MAGAZINE PEEL#14

magazinepeel

Création & culture de Reims et d'ailleurs

#14 septembre - octobre 17


uppôts d’histoires…

Hier un dictateur fou nord-coréen a fait tirer un missile au-dessus du Japon, vers

l’océan pacifique. Etrange choc entre les bruits de bottes guerriers et le nom de cet

océan plus tumultueux que calme. Au-delà de la peur qu’elle procure, on peut admirer

la simplicité de forme, les lignes épurées et tendues de l’ogive : du pur design conçu

pour fendre l’air et répandre le chaos en feu d’artifice kaléidoscopique (Kim dirait « remettre

de l’ordre dans l’humanité »). Moins inquiétant mais tout aussi épuré, le design

de Marc Venot convertit les objets usuels quotidiens en œuvres d’une extrême sobriété,

redonnant à la simple ligne toute sa noblesse. Toutes aussi sobres, mais totalement abstraites

ici, les œuvres d’Aurélien Nadaud investissent les murs, transformant en galerie

d’art le Street-univers le plus gris. Investissant des espaces plus réduits, le festival

Ami Ami poursuit en ce début d’automne 2017 l’événement né en 2016 qui s’intitulait

alors Elektrikiki, en clin d’œil à feu le festival Elektricity, et propose un mix de jeune

création d’art et de musique, en toute fraicheur. Dans une ambiance plus capiteuse,

vous serez comme dans du velours place du Forum le 2 e dimanche de septembre pour

la Block Party, rendez-vous annuel produisant un grand tourbillon d’arts et d’expressions

de toutes sortes concernant de près ou de loin les cultures urbaines. Une occasion

pour les rémoises et rémois chics de s’acoquiner avec l’univers de la culture de la rue.

Ici, il sera évidemment plus question de (Big)Bang que d’Atmosphère. Et puis, pour

rester chics, nous vous ferons découvrir une recette d’Arnaud Lallement, chef rémois

dont vous avez sûrement apprécié la cuisine à sa table 3* de l’Assiette Champenoise.

Of course, pour ce numéro de rentrée, vous découvrirez les surprises qu’offre la nouvelle

saison culturelle rémoise, notamment au Centre culturel numérique Saint Exupéry.

Ne regardez pas votre hâle acquis chèrement à Saint Trop’ disparaitre irrémédiablement,

vous ne vous en remettriez pas, mais regardez les pages qui suivent, sous le joli

ciel cotonneux de Reims. Feuilletez, épluchez ce nouveau numéro de votre magazine

Peel, pour de belles histoires couchées sur aplats blancs comme le sable d’une plage.

Joie et bonheur. Bonne rentrée à tous !

Le magazine Peel est édité

par Belleripe SARL.

Tous droits réservés.

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partielle est interdite, sans

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Le magazine Peel décline

toute responsabilité pour

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EN COUVERTURE

© Aurélien Nadaud

ÉDITEUR / Dir. de publication

Benoît Pelletier

rédacteur en chef

arts / musique / édito

Alexis Jama-Bieri

directeur créatif

Benoît Pelletier

RÉALISATION GRAPHIQUE

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08 / grand peel board

10 / peel good

12 / marc venot

Des objets utiles à vivre et à rêver

16 / rayonnement

aurélien nadaud

24 / festival ami-ami

28 / anne-sophie velly

30 / Le Bière Social Club

Sur la trace des contraires

contributeurs

34 / Le Dîner

à la rencontre

de son auteur

36 / block party

40 / annabelle sergent

est de retour

ALEXIS

JAMA-BIERI

dirigeant culturel

Reims

BENOÎT

PELLETIER

directeur créatif

photographe

Reims

JULES

FÉVRIER

journaliste

& photographe

REIMS

44 / charabia Festival

ou le joyeux charivari dans nos rues

46 / saint-ex

Une nouvelle saison teintée d’absurde

AGATHE CEBE

rédactrice &

journaliste freelance

REIMS

Jérôme

Descamps

réalisateur

& montreur de films

Reims

Pauline

saintive

Rédactrice

& animatrice

Reims

Anne-sophie

velly

DA de Maison Vide

art contemporain,

musiques & confettis

Reims

Hélène Virion

chercheur en Arts

& photographe

REIMS

CYRILLE

PLANSON

redac-chef

La Scène

Le Piccolo

Théâtre(s) mag

Nantes

SYLVÈRE

HIEULLE

OVNI (& accessoirement

photographe)

Reims


La playlist ÉCRILlUSTRÉE

d'anne-sophie velly www.mixcloud.com/salsifi-velly/

Connan Mockasin

Forever dolphin love

Je savais qu’il y’avait des phoques près de Boulogne-surmer,

mais tomber sur un amour de dauphin était quelque

peu inattendu. L’été se prête aux surprises un peu sucrées

de ce genre, et redécouvrir « Forever dolphin love »,

un des plus jolis morceaux de Connan, en était une belle.

Ce drôle de mec lumineux blond platine, venu de nulle

part, nous embarque dans son monde, armé d'un son

de guitare hypnotique et d'une voix si singulière et inimitable.

Je file m’acheter une plaque de Galak…

Jeannette

AMIS AMIS

Qui n'aurait pas voulu avoir Jeannette comme AMI(E),

elle qui a chanté, en 1976, une chanson que toutes les

générations (bon ok, peut-être plus celles de moins de

25 ans) connaissent : « Porque te vas ?»? J’ai même le 45t

à la maison. Mais ce choix aurait été trop facile, et moins

à propos que AMIS AMIS. C’est dans le Morvan, rue des

Bonnes Maisons, que j’ai découvert ce morceau, une sorte

de signe peut-être ? Mais lequel ? Cette légèreté couplée

à une naïveté que l’on aimerait parfois retrouver, sorte

de virginité sentimentale, et la douceur de l’oubli qui s’en

dégage…

Philippe Katerine

Amiami

De l’amour, un palmier et un pot de nutella (à la cuillère,

oui je sais, chacun ses vices). " Ses seins sont à MIAMI, ses

fesses aussi, et son ventre aussi. On a loué un bengalow

les pieds dans l’eau, on sait pas quand ça s’arrêtera, non,

on veut pas savoir ça, non non. " Toujours en décalage,

que ce soit à Miami, à Paris ou à Crugny, rose bonbon,

vert fluo et jaune soleil. Si la synesthésie entremêlait ma

vue et mon ouïe, je verrais certainement ces couleurs en

écoutant ce morceau.

ALB

Back to the sun

Flûte alors ! C’est un passage obligé désormais, dans mes

playlists, il faut un " morceau flûte ". Une Love story qui

prend l’eau, Eau de pluie salée ? pluie acide ? Eau douce

ou calcaire ? Histoire inversée et contre-scénario. La vie

quoi. Ce morceau, cette histoire, ça monte, ça descend,

ça remonte puis ça repart vers la pluie. C’est joli et un peu

triste à la fois. Trop de soleil n’a pas que du bon, surtout

pour les vampires trop sensibles.

François Virot

cascade kisses

François Virot a sorti un second disque il y a quelques

mois, « Marginal Spots », je le conseille vivement.

Mais c’est un morceau du 1 er album que j’ai choisi d’illustrer

ici. Parce que ce disque vinyle bleu c’est « l’amour

fou ». Je crois que j'ai usé le diamant de ma platine à

force de le faire tourner dessus.

Cascade kisses, c’est frais comme une pluie de bisous,

c’est simple et sans prétention comme François.

Le soleil n’est jamais très loin des nuages et inversement…

KCIDY

Triste tendresse

C’est la rentrée, tu as choisi ton nouveau stylo plume, tu

as ton effaceur et ton stylo 4 couleurs. Bientôt les mots

griffonnés et les coeurs transpercés, puis rayés recouvriront

la peau lisse de ta trousse toute neuve. Avec KCIDY

la tendresse efface la tristesse, ou, tout au moins elle

l’adoucit. Un moment musical envoutant et planant.

La bande son idéale pour envoyer un avion en papier

par la fenêtre de la classe en rêvant de l’endroit où il va

atterrir. Peut-être loin.


8 évènements à ne pas rater

en septembre - octobre

QUOI Journées européennes

de patrimoine.

Quand Les 16 et 17

septembre 2017.

Où Partout en France.

: Découvrir ou redécouvrir

gratuitement

les musées et monuments

le temps d'un

week-end.

www.journeesdupatrimoine.

culturecommunication.

gouv.fr/

QUOI Ouverture de la

saison de projections de

La Pellicule Ensorcelée.

Quand Le 18 octobre

à 20h30.

Où Cinémas-Opéra.

: I’m not your negro :

le film révélation de

Raoul Peck. Grâce à une

mise en scène esthétiquement

innovante,

la voix de l’auteur James

Baldwin nous touche

au cœur.

www.lapelliculeensorcelee.org

QUOI Divins ornements,

trésors textiles de

la cathédrale de Reims.

Quand Du 7 octobre

2017 au 7 janvier 2018.

Où Au Palais du Tau.

: Découvrez les trésors

textiles de la cathédrale

de Reims à l’occasion

de la saison #EnLices

au Palais du Tau.

www.palais-du-tau.fr

tapisseries.monumentsnationaux.fr

QUOI Blind test

Discorama : musiques

de films #2.

Quand Le 16 septembre,

de 16h à 17h30.

Où Médiathèque Jean

Falala.

: En équipe ou en

solo, préparez-vous et

révisez vos classiques :

vous aurez une minute

pour reconnaître le film

et, pour les plus forts,

le compositeur de la

musique.

www.bm-reims.fr/

QUOI Un samedi

au Cellier.

Quand Le 29

septembre 2017 de 10h

à 18h.

Où Au Cellier.

: Rentrée culturelle

rémoise : Opéra, danse,

théâtre, jeune public,

concerts, cirque et expositions…

Les équipes

des structures culturelles

de Reims vous disent

tout sur la saison qui

s’annonce..

www.reims.fr

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QUOI KIDZ LAB Les

petits régisseurs #1 - son

Quand Le 04 octobre

à partir de 14h.

Où À la Cartonnerie.

: Pas de musique sans

technique ! Pour démarrer

cette nouvelle saison,

la Cartonnerie proposera

un cycle d’initiation aux

métiers du son et de la

lumière. À travers trois

ateliers pédagogiques

animés par des techniciens

professionnels,

nos régisseurs en herbe

découvriront de façon

ludique les coulisses d’une

salle de concert et d’un

studio d’enregistrement.

Tous à vos consoles !

www.cartonnerie.fr

QUOI Être moderne : le

MoMA à Paris.

Quand Du 11 octobre

2017 au 5 mars 2018.

Où À la Fondation

Louis Vuitton.

: La Fondation Louis

Vuitton accueille une

sélection de 200 oeuvres

qui retracent l'histoire

du MoMA dans son rôle

de collectionneur.

www.fondationlouisvuitton.fr

QUOI Visite guidée :

Les noms des rues

racontent.

Quand Le 14 octobre

/ 14h30 - 16h30.

Où À l'office de tourisme

du Grand Reims.

: Voici une manière

bien originale de

présenter l’histoire d’une

ville : à travers les noms

de ses rues. Noms qui

sont souvent liés à des

évènements précis ou à

des lieux disparus.

www.reims-tourisme.com

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© DR

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un objet

(remarquable)

Au magazine, on est fan de

l’illustrateur Shepard Fairey, dont

vous connaissez sûrement la

célèbre affiche « Hope » devenue

l’image icône de la campagne de

Barack Obama en 2008. L’artiste

réitère en 2016, en défaveur de

Donald Trump cette fois. On donnerait

notre chemise pour avoir

une de ses affiches sérigraphiées,

et voilà que la maison des ventes

Châtivesle en a déniché 2 qu’elle

proposera à la vente le dimanche

8 octobre à partir de 14h (contre

seulement un peu d’argent,

gardez votre chemise).

www.chativesle.fr

Shepard Fairey (né en 1970)

Defend Dignity, 2016

Affiche sérigraphiée. Non signée.

90 x 60 cm

Shepard Fairey (né en 1970)

Make Art Not War, 2017

Affiche sérigraphiée. Signée et datée

en bas à droite.

90 x 60 cm


par

agathe cebe

Vous en prendrez bien

une part ?

