre aux avions<br />

commerciaux de suivre des plans de vols<br />

les plus efficients possibles, en empruntant<br />

des trajectoires plus directes et en ajustant<br />

en temps réel l’altitude et la vitesse aux<br />

conditions du jour.<br />

Le bénéfice estimé de la mise en place de<br />

ces mesures en Europe est une réduction<br />

des émissions CO2 de l’ordre de 10 % dès<br />

2025.<br />

En créant des espaces aériens au sein<br />

desquels les pilotes peuvent plus facilement<br />

solliciter auprès du contrôle aérien des<br />

trajectoires plus directes, des ajustements<br />

d’altitude et de vitesse, le concept Green<br />

Flag se positionne comme un nouveau<br />

modèle de référence de gestion de l’espace<br />

aérien axé sur l’éco-responsabilité<br />

Le projet Octavie a récemment permis<br />

d’évaluer le concept Green Flag. Afin<br />

d’ouvrir la voie, Thales, Air France,<br />

la DSNA, l’Onera, Atmosphère, CGX<br />

et le Cerfacs se sont associés dans le<br />

cadre du projet Octavie (Optimisation<br />

Collaborative du Transport Aérien Visà-vis<br />

de l’Environnement), soutenu par<br />

région Occitanie, pour expérimenter en<br />

conditions réelles le concept Green Flag<br />

au cours de deux vols Paris-Toulouse. Les<br />

premiers résultats sont prometteurs ●<br />

Propos recueillis par Valérie Brenugat<br />

© DR<br />

40 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FOCUS AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE<br />

DOSSIER<br />

ESPACE<br />

MAP Space Coatings : un haut niveau<br />

de qualité allié à une démarche<br />

environnementale forte<br />

MAP Space Coatings est une entreprise ariégeoise spécialiste des revêtements dédiés à la réduction du<br />

risque des missions spatiales (revêtements de contrôle thermique pour satellites, adhésifs pour satellites,<br />

conformal coatings pour l’électronique des satellites, lubrifiants pour les mécanismes des satellites,<br />

revêtements de contrôle thermique et électrique pour lanceurs) et services dédiés à l’industrie spatiale<br />

(finition thermique du satellite et les caractérisations physico-chimiques). Entretien<br />

© DR<br />

Olivier Guillaumon, directeur général de MAP<br />

Space Coatings<br />

COMMENT LES ATTENTES DE<br />

LA NEW SPACE VIS-À-VIS DE LA<br />

QUALITÉ SE DIFFÉRENCIENT-<br />

ELLES PAR RAPPORT AU SECTEUR<br />

SPATIAL TRADITIONNEL ?<br />

Olivier Guillaumon : Les attentes de<br />

la <strong>Qualité</strong> sont importantes dans le<br />

spatial. Le fait d’avoir des systèmes du<br />

management de la qualité qui soient<br />

certifiés EN 9100 et ISO 9001 et a obtenu<br />

l’agrément du savoir-faire du Cnes<br />

donnent une garantie opérationnelle en<br />

termes d’OTD OQD essentiellement<br />

en termes de » quality delivery » que ce<br />

soit au niveau du produit ou du service.<br />

MAP Space Coatings fait de la conception,<br />

de la fabrication et de la mise en œuvre<br />

des revêtements destinés aux satellites<br />

et aux lanceurs. Nous intervenons aussi<br />

comme fournisseur de produits. Donc<br />

les revêtements vendus à nos clients qui<br />

eux-mêmes réalisent leurs prestations<br />

d’application sur leurs pièces de satellites<br />

ou de lanceurs. De plus, nous exerçons<br />

une activité sur un rang supérieur où nous<br />

fournissons la prestation d’application sur<br />

des satellites que nous recevons. Ainsi,<br />

les niveaux de qualité et de certification<br />

concernent à la fois la fourniture du<br />

produit et la prestation de l’application.<br />

Pour le New Space, les solutions utilisées<br />

doivent être déjà éprouvées. Donc les<br />

qualifications à mettre en œuvre sont<br />

minimes. Les revêtements ont été donc<br />

qualifiés. Les process de prestations mis<br />

en œuvre sont garantis par le Cnes au<br />

travers de l’agrément ASF . Cela permet<br />

de faire bénéficier à cette industrie à la<br />

fois de produits et de services qualifiés<br />

sur lesquels il n’y a pas de qualifications<br />

QUELS OUTILS INFORMATIQUES<br />

UTILISEZ-VOUS POUR GÉRER LA<br />

QUALITÉ ?<br />

O.G : Nous utilisons l’ERP Odoo qui<br />

centralise la totalité des processus. En fait,<br />

nous avons numérisé les processus et les<br />

avons intégrés dans cette solution. Celle-ci<br />

fait le lien entre la partie productive (les<br />

achats de stock, la logistique, les ordres<br />

de fabrication des produits, la gestion des<br />

finitions thermiques) et le module <strong>Qualité</strong><br />

qui peut intervenir à tous les niveaux avec<br />

zéro ressaisie et redondance.<br />

COMMENT EFFECTUEZ-VOUS<br />

LE CONTRÔLE QUALITÉ DE VOS<br />

REVÊTEMENTS ?<br />

O.G : En production, nous intervenons<br />

en terme de qualité très en amont. Il<br />

faut savoir qu’il n’y a pas de matières<br />

premières dédiées au revêtement de<br />

satellites et de lanceurs. Nous pouvons<br />

acheter de la matière première qui est<br />

utilisée dans d’autres industries. Nous<br />

effectuons alors des contrôles pour trier<br />

entre les lots et ne garder que les lots qui<br />

peuvent nous intéresser. Donc il y a un<br />

premier niveau de contrôle. Autre solution<br />

: nous pouvons concevoir notre propre<br />

matière première. Dans le cadre E 9100,<br />

la conception est rattachée à la qualité<br />

dans un objectif de traçabilité. Lors<br />

de la conception, il faut vérifier qu’on<br />

pourra retrouver les mêmes démarches<br />

et les mêmes étapes quand on sera au<br />

stade de la fabrication de cette matière<br />

première. Donc la qualité intervient sur<br />

la fabrication de la matière première et la<br />

conception des revêtements qui utilisent<br />

ces matières premières. Elle est aussi<br />

présente dans le transfert de la production<br />

pour garantir que ce qui a été conçu est<br />

ce qu’on retrouve dans la fabrication avec<br />

les contrôles associés systématiques sur<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 41


DOSSIER FOCUS AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE<br />

© DR<br />

tous les lots en production que ce soit<br />

dans les matières premières ou pour les<br />

fabrications effectuées à partir de ces<br />

matières premières.<br />

Nous avons également un autre niveau<br />

qui est la prestation d’application où<br />

des contrôles sont réalisés à la fois sur le<br />

process de mise en œuvre, que ce soient<br />

les préparations de surface, l’application<br />

où il y a des contrôles sur le process de<br />

mise en œuvre (la préparation de surface,<br />

les masquages, l’emballage) et les produits<br />

qui sont à nouveau contrôlés. Ceux-ci<br />

subiront les mêmes tests. Donc la qualité<br />

se trouve aussi sur trois niveaux : les<br />

matières premières, les fabrications et<br />

l’application. Elle intervient également<br />

sur la traçabilité et la répétibilité entre<br />

la conception (matières premières ou les<br />

fabrications ou application) et le produit<br />

ainsi que sur la formation. La qualité<br />

vérifiera effectivement que le savoir est<br />

bien enregistré et enseigné à toutes les<br />

personnes afin de maintenir tous les<br />

savoirs.<br />

QUELLE EST VOTRE DÉMARCHE<br />

ENVIRONNEMENTALE<br />

PARTICULIÈREMENT FORTE AVEC<br />

VOTRE NOUVELLE USINE À HAUTE<br />

VALEUR TECHNOLOGIQUE ?<br />

O.G : Nous intervenons à plusieurs<br />

niveaux dans l’écoconception du bâtiment<br />

Application d’un revêtement<br />

de contrôle thermique<br />

sur une pièce de satellite<br />

(RT 2012). Donc le bâtiment est peu<br />

énergivore. Nous avons aussi un plan<br />

de réduction des besoins énergétiques<br />

à travers des actions ciblées par rapport<br />

à la problématique énergétique qui se<br />

posera au niveau de la consommation<br />

de l’électricité et des gaz. De plus, grâce<br />

à notre conception du bâtiment, l’hiver,<br />

le soleil peut entrer par les ouvertures et<br />

réchauffe l’atmosphère. L’été, nous avons<br />

également une ombre portée pour avoir<br />

un éclairage direct dans les bureaux.<br />

Par ailleurs, nous avons mis en place un<br />

système d’éco-tondeuse avec des moutons<br />

pour gérer tous nos espaces verts afin<br />

de les maintenir sans avoir à mettre des<br />

intrants, des engrais et des pesticides.<br />

Concernant la production, nous<br />

supprimons quasiment tous les<br />

récipients en verre par des emballages<br />

en polyéthylène recyclés. Le coût de<br />

production en tonnes de carbone est, en<br />

effet, beaucoup plus faible. Au niveau des<br />

transports de nos marchandises, nous<br />

avons remplacé les caisses en bois par des<br />

cartons recyclés plus légers. Nous avons<br />

ainsi réduit l’impact des transports au<br />

niveau du carbone ainsi qu’au niveau du<br />

traitement du bois.<br />

Concernant les formulations, nous<br />

pouvions utiliser des solvants responsables<br />

de dégagements du CO2 et des Composés<br />

Organiques volatiles pouvant attaquer la<br />

couche d’ozone. Ils sont les composants<br />

historiques dans les revêtements de type<br />

peintures par exemple. Maintenant, nous<br />

sommes en train de basculer dans la phase<br />

aqueuse. La toxicité pour les utilisateurs<br />

est donc moindre. En terme de protection<br />

de l’environnement, nous avons également<br />

un impact direct. Enfin, concernant les<br />

transports, tous les solvants étaient<br />

inflammables.<br />

COMMENT CE NOUVEL OUTIL<br />

PERFORMANT VOUS PERMET-IL<br />

DE VOUS IMPOSER SUR LE<br />

MARCHÉ MONDIAL AVEC UNE<br />

OFFRE PRODUIT SE PRÉSENTANT<br />

COMME LA PLUS «VERTE» DE<br />

VOTRE MARCHÉ ?<br />

O.G : Nous sommes les seuls à proposer<br />

des produits verts par rapport à nos<br />

concurrents américains. Ainsi, nous avons<br />

un impact faible sur l’environnement<br />

et les opérateurs. Le management et la<br />

qualité jouent un rôle important. Il faut<br />

savoir qu’il y a une réglementation Reach<br />

en Europe visant à supprimer tous les<br />

produits dangereux à plus ou moyen<br />

Préparation d’un revêtement<br />

de contrôle thermique avant<br />

application sur pièce satellite<br />

42 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FOCUS AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE<br />

