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Production Maintenance 73

Spécial CFIA : La maintenance, des métiers clefs dans l’industrie agroalimentaire

Spécial CFIA : La maintenance, des métiers clefs dans l’industrie agroalimentaire

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DOSSIER 10

Spécial CFIA

La maintenance,

des métiers clefs

dans l’industrie

agroalimentaire

ACTUALITÉS

Le Sepem Colmar

ouvre ses portes

après un an

de report !

6 20 30

MAINTENANCE

EN PRODUCTION

Maintenance

conditionnelle : quelle

technologie adopter ?

MANAGEMENT

Implémenter

des nouvelles

technologies

de maintenance

MAINTENANCE

MÉCANIQUE

Focus sur Artema

et l’industrie de la

mécatronique

36

73 | mai-juin-juillet 2021 | Trimestriel | 20€


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ÉDITORIAL

La maintenance, un enjeu prioritaire

pour le rebond industriel

Même si l’industrie s’est réveillée plus tôt que la réouverture des terrasses et des lieux de loisirs

ou culturels, le rebond industriel va de pair avec le moral des ménages et avec lui le retour de

la consommation. Encore faut-il disposer de la main-d’œuvre nécessaire et des compétences

techniques sur le terrain. Or ce sujet est toujours d’actualité, tout autant qu’il était avant la

crise du Covid-19.

Olivier Guillon

Rédacteur en chef

Certes, la bonne santé financière, ou

plutôt la survie de nombreuses entreprises

industrielles et de leur trésorerie, demeure

prioritaire. Mais le plan de relance du

gouvernement ainsi que les nombreuses aides

pour éviter de faire faillite et in fine licencier

ne peuvent suffire à assurer la pérennité du

tissu industriel.

« Pour sortir de la crise

la formation et le recrutement

de compétences techniques

doivent, tout autant que les

nouvelles technologies, figurer

parmi les investissements

prioritaires »

Maintenir un niveau de compétences en

interne est la clé de voûte pour assurer

les montées en cadence et maintenir les

équipements en bon état de marche. Qu’il s’agisse de la production ou de la maintenance, la

formation et le recrutement de compétences techniques doivent, tout autant que les nouvelles

technologies, figurer parmi les investissements prioritaires ; en clair, tirons cette fois des leçons

de la crise de 2008/2009, afin de ne pas voir détruire sous nos yeux tous ces emplois devenus

stratégiques

Envie de réagir ?

@productionmaint

ÉDITEUR

MRJ Informatique

Le Trèfle - 22, boulevard Gambetta

92130 Issy-les-Moulineaux

Tél. : 01 84 19 38 10

production-maintenance.com

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/@productionmaint

Direction :

Michaël Lévy

Directeur de publication :

Jérémie Roboh

Directeur des rédactions :

Olivier Guillon

o.guillon@mrj-corp.fr

COMMERCIALISATION

Publicité :

Sonia Cheniti

s.cheniti@mrj-corp.fr

Diffusion et Abonnements

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abonnement@productionmaintenance.com

Prix au numéro : 20 €

Abonnement 1 an France et

à l’étranger, 4 n° en version

numérique : 60 € TTC

Abonnement 1 an France, 4 n°

en version papier, numérique et

accès à la collection : 90 € TTC

Règlement par chèque bancaire

à l’ordre de MRJ

RÉALISATION

Maquette :

Gaëlle Vivien

Impression :

GT Print EOZ

6, avenue Jean d’Alembert

78190 Trappes

N°ISSN :

1632 - 4153

Commission paritaire :

0121 T 83214

Dépôt légal

À parution

Périodicité :

Trimestrielle

Numéro : 73

Date :

mai-juin-juillet 2021

RÉDACTION

Ont collaboré à ce numéro :

François Combet (Dynae),

Daniel Mazières (UESystems),

Xavier Thomas (Dynae)

Membre du réseau

REPM-EMPN

CRÉDITS

Photo de couverture :

Photo : iStock

Crédit : © graphixel

Toute reproduction,

totale ou partielle, est soumise

à l’accord préalable de

la société MRJ.

Ce numéro comporte :

Un encartage Denios

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı1


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SOMMAIRE

LA MAINTENANCE, DES MÉTIERS

CLEFS DANS L’INDUSTRIE

AGROALIMENTAIRE

10

DOSSIER

10 La maintenance, des métiers clefs dans l’industrie agroalimentaire

12 2021 ouvre la voie à des salons hybrides

12 Le CFIA enfin de retour à Rennes !

14 Comment d’usine Cémoi de Bègles s’est adaptée à la crise

16 L’industrie agroalimentaire encore peu encline à investir massivement

dans les technologies dites « 4.0 »

18 Focus Marché : place aux nouveaux produits !

Actualités

06 Sepem Colmar : « il y a un

besoin de repartir au feu » !

08 Programme des

Conférences de la

Maintenance

Maintenance

en production

20 Ultrasons et analyse

vibratoire : deux

technologies essentielles

pour le diagnostic et la

surveillance de machines

tournantes

22 Ne pas oublier la méthode

reposant sur l’analyse

spectrale

26 De nouvelles techniques de

diagnostic de fissuration

d’une bague de roulement

28 Former à l’ingénierie de la

maintenance de demain

Management

30 Teréga mise sur les IoT pour

accélérer sa transformation

32 Des nouvelles technologies

pour mieux surveiller les

points critiques de l’usine

34 Plus de dix ans d’expérience

GMAO sur quinze sites

du plus gros stockeur

d’hydrocarbure en France

Maintenance

mécanique

36 L’Indicateur Global Artema

enregistre un rebond

encourageant au 1 er trimestre

37 « Nous devons gagner la

bataille de l’agilité » - Jean-

Claude Reverdell, président

d’Artema

39 Vers des montées en compétences

et plus d’innovation pour

faire face à la crise

40 SEW Usocome et le laboratoire

de recherche ICube veulent

enrichir l’expertise « Industrie

4.0 »

42 Schaeffler intègre sa solution

de monitoring Optime aussi

dans ses usines

Outils

44 Au sommaire du prochain

numéro

44 Index des annonceurs et des

entreprises citées

44 Le chiffre à retenir

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı33


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NOS DOSSIERS EN UN CLIN D’ŒIL

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TECHNOLOGIES

MAINTENANCE EN PRODUCTION

MANAGEMENT

MAINTENANCE MÉCANIQUE

Dossier spécial maintenance dans

l’agroalimentaire p.10 à 19

Lors du premier confinement survenu au printemps 2020,

l’industrie agroalimentaire a dû faire face à une situation

inédite depuis la Seconde Guerre mondiale : se préparer à

une pénurie alimentaire et participer à « l’effort de guerre ».

Mais si finalement les problèmes d’approvisionnement que

l’on aurait pu imaginer ne se sont pas produits, le secteur

a dû s’organiser pour, d’une part, répondre aux contraintes

sanitaires, d’autre part optimiser sa production, impactant de

fait la maintenance.

Analyse vibratoire ou ultrasons ? p.20 à 29

Les moyens de maintenance conditionnelle,

particulièrement utilisés sur les machines tournantes,

ont bien souvent plébiscité une technologie : l’analyse

vibratoire. Mais si les avantages de cette méthode de

surveillance ne sont plus à démontrer, d’autres existent.

C’est le cas notamment des ultrasons qui, bien que moins

précis, permettent de réaliser plus simplement et à

moindre coût des mesures de premier niveau. Un focus

sera également fait sur l’analyse spectrale, méthode trop

souvent mise de côté... à tort parfois.

Implémenter des nouvelles

technologies de maintenance p.30 à 35

Industrie de process, raffineries ou nucléaire... ces trois

secteurs ont été choisis afin de mettre en lumière l’intégration

de nouvelles technologies, allant des capteurs intelligents à la

réalité augmentée en passant par les dernières évolutions de

la gestion de la maintenance assistée par ordinateur (GMAO).

Au programme de cette rubrique, trois retours d’expérience

et différents types de solutions dans les usines et ateliers de

maintenance : Orano, Terega et Raffinerie du Midi.

Focus sur Artema et l’industrie de la

mécatronique p.36 à 42

Partenaire de la revue Production Maintenance, le syndicat

des professionnels de la mécatronique Artema (membre de la

Fédération des industries de la mécanique – FIM) fait l’objet

dans ce numéro d’un dossier spécial avec au programme :

un point sur la conjoncture économique et industrielle des

entreprises du secteur et leur manière d’appréhender le

rebond, une interview de son président Jean-Claude Reverdell

et une enquête auprès de plusieurs entreprises adhérentes sur

leur manière de traverser la crise.

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı55


ACTUALITÉS

ÉVÉNEMENT

Sepem Colmar :

« il y a un besoin de

repartir au feu » !

Julie Voyer

Directrice du salon Sepem

Industries Colmar

– société GL Events.

Philippe Dutheil

Fondateur des salons

Sepem Industries,

aujourd’hui consultant.

Reportée depuis un an, l’édition alsacienne du Sepem doit signer le grand retour des événements industriels

régionaux le premier sous la direction de Julie Voyer (GL Events), qui remplace Philippe Dutheil, fondateur des

célèbres salons à succès. Du 15 au 17 juin prochain, le Sepem Industrie Est réunira près de 500 exposants au parc

des expositions de Colmar.

Julie Voyer, c’est la première fois que

vous dirigez un Sepem. Quel regard

portez-vous sur ce salon ?

J’ai un attachement profond pour les événements

industriels et parmi eux les salons

Sepem qui sont selon moi un vrai bijou

dans les territoires. Ils bénéficient d’un

positionnement très fort et sont pensés de

façon intelligente. Ils représentent en effet

un maillage de l’ensemble du territoire

pour proposer une offre nationale à des

utilisateurs qui ne peuvent pas forcément

se déplacer sur les grands salons.

Quels sont vos projets pour les Sepem ?

Nous souhaitons capitaliser sur les atouts

des salons – dont on ne changera pas la

formule – avec l’expérience et la force de

frappe de GL Events et notamment de son

salon phare, Global Industrie. Le Sepem a

besoin d’un coup d’éclat pour renforcer son

concept historique et magnifier la marque.

Colmar doit signer le grand retour

des salons Sepem. Quel est votre

sentiment à ce sujet ?

Julie Voyer : Nous sommes très heureux

à l’idée de nous retrouver à Colmar. En ce

début du mois de mai, au vu du nombre de

pré-badgés, on sent qu’il y a un besoin de «

repartir au feu ».

Philippe Dutheil : Il y a un an déjà, lorsque

l’événement a dû être reporté en novembre

puis au mois de juin 2021, le salon affichait

déjà complet. C’est d’emblée une réussite

d’autant que les exposants sont restés fidèles

à cette édition alsacienne et que l’on annonce

un beau plateau de conférences.

Comment voyez-vous cette nouvelle

édition après des mois d’interruption

dus à cette crise inédite ?

Julie Voyer : Ce que nous pouvons déjà

dire, c’est que même si l’on a prévu beaucoup

de changements dans les formats des

prochains Sepem, l’édition alsacienne aura

pour principal temps fort, outre les conférences,

de réunir les acteurs de l’industrie

et d’orienter avant tout l’événement vers

le business. Le fait que les industriels se

retrouvent est absolument essentiel.

Vous évoquez un nouveau format

à venir pour les salons et des

nouveautés. Sur quoi porteront-elles ?