© angèle caucanas

Radio Jeunes Reims est une station

locale de radio très active. Avec une

grille de programmation qui évolue et

s’enrichit d’année en année et le regard

bienveillant de James Jouffroy, RJR

a su se faire une belle place dans le

milieu de la radio info et plaisir. Une des

dernières émissions née dans le petit

studio de la rue de Contrai sent bon

le goûter sorti du four. Quatre Quarts

s’attaque à la culture, sous toute ses

formes et d’où qu’elle soit. Le rendezvous

est donné tous les mercredis à 19h,

© DR

et c’est un petit groupe de nanas pas-

Un peu, beaucoup, infiniment

Après les scènes d’été, le Cryptoportique n’hiberne

pas tout de suite. Du 4 au 30 septembre,

Véronique Durazzo Tordjemann, plasticienne et

professeur d’arts plastiques, et Didier Ducrocq,

compositeur, musicien, artiste vidéo et créateur

sonore, installent une exposition in situ dans ce

haut lieu du patrimoine rémois : « Infiniment ».

En résidence à la Fileuse depuis le début de

l’année, le duo « les 2 ateliers » conjuguent leurs

talents pour cette installation cinétique, sonore

et vidéo. Une boucle sonore et visuelle de 24

minutes embarque le visiteur dans des méandres

étranges, quelque part entre les infinis. Installation

temporaire, installation en mouvement,

l’objectif de cette exposition est bien de profiter

de tous les bénéfices du lieu, des parois, des

voûtes, des échos, des ombres : le lieu n’est pas

prétexte à l’œuvre, mais une partie de l’œuvre.

C’est un des nombreux intérêts artistiques de

cette installation, qui saura sublimer le Crypto

durant le week-end des journées du patrimoine,

les 16 et 17 septembre.

© DR

sionnées qui se prend au jeu des coups

de cœur et bonnes nouvelles. Parfois

à deux, à trois, ou à quatre, souvent

avec des invités sympas et captivants,

l’équipe de Quatre Quarts ne transmet

que de l’information positive. Ça a le

mérite d’être clair et limpide, et, en septembre,

l’équipe se retrouve et démarre

sa première saison complète. L’émission

est toute jeune, mais la cuisson parfaite.

RJR – 106.1 – Quatre Quarts

tous les mercredis à 19h

Jouet collectif

Du 21 au 24 septembre, la Chapelle de

Vinetz à Châlons accueille une exposition

collective de vingt artistes accaparés

par un seul et même jouet. Un Art Toy,

pour être plus précise. L’expo Sin(RJ)

célèbre les deux ans des Art Toy P-in,

autour de l’artiste Moes et de la Fabrique

Collective. Ils sont donc vingt à poser

leurs griffes artistiques sur un petit

pingouin, des artistes régionaux, dont des

rémois comme Elbi, Emilie Vast ou Antoni

Rsm. Eux trois, et dix-sept autres seront

représentés par leur petit double Art Toy,

comme autant de déclinaisons de pattes

artistiques, sur des supports à la fois

ludiques et artistiques, construits selon

des lois vectorielles et qui défient les lois

de la gravité. Un bel anniversaire : et ce

petit billet est une invitation.

Sin(RJ) – Vernissage 21 septembre

puis jusqu’au 24 septembre

Chapelle de Vinetz à Châlons

« Infiniment » - Les 2 ateliers – du 4 au 3à septembre

2017. Informations : contact@les2ateliers.fr


8

© DR

Clique sur J’aime

Cette année, le Manège de Reims soutient

un appel à participation d’Aude Lachaise,

artiste résidente, performeuse de la lecture

poétique à la danse. « J’aime » propose

de passer de l’autre côté du rideau

et de vivre une saison comme interprète.

Ouvert à tous, le projet souhaite réunir

vingt amateurs qui apprendront, en

octobre 2017 et juin 2018, les bases – et

plus si affinité – de l’expression corporelle.

La création sera présentée sur la

scène du Manège le 2 juin 2018, au terme

d’une série d’ateliers et de répétitions

où le partage et la transmission auront

permis de transformer les individuels en

un collectif. Expression de son histoire,

exportation de soi, langage personnel,

Aude Lachaise, assistée par Gilles Nicolas,

entend bien tirer profit artistique de cette

diversité, de cette ouverture et de cette

fraîcheur. « J’aime » s’engage sur la voie

du spectacle collaboratif, où chaque pas

de danse compte.

Informations : Le Manège

manege-reims.eu - 03 26 47 30 40

Candidatures :

c.gruyer@manege-reims.eu

Cri du corps

© DR

Pour un des premiers rendez-vous de cette saison,

Césaré reçoit Isabelle Duthoit, pour une performance

sonore « Voix concrète, Voix première ».

En solo, la musicienne propose sa voix, pour une

réflexion nouvelle autour de celle-ci. Inspirée de

ses voyages au Japon et de ses expériences aux

théâtres de Nô et Bunraku, elle développe une

technique de voix intime, personnelle, comme une

recherche au fond de notre langage et de son outil

d’expression universel. De ses découvertes expérimentales,

Isabelle Duthoit a créé la performance

« Voix concrète, Voix première » qui vise à dissocier

la voix, du langage informatif habituel. Depuis l’aube

de nos vies, la voix transmet un message, apaise ou

avertit, mais derrière la fonction, il y a une matière,

une texture, et au-delà, au cœur du son, une couleur

qui répond, une émotion. Isabelle Duthoit tend à

se rapprocher du nœud de notre animalité, la voix

ancestrale, le premier cri, le dernier souffle. Clarinettiste

de formation, Isabelle Duthoit n’a jamais cessé

d’apprendre et d’enrichir son projet artistique par

des curiosités du monde entier. Revenant à l’essentiel

de notre instrument premier, elle s’attache à

l’énergie qui nous habite, qui passe, par la voix

et le corps, de notre intériorité au monde extérieur.

« Voix concrète, Voix première » sera présenté en

apéro-concert à Césaré, dans le cadre du festival

We Insist, le jeudi 5 octobre à 19h30. Mais avant

cela, n’oubliez pas de prendre bonne note de toute

la nouvelle programmation de la saison 2017-2018

de Césaré : rendez-vous est donné le mercredi 20

septembre à 19h30, où Philippe Le Goff, entouré

d’invités et d’artistes, vous présentera l’ensemble

des spectacles promis autour de Césaré. Car si

les découvertes sont infinies pour les curieux,

vos agendas ont bien besoin de quelques croix

aux bons endroits, aux bons moments.

Césaré – www.cesare-cncm.com – 03 26 88 65 74


CÈPE BOUCHON

éCREVISSE, PERSIL

par arnaud lallement

Recette pour 4 personnes

Temps de préparation : 1h

Temps de cuisson : 1h

Cèpe

16 cèpes bouchons | 100 g de beurre | 2 cuillères à soupe de vinaigre de

Reims | 1/2 botte de ciboulette | 4 pétales de tomates séchées | sel | poivre

Eplucher et laver les cèpes. Emincer la ciboulette. Couper six cèpes en

deux. Poêler au beurre. Mélanger le vinaigre de Reims, l’huile d’olive,

le sel, le poivre, la tomate séchée et la ciboulette. Assaisonner quatre

cèpes au moment et les tailler en brunoise. Couper les six derniers

cèpes en lamelles. Réserver brunoise et lamelles pour le dressage.

Écrevisse

12 écrevisses pattes rouges calibre 5/10 | 30 g de carotte | 30 g de

poireau | 30 g d’oignon

Peler carotte et oignon. Couper en petits morceaux avec le poireau.

Arroser d’eau. Chauffer. À ébullition cuire les écrevisses pendant 1 mn.

Égoutter et décortiquer aussitôt.

GnocchiS de pomme de terre

250 g de pommes de terre | 15 g de farine | 22,5 g de fécule de pomme

de terre | 1/2 jaune d’œuf | 4 g de sel | 200 g de crème liquide

Ne pas laver ni peler les pommes de terre. Inciser la peau sur tout le

tour. Cuire au four à 200°C pendant 45 mn. Récupérer la chair à l’aide

d’une cuillère. Passer au tamis. Ajouter le jaune d’œuf, la farine et la

fécule de pomme de terre. Faire des rouleaux puis des petites boules

à rouler à l’aide d’une fourchette. Faire blanchir jusqu’à ce que les

gnocchis remontent à la surface. Faire chauffer et réduire la crème de

moitié. Réchauffer les gnocchis dans cette crème juste avant de servir.

En réserver pour le dressage.

Sauce coquillages

0,5 l de jus de coquillage | 200 g de crème épaisse | sel | poivre

Faire chauffer et réduire le jus de coquillage de moitié. Ajouter la crème

épaisse. Assaisonner de sel et de poivre. Réserver.

Purée de persil

2 bottes de persil frisé | 40 g de pousses d’épinards | eau

Équeuter le persil et les épinards. Blanchir pendant 5 mn. Égoutter.

Mixer avec un peu d’eau. Passer au chinois. Prélever la moitié et mélanger

avec la sauce coquillages.

J’aime particulièrement le cèpe

bouchon, bien ferme et délicatement

parfumé. Et il a la forme

d’un bouchon de champagne !

Coupé en deux, rôti au beurre

avec du gros sel. Doré et croustillant

en surface, moelleux à

cœur. Ce jeune cèpe a un arôme

de pain grillé, un côté évolutif

que l’on retrouve dans certaines

cuvées.

Dressage

Répartir la brunoise de cèpes dans chaque assiette. Poser les gnocchis

et les écrevisses au centre. Ajouter les cèpes poêlés et des lamelles

de cèpes crus. Faire des points de purée de persil. Napper de sauce

coquillages persil.

CÈPE BOUCHON, ÉCRVISSE, PERSIL © matthieu cellard


Les dunes blanches

du Cap Ferret

Ici le sable est fin, fin. Les grains mélangent les

couleurs beige, gris, rose, paille, jaune, orange.

Il agglomère des grains fins aux mollusques, aux

éclats de coquillages polis par les vagues incessantes.

Il scintille, il fait mal aux yeux au midi et

devient feu au couchant, il est doux au pied et

peut devenir cinglant lors des grands vents. Il

forme ici d’immenses dunes où le corps et l’esprit

s’ébattent. Sous le soleil c’est l’été qui grise, sous

les nuages noirs c’est la force vive de l’océan et

du sable qui rend vivant. C’est simple, c’est brut

et revigorant.

De ce paysage, un boulanger venu de Vire a créé

un dessert si simple qu’il s’est imposé en dix ans

comme une spécialité héritée des siècles anciens.

Or, ici, aux siècles anciens, il n’y avait que oiseaux

et chevaux sauvages. Que s’est-il passé ? Après

des allers-retours dans sa vie, son métier et dans

plusieurs villes (dont un an de service militaire

La brioche du Vast

Cela fait combien de temps que ça dure ?

Quand vous venez de Valognes, la départementale

25 vous emmène vers la Saire qui

s’alanguit dans une petite vallée, une sorte de

définition vivante du mot bucolique. D’ailleurs,

si vous observez bien, Gustave Courbet y a ses

habitudes. À la sortie du pont de pierre, voici la

Boulangerie de la Brioche du Vast.

Quand vous venez de Barfleur, vous passez les

sous-bois de châtaigniers et de noisetiers, vous

traversez Le Vast, direction Quettehou, vous

passez le pont qui enjambe la cascade de La

Germonière et en remontant sur la gauche, la

Boulangerie du Vast est là.

à… Sedan), Pascal LUCAS achète une boulangerie à

Grand Piquey l’un des villages de la pointe. Son envie

est de proposer des pains cuits au feu de bois.

Bingo ! les clients se pressent. Dans le fournil on s’active

la nuit. Pour calmer ses fringales nocturnes, Brice,

le fils aîné devenu boulanger, trempe des chouquettes

dans la crème à Tropézienne, pourquoi choisir quand

on peut additionner les plaisirs ?

Re-Bingo ! Père et fils, affinent la recette et, le 13 mai

2006, ils fourrent 60 chouquettes avec une crème devenue

secret de fabrication. Ils les mettent à la vente

sans avoir de nom et sans même savoir le prix.

Re-Re-Bingo ! C’est parti pour une progression fulgurante

et surtout pour une histoire d’amour entre

les ferrets-capiens, les touristes et cette chouquette

à la crème. Manque le nom, c’est une employée malgache

de la maison qui, regardant le sucre glace des

chouquettes, prononce les mots magiques : mais c’est

comme les dunes blanches d’ici !

Une œuvre collective.

Le chou est doré, caramélisé. Des petits morceaux

de sucre ornent la croûte, recouverte d’une neige de

sucre glace. Quand les vendeuses arrivent avec les

plaques de Dunes Blanches, vous ne pouvez pas résister,

c’est primal, c’est grégaire « J’en veux ! ».

Est-ce la couleur, la jolie odeur de sucre et de caramel

? Pas la peine de résister. Mais le pire est à venir.

