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E_1928_Zeitung_Nr.078

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20 AUTOMOBlL-RiEVUE -

20 AUTOMOBlL-RiEVUE - REVUE AUTOMOBILE 1928 — V8 du " FARADOC 99 Direkter Import aus Amerika car le „Faradoc" 6met, latöralemerit et posterieuremenV une nappe de lumiere qui est la meilleure garantie contre l'accrochage. Le seul phare de croisement atteignant pleinement son but. Eclaire puissamment vers Pavant, eclaire utilerhent la zone de croisement. Coüt: 25O fr. francais. Les 1OO Premiers cedes a 35 fr. suisses. Notice illustree franco. R. E. Cuendet, Lausanne Avenue Verdeil 9 ^idierneit um Generalvertreter für die Vertreter für die E. Kupfersdkmid, ErlaJistrasse 7 Saiweiz: Auto-Pieces S.A., Geneve Bern: • y s / / S / / / / / / 6, rue de la Suanderie - Telepkone Stand 54*00 Jeutsdie S

78 - 1928 AUTOMÖBiL-REVUE - REVUE AUTOMOBILE 21 Le gendarme franps „surveille 44 la route et de Paris a Vichy, pas une contravention. De notre confrere oubert Bouchet, dans Le Journal de Paris, ce recit vif et typique dont nos autorites de police feraient bfen de tirer profit: On se souvient encore des Päcrues et Pentecöte rouges du 14 juillet a marque son premier essai. Donc, en la caserne des Minimes, rendez-vous fut pris avec le capitaine de gendarmerie Burtey, dötache au ministere de la* guerre, chef ä ibord; le marechal des logis-chef Marie, as du macaron, et le gendarme Gorre, nanti d'un sifflet ßour freiner l'ardeur des näophytes et rappeler ä une juste mesure les fawteura de desordre. On ne r£agit pas dans le brocard. II est midi exactement. Nous demarrans rue de Bearn. Un Chauffeur de taxi nous croise — nous croise est un euphemisme ; il a failli nous emboutir! 1! — La vue du kepi de mes compagnons ne l'intimide pas. «Eh! ballot, venez apprendre ä conduire 1 > G'est vexant pour notre amour-,propre, mais nous roulons depuis trente secondes. et notre miseion est sur la grande route blanche et non dans les rues bitumees ou pavees de la capitale. Nous sortons par la porte d'Italie ; notre conducteur va ä une allure raisonnable; les kepis sombres galonnös d'argent nous attirent le respect des automobilistes. Tout le monde est sage. Seul, Phebus nous gratifie de rayons par trop puissants en calories. Le capitaine Durfey est de cette jeune gäneration d'officiers qui s'appliquent dans les differente commandenients qu'ils assurent ä etudier la psycliologie humaine et ä en tirer des renseignements precieux. «Voyez-vous, me dit-il, il faut que cette legende du gendarme croquemitaine nous apporte un role d'educateur et les gens qui veulent bien raisonner en conviennent. De plus, nous devons rendre service. Les circulaires que nous envoyons ä nos brigades ont pour base cette unit£ de principe et surtout nous nous appliquons ä en inoulquer ä nos hommes l'esprit et non la lettre. Tenez, voyez cet energumene. Gorre; un coup de sifflet.» Un Chauffeur nous croise ä 100 ä l'heure et ralentit immediatement. Le gendarme n'est pas saus pitie\ ^^ü^äppliquäW-€?lä äppliquänt" v r "Tee'" Iött^^^^ [«ä-öMres^pYescritB on devrait lui coller ua.,proces-verbal. Mais la route est belle, libre. Roulant admirablement, il ne resiste pas ä son dfeir d'appuyer sur l'accelerateur. On serait beaucoup moins tolerant si quantite de voitures se croisaient dans ces parages car, et lä intervient cette Philosophie Inen humaiue, qui veut se casser la figure le peut tout ä son aise. Mais beaucoup de personnes tiennent encore ä leur guenille et aJors il faut. on doit les proteger. «Pouvons-nous vouis etre utile, clame le capitaine Burtey ? > « Oh I mon capitaine, quel service, quel service vous me rendez! La bielle de mon moteur est fondue, c'est irreparable. Voulez-vous alerter le Premier garagiste que vous rencontrerez.» « G'est entendu.» Le monsieur tres heureux nous grätifie d'une reverence louis-philliparde; il n'a iamais vu ca I A temps