Production Maintenance n°70

MRJ.Presse

Des moyens de mesure pour une maintenance au futur

ÉVÉNEMENT

Sepem Avignon

Un salon qui s’adapte aux

priorités industrielles,

même pendant la crise

N° 70 | août-septembre-octobre 2020 | Trimestriel | 20€

DOSSIER 12

Des moyens de

mesure pour une

maintenance au futur

MAINTENANCE EN

10 30 42 50

PRODUCTION

CFIA Rennes

Des solutions pour

l’agroalimentaire

MANAGEMENT

Spécial Formation

Répondre à la demande

dans les métiers de la

maintenance

PRÉVENTION

DES RISQUES

Spécial Expoprotection

Sécuriser l’accès

aux machines


Pour avancer,

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ÉDITORIAL

Il est urgent de reprendre l’activité industrielle,

maintenant et rapidement !

Durant la crise sanitaire, le confinement puis le printemps économiquement désastreux, l’État

français, à l’instar de nombreux gouvernements dans le monde, a été au chevet des entreprises.

À coups de milliards d’euros, il a fait appel à un dispositif inédit : le chômage partiel. Aux grands

maux les grands remèdes, grâce à ses importants fonds débloqués d’urgence, de très nombreuses

entreprises ont survécu à l’arrêt brutal de l’économie.

Olivier Guillon

Rédacteur en chef

Seulement voilà, alors que l’Europe semble se

relever lentement de la crise, en France le réveil

est plus long. En comparaison avec l’Allemagne

bien sûr, mais également avec le Royaume-

Uni, L’Espagne ou encore l’Italie, trois pays

pourtant touchés aussi de plein fouet par le

Covid-19, l’industrie française peine davantage

à se renaître de ses cendres.

« Force est de constater que

les entreprises ayant pris

le virage du numérique

et de l’automatisation se

sont révélées à la fois plus

résilientes et plus réactives en

temps de crise puis au moment

de la reprise »

La faute à quoi ? À une culture de l’inertie et

aux prises de décision plus lentes ? À quelques

syndicats bloquant parfois à l’extrême la reprise

du travail dans les ateliers ? À un recours abusif

du chômage partiel, en particulier chez quelques grands groupes industriels, interrompant ainsi

les projets en cours auprès de leurs clients et de leurs sous-traitants ?

Dans tous les cas, deux idées se dégagent : d’une part, il est urgent de produire à nouveau et en cela,

la décision du gouvernement de relancer les 78 terrains « clefs en mains » devrait accélérer la relance

industrielle. D’autre part, force est de constater que les entreprises ayant pris depuis longtemps le

virage du numérique et de l’automatisation se sont révélées à la fois plus résilientes et plus réactives

en temps de crise puis au moment de la reprise. Un exemple de plus illustrant la nécessité pour

l’industrie française de poursuivre ses efforts dans la modernisation de son outil industriel ●

Envie de réagir ?

@productionmaint

ÉDITEUR

MRJ Informatique

Le Trèfle - 22, boulevard Gambetta

92130 Issy-les-Moulineaux

Tél. : 01 84 19 38 10

production-maintenance.com

/Facebook.com/

productionmaint

/@productionmaint

Direction :

Michaël Lévy

Directeur de publication :

Jérémie Roboh

Directeur des rédactions :

Olivier Guillon

o.guillon@mrj-corp.fr

COMMERCIALISATION

Publicité :

Sonia Cheniti

s.cheniti@mrj-corp.fr

Diffusion et Abonnements :

vad.mrj-presse.fr

digital.mrj-presse.fr

Prix au numéro :

20 €

Abonnement 1 an :

80 € TTC papier et numérique

Abonnement 1 an Etranger :

130 € TTC

Règlement par chèque

bancaire à l’ordre de MRJ

RÉALISATION

Maquette :

Gaëlle Vivien

Impression :

Rivadeneyra, sa

Calle Torneros, 16

Poligono Industrial de Los Angeles

28906 Gerafe - Madrid

N°ISSN :

1632 - 4153

Commission paritaire :

0121 T 83214

Dépôt légal : à parution

Périodicité : Trimestrielle

Numéro : 70

Date : août-septembre-octobre 2020

RÉDACTION

Ont collaboré à ce numéro :

Jean Colomier (Afim),

Sébastien Delisle (OET)

Claude Kojchen (ATI-Consult)

Arnaud Kurowski (Stratus

Technologies)

Membre du réseau REPM-EMPN

CRÉDITS

photo de couverture :

Photo : iStock

Crédit : ©4X-image

Toute reproduction, totale ou

partielle, est soumise à l’accord

préalable de la société MRJ.

Ce numéro comporte :

Brochure collée Automation24

Brochure collée Megger

Encart jeté RS Components

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı1


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SOMMAIRE

DOSSIER

ÉVÉNEMENT

Sepem Avignon

Un salon qui s’adapte aux

priorités industrielles,

même pendant la crise

DOSSIER 12

Des moyens de

mesure pour une

maintenance au futur

MAINTENANCE EN

10 30 42 50

PRODUCTION

CFIA Rennes

Des solutions pour

l’agroalimentaire

MANAGEMENT

Spécial Formation

Répondre à la demande

dans les métiers de la

maintenance

PRÉVENTION

DES RISQUES

Spécial Expoprotection

Sécuriser l’accès

aux machines

DES MOYENS DE MESURE POUR UNE

12

MAINTENANCE AU FUTUR

12 Quand mesure rime avec industrie du futur

14 Do you speak « Maintenance 4.0 » ?

15 Les observations instantanées, quelle aide pour la maintenance ?

18 L’offre « Transformation digitale » de l’usine Bosch de Rodez prend de

l’ampleur

20 Plongée au cœur de l’usine 4.0 d’ifm electronic

24 Exploiter le potentiel de la maintenance prévisionnelle dans les

environnements industriels

26 L’intelligence artificielle et l’analytics, priorités d’investissement pour les

industriels français

N° 70 | août-septembre-octobre 2020 | Trimestriel | 20€

© Sepem Avignon

Actualités

06 Un nouveau site Web pour

Production Maintenance !`

06 Schneider Electric veut accélérer

la transformation digitale des

usines

06 Creaform surveille l’intégrité des

pipelines avec la numérisation 3D

06 Reportés en 2021, les

Mecateameetings affichent de

nouvelles ambitions

06 Un feu tricolore pour prévenir de

la nécessité de l’entretien sur un

guidage linéaire

08 Les dernières actualités de notre

partenaire Artema

08 VIF élargit son comité de

direction pour accompagner son

développement

10 Le format des salons Sepem

continuent de séduire même en

temps de crise

Maintenance

en production

28 CFIA Rennes, cette fois c’est la

bonne !

© Groupe MOM

30 Le M.E.S. comme soutien

devenu incontournable dans

l’agroalimentaire

34 Le MES, élément clef de l’agilité

des entreprises agroalimentaires

36 Le MES veut s’inscrire au cœur

du redémarrage des usines

40 Chez Probionat, le MES comme

précieux soutien des flux de

matières et de la logistique

Management

42 La formation, l’autre enjeu des

métiers de la maintenance

46 « BUT » - Un diplôme européen

aux enjeux stratégiques

48 Covid et industrie... quels

impacts sur la Maintenance ?

© Salzgitter Mannesmann Stainless Tubes

Prévention

des risques

50 Expoprotection – une édition

2020 sous le signe du Covid-19

52 La sécurité machines, l’autre

cheval de bataille de l’industrie

54 La sécurité des lignes de

production comme priorité

absolue

56 SMST sécurise les points de

consignation des énergies pour

réduire les risques

58 Quand sécurité des machines

rime avec industrie du futur...

63 Formation technique EPI :

prochaine session du 19 au 23

octobre 2020 !

Outils

63 Agenda (événements, salons,

congrès…)

64 Au sommaire du prochain

numéro

64 Index des annonceurs et des

entreprises citées

64 Le chiffre à retenir

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı3


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Maintenance préventive et curative

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QHSE

Themis

Q HSE MANAGER


NOS DOSSIERS EN UN CLIN D’ŒIL

© TSI Ingénierie

© DR

© DR

© Actemium (Vinci Énergies)

TECHNOLOGIES

MAINTENANCE EN PRODUCTION

MANAGEMENT

PRÉVENTION DES RISQUES / HSE

Des moyens de mesure pour une

maintenance au futur

p. 12 à 28

À l’ouverture du salon Mesure Expo Solutions (MSE), l’occasion

est toute trouvée pour parler d’instruments de mesure et de

contrôle, et de leur rôle devenu central dans la production

mais également dans la maintenance industrielle. À ce titre,

de multiples technologies se trouvent en lien direct avec l’idée

même d’industrie du futur et digitale, au premier rang desquelles

les capteurs et autres IIoT.

La place centrale de l’industrie

agroalimentaire

p. 30 à 41

La crise du Covid-19 et le confinement qui s’en est suivi a révélé,

comme s’il avait fallu d’une crise sanitaire et économique

majeure pour s’en rendre compte, que l’agroalimentaire est

essentiel dans notre société, en particulier en France, encore

qualifiée de « grenier de l’Europe ». Pourtant, au regard de la

faible digitalisation des industriels, il s’agit d’un secteur industriel

fragile et fortement soumis aux aléas.

Quid de la formation en

maintenance ?

p. 42 à 49

La crise sanitaire et économique n’aura pas que des effets sur la

production. Les métiers de la maintenance industrielle devront

sans doute encore devoir évoluer pour s’adapter à « l’après-

Covid ». En attendant de voir comment la situation va évoluer d’ici

la fin de l’année – puis en 2021 – une réforme importante va voir

le jour l’an prochain : le Bachelor universitaire de technologie, qui

remplacera l’actuel DUT. Détails.

Les clefs pour garantir

la sécurité machines

p. 50 à 62

Respecter la directive européenne relative à la sécurité des

machines pour sécuriser les interventions de maintenance, c’est

bien – c’est même d’un point de vue réglementaire essentiel

et obligatoire. Mais aller au-delà, c’est mieux ! Car si la norme

détaille de nombreux cas d’usages, elle demeure encore un peu

loin de la réalité des ateliers. Dans ce dossier, les industriels

prennent la parole et dévoilent leurs expériences.

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı5


ACTUALITÉS

EN BREF

Un nouveau site Web pour

Production Maintenance !

En lançant mi-juillet son nouveau

site éditorial, MRJ Presse entend

proposer bien davantage qu’un média

complémentaire du magazine papier.

Le site Web production-maintenance.

com se présente en effet comme

un outil digital à part entière avec

des articles et des vidéos pour une

consultation sur PC, tablette et

smartphone, en ligne ou grâce à une

application Web. Enfin, tous les quinze

jours, une newsletter informera les

lecteurs des dernières nouveautés ●

production-maintenance.com

Schneider Electric veut

accélérer la transformation

digitale des usines

Face à l’urgence de redémarrage de

l’industrie et à l’occasion de la mise

en œuvre de son plan stratégique

« Smart Factory » dans ses propres

usines depuis plus de quatre ans,

Schneider Electric a conçu le Starter

Pack 4.0 pour apporter une solution

matérielle et logicielle « digital

ready » aux usines souhaitant

démarrer leur transformation

digitale. Du capteur sans fils, non

intrusif, à l’usage de la donnée en

local ou dans le Cloud, le Starter

Pack 4.0 entend couvrir l’ensemble

des besoins ●

Creaform surveille l’intégrité

des pipelines avec la

numérisation 3D

Le fabricant canadien vient de

lancer sur le marché une nouvelle

technologie de numérisation 3D

visant à surveiller l’intégrité des

pipelines de façon plus simple et

plus rapide. « Le scanner Go!SCAN

3D à lumière blanche requiert moins

de temps de préparation, souligne

Jérôme-Alexandre Lavoie, chef

de produit chez Creaform. Les

techniciens peuvent ainsi effectuer

les inspections d’un pipeline plus

rapidement et réduire le temps passé

à effectuer les mesures » ●

© DR

FERROVIAIRE

Reportés en 2021,

les Mecateameetings

affichent de

nouvelles ambitions

Il n’y aura pas de Mecateameetings cette année mais bien l’an prochain, plus

précisément du 22 au 24 septembre à Montceau-les-Mines (71). Alors que les

principaux événements internationaux de la filière ferroviaire ont également

tous été reportés, Mecateamcluster organisera sa cinquième édition de son congrès

en 2021 ; toutefois, la plateforme entend bien revenir en force avec des nouveautés et

une durée de rallongée (cinq demi-journées contre trois en 2019).

Quant au lieu d’exposition, il sera organisé sur un seul et unique espace situé autour

des voies écoles, dans le but de limiter les allers-retours et faciliter les rencontres entre

professionnels. Cet espace d’exposition fera office de démonstrations d’engins et de

matériel. Les « speed meetings », force du salon, seront naturellement maintenus. En

2019, pas moins de 600 rendez-vous ont été pré-programmés lors d’un événement

qui rassemble les 400 participants ●

EN SAVOIR PLUS > www.mecateamcluster.org

SOLUTION

Un feu tricolore pour prévenir

de la nécessité de l’entretien

sur un guidage

linéaire

Igus vient de lancer une solution

intelligente pour la maintenance

prévisionnelle des systèmes de guidage

linéaire drylin, lesquels doivent faire face à

des conditions extrêmes, qu’ils soient utilisés

en continu ou dans des milieux abrasifs. Pour

que ces guidages linéaires puissent glisser

sans lubrifiant, l’industriel allemand a fait

appel à des éléments en polymères hautes

performances. Pour son remplacement, igus

a lancé sur le marché un nouveau chariot

linéaire intelligent reposant sur le principe

du feu tricolore : rouge, on s’arrête ; vert,

c’est bon. Il suffit à la personne chargée de

l’entretien d’appuyer sur un bouton pour

savoir si un entretien est nécessaire ●

Un feu tricolore à led placé sur le chariot du

guidage linéaire drylin

© IGUS

6ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


ACTUALITÉS

EN BREF

VIF élargit son comité de

direction pour accompagner

son développement

Afin de se préparer à un nouveau

cycle de développement, VIF

(dirigé par Antoine et Gaël

Vignon) s’entoure de nouvelles

personnes autour de plusieurs axes

stratégiques : une directrice de la

relation client, Patricia Le Dren, un

directeur des opérations logiciels

industriels, Philippe Guyonneau, et

une nouvelle DRH, Virginie Contrera.

Ils rejoignent ainsi au comité de

direction Sébastien Levasseur

(directeur commercial), Stéphane

Gabelle (directeur des opérations

ERP), Hervé Courtel (DAF) et Didier

Hamon (directeur marketing et

communication).

Avec cette nouvelle équipe,

VIF (230 salariés) poursuit son

développement en suivant

trois axes : une politique

d’investissement et d’innovation

forte menée sur les offres ERP,

MES et SCP, le renforcement de

l’accompagnement des clients

dans la transformation numérique

et la conquête de nouveaux clients

industriels, toujours forte sur le

marché agroalimentaire et élargie à

d’autres secteurs ●

PAGE PARTENAIRE

Les dernières actualités

de notre partenaire Artema

Le syndicat professionnel des industriels de la mécatronique n’a pas

été épargné par la crise. Cependant, ses adhérents ainsi que le marché

montrent des signes de reprise non négligeables.

L’Indicateur Global Artema reprend des couleurs à fin mai

Au regard du graphique ci-contre, la courbe rose des prévisions à trois mois poursuit en

mai sa progression d’avril et est accompagnée maintenant de la courbe bleue (facturations)

qui stoppe sa baisse en mai. Sans surprise, le carnet (courbe verte) reste quant à elle en

décroissance. Les entreprises s’attendent donc à un été calme. Les mois de septembre

et octobre sont très attendus et donneront le ton du second semestre ●

Exel Industries - mardi 20 octobre 2020 à la Maison de la

mécanique : la pulvérisation à l’honneur

Compte tenu de la crise sanitaire et des mesures de confinement,

le rendez-vous marché consacré à Exel Group initialement prévu

en juin 2020 a été reporté au mardi 20 octobre prochain de 14h

à 17h. Les intervenants seront Daniel Tragus, Corporate Strategy

Advisor – M&A, qui parlera de la stratégie du groupe (pulvérisateurs, arracheurs de

betteraves…), Colin Chaballier, directeur d’Exxact Robotics, spécialisé dans l’agriculture

de précision, et qui présentera les dernières tendances technologiques : l’utilisation des

capteurs et de l’IA pour une pulvérisation ultra ciblée. Enfin, Grégoire Hauseux, du

service économique d’Artema, viendra compléter les interventions ●

Global Industrie Connect : réussite du premier événement 100 % digital de GL events

Présenté comme l’alternative digitale

de Global Industrie Paris 2020, GL

events a annoncé un bilan positif

de son événement digital – avec un

programme de 45 webinars ! Au total,

la première édition de GI Connect a

réalisé 6 144 visites sur quatre jours et

18 588 interactions entre participants

(visiteurs et exposants). L’ensemble des

replays des webinars sont disponibles

sur le programme de GI Connect sur le

site de Global Industrie et Youtube. GL

events donne rendez-vous à la prochaine

édition de Global Industrie du 16 au 19

mars 2021 à Eurexpo Lyon ●

8ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


SALON DES SERVICES, ÉQUIPEMENTS, PROCESS ET MAINTENANCE

LA RÉPONSE À TOUTES VOS PROBLÉMATIQUES :

PRODUCTION, MAINTENANCE,

SÉCURITÉ, ENVIRONNEMENT...

