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Production Maintenance n°39

Dossier spécial GMAO : les outils de la maintenance de demain

Dossier spécial GMAO : les outils de la maintenance de demain

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www.maintenanceandco.com

MAINTENANCE PRÉVENTIVE

Gérer les problèmes

d’obsolescence

page > 18

MAINTENANCE EN PRODUCTION

Quelles solutions de

manutention pour la

maintenance ?

page > 42

MAINTENANCE MÉCANIQUE

Assurer la maintenance

des éléments de

transmission

page > 52

PRÉVENTION DES RISQUES

AU TRAVAIL

Prévention et EPI ?

page > 60

HYGIÈNE - SANTÉ - SÉCURITÉ

Le nettoyage industriel

à l’honneur

page > 64

EXCLUSIF

Le compte rendu de

l’enquête de l’Observatoire

de la maintenance sur

l’état du marché français

> page 10

Dossier spécial GMAO : > page 20

les outils de la maintenance de demain

N° 39 octobre - novembre - décembre 2012 TRIMESTRIEL 20 €


Éditorial

Une bonne nouvelle

n'arrive jamais seule...

Les médias ne le répèteront jamais assez. Comme une ritournelle, que l'on chantonne aux

oreilles des téléspectateurs de nos chaînes de télévision et des auditeurs d'ondes françaises,

« L'industrie hexagonale se porte mal ! », « Nouvelle fermeture de site programmée cet été »,

« L'industrie française perd dix places au niveau mondial ». Il ne doit pas être évident de

travailler dans l'industrie par les temps qui courent, surtout lorsque les informations

nationales vous rappellent quotidiennement, au cas où vous, industriels, ouvriers et

personnels de maintenance l'auriez oublié, que la situation va mal, que la France est à deux

doigts de la récession, et que, peut-être, l'apocalypse manufacturière s'abattra sur le pays.

Fort heureusement, certains titres de presse – professionnels mais aussi quelques supports

d'informations plus générales – expriment d'une plume un peu plus optimiste des mots et des

phrases qui relatent à la fois des success story, des bonnes méthodes et pratiques d'utilisation

de nouvelles technologies pour améliorer les process. De même, ces médias font largement

écho des événements témoignant du dynamisme de différents secteurs d'activités et des

dépenses notamment dans les travaux de maintenance. Mais ils témoignent surtout d'une

évidence : l'industrie fait partie du paysage français.

Et les Français commencent à prendre conscience de cette évidence. En voilà, enfin, une

bonne nouvelle, qui ne changera certes pas grand chose à la conjoncture industrielle mais qui

pourrait, à terme et à force de « positiver », mener à des changements un peu plus structurels.

Les Français et l'opinion étant plus sensibles à ces questions de « re-localisation » par

exemple, les élus prendront davantage de mesure en faveur de la compétitivité, de l'émergence

de nouvelles filières et des activités connexes pour créer et stimuler ainsi un réel écosystème.

D'autre part, la promotion de l'industrie auprès des jeunes et les différentes opérations telles

que les Olympiades des Métiers devraient attirer les nouvelles générations et résoudre enfin

le problème de recrutement que rencontrent les industriels, notamment dans les départements

de maintenance.

Autre bonne nouvelle, plus personnelle aux lecteurs de Production Maintenance, mais qui a

aussi, à son échelle, une certaine importance : comme promis, dans ce numéro vous trouverez

la synthèse de l'étude menée par l'Observatoire de la Maintenance – en partenariat avec

l'Afim – sur le marché de la maintenance en France. Un marché qui malgré certaines

faiblesses se porte globalement bien et promet de rester dynamique. Comme quoi, n'en

déplaise à certains, l'industrie française est bel et bien vivante et elle compte bien le rester.

Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 1


SOMMAIRE

ACTUALITÉS

Entreprises & marché

Interview : Carl Software entre

dans le capital de Siveco ................................4

Stratégie : Acte Industrie poursuit avec

succès son virage vers des logiciels dédiés....5

À ne pas manquer : La maintenance

crée l’événement en novembre.......................6

Observatoire Réseau maintenance ® Afim :

Tendances économiques du marché de la

maintenance industrielle ..............................10

Formation-RH

Concours :

Huron, partenaire du prochain EuroSkills ...12

Initiative : Un parcours professionnalisant

pour les métiers de la maintenance..............12

Produits & technologies

Filtration : Un nouveau dépoussiéreur

Delta Neu sur le marché...............................14

Équipements : Norma Group lance

sa gamme « supportage » (PSS) ..................14

Rendez-vous :

Douai – Les terres historiques du Sepem ....16

HYGIÈNE - SANTÉ -

SÉCURITÉ

Éclairage : Certification Atex pour les

éclairages à LED Dialight............................60

Campagne européenne :

De nouveaux développements prévus

pour l’OiRA .................................................61

Événement : Expoprotection 2012

change de formule........................................62

Interview : Payer pour l’usage plutôt

que pour la possession .................................64

Avis d'expert : Faciliter le nettoyage

efficace de l'équipement ..............................66

Gestion des déchets : Canon fait appel

à TMW pour traiter ses flux de déchets .......72

MAINTENANCE PRÉVENTIVE ➤ TECHNOLOGIE

Expertise : La question de l'obsolescence

un facteur de risques trop souvent oublié ➤ 18

Interview : « Anticiper les phénomènes de vieillesse » ➤ 22

En pratique : Prendre les problèmes d’obsolescence au sérieux ➤ 26

MAINTENANCE PRÉVENTIVE ➤ MANAGEMENT

Interview :

« Les besoins exprimés sont de plus en plus pointus » ➤ 28

En application : Une solution GMAO adaptée au SAV ➤ 31

Retour d'expérience : Renault Trucks renouvelle son outil

de production... et réorganise sa maintenance ➤ 32

Outil : L'organisation de la maintenance passe aussi

par une bonne gestion des actifs ➤ 36

Retour d'expérience :

Interfacer un ERP avec une GMAO. Mission impossible ? ➤ 38

MAINTENANCE

EN PRODUCTION

Événement : Villepinte ouvre

ses portes au salon de

la Manutention 2012 ➤ 42

Interview : Les métiers

de la maintenance toujours

très sollicités ➤ 46

Solution technologique :

Réduire les coûts des

opérations de maintenance

à travers la manutention ➤ 48

TRIBUNE LIBRE

Point de vue : Quelle place donner au

développement durable ? .............................74

Formation ................................................78

Agenda ......................................................79

Répertoire des annonceurs............. 80

Production Maintenance est le partenaire

presse de l’Afim et membre du Réseau

maintenance.

MAINTENANCE MÉCANIQUE

Équipements : De nouveaux actionneurs pour réduire

les coûts de maintenance ➤ 52

Équipements : Nouvelle gamme de distributeurs SMC :

la sécurité à l’honneur ➤ 52

Partenariat technique : Gates et Tanals créent une courroie

de transmission à assemblage mécanique ➤ 54

Automation : Lancement des variateurs ABB industrial drive

type ACS880 ➤ 55

Expertise : Écouter un palier pour identifier les défaillances ➤ 56

PAR TENAIRES

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 3


ACTUALITÉS

entreprises & marché

DR

LE GROUPE DIMO GESTION

ACQUIERT LA SOLUTION E-SERVICES

À BBM SOFT

Dimo Gestion a mis la main sur la solution

Full Web e-Services pour la gestion du SAV.

Ce rachat s’inscrit dans la stratégie du groupe

axée sur le renforcement de son pôle Édition

et en particulier de son pôle Maintenance/SAV

au sein de sa filiale dédiée Dimo Maint.

« Après les rachats de Ciris en 2001 et Ithec

International en 2009, Dimo Maint renforce

par cette nouvelle acquisition, sa position

de leader en France et d’acteur majeur à l’international.

Nous comptons désormais

2 000 clients utilisant quotidiennement nos

solutions au service de la maintenance

interne (GMAO) ou externe (SAV) d’équipements

» a indiqué Jean-Paul Genoux, directeur

général de Dimo Gestion.

STÉPHANE HÉNON, NOUVEAU

DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LOXAM

Nommé en juillet 2012,

Stéphane Hénon succède

à Yves Coquinot au poste

de directeur général de

Loxam. Fort de vingt ans

d’expérience, dont douze

années chez Loxam,

consacrées successivement

aux fonctions de directeur régional Ilede-France,

puis de directeur d’exploitation

des filiales françaises et internationales,

Stéphane Hénon, 43 ans, est ingénieur

diplômé de Supelec. Stéphane Hénon débute

sa carrière en 1992, en tant que consultant

chez Deloitte et Touche. Quatre ans plus tard,

il intègre le secteur du bâtiment, en qualité

de directeur des activités Chantiers chez

Dagard (leader français de l’isolation industrielle).

C’est en 2000 qu’il entre dans le

groupe Loxam.

SOCOTEC ACQUIERT TROIS

NOUVELLES ENTREPRISES

Le spécialiste du conseil en prévention des

risques et de services aux entreprises et aux

collectivités, poursuit son développement à

l’international, avec l’acquisition de trois

entreprises : Sica, Bellême et KMIL, représentant

12 M€ de chiffre d’affaires et

soixante-dix collaborateurs. Intervenant dans

le domaine du contrôle de la qualité dans les

secteurs de l’oil & gas et de l’énergie, l’ensemble

de ces trois entreprises dote Socotec

d’un réseau mondial d’inspecteurs, avec

notamment des implantations en France, au

Royaume-Uni, en Italie, à Singapour, en Chine,

aux États-Unis, en Argentine et au Nigeria.

Interview

Carl Software entre

dans le capital de Siveco

La fin d’une concurrence entre les deux ténors du marché français de la

GMAO ? Pas exactement, si l’on croit Éric Bonnet, Pdg et fondateur de

Carl Software, qui nous explique, en exclusivité dans le magazine Production

Maintenance, que cette entrée en capital (à hauteur de 33,34%) servira

avant tout l’intérêt des deux entités – toujours bien distinctes et complémentaires

– pour décrocher de nouveaux marchés à l’international.

Production Maintenance :

Quelles raisons ont motivé l’acquisition

par Carl Software

d’un tiers du capital de Siveco

Group ?

Éric Bonnet : Nous sommes partis

du principe qu’ensemble, nous

serons plus forts que chacun séparément.

Avec Siveco, nous nous connaissons

bien. Nous sommes en effet

concurrents depuis longtemps mais les

deux sociétés et leur savoir-faire sont avant

tout complémentaires. En nous unissant,

nous souhaitons tout d’abord mettre en

avant notre complémentarité plutôt que

notre adversité. Par exemple, le réseau de

distribution de Siveco est plus développé

que celui de Carl. De notre côté, nous

avons mis au point des technologies clés

qui viendront renforcer l’offre du groupe.

➤ Comment cette opération s’inscritelle

dans le contexte actuel ?

Plus globalement, nous constatons aujourd’hui

que ce marché est éclaté avec

d’une part, l’existence de grands acteurs –

souvent américains ; il s’agit de « géants »

qui développent de nombreuses solutions

comme les ERP et ce dans beaucoup de

domaines sans pour autant s’être spécialisés

ni positionnés en tant que leaders

dans la GMAO. Il y a donc une place à

prendre. D’autre part, nous avons la

chance en France d’avoir un marché du

logiciel particulièrement dynamique et

la GMAO en est l’exemple parfait. En

effet, la France se présente comme l’un

des berceaux majeurs de la création et du

développement de logiciels depuis les

années 80. Si bien que Carl et Siveco

s’affrontent tous les deux sur un même

DR

Éric Bonnet

marché national alors qu’il est

tout à fait possible de conquérir

de nouveaux territoires hors

de France.

➤ Pourquoi Carl Software est

entré dans le capital de Siveco

et pas l’inverse ?

Les deux sociétés enregistrent des chiffres

d’affaires plutôt comparables (7,4M€pour

Carl en 2011, 6,36M€ pour Siveco la

même année – NDLR). Il en est de même

pour le nombre de salariés, environ 80 en

2011 pour Carl, qui devrait atteindre plus

de 90 personnes à la fin de l’année, et 68

pour le groupe Siveco. L’idée de ce rapprochement

n’est pas nouvelle. Nous nous

sommes finalement lancés.

➤ Que va changer cette opération ?

Rien pour Siveco, ni pour son personnel.

Cette participation de Carl est minoritaire ;

nous n’avons donc pas vocation à dicter

les décisions ni la politique de Siveco. En

revanche, les décisions stratégiques ou

impliquant des modifications fondamentales

se prendront conjointement. Concrètement,

ce qui change, au-delà de la

rivalité technique, tient dans un message

commun donnant une vision de deux

entreprises travaillant ensemble sur la

conquête de nouveaux marchés ; Carl est

déjà présent en Amérique du Nord et

Siveco en Amérique du Sud (au Brésil).

Surtout, en étant plus puissants, nous pourrons

mieux répondre aux demandes émergentes

comme les domaines « annexes »

à la GMAO, notamment dans la gestion

de patrimoine ■

Propos recueillis par Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 4


ACTUALITÉS

entreprises & marché

DR

Stratégie

Acte Industrie poursuit

avec succès son virage

vers des logiciels dédiés

Le bureau d’études implanté au Havre et spécialisé dans l’optimisation

de la maintenance commence à récolter les fruits du virage pris il y a cinq

ans et portant sur le développement de solutions logicielles.

S

pécialisée à l’origine dans le conseil

en management de la maintenance et

dans l’ingénierie de la maintenance et les

études de sureté de fonctionnement, la

sociétéActe Industrie n’a pas hésité à créer

une équipe entièrement dédiée à une activité

supplémentaire : le développement

de solutions informatisées pour l’exploitation,

la maintenance et la gestion du

retour d’expérience. « Il faut dire que nous

ne partions pas de rien, fait remarquer

Daniel Lemesle, gérant de l’entreprise.

À l’occasion de différentes interventions

sur différents sites de nos clients, nous

avons mis au point des applications logicielles

spécifiques, mais qui n’étaient pas

encore commercialisables. »

Au total, trois applications principales ont

développées : Idrys, pour la gestion et la

visualisation des retours d'expérience ; une

application pilote a d'ailleurs été implémentée

par EDF R&D pour la gestion

informatisée du retour d’expérience

destinée au programme de surveillance,

de diagnostic et de suivi des turbines du

parc nucléaire d’EDF. Deuxième solution

: Cat'M (gestion de documents et de

données techniques de biens complexes)

dont a recours régulièrement Cegelec GSS

Oil & Gas Services dans la structuration

de la documentation technique et de

données de maintenance d’importantes

installations off-shore. Enfin, Navi’Maint

(Intranet métier dédié aux flottes de

navires) est quant à elle utilisée par le GIE

Dragages Ports dans la gestion technique

et la gestion de la maintenance des dragues

portuaires utilisées par les ports du Havre,

Rouen et St-Nazaire.

De grandes ambitions

en matière de commercialisation

Tous ces développements matures conduisent

naturellement la société normande à

commercialiser Idrys (depuis environ un

an), Navi’Maint et Cat'M (depuis deux

ans). « Ces trois produits couvrent l'ensemble

de notre périmètre technique. Mais

nous envisageons des développements

complémentaires et importants, en particulier

sur Idrys avec la possibilité à l'avenir

de visualiser le retour d'expérience en 3D.

Nous souhaitons également l'ouvrir à des

applications autres que l'industrie, à commencer

par l'immobilier ». Par ailleurs,

Acte Industrie mène des réflexions avec

l'université du Havre, dans le cadre de

2OM (programme transfrontalier de

l’espace Manche relatif à la maintenance

de parcs éoliens offshores) pour un projet

d'application d'Idrys dans la maintenance

et le démantèlement d’éoliennes.

Du côté de Cat'M, la commercialisation

en nombre de cette solution passe par une

plus forte visibilité sur le marché mais

aussi par le développement de l’interopérabilité

avec d’autres solutions informatisées

(GMAO, GED,..), en particulier la

possibilité d'intégrer la solution au sein des

systèmes de supervision de machines.

Enfin, la société havraise entend poursuivre

la commercialisation et la diversification

des applications techniques de

Navy'Maint auprès des armateurs et des

chantiers navals ■

SATO ANNONCE LA MISE EN PLACE

DE CONTRATS DE MAINTENANCE

EN EUROPE

Sato, fournisseur de solutions intégrées

d’identification automatique et de collecte de

données basées sur les technologies codebarres

et RFID, vient de lancer une nouvelle

série de contrats de service et de maintenance.

Ces nouveaux contrats de maintenance

ont été mis en place pour offrir un

support et assurer un soutien technique aux

utilisateurs finaux en leur proposant les services

de techniciens de Sato.

Les client ont la possibilité de souscrire à l’un

des cinq contrats mis en place : le contrat

Intervention sur site (Platinum, Gold ou Silver),

le contrat de Retour à la base (Bronze) et le

contrat Échange (Swap Out).

SPIE ASSURE LA PARTIE EMBARQUÉE

DU TRAMWAY BORDELAIS

La Communauté urbaine de Bordeaux (CUB),

gestionnaire du tramway de la ville, vient d’attribuer

Spie Sud-Ouest le marché des équipements

embarqués de télécommande

d’aiguilles et signalisation lumineuse tricolore

du tramway de Bordeaux.

Ce contrat consiste à réaliser l’étude, le paramétrage,

le développement, l’installation et

la maintenance des systèmes de pilotage

d’aiguillage et de signalisation lumineuse

tricolore.

Ces boîtiers intégrés aux nouvelles rames de

tramways fournies par Alstom, permettront

de piloter à distance les changements de

lignes et détecter l’arrivée du tramway aux

carrefours à feux afin de donner la priorité

aux tramways et gérer la signalisation ferroviaire.

D’une durée de quatre ans, ce contrat

a débuté fin octobre pour une première phase

d’un an.

REGIONAL CONFIE À AFI KLM E&M

L’ENTRETIEN DES APU DE SES EJETS

Regional et AFI KLM E&M ont conclu un

accord de longue durée pour l’entretien des

groupes auxiliaires de puissance (APU –

Auxiliary Power Unit) équipant ses flottes

d’Embraer E-170 et E-190, soit 26 appareils.

Le périmètre du contrat, assuré par EPCOR,

filiale du groupe AFI KLM E&M spécialisée

dans l’entretien des APU et d’équipements

pneumatiques, inclut les services de réparation

des groupes auxiliaires de puissance

concernés, ainsi que la mise à disposition

d’unités de rechange si nécessaire.

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 5


ACTUALITÉS

entreprises & marché

À ne pas manquer

La maintenance crée l’événement

en novembre

Le rendez-vous annuel de la maintenance se déroulera comme chaque

année au sein même du Midest, le salon international de la sous-traitance

industrielle, du mardi 6 au vendredi 9 novembre prochain au Parc

des expositions de Paris-Nord Villepinte (Hall 6). L’occasion pour les

professionnels en charge de patrimoines industriels et tertiaires de

trouver les solutions les mieux adaptées pour pérenniser leurs outils

de production, dans un environnement économique, technologique et

concurrentiel en constante mutation.

Maintenance Expo se tient dans le

cadre du Midest, n°1 mondial des

salons de sous-traitance industrielle dont

l’offre complémentaire permet de mobiliser

un grand nombre de donneurs d’ordres

en leur proposant un panel complet

de produits, services et savoir-faire.

L’événement national de référence de la

filière maintenance rassemblera près de

3 000 professionnels de tous les secteurs

d’activité sur quatre jours. Plus de

6 000 visiteurs du Midest 2011 sont

venus découvrir l’offre du salon, parmi

lesquels 49% de nouveaux venus.

Parmi ces visiteurs, 50% sont issus du

service maintenance, 50% des services

clés de l’entreprise (direction générale,

achats, etc.) ; plus précisément, les allées

de Maintenance Expo sont parcourues

par les décideurs et les opérationnels :

PDG - DG - gérants - ingénieurs - directeurs

- techniciens - agents de maintenance

(…) lesquels sont issus de tous les

secteurs de l’industrie. Objectif de Maintenance

Expo : permettre à ces visiteurs

et aux professionnels en charge de patrimoines

industriels ou tertiaires de trouver

des réponses concrètes à leurs problématiques

de maintenance et d’anticiper

les nouveaux défis liés à un environnement

exigeant et concurrentiel.

Programme du Forum

international de la maintenance

➤ Hall 6 - Salle 618

Organisé par l’Afim, le 24 e Forum

national de la maintenance se déroulera

conjointement à Maintenance Expo, dans

Horaires du salon

Du mardi 6 au jeudi 8 novembre 2012 :

de 9h à 18h

Le vendredi 9 novembre 2012 :

de 9h à 16h

la salle 618 du hall 6 (Paris-Nord

Villepinte) sur le thème suivant : « Optimiser

les pratiques pour une maintenance

performante et économique ».

Cette édition 2012 accueillera les témoignages

de professionnels de maintenance

ayant mis en œuvre des méthodes ou des

technologies innovantes et confirmées

dans des activités de maintenance industrielle,

immobilière ou tertiaire. La participation

est gratuite mais l’inscription est

obligatoire.

• Mardi 6 novembre

« Les éléments clés des politiques

de maintenance »

10h : Ouverture du 24 e Forum national

de la maintenance

Claude Pichot (président de l’Afim)

10h10 : Observatoire Réseau maintenance

® : évolutions du marché de la

maintenance en 2012

Mise à jour annuelle des données économiques

et financières du marché de la

maintenance

Jean-Jacques Enrich (Afim)

11h : Sécurafim ® : une démarche et des

outils pour améliorer la sécurité des

intervenants de maintenance

Présentation de la démarche et apports

de l’INRS dans la prévention des risques

en maintenance – Jean-Christophe Blaise

(INRS)

Claude Pichot (Afim)

DR

12h : Le point sur la normalisation en

maintenance

Présentation des travaux de normalisation

en cours au niveau international (CEI

& ISO), européen (CEN) et national

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 6


ACTUALITÉS

entreprises & marché

(Afnor). Inventaire et classification des

normes de maintenance. Comment

devenir un acteur de la normalisation ?

Antoine de Pujol (EDF)

13h : Pause déjeuner

14h : Plan de renouvellement des équipements

: la gestion de l’obsolescence

La méthode Novatio permet d’évaluer la

vieillesse et l’obsolescence des équipements.

Cette approche permet de construire

un plan de renouvellement ou de

remplacement des équipements afin de

disposer d’une gestion à long terme des

actifs industriels.

Rabah Achemaoui (Endel GDF-Suez)

15h : Les catalogues électroniques de

pièces de rechange

Etat d’avancement d’ec@t-npmi.net,

plateforme de publication de catalogues

multimarques multilingues certifiés

ec@t-npmi.net / eCl@ss pour codifier,

décrire et classer les pièces de rechange

et composants industriels utilisés en

maintenance

Friedhelm Hausmann (eCl@ss)

Claude Pichot (Afim)

16h : Les catalogues électroniques pour

gérer les stocks

Retour d’expérience sur l’utilisation de

la plateforme ec@t-npmi.net pour la mise

à jour des stocks chez Renault

Antoine Steiner (Renault)

17h : Clôture de la journée

Mercredi 7 novembre

« Les méthodes de travail innovantes

et confirmées »

10h : Pilotage de la fonction maintenance

Retour d’expérience sur le déploiement au

niveau mondial d’un corpus de méthodes

et d’outils de maintenance chez Dalkia

Jean-Yves Lépine (Dalkia)

11h : Approche intégrée de la maintenance

dans la raffinerie de Limbe

(Cameroun)

Identification des équipements critiques

et postes à forte potentialité d’amélioration.

Analyse du circuit d’approvisionnement

des pièces de rechanges.

Évaluation de l’efficacité de la maintenance.

Développement d’outils d’automaintenance.

Maîtrise de l’externalisation

de la maintenance.

Nana Arthur (Sonara)

DR

12h : Améliorer l’efficacité opérationnelle

: mise en œuvre des TSVA

L’analyse des « temps sans valeur

ajoutée » permet de mesurer l’écart entre

le temps imputé à une intervention et le

temps effectivement réalisé. L’objectif de

la méthode n’est pas de voir comment

travailler plus vite mais comment

travailler mieux.

Rabah Achemaoui (Endel GDF-Suez)

13h : Pause déjeuner

14h : Interfaçage entre GMAO et e-

catalogues

Retour d’expérience de l’intégration du

progiciel Mainta chez La Nantaise des

Eaux

Sacha Lukic (Apave)

15h : La GMAO, outil collaboratif au

sein l’entreprise

Intégration du progiciel Carl Source chez

Lindt (Oléron), fabricant de chocolats :

comment la GMAO exploitée par l’ensemble

des services (production, maintenance,

énergies, automatismes, ingénierie,

administratif…) facilite l’homogénéité des

méthodes de travail et permet aux 250 utilisateurs

du site de disposer d’indicateurs de

performance communs

Jean-François Dufourg (Lindt)

16h : Priorisation des interventions

maintenance

Optimisation de la gestion des équipements

par l’analyse des causes de

défaillance

Jean Garcia (Kepler Consulting)

17h : Clôture de la journée

Un point sur l’offre

de produits et services

Les TPE, PME et grands groupes, fournisseurs

de produits et services de maintenance

industrielle et tertiaire :

• Travaux sur les outils de production

• Fourniture de produits et outillages

• Lubrification

• Fabricants et loueurs de matériels

• Logistique et manutention

• GMAO et logiciels dédiés

• Aide au diagnostic

• NTIC, traçabilité, outils de mobilité

• Energies et utilités

• Sécurité au travail

• Contrôle, qualité, certification, qualification

• Hygiène, santé

• Ingénierie, conseil

• Documentation technique, presse

• Formation.

Jeudi 8 novembre

« Les technologies innovantes

et confirmées »

10h : Suivi vibratoire précoce de défauts

de roulements

Eviter les arrêts non planifiés sur les

roulements très basse vitesse (< 1 t/mn)

Pascal Locoge (Icare)

11h : Diagnostic par ultra-sons : entendre

ce que l’on ne peut voir en maintenance

conditionnelle

Retour d’expérience de mise en oeuvre

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 7


ACTUALITÉS

entreprises & marché

DR

de techniques ultra-sonores à la détection

de fuite et de défaut électriques chez

Air Liquide. Complémentarité des

diagnostics ultra-sonores et vibratoires

pour une meilleure maîtrise des machines

tournantes.

Pierre-François Campagna (dB Vib Technologies)

12h : Apport de la mobilité pour la

maintenance des stations-service

Amélioration de la gestion des interventions

de 1 000 techniciens en Europe avec

une solution logicielle de SAV mobile.

Élimination du papier et dela re-saisie de

données, amélioration de la circulation

de l’information au sein de l’entreprise.

Dimension « sans fil » et indépendance

vis-à-vis des opérateurs Internet locaux.

Éric Bonnevay (Tokheim)

13h : Pause déjeuner

14h : Les différents mécanismes de

corrosion et leurs traitements

Identification des mécanismes qui engendrent

la corrosion afin de mettre en

oeuvre les solutions adéquates en phase

avec les plans de maintenance

Éric Olejniczak (Akzonobel)

15h : Envelopper au lieu de remplacer

Réparation composite des canalisations

Jérémie Maillard (Belzona)

16h : Expertise sinistre corrosion

Laurent Régnier (Cetim)

17h : Clôture de la journée

Vendredi 9 novembre

Rencontres Emploi : « Recrutement

et accompagnement des nouveaux

professionnels »

➤ Conférences et table ronde : participation

gratuite

Matinée de conférences suivies d’une

Les données chiffrées et statistiques

du rendez-vous de la maintenance

Plus de 3 000 professionnels de tous les secteurs d’activités et venus de toute la France*

6 000 visiteurs du Midest ont profité de leur visite pour rencontrer les exposants du salon

Maintenance Expo 2011

49 % de nouveaux visiteurs en 2011

87% des visiteurs viennent sur Maintenance Expo pour rencontrer de nouveaux fournisseurs.

