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Actes de la 5e Conférence européenne des familles - Coface

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Conférence européenne des familles

14 - 15 octobre 2010

L’incLusion sociaLe des famiLLes :

où en est La dimension famiLiaLe

des poLitiques de L’ue ?

actes


Actes de la Conférence européenne des familles

14-15 OctObre 2010, Palais d’egmOnt, 31 bOulevard de WaterlOO, 1000 bruxelles

L’inclusion sociale des familles :

Où en est la dimension familiale des politiques de l’UE ?

Les textes suivants ont été adaptés des présentations orales données par les différents intervenants lors de la Conférence.

Pour toute référence officielle, seul le texte prononcé fait foi.


table des matières

02 | Préface Yves Roland-Gosselin

04 | Accueil Yves Roland-Gosselin

06 | Ouverture Mechior Wathelet

08 | Allocution d’ouverture Roger Pauly

12 | allocution d’ouverture Dominique Plasman

14 | allocution d’ouverture László Andor

16 | allocution d’ouverture Françoise Castex

18 | allocution d’ouverture Staffan Nilsson

20 | ‘ Keynote speeches ’ Jérôme Vignon

26 | ‘ Keynote speeches ’ Ludo Horemans

Atelier 1 – Les politiques familiales et sociales

dans une europe en mutation

30 | atelier 1 Katja Forssen

32 | atelier 1 Sarah Hibo

34 | atelier 1 Elvira Méndez

Atelier 2 – L’importance d’une approche spécifiquement familiale

de la politique de la consommation et de la santé

36 | atelier 2 Beata Swiecka

38 | atelier 2 Christel Verhas

39 | atelier 2 Chantal Van den Bossche

39 | atelier 2 Nicolas Revenu

Atelier 3 – La longue route de l’europe inclusive.

progrès et perspectives dans le domaine du handicap

et des personnes dépendantes

40 | atelier 3 Carlotta Besozzi

42 | atelier 3 Jesús M. Rodrigo

43 | atelier 3 Fiammetta Basuyau &

Aliette Gambrelle

Atelier 4 – Éducation et technologie

de l’information et de la communication :

comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

46 | atelier 4 Ellen Helsper

48 | atelier 4 Dimitrios Stamoulis

50 | atelier 4 Marie de Blic

52 | atelier 4 Olivier Gérard

54 | Panel Jørgen Rønnest

56 | panel Henri Lourdelle

58 | panel Conny Reuter

60 | panel Anna Záborská

62 | panel Emmanuela Tassa

64 | panel Uwe Uhlendorff

66 | Allocution de clôture Yves Roland-Gosselin

70 | allocution de clôture Melchior Wathelet

72 | allocution de clôture Miklós Soltész

74 | Communiqué de presse du 18 octobre 2010

75 | Liste des participants

table des matières

1


2

préface > Yves Roland-Gosselin

préface

Yves Roland-Gosselin

Président de la COFACE

chers lecteurs,

Vous tenez entre vos mains les Actes de la 5 e Conférence européenne des familles, qui s’est tenue à

Bruxelles les 14-15 octobre 2010.

Ce fut un événement d’importance majeure dans l’histoire de la Confédération des Organisations Familiales

de l’Union Européenne (COFACE) : il renouait avec une série de conférences du même type qui avait débuté

en 1987, mais s’inscrivait pour la première fois dans le cadre officiel du programme de la Présidence

tournante de l’UE – la Belgique en l’occurrence, et avec le soutien de la Commission européenne.

Honorée de la présence de la Reine Paola au cours de la séance d’ouverture, la conférence rassembla

près de 200 participants, qui ont pu entendre et échanger sur les diverses thématiques dont notre

Confédération a traité dans ses groupes de travail au cours des trois dernières années sous le programme

européen PROGRESS. Ce fut un réel succès.

Le présent document reprend l’ensemble des interventions en session plénière et dans les quatre ateliers

qui ont constitué le programme de la conférence.

de l’événement, je tire plusieurs conclusions :

❙ Ce type de manifestation périodique est très important dans la vie d’une organisation comme la

COFACE. Elle permet de donner une large visibilité à son action et de réunir sur des thèmes communs

les organisations membres qui se sentent alors parties prenantes de la même démarche. Cela favorise

le sentiment d’appartenance au projet commun, qui est de faire prendre en compte la dimension

familiale des politiques et initiatives européennes.

❙ Comme l’accent était mis sur l’inclusion sociale des familles et sur le rôle essentiel qu’y jouent les

politiques familiales, toutes les thématiques abordées développaient cette dimension. Ce fut le momentphare

de nos contributions à l’Année européenne 2010 de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

❙ Il est important de collaborer étroitement avec les Institutions européennes et notamment avec les

Présidences successives de l’Union européenne. Nous avons pu remarquer comment la Belgique et la

Hongrie, qui lui a succédé, toutes deux très présentes à notre conférence, ont pris à cœur de donner à

leurs Présidences respectives une forte dimension familiale.


❙ Ce fut l’occasion idéale pour lancer notre idée de proclamer 2014 l’Année européenne du bien-être des

familles pour célébrer les 20 ans de l’Année internationale de la famille. À notre grande satisfaction, cette

idée a immédiatement été reprise dans une Déclaration signée par l’Espagne, la Belgique et la Hongrie,

ainsi que par la Pologne qui prendra la Présidence de l’UE en juillet prochain. Le Comité économique

et social européen, ainsi qu’un certain nombre de parlementaires européens et plusieurs ONG nous

ont aussi assurés de leur soutien pour une telle initiative.

❙ Les présents Actes sont un outil inestimable de promotion de l’action de la COFACE et seront utilisés

dans tous nos contacts futurs avec les décideurs politiques et autres. Ils pourront aussi servir à nos

organisations membres dans leurs démarches au niveau national et / ou régional pour attirer l’attention

sur la dimension européenne des politiques familiales.

❙ Par le soutien et la présence active des représentants de haut niveau des principales institutions

européennes, l’avenir de la politique familiale européenne – comprise comme la dimension familiale des

politiques de l’UE – reçoit avec notre conférence un élan renouvelé. La COFACE remplit ainsi totalement

son rôle d’organisation européenne représentant les familles auprès de l’Union afin de faire avancer la

cause des familles là où les décisions politiques se prennent de plus en plus.

Il me reste à remercier une nouvelle fois le Secrétariat d’État belge à la politique des familles pour son

soutien et son excellente collaboration dans les préparatifs et le déroulement de notre conférence. Je

tiens à remercier aussi tous les intervenants au cours des deux journées, qu’ils soient membres de la

COFACE ou non, d’avoir accepté d’y apporter leur expertise et d’avoir ainsi contribué grandement au

succès de l’événement.

Mon dernier mot sera pour le Directeur et l’équipe du Secrétariat de la COFACE : non seulement ont-ils

été d’une considérable efficacité dans l’organisation de notre initiative, mais ils se sont montrés toujours

disponibles et accueillants à l’égard des membres et de tous les intervenants et participants. Qu’ils et

elles soient tous chaleureusement remerciés.

Yves Roland-Gosselin

préface > Yves Roland-Gosselin

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4

accueil > Yves Roland-Gosselin

accueil

Yves Roland-Gosselin

Président de la COFACE

Madame,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Commissaire européen,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Au seuil d’une journée et demi de travaux de la Conférence européenne

des familles 2010, je souhaite avant tout m’adresser à vous,

Madame, pour vous dire, au nom des membres de la Confédération

des Organisations Familiales de l’Union Européenne, combien votre

présence ici nous honore.

Nous sommes très touchés que vous ayez pu sauver quelques heures

de votre agenda chargé, surtout en une période où le Royaume de

Belgique assure la présidence de l’Union européenne.

Et j’ajouterai, à l’attention de nos membres qui l’ignorent peut-être,

combien vous êtes, Madame, très impliquée dans l’aide à l’enfance. En

particulier, c’est vous qui aviez été à l’origine de la grande rencontre

d’une douzaine d’épouses de chefs d’États voici quelques années à

Paris. Autour de vous-même et de Madame Chirac, chacune s’était

exprimée sur une préoccupation qui lui tenait à cœur.

Pour cette action, discrète mais tenace, et pour votre présence parmi

nous aujourd’hui, soyez assurée, Madame, de notre très profonde

gratitude.

Chers amis, nous renouons aujourd’hui avec une tradition. La première

Conférence européenne des familles se déroula en effet à

Bruxelles en juin 1987, honorée de la présence du Roi Baudouin et de

la reine Fabiola. Puis trois autres Conférences (Rome 1990, Bruxelles

1993, Dublin 1996) rassemblèrent les Ministres de la Famille des États

membres, permettant à la COFACE de faire le point sur les mesures

prises ou à prendre pour défendre et promouvoir les familles de

l’Union européenne.

Cette défense et cette promotion avaient déjà fait l’objet d’une démarche

essentielle, fondamentale en l’année 1983 : l’adoption par le

Parlement européen, nouvellement élu au suffrage universel, de la

Résolution du Parlement sur la politique familiale européenne.

Nos prédécesseurs avaient œuvré auprès des États, auprès des

Parlementaires, auprès des services de la Commission et du Conseil.

L’adoption des textes novateurs n’est en effet que l’aboutissement

de démarches répétées, argumentées, parfois dérangeantes, voire

irritantes.

Je tiens à cet égard à rendre hommage aux plus anciennes organisations

ici présentes, au Président fondateur Joseph Gilles, qui nous a

quittés voici cinq ans, aux équipes successives tant parmi les élus des

organisations que parmi les permanents et permanentes.

Ce rassemblement de bonnes volontés, de travaux nombreux et variés,

selon les secteurs où de nombreuses politiques communautaires ont

une dimension familiale, s’appelle « la vie Associative ».

Oui, nous sommes actuellement une soixantaine d’organisations,

de 22 États membres sur 27, partageant, tous la même volonté de

faire mieux gérer par les autorités communautaires les problèmes de

millions de familles, dans leurs diversités sociologiques, dans leurs

difficultés, dans leurs manques de confiance en l’avenir ou dans leurs

espoirs.

L’année 2010, Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion

sociale, vient à point nommé dans le soutien à notre démarche.

Nous sommes convaincus en effet que les politiques d’aide aux familles

constituent une politique préventive à la pauvreté et à l’exclusion

sociale.

Voici venu le temps de laisser à Monsieur Wathelet la tâche d’ouvrir

nos travaux, et je saisis cette occasion pour le remercier, très amicalement,

pour l’excellente coopération qui a animé nos Services respectifs

dans la préparation de cette Conférence.


Auparavant toutefois, je vous propose de tourner ensemble les pages

de notre programme.

S’exprimeront d’abord deux organisations majeures du Royaume

de Belgique, l’une francophone, l’autre néerlandophone qui ont été

désignées comme porte-parole des membres belges de la COFACE.

Nous entendrons ensuite les interventions des grandes institutions

européennes, au plus haut niveau et je les en remercie.

Puis, nous aurons la joie d’accueillir deux personnalités marquantes

parmi les amis de la COFACE, Monsieur Jérôme Vignon, puis Monsieur

Ludo Horemans.

Demain, les groupes de travail par grands secteurs d’activités permettront

de décrire chaque action en cours, ou en devenir, donnant

largement la parole aux diverses organisations.

Un panel riche de variétés sera animé par le Directeur de la COFACE

que je remercie pour l’exécution des nombreuses tâches préparatoires

à cette Conférence ainsi que la jeune et efficace équipe qui l’entoure.

Ce après quoi je tenterai de tracer les grandes orientations et les évolutions

qui devront animer nos prochaines années.

Je souhaite à chacune et à chacun une Conférence riche d’enseignements,

interactive, et tolérante, en un mot constructive.

Et je passe la parole à Monsieur le Secrétaire d’État notamment en

charge de la politique familiale, Monsieur Melchior Wathelet.

Yves Roland-Gosselin

accueil > Yves Roland-Gosselin

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ouverture > melchior Wathelet

ouverture

Melchior Wathelet

Secrétaire d’État belge à la politique des familles

Madame,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Chers Collègues,

Monsieur le Commissaire,

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs en vos titres et qualités,

Tous, en tous cas, militants et convaincus de la cause importante que

nous défendons aujourd’hui, qui est celle des familles, je voudrais

tout d’abord vous souhaiter la bienvenue dans ce Palais d’Egmont. Un

magnifique endroit, lieu-clé de la Présidence européenne étant donné

que les réunions s’y succèdent, l’une après l’autre et que chaque fois,

on essaye de vous recevoir au mieux pendant cette Présidence belge,

particulièrement active.

Comme l’a souligné le Président Roland-Gosselin, nous sommes évidemment

particulièrement honorés et touchés par votre présence

cet après-midi, Madame, et nous savions votre attachement pour

les droits de l’enfant et l’enfance au sens large et votre présence aujourd’hui

jamais démentie confirme une nouvelle fois cet engagement

et nous voulons aujourd’hui simplement le saluer et vous en

remercier.

C’est vrai que comme Secrétaire d’État à la Politique des familles, je

suis très heureux de pouvoir vous accueillir si nombreux dans ce Palais

d’Egmont, à cette Conférence européenne des familles.

Elle se tiendra cet après-midi et demain, toute la journée, et je voulais

également remercier le Commissaire européen László Andor de

nous avoir rejoints ainsi que mon collègue, le Ministre hongrois des

Affaires sociales Miklós Soltész, qui nous font tous les deux l’honneur

de participer activement à cet événement.

Hier, j’étais moi-même à Budapest. Aujourd’hui, c’est mon collègue

hongrois qui est à Bruxelles. C’est aussi ça, la Présidence de l’Union

européenne et c’est aussi ça, l’Union européenne.

Cet événement en plus se passe aussi, dans la foulée d’un autre événement

interministériel que nous avons eu ce matin dans ce même

cadre, dans ces mêmes locaux sur les enlèvements internationaux

d’enfants. Bien que, c’est vrai, cette réunion ait été plus orientée sur

les conflits familiaux et leur résolution, cette conférence n’était pas

totalement éloignée de ce qui va nous préoccuper cet après-midi et

demain.

En effet, vous le savez, et on ne le sait que trop bien, des situations de

pauvreté, les questions relatives à la santé, au logement, de protection

sociale, sont toujours des questions interpersonnelles difficiles

qui peuvent encore plus se poser lorsque les familles sont en crise

ou en conflit.

Je tiens aussi à remercier la COFACE pour sa détermination et son

efficacité. En effet, l’organisation d’une telle conférence demande de

l’énergie, de l’enthousiasme… et là, une nouvelle fois, vous en avez

fait preuve. Le travail réalisé en amont a été important, je tenais encore

à souligner une nouvelle fois cette bonne coopération que vous

avez relevée.

Dès le départ – et cela remonte à plus d’un an maintenant, j’ai directement

cru en cette conférence. J’ai voulu la soutenir et les raisons en

sont multiples. Je voudrais simplement en souligner l’une ou l’autre.

Tout d’abord, votre connaissance des affaires européennes et familiales.

En effet, la COFACE a développé une expérience particulière et

nous devons la mettre en avant dans cette Présidence.


Le cadre de la Présidence belge, ensuite. Il nous permet de donner une

vraie valeur ajoutée à cette conférence conjointe et cela nous laisse

aussi entrevoir de belles perspectives futures et la présence de mon

collègue hongrois le rappelle, encore une fois. Cette volonté de s’engager

dans la durée, dans le Trio, avec la collaboration des institutions

européennes, nous démontre que ces questions dépassent la sphère

nationale et qu’on s’inscrit avec une véritable vision à long terme.

La thématique choisie ‘ l’inclusion sociale des familles : où en est la

dimension familiale des politiques dans l’UE ? ’ est une question on

ne peut plus opportune. Et à plus forte raison pendant cette année

2010, où vous y aviez fait référence, qui est l’Année européenne de

lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale… Aussi, des familles !

Mais, indépendamment de cette Année européenne sensu stricto, l’intégration

sociale des familles a malheureusement pris ces dernières

années un sens encore plus accentué et encore plus actuel.

Je serai, demain également, très attentif quant aux discussions et aux

propositions qui seront faites dans les différents ateliers : politique familiale

et sociale; familles et consommation; familles et santé; familles

et les personnes dépendantes; familles et l’éducation et les nouvelles

technologies… autant de questions pertinentes, de plus en plus actuelles,

et qui nous occupent dans notre travail au quotidien.

Nous avons véritablement estimé qu’il était important, voire fondamental,

de se rassembler afin d’examiner l’ensemble de ces questions

et nous voulons les mettre à l’agenda pour les prochaines années.

Enfin, je voulais également souligner – et cela m’a personnellement intéressé

– cette vision transversale qui sous-tend ce projet, cette conférence.

Cette vision apparaîtra d’abord, je pense, dans l’allocution de

Monsieur Vignon que nous aurons le plaisir d’entendre tout à l’heure.

Cette dimension transversale de la politique des familles et l’intérêt

de la prise en compte les familles dans d’autres politiques nationales

et européennes, telles que les politiques sociales et économiques ,

fiscales et environnementales – et il y en aura bien d’autres !

Il s’agit véritablement, selon moi, d’un objectif à atteindre dans les

mois, et prochaines années. J’appelle cela ‘ penser familles ’ dans l’ensemble

des politiques qui sont menées.

Dans ce cadre, les présences à cette grande conférence des organisations

familiales, du monde académique, des partenaires sociaux, des

institutions européennes, des Présidences belge et hongroise me paraissent

être ce premier pas qui va dans la bonne direction et c’est vrai

que j’y suis particulièrement attaché, depuis que j’ai la chance d’exercer

cette compétence familiale au sein du gouvernement fédéral.

Je serai évidemment bien attentif aux différents développements et

points de vue qui pourront être donnés durant ces trois demi-journées.

Nul doute que, de par votre expérience de terrain, votre ‘ know ’,

votre savoir, vos idées, vos réflexions, nous pourrons ainsi développer

différents points de vue et nous pourrons faire en sorte que ces travaux

soient fructueux. Pour nous tous, et surtout, qu’il soit fructueux

pour les familles.

Je vous souhaite véritablement une excellente conférence.

MelchioR Wathelet

ouverture > melchior Wathelet

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Mevrouw,

Dames en Heren,

allocution d’ouverture > Roger pauly

allocution d’ouverture

Roger Pauly

Président du Gezinsbond

Het is goed dat er tijdens het Belgisch voorzitterschap

van de EU, ook aandacht voor het

gezin mag zijn. Ik zeg “ mag ” zijn, omdat dit

vandaag niet zo vanzelfsprekend is. Europa

is in de ban van bezuinigingen en spaarplannen,

om begrotingen bij te sturen. Die

zijn ontspoord door de investeringen om de

gevolgen van de crisis in te dijken.

We denken dat met begrotingen in evenwicht

alles opgelost is. We krabbelen recht

en kunnen opnieuw naar de winkel hollen,

tot de consumptieketel weer overkookt.

We hebben ons zeer eenzijdig ontwikkeld en

kijken door een bril die sterk gekleurd is door

wat maatschappelijk dominant aanwezig is.

Wat is vandaag dominant aanwezig ?

Ik geef vier themavoorbeelden :

❙ Hoe zien wij vooruitgang ? We zien

vooruitgang als een budgettair

economisch verhaal, toegespitst op

de ontwikkeling, de productie en de

consumptie van welvaartsgoederen.

❙ Hoe zien we de toekomst ? Wat is

bepalend ?Wat zijn de drijvende

krachten ? Dat zijn arbeid en technologie.

❙ Hoe kijken we naar de crisis ? We zien de

crisis als een financiële struikeling die

zich overgezet heeft op de economie.

❙ Hoe kijken wij naar het leven ? We zien

het leven als biologisch-materieel

gebeuren dat we met onze zintuigen en

ons verstand kunnen vatten en begrijpen.

Madame,

Mesdames, Messieurs,

Il est bon que la famille puisse aussi bénéficier

d’une certaine attention pendant la

Présidence belge de l’UE. Je dis « puisse »

parce que cela n’est pas si évident aujourd’hui.

L’Europe est hypnotisée par les

économies et les plans d’épargne visant

à redresser les budgets. Ces derniers ont

chaviré du fait des investissements nécessaires

pour endiguer les conséquences de

la crise.

Nous pensons qu’avec des budgets en

équilibre, tout sera résolu. Nous nous relèverons

tant bien que mal et nous pourrons

à nouveau nous précipiter dans les

boutiques jusqu’à ce que la marmite de la

consommation déborde à nouveau.

Nous nous sommes développés de façon

très unilatérale et portons des verres de

lunette fortement teintés par les facteurs

prédominants dans la société.

Qu’est-ce qui prédomine aujourd’hui ?

Je citerai quatre exemples thématiques :

❙ Comment voyons-nous le progrès ?

Nous voyons le progrès comme un

parcours budgétaire et économique,

visant le développement,

la production et la consommation

de biens synonymes de prospérité.

❙ Comment voyons-nous l’avenir ? Quels

en sont les facteurs déterminants ?

Quelles en sont les forces motrices ?

Ce sont le travail et la technologie.

Dat is viermaal dezelfde, eenzijdige, concreet-materiële

kijk. Daarbij ontbreekt het

niet- materiële, de bezieling, het geestelijke,

het zingevingskader. Eigenlijk laat zo’n eenzijdige

visie, de helft van de menselijke belevenisruimte

onbenut.

Heel de samenleving zit gevangen in die stroming

en wordt gestuurd door de markt en reclame.

Wij worden overspoeld door beelden,

trends en leefstijlen die zij ons aanprijzen.

Precies hier liggen de wortels van de crisis.

Wie denkt dat door de begrotingen op orde

te brengen alles weer in orde is, heeft het niet

begrepen. De crisis is een draak met zeven

koppen. Kijk naar ecologie en milieu. Kijk

naar de industriële vervuiling, de broeikasgassen,

de klimaatveranderingen, de overstromingen,

de stormen met orkaankracht,

het fijn stof, de smog in de lucht. Kijk naar

ons chemisch ingrijpen op groenten, granen,

fruit en dieren. Kijk naar het groeiend aantal

kinderen met problemen aan de luchtwegen.

Als wij de natuur ziek maken, verliest die ook

haar heilzame werking op de mens. We

moeten ons afvragen of gezond zijn straks

nog de normale toestand is, dan wel of die

moet geproduceerd worden door dokters en

therapeuten in ziekenhuizen en instellingen.

❙ Comment voyons-nous la crise ? Nous

voyons la crise comme un faux-pas

de la finance qui s’est déplacé vers

l’économie.

❙ Comment voyons-nous la vie ? Nous

voyons la vie comme un événement

biologique et matériel

que nous pouvons appréhender et

comprendre avec nos sens et notre

intelligence.

Il s’agit là, à quatre reprises, du même regard

unilatéral et strictement matériel. Il

lui manque l’immatériel, la passion, le spirituel

et un cadre porteur de sens. En fait,

cette vision unilatérale laisse en friche la

moitié de notre espace de vie.

Toute la société est prisonnière de ce courant

et se trouve dirigée par le marché et

par la publicité. Nous sommes submergés

par les images, les tendances et les styles

dont on nous vante les mérites. C’est précisément

là que plongent les racines de la

crise. Celui qui croit qu’il suffit de revoir les

budgets pour que tout rentre dans l’ordre

n’a rien compris. La crise est un dragon à

sept têtes. Voyez l’écologie et l’environnement.

Voyez la pollution industrielle,

les gaz à effet de serre, les changements

climatiques, les inondations, les ouragans,

les particules fines et le smog dans l’atmosphère.

Voyez notre impact chimique sur les

légumes, les céréales, les fruits et les animaux.

Voyez le nombre croissant d’enfants

qui souffrent de problèmes respiratoires. La

nature rendue malade par nos soins cesse


Er is een crisis op het vlak van sociale samenhang

en gemeenschapzin. Als mensen denken

dat ze alleen voor zichzelf moeten leven

en met elkaar niets te maken hebben, dan is

de samenleving een verzameling van losse

burgers. Dan ontstaat er een mentaliteit van

ieder voor zich. Dat tast de levenskwaliteit

aan en zorgt voor achterdocht, wantrouwen

en vereenzaming.

Er is een crisis inzake waarden en moreel

besef. Dan is er geen reden tot moreel handelen

en moet fatsoenlijk gedrag afgedwongen

worden door regels, wetten en controles.

Dan zie je alsmaar meer: alarminstallaties,

inbraakbeveiligingssystemen en onbewaakte

camera’s.

Er is een crisis in de media die gedreven zijn

door concurrentie, commercie en verkoopcijfers.

Zij spelen in op emoties en amusement.

Zij zoeken naar breekpunten, onenigheid en

conflicten. Ze koesteren controverse.

Er is een crisis inzake zingeving en levensoriëntering.

Heel wat mensen hebben geen

antwoord op de vragen waarom en waarvoor

ze leven.

d’exercer son action salutaire pour

l’homme. Nous devons nous demander

s’il sera encore normal d’être en bonne

santé demain ou si la santé sera produite

par des médecins et des thérapeutes dans

des hôpitaux et des institutions.

Il y a une crise du lien social et du sens

commun. Si les gens pensent qu’ils doivent

vivre uniquement pour eux-mêmes, sans

rien avoir à faire avec les autres, la société

n’est plus qu’un assemblage de citoyens

isolés. La mentalité du chacun pour soi

apparaît dans ce contexte. Elle nuit à la

qualité de vie et nourrit les soupçons, la

méfiance et l’isolement.

Il y a une crise des valeurs et de la moralité.

Dès lors, il n’y a plus de raison d’agir moralement

et le comportement moral doit

être obtenu par la contrainte des règles,

des lois et des contrôles. Et les systèmes

d’alarme, les dispositifs de protection antivol

et les caméras sans surveillance sont

toujours plus nombreux.

Il y a une crise des médias, qui sont mus

par la concurrence, le commerce et les

résultats de vente. Ils jouent sur les émotions

et le divertissement. Ils recherchent

les points de rupture, les désaccords et les

conflits. Ils chérissent la controverse.

Il y a une crise qui touche ce qui est porteur

de sens et source d’orientation dans la vie.

Beaucoup d’individus n’ont aucune réponse

au pourquoi et au but de leur existence.

Mevrouw,

Dames en Heren,

het is duidelijk dat onze manier van welvaart

produceren en de plaats die we daaraan

geven, ons doen inleveren inzake milieu en

ecologie, op het vlak van gemeenschapzin

en waardenbesef en inzake zingeving.

De grote uitdagingen vandaag zijn niet de

concurrentiekracht van ondernemingen,

niet de loonlasten, noch fiscale maatregelen

en evenmin de delokalisatie van ondernemingen.

De grootste uitdagingen hebben

te maken met de prijs die we betalen voor

een reeks pijnpunten die de welvaartsstaat

voortbrengt en ook voedt: drugs, depressies,

zelfmoorden, ontwrichte gezinsrelaties,

gezags- en gezinsproblemen, de groeiende

lijsten van jongeren met problemen in de

biezondere jeugdzorg. Er zijn de kinderpsychiaters

die niet weten waar beginnen en de

jeugdrechters die machteloos de armen in de

hoogte steken.

Ondanks de welvaart waren mensen nooit

voorheen meer onzeker over hun toekomst,

hun geloof, over hun job, hun relatie en de

opvoeding van hun kinderen.

Madame,

Mesdames et Messieurs,

Il est clair que notre manière de produire

de la prospérité et la place que nous lui

attribuons nous poussent à accepter des

concessions en matière d’environnement

et d’écologie, sur le sens commun, la définition

de nos valeurs et l’interprétation

de nos actes.

Les grands défis aujourd’hui ne sont ni

la compétitivité des entreprises ni les

charges salariales ni les mesures fiscales

ni la délocalisation des entreprises. Les

plus grands défis concernent le prix que

nous payons pour une série de problèmes

engendrés et alimentés par l’État-providence

: la drogue, les dépressions, les suicides,

la dislocation des relations familiales,

le rejet de l’autorité, les problèmes familiaux,

les listes de jeunes à problèmes qui

s’allongent auprès de l’assistance spéciale

à la jeunesse. Ce sont les pédopsychiatres

qui ne savent pas par où commencer et les

juges de la jeunesse qui lèvent impuissants

les bras au ciel.

allocution d’ouverture > Roger pauly

9


10

Nooit voorheen hadden ouders meer kommer

en zorg ten aanzien van hun kinderen

inzake horror en geweld op Tv, pornosites op

het internet, inzake fysieke bedreiging van

kinderen en pedofilie, op het vlak van drugs,

depressies en zelfmoorden.

Nooit voorheen was er zoveel hulpvoorziening,

zoveel wachtlijsten en 30 procent jongeren

met psychische aandoeningen.

Nooit voorheen waren er zoveel pillen nodig

om dat allemaal te dragen. In 2008 7,5 miljard

en dat waren er 450 miljoen meer dan

in 2007. 25 procent van de ziekten in de rijke

Westerse landen, zijn ziekten van de ziel.

We hoeven niet mee te gaan met die trends

en die eenzijdige kijk op vooruitgang, op

leven en op toekomst. Welzijn van mensen

en levenstevredenheid wordt in belangrijke

mate bepaald door de kwaliteit van relaties.

Ik zie drie niveaus.

Het eerste niveau heeft betrekking op sociale

samenhang en de band die mensen hebben

met vrienden, kennissen, collega’s, de omgeving,

de samenleving en uiteindelijk met

alles wat leeft. Het is het relatieniveau dat

zich afspeelt met de wereld buiten ons, aan

onze buitenkant.

allocution d’ouverture > Roger pauly

Malgré la prospérité, les individus n’ont

encore jamais été aussi incertains de leur

avenir, de leur foi, de leur travail, de leurs

relations et de l’éducation de leurs enfants.

Jamais auparavant les parents n’ont nourri

autant de peine et d’inquiétude pour leurs

enfants envers l’horreur et la violence à

la télévision, les sites pornographiques

sur Internet, les menaces à leur intégrité

physique et la pédophilie, les drogues, les

dépressions et les suicides.

Jamais auparavant l’assistance n’a été si

grande et les listes d’attente si longues

tandis que 30 pour cent de jeunes souffrent

de troubles psychiques.

Jamais auparavant autant de pilules n’ont

été nécessaires pour supporter tout cela.

7,5 milliards en 2008, à savoir 450 millions

de plus qu’en 2007. Dans les pays riches de

l’Occident, 25 pour cent des maladies sont

des maladies de l’âme.

Nous ne sommes pas obligés de suivre ces

tendances et d’adopter ce regard unilatéral

sur le progrès, sur la vie et sur l’avenir.

Le bien-être des individus et la satisfaction

de la vie sont déterminés dans une large

mesure par la qualité des relations. J’y distingue

trois niveaux.

Bij het tweede relatieniveau is dat omgekeerd.

Het is naar binnen gekeerd, de relatie

met jezelf. Het heeft te maken met een visie

op levensoriëntering en vragen: vanwaar komen

we ? Wat doen we hier ? Waar gaan we

naartoe ? Het heeft te maken met een zingeving

die ons leven en eigenbelang overstijgt.

Het is een spiritueel besef dat menselijk handelen

kan dragen, bezielen en drijven.

Het derde relatieniveau is gemengd. Het handelt

over de relatie met personen buiten ons,

maar waarvan de beleving sterk naar binnen

is gekeerd. Het gaat daarbij over fundamentele

waarden als: liefde, geborgenheid, affectie

en genegenheid. Dat zijn waarden die

doorheen heel de geschiedenis gekoesterd

worden en die tot ontwikkeling komen in

diepgaande menselijke relaties, zoals tussen

partners, ouders en kinderen. Natuurlijk is

het gezin door maatschappelijke ontwikkelingen

getekend in zijn rol, betekenis en verschijningsvorm.

De samenleving wentelt heel

wat problemen op het gezin af. Kinderen komen

in contact met wansmakelijke vertoningen

en ontsporingen. Met fenomenen waar

ze niet rijp voor zijn. Wie vangt hen op ? Wie

stuurt hen emotioneel bij ? Er zijn de problemen

rond de combinatie gezin en arbeid. Er

is de teloorgang van een aantal waarden die

nodig zijn om een relatie duurzaam in stand

te houden : verantwoordelijkheid, solidariteit,

plichtsbesef en belangloze inzet. Er is de wegwerp

en consumptiecultuur en de buitensporige

aandacht voor seksualiteit zonder liefde.

Le premier niveau concerne le lien social

et la relation des individus avec leurs

amis, leurs connaissances, leurs collègues,

leur entourage, la société et, au bout du

compte, avec tout ce qui vit. Ce niveau de

relation se joue avec le monde extérieur,

avec ce qui nous entoure.

Le second niveau de relation prend la direction

inverse. Il se tourne vers l’intérieur, vers

la relation avec soi. Il porte sur une vision

du sens de la vie et sur des questions : d’où

venons-nous ? Que faisons-nous ici ? Où

allons-nous ? Il vise une interprétation qui

transcende notre vie et notre intérêt personnel.

Il s’agit d’une notion spirituelle susceptible

de porter, d’inspirer et de stimuler

les actes de l’homme.

Le troisième niveau de relation est mixte.

Il gère la relation avec des personnes extérieures,

mais dont le déroulement est

fortement axé vers l’intérieur. Il s’agit ici

de valeurs fondamentales comme l’amour,

la sécurité et l’affection. Ces valeurs ont

constamment été chéries dans l’histoire

et elles s’épanouissent dans le cadre de

relations humaines profondes, notamment

entre partenaires et entre parents et enfants.

La famille est évidemment marquée

par l’évolution de la société dans son rôle,

sa signification et ses formes. La société

engendre beaucoup de problèmes pour la

famille. Les enfants sont confrontés à des

spectacles de mauvais goût et des excès. À

des phénomènes qu’ils ne sont pas prêts à

appréhender. Qui leur vient en aide ?


Maar de waarden die in het gezin worden

ontwikkeld zijn van alle tijden. In een gezin

kan je onmogelijk alleen voor jezelf leven,

staat het algemeen belang voorop en voel

je hoe sterk je verbonden en afhankelijk bent.

In het gezin zijn zorg, toewijding en belangeloze

liefde aan de orde en kan je als kind

ervaren wat veiligheid, geborgenheid en

affectie is en hoe je in alle omstandigheden

beschermd en gekoesterd wordt. Je leert er

hoe het voelt wanneer anderen belangeloos

en algeheel van je houden. Het gezin vervult

bovendien de belangrijkste opdracht in de

samenleving: het doorgeven van het leven,

het klaarmaken van de nieuwe generatie en

het ontwikkelen van een aantal waarden die

de samenleving nodig heeft om stabiel te

functioneren: solidariteit, belangeloze inzet

en gemeenschapzin. Het gezin is een groot

collectief goed dat door de samenleving

moet gekoesterd, beschermd en gesteund

worden. Daarom moet er, op het Europees

politiek forum, aandacht zijn voor de gezinsdimensie

in elk beleidsdomein. Het is aan de

gezinsbeweging om dit uit te dragen, aan te

kaarten en te bepleiten. Als dat niet van ons

komt, zal het van nergens komen.

Qui les soutient sur le plan émotionnel ?

Des problèmes se posent pour concilier

vie de famille et travail. Un certain nombre

de valeurs nécessaires pour maintenir une

relation à long terme périclitent : la responsabilité,

la solidarité, le sens du devoir et

l’engagement désintéressé. Sans compter

la culture du jetable et de la consommation

et l’intérêt excessif pour la sexualité

sans amour.

Mais les valeurs développées au sein de

la famille sont intemporelles. Dans une

famille, il est impossible de vivre uniquement

pour soi-même, l’intérêt commun

est primordial et chaque membre se sent

fortement uni aux autres et dépendant des

autres. Dans la famille, la sollicitude, le dévouement

et l’amour désintéressé sont de

mise et l’enfant peut goûter à la sécurité,

la protection et l’affection et se sentir protégé

et choyé en toutes circonstances. La

famille nous permet de savoir ce que c’est

que d’être aimé complètement et de façon

désintéressée par les autres. En outre, la famille

remplit la mission la plus importante

de la société : la transmission de la vie,

la préparation de la nouvelle génération

et le développement d’un certain nombre

de valeurs dont la société a besoin pour

fonctionner de manière stable : la solidarité,

l’engagement désintéressé et le sens

commun. La famille est un bien collectif

immense qui doit être chéri, protégé et

soutenu par la société.

Mevrouw,

Dames en Heren,

in wat vooraf ging heb ik geen doemscenario

willen schetsen, ook niet voor de toekomst.

Het uitgesproken technologisch tijdvak dat

we nu meemaken, is wellicht een noodzakelijke

episode in de opgang naar een nieuwe

fase in de ontwikkeling. Wetenschap en technologie

zijn geroepen om eerst de levensomstandigheden

van de mens te verbeteren en

daarna de mens zelf. Wat is moet verdwijnen

om plaats te maken voor nieuwe ontwikkelingen.

We gaan naar een postmoderne

samenleving met meer aandacht voor geestelijke

verruiming, van de rede naar meer

gevoel. Van analyse naar synthese, globaal

kijken, samenhang zien, verbanden leggen,

zachte krachten, vrouwelijke eigenschappen :

invoeling en uitstraling. Alles verschuift van

het materiële naar het immateriële, van de

buitenkant naar de binnenkant naar een

groeiende vergeestelijking.

RogeR Pauly

C’est pourquoi, lors du forum européen,

il est nécessaire d’accorder de l’attention

à la dimension familiale dans toutes les

politiques. C’est au mouvement de défense

des familles d’imposer le sujet et de

plaider dans ce sens. Si nous ne nous en

chargeons pas, personne d’autre ne le fera.

