le magazine du Beth Loubavitch - Hassidout

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E D I T O R I A L4n°10le magazine du Beth LoubavitchR e n c o n t R e s - t I c H R I - 5 7 6 9 - 0 9 / 2 0 0 85769 - Année du RassemblementTrimestre après trimestre, nous nous efforçonsde faire de notre “ Rencontres ” un momentd’exception. Trimestre après trimestre,nous espérons tous en sortir plus riches,intellectuellement, moralement et spirituellement.Cette fois-ci, c’est le temps luimêmequi nous ouvre des voiesd’exception. L’année qui commence,5769ème du nom, estgrande et belle, non seulementde nos espoirs, comme cellequi l’a précédée ou celle qui lasuivra, mais bien de ce qu’elleest essentiellement : l’Année duRassemblement.“ le commandement de“ Hakhel - Rassemblement ”garde sa valeur mêmeen notre temps ”C’est comme une ancienne image aux couleurstoujours vives qu’il nous faut regarder avec unémerveillement jamais démenti. A l’époque oùle peuple juif demeurait sur sa terre et où leTemple de Jérusalem se dressait sur sa colline,l’année qui suivait celle de Chemita – durepos des terres – portait un nom : Hakhel ou“ rassemblement ”.En effet, au début de cette année, pendant lafête de Souccot, tout le peuple se réunissaitdans la cour du Temple. Là, on avait dresséune estrade de bois, le roi y montait et y lisaitdes passages de la Torah. Tous les présents àcette célébration, d’une solennité et d’une joieintenses, en retiraient une élévation infinie, lapure crainte de D.ieu au sens le plus profonddu terme. Il est clair que cela les accompagnaitensuite pendant toute l’année.Certes, un tel moment spirituelétait lié à l’existence duTemple et semble ne plus être,aujourd’hui, qu’un rappel historique.Pourtant, il faut aller plusloin. Dans la mesure où il s’agitd’un commandement édictépar D.ieu, il a nécessairementune application éternelle, sauf àinstaurer une limitation impossibleà la Sagesse Divine.De ce fait, le commandement de “ Hakhel –Rassemblement ” garde sa valeur même ennotre temps. Celle-ci prend simplement unsens plus large. Se rassembler devient alorsun enjeu important, même si le roi n’est pasprésent et si nous ne sommes pas dans leTemple, en terre d’Israël.Le rassemblement en question doit, commepour nos ancêtres, nous réunir autour de notrevolonté de nous lier à D.ieu. Cela nous amèneainsi à une véritable plénitude, un rassemblement– intérieur celui-là – de toutes nos forcespour assumer la spiritualité que nous portonsen nous et ainsi donner à ce monde la liberté àlaquelle il aspire. Une liberté réelle et éternellepar la venue de Machia’h.Avec une bonne et douce année.Haim NisenbaumTrimestriel n° 10Septembre 2008 | Tichri 5769Articles et contenu réalisés parBETH LOUBAVITCH8 rue Lamartine 75009 ParisTél : 01 45 26 87 60Fax : 01 45 26 24 37Serveur Vocal : 01 44 52 02 52Web : www.loubavitch.frDirecteur de la publication :Rav Schmouel AzimovOnt collaboré à ce numéro :Chabta ï Coën, Nissan Dubov, SimonJacobson, Haïm Mellul, Na’houm Mendelson,Haïm Nisenbaum, Yanki Tauber, ElisabethBenhamou.Assistante de rédactionTéhila SamamaCrédits photosIlan Garzone - ilangarzone@free.fr,Israël Bardugo, Menachem Serraf,Fotolia, iStockphoto, Stock.xchng.Graphisme & Direction artistiqueeliesuzan@mac.com - 06 84 22 62 41PublicitésYoram Benhamou - 01 45 26 35 97© Tous droits réservés. Tous les articles et lesphotos présents dans ce magazine sont protégéespar les lois en vigueur sur la propriété intellectuelleet ne peuvent êtres utilisés sous quelque forme quece soit, sans autorisation écrite de Rencontres.Rencontres est un supplément à la Sidra de la SemainePublication hebdomadaire éditée par “La Régie Lamartine”102 Av. des Champs-Elysées 75008 ParisDirecteur de la publication: Y. BenhamouImprimerie : Imprimerie de Chabrol189, rue d’Aubervilliers - 75018 ParisISSN 1762 - 5440Rencontres n° 9 tiré à 7 000 exemplaires| 09-2008 | 3


S O M M A I R E44Loubavitchen action : Boulogne34Loubavitchdans le mondePekin, Chine54Zoomsur calendrier30dossier specialHakhelLe HakhelLe RassemblementLettreL’année du grand rassemblementQuand s’applique la Mitsvadu Hakhel ?Le lieu du HakhelLe déroulement du HakhelUne cérémonie prestigieuseHakhel et la révélation au SinaïPourquoi ammener les enfants ?L’importance de s’occuperde l’éducation des enfantsLa signification profonde du Hakhel[ 6 ]CommentaireRebelle au ©cœur pur[ 10]Lettres du RabbiLe Rabbi, un chapelier[ 50]Anniversaire 6 TichriTissée avec un fil d’or[ 62]ChroniqueRendez-vous avecle temps| 09-2008 | 5


C O M M E N T A I R E S U R L A T O R A HRebelle au coeur purDov Greenberg© StockXpertParmi les milliers de Rabbis citésdans le Talmud, un seul d’entre euxest devenu hérétique. Son nom ?Elisha ben Avouya.Elisha fut, selon tous les récits, l’undes Sages les plus remarquablesdu Second Siècle. Contemporain del’éminent Rabbi Akiva, il fut notammentle Maître de Rabbi Meïr quifigura par la suite parmi les plusgrands érudits de sa génération.Il existe différentes opinions quant àl’origine de la défection d’Elisha benAvouya. Certains expliquent qu’ildevint captivé par la culture helléniste,d’autres qu’il fut tourmentépar le problème de théodicée oucomment justifier de la bonté deD-ieu en dépit du mal qui existedans le monde.Elisha s’éloigna tant et tant de latradition juive, que ses collèguescessèrent de faire référence neserait-ce qu’à son nom et le surnommèrent“ A’her - l’autre ”, lebanni, le renégat. Seul son élève,Rabbi Meïr, resta loyal enversl’homme qui avait été son Maîtreauparavant, recherchant sa compagnieet confiant malgré tout qu’il serepentirait un jour.C’est dans ce contexte que sedéroule l’une des histoires les plusémouvantes de la littérature rabbinique.C’est Chabbath, et Elisha ben Avouyaprofane publiquement le jour sainten se promenant à cheval. Marchantà ses côtés se trouve Rabbi Meïr.Professeur rebelle et fidèle discipleavancent tous deux le long dela route, débattant et discutant ausujet de la Loi juive.“ Reviens vers Moi, ô enfantégaré, sauf A’her… ”Soudain, le récit talmudiqueemprunte une nouvelle dimension,frisant l’ironie. En effet, Rabbi Meïr,le Juif pieux, fut tellement plongédans la conversation, qu’il ne vit pasqu’ils avaient atteint les limites de laville au-delà desquelles il est interditde marcher Chabbath. “ A’her ” ledissident le remarqua et s’exclama :“ Meïr, retourne sur tes pas ! J’aimesuré la distance que nous avonsparcourue grâce aux foulées de moncheval. Nous avons atteint la limitedu domaine permis le Chabbath ;à partir d’ici, tu n’as plus le droitd’avancer. ”Meïr répondit : “ Toi aussi, fais marchearrière. ”Vraisemblablement, cette frontièreinvisible représente davantage quela simple délimitation géographiquede la ville. Elle symbolise la ligneentre deux mondes: croyance ethérésie, Judaïsme et impiété. Elishaben Avouya, momentanément plussensible à la sainteté du Chabbathque son élève, demanda à Meïr derebrousser chemin. Meïr, confortédans l’idée selon laquelle son professeurn’avait pas oublié son passé,saisit l’occasion et supplia Elisha derevenir en arrière, de retourner versson héritage.Et Elisha de répliquer, comme unesorte d’aveu pathétique sur sa tragédiepersonnelle :“ Je ne peux revenir ” dit-il. “ Unjour, je pris mon cheval. C’était YomKippour, qui cette année-là, tombaitun Chabbath. Tandis que je m’attardaiprès du Saint des Saints, j’entendisune voix Divine me disant :“ Reviens vers Moi, ô enfant égaré,sauf A’her… ”Ainsi, en conclut Elisha, D-ieu pardonnequiconque se repentant, à uneexception près: Elisha ben Avouya.“ Moi ”, déclama Elisha, “ chef defile de la communauté juive, je l’aitrahie. Moi, qui connaissait tant etqui pourtant fauta tellement, j’aicommis beaucoup de tort. Pour moi,il n’y a pas de retour possible. ”Tel fut son destin tragique. Selonde nombreux récits, il ne se repentitjamais.Quel message cette histoire contientelle? Devons-nous retenir qu’Elishaentendit effectivement la voix deD-ieu et l’interpréta correctement ?Cette voix céleste ne contredit-ellepas l’un des principes fondamentauxdu judaïsme affirmant qu’il esttoujours possible de se repentir ?6 | 09-2006 09-2008 || 09-2008 | 7


C O M M E N T A I R E S U R L A T O R A HD-ieu nous relève et nous laisserecommencer de nouveau.Poussons maintenant le raisonnementun peu plus loin. Le Talmudest une oeuvre d’une remarquablefinesse, dont il est fort possible dene pas percevoir toutes les subtilités.En voici un exemple pertinentdans ce récit, concernant la sourceprofonde des actions rebellesd’Elisha.“ Vous ne comprenez pas ” répliquale professeur, “ je mange du porc leChabbath. ”Le Rav demanda alors : “ Uniquement leChabbath, pas pendant la semaine ? ”“ Particulièrement et sciemment leChabbath ! ” se vanta le professeur.“ Ah, dans ce cas-là” déduit le Rav,“ vous devriez venir au cours. Nousavons vraiment un point commun. ”“ Vous n’êtes pas prisonnierdu passé ; vous pouvezprendre un nouveau départ ”En outre, si D-ieu ne voulait pasqu’Elisha revienne vers Lui, pourquois’être révélé à lui ? Et pourquoila voix céleste a-t-elle exprimé toutd’abord des paroles stimulantescomme “ Reviens vers Moi, ô enfantégaré ”, pour finir par un terribledécret, “ sauf A’her ” ?La clef de cette péripétie du Talmudtient en fait dans la perception despropos divins. Vers qui ces termesétaient-ils dirigés ? Comment D-ieua-t-Il apostrophé le Sage vagabond ?Par son vrai nom, Elisha ben Avouya,ou bien A’her, son pseudonyme ?La réponse est la suivante : “ Reviensvers Moi, ô enfant égaré ” s’adressaitsans nul doute à Elisha benAvouya. La voix céleste le suppliaitainsi de faire marche arrière. Enrevanche, le “ sauf ”, si sévère, étaitdestiné à A’her. D-ieu cherchait àmettre Elisha au défi de se débarrasserde cet “ A’her ”, l’autre, cettepersonnalité étrangère, mais fausse.D-ieu était tout simplement en trainde lui signifier qu’il n’était pas cet“ A’her ” et que la source de sonconflit provenait du fait qu’il identifiaitson essence à A’her. Certes,l’être humain porte en son sein denombreuses contradictions; notrefoi rencontre parfois des crises existentielles.Car ainsi va la vie dansnotre monde difficile. Le drame survientlorsque nous commençons àidentifier le mal que nous avonscommis avec notre essence ; quandnous substituons notre âme à l’identitéd’A’her.“ Reviens vers Moi, ô enfant égaré,sauf A’her… ” Le sens : “ Rapprochetoide Moi, mon enfant égaré, laisseA’her derrière ! Tu n’es pas “ A’her ”,arrête de te considérer comme tel.Tu es mon précieux enfant. ”Malheureusement, Elisha se fourvoyaen pensant qu’A’her et lui neformaient qu’une seule et mêmepersonne. De fait, il ne parvintjamais à atteindre la paix intérieure.Cette même voix céleste, quis’adressa à Elisha ben Avouya àYom Kippour, interpelle chaque Juifle jour de Yom Kippour, comme poursignifier: “ Vous n’êtes pas prisonnierdu passé ; vous pouvez prendreun nouveau départ. Revenez mesenfants. D-ieu n’abandonne jamaiset a confiance en Ses enfants. C’estce qui rend le Grand Pardon concevable.La notion de repentir, ou Techouva,n’existerait pas si nous n’étions pasconvaincus que quels que soientnos méfaits, dès lors que nous noustournons vers D-ieu avec sincéritéet regret, une nouvelle chance nousest offerte. Les autres peuvent perdreconfiance en nous; nous-mêmespouvons douter, comme A’her l’afait. Pas D-ieu. Peu importe quenous trébuchions encore et encore,© iStockphotoPourquoi A’her choisit-il spécifiquementde parader à cheval dansle lieu le plus sacré, le Saint desSaints, le jour le plus sacré de l’année,Yom Kippour ? Pourquoi ne pasavoir choisi de faire ce que seraitaujourd’hui l’équivalent de s’asseoirà la terrasse d’un café de Tel Aviv ?Cette histoire nous éclaire en réalitésur bien des points.Le Rav Adin Even-Israël Steinsaltz,philosophe et Talmudiste de renom,dispense un cours de Talmudpour enseignants, à l’UniversitéHébraïque de Jérusalem. Durantplusieurs années, un certain professeurrefusa d’y assister. Un jour,le Rav croisa ce professeur et luidemanda franchement:“ Pourquoi ne participez-vous pas àce cours ? Vos collègues viennent ;c’est dans votre bâtiment, juste enbas de l’escalier. ”Le professeur répondit : “ Oh non, cecours n’est pas fait pour moi. Nousn’avons rien en commun. ”Le Rav : “ Comment ça, nous n’avonsrien en commun ? ”“ Que voulez-vous dire ? ” demandaperplexe le professeur.Le Rav répondit: “C’est bien simple.Je célèbre Chabbath et vouscélébrez Chabbath. Je le fais d’unefaçon conventionnelle. Votre méthodeà vous est un peu moins traditionnelle…”Suite à cette conversation, le professeurse rendit effectivement aucours de Talmud. Il y redécouvritquelques fragments oubliés de sonidentité juive.Enfant, ce professeur avait en effetsurvécu à l’Holocauste, témoin del’effroyable destruction de la viejuive en Europe. Lorsqu’il arriva enIsraël, il décida de se débarrasser deson judaïsme. Il en voulait à D-ieuet comptait bien le Lui montrer.Aussi, il décida de manger du porcle Chabbath. Pourquoi le ChabbathReconnais ta véritable personnalité,Elisha, reviens vers Moi, ô enfant égaré.spécialement? Il cherchait à “punir”D-ieu de la façon la plus douloureusepossible. Il savait que manger duporc le mardi était déjà répréhensible,mais le faire pendant Chabbath,c’était vraiment mauvais- parce que le Chabbath était unjour supposésaint.8 | 09-2006 09-2008 | | 09-2008 | 9


