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Pourquoi les cinéastes tournent à Nîmes ? - Une à Nîmes

Une à Nîmes

Le e-magazine des gens qui aiment leur ville - Juin 2010 - 2 - Gratuit

Pourquoi les cinéastes

tournent à Nîmes ?

Tournage du film «Chez Gino» de S. Benchetrit à la Maison de Sophie en mai

Photo David PIECHACZEK

Greg, le visionnaire et son bureau du film

Portrait de Gregory Santerre - page 4

Comment se préparer pour aller à la plage ?

Chico-Bohème par Sandra - page 6

De l’ombre à la lumière avec Stéphane

Lopez, artiste de l’acier - page 7

Défi: peut-on faire la Féria sans ne rien

dépenser ? Réponse avec JLV - page 8/9

www.uneanimes.com


Le billet d’humeur

A l’occasion du premier anniversaire de la

disparition de Robert Lafont* le 24 juin

prochain, la rédaction vous propose un

extrait d’un texte issu du livre «Visas pour

le Gard, un siècle, un département» sous la

direction de Serge Velay aux éditions du

Diable Vauvert.

«Je connais bien des villes, dans l’Europe du Nord ou

dans la vallée du Pô, qui dressent leurs clochers

comme des crêtes de coq entre des horizons de

plaines sans bornes et sèment les notes de leurs

angélus sur des espaces sans

échos. J’en connais d’autres,

emprisonnées entre des

montagnes, qui doivent emprunter

des vallées pour y

glisser la croissance de leurs populations. Y en a -t-il

beaucoup comme la mienne, construite depuis

l’Antiquité sur la frange d’une garrigue boisée, là où

les eaux du fond de la terre remontent sombres,

sans autre seau qu’une grande gifle de soleil pour

arriver au jour ? C’est là le lieu magique, le sanctuaire

de la déesse celtique, à qui les Romains donnèrent

une couronne de marbre, et que domine la vieille tour

à la guette des siècles...».

«construite depuis l’Antiquité sur la frange

d’une garrigue boisée»

Une à Nîmes

* Robert Lafont , né à Nîmes le 16 mars 1923 et

décédé à Florence, (Italie), le 24 juin 2009, est un

linguiste, historien de la littérature occitane, poète,

auteur de nouvelles, et dramaturge occitan.

Un mois, un mot Nî mois:

Cascayer, verbe. Parler indiscrètement

sur quelqu’un. A Nîmes, ils parlaient si

fort sous les marronniers que tout le

monde pouvait en profiter.

2

Une à Nîmes

Responsable de rédaction: Jérôme Puech. Rédacteurs: Sandra Graziani, Jean-Louis Verrier et Jérôme

Puech. Photographe: Alain Berard. Webmaster: Tommy Desimone. Maquette: Jean Romanin. Nous

écrire:uneanimeslemag@gmail.com. Nous téléphoner: 06 20 30 06 97. Site/blog:

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A la Une à Nîmes

Pourquoi les cinéastes

tournent à Nîmes ?

Anna Mouglalis

sur le tournage de

«Chez Gino» le 28 mai

L’actualité des tournages de film à Nîmes ne cesse de s’allonger.

Le film tourné à Nîmes l’été dernier « les meilleurs amis du monde»

avec Léa Drucker et Marc Lavoine sort sur les écrans le 9 juin.

Samuel Benchetrit vient de filmer les dernières scènes de « Chez

Gino » avec José Garcia et Anna Mouglalis. Comment les

réalisateurs choisissent de tourner dans la cité Romaine ? Quelles

sont les raisons qui les poussent à venir ici ? Enquête récente et

dans les archives du cinéma Nîmois.

Q ua n d T ru ff a ut c ho is it N îm es…

Selon la commission régionale du film, ce sont près de 25 films

qui ont été tournés à Nîmes depuis un siècle. Le tout premier

tournage remonte au 24 septembre 1899. Deux employés

Lumière viennent filmer une corrida mais une planche tombe sur

le cameraman et casse la caméra selon la revue de l’association

française de recherche sur le cinéma. Nîmes est déjà choisie pour

son particularisme. Un des plus grands films tournés à Nîmes est

sans nul doute «Les mistons» de François Truffaut en 1957.

