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Essais & Simulations 150

Spécial Automobile L’automobile connaît une nouvelle révolution… mais quel impact pour les essais ?

Spécial Automobile
L’automobile connaît une nouvelle révolution… mais quel impact pour les essais ?

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DOSSIER 34

DOSSIER 42

Spécial

Automobile

L’automobile connaît

une nouvelle révolution…

mais quel impact

pour les essais ?

Mesures 7

Mesures Solutions Expo2022 : l’Événement de la

mesure en France

Essais et modélisation 20

Étalonnage et acquisition : les données au service

de la précision et des gains de temps

150 • Septembre-Octobre-Novembre 2022 • 20 €

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 IA


ESSAIS

VIBRATOIRES

MULTIAXES

CONTRÔLEUR DE

POTS VIBRANTS

À ENTRÉES/SORTIES

MULTIPLES

Tester plusieurs axes, en simultané réduit

considérablement la durée d'essai

et reproduit plus fidèlement les véritables

contraintes opérationnelles

Contrôle indépendant jusqu'à

8 pots vibrants

Compatible avec toutes les

technologies d'excitateur :

électrodynamique,

hydraulique, électriques,

refroidis à eau ou non, et de

toutes capacités

Contrôle synchrone jusqu'à 3

agitateurs grâce à l'interface

MIMO

Modulaire

Génération de signaux

aléatoires, sinusoïdaux,

chocs, etc..

Réplication d'un signal temporel préenregistré

Distributeur Crystal Instrument

B I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022

Contactez-nous au 04 74 16 18 80 pour en savoir plus

contact.instrumentation@dbvib.com

www.dbvib-instrumentation.com


ÉDITORIAL

Révolution automobile : derrière les contraintes

citoyennes, une opportunité pour les essais !

Olivier Guillon

Rédacteur en chef

Le ciel leur est-il tombé sur la tête ? Sont-ils tous

devenus fous ? Après la frénésie du Covid voilà que

nos éminentes élites politiques semblent découvrir

« l’urgence climatique »… ceux-là mêmes qui faisaient

l’apologie du diesel il y a trente ans se mettent ainsi

à convertir tout le monde à l’électrique… sans

sommation ou presque !

« L’électrique (puis

l’hydrogène) promet donc

de redonner des couleurs à

un marché morose et offre

de belles opportunités aux

laboratoires et à toute la

filière. Pour le citoyen en

revanche, ce sera une autre

paire de manche. »

Et ce en écartant d’un revers de la main tous les

efforts inconsidérés qu’ont dû fournir constructeurs,

équipementiers et surtout cette myriade de PME et de

laboratoires d’essais et de mesure pour se conformer

aux exigences de Bruxelles sur les moteurs allant

d’Euro1 à Euro6-D-Full dont la prouesse fût-elle

d’éliminer, selon un rapport de l’Ademe, les émissions issues de la combustion.

Mais à coup de milliards d’euros et de dollars, les constructeurs prennent le virage contre

vents et marées et parviennent chacun, y compris les irréductibles de la voiture de sport

et de prestige, à exposer au Mondial de Paris 2022 une gamme complète de véhicules

électriques.

L’électrique (puis l’hydrogène) promet donc de redonner des couleurs à un marché morose

et de propulser définitivement l’automobile dans l’ère de la mobilité, offrant de belles

opportunités aux laboratoires français et européens ainsi qu’à toute la filière. Pour le citoyen

en revanche, ce sera une autre paire de manche. Car si on lui promet de respirer un peu

mieux, il devra passer à la caisse ; derrière sa dimension sociétale, le véhicule propre n’en

demeure pas moins un véhicule clivant – du moins pour le moment – qui s’adresse aux

personnes aisées… un peu à l’image du deux-roues à Paris depuis le mois de septembre ! ●

Envie de réagir ?

@EssaiSimulation

ÉDITEUR

MRJ Informatique

Le Trèfle

22, boulevard Gambetta

92130 Issy-les-Moulineaux

Tél. : 01 84 19 38 10

Fax : 01 34 29 61 02

Direction :

Michaël Lévy

Directeur de publication :

Jérémie Roboh

Directeur des rédactions :

Olivier Guillon

o.guillon@mrj-corp.fr

COMMERCIALISATION

Publicité :

Patrick Barlier

p.barlier@mrj-corp.fr

Diffusion et Abonnements :

www.essais-simulations.com

Emilie Bellenger

abonnement@essais-simulations.com

Prix au numéro : 20 €

Abonnement 1 an France et à

l’étranger, 4 numéros en version

numérique : 60 € TTC

Abonnement 1 an version

numérique + papier : 85 € TTC

Règlement par chèque bancaire à

l’ordre de MRJ

RÉALISATION

Conception graphique :

Eden Studio

Maquette

Gaëlle Vivien

Impression :

GT Print EOZ

6, avenue Jean d’Alembert

78190 Trappes

N°ISSN : 1632 - 4153

N° CPPAP : 1026 T 94043

Dépôt légal : à parution

Périodicité : Trimestrielle

Numéro : 150

Date : Sept.– octobre – nov. 2022

RÉDACTION

Ont collaboré à ce numéro :

Prith Baneerje (Ansys), Patrick

Eliès (Sfint – groupe Trescal),

Thomas Goetzl (Keysight

Technologies), Sébastien Hoffait

(V2i), Florent Mathieu (EikoSim),

Lauryanne Teulon (CFM), Pierre

Weber, Kim Zitny (Teijin Automotive

Technologies)r

Comité de rédaction :

Estelle Duflot (Réseau Mesure),

Didier Large (Nafems), Daniel

Leroy (ASTE), Jérôme Lopez

(CFM), Patrycja Perrin (ASTE)

PHOTO DE COUVERTURE :

© Gremlin / iStock

Toute reproduction, totale ou

partielle, est soumise à l’accord

préalable de la société MRJ.

Partenaires du magazine Essais &

Simulations :

/Facebook.com/

EssaiSimulation

/@EssaiSimulation

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I1


SOMMAIRE

DOSSIER

L’AUTOMOBILE EN PLEINE

34

RÉVOLUTION !

34 Le Mondial de Paris de retour mi-octobre pour fêter l’automobile !

36 L’automobile entre dans une révolution… difficile mais

passionnante !

39 DAM Group, un acteur incontournable des bancs de test de la R&D

jusqu’à l’industrialisation et la production de la filière hydrogène

40 Voitures électriques : comment ré-imaginer une industrie

centenaire ?

44 Hyundai et Teijin Automotive Technologie parviennent à alléger

significativement d’une portière

46 Le secret de l’efficience des batteries haute tension : une mesure

précise des faibles valeurs de résistance

©Laboratoire Precia Molen

Actualités

06 Precia Molen se dote d’un

nouveau laboratoire d’essais

ISO 17025

06 Wika lance un service

sur site pour réduire les

temps d’immobilisation des

instruments de mesure

06 Appel à communications pour

les conférences des Journées

de la Cofrend, en juin 2023

06 Un accord-cadre entre Valeo et

le CNRS pour la mobilité

du futur

06 Moteur du futur : un doctorant

ONERA primé pour son

approche CFD innovante

Mesures

07 Mesures Solutions Expo2022 de

retour début octobre à la Cité

des Congrès de Lyon

08 « N’oublions pas que sans la

mesure, rien ne fonctionne »

10 La chaine de mesure de

© AB Vision

température aux J’M 2022 : de

l’étalonnage aux bonnes pratiques

de mesure

12 Quelques innovations dans le

contrôle qualité sur Mesure

Solutions Expo2022

14 Point sur la mesure automatisée

de roue aubagée

Essais

et modélisation

20 Jusqu’à présent peu couvert,

l’étalonnage des contrôleurs

prend de l’ampleur

21 Maintenance préventive et

dimensionnement des systèmes :

enregistreurs Socitec

22 Aperçu de quelques solutions en

matière d’étalonnage

24 Conférence Nafems France : le

grand événement de simulation

pleinement orienté vers les

données et le jumeau numérique

26 Dialogue essai - calcul : les défis

de la validation de la simulation

sur le dispenseur Galileo

d’Ariane 6

© O. Guillon

28 Les systèmes d’acquisition de

données prennent toute leur

place dans les laboratoires

d’essai

30 Retour à des modèles

numériques plus simples pour

des validations rapides de

paramètres d’essais

32 Simulation numérique et

métavers : cette révolution

technologique pour l’industrie de

demain

Outils

50 Formations

51 David Delaux prend la présidence

de l’association ASTE

51 Nafems 2022, les 23 et 24

novembre avec l’ASTE

51 Réunion de la Commission

Thermique et techniques

connexes

52 Au sommaire du prochain numéro

52 Index des annonceurs et

des entreprises citées

52 Le chiffre à retenir

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I3


Cetim 52 avenue Félix-Louat ZAE Senlis Sud-Oise

Senlis (Oise)

Pour consulter le programme et vous inscrire:

NRC22 France, NAFEMS France Conference

Contact: didier.large@nafems.org (06 85 88 21 62)

En 2022 nous espérons pouvoir enfin organiser notre conférence biennale en mode essentiellement

présentiel pour la plus grande satisfaction de tous. Cette année nous serons accueillis par le CETIM

dans leurs locaux de Senlis (60) au nord de Paris, haut lieu de la mécanique en France les 23 et 24

novembre prochains.

Comme pour nos précédents événements, notre Comité de programme animé par Jean-Marc Crepel

a finalisé un programme attractif avec plus de 70 interventions dans 13 sessions parallèles traitant

les disciplines traditionnelles couvertes par NAFEMS.

Le programme détaillé est disponible sur la page web suivante: Agenda de NRC22 France

(nafems.org)

Citons nos intervenants principaux confirmés et les thèmes abordés, notamment le soutien à la transition

énergétique, :

Francois Bodin d’IRISA : vers un calcul de haute performance frugal

Edouard Lete d’EL2C : la simulation en biomécanique. Les particularités et perspectives

Marjorie Musy du CEREMA : modélisation climatique de l’échelle du quartier à celle de la ville.

Etat de l’art, applications et perspectives

Thierry Chevalier d’Airbus : complex system of systems simulation for energy transition

Pierre-Etienne Gautier de la SNCF, Sana Debbech de l’IRT Railenium : le BIM et les Jumeaux

Numériques appliqués au ferroviaire

et Frédéric Feyel de Safran Tech: enjeux et stratégie du groupe Safran en simulation numérique.

Nos sponsors « platine »

Nos sponsors « or »

Nos exposants

4 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


© O. Guillon

© DR

© DR

DOSSIER

Lors du Mondial de Paris en 2018

MESURES

Conférence sur Mesures Solutions Expo

ESSAIS ET MODÉLISATION

Opération d’étalonnage par Hexagon chez Kern

NOS DOSSIERS EN UN CLIN D’ŒIL

La filière automobile fait sa

révolution p. 34 à 49

Au regard des récentes décisions politiques portant sur l’interdiction

de produire des véhicules à moteur thermique en Europe d’ici 2035

mais aussi sur l’autorisation (étrangement un peu prématurée)

de faire circuler des voitures autonomes en France depuis la

rentrée, toute la filière automobile semble prendre les devants.

En témoigne le Mondial de Paris, qui fait son grand retour Porte

de Versailles après quatre années d’absence, fermement orienté

vers l’électrique, l’autonomie des véhicules et la mobilité dans

son ensemble. Dans ce nouveau numéro de la revue consacré à la

filière automobile, aujourd’hui en pleine révolution, les interviews

du nouveau patron du salon mais aussi du président de la Société

des ingénieurs de l’automobile (SIA) qui nous éclaireront sur les

nouveaux enjeux des professionnels du secteur.

L’événement de la Mesure

avec un grand « M » p. 7 à 19

À l’occasion du salon Mesures Solutions Expo2022 qui ouvrira ses

portes à la Cité des Congrès de Lyon, la revue Essais & Simulations

a consacré l’entièreté de sa rubrique à l’événement phare de la

mesure et de la métrologie en France. De la mesure automatisée

au contrôle qualité, en passant par un point sur la mesure de

température (élaboré par le CFM, organisateur des Journées

de la Mesure qui se tiendront en parallèle du salon), ce dossier

fera la part belle à une discipline désormais incontournable dans

l’industrie. Rappelons à ce titre que la revue sera diffusée sur

le salon, permettant à ses fidèles partenaires et annonceurs

encore davantage de visibilité, et offrant aux visiteurs du salons

des informations inédites et techniques afin d’optimiser leurs

opérations de mesure.

De l’étalonnage à l’acquisition

de données p. 20 à 33

S’il existe un autre domaine devenu incontournable dans l’industrie

des essais, c’est bien la saisie, l’analyse et l’optimisation des données,

qu’elles soient issues des campagnes de test, des instruments de

mesure ou des logiciels de simulation. Autre sujet impliquant des

données fiables, l’étalonnage des équipements, en particulier des

capteurs et des contrôleurs, nécessaires pour transmettre des

données les plus fiables possible et réduire toujours davantage les

campagnes d’essais, véritable priorité des industriels. A ce titre, le

magazine Essais & Simulations fait la lumière sur un domaine - celui

des contrôleurs - pendant longtemps boudés par les questions

d’étalonnage. Or ces équipements sont particulièrement essentiels

dans la qualité finale d’un produit mais aussi dans la durée des

campagnes d’essais.

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I5


ACTUALITÉS

EN BREF

Appel à communications

pour les conférences des

Journées de la Cofrend, en

juin 2023

La Cofrend lance un appel à communications

pour les conférences qui seront

présentées lors des Journées Cofrend

2023 du 6 au 8 juin 2023 au Palais

Chanot de Marseille. Les auteurs sont

invités à soumettre un résumé en ligne

avant le 15 novembre 2022, sur la thématique

« END, voir et prévoir ». Pour

connaitre le détail des thématiques et

télécharger l’appel à communication,

rendez-vous le site de la Cofrend ●

EN SAVOIR PLUS > www.cofrend.com

Un accord-cadre entre

Valeo et le CNRS pour la

mobilité du futur

Ce partenariat, qui organise sur cinq

ans la coopération dans des programmes

de recherche partagés, se

donne pour objectif d’accélérer le développement

d’une mobilité plus propre

et plus sûre. Les activités consisteront

notamment dans le lancement de

nouveaux projets de recherche et de

thèses. Elles pourront aussi mener à

la création de laboratoires communs.

Les travaux de recherche menés par le

CNRS et Valeo porteront sur la conception

durable, l’intelligence artificielle,

les systèmes intelligents, la cybersécurité,

les sciences des données, les villes

inclusives ou les énergies nouvelles ●

Moteur du futur : un doctorant

Onera primé pour son

approche CFD innovante

Matteo Gelain, ancien doctorant Onera,

a reçu le « prix de thèse 2022 » de la

3AF pour ses travaux sur la simulation

numérique des phénomènes aérothermiques

dans les moteurs d’avions civils

modernes. Les concepts de moteur du

futur sont caractérisés par des architectures

de plus en plus complexes,

ce qui engendre un besoin important

de lubrification et refroidissement. Sur

cette problématique, un large spectre

d’activités et de volets scientifiques a

été exploré à l’Onera, allant des simulations

numériques aérodynamiques

haute-fidélité, aux simulations numériques

multiphysiques, en passant par

des essais en soufflerie ●

MÉTROLOGIE

Precia Molen se dote d’un nouveau

laboratoire d’essais ISO 17025

Après deux années de

travail, le groupe Precia

Molen dispose maintenant

de son propre laboratoire de

métrologie. Ce laboratoire d’essais

permet de tester la performance

des indicateurs et instruments

de pesage de Precia Molen en

conditions climatiques (température et humidité) selon la recommandation OIML R76.

Deux enceintes climatiques, l’une de 400l et l’autre de 20m 3 , permettent d’effectuer des

essais sur des plages de température allant de -30 °C à +60 °C, avec un taux d’humidité

qui peut atteindre 85 % selon les besoins.

Réalisation d’essais de certification en métrologie légale

Le laboratoire permet la réalisation d’essais de certification en métrologie légale. Son

activité a été auditée et validée selon le référentiel international ISO 17025 par l’OIML,

ce qui lui permet de réaliser de tels essais. Le laboratoire figure dorénavant sur le registre

officiel des laboratoires d’essais fabricants de l’OIML et peut fournir des rapports d’essai

officiels. Ces essais ont lieu dans le cadre des projets de certification en métrologie légale

pilotés par le LNE (Laboratoire national de

EN SAVOIR PLUS > fr.preciamolen.com

métrologie et d’essai) ●

MESURE

Wika lance un service sur site pour

réduire les temps d’immobilisation des

instruments de mesure

Le service Wika prend un

nouveau visage avec une

offre de services globaux liée

à la gestion de parcs d’instruments

de mesure : contrat de gestion de

parc, mise en place de programmes

de maintenance, campagnes d’étalonnage…

le tout reposant sur des

services sur site : étalonnage, réglage, réparation, prise en charge de nombreuses

marques d’instruments de mesure pour des niveaux d’incertitude allant jusqu’aux

plus faibles.

Pour ce faire, Wika s’est doté d’un nouveau camion « services » à la disposition

de nos clients sur tout le territoire. En complément des laboratoires de Wika, le

camion « services » procure des avantages aux exploitants d’instruments de mesure

dans l’industrie : éliminer les temps d’arrêt liés à l’immobilisation des instruments

de mesure, aucun risque lié au transport des appareils des clients, réalisation de

différents types de mesure le même jour sur place

EN SAVOIR PLUS > www.wika.fr

avec des experts en métrologie et étalonnage ●

6 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


MESURES

ÉVÉNEMENT

Mesures Solutions Expo2022

de retour début octobre

à la Cité des Congrès de Lyon

La nouvelle édition de Mesures Solutions Expo2022 se tiendra à la Cité des Congrès de Lyon dans

quelques semaines. Couplé aux Journée de la Mesure du CFM – les JM2022, ce salon sera le seul

rendez-vous de l’année à traiter des solutions de mesure, de métrologie, de capteurs et d’étalonnage.

Né de la volonté des adhérents du

Réseau Mesure, cet évènement

est organisé depuis 2021 en

partenariat avec le Collège français de

métrologie (CFM) et plusieurs partenaires

de la formation, du recrutement et de

la communication. En un seul lieu, il

présentera l’exhaustivité de l’offre de

la mesure, du monde de la recherche

à celui de la production, des solutions

actuelles aux perspectives futures. Cet

événement phare du marché de la mesure

sera le reflet de l’évolution du monde

industriel. Les innovations y seront donc

nombreuses dans la mesure où beaucoup

n’ont pas pu être présentées durant les

derniers mois.