C O M M E N T A I R E S U R L A T O R A HAprès réflexion, le professeur réalisaque son acte rebelle démontrait quelui aussi croyait en la Torah et aujudaïsme, et qu’il considérait toujoursle Chabbath comme un joursacré. C’est pourquoi il mangeaitdu porc Chabbath. Pas parce quele Chabbath était un jour ordinaire,mais parce que justement, c’était unjour si particulier !C’est aussi ce qu’exprime le Talmuddans son texte : Pourquoi A’herchoisit-il spécifiquementde monter àcheval derrière leSaint des Saints,le jour le plussacré de l’année,Yom Kippour ? Sesactions prouvaientau contraire qu’ilcroyait toujoursen D-ieu… Ainsi,la voix célesteimplorait les profondeursde soncoeur. “ Reconnaista véritable personnalité,Elisha,reviens vers Moi, ô enfant égaré. ”Il nous arrive malheureusementde rejeter D-ieu, mais Lui ne nousrejette jamais. Nous interprétonsparfois ses enfants rebelles, tandisque D-ieu reste toujours NotrePère réceptif. Dans cette histoiredu Talmud, l’appel de D-ieu àElisha ben Avouya incarne une véritémajestueuse et universelle de lacondition humaine. D-ieu ne baissejamais les bras face à nous, car Il necesse de croire que même en ayantmal agi, nous pouvons réparer notreacte et nous élever bien au-delàpar la suite. Même perdu, D-ieuespère que nous retrouverons notrechemin vers Lui. A travers cetteconscience, nous puisons cetteforce transcendante, apte à nousredresser lorsque nous faiblissonset à nous inspirer dans les momentsde dépression, se fiant au potentielde notre âme plus que ce que nouscroyons en nous-mêmes.Le Général Israélien et Ministrede la Défense del’époque, MoshéDayan, se présentaitcommeun Juif profondémentlaïc. Le8 Juin 1967, aucours de la Guerredes Six Jours, leMur Occidentalfut libéré. LorsqueDayan s’approchadu Kotel, des larmesne cessèrentde couler sur sonvisage.Un reporter Israélien lui demanda:“ Général Dayan, pourquoi pleurezvous? Vous sentez-vous encoreJuif ? Ce Mur ne représente rienpour vous ! ” Et Dayan de répondre:“ Hier, j’étais le Juif le pluslaïc d’Israël. Demain, je serai leJuif le plus laïc d’Israël. Maisaujourd’hui, je suis aussi saintque le Juif le plus pieux d’Israël. ”En ce jour le plus sacré de l’année,nous aussi, nous voilà saints. Cejour-là, notre âme nous interpelle,nous supplie de la nourrir, de larenforcer et de prendre un nouvelenvol.“ A partir d’ici, je suis prêt àchanger ma vie, opérer unchangement bénéfique ”Alors, osons ces quelques changements,commençons par quelquechose, n’importe quoi… Prenonsune Mitsva, quelle qu’elle soit, etdéterminons qu’à partir de ce pointlà,ce sera un nouveau départ. Ditesvous:“ A partir d’ici, je suis prêt àchanger ma vie, opérer un changementbénéfique, pour davantage despiritualité et plus de judaïsme. ”Car en ce jour sacré, si nous tendonsattentivement l’oreille, nousentendrons la voix céleste nousinvitant subtilement à revenir et àrentrer à la maison.Général Dayan, pourquoi pleurez-vous ?Vous sentez-vous encore Juif ?Ce Mur ne représente rien pour vous !D.G.10 | 09-2006 09-2008 |


L E T T R E S D U R A B B IIl convient donc de se conformer à ce qui est la naturemême d’un Juif, c’est-à-dire à la pratique du Choul’hanArou’h. Dès lors, on est assuré de gagner sa vie, car D.ieuLui-même comble les besoins.(Discours du Rabbi, second jour de Soukkot 5731-1970)Torah et philosophieJe suis certain que vous avez connaissance des contactsqu’ont eu les anciens Sages d’Israël avec ceux de la Grèceantique, des controverses qui les opposaient, même sidifférentes sources n’en présentent qu’un compte-renduspécifique. Nos Sages ont donc bien connu ces philosophesde la Grèce antique, leurs idées et leur conceptionde la vie. Malgré cela, ils ont délivré leur enseignement etils ont tiré leur propre conclusion, basée sur la foi pure enle D.ieu unique, Qui s’est révélé sur le Sinaï.Leurs conceptions ont été adoptées par tous les Juifs,avec la foi qui leur a permis de les mettre en pratiquedans leur existence quotidienne, malgré les difficultés,au point de risquer leur vie, d’une manière effective.A la lumière de tout cela, il estsurprenant qu’un Juif, qui qu’ilsoit, veuille analyser de nouveautous les systèmes philosophiqueset les théories afin de déterminerlui-même lesquelles sont vraies etquelle est leur valeur.En tout état de cause, comment un seul homme, ou mêmeun groupe de personnes, dans le court délai que représenteune vie, pourrait-il mener à bien une telle recherche,à un niveau d’approfondissement satisfaisant, en ignorantqu’une succession de sages, au fil des générations, ontconsacré toute leur vie à l’étude minutieuse de ces questionset sont parvenus, de manière unanime, à des conclusionssur le mode de vie juste qu’un Juif doit adopter ?Bien plus, l’histoire a montré qu’ils avaient raison.En effet, on a pu observer que les Juifs ayant adopté cettevoie, à titre individuel ou bien au sein de communautés,ont survécu, y compris dans les conditions les plusdéfavorables, alors qu’en revanche, les individus et lesgroupes qui se sont écartés de cettevoie, n’ont été préservés que pendantune période relativement courte et, aufinal, ils ont réintégré l’assemblée descroyants ou bien ils ont totalementdisparu.Pour illustrer ce qui vient d’être dit,on pourrait prendre l’exemple d’unhomme prétendant qu’il n’accepte pasles conclusions d’un professeur, d’uningénieur, d’un médecin, qu’il préfèremener une étude fondamentale desdifférents ouvrages publiés, jusqu’àdevenir lui-même la référence, dansce domaine, en dernière instance, afinde décider ce qu’il doit accepter et cequ’il doit refuser.Bien entendu, il n’y a pas lieu decommenter plus largement ce qui estbien évident. Pour conclure tout cela, en précisant qu’ilne s’agit pas pour moi d’un simple discours, je souligneraiencore une fois la valeur bien évidente de la Torah,il appartient à chaque Juif de faire de laTorah une expérience vécue au sens leplus simple du termequi est appelée Torah de vérité et aussi Torah de vie,afin de nous rappeler qu’elle est notre conducteur etnotre guide véritable, dans notre existence quotidienne.Il n’y a pas là la simple expression d’une foi aveugle, maisun fait qui a été vérifié et qui s’est confirmé tout au longde notre longue histoire. De ce fait, il appartient à chaqueJuif de faire de la Torah une expérience vécue au sens leplus simple du terme, en mettant en pratique les Mitsvotdans l’existence quotidienne. C’est de cette façon quel’on peut comprendre leur signification profonde et leurimportance.(Lettre du Rabbi à un homme de Brooklyn,5 Tévet 5735-1975, Kfar ‘Habad n°1100)Comment faire face à la dépression ?Tout homme qui médite admettra que sa vie doit avoir unsens, être liée à la diffusion de la bonté et du bien, dans lemonde. Certes, toute bonne chose suppose généralementun effort, mais, pour autant, nul n’a le droit de se décourager,encore moins un homme jeune qui a de la vigueuret de l’énergie, caractéristiques de la jeunesse, même s’ilsemble qu’un plus grand effort soit nécessaire.Je dis bien qu’il semble car, dans la plupart des cas, lesdifficultés que l’on affronte sont, bien souvent, imaginairesou exagérées. Il n’y a aucune raison de se décourager,car la Torah de vérité donne l’assurance que D.ieuvient en aide à l’homme afin de surmonter les obstaclesl’empêchant d’atteindre le bien. L’un des aspects essentielsde cet objectif de la vie, surtout à notre époque etdans notre génération, est la diffusion de la moralité et dela justice au sein de la société dans laquelle on vit.En effet, il ne suffit pas qu’un homme en applique lesprincipes dans sa vie privée. Il en est redevable égalementenvers la société. Il doit agir activement pourson développement moral, en donnant l’exemple et enl’enseignant. Si, en outre, il le fait avec un sourire etde la sincérité, il sera encore plus efficace. Il en résultequ’en se maintenant dans l’inaction et en se lamentantau-delà de la mesure sur la perte de quelqu’un qui setrouve dans l’autre monde, on n’agit pas dans le sensdécrit ci-dessus.Bien au contraire, si quelqu’un désire procurer unevéritable satisfaction à l’âme de cette personne, il nepeut le faire que par des actions positives et concrètes,accomplies en l’honneur de cette âme se trouvant dansle monde de la Vérité.En conséquence, j’ai été surpris d’apprendre votre réaction: puisque vous vous permettez d’être totalementbrisé, vous vous réfugiez dans la passivité, l’absenced’initiative, alors que l’on attend clairement de vous unmode de vie plus actif et plein de sens.Je suis certain que ce qui a été dit ci-dessus est suffisant,mais j’y ajouterai encore deux points fondamentaux. Toutd’abord, la vie et le comportement quotidien d’un Juif doiventêtre pleinement conformes à la Volonté du Créateur,c’est-à-dire à la voie de la Torah et des Mitsvot. Celles-cidoivent être accomplies pour elles-mêmes et chacunerecèle une bénédiction céleste qui lui est propre. Unedes Mitsvot fondamentales et déterminantes, qui permetd’instaurer la plus grande harmonie entre le cœur et lecerveau, le sentiment et l’intellect, est celle des Tefillinque l’on place, chaque matin de semaine, sur son brasgauche, face au cœur et sur la tête, où se trouve le cerveau.Je propose donc que les Tefillin de votre fils soientvérifiées, afin d’établir leur validité et qu’il les mette scrupuleusementtous les matins de semaine.En outre, il serait bon de commencer la journée en prélevantune pièce pour la Tsédaka et en la plaçant dansun tronc, disposé à cet effet. Il y a, par ailleurs, un autrepoint.Quand on désire exercer une influence sur quelqu’un,on doit, tout d’abord, lui donner le bon exemple. Vousmêmedevez donc faire un effort, dans toute la mesuredu possible, pour être une illustration de ce qui est ditdans cette lettre. Il serait très bon également que leshommes, parmi les autres membres de la famille, portentaussi les Tefillin, tous les matins de semaine. Il va sansdire que chaque homme reçoit le moyen de commencerune nouvelle vie.Quel qu’ait été, au préalable, son engagement par rapportau mode de vie juif, au quotidien, le présent établit clairementque tous ceux qui sont concernés doivent consentirà un effort supplémentaire pour la Torah et les Mitsvot.Il est clair que tous disposent des forces et de la déterminationnécessaires pour vivre pleinement l’existence et lecomportement que l’on attend de chaque Juif.(Lettre du Rabbi à une femme, 19 ‘Hechvan 5742-1982,Kfar ‘Habad n°1059)H.M.14 | 09-2008 | | 09-2008 | 15


© IStockphotosL e H a k h e lL e R a s s e m b l e m e n tdossier specialH A K H E LChabtaï Coen


D O S S I E R S P E C I A L R A S S E M B L E M E N TLettre du RabbiRassembler pensées, paroles et actions.les paroles et les actions qu’il a eues, proférées et accomplies dans l’année qui s’achève ; et ceafin de se préparer pour Roche Hachana quand il accepte la souveraineté absolue du Créateurde l’Univers et Roi de l’Univers. Si une telle préparation est requise n’importe quelle année, sansdistinction, elle l’est encore plus et doit se faire avec plus de dévotion et de ferveur en vue de l’annéede Hakhel. Car la signification de Hakhel, dans un sens spirituel, réside dans le fait qu’elle réclamedu Juif qu’il rassemble toutes ses pensées, ses paroles et ses actions afin de les orienter vers son“ Beth Hamikdache ” intérieur, et de les y placer, avec la plus totale soumission au commandementdu Roi, à la Volonté divine.Par la grâce de D.ieu,Brooklyn, New York,Nous voici au seuil d’une année de Hakhel, la mitsvah spéciale qui était observéeune fois tous les sept ans, l’année suivant celle de Chemita, et qui requérait le rassemblement,Hakhel en hébreu, du peuple, hommes, femmes et enfants, au Beth-Hamikdache. On les réunissaitdans le but de les fortifier et de les stimuler dans leur attachement à la Torah et aux Mitsvot avecYirat Chamayim (la crainte de D.ieu). Comme tout ce qui a trait à la Torah, Torat ‘Haïm (“ enseignementde la vie ”), le précepte de Hakhel se reflète, lui aussi, dans différents aspects de la viequotidienne. L’un de ces aspects fera l’objet de ce message à l’occasion de la présente périoded’examen de conscience, aboutissant à des conclusions et des résolutions qui sont les conditionspréalables d’une année nouvelle et meilleure sous tous les rapports. Mais faisons d’abord quelquesremarques préliminaires.La vie humaine s’exprime dans trois formes générales d’activité : la pensée, la parole et l’action.Une règle admise veut que rien ne soit perdu totalement. Elle s’applique également à la pensée, àla parole et à l’action humaines. Cela veut dire que les pensées, les paroles et les actions d’hier,d’avant-hier et des jours précédents ne disparaisstent pas sans laisser de traces. Leur influencedemeure, modelant les choses d’aujourd’hui et de demain, comme cela apparaît dans les résultatsmêmes, tant par rapport à l’homme concerné qu’à son entourage.Un autre point à souligner : à première vue, on pourrait croire qu’une action, du fait qu’elle appartientau passé, échappe au contrôle humain ; le passé étant le passé, nul ne peut l’annuler ni le modifier.Or, il n’en est pas du tout ainsi. Car D.ieu a donné à l’homme un pouvoir divin , par le moyen de latechouvah, qui lui permet de modifier non seulement le cours de l’avenir, mais aussi le passé ; de lechanger même au point de l’inverser totalement, si bien que “ des transgressions délibérées peuventfinalement être considérées comme de simples fautes involontaires ” ; plus encore, elles peuventêtre converties en actions positives.Un dernier point enfin : il est des choses qui, à certaines époques, sont exprimées avec plus devitalité et de sentiment qu’à d’autres. Ce qui nous amène à parler de la signification spéciale duHakhel de nos jours. Chaque année, au mois d’Eloul, un Juif est appelé à examiner les pensées,Cette année, chaque juif doit entreprendre un «inventaire» spécial dans l’esprit de Hakhel, avec laferme détermination de :- Modifier les pensées, les paroles et les actions de la vie quotidienne qui ont besoin d’être modifiées ;- Corriger et améliorer celles qui sont perfectibles ;- Enfin, insuffler plus d’enthousiasme et de vitalité à celles qui, bien qu’accomplies parfaitementpar rapport au niveau spirituel des autres mois, ont besoin d’un surcroît de ferveur compte tenu dela présente période, à la veille du «Couronnement» du Roi, quand toutes les pensées, les paroles etles actions doivent être envisagées avec un degré différent d’exultation. Et ce au point de réaliserla révélation la plus totale de la Divinité dans la vie personnelle, dans l’entourage et dans le mondedans son ensemble, conformément aux termes de notre prière : “ Oh ! Etends Ton règne sur toutl’univers afin que chaque créature sache comprenne et déclare : l’Eternel, D.ieu d’Israël, est Roi etSa royauté s’étend à tout ! ”.Réfléchissant profondément à cette vérité que rien ne doit être considéré comme totalement perdu,nous pouvons voir qu’il n’y a pas de raison de s’affliger et de désespérer, non seulement en fonctionde l’avenir, mais même du passé. Au contraire, avec l’assurance la plus grande que D.ieu veille surchacun et soutient toute bonne intention et toute bonne action, nous pouvons nous engager dansnotre préparation individuelle pour la nouvelle année avec la plus totale confiance. Et si certainsévénements de l’année écoulée sont cause d’un profond regret, nous avons, dans le même temps,la joie intense de savoir que le Tout- Puissant nous a dotés de la capacité de convertir les transgressions,même délibérées, en actions positives. En outre, cela va de soi que ce que nous faisons dansla joie et la confiance s’accomplit avec une mesure plus grande de succès.D.ieu veuille venir en aide à chacun, homme ou femme, au sein de notre peuple Israël, afin qu’ilspuissent tirer le meilleur parti de l’occasion favorable qui se présente dans la joie et l’allégresse ducœur. Avec ma bénédiction de Ktiva Va’hatimah Tovah pour une bonne et heureuse année.M. Schneersondossier specialH A K H E L18 | 09-2008 || 09-2008 09-2007 | 19


D O S S I E R S P E C I A L R A S S E M B L E M E N TL’année du GrandRassemblementLa consolidation du lien avec D.ieuLe Peuple Juif a reçu le commandement positif qui consiste àrassembler hommes, femmes et enfants, sur la Montagne deD.ieu, à Jérusalem, la ville sainte à la fin de l’année de Chemita,lors du pélérinage de Soukot, à l’époque où le Temple existait.A cette occasion, on procédait à une lecture publique de la Torahen présence de tout le peuple qui avait pour but de consolider lelien entre le peuple, D.ieu et Sa Torah.Les références TalmudiquesComment se passait la cérémonie du Hakhel ?A l’issue du premier jour de la fête, la huitième année, à l’issuede la septième année, on faisait au roi une estrade en bois dansle Parvis du Temple sur laquelle il s’asseyait, comme il est dit :“ au terme de sept ans... ”. Le ‘Hazane de la synagogueprenait le Séfer (rouleau de la) Torah et le donnait au Présidentde la synagogue qui le passait au suppléant, lequel le transmettaitau Kohen Gadol qui le remettait enfin au roi. Le roi, debout,le prenait, et assis, y lisait un passage. Le roi Agrippa se levaitpour prendre le Séfer Torah et lisait debout, et les Sages lui enfirent l’éloge.La lecture de la TorahLe roi lisait les passages suivants du Deutéronome de “ Voiciles paroles ” jusqu’à “ Chéma Israël ”, Chéma Israël , VehayaIm Chamoa, Asser Téasser, Ki Téhalé Lasser, Som Tassim -le passage du roi, les “ bénédictions et malédictions ” jusqu’à lafin du passage.Les bénédictionsLe roi prononçait les mêmes bénédictions que le Kohen Gadolle jour de Yom Kipour, à la seule différence qu’il remplaçaitl’expression “ la bénédiction relative au pardon des fautes ” parune bénédiction relative aux fêtes.© Ilan GarzoneLes références BibliquesLa source biblique du commandement positif de célébrer le Hakhelse trouve dans le cinquième livre du Pentateuque, Deutéronome(Devarim, chapitre 31, versets 10, 11, 12, 13, dont voici le texteintégral : Et Moïse leur ordonna ce qui suit : “A la fin de chaqueseptième année, lors de la fête des Tentes, alors que tout Israëlvient comparaître devant l’Eternel, ton D.ieu, dans l’endroit qu’Ilaura élu, tu feras lecture de cette Doctrine en présence de toutIsraël qui écoutera attentivement.Convoques-y le peuple entier, hommes, femmes et enfants, ainsique l’étranger qui est dans tes murs, afin qu’ils entendent et s’instruisentet révèrent l’Eternel, votre D.ieu et s’appliquent à pratiquertoutes les paroles de cette Doctrine ; et que leurs enfants,qui ne savent pas encore, entendent aussi, et qu’ils apprennent àrévérer l’Eternel, votre D.ieu, tant que vous vivrez sur le sol pourla possession duquel vous allez passer le Jourdain. ”© Ilan Garzonedossier specialH A K H E L20 | 09-2008 || 09-2008 09-2007 | 21