DOSSIER<br />

terme.<br />

Map Space Coatings et son département<br />

<strong>Qualité</strong> participent au groupe de travail<br />

de l’Agence Spatiale Européenne (ESA)<br />

pour trouver des solutions alternatives<br />

aux produits qui seront bientôt obsolètes.<br />

Nous avons donc une approche globale<br />

qui ne concerne pas que la performance<br />

du produit : la toxicité et l’impact<br />

environnemental du produit mais aussi<br />

une stratégie visant à être proactif pour<br />

proposer des solutions alternatives à nos<br />

clients avant d’arriver à une situation où on<br />

ne pourrait plus utiliser certains produits.<br />

COMMENT VOTRE NOUVELLE<br />

STRATÉGIE D’ENTREPRISE<br />

PERMET-ELLE UN MEILLEUR<br />

NIVEAU DE QUALITÉ ?<br />

O.G : L’ERP nous permet de plus<br />

systématiser et de verrouiller les choses<br />

et d’avoir des flux plus maîtrisés. Le fait de<br />

fabriquer nos propres matières premières<br />

permet d’avoir moins de dépendance<br />

vis-à-vis des références commerciales.<br />

Ces matières premières sont fabriquées<br />

© DR<br />

Contrôle d’un adhésif thermique<br />

à usage spatial<br />

à partir de substances élémentaires. Par<br />

ailleurs, nous disposons de formations<br />

et nous capitalisons à travers de retours<br />

d’expériences.<br />

COMMENT MAP SPACE<br />

COATINGS PRODUIT-IL SES<br />

PROPRES MATIÈRES PREMIÈRES<br />

TOUT EN ANTICIPANT<br />

LES RÈGLEMENTATIONS<br />

ENVIRONNEMENTALES AFIN<br />

DE DIMINUER L’UTILISATION DE<br />

SUBSTANCES TOXIQUES POUR LES<br />

USAGES INDUSTRIELS ?<br />

O.G : Nous arrivons à anticiper en<br />

participant au groupe de l’ESA sur la<br />

réglementation Reach. De plus, nous<br />

investissons aussi 16% de notre chiffre<br />

d’affaires annuel dans la R&D. Nous<br />

sommes les seules jeunes sociétés spatiales<br />

à faire un tel investissement. Nous avons<br />

des collaborations avec des centres<br />

scientifiques. Nous leur achèterons des<br />

briques technologiques pour posséder nos<br />

propres propriétés intellectuelles et nos<br />

propres procédés quand nous fabriquons<br />

la matière première. De plus, nous<br />

capitalisons sur le retour d’expériences.<br />

VOTRE ENTREPRISE EST<br />

IMPLANTÉE EN CORÉE, JAPON,<br />

INDE ET CHINE. QUELLES SONT<br />

LES SPÉCIFICITÉS DE VOS<br />

SERVICES RELATIFS À LA QUALITÉ<br />

VERS CES MARCHÉS ?<br />

O.G : Le plus important est en lien avec<br />

le transport des marchandises à l’export<br />

(douane…). Il y a, en effet, un fort impact<br />

sur la réglementation IATA concernant le<br />

transport des matières premières par avion.<br />

Ensuite, nous analysons les besoins de nos<br />

clients et nous sommes à leur écoute. Cela<br />

nous permet d’y répondre par le biais des<br />

transports, des stockages et des formations<br />

des opérateurs sur site pour les aider à<br />

utiliser les produits.<br />

POURQUOI MAP SPACE COATINGS<br />

EST LA SEULE SOCIÉTÉ AU MONDE<br />

À DISPOSER D’UNE ÉQUIPE DE<br />

RECHERCHE & DÉVELOPPEMENT<br />

INTÉGRÉE LUI PERMETTANT<br />

D’EFFECTUER UNE QUALIFICATION<br />

PERMANENTE DE SES<br />

REVÊTEMENTS SUR DE NOUVEAUX<br />

PROJETS ?<br />

O.G : Nous sommes les seuls à la fois à<br />

concevoir les matières premières, nos<br />

produits et nos process d’application et<br />

à fabriquer nos matières premières et nos<br />

produits et à réaliser nos applications des<br />

© DR<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 43


DOSSIER FOCUS AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE<br />

revêtements sur les pièces de satellites.<br />

Nous sommes, en fait, focalisés sur les<br />

revêtements des satellites et des lanceurs :<br />

cela n’est pas le cas de nos concurrents<br />

ayant des activités dans d’autres domaines<br />

(aéronautique, militaire).<br />

A QUELS NIVEAUX VOS<br />

PARTENAIRES INTERVIENNENT-<br />

ILS DANS CETTE QUALIFICATION ?<br />

O.G : Nous avons des contrats de<br />

recherches avec le Cnes et l’ESA. Nous<br />

avons aussi noué des partenariats<br />

concernant les qualifications comme les<br />

tests de vieillissement sur les revêtements<br />

et les mesures. Ainsi, nous travaillons<br />

avec plusieurs centres scientifiques<br />

comme l’Onera et l’ESTEC de l’ESA. Par<br />

ailleurs, nous faisons faire aux universités<br />

des études très en amont pour pouvoir<br />

maitriser des briques technologiques<br />

qu’on n’a pas actuellement. Ainsi, nous<br />

avons réalisé des partenariats avec des<br />

universités comme Paul Sabatier à<br />

Toulouse.<br />

VOTRE KIT DE RETOUCHE<br />

D’USAGES POUR RÉALISER LES<br />

FINITIONS SUR LES PIÈCES<br />

D’UN SATELLITE A ÉTÉ LANCÉ<br />

CETTE ANNÉE. COMMENT<br />

INTÉGREZ-VOUS À LA FOIS LA<br />

PRATICITÉ ET LE PARAMÈTRE<br />

ENVIRONNEMENTAL AU CŒUR DE<br />

VOS DÉMARCHES ?<br />

O.G : Nous ne réfléchissons pas<br />

uniquement que sur la partie technique<br />

du produit. Nous analysons aussi la<br />

chaine des valeurs de nos clients afin<br />

de chercher les besoins endeuillés pour<br />

proposer des solutions qui répondent à la<br />

fois à leurs besoins et à la simplification<br />

des process. Cela permet de gagner du<br />

temps et d’assurer d’être bon au premier<br />

coup dans une démarche Lean. Mais<br />

nous introduisons en même temps une<br />

dimension environnementale de telle<br />

sorte qu’il n’y a pas de risques majeurs<br />

au niveau de l’usage des produits (COV,<br />

protection de l’environnement) ●<br />

Propos recueillis<br />

par Valérie Brenugat<br />

ai16709504675_190x125_PSW_2023_Pub_MRJ.pdf 1 13/12/2022 17:54:27<br />

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44<br />

I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

INTERVIEW<br />

AB Certification, Afnor Certification,<br />

Bureau Veritas Certification France,<br />

LRQA France et SGS France<br />

REGARDS CROISÉS<br />

(G.A.R) Georges Abi Rached,<br />

Directeur Général d’AB<br />

Certification<br />

(L.C) Laurent Croguennec,<br />

Président Directeur Général de<br />

Bureau Veritas Certification France<br />

(O.A) Olivier Audebert, Directeur<br />

Technique et Développements<br />

chez SGS France<br />

(PhD) Philippe Defiolle,<br />

Responsable des auditeurs chez<br />

LRQA France<br />

(OFA) Olivier Fauroux,<br />

Responsable Technique Durabilité<br />

chez LRQA France<br />

(J.N) Julien Nizri,<br />

Directeur<br />

d’Afnor Certification<br />

(PHR) Philippe Roudier,<br />

Responsable Aéro, Défense et<br />

Cybersécurité chez LRQA France<br />

><br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 45


FORMATION, TPE - PME CONSEIL, CERTIFICATION<br />

© ISTOCK<br />

QUELS SONT LES FAITS<br />

MARQUANTS DE VOTRE<br />

ORGANISME EN 2022 ?<br />

Georges Abi Rached : AB Certification<br />

a beaucoup évolué en 2022 avec une<br />

embauche accrue de personnel pour<br />

répondre à la demande des clients et<br />

aussi pour la mise en place de nouveaux<br />

projets. Au fil des ans, AB Certification<br />

est devenu l’un des principaux organismes<br />

certificateurs français. Et en 2022, avec<br />

la prise de fonction de notre nouveau<br />

Président, Monsieur Christian Gypakis,<br />

nous en prenons non seulement conscience,<br />

mais nous mettons en place les moyens<br />

nécessaires à la fois en consolidant notre<br />

position de généraliste de la certification,<br />

tout en renforçant la diversité de nos offres<br />

de certification et d’évaluation dans les<br />

Produits et Services. AB Certification<br />

a passé le cap des 3000 clients en 2022,<br />

essentiellement des PME et des TPE. Et<br />

également AB est devenu cette année un<br />

organisme certificateur QSE et Énergie<br />

prépondérant chez certains grands groupes<br />

français. Ceci grâce à la qualité de nos<br />

prestations et le niveau de satisfaction<br />

élevé de nos clients.<br />

Nous sommes très vigilants sur la qualité<br />

de nos prestations et de nos auditeurs.<br />

En 2022, AB s’est armé de ressources et<br />

de compétences pour passer à la vitesse<br />

supérieure, et si AB continue sur sa lancée,<br />

nous estimons une croissance de 15 à 20%<br />

par an pour les cinq prochaines années.<br />

Olivier Audebert :<br />

a. Développement des activités dans le<br />

domaine du nucléaire : premiers audits<br />

de certification selon la nouvelle norme<br />

ISO 1<strong>94</strong>43 (organisations de la chaîne<br />

d’approvisionnement du secteur de l’énergie<br />

nucléaire) ;<br />

b. Développement des certifications et<br />

audits dans le domaine de l’IT : nouvelle<br />

certification RGPD / ISO 27701 / ISO 27001<br />

/ HDS (Hébergeur de données de santé) ;<br />

c. Mise en œuvre de nouveaux dispositifs<br />

d’audit dans le domaine de l’économie<br />

circulaire : par exemple, prestations d’audits<br />

dans le cadre du fonds de réparation pour<br />

le compte d’éco-organismes / prestations<br />

d’audit de prévention des pertes de<br />

GPI (Granulés Plastiques Industriels)<br />

dans l’environnement en réponse aux<br />

prescriptions du décret n° 2021-461 du 16<br />

avril 2021 ;<br />

d. Lancement de la démarche d’évaluation<br />

selon le référentiel HAS à l’attention des<br />

ESSMS (Etablissements et Services Sociaux<br />

et Médico-Sociaux) ;<br />

e. Développement de nouvelles prestations<br />

et labels dans le domaine de l’ESG et de<br />

la RSE.<br />

Laurent Croguennec : La période Covid<br />

a perturbé les cycles de certification. L’année<br />

2022 a marqué un retour à la normale, avec<br />

une reprise de l’activité sur les normes ISO<br />

9001 et ISO 14001. En complément, comme<br />

Bureau Veritas Certification a obtenu son<br />

accréditation Cofrac pour la certification<br />

ISO 45001, fin 2021, nous avons connu<br />

une progression significative sur cette<br />

certification.<br />

Pour nous, l’année 2022 a aussi permis de<br />

développer de nouveaux projets. Ils sont soit<br />

en lien avec les certifications QSE, comme<br />

la réglementation sur les granulés plastiques<br />

qui s’adresse aux industriels et s’appuie sur<br />

l’ISO 9001, soit sur des schémas tout à fait<br />

nouveaux comme le Label QualiRépar ou<br />

le label Employeur Pro-Vélo. Ces deux initiatives<br />

s’appuient sur des audits sur site qui<br />

nous sont confiés par les organismes qui<br />

pilotent ces projets.<br />

Philippe Defiolle : En premier lieu, la<br />

L’audit à distance<br />

avait été le premier pas<br />

vente de LRQA au fonds d’investissements<br />

Goldmann and Sachs qui a eu lieu toute fin<br />

2021. Même si nos pratiques n’ont pas changé,<br />

les transferts d’outils et d’organisation avec<br />

un renforcement des hubs mondiaux nous<br />

ont bien occupés, tout en gardant le contact<br />

avec nos clients. Ensuite, et en continuité avec<br />

les hubs mondiaux, nous sommes rentrés<br />

de plein pied dans l’ère du Digital, l’audit à<br />

distance avait été le premier pas, désormais,<br />

nous devons raisonner Digital. Et enfin,<br />

fruit de la refonte de nos process ces deux<br />

dernières années, une organisation locale<br />

française qui a été allégée.<br />

Olivier Fauroux : L’acquisition d’Elevate<br />

Ltd permet également à LRQA de monter<br />

une marche et de se positionner en tant<br />

que leader mondial de la durabilité et<br />

de la transparence des données et des<br />

informations de la supply chain. Elevate<br />

conçoit, construit et opère les services liés à<br />

la durabilité. Ces services comprennent des<br />

évaluations, des conseils et des analyses qui<br />

fournissent de nombreux impacts positifs<br />

pour nos clients dans le domaine de l’ESG.<br />

Julien Nizri : En 2022, la crise sanitaire<br />

est toujours là bien qu’amoindrie. Mais<br />

aux résurgences sporadiques du virus<br />

affectant désormais surtout nos activités<br />

à l’international, s’est ajoutée bien sûr la<br />

terrible invasion de l’Ukraine par la Russie<br />

et ses conséquences mondiales qu’elles soient<br />

géopolitiques, sociales, économiques ou<br />

industrielles.<br />

Nous subissons les effets de l’inflation dans<br />

nos vies personnelles comme dans notre<br />

activité. Ces crises ont aussi bouleversé les<br />

échanges mondiaux, avec des pénuries de<br />

46 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

TPE - PME<br />

matières premières et composantes frappant<br />

de plein fouet les activités de nombre de<br />

nos clients industriels. Cela nous conduit à<br />

toujours plus d’agilité et de flexibilité tout<br />

en conservant la rigueur et l’impartialité qui<br />

caractérisent nos prestations d’évaluation,<br />

d’inspection et de certification.<br />

Malgré ce contexte, l’année 2022 devrait à<br />

nouveau être très satisfaisante en termes de<br />

résultats pour Afnor Certification en France<br />

et à l’international. Si les certifications du<br />

triptyque <strong>Qualité</strong> – Sécurité –Environnement<br />

représentent toujours une part majeure de<br />

notre activité, la croissance est portée par<br />

les certifications sectorielles (aéronautique,<br />

ferroviaire, automobile, Agro-alimentaire,<br />

Energie) et par les attentes très fortes des<br />

entreprises et du public sur les thématiques<br />

de la Responsabilité Sociétale des Entreprises,<br />

et de la Confiance Numérique.<br />

Non seulement les clients d’Afnor Certification<br />

nous renouvellent leur confiance<br />

d’années en année, mais nous avons répondu<br />

aux besoins de nouveaux clients, notamment<br />

grands comptes.<br />

2022, c’est aussi l’année du retour au présentiel<br />

tout en capitalisant sur la valeur ajoutée<br />

d’une part d’activité à distance bien maîtrisée,<br />

bien outillée et pertinente.<br />

Quel plaisir partagé d’aller à nouveau, en<br />

respectant les règles de sécurité, chez nos<br />

clients et à la rencontre des entreprises et des<br />

partenaires lors d’évènements et de salons<br />

incontournables tels que : Produrable, Energaïa,<br />

EnergyTime, le Forum international<br />

de la cybersécurité, Préventica, les Congrès<br />

du Gifen, de l’ANDRH, de l’UNSAF, du<br />

dépannage-remorquage, des déménageurs,<br />

Preventica, le Salon des professionnels de<br />

l’amiante, Territorialis, ….<br />

© DR<br />

2022 a également été marquée par le développement<br />

de partenariats publics ou privés<br />

dans de nombreux domaines. Nous avons<br />

ainsi rejoint le campus Cyber et noué de<br />

nombreux partenariats dans le champ de<br />

la confiance numérique notamment avec :<br />

- BPI France et FranceNum dans le cadre de<br />

l’initiation des TPE et PME aux bons réflexes<br />

en matière de CyberSécurité ;<br />

- Le CErcle des Femmes de la CYberSécurité ;<br />

- Cybermalveillance.gouv.fr qui valorise les<br />

professionnels en sécurité numérique grâce<br />

au label ExpertCyber ;<br />

- Le ministère de la Justice qui a développé<br />

Certilis, la marque de garantie pour les plateformes<br />

de résolution des litiges en ligne :<br />

conciliation, médiation et arbitrage.<br />

- La Fédération Française de la CyberSécurité.<br />

Et nous terminerons l’année sur un sujet<br />

qui nous tient particulièrement à cœur avec<br />

un évènement organisé le 19 décembre, la<br />

4 e édition du Club des labelisés Diversité et<br />

Egalité en présence notamment de la Ministre<br />

déléguée auprès de la Première ministre,<br />

chargée de l’Égalité entre les femmes et les<br />

hommes, de la Diversité et de l’Égalité des<br />

chances et du Ministre de la Transformation<br />

et de la Fonction publiques.<br />

QUELLES CONSÉQUENCES LES<br />

CRISES DU COVID-19 ET LA<br />

GUERRE EN UKRAINE ONT-ELLES<br />

EU SUR VOS ACTIVITÉS EN<br />

2022 ? COMMENT L’AVEZ-VOUS<br />

SURMONTÉ ?<br />

G.A.R : AB Certification n’a pas été impacté,<br />

Comité LRQA Paris Octobre 2022<br />

Afnor Certification ayant un campus Cyber<br />

a noué de nombreux partenariats dan<br />

le champ de la confiance numérique.<br />

pour le moment, par la crise du Covid 19<br />

et par la guerre en Ukraine. L’impact du<br />

Covid 19 a été la réorganisation au sein d’AB<br />

Certification pour répondre au mieux à nos<br />

clients en mettant en place, suivant les règles<br />

internationales, les procédures et processus<br />

adéquats pour permettre à nos auditeurs<br />

et à nos clients de réaliser les audits de la<br />

manière la plus sûre possible et en utilisant<br />

la possibilité de réaliser les audits à distance.<br />

Toutefois, depuis début 2022, la pratique<br />

des audits à distance s’est considérablement<br />

réduite afin de réaliser les audits sur le terrain<br />

et être en empathie avec nos clients lors des<br />

audits. Les audits à distance ont beaucoup<br />

« AB Certification n’a pas été<br />

impacté, pour le moment, par<br />

la crise du Covid 19 et par la<br />

guerre en Ukraine. »<br />

Georges Abi Rached<br />

© DR © DR<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 47


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

d’avantages mais réduisent le contact humain<br />

lors des audits.<br />

O.A : La crise sanitaire liée au Covid-19 n’a<br />

plus d’influence particulière sur nos activités.<br />

Là, où en 2020, la réalisation de la quasitotalité<br />

des audits avait été stoppée sur le<br />

premier semestre avec une forte reprise en fin<br />

d’année sans pouvoir rattraper complétement<br />

le retard pris, les deux dernières années n’ont<br />

pas été impactées par la crise sanitaire.<br />

Certes, certains clients ont revu leur stratégie<br />

à moyen terme relativement à la certification<br />

(arrêt de certains référentiels ou report de<br />

projets), mais en parallèle, des clients se sont<br />

engagés dans de nouveaux projets.<br />

Concernant la crise en Ukraine, elle ne met<br />

pas en évidence de conséquences visibles<br />

quant aux démarches dites classiques (<strong>Qualité</strong><br />

/ Environnement / Santé sécurité au travail).<br />

Par contre, cette crise révèle l’intérêt<br />

croissant et très fort sur des thématiques<br />

particulières telles que la sécurité des SMSI et<br />

des données avec la certification ISO 27001<br />

et la certification RGPD, ou l’énergie et la<br />

certification ISO 5001 en lien avec la crise<br />

énergétique.<br />

L. C : L’impact lié au Covid-19 a été limité.<br />

Nous étions équipés pour mener des audits<br />

à distance. Nous avons beaucoup appris<br />

des premières semaines où nous avons dû<br />

réaliser ces audits. Depuis, notre process<br />

pour les audits en distanciel a été formalisé,<br />

en accord avec les règles IAF MD 4 et nous<br />

avons réalisé des points avec nos auditeurs<br />

pour partager leur retour d’expérience.<br />

Pour notre part, le conflit Russo-ukrainien<br />

ne nous a pas directement impacté.<br />

Ph.D : L’impact direct au niveau du Groupe<br />

a été l’arrêt de nos activités en Russie,<br />

principalement notre bureau de Saint-<br />

Pétersbourg, tout en accompagnant nos<br />

clients qui avaient des activités certifiées<br />

en Russie. L’impact est beaucoup plus<br />

aujourd’hui chez nos clients avec la crise<br />

de l’énergie et la mise en sommeil d’activités<br />

industrielles tout en veillant à ne pas perdre<br />

l’atout d’être certifié. Concernant la Covid,<br />

comme toute entreprise qui a du personnel,<br />

nous sommes soumis à quelques rechutes,<br />

d’ailleurs, nous avons choisi la prudence en<br />

maintenant le télétravail.<br />

O.F.A : L’incertitude liée au contexte<br />

international pousse les entreprises à se<br />

concentrer sur ce qu’elles maîtrisent, leur<br />

cœur de métier, et à être le plus performant<br />

possible sur ce domaine de façon à pouvoir<br />

absorber les aléas liés à l’incertitude. Opérer<br />

un système de management fiable qui permet<br />

de vérifier la maîtrise du cœur de métier<br />

est plus que jamais au cœur de la stratégie<br />

des entreprises.<br />

Il faut également évoquer la crise climatique.<br />

Chez LRQA, nous sommes nombreux à penser<br />

que celle-ci a déjà commencé à influencer<br />

les comportements individuels mais également<br />

au niveau de l’entreprise et que cette<br />

tendance va fatalement s’accélérer. A l’heure<br />

des réseaux sociaux, le greenwashing peut<br />

s’avérer fatal et les dirigeants sont de plus<br />

en plus soucieux de la cohérence entre leurs<br />

déclarations et les actes. A ce titre, nous<br />

remarquons un intérêt croissant pour les<br />

vérifications de gaz à effet de serre par des<br />

tiers de confiance dans tous les domaines<br />

(norme ISO 14064-1 par exemple).<br />

EN SEPTEMBRE, L’ISO A PUBLIÉ<br />

SON ENQUÊTE ANNUELLE<br />

CONCERNANT L’ANNÉE 2021<br />

SUR LA CERTIFICATION DANS LE<br />

MONDE. QUELS SONT LES POINTS<br />

IMPORTANTS À RETENIR ?<br />

G.A.R : L’augmentation du nombre de<br />

certification en Grande Bretagne et la<br />

stagnation du nombre de certification en<br />

France et en Allemagne. Malheureusement,<br />

il y a un léger recul pour de la certification<br />

ISO 14001 en France et en Allemagne. Alors<br />

que cette norme, dans le contexte actuel et<br />

surtout en Europe, devrait être en croissance.<br />

O.A : En France, l’année 2021 a mis en<br />

évidence une stagnation du nombre de<br />

certificats ISO 9001 et ISO 14001 après une<br />

hausse les deux années précédentes. Ceci est<br />

à comparer avec la forte évolution du nombre<br />

de ces certificats à l’échelle mondiale avec<br />

une croissance de 10 % pour les certificats<br />

ISO 9001 et de 13 % pour les certificats ISO<br />

14001. La stagnation au niveau français peut<br />

La crise en Ukraine révèle un intérêt<br />

très fort sur des thématiques<br />

particulières telle que la sécurité<br />

des SMSI et des données avec la<br />

certification ISO 27001.<br />

s’expliquer par le retour à une défiance des<br />

démarches de certification classiques par<br />

les entreprises françaises après 2 années de<br />

reprise. L’essoufflement de ces démarches<br />

volontaires visible depuis plusieurs années<br />

a marqué le pas ces 2 dernières années mais<br />

semble apparaître de nouveau.<br />

Le nombre de certificats ISO 45001, quant à<br />

lui, a logiquement fortement augmenté, du<br />

« En France, l’année 2021<br />

a mis en évidence une<br />

stagnation du nombre de<br />

certificats ISO 9001 et ISO<br />

14001 après une hausse les<br />

deux années précédentes. »<br />

Olivier Audebert<br />

fait du transfert définitif de la certification<br />

OHSAS 18001 vers cette nouvelle norme.<br />

Ainsi, la hausse a été de 49 % au niveau<br />

français, avec un volume de 164 certificats<br />

sous accréditation en valeur absolue, ce qui<br />

reste faible, comparativement aux 48 %<br />

d’augmentation au niveau mondial avec<br />

près de 277 000 certificats.<br />

Par ailleurs, nous pouvons constater le maintien<br />

d’une forte augmentation du nombre de<br />

certificats ISO 27001 en France, avec près de<br />

55 % de nouveaux certificats, augmentation<br />

beaucoup plus forte que les années précé-<br />

48 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

© DR<br />

dentes, à l’instar de l’augmentation de ces<br />

certificats au niveau mondial de l’ordre de<br />

31 %. Concernant la France, ceci s’explique<br />

par le rattrapage par la France de son retard<br />

sur ce standard, comparativement aux autres<br />

pays équivalents tels que l’Allemagne, le<br />

Royaume-Uni ou le Japon avec un nombre<br />

de certificats dans ces pays, qui est trois à<br />

dix fois plus important qu’en France. Et<br />

cette augmentation à tous les niveaux s’explique<br />

aussi par les enjeux de sécurité des<br />

données et des systèmes d’information des<br />

entreprises et organisation dans un contexte<br />

économique et géopolitique à fort risque<br />

sur ces questions au regard de l’actualité<br />

en Ukraine notamment.<br />

Le nombre de certificats ISO 50001 en<br />

Les normes Cyber/IT (l’ISO 27001<br />

et l’ISO 20000) connaissent<br />

une croissance supérieure à 30%.<br />

© DR<br />

France, quant à lui, enregistre une stagnation<br />

après une baisse en 2020, contrairement à<br />

une augmentation continue du nombre de<br />

certificats à l’échelle mondiale depuis plusieurs<br />

années. En France, ceci s’explique par<br />

les effets de la crise qui ont remis en question<br />

les démarches volontaires de valorisation des<br />

politiques de réductions des consommations<br />

énergétiques et par l’absence d’intérêt des<br />

entreprises pour ces démarches volontaires<br />

pour répondre aux exigences introduites<br />

par la réglementation française en matière<br />

d’audits énergétiques.<br />

On peut par ailleurs noter l’apparition de<br />

statistiques pour de nouvelles normes qui<br />

seront intéressantes à décrypter les années<br />

prochaines, telles que l’ISO 20121 sur l’événementiel<br />

durable ou l’ISO 37001 destinée<br />

aux systèmes de management anticorruption.<br />

L. C : Il est toujours intéressant de recevoir<br />

ces chiffres par pays et par normes. On<br />

constate quelques progressions importantes,<br />

notamment en ISO 45001 (+54,6% entre 2020<br />

et 2021). C’est une dynamique intéressante<br />

pour cette norme. De même, les normes<br />

Cyber/IT (l’ISO 27001 et l’ISO 20000)<br />

connaissent une croissance supérieure à 30%.<br />

Il faut néanmoins rester prudent sur l’analyse<br />

de ces chiffres. Des pays n’avaient pas<br />

répondu en 2020 et certains organismes<br />

n’ont pas répondu en 2021. La comparaison<br />

entre les deux années n’est donc pas facile,<br />

d’autant que les pays ont été diversement<br />

impactés par le Covid (périodes de fermeture<br />

ou restrictions différentes).<br />

Une continuité avec l’enquête précédente,<br />

on voit que les référentiels historiques (9001,<br />

14001, …) restent prédominants mais ne<br />

sont plus en croissance.<br />

QUEL EST LE BILAN DE LA<br />

DERNIÈRE RÉUNION ANNUELLE<br />

DE L’ISO ?<br />

G.A.R : AB Certification participe<br />

activement à la commission X542 « <strong>Qualité</strong><br />

et Management » pour être un acteur<br />

principal dans l’évolution des normes tant<br />

françaises qu’internationales. Le cahier<br />

des charges pour la révision de la norme<br />

ISO 9001 est en cours de finalisation par le<br />

Groupe de Travail TG05. Il n’y aurait pas<br />

de révisions des normes ISO 9001 et 14001<br />

prochainement. Probablement courant 2024<br />

voire 2025.<br />

DEPUIS FIN 2021, PARMI DES<br />

NOUVELLES NORMES, FIGURENT<br />

ISO22329:2021 (SÉCURITÉ ET<br />

RÉSILIENCE<br />

- GESTION DES SITUATIONS<br />

D’URGENCE), ISO/TS<br />

5798:2022 (SYSTÈMES<br />

D’ESSAI POUR DIAGNOSTIC<br />

IN VITRO — EXIGENCES ET<br />

RECOMMANDATIONS POUR LA<br />

DÉTECTION DU CORONAVIRUS<br />

2 ASSOCIÉ AU SYNDROME<br />

RESPIRATOIRE AIGU SÉVÈRE<br />

(SARS-COV-2) PAR DES MÉTHODES<br />

D’AMPLIFICATION DES ACIDES<br />

NUCLÉIQUES) ET ISO 42500<br />

(ÉCONOMIE DU PARTAGE –<br />

PRINCIPES GÉNÉRAUX). QUELLES<br />

SONT LES ATTENTES DES<br />

ORGANISATIONS EN FRANCE<br />

PAR RAPPORT À CES NOUVELLES<br />

NORMES ? QUELLE EST LA<br />

DEMANDE DE CERTIFICATION<br />

DE CES NORMES EN FRANCE ?<br />

COMMENT VOYEZ-VOUS SON<br />

ÉVOLUTION ?<br />

G.A.R : C’est encore un peu tôt pour se<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 49


