Focus Famille Automne-Hiver 2019

gobran

automne-hiver 2019 | CULTIVER LA FOI EN FAMILLE

Pratiquer la compassion

treize manières ludiques de

prier avec vos enfants

êtes-vous vrai avec

votre conjoint ?

que faire quand quelqu’un

de mon entourage est gay ?


AUTOMNE-HIVER 2019

FOCUS FAMILLE

ILLUSTRATION PAR DAVID POP


ÉDITORIAL

Chers lecteurs,

LLaissez-moi vous parler de mon petit frère, David.

David était un jeune homme à l’esprit doux et

humble. Plein de compassion, il était sensible aux

souffrances d’autrui, cherchant toujours à alléger

leur peine, bien souvent en utilisant l’humour. Il

faisait attention aux plus petits, aux rejetés. Son

désir était que tous se sentent aimés, qu’aucun ne

soit abandonné. Il n’était pas rare qu’il s’arrête

lors d’une promenade pour parler à des sans-abris,

égayant leur visage d’une joke. Il ne semblait y avoir

aucune malice en lui, chose qui, enfant, m’avait

toujours fascinée.

Ainsi, David nous a donné, avec naturel, un

aperçu de la compassion infinie de Dieu pour les fils

de l’homme. En effet, Dieu ne méprise personne. Il

souhaite que tous soient sauvés et passent l’éternité

auprès de lui.

Mais qu’est-ce que la compassion, au juste ? En

latin, « compatir » signifie « souffrir avec ». Il s’agit

avant tout de se montrer sensible à la souffrance

d’autrui, la ressentir par soi-même, voire presque

la porter de manière physique. En effet, le mot

grec original, traduit par « compassion » dans le

Nouveau Testament, signifie être « bouleversé

dans ses entrailles ». Il est intéressant de noter

que la Bible utilise cette notion pour décrire un des

sentiments de Dieu envers nous. Je crois que son

cœur de Père souffre terriblement lorsqu’il voit

sa création, faite à son image, être prisonnière de

la chair, se rebeller et passer l’éternité loin de lui,

incapable de se sauver par elle-même.

Compatir avec quelqu’un implique également de

se mettre à son niveau, le considérer comme un égal.

La philosophe Agata Zielinski parle de « rencontrer

autrui sans se tenir dans une position de surplomb ».

Sans cette humilité, nos bons sentiments sont tout

simplement de la pitié. Une fois de plus, Dieu nous

a montré un exemple parfait d’humble compassion

lorsqu’il s’est fait homme, vivant sur terre, souffrant

comme nous, dans les limitations de notre nature

humaine et ce, sans jugement ni condamnation.

Jésus l’a d’ailleurs dit lui-même : il n’est pas venu

pour nous condamner. Sur terre, il s’est fait serviteur,

lavant même les pieds de ses disciples.

Enfin, compatir n’est pas un simple sentiment

passif. Rosaria Butterfield écrit : « Compatir

implique […] d’entrer dans la souffrance de l’autre

pour l’aider à en sortir. » Il s’agit de prendre un

risque, de sortir de notre zone de confort et nous

laisser toucher par la souffrance d’autrui. Ainsi, ému

de compassion, ressentant notre souffrance, Dieu

a décidé d’y remédier par amour. Alors que nous

méritions le jugement, il a offert son Fils innocent

en sacrifice, prenant nos souffrances sur lui, offrant

ainsi une solution à notre vulnérabilité.

Concrètement, dans notre quotidien, cela signifie

que ce que nous avons reçu du Père – la compassion,

l’acceptation et le pardon inconditionnels – nous

sommes appelés à les partager autour de nous,

remplis de l’amour insufflé dans nos cœurs par le

Saint-Esprit, avec douceur et sans condamnation.

Notre désir est que les articles de ce numéro vous

inspirent à faire précisément cela.

Bonne lecture,

Elisabeth Van Essen

Éditrice de Focus Famille

EN MÉMOIRE DE D AVID POP (1989 – 2017)

AUTOMNE-HIVER 2019

3


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AUTOMNE-HIVER 2019

Focus FamilleFocus on the Family Canada

Président

Terence Rolston

Vice-présidente senior

Melanie Hoeppner

Président du conseil

Terry Jones

Éditrice

Elisabeth Van Essen

Éditeurs associés

Dominique Ourlin, Amy Van Veen

Traductrice

Anne Worms

Design et conception graphique

Amanda Regan, Shuwen Chang et Tyler Tsuyuki

Directrice de la production

Jane Omelaniec

Note importante : pour toute demande de réutilisation d’un article, écrivez à lettres@focusfamille.ca.

Magazine Focus Famille par Focus on the Family (Canada) Association, Automne-Hiver 2019,

vol. 11, no. 3, ISSN 1918-297x. © 2019 Focus on the Family (Canada) Association. Tous droits

réservés. Publié par Focus on the Family (Canada) Association, une organisation caritative

reconnue. Notre numéro d’enregistrement d’organisation caritative est le 106845969 RR0001.

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AUTOMNE-HIVER 2019

SOMMAIRE

12 22 32

CHEMINER DANS SA FOI

9 Promesses de la Bible

Des versets de la Bible pour aimer

la compassion

16 Aspirer à la bonté, humaine

et divine

Étudié à la lumière de la Bible, le concept

de bonté, si à la mode, prend une tout

autre profondeur

25 Pas de passion sans

compassion

Dans notre zèle à communiquer nos

convictions, n’oublions pas la compassion

30 Comment aider ceux

qui vivent avec une douleur

chronique

Des conseils pratiques pour faire preuve

de compassion envers ceux qui souffrent

au quotidien

ÉDUQUER SES ENFANTS

6 Astuces éducatives

Idées et conseils pour l’éducation

des enfants

8 Éduquer ses enfants

Comment enseigner la compassion

aux enfants

10 Accompagner son ado

Donner une deuxième chance à nos ados

lorsqu’ils font fausse route

11 Le pardon comme preuve

de compassion

Extrait de la leçon La compassion, publiée

sur notre site Web Grandir dans l’intégrité

12 Treize manières ludiques

de prier avec vos enfants

Enseignez-leur à prier pour les autres

avec créativité

PRENDRE SOIN DE

SON COUPLE

20 Le véritable pouvoir de la

douceur dans le couple

Comment s’y prendre lorsqu’on a des

vérités difficiles à communiquer à

son conjoint ?

22 Êtes-vous vrai avec votre

conjoint ?

Les vertus de la vulnérabilité dans le

couple et comment la cultiver

28 Préserver votre couple quand

vos enfants vont mal

Quand leur fils a sombré dans la drogue,

le mariage de Kathleen et Loren a été mis

à rude épreuve

S’INVESTIR DANS SA

COMMUNAUTÉ

32 Comment réagir quand

quelqu’un de mon entourage

est gay ?

Guide pour marcher aux côtés de ceux

qui ressentent une attirance pour les

personnes de même sexe

35 Aimer son prochain

Extrait d’un entretien sur l’hospitalité

avec Rosaria Champagne Butterfield,

ancienne lesbienne

38 Recette à partager

Cuisine, gluten et compassion

AUTOMNE-HIVER 2019

5


ASTUCES ÉDUCATIVES

Idées et conseils pour

l’éducation des enfants

EXPLIQUER

LES CONSÉQUENCES

Quand votre enfant se comporte mal, n’essayez pas

de changer son attitude en menaçant de vous mettre

en colère. Au lieu de cela, expliquez-lui calmement

quelles seront les conséquences de ses actes. Le but

est que votre enfant choisisse un bon comportement

motivé par des raisons internes, non pas sous le

contrôle d’un parent furieux.

— Adapté du livre

Des limites pour nos enfants,

par Henry Cloud

OFFRIR LE CADEAU

DE L’ÉCOUTE

Jonathan McKee, spécialiste des relations avec les

jeunes, se voit souvent confier par les adolescents :

« Mes parents ne m’écoutent jamais ! » Ne soyez

pas de ces parents-là. Lorsque vous êtes en conflit

avec votre ado, ne sautez pas aux conclusions, mais

invitez plutôt votre ado à s’exprimer et à se défendre

avec respect. Demandez-lui par exemple : « Y’a-t-il

une raison particulière pour laquelle tu n’as pas

débarrassé la table comme je te l’avais demandé ? »

Vos enfants apprendront ainsi comment expliquer

calmement leurs décisions ou bien comment

admettre leurs mauvais choix.

6 FOCUSFAMILLE.CA

DES JEUNES HÔTES D’ACCUEIL

Vos enfants se précipitent-ils pour accueillir leur

papa quand il rentre à la maison ? Voilà une occasion

parfaite de les aider à développer le don d’hospitalité.

Enseignez-leur à accueillir chaleureusement leur

père en lui posant des questions sur sa journée ou

en proposant de lui prendre son manteau. Montrezleur

où accrocher un manteau dans le placard et

comment présenter papa aux invités s’il y a déjà du

monde à la maison.

ILLUSTRATIONS PAR AMANDA REGAN


ASTUCES ÉDUCATIVES

Petites traditions familiales

À QUI LE TOUR ?

Enseignez l’hospitalité à vos enfants en instaurant une nouvelle

tradition familiale : celle d’inviter quelqu’un à manger chez

vous après l’église une fois par mois. Laissez vos enfants choisir

avec vous qui vous inviterez le mois prochain.

LES REPAS QUI FONT DU BIEN À L’ÂME

Pendant le souper, demandez à vos enfants : « Quelles sont les

erreurs que tu as faites aujourd’hui ? » Cela les aidera à se sentir à

l’aise pour parler de leurs fautes. C’est également une occasion de

rire ensemble de vos maladresses ou de se demander pardon les

uns aux autres si nécessaire, pour ne pas garder de ressentiment.

— Adapté du livre

The Stickyfaith Guide for Your Family

[Guide familial pour une foi durable],

par Dre Kara Powell

DES LUEURS DANS LA NEIGE

Jour de forte neige ? Ou une journée d’hiver banale ? Essayez

cette activité rigolote à faire à la nuit tombée. Dans votre

arrière-cour, cachez des bâtonnets luminescents sous la neige,

puis envoyez les enfants les chercher. Vous pouvez ensuite vous

amuser à fabriquer des bonshommes de neige fluorescents ou

des igloos illuminés.

Questions à poser

autour de la table

Quelques idées pour lancer la discussion

au moment des repas en famille et

apprendre à mieux connaitre vos enfants

Si tu pouvais composer le menu pour enfants

d’un restaurant, que servirais-tu ?

Cite-moi un sujet pour lequel tu as prié

aujourd’hui.

Si ton ami était malade et cloué au lit, que

ferais-tu pour l’aider et le réconforter ?

Cite-moi trois idées.

Quel est ton chant de louange préféré en

ce moment ?

© 2019 Focus on the Family (Canada) Association. Tous droits réservés.

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ÉDUQUER SES ENFANTS

Comment enseigner la

compassion aux enfants

Des conseils pratiques pour éveiller ou cultiver la compassion chez vos enfants

PAR FOCUS ON THE FAMILY

La compassion et l’empathie ne sont pas toujours naturelles

chez les enfants. Voici quelques conseils pour les encourager à

penser aux autres et à ce qu’ils traversent.

1. Observez ce qui attendrit votre enfant. De nombreux

enfants se montrent particulièrement doux envers les

bébés et les animaux. Parlez-en avec eux et laissez-les

mettre des mots sur ce qu’ils ressentent. Se sentent-ils

protecteurs ? Affectueux ? Empathiques ? Travaillez

ensuite à renforcer le sentiment de compassion là où

il existe déjà.

2. Faites le lien entre la situation des autres et les

expériences de votre enfant. Y a-t-il un nouvel élève

dans la classe ? Aidez votre enfant à se rappeler un

moment où il s’est senti seul et mal à l’aise. Cela l’aidera

à comprendre comment cet enfant doit se sentir.

Proposez-lui ensuite de réfléchir à des moyens d’aider

le nouveau venu.

3. Baissez un peu la garde. Vous pouvez laisser vos

enfants voir certains des problèmes qui existent dans

le monde et leur impact, en particulier sur les enfants.

Cependant, approchez ces questions avec tact, afin

qu’ils ne se sentent pas submergés.

4. Encouragez vos enfants à passer à l’action. Plus le lien

est fort entre les actions de vos enfants et la cause qui

leur tient à cœur, plus ils comprendront l’importance

de se préoccuper des autres. Vous pouvez par exemple

porter votre famille bénévole pour aider dans un refuge

pour animaux ou pour une soupe populaire.

5. Lisez à vos enfants les histoires de la Bible qui

montrent la compassion de Jésus envers les enfants, les

foules, les malades et les affamés. Ils y verront le cœur

compatissant de Dieu, ce qui leur enseignera à regarder

les autres à travers les yeux du Père.

© 2019 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Extrait de Focus on

Your Child’s Discovery Years, février 2008. Publié par Focus on the Family.

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PROMESSES DE LA BIBLE

Aimer la compassion

Nous avons sélectionné quelques versets qui nous rappellent l’amour et la compassion de notre Père céleste

envers ses enfants. Nous vous encourageons à les lire et à les relire. N’hésitez pas à vous les approprier et à les

proclamer comme étant vôtres, afin de vous souvenir de la bonté de Dieu et de refléter avec amour la compassion

que nous avons nous-mêmes reçue du Père.

« Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants,

pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et mœlles. » (Hébreux 4.12)

Psaume 145.8-9

« L’Éternel est miséricordieux et compatissant,

lent à la colère et plein de bonté. L’Éternel est

bon envers tous, et ses compassions s’étendent

sur toutes ses œuvres. »

Daniel 9.18

« Mon Dieu, prête l’oreille et écoute ! […] Car

ce n’est pas à cause de notre justice que nous te

présentons nos supplications, c’est à cause de

tes grandes compassions. »

Matthieu 9.36

« Voyant la foule, il fut ému de compassion pour

elle, parce qu’elle était languissante et abattue,

comme des brebis qui n’ont point de berger. »

Michée 6.8

« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est

bien ; et ce que l’Éternel demande de toi, c’est

que tu pratiques la justice, que tu aimes la

miséricorde, et que tu marches humblement

avec ton Dieu. »

1 Corinthiens 13.2

« Et quand j’aurais le don de prophétie,

la science de tous les mystères et toute la

connaissance, quand j’aurais même toute la foi

jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas

l’amour, je ne suis rien. »

Job 36.5

« Dieu est puissant, et il ne méprise personne. »

Ésaïe 58.6-7

« Voici le jeûne auquel je prends plaisir :

détache les chaînes de la méchanceté, dénoue

les liens de la servitude, renvoie libres les

opprimés, et que l’on rompe toute espèce de

joug ; partage ton pain avec celui qui a faim, et

fais entrer dans ta maison les malheureux sans

asile ; si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne

te détourne pas de ton semblable. »

2 Corinthiens 1.3-4

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur

Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le

Dieu de toute consolation, qui nous console

dans toutes nos afflictions, afin que par la

consolation dont nous sommes l’objet de la

part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui

se trouvent dans l’affliction ! »

Romains 12.15

« Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ;

pleurez avec ceux qui pleurent. »

Éphésiens 4.15

« En proclamant la vérité avec amour, nous

grandirons en tout vers le Christ, qui est la

tête. » (version français courant)

AUTOMNE-HIVER 2019

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ACCOMPAGNER SON ADO

Lorsque nos ados

font fausse route

Tout comme Dieu nous a pardonné nos égarements,

offrons une deuxième chance à nos ados

PAR MARK GREGSTON

« Je choisis la joie. […] J’inviterai mon Dieu à être le Dieu des

circonstances. […] Je refuserai de voir un problème comme autre

chose qu’une occasion de voir Dieu. » (Max Lucado)

NNous vivons dans un monde où le changement est constant. Il

semblerait que les choses changent aujourd’hui à un rythme

plus rapide que jamais auparavant. Certains de ces changements

sont bons et d’autres le sont moins. Si nos adolescents peuvent

cheminer dans ce labyrinthe mouvant et en sortir indemnes,

nous avons de quoi être très reconnaissants. Pourtant, ils ne

s’en sortent pas tous sans séquelles.

Certains ados sont victimes de la pression négative qui

existe dans nos cultures actuelles : ils choisissent une vie

d’hédonisme, de désobéissance délibérée, de rébellion et de

comportements autodestructeurs. C’est terriblement triste de

voir des jeunes pleins de potentiel faire de tels choix. Personne

n’est plus dévasté que leurs parents.

DES CŒURS BRISÉS PAR LA RÉBELLION

Je travaille régulièrement avec des parents qui ont versé de

nombreuses larmes sur un fils ou une fille prodigue. Les mots ne

sauraient décrire l’ampleur de la douleur et de la souffrance qui

assaillent le cœur de ces parents, brisé par l’amour. L’intensité

de leurs sentiments est telle que l’enfant lui-même ne peut

l’appréhender.

L’un des constats les plus difficiles à faire pour les parents

est que, malgré l’expérience de vie qui est la leur et la sagesse

qu’ils ont acquise à travers leurs propres erreurs et échecs,

leurs enfants n’en bénéficieront probablement pas. Ils ne

comprendront pas tant qu’ils ne feront pas les mêmes erreurs

et en subiront les conséquences par eux-mêmes. Et des erreurs,

il va y en avoir.

En fait, les êtres humains ont une propension infinie à se créer

des problèmes. C’est l’une des vérités les plus incontestables

nous concernant. Heureusement, il existe quelque chose de

bien plus grand que notre capacité à pécher : le désir de Dieu de

nous aimer et de nous pardonner. Pour ceux d’entre nous qui ont

accepté Jésus comme Sauveur, Dieu nous pardonne chaque fois

que nous le lui demandons. Encore et encore.

LES REMETTRE DANS LES MAINS DE DIEU

Souvenez-vous d’une chose concernant vos adolescents :

quelles que soient les erreurs qu’ils aient faites, leur vie n’en

est pas pour autant complètement gâchée. Ils ne sont pas

irrécupérables. L’Être le plus aimant et le plus puissant de

l’univers désire les guérir. Qui plus est, il a le pouvoir et la

créativité nécessaires pour le faire.

Alors, plutôt que de vous attarder sur vos erreurs, déposez

tous ces soucis aux pieds de Jésus et choisissez de célébrer la vie

de votre enfant. Je vous recommande de ressortir des vieilles

photos et de vous remémorer les moments heureux de la

naissance et de l’enfance de votre ado. Laissez ces images vous

rappeler la joie d’avoir reçu cet enfant comme un cadeau venant

de Dieu. Son regard de Père était sur lui le jour de sa naissance

et y est encore aujourd’hui.

Apprenons à être reconnaissants pour les deuxièmes chances

que Dieu accorde. Il aime nos enfants et s’occupe d’eux bien

mieux que nous ne pourrions le faire nous-mêmes. Y a-t-il un

cadeau plus merveilleux ?

Mark Gregston est auteur, orateur et animateur radio. Il a fondé le

ministère Heartlight, un programme d’hébergement pour les adolescents

en difficulté au Texas.

© 2010 Mark Gregston. Tous droits réservés. Copyright international. Utilisation autorisée.

10 FOCUSFAMILLE.CA


Extrait de la leçon

La Compassion

Le pardon comme

preuve de compa ssion

Commencez par lire les passages bibliques suivants

avec vos enfants : Matthieu 18.21-35 ; Éphésiens 2.4-5 ;

1 Timothée 1.15-17 et Tite 3.5.

Questions pour lancer la discussion

1. Dans l’histoire de Matthieu 18, comment le maitre

a-t-il montré de la pitié envers le serviteur ?

2. Le serviteur en a-t-il fait de même avec son débiteur ?

3. Qu’est-il arrivé au serviteur sans pitié ?

4. Comment Dieu nous montre-t-il sa miséricorde ?

5. Y a-t-il des moments dans la vie où nous agissons

comme le méchant serviteur ?

6. Comment Dieu veut-il que nous manifestions notre

miséricorde les uns envers les autres ?

Concepts fondamentaux à tirer de cette histoire

Les disciples de Jésus lui demandent combien de fois

ils doivent se pardonner les uns aux autres. En réponse,

Jésus leur raconte l’histoire d’un roi qui soldait ses

comptes avec ses serviteurs.

Un serviteur devait beaucoup d’argent au roi. Quand le

roi lui a demandé qu’il lui rende son argent, le serviteur

l’a supplié d’avoir pitié de lui car il ne pouvait pas payer.

Le roi a accepté et a effacé sa dette. Peu après, ce même

serviteur a été trouver un autre serviteur qui lui devait

une plus petite somme d’argent et la lui a réclamée sur

le champ. Le serviteur endetté a demandé plus de temps

pour rembourser, mais le premier serviteur a refusé et l’a

fait jeter en prison.

Comme tu peux l’imaginer, quand le roi l’a appris, il s’est

fâché et a fait emprisonner le premier serviteur, à qui

il avait effacé la dette. Jésus termine son histoire en

disant : « C’est ainsi que mon Père qui est au ciel vous traitera

si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son

cœur. » (Matthieu 18.35)

On peut parfois être tenté de se comporter comme le

méchant serviteur. Imagine si un enfant renverse du lait

sur les papiers de son père par accident et celui-ci lui

pardonne. Que penserais-tu si un peu plus tard, un des

frères de cet enfant renverse de l’eau sur son jouet par

accident et que l’enfant refuse de lui pardonner ?

Quand on refuse de pardonner, on manque de

miséricorde. Jésus nous explique que Dieu est comme

ce roi : il fait preuve de compassion envers nous en

nous pardonnant nos péchés. Dieu désire que nous

pardonnions aux autres, comme lui nous a pardonnés.

Quand Jésus a enseigné à ses disciples à prier, il leur

a dit de prier : « Pardonne-nous nos torts, comme nous

pardonnons nous aussi à ceux qui nous ont fait du tort »

(Matthieu 6.12). Pardonner aux autres est une preuve de

compassion.

Verset correspondant

« Soyez bons et pleins d’affection les uns pour les autres ;

pardonnez-vous réciproquement, comme Dieu vous a

pardonné par le Christ. » (Éphésiens 4.32)

Téléchargez gratuitement la leçon

complète sur notre site internet

Grandirdanslintegrite.com

3 à 10 ans

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ENSEIGNEZ-LEUR À PRIER POUR LES AUTRES AVEC CRÉATIVITÉ

PAR CATHERINE WILSON

12 FOCUSFAMILLE.CA


ILLUSTRATIONS PAR TYLER TSUYUKI

En tant que parents chrétiens, rien n’est plus important à nos

yeux que de voir nos enfants tomber en amour avec leur Sauveur.

Il arrive pourtant souvent que nous nous sentions incompétents

quant à notre rôle dans ce processus. Notre expérience en tant

qu’accompagnateur spirituel est bien limitée. Et si je m’y prends

mal ?, se demande-t-on. La simple tâche d’enseigner à nos

enfants à prier peut nous amener à douter.

LE MYSTÈRE DE LA PRIÈRE

Une partie du problème, je pense, vient du fait que la prière est

un mystère. Elle est à la fois simple et incompréhensible. Ayant

enseigné à nos enfants une courte prière à prononcer avant de

s’endormir, comme : « Merci Jésus pour ma famille », nous nous

penchons sur eux dans leur lit en nous demandant, Est-ce que

c’est bon ? Est-ce réellement suffisant ? En même temps, nous

ne voulons pas imposer aux plus jeunes des longues prières qui

risqueraient de leur paraitre lourdes et de les éloigner de la foi.

Il peut être utile de se rappeler que la prière est d’abord une

relation. À l’âge de l’école primaire, ce n’est pas le moment de

se demander si votre enfant suit bien les lignes directrices de

la prière idéale, consacrant un temps égal à l’adoration, à la

confession, aux actions de grâce et aux pétitions.

Ne vous laissez pas submerger par le désir de « bien prier ».

Fixez-vous simplement comme objectif de laisser votre amour

et votre enthousiasme pour Jésus transparaitre chaque fois que

vous priez avec votre enfant. Oui, la prière devrait toujours être

empreinte de respect et de révérence mais cela ne signifie pas

qu’elle ne peut pas aussi être amusante ! L’amitié se construit

également dans les moments de joie et d’amusement partagés.

Pourquoi en serait-il autrement dans la relation d’amitié de

votre enfant avec Jésus ?

TREIZE MANIÈRES LUDIQUES DE

PRIER AVEC VOS ENFANTS

Si votre temps de prière avec vos enfants a besoin d’être un peu

secoué, voici quelques idées pour vous aider à y apporter un peu

de variété. Si vous avez vous-même des idées qui marchent bien

avec vos enfants, nous serions ravis que vous les partagiez avec

nous en laissant un message sur notre page Facebook.

1. DIRE MERCI À LA LUMIÈRE

DU MONDE

Réveillez les enfants avant le lever du soleil et installezles

confortablement dans la voiture avec une couverture

douillette. Conduisez jusqu’à un endroit qui vous donnera

une belle vue sur le lever du soleil et attendez de le voir

apparaitre à l’horizon. Tout en contemplant le paysage

encore plongé dans le noir, demandez à vos enfants de

réfléchir à ce que serait la vie si Jésus n’était pas venu, une

vie sans espoir et sans l’assurance de l’amour de Dieu. Priez

et remerciez Jésus pour toutes les bénédictions qui vous

viennent à l’esprit. Vous pouvez compléter les réponses

proposées par vos enfants en lisant à voix haute certains des

versets suivants, citant les raisons qui ont amené Jésus sur

terre : Jean 6.38-40 ; Jean 10.10 ; Jean 16.7,13 ; Jean 14.2-3 ;

Jean 14.12-14 et Jean 12.44-46.

2. MÉDITATIONS MUSICALES

Prier en se basant sur des chants de louange aide certains

enfants à calmer leur esprit et leur petit corps plein d’énergie

et à se focaliser sur Jésus. Vous avez surement vos chansons

préférées parmi celles que vous écoutez ou que vous chantez

à l’église. Si vous avez des instruments de musique au son

doux, tels qu’un triangle ou une maraca, vous pouvez laisser

votre enfant rythmer le chant. Les enfants plus grands

aimeront peut-être prier certains Psaumes avec vous ou

les chanter en créant une mélodie. Agrémentez le tout de

sons inhabituels en laissant un enfant faire soigneusement

glisser un doigt humide sur le bord d’un verre en cristal. Pour

produire des tonalités différentes, variez le niveau d’eau

dans le verre.

3. PRIER AVEC SA LAMPE

DE POCHE

Lors de la prière du soir, créez une ambiance spéciale en

vous blottissant avec votre enfant sous une «tente de prière».

Assis avec votre enfant sur son lit, mettez une couverture

par-dessus vos têtes pour vous servir de tente et allumez

vos lampes-torches pour vous éclairer pendant que vous

priez ensemble. Vous trouverez dans le Psaume 139 de bons

versets pour accompagner votre prière.

