Guide des communes 2018

LGMagazine

Best of & Guide 2018 | n˚ 213

www.gemengen.lu

Dan Kersch

Ministre de l’Intérieur

Ministre de la Fonction publique

et de la Réforme administrative

INTERVIEWS POLITIQUES

PORTRAITS

ICT

RGPD

LOGEMENT & CONSTRUCTION


DANS UN MONDE QUI CHANGE

COMMANDEZ EN LIGNE

L’ESPRIT LÉGER

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de l’article incluse. *

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PRÉFACE

Mosaïque énonciatrice

Au fil des écrits et des contributions se tisse, mensuellement dans

notre magazine et au travers de nos pages, une littérature qui

compose modestement un tableau des politiques et des courants

économiques du pays. Le Guide des Communes propose à son

lecteur les articles favoris de la rédaction mais aussi quelques inédits.

Vous trouverez au programme de cette édition, des interviews

ministérielles, des portraits de personnalités que nous avons

rencontrées, des reportages au cœur des parcs naturels du pays et

des dossiers ICT, Economie, RGPD, Logement & Construction,

Développement durable, ainsi que le recensement de toutes les

communes grand-ducales.

Les sujets qui ont animé cette année académique n’ont pas manqué

dans le microcosme luxembourgeois et nous retiendrons pêle-mêle

la digitalisation des secteurs privé et public et leurs lots de défis

passés et à venir, notamment la cyber-résilience des systèmes de

sécurité informatiques; la modernisation du secteur hospitalier en

général, l’avènement de l’e-santé en particulier et la réforme des

services de secours; le harcèlement sexuel au travail; trois lectures

claires sur la nouvelle législation relative à la protection des données

qui peut-être une véritable nébuleuse aux yeux de beaucoup, une

interview exclusive et économique du Professeur Kate Raworth de

l’Université d’Oxford sur la croissance et l’économie de marché et

bien plus encore…

Si nul doute que la majorité de ces thèmes seront reconduits

dans les éditions à venir, le programme de la rentrée s’annonce

déjà prometteur en nouveautés avec en premier lieu les élections

législatives d’octobre, la sortie du Royaume-Uni de l’Union

européenne en mars 2019 et les effets de l’entrée en vigueur des

«Regulatory Technical Standards» sur l’authentification forte et

l’accès aux comptes de la PSD2 en septembre.

Alors que les collaborateurs se croisent encore dans les couloirs

sur le chemin de leurs vacances, toute l’équipe de Lëtzebuerger

Gemengen vous souhaite une agréable rentrée académique 2018.

Bonne lecture n

La rédaction LG


SOMMAIRE

COVERSTORY

INTERVIEW POLITIQUE

050 | MARC SPAUTZ

000 | CSV

006 | DAN KERSCH

000 | Ministre de l’Intérieur, de la Fonction publique et de la Réforme administrative

Les jeux sont-ils déjà faits?

INTERVIEW POLITIQUE

056 | CLAUDE HAAGEN

000 | LSAP

Un mandat sous le signe de la simplification

Rouge au cœur

ICT

010 | NICOLAS SCHMIT

000 | Ministre du Travail, de l’Emploi et

000 | de l’Économie sociale et solidaire

ECONOMIE & FINANCE

038 | KATE RAWORTH

000 | Professeur et Chercheur

000 | à l’Université d’Oxford

INTERVIEW POLITIQUE

058 | FRANÇOIS BAUSCH

000 | déi gréng

La digitalisation: moteur ou frein à l’emploi?

ICT

026 | MARCO BERTAMÉ

000 | Telindus Luxembourg

Un donut au service de l’avenir

ECONOMIE & FINANCE

040 | PHILIPPE KOPS ET

000 | DOMINIQUE FIORE

000 | Mutualité des p.m.e.

Transformer les défis en opportunités

LOGEMENT & CONSTRUCTION

084 | GILLES CHRISTNACH

000 | Betic

La transformation digitale des communes

Les garanties édificatrices

Concevoir les solutions de demain


LOGEMENT & CONSTRUCTION

094 | GILLES HEMPEL

000 | AIS

PORTRAIT

114 | ANOUK AGNES

LETZEBUERGER GEMENGEN

Publication éditée par Euro-Editions S.A.

www.gemengen.lu

Société éditrice

Euro-Editions S.A.

24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange

L’AIS innove pour le logement

LOGEMENT & CONSTRUCTION

096 | ADRIEN STOLWIJK ET

000 | JEAN-LUC WEIDERT

000 | Schroeder & Associés

La mobilité et la revitalisation urbaine:

les défis d’une commune

DEVELOPPEMENT DURABLE

104 | FERNAND HENGEN ET

000 | LAURENT BUSANA

000 | B.E.S.T. Ingénieurs-Conseils

Vers une qualité optimale de l’eau

DEVELOPPEMENT DURABLE

108 | ALAIN JACOB

000 |LAMESCH

La passion de l’engagement

PORTRAIT

118 | MARA ESTEVES MACHADO

La réussite à la clé

PORTRAIT

122 | BLANCHE WEBER

Le Mouvement d’une vie

PORTRAIT

126 | MARINA ANDRIEU

Régie publicitaire

Julien Malherbe

marketing@euroeditions.lu • Tél. 58 45 46 30

Administration

Lucia Ori

Tél. 58 45 46-29 • Fax 58 49 19

admin@euroeditions.lu

Raouf Hatira • Tél. 58 45 46 23

secretariat@euroeditions.lu

Rédaction

Julien Brun

julien@euroeditions.lu • Tél. 58 45 46 26

Martina Cappuccio

martina@euroeditions.lu • Tél. 58 45 46 26

Eric Harsch

Raouf Hatira

Stéphane Etienne

Serge Garcia Lang

Conception et réalisation graphique

Sophie Glibert

sophie@euroeditions.lu • Tél. 58 45 46 25

Photographie

Marie De Decker

Eric Devillet

Mouvement

luxembourgeois

pour la Qualité

et l’Excellence

PERFORMANCE DURABLE

Impression

Imprimerie Centrale

LAMESCH, un partenaire essentiel

Quand volonté et opportunités se rejoignent

GUIDE DES COMMUNES

134 | CARTE DU LUXEMBOURG

148 | CARTE PACTE CLIMAT

151 | FICHES COMMUNALES

© Euro-Editions

Tous droits de reproduction réservés pour tous pays.

Tous manuscrits, photos et documents envoyés à la

rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord

de leurs auteurs. Publiés ou non, ils ne seront pas

restitués. Les reportages signés n’engagent que

leurs auteurs. Les prix figurant dans cette revue

sont indicatifs et peuvent être sujets à des variations

dont l’éditeur ne pourrait nullement être tenu pour

responsable.


6

LG

BEST OF & GUIDE 2018

COVERSTORY

Un mandat

sous le signe

de la simplification

PAR MARTINA CAPPUCCIO

En un mandat, Dan Kersch, ministre de l’Intérieur, de la

Fonction publique et de la Réforme administrative, a fait

passer un nombre impressionnant de réformes. Abolition des

commissariats de district, loi omnibus, réforme des fabriques

d’église, création du CGDIS, nouvel examen-concours de la

fonction publique, fusion des communes et réforme de leurs

finances: le ministre a accepté de revenir avec nous sur cinq

années bien remplies. Explications.

Que retenez-vous de vos cinq années de

mandat?

Beaucoup de lois importantes ont été votées

au niveau des deux ministères dont j’ai

la responsabilité. Je me souviens de la loi

omnibus, une des plus remarquables que j’ai

fait voter à la Chambre, visant à simplifier un

bon nombre de démarches administratives,

notamment dans l’aménagement communal

mais aussi dans beaucoup d’autres domaines.

En tant qu’ancien bourgmestre, il me tenait à

cœur de faciliter les démarches administratives

pour les communes.

Je me suis également attelé à l’abolition des

commissariats de district dont le personnel a

été intégré au sein du ministère de l’Intérieur.

Cette nouvelle organisation du ministère de

l’Intérieur a vu la création d’une direction du

conseil juridique qui conseille les communes;

cette réforme a porté ses fruits.

De manière générale, nous avons accéléré

les démarches administratives pour les

communes. Bien sûr, il ne faut jamais se

reposer sur ses lauriers, même si nous avons

avancé ces dernières années, il restera toujours

des améliorations à faire.

La réforme des fabriques d’église a

également beaucoup fait parler d’elle…

J’ai en effet voulu clarifier la situation de

propriété des édifices religieux relevant du

culte catholique. En effet, aucun titre de

propriété n’existait et dans la plupart des

cas, personne ne semblait savoir à qui en

revenait la charge.

“La création

du CGDIS

est le projet

phare

de mon mandat”

Ainsi, en en attribuant la propriété à une

commune ou bien au Fonds de gestion

des édifices religieux et autres biens

relevant du culte catholique sous tutelle de

l’Archevêché, le responsable désigné en a

officiellement la charge d’entretien.

La gestion des fabriques d’église manquait

de transparence et avait encore des structures

anti-démocratiques, pourtant la décision de

les abolir n’a pas été populaire auprès de tous

et nos opposants sont même allés jusqu’à

nous poursuivre en justice. Le Conseil

d’Etat, la Chambre des Députés et même

les juridictions nationales m’ont finalement

donné raison en statuant que les fabriques

d’église n’avaient jamais été propriétaires des

biens qu’elles avaient administrés.

Le 1 er juillet dernier, le CGDIS a unifié

les sapeurs-pompiers et la protection

civile. Comment s’est passée cette

transition?

Les interventions suite aux intempéries

dans le Mullerthal ont été gérées par le

Centre de Gestion des Opérations (CGO)

du CGDIS, même si officiellement il

n’existait pas encore. De plus, l’incendie

de grande ampleur d’Esch a nécessité

l’intervention de plus de 100 pompiers et

notre nouvelle structure s’est alors avérée

optimale. La mise en place de la nouvelle

chaîne de commandement avec l’appel de

pompiers venus de tout le pays pour aider a

bien fonctionné et nous a donné à voir un

beau symbole d’entraide.

Il s’agit du projet phare de mon mandat.

Même si sur le terrain il existait déjà des

coopérations entre la protection civile


et les sapeurs-pompiers, il y avait aussi

des rivalités. Notre démarche a visé à

réunir les forces et prendre en compte les

problématiques du terrain pour créer un

seul et même service de secours unifié. Ce

projet a nécessité la participation de tous

les acteurs concernés, soit une multitude

de structures différentes avec des intérêts

variés qu’il fallait réunir autour d’une

solution qui convienne à tous, et ce, avant

le lancement du projet.

Auparavant, les communes avaient

l’obligation de mettre en place un

corps de sapeurs-pompiers bénévole

ou professionnel, avec la possibilité de

collaborer avec une autre commune pour

y parvenir. Aujourd’hui, cette obligation

n’existe plus. Nous avons créé le CGDIS,

un établissement public conjointement géré

par les communes et l’Etat. Ce dernier se

charge de l’organisation de ce service qui

est mis à la disposition des communes. Le

bourgmestre garde toutefois une certaine

autorité sur le CGDIS lorsqu’il estime que

son intervention est nécessaire, ainsi, son

autonomie est conservée.

Cette nouvelle organisation permet aux

communes d’économiser les frais liés aux

infrastructures afin de les réinvestir dans

les ressources humaines, soit des sapeurspompiers

professionnels qui pourront

offrir un soutien plus grand aux bénévoles.

Le coût total sera réparti de manière égale

entre l’Etat et les communes, abstraction

faite des coûts à charge exclusive de l’Etat.

A l’heure actuelle, 4.000 bénévoles sont

actifs par rapport à un nombre de 400

professionnels dans le système, d’où la

nécessité de renforcement des ressources

humaines. Nous avons également pris

beaucoup de mesures pour encourager

le bénévolat, comme la création future

Dan Kersch

d’un système d’indemnisation transparent

unifié dans le pays, la défiscalisation de

ces indemnités, l’augmentation des congés

pour formation des pompiers, l’attribution

d’une allocation de reconnaissance, …

Quelles ont été les fusions de communes

que vous avez gérées pendant votre

mandat?

J’ai réalisé quatre fusions de communes

en cinq ans, j’ai donc respecté le même

rythme qui a été mis en place par mes

prédécesseurs. Aujourd’hui, les nouveaux

collèges échevinaux sont en place et nous

sommes en train de relancer le processus

des fusions. Le président du SYVICOL et

moi-même avons rencontré à ce titre les

collèges échevinaux des 51 communes de

moins de 3.000 habitants pour leur signifier

que le gouvernement encourage ces fusions


8

LG

BEST OF & GUIDE 2018

COVERSTORY

et s’engage à les supporter logistiquement,

administrativement et financièrement.

Nous les avons entendus tour à tour pour

connaître leur avis sur la réorganisation

territoriale car ce sont eux qui sont les plus

concernés par la politique locale, et ce, sans

les obliger à fusionner. Si les communes

sont impliquées depuis le début, la fusion

ne pourra que mieux se passer.

Parlez-nous également de la réforme

des finances communales. Quel était

l’objectif premier de celle-ci?

Avant la réforme, les communes les moins

dotées recevaient à peu près 2.000 euros de

recettes par habitants, quand les communes

les plus favorisées en percevaient environ

3.600. Dans le cadre de notre réforme,

le gouvernement a décidé d’allouer

une allocation supplémentaire de 100

millions aux communes afin de réduire

ces disparités. Aucune commune n’a vu

son allocation diminuer par rapport à

l’ancien système; de plus, même si certaines

communes du Nord se sentent lésées, ce

sont pourtant celles qui reçoivent la somme

la plus grande par habitant, et cela était déjà

le cas avant la réforme.

Toutefois, il faut admettre que 23

communes auraient reçu des allocations

supplémentaires si l’ancien régime avait

été maintenu, mais toutes les autres

sont gagnantes. Ces 23 communes sont

néanmoins presque toutes dans le premier

tiers des communes qui ont le plus grand

budget.

“J’invite

ceux qui pensent

qu’il y a une baisse

de niveau à passer

l’examen-concours

de la fonction

publique”

Où en est le processus de digitalisation

du secteur public?

C’est un des domaines pour lequel le

gouvernement luxembourgeois a fait le plus

d’efforts au cours des cinq dernières années.

Notre initiative «Einfach Lëtzebuerg» était

un moyen de faire participer la population à

nos projets de simplification des démarches

administratives et de les inviter à nous

communiquer leurs idées d’amélioration.

Nous ne pouvions bien sûr pas tout réaliser,

mais beaucoup d’idées étaient intéressantes

et nous ont donné des pistes d’évolution.

Par ailleurs, la plateforme Guichet.lu a

beaucoup évolué, notamment concernant

son design rendant ses fonctionnalités plus

intuitives et les langues dans lesquelles il est

disponible. De plus en plus de démarches

administratives sont également réalisables

par ce biais, comme les services liés à

l’assurance maladie.

Les examens-concours de la fonction

publique ont récemment eu lieu, un

dernier mot sur leur réforme?

Nous venons de recevoir les premiers

résultats des examens nouvelle génération

qui sont très positifs. J’invite par ailleurs

ceux qui pensent qu’il y a une baisse de

niveau à les passer! Le niveau de difficulté

est maintenu mais nous demandons à

présent des compétences plus centrées sur

nos besoins. Pour cette réforme, nous nous

sommes inspirés des examens de la fonction

publique de pays étrangers, notamment de

Belgique, et les résultats jusqu’à présent

recueillis sont très encourageants. n


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10 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 208 - MARS 2018

ICT

La digitalisation:

moteur ou frein

à l’emploi?

PAR MARTINA CAPPUCCIO

La digitalisation en marche dans tous les secteurs de

l’économie luxembourgeoise bouleverse le marché du travail.

La plupart des métiers sont voués à évoluer et la formation

professionnelle continue semble se présenter comme une

solution en faveur du maintien des emplois. Nicolas Schmit,

ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et

solidaire, nous dresse un état des lieux de la transformation

économique à l’œuvre aujourd’hui.

La formation professionnelle continue

pourrait-elle être un soutien au processus

de digitalisation de l’économie?

Nous sommes dans une période de

transformation économique et écologique

avec la digitalisation, qui exige une

qualification, voire une requalification,

des personnes. L’Etat a un rôle accru

dans le soutien des entreprises pour les

aider à faire face à un nouveau modèle

économique; sans remettre en cause la

formation continue classique, nous pensons

qu’un certain nombre d’entreprises faisant

face à une réelle transformation de leurs

métiers ont besoin que nous repensions

le concept de formation continue pour

l’adapter à ce nouveau contexte et soutenir

la transformation en cours.

Ainsi, avec notre projet «Luxembourg

Digital Skills bridge», nous voulons

créer un pont entre les compétences

d’hier, d’aujourd’hui et de demain pour

permettre aux personnes de conserver leur

emploi tout en s’adaptant à un nouveau

contexte économique et professionnel.

Concrètement, la démarche consiste dans un

premier temps en une bonne évaluation des

compétences existantes et des besoins futurs

de compétences de l’entreprise. Ensuite,

l’objectif est de préparer les salariés à obtenir

les compétences dont ils auront besoin pour

permettre à l’entreprise d’évoluer. Dans ce

processus, l’Etat est alors prêt à prendre

en charge les salaires pendant la période

de requalification du personnel en utilisant

l’instrument du chômage partiel pour

soulager financièrement les entreprises qui

doivent s’adapter rapidement.

“A ce stade,

les indicateurs

ne montrent pas

une destruction

massive des

emplois due à la

digitalisation”

Certaines personnes ne pourront

toutefois pas effectuer cette transition de

métier; plutôt que de les licencier, nous

encourageons les entreprises à travailler sur

des solutions d’emploi à l’extérieur. Nous

avons presque 7.000 emplois non pourvus

à l’ADEM, il faudrait donc les identifier et

mettre en place des formations continues

pour permettre aux salariés devant être

réorientés d’y accéder.

Une version finale du projet Digital

Skills bridge devrait être présentée à

la fin du mois de mars afin de lancer

les projets pilotes rapidement dans les

entreprises dans lesquelles les processus de

digitalisation sont à l’œuvre.

Quel est l’état du marché du travail

luxembourgeois à l’heure actuelle?

Tout d’abord, on note que la première

catégorie de profils recherchés par l’ADEM

correspond à l’étude et au développement

informatique. On retrouve ensuite les

postes en maintenance des bâtiments et des

locaux ainsi que le personnel de cuisine au

niveau des profils les plus recherchés.

Les nouvelles technologies viennent donc

effectivement bouleverser le marché de

l’emploi: des suppressions d’emplois


sont attendues, des compétences en

informatiques seront exigées à terme dans

tous les métiers,… Mais les indicateurs

sur l’emploi au Luxembourg ne montrent

pas à ce stade une destruction massive des

emplois pour autant.

Pour faire face à ces changements,

l’ADEM est en train de mettre en place

un système où tout demandeur d’emploi

aura droit à un bilan de ses compétences

en informatique. Nous voudrions offrir à

chacun d’entre eux, selon son niveau et les

perspectives professionnelles qui s’ouvrent

à chacun, une formation de base, une

amélioration ou un perfectionnement des

compétences en informatique. A travers

une amélioration intensive de la formation

continue, nous allons pouvoir améliorer

la correspondance entre les formations

proposées et les besoins du marché du

travail.

Enfin, bien que le chômage ait retrouvé des

niveaux très bas (5,6% actuellement), mon

objectif reste de revenir à un chômage autour

de 4%, ce que je considère correspondre au

plein emploi pour le Luxembourg. Nous

devons donc aussi aider les personnes les

plus vulnérables sur le marché du travail,

c’est-à-dire les personnes handicapées, en

reclassement ou encore les personnes plus

âgées. Le chômage de longue durée est quant

à lui en baisse de plus de 9%.

Comment prévoir les impacts de la

digitalisation à long terme?

La digitalisation n’aura pas qu’un impact

sur l’emploi mais aussi sur la fiscalité, sur la

sécurité sociale et d’autres indicateurs encore.

Ce phénomène constitue un défi majeur pour

les années à venir et si nous voulons le relever,

notre croissance doit être positive.

Nicolas Schmit

L’évolution positive de notre croissance

ne peut durer que si l’on a une économie

qui tourne bien. Croire que l’on a assez de

croissance et assez d’emplois pour refroidir

le moteur, nous mènerait tout droit à un

chômage qui augmente.

Il fut un temps où le secteur bancaire était

le moteur de notre économie en termes de

création d’emplois, mais ce n’est plus le cas,

aujourd’hui ce secteur n’en crée plus. Il y

aura un grand changement dans ce milieu

sur les qualifications requises qui seront de

plus en plus élevées, mais l’emploi y a une

légère tendance à baisser. On ne peut donc

pas figer l’économie et préconiser une telle

approche est très dangereux.

La croissance qualitative n’est pas suffisante

et avoir plus de 3% de croissance n’entre

pas forcément en conflit avec nos idéaux

écologiques. Bien sûr, il faut travailler


12 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 208 - MARS 2018

ICT

sur l’énergie et limiter nos émissions de

CO 2 , nous devons également recourir à

davantage d’énergies renouvelables pour

respecter nos objectifs climatiques ce qui

permettra également de créer des emplois

à ce niveau, mais il serait naïf de croire que

tout cela pourra être accompli en changeant

de modèle de croissance du jour au

lendemain. Nous avons peut-être accumulé

du retard dans certains domaines, je pense

à la mobilité par exemple où pendant un

certain temps les investissements ont été

insuffisants et surtout beaucoup trop lents,

mais nous ne rattraperons pas ces retards en

figeant la croissance et le développement

économique de notre pays.

La fonction publique est en constante

recherche de candidats, comment

expliquez-vous ce phénomène?

Les métiers de la fonction publique ont

tendance à se complexifier: les profils

recherchés doivent inclure des compétences

en nouvelles technologies, ainsi qu’un bon

nombre de soft skills. Un Etat moderne

a donc besoin de personnes hautement

qualifiées.

“Mon objectif

reste de revenir

à un chômage

autour de 4%”

Pour moderniser la fonction publique, il

faudrait aussi y introduire de la formation

continue de qualité et relever le niveau de

qualification de base pour certains emplois.

Par exemple, les exigences qui s’adressent

aux fonctionnaires de l’ADEM ou de

l’inspection du travail deviennent de plus en

plus élevées. Il faut donc beaucoup insister

sur la formation de base ou bien investir

dans la formation dès la signature du

contrat afin que ces personnes soient bien

préparées aux métiers qui les attendent,

car certaines fonctions demandent des

compétences techniques, un sens de la

négociation, des connaissances en droit et

bien d’autres aptitudes encore.

Actuellement il y a des centaines de postes

à pourvoir dans la fonction publique, il faut

donc que nous développions la formation

et les compétences. En ce qui me concerne,

nous ne sommes pas face à un problème

d’ouverture de la fonction – car elle n’est

pas fermée aux étrangers, nous sommes

d’ailleurs souples au niveau des langues

lorsque nous devons l’être, dans le secteur

médical, par exemple – mais plutôt face à

un problème de compétences à créer pour

pouvoir y accéder. Trop de candidats ne

réussissent pas l’examen d’entrée, c’est

pourquoi le ministère de la Fonction

publique est en train de revoir les méthodes

de recrutement. Nous souhaitons encore

améliorer la qualité de la fonction publique

afin qu’elle soit à la hauteur des exigences

de notre temps. n


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Brice Lecoustey


LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

15

L’avènement du Digital

ICT

Semblablement au siècle des Lumières, l’avènement du monde digital se cherche, expérimente,

essaie, se trompe et se réinvente au travers de formidables accélérations. À la différence

près qu’«une évolution est préférable à une révolution». Brice Lecoustey, associé à la tête

du département Conseil pour le secteur commercial et public chez EY Luxembourg, nous

explique la transformation digitale du service public.

Quelle est l’importance de la digitalisation

pour le secteur public?

La digitalisation se compose de trois

grands domaines technologiques que

sont la connectivité, la robotisation et

l’intelligence artificielle. Ces technologies

sont aujourd’hui matures, accessibles à des

prix abordables et tendent crescendo à une

convergence. L’expérience client s’en trouve

transformée, chaque citoyen souhaitant

également voir son administration utiliser

les nouvelles technologies.

De la convergence technologique est

née une certaine exigence: celle d’une

réduction des temps de traitements des

démarches administratives relatives à la

justice, à la police, à la caisse de santé et

bien évidemment, aux communes. À l’instar

de ce qui se fait déjà dans de nombreuses

entreprises, la robotisation est un moyen d’y

parvenir.

Nous connaissons depuis deux ans une

formidable accélération, se matérialisant par

des initiatives qui se multiplient par réaction

mécanique, presque physique. Toutes les

conditions sont aujourd’hui réunies pour

que le probable devienne enfin réalité.

Quelles réponses apportez-vous aux

craintes de voir la robotisation remplacer

des emplois et par la même, les interactions

humaines?

Les interrogations sont en effet

nombreuses, mais légitimes. Il faut pouvoir

les aborder avec raison gardée en toute

réflexion.

La robotisation est certes un moyen de

parvenir à des économies mais elle ne diminue

pas pour autant la demande de services

publics, c’est même tout le contraire. La

connectivité couplée à la robotique fluidifie

les traitements, créant un niveau certain

de qualité, une attente plus exigeante, mais

aussi une nécessité de relations humaines.

La robotisation automatise les opérations

répétitives et les tâches dévalorisantes,

réalisées pour l’heure par la main de l’homme.

Le fonctionnaire d’Etat ou l’agent communal

peut alors consacrer plus de temps au cœur

de sa mission et au citoyen, constituant de

facto, une amélioration de la qualité de ses

conditions de travail.

“Une évolution

est préférable

à une révolution”

Lorsqu’un processus est compressé à

80% par la digitalisation, il doit être

régulièrement programmé. Celui qui le

réalise actuellement pourra alors gérer les

exceptions du mécanisme et réaliser un

travail de contrôle des traitements. Les

nouvelles technologies sont régulièrement

confrontées aux angoisses d’adaptabilité

des collaborateurs; certains pensant

que des compétences d’ingénierie sont

nécessaires à l’utilisation de la robotique. À

l’image du passage de la machine à écrire

à Word, quelques semaines d’entrainement

suffisent bien souvent, sans compter que

les interfaces sont toujours plus intuitives

et que les nouvelles générations s’adaptent

bien plus rapidement aux nouvelles

technologies.

Quelle est la maturité actuelle de la

digitalisation des services publics au

Luxembourg?

Il faut reconnaître les avancées en

termes de connectivité. Les institutions

et les administrations ont en effet

grandement amélioré leurs processus

communicationnels, Guichet.lu ou encore les

fichiers des résidents et les dossiers de soins

partagés en sont quelques bons exemples.

Il n’y a pas si longtemps, les démarches

administratives d’un simple changement

d’adresse étaient encore relativement

lourdes mais aujourd’hui, le citoyen n’a

plus besoin de se rendre dans son ancienne

commune qui communique directement

avec la nouvelle. Il en va de même avec le

DSP qui accompagne désormais le patient

tout au long de ses traitements médicaux.

Dans ces deux exemples, on remarque le

soin méthodologique à placer le citoyen et le

patient au centre des préoccupations, ce qui,

entre autres, implique la protection de leurs

données personnelles.

Si les progrès de connectivité sont

indéniables, il suffit néanmoins de se rendre

à la cité judiciaire pour constater que la

digitalisation n’est pas encore généralisée.

Force est de constater que les magistrats et

les avocats préfèrent leurs lourds dossiers

de papiers aux tablettes et autres supports

numériques. La digitalisation des données

et la dématérialisation des documents

pourraient pourtant simplifier bon nombre

de procédures judiciaires.

La prochaine étape devrait être

l’identification des zones publiques où la

robotisation peut apporter une amélioration

dans le traitement de l’information, et ce,

dans l’objectif d’augmenter la rapidité des

processus de traitement. Le secteur public

peut tirer ses pistes de réflexion du secteur

privé, comme avec l’automatisation des flux

de paiements dans la trésorerie qui pourrait

facilement être appliquée à la CNS.

Enfin, l’intelligence artificielle pourra

dans un autre temps, réaliser un premier

aiguillage du citoyen vers le bon service

qu’il requiert. Les agents conversationnels

ou «chatbot» sont des logiciels programmés

pour simuler une conversation en langage

naturel qui commence déjà à pointer leurs

algorithmes dans certaines sociétés.


16 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

ICT

Au vu de la petitesse du territoire et par

conséquent des investissements limités

que nécessite la transformation digitale

du service public, ne devrions-nous pas

faire partie des meilleurs élèves de la

scène internationale?

La réactivité et la flexibilité du pays sont

clairement des avantages et de nombreux

chantiers sont déjà mis en œuvre par le

Centre des Technologies de l’Information

de l’Etat (CTIE). La motivation est

néanmoins un sujet d’importance capitale

dans la mesure où la transformation

digitale du service public ne se fera pas

sans que les acteurs de la fonction publique

ne se sentent totalement impliqués. La

communication seule resterait stérile à

l’avènement de la robotisation, il faut

éduquer les consciences, renseigner

quant aux améliorations et rassurer les

inquiétudes.

Menaces de santé publique, des libertés

individuelles et démocratiques; entendezvous

les méfiances quant au tout digital?

Bien sûr. Et ce sont autant de choix de société

qu’il nous faut prendre avec prudence et raison.

La relation digitale d’un professeur avec les

parents d’élèves n’est souhaitable que dans les

classes surchargées par exemple. Je ne pense

pas que le citoyen veuille d’une administration

où les automatisations remplaceraient les liens

humains et encore moins une société où l’on

capitaliserait financièrement sur ses données

personnelles.

L’imagerie cérébrale nous fait par exemple

savoir que plus tôt l’enfant est exposé aux

écrans, plus il a de chance de développer

une addiction digitale, de l’agressivité et des

troubles autistiques et bipolaires.

L’évolution digitale doit rester au service de

l’individu, ce qui requiert une intelligence

collective accrue.

Quid de la politique gouvernementale

«Digital Lëtzebuerg»?

Une stratégie nationale qui introduit

la modernisation technologique dans

les processus financiers, industriels, de

recherche ou de logistique va de pair avec

celle de l’administration. La transformation

digitale des services de l’Etat est l’une

des conditions à la réussite de la stratégie

économique du numérique et à l’attraction

des entreprises internationales du 4.0.

L’écosystème luxembourgeois est dynamique,

il multiplie les synergies, les partenariats

public-privé portent leurs fruits, les

incubateurs fusionnent et, dans un effet de

boule de neige, des acteurs internationaux

installés depuis moins d’un an sur le

territoire font venir d’autres acteurs de

l’étranger.

Le Luxembourg ne met pas en place des

initiatives isolées mais est en passe de se

constituer un savoir-faire qui constituera

son ADN économique de demain.

Des terres noires du charbon, puis rouges

de l’acier sur lesquelles s’est construit

le secteur financier, il semblerait que le

Luxembourg soit en passe de se construire

une autre réputation internationale, celle

du digital. n


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18 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 208 - MARS 2018

ICT

«Changer de paradigme:

de la cyber-sécurité

à la cyber-résilience»

Les écrans ont envahi notre quotidien, la digitalisation pénètre

crescendo nos processus de travail, la connectivité se propage

jusque dans l’ensemble de nos objets et cette 3 e Révolution

Industrielle que nous appréhendons à peine, se voit déjà

éclipsée par l’avènement de l’omniprésente intelligence

artificielle de la 4 e Révolution Industrielle. L’histoire nous

dira si c’est pour Le Meilleur des mondes 1 ou pour un monde

meilleur mais une chose est certaine: plus le digital s’étend et

plus la question de sa sécurité devient primordiale. Interview

de Philippe Dann et Yves Reding, respectivement Head of

Risk and Business Advisory Services et CEO d’EBRC.

Yves Reding et Philippe Dann

son cadre de cyber-résilience qui constitue

une approche plus globale, holistique qui

prend en compte des solutions intégrant

cyber-sécurité, Business Continuity

Management, gestion de crise, stratégie de

réponse et organisation de la résilience».

La cyber-résilience est couverte par

plusieurs référentiels internationaux, dont

l’ISO 27001 (sécurité de l’information) et

l’ISO 22301 (continuité d’activité). Une

entreprise doit pouvoir s’organiser en

amont des menaces, identifier les cyberattaques

ou incidents non intentionnels,

les contrer sans délais ou du moins limiter

leurs dégâts, et puis, en aval, répondre,

récupérer et rebondir.

La cyber-résilience se définit par la

capacité d’une entité à produire de

manière continue les résultats attendus

malgré des cyber-événements négatifs

(accidents, erreurs, malveillances, etc.).

La cyber-résilience peut être considérée

à plusieurs niveaux: à l’échelle d’une

confédération de pays; comme l’Union

européenne, d’un pays; d’une entreprise;

d’une activité; ou même d’un système IT.

Au-delà de l’aspect statique de résistance,

elle est fondamentalement dynamique

et assure ainsi l’agilité et la continuité

nécessaires d’une organisation pour mener

à bien ses activités. Se préparer, identifier,

protéger, détecter et récupérer en sont les

cinq piliers.

Dans la tempête

Si le digital est un océan de possibilités qui

simplifient la navigation des organisations

étatiques, publiques et privées, il est aussi

un monde de dangers lorsque les éléments

se déchainent. Face aux cyber-attaques

qui, depuis les abimes du Net font

surface tels des monstres polymorphes, la

cyber-sécurité mise sur l’invulnérabilité

de ses systèmes de protection. Le

problème est qu’à l’image du phénomène

psychologique, le sujet ou le système reste

toujours dépendant de ses fragilités. «Les

événements de 2017 ont démontré les

insuffisances du schéma binaire attaquesprotections»,

explique Yves Reding, et

d’ajouter «les entreprises ont désormais

besoin d’un changement de paradigme,

basé sur la résilience: la question n’est

plus de savoir si les protections mises

en place permettront d’éviter les cyberattaques,

mais de savoir quand celles-ci

auront lieu, comment les mitiger, les

gérer, y répondre, et comment rebondir

et accélérer. EBRC a, de ce fait, renforcé

Méthodologies

2017 a été l’année des ransomwares.

Certaines entreprises internationales

ont été touchées de plein fouet. Même

si le mot d’ordre est de ne pas payer, il

est de notoriété publique que certaines

organisations s’y résignent, et notamment

les hôpitaux qui ne veulent prendre aucun

risque pour leurs patients. La panique, le

non «savoir-faire» et le non «commentfaire»

obligent certains dirigeants à se

soumettre au chantage. «Le statut de

victime n’est pourtant pas inéluctable dès

lors qu’ils sont entourés d’un écosystème

performant», assure Philippe Dann.

Cet écosystème de cyber-résilience doit


LG

BEST OF & GUIDE 2018

19

être intégré afin d’assurer une réactivité

immédiate. Chez EBRC, il est assuré par

une équipe de conseillers et d’experts mais

également par la combinaison entre son

SOC (Security Operations Centre) et son

CERT (Computer Emergency Response

Team), connectés par ailleurs à d’autres

CERTs, publics ou privés. Avoir recours

à des compétences pointues adéquates est

primordial et c’est pourquoi EBRC vient

de signer un partenariat avec l’un des

leaders mondiaux en investigation sécurité,

qu’est OpenText - Guidance Software.

EBRC dispose déjà d’une cinquantaine

de profils actifs dans la cyber-résilience, et

propose non seulement ses services à ses

450 clients mais également sur l’ensemble

du territoire français, grâce à son alliance

avec Digora, présent dans les grandes

villes.

Les procédures mises en place par EBRC

pour ses clients managés sont autant

d’automatismes qui permettent de prévenir

et de détecter en temps réel les failles ou

les attaques informatiques et appliquer

immédiatement les bonnes stratégies

de réponses. Face aux nouvelles cybermenaces,

il est vital de pouvoir se référer

aux bons consultants et experts du CERT

et du SOC, intégrés dans l’organisation,

afin de prendre immédiatement les bonnes

décisions. Le conseil est ici central car il

va jusqu’à faire appliquer les meilleures

pratiques du marché, organiser des plans

de communication internes (à destination

des collaborateurs) mais aussi externes

(clients, fournisseurs, autorités). La cyberrésilience

s’étend sur toute la chaine, de

la prévention jusqu’aux analyses sécurité

forensic. Après une cyber-attaque, il est

essentiel de disposer des outils et des

compétences adéquats, afin de remonter

aux origines des attaques et de recueillir

les preuves qui constitueront les dossiers

présentés à la justice. La cyber-résilience

est au cœur de la directive européenne NIS

(Security of Network and Information

Systems), qui devra être transposée

dans les législations nationales pour mai

2018. En tant qu’opérateur de services

digitaux, EBRC a anticipé cette nouvelle

directive qui concernera les opérateurs de

services essentiels comme les hôpitaux, les

aéroports, les fournisseurs d’électricité,

les infrastructures bancaires et de marché,

mais également les infrastructures

digitales tels que les centres de données et

les opérateurs de services cloud.

Là où la cyber-sécurité ne peut qu’ériger

des murs censés résister à des attaques

toujours plus sophistiquées et complexes,

EBRC offre une détection préventive

de pointe et des réponses immédiates et

intelligentes totalement intégrées dans

ses services de Data Centre, de continuité

d’activité, Cloud et d’outsourcing IT.

L’une des tâches quotidiennes des équipes

opérationnelles du CERT d’EBRC

est la veille technologique et l’analyse

permanente des nouvelles vulnérabilités

du marché. Elle permet de prévenir et de

détecter les cyber-menaces. Les services

cyber-résilience EBRC, certifiés de bouten-bout

et couvrant toute la chaine de

services (CERT, SOC, centre de secours,

services managés PCI-DSS, consultants

et équipes d’experts), sont conçus afin de

permettre aux entreprises et organisations

les plus critiques de poursuivre leurs

objectifs dans un environnement digitalisé,

en s’immunisant au maximum contre les

cyber-menaces.

Enjeux

Historiquement, les réponses aux

cyber-attaques étaient élaborées en

fonction de scénarii préétablis. Mais les

récents événements montrent qu’elles

pénètrent toujours plus discrètement les

systèmes. Les piratages informatiques

d’organisations sensibles qui se retrouvent

régulièrement à la une des journaux

relèvent moins du vol d’informations

sensibles qu’à l’exploit de dégradation

de l’image de marque. Les menaces

dormantes sont les plus difficiles à

identifier et sont les plus dangereuses: plus

elles sont discrètes et silencieuses, plus

elles peuvent faire de dégâts. «Cela revient

à chercher une aiguille dans une botte de

foin», sourit Yves Reding.

La technologie permet aujourd’hui de

repérer les comportements suspects et

les actions inhabituelles (téléchargement

de fichiers sensibles, connexion trop

longue à un poste, clef usb étrangère au

système, etc.). Mais les enjeux ne sont pas

uniquement économiques et menacent

désormais les démocraties, les libertés

individuelles et même notre propre

capacité à nous affranchir de ce qui nous

détermine. Les réseaux sociaux constituent

la première source d’information pour

plus de 40% des jeunes électeurs en France

et 60% aux Etats-Unis 2 . Or il est de

notoriété publique que les campagnes de

dénigrement, ou «bashing» ont pesé dans

les élections présidentielles américaines et

françaises, tout comme dans le Brexit.

Les autorités européennes sont conscientes

des risques et tentent d’y apporter des

solutions. L’Agence européenne chargée de

la sécurité des réseaux et de l’information

(ENISA) a organisé une simulation

d’attaques de grande ampleur en 2016. Cet

exercice CyberEurope, étalé sur plusieurs

mois et auquel EBRC a participé, a été

clôturé par un exercice de cyber-résilience

de deux journées. Cet exercice simulait

des attaques sur des sociétés du secteur

technologique cotées sur des bourses

européennes, sur des services digitaux

primordiaux dont des prestataires Cloud,

pour se terminer par celles de simulations

d’attaques physiques de drones sur des

centres de données. «Trois semaines

seulement après l’exercice, un opérateur

de services essentiels européen majeur

subissait une attaque massive réelle, selon

un des scénarii relativement proche de

l’exercice… L’exercice CyberEurope était

particulièrement révélateur des nouvelles

menaces à venir et nous a incité, depuis

lors, à renforcer notre approche intégrée

de cyber-résilience et à développer

de nouvelles alliances sur un plan

international. Face à une menace globale,

il faut une approche globale», conclut Yves

Reding. n

1 Le Meilleur des mondes ou «Brave New World»,

est un roman d’anticipation dystopique écrit en

1931 par Adlous Huxley.

“2017 a démontré

les insuffisances

du schéma

binaire attaquesprotections”

2 Chiffres France Inter, consultables sur https://

www.franceinter.fr/politique/les-reseaux-encampagne-vaste-audience-et-petites-manipulations


20 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 209 - AVRIL 2018

ICT

Un secteur

en pleine mutation

La digitalisation en marche dans le secteur des assurances est

un véritable bouleversement. Le Groupe Bâloise Assurances

à Luxembourg embrasse ce changement avec enthousiasme

et développe dans ce cadre des applications et produits en

ligne innovants au service de sa clientèle. Daniel Frank,

administrateur-directeur et COO, nous présente les dernières

innovations de l’entreprise ainsi que les opportunités créées

par la digitalisation dans ce secteur.

Quelles sont vos dernières innovations

concernant l’assurance automobile?

La première phase de notre projet

d’innovation en matière d’assurance

automobile a démarré avec l’application

«Game of Roads» où les participants

pouvaient tenter de devenir le meilleur

conducteur du Luxembourg et ainsi gagner

une voiture. Pendant une période de huit

mois, les joueurs pouvaient accumuler

des points en conduisant de manière

responsable et prudente. La deuxième

version de cette application, appelée «Game

of Roads Experience», avait comme objectif

l’encadrement des jeunes conducteurs en les

faisant participer à des missions spéciales,

impliquant une conduite responsable sous la

pluie par exemple. C’est suite au succès de

cette expérience que nous avons décidé de

développer notre produit GoodDrive.