nouveaux, möthodes neuves. Finalement, Fontainebleau: la! gendarmerie. Quelques conseils ä ceux charges de la Police routiere et nous repartons narguant l'etouffante et deprimante chaleux. Et les accidents... Nemours : une voiture plaiquee contre un arbre. Tout est tordu et la belle mecanique n'eat plus que de la ferraille: exces de vitesse 1 Mais qu'est ceci? Une file de voitures immoibiles, comme a Paris. Nous avancons difficilement. Horreur ! Au beau milieu de la route, pres de Fontenay, un homme git: la boxte cranienne a saut6. La figure, partagee en deux, n'a plus rien d'humain. Ges hommes contemplent le cadavre. Les prejuges subsistent toujours •. ne pas d&placer le corps avant l'arrivße des gendarmes. Nous le deposons sür l'herbe jaune. G'est un malheureux motocycliste qui voulait däpasser une voiture. Une mare de sang teint le bitume, les conducteurs avancent doucement, leurs passageres poussent des petits cris d'effroi. La legon porte, du moins sur le moment: ib poursuivent leur voyage tout doucement. Mes compagnons fönt l'enquete d'usage. Elle est terminee quand les gendarmes de la brigade voisine arrivent et nous repartons. Meme «tombereau» reste inchati6. La' nuit tombe. Les phares poignardent l'ombre de leura mille flammes d'or. Un insolent en bonne fortune nous depasse en trombe. «G'est pas une bagnole, c'est un tombereau», nous dit-il. On le laisse dire. Une demi-heure apres, ä La Bussiere, r^^v?r**fr!£ "S^F^T il fait le plein d'essence. Nous nous arretons pres de lui pour faire la meme chose. L'homme voit 1 gendarme qu'il a nargue. On ne lui fait aucune öbservatio'n. Mais il a eu chaud! II fait nuit noire, quelques nuages masquent la palpitation des 6toiles. On sent bon. le foin, l'herbe humide, le vent pur de la campagne nivernaise. Et le charretier saus feu arriere. Une aniserable voiture, tramee par un vieux chevaJ bringuebale devant nous. Pas de feux arriete. On l'arrete. L'homme montre ses papiers Dans sa face deux yeux luisent de fievre ; le profil est peu regulier,, une belle barbe blonde donne ä ses traits certaine noblesse. « Avez-vous des enf^nts ? » — iTen ai cinqf j'en ai encore eu un avanthier. La voix ©st dme et triste ä la fois. «Que voulez-vous? Je ne voyage, iamais de nuit. Aujourd'hui, avec cette chaleur. G'est pour cela que je suis en faute.» On l'admoneste patemellement. II promet de se mettre en regle. Deux chiens-Ioups inqui6tants, aauvages, tournent autour de nous. On entend leur souffle haletant. Leur maitre les chasse rudement: «Allez coucher, Mirza, Boude. » Souples, les betes s'^loignent. II est une heure, la nuit est froide. Go&ne va accueillir nos membres las, nos corps rompus. La manie de verbaliser. «Nous somrnes en France 30.000 gendarmes, repartis en 4000 brigades. Nous sommes la force, nous sommes le nombre: nous pouvons assurer un contröle routier impeccable. Pour ce faire, quelques moyens materiels nous manquent et quelques löformes s'imposent: supprimer les brigades ä cheval, les doter, dans les secteurs oü le trafic est intense, d'autos qui leur permettront un deplacement rapide et surtout que certaines municipalites, avec leurs reglements desuets et rigides, n'obligent pas nos hommes ä operer, chronometre en main, ä l'affüt du proces-verbal qui temperera les excites. » ; Ainsi parlait l'autre jour, ä Vichy (continue notre confrere du Journal de Paris), le colonel Viet, inspecteur general de la Garde republicaine mobile. $ Les possed^s. Gette profession de foi avait ete provoquee par le compte-rendu du capitaine Burtey, policant et contrölant Chauffeurs et chauffards sur 1'« autostrade. Gar, vraiment, en toute sinceritö, si le iparcours Paris-^Iosne fut exempt ou presque d'incidents graves, on se demande quel but poursuivent certains criminels qui prenaient la route pour une piste et vous obligeaient, tant leur temerite est grande, ä une tension d'esprit continuelle et ä ne goüter aucun plaisir