D O S S I E R S P E C I A L R A S S E M B L E M E N TQuand s’appliquela Mitsvah du Hakhel ?Le premier HakhelLe devoir de s’acquitter de cette mitsvah vint à échéance aprèsl’obligation qu’eurent les Israélites d’observer les lois de laChemita, comme il est dit “ au bout de sept ans, au temps del’année de la Chemita ”.... et à l’installationdu Peuple Juif sur sa TerreCertains codificateurs pensent que le Hakhel ne dépend pas dela Chemita, mais est étroitement lié à la résidence du peuple surla Terre Sainte. Dès lors, le verset “ au temps de la Chemita ”ne serait que l’indication de ne pas compter les sept ans àpartir de leur séjour dans les plaines de Moav. Cette opinion estd’ailleurs partagée par le Séfer Ha’hinou’h (Rav Aaron Halévy) quidit en substance : “ la mitsvah du Hakhel est en vigueur lorsquetout Israël est sur sa Terre. ”En réalité, la supputation des sept années n’a pas commencéjuste après les quarante ans passés dans le désert, c’est-àdireau moment où le passage biblique du Hakhel fut transmiseffectivement à Moché Rabénou dans les plaines de Moav.En fait, il a fallu attendre les sept années de conquête et les septannées de partage de la Terre d’Israël pour entamer le calculdes sept années de Chemita, suivies par la célébration du premierHakhel, la huitième année. En d’autres termes, le premierHakhel dans l’histoire du Peuple Juif s’est donc déroulé la vingt etunième année qui a suivi l’entrée des Israélites en Terre Sainte.Le Hakhel est lié à la Chemita…Selon un avis, la mitsvah du Hakhel est dépendante de celle dela Chemita. De ce fait, lorsque les lois de la Chemita ne sont pasappliquées d’ordre toranique mais rabbinique, la loi du Hakhelégalement relève d’une ordonnance rabbinique. En conséquence,à l’époque du Deuxième Temple, le Hakhel n’était pas imposé parla loi biblique, et ce pour deux raisons :a) étant dépendant des cycles sabbatiques de sept ans, lesChemitot, le Hakhel fut supprimé du fait de la non-observancede la loi de la Chemita à cette époque.b) la Torah stipule : « lorsque tout Israël viendra voir» cela signifieque le Hakhel devait se dérouler en présence du Peuple Juifdans son intégralité.© StockXpert22 | 09-2008 || 09-2008 09-2007 | 23


D O S S I E R S P E C I A L R A S S E M B L E M E N TLe lieu du HakhelLe déroulement du HakhelLes Tanaïm (Rabbins de la michnah) discutent le fait de savoirsi le Hakhel avait lieu dans le Parvis des Femmes (Ezrate Nachim)ou dans le Parvis des Hommes (Ezrate Israël ).Qui lisait ?Une preuve du passage relatif au HakhelLe Talmud de JérusalemLe roi n’était pas assis mais s’appuyait sur un mur à cause del’interdiction de s’asseoir dans le Parvis du Temple. En effet,seuls les rois descendant de la lignée du Roi David avaientle droit de s’asseoir. La lecture de la Torah se faisait doncobligatoirement dans Ezrat Israël.Le Talmud de BabyloneLa lecture était faite dans le parvis réservé aux femmes et le roiétait assis et lisait. Telle est aussi l’opinion du Rambam selonlequel “ On lisait dans Ezrat Nachim et le roi lisait assis ”.Ne pouvait-on célébrer le Hakhelqu’à Jérusalem ?Hakhel était-il célébré uniquement dans Ezrat Nachim, situé dansl’enceinte du Temple, ou pouvait-on le faire aussi dans un autreendroit de Jérusalem ?Seulement sur le Parvis ?En réalité, Hakhel devait nécessairement avoir lieu dans l’endroitmême où s’accomplissait la mitsvah de “ se présenter ”, commeil est écrit : “ Lorsque tout Israël viendra ”. Or, Ezrat Nachim étantcontigu à Ezrat Israël, Hakhel devait être donc célébré dans EzratNachim. En conséquence, les autres endroits de Jérusalem neconvenaient pas à la célébration du Hakhel du fait que l’on nepouvait pas y accomplir la mitsvah de “ se présenter ”.Une preuve à l’appui de cet argumentSi l’on pouvait célébrer Hakhel dans toute la ville de Jérusalem,comment expliquer que l’on repoussait Hakhel au lendemainlorsqu’il tombait un Chabbat ? N’aurait-on pas pu faire la lecturedans un autre endroit de Jérusalem, ou tout au moins, dansl’enceinte du Temple qui, par son étendue, pouvait contenir600 000 personnes, et qui, en outre, ne posait pas de problèmed’espace ? Par conséquent, force nous est de conclure que seulle Temple, endroit saint par excellence, convenait au Hakhel.Le roi avait la mitsvah de faire entendre à tout Israël la lecturede la Torah. Dans les termes de la michnah “ et le roi se levait ,recevait le rouleau de la Torah et lisait assis ”. D’où la raison dela dénomination de cette lecture appelée “ Lecture du roi ”La sourceD’où sait-on que cette lecture incombait au roi, car, à priori, sadésignation n’apparaît pas explicitement dans le passage bibliquerelatif au Hakhel ?La nomination du roiA propos de la nomination d’un roi, la Torah dit : “ Tu nommerassur toi un roi que l’Éternel Ton D.ieu choisira... et lorsqu’ilsiégera sur le trône de son royaume, il consignera le MichnéTorah (c’est-à-dire le Deutéronome) sur un livre... ”Nos Sages disent : “ en fait, il ne s’agit ici que du Deutéronome”. Mais d’où sait-on que le roi a l’obligation d’écrirele reste de la Torah ? Du verset : “ pour observer toutesles paroles de cette Torah ”. Alors pourquoi préciser le“ Deutéronome ” ? En fait, cette précision fait allusion à l’obligationdu roi de répéter, d’enseigner (car “ Michné ” signifie ”répétition ”et “ enseignement ”).D’où la preuve que le roi, lors du Hakhel, devait lire et enseignerla Torah. D’après une autre opinion, du fait que la Torah précise“ Michné Torah ”, cela signifie qu’à l’occasion du Hakhel, le roiavait l’obligation de ne lire que le “ Michné Torah ”. Le roi devaitécrire toute la Torah, mais lors du Hakhel, seul le Michné Torahdevait être lu.Dans le passage biblique relatif au Hakhel, il est écrit : “ tu lirascette Torah devant tout Israël ”. Le singulier du verbe impliqueque cette injonction ne s’adresse pas aux Kohanim et aux anciensdu peuple cités dans ce passage, mais à Yeochouah (Josué), donton parle au début du texte, qui fut roi d’Israël.Une preuve du livre des prophètesUne autre source tirée des Prophètes est une preuve que seul leroi lisait la Torah. Il est dit dans Isaïe : “ Et le roi réunit tous lesanciens de (la tribu de) Yehoudah et de Jérusalem, et le roi alladans la Maison de D.ieu... et lut : Sur l’ordre du roi, on convoquaauprès de lui tous les anciens de Juda et de Jérusalem.Le roi monta au Temple de l’Eternel, accompagné de tous lesJudéens et de tous les habitants de Jérusalem, prêtres, prophèteset tout le peuple, petits et grands, et il leur donna lecture detoutes les paroles du Livre de l’Alliance, trouvé dans le Templedu Seigneur.Le roi se plaça sur l’estrade, et s’engagea par un pacte, devantl’Eternel, à marcher dans Ses voies, à observer Ses commandements,Ses lois et Ses statuts, de tout son cœur et de toute sonâme, afin d’accomplir les paroles de cette alliance, inscrites dansce livre ”dossier specialH A K H E L24 | 09-2008 || 09-2008 09-2007 | 25


D O S S I E R S P E C I A L R A S S E M B L E M E N TUne cérémonieprestigieuseHakhel et larévélation au SinaïLes trompettesLe jour du Hakhel, les Kohanim se postaient à tous les carrefourset, trompettes en mains, sonnaient des sons longs et saccadésdans tout Jérusalem pour rassembler le peuple. Même un Kohenqui avait un défaut physique sonnait ce jour-là. Ainsi, Rabbi Tarfonetémoigna qu’il vit un Kohen estropié sonner de la trompette.D’un Kohen qui ne sonnait pas de la trompette, on disait :“ On dirait qu’il n’est pas Kohen ! ”. Les habitants de Jérusalemgagnaient beaucoup d’argent ce jour-là car ils louaient chaquetrompette au prix d’un dinar en or.L’estradeOn apportait une grande estrade en bois que l’on plaçait au milieudu Parvis des Fernmes. On construisait cette estrade depuis laveille de Yom Tov. Elle était faite de plusieurs pièces qu’il suffisaitd’emboîter à ‘Hol Hamoëd. En cas d’impossibilité de la construireavant Yom Tov, on ne le faisait pas pendant ‘Hol Hamoëd, carmême en l’absence d’estrade, on pouvait faire la lecture.L’honneur au roiL’estrade placée, le roi y montait et s’asseyait et tout Israël venaitse rassembler autour de lui pour écouter sa lecture. La transmissiondu Séfer Torah, du chantre au président de la synagogue, duprésident au suppléant du Grand Prêtre, du suppléant du GrandPrêtre au Grand Prêtre qui le remettait enfin au roi, était unecérémonie faite en l’honneur du roi, devant une grande foule caren ce jour, on tenait à faire ressortir la grandeur du roi dans toutesa splendeur et sa sublimité.26 | 09-2008 |La lectureLe roi, debout, reçoit le Séfer Torah du Grand Prêtre; s’i le désire,il s’assoit et fait la lecture. S’il lit debout, il est d’autant plus digned’éloges. Il ouvre le Séfer, jette un regard sur le passage qu’il valire, fait la bénédiction comme on en a l’habitude de le faire à lasynagogue avant la lecture de la Torah, puis il lit la totalité despassages prévus , referme le Séfer, fait la deuxième bénédictionqu’on a coutume de réciter à la synagogue après la lecture de laTorah et y rajoute sept bénédictions.Le Hakhel ressemble au Don de la Torah auMont Sinaï. A ce propos, Rambam dit : “ ilsdoivent préparer leur cœur et écouter attentivementavec une crainte révérencieuse, unejoie mêlée de crainte comme au jour où laTorah fut donnée ”. Même lesgrands érudits en Torah doiventécouter avec une intenseferveur. Celui qui serait dansl’impossibilité d’écouter dirigerases pensées vers cettelecture pour se renforcerdans la religion de vérité.“ et tout le peuple vitles voix... ”Lors du Hakhel, il faut seconsidérer comme recevantla Torah au Sinaï de la“ Bouche de D.ieu ”, le roin’étant qu’un délégué chargéde faire entendre les parolesde D.ieu. Des paroles du Rambam, il ressort que le fondement dela mitsvah du Hakhel est de revivre de temps à autre l’expériencedu Sinaï. L’apport nouveau de la révélation du Sinaï ne réside pasdans l’étude et l’observance des commandements de D.ieu, maisdans la visualisation de cette expérience unique dans l’histoire denotre peuple, comme il est dit : “ et tout le peuple vit les voix... ”,“ vous avez vu ” ; l’Eternel nous fait voir Sa Gloire.“ Je suis l’Eternel Ton D.ieu ”. Telle est laraison d’être de la mitsvah du Hakhel quirevient tous les sept ans.Cette visualisation de la Présence Divine devant aboutir à ce que“ Sa crainte soit sur vous afin que vous ne fautiez pas ”.Il est connu que la vue n’est pas comparable à l’audition.L’audition présuppose une certaine distance, d’où la facultéauditive de n’entendre que la voix... “ Entendre ” signifie aussi“ comprendre ”, ce qui fait appel aux facultés intellectuelles(le côté “ spirituel ” de l’homme). Par contre, la vue présupposeune certaine proximité avec l’objet matériel visualisé sur lequelelle exerce une prise au point que cet objet est authentifié et faitcorps avec le percepteur.“ Au Mont Sinaï ”, “ le peuple a visualisé les voix ”, il a vu ce quis’entend à telle enseigne que chaque Juif a pu authentifier“ Je suis l’Eternel Ton D.ieu ”. Telle est la raison d’être de lamitsvah du Hakhel qui revient tous les sept ans. Se souvenir de lagrande élévation spirituelle que nous avons vécue au Mont Sinaïn’est pas suffisant. Le Hakhel nous a été donné afin que nous,hommes, femmes et enfants, fassions revivre cette expériencesublime comme si nous étions à nouveau au pied du Mont Sinaïà l’écoute de la Parole du D.ieu vivant.dossier specialH A K H E L| 09-2008 09-2007 | 27


D O S S I E R S P E C I A L R A S S E M B L E M E N TL’unité du peuple juifLe Hakhel permet de rassembler le peuple tout entier et d’enfaire une seule assemblée. Israël devient une seule et uniqueentité. Le but du Hakhel n’est pas essentiellement l’étude et lacompréhension, car, dans le domaine de l’intellect, on retrouvel’idée de pluralité dans la mesure où chacun assimile selon sesfacultés intellectuelles.La crainte est le dénominateur commun qui permet au peuplede passer d’une pluralité d’individus à une unité et une cohésiontotales, comme il est dit à propos de la révélation du Sinaï :“ comme un seul homme et un seul cœur ”. C’est aussi la raisonpour laquelle le roi lisait la Torah. Le roi inspire au peuple crainteet révérence qui ont pour effet d’annuler le “ moi ” de chaquejuif, le sentiment d’existence en tant qu’individu à part entière.Le roi est considéré comme le “ cœur ” du Peuple Juif, et à cetitre, l’unifie totalement pour en faire une entité indissociable.D.ieu est le seul vrai propriétaire du monde,de l’homme, du champ et de toutce que renferme l’univers ”L’année de Chemita est en réalité une préparation à l’année duHakhel. En effet, l’année de Chemita est une année de “ repospour Dieu ” ce qui implique deux idées :Elle dévoile la Royauté de D.ieu en ce sens que l’on réalise que“ tout appartient à D.ieu ”. Le fait que l’homme se repose, quela terre soit en jachère et que les produits des champs soientaccessibles à tous, cela montre ostensiblement que D.ieu est leseul vrai propriétaire du monde, de l’homme, du champ et detout ce que renferme l’univers. Par conséquent, pendant l’annéede Chemita, les Juifs ressentent davantage la crainte de D.ieu.Le fait même que les agriculteurs observent une année de relâchefera “ qu’ils rechercheront D.ieu ”. L’année de Chemita fait tomberles barrières qui existaient entre l’agriculteur qui possède unverger et celui qui possède un champ à tel point qu’une uniformisations’instaure parmi eux, et dès lors, une unité totale s’opèreentre l’agriculteur et l’érudit. Tous sont préoccupés par une seulechose : la quête de D.ieu.© Ilan GarzonePourquoi ammenerles enfants ?Pour quelle raison les parents méritent-ils une récompense par leseul fait d’avoir amener au Hakhel leurs nourrissons qui ne sontmême pas en âge d’en saisir le sens ? Quelle est la raison d’êtreet l’objectif de cette participation ?Les heureux parentsLorsque Rabbi Yo’hanane ben Zakaï faisait l’éloge de ses élèves,il disait de Rabbi Yeochouah fils de ‘Hananiah : “ Heureuse cellequi l’a enfanté ! ” En réalité, pourquoi la mère méritait-elle un teléloge ? Rabbi Dosa fils de Horkinas répond : “ Je me souviens desa mère qui amenait son berceau à la synagogue pour que sesoreilles entendent des paroles de Torah. De plus, il lui appliqua leverset : “ A qui donc veut il enseigner la science ? A qui inculquerdes leçons ? A des enfants qui viennent d’être sevrés, de quitterle sein ”. A ces enfants-là, D.ieu enseigne la Torah.Deux catégories d’enfantsLe verset : “ Et leurs enfants qui n’ont pas connu... ” se réfère enfait à deux sortes d’enfants :a) L’enfant qui n’a pas encore atteint l’âge de recevoir uneéducation juive.Bien qu’il ne comprenne pas l’importance de l’événement duHakhel, le fait même de voir ce rassemblement d’une multituded’hommes, de femmes et d’enfants et d’assister à la lecture dela Torah par le roi, laissera sur lui une empreinte indélébile à telleenseigne que lorsque cet enfant atteindra l’âge de bénéficierd’une éducation toranique, les parents auront alors davantagede facilité à lui faire accepter le joug divin, la crainte de D.ieu etl’observance des mitsvot. Il n’est pas de plus grande récompenseque cela. Voilà pourquoi il est important d’amener les enfants àla synagogue.dossier specialH A K H E L28 | 09-2008 || 09-2008 09-2007 | 29