Bernadette Lafont, l’actrice Nîmoise, fait ses premiers pas.

Interrogée, cette dernière explique «j’ai convaincu François de

venir à Nîmes après le festival de Cannes. Il a adoré la région au

point de laisser tomber sa première idée de tourner à Strasbourg».

Les films les plus connus sont « Sans toit ni loi » d’Agnès Varda

en 1985 avec Sandrine Bonnaire, « De sable et de sang » de

Jacques Labrune en 1987, « la belle histoire » de Claude Lellouch

en 1991, « Tango » de Patrice Leconte en 1992 ou encore

«Pourvu que ça dure » de Michel Thibaud en 1996. Selon le

dictionnaire du cinéma dans le Gard (éditions « les presses du

Languedoc Roussillon) qui fait la couverture avec Sandrine

Bonnaire (César de la meilleure actrice en 1985), le film d’Agnès

Varda est celui qui a obtenu le plus de prix dont celui du Lion d’Or

au festival de Venise en 1985. Pour Marin Rosenstiehl de la

commission régionale du film en Languedoc Roussillon, « Nîmes

est retenu pour son accueil. Les services municipaux sont très

réactifs. La proximité du TGV, l’ensoleillement aux beaux jours, la

multiplicité des décors gardois, la présence de nombreux

techniciens entre Nîmes et Montpellier font partie des atouts qui

expliquent l’envie de tourner à Nîmes».

De s an ec do tes de p ré -tou rn a ge

Ce qui dominent dans les témoignages recueillis, ce sont de

véritables coup de cœur lorsque les cinéastes découvrent la ville

de Nîmes. C’est le cas de Claude Chabrol invité en 2006 par les

organisateurs de la manifestation « Un réalisateur dans la ville ».

Il choisira de tourner « Bellamy » avec Gérard Depardieu quelques

années plus tard. Jean Becker, l’invité de la prochaine édition,

pourrait donc s’inspirer de nouveaux décors pour un projet de film.

A suivre. Catherine Corsini, la réalisatrice de « Partir », avait à

cœur de tourner à Nîmes tant elle avait des souvenirs d’enfance

heureuse en terre romaine. Malgré le vol de ses affaires dans sa

voiture garée à Valdegour lors d’un repérage, elle persiste à

vouloir tourner dans ce quartier populaire avec Christin Scott

Thomas et Sergi Lopez. Elle avouera après le tournage avoir eu

un accueil chaleureux des habitants. Le dernier film tourné à

Nîmes par Samuel Benchetrit s’explique notamment par le fait que

le réalisateur possède une maison à Uzès. Son équipe avait

missionné un Nîmois, Gregory Santerre (cf. article page 4) pour

trouver un lieu adapté à certaines scènes. Cet amoureux de Nîmes

est tout fier d’avoir convaincu l’équipe de se poser à Nîmes.

La n ou vel le g én ér ati on

Cyril Rigon, jeune réalisateur Nîmois de 31 ans, a tourné « Eolius»

son premier court métrage à Nîmes. Il l’a présenté à Cannes en

2010. Il recherche actuellement des financements pour son

prochain long métrage « Le palais des glaces » avec la participation

exceptionnelle de Gérard Depardieu. Les scènes devraient se

tourner à Aigues Mortes et à Nîmes, bien sur. « Pour moi, tourner

à Nîmes est une évidence. C’est ma ville, j’en suis fier. J’imagine

déjà les plans en fonction de ce que je connais et puis il y a une

lumière exceptionnelle » explique ce cinéaste doté d’une grande

sensibilité.

Notre ville et notre région plaisent aux cinéastes. La filmographie

et les réalisateurs sont les témoins encore vivants de ces

rencontres support de tant de créations originales. Le coup de

cœur à la Nîmoise a de beaux jours devant lui, encore faut-il savoir

le provoquer.

Une à Nîmes

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Rencontre Nîmoise

Greg,

le visionnaire

Après 10 ans passés à Paris, ce

premier assistant réalisateur aux

Guignols de l’info décide de

revenir à Nîmes pour créer un

bureau du film.

Une à Nîmes

Premier assistant réalisateur aux Guignols de l’info, Gregory

Santerre est un trentenaire heureux avec sa petite famille.