4. UN MOMENT À PARTAGER

Ces prières ont pour but de rappeler à votre enfant que Jésus

est avec lui à chaque instant de la journée. Juste avant de

vivre un moment spécial et merveilleux, prenez le temps

d’inviter Jésus à partager cette expérience avec vous. Par

exemple, tout en haut d’un toboggan, vous pouvez dire :

« Sois avec nous Seigneur, nous t’invitons à partager ce

moment avec nous. Merci d’avoir créé les toboggans pour

qu’on puisse s’amuser ! »

AUTOMNE-HIVER 2019

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5. PARTAGER CE QU’ON AIME

Expliquez à votre enfant que Jésus s’intéresse à toutes ses

pensées. Invitez-le à prier simplement en lui disant : « Dieu

se plait à t’entendre parler de ce que tu aimes. Veux-tu lui

parler de tes camions aujourd’hui ? » Pour alimenter ce type

de prière, vous pouvez par exemple lire un livre à votre enfant

sur un sujet qui l’intéresse et ensuite raconter ensemble à

Jésus ce que vous avez appris.

6. MAIN DESSUS MAIN DESSOUS

Pour aider les plus petits à rester concentrés pendant la prière

familiale, demandez à l’un d’entre vous de mettre sa main à plat

au centre de la table. Puis tous les autres membres de la famille

placent une main par-dessus, chacun son tour. La personne

dont la main est sous les autres commence, en prononçant une

prière courte d’une phrase. Puis elle retire sa main du dessous

pour la placer au-dessus du tas. La personne dont la main se

retrouve à la base prie à son tour et met sa main au-dessus des

autres, etc. Quand vous sentez que c’est le moment d’arrêter,

l’adulte dont la main est à la base soulève la pile. C’est le signal

pour que tout le monde proclame « Amen ! »

7. CHACUN SON TOUR

Choisissez un jour spécifique de la semaine pour prier pour

un membre de votre famille. Ce jour-là, priez ensemble pour

cette personne après le repas du soir. Par exemple, le lundi,

vous pouvez prier pour papa, le mardi pour l’ainé des enfants,

le mercredi pour le cadet, etc. Vous pouvez être certain que

chaque enfant écoutera avec attention pour entendre les

prières que vous prononcerez sur lui. Ils apprendront aussi à

prier pour les autres. Construire ce type de routine peut être

utile lors de l’adolescence, où vos enfants auront peut-être plus

de mal à partager spontanément leurs besoins de prière.

la famille une rubrique du journal et prenez 10 ou 15 minutes

pour la lire chacun de son côté, en identifiant les éléments

pour lesquels vous pourrez prier. Ensuite, rassemblez-vous en

famille et priez pour les sujets présentés par chacun. (Cette

idée est tirée du livre de Mark Holmen : Faith Begins at Home –

Prayer [La foi commence à la maison – Prière].)

10. PRIÈRES FACEBOOK

C’est un peu le même principe qu’avec le journal. Demandez

à chacun de vos enfants plus grands de regarder les messages

dernièrement publiés sur leur fil Facebook, Instagram ou

Snapchat par des amis ou des contacts qui sont sur le champ

de mission par exemple. Priez ensemble pour les personnes et

les sujets qui émergent.

11. UN PAQUET DE PRIÈRES

Sélectionnez des photos de personnes pour lesquelles vous

souhaitez prier régulièrement et placez-les en un petit tas

de cartes. Chaque soir après le repas, mélangez les cartes et

distribuez-en une à chaque personne présente. Priez à voix

haute pour la personne qui est sur votre carte.

12. PRIER EN SILENCE

Pour introduire le concept de « prière silencieuse »,

interrompez sciemment votre enfant plusieurs fois au cours

d’une conversation. Ensuite, expliquez-lui que parfois, quand

on parle trop pendant la prière, c’est comme si on interrompait

Jésus alors qu’il essaye de nous parler. Ajoutez également un

temps d’écoute à la fin de votre prière de famille.

8. PRIÈRES CHRONOMÉTRÉES

Il s’agit d’une prière accompagnée d’un défi : programmez un

minuteur sur une ou deux minutes pour prier pour une personne

choisie à l’avance. Voyez combien de bénédictions vous pouvez

prononcer sur cette personne avant que le minuteur ne sonne.

9. LES NOUVELLES DU JOUR

Cette manière de prier convient mieux aux enfants un peu

plus âgés. Elle a pour objectif de vous rappeler de prier pour

les différentes régions du monde. Donnez à chaque membre de

14 FOCUSFAMILLE.CA


13. DES SIGNES POUR LA PRIÈRE

Si votre enfant est prêt pour un temps de prière un peu plus long,

ces simples signes de la main l’aideront à se rappeler des différents

aspects de la prière : pour l’adoration, pointez vers le haut avec

votre index. Ensuite, tenez votre index et votre majeur levés pour

former un signe de paix. Cela indique que c’est le moment de

confesser ses péchés et de demander l’aide du Saint-Esprit pour

être en paix avec tous. Troisièmement, faites le signe « OK » en

formant un « O » avec votre pouce et votre index. Le « O » signifie

qu’il est temps de prier pour les autres, pour qu’ils soient « OK ».

Pour finir, levez vos pouces et pointez-les vers vous. C’est un temps

de prière pour soi.

Catherine Wilson est la rédactrice en chef de la rubrique Éduquer ses

Enfants chez Focus on the Family Canada.

© 2019 Focus on the Family (Canada) Association. Tous droits réservés.

POUR ALLER PLUS LOIN

Le Barbier qui voulait prier

Inspirez vos enfants à développer une vie de prière riche avec ce livre simple,

aux illustrations magnifiques.

Valentine est une petite fille qui aime parler à Dieu mais elle trouve ses

prières bien trop simples. Elle demande donc à son papa de lui enseigner

comment parler à Jésus. Celui-ci lui raconte alors l’histoire vraie de maître

Peter, un barbier qui ne savait pas non plus comment prier, mais qui

demanda à son ami Martin Luther de le conseiller pour mieux prier. En

guise de réponse, Martin Luther lui écrivit une lettre.

C’est en découvrant cette lettre près de 500 ans plus tard que Valentine

apprendra elle aussi à parler à Dieu.

À RETROUVER SUR LIBRAIRIE.FOCUSFAMILLE.CA


16 FOCUSFAMILLE.CA


ÉTUDIÉ À LA LUMIÈRE DE LA BIBLE, LE CONCEPT DE BONTÉ,

SI À LA MODE, PREND UNE TOUT AUTRE PROFONDEUR

par subby szterszky

« On t’a fait connaitre, homme, ce qui est bien et ce que

l’Éternel demande de toi : c’est que tu mettes en pratique le

droit, que tu aimes la bonté et que tu marches humblement

avec ton Dieu. » (Michée 6.8)

IIl serait juste de relever que la bonté est devenue l’une des

vertus les plus valorisées et les plus mises en avant dans notre

société actuelle. Des citations inspirantes sur Twitter ou

Instagram nous rappellent régulièrement l’importance d’être

gentils envers les autres. À travers les blogues ou les annonces

publicitaires, on nous encourage à rendre ce monde et nos vies

meilleures par le biais d’actes de bonté.

Tout cela est formidable. La bonté est l’une des qualités

humaines les plus attrayantes. C’est une qualité que Dieu nous

demande de développer et dont il est la source. Le fait qu’elle

devienne populaire, surtout dans une époque d’indignations et

de divergences permanentes, est plus que bienvenu.

Pourtant, comme avec d’autres qualités, il existe le risque

de réduire la bonté à un bon sentiment dont les applications

concrètes restent floues. Par opposition, les bontés divine

et humaine décrites dans la Bible sont bien plus belles et

profondes. La bonté des Écritures va au-delà du fait de garder

une attitude positive et d’être gentil avec les autres.

LE LIVRE DE RUTH : UNE

ÉTUDE SUR LA BONTÉ

Bien qu’il se situe à l’époque plutôt sombre des Juges, le livre de

Ruth est l’un des récits les plus lumineux et inspirants de toute la

Bible. Deux femmes tout juste veuves, Naomi et sa belle-fille Ruth,

reviennent en Israël sans argent et sans perspectives d’avenir. En

fait, en tant qu’immigrante moabite, Ruth est doublement, voire

triplement désavantagée. Malgré tout, elle sert avec dévouement

Naomi et son Dieu, prenant soin de sa belle-mère rongée par le

chagrin avec une énergie et un optimisme déterminés. Cela attire

l’attention de Boaz, un parent fortuné de Naomi, qui décide alors

d’aider les deux femmes. En temps voulu, Ruth et Boaz se marient

et deviennent les ancêtres du roi David et donc de Jésus.

L’histoire de Ruth est remarquablement dépourvue de tout

discours sur le péché ou le jugement. Le ton du récit reste

au contraire positif, tournant autour de la notion de bonté,

exprimée en hébreu par le mot hesed, qui revient à plusieurs

reprises dans ce court livre. Il y a la bonté de Ruth envers

Naomi, celle de Boaz envers Ruth et celle de Dieu envers chacun

d’entre eux, lui qui est l’ultime auteur de leur histoire.

Cependant, le mot hesed peut aussi être traduit par « amour

inébranlable » ou « amour fidèle », apportant une dimension

supplémentaire à la bonté telle qu’elle est présentée dans

ce livre et dans le reste des Écritures. Comme le résume

Sarah Bowler dans sa discussion sur le commentaire de Ruth

écrit par Daniel Block, le terme hesed possède trois qualités

distinctes : tout d’abord, il s’exprime principalement à travers

des actions, plutôt que par des paroles ou des émotions.

Deuxièmement, il démontre un véritable soin préventif

au service du bien-être des autres. Bowler cite ici Block :

« Personne dans ce livre n’exige que Dieu comble ses besoins.

Personne ne demande une intervention divine pour soimême.

Le vrai engagement de foi est exprimé par le souci

pour le bien-être des autres. » Troisièmement, hesed signifie

un dévouement qui va au-delà de ce qui est attendu ou mérité.

Ruth abandonne tout ce qu’elle connait, sa famille, son pays,

ses dieux, pour se consacrer au bien-être de Naomi qui, après

la mort de sa famille, est rongée par l’amertume.

LA NOBLE BEAUTÉ DE LA

BONTÉ DIVINE

Comme toutes les qualités humaines, la bonté prend sa source

dans le caractère de Dieu et démontre que les hommes sont

créés à son image. La plupart des occurrences du mot hesed

dans l’Ancien Testament décrivent la bonté et la gentillesse de

Dieu envers l’humanité et le reste de sa création.

Dans les Psaumes en particulier, on retrouve de nombreuses

références à l’hesed de Dieu, le plus souvent traduit par bonté.

David décrit cette bonté avec emphase et de manière poétique

comme étant quelque chose qui remplit la terre, les cieux et audelà.

La connaissance que nous avons maintenant de l’étendue

du cosmos nous permet de percevoir la bonté divine avec

encore plus de majesté et de grandeur que ne pouvait l’imaginer

David. De plus, les Psaumes parlent des animaux, des oiseaux,

AUTOMNE-HIVER 2019

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des vergers, des vignes, des champs et des forêts se réjouissant

tous de la provision et des soins que leur apporte Dieu dans

sa bonté. L’exaltation la plus condensée de l’hesed de Dieu se

trouve dans le Psaume 136 avec 26 répétitions de « sa bonté dure

éternellement », ancrant ainsi dans la bonté profonde de Dieu

tous ses actes créatifs et rédempteurs, du début à la fin.

Cette bonté divine est aussi un modèle du fait qu’elle soit

répandue également sur ceux qui ne la méritent pas, ce qui veut

dire sur toute l’humanité déchue. Dans le Nouveau Testament,

Jésus commande à ses disciples d’aimer leurs ennemis pour

montrer qu’ils sont des enfants qui ressemblent à leur Père,

« car il est bon pour les ingrats et pour les méchants. » (Luc 6.35)

Jésus lui-même a démontré la bonté ultime en mourant

aussi pour des pécheurs qui ne lui avaient rien demandé. À la

lumière de cette bonté des plus élevées, l’apôtre Paul encourage

les chrétiens : « Soyez bons et pleins de compassion les uns envers

les autres ; pardonnez-vous réciproquement comme Dieu nous a

pardonné en Christ. » (Éphésiens 4.32)

LE MARIAGE DE LA VÉRITÉ

ET DE LA BONTÉ

Il existe la perception, assez commune dans la culture en

général aussi bien que parmi les chrétiens, que la bonté consiste

à se montrer gentil et agréable en permanence, sans jamais

offenser qui que ce soit. Ce n’est pourtant pas l’exemple donné

par Jésus qui était l’incarnation parfaite de la bonté, aussi

bien divine qu’humaine. Jésus, bien qu’infailliblement bon

et plein de compassion, ne se dérobait pas lorsqu’il s’agissait

de remettre en cause les idées fausses ou les comportements

mauvais. Il dénonçait sans détours les pharisiens, les traitant

de race de vipères. Il demandait à ceux qu’il guérissait et à qui

il pardonnait de ne plus continuer à pécher.

On ne peut pas dire que, dans ces moments-là, il avait

oublié d’être gentil. Au contraire, Jésus se montrait bon

tout en disant la vérité que les personnes avaient besoin de

connaître pour leur bien, même quand elles ne voulaient pas

l’entendre. La bonté n’est pas toujours agréable à se faire dire

ni indolore. Pourtant, laisser les gens s’enfoncer dans un cycle

de péché qui finira par les détruire n’est en rien un acte de

bonté ; c’est plutôt de la cruauté.

Jésus est le médecin de nos âmes. Comme tout bon

médecin, il a parfois besoin de gratter une plaie pour la

guérir. Ou comme le disait David : « Si le juste me frappe, c’est

une faveur ; s’il me corrige, c’est de l’huile sur ma tête : elle ne

s’y refusera pas. » (Psaume 141.5)

La bonté ne devrait jamais être séparée de la vérité. Pour

paraphraser Tim Keller : « La bonté sans la vérité, c’est de la

sentimentalité : elle nous soutient et nous encourage, mais

nie nos défauts. La vérité sans la bonté, c’est de la dureté : elle

nous donne une information, mais d’une manière difficile

à entendre. »

LE POURVOIR GUÉRISSEUR

DE LA BONTÉ HUMAINE

Rosaria Butterfield est une ancienne professeure lesbienne.

