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Journal ASMAC No 3 - Juin 2016

Mystères - Interprofessionnalité Adieu Rosmarie Dermatologie / Oncologie

Mystères -
Interprofessionnalité
Adieu Rosmarie
Dermatologie / Oncologie

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Verband Schweizerischer Assistenz- und Oberärztinnen und -ärzte<br />

Association suisse des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique<br />

Associazione svizzera dei medici assistenti e capiclinica<br />

SOMMAIRE<br />

Page de couverture: aebi, grafik & illustration, berne<br />

EDITORIAL<br />

5 La solution du mystère<br />

POLITIQUE<br />

6 Politique de la santé: Un oui sous réserve<br />

à l’interprofessionnalité<br />

8 L’essentiel en BREF: Quand la contrainte<br />

est synonyme de liberté<br />

9 <strong>No</strong>uvelle législature – nouveaux visages<br />

14 Vierge, Sisyphe, Mère courage<br />

FORMATION POSTGRADUÉE /<br />

CONDITIONS DE TRAVAIL<br />

16 Les garde-fous de la formation<br />

postgraduée<br />

18 ISFM-Award pour un engagement<br />

exceptionnel dans la formation<br />

postgraduée<br />

POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

26 Les mystères de la nature<br />

29 «La tête pleine d’idées saugrenues»<br />

33 Un polar vieux de deux mille ans<br />

36 Une substance bien connue,<br />

mais mystérieuse<br />

39 Une clarté tentante<br />

PERSPECTIVES<br />

41 Série disciplines médicales – actualités<br />

en dermatologie – la dermatite atopique:<br />

<strong>No</strong>uvelles solutions pour un mal ancien<br />

44 Aus der «Praxis» – Departement Innere<br />

Medizin, Medizinische Onkologie,<br />

Universitätsspital Basel:<br />

Das fortgeschrittene Bronchial karzinom –<br />

was gibt es Neues in der Diagnostik und<br />

Therapie?<br />

49 L’objet choisi: Docteur Putto<br />

<strong>ASMAC</strong><br />

20 Section Berne<br />

21 Section Genève<br />

21 Section Grisons<br />

22 Section Valais<br />

23 Conseil juridique <strong>ASMAC</strong><br />

MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong><br />

50 Comprendre les assurances:<br />

l’assurance véhicules à moteur<br />

53 Le médecin-conseil, un partenaire<br />

important des assureurs<br />

54 Boîte aux lettres<br />

57 Un solide pilier pour le troisième âge<br />

58 Impressum<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

3


ÉDITORIAL<br />

Photo: Severin <strong>No</strong>vacki<br />

Catherine Aeschbacher<br />

rédactrice en chef du <strong>Journal</strong> <strong>ASMAC</strong><br />

La solution du mystère<br />

Vous voulez toucher 1 million de dollars et entrer au panthéon<br />

de la science? Pas de problème! Trouvez la solution à l’un des<br />

six problèmes du millénaire présentés en 2000 par l’Institut<br />

Clay aux Etats-Unis. Il s’agit exclusivement de problèmes mathématiques.<br />

Initialement, il y en avait sept. L’hypothèse de<br />

Poincaré a cependant été prouvée par Grigori Jakowlewitsch<br />

en 2002. On présente régulièrement de soi-disant solutions,<br />

mais jusqu’ici, les mathématiciens du monde entier se cassent<br />

les dents sur les problèmes. Même l’hypothèse de Riemann vieille<br />

de 150 ans attend toujours d’être prouvée.<br />

<strong>No</strong>s mystères à nous sont d’une autre nature, ce qui n’enlève<br />

rien à leur attrait. Pourquoi le paracétamol agit-il? Quotidiennement,<br />

il y a probablement des millions de personnes qui<br />

avalent ce principe actif et voient leurs douleurs soulagées,<br />

mais personne ne sait vraiment pourquoi. Et qu’en est-il de la<br />

mystérieuse fontaine découverte à Augusta Raurica? Cache-telle<br />

un sombre secret? Un autre article vous dévoile comment<br />

l’homme a tenté d’expliquer les mystères de la nature au fil du<br />

temps. Dans ce numéro, des sudokus de plusieurs niveaux de<br />

difficulté ponctuent les différents articles, ce qui nous permet<br />

de passer de la théorie à la pratique.<br />

Certaines interventions politiques au sujet de l’interprofessionnalité<br />

n’ont rien de cryptique, mais témoignent d’intentions<br />

assez évidentes. Vous lirez à la rubrique Politique comment<br />

l’<strong>ASMAC</strong> envisage la coexistence des différentes professions de<br />

la santé. En avril, la législature de deux ans a pris fin. Rien<br />

d’étonnant donc que la séance de printemps du Comité central<br />

ait été marquée par les élections et les adieux. Le vice-président<br />

de longue date Ryan Tandjung a démissionné de ses fonctions<br />

pour s’engager vers de nouveaux horizons professionnels. Chez<br />

MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong>, il s’agissait de prendre congé du<br />

coprésident Andrea Vincenzo Braga, qui compte une carrière<br />

active encore plus longue au sein de l’association. Mais les<br />

deux sont de loin dépassés par Rosmarie Glauser. En effet, elle<br />

a dirigé la section Berne pendant près de 30 ans et aussi assumé<br />

la politique nationale de l’<strong>ASMAC</strong> pendant douze ans.<br />

Elle est considérée comme la «mère» de la semaine des 50 heures,<br />

car c’est en grande partie grâce à son infatigable engagement<br />

que les médecins-assistant(e)s et la quasi-totalité des chef(fe)s<br />

de clinique ont été assujettis à la loi sur le travail en 2002. Vous<br />

lirez à la rubrique Politique comment elle a vécu ces changements<br />

et quel bilan elle tire de son engagement. La rédaction<br />

adresse ses vifs remerciements à Rosmarie Glauser pour<br />

l’agréable collaboration pendant de nombreuses années.<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

5


POLITIQUE<br />

POLITIQUE DE LA SANTÉ<br />

Un oui sous réserve<br />

à l’interprofessionnalité<br />

Le système de santé suisse doit devenir plus interprofessionnel. De prime abord, ce n’est rien de<br />

nouveau et paraît sensé. En y regardant de plus près cependant, on constate qu’il s’agit souvent<br />

plutôt d’un conflit portant sur des questions de pouvoir, d’argent et de compétences que d’un<br />

débat approfondi sur l’évolution des rôles des employés du système de santé.<br />

Simon Stettler, directeur de l’<strong>ASMAC</strong><br />

Nico van der Heiden, directeur adjoint/responsable politique et communication de l’<strong>ASMAC</strong><br />

Le spécialiste en sciences sociales Werner<br />

Obrecht1 définit l’interprofessionnalité<br />

comme «un processus social, dans le<br />

cadre duquel des spécialistes de différentes<br />

professions collaborent en vue de résoudre<br />

des problèmes pratiques complexes qui ne<br />

peuvent pas être résolus de façon adéquate<br />

par les moyens isolés des différentes professions».<br />

Voilà ce que l’on peut dire au<br />

sujet de la théorie. Dans la pratique, nous<br />

constatons que l’interprofessionnalité correspond<br />

à l’esprit du temps actuel (du<br />

moins dans les débats), mais qu’il n’est<br />

souvent pas clair s’il s’agit d’un état de fait<br />

ou d’un développement souhaité (en premier<br />

lieu par intérêt particulier).<br />

1 Obrecht, Werner (2005): Interprofessionelle<br />

Kooperation als professionelle Methode. En<br />

ligne sur www.infostelle.ch/filedownload.<br />

html?cdid=1253&file=0<br />

Rien de nouveau<br />

L’époque où le médecin passait de temps<br />

en temps dans le village, nous apportait<br />

un médicament et où les soins étaient<br />

exclusivement assurés par les proches est<br />

révolue depuis longtemps. Aujourd’hui, le<br />

patient fait appel à des prestations de différentes<br />

personnes dans le système de<br />

santé. Lors de la consultation au cabinet,<br />

l’assistante médicale me fait une prise de<br />

sang, prépare les médicaments et convient<br />

du prochain rendez-vous; suivant la situation,<br />

je ne vois que très brièvement le médecin.<br />

Les cabinets médicaux sont aujourd’hui<br />

par définition des lieux où se<br />

pratique l’interprofessionnalité. A l’hôpital,<br />

les déroulements sont bien plus complexes<br />

et le cercle des professions impliquées<br />

dans le traitement est donc nettement<br />

plus large. Si ces personnes ne collaboraient<br />

pas, un hôpital ne pourrait pas<br />

fonctionner. L’interprofessionnalité fait<br />

donc depuis longtemps partie du quotidien<br />

à l’hôpital.<br />

Efficacité<br />

Une interprofessionnalité qui fonctionne<br />

augmente l’efficacité des prestations fournies.<br />

Il s’agit à la fois de l’efficacité du<br />

traitement et de celle en termes de coûts.<br />

Si tout devait être réglé par les médecins à<br />

l’hôpital, cela serait forcément inefficace.<br />

Les différents travaux sont exécutés par<br />

des personnes disposant de qualification<br />

différentes (raison pour laquelle elles<br />

touchent des salaires différents). Grâce à<br />

la concordance de la qualification, du<br />

salaire et du travail, les différentes professions<br />

fournissent leurs prestations pour le<br />

patient de manière efficace et donc avantageuse.<br />

Les médecins sont – pour ce qui<br />

concerne la médecine – les employés les<br />

mieux formés dans les hôpitaux. Le fait<br />

qu’ils se trouvent à la tête de la hiérarchie<br />

de décision et délèguent des tâches correspond<br />

à un usage efficace des moyens à<br />

disposition des hôpitaux. Bien évidemment,<br />

il est dans l’intérêt du patient que<br />

les décisions médicales soient prises à<br />

l’hôpital par les personnes qui ont été formées<br />

dans ce but. Pour éviter les malentendus<br />

et les divergences, il est utile et<br />

important de régler clairement la responsabilité<br />

(finale) médicale. Cela n’exclut<br />

pas la prise en considération de différents<br />

spécialistes, respectivement de l’interprofessionnalité.<br />

Pouvoir et argent<br />

Pour les autres professions, la prescription<br />

médicale signifie dans certains cas sans<br />

aucun doute une restriction de leur liberté<br />

d’action. Elle permet cependant aussi<br />

un certain contrôle des coûts, étant donné<br />

que le médecin doit examiner si les prestations<br />

sont nécessaires. De plus, elle assure<br />

la coordination du traitement. Il<br />

existe donc une hiérarchie motivée par<br />

l’argent qui exige un examen des prestations<br />

non médicales par un médecin. Si<br />

l’interprofessionnalité ne sert par contre<br />

que de slogan pour demander que certaines<br />

tâches médicales soient reprises par<br />

sa profession, il ne faut pas s’étonner que<br />

le corps médical s’y oppose. Si les différentes<br />

professions collaborent efficacement,<br />

l’interprofessionnalité est déjà aujourd’hui<br />

une réalité qui ne pose pas de<br />

problèmes.<br />

Discussion politique<br />

Pendant des années, le Conseil national et<br />

le Conseil des Etats ont débattu d’une motion<br />

demandant que l’on accorde davantage<br />

d’autonomie au personnel soignant<br />

dans le cadre de la LAMal. Pour simplifier,<br />

il s’agissait d’autoriser le personnel soignant<br />

qualifié à travailler à titre indépendant<br />

à la charge des caisses-maladie. Aujourd’hui,<br />

une ordonnance médicale est<br />

nécessaire à cela. Au sens strict, la proposition<br />

voulait donc que l’on s’écarte de<br />

l’interprofessionnalité, étant donné qu’elle<br />

visait une séparation plus forte du domaine<br />

médical et de celui des soins.<br />

Vers la fin des débats, le PLR et l’UDC ont<br />

apporté trois modifications essentielles à<br />

la proposition: la liberté de contracter pour<br />

le personnel soignant indépendant travaillant<br />

à la charge de l’assurance de base,<br />

l’assujettissement au pilotage des admissions<br />

déjà valable pour les médecins et une<br />

limitation dans le temps. Au final, une<br />

6 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POLITIQUE<br />

alliance contre nature rouge-verte avec<br />

l’UDC a rejeté la proposition: les premiers<br />

avant tout en raison de la liberté de<br />

contracter, les derniers parce qu’ils craignaient<br />

une augmentation des coûts.<br />

L’<strong>ASMAC</strong> s’était opposée à la mise en<br />

œuvre de l’initiative à l’hôpital (sans s’exprimer<br />

sur les autres domaines) et se réjouit<br />

que ce projet mal formulé soit, en<br />

tout cas pour le moment, enterré. Concernant<br />

les modifications de dernière minute,<br />

nous ne comprenions pas pourquoi<br />

il fallait accorder aux caisses-maladie le<br />

pouvoir de choisir avec quels prestataires<br />

de soins elles veulent collaborer. Le danger<br />

d’une pression sur les prix dans le domaine<br />

des soins était très réel et ni dans<br />

l’intérêt des employés dans le domaine des<br />

soins, ni dans celui des patients. L’intention<br />

des caisses-maladie était claire: servons-nous<br />

du personnel soignant pour<br />

essayer (la liberté de contracter) ce qui<br />

s’appliquera ensuite aux médecins.<br />

Conclusion<br />

L’<strong>ASMAC</strong> reste bien sûr ouverte à une discussion<br />

sur l’interprofessionnalité, notamment<br />

s’il s’agit véritablement de placer les<br />

intérêts des patients au centre des débats et<br />

d’optimiser les processus et structures. S’il<br />

s’agit par contre de modifier les rapports de<br />

force et les aspects financiers, nous mettons<br />

en garde contre un usage abusif de l’interprofessionnalité<br />

pour imposer de telles revendications.<br />

Dans les équipes interprofessionnelles,<br />

il faut des organes responsables<br />

et des responsabilités clairement définies.<br />

Le fait que le pouvoir de décision final incombe<br />

au corps médical est logique et découle<br />

tout simplement de leur formation<br />

pré- et postgraduée. <br />

■<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

7


POLITIQUE<br />

L’essentiel en BREF<br />

Quand la contrainte est synonyme<br />

de liberté<br />

Les assureurs-maladie et les politiciens<br />

des partis bourgeois saisissent actuellement<br />

toutes les opportunités pour vanter<br />

la suppression de l’obligation de contracter<br />

comme la mesure inévitable contre l’augmentation<br />

des coûts de la santé. A première<br />

vue, l’obligation de contracter ressemble<br />

à une contrainte inutile d’antan.<br />

La liberté de contracter par contre ressemble<br />

à la libération tant espérée. Si l’on<br />

considère cependant que c’est la suppression<br />

du libre choix du médecin pour tous<br />

les assurés qui se cache là-derrière, c’est<br />

tout à fait autre chose. Cette prétendue<br />

contrainte est en réalité un mécanisme de<br />

protection. Il protège à la fois les assurés<br />

(notamment les patients parmi eux) et les<br />

fournisseurs de prestations contre un pouvoir<br />

trop unilatéral des assureurs-maladie.<br />

Rien d’étonnant donc que le libre<br />

choix du médecin soit jusqu’ici resté sacré<br />

lors de votations populaires (en dernier<br />

lors de la votation sur Managed Care).<br />

La population attache à juste titre une<br />

grande importance au libre choix du médecin.<br />

En tant que patient, je dois pouvoir<br />

faire confiance à mon médecin. Sur Internet,<br />

je trouve aujourd’hui une multitude<br />

d’informations, les nouveaux canaux<br />

médiatiques me permettent d’avoir un<br />

échange rapide avec d’autres, je peux demander<br />

un deuxième avis et bien sûr<br />

m’informer auprès de mon médecin. Mais<br />

au final, c’est le médecin qui reste le spécialiste<br />

compétent et je dois être convaincu<br />

qu’il me conseillera judicieusement et<br />

me traitera selon les règles de l’art. Cela<br />

revêt une importance particulière notamment<br />

pour des traitements plus poussés<br />

dont les coûts dépassent la franchise et qui<br />

relèvent donc de la compétence des assureurs-maladie.<br />

C’est justement pour cette<br />

raison que je veux choisir le médecin qui<br />

me convient parmi tous ceux qui disposent<br />

d’une autorisation de pratiquer des<br />

autorités. Je ne veux pas que l’assurance-maladie<br />

restreigne mon choix et<br />

me prescrive à qui je dois m’adresser. Finalement,<br />

ce n’est un secret pour personne<br />

quel «E» parmi les critères EAE 1 est prioritaire<br />

pour les assurances-maladie. Cela<br />

n’a rien d’étonnant, mais ne laisse rien<br />

présager de bon sur cette question. Je ne<br />

veux pas choisir parmi les médecins bon<br />

marché, mais parmi les bons médecins!<br />

En tant que patient, je vais aujourd’hui<br />

chez un médecin dont les traitements<br />

peuvent être décomptés par le biais de<br />

l’assurance-maladie. Inversement, cela<br />

signifie pour le médecin que de pouvoir<br />

facturer ses prestations par le biais de l’assurance-maladie<br />

est essentielle. Il y a<br />

suffisamment d’exemples qui montrent<br />

que les assurances-maladie se sont trompées<br />

en accusant les médecins de prodiguer<br />

des traitements inefficaces d’un point<br />

de vue économique. Dans le libre exercice<br />

de leur profession, les médecins ne doivent<br />

pas dépendre uniquement du bon vouloir<br />

économique des assureurs-maladie. Ne<br />

serait-ce que pour la sécurité de planification<br />

nécessaire à la mise en place et à<br />

l’exploitation d’un cabinet. Cela représenterait<br />

un obstacle supplémentaire à l’ouverture<br />

d’un cabinet, notamment pour les<br />

jeunes médecins. Ce n’est pas de cette façon<br />

que l’on augmentera le nombre de<br />

médecins de premier recours dans les<br />

cabinets.<br />

Les assureurs-maladie ont répété à plusieurs<br />

reprises dans la discussion concernant<br />

le pilotage des admissions qu’ils<br />

considéraient un médecin praticien en<br />

premier lieu comme un facteur de coûts<br />

supplémentaire. Leur calcul, moins de<br />

médecins égal à moins de coûts de la santé,<br />

est premièrement trop simpliste et<br />

montre deuxièmement à quoi conduirait<br />

la suppression du libre choix du médecin.<br />

Le fait que moins de médecins en cabinet<br />

signifierait automatiquement des temps<br />

d’attente prolongés pour les patients n’est<br />

qu’un point parmi d’autres qui est occulté<br />

dans cette équation.<br />

Simon Stettler, directeur de l’<strong>ASMAC</strong><br />

1 E(fficacité) A(déquation) E(conomicité)<br />

8 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POLITIQUE<br />

<strong>No</strong>uvelle législature –<br />

nouveaux visages<br />

La séance du CC d’avril <strong>2016</strong> marque le début de la nouvelle législature. Tous les membres des organes<br />

ont par conséquent dû être confirmés dans leurs fonctions. Ryan Tandjung, vice-président de<br />

l’<strong>ASMAC</strong>, et Andrea Vincenzo Braga, coprésident de MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong> ne se sont pas représentés.<br />

