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Les raisons du succès - Une à Nîmes

Une à Nîmes

Le e-magazine des gens qui aiment leur ville - Juillet-Août 2010 - 3 - Gratuit

Tourisme:

Les raisons du succès

Audrey du Royal Hôtel, la petite Régine -

page 4

Conseils pour la rando des soldes urbaines

Chico-Bohème par Sandra - page 6

Pourquoi les Nîmois aiment les Morues ?

L’histoire de la brandade - page 7

Les militants de l’art avec la galerie de la

Salamandre - page 8

www.uneanimes.com


L’édito de l’invité

J’ai passé les trente premières années de ma vie

dans la petite Rome. J’y suis né, j’y ai grandi,

étudié, flirté, ri et pleuré. Les aléas de la vie me

l’ont fait tantôt adorer tantôt critiquer mais

Nîmes est, au final, imprimée dans mon cœur en

lettres rouges et vertes. Et maintenant que

j’habite chez son meilleur « ennemi héraultais», je

ne m’y suis jamais senti aussi proche. Nul n’est

prophète en son pays dit le dicton.

Il a fallu que je m’en éloigne de quelques

kilomètres pour la redécouvrir sous un angle

nouveau. Et malheur à celui qui touche ses vieilles

pierres ! Nichée au creux de ses sept sœurs

collines, elle arbore, fière et chaude, un patrimoine

historique unique, une effervescence culturelle à

l’aura internationale grâce aux associations qui

fourmillent de projets et à la politique touristique

de la ville et se situe « au carrefour de l'Histoire

et des relations humaines » comme le disait

l’écrivain Christian Liger dont j’ai eu la chance de

suivre l’enseignement universitaire à la fac

Vauban.

Ce mois-ci notre e-mag offre sa

tribune à un nîmois de 34 ans,

Laurent Girardon. Il a créé la

revue Black Mamba en 2005, une

publication trimestrielle sur les

littératures de l'imaginaire.

Laurent nous offre en exclusivité

la couverture du n°18 disponible

en ce début juillet. Cet amoureux

des livres est aussi une plume

aiguisée. Il écrit sous le nom de

Freddy Cash des nouvelles et des

récits pulp percutants ! T.D.

«Nîmes est imprimée dans mon coeur en

lettres rouges et vertes.»

Une à Nîmes

J’aime particulièrement son enceinte médiévale, à

l’ordonnancement architectural multiple, j’aime

ses trésors du passé romain, ses dédales de rues

qui poussent à la flânerie, ses fabuleux hôtels

particuliers du XVIème et l’élan moderne que

symbolise, entre autres, notre médiathèque du

Carré d’Art.

J’aime enfin sa population hétéroclite, aux

cultures méridionales diverses et variées qui à la

moindre occasion (dont la plus célèbre reste la

féria de Pentecôte) se rassemblent pour

communier la fête. Nîmes a bien ses défauts (son

mistral qui décoiffe, ses bobos qui pavanent ou

râlent aux terrasses des cafés, ses crocos qui

devraient mordre la ligue 1, son obsession

tauromachique…) mais qui n’en a pas ?

Un mois, un mot Nî mois:

Oui, j’ai passé mes trente premières années à

Nîmes et, si la vie se montre clémente, j’espère y

passer mes trente dernières. Si ça ce n’est pas

une preuve d’amour…

Bouléguer, verbe. S’agiter. Ne pas savoir

se tenir tranquille à la même place.

«Boulègue!» adressé à celui qui tire les

numéros lors d’un loto.

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Une à Nîmes

Responsable de rédaction: Jérôme Puech. Rédacteurs: Sandra Graziani, Jean-Louis Verrier et Jérôme

Puech. Photographe: Alain Berard. Webmaster: Tommy Desimone. Maquette: Jean Romanin. Nous

écrire:uneanimeslemag@gmail.com. Nous téléphoner: 06 20 30 06 97. Site/blog:

www.uneanimes.com. E-magazine mensuel et gratuit. Dépôt légal en cours.


A la Une à Nîmes

Les clés

du succès

touristique

«Les Grands jeux romains» ont assuré une

belle mise en scène le 18 avril dernier.

Nîmes est une ville touristique du sud de la France grâce

notamment à son patrimoine historique exceptionnel.

