2021-KINAM MAGAZINE FEBRUARY - MARCH BOOK

online.magazines

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 1 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

CONTENTS (1)

4 .......................................................... LETTER TO THE EDITOR

Note de remerciement à Charles Dupuy

5 ..................................................................... A BRAND NEW DAY

Editor's Note

6 ...................................................... MESSAGE TRADITIONNEL

DE LESLY CONDÉ À L’OCCASION

DE LA GRANDE JOURNÉE INTERNATIONALE

DES DROITS DES FEMMES

Kinam Media Group

1341 Touhy Ave, Suite 1S

Chicago, Illinois 60626

Tel: 312.788.8992

E-mail:

kinamgroup@gmail.com

Fabruary — March 2021

| Volume 4, No. 6

8 ................................................... WOMEN'S HISTORY MONTH

Madeleine Féquière: Une étoile très recherchée

11 .................................................................... OPEN LETTER TO:

US PRESIDENT JOSEPH R. BIDEN

15 ............................................... CANADIAN PRIME MINISTER

JUSTIN TRUDEAU

21 ......................... Des écrivains de langue française demandent à

l’OIF de ne pas soutenir les projets de Jovenel Moïse

22 ................................................................................................ ART

Michèle Duvivier Pierre-Louis, nouvelle

Présidente du Centre d’Art

23 ........................................................................... IN MEMORIAM

Le père du réalisme haïtien, Franck Louissaint, est mort

25 ...............................Franck Louissaint et la peinture haïtienne !

31 ......................................... HAITI, LE PRINTEMPS DE L’ART

Le souffle du Printemps de l'Art à Galerie Nader

33 ............................................................................... DIPLOMATIE

Le nouveau Représentant permanent

d’Haïti présente ses lettres de créance

34 ....................................................... BLACK HISTORY MONTH

MESSAGE DE LESLY CONDÉ À L’OCCASION DU

« MOIS DE L’HISTOIRE DES NOIRS »

37 ........................................ JOUR DE MARTIN LUTHER KING

38 ...............................COMMEMORATING MARTIN LUTHER

KING JR. AND THE CIVIL RIGHTS MOVEMENT

42 ................... 9 FACTS ABOUT MARTIN LUTHER KING, JR.

44 ........................................................................... IN MEMORIAM

Vernon Jordan, Civil Rights Activist and Lawyer...

45 ...................................................................................... HISTORY

Why this Dominican dictator ordered the execution of thousands

of Haitians in 1937, and then kept it a secret

49 ....................................................................................... SOCIETE

Un professeur d’université en Belgique appelle la communauté

internationale à regarder les problèmes d’Haïti en face

— 2 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Owen G. Leroy

Publisher

E-mail: owenleroy@gmail.com

Tél: 312.593.8598

Karl Villanueva

Managing Editor

E-mail: viavision57@gmail.com

Phone: 847-361-4864

Serge Papillon

Managing Director

Eimail: serpap2000@gmail.com

Ketlie L. Acacia-Luckett

Outreach Director

E-mail: kekki56@aol.com

Laurent Houphoué

Digital Management

E-mail: khoophx@gmail.com

Sonia Lundy

Information Director

Eimail:

jeannesonia22@icloud.com

Koffi J. Erick Ahouansou

African Correspondant (Benin)

E-mail: corefia52@gmail.com

Tél: +229 61 55 67 56

CONTENTS(2)

50 ....................................................................................... SOCIETY

The Great Escape

52 ........................................................................... IMMIGRATION

Jamaicans Among Hundreds of Immigrants Recently Deported

Under Biden Administration

54 ........................................................................... IMMIGRATION

Les Etats-Unis ont déporté beaucoup plus d’Haïtiens au cours

des 4 dernières semaines que sur l’ensemble de l’exercice 2020

58 ...................................................................................... COVID-19

Jamaica’s Private Sector to Help Government Supply COVID-

19 Vaccine

60 ....................................................................................... SOCIETY

Texas on my Mind

63 .................................................. CARIBBEAN MUSIC WORLD

On the passing of U-Roy

66 ..................................................................... COIN D’HISTOIRE

La retentissante affaire Viau/Rémy

69 ..................................................................................... POLITICS

Caribbean American Congresswoman

Yvette Clarke Appointed to Top Post

71 ...................................................................................... COVID-19

Le MCC Rend Hommage Aux Professionnels

de La Santé en Haïti

73 ..................................................................................... POLITICS

Haitian-America, Karen André Appointed

As Special Assistant to President Joe Biden

76 .....................................L’HONORABLE JOSEPH LAMBERT,

SÉNATEUR DU SUD-EST, A ÉTÉ ÉLU DE NOUVEAU,

PRÉSIDENT DU SÉNAT DE LA RÉPUBLIQUE

77 ..................................................................... COIN D’HISTOIRE

Marc Antoine député du peuple

81 ....................................................................................... OPINION

The Second Coming

84 ....................................................................................... OPINION

Ces monarchies qui nous ont spoliés, violés, ruinés…

88 ........................................................................................... SANTE

Insuffisance rénale : les soins de dialyse

sont hors de prix en Haïti

90 ...................................................................................... HISTORY

The U.S. Occupation of Haiti From 1915 to 1934

95 ....................................................................................... SOCIETY

Remember the Father of the People

98 .................................................................................. HOMMAGE

Première édition des trophées « Ola » : Carole Borna lauréate

99 ....................Carole BORNA : une vie au service du BON’ART

— 3 —


LETTER TO THE EDITOR

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Note de remerciement

à Charles Dupuy

Je voudrais prendre le temps

de présenter mes

remerciements à notre

historien, Charles Dupuy,

pour son texte de janvier

2021 dans Kinam Magazine

dans lequel, avec une

attention particulière, les

côtés inconnus ou oubliés du

président Élie Lescot nous

ont été éloquemment

évoqués. Je vous suis gré !

Je suis ravi d’apprendre que

le Président Lescot a eu un

programme fort et varié qui

bénéficiait particulièrement

aux femmes, étant donné

qu’à cette époque, la volonté

des hommes dans nos

sociétés prévalait avant tout.

Mais qu’il me soit permis de

partager avec vous cette

petite confidence à savoir,

qu’à chaque fois que

j’entends quelqu’un

prononcer le nom de Lescot,

cela suscite dans ma

mémoire une révolution

périlleuse, due aux images

de nos ressortissants alors

qu’ils luttaient dans les flots

de la Rivière Massacre pour

échapper à une mort horrible,

au nord-ouest de la frontière

et dans la région de Cibao,

du 2 au 8 octobre 1937. Cela

me rappelle les images de

plus de 30 000 de nos

hommes, femmes et enfants

pour lesquels aucune force

n’existait pour les protéger

pendant qu’une armée

dominicaine imprudente les

massacrait avec des

machettes, sous la direction

de Rafael Trujillo.

Certains penseront que le

passé doit être à jamais

enterré et oublié. Dans

certains cas, je suis

entièrement d’accord avec

cette opinion. Mais dans

d’autres cas, comme celui-ci,

l’oubli équivaudrait à la

lâcheté, à la bassesse

morale et à l’acceptation de

l’immoral comme une affaire

conclue. À cet égard, mon

identité haïtienne ne me

permettra jamais de

pardonner au président

Lescot de ne pas avoir

protégé nos frères et sœurs

au moment où cela était le

plus nécessaire. Malgré les

réalisations sociales de

l’administration Lescot,

appréciables et appréciées

dans l’ensemble, il m’est

impossible d’ignorer que le

même Lescot a créé un pacte

avec Trujillo pour le retour de

nos concitoyens aux bateyes

en République dominicaine,

alors que ce dernier était le

principal orchestrateur du

massacre crapuleux des

Haïtiens travaillant dans ce

pays voisin, le premier était

bel et bien un acteur, en

partie, complice.

Aujourd’hui, 84 ans après ce

massacre massif, les os de

nos défunts gisant toujours

au fond de la rivière

— 4 —

Massacre, est une preuve

bien définie pour ceux qui se

souviennent encore que cette

insulte, pour laquelle le

gouvernement dominicain n’a

jamais reconnu ni excusé, ne

sera jamais oubliée.

Ces défunts, ces victimes et

martyrs attendent toujours de

nous, Haïtiens, qu’un

monument soit érigé en leur

honneur de l’autre côté de la

rivière Massacre, pour leur

redonner une voix et un nom,

mais surtout justice pour ce

crime odieux et abominable

perpétré contr’eux par

l’armée dominicaine.

Merci encore Charles pour ce

rappel !

Regards chaleureux,

Serge M. Fontaine


A BRAND NEW DAY

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Editor’s Note

Belated Happy New Year to all of you!

While most of us are happily celebrating our stimulus check, at this paper we are facing a

different reality. In January, we lost the warm presence and endearing support of a dear

and precious collaborator, Jean Larivaud, who passed away at the beginning of the year.

When we were busily discussing about a “coup” in Washington, our loss of Professor

Larivaud was also earth-shattering.

We lost a valuable friend and colleague. In 2016, I met him for the first time just about five

years ago after the passing of my wife. I was on my way to a funeral service for my

stepmother in Florida.

This kind gentleman took time out from work to invite me to dinner on my way down to

Miami. And then, he made sure to invite me once again at his home on my return north.

Since that last visit Jean and I kept a very close relationship and we spoke at least once a

month to each other until I came up with the idea of publishing Kinam Magazine again.

When I thanked him for helping me with the magazine, Jean would always respond, “I

should be the one thanking you for making me look good.”

Thinking of Jean almost on a daily basis has made me aware of just how fragile

this life is and how grateful we all should be with each new day on this

earth.

A special issue with articles written by Jean Lariveaud will be published

next month. If you knew him and have something to contribute and share

about him please feel free to pass it on for publication.

Please be patient with us. We will need a few more weeks to catch up and

present the magazine on a monthly basis.

Regards,

Owen

Drowing by artist

Mardoché (MJ) Jean-Charles, Jr.

— 5 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

MESSAGE TRADITIONNEL

DE LESLY CONDÉ À L’OCCASION

DE LA GRANDE JOURNÉE INTERNATIONALE

DES DROITS DES FEMMES

Chers compatriotes et

amis de partout,

— 6 —

En l'année 1977, l'Organisation

des Nations Unies désigna le huitième

jour du mois de mars

comme la « Journée Internationale

de la Femme ». Nous savons tous

que la femme mérite d'être honorée

en tout temps parce que tous

les rôles qu'elle joue depuis les

débuts de l'humanité, font d'elle

un être incomparable, irremplaçable,

digne de respect et de protection.

En effet, nous considérons souvent

la femme comme un être fragile,

vulnérable tant au point de

vue physique qu'au point de vue

psychologique. Nous avons bien

raison de penser qu'elle doit absolument

être protégée par la société.

Cependant, quand on considère

les attributions, les devoirs

et les obligations qui ne reviennent

qu'à elle depuis la nuit des

temps, on découvre qu'il existe

chez elle une fortitude insolite qui

la place bien au-dessus de

l'homme. Même quand elle est

mère du genre humain et ultime

garante de sa survie, elle se comporte

avec un tel stoïcisme et un

tel détachement qu'elle est vue

comme le sexe faible.

Quant à la femme haïtienne, je

suis de ceux qui pensent qu'elle

mérite une considération toute

spéciale, un respect tout à fait spécial.

Elle représente aux yeux de

tous ceux qui la connaissent, un

exemple d’autosuffisance. Elle est

une mère attentionnée, une infirmière,

une comptable, une diplomate

et bien plus encore. Notre

société a toujours compté sur sa

résilience, son courage, son optimisme

et son imagination. C'est


elle qui nous a appris à ne pas

avoir peur d’exceller, à toujours

viser haut, et à ne jamais nous laisser

sombrer dans le découragement.

En terminant, je vous souhaite

à tous une excellente « Journée Internationale

de la Femme ». Un

environnement où la femme s'épanouit,

est un environnement où il

fait bon vivre.

Konpatriots ak

zanmi toupatou,

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

lòt bagay toujou. Se limenm ki

aprann nou toujou vize wo epi pa

janm dekouraje.

Pou m fini, m ap swete nou

tout yon bèl Jounen Entènasyonal

Fanm. Yon anviwonman ki bon

pou fanm se yon anviwonman ki

bon pou tout moun. Tout fanm

boyo, fanm poto mitan, fanm

vanyan, fanm lakay, MÈSI !

My dear compatriots

everywhere,

the weaker sex.

As for the Haitian woman, I am

among those who think she deserves

special consideration, special

respect. She is an astute

mother, a nurse, an accountant, a

diplomat and so much more. She

is the one who taught us to always

aim high, and never let ourselves

be discouraged.

In closing, let me wish each

and everyone of you an excellent

International Women's Day. An

environment that is good for

women, is good for everyone.

Nan ane 1977, Òganizasyon

Nasyonzini te chwazi dat 8 mas

la kòm Jounen Entènasyonal

Fanm yo. Nou tout konnen fanm

yo merite pou nou onore yo tout

tan paske tout wòl yo jwe depi

kòmansman limanite, fè yo

enkonparab. Sa fè yo merite tout

kalite respè avèk pwoteksyon.

Se vre nou toujou di fanm se

yon èt imen ki delika epi frajil ni

nan fizik li ni sou plan sikolojik.

Li bon lè nou panse fanm bezwen

epi merite tout kalite pwoteksyon

nan men sosyete a. Poutan, lè nou

gade tout responsablite, tout

devwa avèk tout obligasyon fanm

genyen depi nan douvanjou

limanite, nou dekouvri fanm nan

gen nan limenm yon fòs espesyal

ki fè l pi fò pase gason. Menm lè

fanm se manman limanite, menm

lè se gras a li limanite kapab siviv,

li konpòte l avèk yon bravte epi

yon delikatès ki fè nou di li se sèks

fèb la.

Kanta pou fanm ayisyèn, mw

se youn nan moun ki kwè li merite

yon konsiderasyon espesyal epi

yon respè espesyal. Li se yon

manman devwe, yon enfimyè, yon

kontab, yon diplomat avèk anpil

In the year 1977, the United

Nations chose the eighth day of

the month of March as International

Women's Day. We know

women deserve to be honored at

all times because all the roles they

have been playing ever since the

dawn of humanity, make them incomparable,

irreplaceable beings

worthy of respect and protection.

As a matter of fact, we often

see the woman as a fragile and

vulnerable being, both from a

physical and from a psychological

standpoint.

We are right in thinking

that women absolutely

deserve to be protected

by society. However,

when we consider the

duties, attributions and

obligations that have

been theirs since the beginning

of time, we discover

in them a special

kind of fortitude that

places them above men.

Even though woman is mother of

humanity and its ultimate guarantee

of survival, she carries herself

with such stoicism and such selflessness

that the world sees her as

— 7 —

MERCI DE VOTRE

ATTENTION!

THANK YOU FOR YOUR

ATTENTION!

MÈSI POU ATANSYON

NOU!

Lesly Condé

Ex-Consul Général d’Haïti

à Chicago

(26 août 2004-25 mai 2018)


WOMEN'S HISTORY MONTH

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Madeleine Féquière

Une étoile

très recherchée

— 8 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Ces fleurs, semées aux pieds de

ceux qui ont réussi en diaspora,

doivent être considérées par

nos jeunes comme une

valorisation permanente de

l’école, un refus global de

l’échec et de l’abandon, un

maillon essentiel à leur

avancement. Car le décrochage

scolaire est un passeport direct

vers la précarité. Il chagrine les

parents qui ont voyagé par

monts et par vaux pour leur

offrir ce qu’il y a de meilleur sur

terre : la connaissance.

Ce titre n’est pas

une métaphore,

c’est la pure réa

lité. Ce n’est pas

l’étoile de Beth

léem, mais c’est

notre p’tite étoile à nous. Tous les

« Chasseurs de têtes 1 internationaux

» caressent ce nom dans

leur agenda. C’est de l’or en bar-

MxD

re. En effet, sans surprise, les directions

des grandes entreprises

se l’arrachent. Dans le cadre du

« Mois de l’Histoire des Noirs »,

voilà un « succes story », un

exemple de réussite, à proposer

à nos jeunes.

Imaginez simplement 600

millions de dollars, un six et huit

zéros à placer entre les mains

d’une svelte dame, mince, élégante,

sans briser la baraque. Souriante,

simple 2 et calme, la ravissante

Madeleine Féquière peut

facilement passer inaperçue. Discrète

comme pas une et toujours

en contrôle, sûre d’elle-même,

vous n’auriez jamais imaginé

qu’elle porte sur ses frêles épaules,

cette masse de fric en tant que

« Chef du Crédit d’Entreprise

chez Domtar », une entité multinationale.

Elle assure la surveillance

et le soutien du risque

d’un portefeuille de 600M$ à

l’échelle mondiale », supervisant

7 équipes de 50 personnes.

En effet, c’est son contrat

actuel. Elle en a vu d’autres. Antérieurement,

elle a été cadre des

sociétés suivantes : Abitibi/Bowater,

Microsoft/Softimage, Téléglobe,

Foxboro et Archer Daniels

Midland. J’aurais aimé vous

parler d’elle en long et en large,

mais il y en aurait trop à conter.

Sa feuille de route est trop riche.

Je dois me résoudre à vous résumer

son parcours.

Elle a relevé de multiples défis.

Elle est très en demande. On

se l’arrache sur tous les plateaux.

Conférencière chevronnée et respectée

dans son champ d’expertise,

toutes les organisations de

gestion de risque veulent entendre

ce qu’elle a à dire au sujet des

investissements internationaux.

On la retrouve devant les cadres

de la « International Credit Trade

Finance » (ICTF), qui se délectent

religieusement de ses conseils.

Il en est de même pour ceux

de la « Finance Credit International

Business (FCIB), de la

« National Association Credit

Manager » (NACM), de la Credit

Institute of Canada (CIC) et

surtout de « l’Association des Di-

Par Max Dorismond

— 9 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 10 —

recteurs de Crédit, Québec »

(l’ADC).

Mais diantre ! d’où vient-elle?

Suivez mon regard, en pensant

surtout aux discours de l’unique

président le plus crétin, aux cheveux

en lance-flamme, qui avait

pris d’assaut la Maison Blanche,

suite à un malencontreux accident

de l’histoire.

En suivant le CV de Mme Féquière,

la première chose qui

nous saute aux yeux, c’est sa polyvalence

sur tous les marchés financiers

du monde. Voir son nom

figurer partout, on devine aisément

qu’elle est polyglotte, pour

occuper tous ces postes de directions

ou prononcer conférence

après conférence.

À la première lecture de ce

brillant parchemin, nous pouvons

ajouter que Madeleine n’a

nullement traîné la patte à

l’étranger. En laissant Haïti après

le collégial, elle a su meubler son

cursus universitaire, avec maints

diplômes à la clé. En voulez-vous,

en voilà! On y retrouve un en Finance

de « HEC - Université de

Montréal »; un « Baccalauréat

en traduction spécialisée

de l’Université Concordia »; un

« MBA court de « McGill Executive

Institute ». Il y a celui du

« Directors Education Program

de Rotman School of Management

» de l’université de Toronto,

puis une « Licence de L’Institut

des Administrations de Sociétés

» (I.C.D.D.; I.A.S.A). C’était

une sorte de sacerdoce. Il est clair

qu’elle adorait les études pointues.

Dans le dossier si dense de

Madeleine, ma curiosité fut attisée

par une pensée de paresseux,

à savoir où, ce p’tit bout de femme

a-t-elle pu puiser son énergie

pour embrasser cette carrière si

riche en évènements heureux :

multiples diplômes, maintes conférences

financières, divers conseils

d’Administration, gestion de

plusieurs entreprises qu’elle a

guidées avec succès? Voilà simplement

deux exemples, parmi

une vingtaine, pour votre édification

: « Aucune perte enregistrée

sur des actifs de 15M$ de dollars

pendant la crise financière en Argentine,

au Venezuela et en République

Dominicaine (2002-

2004); faire preuve d’ingéniosité

dans la faillite de K-Mart –

Économie : 5M$ (2003).

Dans ce résumé, je ne peux

passer sous silence tous les conseils

d’administration des grandes

entreprises qui ont retenu ses

services et qui ont bénéficié de la

présence de notre prolifique Madeleine.

De 2007 à 2020, j’en ai

dénombré près de 25. En 2021,

outre son leadership et ses fonctions

professionnelles, elle a trouvé

le temps et l’énergie pour s’investir

dans des causes humanitaires

et culturelles. Elle siège présentement

à titre de membre indépendant

aux « Conseils d’administration

de l’Université de

Montréal », « d’Investissement

Québec » et du « Centre Canadien

pour la Mission de l’Entreprise

».

Combien de PDG ont sablé le

champagne après avoir réussi à

obtenir le « oui » de notre congénère

? C’est une image rassurante

pour les investisseurs au niveau

international. Une marque

indicielle à inscrire sur le CA de

toutes entreprises d’envergure

qui se destinent à jouer dans la

cour des grands.

Malgré son emploi du temps

exigu, Madeleine a eu l’heureuse

idée d’offrir ses conseils aux plus

mal pris de son pays natal, en

s’impliquant dans des initiatives

de développement communautaire,

telles que FONKOZE et

KANPE. Ce dernier est une fondation

qui accompagne les familles

haïtiennes les plus vulnérables

vers l’autonomie financière,

dont elle a participé au lancement

avec sa bonne amie, l’exministre

Dominique Anglade, actuellement

cheffe de l’opposition

officielle au Parlement de Québec

et Régine Chassagne, d’origine

haïtienne, chanteuse et multi-instrumentiste

du célèbre groupe

musical Arcade Fire, au Canada.

Voilà! Nous avons toutes les

raisons d’être fiers. Dans la ligue

majeure de la finance, notre géniale

compatriote représente un

nom magique, une image de marque

dans un cadre de bronze. Son

étoile est encore vive. À notre progéniture

de chausser ses bottes !

Contrairement à l’image négative

que pourrait susciter l’évocation

de notre pays, Haïti, en raison

de nos turpitudes, les gestionnaires

des grandes entreprises de

l’Amérique, du sud au nord, savent

bien que nos congénères ont

du génie, et ce dans tous les domaines,

même s’ils viennent d’un

pays très pauvre.

Par conséquent, n’hésitez

point à présenter votre CV avec

assurance et fierté. Madeleine

Féquière a laissé, sur son chemin,

des paillettes d’or. Il revient aux

suivants d’en conserver leur éclat.

Félicitations,

chère Madeleine !

NOTE

– « Chasseur de têtes ». C’est un recruteur à la

recherche des meilleurs employés pour les

entreprises. Plus sa prise est excellente, plus son

pourcentage de rémunération est élevé. Toujours à

l’affût, il est à la recherche de la perle rare. Tu as fait

ta preuve dans ton entreprise, attends-toi à plusieurs

coups de fil qui t’invitent à changer de boîtes. Les

offres vont pleuvoir et les chiffres en $, sur la table,

vont te donner le vertige.

2 – La simplicité est le marqueur identitaire de la

famille Féquière que je connais fort bien. Le frère, de

Madeleine, l’ingénieur Yves Féquière, condisciple et

ami de mon frère Lionel, ses sœurs, Marie (Jean Vil)

et Venise (Comeau), que je rencontre à l’occasion dans

les évènements mondains…


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Open Letter to

US President

Joseph R. Biden

&

Canadian Prime

Minister Justin

Trudeau

— 11 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Serge M. Fontaine

3932 Folsom Avenue

Saint Louis, MO 63110

Saint Louis, Missouri — 25 Février 2021

Honorable Joseph R. Biden

President of the USA

Pennsylvania, Ave NW

White House

Washington, DC 20500

Mr. President,

My name is Serge M. Fontaine, I am a native of Haiti, now a US citizen residing in St. Louis,

Missouri.

With deep concern, I watched my country’s environment, socio-economic arena and political

spectrum fall into total disarray. As a result of lack of leadership by one individual in the person

of former president, Jovenel Moise, whose term of office, according to the Haitian

Constitution, expired on February 7, 2021. Through a series of unlawful referendums, he is still

holding unto power with the support of a corrupt police infiltrated by armed gang members.

The country is held hostage by factions of armed gangs entrenched throughout the country.