NOUVELLE

DATE

AVIGNON

NOUVELLE

DATE

COLMAR

7 SALONS NATIONAUX

EN RÉGIONS

29 SEPT. > 01 OCT. 2020

NOUVELLE

DATE

Pôle Sous-traitance

Forum de l’électronique

DOUAI

17>19 NOVEMBRE 2020

Pôle Sous-traitance

TOULOUSE

CRÉDIT PHOTO : ISTOCK / RÉALISATION PUBLIROM

ANGERS

12>14 OCTOBRE 2021

Pôle Sous-traitance

Forum de l’électronique

ROUEN

25>27 JANVIER 2022

Pôle Sous-traitance

26>28 JANVIER 2021

Pôle Sous-traitance &

Pôle Machine-outil & robotique

GRENOBLE

08>10 FÉVRIER 2022

Pôle Sous-traitance

Forum de l’électronique

01>0303 JUIN 2021

Pôle Sous-traitance

Forum de l’électronique

TORINO

TURIN

ITALIE

17>19 NOVEMBRE

2020 - TURIN

SALON

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SEPEM Avignon 2020

SEPEM Toulouse 2021

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SEPEM Grenoble 2022

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ACTUALITÉS

ÉVÉNEMENT

Le format des salons Sepem

continuent de séduire

même en temps de crise

À gauche, Philippe Dutheil, directeur général du salon,

et à droite Xavier Legrand, directeur commercial.

Initialement prévu au mois de juin,

le salon Sepem Industries Grand Est

se déroulera du 17 au 19 novembre

prochain au parc des expositions de

Colmar. Quant à l’édition avignonnaise,

celle-ci est toujours maintenue du 29

septembre au 1er octobre, preuve que

les temps s’arrangent mais aussi que

les industriels des régions Paca et

Occitanie sont en attente de solutions

innovantes afin de mieux rebondir.

Quel regard portez-vous sur la crise ?

Philippe Dutheil

Sans surprise, l’événementiel a été

particulièrement touché avec l’annulation

de nombreux événements et le report à

2021 des salons internationaux. Du côté de

nos exposants, la crise a été essentiellement

sanitaire, en particulier dans le Grand Est,

puis économique avec la fermeture de la

quasi-totalité des entreprises durant deux

mois. Si de ce point de vue l’impact a été,

en Alsace et en Lorraine notamment,

similaire au reste de la France, nous

constatons que dans cette région plus

rigoureuse que d’autres, la population et

les entreprises savent parfaitement s’adapter

aux contraintes sanitaires, de confinement

et aux gestes barrières avec une volonté de

rapidement s’en sortir.

Xavier Legrand

Concernant le salon Sepem, si en Alsace

l’automobile est très présente, les secteurs

comme la cosmétique, la pharmaceutique

et l’agroalimentaire représentent aussi des

parts importantes dans le tissu industriel

de la région. Il en est de même pour le

sud-est de la France, ce qui ne devrait donc

pas trop impacter nos salons par rapport à

d’autres événements beaucoup plus orientés

vers l’automobile et l’aéronautique.

Comment se presente l’édition du

sud est qui aura lieu à Avignon à la

rentrée ?

Philippe Dutheil

Contrairement à Colmar, l’édition

avignonnaise a été maintenue aux mêmes

dates, à savoir du mardi 29 septembre au

jeudi 1er octobre. Ce salon Sepem aura la

particularité, comme à Grenoble en février

dernier, de se dérouler conjointement avec

le Forum de l’Électronique, également

organisé par le groupe GL Events. Compte

tenu de la situation actuelle, nous avons

choisi d’adapter raisonnablement la surface

afin de libérer de l’espace et de ne pas trop

resserrer les stands ; dans tous les cas, le

porterons une vigilance de tous les instants

d’un point de vue sanitaire et les gestes

barrières seront régulièrement rappelés.

De même, les deux événements seront

rassemblés au sein d’un seul et même

hall d’exposition. Il n’y aura donc pas

d’extension mais plutôt une petite

diminution en raison de la crise. Toutefois,

à la mi-mai, nous enregistrons déjà un

taux de remplissage à 80 % ; celui-ci

devrait encore augmenter d’ici là.

10ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


ACTUALITÉS

Programme des conférences de la Production et de la Maintenance

SEPEM INDUSTRIES AVIGNON

Mardi 29 septembre

10h30 : « L’IA au service de

la performance des stocks en

maintenance grâce aux processus

KDD d’extraction de connaissances

à partir de données issues d’outils

de gestion et d’achat maintenance.

Démonstration sur un cas d’usage pour

EDF. » Matthieu Jolens, fondateur de

la société J.I. Conseil.

11h30 : « Retour d’expérience avec le

Groupe Pellenc à Pertuis (Vaucluse),

fabricant international d’équipements

agricoles implanté en région Paca, et

récemment labellisé Vitrine Industrie du

Futur » - Romain Serratore, directeur

industriel de Pellenc

Mercredi 30 septembre

10h30 : « Monitoring des machines

et transformation digitale de l’usine :

comment Bosch Rodez accompagne

les entreprises » - Grégory

Brouillet, responsable du groupe

Transformation digitale de Bosch-

Rodez

11h30 : « GMAO : retour d’expérience

d’un acteur du viticole dans le Sud

Est et de l’éditeur Dimo Maint » -

Jean-Stéphane Lorini, responsable

industriel et infrastructure des

Domaines Paul Mas

Jeudi 1 er octobre

10h30 : « Renforcer l’efficacité

opérationnelle et améliorer le confort

de travail des techniciens sur le

terrain grâce au digital » - Julian Laé,

Business Developer chez InfleXsys

11h30 : Industrie du futur

« Retour d’expérience sur la mise en

place d’outils numériques au sein de

la production de Probionat Provence »

- Dominique Collart, gérant de

Probionat Provence, et Creative’IT.

Xavier Legrand

Au niveau des temps forts, le cycle de

conférences sur la maintenance – dont

les thèmes seront également élargis aux

process de production – sera maintenu

mais il sera exceptionnellement allégé et

organisé conjointement aux conférences

de l’électronique. Concrètement, les

conférences sur la maintenance se

dérouleront les mardi, mercredi et jeudi

matin ; celle portant sur l’électronique

se dérouleront les mardi et mercredi

après-midi.

Malgré son report, comment se

présente l’édition de colmar ?

Philippe Dutheil

Au printemps, la commercialisation

était déjà terminée et le salon affichait

déjà complet. À ce jour, malgré quelques

demandes d’annulation faites par les

entreprises pour récupérer du cash,

nous enregistrons peu de pertes. Nous

remarquons également qu’au second

semestre de cette année, les nombreux

« Au second semestre, les nombreux salons et événements qui auront

lieu à cette période vont pousser les entreprises à faire des choix ;

dans ce contexte, les Sepem présentent l’avantage d’être peu onéreux

avec des petits stands et des retours sur investissement rapides »

salons et événements qui auront lieu à

cette période vont pousser les entreprises

à faire des choix ; dans ce contexte, les

Sepem présentent l’avantage d’être peu

onéreux avec des petits stands et des

retours sur investissement rapides. À ce

titre, nous restons relativement sereins.

Votre sentiment pour 2021 ?

Xavier Legrand

Pour le moment, notre seul repère, c’est

l’édition de Douai. À l’heure actuelle,

nous enregistrons très peu de pertes et

nous sommes donc très confiants ; nous

avons donc la volonté de travailler sur

une surface identique d’autant qu’il s’agit

d’un gros salon pour nous.

Philippe Dutheil

Tout à fait, et c’est là qu’on voit que

l’alchimie des Sepem (avec le prix des

achats plus bas et donc moins de risque

sur l’investissement ainsi que des temps de

déplacement réduits) continue de séduire

les exposants. Pour autant, nous ne nous

faisons pas d’illusion : 2021 sera également

une année difficile ●

Propos recueillis par Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı11


TECHNOLOGIES

ÉVÉNEMENT

Quand mesure rime avec industrie

du futur

A l’occasion de la troisième édition du salon Mesures Solutions Expo2020 qui se tiendra les 14 et 15 octobre

prochain à la Cité des Congrès de Lyon, Production Maintenance a choisi de mettre en avant le lien existant entre

les moyens de contrôle et l’industrie 4.0, nouveau bras armé de la maintenance.

Les IIOT et autres capteurs intelligents sont au cœur des

stratégies de maintenance et du nerf de la guerre qu’est

devenue l’information en temps réel. Sur cette question,

le salon Mesures Solutions Expo a décidé de réunir pour sa troisième

édition les professionnels de la mesure sur un même lieu

afin de leur proposer des solutions complètes. L’événement sera

l’occasion pour les visiteurs – parmi les premiers à revenir dans

les salons professionnels depuis le confinement – d’y découvrir

près de 300 grandes marques françaises et internationales à

travers plus de 130 stands. Par ailleurs, une vingtaine d’ateliers

thématiques seront organisés afin de présenter leurs savoir-faire

et de nombreuses nouveautés.

Il faut dire que les moyens de contrôle et de mesure n’ont cessé

d’évoluer ces dernières années, devenant toujours plus performants

et simples d’utilisation, s’inscrivant, pour une partie d’entre

eux, en droite ligne avec l’industrie du futur. Les capteurs intelligents

et les objets connectés offrent des approches toujours

plus pertinentes, comme en témoignent les différents articles de

ce dossier consacré, comme traditionnellement à chaque rentrée,

à ces multiples technologies. D’un reportage au cœur d’une

usine « 4.0 » du spécialiste allemand du capteur ifm electronic

à l’initiative de Bosch Rodez qui s’oriente désormais vers une

offre complète de monitoring d’équipements de production, en

passant par des avis d’expert et des interviews portant sur le marché

des nouvelles technologies – à l’exemple de l’edge computing ou

encore de l’intelligence artificielle... ce dossier a pour objectif

de mettre en lumière des exemples concrets de mises en œuvre

de technologies déjà suffisamment matures pour permettre à

l’industrie française de remonter la pente le plus vite possible, la

reprise de la production faisant particulièrement défaut dans le

pays. Fin juillet, celle-ci ne dépassait pas – en moyenne – 70% du

niveau normal ; un chiffre plus faible que nos voisins allemands,

britanniques, espagnols et italiens ●

Olivier Guillon

LE DOSSIER EN DÉTAIL

14 Do you speak « Maintenance 4.0 » ?

15 Les observations instantanées, quelle aide

pour la maintenance ?

18 L’offre « Transformation digitale » de l’usine

Bosch de Rodez prend de l’ampleur

20 Plongée au cœur de l’usine 4.0 d’ifm

electronic

24 Exploiter le potentiel de la maintenance

prévisionnelle dans les environnements

industriels

26 L’intelligence artificielle et l’analytics, priorités

d’investissement pour les industriels français

12ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


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vos moteurs et générateurs

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Analyse en dynamique

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TECHNOLOGIES

POINT DE VUE

Do you speak « Maintenance 4.0 » ?

Principal frein de l’engagement d’une entreprise dans une démarche d’industrie du futur et de son corolaire,

la maintenance 4.0, le vocabulaire et le langage « IT » s’imposent aux côtés du retour sur investissement, pas

toujours évident à mettre en avant, et de la méthodologie à adopter.

Alexandre Maksimovic,

responsable technique

maintenance & services

chez Actemium,

Comment traduirait-on « IA »

en français ? Si en anglais

le terme « intelligence »

signifie « renseignement »,

la traduction par « renseignements

artificiels » devient de fait beaucoup

moins attirante ; Mais cette traduction

remet bien les choses à leur place.

On parle effectivement de logiciels et

d’algorithmes permettant de faire des

calculs très avancés ; mais l’intelligence

appartient à l’humain qui va développer

et se servir de ces logiciels. Le vocabulaire

se révèle donc être, dès le départ, un

point bloquant dans la mise en œuvre

d’une politique d’industrie ou de

maintenance 4.0. Tel est, en tout cas,

ce que constate Alexandre Maksimovic,

responsable technique maintenance &

services chez Actemium, la marque

de Vinci Energies dédiée à l’industrie.

« Je dirais même plus car lorsqu’on parle

de ‘‘digitaliser l’industrie’’ et au-delà du

vocabulaire, les responsables maintenance

doivent gérer l’appropriation par leurs

équipes des notions techniques cachées

derrière ces mots pour pouvoir décider

d’investir en maitrisant les risques

associés ».

Alors comment faire pour adopter

cette langue 4.0, avec ses mots et ses

technologies, qui fait office encore trop

souvent de barrière ? Pour Alexandre

Maksimovic, il faut continuer à rester

très pragmatique : « tout réside dans la

stratégie de l’entreprise et dans sa manière

de mener à bien son projet d’industrie

4.0, car ce qui est sûr, c’est que cette

mutation de l’entreprise implique une

digitalisation et donc un lien étroit à

l’informatique ». Autre enseignement à

avoir impérativement à l’esprit, le fait

qu’en maintenance, n’importe quel projet

d’amélioration nécessite de modifier

sa façon de manager le personnel, de

changer ses méthodologies de travail et

ses outils. « Pour ce faire, il faut former de

façon continue, faire des essais, acquérir

de l’expérience et recruter ou s’associer à

des spécialistes ». Deux choix s’offrent

à l’entreprise : former en interne ou

travailler avec des partenaires.

DE MULTIPLES FACTEURS DE

RÉUSSITE À PRENDRE EN COMPTE

Premier facteur à avoir à l’esprit, définir le

projet 4.0 en partant de l’équipe. Celle-ci

doit réunir toutes les connaissances et

les compétences ou expertises métiers

permettant de comprendre le vocabulaire

employé. Puis, il convient de définir

et de mesurer les pertes ainsi que les

14ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


TECHNOLOGIES

objectifs afin de fixer un budget. Dernier

facteur clef, l’intégration du projet dans

l’organisation de l’entreprise afin de ne

pas déconnecter le projet 4.0 de la réalité

industrielle quotidienne et ses impacts sur

la stratégie et la politique de maintenance.

Parmi les exemples de mise en œuvre,

notons le projet ARIS de réalité

augmentée (Augmented Reality Industry

Solutions*) mené au sein d’Actemium afin

de supporter les contrats de maintenance.

Actemium intègre dans une plateforme

dédiée à la réalité augmentée ses solutions

sous forme de briques logicielles.

Illustration sur un immense système

hydraulique : « Pour ne pas faire d’erreur

et provoquer un arrêt d’installation, on

identifie les équipements par QR-Code afin

que le technicien sache tout de suite quel

type d’huile et quelle quantité mettre, avant

d’entrer les informations dans l’historique.

Aussi, toutes ces données se trouvent dans

le système du client, pas dans le Cloud ; Un

parti pris qui s’explique pour garantir plus

de sécurité relative à la confidentialité mais

aussi parce qu’il n’y a pas de réseau wifi

à tous les endroits des sites industriels ».

Mais qu’attend-t-on au juste de la réalité

augmentée ? Une fonction intéressante et

qui a pris tout son sens lors de la période

de confinement, « l’expert déporté »

présente un intérêt pour la formation

et pour dépanner des débutants ou un

exploitant à distance. Aussi, la solution «

mains libres » (mobilité) permet d’accéder

à de nombreuses informations utiles sur

le terrain et de guider le technicien pas

à pas en temps réel ●

Olivier Guillon

(*)Référence : ARIS by Actemium, contact :

Nicolas Muller nicolas.muller@actemium.ch

AVIS D’EXPERT

Les observations instantanées,

quelle aide pour la maintenance ?

La méthode des observations instantanées est une technique s’appuyant sur les statistiques élémentaires. Celle-ci

est couramment utilisée dans l’industrie afin de mesurer les performances des machines. Détails dans cet article.

Afin de définir la fréquence d’occurrence d’un

évènement, il est possible de réaliser des sondages

aléatoires sur le terrain, appelés observations

instantanées. En réalisant ces observations un nombre

de fois suffisamment grand, on peut approcher la fréquence

réelle d’apparition avec le degré de précision souhaité. Elles sont

souvent moins coûteuses que des séances d’observations continues

(mais plus spécifiques). Les observations instantanées peuvent

être utilisées pour mesurer le taux d’utilisation d’un équipement,

les temps de réalisation d’une opération, les coefficients de repos

et tout autre taux ou temps d’apparition d’un aléa.

PRINCIPES STATISTIQUES

Pour appréhender les fondements théoriques sur lesquels

reposent les calculs liés aux observations instantanées, voici

un exemple simple. Étudions le cas d’un dé lancé un grand

nombre de fois. La probabilité d’apparition de chacun des

six chiffres est de 1 sur 6. Pour estimer cette probabilité, il est

tout à fait possible de réaliser des observations de lancers et

noter les résultats. Une dizaine d’observations ne permet pas

de retrouver la fréquence de 1/6 pour l’un quelconque des

résultats (obtenir un 5 par exemple). Un millier en donne une

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı15


TECHNOLOGIES

© iStock

meilleure approximation mais encore en dehors de la précision

de ±5 % (avec une marge d’erreur de 95 %).

La méthode des observations instantanées repose sur les mêmes

principes. Une machine peut être en production ou à l’arrêt. Si l’on

observe un grand nombre de fois son état instantané, le rapport

du nombre de cas où la machine est en marche sur le nombre

d’observations totales tendra vers son taux réel d’utilisation. Le

nombre d’observations à réaliser dépend de la précision relative

attendue, de la marge d’erreur acceptable et de la fréquence estimée.