Néophyte, vous croquez dans la chouquette et

vlan, la crème dégouline dans votre bouche et sur

vos doigts. Plaisir de lécher ! La crème est légère,

Deux institutions autour d’un même sujet,

la brioche. Une belle ronde, une belle dorée,

une belle scintillante de beurre, une belle

mousseuse, une belle cannelée. LA brioche

de l’enfance, celle de quatre heures, celle

de Marcel Proust sans aucun doute, celle que

vous n’imaginiez pas attendre, celle que tous

les enfants veulent tartiner de confitures aux

abricots ou de gelée aux mûres tout juste

empotées de la saison, celle qui fait les doigts

luisants après l’avoir dégustée, celle qui ressemble

à un péché, celle qui fait venir la salive

dans la bouche quand on y pense, celle qu’on

apporte chez les amis, celle… Elle est ici et ces

deux boulangeries vous la proposent.

Pourquoi décider de la meilleure boulangerie

quand toutes les deux ont du savoir-faire ?

Au choix, une semaine l’une, une semaine

l’autre. Pour les gourmands, les jours pairs

ici, les jours impairs là-bas. Pour les over-size

gourmands, achetez les deux pour lancer le

concours : avec ou sans confitures, avec pâte à

tartiner ou non, dans le thé ou le café. J. D.

Boulangerie de la Brioche du Vast

12 Les Moulins – Le Vast – 02 33 54 13 35

La Boulangerie du Vast

27 Les Fours – Le Vast – 02 33 54 13 56

mousseuse, la vanille y est reine. L’association de

la pâte craquante et de cette crème velours est

une merveille, un délicieux frisson parcourt votre

corps, c’est la fête chez les papilles, votre odorat

s’affole, la langue et le palais sont au nirvana. Une

telle alliance respire l’évidence, cela explique que

ce dessert soit devenu l’indétrônable spécialité du

Cap Ferret.

M. Lucas aime gober la crème par le dessous avant

de croquer le chou, certains clients veulent les dévorer

encore tièdes, d’autres attendent quelques

heures pour qu’une alchimie du mélange se fasse

entre pâte et crème pour plus de tendreté.

Ne cherchez pas les Dunes Blanches ailleurs que

dans les boulangeries Lucas du Cap-Ferret, Arcachon

ou de Bordeaux, elles ne sont qu’imitations.

Plus qu’une solution : le LGV jusqu’à Arcachon,

la navette de l’Union des Bateliers Arcachonnais

pour traverser le bassin (inépuisable sensation

de bonheur) jusqu’à Bélisaire et c’est parti pour

l’aventure gourmande. J. Descamps

Boulangerie Pascal

46 route du Cap Ferret

33950 Lège-Cap Ferret

05 56 60 96 90

La recette simple

de Jérôme Descamps

Le tzatziki « au revoir à l’été »

1 concombre, variété ancienne | Yaourt de brebis

ou yaourt « à la grecque » ou encore mieux, brousse

de brebis | 1 gousse d’ail | Huile d’olive | Poivre du

moulin et sel | Herbes aromatiques

La fin de l’été est propice à trouver de

beaux concombres grumeleux, cousin

goûteux du cornichon. Au-dessus de

l’évier, le peler, l’égrainer et le râper

(pas la peine de sortir le robot, la râpe

simple suffira) dans une passoire (fine

grille). Oubliez-le. Dans un joli bol, mélanger

la brousse à l’huile d’olive (quantité

selon votre goût), l’ail émincé (pour

les allergiques à l’ail, vive l’échalote),

les herbes ciselées voire effeuillées (au

choix : ciboulette, aneth, persil plat,

cébette, pourquoi pas de la coriandre

cela dépendra de votre marché), sel

(pas trop, gouttez la brousse) et poivre

du moulin. Égouttez les concombres

(pressez-le un peu) et mélangez avec

la sauce. 1 heure au froid impératif.

À déguster sur des croutons, avec des

légumes découpés en bâtonnets, des

gressins… Le rosé est impératif, après

ce sera l’automne, le vin rouge reprendra

ses droits.


design

_Lexon Secret Box © DR

_Lampe Acrobat © DR


2

design

marc venot

Des objets utiles à vivre et à rêver

_© Pierre Monetta

Un fauteuil comme un vortex moelleux, une lampe

équilibriste, une boîte magique à secrets ou encore

une chaise éléphant pour enfant, le designer

Marc Venot imagine des objets du quotidien qui

invitent immédiatement à l’usage. Il rêve d'objets

qui ne seraient pas inutilement bavards, juste élégants

et utiles.

" L'objet se révèle par la manipulation, c'est la main qui donne

une réalité aux choses. Dans notre société de surabondance,

c'est la qualité de l'usage qui va lier l'homme aux objets. L'esthétique

est assez subjective au bout du compte, c'est un air du

temps très volatile, en revanche si j'aime utiliser un meuble, une

lampe ou une pince de cuisine, je vais les garder longtemps et

c'est tout le but de mon travail ", explique Marc Venot.

À 38 ans, il est l'un des designers français les plus en vue de sa

génération. Depuis la création de son studio en 2011, il collectionne

les collaborations avec les marques prestigieuses comme

Thonet, Missana, Normann Copenhagen, Lexon ou encore

Mastrad avec à la clé quelques récompenses qui assoient bien

une notoriété : le German Design Award 2017 dans la catégorie

" Luminaires " ou le Grand Prix de la Création décerné par la

Ville de Paris dans la catégorie " Designer confirmé ".


design

_Prix Émile Hermes © DR

_Lumière soufflée © DR _Quetzal lamp © Marc Venot


4

design

À son actif parmi d'autres best-sellers, le fauteuil Quetzal de

la marque Missana dont les coussins bicolores et réversibles

évoquent un diaphragme d'appareil photo ou une sorte de

vortex qui s'ouvre à la demande sur une autre dimension de

couleur ; la lampe à led Acrobat pour Normann Copenhagen

munie d'un astucieux système d'aimants lui permettant d'adopter

des positions qui mettent à mal les lois de la gravitation,

ou la Secret Box pour Lexon, une tirelire qui devient opaque

grâce à un double fond et au principe d'équivalence de volume.

Des créations qui empruntent avec humour à la physique et à

la mathématique, matières que Marc Venot a étudiées après son

bac. " J'aime bien que l'objet ait un côté malin, qu'à la première

prise en main il y ait une surprise chez l'utilisateur. Cela permet

de mieux se l'approprier ", estime-t-il.

_Quetzal Missana © Cualiti Jimenez de Nalda

de création, comme de la pâte à modeler. Après le pilote est réalisé

par l'imprimante 3D, une véritable révolution qui permet

de valider les prototypes rapidement et à moindre coût. " Pourtant,

souvent il avoue construire entre temps des maquettes en

papier ou en carton à l'échelle, histoire de sentir si la main se

pose en amie. Toujours persiste chez lui ce rapport charnel à

l'objet, avec la conviction que l'innovation, le geste et l'usage

forment les termes d’une élégante équation qu'il tente à chaque

fois de résoudre.

Mais comment donc passe-t-on des bancs de la fac de science à

la conception de sièges design ? " Je ne me voyais pas prof, après

l'université j'ai présenté l'Ensci (École nationale supérieure de

création industrielle) et par chance j'ai été reçu. À cette époque

je n'avais pas de vocation artistique immédiate, c'est peut-être

cela qui leur a plu. Cette école a été la révélation, depuis je me

lève chaque jour avec le même plaisir. "

Fraichement diplômé de l'illustre école, il entre à l'agence parisienne

" Cent degrés " où il se consacrera essentiellement aux

flacons de grandes marques de parfum. " J'avais besoin de

travailler vite, mes deux filles jumelles venaient de naître ! "

Une expérience de six ans, le temps de faire ses classes et " apprendre

à parler aux gens du marketing, ce qui m'a été bien utile

par la suite ". Sauf à tourner en rond autour d'un même concept

et ne plus goûter à la surprise, il faut bien un jour se lancer en

solo. Le déclic, il le doit à James Irvine, le directeur artistique de

Thonet : " Quand un designer de cette pointure vous conseille

d'y aller, ça donne de l'élan ! "

Quelques mois de vaches maigres au début de l'aventure solo

mais très vite les commandes plus lucratives arrivent sur son

bureau, " c'est un métier difficile, les processus de fabrication

sont longs et nous ne gagnons un peu d'argent que sur les royalties.

Il y a un cercle vicieux : pour avoir des commandes il faut

être un peu connu dans le milieu et pour être connu dans le

milieu il faut sortir des produits quasi en autoproduction.

La boucle doit se mettre en place, sinon il faut tenir ou changer

de métier. "

Ses prochaines envies de créations ? " J'aimerais bosser pour une

entreprise qui fabrique des outils, des beaux outils ! "

Le rapport charnel

En général tout commence par un " crobar " jeté sur une feuille

blanche histoire de voir si l'idée tient la route, " je suis un piètre

dessinateur à tel point qu'avant l'informatique je n'aurais jamais

pu faire ce métier ", alors très vite c'est l'ordinateur et la modélisation

3D qui prennent le relai : " C'est pour moi un pur outil

www.marc-venot.com

RETROUVEZ certains deS objets DE MARC VENOT

dans la boutique dp style

au 50 Cours Jean-Baptiste Langlet

DPSTYLE.FR

facebook.com/dpstyle.fr

texte

Jules Février


art contemporain rayonnant

RAYONNEMENT

AURELIEN

NADAUD

_ © DR


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art contemporain rayonnant

Des terrains vagues au théâtre national de Bruxelles, Aurélien

Nadaud intervient sur des lieux de passage et de vie. Dans le

plus grand respect de l’environnement, ce Bordelais d’origine,

balise par ses stries rouges et blanches l’espace, ou travaille

ses aspérités, ses volumes. À l’aide de rubalises et de scotchs

de couleurs il marque temporairement son emprunte par des

formes envahissantes. Au gré des commandes artistiques et des

projets personnels il tisse autour de l’espace urbain, d’abribus

_ © DR

La rubalise signale des lieux temporaires. Elle délimite,

marque une zone de chantier, de secours, de

parcours voire une scène de crime. Par ses stries

le plus souvent rouges et blanches elle attire notre

attention ou nous met en garde. Sous les doigts

de l’artiste plasticien Aurélien Nadaud, nul danger,

mais une invitation à contempler, à vivre ses

installations monumentales dès le 12 septembre

au Manège de Reims.

texte

Hélène Virion

en architectures renommées, une forme rayonnante qui investit

l’espace. Comme il trace sur les façades d’immeubles des formes

organiques au gré de leurs aspérités.

L’improvisation est d’ailleurs très importante dans son travail,

car aucun croquis ne préexiste à l’œuvre. Le lieu, ses contraintes

et potentialités en conditionnent la forme. L’artiste à la fois

plasticien, poète et performeur attend patiemment le grand

jour pour investir l’espace et le faire rayonner, le faire résonner.

Il me confiera d’ailleurs l’importance de cet « être-là » pour sa

créativité. Un rapport au corps et à la performance d’ailleurs

hérité de sa pratique du cirque. Dans son travail l’installation

n’est pas une phase préparatoire, mais une véritable expérience

avec l’espace. Sa seule contrainte de création liée à la topologie

des lieux, lui impose d’ailleurs parfois de jouer les acrobates.

Son retour dans la ville des Sacres sera le théâtre d’une nouvelle

installation en septembre qui le fera jouer les funambules

jusqu’au sommet du Cirque.


_ © DR

art contemporain rayonnant


_ © DR8

art contemporain rayonnant

_ © DR


art contemporain rayonnant

Aurélien Nadaud

pratique aussi le dessin

et des instalations à

base de gaff, un adhésif

utilisé notamMent dans

le spectacle vivant.


art contemporain rayonnant

_Œuvre permanente in situ dans le studio du Manège © DR

_ © DR

0_ © DR


art contemporain rayonnant

Pour l’ouverture de la saison du Manège et les 150 ans du

Cirque, l’artiste en résidence nous promet du changement et des

performances intimistes. Pour son intervention monumentale

autour du cirque, la rubalise laissera place à des rubans blancs.

Il s’affranchira ainsi des limites, des bornes imposées par les

stries blanches et rouges des rubans utilisés précédemment.

Grâce aux rubans blancs, il ne sera ainsi plus question de ligne

de séparation, mais d'une nouvelle forme de partage, celle de

l'artiste en performance et de l'œuvre à expérimenter.

Lors de notre entretien il laisse planer sur cette nouvelle installation

monumentale un certain mystère. Même si la forme de

l’œuvre est définie, une part de hasard subsiste et l’empêche de

nous en dire plus. Elle est immanquablement liée aux aspérités

et volumes du lieu, mais également aux rencontres de l’artiste

lors de la réalisation de son œuvre. Car Aurélien Nadaud est à

l’écoute des lieux, comme de ses occupants. Il compose l’œuvre

sans idée préétablie. Il lui donne vie au gré de ses expérimentations

et échanges. Le seul élément déterminé concerne les

matériaux. Pas moins de 5 à 10 kilomètres de rubans blancs

positionnés à partir du point le plus haut du Manège seront

nécessaires au rayonnement de son installation. Tentons d’en

savoir plus sur le théâtre de son intervention.