According to Article 134-a of our Constitution, the president’s term in office is 5 years.

However, Article 134-b made it clear that, the term of any president ends on February 7 which

concludes 5 years following the national elections. With the clarification paragraph brought in

by the Article 134-b, the number of years in office becomes irrelevant as long as the process is

respected, allowing a new president to take office in February 7 and so on. It is therefore a clear

violation of our Constitution when the former president insists on holding on to power giving

himself an extra year clearly in violation of the Constitution.

Mr. President, the torment endured due to police abuse is unbearable. Along with that, there are

daily countless cases of kidnapping by these gangs which burden distressed family members

with heavy ransoms. These hurdles are causing the carnage of our people as well as the

downfall of the democratic system in Haiti. And all this is taking place under the purview of the

US Ambassador, Michele J. Sison, and the UN special representative Helen Meagher La Lime,

who are seemingly supporting a defect-president on the verge of instilling and imposing a

dictatorship in our country.

To assert his will, the former president Jovenel Moise has already eliminated other branches of

government including the judicial and legislative, thus, governing the country by decree. Faced

— 12 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

with such a situation, the people have expressed their frustration through peaceful but massive

protests on the streets throughout the country. These peaceful protests are savagely put down by

the police shooting at protestors with tear gas, and live munitions resulting in fatalities.

Sir, the US and Haiti have shared quite a long history side by side. As the leader of a sovereign

country yourself, we trust that you are able to share our view that Haiti, as a sovereign state,

should do much better on the road of democracy without any hinderance. And it is in that

regard that, on behalf of Haiti and the Haitian People, I am asserting that, Haiti and the Haitian

people would be very appreciative if your administration would look at the facts with respect

to our plea vis-à-vis of our Constitution and stop all support aimed at enabling the former

Haitian president, Mr. Moise, to remain in office.

Haiti, for a long time now, has become a place where daily subsistence has become misery for

the majority and enrichment by the minority. Because of abuse and mismanagement, the

country is in turmoil, not to mention, mass-assassinations and political corruption. The Justice

system needs to be revamped to bring to justice, members of former and present Haitian

Governments to recover billions of dollars stolen from our country. Action is badly needed and

is impossible under the illegitimate Moise Government.

Mr. President, Haiti and the Haitian people are counting on your kind support.

Respectfully yours,

Serge M. Fontaine

3932 Folsom Avenue

Saint Louis, MO 63110

Hero_2001@att.net

773-343-8225

— 13 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Serge M. Fontaine

3932 Folsom Avenue

Saint Louis, MO 63110

Saint Louis, Missouri — 25 Février 2021

Honorable Joseph R. Biden

President of the USA

Pennsylvania, Ave NW

White House

Washington, DC 20500

Excellence Monsieur le Président,

Je m’appelle Serge M. Fontaine, je suis originaire d’Haïti, maintenant citoyen américain

résidant à St. Louis Missouri.

En tant que natif d’Haïti, j’ai observé avec une profonde inquiétude comment

l’environnement, l’arène socio-économique et le spectre politique de mon pays d’origine sont

dans une situation délétère en raison du manque de leadership là-bas, et aussi parce le

président déchu, Jovenel Moïse, dont le contrat a expiré le 7 février 2021 selon la Constitution

haïtienne, qui, à travers d’une série de référendums illégaux, s’obstine encore à s’accrocher au

pouvoir avec le soutien d’une police corrompue, infiltrée par des individus, membres de ces

gangs armés répartis dans tout le pays pour garder le peuple en otage.

Selon l’article 134-a de notre constitution, le mandat du président est de 5 ans. Cependant,

l’article 134-b stipule clairement que le mandat de tout président se termine le 7 février, donc

5 ans après l’année du début des élections. Avec le paragraphe de clarification apportée avec

l’article 134-b, le nombre d’années en fonction devient sans importance tant que le processus

est respecté, permettant à un nouveau président de prendre ses fonctions le 7 février et ainsi

de suite. C’est donc une violation flagrante de notre constitution lorsque l’ancien président

insiste à conserver le pouvoir pour se donner une année supplémentaire qui n’est

manifestement pas autorisée par cette constitution.

Monsieur le Président, les tourments du peuple dont les causes structurelles sont dues aux

abus de la police contre les gens sont on ne peut plus insupportables. Parallèlement à cela,

d’innombrables cas d’enlèvements par les gangs, qui sont subséquemment suivis par de

lourdes rançons à verser quotidiennement par les membres de la famille des victimes

deviennent encore plus ennuyants. Ces obstacles provoquent un carnage ainsi que la chute du

système démocratique en Haïti. Et tout cela se déroule au su et à la vue de l’ambassadeur des

États-Unis, Michele J. Sison, et de la représentante spéciale de l’ONU en Haïti, Helen Meagher

La Lime, qui insistent apparemment à soutenir un président de facto qui est sur le point

— 14 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

d’imposer une dictature dans le pays. Pour mieux affirmer sa volonté, l’ancien président

Jovenel Moïse a déjà éliminé toutes les autres branches du gouvernement, le judiciaire comme

le législatif, afin qu’il puisse gouverner le pays par décret. Face à une telle situation, la

population a exprimé sa frustration et sa réticence à accepter cette situation abusive du

gouvernement en se livrant a des manifestations pacifiques mais massives dans les rues de

tout le pays. Ces mouvements de protestations populaires sont souvent sauvagement contrecarrer

par la police où beaucoup de gens se retrouvent estropiés, blessés et même morts sous

l’effet des gaz lacrymogènes, les bastonnades et des munitions réelles tirés contre

manifestants.

Monsieur le Président Biden, en nous référant au passé, d’aucuns diront que les États-Unis et

Haïti ont partagé côte à côte une assez longue histoire. En tant que chef d’un pays souverain

vous-même, nous sommes convaincus que vous êtes en mesure de partager notre point de

vue selon lequel Haïti, en tant qu’État souverain, en parcourant sa voie dans la démocratie s’en

sortirait beaucoup plus mieux sans aucune entrave quelle que soit sa provenance. Et c’est à cet

égard que, au nom d’Haïti et du peuple haïtien, j’affirme que Haïti et le peuple haïtien vous

seraient gré, Monsieur, si l’administration Biden regardait les faits par rapport à notre

plaidoyer vis-à-vis de notre constitution et de mettre fin à tout soutien visant à aider l’ancien

président haïtien, M. Jovenel Moïse, à rester en fonction.

Haïti, depuis longtemps, est transformée en un lieu où la subsistance quotidienne devient un

luxe pour la majorité. En raison d’une mauvaise gestion, le pays est en proie à des abus, des

assassinats de masse et des corruptions à tous les niveaux de l’Etat. Le système judiciaire doit

être opérationnel pour traduire les criminels en justice, tels que les membres du

gouvernement actuel ainsi que ceux du gouvernement passé aux fins de récupérer des

milliards de dollars volés dans les fonds du pays. Une telle action, si nécessaire, ne peut pas

avoir lieu avec un illégitime gouvernement Moïse toujours au pouvoir.

Monsieur le Président, Haïti et le peuple haïtien comptent sur votre soutien pour une paix

durable, la sécurité et un retour à la démocratie.

Respectueusement vôtre,

Serge M. Fontaine

3932 Folsom Avenue

Saint Louis, MO 63110

Hero_2001@att.net

773-343-8225

— 15 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Monsieur Justin Trudeau,

Premier Ministre du Canada,

justin.trudeau@parl.gc.ca

pm@pm.gc.ca

Bureau du Premier Ministre et du Conseil privé,

80, rue Wellington St, Ottawa, ON K1P 5K9.

En ses bureaux.-

Montréal, le 19 février 2021.

Monsieur le Premier Ministre,

Nous, citoyen.ne.s canadien.ne.s d’origine haïtienne, citoyen.ne.s haitien.ne.s résidant au

Canada ou étudiant.e.s haïtien.ne.s dans différentes universités canadiennes, avons l’honneur

de vous faire parvenir cette présente pour demander au gouvernement canadien de se

désolidariser du gouvernement haïtien dont le mandat du Président de la République est

constitutionnellement arrivé à terme depuis le 7 février 2021.

Votre gouvernement n’a jusqu’à présent pas encore pris de position officielle et unilatérale

concernant la situation d’instabilité politique qui sévit en Haïti et alimentée par les mauvais

agissements et les décisions antidémocratiques du gouvernement haïtien en place, maintenant

de facto. Cependant, l’Organisation des États américains (OEA), les Nations unies à travers le

Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et le CORE GROUP, dont le Canada est

membre, soutiennent le Président haïtien. En l'absence d’une position officielle et unilatérale,

votre gouvernement est donc réputé apporter son plein et entier soutien au Président haïtien et

cautionne, en conséquence, ses mauvais agissements qui mettent en danger la population

haïtienne et la démocratie en Haïti.

Monsieur le Premier Ministre, une liste non exhaustive de tels agissements devrait vous

sensibiliser sur le fait que le Canada ne doit nullement continuer à apporter son soutien à un

Président de facto qui se maintient au pouvoir par la force et contre la position des forces vives

de la nation. Les faits dont il s’agit peuvent se classer en trois catégories: le démantèlement ou

l'affaiblissement des institutions républicaines, la « gangstérisation » des quartiers populaires et

la répression violente des mouvements populaires.

Permettez-nous, Monsieur le Premier Ministre, de vous rappeler, sinon de vous informer,

certains faits qui peuvent attirer votre attention sur le véritable démantèlement ou

l’affaiblissement des institutions républicaines. Il y a lieu de citer en effet:

la non-réalisation des élections telles que exigées par la Constitution haïtienne a permis au

Président Moïse de facto, d’une part, de constater la « caducité » du Sénat haïtien le 13 janvier

2020 et l’inexistence de la chambre des députés à partir de cette même date et, d’autre part, de

remplacer les conseils municipaux par des conseils intérimaires composés de membres proches

du Président;

l’affaiblissement de la Cour des comptes qui, par arrêté présidentiel, perd son droit de contrôle

— 16 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

sur les actes du gouvernement;

l’affaiblissement de la Cour de cassation depuis le début du mois de février 2021 par la

révocation illégale et arbitraire de trois juges, pourtant inamovibles selon la Constitution, et la

nomination en dehors des lois de la République de trois nouveaux juges réputés à la solde du

pouvoir. Un tel acte affaiblit davantage la justice haïtienne déjà fragilisée par le Président de

facto lui-même qui avait déclaré, le 13 décembre 2017, qu’il a été contraint de nommer 50

juges soupçonné.e.s de corruption dans le système judiciaire haïtien.

S’y ajoutent l'arrestation, la menace de mort et le mauvais traitement d’un Juge à la Cour de

cassation et de plusieurs autres personnalités faussement accusées par le gouvernement de

fomenter un coup d’État et de vouloir attenter à la personne du Président Moïse. Pour justifier

de telles actions, le Président prétend invoquer la Constitution pour constater la « caducité » du

Sénat imputé de deux tiers, et pour s'octroyer les pleins pouvoirs en revendiquant d'être le

garant de la bonne marche des institutions républicaines. Vous aurez compris, Monsieur le

Premier Ministre, la contradiction qui entache une telle prétention, car comment le Président de

la République peut-il garantir le bon fonctionnement des institutions républicaines et

démocratiques en les démantelant ou les affaiblissant ?

Monsieur le Premier Ministre, vous êtes sûrement informé de l’insécurité qui sévit en Haïti à

cause de la prolifération des gangs, notamment dans les quartiers populaires. Certains de ces

gangs, qui ont le soutien du pouvoir et qui seraient même reconnus par le Ministère des affaires

sociales et du travail par la création du groupe G9 et alliés, agissent pour le compte du

gouvernement et prennent des positions publiques au profit du régime en place. À titre

d’illustration, nous voulons attirer votre attention sur les faits suivants:

les divers massacres perpétrés dans diverses localités de la Capitale haïtienne, dont ceux de La

Saline en novembre 2018 et de Bel-air en novembre 2019, n’ont donné lieu à aucune arrestation

des membres des gangs impliqués et des personnalités politiques proches du pouvoir en

place soupçonnées d’avoir participé dans de tels massacres, malgré les différents rapports des

organisations haïtiennes de défense des droits humains et de l’ONU;

les nombreux cas de kidnapping dont la plupart sont revendiqués publiquement par des

membres du groupe G9 ne semblent inquiéter le pouvoir en place car aucun effort n’a été

constaté du côté des autorités policières pour faciliter la libération d’otages et, de surcroît, pour

aboutir à l’arrestation des kidnappeurs;

des membres des gangs réputés proches du pouvoir font l’objet de mandat d'arrêt et d’avis de

recherche mais circulent librement et organisent des manifestations publiques pro

gouvernementales et sous la protection de la police haïtienne.

Ce banditisme d’État crée une situation invivable pour les citoyen.ne.s haïtien.ne.s et les

ressortissant.e.s étranger.ère.s. En témoignent les nombreux cas d’assassinat et de prise d’otage

de citoyen.ne.s haïtien.ne.s et certains cas d’assassinat et de kidnapping de citoyen.ne.s

étranger.ère.s dont la tentative d’assassinat sur le canadien Philippe Fils-aimé et sa famille dans

la nuit du 22 au 23 décembre 2020, l’assassinat de M. Wilner Bobo dans la nuit du 27 au 28

août 2020, l'enlèvement le 23 janvier 2021 suivi de la libération contre rançon de M. Philippe

— 17 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Schubert Samedi, tous les trois citoyens canadiens d’origine haïtienne.

La police haïtienne vassalisée et déchirée par des conflits internes est incapable de protéger la

population. Bien au contraire, elle est utilisée par le pouvoir en place pour réprimer violemment

les manifestations populaires et pour assassiner les citoyen.ne.s, comme en témoigne

l’assassinat le 2 octobre 2020 d’un étudiant dénommé Grégorie St-Hilaire dans l’enceinte

même d’une faculté de l’Université d’État d'Haïti par un agent de l’unité de la Police

responsable de la garde présidentielle. Même le quartier de la résidence privée du Président de

facto, hautement surveillé par des agents de la Police nationale, a été le spectacle de

l’assassinat du Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, en l'occurrence Me.

Monferrier Dorval le 28 août 2020. Tous ces faits, dont la plupart font l’objet d'enquêtes

interminables, sont restés impunis. Il est à noter également, Monsieur le Premier Ministre, que

même l’organisation internationale de défense des droits de l’homme dénommée Avocat sans

frontières Canada avait plaidé en faveur de la création d’une commission d’enquête

internationale visant à faire la lumière sur l’assassinat du Bâtonnier, mais aucune suite n’a été

donnée du côté des autorités étatiques haïtiennes.

Monsieur le Premier Ministre, vous conviendrez avec nous que dans le cadre d’un pays

démocratique comme le Canada de tels actions et agissements seraient suffisants pour pousser

le peuple canadien à se soulever et à prendre définitivement congé de tout gouvernement qui en

serait reconnu responsable et coupable. Malgré les différentes manifestations populaires et

dénonciations des actes de corruption, de crimes financiers et de ce banditisme d’État, la

communauté internationale, y compris votre gouvernement, continue d’accorder son soutien au

Président sous le prétexte du respect du mandat présidentiel et de l’ordre constitutionnel, en

signe du respect du principe démocratique relatif au renouvellement du personnel politique par

l’organisation des élections.

Monsieur le Premier Ministre, les élections n’ont pas été organisées à temps par le pouvoir en

place pour renouveler le personnel politique des municipalités, du parlement et de la

présidence. Aujourd’hui, différents secteurs de la vie nationale se mettent d’accord pour

constater la fin du mandat présidentiel, selon la même interprétation de la Constitution

haïtienne dont le président de facto s’est servi pour constater la « caducité » du Sénat et

l’inexistence de la chambre des députés en janvier 2020. Pour vous aider à bien apprécier la

volonté du peuple haïtien exprimée par le canal de différents secteurs de la vie nationale ou par

les mouvements populaires, nous attirons votre attention sur les prises de positions suivantes:

le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, à travers une résolution datée du 6 février 2020, a

exhorté au Président de facto de respecter l’esprit et la lettre de l’article 134.2 de la Constitution

haïtienne amendée le 9 avril 2011, lequel article qu’il a lui-même utilisé pour constater la

caducité du Sénat et dont la lecture montre que son mandat est arrivé effectivement à terme le 7

février 2021;

le président du Sénat dans une note rendue publique le 8 février 2021 exprime sa position

personnelle en faveur du respect de l’article 134.2 de la Constitution;

la Fédération des barreaux d'Haïti a adopté le 30 janvier 2021 une résolution dans laquelle il a

été constaté que le mandat de Moïse prendrait fin le 7 février 2021;

— 18 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

le secteur religieux, à travers une note de la Konfederasyon vodou nasyonal entènasyonal

revolisyonè du 3 février 2021, un communiqué de presse de la Conférence des Pasteurs

Haïtiens du 9 février 2021 et un message des Évêques Catholique d'Haïti sous le label de la

Conférence Épiscopale d'Haïti, a pris position en faveur du départ du Président pour le 7 février

2021;

l'Université Quisqueya, à travers la Chaire Louis-Joseph Janvier sur le constitutionnalisme en

Haïti, a publié le 8 février 2021 une « note sur l’expiration du mandat du Président Jovenel

Moïse » qui montre que le mandat présidentiel se termine le 7 février 2021 selon une lecture

technique des articles 134.1 et 134.2 de la Constitution;

La diaspora haïtienne, à travers des notes publiées par des associations, dont « La voix des

réfugiés » aux États-Unis, et des notes de dénonciations ou des correspondances d’étudiant.e.s

haïtien.ne.s à l’étranger, dénonce les agissements antidémocratiques du Président de facto en

l’exhortant de respecter la fin constitutionnelle de son mandat;

La manifestation populaire organisée dans la Capitale haïtienne le 14 février 2021 où des

centaines de milliers de personnes ont investi les rues pour demander au Président de facto de

quitter le pouvoir et pour dénoncer le retour à la dictature en Haïti.

Monsieur le Premier Ministre, il n’y a pas que le peuple haïtien qui s'inquiète des dérives du

pouvoir en exprimant son refus des agissements antidémocratiques du gouvernement. En effet,

la Global Justice Clinic de New York University, l’International Human Rights Clinic de la

Harvard Law School et la Lowenstein International Human Rights Clinic de la Yale Law

School ont conjointement publié une déclaration le 13 février 2021 pour exprimer leur

préoccupation quant à la détérioration de la situation des droits de l’homme en Haïti. Ces trois

prestigieuses universités américaines sont parvenues à conclure, après analyse des textes de loi

et de la Constitution haïtienne amendée, que le « mandat de Jovenel Moïse est largement

considéré comme terminé le 7 février 2021 ». Au Canada, la Conférence religieuse canadienne

dans une lettre qui vous a été adressée le 11 février 2021 vous demande, Monsieur le Premier

Ministre, de « défendre les valeurs démocratiques en dénonçant ouvertement et clairement le

régime dictatorial instauré par le président Jovenel Moïse en Haïti ». Également, différentes

personnalités, dont l’ancien ambassadeur Stephen Lewis, l’animateur et écologiste David

Suzuki, l’auteure Naomie Klein et consorts ainsi que 100 autres universitaires, ont paraphé une

lettre pour demander au gouvernement canadien de mettre fin à l’appui donné au Président

haïtien considéré comme « répressif, corrompu et dépourvu de légitimité constitutionnelle ».

En outre, des québécois.es organisent, en ce jour même du 19 février, une manifestation contre

l’appui du Canada au retour de la dictature en Haïti devant le Bureau du Ministre des affaires

étrangères du Canada.

Monsieur le Premier Ministre, toutes ces prises de positions se basent sur le constat réel de la

mauvaise foi de monsieur Jovenel Moïse, qui ne veut pas respecter la Constitution, et de la

concentration du pouvoir sur sa seule personne. Il dirige le pays d’un bras de fer en se

garantissant de la protection de la Police nationale, des Forces armées d'Haïti, des gangs pro

gouvernementaux et d’un corps armé formé par le gouvernement dénommé Brigade de surveillance

des airs protégées. C’est donc à juste titre que le peuple haïtien et des citoyen.ne.s

étranger.ère.s, dont des canadien.ne.s, s'inquiètent du retour de la dictature en Haïti. Car, le

Président de facto légifère depuis janvier 2020, forme un Conseil électoral provisoire avec des

— 19 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

personnalités douteuses et selon son gré, prévoit de changer la Constitution en dehors des prescrits

constitutionnels et malgré les désaccords des forces vives de la nation, et s'entête à organiser des

élections malgré le refus de la société civile et de la majorité des partis politiques d’une telle

démarche, lequel refus étant provoqué par un déficit de confiance des membres dudit conseil

électoral.

La communauté internationale, dont le Canada, ne peut pas continuer à soutenir un Président qui

met en péril la démocratie en instaurant un régime dictatorial en Haïti. Monsieur le Premier

Ministre, le Canada doit entendre raison et écouter les forces vives de la nation haïtienne et les

citoyen.ne.s étranger.ère.s, dont les canadien.ne.s, qui demandent à Jovenel Moïse de respecter la

fin constitutionnelle de son mandat survenue depuis le 7 février 2021.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, nos salutations distinguées.

C.c. : Erin. O'Toole, Chef du Parti Conservateur (Erin.OToole@parl.gc.ca), Jagmeet Singh, Chef

du NPD (Jagmeet.Singh@parl.gc.ca) et Yves François Blanchet, Chef du Bloc Québécois (Yves-

Francois.Blanchet@parl.gc.ca).

-----------------------------------------------------------

Suivent les signatures :

Junior AGENA, étudiant à la Maîtrise en Droit des affaires à l’Université de Montréal.

Frantzy Beauvais, diplômé en Maîtrise en Travail Social à l'Université du Québec à Chicoutimi.

Jefferson Solon, travailleur social et étudiant à la Maîtrise en travail social à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

Junior Rosier, étudiant au doctorat en Philosophie à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

John Wesley DELVA, étudiant en communication et politique à l’Université de Montréal, poe`te.

Thervilson MULÂTRE, étudiant au doctorat en Philosophie à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Quesnel FILS-AIME, étudiant au baccalauréat en administration à l’Université du Québec à Montréal.

Alex Milhomme, diplômé à la maîtrise en administration de l’éducation, enseignant d’histoire et de géographie.

Cassandra Jean-Baptiste, diplômée en droit civil/ développement international et mondialisation.

Patrick Télémaque, diplômé à la maîtrise en éducation à l’Université d’Ottawa.

James OSNE, étudiant en science politique à l’Université de Montréal.

Wilson Jean, diplômé en Travail social et en Science de l’éducation.

Elie Diespt AUGUSTIN, Avocat et étudiant en Relation Internationale.

Astrude RENARD, Travailleuse Sociale, intervenante Psychosociale.

Richardson L. Charles, économiste, Global Supply chain management Specialist, Diplômé HEC Montréal

Evenold SENAT, étudiant en Maîtrise ès art sociologie, à l'Université d'Ottawa.

Marc Emmanuel Dorcin, Maîtrise en Droit, Université Laval.

Dieubon SAINTINE, Spécialiste en développement économique.

Handy Leroy, étudiant au Doctorat en Travail social, Université d’Ottawa.

Wilton Vixamar, Dr. en médecine, citoyen engagé.

Sabine BAZILE, Bachelière en travail social, agente de relations humaines.

Stevens AZIMA, étudiant au Doctorat en agroéconomie, Université Laval.

Josué FORTUNE, bachelier en criminologie, Université d’Ottawa.

Wadna Jean-Louis, étudiante en comptabilité et gestion.

Frantz ANDRÉ, Comité d'Action des Personnes Sans Statut (CAPSS).

Pour authentification :

Junior AGENA

junior.agena@umontreal.ca

Jefferson SOLON

solj02@uqat.ca

Cassandra Jean-Baptiste

cassandra.j-b@hotmail.ca

— 20 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Des écrivains de langue française

demandent à l’OIF de ne pas soutenir

les projets de Jovenel Moïse

À travers cette lettre ouverte,

datée de 24 février, plus de 40

écrivains de langue française

voient mal que l’Organisation internationale

de la francophonie

(OIF), dont l’existence n’est fondée

que sur l’exigence de solidarité

réelle avec les communautés

et pays de langue française, s’engage

aux côtés d’un pouvoir illégitime

qui multiplie les exactions,

les décrets et autres mesures

liberticides. Ils demandent à l’OIF

de ne fournir aucun appui à un

pouvoir décrié et rejeté par le pouvoir

judiciaire haïtien et de nombreux

secteurs de la société haïtienne.