92% sont très satisfaits ou satisfaits de la qualité des exposants de Maintenance Expo.

85% des visiteurs sont impliqués dans la décision finale concernant le choix des solutions

maintenance pour leur entreprise.

90% cherchent de nouvelles prestations ou de nouveaux produits sur le salon.

table ronde sur le thème « Recrutement

et accompagnement des nouveaux

professionnels »

L’Afim propose de faire témoigner des

représentants d’entreprises qui recrutent,

des responsables de formation technique

et des médiateurs du marché de l’emploi

pour analyser ces difficultés, partager des

bonnes pratiques et identifier des pistes

de progression.

• Démographie des professionnels de

maintenance : perspectives, menaces et

opportunités

• Modes de recrutement : comment se

repérer dans les filières de formation

• Organisation du transfert de compétences

entre anciens et nouveaux

• Parcours de formation des nouveaux

arrivants

• Offres de formation à la maintenance

tout au long de la vie professionnelle

9h30 : Baromètre des salaires des

métiers de la maintenances

Florent Buison (Randstad)

10h : La formation chez les prestataires

de services : « Pour faire la différence,

renforcer les compétences »

Olivier Cravoisier (Ortec)

10h : La formation initiale en maintenance

en Algérie

Elias Mami – Université de Tlemcen

(Algérie)

11h : Table ronde

• Florent Buisson, responsable du recrutement

industriel de Randstad, société

de services en ressources humaines

• Nello Comelli, responsable Afim Bourgogne,

en charge du Trophée Frontinus

au niveau national

• Olivier Guillon, journaliste/rédacteur

en chef du magazine Production

maintenance

• Karim Kalfane, maître de conférence

de l’université de Strasbourg

• Jean-François Romain, journaliste/

rédacteur en chef du magazine Maintenance

& Entreprises

• Francis Vasse, directeur du master

Maintenance et maîtrise des risques

industriels de Paris XII

12h : Clôture du 24 e Forum national

de la maintenance ■

* (Source : Maintenance Expo 2011)

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ACTUALITÉS

entreprises & marché

Observatoire Réseau maintenance ® Afim

Tendances économiques du marché

de la maintenance industrielle

L’équipe de l’Observatoire Réseau maintenance ® , spécialisée dans le

marché de la maintenance industrielle depuis 1988, réalise chaque

année une enquête de conjoncture auprès des donneurs d’ordres industriels

afin d’avoir une vision précise de l’évolution des dépenses de

maintenance et des budgets de sous-traitance qui en résultent. Le résultat

de ces travaux est mis en perspective avec les prévisions macroéconomiques

et sectorielles réalisées par Pair-Conseil.

La zone euro territoire

de faiblesse pour l’économie

mondiale

Alors que l’austérité s’est généralisée

au sud et au centre de l’Europe, la

croissance de la zone euro est très dépendante

de la demande interne allemande. En

zone Euro, en l’absence de fédéralisme,

chaque pays est livré à lui même.Aussi, les

pays attaqués sont ceux à fort déficit

commercial et donc dépendants des capitaux

étrangers (ceux du nord de la zone).

Mais la compétitivité est un concept relatif :

les balances externes des pays du sud se

sont creusées quand celle de l’Allemagne

se redressait à partir de 2002. En outre,

l’ajustement des déficits externes au sud

sera facilité si les importations accélèrent

au nord. En attendant, même si les

annonces récentes de la BCE atténuent

le stress financier, la croissance promet

de rester faible (-0,3% en 2012 pour l’ensemble

de la zone euro) du fait de la cure

d’austérité, complexifiant la réduction

des dettes. La France devrait continuer à

pâtir d’un contexte européen déprimé alors

que le virage restrictif de sa politique

budgétaire en 2012 (et qui se poursuivra

en 2013) pèsera sur la demande interne.

Dans le même temps, une baisse historique

du pouvoir d’achat se profile : hausse de

la fiscalité pesant sur les ménages, faiblesse

prononcée des revenus d’activité et du patrimoine,

tensions renouvelées sur les prix du

pétrole et les prix des matières premières

alimentaires.

Le point sur l’année 2011

En 2011, les dépenses de maintenance

étaient toujours en croissance malgré une

conjoncture atone. La même année, les

dépenses de maintenance ont progressé

de +1,9% par rapport à 2010, à 21,2

milliards d’euros. Contrairement à 2010

qui marquait un coup d’arrêt au recul du

budget de maintenance dans l’industrie

avec une hausse quasi généralisée dans tous

les secteurs, 2011 marque des contrastes

sectoriels. 2011 a en effet été une année

à deux vitesses avec un premier semestre

qui est resté dynamique dans la tendance

de 2010 avant de se laisser rattraper par

la crise des dettes souveraines en Europe

qui a marqué un point de retournement

et un ralentissement de l’activité industrielle

en général.

L’augmentation des dépenses de maintenance

globales a bénéficié d’un soutien

de l’investissement industriel notamment

porté par le secteur nucléaire dans le

cadre de la prolongation des centrales

mais également par d’autres secteurs tels

que la mécanique et l’aéronautique qui

restaient encore dynamiques.

En revanche, durant la même période,

d’autres secteurs ont souffert de la crise

(automobile, raffinage, fonderie, papiercarton)

et ont minoré la croissance globale

des dépenses de maintenance soit

par ajustement des budgets soit par l’arrêt

d’unités de production.

Évolution des valeurs

et des grands ratios de la

maintenance sur longue période

En 2012, les dépenses globales de maintenance

devraient ralentir leur rythme de

croissance en raison de la conjoncture

économique qui continue de marquer une

période d’incertitudes. Elles devraient

néanmoins rester positives avec une

faible progression de l’ordre de + 0,1%.

Source : Observatoire Réseau Maintenance 2012 – Prévisions de production réalisées

par Pair-Conseil – Prévisions maintenance enquête Afim – Valouy Conseil

Une croissance modérée des dépenses globales de maintenance en 2012.

Les ajustements de dépenses de maintenance

sont moins sensibles à la conjoncture

en raison de la nécessité de maintenir

un outil de production opérationnel pour

s’adapter à une éventuelle reprise de la

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ACTUALITÉS

entreprises & marché

Baromètre de la maintenance

industrielle en 2012

(Taux de croissance annuel 2012/2011 en %)

Source : Production et effectifs industriels Pair-

Conseil d’après INSEE – Enquête de conjoncture

Afim-Valouy 2012

En synthèse, et d’un point de vue de la

maintenance industrielle, le retournement

conjoncturel au deuxième semestre 2012 laisse

anticiper une période de stagnation sur les

dépenses totales de maintenance.

demande. Par ailleurs, l’analyse du secteur

de la maintenance industrielle doit être

réalisée en dissociant les tendances budgétaires

à venir dans le domaine de la maintenance

nucléaire de celle des autres

secteurs industriels.

Un aperçu de l’évolution en

fonction de chaque grand secteur

Le secteur nucléaire prévoit en effet d’augmenter

ses dépenses de maintenance de

manière très significative sur la période de

projection (et après). Ainsi, ce secteur

prévoit une augmentation de son budget

de maintenance de + 248 M€en 2012 et

de + 138 M€en 2013. Cette augmentation

de budget devrait représenter plus de

77% de la croissance des dépenses totales

de maintenance de l’industrie ces années

là ! Il s’agira pour l’essentiel de dépenses

de maintenance de niveau 4 et 5, réalisées

en période d’arrêt (générateurs de

vapeur, turbines, alternateurs…), c’està-dire

quasiment des dépenses assimilables

à des investissements de mise à

niveau dans le but d’allonger la durée de

vie des tranches nucléaires.

En contrepoint de cette tendance, et si

l’on enlève l’effet « centrales nucléaires

», les mouvements de fonds dans les

autres secteurs industriels sont nettement

plus modérés. Dans la majorité des

secteurs, l’atonie des budgets de maintenance

des sites devrait caractériser les

deux prochaines années.

Seul le secteur de la mécanique (travail des

métaux, assemblage mécanique, construction

de machines) résistait encore et

profitait de la dynamique de l’investissement

industriel tant en France qu’en

Europe. Mais le second semestre 2012

marque un ralentissement qui pourrait se

prolonger sur 2013.

La chimie qui avait connue une reprise

dynamique en 2011 s’ajuste rapidement à

une anticipation d’un ralentissement global

de la demande et reste prudente sur l’évolution

de ses dépenses totales de maintenance

qui resteront en quasi stagnation.

Certains secteurs (raffinage, papier-carton,

fonderies) voient même leurs volumes

globaux de dépenses décroître du fait de

la fermeture de capacités de production.

L’avant et l’après-2008 :

quels enseignements liés

aux évolutions des indicateurs

économiques

de la maintenance ?

Le graphique ci-dessus présente l’évolution

de la répartition des dépenses de maintenance,

à l’échelle de l’industrie toute

entière, par nature de moyens. Cette analyse

est effectuée sur une année d’avant-crise

(2008), pendant la crise (2009) et après la

crise lors de la reprise de l’activité industrielle

(2010 et début 2011).

Malgré une relative stabilité des pourcentages

de chacun des postes de

dépenses au cours du temps et quelle que

soit la conjoncture, la période actuelle

dessine une tendance qui bénéficie à la

sous-traitance industrielle.

La lente érosion des effectifs industriels

et dans une moindre mesure des effectifs

de maintenance profite à la soustraitance

de la maintenance qui sert de

variable d’ajustement dans une période

d’incertitude généralisée.

Si la baisse des effectifs internes de maintenance

est une réalité, celle ci reste

modérée (-0,1% en 2011 et -1% prévus

en 2012) et en dessous de la moyenne

industrielle de la baisse des effectifs

(-1% en 2011 ; -1,3% prévus en 2012).

La volonté des industriels est de

conserver un savoir faire interne en n’érodant

pas trop les équipes internes de

maintenance ■

Jean-Jacques Enrich

Quelques précisions

sur l’Observatoire

Réseau Maintenance

L’Observatoire Réseau Maintenance de

l’Afim est réalisé en partenariat avec

Valouy Conseil et Pair-Conseil. L’Afim

(Association française des ingénieurs

et responsables de maintenance) est

une association loi 1901 qui fédère

1 600 adhérents appartenant à 1 100 entreprises

industrielles. Elle a pour vocation

la promotion et l’évolution des métiers

liés à la maintenance, fonction essentielle

de la performance des entreprises.Valouy

Conseil est une société d’études indépendante

spécialisée dans les approches

économiques des secteurs industriels et

des services à l’environnement. Pair-

Conseil est une société d’études indépendante,

sa vocation est d’aider les

décideurs à comprendre et anticiper l’évolution

de leur environnement.

➟Contact : jjenrich@afim.asso.fr

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 11


ACTUALITÉS

Formation-RH

FRONTINUS : REMISE DU TROPHÉE

LE 9 NOVEMBRE

SUR MAINTENANCE EXPO

Le trophée sera exposé lors du salon

Maintenance Expo à Paris-Nord-Villepinte où

il sera remis officiellement le 9 novembre.

Pour la prochaine édition, les inscription

devront être déposées avant le 31 janvier

2013 (www.afim.asso.fr).

Initié par l’Afim en 2008, le Trophée Frontinus

permet à de jeunes élèves en phase d’orientation

professionnelle de découvrir les métiers

de maintenance et les formations associées

en leur ouvrant les portes des entreprises. Le

Trophée Frontinus est remis en jeu chaque

année. L’équipe qui le remporte le conserve

pendant une année. Ce trophée a été conçu

par des élèves du Lycée des Métiers Hippolyte

Fontaine de Dijon en seconde Bac Pro Etude

et définition de produits industriels et CAP

Serrurier métallier.

UN POTENTIEL

DE PLUS DE 100 000 RECRUTEMENTS

PAR AN DANS LA MÉTALLURGIE

Selon une étude réalisée pour l’Observatoire

prospectif et analytique des métiers et des

qualifications de la métallurgie au premier

semestre 2012, les entreprises de la métallurgie

continuent d’avoir des besoins élevés

de recrutement, une tendance qui se confirme

et va même s’amplifier dans les années à

venir. Ainsi, ces entreprises devraient recruter

plus de 100 000 personnes par an entre

2012 et 2020 même si en parallèle l’emploi

industriel poursuivra une érosion régulière.

Origine de ce phénomène : le remplacement

des générations qui ont atteint l’âge de la

retraite, les départs prévus étant nettement

supérieurs à la diminution estimée des effectifs

de la branche, mais aussi dans les mobilités,

liées notamment à l’évolution des

compétences et des métiers suite aux évolutions

technologiques dans un secteur ouvert

à la compétition internationale et où l’innovation

est permanente.

Concours

Huron, partenaire

du prochain EuroSkills

Du 4 au 6 octobre derniers, le circuit de

Spa-Francorchamps a accueilli la troisième

édition d’EuroSkills. Cette compétition

inter-métiers d’envergure européenne qui

s’inscrit dans une démarche de promotion des

métiers manuels et des filières techniques

et technologiques, avait pour la première fois

comme partenaire Huron pour la fourniture

de machines de fraisage. Au total, près de 430

participants âgés de moins de 26 ans et originaires

de vingt-quatre pays ont concourru

durant trois jours devant un public nombreux

avec un unique objectif : être le meilleur de

sa profession.

Pour cette troisième édition, Huron a été, pour

la première fois, le fournisseur officiel des

métiers de fraisage. Pour l’occasion, quatre

machines de type VX 6 seront mises à disposition

par la société. La gamme VX s’applique

aux opérations de fraisage, perçage, alésage

et taraudage dans les secteurs de fabrication

Initiative

Un parcours

professionnalisant pour les

métiers de la maintenance

Cinq entreprises implantées en Alsace

– Cryostar, DSM, Endress+Hauser,

Novartis et Sappel – ont créé l’Institut de

formation inter-entreprises aux métiers

de la maintenance. Cette formation inclut

la recherche de financement, les choix

des programmes, les interventions théoriques

des dirigeants et l’accueil des

stagiaires. En contrat de professionnalisation,

ces derniers seront formés en

alternance entreprises/Greta (50-50), la

formation débouchant sur un Certificat

de qualification professionnelle interbranches

et sera rémunérée. Pré-requis : niveau

Bac à Bac +2 ou expérience professionnelle

dans le domaine, anglais, permis B.

DR

d’outillage et de production en petites et

moyennes séries. « Nous sommes fiers et

honorés d’être le fournisseur officiel de la

catégorie fraisage, a déclaré Dominique Lutz,

directeur commercial. Par le passé déjà,

Huron avait entretenu des relations étroites

avec le secteur de l’enseignement et de l’éducation.

C’est donc tout naturellement que

nous avons accepté lorsque les organisateurs

ont sollicité Huron » ■

Les principes de la formation reposent

sur l’alternance : 50% du temps en

formation théorique dispensée par le

Greta et les professionnels partenaires,

et 50% du temps en stage dans les entreprises.

La formation est constituée de

deux phases modulaires de pré-qualification

puis de qualification.

La première promotion de quinze stagiaires

commencera en janvier 2013 pour

un cursus d’un an. Objectif : pallier les

difficultés que les entreprises instigatrices

de cette formation – mais également les

autres – rencontrent à recruter des techniciens

de maintenance formés à leurs

réels besoins ■

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 12


ACTUALITÉS

produits & technologies

DR

NOUVELLE ÉDITION DU GUIDE

DE LA ROBINETTERIE INDUSTRIELLE

Ce guide d’utilisation de

100 pages s’adresse

aussi bien aux concepteurs

qu’aux utilisateurs

et prescripteurs amenés

à travailler sur la robinetterie

industrielle.

Véritable source d’information

détaillée, il peut également s’avérer

être un document utile pour les enseignants

des formations liées aux domaines de la

maintenance et de la conception en robinetterie.

Ce guide contient toute l’information

sur les différents types de vannes, le

contexte réglementaire et normatif à connaître

ainsi que des recommandations sur la

conception, le transport, l’installation et la

mise en service.

Le guide est consultable et téléchargeable

gratuitement sur le site de Profluid:

➟ www.profluid.org/fr/publications.html

UNE NOUVELLE VERSION

DE LA TABLETTE

MOBIL’OUTILS

Filtration

Un nouveau dépoussiéreur

Delta Neu sur le marché

Delta Neu, entreprise dédiée

à l’amélioration de la

qualité de l’air en milieu industriel,

lance un dépoussiéreur

novateur aux performances

accrues : le Jetline K. Fonctionnant

selon le système Triopticlean

conçu par Delta Neu, il

est équipé d’un système de

décolmatage automatique par air

comprimé et de cartouches placées

à l’horizontale. Ce système

permet d’obtenir plus d’efficacité de filtration,

particulièrement dans le cas de poussières

fines.

Le Jetline K convient en particulier pour la

filtration de fumées de soudage, de poussières

de découpes laser et plasma, et de poussières

liées aux traitements de surface. Sa capacité

de filtration des poussières fines le rend particulièrement

adapté aux secteurs de la métal-

DR

lurgie, de la chimie et de

l’agroalimentaire.

Le décolmatage est obtenu

par une injection très courte

d’air comprimé à l’intérieur

de la cartouche, utilisant la

totalité de la surface filtrante

et permettant ainsi un décolmatage

uniformément réparti.

En conséquence, le système

présente l’avantage d’avoir

une perte de charge faible et

stable, avec une consommation d’air

comprimé optimum.

Pour l’entretien, l’accès aux cartouches

filtrantes se fait latéralement, et par l’extérieur

du dépoussiéreur. Les cartouches sont

par ailleurs encapsulées dans un sac, ce qui

permet aux opérateurs de remplacer ces sacs

sans contact avec leur contenu et sans dispersion

de poussières lors de cette opération ■

DR

Véritable bureau mobile au service des artisans,

Mobil’Outils vient de lancer la Version 3

de la solution sur tablette. Celle-ci propose de

nouvelles fonctionnalités inédites et permet

aux artisans, techniciens et équipes commerciales

de travailler en toute mobilité sur le

terrain. Les principales innovations résident

dans les quatre modules inédits dont la

tablette dispose dorénavant : la gestion des

contrats de maintenance / SAV, la gestion des

plans, la synchronisation avec Outlook et,

enfin, la personnalisation de la tablette ;

Mobil’Outils peut ainsi s’adapter à chacun des

utilisateurs et équiper aussi bien des chefs

d’entreprise que des chargés d’affaires, techniciens

ou encore artisans.

Équipements

Norma Group lance sa

gamme « supportage » (PSS)

Fort de son expérience dans

le secteur du collier de

serrage, Norma Group a complété

avant l’été dernier son offre avec

la gamme « supportage ». Le

groupe va ainsi proposer à son

client final des solutions globales

permettant une synergie produit

pour les utilisateurs finaux ainsi qu’une synergie

entre les différents canaux de distribution.

Présente depuis 1949 sur le secteur du collier

de serrage, la marque Serflex est une marque

identifiée par bon nombre de professionnels.

Cette marque a d’ailleurs su développer des

produits résistants et performants. De plus,

Serflex complète désormais son offre avec des

produits de supportage (colliers, rails, fixation

mécanique, etc.) et entre ainsi de plain pied

DR

sur les secteurs du bâtiment et

de l’industrie.

Parallèlement à ce lancement de

gamme, Norma en a profité

pour introduire un nouveau catalogue.

En étant encore plus technique,

il ambitionne de clarifier

et de hiérarchiser l’offre produit.

Ce catalogue de 124 pages comprend deux

parties – serrage et supportage – et six chapitres

(serrage, supportage, accessoires de fixation

et ancrage, fixation sur charpente

métallique (IPN), collier et fixation en acier

inoxydable et informations techniques). En tout,

78 produits de supportage, 480 références de

supportage, 20 produits de serrage ainsi que

120 dessins techniques figurent dans cette

nouvelle publication ■

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ACTUALITÉS

produits & technologies

Rendez-vous

Douai –

Les terres historiques du Sepem

Après une excellente première expérience à Toulouse en septembre

dernier, le salon Sepem Industries revient en terres conquises et historiques

du nord de la France. Deux ans après sa dernière venue, le salon

des process et de la maintenance industrielle devrait signer un nouveau

record en termes de surface d'exposition, de visiteurs et de nombre d'exposants.

Mais l'important pour le directeur du Sepem Philippe Dutheil

étant de garder l'esprit d'un salon à la fois convivial, accessible à

tous et de partout et, surtout, de qualité.

Production Maintenance : Tout

d’abord, quel bilan tirez-vous de la

première édition de Toulouse qui s’est

déroulée en septembre dernier ?

Philippe Dutheil : Notre première

impression a été très bonne, en particulier

au niveau de la qualité des échanges

sur les lieux de l’événement. Notre

objectif premier était de développer des

rencontres de qualité, provoquer des

prises de contact, faire déplacer les gens

jusqu’à Toulouse. Cet objectif, qui est

le nerf de la guerre, a donc été atteint. Et

compte tenu de la conjoncture un peu

difficile, nous sommes satisfaits. On

espère juste que ce salon se pérennise

dans le temps mais c’est en bonne voie.

Au total, nous avons accueilli 3 392 visiteurs

réels, c’est-à-dire sans compter les

étudiants ; nous ne badgeons pas les

étudiants, ce qui leur laisse le libre accès

au salon et ce qui nous permet de comptabiliser

les professionnels susceptibles

de nouer des contacts intéressants avec

les exposants. Autre fait significatif, les

visiteurs étaient, pour un peu plus d’un

tiers d’entre eux (37,4% exactement),

issus du département de Haute-Garonne.

➤ D’où étaient originaires les autres

participants du Sepem Toulouse ?

Les autres visiteurs provenaient des différents

départements et régions environnants,

à commencer par le département

de la Gironde et de Bordeaux, dont faire

venir les habitants était un vrai défi que

nous avons réussi à relever.

Pour exemple, la navette du jeudi reliant

Bordeaux à Toulouse était pleine. Par

ailleurs, les visiteurs provenaient des

Landes (notamment en papeterie), de

Brives, de Tarbes (secteur aérospatial,

transport), Biarritz (avec notamment des

personnes de Dassault) ou encore de

Castres (avec les laboratoires pharmaceutiques).

Parmi les secteurs représentés

figurait bien entendu l’aéronautique,

mais également l’agroalimentaire.

➤ Quels retours avez-vous eu de la

part des exposants et des visiteurs ?

Les 396 exposants ont dit, à travers une

enquête menée après le salon, être satisfaits

de cette première édition de Sepem

Sud Ouest, à près de 90%. Mais l’important

pour nous est de voir si le salon

sera pérenne dans les années à venir* et

quel est le degré de qualité des contacts.

Car pour un salon, il faut attendre en

moyenne trois mois pour être sûr des

retombées pour les uns et les autres et si

déterminer le sérieux des projets entrepris.

Mais cette édition est d’autant plus

satisfaisante que nous espérions au départ

Quelques rappels sur les

salons Sepem Industries

Les Sepem Industries (Salon des services,

équipements, process et maintenance)

développent un nouveau concept de

manifestations professionnelles : Ces

salons s’appliquent à proposer des solutions

pratiques à tous les industriels d’une

région donnée, quel que soit leur secteur

d’activités de provenance. Le panel des

savoir-faire présentés est très large, et

repose sur un constat simple : Un site de

production rencontre des besoins récurrents

qui sont propres au fonctionnement

d’une usine, qu’il s’agisse d’une pompe,

d’un process, d’une unité de manutention

ou encore de traitement de fluides ou de

déchets industriels. La seule chose qui

manque aux responsables opérationnels

chargés de résoudre ces problèmes, c’est

le temps... ! Le Sepem Industries répond

à tous ces critères, à moins de 2h30 de

route des sites de production visés…

à peine atteindre le seuil des 3 000 visiteurs.

Je souhaitais à ce propos remercier

les gens, notamment les exposants et les

participants historiques des Sepem, de

nous avoir poussés à créer cette édition

à Toulouse. Nous étions, il faut l’avouer,

un peu sur la réserve au début car nous

pensions que seuls les Toulousains et le

secteur de l’aéronautique viendraient sur

le salon. Mais nous avons eu raison de

suivre leur avis car d’autres secteurs et

l’ensemble du sud ouest étaient présents.

➤ Concernant maintenant le prochain

événement du Sepem à Douai, que

pouvez-vous déjà nous dévoiler ?

L’édition de Douai se présente à la fois

comme le lieu historique et le plus important

en termes de surface d’exposition,

qui doit atteindre 12 000 mètres carrés.

C’est désormais un salon à taille

« adulte ». En 2011, plus de 4 600 visiteurs

s’étaient donnés rendez-vous dans

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 16


ACTUALITÉS

produits & technologies

le nord de la France. Pour 2013, nous restons optimistes mais

nous ne souhaitons pas nécessairement augmenter le nombre

de visiteurs ; ce sera difficile. Nous attendons toutefois 4 500

à 5 000 personnes ■

Bilan de la précédente édition de Douai

L’édition historique de Sepem avait déjà fait carton plein en 2011.

Pour sa troisième édition, le salon avait attiré un peu plus de

400 exposants et 4 687 visiteurs sur une zone de chalandise

s’étendant du Nord/Pas-de-Calais au nord de l’île-de-France, en

passant par la Picardie,la Haute-Normandie,la Champagne-Ardenne

jusqu’à la Belgique francophone.

Chimie, Pétrochimie, Plasturgie

Pharmacie, Cosmétique

Energie

Papier et carton

Agroalimentaire

Brassicole, vinicole

Traitement des eaux et effluents

Métallurgie, Sidérurgie, Fonderies

Secteurs représentés

Automobile, Ferroviaire

Eco-industries, Eco-environnement

Electronique, Electrique

Extraction et minéraux

Plates-formes logistiques

Verreries

Textile, Habillement

* La prochaine édition toulousaine de Sepem Sud Ouest aura lieu les 23,

24 et 25 septembre 2014. Pour ce deuxième volet, Philippe Dutheil

espère atteindre une surface d’exposition de 10 000 mètres carrés,

contre 7 000 cette année

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Maintenance préventive

Expertise

La question de l'obsolescence :

un facteur de risques

trop souvent oublié

Qu’entendons-nous par « obsolescence » ? Est-ce une vue du fabricant de composants qui, à un instant

« T », constate une évolution technologique ou réglementaire rendant dans un cas comme dans l’autre

une partie de ses produits obsolètes, désuets, périmés ou tout simplement peu ou moins rentables ? Ou

bien s’agit-il plutôt d’une réaction de l’utilisateur contraint d’abandonner un mode de production ou au

contraire désireux d’élargir ses compétences et s’ouvrir de nouveaux marchés ? Dans ces deux cas aussi,

la question de l’obsolescence se posera un moment ou un autre. Dans ce nouveau numéro de Production

Maintenance, nous avons décidé de recueillir l’avis de trois grands acteurs sur le marché susceptibles de

répondre à un problème trop souvent laissé pour compte.

DR

La question de l’obsolescence n’estelle

qu’une question de définition ?

Oui si l’on en croit certains férus de

langue française qui traduisent l’obsolescence

d’un produit comme une technologie

dépassée, ne répondant plus aux

exigences ni aux normes modernes

(comprendre « actuelles, nouvelles »).

Une définition relativement large mais

qui se garde bien de préciser de quel

point de vue on se place : est-ce du côté

de l’utilisateur, plus enclin à connaître

l’état et les capacités techniques de ses

outils et de son matériel, ou bien plutôt

du côté du fabricant, souvent de bons

conseils pour accompagner ses clients

industriels et les personnels de mainte-

nance vers des solutions et des technologies

innovantes.

Bruno Barbanson, Asset Performance

Consultant pour le compte de l’Américain

Rockwell Automation, définit l’obsolescence

comme telle : « lorsque la durée

du cycle de vie d’un produit commercial

est inférieure à celle du bien qui en

a besoin pour être opérationnel ».