D O S S I E R S P E C I A L R A S S E M B L E M E N Tb) L’enfant en âge de recevoir une éducation.Les enfants de cette catégorie doivent être amenés au Hakhelpour “ qu’ils écoutent et posent des questions, et les parents lesguideront et les éduqueront dans ce sens ”. La Torah poursuit :“ durant tous les jours que vous vivrez sur terre ”, cela signifiequ’il faut ancrer à jamais chez les enfants la crainte de D.ieu,car, éduqués ainsi depuis leur jeune âge, la crainte de D.ieu lesimprégnera pour toute la durée de leur vie.Une éducation précoceL’importancede s’occuperde l’éducationdes enfantsSi l’enfant, depuis l’âge tendre, est éduqué dans la foi en D.ieuet dans l’observance des mitsvot, il ne s’en détournera pas plustard et ne se reposera pas sur son intelligence. Il saura que,même s’il n’est pas encore parvenu à saisir toute la profondeurde la Torah, cette lacune ne pourra, en aucun cas, affaiblir sa foidans le D.ieu unique, puisqu’elle aura été ancrée en lui depuistrès longtemps. Le principe est de savoir que tout effort, fût-ilminime, investi très tôt dans l’éducation des enfants s’avérerafructueux dans l’avenir.L’absence d’éducation depuis l’enfanceleur enseigner la Torah avant même l’âge de recevoir uneéducation juive obligatoire (treize ans).Une pierre précieuse© Ilan GarzonePlus important encore que d’écouterla Torah directement de D.ieuLe roi est le délégué du Roi des Rois, Dieu, et par conséquent,celui qui écoute la lecture faite par le roi est considéré comme s’ill’écoutait du Tout-Puissant Lui-même. C’est pour cette raison queles hommes et les femmes viennent, respectivement, apprendreet écouter la Parole de Dieu de la Bouche du Tout-Puissant, laTorah à laquelle “ rien au monde ne peut être comparé ”.Si, très tôt, on laisse l’enfant prendre de mauvaises habitudesen lui donnant la possibilité de donner libre cours à sa nature,dès lors qu’il atteindra l’âge adulte et que son intelligence serapleinement développée, il sera alors enclin à suivre ses habitudes.En tout état de cause, il lui sera difficile de se défaire de l’éducationbonne ou mauvaise, qu’il aura reçue, comme il est dit :“ éduque l’enfant selon son chemin, car même lorsqu’il vieillira,il ne pourra s’en détourner ”. Il est dès lors évident, que quelleque soit l’éducation que l’on aura donnée à l’enfant, elle laisserasur lui une marque indélébile.Conclusiona) Imprégner l’enfant, dès son plus jeune âge, des lettres de laTorah et de la prière, le préparera à mener une vie sainte enaccord avec les idéaux de la Torah.b) Il est judicieux d’amener les enfants à la synagogue, dans leslieux où évoluent ceux qui chérissent la pratique des mitsvot,de leur inculquer les vertus fondamentales du Judaïsme, deA ce propos, nos Sages ont conseillé au père d’enseigner :“ Chéma Israël ”, et “ Torah Tsivah Lanou Moché MorachahKéhilat Yaacov ”, la Torah que nous a enseignée Moïse notreMaître est l’héritage de la Communauté de Jacob , à son fils dèsqu’il sait parler. Cette éducation précoce facilitera la tâche desparents au moment où ils devront effectivement préparer leursenfants à leurs obligations religieuses.Le Talmud nous rapporte une anecdote concernant RabbiYo’hanane, fils de Broka et de Rabbi Eliézer fils de ‘Hismah, quiallèrent rendre visite à Rabbi Yeochouah à Pékihine. Celui-cileur demanda : «quel commentaire nouveau a-t-on enseignéaujourd’hui au Beth Hamidrache (maison d’étude) ? Ils lui répondirent: “ Nous ne sommes que tes élèves et nous buvons tousdeux de ton eau ! (de ton enseignement) ”.Il leur rétorqua : “ Qu’à cela ne tienne ! Pointde Beth Hamidrache sans commentaire nouveau.Qui devait commenter cette semaineet de quoi a-t-on parlé aujourd’hui ? ” Ilsrépondirent : “ du passage de Hakhel ”.“ Et qu’a-t-il expliqué à ce ‘sujet ? ”poursuit-il. “ Rassemble le peuple,hommes, femmes et enfants. Si les hommes viennent apprendre,les femmes écouter, les enfants, pour quelle raison viennent-ils ?Pour récompenser ceux qui les ont amenés ”. Alors, RabbiYeochouah s’exclama : “ Vous avez une pierre précieuse et vousvoulez me la cacher ! ”Arrivé à ce degré de spiritualité si intense, quelle importance peutavoir l’apport des enfants et la récompense promise à ceux quiles amènent ? En fait, dans la suite des versets bibliques, nousapprenons que même ceux qui ne saisissent pas le sens de lalecture du roi “ écouteront et apprendront à craindre D.ieu tousles jours ”.Leur présence dans le Temple, au milieu de l’assemblée de tousles Juifs exercera une si grande influence qu’au fil du temps,ces enfants sauront craindre D.ieu. La Torah nous dévoile ici savéritable pensée : éduquer des enfants dans l’étude et la craintede Dieu est bien plus important que d’écouter la Torah de D.ieuLui-même, et grand est le mérite de ceux qui détiennent unefonction dans l’éducation juive fondée sur des bases saintes,mérite incommensurable qui amène les enfants à “ écouter,apprendre et à craindre D.ieu. ”.dossier specialH A K H E L30 | 09-2008 || 09-2008 09-2007 | 31


D O S S I E R S P E C I A L R A S S E M B L E M E N TSavoir sacrifier son confort personnel“ Pourquoi les enfants venaient-ils ? ” demandent nos Sages.Si après tout, ils vont faire du bruit et déranger les adultes quiécoutent, ne vaudrait-il pas mieux les laisser à la maison ?A cela le Talmud répond clairement : “ pour récompenser ceuxqui les amènent ”. Autrement dit, il est préférable que l’attentiondes parents soit dispersée pourvu que les enfants viennent puiserde l’inspiration dans le service de Dieu et que leurs oreillesperçoivent les saintes paroles de la Torah. Il résultera un profitspirituel extraordinaire pour les parents qui auront sacrifié leurconfort personnel pour faire bénéficier leurs enfants du Hakhel.Les enfants, la santé et la subsistanceLorsque les parents auront à cœur d’insuffler à leurs enfants lacrainte de D.ieu en les amenant dès leur plus jeune âge au BethHamikdache dont l’équivalent actuel est représenté par la synagogue,ils mériteront alors d’abondantes bénédictions pour les“ enfants, la santé et la subsistance quotidienne ”.En effet, la bénédiction pour les enfants est englobée dansl’expression de nos Sages “ récompense pour ceux qui les ontamenés ”, celle pour la santé dans le verset “ tous les jours devotre vie sur la terre ”, et enfin celle pour la subsistance dans lasuite du verset “ sur la terre dont, en traversant le Jourdain, vousallez prendre possession ”, allusion bien évidemment à la Terred’Israël “ ruisselante de lait et de miel ”.ils mériteront alorsd’abondantes bénédictionspour les enfants, la santéet la subsistancequotidienne© Ilan Garzone32 | 09-2008 || 09-2008 09-2007 | 33


D O S S I E R S P E C I A L R A S S E M B L E M E N TLa significationprofonde du HakhelLes heureux parentsCe qui distingue le peuple d’Israël, c’est la Torah. Par elle, noussommes séparés de tous les peuples de la terre, par elle seule,notre peuple bénéficiera du monde futur. Il est donc essentiel quepériodiquement nous soyons tous rassemblés pour entendre lemessage du Livre, il est important que ce message soit entendupar tout le peuple, hommes, femmes et enfants.La conscéquence extraordinnaireIls se demanderont alors quel est le sens de cet immenserassemblement et réaliseront que c’est la Torah qui est notretrésor le plus précieux, notre gloire et notre honneur. Ils apprendrontà l’apprécier, à l’aimer et voudront connaître Celui qui nousl’a donnée, Le craindre et L’aimer comme il est dit dans le texte :“ qu’ils apprennent à révérer l’Eternel. ”Rassembler les Juifs pour servir D.ieuTel est l’ordre chronologique des événements liés au Hakhel :les Kohanim (prêtres) se tenaient à l’extérieur de Jérusalem,et, au son de trompettes d’or, ils invitaient tout le peuple à serassembler dans le Temple pour célébrer le Hakhel. Si l’on voyaitun Kohen sans trompette, on disait : “ Ce n’est certainement pasun Kohen ! ”L’éternité de la Torah et des MitsvotBien que le Hakhel ne soit plus en vigueur de nos jours, noussavons cependant que même les mitsvot liées à un temps et unlieu précis restent éternelles. Par conséquent, Hakhel recèle unesignification spirituelle valable dans chaque génération et en touslieux. Il nous faut donc dégager un enseignement concret duHakhel. En fait, chaque juif est considéré comme un “ Kohen ”,comme il est écrit : “ vous serez pour Moi une nation de prêtres ”.Or, lele d’un Kohen est précisément de “ se tenir devant D.ieupour Le servir ”.En d’autres termes, cela signifie qu’un Juif doit garder à l’espritque son rôle est, à l’instar d’un Kohen, de se tenir à l’extérieur(c’est-à-dire dans la rue) et sonner des trompettes d’or pourrassembler des Juifs, de les prendre en charge jusqu’à ce qu’ilsparviennent à “ pratiquer toutes les paroles de cette Torah ”.Ce faisant, chaque Juif réalise la fonction de Kohen de “ se tenirdebout et de servir D.ieu ”.Hakhel : La raison domine le cœurLe moment fort de Hakhel était la lecture de la Torah faite par leroi. Cette lecture avait la qualité inhérente d’inspirer au peupleentier la crainte de D.ieu. Pareillement, chaque juif, individuellement,possède un “ roi ”, à savoir son intelligence, sa raison,qui doivent dominer le cœur et tous les membres du corps et lesinciter à “ observer et pratiquer toutes les mitsvot de la Torah ”.Réaliser son Hakhel individuelIl existe une manière de réaliser le Hakhel dans notre servicedivin. En fait, il s’agit de “ rassembler ” toutes nos pensées,paroles et actions afin de les introduire dans le “ Temple ”miniature qui git au fond de nous, et s’efforcer, avec abnégationabsolue et totale, d’obéir aux paroles du Roi, D.ieu.Réaliser le Hakhel dans l’étudeEn matière d’étude et de connaissance de la Torah, il nous fautégalement rassembler, unifier les quatre parties qui la composentà savoir : le pchat (sens littéral), le remez (sens allusif), le drouch(sens homélitique), et le sod (sens ésotérique).Il est donc important d’étudier ces quatre niveaux d’interprétationjusqu’à les unir et en faire une seule et unique entité.Chabtaï Coen34 | 09-2008 |© Ilan Garzone


A N N I V E R S A I R E 6 T I C H R ITissée avec un fil d’orNa’houm MendelsonLes premières années de son mariage à Rabbi LéviIts’hak, un jeune érudit qui étudiait la Torah jour et nuit,sans se préoccuper de soucis financiers, furent parmiles plus heureuses de sa vie© iStockphotoUne femme d’exception !La Rabbanit ‘Hanna est née àRomanovka en 1880. Son père lebrillant ‘Hassid Rabbi Méir ChlomoYanovsky était le Rav de Nikolayev,une ville plongéedans l’étude et unstyle de vie basésur les profondeursde la ‘Hassidout.C’était le fils deRabbi Israël LeibYanovsky qui avaitété Roch Yechivaà Romavovka. Lamère de Reb MéirChlomo, la RabbanitBaila Rivka était lafille du grand Maîtreet ‘Hassid du Tséma’h Tsédék,Rabbi Avraham David Lavout.Rabbi Israël Leib disparut du vivantde son beau-père, R. AvrahamLavout, qui se chargea lui mêmede l’éducation de son petit-fils. A sadisparition, il laissa une lettre adresséeaux instances communautairesde Nikolayev, leur recommandantLa Rabbanit ‘Hanna dans sa jeunesseRabbi Méir Chlomo Yanovskyde nommer son petit-fils pour luisuccéder.‘Hassid du Rabbi Maarach et plus tarddu Rabbi Rachab, Reb Méir Chlomopossédait une vaste connaissancedans le Talmud et la‘Hassidout et étaitdoté d’un caractèreraffiné et spirituel.C’est d’une lignéesi noble et éminenteque naquit laRabbanit ‘Hanna.Elle passa sa jeunessedans la maisonfamiliale et yreçut une éducationincomparable. Lespremières annéesde son mariage à Rabbi Lévi Its’hak,un jeune érudit qui étudiait la Torahjour et nuit, sans se préoccuper desoucis financiers, furent parmi lesplus heureuses de sa vie.Ses trois enfantsEt puis, lorsque son mari devint legrand Rabbin de Yekatrinaslav, villeà la population juive importante, laRabbanit ’Hanna jouit d’une positionhonorable au sein de la communauté.C’est en ces jours qu’elle élevases trois fils : le Rabbi MenahemMendel, Reb Israël Arié Leib et RebBerel. Elle ressentait une joie et unplaisir profonds en regardant sesenfants diligents et brillants grandirdans la Torah et la crainte de D.Elle reconnut en particulier la grandeurdu Rabbi Menahem Mendel,son aîné, et cela, dès son plustendre âge. La Rabbanit avait l’habitudede se laver les mains avantde nourrir son enfant, le futur guided’Israël. Plus tard, elle devait remarquer: “ Je ne peux vous dire qu’unechose, il est un Saint depuis saconception et depuis sa naissance.Un jour, tandis qu’une assembléede dix hommes était réunie pour laprière du soir chez Reb Lévi Its’hak,l’enfant de deux ans et demi sautahors de son petit lit et joignit leshommes dans leur prière !Ce faux semblant de vie idylliqueétait, même en ces temps de paixrelative, parsemé de défis. La nominationmême de RebLévi Its’hak à sonposte ne fut pas sanscontroverse.La communauté quiavait été un peu prospèredans le passé,était à présent matériellementet spirituellementbrisée.Plusieurs explosionset pogroms antisémitesavaient dévastéles propriétés et commercesjuifs, coûtantla vie de centainesd’âmes pieuses. Pendant ce temps,le Tsar Nicolas n’entreprit absolumentaucune action pour protégerla communauté juive, qui continuaà être en butte aux attaques malveillantes.Ces temps troublés amenèrent aveceux le grave danger de l’assimilation.L’éloignement du judaïsmeprit des proportions inquiétantes,tout particulièrement au sein dela jeunesse, dont les membres seReb Levi Its’hak, père du Rabbi38 | 09-2006 09-2008 || 09-2008 | 39