En proposant une offre générale

répondant aux besoins potentiels

multiples, le Réseau Mesure a souhaité

réunir les professionnels de la mesure afin

de proposer aux visiteurs des solutions

complètes et innovantes. Nombreux sont

ceux qui ont à nouveau répondu présents

car 70% du salon est déjà réservé.

Cet évènement touche toute la chaine

de la mesure : les acteurs du process,

les ingénieurs, les techniciens, de la

qualité à la production, en passant

par le contrôle et la maintenance. Il

présentera également une vingtaine

d’ateliers thématiques, au cours desquels

les exposants développeront leurs savoirfaire

et leurs nouveautés.

LES JOURNÉES DE LA MESURE

2022 EN PARTENARIAT AVEC

MESURES SOLUTIONS EXPO2022

Aussi, le CFM est l’organisateur des

JM2022, les Journées de la Mesure : un

événement pragmatique pour une mesure

simple et concrète. Les deux journées

proposeront une organisation originale

permettant d’intégrer les bonnes

pratiques d’abord et de découvrir les

mises en application ensuite, à l’aide des

tutoriels et des ateliers-démonstrations.

Cette année, cette famille Mesure sera au

grand complet et à bonne école autour

de plusieurs sujets clés. D’une part, les

fondamentaux de la métrologie (concepts

essentiels, normes, incertitudes), d’autre

part, la chaîne de mesure (performance,

capteurs, chaine d’acquisition...). Enfin,

des applications seront présentées en

matière de dimensionnel, de température

(voir article suivant) et en laboratoire.

Tous les intervenants du processus de

mesure et de production sont concernés :

utilisateur de moyens de mesure,

responsable métrologie, responsable

qualité ou production, technicien

et ingénieur… L’inscription aux JM

permet de suivre ces tutoriels et ateliers,

d’accéder aux pauses café et buffets de

midi, de découvrir les exposants du

salon Mesures Solutions Expo2022.

Faites des rencontres et répondez à vos

problématiques terrain lors des JM2022 ●

Pierre Weber

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I7


MESURES

ENTRETIEN

« N’oublions pas que sans la

Président depuis plus d’un an du Réseau Mesure, dont la revue

Essais & Simulations est partenaire presse, Claunel Massiès a accepté

de répondre à nos questions à l’occasion du salon Mesure Solutions

Expo2022, un événement 100% consacré à la mesure, domaine qui

occupe une place croissante dans le monde industriel, rendant ses

méthodes et ses technologies désormais incontournables.

© IMT Atlantique - Céline Castel

Claunel Massiès

Âgé de 53 ans et de formation initiale

en mécanique & automatisme

Industriel, Claunel Massiès est

diplômé MG de l’Essec Business

School. Il rejoint Wika Instruments

en 2010 en tant que directeur général

avant d’être nommé président des

différentes acquisitions du groupe

en France. Au moment de sa prise de

fonction au sein du Réseau Mesure

en juillet 2021, Claunel Massiès

était responsable de la politique de

distribution du groupe Wika en tant

que vice-président de la région EMEA

/ India Distribution.

Claunel Massiès, depuis votre arrivée il

y a un peu plus d’un an à la présidence

du Réseau Mesure, quels grands axes

ou projets avez-vous mis en œuvre ?

Comme vous le savez, je suis arrivé à la

présidence du Réseau Mesure dans un

contexte particulier de pandémie et de

grand questionnement sur l’industrie. Le

monde de la mesure bouge très vite avec

une forte numérisation des activités, de

la data de plus en plus dense et précieuse

ainsi qu’une interconnexion entre les

différents systèmes. La priorité pour nos

80 adhérents (dont une grande majorité

emploie moins de vingt personnes) a été de

continuer à fonctionner en interne comme

sur le marché. Notre objectif a été de les

aider à remettre le pied à l’étrier.

Rappelons que le Réseau Mesure a été créé

par et pour les adhérents. C’est pourquoi

l’association s’attache à adapter ses

projets et ses actions au service de leurs

besoins de développer le business, la

commercialisation, l’exportation, les achats

mutualisés mais aussi d’autres dimensions

comme les ressources humaines et la

collaboration avec d’autres réseaux afin

de travailler ensemble.

Que représente pour vous cette

nouvelle édition du salon Mesure

Solutions Expo2022 ? Par quelles

tendances sera-t-elle particulièrement

marquée ?

La première chose à avoir l’esprit sur

ce salon c’est que les visiteurs de cet

événement savent ce qu’ils veulent voir :

de la mesure et rien d’autre ! Or ce salon

est le seul événement sur le sujet sachant

que la mesure. Organisé par le Réseau

Mesure, Mesure Solutions Expo2022 fait

cependant appel à un important réseau

de professionnels ; nous collaborons avec

le Collège français de métrologie (CFM),

des partenaires presse dont vous faites

partie ainsi que la Chambre de commerce

et d’industrie (CCI).

Caractérisation sous pointes de dispositifs passifs ou actifs jusqu’à 170 GHz

Parmi les grandes tendances de Mesure

Solutions Expo, notons que l’innovation

est présente sur tous les stands. En outre,

plus d’une trentaine de conférences

thématiques porteront sur la mesure dans

toutes ses dimensions. Nous mettrons

également en avant les start-up à l’image

8 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


MESURES

mesure, rien ne fonctionne »

© Olivier Guillon

©AB Vision

de ConsoMix, une société spécialisée dans

le smart building, Rheonova en matière de

rhéologie ou encore Baxir présentera un

nouveau banc d’essai de mesure.

Aussi, le salon abritera un espace emploi

et de formation en partenariat avec

l’Apec ainsi que les universités de Lyon

et de Grenoble. L’idée est d’organiser des

recrutements sur le salon mais aussi de

promouvoir les métiers de la mesure en

organisons des visites pour les étudiants.

Enfin, cette année sera consacrée à

l’Algérie et la Tunisie afin de développer

des collaborations et des synergies entre

les différents acteurs de la mesure de ces

pays et le Réseau Mesure.

En matière d’instrumentation de

mesure, quelles innovations voyez-vous

apparaître depuis quelques années sur

le marché ? Et pour répondre à quels

besoins dans l’industrie, tant au niveau

des laboratoires que des ateliers de

production ?

Dans ce domaine, le monde bouge

très vite avec des tendances lourdes : la

multiplication des points de mesures car

aujourd’hui, on veut tout mesurer. Aussi,

la mesure n’est plus un moyen mais une

résultante. Deuxième tendance lourde,

la logique des objets connectés et de

l’industrie 4.0. La quatrième révolution

industrielle a porté un nombre incalculable

d’innovations sur le marché et ce très

rapidement. C’est pourquoi j’encourage

les personnes à venir sur le salon Mesure

Solutions Expo2022, un événement

incontournable pour trouver des

solutions permettant d’optimiser l’outil de

production et d’améliorer la compétitivité.

N’oublions pas que sans la mesure, rien

ne fonctionne. Celle-ci joue donc un rôle

de plus en plus important en matière

d’information et de technicité pour les

entreprises, lesquelles attendent en parallèle

des solutions professionnelles de plus en

plus adaptées à leurs besoins. À titre

d’exemple, la mesure de pression s’effectuait

auparavant grâce à un capteur générique.

Aujourd’hui, avec des environnements

de plus en plus spécifiques comme

l’hydrogène, les fabricants sont obligés de

développer des capteurs adaptés. Il en est

de même pour la multiplication des points

de mesures avec de grandes répartition

dans l’usine mais aussi des capteurs

intelligents ; ceux-ci doivent être plus

facilement intégrables dans l’atelier, moins

chers et sans fil. C’est le cas notamment des

nouvelles technologies d’IoT LoRaWAN

qui procure un accès à l’information de

plus en plus rapide et précis.

À quels grands défis, toujours dans

l’instrumentation de mesure, les

fabricants doivent-ils répondre et avec

quelles technologies ?

Les clients veulent une solution particulière

en fonction de leurs applications. Ils

ont des besoins de plus en plus précis

et technologiques. C’est pourquoi les

organisations doivent s’adapter aux besoins

des clients et leur offrir non plus seulement

un instrument mais une solution complète

dotée de services dans un contexte où la

compétence est de plus en plus difficile à

trouver. Chez Wika par exemple, nous

avons changé notre organisation : nous

ne parlons plus « produits » mais nous

raisonnons désormais en tant que « marché

client ». Également, nous avons intégré de

nouvelles compétences au sein de notre

service réparation et prestations sur site.

A-t-on une idée de ce à quoi

ressemblera l’instrumentation de

mesure de demain ?

Les nouveautés de demain, même si elles

sont déjà bien entamées, concernent

l’interconnexion et une accessibilité

à distance des moyens et des résultats

de mesure. Nous devons apporter

la compétence à un moment donné

mais cette compétence sera déportée.

Et si le Covid-19 a pu freiner certains

développements, il a surtout joué un effet

d’accélérateur. L’évolution industrielle

est en marche ! ●

Propos recueillis par Olivier Guillon

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I9


MESURES&TESTS

MARKETPLACE PAR MRJ PRESSE

Découvrez le portail

sur la mesure,

les tests et

l’instrumentation.

MESURES

EN PRATIQUE

La chaine de mesure

de l’étalonnage aux

Dans cet article, Patrick Eliès et Lauryanne Teulon

reviennent sur les spécificités de la mesure de température,

thème qui sera largement abordé lors des J’M 2022, nom

que portent les journées de la mesure organisées au

sein du salon Mesure Solutions Expo2022 (cf. encadré).

Mesures & Tests

vous propose

d'être mis en relation

gratuitement avec

les prestataires

du marché.

La mesure de température est au cœur de nombreux

procédés industriels ou de recherche scientifique et

technologique notamment pour la supervision et le

contrôle de produits. Des domaines très variés sont

concernés : la chimie, la métallurgie, l’agroalimentaire,

l’industrie verrière, l’automobile… chacun présentant ses propres

contraintes et spécificités de mesure.

La connaissance de cette grandeur avec une grande exactitude

est particulièrement déterminante pour la qualité des produits,

leur conservation ou pour la sécurité des biens et des personnes

ou encore pour la gestion énergétique des systèmes. Quel que soit

le contexte, le prérequis pour prendre de bonnes décisions est de

réaliser de bonnes mesures.

Il est donc nécessaire de s’assurer du bon choix des instruments

de mesure et de leur capacité à mesurer de manière conforme :

optimisation de la périodicité d’étalonnage, maitrise et contrôle

des facteurs d’influence, estimation des incertitudes de mesure,

mise à jour des procédures...

L’étalonnage est une des briques élémentaires de ce processus

métrologique qui est définit par le VIM1 comme une « opération

qui, dans des conditions spécifiées, établit, en une première étape,

une relation entre les valeurs et les incertitudes de mesure associées

qui sont fournies par des étalons et les indications correspondantes

avec les incertitudes associées, puis utilise, en une seconde étape,

© DR

www.mesures-et-tests.com

10 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


MESURES

de température aux J’M 2022 :

bonnes pratiques de mesure

Patrick

Eliès

Directeur

technique chez

Sfint – groupe

Trescal

cette information pour établir une relation

permettant d’obtenir un résultat de mesure

à partir d’une indication. »

La réalisation la plus couramment

rencontrée correspond à l’étalonnage par

comparaison entre un étalon de référence

et l’instrument en étalonnage au sein d’un

générateur de température, idéalement

stable, homogène et parfaitement caractérisé

en température. Pour illustrer cette étape,

le Collège français de métrologie organise,

dans le cadre des Journées de la Mesure,

un atelier visant à présenter la réalisation

d’un étalonnage de sonde Pt100.

DÉMONSTRATION AVEC MOYENS

DE MESURE ET D’ÉTALONNAGE

ADAPTÉS

Selon Patrick Eliès, directeur technique

chez Sfint : « En étalonnage par

comparaison en température, on utilise

un générateur de température dans lequel

sont introduits deux systèmes de mesure.

En s’appuyant sur les mesures effectuées

par le système de mesure de température

connu, communément appelé ‘étalon’, on

détermine les écarts de mesure du système

à étalonner.

On distingue deux technologies de

Lauryanne

Teulon

Chargée de mission

technique au

Collège Français de

Métrologie

générateur de température, les bains

thermostatés et les fours régulés. L’objectif

du moyen utilisé est de porter un milieu le

plus homogène possible à la température

demandée. Les bains d’étalonnage se

caractérisent par l’échauffement ou le

refroidissement d’un milieu liquide.

L’énergie est produite par un système

Banc d’essais

haute-fréquence pour

support moteur

Banc de tests permettant de mesurer

la raideur dynamique et le facteur de

perte de supports élastomères, avec

une plage de fréquence allant de

50 Hz à 3 000 Hz, et une précharge

pouvant être comprise entre 0 et

5 000 N.

Solution clé-en-main bénéficiant

de notre expérience en expertise

et en conception de banc d’essais.

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ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I11


MESURES

Les Journée

de la Mesure,

J’M 2022

Les Journées de la Mesure 2022 qui

auront lieu à la Cité des Congrès

à Lyon les 5 et 6 octobre prochain

présenteront des thématiques clés

de la métrologie : fondamentaux,

dimensionnel, laboratoire et

température avec cette année

un focus particulier sur la

chaîne de mesure. Ces journées

organisées par le Collège français

de la métrologie proposent une

construction originale autour de

tutoriels et sur leurs mises en

application au travers d’ateliers

de démonstration sponsorisés par

plusieurs organisations.

Ces sujets concernent de nombreux

secteurs d’activités : la mécanique,

l’environnement, la biologie,

l’industrie plastique, l’agroalimentaire...

ainsi que tous les

intervenants de la chaine de mesure

et de production : utilisateur de

moyens de mesure, technicien,

responsable métrologie, qualité ou

production, ingénieur etc.

Les JM2022 se dérouleront en

parallèle du salon Mesures

Solutions Expo, piloté par le Réseau

Mesure. Ce salon vise à présenter

l’offre de la mesure dans sa large

diversité, du monde de la recherche

à celui de la production, et des

solutions actuelles aux perspectives

futures.

>> Le programme détaillé des

Journées de la Mesure est

disponible sur le site du Collège

Français de Métrologie

© Sfint - Trescal

thermodynamique ou à effet Peltier.

Leurs contraintes d’utilisation sont les

caractéristiques du liquide employé et le

degré d’étanchéité du capteur à étalonner.

La base du transfert de température est

la conduction. Les fours d’étalonnage se

caractérisent par l’échauffement (parfois le

refroidissement) d’un milieu d’air sec. Les

contraintes de ces moyens sont moindres

pour les capteurs mais l’homogénéité du

système est moins bonne. L’énergie produite

est réalisée à l’aide de résistances chauffantes.

Les bases du transfert thermique sont la

convection et le rayonnement.

Les étalons utilisés pour déterminer la

température dite de référence sont le plus

souvent des sondes thermorésistantes de

platine ou des thermocouples. Les sondes

platine Pt 100 Ohms utilisées comme étalons

présentent la meilleure précision sur la

mesure, mais sont limitées en température.

Les thermocouples de base platine type S

peuvent tenir des températures bien plus

élevées et présentent des précisions plus

© Trescal

Pour aller plus loin

moyennes. Le signal émis par ces capteurs

sera mesuré par un instrument permettant

une interprétation en température de la

grandeur mesurée.

Les résultats de l’étalonnage réalisé par

un personnel qualifié, seront documentés

à l’aide d’un certificat d’étalonnage,

incluant tous les résultats issus de cette

comparaison, la traçabilité métrologique,

ainsi que les incertitudes associées aux

mesures réalisées. »

LES PERSPECTIVES

La mesure de température en contact

repose sur l’utilisation de sondes

traditionnelles telles que des sondes

résistives et des couples thermoélectriques.

Ces sondes sont en perpétuelle évolution

pour s’adapter à de nouveaux besoins

et de nouvelles contraintes de coûts. La

mesure sans contact vient également

compléter cette offre en se basant sur

la mesure du rayonnement thermique

(pyrométrie optique, thermographie), ce

qui permet d’apporter des informations

complémentaires et de nouvelles solutions

de mesure.

Le développement de mesures connectées

prend également de l’ampleur avec la

généralisation de l’IIoT. La société JRI

également sponsor des Journées de la

Mesure présentera l’étalonnage de capteurs

connectés et leur utilisation dans de bonnes

conditions de mesure ●

Guide technique du Collège Français de Métrologie édité avec Afnor Éditions intitulé

Mesures de température – Bonnes pratiques et applications dans l’industrie

EN SAVOIR PLUS > www.cfmetrologie.com/fr/

12 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


PUBLI-COMMUNIQUÉ

Nouvelle serie de détecteurs de fuite et

debitmètres Furness controls

Les nouveaux Détecteurs de Fuite et Débitmètres de la

série 700 conçus et fabriqués par FURNESS CONTROLS

– constructeur historique depuis 60 ans de capteurs de

pression différentielle ultra faible – innovent tant en matière

de design, d’ergonomie que de technologie. Ils sont dotés d’un

superbe écran tactile graphique couleur de 5 ou 7 pouces

permettant de visualiser et d’enregistrer les courbes de chaque

test afin de comprendre le phénomène physique.

Les Détecteurs de Fuite disposent d’un capteur multi-gammes

capable de mesurer des fuites sur un large spectre depuis 0,001

ml/min jusqu’à 999 ml/min sous des pressions allant du vide

à +30 bar.

Les Débitmètres comportent un capteur de débit laminaire

garantissant des mesures avec de très faibles perte de charge

depuis 0,01 ml/min jusqu’à 5 m3/min sous des pressions allant

du vide à +14 bar.

Également équipé de nombreuses fonctions d’automatisme,

d’un enregistreur de données exportable sur clef USB et de

ports Ethernet, Profinet ou Profibus, ils s’intègrent aisément

sur des lignes de fabrication automatiques ou sur des postes

semi-automatiques.

Applications typiques : industries automobile, médicale, du gaz,

de l’électroménager, de l’emballage, cosmétologie, robinetterie…

Transmetteur de pression differentielle

Modèle FCO432

Doté d’une expérience de 60 ans,

le constructeur Furness Controls

fabrique une large gamme de

transmetteurs de pression différentielle qui

s’adaptent à la plupart des applications de

basse pression dans des environnements

sales (production d’électricité, acier,

ciment, brique, verre etc.) ou dans les

environnements propres et ultra propres

(milieux médicaux, pharmaceutiques,

le nucléaire, la fabrication de semiconducteurs…).