Auparavant, tout portait autour de l’événement

physique, avec une communication

orientée vers le salon, le moment du salon et

le bilan. Désormais, nous devons repenser

notre offre pour permettre à tous d’accéder

aux solutions des exposants à tout moment

de l’année.

Comment cela va-t-il se concrétiser et

à partir de quand ?

Le Covid-19 a beaucoup bouleversé notre

profession. Il y a eu deux impacts. Le

premier est que l’on a dû capitaliser sur

la marque et les différents formats. Le

deuxième résident dans le digital et l’accélération

de nos projets déjà en cours (et

déjà réalisés comme le parcours digital du

visiteur), à commencer par la création de la

marketplace Industrie Online. En ce sens,

le digital a eu un effet démultiplicateur et

permet d’amplifier l’offre.

Par ailleurs, nous allons mener des actions

en faveur de l’information et du recrutement

à l’image de GI Avenir. Néanmoins, pour

cette année, avec les éditions de Colmar,

Angers et Douai, la priorité est au salon ! Les

premières évolutions des Sepem prendront

forme à partir de 2022 à Rouen

Propos recueillis par Olivier Guillon

6ı 6 PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


ACTUALITÉS

PROGRAMME DES CONFÉRENCES DE LA MAINTENANCE

SEPEM COLMAR 2021

Mardi 15 juin

>> SPÉCIAL JOURNÉE

MAINTENANCE 4.0

10h30

« Digitalisation de la

Maintenance : condition

sine qua non pour

optimiser la production.

Les étapes pour réussir sa

transformation digitale »

Intervenants : Olivier Pierlot

(Rockwell Automation)

11h30

« Comment la Maxer peut

optimiser les résultats

de la Maintenance 4.0

en identifiant les causes

premières afin de fiabiliser

les équipements »

Intervenant : Jean-Paul

Souris (JPS Consultant)

14h30

« De la maintenance curative à

la maintenance prévisionnelle.

Les étapes et les bonnes

pratiques à adopter pour

entamer une démarche de

maintenance 4.0 »

Intervenant : Marc Daverat

(Valuable Data)

15h30

« La lubrification

intelligente : un pilier

fondamental de toutes

stratégies de maintenance »

Intervenant : Benoit

Degraeve (SDT Ultrasound

Solutions)

16h30

« Sécurité et mise en

consignation des énergies :

retour d’expérience

industriel de la solution

Securafim »

Intervenant : Jean-Pierre

Avellaneda (Apave)

Mercredi 16 juin

>> SPÉCIAL JOURNÉE

GMAO

10h30

« Les cinq points-clés pour

avoir une GMAO adapté,

efficace et pérenne »

Intervenante : Caroline

Foissard, société Synfonia,

également présidente de

l’Afim en Champagne-Ardenne

11h30

« Méthodes maintenance

& GMAO : un duo gagnant…

Zoom sur les bénéfices de

la GMAO Carl Source pour

Actemium Maintenance

Belfort. »

Intervenant : David Libor

(Actemium Maintenance

Belfort)

14h30

« L’expérience innovante de

Mobility Work, une GMAO

de nouvelle génération

et premier réseau social

de maintenance, avec le

témoignage d’un utilisateur

industriel »

15h30

« Relever le défi de la

transformation digitale de la

fonction maintenance avec

la GMAO. Rex de la société

Agriplas à Drulingen (Bas-

Rhin) et de l’éditeur Dimo

Maint ».

Intervenant : Urbain

Wollenschneider (Agriplas)

16h30

« Mise en œuvre et

le déploiement de la

solution de GMAO Mainta

(Apave) au sein de CTS, la

Compagnie des transports

strasbourgeois ».

Intervenant : Alain Caffart

(CTS)

Jeudi 17 juin

>> SPÉCIAL

MAINTENANCE 4.0

ET MACHINES

TOURNANTES

10h30

« La Maintenance et

Lubrification 4.0 de

machines tournantes

mise en œuvre de façon

simple et efficace grâce

à la technologie des

ultrasons ».

Intervenant : Daniel Mazières

(UESystems France)

11h30

« Maintenance 4.0 :

de l’application d’une

approche traditionnelle

à l’intelligence artificielle -

cas concret mis en place

en 2019 dans la papeterie ».

Intervenant : Olivier Dengis

(I-care)

8ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


TECHNOLOGIES

La maintenance, des métiers clefs

dans l’industrie agroalimentaire

Encore et toujours, et d’autant plus en cette période de

crise sanitaire, on parle de production, de cadences et

d’approvisionnement, le tout sur un fond de contrôle

et de qualité absolus, eu égard aux multiples scandales causés

par certains acteurs peu scrupuleux, s’invitant dans la

logique de profit maximum. La production est également au

centre de toutes les attentions et de beaucoup d’enjeux afin de

répondre aux attentes des nouvelles habitudes alimentaires,

incarnées par les végétariens, vegans et autres flexitatriens.

Enfin, l’organisation et la traçabilité se trouvent également au

cœur de toutes les attentions, en ces temps de pénueries de

matières premières notamment, qui pénalisent de nombreux

acteurs industriels.

On parle donc abondamment de production mais encore

trop peu de maintenance à notre goût. Or celle-ci joue - et

a toujours joué - un rôle clef et stratégique dans l’industrie

agroalimentaire, à commencer par la maintenance préventive

et la maintenance conditionnelle limitant au maximum

les risques d’interruption de production, danger numéro

1 (avec le défaut de qualité) dans une usine de process en

continu. À ce titre, notons qu’à l’inverse de biens d’autres

secteurs d’activité, l’agroalimentaire sous-traite encore peu

sa maintenance, l’intervention urgente ne pouvant se risquer

d’attendre l’arrivée d’un prestataire déjà en prise chez un

autre client.

Pour autant, la maintenance devrait retrouver ses lettres de

noblesse avec les nouvelles technologies, l’imbriquant de

facto avec la production grâce à des concepts de maintenance

prévisionnelle, nouvelle étape après la maintenance conditionnelle

et le suivi au plus près des installations industrielles

Olivier Guillon

LE DOSSIER EN DÉTAIL

12 2021 ouvre la voie à des

salons hybrides

12 Le CFIA enfin de retour à

Rennes !

14 Comment d’usine Cémoi de

Bègles s’est adaptée à la

crise

16 L’industrie agroalimentaire

encore peu encline à investir

massivement dans les

technologies dites « 4.0 »

© Bardahl

18 Focus Marché : place aux

nouveaux produits !

10ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


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PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı11


TECHNOLOGIES

ENTRETIEN

2021 ouvre la voie à des salons

hybrides

Enfin !... Ce maudit virus n’aura pas eu raison des salons. Et le premier d’entre eux dans le secteur industriel – le

CFIA de Rennes – entend bien montrer que le « présentiel » est indispensable au business. Néanmoins, comme

l’indique Sébastien Gillet, directeur de l’édition bretonne qui se déroulera du 9 au 11 juin, l’accélération du digital

va permettre d’élargir l’offre et faciliter le parcours d’événements de plus en plus « hybrides ».

Gildas Letort,

directeur Avant-Vente

chez Praxedo

Le CFIA de Rennes signe pour vous le

grand retour des salons industriels.

Quel est votre état d’esprit en ce

moment ?

Avant tout, du soulagement. À l’heure

où on se parle, le salon est juridiquement

autorisé, et c’est d’ailleurs la raison pour

laquelle nous l’avons décalé d’une journée

pour être dans les clous ; l’édition rennaise

ouvrira donc ses portes le 9 juin au lieu

du 8, avec une jauge de 5 000 visiteurs en

simultané, chiffre qui correspond tout à

fait à la fréquence habituelle du CFIA (qui

rassemble normalement 22 000 visiteurs

sur quatre jours).

Quel est votre sentiment sur

la situation actuelle et en quoi

impacte-t-elle le salon ?

Chez GL Events, nous avons toujours

été très optimistes malgré les différents

reports et annulations de notre salon

depuis l’année dernière. Cette fois, nous

avons la certitude que le salon se tiendra

et que de nombreuses entreprises, mis à

part quelques grands groupe, laisseront

leurs collaborateurs se déplacer au CFIA.

Quelles spécificités font la force du

salon ?

Avant tout son implantation au cœur de

la plus grande région agroalimentaire

d’Europe. Celle-ci offre une zone de

chalandise considérable avec les différentes

fonctions de l’usine, venant essentiellement

des régions Bretagne, Normandie et Pays

de la Loire ainsi que des autres régions

françaises. De plus, à Rennes, l’accès au

salon s’avère beaucoup plus simple qu’à

Paris ou dans les grandes métropoles.

12ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


TECHNOLOGIES

Enfin, compte tenu du faible visitorat

étranger (4% habituellement), et qui ne

pourra vraisemblablement pas venir, le

CFIA devrait plutôt être épargné par la

crise.

D’autant que d’une façon

générale, l’agroalimentaire

est la filière qui a le mieux résisté

à cette crise... cela se ressent-t-il à

travers vos exposants et l’offre du

salon ?

Oui et non. Oui, ce secteur s’en est très bien

sorti, à en juger les chiffres et l’activité qui,

en dépit du confinement, ne s’est jamais

vraiment arrêtée. Certaines entreprises ont

même fait de la croissance par rapport à

2019. Néanmoins, je ne pense pas que le

Covid-19 ait impulsé véritablement de

nouvelles tendances.

On constate toutefois une accélération

des projets de digitalisation, comme

c’est le cas chez les éditeurs de MES ou

de GMAO par exemple...

Oui mais selon moi, qu’il s’agisse de la

sécurité alimentaire et de la traçabilité

des process, de l’industrie du futur, des

emballages de demain ou de la transition

écologique, ces tendances avaient déjà

démarré il y a quelques années.

Et concernant l’organisation des

salons ?

En effet, comme c’est le cas de beaucoup de

métiers dont une grande partie se fait au

bureau, le Covid a accéléré la digitalisation de

nos façons de travailler mais aussi de notre

offre. Nous allons accélérer le digital sur les

salons, à l’image de Global Industrie que

nous allons « hybrider » de façon significative

(pour le CFIA, nous n’avons en effet pas eu

le temps de mettre en place tout ce que nous

allons développer à Lyon à la rentrée, sur

Global Industrie).

Mais déjà, sur le CFIA, le digital existe

avec MyCFIA, une marketplace donnant

de la visibilité sur l’offre toute l’année.

Nous sommes en train de la faire évoluer

afin d’avoir une application et non plus

seulement proposer un accès via le site Web.

Avec cette « app’ », les visiteurs pourront

assister à des conférences ou d’autres

événements en live comme l’inauguration

ou la remise des trophées par exemple. Pour

Global Industrie, ce sera un cran au-dessus

avec un véritable parcours du salon comme

l’Innovation Tour. Avec le Covid, nous

avons pris le pari de l’hybridation

Propos recueillis par Olivier Guillon

ÉVÉNEMENT

Le CFIA enfin de retour à Rennes !

Enfin ! après une annus horribilis, le CFIA s’apprête

à rouvrir ses portes, non plus le 8 juin mais le 9 (en

raison du calendrier « sanitaire ») et vivre une nouvelle

édition fidèle à l’essence et aux valeurs du CFIA : business,

convivialité et innovation.

« Nos 1 600 exposants et leurs

nouveautés, mais aussi nos nombreux

Espaces Thématiques et

Conférences seront de la partie,

pour construire tous ensemble

le monde de l’agroalimentaire

de demain, souligne Sébastien

Gillet, directeur du salon. Après

plus de deux ans sans édition

du CFIA Rennes, nous sommes

impatients de tous se retrouver

et d’organiser un salon à la hauteur

du monde de l’agroalimentaire, premier secteur industriel

français ».