Madame,

Mesdames et Messieurs,

Je n’ai pas voulu ici esquisser un scénario

funeste, ni assombrir l’avenir. La période

fortement marquée par la technologie que

nous traversons actuellement est peutêtre

un épisode nécessaire pour accéder à

une nouvelle phase de développement. La

science et la technologie sont avant tout

appelées à améliorer les conditions de vie

de l’humanité, puis l’humanité elle-même.

Ce qui existe doit disparaître pour laisser

place à de nouveaux développements.

Nous avançons vers une société postmoderne

qui accorde plus d’attention au développement

spirituel, passant de la raison

à davantage d’émotion. De l’analyse à la

synthèse, vers une vision globale, vers le

discernement du lien, vers l’établissement

de rapports, vers les forces douces et les

caractéristiques féminines : compassion

et présence. Tout glisse du matériel vers

l’immatériel, de l’extérieur vers l’intérieur

vers une spiritualisation croissante.

RoGeR PaulY

allocution d’ouverture > Roger pauly

11


12

Madame,

Excellences,

Monsieur le Président,

Mesdames,

Messieurs,

Avant d’entamer mon intervention faite au nom des

cinq organisations belges francophones membres de

la COFACE, permettez-moi avant tout de remercier les

organisateurs de la conférence de m’avoir invitée à

prendre la parole. Je voudrais vous présenter les objectifs

de politique familiale qui nous tiennent à cœur et

tenter de vous expliquer les difficultés qu’ils soulèvent.

En effet, le temps n’est plus où la politique familiale

pouvait se décliner d’une manière simple lorsque l’institution

du mariage et le modèle du père gagne-pain

normalisaient la réalité familiale. Aujourd’hui, alors que

les familles sont devenues plurielles et que leurs besoins

se sont différenciés, les réponses politiques gagnent en

complexité. Actuellement, il ne suffit plus de demander

simplement la prise en compte de la dimension

familiale dans toutes les politiques pouvant avoir des

répercussions sur la vie et le bien-être des familles, le

family mainstreaming. Encore faut-il préciser que cette

prise en compte doit se faire dans le plus strict respect,

non seulement des choix de vie, mais encore des droits

individuels des membres de la famille.

Dans ces conditions, il va sans dire que toutes les politiques

concernant les familles, et tout particulièrement

celles de l’emploi et du logement, se doivent d’être

exemptes de toutes formes de discrimination, y compris

celle basée sur la situation familiale – réelle ou potentielle

des personnes. Même si les femmes demeurent

actuellement les principales victimes de cette forme

de discrimination dans le domaine de l’emploi, celle-ci

allocution d’ouverture > dominique plasman

allocution d’ouverture

Dominique Plasman

Secrétaire générale des Femmes prévoyantes socialistes

concerne également la plupart des hommes qui utilisent

leurs congés parentaux.

Intégrer le fait familial ainsi défini dans la conception des

politiques s’impose non seulement aux États membres

mais aussi à l’Union européenne. Bien que la politique

familiale entendue au sens strict n’entre pas dans les

compétences de cette dernière, la plupart des politiques,

programmes d’action et autres stratégies adoptés par

elle influent sur les politiques, programmes et plans

nationaux. C’est le cas notamment en matière d’emploi,

de formation, de protection sociale et d’inclusion active.

Diverses recherches le montrent. La réussite d’une politique

d’emploi visant à relever les taux d’activité, principalement

féminins, en stimulant l’inclusion active de

personnes parfois fort éloignées du marché du travail,

dépend largement de l’attention qui sera portée au

maintien d’un équilibre entre la vie professionnelle et

privée, dont la vie familiale fait partie. La politique d’emploi

doit dès lors être nécessairement accompagnée,

dans toutes ses composantes, d’une politique d’articulation

de la vie professionnelle et familiale vigoureuse

et bien conçue.

Dans ce domaine, nous attendons beaucoup de l’Union

européenne pour donner une nouvelle impulsion à

cette politique essentielle pour le bien-être des familles,

comme le rappelle depuis de nombreuses années la

COFACE. Nous attendons d’elle qu’elle prenne des initiatives

aussi bien sur le plan des services que sur celui

des aménagements de carrière et d’horaire en vue de

rencontrer les besoins des familles, et surtout des plus

vulnérables d’entre elles.

Est-il besoin de dire en ce qui concerne les services aux

familles, que l’accueil des enfants en âge préscolaire

ne suffit pas ? Est-il besoin d’insister, en se limitant à ce

seul domaine, sur le fait que les objectifs de Barcelone

de 2002 sont nettement insuffisants ? Insuffisants, ils le

sont tout d’abord au regard de la Convention internationale

des droits de l’enfant. Celle-ci institue de fait le

droit de tout enfant dont le ou les parent(s) travaille(nt)

à une place d’accueil dans un service de qualité (Art.

18). Insuffisants, ils le sont encore vis-à-vis de l’objectif

d’inclusion active inscrit dans la politique d’emploi.

Insuffisants, ils le sont enfin au vu du principe d’égalité

des chances entre les enfants, comme vient encore de

le rappeler Eurochild à l’occasion de la toute récente

Conférence européenne sur la pauvreté des enfants. Ces

deux derniers éléments voudraient que le droit de l’enfant

à une place d’accueil dans un service de qualité soit

étendu à tous les enfants indépendamment de l’activité

professionnelle des parents.

Nous attendons donc de l’Union européenne qu’elle inscrive

l’inconditionnalité de ce droit dans la Stratégie européenne

des droits de l’enfant et la Recommandation

de l’Union européenne sur la pauvreté et le bien-être

des enfants dont l’adoption par le Conseil des Ministres

est prévue en décembre 2010. Nous attendons aussi de

la Commission européenne qu’elle établisse un échéancier

fixant des objectifs intermédiaires, dont la mise en

application des objectifs de Barcelone serait première

étape. La réalisation des objectifs intermédiaires devrait

faire l’objet, au cours de chaque étape, d’une évaluation

systématique dans le cadre de la Stratégie européenne

pour la croissance et l’emploi 2020 et de l’évaluation du

Suivi de la Feuille de route pour l’égalité des femmes et

des hommes qui devrait les incorporer.


Faut-il rappeler que c’est souvent le manque de places

d’accueil géographiquement et financièrement accessibles,

ou adaptées aux besoins particuliers des enfants

handicapés, qui poussent le plus souvent les travailleuses,

mères de famille à quitter temporairement ou

définitivement le marché du travail ? Ce comportement

étant particulièrement répandu parmi le public féminin

visé par l’inclusion active, le manque de places d’accueil

apparaît ainsi comme un facteur de renforcement des

inégalités sociales existant entre les familles.

Pour ce qui est des aménagements de carrière et

d’horaire, nous n’attendons pas en premier lieu de

la Commission européenne qu’elle incite les États

membres à renforcer le dispositif déjà en place, à l’exception

toutefois du congé de paternité. A cet égard, nous

attendons d’elle qu’elle invite fermement les partenaires

sociaux à conclure enfin un accord-cadre sur un congé

de paternité digne de ce nom dans un délai fixé, sous

peine de la voir prendre elle-même une initiative en la

matière. Mais ce que nous attendons avant tout de la

Commission européenne, c’est qu’elle entreprenne une

action décisive en vue de restructurer l’organisation du

travail. Les congés et les aménagements d’horaires pour

raisons familiales devraient y être inscrits comme des

étapes normales de la trajectoire professionnelle, génératrices

de droits sociaux pleins, pour tout travailleur

masculin ou féminin ainsi que le recommandait déjà en

1998 le Rapport de Madrid d’Alain Supiot.

C’est la seule façon de faire évoluer les mentalités en premier

lieu des employeurs pour que l’implication dans les

responsabilités familiales, à quelque degré que ce soit,

cesse de porter préjudice à l’évolution de la carrière et

de la rémunération de ceux, hommes et femmes, qui en

ont la charge. C’est aussi la seule façon d’atténuer, sinon

d’éradiquer, les inégalités de genre devant l’emploi, dont

on sait qu’elles représentent une véritable entrave au

partage équilibré des tâches au sein de la famille.

Les inégalités persistantes de genre devant l’emploi et

au sein des familles ont pour résultat d’accroître le risque

de pauvreté pour les femmes et les enfants en cas de

séparation du couple, surtout lorsque les femmes ont

abandonné leur activité professionnelle pour prendre

soin elles-mêmes de ces derniers. Et ce risque de pauvreté

s’accroît encore en cas de défaut de paiement des

créances alimentaires. C’est pourquoi nous demandons

aux autorités européennes de poursuivre leurs efforts

afin de faire en sorte que des solutions soient également

trouvées pour faciliter, à l’intérieur de l’Union européenne,

le recouvrement des créances alimentaires

dont le montant est contesté par celui qui doit les payer.

Nous lui demandons aussi de faire en sorte qu’un système

d’avances inconditionnelles sur créances alimentaires

soit mis en place dans tous les États membres

en cas de défaut de paiement, même si celui-ci est de

courte durée.

Enfin, et j’en terminerai par là étant donné le temps limité

qui m’a été imparti, si l’objectif est de favoriser également

l’inclusion actives des femmes, mères de familles

non-employées ou sous-employées, la Commission

européenne devrait inviter les États membres où les

droits sociaux restent encore largement familialisés à

s’interroger sur le bien-fondé de leur politique de protection

sociale, par ailleurs non conforme aux directives

européennes en la matière. Plusieurs études indiquent

que la familialisation des droits sociaux est contraire

aux intérêts de toutes les familles, et surtout des plus

vulnérables d’entre elles, parce qu’elle décourage les

femmes, surtout peu ou non qualifiées, de s’investir sur

le marché du travail. Or, il est aujourd’hui amplement

démontré qu’un seul revenu par famille est une cause

majeure de pauvreté. Dès lors, ne serait-il pas bon dans

le cadre de la lutte contre la pauvreté de conforter les

directives porteuses de l’individualisation des droits sociaux

? Il s’agit-là d’une piste que nous demandons à la

Commission européenne de bien vouloir explorer dans

le cadre notamment de la réflexion qu’elle a entamée

sur l’adéquation et la viabilité des systèmes de retraite

en Europe.

Je vous remercie de votre attention.

doMinique PlasMan

allocution d’ouverture > dominique plasman

13


14

Sa Majesté,

Éminents orateurs et participants,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais remercier la Confédération des Organisations

Familiales de l’UE de m’avoir invité à cette conférence, et

je les félicite pour le choix du thème.

L’inclusion sociale est une question d’autant plus cruciale

que la situation actuelle est dramatique. Aujourd’hui,

dans l’Union européenne, 84 millions de personnes sont

exposées à un risque de pauvreté, ce qui représente 16%

de la population. Et 10 millions d’entre elles sont des enfants.

C’est tout simplement inacceptable dans l’Europe

du XXI e siècle !

De plus, ces chiffres ne tiennent pas pleinement compte

de l’impact de la crise actuelle. Lorsque les nouveaux

chiffres seront disponibles, ils seront vraisemblablement

beaucoup plus élevés. D’aucuns estiment que le

nombre de personnes menacées par la pauvreté serait

en réalité quelque 10 millions supérieur au chiffre avancé

actuellement.

La réalité derrière ces chiffres est souvent encore

beaucoup plus grave, étant donné que la pauvreté est

quelque chose que l’on a tendance à cacher. Et pourtant,

actuellement, en Europe, de plus en plus de gens ont

recours aux banques alimentaires pour s’en sortir.

À l’heure où les effets de la crise économique commencent

réellement à se faire sentir et où la récession resserre

son étreinte, nous découvrons que le prix payé par

les familles et les enfants d’Europe est très élevé.

Les coupes budgétaires des États affectent les écoles, les

soins de santé et la protection de l’enfance, tandis que le

allocution d’ouverture > László andor

allocution d’ouverture

László Andor

Commissaire européen pour l’emploi, les affaires sociales et l’inclusion

chômage et la précarité de l’emploi grèvent les moyens

d’existence des parents.

Or si nous voulons que les Européens aient confiance

en l’avenir, leurs enfants doivent grandir au sein de familles

dont les membres sont instruits, en bonne santé

et heureux.

Dans sa nouvelle stratégie visant à construire l’Europe

dans laquelle nous voudrions vivre en 2020 – Stratégie

Europe 2020 –, la Commission a proposé de se fixer pour

objectif de réduire d’au moins 20 millions le nombre de

personnes exposées à un risque de pauvreté et d’exclusion

sociale à l’horizon 2020. Cet objectif de l’UE doit être

relayé au niveau national.

Se fixer des objectifs de réduction de la pauvreté est

une condition indispensable pour garantir le succès de

la stratégie et faire en sorte que tous les citoyens profitent

des retombées sociales positives de la croissance.

Cet objectif de réduction de la pauvreté tient compte du

caractère multidimensionnel de la pauvreté et couvre

trois domaines clés :

❙ les personnes vivant sous le seuil de pauvreté;

la privation matérielle; et

❙ le taux de personnes vivant dans des ménages

sans emploi.

Si ces objectifs constituent notre principal moyen de

pousser les États membres à agir contre la pauvreté, il

faut toutefois aller plus loin. Il faut en effet que nous

réfléchissions à ce qu’il faudrait faire pratiquement et à

l’élaboration de mesures susceptibles d’avoir un impact

décisif sur la pauvreté et l’exclusion sociale.

Premièrement, nous avons besoin d’emplois assortis

de salaires décents et de conditions de travail correctes,

ainsi que d’horaires permettant aux gens de combiner

emploi et vie de famille. Ce dernier aspect est d’autant

plus important à l’heure actuelle, en raison du vieillissement

de la population et du besoin accru de soins et

d’attention pour les personnes âgées.

Deuxièmement, nous devons mettre en œuvre une stratégie

d’inclusion active et intégrée basée sur trois piliers :

❙ une aide adéquate au revenu, y compris

pour les personnes qui ne peuvent travailler;

des marchés de l’emploi inclusifs; et

❙ un accès à des services sociaux de qualité.

Cette approche basée sur l’inclusion active, dont la

Commission avait tracé les contours dès 2008 dans une

Recommandation, est également importante pour faire

face aux évolutions démographiques et promouvoir la

solidarité entre les générations.

Pour donner un élan supplémentaire à cette approche,

la Commission s’efforce pour l’instant de faire de 2012

l’Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité

intergénérationnelle.

Troisièmement, la mise en œuvre d’une politique d’intégration

requiert des efforts pour lutter contre la discrimination

et l’inégalité, notamment en matière de genre

et de revenus. Le bien-être des enfants et le respect de

la dignité des personnes âgées doivent être au cœur de

ces efforts.

Quatrièmement, il faut que nous soutenions les réseaux,

tels que l’Alliance européenne pour la famille, dans leurs

efforts pour venir en aide aux familles.


De nombreux États membres se préoccupaient – et se

préoccupent encore – de leur faible taux de natalité. La

faiblesse des taux de natalité s’explique moins par un

moindre désir d’enfant que par la difficulté d’élever une

famille dans le monde actuel. Et, de ce point de vue, un

des principaux défis reste la difficile conciliation entre

vie professionnelle et vie privée.

Encore de nos jours, de nombreuses femmes doivent

choisir entre une carrière et une famille. Le fait d’être

contraint à faire ce choix se traduit généralement à la

fois par des taux d’emploi moins élevés et par des taux

de natalité plus bas.

Les pays qui affichent les taux de natalité les plus élevés

de l’UE sont ceux qui favorisent le plus un équilibre sain

entre le travail et la famille, et ce, en développant l’offre

de garde d’enfants et, de plus en plus, en offrant des

possibilités de prendre en charge les personnes âgées,

de prendre des congés pour raison familiale et d’opter

pour des formules d’horaire flexible.

Il faut se souvenir que les femmes représentent la

grande majorité des travailleurs à temps partiel au sein

de l’UE : 31,5% des femmes, contre seulement 8,3% des

hommes, travaillent à temps partiel. Et leurs carrières

moins linéaires se reflètent dans des pensions généralement

moins élevées et un risque accru de pauvreté.

La Commission entend procéder à une analyse afin de

voir où il subsiste encore un manque de droit d’accès aux

congés pour raison familiale, en particulier le congé de

paternité et les congés pour les aidants familiaux.

La Commission compte par ailleurs accorder une attention

particulière à la disponibilité de structures de soins

abordables mais de qualité, publiera des rapports sur les

structures d’accueil qui existent dans les différents États

membres, et fera, si nécessaire, des recommandations

spécifiques.

Enfin, nous devons également favoriser une exploitation

aussi complète que possible des possibilités et des aides

financières existantes.

Au cours de la période 2007-2013, environ un demi-milliard

d’euros issu des Fonds structurels sera consacré au

développement des structures d’accueil de l’enfance, et

2,4 milliards supplémentaires iront au financement de

mesures visant à faciliter l’accès des femmes à l’emploi et

la conciliation d’une vie professionnelle avec une vie de

famille, y compris l’accès aux services de garde d’enfants.

Dans le cadre de notre stratégie Europe 2020, la

Commission a récemment proposé la création d’une

Plate-forme contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Cette Plate-forme devra faciliter et encourager de nouveaux

progrès dans ce domaine, en se fondant sur les

résultats de 2010, Année européenne de lutte contre la

pauvreté et l’exclusion sociale.

Cette Année européenne a contribué à susciter un élan politique.

Je tiens à préserver son héritage et à le faire fructifier

de manière à renforcer la dimension sociale de l’Europe.

Mesdames et messieurs,

Les enquêtes d’opinion Eurobaromètre montrent régulièrement

que la pauvreté préoccupe largement les citoyens

européens, dont environ 70% estiment d’ailleurs

que l’UE doit faire quelque chose à cet égard.

Nous ne pouvons ignorer de tels messages. Nous devons

dès lors nous efforcer de faire le meilleur usage possible

de tous les instruments et de toutes les méthodes et

ressources disponibles pour lutter contre la pauvreté.

Comme je l’ai déjà indiqué, je suis favorable à l’intégration

d’une dimension sociale forte dans les politiques

de l’UE. Ce principe me guide dans mon travail, car je

pense que l’action politique ne consiste pas seulement

à jongler avec des idées abstraites.

Il s’agit en vérité de réagir aux attentes de nos concitoyens

européens – ces hommes, femmes et enfants

qui subissent, directement ou indirectement, les effets

néfastes de la crise.

Il s’agit d’améliorer la situation des travailleurs qui sont

inquiets à propos de leurs conditions de travail, qui vivent

dans la crainte d’être licenciés ou qui ont déjà perdu

leur emploi.

Il s’agit aussi de faciliter la transition vers le marché de

l’emploi pour les jeunes, dont les perspectives de carrière

semblent s’obscurcir de jour en jour.

Il s’agit d’aider les pères et les mères à équilibrer

leurs responsabilités familiales et leurs obligations

professionnelles.

Il s’agit encore de procurer une plus grande sécurité

aux personnes âgées ou à celles qui approchent de la

retraite et qui sont inquiètes à propos de leur pension

et de l’offre de soins de santé.

Je sais que tous les membres de la COFACE partagent

mes préoccupations, et je crois réellement que nous pouvons

faire beaucoup pour améliorer les choses ensemble.

Merci.

lászló andoR

allocution d’ouverture > László andor

15


16

Merci Monsieur le Président.

Madame,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Commissaire,

Mesdames et Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout d’abord remercier la COFACE d’avoir

invité le Parlement européen comme l’une des institutions

de l’UE importantes et Monsieur le Président

d’avoir rappelé que la première résolution en matière

de politique familiale émanait du Parlement européen,

très vite dans sa création. Je vais donc excuser Madame

la Vice-présidente Kratsa-Tsagaroupoulo et vous dire

que moi, j’interviens aujourd’hui en qualité de rapporteur

d’une résolution du Parlement européen relative

au défi démographique dans l’UE, résolution adoptée

en février 2008.

Depuis l’an 2000 au moins, l’UE se préoccupe des mutations

démographiques qui se profilent à l’horizon de

2050. Vous les connaissez, vous savez qu’elles sont associées

d’une part à des mutations de vie d’une part, et

d’autre part, d’une baisse du taux de natalité en Europe.

Cette perspective de la mutation de la pyramide des

âges en Europe préoccupent bien évidemment les institutions,

les décideurs politiques, parce qu’elle aura des

conséquences sur notre vie économique et sur notre

modèle social. Notamment sur la dépense sociale, la

gestion du vieillissement, le financement des systèmes

de retraites.

Or, du point du vue des politiques que nous représentons

aujourd’hui, la question se pose de comment faire

face et s’adapter à cette nouvelle situation mais aussi

allocution d’ouverture > françoise castex

allocution d’ouverture

Françoise Castex

Membre du parlement européen, Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates (FR)

comment éventuellement infléchir des tendances qui

nous sont données par les experts démographes.

Dans le rapport qui a été adopté par le Parlement européen,

et que j’ai eu l’honneur donc de présenter et de

coordonner, j’ai d’abord souhaité poser un préalable à ce

défi démographique en rappelant que les deux causes

principales de ce changement étaient des causes heureuses.

Que ce soit l’espérance de vie, et l’espérance de

vie en bonne santé qui ne cesse de croître régulièrement,

ou que ce soit ce que je considère comme les deux progrès

essentiels du vingtième siècle : l’éducation des filles

et la maîtrise de leur fécondité.

Et ce sont ces nouveaux modèles, cette nouvelle passe

de la femme dans nos sociétés européennes, qui ont

pesé et qui ont provoqué, d’une certaine manière, cette

baisse de la fécondité.

Je ne crois pas que les femmes souhaitent revenir sur cette

maîtrise de leur fécondité. Il n’empêche, toutefois, qu’il y

a des États membres où ce taux de fécondité est particulièrement

bas, et je dirai même anormalement bas quand

il se situe aux alentours de 1.5 ou 1.3 enfant par femme.

Cette baisse alarmante de la fécondité doit nous poser des

questions, doit nous interroger sur les causes.

Je ne pense pas qu’il faille que ce soit un facteur alarmant,

aussi parce qu’il faut tenir compte du recul de l’âge

du premier enfant. Et nous avons observé en France, qui

vous le savez est un des États membres qui a un taux de

natalité le plus élevé, qu’il y avait eu déjà dans les années

80 une forte baisse dans le taux de natalité et que

le taux de natalité est remonté simplement parce que

l’âge du premier enfant a reculé et que au lieu d’avoir le

premier enfant aux alentours de vingt ans on l’a maintenant

plutôt après 25 ans et que donc il y a un effet retard.

Il se peut que ces moyennes alarmantes dans l’UE soient

aussi du fait de modifications du mode vie, du moins

dans les nouveaux États membres.

Mais, cela n’explique pas tout. Comme vous l’avez dit

Monsieur le Représentant des Associations familiales,

l’entourage anxiogène actuellement est aussi une des

causes de la baisse de la natalité.

Pour décider d’avoir des enfants, il faut avoir confiance en

l’avenir d’abord et il faut que les politiques familiales qui

sont mises en place par les États membres aient le caractère

pérenne qui permet de se projeter dans l’avenir et non

pas à cinq ans, à dix ans mais à quinze ou vingt ans… parce

que c’est dans ce laps de temps qu’on se projette quand

on décide de fonder une famille et de faire des enfants.

Donc, l’accès tardif à l’emploi, l’instabilité du travail, le

logement cher, la faiblesse des aides financières à la famille,

le recul régulier de l’État providence et les réductions

budgétaires que l’on constate dans différents états

depuis plusieurs années – et de façon assez générale –

pèsent et sont des facteurs d’anxiété.

Vous l’avez rappelé, vous le savez, le Parlement européen

est une des institutions qui est extrêmement

vigilante sur la conciliation de la vie familiale-vie professionnelle,

l’égalité homme-femme et sur toutes les

mesures qui seraient favorables à la natalité. Dans mon

rapport, j’en rappelle quelques unes en ce qui concerne

le développement de structures d’accès à l’accueil pour

la petite enfance… on peut se souvenir que déjà, dans

la stratégie de Lisbonne cette même mesure avait été

mentionnée. C’était en 2000 et on se donnait comme

objectif un accueil de 90% des enfants de moins de trois

ans et 100% des enfants de plus six ans. Nous sommes

loin d’avoir encore réalisé partout ces taux d’accueil.


La lutte contre les discriminations au travail dont sont

victimes les femmes en matière de salaire, vous l’avez

rappelé, mais aussi des discriminations qui sont liées à

leur désir de maternité. Dans certains états, la loi protège

les femmes enceintes et le début de leur maternité ou

les femmes qui ont décidé d’allaiter. Cette législation,

cette protection, doit être renforcée.

Je pense qu’une politique favorable à la famille ne doit

pas uniquement concerner les femmes. Dans mon rapport,

j’ai aussi rappelé qu’il y a aussi des droits à la parentalité

de manière générale. Des droits liés aux pères

notamment en matière de congé de paternité qui vont

dans le sens d’une modification du modèle familial actuel

et que la loi doit suivre les évolutions de ces modèles

de société qui sont en train de se développer.

Afin d’éviter une énumération fastidieuse, j’ajouterai

juste qu’il y a aussi une mesure qu’il serait urgent de

prendre en faveur de la famille, c’est le traitement de la

stérilité. La prise en charge de ce traitement et associer

des mesures en faveur de la procréation assistée par des

mesures en faveur de l’adoption. Tous les couples, toutes

les familles qui ont eu à vivre ce parcours du combattant

savent qu’il y a des mesures positives à prendre dans

ce sens-là.

À l’autre bout de la chaîne de la vie, puisqu’on parle

de la natalité et de la naissance, mais la question du

vieillissement est une question importante. Non seulement

parce qu’elle peut faire craindre des déséquilibres

entre actifs et non actifs et l’augmentation des taux de

vieillesse mais nous pensons aussi que la solidarité, la

façon dont nos sociétés intègrent le vieillissement dans

leurs modèles est extrêmement important.

Nous devons être attentifs à ne pas percevoir comme

une charge le vieillissement que l’on nous promet et que

les modèles familiaux intégrant le vieillissement soient

favorisés et développés.

Tout cela bien évidemment a un coût pour les collectivités.

Notre modèle social, notamment au niveau des solidarités

entre états, entre régions, entre États membres

ne sont pas encore suffisamment développées et l’on

sait aussi que les défis démographiques vont provoquer

des nouvelles inégalités entre les territoires. Entre des

territoires qui ont une population active et donc productrice

de richesses et des territoires qui seront plutôt des

territoires d’accueil pour des personnes retraitées, non

actives, sont elles consommatrices de services de soin,

de proximité et donc qui peuvent peser sur la collectivité.

Il nous semble que les politiques familiales, notamment

avec le défi démographique, devraient être davantage

prises en compte au niveau communautaire de manière

à pouvoir prendre en compte ce besoin de solidarité qui

se fait jour avec les inégalités démographiques dans nos

différents États membres.

Je crois que nous devons, malgré la crise, malgré les budgets

d’austérité que l’on voit dans chaque État membre

et au niveau de l’Union, avoir une politique volontariste

pour maintenir un taux de protection sociale et des

moyens de financement des politiques familiales.

Je sais que la Commission s’y est engagée. Monsieur le

Commissaire, vous l’avez rappelé et je sais votre action

dans ce domaine. Je crois que cela doit être fait en relation

avec les associations familiales qui sont ici présentes,

et d’autres, pour que toutes ces politiques qui soient

mises en place au niveau européen ou communautaire,

qu’elles le soient de manière concertée, connues,

analysées, acceptées… c’est le meilleur gage qu’elles

soient généralisées et que se produise un échange de

bonnes pratiques.

Enfin, pour conclure mon intervention, j’avais insisté

tout au long du travail que j’ai fait sur ce rapport pour

que l’on garde en mémoire, pour que l’on garde en

tête, quand nous examinons ce dossier sur la démographie,

ces problèmes de vieillissement de dénatalité, ces

problèmes économiques que cela pose, que nous ne

pouvons pas avoir sur cette question-là une approche

statistique, et uniquement technocratique d’équilibre

financier par exemple.

Il nous faut toujours garder en mémoire que c’est d’humains

qu’il s’agit. Et que, quand on parle de vieillissement,

quand on parle de natalité on parle de la vie, on

parle de la mort, on parle du désir d’avoir des enfants,

de la difficulté de vieillir et que c’est cette approche-là

qui nous permettra de faire une politique la plus juste

possible.

Merci.

FRançoise castex

allocution d’ouverture > françoise castex

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18

Merci beaucoup.

Madame, Majesté,

Messieurs les Ministres,

Monsieur le Commissaire,

Chers membres du Parlement européen,

Et chers participants à cette grande conférence

de deux jours,

C’est non seulement un honneur, mais un plaisir, d’avoir

la possibilité de participer à cette conférence et de

m’adresser brièvement à vous lors de cette séance inaugurale.

Je ne serai pas long, car je sais que vous avez

une foule d’excellentes remarques, idées et opinions à

partager les uns avec les autres à propos des nécessaires

politiques à mettre en œuvre au bénéfice des familles

et des enfants.

Je voudrais néanmoins épingler deux éléments qui, de

mon point de vue personnel, sont très importants pour

ce que je représente.

Tout d’abord, je suis très heureux d’être ici avec la

COFACE, car cela fait plusieurs années que nous travaillons

ensemble, et cette collaboration va se poursuivre

dans les mois à venir, notamment dans le cadre

d’un certain nombre d’événements.

Quand je dis « nous », je veux parler du Comité économique

et social européen – CESE, que je représente. Cet

organe se compose bien sûr de membres issus des 27

États membres de l’UE, mais aussi de personnes issues

d’organisations de la société civile, c’est-à-dire des gens

comme vous, qui témoignent de leur engagement et

expriment leurs opinions.

allocution d’ouverture > staffan nilsson

allocution d’ouverture

Staffan Nilsson

Président du Groupe III, Comité économique et social européen

Le CESE ne compte pas moins de 344 membres, ce qui en

fait une institution, certes plus petite que le Parlement

européen, mais loin d’être négligeable.

Nous avons, conformément au Traité, un rôle consultatif

et publions donc des avis. Mais nous avons également

la possibilité de travailler avec des organisations européennes

telles que la COFACE, ainsi qu’avec des organisations

travaillant bien sûr à l’échelon national. Je suis

par ailleurs heureux de voir qu’une délégation du CESE

m’accompagne aujourd’hui à cette conférence.

Je vais me limiter à évoquer seulement deux thèmes, car

je soutiens totalement les interventions que j’ai entendues

jusqu’ici.

Les deux thèmes que j’ai choisis comptent sans doute

parmi les plus importants : il s’agit de la petite enfance

et de ce que vous avez appelé le congé « parental ». Non

pas le congé de maternité, mais bien le congé parental.

Il est bon que nous utilisions ces mots. Nous avons un

excellent rapporteur hongrois qui a élaboré un avis sur

la prise en charge et l’éducation de la petite enfance.

Cet avis devait servir d’outil pour le lancement d’une

initiative que nous avons décidé de mettre en œuvre

nous-mêmes.

Cet avis pourrait peut-être également être mis à profit

par la future Présidence, et j’en profite d’ailleurs pour

féliciter la Présidence belge pour l’excellent travail fourni

durant cette période très difficile.

Je pense également que c’était une très heureuse innovation

que d’instaurer une coopération à trois dans

le cadre de la présidence, à savoir entre l’Espagne, la

Belgique et la Hongrie. J’en profite également pour

vous souhaiter bonne chance pour la nouvelle période

de Présidence qui s’annonce.

Pour revenir au congé parental, je soutiens très largement

votre intervention, monsieur le Président, ainsi

que celle de M me Castex. Je pense en effet que lorsqu’on

parle avec les partenaires sociaux, et parfois avec les

employeurs, leur tendance est d’envisager la question

sous l’angle du coût. C’est certes un coût, parfois pour

les employeurs – dans une mesure variable –, mais aussi

pour la société.

Mais à mon avis, il faut plutôt y voir un investissement.

Tout ce que l’on fait pour donner une meilleure assise

aux jeunes enfants durant les deux premières années de

leur vie contribue à créer un socle solide pour la famille

et pour la société tout entière.

Je suis par ailleurs tout à fait d’accord avec l’idée selon

laquelle le congé parental ne concerne pas uniquement

les femmes, mais aussi les hommes. Je suis d’ailleurs

moi-même heureux et fier que mon fils ait pris récemment

la moitié de son congé de deux ans afin de s’occuper

de son nouveau-né. Je pense que ce n’est pas seulement

une question d’équilibre entre les hommes et les

femmes, mais aussi une question de créer un lien étroit

entre lui-même et son enfant. Ce lien est important pour

chacun, et c’est même la chose la plus importante, actuellement,

dans leur vie.


Je voudrais également m’adresser à vous tous car, venant

de Suède, j’ai la chance de provenir d’un pays très

privilégié, qui dispose d’un gouvernement mis en place

récemment, et d’institutions fiables. Mais que pourrionsnous

faire, dans cette société, sans l’engagement des

gens sur le terrain ?

Mais ça, vous le savez, parce que vous êtes les acteurs

les plus importants de cette conférence. C’est vous, en

effet, qui allez l’alimenter de vos réflexions, notamment

lors des ateliers. Et c’est vous, de par votre engagement

dans la société civile organisée, qui pouvez jouer un rôle

crucial dans la société afin de favoriser l’inclusion sociale.

J’espère que votre conférence portera ses fruits, que ses

résultats seront nombreux et positifs, et qu’à sa clôture,

demain, elle aura pu contribuer à la construction de la

société de demain.

Je vous remercie de m’avoir permis de m’adresser à vous.

J’espère ne pas avoir été trop long et vous souhaite

bonne chance du fond du cœur, non seulement pour

cette conférence, mais aussi pour l’avenir.

Merci beaucoup, Madame.

staFFan nilsson

allocution d’ouverture > staffan nilsson

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20

Madame,

Madame la Ministre,

Chers amis de la COFACE,

En premier lieu, je voudrais profiter de l’occasion que

nous donne la COFACE de réfléchir, sous l’égide de la

Présidence belge, à la nature des liens qui rattachent

la dimension familiale des sociétés européennes et la

dynamique de la construction européenne.

Il sera alors temps d’un discernement prospectif. Que

se passe-t-il de neuf en cette fin d’année 2010 qui

concerne tant les familles que l’Union européenne ? Il

n’aura échappé à personne que l’Union européenne

est entrée dans une phase nouvelle de son développement.

La famille ou plutôt les familles changent aussi, un

changement qui est à la fois la conséquence du mouvement

démographique général et qui en est aussi le

lieu d’origine. Quelles sont les convergences entre ces

évolutions ?

De cette confrontation des perspectives se dégagera

l’idée qu’une nouvelle posture de l’Union à l’égard des

questions familiales s’avère souhaitable. L’Union au

cours des années récentes, particulièrement depuis le

grand élargissement et la perception de l’ampleur du

changement démographique, s’est considérablement

rapprochée sinon des familles, du moins des politiques

familiales. Cependant l’Union gagnerait à mieux prendre

en compte les finalités profondes que portent les familles

du point de vue du bien être social et de la capacité

de la société à regarder l’avenir.

‘ Keynote speeches ’ > Jérôme Vignon

‘ Keynote speeches ’

Jérôme Vignon

Président des Semaines sociales de France

les structures familiales,

partie intégrante du modèle européen de société.

On s’interroge souvent sur l’existence ou non d’un modèle

européen de société, vu la variété des modèles

nationaux de protection sociale. Cette variété n’est pas

contestable. Elle n’empêche pas qu’en comparaison

des autres ensembles de sociétés développées dans le

monde, les pays européens d’est et d’ouest partagent

une vision exigeante de la protection sociale obligatoire.

Et si les formes de cette protection varient en fonction

de l’histoire nationale souvent mouvementée qui les a

fondées, toutes s’inscrivent dans une vision large des

droits sociaux garantis par les pouvoirs publics et dont

le but est de permettre à tous de jouir effectivement de

leurs droits civils comme de participer autant que possible

à la vie économique et à la citoyenneté. Les droits

sociaux en Europe, que nous parlions de la République

tchèque ou de l’Espagne sont importants. Ils assurent

aux individus une protection « habilitante» : c’est à dire

à la fois une assurance contre les risques de la vie et une

mise en capacité.

Les droits sociaux destinés à protéger les familles en

vue de l’exercice de leurs fonctions essentielles font

partie de ces droits habilitants. Même s’ils sont inégalement

développés, ils le sont en Europe plus qu’ailleurs

comme en attestent les travaux que l’OCDE consacre régulièrement

à ce sujet. Quels que soient les domaines,

prestations familiales, accès aux crèches et à l’enseignement

préscolaire pour les jeunes enfants, protection de

l’enfance,les pays européens arrivent en tête. Ce n’est

pas le fruit du hasard.

Lorsqu’à la demande de Jacques DELORS, la cellule de

prospective de la Commission européenne avait étudié

les traits communs venus de l’histoire que partagent les

société européennes, nous avions été impressionnés par

la profondeur et la variété de ces traits, qu’il s’agisse de

la distribution équilibrée des populations entre grandes

et moyennes agglomérations, de l’existence de classes

sociales marquées par la distinction entre ouvriers et

bourgeois, de l’existence d’un enseignement scolaire

dès la petite enfance de caractère universel, du caractère

cosmopolite des grandes villes, du rôle joué par les

estaminets, toujours accessibles en tous lieux à distance

destre. On aurait pu multiplier les exemples, mais sans

doute l’un des plus frappants tenait à l’existence en

Europe, très tôt dans son histoire au cours des premiers

développements du Moyen âge d’une structure familiale

nucléaire formée de deux ou trois générations liées par

une ascendance directe.