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

prononcer sur ces différentes normes. Les<br />

entreprises posent des questions sur le<br />

déroulé et l’opportunité de la mise en place<br />

de ces normes et surtout des avantages de<br />

la certification dans ce cas. La norme ISO<br />

42500 est une norme ISO et non transposée,<br />

à ce jour en norme française. D’ailleurs,<br />

elle n’existe qu’en anglais. De même pour<br />

la norme ISO 22329.<br />

O.A : A ce jour, nous n’avons noté aucune<br />

sollicitation sur ces nouveaux référentiels.<br />

Il est important de dire que c’est rarement<br />

l’organisme certificateur qui est interrogé<br />

par les entreprises sur ces sujets de nouvelles<br />

normes ne conduisant pas à une certification<br />

(plus à une évaluation), car nous ne sommes<br />

pas identifiés comme des acteurs pouvant<br />

accompagner, du fait de notre statut<br />

particulier de tiers indépendant.<br />

Concernant les référentiels des années précédentes,<br />

nous constatons la même chose :<br />

ces documents normatifs sont des outils et<br />

des guides utiles pour les entreprises, mais<br />

ils ne conduisent que très rarement à une<br />

démarche de certification. Ceci s’explique<br />

notamment par le fait que la prescription,<br />

aussi bien publique que celle induite par le<br />

marché, est quasi inexistante et de ce fait, ne<br />

favorise pas le développement de ces activités.<br />

Nous avons toutefois pu noter des sollicitations<br />

très ponctuelles sur les normes<br />

suivantes :<br />

- Soit plus anciennes : ISO 37001 (Anticorruption)<br />

/ ISO 18788 (Management des<br />

opérations de sécurité privée)<br />

- Soit plus récentes : ISO 14097 (Gestion des<br />

gaz à effet de serre et activités associées) /<br />

ISO 37000 (Gouvernance des organismes).<br />

L. C : Ces normes ne sont pas forcément<br />

dans notre domaine d’activité. Pour celles<br />

qui pourraient nous concerner (ISO 42500<br />

et ISO 22329), nous n’avons pas de demande<br />

de la part de nos clients. A Bureau Veritas<br />

« Nos process sont<br />

maintenant bien éprouvés. »<br />

Audit de certification Qualiopi<br />

Certification, nous développons nos<br />

compétences sur une norme quand nous<br />

pouvons travailler sur les aspects pratiques<br />

avec un ou deux clients pilotes.<br />

PhD : Très honnêtement, nos clients ne<br />

nous ont pas sollicités sur ces nouvelles<br />

normes, qui nous semblent un peu liée à<br />

des circonstances exceptionnelles et nous<br />

continuons à nous poser la question de leur<br />

pérennité. Dans tout développement, c’est<br />

un point majeur à prendre en compte avec<br />

une vision sur le long terme.<br />

OFA : Les nouvelles normes de la série<br />

14000 sont en revanche très attendues et en<br />

particulier la norme ISO 14068 qui va établir<br />

un consensus international sur les allégations<br />

de neutralité carbone. A l’heure où les Etats,<br />

les collectivités, les entreprises, les produits<br />

clament leurs objectifs de neutralité carbone<br />

à l’horizon 2050 pour respecter les Accords<br />

de Paris, il est devenu primordial de définir<br />

ce que signifie ce terme pour là encore éviter<br />

les déclarations de type greenwashing.<br />

QUELLES RÉPERCUSSIONS<br />

LES NOUVELLES VERSIONS OU<br />

NOUVELLES NORMES EN 2021<br />

ONT-ELLES EU SUR VOTRE<br />

ACTIVITÉ EN 2022 ?<br />

G.A.R : En 2022, AB Certification a<br />

continué à évoluer dans le cadre du<br />

référentiel Qualiopi pour les organismes de<br />

formation, ainsi que dans le secteur médical,<br />

médico-social et social. Sans oublier le QSE<br />

et l’Énergie.<br />

des processus de transition au cours de<br />

l’année. Les seules transitions gérées au<br />

cours de l’année 2022 sont celles relatives<br />

à des normes d’accréditation : par exemple,<br />

l’application de la nouvelle version de<br />

l’ISO 50003, ayant des conséquences sur<br />

le processus de certification et les offres<br />

destinées aux clients. Toutefois, l’année 2022<br />

voit la publication de la nouvelle norme ISO<br />

27001 qui va conduire à un processus de<br />

transition qui sera mis en œuvre à partir<br />

de 2023 et s’étalera sur 3 années jusqu’en<br />

© DR<br />

Laurent Croguennec<br />

O.A :<br />

a. Nous n’avons pas eu à mettre en œuvre<br />

Audit de certification ISO 9001<br />

50 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

octobre 2025.<br />

b. Concernant les nouvelles normes ISO,<br />

nous n’avons pas engagé de démarches<br />

de développement de nouvelles activités<br />

en 2022. Par contre, la norme ISO 1<strong>94</strong>43<br />

(déclinaison de l’ISO 9001 au secteur de la<br />

chaîne d’approvisionnement dans le domaine<br />

du nucléaire) a révélé un réel intérêt de la part<br />

du secteur et a donc conduit à de nombreuses<br />

opportunités commerciales.<br />

L. C : Nous avons chaque année des normes<br />

qui évoluent. Nos process sont maintenant<br />

bien éprouvés. Nous gérons les besoins de<br />

formations internes (auditeurs et chargés<br />

de client) et bien sûr, nous informons nos<br />

clients à la fois par des emailings et très<br />

souvent par des webinars, si les évolutions<br />

sont significatives. Sur cette fin d’année,<br />

nous traitons notamment le changement<br />

de version pour la certification HVE ou<br />

encore le référentiel BRC .<br />

© DR<br />

Remise du double label Egalité-Diversité à Vinci,<br />

en présence des ministres Isabelle Rome,<br />

Olivier Dussopt et Stanislas Guérini et de Julien Nizri,<br />

directeur d’AFNOR Certification.<br />

Ph.D : Peu en 2022, le référentiel RNQ<br />

Qualiopi a atteint son point d’orgue fin<br />

2021 de part les exigences réglementaires.<br />

J.N : En 2022, l’activité d’Afnor Certification<br />

est impactée à la fois par l’évolution de<br />

normes d’accréditation c’est-à-dire celles<br />

visant les obligations du certificateur et<br />

l’évolution de normes qui concernent<br />

directement les entreprises ou organisations<br />

candidates à la certification.<br />

Sur le management de l’énergie, sujet ô<br />

combien stratégique dans le contexte international<br />

actuel, nous avons finalisé fin 2022<br />

la transition vers la version de la norme ISO<br />

50003 (Systèmes de management de l’énergie<br />

— Exigences pour les organismes procédant<br />

à l’audit et à la certification de systèmes de<br />

management de l’énergie) publiée en mai<br />

2021. Les évolutions de la norme ont pour<br />

impacts principaux une simplification dans<br />

la qualification des auditeurs intervenant sur<br />

la certification ISO 50001 et une évolution<br />

des éléments à prendre en compte pour la<br />

durée des audits.<br />

Pour le domaine des Dispositif Médicaux,<br />

Afnor Certification met en application pour<br />

la certification ISO 13485 les exigences<br />

publiées en février 2022 par l’International<br />

Accreditation Forum (IAF) dans une<br />

nouvelle version du document référencé<br />

sous l’intitulé IAF MD9. Ce document offre<br />

une définition mise à jour d’un « Dispositif<br />

Médical fini » et implique, parmi d’autres<br />

points, une évolution des durées d’audit dans<br />

le cas d’une combinaison avec un audit ISO<br />

9001 ainsi que la réalisation d’audits inopinés<br />

- sur demande des Autorités Compétentes<br />

des Etats Membres de l’UE. Nous suivons<br />

de très près ces évolutions qui assurent un<br />

lien toujours plus étroit dans le champ des<br />

dispositifs médicaux entre la certification de<br />

système de management et la certification<br />

de produit. A ce titre, nous avons poursuivi<br />

en 2022 nos efforts pour être désignés organisme<br />

notifié pour le marquage CE des dispositifs<br />

médicaux non implantables.<br />

Dans le secteur aéronautique, une nouvelle<br />

version de l’EN 9104, norme régissant les<br />

« Exigences relatives à la certification dans<br />

l’aéronautique, l’espace et la défense », a été<br />

publiée en janvier 2022. Elle décline les exigences<br />

d’accréditation pour les certifications<br />

aéronautiques EN 9100, EN 9110 et EN 9120<br />

ainsi que les exigences pour toutes les parties<br />

prenantes du schéma : donneurs d’ordre<br />

(IAQG et ses représentants, les Organismes<br />

d’Accréditation, les clients, etc.). Le déploiement<br />

de ces évolutions scandera l’année 2023.<br />

Sur la thématique Cybersécurité, la nouvelle<br />

norme ISO 27001 a été publiée le 21<br />

octobre dernier, les principaux changements<br />

© DR<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 51


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

concernent les mesures de sécurité à appliquer<br />

par les entreprises avec l’intégration<br />

de 11 nouvelles mesures de sécurité pour<br />

prendre en compte le contexte actuel des<br />

entreprises (utilisation du cloud, préparation<br />

des outils numériques pour la continuité<br />

d’activité, …). Les nouveaux candidats à<br />

la certification doivent donc dorénavant<br />

se confirmer à cette nouvelle version et les<br />

certifiés doivent opérer leur transition.<br />

D’AUTRES RÉFÉRENTIELS<br />

DE CERTIFICATION SONT EN<br />

CROISSANCE OU ÉMERGENT.<br />

COMMENT VOTRE ORGANISME<br />

ÉLABORE-T-IL SA STRATÉGIE<br />

DE DIVERSIFICATION ? QUELS<br />

RÉFÉRENTIELS DÉVELOPPEZ-<br />

VOUS ?<br />

G.A.R : AB Certification renforce la diversité<br />

de ses offres de certification et d’évaluation<br />

dans le domaine médical, où AB est déjà<br />

bien reconnu, dans le social et le médicosocial,<br />

et dans le domaine des organismes<br />

de formation avec le référentiel Qualiopi.<br />

Et nous souhaitons nous développer dans<br />

toutes les démarches concernant la responsabilité<br />

sociétale des entreprises. En<br />

effet, AB Certification est aussi membre<br />

de la commission DDRS de l’Afnor pour<br />

le développement et la révision de normes<br />

dans le Développement Durable et la Responsabilité<br />

Sociétale des entreprises. De même,<br />

AB Certification a été sélectionné pour de<br />

nouveaux marchés tels que la RATP et des<br />

grands groupes. Mais le point fort de AB<br />

Certification, c’est sa proximité avec les PME<br />

qui font l’essentiel de sa clientèle, même si se<br />

dessine l’ouverture de nouveaux horizons<br />

vers les grandes structures.<br />

O.A :<br />

« Nous croyons également beaucoup en l’ISO 14064, sujet dont<br />

nous venons de réaliser les premiers audits »<br />

Philippe Defiolle<br />

a. La protection des données (à travers<br />

la réglementation RGPD ou la norme<br />

ISO 27701) et plus généralement ce qui<br />

concerne la sécurité des informations<br />

(avec la norme ISO 27001) est un sujet de<br />

très forte actualité. Des attaques mettant<br />

en question les systèmes de sécurité des<br />

informations des entreprises sont très<br />

régulièrement médiatisées et nécessitent<br />

un renforcement de la protection de leur<br />

système, notamment de la part des grandes<br />

multinationales. Ces entreprises doivent<br />

ainsi donner des garanties à leurs clients<br />

sur la maîtrise de leur SMSI et des données<br />

qu’elles utilisent. La publication récente de<br />

dispositifs de certification garantissant la<br />

mise en œuvre du règlement général sur la<br />

protection des données au niveau européen<br />

renforce les possibilités de développement<br />

des activités de certification.<br />

b. La réglementation française sur<br />

l’économie circulaire avec la loi AGEC (loi<br />

anti-gaspillage pour une économie circulaire)<br />

a été l’opportunité du développement de<br />

nombreuses réflexions dans le champ de<br />

l’audit et de la certification en 2022. Des<br />

problématiques telles que le gaspillage<br />

alimentaire, le recyclage des déchets, la<br />

sortie de statut de déchet deviennent des<br />

sujets prioritaires nécessitant une attention<br />

particulière. Ceci a conduit SGS à élaborer<br />

des partenariats avec des grands acteurs<br />

directement impliqués dans les domaines<br />

de l’économie circulaire. Autour de cette<br />

thématique, se mettent en œuvre à la fois<br />

« Dans le domaine Cyber,<br />

des nouveautés sont<br />

apparues au cours<br />

de cette année. »<br />

Philippe Roudier<br />

des prestations d’inspection, de contrôle<br />

et d’audit.<br />

c. De même, la tendance de développement<br />

des démarches volontaires dans le domaine<br />

de la RSE s’est renforcée en 2022, avec des<br />

initiatives dans le domaine de l’événementiel,<br />

de la biodiversité, de la protection des<br />

modérateurs de contenus sur les réseaux<br />

sociaux, du mécénat. La prise de conscience<br />

au sein des organisations se confirme, la<br />

RSE représentant un mix efficient entre la<br />

stratégie, la réduction des coûts (achats,<br />

énergie) et le bien-être des ressources<br />

humaines (qualité de vie au travail, gestion<br />

de carrières et innovation).<br />

L. C : A Bureau Veritas Certification, nous<br />

avons mis en place une cellule innovation.<br />

Elle est chargée d’identifier les nouvelles<br />

52 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

normes, de collecter les demandes clients<br />

et de conduire une étude de marché. Nous<br />

souhaitons proposer une large gamme de<br />

services et être le contact unique pour les<br />

certifications de nos clients.<br />

Notre priorité se porte vers les services de<br />

la LIGNE VERTE by BV. C’est-à-dire les<br />

audits et certifications qui contribuent au<br />

développement durable. Nous avons de plus<br />

en plus de demandes. Nous développons<br />

nos activités sur les enjeux carbone (sur les<br />

bases de l’ISO 14064). Nous auditons des<br />

entreprises sur des approches sur mesure sur<br />

la base de référentiels mixant gouvernance,<br />

environnement et social.<br />

Nous avons aussi tout un volet de certification<br />

sur les biocarburants (REDII) ou sur<br />

l’emploi des matières plastiques (ISCC, audit<br />

sur les granulés plastiques…).<br />

Ph.D : Toujours en relation avec le contexte<br />

mondial de l’énergie, nous avons développé<br />

l’ISO 1<strong>94</strong>43 que ce soit au niveau mondial<br />

ou français, nos clients français ont tout de<br />

suite répondu présent avec un bon résultat<br />

pour cette première année. Nous croyons<br />

également beaucoup en l’ISO 14064, sujet<br />

dont nous venons de réaliser les premiers<br />

audits. Notre stratégie est bien d’être acteur<br />

sur le marché de la certification, mais la<br />

communication que nous faisons en amont,<br />

ou en retour d’expérience (webinar ou site<br />

web) montre l’attrait de nos clients.<br />

O.F.A : On peut également citer le décret<br />

2021-461 dit Décret GPI qui oblige les<br />

entreprises productrices ou utilisatrices<br />

de granulé de plastique industriel à mettre<br />

en place des procédures et des moyens de<br />

« Le constat de la COP 27<br />

est à la fois terrible<br />

et porteur d’espoir »<br />

Julien Nizri<br />

confinement adaptés pour éviter la dispersion<br />

de leurs GPI dans l’environnement. L’audit de<br />

ces dispositions a généré un surcroît d’activité<br />

pour LRQA en 2022. Plus généralement le<br />

domaine de la production responsable est<br />

porteur, ce qui est en lien avec la stratégie<br />

de développement de LRQA sur le marché<br />

de la RSE et de la durabilité.<br />

Afnor Certification continue<br />

son positionnement<br />

sur les énergies<br />

renouvelables<br />

© DR<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 53


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

P.H.R : Dans le domaine Cyber, des<br />

nouveautés sont apparues au cours de cette<br />

année. La protection de la vie privée dispose,<br />

à présent, de son référentiel propre, l’ISO<br />

27701, reprenant pour partie les exigences<br />

du Règlement Général pour la Protection des<br />

Données (RGPD) et les exigences d’autres<br />

référentiels internationaux. La norme de<br />

Système de Management de la Sécurité de<br />

l’Information ISO 27001 et la norme ISO<br />

27002 associées ont pour leur part été revues<br />

et actualisées, intégrant à titre d’exemple, des<br />

mesures relatives au Cloud ou à l’utilisation<br />

des Technologies de l’Information et de<br />

la Communication dans le cadre de la<br />

continuité d’activité.<br />

Dans le domaine Aéronautique, c’est l’évolution<br />

du schéma qui tient en haleine tous<br />

les acteurs, avec des reports successifs dans<br />

le déploiement des référentiels et des outils<br />

associés.<br />

COMMENT LA FRANCE SE<br />

DISTINGUE-T-ELLE DES AUTRES<br />

PAYS EUROPÉENS DANS SA<br />

DEMANDE DE CERTIFICATION ISO ?<br />

QUELS SECTEURS D’ACTIVITÉ<br />

SONT LES PLUS DEMANDEURS<br />

DANS LES NORMES CITÉES DANS<br />

L’ENQUÊTE ISO ?<br />

G.A.R : Malheureusement, la France se<br />

distingue plutôt dans la stagnation du<br />

nombre d’entreprises certifiées par rapport<br />

aux autres pays européens. Il y a un fort<br />

potentiel d’élargissement de la demande<br />

de certification pour tous types de normes.<br />

O.A :<br />

• On constate que la France présente toujours<br />

un niveau de certification inférieur à<br />

la plupart des autres pays ayant un contexte<br />

économique comparable.<br />

• Notre pays à travers son fonctionnement<br />

et sa culture est très orienté vers des<br />

démarches locales s’appuyant sur des obligations<br />

réglementaires locales. Ainsi, les<br />

démarches volontaires ont beaucoup de mal<br />

à se développer et à s’inscrire dans la durée.<br />

• En France les secteurs les plus développés<br />

en termes de certification sont :<br />

Les locaux<br />

de l’Afnor<br />

à Saint-Denis (91)<br />

54 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

« Dans le domaine Cyber,<br />

des nouveautés sont<br />

apparues au cours de cette<br />

année. » Olivier Fauroux<br />

I. Dans le domaine industriel : la<br />

métallurgie / l’électronique / la plasturgie et<br />

associés / la construction / l’agro-alimentaire;<br />

II. Dans le domaine des services : le<br />

transport / le retail / les bureaux d’étude.<br />

L. C : Comme dans la plupart des économies<br />

matures, les certifications « historiques » QSE<br />

marquent le pas, en France. La dynamique<br />

est cependant très forte sur les certifications<br />

spécialisées par filière comme dans le<br />

secteur de la santé, par exemple (ISO 13445<br />

– dispositifs médicaux) ou encore dans le<br />

domaine de la sécurité des aliments (ISO<br />

22000, FSSC 22000…).<br />

Les enjeux de la cybersécurité, de la gestion<br />