GL Events invite donc tous les acteurs du mercredi 9 au

vendredi 11 juin au Parc Expo

Rennes Aéroport pour sa 24 e édition.

Au total, pas moins de 1 600

exposants seront répartis en trois

secteurs : « Ingrédients & PAI »,

« Équipements & Procédés » et

« Emballages & Conditionnements ».

Selon les organisateurs, « lors de la

dernière édition 2019, 95 % de nos

22 768 visiteurs ont été satisfaits de

leur visite sur l’événement référent

de l’agroalimentaire »

Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı13


TECHNOLOGIES

RETOUR D’EXPÉRIENCE

Comment l’usine Cémoi de Bègles

s’est adaptée à la crise

Face à la crise, le secteur agroalimentaire s’est confronté à plusieurs bouleversements, qu’ils soient

organisationnels ou technologiques pour répondre aux contraintes sanitaires et aux hausses de production.

Thomas Leichle, directeur de l’usine Cémoi de Bègles (Gironde), et Laurent Loste, responsable maintenance,

nous font part de leur expérience.

Quelles sont vos problématiques de maintenance et de

production ?

Thomas Leichle

Directeur de l’usine Cémoi

de Bègles

Laurent Loste

Responsable maintenance

Nous travaillons dans une usine ancienne mais très automatisée.

Nous devons donc à la fois rénover les locaux et le matériel tout

en restant très proche des opérateurs et des problématiques qu’ils

rencontrent sur les lignes. Étant donné que nous tournons en

4x8, il faut que les techniciens soient autonomes, qu’ils notent

rigoureusement leurs interventions et qu’ils soient assez efficaces

pour garder du temps sur « l’amélioratif ». La mise en place de

notre nouvelle GMAO va dans ce sens. Elle permettra d’améliorer

la gestion du préventif et de mieux conserver les informations

inhérentes aux interventions liées aux pannes.

Usine Cémoi de Bègles, dans le département de la Gironde

Enfin, le dernier enjeu sur le site est d’intégrer le savoir-faire

lié à l’automatisation. Notre supervision (gestion des recettes

et batchs) est en partie développée sur site et nous devons faire

monter en compétence les techniciens afin qu’ils puissent réaliser

Quelques précisions sur l’usine et le

service maintenance

L’usine Cémoi de Bègles assure la production de 32 000

chocolats pour les industriels. Ceux-ci sont ensuite livrés

en liquide (6 000 tonnes au total), en pépites et en palets.

L’usine emploie actuellement une centaine de salariés en

CDI et une trentaine d’intérimaires. Quant à l’organisation

du service maintenance, celui-ci est composé d’un responsable,

un automaticien, un responsable travaux neuf, un

électricien, un chef d’équipe et des techniciens d’équipe.

14ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


de petites interventions sans attendre la disponibilité de

l’automaticien.

En quoi la crise sanitaire a-t-elle impacté votre

activité de maintenance ?

D’abord, la crise a eu un effet sur l’équipe. Lors du premier

confinement, il a fallu solliciter les techniciens pour mettre

en place les aménagements permettant le respect des gestes

barrières. Ensuite, nous en avons sollicité certains pour

participer à l’effort de production et compenser les absences.

L’équipe a été au rendez-vous. Certains techniciens ont

palettisé du produit ou alimenté les lignes en palettes.

Nous avons aussi passé beaucoup de temps en équipe

pour gérer la période. Chacun d’entre nous a dû gérer

ses appréhensions, ses absences ou celles des collègues…

Une fois le rythme de croisière retrouvé, nous avons pu

relancer les travaux. Très peu de choses ont été décalées.

Par chance, l’ensemble des investissements prévus ont été

faits dans les délais. Mais nous sentons un autre impact

de la crise cette année. Certaines fournitures sont plus

difficiles à obtenir dans les temps. Cela demande donc

beaucoup plus de préparation pour réaliser les travaux.

Les délais se sont rallongés pour la livraison de moteurs

ou de panneaux sandwich.

Avec l‘interverrouillage de sécurité AZM150

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NOUVEAU

PLUS DE SÉCURITÉ

POUR VOS MACHINES

Quelle solutions avez-vous mise en place ? Avezvous

par exemple accéléré vos projets en matière de

digitalisation ?

La crise a confirmé l’orientation que nous avions déjà

initiée. La nouvelle GMAO sera mise en place cette

année et nous continuons à automatiser et à robotiser la

production. Nous allons continuer à former les techniciens

aux nouvelles technologies. Nous nous rapprochons

aussi des responsables d’organismes de formation sur

le métier. Les tensions sur le recrutement continuent à

s’exacerber

Propos recueillis par Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı15


TECHNOLOGIES

MARCHÉ

L’industrie agroalimentaire encore

peu encline à investir massivement

dans les technologies dites « 4.0 »

Si la crise a remis le secteur agroalimentaire au cœur des préoccupations « essentielles » du pays, la filière,

pourtant déjà très automatisée, ne semble pas être encore prête à passer le cap de l’industrie 4.0 et de la

digitalisation à outrance. Néanmoins, les nombreuses problématiques de maintenance devraient accélérer les

investissements en la matière.

Pour une entreprise comme

Spie Industrie et Tertiaire,

filiale de Spie France,

l’agroalimentaire n’est

pas un petit marché, loin de là. Plus

précisément, ce secteur représente

près de 15 % du chiffre d’affaires

de la maintenance, l’un des trois

métiers de l’entreprise (aux côtés

des Projets et des Travaux). Responsable

d’un service de développement

maintenance pour la zone

représentant le nord de la France

(et réunissant l’Île-de-France, les

Hauts-de-France, le Val-de-Seine,

la champagne, Ardennes, la Bourgogne

et la Lorraine), Jérôme Bastard

anime une équipe à la fonction transverse

; « celle-ci a pour objectif d’aligner le plan stratégique de la

division Industrie avec son implantation territoriale, le tout en

agissant sur la maintenance, l’innovation et la digitalisation. »

©SPIE

Jérôme Bastard

Fort d’une expérience

industrielle de près

d’un quart de siècle,

en particulier à travers

un grand projet de

construction d’usine, et

d’une quinzaine d’années

dans la maintenance et dans l’agroalimentaire,

Jérôme Bastard est responsable

développement maintenance, digitalisation et

innovation au sein de la direction d’activités

Nord de la division Industrie de Spie Industrie

et Tertiaire depuis janvier 2020.

Fort des nombreux retours d’expérience de Spie auprès de plus

de 200 entreprises issues de la filière agroalimentaire, Jérôme

Bastard affiche deux constats : « selon une étude réalisée en

2018 par Mazars et Opinion Way, et qui représente bien ce que

nous pouvons voir sur le terrain, près de 80 % des 100 dirigeants

interrogés ont pris conscience de l’impact de la digitalisation sur

la performance de leur entreprise. A contrario, seulement 14 %

d’entre eux ont partiellement déployé une solution numérique

quand 2 % seulement l’ont fait totalement », révèle Jérôme

Bastard. Une industrie somme toute très automatisée et robotisée

mais pas si « digitalisée », alors

même que les grandes tendances liées

au « manger mieux » – impliquant plus

de contrôle qualité, de traçabilité et de

réactivité – sans oublier le Covid-19,

ont réveillé le caractère indispensable

de ce secteur d’activité qui ne doit à

aucun moment connaître le moindre

arrêt de production.

PRUDENCE ET RÉFLEXION

La raison de cette prudence à l’égard

de l’industrie 4.0 et du « tout digital »,

les coûts bien sûr, mais aussi la crainte

de faire face à une pénurie de maind’œuvre

qualifiée dans des domaines

aujourd’hui très convoités, ou encore

les cyber-attaques. Pour autant, l’industrie agroalimentaire

est marquée par de nombreuses avancées, souvent liées à ses

spécificités. Habituée aux règles d’hygiène maximales (ce

qui lui a d’ailleurs permis de vite s’adapter aux contraintes et

au protocole sanitaires), la filière s’est depuis bien longtemps

équipée de capteurs d’humidité et de qualité de l’air. « L’ humidité

et la qualité de l’air ambiant, souvent à l’origine de la

détérioration des machines, sont fortement susceptibles de

générer des pannes à répétition, rappelle Jérôme Bastard. Par

ailleurs, au moment du séchage, il est important de vérifier qu’il

ne reste pas de produits chimiques. Enfin, lors des opérations de

nettoyage, il faut s’assurer que le revêtement n’a pas été attaqué ».

Tant de problématiques de maintenance qui justifient une

16ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


TECHNOLOGIES

©SPIE

internalisation encore importante

des services, à la différence de tant

d’autres secteurs d’activité tentés

de sous-traiter, et tout particulièrement

à la suite d’une crise ;

« dans l’agroalimentaire, entretenir

et maintenir des machines

spéciales est souvent complexe ;

c’est le cas par exemple des trieurs

optiques pour le contrôle qualité,

des équipements de transformations

de produits, des composants

mécatroniques ou robotiques ou encore des convoyeurs, des

courroies et autres fixations particulières ; en somme, tous ces

équipements destinés au transfert de produits nécessitent d’être

précisément régulés ».

VERS DU MONITORING « INTELLIGENT »

©SPIE

Mais Jérôme Bastard en est persuadé : « pour fiabiliser ou

performer sur un équipement, il faut passer par le monitoring,

suivre des indicateurs comme l’évolution de la température,

de la vibration ou de l’intensité d’une machine tournante afin

d’analyser son comportement ». Des capteurs qui doivent être

capables d’alerter le technicien de maintenance en cas de frottement

ou d’échauffement sur un roulement

par exemple, de la montée en

régime d’un moteur, de la dérive d’un

palier de convoyeur… Aujourd’hui,

les entreprises de l’agroalimentaire se

montrent bien équipées en capteurs

mais un peu moins dans les capteurs

intelligents et les logiciels de pilotage

de la production. « On constate toutefois

de plus en plus de POC et des

projets pilotes, même si cela concerne

davantage les nouvelles usines où tout

reste encore à développer et pour lesquelles l’intégration de

nouveaux éléments est parfois très compliquée à mettre en

œuvre. »

En revanche, les dépenses en énergie étant toujours au cœur

des préoccupations des industriels du secteur, ces derniers

devraient être tentés par des solutions intelligentes capables de

détecter – par comparaison – la moindre surconsommation.

Un argument indiscutable d’autant que celui-ci va de pair

avec les contraintes environnementales auxquelles la filière

est directement concernée du fait de sa relation unique avec

son territoire

Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı17


TECHNOLOGIES

CONNECTÉ

Spektre nominé aux Trophées CFIA

Spektre se définit comme un service innovant permettant à partir

d’une analyse spectrale connectée de monitorer la performance

et permettre la maintenance précoce des équipements vibrants.

Spektre détecte de façon précoce les défaillances pouvant

impacter la performance ou la disponibilité des équipements

vibrants. Cette solution permet également de tirer le meilleur

profit de l’équipement vibrant par une optimisation de ses

réglages.