PRÉPARATION D’UNE OBSERVATION INSTANTANÉE

Bien établir le sujet de l’étude : le phénomène observé (quoi),

les acteurs impliqués (qui), le périmètre (où), le nombre

d’observation (combien) et la manière de réaliser les observations.

Il faut en particulier bien définir les états de ce qui sera observé :

« en panne/en fonctionnement », « en déplacement/immobile ».

Il ne doit pas y avoir d’ambiguïté sur ces définitions, puisque

l’observateur ne doit pas « séjourner » pour ne pas être influencé

par d’autres causes.

Il convient ensuite de préparer l’outil de relevé des observations

(feuille de bâtonnage, smartphone…). Les horaires d’observations

seront prédéfinis de manière aléatoire. Les horaires ne doivent

pas être répétitifs d’un jour sur l’autre (pour limiter tout biais).

Dernière étape : réaliser les tournées aux heures prévues, en

effectuant une observation ponctuelle à chaque fois.

CAS D’USAGE

Occupation machine : c’est le cas classique d’usage des

observations instantanées. Pour un équipement qu’il n’est

pas utile – ou économique – de suivre continuellement en

TRS ; il est possible d’estimer son taux d’occupation grâce à des

observations instantanées. Les différents types d’arrêts peuvent

également être calculés (panne, manque d’opérateur, manque

d’approvisionnement...). Les machines automatiques pilotées

par processeur ne relèvent pas de cette méthode, puisque tout

est enregistré en continu.

Les coefficients de repos, ou coefficients majorateurs (au sens du

BTE), peuvent être estimés par des observations instantanées.

Les différents cas d’aléas irréguliers légitimes sont comptés

(échanges avec la hiérarchie ou d’autres collègues, pause après

un effort, besoins personnels…).

Enfin, concernant l’auto-observation, il est en effet possible

également d’utiliser la méthode des observations continues pour

effectuer un suivi d’activité. La fréquence, et donc le temps, de

chacune des activités peuvent ainsi être calculés.

EXEMPLE RÉEL D’APPLICATION

La société 3M produisait les rubans de Micropore sur une ligne

constituée des équipements successifs : mise en dévidoir du

rouleau, insertion dans boite carton individuelle, pose vignette

sécurité sociale (eh oui, dans ce temps-là), groupage sous film par

quantité de 12, et mise en suremballage : tout incident sur l’un de

ces équipements avait une incidence sur toute la ligne. Le service

maintenance avait une vue erronée des pannes, car influencé

par les « pannes longues », alors que l’étude par observations

instantanées a fait apparaître une multitude de « petites pannes » ;

cette étude a ainsi permis de restituer une analyse ABC des

pannes et un traitement priorisé par le service maintenance.

En ces temps de maintenance 4.0, cette méthode reste un

outil possible. Seul inconvénient : du fait de ces observations

aléatoires, celle-ci nécessite la disponibilité complète de

l’observateur ; même s’il effectue une autre tâche en parallèle,

celle-ci doit être non-prioritaire ●

Jean Colomier (trésorier de l’Afim)

16ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


DÉCHARGES

PARTIELLES, UNE

OFFRE GLOBALE

UltraTEV Plus²

Détection des décharges partielles internes par technologie TEV

Détection des décharges partielles de surfaces par ultrasons

Classification et priorisation du niveau des décharges partielles

Interprétation simple grâce à la visualisation des formes d’onde/phase

Suivi de tendance du niveau d’activité des décharges partielles

internes et de surface

Communication simple pour la collecte et le stockage des données

Convient au contrôle des câbles (visible et sous-terrain), sectionneurs,

isolateurs, disjoncteurs, armoires ...

Possibilité de suivi continu des décharges partielles avec l’ASTUTE

Postes sources : Triangulation acoustique pour une détection précise

des décharges partielles en extérieur grâce au « PD Hawk »

Equipements critiques : Installation à demeure d’un suivi en temps

réel de toute décharge partielle interne, de surface et sur câble sousterrain

à l’aide du monitoring « ASTUTE »

dbvib-instrumentation.com


TECHNOLOGIES

SOLUTION

L’offre « Transformation

digitale » de l’usine

Bosch de Rodez prend

de l’ampleur

Lancé il y a deux ans et demi, ce service d’accompagnement et d’intégration de technologies d’industrie du

futur est sorti des applications internes aux usines françaises du groupe Bosch pour fournir des prestations

aux industriels de tous secteurs d’activité. Cette activité, associée à un cas d’application dans le domaine de

la production de fenêtres, fera l’objet d’une intervention lors des Cycles de conférences de la production et de

la maintenance sur le Sepem Avignon, le mercredi 30 septembre, à 10h30.

Depuis le reportage effectué

début 2019 à Rodez, de l’eau

a coulé sous les ponts. Dans le

n°64 du magazine Production

Maintenance, la rédaction avait mis en

lumière la création et la mise en œuvre d’un

service spécialement créé pour maintenir

au maximum des activités techniques de ce

site implanté au cœur du département de

l’Aveyron et spécialisé dans les composants

de moteurs diesel. Aujourd’hui, avec la crise

économique et du marché automobile, il

est devenu plus que jamais urgent pour

les industries du secteur de rapidement se

renouveler. C’est précisément ce qu’a entrepris

le site de Rodez, avec cinq années d’avance.

Concrètement, ce service piloté par

Grégory Brouillet est né d’une réflexion sur

l’industrie du futur à travers la maintenance

Grégory Brouillet

Responsable de groupe Transformation digitale

et sécurité électrique l’équipe de Grégory

est à l’origine du déploiement de l’offre Développement 4.0

au sein de l’usine Bosch de Rodez.

avant d’aboutir à une démarche concrète,

revêtant l’usine de Bosch d’une casquette

de prestataire. Cette offre de services

digitale s’articule autour de trois volets. Le

premier porte sur le conseil, le diagnostic

et le support dans le but d’accompagner

les entreprises industrielles dans leur

démarche d’industrie 4.0 ; « à ce titre, nous

sommes certifiés « BPI Consultants Industrie

du Futur ». Nous sommes aussi référencés

comme architecte de solution d’industrie

du futur avec l’Afnor et le cabinet Stratéis.

Ce partenariat nous permettant de fournir

un diagnostic en cinq jours chez les PME

et les ETI par le biais d’un financement

100 % état et région Occitanie », précise

Grégory Brouillet. Le deuxième volet

de l’offre concerne la formation ; « afin

d’assurer cette activité, l’usine de Rodez et

le banc didactique que nous avons mis au

point sont pour nous de fabuleux atouts ».

Enfin, troisième et dernier volet : les

prestations en tant que telles. Celles-ci

passent par l’optimisation de la production

via la digitalisation ; « l’idée est d’intégrer

des solutions de connectivité machine

permettant de récupérer des données issues

de capteurs ou d’automates dans le but de

les collecter et de les analyser. Nous avons

obtenu d’excellents résultats dans l’usine ».

DES BESOINS EN INTERNE AUX

PREMIERES PRESTATIONS POUR

DES ENTREPRISES EXTERIEURES

Opérationnel depuis le début 2018,

le service Transformation digitale est

pleinement impulsé par le groupe

allemand, à l’image d’autres initiatives

prises sur le sujet de l’industrie 4.0 dans

d’autres filiales européennes. Par exemple,

Bosch Rodez Service est l’installateur de

cobots pour le groupe en France. Ces

robots collaboratifs permettent aux

différents sites du groupe d’améliorer

la QVT de leurs collaborateurs tout en

optimisant la productivité. L’utilisation

des données offre également la possibilité

d’améliorer les performances à travers des

18ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


TECHNOLOGIES

À retrouver sur le Sepem

Avignon

Intervention sur le « Monitoring des

machines et transformation digitale

de l’usine : comment l’usine Bosch de

Rodez accompagne les entreprises dans

leur démarche d’industrie du futur.

Intervenants : Grégory Brouillet,

responsable de groupe Transformation

digitale et sécurité électrique de Bosch

à Rodez

Quand ? Le mercredi 30 septembre,

à 10h30

Où ? À l’espace Conférences

indicateurs tels que le TRS, le taux de rebut,

le rapport qualité-coût-défaut ou encore

les temps de cycle ; « seule l’exploitation fine

des données nous permettent d’optimiser ses

indicateurs », insiste Grégory Brouillet.

Aujourd’hui, un peu moins de trois années

et une crise économique après, le service

est plus actif que jamais. Celui-ci réunit

dix personnes auxquels s’ajoutent deux

apprentis, et recherche actuellement

un doctorant menant une thèse Cifre

sur la maintenance prévisionnelle. « Le

point fort de cette équipe est d’être «multispécialisée»

: celle-ci n’est pas seulement

composée de développeurs mais aussi de

professionnels de la production et de la

maintenance », rappelle Grégory Brouillet.

Une force qui a permis au service de

convaincre de plus en plus d’industriels.

« La demande est là mais le chemin est

Chez Devic Menuiserie,

une PME Familiale Ruthénoise

d’une centaine de salariés

et fabricant de menuiseries

sur-mesure, qui a décidé de

se lancer dans l’industrie du futur

encore long puisqu’il est encore difficile

de convaincre les entreprises que parier

sur la digitalisation permet des retours sur

investissement à court et moyen termes.

Les écoles s’intéressent aussi à nos offres de

lignes didactiques développées avec Bosch

Rexroth ».

ACCOMPAGNER L’ENTREPRISE

DEVIC MENUISERIE DANS SA

DEMARCHE D’INDUSTRIE DU

FUTUR…

Devic Menuiserie, une PME Familiale

Ruthénoise d’une centaine de salariés et

fabricant de menuiseries sur-mesure, a

décidé de se lancer dans l’aventure. Avec

un chiffre d’affaires en forte croissance,

l’entreprise souhaitait optimiser la

production afin de mieux répondre à la

demande des clients et réduire les temps

machines. Conscient que la société doit

faire évoluer ses méthodes de production

si elle veut continuer à se développer, elle

a choisi de solliciter fin 2019 l’équipe de

Grégory Brouillet dans le but de connecter

un centre d’usinage. « La PME souhaitait

mettre en place des outils de communication

et d’échanges entre les opérateurs et les

managers dans le cadre d’une démarche

qualité et d’amélioration continue », affirme

Sandrine Hurthes, responsable Qualité.

« La mise en place d’indicateurs temps réels

de pilotage de la production nous permettra

d’atteindre des objectifs quantifiables »,

ajoute Nicolas Devic.

Développé en mode design thinking avec

la société Devic, cet outil connecté permet

de visualiser le taux d’utilisation, ainsi que

la localisation des arrêts, et ce en temps

réel. « Après avoir travaillé avec l’équipe

de direction sur les priorisations, nous

avons installé une solution nous donnant la

possibilité de calculer le taux d’utilisation de

la machine par équipe. L’outil nous permet

de comprendre en temps réel les causes

d’arrêt. Ces données sont visibles sur la

machine mais aussi depuis l’ensemble des

postes informatiques du site ».

À seulement quelques milliers d’euros,

ce premier projet – avant d’être déployé

sur d’autres équipements voire, à terme,

de s’orienter vers un MES installé dans

un Cloud – amène déjà des résultats et

promet un retour sur investissement

rapide, critère essentiel et qui prend

tout son sens aujourd’hui avec la crise

industrielle et la recherche de solution

simples à mettre en place et peu

coûteuses. « Ce projet est un premier

pas dans l’industrie 4.0 avec pour objectif

de l’étendre à d’autres machines, précise

Nicolas Devic. En fait, ce POC initie les

prémices d’un projet plus global, tourné

vers l’avenir. » ●

Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı


TECHNOLOGIES

REPORTAGE

Plongée au cœur de l’usine 4.0

d’ifm electronic

Pour ses 50 ans, le spécialiste Allemand du capteur a invité fin 2019 la presse européenne spécialisée à venir

découvrir son usine de Tettnang, dans la région de la Souabe, à seulement quelques kilomètres du lac de

Constance. L’occasion pour la rédaction de Production Maintenance présente sur place de comprendre la vision

de l’industrie 4.0 d’ifm electronic, laquelle repose sur deux piliers : la mesure et le contrôle.

Vue aérienne du site de Tettnang, non loin du lac de Constance

«

69, année électronique »… aurait pu chanter le « Serge

Gainsbourg de l’industrie » s’il avait existé. Car cette

année-là accoucha d’un des plus grands spécialistes

mondiaux des capteurs, des contrôleurs et des systèmes

pour l’automatisation industrielle dans le monde entier. Aujourd’hui,

ifm electronic est dirigé par la deuxième génération de la famille ;

co-fondé Robert Buck et Gerd Marhofer, le groupe est aujourd’hui

mené par le président du directoire Martin Buck et Michael

Marhofer. Avec environ 6 700 employés répartis dans pas moins

de soixante-dix pays, ifm combine l’internationalité et la force

d’innovation d’un groupe (qui compte pas moins d’un millier de

personnes en R&D) d’entreprises en pleine croissance – formé de

nombreuses acquisitions externes – mais aussi en s’engouffrant

habilement dans la brèche de l’industrie 4.0.

L’usine de Tettnang d’ifm montre à elle-seule comment utiliser

Industry 4.0 avec succès. L’exemple de la surveillance des filtres

dans la production de capteurs illustre les avantages de la

maintenance calibrée à partir de l’état de santé de l’équipement

et son suivi en temps réel, et ce grâce au recours massif de

capteurs communicants IO-Link d’ifm ainsi que la solution

SmartObserver LR. Pour Laurent Carlion, directeur marketing

et technique de la filiale française, « l’industrie du futur s’illustre

avant tout par le rapprochement de l’IT et de l’outil en lui-même,

car bien souvent, la production reste trop détachée du reste de

l’entreprise ; il n’existe donc pas ou très peu de relations entre

les services. L’industrie 4.0 vise au contraire à rapprocher ces

deux univers, sans oublier la maintenance et l’automatisation

des flux. »

20ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


OnTRAK

Système de surveillance de Machines Tournantes

Monitoring permanent en temps réel et à distance - IIoT/Cloud

Le système de surveillance temps réel ON-TRAK

est un système complet et connecté qui met en

oeuvre les puissants capteurs UESystems de

type Ultra-Trak 750. Il permet d'être alerté en

temps réel dès lors qu'un changement de mode,

une prédéfaillance, une défaillance mécanique

ou un problème de lubrification apparaît sur un

équipement tournant.

Les capacités de détection de la technologie

UESystems couplées à la puissance de l'IIoT

présentent sur un seul et même système

plusieurs bénéfices techniques :

• précocité de détection des défaillances

• surveillance & alerte à distance

• surveillance & alerte temps réel

• simplicité d'installation et d'utilisation

Le système ON-TRAK est la solution clé en

main nécessaire à anticiper les défaillances de

machines tournantes de façon sure, efficace et

totalement autonome.

ETHERNET

WI-FI

CELLULAR

CONNECTEZ LES

CAPTEURS

ULTRA-TRAK 750 &

TOUS TYPES DE

CAPTEURS

LE SYSTEME ON-TRACK

IIoT EST PRECONFIGURE

AVEC 16 ENTREES

CONNECTEES AU CLOUD

ON-TRAK OU AUTRES

APPLICATIONS VIA WI-FI,

RESEAU 4G OU ETHERNET

TABLEAU DE BORD

TEMPS REEL AVEC

VISUALISATION DES

DONNEES DE CHAQUE

CAPTEUR SUR TOUT

TYPE DE PC, TABLETTE,

SMARTPHONE ...

ALERTES TEMPS REEL

SOYEZ ALERTE EN TEMPS

REEL PAR SMS, EMAIL

... SUR LA BASE DE

CRITERE(S) CHOISIS


TECHNOLOGIES

ON N’EST JAMAIS MIEUX SERVI QUE

PAR SOI-MÊME

L’illustration parfaite dans cette usine de

Tettnang dans laquelle ifm a mené une approche s’appuyant sur

des sous-projets réalisés au niveau des machines et des postes

de travail de la production électronique où s’y trouvent de

nombreuses unités d’extraction reliées à un système d’extraction

central par des tuyaux. Les filtres retenant la poussière et les

particules sont installés sur le système d’extraction central

et sur les différentes unités d’extraction décentralisées ; or

si les filtres sont trop encrassés, le débit d’air diminue et le

fonctionnement fiable de la machine n’est pas assuré, d’où

un entretien de l’équipement indispensable. Dans le passé,

les filtres étaient remplacés à des intervalles de maintenance

réguliers. Problème de la maintenance préventive, les filtres

étaient remplacés souvent trop tôt ou soit trop tard.

Dans le cadre d’un projet d’industrie 4.0, le système a été modifié

pour une maintenance basée sur l’état. Le degré de contamination

des filtres a été mesuré en permanence afin de déterminer le

moment optimal pour l’entretien. Des compteurs d’air comprimé,

de type SD0523, ont été installés sur les filtres décentralisés

connectés à un module maître IO-Link, de type AL1302. Pour

évaluer les valeurs mesurées par les capteurs de débit, le système

LineRecorder d’ifm est utilisé – cette solution assure les différentes

étapes, de la collecte et la consolidation des données de terrain, à

la transmission des données, en passant par l’évaluation, l’analyse

et la visualisation de celles-ci. Le système se compose de différents

outils logiciels permettant une transmission simple des données

Nouveau

capteur

ifm LDL100

LDL200

des différents capteurs vers des systèmes de

niveau supérieur. Le module maître IO-Link

fonctionne avec le noyau IoT qui fournit les

valeurs du processus. L’évaluation est effectuée

dans le SmartObserver LR de niveau supérieur.