Heureusement, toute une série de nouveaux membres se sont présentés à l’élection, un<br />

signe de la bonne santé de l’association.<br />

Catherine Aeschbacher, rédactrice en chef du <strong>Journal</strong> <strong>ASMAC</strong>. Photos: Severin <strong>No</strong>wacki.<br />

Avant le 1 er mai, les médias parlaient de la<br />

diminution continuelle du nombre de<br />

membres chez les syndicats et associations<br />

du personnel. L’<strong>ASMAC</strong> n’est heureusement<br />

pas concernée par cette évolution.<br />

Son effectif continue de croître et dépasse<br />

les 20 000 membres. Et de toute évidence,<br />

l’association parvient toujours à trouver<br />

des membres actifs prêts à s’engager dans<br />

les organes nationaux et régionaux. Lors<br />

de la séance du Comité central (CC) du 30<br />

avril à Berne, quatre nouveaux membres<br />

ont été élus au Comité directeur (CD) et<br />

les délégués de MEDISERVICE VSAO-AS-<br />

MAC ont élu un nouveau membre au comité<br />

directeur de l’organisation de prestations<br />

de service. Certes, beaucoup de sections<br />

doivent encore se battre pour obtenir<br />

de meilleures conditions de travail, mais<br />

il semble qu’il soit devenu plus facile de<br />

pourvoir les sièges vacants dans les comités.<br />

Contrairement aux séances précédentes<br />

du CC, de nombreux représentantes<br />

et représentants des sections ont indiqué<br />

qu’ils avaient réussi à remplacer les<br />

membres démissionnaires dans leurs comités<br />

par de nouveaux visages.<br />

Bonjour et au revoir<br />

L’<strong>ASMAC</strong> a pris congé de son vice-président<br />

Ryan Tandjung qui va reprendre le département<br />

professions de la santé à l’Office<br />

fédéral de la santé publique. Avec Ryan,<br />

l’association perd un travailleur engagé et<br />

intelligent qui a occupé pas moins de 40<br />

mandats (voir encadré). Marino Urbinelli<br />

démissionne du CD, aussi pour des raisons<br />

professionnelles. Le troisième à quitter<br />

le Comité directeur est Felix Widmer<br />

qui représentait la swimsa au Comité directeur.<br />

Marc Oliver Eich reprend sa place.<br />

Les délégués du CC ont élu à l’unanimité<br />

Angelo Barrile, <strong>No</strong>ra Bienz, Michel Clément<br />

et Marius Suter au Comité directeur<br />

(voir encadré). Comme cette séance du CC<br />

marque le début de la nouvelle législature,<br />

tous les membres actuels du CD ainsi que<br />

le président de l’<strong>ASMAC</strong> Daniel Schröpfer<br />

ont dû être confirmés dans leurs fonctions,<br />

tout comme les représentants de l’<strong>ASMAC</strong><br />

à l’Assemblée des délégués de la FMH et à<br />

la Chambre médicale. Tous les candidats<br />

ont été élus sans opposition pour une durée<br />

de fonction supplémentaire.<br />

Au service des membres<br />

L’établissement des horaires de service<br />

(corrects du point de vue légal) incombe<br />

en principe aux hôpitaux et cliniques. Souvent,<br />

cette tâche est déléguée aux médecins-assistant(e)s<br />

ou chef(fe)s de clinique,<br />

ce qui peut entraîner des difficultés pour<br />

toutes les parties impliquées. L’<strong>ASMAC</strong> a<br />

réalisé le projet consacré à la planification<br />

des services dans le cadre d’une phase-pilote.<br />

Sous la conduite de Phlipp Rahm,<br />

président de la section Argovie, un nombre<br />

considérable d’hôpitaux et de cliniques ont<br />

bénéficié de conseils. Parallèlement, Philipp<br />

Rahm a formé d’autres conseillers.<br />

Jusqu’ici, les coûts étaient assumés par<br />

l’<strong>ASMAC</strong>. Les délégués du CC ont dû décider<br />

s’il voulait transformer le projet-pilote en<br />

prestation définitive et de quelle manière<br />

celle-ci serait financée. Le transfert du<br />

conseil en matière de planification des<br />

services de la phase-pilote dans une offre<br />

permanente était incontesté. Les avantages<br />

pour les membres sont directement perceptibles<br />

et la demande est importante. La<br />

question du financement de la prestation<br />

a par contre suscité débat. La majorité était<br />

d’avis que l’<strong>ASMAC</strong> doit supporter les coûts,<br />

cela permettant d’une part d’assurer un<br />

conseil indépendant et d’autre part de sa-<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

9


POLITIQUE<br />

A la fois subtil et tenace<br />

14 ans, 40 mandats. Ces deux chiffres laissent entrevoir l’ampleur de l’engagement<br />

de Ryan Tandjung pour l’<strong>ASMAC</strong>. Le vice-président de l’<strong>ASMAC</strong> et responsable du<br />

ressort formation postgraduée démissionne de ses fonctions pour des raisons<br />

professionnelles. Ryan a toujours attaché une grande importance à la formation<br />

médicale postgraduée. Il s’est battu sur plusieurs fronts et à différents niveaux<br />

pour que la qualité de la formation postgraduée soit sauvegardée.<br />

«<strong>No</strong>us n’avons pour ainsi dire jamais travaillé ensemble, mais nous pensons que tu as fait<br />

du bon travail!». Dans toute autre branche, une telle déclaration dans un entretien d’évaluation du<br />

collaborateur serait inadmissible et entraînerait probablement de sérieuses conséquences, aussi pour<br />

le supérieur hiérarchique. Chez les médecins, ce comportement vis-à-vis des subordonnés reste hélas<br />

très répandu. C’est cette déclaration d’un responsable d’établissement de formation postgraduée<br />

pendant la période d’assistanat de Ryan Tandjung qui l’a, entre autres, amené à s’intéresser de plus<br />

près à la formation postgraduée des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique.<br />

«J’estime qu’il nous incombe à tous de trouver des solutions pour répondre à ces deux grands défis que sont, d’une part, le suivi continu<br />

des patients et, d’autre part, la bonne qualité de travail et de formation postgraduée.» Ryan Tandjung<br />

Aux yeux de Ryan, la formation médicale postgraduée en Suisse peut être considérée comme très bonne en comparaison internationale. Cela ne<br />

veut cependant pas dire que tout va bien dans le meilleur des mondes. Il s’est engagé pour assurer et même renforcer la qualité de la formation<br />

postgraduée. Au fil des années, Ryan a apporté dans différentes fonctions une contribution essentielle à cette entreprise délicate: entre autres en tant<br />

que délégué de la SWIMSA, membre du comité de la section Zurich, vice-président de l’<strong>ASMAC</strong>, délégué à la Chambre médicale, représentant de<br />

l’<strong>ASMAC</strong> au plénum de l’ISFM et au comité de l’ISFM ou comme membre du groupe thématique «coordination de la formation médicale postgraduée»<br />

de la plate-forme Avenir de la formation médicale. Ryan a toujours défendu avec doigté, dans un esprit constructif et confiant les intérêts des jeunes<br />

médecins. Ce faisant, il était toujours d’avis que la responsabilité n’incombait pas seulement aux médecins formateurs, mais également aux médecins<br />

en formation.<br />

«Grâce à son esprit analytique, à son attitude réfléchie, à son humour et à son engagement, Ryan a contribué à gérer une situation<br />

humainement difficile au sein de la direction de l’<strong>ASMAC</strong> Zurich.» Adrian Schibli, membre du comité de la section Zurich<br />

Avec sa démission de toutes ses fonctions à l’<strong>ASMAC</strong>, l’engagement de Ryan pour notre association prend fin après 14 ans.<br />

«Avec son style réservé, Ryan est un garant de la confiance. J’ai beaucoup apprécié sa clarté, sa pensée structurée et sa capacité d’analyse<br />

dans la préparation de séances communes. Je remercie Ryan pour son énorme engagement pendant toutes ces années.» Daniel Schröpfer,<br />

président de l’<strong>ASMAC</strong><br />

Cher Ryan, nous sommes heureux de savoir que tu resteras en contact avec nous à ton nouveau lieu de travail. Contrairement au responsable<br />

d’établissement de formation postgraduée cité en entrée, l’<strong>ASMAC</strong> sait que tu n’as pas seulement bien accompli ta tâche, mais même très bien!<br />

<br />

Daniel Schröpfer, président de l’<strong>ASMAC</strong><br />

tisfaire au désir des sections ou de certains<br />

membres d’obtenir un conseil et d’aborder<br />

les hôpitaux à un niveau élevé, ceci créant<br />

de la sympathie. La minorité était par<br />

contre d’avis que ce n’est pas la tâche de<br />

l’association de fournir un travail gratuit<br />

pour les hôpitaux. Lors du vote, le financement<br />

par l’<strong>ASMAC</strong> s’est imposé, avec la<br />

restriction d’examiner les possibilités de<br />

financement mixte dans une année.<br />

<strong>No</strong>n aux négociations<br />

L’association hospitalière H+ a demandé<br />

au Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO)<br />

l’ouverture de négociations. Dans le cadre<br />

Démission au Comité directeur<br />

Après plus de trois ans passés au Comité directeur de l’<strong>ASMAC</strong> et en tant<br />

que délégué suppléant à la Chambre médicale, Marino Urbinelli a donné<br />

sa démission en avril <strong>2016</strong>. Il a réorienté son activité professionnelle.<br />

Le CD perd un penseur avisé qui a su jeter des ponts et marquer les<br />

discussions par des déclarations réfléchies. <strong>No</strong>us regrettons donc vivement<br />

sa démission, mais sommes ravis qu’il demeure actif à l’<strong>ASMAC</strong><br />

en tant que membre du comité de la section Soleure. Le CD et la présidence<br />

de l’<strong>ASMAC</strong> lui adressent leurs chaleureux remerciements.<br />

Daniel Schröpfer, président de l’<strong>ASMAC</strong>Photo de Marino<br />

d’entretiens trilatéraux avec l’<strong>ASMAC</strong>, il est<br />

prévu d’adapter les ordonnances relatives<br />

à la loi sur le travail sur les points qui ne<br />

peuvent pas être mis en pratique au quotidien.<br />

Les délégués du CC ont dû décider<br />

s’ils voulaient donner suite à cette demande.<br />

Ici aussi, les avis divergeaient: les<br />

uns étaient d’avis que, suivant les circonstances,<br />

cela permettrait d’obtenir certains<br />

avantages pour les membres et que sans<br />

notre participation, le SECO pourrait décider<br />

seul. Les autres estimaient que des<br />

négociations ne feraient qu’assouplir une<br />

loi qui n’est pas correctement mise en<br />

œuvre par les hôpitaux. Au final, c’est une<br />

prise de position des juristes de l’<strong>ASMAC</strong><br />

qui a fait pencher la balance. Les juristes<br />

étant parvenus à la conclusion qu’il était<br />

plus judicieux de ne pas entrer en matière.<br />

De plus, les améliorations pour les<br />

membres ne pourraient pas être obtenues<br />

10 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POLITIQUE<br />

dans l’ordonnance, au contraire. Ces arguments<br />

ont convaincu les délégués qui<br />

ont rejeté les négociations avec le Seco et<br />

H+ avec une abstention.<br />

Le Tarmed suscite le débat<br />

Le tarif pour les prestations médicales ambulatoires<br />

(Tarmed) n’a jamais été révisé<br />

en profondeur depuis 2004. Les prestations<br />

d’alors – divisées en prestations techniques<br />

et médicales – ont connu d’importants<br />

changements au cours des dix dernières<br />

années. <strong>No</strong>tamment les prestations<br />

techniques où les méthodes opératoires,<br />

etc. sont devenues nettement plus efficaces.<br />

Un fossé croissant des revenus des médecins<br />

en est la conséquence, notamment<br />

entre les médecins de premier recours et<br />

les spécialistes avec activité invasive. Le<br />

nouveau Tarmed veut réduire ces inégalités<br />

– sans engendrer de coûts supplémentaires.<br />

Cela signifie que les revenus des<br />

spécialistes doivent être abaissés en faveur<br />

de ceux des médecins de premier recours.<br />

Le tarif élaboré par toutes les parties impliquées<br />

prévoit cependant une correction,<br />

le FaMI. Derrière cette abréviation se cache<br />

le «Facteur médical individuel» censé permettre<br />

une rémunération plus élevée ou<br />

plus basse suivant le médecin. L’<strong>ASMAC</strong><br />

soutient la révision tarifaire pour la votation<br />

générale auprès de tous les membres<br />

de la FMH. Si la révision tarifaire devait<br />

échouer, le Conseil fédéral pourrait de son<br />

propre chef élaborer un tarif. Il s’agit d’empêcher<br />

cela. Concernant le FaMI, les délégués<br />

du CC recommandent aux membres<br />

de l’<strong>ASMAC</strong> de voter non lors de la votation<br />

générale. En effet, il est à craindre que le<br />

FaMI puisse être utilisé au détriment des<br />

jeunes médecins.<br />

<strong>No</strong>uveaux membres du Comité<br />

directeur<br />

Angelo Barille<br />

Section Zurich<br />

Médecin de famille<br />

employé dans un cabinet<br />

de groupe Sanacare en<br />

ville de Zurich<br />

Conseiller national (PS)<br />

<strong>No</strong>ra Bienz<br />

Section Berne (présidente)<br />

Médecin-assistante en<br />

rotation, service de néphrologie,<br />

Bürgerspital<br />

Solothurn<br />

Michel Clément<br />

Section Soleure<br />

Médecin-assistant à la<br />

clinique pédiatrique,<br />

Hôpital de l’Ile Berne<br />

Marius Suter<br />

Section Berne<br />

Médecin-assistant,<br />

clinique d’anesthésiologie,<br />

Hôpital de l’Ile Berne<br />

Engagé, optimiste, gai<br />

Après de nombreuses années passées à la coprésidence<br />

de MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong>,<br />

Andrea Vincenzo Braga met un terme à son<br />

engagement. Il ne se représente pas pour la<br />

prochaine législature. <strong>No</strong>us prenons congé<br />

d’une personnalité marquante et passons en<br />

revue sa très longue carrière au service de<br />

l’<strong>ASMAC</strong> et de MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong>.<br />

Andrea Vincenzo Braga s’est engagé dans<br />

différents organes et fonctions pour l’<strong>ASMAC</strong><br />

et MEDISERVICE au cours des vingt dernières<br />

années. Il a lancé, collaboré et influencé de<br />

nombreux projets. Sa carrière à l’<strong>ASMAC</strong> a<br />

débuté avec son accession au comité de la<br />

section Suisse centrale – il y a exercé pendant<br />

plusieurs années la fonction de président. Dans cette fonction, il a été membre fondateur<br />

de DAVID, l’organisation faîtière de la plupart des moyennes et petites sections<br />

de Suisse alémanique. Déjà très tôt, Andrea a siégé en tant que délégué de l’<strong>ASMAC</strong><br />

à la Chambre médicale.<br />

Depuis 16 ans, Andrea fait partie du Comité directeur de MEDISERVICE où il a<br />

toujours apporté de nouvelles idées, remis en question certains concepts et confronté<br />

le Comité directeur à des questions critiques. Dans l’organisation de prestations<br />

de service, Andrea a pu partager son savoir-faire économique. Il a toujours mis<br />

l’accent sur les revendications des membres et la question de satisfaire au mieux leurs<br />

besoins. Dès 2006, il a occupé la fonction de coprésident. Dans ce rôle, il a marqué<br />

le développement de MEDISERVICE en tant qu’organisation de prestations de service<br />

novatrice et moderne pour les médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique.<br />

Andrea est engagé, optimiste et a le goût de l’essentiel dans la vie. Ainsi, il n’a jamais<br />

oublié de réserver une place au plaisir dans notre travail. C’est dans cette idée qu’il<br />

a lancé en 2001 «Le Bal de l’<strong>ASMAC</strong>», aujourd’hui «Le bal des médecins». Jusqu’à<br />

ce jour, il concocte chaque année un programme spectaculaire et attire ainsi beaucoup<br />

d’amateurs de danse à Lucerne.<br />

Au nom du Comité directeur et du secrétariat de MEDISERVICE, nous adressons nos<br />

chaleureux remerciements à Andrea pour son travail accompli pour MEDISERVICE<br />

et l’<strong>ASMAC</strong> au cours des vingt dernières années. <strong>No</strong>us lui souhaitons plein succès<br />

pour ses nombreux nouveaux projets.<br />

Katharina Gasser, présidente, et Marc Schällebaum, directeur de MEDISERVICE<br />