Son métier est au plus près de ceux qui font les

programmes de Canal +. Malgré ce cadre idéal, Greg a

décidé de faire un travelling arrière et de venir s’installer au

mois de mars à Nîmes, près des Jardins de la Fontaine. Mais

quelle mouche a piqué cet intermittent du spectacle ?

Un parcours autour des Guignols

Comme de nombreux Nîmois à la fin de leurs études, Greg

veut quitter Nîmes. Ville trop étroite, ville vidée de ses

secrets et surtout ville peu adaptée à ses envies de devenir

journaliste, de faire de la télé ou du cinéma. Un stage banal

à Canal va lui permettre de tirer le fil d’une pelote de

carrière en tant que « touche à tout » de la télévision. Tour

de France, Jamel Comédie Club, Guignols de l’info, Groland,

…Greg a un CV à faire rêver les minettes à l’accent à la

sortie des salons d’orientation du parc des expo.

Pourtant après dix ans passés à travailler dans les coulisses

de la chaine cryptée, Greg se prend à nouveau à rêver. Il

rêve de revenir sur ces terres pour un vrai choix de qualité

de vie. La machine à créer Tim Burtonesque refonctionne.

Il convainc Marlène, sa compagne, de s’installer dans son

pays. Et il se plait à se retrouver ici comme une cure de

jouvence. Ses amis, sa famille retrouvent aussi le Greg

fourmillant de mille idées. Un Greg un peu fou par ses idées

généreuses. Mais désormais un Greg au parcours référent

dont on commence à prendre au sérieux.

Un bureau pour accueillir les films

Après une discussion passionnante et amicale au Cosy Wine

de la place d’Assas l’été dernier, Greg trouve la pierre

philosophale. Il a du être inspiré par cet environnement

imaginé par un certain Wilmotte. Greg veut croiser la

renaissance de son amour pour Nîmes et sa passion du

cinéma. Son projet est prêt, ce sera un bureau du film pour

Nîmes et le Gard. En clair, Greg veut attirer les cinéastes

dans la région et tout mettre en œuvre pour les recevoir

dans les meilleures conditions.

Riche idée dont il s’est fait le VRP auprès de la Mairie et du

Conseil général du Gard. L’oreille institutionnelle entend

mais tarde à s’emparer réellement du projet. Greg, le

visionnaire, multiplie les rencontres avec notamment

Bernadette Lafont, l’actrice des «Mistons», ou Sophie

Rigon, l’amie Nîmoise des acteurs. Greg veut montrer qu’il

peut déjà. Alors il permet au film de Samuel Benchetrit de

tourner les dernières scènes de son film « Chez Gino » à

Nîmes il y a quelques jours. Un galop d’essai en quelque

sorte. Pourvu que cela se remarque.

Certes, Gregory Santerre est face à un avenir improbable.

Mais qu’il est bon de discuter avec une personne qui

mobilise autant de savoirs, d’énergies au service d’une vie

nourrie de passions. Comme lorsque ses amis le croisaient lui

toujours en avance d’une idée à creuser. Silence, ça tourne

encore dans sa tête.

Le Petit Questionnaire Nîmois

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Un lieu : le restaurant «le 9» rue de l’étoile à Nîmes pour son accueil avec Jean-Paul et ses nombreux

souvenirs. Un événement : le quart de finale de Coupe Davis durant lequel Yannick Noah accepte de

venir dans une soirée organisée par Greg . Une Nîmoise: Bernadette Lafont, l’actrice Nîmoise.


Dans le Rétro

Flora Tristan

La féministe de la place d’Assas

L’histoire

Flore Célestine Thérèse

Henriette Tristán Moscoso

Laisnay, née le 7 avril 1803 à

Paris et décédée le 14

novembre 1844 à Bordeaux,

est une femme de lettres,

militante socialiste et féministe

française, qui fut l’une des

figures majeures du débat

social dans les 1840.

Fille d’un noble péruvien et

d’une bourgeoise parisienne,

Flora se marie à 17 ans avec un

mari jaloux, violent mais riche.

Elle parvient néanmoins à

s’évader d’une vie quotidienne

où la femme est considérée

comme une mineure incapable,

par la lecture de Rousseau,

Lamartine et surtout de

Madame de Staël. Ses ennuis la

pousseront à se battre pour le

droit des femmes à divorcer.