Comme nous venons de l’évoquer tu vas intervenir au Manège de

Reims. Pourrais-tu nous dévoiler d’autres indices sur l'installation

monumentale que tu vas mettre en œuvre durant ta résidence ?

C'est une œuvre In Situ.

Installation et architecture s'épousent pour donner un message

paisible, d'ouverture, d'épanouissement. L’installation a été

pensée pour et par le lieu dans lequel elle prend forme dans une

mise en valeur réciproque.

Les rubans que tu vas utiliser seront cette fois entièrement

blancs, pourrais-tu nous expliquer cette nouvelle tendance à

l’épure…

J'épure pour rendre visible l'essentiel, l'origine de toute chose,

ce qui est là depuis la nuit des temps. Je souhaite aussi impulser

une visibilité accrue du blanc en ville, pour équilibrer le

trop plein de gris. C'est un peu comme si les portes du paradis

terrestre devenaient une réalité physiquement contemplative,

comme si le blanc pouvait nous faire accéder à la lumière, à nos

propres lumières… Une lumière vierge, inaltérable, illimitée.

Pourrais-tu nous expliquer ce nouveau tournant dans ta pratique…

Je quitte petit à petit la rubalise rouge et blanche, trop yang à

mon goût maintenant, trop dynamique, trop connoté sur le

questionnement des limites. J'ouvre au blanc, au yin, à la douceur,

à l’énergie.

Ce tournant est une évidence. Je ne voulais plus de rouge et de

blanc hachuré. Je voulais cette sensation de paradis vierge. Le

blanc m’est alors apparu comme naturel pour amener l’idée de

pureté dans les espaces que je transforme.

Le point culminant de ton installation sera sur le toit du cirque.

Ne serais-tu pas un peu funambule ?

Effectivement, je suis un funambule en équilibre constant sur

le chemin de ma propre voie. J'ai été circassien aussi, jongleur

et clown surtout, et j'ai aussi pratiquer le fil de fer dont j'aime

énormément la sensation de liberté qu'il procure en étant en

mouvement sur celui-ci, en équilibre. Il est une métaphore, de

la vie libre. D'ailleurs dans le mot équilibre, il y a libre.

Avant de nous laisser patienter à quelle heure nous donnes-tu

rendez-vous pour découvrir ta dernière œuvre produite pour le

Manège de Reims ?

Elle se construit dès le 6 septembre et l’inauguration aura lieu

le 12 septembre à 19h. Libre à chacun de faire son chemin vers

elle ! N'hésitez donc pas à venir me rencontrer lors de sa réalisation.

L'installation d'œuvres urbaines a cette capacité de partage

lorsqu'elle se déploie avec cœur et qu’elle est l’occasion d’ouvrir

un présent dans un Nous commun.

Soirée d’ouverture du Manège

le 12 septembre 2017 à partir de 19h

Entrée Libre

2 Boulevard du Général Leclerc 51100 Reims

Artiste Associé Au Manège

Scène Nationale de Reims Saison 2017/2018

manege-reims.eu

www.aurelien-nadaud.com

facebook.com/pg/NadaudAurelien

instagram.com/aureliennadaud


2_ © DR

art contemporain rayonnant


club de rencontre


4

club de rencontre

Si tu as

des amis

et que

tu aimes

les Curlys…

festival

ami-ami

14 - 24 septembre

L’année dernière, nous assistions, émus et ébahis,

à la naissance d’Elektrikiki, présenté comme

la jolie bouture d’Elektricity, grand cousin déjà

émancipé depuis plusieurs années. Et cette année,

nous pouvons être toujours aussi ébahis de voir

comme le petit festival de la rentrée rémoise a

bien grandi. Il parle bien, il écoute du bon son,

il court partout, et il est très sociable. Tellement

sociable, qu’on l’a rebaptisé Ami-Ami.

Ami-Ami, à Miami, ou miam miam miam à l’infini… C’est un

festival qui a de l’écho. Créé par Anne-Sophie Velly, directrice

artistique de Maison Vide à Crugny, Ami-Ami rassemble, réunit,

en comités petits, pour un plaisir sensible, partagé autour

de la musique et des arts visuels variés. Ce n’est pas une recette

compliquée, et c’est la simplicité affichée de ce petit festival qui

en fait sa singularité : bon-enfant, ouvert et accessible, Ami-

Ami nous glisse à l’oreille que tout est bon pour être apprécié

à sa juste valeur. Être ensemble, c’est déjà un petit rien qui fait

tout. Et dans notre monde moderne à mille à l’heure, il est

grand temps de prendre le temps de rassembler.

Le ciment de ces rassemblements est préparé et mitonné avec

attention par Anne-Sophie Velly. Dans un souci constant du détail,

elle aime promouvoir des belles personnes, des univers atypiques,

et des talents méritants. Aussi, du 14 au 24 septembre,

la programmation d’Ami-Ami est une dentelle tissée avec intelligence

et précision pour mettre en valeur les arts – plastiques,

visuels, musicaux – émergents. Du coup de cœur au coup de

pouce, Anne-Sophie sait comme son festival est un ressort, un

tremplin, et pour les artistes, et pour Maison Vide qui, là-bas

dans la vallée de l’Ardre, observe son petit gambader dans la

jungle urbaine.


club de rencontre

Et si ça vous dit de venir gambader avec lui, il va falloir prendre

quelques rendez-vous.

Comme toute bonne surprise-party, Ami-Ami a prévu un Before,

au Lieu Minuscule, comme une nostalgie de l’année dernière,

où nous nous étions tous retrouvés autour d’un blida de

champagne et d’un vinyle de Michèle Torr. Cette année, le 14

septembre à partir de 19h, Ami-Ami vous convie au vernissage

de l’exposition de Marion Montel, « Entropie », où la pratique

de la broderie vient sublimer des objets du quotidien ou du

souvenir.

Suite à ce premier rendez-vous, dans les starting-blocks, Ami-

Ami vous attend pour son coup d’envoi officiel, le 18 septembre,

à partir de 19h, au Mojito SkateShop. À cette occasion, vous

pourrez apprécier le travail d’Agathe Sorlet, en vernissage également,

qui a dessiné tous les petits personnages Ami-Amiesques

qui risquent de danser dans vos têtes pendant plusieurs semaines.

Le lendemain, mardi 19 septembre, dès 18h30, ce sera

encore l’occasion de faire ami ami autour de la piscine de l’hôtel

Mercure Farman, pour la présentation de la fresque effectuée

par l’artiste retenu suite à l’appel à projet lancé par Ami-Ami.

Un partenariat audacieux, entre cet établissement hôtelier et

un artiste émergent, liés par la complicité d’Anne-Sophie Velly.

Paulette Wright sera là, avec ses instruments et sa belle voix,

pour clore en beauté la résidence exceptionnelle de cet artiste.

Quand il s’agit de s’ambiancer, Ami-Ami fait bien les choses.

Aguerris et chauds bouillants après ces petits amuse-gueule

musico-artistiques, vous vous sentirez almost ready pour les

trois dates, noyaux du festival. Le 21 septembre, dès 19h30, Angel

– projet solo d’Anthonin Ternant (photo 2), des Black Bones

– viendra prêcher la bonne parole à Déco du Jardin, une serre

végétale unique en son genre. Avant de chanter, Angel dévoilera

d’ailleurs en avant-première son clip, tourné au mois d’Août.

Antoine Pesle et Dominique Gilliot, musicien et performeuse,

présenteront le fruit de leur projet, bercé en résidence à Maison

Vide au mois d’Août. Et KCIDY sera aussi de la partie, comme

une vague musicale doucereuse. Le 22 septembre, fi de la lévitation

et de l’apesanteur spirituelles, Ami-Ami invite Kumisolo

(photo 3) et Voyov, deux OVNIS musicaux qui se démarquent

par une pop électronique, tantôt acidulée, tantôt langoureuse,

et des textes espiègles, voire grinçants, indissociables de notre

quête de poésie du quotidien. Un DJ Set de Herr Pop, pour finir,

histoire de bien vous énerver avant d’aller vous coucher… On

dit merci qui ? Mais Ami-Ami, c’est pas fini. Le 23 septembre, à

la Comédie, seront présents deux beaux garçons, Malik Djoudi

et Ian Bourlon, pour deux scènes romantiques et lyriques, suivis,

toujours pour danser avant que le jour ne se lève, de Nathan

Zahef, DJ Set 100% rémois, 100% consommation locale.

Ceux qui n’ont pas l’intention de se coucher pourront poursuivre

directement au marché Jean Jaurès, dès 9h, pour le DJ

Set Double Cagette. Mais sinon, pour une flânerie dominicale

décomplexée et reposante, Ami-Ami, comme à son habitude, a

convoqué le Marché Super pour un Sunday Market pour bénéficier

du Grand Opening de la Cartonnerie, dès 10h.

C’est un marathon sans autre effort que celui d’être heureux, là,

ici, maintenant.

Et pour multiplier les plaisirs, comme un mini-Noël de septembre,

Ami-Ami a prévu des surprises et des goodies jubilatoires.

Des patchs brodés, des sacs, des pin’s, des tatouages

éphémères : toutes ces babioles mignonnes seront en vente sur

le site du festival, et au Mojito SkateShop. Un numéro hors-série

du Balm va également être distribué, au gré des festivités.

Ami-Ami, c’est comme une grande kermesse pour grands gamins

: personne ne repart décemment les mains vides après les

spectacles. Et on en est grisés, comme des enfants. Vous l’avez

compris, Ami-Ami, en petit festival de rentrée, est une grande

récréation : en resserrant les liens, et sans grandes envolées

ni démonstrations excessives – c’est pas le genre de la Maison

(Vide) – il donne la pulsation dynamique pour bien emboîter le

pas de l’automne. Aucun autre tempo ne vous fera danser toute

l’année.

facebook.com/amiamifestival/

texte

Agathe Cebe

illustrations

Agathe Sorlet


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club de rencontre

1_Malik Djoudi

© Vincent Sannier

2_Angel © DR

3_Kumisolo Kakuki © DR


petit nuage

annesophie

velly

directrice artistique

ami-ami festival

&

maison vide


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petit nuage

Anne-Sophie Velly m’a donné

rendez-vous à l’Air du Temps,

un petit rade pour « date »

discrète, « mais j’aime bien

le nom », précise-t-elle.

Elle est venue sans son vélo

jaune, mais avec son tee-shirt

Mille Bornes, ses tatouages

et ses boucles parfaites.

Comme je la sais bon public

quand il s’agit de chanter du

France Gall, je me suis amusée,

à la Ardisson, avec une interview

« chanson française ».

Et je n’ai pas noté toutes les fois

où elle a ri…

Si tu as toujours voulu être une artiste,

c’est plutôt pour pouvoir faire ton numéro

ou pour avoir le monde à refaire ?

Faire mon numéro perso, ça non ! Mais

depuis toujours, je veux émettre ma vision

du monde particulière. Une vision

de plasticienne, ou juste d'une nana un

peu barrée qui aimerait vivre dans une

comédie musicale de Jacques Demy.

Je ne veux pas me mettre en avant,

simplement être dans le partage. Je vois

les choses de manière décalée, pas en

réalisme, mais en fantasmé. Je peux

imaginer des nichons quand je vois des

parasols, ou voir un beau doigt d’honneur

dans un nuage. Les gens aussi, que

je croise, que j’observe, m’évoquent de la

poésie et m’emmènent vers des histoires

que je me raconte ou que je raconte aux

autres. Mon rôle d’artiste, c’est de partager

ce décalage-là et aussi de poser des

questions essentielles comme « Où va le

blanc quand fond la neige ? »

L’idée d’organiser un festival à Reims,

est-ce une petite entreprise qui ne

connaît pas la crise ?

L’année dernière, quand j’ai lancé l’idée

d’Elektrikiki, un peu sur le ton de la

blague, j’ai pas mal de potes qui m’ont

dit que ce ne serait économiquement

pas viable… Et effectivement, les

festivals connaissent la crise. Ce n’est

pas facile, mais comme j’aime travailler

dans la contrainte, ça rend les choses

excitantes, mais aussi fatigantes, par

moment, soyons honnête… Et puis,

rapidement, j’ai eu le soutien très fort

de plusieurs partenaires privés.