Ces transmetteurs de

pression peuvent être montés sur mur,

panneau, en encastré ou en applique.

Le transmetteur de pression FCO432 est

disponible en 12 gammes de pression

allant de +/– 50 Pa jusqu’à -1 bar à + 10

bar chacune dans un large choix de sortie

tension ou courant.

La sortie électrique est disponible en

linéaire ou avec une fonction racine-carrée

afin de faciliter l’emploi de tubes Pitotstatique

ou d’autres éléments laminaires

primaires.

L’option OLED ou LCD peut afficher

des valeurs dans de nombreuses unités

scientifiques et l’option des deux relais

indépendants offre la possibilité de

signaux d’alarmes.

• Exactitude 0,25% de la lecture + 1 digit

• Réglage de l’étendue de mesure

• Sortie courant 2 ou 4 fils ou Sortie

tension 4 fils

• Deux relais paramétrables

• Sortie racine carrée pour débit/vitesse

• Auto zéro et zéro déporté ●

EN SAVOIR PLUS :

FURNESS CONTROLS

Techniparc • 3 rue Boole

91240 Saint Michel sur Orge - France

Tél: +33 (0)1 69 46 00 20

Fax: +33 (0)1 69 46 00 18

Email: vente@furness-controls.fr

www.funess-controls.fr

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I13


MESURES

Quelques

innovations

dans le

contrôle

qualité

sur Mesure Solutions Expo2022

Contrôler les fuites

sur les Big Bag

pharmaceutique

Pouvoir garantir la stérilité des containers

souples est un enjeu majeur pour les

laboratoires de production pharmaceutique.

ASC Instrument, société spécialisée dans le

contrôle d’intégrité des conditionnements

pharmaceutique « CCIT » à développer

une réponse adaptée à cette problématique

: l’ASC 7400BCB. L’ASC 7400BCB est

un détecteur de fuite pour les Big Bag. Il

est particuliè-rement adapté au poste de

contrôle manuel. Cet instrument permet

de contrôler les bags souples en étanchéité

sans porter atteinte à leur intégrité, de

manière précise et rapide.

Un capteur pour détecter les

bulles d’air et de gaz

Avec le capteur PAD20, Baumer offre

une solution innovante à un problème

jusqu’alors non résolu : la détection de

bulles d’air et de gaz dans les fluides

de process. Le capteur détecte les plus

petites inclusions d’air et de gaz et évite

ainsi, entre autres, le fonctionnement à

sec des pompes et les temps d’arrêt des

installations. Dans de nombreuses applications

sur le terrain, le capteur a ainsi

permis d’accroître l’efficacité des installations

tout en garantissant une fiabilité

et une qualité maximales des process.

PAD20 est une innovation pour des applications

industrielles et hygiéniques dans

une multitude de secteurs d’activité.

Un capteur 100% autonome

connecté, sans pile et sans fil

Les modules de mesure connectés

Harvestree sont utilisés pour

mesurer différentes grandeurs

physiques (température,

pression, hygrométrie...) de façon

complètement autonome, c’est-àdire

sans fil et sans pile. Le module

Harvestree récupère l’énergie

thermique dégagée par le procédé et

la convertie en énergie électrique ce

qui permet d’alimenter la mesure,

l’émission de la donnée en radio

(LoRa) et une batterie rechargeable

qui permet au capteur de rester

fonctionnel en cas d’arrêt du

procédé.

Une caméra pour le contrôle en

ligne

La caméra eyeSPID-VNIR répond au

facteur limitant l’utilisation de l’imagerie

spectrale dans l’industrie : la vitesse.

L’imagerie spectrale permet un contrôle

en ligne d’une large variété de produits,

par la détection de paramètres invisibles

pour la vision industrielle classique : corps

étrangers, compositions... Or les imageurs

spectraux traditionnels sont limités en

vitesse et ne suivent pas le rythme de

nombreuses lignes de production. Photon

Lines a donc développé le concept d’imagerie

spectrale haute vitesse. La caméra

eyeSPID-VNIR acquiert des données

hyperspectrales de 400 à 1000 nm, à des

vitesses pleine résolution jusqu’à 3000 Hz.

Un détecteur de fuite pour le test

de grands volumes

Le F620LV est un instrument capable de tester l’étanchéité de très grands

volumes (jusqu’à 200L) en utilisant une nouvelle technologie brevetée

et intégré dans le module DNC (Differential Noise Cancelling).

Celle-ci permet d’obtenir une mesure fiable, précise et rapide

sans être altérer par les perturbations des usines comme

les variations de températures, de pression ou encore les

vibrations liés à une machine. La fonction DNC fournit une

lecture de fuite plus stable en compensant les perturbations

de fond afin qu’elles n’influencent pas le capteur de fuite.

il est donc possible de mesurer une chute de pression

inférieure à 0,1Pa/s.

14 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


MESURES

Un analyseur de gaz lazer à

détection photoacoustique

Le français mirSense ajoute une

nouvelle corde à son arc avec des

analyseurs de gaz (gamme multiSense)

sous la forme de modules de type

OEM. Au sein d’une plateforme unique,

ce capteur embarquant la technologie

laser QCL mesure jusqu’à quatre gaz

simutanément parmi les NH3, NO,

NO2, H2O, CO, CO2, CH4 et benzène –,

à des limites de détection descendant

au sub-ppm, avec un niveau de

spécificité élevé, et ce en temps réel.

La détection photoacoustique (sans

optique) améliore la compacité (1 litre)

et la robustesse de ce capteur (plus de

cinq ans).

Mesurer la température

sans contact

La métrologie dimensionnelle et

mesure de rugosité de surface avec un

même système

L’InfiniteFocusG6 (Bruker Alicona) est un

instrument de mesure 3D optique destiné à la

mesure des tolérances dans la gamme du 10 e

de µm. Il permet des mesures surfaciques

haute résolution, indépendantes de la

taille, du matériau, de la géométrie,

du poids et de l’état de surface des

pièces mesurées. De nombreuses

fonctionnalités déjà éprouvées, ainsi

que de nouvelles caractéristiques,

permettent de combiner les

fonctionnalités d’un profilomètre

(Ra, Rq, Rz/Sa, Sq, Sz) avec

celles d’une MMT.

Une révolution dans la

topographie de surface ?

Micro.View (+) est un système de

métrologie optique nouvelle génération.

Les innovations « Focus Finder »

et « Focus Tracker » améliorent le

contrôle qualité en laboratoire et sur

les lignes de production. De plus,

la technologie de balayage continu

« CST » permet d’utiliser toute la

plage de déplacement comme plage de

mesure étendue soit jusqu’à 100mm.

Détection des défauts et distorsions

visuelles avec l’analyse d’imagerie

couleur. Quantification de la topographie

de surface avec une résolution

inférieure au nanomètre et capture les

détais de manière fiable.

Capteur de température

sans contact (Phonoptics) de

type Pyro-réflectométrique

bichromatique. Il est

capable de mesurer la

vraie température sur

tout corps opaque, sans

connaissance de l’émissivité

préalable et donc même si

l’état de surface change. Il

mesure et calcul le facteur

de diffusion ainsi que

l’émissivité de la cible.

Débitmètres / régulateurs de

débit massique

Le débitmètre/régulateur de débit

massique Flexi-Flow (de Bronkhorst)

présente une technique unique de

mesure reposant sur des capteurs à

puce, rapides et stables, associés à

la technologie de by-pass éprouvée.

Cet instrument compact permet non

seulement de mesurer et réguler le

débit de gaz jusqu’à 20 ln/min mais

également de mesurer la température

et contrôler les pressions amont et aval

du procédé avec un seul appareil. Grâce

à sa large plage de débit dynamique

(jusqu’à 1:1000), il s’adapte à bon

nombre d’applications.

Un robot de test dédié

au reconditionnement

de smartphones

eTASQ Repair permet d’augmenter

vos quantités de produits testés,

avec un coût maîtrisé. Le robot

supprime la subjectivité d’un test

réalisé manuellement, il réalise

également l’effacement des

données présentes sur le produit.

eTASQ Repair est conçu pour tester

différentes marques ou modèles

de smartphones. S’adaptant à

vos besoins, le robot peut opérer

en complément de vos outils de

diagnostics et peut également être

fourni avec un système de gestion du

flux robotisé.

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I15


MESURES

AVIS D’EXPERT

Sébastien Hoffait

R&D Manager chez V2i, une société

belge spécialisée dans les solutions

de pointe et sur-mesure afin de

résoudre des problèmes liés aux

vibrations et d’améliorer la sécurité

ainsi que la fiabilité industrielle.

Point sur la mesure

automatisée

de roue aubagée

V2i a développé un prototype permettant la détermination automatisée

et robotisée de la distribution de désaccordage d’une roue aubagée

donnée. Le point sur cette technologie qui permet de résoudre de

nombreux problèmes liés à la tenue mécanique.

Un des objectifs majeurs des concepteurs de moteurs

d’avion est la réduction de la consommation soit

par une optimisation sur base d’une architecture

traditionnelle soit par l’introduction de technologie

de rupture. Une des innovations qui sera plus que certainement

intégrée dans les moteurs du futur consiste en la réalisation de

pièces rotoriques monobloc appelées roues aubagés monobloc

(mieux connues dans le domaine par leur dénomination anglaise

« blisk » pour bladed disk).

et une série d’excitation dynamique est injectée afin de déterminer

les valeurs de fréquences de résonance pâle par pâle à l’aide de

mesures vibratoires par vibrométrie laser. La distribution de

fréquences de résonance isolées permet alors de rendre compte

d’une image du désaccordage.

Cette procédure a permis d’obtenir des résultats fiables et

utiles dans le cadre d’études de développement de pièces de

Les aubes sont alors intégrées directement à la virole (soudure par

friction notamment) au lieu d’être insérées une à une. Cet assemblage

permet de réduire la masse de l’ensemble mais peut entraîner des

réponses du système dommageables pour sa tenue mécanique. Ce

comportement est causé par le très faible amortissement et par des

différences minimes entre chaque aube cassant la symétrie cyclique,

ce qui engendre un phénomène de désaccordage (mistuning en

anglais). Ce sujet fait l’objet de nombreux travaux et développements

afin de mieux maitriser son origine et ses potentielles conséquences.

UN SUJET DEVENU PRÉOCCUPANT...

V2i travaille depuis plusieurs années dans cette direction en

développant et en implémentant des méthodologies de détermination

expérimentale du désaccordage. Dans les premières phases de

développement de ce type de méthodes, différentes procédures

expérimentales ont été envisagées afin d’isoler chaque pale et d’en

caractériser la dynamique propre. Les pales non mesurées sont

alors isolées de la pale identifiée en augmentant leur amortissement

(grâce à de la pâte visqueuse) ou leur masse (grâce à des masselottes

placées en bout d’aube). Ces deux méthodes permettent de décaler

suffisamment la fréquence de résonnance des pales modifiées et/

ou d’atténuer fortement leur réponse. La roue est assemblée d’une

manière représentative sur la tête d’un pot vibrant électrodynamique

16 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


MESURES

type démonstrateur. Cependant certains points limitent voire

rendent humainement et économiquement impossible une

industrialisation de la mesure, qui semble une étape nécessaire

à la validation en fin de processus de fabrication. La principale

limitation réside dans le caractère fortement manuel de la

méthodologie suivie avec un nombre important de manipulations

soit de l’élément amortissant soit des masses additionnelles

ponctuelles et le déplacement manuel du vibromètre laser.

Afin de garantir une précision optimale, seule une mesure

verticale est envisageable étant donné la difficulté de garantir

un positionnement et une orientation précise du faisceau laser.

QUELLES SOLUTIONS ?

Afin de pallier ces différents freins à une industrialisation, V2i a

développé, dans la cadre du projet collaboratif Vibe subventionné

par la région Wallonne et le fond Feder, un prototype permettant

la détermination automatisée et robotisée de la distribution de

désaccordage d’une roue aubagée donnée. Les différents points

freinant une potentielle automatisation ont été traités et une

solution y répondant a été implémentée.

En vue de réduire les opérations manuelles, le moyen de mesure

– le vibromètre laser – est installé en tant qu’outil sur un bras

robotisé 6 axes de marque Staubli (TX2-90XL). Les innovations

en termes de vibrométrie laser, dont la possibilité de travailler avec

un laser dans les longueurs d’onde de l’infrarouge, permettent

également de se passer de l’utilisation d’éléments diffusants –

éléments qui doivent être placés manuellement et dont la masse,

aussi petite qu’elle soit, perturbe la mesure de désaccordage. Une

procédure de calibration particulière est mise en œuvre afin de

définir l’outil comme un point d’intersection du faisceau laser

et son orientation, ce qui définit le repère outil. Une seconde

calibration permet de positionner la pièce à mesurer par rapport

à ce premier repère outil.

Ces deux procédures ne sont requises qu’une seule fois lors

de l’installation de la cellule de mesure, chaque roue testée

ultérieurement étant positionnée précisément à l’aide de goupilles de

centrage. Une pièce d’interface permettant de positionner et de fixer

de manière représentative la roue sur le pot vibrant électrodynamique

a également été conçue. Le choix de l’architecture de la cellule robot

s’est tourné vers une fixation du robot sur un portique pointant

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ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I17


MESURES

vers le pot vibrant. Cette configuration, conjuguée avec le caractère

axisymétrique d’une roue aubagée, permet de réduire au maximum

l’effet de la flexibilité de la chaine robotisé en n’utilisant qu’un seul

joint lors de la mesure d’un même point sur chaque pale.

VERS UNE MÉTHODE GLOBALE

Outre l’automatisation de la mesure, le principal défaut de la

méthode historique est la nécessité d’isoler chaque pale. De

nombreuses recherches universitaires ont permis de développer

une méthode globale ne nécessitant pas de modifications de la

roue aubagée. La méthode dénommée « Inverse Component Mode

Mistuning » repose sur une méthode inverse visant à recaler un

modèle numérique de type éléments-finis intégrant des paramètres

de désaccordage. La méthode utilise des méthodes de réduction

à interfaces fixes permettant de simplifier la formulation, au prix

de certaines hypothèses dont notamment le faible désaccordage.

Outre le modèle numérique convergé, les données d’entrée de la

méthode sont expérimentales. Une identification modale, d’au

minimum un point par pale, fournit un ensemble de fréquences de

résonance et des déformées modales par famille de modes étudiés

(par exemple la première flexion). V2i a développé son expertise

dans l’implémentation pratique de la méthode avec des critères

de décision pour le choix des paramètres définissant chaque étape

de la méthodologie.

Afin de rendre l’ensemble automatisée, une Interface Homme-

Machine (IHM) intégrant la gestion de l’ensemble des éléments

constituant le système est implémentée. Le IHM permet de lancer une

campagne de mesure en contrôlant automatiquement le niveau de

tension injecté au pot vibrant, le positionnement des points de mesure

ainsi que les mesures en elles-mêmes. L’opération d’identification

modale étant alors la seule opération pour laquelle une intervention

humaine est nécessaire.

Le processus développé par V2i permet de reproduire des résultats

équivalents à ceux obtenus en isolant chaque pale en réduisant

drastiquement le temps de mesure et les interventions humaines (et

donc les erreurs). Le système développé permet également d’étendre

le domaine des possibles. Le nombre de points de mesure n’est

en effet plus une limitation. Une analyse modale expérimentale

finement discrétisée est dès lors envisageables. La limitation d’une

mesure unidirectionnelle par vibrométrie laser simple peut être

contournée en mesurant chaque point selon plusieurs orientations et

en reconstruisant sa réponse en trois dimensions. L’outil développé,

bien que centré et optimisé pour des applications des roues aubagées,

pourra être étendu à bien d’autres applications et rendra possible

une analyse modale d’un grand nombre de pièces de manière

automatisées sans restriction du nombre de points de mesures et

avec une précision supérieure à ce qui est actuellement possible ●

Sébastien Hoffait

18 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


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ESSAIS ET MODÉLISATION

EN PRATIQUE

Jusqu’à présent peu couvert,

l’étalonnage des contrôleurs

prend de l’ampleur

Alors souvent mis de côté - essentiellement pour des raisons pratiques – l’étalonnage des contrôleurs

s’avère pourtant crucial au regard des exigences croissantes en matière de qualité des produits aujourd’hui

commercialisés. Le point avec un spécialiste de la société AllianTech qui commercialise ce nouveau service de

son partenaire Spektra.

On pourrait croire que le Covid-19 a fait prendre

conscience de l’importance de l’étalonnage de

certains équipements jusqu’à présent un peu

mis de côté, à commencer par les contrôleurs.

Ce n’est bien évidemment pas un virus qui a

accéléré le développement dans ce domaine même si outre-Rhin,

cette activité a pris de l’ampleur depuis un an. « L’activisme des

Allemands s’est fortement fait sentir suite au Covid alors que

l’étalonnage des contrôleurs est un marché très mal couvert, souligne

Thierry Mialon, directeur du développement commercial chez

Alliantech, et plus particulièrement sur la partie étalonnage. En

effet, l’équivalent du Cofrac allemand a mené une sensibilisation

générale auprès des sociétés de contrôle car l’étalonnage de beaucoup

de leurs produits passaient à la trappe ».

Aussi, en vertu de la norme d’accréditation Cofrac d’étalonnage

et d’essai, l’ISO 17025, il devenait nécessaire d’associer systématiquement

les services d’étalonnage des contrôleurs à la vente du

matériel. Car si certains grands fabricants sont bien rôdés en la

matière, d’autres fournisseurs ne disposent pas d’entités locales

pour la partie étalonnage… laissant ainsi l’utilisateur le soin de se

débrouiller et de rechercher lui-même un prestataire compétent.

Pour résoudre ce problème et mieux se conformer à la norme

ISO 17025, certains fabricants et offreurs de services ont décidé

de prendre les devants. C’est le cas de Spektra, un des acteurs

majeurs de l’étalonnage en Europe, firme allemande représentée

en France par la société Alliantech et spécialisée dans

l’étalonnage dit primaire (vibration, acoustique, chocs…) mais

aussi dans le développement de systèmes d’étalonnage. « Nous

travaillons en partenariat avec Spektra depuis 2008, à la fois

sur la vente de systèmes d’étalonnage vibratoires, acoustiques,

pression dynamique (…), et sur les services d’étalonnage que nous

proposons à tout type d’industriels, qu’il s’agisse de fabricants

et de sous-traitants dans une variété de secteurs d’activité –

20 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


ESSAIS ET MODÉLISATION

aéronautique, automobile, ferroviaire, militaire… », précise

Thierry Mialon.