Ces écrivains exhortent l’OIF

à soutenir un vrai processus démocratique

impliquant la mise en

place d’un gouvernement de transition

et l’initiation des procès

pour crimes de sang et crimes financiers

contre les dignitaires du

gouvernement de Jovenel Moïse.

« Vous n’êtes pas sans savoir que

le pouvoir utilise des gangs lourdement

armés par lui, comme

force répressive aux actions meurtrières

dans les quartiers populaires

», relatent les écrivains en

s’adressant à la secrétaire générale.

Les écrivains signataires attirent

l’attention de la secrétaire

générale de l’OIF que lors de manifestations

pacifiques, la PNH

tire à balles réelles sur les manifestants.

Ils soulignent aussi que

le pays fonctionne sans parlement,

sans élus locaux ; toutes les

échéances électorales n’ayant pas

été respectées par l’administration

de Jovenel Moïse. « Seriez-vous

assez dupe pour croire que, après

la fin de son mandat expiré le 7

février 2021, il voudrait et saurait

organiser des élections crédibles

», signalent-ils. Pour eux,

— 21 —

la situation d’Haïti est caractérisée

par la mise en place d’une dictature,

puisque, expliquent-ils, le

président de facto Jovenel Moïse

se maintenant au pouvoir par la

force au-delà de son mandat constitutionnel

expiré le 7 février

2021.

« Madame la secrétaire générale,

n’apportez pas votre soutien

à la folie dictatoriale dont est victime

le peuple haïtien, il y va de

votre crédibilité personnelle

comme de celle de l’OIF. Ne donnez

pas raison à celles et ceux qui

voudraient voir en l’OIF un fonctionnariat

indifférent aux problèmes

réels des peuples constituant

les cinq continents de la francophonie

», préviennent ces

écrivains.

Woovins St Phard

LE NATIONAL


ART

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Michèle Duvivier Pierre-

Louis, nouvelle Présidente

du Centre d’Art

Michèle Duvivier Pierre-

Louis est la nouvelle

Présidente du Centre

d’Art, a annoncé le Directeur

exécutif du centre, Jean Mathiot.

« Nous accueillons avec joie

Michèle Duvivier Pierre-Louis,

garante de la continuité de ce dynamisme

et de cette implication

qui œuvre à porter l’unicité de

l’art Haïtien toujours plus loin »,

a exprimé M. Mathiot.

La professeure d’histoire des

sociétés caribéennes et le XIXe

siècle haïtien et WPL Trailblazer

Award Winner 2020 succède à

Axelle Liautaud, dont le mandat

arrivait à échéance. Le travail remarquable

de Mme Liautaud, notamment

pour remettre sur pied le

Centre après le séisme de 2010 qui

en avait détruit le bâtiment, a été

salué.

« Le Centre d’Art continuera à

bénéficier de sa profonde connaissance

des arts et son engagement

auprès des artistes», a annoncé le

Directeur.

Mme Pierre-Louis, également

Présidente de la Fondation Connaissance

et Liberté (FOKAL),

prend la présidence de l’établissement

à un moment charnière de

son histoire, estime M. Mathiot,

avec l’acquisition récente d’une

maison historique de style Gingerbread

qui sera rénovée pour accueillir

la collection, le soutien aux

— 22 —

artistes haïtiens et les activités

culturelles de l’institution.

Institution culturelle créée en

1944 et reconnue d’utilité publique

en 1947, le Centre d’Art

œuvre depuis à la promotion de la

création artistique d’Haiti.

Rezo Nodwes

8 mars 2021


IN MEMORIAM

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Le père du réalisme haïtien,

Franck Louissaint, est mort

Franck Louissaint, l’artiste

peintre toujours en quête

d’un réalisme excessif, est

mort, le 5 février, à Pétion-Ville.

Il nous a quittés à l’âge de 71 ans.

On gardera de lui ses leçons, sa

technique et ses œuvres qui prolongent

sa vie dans l’éternité. Tant

qu’il y aura des hommes et des

femmes sensibles aux créations

artistiques, le souffle puissant de

Franck Louissaint continuera à

émerveiller et inspirer des générations,

Au Festival Haïti, le printemps

de l’Art, les toiles de Louissaint

suscitaient des commentaires.

À la galerie d'art Nader, l’œil

des excursionnistes, conduits par

Pierre Chauvet de l'Agence Citadelle,

saisissait la précision illusionniste

de cet artiste qui représente

les scènes de genre dans une

imitation réaliste digne d’un instantané

photographique.

Louissaint, du haut de son art,

arrivait à reproduire les scènes de

la vie quotidienne urbaine et campagnarde

à l’identique. Pour peu

que les galeristes ne fassent pas

attention, certains visiteurs tenteront

de poser la main sur la peinture

de cet illusionniste.

— 23 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

À l’occasion de la mort de ce

professeur de l’École nationale

des arts (ENARTS) qui a formé

plusieurs artistes, Marie-Alice

Théard de Festival Arts a tenu ces

propos : « Nous lui souhaitons une

traversée colorée et poétique vers

la Maison du Père. »

La disparition de ce maître ravive

les souvenirs de Mérès Weche

: «Le Franck Louissaint que

j’ai interviewé, il y a quelques

années, fut cet hyperréaliste qui

faisait partie de “Carrefour J”, une

exposition plurielle organisée, à la

fin des années 90, à l'Institut français

en Haïti, au Bicentenaire, par

Michel-Philippe Lerebours.

Franck Louissaint exposait en

compagnie de Jean-Claude Garoute,

dit Tiga, Philippe Dodard,

Gesner Armand, Dieudonné Cédor,

pour ne citer que ces quatre

artistes qui me viennent à la mémoire.

L'hyperréalisme que pratiquait

Franck Louissaint est ce

genre pictural universel dans lequel

la peinture avoisine la photographie

dans ce qu'elle a de plus

figuratif. Il s'avisait à reproduire

le plus fidèlement possible les scènes

de la vie quotidienne haïtienne,

en y mettant certainement

du sien, conformément au

concept de Bacon qui veut que

l'art soit l'homme ajouté à la nature.

»

La tendance «hyperréaliste»

chez Louissaint s’inspire du

mouvement enclenché aux

États-Unis dans les années 60.

Cette peinture vise à montrer

les gens dans leur milieu de vie

sous un angle objectif. Le concept

même d’hyperréalisme invite

le curieux à explorer le

monde de ces artistes. On rencontrera

Ron Mueck, Chuck

Close, Denis Peterson, Latif Maulan,

Olumide Oresegun... ces magiciens

ont fini par créer, à force

de travail et de précision d’orfèvre,

des œuvres qui dépassent la

réalité.

Pour le critique d’art Gérald

Alexis, « est hyperréaliste lorsque

l'image montre ce que l'œil ne

prend pas le temps de voir ». Pour

illustrer, « dans une peinture de

— 24 —

Richard Estes montrant la façade

d'un café, on peut voir non seulement

des clients attablés mais aussi

et surtout tout ce qui, dans l'environnement,

se reflète dans la

vitrine de ce café ».

Franck Louissaint,

l’enfant d’Aquin

devenu maître en art

Franck Louissaint est né à

Aquin, une ville côtière du sud

d’Haïti, le 22 octobre 1949. C’est

dans cette ville portuaire située à

37 kilomètres de la ville des Cayes

qu’il a fait ses études primaires

www.naderhaitianart.com/franck-louissaint-24x30-abstract-1991-oil-on-canvas-framed-2fc/

avant d’aller dans la république de

Port-au-Prince, ville tentaculaire

qui engloutit toutes les ressources

intellectuelles du pays. C’est à

Port-au-Prince qu’il se frotte aux

Beaux-Arts. Il est attiré par le

Centre d’art, cette institution culturelle

mise sur pied en 1944.

L’histoire retiendra que l’aquarelliste

américain DeWitt Peters,

Maurice Borno, Albert Mangonès,


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Collection Karine Smith-Joseph, Evaston, Illinois

lisation des couleurs. Bien des

années plus tard, il transmettra ce

savoir à plusieurs générations

d’étudiants au Centre d’art avant

d’aller enseigner, en 1983, à

l’École nationale des arts que dirige

actuellement Philippe Dodard.

À la Faculté de génie et d’architecture

(GOC), ses anciens étudiants

se souviennent de l’enseignement

de ce passionné du dessin.

Par correspondance avec

l’école ABC de Paris, il avait appris

à exercer, à partir de l'expression

de la main, la technique de

représentation visuelle.

Suite au tremblement de terre

— 25 —

Gérald Bloncourt, Jean Chenet,

Raymond Coupeau, Georges

Remponeau, Antoine Derenoncourt,

Raymond Lavelanette, Philippe-Thoby

Marcelin, Antonio

Joseph, Philomé Obin, Rigaud

Benoit et Adam Léontus sont les

fondateurs de cette institution.

Au Centre d’art, Louissaint

rencontre tout un univers d’artistes

: Hector Hyppolite, Rigaud

Benoit, Wilson Bigaud, Préfète

Duffaut, Jasmin Joseph, Georges

Liautaud, Édouard Duval Carrié.

Dans ce lieu de transmission de

savoir, ces maîtres lui apprendront

l’art de la composition et de l’utien

Haïti qui avait abîmé plusieurs

oeuvres d’art, Franck Louissaint

et Jean Ménard Derenoncourt

avaient bénéficié de l’institution

américaine Smithsonian des

bourses pour étudier la conservation

d’œuvre d’art à l’université

Yale aux États-Unis (août- septembre

2012). Ces bourses accordées

à ces deux professeurs de

l’ENARTS participaient au projet

de sauvetage du patrimoine culturel

haïtien visant à récupérer,

sauvegarder et restaurer des

œuvres d'art, des artefacts, des

documents, des médias, et des éléments

architecturaux haïtiens endommagés

et mis en péril par le

séisme de 2010 et ses conséquences.

Durant un mois, Louissaint et

Derenoncourt avaient visité plusieurs

musées des États-Unis et

avaient travaillé dans les ateliers

de l’université au Connecticut.

Franck Louissaint a eu un parcours

qui a marqué les esprits. Sur

l’angle des expositions, on notera

: Galerie Nader, Pétion-Ville; The

Nicole Gallery, Chicago, États-

Unis; Le Centre d’art, Port-au-

Prince, Haïti; Galerie Grégoire

Perlinghi, Bruxelles, Belgique;

MUPANAH, Port-au-Prince, Haïti;

Museo de Bellas Artes de la

Havane, La Havanne, Cuba; Les

Ateliers Jérôme, Port-au-Prince,

Haïti; Galerie Lakaye, Los Angeles,

Etats-Unis; The Florida Museum

of Hispanic and Latin American

Art, Floride, Etats-Unis;

Modern haitian Masters, Galerie

Malraux, Californie, Los Angeles,

États-Unis; 24e session de la conférence

générale de l’UNESCO,

École nationale des arts, Paris,

France; Festival International du

Dessin Contemporain, Paris,


France; Marvels of the World,

Haiti Art World, États-Unis; Folk

Arts of Haiti, Federal Plaza Building,

Etats-Unis; Titania Art

World, New York, États-Unis;

Collège Saint Pierre, Port-au-

Prince; Institut français en Haïti,

Port-au-Prince; Aurelia Gallery,

Evanston, Illinois, Etats-Unis.

La critique d’art, Dr Marie-

Alice Théard, a dressé le portrait

de l’artiste en ces termes :

« Franck Louissaint, homme pondéré,

très discipliné, ayant un respect

profond de l’éthique, fut l’un

des plus remarquables représentants

de la deuxième génération

de peintres haïtiens. Peintre réaliste,

ayant une grande maîtrise

technique, il favorisa la dominance

de la lumière dans ses scènes

de la vie de tous les jours et des

gens du peuple. Grâce à ses nombreuses

expositions, il a impressionné

son public et ses collectionneurs

par un accrochage fait

au Centre d’art à la fin des années

80: ce fût une exposition de

miniatures plus petites que des

timbres postes et décrivant avec

minutie les détails des sujets présentés.

Franck Louissaint est arrivé

jusqu’à une période impressionniste

où il a su faire chanter

ses pinceaux sur une technique

aboutie et aux vibrations musicales.

Il a laissé une production impressionnante

de beauté. Sa maestria

technique ne s'étant jamais

dissociée de la poésie de son inspiration.

»

Claude Bernard Sérant

Le Nouvelliste

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Franck

Louissaint

et la

peinture

haïtienne !

— 26 —

Wed, 29 Aug 2018 — LE NATIONAL


L’artiste Franck Louissaint.

Quand la sagesse se mélange à la

science dans l’art haïtien, cette

recette porte le nom de Franck

Louissaint. Artiste professionnel,

respecté dans tous les milieux artistiques

et culturels, et toujours

disponible à partager ses connaissances

et ses expériences avec les

plus jeunes, il est l’un des plus

anciens professeurs au centre

d’Art et à l’École nationale des

Arts (ENARTS) depuis 1984.

Dans ses oeuvres, il se concentre

et se consacre à arrêter le temps,

en nous proposant des portraits et

paysages hyperréalistes. Coup

d’oeil sur le parcours et le palmarès

de ce génie de l’art haïtien,

un des pionniers à contribuer à la

mise en place du programme

d’éducation artistique et culturelle

pour le ministère de l’Éducation

nationale et de la Formation professionnelle

en Haïti. L’ascension

de Franck Louissaint entre les

décennies : 1949, 1969, 1979… !

Le 22 octobre 2019, l’artiste peintre

Franck Louissaint aura 70 ans.

Certainement un âge qui va coïncider

avec le chiffre sept de la perfection.

Connu comme l’un ou le

père du réalisme dans la peinture

haïtienne, c’est au centre d’Art

qu’il a fait ses débuts en 1969 à

l’âge de 20 ans. Et depuis, il continue

d’enrichir l’art haïtien et le

patrimoine mondial avec des oeuvres

qui se confondent souvent

avec l’image proposée par les

meilleures caméras photo.C’est en

1979 qu’il a participé à sa

première exposition de groupe à

Paul Waggoner Gallery. La

représentation de la cathédrale de

Port-au-Prince, détruite par le

séisme du 12 janvier 2010, constitue

l’une des plus belles pièces

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

réalisées par l’artiste, dans sa

carrière.Portraitiste de la réalité

quotidienne, on ne se fatigue pas

d’apprécier son travail. On se

questionne surtout sur le pourquoi

Collection Karine Smith-Joseph, Evasnton, Illinois

— 27 —

et le comment l’artiste arrive à

maitriser les techniques de la

représentation avec précision, et

à disposer assez de temps et de

patience pour reproduire chaque

trait, chaque point, entre les nuances,

l’ombre et la lumière.Un

artiste internationalement reconnu

et respecté ! Sur le site de Castor-Hara,

le portrait de ce professeur

de l’École nationale des Arts

(ENARTS), se présente comme

suit : « C’est au centre qu’il a appris

le dessin, la composition et

l’utilisation de la couleur. Chacune

de ses oeuvres nous met en

présence des scènes de la vie quotidienne.

Dans ses toiles, le temps

semble s’arrêter. Les personnages

sont saisis dans leur action. Son

approche du labeur quotidien de

nos hommes et de nos femmes

montre son sens poussé du réal-


isme. L’artiste est ainsi parvenu

à un réalisme si précis qu’on

n’hésite pas à comparer ses oeuvres

à des photographies. Cependant,

sa peinture va bien plus loin

que la photo. C’est une oeuvre qui

repose de préférence sur le sens

aigu de l’observation, sur la mémoire

fidèle de l’artiste. »

L’article poursuit : « Franck Louissaint

sait choisir ses sujets. Il les

traite avec une minutie qui invite

et fascine le regard. Franck Louissaint

aime marcher dans les

quartiers de Port-au-Prince avec

son carnet à la main, en cherchant

des scènes particulièrement

émouvantes qui l’inspirent. En

face d’une toile de Franck Louissaint,

on est vraiment spectateur,

jamais le dialogue n’est amorcé

entre nous et le sujet. Ces scènes

de genre ne sont pas narratives.

Elles disent un fait, un moment,

sans le moindre commentaire. Ce

fait, ce moment, cette peinture

nous les rend dans une vérité qui,

elle-même, alors soulève des interrogations,

des commentaires et

pousse à la réflexion. »Franck

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Louissaint expose et explore

les frontières ! Avec

un parcours très élogieux,

on peut citer quelques-unes

de ses expositions individuelles

réalisées en Haïti et

dans plusieurs autres pays.

La première exposition individuelle

de Franck Louissaint

remonte au centre

d’Art en 1980. Et depuis, il

a pris son envol pour

présenter ses oeuvres et

performer à Nicole Gallery,

Chicago IIlinois 1987,

1996 et 1997. Il est revenu

au centre d’Art en 1994

pour une autre exposition

solo. La même année, ses oeuvres

ont été également présentées à

Nicole Gallery Chicago IIlinois.

Il a également exposé à galerie

Nader en 2000, 2003 et

2004.Peintre à cheval sur plusieurs

générations, il a aussi exposé

avec de nombreux courants,

mouvements et tendances artistiques.

Dans la liste de ses multiples

participations à des expositions

collectives on peut citer :

l’exposition de Groupe Paul Waggoner

Gallery 1979, l’exposition

de Groupe Aurelia Gallery, Evanston

en1981, la deuxième exposition

« Miniatures » au Centre

d’Art 1983, l’exposition en duo

avec Lionel Saint Eloi à Chicago,

Illinois en 1983, l’exposition collective

à Boston en 1983,

l’exposition collective à l’Institut

Français d’Haïti 1983, et sans oublier

l’exposition collective de

dessin au collège Saint-Pierre

réalisée en 1986.Hommage à

Franck Louissaint, un artiste peintre

accompli ! En dehors de ses

nombreuses participations au Festival

international Aquin, Franck

— 28 —

Louissaint a été l’un des grands

maitres de la peinture haïtienne à

participer à l’initiative « Création

à Ciel Ouvert », organisée les 15

et 16 décembre 2007, à l’hôtel Le

Montcel.Ses oeuvres figurent

dans de nombreux catalogues et

des publications sur l’art haïtien.

Notamment par la qualité de son

travail, et par le sérieux et la discipline

que cet artiste entend affirmer

dans ses relations professionnelles

et comme professeur

dans l’une des institutions culturelles

les plus instables en Haïti.

Ce qui nous laisse comprendre,


pourquoi il est autant

et souvent effacé

lors des crises,

malgré tant de déceptions

dans le

milieu culturel local

et ses conseils,

ses consultations et

ses contributions

dans l’éducation de

plusieurs générations

d’élèves, de

jeunes et des artistes.

Un artiste

très humble et

même effacé, qui

ne fait certainement

pas de bruit

comme beaucoup

de tonneaux dans

les milieux culturels

haïtiens.En

disposant des oeuvres

dans la plupart

des grandes collections

publiques et

privées dans le

pays et l’étranger,

après avoir servi le

pays à travers le

centre de Sauvetage

des Biens

culturels porté par la Smithsonian

des États-Unis, dans le cadre de

la récupération des collections

d’oeuvres enfouies sous les décombres

du centre d’Art en janvier

2010, on n’attendra certainement

pas le grand voyage de ce

grand maitre de l’art haïtien, pour

saluer ses accomplissements.À

quand l’organisation d’une exposition

rétrospective autour des

oeuvres de Franck Louissaint, ou

un documentaire pour saluer son

parcours, son palmarès et ses performances

dans l’art haïtien et la

culture en général ? Ces femmes

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 29 —

sont souvent

perdues entre

les ombres et les

nuages multicolores,

avec

leurs beaux

sourires et des

regards pétillants,

cet ancien

de l’ENARTS

navigue dans un

ciel esthétiquement

exotique et dans certains cas

érotique.Yves Antoine Dessalines

ne laisse pas trainer sa palette

Dessalines maitrise parallèlement

et parfaitement les techniques de

réalisation des portraits au crayon

comme avec la peinture.

Quand les commandes ne le portent

pas à dessiner quelques visages

de personnalités importantes

ou des membres de nombreuses

familles, on retrouvera sa signature

dans des portraits soigneusement

exécutés en hommage

à Gandhi, et tant

d’autres icônes

internationaux.La religion

n’est certainement

pas exclue dans les

choix des sujets sélectifs

de l’artiste. Des personnages

comme « Jésus

» ont pris place dans

la palette de ce dernier.

Ce qui nous laisse croire

que l’artiste n’est pas

insensible aux questions

de la foi, et de tant

d’autres valeurs religieuses,

spirituelles,

humanistes et

universelles.En attendant

de revisiter la

prochaine exposition

personnelle ou la participation

de Yves Dessalines

dans des manifestations collectives,

nous allons continuer à

encourager cet artiste peintre dans

sa démarche solitaire de créer, tout

en invitant les collectionneurs

dans un élan solidaire à se procurer

de quelques-unes des meilleures

oeuvres picturales qui attendent

dans l’atelier de l’artiste à

Port-au-Prince.Pour reprendre

André Malraux, « L’art, c’est le

plus court chemin de l’homme à

l’homme ».Notes : JEUDI, Inema


: Gouyad Legede , Éditions Ruptures,

2010JEAN-SIMON, James

Stanley : La poésie comme voyage,

Controverseshaïti.org, Fleurs

et poèmes, 2017Ibidem : À la

frontière du littéraire : le fictif et

le lyrique » (© Potomitan,

2017),PRICE-MARS, Jean : La

vocation de l’élite, 1929Mère

pour la première fois à 13 ans, puis

de nouveau à 15 ans, deux fois

divorcée, Aretha Franklin a parfois

laissé entendre que son histoire

amoureuse était jalonnée de

déceptions, même si elle se réfugiait

toujours derrière une indéfectible

pudeur.Sachant que la

culture est une chance pour la

génération actuelle comme le

vodou l’a été pour les ancêtres,

nous n’avons d’autres choix que

d’agir, en misant sur les trois intelligences

culturelle,

économique et collective pour

sauver ce patrimoine

national.FOUCHARD Jean, Les

marrons de la liberté, Paris, Editions

de l’école, 1972.HURBON

Laennec, Dieu dans le vaudou

haïtien, Editions Henri Deschamps,

1987.MADIOU Thomas,

Histoire d’Haïti, tome I,

1492-1799, Haïti, Editions Henri

Deschamps, 1989.MANIGAT

Leslie François, Eventail

d’histoire vivante d’Haïti, Haïti,

Collection du CHUDAC,

2001.MARS Jean-Price, Ainsi

parla l’oncle, Editions Fardin,

2011.MARX Karl, Manuscrits

de 1844, traduction de M. Rubel,

Editions Gallimard, 1968.ME-

TRAUX Alfred, Le vaudou haïtien,

Editions Gallimard,

1958.PIOTTE Jean-Marc, La

pensée politique de Gramsci,

version électronique, 1970.

SARTRE Jean-Paul,

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

L’existentialisme est un humanisme,

Texte intégral de la conférence

donnée par Jean-Paul Sartre

à Paris le 29 octobre 1945.Me

faire signer la reddition de mes

combatsTu peux tuer mes enfantsTuer

ma femmeTuer tous les

miensEt me tuerMais tu ne peux

tuer mon rêveTu ne peux tuer

l’espoirSans un pli sans une ride

Mais notre bonheur est suggestif

Et métaphorique Ne l’avons-nous

pas lu Dans le braille dictionnaire

des amours Ne l’avons-nous pas

— 30 —

soutiré Des coeurs en quête

d’extase. (p.14) L’oeuvre poétique

‘Migrations insu­laires’ est

habitée par les images de la transparence

et de la pureté. Les

poèmes sont écrits dans une

langue subtile et raffinée. Ils

créent un univers où les objets et

les lieux ne sont pas décrits, mais

évoqués, sug­gérés par le jeu du

rythme et des images. C’est un

recueil à lire pour entendre le

souffle et les murmures de ces

deux poètes.