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SOLIDE

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IP69K pour l’industrie

agro-alimentaire

Développé pour durer malgré

de fréquents lavages chimiques

à haute pression dans les

applications agroalimentaires très

exigeantes, le codeur DBS60I-W

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protection supplémentaire contre

l’intrusion grâce à un nouveau

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électromagnétique pour

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Équipé d’un software Heartbeat

technologie et d’une mesure

de conductivité, le débitmètre

électromagnétique Promag est

en mesure de contrôler et de

transmettre une valeur relative à

l’encrassement du tube et de la

tuyauterie

en amont et

en aval du

débitmètre,

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enclencher

le pilotage

de

nettoyage

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PLUS SAIN

Le Ventilobras veut mieux

nettoyer les tunnels de

surgélation

De son nom provisoire, cette innovation

d’Air Liquide permet de nettoyer les

tunnels de surgélation cryogénique

réduisant la consommation d’eau et

les temps de lavage. Elle prévient

les éventuels troubles musculosquelettiques

liés aux opérations

de nettoyage et permet d’accéder

aux zones les moins bien nettoyées

habituellement

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COLLABORATIF

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À l’occasion du salon, SedApta Osys, éditeur de logiciels de Supply Chain Management,

Ordonnancement et M.E.S, présentera aux Trophées de l’innovation Elisa Control

Tower. Cette solution IA collaborative intervient tout au long de la supply chain grâce

à une Control Tower qui permet de structurer la collaboration de processus entre les

personnes, les tâches et les outils de toute la chaîne d’approvisionnement en temps

réel, y compris la collaboration et l’optimisation avec les fournisseurs, les sous-traitants

et les clients

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18ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


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PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı19

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MAINTENANCE EN PRODUCTION

AVIS D’EXPERT

Ultrasons et analyse vibratoire :

deux technologies essentielles

pour le diagnostic et la surveillance

de machines tournantes

Ultrasons ou Analyse Vibratoire ? Telle est la question que beaucoup se posent ! Nous allons dans cet article

nous concentrer sur les raisons pour lesquelles l’utilisation conjointe de l’analyse vibratoire et de la technologie

des ultrasons est le meilleur moyen d’atteindre l’excellence en matière de diagnostic, de surveillance et de

maintenance des machines tournantes.

ULTRASONS OU VIBRATIONS ?

Daniel Mazières

Il n’y a pas de réponse toute faite à cette

question ! en revanche, une chose est

certaine, pour les équipes de maintenance

qui souhaitent faire baisser les taux de

pannes de leurs équipements tournants,

les deux technologies sont nécessaires.

Les ultrasons permettent d’être alerté de

façon très précoce, bien avant l’apparition

d’une dégradation irréversible. La

simplicité d’utilisation et d’analyse

sont aussi des atouts considérables à

l’avantage des ultrasons. Quant à l’analyse

vibratoire, il s’agit d’une technologie

extrêmement complète qui fournit à ses

utilisateurs une vue d’ensemble ainsi que

beaucoup de détails relatifs aux causes

origines des défaillances.

Directeur de la filiale Europe francophone -

UESystems, spécialiste des solutions de maintenance

prévisionnelle et réduction des coûts par ultrasons

Il existe toutefois des domaines dans

lesquels les préconisations à l’utilisation

de telle ou telle technologie sont de mise.

ULTRASONS OU VIBRATIONS POUR

LES DIAGNOSTICS DE PREMIERS

NIVEAUX LES PLUS SIMPLES ET

PLUS RAPIDES À METTRE EN

ŒUVRE ?

Pour qu’un professionnel de la

maintenance puisse travailler

correctement avec l’analyse vibratoire,

une formation et d’importantes

connaissances sont nécessaires. En

revanche, la courbe d’apprentissage des

systèmes de détection ultrasonore est

beaucoup plus rapide. Cela s’explique

La courbe I-P-F montre les chronologies d’apparition des différentes grandeurs physiques :

ultrasons, vibrations, échauffements... relatives à l’usure et défaillance des roulements

20ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


MAINTENANCE EN PRODUCTION

par le mode de fonctionnement de cette

technologie qui mesure directement

les niveaux de frictions des machines

tournantes. On peut très facilement juste

en observant l’évolution des valeurs

ultrasonores mesurées en dB détecter

de façon précoce les débuts de défaillance.

Si la valeur de référence pour un

roulement est par exemple de 20 dB

et que l’on mesure 32 dB lors d’une

ronde d’inspection, cela alerte les

maintenanciers sur l’apparition d’une

dérive. Il conviendra alors de réaliser

une analyse plus poussée soit avec un

instrument à ultrasons le permettant

soit avec un système d’analyse vibratoire.

La technologie la plus simple et la plus

rapide à mettre en œuvre est ici sans

équivoque la technologie des ultrasons.

Très intuitive, celle-ci permet également

l’écoute in situ des machines tournantes.

ROULEMENTS À FAIBLES

VITESSES DE ROTATION :

ULTRASONS OU VIBRATIONS ?

Les roulements à faibles vitesses de

rotation sont souvent difficiles à surveiller.

Comme ils tournent très lentement, il est

difficile – voire quasiment impossible –

pour les capteurs des systèmes d’analyse

vibratoire de détecter des changements de

niveaux lorsqu’une défaillance apparaît. À

ces très faibles vitesses de rotation (moins

de 25 tr/min), les roulements produisent

un faible niveau de signal ultrasonore mais

celui-ci existe. Les débuts de défaillances

à ces très faibles vitesses de rotation sont

détectables via des systèmes de détection

ultrasonores présentant, comme la

technologie UESystems par exemple,

de bonnes caractéristiques techniques

: forte sensibilité de détection, réglage

de fréquence, technologie de capteurs

avancée, filtrage des ultrasons parasites,

technologie de traitement du signal

avancée.

Dans ce cas des très faibles vitesses de

rotations la technologie conseillée est

donc celle des Ultrasons mais pas avec

n’importe quel type d’instrument.

Exemple de diagnostic in situ

de machine tournante

via la technologie des ultrasons

ULTRASONS OU VIBRATIONS ? LE

CAS DE LA LUBRIFICATION

Les niveaux ultrasonores mesurés par

les systèmes de diagnostic ultrasons

étant directement liés aux niveaux de

friction des machines tournantes, la

technologie des ultrasons est « LA »

technologie recommandée pour détecter

les besoins en lubrification. La mise en

œuvre du bon matériel avec la bonne

méthode permet de ne lubrifier que les

machines tournantes qui le nécessitent,

au moment où elles le nécessitent et avec

la bonne quantité de lubrifiant. Cela

permet d’éviter la sur-lubrification ou

sous-lubrification qui ne sont jamais

Exemple d’utilisation de la technologie

des ultrasons lors d’une opération de graissage

bonnes pour la santé et la durée de vie

des machines tournantes.

ANALYSE DES DÉFAILLANCES

ET RECHERCHE DES CAUSES

ORIGINES : ULTRASONS OU

VIBRATIONS ?

Dans la mesure où les défaillances sont

assez avancées, la technologie qui permettra

l’analyse la plus poussée des causes origines

des défaillances de machines tournantes

est l’analyse vibratoire. Il faudra pour

cela s’assurer d’utiliser les bons capteurs

ainsi que les bons logiciels et les méthodes

d’analyse. Cette technologie nécessite donc

des connaissances, des compétences et du

matériel d’un certain niveau et à un certain

coût afin de réaliser des diagnostics justes

et pertinents.

CONCLUSION

Pour conclure simplement, on pourrait

comparer les ultrasons au médecin

généraliste qui effectue un premier

diagnostic et administre un premier

traitement – très souvent suffisant – et

l’analyse vibratoire au médecin spécialiste

qui creuse et analyse davantage la ou les

causes origines des défauts détectés

Daniel Mazières - UESystems

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı21


MAINTENANCE EN PRODUCTION

MAINTENANCE CONDITIONNELLE

Ne pas oublier la méthode reposant

sur l’analyse spectrale

Dans le match « onde de choc versus analyse vibratoire », la mesure d’onde de choc est bien souvent laissée de

côté, ce que déplore Laurent Papillon, fondateur et dirigeant de Cobra Mesures. Cette société de distribution, de

formation et surtout de services accompagne les entreprises industrielles dans leurs opérations de mesure et

de maintenance conditionnelle.

Mesures sur site – Veolia

d’embaucher une à deux personnes

supplémentaires dans l’année.

Créée il y a maintenant six ans,

Cobra Mesures exerce son

activité dans le domaine de la

maintenance conditionnelle

suivant trois orientations : la vente de

matériel (via notamment un partenariat

noué avec la société SPM Instrument

AB), la formation en méthodes de

mesure (vibration, onde de choc, lignage

et équilibrage) et le service ; dans ce

dernier domaine, qui représente une part

croissante et stratégique de ses activités,

l’entreprise dirigée par Laurent Papillon

s’oriente vers la correction d’équilibrage

et de lignage (d’arbres ou de poulies) ainsi

que le diagnostic, l’analyse et l’expertise

sur site. « Nous intervenons sur les parties

moteur, ventilateur, pompes, compresseurs

et réducteurs pour l’essentiel. Outre

l’industrie, nous nous adressons également

au secteur des Facilities ».

Malgré son positionnement, l’année 2020

aurait pu couper l’herbe sous le pied de

la jeune société, comme cela a été le cas

dans bon nombre de petites et jeunes

entreprises. Mais celle-ci n’a fait que

renforcer l’activité de services effectués

sur site, succès venu compenser la baisse

des ventes de matériel. « Actuellement,

les entreprises ne savent pas sur quel

pied danser et préfèrent faire appel à des

prestataires de maintenance pour un temps

défini plutôt qu’embaucher. Nous devons

donc nous montrer réactifs et efficaces pour

répondre rapidement à leur demande » ;

une force pour cette entreprise d’à peine

deux personnes, qui prévoit néanmoins

DES SOLUTIONS ON-LINE POUR LA

MAINTENANCE CONDITIONNELLE

Dans le domaine de la maintenance

conditionnelle, Cobra Mesures préfère ne

pas entrer dans le débat des technologies

plus ou moins performantes que d’autres.

Pour Laurent Papillon, seule une

technologie adaptée au besoin importe.

Pour mieux répondre aux besoins de

ses clients en matière de maintenance

conditionnelle, Cobra Mesures mise

surtout sur le conseil avant de mettre en

œuvre une quelconque technologie. « Leurs

problématiques sont diverses : elles portent

à la fois sur la difficulté de mettre en place

des technologies encore mal connues, le

suivi d’un parc de machines en mobilisant

le moins du personnel ou encore la mise

en protection des machines spéciales,

onéreuses et potentiellement dangereuses.

Nos clients se demandent aussi comment

démontrer la réduction de coûts grâce

à la maintenance prévisionnelle (gain

énergétique, de production, de conséquence

à une panne)… »

Côté instrumentation, l’entreprise mise

sur le marché des nouvelles solutions de

mesures on-line, à l’image du système

SPM Intellinova (mesures vibratoires

et onde de choc) qui « peut effectuer

22ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı23


MAINTENANCE EN PRODUCTION

Mesures sur site – Datacenter

notamment des mesures efficaces basse

fréquence de rotation (quelques tr/min),

indique Laurent Papillon... ou encore

l’HDEnv, une nouvelle méthode de

mesure par vibration très efficace ». Les

technologies préconisées sont diverses

et répondent à des besoins précis. Par

exemple, les mesures vibratoires basiques

suffisent pour les forces rotationnelles selon

norme ISO : « il s’agit d’une mesure directe,

et ne nécessitant aucune connaissance

machine ; seul inconvénient, celle-ci est

peu précise sur l’origine d’un problème ». À

l’inverse, l’analyse spectrale de vibration

est mieux adaptée pour caractériser les

problèmes de transmissions, des défauts

électriques, structurels et pulsatoires.