de crise et de la continuité d’activité dynamisent<br />

les certifications correspondantes.<br />

Toutes ces démarches s’appuient sur les<br />

fondamentaux des systèmes de management.<br />

L’ISO 9001 a encore de belles années<br />

devant elle et sert de colonne vertébrale à<br />

la gestion des enjeux globaux. La Nouvelle<br />

<strong>Qualité</strong> portée par l’AFQP montre comment<br />

la qualité est au cœur de la performance<br />

sociétale des organisations.<br />

QUELS SONT VOS PROJETS POUR<br />

2023 ?<br />

G.A.R : Tel qu’indiqué ci-dessus, pour 2023,<br />

AB Certification renforcera la diversité de<br />

ses offres de certification et d’évaluation<br />

dans le domaine médical, dans le social et<br />

le médico-social et le référentiel Qualiopi.<br />

Mais le développement des normes QSE<br />

et Énergie restera prépondérant chez AB<br />

Certification ainsi que le développement<br />

des normes de systèmes de management<br />

telles que l’ISO 27001 pour la sécurité de<br />

l’information, l’ISO 37001 pour l’anti-corruption<br />

et bien d’autres normes.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 55


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

O. A :<br />

Notre politique de développement repose<br />

sur 6 thématiques principales :<br />

a. Le développement du dispositif<br />

d’évaluation HAS pour les ESSMS, en<br />

parallèle de nos certifications et labels<br />

existants dans le domaine du médico-social ;<br />

b. La capitalisation de notre expérience<br />

sur la nouvelle réglementation européenne<br />

(MDR) concernant le marquage CE des<br />

dispositifs médicaux avec une politique de<br />

réponse aux multiples demandes des acteurs<br />

du secteur pour les différents référentiels du<br />

secteur (marquage CE / certification ISO<br />

13485 / MDSAP / UKCA) ;<br />

c. La montée en puissance de la certification<br />

ISO 1<strong>94</strong>43 dans le domaine du nucléaire en<br />

répondant aux attentes des fournisseurs des<br />

grandes acteurs de ce domaine économique ;<br />

d. La poursuite du développement des<br />

audits et évaluations dans le domaine de<br />

l’ESG et de la RSE ;<br />

e. Le renforcement des partenariats avec les<br />

éco-organismes pour répondre aux diverses<br />

exigences crées par la loi AGEC.<br />

f. Le renforcement de nos activités<br />

d’audits dans le domaine de l’industrie<br />

pharmaceutique et des cosmétiques.<br />

L. C : Nous allons poursuivre notre<br />

développement sur les enjeux RSE, la<br />

vérification des empreintes carbone des<br />

produits et organisations ou encore la<br />

vérification des rapports extra-financiers<br />

par exemple.<br />

L’innovation est toujours au cœur de notre<br />

modèle, nous allons continuer à accompagner<br />

les besoins de valorisation des bonnes<br />

pratiques de nos clients et leur permettre<br />

de rester toujours plus résilients dans cette<br />

période de profondes mutations écologiques,<br />

économiques et sociales.<br />

Par ailleurs, 2023 va être une année riche<br />

en transition de normes (EN 9100, ISO<br />

50001, mise en œuvre de HVE V4…) :<br />

nous sommes prêts pour accompagner<br />

nos clients sur ces sujets.<br />

Ph.D : Les projets évoqués, ci-dessus,<br />

mais également tout ce qui est lié à la<br />

cybersécurité. La France semble frileuse sur<br />

le sujet, les démarches sont majoritairement<br />

dans les grands groupes avec une approche<br />

« top down », mais les choses évoluent,<br />

on peut enfin espérer que la 27001, par<br />

exemple, soit considérée comme un système<br />

de management.<br />

J.N : Les défis à relever sont donc nombreux,<br />

au premier rang desquels celui de la<br />

transition écologique. Nous le voyons dans<br />

nos quotidiens avec l’impact actuel de la crise<br />

énergétique, nos modèles de société doivent<br />

changer. Le constat de la COP 27 est à la fois<br />

terrible et porteur d’espoir. Il est déjà presque<br />

trop tard mais la mobilisation est désormais<br />

unanime. Et les normes volontaires tout<br />

comme la certification ont un rôle essentiel<br />

à jouer pour lutter réellement contre le<br />

réchauffement climatique, notamment en<br />

harmonisant et en contrôlant les allégations<br />

relatives à la neutralité carbone.<br />

Plus généralement, la crise sanitaire a renforcé<br />

l’attente de nos concitoyens d’être rassurés<br />

sur la qualité des produits et services<br />

qu’ils consomment et cela dans un contexte<br />

de mutations profondes.<br />

Notre environnement économique, industriel<br />

et social est en transformation dans<br />

le cadre d’une triple transition. Transition<br />

écologique, transition numérique et transition<br />

démographique. Afnor Certification<br />

souhaite s’inscrire encore davantage dans<br />

la vie des entreprises et des organisations<br />

comme levier de facilitation et de sécurisation<br />

de ces transitions qui influencent nos<br />

choix quant à la typologie des prestations<br />

que nous développons et promouvons.<br />

Concernant la transition écologique, au-delà<br />

des certifications incontournables que sont<br />

les certifications ISO 14001 et ISO 50001 et<br />

l’AFAQ Biodiversité, nous renforçons notre<br />

proposition sur plusieurs volets étroitement<br />

imbriqués.<br />

Sur l’Energie : la certification ISO 1<strong>94</strong>43<br />

pour la qualité dans le nucléaire poursuivra<br />

son rôle pour la structuration de la filière<br />

en une période critique. Parallèlement,<br />

nous poursuivons notre positionnement<br />

sur les énergies renouvelables, avec la qualification<br />

des Infrastructures de Recharge<br />

pour Véhicules Electriques (IRVE) et les<br />

débuts prometteurs de notre activité sur<br />

l’Agrivoltaïsme.<br />

Promoteur d’une économie plus circulaire<br />

depuis 30 ans au travers notamment<br />

des Ecolabels Européens, nous abordons<br />

sereinement leur ouverture progressive<br />

aux autres certificateurs. 2023 sera pour<br />

Afnor Certification l’année de la structuration<br />

d’une gamme regroupant les sujets de<br />

l’éco-conception, de la durabilité, la réparabilité<br />

ou du reconditionnement des produits<br />

que ce soit avec des marques Afnor comme<br />

NF Environnement, en intervenant en tant<br />

que partenaires de label tels que Qualirepar<br />

ou le label Anti-gaspillage alimentaire<br />

portés par les pouvoirs publics ou encore<br />

des démarches Origine France Garantie et<br />

Relation Client 100% France.<br />

En matière de RSE, la future directive<br />

européenne dite CSRD , sur le reporting<br />

extra-financier, impactera le label Engagé<br />

RSE, avec l’objectif de pouvoir en faire un<br />

outil au service des responsables RSE pour<br />

faciliter le futur reporting de durabilité<br />

CSRD.<br />

Cette transition écologique va de pair avec la<br />

poursuite de la digitalisation de nos métiers,<br />

de nos outils, de nos modes de consommations<br />

dans une économie toujours plus<br />

numérisée. La digitalisation interroge aussi<br />

notre rapport à la protection des données<br />

personnelles et l’usage éthique de l’intelligence<br />

artificielle, notamment pour la reconnaissance<br />

faciale. Mais la digitalisation est<br />

aussi porteuse d’espoir et d’ambitions fortes.<br />

Elle permet ainsi de transformer et changer<br />

les modèles économiques existants, les<br />

modèles de consommation, les structures<br />

socio-économiques, les décisions politiques,<br />

juridiques, les modèles organisationnels et les<br />

barrières culturelles. Nous nous inscrivons<br />

résolument dans cette transition numérique<br />

en développant nos certifications et labels<br />

ISO 27 000, CERTILIS, DPO, EBIOS, etc; en<br />

structurant les équipes autour d’une practice<br />

confiance numérique<br />

56 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

Une troisième transition à prendre en<br />

compte en 2023 est démographique. Nous<br />

l’avons tous vécue à travers le développement<br />

du télétravail mais aussi des audits à<br />

distance. Elle interroge le rapport à l’espace,<br />

la reconfiguration des territoires entre Paris<br />

et la Province, et au niveau mondial entre<br />

les grandes métropoles et les nouvelles aires<br />

urbaines décentralisées. Cette transition<br />

impacte aussi notre rapport aux générations,<br />

à la manière de consommer mais aussi à<br />

la manière dont on fait Société. Ainsi des<br />

certifications dans des domaines aussi divers<br />

que l’anti-corruption, la qualité des services<br />

public (intervention d’Afnor pour la labellisation<br />

France SERVICE, Service Public +), la<br />

sécurité alimentaire (IFS, BRC, FSSC22000),<br />

les dispositifs médicaux, la conformité des<br />

ESSMS ou encore l’égalité et la diversité<br />

accompagnent les transformations sociales<br />

que les entreprises et organisations continueront<br />

à déployer en 2023.<br />

POUVEZ-VOUS INDIQUER<br />

UN EXEMPLE ORIGINAL DE<br />

CERTIFICATION QUE VOUS AVEZ<br />

DÉLIVRÉ À UNE SOCIÉTÉ OU<br />

ORGANISATION RÉCEMMENT ?<br />

COMMENT AVEZ-VOUS PROCÉDÉ ?<br />

G.A.R : Chaque entreprise est originale<br />

dans son approche de la démarche de<br />

certification et nous la considérons comme<br />

unique dans notre panel de clientèle. AB<br />

Certification procède toujours de la même<br />

manière en essayant de comprendre les<br />

attentes et les besoins de chaque client<br />

afin de lui proposer l’auditeur ou l’équipe<br />

d’audit la plus adaptée à sa configuration.<br />

Un auditeur de grandes structures n’est<br />

pas nécessairement adapté à une petite<br />

structure. Le choix de l’auditeur fait<br />

partie de la force d’AB Certification ainsi<br />

que la réactivité et l’approche humaine<br />

de l’ensemble des collaborateurs d’AB<br />

Certification.<br />

L. C : Voici deux sujets intéressants et<br />

emblématiques : l’audit des émissions<br />

carbone du Beluga<br />

…et la certification<br />

ISO 20121 de l’office du<br />

tourisme de Marseille.<br />

O.F.A : Nous avons<br />

récemment certifié les<br />

émissions de gaz à effet<br />

de serre sur les scopes<br />

1, 2 et 3 d’un vignoble<br />

Grand Cru de Saint-Emilion. Les vignobles<br />

eux aussi s’engagent dans la course à la<br />

neutralité carbone au travers de l’initiative<br />

IWCA (International Wineries for Climate<br />

Action) qui vise à décarboner l’industrie<br />

globale du vin ! ●<br />

Propos recueillis<br />

par Valérie Brenugat<br />

Abonnez-vous<br />

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QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 57


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

ENERGIE<br />

Air France : les<br />

carburants durables,<br />

un levier pour sa politique<br />

de décarbonation<br />

Dès 2011, Air France et KLM ont figuré parmi les premières<br />

compagnies à effectuer des vols commerciaux,<br />

démontrant l’utilisation possible d’énergie<br />

alternative aux carburants fossiles.<br />

Depuis de nombreuses années, les compagnies aériennes Air France et KLM participent à la recherche et au<br />

développement des programmes dans le domaine des carburants alternatifs. Le programme SAF Corporate<br />

donne aux entreprises clientes d’Air France l’opportunité de devenir acteurs de la réduction des émissions de<br />

CO₂ dans le cadre de leurs voyages d’affaires.<br />

©DR<br />

Vincent<br />

Etchebehere,<br />

Directeur<br />

Développement<br />

durable et<br />

nouvelles<br />

mobilités chez Air<br />

France<br />

POURQUOI LE GROUPE AIR<br />

FRANCE S’EST-IL ENGAGÉ<br />

AUPRÈS DE SBTI POUR CERTIFIER<br />

QUE SA TRAJECTOIRE DE<br />

DÉCARBONATION À COURT TERME<br />

EST COMPATIBLE AVEC L’ACCORD<br />

DE PARIS ?<br />

V.E : L’Accord de Paris sur le climat<br />

(COP-21) vise à limiter le réchauffement<br />

climatique bien en deçà de 2°C d’ici à la<br />

fin du siècle en mettant à contribution<br />

tous les acteurs au sein de la société.<br />

En tant qu’organisme scientifique<br />

indépendant, Science Based Target<br />

initiative (SBTi) a réalisé un travail<br />

extrêmement important, et nécessaire,<br />

consistant à décliner les objectifs de<br />

réduction d’émissions de gaz à effet de<br />

serre au niveau planétaire (alignés avec<br />

l’Accord de Paris) par secteur d’activité.<br />

Ce découpage sectoriel des réductions des<br />

émissions est fait actuellement à l’échelle<br />

nationale par les gouvernements qui<br />

fixent les budgets carbone sectoriels, et de<br />

manière implicite par l’Union Européenne<br />

au travers de Fit for 55 quand elle fixe les<br />

objectifs de chaque secteur ; SBTi vient<br />

compléter ces démarches des institutions<br />

nationales et supranationales en proposant<br />

des objectifs sectoriels à l’échelle mondiale.<br />

L’initiative SBTI vise ainsi à encourager<br />

les entreprises à définir des objectifs de<br />

réduction d’émissions basés sur ce que<br />

la science définit comme nécessaire pour<br />

limiter le réchauffement climatique bien<br />

en-deçà de 2°C à la fin du siècle. SBTi a<br />

ainsi défini une trajectoire de réduction<br />

d’émissions cible pour l’aérien en<br />

septembre 2021. Air France a alors<br />

annoncé son engagement à respecter cette<br />

trajectoire sectorielle. Concrètement, cela<br />

signifie qu’Air France doit atteindre une<br />

réduction de 30% d’émissions par passager<br />

kilomètre transporté en 2030 par rapport<br />

à 2019. Air France a soumis cet objectif<br />

à SBTi, pour validation puis suivi année<br />

par année de notre trajectoire.<br />

L’avion Airbus A350<br />

est plus économe en carburant.<br />

©DR<br />

COMMENT AIR FRANCE<br />

SÉLECTIONNE-T-IL SES<br />

NOUVEAUX CARBURANTS<br />

D’AVIATION DURABLES ?<br />

V.E : Air France ne sélectionne que des<br />

carburants dont la durabilité est avérée.<br />

Les nouveaux carburants d’aviation<br />

durables sont de deux types. Les<br />

biocarburants de 2e génération sont issus de<br />

biomasse – notamment d’huiles usagées, de<br />

déchets agricoles, forestiers et municipaux<br />

biogéniques, ne concurrençant pas les<br />

cultures alimentaires. Ces biocarburants<br />

sont disponibles dès maintenant. Quant<br />

aux carburants de synthèse, ils sont encore<br />

au stade de R&D, appelés également<br />

« Power-to-liquid » ou « e-fuels », élaborés<br />

à partir de CO2 capté dans l’atmosphère et<br />

d’hydrogène, extrait de l’eau en utilisant de<br />

l’énergie qui doit être bas-carbone.<br />

Air France est particulièrement exigeante<br />

quant aux critères de durabilité : réduction<br />

substantielle des émissions de CO2, un<br />

impact minime sur la biodiversité, l’absence<br />

de concurrence avec les productions<br />

alimentaires ou l’accès aux ressources<br />

alimentaires et un impact positif sur le<br />

développement local. Il n’y a pas d’huile de<br />

palme dans les SAF qui sont utilisés par Air<br />

France qui bénéficient systématiquement<br />

d’un certificat de durabilité émis et certifiée<br />

par des organismes indépendants et<br />

mondialement reconnus comme le RSB<br />

ou ISCC+.<br />

58 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

COMMENT LA COMPAGNIE ŒUVRE-<br />

T-ELLE AVEC SES PARTENAIRES<br />

INDUSTRIELS ET ACADÉMIQUES<br />

ET INSTITUTS DE RECHERCHE<br />

POUR L’ÉMERGENCE RAPIDE DE<br />

FILIÈRES DE PRODUCTION DE CES<br />

CARBURANTS ?<br />

V.E : Air France a été à l’initiative et a<br />

signé en 2017 un Engagement pour la<br />

Croissance Verte (ECV) avec les ministères<br />

de la Transition écologique et solidaire,<br />

des Transports et de l’Économie et des<br />

Finances, ainsi que quatre autres grands<br />

groupes industriels français (Airbus,<br />

Safran, Suez et Total). Cet ECV visait<br />

à promouvoir l’émergence de filières<br />

de carburant aéronautique durable en<br />

France. Ses conclusions ont été publiées<br />

en janvier 2020, ainsi qu’une feuille de route<br />

gouvernementale française fixant sur la<br />

base des recommandations de l’ECV, les<br />

principes et l’ambition de l’intégration du<br />

carburant aéronautique durable.<br />

Très concrètement, Air France, dans le<br />

cadre des Appels à Manifestation d’Intérêts,<br />

soutient depuis juillet 2020, plusieurs<br />

nouveaux programmes de production de<br />

Carburant Alternatif Durable en France et<br />

en Europe. En recherchant des partenaires<br />

industriels et logistiques pour s’associer en<br />

consortium, le Groupe stimule l’ensemble<br />

des technologies innovantes, avec des<br />

carburants alternatifs qui seront issus de<br />

l’économie circulaire (huiles usagées de<br />

cuissons) de résidus de bois, de déchets<br />

ménagers ou encore dans le futur des<br />

carburants de synthèse conçus à partir<br />

d’électricité verte et de carbone.<br />

COMMENT LE PROGRAMME<br />

SAF CORPORATE PERMET-IL<br />

AUX CLIENTS ENTREPRISES DE<br />

CONTRIBUER FINANCIÈREMENT<br />

À L’APPROVISIONNEMENT ET<br />

À L’EMPLOI DE SAF AU-DELÀ<br />

DE L’INCORPORATION<br />

RÉGLEMENTAIRE ?<br />

V.E : Les clients Corporate d’Air France et<br />

de KLM, après une estimation des émissions<br />

de CO2 liées à leurs déplacements, peuvent<br />

déterminer une contribution annuelle qu’ils<br />

souhaitent consacrer au programme SAF<br />

Corporate. Toutes les contributions d’Air<br />

France et de KLM sont investies dans l’approvisionnement<br />

et la consommation de<br />

SAF. L’objectif est de soutenir la création<br />

d’une industrie du carburant d’aviation<br />

durable qui garantit un transport aérien<br />

de plus en plus éco-responsable. En investissant<br />

dans ce programme corporate, les<br />

entreprises contribuent concrètement à la<br />

transition écologique du transport aérien<br />

en soutenant des solutions innovantes ●<br />

Propos recueillis par Valérie Brenugat<br />

Portail de la qualité,<br />

sécurité et de<br />

l’environnement.<br />

Le site leader en<br />

organisation de la<br />

performance.<br />

Quality & Co est le site portail<br />

de la performance en entreprise.<br />

Vous y trouverez tous<br />

les acteurs du marché<br />

de la certification<br />

et de la qualité<br />

(Consultants, Formateurs,<br />

Certificateurs, Editeurs<br />

de logiciels…).<br />

www.qualityandco.com<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 59


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

LABELLISATION<br />

Le transport routier en transition<br />

Le secteur des transports est un maillon stratégique dans l’économie et plus largement la vie au quotidien<br />

d’un territoire. La France ne fait pas exception et est, de plus, un pays de transit européen.<br />