Cet outil télématique, décliné sous la

forme d’application, permet de mesurer le

style de conduite du client et d’y adapter

sa prime d’assurance. Pendant une phase

d’observation de minimum deux semaines

ou 500 km, le conducteur peut ainsi

prouver ses aptitudes de conduite en vue de

diminuer sa prime annuelle. L’application se

présente comme une option supplémentaire

pour le conducteur qui pourra choisir d’y

avoir recours ou non.

Pouvant se connecter au véhicule via

Bluetooth, l’application détecte lorsque la

voiture se met en mouvement afin de lancer

l’analyse qu’il est aussi possible de démarrer

manuellement. L’analyse enregistre les

freinages brusques et collecte les données

liées aux accélérations et à la prise de

virages. Nous avons également accès à une

moyenne générale de l’allure.

Cette application a été développée en

partenariat avec la startup luxembourgeoise

Motion-S qui gère ces données et nous

en transmet une version anonymisée et

consolidée.

“Simplifier

les procédures

de la souscription

d’une assurance

à la déclaration

d’un sinistre”

A ce jour, nous sommes les seuls au

Luxembourg à posséder une application

innovante permettant de mesurer le style

de conduite et d’établir un tarif en fonction.

Les jeunes ont trois fois plus d’accidents

que le reste de la population et leurs primes

sont donc d’entrée plus élevées, mais avec

cette application, nous tentons plutôt

d’évaluer au cas par cas le profil de chaque

conducteur, sans les pénaliser par rapport

à leur âge. En adaptant les primes, nous

incitons donc les jeunes automobilistes

– pour qui de telles économies sont très

intéressantes – à adopter une conduite sûre.

Toujours dans le domaine de l’assurance

automobile, nous avons également lancé

le produit SimplyDrive by Bâloise en

collaboration avec ALD Automotive qui

offre au particulier une formule similaire

au leasing professionnel. En effet, à la

place d’acheter un véhicule, les particuliers


Daniel Frank


22 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 209 - AVRIL 2018

ICT

ont maintenant la possibilité de louer une

voiture ainsi que tous les services y étant

associés. Pendant 12 à 48 mois, les clients

doivent simplement payer une mensualité

fixe comprenant absolument tout ce dont

un conducteur peut avoir besoin (location

du véhicule, assurance, maintenance,

pneus, taxes,…). Ainsi notre client n’aura

plus de surprises comme son coût mensuel

restera le même tout au long de la période

de leasing.

Quelles sont les fonctions de votre

application Valoo?

L’application Valoo, en partenariat avec

la startup française CBien, est la première

sur le marché luxembourgeois à dresser un

inventaire digital de tous les biens de valeur

qu’un particulier peut posséder (appareils

électroniques, bijoux, voitures, matériel

de sport,…). Elle permet également

d’enregistrer une version scannée de leurs

factures et leurs photos ainsi que tout autre

document utile par rapport à un objet.

Au niveau des méthodes d’ajout,

l’utilisateur peut scanner le code barre de

l’objet pour que toutes les informations

qui y sont relatives soient enregistrées,

ou encore tout encoder manuellement

ou en scanner la facture. Pour de jeunes

personnes s’installant pour la première fois

de manière indépendante, cette application

est très pratique puisqu’elle permet l’ajout

au fur et à mesure de biens.

Lors d’un sinistre ou d’un vol, si toutes

les données sont déjà dans le système, la

déclaration peut être réalisée en quelques

clics seulement. De notre côté nous

recevons les informations très rapidement

et pouvons donc agir dans les meilleurs

délais.

Quant à la valeur des biens, elle est

calculée de manière objective sur base des

informations encodées dans l’application

et des règles standards de calcul de vétusté,

et ce, par un organisme neutre, ce qui offre

une bonne base de négociation pour le

remboursement. L’utilisateur peut suivre

régulièrement l’évolution de la valeur

de ses biens mise à jour par le système et

peut même procéder à la vente, au prêt

ou à l’emprunt en ligne d’un objet au

sein de la communauté des utilisateurs de

l’application.

Quels sont les avantages de l’assurance

habitation en ligne GoodStart?

GoodStart propose en quelques clics une

offre d’assurance habitation ciblée pour

les appartements en location. Permettant

une simplification des démarches

administratives liées à l’assurance

habitation, ce produit vise essentiellement

une clientèle jeune mais est en pratique

ouvert à tous.

Facilitant l’accès à la location, cette offre

standardisée se base sur une surface

habitable relativement basse, souvent

privilégiée par les plus jeunes. Le tarif de

l’assurance est calculé rapidement en ligne,

et s’il convient, le client peut alors décider

de souscrire l’assurance qui prendra effet

immédiatement. Le certificat d’assurance

pourra également être délivré en ligne,

afin qu’il puisse rapidement être transmis

au propriétaire pour pouvoir signer le bail.

“Réinvestir

le temps gagné

dans le contact

humain”

Quels sont les enjeux de la révolution

digitale pour le secteur des assurances?

Avec ces nouvelles applications, Bâloise a

débuté le processus de digitalisation de ses

services et entend bien poursuivre sur cette

voie. Toutes ces innovations sont issues

d’une réflexion interne mais nous avons

également intégré un panel d’une vingtaine

de personnes choisies au hasard à qui nous

avons proposé de venir échanger avec

nous sur leurs besoins et leurs attentes par

rapport à l’assurance. Cette expérience a

été très enrichissante; elle nous a permis de

penser à certains aspects que nous n’avions

pas envisagés jusque-là.

L’enjeu principal de la digitalisation est

de pouvoir être plus réactif dans notre

communication avec le client et de lui offrir

un confort plus grand avec des démarches

simplifiées et transparentes. En nous

donnant accès à ses données, l’utilisateur

n’aura plus besoin de les encoder luimême

à chaque démarche; les procédures

seront ainsi grandement facilitées, de

la souscription d’une assurance à la

déclaration d’un sinistre.

Nous voulons également simplifier notre

langage pour permettre aux clients de

mieux comprendre les différentes modalités

d’un contrat, pour rendre notre métier

plus transparent. Avec la digitalisation,

tout le déroulement du processus pourra

être suivi, étape par étape. Ainsi, le client

saura toujours où en est le traitement de

son dossier et comment sont calculées ses

indemnités.

Digitaliser ne veut pas dire se distancier

du client, au contraire. La digitalisation

nous permet de simplifier et d’automatiser

les démarches administratives pour mieux

nous concentrer sur notre relation au

client. Nous allons donc réinvestir le temps

gagné par la digitalisation de nos processus

dans le contact humain avec nos clients.

Nous ne souhaitons pas uniquement traiter

des dossiers, mais aider nos clients et être à

leur écoute en investissant dans la relation

humaine.

Le problème principal auquel nous faisons

face dans nos projets de digitalisation est

la recherche de main d’œuvre qualifiée en

informatique. Nous avons donc développé

une stratégie de recrutement en offrant des

stages universitaires valorisants et axés sur

l’innovation avec la proposition, au terme

du stage, d’un CDI avec un programme

de formation et d’encadrement assuré par

Bâloise pendant plusieurs mois.

D’autres innovations plus ou moins

lointaines comme la voiture autonome

viendront modifier les habitudes au niveau

Groupe Bâloise Assurances à Luxembourgs

déjà à relever ces nouveaux défis car nous

savons qu’ils peuvent arriver très vite sur le

marché luxembourgeois. n


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24 LG

BEST OF & GUIDE 2018

ICT

Le secteur public

luxembourgeois

en mode digital

Aujourd’hui plus que jamais, la transformation digitale du

secteur public prend tout son sens. Dans un environnement

toujours plus digitalisé, le secteur public constitue le

fer de lance de la transformation digitale de l’économie

toute entière. Où se situe le Luxembourg en matière de

modernisation et de numérisation de son service public? Tour

d’horizon avec Philippe Pierre, associé en charge du secteur

public à Luxembourg et responsable mondial Institutions

européennes chez PwC, et Thierry Kremser, associé en

charge de la technologie pour le secteur public chez PwC

Luxembourg.

Dans un environnement de plus en plus

digitalisé, comment le secteur public

appréhende-t-il son développement

numérique?

PP: Le secteur public a entamé sa

digitalisation depuis quelques années déjà, en

contribuant à dynamiser la transformation

digitale de l’économie et à simplifier les

démarches administratives des citoyens.

La digitalisation de la société doit toutefois

s’appréhender à travers deux niveaux: au

niveau européen et au niveau local. Pour le

premier, l’Union européenne a développé

une stratégie dédiée pour permettre aux 28

Etats membres de coordonner leurs efforts

de digitalisation lorsqu’ils fournissent des

services publics aux citoyens et entreprises.

Le cœur de cette stratégie réside dans

le principe d’interopérabilité, qui vise à

définir une approche commune lorsque

les administrations mettent en ligne

leurs services. Pour les citoyens comme

pour les entreprises, ce nouveau cadre

d’interopérabilité européen favorisera la

communication avec leurs administrations

nationales et celles des autres Etats membres

de l’Union européenne. Il permettra

d’échanger les informations localement,

nationalement et dans l’ensemble de

l’Union européenne de manière plus fluide.

Un exemple concret dans lequel ce nouveau

cadre peut s’appliquer? On peut penser

notamment au remboursement de frais de

soins médicaux reçus dans un autre pays que

celui de sa résidence, ou encore à la gestion

des questions relatives à la fiscalité et aux

droits de douane.

TK: Au niveau national, l’ensemble des Etats

membres doivent s’aligner sur les directions

données par Bruxelles. Les administrations

doivent aussi faciliter les démarches qu’elles

rendent aux citoyens et aux entreprises. Pour

s’assurer que les pays membres de l’Union

européenne assurent une transition efficace

vers une économie et une société numérique,

la Commission européenne publie chaque

année le Digital Economy & Society Index

(ou DESI), un rapport dans lequel elle

évalue les 28 pays membres en matière de

digitalisation du secteur public. Dans son

rapport de 2017, la Commission a positionné

le Luxembourg à la cinquième place. Un

positionnement plus qu’encourageant, surtout

en matière de connectivité, de compétences

numériques et d’utilisation d’Internet. Le pays

progresse aussi significativement en ce qui

concerne l’usage des technologies numériques

par les administrations publiques.

Justement, quelle est la démarche du

Luxembourg en ce qui concerne la

digitalisation du secteur public?

PP: La modernisation des services publics vise

bien sûr à simplifier l’expérience des citoyens

et des entreprises lors de leurs démarches

administratives, mais pas seulement.

La digitalisation du secteur public est aussi

une question de compétitivité: pour qu’un

pays reste attractif et compétitif au niveau

international, l’efficacité de l’administration

doit être au rendez-vous. Le Luxembourg

investit depuis plusieurs années déjà dans la

modernisation de ses outils informatiques et

dans la création de systèmes d’informations

innovants pour les utilisateurs. Le but est

d’attirer et de développer de nouvelles

activités sur son territoire. La démarche du

Luxembourg est clairement entrepreneuriale!

TK: Notre pays dispose de nombreux

atouts pour assurer une digitalisation de son

service public réussie. Les infrastructures

de communication de qualité et

l’hyperconnectivité des citoyens créent un

environnement favorable à la modernisation

de l’administration. À ce titre, le pays a lancé en

2016 le programme «Einfach Lëtzebuerg» qui

vise à simplifier les démarches administratives

des citoyens et des entreprises et à entamer

un dialogue plus direct entre l’administration

et les citoyens du pays. De plus, un certain

nombre d’initiatives ont vu le jour récemment,

notamment au travers du CTIE (le Centre

des technologies de l’information de l’Etat), et

montrent que le pays est sur la bonne voie pour

digitaliser le secteur public.


Quelles initiatives vous viennent à

l’esprit?

PP: Depuis le 1 er juillet 2016, un nouveau

règlement européen sur l’identification

électronique et les services de confiance

pour les transactions électroniques est entré

en vigueur – il s’agit du règlement eIDAS

(ou Electronic IDentification And trust

Service). Il contribue à faciliter les échanges

numériques en permettant, entre autres,

d’instaurer un cadre légal lors de la signature

électronique à distance de documents. La

technologie induite par ce règlement permet

d’améliorer considérablement l’expérience

utilisateur puisqu’elle simplifie largement les

procédures lors de signatures de documents à

distance. Elle offre la possibilité aux citoyens

et entreprises luxembourgeois de réaliser des

démarches en ligne dans n’importe quel pays

membre de l’Union européenne sans devoir

avoir recours à un moyen d’identification

électronique du pays en question.

“La digitalisation

du secteur public

est aussi

une question

de compétitivité”

TK: Citons également la récente ouverture

de la première ambassade digitale au

Luxembourg. L’Estonie a en effet décidé de

conserver ses données e-gouvernementales

dans un data centre basé au Luxembourg

– une première mondiale! Un exemple de

plus qui montre que la stratégie du pays en

matière de modernisation du service public

est payante et va dans la bonne direction. n

PwC Luxembourg

2 Rue Gerhard Mercator

L-1014 Luxembourg

www.pwc.lu

Thierry Kremser et Philippe Pierre


26 LG

BEST OF & GUIDE 2018

ICT

La transformation

digitale

des communes

Si la modernisation du secteur privé s’opère via les entreprises,

celle du secteur public ne se fera pas sans le concours des

communes. Elles aussi doivent développer leur écosystème

digital afin de répondre aux besoins toujours plus exigeants de

notre société, et cela au profit du citoyen. Telindus et Tango

se sont stratégiquement rapprochés en regroupant leurs

forces et en combinant des solutions de téléphonie et d’ICT

avec la volonté d’être des générateurs de valeur au profit de

leurs clients respectifs. Interview de Marco Bertamé, Sales

Manager pour le secteur public chez Telindus.

Où se place le Luxembourg en matière de

connectivité?

Le pays dispose d’infrastructures de

télécommunication de haute qualité et d’une

connectivité importante reliée aux principaux

hubs européens de l’internet. Grâce à un grand

volume de fibres optiques et de centres de

données à la pointe, le Luxembourg bénéficie

d’infrastructures performantes et sécurisées

pour l’hébergement de l’information digitale.

Néanmoins le secteur public doit davantage

se moderniser afin de proposer le meilleur

service au citoyen et lui permettre de joindre

plus facilement un agent de sa commune par

exemple. L’une des initiatives que le service

public pourrait prendre rapidement serait de

moderniser son infrastructure et de passer

de l’analogique vers un mode «full IP» afin

de profiter pleinement de la convergence

entre les téléphonies fixe et mobile et les

technologies de l’information. Les communes

demandent des solutions toujours plus

fiables et localement gérées. On constate que

leur exigence pour le niveau de service, de

réactivité et de sécurité a nettement augmenté

ces dernières années.

Quelles sont les besoins des communes en

téléphonie fixe et mobile?

L’unification de la téléphonie fixe et mobile est

devenue une nécessité dans la mesure où les

employés communaux doivent être toujours

plus mobiles et joignables à tout moment.

En combinant la téléphonie fixe et la

téléphonie mobile, il est désormais possible

d’être contacté à un numéro professionnel

unique choisi par la commune. Via son

téléphone portable, l’employé peut alors

répondre à un appel sur son numéro fixe.

“Ces deux dernières

années, Telindus

Luxembourg

a été élue meilleur

opérateur télécom

de l’année

au Luxembourg”

Etant donné que les appareils mobiles sont

intégrés dans la plateforme de communication

de la commune, le système est combiné

au statut de présence. On sait ainsi quand

l’employé est à nouveau joignable et on

peut lui envoyer un message (chat) et éviter

d’attendre qu’il finisse sa communication.

Et pour ce qui est de la téléphonie mobile?

Telindus powered by Tango propose son

application sécurisée «Web Selfcare»

qui apporte davantage d’indépendance et

d’autonomie. Nos clients professionnels

peuvent ainsi prendre la main sur la

gestion de leurs abonnements mobiles. Ils

peuvent, en cas de besoin (vol, perte, nouvel

employé ou départ d’employé) administrer

leur compte en temps réel et activer ou

désactiver des cartes SIM. Les factures

peuvent également être visualisées sous

différents formats. Ce sont une flexibilité

et une réactivité fortement appréciées par

notre client la Ville de Luxembourg.

Un mot sur votre offre cloud…

Nous assistons actuellement à une convergence

des technologies de l’information en

général et de la téléphonie fixe et mobile

en particulier. Telindus a développé en

collaboration avec Tango, le service FMU


(Fixed Mobile Unification) et propose une

solution cloud entièrement gérée qui offre

beaucoup d’avantages.

Telindus propose des solutions cloud

hébergées dans les centres de données de

LuxConnect qui assurent les plus hauts

standards en la matière, à savoir le Tier IV.

On y trouve la performance, la redondance,

la sécurité ainsi qu’une disponibilité assurée

et gérée par des spécialistes 24h/24 et 7j/7.

Qu’en est-il de la connectivité internet?

Là aussi, Telindus powered by Tango

apporte des réponses: désormais, une

centrale téléphonique unique avec une racine

commune à tous les bâtiments et services

suffit. Ce faisant, les communes réduisent

drastiquement leurs frais de communication.

Ces deux dernières années, Telindus

Luxembourg a été élue meilleur opérateur

télécom de l’année au Luxembourg, une belle

récompense qui motive plus encore à proposer

au marché luxembourgeois des solutions

toujours plus innovantes. Au printemps 2019,

Telindus et Tango seront réunis dans un seul

bâtiment ultra-moderne à Bertrange. Outre

les nombreuses synergies que cela permettra,

un laboratoire technique reprenant toutes les

nouvelles technologies y sera intégré. n

Telindus Luxembourg

81-83 Route d’Arlon

L-8009 Strassen

www.telindus.lu

Marco Bertamé

PARCOURS PROFESSIONNEL

DE L’INTERVENANT

Après des études d’ingénieur en informatique,

Marco Bertamé commence dans la société en

1984 comme programmeur pour une solution

innovante. Il passe ensuite de la technique au

commercial et gère un magasin avant d’assurer

le rôle de gestionnaire de comptes (Account

Manager). Aujourd’hui, Sales Manager pour

le secteur public, il s’occupe notamment de

certains grands comptes comme par exemple,

l’Education nationale et de nombreuses

communes.


Paul Denzle et Pascal Casel


LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 209 - AVRIL 2018

29

1 gigabit

dans chaque foyer

connecté à Eltrona

et du ultra-haut débit. C’est une aubaine

que peu de pays européens connaissent.

Pour ce qui est des performances, il suffit

de se référer aux calculs de Netflix quant

aux vitesses des fournisseurs de services

Internet: 4,44 est la valeur d’Eltrona qui est

classé numéro 1 au Luxembourg et je vous

défie de trouver une meilleure note dans un

pays européen et même au monde. (ndlr:

USA: 4.00, Singapour: 4.20, NL: 4,09).

Dans les années soixante-dix, la télévision a connu au

Luxembourg un engouement si considérable qu’il a fallu

constituer une infrastructure qui répondait à la demande.

Ce réseau de câbles coaxiaux permet aujourd’hui à Eltrona

d’offrir à ses clients le haut débit (100 Mbit/s), et très

prochainement du ultra-haut débit (1 Gbit/s). Interview de

Paul Denzle, administrateur délégué d’Eltrona.

Depuis 2008 et la politique du

«Digital Lëtzebuerg», le pays se dote

d’infrastructures qui accroissent sa

connectivité, peut-on dire que vous en

êtes un acteur?

La connectivité à haut débit est devenue

indispensable à l’économie du pays, d’où

l’importance de l’infrastructure et des

services qui vont de pair. La connectivité

internet a pris de plus en plus d’importance

ces dernières années, et ce, pour les

entreprises mais aussi pour les particuliers.

C’est pourquoi les bureaux d’études

qui planifient un nouveau quartier font

appel à nos services afin d’élaborer un

réseau d’infrastructures qui permettra

la connectivité des habitations et des

bâtiments. Nos ingénieurs réalisent les

plans détaillés dans l’espace public mais

également des bâtiments, des résidences et

des maisons unifamiliales.

Il ne suffit pas uniquement de se doter

d’infrastructures comme les centres de

données et des implantations des GAFA

mais il faut aussi que les citoyens puissent

avoir accès à du haut débit. Ce qui implique

de facto, le challenge des installations

internes.

Peut-on dire que le haut débit est

désormais devenu la norme?

Nous constatons une augmentation de la

consommation internet dans les foyers et

toutes nos offres relèvent désormais du 100

Mbit/s. Avec la multiplication des écrans

au sein des foyers et la consommation de

la vidéo, il est devenu indispensable que la

bande passante soit excellente.

Le câble coaxial d’Eltrona, beaucoup plus

performant que la paire torsadée «twisted

pair», permettra bientôt de desservir du

ultra-haut débit 1Gbit/s. Les tests sont

actuellement en cours dans nos laboratoires

et seront dans quelques semaines réalisés

sur le terrain. Le déploiement commercial

est estimé d’ici l’été.

L’objectif est d’être en capacité de desservir

la totalité de nos clients et ainsi, devenir

le leader du marché luxembourgeois de

l’ultra-haut débit.

“Le câble coaxial

de notre réseau

permet le haut

débit et le ultrahaut

débit”

Pourquoi préférer le câble coaxial à la

fibre optique?

Les habitations n’ont pas besoin de faire

des trous dans les murs et de déchirer la

tapisserie pour accéder à une connexion

internet plus rapide. Les nouvelles

constructions devront juste se doter d’une

infrastructure coaxiale…

La même infrastructure qui dessert la

télédistribution depuis plus de 50 ans

permet aussi de desservir une connexion

internet ultra rapide. Le câble coaxial de

notre réseau a été conçu pour le transport de

signaux vidéo et permet celui du haut débit

Quelles sont vos offres de prédilection?

«Eltrona Home» est notre produit phare

composé d’un bouquet de plus de 100

chaînes télévisées, d’un abonnement

internet illimité en haut débit (100 Mbit/s)

et de la téléphonie fixe, le tout pour 59

euros par mois.

Nous proposons la même offre avec la

téléphonie mobile en plus, dont 20 giga

de données en Europe et au Luxembourg,

2.500 appels, 2.500 sms et 5.000 mms à

seulement 99 euros par mois.

Enfin, les plus jeunes qui délaissent la

télévision linéaire au profit de la toile,

préfèrent notre offre «Internet Only» à

19,95 euros.

Nous sommes donc compétitifs par rapport

aux prix du marché, tout en gardant un très

haut niveau. n

Les offres

Eltrona

100Mbit/s

(Internet Only):

19,95 Eur./mois.

+ 100 chaînes TV

+ téléphonie fixe

(Forfait Easy):

59,00 Eur./mois.

+ 1 abonnement mobile

(Forfait Cosy):

99,00 Eur./mois.


30 LG

BEST OF & GUIDE 2018

ICT

Une entreprise tournée

vers le futur

En 72 ans, Charles Kieffer Group est passé d’une petite

structure au grand groupe bien connu au Luxembourg

aujourd’hui. Un de ses doyens, Joseph Frisch, Partner

General Manager Business Operation, revient avec nous

sur l’historique de la société et nous présente les dernières

nouveautés proposées par son partenaire Konica Minolta en

Office, Production et Industrial Printing.

Retracez-nous l’historique de l’entreprise

en quelques mots…

Fondé en 1946, Charles Kieffer Group

s’est dès le début ancré dans les domaines

de l’impression et de l’audiovisuel. Son

fondateur a alors établi un lien très fort

avec les communes, qui a perduré au fil

des années grâce à nos services et solutions

diversifiés dans les mondes de l’audiovisuel,

de l’impression, de l’archivage, des produits

de finitions et façonnages ainsi que de

l’informatique.

Le succès du groupe se base en partie sur son

identité et son management luxembourgeois

ainsi que sur son implantation nationale qui

facilite les prises de décisions rapides. De

plus, nous visons toujours l’adaptation aux

demandes du marché. Ainsi nous avons été

les premiers dans notre domaine d’activité

à proposer du scanning au Luxembourg.

Le regroupement de toutes nos activités

en un seul site nous a encore fait gagner en

efficacité.

Damien Georges, Frédéric Legros, Joseph Frisch et Tom Frisch


LG

BEST OF & GUIDE 2018

31

Par ailleurs, nous nous sommes entourés

des bons partenaires partageant notre

soif d’évolution technologique. Notre

collaboration avec Minolta existe depuis

plus de 35 ans maintenant et a été renforcée

suite à la fusion avec Konica en 2003. Ainsi,

CK a bénéficié de ce partenaire devenu

acteur et innovateur mondial et collabore

depuis lors étroitement et efficacement avec

Konica Minolta dans le but de proposer

des solutions influençant le marché dans les

différents domaines de la bureautique. Ces

solutions permettent de faciliter les processus

et d’assurer une meilleure gestion générale des

flux de données dans une entreprise ou dans

des institutions telles que les communes.

Notre personnel représente une force

majeure pour l’entreprise grâce à sa

performance au niveau de la technologie

actuelle et future. Combiné avec l’étendue

de ses domaines d’activité, CK se positionne

comme un interlocuteur unique et de

confiance pouvant proposer des solutions à

tous les niveaux.

Nous sommes une équipe tournée vers

l’avenir et diversifions notre offre dans tous

les domaines face à la perte de vitesse de

l’impression pour répondre à des besoins de

plus en plus larges allant de solutions IT à

l’ennoblissement d’un document.

“Nous avons su

nous entourer

des bons partenaires

partageant notre

soif d’évolution

technologique”

Quelles sont les dernières évolutions qu’a

connu le monde de l’Office Printing?

La toute nouvelle gamme multifonctions

A4-A3 couleur de Konica Minolta offre une

sécurité renforcée ainsi qu’une meilleure

gestion des coûts et de l’information,

combinée au navigateur Web embarqué qui

permet de connecter facilement la plupart

des logiciels métiers afin d’automatiser le

traitement des informations.

L’essor du scanning et de la dématérialisation

nécessite des produits capables de répondre

de manière professionnelle et cette

nouvelle gamme propose une vitesse de

numérisation révolutionnaire recto-verso

en un seul passage de 240 scans à la minute

fort appréciable de la part des communes.

La protection contre la cybercriminalité

est également une priorité pour la marque

qui a ainsi renforcé sa sécurité par des

processus comme la protection des PDF

par mot de passe ou un disque dur en miroir

pour garantir la sauvegarde optimale des

données, parmi bien d’autres procédés.

Enfin, la gamme offre des solutions de

mobilité avancées grâce à son interconnexion

avec tous les terminaux de l’entreprise.

En effet, tous les outils de travail peuvent

facilement être connectés en WiFi, NFC ou

Bluetooth et permettent ainsi aux utilisateurs

d’être plus mobiles et productifs.

L’avantage principal de l’IQ-501 est de

pouvoir automatiser de nombreuses tâches

au niveau du contrôle et de l’ajustement de

la qualité, ce qui permettra à l’utilisateur de

gagner beaucoup de temps. Par exemple,

ce module peut gérer automatiquement la

couleur, effectuer une registration rectoverso

automatique, en temps réel et en

cours de production ainsi que la validation

colorimétrique grâce à son système de

calibrage automatique pendant la séance

d’impression.

Quelles sont les nouveautés en matière

d’Industrial Printing?

Konica Minolta poursuit son développement

et s’est lancée dans l’Industrial Printing.

Ainsi, des effets tels que la 3D, l’emballage,

l’ennoblissement du document ou encore le

labelling sont à présent réalisables.

Tout d’abord l’imprimante numérique

à étiquettes AccurioLabel 190 vous

permettra de créer des autocollants à la

demande avec une performance haut de

gamme numérique.

La presse d’impression IFOIL S de MGI

vient quant à elle compléter les imprimantes

JET varnish 3DS et Meteor Unlimited

Colors pour l’insertion de dorures à chaud

et de gaufrages personnalisés de manière

entièrement numérique. Il est également

possible d’imprimer sur ces dorures pour

produire des effets métallisés multicolores.

Enfin, la JET varnish 3D de MGI applique

un vernis sélectif 2D et 3D pour les

formats numériques ou l’impression offset

principalement pour les couvertures de

livres, les cartes d’invitation et de visite,

les brochures et packagings. Elle peut

également réaliser des gaufrages et de la

dorure numérique. n

Y a-t-il également des nouveautés dans

le monde du Production Printing?

En début d’année, Konica Minolta a lancé

sa nouvelle gamme de presses numériques

couleur de production AccurioPress. Celleci

intègre le nouveau module intelligent

d’optimisation de la qualité IQ-501.

Charles Kieffer Group

2, rue Léon Laval

L-3372 Leudelange

sales@ck-group.lu

www.ck-group.lu


32 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 208 - MARS 2018

RGPD

La transparence

du traitement

Le 25 mai, le Règlement Général sur la Protection des

Données (RGPD) sera applicable en Europe. Anciennement

commissaire à la CNPD, Georges Wantz, directeur

Technology & Entreprise Application chez Deloitte

Luxembourg, revient avec nous sur les démarches qu’il reste

à accomplir dans le secteur public pour une mise à jour avant

l’application du règlement.

Comment épauler le secteur public

dans sa préparation à cette nouvelle

réglementation?

La nouveauté de ce règlement est surtout

qu’il provoque une prise de conscience:

la protection des données est un droit

fondamental en Europe qu’il est temps de

faire respecter.

Ainsi, il vise à supprimer les démarches

administratives telles que des notifications

et des demandes d’autorisation auprès de la

CNPD en les remplaçant par un principe

d’obligation pour tout responsable de

traitement de données à caractère personnel

de prouver qu’il protège les données

personnelles et qu’il informe les citoyens des

traitements qui seront opérés sur celles-ci. Il

restreint également leur usage au traitement

initial seul et oblige à la suppression de ces

données une fois le traitement fini.

Le secteur public est touché par ce règlement

car les communes traitent constamment

des données à caractère personnel de leurs

citoyens ou même de leurs employés. Elles

devront donc analyser leurs besoins en

traitement des données et les mesures de

sécurité qui doivent être mises en place

par rapport à ceux-ci. Il ne s’agit dès lors

pas uniquement de mesures informatiques,

mais surtout organisationnelles. De plus, la

démarche devra à présent être entièrement

transparente pour laisser la possibilité au

citoyen de consulter ses données et d’en

connaître le traitement.

Comment identifier les données concernées?

Une donnée à caractère personnel est une

donnée liée directement ou indirectement

à une personne physique. La question

essentielle à se poser dans ce cadre est

«pourquoi dois-je traiter cette donnée?».

La définition du traitement est également

très large: la collecte, la destruction, le

stockage, et tout autre démarche effectuée

avec les données est identifiée comme un

traitement et pour chacun d’entre eux, une

finalité, primaire ou annexe, doit être définie

entre autres pour identifier le moment

où la donnée pourra être supprimée. Il

est important de définir le responsable

du traitement pour remettre en cause sa

légitimité et savoir s’il a le consentement,

la base ou l’obligation légale de traiter ces

données.

“Les amendes

pourront s’élever à

20 millions d’euros

ou atteindre 4%

du chiffre d’affaires”

Quel sera le rôle d’un délégué à la

protection des données?

Premièrement, il devra assumer un rôle

de conseil au sein de son organisme. Il

sera également la personne de contact en

cas d’exercice de droit d’une personne

dont les données à caractère personnel

ont été utilisées et devra justifier dans ce

cas le traitement opéré. Il aura aussi la

responsabilité de traiter avec la CNPD en

cas de problème décelé par l’autorité.

Le délégué devra impérativement être une

personne indépendante, c’est-à-dire qu’il ne

pourra pas être trop impliqué dans le traitement

des données à caractère personnel pour ne

pas manquer d’impartialité. En fonction de

la taille de l’entité, il est envisageable que

ce délégué s’occupe également de réunir la

documentation garantissant la conformité du

traitement des données, bien que cela ne fasse

pas partie de ses obligations.

En faisant appel à un conseiller externe

pour cette tâche, un organisme aurait la

garantie de ses bonnes compétences en

la matière et pourrait même réaliser des

économies. En revanche, cette personne

serait moins disponible et moins réactive

qu’un employé interne à l’entité. Le juste

milieu entre ces deux alternatives serait de

faire appel à un seul délégué pour plusieurs

entités au sein d’un même groupe, ou dans

le cas des communes, d’attribuer cette tâche

au Syvicol pour assurer l’harmonie et la

cohérence des traitements au sein de toutes

les communes luxembourgeoises.


Pensez-vous que les communes soient

suffisamment préparées?

Les communes ne semblent pas encore

tout à fait saisir l’ampleur de la démarche

et je pense qu’il leur faudra un délai plus

long avant de se mettre à jour quant à cette

règlementation.

Le règlement prévoit des mesures

contraignantes, sous la forme d’amendes

par exemple, en cas de non-respect. Ces

dernières pourront s’élever à 20 millions

d’euros ou atteindre 4% du chiffre d’affaires

d’une entreprise selon les cas de figure, ce

qui représente un incitateur fort pour les

organismes devant appliquer ce règlement.

A échelle européenne, les autorités de

contrôle auront pour obligation de vérifier

sa mise en application et les organismes

ne l’appliquant pas devront en assumer les

conséquences économiques.

Quel conseil pourriez-vous donner aux

communes à l’aube de ces changements?

Le plus important est d’adopter une

démarche pragmatique et d’avancer étape

par étape pour ne rien oublier et ne pas

s’éparpiller. La protection des données ne

sera jamais effective à 100%. Le règlement

impose qu’il y ait une réflexion à ce sujet et

que des mesures soient prises pour favoriser

au maximum cette protection des données.

Cette démarche, bien que laborieuse, est en

réalité plutôt simple. Il faut bien s’informer

sur le niveau de détails à fournir et sur les

processus à mettre en place, la mise en

application est quant à elle assez simple. La

première étape pour une commune sera de

se renseigner sur la protection des données

et d’en comprendre l’impact sur son entité.

Il faut donc commencer par désigner une

personne en charge de l’identification

Georges Wantz

et de la caractérisation des traitements

et des problèmes qui y sont liés et de les

prioritiser. Il faudra ensuite d’établir un

plan de résolution pour être le plus en règle

possible le 25 mai 2018. n


34 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 210 - MAI 2018

RGPD

Un partenaire de conformité

Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD)

entrera en application le 25 mai 2018. Ce texte entend offrir un

cadre harmonisé aux Etats-membres en matière de protection

des données à caractère personnel, et de ce fait, une plus grande

sécurité pour les personnes concernées. MGSI accompagne

les multinationales, les PME, les sociétés artisanales, les

associations et les organisations vers leur conformité.

Explications de la CEO de MGSI, Mélanie Gagnon.

Qu’est-ce qui changera avec l’application

du RGPD?

Un des principaux objectifs est de redonner

le contrôle aux personnes concernées sur

leurs données à caractère personnel, en

intégrant de nouveaux droits, notamment

le droit à la portabilité et le droit à

l’effacement. Aussi, elles auront le droit,

sous certaines conditions, de ne pas faire

l’objet d’une décision fondée exclusivement

sur un traitement automatisé, y compris le

profilage.

Ce cadre législatif veut atténuer la

fragmentation actuelle des lois nationales

de protection des données, tout en laissant

Mélanie Gagnon


LG

BEST OF & GUIDE 2018

35

une certaine marge de manœuvre aux

Etats-membres qui pourront par exemple

choisir l’âge minimum du consentement des

enfants.

Les entreprises établies hors de l’UE qui

offrent des biens et services aux personnes

concernées dans l’Union et/ou suivent le

comportement de ces personnes, devront se

soumettre au RGPD.

En outre, des principes de protection

des données devront être implantés dès

la conception des produits, services ou

systèmes exploitants des données à caractère

personnel (Privacy by Design).

Certaines entreprises et les organismes

publics devront aussi nommer un délégué à la

protection des données ou «Data Protection

Officer (DPO)». Le DPO est un acteur clé

au sein de la gouvernance de l’organisation,

ayant notamment pour mission d’informer,

conseiller, contrôler le respect du RGPD et

de permettre le dialogue avec l’autorité de

contrôle (la Commission Nationale pour la

Protection des Données au Luxembourg).

Devant l’ampleur de la tâche, quel est

l’état d’esprit des acteurs de la place?

Dans la mesure où les sanctions peuvent

atteindre jusqu’à 4% du chiffre d’affaires

annuel mondial ou 20 millions d’euros, je

dirais qu’il est plutôt à la crainte. Certains

observent la concurrence pour repérer si

des démarches de conformité sont déjà

mises en place et d’autres tentent de savoir

si des sanctions toucheront leur secteur

d’activités. Mais il ne faut pas oublier que

la CNPD peut également imposer des

mesures correctrices, comme par exemple

ordonner la rectification ou l’effacement

de données à caractère personnel ou la

limitation du traitement.

Et parmi les bons élèves…

MGSI remplira le rôle de DPO pour la

Chambre des Députés et accompagne

plusieurs organisations et entreprises,

notamment Luxair Group et Post Group

dans leur mise en conformité.

“Une équipe

d’experts

multidisciplinaires,

spécialisée en

protection des

données”

Quelles sont les principales étapes d’une

mise en conformité?

Le 25 mai étant à nos portes, la priorité

est donc d’analyser votre obligation de

nommer ou non un DPO, de définir

son rôle et ses responsabilités au sein de

l’entreprise conformément au RGPD.

Ensuite, il est nécessaire de procéder à un

inventaire des traitements de données à

caractère personnel effectués au sein de

chaque service/département de l’entreprise:

cette démarche permet d’avoir une vue

d’ensemble pour procéder à une analyse

d’écarts avec le RGPD et prioriser les

actions à mettre en œuvre pour la mise en

conformité.

Par la suite, il est essentiel de mettre

en place des procédures permettant aux

individus d’exercer leurs droits, d’identifier

les sous-traitants et revoir les contrats

pour respecter les exigences du RGPD

et bien entendu se former sur le sujet,

notamment en assistant aux différentes

formations offertes par MGSI. Il faut

veiller à mettre en place des mesures de

sécurité appropriées en prenant en compte

notamment, la nature des données.

Les données de catégories particulières,

dites «sensibles» requièrent de plus

grandes précautions…

Le RGPD entend par «données de

catégories particulières» toutes données

qui renseignent notamment les origines

ethniques ou raciales, les opinions

politiques, philosophiques ou religieuses,

l’appartenance syndicale, la santé ou la vie

sexuelle. En principe, le traitement de ces

données est interdit, sauf exceptions, par

exemple, si la personne concernée a donné

son consentement explicite.

Comment pourrait-on présenter MGSI?

C’est une équipe d’experts multidisciplinaires,

spécialisée en protection des

données et en sécurité de l’information

dont la mission est d’accompagner

les organisations dans leur mise en

conformité avec les exigences du

RGPD. Nous sommes un partenaire

officiel de l’IAPP (International Association

of Privacy Professionals) et donnons

des formations de deux jours pour les

certifications CIPP/E et CIPM. Nous

offrons également des formations de deux

jours permettant de prendre connaissance

des éléments clés du RGPD afin de mettre

en place une démarche de conformité au

sein des entreprises et organismes.

MGSI peut dès lors former et assister

les DPO internes ou bien être mandatée

en qualité de DPO externe. Son

expertise inclut les spécificités juridiques,

organisationnelles, techniques et de sécurité

selon les secteurs d’activités, et ce, dans le

respect des principes d’indépendance et

d’absence totale de conflit d’intérêt.

Pour plus d’informations, MGSI organise

un événement sur la protection des données

les 29 et 30 mai, rdv sur www.ldpd.lu n


36 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 210 - MAI 2018

RGPD

La protection

des données au cœur

de l’actualité

Le 25 mai, le nouveau Règlement Général sur la Protection des

Données (RGPD) entrera enfin en application. Carlo Harpes,

fondateur et directeur d’itrust consulting, revient avec nous

sur les premières implémentations de la réglementation au

sein des entreprises au Luxembourg et aux démarches qu’il

reste à entreprendre tant dans le secteur privé que public.

Interview.

Au Luxembourg, y a-t-il eu une prise de

conscience par rapport à l’importance

de la protection des données?

Cette prise de conscience ne fait que

commencer, à la veille de la mise en

application de la réglementation. Après

avoir eu deux ans pour s’y préparer, les

acteurs concernés ne s’en inquiètent

qu’aujourd’hui et nous sommes plus

que jamais sollicités dans ce cadre.

Heureusement, il n’est jamais trop tard

pour se mettre en règle. Il n’y aura pas de

pénalités au premier jour, l’important est

donc d’entamer les démarches pour être à

jour le plus rapidement possible.

Comment se sont passées vos premières

implémentations?

Depuis le mois d’octobre, un petit nombre

de clients ont commencé à travailler sur

leur mise en conformité. Cela nous a permis

de nous intégrer dans un certain rythme

et de poser les priorités. Maintenant que

les démarches importantes ont été mises

en place, nous avançons peu à peu pour

atteindre un bon niveau de conformité

avant la date butoir. Les entreprises vivent

ce changement comme une lourdeur. Nous

tentons alors de les soulager et de leur

montrer la marche à suivre pour rendre

cette adaptation moins difficile.

Au départ, il est important d’implémenter

une bonne politique générale de sécurité

sans quoi aucune protection des données

ne pourra vraiment être garantie. Notre

méthodologie est plus large et s’étend

à la sécurité générale des informations

de l’entreprise. Par exemple, notre outil

d’analyse de risque, TRICK Service,

permet de mesurer le niveau de sécurité

requis de façon détaillée et a été étendu aux

exigences du RGPD.

Il faut ensuite analyser les processus,

s’assurer de leur légitimité et en informer

les personnes concernées. Pour chacun

de ces points, nous avons créé une

méthodologie ou des documents types

pour l’aide à l’implémentation. Par ailleurs,

un dirigeant doit s’assurer que tous ses

employés connaissent et appliquent la

réglementation.

“Notre

méthodologie pour

l’implémentation

du RGPD s’étend

à la sécurité

générale de

l’entreprise”

Comment améliorer votre approche?

Nous nous sommes aperçus que la

plupart des entreprises ne voyaient pas

la nécessité d’avoir un niveau de sécurité

bien documenté. Suite à ces remarques,

nous avons adapté notre stratégie; nous

proposons alors aux clients de réaliser

eux-mêmes les démarches en interne et

leur offrons en parallèle un coaching, forts

de nos compétences et de notre savoirfaire.