Elle est aujourd’hui une grande auteure et oratrice chrétienne.

Alors qu’elle n’était pas encore croyante, elle a écrit une critique

concernant un groupe évangélique dans un journal local. Elle

a alors reçu autant de lettres de fans que de lettres d’insultes.

Et puis, elle a reçu une lettre de deux pages, écrite par un

pasteur de sa ville sur un ton chaleureux et interrogateur, lui

posant des questions honnêtes, sans l’attaquer, même s’il était

clairement en désaccord avec ses propos.

« C’était la lettre d’opposition la plus gentille que j’aie

jamais reçue », se rappelle Butterfield. Au départ, elle ne

savait pas quoi en faire mais elle a fini par contacter ce pasteur

et sa femme et ils sont devenus amis. « Ils me parlaient sans

que je me sente effacée, niée », remarqua-t-elle, notant que

son amitié avec le couple a été une étape essentielle dans son

chemin vers Christ 1 .

Ces dernières années, les réseaux sociaux ont été envahis

de débats toxiques et polarisants concernant la politique,

la religion, les sciences, la sexualité, les loisirs et à peu près

n’importe quel autre sujet sur lequel on peut se disputer. Ces

comportements en ligne reflètent une fragmentation profonde

de notre société dans son ensemble. Elle est malheureusement

présente aussi bien parmi les chrétiens que les non-chrétiens.

L’église, quant à elle, a aussi été gangrenée par ses propres

histoires d’abus, non seulement physiques et sexuels, mais

aussi émotionnels et spirituels.

Il n’est pas étonnant qu’il y ait un profond besoin de bonté à

travers tout le spectre social afin de rétablir un peu de décence et

de civilité dans un environnement qui s’en est résolument éloigné.

Les injonctions du prophète Michée à pratiquer la justice, à aimer

la bonté et à marcher humblement avec Dieu sont plus que jamais

pertinentes et dignes de publications Instagram.

Pour ceux qui suivent Jésus, la bonté est un fruit du Saint-

Esprit, produit dans le cœur par le Seigneur lui-même. Bien plus,

Dieu a aussi donné la capacité d’être bon à tous les humains qu’il a

créés à son image. Il s’agit d’une bonté qui est le reflet de la sienne.

Il en a fait l’une des qualités les plus belles et les plus attirantes.

Il a déposé dans notre cœur le désir de la rechercher et d’en faire

l’expérience. Dieu a doté la bonté d’un potentiel de guérison pour

nos vies, pour nos relations, voire pour la société tout entière.

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Selon Paul, la bonté de Dieu a pour but de nous conduire

à la repentance (Romains 2.4). Elle fait fondre nos cœurs,

enchante nos affections et éveille notre désir d’aimer Dieu

et de lui faire confiance. Et puisque la repentance est un

chemin qui dure toute notre vie, il incombe aux chrétiens de

continuellement méditer sur la bonté de Dieu, de la tourner et

retourner dans nos esprits et notre imagination pour qu’elle

continue à faire son œuvre en nous.

Pour finir, nous souhaitons recevoir la bonté de Dieu et de

ceux qui nous entourent et en avons besoin pour inspirer la

nôtre. Nous cherchons à être des instruments de guérison à

un niveau personnel et sociétal, et à plaire à notre Dieu qui

est la source de toute bonté.

Subby Szterszky est le rédacteur en chef de la rubrique Foi et Culture chez

Focus on the Family Canada.

© 2019 Focus on the Family (Canada) Association. Tous droits réservés.

1 Voir l’extrait d’un entretien avec Rosaria Champagne Butterfield page 35, pour en

savoir plus sur son histoire.

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Le véritable

pouvoir de

la douceur

dans le couple

COMMENT S’Y PRENDRE LORSQU’ON A DES VÉRITÉS DIFFICILES À

COMMUNIQUER À SON CONJOINT ?

PAR PAUL COUGHLIN

Quand j’étais plus jeune et encore célibataire, j’ai entendu un

jour un mari répondre à sa femme de manière tellement douce

et pleine d’humour qu’il ne donnait pas du tout l’impression de

l’avoir reprise ou corrigée.

« Chéri, lui a lancé sa femme, il faudra que tu ramasses le

journal du voisin pendant les jours qui viennent, parce que je

lui ai promis que je le ferais. »

Avec un petit sourire et un ton chaleureux, son mari lui

a répondu, face à une table remplie de convives : « Mon

ange, je crois qu’il est important que ceux qui prennent des

engagements s’y tiennent. »

Il l’a regardée dans les yeux, toujours avec son doux sourire,

et toutes les personnes présentes ont souri également, y

compris sa pétillante femme. Grâce à l’humour, cet homme

doux et sage avait réussi à dire la vérité tout en se montrant

bienveillant.

Il aurait pu s’en prendre à elle et lui dire ses quatre vérités

en face, comme le font si souvent les jeunes couples mariés.

20 FOCUSFAMILLE.CA


Il aurait pu relever combien elle était peu digne de confiance

et qu’il en avait assez de son comportement irresponsable

(ce n’était pas la première fois qu’elle agissait ainsi). Au lieu

de cela, il a choisi de dire la vérité avec un ton apaisant et un

trait d’humour.

•.•.•.•.•.•

Des paroles puissantes

Une telle réaction vient corriger une idée reçue assez répandue

concernant la douceur conjugale. En effet, nombreux sont ceux

qui confondent la douceur avec le fait de céder aux demandes

de son conjoint ou de se montrer faible. La véritable douceur

est un outil puissant : elle donne la possibilité de s’opposer

tout en restant respectueux. Parler avec douceur permet de ne

pas répondre à une insulte par l’insulte, mais de dire la vérité,

même quand celle-ci est désagréable à entendre.

Les conjoints doux expriment leurs désirs sans les imposer

aux autres. Plutôt que de crier : « J’en ai assez que tu prennes

des engagements que je doive tenir à ta place », une personne

douce encourage un échange calme et respectueux.

Pour certains d’entre nous cependant, agir avec douceur est

comme parler une langue étrangère. Nous n’avons pas grandi

avec ce langage et ne le parlons donc pas dans notre mariage.

Cette carence est criante lorsqu’il s’agit de discuter ensemble

des questions importantes de la vie de couple.

•.•.•.•.•.•

Avancer tout en douceur

La manière dont une conversation commence détermine

souvent si elle va être un succès ou un échec. Introduire

un sujet avec calme et douceur peut aider à résoudre les

problèmes qui se présentent sans blesser son conjoint. Voici

quelques exemples :

Puisque la douceur ne vient pas toujours naturellement, ma

femme et moi avons posé un cadre simple qui nous permet de

la préserver : lorsque c’est possible, nous ne discutons pas de

questions importantes après 9h du soir. Les quelques fois où

nous avons outrepassé cette simple règle, notre fatigue de fin

de journée nous a souvent poussés à prononcer des paroles

blessantes.

•.•.•.•.•.•

Faire le bon choix

Parfois, aimer signifie apporter un peu d’inconfort dans le

couple pour le bien de notre mariage. Même pendant ces

moments de tension, nous avons le choix : nous pouvons nous

montrer honnêtes sans tact, ce qui revient à pratiquer un acte

chirurgical sans anesthésie : c’est efficace, mais cela provoque

des souffrances inutiles et nourrit le ressentiment. Ou alors,

nous pouvons être à la fois vrais et tendres, ce qui protège la

dignité de notre conjoint et préserve l’intimité conjugale.

La douceur dans le mariage est comparable à une colonne

vertébrale à la fois souple et solide : elle soutient toutes les

parties du squelette précisément parce qu’elle n’est pas trop

rigide. Nous aimons tous les personnes douces, car elles parlent

et agissent avec une force telle qu’elles n’ont pas besoin de crier

ni de faire des histoires.

Pour conclure, usez de douceur et d’humour dans vos

échanges avec votre conjoint. En agissant ainsi, vous pourriez

bien donner à votre entourage un exemple de communication

conjugale qui leur servira toute leur vie.

Paul Coughlin est un auteur et conférencier international. Il est fondateur

et président de The Protectors, un organisme dédié à accompagner les

écoles et les collectivités dans le combat contre le harcèlement.

© 2019 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Article écrit par

Paul Coughlin. Publié initialement en anglais dans le numéro de novembre 2008 du

magazine Focus on the Family.

< « Le sujet que je m’apprête à aborder risque d’être

difficile pour nous, mais je pense qu’il est important

d’en parler. »

< « Je sais que tu vois les choses d’un point de vue

différent du mien, mais j’aimerais qu’on arrive à

trouver un terrain d’entente. »

< « Ça ne va pas être facile pour moi de te parler de ça,

alors si j’ai des paroles maladroites, je te prie de me

donner une chance de faire mieux. »

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Êtes-vous vrai

AVEC VOTRE

conjoint ?

LES VERTUS DE LA VULNÉRABILITÉ DANS LE

COUPLE ET COMMENT LA CULTIVER

— PAR HENRY CLOUD —

Une session de thérapie typique avec Jérémy et Rachel

se déroulait ainsi : l’un commençait par accuser l’autre et

l’autre répliquait immédiatement. L’échange de ce jour-là en

particulier avait pour thème la « complète irresponsabilité » de

Jérémy, selon la formulation de Rachel.

« Que voulez-vous dire par là ? », ai-je demandé.

« Il me laisse constamment tomber, a-t-elle expliqué. Chaque

fois que je m’appuie sur lui, il ne se montre pas fiable et c’est

moi qui me retrouve à devoir essuyer les plâtres après que la

situation ait empiré. C’est toujours la même chose avec lui. »

22 FOCUSFAMILLE.CA


La « situation » à laquelle elle faisait référence ici

était plutôt importante : Jérémy avait oublié de payer la

facture d’électricité et elle avait été coupée. Rachel était

particulièrement mécontente.

Jérémy, quant à lui, n’hésitait pas à riposter : « Je fais des

tonnes de choses bien et la seule chose que tu remarques,

c’est celle que j’oublie. Je ne peux jamais gagner avec toi. Je

pourvois aux besoins de notre famille, je prends soin de toi, je

suis là pour les enfants, et à la moindre erreur, tu me tombes

dessus ! » Il était à peu près aussi en colère qu’elle. Ils ont

continué comme ça, s’accusant mutuellement par des phrases

qui commençaient généralement par « Mais toi… » ou « Parce

que tu… » Chacun voyait en l’autre la source du problème. J’ai

rapidement compris que cet échange n’allait pas être efficace

alors j’y ai mis un terme.

« Rachel, arrêtez-vous une seconde. Que ressentez-vous ? »

« Je ressens qu’il est tellement irresponsable et qu’il s’en

fiche… »

« Non. » Je l’ai arrêtée. « “Je ressens qu’il” n’est pas un

sentiment. Que ressentez-vous quand l’électricité est coupée ? »

« Je ressens qu’il devrait… »

« Non. “Je ressens qu’il devrait” n’est pas un sentiment non

plus. Comment vous sentez-vous ? Arrêtez-vous un instant et

essayez de voir comment vous vous êtes sentie au moment où

cela s’est produit. »

« Eh bien, je suppose que je me suis sentie en colère », a-telle

concédé.

« Non, ai-je répondu. Vous vous servez de la colère pour

éviter de voir ce que vous ressentez réellement. Votre colère

explose instantanément, mais elle est une réaction, pas un

sentiment. Si vous n’étiez pas en colère, que ressentiriez-vous ?

Vous vous mettez en colère pour tenir à distance un autre

sentiment. Lequel ? »

« Je n’en sais rien », a-t-elle soufflé.

« Eh bien, prenez le temps d’y réfléchir. Voyons ce qui

vous vient. »

D’un seul coup, son menton s’est mis à trembler. Il lui était

difficile de parler.

« Qu’y a-t-il ? »

« C’est exactement comme avant », a-t-elle dit en se mettant

à sangloter. « Ça a toujours été comme ça. » Ses paroles se sont

noyées dans les pleurs et elle n’arrivait plus à s’exprimer.

« Racontez-moi », l’ai-je encouragée.

Rachel s’est alors mise à raconter combien ces épisodes avec

Jérémy lui rappelaient les expériences qu’elle avait traversées

des centaines de fois quand elle était enfant. Elle avait grandi

avec une mère bipolaire et un père alcoolique. Elle avait souvent

connu des moments ou l’électricité avait été coupée. Dans un

foyer où régnait le chaos, ses parents étaient souvent incapables

d’être présents pour faire à manger, pour rencontrer les

professeurs ou assister à ses événements sportifs. Ils n’étaient

pas à la hauteur de leurs responsabilités parentales, laissant

Rachel souvent déçue.

En continuant son histoire, elle s’est mise à pleurer à chaudes

larmes. À ce moment-là, quelque chose s’est passé chez Jérémy.

Il a complètement changé de contenance, ainsi que de posture

envers elle. Il s’est penché vers elle sur le canapé, passant son

bras autour de ses épaules pour la serrer contre lui pendant

qu’elle pleurait.

« Je ne savais pas que c’est ce que je te faisais ressentir. Je suis

tellement désolé. Je ne savais pas », a-t-il murmuré.

Amour et vulnérabilité

À partir de là, nous avons pu commencer à démêler la pagaille

dans laquelle ce couple s’était retrouvé. Jérémy faisait des

gaffes, oubliant de faire quelque chose ou ne tenant pas une

promesse. Rachel se mettait en colère contre lui, se plaignant

de son irresponsabilité. En retour, il se défendait, trouvant

qu’elle le surveillait de trop près et qu’elle ne voyait pas les

efforts qu’il faisait. Elle se sentait légitimement enragée ; il se

sentait injustement accusé.