Je pense à des personnes comme

Antony Villeger, qui ont tout de

suite cru en ce projet, avec beaucoup

d’enthousiasme. Ça génère un équilibre

dans l’aventure. Même si l’économique

n’est pas une fin en soi. En plus, ces

festivals sont portés par Maison Vide,

qui a, à la base, une économie fragile.

Alors, on compense par le plaisir, « plaisir

d'offrir », et par la conscience accrue

que les festivals sont des outils de

développement pour Maison Vide, des

leviers. Ça donne de l’élan pour créer

des projets communs aux plasticiens

et aux musiciens. C’est un cap que je

souhaite tenir pour 2018.

Au niveau de l’organisation, c’est plutôt

« All by myself » ou « Les jolies colonies

de vacances »?

Au départ, pour la programmation, les

recherches de lieux, et partenaires, c’est

vraiment All by myself ! Mais derrière,

j’ai une équipe de choc. Un noyau dur

qui me suit toujours, avec Steeve Grand

Sire en tête de file, et d’autres bénévoles

qui se greffent avec grand plaisir…

Je fonctionne en trio avec notre

régisseur et notre administratrice, des

professionnels recrutés. Et puis j’ai les

amis fidèles, des spécialistes du milieu,

comme Cédric Chemineau : ses conseils

et sa bienveillance m’apportent sérénité

et contacts utiles. Du coup, au final,

c’est plutôt jolies et joyeuses colonies !

Et Maison Vide ? Que fais-tu dans la Maison

Vide ? Tu passes ta vie à écouter des

symphonies ou à regarder les oiseaux

qui passent ?

Ah ! Je fais tellement de choses à

Maison Vide que je m’y sens presque

à l’étroit, d’où cette ouverture vers

l’extérieur. Mais c’est une base, un point

de repère, et pour le public et pour moi.

À Maison Vide, on accueille des artistes

en résidence, on y fait des expos.

Il y a aussi des musiciens qui viennent

y répéter avant des concerts. Maison

Vide cristallise toute la liberté dont j’ai

besoin dans cet univers de contraintes

créatrices que j’ai évoquées tout à

l’heure. Même si les contraintes sont

excitantes, c’est bien aussi de se laisser

le temps de respirer. Maison Vide

permet cela. La ruralité me plaît : elle a

un sens particulier, et est de parti pris

dans le projet… en lien direct avec mes

origines et mon enfance. La richesse de

Maison Vide, c’est aussi de se réinventer

à chaque saison : toutes les histoires qui

la traversent sont si différentes. De la

musique à l’art, de l’art à la poésie, et

tout cela concorde en rencontres. Et les

rencontres forgent les projets, et mon

quotidien. Maison Vide, c’est le berceau

de l’humanité, en fait (rires) – j’ai peur

que les gens me prennent au sérieux ! –

Ou l’Origine d’un Monde !

Dans ton Comic Strip 2017-2018, c’est

plutôt « Shebam », « Pow », « Blop » ou

« Wizz »?

Je dirais plutôt BIM BAM ! J’ai une

année pleine de projets encore. Et je

dois d’ailleurs développer mon don

d’ubiquité. Encore une fois, beaucoup

de rendez-vous seront donnés à Maison

Vide. Mi-Juillet 2018, on va organiser

un festival à Crugny, sur fond de

tracteurs et de pivoines. Une opportunité

s’est présentée avec la complicité

de Xavier, notre ami agriculteur qui est

ravi de travailler avec nous et de faire

bouger le village. Toute cette année,

nous accueillerons donc des artistes en

amont du festival, pour des résidences

art / musique qui prépareront cet évènement

progressivement. À côté de ça,

je suis également très active à la

FRAAP, la Fédération des Réseaux et

Associations d’Artistes Plasticiens, qui

est une organisation professionnelle.

Je veux être utile au bon respect des

droits des artistes et des devoirs des

lieux de diffusions. Et à ce rythme, mon

agenda se remplit vite, d’autant qu’il se

gorge souvent de surprises inattendues

et que j'adore ça !

www.maisonvide.fr

texte

Agathe Cebe

portrait

Benoît Pelletier


ière, musique & good vibes


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bière, musique & good vibes

L e

Bière

Social

Club

Sur la trace

des contraires

C’est l’été, les revoilà. Elles et ils sont tous là, attablés, joyeux,

détendus. Et ça sirote, et ça gouleye, ça déglutit et ça pousse

des « Huuummm ! », des « Ahhh, que c’est bon ! », les glottes

s’agitent, les gosiers se réhydratent, les moustaches blanches se

forment sur la lèvre supérieure, les sourires arrivent, la détente

n’est pas loin. Les « Buveux de bière » reviennent sur les terrasses

comme les hirondelles de printemps sous les toits.

J’aime tout dans la bière, le nuancier des teintes, la mousse onctueuse

et la buée qui se forme à l’extérieur du verre, les fines

bulles qui courent sur le galbe intérieur. J’aime aussi les verres

qui disent à eux seuls que cette boisson-là est un art. J’aime

même tirer la bière, voir couler le liquide, se former le tourbillon

qui donnera la mousse, il y a une dynamique très sensuelle

du tirage de bière. Bref, j’aime tout dans la bière sauf… la bière.

L’amertume du houblon ne trouve pas sa place dans mon palais.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé les industrielles, les trappistes,

les artisanales bio, les fantaisistes, rien n’y fait. Une avanie secrète,

car Ardennais je suis, et tout Ardennais est né dans un

chaudron de bière comme Obélix dans la potion magique.

En cette fin d’été, me voici en route vers le Bière Social Club.

Entretien avec Jean Delestrade de l’association Jazz Us, détentrice

de l’idée :

À l’origine, Gilles Gautier et moi aimons faire la fête en buvant

de bonnes bières et bien sûr, nous aimons le Jazz. Souvent, les

trois se mêlaient. Notre rencontre avec le brasseur Yves Lebœuf

a été déterminante. Rémois d’origine, c’est lui qui a pris contact

avec nous. Nous avons rencontré alors un jeune homme original

développant une approche « œnologique » de la bière. Il développait

ses bières en Belgique dans le cadre du Bruxelles Bière Project

(www.beerproject.be). Nous avons passé un après-midi à lui

faire écouter des artistes, une sorte d’histoire du jazz en accélérée

et Yves nous faisait goûter des bières en fonction des rythmes,

le jazz des années 1940 s’accompagnait d’une bière légère pour

avoir envie de danser.

« Bière Social Club » - BSC

B comme bière : c’est d’abord par plaisir. Puis, nous avons découvert

un monde incroyable, la bière n’est pas mono-goût.

Par exemple, nous avons découvert une bière italienne vieillie

dans des fûts de vinaigre balsamique, d’autres affinées dans des

anciennes cuves de cognac ou de grands crus de Bourgogne. Nous

voulons donner une autre vision de la bière.

C comme Club : c’est l’idée de créer un espace privé, cosy, fraternel.

S comme Social : c’est pour l’ambiance bon enfant. Nous aménageons

des coins tranquilles avec tables basses et tabourets et un

long bar pour la convivialité.

Pour la référence au Buena vista social club, c’est la sensualité.

Nous pensons à un prochain BSC entre musique cubaine et

bières…

Le concept est axé sur plusieurs paramètres : le goût de la découverte

pour des musiques, des bières non traditionnelles et des

lieux inhabituels. S’appuyer aussi sur le côté évènementiel pour

créer des moments singuliers dont les spectateurs se souviendront.

Il y a aussi un côté secret car nous ne dévoilons le lieu qu’au dernier

moment via les réseaux sociaux, ça fait marrer les gens. Pour

le tout premier rendez-vous, nous avions investi les anciennes

pompes funèbres. C’était brut, on est arrivé la veille, on s’est transformé

en Brigade d’Intervention pour créer un bar éphémère.

Ensuite, nous sommes allés dans plusieurs lieux dont un club de

boxe. Le prochain BSC sera au FRAC/Champagne-Ardenne.

Déroulement

Il y a deux temps dans un BSC : le premier est sur inscription

pour 30 à 40 personnes. C’est une dégustation commentée, une

rencontre avec un brasseur traditionnel (par ex, la Bouquine

à Cormontreuil) et, pourquoi pas des associations gustatives

comme fromages et bières. Second temps, nous ouvrons les portes

plus largement : la carte des bières n’est pas connue à l’avance, les

buveurs se posent des questions. Derrière le bar, nous engageons

la discussion pour les aiguiller sur telle ou telle bière, nous expliquons

le travail du brasseur et nous servons les bières dans des


ière, musique & good vibes

verres pour prendre le contre-pied de la bière au litre en verre

plastique. Pour chaque soirée, une bière « événement » est brassée.

À minuit, nous fermons. Ces soirées, c’est l’éloge de l’éphémère.

La Musique

Nous testons plusieurs versions. Nous avons invité des DJ qui

préparent des playlists en continu de 20h à Minuit. Avant, nous

avons communiqué les titres à Yves pour que les bières soient au

diapason.

Pour les groupes de jazz, nous proposons un groupe à Yves qui

choisit une bière et va déguster / discuter avec les musiciens.

Ensuite, ils composent un morceau en lien avec la bière dégustée.

En réponse, Yves propose une bière avec un morceau existant du

groupe.

Fréquence

Nous essayons d’organiser 3 à 4 évènements par an. Pour la Magnifique

Society, nous avons fait une sorte de Off en 3 soirées.

Le public peut aussi acheter les bières dégustées car nous avons

maintenant un statut d’importateur de bières et nous sommes

aussi la plus petite brasserie de Reims.

Le buveur en terre inconnue que je suis, se surprend à comprendre

les enjeux et à envier encore plus cet amour de la bière.

C’était sans compter avec la rencontre avec Yves Lebœuf.

C’était un samedi de juin à la Magnifique Society où je l’avais mis

au défi de me faire aimer son breuvage fétiche. Deux mois plus

tard, nous engageons une longue conversation téléphonique.

Mon père est œnologue dans le champagne, il est expert en effervescence.

Nous avons été éduqués à déguster. Je suis l’aîné, je me

suis inscrit en différence, la bière est devenue pour moi un média

pour créer des arômes et des goûts, une matrice pour développer

un nouvel art de la dégustation.

Composantes d’une bière

Il y a plusieurs composants pour former une bière d’où une infinité

de combinaisons.

Les Céréales : il y a cinq céréales de base : Orge, avoine, épeautre,

seigle, blé. L’emploi de l’une ou de l’autre vous donnera une onctuosité,

du trouble et de l’acidité ou donnera une fin de bouche

sèche. Ensuite vous pouvez plus ou moins torréfier ces céréales,

cela vous donnera une texture, des arômes. Selon qu’elles soient

maltées ou non maltées la couleur et les arômes seront différents :

mie ou croûte de pain, caramel, caramel réduit, biscuit, chocolat,

chocolat amer, café, tout dépend de la torréfaction.

Le Houblon : il y a 350 familles de houblon. Avec les fleurs plusieurs

arômes peuvent se développer : résineux, herbacés, épicés,

fruités, fruits exotiques ou fruits rouges. Il se cultive partout mais

chaque contrée à ses caractéristiques. Par exemple, je vais aller

en République Tchèque ou en Slovénie pour trouver des houblons

herbacés épicés. Aux USA, en Orégon, c’est la plus grosse production

mondiale pour les houblons résineux ou tropicaux. En Nouvelle-Zélande,

le houblon évoque le cabernet sauvignon

L’Eau : 95% de la boisson. L’eau marnaise est très calcaire, elle

apporte naturellement le calcium qui aide à la fermentation.

Ça va donner une bière plus en rondeur avec du corps. Mais il

faut traiter le chlore des eaux de ville en la faisant bouillir l’eau ou

en la filtrant avec des charbons actifs. Je pourrais aussi recopier,

recréer le profil minéral d’une eau que j’aime. Chaque bière tient

ses caractéristiques aussi de son eau. Par exemple, les bières de

Dortmund sont plus sèches et costaudes que celles de Munich qui

sont plus rondes.

La Levure : ce peut être des levures sélectionnées (par exemple

pour un goût de pêche ou de banane) ou des fermentations spontanées

où le brasseur influence la nature mais ne la force pas.

Inspiration

Tout peut m’inspirer : je vais beaucoup au restaurant. Je me bats

pour que la bière devienne « gastronomable ». Je milite pour créer

des associations entre plats et bières. Je me souviens d’être allé à

Munich et d’avoir trempé des framboises dans un reste de sauce à

l’aneth, une association formidable, un goût incroyable. Je m’ins-

_Yves Leboeuf, brasseur et kazuyuki tanaka, chef du restaurant Racine

à Reims © Yves Leboeuf


2

bière, musique & good vibes

pire de tout, les voyages, la gastronomie, un souvenir d’enfance,

une envie de chocolat pimenté. En ce moment, je pense beaucoup

à l’association chocolat / agrumes, aux orangettes.