Collection Haitian American Museum of Chicago HAMOC. Donated by Nicole

Smith of the Nicole Gallery.


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

HAITI, LE PRINTEMPS DE L’ART

Le souffle du

Printemps de l'Art

à Galerie Nader

C’est le moment d’aller

à Galerie d’art Nader

en ce Printemps de

l’art du festival d’Art contemporain.

Du 14 au 31 janvier, la galerie

au No 50 de la rue Grégoire,

Pétion-Ville, donne accès gratuitement

au grand public et ouvre

notre imaginaire sur un vaste trésor

enfoui dans son enceinte. La

galerie a sélectionné quarantequatre

artistes qui parlent à l’âme

haïtienne à travers 78 œuvres

dont plusieurs remontent aux années

40, 50, 60, 70, époque faste

de la peinture haïtienne.

Vous découvrirez Simil, un

magicien de la beauté, de l’élégance

et de la grâce. Influencé par

l’art égyptien et le peintre viennois

Gustav Klimt, ses divines silhouettes

ornées de bijoux en or

ont aussi des accents de

ténébrisme qui renvoient au peintre

italien Michelangelo Merisi da

Caravaggio, (Caravage).

Vous prendrez plaisir à accrocher

votre regard sur un Lyonel

Laurenceau. Quelle touche exceptionnelle

! Quelle virtuose du détail

! La toile de Laurenceau est

un hymne à la tendresse, à la sensibilité

qui nous plonge dans les

yeux des personnages qu’il représente.

Après avoir regardé ces

yeux, ils vous poursuivent.

Vous admirerez un nu de Luce

Turnier parce que l’artiste n’a pas

— 31 —

peint le corps de cette femme, elle

a capté l’état d’âme de son modèle.

Vous serez plongé dans l’abstraction

aussi avec Jacques Gabriel.

Toute cette géométrie spatiale

prend toutes ses libertés avec

ses formes cubiques qui rappellent

le cubisme, mouvement artistique

qui a fleuri en Europe avec Pablo

Picasso, Georges Braque, Juan

Gris, Jean Metzinger, au début du

XXe siècle.

Jacques Enguerrand Gourgue,

reste un coup de cœur pour Georges

Nader. Il considère ce peintre

comme un Salvador Dali tropical,

le Salvador Dali de la peinture

haïtienne.

Une toile de Georges Hector

titrée « Flora », datée de 1965,

véhicule une charge émotive

dans les traits d’une jeune

femme. Sinistrée, tout son

corps, ses yeux, sa bouche,

son visage expriment intensément

son angoisse. Les ravages

du cyclone Flora sont

dans l’expression de cette

femme. Cette toile est une

belle illustration de

l’expressionisme, un courant

artistique apparu en Europe au début

du XXe siècle.

Dieudonné Cédor, ce peintre

du peuple haïtien, si on veut prêter

les mots de Jacques Stephen

Alexis, devient un repère pour les

amateurs d’art, à la Galerie Nader.

Les toiles du natif de l'Anseà-Veau

font remonter à Rigaud

Benoît, son maître. Et tout naturellement

les conversations se déploient

autour de Luckner Lazard,

Roland Dorcély, Galerie Brochette

dans la commune de Carrefour,

l’Ecole Nationale des Arts.


Armand, Gesner 10X12 #2705

Le ministre de la Culture et de la

Communication, Pradel

Henriquez, a un coup de cœur

pour cet artiste autant que pour

Jean-René Jérôme. Le temps d’un

regard, Henriquez fait une plongée

dans sa jeunesse estudiantine.

La toile de Cédor lui fournit un

support pour parler de sa carrière

de peintre dans une première vie

et de sa grande aventure littéraire.

On n’a jamais fini de découvrir ce

grand maître.

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Michelle Manuel •

Ronald Mevs • Charles

Obas • Max Pinchinat •

Lucien Price • Rolf

Sambale • Bernard Séjourné

• Emilcard Simil

• Sacha Tébo • Jean-

Pierre Théard • Tiga •

Luce Turnier • Valcin II

• Bernard Wah.

Le grand public est

convié à cette première

fond des problèmes du pays, prenons

aussi le temps d’offrir au

public une autre facette d’Haïti.

Posons notre regard sur la fine

fleur de la sensibilité humaine.

Haïti n’est pas seulement des ordures

dans les rues, Haïti n’est pas

seulement le pays des barricades

et de la violence qui se répand

dans les réalités physique et virtuelle.

Au cœur d’un patrimoine

L’exposition-vente présentée

par Nader nous place au cœur

d’un patrimoine. Allons voir :

Arijac • Gesner Armard • Tamara

Baussan • Mario Benjamin • Ludovic

Booz • Dieudonné Cédor •

Etzer Charles • Emile Denis •

Rose Marie Desruisseau • Philippe

Dodard • Roland Dorcely •

Edouard Duval Carrié • Franck

Etienne • Jacques Gabriel • Paul

Claude Gardère • Eric Girault •

Jacques Engeurand Gourgue •

Georges Hector • Hippolit • Carlo

Jean Jacques • Néhémy Jean •

Jean-René Jérôme • Antonio Joseph

• Lionel Lauranceau • Luckner

Lazard • Jean-Claude

Legagneur • Franck Louissaint •

Ernst Louizor • Elzire Malebranche

• Manès Descollines •

Saintvil, Murat 8X10 #1607 - Oil on Canvas

édition. Mais dans dix ans on trouvera

des journalistes qui poseront

cette question : à quand remonte

la première édition de « Haïti, le

Printemps de l’Art ?

Si vous avez raté le lancement,

il est temps de vous rattraper. Du

14 au 31 janvier, Galerie d’art

Nader vous donne rendez-vous à

une grande réjouissance pour les

yeux.

Les journalistes ont un formidable

moyen pour sensibiliser le

public à un sujet. Voilà un événement

à placer sous les projecteurs

de l’actualité à côté d’une mine

de stress qui nous saute à la gorge.

Tout en continuant à creuser le

Dans cette courte parenthèse

ouverte au début de l’année, accordons-nous

une bouffée d’oxygène.

Cette bouffée souffle des

couleurs aux tons différents, des

tracés, des formes sur divers supports

de différentes dimensions.

Ce sont des œuvres artistiques à

Galerie d’art Nader. Ces œuvres

nous parlent.

Publié le 2021-01-15 | Le

Nouvelliste

— 32 —


DIPLOMATIE

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Le nouveau Représentant

permanent d’Haïti présente

ses lettres de créance

Viard était, de novembre 2019 à

juillet 2020, Consul général

d’Haïti à Boston, aux États-Unis.

Il a auparavant été Chef de poste

au Consulat général d’Haïti à

Montréal (Canada), de mai 2016

à juillet 2017, après avoir été Consul

général d’Haïti à Montréal de

2012 à 2015.

M. Viard a également travaillé

dans le secteur bancaire privé,

ainsi que dans l’enseignement

universitaire haïtien, où il a été

professeur de droit des affaires de

2005 à 2007. M. Viard est en outre

inscrit au barreau de Port-au-

Prince depuis octobre 2000.

Le nouveau Représentant permanent

est notamment titulaire

d’une maîtrise de gestion de l’Institut

d’administration des entreprises

de l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne,

d’un diplôme de

troisième cycle en banques et systèmes

financiers du Centre d’études

financières, économiques et

bancaires de Marseille et d’un diplôme

en sciences juridiques de

la Faculté de droit et de sciences

économiques d’Haïti.

Outre le créole, M. Viard maîtrise

le français et l’anglais.

M. Justin Viard a présenté

aujourd'hui à Mme Tatiana

Valovaya, Directrice générale de

l’Office des Nations Unies à Ge-

nève, les pouvoirs l'accréditant

comme Représentant permanent

d’Haïti auprès de l'Office.

Avant cette nomination, M.

— 33 —

https://www.ungeneva.org/fr


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

MESSAGE DE LESLY CONDÉ À L’OCCASION DU

« MOIS DE L’HISTOIRE DES NOIRS »

Chers concitoyens et amis de

partout,

J'ai l'insigne privilège de

vous saluer très chaleureusement

alors que nous

accueillons tous ce mois de

février 2021 avec tous ses défis

et toutes ses appréhensions. Ce

mois qui est le plus court de

l'année, est aussi le Mois de

l'Histoire des Noirs. C'est une

période au cours de laquelle on

parlera de la contribution

relativement récente de certaines

personnes de race noire, dans

divers domaines. Comme nos

systèmes éducatifs omettent de

souligner clairement ces contributions,

le Mois de l'Histoire

des Noirs constitue une

parenthèse condescendante,

souvent agréablement

surprenante.

Je dois dire, en tout premier

lieu, que le mois de février de

chaque année est loin de suffire

pour couvrir tous les aspects de

l'expérience de la race noire sur

cette planète. Je crains que ceux

qui ont pensé à dédier ce mois à

l'histoire des Noirs n'aient

commis l'erreur de croire que

l'histoire de cette race a

commencé avec l'esclavage. Si

l'Afrique est le berceau de

l'humanité, si les arts, la science

et les sociétés organisées prirent

naissance sur le continent

africain, l'histoire des Noirs ne

peut tout simplement pas être

l'affaire d'un mois.

L'histoire des Noirs est, en

effet, une histoire que la

colonisation et l'esclavage ont

savamment falsifiée pendant des

siècles. Aujourd'hui, les preuves

scientifiques ont établi au-delà

de tout doute que l'Égypte du

temps des pyramides fut noire.

Ce genre d'information a sa

place dans nos salles de classe.

L'histoire des Noirs est, hélas,

une histoire de patrimoines

usurpés, et de braves

visionnaires lâchement

assassinés. Pour se retrouver, ce

peuple noir a besoin de

découvrir sa vraie histoire, et d'y

croire.

On ne peut pas parler de

l'histoire des Noirs sans

— 34 —

mentionner Haïti, le premier

État noir du Nouveau Monde .

Notre identité n'est pas célébrée

à travers le monde, mais nous

savons qu'elle est précieuse, et

nous y tenons.

En terminant, je vous

souhaite à tous un mois de

février plaisant et sécuritaire.

Prenez soin les uns des autres.

Quoi que vous fassiez, pensez à

HAÏTI.

Distinguished compatriots and

friends everywhere,

It is, for me, a distinct privilege

to greet you very warmly,

as we all welcome this month of

February along with its challenges

and worries. This month,

the shortest in the year, is also

Black History Month. It is a

period of time when we will be

reminded about some relatively

recent contributions by black

folks around the world in various

fields. Since our educational

systems do not put a clear

emphasis on those contributions,

Black History Month comes as a


condescending parenthesis with

some pleasant surprises.

First and foremost, I must say

that the month of February is far

from providing enough time to

cover all aspects of the experience

and contribution of the

black race on this planet. I am

somewhat concerned that those

nice people who thought of

dedicating this month to the

history of the black race, might

have made the mistake of believing

that said history began with

colonization and slavery. If

Africa is the cradle of humanity,

if art, sciences and organized

societies were born on the

african continent, Black history

simply cannot fit inside one

month.

Black people ´s history is,

indeed, a history that colonization

and slavery have methodically

falsified for centuries.

Today, science has proven

beyond every doubt that the

Egypt of the pyramids was

black. This kind of information

belongs in every school book

and every classroom now. The

history of the black race is,

obviously, a painful story of

stolen achievements, and relentlessly

murdered brave visionaries.

Black people need to discover

their history, and believe

in it in order to get their selfesteem

back.

We cannot talk about black

history without mentioning

Haiti, the New World's first

black State. Our identity is not

celebrated throughout the

world, but we know how precious

it is, and we are clinging

to it.

In closing, I wish you all a

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

safe and pleasant month of

February. Take care of yourselves.

Look out for one another.

Whatever you do, remember

HAITI.

Frè m, sè m ak zanmi m yo

toupatou,

Se yon gwo kokenn chenn

privilèj pou mwen pou m Salye

nou avèk tout kè m pandan n ap

akeyi mwa fevriye a avèk tout

defi li, tout kè site li. Mwa sa a

ki se mwa ki pi kout nan ane a,

se Mwa Istwa Moun Nwa. Se

yon peryòd kote nou pral tande

pale de kontribisyon moun nwa

fè nan plizyè domèn, sitou nan

tan resan yo. Kòm sistèm

edikasyon nou yo pa bay

kontribisyon sa yo plas yo

merite a, Mwa Istwa Moun Nwa

a se yon favè yo fè nou. Nou ka

aprann kèk bagay ki ankourajan.

Anvan m ale pi lwen, fò m di

mwa fevriye a poko prèt pou l

sifi pou l kouvri tout aspè

eksperyans moun nwa sou

planèt la. Mw gen enpresyon

moun ki te deside chwazi mwa

fevriye a kòm Mwa Istwa Moun

Nwa a, te konsidere istwa moun

Nwa tankou yon istwa ki

kòmanse avèk kolonizasyon epi

esklavaj. Sa se bon erè. Si Afrik

se bèso limanite, si lasyans,

travay atis epi sosyete òganize te

pran nesans sou kontinan afriken

an, istwa ras nwa a pa kapab yon

ti bagay pou yon mwa.

Istwa ras nwa a se yon istwa

esklavaj avèk kolonizasyon pran

tout tan yo pou yo falsifye l

pandan plizyè syèk. Jodi a,

lasyans pwouve nou Ejipsyen ki

t ap viv nan tan piramid yo te

moun nwa. Pa gen dout nan sa.

— 35 —

Enfòmasyon konsa dwe gen plas

li nan tout lekòl. Istwa ras nwa a

se istwa anpil patrimwann yo

vòlè epi anpil vizyonè vanyan

yo ansasinen san pitye. Fò pèp

nwa sa a aprann vrè istwa l pou l

ka repran bonjan respè pou tèt li.

Nou pa kapab pale sou istwa

ras nwa san nou pa mansyone

Ayiti, premye Eta nwa nan

Nouvo Mond la. Yo pa selebre

idantite nou an toupatou soulatè,

men nou konnen li presye epi

nou fyè de li.

Pou m fini, m ap swete nou

tout yon bon mwa fevriye. Pran

swen tèt nou.Youn veye sou lòt.

Kèlkeswa sa n ap fè, sonje

AYITI.

MERCI DE VOTRE

ATTENTION!

THANK YOU FOR YOUR

ATTENTION!

MÈSI POU ATANSYON NOU!

Lesly Condé

Ex-Consul Général d’Haïti à Chicago

(26 août 2004 - 25 mai 2018)


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 36 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

VENDREDI 15 JANVIER 2021 | MARTIN LUTHER KING JR. DAY 2021

JOUR DE MARTIN LUTHER KING

My dear compatriots and

friends,

Mes chers compatriotes et

amis,

Frè m ak sè m yo,

Today January 15, the United

States of America and the

whole world are saluting the

anniversary of the birth of the

Reverend Martin Luther king

Jr. That man who dedicated

his whole existence to the

struggle against injustice, and

for human emancipation, still

speaks to us. The life of

Reverend Martin Luther king

Jr is a shining example of

courage and self-respect that

must guide us as we pursue

his noble dream.

Aujourd'hui 15 janvier, on

commémore aux États-Unis

d'Amérique et partout dans le

monde, l'anniversaire de la

naissance du Révérend Martin

Luther King Junior. Cet

homme qui dédia son existence

à la lutte contre

l'injustice et en faveur de

l'épanouissement humain,

nous interpelle encore. La vie

de Martin Luther King Junior

est cet exemple d'amourpropre

et de fermeté qui doit

nous guider tous dans notre

marche vers la conquête de

son noble rêve.

Jodi 15 janvye a, Etazini avèk

tout rès mond la ap poze pou

yo komemore anivèsè nesans

Reveran Martin Luther King

Junior. Gason vanyan sa a ki

pase tout egzistans li ap

goumen kont enjistis epi pou

emansipasyon tout moun, ap

pale avèk nou jis kounye a.

Lavi Reveran Martin Luther

King Junior se yon kokenn

chenn egzanp amoupwòp

avèk fèmte ki dwe akonpaye

nou pandan n ap pouswiv bèl

rèv li a.

Message de Lesly Louis Condé

— 37 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

COMMEMORATING MARTIN LUTHER KING JR.

The Editors, The Old Farmer’s Almanac

Reverend Martin Luther King Jr.

was born on January 15, 1929.

He was a Baptist minister and

leader of the civil rights movement,

championing justice and

equality from the mid-1950s

until his death by assassination

in 1968. As he said, “Injustice

anywhere is a threat to justice

everywhere.” Dr. King was also

a strong advocate of change

through nonviolent civil actions

based on his Christian values.

He was a great speaker, and his

powerful words still resonate

with us today.

“Our lives begin to end the day

we become silent about things

that matter.”

–MLK (1929–68)

WHEN IS MARTIN

LUTHER KING JR. DAY?

The third Monday in January is

Martin Luther King Jr. Day

(often abbreviated to “MLK

Day”). It has been a federal

holiday since 1986. This means

that it is an observed holiday for

federal employees, as well as for

many schools and businesses.

This also means that the holiday

does not always fall on Martin

Luther King Jr.’s true birth date,

January 15.

This year, Martin Luther King

Jr. Day was observed on Monday,

January 18, 2021.

— 38 —

MARTIN LUTHER KING JR

DAY DATES

Year MartinL K Jr. Day

2021 Monday, January 18

2022 Monday, January 17

2023 Monday, January 16

2024 Monday, January 15

WHO WAS MARTIN

LUTHER KING JR.?

Martin Luther King Jr. was born

in 1929 in Georgia into a Christian

family. His grandfather was

a church pastor, his father

became a pastor, and then he

became a pastor.

“We may have all come on

different ships, but we’re in the

same boat now.”

–MLK (1929–68)


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

AND THE CIVIL RIGHTS MOVEMENT

Graduating from high school at

the age of 15, Martin Luther

King went on to receive his B.

A. degree in 1948 from

Morehouse College. After 3

years of theological study at

Crozer Theological Seminary in

Pennsylvania, he was elected

president of a predominantly

white senior class and awarded

the B.D. in 1951. After winning

a fellowship at Crozer, he

enrolled in graduate studies at

Boston University, completing

his residence for the doctorate in

1953 and receiving the degree in

1955. In Boston he met and

married Coretta Scott, and they

started a family.

In 1954, Martin Luther King Jr.

had become pastor of a church

in Montgomery, Alabama.

Always a strong worker for civil

rights, King believed in nonviolence,

following Gandhi’s

philosophy.

“Our scientific power has

outrun our spiritual power. We

have guided missiles and

misguided men.”

–MLK (1929–68)

The Fight Against Segregation

— 39 —

In 1955, he began his struggle to

persuade the U.S. government to

declare the policy of racial

discrimination unlawful. He led

the first large nonviolent demonstration

against segregated

buses. However, racists responded

with violence to his

nonviolent initiative.

“Peace is not merely a distant

goal that we seek, but a means

by which we arrive at that goal.”

–Martin Luther King Jr. (1929–

68)

In Birmingham, Alabama, in the

spring of 1963, King’s campaign

to end segregation at lunch

counters and in hiring practices

drew nationwide attention when

the police turned dogs and fire

hoses on the demonstrators.

King was jailed along with large

numbers of his supporters,

including hundreds of school-


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

children. His supporters did not,

however, include all the black

clergy of Birmingham, and he

was strongly opposed by some

of the white clergy who had

issued a statement urging African

Americans not to support

the demonstrations. From the

Birmingham jail, King wrote a

letter of great eloquence in

which he spelled out his philosophy

of nonviolence:

“You may well ask: “Why direct

action? Why sit-ins, marches

and so forth? Isn’t negotiation a

better path?” You are quite right

in calling for negotiation.

Indeed, this is the very purpose

of direct action. Nonviolent

direct action seeks to create

such a crisis and foster such a

tension that a community which

has constantly refused to negotiate

is forced to confront the

issue.”

In December 1956, the Supreme

Court declared bus segregation

unconstitutional.

In 1957, King was elected

president of the Southern Christian

Leadership Conference. He

led according to his beliefs from

Christianity, with nonviolent

influences from Gandhi. He

traveled greatly, wrote five

books and numerous articles,

and led many initiatives to

campaign for the proper voter

registration of people of color.

“I Have a Dream”

On August 28, 1963, King

directed a march of 250,000

demonstrators to Washington,

D.C., where he gave his famous

“I Have a Dream” speech,

delivered on the steps of the

Lincoln Memorial.

Martin Luther King Jr.’s dream

was that the inhabitants of the

United States would be judged

by their personal qualities and

not by the color of their skin:

— 40 —

“I have a dream that one day

this nation will rise up and live

out the true meaning of its

creed, ‘We hold these truths to

be self-evident: that all men are

created equal.’

The following year, President

Johnson signed a law prohibiting

all racial discrimination.

In 1964, Martin Luther King Jr.

was awarded Nobel Peace Prize

at the young age of 35 for his

peaceful campaign against

racism. He turned over the prize

money of $54,123 to support the

civil rights movement. Here is

his acceptance speech.

“Peace is more precious than

diamonds or silver or gold.”

–MLK (1929–68)

On April 4, 1968, King was

assassinated by a racist while

speaking in Tennessee in support

of the struggling garbage


workers of that city. It had been

only 4 years earlier that he had

received the Nobel Peace Prize

for his nonviolent campaign

against racism.

HOW WE OBSERVE MLK

DAY

Americans are often encouraged

to observe this day not simply as

a day off from work, but also as

a “Day of Service” to others

through appropriate civic,

community, and service projects.

Think of Martin Luther King Jr.

Day as an opportunity to give to

others in any way you can—

whether it’s a community

project or simply being kind to

others in your community.

Visit www.MLKDay.gov to find

Day of Service projects across

the country.

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

“Sooner or later all the people

of the world will have to discover

a way to live together in

peace … “

–MLK (1929–68)

This lesson introduces students to the philosophy of nonviolence and the teachings of

Mohandas K. Gandhi that influenced Dr. Martin Luther King, Jr.'s views. After

considering the political impact of this philosophy and viewing videos about each man,

including Dr. King discussing Gandhi's influence, students explore its relevance to

personal life and contemporary society. — https://www.neh.gov/

— 41 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

9 FACTS ABOUT MARTIN LUTHER KING JR.

LEARN ABOUT DR. MARTIN LUTHER KING JR., A

The Editors. January 15, 2921 — The Old Farmer’s Almanac

He was named Michael, not

Martin! The civil rights leader

was born Michael King Jr. on

January 15, 1929. When he was

only five-years-old, his father—

a pastor at Atlanta’s Ebenezer

Baptist Church—traveled to

Germany and became inspired

by the Protestant Reformation

leader Martin Luther. (His father

changed his own name as well

as his son’s name.)

Martin was a gifted student! He

entered college at the age of 15.

He skipped grades 9 and 12

before enrolling at Morehouse

College, the alma mater of his

father and maternal grandfather,

in 1944.

Although he was the son, grandson,

and great-grandson of

Baptist ministers, he considered

becoming a doctor or a lawyer

instead. He later decided that the

Bible had “many profound

truths which one cannot escape”

and entered the Crozer Theological

Seminary in Pennsylvania,

graduating with his PhD at

the age of 25.

He was a harder worker! It’s

hard to believe now, but Martin

got a C in public speaking

during his first year at seminary.

By his final year, he was receiving

straight As and had become

the valedictorian of his class.

When Martin won the Nobel

Peace Prize in 1964, he was the

youngest person to do so, at age

35. (Malala Yousafzai now holds

the record, winning the 2014

prize at age 17.)

His recording of “Why I Oppose

the War in Vietnam” won a

Grammy for Best Spoken Word

Album for 1971.

He was jailed 29 times, often on

trumped-up charges such as

driving 30 miles per hour in a

25-mph zone in Alabama in

1956.

In a speech on April 3, 1968, he

told the audience: “I’ve seen the

Promised Land. I may not get

there with you. But I want you

to know tonight, that we, as a

people, will get to the Promised

Land.” He was assassinated the

next day.

He is the only person born in the

United States whose birthday is

a federal holiday. (George

Washington was born before the

United States came to be.)