Spektra n’est pas le seul prestataire de ce service. Mais l’entreprise

noue aussi – et surtout – de précieux contacts chez les fabricants

de contrôleurs à qui elle propose d’étalonner leurs systèmes en

Europe. « Spektra se présente ainsi à la fois comme un laboratoire

indépendant accrédité dans les domaines liés à l’étalonnage et

aux essais, et comme un spécialiste de la vérification sur site de

l’ensemble de l’équipement, du contrôleur au pot vibrant sans

oublier la détermination des incertitudes de mesure. »

CONTRÔLE DE LA SENSIBILITÉ TRANSVERSE

Quant à Alliantech, grâce à la forte technicité de son équipe (15

ingénieurs dont 4 experts métrologues), la société intervient certes

en tant que distributeur pour le conseil et la vente des systèmes

vibratoires (pot à air, pot à eau, contrôleur de vibration et accéléromètre,

baie de câblage), mais également comme prestataire

de service en métrologie, et en particulier pour les contrôleurs.

L’entreprise, dont les équipes sont distribuées entre Paris et

Toulouse répond à deux cas de figure. « D’une part, lorsqu’un

laboratoire d’essais qui souhaite vérifier l’ensemble de ses équipements

vibratoires sur site (pot + contrôleurs + capteur de pilotage),

notamment pour caractériser le comportement transverse du

vibrateur ». Les industriels du spatial et de l’armement, particulièrement

soucieux de solliciter leurs spécimens critiques au

« juste niveau » effectuent cette démarche.

« D’autre part, dans le cas où l’industriel souhaite simplement

obtenir une conformité, nous proposons une vérification électrique

des contrôleurs de vibrations dans le laboratoire accrédité de

Spektra, associé au réétalonnage du capteur de pilotage. »

Le fait de maitriser l’ensemble des éléments de cette chaine de

mesure (moyens d’essais, systèmes d’acquisition, contrôleurs,

capteurs, câblages et systèmes d’étalonnage) aussi bien en fourniture,

en maintenance qu’en étalonnage est un atout indéniable

des équipes Alliantech pour s’assurer de la conformité selon

l’ISO 17025 ●

Olivier Guillon

PUBLI-COMMUNIQUÉ

Maintenance préventive

et dimensionnement des systèmes :

enregistreurs Socitec

Dans les applications en environnements

à fortes sollicitations mécaniques,

les stratégies de maintenance et de

disponibilité des moyens sont au centre des

préoccupations des clients utilisateurs.

La priorisation de cette politique pour les

systèmes à usage long (> 10 ans) engage

des modifications dans l’approche d’une

proposition de produit et de service.

Servant nos clients depuis 60 ans dans

le domaine des protections des systèmes

contre les chocs et vibrations, SOCITEC

accompagne cette évolution de marché au

travers de la gamme ENREGISTREURS.

La mesure, stockage, exploitation en temps

réel des contraintes environnementales

qu’un système rencontre en phase de vie

de mission. (chocs, vibrations, température,

pression, humidité, inclinaison, données

GPS) permet de soutenir les axes

d’optimisation attendus :

1 • Le « pilotage du reste à vivre » : intégrant

les mesures et dommages réels rencontrés

par l’application en comparaison des cibles

initiales d’endurance, de fatigue et des limites

de fragilité des systèmes, SOCITEC donne

à ses clients les moyens de détecter et alerter

sur les besoins d’anticipation de maintenance

préventive ou curative.

2 • La contribution à la « co-conception

optimisée » : nos enregistreurs, associés

à nos méthodes prédictives de simulation

des réponses aux chocs et aux vibrations,

nous permettent de définir avec nos

clients le juste dimensionnement des

propositions techniques de leur système en

fonction d’un profil réel de mission, et ainsi

éviter tout surdimensionnement ou sous

dimensionnement liés à la prise en compte

d’une norme internationale standard. En

complément de cette approche « au juste

nécessaire », nous pouvons apporter les

notions de durée de vie, de fatigue des

composants pour aider nos clients dans

leurs approches de fiabilité optimisée (et

leurs chiffrages de budget maintenance.)

Venez évoquer nos approches lors de nos

prochaines rencontres.

EN SAVOIR PLUS :

SOCITEC

ERIC CLAEYSEN

Développement Commercial et Marketing

Business Development & Marketing Manager

Tél. : +33 (7) 64 73 64 17

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ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I21


ESSAIS ET MODÉLISATION

PANORAMA

Aperçu de deux

solutions en matière

d’étalonnage

Endress+Hauser optimise les intervalles d’étalonnage aux exigences

du process tandis qu’Hexagon vient étalonner les machines de haute

précision du fabricant suisse Kern Microelectronic.

La mise en place du processus

d’étalonnage d’instruments

exige beaucoup de bon

sens et de précautions.

Endress+Hauser propose une

méthode d’optimisation des intervalles

d’étalonnage, qui en prenant en compte les

caractéristiques du process de production,

permet d’éliminer les surcoûts tout

en continuant à fabriquer un produit

ou fournir un service à la hauteur des

spécifications et des exigences qualité

attendues. Respectant certains grands

principes édictés par les standards de

qualité de l’ISO9001, nombreuses sont

les entreprises qui se contentent d’une

vérification régulière (souvent avec un

intervalle d’un an) de leurs instruments

sans jamais remettre en cause leur intervalle

d’étalonnage. Elles étalonnent alors peut-

être leurs instruments trop ou pas assez

souvent. Fixer les intervalles d’étalonnage

par habitude peut conduire à un gaspillage

des ressources, un accroissement des

risques et une augmentation des coûts.

La méthodologie développée et déployée

par Endress+Hauser afin d’optimiser la

périodicité d’étalonnage et le niveau de

l’EMT aux exigences du process s’appuie

sur des normes ISO31010 et ISO10012

et les meilleures pratiques du domaine.

Elle s’adosse également sur des outils de

modélisation logicielle de la dérive des instruments

qui ont été élaborés en se basant

sur une base de 22 milliards de données

d’étalonnage. Elle tire également profit de

la double expertise d’Endress+Hauser en

matière de métrologie et en tant que fabricant

d’instruments de mesure de process.

EN APPLICATION

S’efforçant de poursuivre l’amélioration et

l’automatisation de l’étalonnage particulièrement

complexe de machines 5 axes dans

la plage de précision micrométrique, les

experts chez Kern ont fait appel à Hexagon

et à ses solutions. Objectif ? répondre aux

exigences du fabricant de machines-outils

dans le cadre des processus d’étalonnage

d’étalon Linecal et d’étalon X-AX Laserbar.

L’utilisation de ces systèmes d’étalonnage

simplifie l’enregistrement d’écarts géométriques

dans des équipements de mesure

multicapteurs compacts, machines à mesurer

tridimensionnelles (MMT) et machines-outils.

En combinaison avec le logiciel Trac-CAL

d’Hexagon, des machines de la plus haute

précision peuvent être calibrées de façon

entièrement automatique.

Cette combinaison permet de déterminer,

avec un maximum de précision, les écarts de

positionnement, de rectitude, le lacet, le roulis,

le tangage et la perpendicularité des axes entre

eux. Les données d’étalonnage volumétriques

peuvent être affichées directement dans des

formats spécifiques. En liaison avec la haute

reproductivité des centres d’usinage Kern,

dotés d’un système de gestion de température

unique en son genre, toutes ces caractéristiques

créent une symbiose parfaite ●

22 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


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ESSAIS ET MODÉLISATION

ÉVÉNEMENT

Conférence Nafems France :

le grand événement de simulation

pleinement orienté vers les données

et le jumeaux numérique

2022 marquera le grand retour de la conférence biennale en mode essentiellement présentiel, et ce pour la

plus grande satisfaction de tous. Grand changement toutefois, cette année, les professionnels de la simulation

numérique seront accueillis les 23 et 24 novembre prochains par le Cetim dans ses locaux de Senlis (Oise),

haut lieu de la mécanique en France.

Comme pour les précédents événements, le comité

de programme animé par Jean-Marc Crepel a

finalisé un programme attractif avec plus de

soixante-dix interventions dans treize sessions

parallèles traitant les disciplines traditionnelles

couvertes par Nafems comme les structures mécaniques, la CFD,

la méthodologie simulation et le SPDM, les jumeaux numériques,

la corrélation essais-simulation (en partenariat étroit avec l’ASTE),

mais aussi les matériaux et processus de fabrication avec le Cetim,

l’interopérabilité et les standards avec l’AFNeT, la convergence

de l’ingénierie des systèmes complexes avec l’AFIS, la fabrication

additive avec Micado, etc.

Cette année une attention particulière sera apportée à l’évolution

des architectures de calcul et des modes de travail associés, le

green IT et le cloud avec Teratec et le pôle Systematic. L’IA, le

data analytics et les applications quantiques seront également

abordés. Comme en 2020, la simulation biomécanique sera

à son tour largement présente en partenariat avec Micado et

l’Alliance Avicenna.

DES INTERVENANTS DE HAUT-VOL

Parmi les intervenants principaux confirmés, citons notamment

le soutien à la transition énergétique avec Francois Bodin d’Irisa,

Édouard Lete d’EL2C ou encore Marjorie Musy du Cerema

avec une conférence portant sur la « Modélisation climatique

de l’échelle du quartier à celle de la ville ». Par ailleurs, un état

de l’art, applications et perspectives seront présentés par Thierry

Chevalier d’Airbus et l’IRT Railenium ●

EN SAVOIR PLUS > www.nafems.org

Des conférences pleinement orientées vers

la question de la gestion de données d’essais

Une conférence sur le jumeau numérique dans l’aéronautique

légère pour l’intégration d’une pile à combustible, sera

présentée par Hugo Tarlé et Samuel Arbousset (Beyond

Aero) ainsi que Nicolas Gardan (technocentre iNumLab de

Micado). Par ailleurs, une présentation visera à décrire une

procédure permettant d’effectuer de manière robuste la

validation de simulations par éléments finis à partir de données

expérimentales de corrélation d’images numériques (DIC) ;

une autre portera sur l’utilisation d’un jumeau numérique

multifonctionnel pour soutenir des systèmes complexes via

une préconception à la fois robuste et innovante. Enfin, dernier

exemple de production en lien avec les acquisitions de données

issues d’un « digital twin », une conférence sur la simulation

et les métamodèles permettant de construire un jumeau

numérique d’un four à poutrelles mobiles.

24 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


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UN ÉVÉNEMENT


ESSAIS ET MODÉLISATION

ANALYSE DE DONNÉES

DIALOGUE

Les défis de la validation

Galileo

Florent Mathieu

Président et co-fondateur

d’EikoSim

En tant que leader européen des lanceurs spatiaux, Ariane Group

participe avec EikoSim à de multiples projets de recherche et

développement, dont un projet de R&D Rapid (« Mutation ») financé par

la Direction générale de l’armement. Ce projet vise à développer une

plateforme industrielle de dialogue test-simulation pour répondre aux

défis d’un développement plus rapide et plus sûr.

Dans le cadre de ce projet de

R&D, l’un des principaux

cas d’utilisation était le

test de qualification du

dispenseur Galileo dans

la version Ariane 6. Un dispenseur est un

système placé sous la coiffe du lanceur

qui est destiné à libérer un ou plusieurs

satellites pendant la mission du lanceur

et à les mettre en orbite. Le test est réalisé

sur un modèle de vol, ce qui signifie que

seuls des cas de charge de qualification

sont appliqués à la structure, mais sans

jamais atteindre la défaillance. L’objectif

était donc double

• valider le comportement de la structure

pour ces cas de charge.

• montrer l’adéquation du modèle sur

ce dernier cas d’utilisation, permettant

d’avoir une confiance satisfaisante pour

extrapoler les prévisions sur des charges

plus complexes et plus intenses.

La modélisation était composée d’un

modèle coques complété par des

sous-modèles 3D pour les zones critiques.

En pratique, l’analyse post-test devait

démontrer la capacité du modèle à prévoir

le comportement global de la structure

ainsi qu’une différence acceptable entre

celui-ci et les résultats des tests à travers

les différentes instrumentations mises en

place, notamment concernant la linéarité

du comportement global.

UN PAS VERS LA CONTINUITÉ

NUMÉRIQUE

Le projet Mutation a été organisé pour

permettre de tester directement l’implémentation

qui a été faite au sein de la plateforme.

Dans cette optique, ce test répondait

à une opportunité : évaluer un nouveau

processus d’instrumentation, embarquer

une large gamme d’instrumentation, et

permettre une analyse post-test avec un

dialogue test-simulation optimisé grâce à

un “jumeau numérique pour la mécanique”.

En s’engageant dans ce projet de R&D, avec

le soutien de la Direction générale de l’armement,

ArianeGroup cherchait à rendre

les processus de validation plus fluides et

efficaces, afin de permettre une confiance

croissante dans les modèles de simulation

et de supprimer les tests physiques inutiles.

L’un des éléments clés identifiés par les responsables

du projet était que les processus

actuels impliquaient encore beaucoup de

« bricolage », comme le post-traitement

très courant des capteurs dans Excel.

26 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


ESSAIS ET MODÉLISATION

ESSAI - CALCUL

de la simulation sur le dispenseur

d’Ariane 6

« C’est presque un standard industriel à ce

stade, ce qui signifie qu’il y a beaucoup de

place pour l’amélioration, et en particulier

pour les essais structurels qui impliquent

un grand nombre de capteurs », explique

Florent Mathieu. En effet, pour ce projet,

les ingénieurs de simulation ont passé des

centaines d’heures pour la gestion des données

dans Excel.

Une partie de la gestion des capteurs était

déjà disponible dans EikoTwin DIC, mais

n’était pas utilisable par les utilisateurs non

DIC. « Le travail avec ArianeGroup a permis

d’identifier les points de douleur oubliés

et de définir les scénarios d’utilisation qui

apporteront le plus de valeur à long terme

pour notre partenaire, déclare Pierre Baudoin,

ingénieur de recherche et chef de projet

chez EikoSim. Le post-traitement d’un grand

nombre de capteurs était clairement l’une

de ces situations ».

Sur le papier, la plate-forme ainsi construite

a une fonction assez simple : agréger tous

les capteurs autour du modèle FE et fournir

une comparaison globale. En pratique, de

nombreuses opérations sont nécessaires

pour analyser réellement toutes les données

disponibles, y compris le calcul des capteurs

lui-même, mais aussi les fonctions d’agrégation

ou la visualisation des résultats. Avec

Excel, ces opérations nécessitent beaucoup

de développement interne spécifique pour

chaque cas.

En raison de la grande taille du composant

et du fait qu’il était impératif de vérifier

qu’il n’était pas endommagé pendant les

essais, plus de 200 jauges de contrainte ont

été disposées sur le dispenseur. La comparaison

de cette grande quantité de données

expérimentales avec la simulation présente

son propre ensemble de défis. Premièrement,

la nécessité de fournir des prévisions de

simulation pour cet ensemble de capteurs,

et de les mettre à jour rapidement lorsque

le modèle est modifié. Deuxièmement,

des outils dédiés ont été nécessaires pour

automatiser l’importation de données

expérimentales à travers ce grand nombre

de jauges de contrainte et pour afficher les

comparaisons test-simulation de manière

efficace.

VERS UNE AMÉLIORATION DE LA

CONFIANCE DANS LES MODÈLES

« Avec ce logiciel, nous pouvons déjà espérer

un gain de temps d’environ 40% pour la

seule gestion des données, ce qui représente

des centaines d’heures, mais également plus

de robustesse et beaucoup moins d’erreurs

humaines », déclare Jérémy Pradelli, ingénieur

simulation chez ArianeGroup. Le

problème de l’utilisation d’Excel est qu’elle

oblige à tout construire à partir de zéro

pour chaque nouveau projet. Cela peut

créer des erreurs d’utilisation après des

centaines d’heures passées à copier/coller

des données, malgré les meilleurs efforts

des ingénieurs. L’utilisation d’une solution

plus intégrée garantit également que tout

le monde utilise le même algorithme de

post-traitement pour un capteur donné,

et que cet algorithme a été validé par

des experts.

PERSPECTIVES

La suite logique de ce travail est de permettre

une intégration complète avec

les dernières techniques de vérification,

de validation et de quantification des

incertitudes (VVUQ). Ce travail a déjà

été entamé par le consortium, notamment

en intégrant les incertitudes de mesure

au processus d’analyse, ce qui sera primordial

pour les ingénieurs CAE pour

justifier les choix de modélisation. Enfin,

la plateforme est modulaire par nature,

puisque d’autres techniques de mesure

sont déjà en cours d’intégration, comme le

suivi de marqueurs ou la mesure par fibres

optiques des déformations linéaires ●

Florent Mathieu (EikoSim)

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I27


ESSAIS ET MODÉLISATION

MARCHÉ

Les systèmes d’acquisition

de données prennent toute leur

place dans les laboratoires d’essai

Véritable lien entre la conception et la production, l’acquisition de données se révèle être une étape de plus en

plus cruciale lors des campagnes d’essais et dans le développement des produits. Elle s’illustre par ailleurs

comme une composante à part entière de l’industrie 4.0.

Face aux multiples évolutions

des laboratoires d’essais ces

dernières années, mettant

toujours plus de pression sur

les coûts des campagnes de

tests et les délais à chacune de leurs étapes,

les laboratoires et plus généralement les

industriels disposant d’activité d’essais

en interne nécessitent de disposer

d’informations fiables afin de garder un

niveau de qualité répondant aux cahiers

des charges tout en validant rapidement

les boucles d’essais.

© HBM

© Dewe

lançant “X” campagnes d’amélioration

avant d’arriver à un produit fini, fiable et

performant, avait déclaré il y a quelque

temps Bruno Cathala de la société HBM.

Tous les acteurs industriels souhaitent dès

la première version obtenir un rendement

technico/économique performant. Dans ce

contexte, le lien entre la modélisation et la

Des spécialistes du domaine de l’acquisition

de données estiment d’ailleurs que

ce n’est pas tant la finance qui va orienter

le laboratoire vers telle ou telle solution,

mais bien les gains de temps qu’il va obtenir

– sans pour autant négliger la donnée

économique. Or le gain de temps procuré

par certaines solutions hardware et software

permet de réaliser des économies

non négligeables.