Cette méthode présente l’avantage d’être

précise et de cibler l’essentiel des défauts

mécaniques et électriques, le tout en vitesse

fixe ou variable. Seul bémol, il est essentiel

d’avoir au préalable une connaissance

assez précise des éléments constituant la

machine (nombre d’aubes, de pales, de

dents réducteurs etc.) et de sa vitesse de

rotation ; « l’exactitude de la mesure est

conditionnée par la fréquence de rotation;

la donnée de celle-ci doit donc être la plus

précise possible ».

Autre moyen de mesure, la mesure par

onde de choc. Cette méthode mesure les

conditions mécaniques de roulements

avec un diagnostic immédiat (vert/jaune/

rouge), grâce à des paramètres simples

et accessibles, et ne nécessite aucune

Notes et précisions

• Atlas Copco utilise cette

méthode depuis 1975 sur ses

compresseurs d’air. Depuis, cette

méthode est universelle sur

n’importe quel compresseur d’air…

• Historiquement la « mesure »

des chocs sur les roulements se

faisait avec un tournevis ou une

barre métallique. Le procédé SPM

est sensiblement voisin de cette

approche historique.

• Clients Historiques SPM

Instrument: Atlas Copco, ABB,

Timken, Gazprom, BMW…

Mesures sur site 3 - FAN extraction four

compétence. Elle permet également

d’évaluer la qualité de lubrification et

la cavitation. À noter que ce moyen de

mesure globale ne permet pas de distinguer

la partie dégradée du roulement. Enfin,

la mesure par onde de choc SPM HD

sert à mesurer des chocs perpétrés

sur des roulements et des engrenages.

Avantage ? Cette méthode donne accès à

un diagnostic des réducteurs à très faible

vitesse de rotation et en vitesse variable.

En revanche, il nécessite la mise en place

de capteurs d’onde de choc.

Encore mal connue, cette dernière méthode

utilise des capteurs exploitant la qualité

électro-mécanique d’un cristallin piézoélectrique

; chaque choc vient déformer la

membrane piézo-électrique qui transforme

en impulsions électriques, permettant

ainsi de définir un niveau de choc sur

un roulement par exemple. Apparue en

1969, elle permet pourtant de générer une

mesure précise des chocs et permet des

gains importants, « à l’image de Cristal

Union chez qui nous avons mis en place

un système de surveillance en continu qui

leur a permis de mettre en évidence un

défaut sur un roulement de 500 kg tournant

à quelques tour/minutes ! Ils ont dès lors

intégré ce système sur certaines machines

et éviter à la fois des casses de roulements

et des machines onéreuses, ainsi que des

arrêts de production tout aussi coûteux »

Olivier Guillon

24ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


TECHNOLOGIE

DES ULTRASONS

POUR

LE DIAGNOSTIC

DE MACHINES

TOURNANTES

Le Diagnostic de

Machines Tournantes

avec la Technologie

des Ultrasons présente

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DES DÉFAILLANCES

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PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı25


MAINTENANCE EN PRODUCTION

AVIS D’EXPERT

De nouvelles techniques

de diagnostic de fissuration

d’une bague de roulement

Dans cet article, François Combet et Xavier Thomas de la société Dynae reviennent sur les origines et les

conséquences d’une fissuration – voire l’éclatement – d’une bague de roulement, avant de faire la lumière sur

les nouvelles techniques de diagnostic à partir d’une signature vibratoire.

Des fissures peuvent se produire dans les bagues de

roulement pour différentes raisons. La cause la plus

courante réside dans une mauvaise manipulation

lors du montage des roulements : coups de marteau

appliqués directement sur la bague, enfoncement excessif sur

une portée ou un manchon conique induisant des contraintes

de traction, ou encore lorsque les roulements sont chauffés avant

d’être montés sur des arbres dont les diamètres ne respectent

pas les tolérances normatives. Le plus souvent, la fissuration, la

rupture voire l’éclatement des bagues, se produisent rapidement

après la mise en service.

Une autre cause de fissuration est cette fois due aux contraintes

thermiques lors des démarrages. Une montée trop rapide en

température de l’arbre peut entraîner la fissuration de la bague

interne, sa dilatation étant plus lente que celle de l’arbre du fait

de la température du lubrifiant.

Cette situation se manifeste

assez fréquemment dans

le cas d’une sécherie de

machine à papier au cours

d’une phase de démarrage

après arrêt technique lorsque

les consignes de montée en

température et en vitesse

ne sont pas respectées.

Mais d’autres causes

peuvent être à l’origine de

fissuration de bague de

roulement : contraintes

axiales, écaillage, rouille de

contact entre bague externe

Fissuration amorcée par un écaillage

/ logement ou entre bague interne / tourillon, ou encore microgrippage

dus au glissement d’éléments roulants.

Les conséquences d’une fissuration affectant la bague interne

d’un roulement se traduit immédiatement par une perte de

serrage entre la bague et le tourillon avec diverses conséquences :

fretting corrosion entraînant un matage des surfaces en contact,

échauffement de la bague interne entraînant une réduction du

jeu de fonctionnement et conduisant au grippage des rouleaux

puis au blocage du roulement, voire la rotation possible du

tourillon dans l’alésage du roulement. Les dégâts collatéraux

peuvent donc être très importants.

DÉVELOPPEMENT D’UNE MÉTHODE DE DIAGNOSTIC

DE FISSURATION DE BAGUE

La méthode proposée ici a été développée à l’initiative de

Christian Pachaud, ancien

directeur technique de

EES-Dynae. La difficulté de

diagnostiquer une fissure de

bague interne d’un roulement

est que celle-ci va générer

une signature vibratoire de

typologie similaire à celle

d’autres défauts de taille

voisine localisés sur la bague

interne (marquage, corrosion,

cannelures dues au passage

de courants de fuite, etc.)

mais avec des conséquences

très différentes, un simple

marquage de bague interne

26ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


MAINTENANCE EN PRODUCTION

pouvant ne pas évoluer sur plusieurs années.

Avec l’expérience accumulée en particulier sur les machines

à papier certains experts aguerris chez Dynae sont capables

d’identifier une fissuration de bague à la simple écoute du signal

mesuré. Cependant, cette compétence tendant à se perdre,

une formalisation plus théorique de cette technique semble

souhaitable. Ceci nécessite de modéliser au mieux les phénomènes

induits par une fissuration et leur signature vibratoire associée

sans les domaines spectral et temporel.

Lors du constat après remplacement du roulement on observe

une rupture transversale de la bague interne avec une largeur

de fissure d’environ 0.1mm, un jeu important entre bague et

portée, et des traces de matage et de fretting corrosion affectant

les surfaces de contact.

Diagramme polaire du signal d’enveloppe temporelle sur 1 tour et 10 tours

ÉTUDE DE CAS

Cette étude porte sur un rouleau de feutre d’une machine à papier

équipé de roulements à rotule à double rangée de rouleaux et

à cages séparées, lubrifiés à l’huile sous pression. Les portées

du rouleau sont coniques. Le signal vibratoire mesuré côté

conducteur fait clairement apparaître un choc. Après application

de notre méthode, on vient calculer le spectre de la fonction

de modulation d’amplitude (l’enveloppe). Le nombre de paires

bandes latérales autour de la fréquence de bague interne est estimé

à au moins 5, correspondant à une zone de charge d’environ

70°, ce qui est relativement faible et semble indiquer un jeu

important. De plus, on constate une atténuation importante

des bandes latérales par rapport aux premières harmoniques

Constat au démontage

Spectre de la fonction de modulation d’amplitude dans la gamme de

fréquence détectée

de la fréquence de rotation, ce qui semble indiquer une seconde

source excitatrice (choc à la rotation).

Le signal d’enveloppe est ensuite analysé dans le domaine

temporel, et représente sous forme polaire sur un tour d’arbre

ainsi que sur 10 tours. La première représentation montre un

pic principal net et deux autres secondaires concentrés sur une

zone étroite. La seconde superpose tous les chocs ayant lieu sur

10 tours, ce qui permet ainsi de visualiser la zone de charge.

L’ensemble de ces observations permet d’orienter le diagnostic

vers une rupture de bague avec perte de serrage.

La méthode développée par EES-Dynae semble prometteuse pour

le diagnostic de fissuration de bague de roulement. Elle nécessite

toutefois des traitements avancés dont les résultats doivent être

interprétés par un expert. La capitalisation de nombreux retours

d’expérience pourra éventuellement permettre d’automatiser

la procédure

François Combet et Xavier Thomas (Dynae)

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı27


MAINTENANCE EN PRODUCTION

COMPÉTENCES

Former à l’ingénierie de

la maintenance de demain

En matière de maintenance previsionnelle, les services de maintenance doivent à tout prix se préparer à cette

tendance en passe de devenir la norme d’ici une dizaine d’années. En s’associant à Insavalor, dB Vib Groupe

souhaite former les Managers en ingénierie de la maintenance (MIM) de demain.

Préparez ses équipes à au pilotage de la maintenance de

demain, tel est l’objectif clairement affiché de dB Vib

Groupe. Pour ce faire, l’entreprise iséroise – implantée

à Vienne – a choisi de s’associer à Insavalor dans le

but de former les Managers en ingénierie de la maintenance

(MIM) de demain. Les deux partenaires ont ainsi mis sur pied

le tout premier master dédié à la maintenance conditionnelle

et prévisionnelle. Le but de cette formation est la suivante :

développer les compétences managériales des étudiants et

consolider leurs acquis techniques.

L’objectif de la formation MIM est double. Elle répond aux

besoins d’optimisation des actifs industriels par la maintenance

et l’expertise pluridisciplinaire. Par ailleurs, elle a pour but

d’accompagner l’évolution professionnelle des équipes de

maintenance.

professionnelle. Chacun des trois modules correspond à une

certification professionnelle. Les stagiaires ayant effectué le

parcours complet et présentant un mémoire de mise en œuvre

en entreprise ont accès au titre RNCP Niveau 2 : Manager de

projet d’ingénierie industrielle (MPII)

Les cours seront dispensés à 70% en visioconférence et à 30%

en présentiel dans les locaux de dB Vib à Vienne (Isère) et dans

ceux d’Insavalor à Lyon. Les inscriptions sont ouvertes pour la

prochaine session de cette formation diplômante unique autour

des outils de la maintenance conditionnelle

EN SAVOIR PLUS > dbvib-consulting.com

VALIDER SES ACQUIS OU MONTER EN COMPÉTENCE

Tous les outils de la maintenance conditionnelle pilotés par un

seul métier pour un management de la maintenance du futur, tel

est l’enjeu de cette formation. D’environ 400 heures, ce parcours

de formation s’adresse à des ingénieurs et des techniciens de

maintenance déjà en poste et souhaitant monter en compétence

ou valider leurs acquis de l’expérience.

Le Master MIM se présente comme un parcours de formation

faisant l’objet d’un double dispositif de certification

« Les inscriptions sont ouvertes pour la prochaine

session de cette formation diplômante unique autour

des outils de la maintenance conditionnelle »

28ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


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PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı29


MANAGEMENT

EN APPLICATION

Teréga mise sur les IoT pour

accélérer sa transformation

Pour mener à bien son rôle d’accélérateur de la transition énergétique, le spécialiste du stockage et du

transport de gaz s’est lancé dans une transformation digitale. Pour ce faire, l’entreprise s’appuie sur l’utilisation

des objets connectés et une expérience forte en la matière.