Tout est dit. Et des secteurs industriels

fortement soumis aux obsolescences de

leurs composants pourront difficilement

infirmer cette définition. Car ce problème

touche avant tout trois grandes filières :

l’agroalimentaire, en particulier l’alimentation

et les boissons, la pharmacie

avec la fabrication de médicaments, et le

gaz-pétrole. Pour ce dernier secteur, les

problématiques sont bien particulières

car elles concernent essentiellement la

négligence depuis quelques années des

problèmes d’obsolescence alors même

que les raffineries sont plus ou moins

autonomes ; les installations et les

composants qu’elles utilisent sont construits

avant tout pour durer dans le temps

et résister à des environnements sévères.

Des opérateurs de maintenance réalisent

donc leur propre gestion, comme ils

peuvent... quitte à sous-traiter de plus en

plus la maintenance de leurs cartes à de

simples réparateurs lambda.

Vision catastrophique des choses ? Peutêtre

mais il semble que la question d’obsolescence

n’est guère prise en compte

et peu de mesures ont été prises pour faire

face à ce problème.

Il faut dire que dans les raffineries, on

applique un process « pur et dur » et les

opérateurs se débrouillent tout seul ; sauf

qu’à un certain moment, il n’est plus

possible d’assurer la maintenance de

composants défaillants. La raison ?

Malgré des problèmes de plus en plus

critiques, les questions d’obsolescence

reviennent peu à peu dans les barèmes

de criticité. Mais les échéances sont

souvent fixées à une vingtaine d’années ;

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 18


Maintenance préventive

les dernières remontant aux années 90,

les problèmes ressurgissent.

Concernant les deux autres domaines

d’activité, la production de produits

manufacturés suppose des cadences très

élevées et gérées par des automates et des

actionneurs soumis naturellement aux

problèmes de vieillissement et de fatigue

en raison de leur forte sollicitation. Des

capteurs de traitement du signal permettent

d’avertir de leur état de fonctionnement,

en particulier sur les chaînes de

conditionnement et d’emballage.

À quels risquent

s’exposent les industriels

en matière d’obsolescence ?

Parmi les risques et les enjeux pour les

industriels, Bruno Barbanson précise

avant tout que l’obsolescence provoque

inévitablement une augmentation des

arrêts de maintenance ou des marches

dégradées, « ce qui est somme toute

supportable à condition que l’on reste

dans une certaine ‘normalité’. Mais lorsqu’une

industrie a des exigences bien

particulières en termes sanitaires ou

d’environnement, de simples arrêts

peuvent s’avérer très coûteux, comme

c’est le cas par exemple dans l’emballage

». Les risques sont donc proportionnels

à l’arrêt d’une machine et d’une

chaîne de production, mais aussi à la

qualité exigée d’un produit ; pour une

entreprise d’embouteillage par exemple,

le décalage d’une capsule pour une

production de 300 000 bouteilles peut

coûter, on s’en doute, extrêmement cher.

« Ce qui est surprenant, c’est que les

entreprises n’intègrent que rarement

l’obsolescence dans leur étude de criticité,

y compris dans le gaz et le pétrole

où ce problème est toutefois de plus en

plus pris en compte, en raison des coûts

faramineux des arrêts de production et

aux risques aux niveaux humain et environnemental

».

Cependant, dans les domaines pharmaceutique

ou agroalimentaire, cette partie

de la criticité est moins considérée. Paradoxalement,

les entreprises industrielles

utilisent de plus en plus d’automatismes

qu’auparavant. De plus, intégrer l’obsolescence

d’un composant est une chose,

intégrer celle d’un équipement en est une

autre. « L’obsolescence d’une carte

électronique et de ses composants sont

deux choses bien différentes. Et les

moyens de les prendre en compte et de

les détecter le sont tout autant ».

Détecter les premiers signes

d’obsolescence

Le management de l’obsolescence s’inscrit

en trois phases principales : la détection,

la hiérarchisation et le traitement,

c’est-à-dire ce qu’il convient de dimensionner

en fonction des ressources disponibles

pour rechercher l’optimum

économique. Pour un premier niveau de

détection, le plus simple est-il encore de

se mettre en liaison avec le fabricant.

L’étape suivante consiste à se constituer

un réseau d’utilisateurs ou à mettre en

place un groupe d’échanges avec différentes

entreprises du secteur de manière

à réaliser une veille et établir une base

de données des fournisseurs. C’est ce que

fait notamment Rockwell, ce qui permet

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 19


Maintenance préventive

DR

d’entreprendre une démarche de maintenance

préventive qui s’appuie sur un

système de veille technologique. L’autre

solution est de sous-traiter absolument

tout. « Pour cela, on a besoin d’une liste

de tous les équipements, articles et automates

pouvant être obsolètes. Le

problème c’est que ce processus doit être

rapide et doit s’effectuer tous les ans

voire tous les six mois. L’industriel a donc

besoin de mobiliser des ressources

supplémentaires capables de gérer et de

maintenir cette liste à jour ».

La deuxième étape consiste à hiérarchiser

les degrés d’obsolescence en tenant

compte de toutes les pièces étant déjà

obsolètes ou étant susceptibles de l’être

prochainement. La troisième étape réside

quant à elle dans la résolution des

problèmes, laquelle passe inévitablement

par des solutions établies au cas par cas.

« Pour cela, il convient stocker chaque

article, ‘’cannibaliser’’ son installation,

morceau par morceau, puis de s’adresser

directement au fabricant qui remplace

les composants durant vingt ans. Ce

système est efficace mais il revient très

cher. Si bien qu’on est tenté de recourir

à une autre pratique qui se traduit par

de solutions de remplacement mais c’est

plutôt risqué du fait du droit de propriété

du concepteur mais aussi et surtout parce

les composants faits et refaits de bric et

de broc présentent des risques de qualité

s’ils ne sont pas fabriqués sérieusement

», insiste Bruno Barbanson. Or en

cas de panne voire de casse à l’intérieur

d’une machine par exemple, il est impossible

de se retourner contre un fabricant

faute de garantie constructeur ou d’assurance

; bon marché, cette solution

demeure la plus risquée et elle est loin

d’être la plus fiable. Enfin, il existe un

moyen plus radical pour lutter contre

l’obsolescence de ses composants : la

migration. La rénovation complète de la

partie relevant des automates peut même

se transformer en une conception

nouvelle de l’automate en tant que tel.

Accepter les effets

d’obsolescence

Face aux problèmes d’obsolescence, les

responsables de maintenance adoptent

plusieurs attitudes, desquelles découlent

des stratégies très différentes. La

première consiste à aborder le problème

de façon très réactive, en toute redondance,

avec des solutions immédiates et

prises de manière « proactive ». En d’autres

termes, cette stratégie consiste à

attendre que l’obsolescence se déclare

pour chercher une solution. Cette solution

envisagée est utilisée pour répondre

au risque d’indisponibilité courte et ne

présentant pas un réel seuil critique pour

la bonne marche de la production. Le fait

d’accepter les effets de l’obsolescence

mène à combiner la conséquence et le

temps imparti pour mener une opération

de maintenance curative. Cette démarche

représente un risque. Toutefois, pour

limiter ce risque, il est possible de traiter

l’obsolescence avant d’en subir les conséquences

si le responsable de maintenance

est averti le plus tôt possible et dispose

ainsi du temps nécessaire pour agir. Dans

ce cas, il doit avoir la possibilité de constituer

un stock stratégique. L’avantage de

cette démarche est qu’elle ne nécessite

pas de provisions budgétaires. L’inconvénient

est qu’elle présente le risque de créer

des coûts non planifiés significatifs.

À l’opposé, on trouve la stratégie préventive

qui consiste à envisager l’obsolescence

avant son apparition pour en limiter

l’impact. Celle-ci est utilisée pour répondre

aux risques d’indisponibilité longue

ou critique. Concrètement, il s’agit de

mener des actions en phase d’exploitation

pour identifier et analyser des signes

externes précurseurs (veille technologique,

situation fournisseur, réglementation...)

et inclure dès la conception la

gestion de l’obsolescence dans le cycle

de vie du matériel. Avantage de cette

méthode : celle-ci est proactive et en

conformité avec la future norme ISO

55000. L’inconvénient est qu’elle nécessite

des relations régulières entre production,

maintenance, magasin, achats,

ingénierie et les constructeurs ; la démarche

est chronophage.

Aborder les problèmes

au cas par cas

selon les causes

de l’obsolescence

Parmi les exemples que peut nous citer

l’expert de Rockwell Automation, une

société mécanique dotée d’un important

parc important de machines-outils était

condamnée faute d’activité suffisante.

Elle fut sauvée de justesse après avoir

décroché in extremis de nouveaux marchés,

nécessaires pour pérenniser l’activité

et les installations. Mais l’entreprise

se confrontait alors à de nouveaux

problèmes liés à l’obsolescence des ses

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 20


Maintenance préventive

automates notamment. De différentes

marques et de différents modèles –

parfois les plus « exotiques » – ces

composants présentaient le souci de ne

plus exister sur le marché et les matériels

de remplacement (notamment des actionneurs

et des composants utiles pour le

traitement de signal) étaient dès lors

indisponibles.

Rockwell s’est alors investi à travers sa

solution Lifecycle Management Services

pour détecter et lister les actifs, un à un,

avant de hiérarchiser leur niveau de criticité,

des machines les plus exposées aux

risques, aux installations présentant le

moins de risque d’obsolescence. Puis les

équipes du fabricant américain de

composants évalue l’influence de cette

obsolescence sur la durée de vie des

machines, si celle-ci va aggraver leur

criticité ou non. Dans tous les cas, la liste

qui intègre l’obsolescence va permettre

de traiter chaque composant, au cas par

cas ; « c’est l’unique moyen de répondre

DR

parfaitement aux problèmes, trouver des

solutions de traitement adaptées, en fonction

d’un budget donné, souvent établi

sur quatre ans ». Mais les plans d’actions

préventives, aussi efficaces soient-ils,

n’élimineront jamais la part d’aléatoire.

Ils permettent en revanche d’anticiper

davantage, de répondre au plus vite et

d’éviter au maximum les arrêts de

production ■

Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 21


Maintenance préventive

Interview

« Anticiper les phénomènes

de vieillesse »

DR

Devant les problèmes d’obsolescence des composants et du matériel, il

existe peu de solutions technologiques, mais plutôt des méthodes, tant

en termes de management que d’organisation en interne ; avec un

objectif : déceler mais aussi anticiper les premiers signes de vieillesse.

À ce titre, Cofely Endel a déployé une méthode baptisée « Novatio »

permettant de construire un plan à moyen et long terme pour la

rénovation et le remplacement des équipements.

➤ Pouvez-vous nous présenter Cofely

Endel et ses activités en tant que prestataire

de maintenance ?

Cofely Endel, société du groupe GDF

Suez appartenant à la branche GDF Suez

Energy Services, intervient tout au long

du cycle de vie des installations de ses

clients, de l’installation, la rénovation

d’équipements en passant par la maintenance,

le transfert jusqu’au démantèlement

des équipements. Nous apportons

des solutions globales visant à améliorer

la performance industrielle de nos clients.

Cette société se présente comme un

spécialiste de la maintenance industrielle

et son spectre de compétence est particulièrement

large. Ses métiers historiques

sont la mécanique, la robinetterie, la

tuyauterie et le soudage. Ses compétences

ont été enrichies au fur et à mesure

de son développement technique et

commercial par les métiers suivants :

automatisme, électricité, électromécanique,

etc.

Cofely Endel dispose d’une grande expérience

des contrats de maintenance

pluriannuels grâce à ses 140 implantations

de proximité mais aussi aux compétences

des femmes et des hommes qui

interviennent au quotidien afin de fournir

un service de qualité. D’un chiffre d’affaires

d’un montant 680M€, la société

est reconnue par ses clients pour sa

culture de sécurité, son réseau unique

d’implantations, la disponibilité et la

réactivité de ses équipes, le maillage des

compétences et des expertises de ses

collaborateurs ou encore sa connaissance

de tous les secteurs de l’industrie et de

l’énergie.

➤ Sur quels types d’industries intervient

Cofely Endel ?

Cofely Endel est à 100% un acteur du

monde industriel. Nous disposons d’un

pôle spécialisé pour le secteur du nucléaire

qui nous permet d’apporter un service sur

mesure à nos clients comme EDF, Areva,

CEA, etc. Nous intervenons également

dans de nombreux secteurs à travers notre

pôle Industrie tels que l’énergie, la sidérurgie

(Arcelor Mittal, Vallourec…), la

pétrochimie (Total, Exxon Mobil, …), l’aéronautique

(Airbus)…. Nous apportons au

quotidien nos services auprès de plus de 2

500 clients.

➤ Qui sont vos clients et à quels

problèmes liés à la vieillesse et l’obsolescence

sont-ils confrontés ?

Tous les clients de Cofely Endel sont ou

seront confrontés à des problématiques de

vieillesse et d’obsolescence qui sont corrélées

avec la variable « Temps ». L’enjeu de

nos clients est bien de répondre à ces questions

incontournables que sont :

- Pour encore combien de temps pourrons-nous

considérer les installations

comme fonctionnelles et performantes

par rapport à celles de nos concurrents

de notre secteur ?

- Quand leur taux de défaillance va-t-il

se dégrader, ce qui est inéluctable,

malgré tous les efforts déployés en

maintenance préventive ?

- Comment gérer la fin de vie des installations,

équipements et surtout éviter

l’acharnement thérapeutique, si onéreux ?

Il en va de la sureté et de la capacité industrielle

des biens. Ces deux notions sont

primordiales dans la vie de l’entreprise,

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 22


Maintenance préventive

et impacteront le devenir de celle-ci si

les mesures correctives ne sont pas prises

à temps et correctement planifiées, financées.

Les directions générales des entreprises

ont besoin de connaitre la situation

et l’évolution des moyens de l’entreprise

(industriels, immobiliers…) afin d’adapter

la politique industrielle à moyen terme

et financer l’avenir plus sereinement. On

entre directement dans la gestion des

actifs industriels dans le cadre de la stratégie

de l’entreprise.

Bien connaitre l’état et l’évolution de son

parc machine, de ses bâtiments est nécessaire

pour disposer d’une gestion efficace

à moyen terme de ses actifs. Cette

approche permet de disposer d’un plan

de rénovation et de renouvellement des

équipements et de négocier les financements

auprès de sa direction générale.

➤ Sous quelles formes apparaissent les

premiers signes de vieillesse, d’obsolescence

?

La vieillesse arrive inéluctablement.

Rappelons nous qu’elle dépend du temps

et sa date d’apparition dépendra de la

DR

qualité de la maintenance préventive

réalisée durant la vie de l’installation, les

cadences d’utilisation, les temps d’ouverture,

l’usage de l’installation, son

environnement, la qualité d’origine des

constituants… Cet état se caractérise, par

une augmentation significative des

pannes, des dysfonctionnements, un

manque de productivité, un accroissement

des coûts directs et indirects et plus

grave encore une réduction de la sécurité

des personnes, des biens ou de l’environnement.

L’installation qui présente

des signes de vieillesse et d’obsolescence

n’a plus sa place en l’état dans une entreprise

industrielle performante.

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 23


Maintenance préventive

DR

Les origines de l’obsolescence sont

également variées, dépendantes encore

du temps, on identifie principalement la

perte de performance industrielle comparativement

aux concurrents du même

secteur, l’évolution de la réglementation,

l’impossibilité d’approvisionner les

pièces de rechange, la disparition des

compétences techniques spécifiques…

L’obsolescence fragilise à plus ou moins

court terme, l’exploitation et la maintenance

de l’installation.

➤ Comment les détecter, par quels

moyens technologiques ?

La difficulté est bien de pouvoir anticiper

ces phénomènes de vieillesse et d’obsolescence

car malheureusement il n’y a

pas de moyens technologiques pour les

détecter de manière globale. Reste effectivement

les moyens de surveillance

conditionnelle mais ceux-ci traitent le

problème sur des éléments ponctuels du

système, pas de manière globale.

Pour la vieillesse, nous pouvons nous

appuyer sur l’augmentation du taux de

défaillance, information que l’on obtiendra

facilement par l’exploitation de la GMAO.

Mais si l’on est dans cette phase d’augmentation

depuis quelques années, c’est

que nous sommes déjà probablement

dans un cadre de vieillesse de l’équipement.

Nous avons manqué à notre devoir

d’anticipation.

Pour l’obsolescence, on risque de s’apercevoir

que l’on est en plein dedans

lorsque le fournisseur de pièces de

rechange décline nos demandes, ou que

le technicien, qui nous a si souvent

« dépanné » a pris sa retraite sans passer

le flambeau… il s’agit d’exemples,

chacun d’entre nous, en trouvera d’autres.

Encore une fois, nous risquons de

faillir à notre mission d’anticipation.

➤ Pouvez-vous nous décrire la solution

que vous avez développée et que vous

venez de lancer, notamment en nous

parlant des premiers résultats obtenus

sur le site pilote ?

Cofely Endel propose à ses clients de

déployer une méthode appelée « Novatio »

permettant de construire un plan à moyen

et long terme pour la rénovation et le

remplacement des équipements.

Cette étude se réalise de manière conjointe

entre le client et l’équipe détachée de

Cofely Endel dans le cadre de nos contrats

de maintenance pluriannuels. Les avantages

des contrats déployés par Cofely

Endel sont de disposer non seulement

d’une approche court terme dans la gestion

et la réalisation de la maintenance courante

mais aussi une approche moyen et long

terme qui va au-delà de la durée du contrat.

D’ailleurs, nous déployons actuellement

la méthode chez un de nos clients dans le

secteur de l’énergie. Ce dernier doit, sur

nos propositions, préciser ces choix par

rapport à sa politique de renouvellement

des moyens techniques. Les décisions

prises prennent en compte les âges limites

pour toutes les grandes familles d’équipement

mais aussi les temps d’ouverture,

les conditions particulières d’utilisation,

l’environnement…

Une analyse fonctionnelle, un classement

VIS (Vital – Important – Secondaire), une

pondération de ces grands groupes fonctionnels

(un poids en fonction de la taille

et la complexité de l’équipement) sont les

prérequis à l’étude. Un système de notation

par point simplifie la prise de décision

finale. Les points sont attribués à

chaque grande phase de l’analyse :

- Classement priorité (poids et classement

VIS),

- Évaluation de la vieillesse,

- Évaluation de l’obsolescence.

L’établissement de la pondération du

niveau de vieillesse de l’équipement est

réalisé principalement par l’équipe Cofely

Endel, qui apporte ainsi son expérience

et son expertise de maintenancier. L’évaluation

de l’obsolescence est partagée entre

le client et Cofely Endel. Effectivement,

le client est plus à même de se comparer

par rapport à ces principaux concurrents

vis à vis des performances de son outil de

production (qualité, rendement,…). L’autre

élément concerne les risques consécutifs

à la réglementation en rigueur et à venir.

Cofely Endel enrichit cette évaluation avec

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 24


Maintenance préventive

une veille réglementaire grâce à ses différentes

relations auprès des organismes de

contrôle et de vérification. De plus l’étude

tient compte des risques liés aux pièces de

rechange et à la disparition des compétences.

Les résultats sont compilés dans

un outil informatique. Un ensemble de

mesures est automatiquement proposé,

ainsi qu’une hiérarchisation des actions

qui permet de simplifier la planification

des travaux à engager.

Le déploiement de « NOVATIO » permet

à notre client de montrer la pertinence de

sa politique de gestion de ses moyens industriels,

en termes de continuité et sureté, aux

autorités dont il dépend. Les premiers résultats

montrent une très bonne cohérence

avec les « impressions » des exploitants et

de la maintenance mais mettent aussi en

évidence l’augmentation de risques sur des

équipements primordiaux pour notre client

dont’ il n’avait pas conscience. Cette

méthode est rigoureuse, exhaustive, même

s’il faut se méfier de « ne pas couper les

cheveux en quatre », et à le mérite de

donner tous les éléments d’anticipation,

et de planification. Les actions issues de

l’évaluation sont étudiées et font l’objet

d’offre technique et financière de Cofely

Endel permettant de consolider le budget

de la maintenance de nos clients.

➤ Quel est le rôle de la maintenance ?

Une des missions de la maintenance est

de suivre l’évolution de la vieillesse et

de l’obsolescence des moyens dont elle a

la charge. La maintenance doit apporter

des éléments synthétiques à sa direction

générale pour l’aider à prendre des décisions

sur la gestion à moyen terme de ses

actifs industriels. Son évaluation de la

vieillesse et l’obsolescence doit être faite

de manière structurée, méthodique pour

arriver à un résultat pertinent sans passer

à côté de chose que l’entreprise aura à

regretter ultérieurement. Cette étude

nécessite de la disponibilité des techniciens

de maintenance, ce qui est toujours

problématique car les organisations de nos

clients sont généralement calibrées au plus

juste. Le recours à un prestataire de maintenance

comme Cofely Endel est une solution

judicieuse lorsque l’on recherche de

la flexibilité et des compétences.

➤ Quelles bonnes habitudes ou bonnes

pratiques doit-on adopter pour faire

face à la vieillesse et l’obsolescence ?

Une fois l’étude réalisée, il faut continuer

à faire vivre l’évaluation car

rappelons-nous, la vieillesse dépendra

directement du temps qui passe, et de sa

propre politique de renouvellement des

équipements. Pour ce qui est de l’obsolescence,

il faut rester très prudent. Et

même si l’étude aura pointé du doigt les

risques potentiels à moyens termes (les

risques à court terme ont été éliminés par

notre anticipation), il faut rester extrêmement

vigilants en ce qui concerne les

pièces de rechange et ensembles spécifiques,

au même titre pour ce qui est des

compétences techniques spécifiques que

ce soit en interne, comme en externe. Il

faut bien se remémorer que rien n’est

éternel, et que par conséquent il vaut

mieux anticiper, et que ce qui est valable

pour chacun d’entre nous, l’est aussi pour

chacun de nos moyens industriels… ■

Propos recueillis

par Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 25


Maintenance préventive

En pratique

Prendre les problèmes

d’obsolescence au sérieux

Les problèmes d’obsolescence ne doivent pas être mis de côté. Les

enjeux et les risques sur la vie des équipements et le bon déroulement

des processus de production nécessitent une vigilance de tous les

instants. C’est là que la maintenance entre en jeu, comme le détaille

Stéphane Le Gall, directeur des relations extérieures du Cimi.

Dans le but de conserver un avantage

concurrentiel, les fournisseurs d’équipements

industriels misent sur l’innovation

et la disponibilité de nouvelles

technologies pour proposer à leurs clientèles

de nouveaux produits toujours plus

performants (rapidité, nouvelles fonctions,

qualité, consommation énergétique,

encombrement…). Ces mises sur le marché

se font avec des cycles de plus en

plus courts, chaque nouvelle génération

ayant tendance à rendre obsolète les

anciennes gammes. Un tel rythme pose

un problème aux fournisseurs, qui, pour

des raisons financières évidentes, ne

peuvent pas conserver des stocks énormes

de composants ou de pièces de

rechange pour leurs anciennes séries, et

qui à cause de l’obsolescence de ces

derniers, peuvent se trouver dans l’incapacité

à maintenir la base installée de

produits commercialisés.

De leur côté, les utilisateurs finaux cherchent

à tirer le meilleur parti de leurs

investissements. Chaque équipement est

acheté avec un objectif de durée de vie

opérationnelle espérée la plus longue

possible (tout en préservant la qualité de

la production et la sécurité des opérations).

Nous sommes alors en présence de deux

tendances opposées qui peuvent avoir des

conséquences critiques pour les utilisateurs

(indisponibilité de production,…).

Cette situation nécessite donc d’être

considérée dès l’achat de nouveaux équipements.

Nous ne répèterons jamais

assez l’importance d’impliquer les services

de maintenance lors des projets d’investissements

d’équipements dédiés à la

Production. L’expertise des hommes de

maintenance permettra d’apporter un

éclairage important sur la maintenabilité

DR

« Malheureusement, la vie n’est pas un

long fleuve tranquille pour les hommes de

maintenance, et il faut gérer l’existant. Il

est donc primordial d’évaluer les risques

en cours de vie. » - Stéphane Le Gall.

des futurs équipements sur tout leur cycle

de vie.

Dans cette phase préliminaire, une

analyse de la criticité des pièces sera

nécessaire. Pour les pièces jugées essentielles,

il faudra d’un côté évaluer les

conséquences de l’indisponibilité de la

pièce pour réparer l’équipement, de

l’autre quantifier les coûts de possession

de cette pièce (coût du capital immobilisé,

coût du stockage). Le résultat de

cette analyse permettra de définir un

niveau de stock pour les pièces de

rechange, afin de minimiser l’exposition

au risque de l’utilisateur.

Prêter une oreille attentive

aux informations

de la part des fournisseurs

Les risques d’obsolescence des composants

doivent être intégrés lors de cette

analyse. En effet, nous avons tendance à

raisonner avec des données du présent (par

exemple : qui peut me fournir cette pièce

sur le marché, en combien de temps, à quel

coût… ?). Les éléments de calculs financiers

étant bien maîtrisés, il est même

possible pour certains d’extrapoler ce coût

pour une situation qui se produirait dans

le futur ! Mais se pose-t-on la question

de savoir si cette pièce sera disponible dans

dix ou vingt ans ? Les risques sont multiples

: disparition du fournisseur, obsolescence

d’une technologie, perte d’un

savoir-faire spécifique… Des solutions de

remplacement sont elles envisageables ?

Toutes ces situations doivent-être prises en

compte dans cette phase préliminaire et

dans la constitution du

stock initial de pièces

de rechange ou dans

la mise en place de

solutions alternatives,

comme la signature de

contrats de service

après-vente avec ses

fournisseurs.

Malheureusement, la

vie n’est pas un long fleuve tranquille

pour les hommes de maintenance, et il

faut gérer l’existant. Il est donc primordial

d’évaluer les risques en cours de vie.

Sur des équipements importants, il est

nécessaire de refaire régulièrement des

analyses de criticité et de dimensionnement

du stock de pièces de rechange. Il

faut également avoir une oreille attentive

aux informations obtenues de ses fournisseurs

lors de l’achat de pièces de

rechange (recueil d’informations largement

facilité si le fournisseur est local)

et avoir des retours d’autres utilisateurs

de matériels identiques... L’obsolescence

des composants est un problème très

sérieux qui s’amplifiera dans les années

à venir et la maintenance joue un rôle clé

dans la gestion de ce type de risques ■

Stéphane Le Gall

Cimi

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 26


Maintenance préventive

Interview

« Les besoins exprimés

sont de plus en plus pointus »

Comment se porte le marché de la GMAO ? Quel est son avenir et surtout, quel rôle joue-t-elle dans

l'économie de la maintenance ? C'est à ces quelques questions que Sacha Lukic, chef du service maintenance

et directeur de l'activité Mainta au sein d'Apave, a choisi de répondre... sans langue de bois.

Production Maintenance : En tant

qu’acteur incontournable du marché,

pouvez-vous nous donner votre sentiment

sur le marché de la GMAO aujourd’hui

? Comment se porte Apave ?

Sacha Lukic : Malgré une situation économique

générale plutôt atone en termes de

croissance, le marché de la GMAO reste,

quant à lui, relativement actif. Sur le plan

des appels d’offre offensifs, on constate un

grand nombre de projet concernant un

renouvellement de la GMAO en place. Cela

est dû vraisemblablement à des raisons liées

à une insuffisance de pérennité dans la

grande majorité des cas. Concernant les

appels d’offre défensifs, on constate que le

travail de fidélisation du parc clients se

révèle très souvent gagnant et incite le client

à continuer à faire confiance dans la solution

qu’il a initialement retenue. Enfin, deux

nouveaux marchés s’ouvrent à la GMAO

qui sont, d’une part, celui de la mobilité et

du travail collaboratif en mode déconnecté

et, d’autre part, la dématérialisation des solutions

informatiques dans le Cloud offrant

aux utilisateurs des solutions d’externalisation

de l’hébergement, mais aussi de

nouvelles solutions de consommation en

matière de GMAO telles que le SaaS.