Gil Doat,<br />

responsable du<br />

programme Eve<br />

chez Eco CO2<br />

©DR<br />

Le secteur des transports fait face à<br />

différentes problématiques : une<br />

qualité de service en progression<br />

constante, des enjeux de<br />

transition énergétique et écologique,<br />

une sécurité impérative pour les biens<br />

et les personnes, une faible attractivité<br />

professionnelle qui met les emplois en<br />

tension, une concurrence sur un territoire<br />

européen où l’harmonisation sociale et<br />

fiscale ne sont pas encore abouties et<br />

un contexte de différentes crises qui<br />

se succèdent (tensions sociales, crise<br />

sanitaire, conflits armés). Gil Doat,<br />

responsable du programme Eve chez<br />

Eco CO2, note à ce propos : « Toutes ces<br />

problématiques imposent à la profession<br />

une grande réactivité au jour le jour, en<br />

même temps qu’une vision stratégique à<br />

plus longue échéance : ces deux facettes<br />

demandent de prendre aujourd’hui des<br />

décisions qui impacteront le court-terme<br />

comme le long terme. »<br />

Par ailleurs, le transport est<br />

structurellement consommateur<br />

d’énergies fossiles (pétrole, gaz) et, par<br />

voie de conséquence, émetteur de gaz à<br />

effet de serre. La stratégie nationale bas<br />

carbone (SNBC) de la France rappelle que<br />

le transport représente 31% des émissions<br />

nationales, dont plus de la moitié pour les<br />

voitures particulières (54%), 18% pour le<br />

transport routier de marchandises et 3%<br />

pour le transport routier de voyageurs.<br />

Or les enjeux climatiques occupent de plus<br />

en plus de place dans le paysage politique<br />

du pays, ainsi que dans les relations<br />

économiques entre les différents acteurs.<br />

La SNBC vise, pour le secteur des<br />

transports, une réduction de 28% des<br />

émissions de GES à 2030 par rapport<br />

à l’année de référence 2015, et une<br />

décarbonation complète à horizon 2050.<br />

Les entreprises de transport routier<br />

La société ABV a reçu le trophée<br />

de la meilleure performance<br />

environnementale du programme EVE.<br />

sont donc en recherche constante<br />

d’amélioration de leur impact<br />

environnemental et ce, depuis de longues<br />

années.<br />

LE PROGRAMME EVE<br />

POUR RÉDUIRE L’IMPACT<br />

ENVIRONNEMENTAL<br />

Le programme EVE est une démarche<br />

globale pour développer une synergie<br />

vertueuse entre les acteurs du secteur en<br />

©DR<br />

©Autocars Vincent Bobet<br />

60 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

faveur de l’environnement. Afin d’atteindre<br />

l’objectif fixé par la SNBC, le secteur du<br />

transport et de la logistique se mobilise.<br />

Le programme EVE d’Engagements<br />

Volontaires pour l’Environnement intègre<br />

les chargeurs (avec le dispositif FRET21),<br />

les commissionnaires de transport (avec<br />

le dispositif EVcom) et les transporteurs<br />

(avec le dispositif Objectif CO 2<br />

) dans<br />

une démarche globale, soutenue par<br />

les instances publiques (ministère<br />

de la Transition écologique et de la<br />

Cohésion des territoires, le ministère<br />

de la Transition écologique, chargé des<br />

Transports et l’Ademe, l’agence de la<br />

Transition écologique) et les organisations<br />

professionnelles du secteur (AUTF, CGF,<br />

FNTR, FNTV, OTRE et Union TLF).<br />

En outre, la convergence des objectifs<br />

des acteurs du transport et de la chaîne<br />

logistique facilite la mise en œuvre de<br />

solutions concrètes afin de réduire les<br />

émissions de gaz à effet de serre et de<br />

polluants.<br />

Ainsi, le programme EVE s’adapte<br />

en fonction des activités de chaque<br />

entreprise et du niveau d’engagement<br />

environnemental.<br />

Le programme est composé de 2 démarches<br />

complémentaires. Premièrement :<br />

l’entreprise s’engage à diminuer ses<br />

émissions grâce à un accompagnement sur<br />

3 ans. Deuxièmement : une reconnaissance<br />

de la performance environnementale à<br />

travers le label Objectif CO 2<br />

est à la<br />

disposition des transporteurs routiers<br />

de marchandises et de voyageurs.<br />

Eco CO 2<br />

met donc à la disposition du<br />

programme EVE, une équipe afin d’aider<br />

les entreprises dans ces démarches,<br />

les accompagner tout au long de leur<br />

engagement dans le programme, et<br />

organiser leur promotion avec l’aide<br />

des organisations professionnelles et de<br />

l’Ademe.<br />

Ainsi, depuis le début du programme<br />

EVE en 2018, plus de 5800 entreprises<br />

ont été sensibilisées par les organisations<br />

professionnelles et près de 2000 ont validé<br />

leur engagement dans le programme EVE.<br />

Ces sociétés se sont engagées à réduire<br />

chaque année, leurs émissions de plus de<br />

la journée des Trophées EVE du 9 juin 2022<br />

1.6 millions de tonnes CO 2<br />

e. Enfin, plus<br />

de 500 entreprises ont également obtenu<br />

le label Objectif CO 2<br />

, témoignant d’une<br />

bonne performance environnementale.<br />

Le label Objectif CO 2<br />

est la reconnaissance<br />

d’un niveau de performance énergétique<br />

et environnementale élevé pour les<br />

transporteurs routiers de marchandises<br />

et de voyageurs les plus vertueux. Son<br />

attribution est certifiée sur la base d’un<br />

audit préalable externe durant lequel sont<br />

vérifiés la fiabilité des données et le niveau<br />

de performance de l’activité par rapport<br />

au référentiel HBEFA. Reconnu par les<br />

professionnels du secteur, le label devient<br />

un critère de sélection pour les donneurs<br />

d’ordre sensibilisés ou engagés dans le<br />

cadre des dispositifs FRET21 et EVcom.<br />

Ce label peut s’obtenir pour toute entreprise<br />

de transport routier en suivant plusieurs<br />

étapes. D’abord, une sensibilisation au<br />

programme EVE est réalisée grâce aux<br />

organisations professionnelles porteuses<br />

du programme. Puis la société bénéficie<br />

d’un accompagnement à la demande de<br />

labellisation par un chargé de mission<br />

Eco CO 2<br />

, avec une évaluation préalable<br />

des performances. Ensuite, un processus<br />

de labellisation est entièrement sécurisé<br />

sur l’espace numérique consacré au<br />

programme. Des données sont auditées<br />

par un expert habilité et comparées au<br />

référentiel européen HBEFA. Enfin, un<br />

label officiel pour 3 ans est validé par des<br />

représentants du ministère, de l’Ademe et<br />

des organisations professionnelles.<br />

DES ENTREPRISES LABELLISÉES<br />

Deux sociétés labellisées récemment ont<br />

reçu le trophée de la meilleure performance<br />

environnementale lors de la journée des<br />

Trophées EVE du 9 juin dernier. Lauréate<br />

du trophée « Meilleure performance<br />

environnementale d’une entreprise de<br />

transport routier de voyageurs de moins<br />

de 50 salariés », Autocars Vincent Bobet<br />

(ABV) est une PME familiale localisée à<br />

Theix-Noyalo sur les rives du Golfe du<br />

Morbihan. Elle met à la disposition de<br />

ses clients un parc d’autocars récents<br />

de 8 à 63 places aux dernières normes<br />

technologiques et environnementales<br />

(Euro 6 et électrique) en matière de confort<br />

et de sécurité.<br />

En 2018, AVB a lancé le tout premier<br />

autocar électrique d’une capacité de<br />

59 places dans le Grand Ouest afin<br />

de transporter des voyageurs sur des<br />

excursions de 150 à 180 km dans le<br />

Morbihan. En 2019, un second car<br />

électrique a rejoint la flotte de l’entreprise<br />

AVB pour effectuer la ligne régionale<br />

BreizhGo N°8 entre Damgan et Vannes<br />

©Xavier Granet<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 61


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

© Xavier Granet<br />

soit 320 km/jour. En 2020, les besoins en<br />

charge des 2 cars électriques sont couverts<br />

par l’installation de 515 m2 de panneaux<br />

solaires sur le toit de l’entreprise.<br />

Pour compléter ses actions de réduction<br />

des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES),<br />

la société AVB a formé ses conducteurs à<br />

l’écoconduite. En parallèle, elle a mis en<br />

place un système de phyto-épuration sur le<br />

parking afin de recycler à 100% en circuit<br />

fermé les eaux de lavage des véhicules.<br />

Grâce à ces actions menées depuis 2019,<br />

l’entreprise de 12 salariés économise<br />

chaque année 133 tonnes de CO 2<br />

.<br />

Lauréate du trophée « Meilleure<br />

performance environnementale d’une<br />

entreprise de transport routier de<br />

marchandises de plus de 50 salariés »,<br />

Lenoir Transports SAS, entreprise basée<br />

en Haute Marne, dispose, quant à elle, de<br />

trois activités. Spécialisée dans le transport<br />

volumineux national, qui représente à<br />

lui-seul, 50 % de son activité, elle assure<br />

également des prestations de transport<br />

traditionnel (20 %) et de distribution<br />

régionale (30 %).<br />

Pour la 2 e fois, l’entreprise Lenoir<br />

Transports obtient le label Objectif CO 2<br />

en s’appuyant sur 4 axes. Concernant<br />

le carburant, des objectifs de réduction<br />

rigoureux sont fixés depuis 2017 et jusqu’en<br />

2024. Un collaborateur est, d’ailleurs,<br />

délégué au suivi de la consommation de<br />

l’entreprise et l’ensemble des conducteurs<br />

Le trophée de « Meilleure performance<br />

environnementale d’une entreprise de transport<br />

routier de marchandises de plus de 50 salariés »<br />

Eco CO 2<br />

labelisé Coq vert<br />

reçoivent leur évaluation de conduite<br />

(accélération, freinage, ralenti) chaque<br />

semaine sur leur ordinateur de bord.<br />

En outre, le choix de véhicules adaptés,<br />

allégés et sobres ont permis la progression à<br />

travers un renouvellement régulier du parc,<br />

dont plusieurs camions circulant au gaz<br />

naturel liquéfié (GNL). La réduction des<br />

kilomètres à vide et l’amélioration du taux<br />

de charge a également été une action forte<br />

mise en œuvre via le réseau de transport<br />

et la sensibilisation des collaborateurs.<br />

Enfin, 80% des conducteurs ont suivi<br />

des formations internes et externes à la<br />

conduite économique et rationnelle. Gil<br />

Doat ajoute : « Ils sont de plus motivés par<br />

des challenges et des primes » ●<br />

Valérie Brenugat<br />

Eco CO 2<br />

crée des solutions pour accélérer la transition écologique par le<br />

changement des comportements des citoyens et des organisations. Depuis 2009,<br />

l’éco-entreprise déploie des programmes d’accompagnement sur les économies<br />

d’énergie et la mobilité durable, conçoit des solutions connectées et réalise des<br />

études sur la conduite du changement et la maîtrise de l’énergie.<br />

Avec un capital majoritairement détenu par ses collaborateurs, Eco CO2 affirme<br />

son indépendance et ses valeurs résolument tournées vers l’humain et l’intérêt<br />

collectif.<br />

Eco CO 2<br />

est labelisé Coq vert depuis mars 2022. Créée par Bpifrance, cette<br />

communauté a pour but d’accompagner les TPE et les PME dans la transition<br />

écologique et de fédérer les entrepreneurs ayant amorcé cette transition. Pour<br />

intégrer la communauté du Coq Vert, une entreprise doit soit montrer qu’elle<br />

a entamé sa transition écologique (via une aide Ademe, un soutien Bpifrance<br />

dédié à la transition écologique ou un label spécifique identifié par l’Ademe et le<br />

Ministère de la Transition Ecologique), soit qu’elle fournit une solution permettant<br />

d’accélérer la transition du tissu économique. Des critères qu’Eco CO 2<br />

franchit sans<br />

difficulté.<br />

Pour être reçue dans la communauté du Cop Vert, l’entreprise s’engage à placer<br />

les convictions suivantes au cœur de sa stratégie. La première conviction est de<br />

limiter les dérèglements climatiques et restaurer la biodiversité afin de préserver<br />

les services écosystémiques, Eco CO 2<br />

veut faire de la transition écologique une<br />

nécessité pour la pérennité de l’entreprise et une opportunité de création de<br />

valeur et d’emplois qui nécessitent une évolution de son fonctionnement, Elle<br />

souhaite faire connaître les nouvelles solutions et innovations technologiques<br />

et organisationnelles. Elle se mobilise également pour fédérer et mobiliser les<br />

communautés d’entrepreneurs localement et ainsi déclencher leur engagement<br />

pour la transition écologique, En s’engageant dans la transition écologique de<br />

l’entreprise, elle opère une transformation du modèle économique compatible<br />

avec l’objectif de neutralité carbone à long terme, Dernier engagement : mettre<br />

en place une stratégie contribuant significativement aux enjeux de protection<br />

et de préservation de la biodiversité et des écosystèmes, de transition vers une<br />

économie circulaire, d’adaptation au changement climatique, de prévention des<br />

pollutions et d’utilisation durable des ressources naturelles. « Autant de points qui<br />

tiennent particulièrement à cœur à Eco CO 2<br />

et que l’entreprise a toujours placés au<br />

centre de son développement » conclut Gil Doat.<br />

62 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

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AVIS D’EXPERT<br />

Discrimination<br />

positive,<br />

attention<br />

à l’interdiction<br />

des discriminations<br />

La discrimination positive ou<br />

action positive (traduction<br />

littérale de l’anglais<br />

« affirmative action ») est<br />

une politique ayant pour<br />

objet de favoriser certaines<br />

catégories de personnes<br />

que l’on estime être<br />

désavantagées.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 63


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION DIVERSITÉ ET INCLUSION<br />