Egalement ouvrière, elle

défendra les travailleurs.

Lorsqu’elle entame un tour de

France pour rependre ses idées,

elle fait étape à Nîmes.

Son témoignage

Flora séjourne en 1843 dans une des

chambres de l’actuel Royal Hôtel, appelé

à l’époque « Hôtel du Gard ». Sur la place

d’Assas, elle évoque un lavoir dépourvu

de toit et donc exposé autant aux

ardeurs du soleil estival qu'au vent et

aux intempéries, qui plus est, il présente

des dispositions particulières car il est

comme un « trou au milieu de la place »,

c'est-à-dire qu'il est situé en contrebas

du niveau de son sol, elle précise ensuite

« on y descend par un escalier à deux

planches, là sont deux lavoirs tenant

toute la longueur mais qui n'ont pas un

pied de large...la femme qui lave est dans

l'eau jusqu'à mi-corps [car elle] lave sur

une pierre dont la pointe incline hors de

l'eau... 300 à 400 laveuses au moins

sont condamnées à Nîmes à passer leur

vie le corps dans l'eau, et dans une eau

qui est un poison puisqu'elle est chargée

de savon, de potasse, de soude, d'eau de

javel, de graisse, de toutes sortes de

teinture... ».

Place d’Assas

La place d’Assas était au moyen âge

et jusqu’au XVIIIème siècle un

splendide jardin. Il faisait parti d’un

couvent et d’une église, appelé les

Recollets, situé à l’emplacement actuel

de Carré d’Art. Par la suite, c’est un

lavoir qui va occuper l’emplacement.

Sa conception est amorcée en 1787.

Le nom de la place d’Assas a été pris

en 1824. L’actuelle place a été créée

en 1989 par le plasticien Martial

Raysse. Deux têtes marquent le lieu.

La tête féminine à l'est représente

Némausa, la source originelle de

Nîmes, l'autre le dieu Nemausus force

virile de la ville. Au nord et au sud, les

parapets et garde-fous sont gravés de

symboles, d'emblèmes et d'énigmes

issus du monde alchimique, de la

Franc-maçonnerie, du Tarot, de la

Bible...Au fond de la place, une

pyramide de verdure et de rochers à

sept degrés figure le jardin d'Eden

mais aussi la montagne de la sagesse,

le paradis de Mahomet...

Une à Nîmes

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Chico Bohème

by Sandra

Comment se préparer pour aller à la plage ?

Après cette longue période polaire, moi je ne dis qu’une chose :

LA PLAGE !!! Mais là il faut un minimum…

Indispensable, faire une «french pédicure», de beaux ongles sur des pieds

bronzés, c’est trop la classe et puis ça donnera peut être envie à votre

homme de vous masser les pieds…Oui Messieurs, nous avons des tas de

zones stimulantes et érogènes à cet endroit !!…Et quand c’est bien fait,

ça peut être limite orgasmique ! À méditer ! Moi je dis ça, j’ai rien dit !

Pensez dès à présent à acheter vos crèmes solaires et vous bénéficierez de sacs

de plages, et allez-y tôt pour avoir le choix de ne pas se retrouver avec le sac ELANCYL

qui vous qualifiera tout l’été «addict» aux régimes loupés !

La tendance de cette année c’est d’aller à la plage avec un Fouta ….quèsaco encore ?!! Non, non

ce n’est pas le nouveau surnom de l’été pour qualifier nos «Crunch» (amants réguliers) ou «gaufres»

mais simplement une serviette de plage en coton tissé, qui vous servira quand même un peu plus

qu’un bellâtre musclé que vous aurez du supporter toute la journée et qui aura fait la grimace

quand vous lui aurez demandé de vous appliquer votre crème solaire dans le dos…

En parlant de crème, moi je dis qu’il y a quand même un manque, mais non pas de crème…mais de

beaux mecs sur la plage qui passeraient comme on vend les chouchous et qui nous masseraient

avec de la crème solaire ! Ils pourraient s’appeler les «chouchous boys of the

beach» les CBB ! MESSAGE à tous les gérants de plages privées, mettez à la

disposition de votre clientèle féminine des CBB !!!