➤ Que demandent les industriels dans

ce domaine ? Allons-nous vers des solutions

sur mesure ?

Les industriels tentent, depuis de nombreuses

années, d’éclairer leurs décisions

stratégiques de politique de maintenance

par la mise en place de la GMAO. Mais

pour ce faire, de nombreux prérequis sont

nécessaires mais ceux-ci ne sont malheureusement

pas toujours couverts. D’autre

part, les besoins exprimés sont de plus en

plus pointus et s’expriment en réponse à la

volonté farouche des industriels de coller

DR

au plus près à leur modèle de production.

C’est ainsi que de nombreux développements

spécifiques sont essentiels afin

d’adapter la GMAO au contexte du client.

➤ L’accompagnement du client dans la

mise en place du logiciel est-elle aujourd’hui

un critère éliminatoire dans le

choix d’une solution ?

Cela dépend essentiellement de la typologie

du client amené à utiliser la GMAO.

Évidemment, les clients qui placent la

GMAO au cœur de leur système d’informations

et pour lesquels une défaillance de

la GMAO créée une dépendance forte dans

leur activité au quotidien, sont très attentifs

au plan d’accompagnement pendant,

mais aussi après le projet. En outre, les

clients qui conduisent des projets de modernisation

de la GMAO dans les organisations

«molles» et pour lesquels le

changement pourrait avoir un impact social

fort sont aussi très vigilants aux méthodes

de projet et d’accompagnement. Dans ces

contextes, il est indiscutable que ce critère

est éliminatoire. En revanche, les clients

dont les services techniques sont modestes

(deux à trois personnes) attendent a

contrario une GMAO prête à l’emploi et

déjà pré-remplie dans laquelle l’apprentissage

se fait intuitivement et l’accompagnement

à distance. Dans ce cas, ce critère

n’a aucune incidence dans le choix final.

➤ Quel rôle jouez-vous dans la formation

? En quoi ce domaine pose-t-il un

problème en France ?

En dehors du fait qu’Apave est un acteur

majeur de la formation en France et que

cette caractéristique est, par conséquent,

imprégnée dans l’équipe Mainta, nos

projets sont tous placés sous le signe du

transfert de compétences. Un projet réussi

est un projet dans lequel les futurs administrateurs

du système ont pris complètement

la main sur la GMAO en matière de

paramétrage et personnalisation. Mais,

évidemment, atteindre ce niveau de compétence

pour un futur administrateur de

Mainta nécessite une méthode adaptée que

nous avons mis plusieurs années à mettre

en place. De manière générale, les constats

que nous faisons autour de la formation

pointent sur le métier de la maintenance. Il

est incontestable que les nouveaux embauchés

sont de moins en moins formés durant

leur cursus, mais aussi dans l’entreprise où

les projets de tutorat se font de plus en plus

rares compte tenu vraisemblablement de la

situation économique.

➤ Plus globalement, comment se portent

les métiers de la maintenance en France ?

Les métiers de la maintenance doivent en

toute logique bien se porter. Quasiment tous

les secteurs de métiers ont besoin de compétences

en maintenance, ce qui multiplie les

possibilités pour les jeunes embauchés. En

outre, les stratégies du type maintenir ou

investir sont plus que jamais d’actualité dans

un contexte d’austérité où les investissements

vont être fatalement réduits.

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 28


Maintenance préventive

Les industriels vont alors chercher à optimiser

au maximum leurs organes de

production, ce qui va ramener la fonction

maintenance au devant de la scène. Il n’empêche

que, face à ce constat, les jeunes

embauchés vont devoir être opérationnels

rapidement dans une situation tendue par

les enjeux économiques. La formation reste

le cheval de bataille de ce métier.

➤ Quelles perspectives et grandes

tendances prévoyez-vous pour 2013 et les

années à venir ? Êtes-vous optimiste ?

Le temps de l’hyper-consommation est totalement

révolu.Aujourd’hui, les clients achètent

beaucoup moins mais, en contrepartie,

beaucoup mieux. Il faut aussi être pessimiste

sur les modèles de business dans lesquels le

client fait l’acquisition d’une solution

onéreuse et poursuit dans un modèle de

dépenses soutenu. D’autre part, il n’est plus

nécessaire de démontrer les bienfaits des

modèles lowcost, et il faut surtout mettre fin

aux idées reçues qui tendent à démontrer que

le lowcost est synonyme de non-qualité. Je

crois que cette voie est une issue possible à

explorer dans les prochaines années.

L’utisation de Mainta

le cas d’Essilor

Production Maintenance : Quel est votre

domaine d’activité et quelles sont vos

problématiques en termes de maintenance

?

Didier Aymond (directeur technique des

opérations Europe)

Essilor est le numéro 1 mondial du verre

ophtalmique. La devise d’Essilor est :

« Seeing the world better ».Avec les équipes,

nous devons jour après jour améliorer nos

performances, tout en diminuant nos coûts

fixes d’une part et en nous adaptant de plus

en plus vite aux nouvelles technologies

d’autre part. L’aspect compétence de nos

équipes est donc critique.

Depuis deux ans, et aux niveaux des opérations

Europe, nous avons mis en place un pilotage

maintenance transversal aux quatre

usines avec une politique commune, une

animation globale, des ressources et expertises

partagées, et des indicateurs identiques.

C‘est principalement pour cette raison que

nous avons investi dans Mainta pour les trois

usines françaises mais aussi pour notre usine

en Irlande. C’est aussi pour améliorer nos

performances que nous mettons en place des

démarches de pilotage des lignes par le TRS

DR

afin de structurer et d’aller plus vite dans la

gestion des plans des améliorations. Nous

essayons d’équilibrer nos ressources entre un

tiers de curatif, un tiers de préventif (niveau

2 à 4) et un tiers d’améliorations. Le management

par l’outil GMAO est donc très

important pour nous.

➤ Quand avez-vous mis en place la solutionApave

? Est-ce votre premier outil de

GMAO ?

Nicolas Tétu (responsable méthodes et

maintenance de l’usine de Dijon) et Nicolas

Bonnetain (méthodes maintenance de

l’usine de Dijon et key user Mainta pour

les opérations Europe).

Nous avons mis en place Mainta SI

(Système Intégré) en 1997 sur le site de

Dijon. C’est notre premier outil de GMAO.

Auparavant nous fonctionnions avec des

appels par téléphone sans réelle traçabilité.

Au fil des années, nous avons évolué de

la version 4 à la version 7.5 en système SI

jusqu’en 2012, ou nous avons migré sur

Mainta Open System dans le but d’uniformiser

l’outil de GMAO et de le déployer

sur les sites des Opérations Europe.

➤ Comment s’est déroulée l’installation

du logiciel ? Quelles difficultés avez-vous

rencontré ?

La sélection du logiciel a été difficile, il a

fallu trouver un consensus car trois sites sur

quatre avaient déjà un outil. Dans un premier

temps une solution type ERP nous a été naturellement

proposée car nous l’utilisons pour

la gestion des stocks et des achats, mais à

force d’arguments basés sur les fonctionnalités,

et sur notre retour d’expérience mais

aussi sur les coûts, la solution métier Mainta

Open Système a été retenue. Nous avons

choisi une architecture informatique avec une

base de données commune, sur un serveur

délocalisé.Ainsi chaque site peut se connecter

sur le réseau de façon transparente. Les utilisateurs

faisant uniquement des demande d’interventions

utilisent une interface Web, ainsi

les ressources réseau sont préservées. De plus,

sur les sites ou il n’y a pas d’outil auparavant,

la communication est déterminante pour l’acceptation

de l’outil par les utilisateurs, et

notamment les techniciens pour qu’ils prennent

conscience que c’est un outil pour

améliorer leur performance et non un instrument

pour « pister » leurs faits et gestes.

La mise en place d’une GMAO est un projet

à part entière. Il faut tout d’abord définir une

équipe projet ou les différentes parties seront

représentées (maintenance, production...) puis

définir nos objectifs : une GMAO pour quoi

faire ? Quel objectif ? Quel Pilotage ? Quels

indicateurs souhaitons-nous obtenir avec ces

données ? Ensuite vient le paramétrage du

logiciel et plus particulièrement le Work-Flow

des Bons de Travaux, l’enrichissement des

tables (équipements, emplacements, organisations,

sections, profils, acteur....) cette phase

est essentielle pour l’efficacité du logiciel.

Mainta OS offre l’avantage d’être grandement

paramétrable. Ainsi, chaque site peut

avoir son work flow de traitement des interventions,

selon son organisation, ses particularités,

sans que cela perturbe les autres.

L’administrateur du logiciel jouera un rôle

déterminant dans la pérennité du système et

sa mise à jour au quotidien.

➤ À quels problèmes souhaitiez-vous

répondre en priorité ? Y êtes-vous

parvenu ?

La capitalisation des pannes, l’analyse des

causes de défaillance nous ont permis de

mettre en place une organisation basée sur

l’amélioration continue afin de piloter l’activité

maintenance et ne plus subir les

pannes toujours en agissant en « pompier ».

Nous sommes arrivés à diviser par deux

le nombre de pannes en cinq ans. C’est

aussi grâce à la GMAO.

➤ Attendez-vous encore autre chose de la

GMAO ? ou bien avez-vous développé

d’autres fonctionnalités que vous n’aviez

pas prévues ?

Pour diminuer nos stocks et continuer de

baisser nos coûts, nous attendons une passerelle

afin de manager au plus prés les pièces

détachées aujourd’hui suivi dans Oracle directement

dans Mainta.Afin d’améliorer le suivi

et notre réactivité sur des sujets « sécurité »,

nous souhaitons développer avec l’Apave une

gestion automatique des actions suite aux

différents contrôles réglementaires. Plus de

saisie, des suivis à la semaine, et des indicateurs

spécifiques sur ce point ■

Propos recueillis par Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 30


Maintenance préventive

En application

Une solution GMAO

adaptée au SAV

Négociant de machines-outils pour le bois, Gedimo

occupe une position de leader dans ce secteur en

région « Grand Ouest ». Mais cette place est

aujourd’hui confortée par la mise en place d’un

logiciel de GMAO qui a aidé le service maintenance

et notamment la partie dédiée au dépannage et

au SAV d’optimiser tout le processus d’intervention,

du dépannage à la facturation en passant par

les déplacements et les réparations.

Il n’existe plus, en France, de constructeur de machinesoutils

destinées au travail du bois. Contrairement à l’Italie,

leader européen dans le domaine, l’Allemagne ou encore

l’Espagne, la France n’abrite plus depuis des années de fabricants,

seulement des distributeurs et négociants, lesquels se

voient également contraints d’assurer le suivi, la maintenance,

la réparation et plus globalement le service après-vente des

machines de leurs clients. Une contrainte pour certains, une

opportunité pour d’autres. « Nous exerçons des activités de

vente bien sûr mais aussi de SAV, lesquelles se répartissent

en deux parties : 30% pour l’installation et le montage, 70%

pour le dépannage, détaille Pierrick Aluce, directeur général

de la société Nantaise de machine à bois (groupe Gedimo),

implantée à Carquefou (Loire-Atlantique). De quoi alimenter

les carnets d’intervention de l’équipe de maintenance.

Mais pour poursuivre dans les meilleures conditions ses activités

et afin de se montrer encore plus efficaces à la fois en

interne et lors des interventions sur les machines des clients,

il a fallu modifier la façon d’organiser le service.

L’activité consacrée au dépannage, la plus importante de cette

société d’une cinquantaine de personnes, est rassemblée au

sein d’une cellule technique composée de deux responsables

techniques chargés de gérer les plannings d’intervention de

onze techniciens itinérants et quatre techniciens d’atelier dont

la fonction principale est de remettre en état ou en conformité

les machines des clients voire du matériel d’occasion ou acheté

aux enchères. Enfin, deux personnes sont entièrement dédiées

aux commandes de pièces détachées et au magasin.

Répondre à un système empirique

devenu lourd à gérer

Intégrer un logiciel de GMAO – le premier dans l’histoire de

l’entreprise – revenait à mettre un terme à un système à la

fois empirique et plus vraiment adapté aux volumes d’intervention.

« Nos techniciens utilisaient un carnet pour le suivi

et l’historique des opérations effectuées sur les machines de

nos clients. De là, malgré toute l’attention et la rigueur

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 31


Maintenance préventive

employées, on assistait à un

phénomène de perte ou de

non-retour de fiches de

clients », concède Pierrick

Aluce. Mais le directeur

général voulait aussi et surtout

doter son entreprise d’un véritable

outil professionnel à la

fois pour améliorer la gestion

en interne et pour valoriser les

interventions auprès de sa

clientèle. Enfin, créer et optimiser

un planning technique

était le moyen d’éviter toute perte, sans

oublier le traçage du parc de machines

grâce à un historique systématiquement

mis à jour.

« Tous ces aspects représentaient des

critères de choix qui nous ont conduit à

choisir la solution de GMAO de Corim

en 2007. (…) Nous avions le sentiment

que l’équipe de Corim était derrière nous

pour nous fournir une solution souple,

clé en main et pleinement adaptée à nos

besoins. » En rendant opérationnel le

DR

système depuis le début de

l’année 2008, le groupe

Gedimo a pu constater le

bon accueil de la solution

auprès de la clientèle mais

aussi auprès des techniciens

pour qui cette technologie

était plutôt

nouvelle dans le secteur du

bois ; « nous utilisons des

systèmes PDA et nos

opérateurs se sont très vite

adaptés. »

Une gestion du SAV amplement

facilitée

L’un des gros intérêts de cette solution

GMAO réside dans la réduction drastique

de perte d’informations, de données sur

les machines-outils et leur rapport d’intervention,

mais aussi des facturations et

des pièces détachées. « À tout point de vue,

la GMAO a pleinement rempli son rôle.

Auparavant, une fois que la commande

d’une machine était passée, celle-ci passait

entre les mains d’un responsable d’achats

puis celles d’un responsable technique

avant de passer en atelier pour être remise

en état, livrée et maintenue. Toutes ces

informations étaient mal retranscrites alors

qu’aujourd’hui, tout coule de source ».

Par ailleurs, la planification des interventions

des techniciens d’atelier permet

enfin de mieux structurer le service mais

également de mieux organiser et planifier

les déplacements. Dans ce cadre,

l’entreprise entend certainement investir

dans des outils de mobilité, en passant

de l’actuel PDA aux tablettes tactiles

durcies ou semi-durcies. Pour l’heure, si

l’apport de la GMAO depuis sa phase

opérationnelle en 2008 est difficilement

chiffrable, la direction s’accorde à

estimer les gains en termes de temps de

15 à 20% ; idem pour les bénéfices au

niveau de la rationalisation des tournées ■

Olivier Guillon

Retour d'expérience

Renault Trucks renouvelle son outil

de production... et réorganise

sa maintenance

Depuis deux ans, l’organisation de la maintenance et de la production

des usines de Renault Trucks connaît un grand tournant reposant

sur le renouvellement de l’essentiel du parc machines et de l’outil de

production. Rien que ça ! Un travail titanesque qui est passé, notamment,

par l’implémentation d’une solution commune de GMAO pour

les différents sites.

Un dossier consacré à la GMAO ne

peut se passer de retour d’expérience

dans une grande entreprise. Cette

année, Production Maintenance a choisi

de se diriger vers Renault Trucks (groupe

Volvo AB) pour y recueillir le témoignage

de Rémi Grébert, responsable du

pôle Automatisme et Électricité sur le

site de Vénissieux. Cette structure est

l’une des deux divisions (avec le pôle

Mécanique-Hydraulique) appartenant au

DR

département maintenance de la société.

Réparti sur trois sites, le constructeur de

poids-lourds peut être fier de produire

100% de ses véhicules en France.

Les sites de production se situent à

Vénissieux (à proximité de Lyon), à

Blainville-sur-Orne (près de Caen) et à

Bourg-en-Bresse dans l’Ain. Ce dernier

site se charge de l’assemblage tandis que

les deux autres abritent, à Vénissieux, un

centre d’emboutissage pour la découpe

et la mise en forme des pièces, ainsi que

des lignes de production, de peinture et

de tôlerie notamment sur le site normand

pour la fabrication des cabines.

Environ dix lignes de production de

découpe, presse, emboutissage, rivetage

automatique et autre peinture constituent

l’essentiel de cette filiale du groupe

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 32


Maintenance préventive

Volvo qui n’a rien perdu de sa compétitivité....

Si ce n’est que toute évolution

du marché, des technologies mais aussi

du parc de véhicules impacte à un

moment donné la production et, de facto,

le département de la maintenance. Il faut

dire que lorsque l’on touche à la production,

on influe sur un processus qui

tourne en 5-8 (trois équipes la semaine

auxquelles s’ajoutent deux équipes le

week-end) ; « la première de nos préoccupations

est de surveiller nos machines,

concède Rémi Grébert. Nous disposons

d’un parc particulièrement étendu et

ancien. En effet, si les installations n’ont

pas l’âge du site – celui-ci a vu le jour

en 1915 ! – certaines de nos machines

acquises il y moins de six mois côtoient

des installations âgées d’une cinquantaine

d’années ». Si les lignes assurent

toujours un niveau élevé de production,

la direction de Renault Trucks a néanmoins

pris la décision de procéder au

renouvellement complet des machines.

« Cette démarche intervient à chaque

renouvellement de gamme de camions,

généralement tous les vingt ans pour les

DR

poids lourds (contre une période de dix

ans en moyenne pour l’automobile -

NDLR). Mais dans le cas présent, il

s’agit d’un cycle d’une toute autre envergure

(…). Dans le domaine de l’emboutissage,

une presse peut par exemple

durer plus de cinquante ans. Certaines

ont été mises en service dans les

années 60. D’ici deux ans, elles seront

entièrement remplacées ».

Des technologies de gestion

de la maintenance bien

différentes d’un site à l’autre

La trentaine de personnes de la maintenance

du centre d’emboutissage (qui

rassemble 205 personnes, rien que pour

cette unité de 44 000 mètres carrés dont

le chiffre d’affaires a atteint 56M€) a vu

les choses changer en l’espace de

quelques années. Et le cycle de renouvellement

du parc de machines va inévitablement

moderniser les lignes de

fabrication mais également l’organisation

même de la production et du département

de maintenance. Mais l’usine de

Vénissieux n’est bien entendu pas la

seule à recevoir progressivement un

nouvel outil de production.

Les autres usines de Renault Truck, que

ce soit celles de Blainville-sur-Orne ou

de Bourg-en-Bresse, profitent elles aussi

de l’opportunité de moderniser tout leur

process. « Tous les centres ont été rénovés

en même temps. Concernant la maintenance,

étant donné qu’elle se trouve au

cœur de l’outil de production, une

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 33


Maintenance préventive

réflexion a été menée à partir de

février 2011, tant pour la

surveillance et l’entretien des

machines que pour l’organisation

des différents services, souligne

Rémi Grébert. De là, on en est très

vite venu à la GMAO ».

C’est alors qu’une course contre la

montre commence, car il fallut

ainsi mettre en place très rapidement

une solution de GMAO. Le

responsable précise au passage que

tout le monde se sentait particulièrement

impliqué, permettant ainsi au

management de gagner un temps

précieux et de démarrer dans la foulée

un audit qui n’a finalement pris que deux

mois. Fin avril 2011, l’état des lieux était

fait et le constat était le suivant : les différents

services de maintenance de chacun

des trois sites français utilisaient des technologies

et des moyens de gestion radicalement

différents.

DR

Alors que le site de Bourg-en-Bresse était

déjà équipé d’un logiciel de GMAO (plus

précisément de la suite Carl Master), le

centre d’emboutissage avait recours à

Access. Quant au département maintenance

de Blainville, une partie remplissait

les cases de ses fichiers Excel des

comptes rendu d’intervention tandis que

l’autre avait déjà recours à un logiciel

de GMAO.

Une dispersion dans les différentes technologies

employées et les approches,

mais aussi dans la qualité des suivis

DR

d’intervention qui entravait la volonté

première des services de maintenance

d’être le moins cloisonné possible et de

communiquer, d’échanger au maximum

et compter les uns sur les autres pour

les opérations les plus délicates.

Mutualiser et, à terme,

planifier les ressources

Devant une telle disparité, le management

a fait preuve de beaucoup de lucidité,

prenant en compte le fait qu’à l’idée

d’entamer un projet d’implantation de

GMAO et, plus globalement, de procéder

à une démarche d’amélioration, tous

n’y verraient pas le même degré d’opportunité.

« Dans les services qui, comme

au centre d’emboutissage, n’utilisaient

que des moyens rudimentaires, il paraissait

évident qu’implémenter un logiciel

de ce type ne pouvait pas nuire à notre

travail. En revanche, ceux qui avaient

déjà recours à un logiciel de GMAO

auraient pu se montrer hostiles au

projet. Il n’en a rien été et ils se sont

ralliés à l’idée d’avoir une solution

commune pour l’ensemble de l’entreprise

et qui serait en mesure de

mutualiser les ressources ».

Après avoir comparé différentes

solutions, le choix s’est porté vers

la suite Carl Source en raison de

deux critères : le premier concernait

l’interface Web et l’aspect

pratique par rapport à la mise en

place du logiciel dans l’ensemble

de l’entreprise, une tâche lourde qui

prend à la fois du temps et mobilise des

ressources humaines. Le second critère

était purement fonctionnel : « à ce

niveau, nous avons trouvé que toutes les

solutions se valaient, mis à part quelques

logiciels bien spéciaux. Donc nous avons

ajouté de nouveaux critères en particulier

dans l’ergonomie et la prise en main,

la rapidité, la navigation graphique ou

encore le côté intuitif de la solution...

et là, nous avons trouvé que celle que

proposait Carl Software nous convenait

le plus ».

Après une première mise en service

depuis le mois de mars dernier, le logiciel

fonctionne à ce jour dans cinq centres

parmi lesquels le centre d’emboutissage,

puis le site de Bourg-en-Bresse. Pour les

autres usines, l’implantation se poursuit

progressivement. « De notre côté, nous

sommes ravis de ce système. Il faut dire

que nous partions de rien ; auparavant,

tout était beaucoup plus compliqué, en

particulier pour entrer et traiter les

données, les mettre en forme et les trier...

Aujourd’hui, tout est géré rapidement

et automatiquement, du suivi aux sorties

de statistiques. Par ailleurs, nous avons

intégré à cela la gestion du magasin et

des pièces détachées. Enfin, cette solution

est très appréciée des auditeurs du

fait de la qualité et de la rapidité de

préparation des rapports qui concercent

tel ou tel équipement. » Prochaine étape

pour 2013 : la planification des ressources

; « aujourd’hui, nous travaillons avec

du vécu. Demain, nous voulons planifier

toutes les interventions à l’avance. C’est

une étape à franchir mais qui s’avèrera

payant à l’avenir » ■

Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 34


Maintenance préventive

Outil

L'organisation de la maintenance

passe aussi par une bonne gestion

des actifs

Architecte d'application pour le compte d'IBM et de sa suite logicielle

Maximo, Jean-Marie Desaunay revient sur l'importance de la gestion

d'actifs sur les sites industriels. Un élément prédominant tant pour

l'organisation des équipes de maintenance en interne qu'à l'extérieur,

en particulier pour le département SAV et les interventions sur du

matériel appartenant désormais aux clients d'une entreprise.

Quel que soit le responsable maintenance

que vous trouverez en face de

vous, il vous répondra la même chose lorsqu’on

l’interrogera sur les principales

contraintes qui dictent son travail au quotidien

: « il faut travailler davantage, plus

vite, moins cher et fournir des prestations

de meilleure qualité ». À croire que cette

équation est née après le début de la crise

économique et industrielle qui frappe la

planète depuis plus de quatre ans. Pourtant,

l’amélioration est, bon gré, mal gré, dans

l’ordre logique des choses et celle-ci n’a

pas épargné l’espèce humaine au travail.

Réduire les coûts, accroître le taux de disponibilité,

les performances et le niveau de

qualité sont des critères toutefois nettement

plus affirmés qu’hier et cela se ressent au

quotidien ; ils ont même fini par modifier

l’usage et les attentes de certains services

ou fonctions dans l’entreprise.

C’est le cas par exemple de la gestion des

actifs. Comme l’explique Jean-Marie

Desaunay, architecte d’application chez

IBM, « la gestion des actifs n’est plus

seulement considérée comme un centre

de coûts mais comme un moyen permettant

d’optimiser les performances en

agissant sur le matériel et en jouant sur

la qualité ». Voici exposée la première

des contraintes du responsable de maintenance.

Mais ce n’est pas tout, puisque

les exigences réglementaires – de plus

en plus nombreuses – en particulier dans

le domaine de la qualité-sécurité-environnement,

viennent impacter la profession.

Cela est d’autant plus le cas

lorsqu’une entreprise fait appel à un sous-

DR

traitant, lequel doit être informé voire

formé sur les règles de sécurité à adopter

sur le lieu d’intervention.

La maintenance s’intègre

dans une vision globale

des actifs de l’entreprise

Autres contraintes venant s’ajouter aux

premières : établir des comptes rendus

d’intervention ; en d’autres termes, il

s’agit « de gérer le présent tout en anticipant

l’avenir. Le processus de production

étant de plus en plus optimisé, la

maintenance doit s’adapter et prévoir le

plus en amont possible les éventuels

arrêts de production ». De plus, auparavant,

les équipements n’occupaient

qu’une seule et unique fonction. Aujourd’hui,

de multiples capteurs entourent

une machine ou une installation assurant

par exemple des procédures d’alerte et

de collecte d’informations que la maintenance

doit désormais prendre en

compte et intégrer pour mieux les utiliser.

Enfin, la maintenance doit désormais être

pleinement intégrée dans l’environnement

de l’entreprise et au sein du processus

global, que ce soit au niveau du

design des équipements que sur les lignes

de fabrication. Dernière préoccupation

de la maintenance – et c’est aussi celle

de toute une entreprise : avoir une vision

globale de tous ses actifs, du parc de

machine et du système industriel au bâtiment

en passant par les moyens informatiques

et tous types d’infrastructure.

Le système de gestion de la maintenance

doit aussi gérer tout cela, et c’est là qu’intervient

IBM et sa solution Maximo.

« Notre objectif est de répondre à tout type

de besoins, du plus simple – c’est-à-dire

remplacer un système devenu un peu

obsolète – au plus complexe pour gérer

toutes les classes d’actifs avec une seule

et même solution. Mais attention ! Une

GMAO unique n’existe pas. C’est pourquoi

il est nécessaire de bien identifier un

besoin particulier et d’y répondre avec

une suite telle que Maximo. L’essentiel

étant de nous adapter aux besoins du

client et non l’inverse ».

Gestion du SAV et prise en

compte de la notion de « client »

Disposer d’une solution de gestion d’actifs

est souvent la bienvenue, surtout si

celle-ci peut s’adapter et évoluer en fonction

des besoins de l’entreprise, en particulier

lorsque celle-ci augmente ou

diminue ses moyens de production ainsi

que ses effectifs, ou bien au contraire

quand elle montre des signes de croissance

externe par exemple. Mais une

solution telle que Maximo peut également

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 36


Maintenance préventive

DR

se montrer utile pour la gestion des équipes

de maintenance pour des opérations de

service après-vente (SAV). Les activités

de maintenance et de sous-traitance sont

nombreuses et les entreprises ont besoin

de solutions pour gérer la maintenance ou

le SAV des produits de leurs clients. « Il

s’agit de produits ou d’équipements qui

n’appartiennent pas ou plus à l’entreprise ;

la démarche est donc un peu différente.