It was President Ronald Reagan

who signed a bill in 1983 which

named the third Monday in

January as the holiday observance

“Martin Luther King

Jr.’s Birthday.”

— 42 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

REVOLUTIONARY CIVIL RIGHTS LEADER

— 43 —


IN MEMORIAM

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Vernon Jordan, Civil Rights

Activist and Lawyer

Vernon Jordan with President's Bill Clinton and Barack Obama

Vernon Jordan, who grew up

in the segregated South and

became an influential leader in

the American civil rights movement,

Washington politics, and

Wall Street has died at the age of

85.

Jordan grew up in the housing

projects of Atlanta and was

the only Black person in his

class at DePauw University in

rural Greencastle, Indiana. He

earned a law degree from

Howard University and returned

to Atlanta to work for a civil

rights attorney. He later worked

for the NAACP and the United

Negro College Fund before

becoming the head of the National

Urban League in 1971.

Jordan was close to President

Jimmy Carter, who reportedly

offered him cabinet jobs in the

1970s. Jordan eventually became

critical of Carter, saying

he had not delivered on his

economic promises to Blacks.

In the 1980s Jordan was

badly wounded by a white

supremacist sniper in Fort

Wayne, Indiana, as he exited the

car of a white woman who was

an Urban League member.

Joseph Paul Franklin, a former

Ku Klux Klansman, admitted to

the ambush but was acquitted.

Jordan's role as a Washington

insider took him all the way to

the White House, where he was

a close friend, golfing buddy,

and advisor to President Bill

Clinton. Jordan never held a

formal government job, but it

was said that no one knew better

than Jordan how favors, access,

and requests worked in Washington.

Clinton called him a

"wonderful friend," and instrumental

in desegregating the

University of Georgia in 1961

among his accolades.

Vernon Jordan worked well

into his 80s and died peacefully

"surrounded by loved ones," his

daughter Vickee Jordan said in a

statement.

— 44 —


HISTORY

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Why this Dominican

dictator ordered the

execution of thousands

of Haitians in 1937,

and then kept it a secret

About 84 years ago, a massacre

on the border between Haiti

and the Dominican Republic led

to the deaths of tens of thousands

of Haitians, a tragedy felt by both

countries to date. The racially

motivated massacre became

known as the Parsley Massacre as

Dominican soldiers who carried

out the executions held a sprig of

parsley and would ask people they

suspect of being Haitians to pronounce

the Spanish word for it:

“perejil”.

Those who had their first language

being Haitian Creole found

it hard to pronounce the word correctly,

and this led to their deaths.

Historians say about 20,000 Haitians

were killed in the Dominican

Republic during the Parsley

Massacre of October 1937. Even

Dominicans who looked dark

enough to be Haitian were not

spared. And these executions were

carried out thanks to Dominican

dictator Rafael Trujillo.

Seizing power in a military revolt

in 1930, he would rule the Do-

minican Republic for more than

30 years in what is seen as one

of the most brutal periods in

the history of the Caribbean

nation. Remaining in absolute

control of the Dominican Republic

through his command of

the army, anyone who dared to

oppose him was either imprisoned

or killed. But he helped modernize

the Caribbean nation

and ensure economic

prosperity

for many while at

the same time

working to keep

his numerous heinous

crimes secret,

including

the killing of the

thousands of

Haitians on the

border dividing

the island of

Hispaniola between

Haiti and

the Dominican

Republic.

Born Rafael

— 45 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Leonidas Trujillo Molina, Trujillo

was born to working-class parents

in San Cristobal, Dominican

Republic, on October 24, 1891.

The third of 11 children, he received

an elementary education

and worked as a telegraph operator

and a guard on a sugar cane

plantation, according to historical

accounts. In 1916, the U.S. government

began its military occupation

and the administration of

the Dominican Republic which

would last until 1924. Trujillo

joined the Constabulary Guard

and was trained by U.S. Marines.

He rose through the military

ranks to be named Commander in

Chief of the National Army in

1927. In 1930, when a group of

rebels planned to overthrow then-

Dominican President Horacio

Vasquez for “disregarding the

constitution by extending his presidential

term,” their leader Rafael

Estrella Urena met with then-General

Trujillo about the plan. Thus,

when the revolt to get Vasquez

removed began, Trujillo did not

release his troops and would later

assume power after getting rid of

his political rivals and winning a

“rigged” presidential election in

1930.

Then came a powerful hurricane

that wreaked havoc in the

Dominican Republic in early September

1930, killing some 2,000

people. Trujillo soon started rebuilding

the city but then, turning

out to be a narcissist, he renamed

the capital city including many

streets and landmarks after himself.

Though he helped bring some

prosperity to the Caribbean nation

during his reign, providing roads,

hospitals and schools, it was largely

his family and supporters who

benefited from the increase in economic

prosperity. Sources say he

ensured an increase in the general

standard of living for the Dominican

people, but the Dominican

people had to pay for this

prosperity with the loss of their

civil and political liberties. And

Haitians living in the Dominican

Republic were those who suffered

most.

These Haitian migrants had for

many years crossed the border

region in the north of the island

of Hispaniola to work as laborers

in the sugar plantations of the

Dominican Republic, a BBC report

noted. However, during the

Great Depression, the Dominican

Republic began to witness a decline

in economic activity, and

immigrants were largely blamed

for that.

Trujillo had at this time began

encouraging anti-Haitian sentiments.

As NPR said in a report:

“He was also said to be obsessed

with whitening the country and

allegedly powdered his face to

have a more Spanish appearance.

And according to historians, he

was fixated on the idea of controlling

the border, which people

more or less crossed freely at the

time.”

After the 1937 Parsley Massacre

in which he ordered the killing

of thousands of Haitian immigrants,

he denied his government’s

involvement, claiming that

it was just “local Dominican farmers

rising up against Haitian cattle

thieves.” Yet, Trujillo was pressured

by the United States, Mexico

and Cuba, to pay a paltry

$525,000 in 1938 to the Haitian

government as punishment for the

— 46 —

killings that the U.S. described as

“a systematic campaign of extermination”.

A portion of the money

was used to set up colonies for

refugees from the massacre, NPR

reported.

The 1937 massacre dented

Trujillo’s image but it was only

after his failed assassination attempt

on Venezuelan President

Romulo Betancourt in 1960 that

the Organization of American

States (OAS) finally voted to sever

relations with him. Trujillo had

then accused Betancourt of “plotting

to undermine his regime.”

Attempting to kill him angered

many world leaders such that economic

sanctions were also imposed

on the Dominican Republic.

A year later, amid domestic

opposition and the loss of support

from the army, Trujillo was killed

by a group of rebels while he was

driving to his San Cristóbal farm.

It’s been many decades since

the Parsley Massacre, yet its

wounds are still raw in both countries.

More than a million illegal

Haitian migrants live in the Dominican

Republic, according to

data.

“After 1937, the Dominican

culture became exclusive,” said

Edward Paulino, a member of

Border of Lights, a group that has

been marking the anniversary of

the incident. “On a local level,

people could work together and

could accept that we have a society

that’s mixed, of which Dominicans

of Haitian descent are a

part.”

“But at the state level, there’s

still this sense of rejection of darkskinned

Haitians.”


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 47 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 48 —


SOCIETE

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Un professeur d’université

en Belgique appelle la

communauté internationale

à regarder les problèmes

d’Haïti en face

Un professeur de

l’Université Catholique

de Louvain en Belgique

appelle la communauté

internationale à sortir

des aides conventionnelles

pour

regarder les problèmes

d’Haïti en face.

Marc Maesschalck est

Professeur de philosophie

à l’UCLouvain

et directeur du Centre

de philosophie du droit.

Rezo Nodwes

- 26 février 2021

Face à l’état de déliquescen

ce avancé dont sont victi

mes les haitiens, Marc

Maesschalck, Professeur de philosophie

à l’UCLouvain et directeur

du Centre de philosophie du

droit, appelle la communauté internationale

à sortir des aides conventionnelles

pour regarder les

problèmes en face.

— 49 —

La crise politique autour de la

fin du mandat présidentiel de Jovenel

Moïse a ramené Haïti à la

une. Il aura aussi fallu que disparaisse

l’ombre des élections américaines

et que la vaccination Covid

semble annoncer des jours

meilleurs pour que la situation

haïtienne puisse retrouver un peu

d’attention, car l’an dernier, l’an-


niversaire des dix ans du terrible

tremblement de terre a été complètement

occulté par la pandémie.

Ce n’est pourtant pas faute

d’événements majeurs en Haïti. À

commencer par la contestation

contre le président sortant. Poussé

au pouvoir par son prédécesseur,

Michel Martelly, Moïse a

répété tous les travers du pouvoir

haïtien de ces vingt dernières années

: corruption, fraude, grand

banditisme, massacres classés

sans suite, drogue, déstructuration

des institutions démocratiques,

police, justice, parlement. Moïse

n’a dû sa survie qu’à un soutien

aveugle des positions de Trump

sur la scène régionale.

Au quotidien, cette situation se

SOCIETY

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

traduit essentiellement par une

insécurité endémique, une inflation

incontrôlée et une absence

totale de politique sanitaire malgré

une augmentation des cas de

Covid. À côté du business florissant

des kidnappings et du trafic

de la drogue, les détournements

de fonds publics sont devenus un

sport national, malgré les rapports

accablants de la Cour des comptes.

La presse canadienne faisait

écho récemment de la propriété

acquise en cash par l’épouse d’un

sénateur haïtien, pour plus de 4

millions de dollars…

Toutefois, il est impossible

dans un tel contexte d’envisager

une issue en se voilant la face et

en examinant uniquement des éléments

ponctuels. Comme nous l’a

appris le Liban à ses dépens, l’ampleur

d’une catastrophe n’élimine

pas les causes profondes d’une

situation dans l’impasse. C’est

vers ces causes qu’il faut se tourner.

Un long processus de déliquescence

Haïti, c’est d’abord et constamment

l’oubli d’une population

qui survit au jour le jour et qui est

abandonnée par tous les cadres

quels qu’ils soient, de droite ou

de gauche, au pouvoir ou dans

l’opposition, d’un parti ou d’un

mouvement. La population sert

d’alibi quand on en a besoin pour

produire un changement de pouvoir

et mettre en place un nouveau

statu quo.

— 50 —


Last year, following the senseless

murder of George Floyd, every

major American city exploded

in solidarity with Black Lives

Matter.

Protest caught like wildfire

across the globe.

The spontaneous outpouring of

grief and outright anger against

racism did not go unnoticed in the

UK; it hit a nerve.

It was no surprise.

They too were ripe and ready

for action: to register their discontent

against a system that has dehumanized

minorities for centuries

on a global scale and even in

their neck of the woods. Earlier

this month, Oprah Winfrey and

HarpoProductions exposed a centuries-old

tradition that has been

festering unapologetically behind

the gilded walls of British royalty

unimpeded for 1200 years. It's all

about bloodline.

She was interviewing a royal

couple who had pulled off an incredible

escape. They walked

away from royal titles, perks, and

privileges and turned their backs

on a system that denied them equity

with their white counterparts

in the royal family. Harry felt that

his father, Prince Charles, and older

brother, William, belong to an

inescapable system that expected

their perpetual participation. Harry

was told that infant son, Archie

was denied security protection

and an official title by the Institution

that conducts the British royal

family’s protocol and stewardship.

"All I need is enough money to

pay for my family's security to

keep them safe," said Harry.

Twenty million dollars bequeathed

by his mother Diane

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

made the break away from the

monarchy possible. Movie mogul

Tyler Perry also provided the distraught

couple with a home in California

and security protection for

several months.

Interest in the young couple’s

plight erupted since Buckingham

Palace announced on February 19,

2021, that they would not return

as working members of the royal

family. They had moved to Canada

in late 2019 with plans to continue

serving the Queen.

Sunday evening primetime

broadcast captivated a collective

viewership of 17 million Americans.

The next day, 11 million

Britons tuned in to its explosive

content now considered to be the

worst crisis to rock the British

monarchy in decades. The soon to

be former Duchess of Sussex

chronicled her harrowing experiences

with the shadowy 'Institution'

that led to her unthinkable

contemplation of suicide.

The 'Institution' sometimes referred

to as the 'Firm' is a secret

cabal of advisors to the royal family

that runs the business of the

monarchy.

Markle's candid and revealing

testimony represented a sad and

timely unraveling of the British

monarchy juxtaposed against the

opening salvo of a blockbuster trial

in the US. Both steeped in deep

racial undertones. Defense attorneys

for Minnesota'sex-police officer

Derrick Chauvin are presently

combing through potential jurors

for the upcoming George

Floyd murder trial.

"I just didn't see a solution...I

didn't want to be alive anymore,

Meghan Markle told Oprah in her

bombshell revelation. "It was a

— 51 —

clear and real frightening constant

thought. I thought it would

solve everything for everyone."

She approached the Institution

about seeking help for her failing

mental condition. They advised

her not to seek help; that it would

not be good for the Institution. She

felt her situation was overwhelming

and almost unsurvivable.

"You cannot call an

Uber...when I joined that family,

that was the last time I saw my

passport, driver'slicense and

keys."

And there was more. Concern

about how dark her son's skin tone

would be at birth, an abrupt financial

cutoff in the first quarter

of 2020, the removal of personal

bodyguards and security protection,

the unceremonious return of

her husband's honorary military

titles to the Queen and the withdrawal

of royal patronage all cascaded

into mental anguish for

Meghan Markle.

There was no official cover

against the onslaught of brutal attacks

by the tabloids. When ordinarily

the institution would defend

the royal family from trivial,

unfounded stories, no such courtesy

was forthcoming for the

mixed couple. They were hounded

daily by a barrage of blatant

racism, sexism, and vitriol spewed

relentlessly by the British tabloids.

“I don't know how they could

expect that after all this time we

would still just be silent if there's

an active role that the Firm is

playing in perpetuating falsehoods

about us,” said Meghan.

"At a certain point you gonna

See The Great Escape

On Page 56


IMMIGRATION

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Jamaicans Among Hundreds

of Immigrants Recently

Deported Under Biden

Administration

February 2, 2021

(AP Photo/Emilio Espejel, File)

President Joe Biden’s administration

has deported hundreds of

immigrants in its early days despite

his campaign pledge to

stop removing most people in

the U.S. illegally at the beginning

of his term.

A federal judge last week

ordered the Biden administration

not to enforce a 100-day

deportations ban.

In recent days, U.S. Immigration

and Customs Enforcement

has deported immigrants

— 52 —

to at least three countries: 15

people to Jamaica on Thursday

and 269 people to Guatemala

and Honduras on Friday.

More deportation flights

were scheduled on Monday.

It’s unclear how many of


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

those people are considered

national security or public

safety threats or had recently

crossed the border illegally. The

Department of Homeland Security

recently issued new

guidance to enforcement agencies,

saying that these categories

of persons were priority for

deportation.

Some of the people put on

the flights may have been expelled

— which is a quicker

process than deportation —

under a public health order that

former President Donald

Trump invoked during the

coronavirus pandemic and that

Biden has kept in place.

Both Biden and Vice President

Kamala Harris vocally

opposed the Trump administration’s

immigration priorities

during the presidential campaign.

In October 2020, Harris

stated that on the issue of immigration,

“there couldn’t’ be

a bigger difference between a

Biden/Harris approach and a

Donald Trump approach.”

“Donald Trump has been

horrendous. Look at the policy

which has been about putting

babies in cages and separating

children from their parents at

the border. He also broke his

promise to the DREAMers,

some of which are coming from

Caribbean countries.”

ICE said Friday that it had

deported people to Jamaica and

that it was in compliance with

last week’s court order. The

agency did not respond to several

requests for further comment

on additional deportation

flights.

Officials in Honduras confirmed

that 131 people were on

a deportation flight that landed

Friday. Another flight that

landed in Guatemala on Friday

had 138 people, with an additional

30 people expected to

arrive Monday, officials there

said.

Last week, U.S. District

Judge Drew Tipton banned the

Biden administration from enforcing

a 100-day deportation

moratorium that had gone into

effect Jan. 22. Tipton said the

Biden administration had violated

the federal Administrative

Procedure Act in issuing the

moratorium and had not proven

why a pause in deportations

was necessary.

Tipton’s ruling, however,

does not require deportations to

resume at their previous pace.

Immigration agencies typically

have latitude in processing

cases and scheduling removal

flights.

A statement from the White

House said that despite the

court ruling, President Biden

remained committed to the

cause.

“President Biden remains

committed to taking immediate

action to reform our immigration

system to ensure it’s upholding

American values while

keeping our communities safe,”

the White House said.

HOUSTON (AP) —

— 53 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

IMMIGRATION

Les Etats-Unis ont déporté beaucoup plus

d’Haïtiens au cours des 4 dernières

semaines que sur l’ensemble de l’exercice 2020

Du 1er au 26 février 2021,

l’administration Biden a renvoyé

981 personnes en Haïti, dont au

moins 270 enfants. Au cours de

l’ensemble de l’exercice 2020

(octobre 2019-septembre 2020),

l’administration Trump a renvoyé

895 personnes en Haïti par le biais

des opérations de mise en application

et de retrait de l’ICE.

Trump a expulsé 700 Haïtiens

supplémentaires au début de

l’exercice 2021, mais même dans

ce cas, le rythme des renvois

n’était pas aussi élevé que celui

que nous voyons actuellement.

Que se passe-t-il? La réponse

courte est que l’administration

Biden continue d’appliquer une

ordonnance du Centre de contrôle

et de prévention des maladies

(CDC) qui bloque le traitement

des demandes d’asile à la frontière.

L’ordonnance du CDC a été

émise en mars 2020 et a fourni la

justification du ministère de la

Sécurité intérieure refusant aux

personnes l’accès au traitement

des demandes d’asile ou à d’autres

secours. Autorité revendicatrice

— 54 —

en vertu du «titre 42» des États-

Unis code, l’ordonnance du CDC

ordonne aux agents frontaliers

d’expulser les personnes le plus

rapidement possible vers le dernier

pays de transit ou, si cela n’est

pas possible, de placer brièvement

les personnes en garde à vue

jusqu’à ce qu’elles puissent être

expulsées vers leur pays d’origine

(ou tiers). En vertu de cet arrêté,

460 000 personnes ont été expulsées

depuis le 20 mars 2020

(au 31 janvier 2021).Pour les Haïtiens,

un renvoi immédiat vers le


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 55 —

Mexique n’est pas censé avoir lieu

– même si c’est le cas. Ce qui signifie

que la plupart des déménagements

du Titre 42 vers Haïti se font

par avion. Nous ne savons pas

combien d’Haïtiens l’administration

Trump a sommairement expulsé

vers le Mexique, ni combien

ont été expulsés de cette façon

depuis que Biden a pris ses fonctions.

Mais nous savons que cela

se produit – le 3 février, par exemple,

76 Haïtiens (en plus du

nombre ci-dessus) ont été expulsés

par la patrouille des frontières à

Ciudad Juarez, la plupart sans papiers

et leurs effets personnels,

tous portant les sandales qui leur

ont été délivrées aux États-Unis.

Centre de détention de la patrouille

des frontières avant leur expulsion.

Les Haïtiens ont toujours été

mal traités par les autorités de

l’immigration aux États-Unis. La

détermination de l’administration

Reagan de détenir les demandeurs

d’asile d’Haïti, plutôt que de les

libérer comme cela était généralement

le cas pour les autres personnes

cherchant une protection,

a conduit à la naissance du

système moderne de détention des

immigrants. Bush et Clinton ont

interdit des dizaines de milliers

d’Haïtains en mer, la plupart sont

rentrés immédiatement en Haïti,

d’autres ont été détenus à Guantanamo

jusqu’à ce qu’ils puissent

être expulsés. L’administration

Obama a lancé un système de

comptage à la frontière entre Tijuana

et San Diego en 2015 pour

ralentir l’entrée des demandeurs

d’asile haïtiens, tout en relançant

les expulsions vers Haïti (suspendues

après le tremblement de terre

de 2010) afin de dissuader davantage

d’Haïtiens d’essayer de venir.

La liste continue.

Chacune de ces étapes a finalement

conduit à une érosion des

droits de tous ceux qui recherchent

une protection à nos frontières.

Le comptage, par exemple,

a été élargi par Trump et, dans un

virage tordu, sous-tend la logique

des protocoles de protection des

migrants qui ont forcé 72,000 personnes

en quête d’asile à attendre

au Mexique leurs audiences

d’asile.Le fait que les Haïtiens

soient généralement traités plus

durement est un sous-produit de

l’idée que la dissuasion est un

cadre important pour les mesures

d’appli-cation de la loi en matière

d’immi-gration. De diverses

manières, la dissuasion a été la

pierre angulaire des États-Unis.

Politique d’immi-gration depuis

des décennies. Certes, emprisonner

des Haïtiens demandeurs

d’asile visait à décourager les autres

d’essayer. La même

«logique» a été utilisée par

Obama pour justifier le système

de comptage et les expulsions

élargies.Bien entendu, la dissuasion

vise finalement tout le

monde. Trump a détenu tous les

deman-deurs d’asile, pour dissuader

davantage de venir, et son

administration a explicitement

cité la dissuasion comme raison

de la politique de séparation des

enfants utilisée en 2018. Le protocole

de protection des migrations

a été suivi par l’interdiction

de transit, qui a refusé aux personnes

l’accès à l’asile si elles traversaient

un pays tiers avant

d’arriver aux États-Unis frontière

sans deman-der l’asile au préalable.

Le message partout:

n’essayez pas de venir ici, vous

n’entrerez pas du tout.C’est malheureusement

le même message

que Biden envoie actuellement.

Le secrétaire d’État Antony

Blinken a déclaré vendredi dernier:

«À quiconque envisage

d’entreprendre ce voyage, notre

message est le suivant:

« ne le faites pas. Nous appliquons

strictement nos lois sur l’immigration

et nos mesures de sécurité

aux frontières ». La frontière

est fermée à la migration irrégulière.

Le secrétaire à la Sécurité

intérieure offre un message

similaire. Du NY Times:

M. Mayorkas a reconnu que les

États-Unis continuaient de

s’appuyer, pour l’instant, sur une

mesure au cœur de l’approche de

M. Trump: une règle de santé publique

qui oblige les agents frontaliers

à expulser rapidement les

frontaliers vers le Mexique sans

avoir la possibilité de demander

l’asile. « Ils doivent attendre », a

déclaré M. Mayorkas à propos des

demandeurs d’asile potentiels.

« Il faut du temps pour reconstruire

le système à partir de zéro.»

Biden d’expulser les Haïtiens

à ce rythme est inadmissible. Il y

a de nombreux efforts en cours

pour mettre fin aux expulsions

vers Haïti, ainsi que des efforts

pour mettre fin à l’application du

titre 42 et aux expulsions plus

généralement. Comme pour

l’équipe DHS de Trump, celle de

Biden semble insensible à ces efforts.

L’indignation du Congrès,

les éditoriaux du New York Times

et du Washington Post, et même

une simple raison ne semblent pas

avoir beaucoup d’importance.

Pendant ce temps, l’administration

de Biden semble craindre les

brûlures quotidiennes qu’elle

reçoit sur Fox News. Si la prési-


Pour l’équipe Biden, ce message

est justifié par deux choses:

1. COVID-19 est toujours une

menace et donc l’ordre CDC

doit rester en place.

2. Biden s’est engagé à réformer

la politique frontalière mais,

note-t-il, cela «prendra du

temps». En attendant, son administration

craint que la

libéralisation trop rapide des

règles ne conduise à une

«poussée» d’immigration.

The Great Escape

From Page 51

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Il y a un certain nombre de

problèmes avec ces arguments.

L’ordre du CDC a été un coup de

force politique dès le début, pas

une mesure sérieuse de santé publique.

Une augmentation du nombre

de personnes cherchant à entrer

est certainement possible, en

raison de la détérioration continue

des conditions dans les pays

que les gens fuient plutôt que

d’une mauvaise interprétation de

la générosité de Biden. L’idée que

traiter les gens avec humanité entraîne

une mauvaise politique est

en effet une notion étrange.