VSAO-<strong>ASMAC</strong><br />

12 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POLITIQUE<br />

Une rose pour l’Insel<br />

Gruppe AG<br />

Cette année aussi, la Rose d’hôpital a été<br />

décernée pour des initiatives exceptionnelles<br />

dans le domaine de la formation<br />

postgraduée et/ou des conditions de travail.<br />

Le CC a attribué la Rose d’hôpital aux hôpitaux<br />

réunis dans l’Insel Gruppe pour leur<br />

réglementation progressiste en matière<br />

d’indemnité maternité dans les rapports de<br />

travail à durée déterminée. Désormais, la<br />

femme médecin a droit à la pleine indemnité<br />

maternité pendant 16 semaines,<br />

même si son contrat expire pendant la<br />

grossesse ou le congé maternité.<br />

Situation stable<br />

MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong> n’a pas<br />

connu une année particulièrement palpitante,<br />

mais elle peut se féliciter d’un exercice<br />

clôturé avec succès. L’effectif des<br />

membres, le volume de primes et le nombre<br />

de polices continuent d’augmenter et l’excédent<br />

de recettes est mis de côté pour les<br />

projets. La plate-forme de l’emploi Jobmed.<br />

ch a été entièrement remaniée et suscite un<br />

intérêt croissant. Même le budget du <strong>Journal</strong><br />

<strong>ASMAC</strong> a pu être respecté. Certes, il<br />

souffre, à l’instar des autres publications,<br />

d’une érosion continuelle des recettes publicitaires.<br />

Mais le nombre des nouveaux<br />

membres compense ces pertes, vu que la<br />

cotisation de CHF 20.– revient entièrement<br />

au <strong>Journal</strong> <strong>ASMAC</strong>. Les délégués à l’AD de<br />

MEDISERVICE ont adopté les statuts révisés<br />

et confirmé tous les membres du Comité<br />

directeur dans leurs fonctions. Jana Siroka<br />

a été nouvellement élue au Comité<br />

directeur (voir encadré). Quant au coprésident<br />

Andrea Vincenzo Braga, il ne s’est<br />

plus représenté. MEDISERVICE a donc pris<br />

congé d’une figure légendaire de l’<strong>ASMAC</strong><br />

(voir encadré). Il a eu droit aux chaleureux<br />

remerciements de tous pour son engagement<br />

en faveur de l’association politique et<br />

de MEDISERVICE. Pour finir, l’AD a élu<br />

l’ancienne coprésidente Katharina Gasser<br />

à l’unanimité au poste de présidente de<br />

MEDISERVICE. <br />

■<br />

<strong>No</strong>uveau membre<br />

du Comité directeur<br />

MEDISERVICE<br />

VSAO-<strong>ASMAC</strong><br />

Jana Siroka<br />

D r méd., médecin-assistante, Hôpital<br />

universitaire de Zurich


POLITIQUE<br />

Vierge, Sisyphe, Mère courage<br />

Rosmarie Glauser, directrice de la section Berne et «mère» de la semaine de 50 heures, a<br />

démissionné de son poste à la fin avril. Après près de 30 années au service de l’<strong>ASMAC</strong>, elle<br />

passe en revue une vie active passionnante. Malgré les nettes améliorations des conditions<br />

de travail des médecins, elle reste combative eu égard aux changements à venir.<br />

Catherine Aeschbacher, rédactrice en chef du <strong>Journal</strong> <strong>ASMAC</strong>, s’est entretenue avec Rosmarie Glauser, directrice de la section Berne.<br />

En 1982, tu as passé ton examen<br />

fédéral. Comment voyaistu<br />

à l’époque ton avenir professionnel?<br />

Rosmarie Glauser: Depuis toujours,<br />

je voulais devenir avocate indépendante.<br />

Les questions du droit administratif m’intéressaient<br />

alors, mais dans les années 80,<br />

les avocates étaient surtout confinées dans<br />

le domaine du droit de la famille.<br />

Comment es-tu arrivée<br />

à l’<strong>ASMAC</strong>?<br />

Comme la vierge à l’enfant (elle rit). En<br />

1987, on m’a offert de rejoindre une étude.<br />

Il y avait notamment l’<strong>ASMAC</strong> Suisse et la<br />

section Berne de l’<strong>ASMAC</strong> qui y était domiciliées.<br />

C’est plutôt par hasard que j’ai<br />

repris ce mandat, même si à l’époque,<br />

j’étais souvent en contact avec des médecins<br />

en dehors de mon activité professionnelle<br />

et connaissais les conditions de travail<br />

misérables des jeunes médecins.<br />

Quels thèmes préoccupaient<br />

l’<strong>ASMAC</strong> à la fin des années 80?<br />

L’<strong>ASMAC</strong> Suisse était dirigée par Walter<br />

Krähenmann qui s’occupait principalement<br />

de prestations de service. La fondation<br />

de la caisse de pension était une chose<br />

très importante. Comme il n’y avait pas<br />

encore de libre passage, les médecins perdaient<br />

la cotisation de l’employeur à<br />

chaque changement de poste. La politique<br />

n’était que rarement un sujet de discussion.<br />

Le travail pour la section Berne ne<br />

représentait qu’un tout petit mandat. Il<br />

s’agissait d’un modeste nombre de conseils<br />

juridiques, de plus il fallait mettre à disposition<br />

les locaux pour les séances du<br />

comité, envoyer l’invitation à ces séances<br />

et tenir le procès-verbal.<br />

Comment se présentait la<br />

situation pour les membres?<br />

Ils devaient énormément travailler. <strong>No</strong>us<br />

voulions changer cela et avions acheté<br />

trois badgeuses à cet effet. C’était une de<br />

nos premières actions. Ces badgeuses ont<br />

ensuite été installées dans chaque hôpital<br />

du canton de Berne pendant environ trois<br />

mois. Les médecins-assistant(e)s timbraient.<br />

<strong>No</strong>us avons ainsi pour la première<br />

fois obtenu des informations précises sur<br />

les horaires de travail. La moyenne se situait<br />

à 80 ou 90 heures par semaine, le<br />

record était détenu par un hôpital de district<br />

avec 105 heures hebdomadaires!<br />

Ensuite, les résultats ont été communiqués<br />

à chaque hôpital.<br />

Y a-t-il eu des réactions?<br />

Les hôpitaux ont réagi avec plus ou moins<br />

d’indifférence. Mais les jeunes médecins<br />

par contre, ont vite réagi: en 1997, les médecins<br />

ont pour la première fois défilé<br />

dans la rue pendant une semaine d’action<br />

et protesté contre les conditions de travail<br />

intenables devant le Rathaus à Berne. A la<br />

suite de cela, plusieurs motions ont été<br />

déposées au parlement cantonal. Les revendications<br />

étaient toutes les mêmes: 50<br />

heures et davantage de postes à temps<br />

partiel.<br />

Quelle a été la prochaine étape<br />

décisive sur ce parcours?<br />

Le directeur de la santé bernois, Samuel<br />

Bhend, subissait de fortes pressions de la<br />

part des jeunes médecins qui manifestaient<br />

clairement leur mécontentement.<br />

Pour obtenir des données précises, il a<br />

alors mandaté une étude scientifique<br />

consacrée aux conditions de travail. Les<br />

résultats ont montré qu’il y avait nécessité<br />

d’agir. Ces résultats ont conduit à des négociations<br />

tripartites sur une nouvelle<br />

ordonnance cantonale. Celle-ci fixait une<br />

durée hebdomadaire de travail maximale<br />

de 50 heures et stipulait qu’il n’y avait des<br />

heures manquantes qu’en dessous de 42<br />

heures de travail. Presque au même moment,<br />

les négociations pour la première<br />

convention collective de travail, entrée en<br />

vigueur en 2000, et reprenant la réglementation<br />

du temps de travail de l’ordonnance<br />

cantonale, ont débuté. A Zurich, le<br />

parlement bloquait la demande des médecins<br />

d’adapter l’ordonnance cantonale,<br />

ce qui a provoqué la grève des crayons,<br />

c’est-à-dire que les travaux administratifs<br />

ont été laissés à l’abandon pendant un<br />

certain temps.<br />

Que s’est-il passé sur le<br />

plan national?<br />

Pendant tous ces efforts cantonaux, le<br />

comité de la section Berne a développé<br />

l’idée de supprimer, lors de la révision prévue,<br />

l’exception concernant les médecins-assistant(e)s<br />

dans la loi fédérale sur<br />

le travail. Le conseiller national Marc F.<br />

Suter nous a apporté son soutien et déposé<br />

une initiative parlementaire. A ce moment-là,<br />

l’<strong>ASMAC</strong> Suisse s’est engagée et<br />

un mouvement national a vu le jour.<br />

De 2001 à 2013, tu as aussi été<br />

responsable de la politique nationale<br />

de l’<strong>ASMAC</strong>. Quel a été<br />

ton plus grand succès?<br />

Il y a eu beaucoup de petites avancées.<br />

Mais le plus grand succès a sans aucun<br />

14 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POLITIQUE<br />

doute été la modification de la loi sur le<br />

travail adoptée par le Parlement en 2002<br />

et son entrée en vigueur trois ans plus tard.<br />

Cela a exigé un effort particulier. Actuellement,<br />

je fais de l’ordre dans mes papiers<br />

et revois tous les documents que nous<br />

avons produits dans notre combat pour de<br />

meilleures conditions de travail: d’innombrables<br />

argumentaires, lettres à d’autres<br />

organisations, lobbying auprès des partis,<br />

etc. Sur le plan du contenu, nous avons<br />

obtenu davantage dans le canton de<br />

Berne. En effet, nous avons pu négocier<br />

des conditions de travail plus progressistes<br />

qu’au niveau national.<br />

Et quel a été ton plus grand<br />

échec?<br />

Ici aussi, il y a eu beaucoup de petits<br />

échecs. Mais les appels téléphoniques des<br />

membres qui me décrivent des conditions<br />

de travail absolument inacceptables<br />

restent une chose très déprimante. Et cela<br />

plus de dix ans après que la loi de travail<br />

est censée avoir été mise en œuvre partout.<br />

Parfois, cela concerne des hôpitaux ou<br />

cliniques avec lesquels nous avons déjà<br />

négocié et qui nous ont assurés que tout<br />

était en ordre. J’ai alors le sentiment d’être<br />

comme Sisyphe.<br />

Comment évalues-tu la situation<br />

actuelle des membres?<br />

Contrairement à ce qui était le cas auparavant,<br />

beaucoup de points se sont fortement<br />

améliorés. La durée de travail a<br />

clairement baissé, mais l’intensité du<br />

travail a augmenté. Le turn over dans les<br />

hôpitaux est nettement plus élevé qu’autrefois.<br />

Quel bilan tires-tu<br />

rétrospectivement?<br />

Ma vie active a été passionnante. Même<br />

lorsque j’ai abandonné mes autres mandats<br />

et que je me suis focalisée sur l’AS-<br />

MAC, le travail est resté très varié. En plus<br />

du conseil juridique, il y avait toutes les<br />

négociations et entretiens avec les autorités,<br />

les politiciens, les hôpitaux, les autres<br />

organisations et associations. En particulier<br />

le travail politique était intéressant:<br />

les actions, la rédaction d’interventions<br />

politiques, le lobbying. De plus, nous<br />

avons, et je tiens à le souligner, des<br />

membres très reconnaissants. Je ne peux<br />

pas m’imaginer que d’autres juristes reçoivent<br />

des réactions aussi positives. Je<br />

suis comblée.<br />

Berne a régulièrement été à<br />

l’origine d’actions. La section<br />

est très engagée. D’où cela<br />

vient-il?<br />

La bonne collaboration est sans aucun<br />

doute un élément décisif. Beaucoup<br />

d’idées ont vu le jour dans un cadre privé,<br />

un verre de vin à la main. Patrick Bachmann<br />

de l’«atelier typisch» les a admirablement<br />

réalisées. La section est aussi très<br />

active parce que nous sommes présents<br />

dans beaucoup d’hôpitaux, que nous informons<br />

régulièrement les membres et<br />

que nous essayons de rester en contact<br />

avec eux. De plus, nos représentants hospitaliers<br />

siègent au comité.<br />

Dans quels domaines vois-tu<br />

les principaux défis pour les<br />

médecins à l’avenir?<br />

Dans un avenir proche, ce sera probablement<br />

la pénurie de médecins qui va se<br />

ressentir le plus fortement. Elle menace de<br />

réduire à néant une partie de nos acquis.<br />

La meilleure des lois ne sert à rien si les<br />

postes ne peuvent plus être pourvus. Le<br />

travail est alors simplement réparti sur<br />

moins de personnes. Il est donc urgent de<br />

procéder à des réformes structurelles et à<br />

une optimisation des processus. Tous les<br />

hôpitaux veulent maintenir leur exploitation<br />

actuelle et ne souhaitent pas presser<br />

le citron encore davantage. En raison de<br />

la pénurie de médecins, les médecins<br />

peuvent donner plus de poids à leurs revendications.<br />

Mais ils sont hélas trop vite<br />

prêts à des concessions dans les négociations.<br />

Globalement, la liberté actuelle sera<br />

restreinte partout, notamment en raison<br />

des mesures d’économie. Il faudra se<br />

battre pour l’obligation de contracter et la<br />

liberté de traitement.<br />

Et comment se présente ton<br />

avenir?<br />

Dans les prochains mois, je vais mener à<br />

terme les négociations pour la CCT 2018.<br />

J’ai donc prévu un retrait progressif de la<br />

vie active. Contrairement à ce que certains<br />

pensent, je ne vais pas tout de suite partir<br />

en voyage, mais rester chez moi, profiter<br />

du jardin, rénover la maison et tout simplement<br />

savourer mon temps libre. ■<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

15


FORMATION POSTGRADUÉE / CONDITIONS DE TRAVAIL<br />

Les garde-fous de la formation<br />

postgraduée<br />

Ils risquent de se noyer dans le quotidien, les concepts et contrats de formation postgraduée.<br />

Pourtant, ils sont importants pour les médecins-assistant(e)s. Les concepts définissent ce que les<br />

différents établissements de formation postgraduée peuvent proposer et doivent enseigner.<br />

Les contrats conviennent de ce que le médecin en formation peut apprendre et doit accomplir.<br />

Les concepts peuvent être consultés dans le registre de l’ISFM.<br />

Simon Stettler, directeur de l’<strong>ASMAC</strong>; Christoph Hänggeli, directeur de l’ISFM<br />