Bières et Musiques

Tout est parti de l’ambiance « salon de musique » : tu mets ton

vinyl préféré, tu t’assoies dans ton meilleur fauteuil, tu touches le

cuir, tu dégustes ton whisky tout en écoutant du jazz ou du métal,

une intimité se créée, une adéquation entre les sens. Je recherche

cette harmonie dans mes bières et je peux m’appuyer sur les neurosciences.

En 2012, j’ai créé intuitivement un algorythme. J’écoutais

de la musique et j’analysais tout ce qui se passait dans mon

corps, ça paraît mystique mais c’est concret. Progressivement, j’ai

construit une gamme de saveur selon les principes de la synesthésie,

qui associent un phénomène neurologique à un ou plusieurs

sens. En écoutant des morceaux, j’imaginais un goût, une texture,

une couleur. J’ai d’ailleurs écrit un article sur les musiques jamaïcaines

et la dégustation de bières. Les aigus, les graves, le tempo,

la complexité de la mélodie, tous ces éléments sont des entrées vers

des types de bière à déguster : amères, torréfiées, blondes…

à voyager à travers des sens et des arômes inédits, par exemple,

j’ai brassé, une bière très maltée avec une infusion lavande et

poivre rose. On peut sans cesse découvrir des territoires inconnus.

Retour sur la terrasse de l’été. Ce que je pressentais est advenu,

la table de café est un éloge de la différence, les « buveux de

bière », peuvent bien côtoyer les « buveux de cocktails », la compagnie,

c’est ça le secret. Pour ma part, les après-midis de grande

chaleur trouvent leur accomplissement avec un excellent pastis

complexe comme le Henri Bardouin ou celui de l’île de Ré.

Je m’ épices et me rafraîchis en regardant mes compagnons de

table savourer leurs beaux verres de bière.

Avenir

J’ai quitté Bruxelles pour m’établir à Reims. Je brasse pour le Bière

Social Club, je teste, je fais des expériences comme prochainement

pour le FRAC avec le chef Tanaka Kazuyuki du restaurant

« Racine » ou pour le Sunny Side d’octobre. Pour l’instant,

je brasse des petits volumes, un peu moins de 200 litres de bière,

ce qui m’intéresse c’est la création. Je renoue avec une ancienne

tradition, avant la guerre de 1914 / 1918, il y avait plus de 20

brasseries à Reims.

Bière Social Club

L’idée est de provoquer l’engouement pour casser le formatage

gustatif. Aujourd’hui il y a un renouveau de la consommation,

nous voulons tous consommer moins et mieux, nous ne voulons

plus nous nourrir bêtement, nous devenons acteur de notre

consommation et nous voulons nous faire plaisir. C’est aussi

une déclaration d’amour au métier de brasseur, inviter les gens

www.bieresocialclub.com

Une rentrée exceptionnelle

Le 22 septembre, le Bière Social Club convie Peel Magazine

et le restaurant Racine au FRAC/Champagne-Ardenne

Vite, on s’inscrit sur le Facebook du BSC

texte

Jérôme Descamps


littérature sur un plateau

Le Dîner à la

rencontre

de son auteur

La compagnie rémoise O’Brother présentait un

texte jamais monté au plateau d’Éric Reinhardt.

L’occasion d’une découverte pour l’auteur, venu

assister à une représentation de la pièce.

_© DR

L’auteur Éric Reinhardt fait les gros titres de la presse culturelle

avec la Chambre des époux (Gallimard) l’un des ouvrages les

plus commentés de la rentrée littéraire. Mais au cours de l’été

c’est une toute autre histoire qui s’est jouée dans la touffeur du

Festival d’Avignon. L’expérience était inédite. À la fois enthousiasmante

et un brin stressante pour la compagnie rémoise

O’Brother. À Avignon, cet été, elle présentait à la Caserne des

pompiers, le lieu investi par les

compagnies de la Région Grand

Est, Le Dîner, une pièce adaptée

du roman Cendrillon d’Éric

Reinhardt. La pièce a été montée

avec son accord, mais faute à

un emploi du temps surchargé,

l’auteur n’avait pu assister à aucune

répétition, contrairement

à son habitude. C’est donc dans

la chaleur avignonnaise, un soir

de juillet, qu’il découvrait le travail

de deux duos : Jean-Michel

Guérin et Patrice Thibaud à la

mise en scène, Fabien Joubert et Gisèle Torterolo au jeu. Adapté

par Laurent Bazin, Le Dîner est en réalité un extrait de Cendrillon,

un texte aux relents acides qui narre la préparation d’une

soirée qui verra Monsieur Trockel, récemment promu numéro

deux de son entreprise, inviter et accueillir avec son épouse,

chez lui, son « boss », Monsieur Francoeur, pour ce fameux

dîner. Tout va pour le mieux jusqu’à ce que Trockel, au volant

de sa voiture, guidant la Jaguar de son patron, ne rate la sortie

de l’autoroute… Alors qu’il pensait ici « parachever un long

processus de promotion sociale », Trockel voit « son monde »

s’effondrer lors d’un dîner au cours duquel s’enchaînent les catastrophes

domestiques. Et son destin, qu’il pensait maîtriser en

tout point, bascule lentement dans le chaos.

Fabien Joubert explique avoir découvert le texte par l’entremise

de son ami, le metteur en scène Laurent Bazin. Un jour, dans

un avion pour Pékin, il l’a vu lire Cendrillon. Intrigué, il lui a

emprunté le texte. Une vraie découverte qui l’a ensuite amené

à la rencontre de son auteur, lui aussi ami de Laurent Bazin. En

juillet, Éric Reinhardt était dans la salle, sans doute tendu lui

aussi. Le Dîner commençait à faire parler de lui. Car à Avignon,

parmi les quelques 1 500 spectacles qui se jouent chaque jour

et en tous lieux, le « bouche à oreilles » peut vous faire roi… ou

ruiner tous vos espoirs. Ce soir-là, dans l’intimité de la petite

salle - moins de 100 places – de la Caserne des Pompiers, Éric

Reinhardt a vu son texte prendre vie sous ses yeux.

« J’ai redécouvert mon texte par la même occasion car je ne

me relis jamais, expliquait-il à la sortie de la salle. À vrai dire,

je l’avais un peu oublié et j’ai pris plaisir à le voir au plateau.

Ce texte féroce, j’ai trouvé que la mise en scène lui restituait

une forme de tendresse. La violence y est atténuée. L’équipe

a su prendre un peu de distance pour jouer sur l’humour ».

L’auteur loue alors « la précision du jeu de Gisèle Torterolo et

Fabien Joubert, qui sont remarquables ». Ce que Jean-Michel

Guérin, l’un des deux metteurs en scène complète en précisant

que « les deux personnages ont un sens tragique d’eux-mêmes ».

À chacune de ses créations la compagnie fait le choix d’inviter

un metteur en scène différent. Ici, il s’agissait d’un duo dans lequel

Patrice Thibaud, comédien, metteur en scène et humoriste

devait se charger de régler le jeu millimétré des deux interprètes.

Aussi à l’aise sur les grands plateaux de théâtre contemporain

qu’au cinéma sous la direction de Jamel Debbouze (Pourquoi

j’ai pas mangé mon père) ou Etienne Chatiliez (Tanguy), il a su

trouver avec Jean-Michel Guérin le juste ton à donner à la pièce.

Éric Reinhardt a reconnu avoir trouvé là « une grande virtuosité.

Tous les personnages successivement incarnés par les deux

acteurs ont un corps, une façon de se tenir. Le jeu est rapide et

précis. Il leur permet de trouver rapidement une contenance.

Une vraie drôlerie se dégage de ce duo, surtout parce qu’ils ne

cherchent pas à nous faire rire. On remarque que tous deux

freinent constamment pour ne pas se laisser entraîner sur la

pente du jeu ».

La rencontre n’était pas sans enjeux car l’on sait l’auteur exigeant.

« Je suis un grand amateur de théâtre, reconnaît Éric Reinhardt,

j’y vais plusieurs fois par semaine. Je suis assez peu sollicité car

je reste un peu dans mon coin, mais j’aime beaucoup échanger

avec les metteurs en scène et les comédiens ». La reprise du

spectacle est prévue au printemps prochain, à Bar-le-Duc, puis

à Bazancourt. En attendant, on peut toujours lire ou relire Éric

Reinhardt.

www.obrothercompany.com

texte

Cyrille Planson


4


cultures urbaines

_Footzbeul © DR

texte

Alexis Jama-Bieri


6

cultures urbaines

_Niglo © DR

Block

party

La Block party est

un événement organisé

par l’association Velours

à Reims le 10 septembre

2017, Place du Forum

L’association Velours propose chaque année une Block party, un

événement gratuit, populaire et placé sous le signe du partage

par le biais des arts urbains, dont le magazine Peel est un des

partenaires.

Pour la petite histoire, les Block Parties, fêtes de quartier américaines

organisées à l’origine par Kool Herc, ont eu une influence

très importante sur l’éclosion de la culture Hip Hop. En pleine

guerre des gangs à la fin des 70’s, elles permettaient, en effet,

de rassembler les habitants autour de la musique et de la danse

dans un esprit positif et convivial. C’est cet état d’esprit que

Velours souhaite transmettre aux spectateurs à travers sa Block

Party.

Sa programmation est, à l’instar de la culture urbaine, pluridisciplinaire

et multi générationnelle. Elaborée autours de plusieurs

axes elle permet une ouverture culturelle sans frontières

qui privilégie l’adhésion d’un large public allant de 7 à 77 ans

(pour reprendre la formule concernant les lecteurs de Tintin),

tout en gardant une image “jeune”.


cultures urbaines

_Disiz © DR

_Streetgolf © DR

Disiz

Dans les locaux confortables d’Universal qui abrite

son label Polydor, Disiz s’est confié sur « Pacifique »

son nouvel album. Il indique notamment que la

gestation du disque fut difficile car tout le monde

ne comprenait pas la direction qu’il voulait prendre

et beaucoup de personnes qui avaient une vision

très arrêtée du rap n’étaient pas d’accord avec ses

choix. Même s’il eut énormément de déceptions

il eut en revanche de véritables soutiens. Encore

une fois, Disiz fournit un album stylé, de rap choc

et moderne. Rappelez-vous, Disiz avait quitté les

terres du Rap en 2009 et s’était même aventuré

sur les terres du Rock en 2010 avant de revenir

au Rap en 2012. Eclectique, Disiz refuse toute

catégorisation en matière musicale car pour lui, le

style est quelque chose que les maisons de disque

et les journalistes ont créé pour leur business et ne

veut pas se cantonner dans un style qui pourrait

devenir vide de sens et caricatural. Pour lui, si le

seul moyen pour réussir dans le rap c’est faire le

gorille alors qu’on veut artistiquement autre chose,

il faut suivre sa voie propre. Il préfère, dans sa

démarche créative, penser l’album comme une

multitude d’émotions qu’il a besoin de faire sortir.

S’il trouve qu’une émotion ou ce qu’il a à dire sera

mieux servie avec un sample électro ou des mélodies

pop, il ne se l’interdit pas.chacun peut prendre

ce qu’il veut selon son humeur. Disiz est conscient

qu’il a pris beaucoup de risques avec Pacifique et

que l’album ne sera peut-être pas compris par tout

le monde.

Parmi les différents aspects des cultures urbaines, l’événement

organisé par Velours cible :

• La musique (Fanfare Funk et Hip-Hop, artiste Rap américain,

artiste Rap français, Red Bull Boom Bus) avec notamment Disiz

(La peste) qui, après sa trilogie entamée avec « Lucide », « Extra

Lucide » et « Transe-lucide », puis l’album « Rap Machine », revient

avec un nouveau album « Pacifique » qu’il dévoilera sur la

scène du Cryptoportique.

Le public pourra également y voir Saro, Membre des groupes

Bukatribe et Zaïba, vainqueur du Grand Beatbox Battle 2017.

Le jeune rapeur casse les codes du hip-hop actuel et détonne sur

scène, accompagné de sa Loop Station. Pour satisfaire les plus

anciens, la Block party propose cette année au public d’entendre

la plus importante formation gospel en France, porte étendard

du Gospel Festival de Paris, ayant partagé la scène avec les plus

grands artistes du gospel américain à l’instar de Kirk Franklin,

Yolanda Adams ou Donnie McClurkin.