Mais aucun de ces arguments

ne signifie grand-chose pour les

Haïtiens. Les Haïtiens appréhendés

sont pour la plupart

placés en détention jusqu’à ce

qu’ils puissent être expulsés, ce

qui signifie qu’ils peuvent être

testés, sont en fait mis en quarantaine,

etc. Il n’y a aucune raison

de leur refuser une procédure

régulière, certainement pas un argument

de santé publique.

L’argument dissuasif, généralement

erroné au départ, n’a pas non

plus de sens pour les Haïtiens –

dont la plupart ont quitté Haïti il

y a des années et arrivent maintenant

via le Brésil, le Chili et le

Pérou. Ils essaient sans aucun

doute de lire au mieux la situation

à la frontière, afin de pouvoir décider

quand il est préférable

d’essayer de traverser. Mais la dissuasion

a peu d’impact sur la décision

de milliers de milliers de

personnes de voyager.

Compte tenu de tout ce qui

précède, et compte tenu de la crise

politique actuelle en Haïti, la

décision de l’administration.

go, can you guys just tell the truth.

We haven't created this monster

machine, in terms of click bait

and tabloid fodder...," said

Meghan."You allowed this to happen.

My son needs to be safe."

The couple felt defenseless and

trapped. They were told by a senior

palace staff that, "This is how

it is and we can't change it."

"This is not gonna end well,"

Harry responded.

How is this imaginable when

the royal family hosts special holiday

parties for the tabloids and

participates jointly in killing and

dispelling unfounded stories?

You'd naturally expect better press

once you wine and dine the press.

Obviously there was no such

consideration for black members

of the royal family. With no royal

family support for the young couple,

70 members of Parliament

Queen Sophia Charlotte of Mecklenburg-Strelitz & Meghan Markle, Duchess of Sussex

called out the tabloids for their 'colonial

undertones.'

Harry is still dumbfounded

how his wife could not be seen as

an added benefit to the royal family,

as a true reflection of the real

world.

Meghan thought of herself as

an important representation of the

British Commonwealth which is

60 to 70% of color. "How inclusive

is that?"

"She should be considered one

of the greatest assets of the Commonwealth

the royal family can

ever ask for," implored Harry.

"If you see it, you can be it,"

Meghan quoted from her twoyear-old's

book. Markle envisioned

her fairytale journey as an

inspiration for children all around

the world.

But Meghan Markle may not

be the first black member of the

— 56 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

British royal family to endure undue

attention.

Belizean historian, Mario De

Valdez y Cocom, in the 1996

Frontline documentary 'Secret

Daughter' contends that Queen

Charlotte, wife of George III, may

fit that billing. Valdez who moved

to Boston began his research in

1967 on her black lineage in the

Portuguese royal family. Critics

of that era were just as brutal and

callous when describing her.

Great Britain is now facing a

changing world. Recently, Barbados

became the first Caribbean nation

to exit the British Commonwealth.

Besides neglect, Chinese

huge bankroll capital and her rising

influence in the Caribbean

provided the wedge that made the

rift possible.

In March 2020, an independent

review found former PM Theresa

May's administration showed ignorance

and thoughtlessness

when they made irrational demands

of Caribbean immigrants

to prove legal residency.The Windrush

Scandal, as it was labeled

named after the first ship shuttling

Caribbean immigrants to England,

resulted in 83 wrongful deportations.

It was a clear indication that

racial undertones were creeping

into British public policy.

In time, any whiff of racism in

the harsh treatment of Meghan,

Harry, and infant son Archie will

be snuffed out by the "Institution."

Already, Meghan's father, Thomas

Markle, has publicly dispelled any

notion that racism exists in the

royal family.

The Queen in an official statement

two days after the interview,

noted that the whole family is saddened

to learn the full extent of

how challenging the last few years

have been for Harry and

Meghan.The issues raised particularly

that of race are concerning.

While some recollections may

vary, they are taken very seriously

and will be addressed by the

family privately. Harry, Meghan,

— 57 —

and Archie will always be loved

by the royal. family.

“I respect my grandmother's

decision," said Harry who is

awaiting a final exit agreement

with her and the royal family at

the end of March. Coincidentally,

about the same time on March

29th is the start of the George

Floyd trial.

"We are thriving....it's just the

beginning," said Meghan.Their

new media company Archwel and

business deals with Spotify and

other companies have unleashed

even more tabloid derision calling

them “money-grabbing royals.”

The sun never sets on the British

Empire.

Even a symbolic monarchy

cannot ignore the winds of change

fanning a prevalent firestorm

against racism worldwide.

But the royal family with its

enormous wealth and global outreach

will find a way to survive

yet another crisis.


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Jamaica’s Private Sector

to Help Government Supply

COVID-19 Vaccine

In this July 27, 2020, file photo, nurse Kathe Olmstead prepares a shot that is part of a possible COVID-19 vaccine, developed by the

National Institutes of Health and Moderna Inc., in Binghamton, N.Y. Moderna said Monday, Nov. 16, 2020, its COVID-19 shot provides

strong protection against the coronavirus that's surging in the U.S. and around the world. (AP Photo/Hans Pennink, File)

February 2, 2021

Some Jamaican citizens may

end up having to pay for the

COVID-19 vaccine later this year.

The private sector organization

on the island says it wants to team

up with the ministry of health to

vaccinate up to 70 percent of the

population this year. The ministry

of health and wellness had

plans to provide the shots free of

cost to 16 percent of the population

in 2021.

— 58 —

The proposed public-private

partnership sees the private sector

groups assisting the ministry

in sourcing, storage and transportation

of approved vaccines; administering

training; marketing

and public relations; as well as the


vaccination of private-sector

workers and staff.

The private sector has also recommended

that it be allowed to

import vaccines with the approval

of the MOHW.

“To facilitate this vaccination

of the workforce, we recommend

that the private sector be allowed

to purchase and import its own

supply of vaccination for deployment,

under the supervision and

guidance of the MOHW in the

same manner as non over the

counter drugs are now handled,”

said Christopher Zacca, President

and CEO of Sagicor Group Jamaica,

and a former president of

the Private Sector Organisation of

Jamaica (PSOJ).

“We are attempting to reach

herd immunity through this partnership

in the shortest possible

time…I believe the Ministry

views that as 60 to 70 percent of

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

the population, so that would be

in the region of one and half to

two million people,” Zacca said.

The private sector plans could

see many Jamaicans having to pay

for the shot if they choose not to

wait on free inoculation from the

government.

Dr Christopher Tufton, the

Minister of Health, says he is on

board with the initiative as it

means Jamaica would sooner be

over the hump of COVID-19.

“Whatever private entity decides

that they want to take some

in, pay for it and administer it, for

example, to their employees, then

I think the more the merrier and I

would certainly encourage it, but

it will not impact or affect the

Government’s responsibility to

provide a vaccine,” he said.

“There may be some that can

afford to pay for it — and they

should and I would encourage it

frankly speaking.”

The health minister stressed

that “paying won’t hurt the process”

as there was no chance of

persons needing the vaccine and

not being able to access it. He said

that the ministry of health has an

obligation to provide the vaccine

free of cost to the country’s citizens.

Prime Minister Andrew

Holness has also praised private

sector entities for the initiative.

“I was informed that many private

sector companies are seeking

to ensure that they can get supplies

of COVID-19 vaccines for

their staff,” he said.

The Prime Minister said this

demonstrates that they are “not

just waiting on the Government,”

but are being proactive by taking

steps to source vaccines.

— 59 —


SOCIETY

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

BY KARL VILLANUEVA

— 60 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

It's becoming a trend in

Republican politics late

ly. That is, leaving people

behind for dead.

Recently, a reputable British

medical journal puts the blame

for 40% of the coronavirus

deaths in the United States

squarely at the feet of former

President Donald J. Trump. His

inaction and gross failure of

leadership is responsible for at

least 200,000 deaths. At its

present pace, epidemiologists

are projecting 600,000 deaths

within a couple months.

But oddly, just a few days

ago a Republican Senator took

an ill-advised flight to Cancun,

Mexico with his family in tow

on a vacation getaway smackdab

in the middle of a humanitarian

crisis back home.

Among the tragic deaths

that ensued an 11-year-old

child froze to death in a mobile

home while an elderly man

perished from the bitter cold

in his recliner.

EvenTed Cruz' (the Senator

in question) family dog Snow

Flakes was left behind.

Across the Lone Star state,

28 people perished as an artic

blast paralyzed an unprepared

electrical grid. The extreme

temperatures froze natural gas

wells, wind turbines, nuclear

and solar sensors that were not

weatherized for the cold freeze.

Because Texas' electrical

grid is designed as a standalone,

it does not share its electricity

with other states to

avoid federal tampering, oversight

or regulations. It came

— 61 —

close to a total, debilitating

shutdown. Restoration of

power would have taken

months. The Electric Reliability

Council of Texas controls

90% of the state’s power production

and distribution.

El Paso which is a part of

the Western Grid experienced

no blackouts.

Water pipes froze and busted

in thousands of homes, and

streets and highways remained

impassable for days. Up to Friday,

residents with containers

joined long queues to fetch water.

The death toll continues to

rise.

But the most historic 'left

for dead' event this year has

been the siege on the Capitol

where a sitting Republican

President unleashed a sedi-


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

tious mob on lawmakers. One

perturbed Texan lawmaker

who prosecuted Trump as an

impeachment manager testified

that his fellow lawmakers

were "left for dead" by the President.

Were it not for the bravery

and cunning of an undermanned

Capitol and DC Metro

Police many lawmakers would

have perished. One officer told

NPR that some insurgents acted

deranged. For their peacemaking

efforts, one officer was

killed, another lost an eye, several

were stabbed with steel

pipes, and it is alleged that suspected

brain injuries led to the

suicides of two other officers.

In total, 140 officers suffered

injuries.

Should we forget Puerto Riicans

abandoned after Hurricane

Maria with no electricity,

food or water; an inundated US

Virgin Islands, in desperation,

begging for help. Hundreds of

deaths in the wake of Hurricane

Katrina in New Orleans and no

— 62 —

emergency help for days.

The common thread to each

of these instances of people dying

or left to die is that there is

no accountability.

We have come to expect Republican

leaders to wash their

bloody hands with another conspiracy

theory or point to another

frozen windmill or in the

case of Ted Cruz just blame the

damn kids.So much for prolife.


CARIBBEAN MUSIC WORLD

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

On the passing of

U-Roy

Martin's International

sends condolences to the family

and friends of Daddy U-Roy,

a reggae icon who recently

made his transition. U-Roy and

some of reggae's most outstanding

royalty including Hon.

Rita Marley, Spice, Beenie

Man, Capleton, Bounty Killer,

Koffee, Tony Rebel, and other

superstars rocked the 37th

IRAWMA (International Reggae

and World Music Awards)

in Jamaica in 2019. U-Roy received

his final IRAWMA's

honor, a Reggae50 Special

Award.

On behalf of Martin’s International,

the IRAWMA (International

Reggae and World

Music Awards ), and the reggae

and world music family our

deepest and sincerest condolences

to the family, friends,

and associates of reggae legend,

and the master of Rapping,

toasting, reggae foundation

icon, Daddy U-Roy.

— 63 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Rita Marley (center) at the IRAWMA 37

Daddy U-Roy is a multiwinner

of several IRAWMA

over the last 39 years. He was

an Inductee to the IRAWMA

Hall of Fame/Lifetime Award,

and a recipient of “TheReggae50”,

Award. Mr. Ephraim

Martin, President of Martin's

International and the producer

for the annual IRAWMA, said

"This is one of the biggest losses

in the reggae community in

— 64 —

the last ten years.” Since the

1980s, he captured several of

our IRAWMAs, through the

years. As we were preparing for

the 37th IRAWMA at the Pegasus

Hotel, where we presented

him with his Reggae50 honor.

While sitting at lunch, he

said to me, "you have to get me

back to the Festival of Life in

Chicago," I promised him that

I would work on it; but unfortunately,

that was not to be. U-

Roy to me was like more than

a friend, he was like a big brother

whenever we spoke. He was

loved by all in the music industry,

and, he will be missed by

all.

Born: September 21, 1942

(Kingston, Jamaica)

Full name: Ewart Beckford

Died: February 17, 2021


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Sculptor François Sanon is available for presention and shows.

Please contact Mr. Catts Robert Pressoir at (224) 361-5287

— 65 —


COIN D’HISTOIRE

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Par Charles Dupuy

1 - Gérard Viau

2 - Me Alfred Viau, assis au premier

plan à côté de Louis

Déjoie pendant la campagne

électorale de 1957.

— 66 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 67 —

Sous la présidence

d'Estimé, les élites du

pays vivaient en factions

irréconciliableset parmi

les nombreux événements accumulés

au cours de cette période

mouvementée, aucun ne

pourra mieux illustrer le persistant

climat de rivalité sociale et

de haine de classe qui prévalait

à Port-au-Prince que la célèbre

affaire Viau. Les faits à l’origine

de ce funeste épisode se situent

au moment où, après la

proclamation des résultats de la

faculté de droit de Port-au-Prince,

on apprit que c’était un étudiant

mulâtre, Gérard Viau, qui

devenait le récipiendaire d’une

bourse d’études à Paris accordée

par le gouvernement français.

À la surprise générale, le

ministre de l’Éducation, M.

Maurice Laraque, écarta le jeune

Viau pour favoriser nul autre

que son propre fils, Ernest Laraque.

Le père de l’étudiant

débouté, Me Alfred Viau, avocat

réputé du barreau de Portau-Prince,

dénonce alors le népotisme,

la mesquinerie et l’indécence

du ministre dans un

retentissant article publié par

Le Nouvelliste. Aussitôt, La

République, un journal progouvernemental,

donne la réplique

à Me Viau, l’invitant à

ne pas se poser en protecteur de

la morale publique puisqu’il

était parfaitement normal que le

ministre, agissant en bon père

de famille, pense lui aussi à

l’avenir de son garçon, surtout

lorsque l’on sait, ajoutait-il, que

les mulâtres ont eux-mêmes

suffisamment abusé de tels passe-droits

par le passé.

La polémique s’engageait

donc sur le ton batailleur et l’esprit

militant qui convenaient

bien à cette époque d’affrontements

passionnés sur les thèses

coloristes, quand elle entra soudain

dans une spirale sanglante

assez révélatrice de la violence

des sentiments quant à la

question de classe durant la présidence

d’Estimé. Le jeune

Viau, s’étant secrètement armé

du revolver de son père, alla à

la rencontre de Jean Rémy, le

directeur de La République. Ce

matin du 6 juillet 1948, après

avoir conduit Henri, son aîné,

à l’Institut Saint-Louis de Gonzague,

Rémy était resté dans sa

voiture devant l’Imprimerie de

l’État, ses enfants Nicole et

Raymond installés sur le siège

arrière quand, ivre de colère,

Viau l’interpella, lui demanda

si c’était bien lui le directeur de

La République.

Après un bref dialogue, Gérard

Viau vida le contenu de son

chargeur en tirant à bout portant

sur son ennemi. Sans

même tenter de s’échapper, il

se laissa maîtriser par les employés

de l’imprimerie et par la

foule des curieux qui s’amassaient

sur les lieux du drame.

Pendant que des soldats sortaient

du proche Pénitencier

national afin d’appréhender

Viau et le conduire en cellule,

on transportait Rémy à l’Hôpital

général où, très vite, il succomba

à ses blessures. Le président

alla visiter cet ami afin

de lui apporter un témoignage

public de considération, d’affection

et de soutien.Quand les

nouvelles parvinrent à Estimé,

nous dit Lyonel Paquin, il répondit

instantanément «L’assassin

est-il encore vivant?»

(Les Haïtiens, politique de classe

et de couleur, p.103) Peu

après, Gérard Viau était reconduit

menotté sur les lieux de

l’attentat. C’est là que l’attendait

un groupe de jeunes militants

estimistes surexcités qui

l’écharpèrent sauvagement

avec les armes les plus hétéroclites:

couteaux de cuisine, pics

à glace, poignards et coups-depoing

américains. Le jeune

Viau s’effondra sous les coups

et mourut sur le trottoir, sans

que les dizaines de soldats qui

l’entouraient, aient même tenté

de faire un geste pour le protéger.

L’affaire Viau permettait de

prendre la juste mesure de la

déchirure profonde, de la situation

conflictuelle permanente

dans laquelle évoluaient les élites

port-au-princiennes, en plus

d’apporter une éloquente démonstration

de la polarisation

extrême de leurs sensibilités, de

leurs rivalités passionnelles et

de leur antagonisme social.

L’assassinat de Rémy suivi du

lynchage de Viau, leurs funérailles

simultanées, réveillèrent

toutes les haines recuites, toutes

les vieilles rancunes mesquines

entre la bourgeoisie traditionnelle

et les membres de

la classe, suscitant au passage

une chaîne de querelles partisanes

autour de la délicate

question de couleur. (L’éloge

funèbre de Viau fut prononcé


par le sénateur Alphonse Henriquez

et celui de Rémy par

Fernand Prosper.)

Se sentant menacé, Me Alfred

Viau s’exila avec femme

et enfants en République dominicaine.

Là, Trujillo lui ouvrit

les micros de la radio officielle

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

où il s’interrogera sur l’autorité

morale d’Estimé qu’il dénonçait

comme l’inspirateur clandestin,

l’auteur intellectuel du

meurtre de son fils. Me Alfred

Viau reviendra à Port-au-Prince

en 1957 pour se porter candidat

à la présidence de la République.

Aspirant mineur à la

fonction, il s’exila de nouveau

à Santo-Domingo après son

échec. Alfred Viau est mort à

New-York en 1969.

Placez votre commande en contactant

Charles Dupuy

coindelhistoire@gmail.com

(514) 862-7185

— 68 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

POLITICS

February 2, 2021

Caribbean American

Congresswoman Yvette Clarke

Appointed to Top Post

Caribbean American

Democratic Congress

woman Yvette Clarke

announced on Monday her appointment

to chair of the United

States House of Representatives’Homeland

Cybersecurity,

Infrastructure Protection and

Innovation Subcommittee, under

the jurisdiction of the

House Committee on Homeland

Security.

— 69 —

The Cybersecurity and Infrastructure

Protection Subcommittee

legislates and oversees

programs and issue areas

of the US Department of

Homeland Security’s (DHS)

mission in cybersecurity, infrastructure

protection and promoting

security technologies.

“It will enhance greater collaboration

on cybersecurity

across the 16 critical infrastructure

sectors and the sharing

of cyber threat information

between the private sector and

federal, state and local partners”,

said Clarke, the daughter

of Jamaican immigrants.

She said the subcommittee

will seek to increase DHS’s

ability to protect federal networks,

improve the protection

of the nation’s critical assets,

and ensure the essential devel-


opment of technology solutions

for emerging threats.

“I am honoured to serve as

chair of the Homeland Cybersecurity,

Infrastructure Protection,

and Innovation Subcommittee,”

said Clarke, who represents

the 9th Congressional

District in Brooklyn, New

York.

“The salient issue of cybersecurity

encompasses everything

that pertains to protecting

our nation’s sensitive data, intellectual

property, data and

governmental and industry information

systems from theft,

tampering, and damage.

“Fundamentally, our society

is more technologically reliant

than ever before and the spread

of false, deceptive or misleading

statements, information,

acts or practices, amplified by

the use of technology and social

media, threatens the integrity

of democratic institutions,

and the rule of law which form

the foundation of our democracy,”

she added.

“I look forward to working

with my colleagues and the

Biden-Harris administration to

advance and fortify our nation’s

cybersecurity, infrastructure

protection and innovation”,

Clarke continued.

Congressman Bennie Thompson,

chairman of the House

Committee on Homeland Security,

said he was “glad Congresswoman

Clarke will be

leading our committee’s Cybersecurity,

Infrastructure Protection

and Innovation Subcommittee

this Congress.

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

“After the previous administration

failed to make cybersecurity

a top priority in the

face of growing and evolving

threats, we will have to make

up for lost time,” he said.

“As we continue to learn

more about the wide-spread

cyber campaign targeting federal

networks and certain critical

infrastructure, there will be

a great deal of work ahead to

mature our federal network security

programs, implement

robust chain risk management

practices, and evolve the partnership

between the Federal

government and the private

sector,” Thompson added. “I

have every confidence Rep.

Clarke is the right person for

the job.”

Clarke, who has been in the

US Congress since 2007, is a

senior member of the House of

Representatives’ Energy and

Commerce Committee and a

senior member of the Committee

on Homeland Security.

Le livre de l’historien

Charles Dupuy

est disponible...

— 70 —

(514) 862-7185

coindelhistoire@gmail.com


COVID-19

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Le MCC Rend Hommage Aux

Professionnels de La Santé en

Haïti

Le Ministère de la Cul

ture et de la Commu

nication, rend hommage

aux professionnels de la

santé en Haïti.

Port-au-Prince , Haïti .- Le

Ministère de la Culture et de la

Communication, à l’aube de ce

nouvel an 2021, rend hommage,

dans un communiqué publié

le premier jour de l’an, aux professionnels

de la santé dans le

cadre de la lutte contre le coronavirus.

“A l’heure de la Covid-19,

les professionnels de la santé se

sont bel et bien sacrifiés en effet,

pour soigner, ici et là, des

millions de victimes de la pandémie

sur l’ensemble de la planète.

Si la terre entière tourne

autour de 48 millions de cas

guéris de la Covid-19, ceci

n’est certainement pas sans inclure,

par exemple, Haïti, notre

pays où, à cette date, l’on

enregistre avec un certain bonheur,

près de 9000 guérisons,

aux côtés des 236 décès et des

10000 cas d’infections qu’il

— 71 —

faut malgré tout absolument

déplorer”, lit on dans ce communiqué.

“Il y a de cela 217 ans, soit

plus exactement, un 1er janvier

1804, Haïti devenait indépendant.

Cela n’a été possible que

suite à une guerre acharnée,


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

menée pendant longtemps contre

la France coloniale”, rappelle

au passage le ministre

dans ce communiqué qui profite

de cette occasion pour envoyer

une pensée spéciale pour

les pères et pour les mères de

la patrie haïtienne dont l’immortelle

Marie-Claire Heureuse

Bonheur qui participa en fait

activement à la guerre de l’indépendance

nationale, en tant

qu’infirmière.

“Elle prodiguait ainsi des

soins nécessaires aux soldats de

son temps, devenus avec le

temps, nos héros d’aujourd’hui”,

poursuit le ministre qui

célèbre tant les héroïnes et les

héros de ce temps-là que celles

et ceux de notre temps actuel à

savoir les professionnels (les)

de la santé.”

Aussi, la pandémie de la

COVID-19 a mis en lumière le

rôle « poto-mitan », le rôle extraordinaire

de ces femmes et

de ces hommes qui ont choisi

d’être des disciples d’Esculape

pour évoluer ainsi dans un secteur

où les défis sont légions.

“Tandis que le monde entier

faisait, tout au début, la connaissance

de l’ennemi invisible,

les hôpitaux en Haïti

étaient jusque-là sous-équipés,

en manque de tout. Et les professionnels

de la santé

n’avaient alors ni déserté le

champ de bataille, ni manqué

à leur devoir.”

Pas de doute qu’ils incarnent

donc le bien commun en

prenant en charge les patients

(es) présentant les symptômes

de la nouvelle maladie, souligne

le ministre Pradel Henriquez.

“Ils éduquent, ils assistent,

ils traitent souvent avec

peu de moyens à leur disposition.

Ils incarnent à la fois la

résilience et la résistance qui

sont des constantes de notre

histoire quotidienne.”

En ce 1er janvier 2021, où

nous avons tout un souvenir

spécial pour nos ancêtres, le

Ministère de la Culture et de

la Communication croit nécessaire,

tout compte fait, de penser

à ces femmes et à ces hommes

qui n’ont pas peur d’être

contaminés pour nous soigner,

qui n’ont pas peur non plus, de

s’exposer à tous les dangers

pour nous redonner la vie.

— 72 —


POLITICS

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Haitian-America, Karen André

Appointed As Special Assistant

to President Joe Biden

Haitian-American attor

ney and political advi

sor Karen André was

recently appointed as special

assistant for presidential personnel

in the Joe Biden/Kamala

Harris administration.