L’interface utilisateur basée sur le Web LR SmartObserver Cockpit

permet d’afficher les valeurs mesurées, de définir les limites et

de configurer la gestion des alarmes. Grâce à une connexion au

système SFI (Shop Floor Integration), les ordres de maintenance

sont directement déclenchés dans le système SAP en cas de

dépassement des limites.

UN EXEMPLE PROGRESSIVEMENT ADOPTÉ DANS LES

USINES FRANÇAISES

En somme, de la maintenance conditionnelle, dont le but est de

faire correspondre l’ensemble des flux quand apparaît une panne,

avec une remontée d’informations vers le système informatique

ou l’ERP de l’entreprise, on est passé à la maintenance

prévisionnelle. « Mais il reste du chemin à parcourir car toutes

les étapes de la maintenance conditionnelle peuvent aujourd’hui

être automatisées, même si l’on constate en France un changement

des mentalités au sein des entreprises ». Exemple ? La solution

d’analyse vibratoire que la société a mise au point il y a plus de

dix ans et permettant de faire de la maintenance conditionnelle

sans faire appel à un expert ; l’allemand a constaté peu de retours

durant cette décennie en raison du fait que « les gens n’étaient

pas prêts. Mais avec l’industrie 4.0, d’un seul coup, la demande

a explosé depuis trois ans. On a même revu notre organisation

française avec une personne entièrement dédiée à cette solution ».

Selon Laurent Carlion, « la France a même repris goût à l’industrie

et les investissements vont dans le sens de l’amélioration du parc

machines qui, il faut bien le reconnaître, est un peu plus âgé

qu’ailleurs. » au regard de la crise dramatique nous subissons

traversons actuellement, numériser et monitorer tous ces parcs

de machines vieillissante ne se révèlent plus seulement utiles

mais s’imposent parfois comme une question de survie de

l’entreprise. Certes, c’était avant la crise… mais le « monde

d’après » ne devrait-il pas très logiquement poursuivre cette

tendance ? ●

Olivier Guillon

L’info en +

Lignes de production entièrement automatisées

ifm n’a pas encore terminé son voyage vers « l’usine du

futur ». La mise en réseau intelligente du développement

de produits, de la production et de la logistique continuera

à jouer un rôle majeur à Tettnang. La prochaine étape

logique pour assurer la compétitivité sera la numérisation

de la production.

22ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


TECHNOLOGIES

AVIS D’EXPERT

Exploiter le potentiel de la

maintenance prévisionnelle

dans les environnements industriels

D’après une récente estimation de Deloitte, la transformation numérique de la maintenance industrielle peut

augmenter jusqu’à 20 % le temps de disponibilité des équipements. Dans cet avis d’expert, Arnaud Kurowski,

de la société Stratus Technologies, revient sur les bonnes pratiques à mettre en œuvre.

Arnaud

Kurowski

Business

Development

Manager

chez Stratus

Technologies

Malgré l’engouement qu’elle suscite actuellement, la

maintenance prévisionnelle n’est pas un concept

nouveau. Les techniciens de maintenance effectuent

depuis longtemps des contrôles de routine en vue

d’anticiper les potentiels problèmes sur les équipements. L’analyse

des courbes de tendance et la maintenance d’état sont utilisées

avec succès depuis de nombreuses années pour suivre l’intégrité

des équipements. La véritable nouveauté réside dans la puissante

combinaison de l’enregistrement de données, de dispositifs d’IIoT,

de l’Edge computing et de l’apprentissage automatique basé sur le

cloud. L’alliance de ces technologies permet d’obtenir à la fois une

analyse en temps réel et des perspectives à long terme afin de prédire

le moment où des pannes sont susceptibles de se produire ou bien

le temps durant lequel une machine (ou l’un de ses composants)

est capable de fonctionner avant de tomber en panne.

DÉFINISSEZ CLAIREMENT LE SUCCÈS

Dans certains environnements, une indisponibilité imprévue ou

une panne d’équipement a un impact particulièrement important.

Ces environnements sont généralement physiquement étendus

ou comprennent quelques dispositifs critiques, comme une usine

de traitement du pétrole ou un hôpital. Il en va de même pour les

environnements distants ou difficiles d’accès : lorsqu’un équipement

tombe en panne, plusieurs jours peuvent être nécessaires pour le

rendre de nouveau opérationnel.

De nombreuses entreprises s’empresseront d’investir dans la

maintenance prévisionnelle sans avoir clairement défini leurs

objectifs spécifiques. Il est essentiel de s’intéresser au ROI d’une

stratégie de maintenance prévisionnelle. Les investissements doivent

clairement être établis selon des indicateurs de performance. Par

exemple, une grande entreprise de gazoduc a pu économiser presque

10 millions de dollars sur cinq ans en coûts de maintenance pour ses

stations de compression en procédant à une mise à niveau complète

et en adoptant une approche de maintenance prévisionnelle. Il

Ensemble, ces technologies permettent de procéder à une

maintenance prévisionnelle des équipements critiques, et

augmentent le rendement en fournissant aux opérateurs de

production une nouvelle visibilité sur l’état de ces équipements.

On assiste à l’émergence des bonnes pratiques pour le déploiement

de systèmes de maintenance prévisionnelle dans les environnements

industriels.

24ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


TECHNOLOGIES

est important de préciser que les économies

ne peuvent être quantifiées qu’avec une réelle

compréhension de la situation antérieure et des

objectifs de mise en œuvre de la maintenance

prévisionnelle, puis en mesurant les résultats

obtenus par la suite.

FORMEZ VOTRE PERSONNEL À LA

MAINTENANCE PRÉVISIONNELLE

En matière de maintenance prévisionnelle, le plus

coûteux n’est pas l’équipement, c’est la compétence.

De nombreux environnements industriels existants

manqueront de personnel possédant de solides compétences

en IIoT et en Edge computing. C’est pourquoi il est essentiel

d’investir dans la formation des employés. De la même manière,

la connaissance des déploiements d’analyse prévisionnelle peut

assurer la réussite du projet.

de devoir renouveler l’investissement. Même les

entreprises les plus avisées regretteront d’avoir

opté pour un système « assez bon » dans le but

de faire des économies.

CHOISISSEZ VOTRE ÉQUIPEMENT EN

FONCTION DE VOS BESOINS

Chaque entreprise fait face à ses propres défis.

Les fabricants doivent choisir des équipements

d’analyse et de maintenance qui reflètent leurs

différentes priorités. Par exemple, certains

fabricants doivent chercher à acquérir des

dispositifs équipés de technologies d’analyse des vibrations et de

capteurs intégrés, deux puissants indicateurs de la performance

des équipements. D’autres, comme les entreprises de traitement de

liquide, par exemple, souhaiteront avoir des capteurs de température,

Le fait de former à la maintenance prévisionnelle des employés issus

de différents domaines peut également être payant à long terme.

Une approche transversale rend l’entreprise plus à même de gérer la

perte de compétences clés en maintenance prévisionnelle en cas de

renouvellement ou de départ d’effectifs. Plus important encore, la

formation d’employés moins anciens à la maintenance prévisionnelle

peut représenter un investissement dans la connaissance culturelle

à long terme des systèmes existants.

NE RÉINVENTEZ PAS LA ROUE

La maintenance prévisionnelle n’est pas une solution miracle. Elle

doit toujours accroître, et non remplacer, les contrôles de routine

afin de protéger les entreprises d’un risque accru d’indisponibilité

des systèmes. De la même façon, elles doivent continuer à mettre à

jour les enregistrements relatifs à la performance des équipements

pour chaque machine afin d’éclairer les décisions futures et de mieux

cerner les spécificités des différents dispositifs.

CHOISISSEZ DES PRODUITS DURABLES

Les entreprises qui investissent dans la maintenance prévisionnelle

devraient toujours opter pour des produits évolutifs et riches en

fonctionnalités plutôt que pour les solutions les plus abordables.

Pourquoi ? Compte tenu du rythme soutenu des innovations

actuelles, les investissements doivent être évalués en tenant compte

du futur ROI et non du coût présent. Bon nombre d’entreprises

industrielles ont également des difficultés à anticiper leurs besoins

techniques futurs.

C’est la raison pour laquelle les opérateurs doivent choisir des

systèmes qui répondent parfaitement aux normes actuelles, de

façon à maximiser la durée de vie de chaque dispositif et à éviter

de pression et de viscosité dans leurs dispositifs.

INVESTISSEZ DANS L’APPRENTISSAGE AUTOMATIQUE

Un système d’apprentissage automatique innovant peut augmenter

la valeur de la maintenance prévisionnelle. Ces systèmes sont

d’une grande utilité dans l’analyse de vastes ensembles de données,

en permettant aux techniciens de maintenance expérimentés

d’identifier plus rapidement les anomalies de données pouvant

indiquer des problèmes au niveau des équipements. Le risque

d’indisponibilité ainsi que la sévérité du problème peuvent ainsi

être encore limités.

Dans de nombreux environnements industriels, les investissements

dans la maintenance prévisionnelle peuvent doter les opérateurs

d’une nouvelle visibilité. Alors que chaque entreprise rencontre

des besoins spécifiques, ces bonnes pratiques peuvent contribuer

à maximiser le ROI de n’importe quelle initiative de maintenance

prévisionnelle ●

Arnaud Kurowski

(Stratus Technologies)

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı25


TECHNOLOGIES

INTERVIEW

L’intelligence artificielle et l’analytics,

priorités d’investissement pour les

industriels français

Dans une étude menée avant le confinement, le cabinet de conseil Aveva a révélé que les industriels français

placent en priorité trois axes d’investissement pour stimuler leur transformation numérique : l’intelligence

artificielle et l’Analytics, l’Advanced Process & Engineering Design et la Cybersécurité. Explications avec Jim

Chappell, qui revient également sur les points forts de ces technologies pour se relever de la crise.

Jim Chappell

Global Head of AI

and Advanced Analytics

Quelle est votre définition de l’ « ia » et « l’analytics » ?

Chez Aveva, nous considérons l’intelligence artificielle comme

un vaste ensemble de technologies qui tirent parti du Big Data

pour créer des connaissances et aider à établir des conclusions

exploitables pour nos clients. L’intelligence artificielle et l’Analytics

peuvent être classées en quatre catégories en fonction du type

d’informations fournies. Ces catégories sont les suivantes :

informations prévisionnelles, informations sur les performances,

informations prescriptives et pronostics – les « Quatre P » de l’IA

industrielle. Une fois combinées, ces quatre catégories apportent

beaucoup plus de valeur grâce à des process de pensée AI complexes.

Ces priorités se situent en droite ligne avec la tendance globale à

tirer parti du big data grâce à l’intelligence artificielle, l’Analytics

et la visualisation des données en temps réel. Le big data peut être

généré par de nombreuses sources, telles que les capteurs, les lacs

de données (data lakes), les outils d’historisation des données,

des valeurs calculées et des sources audio ou vidéo. En 2020, les

investissements technologiques devraient être dominés par les

technologies permettant de transformer ces vastes flux de données

en résultats exploitables pour les entreprises.

En quoi cela se traduit-il dans les départements de

maintenance industrielle ?

Lorsque nous déployons l’intelligence artificielle et l’Analytics au

sein des départements de maintenance industrielle de nos clients,

nous faisons en sorte que nos solutions s’appliquent aux « Quatre

P » de l’IA industrielle (« prédictif, performance, prescriptif et

pronostic »). Les technologies prévisionnelles s’appuient sur le

Comment expliquez-vous qu’ils occupent le top des

priorités des entreprises industrielles françaises ?

Aveva a récemment mené une étude internationale auprès de

1 240 décideurs sur les priorités de transformation numérique

pour les entreprises industrielles. Nous avons constaté que les

trois premières priorités des entreprises industrielles françaises

étaient l’IA et l’Analytics (76 %), suivies par l’Advanced Process

and Engineering Design (75 %) et la Cybersécurité (72 %).

26ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


TECHNOLOGIES

Machine Learning, c’est-à-dire un type de reconnaissance de modes

de fonctionnement et de détection d’anomalies utilisant le big

data industriel pour créer des signatures numériques d’actifs et

de process, puis pour détecter à la fois les écarts et les modes de

fonctionnement correspondants. Les solutions « prédictives »

peuvent alerter en amont en cas de problèmes et d’inefficacités

éventuels, ou encore en cas d’erreurs dans le processus de conception.

Les solutions de performance reposent sur les principes de base

de l’Analytics (simulation) et du Machine Learning. Il s’agit d’un

type de système d’optimisation utilisant des algorithmes et des

techniques de modélisation (souvent basées sur des principes

thermodynamiques) spécifiques à l’industrie et aux actifs pour

fournir une alerte précoce en cas de détection de problèmes et

d’inefficacités.

L’approche prescriptive s’appuie

sur les problèmes détectés par

l’Analytics prédictive et l’Analytics

des performances. Elle permet

d’analyser les causes profondes,

de planifier et d’aider à la prise de

décision, et d’établir des plans d’action

probabilistes pour remédier au mieux

à une situation et l’optimiser. Quant

au pronostic, il utilise les technologies

d’apprentissage par réseaux neuronaux,

de deep learning et d’apprentissage

par renforcement pour fournir une

prévision des événements futurs. Il

peut être utilisé pour le suivi/contrôle

et l’optimisation des calendriers ainsi

que pour déterminer combien de

temps un actif ou un process peut continuer à fonctionner en

toute sécurité.

« L’intelligence artificielle

industrielle est en plein essor

pendant cette crise, et les

investissements devraient

augmenter, car elle fournit des

informations pertinentes pour la

continuité des activités au moment

où la pression est la plus forte »

Plus globalement, quels seront les usages de ces

technologies dans la maintenance ?

Nous ne faisons qu’effleurer les nombreuses possibilités offertes par

ces technologies pour la transformation des opérations industrielles ;

mais jusqu’ici, à chaque fois que nous avons utilisé l’intelligence

artificielle et l’Analytics, la transformation s’est avérée remarquable.

Parmi les puissantes applications de l’IA industrielle : la maintenance

prévisionnelle de nouvelle génération (Next-Gen Predictive

Maintenance) apporte une meilleure détection des anomalies

avec une compréhension et une optimisation intégrées des risques.

Elle permet la détection précoce des problèmes d’équipements

industriels critiques et utilise la modélisation à grande gamme

dynamique (HDR - High Dynamic Range) combinée avec le

Machine Learning et la simulation pour fournir une vue à 360

degrés du risque. En s’appuyant sur des

techniques de deep learning, la durée

de fonctionnement avant défaillance

(RUL – Remaining Useful Life) fournit

des indications sur le délai restant avant

qu’une intervention de maintenance

devienne nécessaire.

Cela permet à nos clients de gérer plus

efficacement les décisions relatives aux

coûts par rapport aux risques afin de

programmer le meilleur moment pour

effectuer la maintenance et ainsi d’atténuer

l’impact négatif sur les opérations ou

sur les obligations contractuelles de

production. Par exemple, les clients

reçoivent grâce à l’IA des conseils leur

indiquant s’ils peuvent ou non attendre le prochain arrêt pour

entretien planifié ; cela leur permet d’optimiser l’efficacité de la

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı27


TECHNOLOGIES

ÉVÉNEMENT

CFIA Rennes,

cette fois

c’est la bonne !

planification et de minimiser les temps d’arrêt. La simulation avancée

leur fournit ensuite des informations supplémentaires sur les risques

quant à l’impact sur les opérations si l’actif devait être mis hors

service. En outre, la simulation basée sur l’IA fournit une analyse

sur les possibilités d’optimisation et des conseils afin d’atténuer

les répercussions jusqu’à la fin de l’opération de maintenance.

La simulation améliorée par l’IA est également un domaine où

nous pouvons constater des capacités de conception technique

plus rapides, améliorées et moins coûteuses, et qui progresse vers

une automatisation intégrale. Celle-ci ouvre également la voie

vers des formations basées sur l’IA en simulant les résultats d’une

action, ou de l’inaction.

En quoi ces technologies peuvent-elles participer à lutter,

dans le contexte de crise sanitaire ?

L’intelligence artificielle industrielle est en plein essor pendant

cette crise, et les investissements devraient augmenter, car l’IA

fournit des informations pertinentes pour la continuité des activités

au moment où la pression est la plus forte. Elle constitue une

source précieuse de vérité et d’informations sur les capacités d’une

entreprise en période d’incertitude et d’instabilité. Les données,

l’Analytics et l’IA permettent aux entreprises de s’adapter et de faire

face aux difficultés en fournissant des solutions qui n’auraient pas

pu être formulées « manuellement ».