A N N I V E R S A I R E 6 T I C H R IL’appartement de Reb Lévi Its’hak à Yekatrinoslavconvertissaient fréquemment pourpouvoir accéder à l’université, interditeaux Juifs.C’est sur les épaules de Rabbi LéviIts’hak que reposait la responsabilitéd’enrayer ce courant dangereux.Les ‘Hassidim savaient qu’ils pouvaientcompter sur ses qualitésextraordinaires de dirigeant.Une tempête violenteLes vents étrangers qui soufflaientdéjà depuis longtemps se transformèrenten une tempête violente.La Russie communiste était née,faisant naître une ère de sévéritéenvers le Peuple Juif et en particulier,Rabbi Lévi Its’hak, qui subit de nombreusesconspirations.Le gouvernement, irrité par sonrefrain incessant sur le judaïsme etle poids de son influence, résolut delui faire enlever son poste.La synagogue de Reb Lévi Its’hak à YekatrinoslavReb Lévi Its’hak fut convoqué àCharkov, où on lui ordonna de signerune déclaration statuant que le gouvernementne s’opposait pas à lareligion. Il refusa catégoriquementet depuis lors, fut personnellementpersécuté dans un esprit de vengeanceincessante jusqu’au jour oùil fut finalement arrêté.Mais Rabbi Lévi Its’hak,téméraire, persista dans son travail,construisant des Mikvés, assurantl’éducation d’enfants Juifs ou lafabrication de Matsot pour Pessa’h.Il remplit toutes les fonctions de sonposte sans concéder le moindrecompromis face à toute l’opposition.La manière dont ces épreuvesaffectèrent la vie de la Rabbanit‘Hanna n’est pas rappelée pour laprospérité. Il nous reste à imaginerla formidable force intérieure dontelle témoigna pour traverser cesépreuves au côté de son mari.Le courage de la Rabbanit‘Hanna resplendit dans salutte pour présenter unecontenance calme, gaie,même pendant ces périodesde souffrance.là où d’autres femmes se seraienteffondrées, la Rabbanit ‘Hanna ne défaillitjamais, se renforçant sans cesse dansces heures les plus noires.Le pire était encore à venir...Une nuit, après avoir fouillé la maisonpendant trois heures, dont pas unlivre ne fut oublié, le NKVD arrêtaRabbi Lévi Its’hak. Quand elledemanda où on le conduisait, onrépondit à Rabbanit ‘Hanna de seprésenter le lendemain au commissariat.Mais là-bas, les cruelsofficiers du NKVD ne cessaientde répondre qu’iln’était pas là!Malgré des allées et venuesrépétées à la recherched’une quelconque information,là où d’autresfemmes se seraient effondrées,Rabbanit ‘Hanna nedéfaillit jamais, se renforçantsans cesse dans cesheures les plus noires.Soudain, des nouvelles arrivèrentqui réjouirent son cœur. Son marise trouvait à la prison locale et elleavait l’autorisation de lui apporter del’argent et de la nourriture . Par lasuite , Rabbi Lévi Its’hak fut transféréà la prison de Kiev avec descriminels endurcis, destinés à êtreses compagnons de cellule.La Rabbanit dans les années 50Le crime : activitécontre-révolutionnaire !De quel crime le Rav s’était-ilrendu coupable ? Le NKVD l’avaitdénommé : “ activité contre-révolutionnaire”. La punition pour soncrime était la sentence de mort.Mais le Rav ne pouvait être impliquépuisqu’il ne plaidait coupable.L’autre sentence possible était l’exil,destinée à lui enlever ses capacitésd’action.Pendant ce temps, la Rabbanit‘Hanna s’efforça d’alléger le pluspossible la peine de son mari. RabbiLévi Its’hak devait être transféré àMoscou pour son procès. Elle suppliales autorités de lui faciliter levoyage, expliquant qu’il était âgéde plus de soixante-dix ans et qu’ilsouffrait du cœur. Ils lui promirentqu’il voyageraient calmement.Quand elle demanda si elle pourraitlui envoyer de la nourriture, ils la rassurèrenten luidisant qu’il avaitconsommé toutela nourriturequ’elle lui avaitenvoyée depuisson arrestationet qu’il était ensi bonne santé,qu’elle aurait dumal à le reconnaître!Néanmoins, lorsque la date du transfertde Rav Lévi Its’hak arriva, on luidemanda de préparer à mangerpour le voyage,car depuis le débutde son emprisonnement, ses lèvresn’avaient touché aucun aliment.Puis le verdict tomba : cinq ansd’exil en Asie orientale!Chiki, en République du Kazakhstanétait la destination éloignée etinconnue qui lui avait été assignée.Le sol était constitué de boue quine séchait jamais. Des moustiquesvenus des marécages voisinsemplissaient l’air. Des cabanes moisiesétaient toujours humidifiées parles pluies torrentielles et les délugesqui accablaient la région.Des conditions de vieinsupportablesUn soleil brûlant, allié à des conditionsclimatiques épouvantables,favorisait la propagation de maladies.C’est avec la plus grande difficultéque Rabbi Lévi Its’hak put trouverun abri. Les minuscules rationsde pain qui étaient distribuées à delongues files d’individus affamésétaient censées suffire pour troisjours. Mais d’ordinaire, elles ne suffisaientqu’àêtre distribuéesauxp r e m i e r svenus.Rabbi LéviIts’hak trouvadu réconfortdansson Talithet ses Tefilin et les quelques livresque la fidèle Rabbanit lui avaitenvoyés. Combien il chérit ces objetsqui lui avaient manqué pendant prèsd’un an !la Rabbanit ‘Hannafabriqua une encreà base de jus d’herbesdifférentes qu’elleavait rassemblées40 | 09-2006 09-2008 | | 09-2008 | 41


A N N I V E R S A I R E 6 T I C H R ICette année-là, après Pourim, laRabbanit ‘Hanna se joignit à sonmari volontairement à l’exil deson mari. En route, elle s’arrêta àMoscou et tenta à nouveau d’obtenirla libération de son mari, mais envain. Malgré toutes les difficultésque représentait le transit de cesobjets, elle emporta avec elle du vinet des Matsot pour Pessa’h.Pendant cet exil douloureux, commentRabbi Lévi Its’hak allait-il préserverles rapides idées de Torahqui couraient dans son esprit? Iln’y avait ni encre ni papier pournoter ses découvertes. Aussi, laRabbanit ‘Hanna fabriqua une encreà base de jus d’herbes différentesqu’elle avait rassemblées. En guisede papier, Rabbi Lévi Its’hak se servaitdes marges des quelques livresqu’il possédait. Il fallait restreindreles innombrables réflexions dans lepeu d’espace dont il possédait.Aussi écrivit-il de manière trèscondensée, se servant de beaucoupd’allusions. Pratiquement toutce que nous savonsaujourd’hui del’étude et de laprofondeur dans laconnaissance dela Torah de RabbiLévi Its’hak vientde ce qu’il écrivitpendant ces cinqannées d’exil, avecl’encre improviséepar la Rabbanit‘Hanna. Car, despages innombrables, des écrits deRabbi Lévi Its’hak qui remplissaientsa bibliothèque de Yekatrinistov, iln’en reste rien.Rabbi Lévi Its’hak espéra contacterpar téléphone ses fils.Malheureusement, ses espoirss’effondrèrent...Les Nazis, lors de leur invasion dela ville, détruisirent complètementla communauté ainsi que ses bibliothèquesinestimables.La sérieuse maladie dont Rabbi LéviIts’hak succomba par la suite pritracine pendant cet exil. En 1944,après avoir accompli toute sapeine , Rabbi Lévi Its’hak espérase réinstaller dans une ville voisineet contacter par téléphone ses fils.Malheureusement, ses espoirss’effondrèrent lorsqu’il fut décrétéqu’aucun prisonnier ne pourraitchanger de résidence jusqu’à la finde la guerre.Grâce à Rabbanit‘Hanna et à soninitiative à vouloirpartager l’épreuvede son mari et luipermettre d’exposerla Torah auxgénérations futures,nous avons lemérite d’avoir unmince aperçu de lagrandeur de RabbiLévi Its’hak et debénéficier de sa sagesse.L’espoir d’une libérationLes ‘Hassidim travaillèrentinlassablement pardes moyens clandestinspour obtenir des documentsnécessaires à lalibération du Rav et soninstallation dans uneville, Alma Ata. A AlmaAta, malgré sa gravemaladie, Rabbi LéviYits’hak reprit son combatcontre l’assimilationet l’antisémitisme. Bienque tout ce monde l’honorât etveillât à tous ses besoins, ce futsa dévouée Rabbanit qui s’occupapersonnellement de lui, lorsque samaladie progressa. Le 20 Av, l’âmepure de Rabbi Lévi Yits’hak quittace monde.Commença alors une nouvelle périodede souffrance pour la Rabbanit‘Hanna. Elle restait le cœur brisé,sans famille et sans aucune nouvellede ses fils. Malgré les soinsque lui témoignèrent les élèvesde son mari, elle se sentit isoléedans un pays malveillant, entouréede millions d’ennemis prêts àdétruire toute personne au nom deSchneersohn.Les ‘Hassidim décidèrent qu’elledevrait quitter ce pays le plus vitepossible. Pour préparer son départ,la Rabbanit ‘Hanna retourna illégalementà Moscou en 5706 (1946)et attendit plusieurs mois un visa.Ceux-là mêmes qui l’aidaient,vivaient dans la crainte perpétuellepour leur propre vie. Chaque jour,elle changeait de demeure. Elle nepouvait passer deux nuits dans lemême endroit. Finalement elle putobtenir un faux passeport.De la tristesse à la joieMais même pendant ces périodesdifficiles, personne n’entendit laRabbanit se plaindre. Son visagen’était pas triste, ses yeux n’exprimaientpas l’amertume. Sa douleurétait cachée dans son cœur tue àtout le monde. Elle ne pleura mêmepas à la disparition de son mari,parce qu’il lui avait enjoint à ne paspleurer. Seules ses lèvres prononcèrentsilencieusement une prièreintérieure : “ mes lèvres bougeaient,mais on n’entendait pas ma voix ”.Finalement, l’année 5707 vit une finà ses tribulations. Elle put se réjouird’être réunie à son fils, le Rabbi.Elle put voir avec ses propres yeuxla grandeur et l’éclat de son filscomme “ leader ” d’Israël et elle putjouir pendant dix-sept années glorieusesd’un bonheur de mère.Après la prière de Chabbat et YomTov, la Rabbanit ‘Hanna rentraitdans le bureau des Ye’hidout duRabbi pour dire “ Gout Chabbes ”.Quand elle se bougeait vers laporte, le Rabbi l’escortait. Toujoursà la porte, il la regardait, jusqu’à cequ’elle tourne le coin de la rue et nesoit plus visible. En voyant ce respectet cette fierté mutuels, la relationsi chaleureuse entre cette mèreet son fils exceptionnel, quelqu’unpouvait-il rester insensible ?Le respect d’un fisQu’il pleuve ou qu’il fasse beau, quece soit la semaine ou Chabbat, leRabbi rendait visite chaque jour à samère, malgré son emploi du tempssurchargé. Cette visite était pourelle le moment le plus important desa journée. Revêtue de ses habits deChabbat, la Rabbanit ‘Hanna attendaitla visite non simplement de sonfils, mais de la royauté.Vous ne savez pas queltrésor vous possédez !Elle suivait tous les projets du Rabbiet les progrès de ses “ chlou’him ”,ses envoyés, avec le plus grandintérêt. “ Vous ne savez pas queltrésor vous possédez ” disait-elleaux ‘Hassidim avec une appréciationprofonde. En parlant de sonadmirable fils, elle ne laissa jamaissoupçonner la moindre trace devanité, mais seulement une véritablehumilité dans ses remerciements àDieu… Le chant de ‘Hanna. Commeun fil d’or, le chant de ‘Hanna futtissé tout au long de sa vie. Elleaccepta les années difficiles commeles années heureuses et ne cessade remercier Dieu.Nombreux sont ceux qui se rappellentde Rabbanit ‘Hanna commed’une femme sympathique, personnellementintéressée par les gens etleurs problèmes. Beaucoup lui ontLe chant de ‘Hanna.Comme un fil d’or,le chant de ‘Hanna futtissé tout au longde sa vie42 | 09-2006 09-2008 || 09-2008 | 43


A N N I V E R S A I R E 6 T I C H R IComme la ‘Hannah du Tana’hqui dédia son fils Chmouël au servicede Dieu, la Rabbanit ‘Hanna offritau Peuple d’Israëldéversé les angoisses de leur cœuret ont accepté son sage conseil.Pour les jeunes et les moins jeunes,les privilégiés et les simples,elle témoignait d’un souci materneld’une Ahavat Israël avec son gentilsourire et sa voix douce qui mettaienttout de suite à l’aise.Le soucis des autresAvec un intérêt amical, elle s’inquiétaitdes soucis de chacun. “ As-turéussi ton examen ? ” demandaitelleà la lycéenne, “ Comment vontles petits ? ” à une jeune maman.Aux enfants, qu’elle aimait toutparticulièrement, elle demandait :“ Qu’apprends-tu en ‘Houmach ? ”,puis elle les récompensait d’unesucrerie. Ou bien elle souriait etfrappait des mains pendant qu’unpetit garçon dansait.Bien qu’elle fût si attentive auxautres, elle ne manifestait aucunsouci pour elle-même. Malgré lesmalheurs qu’elle avait subis, elleétait une personne toujours satisfaiteet ne se plaignait jamais. Elle seconduisait toujours avec dignité etne laissait jamais apparaître aucunsigne de tristesse.Même lorsque Rabbanit ‘Hanna étaitfatiguée ou ne se sentait pas bien,elle prenait soin de le cacher àson fils, s’habillant comme toujoursavec élégance et se comportantcomme si tout allait bien. En cetteépoque où l’on ne recherche quele bien-être personnel, ne peutonapprendre d’elle, le souci desautres, tout au long de sa vie ?Car je l’ai destiné à Hachempour toujoursEn cela, elle symbolisait la grandeurelle-même. Sa belle stature allait depair avec une âme magnifique d’oùelle s’irradiait. “ Toute la gloire de laprincesse réside à l’intérieure… ”.Elle était l’exemple, même de sonnom : (‘Hallah, Niddah, Hadlakathaner), l’essence de la femme juive.Mais par-dessus tout, elle étaitla mère de la Royauté. Avec sasagesse, elle avait non seulementconstruit son propre petit Temple,mais dévoué son fils au sanctuaireuniversel du Peuple d’Israël.“ Car je l’ai destiné à Hachem pourtoujours ”. Comme la ‘Hannah duTana’h qui dédia son fils Chmouëlau service de Dieu, la Rabbanit‘Hanna offrit au Peuple d’Israël unleader d’une grande clairvoyance,destiné à disséminer les butsde Dieu et accueillir notre justeMachia’h maintenant.N.M.44 | 09-2006 09-2008 |


L O U B A V I T C H D A N S L E M O N D EUn Rabbin sur la Grande MurailleNa’houm MendelsonCombien coûtentdes ‘Halot à Pékin ?Posez donc cette question au touriste qui a trouvé l’adresse duBeth ‘Habad de Pékin sur le site Internet le plus consulté par lestouristes juifs du monde entier www.chabad.org , il vous répondraprobablement : “ Rien ! ” Seule la bonne humeur est exigée à latable de Chabbath de Shimon Frieundlich, ce rabbin extraordinairedont la générosité n’a d’égal que sa chaleur.Certes, lorsqu’un homme d’affaires choisit d’offrir un Sefer Torahpour la Synagogue de Shimon Frieundlich en échange de quelques‘Halot chaudes livrées à son hôtel, le prix pourrait semblerexorbitant! Cher payé? “ Non ! répond l’homme en question.“ Devant cette débauche de dynamisme et de dévouement, je n’aipas hésité une seconde…Il m’a contacté avec une telle rapidité et le sourire aux lèvres, j’aitout de suite compris que la tâche de cet homme était à la hauteurde son abnégation. Je voulais à mon tour lui venir en aide,c’est ce que j’ai fait dans la plus grande simplicité ! ”Pékin, Chine“ Seule la bonne humeur est exigée à la tablede Chabbath de Shimon Frieundlich”Au fait, comment en est-il arrivé là ? Que fait un rabbin àPékin, une ville de 18 millions d’habitants, aussi grande que laNormandie, dont la communauté juive n’est composée que deressortissants étrangers ? Pour la petite histoire, un membre dela communauté de Pékin s’est marié à Paris durant le mois dejuillet… C’est à cette occasion que le rabbin Frieundlich, qui a faitle voyage pour assister à l’événement, nous a reçu dans un petithôtel parisien afin de répondre à nos questions.© Israël Bardugo © Fotolia46 | 09-2008 | | 09-2008 | 47