«Le savoir se perd avec celui qui<br />

néglige de le transmettre»<br />

(Romain Guilleaumes)<br />

Il faut bien avouer que ni les concepts, ni<br />

les contrats ne peuvent garantir une<br />

bonne formation postgraduée. Ce sont les<br />

médecins expérimentés qui transmettent<br />

leur savoir à l’hôpital, au cabinet ou lors<br />

de manifestations et qui instruisent et<br />

accompagnent leurs plus jeunes collègues.<br />

Au final, la manière dont la formation<br />

postgraduée est dispensée dépend de<br />

ces personnes. Malgré tout, les concepts et<br />

contrats de formation postgraduée ont<br />

leur rôle à jouer. A l’heure actuelle, ce sont<br />

notamment les médecins-assistant(e)s qui<br />

n’en tiennent pas assez compte.<br />

Bases légales<br />

La Réglementation pour la formation<br />

postgraduée de l’Institut suisse pour la<br />

formation médicale postgraduée et continue<br />

(ISFM) prescrit:<br />

Art. 41 al. 1<br />

Chaque établissement de formation élabore<br />

un concept de formation<br />

postgraduée qui documente de façon<br />

structurée (temps et contenus) la transmission<br />

des connaissances et des compétences<br />

selon le programme de formation<br />

concerné. Le concept<br />

a) fixe le nombre de postes de formation<br />

spécifique et non spécifique en tenant<br />

compte du nombre de patients à disposition;<br />

b) établit et justifie le rapport entre le<br />

nombre de médecins en formation et le<br />

nombre des formateurs (tuteurs),<br />

compte tenu des exigences particulières;<br />

c) explique comment, par qui, quand et<br />

où les contenus théoriques et pratiques<br />

du programme de formation postgraduée<br />

sont enseignés;<br />

d) décrit de façon séparée les contenus de<br />

la formation dispensée aux candidats<br />

étrangers à la discipline (notamment<br />

aux médecins de famille);<br />

e) montre la coopération avec d’autres<br />

établissements de formation dans le<br />

domaine de la formation postgraduée<br />

(groupement d’institutions de formation<br />

postgraduée ou réseau de formation<br />

postgraduée).<br />

Art. 41 al. 3<br />

Les établissements de formation postgraduée<br />

reconnus passent, avec l’occupant du<br />

poste de formation, un contrat de travail<br />

écrit décrivant de manière concrète les<br />

matières enseignées (accord sur les objectifs<br />

d’apprentissage). Le contrat doit en<br />

particulier préciser si l’activité du candidat<br />

sert à la formation spécifique ou si elle<br />

sera validée dans le cadre de l’année dans<br />

une autre discipline. Le salaire est fixé en<br />

tenant compte des prestations devant être<br />

fournies par le médecin en formation.<br />

Autant les concepts de formation postgraduée<br />

que les contrats de formation postgraduée<br />

sont donc obligatoires pour tous<br />

les établissements de formation postgraduée.<br />

Situation actuelle<br />

Pour être reconnu par l’ISFM, un établissement<br />

de formation postgraduée doit<br />

présenter un concept de formation<br />

postgraduée. L’ISFM et les sociétés de<br />

discipline médicale proposent aux établissements<br />

de formation postgraduée des<br />

modèles de concept à cet effet 1 . La plupart<br />

des établissements de formation postgraduée<br />

disposent aujourd’hui d’un concept<br />

de formation postgraduée. Ceux-ci présentent<br />

cependant d’importantes différences<br />

en termes de contenu et de qualité.<br />

Dans la mesure où ils existent, les concepts<br />

peuvent être consultés dans le registre de<br />

l’ISFM des établissements de formation<br />

postgraduée reconnus 2 . D’après un sondage<br />

du pool de feed-back de l’<strong>ASMAC</strong><br />

(voir information dans l’encadré), la plupart<br />

des jeunes médecins savent que<br />

chaque établissement de formation<br />

postgraduée doit disposer d’un concept de<br />

formation postgraduée, mais ils ne l’ont<br />

que rarement consulté. Cela est en partie<br />

dû au fait que la disponibilité dans le registre<br />

de l’ISFM n’est pas encore largement<br />

connue.<br />

Par rapport à cela, les contrats de formation<br />

postgraduée sont apparemment<br />

moins répandus. Ici aussi, l’ISFM<br />

propose un modèle 1 sur son site web. Le<br />

sondage de l’<strong>ASMAC</strong> déjà mentionné plus<br />

haut a montré que plus de la moitié des<br />

médecins participants n’avaient jamais ou<br />

rarement conclu un tel contrat de formation<br />

postgraduée (ou un contrat de travail<br />

réglant expressément la formation postgraduée).<br />

But<br />

Il est regrettable que ces deux instruments<br />

ne soient jusqu’ici pas encore utilisés à<br />

large échelle. En effet, ils offrent d’importants<br />

avantages à toutes les parties<br />

concernées.<br />

Lors de l’élaboration d’un concept de formation<br />

postgraduée, le responsable de<br />

l’établissement de formation postgraduée<br />

et les autres médecins impliqués dans la<br />

formation postgraduée doivent bien réfléchir<br />

quelle formation postgraduée ils<br />

16 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


FORMATION POSTGRADUÉE / CONDITIONS DE TRAVAIL<br />

peuvent et veulent proposer. Cela semble<br />

évident et nécessaire pour ensuite former<br />

les médecins de manière structurée et ciblée.<br />

Le concept de formation postgraduée<br />

décrit les plans qui doivent de toute façon<br />

être établis dans un établissement de formation<br />

postgraduée et les rend visible à<br />

l’interne et à l’externe. Pour les responsables<br />

d’établissement de formation<br />

postgraduée, un tel concept est donc aussi<br />

une plate-forme pour faire de la publicité<br />

pour son propre compte. Celui qui offre une<br />

bonne formation postgraduée peut et doit<br />

le montrer. Bien sûr, le degré de détail du<br />

concept doit rester à un niveau raisonnable.<br />

La formation médicale postgraduée ne peut<br />

pas être planifiée à l’avance et définie trop<br />

étroitement. Cela ne serait ni réaliste, ni<br />

dans l’intérêt des médecins-assistant(e)s.<br />

Malgré tout, le concept doit documenter de<br />

façon structurée (temps et contenus) la<br />

transmission des connaissances et des<br />

compétences du programme de formation<br />

postgraduée concerné. Les médecins-assistant(e)s<br />

peuvent ainsi s’orienter selon ces<br />

concepts avant et pendant leur formation<br />

postgraduée pour voir ce qui les attend et<br />

ce qu’ils peuvent, le cas échéant, exiger. Le<br />

concept de formation postgraduée ne<br />

constitue pas seulement une base importante<br />

pour la reconnaissance de l’établissement<br />

de formation postgraduée par l’ISFM,<br />

mais est également une source d’informations<br />

importante permettant à l’équipe de<br />

visite de se préparer (voir informations<br />

dans l’encadré).<br />

Dans le contrat de formation postgraduée<br />

(qui peut aussi être intégré dans le contrat<br />

de travail normal), il s’agit de mettre en<br />

œuvre le concept de formation postgraduée<br />

et de décrire et de convenir plus concrètement<br />

des matières enseignées et des objectifs<br />

d’apprentissage avec le médecin-assistant(e).<br />

Le responsable de l’établissement<br />

de formation postgraduée et le médecin-assistant(e)<br />

conviennent de la formation<br />

postgraduée prévue et prennent donc<br />

un engagement contraignant. Les deux<br />

parties savent ce que l’autre partie peut<br />

attendre et doit offrir. On établit ainsi une<br />

base commune qui permet d’éviter des<br />

divergences ultérieures concernant le<br />

contenu et l’aménagement de la formation<br />

postgraduée.<br />

Conclusion<br />

––<br />

Mettre à jour les concepts de<br />

formation postgraduée et utiliser<br />

le registre de l’ISFM: les<br />

concepts de formation postgraduée<br />

doivent être, si nécessaire, complétés et<br />

mis à jour régulièrement. Avec des<br />

concepts de formation postgraduée pertinents,<br />

le registre de l’ISFM offre à tous<br />

les médecins en formation un bon outil<br />

pour choisir un poste de formation<br />

postgraduée adéquat.<br />

––<br />

Conclure les contrats de formation<br />

postgraduée: les responsables<br />

d’établissements de formation postgraduée<br />

et les médecins-assistant(e)s<br />

doivent veiller à ce que la formation<br />

postgraduée prévue dans le concept de<br />

formation postgraduée et convenue soit<br />

décrite de manière appropriée dans le<br />

contrat de formation postgraduée. ■<br />

1 www.isfm.ch voir formation postgraduée/<br />

pour les responsables des établissements de<br />

formation postgraduée<br />

2 www.siwf-register.ch<br />

Feedback-Pool<br />

Une contribution modeste, mais<br />

utile pour une formation postgraduée<br />

et continue de bonne<br />

qualité<br />

Pour une activité ayant trait à la formation médicale postgraduée<br />

et continue, il est très utile de pouvoir sonder régulièrement<br />

l’avis des membres sur un sujet précis. C’est pour ça que<br />

le Feedback-Pool a été mis en place. Faites partie et permettez<br />

à l’<strong>ASMAC</strong> d’élargir quelque peu son horizon dans le ressort<br />

Formation postgraduée et d’appuyer plus largement ses réflexions.<br />

Plus d’informations sur www.asmac.ch et inscription par<br />

e-mail à l’adresse bertschi@asmac.ch<br />

Ton expérience compte!<br />

Les visites sont un instrument pour vérifier et garantir la qualité<br />

de la formation postgraduée dans les établissements de<br />

formation postgraduée. Une équipe de visiteurs composée de<br />

représentants de l’ISFM, de la société de discipline médicale<br />

correspondante et de l’<strong>ASMAC</strong>, visitent une clinique; le concept<br />

et les conditions de formation postgraduée peuvent ainsi être<br />

vérifiés sur place. L’objectif est de détecter et de mettre à profit<br />

les éventuels potentiels d’amélioration, le tout dans le sens<br />

d’un feed-back constructif et positif.<br />

Les médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique qui souhaitent<br />

accompagner des visites pour l’<strong>ASMAC</strong> sont priés de<br />

s’annoncer chez Béatrice Bertschi, notre gestionnaire pour la<br />

formation postgraduée et les visites à l’<strong>ASMAC</strong> (bertschi@<br />

asmac.ch).<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

17


FORMATION POSTGRADUÉE / CONDITIONS DE TRAVAIL<br />

ISFM-Award pour un<br />

engagement exceptionnel dans<br />

la formation postgraduée<br />

<strong>No</strong>us avons le plaisir de publier pour la troisième fois la mise au concours de l’ISFM-Award. Les<br />

nombreux retours que nous avons reçus illustrent bien la valeur de ce prix qui, bien qu’il n’existe<br />

pas depuis très longtemps, est devenu un événement fixe dans l’agenda de l’ISFM.<br />

Dr Werner Bauer, président de l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue, ISFM<br />

Dr Raphael Stolz, vice-président de l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue, ISFM<br />