L’activité touristique est une des principales ressources

économiques de la ville. Il faut dire que triangle des bermudas

opère entre Arènes-Maison carrée-Tour Magne. Des Allemands

en chaussettes blanches dans les chaussures ouvertes, des

anglais rougeâtres, des espagnols peu dépaysés aux jeunes

italiennes indiscrètes à grosses lunettes, les touristes sont là

depuis quelques mois. Ils s’extasient devant ce qui constitue

notre décor quotidien, devenu presque banal.

Pour Claude Reza, directeur du Comité Départemental du

Tourisme (C.D.T.), « Nîmes a une activité touristique dont

l’attrait fondamental est son patrimoine bâti ». Il considère à

juste titre que nous avons un décor exceptionnel et que la

problématique touristique Nîmoise consiste simplement à

trouver les bonnes mises en scène des lieux. Immédiatement,

les images de spectacles se bousculent. Taurins avec les férias

et avec les traditions camarguaises. Historiques avec le récent

accueil des « Grands jeux romains » dont le succès de la

dernière édition datée d’avril a fait écho à cette

problématique. Musicaux avec les concerts dans les arènes et

aux jardins de la Fontaine. Enfin, il ne faut pas oublier un des

piliers de l’animation estivale avec les fameux « Jeudis de

Nîmes » qui débutent le 6 juillet prochain.

Art de vivre et retour à l’authentique

Question de positionnement, « Nîmes c’est le rapport à la

réalité, à l’authenticité » appuie ce professionnel du tourisme.

Les touristes français et étrangers viennent chercher ici un

certain art de vivre. Une façon de consommer une rupture

avec leur quotidien dont on se plait à l’imaginer grisâtre

comme le visage d’un parisien accroché à sa rame de métro.

Un savoir-vivre autour des scènes de gens heureux qui

prennent le temps de manger de belles olives ou de la

brandade sous les tonnelles, de boire du rosé (qui fait

bronzer) des Costières, de jouer à la pétanque entre amis à

grosses voix, de prendre un bain de soleil aux sons des cigales

sous un micocoulier ou de déambuler dans une ville à échelle

humaine. « Nîmes, la ville avec un accent » tient sa promesse,

celle de toucher l’âme d’un lieu en écoutant ses Nîmois avec

ses « heing » qui chantent !

Cependant, les attentes des touristes évoluent d’année en

année avec une sorte de « désaisonnalisation » des pratiques.

Avec la multiplication des jours de congés dopée par les ARTT,

les acharnés du clic de souris recherchent davantage du court

séjour. « Il faut être capacité de proposer non seulement des

lieux mais aussi des trucs à faire » explique le directeur du

C.D.T. Nîmes répond-elle à ses évolutions ? Un exemple : la

tendance du moment tourne autour du vert. Le verre que l’on

peut prendre presque collé à la Maison Carrée et proche de

Carré d’art ou sur une place dessinée par Wilmotte. Ce vert

de nos espaces naturels que nos magnifiques jardins de la

Fontaine nous proposent depuis 250 ans. In fine, il y a le vers

à soie qui a marqué le passé industriel de la ville de multiples

façons.

Nîmes, une âme à saisir

Aujourd’hui, l’identité Nîmoise ou l’addition de ses identités,

rend parfois la cité diverse et illisible. Pas toujours facile pour

les touristes de les saisir du premier coup. Nîmes, la pudique,

ne se donne pas du premier regard. Mais son authenticité et

son conservatisme semblent encore tenir une place de choix

dans les stratégies marketing des spécialistes du tourisme.

Bien évidemment, Nîmes pourrait faire plus, Nîmes pourrait

faire mieux, Nîmes pourrait se mettre davantage en valeur.

Il y a des choses qui se mettent en scène sans que le

touriste le sache. En attendant, le Nîmois peut se rassurer.

Sa ville a une âme. Que cela plaise aux touristes ou non,

que le touriste en ait saisi la quintessence ou non. Aux

acteurs locaux de la transmettre. Le succès tient à ce

partage, synonyme de savoir-faire.

Une à Nîmes

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Rencontre Nîmoise

Audrey

La petite Régine

A 35 ans, cette jeune Nîmoise

dirige avec bonne humeur

le Royal Hôtel.

Une à Nîmes

Le guide du Routard ne s’y est pas trompé, la bible des jeunes

baroudeurs envisage d’appeler Audrey, « la petite Régine ».