L’IA industrielle permet aux entreprises de comprendre à la fois

leurs coûts opérationnels et leurs installations (tout en assurant

leur efficacité) et l’impact de leurs dépenses d’investissement sur

leurs performances. C’est un élément crucial en période de crise,

car les entreprises s’efforcent de réduire les risques et d’assurer

la pérennité de leurs activités tout en réagissant aux pressions à

court terme. L’objectif étant de prendre la meilleure décision en

prévoyant les défaillances, en concevant de nouvelles solutions,

en augmentant l’efficacité et en développant la formation des

opérateurs - en grande partie grâce à la puissance du Cloud ●

Propos recueillis par Olivier Guillon

Après de multiples tergiversations et de reports

de cet événement phare des spécialistes de

l’agroalimentaire, l’organisateur GL Events

a tranché : le salon aura finalement lieu à Rennes,

destination historique du carrefour des industriels de

la filière, du mardi 30 septembre au jeudi 1er octobre

prochain. La crise liée au Covid-19 n’aura finalement

pas eu raison de ce grand rendez-vous qui devait se tenir

en mars dernier à Rennes puis à Nantes. L’événement

reviendra donc sur ses terres d’origine. L’édition

toulousaine ayant quant à elle été annulée.

En un peu plus de vingt ans, l’événement référent de la

filière est devenu une véritable plateforme de business

pour l’ensemble des acteurs du premier secteur industriel

français aussi bien en termes de chiffre d’affaires que

d’emplois. Durant trois jours, le CFIA réunira plus de

22 000 professionnels et 1 600 sociétés de toutes tailles

rassemblant l’intégralité de l’offre du secteur ●

EN SAVOIR PLUS > www.cfiaexpo.com

28ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


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MAINTENANCE EN PRODUCTION

PAROLE D’EXPERT

Le M.E.S. comme soutien devenu

incontournable

dans l’agroalimentaire

Dans cet interview, Sébastien Delisle, expert MES chez intégrateur de solutions industrielles OET, explique

comment le Manufacturing Execution System (MES) s’est imposé dans le secteur de l’agroalimentaire,

répondant à aux besoins absolus de traçabilité du secteur.

Sébastien

Delisle

Expert MES

chez OET

Qu’est-ce que le M.E.S. et à qui

s’adresse-t-il ?

Placé entre l’ERP et le système de Contrôle

commande, le MES (Manufacturing

Execution System) est « le chef d’Orchestre »

de l’atelier. Il peut être défini comme un

système d’exécution, de gestion et de suivi

des productions en cours dans l’atelier.

Son rôle est de superviser machines et

opérateurs avec une traçabilité complète

des informations de fabrication.

Interfacé avec tous les moyens de

production connectés, le MES guide et

réagit instantanément aux activités de

l’atelier. Il est le point central de toutes les

données d’exécution, chargé de transmettre

la bonne information au bon moment,

aussi bien aux hommes (instructions de

travail, traçabilité demandée, avancement

des OF…) qu’aux machines (start/stop,

paramètres d’usinage, statut pièces…). Il

peut même s’envisager sur des opérations

manuelles, du moment que l’information

à tracer est saisie.

En capitalisant toutes les données de

production en temps réel, le MES détient

ainsi une vue sur les encours et rendement

des OF avec une granularité de l’ordre de la

minute, ce qui en fait l’outil complémentaire

de l’ERP par excellence. Vous l’aurez

compris, il est donc destiné à tout type

d’industrie, mais les enjeux pour l’industrie

agroalimentaire sont sans doute encore

plus importants qu’ailleurs.

Pouvez-vous nous détailler les

enjeux pour les industriels de

l’agroalimentaire ?

C’est de produire mieux et tracer ! Le

système MES permet à l’industriel

d’améliorer la gestion de ses flux, de ses

stocks, de ses procédés et ainsi gagner en

30ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


MAINTENANCE EN PRODUCTION

qualité, efficacité, productivité dans une

démarche d’amélioration continue et de

réduction des coûts. L’autre enjeu est bien

sûr celui de la sécurité sanitaire car la

traçabilité permet le rappel de lots en cas

de non-conformité. Plus le système sera

performant et plus le retrait sera rapide

et précis, limitant ainsi les répercussions

négatives en termes d’image et de pertes

financières pour l’entreprise.

Peut-on en déduire une taille critique

d’industrie pour espérer un retour

sur investissement ?

Non, pas vraiment. Cela ne dépend

pas seulement de la taille de l’entreprise

ni de ses volumes de production. Les

facteurs sont nombreux à prendre en

compte pour faire une comparaison entre

l’investissement que cela demande et les

résultats escomptés. Ce qu’un industriel

doit bien définir en avant-projet, c’est

ce qu’il a à y gagner. Tantôt l’enjeu est

business – la mise en place d’un MES

peut déclencher des opportunités de

certifications ou ventes de nouveaux

produits qui nécessitent une fiabilité de

la traçabilité, tantôt l’enjeu est l’optimisation

de la production et/ou la maintenance : le

MES suit le schéma « Connaître, analyser

et améliorer », commun à toutes les

démarches d’amélioration continue.

Quels ingrédients faut-il

pour réussir la mise en place

d’un M.E.S. dans une industrie

agroalimentaire ?

Pour qu’un projet MES réussisse, il faut

d’abord qu’il démarre. La première clé

de réussite est la nomination d’un chef

de projet MES (côté industriel) dédiée

exclusivement au projet, pour recueillir

les besoins métiers, la hiérarchisation

des demandes, la validation des

spécifications et le déroulement du projet.

La seconde est le cadrage du projet avec

une hiérarchisation des besoins. Sans

hiérarchisation des besoins, la plupart

des projets MES entraîneront un budget

prohibitif et ne verront jamais le jour.

Si cette hiérarchisation n’est pas suffisante,

ou si la direction n’est pas suffisamment

convaincue pour donner son accord

définitif à un projet global, une solution

est la réalisation d’un pilote. Le pilote

permettra, sur une partie de l’installation,

de valider les fonctionnalités clés et leur

retour sur investissement. C’est également

une bonne méthode pour la conduite du

changement auprès du personnel – une

démarche indispensable au projet. Des

personnalisations judicieuses au niveau

du pilote vont favoriser l’adhésion du

personnel au système.

Qu‘attendent les industriels

lorsqu’ils font appel à O.E.T. ?

OET est intégrateur de solutions

industrielles, proposant des solutions

informatiques et d’automatismes

d’ateliers de production (informatique,

gestion de production, automatisme

de pilotage et supervision, gestion de

stock, traçabilité...). Son expertise est

reconnue dans de nombreuses industries

spécialisées dans l’alimentaire en France

et à l’étranger.

L’accompagnement d’OET se fait de bout

en bout du projet, de sa conception à

sa mise en œuvre : hiérarchisation des

besoins avec l’industriel ; définition

des objectifs de chaque activité en y

associant des indicateurs de performance ;

validation avec le client du périmètre

du projet / définition de la ligne pilote ;

mise en place d’une organisation « mode

projet » (chef de projet côté OET, chef

de projet côté Industriel) ; analyse des

besoins et rédaction de spécifications à

valider avec l’industriel ; développement

en mode itératif du projet, permettant

à l’industriel de valider et de se former

aux livrables fournis tout au long de la

période de développement ; adaptation

personnalisée de l’outil aux utilisateurs

(ergonomie, simplicité d’utilisation,

pertinence des informations) en

faisant intervenir nos spécialistes UX

design ; déploiement sur site du projet

et formation des utilisateurs clés ;

proposition d’un contrat de maintenance

permettant au client une assistance 7/7

24H/24 avec des ingénieurs supports

MES.

Les industriels attendent de nous et

de cette méthode de pouvoir juger

rapidement de son efficience, de la

satisfaction des opérateurs, et de pouvoir

répondre à leur enjeux business et

production avec la meilleure réactivité

et fiabilité.

Quelques exemples des travaux que

vous menez en ce moment ?

Actuellement plusieurs mises en œuvre

sont en cours chez des clients dans des

activités différentes. Dans le domaine

de l’abattoir, chez Kerméné, avec le

déploiement en cours d’une application

de suivi de production, de traçabilité sur

lignes Jambons et saucisses. Dans l’activité

Laiterie, nous développons actuellement

chez le groupe Sill une nouvelle unité de

production de poudre de lait infantile, avec

une application de suivi de production,

de qualité et de traçabilité jusqu’à la

sérialisation des produits finis. Dans le

domaine de la Boulangerie/pâtisserie, un

développement de Core Model de suivi et

de pilotage de la production est en cours

sur deux sites de Biscuiterie Saint-Michel.

Enfin, nous intervenons en Bio-Industrie

chez Saria dans le développement d’une

solution dédiée à l’activité de valorisation

des coproduits issus des abattoirs, déployée

sur plusieurs unités de production en

France ●

Propos recueillis par Olivier Guillon

32ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


Gagner en performance

en digitalisant le lean

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de production. Ainsi, il est libéré des tâches

administratives et peut se consacrer aux projets

d’amélioration de la productivité. Déjà interfacé

avec plus de 50 ERP, il optimise la production

avec son planning connecté en temps réel.

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MAINTENANCE EN PRODUCTION

ENTRETIEN

Le MES, élément clef de l’agilité

des entreprises agroalimentaires

Philippe Allot, président du club MES et PDG de la société Ordinal Software, revient sur le choix de reporter

à 2021 les Assises et sur rôle central que joue le Manufacturing Execution System (MES) dans le domaine de

l’agroalimentaire en matière d’agilité.

Philippe Allot

Président du Club

MES, Philippe

Allot est à la tête

de l’éditeur et

concepteur de

logiciels industriels

Ordinal Software

Le club MES a finalement decidé

d’annuler les assises qui devaient

se tenir cet automne. Pour quelles

raisons ?

Cet événement repose beaucoup sur des

témoignages industriels or beaucoup d’entre

ont décliné, souvent pour des contraintes

de temps mais aussi de déplacement. Or si

l’on appauvrit le programme, nous risquons

de faire une édition au rabais. D’où cette

décision de reporter les Assises du MES à

2021. La date n’est pas encore déterminée.

Un autre événement aura quant à lui

bien lieu (après de multiples reports),

c’est le CFIA. Que représente

l’agroalimentaire pour vous ?

Il s’agit pour nous d’un très gros secteur car

il représente environ 50 % de notre chiffre

d’affaires [chez Ordinal Software – NDLR].

C’est une filière que nous connaissons très

bien et dans laquelle nous sommes très bien

implantés.

Quelles sont ses spécificités vis-àvis

des solutions de digitalisation ?

Par rapport aux autres secteurs

industriels, les attentes en matière de

MES sont différentes. Certes, les besoins

de productivité et de gains de TRS, de

performance et d’optimisation de la

production sont bien là. Mais à cela s’ajoute

l’importance de la traçabilité et des bilans

matières. Il y a également beaucoup d’attente

en termes de planification pour la gestion

des donneurs d’ordres approvisionnements,

des contraintes réglementaires et des aléas

du marché, notamment pendant cette

période.

En quoi la demande a-t-elle bousculé

les industriels de l’agroalimentaire ?

Durant cette période de crise, et plus

particulièrement au moment du

confinement, la demande a fortement (et

subitement) augmenté pour la plupart

des entreprises. En outre, cette demande

provenait de chaînes d’approvisionnement

très différentes ce qui a complexifié des

processus de production. Face à cette

difficulté, les entreprises expriment

aujourd’hui un besoin d’agilité très

important ; celui-ci va se renforcer avec

l’apparition de nouveaux modes de

34ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


MAINTENANCE EN PRODUCTION

consommation, à commencer par les

circuits courts.

Quel rôle peut jouer le MES ?

Nos logiciels agissent sur deux leviers. Le

premier repose sur les données fiables et

en temps réel, deux notions intimement

liées (les données transférées en différé ne

pouvant pas être totalement fiables). Toutes

ces données portent sur un maximum de

choses telles que les pannes, des problèmes

sur les lignes, des arrêts de production, des

quantités de matière consommée ou encore

la traçabilité… ces informations sont ensuite

transférées au terrain.

Second levier, la traçabilité. Celle-ci

concerne en particulier les lots de

matières premières. Cela permet

de répondre à des problématiques

apparues avec l’augmentation de chaînes

d’approvisionnement elles-mêmes de

plus en plus variées. Car auparavant, en

caricaturant un peu, on savait que tel jour

correspondait à tel fournisseur ; aujourd’hui,

c’est beaucoup plus complexe d’où le besoin

d’un système puissant comme le MES. De

plus, logiciel mesure tout, des temps perdus

en production aux pertes de productivité.

Enfin, le MES se montre beaucoup plus

convivial qu’ERP, utilise sur des tablettes

tactiles et autres supports ergonomique

sans pour autant ajouter de charge de

travail à l’opérateur. Il apporte cette agilité

qui manque aujourd’hui aux entreprises ●

Propos recueillis par Olivier Guillon

Sur le CFIA de Rennes, Ordinal Software présentera aux industriels

de l’agroalimentaire son offre Coox. Celle-ci couvre l’ensemble des

fonctionnalités de Supervision (Scada) et de Manufacturing Execution System

(MES). De structure modulaire, l’utilisateur n’a qu’à installer que les modules

de supervision et/ou de MES dont il a besoin ou en complément de l’existant.

Cette solution allie ainsi flexibilité du pilotage de procédé et traçabilité de

production systématique et exhaustive (procédé, matière).

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PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı35


MAINTENANCE EN PRODUCTION

SOLUTION

Le MES veut s’inscrire au cœur

du redémarrage des usines

La crise sanitaire et économique a révélé l’importance du secteur agroalimentaire. Mais face à la hausse de la

demande, il a fallu s’organiser différemment et vite. Pour cela, les solutions digitales et plus particulièrement

le Manufacturing Execution System (MES) se révèle être un outil stratégique ; il l’est tout autant pour le

redémarrage de la production.

Ligne de renseignement pour le contrôle qualité dans une usine agroalimentaire

«Bizarre » ; le mot est lâché pour décrire la période

actuelle qui a vu en l’espace de six mois l’une des pires

crises sanitaires depuis un siècle, un confinement inédit

et l’arrêt brutal de l’économie… « économiquement et

commercialement, il y a beaucoup d’attentisme avec des décalages

voire des suspensions de projets ; et en parallèle, d’autres qui

s’accélèrent », détaille Nicolas Stori, Pdg de la société Astrée

Software, éditeur stéphanois de logiciels de MES.

Et sans surprise, si l’aéronautique et l’automobile sont en berne,

l’agroalimentaire, lui, voit ses projets de digitalisation se renforcer

à vitesse grand V. « Les choses se sont accélérées notamment durant

le confinement où les Français ont beaucoup consommé de produits

alimentaires. Les industriels sont donc chargés à bloc et beaucoup

ont besoin de s’équiper de solutions digitales ».

Ainsi, des projets qui avançaient lentement avant la crise se sont

finalement décidés en deux ou trois semaines à peine avant d’être

déployés sur un voire plusieurs sites, en France du moins – les

« Des projets qui avançaient lentement

avant la crise se sont finalement décidés en deux

ou trois semaines à peine avant d’être déployés sur

un voire plusieurs sites »

restrictions sanitaires limitant fortement la mise en œuvre de

tels projets à l’étranger.

TRS ET AMÉLIORATION CONTINUE COMME NERFS DE

LA GUERRE

La hausse parfois brutale de la demande a considérablement

bouleversé les lignes de production. Les industriels ont donc dû

miser sur l’optimisation des lignes afin de produire davantage

avec les mêmes capacités. La mesure de la performance (TRS) et

36ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


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PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı37


MAINTENANCE EN PRODUCTION

Interface du logiciel Aqiweb de l’éditeur Astrée Software

« N’oublions pas que les entreprises qui ont réussi

sont celles qui ont investi dans le digital. »

les méthodologies d’amélioration continue (Lean) sont devenues

le nerf de la guerre, expliquant le succès de la digitalisation des

process. « Le management visuel, le 5 ‘‘S’’, les plans d’actions ou

encore l’auto-maintenance sont des fonctions que l’on retrouve de

façon systématique dans le MES, tout comme les instructions sur

les postes de travail à l’image du nettoyage et de l’auto-contrôle,

avec une particularité dans l’agroalimentaire en matière de contrôle

qualité et de traçabilité des bilans matières », rappelle Nicolas Stori.

Et d’ajouter : « nos systèmes ont la capacité d’assurer la continuité

numérique, ce qui représente un atout dans la mesure où les

industriels de l’agroalimentaire possèdent plusieurs solutions

logicielles gérant notamment l’étiquetage, le contrôle ou encore la

logistique. Le MES permet de récupérer l’ensemble de ces données

et de les transférer de façon bidirectionnelle. »

Une position centrale donc pour ces systèmes, en particulier

pour la situation actuelle : « nous avons entre les mains les clefs du

redémarrage et l’opportunité de profiter de la crise pour rebondir ;

n’oublions pas que les entreprises qui ont réussi sont celles qui ont

investi dans le digital. On ne peut plus attendre » ●

Olivier Guillon

3 questions à Pauline Foubert, responsable SI Opérations au sein du groupe MOM

Présentez en quelques mots le

groupe MOM, vos activités et vos

problématiques de production.

Le groupe MOM est né en 2006

à la suite du rapprochement des

sociétés Mont Blanc et Materne,

deux entreprises au savoir-faire

centenaire dans le domaine des

desserts fruitiers et laitiers en

France. Aujourd’hui, à travers

ses gourdes fruitières et laitières

Pom’Potes, le groupe a pour vocation

d’offrir aux familles des solutions

de snacking saines, pratiques

et ludiques, fabriquées à partir

d’ingrédients naturels. Il puise

son succès dans son savoir-faire

industriel, sa capacité d’innovation

et l’élaboration de produits à base

de matières premières de grande

qualité. La société Materne, en tant

que spécialiste de la transformation

du fruit, propose une large gamme

de compotes à marque Materne,

Pom’Potes, et de confitures à

marque Confipote.