M. Sc. Nadja Jenni, collaboratrice scientifique FMH/ISFM<br />

La responsabilité que portent les médecins-cadres<br />

en matière de formation<br />

postgraduée constitue un des principes<br />

fondamentaux du transfert de connaissances<br />

et de compétences aux jeunes médecins.<br />

Or cette tâche ne peut guère être<br />

définie par le seul cahier des charges,<br />

l’engagement personnel et l’enthousiasme<br />

jouent un rôle bien plus important. Dans<br />

le domaine médical, les charges qui<br />

pèsent sur les médecins sont nombreuses<br />

et les ressources en matière de temps et de<br />

moyens à disposition se réduisent sans<br />

cesse. Il est donc important que les formateurs<br />

particulièrement actifs et motivés<br />

soient reconnus. C’est pourquoi l’ISFM<br />

entend donner la possibilité aux jeunes<br />

médecins de témoigner leur reconnaissance<br />

aux formateurs qui se distinguent<br />

<strong>No</strong>mmez sans attendre des<br />

responsables de la formation!<br />

L’ISFM-Award permet de récompenser des responsables<br />

de la formation postgraduée particulièrement engagés et<br />

compétents. Un ancien formateur vous a-t-il laissé une<br />

impression durable? Alors nommez-le pour l’ISFM-Award<br />

pour un engagement exceptionnel dans la formation<br />

postgraduée!<br />

<strong>No</strong>us vous prions de renvoyer le formulaire de nomination<br />

sous forme électronique à l’adresse siwf@fmh.ch<br />

avec la mention «ISFM-Award – pour un engagement<br />

exceptionnel dans la formation postgraduée».<br />

Délai d’envoi: 7 août <strong>2016</strong>.<br />

Vous trouverez d’autres informations sur www.siwf.ch. Si<br />

vous avez des questions, adressez-vous à siwf@fmh.ch<br />

ou tél. 031 359 11 11.<br />

par leur engagement extraordinaire, mais<br />

il n’entend pas pour autant établir un<br />

classement.<br />

L’un de vos anciens formateurs a-t-il fait<br />

preuve d’un engagement exemplaire au<br />

cours de votre formation postgraduée? Ses<br />

compétences didactiques particulières<br />

vous ont-elles permis de réaliser des progrès<br />

réjouissants? Alors n’hésitez pas à le<br />

nommer pour l’ISFM-Award et à récompenser<br />

ainsi son engagement exceptionnel<br />

en faveur de la formation postgraduée des<br />

médecins.<br />

<strong>No</strong>mination par les anciens<br />

médecins-assistant(e)s<br />

Pour être nommés à l’ISFM-Award, les<br />

médecins doivent participer activement à<br />

la formation médicale postgraduée. Il<br />

s’agit notamment de médecins-cadres qui<br />

s’engagent personnellement dans la formation<br />

et que les futurs spécialistes considèrent<br />

comme particulièrement compétents<br />

dans la transmission des connaissances<br />

et aptitudes. Pour nommer un<br />

confrère, il faut être médecin en formation<br />

postgraduée ou avoir obtenu un titre de<br />

spécialiste il y a moins d’un an. Pour<br />

qu’une nomination soit valable, elle doit<br />

être déposée conjointement par deux personnes<br />

et exprimer une reconnaissance<br />

personnelle pour la qualité de la formation<br />

dispensée par le formateur et pour son<br />

engagement. Afin qu’il ne résulte ni avantage<br />

ni conflit en raison du processus de<br />

nomination, vous ne pouvez nommer que<br />

les responsables de la formation postgraduée<br />

chez lesquels vous ne travaillez plus.<br />

Les noms des personnes qui ont déposé<br />

une nomination ne seront ni publiés, ni<br />

communiqués aux nominés. Aucun classement<br />

ne sera établi.<br />

Déposez votre nomination<br />

sans attendre!<br />

Pour nommer quelqu’un, vous pouvez<br />

télécharger le formulaire prévu à cet effet<br />

en suivant ce lien:<br />

http://www.fmh.ch/bildung-siwf/<br />

weiterbildung/allgemein/siwf-award.html<br />

et le renvoyer ensuite dûment rempli sous<br />

forme électronique à l’adresse suivante:<br />

siwf@fmh.ch<br />

Vous pouvez envoyer le formulaire de nomination<br />

sous forme électronique<br />

jusqu’au 7 août <strong>2016</strong>. La direction de l’IS-<br />

FM contrôlera si la nomination est correcte<br />

du point de vue formel et validera<br />

ensuite chaque nomination.<br />

Tous les médecins correctement nommés<br />

recevront un acte de reconnaissance et un<br />

cadeau en récompense de leur engagement<br />

dans la formation postgraduée. Ils<br />

seront cités nommément (après accord)<br />

sur le site web de l’ISFM (www.siwf.ch) et<br />

lors du Symposium MedEd du 28 septembre<br />

<strong>2016</strong>.<br />

■<br />

Correspondance:<br />

Institut suisse pour la<br />

formation médicale<br />

postgraduée et continue<br />

FMH<br />

Elfenstrasse 18,<br />

case postale 300<br />

CH-3000 Berne 15<br />

Tél. 031 359 11 11<br />

siwf@fmh.ch<br />

18 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


<strong>ASMAC</strong><br />

SECTION BERNE<br />

Une soirée<br />

sous le signe<br />

des adieux<br />

L’assemblée générale du 28 avril à Berne<br />

n’avait rien d’ordinaire. En effet, il s’agissait<br />

de prendre congé de Rosmarie Glauser,<br />

notre directrice qui a dirigé la section<br />

Berne pendant près de 30 ans. Rien d’étonnant<br />

donc que l’ambiance était un peu<br />

mélancolique. Mais avant cela, Rosmarie<br />

Glauser a mené l’assemblée et traité les<br />

affaires statutaires qui n’ont pas suscité de<br />

grands débats. La réélection de <strong>No</strong>ra Bienz<br />

à la présidence et des autres membres du<br />

comité était aussi incontestée. L’assemblée<br />

a pris congé de Tanja Hänni et Cyrill Bühlmann<br />

qui ont démissionné du comité.<br />

Helene Mellerowicz a été nouvellement<br />

élue au comité.<br />

Parmi les projets d’envergure de l’année<br />

dernière figurent les négociations salariales<br />

dont nous avons déjà parlé dans le<br />

<strong>Journal</strong> <strong>ASMAC</strong> (2/16). Cela vaut aussi<br />

pour le projet des postes à temps partiel<br />

pour lequel nous avons réalisé un sondage.<br />

Sur la base des résultats, le groupe de travail<br />

responsable va s’attaquer à l’étape<br />

suivante: différents modèles de travail à<br />

temps partiel seront évalués en 2017 dans<br />

une clinique régionale et dans un grand<br />

hôpital. Les négociations concernant la<br />

Officiellement attesté: le nouveau membre d’honneur<br />

convention collective de travail 2018<br />

constituent un autre gros morceau. A<br />

terme, cette nouvelle CCT est censée s’appliquer<br />

à tous les hôpitaux publics du canton.<br />

Les négociations sont en cours depuis<br />

2015, l’introduction de la CCT est prévue<br />

au 1 er janvier 2018. Dans les cliniques psychiatriques<br />

cantonales, la CCT des hôpitaux<br />

s’appliquera dès le 1 er janvier 2017.<br />

Durant la première année, les conditions<br />

éventuellement meilleures du droit du personnel<br />

cantonal continueront de s’appliquer.<br />

Par ailleurs, différents points ont été<br />

réglés dans les dispositions transitoires.<br />

Vous trouverez des informations détaillées<br />

dans le <strong>Journal</strong> <strong>ASMAC</strong> numéro 2 de cette<br />

année. Rosmarie Glauser, qui a officiellement<br />

démissionné à l’occasion de cette<br />

assemblée générale, mènera à terme les<br />

négociations concernant la CCT 2018.<br />

Passage de témoin et première<br />

Janine Junker a souligné qu’elle avait<br />

grand respect face à sa nouvelle tâche. La<br />

juriste succède avec son collègue Gerhard<br />

Hauser à Rosmarie Glauser. Gerhard Hauser<br />

est notamment avocat spécialisé dans<br />

le droit du travail, Janine Junker s’occupe<br />

aussi principalement des intérêts des employés.<br />

Comme les deux travaillent depuis<br />

une année avec Rosmarie Glauser, ils sont<br />

sans aucun doute très bien préparés à leur<br />

nouvelle tâche.<br />

Dans son hommage, <strong>No</strong>ra Bienz n’a pas<br />

manqué de rappeler que beaucoup des<br />

personnes présentes n’étaient pas encore<br />

venues au monde ou portaient des couches<br />

alors que Rosmarie travaillait déjà pour la<br />

section Berne. Elle-même ayant au moins<br />

eu le privilège de travailler pendant une<br />

année aux côtés de Rosmarie. Rosmarie<br />

était l’épicentre, le cerveau, le moteur de<br />

la section. «C’est le hasard qui l’a conduite<br />

à l’<strong>ASMAC</strong>, mais après, elle n’a plus rien<br />

laissé au hasard», a souligné la présidente.<br />

Elle a aussi rappelé son engagement<br />

infatigable sur tous les fronts. Rosmarie<br />

ayant participé à des milliers de<br />

séances, mené autant d’entretiens de<br />

conseil juridique, manifesté dans la rue<br />

pour distribuer des tracts sans jamais se<br />

laisser décourager. «Pour nous, elle était<br />

un coup de chance, car pour elle, son activité<br />

dépassait le simple travail, c’était une<br />

vocation», a conclu <strong>No</strong>ra Bienz avec beaucoup<br />

d’émotion. En guise de reconnaissance<br />

et de remerciement, Rosmarie Glauser<br />

a été élue membre d’honneur de l’AS-<br />

MAC Berne.<br />

La nouvelle équipe: Janine Junker,<br />

<strong>No</strong>ra Bienz, Gerhard Hauser<br />

Pour la section Berne, les mérites de Rosmarie<br />

Glauser sont incontestables. Elle a<br />

cependant atteint une notoriété nationale<br />

pour son engagement en faveur de meilleures<br />

conditions de travail (voir interview<br />

p. 14/15). Lors de sa prise de fonction, les<br />

médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique<br />

avaient des semaines de 70 ou<br />

80 heures. Après avoir obtenu de nettes<br />

améliorations dans le canton de Berne, le<br />

combat s’est poursuivi pour obtenir un<br />

assujettissement à la loi sur le travail dans<br />

toute la Suisse. Après des années de combat,<br />

la loi sur le travail s’est appliquée dès<br />

2005 aux médecins-assistant(e)s et à la<br />

quasi-totalité des chef(fe)s de clinique. La<br />

section Berne a produit un film pour documenter<br />

cette étape décisive dans l’histoire<br />

du corps médical suisse. Ce documentaire<br />

montre non seulement des<br />

images historiques, mais donne aussi la<br />

parole aux acteurs de l’époque. ■<br />

Catherine Aeschbacher,<br />

rédactrice en chef du <strong>Journal</strong> <strong>ASMAC</strong>.<br />

Photos: Patrick Bachmann.<br />

20 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


<strong>ASMAC</strong><br />

SECTION GENÈVE<br />

Victoire de<br />

l’AMIG!<br />

Après 18 mois de négociations avec la direction<br />

des HUG, la section genevoise de<br />

l’<strong>ASMAC</strong> a obtenu une amélioration des<br />

conditions de travail. Depuis le 1er janvier,<br />

les internes et chefs de cliniques bénéficient<br />

d’une meilleure compensation pour le<br />

travail effectué la nuit, le week-end et les<br />

jours fériés. L’AMIG tient à remercier les<br />

chefs de clinique des services des urgences,<br />

des soins intensifs et de l’anesthésie<br />

qui, grâce à leur engagement, ont permis<br />

d’accélérer le processus.<br />

L’AMIG devrait entamer un autre gros<br />

chantier dans les semaines à venir. En<br />

effet, la direction des HUG a accepté le<br />

principe d’une convention collective de<br />

travail (CCT). Après accord du Conseil<br />

d’Etat, le travail pourra commencer. Et<br />

l’AMIG espère que l’élaboration de cette<br />

CCT permettra une réflexion profonde sur<br />

les conditions de travail mais également<br />

de formation au sein des HUG. ■<br />

Christophe Fehlmann,<br />

président de l’Association des<br />

Médecins d’Institutions de Genève<br />

(AMIG)<br />

SECTION GRISONS<br />

Priorité à la<br />

périphérie<br />

Livia Küchler, Mirjam Hiestand et Sebastian<br />

Kreis sont les nouveaux membres du<br />

comité. Ils sont motivés et nous soutiennent<br />

dans nos objectifs. Cette année,<br />

nous voulons renforcer nos contacts avec<br />

les hôpitaux décentralisés du canton.<br />

D’une part, il s’agit de mieux faire<br />

connaître l’association, d’autre part, de<br />

nouer des contacts directs. En plus de cela,<br />

nous allons tenter d’améliorer notre présence<br />

sur Internet.<br />

Le thème de la CCT est de plus en plus<br />

fréquemment abordé, comme par exemple<br />

lors de la dernière rencontre des représentants<br />

des employés avec l’Hôpital cantonal<br />

des Grisons. <strong>No</strong>us espérons faire bouger<br />

les choses dans ce domaine.<br />

Le groupe de travail «Pour un employeur<br />

attractif» à l’Hôpital cantonal des Grisons<br />

rencontre quelques difficultés. Certes,<br />

nous avons enregistré un premier succès.<br />

En effet, la direction a accepté la plupart<br />

des mesures que nous exigions. Elle s’est<br />

cependant montrée hésitante sur la question<br />

du congé parental surobligatoire. Dès<br />

qu’une décision aura été prise à ce sujet,<br />

nous vous informerons plus en détail.<br />

Pour terminer, je tiens à remercier chaleureusement<br />

les membres du comité<br />

démissionnaires Katharina Mischler, Dorothea<br />

Kübitz et Corina Meyer pour leur<br />

engagement remarqué. ■<br />

Patrizia Kündig,<br />

présidente de l’<strong>ASMAC</strong> Grisons<br />

De gauche à droite: Sebastian Kreis,<br />

Mirjam Hiestand, Denis Beyer, Livia<br />

Küchler, Samuel Nadig (juriste de<br />

la section et directeur), Patrizia<br />

Kündig. Roberta Fahrner est absente<br />

sur la photo.<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

21


<strong>ASMAC</strong><br />

SECTION VALAIS<br />

Changements<br />

et négociations<br />

Si l’année 2015 fut plus calme que la précédente<br />

en ce qui concerne l’activité de<br />

l’ASMAVal, de nombreux changements se<br />

sont opérés au sein de l’Hôpital du Valais.<br />

En effet, c’est avec une direction en partie<br />

renouvelée, en particulier du côté du Valais<br />

Romand, que nous collaborons désormais<br />

depuis ce début d’année <strong>2016</strong>.<br />

Etienne Caloz a pris ses fonctions de directeur<br />

administratif du Centre Hospitalier<br />

du Valais Romand (CHVR) le 1er février<br />

<strong>2016</strong>. Quant à la direction médicale du<br />

CHVR, c’est le professeur Redouane Bouali<br />

qui a été nommé et est entré en fonction<br />

le 1er mars <strong>2016</strong>. <strong>No</strong>us leur souhaitons<br />

plein succès dans leur fonction respective<br />

et nous espérons maintenir un dialogue<br />

fructueux avec la nouvelle direction.<br />

La nouvelle CCT de l’Hôpital du Valais a<br />

été signée il y a tout juste un an et est entrée<br />

en vigueur le 1 er juillet 2015; notre<br />

travail consiste actuellement à veiller à<br />

l’application de ces conditions de travail.<br />

L’un des points auquel nous sommes particulièrement<br />

attentifs est la limitation du<br />

travail supplémentaire. Un monitoring de<br />

la planification du travail et des heures<br />

supplémentaires a été mis en place depuis<br />

l’entrée en vigueur de la nouvelle CCT.<br />

Pour l’heure, ce suivi se révèle plutôt chaotique,<br />

mais suite au premier rapport dont<br />

la direction nous a fait part, nous avons<br />

pu constater que les services qui posent le<br />

plus de problèmes à ce niveau-là ont pu<br />

être identifiés et que des mesures concrètes<br />

ont été prises. <strong>No</strong>us espérons que notre<br />

employeur poursuivra ses efforts dans ce<br />

sens et qu’ensemble nous arriverons à<br />

rendre nos conditions de travail meilleures.<br />

<strong>No</strong>tre assemblée générale a eu lieu le<br />

25 février. A cette occasion, nous avons élu<br />

notre nouvelle présidente, Marie Veuthey.<br />

<strong>No</strong>us remercions notre président sortant,<br />

Jean Bonnemain, pour son magnifique<br />

travail et son implication à toute épreuve<br />

durant ces deux dernières années et<br />

sommes heureux de continuer à le compter<br />

parmi les membres de notre comité.<br />

Cette année, nous avons décidé de mettre<br />

l’accent sur la visibilité de notre association,<br />

qui peine un peu à trouver de la relève.<br />

<strong>No</strong>us te redonnerons des nouvelles de<br />

l’impact qu’aura eu notre ASMAVal-apéro<br />

prévu le 20 mai à l’hôpital de Sion. D’ailleurs,<br />

c’est avec plaisir que nous t’accueillons<br />

au comité si tu souhaites t’engager<br />

pour l’amélioration de ta formation et de<br />

tes conditions de travail, et apporter ta<br />

fraîcheur et tes nouvelles idées dans notre<br />

association.<br />

■<br />

Marie Veuthey, présidente<br />

www.asmaval.ch<br />

COACHING<br />

Profession de<br />

médecin & famille /vie privée<br />

Conseil téléphonique:<br />

044 462 71 23 • info@und-online.ch<br />

Comment puis-je concilier famille, loisirs et profession? Comment puis-je reprendre mon travail après mon congé<br />

maternité? Comment puis-je surmonter les défis quotidiens? L’<strong>ASMAC</strong> propose à ses membres les réponses et<br />

solutions à ces questions, et à bien d’autres encore, dans le cadre d’un coaching gratuit. Le conseil téléphonique<br />

est assuré par le Bureau UND. Vous trouverez plus de détails au sujet de cette offre de conseil de l’<strong>ASMAC</strong> sur<br />

notre site web www2.asmac.ch, dans la rubrique Profession de médecin & famille/vie privée.<br />

22 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


<strong>ASMAC</strong><br />

Me Lorenza Pedrazzini Ghisla,<br />

juriste de la section Tessin <strong>ASMAC</strong>T<br />

Dans le canton du Tessin,<br />

une médecin-assistante a<br />

été condamnée pour homicide<br />

par négligence. Je suis,<br />

moi aussi, médecin-assistante.<br />

Pour autant que je<br />

sache, c’est mon employeur<br />

qui est responsable des<br />

dommages résultant<br />

d’erreurs médicales. De<br />

plus, mes supérieurs sont<br />

également responsables.<br />

Pourquoi ne suis-je pas<br />

protégée en cas d’erreur<br />

médicale de ma part?<br />

Même un médecin-assistant agissant sous<br />

la surveillance d’un médecin responsable<br />

peut se rendre punissable. <strong>No</strong>tamment en<br />

cas d’erreurs de traitement sur des patients<br />

provoquant des lésions corporelles ou –<br />

plus grave encore – leur décès. Dans ces<br />

cas, le comportement du médecin peut<br />

tomber sous le coup de la lésion corporelle<br />

par négligence ou même de l’homicide par<br />

négligence.<br />

D’après l’art. 12 al. 3 CP, aura agi par négligence<br />

quiconque, par une imprévoyance<br />

coupable, commet un crime ou<br />

un délit sans se rendre compte des conséquences<br />

de son acte ou sans en tenir<br />

compte. L’imprévoyance est coupable<br />

quand l’auteur n’a pas usé des précautions<br />

commandées par les circonstances et par<br />

sa situation personnelle. D’après la jurisprudence<br />

du Tribunal fédéral, deux conditions<br />

doivent être remplies pour la négligence:<br />

• D’une part, l’auteur doit avoir violé les<br />

règles de précaution, c’est-à-dire le devoir<br />

de diligence général selon le code<br />

pénal. Celui-ci interdit tout comportement<br />

exposant à un danger un bien<br />

protégé pénalement contre des dommages<br />

involontaires (dans le cas du<br />

médecin, son patient).<br />

• D’autre part, le devoir de précaution doit<br />

avoir été violé. On doit donc pouvoir<br />

reprocher à l’auteur, en tenant compte<br />

de sa situation personnelle, une inattention<br />

ou un manque d’effort.<br />

Un médecin viole son devoir de diligence<br />

lorsque son comportement va à l’encontre<br />

des règles de l’art médical scientifiquement<br />

reconnues ou qu’il ne correspond<br />

pas aux standards scientifiques du moment.<br />

Le médecin a donc l’obligation de n’effectuer<br />

un traitement médical que s’il dispose<br />

de connaissances générales et spécifiques<br />

suffisantes et de maintenir ses connaissances<br />

au meilleur niveau scientifique par<br />

une formation postgraduée et continue<br />

permanente.<br />

Si le médecin procède à un traitement<br />

malgré des compétences insuffisantes, on<br />

peut lui reprocher une imprévoyance coupable.<br />

Dans ce cas, il est responsable si, eu<br />

égard à sa compétence professionnelle<br />

dans la situation donnée, il aurait dû avoir<br />

des doutes et prévoir la mise en danger du<br />

patient.<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

23


<strong>ASMAC</strong><br />

La violation du devoir de diligence par le<br />

médecin-assistant peut résulter d’une<br />

mauvaise mise en œuvre des directives de<br />

son supérieur hiérarchique ou de l’omission<br />

de faire appel à temps à son supérieur<br />

hiérarchique lorsqu’une situation dangereuse<br />

se présente. Dans ce contexte, il faut<br />

cependant pouvoir partir du principe qu’il<br />

était, au vu des circonstances et de sa compétence<br />

professionnelle, en mesure d’évaluer<br />

la portée de la situation dangereuse.<br />

Dans ce sens, la Cour d’appel et de cassation<br />

en matière pénale du canton du Tessin<br />

a reconnu coupable une médecin-assistante<br />

après le décès d’un patient.<br />

D’après le tribunal, elle n’a pas fait appel<br />

au chef de clinique de service, alors même<br />

que d’après ses propres dires, elle ne<br />

connaissait pas suffisamment le médicament<br />

et qu’elle n’avait pas bien compris<br />

pour quelles raisons le traitement en question<br />

avait été ordonné. Aux yeux du tribunal,<br />

la prescription de ce médicament<br />

dans les présentes circonstances et conditions<br />

constitue une violation grave des<br />

règles de l’art médical.<br />

Dans le cadre de leur formation, les médecins-assistants<br />

doivent impérativement<br />

apprendre à faire appel à leurs supérieurs<br />

hiérarchiques en cas de doute concernant<br />

le diagnostic ou le traitement. Ceci afin<br />

de ne pas provoquer des lésions irréparables<br />

et être amenés à assumer la responsabilité<br />

pénale pour leur propre comportement.<br />

En définitive, les supérieurs hiérarchiques<br />

peuvent aussi être poursuivis pour les erreurs<br />

de leurs médecins-assistants.<br />

Lorsque la responsabilité de plusieurs<br />

personnes est en jeu, la jurisprudence<br />

s’appuie sur le principe de confiance selon<br />

lequel en cas de division du travail horizontale,<br />

chaque personne impliquée doit<br />

avoir la certitude que, sauf indices<br />

contraires, son collègue assume les devoirs<br />

qui lui sont assignés. En cas de division<br />

du travail verticale, le principe de<br />

confiance présume que le principe cura in<br />

eligendo, in instruendo et in custodiendo<br />

est respecté. C’est-à-dire que le supérieur<br />

hiérarchique doit désigner une suppléance<br />

qualifiée, lui donner les instructions nécessaires<br />

et la surveiller dûment. ■<br />

Vous cherchez une place<br />

de crèche – l’<strong>ASMAC</strong> vous apporte son soutien<br />

Si vous cherchez une place de crèche pour votre enfant, n’oubliez pas que depuis 2011, votre association vous<br />

apporte son soutien pour cette tâche importante. Une demande au moyen du formulaire en ligne auprès de l’<strong>ASMAC</strong><br />

suffit, et vous recevrez des informations relatives à des places disponibles dans la région de votre choix ainsi que les données<br />

de contact correspondantes des crèches. Vous trouverez d’autres informations importantes et le formulaire dans<br />

la nouvelle rubrique Profession de médecin et famille sur le site web de l’<strong>ASMAC</strong> www.asmac.ch.<br />

24 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

Les mystères de la nature<br />

Une maladie grave, de mauvaises récoltes ou des phénomènes naturels extraordinaires …<br />

Pour les gens du Moyen Age et du début de l’époque moderne, la nature renfermait bien des<br />

mystères. On cherchait alors des explications dans la foi. Puis, grâce aux progrès de la science<br />

et aux inventions telles que le microscope, de nombreuses questions ont trouvé réponse.<br />

Mais nous n’avons pas encore levé le voile sur tous les secrets.<br />

Martin Kluge, collaborateur scientifique, Musée de la Pharmacie de l’Université de Bâle<br />