«C’est pour moi une comparaison positive » relève

malicieusement la jeune patronne du Royal Hôtel de la place

d’Assas. Audrey Carbo, gère en famille, avec mère et frère, un

établissement où l’âme nîmoise respire. Un lieu dans lequel les

clients aiment à suspendre encore et encore l’esprit et la

convivialité des Férias.

Avec l’aide de la petite famille, elle jette en 2005 les dés du

Monopoly Nîmois, son sceau à champagne (dont on imagine

qu’il pourrait être son petit objet symbole) s’arrête sur le Royal

Hôtel. « Je savais qu’ils voulaient vendre et moi je voulais

changer de métier » explique Audrey. D’abord, la petite famille

paie en raclant les fonds de tiroir et en prenant des risques

financiers. Ensuite, elle se retrousse les manches en

besogneux, découvrant un métier jusque là totalement

inconnu.

Beaucoup de présence

Maintenant, les années se sont écoulées dans un rythme

endiablé. Il reste toujours des crédits à rembourser et des

risques à assumer. Audrey se penche avec humilité sur son

chemin parcouru : « je n’ai aucun regret car j’ai beaucoup

appris. C’est très enrichissant d’être là car je fais beaucoup de

rencontres. C’est un dur métier dans lequel il faut être très

présent ». Les mots ainsi sortis de sa bouche indiquent

combien elle affectionne son rôle dans cette pièce quotidienne

où se bouscule près de quinze acteurs salariés. Audrey prend

du plaisir à travailler malgré le temps qui file, fugace, et le

physique, qui trinque au milieu des clients désinhibés.

A la question n’est –ce pas difficile de travailler avec sa famille?

La responsable de la partie « Hôtel » répond avec naturel :

«on se complète avec mon frère. A lui la gestion, les réflexes

de bon sens. A moi le contact, les animations et la créativité ».

Travail, famille et fratrie. Cette dernière a acquis de la maturité

personnelle et professionnelle en formation accélérée. Clients

et personnels tentent parfois de mettre l’accent sur des failles

entre les deux patrons. Méfiez-vous des apparences ! La

mécanique est bien huilée malgré quelques éclats de voix dont

les hauts plafonds de la Bodéguita se régalent.

Si le Royal est devenu un endroit « branché » de la ville, c’est

dire combien Audrey a su faire fructifier l’héritage de ce lieu.

Artistes bohèmes, hommes d’affaires de goût, jeunes golfeurs

proprets, vieux et jeunes beaux narcissiques, femmes séparées,

nostalgiques des férias…tous se retrouvent dans cette

auberge espagnole au moment où le jour s’évanouit. A quelque

pas du quartier protestant, Audrey ne se donne pas facilement

à l’image de ce caractère Nîmois. Mais une fois la relation

établie, Audrey se montre d’une grande générosité et d’une

grande fidélité. Demandez à ses proches, ceux là même,

désintéressés, qui ne voient plus la patronne mais une

personne à la fois fragile et déterminée.

Après le Royal, une maison d’hôte ?

La trentenaire se projette volontiers dans un lieu avec une âme,

«des chambres d’hôtes dans un monastère ou alors un

domaine viticole » précise t-elle le regard perdu dans ses rêves.

Nul doute qu’elle cherchera cette étincelle qui peut faire

basculer une soirée banale en une soirée où les clients

s’amusent vraiment. Le genre de soirée où à « minuit la grande

Zoa autour du coup remet son boa » derrière son comptoir.

Le Petit Questionnaire Nîmois

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Un li eu : «Les jardins de l’Imperator car c’est un endroit unique pour les Nîmois» . Un événement : «J’ai été

marquée par les inondations de 1988, vécues avec mes grands parents. J’ai vu l’eau entrer dans la boutique de

maman, rue de la Madeleine.» Un(e) Nî mois(e): «Ma mère car c’est une sacrée femme dotée d’un grand courage.

Elle nous a élevé toute seule. Nous lui devons beaucoup».


Dans le Rétro

Eva Closset

La choriste-pyromane

détruit le théâtre municipal

L’histoire

Le 27 octobre 1952 dans une

soirée d’automne, une certaine

Eva Closset, choriste, met le

feu au théâtre de Nîmes. La

veille, ce théâtre à l’italienne du

XIX siècle a accueilli «Lakmé» et

son chanteuse vedette, Mado

Robin et «les pêcheurs de

perles» avec Ernest Blanc. Le

mobile de son crime: le

directeur de l’établissement

culturel a remercié son beau

fils, chanteur, avec qui elle vit.