Mais surtout, les solutions dédiées à la

partie SAV et à la réparation doivent

prendre en compte un élément incontournable

: celui de la relation client. Pour cela,

nous avons développé au sein de la suite

logicielle Maximo, une solution verticale

qui prend en compte la notion service et

le critère supplémentaire et déterminant

qu’est le client ». Cette solution intègre

la gestion des contrats et des engagements

(finances, durée de travail, tâche à accomplir...)

; « Maximo for Services Provider

permet de gérer les contrats mais aussi

l’engagement de service fixé dans les deux

heures après le début de l’intervention par

exemple ».

Du côté des bonnes pratiques d’utilisation

de cette technologie, notons tout d’abord

le choix très réfléchi d’une solution, quelle

qu’elle soit. Et pour cela, deux approches

sont possibles : « soit on choisit un outil

simple capable de répondre aux besoins

actuels, ce qui n’est, à mon sens, pas la

bonne solution car les besoins d’une entreprise

évoluent très vite (en deux ou trois

ans), soit on opte pour une solution plus

flexible et évolutive », précise Jean-Marie

Desaunay. Et d’ajouter : « Il ne faut pas

oublier non plus qu’il s’agit véritablement

d’un projet d’entreprise, plus que d’un

simple projet informatique. Cela impose

donc d’entreprendre une vraie démarche

de changement, impliquant tout le monde.

Enfin, en tant que système d’informations,

on a besoin de données fiables et de

qualité ; il est fondamental pour cela de

démarrer à partir de bases saines » ■

Olivier Guillon

Retour d'expérience

Interfacer un ERP avec une GMAO.

Mission impossible ?

La filiale européenne du Japonais Toyal a mis en place un nouveau

système d'ERP en 2008. En souhaitant moderniser l'organisation interne,

la société a eu l'idée d'impliquer le service de maintenance et de l'intégrer

dans le projet. Mais pour cela, il a fallu faire communiquer deux

solutions différentes : un ERP et une GMAO.

Toyal transforme des lingots d’aluminium

par un procédé de fusion qui

permet d’obtenir une poudre d’aluminium

très fine (5 microns à 20 microns).

De cette matière première, il est ainsi

possible d’obtenir une pâte d’aluminium ;

ce composant essentiel (pigment) pour

réaliser les peintures métallisées des

voitures a vu également ses applications

se diversifier pour toucher le domaine de

la cosmétique, le packaging et l’encre

pour le secteur de l’emballage, les plas-

tiques de décoration, la peinture de

bardage (bâtiments), ou encore les

panneaux solaires. Des applications

diverses qui font de la société Toyal

Europe (appartenant au groupe nippon

Toyo Aluminium KK) un acteur de

premier plan dans le domaine. Implanté

sur l’ancien site béarnais d’Alcan à

Accous, située dans la vallée d’Aspe

(Pyrénées Atlantiques), Toyal s’est

progressivement imposé en passant d’un

statut de joint-venture avec Alcan à une

entité à part entière depuis la création de

Toyal Europe en 1997.

Aller au-delà de la gestion

des stocks et des achats

Avant de faire appel à Sylob, éditeur de

solutions ERP et de GPAO, Toyal Europe

évoluait dans un environnement AS 400

d’IBM, efficace mais devenu ancien. Ce

système abritait toute une base de progiciels

intégrés, développés en interne et

rassemblant des fonctionnalités de traçabilité

et de gestion de temps et de production,

de stocks et de gestion commerciale.

Par ailleurs, un programme de gestion de

la maintenance et des achats (Macs) était

également disponible, tant est si bien que

ce système complexe posait des difficultés

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 38


Maintenance préventive

de six mois ont été nécessaires pour

implémenter la solution, d’autant que

nous ne disposions pas de nombreuses

ressources internes. Sur les 117 personnes

du site – qui tourne 24 heures sur

24- 7 jours sur 7 – seulement deux collaborateurs

étaient disponibles au niveau

informatique pour épauler l’intervenant

extérieur, lequel procédait en même

temps que la mise en place et l‘administration

de la solution Sylob à des

opérations de formation ».

DR

Usine de Toyal Europe à Accous, dans les Pyrénées Atlantique

de maintenance et de compatibilité. Une

réflexion a donc été menée, en particulier

sur le système d’informations dont

le développement spécifique s’avérait

particulièrement lourd à maintenir. Ainsi

a été prise la décision de mettre en place

une nouvelle brique dédiée aux achats et

à la maintenance.

C’est là que Sylob est intervenu, en collaboration

avec Apisoft pour la partie

gestion de la maintenance et son outil

Optimaint. « Nous avons ensuite travaillé

ensemble pour faire en sorte que les deux

systèmes communiquent bien en créant

des passerelles entre Optimaint et Sylob,

soulignent Guenael Joubert, responsable

maintenance et travaux neufs et Wilfrid

Michaud (responsable IT) de la société

Toyal. Par exemple, pour la gestion des

stocks de pièces détachées, toutes les

sorties de pièces se font sur Optimaint

avant que ces données soient ensuite

retranscrites dans l’outil Sylob, celui-ci

étant maître en tant que base de données

des stocks de l’ensemble de la société».

En d’autres termes, la solution que Sylob

a mis en place permet de procéder à un

inventaire. Celui-ci est mis à jour puis les

informations relatives à cet inventaire

sont automatiquement envoyées vers la

solution Optimaint (Sylob > inventaire >

Optimaint ; Optimaint > Sortie > Sylob).

De plus, Optimaint permet de calculer

les besoins et envoie à son tour les

données vers Sylob de manière à déclencher

des demandes d’achats. « Ce que

nous voulions, c’est que l’ERP de Sylob

aille plus loin que la simple gestion des

stocks et des achats, mais qu’il puisse

intègrer par la suite aussi toute la gestion

commerciale ». Si bien que la solution

de Sylob Achats-facturation a pu être

déployée dans la quasi-totalité des

services.

Des passerelles entre l’ERP

et le logiciel de maintenance

C’est en 2008 que Toyal Europe a décidé

d’implémenter un nouvel ERP. Le logiciel

de GMAO lui a ensuite emboîté le

pas. Le déploiement de Sylob fonctionne

sur un serveur robuste Linux, une plateforme

open source permettant de s’affranchir

de toute licence. Le déploiement

de la solution a demandé une implication

forte des équipes et beaucoup de travail

pour paramétrer le système et transférer

toutes les données nécessaires. Une tâche

d’autant plus fastidieuse que bon nombre

d’éléments proviennent de l’extérieur, à

commencer par les matières premières

que l’usine de Toyal va travailler pour

produire les pâtes d’aluminium. Un

contrôle de qualité rigoureux doit impérativement

être effectué sur chaque entrée

liée à la réception de solvants, de toiles

filtrantes, de pièces stratégiques et bien

sûr de lingots d’aluminium. Ainsi, « près

Concernant la GMAO, Sylob et Apisoft

ont travaillé à chaque bout des deux environnements

de manière à rendre les passerelles

effectives et opérationnelles. Un

programme a donc été installé pour

pouvoir traiter les fichiers d’inventaire de

Sylob et, de l’autre côté, le fichier de

« Sorties » d’Optimaint. Opération réussie

puisque désormais, l’inventaire obtenu

grâce à la solution Sylob et envoyé vers

le logiciel Optimaint génère un fichier prêt

à l’emploi dans un répertoire commun. À

ce jour, le système est déployé au niveau

des réceptions ; le magasin est alors en

mesure d’entrer toutes les données et les

informations directement dans Sylob.

« Nous confions l’accès à cette fonction

à chacun de nos collaborateurs dans les

services concernés de façon à pouvoir

gérer chaque sortie, ce qui décharge considérablement

le serviceAchats qui, de plus,

bénéficie d’une vision immédiate et statistique

». Preuve de ce succès : en 2010,

seulement trois personnes utilisaient la

solution progicielle ; elles sont désormais

plus d’une trentaine aujourd’hui. Celle-ci

s’ouvre même au service commercial et

à l’administration des ventes (ADV) pour

la gestion des commandes d’achats et des

produits finis, mais également à la direction

de l’entreprise.

Une autre passerelle est en cours de création

entre Sylob et le logiciel de comptabilité

(REEL de PRISME) afin que Sylob

devienne maître en tant que base de

données fichier fournisseurs, diminuant

encore la complexité de gestion des

programmes internes sousAS400.Aujourd’hui,

une réflexion est lancée pour étudier

la possibilité de déployer Sylob sur d’autres

fonctions telles que la gestion de

production et la gestion commerciale ■

Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 40


Maintenance en production

Événement

Villepinte ouvre ses portes

au salon de la Manutention 2012

Après deux ans d’absence, la nouvelle édition du salon de la Manutention

se tiendra du 19 au 22 novembre 2012, à Paris NordVillepinte. Pour l’occasion,

le magazine Production Maintenance a tenu à consacrer un dossier

sur l’événement mais aussi sur les technologies existantes et susceptibles

de faciliter le travail des opérateurs de maintenance.

Salon de la Manutention

Du lundi 19 novembre

au jeudi 22 novembre 2012

De 9h30 - 18h.

Au Parc des expositions

de Paris Nord Villepinte

marché français et européens, des travaux

de normalisation, d’établissement des

règles de sécurité et d’environnement des

entrepôts, la formation/emploi, la prévention

des risques liés aux accidents du

travail. Quatre jours de conférences

auront lieu en plein cœur du salon.

DR

En tenue conjointe avec le salon international

Emballage, la nouvelle

édition de cette biennale s’annonce « plus

riche et plus interactive » selon ses organisateurs,

grâce notamment à ses événements

habituels auxquels s’ajoutent et de

nouveaux rendez-vous : Manut’Demo,

un espace de démonstration du salon

chargé de mettre en scène une zone

recréant l’univers d’un entrepôt,

Manut’Ateliers (ensemble des conférences

proposées par les organisateurs) et

Manut’Innovations, permettant aux exposants

qui y participeront de présenter leur

offre et aux visiteurs de découvrir les

nouveaux matériels, les nouveaux systèmes,

les services et les produits du

secteur.

Pendant quatre jours, les visiteurs pourront

faire le point sur toute la chaîne

intralogistique. Au programme seront

abordés des thèmes clés tels que l’organisation,

la mise en œuvre et l’optimi-

sation des flux de matières internes dans

les entreprises, dans les installations

industrielles, commerciales et publiques

avec des systèmes techniques et des

services, etc.

Manutention 2012 propose une offre

exhaustive et dédiée à la logistique

interne des entreprises : plateformes

logistiques, entrepôts, usines, ateliers de

tous les secteurs (agroalimentaire, textile,

chimie, pharmacie, biens industriels,

etc.), de services, de la distribution et du

transport, ainsi que de nombreux secteurs

d’activité de la production industrielle

ayant besoin de matériels, services et

prestations intralogistiques.

Manut’Ateliers : l’ensemble

des conférences proposées

par l’organisateur

Manut’Ateliers présentera à travers un

cycle de conférences l’état des lieux du

Trois types de conférences :

➤ Table ronde : débat autour d’une

problématique avec des intervenants aux

problématiques différentes.

Exemple : La place de l’homme dans

l’entrepôt de demain : fournisseurs d’automatisme,

éditeurs de logiciels et autres

fabricants de chariots vont exposer leurs

points de vue, parfois contradictoires, sur

l’avenir de l’humain dans les bâtiments

de stockage modernes.

➤ Retour d’expérience : des entreprises

viennent exposer un cas pratique, la résolution

d’une problématique avec leurs

partenaires.

Exemple : La manutention en environnements

extrêmes : quelles sont les

problématiques du stockage de produits

dangereux ou de produits surgelés et

quelles sont les solutions trouvées ?

Témoignages de prestataires spécialisés

et de leurs clients.

➤ Le point sur... : état des lieux sur un

sujet en particulier, avec les institutions

et/ou entreprises concernées.

Exemple : Pour un entrepôt sûr : les

règles et normes en cours, les dangers à

éviter.

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 42


Maintenance en production

Exemples de technologies pour les professionnels de la maintenance

Palan électrique à chaîne Konecranes

CLX

Le palan électrique à chaîne CLX de

Konecranes est un équipement de levage

présentant de nouvelles caractéristiques

de fiabilité et de performance. Ses innovations

technologiques augmentent sa

durée de vie, améliorent la sécurité des

personnels, et assurent une plus grande

facilité d’utilisation. Destiné à la manutention

de charge de 63 kg à 2 500 kg, il

peut être utilisé pour des transferts de

charge à vitesse élevée, ou pour des

travaux d’assemblage précis. Une version

5 000kg sera proposée prochainement.

Peintamelec Ingénierie lance

sa marque S’Link

Le spécialiste de la manutention automatisée,

Peintamelec Ingénierie, innove

en proposant une nouvelle gamme de

matériel sous la marque S’link. Modulable

et intégrable, cette « S’olution » de logistique

interne permet aux sociétés d’optimiser

leur process. Avec l’arrivée de cette

première gamme « S’pal », S’link entend

s’imposer sur un marché porteur d’aménagement

de « fin de ligne ». En effet, ces

produits ont été conçus pour transporter

des palettes de charges lourdes isolées,

jusqu’à 1,5 tonne, de façon automatique

et autonome.

Un équipement de préhension

approprié pour chaque charge

Afin de répondre

aux demandes de

grandes cadences

sollicitées par les

chaînes de productions

industrielles,

Dalmec vient de

lancer un nouveau

manipulateur. Ce

matériel est équipé

d’un dispositif de préhension à pince

pneumatique parfaitement adapté pour

la prise, le transfert et l’inclinaison de

mobiliers, de formes, de matières, de

poids et de dimensions très variées. Ce

nouveau manipulateur Dalmec de type

Partner est équipé d’un outil de préhension

à pince pneumatique particulièrement

adapté pour la manipulation industrielle

itérative de mobiliers de toute sorte.

Denios lance le Roule-fût

« caddy »

Denios vient de présenter son

nouveau roule-fût « caddy » en

acier galvanisé à chaud et peint.

De construction robuste, le

roule-fût « caddy » bénéficie

d’une plus longue durée

de vie qu’un roule-fût

classique et

semble

résister aux

multiples

usages.

Avec cet appareil, il n’est pas nécessaire

d’employer d’autres outils de levage pour

installer le fût. En effet, le guidon, qui

facilite son déplacement, est amovible.

Mais il a également une seconde fonction

: celle d’incliner légèrement le fût

afin que celui-ci se positionne sur le

roule-fût surbaissé. Ce roule-fût est résistant

et supporte des charges allant jusqu’à

250 kg. La charge est uniformément

répartie sur les grandes roues robustes

en polyuréthanne d’un diamètre de

150 mm ■

Les palans Verlinde sélectionnés pour équiper la société suisse Grisoni-Zaugg

Stephan SA, intégrateur Verlinde, a réalisé l’installation de sept ponts roulants dans le nouvel atelier

d’entretien de machines de Grisoni-Zaugg SA. Aujourd’hui, le groupe Grisoni, toujours dirigé par la

famille du fondateur, est l’un des plus importants acteurs de la construction en Suisse romande avec un

réseau d’entreprises d’une grande flexibilité opérationnelle. La société compte aujourd’hui 850 collaborateurs.

Pour équiper le nouvel atelier d’entretien de machines, à Vuadens, près de Bulle, Stephan SA a installé

sept ponts roulants mono-poutres posés de 5 et 10 tonnes avec une portée de 6 à 17 mètres. Ils sont

équipés de palans électriques à câble Verlinde Eurobloc VT2 HPR pour les 4 ponts de 5 tonnes, et Eurobloc

VT3 HPR pour les trois ponts de 10 tonnes. Ces palans regroupent treize brevets autour de leur conception.

La version choisie, HPR (hauteur perdue réduite), dispose d’un chariot dont la conception permet

d’optimiser au maximum la hauteur de levée.

La sécurité de fonctionnement des palans Eurobloc VT est assurée, en premier lieu, par un frein de levage équipé d’un système de surveillance

intelligente et par un variateur avec détection du glissement ou des blocages. Ils disposent ensuite d’une double sécurité fin de course en levage

(fin de course avec détection de position haute et basse et fin de course de sécurité actionnée par la moufle). Enfin, une fin de course de direction

est incluse en standard sur le chariot. Le moteur de levage dispose d’un haut rendement avec un facteur

de marche à 40%. Les composants de la gamme sont IP55 et IP66. Le nouvel atelier comporte un

secteur serrurerie et atelier mécanique qui doit manutentionner des éléments de construction (poutres

métalliques etc.), ou par exemple des moteurs et un secteur réparation qui intègre des machines de

chantier (pelleteuses...), la construction d’éléments spéciaux ou d’engins divers. La proximité de la

société Stephan SA, ainsi que sa collaboration avec Grisoni-Zaug depuis de nombreuses années ont

été déterminants dans le choix du prestataire retenu pour ce chantier.

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 44


PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 45


Maintenance en production

Interview

Les métiers de la maintenance

toujours très sollicités

À l’occasion de l’ouverture du salon de la Manutention, il semblait incontournable

d’interroger Renaud Buronfosse, délégué général du Cisma, le syndicat

national des équipements pour la construction, les infrastructures, la sidérurgie

et la manutention. Celui-ci fait le point sur les grandes tendances du secteur

mais aussi sur la place des métiers et des activités de maintenance qui peuvent

aujourd’hui tirer leur épingle du jeu grâce à l’entretien du parc existant.

Production Maintenance : Quel

est le rôle du Cisma et quels

secteur/métiers représente-il ?

Renaud Buronfosse : Le Cisma est

une association professionnelle qui

défend et représente ses membres

dans les secteurs des biens d’équipement

pour la construction, les infrastructures,

la manutention et la sidérurgie. Il

représente environ 200 adhérents qui majoritairement

conçoi vent et produisent leurs

équipements en France.

➤ Comment se porte le secteur de la manutention

et quelles sont ses perspectives pour

2012 et pour les années à venir ?

Le secteur de la manutention, après une année

2011 particulièrement dynamique, devrait

réaliser un chiffre d’affaires 2012 stable avec

des variations en fonction des produits, à

savoir un léger fléchissement de l’activité

des chariots industriels et une augmentation

pour les secteurs de levage industriel, les

systèmes de charges isolées et le stockage.

Compte tenu de l’activité économique, l’activité

2013 devrait être tendue même si d’une

part, nous arrivons vers un renouvellement

des flottes 2006/2007/2008 pour les chariots

DR

industriels et d’autre part, les entreprises

industrielles françaises continuent

à investir dans leurs outils de

production, pour améliorer leur

productivité.

➤ Que représentent les métiers et

les activités de la maintenance au sein de

la manutention ?

La notion de services et notamment de maintenance

s’est fortement développée ces

dernières années, plus que dans la plupart des

secteurs d’activité, en dehors des contraintes

réglementaires dans le cadre notamment des

vérifications générales périodiques. La

plupart des industriels ont mis en place des

contrats de maintenance. L’activité services,

dans son ensemble, peut représenter aujourd’hui

entre 15 à 35% du chiffre d’affaires

des entreprises.

À quelles problématiques à la fois économiques

et techniques vos adhérents sont-ils

confrontés, et tout particulièrement dans le

domaine de la maintenance (SAV, réparation,

durée de vie des véhicules, location...) ?

Il est à noter que, d’une manière générale,

dans les périodes de ralentissement économique,

si l’activité reste stable, les matériels

ont tendance à être renouvelés plus tardivement,

d’où un besoin accru en termes d’entretien

et de réparation du parc existant.

➤ Quelles actions allez-vous engager pour

répondre à ces problématiques ?

Nos adhérents peuvent être confrontés à

quelques tensions sur les prix d’intervention

mais surtout au développement des pièces de

rechange non d’origine qui, dans certains cas,

ne respectent pas la réglementation. La location

a tendance à se développer. Ce secteur est

beaucoup plus sensible d’un aspect financier

que d’un aspect industriel, ce qui peut avoir

des répercussions sur la durée de vie des matériels

: dans un premier temps, une tendance à

une rotation plus rapide mais aussi en cas de

crise économique, un arrêt brutal de l’investissement

ou une prolongation du contrat ■

Propos recueillis par Olivier Guillon

AMÉLIORATION DE L’ACTIVITÉ MAIS

POUR UNE DURÉE INCERTAINE...

L’activité des constructeurs de biens d’équipement

pour la manutention connaît une forte

amélioration, mais des disparités subsistent

suivant les produits et les secteurs d’activité de

leurs clients. Les investissements reprennent

de manière significative. La mécanisation et

la recherche de productivité favorisent les ventes

de matériels de manutention de charges isolées

au détriment d’autres matériels tels que les

rayonnages. L’amélioration de l’activité économique

dans les secteurs aéronautique et

ferroviaire, sans oublier l’agroalimentaire, la

distribution et le e-commerce, a entraîné le

renouvellement des flottes de chariots industriels.

Une meilleure visibilité dans le bâtiment

et les travaux publics a incité les loueurs à poursuivre

leurs investissements dans de nouveaux

matériels (nacelles élévatrices...). Néanmoins,

la faiblesse de la reprise économique n’a pas

amené les entreprises à augmenter leur capacité

de production ou à créer de nouvelles entités

industrielles sur le territoire. Résultat : une relative

atonie du secteur des ponts roulants et des

produits accessoires tels que les treuils et

les palans.

DR

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 46


Maintenance en production

Solution technologique

Réduire les coûts des opérations

de maintenance à travers

la manutention

La maintenance couvre des activités annexes, à commencer par la

manutention. Mais ses opérations sont bien souvent onéreuses et

fastidieuses, surtout lorsqu'elles mettent en scène un parc de matériels

et de véhicules à la fois coûteux et dont les pannes peuvent provoquer

des arrêts de production préjudiciables pour l'entreprise.

Garantir une continuité des

services, telle est la règle

d’or d’un responsable maintenance.

Une préoccupation du

moins qui résume des problématiques

aussi diverses que les

profils des utilisateurs de matériel

de manutention.

Ce qui rapproche ces responsables de

maintenance, c’est qu’aucune de ces

machines et appareils (parfois plusieurs

centaines sur certains grands sites industriels)

ne doit tomber en panne. Cette

nécessité de fiabilité et d’organisation se

double d’une parfaite rationalisation du

parc d’appareils de manutention, lequel

doit être parfaitement adapté aux besoins

DR

de l’entreprise et aux quantités

dont elle a besoin. Dans ce cadre,

la panne ne doit avoir que peu

voire aucune incidence sur les

activités de l’usine.

En aucun cas il ne doit y avoir

une rupture dans le service. C’est

là qu’intervient certains acteurs, à

commencer par Manuloc, une entreprise

familiale créée en 1985 en Lorraine et

fondée par son actuelle présidente

Catherine Barthélémy, et dont la principale

vocation est de louer et de vendre

des chariots élévateurs.

Manuloc est devenu aujourd’hui un

acteur national, en particulier depuis le

rachat d’Amonite en 2010 ; « nous

sommes à ce jour capables de proposer

le même niveau de services à Lille qu’à

Marseille », indique avec enthousiasme

Johann Peyroulet, directeur général de la

société lorraine.

Il faut dire qu’avec cette acquisition,

Manuloc est passé de 600 à un millier de

salariés (avec un chiffre d’affaires atteignant

aujourd’hui près de 300M€, en

légère progression cette année).

Manuloc a ainsi fait son entrée dans la

cour des grands avec une présence beaucoup

plus marquée, avec en prime un

partenariat passé auprès de Giffard

Manutention (CA 2011 : 15M€, environ

100 salariés) qui s’est même soldée cette

année par une prise de participation

minoritaire dans la société nantaise (voir

encadré). Enfin, une ouverture à l’étranger

– limitée à l’Europe pour le moment

– s’est illustrée par la création de filiales

au Luxembourg, en Suisse, en

Pologne et en Roumanie, « dans le but,

précise le directeur général, d’accompagner

nos clients dans leurs projets logistiques

à l’étranger ». Mais ce qui

caractérise Manuloc, et ce qui nous intéresse

au niveau de la maintenance, c’est

sa mono-activité, limitée exclusivement

aux chariots élévateurs.

Assurer une continuité

de service

DR

Chose relativement rare pour être précisée,

Manuloc est propriétaire de la quasitotalité

du matériel, lequel est placé en

location. « Cela a une réelle incidence

sur la maintenance des équipements. La

manière de travailler et d’entretenir le

matériel est en effet très différente que

lorsqu’il s’agit d’un parc de véhicules

appartenant à un banquier ».

Un atout pour l’entreprise à qui l’on

exige, pour les opérations de maintenance,

une réactivité à toute épreuve.

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 48


Maintenance en production

Une solution pour réduire

les coûts de maintenance

et de réparation

Manuloc a mis au point au nouvelle solution

baptisée I-Veille (voir encadré),

chargée d’identifier quel cariste a utilisé

quel matériel grâce à une clé unique, et

savoir si des éventuelles incidents sont

survenus. De plus, grâce à un détecteur

de choc, il est désormais possible de

savoir par qui et comment a été utilisé

le véhicule. « En tant que premier propriétaire

de chariots en France, avec un

parc d’environ 16 000 véhicules loués,

nous constatons que la durée de vie des

matériels est plus importante que la

durée moyenne des contrats de location

des autres acteurs du marché. La raison ?

Souvent la durée de vie est déterminée

par les banquiers eux-mêmes qui la fixent

la plupart du temps à cinq ans. Or

souvent les véhicules durent beaucoup

plus longtemps que la durée de vie d’un

financement ».

Les industriels, selon la vision et la

conception du contrat de Manuloc, ont

tout intérêt, lorsqu’elles optent pour l’option

de la location, de choisir des contrats

dont la durée équivaut à celle de la durée

de vie du véhicule ou de la machine ■

Olivier Guillon

DR

« On nous demande d’intervenir le plus

rapidement possible pour remettre en état

de marche les véhicules et assurer une

continuité de service avec la mise à

disposition par exemple d’un ‘’engin

mulet’’. Pour ce faire, nous axons sur

l’entretien préventif ». Ainsi, les matériels

sont utilisés de manière rapprochée

pour prévenir autant que possible l’arrêt

des engins.

Autre facteur à prendre en considération :

la population des caristes a fortement

évolué en raison de la diminution des

contrats à durée indéterminée (CDI) et,

au contraire, la recrudescence des CDD

et intérims répondant à des besoins en

flexibilité pour faire face aux pics et aux

creux d’activité ; « les taux de rotation

sont de plus en plus importants, conséquence

de quoi les utilisateurs sont de

moins en moins bien formés, moins attentifs

et parfois moins soigneux avec le

matériel utilisé ». Ainsi, ce que les

responsables de maintenance attendent

de sociétés telles que Manuloc, c’est une

assistance à la formation des caristes, en

particulier dans la formation pratique en

matière d’éco-conduite.

Objectif : économiser de l’énergie, du

carburant mais également réduire les

immobilisations de matériel, suivant le

« célèbre » adage : « un cariste bien

formé va nécessairement moins casser le

matériel utilisé ».

Accord de partenariat

entre Manuloc et Giffard Manutention

Manuloc, spécialiste européen des solutions globales de manutention, et Giffard Manutention,

spécialisé dans la vente, la location et la réparation de matériels neufs et d’occasion dans

le Grand Ouest, ont passé en juin dernier un partenariat de distribution.

Cet accord repose sur la volonté, pour chacune des parties, de renforcer sa présence commerciale,

tant sur le plan de l’offre que de la couverture géographique. Il permettra à Giffard

de compléter sa gamme de matériels – à travers notamment les machines Hyster distribuées

par Manuloc – et de proposer à ses clients une couverture nationale, sur la base de

ce nouveau réseau partenaire.