Depuis toujours, l’homme s’est trouvé<br />

face à des énigmes apparemment insolubles<br />

en observant la nature. Les yeux<br />

levés vers le ciel étoilé, il se demandait: la<br />

Terre est-elle une sphère ou un disque?<br />

En découvrant des fossiles dans les éboulis:<br />

comment des coquillages et des poissons<br />

ont-ils fini dans la pierre? Et finalement:<br />

à quoi sont dues les maladies<br />

soudaines ou mortelles? Jusqu’au 19 e<br />

siècle, les explications se fondaient sur des<br />

bases théologiques, sur l’ordre divin. Les<br />

études scientifiques ressemblaient à une<br />

recherche des révélations divines dans la<br />

nature qui, au final, étaient censées<br />

conduire à des connaissances «suprêmes».<br />

C’est ainsi que s’est manifesté,<br />

vers la fin du Moyen Age, un intérêt croissant<br />

pour la science. Les savants rassemblèrent<br />

les signes qu’ils trouvaient dans la<br />

nature, se penchèrent dessus et tentèrent<br />

de les interpréter. Leurs travaux, arrangés<br />

en une sorte de cosmologie, emplirent les<br />

galeries et cabinets de curiosités de leurs<br />

mécènes. Ces collections sont le fondement<br />

de la science moderne. Ce sont les<br />

potions magiques, curiosités et anomalies<br />

rassemblées dans ces collections qui ont<br />

suscité l’intérêt des premiers scientifiques.<br />

Exemples choisis:<br />

Le petit dans le grand<br />

La doctrine prépondérante au 16 e siècle<br />

était issue de l’image du monde médiévale<br />

selon laquelle la création renfermerait des<br />

secrets que la science devait déchiffrer.<br />

C’était l’époque de la Théorie des signatures.<br />

Selon ce principe, les similitudes de<br />

forme et d’aspect des constellations, des<br />

phénomènes naturels indiquent des structures<br />

similaires dans le corps humain. On<br />

disait qu’ils étaient de même nature. Si<br />

l’on veut simplifier cette doctrine, on peut<br />

dire que «les semblables soignent les semblables»,<br />

p. ex. les feuilles en forme de<br />

cœur seraient bonnes pour le cœur. En<br />

1609, l’alchimiste Oswald Croll a formulé<br />

cette théorie ainsi:<br />

«Les herbes parlent au médecin curieux,<br />

lui révélant par quelque ressemblance<br />

leurs vertus intérieures, cachées<br />

sous le voile du silence de la nature.<br />

C’est le moyen duquel se sert Dieu pour<br />

manifester les divins secrets cachés au<br />

plus profond des entrailles de choses<br />

naturelles (...). Il n’y a rien parmi toute<br />

la famille des plantes qui soit dû au<br />

hasard ou sans raison; tout est utile, a<br />

un sens fondé en tout lieu et en toute<br />

saison. Et tout comme les muets, lesquels<br />

n’ont point de parole, montrent<br />

leur affection par certains mouvements<br />

du corps; de même Dieu a donné<br />

comme un truchement à chaque plante<br />

afin que sa vertu naturelle (mais cachée<br />

dans son silence) puisse être<br />

connue et découverte. Ce truchement<br />

est la signature externe, ressemblance<br />

de forme et figure, indice de la bonté,<br />

de l’essence et de la perfection. Ces<br />

signes magiques parlent avec nous par<br />

leur signature.»<br />

Etoiles et destin<br />

L’effet de nombreux médicaments était<br />

ainsi dérivé des «révélations secrètes de la<br />

nature». La collection du Musée de la<br />

Pharmacie à Bâle en est pleine: momies<br />

égyptiennes contre le vieillissement,<br />

poudre de vers de terre contre les maux de<br />

ventre, coraux et noix contre la démence<br />

ou encore chardon contre la pleurodynie.<br />

26 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

Aussi la grande épidémie de peste au<br />

14 e siècle ou l’apparition de la syphilis au<br />

15 e siècle semblaient s’expliquer par la<br />

conception du monde alors en vigueur. De<br />

même, les étoiles appartenant au macrocosme<br />

et les constellations des planètes<br />

étaient rendues responsables de notre santé,<br />

tout comme les humeurs de notre corps<br />

faisaient partie de notre microcosme ou<br />

de la nature nous entourant. Concernant<br />

les grandes épidémies du Moyen Age, la<br />

coupable désignée était la constellation<br />

formée par Saturne, Mars et Jupiter. Finalement,<br />

c’est la raison pour laquelle aujourd’hui<br />

encore, nous lisons l’horoscope<br />

dans le journal.<br />

Vers 1500, une nouvelle discipline scientifique<br />

issue de la Théorie des signatures et<br />

de sa proche parente l’alchimie apparut<br />

dans les universités. Cette nouvelle discipline,<br />

la Magia naturalis, avait pour but<br />

d’étudier et de confirmer cette image globale<br />

de l’univers de façon systématique<br />

afin de la rendre utile. Si le grand se reflète<br />

dans le petit, comment peut-on activer les<br />

forces des étoiles de façon ciblée à la Terre?<br />

Et que cela signifie-t-il quand ça ne fonctionne<br />

pas? Serait-ce à dire qu’il n’y a pas<br />

de révélation divine? A l’époque de la Réforme<br />

et de l’effondrement de l’ordre social<br />

médiéval, cette nouvelle discipline remit<br />

en question tous les fondements de la société<br />

mais aussi de la science.<br />

De la magie aux cellules<br />

Finalement, c’est une invention majeure<br />

qui mit un terme à la discussion: le microscope.<br />

Cet instrument permit aux chercheurs<br />

de voir enfin ce qu’ils n’avaient<br />

jusqu’alors que supposé. En 1618, sur la<br />

base d’études anatomiques, William Harvey<br />

(1578–1657) avait formulé l’existence<br />

d’une petite et d’une grande circulation<br />

sanguine. Or, sa découverte n’était pour<br />

l’instant qu’une théorie. Ce n’est qu’après<br />

l’invention du microscope, que le médecin<br />

italien Marcello Malpighi put prouver<br />

l’existence des vaisseaux capillaires à la<br />

fin du 17 e siècle et résoudre par la même<br />

occasion un autre grand mystère: comment<br />

le sang passe des artères aux veines.<br />

Robert Hooke (1635–1703) fut le premier<br />

à utiliser le terme de «cellule» en 1667<br />

pour décrire, à l’aide du microscope, la<br />

structure biologique de base. En 1674, Antoni<br />

van Leeuwenhoek (1632–1723) créa<br />

un microscope au pouvoir agrandissant<br />

de 270 fois et livra la première description<br />

précise des globules rouges. Les animalcules<br />

(petits animaux) qu’il avait observés<br />

dans l’eau de son étang et dans la salive<br />

humaine étaient en fait des protozoaires,<br />

dont la découverte a ouvert la<br />

voie vers l’immunologie moderne. En<br />

1683, il découvrit les bactéries dans la<br />

plaque dentaire.<br />

A partir de là, on se focalisa toujours vers<br />

des structures plus petites. De l’univers au<br />

Moyen Age vers l’anatomie humaine à la<br />

Renaissance, puis vers la cellule. Mais il<br />

fallut encore presque 200 ans avant que<br />

Rudolf Virchow ne formule, en 1858, la<br />

pathologie cellulaire, c’est-à-dire la doctrine<br />

selon laquelle les maladies se basent<br />

sur des troubles et dysfonctionnements<br />

cellulaires. Il a ainsi, une fois pour toutes,<br />

balayé l’ancienne théorie des humeurs de<br />

la pensée scientifique.<br />

La nature reste<br />

mystérieuse<br />

Et aujourd’hui? Les mystères de la nature<br />

ne sont de loin pas tous percés et les<br />

«énigmes» font les beaux jours du journalisme<br />

scientifique: en 2003, le «Spiegel»<br />

annonçait que «des scientifiques pensent<br />

avoir déchiffré la matière noire», puis en<br />

2010 la lecture du génome humain: «Résolution<br />

de l’un des plus grands mystères<br />

de l’évolution humaine». En 2014, la télévision<br />

suisse alémanique SRF diffusait<br />

«Les 60 ans du CERN et les énigmes de la<br />

physique».<br />

Des instruments scientifiques de plus en<br />

plus précis et une technologie toujours<br />

plus évoluée nous permettent d’explorer la<br />

matière de plus en plus profondément.<br />

Entre-temps, nous en sommes arrivés au<br />

niveau interatomique. En 2012, il a été<br />

possible de prouver de façon expérimentale<br />

l’existence du Boson de Higgs dans<br />

l’accélérateur de particules du CERN. En<br />

théorie, cette particule élémentaire devrait<br />

conférer leur masse aux particules et nous<br />

aider à expliquer l’origine de l’univers.<br />

Une nouvelle fois, la particule de Dieu<br />

nous met devant la question de savoir<br />

comment l’infiniment petit se cache dans<br />

l’infiniment grand, ou le microcosme<br />

dans le macrocosme.<br />

■<br />

(Lösungen: Fresszettel, Paracelsus, Mondmilch,<br />

Bezoar, Alraune, Heimweh)<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

27


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

Petit ne signifie pas<br />

forcément «facile».<br />

Et il ne faut pas avoir<br />

peur des «monstres».<br />

28 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

«La tête pleine d’idées saugrenues»<br />

Pour elle, un jour n’est pas seulement une unité de temps, mais aussi une broderie à fils tirés.<br />

Grand-maître des mots croisés cryptiques, Trudy Müller-Bosshard conçoit depuis plus de 20 ans<br />

des casse-têtes pour le «Magazin» du «Tages-Anzeiger». Elle s’efforce de garder ses distances<br />

avec sa grande communauté d’adeptes.<br />

Catherine Aeschbacher, rédactrice en chef du <strong>Journal</strong> <strong>ASMAC</strong> s’est entretenue avec Trudy Müller-Bosshard.<br />

Aujourd’hui c’est jeudi, depuis<br />

quand les mots croisés pour<br />

le prochain «Magazin» sont-ils<br />

prêts?<br />

Trudy Müller-Bosshard: Actuellement,<br />

j’ai une petite avance d’environ cinq<br />

jours. Mais c’est plutôt une exception.<br />

<strong>No</strong>rmalement, je vis au jour le jour et ne<br />

dépose mon énigme que rarement avant<br />

le délai prévu.<br />

Combien de temps vous faut-il<br />

pour concevoir une grille de<br />

mots croisés?<br />

Cinq jours; un jour étant réservé à la recherche<br />

de mots, etc.<br />

Biographie express<br />

Trudy Müller-Bosshard (née en 1947) est journaliste et<br />

auteure de mots croisés. Ses mots croisés paraissent depuis<br />

1993 dans le «Magazin» du «Tages-Anzeiger». Durant<br />

son temps libre, elle se consacre à son autre passion:<br />

le tricot. Elle confectionne des bonnets et chauffe-poignets<br />

pour sa propre marque «Blingding!».<br />

Comment procédez-vous<br />

concrètement?<br />

D’abord, j’établis la grille. Cela me prend<br />

quatre à cinq heures. La définition des<br />

termes prend le plus de temps. Une grille<br />

comprend en moyenne 45 termes et je ne<br />

peux pas élaborer plus de 15 définitions<br />

par jour. Au final, tout doit être contrôlé<br />

et, le cas échéant, corrigé.<br />

Pour commencer, vous vous<br />

basez donc sur les mots?<br />

Oui, mais ils doivent bien sûr entrer dans<br />

la grille. C’est-à-dire que je cherche<br />

d’abord des mots comptant 16 lettres.<br />

Après quelques mots, les choses s’enchaînent<br />

d’elles-mêmes.<br />

Comment trouvez-vous les<br />

termes? Avez-vous développé<br />

un instinct de chasse?<br />

Oui, si vous voulez. En général, j’ai une<br />

énigme en tête et je me réjouis quand je<br />

trouve des mots ambigus. Prenez par<br />

exemple «décharge», vous pensez à un<br />

dépôt d’ordures alors qu’il pourrait s’agir<br />

de toute autre chose... Bien évidemment,<br />

je ne tombe pas tous les jours sur de telles<br />

trouvailles. Probablement qu’il faut avoir<br />

la tête pleine d’idées saugrenues pour les<br />

découvrir. Mais peut-être qu’il s’agit tout<br />

simplement d’un don d’être capable de<br />

voir également le deuxième degré.<br />

De quels outils avez-vous<br />

besoin pour crypter les<br />

questions?<br />

Pour des thèmes qui n’appartiennent pas<br />

aux connaissances générales, je dois effectuer<br />

des recherches approfondies. Cela rend<br />

mon travail très intéressant. Avant Internet,<br />

on consultait d’innombrables ouvrages<br />

de référence ou son réseau personnel.<br />

Il me semble qu’autrefois, la recherche<br />

allait quand même plus vite. Aujourd’hui,<br />

la masse des informations nous égare. Le<br />

soir, j’ai parfois l’impression que ma tête<br />

ressemble à un dépotoir.<br />

Quand vous étiez enfant, quels<br />

étaient vos jeux favoris?<br />

La lecture a toujours compté parmi mes<br />

occupations préférées. Le fait de savoir lire<br />

à l’âge de 5 ans m’a été fort utile. A cet âge,<br />

j’ai attrapé la coqueluche et j’ai été<br />

contrainte de passer plusieurs semaines<br />

en quarantaine loin de la maison. De plus,<br />

j’aimais peindre et dessiner et construire<br />

des maisons avec une sorte de Lego.<br />

Est-ce qu’on résolvait des mots<br />

croisés chez vous?<br />

<strong>No</strong>n, pas du tout. Dans la maison parentale,<br />

il n’y avait pas de mots croisés et<br />

pour ainsi dire aucun livre. Je devais donc<br />

me rendre à la bibliothèque communale<br />

et plus tard à la bibliothèque de la paroisse.<br />

Là-bas, on ne pouvait emprunter<br />

des livres que si on lisait une légende de<br />

saint et qu’on arrivait à la répéter ensuite<br />

(elle rit).<br />

Comment êtes-vous devenue<br />

cruciverbiste?<br />

J’ai toujours aimé résoudre des énigmes.<br />

Autrefois, j’étais abonnée au journal «Die<br />

Zeit», la seule publication de langue allemande<br />

qui contenait un mot croisé particulièrement<br />

difficile. Plus tard, je suis<br />

devenue rédactrice en chef du magazine<br />

satirique «Aha!» et je tenais absolument<br />

à y publier un mot croisé. Je me suis mise<br />

à la recherche d’une personne susceptible<br />

de concevoir une grille pour notre journal.<br />

En Suisse, je n’ai trouvé personne. En Allemagne,<br />

j’ai eu droit à des réponses méprisantes<br />

associées à des prétentions en<br />

honoraires exorbitantes. J’ai donc moimême<br />

commencé à bricoler des mots<br />

croisés. Déjà à l’époque, je m’imaginais<br />

pouvoir faire ce travail à plein temps.<br />

Quel avait été votre parcours<br />

professionnel jusque-là?<br />

Après la maturité commerciale, je suis<br />

partie pour deux ans à Londres où je voulais<br />

devenir chanteuse de rock. Mais le dur<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

29


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

travail rémunéré la journée et les répétitions<br />

le soir ont eu raison de ma santé.<br />

Après des problèmes circulatoires, j’ai été<br />

contrainte de me concentrer sur mon activité<br />

rémunérée. De retour en Suisse, j’ai<br />

commencé comme secrétaire de rédaction<br />

auprès du magazine «Pop». Six mois plus<br />

tard, j’étais rédactrice et pouvais me<br />

consacrer à plein temps à ma passion pour<br />

la musique rock. Ensuite, je suis passée au<br />

magazine «Team» et plus tard chez<br />

«Magma», où j’écrivais aussi des articles<br />

sur la musique rock.<br />

Et comment êtes-vous arrivée<br />

au «Magazin»?<br />

Quand «Magma» a fermé ses portes, mon<br />

assistante est passée au «Magazin» du<br />

«Tages-Anzeiger». Elle a alors proposé au<br />

rédacteur en chef de l’époque de publier des<br />

mots croisés. Celui-ci a refusé, car il était<br />

d’avis qu’il s’agissait de quelque chose de<br />

démodé qu’il ne voulait en aucun cas trouver<br />

dans son magazine. Une année plus<br />

tard, il a revu sa décision et j’ai reçu le<br />

mandat d’établir une grille par semaine.<br />

C’était en 1993.<br />

Vous êtes considérée comme<br />

grand-maître des mots croisés<br />

cryptiques. Vous avez fait<br />

l’objet d’une thèse, il existe un<br />

blog et des gens qui ne peuvent<br />

pas sortir de chez eux avant<br />

d’avoir résolu la grille de mots<br />

croisés. Comment gérez-vous<br />

cette notoriété?<br />

Pas du tout, c’est-à-dire que j’essaie d’éviter<br />

tout contact avec mon public. Dès que<br />

je pense à ceux qui résolvent mes grilles<br />

de mots croisés, je suis inhibée et commence<br />

à m’autocensurer. L’ancien<br />

conseiller national Ernst Mühlemann, qui<br />

est décédé entre-temps, était un adepte de<br />

mes mots croisés. Chaque année, nous<br />

nous retrouvions plusieurs fois pour partager<br />

un repas et Ernst Mühlemann se<br />

plaignait qu’il échouait toujours sur les<br />

questions consacrées à la musique rock.<br />

J’ai alors remarqué qu’en établissant les<br />

grilles de mots croisés, je pensais à lui et<br />

renonçais à certaines questions. Pour éviter<br />

ces conflits, je veille à garder mes distances.<br />

Que faites-vous pour compenser<br />

ce travail intellectuel?<br />

Je tricote. Quand j’étais petite, j’adorais<br />

tricoter. Chaque année, je participe à un<br />

marché artisanal avec ma marque<br />

«Blingding!» et je me réjouis quand mes<br />

bonnets, chauffe-poignets et écharpes<br />

trouvent preneur. Cela me permet ensuite<br />

de continuer à tricoter. Le travail manuel<br />

est le meilleur moyen de «nettoyer» le<br />

cerveau des «détritus» qui s’y accumulent<br />

pendant la journée. En tricotant, je regarde<br />

la télé, le football, les sitcoms, les<br />

débats politiques. Je trouve d’ailleurs qu’il<br />

est très agréable de tricoter en regardant<br />

un match de football. Je passe une partie<br />

de l’année en Ecosse. La petite ville côtière<br />

de <strong>No</strong>rth Berwick est devenue ma deuxième<br />

patrie. Bien sûr, mon tricot et mon<br />

bloc-notes sont toujours du voyage. ■<br />

30 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

A la fois très semblables et très différents:<br />

24 chiffres prédéfinis. Le degré de difficulté<br />

varie de «modéré» en passant par «difficile»<br />

à «extrêmement difficile».<br />

Vous arrivez à trouver lequel est lequel?<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

31


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

Quel type de joueur êtes-vous? Parvenez-vous à<br />

résoudre les sudokus du même degré de difficulté<br />

avec la même rapidité, indépendamment du fait<br />

qu’ils contiennent des chiffres, des lettres ou des<br />

symboles?<br />

32 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

Un polar vieux de deux mille ans<br />

Augusta Raurica était autrefois une ville de province prospère avec environ 15 000 habitants et tout<br />

ce qui faisait partie d’une cité romaine. Le théâtre en témoigne encore aujourd’hui. Il est le mieux<br />

conservé du genre au nord des Alpes. Un autre ouvrage moins spectaculaire est par contre bien plus<br />

énigmatique: la fontaine souterraine. L’édifice en soi, mais aussi son contenu sont mystérieux.<br />