UNE PLACE CROISSANTE OCCUPÉE

PAR L’ACQUISITION DES DONNÉES

La performance attendue et les enjeux

de l’acquisition des données n’ont plus

rien à voir avec ce qu’ils étaient il y a

encore quelques années ; et les gains

de temps se font encore plus pressants

depuis 2020 et les crises successives.

Désormais, « plus aucune société n’accepte

de fonctionner par itération en

28 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


ESSAIS ET MODÉLISATION

La précision Japonaise depuis 1935

Sur Mesures Solutions Expo

Une conférence sur les données de contrôle le

jeudi 6 octobre

Assurée par Sreening Eagle Technologies, une conférence aura lieu sur le

salon de la mesure (à la Cité des Congrès de Lyon, le 6 octobre prochain à 10

heures) sur le thème suivant : « Comment centraliser, digitaliser, partager,

optimiser nos données de contrôles pour optimiser notre productivité et

garantir de l’adaptabilité à nos workflow ». D’une durée de 30 minutes,

cette conférence mettra en avant les problématiques que rencontrent les

industriels et les laboratoires, confrontés à un quotidien jalonné d’acquisition

de données d’inspection, de contrôles visuels, de photographie, de relevés

de drones, de plans 2D/ 3D, de bien d’autres besoins… et lesquels sont

malheureusement contraints d’utiliser différentes solutions logicielles

pour parvenir à les analyser, les structurer et les partager entre leurs

équipes, leurs sous-traitants et leurs clients. Les capteurs IoT, l’intelligence

artificielle, la réalité augmentée, les plateformes collaboratives donnent

désormais accès à une solution conviviale, configurable, améliorant

considérablement la productivité, optimisant les pratiques et les flux de

travail de l’entreprise ainsi que le reporting.

production est essentiel ; ce lien s’illustre

par des phases de validation et d’essai

dont les données sont collectées par les

systèmes d’acquisition ».

Depuis plusieurs années, certains éditeurs

ont pris le pli en concevant des logiciels de

mesure prenant en compte les attentes des

laboratoires, en ne se focalisant pas seulement

sur la performance technique mais

aussi sur le gain de temps. Concrètement,

le marché a vu apparaître des électroniques

beaucoup plus modulaires dotées d’une

grande facilité de connectique et de mise

au point, ne serait-ce que dans l’affichage

de la donnée elle-même issue d’un capteur

en seulement quelques secondes. Aussi, certains

modules hardware disposent d’entrées

isolées permettant ainsi de réduire le bruit

« inter-voie » et de faire économiser des

heures lors de la mise au point des systèmes

et de l’ajustement des signaux. Et c’est sans

compter la possibilité lors du post-process

de gérer des dizaines de fichiers, incluant

des dizaines de métadonnées différentes

et d’en faire l’analyse en quelques minutes

contre plusieurs heures ●

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ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I29


ESSAIS ET MODÉLISATION

MÉTHODE

Retour à des modèles

numériques plus simples

pour des validations rapides

de paramètres d’essais

Calcul outillage pour essais

À l’occasion d’Astelab 2022 qui s’est

déroulé au sein d’EDF Lab en juin

dernier, Martin Garot (du groupe

6Napse) a présenté devant les

participants une approche innovante

de l’utilisation de la simulation

numérique permettant de créer

une bibliothèque de données afin

de mieux choisir son équipement

d’essai et plus rapidement.

Avec les progrès technologiques et informatiques

de ces dernières années, les ingénieurs ont

construit des modèles de plus en plus complexes

et toujours plus lourds (plusieurs millions de

degrés de liberté). Aujourd’hui, seuls des projets

conséquents de développement requièrent ce haut niveau

d’expertise, ce temps et ces étapes de construction de modèle

complexe. En effet, dans le cadre de la qualification d’un produit,

il est nécessaire de se détacher de cette complexité.

Lors de l’Astelab 2022, Martin Garot, ingénieur calcul du groupe

6Napse, a présenté une approche originale de l’utilisation de

la simulation numérique comme outil de derisking des essais

vibratoires auprès de la communauté industrielle.

« Notre expérience démontre que le recours à un modèle détaillé

et précis de chacun des outillages utilisés et des moyens d’essais

nécessite systématiquement un travail de modélisation et de corrélation,

a indiqué Martin Garot. L’objectif est donc de disposer

d’une modélisation simple qui permette d’avoir une première

estimation du risque ou de la performance de la pièce testée. »

CHOISIR EN PEU DE TEMPS ET DE FAÇON PRÉCISE

L’ÉQUIPEMENT ET L’OUTILLAGE D’ESSAI

L’ingénieur calcul a présenté lors du congrès une modélisation

simple de deux tables vibratoires du Test Center du groupe

6Napse et des outillages qui y sont utilisés pour tester les

produits des clients industriels. Toute la chaîne a été modélisée

et des règles de calculs ont été établies afin de construire ces

modèles en maîtrisant les imprécisions et dans des temps très

courts. L’idée est d’exploiter ces modèles pour faire le choix

du vibrateur adéquat et de la définition de l’outillage pour

optimiser l’essai (et donc les coûts et les délais).

La simulation représente un atout pour les industriels afin de

les aider dans leur choix d’essais de validation (moyens d’essais

et outillages). L’approche ici est plus rapide et l’imprécision

entre la pièce physique et sa version virtuelle est acceptable

car maîtrisée.

« Notre complexe d’essais utilise aujourd’hui une approche de

corrélation calcul/essai très poussée, a notamment souligné

30 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


ESSAIS ET MODÉLISATION

un ingénieur du CEA-Cesta. Cette méthode implique une

modélisation fine de chaque élément des vibrateurs afin notamment

de mieux gérer les écarts entre les essais sur vibrateurs

et la simulation ainsi que la gestion des capteurs de pilotage.

L’approche simplifiée présentée par le groupe 6Napse apporte

une vision nouvelle et des hypothèses de modélisation utile

pour notre équipe calcul. »

Ainsi, ce projet de R&D interne vise à créer une bibliothèque

numérique permettant de choisir le meilleur moyen d’essais

en fonction de l’outillage et de la spécification d’essai. De

plus, il permet l’estimation d’un facteur de risque général et

non un recalage précis pour chaque outillage. Enfin, cette

solution permet d’apporter une réponse globale en amont des

essais sur de la conception, l’analyse modale numérique ou

encore le calcul de fatigue. Le groupe 6Napse explore d’autres

méthodes telles que l’intelligence artificielle qui lui permet

d’ores-et-déjà de construire des modèles réduits à partir de

données mesurées ou calculées ●

Intervention de Martin Garot, ingénieur calcul du groupe 6Napse

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ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I31


ESSAIS ET MODÉLISATION

PERSPECTIVES

Simulation numérique

et métavers : cette

révolution technologique

pour l’industrie de demain

Si les investissements dans le métavers ont doublé en un an (entre 2021 et 2022) atteignant les 120 milliards

de dollars, ce bouleversement technologique pourrait générer jusqu’à 5 000 milliards de dollars d’ici 2030.

Avec la promesse d’un revirement d’un autre genre, toute industrie confondue, la prochaine décennie sera

celle de toutes les transformations, y compris dans l’ingénierie. Cependant, au-delà de l’effet de mode, quels

sont exactement les domaines d’application et les potentiels du métavers au regard de cette industrie ?

Le métavers est le futur. C’est un véritable pont entre

le réel et le virtuel. Pour les ingénieurs, cela ouvre des

possibilités infinies en termes d’innovation. Imaginez

un peu si Aristote, Isaac Newton ou Marie Curie

avaient mis des lunettes de réalité étendue et avaient

pu accéder aux idées et aux connaissances de leurs contemporains

sans restriction ? Ainsi, si l’accès aux données était moins « exclusif

», les noms potentiels qu’on pourrait ajouter à la liste des grands

inventeurs et scientifiques seraient nombreux !

Le métavers agit ainsi comme un facilitateur de la collaboration

entre ingénieurs, bien au-delà des frontières nationales. Les jeunes

talents ainsi que les professionnels chevronnés du monde entier

ont désormais la possibilité d’accéder, notamment, à une base de

données potentiellement infinies de jumeaux numériques. Une

des réponses clés aux défis mondiaux auxquels nous sommes

confrontés et qui exigent la coopération concertée de l’ensemble

de la communauté internationale.

LA NOUVELLE ÈRE DE L’INGÉNIERIE OU PLUTÔT

PROTOTYPAGE 2.0 ?

Plus concrètement, explorons un peu plus le plein potentiel du

métavers. Auparavant, les ingénieurs développaient des produits

innovants à l’aide de prototypes dont ils observaient les

propriétés et le comportement dans le monde réel. Le cycle, qui

comprenait le temps de la conception, de la construction, de test

et d’adaptation, était chronophage et coûteux. Plus récemment,

ils se sont mis à utiliser le prototypage virtuel qui leur permet

de concevoir le produit sur ordinateur à l’aide d’outils de CAO

(Conception Assistée par Ordinateur).

Grâce à des simulations CAE (Computer-Aided Engineering ou

ingénierie assistée par ordinateur en français) ils reproduisent le

comportement du produit dans différentes conditions de fonctionnement.

Ainsi, son cycle s’en tient à la conception, l’analyse,

l’adaptation et la construction. Aujourd’hui, la question qui se

pose est celle de l’évolution de ce processus à l’ère du métavers.

Jusqu’à présent, le résultat d’une simulation était visualisé sur

un écran d’ordinateur en 2D. Avec la réalité augmentée et la

réalité virtuelle, un ingénieur peut désormais visualiser et

expérimenter le produit en 3D. De cette manière, le métavers

réunit les mondes réel et virtuel avec des simulations Réalité

Augmentée/ Réalité Virtuelle et CAO et CAE dans le cloud.

Cela donne aux ingénieurs la possibilité d’aller bien plus loin

dans l’exploration de nouvelles idées et, dans le même temps,

de les mettre en application de manière concrète et vivante. Des

systèmes entiers et des systèmes de systèmes peuvent être simulés

ouvrant des possibilités de création de mondes virtuels pour tester

et optimiser de nouveaux produits qui leur sont précisément

adaptés, à l’exemple du véhicule autonome.

DE NOUVELLES DIMENSIONS COLLABORATIVES

Auparavant, une conception technique était créée par un ingénieur

à l’aide d’un outil de CAO sur un seul poste de travail. Une fois

la conception terminée, celle-ci était soumise à un analyste qui

utilisait la simulation CAE sur un autre poste de travail. Tout

retour d’information entre l’analyste et l’ingénieur était effectué

de manière séquentielle une fois les modifications terminées.

Avec le métavers, RA/RV et CAO et CAE dans le cloud, plusieurs

ingénieurs peuvent concevoir ET analyser ET apporter des améliorations

itératives comme s’ils travaillaient sur le produit réel dans

le monde physique (à la différence qu’il se trouve dans le monde

32 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


ESSAIS ET MODÉLISATION

virtuel et qu’ils peuvent profiter de ses nombreux avantages).

Ils peuvent également exécuter des scénarios de simulation

impossibles à mettre en place dans le monde réel, tels que des

températures ou des accélérations extrêmement élevées. Dans

la mesure où le métavers peut fusionner des données provenant

de plusieurs sources, l’environnement de test virtuel du produit

devient beaucoup plus riche et plus précis.

Pour en revenir à l’exemple du test de véhicule autonome : si

vous n’avez que le véhicule, vous pouvez tester le système luimême,

mais vous ne pourrez pas tester ses performances dans

des conditions réelles. Vous aurez besoin d’autres véhicules, de

réseaux routiers, de conditions météorologiques et même d’une

couverture 5G pour rendre la simulation significative. Tout cela

peut être implémenté dans le métavers avec une grande précision

et une efficacité accrue

NOUS N’EN SOMMES QU’AU DÉBUT !

Actuellement, nous sommes dans une phase encore très précoce

du métavers, où ce sont principalement les géants de la technologie

qui mènent la danse. Meta y a d’ailleurs investi pas moins

de 10 milliards de dollars sur l’année 2021. Mais cela changera

rapidement dans les années à venir, d’autant que 95% des chefs

d’entreprises s’attendent à un impact positif sur leurs industries

ces dix prochaines années, selon un récent rapport.

Cette même étude met l’accent sur les secteurs les plus rentables

dans le métavers d’ici à 2030. S’ils concernent principalement

des secteurs grand public, comme l’e-commerce et l’e-learning

qui devrait s’imposer respectivement avec 2 600 milliards de

dollars et 270 milliards de dollars, l’industrie B2B devrait elle

aussi accélérer la cadence.

En effet, la richesse disruptive du métavers tient précisément dans

sa nature décentralisée et les options potentiellement infinies qu’il

offre pour de nouvelles applications. Historiquement, nous devons

les plus grands progrès technologiques à une infime minorité

d’élites. Le métavers révolutionne l’accès et la collaboration autour

d’idées innovantes à partir de zéro. Si les génies individuels et

les équipes ont toujours excellé dans le passé, il est désormais

temps de mutualiser cette myriade de potentiels, de voir grand,

et de concrétiser ces ambitions ●

Dr. Prith Baneerje

Directeur technique chez Ansys

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I33


DOSSIER

© Olivier Guillon

ÉVÉNEMENT

Le Mondial de Paris

pour fêter

Après plusieurs années d’interruption, la grande biennale de

l’automobile mondiale revient cette année du 17 au 23 octobre

à la porte de Versailles avec une édition qui, sans surprise sera

fortement orientée vers l’électrique et l’hydrogène. Le point avec

Serge Gachot, nouveau directeur du salon.

Serge Gachot

D’origine francoaméricaine,

Serge Gachot

a fait ses débuts au

sein du groupe Renaud

pour ensuite intégrer

BMW puis Opel et

enfin le groupe Toyota-

Lexus dans lequel il a

effectué une grande

partie de sa carrière

depuis les années 2000.

Abordant de multiples

fonctions au niveau de

la vente, du marketing,

du développement de

produits, il prend la

direction du marketing

au niveau mondial. Son

esprit entrepreneurial

l’a poussé à diriger un

projet de mobilité d’autopartage

à Grenoble avant

de prendre la direction

générale d’une PME

allemande puis devenir

le nouveau patron du

Mondial de Paris.

C’est un événement qui existe

depuis plus de 120 ans. Plus

d’un siècle représenté au sein

de cette « grande fête de l’automobile

», comme aime à le rappeler

Serge Gachot, qui a pris les rênes du

salon il y a quelques mois. « Il s’agit de

loin le plus grand événement mondial

de l’automobile, le plus important et

marquant la plus grande avancée en

matière de mobilité ». Aussi, comme le

rappelle son nouveau patron, le Mondial

de Paris (qui appartient désormais à

50% À la célèbre agence de communication

Hopscotch depuis 2019)* abrite

une multitude de constructeurs et de

grands équipementiers venus du monde

entier, et pas seulement issus du pays

d’origine !

Pour autant, la pandémie ayant frappé de

plein fouet le monde de l’événementiel,

le salon a revu un certain nombre d’objectifs

à la baisse, à commencer par le

nombre de visiteurs qui devrait atteindre

les quelque 500 000 personnes au lieu du

million que l’événement s’était habitué

à accueillir durant les grandes années

fastueuses des salons grand public. Le

prix et la taille des stands ont également

été revus à la baisse.

D’ailleurs, si l’essentiel des grands

constructeurs sera présent, le nouveau

directeur du salon a souhaité mettre

l’accent sur le B2B avec un important

34 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


DOSSIER

de retour mi-octobre

l’automobile !

espace consacré aux véhicules utilitaires,

à l’électrique et à l’hydrogène.

Deux grands acteurs français dans le

domaine de l’hydrogène seront d’ailleurs

présents ; il s’agit d’Hopium et de DAM

Group. Aussi, et sans surprise, le salon

fera la part belle à l’électrique ; conséquences

d’un marché en pleine explosion

et d’une « révolution », pour reprendre

les termes employés par Serge Gachot,

lequel ne manque pas de préciser que si

en 2018, année de la dernière édition du

Mondial, la part de marché de l’hybride

et de l’électrique ne représentait que 2 %,

celle-ci est passé à 22 % aujourd’hui !

Ainsi, le salon se veut être un forum de

questions et de réponses au sujet de la

mobilité et de ses nouveaux enjeux, en

particulier sur l’électrique, le tout dans

un environnement concret et convivial.

Pour ce faire, un espace Accueil intitulé

« Transition énergétique » sera organisée

avec la PFA ; il s’organisera comme un

espace de parole. En outre, et c’est une

première pour le salon, l’organisation a

créé un centre d’essai routier à grande

échelle à la sortie du parc des expositions

et entre Issy-les-Moulineaux et Vanves,

aux horaires d’ouverture suffisamment

larges pour accueillir le plus grand

nombre de personnes ●

* L’autre partenaire à 50 % étant le

créateur historique de l’événement,

la Plateforme automobile (PFA), qui

rassemble l’ensemble de la filière en

France

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I35


DOSSIER

L’INTERVIEW

© Faurecia

Luc Marbach

Avec une carrière de

plus de trente-sept ans

dans l’automobile, en

particulier au sein du

groupe PSA (devenu

Stellantis), Luc Marbach

a exercé différents postes

dans la production et la

fonderie mécanique avant

de prendre la direction des

projets de la Peugeot 207

puis de la DS5 au début des

années 2000 puis devenir

le patron de la qualité au

sein du groupe français.

Au cours de sa carrière,

il a également été amené

à négocier le retour de

PSA en Iran. Enfin, il a

été directeur général de

l’institut VDCom, spécialisé

dans le véhicule autonome,

électrique et la mobilité

partagée. Consultant, il a

pris la présidence de la SIA

en 2020.

L’automobile entre

difficile

Pour Luc Marbach, les nombreux bouleversements que rencontrent

aujourd’hui la filière automobile et cette révolution inédite implique toujours

plus de nouveaux défis pour les ingénieurs. Ici le paysage est amené à

changer, cette révolution - comme toutes les révolutions - est passionnante.

La filière automobile connait les plus

grands bouleversements de son histoire.

Quelles grandes évolutions impactent le

plus les membres de la SIA ?

Depuis 2020, nous assistons à une succession

de crises et à une densité de changements

structurels : c’est du jamais vu et à une vitesse

telle qu’on ne voit pas quand ça va s’arrêter.

