Views
3 months ago

2000 ans après… oser encore y croire

La christianisation est en recul en Europe. Un écart s’est progressivement installé entre les structures ecclésiastiques et le monde contemporain. Il faut, de toute urgence, dire autrement la foi chrétienne, se rapprocher des pratiques des origines, regarder le monde avec plus d’indulgence et concevoir le rôle du clergé de manière plus intégrée à la société. Gérard Bénéteau offre ici une série de propositions bien précises qu’il articule autour de citations évangéliques : accueil des pauvres, morale sexuelle plus tolérante, rapports clairs entre le politique et la religion, statut du prêtre, place des femmes dans l’Église, œcuménisme... Au point de départ de tout, la résurrection du Christ, qui module notre vie aujourd’hui et après notre mort.

2000

2000 ans après… sur la lune sur fond du Magnificat du Cantor de Leipzig. Et peut-on croire que les fresques de la Sixtine procureront encore la même émotion quand elles seront l’un des derniers endroits où le doigt de Dieu s’apprête à rejoindre le doigt de l’homme ? Il n’en manquera pas pour voir là les inquiétudes d’un homme qui, à l’automne de sa vie, avec son lot de deuils et ses peurs intimes, craint les bouleversements de son univers familier et s’interroge sur son destin. Peut-être. Ultime croisade pour la défense d’un Occident chrétien ? Certainement pas. Tel n’est pas non plus le combat mené par le premier pape choisi hors du continent européen. Et le Supérieur des Jésuites de la Province de France déclarait récemment que ce Pape, luimême jésuite, rendait l’Église catholique « plus aimable, plus surprenante, moins figée, plus ouverte ». Son choix du nom du saint d’Assise proclamant sa proximité avec toutes les créatures dans une nature respectée et l’impérieux devoir de fraternité à l’égard des plus pauvres. Des exigences qui parlent encore à beaucoup aujourd’hui. Évidemment, le « printemps de l’Église », dont certains parlent sans doute un peu vite, ne saurait dépendre que d’une hirondelle… fut-elle papale. Mais, face à l’heure d’une offensive massive de groupes religieux qui privilégient les prescriptions de rites et des rituels à la conversion du cœur — quand ils n’appellent pas à la haine de ceux qui ne pensent pas comme eux —, la sympathie que suscite le successeur de Pierre nous indique un chemin. Après 40 années de service pastoral, avec toutes les interrogations qu’elles ont suscitées et toutes les rencontres qu’elles m’ont permises, mes quelques propositions souhaitent être une invitation à retrouver ce chemin. 26

avant-propos Il nous conduit aux premières communautés chrétiennes, pour y retrouver l’esprit de ceux qui suivirent Jésus sur la montagne. Car si des publicains, des pêcheurs de Galilée et leurs infréquentables voisins samaritains, furent séduits par l’Évangile, c’est parce que le Christ, en même temps qu’il leur rappelait les exigences du Royaume, osa s’asseoir à leur table et manger avec eux. C’est pourquoi, plus tard, ils le reconnurent quand il rompit le pain. •