Debora Schmid, responsable de la recherche à Augusta Raurica<br />

La fontaine souterraine fut découverte en<br />

1998 à la frontière nord-est de la ville d’Augusta<br />

Raurica. Aujourd’hui, elle compte<br />

parmi les attractions principales du site<br />

d’Augusta Raurica.<br />

L’ouvrage est resté caché dans le sous-sol<br />

durant près de 1800 ans. A sa découverte,<br />

il était presque entièrement conservé. La<br />

fontaine était située directement à côté des<br />

bains, au bord de la route qui franchissait<br />

le Rhin.<br />

Depuis l’époque romaine, un tunnel d’accès<br />

permet d’entrer facilement dans le<br />

local souterrain. La fontaine est ronde et<br />

couverte par une voûte supportée par un<br />

pilier latéral. A 11 mètres en contrebas du<br />

tunnel d’accès, on trouve un puits parfaitement<br />

conservé. La fontaine est haute de<br />

3,6 m et présente environ le même diamètre.<br />

La fontaine fut bâtie vers 80 ap. J.-C. et<br />

transformée dans le courant de la première<br />

moitié du IIe siècle, en même temps<br />

que la construction des bains adjacents.<br />

Vers le milieu du IIIe siècle ap. J.-C., la<br />

fontaine et le puits furent abandonnés<br />

après plus de 150 ans d’exploitation, en<br />

même temps ou peu après la destruction<br />

des bains. En effet, lorsqu’elle fut mise au<br />

jour, la fontaine contenait beaucoup de<br />

déchets provenant des bains.<br />

Architecture unique<br />

Les locaux souterrains étaient très appréciés<br />

à l’époque romaine. Ils étaient généralement<br />

rectangulaires, accessibles par<br />

un simple escalier ou une rampe et non<br />

voûtés, mais recouverts par un simple<br />

plancher en bois. Généralement, ils étaient<br />

utilisés comme cave à provisions, parfois<br />

aussi comme lieu de réunion ou de culte.<br />

La fontaine souterraine d’Augusta Raurica,<br />

ronde et voûtée, présente une architecture<br />

unique en son genre. On ne connaît<br />

pas d’autres bâtisses comparables à cette<br />

fontaine particulièrement bien conçue.<br />

On ne sait pas non plus exactement quelle<br />

fonction elle remplissait.<br />

Lors de l’excavation, l’eau sentait encore<br />

le soufre. Une analyse de l’eau a montré<br />

qu’elle présente une concentration en<br />

soufre légèrement surélevée. D’après le<br />

naturaliste romain Pline l’Ancien (23–<br />

79 ap. J.-C.), les cures thermales dans de<br />

l’eau sulfureuse permettaient de soigner<br />

les maladies nerveuses. Le voisinage immédiat<br />

de la fontaine et des bains laissent<br />

à penser que la fontaine souterraine servait<br />

de lieu pour des cures de boisson aux<br />

baigneurs. Une autre interprétation pourrait<br />

y voir un lieu de culte pour vénérer des<br />

dieux de la médecine tels qu’Apollon ou<br />

Hercule. Ces hypothèses n’ont toutefois pas<br />

pu être vérifiées.<br />

Découvertes mystérieuses<br />

Lors de leur découverte, la fontaine et le<br />

puits étaient presque entièrement recouverts<br />

de terre remplie de trouvailles spectaculaires:<br />

outre les restes des bains voisins,<br />

on y trouva de nombreux déchets<br />

ménagers, ossements humains et animaliers<br />

ainsi que des restes de moules d’argile<br />

utilisés pour couler des pièces de<br />

monnaie.<br />

Vue intérieure de la fontaine aujourd’hui<br />

Représentation tridimensionnelle<br />

de la fontaine<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

33


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

était actif, d’après les empreintes dans les<br />

moules (deniers et antoniniens), à<br />

l’époque de l’empereur Septime Sévère<br />

(193–211 ap. J.-C.) jusqu’à Philippe II<br />

(244–249 ap. J.-C.) au milieu du IIIe siècle<br />

ap. J.-C. On ne sait cependant pas où se<br />

trouvait cet atelier.<br />

Moules d’argile pour couler des pièces de monnaie<br />

Tambours et squelettes humains dans le remblayage de la fontaine<br />

Dans les ruines des bains, on a prouvé la<br />

présence de pièces architecturales telles<br />

un chapiteau, un tambour et la base d’une<br />

colonne. De plus, des tuiles en forme<br />

d’écaille ont également été mises en évidence.<br />

Elles provenaient du bain de sudation<br />

qui était couvert par un toit conique<br />

en tuiles. Les plots d’argile parallélépipédiques<br />

proviennent de revêtements de sol<br />

tels qu’on les trouvait dans les locaux réservés<br />

à la baignade.<br />

Environ 6000 fragments de moules d’argile<br />

pour couler des pièces de monnaie<br />

témoignent d’un atelier clandestin qui<br />

Cadavres<br />

Beaucoup de cadavres d’animaux – 7 chevaux,<br />

60 chiens, 1 cochon domestique,<br />

2 chats domestiques, 2 ours, 1 sanglier,<br />

1 cerf, 1 putois, 1 grand corbeau, 1 aigle<br />

pêcheur et quelques autres oiseaux –<br />

montrent que les animaux morts étaient<br />

volontiers éliminés dans la fontaine. La<br />

quantité des animaux, mais aussi leur<br />

caractère quelque peu exotique (ours,<br />

chats, oiseaux) sont très inhabituels et<br />

soulèvent bien des questions.<br />

On a également trouvé six squelettes<br />

d’adultes de sexe masculin et de huit<br />

nourrissons (prénataux ou néonataux)<br />

dans la fontaine. La jambe d’un homme<br />

présentait par ailleurs des traces d’incisions<br />

et autres lésions non guéries. Alors<br />

que les restes de squelettes de nourrissons<br />

n’ont rien d’inhabituel dans les couches<br />

de déchets romains, on peut se demander<br />

pourquoi les six adultes ont été éliminés<br />

dans le puits plutôt que d’être enterrés<br />

dans le cadre d’une cérémonie ordinaire<br />

dans un cimetière.<br />

Outre ces découvertes spectaculaires et<br />

mystérieuses, on a également trouvé de<br />

grandes quantités de déchets ménagers<br />

dans le puits tels que l’on pouvait les trouver<br />

dans n’importe quel ménage d’Augusta<br />

Raurica. Ils contenaient beaucoup de<br />

débris de vaisselle, quelques autres objets<br />

métalliques, osseux et en verre.<br />

Le remblayage montre que le puits de la<br />

fontaine a servi de déchetterie après<br />

l’abandon de la fontaine. Le puits ouvert<br />

était en quelque sorte prédestiné à l’élimination<br />

de déchets ménagers et de cadavres<br />

d’animaux. Les squelettes de six adultes<br />

font par contre plutôt penser à un crime,<br />

à un combat ou à des attaques qu’à une<br />

élimination de déchets. La fontaine se situait<br />

un peu à l’écart. On pouvait donc y<br />

éliminer des morts sans être vu. Mais<br />

comment faut-il interpréter les restes de<br />

l’atelier de monnaie? Le mystère de ce qui<br />

s’est vraiment déroulé à l’époque reste<br />

intact.<br />

■<br />

34 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

Testez vous-même: l’arrangement symétrique<br />

des chiffres prédéfinis se répercute-t-il sur la<br />

vitesse à laquelle vous résolvez les problèmes?<br />

(Bien évidemment à un degré de difficulté<br />

constant.)<br />

asymétrique<br />

symétrique<br />

hautement symétrique<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

35


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

Une substance bien connue,<br />

mais mystérieuse<br />

«Prenez un Dafalgan®» est probablement une des recommandations les plus fréquentes en cas<br />

de douleurs et de fièvre. Le principe actif paracétamol garantit depuis longtemps un soulagement<br />

efficace des maux, tout en étant bien toléré. Mais comment et pourquoi le paracétamol agit-il?<br />

Cette question n’a jamais été entièrement élucidée. Différentes approches sont envisageables.<br />

Bristol-Myers Squibb SA, Svenja Kaden, Dr ès sciences, Medical Department<br />

Le paracétamol (illustration 1) atténue la<br />

douleur et fait baisser la fièvre. Ces propriétés<br />

sont probablement connues de<br />

tous. En Suisse, il est autorisé pour le traitement<br />

de douleurs d’intensité légère à<br />

modérée (voir illustration 2) et pour le<br />

traitement symptomatique de la fièvre 1 . La<br />

très faible action anti-inflammatoire du<br />

paracétamol est aussi un fait bien connu 2 .<br />

Un mode d’action qui ne correspond pas<br />

à celui des AINS, comme p. ex. l’acide<br />

acétylsalicylique et l’ibuprofène. Le grand<br />

avantage du paracétamol de provoquer<br />

moins de lésions gastro-intestinales que<br />

les AINS est un autre indice mettant en<br />

évidence la différence d’action. Malgré<br />

cela, dans les années 60, on a tenté de<br />

démontrer que le paracétamol présentait<br />

le même mécanisme d’action que les<br />

AINS. Entre-temps, la recherche a pu identifier<br />

d’éventuels mécanismes d’action du<br />

paracétamol. Mais le mystère n’a pas été<br />

entièrement élucidé.<br />

Paracétamol<br />

HN–C–CH 3<br />

OH<br />

= O<br />

Illustration 1: Paracétamol (réf. 4)<br />

Diffusion mondiale<br />

Le paracétamol a été identifié à la fin du<br />

19 e siècle comme étant le métabolite actif<br />

de deux antipyrétiques déjà connus, l’acétanilide<br />

et la phénacétine 3 . Le paracétamol<br />

a pour la première fois été commercialisé<br />

en 1955 aux Etats-Unis sous le nom<br />

de Tylenol ® Children’s Elixir. En<br />

Grand-Bretagne, le paracétamol a été disponible<br />

sur ordonnance dès 1956 et sans<br />

ordonnance à partir de 1963 3 . Depuis les<br />

années 70, le paracétamol est un des médicaments<br />

les plus utilisés dans le monde<br />

pour le traitement des douleurs et de la<br />

fièvre et probablement le médicament le<br />

plus souvent prescrit aux enfants 4 . Dafalgan<br />

® , une préparation au paracétamol,<br />

que l’on trouve depuis de nombreuses<br />

années sur le marché suisse, est disponible<br />

sous différentes formes galéniques et peut<br />

donc être utilisé pour les enfants et les<br />

adultes à l’hôpital et à domicile1.<br />

Depuis sa découverte il y a 125 ans, le<br />

mode d’action du paracétamol n’est pas<br />

connu en détail. On dispose cependant<br />

d’indications pour plusieurs mécanismes<br />

centraux qui, en combinaison, sont à la<br />

base du schéma d’action du paracétamol.<br />

Trois théories importantes sont présentées<br />

plus en détail ci-après. Vous ne trouverez<br />

cependant pas de solution définitive au<br />

mystère dans ce <strong>Journal</strong> <strong>ASMAC</strong>.<br />

Théorie n°1: enzymes COX<br />

La prostaglandine H2 synthase est responsable<br />

de la transformation de l’acide arachidonique<br />

en prostaglandine H2, une<br />

molécule clé pour la genèse de la douleur,<br />

de la fièvre et des inflammations. Les deux<br />

isoformes principales de la prostaglandine<br />

synthase sont les PGH-1 et PGH-2, aussi<br />

connues sous le nom de COX-1 et COX-25.<br />

En 1971, Sir John Vane a démontré que les<br />

antidouleurs du groupe des AINS tels que<br />

l’aspirine et l’ibuprofène agissaient par<br />

l’inhibition des enzymes COX-1 et COX-26.<br />

Depuis lors, on a entrepris des tentatives<br />

pour démontrer ce même mécanisme<br />

pour le paracétamol, sans obtenir de résultats<br />

probants. Un travail de 2001 a<br />

présenté une explication plausible 7 . Il a pu<br />

être démontré que le paracétamol pourrait<br />

provoquer une inhibition indirecte à la<br />

place de l’inhibition directe des enzymes<br />

COX. En effet, l’activité des enzymes COX<br />

dépend de leur état d’oxydation, la forme<br />

oxydée représentant la variante active. Le<br />

paracétamol fait partie des phénols qui<br />

présentent des propriétés réductrices et<br />

peut donc, en tant que cosubstrat réducteur,<br />

inactiver les enzymes COX 8 . Cette<br />

théorie est étayée par le fait qu’une faible<br />

concentration de peroxydes oxydatifs entraîne<br />

une augmentation de l’activité du<br />

paracétamol 7,9 . Cela pourrait aussi expliquer<br />

pourquoi le paracétamol a une action<br />

centralisée et n’a guère d’effet périphérique,<br />

vu que les concentrations de<br />

peroxyde sont faibles dans le cerveau,<br />

alors que les sites inflammatoires présentent<br />

des valeurs de peroxyde élevées 10 .<br />

Il se peut donc que le paracétamol agisse<br />

ainsi sur les douleurs et la fièvre sans pour<br />

autant présenter de propriétés anti-inflammatoires<br />

10 .<br />

Théorie n°2: la sérotonine<br />

La voie de signalisation de la sérotonine est<br />

impliquée dans la réduction de la sensation<br />

de la douleur. Les neurones sécrétant<br />

la sérotonine (5-HT) se trouvent dans le<br />

système nerveux entérique, dans le tronc<br />

cérébral, l’hypothalamus et le cortex et<br />

projettent jusque dans la corne postérieure<br />

de la moelle épinière 11,12 . L’effet analgésique<br />

du paracétamol peut être inhibé de<br />

façon significative par l’administration<br />

concomitante d’antagonistes du récepteur<br />

de la sérotonine. Cet effet a également été<br />

démontré dans des études avec n = 26,<br />

respectivement n = 18 cobayes 13,14 . On peut<br />

en déduire que le paracétamol exerce un<br />

36 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

l’AM404 ne se lie pas directement aux<br />

récepteurs cannabinoïdes, mais active<br />

leur antagoniste, le sous-type 1 du récepteur<br />

vanilloïde 19 . Ce mécanisme d’action<br />

convainc aussi, vu que l’effet analgésique<br />

du paracétamol a pu être bloqué par l’administration<br />

supplémentaire d’antagonistes<br />

du récepteur cannabinoïde 1 18,20 .<br />

Illustration 2: Le schéma à trois paliers de l’OMS pour le traitement des douleurs<br />

chroniques (adapté selon réf. 22,23)<br />

Comme déjà mentionné, l’élucidation du<br />

mécanisme d’action du paracétamol se<br />

révèle probablement aussi difficile parce<br />

que de nombreuses voies métaboliques y<br />

sont impliquées et interagissent:la production<br />

de prostaglandine, les voies métaboliques<br />

cannabinoïdes et év. opioïdes ainsi<br />

que celle du monoxyde d’azote 21 . De plus,<br />

suivant la concentration de peroxyde, le<br />

paracétamol agit avec une efficacité variable<br />

dans les différentes cellules. Ces<br />

faits entravent le décryptage de son mécanisme<br />

exact. En même temps, ils sont<br />

responsables de l’effet unique du paracétamol<br />

dans le corps humain. ■<br />

effet activant sur la voie de signalisation de<br />

la sérotonine, raison pour laquelle cette<br />

explication compte désormais très probablement<br />

parmi les mécanismes contribuant<br />

à l’effet du paracétamol.<br />

Théorie n°3: système<br />

endocannabinoïde<br />

Lors de la découverte du premier récepteur<br />

cannabinoïde en 1988 15 , la recherche des<br />

ligands naturels de ce système impliqué<br />

dans le traitement de la douleur a débuté.<br />

Le paracétamol ne peut pas se lier aux<br />

récepteurs cannabinoïdes, toutefois, son<br />

métabolite AM404 présente un effet semblable<br />

aux cannabinoïdes 16 . L’enzyme<br />

hydrolase des amides d’acides gras (FAAH)<br />

est nécessaire à la formation de ce métabolite<br />

dans le cerveau et la moelle épinière<br />

17 . L’inhibition de la FAAH sur des<br />

souris provoque effectivement une suppression<br />

de l’effet analgésique du paracétamol<br />

18 . Pour cet effet analgésique,<br />

Information professionnelle abrégée: (Paracetamol). Z: Filmtabl. (FT)/Brausetabl. (BT) zu Dafalgan ® /Dafalgan<br />

ODIS ® (Paracétamol). C: Compr. filmés (CF)/compr. efferv. (CE) 1 g paracétamol, compr. (cpr,) à 500 mg 100<br />

pce.: Swissmedic cat. B; CF/CE/compr. à sucer (CS)/granulat (G) à 500 mg, sirop pour enfants (SE) à 30 mg/1 ml, G/<br />

poudre (P) à 250 mg, suppos. (S) à 80/150/300/600 mg: Swissmedic cat. D. I: douleurs d’intensité faible à modérée,<br />

fièvre; Dafalgan ® 1 g: douleurs arthrosiques. PO: la dose journalière max. de 4000 mg de paracétamol ne doit pas être<br />

dépassée. Enfants de 9 à 12 ans: dose journalière max. 2000 mg, Enfants 50 kg: 1 CF/CE par dose unique (DU) et jusqu’au max. 4 CF/CE par jour. 500 mg: 22–30 kg: ½–1 CE/250–-500 mg G<br />

par DU et jusqu’au max. 3 CE/1500 mg G par jour; 30–-40 kg: 1 CF/CE/CS/G par DU et jusqu’au max. 4 CF/CE/CS/G<br />

par jour; >40 kg: 1–2 CF/CE/CS/G par DU et jusqu’au max. 8 CF/CE/CS/G par jour. 250 mg: 15–22 kg: 1 P/G par DU et<br />

jusqu’à 4 P/G par jour. SE dès 7 kg, S à 80/150/300/600 mg dès la naissance >4,5 kg: DU selon le poids corporel, jusqu’à<br />

la dose journalière max. indiquée; intervalle 4 à 8 h entre une DU, pour le S 6 à 8 h; en cas de troubles de la fonction<br />

hépatique max. 3 g par jour; un surdosage involontaire peut entraîner de graves lésions hépatiques. CI: hypersensibilité<br />

au paracétamol et excipients (1); troubles fonctionnels hépatiques graves/hépatite aiguë; maladie hépatique décompensée<br />

active; maladie de Gilbert P: insuffisance hépatique et/ou rénale; déficit en G6PD, prise concomitante de médicaments<br />

potentiellement hépatotoxiques ou d’inducteurs des enzymes hépatiques; carence alimentaire, hypovolémie,<br />

abus d’alcool. CE/CS/P/G: phénylcétonurie, intolérance au fructose. Un surdosage peut entraîner de très graves lésions<br />

hépatiques. EI: réactions cutanées occasionnelles. IA: médicament inducteurs d’enzymes, phénytoïne, alcool; substances<br />

ralentissant ou accélérant l’évacuation gastrique; chloramphénicol; salicylamide, zidovudine, probénécide, cholestyramine,<br />

anticoagulants. P: CF de 1 g: 16*, 40*; 100*, CE de 1 g: 20*; CE*/CS/G de 500 mg: 16; cpr de 500 mg: 16*, 100*;<br />

SE: 1 flacon de 90 ml*; P 250 mg: 12 sachets*; G de 250 mg: 16; S de 80/150/300/600 mg: 10*.<br />