Ces crises ont successivement touché le

semiconducteur… crise que certains voyaient

de courte durée et qui finalement s’est révélée

structurelle en raison du fait que l’automobile

n’est plus aujourd’hui la priorité du marché

des semiconducteurs.

Par ailleurs, le Covid-19 a bloqué toutes les

ventes. Nous assistons actuellement à un

rattrapage mais nous accusons toujours en

retard par rapport aux volumes d’avant crise.

Autre grande évolution cette fois, le

changement réglementaire qui amène une

part de doute chez le consommateur, lequel

ne sais plus vraiment quoi acheter. Mais au

poids de la réglementation imposant la fin

des véhicules thermiques en Europe en 2035

et les zones à faible émission, s’ajoute une

autre problématique : la réglementation

oblige les véhicules à être de mieux en

mieux équipés, se percutant inévitablement

sur le prix de vente comme les systèmes de

freinage automatique qui imposent d’intégrer

davantage de caméras et de capteurs dans

le véhicule et donc de les rendre plus chers.

Et le tsunami réglementaire n’a pas fini de

s’arrêter. Le « reset » concernant le véhicule

thermique s’attaquent aux émissions alors que

depuis Euro6-D Full, il n’y a plus d’émissions

de CO2 issue de la combustion ; c’est un

rapport de l’Ademe qui le dit. Ainsi, une

nouvelle mesure réglementaire devrait

s’imposer entre 2025 et 2028 afin de lutter

contre les quelque 5 000 substances chimiques

qu’il va falloir identifier sur toutes les chaînes

de production des pièce d’un véhicule.

Parallèlement, nous assistons au passage

d’une culture de la possession et celle de

l’usage. Le développement de la location

longue durée (LDD) est très clair. C’est une

bonne solution dans le contexte d’incertitude

réglementaire pour le consommateur ; seul

problème, le marché se rétrécit et nous

assisterons à des fortes baisses de ventes

de voitures tout comme une réduction du

marché de l’occasion et ainsi au vieillissement

du parc moyen (ce qui pose beaucoup moins

36 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


DOSSIER

dans une révolution…

mais passionnante !

©iStock

de problème qu’il y a plusieurs années en

raison de l’absence de problème de fiabilité

des véhicules). Mais le non-renouvellement

des véhicules anciens va poser un souci si

l’on veut moderniser en parallèle le parc

d’un point de vue environnemental et

de la sécurité.

Autre tendance forte : l’analyse du cycle

de vie. Chez de nombreux constructeurs,

on est en train de récupérer la chaîne

complète, à l’image des pièces de rechange.

Ainsi, le véhicule en fin de vie va être

considéré comme une source de matière

première qui sera davantage réutilisée

comme c’est le cas aujourd’hui pour les

batteries... et éviter de ce fait d’alimenter

les « cimetières » de véhicules.

Pour vous, s’agit-il d’un scénario noir ?

Non, au contraire. L’automobile est

confrontée à beaucoup de défis mais c’est

pour façonner un beau paysage à venir.

Nous sommes donc optimistes car le

véhicule permettra toujours la mobilité

des biens et des personnes : on ne peut

pas s’en passer.

Mais les défis sont nombreux pour vous…

Oui, en particulier dans le domaine de la

mutation des compétences des ingénieurs.

Tout ne va pas disparaître : nous aurons

toujours besoin de métiers traditionnels

pour la conception de véhicules au niveau

des freins par exemple, de la garde au

sol, de l’aérodynamisme de la carrosserie

ou des matériaux… Notre priorité est

donc de garder nos compétences et de les

former car ces métiers se complexifient

toutefois beaucoup.

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I37


DOSSIER

© Massive 3D

À l’inverse, d’autres métiers vont disparaître,

du moins en Europe, à commencer

par tout ce qui touche au moteur thermique

à combustion interne. Mais attention, car ce

n’est pas encore le cas dans le monde entier,

du moins pas tout de suite. Or les grands

constructeurs sont implantés partout dans

le monde et les mesures prises en Europe

ou aux États-Unis ne vont pas tout stopper

d’un coup.

D’autres compétences sont à acquérir rapidement.

Celles-ci sont liées au développement

rapide de nouvelles technologies

comme le moteur électrique, la batterie et

l’électronique complète dans le véhicule ;

c’est le cas déjà depuis vingt ou vingt-cinq

ans mais la grande nouveauté réside dans

le passage d’une multiplicité de l’électronique

vers une architecture beaucoup plus

centralisée, nécessitant toujours de plus de

logiciels et de systèmes connectés. Sur ce

dernier point, l’automobile étant désormais

ouverte vers l’extérieur, elle nécessite de plus

en plus de cybersécurité. De même, véhicule

électrique a besoin d’électronique de

puissance, ce qui représente un défi énorme

pour les ingénieurs de l’automobile. Enfin,

la hausse de la connectivité et le développement

de services vont amener des couches

de logiciels supplémentaires : le marché

s’étend désormais au-delà de l’automobile.

Tout l’enjeu des constructeurs est de mettre

la main sur ce marché de ne pas le laisser

à de nouveaux acteurs.

Qu’en est-il du véhicule autonome ?

Mis de côté ces dernières années,

il semble revenir en force avec

de nouvelles réglementations

favorables, notamment en France.

Oui mais nous constatons que les niveaux

les plus élevés d’autonomie vont rester

extrêmement compliqués et chers à mettre

en œuvre. D’autant que le premier véritable

véhicule en Europe va être autonome est

la dernière Mercedes classe S qui permet

de rouler à 60 km/h sur une chaussée

entièrement dédiée ce qui, vu le prix de cette

option, se révèle encore peu convaincant.

Mais les essais ont beaucoup apporté et

vont encore beaucoup œuvrer en matière de

sécurité. Bien entendu, les besoins croissants

de fonctions de synthèse de logiciels

pour apporter toujours plus de poids à la

simulation numérique. Autre exemple, pour

tous les systèmes Adas, tout va passer par

des essais issus de l’identification de ces

situations à risque représentatives de la

réalité mais toutes développées dans un

monde virtuel. Ici aussi, la simulation

numérique jouera avant tout un rôle visant

à décrire ces scénarios extrêmes.

Face à tous ces enjeux, quelles actions

mène la SIA ?

Depuis le début de l’année, nous avons

édité un livre blanc recensant les compétences

rares et critiques pour l’automobile.

Les treize experts de la SIA ont

ainsi élaboré une synthèse que j’engage

tout le monde à lire sur notre site Web

est en libre accès. L’objectif est le suivant :

identifier les formations qu’il manquerait

pour relever les défis de l’automobile. Nous

avons donc lancé un appel d’offres afin

de développer une formation certifiante

dans l’intelligence artificielle avec Mines

ParisTech et la Sorbonne qui délivrent

désormais cette formation. Aussi, d’autres

écoles s’adressent à la SIA pour mieux

cibler leurs formations. Par ailleurs, nos

13 communautés d’experts continuent de

mener des réflexions à travers une quinzaine

de congrès, de conférences et autres

journées d’études par an. Le prochain

grand événement : le congrès Vision au

parc de La Villette aux mêmes dates que

le prochain groupe rendez-vous de l’automobile,

le Mondial de Paris ●

Propos recueillis par Olivier Guillon

EN SAVOIR PLUS > www.sia.fr

38 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


PUBLI-COMMUNIQUÉ

UN ACTEUR INCONTOURNABLE DES BANCS DE TEST DE LA R&D

JUSQU’À L’INDUSTRIALISATION DE LA FILIÈRE HYDROGÈNE

« L’hydrogène », ce gaz d’avenir est présenté comme un pilier dans la réindustrialisation et la relance

française en vue de permettre une décarbonisation de l’industrie et du transport. DAM Group accompagne et

s’engage auprès des constructeurs et sous-traitants de la filière hydrogène, vers une montée en production

et une industrialisation de masse.

Depuis 35 ans, DAM Group conçoit

des solutions de test et de mesure

clés en main pour l’industrie de

la mobilité terrestre, aéronautique et

aérospatiale.

Son expérience et son expertise en

matière d’instrumentation et de logiciel,

d’électronique, d’automatisation et de

génie mécanique permettent à DAM

Group de présenter une offre complète de

solution de test et mesure sur l’ensemble

de la chaîne de valeur de l’hydrogène allant

de la phase R&D à l’industrialisation.

Le principal défi que représente le

secteur de l’hydrogène pour ses acteurs

est de réussir à sortir de la phase de

laboratoire (R&D) pour passer à la mise

en production à grande échelle dans un

marché qui ne cesse de s’accroître. Or,

cette technologie est particulièrement

complexe ; notre rôle est donc d’assister

nos clients vers une production de masse.

Pour cela DAM Group, offre une solution

complète évolutives pour la filière

hydrogène.

Le contrôle de l’étanchéité avec la

possibilité interchanger l’outillage pour

les plaques bipolaires, membranes et les

stacks.

La caractérisation/ le conditionnement

des piles à combustibles jusqu’à 150 kW.

Les tests à haute pression : étanchéité,

flushing, réservoirs et lignes H2 sont

réalisables jusqu’à 985 bars.

Les tests fin de ligne pour les piles à

combustibles (capteurs, Fuel Cell Control

Unit, ligne de liquide de refroidissement).

Software “TestAvenue”, développé en

interne : flexible, adaptable pour chaque

besoin client ●

EN SAVOIR PLUS :

M. Stanislas De Font Réaulx

06 23 19 50 02

s.defontreaulx@dam.fr

M. Pierre Pacot

06 12 32 86 61

p.pacot@dam.fr

DAM GROUP

200 rue Léon Blum

69100 Villeurbanne France

www.damgroup.fr

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I39


DOSSIER

PERSPECTIVES

Voitures électriques :

comment ré-imaginer

une industrie centenaire ?

© DR

Vers un monde automobile 100% électrique ? Pour le moment, si cette perspective semble

incertaine, ce qui est sûr que tout est fait aujourd’hui pour lancer une machine qui n’est

pas prête de s’arrêter. Spécialiste de ces questions chez Keysight Technologies,

Thomas Goetzl nous fait part de sa vision sur une industrie fortement bouleversée

par la révolution de l’électrique.

Thomas Goetzl

Vice President and

General Manager of

Automotive & Energy

Solutions chez Keysight

Technologies

Avant la pandémie, la France ne semblait pas prête à s’engager sur la

voie des voitures électriques : le manque d’infrastructure de recharge

et des prix trop élevés semblaient nourrir la frilosité des prospects.

Pour inverser cette tendance, le gouvernement français a engagé un

ensemble de mesures incitatives pour les consommateurs et a versé des aides

considérables aux constructeurs automobiles. Enfin, la décision du Parlement

Européen de mettre fin à la vente de voitures à moteurs thermiques en 2035 a

joué un rôle majeur dans l’adoption du véhicule électrique : une augmentation

de 394% des nouvelles immatriculations a été recensée en France depuis 2020.

La tendance devrait s’accélérer rapidement au cours de la prochaine décennie,

selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), une organisation basée à Paris

qui observe le secteur de l’énergie à l’échelle mondiale.

40 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


CAPTEURS

CAPTEURS

CAPTEURS

transmetteurs

transmetteurs

transmetteurs

Multi

Multi

Multi

Applications

CAPTEURS DE TEMPÉRATURE

Sondes à tête

Sondes à tête

Sondes filaires

Sondes filaires

Sondes sous boîtier

Sondes sous boîtier

Sondes à tête

Sondes à tête

Sondes filaires

Sondes filaires

Sondes sous boîtier

Sondes sous boîtier

CAPTEURS DE PRESSION

CAPTEURS D’HUMIDITÉ

Transmetteurs de pression de pression relative relative et différentielle, et différentielle, très trè

Transmetteurs de pression basse relative basse tension... tension... et différentielle, très

Transmetteurs de pression basse tension... relative et différentielle, très

basse tension...

Capteurs et transmetteurs d’humidité / température,

Capteurs et et transmetteurs d’humidité d’humidité / température, / température,

point de rosée...

Capteurs et transmetteurs point point de de rosée... d’humidité rosée... / température,

point de rosée...

CAPTEURS DE PARTICULES

Spécial

Spécial salles blanches Spécial

salles Spécial blanches salles blanche

salles blanches

Capteurs et transmetteurs de particules et C02.

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DOSSIER

Au cours des dix prochaines années, de nombreux constructeurs

automobiles prévoient de convertir leurs flottes à l’énergie

électrique. Stellantis veut par exemple que 100% de sa

flotte en Europe soit électrique d’ici 2030, alors même que le

constructeur ne faisait pas de voiture électrique il y a encore

quelques années. Les constructeurs automobiles doivent ainsi

concevoir et fabriquer rapidement des produits qui répondent

à des normes industrielles en constante évolution en matière

de sécurité, de tests d’émissions et d’efficacité énergétique.

Cette transformation implique une évolution radicale de la

manière de penser et de fonctionner de l’écosystème et pose

plusieurs défis de taille. Parmi ces défis, le plus important

est celui de la demande croissante en batteries.

MONTÉE EN CADENCE DE LA PRODUCTION DE

BATTERIES

En Europe, la question de la production de batteries de voitures

électriques est capitale et de nombreux projets de méga-usines

voient le jour pour répondre à la demande. En relocalisant la

production de batteries, les pays européens souhaitent limiter

leur dépendance à la production chinoise. C’est pourquoi, en

2021, on recensait pas moins de 38 projets de méga-usines

en France (notamment dans le Nord du pays) et en Europe.

La récente décision du Parlement Européen a eu pour conséquence

de faire exploser la demande et le phénomène a pris

une telle ampleur que les plans élaborés par les fabricants il y

a moins de deux ans doivent déjà être actualisés. La montée en

charge et la montée en cadence de la production de batteries

est d’ores et déjà un défi considérable pour des fabricants. Les

fabricants sont confrontés à un autre défi de taille, celui de la

différenciation. Les fabricants asiatiques, en plus de fournir

la majeure partie de la production, offrent des batteries à des

tarifs plus attractifs qu’en Europe. C’est pourquoi, la durabilité

des batteries est considérée comme le principal facteur de

différenciation pour les fabricants européens.

ÉVOLUTION DES MATÉRIAUX ET DE LA FABRICATION

La production de véhicules électriques requiert de grandes

quantités d’éléments, comme le nickel, le manganèse, le carbone

et le lithium (pour les batteries). Ces matériaux sont

présents en quantité limitée, tant en raison des problèmes liés

à chaîne d’approvisionnement mondiale que de la rareté de

ces ressources dans la nature pour soutenir un secteur aussi

important que celui de l’industrie automobile. Des mines vont

ainsi être ouvertes en Europe (il existe d’ailleurs des gisements de

lithium-batterie dans le Massif Central et dans les Vosges) afin

de garantir la souveraineté et un accès constant aux ressources.

Par ailleurs, les consommateurs européens sont conscients

des conditions dans lesquelles des matières premières sont

extraites dans certains pays. Ils pourraient donc rapidement

exprimer une préférence pour les batteries contenant peu ou

pas de matières premières issues de pays où le coût humain

de l’extraction est élevé.

Au-delà des matières premières et des procédés de fabrication,

les batteries de voiture elles-mêmes sont au cœur de l’évolution

de la fabrication et des matériaux. Les cellules de batterie

représentent environ 30 % du coût d’un véhicule électrique et

présentent un niveau de complexité généralement inconnu

de la plupart des fabricants en termes de tests, de mesure des

cellules et d’autres facteurs. Des innovations considérables sont

encore à faire dans le domaine de la performance des batteries

qui, en plus de faire fonctionner le véhicule électrique, doit

éviter de devenir un fléau pour l’environnement. Les batteries

des voitures doivent rester sûres au moment de leur utilisation,

mais aussi dans les 30 années à suivre, notamment si l’on

considère la possibilité de reconditionner les véhicules. Cela

nécessite encore plus de tests, de mesures, de normalisation,

de données et d’analyses pour perfectionner ces technologies.

L’IMPORTANCE DES TESTS

Si l’on regarde brièvement dans le rétroviseur, les batteries de

voiture au lithium-ion ont donné de meilleurs résultats que

42 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


© O.GUILLON

DOSSIER

L’essor des véhicules électriques s’accompagne de défis en

matière d’infrastructure, de fabrication et de réglementation

qui auront un impact important sur l’industrie automobile

et sur le secteur de l’énergie. Ces deux ont fonctionné indépendamment

depuis leur création. Les véhicules électriques,

bien sûr, nécessitent une charge électrique pour être utilisés,

et des stations de recharge pour VE, qui pourraient alimenter

une voiture en moins de 10 minutes, mais qui demandent

une énorme quantité d’électricité. L’AIE prévoit que les VE

représenteront 4 % de la demande mondiale totale d’électricité

d’ici à 2030, soit l’équivalent du double de la consommation

actuelle d’électricité totale du Brésil.

Le volume de voitures électriques qui viendra s’ajouter au

réseau actuel ne laisse rien présager de bon dans certains

pays hors Europe. Le réseau électrique actuel fonctionne

principalement grâce à des centrales électriques conventionnelles

qui offrent un niveau minimum de production

d’énergie de base qui garantit la sécurité énergétique. Les

services publics d’électricité ont toujours bénéficié de schémas

de charge stables et prévisibles avec des variations minimes,

ce qui a contribué à simplifier la répartition de l’offre et de

la demande d’électricité.

Cependant, l’abandon des centrales électriques classiques au

profit de ressources énergétiques renouvelables distribuées

(ERD) telles que l’énergie solaire et l’énergie éolienne dans le

réseau électrique entraîne des fluctuations de l’approvisionnement

en électricité et des schémas de charge moins cohérents

que les producteurs d’électricité doivent essayer d’absorber. Et

comme de plus en plus de véhicules électriques se branchent,

cette demande accrue sur le réseau risque de provoquer un

décalage entre l’offre et la demande d’électricité.

ce que les experts avaient prévu à l’origine. Les premiers tests

avaient d’ailleurs fait fuir de nombreux fabricants qui pensaient

que cette technologie ne serait pas viable. A l’époque, certaines

entreprises, comme Tesla, avaient pris une avance considérable

dans ce domaine tandis que beaucoup de constructeurs doivent

à présent rattraper leur retard au plus vite et déployer des

efforts considérables en matière de R&D.

Le passage aux VE représente également pour les constructeurs

l’opportunité de ne pas retomber dans certains travers qui

avaient donné lieu au DieselGate : les constructeurs doivent

être transparents sur les performances réelles des VE, que

ce soit en matière d’autonomie, de temps de recharge ou de

durée de vie.