Nous leur donnons nos outils et

nos modèles puis n’intervenons plus que

ponctuellement pour les aider dans leurs

démarches.

Depuis le 26 mars dernier, nous avons

établi un partenariat avec la Fédération

des Artisans pour le coaching de près de

70 entreprises. Nous avons ainsi créé des

formations génériques en auditoire suite

auxquelles nous organisons des workshops

par thème où chaque personne peut poser

des questions spécifiques. Ces formations

donnent un point de départ aux entreprises

et leur apportent une base pour leur mise

en conformité avant le 25 mai; d’autres

workshops seront encore organisés par

la suite pour poursuivre ces démarches.

Au total, nous proposons dix ateliers

thématiques et jusqu’ici, les workshops

proposés ont rencontré un franc succès.


Que penser du rôle qu’a joué la CNPD

dans l’information aux entreprises par

rapport au RGPD?

La CNPD a investi beaucoup dans la

sensibilisation, ce qui est utile. Elle a

longtemps annoncé la création d’un

outil qui aurait aidé les entreprises à se

conformer au RGPD. Cette annonce a

découragé les entreprises privées comme

la nôtre à créer leur propre outil, puisque

l’organe de référence se proposait

d’en fournir un gratuit. Or, le simple

questionnaire d’audit qui en est sorti

n’est en rien une aide pour se mettre

en règle; les secteurs public et privé

ont besoin d’une aide, d’un coaching

et d’outils concrets pour atteindre les

objectifs fixés par le RGPD. De plus, le

secteur public n’a pas pris les devants

pour montrer l’exemple, comme on aurait

pu s’y attendre et encore aujourd’hui de

nombreuses entités publiques doivent se

mettre à jour et se pencher sur la mise

en application imminente du règlement.

Quels conseils adresseriez-vous aux entreprises

face à cette nouvelle réglementation?

Tout d’abord nous conseillons à toute

entreprise n’ayant pas encore enclenché le

processus de prendre cette réglementation

au sérieux. Même si la date butoir est

passée, il n’est jamais trop tard pour s’y

conformer.

Nous voyons cette réglementation comme

une opportunité pour les entreprises

d’améliorer certains de leur processus et

d’éliminer toutes les données inutiles.

Nous leur conseillons par ailleurs

d’améliorer la façon dont sont documentés

les processus, surtout dans les petites

entreprises où il n’y a pas de culture de la

documentation pour les décisions prises

au quotidien. Apprendre à recueillir et

documenter des décisions peut avoir des

effets positifs au niveau de l’amélioration

de l’efficacité du management, au-delà

du fait que la réglementation oblige cette

documentation. Ce règlement peut pousser

Carlo Harpes

les entreprises à adopter un nouveau mode

de fonctionnement dont les bienfaits s’en

ressentiront dans l’exercice quotidien de

leur activité.

Pour les plus grandes entreprises, nous

les encourageons à poursuivre sur leur

lancée d’application d’un management

de la sécurité et de la protection des

données, et ce, au travers d’un changement

de culture dans l’entreprise supporté

par une documentation adéquate. Nous

avons également élaborés 50 points

d’améliorations des prochaines normes

internationales ISO sur la gestion et

la protection des données à caractère

personnel qui pourraient aider les

dirigeants dans leurs démarches. n


38 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 209 - AVRIL 2018

ECONOMIE & FINANCE

Un donut

au service de l’avenir

PAR JULIEN BRUN

Le 7 mars, l’INDR: Institut National pour le Développement

durable et la Responsabilité sociale des entreprises a fêté

ses dix ans à la Chambre de Commerce. L’INDR a reçu

pour l’occasion Kate Raworth, Professeur et Chercheur à

l’Institut des changements environnementaux de l’Université

d’Oxford, venue présenter son ouvrage Dougnhut Economics.

LG Magazine a eu le privilège de la rencontrer. Interview.

Qu’est-ce que l’économie en donut?

C’est un compas, une boussole, un repère

afin de guider l’humanité vers la prospérité

du XXI e siècle. L’anneau intérieur

matérialise les fondements sociaux sous

lesquels il est interdit d’aller sans menacer

les droits individuels (eau, nourriture,

revenus, éducation, égalité des sexes, etc.).

L’anneau extérieur représente le plafond

planétaire et les limites écologiques que

nous ne pouvons pas dépasser pour que la

terre reste un endroit viable (acidification

des océans, pollutions chimiques,

appauvrissement de la biodiversité, etc.).

Plus on s’enfonce dans le donut, plus les

inégalités croissent et en le dépassant c’est

notre propre tombe que nous creusons;

entre ces deux anneaux, il est un espace sûr

et équitable dans lequel le progrès peut et

doit tenir.

Votre modèle pourrait-il se substituer à

la ligne de croissance héritée du XX e ?

Cette ligne continue qui incarne la

croissance économique ne suffit plus. Nous

sortons d’un siècle de développements

sans précédent qui auront permis à une

partie de la population mondiale d’accéder

à une meilleure vie mais qui, depuis trois

décennies est aussi une extraordinaire

source d’inégalités entre les pays. Les 92%

de la croissance mondiale pour l’année

2017 sont allés remplir des poches déjà

pleines. Ce modèle est dégénératif en

cela qu’il creuse les inégalités, accroît la

pauvreté et dégrade les écosystèmes.

Toute la question est donc de savoir quelle

est la mentalité économique qui nous

donnera les meilleures chances de réussite.

On ne peut penser l’économie de demain

avec les outils du XX e comme le bénéfice

financier ne saurait rester l’unique valeur

d’une entreprise, barricadée pour elle et

ses actionnaires. L’économie extractive qui

favorise l’exploitation à outrance relève du

XX e siècle. Dès lors, la société du XXI e

ne doit plus seulement se préoccuper

des impacts négatifs sur la société et

l’environnement mais intégrer dès le

projet d’entreprise, les formes de valeurs

qui seront restituées positivement à la

société et à l’environnement. Il ne s’agit

plus uniquement de limiter le rejet de gaz à

effet de serre mais de favoriser l’utilisation

d’énergies renouvelables et de les

partager. En outre, l’entreprise s’inscrira

positivement dans la commune dans

laquelle elle est implantée et contribuera

activement au bien-être de ses habitants.

“Un compas,

une boussole,

un repère afin

de guider

l’humanité

vers la prospérité

du XXI e siècle”

C’est pourquoi vous prônez une

économie de partage qui est générative

et distributive dès l’élaboration du

projet d’entreprise…

Notre modèle s’appuie sur des dispositifs

ultérieurs de redistribution de la valeur

comme par le biais des impôts progressifs

par exemple. J’appelle à développer des

activités qui sont génératives et distributives

de valeurs dès le début du projet, et par

«valeur» je n’entends pas uniquement

l’argent mais aussi les terres, les technologies

et les entreprises elles-mêmes. Cela passe

par l’ancrage de ces objectifs dans les statuts

de l’entreprise mais aussi par d’autres formes

de propriétés comme les coopératives et les

entreprises aux mains des travailleurs. Un

exemple: les idées innovantes qui découlent

de la recherche publique ne devraient plus

être bétonnées dans des brevets mais être

accessibles à tous.

Pourquoi avoir adopté une approche

systémique de l’économie?

J’ai écrit ce livre afin de trouver les

voies qui permettront de répondre aux

impératifs socio-écologiques. Il est temps

que nous reconnaissions les profondes

interdépendances qui régissent l’économie


globale, le dérèglement climatique et

les conditions sociales. Les sciences

économiques sont depuis trop longtemps

tenues dans le rationnel et la logique.

J’attends aujourd’hui des vagues de pensées

qui permettront de les penser différemment

et c’est pour cela que j’en appelle aussi à

l’histoire, la littérature et l’art pour penser

l’économie.

Politiques, CEO, activistes, parents,

étudiants, citoyens, peu importe le lieu

géographique et le statut social, chacun

peut à son échelle penser les interactions

entre ses actes, sa communauté, sa société,

son entreprise, son gouvernement et la

nature.

Les nouvelles générations sont conscientes

des dérèglements climatiques, des crises

financières, des niveaux extrêmes de

pauvreté et des inégalités qui se creusent.

Elles savent que les crises financières et

environnementales qui en découlent ne

respectent ni drapeaux, ni frontières.

Peut-on considérer que les acteurs

tels que l’INDR, outillés du label ESR,

poussent les entreprises à lier leurs

pratiques commerciales aux limites

sociales et environnementales?

J’utiliserais plutôt le verbe «inciter» mais

oui; à la condition que le niveau du label ne

descende pas avec le temps, sans quoi tout

le monde pourrait l’obtenir, ce qui lui ferait

perdre son pouvoir d’attraction.

Je suis régulièrement amenée à présenter

le donut au sein des entreprises et l’une de

mes premières questions est: «quelles sont

vos activités qui impactent la société?». Une

fois qu’on connait les pressions mises sur

l’environnement et la société, nous pouvons

alors penser à un autre modèle commercial

qui pourrait y remédier. À l’image d’une

psychothérapie, plus profondément nous

descendons dans l’analyse et mieux on se

connait. Le donut est une invitation dans ce

voyage afin de comprendre que si l’objectif

des compagnies est de croître, cela ne se fait

pas sans conséquences. n

Kate Raworth


40 LG

BEST OF & GUIDE 2018

ECONOMIE & FINANCE

Les garanties édificatrices

Les entreprises du secteur de la construction, du génie civil et

du parachèvement doivent engager des sommes importantes

tout au long des chantiers et c’est pourquoi la Mutualité des

p.m.e. leur donne des garanties qui permettent de libérer de

la trésorerie. La garantie de dispense de retenue, de bonne

exécution et de restitution d’acompte sont les trois garanties

principales de la Mutualité des p.m.e. Interview et explications

de Dominique Fiore, conseiller PME, et de Philippe Kops,

directeur adjoint de la Mutualité des p.m.e.

Parmi vos différentes garanties, quelle

est la plus prisée?

DF: La garantie de dispense de retenue est

la plus demandée et représente à elle seule,

un peu plus de 100 millions d’euros qui sont

garantis par la Mutualité des p.m.e. Elle

permet d’encaisser 100% du marché lors

de la facturation. En effet, nous émettons

une lettre de garantie qui permet à notre

client d’encaisser la totalité de sa facture.

Et notamment pour les grands chantiers

publics où les maîtres d’ouvrages retiennent

systématiquement 10% sur les factures qui

leur sont adressées. Après la réception

définitive des travaux et une fois que toutes

Philippe Kops et Dominique Fiore


LG

BEST OF & GUIDE 2018

41

les réserves formulées ont été levées, la

garantie nous est alors retournée.

PK: La plupart des garanties ont un

impact significatif sur la trésorerie

de l’entreprise dans la mesure où la

liquidité libérée peut être redistribuée

ailleurs. L’un des grands avantages de

choisir la Mutualité est que nos garanties

n’affectent pas les lignes de crédits

bancaires de nos clients, ce qui libère une

marge de main-d’œuvre supplémentaire

à la banque qui peut alors proposer

d’autres services complémentaires aux

entreprises.

Est-ce que la tendance des investisseurs

est à vouloir toujours plus de garanties?

PK: Le domaine des garanties est un

secteur très dynamique parce qu’il existe

un besoin croissant de couvrir les différents

risques liés à un chantier de construction.

Il suffit de faire l’expérience d’un seul

chantier arrêté pour cause de faillite pour en

comprendre l’importance. C’est pourquoi

le montant total engagé par la Mutualité

des p.m.e., toutes garanties confondues,

avoisine les 150 millions d’euros.

DF: La garantie de bonne fin et de bonne

exécution est la plus risquée dans la

mesure où la Mutualité garantit, selon les

clauses du contrat, l’exécution complète

des travaux. Elle est néanmoins de plus

en plus demandée car elle apporte plus de

confiance quant à l’intégrité financière de

l’entrepreneur.

“Il suffit

de faire

l’expérience

d’un seul chantier

arrêté pour cause

de faillite

pour comprendre

l’importance

des garanties”

Et pour ce qui est de la restitution

d’acompte…

DF: Les garanties de restitution

d’acompte que nous émettons jouent

un rôle déterminant pour nos clients en

termes de préfinancement des chantiers.

Les maîtres d’ouvrage sont alors assurés

d’un remboursement complet de

l’acompte payé en cas de non-respect du

contrat par l’entreprise engagée. Ce qui

permet à nos clients d’éviter de contracter

de nouvelles lignes de crédit bancaires

importantes.

PK: Les chantiers du plateau du

Kirchberg et de la Cloche d’or sont de

tailles importantes. Pensez un instant à

l’entrepreneur qui doit commander 2.500

portes auprès de son fournisseur; l’acompte

qui lui est demandé serait bien plus utile à

la préparation du chantier.

La Mutualité des p.m.e. dispose de 500

à 600 entreprises bénéficiaires de nos

garanties et l’un de nos atouts est la rapidité

à laquelle nous pouvons émettre ces

garanties.

Qui sont vos bénéficiaires?

PK: La Mutualité des p.m.e. est une

société coopérative de caution mutuelle,

ce qui implique que nos clients sont

aussi nos associés. Seules les entreprises

luxembourgeoises qui acquièrent des parts

à la Mutualité peuvent prétendre à ce titre.

Toute personne ou PME de tous secteurs

confondus ayant un projet clair et réaliste

peut s’adresser à nous pour obtenir des

conseils. Nous aidons aussi les entreprises

déjà établies, celles qui souhaitent racheter

un concurrent, étendre leur domaine

d’activité, se délocaliser ou encore

moderniser leurs installations. Connaissant

les régimes des aides étatiques, nous

pouvons véritablement optimiser le plan de

financement.

Quelles sont les missions générales de la

Mutualité des p.m.e.?

PK: Quatre phases principales jalonnent

notre intervention dans l’accompagnement

de nos clients. Dans un premier temps de

conseil, il s’agit de comprendre les projets et

si besoin, d’aider à établir une planification

jusqu’à leur aboutissement. Nous assurons

ensuite la médiation entre notre client et les

différents acteurs qui mettront en place le

financement du projet comme les banques,

la SNCI, le ministère de l’Economie, etc.

Après avoir établi un plan de financement

en tenant compte des différentes aides

étatiques possibles, le facilitateur que nous

sommes assume tout ou partie des risques

financiers en cautionnant des crédits auprès

des banques ou encore en émettant des

garanties auprès des acteurs économiques

ou organismes. Aussi, nous souhaitons

accompagner nos clients sur le long terme,

en faisant le suivi des décisions prises et en

leur apportant des conseils de gestion. n

Mutualité des p.m.e.

113 Rue Adolphe Fischer

L-1521 Luxembourg

info@mpme.lu

www.mpme.lu


42 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 210 - MAI 2018

SANTÉ

Partenaire du secteur

public et de la santé

Arendt Business Advisory est la société de conseils stratégiques,

économiques, financiers et commerciaux d’Arendt & Medernach.

Elle est née début 2017 de la volonté de son CEO, Philippe

Wery, de faire du conseil autrement pour le marché local. Dans

ce contexte, Arendt Business Advisory vient de recruter Thierry

Barré, spécialiste du secteur public et plus particulièrement de la

santé, qui a notamment participé aux créations de la CNS et des

Hôpitaux Robert Schuman. Interview croisée.

Comment se positionne Arendt Business

Advisory sur le marché luxembourgeois

déjà très concurrentiel du conseil?

PW: Le marché du conseil a été

historiquement construit par les Big Four

et les stratégistes internationaux dont les

méthodologies sont souvent très standardisées

et proviennent de l’étranger. Leur modèle

principalement pyramidal n’est pas toujours

adapté aux réalités du marché local qui

demande de plus en plus des approches surmesure.

Autour gravite une multitude de

petites sociétés de conseils de taille humaine

mais spécialisées soit dans une solution

précise, soit dans un segment économique

restreint. Il n’existait donc que peu ou pas

de cabinets de conseils disposant d’une

compétence juridique et inversement. Il s’agit

d’une force pour Arendt Business Advisory

et Arendt & Medernach. Si nous sommes

indépendants de l’étude, nous travaillons

néanmoins en synergie et nos clients, que sont

les organisations publiques et privées, peuvent

ainsi être assurés de la conformité légale de

toutes nos recommandations; ce qui constitue

un gain de temps considérable par rapport à ce

qui se fait sur le marché.

TB: Dans le secteur public en général et

celui de la santé en particulier, on sait toute

l’importance accordée à l’humain. Le rapport

qualité-prix reste pour autant primordial et

nos conseils doivent répondre aux besoins

réels de nos clients tout en étant applicables

concrètement dans leurs organisations.

C’est pourquoi Arendt Business Advisory

ne cherche pas les ressources disponibles

mais bien les ressources les plus à même de

posséder les expériences nécessaires pour

résoudre les problématiques rencontrées.

C’est là une de nos réponses au changement

de paradigme du marché du conseil.

Il nous serait impensable de produire de

grandes idées qui resteraient uniquement

dans les hautes sphères: prendre la mesure

de leurs applications sur le terrain nous est

indispensable. Nous apportons des solutions

non pas génériques mais spécifiques aux

besoins et notre approche est basée sur

l’écoute et la compréhension. Ne pas tirer

le meilleur d’une collaboration avec une

société de conseil devient intolérable dès

lors que c’est l’argent public qui le finance.

“Nous n’avons pas

d’autre agenda

que celui de faire

évoluer nos clients”

La petitesse du territoire est-elle ici une

force?

TB: Le Luxembourg est un microcosme

qui pourrait devenir un véritable laboratoire

européen. En effet, un quart des travailleurs

frontaliers européens est concentré dans

la Grande Région, de sorte que toutes les

problématiques de gestion quotidienne

du modèle européen (sur les échanges de

données à caractère médical, social, bancaire,

financier...) sont représentées ici. Les défis

sont donc considérables et les solutions à

apporter doivent être ambitieuses.

Je pense tout particulièrement à la santé et la

mise en place d’un système communicationnel

transfrontalier plus performant entre les

acteurs régionaux allemands, belges, français

et luxembourgeois. Un grand projet européen

qui essaierait d’englober toute l’Europe n’a ici

que peu de sens: il faut prendre la réalité locale,

régionale et l’étendre ensuite à l’Europe. C’est

en revenant à une organisation territoriale, au

plus près des problématiques de la population

que le Luxembourg peut être un laboratoire

européen.

Quels soins particuliers apportez-vous

au service public qui nécessite des

conseils spécifiques?

PW: Certes nous menons des affaires mais

nous mettons aussi un soin tout particulier

à la manière dont nous les menons.

Notre objectif est d’apporter une réelle

valeur ajoutée au secteur public, qu’il soit

gouvernemental, ministériel, communal

ou parapublic et nous n’avons pas d’autre

agenda que celui de faire évoluer nos clients

et de leur offrir des solutions pour eux et les

citoyens.

Le groupe Arendt est multiservice et a

notamment à cœur de promouvoir la

place luxembourgeoise, son droit, sa place

financière, son accueil pour les affaires, et sa

culture au travers de nos différents bureaux


internationaux. Luxembourg mise beaucoup

sur la modernisation de sa Place à travers des

initiatives ambitieuses comme l’étude Rifkin

et la digitalisation de l’administration mais si

le secteur public a des visions ambitieuses de

ces sujets, il se heurte parfois à l’ampleur et

la diversité de la tâche pour les transformer

en un programme coordonné d’initiatives

concrètes. Le risque est dans ces projets

d’ampleur telle que la Troisième Révolution

industrielle qui s’étale sur plusieurs

décennies de s’éparpiller et in fine de les

abandonner.

Arendt Business Advisory développe des

approches et des méthodologies spécifiques

pour le secteur public et transforme les

plans stratégiques en des plans tactiques

et opérationnels. Nous préconisons une

gestion de contenus plus qu’une gestion

de programme. Une démarche centrée

sur l’écoute et la mise en commun des

contributions de toutes les parties prenantes

pour chaque thématique analysée. Notre

objectif est d’offrir des prestations

permettant de faire gagner du temps, de

la visibilité mais aussi de l’argent car nous

sommes conscients qu’il est public.

TB: Ayant participé à la création de

la Caisse Nationale de Santé et à la

fusion des Hôpitaux Robert Schuman,

je sais d’expérience que travailler avec

les professionnels de la santé que sont

les médecins nécessite une approche

spécifique.

La nouvelle loi hospitalière entend

transformer le secteur hospitalier

et replacer le patient au centre des

préoccupations. Un accent tout particulier

est mis sur la documentation et, au vu du

nombre d’acteurs différents répartis sur le

territoire, c’est une tâche importante.

D’autre part, placer le patient au centre peut

permettre de fédérer plus facilement tous

les acteurs de la santé. Les ministères de la

Sécurité sociale et de la Santé se partagent

respectivement la maîtrise des dépenses et

l’adéquation des ressources déployées et des

besoins. À un autre niveau, les Institutions

de Sécurité Sociale (ISS) que sont la CNS, la

Caisse pour l’Avenir des Enfants mais aussi

la Caisse nationale d’assurance pension et

le Fonds de compensation, font office de

bras financiers. Enfin les prestataires de

soins sont répartis entre la médecine de

Philippe Wery et Thierry Barré

ville, les centres hospitaliers et les hôpitaux

de suite. Chacun, à sa façon et suivant son

domaine, accueille et apporte au patient les

soins nécessaires.Pour renforcer cette idée

de centrage sur le patient, l’agence eSanté,

créée par la loi de décembre 2010, a lancé la

phase pilote des Dossiers de Soin Partagés

(DSP). Chaque personne affiliée auprès

du Centre Commun de la Sécurité Sociale

(CCSS) en disposera d’un, sur le principe

de l’alimentation par les prestataires de

soins et une gestion par le patient, qui

en possède les droits. Il peut ainsi avoir

une vue globale de sa situation médicale,

actuelle et passée, et de celles de ses ayants

droits, comme ses enfants par exemple. Par

ce centrage, le législateur a souhaité que

le patient devienne un acteur de sa propre

santé et non plus un simple spectateur.

Cette vision stratégique est un gros défi

en ce qui concerne sa mise en œuvre

complète et Arendt Business Advisory a

toute compétence pour supporter sa pleine

réalisation. n


44 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

SANTÉ

Les techs au service

de la santé

Nos systèmes de santé entendent améliorer la prise en charge

des patients, la qualité et la sécurité des soins, les conditions

de travail du personnel soignant et les nouvelles technologies

sont autant d’outils qui portent des promesses d’efficacité et

de qualité. De la prévention individuelle jusqu’à l’échange

et l’étude des données médicales, notre système linéaire

de diagnostic et de traitement se métamorphose toujours

plus autour du patient. Interview croisée d’Anne Desfossez,

Associate Partner en charge du secteur de la santé, et de Patrick

Wies, Partner responsable du secteur public chez KPMG.

Comment expliquez-vous l’engouement

que suscite l’e-santé?

AD: On peut effectivement parler

d’engouement quand on considère que

depuis 2012, les investissements globaux

dans les startups «Health Techs» ont triplé.

Croissance démographique, vieillissement

de la population, maîtrise des coûts qui

font pression sur les systèmes: la santé doit

aujourd’hui faire face à des défis importants

alors que le risque de manquer de ressources

soignantes et médicales se fait toujours plus

ressentir. Le foisonnement des technologies

de la santé offre donc des opportunités

formidables pour répondre à ces challenges.

Toutefois, les stratégies de digitalisation

n’auront de succès que si elles s’inscrivent

dans des stratégies plus globales à l’échelle des

entreprises, des nations voire de l’Europe.

PW: L’essor des nouvelles technologies peut

être un formidable outil de mutation pour les

sociétés modernes et plus particulièrement

dans le suivi des maladies chroniques, le

maintien à domicile des personnes âgées,

la lutte contre les déserts médicaux, la

prévention et le transfert d’expertises.

Concrètement, comment la technologie

peut-elle améliorer la prise en charge

des patients?

AD: Peut-être un scenario d’anticipation

peut-il rendre les choses plus concrètes…

Imaginez madame Weber, personne

âgée, récemment veuve et qui habite une

commune isolée des centres urbains.

Avec son autorisation, son domicile a

été équipé d’un système domotique qui

étudie ses habitudes. L’augmentation

de la consommation peut renseigner

la possibilité d’une perte de mobilité,

d’insomnie ou de motivation et les capteurs

de mouvements peuvent détecter une chute

ou un changement dans sa démarche.

En cas d’alarme et si elle ne répond pas

à l’appel téléphonique des services de

secours, les proches de madame Weber ou

ses voisins sont prévenus. Si personne ne

peut vérifier son état, alors une équipe de

secours est envoyée sur les lieux. Durant le

trajet, dont l’itinéraire est calculé en temps

réel selon les conditions de circulation, les

secouristes lisent le Dossier numérique

de Soins du Patient dans lequel se trouve

son historique médical. Sur le chemin de

l’hôpital, les équipes médicales sur place,

son médecin traitant et sa famille sont

prévenus de la gravité de la situation.

Ce scénario ne relève encore que de la

science-fiction mais plusieurs éléments

sont déjà actuellement en cours d’implémentation.

PW: D’un processus linéaire de diagnostic

et de traitement, nous tendons vers un

système de santé qui se structure autour du

patient. Chaque individu disposera bientôt

d’un Dossier de Soins Partagé qui offrira

une vue globale de sa situation médicale

et de celles de ses ayants droits. Le DSP,

qui est alimenté par les prestataires de

soins et géré par le patient, entend le

responsabiliser pour qu’il devienne un

acteur de sa santé. Je pense qu’à terme,

d’autres protagonistes seront intéressés

par cette notion de responsabilité. Un peu

à l’image des boîtes noires que des sociétés

d’assurance proposent d’installer dans les

véhicules de leurs clients, ce qui mène à des

ajustements de la facturation en fonction du

mode de conduite.

L’avènement de l’e-santé trouve néanmoins

des adversaires, peut-il se faire

sans une large acceptation?

AD: Il existe aujourd’hui des objets

qui, n’étant pas reconnus comme des

dispositifs médicaux, échappent à toute

réglementation alors même qu’ils relèvent

du domaine médical: je pense, par exemple,

à certaines applications qui permettent

d’émettre des diagnostics sur base de

symptômes documentés par le patient luimême.

Il est naturel que les applications

existantes dans le domaine public, non

développées par des professionnels de la

santé et échappant à tout contrôle qualité,

puissent soulever certaines craintes. De

plus, à terme, l’introduction des nouvelles

technologies modifiera de manière

substantielle les modes traditionnels

de prise en charge. Dans ce nouveau

contexte, le rôle des professionnels de la

santé sera voué à évoluer; il est clair qu’une

transition culturelle devra se faire.


PW: Les interrogations sont nombreuses et,

pour un sujet aussi important que la santé,

souvent bien légitimes. D’un côté il y a les

utilisateurs de ces technologies qui aimeraient

les voir plus encore pénétrer le secteur et de

l’autre, les professionnels qui ne souhaitent

prendre aucun risque pour les patients.

La médecine occidentale est héritière de

son histoire, elle acceptera les disruptions

technologiques tant qu’ils respecteront

scrupuleusement les principes scientifiques.

D’où l’importance des discussions éthiques

et des décisions qui les accompagnent mais le

développement technologique doit avoir lieu.

L’utilisateur de ces technologies sera-t-il

un patient, un patient à risque, un citoyen,

un individu ou un consommateur?

AD: C’est une question intéressante

et tout dépend de ce qu’on entend par

«technologies de la santé». Il faut pouvoir

faire la distinction entre ce qui relève du

bien-être et ce qui appartient au médical.

Dans la mesure où moins de la moitié des

pays membres de l’Union européenne ont

déjà mis en place un cadre d’évaluation de

la fiabilité des objets connectés, on peut

dire que la frontière législative entre les

deux n’est pas encore bien définie mais tend

à le devenir.

D’une façon générale, toutefois, je dirais,

que la technologie sera utile à tous les

niveaux: pour l’individu, qui utilisera des

informations en ligne ou des applications

pour prendre soin, au quotidien, de sa

santé, et qui ce faisant, participera à

l’effort de prévention souhaité par les

gouvernements. La technologie facilitera

aussi le quotidien des patients et des

patients à risque en facilitant leur accès aux

soins et aux informations et en facilitant

leur suivi.

PW: La technologie qui évolue à l’échelle

mondiale aura toujours un temps d’avance

sur les cadres juridiques nationaux voués

à la réglementer. Une montre connectée

qui donne des indications de rythme

Anne Desfossez et Patrick Wies

cardiaque et d’activité sportive n’est pas

un objet médical à proprement parler mais

permet néanmoins un suivi chronique,

incitant à des comportements vertueux qui

améliorent la santé de son propriétaire.

Est-ce un jeu ou un outil? Qui recueille les

données? Où sont-elles stockées? À quoi

servent-elles? Sont-elles commercialisées?

Voilà autant de questions qui intéressent le

législateur.

On entend de-ci de-là que les Américains

inventent une technologie que les Chinois

copient et que les Européens réglementent;

de sorte que l’Europe serait une Lumière

juridique pour le monde numérique.

Nonobstant la véracité du constat, une telle

ambition implique des consommateurs

avertis, et donc, des citoyens éclairés. n


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48 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 209 - AVRIL 2018

INTERVIEW POLITIQUE

À l’assaut des législatives

PAR JULIEN BRUN

Avec un score aux élections communales de 2,65%, le Parti

Pirate a confirmé celui des dernières législatives sans pour

autant faire mieux. À Luxembourg-Ville, son président et tête

de liste Sven Clement a récolté 1.995 votes, «ce qui est plus

que le conseiller communal de l’ADR Roy Reding», dit-il et

d’ajouter que «c’est le signe d’une volonté de renouveau».

L’une des critiques qui vous est

régulièrement adressée est qu’il n’y a

qu’une seule personnalité au Parti Pirate,

la vôtre…

Ce n’est pas tout à fait vrai dans la mesure où

nous avons quand même eu deux conseillers

communaux à Pétange avec Marc Goergen et

Flor Starsky, un autre à Remich avec Daniel

Frères et nous avons tout de même réussi

des scores à cinq points et plus avec des listes

incomplètes à Clervaux et Kehlen. Il ne faut

pas oublier que nous restons un petit parti

avec trois employés et quelques 420 adhérents,

même si nous espérons terminer l’année 2018

en passant la barre des 500.

Sven Clement et Julien Brun


LG

BEST OF & GUIDE 2018

49

Ce qui m’amène à penser que le Parti

Pirate est plus que Sven Clement. Au

niveau national, il est toujours bon d’avoir

quelques personnalités qui sortent du lot.

Ce qui est notre cas avec nos quatre têtes

de listes pour les législatives: Ben Allard au

Nord, Daniel Frères à l’Est, Marc Goergen

au Sud et moi-même au Centre.

«Quand je pense que, nous autres

citoyens qui ne demandons qu’à partager

le savoir et la culture, les puissants et

politiciens de tous poils ne cessent de

nous traiter de Pirates…»; reconnaissezvous

cette citation et peut-on penser que

l’opposition qui y est faite est l’essence

de votre parti?

Elle appartient au Suédois, Rick Falkvinge,

qui un peu éméché au soir du réveillon

de 2006, lance le Parti Pirate. Ce n’est là

qu’une composante seulement de notre

parti politique. Il y fait aussi clairement

allusion aux utilisateurs d’internet et aux

politiciens qui n’y comprennent rien.

Rappelez-vous de ce qui se disait sur l’affaire

“Medicoleak” (ndlr: En janvier 2012, Sven

Clement s’était introduit dans la base

de données du service médicosportif du

ministère des Sports où étaient stockées

des informations médicales relatives à

49.000 athlètes. Il a été condamné par

la justice). Entre François Biltgen, alors

ministre de la Justice qui parlait «de vol et

de recel» dont la peine encourue va de 5 à 10

ans et les 500 euros qui m’ont été infligés par

le tribunal, on voit la marge…

L’origine du parti prend source dans

l’incompréhension politique du digital.

Dans un monde qui évolue si vite, comment

se fait-il que les politiques ne portent leurs

fruits qu’au bout de 10 ou 15 ans et que

nos systèmes électoraux archaïques ne

permettent pas la participation citoyenne

comme ils le devraient?

C’est pourquoi les politiciens doivent

comprendre ce sur quoi ils légifèrent et

la Chambre des Députés devrait mieux

représenter la société.

“Plus de la moitié

de l’électorat travaille

pour l’Etat...”

la xénophobie ou d’un quelconque rejet de

l’autre. L’eurobaromètre de 2017 montre

que 72% des Luxembourgeois pensent que

l’immigration est une force pour le pays.

Une minorité qui décide pour une

majorité ou faire marcher la machine

à naturaliser; est-ce là l’avenir de

la population lorsque les étrangers

résidents seront majoritaires?

Je pense que c’est un vrai problème auquel

nous n’avons pas une seule réponse. Brader

la nationalité risquerait de provoquer

un rejet et une ferme opposition des

Luxembourgeois. La naturalisation relève

aussi de l’intime et du sentiment.

Et si toutes les études montrent que la

langue luxembourgeoise ne s’est jamais

aussi bien portée, le sentiment de peur de

ne plus pouvoir le parler dans son pays

peut amener à un repli identitaire. Il est de

la responsabilité du politique que de tenir

compte des peurs et d’y répondre avec

rationalisme.

Les grands partis qui se sont emparés des

débats sur le référendum, sont les mêmes

qui aujourd’hui reculent dans certains

conseils communaux. Sous prétexte qu’un

conseiller communal ne maîtrise pas assez

bien le luxembourgeois, ils utilisent le

français. À la peur des électeurs, cela risque

d’ajouter de la colère.

Le problème ne serait-il pas plus

largement celui du candidat-fonctionnaire

et du manque de représentation du

secteur privé au sein de la classe politique

toute entière?

La classe politique est majoritairement

composée de fonctionnaires et d’avocats

et on peut y voir une déconnexion avec la

réalité du terrain. Je ne me limite cependant

pas à l’opposition public et privé car on peut

être fonctionnaire et néanmoins proche de

ce qui se fait dans le privé.

Il ne faut pas oublier que plus de la moitié

de l’électorat travaille pour l’Etat, une

société étatique ou dépend de la caisse des

pensions. Il y a un donc un problème de

démocratie dans le sens où la minorité qui

génère la richesse dont profite la majorité

des électeurs n’a pas de droit de vote au

niveau national. Il faut donc trouver un

moyen pour la représenter à la Chambre

des Députés et cela pourrait commencer

par des élus qui viendraient du secteur

privé.

Le droit de vote des résidents étrangers

a échoué pour plusieurs raisons diverses

mais dont aucune ne relève du racisme, de

La loi du 24 février 1984 sur le régime des

langues est pourtant claire: «Lorsqu’une

requête est rédigée en luxembourgeois, en

français ou en allemand, l’administration

doit se servir, dans la mesure du possible,

pour sa réponse de la langue choisie par le

requérant»…

Force est de constater que cela n’est

pourtant pas respecté pour les questions

en luxembourgeois. Ce qui participe à la

gronde générale des électeurs.

L’idée de tout traduire en luxembourgeois,

y compris le droit est une idée au mieux,

dérisoire et au pire, complètement folle. Le

multilinguisme fait partie intégrante de la

culture de ce pays et il suffit de se plonger

dans les archives nationales pour s’en rendre

compte. Des premiers actes de naissance

rédigés en français sous Napoléon, puis en

allemand avec l’imprimerie, de nouveau

en français après la Seconde Guerre

mondiale et le formidable essor de la

langue luxembourgeoise dans les années

80, aujourd’hui le luxembourgeois est aussi

vivant du monde digital et des milliers de

sms, mails ou commentaires au quotidien. n


50 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 210 - MAI 2018

Les jeux sont-ils déjà faits?

PAR JULIEN BRUN

INTERVIEW POLITIQUE

Avec 30,44% des voix et 209 sièges, le CSV est sans conteste

le grand gagnant des élections communales de 2017.

Le «Chrëschtlech-Sozial Vollekspartei» s’est même offert

le luxe de s’implanter dans le Sud, et notamment à Esch-sur-

Alzette, jusqu’alors bastion historique du LSAP. Le vent des

sondages en poupe, certains commentateurs vendraient déjà

la peau de l’ours à quelques mois des élections législatives,

mais «les communales ne sont pas les législatives», rappelle

Marc Spautz, président du Parti chrétien-social.

Le CSV espère-t-il profiter de sa lancée

des communales pour remporter les

élections législatives ainsi que le poste

de Premier ministre?

Je l’espère, oui, mais il ne faudrait pas

confondre les deux pour autant car ce n’est

pas tout à fait le même électorat puisque les

résidents non-luxembourgeois ne votent

pas aux législatives. À en croire les dernières

élections et les sondages, c’est une bonne

affaire pour nous mais je préfère gagner les

élections et non les sondages.

Quelle stratégie politique face à une

hypothétique coalition DP, LSAP, déi

Gréng?

Notre objectif est de gagner les élections

mais aussi que les trois autres partis ne

reçoivent pas plus que 30 sièges. Car,

malgré les déclarations de non-coalition,

il est certain que dans le cas contraire, ils

feront tout pour que nous restions encore

cinq ans dans l’opposition.

C’est ensuite aux électeurs de nous dire qui

sont les gagnants avec qui nous pourrions

engager les négociations.

Il faut dire que c’est la première fois dans

l’histoire qu’une coalition fait tout pour

laisser le plus grand parti politique du pays

dans l’opposition. Le CSV a 23 sièges,

les socialistes et les libéraux 13; c’est là

une grande différence. Je pense que le

message des électeurs, il y a cinq ans, a été

celui d’une coalition entre le CSV et les

libéraux, mais ils ont préféré celle que l’on

connaît. Si je tourne la page aujourd’hui,

j’espère que les électeurs nous donneront

un mandat pour qu’il ne soit plus possible

de constituer un gouvernement sans le

CSV.

On vous sent très virulent contre le

gouvernement, est-ce que la campagne

aurait déjà commencé?

Nous venons de présenter nos listes

et allons bientôt faire de même avec

notre programme mais cela ne doit pas

nous empêcher de critiquer l’action

gouvernementale, ainsi que les cadeaux

faits à gauche et à droite. Leur campagne

a commencé dès le lendemain de la

gifle électorale qu’ont reçu les partis

de la coalition gouvernementale aux

communales.

“Je préfère gagner

les élections et

non les sondages”

Quel regard portez-vous sur la communication

du DP?

On voit bien qu’ils se servent du poste

de Premier ministre pour faire passer le

message que Xavier Bettel est une personne

conviviale et qu’il a des facilités pour

discuter avec les gens mais il faut aussi

regarder la réalité. S’il est présent sur la

scène internationale avec Macron, Michel

et Merkel, il est aussi le grand absent de la

politique nationale qu’il cède à ses ministres.

Manque-t-il une génération de jeunes

au CSV?

Certes, Vivianne Reding est la plus âgée

avec 67 ans mais nous avons beaucoup

de candidats de 20 à 40 ans. C’est là un

grand changement au sein du parti même

si, ne l’oublions pas, Michel Wolter avait

commencé à 21 ans.

Quels seront les grands thèmes des

élections législatives selon vous?

Je dirais les politiques sociales et de travail.

Même si le gouvernement déclare que la

situation est meilleure qu’avant et que,

certes, notre situation est meilleure que

celle de nos voisins, le «Sozialalmanach»

de la Caritas, ainsi que les déclarations de

la Chambre des Salariés dénoncent tout

de même des problèmes de pauvreté et

d’emplois.

Quel regard portez-vous sur les 120

millions d’euros d’investissements

luxembourgeois d’ici 2028 en

terres lorraines pour améliorer les

infrastructures de mobilité?

Ce n’est pas la première fois et je crois

qu’il est important que nous cherchions

des solutions de mobilité et l’une d’elle, est

la construction de P&R à la frontière. Le

Luxembourg profite de la main-d’œuvre

frontalière et il faut investir dans des projets

précis, notamment en matière de mobilité.

C’est un bon début mais je suis sûr qu’il

y aura d’autres projets transfrontaliers à

l’avenir.

Pensez-vous que la situation

démocratique actuelle sera tenable

lorsque les résidents étrangers seront

majoritaires dans le pays?

Le CSV pense à la création d’une

Chambre, qui, à l’image des chambres

professionnelles, représenterait les intérêts

des résidents non-luxembourgeois et des

frontaliers et prendrait position sur tous les

sujets qui les concernent.

Avec le résultat clair de 80% contre le

droit de vote des étrangers aux élections

législatives, je ne vois pas ce qu’on pourrait

faire d’autre d’ici les cinq à dix ans à venir. n


Marc Spautz


52 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

INTERVIEW POLITIQUE

Créer des perspectives

positives

PAR MARTINA CAPPUCCIO

Le 22 mai dernier, déi Lénk a dévoilé son programme électoral

provisoire. Quelques jours plus tard, Carole Thoma, son porteparole,

a prêté sa voix au parti afin de nous communiquer ses

ambitions pour le Luxembourg. A quatre mois des élections

législatives, le parti de gauche s’attaque aux questions sociales,

économiques, écologiques et démocratiques qui touchent le

pays. Explications.

Quels sont les priorités de votre

programme en vue des prochaines

élections législatives?

Nous estimons que le Luxembourg a

besoin de transitions sociales, écologiques,

économiques et démocratiques; ce sont les

quatre piliers sur lesquels notre programme

est fondé.

Au Luxembourg certaines personnes

travaillent 40 heures par semaine et vivent

tout de même sous le seuil de pauvreté.

Une de nos priorités est donc de relever

le salaire social minimum pour que les

personnes travaillant à temps plein puissent

vivre dignement grâce à leur salaire.

Nous voulons également réduire le taux de

chômage et à ce titre, l’Etat a un rôle majeur

à jouer en se positionnant comme employeur

en dernier ressort. Pour ce faire, l’offre de

services publics au niveau de l’Etat et des

communes devrait être développée pour offrir

un travail, rémunéré au salaire minimum,

à l’ensemble des personnes pour lesquelles

l’Adem n’aurait pas trouvé d’emploi.