L O U B A V I T C H D A N S L E M O N D ERencontres ‘Habad :Combien de juifs comptela République Populairede Chine ?Shimon Frieundlich : Il est difficile d’avoir une estimation trèsprécise, mais selon nos informations, il y aurait environ 1500 juifsà Pékin; près de 1000 juifs à Shanghai, puis quelques centainesdans les autres grandes métropoles. Ce n’est pas beaucoup parrapport aux grandes villes d’Europe ou des Etats-Unis, mais celane rend pas pour autant notre mission plus petite… L’importancede venir en aide à chaque Juif, tant au niveau spirituel que matériel,ne se mesure pas uniquement en quantité mais aussi etprincipalement, en terme de qualité.R.H. : C’est vrai! Mais pourquoi et comment avez-vous débuté àPékin ?surtout pour un Mikvé. Quant auniveau de cacherout du Mikvé, ilest irréprochable avec ses deuxbassins, pour satisfaire toutesles opinions. Nous gardons toujourspour objectif d’apporter desprestations élevées en termes dequalité et d’hygiène, afin que cesoit attractif pour le plus grandnombre.Ce n’est pas tout ! Nous avons aussiun restaurant Cacher. Et chez nous,pas de Pasta ou de Pizza italienne,c’est un vrai restaurant chinoisR.H. : Comment s’organisent les Chabbath dans une ville si hétéroclite?S.F. : Actuellement, nous avons entre 80 et 120 personnes quiviennent chaque Chabbath à la synagogue. On y trouve desPékinois, mais aussi de nombreux visiteurs, des touristes etdes hommes d’affaires du monde entier. Israéliens, Français,Sud-Africains, Anglais… certains Chabbath, on dénombre 30nationalités différentes dans notre Minyan !R.H. : Mais comment tout ce monde atterrit-il chez vous ?S.F. : Il suffit de taper “jewish beijing” ou “chabad beijing” surn’important quel moteur de recherche pour tomber sur notreadresse. Certains nous trouvent directement sur le site www.chabad.org,car aujourd’hui, la plupart des touristes se renseignent etcherchent un centre ‘Habad sur leur lieu de destination. En fait,c’est plutôt difficile de ne pas nous trouver !R.H. : Dans quel climat évoluent les Juifs en Chine ? Ressentezvousparfois une certaine hostilité ?S.F. : Pékin est la ville la plus sûre au monde! Nous n’avons pasd’antisémitisme et je n’ai jamais entendu une seule remarquenégative depuis mon premier jour en Chine. C’est un endroitoù l’on vous respecte beaucoup, marcher avec une Kippa dansles rues de Pékin ne vous attire que des regards admiratifs. Defaçon générale, les Chinois admirent beaucoup les Juifs: chezeux, lorsqu’on dit « intelligent comme un Juif » c’est un véritablecompliment, contrairement à d’autres pays où cette expressionest plutôt utilisée dans un esprit sarcastique et malsain. Je vaisvous raconter une anecdote: John est un employé Chinois duBeth ‘Habad. Un jour, il est venu me voir, tout excité, en disant:« Rabbi, j’ai terminé le livre! ». Je ne savais pas de quoi il parlait, ila alors sorti un livre de son sac, un livre dont seul le titre était enanglais: “Que se cache-t-il derrière le succès des juifs ?”. Vousvoyez, c’était pour lui une grande fierté de comprendre un peumieux la culture juive...S.F. : Je me suis installé avec ma femme et mes enfants à Pékinen 2001. Nous avons atterri dans un désert communautaire…C’était le néant total: pas de communauté, pas de nourriturecachère, pas d’école juive, pas de Mikvé, rien! Sept ans plustard, nous avons grâce à D-ieu, fait un petit bout de chemin, dansla bonne direction, je pense: nous avons une structure scolaireaccueillant 50 enfants, un Mikvé-spa très joli… (sourire)R.H. : Un Mikvé-spa ?…comme on trouve à Beijing, mais Cacher. Figurez-vousque nous sommes le seul dans cette spécialité en Chine!Nous attendons la concurrence avec impatience...S.F. : En effet, c’est trèsparticulier… Nous avonsconstruit un Mikvé avec spa,tous deux d’un très haut standing.L’endroit est vraimentsplendide, tout y a été réalisédans le style et l’esprit artistiqueasiatique, les couleurs, lesmatériaux utilisés, etc. Mais leplus joli se trouve à l’intérieurdu bassin, puisqu’une œuvre d’art vraiment exceptionnellese reflète dans l’eau; le résultat est surprenant et magnifique,Par ailleurs, deux Beth ‘Habad sont implantés à Pékin.Le premier est situé dans le centre ville prochede Tian’anmen Square, ce très grand parc chargéd’histoire, qui est un haut lieu touristique avec sesmonuments et son musée etc., mais aussi un vastecentre d’affaires. Le deuxième Beth ‘Habad se trouveen revanche du côté de la banlieue. Et puis, unautre Chalia’h travaille également à Pékin, il estdélégué dans les universités pour contacter principalement desétudiants.48 | 09-2008 | | 09-2008 | 49


L O U B A V I T C H D A N S L E M O N D ER.H. : Qu’en est-il du régime politique, tout de mêmeparticulier, en Chine ?S.F. : La Michna nous enseignedans les Pirkei Avot qu’il faut prierpour la paix et la réussite de songouvernement, quel que soit l’endroitoù l’on se trouve. Il faut respecterautant que possible son pays,avec sa culture propre, sa loi, sonmode de fonctionnement… Je ne suispas en Chine pour faire de la politiqueou pour militer, mais uniquement pourpermettre aux Juifs d’être plus prochesde la Torah. Telle est ma mission et jepréfère m’y limiter.R.H. : Nous nous sommes un peu égarés, essayons de revenir àvos débuts...S.F. : En 1993, j’ai commencé par aider le Chalia’h de Hong-Kong,le Rav Avtson. Durant plusieurs années, j’ai pu réaliser différentsprojets; j’ai non seulement pris goût à l’Asie, mais j’ai surtoutréalisé le potentiel de cette région. Mon rêve a toujours été dedémarrer dans un endroit sans rien, où tout est à faire. Je mesuis marié en 1998 et après un certain temps, nous avons vouluréaliser ce rêve, nous avons pensé à Pékin… Après une analysede la situation, décision fut prise avec le Rav Avtson de nousinstaller là-bas.R.H. : Et quelles ont été vos premières activités ?S.F. : Nous sommes arrivés à Pékin en 2001, 10 jours avantRoch Hachana. J’ai cherché un premier contact avec des Juifs, jeme suis donc “planté” avec ma longue barbe, devant le fameux“Starbucks Coffee” pendant 1h30. Il y eut deux types de réactions:certains Juifs sont venus vers moi tout excités de voir unrabbin ici, et d’autres – pour la même raison – ont pris leursjambes à leur cou ! Il ne me restait plus qu’à courir derrière eux…Pour la Néila [prière de clôture de Yom Kippour NDLR], nousfûmes alors 27 personnes, tandis que cette année, 350 !R.H. : N’est-il pas trop difficile d’éduquer ses enfants dans unenvironnement comme le vôtre ?S.F. : Je pense que la partie la plusdifficile dans la Chli’hout, c’est justementl’éducation. Cela requiert desefforts des parents, mais le sacrificele plus difficile est assumé et portépar les enfants eux-mêmes. Mesenfants de l’âge de 12 et 10 ans nereçoivent pas d’éducation commedans les grandes métropoles juives,aussi, je les envoie durantles 4 mois d’été en Afrique duSud chez mes beaux-parents, pour qu’ils puissent évoluer dansun environnement juif avec des amis de leurs âges. Leurs frèreset sœurs plus jeunes sont un peu mieux lotis car ils ont des amisdans la communauté et aussi les enfants des autres Chlou’him.R.H. : Comment faites-vous pourmanger Cacher ?S.F. : Nous n’avons aucun magasinCacher ici, alors il faut tout organisersoi-même. Pour la viande, nousfaisons venir un Cho’het d’Afriquedu Sud chaque trimestre, puis nousla redistribuons ensuite aux 7 autresChlou’him de Chine. Pour le restede la nourriture, certains produitsde grandes marques américainesou autres qui arrivent ici dans lessupermarchés sont déjà Cachers,mais pour le reste, il faut tout fairevenir de l’étranger. D’ailleurs enpartant, je vais charger plusieursvalises avec quelques kilos de fromagefrançais… entre autres !R.H. : Comment imaginez-vousl’avenir de cette communauté ?S.F. : Je la vois grande et belle,les chiffres parlent d’eux-mêmes…Lorsque nous sommes arrivés àPékin il n’y avait que 700 Juifs,aujourd’hui on en compte le double. Une école juive de niveauinternational fonctionne, d’ailleurs les diplômes sont reconnusaux USA etc.; nous avons aussi un splendide Mikvé et un restaurantCacher. Bien sûr, notre communauté ne sera jamais commedans la plupart des pays du monde, car la majorité des membressont ici de façon temporaire, pour des périodes généralement de2 à 5 ans.R.H. : N’est-ce pas un peu démoralisant de travailler avec despersonnes qui ne sont que de passage ?S.F. : Ce terme n’est pas approprié… Nous ne sommes pas làpour faire des disciples ou des adeptes d’un système. Notre rôleest de transmettre à chacun selon son niveau ce qu’il est capablede prendre et de mettre en pratique; certains partiront d’ici enmangeant Cacher, d’autres en observant Chabbath ou en donnantune éducation juive à leurs enfants. Ce que nous avons transmisreste et l’endroit où les gens partentaprès ne change plus grand chosepour nous... sauf s’il y a un mariageà Paris, pour lequel je me dois devoyager!R.H. : Y a-t-il beaucoup d’assimilationen Chine ?S.F. : Malheureusement, c’est unproblème général et de grandeampleur en Asie. Pour un hommed’affaires, s’installer en Chinedonne un élan à sa carrière, ceque nettement plus d’hommes quede femmes choisissent de faire!Les jeunes Juifs qui cherchent àse marier ici n’ont pas beaucoupde choix... Nous déplorons un tauxd’assimilation de l’ordre de 90%.C’est pour nous un devoir de travaillerencore plus pour offrir unaccès significatif à la Torah.R.H. : Ma Nichtana … en Chine,qu’est-ce qui change par rapport aureste du monde ?S.F. : J’ai fait un tour au Pletsel à Paris et j’ai vu un homme mettreles Tefilines dans la rue… ce genre de chose est tout à faitimpensable en Chine car toute expression du Judaïsme en publicest interdite. Les gens s’impliquent, mais de manière personnelle,à travers des manifestations privées, des e-mails, des rencontreschez eux, etc. Le régime est tel qu’il est, il faut respecter l’endroitet suivre les règles, c’est ce que la Torah nous enseigne. D’unautre côté, vous voyez, j’ai été appelé pour organiser et superviserla cuisine Cachère lors d’une visite du Président Israélienavec son homologue chinois, cela montre bien qu’avec beaucoupde diplomatie et de patience, les choses peuvent évoluer dansce pays.50 | 09-2008 | | 09-2008 | 51


L O U B A V I T C H D A N S L E M O N D ER.H. : A votre avis, quelle qualité spécifique faut-il pour êtreChalia’h à Pékin ?S.F. : … (longue réflexion) Jepense qu’il faut savoir faire preuvede discernement et de toléranceenvers chacun. Un Chalia’h à Miamigère sa communauté et son public,plus ou moins régulier mais assezhomogène, où de temps en temps,un touriste peut débarquer. Cheznous, lors des repas du vendrediorganisés par la synagogue, voustrouvez d’un côté de la table unepersonne qui ne connaît mêmepas le Kidouch, et assis en facede lui, un ‘Hassid Satmar avec unShtreimel.Le contraste est vraiment frappant,mais si vous voulez que chacun sesente à l’aise, il faut montrer uneprofonde appréciation à leur égard.Cela nous demande de connaîtreles différentes coutumes, pas seulementséfarades ou ashkénazes,mais aussi tunisiennes, marocaines,syriennes, ‘hassidiques, lituaniennes,etc.Quand je prononce un discours, ilfaut tenir compte de ces diversités!Animer le repas de Chabbath n’est pas non plus évident…Imaginez qu’un Séfarade n’ait pas son chant traditionnel du vendredisoir… alors, nous chantons au minimum quatre catégoriesde chants: israélien, séfarade, ashkénaze et ‘hassidique!R.H. : Certaines choses sont-elles plus faciles en Chine ?S.F. : Je ne pourrais pas vraiment vous le dire, mais ce que jesais, c’est que vous ne pouvez pas sortir dans la rue pour trouverun dixième homme qui complète le Minyan… La vie est tellementdifférente ! D’un autre côté, nous sommes la seule référence juiveen Chine, aussi, dès lors qu’une personne sait que vous existez,elle saura vous trouver en cas de besoin.R.H. : Comment financez-vous vos activités ?S.F. : C’est très simple, la plusgrande partie de notre budget provientdes touristes et des hommesd’affaires en transit. A Pékin, nousne recevons pas beaucoup de subventionsde la population locale,contrairement à d’autres villes deChine.R.H. : Vous êtes à Paris depuisquelques jours… Quelles sont vosimpressions sur les institutionsLoubavitch de Paris ?S.F. : C’est là une question bien difficile…Mais certains points m’ontparticulièrement impressioné. Lecomplexe Beth ‘Haya Mouchka [au49 rue Petit NDLR] tout d’abord,non seulement par sa taille, maissurtout par les moindres détails quiy ont été pensés, comme le type depeinture pour les salles de classes.Et puis, sa propreté est exemplaire:garder une si grande école avec seseffectifs dans un bon état est undéfi permanent, et pourtant c’estle cas !Il y a aussi une autre chose qui m’a énormément marquée: c’estle bureau du Rav Azimov à la rue Lamartine… Nous ne pouvonsmême pas qualifier cela de bureau, c’est plutôt un renfoncementdans un mur, avec deux simples chaises et une table!! Pourun Chalia’h qui compte parmi les plus grands du mouvementLoubavitch dans le monde, cette simplicité est la marque d’uneauthenticité, une véritable source d’inspiration.R.H. : Pour conclure, avez-vous une “chinoiserie” à nousraconter ?S.F. : Cette histoire remonte à l’année 2001… Un jeudi soir, jereçus un coup de fil de Rav Gurewitz de la Yéchiva de Brunoy, medemandant d’organiser un Chabbath pour un homme d’affairesfrançais, Monsieur A. Green. Je pris donc contact avec lui et jeréalisai qu’il s’apprêtait à passer Chabbath avec des amis surla Muraille de Chine. De toute évidence, il s’était organisé avecsoin : les tentes, les chauffages, des guides expérimentés…la seule chose qui manquait était le Chabbath. Je lui proposaidonc d’apporter des ‘Halot et du vin à son hôtel.Mais ce Chabbath était déjà particulier, puisque l’un des plusgrands salons internationaux se tenait à Pékin et ma femme avaitcuisiné toute la semaine jusqu’au jeudi pour les centaines d’invitésque nous attendions. Lorsque je lui ai dit qu’il fallait encored’autres ‘Halot, c’était vraiment un énorme effort pour elle…Vendredi matin, ma femme me tendit des ‘Halot toutes chaudesen disant: “Ces ‘Halot coûtent très cher !”. C’est vrai que je trouvaiscourageux de sa part de s’être remise aux fourneaux alorsqu’elle pensait avoir enfin terminé. Mais vous savez, les parolesdes femmes ont souvent un sens mystique !Quand je suis arrivé à l’hôtel, le sac de ‘Halot que je tendis à M.Green laissait s’échapper une odeur « chabbatique ». Nous noussommes mis à discuter longuement sur la vie à Pékin, le nombrede fidèles le Chabbath, la nourriture cachère, l’école juive, etc…Puis M. Green me demanda quelles étaient les difficultés particulières.Je lui répondis alors que le Sefer Torah de la synagogue nenous appartenait pas et qu’il nous avait été prêté par une familled’Afrique du Sud. Il me lança tout simplement: “Dites à votrefemme que je vais lui payer les ‘Halot avec un Sefer Torah!”. Parla suite, lors de l’inauguration, il put découvrir sur le manteauen velours du Sefer Torah une petite modification… au lieu d’yavoir brodé le dessin traditionnel des deux Tables de la Loi, nousl’avons changé par deux ‘Halot !Allumage de‘Hanouccah surla Grande MurailleFin décembre 2005, sur la Muraille de Chine: CNN, New YorkTimes, CBS, BBC, Skynews etc... Aucune des plus grandeschaînes de télévision ni des prestigieux médias internationauxn’ont manqué à l’appel... Pourtant, cet attroupement n’était pasmotivé par la visite d’une personnalité politique, ni par un festivalinternational, mais plutôt par un événement qui a marquél’histoire d’un peuple fort d’une détermination inébranlableet d’un courage exemplaire : ‘Hanouccah ou la victoire de lalumière sur les ténèbres !Aussi, c’est en étroite collaboration avec l’Ambassade d’Israëlen Chine que le Rav Shimon Freundlich a organisé cet événementexceptionnel, afin qu’il soit retransmis dans le mondeentier... mais pas seulement! En effet, en célébrant cet allumagesur la Muraille de Chine, la plus grande structure architecturaleconstruite par l’homme et seul monument terrestre visibledepuis la lune, libre à vous d’imaginer jusqu’où le messageuniversel des lumières de ‘Hanouccah a été porté…52 | 09-2008 || 09-2008 | 53