La plage est choisie, la crème on l’a, les pieds sont

top classes, le fouta dans le sac de plage, voilà ça

c’est fait, on est opérationnelle là, non ? Eh dites, on

ne va pas y aller toute nue à la plage quand même !!

Un maillot, il nous faut un maillot…et c’est là que nos

plus grands soucis arrivent…pour les rondes et fières

de l’être, je propose un intermédiaire entre le deux

pièces et le une pièce,le «tankini» !!

C’est parti, l’été s’ra chaud, l’été s’ra chaud dans les t-shirts, dans

les maillots…je vous donne rendez vous troisième transat à

gauche, je serai celle qui se fera passer de la crème solaire par un

beau brun, allongée sur mon fouta, en tankini en train de boire un

mojito…les ongles des pieds french

pédicurés !!

Une à Nîmes

Trucs et adresses:

- Fouta en vente chez Vartan’s (rue de l’Aspic) ou Monoprix,

- Sac de plage (pensez à le demander sinon on ne vous le propose pas toujours) et kit

de french pédicure (avec stickers please), toutes les pharmacies nîmoises,

- Huile protection et soins pour cheveux chez Clinique du cheveux (rue notre dame),

- J’ai une préférence pour la crème solaire pailletée mais si vous n’en trouvez pas vous

pouvez utiliser de la poudre paillettée en vente dans toutes les parfumeries,

- Je n’ai pas d’adresse de beau brun (enfin si le seul que j’ai, je le garde pour moi) pour

vous masser avec de la crème solaire…

- Ma plage préférée....je ne sais pas si je vous le dis...allez si vous avez l'air sympa : "les

pieds nus", familliale, pas bling bling du tout, accueil chaleureux et oû la cuisine est

faite qu'à partir de produits frais. Je vous conseille leur Mojito fraises chocolat!

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Reg’Arts

De l’ombre à la lumière

Stéphane Lopez, artiste-sculpteur, ouvre

les portes de son atelier et de sa vie

Stéphane et ces ombres figées m’accueillent avec une grande

gentillesse par ces mots « c’est un peu sombre l’atelier,

comme celui de Giacometti». Le ton est donné. Je me

retrouve sur la Route d’Arles dans une propriété agricole

remplie de différents silences. Une vieille abbaye du XVIIème

siècle se love timidement aux bâtiments de cette petite ferme

discrète. L’atelier de Stéphane est exigu. C’est la chambre

d’accouchement. Il jouxte les écuries aux chevaux fantômes.

Le lieu semble idéal pour donner vie à ces bouts de métal bien

tristes. Je lui dis que j’aimerai vivre ici, en retrait.

Toute son histoire résonne dans sa première remarque.

Stéphane Lopez est « un autodidacte qui sort de la rue » et

de ses propres démons. Ce Nîmois est venu à la lumière grâce

à deux rencontres : celle de José Pirès (son parrain artistique)

il y a 20 ans et celle de Mathilde (sa femme) il y a 10 ans.

Une figure paternelle et maternelle se penchant comme deux

fées oniriques sur le berceau d’un enfant.

J os é Pir ès, le me ntor artistiq ue

« A 17 ans, j’ai rencontré José Pirès au bar le Gitan » explique

tout sourire le trentenaire. Avec ses croquis sous le bras, le

jeune Stéphane tente de convaincre l’artiste d’être son obligé.

Il finira par accrocher ses œuvres en pensant aux siennes. Ça

commence dans l’espace Gard du Conseil général non loin des

Trois Maures à l’époque. Il continue en gérant l’atelier vente

de José Pirès rue des Arènes. Avec les conseils éclairés de son

mentor, il propose une première exposition aux Olivades.

Stéphane vend 30 pièces, c’est le début des possibles. «Je

donne une dimension, une vie, une âme, un esprit, un corps à

ces feuilles d’acier ». Son univers est la tauromachie, la nature

et l’art contemporain.

A la question, cet art est-elle ton activité principale ?

L’intéressé répond « non, bien sur. Pour rester les pieds sur

terre, j’ai besoin d’avoir un métier. Je suis inspecteur

protection incendie ». Stéphane Lopez se dévoile alors sans

pudeur sur son chemin de vie. « J’ai rencontré Mathilde et elle

m’a encouragé à structurer ma vie » lance t-il débordant de

reconnaissances.