Peut-on parler de déficit de démocratie

lorsque l’on analyse le système électoral

luxembourgeois?

Effectivement et c’est la raison pour

laquelle nous aimerions également relancer

la discussion sur le droit de vote pour les

résidents étrangers. Ces derniers sont

également des travailleurs, locataires ou

propriétaires au Luxembourg et sont donc,

à ce titre, concernés par les évolutions

législatives du pays. Nous devrions déjà

commencer par donner davantage de

pouvoir aux délégations en entreprises,

les salariés pourraient ainsi mieux se faire

entendre à ce niveau.

“Relever le

salaire social

minimum pour

que les personnes

travaillant à temps

plein puissent vivre

dignement grâce

à leur salaire”

Le volet démocratique de la campagne

déi Lénk est par ailleurs mis en évidence

dans notre programme électoral puisque

nous invitons tous les citoyens à prendre

connaissance de sa version provisoire

et à la commenter pour la faire évoluer.

Nous sommes par ailleurs le seul parti à

avoir créer une proposition de nouvelle

constitution, comprenant de nombreuses

alternatives. Nous pensons qu’un débat

public avec une participation active de la

population est en tout cas nécessaire pour

revoir en profondeur la constitution.

Pensez-vous que le pays puisse assumer

une croissance prévue à 3,1% d’ici

à 2021 au regard des problèmes de

mobilité et de logement déjà existants à

l’heure actuelle?

Nous ne critiquons pas la croissance en soi,

mais nous ne pouvons pas la faire dépendre

essentiellement de la place financière car

cette situation n’est pas durable. Nous

voudrions que la croissance concerne

davantage de secteurs économiques et qu’elle

débouche sur une meilleure répartition des

richesses dans tous les secteurs et dans toutes

les classes sociales. De plus, cette croissance

n’a pas été planifiée, il devient donc urgent

de se pencher sur des sujets tels que le

logement et la mobilité.

Nous pensons qu’il faut investir dans les

transports en commun afin de développer

une plus grande offre et de les rendre

gratuits pour tous dans le but de réduire

l’impact de la mobilité individuelle sur

le trafic. De plus, les infrastructures de

mobilité doivent se développer au-delà


des frontières luxembourgeoises et au sein

de la Grande Région pour créer davantage

d’offre de transport en commun frontaliers.

Au niveau du logement, nous travaillons

depuis des années sur un projet à trois

facettes. Tout d’abord, nous voudrions

augmenter les taxes sur les logements et

terrains inoccupés pour éviter la spéculation

et inciter les propriétaires à leur mise

sur le marché. Ensuite, nous devons

dédier davantage de terrains publics à la

construction. Enfin, nous devons renforcer

les droits des locataires et leur information;

par exemple, beaucoup ne savent pas que les

loyers sont plafonnés par les commissions

de loyer. De plus, nous avons émis une

proposition de loi visant à donner la

charge des frais d’agence immobilière

aux propriétaires plutôt qu’aux locataires,

mais elle n’a pas été retenue par les autres

partis. Le Luxembourg a besoin de 6.500

nouveaux logements par an et le marché ne

peut pas supporter une telle charge à l’heure

actuelle, l’Etat doit donc jouer un rôle dans

la construction massive de logements.

Comment opérer une transition écologique

dans le pays?

Nous voudrions arriver à long terme

à 100% de consommation d’énergies

renouvelables. Pour cela, nous voulons

commencer par inscrire les objectifs de la

COP21 dans la législation. Par ailleurs nous

estimons que nous pourrions fournir des

efforts supplémentaires et pousser notre

engagement plus loin. Par exemple, le

Luxembourg pourrait produire davantage

d’énergies renouvelables et pousser à la

consommation des produits de l’agriculture

biologique locale afin de réduire son

export. Nous avons en effet une agriculture

importante, mais peu consommée, nous

voulons donc encourager la population à

consommer davantage les produits locaux.

Comment trouver les ressources économiques

pour financer de tels projets?

Nous souhaitons également une nouvelle

réforme fiscale pour financer nos meures

Carole Thoma

sociales. Par exemple, nous voudrions

élever les taxes sur le capital et les rendre

ainsi plus importante que celles sur les

salaires. Nous voudrions également élever

les taxes sur les entreprises et baisser en

contrepartie les impôts sur les ménages.

En mettant en place ces éléments, nous

libérerions suffisamment de ressources

pour nos projets. n


54 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 207 - FÉVRIER 2018

Les Terres Rouges

devenues orange

PAR MARTINA CAPPUCCIO

INTERVIEW POLITIQUE

Le 14 novembre dernier, la commune d’Esch-sur-Alzette a

accueilli son nouveau bourgmestre, Georges Mischo. Cette

victoire du CSV dans un bastion historiquement socialiste

promet de grands changements à bien des niveaux. Georges

Mischo a accepté de commenter une partie de son programme

et d’ainsi nous communiquer sa vision à moyen terme pour la

deuxième ville du pays. Rencontre.

Parcours

Professeur d’éducation physique jusqu’il y

a peu, Georges Mischo a été plongé dans

le monde politique dès son plus jeune âge

par le biais de l’engagement de son père.

Développant un intérêt certain pour la

politique communale et nationale, ce n’est

qu’à la deuxième invitation du CSV en 2011

qu’il prend la décision de se présenter sur les

listes de son parti aux élections communales,

sous l’impulsion de François Biltgen et de

François Maroldt. «Cet engagement je l’ai

pris très au sérieux, quand je m’investis c’est

à 100%», explique le bourgmestre.

Esch change de couleur

Pour la première fois, la commune d’Eschsur-Alzette

a, à sa tête, un bourgmestre

CSV en la personne de Georges Mischo.

C’est également une première défaite pour

le LSAP qui ne fait pas partie de la coalition

au pouvoir. «Je ne m’attendais pas à cette

victoire, j’espérais que le CSV progresserait

et même qu’il fasse partie de la coalition,

mais je n’avais pas pensé devenir le prochain

bourgmestre», nous confie-t-il.

Selon lui, les résultats des élections

communales peuvent notamment s’expliquer

par le besoin de changement ressenti dans

la commune. Face à un LSAP vieillissant, la

liste du CSV proposait une équipe jeune et

dynamique ainsi qu’un programme innovant:

«Je pense que ce qui a plu à notre électorat

est le renouveau que nous symbolisons»,

explique Georges Mischo.

Mais il n’entend pas s’arrêter sur cette

victoire; ainsi il se présentera également aux

législatives pour le CSV. Il tient toutefois

à préciser: «Même si les sondages sont

plutôt en notre faveur, ils n’ont jamais été

suffisants pour remporter des élections,

nous ne nous reposons donc pas sur nos

lauriers ou sur nos avancées aux élections

communales».

“Ce qui a plu

à notre électorat,

c’est le renouveau

que nous

symbolisons”

Une vision sur le long terme

En 2017, Esch-sur-Alzette enregistrait

un taux de chômage de 13,2%, la

positionnant ainsi comme la moins bonne

élève du Sud. Georges Mischo compte

régler ce problème à la source: l’offre de

formations. La métropole du fer compte

environ 3.400 élèves et ses écoles peinent

à tous les accueillir dans des conditions

optimales. «Beaucoup de bâtiments doivent

être rénovés et l’offre d’établissements

scolaires et de maisons relais renforcée

dans les quartiers Wobrécken et Kleppen

afin de désengorger les autres écoles de la

commune», constate-t-il.

Cette évolution initiée dans les écoles est

la première étape d’une redynamisation du

marché de l’emploi dans la commune. En

proposant une offre de formation plus grande,

notamment en valorisant les métiers de

l’artisanat, le bourgmestre entend élargir les

possibilités d’emplois et créer des partenariats

avec des entreprises locales afin de favoriser

les stages en entreprise ou les contrats

d’apprentissage. «Nous voulons créer des

tremplins pour l’emploi», ajoute-t-il.

Ces changements se répercuteraient à tous

les niveaux: si la commune propose davantage

d’établissements scolaires et crée de l’emploi,

elle devra également renforcer l’offre

résidentielle et les Eschois pourront travailler à

proximité de leur domicile et désengorgeront

les routes. De plus, les commerces pourront à

nouveau fleurir dans des quartiers dynamiques

et hautement fréquentés.


La mobilité, un problème de taille

Esch-sur-Alzette souffre de grands

problèmes de circulation. Les Eschois se

retrouvent régulièrement coincés dans

d’interminables embouteillages sur le

boulevard J.F. Kennedy, à proximité de la

gare. «Nous voulons réaliser au plus vite

un boulevard entre Micheville et Eschsur-Alzette

afin de faciliter l’accès des

frontaliers français à la ville», explique

Georges Mischo. Mais au-delà de la

mobilité, le stationnement pose également

question. «Avant la création de nouveaux

emplacements, nous devons promouvoir

certains parkings existants souvent

méconnus du grand public. Par exemple, le

parking du Brill propose un tarif avantageux

et pourtant il n’est pas utilisé au maximum

de son potentiel», poursuit-il.

Pour favoriser la mobilité douce, le projet

de piste cyclable reliant Belval et Esch-sur-

Alzette fait actuellement l’objet d’une étude

de faisabilité dont le principal obstacle

reste la nécessité de traverser le site

d’ArcelorMittal. «Nous allons également

renforcer notre collaboration avec notre

réseau de transport communal, TICE,

alimenté au gaz naturel. Pour le compléter,

nous sommes en contact avec la startup

Kuss Bus pour tenter de mettre en place un

système de bus sur commande», prévoit le

bourgmestre.

A plus grande échelle, le projet d’un couloir

reliant sur l’A4 Esch à Luxembourg et

qui serait dédié à un bus à haut niveau de

service ainsi qu’à une piste cyclable fait de

plus en plus parler de lui. «Je pense que cela

serait la manière la plus efficace et la moins

Georges Mischo

onéreuse de régler les problèmes de trafic

routier sur cet axe et dans le sud du pays».

Enfin, le bourgmestre veut négocier avec

les CFL dans le but d’établir de meilleures

connexions avec le reste du pays. Ce dernier

est réaliste: «Pour que les usagers utilisent

les transports en commun, il faut que nous

leur garantissions un certain confort et

cela passe par de bonnes connexions et des

horaires intéressants». n


Claude Haagen


LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 207 - FÉVRIER 2018

57

Rouge au cœur

PAR JULIEN BRUN

À quelques mois des élections législatives, les partis politiques

du pays affûtent encore leurs programmes. Pour l’heure,

les groupes de travail du LSAP planchent sur les sujets qui

alimenteront les débats à venir. Une occasion pour LG de

revenir sur l’état du socialisme luxembourgeois. Interview de

Claude Haagen, président du LSAP.

Comment expliquez-vous la débâcle

des communales d’octobre dernier,

y-a-t-il une perte de confiance chez les

électeurs?

Certes nos derniers résultats sont en effet

moins bons que les communales de 2011

et 2005 pour lesquelles nous avions fait

de très bons scores. Si nous avons perdu

la ville d’Esch-sur-Alzette, nous restons

néanmoins la deuxième force politique

du pays. C’est donc une défaite mais

certainement pas une «débâcle».

Pour ce qui est de la confiance des

électeurs, il ne faudrait pas perdre de vue

que durant les élections communales, les

citoyens votent en fonction de ce qui a été

réalisé au cours des six dernières années

et en fonction des programmes des six

prochaines.

Le socialisme en général et le LSAP en

particulier fait-il encore espérer?

Je le pense, oui. Il ne faut pas oublier

que le LSAP a réalisé des projets

sociétaux ambitieux au sein de la coalition

gouvernementale, je pense au congé

parental, à la réforme fiscale ou encore à la

séparation de l’église et de l’état (qui n’est

pas vraiment un sujet populaire).

Si notre programme électoral n’est pas

encore rédigé, nous devrons encore

y inscrire des programmes sociaux et

notamment ceux qui favoriseront la

répartition du capital au niveau de la

population résidente et frontalière.

Le LSAP n’est-il pas victime de

l’embourgeoisement des électeurs?

Certes, la distinction entre les régimes

«d’ouvriers» et «d’employés» a disparu

mais il ne faut pas oublier que le régime

unique des «salariés» est aussi une victoire

du LSAP. Cela ne signe pas pour autant

la mort du socialisme mais implique que

nous repensions nos orientations tout en

préservant nos valeurs.

Je prends pour exemple la digitalisation qui

va nécessiter de nombreux cadres législatifs

à venir. Avec les embouteillages et les

problèmes de mobilité, nous devons penser

des solutions telles que le télétravail qui va

nécessiter de nombreux cadres législatifs.

Notre famille politique a une légitimité de

par ses connaissances, son histoire et ses

valeurs en droit du travail qui sont de réels

atouts dans l’élaboration de la législation en

la matière.

Dix jeunes socialistes ont récemment

appelé à rajeunir et à féminiser le LSAP

dans une tribune du Tageblatt, fautil

pour cela refondre le LSAP d’ici les

législatives?

Il existe des discussions diverses et notamment

sur la composition du parti pour les années

à venir mais ce ne sont pas pour autant des

divisions. Je suis personnellement favorable

au rajeunissement et à la féminisation du

LSAP et de son pouvoir exécutif mais il serait

inutile de refondre le parti pour en arriver là.

La force du LSAP, c’est le dialogue: la tribune

dont vous parlez en fait partie et je discute

régulièrement avec ses signataires.

Faisant référence à la création d’un

grand parti de gauche qui ferait barrage

à la droite en cas d’une victoire trop

écrasante du CSV aux législatives,

Etienne Schneider a répondu à un

confrère de Paperjam «j’y pensais»;

dès lors le CSV est-il un partenaire de

coalition envisageable pour le LSAP?

Je sais déjà que cette question me sera

posée au moins une fois par semaine durant

les six prochains mois. Je ne connais pas

pour l’heure le programme électoral du

CSV comme ils ne peuvent pas connaître le

nôtre et je continuerai de répondre que tout

dépendra des résultats des élections.

Pour ce qui est d’un hypothétique grand

parti de gauche, avec quel parti de gauche

le LSAP pourrait-il se fondre? Je ne partage

pas cette idée, déjà mort-née, et lui nonplus

d’ailleurs: ce qu’Etienne Schneider a

voulu dire, c’est qu’à la suite de la défaite

du Parti Socialiste français, Emmanuel

Macron a profité d’un regroupement

de sensibilités politiques diverses. C’est

tout autre chose qu’«un grand parti de

gauche» et n’oublions pas qu’une élection

présidentielle française reste bien différente

d’une élection législative luxembourgeoise.

Existe-t-il un déficit démocratique à

Luxembourg dès lors que sur les 3.575

candidats aux communales de 2017,

seuls 267 étaient des résidents nonluxembourgeois

(qui représentent

47,7% de la population) et que sur les

285.319 électeurs inscrits, les «résidents

étrangers» n’étaient que 34.340?

Je crois que le gouvernement ainsi que

tous les partis politiques ont fait des efforts

afin de sensibiliser les résidents nonluxembourgeois

à exprimer leurs voix.

S’inscrire sur les listes de sa commune

reste néanmoins une décision personnelle

et force est de constater que beaucoup qui

le pourraient ne le font pas. Je ne sais pas

pourquoi.

Les élections communales sont pourtant

l’occasion de s’identifier à sa ville et aux

projets qui ont été réalisés et ceux à venir. n


58 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 212 - JUILLET 2018

Transformer les défis

en opportunités

PAR MARTINA CAPPUCCIO

INTERVIEW POLITIQUE

Au terme d’un mandat particulièrement chargé dans la

coalition DP-LSAP-déi gréng, François Bausch, ministre du

Développement durable et des Infrastructures et tête de liste

déi gréng pour le Centre, s’apprête à affronter de nouvelles

élections. Le ministre a accepté de revenir avec nous sur son

mandat et nous parle des ambitions des Verts pour l’avenir

du pays.

Que retenez-vous de vos cinq années de

mandat?

Nous avons fait un pas vers un changement

de paradigme de la mobilité grâce aux

investissements réalisés, notamment

dans de nouvelles infrastructures (gares,

tram,…), ou encore grâce à l’approche de

la mobilité que nous avons développée avec

le MoDu 2.0. Il est très important que la

prochaine législature continue à développer

les approches de mobilité tant pour le

développement économique du pays, que

pour la qualité de vie des habitants.

J’ai également pris le parti de revoir

entièrement la loi sur l’aménagement

du territoire, tout en considérant l’avis

des communes concernant les nouveaux

plans sectoriels. Cette première étape

pourra, je l’espère, servir de base au

prochain gouvernement pour entièrement

reformuler le plan directeur de

l’aménagement du territoire. Je pense

également que la participation citoyenne

devra continuer à être au centre des

démarches pour une plus grande efficacité.

Le bilan de notre gouvernement est positif

que ce soit au niveau du chômage, de la

création d’emplois, des finances publiques,

des investissements réalisés,... Si les

électeurs nous confirment qu’ils souhaitent

voir reconduire le gouvernement actuel,

nous ne serions pas déçus puisque nous

savons que cette coalition fonctionne. Quoi

qu’il arrive, nous respecterons la volonté

des électeurs et resteront ouverts à d’autres

coalitions.

Quels sont les grands thèmes des

prochaines élections législatives pour

déi gréng?

La manière dont nous allons gérer la

croissance et diversifier notre économie

dans le futur est une question centrale pour

les citoyens. A mon sens, nous devrions

tendre vers une diversification de notre

économie grâce au secteur qui a le plus

de potentiel, à savoir les technologies de

l’environnement.

“Diversifier notre

économie grâce au

développement des

technologies de

l’environnement”

Protéger l’environnement et la nature c’est

protéger les conditions nécessaires à la

survie de l’humain. La question de l’écologie

est pour moi la plus importante du XXI e

siècle. Derrière cela se cachent d’énormes

opportunités, notamment de développement

économique: créer des éoliennes, un

tram, investir dans les technologies de

l’environnement,… cela crée une croissance

positive. Ce domaine nous offre de

très grandes perspectives de croissance

économique tout en améliorant la qualité de

vie, c’est le levier d’une croissance qualitative.

Par exemple, la création du tram a profité

à des entreprises luxembourgeoises en

leur faisant bénéficier d’un rayonnement

international en plus d’avoir créé de

l’emploi au Luxembourg. Créer un tram

dernière génération à la technologie de

pointe a non seulement favorisé la mobilité

douce dans le pays mais a également

profité au tourisme. D’autres entreprises

luxembourgeoises s’illustrent aujourd’hui

dans la recherche de produits isolants

durables et qualitatifs: ces produits nous

aideront à avoir une meilleure efficience

énergétique et représentent pour nous une

opportunité économique.

La croissance prévisionnelle de 3,1%

sur la période 2017-2021 ne risque-telle

pas de déboucher sur des problèmes

de logement et de mobilité…

Je ne pense pas que nous soyons arrivés

à une impasse dans ces domaines, mais

certains changements doivent être effectués

au niveau du développement spatial du pays.

Aujourd’hui la plupart d’entre nous

travaille à des dizaines de kilomètres de

notre lieu d’habitation lui-même excentré

par rapport à l’endroit où les loisirs sont

consommés, ce qui crée des problèmes de


mobilité puisque nous avons absolument

besoin d’une voiture pour effectuer ces

trajets. Il faut donc que nous réfléchissions

à créer des zones d’habitation là où l’on

retrouve des emplois.

De plus, parmi les 500 hectares inscrits

dans le plan sectoriel dédié au logement,

presque la moitié appartient au secteur

public. Parmi ces 250 hectares, nous

avons l’objectif clair de créer des zones

de logements abordables, également

locatifs, où nous devrons mélanger les

fonctionnalités. Ces friches sont réparties à

travers le pays et sont une grande ressource

pour le développement économique et

urbain du pays.

Bien que le Luxembourg soit limité dans

son développement par ses frontières, les

pays frontaliers ont des friches industrielles

qu’il serait possible de valoriser. Le moteur

économique luxembourgeois peut aider au

développement de ces régions laissées à

l’abandon depuis le déclin de la sidérurgie.

A terme, des emplois pourraient être créés

à la frontière et ainsi diminuer les trajets des

frontaliers.

Suite au décès de Camille Gira et au

départ de Françoise Folmer, déi gréng

est-il prêt à affronter les législatives

dans la circonscription Nord?

La perte de Camille Gira a été aussi

soudaine que tragique et Claude Thurmes,

son remplaçant, n’occupe pas une

position facile. Son parcours politique est

directement lié à celui de Camille Gira et

je pense que nous avons fait le bon choix en

lui demandant de prendre la relève. Il a très

vite accepté, notamment en mémoire de son

prédécesseur, et se lance à 100% dans cette

bataille avec l’équipe soudée qui l’entoure.

De plus, nous avons réussi à rassembler une

équipe jeune dans le Nord qui comprend

aujourd’hui une majorité féminine et

plusieurs candidats de moins de 40 ans.

Tous ancrés dans leur région, ils sont menés

par un Claude Thurmes expérimenté.

Le taux de résidents étrangers vivant au

Luxembourg s’élève aujourd’hui à 47,9%.

Existe-t-il un déficit démocratique au

Luxembourg dès lors qu’une part aussi

importante de la population résidente ne

peut pas voter lors des législatives?

Nous avons déjà proposé un référendum à

ce sujet qui n’a pas abouti et nous devons

le respecter. Nous avons toutefois réformé

François Bausch

le processus d’obtention de la double

nationalité par la suite et avons d’ailleurs

compté trois fois plus de naturalisation

l’année dernière grâce à cette démarche;

toutes ces personnes peuvent aujourd’hui

voter.

L’Etat et les collectivités locales doivent

motiver leurs résidents à utiliser davantage

les instruments de participation active dont

on dispose déjà, comme le vote aux élections

communales et européennes, pour parvenir

à un meilleur niveau de participation de la

part des résidents étrangers.

Je pense que l’intégration des résidents

doit être une question prioritaire et cela

passe notamment par un apprentissage

renforcé de la langue luxembourgeoise

pour favoriser l’inclusion. Il faut toutefois

empêcher de faire de cette langue un outil

d’exclusion. n


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62 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 207 - FÉVRIER 2018

SOCIÉTÉ

Harcèlement sexuel au travail:

notion et sanction

Aux termes de l’article L. 245-2 du code du

travail «Constitue un harcèlement sexuel

à l’occasion des relations de travail au sens

du présent chapitre tout comportement

à connotation sexuelle ou tout autre

comportement fondé sur le sexe dont celui qui

s’en rend coupable sait ou devrait savoir qu’il

affecte la dignité d’une personne, lorsqu’une

des conditions suivantes est remplie:

1. le comportement est non désiré,

intempestif, abusif et blessant pour la

personne qui en fait l’objet;

2. le fait qu’une personne refuse ou accepte un

tel comportement de la part de l’employeur,

d’un salarié, d’un client ou d’un fournisseur

est utilisé explicitement ou implicitement

comme base d’une décision affectant les droits

de cette personne en matière de formation

professionnelle, d’emploi, de maintien de

l’emploi, de promotion, de salaire ou de toute

autre décision relative à l’emploi;

3. un tel comportement crée un

environnement intimidant, hostile, dégradant,

humiliant ou offensant à l’égard de la personne

qui en fait l’objet. Le comportement visé peut

être physique, verbal ou non verbal.

4. L’élément intentionnel du comportement

est présumé».

Il appartient à chaque individu de déterminer

quel comportement il veut accepter et

quelle conduite il juge opportune. En effet

le harcèlement sexuel, qu’il porte préjudice

à l’environnement de travail de la victime

ou qu’il soit utilisé comme base d’une

décision affectant ses droits (chantage sexuel

ou harcèlement quid pro quo), doit être

ressenti comme offensant et indésirable par

celui qui en fait l’objet. Que cette attention

à connotation sexuelle soit délibérée ou

involontaire de la part de son auteur est sans

importance. Si la personne qui fait l’objet

de cette attention est gênée par celle-ci, ce

comportement doit être considéré comme

harcèlement sexuel.

Il s’agit donc d’une notion essentiellement

subjective dans le chef de la victime.

L’employeur a l’obligation de s’abstenir

de tout fait de harcèlements sexuels à

l’occasion des relations de travail, de veiller

à ce que tout harcèlement sexuel dont il a

connaissance cesse immédiatement et de

prendre toutes les mesures de prévention

nécessaires pour assurer la protection de la

dignité de toute personne à l’occasion des

relations de travail.

“Le harcèlement

sexuel à l’occasion

des relations de

travail constituant

une faute grave…”

La violation de ces obligations accessoires

par rapport aux obligations principales

découlant du contrat de travail est de nature

à engager la responsabilité de l’employeur.

En effet, le salarié victime d’un acte

de harcèlement sexuel peut refuser de

poursuivre l’exécution du contrat de travail

et résilier le contrat de travail sans préavis

pour motif grave avec dommages et intérêts

à charge de l’employeur dont la faute,

appréciée par référence à l’article L. 245-4,

a occasionné la résiliation immédiate.

L’employeur de son côté doit veiller

à ce que tout harcèlement dont il a

connaissance, cesse immédiatement en

prenant des mesures adéquates à l’égard de

la personne qui en est l’auteur.

Le harcèlement sexuel à l’occasion des

relations de travail constituant une faute

grave au sens de la législation du travail, ces

mesures peuvent aller jusqu’au licenciement

de la personne dont le comportement est

intolérable, outrageant et offensif.

Lorsqu’il n’est pas reproché à l’employeur

d’avoir commis les faits invoqués, mais

de ne pas avoir pris toutes les mesures

nécessaires pour faire cesser le harcèlement

sexuel, la victime doit rapporter la preuve

qu’elle avait informé l’employeur dans le

mois de sa démission du comportement

inadmissible de l’auteur de l’attention à

connotation sexuelle ressentie comme

offensante et indésirable et que l’employeur

n’a pas pris immédiatement, dès qu’il en ait

connaissance, des mesures pour faire cesser

ce harcèlement sexuel à son égard.

La responsabilité de l’employeur n’est

engagée du faut d’actes de harcèlement

sexuel commis par un de ses salariés que

s’il a commis une faute en omettant de faire

cesser immédiatement ce harcèlement dès

qu’il en a eu connaissance ou de prendre les

mesures de prévention nécessaires.

Dès lors que la connaissance de faits

de harcèlement par l’employeur est la

condition nécessaire de son omission fautive

de prendre les mesures appropriées pour les

faire cesser, il incombe au salarié, en cas de

contestation afférente de l’employeur, de

rapporter d’abord cette preuve.

L’employeur doit connaitre les faits précis

reprochés à l’auteur du comportement

à connotation sexuelle non désiré des

rumeurs ne sauraient être considérées

comme suffisantes pour valoir information

au sens de la loi.

L’employeur de son côté doit veiller

à ce que tout harcèlement dont il a

connaissance, cesse immédiatement en

prenant des mesures adéquates à l’égard de

la personne qui en est l’auteur.

Le harcèlement sexuel à l’occasion des

relations de travail constituant une faute

grave au sens de la législation du travail, ces

mesures peuvent aller jusqu’au licenciement

de la personne dont le comportement est

intolérable, outrageant et offensif.

L’auteur d’un harcèlement sexuel peut aussi

se voir infliger d’autres sanctions, comme

une mutation, un avertissement ou toute

autre mesure destinée à éloigner de la

victime l’auteur présumé.


L’employeur doit être attentif à l’usage

qu’il faut de son pouvoir disciplinaire.

Le principe de proportionnalité doit être

respecté.

Il appartient certes à l’employeur de choisir

celles des sanctions qui lui paraît la plus

adéquate pour faire immédiatement cesser

ledit comportement, sauf à respecter

l’article L.245-4 (2) dernière phrase qui

lui interdit de prendre des mesures au

détriment de la victime du harcèlement

sexuel.

Il appartient en outre aux juridictions

du travail, pour le cas où l’employeur a

décidé de licencier le salarié fautif qui

querelle la sanction abusive, de rechercher

si cette dernière était justifiée et si le

comportement du salarié constituait un

motif de licenciement. L’employeur dans sa

décision doit tenir compte des antécédents

professionnels, de la situation sociale et

de tous les éléments pouvant influer sur la

responsabilité du salarié.

Il a été retenu par exemple qu’était

justifié le licenciement d’un salarié qui

«draguait lourdement le personnel féminin

d’une société» (TLUX, 28/06/1999,

3209/99). A l’inverse a été déclaré abusif

le licenciement immédiat d’un salarié

dont le harcèlement consistait à faire

des remarques à connotation sexuelle

«qui pour être totalement déplacées et

témoigner du niveau intellectuel de celui

qui les a faites, n’auraient éventuellement

plus été continuées, si leur auteur avait

été sérieusement sermonné» (C.S.J.,

12/11/2009, 34066). n

David Giabbani

Source photo: Etude Giabbani


64 LG

BEST OF & GUIDE 2018

SOCIÉTÉ

Le green des beaux jours

Situé au cœur des trois frontières, le domaine de 107 hectares

de gazons, de forêts et de plans d’eau est entouré par un mur

de pierre de l’époque napoléonienne. Non loin du château qui

porte le même nom, le Golf de Preisch est la référence des

greens de la Grande Région depuis presque 20 ans. Philippe

Giot, qui en est le directeur général délégué, nous en fait une

visite guidée.

Dans l’ère du temps

Le golf de Preisch s’inscrit dans son

époque avec l’organisation d’événements

d’entreprise, de renforcement d’équipe ou

encore de séminaires, mais aussi de journées

d’initiation, le dimanche, pour permettre

à tous de découvrir des installations de

premier ordre.

Idéalement situé

Sorti de terre en 1998, le Golf de Preisch

possède trois parcours de neuf trous,

logiquement nommés Allemagne, France

et Luxembourg. Trois parcours dessinés par

les meilleurs concepteurs et qui permettent

de se renouveler à chaque visite. L’idée forte

du lieu est de rendre le golf ludique et de

susciter de nouvelles vocations. «Ce sport

évolue et les comportements changent avec

cette évolution», note Philippe Giot, son

directeur. «De plus en plus, les golfeurs

veulent découvrir de nouveaux parcours sans

nécessairement rester fidèles au même club».

Un club équipé d’un restaurant accessible

à tous mais aussi d’un lounge avec billard,

d’une salle de musculation et de deux

simulateurs pour parfaire sa technique les

jours de mauvais temps sont à disposition

des membres. Une salle permet d’accueillir

des séminaires de toute dimension, de

quatre à deux cents personnes, tandis que le

Bistrot swing est le lieu idéal pour organiser

mariages, fêtes de famille et banquets.

Moderne, idéalement situé à 20 minutes

de Luxembourg et 45 minutes de Metz, le

Golf de Preisch est un espace de tranquillité

facilement accessible par l’autoroute A13.

Une école de qualité

Le domaine dispose aussi de sa propre

académie, le Preisch Performance Golf

Center où trois professeurs accompagnent,

forment et conseillent, débutants et joueurs

confirmés. Le Club Junior compte 70 enfants

qui se répartissent selon les calendriers

scolaires français et luxembourgeois.

«Le golf est un sport d’intégrité morale

dans la mesure où le joueur compte luimême

ses coups et applique une certaine

rigueur», explique le directeur. Le swing

est en effet un geste complexe qui demande

de la concentration, de la discipline et de

l’application, il n’est donc pas étonnant

que de nombreux parents constatent une

amélioration des résultats scolaires au fil

des entrainements.

“Trois parcours

de neuf trous,

logiquement

nommés

Allemagne, France

et Luxembourg”

«Nous disposons ici de conditions

exceptionnelles pendant près de huit mois

par an». Vue plongeante sur la Moselle au

Sud, sur le Luxembourg au Nord et sur

l’Allemagne à l’Est, le club dépayse dès

les premiers pas. Sur la route, un terrain

de cricket transporte dans l’Angleterre,

tandis que le château des lieux lorgne sur

les greens.

Ceux qui n’ont jamais tenté un swing ne

devraient pas hésiter à le faire sur le practice

du club, ludique et parfaitement exposé.

A ses côtés, un putting range et un chipping

range complètent les possibilités de

s’améliorer, à quelques pas du club house. n

Golf de Preisch

1 rue du vieux moulin

F-57570 Basse-Rentgen (France)

Tél : +333 82 83 00 00

www.golf-de-preisch.com


LG

BEST OF & GUIDE 2018

65

Philippe Giot


66 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 207 - FÉVRIER 2018

SOCIÉTÉ

Fourchettes responsables

PAR JULIEN BRUN

Lorsqu’il y a 40 ans, Änder Schanck quitta son poste pour

rejoindre la ferme familiale pour un cinquième de son salaire,

beaucoup de ses amis le prirent pour un fou. Il fit ce choix

avec la conviction à l’âme que l’agriculture industrielle est une

folie du XX e siècle et que seules les productions biologiques

donnent une chance à l’humanité. Retour sur un engagement

qui aura su préserver toute son intégrité. Interview du

directeur du groupe Oikopolis.

Änder Schanck

La folie des grandeurs

Aux lendemains de la Seconde Guerre

mondiale, à seulement trois générations

de la nôtre, les terres agricoles étaient

labourées de charrues tractées par

des bœufs. L’Europe en ruine avait

besoin de se nourrir et bientôt la

mécanisation et la chimie, qui s’étaient

considérablement améliorées durant la

guerre, allaient pénétrer le marché de la

production alimentaire, et par la même,

nos sols.

La course à la productivité, appuyée par

la mondialisation a, en 70 ans, transformé


LG

BEST OF & GUIDE 2018

67

le paysan en chef d’entreprise, forcé à

l’endettement afin d’industrialiser son

mode de production. En même temps, la

grande distribution a fini de tuer le petit

commerce en regroupant sous son toit,

le boucher, le poissonnier, le boulanger,

l’épicier,... La grande distribution règne

désormais en maîtresse absolue sur la

chaîne de valeur et impose ses volontés,

«à l’image de Mercure, dieu de la

mythologie romaine, du commerce et

des voleurs», dénonce Änder Schanck.

Afin de proposer les prix les plus bas du

marché à ses clients, les grands magasins

mettent la pression sur les grossistes,

qui la mettent sur les transformateurs,

qui la rajoutent à leur tour sur les

producteurs. Alors que les deux premiers

peuvent licencier et s’industrialiser plus

encore pour faire baisser leurs coûts

de fonctionnement, le producteur n’a

pas d’autre choix que d’augmenter sa

production, et donc, d’utiliser des engrais

chimiques.

Sur les mêmes parcelles que celles de

leurs aïeuls, les bœufs et les tracteurs étant

remplacés par de véritables formules 1 de

la fauche, les moissonneuses-batteuses

récoltent désormais dix fois plus de blé.

Pour une paire de chaussures (équivalent

à 150 euros), nos grands-pères agriculteurs

devaient vendre 100 kilos de blé,

aujourd’hui il faut une tonne.

Alors voilà qu’au premier maillon de la

chaîne des consommateurs, une conscience

collective se repend et la Bête inhumaine

jamais rassasiée de profits pense désormais

se racheter une vertu. Änder Schanck

dénonce le modèle économique hérité

d’Adam Smith où «le libéralisme favorise

les individualismes où chacun ne pense

qu’en fonction de ses propres intérêts».

“Retrouver

une situation où

les fermes ne sont

plus écrasées

par la pression

des prix ne peut

se faire sans

briser la chaîne

de valeur qui les

asservissent”

Le roi est mort, vive le roi?

L’essoufflement du système ne fait aucun

doute et les Accords de Paris illustrent

cette conscience collective qui aujourd’hui

s’étend du consommateur aux entreprises

soucieuses de leur image. L’étude Rifkin fait

la part belle à un développement durable

et tout le monde se met à espérer un autre

système de production.

La grande distribution suit le mouvement

et consacre de plus en plus de rayons aux

produits bios. Mais peut-on parler de

changements de paradigme dès lors que

la grande distribution continue de faire

pression sur tous les acteurs de la chaîne

de distribution et que le producteur,

même biologique, reste toujours le dernier

maillon qui doit en supporter la plus

grande charge?

Un autre modèle

Pionnier dans l’agriculture biologique

luxembourgeoise, le groupe Oikopolis

s’est lancé dans la commercialisation

des produits bios afin de rendre possible

ce marché. Le projet débute en 1988

avec l’association agricole «BIOG» qui

regroupe des cultivateurs biologiques et

biodynamiques du Luxembourg. Au fil

des années, il construit une économie

structurée et axée sur la collaboration. Son

premier magasin «NATURATA» prend

place au Rollingergrund à Luxembourg-

Ville et à ce jour le groupe en compte dix

dont trois boutiques fermières sur tout le

territoire national.

Outre les boutiques fermières

susmentionnées, le groupe OIKOPOLIS

compte sept «NATURATA Bio Marchés»

plus un magasin en ligne, à savoir

NATURATA Bio@home. A quoi s’ajoute

le grossiste BIOGROS SA, dont la

tâche est – entre autres activités – d’aller

chercher les denrées chez les producteurs

afin d’approvisionner les magasins.

OIKOPOLIS Participations SA regroupe

à la fois des cultivateurs, des collaborateurs

mais aussi des clients qui participent à son

capital. «Notre valeur guide est de proposer

des produits biologiques qui sont dans la

mesure du possible locaux».

Aujourd’hui fort d’une dizaine de magasins

répartis sur tout le territoire, d’une

vingtaine de producteurs et de plus de

350 employés, le groupe souhaiterait que

son modèle de fonctionnement soit plus

largement répandu.

«Retrouver une situation où les fermes

ne sont plus écrasées par la pression des

prix ne peut se faire sans briser la chaîne

de valeur qui les asservit», nous dit Änder

Schanck. Le directeur s’inspire des modèles

de fonctionnements de la nature où des

millions d’années d’évolution a permis

l’interdépendance des éléments.

Les tables rondes où se réunissent

tous les acteurs, des consommateurs

aux producteurs en passant par les

transformateurs, les grossistes, les magasins

bios et les grandes surfaces permettent

le dialogue. Les prix sont alors fixés sur

un consensus qui prend en compte les

problématiques de chacun.

Utopie diraient les uns? Cela fait 25 ans

que ces tables rondes régissent Oikopolis,

favorisent l’économie circulaire ainsi que le

commerce associatif. n


68 LG

BEST OF & GUIDE 2018

SOCIÉTÉ

Petit par la taille,

grand par les vins

Le Grand-Duché est peut-être un petit pays mais il compte

de grands vins à la diversité impressionnante. Pourtant, en

dépit de leurs indéniables qualités, les vins et crémants de

la Moselle luxembourgeoise voient leurs ventes baisser

d’année en année. Pour remédier à cet épineux problème,

l’Institut Viti-Vinicole a préparé un vaste plan d’actions.

Le point avec les présidents Antoine Clasen, Josy Gloden

et Ern Schumacher des trois groupements de producteurs

(négoce, coopérative et vignerons privés) ainsi qu’avec le

directeur de l’Institut Viti-Vinicole, Robert Ley.

«Tout a commencé par une étude entamée

il y a deux ans pour le compte du ministère

de l’Agriculture», explique Robert Ley.

«Le but de cette étude était de comprendre

pourquoi la consommation des vins locaux

avait tendance à s’éroder depuis plusieurs

années. Cette érosion est principalement

due au fait que la physionomie du pays

a énormément changé en quelques

décennies. Le Luxembourg compte à

présent près de 50% d’étrangers et la

plupart d’entre eux ignorent qu’il existe des

vins luxembourgeois. Ils viennent avec leurs

habitudes de consommation et boivent

généralement ici les mêmes vins que dans

leur pays d’origine».

Une grande diversité de cépages

«Nous pâtissons également de l’ancienne

image des vins luxembourgeois», ajoute

Ern Schumacher de l’Organisation

Professionnelle des Vignerons Indépendants.

«Autrefois, ceux-ci étaient essentiellement

constitués de Rivaner et d’Ebling et destinés

à la consommation courante. Ce n’est plus

le cas aujourd’hui. Depuis une vingtaine

d’années, les vins luxembourgeois ont

beaucoup gagné en qualité, non seulement

par une forte diminution des rendements

mais aussi par une grande diversité dans

les cépages: du Rivaner à l’Auxerrois en

passant par le Pinot blanc, le Pinot gris, le

Pinot noir, le Chardonnay, le Riesling et le

Gewürztraminer. Ce gain en qualité a un

coût qui se répercute sur les prix, ce que

les consommateurs ne comprennent pas

toujours».

«Nous produisons des vins modernes, pas

trop élevés en alcool, frais, fruités, qui se

boivent facilement et qui accompagnent

parfaitement tous les types de plats. En

quelques années, nous avons réussi à créer

des vins gastronomiques d’un très bon

niveau et nous n’avons pas à rougir de la

comparaison avec d’autres régions à la

notoriété viticole bien établie. Le problème,

c’est que la qualité de nos produits est

encore trop méconnue», commente Josy

Gloden des Domaines Vinsmoselle.

“Nos vins peuvent

sans problème

soutenir

la comparaison

avec d’autres

régions viticoles

au nom plus

prestigieux”

Modifier radicalement la stratégie marketing

«C’est pourquoi il est devenu impératif

de modifier radicalement notre stratégie

marketing. Nous ne devons plus seulement

nous adresser aux Luxembourgeois qui

connaissent et apprécient nos produits

mais aussi aux consommateurs étrangers

qui composent aujourd’hui la moitié de la

population», poursuit Antoine Clasen de

la Fédération luxembourgeoise des vins et

spiritueux.

«Nous avons ainsi créé un comité

stratégique composé de différents groupes

de travail et dont le but est de mettre

en avant les qualités de nos produits.

Concrètement, trois chantiers ont été

identifiés. Le premier consiste à mettre

en place une image commune à tous les

vins luxembourgeois et créer un signe

de reconnaissance suffisamment fort

pour que les consommateurs puissent

immédiatement identifier nos produits

comme étant des vins luxembourgeois.