L O U B A V I T C H D A N S L E M O N D EUn Rabbin au village“ Rabbin officiel des Jeux Olympiques 2008 ”, tel est le nouveautitre dont le Rabbin Freundlich peut se prévaloir, promulguépar le Comité Olympique. Il faut y voir la marque d’un grandrespect pour tous les juifs, spectateurs des JO d’une part,mais aussi et surtout pour les délégations d’athlètes venusdes quatre coins du monde. Bien sûr, ce titre “ glorieux ” estassorti d’une batterie d’activités à mener à bien durant ce moisd’été, presque aussi éprouvantes que les diverses disciplinesolympiques !Faisons halte tout d’abordau village Olympique. Afind’accueillir la délégationisraélienne, une pose deMezouzot dans toutes leschambres a été organiséeen bonne et due forme…Une protection, bien plusqu’un simple symbole auxyeux des athlètes. PourTzvi Varshavyak , chefde la délégation, “ cettepose de Mezouzot est pournous une bénédiction pour laréussite de nos athlètes et une protection pour chacun d’entreeux durant les JO, mais aussi pour que nous soyons tous deretour en Israël, en bonne santé ”. Les médias ont relayé l’informationavec une curiosité toute particulière.“ Cette occasion unique de respectet de compréhension vis-à-visdu judaïsme ”Avez-vous entendu parler de la SO ? Non ? Il s’agit tout simplementla Synagogue Olympique. Si ces JO vont inaugurercertaines nouveautés sur le plan de la compétition, c’est en faitdans le village Olympique que la véritable originalité a été miseen place... Une Synagogue officielle dans le village Olympique,voilà ce que le Rabbin Officiel a obtenu, à la plus grande joie dela délégation Israéliennequi, vraisemblablement,n’en attendait pas tant.L’inauguration du localavec la pose officiellede la Mezouza fut vécuecomme un momentd’émotion intense pourtous les participants, et particulièrementpar l’Ambassadeur d’Israël SonExcellence Amos Nadaï, qui se réjouitde “ cette occasion unique de respectet de compréhension vis-à-vis dujudaïsme. Nos félicitations vont naturellementaux organisateurs, maisaussi au Rabbin Freundlich, qui parson énergie, redonne fierté et courageà notre peuple ! ”.Et puis, comment ne pas mentionnerles préparatifs qui ont démarrédéjà depuis plusieurs semaines pourl’approvisionnement du restaurantDini’s…? En effet, des tonnes deviandes et de denrées cachères ont été acheminées depuis lespays étrangers pour les nombreux visiteurs attendus à Pékincet été. Comme le déclara le Rabbin Frieundlich : “ Aujourd’hui,pour un touriste en Chine, manger Cacher ne dépendra plusde ce qu’il a ramené danssa valise avant de venir !Nous nous engageons àfournir un service de hautstanding, tant au niveaude la Cacheroute que dela qualité et de la disponibilité,et ce, ouvert24h/24. Une premièredans l’histoire des JO ! ”.54 | 09-2008 |


CLIMATISATION • MAINTENANCESiège : 12 bis , rue Soyer - 92200 Neuilly-sur-Seine • Agence : 39, rue de la Grange-aux-Belles - 75010 ParisTél. : 01 42 00 67 68 • Fax : 01 42 00 42 14S.A.R.L. Techniques Mondiales au capital de 21 769,71 • RCS Nanterre B 412 639 916 00011 • APE : 516 JN° Identification TVA : FR 37 412 639 916


L O U B A V I T C H E N A C T I O NBoulogneUn Beth ‘Habad d’exceptionNa’houm Mendelson© Mendy BenhamouAu numéro 1 de la rue des longs prés à Boulogne, le petit portailen fer forgé noir ne laisse en rien présager qu’un centre communautaireflambant neuf vient d’établir ses quartiers dans cettebelle demeure… Pourtant, en pénétrant dans le bâtiment, noussommes immédiatement saisis par l’élégance des lieux et l’ambianceintime qu’il y règne.Le mobilier, la décoration, l’éclairage et les finitions ne sont pasuniquement dignes de ce quartier huppé de Boulogne, maisle fruit évident d’un travail soigné et minutieux. Par goût pourl’aménagement intérieur ? “ Sûrement pas ! ” car le maître demaison, Monsieur Mordé’hai Sojcher, m’avoue que le designn’est pas sa passion... “ Ici, c’est une tout autre motivation quinous anime. Nous nous devons d’être irréprochables sur le fond,bien entendu, mais aussi sur la forme, puisque c’est ce qui estperçu en premier et qui permet de créer une certaine ambiancede confort et de chaleur. ”D’ailleurs, rien n’est laissé au hasard, comme en témoigne cedépliant du Centre Aéré Gan Israël, où les résultats d’une étudede satisfaction font état de critères qualitatifs dignes d’un grandinstitut de sondage: l’encadrement, la nourriture, les activités, lesdémarches entreprises ainsi que le plan d’action. Certes, nousne sommes pas dans une multinationale, mais au Beth Habad deBoulogne, la gestion n’est pas prise à la légère, même celle d’uneinterview pour notre magazine, préparée avec le plus grand soinpar son directeur.58 | 09-2008 | | 09-2008 | 59


L O U B A V I T C H E N A C T I O NRencontres ‘Habad : Laquestion peut paraîtrebanale, mais commentfait-on pour parvenir àun tel aboutissement ?Une maison entièrementréhabilitée de 430m², en plein cœur deBoulogne…Monsieur Mordé’haïSojcher : Il est très difficilede répondre à cettequestion, car en fait, nousn’avions pas de plan dedéveloppement précis enterme de surface ou delocal. Toutefois, si une chose est bien certaine dans cette histoire,c’est que notre chemin est guidé par la Providence Divine etjalonné des bénédictions du Rabbi de Loubavitch.Cela fait maintenant 28 années que nous avons commencé lapremière activité et que nous sommes là !R.H. : 28 ans de travail communautaire…M.S. : …Oui ! 28 années au sein de la communauté.Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’une simple collaboration,nous oeuvrons en véritable harmonieavec la communauté de Boulogne, son PrésidentMonsieur Robert Ejnes et le Rabbin MonsieurHaï Bellahsen, qui nous soutiennent dans notreengagement et avec qui nous développons lesprogrammes et les activités. Je pense que lesuccès n’est jamais le résultat d’une seule personneou d’un seul mouvement, mais la victoired’une équipe ; cette équipe, c’est celle dela communauté au service de la communauté.Par ailleurs il est important de mentionner l’importanttravail réalisé avec la collaboration de mon filsMichaël depuis huit ans pour le développement etle perfectionnement de nos activités.R.H. : Vous revenez beaucoup sur cet esprit de service communautaire,c’est semble-t-il une préoccupation majeure pourvous ?M.S. : Cela paraît évident, mais lorsqu’on animeun projet communautaire, il faut sans cessese tourner vers elle pour répondre au mieux àses attentes! Et puis les chiffres parlent d’euxmêmes…Chaque fois que nous avons interrogéles membres de la communauté pour essayer devoir comment nous améliorer et que nous avonstenu compte de ces remarques, les résultats sontnettement meilleurs.R.H. : Par exemple, dans quel domaine ?M.S. : Parlons du centre aéré, qui n’est pas seulementun centre d’animation pour les enfants, maisaussi souvent le premier contact qu’une familleétablit avec le judaïsme. C’est à travers cetteexpérience que se joue la suite de l’éducation del’enfant et pour certains, le rapprochement avec la synagogue. Sice premier contact s’est avéré satisfaisant, nous avons beaucoupplus de chances de pouvoir un jour visiter cette personne pourplacer une Mezouza à la porte de sa maison ou l’inviter à unoffice du Chabbath.Nous devons donc nous placer dansune logique et une démarche de qualité.Une année, nous avons observé unebaisse de satisfaction quant à la nourrituredu centre aéré… Ce domainen’est certes, pas vraiment “spirituel”,mais nous ne pouvions pas laisserrentrer à la maison des enfants quiavaient faim. Nous avons donc regardéavec toute l’équipe ce qui devait êtrefait, en concertation avec l’éminentnutritionniste Dr Jean-MIchel Cohendont nous avons suivi les conseils, etles résultats n’ont pas tardé à être aurendez-vous.L’année suivante, le nombre d’inscriptions ainsi que l’indice desatisfaction ont nettement augmenté. Cette année, nous avonsatteint le taux de capacité d’accueil maximal, avec 280 enfantsinscrits. Comme quoi, la nourriture, c’est aussi une affaired’âme !R.H. : Vous semblez à la recherche constante d’innovations…M.S. : C’est vrai, nous recherchons sans cesse de nouvelles idéeset des animations adaptées pour chacun. Pour poursuivre avec leCentre aéré, nous avons organisé cette année de nouvelles activitéspour les pré-adolescents, comme les ateliers de conceptionet de lancement de micro-fusées, en coopération avec le centreaérospatial du Bourget et le CNES (Centre National d’EtudeSpatiale). Le succès ne s’est pas fait attendre, plus de 30 adosont rejoint le programme lors de sa première édition !De plus, nous avons l’agrément “Jeunesse et Sport” et toutel’équipe d’animation porte donc une attention particulière auxquestions de sécurité et d’hygiène. Cela fait de notre centre aéréune vitrine pour toute l’année, les gens veulent revenir aprèsle mois de juillet pour étudier la Torah et prier. Notre missionpremière est avant tout de transmettre la flamme du Judaïsmeà nos enfants.R.H. : Vous organisez donc des cours toute l’année ?M.S. : Bien sûr, mais nous ne cherchons pas seulement à dispenserun cours pendant une heure ou deux, nous voulons surtoutéveiller les gens au Judaïsme et les sensibiliser à ses valeurs.Nous voulons que la personnequi vient mêmeoccasionnellement, sesente à l’aise et vive uneexpérience chaleureuseet enrichissante sur leplan humain, mais aussiqu’elle soit interpellée auniveau intellectuel.Le cours est en quelquesorte une inspiration et unsouffle pour la semaine.Pour cela, nous avonsmis en place une équipe60 | 09-2008 | | 09-2008 | 61


L O U B A V I T C H E N A C T I O NR.H. : Parlons maintenant de l’atelier de chorale et de comédiemusicale que vous avez monté pour les enfants. Quel en est lebut ?M.S. : Nous sommes convaincus que les enfants qui exploitentleurs talents artistiques et sont capables de s’exprimer de façonpositive sont beaucoup plus épanouis. En cela, l’art musical estun vecteur très fort. Nous programmons depuis quelques annéesune soirée musicale à l’auditorium de Boulogne et le succès decet événement nous a conforté dans l’idée selon laquelle nousaimerions voir prochainement les enfants de Boulogne monter surcette scène !Cette initiative qui se déroule enpartenariat avec le groupe C&Ode Monsieur Yossef Brami. esttrès positive pour le momentet nous espérons que d’autresenfants vont encore s’y associer; c’est une expériencevraiment enrichissante, d’autantplus qu’elle n’est pas uniquementencadrée par des volontairesmais aussi des professionnels.R.H. : Au fait, comment votre aventure a-t-elle commencé ici ?M.S. : Originaire de la région, j’ai le souvenir d’avoir toujoursparticipé à l’action communautaire. Quand je me suis mariéet que j’ai décidé de m’installer à Boulogne, mon appartementse trouvait assez loin de la synagogue. J’ai pris conscienceque le problème de la distance était un véritable frein pourbeaucoup de personnes, surtout concernant les prières duvendredi soir. En concertation avec la synagogue, j’ai démarréun Minyan à la maison.Peu après, il a fallu trouver unlocal, où nous sommes restéspendant de très plusieuresannées. Mais de toute évidence, lacentaine de mètres carrés dontnous disposions était vouée às’étendre ! >composée de Rav Binyamin Lévi et Rav Michaël Sojcher mon fils,ayant vocation à préparer des cours alliant réflexion profonde etpédagogie.R.H. : Selon notre petite enquête, vos cours rencontrent un francsuccès… A quoi pouvez-vous l’attribuer ?M.S. : Nous avons pour but d’instruiremais aussi de fournir les clésde l’enseignement. Lorsqu’unepersonne suit un cours, elle doit parla suite avoir un bagage minimumqui lui permettra d’acquérir unecertaine autonomie dans l’étude.Chez nous, cette démarche de transmissionest très importante et vraimentdynamisante. Quand vous allezapprendre une page de Guemara, nousallons travailler pour retracer le parcours complet de la loi, depuisson origine biblique jusqu’à sa pratique moderne.R.H. : Vous offrez donc la perspective d’une évolution quantitative,même dans l’étude ?M.S. : Je pense que de nos jours, tout ne doitpas être obligatoirement chiffré, mais permettreà quelqu’un de mesurer son évolution dansl’étude, c’est le meilleur moyen de lui donnerenvie d’apprendre davantage. C’est pour celaque nous ne nous limitons pas au cercle duBeth HaMidrach pour donner des cours, maisorganisons aussi des “Lunch & Learn” dontle principe est d’étudier pendant la pausedéjeuner, et que nous avons aussi un programmed’étude dans des bureaux, pourles personnes qui n’ont pas beaucoup detemps pour venir ici.R.H. : Parmi l’éventail de toutesvos activités figure aussi un siteinternet très particulier, www.mazal-mazal.com, c’est quoi ?M.S. : Bien que beaucoup de sites de rencontres juifs fleurissentaujourd’hui sur internet, cela fait plusieurs années que nousavons créé ce site. Pour s’y inscrire, il faut avoir un parrain, c’està-direune personne qui vous connaît et qui peut servir de relaisentre vous qui cherchez et les personnes que seriez susceptiblesde rencontrer. Nous avons beaucoup d’inscrits sur le site, ce quinous encourage à le dynamiser et le rendre encore plus moderneet attractif.R.H. : Un Mikvé est également en cours de construction ?M.S. : Effectivement, nous sommes dans la phase finale destravaux du Mikvé. Nous avons travaillé très dur avec des équipesd’experts afin de faire de ce Mikvé un gage de qualité tant auniveau de la Cacheroute, irréprochable, que de la qualité de sonaccueil. Nous tenons vraiment à ce que ce soit un lieu propre etagréable.62 | 09-2008 | | 09-2008 | 63


L O U B A V I T C H E N A C T I O NR.H. : Comment avez-vous trouvé un tel local ? Une maison de430 m² ?M.S. : En réalité, nous avons suivi les voies de la ProvidenceDivine! Nous savions que ce lieu était désaffecté depuis longtempset qu’elle avait été utilisée en tant qu’hôpital privé dans lepassé. Au début, la famille ne voulait donc la revendre que pourune cause qui servirait le domaine de la santé. Après discussions,les propriétaires ont admis que nous travaillons aussi dans ledomaine de la santé spirituelle et que nous allons donc poursuivreleur but... Mais c’est dans un état de délabrement avancé quenous avons investi l’endroit, il a fallu tout recommencer à zéro,casser, démolir, bâtir, même dans les fondations ; ce fut unimmense défi !R.H. : Quelles sont les prochaines activités communautaires auprogramme de cette nouvelle rentrée ?M.S. : Nous sommes en train de développer un projet pratiquequi consisterait à créer une chaine humaine de solidarité communautaire.Le principe est simple: démultiplier les efforts dechacun pour pouvoir aider un maximum de gens. Imaginez que10 personnes résidant dans 10 rues différentes s’engagent àrendre visite aux autres Juifs dans leur rue, ce serait déjà 10 ruesentières visitées. Bien entendu, il faut former les gens à cet effetet leur donner les moyens d’orienter les demandes spécifiques.C’est un projet auquel nous croyons et je suis certain que quandune personne reçoit chez elle un ami qui lui parle de judaïsme,elle saura apprécier.PortraitRav Michaël SojcherAgé de 29 ans, marié et père de quatre enfants, Michaël est le Rabbinde la Synagogue du Beth ‘Habad.Diplômé par le prestigieux Dayan de Strasbourg, Rav Schlesinger,il est amené à répondre et à aider la communauté dans sondéveloppement spirituel.Ses préoccupations majeures sont axées autour des activités pour lajeunesse et les familles de Boulogne.“ Momento Café - Torah ”Torah et designLa visite des lieux ne laisse planeraucun doute: design et synagoguefont bon ménage! A Boulogne, ilva sans dire que le mariage de latradition et de la modernité estréussi... Mais pourquoi avoirune telle orientation ?Michaël Sojcher répond sansdétour: “ Nous avons remarqué que souvent, siquelqu’un ne se sent pas comme à la maison en terme de confortet d’accueil. L’objectif est donc simple, chacun doit y trouver soncompte et si cela doit passer par un certain confort matériel, nousR.H. : Comment arrivez-vous à financer toutes ces activités etvotre local ?M.S. : Il n’y a pas secret, c’est un travail au quotidien. Je profitede cette tribune pour remercier les généreux donateurs qui fontde leur mieux pour soutenir et subvenir à toutes les activités duBeth ‘Habad. Le dévouement des amis du Beth ‘Habad est vraimentremarquable… C’est pour nous la meilleure preuve que nosefforts sont reconnus et appréciés.R.H. : Nous vous souhaitons que votre local soit bien vite troppetit !N.M.Le concept est simple et audacieux: chaque jeudi matin de 9hà 10h chez Momento Café, un petit déjeuner est animé autourd’une réflexion sur un thème de la Paracha de la semaine. Lagrande innovation est incontestablement l’approche de cetteétude, qui vise à orienter un sujet de la section hebdomadaire dela Torah, pour en développer le côté individuel et le rapprocherdes préoccupations quotidiennes des participants, avec uneconclusion d’un style “Torah Coaching” ou le développementpersonnel grâce à l’outil de la Torah.Telle est l’aventure lancée depuis 8 ans, une véritable réussite!Chaque semaine, ce sont près de quarante personnes qui font lechoix d’aller travailler une heure plus tard que d’habitude, afin dese ressourcer auprès d’un enseignement des plus actuels! Plusde 300 personnes ont déjà participé à ce programme original.devons abonder dans cette voie. Ce n’est pas pour rien que dansle Temple de Jérusalem, les matériaux utilisés étaient de la plushaute qualité, c’est de l’importance que nous donnons à la Mitsvadont il s’agit ! ”.Apparemment, le message est passé… Le Rabbin peut constaterfièrement que l’on se plaît à venir au Beth ‘Habad de Boulogne etque l’on n’y vient jamais seul! En effet, c’est toujours accompagnéd’un ami à qui l’on souhaite faire découvrir la synagogue, queles fidèles se rendent “ à la maison ” semaine après semaine !64 | 09-2008 | | 09-2008 | 65