Mathild e, l’é tinc e lle d e la ré alit é

A l’époque, le jeune artiste bohème claque son fric dans les

addictions mondaines. « Je vivais alors dans une seule pièce

avec un lavabo » indique l’artiste d’acier. Puis vient la

rencontre avec Mathilde, « une fille pourtant très éloignée de

ma classe sociale » précise t-il. L’amour et elle vont le pousser

de concert à reprendre les études, de quoi faire la soudure

avec une certaine réalité. Stéphane semble si heureux de

pouvoir concilier deux sortes de vie, l’une où il exprime son

imagination, l’autre où il se sent entouré d’une famille comme

jamais il n’en avait rêvé enfant. Ils ont deux enfants Louis et

Victor. Ils aiment déjà la tauromachie, curieux.

Des rencontres, il en a fait d’autres. La petite fille de Picasso

lui achète une de ses œuvres en 1995. Il croise César qui

écrase des bouteilles issues d’une industrie connue de

Vergèze chez Durand. Et puis, Stéphane est l’artiste reconnu

dans les yeux des maestros et des éleveurs de taureaux, ceux

là même qui inspirent tant son art. Il a travaillé notamment

pour Victorino Martin, Palha et le matador de Jerèz, Padilla.

Stéphane expose à Bayonne, Béziers, Lyon, Cannes, Nîmes et

Vic-Fezensac dont il revient à peine. Ses sculptures ornent la

plupart des grands restaurants de notre région: Le lisita, Le

Wine Bar, Chez Alexandre et bientôt L’ancien théâtre.

Notre entrevue s’achève. Je quitte l’atelier content. Stéphane

m’a donné de la matière pour sculpter un article. Le ferronnier

va rallumer la flamme de son chalumeau. Il prépare une série

pour la féria des Vendanges. Elle sera visible dans la boutique

de José Pirès en centre ville, rue des Marchands. En novembre,

il répondra présent à une exposition intitulée « toréador »

proposée par Patrick Siméon à l’Impérator. Comme une

intuition sourde, je me dis que la lumière n’a pas fini de le

mettre en évidence. Elle et lui m’accompagnent dehors

impatients de se remettre à l’œuvre.

Pour Contacter Stéphane:

06 16 08 00 94

Une à Nîmes

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Est-il possible de faire la Féria

sans dépenser un euro ?

Plaisirs en bouche

Carnet de notes de Jean-Louis

Jeudi 20 mai

Je suis invité à la corrida par un ami, il me propose 2 places…

J’y vais donc accompagné d’une amie.

En sortant je propose aux personnes qui étaient avec nous de

remonter vers l’Impérator. L’apéritif est offert par le club de la

Presse (dont je suis membre). Nous passons un très agréable

moment dans les jardins. L’ami qui nous a invités à la corrida

offre une bouteille de champagne.

Je me dirige ensuite vers le restaurant « Le Vintage » dans

l’écusson où mon entreprise organise un repas avec des clients.

Repas, dessert, café… Minuit, direction la Bodéga l’Alégria à

l’hôtel Chouleur.

2 coupes de champagne nous sont offertes par une ancienne

conquête du pote qui m’accompagne.

On retourne ensuite vers l’Impé, coté Bodegon, où je croise

quelques amis commerçants… 4 coupes de champagne plus

tard, il se fait déjà 3h du matin… Direction dodo… Bilan de la

soirée 0€…

La Genèse de l’histoire :

Un soir de mai, assis dans mon canapé, je regarde une émission

à la télévision où des parisiens se présentent comme des

professionnels de l’incruste dans les soirées mondaines, les

inaugurations, les défilés et les diners cocktails de la capitale…

Une idée commence à germer dans mon esprit… Est-il possible

de faire la même chose, ou d’adapter la chose à la Féria de

Nîmes ?

En adaptant, je pense à une adaptation totale… Les boissons,

les repas, transports, Corridas ou spectacles (concerts… etc.)

Le pari est énorme: 6 jours de fêtes pour pas un euro…

Les règles du jeu :

Une à Nîmes

8

J’ai 100 euros en espèce et ma CB en poche (en cas d’urgence

ou d’accident) mais le but est de les utiliser le moins possible.