A l’avenir, toutes les bouteilles de vin

luxembourgeois porteront le même logo


qui s’inspire du X de la nouvelle signature

commune du pays Luxembourg – Let’s

Make It Happen. Dans le même ordre

d’idées, nous allons inciter les restaurateurs

à promouvoir nos produits en leur

décernant un label d’ambassadeur des vins

luxembourgeois s’ils remplissent certains

critères. Nous allons aussi lancer l’initiative

appelée «De gudde Patt» (Le bon pot)

qui consiste à placer un autocollant

sur toutes les vitrines des brasseries et

bistrots qui proposent au moins un vin

et un crémant luxembourgeois dans leur

carte. Nous comptons ensuite créer des

événements autour de nos produits au

Luxembourg dans un premier temps, puis

chez nos voisins géographiques que sont

l’Allemagne, la Belgique et la France.

Le troisième chantier concerne l’AOP

(Appellation d’Origine Protégée) - Moselle

luxembourgeoise. Mise en place en 2014,

elle regroupe les vins équilibrés d’entrée

de gamme avec la mention d’origine

Côtes de, les vins classiques de la Moselle

luxembourgeoise ou vins de coteaux et les

vins de terroir issus des meilleurs vignobles

de la Moselle luxembourgeoise. Nous

voulons davantage communiquer sur cette

classification pas toujours bien comprise par

le consommateur et également mettre en

évidence par ce biais l’un ou l’autre cépage

typique de la Moselle luxembourgeoise».

«A terme, nous voulons faire évoluer les

mentalités à propos de nos produits»,

conclut Robert Ley. «Ici, au Luxembourg,

on pense toujours que les vins d’ailleurs

sont meilleurs. Nombreux sont les gens

qui sont prêts à dépenser une cinquantaine

d’euros pour un vin au nom prestigieux

même si la qualité ne dépasse pas celle d’une

des meilleures bouteilles luxembourgeoises

Antoine Clasen, Robert Ley, Josy Gloden et Ern Schumacher

pour un prix deux à trois fois moindre. Nos

produits sont non seulement très bons mais

souvent moins chers car, à la différence

d’autres régions viticoles, les circuits de

distribution sont ici très courts. Le rapport

qualité-prix de nos vins est exceptionnel et

il est plus que temps de le faire savoir au

plus grand nombre, à commencer par les

résidents de ce pays». n

Fonds de Solidarité Viticole

8, rue Nic Kieffer

L-5551 Remich

www.vins-cremants.lu

info@vins-cremants.lu


70 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 212 - JUILLET 2018

PARC NATUREL

Le Parc Naturel de la Haute-Sûre:

Gardien de l’eau

PAR ERIC HARSCH

Le nord-ouest du Luxembourg est connu pour sa diversité naturelle avec ses vallées profondes,

ses pentes raides boisées et ses surfaces agricoles. Mais il est surtout connu pour le lac de barrage

et ses rives, importante source d’eau potable du pays et élément intégral de sa géographie, lui

conférant à juste titre l’identité de région d’eau du Luxembourg. Sur ce territoire est établi le

Parc naturel de la Haute-Sûre, le plus ancien des trois parcs luxembourgeois, qui s’étend sur

une superficie de 162 km 2 et qui englobe cinq communes. Hébergée dans l’ancienne draperie,

l’équipe du Parc vise à concilier la protection naturelle et le développement régional durable.

Entretien avec Christine Lutgen, directrice du Parc.

Christine Lutgen

«Les origines du Parc naturel sont

étroitement liées à son identité de région

d’eau. Dès le lancement du projet du

mur de barrage en 1955, la volonté de

protéger l’eau du lac de barrage par le

biais d’un parc a ressurgi périodiquement.

L’idée de l’Etat de créer un parc national

autour du lac, dont le seul but aurait été

la protection de l’eau, s’est concrétisée en

1986 avec le «Plan global» du ministère de

l’Aménagement du territoire».

“Nous tentons

d’intégrer

la thématique

de l’eau à tous

nos projets”

«Cependant, les communes et la

population, notamment les agriculteurs,

se sont opposés à un tel projet, craignant

que les mesures contraignantes en faveur

de la protection naturelle sapent le

développement économique régional.

Ainsi, les communes ont proposé un

contre-projet suggérant la mise en place

d’un parc naturel selon le modèle français,

conciliant la protection environnementale

et le développement», explique Christine

Lutgen.


LG

BEST OF & GUIDE 2018

71

Crédit photo: Caroline Martin

Crédit photo: Pierre Haas

Crédit photo: Guy Krier

Crédit photo: Felsen Caroline ©ORT Martin MPSL Joelle Mattias

Crédit photo: Caroline Martin

Crédit photo: Guy Krier

Crédit photo: Guy Krier

Crédit photo: Guy Krier


72 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 212 - JUILLET 2018

PARC NATUREL

Crédit photo: Caroline Martin

Crédit photo: Guy Krier

Elle poursuit: «Reposant fortement sur une

approche «de bas en haut», le projet du parc

naturel a franchi un premier pas décisif avec

la fondation du syndicat intercommunal

SYCOPAN en 1989. Le syndicat a joué

un rôle indispensable dans la promotion

de cette vision et a par ailleurs appuyé

l’élaboration de la loi sur les parcs naturels

créant ainsi le cadre légal nécessaire en

1993. Le 6 avril 1999, le Parc naturel

de la Haute-Sûre fut finalement établi,

englobant initialement sept communes».

La protection de l’eau dans toutes ses

dimensions

«En dépit de l’omniprésence de l’eau,

la communication du rôle global du

Parc posait un défi. Lors de notre bilan

obligatoire dressé en 2006-2007 en vue du

renouvellement du label de Parc naturel,

nous nous sommes rendu compte que la

grande diversité de nos projets masquait

nos priorités. Ainsi, nous avons décidé de

mettre en évidence davantage le sujet de

l’eau et nous tentons depuis lors d’intégrer

cette thématique à tous nos projets, de

manière transversale».

«Si l’accent est souvent mis sur le volet

écologique du développement durable,

nous œuvrons simultanément en faveur du

développement économique et touristique

de la région. Découlant d’une initiative du

LEADER, le premier projet phare du Parc,

à savoir la création de produits régionaux

portant le label «vum Séi», illustre bien

cette approche globale. Ainsi, nous avons

appuyé les agriculteurs dans la mise au

point de modes de production alternatifs

pour générer des revenus, tout en assurant

l’exploitation durable du terrain et des

ressources. En même temps, ce label de

qualité promeut la marque du Parc audelà

des ses frontières. Cette collaboration

en matière d’agriculture s’est poursuivie

au cours des années. Entres autres, la

coopération agricole dite «LAKU»,

coordonnée par le Parc, a élaboré un

catalogue de mesures volontaires afin de

protéger l’eau du lac de barrage».

“La collaboration

avec les communes

est à la base du bon

fonctionnement

du Parc”

«Le Parc ne peut d’ailleurs pas promulguer

des mesures contraignantes qui interdisent

certaines activités, ou instituer des

zones de protection, actes qui relèvent

des compétences des ministères et de

l’Administration de la gestion de l’eau.

Ainsi, nous adoptons une approche qui

repose sur la pédagogie et la sensibilisation.

Je peux citer, à titre d’exemple, le bateau

solaire, qui permet aux visiteurs de

découvrir l’histoire, la vocation et les

démarches écologiques du lac de barrage

tout en protégeant l’eau et en amplifiant la

valeur touristique de la région».

«En outre, nous avons lancé une campagne

de sensibilisation sur le problème des

déchets sur les plages aux rives de la Sûre.

La mise en place d’un mini-centre de

recyclage sur la plage d’Insenborn l’année

dernière s’inscrit dans une approche

positive qui tente de canaliser les efforts du

public et d’encourager un comportement

respectueux de l’eau».

La coopération importe

«La collaboration avec les communes

est à la base du bon fonctionnement du

Parc. Les communes sont généralement

conscientes de leurs obligations en matière

de protection naturelle et favorisent de plus

en plus des approches régionales. Dans

cette optique, elles considèrent le Parc

comme premier partenaire, qui agit en tant

que coordonnateur et facilitateur et dispose

des connaissances nécessaires».

«Cette approche régionale se manifeste

notamment dans la mise en œuvre du Pacte

climat, qui se fait conjointement avec les

communes du Parc naturel de l’Our. Nos

évaluations annuelles dessinent l’image d’un

progrès continu et ont révélé que parmi

les 66% dex mesures implémentées, 16%

sont attribuables aux Parcs naturels. Si nos

communes sont performantes dans certains

domaines comme la communication, elles

font aussi face à de lourds défis, surtout

en ce qui concerne la mobilité. De ce fait,

le Parc s’est joint au projet INTERREG

‘Last Mile’ qui vise à élaborer un concept

de mobilité qui répond aux besoins réels des

touristes et des habitants».

«L’amélioration de la coopération avec

les communes demeure une priorité. En

vue d’assurer un bon démarrage de notre

collaboration avec les nouveaux conseils

communaux issus des élections de 2017, le

Parc a réalisé une tournée des communes

dans l’objectif de stimuler un échange

de vues et de priorités. En automne, on

organisera une journée de réflexion pour

concrétiser les résultats de ces échanges et

renforcer la coopération. Quant au Parc,

j’estime que la continuité et la stabilité

structurelle sont importantes pour gagner

et conserver la confiance des gens». n


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74 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

PARC NATUREL

La quête du développement

régional durable

PAR ERIC HARSCH

Le Parc naturel Mëllerdall, qui a reçu ce label en

2016, représente le plus jeune des trois parcs naturels

luxembourgeois et englobe onze communes dans l’est

du pays. Structure qui avance le développement régional

durable, le parc est un acteur à visages multiples. Claude

Petit, directeur du parc, présente un tour d’horizon de la

nature multidimensionnelle du Parc naturel Mëllerdall.

Claude Petit

«Bien que l’idée d’un parc naturel dans

la région du Mëllerdall ait circulé depuis

plus de quinze ans, cette conception doit

se développer au sein de la région. Ce sont

notamment les communes elles-mêmes

qui doivent s’emparer d’une telle vision

et avancer dans ce processus par un effort

collaboratif», raconte Claude Petit qui a

rejoint le projet en 2012.

Projet dirigé par le «Syndicat Mullerthal»

à partir de 2009, les études, l’une

préparatoire et l’autre détaillée, prévues

par la loi relative aux parcs naturels de

1993, ont fixé les cadres thématiques et

financiers du parc. Le directeur explique:

«Ces études ont bénéficié d’une approche

très participative réunissant des parties

prenantes diversifiées. Dans le cadre de

l’étude détaillée, réalisée au bout d’un an et

demi, nous avons tenu une soixantaine de

réunions, tables rondes etc. sans compter

les meetings internes. Ce fut une période

très intense et excitante».

Tout au long de ce processus, le projet a

pu compter sur l’expérience et le savoir des

homologues des autres parcs: «Leur conseil

primordial était de réaliser des projets dès le

début afin d’acquérir la visibilité nécessaire

et de rendre le concept abstrait de parc

naturel plus tangible au public».

Une quête à visages multiples

En effet, la vocation d’un parc naturel s’avère

assez vague pour un néophyte. Claude

Petit éclaircit: «L’objectif primaire d’un

parc naturel est le développement régional

durable. Contrairement à son nom, les

aspects économiques et sociaux sont mis sur

un pied d’égalité avec l’environnement et la

protection naturelle, soulignant l’approche

holistique adoptée pour concrétiser le

développement durable. A travers ces trois

volets, l’homme et la population régionale

sont mis au cœur des efforts».

Alors que la vision globale et la gestion des

trois parcs naturels sont presque identiques,

les priorités thématiques divergent selon le


LG

BEST OF & GUIDE 2018

75

Felsen Naturpark Mëllerdall © Naturpark Mëllerdall Uli Fielitz

Larochette Felsen ©Naturpark ©ORT MPSL Mëllerdall Joelle Uli Mattias Fielitz

Felsen ©ORT MPSL Joelle Mattias

©Naturpark Mëllerdall Pierre Haas

Echternach©Naturpark Mëllerdall Raymond Clement


76 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

PARC NATUREL

Bongerten ©Naturpark Mëllerdall Anna Voelske

©Naturpark Mëllerdall Anna Voelske

contexte spécifique des différentes régions.

«L’étude détaillée a relevé six fils thématiques

qui sont censés guider le travail du parc suivant

les trois volets, ainsi qu’un sujet spécial.

Chaque thème et ses projets concomitants,

comme l’agriculture et l’exploitation

forestière, tentent de concilier les divers

volets du développement durable et portent

le message qu’un parc naturel œuvre bien

au-delà de la protection naturelle». Quant

au sujet spécial, l’accent est actuellement mis

sur la géologie, qui est d’ailleurs une partie

intégrante de la marque du Mëllerdall et

incarne une valeur touristique.

Le succès de la candidature déposée auprès

de l’UNESCO en novembre dernier

pour obtenir le label de géoparc mondial

amplifierait la renommée internationale

et l’attrait touristique de la région. Le

directeur précise: «Tout comme le parc

naturel, l’objectif d’un géoparc consiste

dans le développement régional, avec

une emphase sur la géologie. Au vu des

objectifs similaires des deux labels, il

importe d’en assurer la complémentarité

et de communiquer cette constellation

parallèle de façon claire».

La communication revêt une importance

majeure pour présenter la vocation du parc

aux divers publics et pour rapprocher des

perspectives différentes: «Outre les voies de

communication traditionnelles et en ligne,

notre projet phare est l’offre d’un large

éventail d’activités. Il s’agit de transmettre

l’idée du développement durable par le

biais d’une activité attrayante à un public

très diversifié et d’ainsi transporter les

messages de la vocation du parc de manière

interactive».

Une quête collaborative

Plateforme pour élaborer des projets

régionaux, le parc naturel permet également

aux communes de participer à des projets

européens, comme le projet «LIFE-IP

Zero Emission Protection Areas» qui est

réalisé conjointement avec onze partenaires

allemands: «Il met en relief la protection

climatique dans toutes ses dimensions,

cherchant avant tout un usage d’énergie

efficace et identifiant les opportunités pour

la population régionale d’entrer dans la

production d’énergies renouvelables».

“Les aspects

économiques

et sociaux sont

mis sur un pied

d’égalité avec

l’environnement”

«Ce projet révèle d’ailleurs la volonté des

communes de coopérer dans la mise en

œuvre du Pacte Climat, bien que celuici

n’ait pas été abordé au niveau régional

comme le font les Parcs naturels de l’Our et

de Haute-Sûre. La protection climatique,

tout comme les efforts en faveur du

développement durable, s’inscrivent dans

le cadre socio-économique avancé par

l’étude stratégique de 2016 réalisée par le

ministère de l’Economie».

Sa genèse, son mode de gestion par le

biais d’un syndicat mixte composé de

représentants communaux et étatiques,

ainsi que ses projets qui sont souvent

coordonnés avec d’autres acteurs régionaux

comme LEADER ou l’Office Régional

du Tourisme Région Mullerthal – Petite

Suisse Luxembourgeoise, témoignent

d’une approche axée fortement sur la

coopération et la collaboration. Selon

Claude Petit: «Vu l’incorporation du

parc dans un réseau d’acteurs multiples,

l’ouverture d’esprit et la volonté de

coopérer sont incontournables et

constituent l’un des facteurs contribuant

au succès d’un tel projet».

Regardant vers l’avant, Claude Petit

espère renforcer et mener à bien les projets

entamés et réaliser des résultats tangibles

sur le terrain en faveur de la population

régionale, tout en consolidant davantage

la coopération à tous les niveaux. Et, dans

ce cadre, il souhaite que le parc serve

d’exemple de ce qui peut être atteint par

le biais d’une collaboration efficace sur le

plan régional. n


78 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 210 - MAI 2018

PARC NATUREL

Parc naturel

de l’Our:

huit communes,

une vision

PAR SERGE GARCIA LANG

Regroupant huit communes du nord-est des Ardennes

luxembourgeoises, au tripoint entre la Belgique, l’Allemagne

et le Luxembourg, le Parc naturel de l’Our œuvre à concilier

la protection de la nature, la promotion culturelle et le

développement économique de la région. L’organisme, issu

de l’ancien syndicat intercommunal de la vallée de l’Our

(SIVOUR) et officialisé par le règlement grand-ducal du

9 juin 2005, gère une surface de 306 km 2 avec environ

16.000 habitants. Christian Kayser, son directeur, a participé

à son développement dès la première heure.

© Photo Raymond Clement

Christian Kayser

© Photo Joëlle Mathias

«Le Parc naturel de l’Our fut, en 1999, le

deuxième parc naturel à être fondé dans

le cadre d’une loi créée six ans plus tôt -

la loi luxembourgeoise relative aux parcs

naturels. Celle-ci a attribué, en août 1993,

la gestion de l’initiative au Département

de l’aménagement du territoire. Le label

«Parc naturel» est décerné pour une

durée de dix ans. A la fin de cette période,

un bilan est dressé. Si les communes

impliquées en expriment le souhait, le

label peut être reconduit pour une durée

de dix ans, à condition que le patrimoine

naturel et culturel ait été sauvegardé et

promu conformément à la loi précitée.

Les projets typiques d’un Parc naturel

s’articulent notamment autour du tourisme

durable, de l’agriculture raisonnable et

de l’environnement. Le nôtre en est à sa

deuxième phase. Après le bilan positif des

dix premières années, la phase actuelle, qui

a démarré en 2015, se poursuivra jusqu’en

2025», explique Christian Kayser.

Il poursuit: «La gestion d’un Parc naturel

s’apparente à celle d’une commune ou

d’un ministère. Chacun des syndicats

assurant la gestion d’un Parc naturel, en

l’occurrence, ceux de la Haute-Sûre, du

Mullerthal et de la vallée de l’Our, dispose

d’un bureau et d’un comité. Le comité,

c’est le conseil d’administration. Chaque

commune participante y est représentée

par un délégué et compte un nombre

équivalent de représentants des ministères

concernés. Ces délégués, au nombre de 16

dans notre syndicat, élisent le président, le

vice-président, ainsi que le bureau exécutif

du syndicat, qui m’emploie. Emile Eicher,

bourgmestre de la commune de Clervaux,

est notre président depuis la phase initiale».

Le principe de collaboration

Les syndicats intercommunaux sont des

entités publiques et, en tant que telles,

elles participent et contribuent au dessein

stratégique national.

«Ces dernières années, les communes

se sont vues attribuer, au-delà de leurs

missions originaires, un nombre croissant

de missions facultatives, qu’il s’agit de

mener à bien. Quand nous avons lancé

l’initiative, nous comptions 14 communes

participantes, de petite taille. Cela a

entraîné une culture de la collaboration,

contrairement au sud du pays, où les

communes sont plus importantes et plus

à même d’agir de façon autonome. Par

exemple, une petite commune n’aura pas


les ressources administratives nécessaires

pour participer à un projet européen. Et

quand elle décidera d’agir concrètement

sur le terrain, elle touchera rapidement à

ses limites géographiques. L’idée du Parc

naturel est de se rassembler afin d’être plus

efficaces. Nous réunissons des représentants

des communes et de l’Etat qui s’échangent

et s’accordent sur des mesures à prendre».

«En effet, entre une commune située au sud

ou au nord du Parc, les priorités peuvent

être divergentes. Mais la fréquence de nos

réunions et le fait qu’elles se déroulent

à toutes sortes de niveaux – technique,

environnemental, économique, et cetera –

favorise considérablement le processus de

démarche commune. Notre philosophie

est d’aborder les défis au niveau régional

plutôt que strictement local. Au-delà

de la plateforme, nous nous entendons

comme prestataire de services pour les

communes du Parc. Imaginons qu’une

de ces communes ait une idée. Elle vient

nous consulter, et notre équipe tentera de

convertir cette idée en projet et ce projet

en réalisation, notamment en impliquant

d’autres communes susceptibles d’y être

intéressées. Nous sommes source de

propositions, et notre démarche consiste

à obtenir un consensus régional. Ce mode

de fonctionnement est commun aux trois

Parcs naturels luxembourgeois».

“Nous sommes

source de

propositions et

notre démarche

consiste à obtenir

un consensus

régional”

L’union fait la force

Concernant l’étude stratégique de 2015,

inspirée des théories économiques de Jeremy

Rifkin, Christian Kayser explique: «Parmi les

activités s’inscrivant dans cette démarche, il

y a par exemple le Pacte Climat, dans lequel

nous sommes engagés. Il se trouve que les

communes membres du Parc naturel de la

Haute Sûre et du nôtre sont les seules à aborder

ce Pacte à un niveau régional. Nous avons pu

convaincre le gouvernement du bien fondé

de notre démarche et, notamment, obtenu

une réglementation financière favorable en

vue d’encourager les habitants de l’ensemble

des communes du Parc à opter pour des

solutions domestiques énergétiquement

efficientes. Par exemple, en ce qui concerne

les appareils électroménagers, les systèmes

de chauffage, la rénovation immobilière… le

taux est identique pour chaque habitant d’une

commune du Parc, qu’il habite à Tandel ou à

Wincrange».

«Dans un autre registre, celui de la

communication, nous avons décidé de créer

un seul site web, et non huit. Nous avons

également fait effectuer un seul sondage par

TNS-ILRES pour toutes les communes du

Parc. De manière générale, nous délibérons,

réglementons, organisons, informons et

sensibilisons…ensemble. Dans le contexte

du Pacte Climat, cela a porté ses fruits.

En effet, quatre communes du Parc se

sont vu décerner le plus haut niveau de

certification, les autres ont obtenu un score

qui dépasse les 50%. Quand on sait que

l’approche régionale des activités du Parc

contribue à raison de 16 à 18% aux résultats

obtenus à l’issue de l’audit du Pacte Climat,

on se rend compte de notre engagement en

matière de développement durable».


80 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 210 - MAI 2018

PARC NATUREL

© Photo Pierre Haas

Un travail de longue haleine

«Cela fait 18 ans que je travaille pour le

Syndicat pour l’Aménagement et la Gestion

du Parc Naturel de l’Our. J’ai pu constater

que la réussite de ce genre d’initiative est

tributaire de la confiance que lui accordent

les acteurs impliqués. N’oublions pas

que chaque commune est déjà, au départ,

membre de nombreux autres syndicats.

Or, nous ne pouvons obtenir des résultats

positifs qu’en fédérant un effort collectif.

Un organisme comme le nôtre n’intervient

pas dans le principe, fondamental, de

l’autonomie des communes. Contrairement

à celui de nos confrères allemands et

français, notre avis n’est pas requis, mais

facultatif. Il faut également tenir compte

du fait que les intérêts politiques et/ou

économiques peuvent diverger d’une

commune à une autre. Il y a donc lieu

d’établir un équilibre et de trouver des

solutions qui conviennent à tous. Je ne puis

que me féliciter de l’engagement qu’ont pris

les communes de ce Parc, conjointement

avec le gouvernement, le ministère de

l’Environnement et le département de

l’aménagement du territoire ces dernières

années. Notre taux de participation à des

projets subsidiés est d’ailleurs supérieur à

celui de certaines «grandes» communes du

Grand-Duché».

“Notre approche

régionale contribue

à raison de 16 à 18%

aux résultats obtenus

à l’issue de l’audit

du Pacte Climat”

«Nous estimons que le paysage est le

capital d’une région et d’un Parc naturel.

Or, la nature et l’environnement sont

sujets à des transformations permanentes.

Nous nous devons de thématiser les

développements négatifs et de promouvoir

les changements positifs. Cela passe bien

entendu par la communication. Nous avons

notamment organisé une exposition du

photographe Raymond Clement autour

de notre patrimoine paysager. Par la suite,

les deux autres Parcs naturels ont rejoint le

projet. Chaque Parc s’est doté d’un thème

spécifique: Nous, c’était la nature et les

paysages. La collaboration entre Parcs

naturels est d’ailleurs très étroite. Nous

avons par exemple mis au point un système

d’information géographique commun, pour

les communes que nous servons, ce qui

nous a entre-autre permis de réaliser une

économie d’échelle. Nous nous sommes

également chargés, ensemble, d’assurer les

formations y étant relatives».

«Notre activité est particulièrement

variée. Pour revenir au domaine de la

culture, elle peut consister à initier ou

accompagner l’organisation d’expositions

et de festivals ainsi que de promouvoir des

artistes et galeries de la région. Si le rôle

des offices régionaux de tourisme est de

commercialiser la culture dans un contexte

interrégional lui-même inclus dans une

stratégie nationale, le nôtre est de trouver

de nouvelles impulsions pour le tourisme et

la culture». n


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82 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 209 - AVRIL 2018

LOGEMENT & CONSTRUCTION

Une réponse

aux besoins urgents

en logement

Les membres de l’OAI proposent leur aide pour assister les

communes dans leur rôle de maître d’ouvrage de projets de

logement abordable motivés par le Pacte de Logement. En

effet, la gestion des projets de logements destinés à la vente

va au-delà des missions de base des communes. Dès lors, les

membres de l’OAI peuvent leur proposer une assistance sous

la forme de prestations reprises dans la circulaire OAI n°14 aux

administrations communales, disponible sur son site internet.

Rencontre avec Jos Dell, président de l’OAI, Marc Feider,

vice-président de l’OAI et Pierre Hurt, directeur de l’OAI.

Quelles sont les solutions proposées par

l’OAI pour remédier à l’insuffisance de

l’offre de logements au Luxembourg?

PH: L’OAI vient de faire parvenir aux députés

et aux membres du Gouvernement ses 18

propositions pour avancer dans le domaine du

logement. Elles peuvent être consultées sur le

site www.oai.lu rubrique «avis oai». L’Ordre

salue le revirement des décideurs politiques

consistant à mettre enfin l’accent sur l’offre

de logements, dont l’insuffisance criante est la

véritable cause du problème actuel de pénurie

en ce domaine. Il importe de cumuler et de

mettre en œuvre tous azimuts les multiples

propositions en discussion. Nous devrions par

exemple mettre en place un cadre propice au

développement de nouvelles formes d’habitat

telles que «Baugruppen» et les habitats

intergénérationnels.

MF: Les communes doivent disposer de

personnes qualifiées et s’adjoindre les

services de conseils professionnels externes;

le recours aux hommes de l’art que sont

les architectes et les ingénieurs-conseils

indépendants, est indispensable afin

d’assurer un développement durable et de

qualité. Il faut aussi généraliser l’obligation

d’assurance RCP (responsabilité civile et

professionnelle) et de garantie décennale aux

promoteurs, en vue de protéger le maître de

l’ouvrage et les utilisateurs. Un code de la

construction aurait le bénéfice d’assurer la

hiérarchisation, la cohérence et la lisibilité

de tous les textes légaux en la matière.

JD: Nous devons en effet réussir à

fluidifier les procédures et notamment

avec l’aide de l’outil «Guide de

l’urbanisme» que nous devons rendre

encore plus performant. En plus de

l’amélioration des outils statistiques, la

généralisation du calcul sur base des prix

de vente réalisés et l’instauration d’une

surveillance systématique du dispositif

légal et réglementaire, nous devrions

rétablir un régime de TVA favorable

(taux super-réduit de 3% en matière de

construction ou rénovation et en général

de 12% sur les prestations des professions

libérales).

“Permettons l’accès

à un logement

abordable et digne

pour tous”

Et pour ce qui est de l’augmentation de

l’offre de terrains à bâtir?

PH: Il faut permettre une augmentation

raisonnable de la densité du bâti tout

en garantissant la qualité de vie et

notamment en renvoyant les hauteurs

maxima constructibles. La stimulation de

l’offre de logements locatifs tant au niveau

des investisseurs publics que privés est

indispensable. Enfin, l’instauration de taxes

sérieuses doit être imposée aux terrains mis

en spéculation.

MF: Le 23 avril prochain, l’OAI organisera,

à la Coque (Luxembourg-Kirchberg), une

table ronde avec la présence du ministre du

Logement Marc Hansen, du ministre de

l’Intérieur Dan Kersch, et les députés Henri

Kox et Marc Lies. Nos 18 propositions

serviront de base au débat placé sous le

thème «Noutstand Wunnengsbau! Wat

maachen?».

Une autre table ronde sera organisée le 18

septembre à l’amphithéâtre de la Coque.

Nous prévoyons alors d’y inviter les têtes

de liste de partis disposant d’une fraction

politique à la Chambre des Députés.


Quelles sont les nouveautés de votre

3 e édition du guide «architectour.lu»?

JD: Cette troisième édition a, comme

les éditions précédentes, l’ambition de

promouvoir le pays dans le cadre de la

campagne «Luxembourg – Let’s make it

happen» du ministère de l’Économie, du

site www.inspiringluxembourg.com et du

site www.visitluxembourg.com. A ce titre, il

s’affirme comme le guide de référence sur le

Luxembourg à l’étranger.

Lors de son élaboration, nous avions lancé un

appel à propositions parmi les membres de

l’OAI qui ont répondu avec enthousiasme en

nous remettant pas moins de 315 réalisations.

C’est sur base de celle-ci que le comité de

sélection a créé 14 nouveaux itinéraires à

travers le pays.

Lors de son élaboration, nous avions

lancé un appel à propositions parmi les

membres de l’OAI qui ont répondu avec

enthousiasme en nous remettant pas

moins de 315 réalisations. C’est sur base

de celle-ci que le comité de sélection a

créé 14 nouveaux itinéraires à travers le

pays.

MF: Cette initiative s’inscrit complémentairement

dans les autres actions de

l’OAI en matière de promotion de ses

membres et de leur savoir-faire. Citons

par exemple le Guide OAI Références

2018 (www.guideoai.lu), le livre «Design

First, Build Smart – laix.lu Luxembourg

Architectes Ingénieurs-conseils eXport»,

ou encore le Bauhärepräis OAI (www.

bhp.lu). n

Jos Dell, Marc Feider et Pierre Hurt


84 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

LOGEMENT & CONSTRUCTION

Concevoir

les solutions de demain

PAR JULIEN BRUN

Le pays vient à peine de passer la barre symbolique des

600.000 habitants que l’hypothèse du million laisse déjà

nos spéculations à l’inquiétude. Le marché de l’emploi

promet d’assimiler la croissance démographique à condition

qu’elle soit qualitative mais qu’en sera-t-il de la mobilité

déjà congestionnée, de l’offre du logement saturée et des

infrastructures scolaires, sportives, culturelles et médicales?

Rencontre avec un concepteur de solutions mises au service

de la qualité de vie des citoyens. Interview de Gilles

Christnach, administrateur délégué de Betic, bureau

d’Ingénieurs-Conseils qui propose la conception, le suivi

et la réception de toutes les installations techniques du

bâtiment.

Le pays connait une forte croissance

démographique qui engendre, de fait,

des problématiques d’infrastructures;

peut-on dire que le Luxembourg n’a pas

finit de voir les chantiers de construction

pousser comme des champignons?

Assurément oui, et la réussite de ces défis

dépend des choix de projets que nous

prenons aujourd’hui. Ils doivent être adaptés

aux besoins et prendre le contrepied

des solutions techniques usuelles. Ceci

implique une contribution plus importante

des bureaux d’études dans les processus de

réflexions actuelles, car plus tôt nous sommes

intégrés au projet et plus rapidement nous

pouvons orienter nos concepts en prenant

aussi en compte les évolutions futures.

Je pense d’ailleurs que les politiques pourraient

intégrer encore davantage les ingénieurs

et les architectes dans leurs prises de

décisions.

Notre métier d’ingénieur consiste à pousser

nos réflexions afin de trouver non pas

les solutions par défaut mais celles qui

sont adéquates aux enjeux. Nous pouvons

concevoir un parking de 1.000 places

mais nous pouvons aussi aider à étudier la

pertinence de tel ou tel projet.

À l’image des architectes qui sont régulièrement

consultés pour définir une esthétique

architecturale, souhaiteriez-vous

peser plus encore dans les choix des

installations techniques?

Le léitmotiv de Betic – et je pense plus

largement, celui de tout bon ingénieur – est

«la technique est morte vive la technique».

Nous aimons penser de manières

différentes et au-delà des conceptions

habituelles. Nous constatons en effet que

plus tôt nous contribuons aux projets,

mieux ils s’enchainent.

Le plaisir que nous tirons de notre travail

réside en la concrétisation de nos concepts

innovants et nous ne connaissons de limites

que celles des lois de la physique – et aussi

parfois celles des budgets qui nous sont

confiés. Je pense que dans chaque cœur

d’ingénieur et de modeleur, réside une

essence créative qui, exploitée comme il

se doit, se met au service de l’innovation et

donc de la société.

De toute évidence, votre philosophie

trouve des adeptes, puisque de six

collaborateurs en 2002, vous comptez

aujourd’hui quelques 50 Béticiens…

Si notre développement est en effet régulier

et constant, il n’en est pas moins sain. Certes,

à nos débuts en 2000, nous ne voulions pas

recruter plus de deux collaborateurs par an

contre trois ou quatre aujourd’hui, mais nous

apportons une attention toute particulière à

leur intégration. Chaque nouvelle recrue

est parrainée et doit suivre un programme

d’accompagnement personnalisé afin de

s’imprégner de la culture de l’entreprise.

La gestion de projets implique une parfaite

synergie entre les ingénieurs, les modeleurs,

l’équipe administrative, mais aussi

l’ensemble des personnes impliquées dans

le projet: architectes, maîtres d’ouvrage,

installateurs, exploitants... La machine doit

donc être parfaitement huilée!

“Nous ne

connaissons

de limite

que les lois

de la physique”

Vos domaines d’activités sont variés et

les projets sur lesquels vous travaillez,

tous aussi différents les uns que les

autres; ne risquez-vous pas que vos

collaborateurs développent une forme

de schizophrénie professionnelle?

(Rires) non, puisqu’on adore ça! La

conception énergétique, les audits techniques

ainsi que les études des installations

de chauffage, de ventilation, de climatisation

et d’électricité sont des domaines intellectuels

passionnants. Maternités, crèches

et écoles, gares, lycées, installations sportives,

bâtiments résidentiels ou de bureaux,

morgues; comment ne pas être enthousiaste

à l’idée d’accompagner toutes les étapes de

la vie? Même sur un marché du recrutement

où les compétences techniques se font rares,

nous mettons un point d’honneur à trouver

des personnes engagées et motivées!

Nous recherchons moins un ingénieur

qui aura appliqué dix fois la même

technique que celui qui en aura conçues dix

différentes. La «vue hélicoptère» et l’œil

nouveau nous sont indispensables.


Gilles Christnach


86 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

LOGEMENT & CONSTRUCTION

Permettez-moi d’illustrer mon propos par

l’exemple du nouveau Lycée Technique

pour Professions de Santé d’Ettelbruck.

Cela fait huit années que nous conceptualisons

des installations spécifiques aux

lycées selon un modèle déjà innovant mais

nous avons encore voulu nous réinventer.

Le bâtiment s’est inscrit dès les premières

réflexions dans une philosophie de recyclage

de ses matériaux de construction en

prévision du jour de son démantèlement.

Nous nous sommes alors demandés pourquoi

nous devions installer des gaines de

ventilation dès lors que le couloir pouvait

remplir la même fonction. Un lycée est constitué

de salles de classes et de longs couloirs

qui ne se remplissent qu’entre les cours et que

nous avons dans ce cas utilisés pour amener

de l’air frais dans les salles de classes.

Parlez-nous de l’union de l’esthétique

et de la technique…

Comme dans la vie, une union doit être

harmonieuse et si les projets architecturaux

tendent à la modernité et à la durabilité, ils

remplissent également certaines fonctions

afin de répondre aux besoins de leurs usagers.

Toute notre mission consiste à trouver des

solutions pour que les techniques soient

efficaces et simples d’utilisation.

“La technique

est morte

vive la technique”

L’architecture résolument moderne de la

gare de Belval-Université en est un bon

exemple: elle ressemble à un mille-pattes en

mouvement mais son enveloppe a été conçue

afin d’éviter la surchauffe, de protéger du

soleil, tout en restant lumineuse.

Au Luxembourg, les niveaux de conception

des bâtiments sont relativement élevés, ce

qui assure un bon équipement. Mais dans la

mesure où il faut deux ans pour paramétrer

un bâtiment, cela laisse tout le temps à

l’exploitant de perdre sa motivation si la

technique est trop complexe.

La technique ne devrait jamais imposer des

comportements à l’utilisateur mais c’est à

l’utilisateur d’imposer son comportement

à la technique.

Ceci est peut-être encore plus important

pour les personnes à mobilité réduite…

Certainement et là plus qu’ailleurs, la

technique doit servir les usagers. Je pense

tout particulièrement à l’extension du

Tricentenaire à Heisdorf qui héberge des

personnes en situation d’handicap ainsi

que des enfants dans le cadre d’un foyer de

jour. Regarder un fauteuil roulant passer

du couloir à la chambre puis à la salle de

bain, met en évidence l’importance de la

motorisation des portes, par exemple.

Notre métier est sublime dès lors que nous

pouvons rendre la vie des gens plus simple

et nous sommes conscients que c’est aussi

une grande responsabilité. n


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de disposer d’une véritable plateforme de communication

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Carlos Da Costa


LG

BEST OF & GUIDE 2018

89

Qualité et flexibilité

au service du client

Créée en 2011, Art Thermic est aujourd’hui menée par

Carlos Da Costa, son gérant et fondateur. Spécialisée dans

le chauffage sanitaire, la ventilation, la climatisation et les

énergies renouvelables, l’entreprise conseille ses clients et

propose des services et produits adaptés à leur besoin dans

l’optique de leur faire réaliser des économies d’énergie.

Interview.

Qui sont vos clients?

A nos débuts, notre clientèle était

essentiellement composée de promoteurs

immobiliers, cette tendance s’est

légèrement atténuée puisqu’ils ne

représentent plus qu’un tiers de nos

commandes. Aujourd’hui, ce sont les

particuliers qui occupent deux tiers de

notre activité. Au total nous réalisons plus

de 100 chantiers de toutes tailles par an.

Notre culture implique que chaque

monteur soit capable de travailler dans

tous nos domaines d’activité. Nous

mettons d’ailleurs régulièrement à jour

les compétences de notre équipe pour les

former aux nouveaux produits et techniques

de montage.

Qu’est-ce qui différencie Art Thermic

de ses concurrents?

Nous avons noué un partenariat avec la

banque belge BNP Paribas pour accorder

des prêts rapides à nos clients devant faire

face à de grandes dépenses inattendues. En

effet, lorsqu’une chaudière tombe en panne

ou doit être remplacée, de grosses sommes

sont parfois nécessaires. Nous aidons alors

les clients à constituer rapidement un

dossier que nous remettons à la banque.

Cette dernière pourra donner une réponse

pour un prêt en deux heures seulement.

Nous sommes également réparateurs et

monteurs agréés de SFA Benelux pour

les cabines de douche Sanibroyeur,

SaniLife, Kinedo et Grandform, ce qui

est un véritable atout. Enfin, notre service

traditionnel de dépannage est accessible

24h/24 et 7j/7.

Comment aider vos clients à mieux

gérer leur consommation énergétique?

Lorsque nous mettons en œuvre notre travail

nous veillons à utiliser les bons produits et

isolants pour favoriser l’économie d’énergie.

Pour les nouvelles constructions, les normes

actuelles imposent une étanchéité parfaite

du bâtiment et nécessitent une coordination

entre tous les corps de métier impliqués.

Cela signifie que nous devons collaborer

avec d’autres entreprises pour garantir

l’efficience énergique de l’ensemble du

bâtiment.

Notre label «Energie fir d’Zukunft+:

Artisan Certifié Maison Passive», est

témoin de notre expertise en énergies

renouvelables et garantit à nos clients

l’utilisation de produits et techniques

favorisant une consommation d’énergie

relativement basse. De plus, Art Thermic

est en partenariat avec le principal

fournisseur d’énergie au Luxembourg,

Enovos et participe au programme de

subvention enoprimes qui récompense les

économies d’énergie engendrées par les

consommateurs en les aidant à effectuer

des travaux d’efficacité énergétique. Nous

accompagnons donc les clients lors de la

constitution des dossiers leur permettant de

recevoir une aide à ce niveau.

Parmi nos produits les plus efficients d’un

point de vue énergétique, nous proposons

des pompes à chaleur, des Ventilations

Mécaniques Contrôlées (VMC) et des

panneaux solaires. Des panneaux solaires

thermiques peuvent en effet être intégrés

dans un système de chauffage performant,

comme solution d’appoint pour le

chauffage et comme complément pour

fournir de l’eau chaude sanitaire.

Ces produits peuvent être interconnectés

dans un système domotique afin de favoriser

une gestion intelligente et automatisée de la

production et de la dépense d’énergie. Au

début de chaque projet, nous tentons de

déterminer quelles sont les habitudes de

consommation du client pour lui proposer

une installation correspondant à ses besoins

et lui permettant de réaliser des économies.

“Notre partenariat

avec la banque

belge BNP Paribas

permet aux clients

d’effectuer des

demandes de prêts

rapides

Les chaudières classiques de type B1

seront interdites en Europe à partir de

septembre 2018. Quelles alternatives

proposez-vous à ce type d’installations?

Nos fournisseurs ont arrêté de livrer ce

type de chaudière depuis un an déjà, nous

sommes donc prêts depuis longtemps à

fournir des alternatives. Nous proposons

en effet des chaudières à condensation de

classe A car elles nécessitent uniquement

un changement de la cheminée, ce qui

limite les coûts. Des systèmes plus efficaces

existent, comme des pompes à chaleur, mais

l’investissement est alors plus important

au départ. Notre objectif est d’avoir une

clientèle satisfaite, nous conseillons donc

les clients au cas par cas et faisons passer

leur intérêt avant tout. n

Art Thermic

7 Rue de Sanem

L-4664 Niederkorn

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90 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

LOGEMENT & CONSTRUCTION

Du changement

sur tous les fronts

Mobilité, logement, environnement et encadrement des

enfants: Marion Zovilé-Braquet, bourgmestre de la commune

de Contern depuis novembre dernier, s’attaque à toutes les

difficultés rencontrées par la commune ces dernières années

afin d’améliorer la qualité de vie des habitants. Bénéficiant

d’une expérience de plusieurs années au sein du conseil

communal, la bourgmestre nous présente aujourd’hui les

dossiers prioritaires qui l’attendent au cours de son mandat.

Rencontre.