La famille européenne est petite et donc fragile. Pour

la protéger, des cercles vont se former autour d’elle en

commençant par les féodalités, puis les municipalités

et finalement la protection sociale universelle, prolongement

d’une longue chaîne de subsidiarité construite

sur le noyau familial. C’est à Hardmut KAEBLE, remarquable

sociologue Allemand que nous devions cette découverte,

Le souvenir ne m’en a jamais quitté. En même

temps qu’elle est selon les termes consacrés « la cellule

de base de la société », la famille européenne se rattache

très fortement à des structures protectrices qui l’entourent

d’un soutien plus ou moins prononcé : très fort et

exigeant comme dans les pays nordiques, beaucoup

plus souple et léger comme dans les pays méditerranéen.

Mais ces différences aujourd’hui tendent progressivement

à se réduire du fait notamment de l’influence

unificatrice qu’exerce silencieusement le processus de

« coordination ouverte » à l’échelle des 27 États membres.

Les familles en Europe sont ainsi parties d’une chaîne de

subsidiarité. Elles en sont le second maillon après la personne

dont elles préservent et construisent au premier


chef la dignité; en atteste la gravité des exclusions qui

touchent les personnes ayant perdu toute attache familiale

par suite des nouveaux risques sociaux. Mais

en même temps elles sont l’objet d’une attention de la

part des différents échelons de protection sociale qui

les entourent. Avant celui de l’Union européenne, il y a

évidemment le cercle de la nation qui joue un rôle prépondérant,

puisqu’il est responsable en dernier ressort

de la cohésion nationale. C’est au niveau de chaque État

que se joue l’alchimie délicate entre ce qui relève de la

responsabilité intime de chaque famille, et ce qui relève

de la solidarité. L’Union ne peut avoir une part directe

à ce débat et c’est pourquoi son rôle propre ne sera jamais

que subsidiaire, complémentaire de celui des États

lorsqu’il s’agit des questions familiales. Ceci explique la

très grande et légitime prudence de nos instances législatives

et juridictionnelles lorsque les libertés et les droits

fondamentaux issus des traités européens, en particulier

le droit à l’égalité de traitement quelle que soit la nationalité,

viennent au contact des droits civils nationaux qui

précisent les contours de la famille.

la décennie qui nous fait face

Nous pouvons désormais regarder ensemble les grandes

évolutions qui paraissent se dessiner, tant pour l’Europe

que pour la vie familiale dans les années qui viennent :

quelles convergences, quelles possibles tensions ?

S’agissant de l’Union européenne , la littérature n’est pas

avare de textes qui soulignent avec beaucoup d’arguments

à l’appui l’ampleur des ruptures ou des accélérations

que réserve la prochaine décennie : accélération

du changement démographique, se traduisant par

l’obligation de miser plus que jamais sur la qualité et la

participation de tout le potentiel de population active

et d’accroître aussi le recours aux migrations extérieures;

mutation aussi du contexte climatique, qui oblige à

considérer désormais non seulement la prévention des

risques les plus graves, mais aussi la réparation ou la

compensation par des aménagements infrastructurels

importants des impacts certains de la nouvelle donne

climatique; évolution obligatoire également des formes

de l’État Providence, face à la nécessité de stabiliser ou

de réduire les dépenses publiques pour ramener à un

niveau soutenable le seuil de la dette accumulée, ce qui

nolens volens, obligera à des aménagements fiscaux destinés

à réduire les inégalités qui rendent aujourd’hui de

tels aménagements difficilement acceptables. Ces diverses

obligations sont heureusement cohérentes avec

celle de l’adaptation à un monde globalisé, multipolaire

qui nous incite, nous autres Européens, à trouver

d’autres moteurs de notre développement que la frénésie

de consommation et l’accroissement de l’endettement:

une ère d’investissements matériels et immatériels

d’un type nouveau s’annonce.

Ce que les études ne nous disent pas, ou ne nous disent

pas assez, c’est que de telles évolutions feront ressortir

la nécessité de puiser plus profondément aux racines

de nos valeurs, à la source de notre volonté de vivre

ensemble. La cohésion économique et sociale, lorsque

le mouvement d’ensemble s’accélère, ne peut résulter

seulement d’injonctions économiques ou de nécessités

budgétaires. L’action politique devra s’adosser à une visibilité

plus forte de ce qui nous unit au travers de nos

diversités.

S’agissant des familles, l’horizon n’est pas non plus celui

d’un long fleuve tranquille. Parmi les nombreux livres

consacrés récemment en France à la famille, l’un d’eux

porte le titre évocateur : « Avis de tempête sur la famille ».

Il est écrit par un psychanalyste, Christian FLAVIGNY

dont je m’empresse de dire que le point de vue n’est pas

moral, mais politique et juridique. Quel avertissement

lance-t-il ? Selon lui, la poursuite des tendances à la libéralisation

des liens familiaux, en particulier les requêtes

pour dissocier complètement la fonction parentale et

les liens que crée la filiation est de nature à ébranler profondément

l’édifice social et à faire porter sur la jeune

génération un handicap très lourd.

Sans aller aussi loin et en usant de termes plus simples ,

aujourd’hui et peut être plus encore demain les familles

sont mises en tension entre deux conceptions : l’une qui

les voit comme un agrégat d’individualités dont chaque

membre est en droit de mener pour soi même la quête

de son bien propre, l’autre qui voit dans la famille une

communauté de personnes reliées et dont les membres

les plus vulnérables, enfants ou personnes très âgées

sont en droit d’attendre des soins et une attention sans

contrepartie. C’est d’ailleurs la réémergence de cette

dernière vision, sur fond d’émancipation de chaque individu,

homme ou femme, qui a conduit lors des dernières

conférences organisées par l’Union européenne, comme

à Prague en 2009, consacrées aux questions des politiques

familiales et de l’accès au travail pour les femmes,

spécialement les mères dans le cadre de l’égalité des

chances, à mettre en relief un consensus autour de la

question du bien de l’enfant et à ouvrir les débats sur

la liberté laissée aux couples de choisir entre différents

arbitrages vie de famille, vie professionnelle, en fonction

de la recherche de l’harmonie du couple lui même, en

dehors de schémas dictés par les conventions sociales.

On est donc en droit d’anticiper une inflexion supplémentaire

des politiques familiales nationales.

Aujourd’hui, elles se montrent surtout soucieuses de

ne pas préjuger des choix éminemment « privés » accomplis

par chaque couple, notamment quant à sa

formation ou à sa rupture; elles se limitent par conséquent

aux compensations matérielles liées aux charges

‘ Keynote speeches ’ > Jérôme Vignon

21


22

supplémentaires d’enfants et d’autres personnes dépendantes,

ainsi qu’à à la facilitation du travail féminin. À

l’avenir, elles seront conduites à prendre d’avantage en

compte les conditions du bien être des couples et de

leurs enfants, j’entends par là à mieux prendre en considération

la communauté, l’entité sociale que constituent

les familles. C’est ce à quoi inclinent l’analyse des causes

de la pauvreté des enfants, comme celle de l’exclusion

des personnes âgées. La lutte contre la pauvreté des

enfants, mais aussi la prévention de la maltraitance des

personnes âgées dépendantes, deux maux qui sont aussi

des symptômes des fragilités familiales, entraîneront

de déplacer la palette des politiques familiales vers des

champs nouveaux, tels que :

❙ L’amélioration et la disponibilité des services

à domicile, complémentaires des soins donnés

par les familles;

❙ La sécurisation des parcours professionnels

des jeunes adultes , condition importante de la

fondation d’un couple stable, plus généralement

la réduction du nombre des emplois précaires et

dénués d’aucune perspective d’amélioration qui

sont très souvent des emplois féminins, la qualité

du travail social destiné à l’insertion des familles

monoparentales dans la société.

Scrutant le futur, nous y voyons pour l’Europe, une remise

en perspective des finalités proprement économiques

attachées à la vie familiale au regard d’autres

finalités, telles que celles qui figurent dans la charte européenne

des droits humains fondamentaux ou dans la

Convention internationale des droits de l’enfants.

Non qu’il s’agisse de renoncer aux unes, les finalités économiques,

pour privilégier les autres, les finalités de socialisation.

Nous savons que nous n’échappons pas aux

contraintes de la compétitivité et de la croissance, même

‘ Keynote speeches ’ > Jérôme Vignon

si cette dernière voit son contenu et sa mesure évoluer. Il

s’agit plutôt de cesser de faire comme si les finalités économiques

étant recherchées, le reste devait venir par surcroît.

Il faut s’affranchir d’une vision dichotomique de la vie sociale,

qui sous prétexte que les choix de valeurs relèvent

de l’intimité de chacun, incline finalement à n’accorder de

l’importance qu’à ce qui se mesure en termes d’accroissement

des richesses marchandes. Non, il nous faudra

rechercher dans la détermination de nos priorités économiques

sociales et budgétaires, celles qui contribuent

aussi à resserrer les liens sociaux, en particulier familiaux.

dès lors, où se situe la convergence possible

entre les défis proches pour l’union européenne

et les perspectives pour les familles en europe ?

Prenons acte d’abord des progrès notables, en un sens

inespérés même par la COFACE, accomplis dans le rapprochement

entre les actions conduites au plan de

l’Union européenne et le soutien à la vie familiale.

L’Union au cours des années récentes, particulièrement

depuis le grand élargissement et la perception de l’ampleur

du changement démographique, s’est considérablement

rapprochée sinon des familles, du moins des

politiques familiales pour devenir l’avocat d’un nouvel

agenda associant égalité des chances, accès des femmes

au travail et renouveau démographique. Je cite à cet

égard la première communication de la Commission

européenne sur le défi démographique, suivi par une série

de rapports sur la situation démographique, publiés

tous les deux ans à l’occasion d’un forum européen de la

famille, au cours duquel experts et société civile, entreprises

et collectivités locales, débattent et coopèrent à la

formation d’une vision commune sur les politiques susceptibles

d’aider à accompagner le mouvement démographique

et tout particulièrement à saisir les meilleures

pratiques en matière de politiques familiales.

Une nouvelle impulsion à cette convergence entre politiques

économiques de l’UE et politiques familiales nationales

était donnée en 2007 par une communication

de la Commission européenne intitulée « Promouvoir la

solidarité entre les générations» qui lançait, sous présidence

allemande, l’Alliance européenne pour la famille.

En parallèle était instauré, sous la présidence de Madame

HOSTASCH, un groupe d’experts sur les questions démographiques

qui a peu à peu acquis une autorité grâce à la

qualité des synthèses qui s’y établissent entre les travaux

de recherche et les pratiques nationales de politiques

familiales. Il n’est pas exagéré de dire que l’Union , par

ces initiatives, exerce une forme de leadership constructif

sur le renouveau des politiques familiales, désormais

fortement axées sur l’égalité des chances, la création

de conditions favorables à la prise d’une activité par les

femmes, la recherche de formes nouvelles de partenariat

entres familles, les autorités publiques et les entreprises,

afin que le choix pour une mère de famille ou d’un père

de famille d’éduquer des enfants, ne constitue pas d’office

un handicap professionnel. Je n’aurais garde d’oublier

dans le même contexte et sous la même inspiration,

l’accord précurseur négocié par les partenaires sociaux

autour de la Réconciliation vie de famille, vie professionnelle,

matrice sociale d’une série de progrès, tant pour

la protection des mères au travail que pour l’égalité des

chances entre hommes et femmes quant au juste équilibre

des tâches des uns et des autres.

Mais ce rapprochement entre l’Union et les politiques

familiales a eu un prix, à savoir de la part de l’Union le

risque de la perception des familles comme une ressource

productive : productive de force de travail, productive

de descendance et d’équilibre démographique,

productrice aussi de services d’assistance aux personnes

les plus âgées et en difficulté.


Ces visions ne sont pas inexactes, mais partielles. Car

les familles poursuivent des finalités et occupent une

place dans le devenir de la société qui va bien au de

de ces missions productives. Ces finalités sont plus importantes

que jamais dans un temps où la citoyenneté

est fragilisée, notamment pour des raisons économiques

et sociales qui pèsent sur le sort des plus âgés comme

sur celui des générations qui démarrent dans l’existence.

Même sans sortir du champ limité de ses compétences

économiques et sociales, l’Union gagnerait à prendre

mieux en compte les politiques familiales élargies qui

tentent d’aider les familles au regard de leurs tâches essentielles

: l’exercice d’une pleine parentalité, le droit des

enfants à une vie familiale de qualité, la solidarité entre

les générations. Permettez-moi de revenir sur chacun

de ces aspects.

❙ L’exercice d’une pleine parentalité. On le sait

désormais, un très grand nombre de travaux de

recherche ressortant de différentes disciplines

sociales l’attestent, le développement à long terme

de l’enfant, ses possibilités d’apprendre et de gagner

son autonomie responsable, dépendent de façon

essentielle de la présence auprès de lui, dès la petite

enfance d’une mère et d’un père. Or beaucoup de

parents, notamment de jeunes parents aujourd’hui

ne sont pas en capacité d’assurer cette présence

alors même qu’ils en ressentent profondément la

nécessité. L’UE est concernée par la prise en compte

des politiques d’aide à la parentalité. D’abord

au travers de l’encouragement qu’elle donne de

manière générale à la mobilité géographique et

professionnelle. Les politiques européennes de

mobilité transfrontalière devraient encourager

d’avantage les coopérations entre pays de d’origine

et pays d’arrivée, permettant de favoriser autant

que possible le regroupement familial, ou de tenir

compte des situations d’éloignement familial. Les

discussions futures sur la qualité du travail et sur la

flexibilité des emplois qui peut être contradictoire

avec cette qualité, devraient elles aussi prendre en

compte une incitation plus grande aux employeurs

à favoriser le passage aux contrats de statut

non précaire. L’UE pourrait aussi , au titre de sa

fonction pionnière en matière de formation des

adultes, s’intéresser d’avantage aux innovations

que constituent les aides aux parents des familles

vulnérables, familles où personne ne travaille,

familles issues de l’immigration et qui se trouvent

en porte à faux quant aux modèles d’autorité et

de transmission , en particulier au rôle de l’école,

politique d’habilitation au travers de l’initiation

à des activités d’autoproduction, politiques de

lutte contre l’illettrisme. Ces actions désormais

essentielles du point de vue de la cohésion sociale,

ne se rattachent pas directement à l’emploi et ne

trouvent pas aisément leur place dans les typologies

européennes et pourtant, elles constituent des

précognitions à l’insertion dans l’activité.

❙ Le droit des enfants à une vie familiale de qualité. La

garantie de ce droit repose essentiellement sur les

États membres. L’Union est indirectement concernée,

à leurs cotés, par l’accessibilité des logements

adaptés aux besoins des familles et par l’adéquation

des systèmes de revenus minimaux. Selon les

dernières enquêtes de l’Eurobaromètre consacrées

au bien être familial, le mal logement vient en tête

des motifs d’insatisfaction des ménages européens.

Au cours des 20 dernières années, l’évolution du

marché du logement en Europe a été généralement

défavorable aux ménages appartenant aux deux

premiers déciles de la répartition des revenus. En

lien avec l’évolution rapide de charges locatives,

liées aux prix de l’énergie, les inégalités de qualité

de logement, mesurées par les critères de taille,

d’éloignement et de salubrité ont eu tendance à

s’aggraver, au sein de l’Union comme à l’intérieur

des États membres. Dans le contexte de la stratégie

Europe 2020, tenant compte des bilans effectués

par le Comité de protection sociale en 2009 comme

des résultats de la conférence du consensus sur le

logement prochainement organisées sous l’égide de

la Présidence belge, il y aurait véritablement du sens,

pour l’Union de mobiliser toutes ses capacités, au

travers du marché intérieur, du fonds régional, ou de

l’ingénierie financière dans un programme majeur,

de taille européenne, destiné à la réhabilitation

de l’habitat le plus vétuste et dans la promotion

d’un urbanisme favorisant le bien être des familles,

les économies d’énergie et la mixité sociale. Dans

le même esprit , en ouvrant une nouvelle étape

dans l’établissement de droits sociaux minimaux,

cohérents avec les principes d’une inclusion

active, l’Union adresserait aux États membres un

message qui les encouragerait à revoir l’architecture

des prestations familiales, souvent conçue il

y a plusieurs décennies alors que les risques

familiaux étaient tout différents de ce qu’ils sont

aujourd’hui, afin de s’assurer que ces prestations

sont réparties de façon efficace et équitable.

❙ Enfin, la solidarité intergénérationnelle. Face aux

nouveaux risques de la vie, ceux de la dépendance,

ceux des ruptures familiales qui peuvent

s’accompagner d’une dégradation considérable

des conditions d’existence et de la perte d’emploi,

les solidarités familiales sont sollicitées à nouveau

fortement à titre préventif, en complément des

solidarités institutionnelles. Mais que se passe-t-il

lorsque ces solidarités familiales ont disparu ou

‘ Keynote speeches ’ > Jérôme Vignon

23


24

ne se sont pas formées ? Un indicateur statistique

nous alerte sur une transformation profonde de

nos sociétés, celle de l’augmentation régulière de

la proportion de personnes vivant seules, jeunes

et moins jeunes célibataires, et personnes âgées le

plus souvent des femmes. Selon le dernier rapport

démographique de la Commission européenne, on

peut estimer à près d’un tiers la part des ménages

composés en Europe d’une personne vivant seule,

un pourcentage qui a doublé en un demi siècle. Il

faut alors bâtir de nouveaux réseaux de proximité

et de convivialité, faisant appel à l’engagement

volontaire sous des formes nouvelles, telles que le

parrainage, le tutorage et multiplier les possibilités

de rencontres entre les générations, au delà du

cercle familial proprement dit. Il existe désormais

dira-t-on les réseaux sociaux de l’Internet qui

créent de nouveaux liens. Mais créent-ils du

soutien ? Nos sociétés pour maintenir leur cohésion

ont besoin à la fois de lien et de soutien, ce qui

s’apprend par excellence dans le cadre familial.

C’est pourquoi nous avons besoin aujourd’hui de

familles ouvertes, non repliées sur elles mêmes,

mais capables d’engendrer une contagion de

solidarité. Il me semble que c’est un des enjeux

de cette année européenne 2012, pour laquelle,

fort heureusement, la Commission a fait une

proposition au Parlement et au Conseil, en vue de

promouvoir un vieillissement actif. Il faut entendre

par là, non seulement un allongement de la durée

de vie active, mais aussi une invention de nouvelles

solidarités intergénérationnelles permettant la

rencontre et l’échange entre ceux et celles qui

vivent en famille et ceux et celles qui vivent seul(e)

s. Dans notre vieille Europe, construite sur un noyau

étroit de la famille, nous devons avoir l’imagination

de construire un sens élargi de la famille.

‘ Keynote speeches ’ > Jérôme Vignon

Mais comment en pratique enrichir les politiques de

l’Union européenne par ces considérations très globales

quant au rôle des familles et à leurs besoins dans

l’Europe d’aujourd’hui ? Il faut savoir ici se garder du

formalisme. Une stratégie Europe 2020 est en train de

se mettre en place qui comporte des priorités stratégiques

bien définies et qui seront régulièrement évaluées.

Je fais confiance à la Commission européenne, au

Comité de protection sociale avec le projet phare d’une

plate-forme européenne de lutte contre l’exclusion, au

comité de l’emploi, mais aussi aux instances de concertation

avec la société civile qui devraient se développer

autour de la stratégie du marché intérieur, pour trouver

les points d’ouverture appropriés pour la prise en

compte des conditions d’une vie familiale’ de qualité.

Réciproquement les associations familiales rassemblées

par la COFACE pourront d’autant plus aisément se faire

entendre qu’elles viendront porteuses d’idées nouvelles,

accréditées par l’expérience, stimulées notamment par

l’intéressante innovation que constitue le forum lancé

par la DG Recherche de la Commission, associant chercheurs

et organisations familiales.

encouragement aux organisations familiales

Je voudrais en conclusion adresser un mot d’encouragement

aux associations familiales et au travail qu’elles accomplissent

ensemble, en Europe, réunies par la COFACE.

J’espère avoir contribué à montrer combien ce travail a

sa place dans un cadre européen. En particulier l’expérience

qu’elles ont acquises sur des questions globales

comme celle de la lutte contre l’exclusion, la préparation

à la socialisation des jeunes, la conciliation entre vie de

famille et vie de travail pour les pères et les mères, est

à la fois modeste et irremplaçable : modeste car subsidiaire,

puisque le rôle de l’Union au regard des politiques

familiales sera toujours second. Irremplaçable, puisque

cette contribution, au sein des différentes instances

européennes est l’une de celles, très rares, qui a l’autorité

de rappeler que les citoyens ne vivent pas seulement de

richesses matérielles, mais que leur sécurité et leur bien

être découlent de leurs raison de vivre, de leur capacité

de regarder l’avenir et de le préparer.

Mais réciproquement, et particulièrement dans la période

qui s’ouvre, marquée par la mise en œuvre du

Traité de Lisbonne, par l’application de sa charte des

droits humains fondamentaux, l’Europe donne aux associations

familiales, dans les différentes nations dont elles

sont originaires, la possibilité de rendre vivante et visible

notre appartenance à une communauté de valeurs.

JéRôMe viGnon


26

Origines de l’eaPn

❙ Créé en 1990;

❙ Réseau d’ONG indépendantes engagées dans

la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

(dans les pays de l’UE): de l’échelon local

à l’échelon européen;

❙ Pour défendre les intérêts des personnes

confrontées à la pauvreté et à l’exclusion sociale

et intégrer cette défense dans les politiques

et programmes de l’UE;

❙ 26 réseaux nationaux;

❙ 23 organisations européennes;

❙ Réseaux émergents (Lettonie, Islande, Turquie, …);

❙ Reçoit un soutien financier de la Commission

européenne (programme PROGRESS).

nécessité de profiter de l’année européenne 2010

de lutte contre la pauvreté

❙ Pour faire prendre réellement conscience

des causes de la pauvreté et de l’exclusion

et donc des politiques nécessaires pour favoriser

l’inclusion et éradiquer la pauvreté;

❙ Impossibilité de parler de la lutte contre

la pauvreté sans évoquer également

la redistribution des richesses;

❙ 2010, désignée Année européenne de lutte contre

la pauvreté et l’exclusion sociale en préambule

à une nouvelle stratégie : Europe 2020.

messages clés

❙ Lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale :

pas de progrès significatifs au cours

des 10 dernières années;

❙ L’approche fondée sur la croissance et l’emploi

n’a pas fait reculer la pauvreté et a plutôt contribué

à creuser le fossé des inégalités;

‘ Keynote speeches ’ > Ludo Horemans

‘ Keynote speeches ’

Ludo Horemans

Président du Réseau européen anti-pauvreté

❙ Tout progrès réel est tributaire d’une conscience

nouvelle ou renouvelée de la nécessité de s’attaquer

aux inégalités (revenus & richesse / accès aux

ressources, aux services et à la prise de décisions).

impact de la stratégie de lisbonne sur la pauvreté ?

❙ 17% de la population de l’UE est exposée à

un risque de pauvreté, soit 84 millions de personnes;

❙ Pas de diminution significative depuis 2000

(15% en 2001, anciens EM) : augmentation en

AT, BE, NL, UK et PL ;

❙ Risque accru de pauvreté chez les femmes (17%),

les enfants (19%) et les personnes âgées (19%);

❙ Creusement des inégalités – inégalités minimales

en SE, SL, CZ, DK, FI, AT et LU et inégalités maximales

en PL, LA, LI et PT.

❙ En 2006, le revenu des 20% de personnes

les plus riches était presque 5 fois supérieur

à celui des 20% les plus pauvres.

bien comprendre la pauvreté

et la lutte contre la pauvreté

❙ La pauvreté est un déni des droits fondamentaux

– La pauvreté est principalement causée par

l’organisation de notre société (économiques,

financières, fiscales, en matière de logement,

d’énergie, etc.);

❙ Une économie au service des gens et

de l’intérêt public – Garantie d’un revenu adéquat

et distribution plus équitable des richesses.

Une société plus égalitaire est avantageuse

pour tout le monde/une croissance sans partage

équitable ne fera pas reculer la pauvreté;

❙ Mobiliser toutes les politiques – la pauvreté

ne peut être éliminée par les seules politiques

sociales / l’emploi n’est pas la seule solution.

europe 2020 – un pas en avant ?

3 priorités :

Croissance intelligente / croissance verte / croissance

inclusive.

5 objectifs principaux :

❙ Taux d’emploi de 75% pour les femmes

et les hommes entre 20 et 64 ans;

❙ Porter à 3% le taux de PIB consacré

à la recherche et au développement;

❙ Réduire les émissions de GES de 20%

par rapport aux niveaux de 1990;

❙ Ramener les taux de décrochage scolaire à moins

de 10% et augmenter d’au moins 40% la part

des personnes de 30-34 ans porteuses d’un titre

de l’enseignement supérieur ou équivalent;

❙ Réduire le risque de pauvreté en « sortant au moins

20 millions de personnes de la pauvreté d’ici à 2020 ».

7 initiatives-phares :

❙ Initiative phare – Plate-forme européenne contre la

pauvreté : « pour garantir la cohésion économique,

sociale et territoriale, en s’appuyant sur les acquis

de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté

et l’exclusion sociale (…) et pour permettre aux

personnes confrontées à la pauvreté et à l’exclusion

sociale de mener une vie digne et de prendre

activement part à la société »;

❙ Une « Méthode Ouverte de Coordination (MOC)

transformée » – pour aller, au-dede la coopération

et des échanges, vers des actions concrètes;

❙ Programmes d’innovation sociale – aide à

l’enseignement, à la formation et à l’emploi

pour les groupes défavorisés et pour lutter

contre la discrimination;

❙ Systèmes adéquats et durables en matière

de protection sociale et de pensions,

et meilleur accès aux soins de santé.


Plate-forme de lutte contre la pauvreté

– Propositions de l’eaPn :

1. Faire d’une MOC sociale transformée (renforcée) le

moteur d’une plate-forme dynamique et participative

composée de plate-formes nationales contre la

pauvreté et débouchant sur des résultats

Échelon national :

❙ Forum des parties prenantes sur la pauvreté :

4 réunions par an pour élaborer, mettre en oeuvre et

assurer le suivi d’une stratégie triennale (en partant

de l’expérience des réseaux EAPN nationaux !);

❙ Participants : resserrement des liens avec l’échelon

régional et local (pouvoirs locaux et citoyens

en contact avec la pauvreté et ONG);

❙ Outils et budget pour soutenir une véritable

participation, avec une méthodologie commune

et des règles minimales;

❙ Analyse annuelle des progrès et discussions fondées

sur l’analyse d’un tableau d’indicateurs

– dans les parlements nationaux;

❙ Prise en compte du risque de pauvreté dans

toutes les politiques, afin de ne pas compromettre

les objectifs sociaux.

Donner la priorité à la mise en œuvre ainsi qu’à l’apprentissage

mutuel, en impliquant les ONG et les personnes

réellement confrontées à la pauvreté !

Propositions-clés :

❙ DG Emploi, Comité de protection sociale et Ministres :

principaux acteurs et défenseurs de l’Europe sociale;

❙ Forum européen des parties prenantes : trois

réunions par an pour faire le point sur les progrès

réalisés par rapport aux stratégies et aux objectifs

nationaux et européens; et recommandations aux

États membres et au Conseil – sanctions ?

❙ Participants clés: experts nationaux/régionaux,

partenaires sociaux et ONG européennes travaillant

avec des personnes vivant dans la pauvreté;

❙ Soutien aux assemblées de personnes confrontées

à la pauvreté et ancrage dans le processus de

formation des politiques, avec organisation de

Tables rondes pour évaluer les progrès accomplis;

❙ Mise en place de nouveaux groupes thématiques

européens pour élaborer des stratégies

pluriannuelles au niveau de l’UE sur des priorités

clés: inclusion active, pauvreté infantile, sans abri et

droit au logement, migration et minorités ethniques,

exclusion financière, accès à l’énergie et accès

à des services de qualité;

❙ Financement durable de réseaux nationaux

pour soutenir la participation des ONG

et des personnes pauvres.

2. Progrès en matière de normes sociales – vers l’établissement

de cadres européens de garantie des droits sociaux.

Partir du renforcement des obligations sociales

tel qu’il est prévu dans le Traité de Lisbonne : (renforcement

des valeurs sociales, nouvelles clauses sociales

horizontales, Charte des droits fondamentaux, action

coordonnée en matière de protection et d’inclusion

sociale – Art. 151 et 153).

Propositions-clés:

❙ La plate-forme devrait évaluer l’efficacité

des instruments actuels;

❙ Élaboration de feuilles de route pour le

développement de cadres européens communs

visant à garantir des normes sociales de base

– définitions communes, principes et critères

communs à appliquer à l’échelon national;

❙ Point de départ – Directive cadre de l’UE visant

à garantir un revenu minimum adéquat permettant

de mener une vie digne;

❙ Fixation de ce revenu: minimum au niveau

du seuil de pauvreté (60% du revenu médian);

❙ Se fonder sur la Recommandation du Conseil (1992)

et sur la Recommandation de la Commission

sur l’Inclusion active (2008);

❙ «Compléments de ressources adéquats permettant

de vivre conformément à la dignité humaine»;

❙ « Marchés du travail inclusifs » : « pour faciliter la

réinsertion progressive dans la société »;

❙ « Accès à des services de qualité »;

❙ Liens légaux dans les déclarations et les traités;

❙ Engagement politique en faveur d’une directive cadre;

❙ Feuille de route visant à hisser le revenu minimum

au-dessus du seuil de pauvreté.

3. Financement amélioré – recours aux instruments de

l’UE pour soutenir les droits aux services, des projets

pilotes et une meilleure participation/gouvernance.

La stratégie Europe 2020 utilisera les Fonds structurels

pour atteindre ses objectifs, mais tous les instruments

financiers de l’UE devraient être mobilisés…

Propositions-clés :

❙ Renforcer le droit à un service universel à un prix

abordable – Particulièrement dans les régions

plus pauvres (p. ex. logement social basse énergie,

services de garde d’enfants de qualité);

❙ Projets pilotes et innovants favorisant l’inclusion

active – soutien à l’économie sociale, accès plus sûr

au financement pour les ONG par une meilleure

assistance technique, une aide financière globale

et le préfinancement;

❙ Financer durablement la participation des ONG,

des réseaux nationaux et des personnes pauvres

aux processus de décision à l’échelon national et

européen.

‘ Keynote speeches ’ > Ludo Horemans

27


28

4. Intégration des objectifs sociaux dans tout le programme

Europe 2020, avec évaluation des impacts sociaux

pour toutes les politiques menées. Il faut veiller

à ce que les objectifs sociaux soient soigneusement

intégrés et ne soient pas compromis par d’autres objectifs

et mesures liés à la politique européenne, notamment

en évitant les obstacles à l’inclusion et en ne

focalisant pas toute l’attention sur la seule croissance.

Propositions-clés:

❙ Évaluation de l’impact social

de toutes les politiques;

❙ Analyse de l’impact social de la crise

et des stratégies de sortie – en particulier

les restrictions dans les services publics;

❙ Veiller à parvenir à des résultats soumis

à un débat annuel au sein du PE;

❙ La Plate-forme fera des recommandations

au Conseil sur la base de l’évaluation des impacts.

‘ Keynote speeches ’ > Ludo Horemans

conclusions

(www.eapn.eu – publications – prises de position)

❙ Se fonder sur la MOC sociale pour développer des

plate-formes de lutte contre la pauvreté à l’échelon

national et européen, qui soient autant d’acteurs

efficaces et visibles de la lutte contre la pauvreté;

❙ Copropriété – élaboration de solutions communes :

rôle central accordé à un dialogue structuré

impliquant des personnes confrontées

à la pauvreté et des ONG ;

❙ Appel aux moyens financiers de l’UE pour parvenir

à des résultats concrets en matière de droits,

de projets pilotes d’inclusion et de soutien durable

à la participation;

❙ L’engagement politique et le suivi sont essentiels

mais l’UE doit mettre en place des instruments

contraignants plus puissants…

❙ Veiller à ce que le reste de l’initiative Europe 2020

et d’autres politiques ne compromettent pas les

objectifs en matière de lutte contre la pauvreté, à

commencer par la gestion de la crise !

Merci beaucoup !

ludo hoReMans


atelier 3

La longue route

de l’Europe inclusive.

Progrès et perspectives

dans le domaine du handicap

et des personnes dépendantes

atelier 1

Les politiques familiales et sociales

dans une Europe en mutation

atelier 2

L’importance d’une approche

spécifiquement familiale de la politique

de la consommation et de la santé

atelier 4

Éducation et technologie

de l’information et

de la communication :

comment renforcer leur rôle

d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

ateliers

29


30

Présidé par

Annemie Drieskens

Rapporteur

michelA costA

Vidéo

Maison-boulot-dodo :

Un si fragile équilibre (Hongrie)

Parole d’Expert

kAtjA Forssen

Département de la Recherche sociale

de l’Université de Turku (Turku, Finlande)

Katja Forssén est Professeur de Travail social à l’Université de Turku

(Finlande). Elle travaille actuellement sur des projets de recherche, dont le

bien-être des familles avec enfants en Finlande, sur l’exclusion sociale et

sa prévention dès la petite enfance, ainsi que sur une étude sur la relation

changeante entre les sphères du travail, de la subsistance et de la vie

sociale au sein de familles avec enfants. Son expérience en matière de

recherche couvre également le travail social, la protection de l’enfance,

la marginalisation, la pauvreté infantile et la politique familiale.

atelier 1 > Les politiques familiales et sociales dans une europe en mutation

atelier 1

Les politiques familiales et sociales dans une Europe en mutation

« Le rôle des politiques familiales dans

la prévention de la pauvreté infantile »

Introduction

❙ L’une des tâches générales du système de politique

familiale est de garantir le bien-être des familles

avec enfants;

❙ Les différents types de modèles de politiques

familiales peuvent être expliqués par

les atmosphères idéologiques et politiques

des différents pays;

❙ De nombreuses études ont montré l’association

négative entre la pauvreté et le développement

d’une politique familiale;

❙ Plus le système de politique familiale est bon,

moins il y a de pauvreté.

Modèles de politiques familiales

❙ Dans la typologie de la politique familiale de

Walter Korpi : Les pays sont divisés en deux groupes

distincts, selon qu’ils soutiennent un modèle familial

traditionnel (le père subvient aux besoins de la

famille) ou un modèle familial où les deux parents

subviennent aux besoins de la famille.

❙ Korpi présente trois stratégies différentes

de politique familiale :

01. Les pays nordiques avec un modèle appliqué

de politique familiale où les deux parents

subviennent aux besoins de la famille;

02. Les pays de l’Europe continentale et l’Irlande

avec un modèle général de soutien à la famille

orienté vers la conservation d’un schéma familial

traditionnel;

03. Les pays anglophones, et la Suisse,

avec des modèles de politique familiale orientés

vers le marché et un soutien moins développé.

❙ Dans sa comparaison de 22 pays, Jonathan

Bradshaw (2002) a réalisé une vue générale sur la

façon dont les ensembles de soutien aux enfants

ont une influence sur les différentes étapes du

processus de redistribution. Il a comparé la structure

de l’ensemble des profits pour l’enfant, comprenant

la contribution aux impôts, les impôts relatifs au

revenu et les impôts non relatifs au revenu, les taxes

d’habitation, les subventions pour la garderie, les

charges liées à l’éducation et à la santé, l’assistance

sociale et le soutien à l’enfant.

❙ Il y avait de considérables variations dans l’ensemble

des taxes relatives à l’enfant en fonction du type

de famille, du nombre d’enfants et du niveau des

revenus. Le fait que la comparaison ait eu lieu avant

ou après les taxes d’habitation et les impôts relatifs

aux services a également un impact sur les résultats

de notre étude. L’Autriche, le Luxembourg et la

Finlande se sont révélés être les pays leaders.

Objectifs de l’étude

❙ Analyser le bien-être des familles monoparentales

en Europe en 2005;

❙ Voir dans quelle mesure les schémas d’emploi

des parents et les conditions de vie varient

à travers l’Europe;

❙ Apporter une attention toute particulière

à l’emploi et à la pauvreté;

❙ Comprendre comment différents modèles de

politique familiale influencent le niveau de revenu et

le risque de pauvreté des familles monoparentales;


❙ Examiner avec quelle intensité le type de famille, le

nombre d’enfants, l’âge de la mère et la participation

au marché du travail sont connectés à un risque de

pauvreté accru pour les familles avec enfants.

Données

❙ Les statistiques de l’Union européenne sur le

revenu et les conditions de vie (EU-SILC) est

un instrument destiné à collecter des micro

données multidimensionnelles, transversales

et longitudinales, actuelles et comparables, sur

le revenu, la pauvreté, l’exclusion sociale et les

conditions de vie;

❙ Nous avons utilisé des données collectées en 2005;

❙ Nous avons exclu de notre analyse les 10 nouveaux

États membres de l’Europe de l’Est. Les pays inclus

sont les suivants : Autriche (AT), Belgique (BE),

Allemagne (DE), Danemark (DK), Espagne (ES),

Finlande (FI), France (FR), Grèce (GR), Irlande (IR),

Islande (IS), Italie (IT), Pays-Bas (NL), Norvège (NW),

Portugal (PT), Suède (SW) et Royaume Uni (UK);

❙ Nous nous sommes uniquement attachés aux mères

avec des enfants âgés de moins de 18 ans;

❙ Le nombre de cas étudiés s’élève à 51 000

(dont 7 000 familles monoparentales).