À partir de quel moment et sur

quel(s) site(s) de production

avez-vous decidé de mener une

démarche de digitalisation ?

Cette démarche a été initialisée

au niveau du groupe il y a deux

ans. Nous avons testé la solution

Aquitime sur une ligne pilote pendant

plusieurs mois afin de pouvoir bien

définir notre modèle groupe. Nous

l’avons déployé ensuite sur le reste

de l’usine. Puis, nous avons dupliqué

le modèle sur notre deuxième usine

française en implémentant l’outil

ligne par ligne.

En quoi l’implémentation d’un

logiciel de MES va-t-elle vous

aider à optimiser vos processus de

production ?

L’outil a été choisi pour sa simplicité

de mise en œuvre, la capacité de

la solution à se connecter à nos

automates et son tableau de bord

très intuitif pour les opérateurs. Côté

analyse, pouvoir très rapidement

accéder à nos indicateurs de

performance par équipement permet

d’être plus réactif pour réaliser des

actions correctives. Cela permet

également de communiquer plus

facilement au sein de l’usine ●

Propos recueillis par Olivier Guillon

38ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


MAINTENANCE EN PRODUCTION

REPORTAGE

Chez Probionat, le MES comme

précieux soutien des flux de matières

et de la logistique

Afin de mieux maîtriser sa croissance, Probionat Provence, leader du cosmétique naturel et végétal, s’appuie

depuis près de quinze ans sur une solution MES (Manufacturing Execution System) pour la gestion de la

logistique et de ses matières premières. Un retour d’expérience riche qui va lui permettre de s’attaquer

sereinement à ses projets d’expansion.

Bien qu’à l’étroit dans le bâtiment actuel,

Probionat ne lésine pas sur la qualité

à chaque étape du process

Aujourd’hui, les flux logistiques

et de matières premières

sont suivis avec le MES Qubes

Sur les hauteurs de l’étang de Berre, à La Fare-les-Oliviers

(Bouches-du-Rhône), dans l’agglomération salonnaise,

on ne fait pas que du parfum. Car cette région (et

plus largement la Côte-d’Azur) mondialement réputée

pour sa richesse en arômes et son savoir-faire en matière de

fragrance l’est également pour la cosmétique et la pharmacie.

Ici, sur le parc d’activités de La Crémade, les locaux de

Probionat Provence, spécialisé dans le façonnage de produits

cosmétiques naturels pour des tiers, sortis de terre en 1993,

paraissent aujourd’hui bien étroits ; d’autant que le marché

n’a cessé de croître depuis la création neuf ans plus tôt par un

couple de Belges à Salon-de-Provence de la société mère, la

Société Provençale d’Aromathérapie. Prononcez « Spa »... ça ne

s’invente pas ! « Dès l’origine de l’entreprise familiale, ma mère

était déjà précurseur dans le domaine du bien-être », révèle

Dominique Collart, dirigeant de Probionat depuis son arrivée

en 2006, après avoir dirigé un magasin de motos.

Rien à voir entre le monde du deux-roues et les cosmétiques

bio. Sauf qu’une fois dans l’entreprise, qui depuis est passée de

distributeur à concepteur et fabricant de produits en propre et

pour de nombreux industriels de la cosmétique, Dominique

Collart s’aperçoit vite que de multiples améliorations peuvent

être apportées à plusieurs niveaux, en particulier dans la gestion

des stocks avec code-barres et le packaging, du dépôt des lots

à leur expédition, le tout avec un suivi détaillé des opérations.

« Le constructeur de motos pour lequel nous travaillions disposait

d’un logiciel spécifique à sa filière d’activités, ce qui n’était pas

le cas chez Probionat car l’ancien système ne possédait pas de

fonctionnalité dédiée à la gestion des stocks, nous obligeant à

40ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


La « cuisine » est l’endroit

d’où sortent d’innombrables

recettes chaque année

Les rendez-vous Experts

du pilotage

de l’entreprise industrielle

passer par des partenaires. C’est là que j’ai rencontré l’éditeur

Creative IT et choisi le logiciel de MES Qubes afin de renforcer,

dans un premier temps, la gestion de la logistique puis, dès

2015 pour rationaliser le suivi des matières premières ».

RÉPONDRE À UNE EXPLOSION DE LA DEMANDE

Gérer les flux logistiques par une solution logicielle était

devenu impératif. Depuis l’utilisation de Qubes, le magasinier

n’a qu’à scanner le produit, éditer et imprimer une étiquette

et un code-barres comprenant l’ensemble des informations.

Idem pour les matières premières, dont la traçabilité et le suivi

représentent un enjeu essentiel depuis les lieux d’extraction

– aux quatre coins du globe – afin d’assurer la qualité des

produits, véritable clef de voûte du succès de Probionat.

L’information circule en temps réel et une fois les matières

premières dépotées, celles-ci sont délicatement extraites,

passées en fabrication à travers des mélangeurs et des fondoirs

pour être enfin conditionnées sur des remplisseuses et des

tubeuses puis étiquetées et prêtes à être expédiées.

Pour Probionat, la crise liée au Covid-19 n’a pas été un frein

à la forte croissance que cette entreprise d’une quarantaine

de salariés enregistre depuis de nombreuses années (passant

d’un chiffre d’affaires d’1,8 M€ en 2006 à 4 M€ aujourd’hui) ;

au contraire : « la demande de produits naturels à base

d’huiles essentielles notamment a fortement augmenté et nous

recevons des sollicitations de partout, en particulier de la part

de nouveaux acteurs se lançant dans la cosmétique bio ! »,

se réjouit Dominique Collart. Seule petite contrariété, le

nouveau bâtiment de 2 700 m 2 qui devait être opérationnel

dès septembre ne sortira de terre finalement qu’en fin d’année.

L’occasion pour l’entreprise d’harmoniser l’ensemble de ses

systèmes informatiques et, pourquoi pas, élargir le champ

d’application du MES... ●

Olivier Guillon

ÉDITIONS 2020

LILLE

6 octobre 2020

LYON

22 octobre 2020

NANTES

18 novembre 2020

LAUSANNE (CH)

24 novembre 2020

STRASBOURG

3 décembre 2020

PARIS

9 décembre 2020

Contact :

Cindy Lelong

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UN ÉVÈNEMENT

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı41


MANAGEMENT

PERSPECTIVES

La formation, l’autre enjeu des

métiers de la maintenance

La crise va inévitablement freiner l’engouement de l’apprentissage connu depuis deux ans. Mais au moment de

la reprise économique, les métiers de la production et de la maintenance industrielles représentent un enjeu

stratégique et nécessitent de nouvelles mesures en matière d’apprentissage.

© TSI

Intervention sur une panoplie de gaz

Déjà en tension, les métiers de

la maintenance industrielle

ont, avec la crise, de nouveaux

défis à relever, à commencer

par prendre une place stratégique dans

la reprise industrielle. Car le rôle de la

maintenance, bien qu’il soit inutile de

le rappeler, occupe une place centrale

aux côtés de la production. À ce titre,

les deux métiers doivent absolument

travailler ensemble. D’ailleurs, les nouvelles

technologies permettant de surveiller en

temps réel l’outil de production font de

la maintenance partie intégrante de la

fabrication de produits.

Mais qu’en est-il en matière de formation ?

La réforme du diplôme universitaire

Maintenance de convoyeurs

dans une tuilerie

© TSI

de technologie (DUT) spécialisé en

maintenance en Bachelor va-t-elle dans

le bon sens ? Il est encore trop tôt pour

y répondre (voir article suivant). Dans

tous les cas, même si la tendance a été

durant ces dernières années de réduire

le nombre de machines dans les centres

de formation, et dans le même temps

d’appauvrir l’enseignement technique, des

initiatives sont en court, en particulier au

sein-même des entreprises. Aussi, la réforme

de l’apprentissage a connu un certain succès

depuis sa mise en œuvre en 2019. Mais

ces initiatives suffiront-elles ? Seul l’avenir

proche nous le dira…

DES MESURES EXCEPTIONNELLES

POUR UNE CRISE

EXCEPTIONNELLE

Dans un contexte de crise économique

majeur faisant suite à la crise sanitaire

du Covid-19, la Fédération nationale des

associations régionales des directeurs de

centres de formation d’apprentis (Fnadir)

a proposé quelques idées visant à relancer

l’apprentissage et à assurer la pérennité

du dispositif de formation (CFA). Des

éléments transmis au ministère du Travail

le 10 avril dernier ont mis en lumière quatre

thématiques clés de relance : aide aux

employeurs visant notamment à couvrir

le coût de la première année de l’apprenti,

révision de la rémunération des apprentis et

favoriser l’embauche des moins jeunes, aider

les apprentis (aide au premier équipement,

42ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı43


MANAGEMENT

hébergement / restauration, accès au réseau 4G puis 5G) et enfin,

assouplir les règles d’entrée et de sortie au CFA des jeunes sans

contrat d’apprentissage.

Mais c’est dans le domaine du maintien et du développement de

l’apprentissage ainsi qu’en matière de pérennité des CFA que la

Fnadir se veut plus incisive. L’association a identifié huit « points

saillants » dans le cadre du financement des centres. Objectif ?

« Alerter sur le fait que les dispositions à déployer au regard de

la loi et des éléments exceptionnels de conjoncture doivent être

strictement mis en œuvre », indique-t-on au sein de l’association.

Et de préciser : garantir le financement total du NPEC et par les

OPCO lorsqu’il y a réduction de contrat et que la formation a été

faite en totalité (suppression dans ce cas du prorata temporis),

garantir que le versement des règlements par les OPCO se fasse

dans les échéances prévues, réévaluer les NPEC (niveaux de

prise en charge), assurer le financement de l’apprentissage dans

la fonction publique, garantir le financement des formations mises

en œuvre en formation à distance et des jeunes accueillis au CFA,

constituer un amortisseur financier « effet de crise » pour les CFA

déficitaires en recrutement d’apprentis, et enfin harmoniser le

fonctionnement et les exigences des OPCO.

NIDEC LEROY-SOMER LANCE DE NOUVELLES

FORMATIONS EN LIGNE SUR LES SYSTÈMES

D’ENTRAÎNEMENT

Dès le début du confinement, Nidec Leroy-Somer, leader sur

le marché du système d’entraînement, a proposé à ses clients

des modules e-learning autour des moteurs asynchrones et

des variateurs électroniques de vitesse, en y ajoutant une

DB-Vib et Insa-Valor

lancent le premier master

dédié à la maintenance

conditionnelle et prévisionnelle

Le groupe dB Vib et la filiale de l’Insa de

Lyon ont décidé de s’associer pour former en

alternance les Managers en ingénierie de la

maintenance (MIM) de demain. Ainsi, en janvier

2021, la première formation diplômante autour

des outils de la maintenance conditionnelle

démarrera. Les cours se dispenseront à 70%

en visioconférence et à 30% en présentiel dans

les locaux de dB Vib à Vienne (Isère) et dans

ceux d’Insa-Valor. Cette formation en alternance

de 400 heures est destinée à des ingénieurs

et techniciens de maintenance déjà en poste

souhaitant monter en compétence.

formation individualisée en ligne avec un formateur. Ainsi,

une cinquantaine de formations ont été dispensées sur les mois

d’avril et de mai selon ce modèle. Nidec Leroy-Somer a depuis

décidé d’investir dans de nouveaux supports de formation.

D’ores et déjà, ses clients ont la possibilité de bénéficier de

sessions personnalisées en ligne d’une durée d’une demi-journée

sur la mise en service des variateurs électroniques. D’autres

projets relatifs à la maintenance des systèmes d’entraînement,

intégrant de l’intelligence artificielle, sont en cours de réalisation

et seront bientôt disponibles.

Formation pratique

TSI VEUT PARTICIPER ACTIVEMENT À LA FORMATION

DE TECHNICIENS QUALIFIÉS

Pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre dans le domaine

de la maintenance industrielle, l’entreprise de Montceau-les-

Mines (71) a décidé de prendre le taureau par les cornes. Pour

ce faire, TSI, partenariat avec l’UIMM, les CFA ou encore

les Compagnons du devoir, entend travailler sur plusieurs

axes, à commencer par la formation interne dans le but de

faire monter le personnel en compétences. Autre cheval de

bataille, le parrainage qui associe un professionnel expérimenté

et hautement qualifié à un junior motivé par l’acquisition d’une

compétence particulière, complémentaire à son champ de

compétences initiales. À titre d’exemple, David Guerchon,

président de la société TSI, indique qu’il existe trois principales

techniques de soudure : TIG, MIG, ARC. Il est très rare qu’un

soudeur maîtrise parfaitement les qualifications associées à

ces techniques de manière identique ainsi que les différentes

positions de soudage (corniche, montante, au plafond, en

atmosphère contrôlée…). Par ailleurs, l’entreprise fait appel

à l’intégration d’apprentis et d’alternants qui partagent leur

formation avec les professionnels aguerris de TSI, qui font de

l’entreprise un fleuron de la maintenance industrielle depuis

trente ans ●

Olivier Guillon

44ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı45


MANAGEMENT

ENSEIGNEMENT

« BUT » - Un diplôme européen

aux enjeux stratégiques

Pour atteindre son « BUT », le Bachelor universitaire de la maintenance programmé dans un an doit encore

clarifier certaines zones d’ombre. C’est du moins l’avis des professionnels de la maintenance qui espèrent bien

voir cette réforme des DUT profiter à des métiers déjà en crise.

Compagnons du devoir

La réforme des DUT devrait

toucher à son « BUT » pour la

rentrée de septembre 2021. Passé

ce jeu de mots un peu facile,

nous pouvons dire que la réforme du DUT

Génie industriel et maintenance (GIM)

pour devenir un Bachelor universitaire

de technologie (BUT), est en pleine

réflexion. Conformément aux modes

d’enseignement supérieur européens

LMD (licence-Master-Doctorat), ce

nouveau diplôme équivaudra à une licence

professionnelle reconnue sur tout le Vieux

Continent et correspondra à six semestres

d’enseignement (trois ans), soit 180 crédits

ECTS. Plus précisément, ce Bachelor

prévoit 2 000 heures de formation

encadrées, 600 heures de projets tutorées

(par groupe de trois ou quatre personnes

avec un encadrement professoral) et de

22 à 26 semaines de stage en entreprise.

Sur le fond, cette réforme ne reçoit pas un

mauvais accueil même si la perspective

européenne n’est pas réellement la

préoccupation première des techniciens

de maintenance. Pour ce qui concerne le

diplôme en trois ans, notons que beaucoup

d’étudiants détenteurs d’un DUT GIM

(environ 80 % d’entre eux) embraient sur

une troisième année au sein d’un IUT

voire intègrent une école d’ingénieur avec

une spécialité Maintenance.

PROBLÈME DE TIMING

« Si cette réforme s’impose par la

volonté d’harmoniser les diplômes

d’enseignement de la maintenance et

46ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


MANAGEMENT

du génie industriel au niveau européen,

se pose toutefois le problème de devoir

reconstruire entièrement des programmes

d’enseignement et de formation, avertit

Gérard Piot, président de l’Association

française des responsables maintenance

(Afim). D’autant qu’entre le lancement de la

réforme en janvier dernier et la volonté du

ministère d’être opérationnel dès la rentrée

de septembre 2021, avec entre-temps une

crise sanitaire et le confinement que l’on

a connu, ce projet paraît très ambitieux. »

Ce problème de timing lié à l’ampleur

de la tâche qu’impose la mise en place

de nouveaux programmes, s’explique

notamment par une approche nouvelle

s’appuyant sur les compétences : le

BUT s’articulera en effet autour de

cinq domaines clés : le maintien en

condition opérationnelle grâce à

un enseignement pluri-technique,

l’amélioration, l’installation, la gestion

et l’encadrement des équipes ainsi que

le contrôle qualité et la sécurité. « Ces

cinq catégories seront à répartir à travers

trois niveaux de compétences distincts et

sur trois années, entraînant un champ

beaucoup plus large de possibilités. Seul

problème, c’est beaucoup plus compliqué

à construire ».

Pour ce faire, l’Afim participe à la

Commission pédagogique nationale,

composée notamment d’enseignants,

de responsables de l’administration et

de professionnels de la maintenance,

afin de concourir à l’élaboration des

programmes. Dans ce but, l’association

a lancé une enquête en expliquant à ses

adhérents le contenu de la réforme et

en leur demandant de répondre à trois

questions portant sur les tâches qu’ils

souhaitent confier aux futurs diplômés,

les compétences qu’ils attendent ainsi

que la répartition et l’organisation de la

formation. « L’ensemble des conclusions

de l’enquête a été bien intégrée par l’équipe

de professeurs de la commission, lesquels

expriment notamment des attentes

importantes en matière de compétences

pratiques et d’encadrement des équipes ».

Affaire à suivre… ●

Olivier Guillon

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PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı47


MANAGEMENT

ENQUÊTE

Covid et industrie... quels impacts

sur la Maintenance ?

Que la production ait été interrompue ou non, le Covid-19 et le confinement ont profondément déstabilisé

l’industrie. Mais dans quelles proportions, et dans quels domaines ? Avec quels impacts ? L’équipe d’e-BPM a

mené son enquête auprès de quelques responsables et techniciens de maintenance. Voici, en quelques mots,

les grandes tendances s’en dégagent.