Gaëlle Giffard, directrice chez Giffard Manutention, a déclaré que « grâce à ce partenariat,

nous allons pouvoir proposer à nos clients de les servir partout en France, avec une offre

élargie à de nouveaux équipements robustes et performants, tels que des chariots thermiques

ou des engins dédiés aux gros tonnages. »

De son côté, Johann Peyroulet, directeur général délégué de Manuloc, a indiqué que « les

motivations de Manuloc dans ce partenariat sont doubles et proches de celles de Giffard

Manutention. D’une part, nous partageons comme eux, en tant que société familiale, une

forte culture de service au client et d’autre part, leur implantation géographique présente

une forte complémentarité avec la nôtre. Cela nous permettra dès lors de proposer à nos

clients la même exigence de prestations sur toute la France. »

Un point sur i-Veille

S’appuyant sur le principe du contrôle d’accès, la solution i-Veille permet à toute entreprise

de réduire immédiatement les casses lors de ses opérations de manutention (chariots,

marchandises, infrastructures), mais également de responsabiliser ses caristes par l’identification,

le suivi et la correction des mauvaises pratiques de conduite. Les données relatives

à l’utilisation des chariots sont suivies pour être analysées a posteriori, permettant

d’identifier par exemple quelle clé était utilisée lors d’un accident, d’éviter qu’une personne

non habilitée ne conduise une machine ou encore de répertorier les chocs importants

subis par les chariots pour mieux former le personnel. Cette solution de veille préventive

et continue s’adapte à toutes les marques de machines, neuves ou en service, sous forme

d’abonnement dont le coût mensuel varie en fonction du périmètre couvert.

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 50


SALON MANUTENTION

2012

STAND 3F 089

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 51


Maintenance mécanique

ROCKWELL FINALISE L’ACQUISITION

D’UNE ACTIVITÉ ENTRAÎNEMENTS

DE HARBIN JIUZHOU ELECTRIC

Rockwell Automation, Inc. a terminé l’acquisition

de l’entreprise d’entraînements

moyenne tension de Harbin Jiuzhou Electric

Co., Ltd. Cette opération permet à Rockwell

Automation de concevoir, réaliser et fabriquer

des entraînements moyenne tension et des

solutions d’alimentation pour une base plus

large de clients chinois et d’autres pays dans

toute la région Asie-Pacifique. Jiuzhou Electric

intervient depuis sept ans auprès de

Rockwell Automation en tant que fabricant

sous-traitant.

« Nos entraînements moyenne tension font

partie de l’une des unités enregistrant la

croissance la plus rapide au sein de Rockwell

Automation, a déclaré Mike Laszkiewicz,

vice-président, directeur général de la Division

Commandes de puissance de Rockwell

Automation. Nous sommes impatients de

fournir à nos clients les produits, services et

solutions qu’ils ont pris l’habitude d’attendre

de notre part et de développer l’entreprise

grâce à notre expertise combinée. »

DES AUTOBUS VOLVO

BIENTÔT ÉQUIPÉS

D’UNE SOLUTION SKF PLUS ÉCOLO

SKF va fournira la société Volvo Buses en

actionneurs de portes de bus SKF, un nouveau

système d’ouverture et fermeture des portes.

Développé en coopération avec Volvo Buses,

cet actionneur consomme entre 80 et 90%

d’énergie en moins qu’un vérin pneumatique,

ce qui génère une diminution de la consommation

de carburant d’environ 2%. Cette

diminution représente 1,9 tonne de CO 2 en

moins par an par rapport à un autobus utilisant

de l’air comprimé pour l’ouverture et la

fermeture des portes.

Volvo Buses a présenté l’actionneur de porte

sur son modèle hybride Volvo 7900 le mois

dernier, à l’occasion du salon IAA de Hanovre,

en Allemagne. « Ce développement innovant

fournit une solution mécatronique durable

destinée au marché des autobus. (…) Cette

collaboration illustre la volonté de SKF de

développer des solutions qui aident les clients

à réduire leur impact négatif sur l’environnement

grâce à un meilleur rendement énergétique

et une moindre consommation de

carburant, » a expliqué Tryggve Sthen, président

de SKF Automotive.

Équipements

De nouveaux actionneurs pour

réduire les coûts de maintenance

Parker Hannifin, le leader mondial des technologies

du mouvement et du contrôle, vient

de lancer sa gamme P1D-T d’actionneurs disponibles

dans les diamètres jusqu’à 320 mm. Cette

gamme d’actionneurs conformes à la norme ISO

15552 répond à un large éventail d’applications

industrielles. Le corps en aluminium anodisé et les

flasques anodisés noirs confèrent à toute la gamme

une excellente résistance à la corrosion. En conséquence,

ces actionneurs peuvent être mis en œuvre

dans un grand nombre d’environnements différents

tout en offrant une durabilité améliorée et des coûts

de maintenance réduits.

Disponible dans les diamètres 160, 200, 250 et 320

mm, la gamme existe avec des vérins de course

minimale de 10 mm et de course maximale de 2000

mm. La plage de service standard est entre -20 °C

et +80 °C. Le modèle standard est équipé à la fois

d’un piston magnétique et d’un amortissement

réglable pour permettre d’atteindre des vitesses

Équipements

Nouvelle gamme de distributeurs

SMC : la sécurité à l’honneur

Les exigences accrues en matière de normes

internationales induisent chez les utilisateurs

et concepteurs de systèmes de nombreuses questions

sur la sécurité machine. SMC entend bien

relever le défi en aidant ses clients à se conformer

aux normes strictes de sécurité ISO13849-1

grâce à une nouvelle gamme de distributeurs. Pour

répondre à la norme ISO13849-1, SMC soutient

les fabricants d’équipement et les utilisateurs finaux

de trois manières : en proposant des composants

de sécurité, en aidant à sélectionner les équipements

et en fournissant les données de fiabilité

concernant ses produits. SMC a ainsi lancé une

série de distributeurs de sécurité à simple et double

corps permettant l’échappement de pression résiduelle,

faciles d’utilisation et d’entretien. Les distributeurs

à simple corps VP542-X536 / VP742-X536

sont conçus pour une utilisation comme composants

d’un système de sécurité de catégorie 2 et

DR

plus élevées, de réduire la durée des cycles et les

émissions de bruit tout en augmentant la productivité.

Des versions haute température et conformes

aux directives Atex sont disponibles sur demande.

Les grands diamètres et poussées élevées font de

l’actionneur P1D-T une solution pour de

nombreuses applications industrielles difficiles

comme le levage, le déplacement et le serrage de

charges lourdes - des opérations courantes dans les

aciéries et usines d’aluminium (piquage de la

croûte d’alumine) ■

DR

sont capables de détecter un fonctionnement défectueux

du distributeur.

Les distributeurs à double corps VP544-X538 /

VP744-X538 et VG342-X87 sont conçus pour être

utilisés comme composants d’un système de sécurité

de catégories 3 et 4. Ils sont également capables

de détecter un fonctionnement défectueux des

distributeurs. Ils sont connectés en série (circuit

ET), de façon à ce que si l’un devient défectueux,

l’autre continue de fonctionner pour un échappement

sûr de la pression résiduelle ■

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 52


Maintenance mécanique

Partenariat technique

Gates et Tanals créent une courroie

de transmission à assemblage

mécanique

Quand un géant américain s'allie avec une PME aux compétences

techniques de haut niveau, ça donne une courroie qui devrait,

vraisemblablement, bouger les lignes du marché de la transmission.

Détails d'une innovation technologique née d'une solution brevetée par

une petite entreprise alsacienne.

PME familiale implantée à Masevaux,

dans le département du Haut-Rhin,

Tanals conçoit et fabrique depuis 1936 des

courroies de transmission et des bandes

transporteuses. La particularité de cette

société de vingt-six personnes est d’être un

peu à contre-courant ; en effet, elle demeure

l’une des rares entreprises à encore miser

sur l’automobile. Plus précisément, Tanals

était déjà présent dans différents secteurs

d’activité ; l’automobile se présente donc

comme un nouveau domaine d’activité.

Alors que bon nombre d’entreprises, en

particulier des sous-traitants de rangs 2 et

3 dans l’automobile cherchent à se diversifier,

Tanals se lance dans ce qui est

aujourd’hui considéré, de manière, il est

vrai, un peu exagérée parfois, un domaine

d’activité « qui boit aujourd’hui la tasse ».

Mais il en faut plus pour décourager la

PME alsacienne, surtout lorsque c’est

l’industrie automobile elle-même, et par

l’intermédiaire de Gates*, le plus gros

partenaire de Tanals à ce jour, qui sollicite

les compétences techniques de cette petite

entreprise française.

Récemment, l’industrie automobile a

demandé à ses sous-traitants et à Gates

en particulier de mettre au point une solution

pour faciliter la maintenance des

courroies. « C’est à ce moment précis

que Gates nous a contactés pour que l’on

développe une jonction mécanique,

raconte Pierre-Régis Frey, président et

directeur technique de l’entreprise. Nous

avions déjà auparavant travaillé sur des

solutions à assemblage mécanique plus

simples, mais c’est en adaptant ces solutions

à la Poly Chain ® GT Carbon que

DR

nous avons pensé et breveté la jonction

ERO Ultimate, une technologie de dents

composées de vis ou de tiges filetés capables

de supporter toute la charge transmise.

Le principe étant que l’on dispose

de deux demi-jonctions diamétralement

opposées. » Ce système permet d’obtenir

une courroie que l’on assemble de

manière simple et rapide. Une moitié de

la courroie travaille en continu et les

jonctions ne transmettent pas l’effort ;

ainsi, la résistance mécanique équivaut

à la moitié d’une Poly Chain ® GT

CarbonTM (Brevet Tanals).

Une solution unique

sur le marché

Ainsi, le savoir-faire de Tanals s’est

récemment illustré en associant les caractéristiques

mécaniques de la Poly Chain ®

GT Carbon du fabriquant américain

Gates à son système breveté et exclusif

Ero Joint ® pour créer une courroie de

transmission de puissance à assemblage

mécanique, sans aucun équivalent sur le

marché mondial. L’intérêt de ces courroies

est de s’assembler directement sur

site, sans démontage des poulies et des

axes et sans détendre la transmission. La

Poly Chain ® GT Carbon est la courroie

synchrone en polyuréthane à cordes

de traction en carbone brevetées de

Gates, convenant particulièrement aux

transmissions à faible vitesse et à couple

élevé. Des cordes de traction en fibres

de carbone ont été intégrées dans un

nouveau composé de polyuréthane particulièrement

dur ce qui lui assure une

robustesse élevée et une grande stabilité

de longueur. Elle se définit ainsi

comme « la courroie synchrone la plus

performante du marché ».

Les solutions Ero Joint ® et Ero Joint ®

Ultimate ont été développées en transmission

exclusivement sur la Poly Chain ®

GT Carbon pour offrir des solutions

de courroie de transmission à assemblage

mécanique uniques sur le marché, capables

de rivaliser en performance avec

toutes les courroies sans fin concurrentes.

Les formes de découpe des doigts des

jonctions ont été optimisées pour maximiser

la résistance en traction et en

fatigue. Par ailleurs, la Poly Chain ® GT

Carbon Ero Joint ® permet de dépanner

n’importe quelle installation initialement

équipée de courroies HTD.

Un montage rapide, sans toucher

au cœur de la machine

La Poly Chain ® GT Carbon Ero Joint ®

Ultimate transmet la moitié de la puissance

d’une Poly Chain ® GT Carbon,

donc autant que n’importe quelle autre

courroie. C’est une solution durable

capable de remplacer n’importe quelle

courroie dentée. De même, bien qu’il soit

possible d’assembler les courroies sans

*En 2008, l’Américain Gates choisit Tanals

comme fabricant unique pour la réalisation

de ses courroies polyuréthanes pour le marché

français.

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 54


Maintenance mécanique

outillage spécifique, Tanals propose des

solutions complètes incluant les outillages

de montage afin de faciliter l’installation

et réduire encore les temps d’intervention.

La Poly Chain ® GT Carbon Ero Joint ®

et la Poly Chain ® GT Carbon Ero Joint ®

Ultimate sont réalisables dans n’importe

quelle longueur et n’importe quelle largeur

supérieure à 20 mm pour s’adapter à toutes

les installations.

Le montage est rapide, sans aucun démontage

machine, ce qui permet de réduire les

temps de montage de façon considérable.

Des essais ont été réalisés il y a un an dans

l’industrie automobile, mais Tanals et son

partenaire ont également monté un sys -

tème de ce type dans un aéroport, plus

précisément dans les détecteurs à rayons X.

DR

Les résultats sont concluants : par exemple,

dans l’automobile, le temps d’intervention

sur les chaînes d’assemblage est passé de

deux heures à quinze minutes ! Au sein de

l’aéroport, les résultats sont encore plus

criants puisqu’au lieu de huit heures de

temps d’arrêt des détecteurs on passe à dix

minutes. De quoi voir d’un bon œil l’avenir

de cette technologie, dont le lancement

commercial vient d’être effectif ; et ce n’est

pas les opportunités qui manquent : « nous

pouvons répondre à de tels besoins dans

tous types d’industries, à commencer par

l’automobile mais aussi les usines d’embouteillage,

lesquelles produisent de très

gros volumes et dont les arrêts de

production coûtent extrêmement cher.

Ainsi, avec une courroie ouverte, il n’y

a plus besoin de tout démonter ; or, c’est

précisément la problématique à laquelle

ces industriels sont confrontés en raison

des nombreux axes présents sur les lignes

de production » ■

Olivier Guillon

Automation

Lancement des variateurs ABB

industrial drive type ACS880

ABB, groupe spécialisé dans les technologies des énergies et de

l’automation, vient de lancer sur le marché l’ACS880, premier membre de

sa nouvelle gamme de variateurs industriels. Compatibles avec tout type

d'industrie, ces variateurs se montrent plus accessibles dans leur utilisation.

La gamme de puissance s’étend de

0,55 à 250kW, pour des tensions de

380 à 500V triphasé (et bientôt jusqu’à

690V). Les variateurs ACS880 sont

disponibles en deux formes de

montage (d’autres suivront). La

première est l’ACS880-01. Il

s’agit de coffrets pour montage

mural déclinés en neuf tailles

(R1 à R9) de 0,55 à 250kW,

avec un degré de protection

IP21 en standard (et prochainement

IP55 en option). La seconde

se nomme ACS880-07 et se

définit comme des armoires

complètes de 55 à 250kW, avec un degré

de protection IP22 en standard, IP42 ou

IP54 en option et une grande variété

d’options de personnalisation. Ces variateurs

sont compatibles avec de nombreuses

industries telles que pétrole et gaz,

mines, métal, chimie, ciment, centrales

de production d’énergie, manutention,

pâte et papier, bois et marine. Ils sont

DR

facilement configurables pour s’adapter

aux besoins spécifiques de nombreuses

applications telles que levage,

extrudeuses, treuils, convoyeurs, mélangeurs,

compresseurs, pompes et

ventilateurs.

La micro-console multilingue

de l’ACS880 s’utilise facilement

et permet à l’utilisateur de

personnaliser ses vues et ses

paramètres. Elle se raccorde au

PC par connecteur USB standard.

Au cœur de l’ACS880, la

technologie contrôle direct de

couple (DTC) d’ABB garantit

des performances en couple et en vitesse

particulièrement élevées, que le moteur

entraîné soit asynchrone à cage ou

synchrone à aimants permanents. La

fonction de sécurité Safe Torque-Off

(STO) est intégrée en standard, et

d’autres fonctions de sécurité pourront

bientôt être mises en œuvre grâce au

module optionnel FSO-11.

Une solution communicante

Le nouvel outil logiciel de mise en service

et de maintenance « Drive Composer »

se décline en deux versions : la version

« Entry » de base, qui est gratuite ; et la

version « Pro » qui donne accès à des

configurations et fonctions de surveillance

évoluées. L’ACS880 peut aussi bien se

raccorder à de nombreux bus de terrain

que dialoguer avec ses pairs grâce à la

liaison inter-variateurs intégrée en standard,

qui permet des configurations

maître/esclaves ultra-rapides.

Les appareils peuvent recevoir jusqu’à trois

modules optionnels pour extension d’entrées/sorties,

bus de terrain ou retour

capteur de vitesse.

L’unité-mémoire amovible stocke aussi

bien le logiciel de base que tous les

paramètres. L’intégration avec les automates

sera facile, puisque l’ACS880

supportera l’environnement de programmation

CoDeSys, suivant IEC 61131-3.

Enfin, le calculateur de rendement énergétique

informe l’utilisateur sur les kWh et

MWh consommés et économisés, la réduction

en émission de tonnes de CO 2 , et sur

les sommes d’argent économisées ■

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 55


Maintenance mécanique

Expertise

Écouter un palier

pour identifier les défaillances

DR

Intervenir sur des équipements aussi volumineux, puissants et complexes

que des turbines hydrauliques relève-t-il de l'impossible ? Non, bien

sûr ; mais surveiller le plus précisément possible le comportement de

ces mastodontes et analyser en détail et rapidement les éventuels

problèmes ou défaillances apparaissant sur ces systèmes restent des

opérations compliquées. Pour cela, Dynae a lancé un outil chargé de

débusquer les frottements partiels dans les paliers lisses.

En 1900, Eugène Clemessy transforme,

durant ses loisirs, un vieux

moulin près de Brunstatt (68) en centrale

électrique qui alimentera plusieurs

communes. Pressentant l’avenir de cette

source d’énergie, il fonde huit ans plus

tard les établissements Clemessy.

Aujourd’hui, sa filiale Dynae effectue

chaque année le diagnostic vibratoire de

plus de cinquante-cinq groupes hydroélectriques

en moyenne, confortant ainsi

sa place de leader sur ce marché en intervenant

sous contrats cadres avec la

plupart de ses clients comme CNR, EDF

Turbine hydraulique et alternateur,

vue en coupe.

A=alternateur; 1 = stator ; 2 = rotor ;

B=turbine ; 3=distributeur ; 4 = pales

de la turbine; 5 = flux hydraulique;

6 = arbre en rotation

ou Shem. Ce résultat n’impacte pas

seulement son chiffre d’affaires. Il

permet aussi à Dynae d’améliorer et de

renforcer ses actions de recherche et

développement avec la sortie en 2012

d’un module de dépouillement spécifique

dédié à ce type de machines à cinématique

lente.

Une turbine hydraulique est une machine

tournante qui produit de l’énergie électrique

à partir d’eau en mouvement. Elle

constitue le composant essentiel des

centrales hydroélectriques destinées à

produire de l’électricité sur le réseau EDF

à partir des barrages que l’on peut

observer aisément le long des fleuves.

Inventées par Benoît Fourneyron en

1832, elles sont aujourd’hui incontournables

pour faire face à la variabilité de

la demande du réseau électrique. Les

machines hydrauliques sont devenues des

colosses caractérisés par des masses

conséquentes pouvant atteindre plus de

1 000 tonnes en rotation. Les dimensions

des roues sont tout aussi impressionnantes

avec six, voire dix mètres de

diamètre. À l’intérieur des conduites,

c’est 400 à 600 m 3 par seconde qui transitent,

transformant ainsi à chaque

seconde l’énergie gravitationnelle équivalente

au volume d’une petite maison

en travail mécanique. Et pourtant, le

niveau vibratoire mesuré sur ces mastodontes

est ridiculement faible. Le passage

des pales, par exemple, dépasse à peine

le seuil de sensibilité de l’être humain.

Les paliers qui équipent la grande majorité

de ces machines à cinématique lente

sont de types hydrodynamiques et les

DR

Palier à coussinet rainuré assurant

le guidage vertical d’un groupe

Kaplan de 30MW

parties en rotation sont séparées des

parties fixes par un film d’huile de

l’épaisseur d’une feuille de papier !

Dans de telles conditions, les mécaniciens

qui travaillent et maintiennent ces

outils de production sont presque des

artistes tant les tolérances d’alignement

sont diaboliques. Les machines sont

suivies régulièrement par des interventions

d’expertise vibratoire qui vont

déterminer si la machine se comporte

normalement, ou bien s’il est nécessaire

d’intervenir à court ou moyen terme. Les

impacts des arrêts de maintenance sont

en effet proportionnels à la beauté de ces

dames et un arrêt de deux semaines peut

faire monter la facture à plusieurs

millions d’euros.

Obtenir un maximum

d’informations sur

le comportement de la machine

Compte tenu des enjeux de production,

il est nécessaire de constamment

améliorer les outils de traitement du

signal qui sont utilisés pour diagnostiquer

les défaillances. On limite ainsi les

indisponibilités des machines qui peuvent

retourner réguler le réseau sans trop

impacter l’exploitation. Depuis l’invention

de la sonde à courant de Foucault,

les paliers lisses sont presque systématiquement

équipés de ce type de capteurs

qui se montrent très sensibles à tous les

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 56


PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 57


Maintenance mécanique

mouvements affectant la partie tournante

(balourd, délignage, fissuration de

goujons...). Lorsqu’ils sont placés à 90°

l’un de l’autre, ils permettent l’obtention

d’orbites de déplacements du centre de

l’arbre.

La forme des orbites obtenue apporte une

moisson d’informations concernant le

comportement dynamique de la machine,

notamment lors des phénomènes transitoires

de démarrages, d’arrêts ou de

déclenchements. Il est aussi possible

d’effectuer des mesures sur trois ou

quatre plans et, avec l’appui des outils

3D, on a la possibilité de tracer l’image

animée en temps réel des déplacements

de l’ensemble de la ligne d’arbre.

Localiser la source du problème

au degré près

Le retour d’expérience de ces dernières

années nous a convaincu de la nécessité

d’y adjoindre un nouvel outil d’aide à

la prise de décision qui caractérise la

réponse modale de la structure dans

certaines bandes de fréquence tout en

localisant – dans le palier – les émergences

de bouffées vibratoires. Cet outil

permet littéralement d’écouter le palier

lors d’interactions entre le tourillon

(organe mécanique utilisé pour guider un

mouvement de rotation) de l’arbre et le

métal blanc du régule. On obtient ainsi

la localisation absolue du problème à

quelques degrés près.

Cette approche est nécessaire quand on

compte le nombre de cas où la forme des

orbites n’est pas assez explicite comme

le montre le tracé en rouge (figurant sur

la figure 4) qui peut faire penser à un

frottement ou au cintrage d’un arbre par

un effet thermique ou encore à un balourd

alors qu’il s’agit simplement d’une usure

normale du régule sur vingt ans. On se

retrouve donc à interpréter une orbite qui

est insuffisamment documentée pour

prendre une décision souvent lourde de

conséquence principalement en période

de forte eau alors que la disponibilité des

machines doit avoisiner les 100%.

DR

DR

DR

Orbite 3D obtenue sur une turbine

Francis de 70MW

Orbite obtenue sur une perte d’alésage

du coussinet

Orbite Modale de frottement partiel

obtenue sur une turbine Francis

de 70MW

Choc – Fin du frottement – Frottement

Dans l’orbite modale, deux dimensions

sont affectées à la position de l’arbre dans

le palier ; la troisième dimension est

affectée à la réponse vibratoire ou

réponse modale de la virole de la chaise

palière (dans les faits, on observe la transformée

de Hilbert de la réponse impulsionnelle

de la zone stimulée). La position

l’accéléromètre compte moins que

sa réponse fréquentielle car la réponse

en haute fréquence ne dépend que de la

vitesse du son dans le matériau mais peu

de sa localisation. Pour s’en convaincre,

il suffit de frapper au marteau une tuyauterie

: la haute de fréquence consécutive

au choc se répercute dans toute la structure

et excite un grand nombre de modes

de peau qui rayonnent en acoustique. La

localisation du point de réponse importe

peu d’un point de vue heuristique car les

ondes de choc se propagent dans toutes

les directions très rapidement ; en effet,

dans le métal, la vitesse du son approche

5 800 m/s : c’est presque instantané sur

deux points d’un palier distants de moins

d’un mètre !

À titre d’exemple, lors d’un contrôle de

routine effectué sur une turbine Francis

de 70MW, nous avons pris la décision de

stopper les essais à la surprise de l’exploitant

car un frottement partiel avait été

diagnostiqué (l’orbite modale a la forme

de chevalière).

Les photos obtenues après démontage du

palier sont très explicites. La localisation

de la zone de frottement est corrélée

parfaitement et on peut tout aussi bien

caractériser le comportement de l’arbre

qui quitte la zone de frottement en

formant des petites ondulations caractéristiques

de la réponse modale de l’arbre

sur la raideur du film d’huile. Une des

questions posées à l’exploitant était de

localiser une zone correspondant à la

forme de Z sur l’orbite qu’on n’arrivait

pas à expliquer.

Cette zone a été localisée par les mécaniciens

et correspond à un marquage sur

le régule. Ce marquage introduit une

variation de raideur radiale locale responsable

du déplacement de l’arbre sur l’orbite

par réaction.

Aujourd’hui, l’accroissement des capacités

de calcul des ordinateurs portables

permet à l’analyste sur site d’échantillonner

le signal à 20kHz et de localiser

les zones de frottements.

Il est tout à fait envisageable de faire la

différence entre un frottement partiel,

annulaire ou provoqué par un larmier ou

un joint radial. Il y a quelques années

encore, on se serait demandé pourquoi

aller chercher la haute fréquence sur des

paliers lisses ■

Vincent Bouillet

(Dynae)

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 58


PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 59


Hygiène – Santé – Sécurité

KÄRCHER LANCE SA GAMME D’EPI

Désormais, le marché des EPI compte un

acteur de plus :Kärcher ® . Le fabricant allemand

entend se positionner comme un partenaire

de choix pour les professionnels en

lançant une nouvelle gamme d’équipements

de protection individuelle. Cette nouvelle

gamme de produits est venue compléter et

renforcer une offre en matière de nettoyage

constituée de machines, d’accessoires et de

détergents. La marque propose tout un équipement

spécialement adapté aux conditions

d’utilisation de ses machines, allant de la

protection des yeux, des mains et du corps,

jusqu’à la protection de la tête et des oreilles.

LA CONSIGNATION MASTER LOCK

PASSE LES TESTS ATEX

Les systèmes de consignation Master Lock ®

ont été soumis aux tests Atex* et approuvés

pour une utilisation dans les environnements

explosifs et les zones dangereuses.

Du cadenas en composite Zenex au câble

de consignation et stations d’étiquetage,

Master Lock ® propose une gamme de

produits conforme pour une utilisation dans

des atmosphères explosives (zone 2).

* Tests indépendants publié le 11/07/12, valable

jusqu’au 11/07/14

UN NOUVEAU CAPTEUR DE SÉCURITÉ

POUR PROTÉGER LES MAINS

DES OPÉRATEURS

Le nouveau capteur de sécurité Allen-Bradley

GuardMaster SC300 de Rockwell Automation

est un capteur de protection de Type 3 basé

sur la vision. Ce produit est conçu pour de

nombreuses applications de sécurisation des

machines industrielles légères et moyennes

et convient pour des ouvertures de 400 x 400

mm à 1 500 x 1 500 mm. Son fonctionnement

s’appuie sur la technologie de traitement

des images qui permet de détecter

l’intrusion « d’objets » à travers une fenêtre

de détection. La fonction de détection est

assurée par un capteur d’image qui « voit »

une image en deux dimensions d’un « objet »

(une main) se superposant sur un motif fixe

défini comme arrière-plan. Avec un temps de

réponse de 20 ms, le SC300 représente une

solution de détection de main économique,

pouvant remplacer les barrières immatérielles

de sécurité. Sa petite taille lui permet

d’être installé sur le coin intérieur ou extérieur

de l’ouverture à sécuriser.

Éclairage

Certification Atex pour

les éclairages à LED Dialight

Dialight, leader mondial dans

la technologie appliquée

aux LED, a annoncé que sa

gamme d’éclairages SafeSite ®

LED Area Light est désormais

certifiée Atex et IECEx, pour

un usage en zones dangereuses

où des gaz et des vapeurs peu -

vent être présents. Cela corres -

pond aux industries du pétrole

et du gaz, aux centrales électriques, au

secteur de la chimie et de la pharmacie,

aux mines, au traitement de l’eau et des

eaux usées. Avec une faible classe de

température T5 et des optiques à 180°C

ou 360°C, les nouveaux éclairages à LED

certifiés zones 1 et 21, 2 et 22, permettent

de nombreuses applications avec une

efficacité énergétique exceptionnelle.