1,5 km sépare la gare de la zone industrielle

et aucun moyen de transport en commun

ne leur permet de se rapprocher. A ce sujet,

nous avons rencontré François Bausch,

ministre du Développement durable et des

Infrastructures, pour mettre en place une

phase test d’un projet mettant à disposition

des travailleurs une navette aux heures de

pointes, financée à la fois par le ministère

et la commune, permettant de relier la

zone industrielle à la gare. Si le projet

fonctionne, alors nous chercherons une

solution à long terme dans cette direction.

Parlez-nous de votre parcours politique

avant de devenir bourgmestre de Contern…

La commune compte 47 associations bénévoles,

de nombreuses personnes s’engagent

donc quotidiennement pour faire évoluer

leur commune. Très tôt, je me suis engagée

dans la vie associative, notamment en tant que

présidente de l’association des parents d’élèves

pendant quinze ans. C’est par le biais de mes

engagements dans nos quatre villages que j’ai

été approchée par le milieu politique.

Quand j’ai choisi Contern comme ma

commune de résidence, c’était parce qu’elle

était proche de la capitale tout en étant à

la campagne. Depuis lors, la région s’est

beaucoup développée au point de perdre

petit à petit son caractère naturel et de

rendre la circulation insupportable aux

heures de pointe. Mes prédécesseurs ont en

effet décidé de collaborer avec l’Etat pour

créer et développer la zone industrielle de

Contern car elle se situait stratégiquement à

proximité de l’aéroport du Findel. Toutefois,

malgré les points positifs, le développement

de cette zone a eu un effet néfaste sur

la circulation dans la commune, qui est

maintenant devenue très difficile.

J’ai alors participé pour la première fois aux

élections communales en 2005, sans être

élue, mais deux ans plus tard, je suis entrée

au conseil communal.

Quels sont les dossiers les plus urgents à

traiter dans la commune?

Mon objectif en tant que bourgmestre est

de rendre la vie plus agréable aux habitants

de la commune, car la qualité de vie s’y est

vraiment dégradée ces dernières années.

Je souhaiterais notamment créer des «shared

space» dans les villages et nous collaborons

à ce titre avec des bureaux d’études pour

leur mise en place; pour commencer nous

voudrions rétrécir les bandes d’accès

à la commune et créer des bandes de

stationnement décorées d’arbres aux entrées

des villages afin de réduire la vitesse de

circulation et la densité du trafic au sein de

ceux-ci.

“Au cours des cinq

prochaines années,

nous pensons

accueillir plus

de 1.000 nouveaux

habitants”

Nous comptons par ailleurs plus de 400

entreprises dans la commune et je souhaite

faire en sorte que nous puissions cohabiter

harmonieusement. De plus, la zone

compte encore 18 hectares appartenant au

ministère de l’Economie, ce qui signifie

qu’au terme de son développement,

la commune comptera près de 6.000

travailleurs quotidiens. Pour résoudre les

problèmes de trafic que cette situation

engendre, la gare de Sandweiler, a été

déplacée sur le terrain de notre commune

le long de la rue principale vers Contern.

Les travailleurs de la zone industrielle

utilisent peu le train car un trajet d’environ

Parmi les priorités, nous devons également

faire face à une crise du logement; nous étions

d’ailleurs une commune prioritaire au niveau

des plans sectoriels pour l’agrandissement de

l’offre à ce niveau. Aujourd’hui nous avons

pour projet, en collaboration avec la Société

Nationale des Habitations à Bon Marché

(SNHBM), de construire dans le centre 180

unités de logements sociaux, appartements

et maisons confondus. En effet, tous les

travailleurs de la région doivent se loger

et s’ils habitaient à proximité de leur lieu

de travail, les problèmes de circulation en

seraient également réduits. Toutefois, nous

sommes conscients du trafic supplémentaire

que ce projet engendrera et nous

réfléchissons notamment à la création d’un

accès stratégique à cette zone résidentielle.

De plus, les prix de l’immobilier sont

très élevés et nous essayons de créer des

logements plus accessibles. Des maisons

et appartements sont en constructions

au centre de Contern et il y a également

plusieurs projets en planification à Moutfort

et à Oetrange. Au total, au cours des cinq

prochaines années, nous pensons accueillir

près de 1.000 nouveaux habitants.

En vue de de ces nouvelles arrivées, nous

devons également adapter notre réseau

routier pour ne pas l’encombrer davantage.

En effet, plusieurs milliers de voitures

transitent déjà par Contern pour rejoindre

leur travail, sans même s’arrêter dans la

commune, ce qui encombre inutilement nos

routes. Nous devons dès lors nous attaquer

à ce problème pour que les habitants

vivent leurs trajets plus sereinement, qu’ils

cessent de pâtir de la pollution sonore

et que la qualité de l’air soit améliorée.

En collaborant davantage avec la zone

industrielle, nous souhaitons trouver des

solutions qui conviennent à tous.


Marion Zovilé-Braquet


92 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

LOGEMENT & CONSTRUCTION

Au-delà de ces priorités, quelles sont les

initiatives qui vous tiennent à cœur?

Ma priorité concerne les enfants et leur

éducation, car ils représentent le futur.

Sur un même site, nous retrouvons notre

école, qui a dix ans, un hall sportif et une

maison relais. Nous sommes déjà obligés

de penser dès aujourd’hui à la construction

d’une nouvelle école et d’une maison relais

ainsi qu’à des infrastructures culturelles

et sportives dans le futur. Nous devons

nous en soucier dès maintenant, car avec

les nouvelles constructions de logements,

la population va augmenter et le trafic

également. Nous devons donc penser à

l’accueil de tous les enfants dès aujourd’hui

pour garantir un nombre de places suffisant

à la fois à l’école et en maison relais. Il est

important de fournir un bon encadrement

et une qualité d’enseignement optimale

à nos enfants pour les accompagner et

leur proposer du repos afin qu’ils puissent

s’épanouir.

Quels sont vos projets en matière

d’environnement?

Nous sommes une commune très engagée

au niveau de l’environnement. Certifiés

à plus de 50% dans le cadre du Pacte

Climat, nous avons développé une charte

donnant des indications pour aider la

commune à respecter ses engagements

environnementaux. Ainsi nous encourageons

nos associations à utiliser moins de plastique

dans leurs pratiques et nous leur donnons les

moyens de trier correctement leurs déchets.

“Ma priorité

concerne

les enfants et

leur éducation,

car ils représentent

le futur”

Actuellement nous tentons de développer

des actions de sensibilisation dans les écoles

car nous pensons qu’en touchant les plus

jeunes, les bonnes pratiques se répandront

plus rapidement dans les familles et dans la

communauté. Nous voudrions par exemple

créer une journée dont le thème serait axé

sur le tri déchets, en rassemblant les jeunes

de l’école et de la maison des jeunes. Avec

l’aide du ministère de l’Environnement,

nous voudrions créer une partie théorique

avec des présentations numériques et

interactives, puis proposer une activité dans

les bois où nous pourrions tous ensemble

collecter les déchets et leur expliquer

comment chacun est recyclé et dans quel

but.

Au niveau de la mobilité douce, nous

devons continuer à promouvoir les

pistes cyclables mais aussi favoriser les

trajets à pieds. En effet, les routes sont

actuellement mal reliées entre elles et nous

voudrions créer une jonction piétonne

entre les différents quartiers pour que

l’accès pédestre dans la commune soit

facilité. Enfin, au cours des six dernières

années, la verdure a petit à petit disparu

dans nos localités. Nous souhaitons

dès lors mettre en place un «plan vert»

favorisant la création d’espaces verts qui

contribueraient au bien-être et à la qualité

de vie des habitants de la commune. n


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94 LG

BEST OF & GUIDE 2018

LOGEMENT & CONSTRUCTION

L’AIS innove

pour le logement

Toujours en quête de logements pour accomplir au mieux

sa mission, l’Agence Immobilière Sociale (AIS) s’attaque

aujourd’hui au dossier des Baulücken, ces friches urbaines

constructibles. Gilles Hempel, directeur de l’AIS, revient sur

ce projet.

En 2018, l’Agence Immobilière Sociale

(AIS) a franchi la barre symbolique des

500 logements en gestion. Un jalon dans le

développement de l’Agence créée en 2009,

instrument de lutte contre l’exclusion sociale

par le logement. «Nous transformons des

logements vides en logements sociaux. C’est

le cœur de notre métier. Nous essayons

de trouver des logements inoccupés, par

exemple de personnes qui sont parties

en maison de retraite ou qui ont reçu un

héritage mais qui n’en ont pas besoin, pour

mettre ce bien à disposition des personnes à

revenus modestes», détaille Gilles Hempel,

directeur de l’AIS.

Trouver des logements au Luxembourg

est une mission de haut vol, tant les biens

sont rares et profitent en premier lieu

au secteur privé. Pourtant, les avantages

de proposer un logement à l’AIS sont

nombreux: l’agence est inscrite sur le bail

et elle garantit le versement des loyers.

Les propriétaires n’ont aucune relation

directe avec les occupants. Tout est géré

par l’AIS et les services sociaux.

Loyers et entretien garantis

«Nous sommes les interlocuteurs des

propriétaires, nous payons tous les

mois le loyer. Mais nous garantissons

aussi l’état du logement, son entretien

et, éventuellement, sa rénovation. Le

propriétaire peut aussi récupérer son

bien en cas de besoin», continue-t-il.

«Les propriétaires ont la garantie d’une

location sans soucis, sans risques. Depuis

2017, ils ont aussi un avantage fiscal avec

une exonération à 50% sur les revenus

locatifs. Cela compense une bonne partie

de la perte par rapport au marché dit

classique. Ils n’ont également jamais

de perte lorsque le logement est vacant

puisque le loyer continue d’être versé».

Reste que le parc de logements est

limité, d’où l’idée de se pencher sur les

Baulücken, friches constructibles qui

sont souvent laissées à l’abandon par leurs

propriétaires. Ces derniers attendent

souvent de réaliser une plus-value lors

de leur vente, ou bien le bon moment

pour y construire. «Nous proposons

aujourd’hui de louer ces Baulücken, de

les entretenir et d’en assurer la gestion»,

explique Gilles Hempel. Quel intérêt

pour l’AIS de gérer de simples terrains?

Tout simplement en les valorisant de

manière temporaire.

Des préfabriqués bien intégrés

«Nous avons développé avec Polygone et

Banice Architectes une solution d’habitat

préfabriqué qui pourrait être installé ou

démonté en très peu de temps». Sur le

modèle des préfabriqués de chantier,

mais avec un habillage pour parfaitement

s’insérer dans l’environnement urbain,

ces conteneurs aménagés permettraient

de valoriser les friches et, surtout, de

loger ceux qui en ont le plus besoin

«Nous nous proposons d’utiliser le

terrain tant que le propriétaire n’en a pas

le besoin et, comme dans le cadre de nos

locations classiques, de le lui rendre dans

les meilleurs délais quand il en fait la


demande», continue le directeur de l’AIS.

Une belle opportunité pour les

propriétaires de fonciers qui verraient ainsi

les réseaux d’eau et d’électricité arriver sur

leurs terrains, les trottoirs entretenus, avant

d’en reprendre possession.

“Nous proposons

de louer

les Baulücken”

«Nous recherchons aujourd’hui des

Baulücken dans tout le pays. Cela

permettra également aux propriétaires

d’éviter d’éventuelles taxes sur les

logements et terrains vacants». Une

alternative positive pour mobiliser des

terrains et favoriser l’intégration du plus

grand nombre. «Notre objectif est d’en

faire des logements qui ressemblent à

des constructions classiques, pour ne pas

déranger le voisinage».

L’autonomie au cœur du projet

Une fois le cofinancement de ce projet

validé par l’Etat, les premiers Baulücken

sociaux devraient pousser dans tout le pays.

«L’idée est de poser les premier modules

cette année. Ils s’inscriront en plus dans

le cadre de l’économie circulaire, car ils

pourront être récupérés, déplacés et seront

fabriqués en matériaux recyclables».

Comme toujours avec l’AIS, les occupants

resteront accompagnés, dans leur

quotidien, par un encadrement social.

«Nous ne faisons pas du logement social

classique mais de l’inclusion sociale. Le

logement est un tremplin vers l’autonomie

pour ces personnes qui ne gagnent souvent

que le salaire social minimum. En leur

enlevant le poids du logement, elles

peuvent se consacrer à la recherche d’un

emploi. Notre travail commence vraiment

quand nous remettons les clés à un locataire

et il s’achève lorsqu’elles nous sont rendues.

Depuis huit ans, plus de 200 locataires

nous ont ainsi quittés et 10% d’entre eux

sont devenus propriétaires». Maisons

individuelles, appartements ou modules

temporaires sur les Baulücken: l’AIS met

tout en œuvre aujourd’hui pour dépasser les

objectifs ambitieux qu’elle se fixe. n

Agence Immobilière Sociale

202b rue de Hamm

L-1713 Luxembourg

Tél: 26 48 39 52

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96 LG

BEST OF & GUIDE 2018

LOGEMENT & CONSTRUCTION

La mobilité

et la revitalisation urbaine:

les défis d’une commune

Conseiller et guide des communes en vue d’un réaménagement urbain visant à implémenter et

encourager une mobilité durable dans leurs localités, le bureau d’études Schroeder & Associés

prend en compte une multitude de facteurs dans sa planification de projets. Forts d’un premier

succès dans la commune de Bertrange pour lequel la population a véritablement été impliquée,

Jean-Luc Weidert et Adrien Stolwijk, tous deux administrateurs, ingénieurs et aménageursurbanistes,

nous expliquent les défis rencontrés par une commune en termes de mobilité.

Quel est l’objectif premier d’un réaménagement

urbain?

AS: Beaucoup de communes veulent rendre

aux centres urbains un espace-rue avec un

niveau de qualité de vie plus élevé où le

citoyen et la mobilité douce sont mis au centre

de la conception tandis que les voitures sont

tolérées, mais n’en sont plus l’élément central.

Il s’agit donc de rééquilibrer la position des

différents usagers et de veiller à ce que chacun

puisse trouver sa place dans ce système fragile.

Avec nos collègues architectes, urbanistes

et paysagistes nous créons une équipe

multidisciplinaire pour rechercher une

nouvelle atmosphère dans l’espace public

où le citoyen se sent à l’aise, confortable,

en sécurité et commence par conséquence

à changer son comportement par

exemple en faveur de la mobilité active.

L’aménagement de zones de rencontre

et de zones résidentielles à 20km/h et de

places publiques et espaces verts ainsi que

la recherche de solutions au niveau du

stationnement sont des outils importants

dont peut se munir une commune pour y

arriver, comme on peut l’observer dans le

«Shared Space» à Bertrange.

Quelle est la place de l’implication

citoyenne dans ce processus?

JLW: Notre objectif à Bertrange était de

réaliser un projet avec et pour les habitants

de la commune, il est donc très important de

tenir compte de leur avis.

Les outils pour intégrer le citoyen

dans la planification sont nombreux:

des questionnaires sous forme

d’un «Foussgängercheck» et d’un

«Mobilitéitscheck», des workshops organisés

en soirée ou le week-end, des visites des

lieux,… Le but est d’écouter et de comprendre

les soucis que les citoyens rencontrent au

quotidien, d’analyser ensemble les points

forts et faibles et de discuter de leurs idées

pour améliorer la qualité de vie et la mobilité

de manière durable dans leur commune.

Qui connaît mieux le terrain que ceux qui le

fréquentent chaque jour! Nos expériences

au cours des dernières années au niveau des

processus participatifs avec la population

nous ont montré que souvent deux groupes

de notre société se sentent moins impliqués

dans ce processus. Pour y remédier, nous

cherchons par exemple le contact direct avec

les maisons de retraite et les clubs senior d’un

côté et les maisons des jeunes de l’autre. Sur

base de ces informations «de première main»

provenant de tous les citoyens, nous essayons

de créer un concept sur-mesure, réalisable

et fonctionnel; donc une solution durable à

échelle humaine.

AS: Les mentalités changent finalement

aussi au Luxembourg et le réaménagement

du centre de Bertrange était pour nous le

premier projet de «Shared Space» où les

décisions politiques étaient liées étroitement

aux avis de la population dans l’optique que

chacun y trouve sa place: les habitants, les

commerçants, les enseignants, les jeunes, les

plus âgés,… Cette approche a entre temps été

suivie par un bon nombre de communes, ce

qui demande – ne le cachons pas – un certain

courage politique.

Quels changements doivent être réalisés

pour apaiser le trafic dans une localité?

JLW: D’abord il faut se demander pourquoi

et pour qui on veut apaiser le trafic. Les

infrastructures qu’on retrouve aujourd’hui

dans beaucoup de communes ont été réalisées

pour la circulation motorisée et sont par

conséquent souvent surdimensionnées visà-vis

des autres usagers. Elles incitent les

automobilistes à rouler à vitesse élevée, avec

tous les problèmes qui y sont liés.

Le réaménagement des entrées en localités est

un premier outil important pour bien doser

et influencer l’arrivée en agglomération. Puis

c’est la réorganisation de la hiérarchie routière

(mélange entre 50km/h, 30km/h et 20km/h)

qui est la base d’un apaisement du trafic à

l’intérieur d’une localité. Le réaménagement

de l’espace-rue doit donner plus de place

aux piétons/cyclistes et suggérer aux

automobilistes un comportement adéquat à

l’intérieur de l’agglomération. Dans un centre


LG

BEST OF & GUIDE 2018

97

urbain, le piéton doit donc être mis au centre

de la conception, car nous commençons

chaque déplacement (même celui en voiture

ou en transport en commun) tout d’abord

à pied – et ceci chaque jour! Offrir une

plateforme où les gens se rencontrent et la vie

sociale retrouve sa place au cœur d’une localité

est la preuve d’un projet réussi!

Adrien Stolwijk et Jean-Luc Weidert

AS: Entre temps, nous assistons beaucoup

de communes pour établir des demandes

auprès du MDDI et des Ponts et Chaussées

en vue d’une réduction de vitesse sur voirie

étatique dans certains tronçons à l’intérieur

des localités. Ces demandes doivent remplir

certaines conditions, comme des comptages

de vitesses et des piétons, la documentation

des «Points of Interests» (POI), tels que

les écoles, commerces, services, etc. Un

aménagement adéquat y est évidemment à

prévoir en cas d’autorisation étatique.

Comment favoriser la mobilité douce dans

une commune?

JLW: Nous développons par exemple avec

les citoyens, les services techniques, les

responsables communaux et les autorités

étatiques un «Plan directeur de pistes

cyclables» qui définit la vision finale d’un

réseau cohérent et continu à travers la

commune. Ce réseau doit en plus s’intégrer

dans un réseau régional et national pour

garantir la continuité au-delà de la commune.

La planification pour le piéton nous demande

un travail très détaillé pour réussir à améliorer

et sécuriser ses infrastructures. Sur base d’un

relevé minutieux, il s’agit de définir des actions

concrètes sous forme d’un catalogue de

mesures. Echelonné sur base de priorités, ce

catalogue est l’outil de travail de la commune

pour les années à venir – et ceci sans perdre

de vue le budget qu’une commune doit se

donner année par année pour la réalisation des

mesures sur base d’un «Massnahmenkatalog»

et d’un plan de phasage établi par nos

ingénieurs. Une signalétique continue ciblée

pour piétons est non seulement importante

pour la lisibilité du réseau mais aussi du côté

éducatif. Beaucoup d’éléments subjectifs sont

à considérer lors de l’établissement du concept

de la mobilité douce et nous devons trouver

le bon dosage avec tous les intervenants et

groupes d’intérêts pour les encourager à

délaisser leurs véhicules.

Sachant que la multimodalité sera la clé

d’une mobilité durable, les infrastructures

de la mobilité douce formant le raccord

au transport en commun jouent un rôle

important lors du choix du mode de transport.

Surtout qu’il s’agit souvent du «last or first

mile» d’une personne dans la chaîne de

mobilité de son déplacement journalier.


98 LG

BEST OF & GUIDE 2018

LOGEMENT & CONSTRUCTION

AS: Entretemps nous remarquons que de

plus en plus de responsables communaux

se rendent compte qu’un réaménagement

de l’espace public doit répondre aux

objectifs du «Design for all» qui garantit

un aménagement adéquat pour tous

les âges (enfants, personnes à mobilité

réduite, personnes âgées, poussettes,

mal-voyants, etc.). Là aussi, la mise

en place d’un catalogue de mesures se

greffant sur un budget pluriannuel de

la commune doit être proposé. Parlons

encore brièvement de l’élaboration du

concept «Séchere Schoulwee» qui est un

outil très important d’une commune afin

de sensibiliser les parents aux avantages

d’une marche à pied vers l’école. Sur

base des questionnaires destinés aux

enfants et aux parents, il s’agit d’abord

d’analyser leur comportement. Suivant

les lieux de domicile des enfants et leurs

catégories d’âge, des chemins sécurisés

vers l’école sont définis et mis en place.

Des visites des lieux sont organisées,

des logos et slogans développés avec les

enfants. Dans certains cas, le nombre de

bus scolaires peuvent être réduits avec

l’installation de Pedibus ou de Velosbus

dans un rayon d’un ou deux kilomètres

d’une école.

Quels sont les défis d’une commune

concernant la multimodalité et les

transports en commun?

JLW: Citons d’abord l’arrêt de bus, celuici

doit être attractif pour l’utilisateur;

des abris, des supports pour vélos, des

aménagements en faveur de la mobilité

réduite en sont quelques exemples. Etant

donné que l’aménagement des arrêts de bus

est à 100% la tâche des communes, elles

sont de plus en plus nombreuses à établir

des concepts cohérents au niveau de la

sécurisation et de la mise en conformité des

arrêts de bus, des passages piétons,…

AS: En vue de mieux cibler les besoins

des habitants et des visiteurs, la commune

peut, suivant les besoins, installer des offres

sous forme d’un City-Bus ou un bus sur

demande et ceci en complément à l’offre

du transport en commun régional. Mais

la promotion du transport en commun

va même plus loin: l’urbanisation d’une

commune doit y être adaptée (réduction du

nombre d’emplacements dans le logement

et aux lieux de travail proches des lignes

de bus et haltes ferroviaires, aménagement

d’un espace convivial dans les quartiers,…),

et la commune a le moyen de le promouvoir

par le biais du PAG et des PAP.

“Une planification

avec les citoyens

pour les citoyens!”

Quels impacts ces changements ont-ils

sur le métier d’ingénieur-conseil?

AS: En plus de notre compétence en

matière d’ingénierie, les collaborateurs de

notre unité «Mobilité et Développement

urbain» qui est composée de 17

universitaires travaillant exclusivement

dans la conception, sont formés au niveau

médiation et psychologie afin d’être plus à

l’écoute des besoins de tous les acteurs d’une

commune et de pouvoir proposer ainsi des

solutions cohérentes qui conviennent à

tous dans l’esprit d’une planification «Avec

les citoyens et pour les citoyens». Chaque

projet est spécifique et nous le traitons

comme tel, nous essayons de trouver le

dosage approprié qui convient à chaque

commune pour favoriser la mobilité douce

et garantir une meilleure qualité de vie.

Ainsi, nous créons des concepts uniques

et sur-mesure. Au vu de la formation

«aménageur-urbaniste» supplémentaire

de nos collaborateurs, l’interaction entre

la mobilité et l’aménagement urbain est

garanti.

Le véritable expert est l’habitant de la

commune, car il connait au mieux ses

besoins et les manques à combler. Nous

devons le comprendre pour trouver des

solutions qui seront acceptées par la suite.

Pour y parvenir, nous formons souvent

une équipe pluridisciplinaire afin de créer

un projet cohérent rassemblant tous les

aspects de la vie communale. Les personnes

chargées de la conception et de la réalisation

communiquent sans arrêt et s’échangent les

informations. Cette particularité combinée

à l’écoute du citoyen nous permet de rester

en phase avec la réalité du terrain.

JLW: Au niveau de la mobilité, l’idéal serait

de ne plus devoir soigner uniquement

les symptômes, mais de résoudre le

problème à la source. Pour ce faire, il est

proposé de rassembler toutes les fonctions

d’une commune à de courtes distances

et de pouvoir ainsi habiter, travailler et

consommer ses loisirs de préférence sur

le même lieu et de devenir ainsi moins

dépendant de son véhicule.

A terme, le concept de «smart cities»

permettrait de planifier la mobilité grâce

aux besoins relevés au sein de la société.

Il serait alors possible d’ajuster la mobilité

selon les comportements généraux analysés

et de proposer ainsi aux personnes le

mode de transport approprié au moment

de sa demande, de favoriser davantage

la multimodalité, de réagir avec des feux

tricolores intelligents et des concepts de

stationnement flexibles et innovants,…

L’évolution de la technologie et l’analyse

des informations récoltées par différentes

applications et capteurs pourraient

anticiper les problèmes de circulation et

les éviter en proposant des itinéraires et

modes de transport alternatifs. Le but

est de réduire davantage la surface des

infrastructures routières, et d’offrir ainsi

un espace maximal dédié au piéton et au

cycliste en vue d’une meilleure qualité de

vie à l’intérieur des agglomérations. n

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100 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 212 - JUILLET 2018

DÉVELOPPEMENT DURABLE

L’art de gérer les zones d’activités

économiques régionales

PAR ERIC HARSCH

La mise en place de zones d’activités économiques (ZAE) a pour objectif de favoriser

l’implantation d’entreprises sur le territoire luxembourgeois. Les ZAE à caractère régional,

qui accueillent surtout des activités industrielles légères et artisanales, sont gérées par le biais

d’un syndicat intercommunal. Dans l’est du pays, le SIAEG gère deux ZAE régionales au

Potaschberg et au Port de Mertert. Entretien avec Léon Gloden, président du SIAEG.

Léon Gloden

«La volonté de trouver un site approprié

pour l’implantation d’entreprises dans l’est

du pays a mené en 1988 à la création du

Syndicat intercommunal pour la création,

l’aménagement, la promotion et l’exploitation

d’une zone d’activités économiques à caractère

régional dans le canton de Grevenmacher

(SIAEG). En 1989, la ZAE régionale

Potaschberg fut établie par règlement grandducal,

divisée en deux terrains au Potaschberg

et au Port de Mertert. Aujourd’hui, le SIAEG

qui rassemble 8 communes assure la gestion

de 47 hectares au Potaschberg, répartis entre

les communes de Grevenmacher et de Biwer,

ainsi qu’environ 7.3 ha au Port de Mertert,

dont la majorité est une ZAE nationale gérée

par l’Etat», raconte Léon Gloden, députémaire

de Grevenmacher, qui a succédé à

Nicolas Soisson comme président du SIAEG

en début de l’année.

«La structure du syndicat reflète

l’organisation d’un conseil communal.

Ainsi, le bureau, composé d’un président et

deux vice-présidents, dirige et surveille les

travaux d’aménagement et prend en charge

les relations avec, entres autres, le ministère

de l’Economie qui y envoie deux délégués.

Le Comité siège un délégué de chaque

commune, à l’exception des communes des

sites d’implantations qui sont représentées par

deux délégués, leur conférant un poids accru

lors de la prise de décision. Globalement, le

Comité assume l’administration du syndicat et

représente les intérêts des communes».

«Le traitement des demandes d’implantation

des entreprises, représente l’une des tâches

principales épaulées du syndicat. Suite à la

soumission de la demande auprès du SIAEG,


LA CONSTRUCTION

AU SERVICE DU CITOYEN

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102 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 212 - JUILLET 2018

DÉVELOPPEMENT DURABLE

SIAEG

les entreprises sont convoquées à une réunion

durant laquelle elles dessinent les grandes

lignes de leur projet. Le bureau procède

ensuite à une pré-sélection qu’il transmet

au Comité qui devra donner son accord par

le biais d’un vote. Les facteurs qui guident la

prise de décision du bureau incluent, entres

autres, la création d’emplois pour la région,

la diversification économique ou encore la

pertinence des activités pour l’identité de la

région».

La ZAE Potaschberg

«Le site au Potaschberg héberge actuellement

quatorze entreprises de nature très diversifiée.

Je peux citer, à titre d’exemple, Carlex, qui

produit des fenêtres pour Bentley, Mercedes

et Lamborghini, ou Bernard Massard,

premier producteur de vins effervescents au

Luxembourg. Nous avons également des

entreprises qui s’inscrivent dans des travaux

plus classiques comme la menuiserie ou le

traitement du métal, par exemple l’entreprise

«OST Fenster» qui est spécialisée dans la

fabrication de fenêtres ou de portes d’entrée

en bois et en bois-aluminium. En tout, le site

compte à peu près 1.330 employés».

«Si le site a actuellement atteint sa pleine

capacité, le nouveau plan directeur sectoriel

relatif aux ZAE (PSZAE), approuvé en

avril, prévoit l’aménagement de 32 ha

supplémentaires au Potaschberg. Néanmoins,

une partie du nouveau zoning empiète sur le

terrain d’un agriculteur qui déposera, à juste

titre, une réclamation qui sera incluse dans

l’avis de la commune de Grevenmacher. Le

syndicat délibère actuellement sur sa prise

de position face à l’ensemble du PSZAE. De

toute façon, il proposera d’ajuster le zoning

en relocalisant une partie du terrain envers le

«Wecker Gronn», proposition déjà faite en

2014 mais non-retenue lors de l’élaboration

des plans actuels».

«Bien que nous continuions nos efforts

d’attirer de nouvelles entreprises, j’espère

réorienter nos efforts davantage sur la mise en

valeur des entreprises existantes et de rendre

leurs activités plus visibles au public. Vu leur

qualité et leurs contributions, ces entreprises

constituent une excellente carte de visite pour

la région».

Une approche plus globale

«Comme l’indique son nom, le syndicat

assume plusieurs rôles quant à la gestion de la

ZAE et nous essayons désormais de progresser

vers des approches plus globales concernant

certains services et de créer des synergies.

Ainsi, le bureau collabore avec une entreprise

chargée d’élaborer un concept qui permettrait

de gérer les déchets de manière intégrée

sur tout le site. En outre, nous explorons

la possibilité de mettre en place un parking

central commun, en vue de permettre aux

entreprises d’utiliser leur terrain actuellement

dédié aux places de parking pour des activités

de production».

“Les entreprises

constituent

une excellente

carte de visite

pour la région”

«L’extension du Potaschberg, ainsi que

le lancement du «Financial centre» et

l’avancement du Plan d’aménagement

particulier dans la rue de Flaxweiler, créeront

un afflux important de passants. Ceci posera

un défi notamment en matière de transport

auquel le syndicat s’attaque de manière

prioritaire. Ainsi, nous sommes entrés en

contact avec le ministère du Transport pour

explorer des solutions, surtout en assurant une

meilleure connexion du Potaschbierg avec

la gare de Wecker par les transports publics.

Par ailleurs, j’envisage le réaménagement des

bretelles d’accès à l’autoroute en vue d’éviter

les perturbations majeures de trafic que l’on

voit ailleurs dans le pays».

«Outre ces efforts, nous visons également

à améliorer le cadre de vie et de travail. Les

magasins de détail se trouvant exclusivement

au centre de Grevenmacher, la mise en place

de certains services comme une crèche, une

salle de sport ou la restauration améliorerait

la qualité du site. On a d’ailleurs tenu une

réunion avec les autres syndicats gérant des

ZAE régionales et avec la participation de

la secrétaire d’Etat à l’Economie Francine

Closener pour explorer ces avenues de

réflexion. En même temps, il s’agit de relier

le Potaschberg avec le centre urbain de

Grevenmacher en vue de permettre aux

employés de jouir des avantages de la ville.

Si le Citybus électrique qui a récemment été

lancé à Grevenmacher prospère, son service

pourra potentiellement être élargi pour

desservir le Potaschberg, s’inscrivant dans la

mobilité durable». n


104 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

DÉVELOPPEMENT DURABLE

Vers une qualité

optimale de l’eau

PAR MARTINA CAPPUCCIO

Avec ses équipes spécifiquement dédiées d’une part à

l’alimentation en eau et d’autre part à son assainissement,

B.E.S.T. Ingénieurs-Conseils offre son expertise dans ces

domaines aux communes, aux syndicats de communes et à

l’Etat. Fernand Hengen et Laurent Busana, associés-gérants,

reviennent avec nous sur les difficultés et les défis que

représente ce type de projets ainsi que sur les particularités

techniques et les normes à respecter concernant de tels

chantiers. Interview.

Quels types de services proposezvous

en matière d’alimentation en eau

potable?

LB: La sécurisation de l’approvisionnement

en eau potable du Luxembourg passe par

la protection des sources et des forages

existants ainsi que par la recherche de

nouvelles ressources. Notre équipe

hydrogéologie réalise les études pour la

délimitation des zones d’alimentation et

la mise en application des programmes

de protection pour une cinquantaine de

points de prélèvement répartis dans le pays.

En plus, nos clients entendent pérenniser

leur service d’alimentation en valorisant

de nouvelles sources dont l’identification

et le captage constituent une tâche

supplémentaire de cette équipe.

Vous n’êtes pas sans savoir que la qualité

de l’eau potable luxembourgeoise n’est

pas toujours optimale, puisqu’à grande

échelle, les eaux accusent des teneurs

tant en nitrates qu’en pesticides. Pour

y remédier, les opérateurs poursuivent

activement la délimitation des zones de

protection. Toutefois, des améliorations ne

sont perceptibles qu’à long terme et cette

démarche doit parfois être complétée par

la mise en place temporaire de stations de

traitement afin de se conformer aux normes

de qualité.

C’est précisément dans le domaine de la

production et de la distribution de l’eau

captée que nous mettons à disposition une

véritable expertise en matière d’équipements

électromécaniques des composants du

réseau, tels que les stations de pompages, les

installations de traitement et les réservoirs

de stockage. Nos spécialistes dédiés à

l’ingénierie de l’eau potable sont parmi

les plus expérimentés au Luxembourg. En

collaboration avec nos services d’études

constructives, nous élaborons des solutions

complètes et modernes, de la conception

constructive aux systèmes de télégestion en

passant par les équipements hydrauliques.

Dans le domaine hydraulique, nous offrons

également des diagnostics détaillés des

réseaux de distribution avec élaboration de

plans directeurs pour que l’infrastructure

soit à même de répondre aux besoins

d’une population croissante. Le service eau

potable, fort de huit collaborateurs, couvre

ainsi le spectre entier d’études en matière

d’infrastructures d’approvisionnement

en eau. Nous planifions chaque année

environ quatre réservoirs à travers le

pays. Récemment, nous avons clôturé les

chantiers des réservoirs d’Echternach et

de Syren, et nous venons d’entamer la

construction de celui de Beaufort.


Quels types de prestations proposez-vous

concernant l’assainissement des eaux?

FH: Notre équipe de 22 personnes se

charge de la planification des composants

d’infrastructures de dépollution des eaux

urbaines, tels que des réseaux de collecte

et des bassins de retenue d’eaux. Au niveau

des stations d’épuration, nous collaborons

étroitement avec des partenaires

allemands très expérimentés au niveau des

équipements techniques spécifiques à ce

domaine. En l’occurrence, nous sommes

en train de réaliser des stations d’épuration

à Bous, à Consdorf et à Hoscheid. Tout

récemment, nous venons de terminer la

construction d’une station à Junglinster.

L’assainissement de zones habitées et la

construction de stations d’épuration vont

de pair et demandent un suivi vigilant

à chaque étape pour obtenir un résultat

optimal.

Le service assainissement génère un chiffre

d’affaires deux fois supérieur à celui de

l’alimentation en eau potable, et ce, pour

un nombre équivalent de projets à traiter.

Ceci s’explique par l’envergure des projets

que le pays est obligé de réaliser en raison

de son retard dans la mise en application

des directives européennes.

Une dépollution efficace et durable

tant au niveau qualitatif qu’au niveau

organisationnel requiert un certain niveau

de centralisation. Ce principe se heurte

dans bien des cas à une topographie

désavantageuse qui nécessite des

investissements considérables pour assurer

l’acheminement des effluents vers une

station d’épuration commune. En cas de

situation très défavorable, les communes,

souvent de faible taille, sont obligées

de recourir à des petites stations locales

qui doivent composer autant avec les

fluctuations de la charge polluante à traiter

qu’avec la faible capacité autoépuratoire

des cours d’eau récepteurs pour lesquels

le rejet représente une charge difficile à

absorber. Leur gestion est confiée à un

syndicat expérimenté dans l’exploitation de

tels systèmes.

Fernand Hengen et Laurent Busana

Quels sont les prochains défis dans ces

domaines?

FH: L’objectif de notre travail dans le

domaine de l’assainissement est le bon

état des eaux de surface, en respectant les

critères qualitatifs fixés par les directives

cadres pour le rejet dans le milieu naturel.

Sachant qu’il y a urgence de combler le

retard en matière d’épuration des eaux, le

prochain défi pour les communes va être de

trouver les capacités financières nécessaires

à la mise en place rapide des infrastructures

de dépollution. Et ceci dans le contexte

d’une révision à la baisse des subsides

alloués par le ministère du Développement

durable et des Infrastructures.

Autre difficulté à laquelle nous sommes

confrontés: aussi bien le marché de

l’approvisionnement en eau potable que

celui de l’assainissement connaît une

forte demande au niveau des équipements

techniques. Or, seules trois à quatre

entreprises spécialisées dans le montage et la

mise en place de tuyauteries, d’installations


106 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

DÉVELOPPEMENT DURABLE

de pompage, d’adduction, de traitement et

d’épuration d’eaux agissent sur le marché

national. Avec pour conséquence que les

prix pratiqués sont élevés.

LB: D’autre part, l’Administration de la

gestion des eaux pousse les opérateurs

communaux à clôturer l’audit technique

de leurs infrastructures d’eaux potable et

usée comprenant un diagnostic relevant

les points faibles et les déficiences de

celles-ci. A ce titre, nous sommes par

exemple en train de réaliser les calculs

liés à la vérification de maints réseaux de

distribution et de collecte des eaux.

Ces dossiers techniques sont complétés par

des plans directeurs traçant le renouvellement

par étapes des infrastructures dans le but

de pouvoir répondre aux besoins d’une

population toujours plus nombreuse. Les

dossiers techniques débouchent d’ailleurs

souvent sur des demandes de projets de

renouvellement de la part de nos clients.

“L’assainissement

de zones habitées

et la construction

de stations

d’épuration

vont de pair”

Comment garantissez-vous la sécurité

des intervenants sur un chantier?

FH: Lors de l’exécution des travaux,

nous assurons également des missions de

coordination de la sécurité et de la santé

sur les chantiers. Nous mandatons ainsi un

collaborateur possédant un agrément de

l’ITM afin qu’il suive le chantier pour le

maître d’ouvrage et détermine si toutes les

normes de sécurité y sont bien respectées

par tous les intervenants. Ainsi, chaque

entreprise sur chantier doit remettre son

dossier de sécurité au coordinateur qui

vérifiera si toutes les normes de sécurité et

de santé sont bien en voie d’être respectées

par les travailleurs. Le coordinateur

intervient ensuite sur terrain et notifie

par le biais de rapports les situations

dangereuses observées dans l’objectif de les

éliminer et d’améliorer la sécurité sur les

chantiers. n


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108 LG

BEST OF & GUIDE 2018

DÉVELOPPEMENT DURABLE

LAMESCH,

un partenaire essentiel

La diversité des activités que propose la société LAMESCH

lui permet de répondre aux besoins des communes qu’il

s’agisse de problématiques liées à la gestion des déchets ou

bien à des questions d’assainissement. Entretien avec Alain

Jacob, administrateur directeur général.

Alain Jacob

Source photo: Lamesch

au principe du pollueur/payeur. Chaque

maison individuelle est dotée de plusieurs

poubelles (papier/carton, déchets

biodégradables, déchets résiduels et sachet

PMC) qui permettent au ménage de réaliser

un tri qualitatif. Les poubelles de déchets

résiduels sont équipées depuis plusieurs

années d’un transpondeur qui s’active lors

de la collecte. Ainsi, les communes sont

en capacité de facturer chaque ménage

en fonction de sa production de déchets.

Cependant, les résidences ne bénéficiaient

pas de ce système jusqu’il y a environ

deux ans. Pour répondre à ce besoin,

nous proposons désormais aux communes

d’équiper les logements collectifs

d’e-Container.

Quels services offrez-vous dans le

domaine de la gestion des déchets?

Historiquement, notre société a toujours

collecté les déchets et plus particulièrement

ceux des ménages par le biais des communes.

Ces collectes en porte-à-porte ont évolué

au fil des années et selon les changements

de législation. Les problématiques

environnementales liées à la gestion des

déchets ont fondamentalement changé

notre façon de travailler et d’appréhender

notre approche aux détritus. Aujourd’hui,

chacun est sensibilisé aux règles de tri qui

permettent d’optimiser le recyclage et la

valorisation des matières, ce qui n’était

pas le cas il y a plusieurs décennies. Les

nouvelles législations concernant la gestion

des déchets poussent les communes à être

toujours plus exigeantes en termes de tri

et ce sont ces exigences qui permettront

de préserver notre environnement et de

sensibiliser les Hommes à l’économie

circulaire. Notre offre de services s’est

adaptée à la demande des communes et

“Les poubelles

de déchets

résiduels sont

équipées d’un

transpondeur

qui s’active lors

de la collecte”

Qu’est-ce qu’un e-Container et comment

l’utilise-t-on?

L’e-Container est tout simplement

une poubelle intelligente équipée d’un

container. Les sachets de déchets sont

déposés dans un tiroir de 15 ou 20 litres

qui, lorsqu’il se referme, tombe dans le

container. Ces poubelles sont proposées

pour des containers de 240 litres et pour

des containers allant de 660 à 1.100 litres.

Chaque ménage est équipé d’une carte

à puce qui déverrouille le tiroir. Chaque

ouverture du tiroir est comptabilisée

et donne lieu à facturation. Ce système

Source photo: Lamesch

permet à chaque habitant d’être facturé

de manière équitable, selon la quantité de

déchets produits.