Claude Kojchen

Chef d’entreprise

de ATI-Consult,

entreprise de conseil

spécialisée en

gestion. Ingénieur

de formation,

consultant spécialisé

en maintenance

depuis plus de

quarante années. Il a

accompagné plus de

80 sites industriels,

et enseigne la

maintenance dans

plusieurs écoles

d’ingénieurs.

Plus de 50% des répondants a poursuivi l’activité durant

le confinement. La même proportion estime avoir

subi des contraintes majeures et importantes du fait

du Covid-19. Et plus des 2/3 ont pris du retard dans

leur programme de préventif.

En revanche, près des ¾ évaluent les pertes de temps dues au

Covid-19 comme faibles ou moyennes. Les principales causes

citées étant : les aménagements à réaliser dans l’urgence, le

temps passé à chercher des solutions, à mettre en place et

expliquer les nouvelles procédures, la répétition de réunions

à petits effectifs et, enfin, en intervention la mise en place

des EPI, des protections supplémentaires et les nettoyages

avant-après.

Parmi les autres informations on retiendra de cette période, la

mise en place de protocoles spécifiques, la difficulté d’appliquer

les mesures de distanciation (port de lourdes charges, s’entendre

à distance) et le rallongement (pour 60% des répondants) des

délais d’approvisionnement (notamment pour les pièces en

provenance de l’étranger).

CONTRAINTES

PERTES DE TEMPS

Source : Enquête e-BPM Juin-Juillet 2020

Source : Enquête e-BPM Juin-Juillet 2020

48ı

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


CHÔMAGE PARTIEL, EFFECTIFS RÉDUITS...

Les ateliers n’ont pas eu besoin d’être réagencés. Même si,

parfois, quelques barrières de plexi ont pu être installées

dans les magasins, bureaux et zones de réception. Pour 87%

des cas, les principales mesures de désinfection sont, pour

l’outillage : l’usage de gel, alcool isopropylique, lingettes, bain

désinfectant... Tandis que claviers et outils individuels sont

nettoyés quotidiennement. L’échange d’outil est interdit dans

la plupart des cas.

« L’émergence des formations en distanciel

a permis de profiter de la période pour enrichir les

compétences des équipes sans déplacement »

Prévisible, l’impact budgétaire de la crise sanitaire se

confirme, avec, en moyenne +10€ par personne et par jour

(EPI spécifiques, nettoyage et aménagements). Mais 10% des

services interrogés n’ont pas pu obtenir de rallonge budgétaire

spécifique. La perte de chiffre d’affaires, enfin, se répercute

sur les budgets de maintenance (jusqu’à 30% de baisse) se

traduisant par l’arrêt des prestations sous-traitées, le report des

actions préventives majeures, l’arrêt des intérimaires et CDD

et le non-remplacement de personnes partant à la retraite.

Pour finir ce tour d’horizon, l’équipe d’e-BPM a recueilli

de nombreuses remarques et suggestions. Parmi lesquelles

on notera le délicat exercice de rigueur dans la traduction

pratique des consignes nationales, l’importance de la

cohésion des équipes et la montée en puissance des pratiques

de télétravail et réunions visio, qui ont permis le traitement

des dossiers de fonds (GMAO, Méthodes...). À signaler

l’émergence des formations en distanciel qui ont permis

de profiter de la période pour enrichir les compétences

des équipes sans déplacement (gain de temps, économies

de frais) ●

Olivier Guillon

À noter

e-BPM proposera 2 webinars (le 26/8 et 8/9 à

17h) où seront exposés et commentés, dans le

détail, les résultats de l’enquête.

Pour y participer, s’inscrire à l’adresse :

claude@e-bpm.tech

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı49


PRÉVENTION DES RISQUES / HSE

ÉVÉNEMENT

Expoprotection – une édition 2020

sous le signe du Covid-19

La biennale de la protection fera son grand retour dans la

capitale et dans une situation inédite. La crise du Covid-19

provoque un profond bouleversement tant économique

que social, en particulier sur la gestion et la prévention des

risques professionnels. Ces derniers augmentant en cas de crise,

il est nécessaire d’y apporter des réponses rapides et efficaces.

C’est dans ce contexte que s’ouvrira donc cette nouvelle édition

d’Expoprotection, salon de la prévention et de la gestion des

risques, du 3 au 5 novembre prochain à Paris – Porte de Versailles.

Au programme de cette édition 2020, une imposante surface

d’exposition (rassemblant en 2018 près de 800 exposants, dont

une petite moitié internationale), de nombreuses conférences

et ateliers, la remise des Trophées Expoprotection, un Village

Start-up et des villages « Experts ». « Expoprotection sera le

grand rendez-vous européen de l’automne, déclare Jean-François

Sol Dourdin, directeur du salon. L’offre exposants sera d’ailleurs

vraisemblablement recentrée sur l’Europe, en raison des

contraintes de déplacement qui vont toucher certains pays sur

d’autres zones. Néanmoins, l’ensemble des secteurs sera bien là

avec dans chacun d’eux la présence de leaders qui ont confirmé

leur participation. Par ailleurs, du côté des visiteurs nous avons

reçu un signal très positif : selon un sondage Vovici réalisé en juin

dernier, 97 % des visiteurs d’Expoprotection 2018 envisagent de

venir cette année ! »

À l’occasion de cet événement, la rédaction a choisi de s’orienter

vers des problématiques liées à la sécurité des techniciens de

maintenance intervenant sur les lignes de production, et tout

particulièrement sur la sécurité des machines. Entre mise en

sécurité et en consignation des énergies, accès et intervention

en toute sécurité, ce dossier propose au lecteur plusieurs points

de vue sur un sujet qui ne peut pas se limiter à une simple

lecture de la norme ●

Olivier Guillon

LE DOSSIER EN DÉTAIL

52 La sécurité machines,

l’autre cheval de bataille

de l’industrie

54 La sécurité des lignes

de production comme

priorité absolue

56 SMST sécurise les points

de consignation des

énergies pour réduire les

risques

58 Quand sécurité des

machines rime avec

industrie du futur...

50ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


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ET MACHINES.

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PRÉVENTION DES RISQUES / HSE

PANORAMA

La sécurité machines, l’autre cheval

de bataille de l’industrie

Si dans le domaine de la prévention des risques au travail l’actualité est toujours dominée par le Covid-19 et les

mesures sanitaires à mettre en place, celle de la sécurité ne doit en aucun cas être mise de côté. Panorama de

quelques solutions visant à aider les industriels à se conformer à une directive souvent considérée comme trop

généraliste.

de travail doit respecter des exigences

essentielles de santé et de sécurité

énumérées dans la directive dite

« Machines » 2006/42/CE (règles de

conception). Ces exigences essentielles ont

pour but de permettre la libre circulation

des équipements sur le territoire de

l’Union européenne et de garantir un

haut niveau de sécurité.

© Patrick Delapierre pour l’INRS

Dans le domaine de la sécurité

des machines, il semble

peu utile de rappeler à nos

lecteurs en quoi consiste cette

réglementation européenne, encore moins

de se lancer dans le détail d’une directive aux

composantes aussi denses et complexes que

l’administration bruxelloise d’où elle tire ses

origines. L’idée était plutôt de laisser la place

à la diversité de l’offre technologique de

fournisseurs chargés d’aider les industriels

à s’adapter et de se conformer du mieux

qu’ils peuvent à une loi encore jugée trop

généraliste, pour ne pas dire en dehors de

certaines réalités industrielles.

Car la réglementation européenne

concerne autant les fabricants et les

distributeurs de machines que les

utilisateurs. Ainsi, les États membres

doivent prendre toutes les mesures utiles

pour que les machines ne puissent être

mises sur le marché, c’est-à-dire mises

en vente, vendues, importées, louées,

mises à disposition

ou cédées (prêt,

don…), que si elles

ne compromettent

pas la sécurité et la

santé des personnes.

Le fabricant ou

le concepteur

d’équipements

UNE GRILLE DE DÉTECTION

D’ANOMALIES POUR LA SÉCURITÉ

DES MACHINES CE NEUVES

L’INRS propose sur son site Web un

document pratique à télécharger afin de

ne pas exposer les opérateurs à des risques

d’accident ou de maladie professionnelle

dans l’utilisation de nouvelles machines.

Car pour être mises sur le marché, les

machines doivent comporter le marquage

CE. Mais celui-ci est parfois un « leurre »

pour les entreprises qui pensent acquérir

un équipement « aux normes » ; c’est

pourquoi il est utile de vérifier si la

52ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


PRÉVENTION DES RISQUES / HSE

machine ne présente pas d’anomalie qui

pourraient mettre en péril la sécurité et

la santé des personnes.

Plus concrètement, ce document a pour

objectif de mettre à disposition des

entreprises et des acteurs de la prévention

un outil simple pour repérer des indices de

de non-conformité aisément détectables

par un non-spécialiste avant la mise en

service de machines neuves. il ne permet

en aucun cas de lister l’ensemble des

anomalies d’une machine, rôle dévolu

aux spécialistes. Il se limite à certains

points du chapitre 1 « Règles techniques

applicables à tout type de machine » de

l’annexe -I de la directive Machines

2006/42/CE introduite dans le code du

travail par l’article R. 4312-1. Il ne prend

pas en compte les règles complémentaires

pour certaines catégories de machines

(machines portatives, machines à bois,

etc.) ou pour certains risques liés à la

mobilité ou au levage... ●

Olivier Guillon

Fiabiliser les composants

machine avec le bon doigt

d’indexage

Ces cinq dernières années, 7 200 accidents

majeurs ont été rapportés dans l’industrie mécanique avec 33 000

opérateurs blessés en environnement industriel. Car dans la recherche

d’un travail plus rapide et plus efficace, la sécurité est parfois négligée.

Dans ce contexte, les doigts d’indexage ont été conçus afin d’améliorer la

solidité des pièces en mouvement et éviter de voir des objets s’éjecter de

leur place. Par exemple, les doigts d’indexage, utilisés pour verrouiller

des éléments de machine peuvent être employés en construction

mécanique pour sécuriser les pièces en rotation ou en mouvement.

Manœuvrés par un bouton à tirer ou un anneau de traction, un

mécanisme dans le doigt plongeur retire une goupille d’indexation d’un

trou dans le support, permettant ainsi aux éléments de machine en

rapport d’être verrouillés ou libérés. Les doigts d’indexation apportent

de la rapidité et de l’efficacité au sein des mécanismes ce qui assure

de la fiabilité et de la sécurité pendant que les composants sont en

fonctionnement.

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EN APPLICATION

La sécurité des lignes de production

comme priorité absolue

Avec la crise du coronavirus, l’activité de TSI Ingénierie consacrée à la sécurité

machines s’est effondrée en raison d’un gel des investissements que l’entreprise

de Montceau-les-Mines espère provisoire. Pour autant, cet arrêt brutal de

nombreuses lignes ne remet pas en cause l’importance d’une étape incontournable

dans l’installation ou la remise à neuf de l’outil de production.

S’il y a bien une chose que le virus ne touchera pas, c’est la sécurité des opérateurs et

des lignes de production. Celle-ci est considérée aujourd’hui comme une priorité

absolue, en particulier dans des secteurs tels que la fonderie et le verre (notamment

en raison des zones de verre en fusion), certes un peu moins dans l’automobile et

là où de nombreuses cellules robotisées ont pris le relais des lignes plus conventionnelles.

Et des lignes à mettre en sécurité, ce n’est pas ce qui manque... que ce soit à travers de

nouveaux investissements ou des opérations de retrofit. « Nous proposons systématiquement

Cabine de meulage et de soudage

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı53


PRÉVENTION DES RISQUES / HSE

Installation de peinture de siège automobile

à nos clients de passer par une phase d’audit permettant d’évaluer

l’ampleur des actions à mener et les normes particulières pouvant

intervenir, détaille David Guerchon,

président de TSI Ingénierie, entreprise

par ailleurs certifiée Mase. Nous

préconisons ensuite de passer par une

phase d’analyse de risque et une analyse

fonctionnelle pouvant conduire à une

Amdec ».

En général, l’Amdec permet de figer

un plan d’actions et des priorités,

mais dans certains cas, TSI se fait

accompagner par un organisme agréé

– à l’exemple d’Apave et de Dekra –

chargé de valider les interventions

techniques de la société. Un plan

d’actions est ensuite défini avec des

mises en conformité à réaliser en

priorité sur les équipements (sur

tous à l’exception de la partie dédiée

aux automatismes, pour laquelle TSI

travaille avec un partenaire).

ALLER AU-DELÀ D’UNE

NORME ENCORE TROP

GÉNÉRIQUE

Dans le domaine de la sécurité

des machines, le point de départ

est la norme, dont l’esprit doit

impérativement s’imposer à

chaque étape de conception, de

développement ou de retrofit,

d’installation et d’utilisation d’un

équipement. « La norme européenne

doit être de base respectée, mais généralement, l’idée est d’aller

au-delà car nous intervenons beaucoup dans des usines

‘’compliquées’’ à l’image des verreries, de certaines installations

de convoyage, des granulateurs dans lesquels des vapeurs d’eau

résiduelles dégradent la visibilité », indique David Guerchon qui

ne manque pas de rappeler que « la norme prend encore la forme

d’un catalogue et demeure trop générique ; or les métiers sont très

différents les uns des autres et affichent tous des spécificités. C’est

donc à nous de nous adapter à la réalité industrielle ».

« Enfin, nous nous assurons que les protections grillagées –

notamment – sont bien ancrées dans le sol et qu’elles ne risquent

pas de tomber ou encore que les éléments de consignations des

énergies sont bien visibles ». En somme, TSI porte son attention

à tous les niveaux de sécurité, que ce soit pour une demande

spécifique d’un industriel à propos d’une mise en conformité,

ou de sa propre initiative « si l’on constate chez l’un de nos clients

que nous pouvons apporter des améliorations ».

« La norme prend encore la forme

d’un catalogue et demeure trop générique ;

or les métiers sont très différents les

uns des autres et affichent tous des

spécificités. C’est donc à nous de nous

adapter à la réalité industrielle »

Installation de production de câbles électriques

Récemment, TSI a par exemple

assuré pour l’un de ses clients une

mise aux normes d’équipements

de traitement de granulats. « Après

avoir mené une analyse fonctionnelle,

nous avons rédigé un cahier des

charges que l’on a soumis au client

qui en a déduit des priorités et

ouvert la consultation avec d’autres

fournisseurs, précise David

Guerchon. Nous avons été retenus

et nous avons missionné une équipe

de techniciens sur le site avec un

superviseur afin de traiter point par

point les sujets retenus pas le client.

Chaque semaine, notre superviseur

rédigeait les plans de prévention et

les modes opératoires afin de gérer

les co-activités et les consignations

des machines en liaison étroite avec

la production du client. » Chez un

fabricant d’EPI dédiés à l’industrie

électrique, TSI a également mené

une analyse fonctionnelle d’une

ligne de production utilisant des

produits chimiques et des solvants ;

« la mise en sécurité des équipements

s’est faite tout en maintenant

la production ». Une solution

rendue possible notamment par

l’implication des opérateurs et des

techniciens ●

Olivier Guillon

54ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


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PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı55


PRÉVENTION DES RISQUES / HSE

EN APPLICATION

SMST sécurise les points

de consignation des énergies

pour réduire les risques

Chez Salzgitter Mannesmann Stainless

Tubes (SMST), la sécurité des personnes est

prioritaire

Salzgitter Mannesmann Stainless Tubes (SMST), leader mondial du tube

inox sans soudure, a décidé de mettre en place la solution Securafim,

développée par l’Association française de responsable maintenance

(Afim), afin d’optimiser et de mieux sécuriser ses arrêts de maintenance.

En s’appuyant sur le management visuel pour consigner les énergies,

l’entreprise située en Côte-d’Or a considérablement réduit les risques

d’accidents.

Pour Mannesmann Stainless

Tubes (anciennement

Mannesmann DMV Stainless),

l’un des principaux fabricants

mondiaux de tubes et tuyaux sans

soudure en acier inoxydable et en

alliage à base de nickel, la sécurité des

hommes et des femmes n’est pas un

vain mot. Et Maxime Petit, responsable

maintenance et Travaux neufs de la filiale

française implantée à Montbard, dans le

département de la Côte-d’Or, confirme

La phase projet s’est déroulée entre la fin 2017 et le

début de l’année 2018

que la prévention des risques est au cœur des problématiques

du groupe : « nous sommes confrontés à deux problèmes : d’une

part, le papy-boom qui s’est traduit pour

la maintenance par le départ de près de

la moitié des effectifs très qualifiés lesquels

ont été remplacés par des personnes

qu’il a fallu former, d’autre part par des

machines de plus en plus complexes

mêlant haute pression et haute tension ».

En d’autres termes, la priorité pour

SMST était de trouver une solution

technologique lui permettant

d’optimiser ses arrêts de maintenance

plus rapidement tout en assurant une sécurité maximale pour

les techniciens. « Gagner du temps sur nos interventions de

Un point sur Securafim

Securafim permet d’améliorer l’efficacité et la sécurité des opérations de maintenance avec le management

visuel des points de condamnation des énergies. Avec Sécurafim, il est possible de diviser par deux les accidents

en maintenance. La mise en œuvre opérationnelle de la démarche conjointe INRS-Afim Securafim repose sur

l’identification des énergies et fluides sur l’équipement, l’analyse des modalités de mise en sécurité des énergies

et fluides (condamnation, consignation), l’identification des dispositifs de sécurité et de leurs fonctions, et enfin

l’apposition des macarons Sécurafim.