Indicateur fiable de pauvreté

❙ L’indicateur de pauvreté semi-officiel de l’UE

représente les 60% de l’équivalent national

du seuil de revenu médian;

❙ Sur la base d’études effectuées auparavant

nous pensons que l’indicateur de revenu devrait

être remplacé par d’autres indicateurs couvrant

de plus large manière les différentes dimensions

de la pauvreté;

❙ Nous avons utilisé 3 indicateurs; indicateur

de revenu remplacé par un indicateur subjectif

et un indicateur de perte cumulative;

❙ Nous soutenons que de cette manière,

l’approche correspond mieux au concept

théorique de pauvreté;

❙ Pauvreté fiable : le pré-requis est qu’il faut être

considéré pauvre dans au moins deux de ces

trois dimensions : pauvreté de revenu, pauvreté

subjective et perte cumulative.

Pauvreté subjective

« Un ménage peut avoir différentes sources de revenu

et plus d’un membre du ménage peut y contribuer. En

considérant son revenu mensuel total votre ménage

arrive-t-il à joindre les deux bouts ?

❙ Très difficilement

❙ Difficilement

❙ Avec quelques difficultés

❙ Assez facilement

❙ Facilement

❙ Très facilement »

Indicateurs de privation

01. Besoin non satisfait en matière d’examens

ou de traitements médicaux

par manque de moyens;

02. Besoin non satisfait en matière d’examens

ou de traitements dentaires par manque

de moyens;

03. Pas les moyens de conserver un intérieur

correctement chauffé;

04. Le ménage n’a pas les moyens de manger

de la viande, du poulet ou du poisson tous

les deux jours s’il le désire;

05. Pas de toilettes intérieures avec évacuation

des eaux pour l’usage unique du ménage;

06. Pas de baignoire ou de douche dans l’habitation;

07. Toit qui fuit, murs/sols/fondations humides,

ou moisissures dans l’encadrement des fenêtres

ou sur le sol;

08. Pas de téléphone (y compris téléphone mobile)

faute de moyens d’en avoir un;

09. Pas de télévision couleur faute de moyens

d’en avoir une;

10. Le ménage possède des arriérés sur l’emprunt

logement ou de loyer sur les 12 derniers mois.

atelier 1 > Les politiques familiales et sociales dans une europe en mutation

31


32

sArAh hibo,

Femmes prévoyantes socialistes (Belgique).

www.femmesprevoyantes.be

atelier 1 > Les politiques familiales et sociales dans une europe en mutation

atelier 1

Les politiques familiales et sociales dans une Europe en mutation

« papas : osez l’aventure !

une campagne d’information

des femmes prévoyantes socialistes

sur les congés parentaux »

Les Femmes prévoyantes socialistes (FPS),

c'est un mouvement féministe de gauche,

actif dans le domaine de la santé et de la citoyenneté.

Regroupant 11 régionales et plus de 200 groupes

locaux, nous organisons de nombreuses activités

d’éducation permanente sur l’ensemble du territoire

de la Communauté française.

Nous sommes un mouvement de revendications

politiques, nous menons des actions et militons pour

le droit des femmes : émancipation, égalité des sexes,

évolution des mentalités, nouveaux rapports sociaux,

parité, etc.

En tant que mouvement mutualiste, nous menons

aussi des actions et militons contre les inégalités

de santé.

❙ Nous informons et sensibilisons par le biais

de conférences, études & analyses, campagnes

de sensibilisation;

❙ Nous mobilisons via l’organisation de colloques

& évènements, revendications politiques;

❙ Nous menons des actions d’éducation à la santé

via nos centres de planning familial;

❙ Les FPS c'est aussi un réseau d'écoles

de promotion sociale;

❙ Nous assurons la gestion de l’assurance obligatoire

(soins de santé et indemnités);

❙ Nous pourvoyons également un service

complémentaire aux membres;

❙ Les FPS détiennent 28,6% des parts de marché

Pourquoi cette campagne ?

❙ L’émancipation des femmes passe par une meilleure

égalité homme / femme;

❙ L’égalité H / F passe par l’investissement des hommes

dans la sphère familiale;

❙ La prise de congés parentaux par les hommes peut

favoriser cet investissement.

La campagne « congés » c’est…

❙ Une brochure d’information à destination des pères;

❙ Des affiches, des flyers, des vidéos;

❙ Un site internet www.congesparentaux.be;

❙ Un forum;

❙ Un concours;

❙ Un chat interrégional.


Les outils

La législation belge prévoit diverses possibilités

de congés permettant aux parents d’alléger voire

d’interrompre temporairement leur temps de travail

avec une garantie de réintégrer son poste au terme

du congé.

Types de congés

01. Le congé de paternité

• 10 jours;

• À prendre dans les 4 mois qui suivent

la naissance.

Rémunération :

• 3 premiers jours : 100% (du salaire);

• 7 autres jours : 82% (du salaire).

02. Le congé d’adoption

• 6 semaines;

• À prendre dans les 2 mois qui suivent

l’inscription

de l’enfant au registre de la population.

Rémunération :

• 3 premiers jours: 100% du salaire;

• Autres jours: 82% du salaire.

03. Le congé parental

Chaque parent a droit, par enfant (jusqu’à 12 ans)

à un congé de:

• 3 mois à temps-plein;

• OU 6 mois à ½ temps;

• OU 15 mois à 1/5 temps.

Rémunération :

• 666,3€ / 307,12€ / 104,2€;

• Si 12 mois d’ancienneté dans l’entreprise.

04. Crédit-temps – interruption de carrière

Sur l’ensemble de la carrière :

• Un an d’interruption de carrière totale

ou à mi-temps;

• OU Réduction des prestations d’1/5 temps

pendant 5 ans maximum !

Rémunération*:

temps-plein : 407€;

1/2 :158€ (187€ isolé);

1/5 : 97€ (159€ isolé+enfant);

*pour 2 à 5 ans d’ancienneté !

Les freins

01. Les stéréotypes

• Confrontation à une représentation

traditionnelle des rôles homme / femme :

l’homme gagne-pain et la femme au foyer;

• mais pourtant, participation à la création

de nouveaux rôles et d’une nouvelle identité

masculine permet la déconstruction des

stéréotypes.

02. Les revenus

• L’écart salarial entre hommes et femmes

fait qu’il est souvent plus rentable que ce soit

la femme qui prenne en charge l’éducation

des enfants en cessant ou en diminuant son

activité professionnelle;

• mais possibilité de choisir une formule de congé

la perte de salaire est minime.

03. L’attitude de l’employeur

• Remplacement, moins de disponibilité

pour le travail etc.

• (culture du présentéisme)

OR

• Un homme heureux est un salarié productif !

• L’épanouissement familial est synonyme

d’épanouissement professionnel et DONC garant

d’une productivité professionnelle plus élevée !

Les revendications des FPS

❙ Un allongement du congé de paternité. Il doit être

obligatoire, comme l’est en grande partie le congé

de maternité;

❙ Des actions concrètes des pouvoirs publics et des

partenaires sociaux pour casser le sexisme qui

caractérise l’actuelle répartition des rôles familiaux;

❙ Concevoir une politique de congés parentaux

porteurs de plus d’égalité, et donc attractifs

pour les hommes, en s’inspirant par exemple

des expériences d’autres pays;

❙ Une offre d’accueil suffisante, peu coûteuse,

de qualité et de proximité, adaptée à tous

les enfants de 3 mois à 12 ans, voire au-de

pour certaines activités.

atelier 1 > Les politiques familiales et sociales dans une europe en mutation

33


34

elvirA ménDez,

Asociación Salud y Familia (Espagne)

www.saludyfamilia.es

« Besoins et disparités multiculturels

en matière de soins de santé pour

les mères issues de l’immigration »

Introduction

L’accès à des soins de santé de qualité pendant la

grossesse, à la naissance de l’enfant et pendant la

période néonatale est un facteur déterminant dans la

qualité de la vie quotidienne pour les mères, les bébés

et les familles. Cet accès permet de modérer les effets

des autres épreuves et frustrations psycho-sociales,

surtout dans les secteurs les plus vulnérables

de la société tels qu’auprès des immigrés

et des minorités ethniques.

atelier 1 > Les politiques familiales et sociales dans une europe en mutation

atelier 1

Les politiques familiales et sociales dans une Europe en mutation

La population d’étrangers en Catalogne en 2009

représente 15,9% de la population totale et les

naissances de mères étrangères ont augmenté de

façon significative ces dernières années, atteignant

aujourd’hui 26% des naissances. Les taux de fertilité

sont relativement élevés chez les femmes immigrées

par rapport à ceux de la population autochtone.

Les femmes immigrées souffrent de désavantages

sociaux et économiques considérables tels que

l’insuffisance du réseau de soutien social, les emplois

à faible qualification, le retard dans la recherche

de soins de santé prénataux, des taux élevés

d’avortement et un faible usage des moyens

de contraception modernes.

D’un point de vue de santé publique, la santé

maternelle et la santé reproductrice sont des

domaines qui souffrent de profondes disparités et de

nombreux besoins insatisfaits. Les mères immigrées

exigent une action spécifique liée à la prévention

et à la promotion de la santé ainsi que d’autres

interventions visant à diminuer le nombre de barrières

à l’accès et à l’utilisation des services de santé.

L’Association Salud y Familia (ASF) et l’Hôpital Clinique

de Barcelone (HCB) travaillent depuis 2006

sur un programme de médiation interculturelle ciblant

les mères d’Amérique latine, de Chine et du Maghreb,

afin d’améliorer la communication, l’accès et la qualité

des soins.

Objectifs

Au cours de l’année 2009 une action d’investigation

a été menée ayant pour objectifs ce qui suit :

❙ Connaître la perception des mères immigrées

d’Amérique latine, du Maghreb et de Chine quant

aux soins qu’elles ont reçus pendant leur grossesse

et lors de l’accouchement;

❙ Comparer la perception des mères immigrées

avec la perception des travailleurs de santé

en termes de soins prodigués lors de la grossesse

et de la naissance;

❙ Concevoir, en collaboration avec les travailleurs

de santé, un programme pour le changement,

permettant d’adapter les services de santé

maternelle afin qu’ils répondent aux demandes

et aux besoins des mères.

Méthodes

❙ Quatre groupes cibles ont été établis, constitués

d’un total de 39 mères vues pendant la phase

finale de leur grossesse et pendant la naissance au

Département Maternité de l’Hôpital Clinique;

❙ Le premier groupe cible, ou groupe de contrôle

culturel, comprenait des mères espagnoles;

le second des mères latino-américaines;

le troisième, des mères venant de la région du

Maghreb; et le quatrième, des mères chinoises;

❙ Le comité du personnel de santé de l’HCB

et de l’ASF a été constitué de travailleurs de santé

des départements médicaux materno-fœtal,

néonatal et de premier soin.


Résultats

PercePtiOn

du sYstÈme de santÉ

utilisatiOn

de la vOix

Femmes espagnoles Techniquement compétent Oui, souvent Déconcertant

Femmes maghrébines Gratuit, tout compris, compétent Non Très déconcertant

Femmes latino-américaines Techniquement compétent Parfois Mécontentement

Femmes chinoises Pas de critères personnels à évaluer Jamais Mécontentement

sOins reÇus

Pendant la naissance

Femmes aYant

des besOins sPÉciFiQues

variabilitÉ des cOnseils

de la Part des PrOFessiOnnels de santÉ

autres PrÉFÉrences

resPectÉes

Femmes espagnoles Souhait de recevoir l’information en personne

et de prendre part aux prises de décisions

Mécontentes Chambres individuelles pour la durée de l’hospitalisation

Femmes maghrébines La naissance n’est pas sous leur contrôle.

Accordent de l’importance à la gentillesse et à la patience.

Pas de critères personnels à évaluer Chambres propres et ordonnées

Femmes latino-américaines Plaintes quant au manque d’intimité des soins Satisfaction modérée Hôpital en tant que lieu sûr

Femmes chinoises Entrent à l’hôpital à un stade avancé de l’accouchement Pas de critères personnels à évaluer Aide pour l’allaitement au sein

Chez les femmes immigrées, celles qui recherchent

et attachent le plus de valeur à la communication

et à l’attention humaine de la part des professionnels

de la santé sont, par ordre descendant, les femmes

latino-américaines, les femmes maghrébines

et les femmes chinoises.

Les résultats montrent un contraste marqué entre

les différentes perceptions et attentes face au système

de santé public, fonction de la culture d’origine,

bien qu’il y ait des perceptions partagées quant à

l’utilisation des services de santé et des soins reçus.

La perception des soins reçus pendant la dernière

partie de la grossesse et l’accouchement lui-même

résultant des mères immigrées est en accord avec

les perceptions des travailleurs de santé quant aux

caractéristiques socioculturelles et aux expressions

des groupes de mères elles-mêmes.

Conclusions

Le programme de modifications mis en place

par le personnel de santé du HCB et de l’Association

Salud y Familia couvre les domaines suivants :

Améliorer l’information interculturelle

lors de la dernière phase de la grossesse,

pendant la naissance et dans le suivi de la maternité :

❙ Groupes d’information pour les femmes immigrées

enceintes à fréquenter avant l’admission à l’hôpital

pour accouchement;

❙ Connaissances des préférences en matière de

contraception irréversible qui peut être effectuée

en cas de césarienne;

❙ Intensification de l’attention reçue de la part de

médiateurs interculturels au cours de la maternité;

❙ Production et distribution de brochures adaptées

de manière interculturelle sur les soins basiques

de la mère et du nouveau-né.

Améliorer l’information fournie aux mères

de nouveau-nés à risques.

❙ Production et distribution de brochures adaptées

de façon interculturelle sur les soins pour les

nouveau-nés nécessitant des soins spécifiques.

Améliorer les compétences interculturelles

du personnel médical et de santé.

❙ Concevoir et mettre en place des ateliers

d’apprentissage intégrés au sein du plan de

formation continu de l’hôpital, afin d’enseigner

les compétences interculturelles.

atelier 1 > Les politiques familiales et sociales dans une europe en mutation

35


36

Présidé par

nicolAs revenu

Rapporteur

mArtin schmAlzrieD

Vidéo

Serrer les cordons de la bourse :

Quand on ne joint plus les deux bouts

(Espagne / Belgique)

Parole d’Expert

beAtA swieckA

Département de la Banque et de la Finance comparative

Université de Szczecin (Szczecin, Pologne)

Beata Swiecka est Professeur associé au Département de la Banque

et de la Finance comparative à l’Université de Szczecin (Pologne).

Ses recherches comprennent l’intégration sociale, la banque, la finance

en ligne et les technologies modernes dans les services de finance.

« Le rôle de la banque et des services

financiers dans l’intégration sociale »

Les chiffres obtenus en août 2010 montrent que

le montant total des impayés en Pologne s’élevait

à quelque 5,49 milliards d’euros. Cela représente

une augmentation de 82% par rapport aux chiffres

obtenus en 2009.

atelier 2

L’importance d’une approche spécifiquement familiale

de la politique de la consommation et de la santé

D’après les mêmes données de 2010, 1,92 million de

personnes ont été catégorisées comme étant des

consommateurs à haut risque et le montant le plus

élevé détenu par un débiteur était de 20,62 millions

d’euros. Ces faits soulignent clairement le besoin

urgent d’endiguer ce phénomène et d’appeler

les différents actionnaires à prendre des mesures

immédiates afin de mieux protéger les familles du

surendettement.

Quels sont les effets du surendettement ?

Pourquoi et comment peut-on défendre

nos familles d’une tendance si alarmante ?

Le surendettement a un impact à la fois sur l’économie

et sur notre vie sociale. Il augmente le chômage, réduit

la possibilité d’accès à l’emploi, favorise le sentiment

de marginalisation sociale, d’exclusion et de pauvreté.

Le surendettement réduit le niveau de motivation

professionnelle et l’investissement dans la santé

et l’intégration sociale. C’est également un facteur

responsable d’une faible estime de soi et qui peut

engendrer de graves pathologies sociales.

Que peut-on faire ?

Qui peut protéger les familles du surendettement ?

Des activités de prévention primaire peuvent être

réalisées sur trois niveaux distincts : au niveau des

ONG, par le biais des institutions financières et au

niveau des ménages concernés eux-mêmes.

Comment peuvent agir l’État et les ONG

afin de protéger les familles ?

01. Lois financières liées à la protection de la famille :

❙ Loi sur la faillite;

❙ Loi sur le crédit à la consommation.

02. Éducation financière du ménage :

Les domaines suivants doivent tout

atelier 2 > L’importance d’une approche spécifiquement familiale de la politique de la consommation et de la santé

particulièrement être pris en compte :

❙ Planification financière;

❙ Moyens d’économiser

même avec de faibles ressources financières;

❙ Concepts basiques de crédit;

❙ Introduction des questions de gestion financière

personnelle, etc.

03. Création de Centres Régionaux de Conseil

Financier et d’autres institutions similaires afin de

lutter contre le surendettement et l’insolvabilité.

04. Politique sur l’emploi

05. Politique sociale

06. Prêt social (microcrédit) et promotion du

développement des institutions de microfinance.

07. Prévention des pratiques frauduleuses

– les organisations de protection du consommateur

devraient mettre en place des lois,

réglementations, procédures afin d’empêcher les

pratiques frauduleuses de la part des institutions

financières et des sociétés de recouvrement.

08. Des mesures générant une augmentation des

économies du ménage peuvent être mises

en place par le biais d’une prise de conscience

croissante du besoin d’économiser.

Comment les institutions financières

peuvent-elles agir pour protéger les familles ?

01. Prêt responsable – nécessite un grand

investissement de la part des institutions

financières afin de trouver l’instrument le mieux

adapté au client.

02. La coopération des institutions financières avec

les institutions possédant une base de données

de débiteurs – l’information est un outil valable

dans la lutte contre l’insolvabilité financière.

L’information peut comprendre les clients non

fiables regroupés dans :


❙ Le Bureau d’Information économique, où l’on peut

obtenir des informations sur les activités des clients

en dehors du secteur financier ;

❙ Le Bureau d’Information du crédit comprenant

les documents de propriétaires dans une base de

données conservée par l’Association polonaise des

Banques ;

❙ Base de clients non fiables commune aux banques.

03. L’harmonisation des procédures bancaires pour

l’évaluation du risque de crédit. La capacité à

rembourser le prêt est le point de départ pour

accorder chaque prêt. Chaque banque possède sa

propre méthode d’évaluation de la solvabilité des

ménages. Cela a un impact direct sur le montant

du prêt.

Cela dépend de différents facteurs :

❙ Niveau de la pauvreté;

❙ Différences dans le calcul des coûts de conservation

de la propriété;

❙ Différences dans le calcul des paiements mensuels

pour ce qui est des crédits à l’énergie renouvelable;

04. L’éducation financière peut avoir lieu par le biais

de campagnes de publicité dans les médias,

d’articles de presse, de publication de brochures,

de prospectus d’information sur les instruments

financiers, et en transmettant l’information aux

grands emprunteurs et déposants de façon simple

et efficace.

Comment les familles peuvent-elles se protéger ?

01. En ayant une réserve financière ;

02. En ayant une stratégie financière pour les

ménages, ou un plan dans lequel les prises de

décisions courantes prennent en compte les

décisions futures. Une telle stratégie financière

devrait refléter une certaine planification de

l’avenir, ou la période de planification concernée.

La perspective la plus éloignée est souvent

associée avec le départ en retraite des membres

du ménage ;

03. En ayant un budget pour l’argent en liquide et en

le mettant en place ;

04. Investissements dans l’éducation ainsi que dans la

santé ;

05. Assurance des membres du ménage, accident,

handicap, et dans le cas d’un manque de

ressources, cette assurance est la personne

subvenant principalement aux besoins du

ménage, la personne qui investit la plus grande

proportion de son revenu dans le coût de la vie ;

06. Assurance habitation, assurance locative, etc.

07. Obtenir un nouvel emploi ;

08. Utiliser les économies accumulées ;

09 Effectuer un prêt pour rembourser les obligations

arrivées à terme ;

10. Utiliser les aides sociales, les organismes

de charité, les organisations religieuses, les

syndicats ;

11. Limiter les achats de nourriture, acheter des

biens durables, acheter de la nourriture et des

vêtements moins chers ;

12. Économiser l’eau, le gaz et l’électricité ;

13. Réduire, voire supprimer, les vacances ;

14. Réduire les dépenses en éducation, culture,

sports, services (coiffeur, linge, cosmétiques, etc.)

Il est clair que l’insolvabilité doit être vaincue par

une vision à long terme puisque les solutions à

court terme ont constamment échoué à produire les

résultats escomptés. Il est donc nécessaire d’aborder le

problème par différentes étapes.

Un modèle appelé le « premier signe d’insolvabilité du

ménage » fournit aux familles la possibilité de vérifier

les finances du ménage avant qu’un signe chronique

de surendettement ne le frappe et permet de prendre

des mesures préventives pour empêcher suffisamment

tôt l’occurrence de tout risque pour la famille.

Conclusions

01. Le surendettement et l’insolvabilité sont les

maladies du 21e siècle parmi de nombreuses

autres maladies sociétales telles que l’obésité, le

diabète ;

02. Les institutions gouvernementales et non

gouvernementales, les institutions financières et

les ménages peuvent vaincre le surendettement

et l’insolvabilité ;

03. L’insolvabilité devrait être combattue grâce à une

vision à long terme. Des activités sporadiques et

des solutions à court terme n’apporteront aucun

des résultats escomptés ;

04. Des mesures préventives devraient être prises le

plus tôt possible. L’une des principales méthodes

de lutte contre le phénomène de surendettement

à long terme devrait être comprise dans des

activités appartenant à l’éducation des enfants

dans leur phase initiale d’apprentissage. Non

seulement au collège et au lycée, comme le

veut la pratique actuelle, mais également dès la

maternelle et le primaire ;

05. Les actions visant à réduire l’exclusion financière

et à augmenter l’éducation financière devraient

être plus intenses. Les schémas d’assistance

financière devraient se voir donner la priorité, en

prenant en compte le fait que les coûts émanant

de l’exclusion financière dépassent ceux investis

dans l’éducation ;

06. Le modèle de premier signe donne la possibilité

aux familles de vérifier leur situation financière

bien avant que n’apparaissent les premiers

symptômes d’insolvabilité.

atelier 2 > L’importance d’une approche spécifiquement familiale de la politique de la consommation et de la santé

37


38

christel verhAs,

Gezinsbond (Belgique)

www.gezinsbond.be

« La norme de l’enfant :

une approche familiale de la politique

de protection du consommateur »

Le membre belge de la COFACE, le Gezinsbond,

s’efforce d’obtenir une société « ouverte à la famille

et à l’enfant » en encourageant la vie sociale au niveau

local, les services orientés vers la famille et mène

une action politique au nom des familles.

Le Gezinsbond œuvre pour une société plus ouverte

à la famille et à l’enfant. Cela signifie fournir des

allocations et du soutien matériel, atteindre une

combinaison satisfaisante entre la vie professionnelle

et les impératifs familiaux, obtenir une protection

adaptée contre les nouveaux risques sociaux, vivre

dans un environnement sûr et sain et garantir une

loi équitable pour la famille et un système éducatif

accessible à toutes les familles.

La protection du consommateur est partie intégrante

des politiques familiales. La Ligue flamande des

Familles œuvre en tant que plate-forme fournissant

différents services à ses organisations membres tels que

du conseil socio-légal, des activités de sensibilisation et

d’information (petit-déjeuner sain, utilisation sécurisée

des services en ligne, gestion de l’énergie, etc.),

réductions des prix, positionnement de la politique

familiale ou possibilités de participer à des réunions de

conseil (habitation, consommateurs, médias etc.).

atelier 2

L’importance d’une approche spécifiquement familiale

de la politique de la consommation et de la santé

De plus, le Gezinsbond attache une attention toute

particulière aux programmes concernant les enfants

et la jeunesse, et base sa vision sur la Convention

des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant.

Les mineurs ont les mêmes droits que les adultes bien

qu’ils n’aient pas le droit de vote. De ce fait, ils n’ont

aucune représentation politique. Par ailleurs, comme

les mineurs ont un impact important sur les dépenses

d’un ménage, ils représentent une cible idéale pour

la publicité. Puisque les mineurs sont facilement

influencés par ces acteurs du marché, le Gezinsbond

a fait sa priorité de militer pour la protection

de ce groupe vulnérable.

Pourquoi avons-nous besoin

d’une norme de l’enfant ?

❙ Inquiétude concernant l’influence de la

contamination environnementale sur notre santé

par le biais de l’air (à l’extérieur comme à l’intérieur),

de la nourriture, de l’eau potable et des produits

de consommation.

❙ Les consommateurs individuels ne peuvent pas

influer sur la qualité de l’air, de la nourriture

ou de l’eau. Les normes actuelles se basent

sur les adultes et non sur les enfants.

❙ Les enfants sont un groupe vulnérable parce que

les polluants ou les produits nocifs ont un plus

grand impact sur leur développement.

❙ La pollution et les éléments dangereux des biens

de consommation sont responsables de plus de

80 maladies contemporaines (asthme, allergies,

cancer, obésité, stérilité…)

atelier 2 > L’importance d’une approche spécifiquement familiale de la politique de la consommation et de la santé

❙ Le défi est de limiter autant que possible

ces nouvelles maladies en mettant l’accent

sur la prévention.

❙ La norme de l’enfant exprime une vision à long

terme. L’idée se base sur le principe de précaution.

❙ Les normes environnementales et les normes

des produits devraient être basées sur les enfants

(non pas sur les adultes) afin d’éviter tout dommage

sur leur corps en développement et afin d’éviter

de mettre en danger la santé et le fonctionnement

des futures générations.

❙ Les effets de cumulation et à long terme ont besoin

d’être plus étudiés.

❙ La normalisation devrait prendre en compte

la manière de se développer des enfants afin

d’empêcher la maladie (enfant ou plus tard).

❙ La société doit prendre ses responsabilités

et ne peut pas attendre que les effets soient

scientifiquement mesurables.

Le Gezinsbond conclut en disant qu’une meilleure

qualité de vie pour les enfants signifie une

« conception pour tous » ! ! !

Et que nous devons agir maintenant.


chAntAl vAn Den bossche,

Women in Europe for a Common Future (Pays-Bas)

www.wecf.eu

« Le projet nesting de la Wecf :

une entrée saine dans la vie :

protéger les enfants des produits

chimiques dangereux »

Les Femmes en Europe pour un Futur en Commun

(WECF) est un réseau international réunissant

environ 100 organisations œuvrant pour les femmes,

l’environnement et la santé. La WECF met en place

des projets dans 40 pays et milite à échelle mondiale

pour un environnement sain. Le réseau possède des

bureaux en Allemagne, aux Pays-Bas et en France

où 40 employés, essentiel lement des femmes,

contribuent aux activités quotidiennes

de l’organisation.

La WECF se passionne pour des sujets qui visent

à créer un environnement sain pour tous.

La WECF se concentre sur cinq domaines thématiques :

l’énergie et le climat, l’eau et l’assainissement, les

produits chimiques et la santé, la biodiversité et

l’alimentation ainsi que les deux sexes et leurs droits.

Le travail dans ces cinq domaines-clés apporte

des solutions écologiques sûres qui sont ensuite

défendues au niveau politique international.

Les études montrent qu’aujourd’hui non seulement les

produits et les substances chimiques comptent mais

également le temps d’exposition. Cette exposition à

certains produits et substances chimiques dès le début

du développement fœtal peut facilement occasionner

des lésions au cerveau. En conséquence, le savoir

scientifique concernant les causes des difficultés

d’apprentissage et de développement implique un

devoir éthique et la responsabilité d’agir maintenant

afin de protéger la santé des enfants et leur bien-être.

La WECF a développé une initiative efficace appelé

Nesting. Cette initiative a pour but d’aider les futurs

parents à créer un environnement sain et sûr pour

leurs enfants et d’éveiller les consciences aux dangers

des produits chimiques toxiques.

Le site Internet novateur de Nesting, jusqu’alors

disponible en huit langues, fournit des détails utiles

et des idées pour les futurs parents sur la façon de

créer un intérieur sain pour leurs bébés en évitant

tout produit chimique dangereux ou toute habitude

nuisible. Nesting a créé un réseau international qui

offre non seulement des idées pratiques mais qui agit

également sur le plan politique.

La WECF va poursuivre sa quête de méthodes efficaces

de lobbying et va continuer à militer pour un environnement

et des produits sains. L’organisation contrôle

en permanence les programmes internationaux tels

que REACH (la législation européenne sur les produits

chimiques et leur usage sûr ou le Plan d’Action pour

l’Environnement et la Santé des Enfants en Europe de

l’Organisation mondiale de la Santé), un document qui

met en avant le besoin de considérer la vulnérabilité

particulière des enfants au sein des politiques de

développement de la santé environnementale.

nicolAs revenu,

Union nationale des associations familiales-UNAF (France)

www.unaf.fr

« une meilleure inclusion financière

pour prévenir le surendettement »

Une grande disparité dans l’accès aux services

financiers est constatée par les Institutions

européennes qui font maintenant le lien entre

inclusion financière et inclusion sociale.

En France, les associations familiales développent des

expériences qui se multiplient notamment en matière

d’éducation et dans le domaine du microcrédit.

L’éducation

❙ Le besoin d’éducation est largement reconnu;

❙ Distinguer éducation financière et éducation

budgétaire;

❙ Gérer son budget sans déraper :

une action qui a rencontré un grand succès;

❙ Le contenu du CD-ROM européen coordonné

par l’UNAF;

❙ Une action à décliner, à développer en lien

avec les autres actions d’éducation budgétaire

et pour donner des outils à nos associations.

Le microcrédit:

❙ Le microcrédit personnel, une extension

du microcrédit professionnel;

❙ L’expérience en France développée par plusieurs

réseaux associatifs;

❙ Le réseau des UDAF;

❙ L’accompagnement social, clé du dispositif;

❙ Microcrédit, éducation et lutte contre

le surendettement.

atelier 2 > L’importance d’une approche spécifiquement familiale de la politique de la consommation et de la santé

39


40

Présidé par

AnnA mAriA comito

Rapporteur

michelA costA

Vidéo

L’Invisible handicap :

Portrait d’un aidant familial (France)

Parole d’Expert

cArlottA besozzi

Directrice de l’EDF

Forum européen des personnes handicapées

(Bruxelles, Belgique)

Carlotta Besozzi est Directrice du Forum européen des personnes

handicapées (Bruxelles). Elle est actuellement en congé sabbatique

jusqu’au 31 décembre 2011 et est remplacée par Javier Güemes.

« défis et opportunités pour les personnes

handicapées et leurs familles

dans l’union européenne »

L’EDF représente la diversité des personnes

handicapées en Europe ainsi que leurs familles,

en particulier pour ceux qui ne peuvent pas se

représenter eux-mêmes.

Nous sommes présents dans tous les pays membres de

l’UE, en Norvège, en Islande, en Serbie, en Albanie et

dans l’ancienne République yougoslave de Macédoine.

Nous comptons également parmi nos membres

des représentants issus des différents groupes de

atelier 3

La longue route de l’Europe inclusive. Progrès et perspectives

dans le domaine du handicap et des personnes dépendantes

personnes handicapées ; handicap physique, sensoriel,

intellectuel, psychosocial, autisme ou handicaps

multiples.

Notre mission principale est d’assurer l’égalité

des opportunités et des droits de l’homme pour

les 65 millions de personnes handicapées en Europe.

Notre premier défi, et opportunité, est la

compréhension et la mise en place de la Convention

des Nations Unies relative aux droits des personnes

handicapées (CRPD).

La CRPD reconnaît la valeur et la contribution unique

que toutes les personnes handicapées peuvent

apporter à la société humaine. Cela amène un

changement de paradigme dans la façon dont sont

perçues les personnes handicapées y compris celles

ayant besoin d’un degré élevé d’accompagnement.

La CRPD amène les questions relatives au handicap au

centre des droits de l’Homme qu’elles soient d’ordre

civil, politique, économique, culturel ou social. Cela

change non seulement les perspectives des autres

vis-à-vis des personnes handicapées mais également

notre propre perspective. En tant qu’organisation nous

avons également besoin d’établir et de revoir notre

travail sur cette base.

L’article le plus frappant est celui qui traite d’une

égale reconnaissance devant la loi. Les personnes

handicapées ont non seulement la capacité légale mais

également la capacité d’agir dans tous les problèmes

d’ordre légal et financier. Nous ne pouvons pas

supprimer cette capacité, la transférer à un tuteur, nous

pouvons seulement instaurer un système de soutien.

Dans son préambule, la CRPD parle des familles

en disant que :

« Convaincus que la famille est l’élément naturel et

fondamental de la société et a droit à la protection de

la société et de l’État et que les personnes handicapées

et les membres de leur famille devraient recevoir la

atelier 3 > La longue route de l’europe inclusive. progrès et perspectives dans le domaine du handicap et des personnes dépendantes

protection et l’aide nécessaires pour que les familles

puissent contribuer à la pleine et égale jouissance de

leurs droits par les personnes handicapées ».

Cependant, il n’y a pas d’article sur les familles

des personnes handicapées, mais sur le droit des

personnes handicapées d’avoir leur propre famille.

Par ailleurs, le soutien aux familles est mentionné, mais

plus comme un droit négatif en termes de prévention

de la violence contre les personnes handicapées.

Bien entendu, la CRPD concerne les droits individuels,

elle place les personnes handicapées au centre

de l’équation. Elle nous permet cependant de

comprendre que si l’on fournit un soutien aux

personnes handicapées, on apporte également

indirectement un soutien aux familles, alors que si

l’on ne fournit qu’un soutien aux familles, on ne peut

assurer une vie et des choix indépendants pour les

personnes handicapées.

L’EDF travaille en partenariat avec ses membres sur la

mise en avant des besoins des personnes ayant une

grande dépendance selon le nom que nous avons

donné à ce groupe au sein de l’EDF, et essaye de

comprendre les changements engendrés par la CRPD.

Comment définissons-nous ce groupe ?

❙ Ils souffrent d’un handicap grave;

❙ Ils ont besoin d’un niveau élevé de soutien pour

vivre de façon aussi indépendante que possible;

❙ Ils nécessitent des programmes d’habilitation

intensifs s’ils sont nés avec le handicap, ou des

programmes d’habilitation intensifs s’ils deviennent

handicapés plus tard dans leur vie par exemple suite

à une blessure grave au cerveau;

❙ Ils possèdent un handicap qui affecte tous les

aspects de leur vie.

En conséquence, ces personnes ont besoin d’un

soutien continu individuel tout au long de leur vie

quotidienne. Ce soutien peut être fourni par un


assistant personnel ou un équipement technique en

fonction des besoins individuels. Pour ces personnes,

l’aspect crucial à mettre en avant est le respect de leur

valeur et dignité intrinsèques.

Le manque de soutien adapté dans la société et

les personnes nécessitant plus de soutien vont en

effet de pair avec l’occurrence d’une plus grande

discrimination.

Les familles des personnes handicapées sont

également sujettes à la discrimination du fait du

manque de soutien qui les oblige souvent à fournir

elles mêmes ce soutien toute leur vie durant. Cette

situation empêche également les personnes de vivre

de façon indépendante et de développer une vie

d’adulte.

Types de soutiens qui peuvent être requis

❙ Assistants/soutien personnels dans les activités de

la vie quotidienne ne substituant pas à la volonté et

aux décisions des personnes;

❙ Appareils d’assistance technologique;

❙ Accessibilité au sens large : par ex. symboles

d’orientation visuelle, formation du personnel des

transports, police, etc.;

❙ Services basés sur la communauté;

❙ Personnel qualifié et bien rémunéré bénéficiant des

droits fondamentaux à la formation;

❙ La possibilité de vivre dans une petite habitation

avec assistance;

❙ Assurance d’un revenu financier adapté.

Il existe également un certain nombre de mesures qui

doivent être dirigées vers les familles : la formation des

parents et des frères et sœurs, le droit à une prise en

charge temporaire, un soutien financier lorsque des

personnes handicapées sont mineures, la possibilité

d’avoir droit à des congés payés, des vacances

supplémentaires, une organisation flexible du travail.

De façon intéressante, l’un des deux tribunaux

régissant la Cour européenne de Justice sur la mise en

place de la directive européenne sur la discrimination

à l’emploi due au handicap a reconnu l’existence de

discrimination par association.

Si la directive sur l’égalité dans le traitement

actuellement en cours de négociation est adoptée,

elle pourrait codifier ce principe dans la loi.

Il existe un certain nombre de mesures législatives

accordant des droits aux passagers avec des handicaps

en Europe qui engendrent plus de droits pour les

familles. Si une directive sur la non-discrimination

relative aux biens et aux services est adoptée, alors

cela fournira également un meilleur accès aux familles

comptant une personne handicapée qui voient

souvent leur propre accès limité.

Nous devrions également envisager des possibilités

de législation sur l’accès à Internet.

L’EDF travaille également au développement de la

Stratégie Europe 2020 qui devrait cibler l’emploi et

l’intégration des personnes handicapées. Nous savons

en effet que les personnes handicapées et leurs

familles ont fortement été touchées par la crise.