Aujourd’hui, on dispose du recul nécessaire

pour affirmer que la mise en place des

e-Containers dans les résidences a permis

de baisser la quantité des déchets résiduels

tout en renforçant les quantités des

fractions recyclables et valorisables.

L’assainissement est aussi un volet

important dans vos activités, quels

services proposez-vous?

L’assainissement est un domaine vaste allant

du simple débouchage jusqu’à la réparation

de canalisation. Nous intervenons aussi

bien sur des canalisations d’eaux usées que

d’eaux de pluie. Le débouchage d’avaloirs

est une activité qui rencontre beaucoup

de succès auprès des communes. En effet,

avec le temps et les intempéries, les avaloirs

finissent par s’obstruer et il est essentiel

de les nettoyer pour éviter tout problème

d’écoulement des eaux.


LG

BEST OF & GUIDE 2018 109

En assainissement, les activités sont

complémentaires. Par exemple, si l’on ne

parvient pas à déboucher une canalisation,

on doit chercher quel est le problème. Pour

cela, une inspection caméra est nécessaire:

après nettoyage des canalisations, une caméra

est introduite dans le tronçon et inspecte

l’état du conduit. À partir de ce constat, on

peut définir la nature du problème et choisir

la solution adaptée. Un simple fraisage peut

suffire à déboucher la canalisation; en cas de

problème plus important ou de canalisations

endommagées, une réparation peut être

nécessaire. L’atout principal de notre société

est de pouvoir proposer une solution quel

que soit le problème et quel que soit le type

de canalisations.

La canalisation vit et s’abîme au fil des

années et souvent quand un problème

survient, il est déjà tard et les solutions

peuvent être coûteuses. Afin d’anticiper ces

problèmes, nous préconisons aux communes

et aux industriels des inspections caméra

préventives. À la suite de ces inspections,

nous remettons un rapport écrit qui explique

en détail l’état des conduites et selon le

constat, nous proposons les solutions

qui s’imposent. En cas d’obstruction, un

simple fraisage peut être suffisant. Dans

le cas contraire et si l’étanchéité de la

canalisation n’est plus assurée, la réparation

est nécessaire.

La réparation de canalisation est réalisée

sans travaux de tranchée et sans excavation

et consiste à mettre en place un chemisage

qui réhabilite totalement ou partiellement

le réseau depuis l’intérieur à l’aide de

gaines.

Les techniques de réparations diffèrent

légèrement selon le type des canalisations:

• sur des conduites allant jusqu’à 1.200mm

de diamètre: une gaine en fibre de verre,

imprégnée d’une résine thermodurcissante,

est insérée dans la conduite à rénover, mise

sous pression et durcie par polymérisation

aux rayons UV.

• sur des conduites de 50 à 250mm de

diamètre avec des coudes à angle droit

aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur

de l’habitation: une gaine textile souple

imprégnée de résine est introduite dans

la conduite au moyen d’air comprimé et

durcie à l’eau chaude.

Cette activité est très complexe. Aussi afin de

la rendre plus accessible, un film explicatif

est disponible sur notre site Internet

lamesch.lu dans la rubrique Assainissement

– Réparation de canalisations. n

LAMESCH Exploitation s.a.

12, ZI Wolser 2

B.P. 75

L-3201 Bettembourg

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110 LG

BEST OF & GUIDE 2018

DÉVELOPPEMENT DURABLE

Buvez équitable!

Le prix du lait est actuellement à 30 centimes d’euros le litre avec une tendance à la baisse, alors

qu’un minimum de 44 centimes serait nécessaire afin que les exploitants agricoles gagnent

leur pain. La chaine de valeur se développe depuis des décennies toujours plus au détriment

des producteurs de lait; D’fair Mëllech est née du refus de subir sans agir. Rencontre avec son

gérant, Fredy de Martines.

décence du revenu des producteurs. C’est

pourquoi nous réalisons régulièrement des

opérations de dégustation et d’information

en grandes surfaces. Depuis les premières

commercialisations de nos produits en

2011, nous avons réussi à fidéliser une large

clientèle, ce qui explique en partie notre

croissance annuelle de 25%.

C’est pourquoi nous mettons un soin

tout particulier au développement d’une

production durable. Nos 48 fermes qui sont

toutes de tailles familiales, sont soumises à

des bilans annuels qui prennent en compte

tout ce qui entre (fourrages et engrais,..) et

tout ce qui sort (lait et viande), et ce, dans

le but de réduire nos émissions de CO 2 . n

D’où vient le lait et pour quels produits?

Dans quel contexte a été créé D’fair

Mëllech?

Suite à la crise du lait de 2008 qui a conduit

les grèves dans les rues, 48 producteurs

de lait luxembourgeois ont décidé de

créer leur propre marque. Notre objectif

était de redonner un pouvoir d’influence

au producteur agricole sur les marchés.

Nous avons donc souhaité inscrire notre

démarche dans un projet européen en nous

basant sur le concept de «lait équitable» de

l’«European Milk Board» qui nous permet

aujourd’hui de commercialiser nos propres

produits laitiers. D’fair Mëllech est partie

intégrante de l’économie solidaire.

L’un de nos objectifs permanent est d’unir

la confiance des consommateurs à la

Le lait provient de 48 fermes qui

sont réparties sur tout le territoire

luxembourgeois. D’fair Mëllech compte

neuf produits différents dont par exemple

des laits chocolatés, du beurre, de la crème

fraîche, des glaces à sept parfums et bien sûr,

le lait. Nous travaillons aussi à l’élaboration

de notre premier fromage qui sera un brie

luxembourgeois. Enfin, l’emballage et la

distribution sont assurés par Luxlait et la

laiterie Thiry de Schouweiler.

“D’fair Mëllech est

partie intégrante

de l’économie

solidaire”

Vous êtes en première ligne pour constater

le changement d’habitudes des consommateurs;

peut-on dire que la qualité et

les circuits courts en sont des conditions?

Le milieu agricole en général et celui du lait

en particulier est ravi de constater que les

consommateurs sont toujours plus soucieux

de soutenir l’agriculture locale et de la

qualité des produits qu’ils achètent. Nos

agriculteurs cherchent un contact direct

avec le consommateur et le commerçant et

nous savons que leur solidarité pour un prix

juste est intrinsèque à la transparence d’un

produit de qualité.

Produits D’fair Mëllech

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114 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 207 - FÉVRIER 2018

La passion de l’engagement

PAR JULIEN BRUN

PORTRAIT

Elle pénètre la pièce avec l’assurance de ceux qui gèrent la pression des responsabilités sans

sourciller. Dans son col Claudine qui laisse sagement à penser aux écoliers de l’entre-deuxguerres,

sa prestance presqu’intimidante fait oxymore. Un regard gris-bleu chaleureux et un

large sourire suffisent pourtant à mettre à l’aise son interlocuteur. Itinéraire d’une femme

réfléchie, sincère et engagée, portrait d’Anouk Agnes.

L’édification d’une personnalité

Trois générations de femmes étaient

réunies dans le pavillon familial où Anouk a

grandi, entourée de sa mère, sa grand-mère

et de son grand-frère. L’enfant est plutôt

bonne élève même si elle a une tendance

à la paresse qui la pousse à ne réviser

uniquement ce qu’il suffit pour avoir la

moyenne. Elle développe très tôt le goût

des livres, tout d’abord en chinant dans

la bibliothèque rose et autres littératures

de jeunesse, puis vers des lectures plus

consistantes à force d’après-midis pluvieux

sous le ciel gris de Bonnevoie.

Dès ses onze ans, elle passe ses vacances

d’été en colonie avec le CISV Luxembourg

des adolescents du monde entier

partagent, trois semaines durant, le même

campement. S’émouvoir des paysages

lointains, caresser l’inconnu et embrasser

les cultures qui lui sont étrangères

marqueront son affection des voyages pour

ne plus la quitter.

Sa mère se remarie avec Marcel Mart,

ministre DP de l’Economie, puis de l’Energie

et des Transport sous les gouvernements

Werner (1969-1974) et Thorn (1974-1977). À

défaut de combler la transparence ineffaçable

d’un père absent, la jeune-fille gagne de cette

nouvelle union, l’influence culturelle d’un

homme engagé. La table des repas familiaux

s’anime souvent de débats sociétaux, culturels

et politiques parfois le reconnaît-elle, à

l’exaspération de sa mère et de son frèreainé.

Ces discussions alimentent ses propres

réflexions et adoucissent de raison les utopies

de son adolescence.

Dans les méandres du lycée, elle souhaite

s’évader de ses bêtes noires que sont les

mathématiques, la physique et la chimie

pour se réfugier dans les sciences humaines.

Tournant autour des auteurs allemands,

volant dans la poésie française et dansant

sur la musicalité de la langue italienne, elle

quitte l’Athénée pour le Lycée Michel-

Rodange et passe un Bac L. Puis sans réelle

conviction, Anouk choisit de faire du droit

parce que, c’est bien connu, il mène à tout.

Après une maîtrise à Paris Assas, un master

à Munich et un passage sur les bancs de

Science Po à Londres, elle sait enfin qu’elle

restera hermétique au droit des affaires.

Ce qui la passionne, c’est la philosophie et

l’histoire du droit, les droits de l’homme, le

droit constitutionnel et international.

“Investir dans

des entreprises

polluantes,

c’est perdre

de l’argent”

La vie active

Diplômes en poche, Anouk part en 1998

pour New-York à la Représentation

Permanente du Luxembourg auprès des

Nations unies pour le compte du ministère

des Affaires étrangères. Dans l’hémicycle

de l’ONU, elle suit, non sans fascination,

les débats de l’Assemblée générale de la

commission économique et sociale et

notamment ceux des objectifs du millénaire

(réduction de la faim dans le monde,

éducation des enfants, campagnes de

vaccinations, etc.).

De retour au Luxembourg en 1999, elle

intègre Lux-Development et découvre

que le Grand-Duché est l’un des leaders

mondiaux dans la contribution financière

pour l’aide au développement des pays

pauvres. À seulement 25 ans, elle part

pour la Namibie puis pour les Balkans

(Monténégro et Kosovo) où elle gère

des projets concrets de construction

d’écoles, de formation d’infirmières et

d’équipement en matériel d’hôpitaux. Elle

aide aussi les populations locales à trouver

des débouchées professionnelles dans ces

régions reculées où le charme des paysages

jure si souvent avec l’impasse de l’existence

qu’est la pauvreté. Un accident de voiture

l’oblige à rentrer au pays en 2004; la jeune

femme intègre alors la Banque asiatique

de développement et refait son baluchon

pour Manille jusqu’en 2005. De retour au

Luxembourg, elle rejoint le ministère des

Finances.

Alors ministre des Finances, Luc Frieden

est en charge de la politique de stratégie,

d’innovation, de compétitivité et du

développement des services financiers. De

cette volonté de promouvoir la Place à

l’international naît, entre autre, Luxembourg

for Finance pour lequel Anouk Agnes

dirige la stratégie. Elle y découvre les

fonds d’investissements et la renommée

internationale de Luxembourg en la matière.


Anouk Agnes


116 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 207 - FÉVRIER 2018

PORTRAIT

À l’Alfi depuis 2012, elle en est aujourd’hui

la directrice générale adjointe et ses

dossiers de prédilection sont entre autres

la microfinance, les fonds d’investissements

socialement responsables et les fonds

d’investissements verts. «Leader dans la

microfinance, le Luxembourg a ouvert

la voie aux investissements socialement

responsables et a montré qu’on peut faire

de l’argent tout en faisant du bien», dit-elle.

Elle a pu constater que dans les pays où

les enfants peinent à manger à leur faim,

il est très difficile de parler d’écologie et

sur les rives des fleuves, jonchant le sol des

bidonvilles et jusqu’aux cimes des arbres,

les détritus sont partout. On sait déjà que

l’argent public des pays riches ne pourra pas

suffire au financement du développement

durable des régions défavorisées et tous

les experts s’accordent à dire que les 100

milliards annuels avancés suite aux Accords

de Paris sont sous-évalués. L’une des

solutions réside peut-être dans les fonds

d’investissement verts qui connaissent

de plus en plus de succès et Anouk Agnes

peut l’observer quotidiennement: «les

investisseurs constituent des portefeuilles

qui leur rapportent des rendements

financiers et préfèrent les entreprises qui

ont des impacts positifs sur l’environnement

parce qu’ils savent dorénavant qu’investir

dans des entreprises polluantes, c’est perdre

de l’argent».

Un attrait…

Soyons honnête, Anouk Agnes serait

politiquement intéressante à plusieurs

aspects. L’hypothétique candidature aurait

la crédibilité d’un parcours de poids; sa

batterie de diplômes et son lourd CV

attestent d’une vision internationale de la

Place et d’une connaissance des marchés

financiers qui changeraient du traditionnel

«candidat-enseignant».

“Faire de la

politique ne se

résume pas

à une carte de parti

et à des campagnes

électorales”

La maman quadragénaire a ensuite une

personnalité qui mériterait d’être connue

avec des valeurs humanistes et sociales de

terrain, une fibre écolo (avec entre autres

une aversion pour les sachets en plastique)

et une culture autrement sortie des fiches

Wikipédia puisque sensible à la littérature,

la poésie, l’art moderne, la danse classique

et le cinéma d’auteur. Enfin, la dame a un

physique plus qu’avantageux, ce qui n’est

pas sans déplaire à l’électorat de tous bords

confondus.

Pourquoi dès lors celle qui pourrait

parfaitement répondre à un mandat

européen ou même à un poste ministériel

ne s’est-elle jamais présentée?

Elle nous promet que «ce n’est pas

d’actualité». Certes, elle s’est toujours

intéressée à la politique de son pays et tant

ses évolutions que son sort la concernent

intimement mais «l’intérêt ne suffit pas,

faut-il encore s’identifier à un programme

et s’engager dans un parti», rappelle-telle

et d’ajouter dans une presque fausse

modestie que «rien ne dit qu’une famille

politique voudrait de moi». Pour l’heure,

ses engagements écologiques et sociaux

s’incarnent parfaitement dans son activité

professionnelle et comme elle aime à le

rappeler, «faire de la politique ne se résume

pas à une carte de parti et à des campagnes

électorales». Assurément, mais les caresses

du temps qui passe renforceront peut-être

plus encore son intérêt. n


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118 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 208 - MARS 2018

La réussite à la clé

PAR JULIEN BRUN

PORTRAIT

Dans ces dernières pages de magazine, le lecteur est habitué

à lire des portraits de personnalités qui ont une longue

expérience dans leur domaine. Ce mois-ci, LG a souhaité

remonter le temps et mettre le focus sur le dynamisme

caractéristique de la jeunesse. Interview de Mara Esteves

Machado, jeune femme de 32 ans, chargée de relation à la BIL

et qui ne manque pas d’ambition…

Itinéraire d’une intégration

Son histoire prend lieu dans les paysages

du Nord portugais où les levers de

soleils accouchent de lumières or qui

s’entremêlent aux montagnes de terres.

Couchée sur les bords du fleuve Tâmega, la

ville de Chaves (qui signifie clé en portugais)

connait une importante émigration qui

s’intensifie dans les années 70. Les habitants

s’arrachent à leurs campagnes natales pour

s’en aller vers des promesses d’eldorados.

En quête de main-d’œuvre qualifiée et

bon marché, les Etats-Unis, la Suisse,

l’Allemagne mais aussi et surtout la France

(qui compte aujourd’hui deux millions

d’habitants d’origine portugaise) accueille

cette diaspora avec enthousiasme. Si les

liens culturels avec l’hexagone remontent

jusqu’à Fernando Pessoa et Voltaire, ceux

de l’immigration prennent source à la fuite

de l’autoritarisme salazariste des années 50.

Au pays de l’intranquillité 1 , les nouvelles

de ceux qui sont partis donnent le courage

de vaincre la peur de tout laisser.

La famille Esteves pose ses valises à Paris

quelques années durant; le temps pour la

petite Mara et son grand frère d’apprendre

la langue de Molière à l’école de la

République et au père de la maîtriser sur

les chantiers. Le Luxembourg est alors

dans ses 20 splendides (1985-2007) et l’âge

d’or de son secteur financier fait croître

dans son sillage, celui de la construction.

Professora, Maîtresse puis Joffer, à six ans

seulement, la petite Mara est une nouvelle

fois replongée dans le bain froid d’une

culture qu’elle ne connait pas et sa nouvelle

institutrice lui traduit un an durant, toutes

les explications du luxembourgeois au

français. La salle de classe est à l’image du

pays, multiculturelle et - le quartier de la

gare oblige - les étrangers y sont mêmes

plus nombreux que les autochtones.

Pourtant, si les cours de récrés peuvent être

des lieux où la moindre différence, aussi

insignifiante qu’une couleur de cheveux,

un surpoids, des lunettes ou des taches

de rousseurs, est exploitée pour asséner

les cruautés innocentes de l’enfance, les

gamins restent néanmoins indifférents aux

nationalités et aux origines. Ce qui compte

c’est d’avoir le coéquipier qui nous fera

gagner le match de football et d’être copine

avec la plus habile à la corde à sauter.

“L’amour

de la littérature

commence souvent

par ce regard

parental ranimant

les voix séchées

sur papier”

La mère, femme de ménage le jour, oublie

la fatigue accumulée à la nuit tombée et

conte à ses enfants, des histoires piochées

dans la bibliothèque familiale. De ce rituel

du soir, la jeune femme garde encore

aujourd’hui en mémoire la tendresse d’un

1 Référence au Livre de l’Intranquillité du poète Fernando Pessoa.


Mara Esteves Machado


120 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 208 - MARS 2018

PORTRAIT

baiser maternel déposé sur sa joue avant

qu’elle ne s’endorme et le goût des livres

inscrit au cœur. L’amour de la littérature

commence souvent par ce regard parental

ranimant les voix séchées sur papier.

La fillette pioche de temps à autre dans

le réservoir à évasions du foyer et à ses

douze ans seulement, elle engloutit sans

indigestion Le Rouge et le Noir de Stendhal

et Les Misérables de Victor Hugo. Deux

chefs-d’œuvre de la littérature française

certes, mais habituellement au regard du

lecteur aguerri.

Adolescente, elle étudie le commerce

au Lycée Michel Lucius où elle se voit

déjà femme d’affaires. Diplômée de

l’Ecole de Commerce et de Gestion, elle

s’envole pour Lisbonne où elle passe

une licence en sciences politiques et en

relations internationales et un master en

communication. Son rêve de petite fille

qui passait ses vacances d’été au Portugal

en se disant qu’un jour, elle reviendrait y

étudier se réalise enfin. La Portugaise au

Luxembourg devient Luxembourgeoise au

Portugal, elle en profite pour apprendre

l’histoire de ses origines et goûte la vie

lisboète.

Le temps du travail

De retour au pays - diplômes en poche et

souvenirs estudiantins en tête - la jeune

femme se lance sur le marché du travail et

décroche sa première expérience dans une

société de distribution et de commerce en

ligne. Elle intègre ensuite en 2015 le centre de

contacts de la BIL. Aujourd’hui, “Relationship

Manager”, elle s’occupe de la gestion

courante, des placements, des épargnes et des

prêts des employés de la banque.

“Participer

à la concrétisation

des objectifs

personnels

des clients”

Si les employés sont des clients comme les

autres, ils sont aussi des collègues que l’on

croise régulièrement dans les couloirs, à la

cantine ou autour d’un verre après le travail.

«Une force», dans son métier de conseil

dit-elle, et d’ajouter qu’«au sein de la même

maison, il y a une proximité qui facilite les

prises de rendez-vous et nous parlons aussi le

même langage». Le sentiment de participer

à la concrétisation des objectifs personnels

des clients est certainement la récompense la

plus gratifiante de son travail.

Elle s’identifie beaucoup à la BIL qui avec

162 printemps reste une banque moderne

où le dynamisme de la jeunesse a toute sa

place. Une culture jeune et sans âgisme, à

l’image de son équipe où Mara profite de

l’expérience des séniors au quotidien.

La jeune femme de 32 ans assume l’ambition

d’aller «le plus loin possible» dans sa

carrière, et ce, avec la certitude que sa

hiérarchie l’épaule non pour répondre à

des quotas de diversité mais bien pour ses

qualités propres. Une employée épanouie,

qui si la motivation reste intacte pourrait

bien faire la une de couverture d’un LG à

venir… n


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122 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 209 - AVRIL 2018

Le Mouvement

d’une vie

PAR MARTINA CAPPUCCIO

PORTRAIT

Connue pour son franc parlé et son fervent engagement

écologique, Blanche Weber, présidente du Mouvement

Ecologique luxembourgeois (MECO), est un personnage

contrasté. Entre détermination et sens de l’écoute, fraîcheur

et modestie, c’est avec un grand sourire et la conviction dans

le regard qu’elle nous a accueilli au cœur du paisible quartier

du Pfaffenthal.

Les prémices d’un engagement

Ayant grandi dans le sud du pays, Blanche

est très vite entrée en contact avec le

monde de la politique. Héritant d’une

volonté d’engagement prononcée de la

part de son père, lui-même très impliqué

en politique, la lycéenne s’est intéressée

très jeune aux publications de la section

«Jeunes et environnement» du Mouvement

Ecologique avant d’en devenir membre à

l’âge de 16 ans.

Touchée par les interventions télévisées

par des personnes engagées, notamment

de Théid Faber, son prédécesseur, et par

l’engagement des bénévoles qu’elle côtoie,

elle se sent rapidement dans son élément.

Quelques années plus tard, la jeune femme

part pour Sarrebruck afin de poursuivre des

études en sociologie mais reviendra peu de

temps plus tard au Luxembourg, rattrapée

par ses ambitions écologiques.

Tournant politique

Année européenne de l’environnement et

des élections communales luxembourgeoises,

1987 a également été un moment

charnière pour Blanche Weber qui

s’est vu offrir un poste temporaire au

MECO. Souhaitant dans un premier

temps poursuivre ses études après cette

parenthèse, elle change d’avis lorsqu’un

poste permanant lui est proposé au terme

de son contrat d’intérimaire. «Pendant

des années, le Mouvement Ecologique

n’avait pas eu les moyens d’engager,

cette occasion était donc unique. Je n’ai

jamais regretté ma décision par la suite»,

raconte-t-elle, pleine d’aplomb.

En effet, c’est cette même année que Robert

Krieps, alors ministre de l’Environnement,

avait accordé les premières subventions

étatiques au Mouvement, ce qui lui avait

permis de grandir, tout en gardant son

indépendance par rapport à l’Etat et par là

même, un regard critique sur ses actions.

Alors engagée en tant que coordinatrice

des actions du Mouvement, Blanche Weber

a également été élue présidente par les

membres, deux fonctions différentes qu’elle

assume avec fierté et dynamisme.

“Sans ces bénévoles

passionnés et

investis, le MECO

n’aurait jamais pris

autant d’ampleur”

Le partage au cœur de la réflexion

Fraîchement employée au sein du

Mouvement, Blanche enchaîne la rédaction

d’articles, la coordination de projets, les

réunions et leurs rapports.

Elle a l’opportunité de se consacrer à

temps plein à son engagement et connaît

sa chance: «Le Mouvement Ecologique

comprend des centaines de bénévoles qui

donnent de leur temps après leur journée

de travail. Sans ces membres passionnés

et investis, le MECO n’aurait jamais

pris autant d’ampleur», tient-elle à

souligner.


Blanche Weber


124 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 209 - AVRIL 2018

PORTRAIT

Et pour cause, l’engagement de ses

collaborateurs, leur sens de l’écoute et

leur volonté de partage d’opinions visant à

construire ensemble les bases d’un monde

meilleur sont autant d’éléments qui l’ont

d’emblée séduite à son arrivée. Portant à ses

débuts un intérêt particulier au thème de la

participation citoyenne, elle trouve dans ce

mode de fonctionnement une base saine à la

réflexion sur des questions écologiques. En

tenant compte des contraintes de chaque

secteur impliqué dans une problématique,

ce système favorise également la mixité

sociale.

Combat actuel

Lors de leur congrès annuel le 24 mars

dernier, le Mouvement Ecologique a

annoncé ses revendications nationales

dont la pierre angulaire était l’urgence de

changer nos modes de vie et de production

afin de tenir compte des limites de notre

système écologique. «La biodiversité

se dégrade toujours au Luxembourg, la

problématique du changement climatique

ainsi que les problèmes de mobilité et de

logement sont évidents, nous ne pouvons

poursuivre cette logique de croissance»,

nous explique Blanche Weber.

Selon la présidente, la croissance de

3,1% annoncée pour le Luxembourg

d’ici 2021 n’est pas compatible avec les

plans de développement durable du pays:

«Les ressources dont nous disposons

sont limitées, toute croissance est donc

forcément en opposition avec l’idée

de durabilité». Elle ajoute cependant:

«Nous encourageons la croissance pour

la production d’énergies alternatives et

l’agriculture locale, mais nous ne pensons

pas qu’une croissance globale puisse être

bénéfique».

“Financer notre

système social

sans avoir recours

à cette logique de

forte croissance”

En ce sens, le Mouvement prône plutôt

un développement économique plus

durable avec notamment une promotion

de l’économie régionale et de l’économie

solidaire. Blanche Weber explique: «Il

nous faut réfléchir à la manière dont nous

pourrions financer notre système social

sans avoir recours à cette logique de forte

croissance. Certaines pistes à explorer

seraient l’augmentation de la taxation

écologique. Nous pourrions également

envisager une fiscalité sur les capitaux

financiers».

Pour limiter cette croissance, le MECO

s’oppose par ailleurs à l’implantation de

certaines entreprises dans le pays. Trop

polluantes, une superficie territoriale

trop importante, trop énergivores, trop

de trafic engendré, pas assez de taxes

payées, concurrence directe avec les

produits régionaux,… la présidente du

Mouvement estime qu’il ne faut pas

accueillir une entreprise à tout prix sur le

sol luxembourgeois. «La finalité politique

luxembourgeoise semble toujours œuvrer

pour la productivité et la rentabilité, mais

une telle croissance n’a pas de finalité

humaine», et d’ajouter dans ce contexte:

«Si notre défi principal est écologique,

nous n’oublions toutefois pas la dimension

sociale de nos actions», conclut-elle. n


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BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

Quand volonté et opportunités

se rejoignent

PAR MARTINA CAPPUCCIO

PORTRAIT

Avide de nouvelles expériences, Marina Andrieu, Executive Director et Co-Founder de

l’association Women In Digital Empowerment (WIDE), est arrivée à la tête de son entreprise

suite à un parcours pour le moins atypique. Avec détermination et dynamisme elle partage

avec nous sa volonté de faire partie intégrante des changements qui secouent la société et nous

livre les détails de son cheminement, de ses succès mais aussi de ses espoirs.

Le changement au cœur

Les technologies de l’information et de

la communication ont connu un véritable

essor dans les années 90. L’invention du

circuit intégré et du microprocesseur

améliorant grandement la puissance des

ordinateurs et l’ouverture de l’Internet au

commerce ont fortement contribué à la

démocratisation des ordinateurs, si bien

que petit à petit, ils se sont immiscés dans

l’intimité des foyers.

L’adolescente qu’elle était alors se souvient

de ces bouleversements: «Au lycée,

j’étais parmi les premières à avoir accès

à la maison à un ordinateur connecté à

internet», se souvient-elle. Très intéressée

par ce secteur, c’est pourtant vers un bac

en économie qu’elle se tournera et ne

reviendra à son amour pour la technologie

que bien des années plus tard…

A 18 ans, la jeune femme a besoin de

changement. Décidée à apprendre une

nouvelle langue, elle part pour le Royaume-

Uni pour parfaire son anglais et travaille dans le

secteur de l’hôtellerie. Elle y restera finalement

plusieurs années. Observant déjà dans ce

secteur l’importance d’une bonne gestion des

ressources humaines pour l’épanouissement du

personnel et celui de l’entreprise, elle revient

en France à l’âge de 24 ans pour reprendre des

études dans ce domaine.

Luxembourg, pays d’opportunités

En 2008, Marina Andrieu débute sa

carrière dans les ressources humaines et

le recrutement au Luxembourg. Pendant

cinq ans, elle observe les modes de

fonctionnement de son métier et dresse

un état des lieux: «Avec l’avènement des

nouvelles technologies, j’ai vite constaté

que nos pratiques étaient vouées à évoluer

et ai immédiatement voulu faire partie

intégrante de ce changement», nous

explique-t-elle.

“J’ai cherché

des cours de code et

de programmation

au Luxembourg,

sans succès”

A 32 ans, elle décide alors de concrétiser

l’un de ses plus vieux rêves, à savoir

fonder sa propre entreprise: «A ce

tournant de ma vie je me suis dit que si

je ne trouvais pas le courage de monter

mon projet, je ne le ferais jamais. Je me

suis alors lancée».

Mais la jeune entrepreneuse prend

rapidement conscience des compétences

techniques qu’elle doit acquérir avant de

voir aboutir ses ambitions. «J’ai cherché

des cours de code et de programmation

au Luxembourg, sans succès. Pourtant,

à l’étranger, ce type d’initiatives existait

déjà!», raconte-t-elle. Inspirée par ces

projets et venant déjà du monde de la

formation, Marina Andrieu esquisse alors

les premières ébauches de son projet…

La mise en place d’une collaboration

Il y a cinq ans, au détour d’un forum en

ligne, Marina fait la connaissance de Marie-

Adélaïde Gervis qui partage alors avec elle

sa volonté d’organiser des événements pour

les femmes dans les nouvelles technologies.

«Nos objectifs étaient complémentaires: je

m’intéressais plutôt aux formations de code

et elle à l’organisation d’événements, nous

avons donc très vite décidé de nous associer

et de créer, la même année, l’association

WIDE», se souvient-elle.

Et le succès est vite au rendez-vous: dès le

premier événement en janvier 2014, une

liste d’attente a dû être créée tellement

l’engouement général était grand! Depuis,

l’association redouble d’efforts et organise

de nombreuses activités pour donner plus

de visibilité aux femmes dans le secteur


Marina Andrieu


128 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 211 - JUIN 2018

PORTRAIT

des technologies, notamment des ateliers

de code ou sur d’autres sujets plus ciblés

comme la blockchain ou les ICO. WIDE

organise par ailleurs des conférences

dédiées aux femmes entrepreneuses ou

travaillant dans le domaine des technologies

et met en place des collaborations dans

le cadre de projets nationaux, européens

et internationaux. On note également

parmi leurs activités la mise en place de

formations ou de projets éducatifs, seuls ou

en partenariats. Les possibilités offertes par

l’association sont presque infinies… «Nous

développons nos activités en fonction des

demandes des parties prenantes, ensuite

nous cherchons à construire des projets

qui pourraient répondre à ces besoins»,

précise-t-elle.

Un engagement parallèle

Son engagement pour la promotion

du secteur des technologies va au-delà

de l’association WIDE puisqu’elle

a été mandatée par la Commission

européenne pendant quatre années en

tant qu’ambassadrice au Luxembourg

pour la promotion des compétences

informatiques dans le cadre de l’initiative

EU Code Week. «Cette expérience m’a

permis de rencontrer des ambassadeurs

d’autres pays et de voir quelles étaient les

pratiques et difficultés rencontrées». Elle

poursuit: «Cet échange de pratiques est très

enrichissant. On note par exemple que les

pays de l’est de l’Europe comptent un taux

de 50% d’acteurs féminins dans ce domaine

alors que les pays plus à l’Ouest atteignent

seulement 10 à 15%».

“Nous développons

nos activités

en fonction

des demandes

que nous recevons

du marché”

Opérer un changement de mentalités

L’association WIDE a noué de prestigieux

partenariats depuis sa création, notamment

avec des lycées luxembourgeois et le

LIST pour la création d’une plateforme

en ligne, ou encore avec l’ONU pour

des événements tels que le «Girls in ICT

day». Persévérante et déterminée, Marina

Andrieu considère son travail comme une

passion et elle n’entend pas changer de voie

aussitôt: «Nous pensons qu’il est nécessaire

de poursuivre nos efforts et de ne pas

s’arrêter en si bon chemin».

Les stéréotypes présents dans la société

éloignent les acteurs féminins de ces

professions. Les études réalisées à la suite

des ateliers organisés par WIDE montrent

qu’au-delà de l’initiation qu’ils proposent,

leur premier apport est d’encourager

les participantes et de leur insuffler une

certaine confiance en elles, car à l’heure

actuelle, la seule caractéristique qui semble

manquer aux jeunes femmes pour accéder à

ces métiers est le courage d’entreprendre. n


130 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 212 - JUILLET 2018

PORTRAIT

Une fortune de Hasards,

d’Esthétismes et d’Infinis

PAR JULIEN BRUN

Ses traits délicats, ornés d’une chevelure auburn dissonent

sans heurts avec la sévérité d’un premier regard noisette.

Lucie Hoffmann n’est pas de ces beautés froides et

rébarbatives mais simplement d’une prudence qui sait devoir

parler de son parcours à un inconnu. Ne pas trop en dévoiler

tout en en disant assez; exercice ô combien délicat que celui

d’un portrait. Itinéraire d’une chef d’entreprise de 30 ans,

qui a brillamment su passer du monde artistique à celui de

l’entrepreneuriat digital.

Hasards

Avec un papa ingénieur et une maman

artiste, aucun hasard à ce que la créativité

eut tenu une place toute particulière

dans son enfance. La fillette est comme

immergée dans le bain de l’inventivité qui

est encouragée, incitée et sollicitée par ses

parents. Si Lucie a un joli coup de crayon

et s’essaie régulièrement à la peinture, elle

témoigne aussi d’une puissante volonté de

comprendre le réel qui l’entoure. Les repas

familiaux sont dès lors immanquablement

épicés de conversations sur l’art conceptuel

et contemporain, l’Histoire, l’actualité et

la politique. Les idéaux tant économiques

que philosophiques de la jeune fille se

reconnaissent dans le libéralisme et

perdureront jusqu’à l’âge adulte.

“Une œuvre d’art

est un rendez-vous

avec l’éternité dans

la transcendance

de l’être humain”

La lycéenne choisit une filière artistique et

se passionne pour les mathématiques et plus

particulièrement pour leurs dimensions

philosophiques. Après son Bac, comme

toute bercée de l’Infini, du Hasard et de

l’Esthétisme, l’universitaire choisit l’histoire

de l’Art.

De ses années universitaires, elle garde le

souvenir amer d’«une épreuve par laquelle

il faut bien passer pour être diplômé».

À l’ULB (Université Libre de Bruxelles),

Lucie passe sa première année la tête dans

les bouquins, se refusant à la vie estudiantine

et son cortège d’insouciances où les soirées

sont toujours désinvoltes. L’étudiante

sérieuse part ensuite pour Berlin, une

ville jeune, à la culture artistique forte et

aux scènes undergrounds où elle s’autorise

une vie sociale mais uniquement avec des

personnes qui ont déjà une vie active et plus

particulièrement entrepreneuriale.

Esthétismes

L’art se définit généralement à travers les

émotions de l’admirateur qui pose un regard

naturellement romantique sur l’œuvre.

L’œuvre d’art devient alors une nourriture de

l’âme qui forme le goût et rend meilleur. On

voit mieux, on entend mieux, on comprend

mieux le monde après avoir été ébranlé de

son ivresse. C’est un regard étrange, une

perspective différente, un sens divergeant qui

se posent sur le réel, tissant un lien permanant

dans la rencontre de l’autre. Une œuvre d’art

est un rendez-vous avec l’éternité dans la

transcendance de l’être humain.

Mais lorsqu’on le renvoie à son étymologie

latine, l’ars est aussi et peut-être d’abord, la

technique ou le geste qui fabrique. Selon

Rimbaud, «Le Poète se fait voyant par un

long, immense et raisonné dérèglement

de tous les sens», de sorte que l’artiste a

toujours un temps d’avance sur ce qui sera;

le musicien entend et fait le bruit que fera le


Lucie Hoffmann


132 LG

BEST OF & GUIDE 2018 - LG 212 - JUILLET 2018

PORTRAIT

monde de demain comme le romancier le

perçoit, l’influence et l’écrit. L’hypersensibilité

de l’artiste relèverait plus de l’intuition que

de la raison raisonnante. Lucie sait que les

parts irrationnelles de l’artiste ne sont pas

déraisonnables pour autant mais elle aime trop

le rationnel. Elle n’est bien évidemment pas

étrangère à l’émotion mais son intérêt porte

davantage à percer les mystères de l’œuvre,

à définir ses contextes et à chercher les clés

de sa genèse. Pas étonnant dès lors que son

sujet de mémoire de fin d’études porte sur les

interactions entre l’art et les sciences.

Au détour d’un job dans une galerie, Lucie

se découvre un vrai goût pour le commerce

mais n’arrive pas comprendre l’origine

émotionnelle qui conduit à l’achat ou

l’impulsion qui mène à l’acquisition d’une

œuvre. Elle ne perçoit pas le besoin de

l’acheteur qui lui semble pourtant essentiel

à son nouveau désir entrepreneurial.

Infinis

Revenant de son séjour berlinois, elle

travaille pour une startup, puis dans un

cabinet financier de fusions et acquisitions

et y découvre avec passion, la mise en

relation d’entreprises ou dans le jargon,

le B2B. L’idée originelle et originale de

Vendimus est simple: mettre en relation

des entreprises dans un souci commercial,

afin de créer des pistes convergentes et ainsi

générer des opportunités.

“La recherche

effrénée d’une

proximité”

Avec nulle autre arme que sa conviction,

la voilà partie défendre son idée devant les

entrepreneurs. Elle écoute les remarques,

considère les critiques et repositionne son

offre de services. Force est de constater

qu’elle y trouve oreilles favorables puisque

l’entreprise a déjà des clients dès son

lancement et travaille rapidement avec des

multinationales qui la font grandir; trois

ans après sa création, Vendimus enregistre

une centaine de clients à travers le monde.

Lucie Hoffmann explique ce succès par

le fait que ses 14 collaborateurs ont su

rester à l’écoute des clients, anticiper les

changements des marchés et adapter l’offre

en fonction de leurs besoins.

«Nos collaborateurs sont formés en continu

par nos clients», dit-elle et d’ajouter que

«cette proximité est unique sur le marché».

Un très grand marché même, car s’il

s’étend principalement sur l’Europe, il va

jusqu’en Israël. La clientèle est partout,

alors Lucie va partout, elle passe la moitié

de la semaine à l’étranger et reconnaît

que le client est devenu une obsession.