Une chose a réussi à interrompre ce cycle, un élément que

je considère aujourd’hui comme l’un des plus importants au

sein d’une relation : la vulnérabilité. Il a fallu que je mette un

terme à l’accès de colère de Rachel pour pouvoir découvrir la

vulnérabilité qui se cachait dessous. Une fois qu’elle a ouvert

son cœur, elle a mis en mouvement la force la plus puissante de

l’univers : l’amour. En se montrant vulnérable, elle a permis à

Jérémy de réagir avec amour. Dès qu’elle a cessé de s’accrocher

à sa colère et au jugement, il s’est senti ému d’empathie et a

abordé la vulnérabilité de Rachel avec amour.

Voilà le point clé à retenir : un mariage se construit sur la

confiance et la vulnérabilité est indispensable pour permettre

à la confiance de s’exercer.

Il est intéressant de noter qu’au moment où Jésus a été

interrogé sur le divorce (Matthieu 19), il mentionne la raison

pour laquelle Dieu a autorisé le divorce : la dureté de cœur.

Quand on se fait mutuellement du mal, si leur cœur ne peut

pas revenir à un certain niveau de douceur, la relation ne peut

pas être restaurée. Le problème vient du fait que, quand les

gens se blessent les uns les autres, ils cherchent souvent à se

protéger eux-mêmes en endurcissant leur cœur. Cela rend le

rapprochement et la confiance impossibles.

Ce qui est donc à retenir de tout cela, c’est que dans le couple,

il faut faire alliance ensemble, en se promettant de ne pas

laisser nos cœurs s’endurcir. Il ne faut pas s’accrocher à nos

blessures passées ni refuser de discuter de nos désaccords mais

accepter de se rendre vulnérable encore et encore.

AUTOMNE-HIVER 2019

23


du réconfort ailleurs, que ce soit dans la solitude, l’adultère, le

travail ou les loisirs. Alors faites de votre mieux pour garder un

cœur ouvert l’un envers l’autre.

Si votre conjoint

refuse de coopérer

« Si nous protégeons

notre cœur contre

l’endurcissement, cela

ne pourra que faire du

bien à notre mariage. »

Poser des limites saines

Avoir un cœur doux ne signifie pas rester ouvert à tous les

vents et se laisser abuser, attaquer, tromper ou détruire. Il

est important de poser des limites claires. Les limites sont

une manière de se protéger du danger et des blessures quand

l’autre personne est dans le déni et ne prend pas sa part de

responsabilité dans vos problèmes. Tout le monde a besoin de

ce type de protection.

Poser des limites, ce n’est pas s’endurcir. Un cœur dur est un

cœur qui s’est vidé de tout sentiment et qui refuse de s’ouvrir

quand cela est sûr, ou qui n’arrive pas à le faire. Un cœur tendre

peut offrir le pardon et se montrer ouvert ; il désire résoudre les

conflits et les blessures qui les accompagnent.

Par conséquent, au sein de votre mariage, cherchez à réagir

comme Rachel : elle a fait taire sa colère et a laissé s’exprimer

sa vulnérabilité et les souffrances cachées par sa colère. Cela a

aussi ouvert une porte pour Jérémy. Quand deux personnes sont

en colère l’une contre l’autre, chacun a tendance à chercher une

position de pouvoir bien plus qu’une position de vulnérabilité.

Il a fallu une tierce personne pour dissiper la colère et amener

Rachel et Jérémy à se montrer vulnérables et doux de cœur.

Je vous suggère de parler avec votre conjoint de vulnérabilité.

Expliquez-lui quand est-ce que c’est difficile pour vous de vous

ouvrir à lui et quelles sont les situations douloureuses qui ont

tendance à vous fermer le cœur. Un cœur fermé ira chercher

Certains d’entre vous se demandent : « Et si mon conjoint n’est

pas ouvert à cette conversation ? S’il/elle refuse de se montrer

vulnérable ? » Ce sont de bonnes questions. La réponse consiste

pour vous à faire deux choses. D’abord, évitez de laisser votre

cœur s’endurcir, refusant de vous montrer aimant ou ouvert

à la résolution. Montrez-vous honnête quant à ce que vous

ressentez et laissez d’autres personnes vous aider dans votre

souffrance. Vous pouvez aussi poser des limites pour éviter

d’être blessé davantage voire, le cas échéant, d’être maltraité.

Ensuite, exprimez clairement vos attentes envers votre

conjoint. Il ou elle doit accepter de prendre la responsabilité

de ses propres comportements destructeurs, exprimer

des remords à ce sujet et reconnaitre l’impact qu’ont ces

comportements sur vous. Il ou elle doit ensuite s’engager à

aborder les choses différemment. Il s’agit là du processus de

base de confession et de repentance. Cela permet à la relation

de continuer à avancer, ce qui demande que les deux parties

aient un cœur adouci.

Si votre conjoint n’a pas le cœur ouvert à cela, vous pouvez

tout de même suivre les deux conseils ci-dessus : posez des

limites avec un cœur ouvert et demandez un changement

de comportement avant de faire à nouveau confiance. C’est

une position que vous pouvez tenir sur le long terme, car

elle ne permet pas à l’autre de continuer à vous blesser. Les

comportements blessants sont ainsi clairement nommés mais

vous restez prêt à la réconciliation.

Les cœurs s’endurcissent sous l’effet de la souffrance et du

péché. Parfois, nous nous fermons les uns aux autres parce

que nous avons été blessés dans le passé ou parce que notre

conjoint vient toucher des points sensibles chez nous. C’est

normal. Mais nous sommes appelés à travailler là-dessus et à ne

pas laisser l’amertume nous envahir. Nous nous fermons aussi

parfois parce que nous nous rebellons contre le commandement

de Dieu de nous montrer humbles et de nous pardonner les uns

les autres comme il l’a fait pour nous. Si nous protégeons notre

cœur contre l’endurcissement, cela ne pourra que faire du bien

à notre mariage.

Dr Henry Cloud est l’auteur de plusieurs livres dont Oser s’affirmer : l’art de

fixer des limites à autrui et Des limites pour nos enfants : l’art de poser un

cadre dans l’éducation.

© 2019 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Publié initialement en

anglais sur FocusOnTheFamily.com.

24 FOCUSFAMILLE.CA


PAS DE

passion

SANS

compassion

DANS NOTRE ZÈLE À COMMUNIQUER NOS CONVICTIONS,

N’OUBLIONS PAS LA COMPASSION

PAR DOMINIQUE OURLIN

J’admire les gens convaincus et convaincants. Assez convaincus pour vouloir partager leurs

découvertes, leurs expériences et leurs certitudes avec ceux qui les entourent. Je pense et

j’espère d’ailleurs être de ceux-là. Leurs arguments sont généralement solides et peut-être

même « bibliquement corrects ».

Mais attention quand même…

Certes, nos convictions sont précieuses. Elles guident nos choix et nous aident à garder le

cap dans les temps difficiles. Elles contribuent au fondement de notre identité, de notre

engagement et de notre vie tout entière. Elles ne doivent toutefois pas nous rendre aveugles

et sourds face au vécu de ceux qui nous entourent – bien au contraire.

Avoir des convictions fortes, c’est un peu comme avoir un gros moteur sous le capot : il

faut d’autant plus savoir maîtriser sa vitesse et avoir de bons freins. Faute de quoi, nous

pouvons mettre les autres et nous-mêmes en danger. « Mieux vaut savoir se dominer que de

conquérir des villes. » (Proverbe 16.32)

Quand vient le moment de partager ce qui est important pour nous, souvenons-nous

d’être attentifs. En effet, nous ne savons pas toujours d’où vient notre interlocuteur. Parler

de notre Père céleste touchera une corde sensible dans le cœur de celui qui a connu un père

affectueux et sage. Cela en fera vibrer une toute autre si la personne en face de vous a été

abusée, maltraitée ou abandonnée dans son enfance par son géniteur… Dire à quelqu’un qu’il

doit à tout prix pardonner les torts qu’il a subis est tout à fait justifié et sans aucun doute

bien intentionné. Cependant, nous n’avons aucune idée de ce que le pardon peut coûter à

quelqu’un qui a subi toute sa vie les moqueries, le dénigrement, le mépris de ses proches et

de son entourage, ou pire encore. Le sujet du pardon demandera d’autant plus de tact et de

délicatesse, ce qui n’est pas toujours dans notre nature.

AUTOMNE-HIVER 2019

25


Nos convictions et les certitudes qui nous sont chères ne

doivent jamais nous faire oublier que chaque personne à

qui nous nous adressons a son histoire et ses histoires, ses

joies mais aussi ses drames.

Que Dieu nous garde de « mettre notre lampe sous un

seau » et d’étouffer les vérités qui sont chères à nos cœurs et

que notre génération a besoin d’entendre. Mais n’oublions

pas que la route qui nous a conduits à ces convictions a

été pour nombre d’entre nous bien longue et sinueuse.

Pourquoi en serait-il autrement des autres ?

La passion ne doit pas nous pousser seulement à défendre

ou déclarer haut et fort nos convictions. Elle doit aller plus

loin – ou plus près. Jusqu’à nous arrêter dans notre élan

pour nous mettre d’abord à l’écoute de notre prochain.

La passion doit être régulée, canalisée par le respect et

l’humilité alors que nous allons à la rencontre de l’autre.

« Voici mon serviteur, que je soutiendrai, mon élu, en

qui mon âme prend plaisir. J'ai mis mon esprit sur lui ;

il annoncera la justice aux nations. Il ne criera point, il

n'élèvera point la voix, et ne la fera point entendre dans les

rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n'éteindra point

la mèche qui brûle encore ; il annoncera la justice selon la

vérité. » (Ésaïe 42.1-3)

À vouloir trop avoir raison, on finit

souvent par avoir tort

Derrière chaque visage, aussi souriant et accueillant soitil,

se cachent bien plus de souffrances, de blessures non

cicatrisées, de douleurs refoulées que nous ne saurions

imaginer.

« Voyant la foule, il fut ému de compassion [litt. :

“remué dans ses entrailles”] pour elle, parce qu'elle était

languissante et abattue, comme des brebis qui n'ont point de

berger. » (Matthieu 9.36)

Dans une foule, il n’y a pas que des anges. On y trouve

toutes sortes de gens, des plus recommandables aux plus

obscurs, aux plus vils, et au plus meurtris par la vie. Avant

même d’ouvrir la bouche, Jésus leur ouvre son cœur et ses

entrailles. Et c’est de l’abondance de son cœur rempli de la

compassion du Père qu’il va s’adresser à eux. On est à des

années-lumière de l’esprit vindicatif et belliqueux dont

certains disciples allaient faire preuve face aux Samaritains

qui ignoraient Jésus : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions

au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » Ben voyons !

Ils ont tout compris… Leur zèle les dévore, mais comme le

feu dans la cheminée dévorerait toute la maison. Pour ne

26 FOCUSFAMILLE.CA


pas dire que leur attitude de prétendue justice cache mal

leurs préjugés sociaux et raciaux envers les Samaritains,

qu’ils méprisaient. Et Jésus de leur répondre : « Vous ne

savez pas de quel esprit vous êtes animés. » Dans le contexte

plus large de l’évangile, cela peut être compris au sens de :

« Ne savez-vous donc pas que c’est un esprit de grâce et de

miséricorde qui demeure en vous ? Vous ne le connaissez

donc pas encore ? » « En effet, le Fils de l'homme n'est pas

venu pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver. »

(Luc 9.54-56)

Si nous nous disons chrétiens, la motivation première,

le moteur de notre engagement et de notre témoignage

chrétien, de nos interactions avec notre prochain, se doit

d’être l’amour, et donc le respect, la patience, la douceur.

« Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Revêtezvous

de sentiments de compassion, de bonté, d'humilité, de

douceur, de patience. Pacifiques, modérés, pleins de douceur

envers tous les hommes. Toujours prêts à vous défendre, avec

douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de

l'espérance qui est en vous. » (Philippiens 4.5 ; Colossiens

3.12 ; Tite 3.2 ; 1 Pierre 3.15)

Chaque fois que nous nous lançons dans une

argumentation sans fin, dans un débat hostile et tendu

qui ne peut laisser qu’un arrière-goût aigre dans les cœurs,

nous nous discréditons et perdons le droit d’être écoutés.

C’est aussi simple que cela.

« Tous ces petits gestes de compassion et d’amour

qui tomberont dans l’oubli constituent les plus

grands moments de la vie d’un homme. »

WILLIAM WORDSWORTH

« Celui qui souffre a droit à la compassion de son

ami, même quand il abandonnerait la crainte du Tout-

Puissant. » (Job 6.14)

Nos convictions doivent être des instruments, des outils

pour bénir, aider, accompagner, et non des armes pour

combattre et dominer les autres. « Martelant leurs épées, ils

forgeront des socs pour leurs charrues, et, de leurs lances, ils

feront des faucilles. » (Ésaïe 2.4, version Bible du Semeur)

Nous faisons trop souvent l’inverse.

Dieu n’a pas besoin d’avocats, de défenseurs, de gardes

du corps. Il nous appelle plutôt à être ambassadeurs,

témoins et serviteurs de son Royaume. C’est une tout autre

approche. Une autre attitude qui est bien plus en mesure

d’ouvrir les cœurs et les oreilles que les arguments les plus

percutants et affutés.

Lors de l’arrestation de Jésus, il nous est dit que Pierre

« frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui

emporta l’oreille droite. Mais Jésus, prenant la parole, dit :

Laissez, arrêtez ! Et, ayant touché l’oreille de cet homme, il

le guérit » (Luc 22.50-51). S’il peut nous arriver de devoir

trancher, ne soyons pas trop… tranchants. Jésus ne l’était

pas. Nous ne sommes pas appelés à arracher les oreilles

mais plutôt à les guérir et à les gagner.