Jésus Viu

Responsable du

service infrastructures

programmables au sein de

la Direction Transformation,

Digital et Performance

(DTDP) de Teréga.

Implantée à travers quinze départements

dans le grand Sud-Ouest de la

France, Teréga déploie depuis plus de

soixante-quinze ans un savoir-faire dans

le développement et l’exploitation d’infrastructures

de transport et de stockage

de gaz. Le groupe conçoit aujourd’hui

des solutions innovantes pour relever

les grands défis énergétiques, que ce soit

en France et en Europe. Teréga, avec ses

quelques 650 salariés et 500 M€ de chiffre

d’affaires (données au 31 décembre 2019)

se pose également comme un accélérateur

de la transition énergétique ; le groupe

dispose ainsi de plus de 5 000 km de

canalisations et de deux stockages souterrains

représentant respectivement 16%

du réseau de transport de gaz français et

26 % des capacités de stockage nationales.

Cette position forte dans une région

devenue un véritable carrefour des grands

flux gaziers européens fait de Teréga l’un

des deux principaux opérateurs français

de transport et de stockage de gaz naturel

avec des pressions allant jusqu’à 85 bar en

pipeline. Mais cette entreprise n’est pas du

genre à se contenter de ce statut de leader.

Il y a cinq ans, à l’arrivée de son nouveau

président, elle décide d’aborder un virage

à 180°. Une transformation profonde

qui s’inscrit dans son projet Impacts

2025 et qui lui permettra de s’ouvrir de

nouveaux débouchés ; « il est aujourd’hui

indispensable d’anticiper le déclin des

énergies carbonées en proposant de

nouvelles offres, notamment basées sur de

l’hydrogène bas carbone et du biométhane,

précise Jésus Viu, responsable du service

infrastructures programmables à la DTDP

chez Teréga. Pour y parvenir, nous devons

accélérer la digitalisation de l’entreprise.

Celle-ci passe par le démantèlement de nos

datacenters – hors périmètre industriel –

pour utiliser la puissance des Clouds publics.

Notre plus grand défi consiste à connecter

le digital aux métiers du gaz, et d’en fédérer

les activités. Sans cette démarche, il n’y a

pas d’industrie 4.0 ! »

LES IOT, DES COMPOSANTS

DEVENUS INCONTOURNABLES

Chez Teréga, l’usage des objets connectés

ne date pas d’hier. Sur l’importante

infrastructure du réseau de gaz et les

multiples ouvrages industriels répartis

dans le sud-ouest de la France, dont les

postes de livraison ou encore les stations

de compression, d’innombrables capteurs

permettent de connecter ces différents sites

à un centre de conduite (dispatching) situé

à Pau. À partir de ce Scada, il est possible

de surveiller mais aussi de piloter les

différentes installations afin de répondre à

des besoins primaires de sécurité, mais aussi

pour recevoir des mesures, des alertes, des

informations sur la compression ou encore

communiquer des besoins d’intervention

30ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


MANAGEMENT

diverses. « Pour cela, nous utilisons

des instrumentations classiques à base

d’équipements de pression, de température

et de débit analogiques connectés à des

automates sur chacun des sites. Aujourd’hui,

pour les besoins d’utilisation des données

par nos services techniques opérationnels,

nous allons chercher les informations sur

le Scada. Cette solution ne permet que

de lire les informations nécessaires à la

conduite des infrastructures, soit 10% des

données industrielles disponibles sur nos

installations. ».

Les nouvelles solutions SaaS, à base de

machine learning (ML) et intelligence

artificielle (IA), permettant de valoriser

les données industrielles pour optimiser

la maintenance, la rationalisation du

fonctionnement de nos stations de

compressions, anticiper les pannes

et donc améliorer la disponibilité des

infrastructures, demandent à disposer

des données industrielles dans un

environnement ouvert, idéalement sur des

clouds publics. Pour lever la contrainte de

notre réseau de communication industriel

centralisé, robuste mais lent et non scalable,

qui limite la collecte des données en masse,

nous avons cherché une solution pour les

extraire des sites industriels directement

à la source.

Teréga a ainsi choisi de développer sa propre

box industrielle afin de collecter toutes les

mesures des automates de compression

et de process ; Cette solution est sûre

par construction électronique « selon

moi, on ne protège pas les infrastructures

informatiques industrielles stratégiques avec

de l’informatique, comme des firewall ou des

logiciels sécurisés, encore moins avec les box

standards du marché. Ce n’est pas suffisant.

De plus, notre box maison - actuellement en

cours de brevet – est totalement étanche et

permet d’enregistrer 1 000 données/5s, par

boîtier, sur notre base de données time series

hébergée chez AWS. A la cible entre 200 et

300 000 données contre 20 000 seulement

auparavant. Cette transformation va

nous permettre de visualiser les données

de n’importe où et de façon totalement

sécurisée et ainsi limiter ne serait-ce que

les risques routiers. Nous limitons aussi

notre impact environnemental en utilisant

les services managés des clouds publics, que

nous consommons à la demande. ».

Enfin, le dernier besoin concerne les

infrastructures de transport. Beaucoup

de sites se situent en zone blanche (non

couverts par les réseaux publics des

opérateurs historiques) et ne sont pas ou peu

instrumentés. Teréga a donc commencé à y

installer des « devices » chargés d’envoyer

des données à partir d’un IoT, par le biais

des réseaux LORA, publics et privés. Ainsi,

les capteurs de pression, de température ou

de débit envoient des données à intervalles

réguliers (chaque heure ou chaque jour),

amenant une première visibilité et alertant

sur le dépassement d’un seuil.

Pour finir de convaincre nos opérationnels,

nous avons développé les mêmes vues

que celles proposées par nos fournisseurs

de compresseurs, sur les panelview

constructeurs. Nous avons développé un

hyperviseur temps réel connecté à notre

base time series et avons dessiné la copie

conforme de toutes les vues qui étaient

jusqu’à présent seulement disponibles

devant la machine. Elles sont accessibles de

n’importe où, avec une connexion internet,

sur n’importe quel device, et en toute

sécurité (utilisation d’une IAM) « Depuis

n’importe où, chaque opérateur a accès à la

vue de la machine grâce à la création d’un

jumeau numérique. De là, nous avons réussi

à réunir les deux mondes, celui du gaz et

celui de l’IT ! grâce à cette démarche et à la

création de notre box, nous avons réussi à

donner de la valeur ajoutée aux nombreuses

informations et à travailler sur les vibrations

des machines, la maintenance prévisionnelle,

les prévisions de consommation, sans mettre

en danger nos données. »

Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı31


MANAGEMENT

TECHNOLOGIES

Des nouvelles technologies

pour mieux surveiller les points

critiques de l’usine

Le 2 avril dernier, SBS Interactive a animé un webinar dédié à la réalité virtuelle et la réalité augmentée dans

l’industrie. Objectif ? Démontrer la pertinence de ses nouvelles technologies issues des jeux vidéo en milieu

industriel, notamment à travers un cas d’application à La Hague, chez Orano. Le spécialiste du nucléaire a

également fait appel à l’entreprise lorraine dans la mise en place de jumeaux numériques.

Connecter des données

internes aux visites pour

mieux préparer les interventions

de maintenance

mais aussi former le personnel aux

différents équipements de production

dans des milieux et des environnements

industriels difficiles,

voici quelques-uns des arguments de

la réalité augmentée et virtuelle qui

ont su convaincre des industriels de

renom tels qu’Orano. Il faut dire que

le géant du nucléaire est en quelque

sorte l’un des meilleurs ambassadeurs

que l’on puisse trouver chez SBS Interactive

pour vanter les mérites d’une

technologie directement issu d’une

vidéo gaming. « Orano utilise notre

technologie Vis-On afin de numériser

l’intégralité de l’usine de La Hague et de

ces quelque 700 000 m2, souligne Simon

Dubois, directeur des opérations au

sein de l’entreprise nancéenne. Notre

logiciel permet en outre de connecter

toutes ces données à la GMAO et d’enrichir

les visites avec de la documentation

technique puis remonter toutes les

informations utiles vers les services de

maintenance. »

Il en fallait toutefois davantage pour

Interface d’accueil de l’application VIS-On pour naviguer entre les panoramas

Vue depuis l’application VIS-On, panorama 360° documenté au sein d’une usine

32ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


convaincre Orano. « Face aux problématiques liées à la

transmission des compétences, dues au départ en retraite

et au faible nombre de jeunes entrant dans l’entreprise,

Orano a vu dans la réalité virtuelle une manière de

créer des visites virtuelles dont les anciens viennent

annoter et enrichir les contenus. Cela leur permet en

outre d’accompagner les jeunes au moment de la visite

et, à chaque stade, d’obtenir en seulement quelques clics

l’état en 3D de chaque étape et des opérations associées ».

Enfin, Simon Dubois précise que l’outil a l’avantage

de faire de l’amélioration continue avec la possibilité

de l’intégrer des vidéos à 360°.

LE JUMEAU NUMÉRIQUE : UN NOUVEAU

LEVIER DE PERFORMANCES DANS L’USINE

Outre les outils de réalité virtuelle, Orano a également

fait appel à SBS Interactive afin de mettre en place –

toujours à travers le logiciel Vis-On – des jumeaux

numériques. Il faut dire que « le jumeau numérique

des bâtiments a aujourd’hui des applications dans

de nombreux secteurs, mais c’est probablement dans

l’industrie que les techniques de réalité virtuelle et

réalité augmentée ont le plus d’impact et démontrent

le meilleur retour sur investissement, insiste-t-on au

sein de la société. Loin d’être des gadgets, ces solutions

numériques sont des maillons essentiels de l’usine 4.0 ».

Selon SBS Interactive, la facilité d’utilisation, le temps

d’apprentissage réduit et la maturité des technologies

ont convaincu de grands groupes de s’ouvrir à

l’application Vis-On. Celle-ci propose de visualiser

son environnement avec la bonne information, au

bon endroit, au bon moment, avec à la clé des gains

de temps, de qualité, et un taux d’erreurs moins élevé.

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L’entreprise implantée à Nancy en veut pour preuve

la solide collaboration (plus de dix ans) avec des

partenaires d’envergure comme Naval Group ou

Orano, en particulier pour des applications l’application

nécessitant de créer un jumeau numérique. Celui-ci

est réalisé à partir de photos 360° prises à l’intérieur

du bâtiment, des scans lasers 360° pour prendre des

mesures à distance, des vues panoramiques 2D (comme

l’extérieur d’un bâtiment) et aériennes du site prises à

l’aide d’un drone, ainsi que des plans et des vues CAO

pouvant être annotées

Olivier Guillon

EN SAVOIR PLUS > Témoignage d’Orano La Hague :

youtu.be/ZXPZYDkJb8M

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı33


MANAGEMENT

RETOUR D’EXPÉRIENCE

Plus de dix ans d’expérience

GMAO sur quinze sites du plus gros

stockeur d’hydrocarbure en France

La solution de GMAO Altair Enterprise de DSDSystem permet à Raffinerie du Midi (RM) de gérer les opérations

de maintenance à travers un déploiement multisites. Au total, l’éditeur de logiciel lillois équipe depuis plus de

dix ans pas moins de quinze sites France répartis sur le territoire français.