Le but de ces mesures est de rétablir<br />

l’égalité des chances en luttant<br />

contre une situation inégalitaire<br />

grâce à la mise en place plus ou<br />

moins temporairement de mesures ellesmêmes<br />

inégalitaires. On cherche ainsi à<br />

compenser ou éliminer une discrimination<br />

en créant une discrimination « positive ».<br />

Il peut donc être tentant, en tant<br />

qu’employeur, de mettre en place une<br />

discrimination positive que ce soit lors<br />

du recrutement ou lors de l’avancement<br />

des salariés. Cela afin de favoriser une<br />

catégorie de population qui pourrait être<br />

sous représentée dans les effectifs.<br />

Mais attention, en France la discrimination<br />

est passible de trois ans d’emprisonnement<br />

et 45 000 € d’amende (article 225-2 du code<br />

pénal), et la loi ne connait que de rares<br />

exceptions.<br />

L’INTERDICTION DES<br />

DISCRIMINATIONS EN DROIT<br />

DU TRAVAIL<br />

Le code du travail aux articles L1132-1<br />

à L1132-4 interdit expressément les<br />

discriminations.<br />

Aucune des mesures prises par l’employeur<br />

ne doit avoir pour origine un motif que la<br />

loi considère comme discriminatoire. La<br />

mesure la plus connue est évidemment<br />

l’interdiction des discriminations à<br />

l’embauche. Mais l’article L1132-1 du<br />

code du travail détaille toute une liste<br />

de comportements prohibés, le but étant<br />

de protéger les salariés durant toute leur<br />

période d’emploi et d’éviter qu’ils ne<br />

puissent être sanctionnés en fonction<br />

de leur sexe, de leurs mœurs, de leur<br />

orientation sexuelle, de leur âge, …<br />

Au total, la loi reconnait 25 critères de<br />

discrimination interdits<br />

L’ÉGALITÉ DEVANT LA LOI, UN<br />

PRINCIPE CONSTITUTIONNEL<br />

Cette interdiction générale prévue<br />

dans le code du travail et qui semble<br />

empêcher la discrimination positive n’est<br />

que l’expression d’un principe à valeur<br />

constitutionnel : l’égalité.<br />

Olivier Javel,<br />

Avocat à la Cour<br />

chez 1792 Avocats<br />

Le premier alinéa de l’article 1er de la<br />

Constitution de 1958 prévoit que « la<br />

France est une République indivisible,<br />

laïque, démocratique et sociale. Elle assure<br />

l’égalité devant la loi de tous les citoyens,<br />

sans distinction d’origine, de race ou de<br />

religion. « … » ».<br />

De façon plus précise, l’article 6 de la<br />

Déclaration des droits de l’homme et du<br />

citoyen dispose que « Elle [la loi] doit être<br />

la même pour tous soit qu’elle protège, soit<br />

qu’elle punisse. Tous les citoyens étant<br />

égaux à ses yeux sont également admissibles<br />

à toutes dignités, places et emplois publics,<br />

selon leur capacité, et sans autre distinction<br />

que celle de leurs vertus et de leurs talents ».<br />

C’est pourquoi il est couramment dit que<br />

la loi doit être aveugle. Elle ne peut pas<br />

servir à favoriser un groupe.<br />

LES EXCEPTIONS AU PRINCIPE :<br />

LES CAS DE DISCRIMINATION<br />

POSITIVE ADMIS<br />

Puisque le code du travail prévoit une<br />

interdiction générale des discriminations en<br />

droit du travail, pour qu’une discrimination<br />

positive puisse exister il faut qu’une loi<br />

prévoit des exceptions.<br />

Le conseil constitutionnel estime que le<br />

principe d’égalité ne s’oppose ni à ce que<br />

le législateur règle de façon différente des<br />

situations différentes, ni à ce qu’il déroge à<br />

l’égalité pour des raisons d’intérêt général,<br />

pourvu que la différence de traitement qui<br />

en résulte soit en rapport avec l’objet de la<br />

loi qui l’établit.<br />

Ainsi, la loi peut prévoir, à la condition<br />

de les justifier par des éléments objectifs,<br />

des différences de traitement qui ont pour<br />

conséquence une discrimination positive.<br />

C’est pourquoi les femmes (L1142-4 du code<br />

du travail) et les travailleurs handicapés<br />

(L1133-4 du code du travail) peuvent faire<br />

l’objet d’une discrimination positive. Mais<br />

les exceptions prévues dans le code du travail<br />

sont très peu nombreuses. En France, sauf<br />

dans des cas très particuliers, un employeur<br />

privé ne peut pas instaurer une politique<br />

de discrimination positive et ce quand bien<br />

même ses intentions seraient louables.<br />

PREUVE DE LA DISCRIMINATION<br />

Les employeurs doivent se montrer<br />

particulièrement vigilants. Le risque<br />

de condamnation est facilité par un<br />

aménagement du système probatoire.<br />

En principe, la preuve d’un fait juridique<br />

doit être rapportée par la personne qui<br />

allègue l’existence dudit fait.<br />

Cependant, l’article L1134-1 du code du<br />

travail a aménagé la preuve. La personne<br />

qui se prétend victime d’une discrimination<br />

doit présenter au juge des éléments de<br />

faits qui laisse supposer l’existence d’une<br />

discrimination (directe ou indirecte).<br />

La discrimination supposée a pour effet<br />

de créer un renversement du risque<br />

probatoire. Ce sera à la partie défenderesse<br />

de démontrer l’absence de discrimination.<br />

Or, la preuve d’un fait négatif peut être très<br />

difficile à rapporter ●<br />

Olivier Javel<br />

© DR<br />

64 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


INNOVATION ET RÉSILIENCE<br />

EXCELLENCE, DÉMARCHE, MANAGEMENT<br />

AVIS D’EXPERT<br />

Comment l’innovation<br />

prépare-t-elle à la résilience ?<br />

Jamais, depuis 2020, le terme Résilience n’aura été plus utilisé dans le domaine de la Santé, telle une<br />

aspiration rassurante au calme du monde d’avant après 2 ans d’épreuves organisationnelles, fonctionnelles<br />

et individuelles.<br />

La résilience est un concept<br />

récent, complexe et<br />

évolutif que l’on peut<br />

résumer par « la capacité<br />

à rebondir face à l’adversité, à<br />

s’adapter, à se rétablir et à retrouver<br />

l’accès à une vie pleine de sens<br />

et productive. » J.Rodríguez,<br />

M.Zaccarelli & D.Ricardo Pérez<br />

(2006). Cette définition met<br />

l’accent sur la prise en compte<br />

et le sens donné aux événements<br />

passés, et pas forcément terminés.<br />

La Résilience n’est donc pas le<br />

retour à l’état initial mais bien la<br />

capacité à construire un « monde »<br />

nouveau dans un environnement en<br />

perpétuel changement en apprenant<br />

du passé.<br />

DES AVENIRS INCERTAINS<br />

Personne ne mettra en doute<br />

l’importance et la multitude des<br />

impacts de ces 2 dernières années<br />

de pandémie, sans compter ceux<br />

encore à venir. Pourtant, il faut<br />

continuer à garantir les qualités<br />

de prises en charge et de services.<br />

SAVOIR ÊTRE CURIEUX<br />

L’implémentation avec succès<br />

de l’EFQM® dans un service de<br />

soins, ici un service de Médecine<br />

Intensive et Réanimation, reste<br />

exceptionnel en France. Plus qu’une<br />

réelle innovation managériale,<br />

son utilisation à compter de 2019<br />

© DR<br />

© DR<br />

Dr Sébastien<br />

Beague, Médecin<br />

Réanimateur,<br />

Service de Médecine<br />

Intensive et<br />

Réanimation, Centre<br />

Hospitalier de<br />

Dunkerque<br />

Dr Claire<br />

Trubert, Médecin<br />

Réanimateur,<br />

Service de Médecine<br />

Intensive et<br />

Réanimation, Centre<br />

Hospitalier de<br />

Dunkerque<br />

relève ici plutôt d’une curiosité créatrice ou<br />

curiosité managériale. Cette implémentation<br />

a nécessité une Culture <strong>Qualité</strong> de service<br />

éprouvée et une implication de tous les<br />

personnels médicaux et paramédicaux du<br />

service mais elle a contribué à l’améliorer par<br />

la méthodologie même du système EFQM® :<br />

Auto-évaluation, Prise en compte des besoins,<br />

ressentis de chacun et la clarté des résultats<br />

par la méthode RADAR.<br />

Après la Résistance au début de la pandémie,<br />

à l’heure des RETEX (début de la Résilience),<br />

il est apparu que le service avait été en<br />

mesure de répondre aux besoins de prise en<br />

charge de la population par son organisation<br />

managériale et fonctionnelle : Culture<br />

<strong>Qualité</strong> ancrée, formations, analyse du<br />

risque systématisée, procédures formalisées<br />

et appropriées, moyens de communication<br />

fonctionnels, clients connus et interfaces<br />

Centre Hospitalier de Dunkerque<br />

© DR<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 65


EXCELLENCE, DÉMARCHE, MANAGEMENT<br />

INNOVATION ET RÉSILIENCE<br />

organisées, travail en équipe, connaissance des<br />

besoins de chacun, suivi d’indicateurs (y compris<br />

de satisfaction) et contrôle médico-économique.<br />

Un tableau de bord formalise cette vision globale,<br />

transversale, interprofessionnelle des dirigeants.<br />

Durant la crise, cela nous a permis une grande<br />

flexibilité en termes de capacités d’hospitalisation<br />

et de modifications des prises en charge au fil<br />

des recommandations et pénuries diverses.<br />

L’EFQM® est une démarche de « <strong>Qualité</strong> Totale »<br />

qui fournit un cadre global de référence pour le<br />

management de l’organisation afin de développer<br />

une excellence durable donc évolutive par des<br />

résultats performants remarquables (mesurés<br />

et comparés), qui satisfont ou dépassent les<br />

attentes de l’ensemble des parties prenantes. Les<br />

particularités de l’EFQM® sont particulièrement<br />

positives dans le contexte actuel : l’EFQM® place<br />

la stratégie comme partie prenante à part entière (avec ses besoins<br />

et exigences propres qui doivent être satisfaits et cohérents<br />

avec ceux des autres acteurs), l’EFQM® place la collectivité et<br />

l’environnement comme partie prenante : ceci assure la durabilité<br />

du succès par une adaptation continue aux transformations du<br />

monde extérieur (y compris environnementales et sociétales).<br />

Il ouvre la parole à tous, à écoute égale. Ce modèle est<br />

personnalisable et déclinable à tous types de taille d’effectif,<br />

d’activité, de système directionnel. Enfin, la logique RADAR<br />

invite à gérer et planifier les modalités de réévaluation. Ainsi,<br />

sa clarté, ses ambitions, son état d’esprit, et sa méthodologie,<br />

sont parfaitement en accord avec les aspirations collectives et<br />

individuelles d’un service de Médecine en sortie de crise ou non.<br />

AVOIR DE L’AMBITION ET INSTAURER UNE CULTURE<br />

DE LA RÉSILIENCE<br />

Equipe du Service de<br />

Médecine Intensive<br />

et Réanimation du<br />

Centre Hospitalier<br />

de Dunkerque<br />

La vision purement médicale de la prise en charge trouve ses<br />

limites dans un monde de la Santé où la performance ne se résume<br />

plus à « sauver des vies » ou à « équilibrer les budgets en fonction<br />

de l’activité » (approche médico-économique). Il est temps de<br />

considérer les satisfactions : du patient bien sûr, pas toujours<br />

bien entendu ; des proches avec leurs aspirations propres ; du<br />

personnel, médical et paramédical, encadrants et soignants,<br />

dont les aspirations professionnelles et personnelles évoluent<br />

tandis que l’hôpital reste encore un milieu traditionnaliste,<br />

conservateur, hiérarchisé, segmenté ; mais aussi de la société<br />

qui demande l’égalité d’accès aux soins, ainsi qu’un contrôle<br />

budgétaire, et enfin, celle de certains managers, peu formés aux<br />

outils mais qui doivent malgré tout, faire tourner leur service.<br />

Grâce à l’EFQM®, le pilotage éclairé par l’expérience et guidé<br />

par les indicateurs devrait permettre d’avoir l’ambition de<br />

systématiquement atteindre tous les objectifs fixés, pour tous<br />

les acteurs et de manière durable et évolutive.<br />

Avoir de l’ambition permet d’affronter les grands défis des<br />

années à venir pour de multiples raisons. C’est ce qui booste<br />

la créativité, rend le travail stimulant et lui donne un sens<br />

augmenté pour les personnels. La crise sanitaire n’a pas encore<br />

montré toutes ses conséquences mais a démontré la nécessité<br />

d’un système organisationnel élaboré et solide préexistant,<br />

afin de gérer les changements inattendus de façon agile, sans<br />

impacter négativement la qualité de fonctionnement des services<br />

malgré des conditions dégradées. La nécessité de concilier tous<br />

les acteurs et critères génère de la nouveauté pour surseoir au<br />

compromis. L’hôpital devient une entité soumise à la loi du marché<br />

(attractivité, rentabilité), et qui évolue sans cesse (nouveaux<br />

métiers : IPA). La pratique médicale glisse d’une logique de<br />

« moyens » à une logique de « résultats » avec des exigences<br />

de pertinence et performance associées, et tend vers le « sur<br />

mesure ». Les compétences organisationnelles et managériales<br />

vont être une plus-value modifiant les rapports entre les différentes<br />

catégories professionnelles de l’hôpital mais surtout dans un<br />

environnement mouvant tel qu’actuellement. Enfin, la <strong>Qualité</strong><br />

de Vie au Travail devient un critère majeur de fidélisation au<br />

sein des services et établissements fragilisés.<br />

Avoir de l’ambition, c’est être curieux et créatif, c’est garder de<br />

l’optimisme, du positivisme, c’est écouter et être bienveillant<br />

(QVT). C’est positionner le « Mieux vivre pour tous » au cœur<br />

des priorités managériales des services de soins avec comme<br />

outils la communication (intelligence collective), l’entraide,<br />

l’écoute, la reconnaissance, la réassurance et la sérénité. Il<br />

est de la responsabilité des manageurs d’être ambitieux et de<br />

modifier leurs organisations managériales pour rebondir !<br />

Utiliser l’EFQM® en Santé, c’est innover (être curieux) pour<br />

créer une réelle Culture de la Résilience au sein des services<br />

(adaptation continue positive et rassurante) et pouvoir s’adapter<br />

à l’avenir (aux avenirs) ! ●<br />

Sébastien Beague et Claire Trubert<br />

© DR<br />

66 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


TRAVAIL EN MUTATION<br />

EXCELLENCE, DÉMARCHE, MANAGEMENT<br />

AVIS D’EXPERT<br />

Mutations du<br />

travail : obligation<br />

de reclassement<br />

et formation<br />

à la charge de<br />

l’employeur<br />

La loi impose deux<br />

obligations à l’employeur<br />

afin de permettre<br />

l’adaptation de ses salariés<br />

à la transformation de leurs<br />

conditions, personnelles<br />

ou structurelles, de<br />

travail : une obligation<br />

d’adaptation de ses salariés,<br />

au moyen de formations<br />

complémentaires, et une<br />

obligation de reclassement,<br />

en cas de difficultés<br />

économiques de la société<br />

ou d’inaptitude du salarié.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 67


EXCELLENCE, DÉMARCHE, MANAGEMENT<br />

TRAVAIL EN MUTATION<br />

Le but de ce dispositif est clair :<br />

favoriser le maintien de l’emploi<br />

comme règle, pour faire en<br />

sorte que le licenciement reste<br />

l’exception.<br />

L’OBLIGATION DE FORMATION,<br />

À FIN D’ADAPTATION DES<br />

SALARIÉS À L’ÉVOLUTION DE<br />

LEUR POSTE<br />

En application de l’article L 6321-1 du<br />

code du travail, l’employeur doit assurer<br />

« l’adaptation des salariés à leur poste de<br />

travail » et veiller au « maintien de leur<br />

capacité à occuper un emploi, au regard,<br />

notamment, de l’évolution des emplois,<br />

des technologies et des organisations ».<br />

Adapter, c’est notamment former, et cette<br />

obligation implique d’assurer au salarié<br />

une formation professionnelle continue<br />

pendant toute la durée de la relation de<br />

travail (Cass. Soc. 21.04.2017 : n°15-28640).<br />

L’employeur est considéré avoir satisfait<br />

à cette obligation si le salarié refuse<br />

toute proposition de formation (Cass. soc.<br />

13.02.2008, n°06-43844), ou lorsqu’il a mis<br />

en œuvre pendant plusieurs années des<br />

formations au bénéfice des salariés (Cass.<br />

soc. 03.11.2011, n°10-217<strong>94</strong>).<br />

L’initiative de ces formations pèse sur<br />

l’employeur, et c’est donc à lui de proposer<br />

des formations à ses salariés, peu<br />

important que ces-derniers n’en aient pas<br />

fait la demande (Cass. soc. 12 oct. 2016 :<br />

n° 15-19811).<br />

Cette obligation n’est pas négociable :<br />

dans un arrêt du 21 avril 2017 , la Cour<br />

de Cassation a sanctionné un arrêt d’appel<br />

qui avait retenu à tort que « les formations<br />

visées par l’article L. 6321-1 du code du<br />

travail restent une simple faculté et non<br />

une obligation pour l’employeur », et<br />

condamné l’employeur.<br />

Les formations suivies par le salarié doivent<br />

en outre être en adéquation avec son poste<br />

de travail, et notamment au regard des<br />

nouvelles missions qui lui sont confiées<br />

(Cass. Soc. 15 janv. 2020 n° 18-13676).<br />

Si un licenciement pour insuffisance professionnelle<br />

devait être prononcé alors<br />

qu’il n’a pas été satisfait à cette obligation,<br />

Pierre Lacoin,<br />

Avocat à la Cour<br />

chez 1792 Avocats<br />

il serait évidemment dénué de cause réelle<br />

et sérieuse.<br />

Par ailleurs, si l’absence de formation cause<br />

un préjudice au salarié, il peut demander<br />

des dommages-intérêts hors même toute<br />

procédure de licenciement à son encontre.<br />

A défaut de stipulations plus favorables de<br />

la convention collective, c’est en application<br />

de l’article L.6315-1 du Code du travail<br />

que doit avoir lieu un entretien bi-annuel<br />

différent de celui d’évaluation du salarié,<br />

consacré à ses perspectives d’évolution<br />

professionnelle, notamment en termes<br />

de qualifications et d’emploi.<br />

Par ailleurs, un entretien d’état des lieux<br />

récapitulatif du parcours professionnel<br />

du salarié, permettant de vérifier s’il a<br />

suivi au moins une action de formation,<br />

acquis des éléments de certification, et<br />

bénéficié d’une progression salariale ou<br />

professionnelle, doit avoir lieu a minima<br />

tous les 6 ans.<br />

L’OBLIGATION DE<br />

RECLASSEMENT, AFIN D’ÉVITER<br />

LES LICENCIEMENTS<br />

Cette obligation concerne les licenciements<br />

pour motif économique, ou pour<br />

inaptitude.<br />

Dans le premier cas, si l’entreprise<br />

présente des difficultés économiques<br />

sérieuses entraînant une suppression<br />

© DR<br />

ou une modification d’un de ses postes<br />

de travail, elle peut licencier les salariés<br />

concernés.<br />

Elle doit avant cela chercher à reclasser<br />

ces salariés, de manière effective et<br />

sérieuse (se contenter par exemple de<br />

constater que le profil d’un salarié ne<br />

correspond pas aux offres proposées<br />

sur l’intranet de l’entreprise ne suffit<br />

aucunement), par des recherches qui<br />

doivent perdurer du moment où le<br />

licenciement est envisagé jusqu’à sa<br />

notification.<br />

L’employeur doit chercher un poste<br />

de reclassement au sein de toute l’entreprise,<br />

y compris ses établissements<br />

situés dans d’autres régions (ou les<br />

autres entreprises du groupe dans le<br />

cas d’un groupe).<br />

La proposition doit porter sur un emploi<br />

de catégorie équivalente et à rémunération<br />

équivalente.<br />

Si une formation complémentaire est<br />

nécessaire à l’adaptation du salarié,<br />

l’employeur doit la lui proposer.<br />

C’est à l’employeur de prouver qu’il a<br />

effectué toutes les recherches possibles<br />

et que le reclassement était impossible.<br />

A défaut, le licenciement économique<br />

intervenant sera sans cause réelle et<br />

sérieuse.<br />

En cas d’inaptitude, l’employeur doit<br />

tenter de reclasser son salarié et lui<br />

proposer un autre emploi en tenant<br />

compte des indications du médecin<br />

du travail sur les capacités du salarié<br />

à exercer l’une des tâches existantes.<br />

L’emploi proposé doit être aussi similaire<br />

que possible à l’emploi précédemment<br />

occupé, au besoin par la mise en<br />

œuvre d’aménagements, adaptations ou<br />

transformations de postes existants ou<br />

du temps de travail.<br />

L’employeur dispose d’un délai de 1<br />

mois à partir de la réception de l’avis<br />

d’inaptitude médicale pour reclasser<br />

son salarié inapte ou le licencier. Passé<br />

ce délai, il doit reprendre le paiement<br />

du salaire ●<br />

Pierre Lacoin<br />

1 • Articles L. 1233-4 et suivants, article L 6321-1 du Code<br />

du travail / 2 • Cass. Soc. 21.04.2017 : n°15-28640<br />

68 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FOCUS SANTÉ/ENVIRONNEMENT<br />