Malgré ses tentatives répétées,

elle ne parviendra pas à

convaincre le responsable de

revenir sur sa décision.

Celle qui a mis le feu à un des

plus bel opéra du sud de la

France sera condamnée à

seulement sept ans de prison.

Un scandale pour des Nîmois

qui attendaient davantage de

sévérité à l’issue de ce procès

retentissant. Elle sortit de

prison à la fin des années 50.

Sa mort, au début des années

80, fût relayée ici comme un

événement notable malgré le

fait qu’Eva Closset vivait en

Belgique, loin des reproches

locaux toujours très vivaces.

Les colonnes du Théâtre

Des traces de cet événement, il

restera uniquement les colonnes

du théâtre. Tout le reste a péri

sous les flammes. Elles devinrent le

symbole de cet attachement des

Nîmois au passé culturel. Jusqu’en

1984, de multiples projets ont été

esquissés pour reconstruire avec

ou sans la colonnade. Ce fût le

théâtre d’affrontements politiques

bien âpres. Une anecdote raconte

l’histoire de ce Maire qui avait

décommandé les bulldozers

pourtant chargés de détruire les

colonnes au matin. Il s’était repris

car de nombreux coups de fils

nocturnes lui avaient prédit la fin

définitive de sa carrière politique.

Les colonnes sont à ce jour sur la

première aire de l’autoroute qui va

de Nîmes à Arles.

Carré d’Art

Un jour de 1984, la ville et Jean

Bousquet choisissent Norman

Foster, un architecte anglais, pour

édifier un bâtiment hors du

commun. Ce sera un musée d’art

contemporain et une médiathèque

dans un style moderne qui répond,

par ses vitres réfléchissantes, à la

Maison carrée témoin du passé

romain. Exit les colonnes malgré la

mobilisation d’une partie de la

population. Le chantier durera

jusqu’au début des années 90.

Lors des inondations du 3 octobre

1988, le trou béant du chantier

permettra d’absorber une quantité

d’eau incroyable. Certains

n’hésiteront pas à dire que Nîmes

a été en partie sauvée par cette

cuve d’eau improbable. Le souvenir

du crime d’Eva Closset s’est

évanouie derrière ce Carré d’art

dont les Nîmois sont fiers.

Une à Nîmes

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Chico Bohème

by Sandra

Une à Nîmes

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Rando urbaine – les soldes

Mais si je fais du sport….rooo l’autre il ne me croit pas….deux fois

par an, pour les soldes d’été et celles d’hiver !

Des soldes réussies, c’est faire le tri de nos armoires, comme si vous

n’aviez jamais acheté une fringue en double, du moins qui y ressemble, et

que celle à qui ce n’est jamais arrivée, m’offre la totalité des mes achats….je suis

certaine que personne ne va moufter !

On vire donc tous ce que l’on n’a pas mis depuis deux ans, tout ce qui ne nous va plus.

Mais oui si vous perdez 3 kilos vous aurez envie de la nouvelle tendance et pas de votre

robe has been, à part si elle est vintage, là on la garde !!!

Et hop, tout dans des grands sacs, et on fait bien attention de déposer les fringues une

par une, en se baissant doucement, les jambes fléchies, le ventre rentré….et voilà 10

vêtements et vous avez fait un bon démarrage d’abdos, fessiers, cuisses !!

La semaine de repérage, à raison d’une ou deux heures par jour à rythmes

réguliers, se fait en prenant soin de ne pas prendre les escalators ou

ascenseurs, et en ne faisant pas de pause café,

(vous raconterez plus tard à votre coupine que

Mister beau gosse a enfin trouvé votre point G).

Optez pour «je fais du stretch en cabine

d’essayage», tirez bien sur vos bras pour vous

déshabiller, à l’essayage d’un pantalon, asseyez

vous plusieurs fois pour savoir si il ne vous

coupe pas le souffle, vous aurez ainsi musclé

fessiers et adducteurs.

Allez de boutiques en boutiques d’un pas rapide, on n'est

pas là pour flâner mais pour faire du repérage, et ce qui

fera que l’on ne regrettera pas cette

paire de shoes trop disco sur laquelle

nous avons flashé parce que comme

les pies, on aime tout ce qui brille

!!!!