With her appointment,

Andre joins the slew of Caribbean

Americans in the White

— 73 —


House, alongside Karine Jean-

Pierre, Kristen Clarke, Susan

Rice, and of course, Vice President

Kamala Harris. Andre is

the first person of Haitian descent

to hold this position.

The Biden/Harris team said

Andre joins “a historic and barrier-breaking

White House and

the administration that looks

like America and is ready to

deliver results for working

families on day one.”

The Haitian American was

born in New York to Haitian

immigrant parents but was

raised—and attended school

and college—in Florida. She

has served as a state-level political

operative in various roles

since 2004 but her real mission

was to find a way to help Black

people in meaningful ways.

Andre said that during her first

semester at Florida International

University, her priority

was to find a major “that would

empower me to help Black

people.” She eventually graduated

with a Bachelor of Arts in

psychology.

Andre then went on to pursue

a law degree at the University

of Miami School of Law.

She said she was inspired by

legal giants such as Thurgood

Marshall, the first Black U.S.

Supreme Court Justice and

Nelson Mandela, who started

out as an attorney.

Upon graduation from law

school in the late 1990s, she

worked with legislators and

stakeholders to help lobby and

pass the Haitian Refugee Immigration

Fairness Act of 1998.

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Next, she practiced immigration

law in Miami, Florida before

returning to work in the

political field.

Between 2003 and 2004, she

worked as a community outreach

director for Congressman

Peter Deutsch in Florida, after

which she served as the political

director for the SEIU

Florida Healthcare Union.

While working in law, Karen

Andre used her degree to advocate

for immigrants in the

Haitian-American community

nationwide. She says one of her

proudest moments came in

2008 when she organized a

multicultural group of pro bono

attorneys to successfully represent

28 high school students

facing criminal felony charges

stemming from a disturbance

between students and police at

a high school in Miami.

After a massive earthquake

devastated Haiti in 2010,

Andre also co-chaired the Miami

Haitian Relief task force.

Under her guidance, the task

force helped to organize a humanitarian

airlift of muchneeded

food, water and medical

supplies to Haiti. Andre

later co-founded Konbit Haiti,

a non-profit organization

geared at helping with the postearthquake

redevelopment of

Haiti.

During President Obama’s

first election campaign, Andre

closed her law offices to serve

as a field organizer for the

‘Obama for America’ campaign

in the poorest parts of Miami.

In 2011, she worked with his

— 74 —

campaign for a second time as

the Florida deputy political director.

She stayed close to the

Obama administration and was

later appointed to serve on the

57th Presidential Inaugural

Committee for Obama’s second

inauguration in 2013.

From 2014 to 2017, Andre

served as a presidential appointee

in the Obama-Biden administration

as the White House

Liaison to the U.S. Department

of Housing and Urban Development.

After President Obama exited

the White House, she

served as senior advisor to Andrew

Gillum in his primary

campaign which led to his

nomination as the Democratic

candidate for governor of

Florida in 2018.

In the most recent presidential

election, Andre worked as

a senior advisor to the Biden-

Harris Campaign in Florida and

for the campaign’s National

Faith Outreach. Prior to her role

on the campaign, she served as

a political director of Organizing

Together 2020 in Florida.

Karen Andre, who is also a

public speaker and author, is

currently the president of

People First Strategies, where

she establishes and maintains

partnerships in the public, private

and philanthropic sectors.

She is one of the founding

members of the Haitian Ladies

Network and remains proactive

among the Caribbean-American

community in Florida.


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 75 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

L’HONORABLE JOSEPH

LAMBERT, SÉNATEUR DU

SUD-EST, A ÉTÉ ÉLU DE

NOUVEAU, PRÉSIDENT

DU SÉNAT DE LA RÉPUBLIQUE

Une coïncidence a voulu qu’il soit élu une troisième fois à la

Présidence du Sénat, le jour même du 11ème anniversaire du

tremblement de terre du 12 janvier 2010. Rappelons que le

Sénateur Lambert se trouvait ce jour-là dans l’enceinte du

Parlement, et avait été épargné.

Dans son premier tweet comme nouveau Président du Sénat,

il a déclaré: «En me renouvelant leur confiance, mes collègues

ont fait de moi le Président du Sénat de la République. La

maison des élus doit être un lieu de décision et d’action. Le

dialogue national est indispensable.»

Le nouveau bureau de quatre membres est composé des

Sénateurs: Joseph Lambert, Président; Kedlaire Augustin,

Vice-président; Garcia Delva, 1er Secrétaire; Jean Marie Ralph

Féthière, Questeur. Le poste de 2ème Secrétaire sera comblé

ultérieurement.

Le tiers restant au grand corps est composé de: Joseph

Lambert (Sud-est), Patrice Dumont (Ouest), Pierre François

Sildor (Sud), Jean Rigaud Bélizaire (Grand’Anse), Kedlaire

Augustin (Nord-ouest) Wanique Pierre (Nord-est), Jean Marie

Ralph Féthière (Nord), Rony Célestin (Centre) Garcia Delva

(Artibonite) et Denis Cadeau (Nippes). Ils sont avec le Chef de

l’Etat les seuls élus de la République.

Lesly Condé

— 76 —


COIN D’HISTOIRE

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Hôtel Vincent Ogé au Dondon vers 1950. Cette maison appartient aujourd'hui

à la paroisse qui en a fait une école presbytérale.

Marc Antoine

député du peuple

Par Charles Dupuy

coindelhistoire@gmail.com

Marc Antoine est né au Dondon,

le 15 juin 1910. Il devait

avoir quelque 16 ans lorsque

mourut prématurément son

père, Albert Antoine. Faute de

ressources, l’adolescent abandonna

ses études au Collège

Notre-Dame pour aller aider sa

mère, née Louise Ménard, dans

ses activités de commerce. Notons

que Marc Antoine se définira

toujours comme un commerçant,

une carrière qu’il

exercera jusqu’à la fin de ses

jours. Au fil du temps, on le

verra élargir amplement ses

champs d’activité dans ce domaine.

C’est ainsi qu’à l’époque

où florissait le commerce

de la figue-banane en Haïti,

Marc Antoine deviendra détenteur

d’une sous-agence de

la Standard Fruit pour l’achat

de la figue-banane destinée à

— 77 —

l’exportation. Travailleur infatigable,

il montait presque au

même moment une petite usine

à traiter le café en cerises

jusqu’à le rendre apte à l’exportation.

C’est en 1937, sous la présidence

de Vincent, qu’il s’engagea

en politique. Il n’avait que

27 ans lorsque mourut subitement

le député de la Grande-

Rivière-du-Nord. Dès l’annon-


ce de nouvelles élections, Marc

Antoine se porta candidat à la

députation. Triomphalement

élu, il renouvellera son mandat

et siégera ainsi à la Chambre

des députés jusqu’à la chute de

Lescot. Au fil des années il tissera

des liens d’amitié durables

avec ses collègues parlementaires

qu’il quittera toutefois sans

amertume pour retourner

à ses activités

de commerce au

Dondon, ce cher petit

patelin qui restera

toujours au cœur de

ses pensées.

Toujours en 1937,

il construisait au centre

de Dondon une

imposante bâtisse

qui abritera à la fois

sa résidence, son

commerce et un hôtel,

l’hôtel Vincent

Ogé (1) . Juste en face, il aménagea

un joli parc public avec un

petit kiosque en son milieu que,

prudemment, il baptisa Parc

Sténio Vincent. C’est parce

qu’il faut savoir qu’en Haïti les

détenteurs du pouvoir sont des

gens plutôt chatouilleux et

Marc Antoine ne voulait plus

commettre d’impair. Je vous

explique. Au moment de la

construction de sa résidence au

Dondon, les ouvriers qu’il avait

engagés se rendirent dans les

environs du village afin de trouver

les pierres nécessaires au

chantier. C’est ainsi que par le

plus grand des hasards, ils découvrirent

une grotte indienne

avec une profusion d’objets taïnos,

d’artefacts abandonnés par

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

les premiers habitants de l’île,

les indiens arawaks (2) . La découverte

de cette grotte fit

grand bruit dans les journaux de

l’époque et c’est bien fièrement

que le député Marc Antoine se

rendit au Palais national afin

d’annoncer lui-même la nouvelle

au président Vincent.

Après avoir amplement décrit

la grotte au chef de l’État,

celui-ci demanda au député

quel nom il comptait lui donner.

Tout naïvement, celui-ci

répondit que la grotte portait

déjà son nom, Marc Antoine.

Ce ne fut que lorsqu’il eut quitté

le bureau du président que,

tout soudainement, Marc Antoine

se rendit compte qu’il y

avait oublié son chapeau. Lorsqu’il

retourna dans le bureau de

Vincent pour reprendre son

couvre-chef, celui-ci dira au

visiteur qui l’avait suivi: «comme

vous le voyez, cet homme

a une grotte qui porte son

nom». Marc Antoine comprit

alors que, sans le vouloir, il

venait de causer une petite blessure

d’orgueil au président qui

— 78 —

s’attendait tout naturellement à

ce que la grotte portât son nom.

Il apprit donc sa leçon et ne renouvela

pas la faute quand il

fallut trouver un nom pour le

parc qu’il venait d’aménager en

plein cœur de son village, ce

fut, bien entendu, le parc Vincent.

Bien des années plus tard,

quand il apprit

le décès de Vincent, Marc Antoine

quitta précipitamment le

Cap où il habitait pour se rendre

à l’enterrement du président.

C’était en 1959. Alors

qu’il s’attendait à trouver une

foule très dense aux funérailles,

l’ancien député du Dondon eut

la surprise de se retrouver avec

les trois seuls autres citoyens

qui s’étaient déplacés pour conduire

Sténio Vincent en sa dernière

demeure. Il s’agissait de

Léon Laleau, son ancien ministre;

d’Ernest Chauvet, le directeur

du Nouvelliste et enfin

d’Arnaud Merceron, qui fut le

chef de sa maison militaire.

Dans sa livraison du lendemain,

Le Nouvelliste ne manqua pas

de fustiger la conduite ingrate


de la société de Port-au-Prince

à l’égard de cet homme qui

avait dirigé les destinées de la

nation pendant plus d’une décennie.

C’est que la classe politique

craignait de déplaire à

Duvalier, un noiriste déclaré, en

allant assister aux funérailles

d’un chef d’État mulâtre. Notons

en passant qu’afin de récompenser

Arnaud Merceron

pour cette belle marque de fidélité,

Duvalier le nomma aussitôt

ambassadeur d’Haïti en

Espagne.

Peu avant son élection à la

présidence par les députés et

sénateurs, Élie Lescot se fit un

devoir de rencontrer ces derniers

un à un et en tête-à-tête.

C’était pour s’assurer de leur

vote et négocier ce à quoi ils

s’attendaient en échange. Dernier

parlementaire à être reçu,

Marc Antoine exprima le vœu

que sa ville natale, le Dondon

qu’il représentait, soit doté d’un

dispensaire dont la commune

était encore, hélas, privée.

«Cette demande vous honore!

s’écria Lescot. Vous êtes le premier

à m’adresser une requête

qui ne soit pas personnelle.

Regardez, dit-il, en montrant

ses notes, tous vos collègues

n’ont fait jusqu’ici que solliciter

des emplois pour leurs parents

et leurs amis. Comptez sur

moi, mon cher ami, Dondon

aura son dispensaire!» Cinq ans

plus tard, Lescot était chassé du

pouvoir et Dondon n’avait toujours

pas de dispensaire.

Élie Lescot et Marc Antoine

resteront bons amis malgré

tout. C’est ainsi qu’au moment

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

de son exil, alors que le gouvernement

haïtien refusait de

verser sa pension à l’ancien président

Lescot, Marc Antoine,

dans le but de secourir la famille

Lescot dans son malheur,

prit personnellement l’initiative

d’organiser une collecte de

fonds auprès des amis capois de

Lescot. C’était bien sûr avec

l’autorisation de ce dernier qui

prit d’ailleurs la peine de bien

faire comprendre à ses éventuels

donateurs qu’il ne sollicitait

pas l’aumône, puisqu’il

était entendu que, le temps

venu, il remettrait leur argent à

tous les généreux souscripteurs.

Quelques années plus tard, en

effet, Marc Antoine retournait

les valeurs avancées à chacun

de ces amis de Lescot avec les

remerciements empressés de

celui que seul son honnêteté

avait acculé à de tels expédients.

Il faut signaler cependant

que le montant de cette

collecte fut plutôt maigre. Marc

Antoine dut même en ajouter de

ses propres deniers pour la rendre

décente. On aura compris

qu’au fil des années, les époux

Lescot étaient devenus très proches

de la famille Antoine.

Chaque fois qu’il se rendait au

Cap, c’est toujours chez Marc

Antoine que séjournait l’ancien

président Lescot.

Marc Antoine est mort à Philadelphie

le 6 juin 1980. Il laissait

dans le deuil une nombreuse

descendance (dont sa fille

l’ex-première ministre,

Claudette Werleigh). Ses funérailles

furent chantées en la cathédrale

du Cap-Haïtien.

— 79 —

Notes

(1) Cette maison a été

remise par les héritiers

de Marc Antoine

à la paroisse du Dondon

qui en a fait une

école presbytérale.

(2) Cette fameuse grotte

et son contenu d’une

valeur inestimable

aurait été vandalisé

au fil des années.


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 80 —


OPINION

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

BY KARL VILLANUEVAThe

Second

Coming

He is the most im

peached President

in US history.

But prominent and influential

GOP leaders are already

heralding Donald J. Trump's

ascension to the Oval Office

next time around.

On Thursday, Senate Minority

Leader Mitch McConnell

(R. Kentucky) publicly pledged

his absolute and unequivocal

support for Trump as the GOP's

anointed 'Messiah' in 2024.

It is a crusade that is well

underway.

Even Trump's punching-bag

and constant thorn in his side

Sen. Mitt Romney (R. Utah) is

conceding that the nomination

is Trump’s for the taking. In so

many words, the writing is on

— 81 —

the wall. No other candidate

exists, at least for now, who can

muster adequate support or

consideration to oppose or replace

the disgraced demagogue

-Donald J. Trump.

It's full speed ahead.

At the Conservative Political

Action Committee Conference

(CPAC) this week a golden

life-size statue of Trump


was wheeled into the main ballroom.

On Sunday, Trump delivered

the Keynote Address to

deep-pocket conservative activists

who salivate at the prospect

of Trump being restored to

his old stumping ground. His

delusional promise of a third

successful run for

the Presidency was

met with expected

applause.

In recent polls,

more than 60% of

GOP voters still do

not recognize President

Joe Biden as

their legitimate

President.

Proud Boys

leader, Enrique

Tarrio, boasted

this week that

when President

Trump in a pre-

January 6th. debate

told white supremacists

to 'stand

down and stand by'

his membership

doubled.

At Insurrection

hearings on the

Hill this week, Sen.

Ron Johnson (R. Wis.) read an

eyewitness testimony that anti-

Trump elements and provocateurs

were responsible for the

mayhem that was unleashed at

the Capitol. Initial estimates of

damage to the Capitol and other

liability exceed $30 million.

Johnson testified that the President's

supporters proceeded to

the Capitol in a festive mood.

Because of ongoing omi-

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 82 —

nous chatter on the internet, including

one that threatened to

blow up the Capitol with every

lawmaker inside, barricades

have remained in place since

January 7th.

Biden's upcoming State of

the Union Address fits the profile

that would present a major

concern for national security

planners. Even on March 4rd

the Capitol went dark to protect

lawmakers from Qanon’s

threatened inauguration of

Trump to the presidency.

So entrenched is blind support

for Trump throughout the

country that even the Pentagon

is scrambling to vet their own

ranks to weed out potential anarchists.

At least 28 former and

current members of the military

face serious felony charges including

conspiracy for sedition.

One in five rioters arrested in

connection with the events of

January 6, 2021 are either current

US military personnel or

bona fide veterans.

Even religious organizations

have not been spared the outreach

of Trump's cult-like conscription.

Churches are now fertile

breeding grounds for Q-anon's

conspiracy theory proponents.

There are members of the

church hierarchy and their

flock who worship the very

ground Trump walks on be-


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 83 —

cause of his anti-abortion politics

and his successful nationwide

installation of ultra-conservative

judges to the bench.

In the vast urban and rural

hinterlands of Americana, gunloving

so-called patriots target

every liberal Democratic candidate

as the enemy

and are enamored

by Trump's

2nd Amendment

stand as the only

mortal who can defend

their Constitutional

right to

bear arms. In this

t r i g g e r - h a p p y

wasteland thrive

white supremacists,

and anti-immigration

hotheads

who depend

on tattoos etched

on their bodies to

declare their manifesto

and colors.

These are dangerous

people.

Members of one

militia group is languishing

in jail

awaiting trial faced

with felony charges

for conspiring to

kidnap and execute a state Governor.

It is a tinderbox.

Even for Trump himself.

These militarized robots depend

on his direct programming

and are prepared to turn

on him instantly if he turns

down the vitriole. When more

than 200 Capitol insurrectionists

face a judge in the upcoming

months, it will be revealing

if the 'Trump let me do it

defense' will get them off the

hook or endanger Trump even

further.

But nowhere does Trump's

magnanimous presence commands

more reverence than on

Wall Street where huge tax

breaks and COVID-19 largesse

have enriched so few so quickly.

Not to mention, $162 billion

in profits in a single month by

a handful of mega-corporations.

Mega churches and mega

corporations worship at the

same table when it comes to

Trump.

Truly, Trump can do no

wrong. Imprison Central-

American migrant toddlers; no

problem. Incite violence on the

Capitol; no problem. Defy the

Feds for revealing his lecherous

proclivities and scandalous

tax records; no problem.

Usurp election results to

hold on to office; pardon me

please; he's only stopping the

steal.

On the flip side, despite almost

80% approval for Biden's

version of COVID-19 relief,

Republicans are squarely dugin

behind Trump's clones in

Congress who vociferously

oppose Biden's rescue plan.

Some Republican legislators,

like Sen. Leslie Graham

(R. S. Carolina.) who immediately

expressed outrage at

home-grown citizens storming

the Capitol, are now fully engaged

in instant-packaging

doublespeak. They are dutifully

blocking on offense for

Trump as he broods quietly at

the omelet bar at Mar-a-Lago.

Meanwhile, back in the

House, Kevin McCarthy Republican

Minority Leader just

back from a Trump ass-kissing

visit to Florida, Jim Jordan ( R.

Ohio), Steve Scalise (R. Louisiana),

and a troop of hi-octane

Trumpsters continue to shut

down sane, democratic governance

in every conceivable way

possible to bid time for Trump.

"Trump ain't going nowhere,"

declared Sen. Ted Cruz

(R. Tex) jubilantly at CPAC on

Friday.

At 74, if Trump can stay

healthy and his intimidating

political infrastructure does not

cannibalize or crucify him before

2022, then, on a current

wave of unwavering Republican

support, Trump appears to

be a shoe-in for the GOP Presidential

nomination.

And so, another war for the

soul of American democracy is

in the making.

If Biden expects to prevail,

he will need much more help

than he garnered the last time

around. If Trump's goons are in

jail, it will be a welcome blessing.

But it is evident that this upcoming

war will be won by

winning over the psyche of the

American people who are assailed

daily by a constant barrage

of conspiracy theories.

Biden needs another vaccine.

One that can inoculate

American voters against lies

and alternate facts.


OPINION

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Ces monarchies qui

nous ont spoliés,

violés, ruinés…

Par Max Dorismond

Il est de ces lectures ou de ces

nouvelles qui viennent déranger

votre quotidien et vous laissent

sans voix, au point de crier votre

frustration, à fendre l’âme. En

pleine nuit, suite à une carence de

sommeil, j’ai ouvert mon iPad

pour chasser l’ennui. Quelle ne fut

ma surprise d’apprendre de la

bouche du couple Meghan-Harry

d’Angleterre, devant Oprah Winfrey,

que « la famille royale s’inquiétait

de la couleur de la peau

des bébés à venir… Que ces derniers

ne seraient jamais princes »

! Répétez pour moi ! Ai-je bien

— 84 —

compris ou c’est un mauvais rêve.

Réveille-toi, Max ! Je ne crois ni

mes yeux ni mes oreilles !

Ce n’est pas le premier scandale

à secouer l’empire. Souvenons-nous

de l’abdication de l’arrière-grand-oncle

du prince Harry,

le duc de Windsor, le roi Édouard

VIII, pour se marier avec la belle


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

chiens fidèles de toutes les couleurs,

se cabrent dans les coins à

l’idée de voir leur clan contaminé

par le surplus de mélanine de Meghan,

« ce poison » infiltré par

amour dans le cortège royal.

qui conduira le monde entier vers

un métissage accéléré.

Cette réalité inévitable empêche

plusieurs de dormir, à l’instar

de la vieille reine d’Angleterre,

quant à la marche de la nature

actrice américaine, Wallis Simpson.

Ce scandale avait incité Hitler

à mijoter l’idée de jouer sur la

frustration de ce dernier pour l’utiliser

comme épouvantail, ou comme

marionnette, en cas de victoire

de l’Allemagne sur l’Angleterre

en 1940.

Ces rapaces, qui encadrent, dirigent,

conseillent le Commonwealth

1 , un ramassis d’anciennes

colonies, qui constituaient,

aux siècles passés, leur

patrimoine, leur abreuvoir, leur

richesse, pour en faire aujourd’hui

des rentiers éternels, s’inquiètent

de la couleur de la peau de leur

progéniture ! Sont-ils sur la même

planète que nous ? Vivent-ils à

notre époque ?

Ces parasites, qui n’ont

jamais travaillé de leur vie, qui

font embrasser leurs fesses à longueur

de journée par des petits

Devant de telles attitudes,

on ne peut

s’étonner que des sujets

de sa Majesté se soient congratulés

quand Donald Trump parlait

de revenir à l’Amérique d’antan,

avec son fameux slogan :

MAGA 2 . On peut aisément deviner

qu’il dansait le Set carré 3 , au

Buckingam Palace, en hommage

à l’odieuse prétention de cet hurluberlu

de Trump.

En secret, ils admiraient les

Proud Boys, le Klu-klux-klan, les

Oath Keeper… qui maintiendraient

la pression populaire pour

torpiller ce qu’ils appréhendaient

le plus : le « Grand Remplacement

», le « Grand Reset » ou le

Grand Brassage des peuples (en

français), cette crise existentielle,

— 85 —

dans l’extinction normale de certaines

races, celle des Caucasiens,

par exemple.

Cette caste de crocodiles, qui

a réalisé toute sa fortune sur le dos

des Noirs, des Arabes et des Asiatiques,

se rebiffe aujourd’hui à la

pensée que sa race puisse être

souillée par le poison des peuples

« pauvres », qui l’ont nourrie, depuis

des temps immémoriaux. Ingratitude,

quand tu nous inspires!

Comment se sentirait-elle demain

matin en allant visiter les

amis du Commonwealth ? Je remarque

encore ces crocodiles hypocrites,

un sourire narquois au

bord des lèvres, et une bouteille

de Sanitizer 4 sous la chaise, pour

se désinfecter les doigts en attendant

la grande ablution ou le bain.


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Car, pour eux, la Covid-19 existait

depuis le XVIII e siècle. Dans

leur pensée, le roi africain ou arabe

d’en face revient tout droit des

chiottes sans se laver les mains.

Je comprends pourquoi la Mama

porte toujours des gants immenses,

même à 40 degrés Celsius. Ils

se cachent, tous, derrière le paravent

du protocole. Mon œil !

Cette saga me rappelle le texte

« Déculturation et renaissance »

à la page 104 de mon livre « Les

mots pour conjurer nos maux »,

dans lequel j’analysais la tergiversation

de certains métis de Saint-

Domingue, en 1804, déchirés devant

le dilemme de rester dans la

nouvelle nation fraîchement

créée, pour évoluer en vrais Haïtiens,

maîtres chez eux, ou de rentrer

en France, ou en Louisiane,

pour vivre dans l’humiliation,

avec le risque de retourner dans

les fers.