Un revenu et un accès à l’emploi satisfaisants devraient

être assurés par le biais d’actions positives et le thème

du handicap devrait être très largement abordé. Une

nouvelle stratégie sur le handicap est donc en cours

de débat jusqu’en 2020. Nous avons besoin d’un fort

engagement de toutes les institutions européennes

et des gouvernements nationaux afin d’obtenir un

changement concret dans la vie quotidienne des

personnes handicapées et de leur famille. C’est

pourquoi l’EDF appelle à une décision du conseil.

L’EDF appelle également à :

❙ Un renforcement des efforts dans le développement

et l’utilisation des données statistiques et des

indicateurs, y compris par le biais d’un tableau de

bord ou équivalent, qui encouragera également une

évaluation par les pairs et un échange;

❙ Une dimension du handicap en fonction du sexe en

tant que priorité transversale au sein de la stratégie;

❙ Des actions menées par les institutions

européennes : promouvoir l’emploi des personnes

handicapées, améliorer l’accès aux infrastructures

physiques et d’information, élargir la place du

handicap au sein des différents budgets respectifs

des institutions, la formation et la sensibilisation de

personnel face au handicap, la budgétisation de

l’accès et du handicap, etc.;

❙ Mécanisme d’évaluation d’impact;

❙ Non discrimination : révision de la Directive sur

l’égalité de traitement sur le lieu de travail et étude

d’une application de l’article 10 du Traité (clause de

large diffusion de l’égalité);

❙ Conception pour tous au sein du marché et de

la recherche interne, actions pour mettre en

place la loi sur le transport, développement de la

législation sur les technologies d’information et

de communication, élargissement de l’accès au

réseau transeuropéen, standardisation renforcée,

développement d’un marché sur la technologie

d’assistance;

❙ Application de la stratégie européenne sur l’emploi,

soutien de l’emploi en tant que cible du Parlement

européen;

❙ Carte de mobilité;

❙ Accès à des programmes de mobilité et

d’éducation / formation pour les personnes

handicapées;

❙ Large diffusion du handicap dans la stratégie

sociale de protection / anti-pauvreté et priorisation

d’Europe 2020;

❙ Fonds structuraux : améliorent et renforcent

l’accès et la non-discrimination des personnes

handicapées.

atelier 3 > La longue route de l’europe inclusive. progrès et perspectives dans le domaine du handicap et des personnes dépendantes

41


42

jesús m. roDrigo

Confederación española de familiares de enfermos

de Alzheimer y otras demencias CEAFA (Espagne).

www.ceafa.es

atelier 3

La longue route de l’Europe inclusive. Progrès et perspectives

dans le domaine du handicap et des personnes dépendantes

« progrès et perspectives

pour les personnes handicapées

et ayant besoin de soins »

Les organisations familiales représentant les personnes

dépendantes sont les voix autorisées à revendiquer

leurs droits, éveiller la conscience de la société et faire

naître la solidarité de la part des gouvernements.

Parce que les familles sont les premières à être

touchées par la dépendance. En conséquence, elles

savent mieux comment répondre aux problèmes liés

à la dépendance et comment se frayer un chemin

vers « la solution ».

Ces organisations doivent montrer

❙ Sérieux et solvabilité;

❙ Parcours professionnel adéquat;

❙ Transparence dans la gestion;

❙ Qualité de l’action;

❙ Mise en place de synergies publiques et privées

afin de développer et de faire fonctionner

leur programme.

C’est seulement de cette manière que ces

organisations peuvent jouer leur rôle de conseillers

privilégiés auprès de leurs gouvernements nationaux

respectifs.

La Confederación española de familiares de enfermos

de Alzheimer y otras demencias (CEAFA) représente les

besoins de 200 000 familles associées et indirectement

ceux de 3,5 millions de personnes en Espagne atteints

de la maladie d’Alzheimer ou d’autres démences.

atelier 3 > La longue route de l’europe inclusive. progrès et perspectives dans le domaine du handicap et des personnes dépendantes

Nous avons menés une collaboration continue avec

le gouvernement espagnol mais n’avons jamais perdu

de vue notre rôle d’organisme de surveillance.

La CEAFA a été le conseiller du gouvernement dans

la rédaction des articles de la Loi sur la Dépendance.

Grâce à cela, la Loi considère le « secteur tertiaire » et

en particulier les organisations familiales comme étant

un partenaire actif dans le processus orienté vers la

réponse aux besoins des personnes dépendantes.

Aujourd’hui la CEAFA travaille à convaincre

le gouvernement espagnol d’adopter une Politique

nationale d’Alzheimer. Notre participation

au sein des entités internationales nous garantit

une position privilégiée pour éveiller la conscience

du gouvernement sur le besoin d’appliquer

des politiques européennes au niveau national.

Recommandations

❙ Les organisations familiales doivent faire l’effort

de prouver leur solvabilité, leur sérieux et leur

transparence;

❙ Ces organisations doivent agir avec leur

gouvernement national en tant que partenaires

actifs et utiles, sans oublier leur rôle d’observateurs

et de garants des droits des personnes nécessitant

des soins particuliers;

❙ Dans le cadre d’une telle collaboration, elles doivent

montrer à leurs gouvernements le besoin d’adopter

et d’appliquer des politiques d’intégration sur les

thèmes liés à la famille.

Ainsi, pour conclure, nous devrions chercher à

être vus non seulement en tant qu’organisations

avec des demandes… MAIS également en tant

qu’« organisations constructives » ! ! !


FiAmmettA bAsuyAu

Association des paralysés de France

– APF (France) www.apf.asso.fr

« Le handicap, la maladie, la dépendance

: une affaire familiale »

Lorsqu’une personne devient dépendante, elle

se retrouve dans une situation de particulière

vulnérabilité, et nécessite un accompagnement

adapté qui reste majoritairement donné par la famille,

plus par obligation que par choix. C’est ainsi toute

une famille qui se trouve en risque d’exclusion par le

défaut de réponses d’un état envers les plus démunis

de ses citoyens. Nous vous parlerons aujourd’hui plus

particulièrement de la question des bonnes pratiques

des organisations familiales en faveur des ces proches

aidants familiaux, de ce qui peut donner la possibilité

d’avoir une qualité de vie la plus satisfaisante qui

soit pour toutes les familles, y compris lorsque la

dépendance s’en mêle, y compris lorsque la famille

est entrainée dans un rôle de proche aidant pour

un de ses membres.

Notre propos s’inscrit bien entendu dans le

contexte de l’orientation que prennent aujourd’hui

les politiques européennes avec le passage

d’une politique d’institution vers une politique

d’accompagnement de proximité. Ce contexte

donne une dimension encore plus fondamentale aux

aidants familiaux car ceux-ci sont amenés à jouer un

rôle plus important auprès de la personne aidée. La

conciliation de la vie familiale et professionnelle des

aidants, leurs besoins de répit, de temps, de soutien,

de formation / information sont autant de domaines

que les politiques publiques doivent intégrer de

façon systématique si l’on veut que cette politique

d’accompagnement de proximité puisse réellement

s’exercer.

Aliette gAmbrelle

Union nationale des associations de parents,

de personnes handicapées mentales et de leurs amis

– UNAPEI (France) www.unapei.org

Nos deux associations

L’Association des Paralysés de France (APF) et l’Union

Nationale des Associations de Parents, de Personnes

Handicapées Mentales et de leurs Amis (Unapei),

depuis leur création, se sont toujours mobilisées

avec d’autres pour faire valoir les droits indissociables

de la personne en situation de handicap et de sa

famille. Cet objectif commun, par delà les différences

associatives, nous a amenés à réfléchir, revendiquer,

proposer, mutualiser nos expériences en abordant

les problématiques autour du handicap et de

la dépendance de façon transversale.

L’APF est une association nationale créée en 1933 par

4 jeunes qui avaient un handicap moteur et qui étaient

révoltés de l’exclusion dont ils étaient victimes. Ils sont

à l’origine d’un mouvement à la fois revendicatif et

gestionnaire de services et établissements médicosociaux

qui s’appuient sur une Charte et un projet

associatif commun. Notre association, quoique créée

à l’origine par des personnes directement concernées

par un handicap pour revendiquer leur participation

pleine et entière dans la société, s’est aussi attachée à

donner une véritable place à la famille au sens large :

parents, fratrie, entourage. Reconnaître les droits

de la personne en situation de handicap c’est aussi

reconnaître les droits de ses proches. Par voie de

conséquence reconnaître les besoins de la personne

en situation de dépendance passe obligatoirement

par la reconnaissance des besoins de sa famille et par

l’élaboration de réponses nécessairement apportées à

ces besoins.

L’Unapei est la première fédération d’associations

françaises de représentation et de défense des

intérêts des personnes handicapées mentales et

de leurs familles. Créée en 1960, elle rassemble 600

associations de parents et de personnes handicapées

qui agissent pour que toute personne déficiente

intellectuelle dispose d’une solution d’accueil et

d’accompagnement et soit inclue dans la société.

60 000 familles sont adhérentes des associations de

l’Unapei. 180 000 personnes handicapées mentales

sont accompagnées, à travers 3 000 établissements et

services médico sociaux et 75 000 professionnels.

Dispositions légales en faveur des familles dont

un des membres est en situation de dépendance

Les bonnes pratiques inscrites dans nos politiques

familiales sont le fruit d’un travail de revendication

acharné du monde associatif. Longtemps réclamée, la

présence des aidants familiaux auprès des personnes

handicapées a été enfin juridiquement reconnue par

la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 « pour l’égalité

des droits et des chances, la participation et la

citoyenneté des personnes handicapées ». Cette loi

prévoit la formation des aidants familiaux qui peuvent

bénéficier d’une validation de l’expérience acquise

(VAE) dans la perspective d’un retour à l’emploi. La

Conférence de la Famille, qui a suivi en 2006, a retenu

dans ses préconisations le besoin d’aide à apporter

aux aidants familiaux sous forme d’action de soutien

et de formation, et d’offre de répit pour leur permettre

de souffler. La loi a de plus créé la PCH et instituer

le dédommagement de l’aidant familial, sur la base

d’une évaluation du besoin d’aide lié à la gravité

du handicap, ou des aides financières dites « aide à

l’éducation de l’enfant handicapé » (AEEH), modulées

en fonction des frais et des limitations de l’activité

professionnelle imposées par le handicap. Enfin,

l’assurance vieillesse au foyer garantit à l’aidant sous

conditions de ressources des droits à la retraite.

atelier 3 > La longue route de l’europe inclusive. progrès et perspectives dans le domaine du handicap et des personnes dépendantes

43


44

Ainsi, la création d’un Guide de l’Aidant familial,

accessible gratuitement en ligne et qui offre

un ensemble d’informations concrètes et quasi

exhaustives sur les droits des aidants familiaux non

professionnels et de leur proche dépendant et sur

les interlocuteurs auxquels ils peuvent s’adresser

pour trouver de l’aide. Un guide qui renseigne sur les

possibilités de reconnaissance et de valorisation des

compétences acquises par l’exécution de la fonction

d’aidant dans la perspective d’un retour à l’emploi

éventuel.

Toutefois on peut regretter que cet outil reste peu

connu des familles concernées par la dépendance

et donc peu utilisé. Avoir accès à Internet et pouvoir

imprimer les 174 pages de ce document n’est pas à la

portée de tous ! !

On peut aussi regretter qu’il laisse espérer à ceux qui

l’utilisent une variété de solutions et de réponses à

leurs questions car dans la réalité, les proches aidants

familiaux sont très souvent confrontés à une paperasse

ingérable, une durée de traitement des dossiers

insoutenable, peu ou pas de possibilité de réponse

aux besoins de la personne qui est dépendante, qui

lui permettraient de mener un projet de vie, et bien

entendu pas de solution de répit pour l’aidant qui

peut être amené à devoir réduire ou même cesser son

activité professionnelle.

Il existe également un congé de soutien familial qui

s’adresse aux proches aidants salariés par ailleurs

et qui souhaitent ou doivent s’occuper d’un proche

présentant un handicap ou une perte d’autonomie

d’une particulière gravité. Il est d’une durée de 3 mois

et ne peut excéder un an pour l’ensemble de la carrière.

Il est non rémunéré mais dans certaines conditions

l’aidant en congé peut être rémunéré par l’aidé luimême.

L’intérêt de ce congé réside dans la possibilité

pour l’aidant de conserver ses droits acquis en termes

de retraite et de garantie de retour à l’emploi.

Cette mesure introduite dans la législation du travail est

certes une avancée mais il faut quand même signaler

que de facto, elle ne concerne que des personnes en

situation d’emploi, qu’elle suppose que l’aidant puisse

se passer d’un salaire pendant quelques mois, et qu’elle

pourrait être un frein aux perspectives d’évolutions de

carrière pour le bénéficiaire de ce congé.

L’accueil temporaire est un dispositif qui intéresse

tant les personnes aidées que les proches aidants

depuis 2002; il s’adresse aux personnes qui ont

une dépendance à cause d’un handicap ou d’une

pathologie liée à l’avancée en âge. Il s’agit d’un accueil

dans une structure dédiée pour un séjour de rupture

et de répit auquel à droit toute personne dépendante

Des mouvements associatifs

aux mouvements inter-associatifs

Un système d’information en ligne intitulé SARAH

développé par le GRATH (Groupe de Réflexion et

réseau pour l’Accueil Temporaire des personnes en

situation de Handicap) permet pour les personnes

concernées de chercher une place d’accueil temporaire

en ligne et aux gestionnaires de structures de faire

apparaître leurs disponibilités s’ils le souhaitent. Dans

atelier 3 > La longue route de l’europe inclusive. progrès et perspectives dans le domaine du handicap et des personnes dépendantes

les textes, tous les établissements médico-sociaux

devraient réserver un nombre de places à ce type

d’accueil dont la durée est limitée à 90 jours par an

pour une personne.

Mais ici aussi, il faut nuancer l’effectivité de cette offre :

certains établissements ne s’organisent pas pour

assurer un accueil temporaire, estimé plus compliqué

à assumer qu’un accueil permanent. Or l’accueil

temporaire pour être une offre valable doit être une

offre de proximité accessible à tous sur l’ensemble

du territoire.

Le Groupe National des Parents (GNP) de l’APF a

réalisé en 2003, un film documentaire « Le temps

qu’il faut » sur la réalité du travail des mères et des

pères auprès de leur enfant ou adulte qui a un

handicap ou un polyhandicap. Ce document de

sensibilisation décline tous les temps nécessaires

aux réponses des familles en direction de leur

enfant (repas, communication, loisirs, toilette, aides

aux devoirs, etc. …). Il montre l’importance de leur

présence vigilante, et leurs réelles compétences

techniques. Il fait le constat de l’impact de cette aide

sur la fratrie et sur la qualité de vie de la famille.

Puis, ce même groupe a édité en octobre 2005 un

livret intitulé « Guide des besoins des familles »

où définition et besoins des proches aidants sont

déclinés. Et enfin en 2006 un « Guide des souhaits

et attentes des parents pour leur enfant mineur

ou majeur », est publié, ce guide met en avant

les compétences des familles et la nécessité d’un

partenariat avec les aidants professionnels. Ces outils

ont été élaborés après consultation de nombreuses

familles au cours des journées nationales des parents

de l’APF.


Cette réflexion sur la nécessité d’une aide aux proches

aidants a été portée, dès 2004 par l’APF auprès de

plusieurs associations représentant, entre autres, les

familles de personnes qui ont une dépendance quels

que soient l’origine ou l’âge de cette personne. Cela

a abouti à la création d’un Collectif Inter associatif

de l’Aide aux Aidants Familiaux : le CIAAF qui a donc,

comme dit précédemment participé activement aux

décisions de la Conférence de la Famille en 2006 avec

le concours de l’Union Nationale des Associations de

Famille (UNAF).

Le CIAAF aujourd’hui poursuit ses travaux de

revendication par l’élaboration de fiches-outils qui

déclinent les actions à mettre en œuvre en réponse

aux besoins des proches aidants. L’APF et l’Unapei

participent activement à ces travaux.

AIDER

Reconnu par arrêté préfectoral en date du 4 mars

2009, le Groupement de Coopération Sociale et

Médico-sociale (GCSMS), Actions pour l’Information, le

Développement et les Études sur les Relais aux aidants

(AIDER) regroupe sept membres qui à l’initiative

du GRATH, se sont retrouvés autour de l’objectif

de favoriser le développement des solutions de

relais pour les aidants, du partage des savoirs et des

compétences, à mutualiser des moyens, à soutenir les

expérimentations et stimuler l’innovation sociale, ainsi

qu’à favoriser les synergies locales.

Des mouvements inter-associatifs

au mouvement européen

Au niveau européen, c’est au sein de COFACE

HANDICAP 1 , organisation qui regroupe des

associations de familles de personnes qui ont

des handicaps qu’un groupe de travail composé

d’associations françaises (APF, Unapei, UNAFTC),

belges, italiennes, luxembourgeoise, portugaises,

etc., a recensé les diverses mesures mises en place

en Europe en faveur des aidants familiaux, s’est

accordé sur une définition commune de l’aidant

familial et a déterminé en quoi consistait la nature de

l’aide apportée par les familles. Ce travail a permis à

COFACE HANDICAP de réaliser, une charte européenne

concernant les aidants familiaux non professionnels.

Dans le cadre du programme européen pour

l’éducation des adultes, GRUNDTVIG, de 2010 à 2012,

des associations issues de France, de Belgique, du

Luxembourg, de Chypre, d’Espagne, de Slovaquie,

d’Irlande et d’Italie vont travailler ensemble sur

la perception que les aidants familiaux ont de

leur rôle afin de les former à une auto-évaluation

dont le but est de leur permettre de se préserver,

d’éviter l’épuisement et de défendre la qualité de

vie de chacun des membres de la famille. L’Unapei

coordonne ce projet européen.

1) Association fille de COFACE : Confédération des Organisations

Familiales de l’Union Européenne

Pour conclure…

Les piliers de la revendication :

Il est important de rappeler que, pour permettre

aux familles confrontées au handicap de grande

dépendance d’un enfant d’échapper à l’épuisement

et de concilier toutes les dimensions de leur vie

sans renoncer à leur projet professionnel ni à leur

loisirs, cinq principes qui rdonner le dispositif

d’accompagnement :

01. La précocité des réponses pour prévenir

les aggravations du handicap;

02. La proximité pour respecter les rythmes sociaux

de la vie ordinaire et permettre l’inclusion sociale;

03. La souplesse pour assurer un véritable libre

choix par une palette de services, d’accueil de

jour, d’accueil temporaire, d’accueil d’urgence,

d’accueil permanent;

04. La continuité pour sécuriser les parcours de vie;

05. La qualité sans laquelle les parents / aidants ne

s’autoriseront pas à confier l’accompagnement

de leur enfant.

L’objectif d’inclusion de la personne en situation

de handicap ne peut donc se construire en dehors

de la dimension familiale.

atelier 3 > La longue route de l’europe inclusive. progrès et perspectives dans le domaine du handicap et des personnes dépendantes

45


46

Présidé par

Anne AlitolppA-niitAmo

Rapporteur

mArtin schmAlzrieD

Vidéo

Migration, Éducation, Intégration :

Un tiercé gagnant ? (Finlande)

Parole d’Expert

ellen helsper

Département des Médias et de la Communication,

London School of Economics and Political Science

(Londres, Royaume-Uni)

Ellen Helsper est Professeur en Médias et Communication

au département des Médias et des Communications,

de la London School of Economics and Political Science.

Le rôle des nouveaux médias dans la vie quotidienne de groupes

socialement défavorisés, et la compréhension des liens entre l’exclusion

numérique et l’exclusion sociale sont au centre de ses recherches.

De plus, elle continue de travailler sur le rôle des médias numériques

dans la vie quotidienne des personnes et dans les relations aux autres.

Elle a récemment publié sur le comportement et la surveillance

acceptables entre les partenaires et les utilisateurs d’Internet

en fonction du genre et à travers les générations et les étapes de la vie.

atelier 4

Éducation et technologie de l’information et de la communication :

comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

« Le rôle des médias et des nouvelles

technologies d’information et de

communication en tant que vecteurs

d’intégration sociale »

--- Level of digital inclusion ---

Deep exclusion Deep inclusion

Deep exclusion

Social environnement :

Family

Friends

Social activities

Socio-cultural

background :

Ethnicity

Gender

Generation

Socio-

economic

spheres

Individual characteristics :

Personality

Well-being

2009, R2 = 0.94

2007, R2 = 0.89

2003, R2 = 0.94

2005, R2 = 0.91

Deep inclusion

--- Level of social inclusion ---

Economic statuts :

Education

Income

Occupation

Access

skills

Attitudes

Relevance

Value

Sustainability

atelier 4 > Éducation et technologie de l’information et de la communication : comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

Social :

Communication

Networking

Civic engagement

Cultural :

News

Cultural participation

Digital

engagement

spheres

Individual :

Entertaiment

Leisure

Economic :

Learning

Shopping

Services


Informal learning

Fact checking

Formal learning

Informal learning

Fact checking

Formal learning

Home access**

Children

Women**

Home access*

Children**

Women*

Home access*

Children

Women

Self-efficacy**

Attitudes towards ICTs*

Self-efficacy**

Attitudes towards ICTs*

Self-efficacy**

Attitudes towards ICTs*

33%

35%

36%

38%

39%

37%

33%

38%

35%

43%

39%

46%

46%

42%

42%

47%

45%

50%

51%

51%

54%

55%

70%

72%

85%

85%

87%

97%

96%

95%

96%

96%

94%

97%

95%

0% 20% 40%

60% 80% 100%

% of adult users

1 2 3

3,1

3,1

3,4

3,3 3,5

3,5

3,6

3,3

3,4

3,5

3,5

3,3

3,2

3,4

3,3 3,6

3,4 3,6

4,3

4,1

4,3

4,0

4,2

4,1

4 5

100%

Soutien social

« Vous êtes isolé en quelque sorte. Isolé. Que ce soit en

utilisant les e-mails ou le téléphone portable, c’est comme

ça que les gens ont tendance à vous contacter maintenant.

Alors comme les gens vont vouloir vous envoyer un

mail ou vous appeler, et bien, si vous n’avez pas d’accès

Internet vous allez attendre qu’on vous envoie une lettre »

(utilisateur limité, père)

« Je pense qu’avec les collègues, entre nous au quotidien,

que ce soit pour le travail ou l’université, nous échangeons

de l’information. Il y a des applications que je connais mieux

que quiconque et nous échangeons l’information entre

nous. » (utilisateur intensif, père)

(Helsper & Godoy, disponible)

Conclusions

❙ L’exclusion numérique est fortement liée

à la privation traditionnelle.

La question est de savoir si le cycle peut être brisé;

❙ Les médias et les nouvelles technologies d’information et

de communication sont plus que de simples technologies

ou outils : ce sont des liens vers un monde plus large et les

utilisateurs de serveurs proxy et de supports réseaux sont

extrêmement nombreux;

❙ La famille est le lieu où se créent les opportunités

et se forment les habitudes (la socialisation est

également clé pour les technologies d’information et de

communication). Le foyer familial est important pour le

développement de compétences dans les technologies

d’information et de communication ainsi que pour

l’activité en réseau;

❙ L’exclusion sociale est variable et complexe tout comme

l’est sa relation avec l’exclusion numérique.

atelier 4 > Éducation et technologie de l’information et de la communication : comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

47


48

Dimitrios stAmoulis

Confédération suprême des Associations des Familles

nombreuses de Grèce – ASPE (Grèce)

www.aspe.gr

atelier 4

Éducation et technologie de l’information et de la communication :

comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

« pour un internet plus sûr :

le cas de l’aspe »

Le profil de l’ASPE

La Confédération suprême des Associations des

Familles nombreuses de Grèce (ASPE) est une

organisation non gouvernementale à but non lucratif

fondée selon la loi grecque de 1931, dont le but est

de se charger de:

a. La représentation des familles nombreuses

(quatre enfants ou plus) de Grèce;

b. L’étude et la promotion de leurs besoins

et demandes;

c. La protection de leurs intérêts matériels

et immatériels;

d. Le soutien du concept et l’institution

de la famille dans la société.

Membres

❙ 110 associations familiales de familles ayant

plusieurs enfants (4 enfants ou plus) en Grèce

Représente

❙ 180 000 familles;

❙ 1 200 000 personnes, adultes et enfants.

Membre de

❙ COFACE – la Confédération des Organisations

Familiales de l’Union Européenne;

❙ ELFAC – la Confédération européenne

des Familles nombreuses;

❙ Le Réseau européen des Organisations bénévoles.

atelier 4 > Éducation et technologie de l’information et de la communication : comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

Au sein des services d’information que nous

fournissons à nos membres, nous essayons de

disséminer l’information vitale pour les parents telle

que les questions de santé et de nutrition, les droits

légaux et des conseils sur la protection de la famille,

la parentalité, la maternité, les enfants etc.

Dans ce contexte, nous avons décidé depuis 2008

qu’Internet pouvait être une source de menace pour

les enfants. De ce fait, nous mettons en place des

stratégies afin de faire passer ce messages auprès

de nos membres : à la fois auprès des organisations

membres de la Confédération et de nos membres

principaux, les parents de plusieurs enfants que nous

représentons.

Un Internet plus sûr. Pourquoi ?

❙ Éveil des consciences

Objectif : sensibiliser nos membres

pour qu’ils s’intéressent à la question.

Méthodes d’action : utilisation de tous les canaux

de communication disponibles pour que

l’information atteigne nos membres.

❙ Expérience « sur le tas »

Objectif : fournir aux parents les compétences

nécessaires à la gestion d’un ordinateur et des outils

adaptés dans le but de protéger leurs enfants.

Méthodes d’action : offres de formations.


L’EPA, l’Association athénienne

des Familles nombreuses

❙ Met en place un laboratoire informatique

afin d’offrir des formations gratuites pour

l’acquisition des compétences de bases

nécessaires à l’utilisation d’un ordinateur;

❙ Offre un entrainement et une préparation gratuits

au niveau basique du test de l’ECDL;

❙ Fournit des sessions gratuites d’entrainement

spécifique pour un Internet plus sûr, si possible,

en fonction des fonds disponibles.

L’EPA œuvre également en coopération avec le Greek

Awareness Centre par le biais de leur site Internet

(Saferinternet.gr) afin de garantir que leur newsletter

bimensuelle inclut un article pertinent.

Une conférence à Athènes a été organisée le

19.09.2009 en vue de l’assemblée du nouveau

Parlement européen : « FAMILLES AVEC ENFANTS :

LE DIALOGUE POLITIQUE EUROPÉEN » informant

les membres grecs du Parlement européen sur les

questions sur la famille au niveau politique européen,

y compris sur un Internet plus sûr.

❙ Lobbying des institutions politiques (par exemple) :

– Déclaration de Prague « Un Internet plus sûr

pour les Enfants » : Conférence ministérielle

européenne, 20 avril 2009

– 7 États membres de l’Union européenne

n’ont pas signé la convention du Conseil de

l’Europe abordant ce sujet et 8 n’ont pas ratifié le

protocole bénévole sur la convention des Nations

Unies concernant les Droits de l’Enfant relatifs au

trafic des enfants, la prostitution infantile et la

pédopornographie.

Éveil des consciences en utilisant

tous les canaux de communication disponibles :

❙ Magazine trimestriel

Articles pertinents

❙ Diffusion à la télévision

Invités spéciaux

❙ Lors de la Journée européenne pour un Internet plus

sûr, tous les ans

Publication d’un communiqué de presse

Interviews

❙ Site Internet de la Confédération

Prochaines étapes

❙ Traduire le document présentant la position

de la COFACE sur un Internet plus sûr

et le diffuser (en grec);

❙ Utiliser ce document comme base pour les thèmes

à aborder avec les autorités grecques;

❙ Chercher un financement afin d’organiser

plus d’évènements;

❙ Poursuivre plus d’opportunités afin de fournir

plus d’expérience « sur le tas » pour les parents.

atelier 4 > Éducation et technologie de l’information et de la communication : comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

49


50

mArie De blic

Confédération nationale des associations familiales

catholiques – CNAFC (France)

www.afc-france.org

« nouvelles technologies de l’information

: pour qu’elles ne soient pas

un ‘ désintégrateur ’ social »

Sans une vraie formation des adultes et des parents,

et sans une éducation des enfants et des jeunes, les

nouvelles technologies de l’information ne joueront

pas leur rôle d’intégrateurs sociaux, mais seront

« désintégrateur social » !

Ces nouvelles technologies ont ceci de formidable

qu’elles peuvent faciliter la vie quotidienne de

nombreuses personnes : accès rapide à l’information,

organisation facilitée pour les déplacements etc…,

création et entretien de réseau social, y compris

pour les personnes à mobilité réduite (malades,

handicapées, ou détenues) ou les personnes isolées

pour quelque raison que ce soit.

On a évoqué le risque de la « fracture numérique »,

cette possible exclusion de fait pour de nombreuses

familles ou personnes. Cette exclusion n’est pas liée au

fait d’avoir plus ou moins d’argent pour acheter ! Elle

est liée à la capacité de se débrouiller avec des objets

dont l’utilisation requiert des capacités que tous n’ont

pas ! En tant qu’association familiale, nous avons choisi

de nous intéresser à deux publics.

atelier 4

Éducation et technologie de l’information et de la communication :

comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

Notre service aux familles « qui peuvent »

Dans toute la France, mais aussi depuis un an en

Belgique et pour quelques communautés françaises

à l’étranger, plus de 600 groupes de parents, qu’on

appelle les Chantiers-Éducation, se réunissent

régulièrement sur des thèmes de l’éducation

au quotidien; parmi ces thèmes, la gestion de

l’ordinateur familial, la gestion du téléphone mobile

à la maison, les nouvelles technologies. Chaque mois,

le / la responsable du groupe prépare le thème qui

sera traité lors de la prochaine rencontre, avec la

documentation que nous mettons à sa disposition;

il / elle élabore un questionnaire qu’elle envoie aux

familles du groupe, et avant la réunion, les parents

sont invités à discuter en couple sur le sujet…

Ce questionnaire n’est pas envoyé ensuite à un

quelconque professeur d’éducation ou de relation

de couple. Il a pour strict objet d’aider les familles

à réfléchir sur la réalité de leur vie familiale, sur ce

qu’elles souhaitent vivre ensemble, sur ce qui est

difficile et pourrait être amélioré. Elles vont chercher

leur propre solution. Mais pour cela, confronter

ses questions avec d’autres est utile, et c’est là

qu’intervient cette rencontre mensuelle de deux

heures dans le Chantier-Éducation. Une dizaine de

parents, les mêmes pendant toute une année scolaire

pour faciliter la confiance, et l’animateur / rice est là,

qui veille à ce que la parole circule, et peut apporter

quelques bases de réflexion : chaque parent va trouver

SA solution en fonction de ses choix éducatifs.

En complément de ces rencontres, nous proposons

aux familles une journée de formation aux médias 1 ,

des conférences et des articles sur ces sujets dans

notre revue nationale, avec des conseils : ex. Donner

des limites temporelles (une petite durée par semaine,

atelier 4 > Éducation et technologie de l’information et de la communication : comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

éviter de les mettre trop tôt sur Facebook (avant

l’adolescence, cela semble inutile et dangereux),

expliquer pourquoi protéger l’intimité, limiter le

nombre de photos publiées, paramétrer avec eux

leur site, en évitant une trop grande diffusion, leur

apprendre à couper le contact dans les « chats », à dire

non, parler souvent avec eux, voir les dangers de la

« sur-communication » en phase adolescente (image

de soi faussée, narcissisme, pseudo-amitiés, temps

perdu, exhibitionnisme, voyeurisme, superficialité…)

Mais tout ceci suppose des familles volontaires,

qui choisissent de prendre du temps pour éduquer

leurs enfants et les protéger. Quand des difficultés

surviennent, elles ne sont pas seules pour réagir et se

faire aider.

Et pour les familles qui « ne peuvent pas » …

Mais il y a aussi des familles mal à l’aise avec l’écrit

(la lecture ou l’écriture), mal à l’aise avec la langue

majoritaire du pays, mal à l’aise intellectuellement

avec les connaissances combinées que supposent les

nouvelles technologies 2 , être capable d’abstraction …

Pour ces familles, les difficultés à résoudre pour « être

et rester connecté » supposent des compétences trop

éloignées de leurs compétences ordinaires.

Il y a aussi les familles qui sont dépassées par leurs

enfants, sur le plan technique ou sur le plan éducatif :

des jeunes qui imposent leurs « règles » parce qu’ils

savent, des parents qui ne se sentent plus capable de

garder le contrôle sur le temps de leurs enfants, …

Il y a des familles où on n’a jamais appris à dialoguer, à

prendre le temps de se dire les choses, de s’intéresser à

ce que fait l’autre…


Pour ces familles, le risque d’effets pervers des

nouvelles technologies est grand. La désocialisation

menace directement ceux qui vont passer de longues

heures de la nuit sur des jeux en réseau ou dans

des « chats » sans fin. Le déséquilibre des relations

peut s’installer facilement : beaucoup « d’amis » sur

Facebook mais aucun confident personnel, aucun

soutien amical et désintéressé dans les moments

difficiles, une grande solitude affective. Et nous ne

parlerons pas de l’addiction qui conduit certains

à ne plus se nourrir que d’un sandwich à côté de

l’ordinateur et à abandonner leurs études…

La société doit les protéger un minimum : c’est pour

ces familles que nous menons aussi une action

collective. Que faisons-nous ? Nous participons aux

travaux du Forum des Droits sur internet (FDI) et du

Collectif interassociatif pour l’éducation aux médias

(CIEM). Nous répondons aux consultations de la

Commission européenne sur ce sujet dans le cadre

de son programme « Safer Internet » (pour un Internet

plus sûr). 3

Par le biais de nos publications ou dans une émission

télévisée régulière, nous conseillons les familles, ex.

comment changer de fournisseur d’accès à internet

ou de téléphonie en évitant les difficultés, choisir son

contrat, le changer, comment lutter contre les spams,

« la télévision » …

Mais nous ne devons pas négliger la protection par

la justice : considérant la facilité d’accès à des images

choquantes, violentes ou à caractère pornographique,

nous avons choisi d’accompagner les familles

qui veulent contester devant les tribunaux des

publications qui heurtent gravement la jeunesse

ou le bon sens commun. 4 Ce travail de veille et de

« contrôle » vise à assurer la qualité de l’environnement

des familles et à garantir l’application effective de la loi

en matière de protection de l’enfance.

N’oublions pas que de nombreux contenus sont

mis en ligne ou organisés dans l’intention de piéger

des personnes, et non pas pour rendre service à la

communauté humaine ! À nous donc de protéger les

plus démunis !

1) Nous avons organisé le 9 décembre dernier une Journée de formation

aux médias, à l’intention des parents et éducateurs intéressés.

L’objectif était de permettre aux participants de s’approprier des outils

d’assistance. On y a aussi évoqué le métier du journaliste, la publicité, la

protection de l’enfance sur internet, les actions de notre mouvement dans

le domaine des médias, et le décryptage des images. Cette journée a été

très appréciée et nous allons la renouveler.

2) Il faut penser un peu à l’électricité, les ondes et les antennes, la

distinction entre matériel et logiciel, l’interdépendance entre les matériels

et leurs « pilotes », les pannes dont on ne sait pas si elles viennent

du fournisseur d’accès, d’un virus, ou d’un appareil défectueux.

3) Nous avons dit notamment qu’en France, la loi du 5 mars 2007 oblige

les hébergeurs éditeurs à vérifier l’âge des mineurs mais que le contrôle

de l’âge est généralement déclaratif et n’apporte donc pas de sécurité

absolue. J’en profite pour signaler la tenue du prochain Forum organisé

par la Commission européenne les 21-22 octobre à Luxembourg :

Safer Internet Forum 2010 – How do children use online technologies ?

Are parents up to speed ? How to cope with risks ?

4) Nous avons testé plusieurs sites internet, en présence d’un avocat

et d’un huissier, constatant plusieurs infractions de contenus

et d’accessibilité aux mineurs. Nous avons saisi la justice.

atelier 4 > Éducation et technologie de l’information et de la communication : comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

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olivier gérArD,

Union nationale des associations familiales

– UNAF (France)

www.unaf.fr

atelier 4

Éducation et technologie de l’information et de la communication :

comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

« pédaGoJeux : le site d’information

et de sensibilisation sur le jeu vidéo »

Constats

❙ Un manque d’information des parents

de l’univers du jeu vidéo;

❙ Une méconnaissance des parents

de la signalétique du Pan European Game

Information – PEGI;

❙ Une vision souvent caricaturale du jeu vidéo

véhiculée par les médias.

Issu d’une recommandation du Forum des droits sur

l’internet « Jeux vidéo en ligne : quelle gouvernance ? »,

le site PédaGoJeux a été lancé le 15 décembre

2008 en présence du secrétaire d’État chargé du

développement de l’Économie numérique, avec le

soutien de la secrétaire d’État en charge de la Famille.

Un collectif de dix membres fondateurs

❙ Pouvoirs publics : Délégation aux Usages

de l’Internet (DUI); Délégation Interministérielle

à la Famille (DIF); Internet Sans Crainte; Forum

des droits sur l’internet;

❙ Acteurs marchands : S.E.L.L; Microsoft;

Bayard Jeunesse;

❙ Associations : Union nationale des associations

familiales (UNAF), Action Innocence, JeuxOnLine.

atelier 4 > Éducation et technologie de l’information et de la communication : comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

Ce fonctionnement multiacteur assure la neutralité

des messages diffusés par PédaGoJeux. Chaque

partenaire participe activement à la réalisation des

missions de PédaGoJeux sous des formes variées

Des partenariats

❙ Permanents (ISFE, Ankama …);

❙ Événementiels (Salon du jeu vidéo, Kid Expo…)

Un site

Plus de 105 000 visiteurs uniques pour près

de 370 000 pages vues.