EN SAVOIR PLUS > www.afim.asso.fr/sst/securafim/sst-securafim.asp

56ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


R0 - Le tableau pédagogique

maintenance ne signifie pas compromettre la sécurité car se pose

le problème de consignation des énergies résiduelles, lesquelles

sont toujours à l’origine d’accidents graves au sein des services

maintenance. Pour relever ce défi, notre choix s’est porté sur

Securafim, un système permettant de consigner les énergies pour

intervenir en toute sécurité ».

AVANCER À VITESSE GRAND V SUR LA CONSIGNATION

DES ÉNERGIES

Pour la société, qui a découvert la solution Securafim sur le

salon Global Industrie il y a trois ans, l’enjeu est double : car

outre la mise en consignation des énergies, il s’agissait pour

SMST de former un maximum d’opérateurs. Au total, le service

maintenance réunit 34 personnes en plus de service travaux

neufs sur les 300 à 400 salariés de cette vaste usine abritant pas

moins de 200 installations et de nombreuses machines-outils

ainsi que des systèmes entièrement automatisés et robotisés.

Les deux référents de la démarche Joffrey Benion et Fabien

Gaudin ont mené la phase projet qui s’est déroulée entre la

fin 2017 et le début de l’année 2018*. Cette mise en œuvre a

également permis à l’entreprise appartenant à un GFI portant sur

la partie sécurité d’avancer à vitesse grand V sur la consignation

des énergies. « Securafim a pleinement rempli son rôle, souligne

les porteurs du projet. De plus, cette solution présente l’intérêt

pour nous de récupérer le savoir des anciens et de l’intégrer dans

une démarche de management visuel efficace ».

« Concrètement, nous n’avons enregistré aucun accident depuis la

mise en œuvre de Securafim, renchérit Maxime Petit. D’un point

de vue du management, nous avons tous été formés et évalués à

partir des mêmes standards, de l’opérateur à la direction. Nous

avons tous participé aux formations de sécurité, impliquant ainsi

tout le monde et au même niveau » ●

Olivier Guillon

* Ce projet a bénéficié de l'accompagnement conseil (technique, organisation,

NF X60-400, formations) assuré par Nello Comelli d'Apave

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PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı57


PRÉVENTION DES RISQUES / HSE

EN APPLICATION

Quand sécurité des machines

rime avec industrie du futur...

Robotique, vision, intelligence artificielle... trois activités clefs de la modernisation du tissu industriel

dans lesquelles la jeune société stéphanoise Siléane s’est spécialisée depuis sa création en 2002. Mais

les multiples systèmes à la fois flexibles, agiles et autonomes destinés à améliorer les performances de

machines souvent volumineuses doivent également s’appuyer sur des équipements de sécurité fiables.

Jérémy

Gagliardini

Pilote Automatisme et

robotique au sein de

la BU TTS de Siléane

dédiée au traitement

de surface et à la

microtechnique.

Les trois métiers sur lesquels repose son activité

– la robotique, la vision et l’IA – sont dans l’ère du temps

En donnant des yeux, des mains et un cerveau à des

robots « vierges », Siléane a conquis de nombreux

clients industriels, historiquement dans l’agroalimentaire,

l’automobile, la pharmacie, le luxe et

la cosmétique, ainsi que la verrerie, avant d’élargir son champ

d’action à d’autres secteurs (traitement de surface, nucléaire,

environnement, tri de déchet, électronique, industrie horlogère,

logistique...). Fondée à Saint-Étienne par son actuel Pdg (Hervé

Henry) il y a dix-huit ans, cette entreprise d’une centaine

de personnes affichait l’an dernier un chiffre d’affaires de

11,7 M€. Et si l’année 2020 s’annonce – sans surprise – plus

difficile, Siléane a de quoi rester confiant... ces trois métiers

sur lesquels repose son activité – la robotique, la vision et

l’IA – sont dans l’ère du temps.

L’entreprise crée en effet des robots autonomes de nouvelle

génération pour l’industrie, capables de manipuler toutes

sortes de produits dont le comportement dans le temps et le

déplacement dans l’espace sont imprévisibles et aléatoires. En

d’autres termes, ces robots s’adaptent seuls et en temps réel

pour corriger les aléas, tout en garantissant une cadence et un

flux de production constants sur les lignes de production des

usines. « Notre gamme de robots se compose de trois modèles

bien distincts : Flowpick pour les opérations de Pick & Place

rapides et adaptatives, Rovaldy pour l’industrie du traitement

de surface et Kamido, un robot de dévracage et de tri », résume

Jérémy Gagliardini, pilote Automatisme et robotique au sein

de la BU TTS de Siléane dédiée au traitement de surface et

à la microtechnique. Partant le plus souvent d’une feuille

blanche, l’entreprise s’adresse aux ateliers de production mais

également aux services de R&D pour des projets spéciaux ;

« nous sommes en mesure, si besoin, de faire de la recherche ».

58ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


Pour un environnement de travail SAIN et SÉCURISÉ

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dirigeants. Sécuriser l’activité, les biens

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PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı59


PRÉVENTION DES RISQUES / HSE

câblage, nous utilisons le PFB, un système permettant de raccorder

un câble sur le répartiteur associé à un contrôleur de sécurité. Il

est possible ensuite de ne verrouiller et déverrouiller qu’un seul

interverrouillage ; une fois consignée, toute sorte d’énergie est

entièrement coupée ». Car le risque provient notamment des

robots en mouvement dans des machines tournant à de hautes

cadences ; les interverrouillages de sécurité permettent aux

opérateurs de savoir immédiatement si l’enceinte est fermée,

les préservant des risques de projection ou de coups.

DE LA SÉCURITÉ DES MACHINES À L’INDUSTRIE 4.0

Système PSC1 du fabricant Schmersal mis en place chez Siléane

METTRE LA SÉCURITÉ AU COEUR DES

PROBLÉMATIQUES DE DÉVELOPPEMENT

En cas d’arrêt machine,

il est essentiel de mettre

en sécurité la zone et

d’en autoriser (ou non) l’accès

Car le développement ne concerne pas tant seulement la

performance, les temps d’opération, la fiabilité ou la répétabilité

que la reproductibilité du geste humain et sa délicatesse. « Nous

équipons des machines parfois très volumineuses, pouvant atteindre

10 mètres sur 10 mètres ; nous avons donc besoin de recourir à des

systèmes efficaces afin de garantir un maximum de sécurité pour

les opérateurs et les techniciens de maintenance pouvant se trouver

à l’intérieur de la ligne ou à proximité de la machine ».

En cas d’arrêt machine, au moment d’une intervention de

maintenance ou d’un changement d’outillage, il est essentiel

de mettre en sécurité la zone et d’en autoriser (ou non) l’accès.

C’est la raison pour laquelle Siléane a fait appel à Schmersal

pour intégrer des interverrouillages de sécurité et des capteurs

codés RFID afin de sécuriser la zone. « Pour nos besoins en

Outre la mise en sécurité de la zone d’intervention, le système

PFB fait remonter les informations issues de l’automate vers

le terminal de l’utilisateur de la machine ; « cette transparence

d’information permet au client d’être au courant de tout ce qui

s’y passe et d’être plus autonome, en particulier sur ses actions de

maintenance dans la mesure où l’automate va détecter n’importe

quel défaut », affirme Jérémy Gagliardini. Mais ce n’est pas le

seul avantage d’un tel système ; « nous bénéficions avec le PFB

d’un gain de temps significatif de câblage : si habituellement

sur un interverrouillage de sécurité nous devons câbler huit fils,

ici, on a juste à ‘’plugger’’ un câble entre l’interverrouillage et le

répartiteur, évitant au passage les éventuelles chutes de tension

pouvant être dues à la longueur de la machine ». Ce « plugging »

profite également à l’utilisateur de la machine qui, en cas de

problème, a juste à remplacer le composant défectueux identifié

sans pour autant perdre son temps à le rechercher dans l’armoire.

Par ailleurs, grâce à la technologie RFID, les capteurs

communiquent avec les systèmes d’interverrouillage ; « nous

déterminons préalablement les zones à sécuriser, allant jusqu’à une

gestion multi-zone en fonction de l’analyse de risques. Nous sommes

pleinement autonomes sur l’ensemble du process ». D’autant qu’en

utilisant le contrôleur compact PSC1 de Schmersal, il est possible

pour Siléane, sur une ligne comprenant deux machines, d’en

faire tourner une lorsque l’autre est en maintenance. « Il faut

dire que Siléane est, de notre point de vue, précurseur dans le

domaine de l’industrie 4.0, et tout particulièrement dans la

remontée et l’harmonisation des données des capteurs, confirme

Jean Baptiste Fournaise, directeur général de la filiale française

de Schmersal. Cela lui permet de recueillir un grand nombre

d’informations précieuses sur la criticité des équipements et de

mieux anticiper leurs opérations de maintenance. Ils pratiquent

également la télémaintenance avec certains de leurs clients afin de

garantir des interventions rapides ». Ces remontées d’informations

s’effectuent notamment grâce à une autre solution Schmersal,

le SD-Bus, une interface de communication universelle. Une

façon de rester connecté en permanence avec l’état de santé

de l’équipement et de se montrer ainsi toujours plus réactifs

face aux imprévus ●

Olivier Guillon

60ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


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PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı61


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DÉVELOPPEMENT DE SOLUTIONS DE MESURE

DÉBITMÉTRIE

ÉTALONNAGE

MESURES DE FORCE, COUPLE ET DÉPLACEMENT

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62ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


PRÉVENTION DES RISQUES / HSE

AGENDA

PAGE PARTENAIRE

Formation technique

EPI : prochaine

session du 19 au 23

octobre 2020 !

La formation Technique EPI est un module complet

sur les équipements de protection individuelle,

animée par de véritables experts dans leur domaine.

D’une durée de 32 heures réparties sur 5 jours,

cette formation aura lieu à Paris, dans les locaux du

Synamap.

Cette formation permet d’acquérir les connaissances

indispensables sur les EPI en abordant les différents

types de protection et la réglementation en vigueur :

protection auditive, protection des mains, protection

des pieds, protection des voies respiratoires, protection de la tête,

protection des yeux, protection haute-visibilité, protection contre

les chutes de hauteur, vêtements de protection. Démonstrations

produits, cas pratiques et vidéos… les intervenants de cette formation

associent la pratique à la théorie, ce qui permet aux stagiaires de

bénéficier d’une approche « terrain ». Le côté concret permet de

mieux visualiser les problématiques réglementaires et évaluer

l’acquisition de connaissances.

Cette formation répond à un réel besoin de maîtrise et de

connaissances des EPI et de la réglementation en vigueur.

Comment prescrire un bon équipement lorsqu’on ne connait

pas bien la réglementation ? Quels équipements de protection

porter selon les différents risques ? Etc. La formation Technique

EPI du Synamap (organisation professionnelle reconnue et expert

du marché des EPI) offre la possibilité d’obtenir des réponses

fiables et une formation pointue sur un domaine complexe. La

prochaine session aura lieu du 19 au 23 octobre 2020 à Paris. Elle

s’adresse aux utilisateurs et prescripteurs d’EPI, ainsi qu’à tous les

acteurs du marché de la prévention et de la protection au travail ●

Contact : Laure Ferrus - lferrus@synamap.fr

EN SAVOIR PLUS > www.synamap.fr

Du 15 au 17 septembre 2020

Pharmacosmetech

La deuxième édition de Pharmacosmetech, salon des

services, équipements et process pour les industries

pharmaceutique et cosmétique, la parfumerie et la

chimie fine, ouvrira ses portes à Chartres.

À Chartres

www.pharmacosmetech.com

Asset Performance 4.0

Organisée par le Bemas, la conférence et l’exposition

Asset Performance 4.0 portera sur les nouvelles

technologies 4.0 et les fondamentaux de l’exploitation,

de la maintenance et de la gestion des actifs.

À Antwerp (Belgique)

www.assetperformance.eu

Du 29 septembre au 1 octobre 2020

er

CFIA Rennes

En rassemblant les industriels de l’agroalimentaire

au cœur de la première région agroalimentaire

européenne, le CFIA propose une offre exclusive

répartie en trois secteurs : Ingrédients et

PAI, équipements et procédés, Emballages et

conditionnements.

À Rennes

www.cfiaexpo.com

Sepem Avignon

La septième édition du salon Sepem Industries Sud-est

se déroulera cet automne et rassemblera pas moins

de 300 exposants. Au programme : les conférences

Maintenance (organisées par Production Maintenance)

et sur l’électronique, organisée par le Forum de

l’Électronique qui se tiendra en parallèle.

À Avignon

avignon.sepem-industries.com

Le 6 octobre 2020

Production Temps Réel

Production Temps Réel, l’évènement industriel

réunissant des directions d’usines et techniques

concernées par les besoins de digitalisation et

d’amélioration de la performance de leur production,

aura lieu à Lille.

À Lille

production-temps-reel.com

Du 3 au 5 novembre 2020

Expoprotection

Expoprotection est l’unique événement en France

rassemblant les spécialistes internationaux, les

équipements et solutions les plus innovants. Ce salon

associe également des conférences et des espaces de

rencontres, au sein de deux univers complémentaires :

risques professionnels & industriels et risques

malveillance & incendie.

À Paris - Porte de Versailles

www.expoprotection.com

PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020 ı63


INDEX

Au sommaire du prochain numéro :

©iStock

TECHNOLOGIES

Efficacité énergétique

Quand la maintenance industrielle

devient un centre de profits

©Huo-Yan Fire Eye Laboratory in China

MAINTENANCE EN PRODUCTION

Analyse industrielle

Ou comment rendre l’environnement de

production plus sain

© SKF

MAINTENANCE MÉCANIQUE

Maintenance

des éoliennes

Garantir le suivi

et la maintenance

des éoliennes par

tous les moyens

PRÉVENTION DES RISQUES

Risque électrique

Conseils et EPI pour se protéger

le corps

Liste des entreprises citées et index des annonceurs

ACTEMIUM ................................................................. 14

AFIM ............................................................ 15, 46 et 56

ARTEMA ....................................................................... 8

ASTREE SOFTWARE… .....................................33 et 36

ATI-CONSULT ............................................................ 48

AUTOMATION24 ...........................................Encartage

AVEVA ......................................................................... 26

BEMAS… ..................................................................... 63

BOSCH REXROTH… ................................................... 18

CFIA RENNES ..................... 28, 63 et 3 e de couverture

CIMI… .......................................................................... 43

CLAN SAUVAGE (TORK)… ................ 2 e de couverture

CORIM… ........................................................................ 7

CREAFORM .................................................................. 6

CREATIVE IT .....................................................31 et 40

DB VIB ...............................................................17 et 42

DSD SYSTEM ............................................................... 4

EXPOPROTECTION… ................................. 50, 61 et 63

FUCHS ........................................................................ 29

GROUPE MOM… ......................................................... 36

IFM ELECTRONIC…................................................... 22

IGUS .............................................................................. 6

INRS… ......................................................................... 52

INSA-VALOR .............................................................. 42

MANNESMANN STAINLESS TUBES ...................... 56

MAYR FRANCE .......................................................... 47

MECATEAMCLUSTER ................................................. 6

MEGGER FRANCE .............................. 13 et Encartage

MESURE SOLUTION EXPO........................ 12, 62 et 63

MOLYDAL ................................................................... 45

NIDEC LEROY-SOMER ............................................. 42

NORELEM .................................................................. 35

OET ....................................................................30 et 37

ORDINAL SOFTWARE .....................................34 et 39

PROBIONAT PROVENCE .......................................... 40

PRODUCTION TEMPS RÉEL ...........................41 et 63

RS COMPONENTS ........................................Encartage

SCHMERSAL FRANCE ....................................55 et 58

SCHNEIDER ELECTRIC .............................................. 6

SDT INTERNATIONAL .............................................. 23

SEPEM INDUSTRIES ................................... 9, 10 et 63

SICK ............................................................................ 51

SILEANE .................................................................... 58

STRATUS TECHNOLOGIES ...................................... 24

SYNAMAP .................................................................. 63

SYNERGYS ................................................................... 2

UE SYSTEM ................................................................ 21

TSI INGÉNIERIE ......................................... 44, 53 et 57

VIF ................................................ 8 et 4 e de couverture

463 000

C’est le nombre d’emplois purement et simplement

menacés dans l’industrie manufacturière française, selon

les estimations du cabinet d’études strategy& (groupe

PwC network) pour l’UIMM, dont les résultats ont été

mis au grand jour en juin dernier. L’union des industries

métallurgiques alerte donc sur le décrochage industriel de

l’Hexagone – dont les usines ont encore du mal à retrouver

toutes leurs capacités de production. Le risque majeur ?

La désindustrialisation et ainsi le chemin contraire aux

ambitions de l’État ; reste que de nombreuses pistes sont

évoquées pour enrayer les effets destructeurs d’une crise

inédite ; en espérant que cela suffise…

Retrouvez nos anciens numéros sur :

www.production-maintenance.com

64ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°70 • août-septembre-octobre 2020


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DAF PÂTISSERIES GOURMANDES

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