On a pensé à poser un jour de congés

soldes, à laisser les enfants à la garderie et à la cantine, et

puis arrêtez de culpabiliser, une bonne maman et avant tout une

maman heureuse…Ha yé on est prête !!…On est dans les

starting-blocks ! L’œil vif, le sourire aux lèvres et on a trouvé

pour les plus malignes, la CB qui va bien…et qui est pas à notre

nom (celles qui savent y faire dans ce domaine, me contacter, suis à la

recherche de stages et séminaires…).

C’est fou, vous avez déjà remarqué comment une femme revenant de faire les boutiques,

a cette légèreté, ce bien être et cette satisfaction que seuls un bon amant et/ou de bons

achats peuvent procurer à une femme !

Bon sport à toutes et bonnes soldes d’été, gardez la cadence, et 1 et 2 et 3..voilà

comme çà c’est bien, non là je ne parlais pas d’exercice de sport mais du nombre de

shoes, de sacs, de robes, de tuniques méga tendances, hyper belles, super fantastiques

que nous aurons achetés…

Les soldes dureront jusqu’au 3 août. A noter: la grande braderie d’été: le 7 juillet.


Pourquoi les Nîmois aiment les morues ?

L’histoire de la brandade

Par Jean-Louis V.

Plaisirs en bouche

Oui, c’est la question que l’on peut se poser !

Ne voyez aucune malice dans ce titre, vous

n’avez pas la Merlu, nous parlons bien de

poisson, la morue qui est également appelée

Cabillaud.

Comment un poisson que l’on trouve

généralement dans les mers du Nord a-t-il pu dé

Sandre dans le sud de l’Europe et gagner ses

lettres de noblesse ici chez nous sous sa forme

la plus connue : La Brandade…

C’est un cuisinier qui la rendit célèbre. Charles

Durand (1766-1854), cuisinier de l’archevêque

d’Alès, un jour ou il était à la Raie, il eu l’idée de

la marier à des produits méditerranéens et

notamment l’huile d’olive. N’est ce pas donc

grâce à lui que Nîmes devînt la capitale de la

morue ?

La véritable brandade, il est de bon Thon de la

préparer sans pomme de terre, ça l’Hareng plus

goûteuse, elle est montée avec du lait et servie

chaude ou froide.

Les parisiens redécouvrirent la vraie brandade

(sans son option hachis Parmentier) à la fin du

19ème siècle, quand Daudet et Zola eurent la

bonne idée d’en ramener à la capitale, sa

commercialisation mit alors le Turbot…

Elle est fièrement défendue par nos consuls de

Nîmes, à qui nous tendons la Perche pour en

parler.

Mérou peut-on la trouver aujourd’hui ?

Brandade qui vient du mot « brander » ou «

brandar » : remuer, cogner en provençal. (Façon

originelle de la préparer dans un mortier avec un

pilon en bois)

Elle est devenue une spécialité nîmoise au

15ème siècle. Jadis les pécheurs venant du

Nord, qui n’avait pas l’embarras de l’Anchois, la

troquait contre du sel en ce Lieu d’Aigues-

Mortes. C’est de cette manière qu’elle envahit la

région pour le plus grand plaisir de nos ancêtres

qui ne la connurent que salée…

Du bateau à la table, il n’y a qu’un pas, que ce

poisson fit avec aisance.

Dans nos rayons de supermarchés,

commercialisée par l’entreprise Raymond…

J’aime personnellement l’acheter chez Daniel

aux Halles, ou la déguster en entrée chez Michel

Hermet au Cheval Blanc…

Une à Nîmes

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Reg’Arts

Les militants de l’art

La galerie de la Salamandre permet aux

artistes de montrer leurs oeuvres.

C’est l’histoire d’un mec...en visite à Madrid pour assouvir sa

passion de la tauromachie. Nous sommes dans les années 60,

il ère, désorienté, sous une chaleur accablante, dans les rues

de la capitale ibérique. Pour manger, il décide de faire des

dessins à la craie à même le trottoir. Ainsi il récupère quelques

pésétas pour se payer des tapas salutaires. Cet homme était

Nîmois. Il est à l’origine de la création de la galerie de la

Salamandre située derrière le Monoprix. Aujourd’hui, les

militants de l’art tentent de faire vivre l’esprit et la démarche

de Jean-Claude Salmeron.