ä la contemplation du paysage magnifique qu'offrent les bords de la Loire et les cöteaux du Sancerrois. Vache du raatin: chagrin. On est matinal dans la gendarmerie et on ne dort guere lorsqu'on fait le chien de berger sur les chemins de France. Gouches ä 2 heures, levds ä 6, nous reprenions immiudiatement le harnois, et quel harnois. Soleil de feu, bouffees d'air chaud, corps ruisselants et soif ardente, nous roulions, protegeant nos freres automobilistes contre les embüches de la route et les incartades de troupeaux de ruminants ä l'ordinaire paisibles. Stop! Une reunion de vaches barrent la route. Elles ont l'air de se concerter sur la n6cessit6 de ceder le pas ou non. Dix voitures attendent, non pas leur bon vouloir, mais que le gardien, goguenard, s'en mele. Notre arrivee le rappelle ä la saine r6alite. II court, s'affaire, tape, hurle, pendant qu'on l'interpelle et ce deblaiement laborieux est fetö ä coups de trompe joyeux. Ce qui pend au pneu des cent-ä-1'heure. L'incident suivant est plus grave: deux autos nous passent ä cent ä l'heure : c'est legal, paraitil... Prudemment, nous avons emprunt§ les bascotes de la route, car les bolides nous ont fröle. Plus loin, a quelque cinq cents mötres. Tun passe l'autre. A cette allure, je vous laisse ä penser la vitesse du vainqueur. Une pente nous aspire, une lampe nous freine. A droite, un calvaire, en face, une auto. Mais est-ce bien une auto ou un amas de ferraille ? Un monsieur, pantalon blanc macule de taches d'huile et de sang, contemple ce spectacle. G'est un des deux fous de tout ä l'heure. En voulant « gratter» son concurrent, il avait heurte" le garde-fou d'un pont. Durant cent metres, la voiture, lancee comme une balle, avait fait. aux dires des . temoins, deux retournements comiplets, s'etait emboutie comme le mür'de ßoutenement d'un champ, exactement en face le caivaite-miij^jadis, vit semblables accidents. L'homme etait ä peine blessö... II avoua son imprudence. Son rival s'etait eclipse. La perte de sa voiture etait une punition qui avait l'air de le laisser fort sensible. Nous n'aioutämes rien ä son ennui. Amende? non pas: entr'aide. Un camion en panne, plus loin, barrait en Partie la route. Gomme le gendarme lui demandait son nom, il pleurnicha: « Vous allez me dresser contravention. > Encore un qui ne croyait qu'a la severite de Pandore. G'6tait pour lui envoyer du secours et avertir son patron. II doit s'en etonner encore. Carrefours et passages de la mort. La Gharite-sur-Loire! mauvais croisement. II est soigneusement reper6 par le capitaine Burtey qui note, note, inlassablement, les imperfections a supprimer et les reformes ä accomplir. Les passages a niveau fönt son desespoir. — On ne powvait pas les installer de facon plus dangereuse pour ne rien voir des trains. G'est exact. Leur abordage est particulierement difficile et les accidents nombreux. Mais ca, c'est de l'ouvrage ipour plus tard. Un rapport signalera ces imperfeetions notoires et sources de graves ennuis. Le lang ruban s'etale devant nou® inagnifiquement noir et luisant. Le goudron fond sous le soleil marocain. G'est le seul reproche qu'on «peut faire a l'administration des ponts et ohaussees de dispenser trop abondamment ä certains endroits ce revetement idöal. A part cela, la route est splendide. Pas une secousse, pas un cahot entre Paris et Gosne. G'est tout ä l'honneur de nos ponts et chaussees si solvent critiques. II fallait le dire: c'est fait. Une sagesse genärale. Gomme ils sont sages, d'une facon gßnerale, oes usagers de la voie Paris-Vichy. Tout est en regle avec l'administration, tous les numeros sont apparents, les autos tiennent bien leur droite: prudemment ils cornent quand ils vous dßpassent ou vous croisent, pas d'observation ou si peu qu'il vaut mieux ne pas en parier. Par exempie, ils pratiquent rarement la charite onvers leur prochain. Le panniste — c'est affreux comme neologisme — est livre