Ainsi, l’objectif des fabricants de VE et de batteries n’est pas

seulement de retirer de la circulation les véhicules émettant des

gaz polluants, c’est aussi d’améliorer les processus de fabrication

pour créer un produit durable et écologique.

LA PRESSION EXERCÉE SUR LE RÉSEAU ÉLECTRIQUE

© O.GUILLON

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I43


DOSSIER

DÉVELOPPER DES PRATIQUES STANDARD

POUR LE RÉSEAU ÉLECTRIQUE

L’essor des VE nous oblige à penser la voiture comme

un composant du réseau électrique plutôt que comme

un élément externe. Il est nécessaire de créer des

normes permettant aux véhicules électriques de participer

activement à la santé du réseau électrique au

lieu d’être une charge inutile. Cette forme de relation

entre le réseau et les véhicules électriques peut être

obtenue par le transfert d’énergie du véhicule au réseau

(V2G). Les nouvelles technologies de conversion

intelligente de l’énergie et les capacités de communication

avec les services publics intégrées aux VE

et aux stations de recharge permettent de réaliser

le transfert d’énergie entre véhicules et réseau et de

contribuer à la stabilisation du réseau électrique en

utilisant la batterie embarquée du VE comme système

de stockage d’énergie relié au réseau.

Cependant, des obstacles réglementaires entravent

actuellement le V2G. Les VE et les stations de recharge

devront en fin de compte satisfaire à des normes nouvelles

et évolutives en matière d’interconnexion et

d’interopérabilité des ERD avec le réseau électrique.

Ainsi, les opérateurs de services publics disposeront

des outils dont ils ont besoin dans les systèmes de

recharge pour gérer la prolifération des VE, en les

utilisant comme une ressource pour répondre à la

diversité du bouquet énergétique et aux demandes

changeantes du réseau électrique moderne. Ils pourraient

recharger les véhicules mais aussi renvoyer

l’énergie excédentaire au réseau, ce qui améliorerait

la résilience globale.

LA VOIE À SUIVRE

Si le fordisme avait profondément changé les processus

de fabrication industriels, les véhicules électriques

offrent quant à eux une formidable opportunité de

remodeler le transport et de réduire l’impact de l’industrie

automobile sur la planète. C’est particulièrement

vrai en Europe où, après plusieurs décennies de

désindustrialisation, certains pays vont devoir atteindre

des niveaux de production considérables, dans des

délais courts. Pour cela, les parties prenantes devront

continuer à trouver des solutions innovantes pour

résoudre les nombreux défis annexes qui accompagnent

l’arrivée des véhicules électriques sur le marché. Cela

passe notamment par des investissements importants

en R&D et une collaboration étroite avec les experts

de la mesure pour accélérer l’innovation ●

Thomas Goetzl (Keysight Technologies)

MATÉRIAUX

Hyundai et Teijin

parviennent à alléger

Kim Zitny

Director, Global

Communications,

Teijin Automotive

Technologies

Le spécialiste des matériaux pour l’automobile

a récemment développé en collaboration avec

le centre technique de Hyundai une porte multimatériaux

permettant d’économiser 2,7 kg

par rapport à une porte traditionnelle en acier.

L’occasion pour Essais & Simulations de revenir

sur ce cas d’application et plus globalement sur

Teijin Automotive Technologie qui possède une

usine dans le Maine-et-Loire.

Rappelez en quelques mots le savoir-faire de Teijin

Automotive Technologie et son implication dans le

domaine des matériaux dédiés à l’automobile.

Teijin Automotive Technologies associe une expertise de

classe mondiale en matière de matériaux à une conception

de pointe pour créer des composants et des systèmes qui

rendent les véhicules plus sûrs et plus écologiques. Avec

un engagement à créer des matériaux, des produits et des

processus durables, nous évoluons constamment pour

répondre aux besoins de mobilité en constante évolution

de la société d’aujourd’hui et de demain.

Comment, dans ce secteur industriel aujourd’hui

durement touché par la crise, évolue la

problématique liée aux matériaux ? Que

recherchent les constructeurs aujourd’hui ?

Comme tous les segments de l’industrie, le volet matériaux

de notre activité a été touché par des pénuries de matières

44 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


DOSSIER

Automotive Technologie

significativement le poids d’une portière

premières, des fibres de verre aux diverses résines et autres produits

chimiques nécessaires à la composition des composites. Les

équipementiers continuent de rechercher la solution matérielle

la plus rentable pour leurs applications spécifiques. Nos divers

matériaux composites exclusifs peuvent être adaptés pour répondre

aux spécifications exactes d’un OEM.

À quelles problématiques en matière de développement

de produits vos clients dans l’automobile sont-ils

confrontés ? Commet les aidez-vous et que réalisez-vous

pour eux ?

À mesure que le monde passe du moteur

à combustion interne aux véhicules électriques,

nous recevons de plus en plus de

demandes de solutions permettant de

réduire le poids total du véhicule, ainsi

que des solutions liées aux couvercles et aux

boîtiers de batterie. En ce qui concerne les

boîtiers de batterie, nous fournissons des

solutions composites à nos clients et nous

concevons et fournissons des couvercles

de batterie depuis plus de dix ans. Nous

avons étudié des combinaisons de matériaux

au-delà de la simple fourniture de

couvercles en SMC, en fonction des besoins

de nos clients.

Plus précisément, nos conceptions peuvent

incorporer des matériaux plus structurels en

plus du SMC pour répondre aux exigences

des cas de charge et des performances. Les

matériaux peuvent être composites (RTM,

LCM, et autres) ou métalliques et peuvent

être co-moulés ou faire partie d’un assemblage.

Les clients OEM ne précisent généralement

pas le type de composite ; ils nous demandent de les recommander

en fonction de leurs besoins spécifiques. Plus récemment,

nous avons reçu des demandes pour une chimie spécifique (par

exemple, phénolique) mais nous cherchons toujours à proposer

le matériau qui nous semble le mieux adapté à l’application.

Nous travaillons avec le client pour comprendre ses besoins et

convenir de la meilleure solution.

Dans le cas de Hyundai, sur quoi repose le concept de

porte que vous avez développé ? Quelles en sont les

innovations techniques et que vont-elles apporter au

constructeur coréen ?

L’objectif de ce projet de développement conjoint entre le centre

technique de Hyundai Motor Europe et Teijin Automotive

Technologies était de fournir une structure de porte de véhicule

légère et performante à un coût abordable, qui s’adapte à

différents concepts de ligne de fabrication,

y compris la peinture en ligne et hors ligne.

Cette porte, dotée d’un panneau extérieur

TCA Ultra Lite à faible teneur en COV spécialement

modifié, d’un panneau intérieur

SMC hybride en fibre de verre et de carbone

et d’un anneau de renforcement interne innovant

en acier, est plus légère de 2,7 kg qu’une

porte traditionnelle en acier. Deux matériaux

composites SMC innovants, spécifiquement

optimisés pour l’application dans ce concept

de porte hybride, ont été développés dans le

cadre de ce projet de développement conjoint.

Le panneau extérieur utilise un matériau

SMC basse densité TCA Ultra Lite modifié.

Ce matériau, qui peut être recouvert d’une

couche E au four, permet de réaliser des éléments

de conception uniques, tels que des

emboutissages profonds qui ne peuvent être

obtenus avec un métal estampé, une finition

de classe A et une résistance exceptionnelle à

la corrosion, aux bosses et aux coups. Après

l’achèvement réussi de la phase de développement

de l’innovation et de validation du

concept, cette innovation a été intégrée au portefeuille des nouvelles

technologies validées du groupe Hyundai Motor et est

prête à être appliquée aux programmes de nouveaux véhicules ●

Propos recueillis par Pierre Weber

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I45


DOSSIER

Le secret de l’efficience des

UNE MESURE PRÉCISE DES

Pour vous plaquer dans le siège lorsque vous rétrogradez rapidement

en appuyant sur la « pédale d’accélérateur » d’une voiture de sport

électrique, le bloc-batteries haute tension doit délivrer un courant

élevé au moteur électrique. Cela implique l’utilisation de batteries à

faible résistance – et une technologie de mesure appropriée.

Comme bien souvent, tout commença

par une coïncidence : au

milieu des années 80, le fabricant

japonais d’équipements

de test et de mesure HIOKI a développé

un milliohmmètre à courant alternatif qui

permettait d’obtenir une meilleure mesure

de la résistance de contact des interrupteurs

et des relais en comparaison aux milliohmmètres

à courant continu employés auparavant.

Sur ce nouveau dispositif, HIOKI a

également isolé galvaniquement le dispositif

testé du circuit de mesure, rendant les

mesures indépendantes de tout potentiel

électrique entre les deux points de mesure.

À peu près à la même époque, le chercheur

japonais Akira Yoshino est parvenu à perfectionner

l’accumulateur au lithium et au

dioxyde de cobalt, développé par John B.

Goodenough, en vue de sa commercialisation.

Pour mesurer la résistance de ces

nouveaux accumulateurs, la procédure de

mesure en courant alternatif s’est avérée

particulièrement adaptée, car les différents

potentiels électriques entre les deux pôles

nécessitaient une isolation galvanique entre

le dispositif testé et le circuit de mesure.

Ainsi, « l’AC mΩ Hi Tester 3225 », développé

à l’origine pour mesurer la résistance

de contact, a été le début d’une histoire à

succès pour HIOKI dans le secteur des

batteries lithium-ion, qui dure maintenant

depuis plus de 35 ans. Le milliohmmètre

original se décline aujourd’hui en une

famille entière de testeurs de batterie,

qui permettent de mesurer les éléments,

modules et bloc-batteries.

L’IMPORTANCE D’UNE FAIBLE

RÉSISTANCE

Au cours de la production des éléments ou

batteries lithium-ion, le testeur de batteries

n’est employé qu’à un stade plutôt tardif.

Les valeurs de résistance, en revanche, sont

vérifiées beaucoup plus tôt au cours du

processus, car il est essentiel pour la qualité

de la batterie de s’assurer que les valeurs de

résistance sont aussi faibles que possible

et, idéalement, toujours les mêmes. Il y a

deux raisons principales à cela.

D’une part, un système de batterie nécessite

une faible résistance globale pour vous plaquer

dans le siège lorsque vous rétrogradez

rapidement en appuyant sur la pédale d’accélérateur

d’une voiture de sport électrique,

par exemple. En effet, le bloc-batteries haute

tension doit être capable de délivrer un

courant élevé au moteur électrique. La loi

d’Ohm explique très simplement le rapport

avec la résistance.

Si nous convertissons V = RI en I = V/R,

nous constatons qu’une faible résistance R

pour une même tension V implique une

intensité I élevée.

D’autre part, chaque résistance au sein d’un

système de batterie provoque une perte

d’énergie électrique sous forme d’énergie

thermique. Il ne s’agit pas d’un phénomène

spécifique aux batteries, mais d’un

phénomène qui remonte à la loi générale

de l’effet Joule, également connue sous le

nom de « première loi de Joule ».

La puissance électrique dissipée au niveau

de la résistance peut être décrite de manière

traditionnelle avec P= VI. Si vous remplacez

la tension « V » par « RI » de la

loi d’Ohm mentionnée plus haut, vous

obtenez P = VI = (RI)I = RI². Vous pouvez

voir à quel point la perte de puissance P

augmente lorsque la résistance R augmente.

COURANT ALTERNATIF OU

COURANT CONTINU ?

Pendant la mesure de la résistance, en

particulier sur les batteries, on distingue

deux méthodes de mesure : la mesure en

Comparaison de la mesure de la résistance en courant alternatif et en courant continu

46 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


DOSSIER

batteries haute tension

FAIBLES VALEURS DE RÉSISTANCE

courant alternatif et la mesure en courant

continu. Dans ce cas, la mesure de

la résistance en courant continu ne fait pas

référence à la mesure en courant continu

de la résistance interne d’une batterie, où

la résistance interne est déterminée par la

variation de tension pendant la décharge

de la batterie avec une charge.

Ici, la mesure en courant continu fait référence

à la mesure de la résistance avec une

méthode de mesure à 4 fils et est employée,

par exemple, pour mesurer la résistance de

contact. Cette méthode est appliquée aux

multimètres, ohmmètres (CC) ou testeurs

d’isolation, par exemple. La méthode de

mesure en courant alternatif, quant à elle,

est employée dans les testeurs de batterie

ou les ponts RLC.

TEST DES ÉLECTRODES

Si vous examinez le processus de fabrication

d’une batterie lithium-ion dans l’ordre

chronologique, une importante mesure de

la résistance électrique en courant continu

est effectuée à un stade précoce après que

les électrodes aient été enduites avec la

matière active. Au cours de ce procédé, le

matériau allié au lithium est appliqué, sous

pression et à des températures appropriées,

sur le matériau de l’électrode.

La mesure de la résistance permet ensuite

de déterminer la résistance électrique spécifique

de la matière active appliquée et la

résistance de contact entre la matière active

et l’électrode. Il y a quelques années, il n’était

toutefois pas encore facile de déterminer

ces deux valeurs séparément : la mesure

de la résistance de contact entre la matière

active et le matériau de l’électrode constituait

un défi particulier. Cela a changé avec

la commercialisation d’un nouveau système

de mesure de la résistance des électrodes :

le RM2610 de la marque HIOKI.

Le RM2610 de la marque HIOKI est principalement

un ohmètre en courant continu.

Cependant, au lieu d’une mesure traditionnelle

à 4 fils, le RM2610 fonctionne

avec une sonde à l’intérieur de laquelle 46

contacts à ressort, disposés sur une surface

totale de 1 mm 2 . Pendant la mesure, une

série de mesures de la résistance en courant

continu est réalisée entre les contacts.

Sur la base de ces résultats de mesure, la

résistivité de la matière active et la résistance

de contact entre la matière active et

l’électrode sont calculées sur la base d’un

modèle mathématique et des paramètres

connus.

Les paramètres connus sont les grandeurs

qui se déterminent facilement, c.-à-d.

l’épaisseur du matériau de l’électrode,

l’épaisseur de la couche de matière active

et la conductivité électrique du matériau

de l’électrode. L’anode est habituellement

fabriquée en cuivre, tandis que la cathode

est habituellement fabriquée en aluminium.

Le cuivre ne peut pas être utilisé

comme matériau pour la cathode, car il

y corroderait. L’aluminium, quant à lui,

ne convient pas comme matériau pour

l’anode, car il réagit au contact du lithium.

Même si le RM2610 est maintenant

souvent employé comme testeur dans la

production d’éléments lithium-ion, il a

en fait été conçu en vue d’une utilisation

dans les départements de développement.

L’objectif était de raccourcir le processus

de développement des éléments avec de

nouveaux matériaux en permettant aux

développeurs d’évaluer la qualité attendue

de l’élément fini déjà après la fabrication

des électrodes revêtues.

Ce procédé était si révolutionnaire et permettait

une telle amélioration du processus

que le système de mesure de la résistance

des électrodes de la marque HIOKI était

déjà employé par des dizaines de clients

en Asie alors qu’il ne s’agissait encore que

d’un prototype.

RÉSISTANCE DE POINT DE

SOUDURE

Pour déterminer la résistance de contact

des points de soudure, on emploie la

méthode traditionnelle de mesure de

la résistance en courant continu à 4 fils.

Peu importe que ces points de soudure

soient employés pour fixer des bornes

d’alimentation sur un élément « pouch »

ou pour raccorder un élément à une barre

omnibus, la résistance de contact devrait

toujours être contrôlée afin d’éviter les

effets thermiques dépendantes de la

résistance à ces points.

Les mesures de la résistance en courant

continu à 4 fils peuvent être effectuées

avec la quasi-totalité des multimètres

numériques destinés à une utilisation en

laboratoire ou dans l’industrie. Cependant,

lorsqu’il s’agit de mesurer la résistance

de contact durant la production, il est

indispensable, pour plusieurs raisons

importantes, d’effectuer la mesure avec

un ohmmètre spécialement conçu à cet

effet.

La première raison importante est la

plage de mesure de la résistance. Avec

un multimètre numérique courant, et

sans le moindre doute haut de gamme,

affichant 7,5 chiffres de l’une des plus

grandes marques, la plus petite plage

de mesure de la résistance s’élève à 1 Ω.

Au premier abord, cela semble impressionnant,

mais la résistance de contact

des points de soudure pour les batteries

lithium-ion devrait, dans l’idéal, être inférieure

à 0,1 mΩ. L’ohmmètre RM3545

de la marque HIOKI répond facilement

à cette exigence avec sa plus petite plage

de mesure d’à peine 10 mΩ avec une

résolution de 0,01 µΩ.

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I47


DOSSIER

VITESSE DE TEST ÉLEVÉE POUR

LA PRODUCTION

En plus d’une très petite plage de mesure,

le RM3545 de la marque HIOKI possède

une autre fonction très utile dans les environnements

de production, qui consiste

à vérifier le contact de la sonde entre le

dispositif de mesure et le dispositif testé

au cours de la mesure : ici, le principe de la

mesure à 4 fils est employé pour s’assurer

que les 4 contacts de mesure restent bien

appliqués sur le dispositif testé durant la

mesure. Cette fonction de contrôle des

contacts permet d’éviter que les mesures ne

soient évaluées comme « non conformes »

en raison de l’application incorrecte des

contacts de mesure, et par conséquent que

des produits irréprochables ne soient rejetés

par erreur.

Mesure de la résistance sur les points de soudure – RM3545

Slots pour multiplexeurs prévus pour une utilisation au cours

de la production – RM3545

Une autre raison justifiant l’utilisation d’un

ohmmètre spécial est la vitesse de mesure :

en cas de réglage du RM3545 sur la configuration

la plus rapide, 2,2 ms s’écoulent

entre le début de la mesure et l’affichage

du résultat de la mesure. Cela permet de

réaliser de nombreuses mesures de contact

avec seulement quelques instruments de

mesure et convient donc parfaitement aux

nombreux joints soudéspoints de soudure

à mesurer sur une ligne de production de

batteries.

À ce stade, les lecteurs familiers avec le

déroulement de la production sont en droit

d’objecter que le transport mécanique d’un

dispositif testé dure bien plus longtemps

que quelques millisecondes, ce qui relativise

clairement l’avantage d’une très grande

vitesse de mesure dans le contexte global.

Afin de pouvoir exploiter pleinement la

haute vitesse de mesure au cours de la production,

HIOKI propose le RM3545-02 :

une variante du dispositif qui possède des

slots pour des cartes de multiplexage.