Historiquement considéré comme le premier acteur

de la distribution pétrolière en France, Raffinerie

du Midi représente à ce jour quinze dépôts

pétroliers, onze sociétés, 1,3 millions de m³ de

stockage d’hydrocarbures et 12,5 millions de m³ chargés par

an ; des chiffres qui font accessoirement de lui le premier acteur

français en matière de mise à disposition

de produits pétroliers finis.

LA GMAO POUR UNIFORMISER LES

QUINZE DÉPÔTS PÉTROLIERS

De par la nature de ses activités, Raffinerie

du Midi répond à un ensemble de normes

très strictes, notamment en matière de

production, de sécurité et de maintenance

industrielle. Sans surprise, les différents

sites sont ainsi classés Seveso.

En 2008, Raffinerie du Midi a lancé une

consultation visant à remplacer son système

de GMAO. Jusqu’alors, la gestion et le suivi

des opérations de maintenance reposaient sur

des documents papiers produits et remontés

par les différents sites de manière cloisonnée

et non-standardisée, ne permettant pas une

vue et un pilotage centralisés.

Grâce à la GMAO Altair

Enterprise, RM a pu

adopter une politique de

sécurité plus forte

suivi de sécurité, gestion des stocks, gestion des pièces détachées,

etc. – de manière progressive dans la GMAO.

Aujourd’hui dédiée au stockage d’hydrocarbures et à la gestion

de dépôts pétroliers, l’activité de Raffinerie du Midi a largement

évolué au cours de plus de ses quelque 130 années d’histoire.

« La GMAO Altair est parfaitement intégrée à

notre système d’information, son architecture

Web ne nécessitant aucune installation en

local et facilitant un déploiement rapide

et uniforme sur les différents sites, précise

Fabrice Vion, coordinateur maintenance

à Raffinerie du Midi. La solution présente

également l’avantage d’être très évolutive et

de permettre une extension progressive du

périmètre fonctionnel. ».

RM recherchait une solution offrant un

périmètre fonctionnel complet et une

souplesse de paramétrage importante, afin

de pouvoir intégrer les différents types de

données et d’opérations – maintenance

préventive, fiches de vie des équipements,

© raffinerie du midi

34ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


MANAGEMENT

ADOPTER UNE POLITIQUE DE

SÉCURITÉ PLUS FORTE

Fort de son expérience, en partenariat

avec Dépôts de pétrole côtiers depuis

les années 1960, l’entreprise développe

une activité d’assistance à la gestion

administrative et technique. RM a

adopté une politique de sécurité forte

grâce notamment à une politique

de maintenance définie via le Plan

de modernisation des installations

industrielles et à la mise en œuvre de

la GMAO Altair Enterprise.

Ce projet GMAO, à la fois long et au

périmètre étendu, a été suivi par les

consultants de DSDSystem en gardant

un contact fort avec les équipes de

terrain et à l’attention portée aux

évolutions du besoin métier. Ce sont

désormais quinze sites de Raffinerie du

Midi qui sont équipées de la GMAO

Altair Enterprise en architecture Web.

Ce projet GMAO a été suivi

par les consultants

de DSDSystem en gardant

un contact fort avec

les équipes de terrain

et à l’attention portée aux

évolutions du besoin métier

© raffinerie du midi

Mais le partenariat avec RM ne s’arrête

pas là ; il se poursuit avec la même

qualité que lors du premier déploiement

(en 2008) et de nouvelles perspectives

de déploiement se profilent en fonction

de l’évolution de RM. Pour Bernard

Decoster, gérant de DSDSystem, société

éditrice de la GMAO Altair, « la GMAO

Altair Enterprise a prouvé sa robustesse

en accompagnant Raffinerie du Midi

dans l’amélioration de ses processus de

maintenance depuis plus de dix ans, la

GMAO Full Web Altair Enterprise a

été pensée dès le départ pour pouvoir

répondre aux besoins évolutifs de la

maintenance et intégrant désormais

les technologies de l’industrie 4.0.

Elle permet une standardisation de

l’information, une traçabilité accrue,

un rapprochement des expériences

terrain des différents sites… favorisant

une meilleure communication et une

meilleure remontée de l’information »

Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı35


MAINTENANCE MÉCANIQUE

PAGE PARTENAIRE

L’Indicateur Global Artema

enregistre un rebond encourageant

au 1 er trimestre

Signe que l’industrie porte l’économie française au printemps, les professions d’Artema, le syndicat des

industriels de la Mécatronique, ont réalisé un bon premier trimestre. Des chiffres encourageant que révèle cette

nouvelle étude de l’Indicateur Global Artema au moment du déconfinement.

L’Indicateur global Artema

poursuit sa belle envolée en

mars et montre que les acteurs

de la mécatronique (et membres

d’Artema) ont rebondi au premier

trimestre de cette année. Une vision

graphiquement très encourageante

(d’autant que l’ensemble des professions

d’Artema sont présentes dans toutes

les machines de production et de

construction). Celle-ci doit cependant

être tempérée par le fait que la base de

comparaison est basse. Le mois de mars

2020 (qui avait un jour ouvré de moins)

correspondant au premier confinement,

est synonyme d’une activité très réduite

pour beaucoup d’entreprises.

Concrètement, cette année, les transmissions hydrauliques

et pneumatiques mènent toujours la tendance avec un gros

mois de mars et des croissances à deux chiffres qui rendent le

1er trimestre positif, revigorant pour le moral. En mars 2021,

c’est l’ensemble des professions, y compris les transmissions

mécaniques, l’étanchéité, les roulements et les fixations

« Industrie », qui voient leur conjoncture s’améliorer mais à

des vitesses et des niveaux sensiblement différents.

IMPACT IMPORTANT DES PÉNURIES DE SEMI-

CONDUCTEURS DANS LE SECTEUR AUTOMOBILE

L’indicateur Global Artema est un solde d’opinion offrant une image de la conjoncture des

professions d’Artema sur environ 100 répondants chaque mois

de production des constructeurs partout dans le monde ;

celles-ci auront donc un impact important au 2 e trimestre

pour les professions concernées.

La brutalité de la reprise des commandes dans beaucoup de

secteurs et de régions du monde n’améliore pas la situation

des matières premières ni l’approvisionnement en composants

notamment électroniques. Tout le monde a besoin de tout en

même temps. Les délais s’allongent et les prix des matières

premières : métaux, plastique, certains polymères, bois

continuent d’augmenter et auront des conséquences sur les

marges des industriels.

Les secteurs des agro-équipements, de la pharmacie, de

l’agroalimentaire restent bien dynamiques, une tendance

que l’on retrouve en Europe. Quant au secteur automobile, il

s’est bien redressé au 1 er trimestre mais les pénuries de semiconducteurs

entrainent des fermetures d’usines ou de lignes

Principal objectif du moment : retrouver les niveaux de 2019,

si possible dès 2021 pour certaines professions ou en 2022

pour d’autres. Ceci dépendra de l’évolution de la situation

des matières et de la rapidité des vaccinations

Olivier Guillon

36ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


MAINTENANCE MÉCANIQUE

ENTRETIEN

« Nous devons gagner la bataille

de l’agilité »

Un an après le début de la crise foudroyante, le président d’Artema, le syndicat des industriels de la

Mécatronique, nous partage son point de vue à propos d’une reprise ferme mais ternie par les problèmes

d’approvisionnement. Jean-Claude Reverdell revient également sur la nécessité de développer des systèmes de

plus en plus communicants afin de gagner la bataille de l’agilité.

Qu’a dévoilé la crise selon vous ?

Avant tout, Artema et ses membres ont démontré une certaine résilience, à l’image de

toute l’industrie d’ailleurs. Cela a été dû notamment en raison des décisions rapides

du gouvernement qui leur ont permis de passer cette crise et de s’adapter avec l’activité

partielle ou encore les PGE. De même, entreprise ont su faire preuve d’agilité et s’en

sont plutôt bien tirées mis à part bien dans l’automobile et surtout aéronautique qui

demeurent les secteurs les plus touchés.

À ce jour, quelle est la situation d’Artema et de ses adhérents un an après le

début de la crise ?

Jean-Claude

Reverdell

Actuel directeur général

France de SEW Usocome,

Jean-Claude Reverdell préside

Artema depuis l’automne

2019. Fort d’une expérience

de plus d’un quart de siècle

dans le domaine des systèmes

d’entraînement, il a dû faire

face à double titre – en tant

que dirigeant d’entreprise et

représentant des professions

de la mécatronique – à une

crise sans précédent.

Nous bénéficions depuis quelques mois d’une très forte reprise même si les pénuries

d’approvisionnement posent de sérieux problèmes. Celles-ci concernent notamment

les matières plastiques et les tôles ; tous les jours, nous devons jongler avec

des niveaux de tensions élevés et quoiqu’un peu incompréhensibles, même s’il est

naturel de voir les stocks se réduire lors d’une crise et causer des problèmes de

logistique au moment de la reprise.

Ce rebond peut-il donc se révéler dangereux ?

Ce que nous pouvons constater pour le moment, c’est que la crise n’a pas provoqué

de vague massive de licenciements dans notre profession ; hormis l’intérim, les

effectifs sont peu ou prou restés constants, grâce en grande partie au chômage

partiel. Ils devraient ainsi permettre de répondre aux besoins des entreprises

contrairement à ce qui s’est produit après la crise de 2008. Pour ce qui est des

pénuries en revanche, lesquelles provoquent des allongements de délai et l’engorgement

des hubs logistiques, celles-ci devraient inévitablement se répercuter sur

les marges des entreprises et donc impacter les investissements industriels à venir.

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı37


MAINTENANCE MÉCANIQUE

« Si l’on veut

remporter cette

bataille de

l’agilité et de la

réindustrialisation de

la France, il faudra

être plus productif »

Quel rôle peut jouer la technologie dans les différents défis qui se posent aux

entreprises de la mécatronique ?

On parle aujourd’hui beaucoup d’usines communicantes, de digitalisation et d’IIoT…

une chose est certaine, c’est que les entreprises qui s’étaient déjà équipées de telles

technologies étaient prêtes à surmonter la crise, et ce sont celles qui s’en sont le mieux

sorties. Pour autant, les autres ont-elles vraiment passé le cap de la digitalisation avec

la crise ? Ce n’est pas sûr… mais dans tous les cas, si l’on veut remporter cette bataille

de l’agilité et de la réindustrialisation de la France, il faudra être plus productif. Et ces

gains de productivité ne passeront que par l’investissement dans de telles technologies.

En somme, il est essentiel de rendre le produit le plus communicants possible car

aujourd’hui, on n’achète plus un composant mais une solution. En d’autres termes,

le composant est chargé de remonter des informations et des données pour faire, par

exemple, de la maintenance prévisionnelle. C’est le défi d’Artema : faire que toutes les

informations issues de ses produits les plus communicants puissent être exploitées

sur des roulements, des réducteurs, des moteurs, des pompes etc.

Propos recueillis par Olivier Guillon

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38ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


MAINTENANCE MÉCANIQUE

ENQUÊTE

Vers des montées en compétences

et plus d’innovation pour faire face

à la crise

À l’occasion de ce dossier spécial Artema, partenaire de Production Maintenance, la rédaction, avec la

participation du syndicat professionnel de la mécatronique, a décidé de donner la parole à quelques-uns de ses

adhérents.

Sarah Vaquant

Pdg de Motovario

Frédéric Jamet

VP & General Manager

Europe et PDG d’Oilgear

France

Christophe Adjoudj

Responsable Distribution

Hydraulique & sales product

manager pompes chez Bosch Rexroth

Victor Degrange

Marketing - NTN-SNR

Roulements

Comment envisagez-vous la sortie de

crise ?