Nous sommes plus enclins à saisir le marteau du juge que

le scalpel du chirurgien. Il est vrai que ce dernier demande

plus de doigté et de discernement. Nous ne pouvons nous

permettre de nous comporter comme un colporteur qui

mettrait le pied dans la porte pour imposer sa marchandise.

Notre passion pour la vérité nous pousse parfois à piétiner

les platebandes de notre prochain, pour ne pas dire de

celles de sa conscience, au nom de la vérité. Mais la vérité

doit être apportée dans l’amour et ne s’impose pas par la

violence, que ce soit physique ou verbale.

« Ce n’est pas de sympathie ou de pitié qu’ont besoin

les pauvres, mais d’amour, et de compassion. »

MÈRE TERESA

Quand la science constate ce que

l’évidence montre déjà…

Des chercheurs français en neuroscience sont parvenus

à observer des mécanismes cérébraux qui font que

les comportements emphatiques de l’entourage d’une

personne souffrante peuvent soulager la douleur ressentie.

« La reconnaissance de la souffrance, l’empathie, peut

diminuer la douleur », déclare Camille Fauchon, chercheur

au Centre de recherche en neurosciences de Lyon. La

diminution de la douleur ressentie peut être de l’ordre de

12 %... « C’est tout à fait significatif : certains médicaments

ne font pas mieux », ajoute-t-il 1 .

« Celui qui parle à la légère blesse comme une épée,

tandis que la langue des sages apporte la guérison. »

(Proverbe 12.18)

La vérité peut guérir, apaiser, rassurer, réconcilier,

pour autant qu’elle soit partagée dans une authentique

compassion. Vérité doit rimer dans nos vies avec humilité

et sensibilité. L’amour compatissant sera toujours le plus

percutant et persuasif des arguments. Ne l’oublions pas.

1 Radio-Canada. La signature cérébrale de l’empathie contre la douleur observée,

[En ligne], 22 juillet 2019, [ici.radio-canada.ca/nouvelle/1231897/empathiedouleur-cerveau-mecanismes],

consulté le 26 juillet 2019.

Dominique Ourlin est pasteur au Québec depuis plus de 18 ans, avec

son épouse Candy. Il est aussi l’auteur de deux livres, disponibles sur

PainSurLesEaux.com.

© 2019 Dominique Ourlin. Tous droits réservés. Utilisation autorisée.

AUTOMNE-HIVER 2019

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QUAND LEUR FILS A SOMBRÉ DANS LA DROGUE, LE MARIAGE DE KATHLEEN

ET LOREN A ÉTÉ MIS À RUDE ÉPREUVE

par kathleen kohler

De grosses larmes roulaient sur mes joues alors que je

me rendais au travail. Je me rejouais en boucle la terrible

dispute de la veille entre mon mari et moi.

« Pourquoi as-tu fait ça ? m’avait demandé Loren. On avait

dit qu’on ne lui donnait plus d’argent. »

« Mais il avait besoin d’essence pour aller travailler, me

justifiai-je. Et il a promis de me rembourser vendredi. »

Loren avait secoué la tête. « Combien de fois nous a-t-il

emprunté de l’argent en promettant de nous rembourser ? On

n’en a jamais vu la couleur. »

Je savais que mon mari avait raison, mais comment pouvaisje

dire non à notre fils de dix-huit ans ?

AU BOUT DU ROULEAU

Je connaissais bien ce scénario. Depuis deux ans déjà, notre

fils nous avait plongés dans un chemin sombre et inquiétant en

glissant dans le monde des drogues et des gangs. Un monde dont

nous ne connaissions rien. Nous ne savions pas comment réagir.

28 FOCUSFAMILLE.CA


Loren me trouvait trop indulgente et moi, je le trouvais trop dur.

Vingt ans de mariage plutôt heureux et voilà que notre vie ne

semblait maintenant tourner plus qu’autour des mauvais choix

de notre fils. Ce n’est pas la vie que je veux. Je n’en peux plus de

tout ça, me disais-je. Le comportement de notre fils nous avait

montés l’un contre l’autre, Loren et moi. J’étais excédée par nos

disputes quasi quotidiennes. J’avais donc décidé de renoncer à

mon mariage. Ce soir-là, j’irais dormir chez mes parents.

UN RETOURNEMENT DE

SITUATION INATTENDU

J’avais pris ma décision le matin, avant de commencer ma journée

de travail au magasin. Toute la journée, mon cœur était lourd. Les

derniers clients étant enfin partis, j’ai fermé la porte derrière eux.

La femme de mon patron est alors arrivée par la porte arrière.

« Comment ça va, Kathy ? » a-t-elle demandé.

Elle connaissait la situation avec notre fils et avait prié pour

moi à de nombreuses reprises. En larmes, j’ai laissé éclater ma

douleur. Une fois que je me suis calmée, elle m’a offert quelques

paroles pleines de sagesse :

« Tu es mariée à Loren, pas à ton fils. C’est dans cette relation

que tu t’es engagée. Quand les enfants quitteront la maison,

c’est ton mariage qui va devoir survivre. »

Après avoir reçu encore quelques encouragements chaleureux,

j’ai quitté le magasin pour rejoindre ma voiture. Un énorme

bouquet de fleurs avait été déposé sur le siège avant. Un petit mot

l’accompagnait : « Kathy, je t’aime et je ne veux pas qu’il y ait quoi

que ce soit qui vienne se mettre entre nous, pas même un de nos

enfants. On va trouver des solutions. Je t’aime. Loren »

Nous avons pris la décision d’arrêter de laisser les choix de notre

fils diriger nos vies. À partir de ce moment-là, lorsque mon fils

venait me demander de l’argent, je le redirigeais vers son père,

faisant confiance à Loren pour prendre les bonnes décisions.

Puis nous nous sommes agenouillés au pied de notre lit

pour prier ensemble. Nous avons prié pour l’entente entre

nous et pour que Dieu nous donne force et sagesse pour les

jours à venir. Nous avons également prié pour notre fils et

l’avons remis entre les mains du Père.

Enfin, à la première occasion, Loren et moi sommes partis en

vacances dans l’Oregon, notre destination préférée. Cela nous

a aidés à nous reposer, prendre du recul et renforcer notre lien.

Alors que notre fils continuait à s’enfoncer dans son chemin

de destruction, nous travaillions à maintenir notre mariage.

Ces difficultés, qui ont duré six ans, ont continué à nous mettre

à l’épreuve. Souvent trop fatigués pour se dire quoi que ce soit le

soir, Loren et moi nous endormions la main dans la main. Nous

étions épuisés par le chagrin et la déception.

Ce n’est pas le comportement de notre fils qui a changé,

ce sont nos cœurs. Nous avons persévéré au cours de ces

années. Aujourd’hui, notre fils reconstruit peu à peu sa vie.

Quelle tragédie cela aurait-il été si nous avions laissé ces

années tumultueuses détruire notre mariage ! Mais parce

que nous avons fait le choix de nous accrocher au Seigneur

et à notre engagement l’un envers l’autre, Loren et moi allons

bientôt fêter nos trente ans de mariage.

Kathleen Kohler et son mari Loren vivent sur la côte Ouest nord-américaine.

Mariés depuis 30 ans, ils sont les parents de trois enfants adultes et les

grands-parents de sept.

© 2019 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Version originale

en anglais : © 2008 Kathleen Kohler.

UN PLAN D’ACTION ET

L’ESPOIR RENOUVELÉ

Ce soir-là, Loren et moi avons eu une discussion honnête.

Nous avons reconnu que nous devions nous accrocher l’un

à l’autre et nous tourner ensemble vers Dieu. Il nous fallait

aussi un plan d’action.

Soumettez-nous vos sujets de prière : chez Focus Famille, nous

nous réunissons chaque matin pour prier pour vous. N’hésitez

pas à nous envoyer votre requête à lettres@focusfamille.ca et

nous serons heureux de vous accompagner dans la prière !

AUTOMNE-HIVER 2019

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comment

aider ceux

— qui vivent avec —

une douleur

chronique

DES CONSEILS PRATIQUES POUR FAIRE

PREUVE DE COMPASSION ENVERS CEUX

QUI SOUFFRENT AU QUOTIDIEN

PAR LESLIE J. PAYNE

Alors que la neige commençait à tomber doucement sur cette

matinée calme et grise, tout semblait aller pour le mieux. J’étais

au volant de ma voiture, arrêtée au feu rouge et chantant au son

de la radio quand soudain, un bruit étrange m’a fait lever les

yeux vers mon rétroviseur. Tout ce que j’ai pu voir, c’est la grille

métallique d’un énorme camion qui, quelques millisecondes plus

tard, a percuté mon véhicule.

J’ai crié : « Jésus ! » comme une prière. A l’instant même, le

feu est passé au vert et le semi-remorque devant moi s’est mis

à avancer, ce qui m’a miraculeusement permis d’éviter d’être

écrasée entre deux camions. Après l’accident, je n’ai vu de sang

nulle part ni ressenti la moindre fracture. J’ai donc remercié

Dieu en prière et suis sortie de ma voiture. Les autres autos nous

contournaient lentement. Le chauffeur du camion, inquiet, m’a

demandé mes coordonnées. Je l’ai assuré que j’allais bien. Je

n’aurais pas pu être plus loin de la vérité.

Les ravages de LA DOULEUR

Cette journée, qui se déroulait en l’an 2000, a drastiquement

changé ma vie. Mon corps de trente-neuf ans qui avait l’habitude

de faire régulièrement de l’aérobic, de la musculation et du

vélo a soudain semblé prendre vingt ans. Dès le lendemain

matin, j’étais paralysée de douleur. Mon bras droit ne pouvait

bouger que de quelques centimètres. Je devais le soulever en me

servant de ma main gauche. Les tests médicaux ont confirmé

que plusieurs nerfs avaient été sérieusement endommagés,

altérant le fonctionnement des muscles de mon dos, mon cou

et mes épaules. Souffrant aussi d’un traumatisme crânien,

j’étais devenue incapable de tenir ma tête droite pendant plus de

quelques minutes. En un instant, ma vie active s’est évaporée et

ma carrière d’interprète en langage des signes s’est effondrée.

De l’extérieur, mon corps n’avait pas changé de manière

notable mais à l’intérieur, il hurlait constamment de douleur.

Cette douleur m’empêchait de me reposer correctement. J’ai

donc très vite souffert d’un profond manque de sommeil.

Pendant un an et demi, j’ai passé la majorité de mon temps chez

les physiothérapeutes. Les médecins me donnaient peu d’espoir,

m’encourageant à accepter que ça ne s’améliorerait probablement

pas. Tout en moi protestait contre ces affirmations, mais

j’attendais d’être seule chez moi pour m’effondrer en sanglots. Je

30 FOCUSFAMILLE.CA


ne recevais pas de réponse à mes prières pour être soulagée de la

souffrance. Je dépendais pourtant profondément de Dieu pour

traverser la moindre journée.

Après plusieurs opérations de neurochirurgie, des années

de rééducation, de nombreux spécialistes de la gestion de la

douleur et ma détermination obstinée, le cauchemar s’est peu à

peu estompé. Cependant, la douleur chronique et les séances de

physio continuent de faire partie de ma vie quotidienne.

La douleur est entrée dans ma vie à toute vitesse, un peu

comme ce camion. C’est ainsi que ça commence pour certains.

Pour d’autres, la douleur chronique arrive doucement, avec

ou sans explications. Quelle que soit la manière dont cela

commence, les Centres de prévention et de contrôle des maladies

estiment que plus de 75 millions de personnes souffrent de

douleurs chroniques juste aux États-Unis. Cela est plus que les

personnes souffrant de diabète, de maladies cardiaques et de

cancer réunies. Bien qu’elle soit rarement constante, la douleur

peut affecter tous les domaines de la vie, laissant la personne qui

en souffre physiquement épuisée, émotionnellement isolée et

spirituellement au plus bas.

Voici la définition de la douleur chronique : tout inconfort

qui se poursuit un mois ou plus après la période normale de

rétablissement. Elle peut être due à des blessures ou une maladie

et durer des mois ou des années. La fibromyalgie, l’arthrite,

le diabète, le cancer et bien d’autres maladies peuvent causer

des douleurs chroniques. L’aspect trompeur de la douleur, c’est

qu’elle ne peut pas se voir sur une radiographie ou dans les

résultats d’un test médical, ce qui isole souvent encore plus ceux

qui en souffrent.

Les effets de LA COMPASSION

En ce qui me concerne, il a été très difficile de m’adapter à la

vie avec des douleurs chroniques. L’ampleur de mes besoins

physiques et émotionnels a également rempli mes amis et ma

famille d’un sentiment d’impuissance et de frustration.

Si quelqu’un dans votre entourage proche souffre de douleurs

chroniques, les conseils suivants peuvent vous aider à marcher à

ses côtés tout en renforçant votre relation avec lui :

1. Écoutez avec empathie. La capacité à écouter calmement

est une qualité souvent négligée et pourtant absolument

cruciale en amitié. Les personnes qui prennent le temps de

vous parler de leur douleur ont besoin que vous les écoutiez

avec respect et sans jugement. Montrez-vous ouvert.

Acceptez ce qu’ils vous disent en sachant que des émotions

très fortes peuvent être attachées à la douleur physique.

2. Parlez avec compassion. La douleur chronique peut

donner à certains un profond sentiment de perte, suivi

d’émotions semblables à celles que l’on traverse quand on

perd un être cher. Votre proche traverse peut-être les étapes

du déni, de la colère, de la dépression et de la culpabilité.

L’acceptation ne vient qu’après tout cela.