En ajoutant deux des cartes de multiplexage

disponibles en option, un seul ohmmètre

peut réaliser jusqu’à 20 différentes mesures

sur 4 fils, l’une après l’autre, rapidement,

lorsque les dispositifs testés sont transportés

« de manière groupée » par un

mécanisme jusqu’à l’instrument de mesure.

Si ce nombre de canaux de mesure est

insuffisant, par exemple, quand tous les

points de soudured’un module de batterie

complet doivent être mesurés en une

seule passe, il n’est pas toujours nécessaire

d’utiliser plusieurs unités RM3545 les

unes à côté des autres, étant donné que

leur parallélisation rendrait l’intégration

nettement plus complexe.

Dans ce cas, il est recommandé d’employer

un système de multiplexage distinct.

HIOKI propose un tel système dans différentes

versions, et avec une configuration

conçue pour les mesures à 4 fils, il

permet de contrôler jusqu’à 132 canaux

avec un seul instrument de mesure tel que

le RM3545 (configuration : SW1002 +

12 × SW9001). L’unité de multiplexage

n’est pas limitée à l’utilisation d’ohmmètres,

mais peut également être employée avec les

testeurs de batteries, les impédancemètres

ou les voltmètres de la marque HIOKI – à

condition que les tensions mesurées soient

inférieures à 60 V.

132 canaux de mesure dans un seul instrument de mesure

Si vous imaginez un montage de mesure

avec les 132 canaux susmentionnés, qui

sont employés, par exemple, pour mesurer

les contacts soudés pour les connexions aux

barres omnibus sur un module de batterie,

la méthode de mesure à 4 fils nécessite non

seulement plus de 500 fils de test, mais aussi

plus de 250 contacts de test mécaniques.

Ce montage est certes possible du point de

vue technique,. mais, en particulier pour les

Mesure des points de soudure à l’aide d’un testeur à

sonde mobile

éléments cylindriques dans un module, une

autre solution est à privilégier : un testeur

à sonde mobile portant le nom quelque

peu énigmatique FA1240-W800.

Ces dispositifs sont généralement employés

pour tester les cartes à circuits imprimés

équipés, et sont notamment capables

d’effectuer des mesures de résistance à 4

fils, en à peine 25 ms par test. Après tout,

il importe peu que le dispositif testé soit

une carte à circuits imprimés équipé ou

un module de batterie où les points de

soudure sont mesurés.

L’utilisation d’un testeur à sonde mobile

dans l’exemple de la mesure des points de

soudure des modules de batterie présente

un autre avantage par rapport au montage

avec des contacts de test fixes – que

ce soit dans la variante décrite ci-dessus

ou, de manière alternative, avec un « lit

de clous » : bien que les positions de test

soient toujours les mêmes sur les cartes

à circuits imprimés assemblées, elles

divergent toujours légèrement les unes

par rapport aux autres sur les modules

de batterie avec des centaines d’éléments

en raison des tolérances de production.

Lespoints de soudure doivent cependant

être mesurés avec une grande précision.

C’est la raison pour laquelle le testeur à

sonde mobile FA1240 permet de charger

au préalable un fichier de position pour

chaque module de batterie. Ce fichier peut

être créé individuellement pour chaque

module de batterie avec une bonne caméra

et un logiciel d’analyse approprié. Cela

permet d’exclure les erreurs de mesure dues

48 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


DOSSIER

aux tolérances mécaniques de production.

TESTEUR DE BATTERIE POUR

POINTS DE SOUDURE ?

Une question fréquemment posée à HIOKI

est de savoir si un testeur de batterie existant

peut également être employé afin de

mesurer les résistances de contact. Une

raison technique permet de répondre de

manière positive à cette question, mais il y

a aussi plusieurs raisons plus importantes

qui s’y opposent.

Une raison d’employer la méthode de

mesure en courant alternatif fournie

par le testeur de batterie pour mesurer

les résistances de contact est que la force

électromotrice – également appelée électromotance

– ne joue aucun rôle pour cette

méthode de mesure. Pour une meilleure

compréhension, la force électromotrice

est un offset en courant continu qui se

produit lorsque différents métaux entrent

en contact. Pour une mesure en courant

alternatif, l’offset en courant continu peut

cependant être ignoré.

Cette force électromotrice est une tension

très faible qui n’a aucune influence

mesurable sur la mesure de la résistance

dans la plage ohmique. La résistance de

contact, cependant, se situe définitivement

dans la plage ohmique, et ici, même le plus

faible offset en courant continu devient

pertinent pour le résultat de la mesure.

À ce stade, il est important de noter que

l’ohmmètre en courant continu RM3545

possède une fonction de compensation de

la tension d’offset, qui permet de minimiser

l’influence de la force électromotrice.

Un argument s’opposant à l’utilisation des

testeurs de batterie pour la mesure des

résistances de contact sont les courants de

Foucault qui peuvent apparaître dans les

fils de mesure au cours d’une mesure à 4

fils, même à des fréquences de mesure de

1 kHz. Comme pour la force électromotrice,

ces courants de Foucault n’ont pas

d’importance pour les grandes résistances :

mais pour les très faibles résistances de

contact, ils ont une influence sur le résultat

de la mesure.

La difficulté réside dans le fait que les courants

de Foucault peuvent avoir des amplitudes

différentes pour le même dispositif

testé, en fonction de la manière dont le fil

Le standard dans la pratique pour la

production de batteries : BT3562A

de mesure est posé. Si, par exemple, le fil

de test est posé le long d’une tôle d’acier

(magnétique) telle qu’un boîtier, cela peut

produire un résultat de mesure différent

de celui obtenu si les fils de test sont posés

d’une manière légèrement différente avec

le même dispositif testé. C’est l’une des raisons

pour lesquelles il peut s’avérer difficile

d’obtenir des résultats reproductibles ou

exactement comparables au cours de la

mesure de la résistance de contact à l’aide

d’un testeur de batterie.

Une autre raison se présente lorsque l’on

compare la précision des deux méthodes

de mesure : l’un des testeurs de batterie

les plus fréquemment employés dans

les environnements de production est le

BT3562A de la marque HIOKI.

La précision de base de ce testeur de batterie

pour la mesure de la résistance s’élève à

0,5 %. Il s’agit d’une très bonne valeur pour

un ohmmètre en courant alternatif. Un

ohmmètre en courant continu comme le

RM3545 possède cependant une précision

de base de 0,006 %.

APPAIRAGE D’ÉLÉMENTS

Au début de cet article, nous avons précisé

que la qualité d’une batterie dépend

de valeurs de résistance à la fois faibles et

identiques. Des valeurs de résistance identiques

sont particulièrement importantes

pour les éléments qui sont connectés entre

eux dans des modules et blocs-batteries.

Lorsque les éléments d’une batterie sont

connectés en série, un seul élément avec

une résistance plus importante constituerait

un « goulot d’étranglement » pour

l’ensemble du système. Cette résistance

plus élevée entraînerait une augmentation

de la température dans le réseau, qui se

répercuterait de manière négative sur la

durée de vie de la batterie.

Cet élément se déchargerait également plus

vite que les autres. Dans les applications

courantes, un système de gestion de la

batterie veille à ce que ces écarts entre les

Spectroscopie d’impédance électrochimique

(SIE) avec le BT4560

éléments soient compensés et ne soient

pas perceptibles par l’utilisateur.

La situation est toutefois différente si la

batterie n’est pas seulement employée pour

un véhicule électrique classique, mais pour

une voiture de course de championnat,

par exemple. Ou si une batterie conçue

de manière appropriée fournit la totalité

de l’alimentation électrique d’un véhicule

d’expédition. Dans les deux cas, il s’avère

utile d’exclure toute déviation potentielle

entre les éléments individuels employés.

Cela est possible en appairant les cellules

individuelles par paires. L’impédance

des éléments individuels est déterminée

par spectroscopie d’impédance électrochimique

à différentes fréquences. Les

valeurs d’impédance, qui se composent

de la résistance ohmique et de la réactance,

sont combinées pour former un

diagramme de Nyquist pour chaque

élément. Si ces diagrammes de Nyquist

sont superposés, les éléments dont les

diagrammes de Nyquist correspondent

le plus peuvent être combinés pour former

un module ou un bloc-batteries.

L’impédancemètre pour batterie BT4560 de

la marque HIOKI convient parfaitement à

ces mesures, car la formation des courants

de Foucault décrite plus haut est minimisée

au cours de la mesure en appliquant une

mesure à 4 paires de bornes.

CONCLUSION

En résumé, nous pouvons souligner

qu’une technologie de mesure appropriée

est nécessaire, en particulier pour la production

de batteries haute performance.

Chaque étape de la production joue un

rôle essentiel pour la qualité globale de

la batterie.

Pour HIOKI, la coopération étroite avec les

principaux fabricants de batteries depuis

plusieurs décennies est une garantie de

consolidation du marché de la batterie

avec des technologies de mesure établies

et nouvellement développées ●

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I49


Cycles

Code

Formation

de Base

ou Spécifique

Intervenant et lieu

Durée

en jours

Prix

Adhérent

ASTE HT

Dates proposées

Mécanique vibratoire

Mesure et analyses des phénomènes vibratoires

(Niveau 1)

Mesure et analyses des phénomènes vibratoires

(Niveau 2)

MV1

3 1 570 €

B

IUT du Limousin

MV2 3 1 570 €

05-07 avril

et 06-08

septembre

12-14 avril

et 13-15 septembre

Application au domaine industriel MV3 B SOPEMEA (78) 3 1 570 €

29-31 mars

et 11-13 octobre

Chocs mécaniques : mesures, spécifications, essais

et analyses de risques

MV4

S

Christian LALANNE

(ou Etienne CAVRO) et

Yvon MORI (78)

2 1 570 € 22-23 novembre

Traitement des signaux

Traitement du signal avancé des signaux vibratoires TS S

Analyse modale et Pilotage

Pierre-Augustin GRIVELET et

Bruno COLIN (78)

3 1 570 € 27-29 septembre

Pilotage des générateurs de vibration :

principes utilisés et applications

PV S SOPEMEA (78) 4 1 890 € 22-24 novembre

Analyse modale expérimentale et

Initiation aux calculs de structure et essais

AM

S

SOPEMEA ou AIRBUS D&S

(31)

3 1 570 € 15-17 novembre

Climatique

Les fondamentaux des essais climatiques CL B SOPEMEA (78) 2 1 350 €

01-02 juin

et 29-30 novembre

Personnalisation Environnement

Prise en compte de l’environnement mécanique

(norme NFX-50144-3)

Principes de personnalisation de base

P1

S

Bruno COLIN et Pascal LELAN

(78)

3 1 570 € 15-17 novembre

Prise en compte de l’environnement mécanique

(norme NFX-50144-3)

Principes de personnalisation avancées

P2

S

Bruno COLIN et Pascal LELAN

(78)

3 1570

15-17 mars

et 22-24 novembre

Mesure

Extensomètrie : collage de jauge, analyse des résultats

et de leur qualité

M1 S Raymond BUISSON (78) 3 1 570 €

29 novembre -

01 décembre

Concevoir, réaliser, exploiter une campagne de mesures M2 B Pascal LELAN (78) 2 1 170 € 06-07 décembre

Fiabilité et Essais

Les essais accélérés et aggravés E S Alaa CHATEAUNEF (78) 2 1 170 €

29 novembre -

01 décembre

Thermométrie

Thermométrie pour les essais vide thermique T1 S Alain BETTACCHIOLI (78) 1 900 € A définir

Formations 2022

50 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


OUTILS

NOMINATION

David Delaux prend la

présidence de l’association

ASTE

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ESSAIS & SIMULATIONS

DÉSORMAIS DISPONIBLE

SUR TOUS VOS SUPPORTS

Le magazine papier

Le Conseil d’Administration de

l’ASTE s’est réuni le 15 septembre

dernier à Sopemea. Le Conseil a

élu le nouveau président de l’association,

David Delaux, Directeur Fiabilité du

groupe Valeo. Il remplace Daniel Leroy,

dont le mandat est arrivé à terme,

après quatre années de bons et loyaux

services. David Delaux est conférencier

à l’université de Rouen et à l’école d’ingénieur ENSMA Poitiers.

Directeur fiabilité pour le groupe Valeo, il est également auditeur

à Cofrac et président de la Commission européenne de fiabilité

et d’ingénierie de l’environnement (CEEES) ●

© Safran

Le kiosque digital

RENDEZ-VOUS

Réunion de la

Commission Thermique et

techniques connexes

La prochaine réunion de la Commission Méca-Clim de l’ASTE

aura lieu en novembre ou décembre 2022. Objectifs de la

commission : personnalisation des essais dans le domaine

mécanique et climatique, et qui a été normaliser à l’Afnor (NF

X50-144 – Fascicules 1 à 6), et la défense des intérêts français

en alimentant les travaux du Stanag 4370 de l’Otan portés par la

DGA-TT (représentant français : Pascal Lelan). Principaux axes

d’intérêts : retour inverse de spécification vibratoire sur SRE-SDF

par une sévérité non-gaussienne, prise en compte du caractère

multiaxial dans le cadre de l’écriture des spécifications, gestion

des conditions limites (CL) pour la simulation de l’environnement

(Guide de bonnes pratiques), simulations des essais virtuels et

extension de durée de vie. Participants actuels : DGA-TT, DGA-MI,

DGA-TA, CEA-Cesta, Sopemea, Airbus, Thales, Mbda, Stellantis,

Valeo, Consultants, Nexter.

Par ailleurs, la réunion du groupe de travail Modélisation de la

Commission Thermique et techniques connexes de l’ASTE a eu

lieu quant à elle le 5 octobre dernier à l’Icam de Toulouse. ●

Si vous souhaitez participer aux Commissions de l’ASTE,

contactez le secrétariat :

pperrin@aste.asso.fr / Tél. : 01 61 38 96 32

Le site web

L’appli

Téléchargez

l’application

MRJ Presse

www.essais-simulations.com

ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022 I51


INDEX

Au sommaire du prochain numéro :

© Hexagon

DOSSIER

Spécial Métrologie

4.0

La digitalisation

des opérations de

mesure et d’essais

pour réduire les

délais et optimiser

la qualité des

produits.

© O. Guillon

MESURES

Mesures vibratoires et acoustiques

Quelles solutions de mesures vibroacoustiques

mettre en œuvre dans

les laboratoires et les ateliers ?

Focus sur les MMT

ESSAIS ET MODÉLISATION

Guide spécial Bureaux d’études

À l’occasion de ce guide des

Bureaux d’études, focus sur les BE,

centres de calcul et d’ingénierie

clefs en lien avec les essais

industriels.

©Rubis Control

Liste des entreprises citées et index des annonceurs

6NAPSE ........................................................................ 30

ALLIANTECH ............................................................... 20

ANSYS........................................................................... 32

ARIANEGROUP............................................................ 26

ASC INSTRUMENTS.................................................... 14

ASTE .............................................................. 31, 50 et 51

ATEQ ............................................................................. 14

BAUMER....................................................................... 14

BRONKHORST ............................................................. 15

BRUKER ALICONA ...................................................... 15

C2AI .............................................................................. 41

CHAUVIN ARNOUX...................................................... 17

COLLÈGE FRANÇAIS DE MÉTROLOGIE (CFM)..7 et 10

COMSOL .............................................. 4 e de couverture

DAM FRANCE (publicommuniqué).............................. 39

DB VIB.................................................. 2 e de couverture

DJB INSTRUMENTS .................................................... 33

DEWE SOFT.................................................................... 2

ENDRESS+HAUSER .................................................... 22

ES EQUIPEMENTS SCIENTIFIQUES................. 29 et 46

EIKOSIM .............................................................. 26 et 35

EYESPID....................................................................... 14

FURNESS CONTROLS (publicommuniqué)................ 13

HARVESTREE .............................................................. 14

HEXAGON..................................................................... 22

HYUNDAI...................................................................... 41

KEYSIGHT .................................................................... 40

KERN ............................................................................ 22

M+P INTERNATIONAL ................................................ 11

MESURES SOLUTIONS EXPO.... 7, 10, 28 et 3 e de couv.

MIRESENS.................................................................... 15

NAFEMS ................................................................4 et 24

PHONOPTICS............................................................... 15

POLYTEC ...................................................................... 15

RÉSEAU MESURES ................................................ 7 et 8

SOCITEC (publicommuniqué) ...................................... 21

SIDO.............................................................................. 25

STÄUBLI ROBOTICS.................................................... 16

TEIJIN........................................................................... 41

TRESCAL...................................................................... 10

V2I ........................................................................ 16 et 23

WIKA...................................................................... 6 et 19

394 %

Voici le taux à peine croyable traduisant l’augmentation

du nombre d’immatriculations de véhicules électriques

recensées en France depuis 2020, soit en un peu plus

de deux ans et, faut-il le rappeler dans ce numéro

spécialement consacré à l’automobile et à ses nouveaux

enjeux, quelques mois à peine après l’annonce de la

Commission européenne de bânir la production de

véhicules thermiques d’ici à 2035. D’ailleurs, autre

chiffre, plus simple à retenir cette fois : 100% – c’està-dire

la totalité – de la flotte du groupe Stellentis sera

électrique. Enfin... toute ? Non. Seulement en Europe

bien sûr. Les moteurs à combustion seront produits

ailleurs dans le monde, aux quatre coins de la planète,

là où le groupe déjà très internationalé possède

d’innombrables usines.

Retrouvez nos anciens numéros sur :

www.essais-simulations.com

52 I ESSAIS & SIMULATIONS • N°150 • Septembre - Octobre - Novembre 2022


5 - 6 OCTOBRE 2022

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LYON - FRANCE

ESPACE

RECRUTEMENT

& EMPLOI

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DE LA MESURE INDUSTRIELLE

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capteurs, systèmes d’étalonnage, métrologie

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de l’ingénieur au technicien, de la

qualité au process, en passant par le

contrôle et la maintenance.

• Un salon convivial à taille humaine.

• Les dernières innovations techniques

et matérielles.

• Ateliers thématiques animés par les

exposants et les partenaires.

• Cycle de conférences

organisé par le CFM.

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sur notre site Internet :

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de réaliser des tests virtuels basés sur des modèles multiphysiques, de la structure

détaillée des cellules jusqu’à l’échelle du pack de batteries, permet de prédire avec

précision les performances des batteries en conditions réelles d’utilisation.

» comsol.fr/feature/battery-design-innovation

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