Personne ne doit-être au courant, pour ne pas fausser

l’expérience. Je ne dois pas forcer la main aux gens pour boire

un verre, manger, entrer quelque part… Tout doit venir de LEUR

part… Je ne dois rien demander, sauf pour les Corridas… Je

dois réussir à passer une bonne Féria, sans avoir la sensation

de m’être privé.

Mercredi 19 mai, 18h00, c’est parti…

C’est le premier soir, je sors du boulot trop tard pour aller à la

corrida. Je me rabats sur 2 vernissages où je suis invité via le

réseau Facebook. Une première exposition peinture de bonne

facture avec des œuvres originales et intéressantes. Un buffet

avec assortiment de canapés, petits fours et vins locaux, ça

commence bien.

45 minutes plus tard, changement de décor. J’accroche moins

à la seconde exposition, et ici le lunch se résume au verre de

l’amitié, chips et cacahuètes.

21h direction la Bodéga Pablo Romero… Je tombe sur de

vieilles connaissances, Tapas et rosés sont à disposition. On me

propose plusieurs verres.

22h30. J’ai passé une très bonne soirée, je travaille demain, je

fais donc le choix de ne pas rentrer tard. Bilan de la soirée :

0 €, je n’ai plus faim, je n’ai plus soif…

Vendredi 21 mai.

A midi je suis invité « officiellement » au repas offert par le

restaurant administratif… Buffet gargantuesque… Fontaine à

sangria… Bonne humeur au milieu de la fonction publique

nîmoise.

Je suis quand même un peu déçu, ça manque de jeunes… A

force de ne remplacer qu’un départ à la retraite sur deux et

bien il n’y a plus que des vieux…

Après une sieste méritée… Début de soirée à la Bodéguita du

Royal… Un groupe d’amis sert rosé sur rosé… Je me sens partir

en douceur… Les bouteilles s’enchaînent avec les tubes,

jusqu’au moment ou on arrête de compter… J’essaye de me

contrôler demain matin je suis invité par un de mes meilleurs

amis aux arènes pour 11h… En rentrant chez moi (à pied, ce

qui évitent les désagréments de l’alcoolémie au volant) je

m’arrête à la Bodéga des Costières (qui est au vin ce que le

soleil est au bronzage, un accélérateur de noircissement)… Le

jardin est plein à craquer… Une copine passablement enivrée

me voit… et on boit… Je regarde ma montre, il est rosé moins

vingt du matin… C’est le moment de rentrer… Bilan de la

journée : 0€


Lundi 24 mai :

Samedi 22 mai.

Levé tôt ce matin, je suis invité à la corrida. Je descends

en ville à pied, la fatigue est présente mais l’affiche est

alléchante. Arrivé aux arènes à 10h45, j’appelle l’ami qui a

eu la gentillesse de me proposer une place… Et là c’est la

douche froide, il a invité également son frère, n’a que 2

billets, s’est trompé, s’excuse… Bref je n’ai pas mon accès

aux gradins… J’ai eu mon LAPIN de la Féria…

Je flâne un peu mais personne que je ne connais et qui

puisse m’aider… Un ou 2 coups de fil, mais rien… Mais un

de mes appels est productif… Un ami me demande ce que

je fais à midi, m’invite pour l’apéro, puis me propose une

Paëlla chez des amis à lui.

La journée se passe finalement très bien, on est une

trentaine au bord d’une piscine, quartier Camplanier,

Paëlla, Rosé, pétanque. Le cadre est idyllique…

… Et le portable qui sonne, une connaissance que j’avais

appelée le matin me propose une invitation pour la corrida

du soir… Je me retrouve assis en tribune protocole, deux

mètres derrière le président. Cette corrida m’aura permis

de voir un très bon PINAR (le nom du torero) ça ne

s’invente pas…

21h30 je me dirige vers l’Impérator, j’y retrouve une amie

de Montpellier, quelques élus du conseil régional, un

journaliste… On est au comptoir, Tapas et vin des Costières,

puis un appel de mon LAPIN du matin… Il joue les

DJ dans une célèbre bodéga nîmoise, il m’invite à passer

la soirée à ses cotés, derrière les platines, le champagne

coule à flot… offert par les gentils organisateurs.