OUTILS QUALITÉ<br />

AVIS D’EXPERT<br />

Comment libérer le potentiel<br />

du digital en santé<br />

par la qualité ?<br />

La <strong>Qualité</strong> nous touche directement, encore plus lorsqu’il s’agit de santé.<br />

Le numérique au service de la santé.<br />

©iStock<br />

Si nous assistons dans la majorité des cas<br />

à une réussite formidable, venant des<br />

bons choix de médicaments ou d’actes<br />

dont nos proches ou nous-même avons<br />

bénéficié, à l’inverse, dans une minorité des<br />

cas, nous subissons les conséquences de la<br />

‘iatrogénie’, ces cas où ce qui a été fait pour<br />

faire du bien a fait du mal. L’OMS situe la<br />

iatrogénie comme troisième cause de mortalité<br />

dans le système de santé après les maladies<br />

cardio-vasculaires et le cancer … et bien<br />

au-dessus par exemple que les accidents de la<br />

route, les suicides, les armes à feu… Il peut<br />

s’agir d’un médicament prescrit alors qu’il<br />

est contre-indiqué dans un cas précis, qui<br />

oblige à re-hospitaliser ; d’un dosage adulte<br />

donné par erreur à votre enfant qui décède<br />

ou reste handicapé à vie ; de l’arrêt prématuré<br />

des anticoagulants qui ruine le résultat d’un<br />

acte chirurgical pourtant réussi, … une<br />

prescription sur dix comporte ce type de<br />

risque aux conséquences lourdes en santé et<br />

en surcoût pour le système de santé : chaque<br />

année en France, des dizaines de milliers de<br />

décès, des centaines de milliers de complications<br />

( ré-hospitalisations, pertes d’autonomie), et 2<br />

Milliards d’Euros de dépenses évitables.<br />

Bien sûr, cette réalité ne remet pas en cause<br />

l’enthousiasme et la reconnaissance que nous<br />

ressentons envers le système de santé et les<br />

professionnels de santé, très compétents et qui<br />

dans l’immense majorité des cas délivrent une<br />

prestation de grande qualité.<br />

Toutefois nous, les qualiticiens, nous devons<br />

nous poser la question : pourquoi ces chiffres<br />

et pourquoi ils restent inchangés depuis des<br />

décennies, malgré les budgets consacrés en<br />

particulier à l’informatisation, malgré les possibilités<br />

de l’Intelligence Artificielle et du Big Data<br />

pour automatiser et améliorer la recherche des<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 69


OUTILS QUALITÉ<br />

FOCUS SANTÉ/ENVIRONNEMENT<br />

anomalies, optimiser nos trajets de voiture,<br />

nos recherches d’hébergement, battre les<br />

champions aux échecs, etc ?<br />

LA PREMIÈRE RÉPONSE<br />

EST DANS UNE FORMULE SIMPLE :<br />

‘PAS DE DATA, PAS D’IA’<br />

Le 1 er frein majeur à la qualité de prestation<br />

par le praticien est le manque de données,<br />

et le faible niveau de qualité des données<br />

pourtant nécessaires à une prise en charge de<br />

qualité et à l’apprentissage des solutions IA.<br />

Alors, pourquoi cette insuffisance de données<br />

en santé, quand d’autres secteurs, en<br />

ont ? La cause prédominante fera chaud au<br />

cœur de tout qualiticien : c’est le retard pris<br />

en santé sur certains principes premiers de<br />

la qualité qui empêche ce champ de bénéficier<br />

des technologies nouvelles et de leurs<br />

apports fantastiques.<br />

Lorsqu’on pense aux méthodes qualité qui<br />

ont tant apporté pour la performance de<br />

l’industrie, la qualité des produits, et notre<br />

qualité de vie, on pensera par exemple à la<br />

construction, depuis le code d’Hammourabi<br />

au livre des métiers, de la définition<br />

fine des ‘exigences métiers’ des différentes<br />

professions, à la généralisation du contrôle<br />

qualité puis des sciences statistiques dans la<br />

première moitié du XX e , puis aux 7 outils<br />

de la qualité et cercles de qualité, au TQM,<br />

aux six sigma, à l’EFQM… On ne citera pas<br />

forcément les ‘normes et standards’, qui ont<br />

mauvaise presse, les processus et la systémique,<br />

qu’on a tendance à trouver compliqués…<br />

Et pourtant ! Les savoir-faire liés aux<br />

référentiels les ISO 9000/14000/26000 pour<br />

l’organisation, COBIT pour l’informatique,<br />

le MRP2 pour l’axe production-comptable,<br />

les codes-à-barres et flux de données GS1, les<br />

réglementations pour les prises électriques,<br />

pour les CD, pour les impacts carbone…, ont<br />

accompagné les progrès industriels et organisationnels<br />

grâce à la gestion des données et<br />

à l’inter opérabilité. C’est lorsque la qualité<br />

n’est pas là qu’on s’en rend compte : câbles<br />

différents pour les appareils de marques<br />

différentes, prises électriques différentes<br />

entre les pays, rails de train qui n’ont pas<br />

le même écartement, jouets des enfants qui<br />

comportent des matières cancérigènes…<br />

François Versini, président de<br />

Digilence<br />

Un parcours<br />

dans la<br />

santé<br />

et la chimie<br />

François Versini a été<br />

Directeur <strong>Qualité</strong> du<br />

Groupe Pierre Fabre<br />

de 2005 à 2010, et du<br />

Business ‘Foams’ au<br />

niveau mondial chez Dow<br />

Chemical de 1997 à 2000,<br />

après avoir occupé des<br />

positions de direction<br />

en RH, Production et<br />

Logistique dans ces<br />

mêmes entreprises.<br />

Depuis 2010, il a été<br />

entrepreneur dans<br />

le conseil et l’édition<br />

de logiciel et est<br />

actuellement CEO de<br />

la start-up Keenturtle,<br />

et Directeur du Conseil<br />

Scientifique eSanté de<br />

DigiLence, cabinet conseil<br />

en transformation. Il est<br />

par ailleurs Secrétaire<br />

Général de France<br />

Processus, porteur<br />

en France des notions<br />

processus et systémique.<br />

© DR<br />

© DR<br />

Et quand les logiciels utilisés à l’hôpital<br />

formatent et organisent les data de manière<br />

disparate difficilement réconciliables,<br />

empêchant les traitements de données<br />

qui sont faciles dans les autres secteurs.<br />

La Chimie, la grande distribution, l’alimentaire,<br />

l’automobile, etc ont déployé<br />

depuis longtemps des standards afin que les<br />

logiciels utilisés par les différentes fonctions<br />

d’une entreprise, et par les entreprises qui<br />

collaborent, puissent facilement s’échanger<br />

leurs données, sans ressaisie, avec acuité.<br />

Les standards de données sont construits<br />

non seulement avec des formats optimisés,<br />

mais des logiques qui aident à la bonne<br />

maintenance des bases de données. Il<br />

s’agit de l’une des plus belles réussites des<br />

concepts de qualité et de processus, dont<br />

on est peu conscients !<br />

La santé est un des seuls grands secteurs<br />

où les standards ont été peu déployés au<br />

fil de l’informatisation du secteur. L’hétérogénéité<br />

est telle que les systèmes ne se<br />

parlent pas et qu’ils ne pourront pas être<br />

aussi communicants que leurs équivalents<br />

dans les autres secteurs avant 5 à 10 ans.<br />

70 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FOCUS SANTÉ/ENVIRONNEMENT<br />

OUTILS QUALITÉ<br />

L’Hôpital du Valais, à Sion en Suisse<br />

est le premier acquéreur de la solution.<br />

« Alors, pourquoi cette insuffisance de données en<br />

santé, quand d’autres secteurs, en ont ? »<br />

Les logiciels d’aide à la décision, à base d’IA et de Big Data,<br />

sont obligés d’ici là à de lourds mécanismes de transformation<br />

des data pour arriver à croiser les données des systèmes en<br />

place. D’où les échecs de programme IA des plus grands de<br />

l’informatique, et les progrès lents constatés. La iatrogénie ne<br />

pourra donc être réduite que très graduellement ?<br />

Une bonne nouvelle toutefois : une démarche d’une ampleur<br />

radicalement nouvelle a été menée pour rattraper ce retard ,<br />

‘MaSanté2022’, désormais poursuivie avec des budgets importants<br />

dans le cadre du plan France 2030, qui conditionne les<br />

financements aux éditeurs de logiciel à une labellisation<br />

incluant le respect des standards de données et interfaces ;<br />

au vu des résultats obtenus de 2019 à 2022, on peut avoir bonne<br />

confiance que le chemin a été trouvé pour que les solutions<br />

informatiques et digitales deviennent aussi communicantes et<br />

performantes que dans les autres secteurs, et que l’on puisse<br />

libérer le potentiel de l’IA et du Big Data au service de la<br />

gestion des risques et de la qualité.<br />

On aura alors transformé un cercle vicieux en vertueux : la<br />

qualité du système de santé jusque-là freinée par l’impossibilité<br />

d’utiliser la force de la digitalisation, elle-même freinée par<br />

l’absence de méthodes qualité dans les logiciels existants ;<br />

le rattrapage en matière d’utilisation des méthodes qualité<br />

va permettre à la digitalisation d’amener un progrès déterminant<br />

au service de la gestion des risques et de la qualité<br />

dans le système de santé dans son entier. Ces méthodes qui<br />

changent la donne incluent la modélisation des processus et<br />

des données, les standards de données, la labellisation qualité.<br />

Pas de <strong>Qualité</strong>, pas d’IA… ●<br />

François Versini<br />

De Keenturtle à DigiLence<br />

Keenturtle s’est donné pour mission de<br />

libérer le potentiel de l’IA pour le bon<br />

usage du médicament, et pour la lutte<br />

contre la ‘iatrogénie’.<br />

Son système d’aide à la décision clinique,<br />

PharmaClass, a disrupté le secteur et<br />

est leader en France, Suisse et Belgique,<br />

avec 42 hôpitaux opérationnels, et des<br />

décès, complications et surcoûts évités<br />

chaque jour.<br />

C’est le focus donné aux principes de<br />

maîtrise de la qualité, des processus<br />

et des risques, qui a permis de rendre<br />

utilisables les data nécessaires pour une<br />

IA performante, de détecter et hiérarchiser<br />

les risques sur tout un hôpital, et de<br />

constituer un dispositif qualité à la main<br />

des professionnels de santé.<br />

Keenturtle a choisi de ne pas attendre<br />

que les standards de données soient appliqués<br />

dans les logiciels de prescription,<br />

de biologie, administratifs, etc d’où il est<br />

nécessaire d’extraire les données pour<br />

détecter les risques médicamenteux. Les<br />

technologies de Keenturtle permettent<br />

d’interfacer PharmaClass avec tous les<br />

logiciels présents à l’hôpital et de les<br />

‘référentialiser’ c’est-à-dire les transcodifier<br />

pour les mettre au standard. Ainsi<br />

la solution est portable en tout contexte<br />

informatique malgré l’hétérogénéité<br />

particulièrement forte dans la santé.<br />

La société de conseil où les logiciels de<br />

Keenturtle ont ‘incubé’, EASYstem, a donné<br />

naissance à DigiLence, cabinet conseil<br />

en transformation, qui accompagne les<br />

organisations pour mettre en synergie<br />

la digitalisation, l’intelligence collective,<br />

les notions de processus et systémique et<br />

l’ingénierie de modèles économiques.<br />

Keenturtle poursuit son chemin avec une<br />

gamme de produit hybride de ‘transversale<br />

data’ et sa ‘verticale aide à la décision<br />

clinique’, chacune étant en pointe<br />

dans son domaine grâce à sa synergie<br />

avec l’autre : l’outil de Data Intelligence,<br />

SmartBlend, est poussé au bout de son<br />

potentiel par l’usage pour la iatrogénie<br />

pour étendre l’éventail de données<br />

utilisables ici et maintenant, l’outil du<br />

pharmacien PharmaClass a le potentiel<br />

de détection de risques le plus large du<br />

marché grâce à la richesse de la collecte<br />

de données et la richesse de l’algorithmique<br />

créée pour tirer parti de ces data.<br />

Au bout du potentiel des savoir-faire<br />

qualité et processus.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 71


OUTILS QUALITÉ<br />

FOCUS SANTÉ/ENVIRONNEMENT<br />

©IMT Mines Albi<br />

AVIS D’EXPERT<br />

Apport de<br />

l’Intelligence Artificielle<br />

à la performance<br />

opérationnelle et<br />

environnementale de la<br />

gestion des réseaux d’eau<br />

Les métiers de l’eau sont devenus particulièrement critiques sur trois<br />

aspects : la gestion des réseaux d’eau qui, face à la tension sur la<br />

ressource, doit s’affranchir de tout gaspillage ; la multiplication des<br />

situations climatiques extrêmes qui affectent la disponibilité de la<br />

ressource ; la planification des opérations de maintenance qui doivent<br />

contribuer à la robustesse et la résilience des réseaux. Autant de points<br />

dont dépend la qualité de service attendue pour les usagers, auxquels<br />

les méthodes d’intelligence artificielle (IA) apportent de nouvelles<br />

réponses en ouvrant la voie au pilotage intelligent des réseaux d’eau.<br />

Xavier Lorca, Directeur du centre<br />

Génie Industriel d’IMT Mines Albi<br />

AMÉLIORER LA QUALITÉ DE<br />

SERVICE<br />

Dans le contexte d’une ressource contrainte<br />

mis en évidence pendant l’été 2022, la<br />

gestion des réseaux de distribution d’eau<br />

requiert un point d’attention crucial :<br />

comment diminuer les gaspillages ? En<br />

d’autres termes, comment traquer les<br />

fuites ?<br />

Les méthodes d’IA constituent un levier<br />

pour y répondre. Elles permettent de<br />

passer d’une stratégie historiquement<br />

réactive (actions curatives, correctives ou<br />

préventives), à une méthode prédictive, apte<br />

à anticiper les opérations de maintenance<br />

(la bonne action, au bon moment, au bon<br />

endroit). L’ensemble des données du réseau<br />

historisées (caractéristiques de l’eau, du<br />

terrain et des matériaux, récurrence des<br />

fuites…) sont ainsi collectées, analysées<br />

et modélisées, pour concevoir un système<br />

de prédiction. Basé sur des méthodes<br />

©IMT Mines Albi<br />

Le bâtiment d’IMT Mines Albi<br />

statistiques et d’apprentissage automatique,<br />

sa fonction est double : classifier les<br />

opérations de maintenance et formuler<br />

des préconisations de travaux dans une<br />

double optique de qualité de service et de<br />

maîtrise des coûts.<br />

DES RÉSEAUX MIEUX MAÎTRISÉS<br />

ET GÉRÉS EN SITUATIONS<br />

EXTRÊMES GRÂCE AU TRAVAIL<br />

SUR LES DONNÉES<br />

Les événements extrêmes (sécheresse,<br />

inondations…) affectent la disponibilité<br />

de la ressource eau et impliquent un<br />

changement de paradigme de la part des<br />

opérateurs. Avec des réseaux devenus<br />

infrastructures critiques, ils doivent<br />

pouvoir arbitrer les priorités en disposant<br />

de la bonne information, au bon moment<br />

et en évaluant l’impact souhaité. Exploiter<br />

des données d’un réseau, c’est précisément<br />

maîtriser son fonctionnement en situations<br />

extrêmes et être en capacité de gérer<br />

finement l’allocation de ressources. Cette<br />

démarche se traduit par la création d’un<br />

double numérique du réseau et de scénarios<br />

de crise, permettant de simuler la mise<br />

en contrainte du réseau pour évaluer, en<br />

72 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


OUTILS QUALITÉ<br />

amont, la solution de gestion de crise la<br />

plus adaptée et être prêt le jour J. Un apport<br />

important des méthodes d’IA portera<br />

l’évolution vers un jumeau numérique,<br />

lequel prescrirait les actions à mener<br />

directement pendant la crise. Pour ce<br />

faire, les méthodes d’IA doivent encore<br />

gagner en maturité, tout comme le niveau<br />

d’appropriation de ces technologies par<br />

les décideurs.<br />

UNE PLANIFICATION DES<br />

OPÉRATIONS INTERNES ASSISTÉE<br />

PAR L’IA<br />

Ouvertures et fermetures de compteurs,<br />

dépannages, recouvrement… Les<br />

opérations internes qui jalonnent la vie<br />

des réseaux et ouvrages de production<br />

d’eau potable sont nombreuses.<br />

L’optimisation de leur planification<br />

s’inscrit dans un objectif conjugué de<br />

robustesse, d’utilisation raisonnée des<br />

ressources, de qualité au travail et de<br />

qualité du service rendu. L’étude de cas<br />

sur les données réelles d’un réseau permet<br />

de simuler un processus de planification<br />

des interventions journalières qui prend<br />

en compte les aléas et les urgences en vue<br />

d’assurer le meilleur niveau de service. En<br />

s’appuyant sur des méthodes d’IA centrées<br />

sur le raisonnement, le système de<br />

planification automatise la prise en compte<br />

de nombreux paramètres (ressources et<br />

matériels, dimensionnement, priorisation<br />

et intégration des urgences, …). En<br />

cas d’aléa, il propose des alternatives<br />

organisationnelles. Cette approche permet<br />

de mettre en œuvre une démarche QSE<br />

efficiente et pérenne. Un prototype de<br />

planification assistée développé par le<br />

Centre Génie Industriel d’IMT Mines<br />

Albi et Veolia est en cours d’évaluation en<br />

confrontation avec le système traditionnel<br />

de planification pour en quantifier<br />

l’apport concret.<br />

QUALITÉ DES DONNÉES ET<br />

DIVERSITÉ DES COMPÉTENCES,<br />

DES CONDITIONS À L’EFFICIENCE<br />

DE L’IA<br />

Les méthodes d’IA se divisent en trois<br />

grandes familles applicatives. La première<br />

famille concerne les connaissances : elle<br />

vise à formaliser et structurer dans des<br />

modèles, les données collectées. Une<br />

étape cruciale, qui permet d’identifier, à<br />

partir d’un grand volume de données, les<br />

informations pertinentes et structurantes.<br />

La deuxième famille porte sur la<br />

construction de modèles mathématique<br />

ou logique, déclinés en algorithmes<br />

génériques de résolution systématique.<br />

Enfin, la troisième famille est relative aux<br />

méthodes d’apprentissage automatique<br />

très prometteuses grâce à l’évolution de<br />

la puissance de calcul apportée par de<br />

nouvelles architectures informatique.<br />

Dans le contexte de la gestion des réseaux<br />

d’eau qui génère de nombreuses variables à<br />

observer, la combinaison de ces différentes<br />

méthodes est décisive pour la pertinence<br />

métier des solutions dites « IA centrées ».<br />

Peu de centres de recherche maîtrisent<br />

l’ensemble de ces expertises de la théorie<br />

aux métiers, à l’instar du Centre Génie<br />

Industriel qui avec Veolia, travaille<br />

depuis 2020, dans le cadre du Laboratoire<br />

commun RE-S-EAU, à la mise en œuvre<br />

de solutions de pilotage intelligent des<br />

réseaux d’eau ●<br />

Xavier Lorca<br />

IMT Mines Albi et Veolia ont livré un premier<br />

bilan des travaux de leur laboratoire commun<br />

RE-S-EAU en juin dernier.<br />

©IMT Mines Albi<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 73


OUTILS QUALITÉ<br />

FOCUS SANTÉ/ENVIRONNEMENT<br />

MANAGEMENT<br />

Hôpital des Quinze-Vingt :<br />

la responsable <strong>Qualité</strong><br />

du laboratoire témoigne<br />

Lisa Bossu, responsable <strong>Qualité</strong>, assure la mise en place et le suivi des systèmes de management de la qualité<br />