200 000 dépliants distribués

Participation à de nombreux salons

(Salon du jeu vidéo, Salon européen de l’éducation,

Kid Expo …)

Une grande campagne de sensibilisation

pour Noël 2010

Une couverture presse très large

dans tous les médias

❙ Presse écrite : AFP, Le Monde, Le Parisien, Libération,

Métro, 20 Minutes, Ouest France, La Voix du Nord,

Femme Actuelle, La Croix, Télé Loisirs, 01 Net,

LePoint.fr…

❙ Presse audiovisuelle : Europe 1, RTL, France Info,

RMC, France 3, LCI, M6 …

Une mise en avant par les pouvoirs publics

(questions au Gouvernement à l’Assemblée nationale)

Notre volonté

Inscrire PédaGoJeux dans une stratégie politique

et médiatique plus ambitieuse.


Notre souhait

Un engagement fort des consoliers et des éditeurs

à nos côtés.

6 grandes rubriques

pour répondre aux questions

que se posent les parents :

01. Sujets sensibles

❙ Le temps de jeu;

❙ Les débats autour de la dépendance;

❙ Les contenus sensibles…

02. Jeu et rapports sociaux

❙ Le jeu, enjeu d’autorité parentale;

❙ L’impact psychologique des jeux;

❙ Les métiers du jeu vidéo…

03. Bien choisir son jeu

❙ Le jeu et l’âge du joueur;

❙ La jouabilité;

❙ La publicité dans les jeux;

❙ La typologie des jeux;

❙ Les jeux les plus débattus…

04. Équipements

❙ Présentation des différents équipements

et de la mise en œuvre du contrôle parental…

05. Aspects financiers

❙ Les modes d’achat;

❙ Les aspects fiscaux…

06. Droits et devoirs

❙ La question du piratage;

❙ Le respect des règles du jeu…

Nous pourvoyons également des informations

complémentaires par le bais de :

❙ Dossiers thématiques (les métiers du jeu vidéo…);

❙ Ressources pédagogiques (guides, dépliants…);

❙ Parole donnée à des « experts » ;

❙ Points de contact.

Compte tenu de la dimension stratégique

et politique de la protection de l’enfance

dans le cadre vidéo ludique, il est nécessaire

de passer à une étape supérieure !

Ainsi il est notamment prévu :

❙ De procéder à une nouvelle version du site

et d’améliorer le référencement de celui-ci;

❙ De produire 500 000 dépliants et 200 affiches,

de réaliser des « goodies » PédaGoJeux

à distribuer sur les salons ou dans les conférences;

❙ D’accentuer la présence médiatique du site

par la réalisation de plans médias réguliers;

❙ De renforcer l’impact politique de PédaGoJeux.

atelier 4 > Éducation et technologie de l’information et de la communication : comment renforcer leur rôle d’ ‘ intégrateurs sociaux ’ ?

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54

panel > Jørgen Rønnest

panel

Jørgen Rønnest

Président du Comité des Affaires sociales, BusinessEurope

Je suis très heureux d’avoir l’occasion de partager avec

vous nos idées concernant l’équilibre entre la vie professionnelle

et la vie privée.

La conciliation entre la carrière professionnelle et la

vie privée est l’une des politiques prioritaires les plus

délicates à mettre en œuvre dans l’ensemble des États

membres de l’UE.

De nombreuses voies différentes ont déjà été explorées

afin de faire en sorte que les femmes et les hommes

ayant des enfants à charge puissent plus facilement

rester actifs sur le marché du travail.

La grande diversité de mesures et de formules de congé

qui existent dans les différents pays européens montre

clairement qu’il existe de nombreuses solutions possibles

à ce problème.

Cette discussion arrive d’ailleurs à un moment opportun,

dès lors que la crise a touché de manière égale les

femmes et les hommes. Pour l’heure, nous devons rester

optimistes quant aux perspectives de relance de la

croissance économique.

De manière générale – et c’était déjà le cas avant la

crise –, il apparaît comme une évidence que des progrès

sont encore possibles en matière d’utilisation des talents

disponibles sur le marché du travail.

C’est dans cette perspective que les partenaires sociaux

européens se sont penchés sur cette question en 2009

en négociant un accord-cadre sur les « Marchés du travail

inclusifs ».

Vu sous l’angle de l’égalité de genre, on observe depuis

quelques années une évolution positive, puisque le taux

d’emploi des femmes dans l’UE a augmenté de plus de

5% entre 2000 et 2009 (atteignant ainsi 62,5%).

Près de 80% de la progression globale de l’emploi durant

cette période est imputable aux femmes. S’il s’agit

là sans aucun doute d’un signe encourageant, il est

clair également que l’Europe a besoin de davantage de

femmes parmi les cadres et les dirigeants d’entreprise.

Il s’agit là d’un défi permanent.

démographie et taux d’emploi (europe 2020)

Ceci dit, le contexte évolue, surtout en raison de la

démographie.

Nous avons accueilli tout à fait favorablement l’objectif

de taux d’emploi de 75% prévu dans le cadre de l’initiative

Europe 2020. Si l’on prend en considération les

prévisions démographiques à travers l’UE, ainsi que la

croissance des taux de dépendance qui y est directement

liée, il est clair que les taux d’emploi doivent absolument

augmenter.

Ceci signifie que des mesures supplémentaires pourraient

être nécessaires afin d’améliorer encore l’équilibre

entre vie professionnelle et vie privée. Toutefois,

de telles solutions doivent être trouvées à l’échelon national

et doivent être définies en fonction des besoins

locaux et des conditions locales.

Formules de congé

Il est particulièrement important, à l’heure actuelle, de

souligner cet aspect. Je vais vous dire pourquoi à l’aide

de deux exemples.

1. En 2009, les partenaires sociaux ont revu la Directive

cadre sur le congé parental, laquelle a été transposée

entre-temps en Directive européenne.

Cette directive respecte la prérogative des États membres

de fixer eux-mêmes le niveau de compensation.

Elle reconnaît la diversité croissante des structures

familiales.

Elle prévoit également un mois supplémentaire

de congé non transférable, encourageant ainsi un

meilleur partage des responsabilités entre les parents,

mais de manière volontaire.

Et, enfin, elle contient des éléments d’incitation

susceptibles de favoriser un meilleur équilibre entre le

travail et la famille, tout en laissant le soin aux autorités

nationales et aux parents eux-mêmes de faire les choix

importants et en leur accordant la flexibilité nécessaire.

2. À propos du congé de maternité, la Commission a

proposé d’allonger le congé minimum légal dans toute

l’UE en le faisant passer de 14 à 18 semaines. Le Parlement

européen est allé beaucoup plus loin, demandant 20

semaines, plus deux semaines de congé de paternité,

avec, chaque fois, le maintien intégral du salaire.

Une telle mesure n’aurait pas sa place dans le

dispositif législatif à l’échelon de l’UE. Ce serait en

effet extrêmement coûteux pour la plupart des

pays (plus de 6 milliards d’euros pour seulement

9 pays), notamment pour ceux en proie à de sérieux

problèmes de finances publiques. Une telle initiative

risquerait donc d’hypothéquer la durabilité des

systèmes de sécurité sociale.

S’avancer sur cette voie pourrait à terme compromettre

certains systèmes existants comprenant un ensemble

de congés complémentaires les uns par rapport aux

autres et conçus précisément pour améliorer l’équilibre

entre le travail et la vie privée et pour encourager les

femmes à reprendre le travail après la naissance de leur

enfant (comme, par exemple, en Allemagne).

Enfin, cela pourrait nuire aussi aux perspectives

d’emploi des femmes sur le marché du travail.


activités des partenaires sociaux européens

Sachant que les causes des inégalités sur le marché du

travail sont complexes, les partenaires sociaux européens

ont adopté une approche privilégiant le développement

de stratégies intégrées comme étape préalable

à la recherche de solutions appropriées. Cette

approche englobe plus spécifiquement des actions à

différents niveaux visant à lutter contre la ségrégation

sur les marchés de l’emploi tout en levant les obstacles à

une meilleure harmonie entre vie professionnelle et vie

de famille, tant pour les hommes que pour les femmes.

En 2005, les partenaires sociaux européens ont ainsi

adopté le « Cadre d’action sur l’égalité hommesfemmes

», qui comprenait quatre priorités intégrées :

❙ S’attaquer à la problématique des rôles

masculins / féminins;

❙ Renforcer la participation des femmes

à la prise de décisions;

❙ Favoriser l’équilibre entre la vie professionnelle

et la vie privée; et

❙ Réduire l’écart de rémunération entre les sexes.

Les organisations membres des partenaires sociaux

européens se sont engagées à prendre des initiatives

pendant quatre ans (2005-2009) et à faire annuellement

rapport sur ce qui se faisait dans leur pays. Ces

rapports constituent un corpus riche d’informations et

d’exemples de bonnes pratiques visant à répondre aux

quatre priorités du Cadre d’action.

En 2008, les partenaires sociaux européens ont réalisé

une évaluation conjointe des progrès réalisés par les

États membres en matière de promotion de l’équilibre

entre vie professionnelle et vie privée.

En 2008 également, ils ont soutenu la mise en œuvre des

objectifs de Barcelone en matière de garde d’enfants, en

soulignant qu’il existait encore un écart significatif entre

l’offre et la demande de structures accessibles, abordables

et de qualité pour l’accueil des enfants. L’absence

de telles structures peut dissuader de nombreux parents

d’exercer une activité rémunérée, même lorsqu’il s’agit

de familles monoparentales.

C’est la raison pour laquelle BUSINESSEUROPE soutient totalement

les actions prévues dans le cadre de la nouvelle

Stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes

(2010-2015) en ce qui concerne la garde d’enfants.

temps de travail et arrangements contractuels

Ceci dit, BUSINESSEUROPE est inquiète de la mauvaise

image du travail à temps partiel et de son association avec

la précarité ou avec des formes de travail « atypiques »,

comme il en est question dans la nouvelle stratégie.

Par ailleurs, les partenaires sociaux européens ont conclu

plusieurs accords visant à promouvoir des formules de

travail flexibles susceptibles de faciliter la conciliation

entre vie professionnelle et vie privée (accord sur le télétravail

en 2002 et sur le travail à temps partiel en 1997).

La flexibilité du travail est un élément clé des marchés de

l’emploi actuels et de leur dynamisme. Ces pratiques visent

à aider les individus à organiser leur temps de travail,

et, en même temps, elles permettent aux entreprises

d’organiser leur travail avec la souplesse nécessaire.

Si elles veulent s’adapter à l’évolution technologique

et à la concurrence à l’échelon mondial, les entreprises

doivent être en mesure de développer de nouvelles approches

en matière de gestion de la main-d’œuvre.

Le principal objectif est de pouvoir mieux s’adapter aux

évolutions des marchés et d’améliorer la productivité.

L’organisation du temps de travail et la flexibilité contractuelle

sont des éléments cruciaux à cet égard.

Les entreprises sont soucieuses de donner à leurs employés

un environnement de travail qui les aide de manière

efficace à équilibrer leur travail et leur vie de famille,

et qui permette également d’accroître leur productivité.

Les formules de travail à temps partiel et à durée déterminée

sont donc très importantes, tant pour les entreprises

que pour les travailleurs.

Il faut reconnaître qu’une organisation souple du travail

peut aider les travailleurs à concilier harmonieusement

leur vie active et leur vie privée en leur permettant

d’aménager leur temps de travail en fonction de leurs

besoins individuels.

conclusion

Il est extrêmement important de souligner le fait qu’œuvrer

en faveur d’un marché du travail plus inclusif est

dans l’intérêt tant des entreprises que des employés.

Les entreprises devraient être encouragées à mettre en

œuvre des actions et des initiatives dans ce domaine,

et ce, sur une base volontaire et en fonction de leurs

spécificités et de leur contexte.

D’un État membre à l’autre, la diversité des pratiques et

des situations est telle qu’il serait inopportun d’appliquer

une approche unique à l’ensemble de l’UE.

BUSINESSEUROPE est également convaincu qu’il ne serait

pas opportun de renforcer davantage l’arsenal législatif

européen, déjà substantiel, en matière d’égalité

des chances.

Le débat autour de la question de l’équilibre entre la vie

professionnelle et la vie privée n’est pas neuf. Mais les

initiatives prises récemment par les partenaires sociaux

et les pouvoirs publics en matière de politique familiale,

de « flexicurité », etc. donnent un nouvel élan à la discussion,

surtout au vu des perspectives démographiques.

En ce sens, je pense que cette conférence tombe à point

nommé, et j’espère qu’elle ouvrira des perspectives

concrètes pour l’avenir.

JøRGen Rønnest

panel > Jørgen Rønnest

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panel > Henri Lourdelle

panel

Henri Lourdelle

Conseiller, Confédération européenne des syndicats

Je voudrais remercier les organisateurs de la Conférence

pour avoir invité la Confédération européenne des syndicats

– CES à intervenir pour expliquer son engagement

pour permettre de développer aux niveaux européen et

national des politiques familiales de qualité.

Je voudrais également saluer ce souci qu’a toujours eu

la COFACE d’associer les partenaires sociaux, et notamment

la CES, à ses réflexions.

Dans le temps relativement court qui m’est imparti, je

serai forcément quelque peu schématique parfois et je

réclame par avance, votre indulgence.

Même si la politique familiale n’est pas au sens strict

du terme de compétence directe européenne, la CES

comme beaucoup ici, s’implique, en fonction de ses

compétences et responsabilités, pour la mise en œuvre

au niveau européen de politiques qui soient favorables

aux familles

Mon homologue du côté des employeurs a déjà largement

développé ce que les partenaires sociaux ont développé

au niveau européen… Je n’y reviendrai donc

pas dans le détail.

Mais pour répondre très concrètement à la question de

notre Président de séance, à savoir que fait la CES et ce

qu’elle entend améliorer dans son action, je dirai qu’il

faut prendre en compte les besoins et les aspirations,

des jeunes, des femmes, des personnes âgées, autrement

dit des familles et…y répondre !

Et pour la CES, cela signifie qu’il faut d’abord se battre

sur les moyens dont doivent disposer :

❙ Les personnes;

❙ Les institutions.

les moyens aux personnes

Tout d’abord, la CES et ses organisations sont très mobilisées

dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion

sociale, ce qui se traduit tout d’abord par la garantie

d’un revenu décent, pour les personnes et les familles.

Et pour la CES, cette garantie ne peut se résumer à de

« solennelles déclarations », mais dans l’adoption au niveau

des responsables européens (Conseil et Parlement)

d’une directive en ce sens, directive non seulement le

droit à ce revenu garanti mais sur sa « qualité » (un revenu

« décent » !). Car lorsqu’un tel revenu existe, dans

tous les pays qui l’ont mis en place – pas tous hélas ! – il

est partout inférieur au seuil… de pauvreté ! ! !

C’est aussi, au niveau de l’Union européenne et des États

membres, en cette période de crise « briser » ce dogme

de l’orthodoxie financière, à savoir la réduction coûte

que coûte des déficits publics, dans le seul but de… rassurer

les marchés financiers !

À la CES, nous disons NON à cette approche.

Au contraire, comme je l’ai dit en cette période de crise

– que nous n’avons pas voulu et dont nous ne sommes

pas la cause… – nous disons qu’il faut utiliser les marges

qu’offrent ces déficits pour apporter des réponses

concrètes aux familles les plus vulnérables ou fragilisées

dans leurs membres (enfants, personnes âgées, handicapées,

femmes…) ou qui risquent de l’être…

Autrement dit c’est inverser le cours des réformes : autrement

dit replacer les intérêts des femmes, des hommes

et des familles au centre des préoccupations des responsables

politiques et remettre en cause cette équation

insupportable pour chacune et chacun d’entre nous

qui fait que chaque réforme est égale, est vécue, comme

de nouvelles restrictions qui nous sont imposées.

les moyens aux « institutions »

C’est redonner à la protection sociale, à la sécurité sociale

les moyens de son action. Or, nous nous trouvons

dans une situation paradoxale :

❙ d’un côté tout le monde s’accorde à reconnaître que

les systèmes sociaux ont joué un « rôle d’amortisseur

social », pour reprendre certaines expressions et

l’expérience montre que les pays qui avaient les

systèmes de protection sociale de meilleure qualité

ont permis à leurs ressortissants / es de supporter un

peu moins mal les effets de la crise !

❙ et de l’autre, le premier souci des États membres

et de réduire les dépenses publiques pour réduire

les déficits… Autrement dit réduire les moyens des

systèmes de protection sociale !

C’est aussi garantir son financement. Et avant de chercher

de nouvelles sources, il faut d’abord assurer les

sources qui existent.

Qu’est-ce que je veux dire par là ?

Aujourd’hui, la principale source de financement de la

protection sociale dans les différents pays de l’Union

repose sur les revenus du travail et sur la richesse que

génère le travail. Or, même avant la crise, mais celle-ci n’a

pas amélioré la situation, l’on assiste à une précarisation

de l’emploi (CDD, temps partiels non choisis, intérim,

stages…) et à une pression sur les salaires qui frappent :

❙ En premier lieu les jeunes : aujourd’hui « être jeunes,

c’est galère ! » (est-ce cela développer des politiques

familiales audacieuses et de qualité ?…);

❙ Les familles monoparentales et les femmes (à

qualifications égales avec des salaires moindres…

plus formées que les hommes, mais moins

nombreuses à accéder à des responsabilités, le

« fameux plafond de verre »…);


❙ Mais aussi l’ensemble des travailleurs / euses, ce que l’on

appelle les travailleurs / euses pauvres, les « working

poor ». Or « un travailleur / euse pauvre fera toujours…

un(e) retraité(e) pauvre ».

Et comme les cotisations et taxes qui financent la sécurité

sociale sont essentiellement assises sur les revenus et les salaires

des travailleurs(euses) : des salaires de misère génèrent

des cotisations de misère et engendre une protection sociale

de… misère !

D’où la campagne de la CES qui n’est pas une « campagne

boutiquière » mais bien une campagne « d’intérêt général

» en faveur des emplois de qualité (c’est-à-dire non précaires

et des salaires « décents », « adéquats » pourrait dire la

Commission !)

Et c’est ce que nous avons crié haut et fort le 29 septembre

par milliers à Bruxelles, mais aussi, à Prague, à Madrid, etc…

C’est aussi mettre fin aux pratiques d’exonérations de cotisation

de charges, diraient certains, comme si la solidarité

était une…charge ! – sans contrepartie en matière d’emplois

(création et / ou maintien), ce qui revient à créer de fait des

effets d’aubaine !… au nom de la compétitivité ! Et revoilà

« l’économique qui reprend le pas sur le social »

C’est aussi mettre à contribution d’autres sources de profits

et de richesses, qui aujourd’hui échappent au financement solidaire,

générées notamment par les transactions financières…

C’est aussi permettre à celles et ceux qui ont quitté leur travail

pour s’occuper de leur famille, de pouvoir y retourner. Et

c’est tout le sens de l’accord que les partenaires sociaux européens

ont conclu le 9 décembre dernier, et qui doit être mis

en œuvre dans les différents pays et qui s’intitule pour « un

marché de travail inclusif ». Par exemple en mettant en ouvre

au sein des entreprises ou des branches professionnelles des

mesures d’accueil, d’accompagnement, de formation pour

ces personnes…

C’est aussi, la sensibilisation et la mobilisation que nous

entretenons avec le Forum Européen des personnes handicapées

pour inciter nos membres à inclure des clauses spécifiques

relatives à ces personnes, dans les accords qu’ils signent

avec les employeurs, comme cela s’est fait par exemple en

Espagne.

C’est encore permettre un meilleur partage des responsabilités

au sein des familles, en introduisant un « congé de

paternité » dans la révision de l’accord sur le congé parental,

que les partenaires sociaux viennent de réaliser au niveau

européen. C’est pour nous un premier pas significatif qui va

dans la bonne direction…

C’est encore, mais là nous n’avons pas encore abouti au niveau

européen de mettre en place des congés spécifiques pour les

aidants familiaux (« aider les aidants »). Mais cela fait parti de

nos objectifs… Comme tu l’as demandé, cher William, voici

un point sur lequel nous devons continuer de faire porter nos

efforts et qu’il convient donc d’améliorer !

C’est aussi se battre ensemble pour des services de qualité accessibles,

financièrement et géographiquement, permettant

aux parents qui le veulent de concilier vie familiale et vie privée

avec vie professionnelle… Il s’agit ici d’une responsabilité

qui incombe aux États membres et à l’Union Européenne.

Car ces services, et d’une manière plus générale les services

sociaux, n’ont pas qu’une dimension « économique » mais ils

ont aussi une forte dimension « sociale » qui permet notamment

aux plus vulnérables d’entre nous, mais pas seulement

qu’à eux, d’exercer leurs droits sociaux, tels que rappelé dans

le Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne (Traité

dit de « Lisbonne »).

Bon, je pourrais continuer, car la route est encore longue et les

obstacles encore bien réels si l’on s’en tient aux discours libéraux

ambiants. Mais je crois que le temps de parole qui m’était

imparti écoulé et je ne voudrais pas vous donner le sentiment

que je suis en train de dresser une « liste à la Prévert »…

Mais ce que j’ai essayé d’illustrer et que vous connaissez bien,

comme en témoigne le programme de cette Conférence

qui s’achève, c’est qu’on ne peut développer une politique

européenne, sans avoir une approche holistique, mettant à

contribution tous les acteurs…

Et pour conclure, si j’avais un message à délivrer au nom de la

CES à la Présidence belge de l’Union, au Conseil, au Parlement,

à la Commission – rassurez-vous, je ne vais pas en cela commettre

un « crime de lèse COFACE », car ce message s’inscrit

dans le lignée de vos propres messages – c’est de remettre

le social à sa place, c’est-à-dire au cœur des priorités européennes.

C’est l’émanciper du joug de l’économie sous lequel

on le contraint. Autrement dit, inverser les termes de

l’équation des politiques actuelles : « donnons la priorité à la

dimension économique et ensuite nous verrons ce que nous

pouvons faire… socialement ! ». Non pour nous l’équation correcte

est « déterminons et fixons ensemble nos priorités sociales

et voyons comment dégager les moyens (économiques)

pour les mettre en œuvre.

Autrement c’est replacer les femmes, les hommes, autrement dit

« l’humain » au cœur de nos priorités et de nos engagements. Et

c’est notre « fil rouge » à la CES. Et c’est ainsi, et nous en sommes

convaincus, que nous pourrons avoir une politique familiale, y

compris au niveau européen, audacieuse et… solidaire.

Je vous remercie pour votre attention.

henRi louRdelle

panel > Henri Lourdelle

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panel > conny Reuter

panel

Conny Reuter

Président de la Plate-forme sociale

Merci beaucoup. Dans votre introduction, vous avez dit

que nous avions chacun huit minutes pour présenter

notre point de vue. Mais que pourrais-je bien dire à la

COFACE concernant le point de vue de la Plate-forme

sociale (PS) sur ces questions ?

En effet, comme vous faites partie de la Plate-forme

sociale, et que vous en êtes un acteur important, je ne

peux pas dire que « notre » opinion est celle-ci ou celle-là,

parce que ce serait forcément notre opinion commune.

Je voudrais dès lors avant tout vous féliciter d’avoir inscrit

ce thème de l’inclusion sociale des familles au programme

de la Présidence belge de l’UE.

Je pense que nous avons apprécié l’orientation très sociale

de la Présidence belge, qui a démarré dans cette

salle il y a juste trois mois.

Il y a trois mois, les partenaires sociaux, Business Europe,

la CES et, dans un second temps, la Plate-forme sociale,

ont rencontré la Présidence belge. Nous avons discuté

avec le Commissaire et eu des échanges de vues avec

le Parlement, et avons entendu ce que les partenaires

sociaux avaient à dire.

Il est toujours important de souligner que notre rôle

n’est pas d’introduire une confusion entre, d’une part,

le dialogue social, et, d’autre part, le dialogue civil. Mais

ce qui est important pour nous, c’est d’épingler les questions

sociales, et il est certain qu’en tant qu’employeur,

syndicaliste ou ONG du secteur social, vous devez faire

particulièrement attention au dialogue social dans

votre propre secteur. Mais d’autre part, vous êtes aussi

un employeur et, d’une certaine manière, un créateur

d’emplois. Et il est vrai que du point de vue de la création

d’emploi, dans le secteur social, nous représentons

environ 12 % de l’emploi actuel en Europe.

Nous reviendrons peut-être sur la question de la qualité

de ce secteur, parce qu’il y a là un problème réel… Mais

on nous a demandé de parler de la question de l’équilibre

entre la vie professionnelle et la vie privée et sur la

manière d’aider les familles à concilier ces deux aspects.

Je pense que pour la Plate-forme sociale, il est clair que

nous souhaitons renforcer la priorité accordée à la vie

de famille, mais il existe un contexte particulier qui est

lié aux changements démographiques et également à

certaines évolutions sociales.

En matière de changements sociaux, on peut certes s’attaquer

au problème du vieillissement de la population,

mais l’on devrait également tenir compte de la diversité

croissante des familles. La « famille classique » n’existe

pas : il existe différentes formes familiales, dont, notamment,

les familles monoparentales.

Je pense qu’il existe actuellement un risque, particulièrement

parmi ceux qui nous gouvernent, de faire reposer

toute la charge de l’inclusion sociale sur les épaules,

d’une part, de l’école, et, d’autre part, des familles.

J’en reviens à ce propos à la question de la crise, car quel

est en effet l’état de la crise actuelle dont parlait Henri

Lourdelle (conseiller à la CES) ?

Il me semble qu’on est en train de revenir à une certaine

forme d’orthodoxie financière. Il est évident que

personne ne souhaite un alourdissement de la dette publique

ou une aggravation des déficits publics. Mais le

problème est qu’aujourd’hui, dans le contexte politique

actuel, on ne parle que des 3% et des 16%, et nous utiliserions

au maximum la capacité d’intervention. À propos

de capacité d’intervention, je voudrais revenir à quelque

chose qui a déjà été dit… À une notion clé en matière

de politique sociale, à savoir la notion d’investissement.

Je veux parler plus précisément des investissements

dans les politiques et les infrastructures sociales. Car en

temps de crise, nous savons que les besoins augmentent

et que nous devons trouver des réponses. Et nous savons

aussi que le secteur dans lequel nous travaillons n’est

pas seulement un secteur entrepreneurial où les acteurs

créent de nouveaux emplois et font du commerce, ont

un chiffre d’affaires, etc., mais qu’il s’agit surtout d’offrir

des services qui ne rapportent rien si ce n’est de la reconnaissance.

Et, tout au plus, une reconnaissance sociale.

Ce qui doit donc nous intéresser dans notre travail, c’est

de voir comment concilier les mesures et les intégrer

dans une approche globale. Je pense aussi qu’il faut dire

que l’Europe a accompli des progrès et que l’on peut

faire référence à ce qui figure dans la Charte des droits

fondamentaux de l’UE. Il y a en tout cas trois droits fondamentaux

auxquels on peut se référer : le droit à une

vie privée et à une vie de famille, le droit à des services

publics de qualité et le droit à un haut niveau de protection

sociale.

En ce qui concerne ces deux derniers points en particulier,

on se situe pleinement dans le domaine des politiques

de l’UE. Mais la question des services sociaux

suscite un débat : les intérêts sociaux doivent-ils être

vus sous l’angle de l’intérêt général ou faut-il considérer

les services sociaux comme une partie d’un marché

intérieur ?

Les règles du marché sont-elles les seules à prendre en

considération ? Ou faut-il plutôt envisager l’aspect de

l’intérêt général et donner également la possibilité aux


acteurs de ce secteur, qui sont des organisations comme

les vôtres ou comme la Plate-forme sociale, d’intervenir

en étant reconnus dans leur rôle spécifique.

J’en viens à présent aux systèmes de protection sociale.

À ce propos, tout le monde a accueilli favorablement,

durant la crise, ce que l’on a appelé les « stabilisateurs automatiques

», mais tout le monde semble soudainement

frappé d’amnésie en oubliant que c’était également un

investissement et qu’il fallait investir, après la crise et

avant la suivante. On ne peut se limiter aux approches

économiques et sociales, quand on parle de crise… C’est

aussi une question de nécessité ; il faut anticiper. Il faut

qu’il y ait une marge de manœuvre… et il doit exister

aussi une possibilité de répondre aux besoins.

La question de la prise en charge et des soins a souvent

été évoquée dans ce contexte. Je voudrais à ce propos

vous adresser une invitation, car la Plate-forme sociale

a osé et a eu le courage de mettre la question des soins

et de la prise en charge au cœur de notre conférence

annuelle. Et qu’avons-nous découvert ? Nous avons découvert

la réalité qui est la vôtre.

Cela signifie que lorsque l’on traduit « care » par « Pflege »

en allemand, ou par d’autres mots en italien ou en espagnol,

ce n’est pas seulement une question de langue.

C’est bien plus que cela, c’est une question de concepts.

Si l’on veut continuer à développer les politiques européennes

dans ce domaine, il est donc indispensable que

nous sachions de quoi nous parlons.

Et puis, il y a une deuxième question. C’est toujours facile

de dire : oui, le Traité de Lisbonne est le cadre constitutionnel;

oui, nous sommes d’accord là-dessus; oui, beaucoup

de progrès a été accompli, car je pense qu’il est

également nécessaire de mettre une autre question à

l’ordre du jour : où allons-nous oser mettre d’avantage

d’Europe ? Où l’Europe pourrait-elle permettre de réaliser

des avancées et où devrions-nous la laisser de côté ?

La réponse n’est pas toujours facile à donner. C’est aux

États membres de décider. Cela dépend des réalités locales

ou régionales.

Le problème est, pour une grande part, de déterminer

comment mettre la transversalité au sens social au cœur

des politiques européennes…

Et je pense que nous avons maintenant une chance

– même si ce n’était pas présent dans vos interventions –

de parler de la Stratégie Europe 2020, et notamment des

programmes phares.

Un débat est actuellement en cours sur ce que devrait

être l’initiative phare en matière de pauvreté, et la question

se pose également à la Plate-forme sociale, avec ses

42 organisations différentes, dont la COFACE.

La question qui se pose n’est pas au premier plan celle

de l’instauration d’une MOC sociale, qui est nécessaire

dans les États membres et qui donne voix au chapitre

à tous les acteurs concernés : il s’agit bien davantage

de voir quelles étapes concrètes mettre en œuvre pour

contribuer à éradiquer la pauvreté, et c’est une question

qui relève des politiques européennes. Et nous sentons

bien qu’en ce moment, cette question reste assez ouverte

; nous attendons quelque chose de réellement

concret à ce niveau-là. Nous pourrions d’ailleurs avoir

bientôt des éléments de réponse, étant donné qu’une

table ronde sur le thème de la pauvreté sera organisée

la semaine prochaine, et d’aucuns pensent que la

Commission fera à cette occasion des propositions plus

claires et plus visibles.

Parler de manière positive pendant huit minutes, c’est

long ! Je vais donc m’arrêter ici en disant qu’il est important

que les ONG sociales continuent à considérer les

investissements dans les infrastructures de soins et de

prise en charge comme une nécessité. Nous insistons

en outre, nous ralliant ainsi aux revendications des syndicats,

sur la qualité des emplois dans le domaine de

la prise en charge et de la santé, car nous savons que

ce secteur occupe un nombre significatif de travailleurs

à faible revenu, notamment parmi les travailleurs

immigrés.

Comme je l’ai dit, nous devons également poursuivre

notre travail dans le domaine de la qualité des services

de soin et de prise en charge, car des services de qualité,

ce sont des services accessibles, financièrement abordables,

durables et individualisés. Et il faut à cet égard

lui reconnaître ce rôle spécifique…

Je ne parlerai pas du côté négatif des programmes d’austérité,

ni de la nécessité d’investir dans des infrastructures

sociales. Nous avons encore tous à l’esprit cette

citation d’un célèbre Président des États-Unis qui disait

toujours « It’s the economy, stupid ! » (c’est l’économie,

bêta !). Peut-être devrions-nous changer ce paradigme et

dire plutôt : « It’s the social, stupid ! » (c’est le social, bêta !).

Je vous remercie pour votre attention.

connY ReuteR

panel > conny Reuter

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panel > anna Záborská

panel

Anna Záborská

Présidente Intergroupe Famille au Parlement européen, Parti populaire européen (SK)

Merci beaucoup monsieur le Directeur, monsieur le

Président… Mesdames et messieurs les représentants

des différentes organisations familiales, des

différentes institutions européennes,

Vous m’avez invitée à partager quelques réflexions

sur la manière dont la politique européenne pourrait

soutenir la famille.

Je souhaiterai tout simplement témoigner à la

lumière de l’agenda session plénière de l’agenda

de la semaine prochaine. Nous allons discuter de

plusieurs rapports qui concernent la vie familiale

à des moments différents.

La naissance des enfants qui nécessite un congé

de maternité pour la mère, la reconnaissance du

travail, le droit au revenu minimum.

L’Europe sociale est très loin d’être achevée, nous

avons besoin de votre soutien pour achever une

union qui reconnaisse la place primordiale de la

famille pour son avenir.

Nous avons besoin des associations familiales qui

encouragent les décideurs politiques à aller plus

loin. Il faut positiver la famille, c’est notre tâche

commune.

La différence entre les ambitions politiques et la

réalité institutionnelle est énorme. Au Parlement

européen, 736 députés partis dans 27 délégations

nationales et 7 groupes politiques essayent depuis

deux ans de trouver une position commune

relative à l’amélioration du congé de maternité.

Monsieur le Directeur, vous êtes bien au fait de

tout cela.

Nous sommes tous d’accord pour protéger les

jeunes mamans enceintes ainsi que leurs enfants.

L’idéalisme ne coûte pas cher.

En revanche, lorsque nous voulons graver dans l’acquis

communautaire la vraie valeur ajoutée du modèle

social européen les décideurs ici à Bruxelles,

et dans les autres capitales, entrent dans une résistance

impressionnante.

Toutes les institutions nationales et européennes

se déclarent d’accord pour dire qu’il est impératif

de faire face au défi démographique.

Nul n’ignore à présent le risque de voir s’effondrer

les systèmes de sécurité sociale. Mais les opinions

divergent sur la manière dont il faudrait rassurer les

jeunes femmes et les jeunes pères de famille sur les

circonstances économiques et financières liées à la

naissance d’un bébé.

Au fond se pose aussi, sans moralisme, la valeur

ajoutée du modèle social européen. Quel coût

dans son ensemble la société est-elle prête à payer

pour que les mères de famille puissent s’occuper

de leurs nouveau-nés ? Ainsi, le projet de fonder

une famille, d’accueillir des enfants s’articule dans

le monde politique tout d’abord autour d’une adéquation

entre coûts et profits.

Or, personne ne fonde une famille pour des motifs

d’argent et de profits.

Les institutions européennes sont incapables

d’appréhender les citoyens autrement qu’en tant

qu’employés, contribuables intégrés dans une relation

professionnelle.

Il ne suffit pas d’être intégré dans un collectif de travailleurs

pour être heureux. Un deuxième exemple

reflète la politique sociale européenne à l’égard

des femmes ayant un travail précaire ainsi que le

droit au revenu minimum garanti.

Toutes les familles doivent pouvoir se fonder dans

des conditions économiques et financières décentes.

La politique a autorisé à prendre des mesures

politiques pour combattre le travail précaire.

Toutefois, n’essayez pas de vous imaginer la dure

lutte au sein des commissions compétentes pour

introduire dans ce rapport la notion du travail de

la femme au foyer, ne fut-ce qu’une fois.

C’est impossible… la famille institutionnelle discrimine

les femmes parce qu’elle refuse le libre choix

entre deux alternatives équivalentes.

Un dernier exemple concerne un rapport étudié

actuellement au sein de la Commission FEMM et

qui traite de la conciliation entre vie familiale et la

vie professionnelle pour combattre la délinquance

juvénile.

Au fond, la question se pose dans les termes

suivants :

Les politiques de conciliation entre vie familiale et

la vie professionnelle permettent-elles vraiment

aux parents d’être davantage disponibles pour la

famille ?


Nos observations au quotidien démontrent que

la flexicurité ambiante ne le permet plus. Il est

toutefois indispensable de reconnaître en termes

économiques chiffrés l’investissement des mères et

des pères dans l’éducation des jeunes en tant que

véritable investissement au profit du bien commun

et pour le bien-être des futures générations.

En conclusion, la politique commune peut-elle

contribuer à l’inclusion de la famille ? D’abord,

elle peut à nouveau rendre justice à la femme, à

l’homme et à la famille. La politique doit positiver

la famille.

Nous faisons face au défi démographique, nous

cherchons à maintenir la valeur ajoutée du modèle

social européen. Nous voulons combattre les

inégalités sociales, nous voulons équilibrer les politiques

de conciliation pour permettre un vrai choix

entre les alternatives équivalentes, etc.

Mais nous avons peur d’évoquer la famille, dans les

discours institutionnels publics. Et je parle de mon

expérience au Parlement européen où la famille

apparaît plutôt comme frein à l’individualisation

sur le marché de l’emploi, notamment dans le

cadre de la libre circulation des travailleurs.