Sarah Vaquant

Nous devons renforcer le lien avec nos

clients, les accompagner pour les aider

de quelque manière que ce soit avec des

solutions individuelles, de la facilité de

paiement pour assurer leur pérennité et

monter en compétence toutes les équipes

par des formations continues.

Frédéric Jamet

Nous devons intégrer un changement

de contenu (Mix) avec plus de service,

plus de support à distance, plus de «

connecté », plus de prédictif mais en

complément du préventif : ce n’est en

effet pas un remplacement mais un

complément qui permet d’optimiser

l’ensemble. Peu de client cherchent des

capacités supplémentaires en ce moment

dans l’industrie métallurgique. Tous

cherchent à faire mieux, de manière plus

fiable et sans concession du point de vue

de la sécurité.

Christophe Adjoudj

Actuellement, l’industrie repart fortement

donc nous n’avons pas d’inquiétude

à ce sujet.

Victor Degrange

Pour ma part, j’espère que les vaccins

feront leur effet et permettront un retour

à la normale.

Quelles sont vos attentes en matière

de solutions mécatroniques ?

Sarah Vaquant

Nous assistons à un changement de

cap. Chez Motovario, nous glissons de

la mécanique vers la mécatronique ;

nos équipes, tant en commercial qu’en

maintenance, ont besoin de monter en

compétence.

Frédéric Jamet

Nous attendons des innovations technologiques

partagées pour les clients ; IO Link

en est un exemple. Après, c’est à l’entreprise

de construire les composants, les solutions

et les services les plus adaptés et les plus

PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı39


MAINTENANCE MÉCANIQUE

pertinents pour le marché en intégrant

ces technologies novatrices. La structure

des solutions mécatroniques change, avec

moins d’unité centrales et plus d’intelligences

locales et déportées mais communicantes.

Christophe Adjoudj

Le sujet doit être un axe majeur de développement.

Victor Degrange

Je cherche surtout des actualités et des

news pour mieux appréhender le secteur

de l’intralogistique.

Afin de répondre à quelles

problématiques de maintenance ?

Sarah Vaquant

La maintenance prédictive est le sujet sur

lequel nous travaillons.

Frédéric Jamet

Avec des machines au nominal de

manière stable dans le temps, un taux

de disponibilité élevé, une très haute

prévisibilité (pas de surprises) et le tout

au meilleur coût… l’équation de la maintenance

n’a pas trop évolué. Le « comment

l’atteindre » est plus difficile ; la maintenance

est une problématique humaine

avant tout et le dogme de la technologie

qui le remplace reste vivace, mais c’est un

dogme. Les nouvelles technologies sont

des outils fantastiques. Leur utilisation

permet encore d’optimiser la réponse aux

objectifs de la maintenance. La mise en

place est difficile et ne peut se faire sans

risques. Pour les limiter, le plus simple est

d’éliminer les fausses solutions : chaque

fois que l’on entend que le système va

à lui seul amener de la pertinence sans

compétences humaines dans le domaine

de la maintenance, il faut passer en mode

méfiance.

Christophe Adjoudj

Moins de monde + moins de formation

= Plus de technologies pour simplifier les

recherches de pannes

Propos recueillis par Olivier Guillon

avec l’aimable contribution de Marion

Poulain, chargée de communication

d’Artema

PARTENARIAT

SEW Usocome et le laboratoire de recherche

ICube veulent enrichir l’expertise « Industrie 4.0 »

L’Alsacien labellisé « Vitrine du futur » a noué un partenariat inédit avec le laboratoire de recherche ICube (CNRS-

Université de Strasbourg, INSA, ENGEES) dans le but d’enrichir son expertise « Industrie 4.0 ». Cette collaboration

se traduit par le lancement d’un projet de recherche conjoint pour une durée de trois ans. Le premier acte de ce

projet porte sur l’intégration par SEW Usocome d’un jeune doctorant chargé de piloter ce projet sous l’égide de deux

professeurs (Bertrand Rose et Benoît Iung) et d’un industriel, Olivier Jotz.

MAINTENANCE PRÉVISIONNELLE AUTONOME, LE RECUEIL DE DONNÉES ET JUMEAU NUMÉRIQUE

Les travaux seront centrés sur l’optimisation d’une maintenance prédictive autonome, le recueil de données et leur interconnexion

avec les outils internes de gestion (ERP, MES...).

Ils porteront également sur le perfectionnement

du jumeau numérique ; celui-ci permet en effet de

virtualiser une chaine de production et de simuler

l’impact de tout changement sur un ou plusieurs

de ses éléments (flux, implantation, ergonomie...).

Enfin, ce projet doit permettre d’améliorer les

performances des usines et de gagner en productivité

et en réactivité face aux variations de l’activité et

de la personnalisation des produits

L’usine 4.0 SEW Usocome de Brumath (Rhin),

labellisée vitrine de l’industrie du futur

©SEW USOCOME

40ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


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MAINTENANCE MÉCANIQUE

SOLUTION

Schaeffler intègre sa solution de

monitoring Optime aussi dans ses

usines

Schaeffler utilise la solution de surveillance Optime non seulement pour des clients comme Stora Enso ou

Finnsementti, mais aussi dans ses propres usines. Cette solution a d’abord été installée dans les systèmes

d’approvisionnement de l’usine de Schweinfurt. De nombreuses usines ont suivi le mouvement, l’ambition du

groupe étant de faire bénéficier toutes ses usines dans le monde de cette solution de surveillance.

On n’est jamais mieux servi que

par soi-même ! afin de mieux

contrôler ses équipements, le

groupe allemand Schaeffler

s’est équipé de sa propre solution Optime

pour la surveillance de ses moteurs. Après

l’usine « pilote » de Schweinfurt, a suivi

celle de Brasov (en Roumanie) pour la

surveillance des moteurs de ses fraiseuses.

L’abrasion et la casse sont des causes

fréquentes de défaillance des moteurs

des fraiseuses. Pour éviter les arrêts

non planifiés, 192 capteurs ont ainsi été

installés sur les moteurs de 32 fraiseuses

au total (à raison de six capteurs Optime

par fraiseuse).

SURVEILLANCE DES

MOTEURS DES MACHINES

DE TRAITEMENT THERMIQUE

ET DES POMPES

Une température élevée et un

fonctionnement continu sont les

principaux facteurs d’usure excessive

des moteurs. Afin d’éviter les arrêts non

planifiés, environ 200 capteurs Optime ont

été intégrés sur les machines de traitement

thermique de l’usine 2. Avantages attendus

? La réduction des temps d’arrêt non

planifiés, aucun rebut dû aux pannes,

l’amélioration de la planification de la

maintenance et moins de dommages

résultants.

Au sein de l’usine Schaeffler slovaque de

Skalica cette fois, c’est la surveillance des

pompes dans un système d’alimentation

central qui était concernée. L’abrasion et

la casse provoquent aussi des défaillance

fréquentes des pompes dans le système

central d’alimentation en huile. Pour éviter

les temps d’arrêt imprévus, 150 capteurs ont

été installés sur les pompes des 14 systèmes

d’alimentation centraux de Skalica. Objectifs

? Réduire les temps d’arrêt non planifiés,

améliorer la planification de la maintenance

et diminuer les dommages résultants.

Enfin, l’usine Schaeffler de Kysuce (elle

aussi en Slovaquie) a également intégré la

solution Optime pour la surveillance des

moteurs dans les systèmes centraux. Afin

d’éviter les temps d’arrêt imprévus, 200

capteurs ont été installés sur les différentes

unités telles que le moteur, la pompe ou

l’accouplement dans les 17 systèmes

d’alimentation centraux de Kysuce… avec

toujours les mêmes attentes : réduction des

temps d’arrêt non planifiés, amélioration

de la planification de la maintenance et

moins de dommages résultants

Olivier Guillon

42ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


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PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı43


INDEX

Au sommaire du prochain numéro :

TECHNOLOGIES

MANAGEMENT

Industrie 4.0 et mesure

en maintenance

M.E.S. et logiciels

(ERP…)

Un dossier Mesure et

Métrologie à l’occasion

du salon Measurement

World 2021

Focus sur les Logiciels

dans ce spécial «

Assises du M.E.S. » et

« salon Solutions »

MAINTENANCE EN PRODUCTION

MAINTENANCE MÉCANIQUE

PRÉVENTION DES RISQUES

Thermographie IR

Détecter rapidement

des défauts sur

les installations

industrielles

©SKF

Les moyens et les solutions

technologiques pour

assurer la surveillance

et la maintenance des

transmissions mécaniques

Spécial Préventica :

Solutions de sécurité et de

prévention des risques à

l’honneur

Liste des entreprises citées et index des annonceurs

AIR LIQUIDE .............................................................. 18

ARTEMA.. .................................................... 36, 37 et 39

APAVE MAINTA ........................................................... 9

CÉMOI ......................................................................... 14

CFIA RENNES ...................................................13 et 43

COBRA MESURES ..................................................... 22

CORIM SOLUTIONS ..................................................... 7

CREATIVE IT ................................................................ 9

DB VIB ....................................... 28 et 2 e de couverture

DENIOS ..........................................................Encartage

DIFOPE ............................................... 3 e de couverture

DIMO SOFTWARE ..................................................... 29

DSD SYSTEM ......................................................4 et 34

DYNAE ...............................................................23 et 26

ENDRESS & HAUSER ............................................... 18

FUCHS LUBRIFIANT......................... 4 e de couverture

IFM ELECTRONIC ..................................................... 19

INSAVALOR ................................................................ 28

MAINTENANCE&CO ................................................. 35

MOLYDAL ................................................................... 11

ORANO ....................................................................... 32

RAFFINERIE DU MIDI ............................................... 34

SBS INTERACTIVE .................................................... 32

SCHMERSAL .....................................................15 et 33

SEDAPTA OSYS ......................................................... 18

SEPEM INDUSTRIES .........................................6 et 41

SICK ............................................................................ 18

SPEKTRE ................................................................... 18

SPIE INDUSTRIE & TERTIAIRE ............................... 16

SYNERGYS ................................................................... 2

TEREGA ...................................................................... 30

UE SYSTEMS ....................................................20 et 25

252

C’est le – triste – nombre de jours qui se sont écoulés

sans salon industriel, le dernier en date, à notre

connaissance et dans notre secteur d’activité, étant

le Sepem Sud-Est, qui s’est déroulé à Avignon fin

septembre. Une longue période inédite et ininterrompue,

empêchant la bonne marche des affaires qui, n’en

déplaisent aux ayatollahs du « tout-digital », ne peuvent

véritablement aboutir que par le « présentiel ». Par

ailleurs, à l’image de l’échec des showrooms qui

devaient après la crise de 2008 remplacer les salons,

les événements et autres conférences en « visio » ne

prendront pas la place d’un rendez-vous physique

sur un stand pour exposer clairement un problème.

En revanche, le digital a beaucoup à apporter aux

salons dans une approche hybride, comme le détaille

Sébastien Gillet, patron de Global Industrie et du CFIA

(notamment), dans ce numéro.

EN SAVOIR PLUS > Lire l’interview de Sébastien Gillet en p. 12

Retrouvez nos anciens numéros sur :

www.production-maintenance.com

44ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021


PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021 ı45


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46ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°73 • mai - juin - juillet 2021

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