• Le street art : En matière de design végétal , les associations

rémoises Fikus et Be Végétal My Friend, spécialisées dans la

végétalisation de l’espace urbain proposeront du Graffiti Végétal,

Fontaine Aquaponique et Ateliers de création de « Bombes

à graines ». Toujours en matière de street art, la Block party proposera

des opérations liées au graffiti, et à l ‘expression libre.


cultures urbaines

_Grems © DR

GREMS

Michaël Eveno, alias Grems, est né à Paris le 25

octobre 1978. Son pseudo, lié à son physique,

lui vient de ses jeunes années : Grems veut dire

maigre si on inverse les syllabes. Dès les 90’s il se

passionne pour le hip-hop et deviendra au fil des

années un nom important de la scène

française. Il débute avec son groupe

Hustla (Grems / Le Jouage / Steady) à

l’époque du rap spé en France, dans

les années 2000, et travaillera à de

nombreux projets en solo (son premier

album solo intitulé « Algèbre »

sort Chez Debrazza Records en 2004)

ou en collaboration (Klub Sandwich,

Olympe Mountain…). Parallèlement à

sa carrière musicale, il sort diplômé

des Beaux-Arts de Bordeaux en 2004.

Pourtant, Grems ne se voyait pas aller

faire l'artiste aux Beaux-Arts, et même

s’il aime l'art abstrait, il s’imaginait mal

en sortant de l'école trouver du travail

en créant avec des bouts de bois et des tâches

de peintures. Dès sa sortie d’école, il va développer

son propre style qu’il déclinera pour plusieurs

marques (Swatch, Philips, Nike, Asics). En 2008

il dévoile sa première monographie. D’autres

suivront, se combinant même à la musique comme

« Broka Billivre Album » en 2011. De nos jours,

il expose son travail dans de nombreuses grandes

villes à travers le monde (Pékin, Mexico, Paris,

Londres et Tokyo). Mais que fait au juste Grems :

du Rap, du graff, du graphisme ? Grems se voit

plutôt comme un designer qui fait du rap, et un

graffeur qui fait de la musique. Pour lui, il faut

entretenir tous les médiums qui se nourrissent les

uns les autres. Parfois, quand il cherche un son

pendant des heures et surchauffe, il sort pour se

calmer, prend ses bombes et va s’exprimer sur

un mur. En matière d’art visuel, il puise aussi bien

ses influences artistiques dans les hiéroglyphes

ou le tribal, et s’inspire de la culture africaine et

d’artistes contemporains tels que Cy Twombly,

Pollock et Jean-Michel Basquiat. Son outil de

prédilection ? Aucun ! Il utilise indifféremment la

bombe acrylique, les marqueurs, les pinceaux ou

les rouleaux. Grems porte un regard plutôt pragmatique

sur les métiers artistiques (pour lui, il faut

dans la vie se secouer pour pouvoir faire un métier

qui paraît cool, fait plaisir et rapporte de l’argent)

et très critique sur la jeune génération nourrie aux

réseaux sociaux, une génération selon lui d’arrivistes

nombrilistes non curieux et opportunistes,

ces jeunes qui regardent une vidéo et pensent que

le MC est riche, alors qu’il n’a même pas de quoi se

payer à manger, et qu’ils vont gagner de l’argent

avec la musique. Grems reconnait enfin avoir réussi

à créer, sans se travestir, un style qui pouvait se

vendre.

En 2008, Disiz avait sorti un album d’house rap avec un groupe

portant le nom évocateur de « Rouge à lèvres » dont faisait partie

Grems. Grems sera également présent à la Block party 2017,

non pas en tant que rappeur, quoi que…mais en tant que street

artiste.

Aux côtés de Grems, le street artiste rémois SER, qui utilise

le graff comme exutoire, réalisera une fresque dispatchée tout

autour de la place du Forum sur des blocs de béton pour transformer

le lieu patrimonial de Reims en véritable œuvre d’art.

Il y aura par ailleurs Captain Niglo et Djohn qui réaliseront

quant à eux une fresque sur un camion d’école de cirque.

des évènements extérieurs (nationaux ou internationaux), et

si possible ouvrir des perspectives d'avenir autant morales que

professionnelles pour les plus motivés. De ce fait, tout au long

de l'année, le collectif se mobilise pour faire exister le Hip Hop à

Reims et dans la région au travers d'évènements : Battles, Qualifications,

Stages, Démos, Flashmobs, Interventions dans des

forums d'informations, Expositions, Partenariat avec d'autres

associations et prestations diverses.

• Le Sport (skate, Parkour, Streetgolf, BMX, Teqball) avec Mojito

Skateshop, Reims Parkour School, le Trou Champenois…

8

• La danse (Hip Hop, Cirque, Classique, Orientale…) Battle

tout Style ouvert à tous avec le Collectif Footzbeul. Pour définir

FooTZbeul c'est simple, il suffit de s'imaginer une grande famille

passionné par le Hip Hop, les Arts de la rue et tout ce qui

gravite autour : Rap, Breakdance, Danse HipHop, Graff, Photographie,

Slam… C'est aussi un état d'esprit. FootZbeul c'est

aussi s'entraider, regrouper les efforts de chacun pour mener

à bien un projet, motiver les gens à sortir hors de chez eux et

faire bouger leur ville, représenter le collectif et la ville dans

• La cuisine (smoothies et foodtruck).

Bref, un grand échantillon de ce qui fait la culture urbaine aujourd’hui

: une culture riche et créative.

velours-prod.com

www.gremsindustry.com

www.disiz.fr


théâtre

_© Delphine Perrin


0

théâtre

Annabelle

Sergent

est

de retour

À la Comédie, fin septembre,

une lecture théâtralisée dévoilera

le texte de la prochaine

création jeune public d’Annabelle

Sergent. Une habituée des

plateaux rémois.

L’histoire qui relie l’artiste Annabelle

Sergent et Reims est déjà longue. Elle

remonte maintenant à une douzaine

d’années, lorsque la jeune femme participait

à un stage de découverte autour

de la création théâtrale pour les jeunes

enfants que co-organisaient des opérateurs

belges, québécois et l’incontournable

festival rémois Méli’môme. Dès

lors naissait une réelle complicité entre

Annabelle Sergent, comédienne, autrice

et metteuse en scène, et Joël Simon, le

directeur de Méli’môme / Nova Villa,

la structure rémoise dédiée au jeune

public, aujourd’hui installée en plein

cœur de la ville, au Cellier. Depuis,

Annabelle Sergent a présenté chacune

de ses créations à Reims, le plus souvent

dans une association entre Méli’môme

et la Comédie de Reims.

Nouveau cycle

Pendant dix ans, Annabelle Sergent a

creusé un sillon original en réécrivant,

à sa manière, trois contes traditionnels :

Bottes de prince et bigoudis (2006)

pour Blanche-Neige, P.P. les p’tits

cailloux (2010) pour Le Petit poucet et

plus récemment Le roi des rats (2015)

autour du Joueur de Flûte d’Hamelin.

Un nouveau cycle s’ouvre pour Annabelle

Sergent et sa compagnie.

Celui-ci connaîtra au moins deux

étapes, puisque c’est l’objectif qu’elle se

fixe dans son questionnement autour

de la place des enfants dans les conflits.

Le drame des attentats de novembre

2015 la frappe de plein fouet. Sidérée

et cherchant à comprendre, Annabelle

Sergent se documente sur ces guerres

éloignées et pourtant si proches, sur

l’exil, la violence. Enfants déplacés,

déjà brisés par ce qu’ils ont vécu mais

aussi petits européens qui peinent

à comprendre la réalité de l’horreur

qui leur est livrée au quotidien dans

un flot d’images souvent dépourvues

d’analyses. Sans recul. Un jour, l’un des

enfants d’Annabelle Sergent lui explique

au retour de l’école que « l’oncle de Gladys

est mort d’un cancer du Bataclan ».

Un simple « télescopage » dans les mots

d’un enfant, mais aussi l’expression

d’une violence crue intégrée, présente,

figure inquiétante de la mort et du

deuil. L’urgence d’une parole aux plus

petits lui est apparue comme une

évidence.

À quatre mains

Waynak, verra le jour sur le plateau

de La Comédie de Reims, en mars

prochain, à l’occasion du festival

Méli’môme. Mais une première lecture

théâtralisée du texte est prévue, fin

septembre. Waynak, c’est une expression

de langue arabe : T’es où ? L’histoire

parle de deux enfants, d’une jeune

fille née sur le sol français et d’un

jeune garçon né sur un sol en guerre,

et de leur rencontre ici en France.

Ou comment vit-on ce rapport à la

guerre et à l’exil ici et ailleurs, de part

et d’autre de la frontière. « Mon axe de

recherche artistique s’articule autour du

langage, explique Annabelle Sergent,

de manière à identifier comment la

tension sociale actuelle imprègne le

discours et l’imaginaire des enfants ».

Des temps préalables à l’écriture ont été

partagés avec des enfants et des jeunes,

notamment à Reims au Collège Maryse

Bastié. Annabelle Sergent s’y est rendue

à plusieurs reprises avec sa co-autrice,

Catherine Verlaguet, à la rencontre

d’enfants migrants arrivés en France

depuis quelques mois, quelques

semaines à peine. « Parfois, ce n’était

pas simples de se comprendre car les

langues sont multiples. On se débrouillait,

comme on pouvait, avec Google

Translation ! », sourit la jeune femme.

« Que se passe-t-il dans la tête, dans

les imaginaires de ces enfants, lorsqu’ils

doivent s’endormir ?, se demande-t-elle.

Y a-t-il encore une place pour l’espoir

? » Premiers éléments de réponse le

28 septembre pour une lecture qui sans

doute fera date. La création de Waynak

est attendue avec impatience dans de

nombreux théâtres de France.

Waynak

Texte d’Annabelle Sergent

et Catherine Verlaguet

Av e c

Elisa Ruschke & Benoît Seguin

Création en mars 2018

à la Comédie

dans le cadre de Méli’môme

(coproduction Nova Villa)

Lecture théâtralisée,

jeudi 28 septembre à 18h30

(14h30 pour la séance scolaire),

à l’Atelier de la Comédie

texte

Cyrille Planson


marché de la photo

duo des halles

Le photographe Romuald Ducros mène depuis

plusieurs semaines un projet au long cours qui se

déroulera sur une année entière : il installe sur les

marchés rémois un studio conçu spécialement et

immortalise les chalands en compagnie de leurs

achats, toujours avec la même lumière, toujours

dans la même position. Nous suivons l’élaboration

progressive du projet au fil du temps et vous livrons

dans chaque numéro une des dernières images de

la série en cours. Une première restitution des premières

images sera exposée aux Halles du Boulingrin

à partir du 22 septembre.

Dans le cadre de la programmation " Arts

visuels " de la ville de Reims avec le soutien

de Veuve Clicquot, maison fondée en 1772.

www.laproductionremoise.fr


2


chanson française

_Olivia Ruiz © Christophe Acker

_Barcella © Mickaël Boudot

_Tété © Jérôme Juv Bauer

_Mathieu Boogaerts © DR


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chanson française

_Askehoug © Frank Loriou

Du 5 au 8 octobre, Reims sifflote un petit air de

chanson française, sous la bannière bleu / blanc /

prose poétique du Charabia Festival. Derrière

ce rendez-vous populaire et humaniste, il y a la

Cartonnerie, Ulysse Maison d’Artistes, mais surtout

Barcella. Amoureux de la langue française, notre

artiste d’ici, a décidé d’insuffler des mots doux et

des mélodies dans nos oreilles et nos cerveaux.

Fier de l’organisation de l’Estivale du Charabia de l’été 2016,

Barcella a décidé de renouveler l’expérience. L’année dernière,

sur un week-end de carte blanche au Cryptoportique, jusqu’à

2000 spectateurs s’étaient réunis autour de sept artistes, tous

dignes enchanteurs des mots de la langue française. Entre fièvre

ambitieuse et passion incompressible, Barcella souhaite, cet

automne, mettre à profit ses dix ans de travail et de partenariats

réactifs avec la Ville de Reims, la Carto et Ulysse. Aussi,

Barcella lance des cartons d’invitations à tout-va. La chanson

française accueille tous les cœurs sensibles, toutes les plumes

frémissantes, tous les romantiques assermentés qui rêveraient

de parler en alexandrins.

Aujourd’hui, à l’heure où l’opinion croit voir mourir la belle

langue française, les férus comme Barcella disent non. L’expression

française a d’ailleurs une place de choix sur la scène

actuelle. La musique urbaine en est aussi un fervent exemple.

Le rap, quoiqu’en disent les détracteurs, est une forme de poésie

moderne, française et chantée. Comme le slam, poésie déclamée.