3. Priez ensemble. La National Pain Foundation [Fondation

nationale de la douleur] explique que le corps et l’âme

stressés par la douleur chronique ont besoin de soins

constants. Une personne épuisée peut parfois avoir tendance

à négliger la prière. Vous pouvez prier avec elle pour qu’elle

soit soulagée de sa douleur, pour sa relation avec Dieu, pour

qu’elle soit protégée de la dépression et pour qu’elle fasse

preuve de patience envers elle-même.

4. Agissez. Proposez-vous de faire quelque chose de précis :

faire les courses, apporter un repas ou conduire votre

ami à ses rendez-vous. Même offrir un bon oreiller

ou un fauteuil confortable est un acte de compassion.

Rappelez-vous de vous montrer doux quand vous serrez

la personne dans vos bras. De telles actions peuvent avoir

un effet très positif sur quelqu’un qui traverse une phase

d’impuissance ou de retrait.

5. Acceptez les limitations. Les personnes souffrant de

douleurs chroniques hésitent souvent à admettre leurs

limitations car elles les différencient des autres. N’essayez

pas de les convaincre de dépasser leurs limites. Invitez-les

à partager vos activités, selon leurs capacités. Si vous

faites du golf, ne vous vexez pas quand votre proche se

retire de la partie au milieu du parcours. Donnez-lui

des occasions de socialiser tout en acceptant les limites

imposées par la douleur. Rappelez-vous que même quand

la personne a l’air d’aller bien, elle peut tout de même être

encore en souffrance.

6. Riez ensemble et célébrez la vie. Les recherches

montrent que la douleur est à la fois une sensation et une

émotion. Plaisantez avec votre proche, partagez-lui des

moments drôles. Regardez ensemble des vidéos rigolotes

ou bien allez voir une comédie. Le rire fait monter le niveau

de sérotonine qui est un antidouleur naturel. Partagez

un nouveau loisir ensemble pour vivre quelque chose de

nouveau et de rafraichissant. Rappelez-vous de vous réjouir

ensemble des spécificités de sa personnalité et des qualités

qui lui sont propres.

Nous avons tous un jour ou l’autre à traverser des petites douleurs

par-ci par-là, mais ceux qui vivent avec des douleurs chroniques

ont besoin de s’entendre rappeler qu’ils sont précieux et aimés.

Ils sont tellement plus que les limitations de leur corps. Servezvous

de ces quelques conseils pour pallier quelque peu leur

douleur et nourrir l’espoir dans leur vie.

© 2019 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Publié

initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

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quelqu ’ un

de mon

entourage

gay?

est

Comment

réagir quand

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GUIDE POUR MARCHER AUX CÔTÉS DE CEUX QUI RESSENTENT UNE

ATTIRANCE POUR LES PERSONNES DE MÊME SEXE

PAR BOB WILSON

Notre société et ses points de vue sur la sexualité ont évolué

rapidement ces 50 dernières années. Nous vivons dans un

pays qui a du mal à poser une définition légale du mariage.

Les parents se demandent comment expliquer à leurs enfants

la raison pour laquelle certains de leurs camarades ont deux

papas ou deux mamans. Des séries télévisées de premier plan

mettent en avant des personnages homosexuels. Le plan de

Dieu pour la sexualité n’est plus le point de vue qui domine dans

le monde d’aujourd’hui. L’église est mise au défi et les pasteurs

sont sommés de répondre aux questions. Ils sont obligés de

réfléchir à la manière dont on peut aborder l’homosexualité

dans le cadre posé par Dieu.

Une des questions qui revient souvent est : Comment les

pasteurs et les chrétiens en général doivent-ils envisager

leurs relations avec ceux qui ressentent une attirance pour les

personnes de même sexe ? La réponse de base à cette question

est : « De la même manière que toutes leurs autres relations. »

Cependant, puisque ce n’est pas toujours facile à mettre en place,

développons un peu.

Comprendre les Écritures

Quand nous lisons les Écritures, nous voyons que notre Dieu

est un Père rempli de miséricorde et d’amour pour tous ses

enfants. « L’Éternel est bon envers tous, sa compassion s’étend

à toutes ses œuvres » (Psaume 145.9). Dans les évangiles, Jésus

regarde souvent les individus ou bien la foule et il est « rempli

de compassion » (Matthieu 20.34). De nombreux autres versets

du Nouveau Testament nous rappellent que nous devons nous

aimer les uns les autres. On peut par exemple lire : « Enfin, ayez

tous les mêmes pensées et les mêmes sentiments, soyez pleins

d'amour fraternel, de compassion, de bienveillance » (1 Pierre

3.8). Nous sommes tous des pécheurs. Dieu nous demande

d’exercer sa bonté et son amour envers tous les hommes, qui

sont également des pécheurs.

Nous savons par ailleurs que tous les péchés sont égaux

devant Dieu. Le péché sexuel, qu’il s’agisse d’adultère, de

convoitise ou d’homosexualité, est condamné par Dieu. Cela

dit, le péché sexuel n’est pas le « pire » péché qui soit. Dieu

condamne au même niveau un petit mensonge, une tricherie,

la haine ou la jalousie.

Alors, comment devrions-nous, en tant que chrétiens ou

comme pasteurs, considérer ceux qui luttent avec des désirs

homosexuels ? Avec la perspective que « toute personne est

infiniment précieuse et de ce fait, mérite d’être traitée avec

respect ». Qu’est-ce que cela signifie exactement ? Examinons

cette affirmation plus en détails :

« Toute personne… »

Indépendamment de ses actions, son âge, ses croyances, sa

nationalité, son niveau d’éducation, son genre, son état de santé,

ses capacités mentales ou physiques, son métier, son apparence,

ses opinions politiques, sa race, sa religion, son orientation

sexuelle ou quoi que ce soit d’autre.

« … est infiniment précieuse… »

Parce que :

Ä Dieu nous a créés à son image. Il nous a bénis en nous

qualifiant de « très bons »

Ä Nous reflétons toujours son image. Les effets de la chute

et de notre péché ne peuvent pas complètement effacer

cette réalité

Ä Dieu nous aime de manière inconditionnelle, sans

attendre d’abord de nous que nous changions et cela, que

nous soyons en relation avec lui ou non (Romains 5.8)

Ä L’amour de Dieu est d’une telle ampleur qu’il a donné

son Fils unique (et donc lui-même) pour nous, afin que

nous puissions à nouveau être en relation avec lui

Ä Dieu nous appelle ses enfants

« … et de ce fait, … »

Nous qui suivons et servons ce Dieu, recherchons par tous les

moyens à traiter les autres en accord avec l’infinie valeur qui

est la leur, en prenant comme modèle ultime notre Seigneur

Jésus-Christ et ses enseignements.

AUTOMNE-HIVER 2019

33


Le contraire de l’homosexualité

n’est pas l’hétérosexualité.

Le contraire de l’homosexualité

est la sainteté.

« … mérite d’être traitée avec respect. »

Puisque tout le monde a une grande valeur aux yeux de Dieu,

nous méritons tous d’être traités avec respect. Peu importe si

c’est quelqu’un que vous appréciez ou non, que vous connaissez

bien ou juste un peu ou avec qui vous partagez ou non les

mêmes croyances, actions ou choix sexuels. Les chrétiens

doivent suivre le modèle de Jésus, lui qui portait son attention

sur ceux qui étaient exclus, qui passait du temps avec les

marginaux de la société et qu’on appelait « l’ami des pécheurs ».

Un autre aspect important de la relation avec les

personnes homosexuelles est de ne pas se focaliser sur leur

sexualité. D’abord et avant tout, une personne qui pratique

l’homosexualité est un être humain avec des sentiments,

une intelligence, des espoirs, des peurs, des compétences,

des forces et des faiblesses. Tout comme vous et moi. Plus

important encore, cette personne a été créée par Dieu, qui

l’aime profondément. Votre manière d’interagir avec elle

devrait donc refléter cet amour dans toute sa grâce et sa

miséricorde. Ne laissez pas ce que vous savez de sa sexualité

effacer tout ce que vous savez d’autre sur elle. Voyez cet ami ou

ce membre de votre église à travers le regard de Dieu.

Si vous avez récemment appris l’homosexualité d’une

personne, remémorez-vous tous les bons côtés de votre

relation avec elle avant que vous le sachiez. La différence est

que maintenant, vous savez une chose de plus ; quelque chose

de personnel et de difficile à partager. Cela est souvent un

signe que cette personne vous fait confiance en tant qu’ami ou

que pasteur. Il vous faut honorer cette confiance en respectant

ce qui vous a été confié. De plus, la relation de votre ami avec

Dieu est bien plus importante que son orientation sexuelle. On

n’entre pas au paradis parce que l’on est hétéro ; on entre au

paradis en disant oui à Dieu, qui a donné son Fils unique pour

notre rédemption.

Il est également important d’en apprendre davantage sur

l’attirance homosexuelle. En écoutant votre ami, vous en saurez

beaucoup. Vous pouvez aussi lire des livres et des articles qui

vous donneront une multitude de perspectives sur le sujet.

Regardez dans les librairies chrétiennes, sur internet et auprès

des associations pour les jeunes.

En tant que pasteur, voici quelques exemples de ce que

vous pouvez faire pour aider un paroissien qui rencontre des

difficultés dans ce domaine :

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Prenez rendez-vous avec la personne concernée et

permettez-lui de partager ses luttes en privé

Si vous n’avez pas les connaissances nécessaires pour la

conseiller, référez-la vers des conseillers formés ou un

groupe de soutien adapté

Encouragez-la régulièrement et rappelez-lui que vous

priez pour elle. Prenez aussi le temps de prier avec elle

Continuez à l’inclure dans les activités de groupe. Ce

n’est pas ce que vous savez sur elle qui touchera une

personne, c’est l’attention que vous lui manifesterez

Partagez l’amour inconditionnel, le pardon et la

compassion de Dieu avec elle. « Mais toi, Seigneur, tu es

un Dieu de grâce et de compassion, lent à la colère, riche

en bonté et en vérité. » (Psaume 86.15)

Voici une dernière réflexion à prendre en compte : le

contraire de l’homosexualité n’est pas l’hétérosexualité. Le

contraire de l’homosexualité est la sainteté. Bien que seul

Dieu puisse changer les cœurs, vous pouvez jouer un rôle

important dans la vie de quelqu’un en étant un bon ami

et pasteur et en vous appuyant sur les principes chrétiens

d’amour et de miséricorde.

Bob Wilson, un ancien homosexuel, était directeur d’Emmaus Ministries

au moment de la première publication de cet article. Emmaus Ministries

accompagne les personnes luttant avec l’attirance homosexuelle.

© 2019 Focus on the Family (Canada) Association. Tous droits réservés.

34 FOCUSFAMILLE.CA


Aimer

son prochain

entretien avec Rosaria Champagne Butterfield

— PAR KARLA DIAL —

Dans cet extrait d’entretien pour le magazine Citizen, Rosaria, une ancienne lesbienne,

nous explique comment construire des relations authentiques avec nos voisins

homosexuels ou, plus généralement, avec ceux qui sont différents de nous.

Rosaria s’y connait quelque peu en communication efficace.

En effet, avant de donner sa vie à Jésus en 1999, elle était

professeure d’anglais récemment titularisée à l’université

de Syracuse, dans l’état de New York, aux É.-U. Elle était

aussi lesbienne.

C’est à travers une amitié improbable avec Ken Smith, le

pasteur âgé d’une petite église locale, que la vie de Rosaria

a commencé à changer. Sur une période de deux ans, elle

a questionné son nouvel ami sur la foi chrétienne, pour

finalement trouver elle-même LA réponse. Voici notre échange

avec elle :

AUTOMNE-HIVER 2019

35


CITIZEN : Selon vous, qu’est-ce qui empêche

certains chrétiens de manifester de l’amour à leurs

prochains, tout en restant fidèles à la vérité ?

Si vous souhaitez réellement mettre la main de celui qui souffre

et qui est perdu dans la main de notre Sauveur, il vous faut

vous approcher suffisamment de cette personne pour courir

le risque d’être blessé par elle. Je pense que nous avons perdu

cette notion. Nous avons perdu ce sens de l’intimité.

C’est aussi pour cette raison que le message de l’Évangile est

si dur à entendre : il s’agit d’une invitation à l’intime dans une

réalité très sanglante. Si nous voulons devenir plus efficaces

en ce qui concerne le partage de la vérité dans l’amour, nous

devons acquérir un réel sens de la perte, que nous ne pouvons

pas atteindre si nous ne connaissons pas de manière intime des

personnes différentes de nous. Si nous restons parfaitement

isolés dans notre petite bulle magique, nous passons à côté du

fait que nous sommes en train de sacrifier nos enfants à une

culture que nous ne comprenons pas. Ainsi, tout se résume

aux relations. La grâce, tout comme la vérité, se trouvent

toutes deux dans la personne de Jésus ; ce sont des concepts

relationnels. Si nous essayons d‘aseptiser cet aspect, malheur

à nous. […]

Le message de l’Évangile nous montre exactement où nous

nous situons. Quand nous prions pour devenir un pont entre

nos amis perdus et l’Évangile, nous devons nous montrer très

précis. Il ne s’agit pas de ratisser large. Avant ma conversion,

quand on me disait « Jésus est la réponse », je répondais « À

quelle question ? » En réagissant ainsi, c’était assez facile de

faire fuir les chrétiens évangéliques. Les addictions sexuelles

ne sont pas un sujet plaisant, ceux qui luttent avec le savent

bien. Lorsque vous êtes esclave de quelque chose, cela n’a rien

de plaisant. Ce que dit réellement le message de l’Évangile est :

« Vous n’avez plus à en être esclave, vous êtes un fils/une fille du

roi. » C’est réellement merveilleux. On ne peut probablement

pas le voir immédiatement, au milieu des affres de l’addiction,

mais une fois que l’on a dépassé ce stade, l’invitation à sortir du

chemin de nos compulsions addictives est vraiment magnifique.