À titre d’exemple, j’avais rapporté

plusieurs cas de déchéances,

tels que celui de Thomas de la

Pailletterie, le futur Alexandre

Dumas, arrivé dans la région de

— 86 —

Caux, en France,

avec son père, le

Marquis de la

Pailletterie, un ancien

colon, en

compagnie d’une

servante. Les notables

de la région ne

se gênèrent nullement

pour affubler

ces nouveaux venus

de tous les

noms, au point où

l’un d’entre

eux, fatigué de

voir quelques métis

éméchés festoyer

au château

éponyme, déclara :

« …On en vient à

jalouser ces insolents

mulâtres, produits des

amours déréglées de vieillards libidineux

et dévoyés avec des filles

si noires, que le cher Voltaire, luimême,

affirme sérieusement

qu’elles pourraient descendre du

singe... Il faut en conclure, continue-t-il,

que les mulâtres ne doivent

pas corrompre le sang français.

Car, une seule goutte impure

suffit à empoisonner des générations

entières… Mais quand on

connait leur lubricité, forcément

bestiale, on est contraint d’admettre

que la meilleure solution serait

de les renvoyer chez eux. Aux

îles, en Afrique, chez les singes,

mais pas ici 5 ».


Toutefois, le mal est fait. Alea

jacta est ! Colorés nous sommes,

colorés nous resterons! Quelle que

soit la nuance, ils ont construit

leur monde pour nous exploiter

jusqu’à l’os sous toutes formes de

prétextes. En nous divisant, l’un

et l’autre, ils ont bien joué leur jeu,

jusqu’à l’arrivée de Meghan, pour

découvrir leur vraie face. Ce n’est

nullement la première fois. Combien

de nos métis ont vécu humiliation

après humiliation, sans

avoir le courage de les dénoncer.

Ils sont légion à végéter dans la

honte pour avoir succombé à ce

désir volage, pour avoir opté pour

ce choix déchirant.

Personnellement, je vous le

dis, chères victimes, ne vous blâmez

pas. Le temps de ces dinosaures,

de ces croquemorts, est

révolu. Ne rougissez point ! Le

chapître de ces monarchies est

farci d’anecdotes racistes. Plusieurs

têtes couronnées d’Europe

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

sont tombées en pâmoison à la vue

du sexe noir, et des enfants métis

sont nés de ces bacchanales. Cherchez

à connaître l’histoire de

Nabo, ce serviteur noir à la cour

de Louis XIV en France, et vous

découvrirez le roman caché de

Sœur Louise Marie Thérèse, La

Mauresse de Moret, la fille noire

de ce Roi, enfermée incognito

dans un couvent. Vous trouverez

aussi un certain Mohamed Abdul

Akim au service de la reine Victoria,

et vous m’en direz tant. Il y

a tant d’historiettes. Même si les

intéressés avaient le pouvoir de

museler la presse, ils ne pouvaient

tordre le cou à la

vérité. Elle est

têtue et incompressible.

Elle

résiste curieusement

au temps

pour émerger au

moment où on

s’y attend le

moins.

Nous ne sommes

plus au

XVII e siècle. Il

leur revient de

faire des mea

culpa et de demander

pardon

en restituant les

milliards et les

milliards de livres

sterlings

qu’ils ont extraits

de la gorge des plus mal pris

de la terre. Quand on les voit se

déplacer comme des ombres

d’eux-mêmes, désarticulés, et parlant

peu, ce n’est qu’une technique

de marketing pour mieux

nous endormir. Ce sont des vampires,

toujours assoiffés de richesses.

Ce sont des sauvages sans

— 87 —

scrupules, qui jouent aux vierges

offensées. Dénoncez-les pour les

remettre à la place où ils devraient

se trouver : Au Musée.

Or l’Histoire commence à balbutier.

Meghan ne serait pas la

première Noire à s’introduire dans

la Firme, si l’on en croit la série

« Bridgerton » sur Netflix, ou encore

« La folie du roi Georges »

(1994).

Offrons nos bras au jeune couple.

Il ne doit ni abdiquer ni rougir.

D’ailleurs, indépendante de

fortune, de l’argent non tacheté de

sang, des dollars honnêtement

gagnés, Meghan n’a point besoin

de partager la gamelle de ces bâtards

pour vivre. Son talent peut

nourrir Archie, Harry, le bébé à

venir et elle-même, sans nul souci,

en attendant le « Grand remplacement

».

Max Dorismond

NOTE

1 – Le Commonwealth ou

Commonwealth of Nations :

organisation intergouvernementale

composée de 54 États

membres qui sont presque tous

d’anciens territoires de

l’Empire britannique. Il a

émergé au milieu du XXI” siècle

pendant le processus de

décolonisation. (Src. Wikipédia)

2 –MAGA : “Make America Great

Again”.

3 –Set Carré: Danse folklorique

d’origine Américaine, arrivé au

Québec au XIXe siècle.

4 – Ce sont des solutions

hydro-alcooliques aseptisantes

pour l’hygiène des mains (Src.

Wikipédia)

5 –Voir le livre « Alexandre Dumas

– les dragons de la reine » de

Claude Ribe.


SANTE

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Insuffisance rénale : les

soins de dialyse sont hors

de prix en Haïti

Pour avoir accès au soin de dialyse

en Haïti, le patient doit pouvoir payer

1600 à 1800 dollars américains

mensuellement. Interrogé à ce sujet

le mercredi 24 février, le docteur Jean

Hénold Buteau admet que le revenu des

Haïtiens est trop faible pour couvrir des

soins de dialyse extrêmement coûteux.

«L’accès au soin de santé

est difficile en Haïti,

mais pour le service de

dialyse, c’est encore plus tragique»

se désole le docteur Buteau

qui admet que beaucoup de patients

ne peuvent se payer ces

soins dans le privé. L’alternative,

dans ce cas-ci, est l’hôpital de

l’université d’État d’Haïti communément

appelé Hôpital général.

Dans cet établissement, les services

sont gratuits. De plus, les in-

— 88 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

ternes intéressés par ce service

peuvent se mettre à contribution.

Cependant, la direction de l’hôpital

de l’UEH préfère rester

muette et ne tient pas à parler de

son service de dialyse. Elle n‘a pas

l’autorisation du ministère de la

Santé publique et de la Population

pour parler des malades souffrants

d’insuffisance rénale, s’excuse la

responsable. Le service de dialyse

de l’hôpital général dispose de

5 à 6 machines de dialyse, nous

confie le docteur Buteau qui travaille

également dans le public.

Mais s’il faut parler des soins

que nécessitent l’insuffisance rénale

dans le privé, un malade a

besoin, d’au moins, 1600 à 1800

dollars américains pour avoir accès

à un dialyseur pour se faire

épurer le sang. Le docteur Buteau

a également parlé des dépenses

que nécessite ce soin dans un hôpital.

Le prestataire dépense, au

moins, 128 dollars américains par

séance de dialyse sans compter les

médicaments, les frais de maintenance

des appareils et bien plus

encore.

Toujours en regard de la situation

des malades souffrant d’insuffisance

rénale, le docteur Buteau

explique que ce service est

inexistant dans les villes de province,

mis à part le Cap dans le

Nord et les Cayes, dans le Sud qui

disposent d’un service de dialyse.

Et, un des deux ne fonctionne

pas. Dans ces cas-là, les patients

du docteur Buteau doivent se déplacer

pour se faire dialyser. Les

suivis médicaux se font par téléphone.

Entre l’inaccessibilité et la

cherté des soins de santé en Haïti,

notamment des soins de dialyse,

la prévention a toute son importance.

Le néphrologue a également

parlé des malades atteints de

diabète, d'hypertension qui sont

plus aptes à développer l’insuffisance

rénale. Le plus grand défi

d'un spécialiste en néphrologie

c'est de permettre à un malade en

insuffisance rénale précoce de se

rétablir.

Geneviève Rose Murdith Joseph

LE NATIONAL

— 89 —


HISTORY

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

The U.S. Occupation of

Haiti From 1915 to 1934

Body of Charlemagne Péralte, whose

body was nailed up to a door in the

town of Hinche following his killing by

members of the USMC. Image taken by

US forces and published to demoralise

Péralte's remaining followers.

Responding to near-anarchy in

the Republic of Haiti, the United

States occupied the nation from

1915 to 1934. During this time,

they installed puppet governments,

ran the economy, military

and police, and for all intents

and purposes were in absolute

control of the country. Although

this rule was relatively benign, it

was unpopular with both the

Haitians and the citizens of the

United States and American

troops and personnel were

withdrawn in 1934.

Haiti’s Troubled

Background

Since gaining independence

from France in a bloody rebellion

in 1804, Haiti had gone

through a succession of dictators.

By the early twentieth

century, the population was

uneducated, poor and hungry.

The only cash crop was coffee,

grown on some sparse bushes in

the mountains. In 1908, the

country totally broke down.

Regional warlords and militias

known as cacos fought in the

— 90 —

By Christopher Minster

Updated January 14, 2020

Christopher Minster, Ph.D., is a professor

at the Universidad San Francisco de

Quito in Ecuador. He is a former head

writer at VIVA Travel Guides.

Minster, Christopher. "The U.S. Occupation

of Haiti From 1915 to 1934."

ThoughtCo, Feb. 16, 2021,

thoughtco.com/haiti-the-us-occupation-

1915-1934-2136374.

streets. Between 1908 and 1915

no less than seven men seized

the presidency and most of them

met some sort of gruesome end:

one was hacked to pieces in the

street, another killed by a bomb

and yet another was probably


poisoned.

The United States

and the Caribbean

Meanwhile, the United States

was expanding its sphere of

influence in the Caribbean. In

1898, it had won Cuba and

Puerto Rico from Spain in the

Spanish-American War: Cuba

was granted freedom but Puerto

Rico was not. The Panama

Canal opened in 1914. The

United States had invested

heavily in building it and had

even gone to great pains to

separate Panama from Colombia

in order to be able to administer

it. The strategic value of

the canal, both

economically

and militarily,

was

enormous.

In

1914,

the

United

States

had also

been

meddling

in the Dominican

Republic,

which shares the

island of Hispaniola with

Haiti.

Haiti in 1915

Europe was at war and Germany

was faring well. President

Woodrow Wilson feared that

Germany might invade Haiti in

order to establish a military base

there: a base that would be very

close to the precious Canal. He

had a right to worry: there were

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

many German settlers in Haiti

who had financed the rampaging

?cacos with loans that would

never be repaid and they were

begging Germany to invade and

restore order. In February of

1915, pro-US strongman Jean

Vilbrun Guillaume Sam seized

power and for a while, it seemed

that he would be able to look

after US military and economic

interests.

The US Seizes Control

In July of 1915, however, Sam

ordered a massacre of 167

political prisoners and he was

himself lynched by an angry

mob that broke into

the French Embassy

to get at

him. Fearing

that anti-

US caco

leader

Rosalvo

Bobo

might

take over,

Wilson

ordered an

invasion. The

invasion came

as no surprise:

American warships had

been in Haitian waters for most

of 1914 and 1915 and American

Admiral William B. Caperton

had been keeping a close eye on

events. The marines that

stormed the shores of Haiti were

met with relief rather than

resistance and an interim government

was soon set up.

Haiti Under US Control

Americans were put in charge of

— 91 —

public works, agriculture,

health, customs, and the police.

General Philippe Sudre

Dartiguenave was made president

in spite of popular support

for Bobo. A new Constitution,

prepared in the United States,

was pushed through a reluctant

Congress: according to a debated

report, the author of the

document was none other than a

young Assistant Secretary of the

Navy named Franklin Delano

Roosevelt. The most interesting

inclusion in the constitution was

the right of whites to own land,

which had not been permitted

since the days of French colonial

rule.

Unhappy Haiti

Although the violence had

ceased and order had been

restored, most Haitians did not

approve of the occupation. They

wanted Bobo as president,

resented the Americans’ highhanded

attitude towards the

reforms and were indignant

about a Constitution that was

not written by Haitians. The

Americans managed to irk every

social class in Haiti: the poor

were forced to work building

roads, the patriotic middle class

resented the foreigners and the

elite upper class was mad that

the Americans did away with the

corruption in government

spending that had previously

made them rich.

The Americans Depart

Meanwhile, back in the United

States, the Great Depression hit

and citizens began wondering

why the government was spending

so much money to occupy


an unhappy Haiti. In 1930,

President Hoover sent a delegation

to meet with President

Louis Borno (who had succeeded

Sudre Dartiguenave in

1922). It was decided to hold

new elections and begin the

process of withdrawing American

forces and administrators.

Sténio Vincent was elected

president and the removal of the

Americans began. The last of

the American Marines left in

1934. A small American delegation

remained in Haiti until 1941

to defend American economic

interests.

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Legacy of the

American Occupation

For a while, the order established

by the Americans lasted

in Haiti. The capable Vincent

remained in power until 1941

when he resigned and left Elie

Lescot in power. By 1946

Lescot was overthrown. This

marked the return to chaos for

Haiti until 1957 when they

tyrannical François Duvalier

took over, beginning a decadeslong

reign of terror.

Although the Haitians resented

their presence, the Americans

accomplished quite a bit in Haiti

during their 19-year occupation,

including many new schools,

roads, lighthouses, piers, irrigation

and agricultural projects

and more. The Americans also

trained “La garde d'Haïti”, a

national police force that became

an important political

force once the Americans left.

https://www.thoughtco.com/haiti-the-usoccupation-1915-1934-2136374

L’art de Jean-Salomon André

— 92 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 93 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 94 —


SOCIETY

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Remember the Father

of the People

Jesuit Father John J. Stochl died

November 6, 2016, in St. Louis.

Remembered for his lifelong service

in the small Central American

country of Belize, he was 92

years old, a Jesuit for 75 years and

a priest for 62 years.

Born in St. Louis on May 8, 1924,

he was one of four sons of John J.

Stochl and Marguerite Martini

Stochl. Preceded in death by his

parents and his brother, Joseph

Stochl, he is survived by two

brothers, James Stochl of House

Springs, Mo., and Thomas Stochl

of Fallston, Maryland, as well as

his brothers in the Society of

Jesus.

He attended Little Flower School

and St. Louis University High

— 95 —

School, graduating in 1941. He

entered the Society of Jesus at St.

Stanislaus Seminary, Florissant,

Missouri, on August 17, 1941.

After First Vows, he studied at

Saint Louis University, where he

earned a Bachelor of Arts in English.

He served his regency – or

practical experience – at St. John’s

College in Belize City, Belize.


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

After studying theology at St.

Mary’s College in St. Marys, Kansas,

he was ordained on June 16,

1954. He earned a Master’s in

Education with a concentration in

guidance from Loyola University

New Orleans in 1969 and pronounced

his final vows on December

8, 1975.

Fr. Stochl spent his entire apostolic

life in Belize, the Central

American country he fell in love

with during his regency. He was

likely one of the last Jesuits to

travel to Belize on a “Banana

Boat” from New Orleans, and his

impact on the country and its people

is immeasurable. His first assignment

was to teach at St. John’s

College, but he developed a special

interest in Belize’s Garifuna

(Carib) ethnic group and began to

put together a dictionary of their

language, echoing a great Jesuit

tradition. He provided a basis that

was later expanded upon by others.

He returned to Belize after being

ordained to teach at St. John’s

College in Belize City and as

weekend missionary to small rural

villages. He founded and developed

St. John’s Extension College,

which provided the equivalent

of high school education to

many adults. For years, he taught

classes at the College during the

day, then biked down to the Extension

Department for evening

classes, putting in long hours. In

this work, he developed relationships

with many of the city’s poor.

Always available for whatever

was needed, he became headmaster

of St. John’s High School; this

expanded his contacts with some

who would become and still are

leaders in Belize. Fr. Stochl was

the first American Jesuit to become

a Belizean citizen. When he

became Mission Superior (1977-

83), he traveled the country extensively

and was active with other

Jesuit superiors of the Englishspeaking

Caribbean in coordinating

the Jesuit apostolic work in

Jamaica, Guyana and Belize. He

began the efforts to bring Jesuit

novices from several provinces to

Belize for their experiential formation.

For many Belizeans, Fr. Stochl

was the priest who led them in

prayer at the beginning of each

day; for more than 25 years, he

had a morning devotional program

on Radio Belize.

At the age of 80, he undertook a

new pastoral ministry at the Belize

Prison and helped in the reformation

of the country’s whole

prison system, utilizing the large

network of his former students in

both political parties to do so.

Fr. Stochl taught many of the privileged

members of Belizean society,

but also the poorest of the

poor. As much as he loved teaching

English, his greatest joy was

serving as pastor at St. Martin de

Porres Parish in Belize City and

being chaplain in the Belize Prison.

All his educational skills, his

pastoral skills, and his human

ability to connect with the other

were put to full use. It was said

that if a riot ever broke out in the

Belize Prison, the one person who

could walk through unharmed was

“Padre Jack.”

Fr. Stochl had many friends and

was known for staying in touch

with all of them. He was always

ready to help at a moment’s notice.

He spent his life going to

those on the margins, as both

Popes Benedict and Francis have

reminded Jesuits that the Church

counts on them to do. Those who

encountered him never forgot him

and, most important, they knew

that he never forgot them.

Truly a Belizean hero, a servant

of the people. and a master teacher

of the English language.

Rudolph Bowman

Belize National Historical Society

https://www.facebook.com/groups/

589353442017044/permalink/

772517680367285/?sfnsn=mo

— 96 —


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

AVAILABLE / DISPONIBLE

Robert Berrouët-Oriol

info.robertberrouet.oriol2@gmail.com / CIDIHCA (1) 514.845.0880

— 97 —


HOMMAGE

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Première édition

des trophées « Ôla » :

Carole Borna

lauréate

L’association «Ilé ya africa»

vient de dévoiler le lauréat

de la première édition des

trophées Ôla récompensant l’évolution

et la carrière exceptionnelle

d’une femme dans son domaine,

l’art. Carole Borna, actuel conseiller

technique aux Arts du ministre du

Tourisme, de la Culture et des Arts

du Bénin est l’heureuse élue.

Il faut comprendre la philosophie

autour des trophées «Ôla» de

l’association « Ilé ya africa» pour

savoir pourquoi la distinction à

l’occasion de cette première édition

est allée à une femme de métier qui

aura donné tout ou presque au secteur

des arts et de la culture. «Ôla»

signifie en yorouba la volonté. «Celle

de l’Afrique mère de l’humanité,

cette volonté dont la force contribue

à hisser la femme», précise Erick

Ahouansou, artiste plasticien et

président de «Ilé ya africa». Pourquoi

alors ce premier trophée échoue-t-il

entre les mains de Carole Borna?

Tout simplement parce qu’elle est

une femme déterminée à aller

toujours le plus loin possible dans

son évolution et dans sa carrière.

Elle est une «femme d’exception

et de parcours», conviennent les

organisateurs. Mais pour qui connait

Carole Borna, difficile de ne pas

s’accorder avec les initiateurs d’un

tel projet sur les qualités de l’actuel

conseiller technique aux Arts du

ministre du Tourisme, de la Culture

et des Arts du Bénin.

Dans le très masculin milieu des

arts et de la culture au Bénin, Carole

Borna a réussi à inscrire son nom

comme l’une des rares femmes

galeristes, si on n’oublie pas qu’elle

est artiste quand l’envie la tient. On

peut citer à son profit, de nombreuses

expositions et évènements de

promotion et de valorisation des arts

— 98 —

et de la culture. De l’ombre, elle est

vite passée à la lumière non

seulement en s’imposant, mais aussi

en imposant son espace galerie d’art

Abc de Cotonou. L’autre pan de son

action, pour ne pas dire de son

engagement à la cause de la culture,

c’est que Carole Borna œuvre pour

le partage des connaissances et la

transmission des savoirs, en intéressant

les plus jeunes, particulièrement

les enfants, à l’histoire de l’art et à

l’expression de leur créativité.

Parcours exceptionnel

Depuis plusieurs années, la

lauréate des trophées «Ôla» s’investit

aussi dans la préservation et la


valorisation du patrimoine culturel

béninois ainsi que dans la promotion

de la culture du pays. Elle tient

également une place de choix dans

le processus de restitution des biens

culturels du Bénin. Elle y travaille

activement depuis le début du

processus, notamment en tant que

membre du groupe de travail chargé

de la mise en œuvre du Programme

de travail commun entre le Bénin et

la France. Très active dans le milieu

associatif culturel national et à

l’international, Carole Borna apporte

aussi son expertise au ministère en

charge de la Culture depuis 2016.

Elle a occupé successivement les

fonctions de directrice adjointe du

Patrimoine culturel puis de directrice

du Patrimoine culturel avant d’être

nommée depuis conseiller technique

aux Arts sous le ministre Jean-Michel

Abimbola.

Formée à la Parson’s School of

Design de New-York et titulaire d’un

Master en coopération artistique

internationale, Carole Borna a

toujours opté dans ses choix

professionnels pour le brassage des

cultures et pour la diversité des

expressions culturelles. Elle est à la

tête de Abc Productions depuis 2008.

Une structure devenue entre-temps

virtuelle mais qui collabore avec des

galeries d’art, des institutions et des

associations à caractère social et

culturel en Afrique et en Europe,

dans le but de créer des passerelles

pour le dialogue des peuples, pour

découvrir des talents originaux dans

les domaines des arts plastiques et

des arts vivants afin de les présenter

au grand public. Elle recevra son

trophée à l’occasion d’un vernissage

intitulé « Célébrer l’Afrique ».

Par Josué F. MEHOUENOU

10 mars 2021

www.lanationbenin.info

KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

Carole BORNA :

une vie au service

du BON’ART

Elle a la discrétion de ces

érudits qui ne prennent

la parole que quand ils

pensent avoir quelque chose de

pertinent à dire. Elle arbore en

permanence ce sourire qui semble

agir sur son visage comme un

élixir de jouvence. Comme un tableau

de Van Gogh ou, tout près,

de Tchiff, Carole Borna est de ce

genre de curiosités qui, sans avoir

rien fait dans ce sens, ne passent

jamais inaperçues. Ceux qui l’ont

côtoyée à la Parson’s School of

Design de New-York (où elle a été

formée) peuvent-il dire aujourd’hui

qu’ils ont réussi à percer le

mystère qui entoure la relation

d’amour qu’elle entretient avec

les beaux-arts en général ?

Recommençons. Au-delà du 8

mars, tout ce mois consacré à bon

droit aux droits de la femme, est

aussi un élégant prétexte pour

mettre en lumière ces femmes qui,

au quotidien, dans leur secteur

d’activités, œuvrent à rendre notre

monde meilleur. Pour céder à

cet effet de mode qui ne se démode

pas, nous avons voulu mettre

en lumière, dans cette rubrique

culture, une femme du secteur.

Titulaire d’un master en coopération

artistique internationale, ancienne

Directrice Adjointe du Patrimoine

Culturel (2016 – 2018),

— 99 —

Directrice du Patrimoine Culturel

(2018 – 2019), Conseiller Technique

aux Arts (CTA) du ministre

en charge de la culture (depuis

2019), le choix de Carole Borna

s’est, tout logiquement, imposé à

notre esprit. Ceux qui l’ont connue

bien avant 2016, notamment

à travers ses expositions d’art

plastique entre Nice, Paris, Cotonou

et autres, disent de Carole

Borna qu’elle maîtrise l’art de

laisser des traces partout où elle

passe.

En faisant des recherches complémentaires

d’informations pour

rédiger ce papier, nous ne sommes

même pas surpris d’apprendre que

l’association artistique et culturelle

présidée par Erick Ahouansou

(artiste plasticien), ILE YA AFRI-

KA. Organise cette année la première

édition du Trophée ÔLA

(Femme & Parcours d’exception)

dont la lauréate. Révélée le 8 mars

dernier, n’est autre que … Carole

Borna ! La collaboratrice de Jean­

Michel Abimbola sera ainsi distinguée

le 20 mars prochain, au

cours d’un vernissage fort justement

intitulé « Célébrer l’Afrique

».

Colince LeSobonnard

Facebook.com


KINAM MAGAZINEFEBRUARY | MARCH 2021

— 100 —

More magazines by this user
Similar magazines