Campagne européenne

De nouveaux développements

prévus pour l’OiRA

Développé par l’Agence européenne

pour la sécurité et la santé au travail

(EU-OSHA), le logiciel gratuit en ligne

baptisé OiRA aide les micro et petites entreprises

européennes à réaliser leurs propres

évaluations des risques sur leurs lieux de

travail, et ce, avec simplicité et rentabilité.

L’un des premiers outils OiRA a été

développé à Chypre : il s’agissait d’un outil

spécifiquement destiné à l’industrie de la

coiffure, qui affiche des taux élevés de

maladies de la peau au travail et de troubles

musculo-squelettiques. D’autres outils

sont en cours de publication sur l’île (travail

de bureau), en France (secteur du transport

routier) ainsi qu’au niveau de l’UE (industrie

du cuir et du tannage).

Parmi les nouveaux outils OiRA en cours

de développement et qui seront bientôt

DR

Ne consommant que 70 watts

pour fournir 5 500 lumens, la

famille de luminaires SafeSite

Area Light est conçue pour

remplacer des lampes à déchar -

ge allant jusqu’à 250W avec un

dispositif plus léger et plus

compacte. Une tension d’alimentation

allant de 100 à 277

VAC et un grand nombre d’options

permettent une installation souple

et un remplacement aisé des éclairages

existants. Ce dispositif composé de semiconducteurs

résiste aux chocs et aux

vibrations. Il possède une lentille en verre

trempé et un revêtement époxy-polyester

robuste pour une durée de vie supérieure

en environnement corrosif, un éclairage

longue durée et efficace ■

prêts, citons un outil destiné aux coiffeurs

en Belgique, un outil à vocation générale

et un outil pour le travail de bureau en

Slovénie, un outil pour les bouchers en

Grèce et un outil pour les propriétaires de

garages en Lituanie. Plusieurs autres pays

européens ont signé des protocoles d’accord

en vue de développer des outils OiRA

et sont actuellement en processus d’élaboration

d’outils ou prennent part à des projets

pilotes : il s’agit notamment de la Belgique,

de la Bulgarie, de la République tchèque,

de Chypre, de la Grèce, de la Lettonie, de

la Lituanie et de la Slovénie. D’autres

travaux sont actuellement réalisés par l’association

de prévention des risques INRS,

en France, ainsi que par les partenaires

sociaux actifs dans le secteur européen de

la sécurité privée ■

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 60


Hygiène – Santé – Sécurité

Événement

Expoprotection 2012

change de formule

DR

Nouveau lieu, nouvelles dates, nouveau positionnement, le Salon

Expoprotection adopte une formule différente des éditions précédentes.

Celle de 2012 aura lieu Porte de Versailles du 4 au 7 décembre et devrait,

d'après les organisateurs du salon, être marquée par une forte

mobilisation des acteurs de la gestion et de la prévention des risques.

Avec 531 exposants inscrits en juillet

(contre 472 lors de l’édition précédente

à la même période, soit 12% de

plus dont 135 nouveaux participants et

181 étrangers), le salon Expoprotection

sera scindé en deux parties bien distinctes

: d’une part l’espace Sécurité/Sûreté

(Pavillon 7.3), d’autre part l’espace

Santé/Environnement (Pavillon 7.2).

Dans le premier, plus de 200 exposants

animeront le secteur de la lutte contre

la malveillance, parmi lesquels soixante

nouveaux inscrits venus présenter leurs

nouveautés technologiques (avec notamment

Nexess, Primion, Perimeter Protec -

tion France, Créone France, Canon

France…). Par ailleurs, onze nouveaux

participants viendront étoffer et diversifier

l’offre de lutte contre le feu ; parmi

eux : Géo Staff, Rivolier, Temis Conseil

et Formation, Éco Protection…

De son côté, l’espace Santé/Environne ment

mettra en avant les nouvelles tendances

dans le domaine de la santé et la sécurité

au travail, avec près de 180 représentants

dont 40 inédits comme Rebo BV, A-Safe,

DefibFrance, Kratos Safety, Prevactive,

Centaure Prévention Routière… Le Work-

Wear prend quant à lui de plus en plus

d’importance avec parmi inscrits vingtquatre

nouveaux entrants tels qu’IRC SPA,

DMD France, Bragard, Clinic Dress,

groupe Mulliez Fory… Enfin, le secteur

des risques industriels et naturels affiche

de nouveau une présence timide mais les

réponses restent adaptées aux évolutions

climatiques et technologiques. Il est à noter

quelques nouveaux exposants comme IOS

International (logiciel/modélisation),

Sonnenburg Electronic (intervention

secours), Kazibag Europe (manutention/transport/stockage).

Une trentaine de conférences

QUATRE CONFÉRENCES DÉDIÉES AUX EPI

EXPOPROTECTION EN BREF

Cette année encore, le salon fera l’objet

d’un nombre important de conférences

thématiques. Objectif pour les organisateurs

d’Expoprotection : traiter des

sujets qui font partie de la réalité de ses

exposants et de ses visiteurs avec notamment

:

• Pollution, stress fatigue, déplacement,

où en êtes-vous avec la mobilité ?

(Assurance Maladie, département Ris -

ques Professionnels),

• Dépister la souffrance mentale tôt pour

mieux la prendre en charge. (Bossons

futé)

• La prévention, une composante importante

pour la performance de votre

entreprise. (OPPBTP)

• Architectes et Sécurité : la nécessité de

prendre en compte la sécurité dès la

conception des bâtiments à usage

professionnel (ASIS).

• Un guide de bonnes pratiques au

service de l’évacuation des personnes

en situation de handicap. (GESI/IGNES).

• Menaces informatiques, fuite de don -

nées et pratiques de sécurité en France

(Clusif).

• Le Village du Synamap offrira des

réponses concrètes aux préoccupations

des entreprises et abordera aussi bien

les aspects réglementaires que les der -

nières innovations produit du marché

des EPI.

• Le Village de l’ergonomie présentera

quant à lui les dernières nouveautés en

matière de mobilier, de matériels et de

solutions ergonomiques destinés à l’amélioration

des conditions de travail dans le

tertiaire comme dans l’industrie ■

Un cycle de plus de quatre conférences dédiées à la santé et à la sécurité dans les entreprises

aborderont plusieurs thématiques :

- Augmenter la performance de vos produits avec les textiles techniques (IFTH)

- Un nouveau regard sur le vêtement d’image (IFTH)

- Quelle sera la contribution des textiles en 2030 pour la santé et sécurité au travail ?

(Observatoire des textiles techniques)

- Le Projet Doseless : des innovations majeures dans les équipements pour la radioprotection

des personnels de santé, du nucléaire et de l’industrie (Pôles de compétitivité Trimatech

et Techtera)

Le Salon Expoprotection se tiendra du 4 au 7 décembre 2012 à Paris Porte de Versailles :

- Espace Santé – Environnement – Pavillon 7.2 : prévention et protection contre les risques

professionnels et environnementaux, santé et bien être au travail.

- Espace Sécurité – Sûreté – Pavillon 7.3 : prévention et protection contre la malveillance

et le feu, sécurité des hommes, des biens et des informations.

L’édition 2012 s’apprête à accueillir plus de 900 exposants et 23 000 visiteurs (fabricants,

prescripteurs, utilisateurs, distributeurs, consultants…).

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 62


Hygiène – Santé – Sécurité

Interview

Payer pour l’usage

plutôt que pour la possession

DR

Lancée en 2010 par Fuchs Lubrifiant, la location de matériels de nettoyage

de pièces mécaniques a rapidement séduit nombre d’industriels. Les

formules les plus économiques rencontrent le plus grand succès. Erwan

Kerhuel, responsable marketing, nous explique pourquoi…

Production Maintenance : À qui est

destiné ce nouveau service de location ?

Erwan Kerhuel : Les sous-traitants du

secteur automobile ont été les premiers

séduits par la formule, suivis par des

imprimeurs puis par toute entreprise de

mécanique. En fait, il n’y a pas de typologie

particulière d’entreprises concernées

par la location et tous les secteurs

d’activités manifestent leur intérêt pour

ce type d’offre. Fuchs a voulu proposer

une offre qui réponde à une véritable

attente de la clientèle industrielle, avec

des parcs allant d’une à trente unités

aujourd’hui. Dans l’entreprise, le besoin

est le plus souvent exprimé par le service

maintenance.

➤ Quels équipements sont ainsi pro -

posés à la location ?

Ce service de location est constitué de

trois gammes de produits : les fontaines

biologiques, les fontaines lessivielles et

des équipements de plus grande capacité

DR

comme les machines à laver. Pour ces

dernières, les pièces à nettoyer – pièces

d’équipements de production et outils de

maintenance – sont disposées sur des

paniers rotatifs avec pulvérisation de

lessive et le programme de nettoyage est

assuré automatiquement pour des durées

préétablies.

➤ Pouvez-vous détailler le contenu de

ce service ?

Le service est proposé sous forme d’un

contrat de location d’une durée de trois

ans, donc pour une utilisation récurrente.

Il ne s’agit pas de location ponctuelle pour

une utilisation temporaire. Notre offre

comprend la fourniture du matériel et des

consommables selon une quantité

estimée en fonction de ses besoins. Nous

avons établi des grilles de consommation

standard qui peuvent être ajustées avec

le client selon son usage. Nous assurons

la formation des utilisateurs – en général

une demi-journée. Le contrat intègre

également la garantie des pièces détachées

des matériels fournis, couvrant une

utilisation normale des matériels, durant

toute la durée du contrat, ce qui représente

un véritable avantage par rapport

à un investissement classique. Nous

gérons en continu un stock des pièces

détachées les plus sensibles pour tous les

matériels que nous proposons. Ainsi nous

nous engageons sur la fourniture des

pièces de rechange et les délais de mise

à disposition, en général sous 72 heures.

➤ Les contrats proposés sont-ils

toujours standards ou, au contraire,

peuvent-ils être modulés et adaptés à

des demandes particulières ?

Il est en effet important de souligner que

nous pouvons parfaitement associer cette

offre de location à une prestation de

services particulière, dimensionnée en

fonction de la demande des clients. En

effet, nous constatons que, afin de réaliser

des économies, certains de nos clients

souhaitent échapper aux offres standards

en full service. Le déplacement de techniciens

sur site est par exemple un service

qu’ils jugent onéreux. Le contrat de location

peut être adapté et allégé de certaines

prestations de services que l’industriel

ne souhaite pas nous confier ou qu’il

pourra prendre en charge directement, ce

qui nous permet alors de faire une proposition

de prix de location particulièrement

attractive !

➤ Selon vous, la formule de la location

d’un matériel indispensable au fonctionnement

de l’entreprise est-elle

appelée à se développer par rapport à

l’acquisition pure et simple?

Aujourd’hui près de 80% de nos contrats

de location n’incluent pas de services

associés, ce qui montre la grande attraction

qu’exerce une offre de location à

prix réduit. Evidemment, le grand avantage

de la location, c’est d’éviter un

investissement et toute immobilisation

financière. Nous constatons que les

clients n’hésitent pas à louer plus de

matériels que leur capacité d’investissement

leur permet. On paie pour l’utilisation

du matériel et pas pour son

financement, avec la garantie de toujours

disposer d’un équipement opérationnel ■

Propos recueillis

par François Précope

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 64


Hygiène – Santé – Sécurité

Avis d'expert

Faciliter le nettoyage efficace

de l'équipement

Les procédures de conception et de nettoyage de l'équipement affectent

l'efficacité de la stérilisation et du nettoyage. Per-Åke Ohlsson, directeur

général du département Market Unit Pharma & Personal Care chez

Alfa Laval, nous livre de précieux conseils dans la manière d'aborder

cette question délicate.

La stérilisation ou la désinfection ont

généralement pour objectif d’éliminer

les bactéries d’un système. Le

nettoyage de l’équipement permet également

d’éliminer les résidus générés par

le lot de produit précédent ; le système

est ensuite rincé afin d’éliminer les liquides

de nettoyage. Afin de garantir l’effi -

cacité de la stérilisation et du nettoyage,

il ne suffit pas de développer les procédures

appropriées. Le choix d’un équipement

de fabrication adapté permet

également d’améliorer la rentabilité, ainsi

que la sécurité du patient.

Facteurs dont il faut tenir compte

lors du choix de l’équipement

L’équipement sélectionné doit minimiser

le risque de contamination suite à un

contact inapproprié entre le produit et les

surfaces. Les machines ne doivent pas

générer de particules ou de poussières

aériennes dans l’environnement, ni constituer

un risque de contamination pour le

produit du fait de l’huile et des autres

DR

figure 1

substances requises pour leur fonctionnement.

Si l’opérateur ne peut obtenir un

contact adéquat avec les surfaces de

l’équipement, il ne pourra tout simplement

pas les nettoyer. Afin de faciliter

un nettoyage efficace de l’équipement,

sa conception doit tenir compte de

ce principe.

Le cercle temps, action, chimie et température

(TACT), initialement créé par

Sinner en 1960, démontre l’impact de ces

paramètres au niveau du nettoyage de la

surface de l’équipement (voir la figure 1).

Le cercle montre dans quelle mesure le

facteur temps, associé à au moins un

autre de ces paramètres, permet d’éliminer

les résidus d’une surface. L’augmentation

d’un paramètre peut s’associer

à la diminution des autres.

Par exemple, plonger vos mains graisseuses

dans l’eau ne permettra pas de les

nettoyer. Les plonger dans de l’eau savonneuse

permettra de les nettoyer, mais

après un temps prolongé. Augmenter la

température de l’eau savonneuse, toutefois,

permettra de nettoyer vos mains plus

rapidement. Et frotter vos mains l’une

contre l’autre augmentera encore la

vitesse de nettoyage. Les résidus et la

surface en contact avec le produit déterminent

l’intensité, ou l’impact, requis par

le processus de nettoyage.

Le choix du type de produits chimiques

le mieux adapté et de la température

appropriée dépend des résidus à traiter.

Une action de surface intensive augmente

l’efficacité des produits chimiques et de

la température ; elle permet donc de

réduire ces paramètres, ainsi que le temps

de nettoyage.

L’action étant souvent directement associée

à la conception de l’équipement,

le choix d’un équipement approprié

permet à la fois de limiter les coûts et

d’augmenter la capacité de nettoyage

d’un système.

DR

figure 2A

DR

figure 2B

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 66


PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 67


Hygiène – Santé – Sécurité

DR

figure 3

L’action de nettoyage de la surface de

l’équipement est obtenue en appliquant

des liquides de nettoyage à vitesse ou

débit élevé sur toutes les surfaces de

contact avec le produit. Cette technique

permet une meilleure distribution des

produits chimiques et de la température

qu’avec les techniques à faible vitesse.

L’augmentation de la vitesse génère éga -

lement une turbulence et une force de

cisaillement élevées sur la surface, ce qui

permet aux produits chimiques et aux

températures d’atteindre les résidus en

profondeur, de les désintégrer et de les

détacher de manière fiable et efficace.

Test des paramètres

TACT

L’auteur a mis au point un test de net -

toyage de réservoir intégrant deux dispositifs

de nettoyage qui génèrent des

actions distinctes. Une boule de lavage

statique qui génère normalement une

contrainte de cisaillement de 2–5 Pa

(c’est-à-dire, une contrainte à film

tombant qui dépend de la température du

liquide). Une tête à jet rotatif qui génère

normalement une contrainte de cisaillement

de 40–1000 Pa (c’est-à-dire, une

projection du jet qui dépend de la densité

de la trame du jet).

Pour nettoyer le réservoir de façon efficace,

deux boules de lavage statiques sont

appliquées pendant 48 minutes, à un

débit de 20 m 3 /h et une pression du

système de 2,5 bars. Une tête à jet rotatif

permet toutefois d’obtenir un meilleur

résultat lorsqu’elle est appliquée pendant

14 minutes, à un débit de 6 m 3 /h et une

pression du système de 5,0 bars (voir les

figures 2 et 3, et la Table I).

DR

figure 4

Le test démontre que la théorie du cercle

TACT fonctionne en pratique. Pour

éliminer certains résidus spécifiques

d’une surface spécifique, les paramètres

du cercle TACT peuvent être ajustés afin

d’optimiser les coûts (voir la figure 3).

En intensifiant l’action, il est possible de

réduire le temps, la quantité de produits

chimiques utilisés et l’énergie de chauffage

nécessaire, tout en obtenant un

résultat égal, voire supérieur.

Les forces de cisaillement élevées per -

mettent d’éliminer les résidus de la

plupart des surfaces sans utiliser de pro -

duits chi miques, ni de températures

élevées. Cette technique permet de ré -

duire le risque de contamination associé

aux produits chimiques, ainsi que les

coûts de nettoyage.

Erreurs de conception

de l’équipement

Une action de nettoyage intense sur

toutes les surfaces en contact avec le

produit permet de minimiser le risque de

contamination et de dysfonctionnement

du système, tout en améliorant la rentabilité

du processus de nettoyage.

Certaines erreurs de conception de l’équi -

pement fréquemment rencontrées, toutefois,

affectent négativement sa capacité de

nettoyage. Les volumes morts, poches et

fissures, poches d’air et sur faces d’équi -

pement incorrectes constituent des erreurs

de conception trop souvent rencontrées

dans l’industrie pharmaceutique.

Volumes morts

Il est largement reconnu que les volumes

morts doivent être évités ou minimisés

dans un système (voir la figure 4).

Certaines sources de référence précisent

que la mesure du rapport longueur/dia -

mètre (L/D) pour les volumes morts ne

doit pas dépasser deux, voire trois dans

certains cas. La relation entre la vitesse

dans le tuyau principal et la mesure L/D,

toutefois, est souvent oubliée. Une vitesse

élevée dans le tuyau principal permet aux

turbulences d’atteindre le volume mort

plus en profondeur et, si les turbulences

ou l’action sont suffisamment intenses,

d’éliminer les résidus accumulés au fond

du volume mort.

Dans un article de 1997, Haga et al.

présentaient les résultats de tests réalisés

à différentes vitesses dans le tuyau principal

et différentes mesures L/D (1). Ils

ont ainsi découvert que, pour un rapport

L/D de 6, il était possible de nettoyer

correctement les résidus si la vitesse dans

le tuyau principal était supérieure à

1,5 m/s. Les résultats démontraient également

que, pour un rapport L/D de 3, il

était possible d’éliminer les résidus si la

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 68


Hygiène – Santé – Sécurité

vitesse dans le tuyau principal était inférieure

à 0,7 m/s (voir la figure 5).

Poches et fissures

Aucune règle ne permet d’aborder la

profondeur des poches et fissures. La

figure 6 illustre une fissure communément

rencontrée dans les systèmes pharmaceutiques.

De nombreuses sources de référence

précisent que, lorsque cela est possible,

les fissures doivent être évitées ou éliminées,

précision de peu de poids lorsqu’on

sait qu’une fissure s’apparente à un

volume mort présentant une mesure L/D

de 50–100 et qu’un volume mort normal

ne doit pas dépasser une mesure L/D de

deux, voire trois dans certains cas.

D’après Haga et al., il est impossible de

déterminer la vitesse requise pour le

nettoyage d’une fissure.

Les poches et fissures ne doivent donc

pas exister dans les systèmes pharmaceutiques,

car elles constituent un risque

de contamination majeur.

Poches d’air

Les poches d’air peuvent être décrites

comme des volumes morts ou fissures

renversés (voir la figure 7). Bien que les

résidus ne s’accumulent pas dans la

poche d’air, ils adhèrent à sa surface. Il

est difficile d’évacuer l’air de ces poches

lors du processus de nettoyage, ce qui

signifie que le liquide de nettoyage est

incapable d’atteindre le haut de la poche

d’air, et donc de la nettoyer.

Les poches d’air doivent donc être éliminées,

car elles constituent un risque élevé

de contamination.

Finition de surface

La finition de surface est souvent considérée

comme un facteur de mesure de sa

propreté. En règle générale, on peut dire

que plus une surface est lisse, plus elle

est propre et facile à nettoyer. Mais cette

règle est, bien sûr, sujette à discussion.

Une étude de 2003 réalisée par Hilbert

testait l’adhérence des bactéries à différentes

surfaces et la capacité de nettoyage

de ces surfaces (2). Les surfaces polies

électrolytiquement à 0,1 µm jusqu’aux

surfaces polies mécaniquement à 0,8 µm

ne présentaient pas de différences en

DR

DR

DR

figure 5

figure 6

figure 7

termes d’adhérence ou de capacité de

nettoyage. La raison principale est la

taille relativement importante des bactéries

individuelles par rapport à la taille

limitée des imperfections de surface. Tant

que la finition de surface demeure inférieure

à une valeur de 0,8–1,0 µm, la

taille des bactéries est trop importante

pour leur permettre de s’accrocher aux

imperfections de surface. Dans une autre

étude, toutefois! , Riedewald a pu démontrer

que, lorsque des bactéries s’accumulent

dans un biofilm, l’adhérence et

la capacité de nettoyage dépendent de

la finition de surface (3). Les biofilms

adhèrent difficilement aux surfaces lisses

et sont donc faciles à détacher.

La même règle s’applique aux autres

résidus collants. Une étude réalisée par

l’Institute of Technology de Kolding,

Danemark, a testé la capacité de net -

toyage de surfaces incrustées d’une solution

de yogourt séchée au four (4). Cette

étude démontre clairement qu’une sur -

face présentant une valeur de finition

faible est plus facile à nettoyer qu’une

surface présentant une valeur de finition

élevée. Les surfaces testées présentaient

une valeur de finition comprise entre 0,15

et 2,4 µm. Les surfaces polies électrolytiquement

sont également plus faciles

à nettoyer que les surfaces polies mécaniquement,

ces dernières étant plus

faciles à nettoyer que les surfaces décapées.

Le choix d’un équipement correctement

conçu permet d’éviter les erreurs

susmentionnées et d’obtenir plus facilement

un nettoyage à la fois fiable et

rentable. Plus l’action appliquée aux

surfaces en contact avec le produit est

intense, plus le nettoyage du système est

aisé, fiable et rapide ■

Per-Åke Ohlsson

Directeur général du département

Market Unit Pharma & Personal Care

chez Alfa Laval

Références

1. R. Haga et al., Pharm. Eng. 17 (5), 8–21

(1997).

2. L.R. Hilbert et al., Int. Biodeterior.

Biodegradation 52 (3), 175–185 (2003).

3. F. Riedewald, PDA J. Pharm. Sci.

Technol. 60 (3), 164–171 (2006).

4. D. Bagge-Rawn, Microbial Adhesion

and Biofilm Formation in the Food

Processing Industry (Technical

University of Denmark, Kolding,

Denmark, 2007).

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 70


Hygiène – Santé – Sécurité

Gestion des déchets

Canon fait appel à TMW

pour traiter ses flux de déchets

DR

La solution « Ecostill » de TMW a été retenue par Canon Bretagne pour

répondre aux besoins industriels de son site de fabrication de Liffré.

Objectif pour le spécialiste de la fabrication et l'assemblage de produits

pour la bureautique : traiter et réduire le volume de ses déchets, tout en

faisant des économies dans l'exploitation des eaux usées. Pari réussi pour

la « cleantec » qui n'a pas hésité à investir près de 5M€ en R&D pour

mettre au point une technologie innovante baptisée Ecostill, laquelle a été

mise en place dans la filiale bretonne de Canon en juillet dernier.

L

’actualité est « chaude » pour TMW,

société française implantée à Angers

et dédiée à la production d’eau pure.

Après une nouvelle levée de fonds de

900 000 euros réalisée en mai dernier

auprès d’investisseurs historiques et européens

pour acquérir des outils nécessaires

à la production de sa technologie

Ecostill (moules, postes de soudure et

d’assemblage...), la start-up angevine a

annoncé en juin dernier un contrat avec

Canon. TMW va en effet commercialiser

une unité composée de deux modules

Ecostill, laquelle est entrée en fonction

fin juillet sur le site de Liffré (Ille-et-

Vilaine), dans le but de réduire le volume

et le coût de traitement des effluents

« Module Ecostill »

DR

générés par l’activité de Canon Bretagne,

tout en préservant l’environnement.

Spécialisé dans les domaines de l’électronique,

la plasturgie, l’assemblage ou

encore l’emballage, le centre de production

de Canon Bretagne recherchait un

partenaire pour traiter des déchets liqui -

des comme les eaux de rinçage et de

lavage des pièces, des sols, qui contiennent

des polluants tels que les tensio actifs,

les traces de métaux ou de lubrifiants.

« Nous avions rencontré des représentants

de Canon sur le salon Pollutec, lesquels

s’étaient montrés intéressés par notre

procédé car le site abrite des cuves de

liquide aqueux et des eaux lessivielles, se

souvient Olivier Boisdon, directeur technique

de la société TMW. Canon Bretagne

possède notamment une cuve de 260 m 3

qu’il faut impérativement vider pour en

traiter le contenu. En ce qui nous concerne,

nous nous attaquons directement au

volume de liquide. Si bien que notre

procédé permet d’économiser à la fois des

coûts liés au transport mais aussi au traitement

en tant que tel. De plus, cette eau

ainsi récupérée peut être réutilisée dans

le réseau ».

Une préoccupation de traitement

doublée d’une volonté de réduire

le volume de déchets

Présentée par la société angevine comme

« la solution de concentration de déchets

industriels la plus simple du marché »,

Ecostill reproduit le cycle naturel de l’eau

avec évaporation, puis diffusion de la

vapeur dans l’air et condensation de la

vapeur sous forme d’eau distillée. L’eau

se trouve ainsi recyclée et peut être soit

réutilisée, soit rejetée sans risque dans

l’environnement. « L’installation mobile

proposée par TMW nous permettra de

traiter les trois flux de déchets actuellement

gérés en trois points distincts de

notre site de production, nous permettant

ainsi de maximiser le retour sur investissement

», ont déclaré de leur côté

Daniel Reux et Sylvain Heligon, de

Canon Bretagne.

L’autre préoccupation de Canon Bretagne

était de répondre à une volonté de réduction

du volume des déchets, tout comme

celle du coût de traitement, mais aussi

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 72


Hygiène – Santé – Sécurité

en plastique qui ne présentent aucun

risque de corrosion. Ecostill représente

ainsi pour les industriels une solution

sûre, robuste, dont le fonctionnement et

la maintenance ne perturbent par l’activité

de production de l’entreprise par des

pannes répétitives. Il suffit de raccorder

le module à une source de chaleur, une

alimentation d’effluent et à une évacuation

de l’effluent concentré et de l’eau

pure produite pour disposer d’une solution

complète, fiable, prête à l’emploi en

quelques heures.

Le système que propose TMW est facilement

accessible et ne s’encrasse que

très peu. Une simple maintenance périodique

suffit à l’entretenir ; « il suffit simplement

de changer les filtres de temps en

temps, souligne Olivier Boisdon. Il y a

toutefois une opération de pré-filtration

à effectuer afin de s’assurer qu’aucun

corps étranger ne pénètre dans les

pompes et ainsi éviter la formation de

tartre ». Mais un automate se charge de

gérer automatiquement la surveillance

du module.

DR

d’une réutilisation de l’eau propre. À ce

titre, Ecostill répond aux ambitions

« vertes » du groupe grâce à la concentration

des déchets liquides et au recyclage

de l’eau pure et déminéralisée

extraite du site. « Nombreuses sont les

industries qui produisent des liquides

pollués, voir hautement nocifs, nuisant

gravement et durablement à l’environnement,

explique Antoine Gourdon,

directeur du développement chez TMW.