Non pas celle d’un requin commercial

qui chasse sans vergogne n’importe quel

client, mais plutôt celle de la recherche

effrénée d’une proximité. Lucie souhaite

moins une relation de prestation que de

partenariat, différence de forme diront les

uns, peut-être mais qui implique de facto,

une différence de fond. n


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134 LG

BEST OF & GUIDE 2018


Communes

Beaufort

Bech

Beckerich

Berdorf

Bertrange

Bettembourg

Bettendorf

Betzdorf

Bissen

Biwer

Boulaide

Bourscheid

Bous

Clervaux

Colmar-Berg

Consdorf

Contern

Dalheim

Diekirch

Differdange

Dippach

Dudelange

Echternach

Ell

Erpeldange-sur-Sûre

Esch-sur-Alzette

Esch-sur-Sûre

Ettelbruck

Feulen

Fischbach

Flaxweiler

Frisange

Garnich

Goesdorf

Grevenmacher

Grosbous

Habscht

Heffingen

Helperknapp

Hesperange

Junglinster

Käerjeng

Kayl

Kehlen

Kiischpelt

Koerich

Kopstal

Lac Haute-Sûre

Larochette

Lenningen

Leudelange

Lintgen

Lorentzweiler

Luxembourg-Ville

Mamer

Manternach

Mersch

Mertert

Mertzig

Mondercange

Mondorf-les-Bains

Niederanven

Nommern

Parc Hosingen

Pétange

Preizerdaul

Putscheid

Rambrouch

Reckange-sur-Mess

Redange-sur-Attert

Reisdorf

Remich

Roeser

Rosport-Mompach

Rumelange

Saeul

Sandweiler

Sanem

Schengen

Schieren

Schifflange

Schuttrange

Stadtbredimus

Steinfort

Steinsel

Strassen

Tandel

Troisvierges

Useldange

C. Vallée de l’Ernz

Vianden

Vichten

Wahl

Waldbillig

Waldbredimus

Walferdange

Weiler-la-Tour

Weiswampach

Wiltz

Wincrange

Winseler

Wormeldange

C-3

D-4

A-4

D-3

B-5

B-6

C-3

D-4

B-4

D-4

A-3

B-3

C-5

B-2

B-4

D-4

C-5

C-5

C-3

A-6

B-5

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D-4

A-4

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B-6

B-3

B-3

B-3

C-4

C-5

C-6

B-5

B-3

D-4

B-3

B-4

C-4

B-4

C-5

C-4

A-5

B-6

B-5

B-2

B-5

B-5

A-3

C-4

D-5

B-5

B-4

C-4

B-C-5

B-5

D-4

B-4

D-4

B-3

B-6

C-6

C-5

C-4

B-2

A-5

B-4

B-2

A-3

B-5

A-4

C-3

D-5

C-5

D-4

B-6

B-4

C-5

B-6

C-6

B-3

B-6

C-5

D-5

B-5

B-5

B-5

C-3

B-1

B-4

C-4

C-3

B-4

A-3

C-4

C-5

C-5

C-5

B-1

B-2

A2

A2

D-5

135

LG

BEST OF & GUIDE 2018


136 LG

BEST OF & GUIDE 2018

Beaufort

Bech

Beckerich

Berdorf

Bertrange

Bettembourg

Bettendorf

Beaufort

Beaufort-Château

Befort

Dillingen

Grundhof, ancienne forge

Grundhof-Dillingen

Krehwinkel

Mühlenbach

Roederhof

Schmittenwehr

Altrier

Altrier-Hemstal

Bech

Blumenthal

Geyershof

Grassenberg

Graulinster

Hemstal

Hersberg

Jacobsberg

Kinsickerhof

Kreuzenhöcht

Marscherwald-Kobenbour

Rippig

Waldhof

Zittig

Zittig-Moulin

Beckerich

Elvange

Hovelange

Hovelange-Halte

Huttange

Leitrange

Leitrange (Ferme de)

Levelange

Noerdange

Oberpallen

Schweich

Berdorf

Birkelt

Bollendorf-Pont

Dosterthof

Grundhof

Halsbach

Hammhof

Heisbich

Hungershof

Kalkesbach

Langent

Laufenwehr

Posselt

Schleiterhof

Seitert

Weilerbach

Bartringen

Bertrange

Bertrange-Gare

Bofort

Findelshof

Grevels

Helfenterbruck

Lorentzscheuer

Niedert

Tossenberg

Abweiler

Bettembourg

Fennange

Huncherange

Krackelshof

Noertzange

Bettendorf

Bleesbruck

Broderbour

Clairefontaine

Clemenshof

Betzdorf

Bissen

Biwer

Boulaide

Bourscheid

Bous

Clervaux

Gilsdorf

Hirzenhof

Keiwelbach

Kempchen

Moestroff

Morgenflissen

Moschbierg

Niederberg

Sasselbach

Schrödeschhof

Selz

Unterfoos

Unterherel

Banzelt

Berg

Betzdorf

Betzdorf-Moulin

Haupeschhof

Maison forestière

Mensdorf

Olingen

Roodt-sur-Syre

Bissen

Bissen-Forges

Bissen-Moulin

Roost

Biwer

Boudier

Boudierbach

Breinert

Breinertknupp

Brouch

Hagelsdorf

Wecker

Wecker-Gare

Weydig

Baschleiden

Bauschleiden

Boudlerbach

Boulaide

Boulaide-Moulin

Flebour

Poteau de Harlange

Schaulsmühle

Surré (Syr)

Asselborn

Bourscheid

Bourscheid-Moulin

Closdelt

Enteschbach

Fischeiderhof

Flebour-Lipperscheid

Flebour-Michelau

Friedbusch

Goebelsmühle

Kehmen

Lipperscheid

Schlindermanderscheid

Upperscheld

Welscheid

Windhof

Baumhof

Michelau

Scheidel

Assel

Bous

Emeringerhof

Erpeldange-sur-Sûre

Heisbourgerhof

Herdermühle

Rolling

Scheuerberg

Clerf

Clervaux

Drauffelt

Colmar-Berg

Consdorf

Contern

Dalheim

Eselbom

Fischbach

Fossen

Grindhausen

Heiderscheid

Heinerscheid

Heinerscheid-Route

Hupperdange

Kaesfurt

Kalborn

Kalborn-Moulin

Katzfeld

Kirelshof

Lausdorn

Lieler

Marnach

Mecher

Munshausen

Reuler

Roder

Siebenaler

Tintesmühle

Urspelt

Weicherdange

Berg

Brongershof

Brosiushof

Carlshof

Colmar

Geismühle

Lellingerhot

Welsdorf

Altrodeschhof

Breitweiler

Colbette

Consdorf

Consdorf-Moulin

Crispent

Gemenerhof

Juckenfeld

Kalkesbach

Kobenbour, v. Marscherwald

Kriespelt

Marscherwald

Melicksheck

Michelshof

Neurodeschhof

Osterholz

Rosswinklerhof

Scheidgen

Stoppelhof

Theinshof

Wolper

Wolperhof

Brücherhof

Brüchermühle

Contern

Contern-Barrière

Cröntgeshof

Kackerterhof

Medingen

Moutfort

Mühlbach-Moulin

Oetrange

Oetrange-Moulin

Pleitrange

Mühlbach

Buchholzerhof

Dalheim

Filsdorf

Heidscheuer

Hunnenbusch

Leymühle

Reckingerhof

Welfrange

Communes, localités et/ou lieux-dits


Diekirch

Differdange

Dippach

Dudelange

Echternach

Ell

Erpeldange-sur-Sûre

Esch-sur-Alzette

Esch-sur-Sûre

Ettelbruck

Diekirch

Friedhof

Herrenberg

Differdange

Fond de Gras

Fond de Hussigny

Kaalbreck

Kuelesgrund

Lasauvage

Maison-Cronière

Moulin à scories

Niederkorn

Obercorn

Schlackenmühle

Vesquenhaff

Bettange

Dippach

Dippach-Barrière

Dippach-Gare

Löftgermühle

Schouweiler

Schouweiler-Halte

Sprinkange

Sprinkange-Ferme

Budersberg

Burange

Dudelange

Bel-Air

Echternach

Felsbuch

Felsmühle

Kefferbour

Lauterborn

Lauterborn-Moulin

Lütschen

Manertchen

Melicksberg

Melickshof

Neumühle

Oligsmühle

Rodenhof

Specksmühle

Thoul

Wann

Colpach-Bas

Colpach-Haut

Ell

Petit-Nobressart

Roodt

Bürden

Erpeldange-sur-Sûre

Ingeldorf

Neuhof

Esch-sur-Alzette

Lallange

Barrage

Bonnal

Burgfried

Dickeschbour

Dirbach

Esch-sur-Sûre

Esch-Tunnel

Eschdorf

Fond de Helderscheid

Herheck

Insenborn

Lultzhausen

Merscheid

Neuhof

Neunhausen

Ringel

Ringel-Ferme

Tadler

Ettelbruck

Grenzingen

Feulen

Fischbach

Flaxweiler

Frisange

Garnich

Goesdorf

Grevenmacher

Grosbous

Habscht

Heffingen

Heinenhof

Herckmannsmühle

Lopert

Mederhof

Warken

Feulen

Feulenerhecken

Hirtzhof

Hubertushof

Kalkfabrik

Niederfeulen

Oberfeulen

Angelsberg

Fischbach

Fischbach-Forge

Koedange

Schiltzberg

Schoos

Stuppich

Weyer

Berghof

Beyren

Buchholtz

Flaxweiler

Gostingen

Niederdonven

Oberdonven

Aspelt

Frisange

Hellange

Krockelshof

Dahlem

Garnich

Grand-Bevange

Hivange

Kahler

Bockholtz

Bockholtz-Moulin

Büderscheid

Dahl

Dirbach

Goebelsmühle

Goesdorf

Goesdorf-Mine

Harderbach

Masseler

Nocher

Nocher-Route

Grevenmacher

Grevenmacherberg

Manternacherberg

Potaschberg

Dellen

Grosbous

Lehrhäuschen

Lehrhof

Eichelsbarrière

Eischen

Felleschmühle

Gaïchel

Grelsch

Hobscheld

Jinkenhof

Klaus

Kreuzerbuch

Leesbach

Roodt

Saegemühle

Septfontaines

Simmerfarm

Simmern

Simmerschmelz

Fuhrels

Heffingen

Heffingen-Moulin

Helperknapp

Hesperange

Junglinster

Käerjeng

Kayl

Kehlen

Kiischpelt

Reuland

Reuland-Moulin

Scherbach

Scherfenhof

Steinborn

Ansembourg

Bill

Boevange-sur-Attert

Bour

Brouch

Brouch-Moulin

Buschdorf

Claushof

Finsterthal

Finsterthalerhöhe

Grevenknapp

Hollenfels

Kalbacherhof

Marienthal

Marienthalerhof

Tuntange

Alzingen

Fentange

Gantenbeinmühle

Hesperange

Howald

Itzig

Itzigersté

Sandweiler-Contern-Gare

Altlinster

Behlen

Beidweiler

Bourglinster

Eisenbom

Eschweiler

Godbrange

Gonderange

Graulinster

Imbringen

Jeanharis

Junglinster

Neumühle

Rodenbourg

Bascharage

Bascharage-Gare

Bomecht

Bommert

Clemency (Küntzig)

Fingig

Hautcharage

Linger

Nachtbann

Neudrisch

Schockmühle

Alscheid

Kayl

Tétange

Brameschhof

Dondelange

Dürrenthal

Kehlen

Keispelt

Kreuzweg-Keispelt

Kreuzweg-Olm

Kuhberg

Meispelt

Nospelt

Olm

Petite-Amérique

Quatre-Vents

Val-des-Oseraies

Enscherange

Kautenbach

Koenerhof

Lellingen

137

LG

BEST OF & GUIDE 2018


Koerich

Kopstal

Lac de la Haute-Sûre

Larochette

Lenningen

Leudelange

Lintgen

Lorentzweiler

Luxembourg

Merkholtz

Pintsch

Schuttbourg-Moulin

Wilwerwiltz

Frastenhof

Goeblange

Goetzingen

Grevenmühle

Jagdhaus

Koerich

Neumühle

Windhof

Bridel

Bürgerkreuz

Kahlscheuer

Kopstal

Rodenhof

Bavigne

Dünkrodt

Harlange

Ischpelt, v. Tarchamps

Kaundorf

Liefrange

Mecher

Nothum

Saint-Pirmin

Tarchamps

Watrange

Ernzen

Fels

Goudelt

Larochette

Leidenbach

Meysembourg

Weydert

Beyerholz

Canach

Hackenhof

Lenningen

Scheuerhof

Untere Mühle

Leudelange

Leudelange-Barrière-Merl

Leudelange-Gare

Schlewenhof

Gosseldange

Lintgen

Plankenhof

Prettingen

Schleif

Asselscheuer

Blaschette

Bofferdange

Bofferdange-Ferme

Dauschkaul

Helmdange

Hünsdorf

Klingelscheuer

Lorentzweiier

Rashof

Schwanenthal

Weisbach

Baumbusch

Beggen

Belair

Bonnevoie

Cents

Cessange

Clausen

Dommeldange

Duderhof

Eich

Fetschenbour

Fetschenhof

Gasperich

Mamer

Manternach

Mersch

Mertert

Mertzig

Mondercange

Gérardshof

Grund

Hamm

Hollerich

Kalkesbruck

Kirchberg

Kriepsgründchen

Kuhberg

Limpertsberg

Luxembourg

Merl

Mühlenbach

Neudorf

Pfaffenthal

Pulvermühl

Reckenthal

Rollingergrund

Scheidgrund

Scheidhof

Schleifmühle

Septfontaines

Tubishof

Val-St-André

Val-Ste-Croix

Verlorenkost

Weimershof

Weimerskirch

Berenthal

Birel

Cap

Capellen

Capellen-Gare

Gaaschtmühle

Holzem

Holzem-Moulin

Mamer

Neumaxmühle

Pfaffenbrouch

Wiltzermühle

Berbourg

Berburgerwald

Lellig

Manternach

Münschecker

Papeterie

Schorenshof

Beringen

Beringerberg

Berschbach

Binzrath

Essingen

Finsterthalerhof

Hilbach

Hosbich

Hühnerhof

Hunnebour

Mersch

Mersch-Gare

Moesdorf

Pettingen

Reckange

Reckange-Barrière

Rollingen

Roosthof

Scheuerhof

Schoenfels

Fausermühle

Felsmühle

Mertert

Schaeferreder

Scheidberg

Wasserbillig

Wolfsmühle

Mertzig

Bergem

Mondorf-les-Bains

Niederanven

Nommern

Parc Hosingen

Pétange

Foetz

Mondercange

Pontpierre

Altwies

Bad-Mondorf

Castelmühle

Ellange

Ellange-Gare

Maison-Brehm

Mondorf-les-Bains

Buschhaus

Distillerie

Engelshof

Ernster

Franzosengrund

Höhenhof

Hostert

Jaegerhäuschen

Niederanven

Oberanven

Oberanven-Barrière

Parishof

Rammeldange

Senningen

Senningerberg

Staffelstein

Waldhof

Beisten

Bourghof

Cruchten

Cruchten-Gare

Eichelbour

Kleinbourghof

Niederglabach

Nommern

Oberglabach

Schleiderhof

Schrondweiler

Seylerhof

Consthum

Geyershof

Holzthum

Dickt

Hoscheid

Kehrmühle

Markenbach

Oberschlinder

Unterschlinder

Ackerscheld

Bockholtz

Dasbourg-Pont

Dickt

Dorscheid

Dorscheiderhäuschen

Fennberg

Homichshof

Hosingen

Hosingen-Barrière

Kohnenhof

Lehmkaul

Neidhausen

Obereisenbach

Rodershausen

Route de Vianden

Schmitzdell

Untereisenbach

Wahlhausen

Waldberg

Wegscheid

Fond de Gras

Lamadelaine (Rollingen)

Minière Gras

Neumühle

Pétange

Rodange

Communes, localités et/ou lieux-dits

138 LG

BEST OF & GUIDE 2018


Preizerdaul

Putscheid

Rambrouch

Reckange-sur-Mess

Redange-sur-Attert

Reisdorf

Weissenhof

Bettborn

Horas

Platen

Pratz

Pratz-Moulin

Reimberg

Rodbach

Bivels

Bivels-Moulin

Gralingen

Grauenstein

Hoscheiderhof

Merscheid

Nachtmanderscheid

Poul

Putscheid

Route de Vianden

Route de Wahlhausen

Stolzembourg

Weiler

Arsdorf

Arsdorf-Moulin

Bigonville

Bigonville-Moulin

Bigonville-Route

Bilsdorf

Bondorf

Escheid, v. Eschette

Eschette

Flatzbour

Folschette

Goeldt-Hostert

Haut-Martelange

Holtz

Hostert

Koetschette

Martelange-Rombach

Martelinville

Misèrehof

Neumühle

Obermartelingen

Perl, v. Perlé

Perlé

Rambrouch

Rieshaus

Schwiedelbrouch

Weissenhof

Wolwelange

Ehlange

Limpach

Pissange

Reckange-sur-Mess

Roedgen

Wickrange

Eltz-Ospern

Eltz-Redange

Heidenkaul

Lannen

Lannenerberg

Nagem

Nagemerberg

Nagemerhof

Niederpallen

Niederpallen-Moulin

Ospern

Redange

Reichlange

Beforterheide

Bigelbach

Goberhof

Hermeswies

Hoesdorf

Kranzenhof

Reisdorf

Remich

Roeser

Rosport-Mompach

Rumelange

Saeul

Sandweiler

Sanem

Schengen

Schieren

Schifflange

Scheidheck

Wallendorf-Pont

Rohr

Remich

Berchem

Bivange

Biwingen v Bivange

Crauthem

Jeanmathiashof

Kockelscheuer

Koubeweiher

Kreuzhof

Livange

Peppange

Poudrerie

Roeser

Aesbarrière

Born

Born-Moulin

Boursdorf

Dickweiler

Diekirch

Fromburg

Giesenborn

Girst

Girsterklause

Givenich

Herborn

Hinkel

Hinkel-Moulin

Lilien

Michelsberg

Moersdorf

Mompach

Osweiler

Pfaffenberg

Rosport

Schiltzhaus

Steinheim

Rumelange

Calmus

Ehner

Kapweiler

Saeul

Schwebach

Birlerbarrière

Birlergrund

Birlerhof

Findel

Grevelscheuer

Neumühle

Sandweiler

Belvaux

Ehlerange

Sanem

Soleuvre

Bech-Kleinmacher

Burmerange

Elvange

Emerange

Frohmühle

Remerschen

Schengen

Schwebsange

Weidenmühle

Wellenstein

Wintrange

Birkenhof

Birtrange

Colmar-Pont

Mathieuhof

Schieren

Schierenerhof

Schieren-Moulin

Dumontshof

Schuttrange

Stadbredimus

Steinfort

Steinsel

Strassen

Tandel

Troisvierges

Useldange

C. Vallée de l’Ernz

Frantzenmühle

Neumühle

Saegemühle

Schifflange

Münsbach

Neuhäuschen

Schrassig

Schuttrange

Uebersyren

Greiveldange

Bucherhof

Hüttermühle

Stadtbredimus

Grass

Hagen

Kleinbettingen

Rengscheid

Schwarzenhof

Steinfort

Heisdorf

Müllendorf

Steinsel

Reckenthal

Strassen

Bastendorf

Bettel

Brandenbourg

Fouhren

Hoscheidterhof

Landscheid

Longsdorf

Seltz

Tandel

Walsdorf

Basbellain

Biwisch

Cinqfontaines

Drinklange

Goedange

Hautbellain

Huldange

Huldange-Forge

Huldange-Moulin

Lenglerloch

Troisvierges

Wilwerdange

Everlange

Everlange-Moulin

Reichlange-Halte

Rippweiler

Schandel

Useldange

Backesmühle

Brucherhof

Brücherheck

Dolenberg

Eppeldorf

Ermsdorf

Folkendange

Fousheck

Fürtgeshof

Gilker

Halsbach

Hessenmühle

Hossenberg

Keiwelbach

Kitzenbour

Knepchen

Kohn

Kohnshöcht

Marxberg

Medernach

Moserhof

Mühlenweg

Neuenshof

139

LG

BEST OF & GUIDE 2018


Vianden

Vichten

WahI

Waldbillig

Waldbredimus

Walferdange

Weiler-la-Tour

Weiswampach

Wiltz

Neumühle

Oligsmühle

Ostert

Pletschette

Relsermühle

Rinkenberg

Savelborn

Schleifmühle

Schwanterhof

Spierberich

Stegen

Wattscheid

Webershof

Sanatorium

Scheuerhof

Vianden

Michelbuch

Peckelshof

Vichten

Wiltgeshof

Brattert

Buschrodt

Grevels

Heispelt

Koenigshof

Küborn

Redingshof

Rindschleiden

Ringbach

Wahl

Christnach

Freckeisen-Christnach

Freckeisen-Waldbillig

Grundhof-Château

Haller

Harthof

Kelleschhof

Müllerthal

Niesenthal

Oligsmühle

Savelborn

Waldbillig

Ersange

Gondelange

Roedt

Trintange

Waldbredimus

Bereldange

Helmsange

Walferdange

Hassel

Syren

Weiler-la-Tour

Beiler

Binsfeld

Breidfeld

Holler

Holler-Moulin

Kaesfurt

Kleemühle

Lausdorn

Leithum

Maison-de-garde

Maulusmühle

Troisbaraques

Weiswampach

Wemperhardt

Batzendellt

Café Halte

Erpeldange-sur-Sûre

Eschweiler

Kleinhoscheid

Knaphoscheid

Lameschmühle

Niederwiltz

Wincrange

Winseler

Wormeldange

Roullingen

Selscheid

Toutschenmühle

Toutschenmühle-Barrière

Weidingen

Wiltz

Allerborn

Antoniuslof

Asselbom-Route

Asselborn

Asselborn-Moulin

Bockmühle

Bögen

Bövange/Clervaux

Boxhorn

Brachtenbach

Cinqfontaines

Crendal

Deiffelt

Derenbach

Dönnange

Emeschbach-Asselborn

Emeschbach-Stockem

Fünfbrunnen, v. Cinqfontaines

Hachiville

Hamiville

Hinterhassel

Hoffelt

Lehresmühle

Lentzweiler

Lullange

Maulusmühle

Neumühle

Niederwampach

Oberwampach

Rumlange

Sassel

Schimpach

Schimpach-Station

Stockem

Stockem-Route

Troine

Troineroute

Uschler

Wincrange

Weiler

Doncols

Noertrange

Pommerloch

Schleif

Sonlez

Winseler

Ahn

Deysermühle

Dreiborn

Ehnen

Kapenacker

Lehbusch

Machtum

Oberwormeldingen

Wormeldange

Wormeldange-Haut

Communes, localités et/ou lieux-dits

140 LG

BEST OF & GUIDE 2018


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Bettembourg

Parc Hosingen

Rosport-Mompach

Wormeldange

Wincrange

Kiischpelt

Junglinster

Bech

Bech

Consdorf

Mondorf-les-Bains

Hesperange

Fischbach

Helperknapp

Wincrange

Rambrouch

Rambrouch

Frisange

Bous

Wincrange

Bourscheid

Wincrange

Wincrange

Lorentzweiler

C. Vallée de l’Ernz

Mondorf-les-Bains

Betzdorf

Esch-sur-Sûre

Bertrange

Troisvierges

Käerjeng

Käerjeng

Boulaide

Tandel

Wiltz

Luxembourg

Bourscheid

Boulaide

Lac de la Haute-Sûre

Beaufort

Beaufort

Bech

Schengen

Beckerich

Beaufort

Reisdorf

Luxembourg

Junglinster

Junglinster

Weiswampach

Nommern

Luxembourg

Echternach

Sanem

Manternach

Manternach

Roeser

Berdorf

Walferdange

Mamer

Betzdorf

Colmar-Berg

Mondercange

Flaxweiler

Mersch

Mersch

Mersch

Bertrange

Bertrange

Dippach

Preizerdaul

Tandel

Bettembourg

Bettendorf

Betzdorf

Abweiler

Ackerscheld

Aesbarrière

Ahn

Allerborn

Alscheid

Altlinster

Altrier

Altrier-Hemstal

Altrodeschhof

Altwies

Alzingen

Angelsberg

Ansembourg

Antoniuslof

Arsdorf

Arsdorf-Moulin

Aspelt

Assel

Asselbom-Route

Asselborn

Asselborn

Asselborn-Moulin

Asselscheuer

Backesmühle

Bad-Mondorf

Banzelt

Barrage

Bartringen

Basbellain

Bascharage

Bascharage-Gare

Baschleiden

Bastendorf

Batzendellt

Baumbusch

Baumhof

Bauschleiden

Bavigne

Beaufort

Beaufort-Château

Bech

Bech-Kleinmacher

Beckerich

Befort

Beforterheide

Beggen

Behlen

Beidweiler

Beiler

Beisten

Belair

Bel-Air

Belvaux

Berbourg

Berburgerwald

Berchem

Berdorf

Bereldange

Berenthal

Berg

Berg

Bergem

Berghof

Beringen

Beringerberg

Berschbach

Bertrange

Bertrange-Gare

Bettange

Bettborn

Bettel

Bettembourg

Bettendorf

Betzdorf

Betzdorf

Lenningen

Flaxweiler

Reisdorf

Rambrouch

Rambrouch

Rambrouch

Helperknapp

Rambrouch

Weiswampach

Mersch

Mamer

Berdorf

Schieren

Sandweiler

Sandweiler

Sandweiler

Schieren

Bissen

Bissen

Bissen

Roeser

Putscheid

Putscheid

Biwer

Roeser

Troisvierges

Lorentzweiler

Bettendorf

Tandel

Bech

Goesdorf

Parc Hosingen

Goesdorf

Wincrange

Helperknapp

Lorentzweiler

Lorentzweiler

Bertrange

Wincrange

Berdorf

Käerjeng

Käerjeng

Rambrouch

Esch-sur-sûre

Luxembourg

Rosport-Mompach

Rosport-Mompach

Biwer

Biwer

Boulaide

Boulaide

Boulaide

Helperknapp

Nommern

Junglinster

Bourscheid

Bourscheid

Rosport-Mompach

Bous

Wincrange

Wincrange

Wincrange

Kehlen

Tandel

WahI

Weiswampach

Biwer

Biwer

Consdorf

Kopstal

Bettendorf

Colmar-Berg

Colmar-Berg

Helperknapp

Betzdorf-Moulin

Beyerholz

Beyren

Bigelbach

Bigonville

Bigonville-Moulin

Bigonville-Route

Bill

Bilsdorf

Binsfeld

Binzrath

Birel

Birkelt

Birkenhof

Birlerbarrière

Birlergrund

Birlerhof

Birtrange

Bissen

Bissen-Forges

Bissen-Moulin

Bivange

Bivels

Bivels-Moulin

Biwer

Biwingen v Bivange

Biwisch

Blaschette

Bleesbruck

Bleesmühle

Blumenthal

Bockholtz

Bockholtz

Bockholtz-Moulin

Bockmühle

Boevange-sur-Attert

Bofferdange

Bofferdange-Ferme

Bofort

Bögen

Bollendorf-Pont

Bomecht

Bommert

Bondorf

Bonnal

Bonnevoie

Born

Born-Moulin

Boudier

Boudierbach

Boudlerbach

Boulaide

Boulaide-Moulin

Bour

Bourghof

Bourglinster

Bourscheid

Bourscheid-Moulin

Boursdorf

Bous

Bövange/Clervaux

Boxhorn

Brachtenbach

Brameschhof

Brandenbourg

Brattert

Breidfeld

Breinert

Breinertknupp

Breitweiler

Bridel

Broderbour

Brongershof

Brosiushof

Brouch

Biwer

Helperknapp

C. Vallée de l’Ernz

C. Vallée de l’Ernz

Contern

Contern

Stadbredimus

Flaxweiler

Dalheim

Dudelange

Dudelange

Goesdorf

Dudelange

Erpeldange-sur-Sûre

Kopstal

Esch-sur-sûre

Schengen

Helperknapp

Niederanven

WahI

Wiltz

Saeul

Lenningen

Mamer

Mamer

Mamer

Colmar-Berg

Mondorf-les-Bains

Luxembourg

Luxembourg

Waldbillig

Troisvierges

Wincrange

Bettendorf

Luxembourg

Helperknapp

Käerjeng

Bettendorf

Clervaux

Clervaux

Bourscheid

Consdorf

Colmar-Berg

Schieren

Ell

Ell

Consdorf

Consdorf

Parc Hosingen

Contern

Contern

Roeser

Wincrange

Consdorf

Contern

Nommern

Nommern

Goesdorf

Garnich

Dalheim

Parc Hosingen

Lorentzweiler

Wincrange

Grosbous

Wincrange

Wormeldange

Esch-sur-Sûre

Parc Hosingen

Parc Hosingen

Rosport-Mompach

Diekirch

Rosport-Mompach

Differdange

Beaufort

Dippach

Brouch

Brouch-Moulin

Brücherheck

Brucherhof

Brücherhof

Brüchermühle

Bucherhof

Buchholtz

Buchholzerhof

Budersberg

Budersberg

Büderscheid

Burange

Bürden

Bürgerkreuz

Burgfried

Burmerange

Buschdorf

Buschhaus

Buschrodt

Café Halte

Calmus

Canach

Cap

Capellen

Capellen-Gare

Carlshof

Castelmühle

Cents

Cessange

Christnach

Cinqfontaines

Cinqfontaines

Clairefontaine

Clausen

Claushof

Clemency (Küntzig)

Clemenshof

Clerf

Clervaux

Closdelt

Colbette

Colmar

Colmar-Pont

Colpach-Bas

Colpach-Haut

Consdorf

Consdorf-Moulin

Consthum

Contern

Contern-Barrière

Crauthem

Crendal

Crispent

Cröntgeshof

Cruchten

Cruchten-Gare

Dahl

Dahlem

Dalheim

Dasbourg-Pont

Dauschkaul

Deiffelt

Dellen

Derenbach

Deysermühle

Dickeschbour

Dickt

Dickt

Dickweiler

Diekirch

Diekirch

Differdange

Dillingen

Dippach

Localités - Communes

143

LG

BEST OF & GUIDE 2018


144 LG

BEST OF & GUIDE 2018

Localités - Communes

Dippach-Barrière

Dippach-Gare

Dirbach

Dirbach

Distillerie

Dolenberg

Dommeldange

Doncols

Dondelange

Dönnange

Dorscheid

Dorscheiderhäuschen

Dosterthof

Drauffelt

Dreiborn

Drinklange

Dudelange

Duderhof

Dumontshof

Dünkrodt

Dürrenthal

Echternach

Ehlange

Ehlerange

Ehnen

Ehner

Eich

Eichelbour

Eichelsbarrière

Eischen

Eisenbom

Ell

Ellange

Ellange-Gare

Eltz-Ospern

Eltz-Redange

Elvange

Elvange

Emerange

Emeringerhof

Emeschbach-Asselborn

Emeschbach-Stockem

Engelshof

Enscherange

Enteschbach

Eppeldorf

Ermsdorf

Ernster

Ernzen

Erpeldange-sur-Sûre

Erpeldange-sur-Sûre

Erpeldange-sur-Sûre

Ersange

Eschdorf

Escheid, v. Eschette

Eschette

Esch-sur-Alzette

Esch-sur-Sûre

Esch-Tunnel

Eschweiler

Eschweiler

Eselbom

Essingen

Ettelbruck

Everlange

Everlange-Moulin

Fausermühle

Felleschmühle

Fels

Felsbuch

Felsmühle

Felsmühle

Fennange

Fennberg

Fentange

Dippach

Dippach

Goesdorf

Esch-sur-Sûre

Niederanven

C. Vallée de l’Ernz

Luxembourg

Winseler

Kehlen

Wincrange

Parc Hosingen

Parc Hosingen

Berdorf

Clervaux

Wormeldange

Troisvierges

Dudelange

Luxembourg

Schifflange

Lac de la Haute-Sûre

Kehlen

Echternach

Reckange-sur-Mess

Sanem

Wormeldange

Saeul

Luxembourg

Nommern

Habscht

Habscht

Junglinster

Ell

Mondorf-les-Bains

Mondorf-les-Bains

Redange-sur-Attert

Redange-sur-Attert

Beckerich

Schengen

Schengen

Bous

Wincrange

Wincrange

Niederanven

Kiischpelt

Bourscheid

C. Vallée de l’Ernz

C. Vallée de l’Ernz

Niederanven

Larochette

Bous

Erpeldange-sur-Sûre

Wiltz

Waldbredimus

Esch-sur-Sûre

Rambrouch

Rambrouch

Esch-sur-Alzette

Esch-sur-Sûre

Esch-sur-Sûre

Junglinster

Wiltz

Clervaux

Mersch

Ettelbruck

Useldange

Useldange

Mertert

Habscht

Larochette

Echternach

Mertert

Echternach

Bettembourg

Parc Hosingen

Hesperange

Fetschenbour

Fetschenhof

Feulen

Feulenerhecken

Filsdorf

Findel

Findelshof

Fingig

Finsterthal

Finsterthalerhof

Finsterthalerhöhe

Fischbach

Fischbach

Fischbacherhof

Fischbach-Forge

Fischeiderhof

Flatzbour

Flaxweiler

Flebour

Flebour-Lipperscheid

Flebour-Michelau

Foetz

Folkendange

Folschette

Fond de Gras

Fond de Gras

Fond de Helderscheid

Fond de Helderscheld

Fond de Hussigny

Fossen

Fouhren

Fousheck

Frantzenmühle

Franzosengrund

Frastenhof

Freckeisen-Christnach

Freckeisen-Waldbillig

Friedbusch

Friedhof

Frisange

Frohmühle

Fromburg

Fuhrels

Fünfbrunnen, v. Cinqfontaines

Fürtgeshof

Gaaschtmühle

Gaïchel

Gantenbeinmühle

Garnich

Gasperich

Geismühle

Gemenerhof

Gérardshof

Geyershof

Geyershof

Giesenborn

Gilker

Gilsdorf

Girst

Girsterklause

Givenich

Goberhof

Godbrange

Goebelsmühle

Goebelsmühle

Goeblange

Goedange

Goeldt-Hostert

Goesdorf

Goesdorf-Mine

Goetzingen

Gondelange

Gonderange

Gosseldange

Gostingen

Luxembourg

Luxembourg

Feulen

Feulen

Dalheim

Sandweiler

Bertrange

Käerjeng

Helperknapp

Mersch

Helperknapp

Fischbach

Clervaux

Tandel

Fischbach

Bourscheid

Rambrouch

Flaxweiler

Boulaide

Bourscheid

Bourscheid

Mondercange

C. Vallée de l’Ernz

Rambrouch

Differdange

Pétange

Esch-sur-Sûre

Esch-sur-Sûre

Differdange

Clervaux

Tandel

C. Vallée de l’Ernz

Schifflange

Niederanven

Koerich

Waldbillig

Waldbillig

Bourscheid

Diekirch

Frisange

Schengen

Rosport-Mompach

Heffingen

Wincrange

C. Vallée de l’Ernz

Mamer

Habscht

Hesperange

Garnich

Luxembourg

Colmar-Berg

Consdorf

Luxembourg

Bech

Parc Hosingen

Rosport-Mompach

C. Vallée de l’Ernz

Bettendorf

Rosport-Mompach

Rosport-Mompach

Rosport-Mompach

Reisdorf

Junglinster

Bourscheid

Goesdorf

Koerich

Troisvierges

Rambrouch

Goesdorf

Goesdorf

Koerich

Waldbredimus

Junglinster

Lintgen

Flaxweiler

Goudelt

Gralingen

Grand-Bevange

Grass

Grassenberg

Grauenstein

Graulinster

Graulinster

Greiveldange

Grelsch

Grenzingen

Grevels

Grevels

Grevelscheuer

Grevenknapp

Grevenmacher

Grevenmacherberg

Grevenmühle

Grindhausen

Grosbous

Grund

Grundhof

Grundhof, ancienne forge

Grundhof-Château

Grundhof-Dillingen

Hachiville

Hackenhof

Hagelsdorf

Hagen

Haller

Halsbach

Halsbach

Hamiville

Hamm

Hammhof

Harderbach

Harlange

Harthof

Hassel

Haupeschhof

Hautbellain

Hautcharage

Haut-Martelange

Heffingen

Heffingen-Moulin

Heidenkaul

Heiderscheid

Heidscheuer

Heinenhof

Heinerscheid

Heinerscheid-Route

Heisbich

Heisbourgerhof

Heisdorf

Heispelt

Helfenterbruck

Hellange

Helmdange

Helmsange

Hemstal

Herborn

Herckmannsmühle

Herdermühle

Herheck

Hermeswies

Herrenberg

Hersberg

Hesperange

Hessenmühle

Hilbach

Hinkel

Hinkel-Moulin

Hinterhassel

Hirtzhof

Hirzenhof

Larochette

Putscheid

Garnich

Steinfort

Bech

Putscheid

Junglinster

Bech

Stadbredimus

Habscht

Ettelbruck

WahI

Bertrange

Sandweiler

Helperknapp

Grevenmacher

Grevenmacher

Koerich

Clervaux

Grosbous

Luxembourg

Berdorf

Beaufort

Waldbillig

Beaufort

Wincrange

Lenningen

Biwer

Steinfort

Waldbillig

Berdorf

C. Vallée de l’Ernz

Wincrange

Luxembourg

Berdorf

Goesdorf

Lac de la Haute-Sûre

Waldbillig

Weiler-la-Tour

Betzdorf

Troisvierges

Käerjeng

Rambrouch

Heffingen

Heffingen

Redange-sur-Attert

Esch-sur-Sûre

Dalheim

Ettelbruck

Clervaux

Clervaux

Berdorf

Bous

Steinsel

WahI

Bertrange

Frisange

Lorentzweiler

Walferdange

Bech

Rosport-Mompach

Ettelbruck

Bous

Esch-sur-Sûre

Reisdorf

Diekirch

Bech

Hesperange

C. Vallée de l’Ernz

Mersch

Rosport-Mompach

Rosport-Mompach

Wincrange

Feulen

Bettendorf


LG

BEST OF & GUIDE 2018

145

Hivange

Hobscheld

Hoesdorf

Hoffelt

Höhenhof

Hollenfels

Holler

Hollerich

Holler-Moulin

Holtz

Holzem

Holzem-Moulin

Holzthum

Homichshof

Horas

Hosbich

Hoscheid

Hoscheiderhof

Hoscheidterhof

Hosingen

Hosingen-Barrière

Hossenberg

Hostert

Hostert

Hovelange

Hovelange-Halte

Howald

Hubertushof

Hühnerhof

Huldange

Huldange-Forge

Huldange-Moulin

Huncherange

Hungershof

Hunnebour

Hunnenbusch

Hünsdorf

Hupperdange

Huttange

Hüttermühle

Imbringen

Ingeldorf

Insenborn

Ischpelt, v. Tarchamps

Itzig

Itzigersté

Jacobsberg

Jaegerhäuschen

Jagdhaus

Jeanharis

Jeanmathiashof

Jinkenhof

Juckenfeld

Junglinster

Kaalbreck

Kackerterhof

Kaesfurt

Kaesfurt

Kahler

Kahlscheuer

Kalbacherhof

Kalborn

Kalborn-Moulin

Kalkesbach

Kalkesbach

Kalkesbruck

Kalkfabrik

Kapenacker

Kapweiler

Katzfeld

Kaundorf

Kautenbach

Kayl

Kefferbour

Kehlen

Kehmen

Kehrmühle

Keispelt

Keiwelbach

Keiwelbach

Kelleschhof

Garnich

Habscht

Reisdorf

Wincrange

Niederanven

Helperknapp

Weiswampach

Luxembourg

Weiswampach

Rambrouch

Mamer

Mamer

Consthum

Parc Hosingen

Preizerdaul

Mersch

Parc Hosingen

Putscheid

Tandel

Parc Hosingen

Parc Hosingen

C. Vallée de l’Ernz

Niederanven

Rambrouch

Beckerich

Beckerich

Hesperange

Feulen

Mersch

Troisvierges

Troisvierges

Troisvierges

Bettembourg

Berdorf

Mersch

Dalheim

Lorentzweiler

Clervaux

Beckerich

Stadbredimus

Junglinster

Erpeldange-sur-Sûre

Esch-sur-sûre

Lac de la Haute-Sûre

Hesperange

Hesperange

Bech

Niederanven

Koerich

Junglinster

Roeser

Habscht

Consdorf

Junglinster

Differdange

Contern

Clervaux

Weiswampach

Garnich

Kopstal

Helperknapp

Clervaux

Clervaux

Berdorf

Consdorf

Luxembourg

Feulen

Wormeldange

Saeul

Clervaux

Lac de la Haute-Sûre

Kiischpelt

Kayl

Echternach

Kehlen

Bourscheid

Parc Hosingen

Kehlen

Bettendorf

C. Vallée de l’Ernz

Waldbillig

Kempchen

Kinsickerhof

Kippenhof

Kirchberg

Kirelshof

Kitzenbour

Klaus

Kleemühle

Kleinbettingen

Kleinbourghof

Kleinhoscheid

Klingelscheuer

Knaphoscheid

Knepchen

Kobenbour, v. Marscherwald

Kockelscheuer

Koedange

Koenerhof

Koenigshof

Koerich

Koetschette

Kohn

Kohnenhof

Kohnshöcht

Kopstal

Koubeweiher

Krackelshof

Kranzenhof

Krehwinkel

Kreuzenhöcht

Kreuzerbuch

Kreuzhof

Kreuzweg-Keispelt

Kreuzweg-Olm

Kriepsgründchen

Kriespelt

Krockelshof

Küborn

Kuelesgrund

Kuhberg

Kuhberg

Lallange

Lamadelaine (Rollingen)

Lameschmühle

Landscheid

Langent

Lannen

Lannenerberg

Larochette

Lasauvage

Laufenwehr

Lausdorn

Lausdorn

Lauterborn

Lauterborn-Moulin

Leesbach

Lehbusch

Lehmkaul

Lehresmühle

Lehrhäuschen

Lehrhof

Leidenbach

Leithum

Leitrange

Leitrange (Ferme de)

Lellig

Lellingen

Lellingerhot

Lenglerloch

Lenningen

Lentzweiler

Leudelange

Leudelange-Barrière-Merl

Leudelange-Gare

Levelange

Leymühle

Liefrange

Lieler

Lilien

Limpach

Limpertsberg

Bettendorf

Bech

Tandel

Luxembourg

Clervaux

C. Vallée de l’Ernz

Habscht

Weiswampach

Steinfort

Nommern

Wiltz

Lorentzweiler

Wiltz

C. Vallée de l’Ernz

Consdorf

Roeser

Fischbach

Kiischpelt

WahI

Koerich

Rambrouch

C. Vallée de l’Ernz

Parc Hosingen

C. Vallée de l’Ernz

Kopstal

Roeser

Bettembourg

Reisdorf

Beaufort

Bech

Habscht

Roeser

Kehlen

Kehlen

Luxembourg

Consdorf

Frisange

WahI

Differdange

Kehlen

Luxembourg

Esch-sur-Alzette

Pétange

Wiltz

Tandel

Berdorf

Redange-sur-Attert

Redange-sur-Attert

Larochette

Differdange

Berdorf

Weiswampach

Clervaux

Echternach

Echternach

Habscht

Wormeldange

Parc Hosingen

Wincrange

Grosbous

Grosbous

Larochette

Weiswampach

Beckerich

Beckerich

Manternach

Kiischpelt

Colmar-Berg

Troisvierges

Lenningen

Wincrange

Leudelange

Leudelange

Leudelange

Beckerich

Dalheim

Lac de la Haute-Sûre

Clervaux

Rosport-Mompach

Reckange-sur-Mess

Luxembourg

Linger

Lintgen

Lipperscheid

Livange

Löftgermühle

Longsdorf

Lopert

Lorentzscheuer

Lorentzweiier

Lullange

Lultzhausen

Lütschen

Luxembourg

Machtum

Maison forestière

Maison-Brehm

Maison-Cronière

Maison-de-garde

Mamer

Manertchen

Manternach

Manternacherberg

Marienthal

Marienthalerhof

Markenbach

Marnach

Marscherwald

Marscherwald-Kobenbour

Martelange-Rombach

Martelinville

Marxberg

Marxberg

Masseler

Mathieuhof

Maulusmühle

Maulusmühle

Mecher

Mecher

Mederhof

Medernach

Medingen

Meispelt

Melicksberg

Melicksheck

Melickshof

Mensdorf

Merkholtz

Merl

Mersch

Merscheid

Merscheid

Mersch-Gare

Mertert

Mertzig

Meysembourg

Michelau

Michelbuch

Michelsberg

Michelshof

Minière Gras

Misèrehof

Moersdorf

Moesdorf

Moestroff

Mompach

Mondercange

Mondorf-les-Bains

Morgenflissen

Moschbierg

Moserhof

Moulin à scories

Moutfort

Mühlbach

Mühlbach-Moulin

Mühlenbach

Mühlenbach

Mühlenweg

Müllendorf

Müllerthal

Münsbach

Münsbach

Käerjeng

Lintgen

Bourscheid

Roeser

Dippach

Tandel

Ettelbruck

Bertrange

Lorentzweiler

Wincrange

Esch-sur-sûre

Echternach

Luxembourg

Wormeldange

Betzdorf

Mondorf-les-Bains

Differdange

Weiswampach

Mamer

Echternach

Manternach

Grevenmacher

Helperknapp

Helperknapp

Parc Hosingen

Clervaux

Consdorf

Bech

Rambrouch

Rambrouch

Tandel

C. Vallée de l’Ernz

Goesdorf

Schieren

Wei