Ou bien faut-il alors mettre en place les règles pour

le divorce international ? Mais aujourd’hui c’est l’absence

des familles qui est problématique.

C’est pourquoi les politiques devraient parler de

manière positive des familles. Je ne parle pas d’un

romantisme déplacé, je connais la question de ma

propre expérience.

La politique aujourd’hui fait comme si la famille

ou l’éducation des enfants étaient d’abord des

problèmes qui se traitent par l’individualisation

ou par l’externalisation de l’éducation des enfants.

Pourtant, la famille est le lieu principal de la formation

des générations futures.

Tous sommes d’accord pour le dire. Aucun décideur

politique n’a le courage pour prendre des décisions

afin de traduire par des actes concrets ce soutien

à la famille.

C’est pourquoi je vous dis : nous avons besoin

de vous. Nous avons besoin des organisations

familiales !

Faites entendre votre voix et venez à la rencontre

de vos députés européens mais aussi nationaux

pour leur expliquer la discrimination à laquelle la

famille est exposée aujourd’hui.

Je vous remercie.

anna záboRská

panel > anna Záborská

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panel > emmanuela tassa

panel

Emmanuela Tassa

DG Emploi, Affaires sociales et Égalité des chances, Commission européenne

Merci pour l’invitation et pour cette occasion qui

m’est ainsi donnée de présenter le travail de l’Alliance

européenne pour les Familles.

Je pense que pour répondre à la question, nous devons

partir de ce qu’il va nécessairement falloir réaliser

pour les familles dans les années à venir. Selon

moi, il y a deux priorités : (1) créer des conditions

favorables pour ceux et celles qui désirent avoir

des enfants, qui en ont déjà ou qui ont la charge

d’autres personnes dépendantes; et (2) promouvoir

l’égalité des chances pour les enfants afin de leur

permettre de développer pleinement leur potentiel.

Cet objectif nécessite que l’on s’attaque à différents

problèmes tels que la pauvreté, le manque

de formation, la marginalisation, etc.

Au niveau européen, la plupart de ces problèmes

sont traités par le biais de la Méthode Ouverte de

Coordination, dès lors que, de manière générale,

les politiques sociales sont une compétence des

États membres. Le rôle de la Commission est d’assurer

une coordination des politiques, d’accomplir

un travail d’analyse et de superviser les progrès

accomplis par les États membres.

Comme le Commissaire l’a rappelé hier, la lutte

contre la pauvreté et la promotion de l’inclusion active

figurent parmi les priorités inscrites à l’agenda

politique de l’UE. La Stratégie Europe 2020 vient

d’affirmer une nouvelle fois ces principes. Cette

stratégie comprend un volet spécifiquement

consacré à la pauvreté et prépare la mise en place

de la Plate-forme européenne contre la pauvreté,

qui devrait permettre une meilleure intégration

des différentes politiques au niveau de l’UE.

Ceci dit, l’Alliance européenne pour les familles

n’est pas directement impliquée dans la MOC.

Comment contribue-t-elle alors aux deux priorités

que j’ai citées ?

L’Alliance met essentiellement l’accent sur l’apprentissage

mutuel, et ce, du point de vue des familles.

Je pense que cette perspective familiale est la vraie

valeur ajoutée de l’Alliance. Et c’est au travers de

cet apprentissage mutuel qu’elle peut influencer

le développement d’une approche commune, au

niveau de l’UE, à l’égard des politiques familiales.

Laissez-moi brièvement rappeler comment fonctionne

l’Alliance. Les échanges d’informations sont

soutenus à différents niveaux.

Tout d’abord, il y a les réunions régulières du

Groupe d’experts sur les questions démographiques.

Ce groupe se compose d’experts délégués

par les différents pays et d’experts indépendants.

Bien que les thématiques abordées lors de

ces réunions débordent du cadre des seules questions

familiales, la famille y tient une place centrale.

Les réflexions menées au sein de ce groupe

alimentent le Forum sur la démographie, qui a lieu

tous les deux ans. De plus, pour échanger des idées

avec un public plus large, l’Alliance organise également

des séminaires, qui sont ouverts en particulier

aux ONG intéressées, dont font notamment

partie la COFACE, Eurochild et le Lobby européen

des femmes.

Des séminaires régionaux spécifiques sont également

organisés sur des thématiques qui concernent

plus ou moins les États membres en fonction

des compétences spécifiques qu’ont les pouvoirs

locaux dans chaque pays.

Il existe également des réunions plus analytiques,

organisées par le Réseau des politiques familiales,

où, comme son nom l’indique, il est exclusivement

question de politiques familiales.

Et, enfin, il existe de plus petites réunions, sortes

d’ateliers de « bonnes pratiques » lors desquels on

présente certaines expériences spécifiques menées

dans certains pays et où l’on évalue la possibilité

de les transposer dans d’autres contextes

nationaux.

Pour diffuser des informations vers un public plus

large, l’Alliance utilise un portail Web. Ce portail

donne accès à des descriptifs de pays, à des études,

aux actualités et aux événements liés aux politiques

familiales. Le site propose également une

large section consacrée à des exemples de bonnes

pratiques, dont certaines ont été cofinancées par

le Fonds social et par d’autres programmes européens.

Comme vous le savez, il n’existe pas de

financement spécifiquement destiné aux familles,

mais le financement de mesures favorisant la conciliation

entre vie professionnelle et vie privée représente

un soutien substantiel aux familles. Au total,

près de 3 milliards d’euros ont été prévus, durant

la période 2007-2013, pour soutenir des mesures

destinées à favoriser cette conciliation et à renforcer

l’offre en matière de garde d’enfants.


Nous avons essayé d’utiliser au mieux les ressources

disponibles, notamment en publiant une

brochure d’information qui explique comment

obtenir l’aide du Fonds social afin de financer des

projets favorables aux familles, notamment pour

améliorer l’offre de services de garde d’enfants.

La dernière mission clé de l’Alliance est la recherche.

C’est dans ce cadre que l’AEF a notamment

financé le développement et l’extension

de la base de données de l’OCDE sur la famille.

Cette base de données est une source d’information

intéressante sur les politiques familiales, et elle

constitue un outil très précieux pour évaluer et positionner

les pays les uns par rapport aux autres.

L’Alliance a été également impliquée dans le projet

FAMILYPLATFORM, un nouveau concept intéressant

dans le cadre duquel des chercheurs, des ONG

et des décideurs politiques travaillent ensemble

afin d’élaborer un agenda pour la recherche centrée

sur la famille. À ma connaissance, il s’agit de la

seconde expérience du genre après celle consacrée

à la cohésion sociale urbaine. Je n’en dis pas

davantage, car ce projet sera présenté plus tard et

en détail par le professeur Uhlendorff.

Que pouvons-nous faire d’autre, ou de plus, à l’avenir ?

Nous effectuons en ce moment une évaluation

interne afin d’identifier des domaines dans lesquels

nous pourrions renforcer notre action. Nous

comptons certainement améliorer la visibilité du

processus et impliquer un plus grand nombre de

parties prenantes. Je voudrais également souligner

que nos activités sont largement déterminées par

la demande et qu’elles dépendent donc fortement

de l’apport individuel des États membres.

La Commission s’est engagée à dresser le bilan

du travail effectué par l’Alliance au bout de trois

ans, c’est-à-dire à la fin 2010. À cet effet, un questionnaire

a été soumis au groupe d’experts et aux

parties prenantes, et, de manière générale, les

activités menées par l’Alliance ont été évaluées

positivement. Notamment par la COFACE, qui,

comme d’autres partenaires interrogés, a fait une

suggestion intéressante visant à renforcer le lien

avec la MOC sociale. De nombreux éléments sont

déjà présents. Je pense donc qu’il s’agit d’une proposition

très intéressante qui mérite d’être étudiée.

Toutefois, comme vous le savez, les détails

sur l’avenir du la MOC sociale et ses liens avec la

Plate-forme contre la pauvreté ne seront réellement

connus que d’ici la fin de l’année.

Je voudrais conclure en vous rappelant la tenue

prochaine d’un événement important, à savoir le

Forum sur la démographie. Comme d’habitude,

certaines sessions seront consacrées à des thématique

familiales, et seront dès lors une bonne

occasion de mener une réflexion de haut niveau

sur les politiques familiales.

Je vous remercie de votre attention.

eMManuela tassa

panel > emmanuela tassa

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panel > uwe uhlendorff

panel

Uwe Uhlendorff

Coordinateur de projets, FAMILYPLATFORM Technical University of Dortmund

contexte

FAMILYPLATFORM =

« Plate-forme sociale de recherche sur la famille et la politique familiale »

❙ L’objectif est d’élaborer un agenda de la recherche pour l’UE et les États

membres en collaboration avec des scientifiques et les acteurs concernés

(OSC, décideurs politiques);

❙ « Feuille de route pour la recherche en UE » 2011-2013 avec désignation

indicative des défis de société et des thèmes du futur programme

de travail.

Faits

❙ Action de soutien financée par la Commission européenne, DG

Recherche;

❙ Durée : 18 mois;

❙ Consortium de 12 participants (9 centres de recherche européens

et 3 organisations de la société civile : COFACE / MMM / FDAF).

Objectifs

❙ Compilation et analyse de la recherche existante sur la vie familiale;

❙ Identification de sujets encore non étudiés;

❙ Identification de questions politiques clés et de thèmes de recherche

fondamentaux : La vie de famille en Europe en 2035;

❙ Agenda de la recherche : recommandations pour de futures études;

❙ Instauration d’un système de feedback entre différents groupes;

❙ Aider les décideurs politiques à relever les défis de demain…

❘ En réalisant des études à l’échelle européenne;

❘ En adoptant la « Foresight Approach »

(approche basée sur la prévoyance);

❘ Recommendations pour l’élaboration de programmes de recherche

(au niveau de l’UE et des États membres).

défis pour la politique et la recherche

1. Comment les politiques peuvent-elles soutenir les transitions

familiales au cours de la vie ?

Les passages (à la parentalité, à la scolarité pour les enfants, à l’autonomie pour

les jeunes qui s’émancipent, à la prise en charge des aînés, etc.) sont devenus

❙ Plus problématiques;

❙ Plus fréquents;

❙ Plus fortement liés à des décisions individuelles;

❙ Plus influencés par les exigences et les problèmes des systèmes

économiques.

Exemples de thèmes de recherche :

❙ Planning familial, notamment les questions du passage

vers la maternité / paternité et les attentes à cet égard;

❙ Meilleure compréhension de la formation des familles, des transitions

et des trajectoires, y compris les processus décisionnels et les raisons

qui motivent ou retardent les transitions (vers la parentalité,

la vie conjugale, le divorce, etc.);

❙ Processus de transition vers la parentalité dans des conditions de pauvreté.

2. Fonder une famille dans une société complexe :

Comment aider les familles à gérer leur quotidien ?

Défis : parentalité, éducation, notions de genre, diversité des formes familiales…

Thèmes de recherche :

❙ Interactions entre les membres d’une famille en rapport avec la vie

quotidienne;

❙ Étude de la manière dont la vie commune au sein d’une famille

se met en place, jour après jour, sous l’effet de ses membres.

3. Formules de prise en charge :

Comment assurer la prise en charge sociale dans l’Europe de demain ?

❙ Qualité de la prise en charge et équilibre entre les formules publiques

et privées;

❙ Formes sociales novatrices;

❙ Reconnaissance de la prise en charge bénévole;

❙ Qualité des services sociaux.


4. Innovations sociales en matière d’équilibre entre travail et vie privée :

Suggestions de mesures pour alléger les « heures de pointe » dans le cycle

de vie des familles, p. ex. : Assurance « temps de prise en charge » ou compte

« crédit-temps » de plusieurs années (à répartir sur toute la durée d’une vie de

famille) permettant de s’occuper d’autres personnes (jeunes ou âgées).

5. Pauvreté, inégalité et ségrégation :

❙ Comment s’attaquer à la pauvreté et aux inégalités sociales ?

Comment renforcer les environnements favorables aux familles ?

❙ Mieux comprendre les inégalités sociales entre familles;

❙ Mieux comprendre le rôle que jouent les familles

dans la transmission intergénérationnelle des inégalités sociales;

❙ Mieux comprendre les liens entre les politiques menées

et les inégalités entre les familles et en leur sein même.

6. Solidarité intergénérationnelle et entourage :

Comment encourager les réseaux sociaux ?

❙ La solidarité intergénérationnelle et l’appui de l’entourage

semblent être l’une des bases du soutien aux familles;

❙ Importance de l’aménagement urbain;

❙ Alliances locales pour les familles (partenariats publics-privés).

Logement, environnement et développement local :

nécessité d’une politique d’urbanisme globale et approfondie comprenant :

❙ Une évaluation de la proximité physique des familles

(habitat, déplacements vers le travail et vers l’école);

❙ Une planification en matière de logement et de voisinage;

❙ Gestion des espaces publics (p. ex. plaines de jeux);

❙ Transports publics et privés;

❙ Réseaux de proximité.

7. Gestion de la vie de famille et bien-être des enfants :

Thèmes de recherche :

❙ Conflits entre les meilleurs intérêts des enfants et ceux de leurs parents;

❙ Troubles mentaux chez les enfants et chez les jeunes;

❙ Mobilité et immigration croissantes :

quel impact sur le bien-être des enfants et des adolescents ?

❙ Point de vue des enfants sur les formules de congé;

❙ Implication des grands-parents dans la prise en charge quotidienne

des enfants;

❙ Point de vue des enfants sur les formules de garde après divorce;

❙ « Qu’est-ce que le bien-être de l’enfant ? »

Merci de votre attention !

uWe ulhendoRFF

panel > uwe uhlendorff

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Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants

des Institutions européennes,

Chers amis,

Il m’incombe, selon l’ordre du jour, de me livrer à un

exercice intitulé « discours - programme ». C’est un terme

un peu ambitieux mais qui a le mérite d’orienter cette

fin de Conférence vers des objectifs à atteindre, vers des

options à déterminer.

Ces quelques mots se veulent être les vôtres, chers

membres des Organisations familiales réunies au sein

de la COFACE. Les vôtres car nous avons déjà débattu

des grandes lignes de cette intervention durant la réunion

du Conseil d’Administration tenue avant-hier ; les

vôtres car nous avons tenté d’y insérer depuis lors les

idées, expériences ou remarques que vous avez formulées

en séances plénières et pendant les quatre ateliers

thématiques.

À chaque phase de nos deux journées de Conférence, en

effet, ont été fidèlement notées toutes vos interventions,

et je saisis cette occasion pour remercier chaleureusement

les présidentes et le président des quatre ateliers

ainsi que les deux rapporteurs de ces ateliers pour le

travail difficile, rapide et précis qu’ils ont mené à bien.

Hier, à la fin de mon mot d’accueil, j’exprimais le vœu

que cette réunion fût interactive, placée sous le signe de

la tolérance, en un mot, disais-je, constructive. Je pense

qu’elle a été effectivement constructive, puisque vous

vous êtes beaucoup et bien exprimés, et c’est ce que

nous allons tenter de rassembler ici.

Je m’exprimerai en trois points. Je rappellerai d’abord

quelques faits, quelques traits fondamentaux de notre

vie commune. Puis je verrai – ce sera notre chapitre le

allocution de clôture > Yves Roland-Gosselin

allocution de clôture

Yves Roland-Gosselin

Président de la COFACE

plus long – ce que nous souhaitons faire dans le cadre de

l’Union européenne. Enfin, le troisième point sera plus

personnalisé : nous y examinerons un peu quel est notre

mode de faire et ce qu’il y a lieu d’y changer.

I. Rappelons d’abord quelques points fondamentaux qui

nous rassemblent. Premièrement, nous constatons que

la famille se trouve toujours au sommet de l’échelle des

valeurs dans tous les sondages ou enquêtes; lorsqu’en

Europe il se fait un sondage sur les grandes valeurs, la

notion de famille vient toujours parmi les trois premières

sinon la première.

Ceci répond d’ailleurs à l’un des points abordés par

Madame Záborská, l’honorable Présidente de l’Intergroupe

Familles, Protection de l’Enfance, Solidarité intergénérationnelle

au Parlement européen : il ne faut

pas avoir peur d’employer le mot « familles » puisque

les Européens aiment ce mot, aiment ce concept.

Affirmons-le !

Deuxième constat consensuel : durant notre vie, la famille

constitue la première cellule de la société. Elle est

le premier lieu de socialisation, le premier cadre de solidarité

entre individus de différentes générations. Elle est

le lieu des premières joies de l’enfant et également celui

de ses premières peines ou souffrances. Nos familles

nous ont tous conçus et éduqués, et chacun de nous

peut retrouver en lui-même ce que je viens de rappeler.

Le troisième constat se réfère davantage à l’orientation

de cette Conférence, intitulée « l’inclusion sociale

des familles ». Quelques chiffres illustreront bien cette

thématique.

Sur un total de 495 millions d’habitants de l’Union européenne

en 2008, 85 millions sont en situation ou en

risque de pauvreté, soit – et c’est important – 17% de la

population !

Autre chiffre : 20% sont des enfants ou des jeunes de

moins de 18 ans; et 19% sont des personnes âgées de

65 ans ou plus.

Enfin, 35% des familles monoparentales sont précarisées !

Ce sont des faits. Ce sont des constats. Ils sont choquants.

II. Les Organisations familiales ont le devoir d’être

présentes, actives, imaginatives parmi les diverses

Organisations ou Associations qui oeuvrent dans les divers

États ainsi qu’auprès des Institutions européennes

pour lutter contre les situations inadmissibles de pauvreté

et d’exclusion sociale. Dans cette optique, leur

regroupement depuis cinquante ans au sein d’une

Confédération, la COFACE, en a fait dès les années 60

l’un des éléments actifs de la Société civile auprès de

la Commission et du Comité économique et social européen,

de même qu’un partenaire actif et écouté au

sein de la « Plate-forme sociale » (rassemblant les ONG

sociales européennes) dont elle est membre fondateur.

Certes, dans les domaines politique et juridique, nous savons

bien que l’Union n’a jamais instauré de politique familiale

malgré de nombreuses prises de position très favorables

aux familles, en particulier de la part du Parlement

européen; c’est d’ailleurs cette Institution qui a adopté

la Résolution du 9 juin 1983 sur la politique familiale européenne,

sur une proposition du Président de l’époque

de la COFACE, le grand Président-fondateur Joseph Gilles.

En revanche, la COFACE se félicite de la création de l’Alliance

européenne pour les familles par le Conseil des

chefs d’État ou de Gouvernement (la plus haute instance

des Institutions communautaires) lors de sa réunion de

juin 2007, à l’issue de la présidence allemande du Conseil.

Elle se félicite également de l’évolution positive que l’on

perçoit à l’égard des familles dans plusieurs débats et

plusieurs Rapports ou Communications émanant de

diverses Institutions communautaires.


Dans ce double contexte, la COFACE s’est attachée à rechercher

la dimension familiale de toutes les politiques

et actions communautaires ou nationales, afin de répondre

aux besoins des familles dans leurs diversités,

particulièrement des familles économiquement les plus

vulnérables, à savoir par exemple les familles monoparentales,

les familles comportant un enfant handicapé

ou celles ayant en charge une personne dépendante, ou

encore les familles nombreuses.

Pour ce faire, la COFACE pratique une veille systématique

de tous les textes ou initiatives issus des différents

Services des Institutions. Et elle en saisit ses cinq groupes

de travail, constitués d’élus des diverses Associations et

aidés par la précieuse équipe du Secrétariat, afin que

soit votée une prise de position par le Conseil d’Administration;

c’est ainsi que, depuis trois années, nous avons

adopté 45 prises de position sur des thèmes très divers.

En résumé, notre démarche repose sur deux principes : la

recherche de textes répondant le mieux possible à l’intérêt

des familles, c'est-à-dire le « family mainstreaming »;

et l’analyse puis l’adoption de positions selon un processus

démocratique.

Actuellement, un certain nombre de dossiers auxquels

nous avons contribué, par avis sur consultation ou par

nos observations, sont déjà sur la table de l’Union. Citons

parmi eux et sans ordre précis :

❙ Le congé de maternité et le congé parental;

❙ La stratégie en faveur des personnes handicapées,

des personnes dépendantes et de leurs familles;

❙ La stratégie pour l’égalité homme / femme

(le Bureau de la COFACE s’est d’ailleurs mis

à la parité : un Président, un vice-Président

et deux vice-Présidentes !);

❙ La lutte contre la violence domestique;

❙ La recommandation sur la pauvreté et pour le

bien-être des enfants (et nous pouvons soutenir

à cet égard la déclaration du Trio des Présidences

espagnole, belge et hongroise relative à la pauvreté

des enfants);

❙ Les services d’intérêt général;

❙ Le dossier Internet, c’est-à-dire toutes les démarches

aidant les familles dans l’éducation aux nouvelles

technologies de l’information (dont nous avons vu

ce matin qu’elles doivent s’étendre à tous milieux

sociaux pour éviter de créer elles-mêmes de

l’exclusion);

❙ Dans les nombreuses questions touchant à la

consommation, les problèmes du surendettement

des familles, le développement durable, le logement,

le dossier des retraites, les normes de l’enfant dans

le domaine de l’alimentation, l’étiquetage, etc.

Penchons-nous à présent de façon plus précise sur

quelques dossiers qui retiennent largement nos

préoccupations.

D’abord la démographie. Les 22 et 23 novembre prochain,

la Commission tiendra le troisième Forum européen

sur la démographie, auquel contribue la COFACE

comme chaque année. En se référant au rapport tout récent

de sa DG des Affaires économiques et sociales, observons

le vieillissement de la population européenne.

En 2008, les 65 ans et plus représentaient 85 millions

d’habitants.

En 2060, ils représenteront 151 millions, c’est-à-dire

presque le double !

Si l’on considère les 80 ans et plus, 22 millions en 2008;

multipliés par trois ! 61 millions en 2060.

Et l’on en vient bien sûr aux taux de fertilité. La moyenne

européenne est actuellement de 1,52 mais il semble

qu’elle serait en légère hausse : à 1,57 en 2030 et à 1,64

en 2060.

Nous notons que ces trois chiffres demeurent tous inférieurs

au taux de 2,1 nécessaire au renouvellement de

la population.

Selon cette recherche, tous les États membres verront

leur taux de fertilité augmenter sauf là où il est déjà

supérieur à 1,8 (c’est-à-dire en France, Irlande, Suède,

Danemark, Royaume-Uni et Finlande). Ou bien il baissera

ou bien il restera stable dans ces États.

En revanche, il devrait augmenter le plus en Slovaquie,

en Pologne et en Lituanie.

Bien sûr, toutes choses égales par ailleurs…

Nous voici dès lors entraînés dans un raisonnement

que l’on pourrait qualifier de nataliste. Et nous disons

non ! Nous affirmons simplement qu’il faut respecter le

libre choix des familles. Or, toutes les enquêtes d‘ordre

démographique montrent que la plupart des couples

européens ont un « désir d’enfant » supérieur d’un enfant

de plus; et que cette différence entre réalité et désir se

fonde sur des motifs économiques. Il appartient donc

aux autorités de l’État ou de l’Union de pourvoir à l’amélioration

du contexte économique et social et d’apporter

ainsi une réponse conforme aux vœux des citoyens.

Autre grande politique : l’aide aux personnes handicapées

et l’aide aux personnes dépendantes. Il s’agit de

l’un des points phares de l’action de nos Associations

membres.

Notre objectif est de permettre le libre choix entre le

cadre de vie « à la maison » (individuel ou en famille) et

celui des instituts spécialisés.

allocution de clôture > Yves Roland-Gosselin

67


68

Ce choix reposera sur le « triangle de la COFACE », déjà repris

dans une récente communication de la Commission

et mentionné aujourd’hui par Monsieur le Ministre, qui

se résume dans les trois lettres R,S,T.

R : Ressources financières. Les allocations financières

et les régimes fiscaux, variables selon les politiques

familiales des différents États, doivent tenir compte de

l’existence d’enfants handicapés ou de personnes dépendantes

dans une famille.

Il fut dit ce matin – et nous l’approuvons – que les familles

sont un investissement sur le futur, le fameux « social

capital »; comme elles sont précieuses dans les situations

d’accompagnement, quel que soit le lieu choisi !

S : Services. Il faut des services de qualité et financièrement

abordables (chaque mot compte !). Ces services

sont très généralement assurés par du personnel capable

et dévoué, auquel il convient de rendre hommage.

Il a été dit ce matin que ce secteur d’activités, qui est

appelé à se développer au vu des évolutions démographiques

à venir, constitue une source créatrice d’emplois;

cela est vraisemblable, y compris dans le secteur

immobilier, à condition que ces services demeurent du

domaine de l’aide et ne se bornent pas à un seul objectif

lucratif.

L’aspect financier rejoint le point précédant; il est aussi

souvent couvert par la famille, l’un des membres du

couple devant cesser son activité professionnelle pour

rester présent aux côtés de son enfant ou son parent.

T : Temps. L’aménagement des temps constitue une

exigence absolue à toute organisation de la vie familiale

dans des cas de dépendance : horaires adaptés aux

heures de fermeture des institutions d’accueil, congés

additionnels pour couvrir les jours chômés des auxiliaires

de vie, etc. Un important travail de persuasion

allocution de clôture > Yves Roland-Gosselin

et de négociations doit encore être mené auprès des

partenaires sociaux, des législateurs et des décideurs

avant que ces concepts deviennent pleinement acquis.

Je ne veux pas quitter ce secteur sans traiter des « aidants

familiaux » : je tiens en effet à rendre un très grand hommage

aux familles qui comportent des enfants handicapés,

aux fratries qui ressentent parfois une différence de

traitement entre les divers enfants, aux parents qui ne

connaissent pas les distractions extérieures.

Les membres présents de l’Association COFACE

HANDICAP ont créé la Charte de l’aidant familial, dont le

but est la reconnaissance de ces aidants ; elle rassemble

leur définition et leurs revendications, y compris quant

aux points de pensions qu’ils devraient acquérir.

Nous devrions diffuser à nouveau cette Charte, que nous

étendrions partiellement aux familles accueillant une

personne âgée. Nous devons dans nos propres pays la

porter, la faire reconnaître, afin que les législateurs la

rendent juridiquement applicable.

Sur ce point, il fut dit ce matin que les aidants familiaux

ne doivent pas être en compétition avec les professionnels

mais être complémentaires; et que l’on pourrait

même imaginer que les aidants professionnels forment

les aidants familiaux. Voila un éclairage à examiner, pourquoi

pas, en partenariat avec les représentants syndicaux

de ce secteur.

Un autre thème nous tient beaucoup à cœur, a déjà fait

l’objet de nos prises de position mais, comme le point

précédant, demeure du domaine de la mise en œuvre

dans les États et dans l’Union : il s’agit de la conciliation

entre la vie familiale et la vie professionnelle.

Les trois méthodes R,S,T, s’y appliquent parfaitement :

elles se retrouvent dans les allocations familiales, dans

les services de crèches, parfois sur les lieux de l‘entreprise,

dans les congés parentaux, de maternité, de

paternité et dans les horaires de crèches ou d’écoles, etc.

S’y ajoutent deux sujets où la COFACE combat aux côtés

d’autres Associations, notamment dans le cadre de la

Plate-forme sociale.

D’une part, nous nous sommes préoccupés du rôle de

l’homme dans le partage des responsabilités familiales;

voici quelques années, nous avons publié un petit livre

rouge suite au travail de sept de nos Organisations

membres. Ce livre a connu un très beau succès.

Analysant les situations respectives de l’homme et de la

femme dans les divers pays traités, cette étude suggérait

diverses évolutions à encourager.

D’autre part, en étroite coordination avec d’autres partenaires,

nous insistons pour que se réduise, voire se

termine l’écart de salaires, le « pay gap », entre hommes

et femmes. Cette différence est scandaleuse quand on

voit le nombre d’années où ce fut demandé à la fois par

le Parlement et par les Associations.

III. La troisième et dernière partie de mon intervention

nous appelle à nous tourner vers nous-mêmes, à regarder

comment nous avons travaillé et à envisager comment

mieux opérer. C’est ce que j’appelais notre mode

de faire ou le point de vue institutionnel.

Quant à la « mécanique » interne, tout d’abord, je la

pense correcte et bien rôdée. Comme nous l’avons dit,

elle répond bien aux principes du débat ouvert et de

la démocratie. Attachons- nous plutôt aux autres sujets.

Nous observons des constats de carences dans le processus

législatif. Il existe des thèmes que nous avons

déjà gérés auprès de nos amis de la Commission ou des

parlementaires mais qui n’ont toujours pas été adoptés;

c’est le cas pour le congé de maternité et paternité qui

est sur la table du PE, avant le Conseil.

C’est aussi le cas pour la mise en œuvre de l’Alliance


européenne des familles; nous y croyons beaucoup !

Mais il n’existe toujours pas de véritable Observatoire

européen des politiques familiales nationales…

Et c’est encore le cas, déjà cité, de la Charte des aidants

familiaux. Elle a été diffusée, présentée mais le processus

de prise en compte des aidants familiaux est très lent au

niveau national ou européen…

Face à ces carences, notre attitude doit se placer sous le

signe de l’obstination, en rappelant aux autorités qui ont

la charge du pouvoir décisionnel dans les États membres

et au sein de l’Union que nous avons adopté tel avis, que

nous avons déposé telle initiative voici trois ans, voici

quatre ans.

Donc, en premier point, insistons !

En second lieu, rapprochons-nous des Parlements, nationaux

et européen. L’Intergroupe Familles a été reconduit

dans la nouvelle législature du Parlement européen et

nous remercions à nouveau Madame Záborská d’être

des nôtres; vous nous avez dit avoir besoin de nous, et

nous avons aussi besoin des parlementaires. Nous allons

donc très bien travailler ensemble puisque c’est un

appel mutuel.

Mais nous devrions en outre opérer avec les autres

députés. Nous ne l’avons pas assez fait. Nous devrions

davantage toucher les élus des différents groupes

parlementaires.

Et il existe des Commissions parlementaires, où se débattent

des textes très variés; il y aurait lieu d’attirer l’attention

de leurs membres sur la dimension familiale des

textes qu’ils discutent. On en revient au mainstreaming…

Revenant vers nos divers États membres, je souhaite

me tourner vers les élus ici présents des Associations

familiales : chacun et chacune devriez agir auprès de

votre député européen, en attirant son attention sur

tel ou tel aspect des textes qui seront débattus lors de

sa prochaine session parlementaire. Cette action locale

supposera que la très efficace équipe des permanents

à Bruxelles vous informe précisément sur les points inscrits

à l’ordre du jour et vous remémore éventuellement

la position arrêtée par la COFACE à leur sujet.

Une telle démarche de votre part responsabiliserait davantage

le député vis-à-vis de sa base locale, de même

qu’elle constituerait, sur le terrain, une manière concrète

de participer à la construction européenne.

La prochaine et importante opportunité de parfaire

notre démarche vis-à-vis des Élus européens ou nationaux

peut en particulier se vivre lors des travaux à venir

sur la « Stratégie EU 2020 ».

Enfin, c’est dans les relations entre la COFACE et le

Conseil que l’on devrait aussi améliorer notre démarche :

il serait bon de contacter davantage à l’avance les futures

présidences de l’Union. Je pense ici à mes deux

voisins belge et hongrois, de même que polonais à partir

du 1 er juillet 2011. Mieux préparer les six mois de chaque

Présidence permettrait d’anticiper les débats, voire de

suggérer des sujets, en résumé, mieux servir les familles

que nous avons l’honneur de représenter.

Je terminerai ce long discours-programme, mélange de

constats, de vœux et de feuille de route, par une proposition,

que nous formaliserons dans les prochaines

semaines à l’intention des Instances communautaires

ad hoc.

L’Année 2014 sera le 20 e anniversaire de l’Année internationale

de la Famille.

Nous proposons que cet anniversaire soit célébré en

Europe en nommant l’année 2014

« Année européenne des Familles ».

Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs, chers

amis, je vous remercie de votre attention.

Et je vous passe la parole, Messieurs les Ministres, pour

les allocutions de clôture.

Yves Roland-Gosselin

allocution de clôture > Yves Roland-Gosselin

69


70

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président du Comité des Affaires sociales

Madame, Messieurs les Présidents,

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

J’étais venu hier après midi pour l’ouverture de cette

belle conférence et mes partenaires et amis de la

COFACE m’on très gentiment demandé de venir également

clôturer cet évènement et c’est avec un plaisir

énorme et entier que je suis ici avec vous tous.

Tout d’abord, je tenais encore à remercier infiniment

la COFACE pour sa gentillesse, sa grande compétence,

pour la remarquable organisation de cette conférence

et surtout pour la très grande qualité des intervenants

et des échanges.

Comme je l’ai dit hier, les thématiques choisies me sont

particulièrement chères. Les développements et les

riches débats qui ont été donnés hier et aujourd’hui ont

été très largement, voire encore au-delà, à la hauteur de

nos ambitions communes de départ.

Après ces trois demi-journées particulièrement riches

et denses et suite aux différentes propositions qui ont

notamment pu être formulées par la COFACE et par

d’autres organisations ou participants, j’ai spécialement

souhaité revenir sur un certain nombre de points.

Tout d’abord, je dois dire que j’ai beaucoup apprécié

la présentation du triangle de principes de la COFACE

qui vise à favoriser la prise en compte de la dimension

familiale au sein des autres politiques européennes, nationale

ou régionales.

allocution de clôture > melchior Wathelet

allocution de clôture

Mechior Wathelet

Secrétaire d’État belge à la politique des familles

Ce triangle, composé de ressources financières familiales

suffisantes, de services de qualité à destination des familles

et du temps à disposition des familles, résume,

je trouve, très bien les différents aspects pour lesquels

nous devons continuer à travailler ensemble dans les

mois et les années à venir.

Sur le point des ressources financières suffisantes pour

les familles dans notre contexte économique difficile, en

tant que Secrétaire d’État en charge du budget et de

la Politique des familles je suis, non pas du tout schizophrène

mais au contraire très attentif à y veiller tant

lors nos discussions belges, que lors de celles que nous

pouvons avoir au niveau européen. Le défi est important,

l’équilibre n’est pas toujours évident à trouver mais je

partage totalement le point de vue qui a été développé

ce matin et selon lequel ces difficultés ne doivent en rien

appauvrir ou fragiliser nos familles.

Ainsi, je rejoins la COFACE sur la nécessité de préserver

et de développer notre système de protection sociale

ainsi que toutes les mesures, prises par ma collègue

Vice Première Ministre en charge de l’EPSCO pour la

Présidence UE, Joëlle Milquet, dans le but de favoriser

des emplois durables et de qualité. Tout en veillant à

l’égalité des chances et à la conciliation des temps de

Famille et du travail.

Je rejoins également sans réserve les travaux de mon

collègue Philippe Courard en matière de lutte contre

la pauvreté des enfants. Je suis également ravi que la

Présidence hongroise que, je salue, poursuive activement

cette priorité à l’agenda de l’Union européenne

Pour concrétiser ce premier principe du triangle, je voudrais

revenir sur une mesure dont on a parlé ce matin et

qui me tient à cœur. Il s’agit de l’objectivation du calcul

des pensions alimentaires. Une Loi a été récemment

adoptée en Belgique afin de donner à ce calcul une base

objective et de répondre à ce réel besoin des familles.

Reste au plan européen à accentuer encore la reconnaissance

des décisions judiciaires en matière civile et

leur réelle application dans un contexte de mobilité des

citoyens que l’on doit continuer à soutenir.

En second lieu, je voudrais aussi brièvement revenir sur

la question du temps nécessaire aux familles, en vue de

favoriser une meilleure conciliation entre la vie professionnelle

et la vie familiale.

Les différents congés existants actuellement doivent

encore être améliorés en qualité et en quantité. Nous

avons connu des avancées concrètes l’année dernière en

Belgique au niveau des congés de maternité, parental,

et de paternité avec des possibilités de prise de congé

plus souples. Un assouplissement spécifique pour la

prise du congé de maternité des mères indépendantes

a également été prévu puisqu’à après la prise des

deux premières semaines de manière consécutive, les

semaines suivantes peuvent être prises au libre choix

dans les 5 mois qui suivent l’accouchement. Au niveau

de l’Union européenne nous nous réjouissons de l’adoption

de la directive européenne sur le congé parental et

d’éducation, le 8 mars 2010 et qui devra être transposée

au plus tard le 8 mars 2012.

Revenant sur une proposition concrète de ce matin, et

dans une perspective d’égalité, je suis également favorable

à l’allongement du congé de paternité ainsi qu’à

la prise obligatoire d’une partie de celui-ci.

Quant au troisième angle du triangle, la qualité des

services offerts aux familles, je suis particulièrement

attaché à leur développement futur en tenant compte


de l’évolution des modèles familiaux. Je songe bien évidemment

aux structures d’accueil de la Petite enfance,

à l’accès et à la qualité de l’éducation mais également à

l’aide aux personnes plus vulnérables, tels que nos aînés

ou les personnes porteuses de handicap.

Dans ce sens, je soutiens avec détermination les mesures

visant à l’amélioration et à la reconnaissance des aidants

au sein de la famille.

Par ailleurs, afin d’encourager la prévention, le respect et

le bien-être des aînés et de pouvoir mieux lutter contre

les formes de maltraitance diverses auxquelles ils peuvent

être confrontés, j’avais mis sur pied un groupe de

travail composé d’experts de terrain et du monde académique.