Cela fait trente ans que les bénévoles de cette petite

association perpétuent la passion des créateurs du

mouvement. Conscient de cette directive reçue en héritage,

Gérard Blanc (photo centrale), trésorier, explique « l’objectif

est de présenter des artistes régionaux afin qu’ils montrent

leur travail ». Généralement, ce sont des artistes qui n’ont pas

la possibilité de présenter leurs œuvres par manque de

notoriété ou par manque de moyens. La petite galerie veut

jouer le rôle de tremplin. Ce fût le cas avec Mark Alsterlind, un

américain installé en Arles. En juin, c’est Isabelle de Scitivaux

et ses fils de fer créatifs (photo de gauche) qui occupaient

généreusement l’espace. Vous pouvez la retrouver dans les

jardins de l’Imperator durant tout l’été. En l’occurrence, le

tremplin a fonctionné immédiatement.

Des liens noués grâce aux rencontres

A la question « comment fait l’association pour choisir les

artistes ? », Chantal Salmeron, Présidente discrète, répond

spontanément « on fonctionne au ressenti, au feeling ». Le

trésorier enfonce le clou « depuis toutes ces années on a la

fibre et l’habitude d’observer ». Un des fils conducteurs

tenaces de ces choix reste la culture tauromachique. Un clin

d’œil à la ville et son identité tauromachique. Une missive aussi

laissée par Jean-Claude. Il faut dire que le jeune français de

passage à Madrid vibrait pour l’art des taureaux. Il faisait partie

de ces gosses qui esquissaient des passes imaginaires sur le

château d’eau de la rue de la Lampèze. Jean-Claude Salmeron

a été le promoteur de ses copains de cape, des matadors

français en mal de contrats espagnols tels que Simon Casas,

Chinito, Andaluz, Christian et Alain Montcouquiol.

Les bénévoles de l’association tentent de faire vivre le lien

entre le citoyen et l’artiste. Le mot « rencontre » se conjugue

décidément à tous les temps. Au passé, de nombreux artistes

connus ont investit la galerie : Claude Viallat, Hamid Maghraoui,

Michel Gilles, Françoise Gilot. L’ex-compagne de Picasso et

muse de l’artiste a marqué la mémoire des lieux. L’artiste

peintre et écrivaine pourrait témoigner de ces rencontres de

vie. Au présent, l’association « courant d’art » occupe les lieux

ce mois-ci (cf. encadré). Au futur enfin, les hauts plafonds de

la Salamandre accueilleront en septembre une exposition

réalisée par des handicapés sous la houlette de Bernard

Calendini. Ce grenoblois s’est illustré lors de pégoulades

mémorables. Anne Monteil proposera ses peintures en

octobre. L’artiste Helga Studer fera une installation en

novembre. Cette allemande, qui vit et travaille à Montpellier,

devrait faire sensation tant son travail est original.

Aux côtés des galeries professionnelles, des hauts lieux

culturels de la ville (Carré d’art, les beaux arts, la chapelle des

Jésuites, le musée du vieux Nîmes, la Vigie…), l’ancienne

chapelle du local du foyer des travailleurs étrangers poursuit

son travail de militant de l’art avec modestie et humilité.

Chaque mois, «on démarre un autre histoire» à la Galerie

pourrait fredonner Gérard Blanc, l’homonyme du chanteur

disparu. Il semble naturel de penser que ces histoires

d’artistes croisés en ces lieux rendraient fier ce fameux mec à

l’origine de toutes.

Mois de jui ll et : L’ass oci ation Courant d’art et

ses arti stes inv es tis sent l’ancienne chapel le

Une exposition de sculptures de pierres, de terres, de

bronzes, de marbres, … organisée par Lilou Bonfils,

Présidente de l’association « Courant d’art », aura lieu du

7 au 29 juillet à la galerie, 3, place de la Salamandre à

Nîmes. Ouverte du Mardi au samedi de 15h à 19h.

Alexender Chitungo, artiste shona du Zimbabwe et invité

d’honneur, montrera ses superbes œuvres (photo de

droite). D’autres artistes se frotteront aux publics

juilletistes : Marie-France Aillaud, André Gacheron, François

Granger, Henri Hairabedian, Philippe Sivan, Michel Suquet-Montel

et Jean-Pierre Thein.

Une à Nîmes

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