et d’amélioration continue et je suis responsable gestion documentaire au sein du laboratoire de l’hôpital<br />

des Quinze-Vingt. Elle participe activement à l’accréditation du système de management de la qualité du<br />

laboratoire.<br />

©DR<br />

Lisa Bossu, responsable <strong>Qualité</strong> du<br />

laboratoire de l’hôpital des Quinze-Vingt<br />

Lisa Bossu, responsable <strong>Qualité</strong> au<br />

sein du laboratoire de l’hôpital<br />

des Quinze-Vingt, déclare à propos<br />

des enjeux de la qualité et de<br />

la gestion des risques dans un établissement<br />

hospitalier : « Avoir et maitriser son image<br />

de marque, répondre aux demandes du<br />

marché afin de répondre aux demandes<br />

sociétales, fidéliser les patients et le professionnel<br />

médicaux et paramédicaux en<br />

répondant à leurs besoins, innover dans<br />

les recherches et les nouvelles techniques<br />

et Disposer d’un personnel compétent et<br />

impliquer dans les différents projets du<br />

CHNO ». Le système qualité du laboratoire<br />

s’articule autour de la mise en place d’un<br />

système d’amélioration continue. Toute<br />

action permet au laboratoire de satisfaire<br />

ses parties prenantes tout en respectant la<br />

règlementation et les normes spécifiques<br />

au laboratoire. Ainsi, en cas, d’avis négatif<br />

sur Google, concernant le laboratoire. Lisa<br />

Bossu réalise une fiche de réclamation.<br />

Elle ouvre une enquête pour déterminer la<br />

nature de la réclamation. Puis elle propose<br />

des actions à mettre en place afin que cette<br />

situation ne se reproduise pas.<br />

Actuellement, le laboratoire utilise trois<br />

logiciels informatiques. Le logiciel qualité,<br />

Sapanet d’In log Advanced Healthcare<br />

Software, permet de gérer la documentation<br />

du laboratoire, la gestion des consommables,<br />

les non-conformités et les fichiers<br />

de suivis des automates (pannes, rapport<br />

SAV, maintenances...). Le logiciel URT2<br />

de Biorad rend possible le suivi des passages<br />

des contrôles internes et externes<br />

de la qualité. Enfin, le logiciel VSTAFF de<br />

Viskali sert à la gestion des compétences du<br />

personnel du Laboratoire. Par ailleurs, Lisa<br />

Bossu remarque : « pour chaque logiciel, il<br />

est nécessaire d’avoir réalisé une formation<br />

pour savoir les utiliser. Nous réalisons un<br />

maintien des compétences pour les utilisateurs<br />

et une habilitation initiale pour les<br />

nouveaux arrivants. »<br />

En outre, chaque fournisseur d’automates<br />

transmet des contrôles internes au laboratoire.<br />

Sur chaque automate, des contrôles<br />

sont effectués en fonction d’une stratégie<br />

basé sur les risques (risque de contamination,<br />

changement de réactif, changement<br />

de lot…).<br />

De plus, pour chaque paramètre (Glucose,<br />

lipide, phosphore…), le laboratoire réalise<br />

des contrôles externes de qualité (EEQ).<br />

Les EEQ sont des contrôles qui permettent<br />

de vérifier actuellement les performances<br />

du laboratoire. Ils sont envoyés par une<br />

société nationale. Le laboratoire n’a pas<br />

la possibilité de connaitre à l’avance la<br />

valeur attendue du paramètre. Lisa Bossu<br />

cite un exemple : « Le laboratoire X reçoit<br />

une urine du patient 01459. Les renseignent<br />

cliniques sont favorable à une infection<br />

bactérienne. Le laboratoire doit identifier<br />

la bactérie responsable de l’infection urinaire<br />

et doit déterminer un antibiogramme<br />

adapté au patient. » En cas de résultats<br />

L’entrée de l’hôpital des 15-20<br />

74 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


FOCUS SANTÉ/ENVIRONNEMENT<br />

OUTILS QUALITÉ<br />

© DR<br />

mal estimés, le laboratoire doit réaliser<br />

un plan d’action et des actions afin de<br />

maitriser la situation le plus rapidement<br />

possible.<br />

Par ailleurs, Lisa Bossu raconte le processus<br />

d’acquisition des outils : « Pour<br />

les automates, nous réalisons un tableur<br />

Excel, regroupant tous les produits disponibles<br />

sur le marché. Nous avons créé<br />

une cotation numérique de 0 à 5. Chaque<br />

produit est scrupuleusement détaillé afin<br />

de réaliser un choix le plus transparent et<br />

répondant à nos critères de sélection. Les<br />

critères sont principalement : répondre<br />

à leur besoin en termes d’activité, une<br />

marque Française ou de l’union européenne<br />

(CCE), la présence sur le marché<br />

public, l’émission faible de déchet et l’avis<br />

favorable des utilisateurs.<br />

Ces automates sont utilisés pour différentes<br />

applications. Par exemple, l’automate<br />

effectuant des examens de biochimie, le<br />

Cobas C30, réalise le dosage par absorption<br />

dans le Sang, le LCR, les Larmes<br />

des paramètres biochimique tel que la<br />

glycémie, les cholestérols, le calcium,<br />

l’urée… L’automate réalisant des examens<br />

d’immunologie, le Phadia 200, effectue<br />

le dosage d’anticorps dans le sérum et les<br />

larmes. Au total, le laboratoire dispose<br />

d’une vingtaine d’automates…<br />

Etant dans un hôpital d’ophtalmologie, le<br />

laboratoire doit adapter les analyses sur<br />

des matrices (atypique), notamment les<br />

larmes et « les matrices atypiques » sur<br />

des automates pour lequel les méthodes<br />

sont appliquées sur du sang, du sérum<br />

et de l’urine ». De plus, « La difficulté de<br />

travailler avec les larmes, c’est le volume<br />

récolté par œil. Nous travaillons avec les<br />

fournisseurs afin d’adapter le plus possible<br />

les automates et les tubes en fonction de la<br />

quantité moyenne de larmes qu’un patient<br />

pourrait nous donner. » note Lisa Bossu<br />

« Nous travaillons avec des hôpitaux du<br />

monde entier. Nous effectuons des analyses<br />

que personne en France ne réalise. C’est<br />

ce qui fait la renommée de cet hôpital. »<br />

Par ailleurs, le laboratoire a dû s’adapter<br />

en fonction de chaque vague de Covid<br />

depuis 2020. Il teste en priorité les professionnels<br />

de l’hôpital ainsi que les patients<br />

en cas de doute sur leur état de santé. De<br />

plus, l’hôpital des 15-20 a ouvert des lits<br />

spéciaux pour les patients venant d’hôpitaux<br />

autres que le CHNO des 15-20<br />

sortant du coma et qui doivent avoir un<br />

suivi avant leur retour là la maison.<br />

Enfin, cette année, Lisa Bossu a intégré<br />

le conseil d’administration de France<br />

<strong>Qualité</strong> en tant que Référente Nationale<br />

Maîtrise des risques. Elle déclare à propos<br />

de son activité dans l’association : « J’ai<br />

participé à la définition stratégique des<br />

actions à mener pour l’année 2022 et ainsi<br />

déterminer son mode d’organisation. J’ai<br />

également participé à la définition du budget<br />

alloué pour l’année 2022. Je contribue<br />

aussi à apporter une expertise par mon<br />

expérience dans la qualité. De plus, je<br />

participe aux réflexions sur le management<br />

de la qualité par une connaissance<br />

et une maitrise des risques. » ●<br />

Valérie Brenugat<br />

La statue du roi Saint-Louis<br />

L’histoire de<br />

l’Hôpital des<br />

Quinze-Vingt<br />

Fondée par le roi Saint Louis, vers<br />

1260, l’Hôpital des Quinze-Vingt<br />

est alors « la maison des pauvres<br />

aveugles de Paris ». Le nom<br />

de Quinze-Vingt provient de la<br />

numération vicésimale (manière<br />

de compter par vingtaine) utilisée<br />

à l’époque. Lorsqu’elle fut fondée<br />

au XIII e siècle, la Maison des<br />

aveugles de Paris ne le fut pas<br />

comme un hôpital (Hôtel Dieu),<br />

mais comme un lieu de vie où<br />

les aveugles pouvaient vivre en<br />

famille, élever leurs enfants et<br />

pratiquer leur métier. Ce n’est<br />

qu’à la fin du 19 e siècle que<br />

le docteur Fieuzal y crée une<br />

clinique ophtalmologique gratuite<br />

avec l’aide du Général Gambetta.<br />

Elle avait pour vocation de<br />

soigner les yeux des malvoyants.<br />

©DR<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 75


AGENDA<br />

SALON<br />

FÉVRIER<br />

Du 7 au 8<br />

Paris Space Week<br />

La 10 e édition de Paris Space Week est à la<br />

fois des rencontres d’affaires internationales<br />

et un salon de l’industrie de l’Espace.<br />

Paris Est Montreuil<br />

www.paris-space-week.com<br />

MARS<br />

Du 7 au 10<br />

Global Industrie<br />

La 5 e édition de Global Industrie est le rassemblement<br />

des 4 grands salons industriel<br />

historiques : Midest (sous-traitance industrielle),<br />

Smart Industries (industrie connectée, collaborative<br />

et efficiente), Industrie (technologies<br />

et équipements de production) et Tolexpo<br />

(solutions et équipements pour la tôlerie).<br />

Eurexpo Lyon<br />

https://global-industrie.com<br />

Le 17<br />

ASD Alliance : positionnez-vous<br />

sur les marchés de demain !<br />

Le pôle Astech Paris Région de la région Île<br />

de France, le cluster Altytud de la région des<br />

Hauts-de-France et le cluster aériades de la<br />

région Grand Est proposent un événement<br />

de rencontres d’affaires individuels avec les<br />

décideurs Achat et Innovation des grandes<br />

industries aérospatiales civile et militaire.<br />

Des conférences sur les grands enjeux de ses<br />

secteurs d’activités seront partagées par les<br />

acteurs majeurs et compléteront cette journée.<br />

New Cap Event Center, Paris<br />

www.pole-astech.org<br />

Du 21 au 23<br />

Documation, Solutions RH et<br />

E-Learning-expo<br />

La 27e édition du salon du management de<br />

l’information et des processus documentaires<br />

se tiendra en parallèle du salon des outils et<br />

services dédiés aux dirigeants d’entreprises,<br />

aux responsables des ressources humaines,<br />

de la formation et des systèmes d’information,<br />

Solutions RH. le salon de la formation<br />

et du digital learning, E-Learning-expo, se<br />

déroulera en même temps.<br />

Paris Porte de Versailles<br />

www.documation.fr, www.solutionsressources-humaines.com,<br />

www.elearning-expo.com<br />

Du 21 au 23<br />

BePOSITIVE<br />

À l’heure du défi climatique et de la crise<br />

énergétique, le salon national de la transition<br />

énergétique rassemblera les acteurs<br />

des filières bâtiment durable et énergies<br />

renouvelables autour de 4 secteurs d’exposition<br />

: nouveaux systèmes énergétiques, bois<br />

énergie - Flam’expo, énergie dans le bâtiment<br />

et solutions constructives.<br />

Eurexpo Lyon<br />

www.bepositive-events.com<br />

AVRIL<br />

Du 19 au 20<br />

Systèmes Objets Connectés<br />

Ce salon S.O.C dédié aux acteurs des systèmes<br />

et objets connectés et à leurs clients<br />

est le lieu naturel de rencontres, le carrefour<br />

de ces métiers, la solution aux besoins des<br />

porteurs de projets : télécoms, électronique,<br />

systèmes embarqués, M2M, capteurs, ingénierie<br />

de la donnée, énergétique, analyse,<br />

IA et valorisation, plates-formes, la<br />

cybersécurité et la sécurité physique des<br />

systèmes et objets connectés.<br />

Paris Expo - Porte de Versailles<br />

www.salon-systemes-objets-connectes.com<br />

ÉVÈNEMENT<br />

FÉVRIER<br />

Le 10<br />

Trophée Leader <strong>Qualité</strong> 2023<br />

Ce trophée Leader <strong>Qualité</strong> France (LQF) est<br />

attribué par France <strong>Qualité</strong> à la personnalité<br />

<strong>Qualité</strong> de l’année. La cérémonie se déroulera<br />

de 12h30 à 13h.<br />

Hôtel Ibis Paris 17 Clichy-Batignolles<br />

www.qualiteperformance.org<br />

FORMATION<br />

FÉVRIER<br />

Le 10<br />

Les fondamentaux<br />

de la qualité et de l’ISO 9001<br />

Objectifs :<br />

- Comprendre les enjeux d’une démarche<br />

qualité, et de l’amélioration continue.<br />

- Identifier les responsabilités de chaque<br />

fonction de l’entreprise.<br />

Profils : toute personne désirant comprendre<br />

les enjeux et principes d’une démarche qualité.<br />

Futur auditeur interne et externe. Futur audité.<br />

Paris<br />

www.cegos.fr<br />

MARS<br />

Du 16 au 17<br />

Approfondir sa connaissance des<br />

référentiels qualité<br />

Objectifs :<br />

- comprendre les demandes réelles des différents<br />

référentiels qualité.<br />

- identifier les différences, similitudes et interdépendances<br />

entre référentiels.<br />

Profils : membres des services qualité, développement,<br />

production, maintenance et logistique.<br />

Boulogne-Billancourt<br />

www.ifis.fr<br />

Le 23<br />

Intégrité des données dans les<br />

documents <strong>Qualité</strong><br />

Objectifs :<br />

- Définir une donnée brute dans un document<br />

qualité<br />

- Définir l’intégrité d’une donnée brute<br />

- Moyens mis en œuvre pour garantir cette<br />

intégrité<br />

Public concerné : toute personne intervenant<br />

dans la fabrication de médicaments, produits<br />

pharmaceutiques, dispositifs médicaux, en<br />

R&D, production, contrôle ou fonctions supports<br />

A distance<br />

https://cpe-formation.fr<br />

MAI<br />

Du 31 au 2<br />

Formation Pratique d’Auditeur<br />

Interne : Niveau 1<br />

Objectifs :<br />

-acquérir les techniques et les méthodes opérationnelles<br />

pour conduire des audits internes<br />

et externes de manière efficace.<br />

-élaborer en formation ses supports de questionnements.<br />

-réaliser la synthèse des audits internes et<br />

externes.<br />

-participer à l’amélioration continue de sa<br />

structure.<br />

Profil concerné :<br />

Cette formation <strong>Qualité</strong> s’adresse aux collaborateurs<br />

devant réaliser ou participer à des<br />

audits internes, futurs auditeurs/audités.<br />

Paris<br />

www.demos.fr<br />

Retrouvez toutes les dates<br />

de manifestations sur :<br />

www.qualityandco.com/agendas<br />

76 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


Sous le haut patronage de<br />

Monsieur Emmanuel MACRON, Président de la République<br />

07-10 MARS<br />

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QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 77


INDEX<br />

Au sommaire du prochain numéro :<br />

DOSSIER<br />

• BPM, GED, dématérialisation, IA, applications,<br />

plateforme…<br />

EXCELLENCE, DÉMARCHE, MANAGEMENT<br />

• La RSE 2.0 : un nouveau modèle responsable à<br />

l’européenne<br />

• De la QVT à la QVCT : quels rôles pour le manager ?<br />

FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

• L’IA de confiance : un cadre pour une offre<br />

européenne d’IA éthique, fiable et certifiée<br />

• Industries : relocalisation, décarbonation,<br />

digitalisation<br />

PRÉVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT<br />

• La prévention, facteur de performance ?<br />

• Risque écologique : quelles solutions ?<br />

CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL<br />

• Comment automatiser son contrôle qualité grâce à<br />

l’IA ?<br />

• Des solutions pour accélérer efficacement sa<br />

stratégie RSE<br />

Index des associations, organismes et sociétés cités :<br />

1792 AVOCATS ...............................................63, 67<br />

AB CERTIFICATION ...............45, 4 e de couverture<br />

AFNOR CERTIFICATION......................................45<br />

AFQP.....................................................................10<br />

AIR FRANCE...................................................38, 58<br />

APIXIT...................................................................30<br />

BLUEKANGO........................................................28<br />

BUREAU VERITAS CERTIFICATION FRANCE ...45<br />

CH DUNKERQUE..................................................66<br />

CSF NSE ...............................................................16<br />

CREDIT AGRICOLE IMMOBILIER.......................12<br />

DIGILENCE...........................................................70<br />

DOCUMATION ........................................................6<br />

ECO CO2................................................................60<br />

FM GLOBAL..........................................................22<br />

FRÉA.....................................................................29<br />

GESIP....................................................................14<br />

GLOBAL INDUSTRIE ...........................................77<br />

HOPITAL 1520......................................................74<br />

IMT MINES ALBI............................................32, 72<br />

LRQA FRANCE .....................................................45<br />

MAINTENANCE & CO ..........................................67<br />

MAP SPACE COATINGS.......................................41<br />

MEDEF..................................................................25<br />

MESURES & TESTS.............................................63<br />

PARIS SPACE WEEK ...........................................44<br />

POSITHOT.............................................................34<br />

PREVENTICA..........................................................4<br />

QUALIOS.......................................2 e de couverture<br />

QUALITY & CO......................................................59<br />

SEPEM..........................................3 e de couverture<br />

SGS FRANCE........................................................45<br />

SOC .......................................................................37<br />

VEOLIA..................................................................72<br />

Retrouvez nos anciens numéros sur :<br />

www.qualite-references.com<br />

78 I QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023


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SEPEM I CENTRE-OUEST<br />

ANGERS<br />

d u 1 0 a u 1 2 o c t o b r e<br />

2 0 2 3<br />

SEPEM I SUD-EST<br />

MARTIGUES<br />

d u 6 a u 8 j u i n<br />

2 0 2 3<br />

ITINS <br />

• SEPEM I NORD-OUEST à ROUEN du 23 au 25 janvier 2024<br />

• SEPEM I CENTRE-EST à GRENOBLE en 2024<br />

• SEPEM I EST à COLMAR du 4 au 6 juin 2024<br />

• SEPEM I SUD-OUEST à TOULOUSE du 24 au 26 septembre 2024<br />

RENSEIGNEMENTS :<br />

contact.sepem@gl-events.com I 05 53 36 78 78<br />

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RÉFÉRENCES • N°<strong>94</strong>-95 • Septembre 2022 - Février 2023 I 79


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