Deux options s’offrent donc à Canon

Bretagne : transmettre la totalité de ces

liquides pollués pour qu’ils soient traités

dans des centres spécialisés, ou concentrer

ces liquides et transmettre le volume

ainsi réduit pour traitement. Si la

première option semble plus simple, la

seconde leur permet de faire des économies

sur les frais de traitement extrêmement

élevés des centres de dépollution. Il

en résulte une réduction significative des

volumes pollués de manière élémentaire

et économique : une concentration d’environ

85% pour les deux modules que

nous livrerons pour Canon Bretagne. »

Une facilité de maintenance

évitant toute interruption

de la production

La simplicité de fonctionnement contri -

bue aux objectifs de générer zéro rejet

en même temps qu’aux économies de

consommation d’eau. Basée sur la nou -

velle technologie brevetée MHD (multistage

humidification déshumidification),

ce module met en œuvre des composants

Un an et demi devrait suffire à Canon

Bretagne pour rentabiliser son investissement,

en raison des faibles coûts de

maintenance, de la récupération de l’eau,

de la simplicité d’entretien et grâce au

fait que l’installation ne tourne pas en

continu mais seulement en fonction du

remplissage de la cuve. Une bonne opération

à la fois écologique et rentable ■

Olivier Guillon

Un logiciel pour optimiser la gestion de ses déchets

Un accord de co-développement a récemment été signé entre le Centre technique des industries

mécaniques (Cetim) et la société Trinov doit permettre de faciliter la bonne gestion

des déchets mécaniciens et d’en optimiser leur élimination. Présente depuis plusieurs années

sur le terrain de la gestion des déchets et des effluents industriels, Trinov a mis au point

un logiciel d’optimisation appelé Nova et dont les services sont accessibles en ligne. Un

produit qui a déjà su séduire une centaine de clients industriels, mais pour lequel les données

spécifiques à la mécanique demeuraient incomplètes.

L’accord de développement conclu entre les deux entités vise justement à doter Nova d’un

outil d’analyse des processus industriels pour en faire un système complet de gestion et

de réduction des déchets mécaniciens. Objectif : déterminer en quelques clics, en fonction

des matières consommées, de la typologie des déchets et de la localisation de l’entreprise,

les meilleures solutions de traitement et de valorisation (procédés de réduction de

la production de déchets à la source, choix des bons matériels et des bons prestataires,

fréquences de collecte, comparaison aux prix de marché, indexation sur des indices ou

des mercuriales pour suivre les matières valorisables telles que les métaux, etc.). « Une

fois les solutions identifiées, l’outil Nova permet d’assurer en quelques minutes par mois

une gestion en continue des déchets avec des systèmes d’alertes en fonction de la quantité

des entrants et des sortants », indique Dan Dassier, un des fondateurs de l’entreprise.

Un accord conclu en cohérence avec le grand projet Open Green Mind du Cetim qui vise à

stimuler le développement d’une nouvelle offre mécanicienne nationale sur les filières vertes

en mettant notamment à profit des leviers technologiques. L’accord réalisé va donc permettre

de doter Nova des données mécaniciennes spécifiques qui permettront aux industriels

de mieux gérer, à la source (dès l’acquisition de matière), leurs productions de déchets et

leur élimination. La mise en ligne est prévue d’ici la fin de l’année.

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 73


Tribune libre

Point de vue

Quelle place donner

au développement durable ?

On parle beaucoup dans les médias, dans les congrès ou dans les

réunions politiques, de ce « développement durable » qui doit nous

permettre d'obtenir la croissance, remède à nos difficultés économiques.

Mais si l'on parle volontiers de protection de la bio-diversité ou de la

forêt amazonienne, on est beaucoup plus discret sur le devenir de la

production industrielle.

La planète est dotée d’une puissante

machine de production de biens

matériels relevant d’une technologie

avancée, et qui fait travailler des centaines

de millions d’hommes et de femmes.

Allons -nous la conserver ? Et si la

réponse est oui, quels produits allonsnous

lui demander de mettre à notre

disposition? Je ne sais pas si la question

a été posée dans ces termes, mais pour

l’instant cet aspect du développement

durable ne semble pas avoir été beaucoup

abordé.

On peut admettre en première approximation

qu’on ne révolutionnera pas la

nature des objets que l’industrie met à

notre disposition, et qui permettent en

premier lieu de satisfaire un certain

nombre de besoins élémentaires : nous

abriter, nous protéger du froid ou de l’extrême

chaleur, nous nourrir et nous

déplacer. Mais il n’est pas question de

continuer à les produire comme nous le

faisons depuis un siècle et demi pour

certains (les moyens de transport), depuis

beaucoup plus longtemps pour d’autres

(le bâtiment). En particulier, nous ne

pouvons plus rester dans le sillage de la

merveilleuse croissance des Trente

Glorieuses. Cette croissance, bien

disparue et probablement de façon définitive,

reposait, on l’a abondamment

rappelé, sur une consommation intensive

de ressources naturelles non renouvelables,

dont le pétrole était, et reste,

l’exemple le plus visible, et le plus connu

; mais il n’était pas le seul. On vivait

comme si les ressources de la planète

étaient inépuisables, en oubliant que les

arbres ne poussent pas jusqu’au ciel.

Mais la technique moderne a appris à

utiliser les propriétés d’un grand nombre

des éléments qui figurent dans la classification

de Mendeleïev, y compris des

éléments qui, jusqu’à une une date

récente, étaient plus des curiosités de

laboratoire que des produits industriels.

On peut penser que dans

un délai qui n’excèdera

pas un siècle, une crise

des matières premières

minérales est très

probable.

DR

Pour beaucoup d’éléments, traditionnels

ou nouveaux arrivés, les réserves

mondiales sont faibles, et susceptibles

d’être épuisées dans des délais qui, pour

la plupart, se chiffreraient au plus en

décennies (qui plus est ces minerais ou

matériaux rares ne se trouvent que dans

quelques pays dont la Chine, laquelle en

a fortement réduit les exportations afin

de garder pour elle ses richesses). Certes,

ces estimations sont à prendre avec

prudence, car d’une part, les estimations

des ressources, comme celles des

consommations d’ailleurs, comportent

toujours une forte part d’aléas, d’autre

part, la sincérité n’est pas forcément au

rendez-vous quand il s’agit de publier les

stocks de produits stratégiques. Mais si

l’on ne peut prévoir avec précision la date

de la disparition, disons du strontium ou

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 74


Tribune libre

du zirconium, on peut penser que dans

un délai qui n’excèdera pas un siècle, une

crise des matières premières minérales

est très probable. A moins que des techniques

d’explorations minières sous

marines redonnent de la perspective...

Il nous faut donc revoir complètement

notre manière de concevoir les nombreux

objets qui facilitent ou agrémentent notre

existence, pour tenir compte de cette

contrainte qui ne pourra que s’accentuer

dans l’avenir. Peut-être même faudra-til

renoncer à certains de ces objets, s’ils

se révèlent trop gourmands de ressources

rares. Le problème posé est celui du

prélèvement fait sur ces ressources non

renouvelables (donc pour l’essentiel des

minerais et du pétrole) pendant la totalité

de la vie de l’objet considéré. Il existe

un concept bien connu qui est le coût du

cycle de vie (parfois désigné par le sigle

LCC : Life Cycle Cost) et qui a un

contenu et un objectif essentiellement

financiers. L’intérêt du LCC dans un

appel d’offres est de comparer, pour

chaque fournisseur en compétition, ce

que la possession d’un objet donné

coûtera à son propriétaire, de sa conception

jusqu’à son élimination incluse. Mais

on peut aussi évaluer dans le même

mouvement quel sera pour un matériel

donné le prélèvement sur les ressources

de la planète qui sera nécessaire pour sa

construction, son utilisation, sa maintenance

et son élimination. Si je prends le

cas simple d’un véhicule automobile, ce

coût écologique comprendra: les métaux

divers, acier, alliages légers, cuivre , etc.

les plastiques divers (venant du pétrole)

pour l’habillage intérieur, le verre pour

les pare brise et portières, tout cela

consacré à la construction. Il comprendra

également les matières de fonctionnement,

pour l’essentiel le carburant, les

produits nécessaires à la maintenance :

lubrifiants, pièces de rechange, enfin les

produits nécessaires à son élimination ou

son recyclage. L’un des objectifs de

l’étude d’un objet nouveau devra donc

être de minimiser ce prélèvement. On

voit ainsi arriver une nouvelle hiérarchie

dans les objectifs d’un projet. L’objectif

premier ne sera plus la performance, mais

l’économie dans l’emploi des matériaux

et la durée de vie du produit terminé, car

ce qui comptera sera le rythme du prélèvement,

c’est-à-dire le prélèvement total

DR

divisé par la nombre d’années de vie

prévue...

Si nous revenons à la voiture qui permet

des exemples parlants, on peut déjà

constater que les « Belles américaines »

des années 50, aux noms prestigieux :

Cadillac, Buick, Packard, énormes véhicules

bardés de métal chromé et gouffres

à essence, ont à peu près totalement

disparu du paysage. Mais la performance

numéro 1 reste bien évidemment la

vitesse. Est-il raisonnable de construire

des voitures capables de circuler à plus

de 200 km/h, alors que dans de nombreux

pays la topographie et l’état du

réseau routier ne permettent pas de telles

vitesses, et que dans les pays ayant un

réseau routier de qualité, la loi limite

souvent sévèrement la vitesse sur route,

c’est le cas par exemple aux États-Unis ?

Renoncer à des vitesses très élevées

demandera de moins gros moteurs,

économie de matières, et ralentira l’usure

des voitures, augmentation de la durée de

vie. On gagne à la fois sur le numérateur

et sur le dénominateur dans le calcul du

rythme de prélèvement. Et, bien sûr, on

économisera de la précieuse essence...

Dans le même état d’esprit, on peut aussi

s’interroger sur la pertinence de certaines

fonctionnalités accessoires à la fonction

requise principale d’une voiture qui est

de se transporter d’un point à un autre,

lorsque ces fonctionnalités exigent des

éléments rares dont la disparition risque

d’être rapide. Là aussi, est-il raisonnable

de demander à une voiture de faire ellemême

un créneau, au prix de radars et de

servo-mécanismes divers? Autrement dit,

on va devoir simplifier la spécification

d’une voiture, si on veut continuer à en

construire beaucoup. D’où le succès des

Logan et autres low cost … mais dans ce

cas c’est la fin du haut de gamme et de

l’industrie à la main d’œuvre chère…

Il faut aussi, et c’est

très important, mettre

l’accent sur la

maintenabilité qui est

un élément essentiel

de la durabilité.

Mais mettre la simplicité en tête des

caractéristiques recherchées ne suffit pas.

Puisqu’on parle de développement

durable il faut rechercher la durabilité,

dont on a déjà parlé. Il faut dans la

conception du matériel privilégier les

solutions favorables à sa longévité. Il faut

aussi, et c’est très important, mettre l’accent

sur la maintenabilité qui est un

élément essentiel de la durabilité. On doit

également souligner que la maintenabilité

suppose que le matériel à maintenir

est démontable. Un objet non démontable

qui tombe en panne est mort, il ne peut

pas être réparé ni même recyclé.

L’article indémontable devrait être pros -

crit, et l’article jetable réservé aux usages

médicaux, quand on ne peut pas faire

autrement.) La maintenance doit être

aisée, en particulier pour les composants

à durée de vie limitée et donc sujets à

remplacement périodique (voir l’excellent

contre exemple des phares de

Renault Modus où, pour changer une

ampoule grillée, il faut déposer le pare

choc). Et naturellement, un des éléments

qui faciliteront ce remplacement sera leur

normalisation : de nombreux matériels

informatiques sont maintenant alimentés

en basse tension continue, et chacun

possède son alimentation propre. Ne

serait-il pas préférable de normaliser un

nombre limité d’alimentations pour ne

pas avoir à racheter une nouvelle alimentation

chaque fois qu’on remplace son

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 76


Tribune libre

ordinateur ? (Un exemple particulièrement

frappant est celui des téléphones

portables où jusqu’à présent pour chaque

téléphone il fallait son alimentation spécifique,

d’où de par le monde un nombre

astronomique de chargeurs comprenant

chacun quelques grammes de cuivre et

quelques grammes de silicium, mais à

des milliards d’exemplaires, cela finit par

faire des tonnes, et même des milliers de

tonnes. Depuis deux ou trois ans, il y a

un standard mini USB pour les chargeurs

de smartphone. On l’a déjà dit plus haut

: il faudra aussi suivre de près la situation

des minerais considérés comme en

voie de disparition, et rechercher la

manière la plus sobre de les utiliser, ou

trouver des substituts moins rares.

La dernière étape dans la vie d’un matériel

est son retrait du service, et dans la

situation décrite en commençant, ce

retrait du service est une étape qui doit

être prise en considération au stade du

projet. Les composants du matériel

doivent en effet être au maximum recyclés,

et d’autant plus, naturellement, que

leur valeur est plus grande et qu’ils sont

plus rares. Il faut par exemple que les matériaux

précieux, genre terres rares ou autres

métaux exotiques fréquents dans les équipements

informatiques, soient bien localisés

et aussi faciles que possible à retirer

et à stocker, en attendant leur réemploi.

Avec les batteries Lithium ou autre, les

quantités sont encore plus grandes et le

recyclage est une obligation.

Il est important de noter que ce concept

du développement durable dans lequel la

maintenance tient une place importante

peut jouer un jouer un rôle majeur sur

le plan social. Augmenter la durée de vie

d’un matériel par une maintenance attentive

permet d’économiser le prélèvement

sur les ressources non renouvelables de

la planète grâce à davantage de travail

humain. On créée donc une demande de

main d’œuvre non délocalisable, car il

y a des matériels qu’on ne pourra pas

facilement, ou même pas du tout,

transporter ailleurs pour leur maintenance,

et il est très probable par surcroît

que les coûts de transport deviendront de

plus en plus dissuasifs (on n’imagine

guère que le prix du pétrole puisse réellement

diminuer sur la longue durée). On

aurait ainsi un exemple vertueux d’une

DR

activité qui serait en même temps bonne

pour l’environnement et favorable pour

l’emploi.

Naturellement, ce processus exigera du

temps, car il faudra changer les mentalités

: au bureau d’études sur la manière

de concevoir un matériel nouveau, à l’atelier

pour ne pas gaspiller des matériaux

qui deviendront de plus en plus précieux,

chez l’utilisateur qui devra apprendre à

ménager son équipement (le Canonball

est l’exemple parfait du comportement à

proscrire). Et naturellement il faudra des

hommes capables d’exécuter ces tâches,

sinon nouvelles , du moins très différentes

dece qu’elles étaient jusqu’à

présent. Et plus que jamais il faudra des

scientifiques: des mathématiciens, des

informaticiens, des physiciens, des

chimistes, des ingénieurs, alors que l’on

constate une diminution très nette du

nombre d’étudiants dans les filières

scientifiques.

Pour terminer un exemple provocant. On

pourrait prendre pour symboles des deux

manières de concevoir un matériel :

d’une part une voiture de formule 1, pour

laquelle on déploie des trésors d’imagination

pour concevoir un véhicule,

capable de circuler à très grande vitesse

durant quelques heures, en transportant

une seul et unique personne sans

bagages, et qui d’ailleurs parcourt inlassablement

un circuit fermé, si bien qu’à

la fin de la journée elle est toujours au

même endroit, d’autre part, une locomotive

électrique dont la durée de vie est

de l’ordre de trente à quarante ans

pendant lesquels elle aura parcouru cinq

millions de kilomètres ■

Henri Arnoux - Afim

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 77


Formations

NOUVEAUTÉS FORMATIONS

Maintenance, environnement, CHSCT, FM,

services généraux, production...

Afim

Réduire les coûts

de maintenance en exploitant

au mieux les contrôles

non-destructifs

Profil : Directeurs et ingénieurs de

production et de maintenance, techniciens

méthodes maintenance

Objectif : Atteindre l’optimum économique

entre la disponibilité maximale

des matériels et les coûts de maintenance

minimaux en sachant :

• gérer l’évolution des dégradations par

contrôles et analyses des résultats

• optimiser le potentiel des pièces,

composants et lubrifiants

• réduire les stocks de pièces par l’accroissement

de leur durée de vie par

rapport à une politique de changement

systématique

• programmer les interventions de maintenance

appropriées en exploitant les

résultats des contrôles non-destructifs

• prouver la conformité technique des

machines

• contribuer à la démarche Qualité-Sécurité-Environnement

1 ère journée

Rappels des méthodes de maintenance

• correctives (palliative et curative)

• préventives (systématique, conditionnelle

et prévisionnelle)

• l’Amdec de moyen de production et le

plan de main-tenance

Causes de défaillances des sources

d’énergie et des systèmes de transmission

de puissance (mécanique, électrique,

pneumatique, hydraulique)

• analyse des 7 causes principales de

casse des matériels

• contrôles de trois critères pour surveiller

l’état des machines : performance,

structure, usure

• paramètres mesurables et utilisables :

bruit, vibrations, pollution des huiles,

température, pression, résonances…

• criticité des équipements, choix des

contrôles non-destructifs appropriés

2 e journée

Mise en place d’un plan de surveillance

personnalisé aux machines

• méthodes utilisées : mesure de vibration,

de défauts de roulements, analyse

stroboscopique, détection des ultrasons,

analyse des huiles, thermographie,

endoscopie

• équipements surveillés : toutes les

machines tournantes, moteurs, réducteurs,

compresseurs, armoires électriques,

circuits pneumatiques, circuits

hydrauliques

• appareillages, moyens de contrôle et

prestataires spécialisés

• planification des périodicités des

contrôles selon les cas techniques : relations

causes/paramètres et moyens de

contrôles

• calcul du retour sur investissement :

gains réalisés sur les arrêts machines,

la main d’œuvre et les fournitures

Mise en situation des participants avec

exploitation de résultats de contrôles pour

décider de l’action maintenance à effectuer

• documents de traçabilité, histogramme

et gestion de courbe de vie machines

À Paris

Les 4 et 5 décembre 2012

➟ www.afim.asso.fr

Le catalogue

L’Eau dans l’industrie 2013

vient de paraître

A côté de son traditionnel catalogue de stages pour les métiers de l’eau, l’Office

international de l’eau propose un catalogue de formation continue 2013, spécifiquement

dédié aux industriels utilisateurs d’eau. Ce catalogue L’Eau dans l’industrie

2013 du Centre national de formation aux métiers de l’eau (CNFME)

présente 50 stages, dont 4 nouveaux, organisés en 63 sessions tout au long de

l’année, sur les thèmes suivants :

- qualité, de la sécurité, de la réglementation et de l’environnement

- pompage, de la maintenance et de l’automatisme

- production et de la distribution d’eau

- épuration des effluents industriels et du traitement des boues

- traitement de surface : détoxication des effluents, conception d’une installation…

- développement durable, de l’énergie et des déchets

➟ www.oieau.org/cnfme/catalogues/INDUSTRIE-2013/

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 78


Agenda

SALONS, COLLOQUES, SÉMINAIRES

Quelques rendez-vous importants

dans les prochains mois en France et à l'étranger

Novembre

Midest - Maintenance Expo

Depuis maintenant sept ans, les responsables

de patrimoines industriels et

tertiaires ont fait de Maintenance Expo

leur rendez-vous national annuel avec les

fournisseurs de solutions de maintenance

industrielle et tertiaire.

Organisé simultanément avec le Midest,

le salon industriel de la sous-traitance,

Maintenance Expo permet aux professionnels

en charge de patrimoines industriels

et tertiaires de trouver des réponses

concrètes à leurs problématiques de

maintenance et d’anticiper les nouveaux

défis liés à un environnement exigeant

et concurrentiel.

Du 6 au 9 novembre 2012

Au Parc des expositions de Paris-Nord

Villepinte (Hall 6)

➟ www.maintenance-expo.com

Salon de la Manutention -

Emballage

Après deux ans d’absence, la nouvelle

édition du salon de la Manutention se

tiendra du 19 au 22 novembre 2012, à

Paris Nord Villepinte.

En tenue conjointe avec le salon international

Emballage, la nouvelle édition

de cette biennale organisera ses événements

habituels mais aussi de nouveaux

rendez-vous : Manut’Demo, un espace

de démonstration du salon chargé de

mettre en scène une zone recréant l’univers

d’un entrepôt, Manut’Ateliers

(ensemble des conférences proposées par

les organisateurs) et Manut’Innovations,

permettant aux exposants qui y participeront

de présenter leur offre et aux visiteurs

de découvrir les nouveaux

ma tériels, les nouveaux systèmes, les

services et les produits du secteur.

À Paris Nord Villepinte

Du 19 au 22 novembre 2012

➟ www.manutention.com

Pollutec Lyon

Salon leader mondial du marché de l’environnement,

Pollutec rassemblera pen -

dant quatre jours à Lyon l’ensemble des

équipements, technologies et services de

traitement de toutes les pollutions et plus

généralement de préservation de l’environnement

et de mise en œuvre du développement

durable.

Au total, une dizaine de secteurs seront

représentés, à com mencer par l’eau et les

eaux usées, les déchets, les énergies

renouvelables, l’air, la prise en compte

des risques etc.

À Lyon Eurexpo

Du 27 au 30 novembre 2012

➟ www.pollutec.com

Décembre

ExpoProtection

Expoprotection 2012 aura lieu du 4 au

7 décembre 2012 à Paris Porte de Ver -

sailles. Ce salon de la prévention et de la

gestion des risques regroupe plu sieurs

thématiques comme la lutte contre le feu

(extincteur, détecteur avertisseur de

fumée et autres produits. On y retrouvera

également les thématique de la santé et

la sécurité au travail, les risques industriels

et naturels etc. 750 exposants et 23

000 visiteurs étaient présents en 2010 au

salon de la prévention ; pour cette

nouvelle édition, les organisateurs attendent

davantage de visiteurs et de participants.

À Paris – Porte de Versailles

Du 4 au 7 décembre 2012

➟ www.expoprotection.com

Colloque sur la Performance

Industrielle

Le Cimi, Centre de conseil et de formation

spécialisé dans les domaines de la

production, de la maintenance et des

techniques industrielles, organise à l’occasion

de ses 30 ans, un Colloque national

sur la performance industrielle.

Cet événement se déroulera à Blois le

13 décembre prochain.

Ce colloque réunira des experts et des

industriels pour partager leur retour d’expérience

sur la mise en place de méthodes

et outils axés sur la performance, sur

l’utilisation de nouvelles technologies

disponibles pour la maintenance et sur le

rôle de cette dernière dans les actions

dédiées à l’efficacité énergétique.

À Blois (41)

Le 13 décembre 2012

➟ www.cimi.fr

Janvier 2013

Sepem Douai

Après une excellente première expérience

à Toulouse en septembre dernier,

le salon Sepem Industries revient en

terres conquises et historiques du nord

de la France.

Deux ans après sa dernière venue, le

salon des process et de la maintenance

industrielle devrait signer un nouveau

record en termes de surface d’exposition,

de visiteurs et de nombre d’exposants.

Mais l’important pour les organisateurs

étant de garder l’esprit d’un salon à la

fois convivial, accessible à tous et de

partout et, surtout, de qualité.

À Douai

Du 29 au 31 janvier 2013

➟ www.sepem-industries.com

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 79


Au sommaire du prochain numéro

Maintenance préventive

Dossier Technologie

Recourir aux CND pour optimiser sa maintenance

Dossier Management

Maintenance à distance (gérer et optimiser ses opérations de maintenance à

distance, solutions de diagnostic et de télémaintenance, les pièges à éviter…)

Maintenance mécanique

Dossier : Choisir les lubrifiants les mieux adaptés

aux exigences techniques des machines.

En pratique : Les roulements et les guidages linéaires.

Maintenance en production

Dossier Levage

Quel matériel (treuil, galet, poulie, crochet, chaîne de levage, élingue,

pont de levage, nacelle...) pour lever les charges lourdes ?

Hygiène-santé-sécurité

Solutions pour limiter les risques de pollution sur le lieu de travail.

Prévention des risques au travail

Protection du corps lors des interventions

dans des lieux aux températures extrêmes.

CONCEPTION ÉDITORIALE & RÉALISATION

MRJ - 54, Boulevard Rodin

92130 Issy les Moulineaux

Tél : 01 73 79 35 67

Fax : 01 34 29 61 02

www.maintenanceandco.com

(La rédaction n’est pas responsable des documents qui lui sont

adressés, sauf demande express, ceux-ci ne sont pas retournés)

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION

Jérémie Roboh

RÉDACTION

Olivier Guillon (o.guillon@mrj-corp.fr)

Comité de rédaction : Gilles Pelon (Afim),

Claude Pichot (Afim), Jean-François Le Goff (Afim),

Jérémie Roboh, Olivier Guillon.

Ont participé à ce numéro :

Henri Arnoux, Vincent Bouillet, Jean-Jacques Enrich,

Stéphane Le Gall, Per-Åke Ohlsson, François Précope.

ÉDITION

Maquette : Graphaël (Paris)

Couverture : Sandrine Weyland (MRJ)

PUBLICITÉ

Sonia Cheniti

s.cheniti@mrj-corp.fr

01 73 79 35 67

MRJ - Tél. 01 73 79 35 67

www.maintenanceandco.com

le site des solutions

prévention, sécurité, maintenance

RÉPERTOIRE DES ANNONCEURS

ACTE INDUSTRIE.................................................................33

ACTIFLIP .............................................................................49

APAVE.................................................................................29

APISOFT INTERNATIONAL....................................................25

BULLETIN D ABONNEMENT .................................................51

CARL SOFTWARE ................................................................27

CIMI....................................................................................15

CORIM SOLUTIONS ............................................................31

DBVIB CONSULTING ..............................................................9

DELTA NEU............................................................................9

DESCOURS & CABAUD........................................................23

DIFOPE ...............................................................................67

DIMACO ..............................................................................63

DIMO MAINT .......................................................................37

DSD SYSTEM......................................................................41

DYNAE ................................................................................21

ENDEL ..................................................................................2

EVEN PRO...........................................................................53

EXPOPROTECTION...............................................................71

FUCHS LUBRIFIANT.............................................................67

GEOCONCEPT .....................................................................47

IGE XAO ..............................................................................13

IMS MANUTENTION.............................................................51

INDUSTRIE ................................................3 e de COUVERTURE

ITM.....................................................................................39

ITWPC.................................................................................45

KLUBER LUBRICATION.........................................................57

LATTY INTERNATIONAL SA ..................................................25

LOXAM................................................................................45

MAINTENANCE AND CO.......................................................75

MAINTENANCE EXPO ..........................................................57

MARECHAL ELECTRIC .........................................................15

MASTER LOCK ....................................................................65

MIDEST...............................................................................71

NORELEM ...........................................................................59

POLLUTEC .........................................................................69

PREVENTICA .......................................................................61

PROVOST............................................................................43

RS COMPONENTS..........................................2 e de couverture

SBC ....................................................................................17

SETON ..........................................................4 e de couverture

SIVECO ...............................................................................19

VITELEC ..............................................................................17

DIFFUSION ET ABONNEMENTS

abonnement@production-maintenance.com

Prix du numéro : 20 euros

1 an d’abonnement France : 58 euros

2 ans d’abonnement France : 100 euros

Tarif 1 an (étranger) : 80 euros

Règlement par chèque bancaire à l’ordre de MRJ

Abonnez-vous sur : www.production-maintenance.com

Trimestriel N° 39

Octobre, Novembre, Décembre 2012

Éditeur : MRJ

SARL au capital de 50 000 euros

54, Boulevard Rodin

92130 Issy les Moulineaux

RCS Paris B 491 495 743

TVA intracommunautaire : FR 38491495743

N° CPPAP : 0 414 T 83 214

N° ISSN : 1632-4153

Dépôt légal : à parution

Imprimeur : Imprimerie de Champagne

ZI Les Franchises – 52200 LANGRES

Toute reproduction partielle ou globale est soumise

à l’autorisation écrite préalable de MRJ

PRODUCTION MAINTENANCE ➤ OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE 2012 ➤ PAGE 80

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