4h du matin, je suis épuisé, on me propose de dormir au

centre ville… J’accepte…

Bilan de la journée : 0€ et une bonne gueule de bois en

prévision pour demain…

En route pour Vauvert, je n’ai pas le choix, je prends ma

voiture et un ami m’accompagne. On passe une très bonne

journée, repas détente sur la terrasse face au jacuzzi et à

la piscine… J’en profite pour récupérer les clefs de la villa,

car mes amis partent 15 jours aux Etats-Unis et c’est moi

qui vais avoir l’honneur de garder la maison pendant leur

absence… 18h, nous n’avons pas de places pour la corrida

du soir qui s’annonce comme la plus belle affiche de la

Féria…

Qui ne tente rien n’a rien, 15 sms plus tard nous sommes,

mon meilleur ami et moi, devant les grilles.

Dans 5 minutes c’est le paseo… Tout s’enchaîne, un élu

de la ville arrive, il lui reste une place… Un de mes sms

revient et m’annonce qu’il vient d’avoir une place au

Callejon (sur la piste) et qu’il me met donc sa place à

disposition… Coup double, nous rentrons tout les 2…

20h, Restaurant de l’étoile, le patron offre sa tournée…

Une fois, deux fois, trois fois… M’engueule parce que je ne

suis pas passé le voir plutôt… De là direction la Bodéga

Pablo Romero, le lundi soir c’est là-bas que ça se passe…

On est entre nîmois, tous le monde se lâche, jusqu’à 2h

du matin, ceux qui ont travaillé dur pendant 5 jours

viennent eux aussi y faire la fête… Je ne sais pas ce soir

là combien de verres ou de bouteilles, nous aurons vidé…

Je regarde l’assiette de calamars devant et j’ai peur de

finir comme eux… Frits...

Il est 2h, on ferme, je travaille demain matin, je garde

aussi une maison… Il est temps d’aller dormir…

Bilan de la journée : 5€ de gazole pour aller à Vauvert.

Conclusion :

Dimanche 23 mai

Journée de récupération… Je n’ai pas mal à la tête, le

champagne est moins agressif que le rosé…Je suis rentré

chez moi à 11h du matin, douche, sieste, douche, sieste,

douche… C’est la première journée ou je consomme

autant d’eau… Retour au centre-ville pour 17h30 car à

18h une bonne connaissance travaillant pour la ville me

permet d’accéder au vomitoire 103, vomitoire où je ne

vomis pas, mais où je vois un PONCE triste à l’épée…

Le finish se fait aux 3 maures… Apéro offert par des amis

vauverdois qui en profitent pour m’inviter le lendemain

midi à déjeuner chez eux. La suite se passe au 421, puis à

la Bodéguita où les verres s’entrechoquent, on n’voit plus

les problèmes, c’est une java qu’on aime… J’y croise un

ami de 20 ans, Laurent, une bouteille à la main. Il est a

noté qu’il sera le seul à ne pas m’offrir un verre ;-)

2h du matin, je n’en peux plus… Ma soirée de la veille me

pèse… Et il faut se lever demain… Dodo.

Bilan de la journée : 0€

Faire la féria pour 0€, c’est possible quand on est Nîmois…

Oui quand on est nîmois car si on ne connait personne dans

les rues de Nîmes cela s’avère plus difficile…

Il est important de reconnaitre aussi que les gens sont

généreux… Les invitations, les verres, apéros, repas… Les

gens ne comptent pas et ont le cœur sur la main pendant

ces 6 jours de folies…

L’expérience que j’ai vécu est difficile à retranscrire, on ne

peut rien prévoir, les places offertes tombent au dernier

moment et il est très frustrant de ne pas offrir à boire à

son tour quand quelqu’un à payé une, deux, voire trois

tournées… Je l’ai fait une fois, je ne le referais pas…Il n’est

pas dans mon tempérament de profiter… Je culpabilise…

NB : Tous ceux qui m’ont offert à boire, à manger, à voir

une corrida, sont invités mi-juin, chez moi, pour un

barbecue et un apéro géant (qui ne sera pas sur Facebook)

Je remercie toutes les personnes qui ont participé à la

rédaction de cet article, à l’insu de leur plein gré…

Une à Nîmes

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