CITIZEN : Comment vous a-t-on le mieux

manifesté l'amour de Dieu lorsque vous meniez

une vie homosexuelle ?

L’église dans laquelle Dieu m’avait soigneusement placée

était remplie de grâce et de vérité. Ces chrétiens étaient des

croyants humbles et honnêtes. Ils n’avaient pas peur de moi,

ni de me présenter à leurs enfants. Ils m’ont traitée comme un

être humain. Ils ont répondu à mes questions. Je cherchais à

connaitre les schémas de péché des autres. Les miens étaient

plutôt évidents, ou du moins, l’un d’entre eux l’était. Ne partez

pas du principe que le plus gros problème de votre voisin

gay est son homosexualité. Mon péché principal à moi était

l’incrédulité ! J’avais le sentiment d’être entourée de personnes

qui prenaient la Bible suffisamment au sérieux pour examiner

leur propre vie à sa lumière.

La base même de la vie chrétienne est la repentance. Dieu

m’a entourée de chrétiens qui partageaient réellement leur

repentance et qui prenaient l’hospitalité au sérieux. Leur porte

était toujours ouverte. Ce n’était pas juste : « On se retrouve

une fois par mois et untel ou untel est chargé d’apporter un

plat, souvent bien trop gras ou trop sucré. » Ça se faisait

naturellement. La Bible n’est pas un article de musée. Elle

n’a pas à rester derrière une vitrine. Elle est là pour que nous

l’étudiions en profondeur et c’est ce qu’ils m’ont démontré.

L’autre aspect que je trouvais particulièrement intrigant

en tant que professeure d’anglais était la manière dont ils

parlaient des sermons et de la Bible, ainsi que leur façon de les

appliquer à leur vie. L’idée qu’il était possible de vivre sa vie

à travers la Bible et la Bible à travers sa vie était une parfaite

application des nombreuses compétences essentielles que

j’avais apprises en tant qu’amoureuse des livres. Cela m’avait

fascinée de constater qu’il existait une conversation bien plus

large sur ce sujet !

Chacun a des besoins particuliers quand on en vient à l’église.

Il n’y a pas de solution unique. Chacun a ses propres questions,

auxquelles la Bible offre des réponses percutantes. […]

Nous ne sommes pas appelés à vivre des vies efficaces mais

à abandonner nos vies à Dieu, qui rendra lui-même les vérités

de l’Évangile efficaces à travers nous.

CITIZEN : Que conseillez-vous à nos lecteurs pour

construire des relations authentiques avec les

personnes homosexuelles ou avec ceux qui sont

différents d’eux en général ?

C’est là que la notion d’hospitalité devient essentielle. Je ne

pense pas qu’on puisse réellement savoir quel est notre impact

en termes d’Évangile par rapport à un autre être humain si

nous ne lui ouvrons jamais les portes de notre maison. Nous

sommes devenus une société particulièrement renfermée

et douillette. J’aime le livre écrit par Dave Runyon : The Art

of Neighboring 1 . Si vous ne connaissez même pas le nom de

vos voisins, vous avez probablement des progrès à faire dans

le domaine de l’hospitalité. Il existe des outils et des idées

pour créer des liens avec vos voisins, d’abord de manière

superficielle, puis progressivement, de les connaître de

36 FOCUSFAMILLE.CA


manière plus intime. Mon mari et moi y travaillons depuis un

moment dans notre voisinage. Nous avons maintenant une liste

d’au moins quarante de nos voisins, avec leur noms, numéros

de téléphone, adresses courriel, … Nous avons instauré des

« calendriers de soins » pour les personnes malades, âgées ou

isolées (organisant des visites chez eux à tour de rôle, etc.).

L’Évangile se répand à travers ces petits actes d’amour. Par ce

biais, nous avons pu rencontrer des voisins gays et lesbiennes.

Nous avons également pu constater combien chacun de nous

chemine de manière similaire. Nous faisons face au même

désarroi quand nous perdons un animal domestique, aux

mêmes peurs quand un enfant est malade, …

Dans le fond, c’est de cette manière que Ken avait procédé

avec moi. Un des anciens de son église lui a apporté un article

que j’avais écrit dans le journal local en lui disant : « Il faut la

faire taire ! Cette femme est dangereuse. » Ken lui a répondu :

« Je pense que ma femme et moi devrions l’inviter à souper. »

C’est ainsi que notre amitié est née. La communauté gay et

lesbienne est très ouverte et prompte à l’hospitalité. J’étais

donc très à l’aise dans ce cadre de conversations autour d’un

bon repas, alors que je ne l’aurais pas du tout été si on m’avait

dit : « Viens donc à l’église et laisse-moi t’expliquer tout ce qui

ne va pas avec toi. » Ce soir-là, il a enfreint les deux règles de

la vie chrétienne : il ne m’a pas parlé de l’Évangile, et il ne m’a

pas invitée à l’église. C’est comme ça que j’ai su que je pouvais

nouer une amitié avec lui en toute sécurité.

1 L’Art de connaître ses voisins. Livre uniquement disponible en anglais.

Épouse d’un pasteur depuis 13 ans, Rosaria Champagne

Butterfield sert dans une église presbytérienne réformée.

Elle est aussi mère de quatre enfants adoptés, dont

deux qu’elle scolarise à la maison. Elle partage

régulièrement son témoignage avec des étudiants,

dans des universités chrétiennes ou non.

© 2019 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Publié

initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

POUR EN SAVOIR PLUS

De l’homosexualité à la découverte de la foi chrétienne

Extrait : « À l’âge de vingt-huit ans, je me déclarais ouvertement lesbienne. Je

venais de terminer un doctorat de littérature et d’études culturelles. Des universités

m’enrôlaient pour faire progresser des idéologies de la gauche radicale dans le domaine

administratif et dans le domaine de l’enseignement. J’étais persuadée que j’aidais à

améliorer le monde. Mon intérêt pour la foi était purement intellectuel, et je n’avais

pas l’intention de changer.

Je n’ai pas demandé à me convertir au christianisme. Comment tout cela a-t-il pu

arriver à une fille futée comme moi ? »

Avec un style direct et percutant, Rosaria Champagne Butterfield relate sa

conversion improbable à la foi chrétienne et les défis, autant internes qu’externes,

qu’elle a rencontrés sur son chemin.

À retrouver sur Librairie.FocusFamille.ca

AUTOMNE-HIVER 2019

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RECETTE À PARTAGER

Cuisine, gluten et compassion

Comment j’ai changé de regard sur les restrictions alimentaires

PAR ANNE WORMS

« JJ’ai fait des lasagnes, tu veux venir à la maison pour le diner ? »

« Désolée ! Je ne mange plus de gluten et je ne digère pas le

fromage, ça me tord les boyaux. »

Quelle barbe ! Encore une personne qui a cédé à la mode du

« sans, sans, sans » : sans gluten, sans produits laitiers, sans

graines, et j’en passe. Ils nous embêtent avec leurs restrictions,

ils peuvent rien manger de normal… Vous est-il déjà arrivé de

vous faire ce type de réflexion ?

Moi, je vous avoue que je l’ai pensé plusieurs fois quand certains

de mes amis m’ont fait ce type d’annonce. Soit il faut tout adapter

à leurs besoins, soit ils vous regardent avec un sourire gêné avant

de refuser les cookies que vous avez préparés avec tant de cœur. Ils

sont quand même casse-pieds avec leurs « sensibilités » !

Jusqu’au jour où… Après avoir souffert de fatigue chronique

pendant des années, j’en étais au point de ne plus pouvoir

fonctionner dans mon quotidien. J’avais vu des médecins à ce

sujet, qui m’avaient à chaque fois confirmé que mes analyses

étaient excellentes et que j’étais en pleine forme. Mais je ne

me sentais pas en forme et je savais qu’il fallait que je trouve

une solution. Alors, à bout d’idées, je suis allée consulter une

naturopathe, qui m’a annoncé exactement ce que je craignais :

« Il faudrait que vous arrêtiez le gluten, le sucre et tout ce qui est

à base de lait de vache. » Elle voulait me retirer toute raison de

vivre ou quoi ? (Oui, j’ai un côté un peu dramatique !) Pourtant,

je savais que je n’avais pas le choix. Après m’être moquée de

ces « modes » alimentaires, j’allais devoir m’y mettre moi aussi.

Alors j’ai dit au revoir à la crème et au fromage, aux pâtes, au

pain, aux biscuits et à tant d’autres choses réconfortantes et

je suis devenue, du jour au lendemain, cette personne qui dit

« Non merci ! »

Snif ! Je vous avoue que j’ai trouvé ça difficile au début !

Limite déprimant parfois… Mais au bout de seulement quelques

semaines, j’ai commencé à ressentir un peu plus d’énergie. Je

n’avais plus les yeux qui se fermaient en permanence quand

j’étais au travail, je ne m’écroulais plus à 8h30 du soir sans

pouvoir faire la moindre activité.

Que ce soit pour des raisons de santé ou par conviction

personnelle, je me rends compte que ce sont des choix

(parfois des obligations) respectables. Ils ne devraient pas

nous éloigner les uns des autres mais plutôt devenir des

occasions de prendre soins les uns des autres.

L’autre bénéfice que j’ai trouvé à cette expérience est que cela

38 FOCUSFAMILLE.CA


RECETTE À PARTAGER

m’a forcée à chercher des moyens créatifs de cuisiner. J’ai dû

sortir de ma zone de confort et explorer tout un tas d’ingrédients

et de techniques que je ne connaissais pas. Ça m’a forcée à être

beaucoup plus intentionnelle et attentive quant à ce que je

mettais dans mon assiette et donc dans mon corps. Il y a des gens

qui mangent sain naturellement, c’est ce qu’ils aiment. Croyezmoi,

je ne fais pas partie de ce club ! Mais même si c’est parfois

difficile, je continue à aimer découvrir des recettes surprenantes

et intégrer des aliments sains dans mon quotidien. Saviez-vous

qu’on peut faire des gâteaux au chocolat à base de pois-chiches ?

Qu’il existe du sucre de noix de coco ou de bouleau moins nocifs

que le sucre raffiné ? Qu’on peut trouver au supermarché des tas

de céréales délicieuses qui ne contiennent pas de gluten ?

Et puis ça m’a tout simplement rappelé l’importance de

placer les besoins des autres avant les miens. Si un ami à un

régime particulier, au lieu de râler, je peux prendre plaisir à

préparer quelque chose de spécial pour lui, même si cela me

demande un peu plus d’efforts et de réflexion. À travers cette

aventure, Dieu a mis le doigt sur mon égoïsme et il continue à

m’en guérir avec grâce et humour !

Note : j’ai choisi une recette qui ne contient ni gluten, ni

produits laitiers, ni sucre raffiné. Elle contient cependant des

arachides et du sésame, qui peuvent poser problème pour certains.

On peut supprimer le sésame et remplacer le beurre d’arachide

par du beurre de noix de cajou.

Anne Worms est traductrice et coordinatrice chez Focus Famille. Disciple

de Jésus, elle aime cuisiner de bons petits plats pour ses proches et trouver

des recettes délicieuses et saines à partager.

© 2019 Anne Worms. Tous droits réservés. Utilisation autorisée..

Spaghettis de courgettes à la thaïlandaise

Ingrédients :

• 2 cuillères à soupe d’huile de sésame

• 400 g de poulet haché

• 1 carotte en lanières (servez-vous de

votre économe)

• 1 poivron rouge en lamelles

• 1 oignon en lamelles

• 3 courgettes

• 2 cuillères à soupe d’ail haché

• Selon vos goûts, pour assaisonner à la fin :

des graines de sésame, des arachides hachées, de

la coriandre fraiche, des oignons verts hachés

Sauce aux arachides :

• ½ tasse de beurre d’arachide naturel

• 1⁄3 de tasse de miel ou de sirop d’agave

• 1⁄3 de tasse sauce soja sans gluten (sauce Tamari)

• 2 cuillères à soupe de vinaigre de riz

• 2 cuillères à soupe de gingembre frais émincé

• 1 cuillère à thé de sauce piquante type Sriracha

ou autre (optionnel)

Pour quatre personnes

Temps de préparation : 30 min

Instructions :

Commencez par préparer vos spaghettis de courgettes. Pour

cela, vous pouvez utiliser un spiraliseur ou un taille-légumes

sous forme de taille crayon, petit gadget qui ne prendra pas

de place dans vos placards et ne coute pas cher. Laissez vos

spaghettis dans un bol de côté.

Dans de l’huile de sésame, faites revenir le poulet haché

avec l’ail. Une fois qu’il commence à cuire, ajoutez l’oignon

puis un peu plus tard, les poivrons et la carotte.

Au bout de cinq minutes environ, ajoutez vos spaghettis de

courgette et mélangez le tout. Laissez cuire au maximum

trois minutes et retirez du feu. Le secret pour les spaghettis

de courgettes est de les cuire très peu pour qu’ils gardent une

forme et une consistance agréables.

Dans une petite casserole, mélangez les ingrédients de la

sauce aux arachides et placez le tout sur feu doux. Mélangez

jusqu’à ce que le beurre d’arachide soit bien dilué et que la

sauce soit chaude.

Versez la sauce sur les spaghettis et mélangez bien le tout.

Au moment de servir, rajoutez les éléments de décoration

que vous voulez (coriandre, sésame, etc.).

AUTOMNE-HIVER 2019

39


Jésus dit :

« Venez à moi, [...]

car je suis doux et

humble de cœur. »

MATTHIEU 11.28,29

19946 80a avenue

langley, bc v2y 0j8

courriel lettres@focusfamille.ca

web focusfamille.ca

FF19J

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