Au-delà de la langue française par excellence, Barcella met

en lumière également la francophonie, ressource formidable et

inépuisable également. « Les mots sont une médecine » nous

confie l’artiste. Et quelques soient les spécialités, quelques soient

les maux, il y a toujours un bienfait.

La singularité du Charabia Festival est bien de mettre toute

la francophonie à l’honneur, au cœur de la ville de

Reims, petit nid d’épanouissement culturel indéfectible.

C’est une pastille effervescente, un feu d’artifice

au creux d’une main. Barcella est attentif aux retombées

de son organisation : si le plaisir est en tête de

liste, il souhaite également des bénéfices pédagogiques.

Du spectateur à l’apprenant, il n’y a qu’un

pas : et il faut que le festival ait ce sens, celui de la

transmission. Il entretient d’ailleurs un projet avec le

lycée Jean Baptiste de la Salle, autour d’artistes québécois

: en plus de lire entre les lignes de nos besoins

de découvertes, Barcella a deux strophes d’avance.

Charabia

Festival

ou

le joyeux charivari dans nos rues

L’audace de la ville de Reims porte le projet, porte les projets :

ceux de cette année, ceux à venir. Ville curieuse, ville cultivée,

ville vécue, ville fantasmée. Reims va de l’avant, et c’est pour ça

que le Charabia Festival souhaite prendre la forme de sa ville

natale, sans en abîmer le paysage, dans la continuité de sa nature

et de ses besoins réels : fédérer autour d’une valeur intelligente.

En tout cas, sous son chapeau baba et ses idées cools, Barcella

bichonne sa programmation. Ses grandes têtes d’affiche

en disent long comme le bras et gros comme une maison. Le

5 octobre, Tété, qu’on ne présente plus, vient nous faire une

faveur pour l’automne, accompagné de l’adorable – au sens

propre – Mathieu Boogaerts, qui risque de nous souhaiter la

bienvenue dans son sandwich. Le 6 octobre, Ben Ricour et Olivia

Ruiz, complices de longue date, conjuguent leurs talents à

tous les temps : concordance inévitable. Et le samedi 7, Kacem

Wapalek – ça sonne comme un avertissement – et Bigflo &

Oli – ça sonne comme un cartoon – donneront du ton et de

la voix, grand’messe de mots, de rimes, de pieds bien comptés.

Mais Barcella est aussi un grand gamin, et le dimanche, il sera

certainement au premier rang, en tailleur, devant le conte philosophique

« Icibalao », avant le goûter rock – BN et solos de

guitare – de Epikoi Enkor.

En vérité, le Charabia Festival est à l’image de son ambassadeur

: acidulé et léger, mais avec le verbe haut et le mot juste.

Il a pas mal d’idées notées dans son carnet de poche : il en a sous

le coude, et sous le pied. Quand Barcella passe de l’autre côté du

miroir, début octobre, il devient Charabia sur pattes, baroudeur

du beau phrasé, pas bégueule pour deux sous.

facebook.com/charabiafestival

texte

Agathe Cebe


saison numérique

_Géraldine Taillandier

_Clémentine Treu


7

saison numérique

Saint-ex

Une nouvelle saison teintée d’absurde

Développer la sensibilité

de chacun, promouvoir

l’art du numérique et

aiguiser la curiosité de

ses visiteurs, voici les

missions pour lesquelles

le Centre culturel numérique

Saint-Exupéry se

porte garant depuis

plusieurs années. Après

s’être octroyé une petite

période de repos estival

bien méritée, l’association

rémoise qui fête

cette année ses 70 ans

se prépare à ré-ouvrir ses

portes pour une nouvelle

saison culturelle aux

couleurs de l’absurde.

Géraldine Taillandier,

directrice générale de

Saint-Ex et Clémentine

Treu, directrice artistique

nous dévoilent le programme

d’une nouvelle

année qui promet bien

des surprises.

Saint-Ex fait partie des lieux culturels incontournables

de la ville de Reims, quels

sont vos objectifs auprès des visiteurs et

des professionnels du numérique ?

G.T : « J’aime à dire que Saint-Ex est

un lieu atypique de découvertes autour

de l’outil numérique et de la magie

que ce dernier peut apporter. Mais

il est important de savoir que nous

n’utilisons pas le numérique comme

nous l’utilisons dans la vie de tous les

jours, nous avons une vraie démarche

artistique. Par exemple, lorsque nous

utilisons un téléphone portable, nous

allons travailler autour du film ou de la

réalité augmentée. Nous détournons la

technologie au service de l’art et nous

tentons de faire comprendre aux gens

que la technologie n’isole pas mais que

bien au contraire, elle peut fédérer les

personnes. Et que l’on soit professionnels

dans le numérique, que l’on soit

geek, artiste ou simple curieux, Saint-

Ex s’adresse à tous car chacun peut

apporter sa pierre à l’édifice. Pour cela,

nous organisons tout au long de l’année

des rendez-vous grand public tels que

la nuit du numérique ou l’avant-goût,

comme des rendez-vous plus spécifiques

dédiés aux professionnels avec

des ateliers et des résidences. »

La nouvelle saison culturelle de Saint-Ex

s’apprête à voir le jour sous le thème de

l’absurde, qu’est-ce qui vous a motivé à

travailler sur cette thématique ?

C.T : « Nous avons fait le choix de

l’absurde car cela nous évoque ce qu’il

se passe un peu partout dans le monde.

Au départ j’étais frileuse à aborder ce

thème car il peut sembler péjoratif

mais au contraire, notre objectif est de

tourner l’absurde en non-sens et en humour.

D’ailleurs, l’absurde se retrouve

aujourd’hui de plus en plus dans le

numérique. Il existe par exemple des

applications pour smartphone qui n’ont

aucun sens comme celle qui permet

de savoir que l’on a son portable dans

sa main, c’est complètement absurde

mais c’est drôle ! Nous serons vraiment

dans cette optique là tout au long de la

saison. »

Une saison qui va s’ouvrir avec l’Opendoday

en septembre, c’est l’un des

grands temps forts de la saison ?

C.T : « Oui et c’est un événement qui

nous tient vraiment à cœur. C’est une

journée spéciale « pour faire » comme

son nom l’indique et cette année nous

allons l’axer vers les enfants en leur proposant

une boom. Cela fait plusieurs

années que nous travaillons avec le

collectif Vapeur et pour l’occasion nous

leur avons demandé de travailler sur

toute la partie musicale de l’événement.

Après, l’idée n’est pas de faire un événement

dédié qu’aux enfants mais de leur


saison numérique

proposer de la musique de qualité avec

des gens qui aiment ce qu’ils font. »

J’imagine qu’à l’image de Saint-Ex, il y

aura également des moments de créations

et d’expérimentations lors de cet

Opendoday ?

C.T : « Bien sûr nous aurons aussi des

ateliers pour petits et grands tels que

du tuning et de la course de voitures

téléguidées. Le public pourra également

participer à l’Hebocon, il s’agit

d’un combat de robot, à la manière des

combats de sumos, qui va se dérouler

en deux parties. La première aura lieu

le 9 septembre pendant l’Opendoday

et permettra aux participants de créer

leur propre robot. La deuxième partie

elle se déroulera à la Cartonnerie le 24

septembre pour le fameux combat. »

Saint-Ex est également bien connu pour

ses bars éphémères, c’est l’un des piliers

de votre structure ?

C.T: « Oui, pour la petite histoire,

quand je suis arrivée à Saint-Ex il y a

avait un espace d’accueil qui ne pouvait

pas rester en place, il a donc fallu

trouver un moyen d’habiter cet espace,

de le rendre sympathique et convivial

en faisant intervenir des artistes de

Reims, puis l’idée du bar est venue.

Aujourd’hui nous en avons deux par

saison et c’est vraiment un endroit

insolite porté autour du numérique.

Le prochain que nous allons proposer

s’appelle l’Auxibar et a été créé par le

collectif Dynamorphe. Le public pourra

le découvrir à l’occasion de l’Opendoday

et je pense que ça va encore

être un moment intense. Ce bar va

vraiment s’inscrire dans la dynamique

liée aux pratiques numériques de notre

structure. Ce sera un espace interactif

et très immersif car nous allons nous

retrouver sous une nappe articulée qui

va former des vagues juste au-dessus

de nous. »

L’Auxibar accueillera également vos

traditionnels rendez-vous du bar ?

G.T : « Oui cela a lieu deux fois par

saison, l’un pendant l’avant-goût

et le second pendant l’expo collective.

Ce sont en fait des moments plus

intimes où nous proposons un dîner

et un atelier comme la création d’un

film avec un drone ou un atelier autour

de l’infra-violet et de la kinesthésie.

Ce qui est vraiment intéressant pour

le public dans ces rendez-vous du bar

c’est de pouvoir rencontrer l’équipe de

Saint-Ex dans un tout autre cadre, c’est

une rencontre différente qui efface en

quelque sorte les étiquettes de chacun

et qui nous permet de se retrouver tous

pour passer un moment chaleureux en

petit comité. »

Cet automne aura également lieu

l’avant-goût, ce sera une vraie immersion

dans l’univers du jeu vidéo ?

C.T : « Il s’agit en fait d’une exposition

qui donne, comme son nom l’indique,

un avant-goût de ce qu’il va se passer

pendant la nuit numérique. Pour cette

nouvelle saison l’exposition s’intitulera

Oujevipo et c’est Xavier Girard et Pierre

Corbinais, deux créateurs et critiques

de jeux vidéo alternatifs qui vont

prendre les rênes de l’événement.

Leur objectif sera de nous faire découvrir

des approches alternatives du jeu

vidéo en nous proposant des bornes

d’arcade fabriquées artisanalement et

mixées avec des jeux crées lors d’un

concours de création. Ce sera l’occasion

de découvrir le jeu vidéo d’une autre

manière et de permettre à notre public

de rentrer dans le thème de l’absurde,

notre fameuse thématique de la saison

2017-2018. »

La thématique de l’absurde que l’on

retrouvera également lors de la nuit

numérique ?

G.T : « Oui ce sera vraiment le thème

phare de l’événement mais pour le

moment il est trop tôt pour pouvoir

en parler plus en détails. En revanche,

pour rappeler à ceux qui n’ont jamais

participé, la nuit numérique est un

parcours d’œuvres ludiques, interactives

et participatives où le public peut

s’immerger au cœur des créations.

C’est une véritable rencontre avec

l’œuvre et le public va pouvoir y faire

un grand plongeon au cœur de

l'absurde, mais patience… »

L'un des enjeux de Saint-Ex est de

pérenniser les créations, est-ce que ce

sera le cas avec l'expo collective ?

G.T : « Oui, quelques jours après la

nuit numérique nous sélectionnerons

quelques œuvres qui resteront à Saint-

Ex pour le bonheur de tous et pour

un sérieux approfondissement. Cela

permettra au public de découvrir les

créations d’une autre manière. Alors

même si les visiteurs se rendent à la

nuit numérique, il ne faut pas hésiter à

se rendre également à l’expo collective

car c’est une découverte supplémentaire

où l’on dispose d’une nouvelle approche

autour de l’œuvre et cela nous permet

de la pérenniser. Il s’agit vraiment d’un

événement à l’image de Saint-Ex car

tout au long de la saison nous suivons

un fil conducteur pour que tous les

événements soient en lien les uns avec

les autres, c’est essentiel pour bien

accompagner le public tout au long

de l’année ».

www.saintex-reims.com


8

saison numérique

Présentations

• Après une formation en histoire de l’art, Géraldine Taillandier

s’envole pour le Québec afin de travailler autour de la mise en valeur

du patrimoine de la ville de Québec. De retour en France, elle intègre

Saint-Ex en 2009 en tant que directrice adjointe avant d’occuper la

direction générale seulement quelques mois plus tard.

• Diplômée de l’ESAD, École supérieure d’art et de design

de Reims, Clémentine Treu intègre Saint-Ex en 2004 en tant

que responsable de l’espace culture et multimédia. Depuis 2009, elle

occupe le poste de directrice artistique et pédagogique.

Opendoday le samedi 9 septembre de 16h à 21h,

l’avant-goût du jeudi 5 octobre au mercredi 20

décembre, le rendez-vous du bar Auxibar le jeudi 16

novembre et la nuit numérique le samedi 17 mars 2018.

Renseignements sur www.saintex-reims.com

texte

Pauline Saintive

portrait

Benoît Pelletier


UN CONNU

Kusek

NOM

Kusek.

PROFESSION

Pochoiriste / barman.

ÂGE

48 ans.

PLUS BEAU SOUVENIR

La chute du mur de Berlin en 89.

un rêve

Faire du streetart partout dans

le monde.

une passion

Le punk rock.

photographie

Sylvère Hieule


0

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