Les travaux du groupe de travail ont abouti, fin

juillet, à l’élaboration d’une Charte du bien-être pour les

personnes âgées. Ce document, disponible sur le site internet

http://www.respectdesaines.be/ est destiné à une

prévention accrue des différentes formes de violence

auxquelles nos aînés peuvent être victimes, telle que la

solitude, la violence institutionnelle mais également la

violence intrafamiliale.

Enfin, pour conclure, je souhaitais également parler de

cette vision transversale de la Politique des familles.

Comme je l’ai dit lors de l’ouverture d’hier, cette dimension

est celle que j’essaie progressivement de mettre en

place au niveau belge et, aujourd’hui, j’ai l’occasion de

le faire au niveau européen, rejoignant de nouveau le

cadre de travail de la COFACE.

C’est au départ de cette conception, notamment que

j’avais initié la mise en place d’un tribunal des familles,

afin de simplifier et de clarifier le traitement des dossiers

familiaux. Après un travail énorme qui a réuni

notamment les experts du monde judiciaire, nous avons

finalisé un texte complet. En raison de la chute de notre

Gouvernement, le projet ne peut malheureusement

pas encore être adopté. Mais le travail a été effectué, et

nous continuerons, dans les mois à venir, à veiller à sa

concrétisation.

En partant de cette vision transversale également, je

soutiens, depuis mon entrée en fonction en tant que

Secrétaire d’État à la Politique des familles, la mise en

place d’un Observatoire des familles. Dans ce cadre, je

suis particulièrement favorable au développement de

l’Alliance européenne des familles en tant que plateforme

et base de données des politiques familiales

au sein de l’Union européenne. Il y a là, je pense, le réseau

idéal pour favoriser la diffusion et l’échange des

meilleures pratiques en matière de politique familiale.

Peut-être la COFACE pourrait y être associée afin d’apporter

toute son expertise et son savoir-faire.

La Méthode Ouverte de Coordination, pratiquée au niveau

de l’Union européenne est également une excellente

manière de travailler et d’échanger dans une matière

restée en bonne partie nationale. Cette méthode

est par ailleurs à l’œuvre dans la consultation actuelle

sur la Stratégie 2020. Ce chantier ouvre la réflexion sur

le rôle des familles notamment dans :

❙ La création de valeurs fondant la croissance sur

la connaissance : valeurs ne pouvant se résumer

à la somme d’euros produits mais surtout en terme

de valeur humaine et d’engagement personnel;

❙ La favorisation de l’émancipation dans une société

ouverte : passant par l’accès et l’amélioration des

niveaux d’éducation, la tolérance et la mise en

place de mécanismes dégageant du temps pour

l’accompagnement des jeunes et des aînés;

❙ Le développement d’une économie soucieuse

de l’éducation et de la défense des familles

consommatrices et la lutte contre la fracture

numérique;

❙ La gouvernance effective de l’Union

et le développement de l’apprentissage effectif

de la citoyenneté, rôle fondamental des familles.

Voici, je pense, des axes de travail très importants vers

lesquels nous devons continuer à travailler ensemble

dans les mois et les années à venir, en comptant sur vos

propositions et sur la mise en place de cette Stratégie

UE 2020.

Je vous remercie encore toutes et tous pour ces très précieuses

contributions et pour les points de vue précis et

avisés qui ont été donnés.

Je passe maintenant la parole à mon collègue hongrois à

qui je souhaite plein de succès dans le cadre de sa future

présidence et avec lequel je compte bien travailler d’ici

là au passage du flambeau.

MelchioR Wathelet

allocution de clôture > melchior Wathelet

71


72

Tisztelt Államtitkár úr,

Elnök úr,

tisztelt előadók és vendégek!

Köszönet a meghívásért, a tartalmas konferenciáért,

a nagyszerű szervezésért.

Úgy gondolom, az elmúlt két nap során számos

megközelítésből beszéltünk arról, hogy

Európa valamennyi tagállamában nagyon

fontos, sőt egyre fontosabb szerepe van a

családpolitikáknak. Van azonban egy tényező,

amelyről nem ejtettünk szót, noha

ez véleményem szerint nagyon fontos : ez

a tényező nem más, mint a családok lelki

dimenziója. A közelmúltban két, megrázó

méretű ipari katasztrófa érte a világot : egyfelől

a Chilei bányászok esete, másfelől a

közelmúltban Magyarországon a vörösiszap

tragédiája. Számomra mindkét eset arra

mutatott rá, hogy azok az emberek, akiket

Chilében a bánya romjai alatt rekedtek, és akik

Magyarországon egyik pillanatról a másikra

elveszítették mindenüket, nem tudtak volna

ilyen helytállásról tanúbizonyságot tenni, ha

nincsenek mögöttük családjaik. A családok

lelki ereje nemcsak a bányászokra hatott, hanem

rajtuk keresztül az egész chilei nemzetre

kihatással volt. A családi háttér, a család lelki

támogatása nélkül bizonyára mindannyian

feladták volna a küzdelmet.

allocution de clôture > miklós soltész

allocution de clôture

Miklós Soltész

Secrétaire d’État hongrois des Affaires sociales, familiales et de la jeunesse

Cher Secrétaire d’État,

Monsieur le Président,

Honorables orateurs et invités,

Merci de m’avoir invité, et merci d’avoir

si bien organisé cette conférence quasi

exhaustive.

Je pense que pendant ces deux derniers

jours nous avons débattu de nombreux

aspects touchant aux politiques familiales

qui sont très importantes pour chacun des

États membres de l’Union européenne, et

qui sont en passe de devenir plus importants

encore. Néanmoins, il y a un facteur

qui n’a pas été mentionné, et qui selon

moi revêt une importance toute particulière

: ce facteur n’est autre que le soutien

psychologique accordé par les familles.

Récemment, deux graves incidents industriels

ont choqué le monde : le premier de

ces incidents s’est passé dans les mines

au Chili et le second était la tragédie provoquée

par les coulées de bouée rouge

toxique en Hongrie. Ces désastres ont démontré,

en ce qui me concerne, que dans le

cas de ces personnes emprisonnées dans

les décombres des mines au Chili et celles

touchées par la catastrophe en Hongrie,

ces gens n’auraient sans doute jamais pu

se sortir de cette terrible épreuve comme

ils l’ont fait, si ce n’était pour le soutien de

leurs familles. La force, à la fois spirituelle

et mentale, de ces familles a eu un impact

non seulement sur les mineurs mais aussi

sur le Chili en tant que nation. Sans le soutien

des familles il est probable qu’ils se

soient résignés à accepter leur sort.

A családok ügye, a családok érdekeinek, a

családi dimenziónak a folyamatos figyelembe

vétele elengedhetetlen a politikai döntések

meghozatala során. A család közjó, a

társadalom alapegysége. Meggyőződésem,

hogy ha meg tudjuk erősíteni a család intézményét,

akkor a gyermekvállalás és a demográfiai

folyamatok terén is pozitív hatások

várhatók. Ezen feladat szükségességére

irányították rá a figyelmet Elnök úr adatai is.

Az új magyar kormányzat kiemelt célja a

családok megerősítése. Ennek érdekében

átalakítjuk az adórendszert, amelyben meg

fognak jelenni a családi kedvezmények :

ennek összege egy, illetve két gyereknél közepes,

míg a harmadik gyerek esetében jelentős

mértékű. Ezen túl olyan intézkedéseket

hozunk, amelyek a családi élet és a munka

összeegyeztetését szolgálják, részmunkaidős

programokat indítunk be és a gyermekek

napközbeni ellátását biztosító intézményi

struktúra átalakításával és bővítésével

hozzájárulunk a gyermekvállalás növekedéséhez.

Miniszterelnökünk, Orbán Viktor

szavaival élve kormányunk célja, hogy 10 év

alatt 1 millió új munkahely és legalább 1 millió

kisgyermek szülessen meg. A munka és a

család egyensúlya nálunk Magyarországon

tehát nem csak az egyének, a családok szintjén

elérendő cél, hanem nemzetgazdasági és

társadalmi szinten is.

Lorsqu’on prend des décisions politiques,

il nous faut prendre en considération

les problématiques qui touchent les familles.

Il faut garder à l’esprit l’intérêt

des familles et la dimension familiale

de manière continue. La famille est un

bien commun, elle est l’unité de base

de la société. Je crois fermement que si

nous étions capables de renforcer l’institution

familiale, des développements

positifs pourraient alors apparaître dans

les domaines qui touchent au désir d’enfant

et aux processus démographiques

également. Les données présentées par

le Président ont ainsi dirigé l’attention

vers le caractère essentiel de cette tâche.

La priorité du nouveau gouvernement

hongrois est de renforcer les familles.

Pour accomplir cela, nous sommes en

train de transformer le système d’imposition,

par le biais duquel seront introduites

des allocations familiales : le montant de

ces allocations sera moyen dans le cas de

familles avec un ou deux enfants. En revanche,

dans le cas de familles ayant un

troisième enfant, ces allocations se verront

augmentées significativement. En plus de

tout ceci, nous introduirons des mesures

afin d’harmoniser la vie de famille et la vie

professionnelle, nous entamerons des programmes

de travail à temps partiel et via

une transformation de même qu’un élargissement

des structures institutionnelles

relatives aux systèmes de garde d’enfant,

nous encouragerons ainsi les gens à avoir

des enfants. Je cite les mots de notre


Ebben a szellemben a trio elnökség magyar

szakaszában prioritásként fogjuk

kezelni a demográfiát és családügyet.

Köszönöm a trio másik két tagállamának,

Spanyolországnak és Belgiumnak, hogy ők

is aktívan foglakoznak a demográfiai kérdésekkel,

akár az aktív idősödés kapcsán,

akár a gyermek jólét és most a COFACE konferencián

a családügy kapcsán. A magyar

elnökség alatt a munka és a családi élet

összeegyeztetésére és annak demográfiai

folyamatokra gyakorolt hatására szeretnénk

fókuszálni, hiszen kormányunk hosszú

távú célja is ezzel függ össze : növekvő foglalkoztatottság

növekvő termékenységgel.

A magyar katolikus egyház 2011-re meghirdette

a családok évét. Ehhez kapcsolódik az

a magyar EU elnökségi elképzelés, amely

egy tematikus, figyelemfelkeltő hét megrendezésével

szeretné ráirányítani a figyelmet

a népesedési és családügyi kérdésekre.

Március utolsó hetében szeretettel várjuk

Önöket Magyarországra, ahol a tematikus

hét keretében szakértői, tudományos, civil

és egyházi konferenciák, valamint figyelemfelkeltő

lakossági programok és kampányok

megrendezését tervezzük, amely bízunk benne,

hogy nem csak Magyarországon, hanem

egész Európában rá irányítja a figyelmet a

családügy és a népesedési kérdések fontosságára.

Április 1-én a családügyi miniszterek

informális ülésén közös, európai közleményt

szeretnénk kiadni a témával kapcsolatban.

Ehhez kérem az együttműködésüket, a támogatásukat

és megtisztelő részvételüket.

premier ministre Viktor Orban qui a décla

que « le but de notre gouvernement est de

pourvoir 1 million de nouveaux emplois et de

stimuler la naissance d’au moins un million

d’enfants dans les dix ans ». En conséquence,

la conciliation vie familiale et vie professionnelle

ici en Hongrie se doit d’être réalisée non

seulement au niveau individuel et familial,

mais aussi au niveau économique et social.

Dans cet esprit, et en ce qui nous concerne,

nous nous préoccuperons en priorité de la

démographie et des thématiques familiales.

Je suis reconnaissant aux deux autres États

membres du Trio, l’Espagne et la Belgique,

qu’ils se soient activement attelés aux problématiques

de démographie, en ce qui

concerne le vieillissement actif et le bien être

des enfants mais je suis également reconnaissant

à la COFACE pour cette conférence qui

traite de ces mêmes thématiques du point

de vue des familles. Durant la période de la

Présidence hongroise, nous souhaitons nous

focaliser sur la conciliation entre la vie familiale

et la vie professionnelle et sur l’impact

des processus démographiques, vu que ces

thématiques sont étroitement liées à l’objectif

que notre gouvernement s’est fixé sur le long

terme : renforcer l’emploi en augmentant la

productivité.

L’église catholique hongroise a annoncé que

l’année 2011 serait l’année des familles. La

Présidence hongroise a l’intention d’organiser

une semaine thématique, pendant laquelle

les problématiques liées aux questions démographiques

et des familles seront mises

Mindezeken túl, Elnök úr szavaira reflektálva

szeretném Önöket megerősíteni abban,

hogy Magyarország is elkötelezett amellett,

hogy az Európai Unió 2014-et a Családok

Európai Évének nyilvánítsa ki. Többek között

ennek eléréséért is tevékenyen fogunk

dolgozni az elkövetkező hónapokban.

Belga államtitkár társamnak köszönöm még

egyszer, hogy felkarolta ezt a rendkívüli eseményt.

Köszönöm a figyelmüket és bízom

benne, hogy hamarosan újból találkozunk

Magyarországon !

Miklós soltész

en exergue. Vous êtes donc invités à prendre

part à cet événement qui se tiendra la dernière

semaine de mars en Hongrie. Dans le

cadre de cette semaine thématique, nous planifions

d’organiser des programmes conçus

pour les professionnels, les scientifiques, les

citoyens et les gens d’Église. Nous organiserons

des campagnes et des activités visant à

conscientiser les communautés. Nous espérons

que ces événements réussiront à attirer

l’attention sur l’importance des thématiques

familiales et celles liées aux questions de démographie,

pas uniquement en Hongrie mais

partout en Europe. Le premier avril, lors d’une

réunion informelle des ministres en charge

des affaires familiales, nous nourrissons le

souhait d’arriver à une déclaration commune

traitant de ces questions. Je vous demande

de nous soutenir par le biais de votre coopération

mais aussi par votre participation à cet

événement. Je souhaiterais ajouter à tout

ce que je viens de mentionner, en réaction

ce que le Président a dit, en donnant confirmation

que la Hongrie s’engage également

afin que l’Année 2014 soit déclarée l’Année

européenne pour les familles dans l’Union

européenne. Nous œuvrerons activement

pendant les mois à venir – entre autres – afin

que cela se réalise.

J’aimerais renouveler mes remerciements à

mon collègue, le Secrétaire d’État belge pour

son soutien à cet événement extraordinaire.

Merci de votre attention et j’espère vous revoir

prochainement, en Hongrie! !

Miklós soltész

allocution de clôture > miklós soltész

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74

communiqué de presse du 18 octobre 2010

2014 : l’Année européenne de la famille ?

Bruxelles, le 18 octobre 2010 – La Confédération des Organisations

Familiales de l’Union Européenne (COFACE) a exhorté les dirigeants des

institutions européennes à proclamer l’année 2014 comme l’Année européenne

des familles qui célébrera ainsi le 20 e anniversaire de l’Année internationale

de la famille. Cet appel a été lancé en clôture de la Conférence

européenne des familles qui s’est tenue les 14 et 15 octobre dernier au

Palais d’Egmont, à Bruxelles avec le soutien du Secrétaire d’État belge à

la politique des familles et dans le cadre de l’Année européenne 2010 de

lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Le Président de la COFACE s’est adressé à l’assistance, composée de représentants

des institutions européennes, d’ONG européennes, de représentants des

partenaires sociaux et de responsables politiques, en présence de Sa Majesté

la Reine Paola de Belgique. « Les engagements pris dans le cadre de l’Année européenne

2010 sont cruciaux pour donner du poids au mandat de la COFACE à

l’heure où, nous en sommes convaincus, le soutien aux familles est la façon la plus

efficace de prévenir la pauvreté et l’exclusion sociale, en particulier chez les enfants

et les jeunes. Notre conférence avait pour double objectif d’étudier la dimension

familiale des politiques européennes au travers de débats instruits par des témoignages

vidéo, de présentations par des spécialistes des politiques familiales et de

contributions d’organisations familiales qui agissent au niveau national mais aussi

d’établir une feuille de route pour une Europe qui favorise l’inclusion sociale », a

rappelé le Président de la COFACE, Yves Roland-Gosselin.

« J’ai été véritablement séduit par l’approche en triangle de la COFACE qui promeut

services, temps et ressources comme les trois piliers fondamentaux de toute politique

familiale », a déclaré le Ministre Melchior Wathelet. « En tant que porteparole

de la Présidence belge de l’UE et que Secrétaire d’État belge à la politique des

familles, je ne peux que me réjouir du fait que le message-clé de cette conférence

soit que les familles constituent le meilleur investissement pour le futur de l’Union.

De concert avec nos homologues hongrois qui vont reprendre le flambeau dans

les mois à venir, nous mettons tout en œuvre pour que les familles restent au cœur

des préoccupations politiques. Car pour arriver à une gouvernance effective de

l’UE, quel meilleur endroit que le noyau familial pour développer la citoyenneté

européenne ? », a ajouté le Secrétaire d’État.

communiqué de presse du 18 octobre 2010 > 2014 : l’année européenne des familles ?

Le Commissaire européen en charge de l’emploi, des affaires sociales et de

l’inclusion, László Andor était également présent à la conférence et a fait

part de l’engagement ferme de la Commission européenne en matière de

politique familiale. « Je suis en faveur d’une forte dimension sociale transversale

aux politiques de l’UE. Ce principe définit les lignes directrices de mon mandat car

je crois que l’action politique ne doit pas uniquement se résumer à jongler avec des

concepts abstraits. Il s’agit de répondre aux attentes de nos concitoyens européens

– ces hommes, ces femmes et ces enfants qui subissent de plein fouet – ou même

indirectement – les effets dévastateurs de la crise », a déclaré le Commissaire

Andor. « Je remercie la COFACE de m’avoir invité à cette conférence et je les félicite

du choix de leur thématique. Je suis persuadé que tous les membres de la COFACE

partagent mes préoccupations et qu’ensemble, nous réussirons à améliorer les

choses de manière conséquente ».

Le Secrétaire d’État hongrois aux Affaires sociales, Miklós Soltész, a lui aussi

réitéré l’engagement de son pays envers les familles. « La Présidence hongroise

sera une présidence qui capitalisera sur les acquis de nos collègues belges. Nous

mettrons les familles au centre de nos actions, avec un accent particulier sur l’aspect

démographique », a insisté le Secrétaire d’État Soltész. « Non seulement

nous soutenons l’initiative COFACE de faire de l’année 2014 l’Année européenne

des familles, mais nous la défendrons avec force durant notre présidence ».

« Je peux déjà vous dire que chez nous, l’année 2011 sera entièrement dédiée aux

familles. Nous avons prévu de tenir un forum d’experts sur les thématiques du

handicap et des aidants familiaux et nous prévoyons également de mettre sur pied

une plate-forme interactive qui traitera de ces thématiques. Nous envisageons de

réunir les ministres des 27 en charge des politiques familiales pour rédiger un projet

d’avis sur les questions de démographie. Je profite de ma présence parmi vous

pour inviter la COFACE à participer à cette rencontre. Enfin, je souhaite remercier

la COFACE de vive voix pour cette conférence et pour avoir rappelé à quel point il

est important que l’UE prenne en compte la dimension familiale dans toutes ses

politiques ».


Liste des participants

Intervenants

Her majesty Queen Paola Queen of Belgium BE

vermeulen Caroline Secretary of HM Queen Paola BE PR@kppr.be

alitOlPPa-niitamO Anne Chair of the COFACE Working Group Education and Information and Communication Technologies FI anne.alitolppa-niitamo@vaestoliitto.fi

andOr László EU Commissioner for Employment, Social Affairs and Inclusion – European Commission EU laszlo.andor@ec.europa.eu

besOZZi Carlotta Director of the European Disability Forum EU carlotta.besozzi@edf-feph.org

castex Françoise Member of European Parliament – Progressive Alliance of Socialists and Democrats FR francoise.castex@europarl.europa.eu

cOmitO Anna Maria Chair of the COFACE Working Group Inclusive policies for disabled and other dependent persons and their families IT a.comito@tin.it

driesKens Annemie Chair of the COFACE Working Group Family and Social policies BE gezinspolitiek.secretaris@gezinsbond.be

FOrssen Katja Professor at the University of Turku FI kafors@utu.fi

HelsPer Ellen Lecturer, London School of Economics UK E.J.Helsper@lse.ac.uk

HOremans Ludo President of the European Anti Poverty Network BE ludo.horemans@antwerpen.be

lOurdelle Henri Advisor, ETUC FR hlourdel@etuc.org

nilssOn Staffan President of the Group III, European Economic and Social Committee EU staffan.NILSSON@eesc.europa.eu

PaulY Roger President of Gezinsbond BE algemeen.voorzitter@gezinsbond.be

Plasman Dominique General Secretary of Femmes prévoyantes socialistes BE dominique.plasman@mutsoc.be

reuter Conny President of the Social Platform EU conny.reuter@solidar.org

revenu Nicolas Chair of the COFACE Working Group Consumer protection, services and public health policies FR nrevenu@unaf.fr

rOland-gOsselin Yves President of COFACE FR yvesrg@scarlet.be

rØnnest Jørgen Chairman of the Social Affairs Committee, Business Europe EU JRR@da.dk

sOltÉsZ Miklós Minister of State for Social, Family and Youth Affairs HU Edina.joo@szmm.gov.hu

sWiecKa Beata University of Szczecin (Poland) PL beata.swiecka@wzieu.pl

tassa Emanuela Directorate General of Employment and Social Affairs, European Commission EU emanuela.tassa@ec.europa.eu

ulHendOrFF Uwe Project coordinator, FamilyPlatform Project DE uuhlendorff@fb12.uni-dortmund.de

vignOn Jérôme President of the Semaines Sociales of France FR Vignon.jerome@gmail.com

WatHelet Melchior Belgian Secretary of State for Family Policy BE info.wathelet@wathelet.fed.be

ZÁbOrsKÁ Anna Chair of the Family Intergroup at the European Parliament – European People’s Party SK anna.zaborska@europarl.europa.eu

Liste des participants > intervenants

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Liste des participants > participants

Liste des participants

Participants

abOlina Liga Ministry of Welfare of the Republic of Latvia LV Liga.Abolina@lm.gov.lv

agius Silvan International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association – ILGA-Europa EU silvan@ilga-europe.org

andrianne Philippe Cabinet de Melchior Wathelet, Secrétaire d'État à la Politique des Familles BE philippe.andrianne@wathelet.fed.be

badura Heinrich Europäische Akademie für Lebensforschung, Integration und Zivilgesellschaft – EALIZ AT heinrich.badura@ealiz.eu

baraJas Felix General Directorate for Social Policy, Families and Childhood – Ministry of Health and Social Policy ES fbarajas@msps.es

basuYau Fiammetta Association des Paralysés de France – APF FR fiammetta.basuyau@neuf.fr

bissieres Muriel Directorate General of Employment and Social Affairs, European Commission EU muriel.bissieres@ec.europa.eu

bOmbasset Caroline Mouvement mondial des mères

bOulanger Pascale Cabinet de Melchior Wathelet, Secrétaire d'État à la Politique des familles BE pascale.boulanger@wathelet.fed.be

brincat Katya Family Mediation Coordinator – SPF Justice MT

brOmbO Pierluigi Comité économique et social européen – CESE EU Pierluigi.brombo@eesc.europa.eu

buFFetaut Stéphane Comité économique et social européen – CESE EU stephane.Buffetaut@eesc.europa.eu

burnY Gauthier TexTure s.a. BE gb@texturedesign.eu

casara Sara Falcéc

cascOn Far Mercedes The Family Watch BE merchemilenio@hotmail.com

cHabbert Delphine Ligue des Familles BE d.chabbert@liguedesfamilles.be

cHabert Gabrielle Forum européen des femmes – FEF BE g.chabert@forumeufemmes.eu

cHanina Valentina European Association for the Education of Adults – EAEA BE eaea@eaea.org

cHarrOn Florian COFACE Secretariat EU secretariat@coface-eu.org

cHicHarrO Maria Uncear ES mchicharro@uncear.org

cHrYsOgelOs Emmanouil Supreme Confederation of Multichild Parents of Greece – ASPE GR xrysogelosmanolis@yahoo.gr

cOcOZZa Liliane Réseau Européen d’Action Sociale – ESAN BE liliane.esan@skynet.be

cOrnelissen Raphaël Cabinet de Melchior Wathelet, Secrétaire d’État à la Politique des familles BE raphael.Cornelissen@wathelet.fed.be

cOsta Michela COFACE Secretariat EU mcosta@coface-eu.org

d'addatO Agata Eurochild EU Agata.daddato@eurochild.org

dantin Gérard European Economic and Social Committee – EESC EU gerard.dantion@eesc.europa.eu

dastrevelle Françoise Ligue des Familles BE f.dastrevelle@liguedesfamilles.be

de belleFrOid Françoise Mouvement mondial des mères – MMM Europa EU fm.debellefroid@skynet.be

de bergeYcK Julie Mouvement mondial des mères – MMM Europa EU home@debergeyck.be

de blic Marie Confédération nationale des associations familiales catholiques – CNAFC FR mariedeblic@orange.fr

decancK Steven Cabinet de Melchior Wathelet, Secrétaire d’État à la Politique des familles BE Steven.DeCanck@wathelet.fed.be

degrand - guillaud Anne Directorate General of Employment and Social Affairs, European Commission EU anne.degrand@ec.europa.eu

de lannOY Stéphanie Fondation Kepha / Forum européen des femmes – FEF BE stlannoy@hotmail.com

de lesPinaY Marie Veronique New Women for Europe BE newwomenforeurope@gmail.com

delgadO Marién Uncear ES mdm@uncear.org

de liedeKerKe Anne-Claire Mouvement mondial des mères – MMM Europa EU anneclaire@mmmeurope.org

de rOecK - isebaert Ann Gezinsbond BE annisebaert@hotmail.com


desmarets Anne Cabinet de Melchior Wathelet, Secrétaire d'État à la Politique des familles BE anne.desmarets@wathelet.fed.be

de smet Luc Gezinsbond BE directiescs@gezinsbond.be

desmet Bert Hogeschool-Universiteit Brussel BE bert.desmet@hig.be

devillers Jacques COFACE BE jacquesdevillers@yahoo.fr

de WascH Eric Gezinsbond BE dewasch.eric@scarlet.be

ducenne Caroline Aidants Proches BE Caroline.ducenne@aidants.be

dumOn Wilfried VLEVA / Kuleuven BE wilfried.dumon@soc.kuleuven.be

duPe Jean Familles de France FR jeandupe2@wanadoo.fr

d'ursel Nathalie New Women for Europe BE Nathaliedurs@gmail.com

everard Aline Femme/Homme&Foyer BE fhf@belgacom.be

Farrer Linden COFACE Secretariat EU lfarrer@familyplatform.eu

FeriZOvic Dijana GOPA-Cartermill (Web Portal of the European Alliance for Families) BE dferozevic@gopa-cartermill.com

Fierens Françoise Cabinet de Melchior Wathelet, Secrétaire d'État à la Politique des familles BE Francoise.Fierens@wathelet.fed.be

FuresZ Tunde Political Councellor HU Edina.joo@szmm.gov.hu

gambrelle Aliette Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis – UNAPEI FR a.gambrelle.cnaf@wanadoo.fr

gerard Olivier UNAF FR ogerard@unaf.fr

gHOOs Marie-Thérèse COFACE BE mthghoos@skynet.be

gilibert Noël Fédération nationale Familles Rurales FR infos@famillesrurales.org

gOFFinet Françoise Institut pour l'égalité des femmes et des hommes – IEFH BE francoise.goffinet@iefh.belgique.be

gOnZalO castellanOs Ana Forum Européen des Femmes – FEF EU anagonzaloc@gmail.com

grabner Peter Family Initiative SL andreja.grabner@vike.si

HaFFner François ASBH Spina-Bifida FR spina-bifida@wanadoo.fr

HibO Sarah Femmes prévoyantes socialistes – FPS BE sarah.hibo@mutsoc.be

Hiila Helena Väestöliitto, The Family Federation of Finland FI helena.hiila@vaestoliitto.fi

HildingssOn Maria Fédération des associations familiales catholiques en Europe – FAFCE BE m.hildingsson@fafce.org

HOel Anne European Public Health Alliance – EPHA EU anne@epha.org

HrastniK Bojana Jovin District Court Judge – SPF Justice SL

HucKert Nicole European Commission EU Nicole.Huckert@ec.europa.eu

HuFnagel Gerlinde Nova Zena, SK AT wyae.gerlinde@gmail.com

ivens Anthony Children in Wales (representing Eurochild) GB tony.ivens@childreninwales.org.uk

iversen Sven Association of German Family Organisations – AGF DE iversen@ag-familie.de

Janssens Annie Gezinsbond BE internationaalsecretariaat@gezinsbond.be

JelineK Josef SONZ CZ jsf.jelinek@gmail.com

JOYeux Henri Familles de France FR henri.joyeux@wanadoo.fr

JulemOnt Ghislaine Centre d’action laïque – CAL BE gju@skynet.be

KaPela Teresa Trzy Plus PL Teresa.Kapela@3plus.pl

KircHenbauer Julius FairValue Corporate & Public Affairs FR jkirchenbauer@fairvaluecc.com

Liste des participants > participants

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78

Kisban Kriszta Head of Secretariat, Ministry of State for Social, Family and Youth Affairs HU Edina.joo@szmm.gov.hu

Klinger Maria Pro Familia HU klinger70@gmail.com

KOndratas Skirma Vice Minister of Social Security and Labour of Lithuania – SPF Justice LT

KOrmanO Laura Väestöliitto, The Family Federation of Finland FI laura.kormano@vaestoliitto.fi

KOrmOsne debreceni Zsuzsanna National Association of Large Families – NOE HU kormos.zsuzsa@noe.hu

KOvacs Gabriella European Commisson – ANDOR Cabinet EU Gabriella.KOVACS@ec.europa.eu

lambert Denis Ligue des Familles BE d.lambert@liguedesfamilles.be

lang Mechtild Association of Catholic Organisations of Austria – KFÖ AT info@familie.at

laY Gregory COFACE BE gregolay@hotmail.com

laY Lallie COFACE BE gregolay@hotmail.com

laY William COFACE Secretariat EU wlay@coface-eu.org

le HOdeY-de licHtervelde Colette Forum européen des femmes – FEF BE c.delichtervelde@forumeufemmes.eu

lerOY Liliane Femmes prévoyantes socialistes – FPS BE liliane.leroy@mutsoc.be

livadOPOulOs Spiridon Legal Counsellor of the Secretary General for Gender Equality – SPF Justice GR

lOmastrO David Cabinet de Melchior Wathelet, Secrétaire d’État à la Politique des familles BE david.lomastro@wathelet.fed.be

lubs Marie-T. Egmont Riir BE mtlubs@gmail.com

magOtteaux Julien Cabinet de Melchior Wathelet, Secrétaire d'État à la Politique des familles BE julien.magotteaux@wathelet.fed.be

malscH Isabel Familles de France FR isabel.malsch@orange.fr

mareKOva Slavomira Club of Large Families SK slavomira@netkosice.sk

marmaneu Emilio Conf. española de familiares de enfermos de Alzheimer y otras demencias – CEAFA ES direccion@ceafa.es

marQues Andreia

mataraZZO Annamaria Department for Family Policies, Presidency of the Council of Ministers IT a.matarazzo@governo.it

matei Aniela National Scientific Research Institute for Labour and Social Protection of Romania RO aalexandrescu@incsmps.ro

meauZe Françoise Confédération nationale des associations familiales catholiques – CNAFC FR gmeauze@hotmail.fr

melard Anne AGE Platform Europe EU anne.melard@age-platform.eu

mendeZ Elvira Asociación Salud y Familia ES emendez@saludyfamilia.es

miet Philippe Association des Paralysés de France – APF FR philippe.miet@apf.asso.fr

mOdeva Roumjana Women and Mothers against Violence BG r.modeva@gbg.bg

mOlisse Noël COFACE BE noel.molisse@skynet.be

mOnet Daniel ASBH Spina-Bifida FR daniel.monet@wanadoo.fr

nanKOva Mariela Women and Mothers against Violence BG mariela_nankova@abv.bg

nielsen John-Hebo Joint Council for Child Issues – JCCI DK johnhebo@webspeed.dk

O’callagHan John Irish Countrywomen’s Association – ICA IE office@ICA.ie

ParasKevas Marie-Anne European Commission, DG EMPL EU Marie-Anne.Paraskevas@ec.europa.eu

Parra Nina German Federal Ministry of Family Affairs DE Nina.parra@bmfsfj.bund.be

PedraZZani Davide Associazione Italiana Genitori – AGe IT davide.pedrazzani@age.it

PereZ Ana COFACE Secretariat EU aperez@coface-eu.org

Liste des participants > participants


Pitance Benoît Cabinet de Melchior Wathelet, Secrétaire d'État à la Politique des familles BE Benoit.Pitance@wathelet.fed.be

POtZinger Elisabeth Association of Catholic Organisations of Austria – KFÖ AT info@familie.at

POYHOnen Päivi University of Helsinki FI paivi.m.poyhonen@helsinki.fi

Quevit Anne Fonds du Logement Wallon BE contact@flw.be

rabemiaFara Nirina APPLICA BE nr@applica.be

rasKOv Petar Permanent Representation of Bulgaria to the EU BG

ricHardsOn Dominic OECD EU Dominic.Richardson@OECD.org

riOndinO Michele Pontificia Università Lateranense IT micheleriondino@hotmail.com

riviere Meriadec Union nationale des associations familiales – UNAF FR meriadec.riviere@finances.gouv.fr

rObben Marina International Federation for Family Development ES marinarobben@gmail.com

rOdrigO Jesús Conf. española de familiares de enfermos de Alzheimer y otras demencias – CEAFA ES direccion@ceafa.es

rOland-gOsselin Jacqueline COFACE FR yvesrg@scarlet.be

sabatier Marie-Chantal Union nationale des associations de parrainage de proximité – UNAPP FR contact@unapp.net

samaras Paraskevas Pancyprian Organisation of Large Families – POP CY parisam9@logosnet.cy.net

sancHeZ Catherine Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis – UNAPEI FR Catherinesanchez2@gmail.com

sanduleasa Bertha National Scientific Research Institute for Labour and Social Protection of Romania RO aalexandrescu@incsmps.ro

santOnOcitO Gaetano Associazione italiana per l’assistenza agli spastici – AIAS Monza IT santonocito@aiasmonza.it

scHaFFHauser Lise Marie Union nationale des associations de parrainage de proximité – UNAPP FR president@unapp.net

scHmalZried Martin COFACE Secretariat EU mschmalzried@coface-eu.org

scHOningH Insa Association of German Family Organisations – AGF DE info@eaf-bund.de

scialdOne Antonio Istituto per lo Sviluppo della Formazione Professionale dei Lavoratori – ISFOL IT a.scialdone@isfol.it

searY Bill COFACE UK bill@seary.org

simOnin Céline Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis – UNAPEI FR c.simonin@unapei.org

smet William Cabinet de Melchior Wathelet, Secrétaire d'État à la Politique des familles BE William.Smet@wathelet.fed.be

sOcias Ignacio The Family Watch ES isociasp@gmail.com

sOrZanO Maria Valencian Regional Office in Brussels ES msorzano@delcomval.be

stamOulis Dimitrios Supreme Confederation of Multichild Parents of Greece – ASPE GR dstamoulis@yahoo.com

sZantai Krisztina Permanent Representation of Hungary to the EU HU krisztina.szantai@kum.hu

tavaZZani Franca Associazione italiana per l'assistenza agli spastici – AIAS IT franca.tavazzani@aiasmilano.it

tHerrY Christiane Familles de France FR christiane.therry@familles-de-France.org

tOmbinsKa Agnieszka ZDR3+ BE a.tombinska@op.pl

trnOvec Stanislas Club of Large Families SK trnovec@gmail.com

turdO Benedetta European Commission EU Benedetta.TURDO@

van den bOsscHe Chantal Women in Europe for a Common Future – WECF NL Chantal.vandenbossche@wecf.eu

van mallegHem Guy Aidants Proches BE guyvanmalleghem@hotmail.com

van Oldeneel Louise Femme / Homme & Foyer BE fhf@belgacom.be

van WiJK-van de ven Marie-Louise Alliance européenne d'organisations féminines catholiques – ANDANTE EU andante@planet.nl

Liste des participants > participants

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80

verHas Christel Gezinsbond BE Christel.verhas@gezinsbond.be

vYras Kyriakos Pancyprian Organisation of Large Families – POP CY kyriakos@vyras.com

Wall Liz Irish Countrywomen's Association – ICA IE office@ICA.ie

Wallut Laurent UNAF FR Laurent.wallut@gmail.com

Wautier E Mouvement mondial des mères – MMM Europa

Wegner Katharina Diakonisches Werk der Evangelischen Kirche in Deutschland DE Wegner@diakonie.de

WelssenbOcK Elisabeth Permanent Representation of Austria to the EU AT Elisabeth.weissenboeck@bmeia.gv.at

WinOgradsKY Agnes Fédération des associations familiales catholiques en Europe – FAFCE EU agneswino@gmail.com

ZaHarlieva Mitka 1 st Secretary of Mrs Popova, Bulgarian Minister – SPF Justice BG

ZegHicHe Hayet COFACE Secretariat EU hzeghiche@coface-eu.org

Liste des participants > participants


La COFACE bénéficie du soutien du programme communautaire pour l’emploi et la solidarité sociale – PROGRESS (2007-2013).

http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=327&langId=fr


17 rue de Londres

B - 1050 Bruxelles

T. +32 2 511 41 79

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