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Z O O MS U R L E C A L E N D R I E RMois de Tichri30 septembre / 1 er TichriCréation d’Adam et EveLe 1er Tichri, sixième jour de la création, D-ieu dit: “Faisonsl’homme à Notre image, à Notre ressemblance et qu’il domineles poissons de la mer et les oiseaux du ciel et sur le bétail etsur toute la terre…” (Genèse 1:26). “D-ieu façonna l’homme,poussière du sol, Il insuffla dans ses narines un souffle de vie; etl’homme devint une âme vivante” (2:7). Puis D-ieu le plaça dansle jardin d’Eden et créa la femme à partir de la côte d’Adam,tandis qu’Il fit tomber un profond sommeil sur lui.Sacrifice d’Its’hak (-1677)L’ultime épreuve de foi d’Avraham - la préparation de son filsIts’hak en vue du sacrifice que lui avait ordonné D-ieu - se produisitle 1er Tichri de l’année 2084 de la création (-1677). Le récitde cet épisode est lu à la synagogue le deuxième jour de RochHachana et nous est rappelé par la sonnerie du Chofar - unecorne de bélier - en souvenir de cet animal qui fut sacrifié à laplace d’Its’hak, lorsqu’un ange révéla qu’il s’agissait en réalitéd’un test. Le jour du sacrifice d’Its’hak, sa mère Sarah, décéda àl’âge de 127 ans; elle fut enterrée par la suite dans la grotte deMa’hpela, à Hebron.Une vision du Machia’h par le Baal Chem Tov (1746)Dans une lettre adressée à son beau-frère, Rav Guershon Kitover,le Baal Chem Tov décrit: “En ce jour de Roch Hachana 5507, monâme “s’est élevée”, de la manière dont tu sais… j’ai gravi, niveauaprès niveau jusqu’à atteindre l’antichambre du Machia’h… J’aialors demandé au Machia’h: “Quand le Maître viendra-t-il?” Etlui de répliquer: “Lorsque tes enseignements seront diffusés etdévoilés dans le monde, et que tes sources se répandront à l’extérieur…”(Kéter Chem Tov 1:1).2 Octobre / 3 TichriAssassinat de Guedalia (-423)Le 3 Tichri est un jour de jeûne et de deuil commémorant lemeurtre de Guedalia Ben A’hikam, gouverneur de la Terre d’Israëldurant la courte période qui suivit la destruction du PremierTemple. Le massacre de Guedalia marqua la fin de la résistancedes derniers occupants de la communauté juive qui subsistaientPremière faute, première Techouva...Le jour même de sa création, l’homme commit le premierpéché de l’histoire, en transgressant le commandement Divinle défendant de manger de “l’arbre de la connaissance du bienet du mal”. Adam et Eve furent alors bannis du jardin d’Eden etl’humanité condamnée au travail, à la fatalité de la mort, ainsiqu’à la confusion morale. Mais ce jour-là également, l’homme etla femme regrettèrent leur faute et introduisirent ainsi le conceptsalvateur de la Techouva (“retour”).Troisième mission de la colombe (-2105)Le 1er Tichri, également 307ème jour du déluge, Noé renvoya lacolombe de l’arche, pour la troisième fois. En constatant que celle-cine revint plus, Noé conclut que les eaux du déluge s’étaientretirées de la terre. En ce jour, Noé ôta le toit de l’arche; mêmes’il y resta encore avec sa famille et tous les animaux pendant57 jours, jusqu’au 27 ‘Hechvane - attendant que la surface de laterre soit complètement sèche. D-ieu leur ordonna alors de sortirde l’arche et de repeupler le monde.en Terre Sainte après la destruction, et qui se réfugièrent enEgypte. (Selon de nombreuses opinions, Guedalia fut tué le jourde Roch Hachana, mais la commémoration de cet incident futreportée au lendemain de la fête.)La Rabbanit Devorah Léa (1792)Fille de Rabbi Chneour Zalman de Lyadi et mère du Tsema’hTsedek (troisième Rabbi de Loubavitch), la Rabbanit Devorah Léadécéda à cette date, trois jours après le troisième anniversaire deson jeune fils.68 | 09-2008 | | 09-2008 | 69


Z O O M S U R L E C A L E N D R I E R4 Octobre / 5 TichriLe martyr de Rabbi Akiva (134)L’éminent Maître de la Michna, Rabbi Akiva, fut capturé par lesRomains le 5 Tichri 3894. Le vibrant poème de “Eleh Ezkarah”de la liturgie de Yom Kippour évoque les terribles tortures qu’ilendura par la suite et son exécution cruelle.5 Octobre / 6 TichriLa Rabbanit ‘Hanna Schneersohn (1964)Le 6 Tichri marque l’anniversaire de la disparition de laRabbanit ‘Hanna Schneersohn (1879 - 1964), mère du Rabbi deLoubavitch.7 Octobre / 8 TichriInauguration du Temple (-832)Les 14 jours de festivités, célébrant et inaugurant le Temple deJérusalem achevé par le Roi Salomon, débutèrent le 8 Tichri2928. Le Temple fut au coeur de la vie spirituelle du Peuple Juifdurant 410 ans, jusqu’à sa destruction par les Babyloniens enl’an -422.9 Octobre / 10 TichriNaissance de Rivka (-1677)Naissance de Rivka, l’une des quatre Mères du Peuple Juif etépouse du Patriarche Its’hak, qui donna naissance à Yaakov etEsav.Les deuxièmes Tables de la Loi ; le jour du GrandPardon (-1313)Au 10 Tichri de l’an 2449, cela fait déjà 82 jours que les enfantsd’Israël ont brisé l’alliance nouvellement conclue avec D-ieu enfaçonnant le veau d’or, et que Moïse est resté deux fois quarantejours au sommet du Mont Sinaï à implorer la miséricorde divineen leur faveur. Finalement, c’est à cette date que “D-ieu fut apaiséenvers Israël avec joie et d’un coeur entier, et Il dit à Moïse:“J’ai pardonné”, Il lui confia alors les dernières Tables”. Depuis,ce jour a été fixé comme un moment d’expiation, de pardon et deTechouva pour toutes les générations.11 Octobre / 12 TichriRabbi Avraham “l’Ange” (1776)Le 12 Tichri commémore l’anniversaire de la disparition de RabbiAvraham (1740-1776), fils du Maguid de Mezeritch et compagnond‘étude de Rabbi Chneour Zalman de Lyadi; il fut connusous le nom de “Rabbi Avraham l’Ange”, tant il brillait par sasainteté et son ascétisme.12 Octobre / 13 TichriRabbi Maharach (1882)Né dans la ville de Loubavitch le 2 Iyar 5594 (1834), le quatrièmeRabbi de la dynastie Loubavitch, Rabbi Chmouel Schneersohn,dénommé aussi “Maharach” (l’acronyme des termes hébraïques“notre Maître Rabbi Chmouel”) décéda le 13 Tichri 5643 (1882),à l’âge de 48 ans. Son père et prédécesseur était le RabbiMenahem Mendel (1789-1866). Bien que dernier d’une fratrie desept garçons, ce fut Rabbi Chmouel que l’on choisit pour succéderà son père à la tête des ‘hassidim ‘Habad, lorsque ce dernierdisparut en 1866 (quatre de ses frères établirent quant à eux desramifications du mouvement Loubavitch dans d’autres villes deRussie blanche ainsi qu’en Ukraine).En plus d’avoir écrit et prononcé plus de 1000 discours d’enseignements‘hassidiques (maamarim), Rabbi Chmouel s’impliquaconsidérablement dans les affaires communautaires juives;il voyagea à travers toute l’Europe en quête de soutien et demoyens de pression sur le régime tsariste pour qu’il cesse lespogroms à l’encontre des Juifs de Russie.24 Octobre / 25 TichriRabbi Lévi Its’hak de Berditchev (1810)Cette date marque la disparition de l’un des Maîtres les pluséminents du ‘hassidisme, Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev (1740- 1810). Proche disciple du second chef de file du mouvement‘hassidique, Rabbi DovBer, le Maguid de Mezeritch, il s’illustrapour son amour inconditionnel envers chaque Juif, ainsi que pourses plaidoyers passionnés en leur faveur devant D-ieu, qui luivalurent le surnom “d’avocat du Peuple Juif”.28 Octobre / 29 TichriRabbi Don Its’hak Abravanel (1508)C’est le jour anniversaire de la disparition de Rabbi Don Its’hakAbravanel (1437 - 1508), l’un des notables de la communautéjuive espagnole, à l’époque de son expulsion en 1492. Bienque ministre à la cour du Roi (après avoir été employé en tantque trésorier du Roi du Portugal), il choisit plutôt de suivre sesfrères en exil. Il entreprit la rédaction de son vaste et prestigieuxcommentaire sur la Torah en 1503, à Venise (où il fut finalementpublié en 1579).70 | 09-2008 | | 09-2008 | 71


C H R O N I Q U ERendez-vous avec le temps...Un roi voyageait un jour dans le désert avec son fils.Bien entendu, un imposant convoi les escortait :ministres, gardes, intendants et serviteurs setenaient à l’affût pour servir leur maître et exaucerses moindres désirs. Soudain, la processions’arrêta. Le fils du roi formula une requête : “ Del’eau ”, demanda le prince. “ Je veux de l’eau ”.Le roi convoqua les membres de son cabinetafin de trouver une solution. “ Mon fils a soif ”dit-il à ses ministres. “ Mais comment obtenir del’eau dans le désert ? ”Après maintes délibérations, deux solutions furentproposées : “ Je pourrais dépêcher mes dix cavaliersd’élite sur mes dix montures les plus rapides ”, suggérale commandant de la cavalerie royale.“ Ils voyageraient jusqu’au point d’eau le plus procheet rempliraient leurs jarres. En moins d’une heure,il y aurait de l’eau pour le prince. ”“ Il n’est jamais troptard. Il y a toujours unedeuxième chance. ”“ Je pourrais mettre mes hommes àl’oeuvre ”, proposa à son tour le chef des unitésd’ingénierie royale. “ Ils monteraient une grue et creuseraientun puits ici-même, à l’endroit où nous avons fait halte. Avant que lanuit ne tombe, il y aurait de l’eau pour le prince. ” Le roi opta finalementpour la deuxième proposition. Les ingénieurs se mirent aussitôtau travail, forant un puits à travers le sable et les roches du désert.C’est ainsi qu’en fin de journée, ils atteignirent un gisement d’eau etle jeune homme put se désaltérer.Ayant fini de boire, le prince interrogea sonpère : “ Pourquoi avoir dérangé des hommeset creusé un puits dans le désert ? Aprèstout, nous aurions pu obtenir de l’eaupar d’autres moyens bien plus rapides etfaciles... ”“ En effet mon enfant ”, répliqua le roi.“ Te voici aujourd’hui dans une situationconfortable. Mais il se peut qu’un jour, dansun lointain futur, tu sois amené à emprunterde nouveau cette route. Tu te trouveras peut-êtreseul, sans les pouvoirs et les privilèges dont tu jouisactuellement. A ce moment-là, le puits que nous avonscreusé aujourd’hui sera là pour étancher ta soif. ”“ Mais père ”, s’exclama le prince, “ dans quelquesannées, le temps et les sables aurontrecouvert le puits et la source d’eau quis’y trouve et effacé toute trace de sonsouvenir! ”“ Mon fils ” acquiesça le roi “ tu as parléavec sagesse et prévoyance. Voici donc ceque nous devons faire : nous allons marquerl’emplacement de ce puits sur des cartes, quenous préserverons des ravages du temps. Dèslors que tu reconnaîtras l’endroit exact où le puits aété creusé, tu pourras le rouvrir en un minimum d’effort et detemps. ”“ Nous procéderons ainsi à chaque étape de notre périple ”, établit leroi. “ Nous creuserons des puits et noterons leurs positions sur noscartes. Nous retiendrons aussi les caractéristiques particulières dechacun et la meilleure façon de les rouvrir. Ainsi, peu importent lescirconstances, lorsque tu parcourras ce chemin, tu seras en mesurede puiser l’eau qui t’abreuvera tout au long de ta traversée. ”Dans le calendrier juif, la Torah fait référence aux fêtes en tant que“ moadim - des moments convenus ”, mais aussi en tant que “ mikraeikodech - les appels de sainteté ”. “ Voici les fêtes de l’Eternel ”, énoncele verset par lequel la Torah introduit la liste des fêtes dans le Lévitique,“ les appels de sainteté, que vous désignerez dans leur temps ”(Lévitique 23:4). Une fête juive est donc un rendez-vous avec le passé,une rencontre avec un événement et un phénomène de notre histoire.C’est pour nous l’opportunité de révéler la sainteté particulière de cejour, de faire jaillir les ressources spirituelles qu’il décèle.Chaque fête marque une étape de notre voyage à travers le temps, pourlequel notre Père, qui nous a accompagné dans nos premiers pas entant que peuple, nous a fourni les ressources nécessaires pour alimenternos vies spirituelles. Ainsi, Roch Hachana est le jour où Dieu devintnotre Roi pour la première fois; à Yom Kippour, D-ieu nous a pardonnéla plus terrible trahison que nous ayons commise à Son encontre avecle veau d’or et nous a accordé le cadeau de la Techouva - l’opportunitéde rectifier et de transformer une carence de notre passé ; Souccotcommémore la période où nous étions protégés et unis avec les nuéesde gloire au cours de nos pérégrinations dans le désert jusqu’à la TerrePromise ; et il en est ainsi pour toutes les fêtes et les dates particulièresde nos éphémérides.“ Une fête juive est donc unrendez-vous avec le passé, unerencontre avec un événement et unphénomène de notre histoire. ”Néanmoins, ces cadeaux de D-ieu ne nous ont pas été donnés àtitre exceptionnel. La liberté, la sagesse, l’engagement, la joie - sontautant de besoins perpétuels de l’âme, des nutriments essentiels quila revigorent dans ce périple qu’est la vie. Tout comme le roi dans laparabole précédente, D-ieu a creusé des puits à différents points dutemps, pour servir comme source de toutes ces bénédictions. Tout aulong de l’année, notre chemin croise fête après fête, chacune marquantl’emplacement d’un puits de richesses pour nos âmes.D-ieu nous a aussi fourni une carte de ces puits - un calendrier indiquantleur position sur notre route à travers les âges. Elle y mentionneégalement des instructions sur les façons dont il convient de rouvrir lespuits et d’en puiser l’eau: sonner le Chofar à Roch Hachana générerale couronnement divin tel qu’il s’est produit au premier Roch Hachana,lorsqu’Adam couronna D-ieu en tant que Maître de l’univers; consommerla matsa évoque la liberté de Pessa’h ; allumer les lumières de‘Hanouccah recrée le miracle de la fête.Chaque rencontre avec notre calendrier vient avec son lot de mitsvot etd’observances particulières, qui sont les outils qui ouvrent les puits etlibèrent les flots de leurs eaux bienfaitrices.Rendez-vous pris !Yanki Tauber72 | 09-2008 | | 09-2008 | 73

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