Références<br />

1 Dafalgan ® (Paracétamol): <br />

www.swissmedicinfo.ch.<br />

2 Toussaint K, Yang XC, Zielinski MA, Reigle<br />

KL, Sacavage SD, Nagar S, Raffa RB. What<br />

do we (not) know about how paracetamol<br />

(acetaminophen) works? J Clin Pharm Ther.<br />

2010 Dec; 35(6): 617–38.<br />

3 Toms L, McQuay HJ, Derry S, Moore RA.<br />

Single dose oral paracetamol (acetaminophen)<br />

for postoperative pain in adults.<br />

Cochrane Database of Systematic Reviews<br />

2008, Issue 4. Art. <strong>No</strong>.: CD004602. DOI:<br />

10.1002/14651858.CD004602.pub2.<br />

4 Bertolini A, Ferrari A, Ottani A, Guerzoni S,<br />

Tacchi R, Leone S. Paracetamol: new vistas<br />

of an old drug. CNS Drug Rev. 2006; 12(3–<br />

4): 250–75.<br />

5 Chandrasekharan NV, Simmons DL. The<br />

cyclooxygenases. Genome Biol 2004; 5: 241.<br />

6 Vane JR. Inhibition of prostaglandin synthesis<br />

as a mechanism of action for aspirin-like<br />

drugs. Nature New Biology 1971, 231, 232–<br />

235.<br />

7 Ouellet M, Percival MD. Mechanism of acetaminophen<br />

inhibition of cyclooxygenase<br />

isoforms. Archives of Biochemistry and Biophysics<br />

2001, 387, 273–280.<br />

8 Aronoff DM, Oates JA, Boutaud O. New insights<br />

into the mechanism of action of<br />

acetaminophen: Its clinical pharmacologic<br />

characteristics reflect its inhibition of the<br />

two prostaglandin H2 synthases. Clin Pharmacol<br />

Ther. 2006 Jan; 79(1): 9–1.<br />

9 Hanel AM, Lands WE. Modification of anti-inflammatory<br />

drug effectiveness by ambient<br />

lipid peroxides. Biochem Pharmacol<br />

1982; 31: 3307–11.<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

37


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

10 Mattia C, Coluzzi F. What anesthesiologists<br />

should know about paracetamol (acetaminophen).<br />

Minerva Anestesiol 2009; 75: 644–53.<br />

11 Roca-Vinardell A, Ortega-Alvaro A, Gibert-Rahola<br />

J, Mico JA. The role of 5-HT1A ⁄ B<br />

autoreceptors in the antinociceptive effect of<br />

systemic administration of acetaminophen.<br />

Anesthesiology 2003, 98, 741–747.<br />

12 Sandrini M, Pini LA, Vitale G. Differential<br />

involvement of central 5-HT1B and 5-HT3<br />

receptor subtypes in the antinociceptive effect<br />

of paracetamol. Inflammation Research:<br />

Official <strong>Journal</strong> of the European<br />

Histamine Research Society 2003, 52, 347–<br />

352.<br />

13 Pickering G, Loriot MA, Libert F, Eschalier A,<br />

Beaune P, Dubray C. Analgesic effect of<br />

acetaminophen in humans: first evidence of<br />

a central serotonergic mechanism. Clinical<br />

Pharmacology and Therapeutics 2006, 79,<br />

371–378.<br />

14 Pickering G, Esteve V, Loriot MA, Eschalier A,<br />

Dubray. Acetaminophen reinforces descending<br />

inhibitory pain pathways. Clinical Pharmacology<br />

and Therapeutics 2008, 84, 47–51.<br />

15 Devane WA, Dysarz FAd, Johnson MR, Melvin<br />

LS, Howlett AC. Determination and characterization<br />

of a cannabinoid receptor in rat<br />

brain. Molecular Pharmacology 1988, 34,<br />

605–613.<br />

16 Anderson BJ. Paracetamol (Acetaminophen):<br />

mechanisms of action. Paediatr<br />

Anaesth. 2008 Oct; 18(10): 915–21.<br />

17 Högestätt ED, Jönsson BA, Edmund A, Andersson<br />

DA, Björk H, Alexander JP et al.<br />

Conversion of acetaminophen to the bioactive<br />

N-acylphenolamine AM404 via fatty acid<br />

amide hydrolase-dependent arachidonic<br />

acid conjugation in the nervous system. J<br />

Biol Chem 2005; 280: 31405–12.<br />

18 Mallet C, Daulhac L, Bonnefont J, Ledent C,<br />

Etienne M, Chapuy E, Libert F, Eschalier A.<br />

Endocannabinoid and serotonergic systems<br />

are needed for acetaminophen-induced analgesia.<br />

Pain 2008, 139, 190–200.<br />

19 Ralevic V, Kendall DA, Jerman JC, Middlemiss<br />

DN, Smart D. Cannabinoid activation<br />

of recombinant and endogenous vanilloid<br />

receptors. European <strong>Journal</strong> of Pharmacology<br />

2001, 424, 211–219.<br />

20 Ottani A, Leone S, Sandrini M, Ferrari A,<br />

Bertolini A. The analgesic activity of paracetamol<br />

is prevented by the blockade of<br />

cannabinoid CB1 receptors. European<br />

<strong>Journal</strong> of Pharmacology 2006, 531, 280–<br />

281.<br />

21 Smith HS. Potential analgesic mechanism<br />

of acetaminophen. Pain Physician 2009; 12:<br />

269–20.<br />

22 Doccheck Flexicon, http://flexikon.doccheck.com/de/Schmerz,<br />

17.03.<strong>2016</strong>.<br />

23 http://www.who.int/cancer/palliative/painladder/en/.<br />

38 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

Une clarté tentante<br />

L’homme aspire à la clarté et à la sécurité. La médecine moderne provoque souvent la confusion,<br />

notamment en raison du niveau de connaissances élevé. La médecine alternative promet une aide<br />

apparemment sûre. Dans le cas de maux bénins, cela ne pose pas de problème. Appâter les<br />

patients sérieusement atteints avec des solutions prétendument simples est par contre condamnable.<br />

Denis Uffer, médecin-assistant en neurologie, membre du comité de l’association Skeptiker Schweiz<br />

De par sa nature, l’homme aspire à la<br />

simplicité, préfère les réponses claires,<br />

aussi à des questions complexes. Un tel<br />

comportement n’est en soi pas irrationnel,<br />

car il économise de l’énergie et du<br />

temps que l’on pourrait employer autrement.<br />

Souvent, ce comportement est<br />

aussi observé en médecine, car le patient<br />

souhaite de la clarté. Vais-je survivre ou<br />

pas, peut-on guérir cela ou pas, dois-je<br />

m’attendre à des effets secondaires, la<br />

méthode est-elle sûre? Les réponses que<br />

nous médecins apportons à de telles<br />

questions ne sont intuitivement pas aussi<br />

satisfaisantes que ce que les patients et<br />

les proches aimeraient. «Le risque d’infection<br />

de cette opération s’élève à X, le<br />

taux de récidive pour cette tumeur à ce<br />

stade est de Y%, l’étiologie de votre maladie<br />

pourrait être ceci ou cela, mais<br />

nous ne sommes pas sûrs, car 30% des<br />

cas sont aussi cryptogéniques, etc.» Malgré<br />

l’énorme quantité d’énigmes médicales<br />

déjà résolues, nous restons face à<br />

un grand nombre de problèmes sans<br />

solution que l’on impose souvent directement<br />

aux patients et aux proches. On<br />

pourrait presque croire que chaque fois<br />

que la médecine résout un mystère, elle<br />

en crée deux nouveaux.<br />

<strong>No</strong>tre désir de sécurité et d’absence d’ambiguïté<br />

est tout naturel. Il fait partie de<br />

notre instinct de survie. Mais comme<br />

cette sécurité absolue n’existe pas dans<br />

la vie, nous masquons la réalité par notre<br />

ignorance ou des dissonances cognitives<br />

et montons quand même à bord d’un<br />

avion ou prenons la voiture ou fumons<br />

une cigarette. Si nous n’avions pas de<br />

telles dissonances cognitives, cela<br />

conduirait très probablement à un<br />

trouble anxieux généralisé pandémique<br />

et paralyserait notre société. Il est vrai<br />

que la vie est pleine d’énigmes. La réalité<br />

n’est pas binaire, la réponse est rarement<br />

noire ou blanche.<br />

L’insécurité fait peur<br />

Un spécialiste du marketing estimera que<br />

nous médecins ne sommes pas de bons<br />

vendeurs si nous proposons simultanément<br />

la maladie et la santé, le diagnostic<br />

et la guérison, l’espoir et la perte. A force<br />

d’honnêteté, de précision et de sens du<br />

devoir, nous plaçons bien trop souvent nos<br />

patients face à des énigmes, chances de<br />

guérison, risques de récidive et taux d’effets<br />

secondaires. L’art devrait cependant<br />

être de combler le vide laissé par l’insécurité<br />

par de l’empathie, même si celle-ci ne<br />

suffit souvent pas ou que le temps et le<br />

talent nécessaires font défaut.<br />

La précision, la nuance et la science de la<br />

médecine moderne est prise à son propre<br />

piège par ces caractéristiques, ce qui explique<br />

en partie pourquoi les patients vont<br />

chercher la sécurité et l’absence d’ambiguïté<br />

espérées ailleurs. En effet, celui qui<br />

vend de petites globules, pose la main sur<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

39


POINT DE MIRE ▶ MYSTÈRE<br />

le ventre en invoquant les énergies du<br />

Nirwana, peut prétendre avec une assurance<br />

insolente que sa méthode est absolument<br />

«libre de tout effet secondaire».<br />

Cette image bénigne et un peu amusante<br />

des méthodes alternatives devient<br />

condamnable au plus tard lorsque les propagateurs<br />

et défenseurs ne prêchent pas<br />

seulement leurs platitudes à des personnes<br />

atteintes de troubles légers, mais lorsque<br />

ces guérisseurs despotiques prétendent<br />

être capables d’en finir avec toutes les<br />

énigmes médicales non résolues. Et lorsqu’ils<br />

échouent, ils renvoient la responsabilité<br />

à un quelconque acte médical réalisé<br />

au cours des 20 dernières années ou,<br />

dans le cas extrême, imputent leur échec<br />

au mauvais karma du patient.<br />

Skeptiker Schweiz – association pour la pensée critique<br />

est une association indépendante fondée en juin 2012.<br />

L’objectif des sceptiques est de s’engager dans la société<br />

pour une vision scientifique du monde et de propager la<br />

pensée critique en tant qu’outil pour une meilleure compréhension<br />

du monde. L’association organise régulièrement<br />

des manifestations avec exposés, discussions publiques<br />

et autres formats sur différents thèmes scientifiques.<br />

Souvent aussi sur des questions médicales. Pour<br />

de plus amples informations: www.skeptiker.ch<br />

Défendre le savoir<br />

Sur ce point, ma critique concerne aussi<br />

notre profession: gardons-nous d’adopter<br />

un langage utilisé par les adeptes d’une<br />

hérésie qui s’en servent pour propager<br />

leurs promesses gratuites tout en traînant<br />

toute la profession médicale scientifique<br />

moderne, ses connaissances et<br />

son savoir-faire dans la boue. Les vaines<br />

promesses et les faux antagonismes tels<br />

que «naturel» vs. «chimique», «doux»,<br />

«autoguérison», «énergies», etc. font<br />

partie d’une rhétorique qui n’a aucun<br />

intérêt à résoudre de véritables énigmes<br />

et qui préfère entourer la réalité d’un<br />

voile d’euphémismes et de dysphémismes<br />

pour feindre une prétendue sécurité. Mais<br />

nous devons aussi être conscients du signal<br />

puissant et trompeur que nous envoyons<br />

en pratiquant des méthodes alternatives<br />

inefficaces: «Mon médecin pratique<br />

l’ostéopathie, c’est donc une méthode<br />

efficace!»<br />

Il me semble qu’une grande partie du<br />

corps médical s’est simplement résignée<br />

au fait qu’il existe d’autres prestataires qui<br />

prétendent avoir des réponses simples à<br />

des énigmes complexes. Ces acteurs profitent<br />

d’une discipline qui présente, en<br />

raison de la complexité de la santé et de la<br />

maladie humaines, bien plus de nuances<br />

et de zones d’ombre que les mathématiques<br />

ou la physique. Ce n’est pas pour<br />

autant qu’il existe des «mathématiques<br />

alternatives» ou de la «physique complémentaire».<br />

Personne ne semble saisir l’ironie de la<br />

situation qui est tout aussi absurde dans<br />

d’autres domaines: aucun juge n’accepterait<br />

qu’un profane lui explique comment<br />

il faut comprendre et appliquer la<br />

loi. Aucun pilote n’accepterait que le passager<br />

du siège 3A lui explique comment<br />

réaliser avec succès un atterrissage avec<br />

vent latéral.<br />

Savoir s’affirmer<br />

Les nombreuses énigmes résolues, mais<br />

aussi les innombrables énigmes qui attendent<br />

toujours une solution rendent la<br />

médecine passionnante. Il est dommage<br />

que nous enterrions l’intégrité de la méthode<br />

scientifique qui nous a tant fait<br />

avancer pour la simple raison qu’un<br />

groupe de personnes (résumé sous le terme<br />

de médecins naturopathes), en partie bien<br />

intentionné, veuille nous faire la leçon.<br />

Pour résoudre les énigmes complexes, il<br />

ne faut en aucun cas capituler face aux<br />

insultes, faux reproches, platitudes et promesses<br />

gratuites que nous entendons trop<br />

souvent de la part des acteurs militants de<br />

la médecine soi-disant complémentaire.<br />

Il est bien plus judicieux de faire preuve<br />

de (auto-)critique constructive et de ténacité<br />

pour résoudre la prochaine énigme<br />

médicale.<br />

Le quotidien du médecin est accompagné<br />

de revers, de hauts et de bas qui nous<br />

obligent à nous remettre en question. C’est<br />

probablement une des raisons pour lesquelles<br />

nous portons nos connaissances et<br />

notre savoir-faire avec grande retenue sur<br />

la place publique et que nous tolérons parfois<br />

des reproches insupportables de la part<br />

des profanes. Certes, notre autoréflexion ne<br />

doit pas atteindre de telles profondeurs qu’à<br />

force de respect, nous acceptions les affirmations<br />

et idées du monde de la médecine<br />

alternative qui sont tellement absurdes que<br />

nous ne pouvons les concilier avec notre<br />

savoir médical que grâce à la double pensée<br />

d’Orwell. Ce n’est pas parce que les<br />

médecins naturopathes possèdent parfois<br />

d’excellentes qualités (p. ex. dans le domaine<br />

de l’empathie) qu’il faut jeter le<br />

bébé avec l’eau du bain. ■<br />

40 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


PERSPECTIVES<br />

SÉRIE DISCIPLINES MÉDICALES: ACTUALITÉS EN DERMATOLOGIE – LA DERMATITE ATOPIQUE<br />

<strong>No</strong>uvelles solutions pour<br />

un mal ancien<br />

Les personnes touchées préféreraient changer de peau: ça démange et ça brûle et le fait<br />

de se gratter ne fait qu’aggraver les choses. La dermatite atopique peut avoir un impact non<br />

négligeable sur la qualité de vie. Aujourd’hui, la recherche tente de trouver les causes de<br />

cette maladie qui survient principalement chez les enfants. De nouvelles approches thérapeutiques<br />

sont en cours de développement et semblent prometteuses.<br />

Prof. Dagmar Simon, MD, Clinique universitaire de dermatologie, Hôpital de l’Ile, Hôpital universitaire de Berne<br />

La dermatite atopique (synonyme: eczéma<br />

atopique) est une maladie cutanée inflammatoire<br />

fréquente avec une prévalence de<br />

12 à 13% chez les enfants et jusqu’à 5% à<br />

l’âge adulte. La dermatite atopique évolue<br />

par poussées et devient chronique.<br />

Le diagnostic clinique<br />

Comme à l’heure actuelle on ne dispose<br />

pas de tests de laboratoire définitifs, la<br />

dermatite atopique est diagnostiquée à<br />

l’aide de critères cliniques:<br />

1. Localisation typique des lésions cutanées<br />

et répartition selon l’âge.<br />

2. Association avec d’autres affections allergiques<br />

telles que la rhinoconjonctivite<br />

allergique et l’asthme bronchique.<br />

3. Anamnèse familiale positive pour les<br />

affections atopiques.<br />

4. Démangeaisons.<br />

Les causes de la dermatite<br />

atopique<br />

La compréhension de la pathogenèse de<br />

la dermatite atopique a fondamentalement<br />

changé au cours des dernières années.<br />

D’après les connaissances actuelles,<br />

une prédisposition génétique est à l’origine<br />

de la dermatite atopique. Celle-ci concerne<br />

la barrière cutanée et la réponse immunitaire<br />

(illustration 1). Les troubles de la<br />

barrière épithéliale ainsi qu’une expres-<br />

Illustration 1: Pathogenèse de la<br />

dermatite atopique<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

41


PERSPECTIVES<br />

local systématique représente la plus importante<br />

mesure pour les empêcher.<br />

Illustration 2: Traitement échelonné de la dermatite atopique<br />

Les patients atteints d’une dermatite atopique<br />

grave qui ne répondent pas au traitement<br />

local adéquat souffrent au quotidien.<br />

Leur qualité de vie est nettement réduite,<br />

raison pour laquelle il ne faut alors<br />

pas attendre pour entreprendre un traitement<br />

systémique. En premier lieu, on emploie<br />

la ciclosporine dosée à 3–5mg/kg de<br />

poids corporel. En cas de non-réponse ou<br />

de contre-indications, on peut aussi envisager<br />

d’utiliser le mycophénolate mofétil,<br />

le méthotrexate ou l’azathioprine. La prescription<br />

de corticostéroïdes systémiques<br />

doit être limitée à des exacerbations sévères<br />

pour une durée de traitement de sept à dix<br />

jours au maximum.<br />

sion réduite ou des mutations des protéines<br />

structurelles telles que la filaggrine,<br />

les modifications de l’adhésion cellulaire<br />

et un déficit en peptides antimicrobiens se<br />

traduisent par un trouble des défenses<br />

immunitaires. Les agents pathogènes pénétrants<br />

sont détectés par les kératinocytes<br />

et le système immunitaire, ce qui déclenche<br />

la sécrétion d’alarmines (p. ex.<br />

TSLP, IL-33). Cela provoque une réaction<br />

inflammatoire de la peau, qui présente un<br />

profil typique pour la dermatite atopique<br />

de lymphocytes auxiliaires T2 avec participation<br />

de cellules T et B, éosinophiles<br />

ainsi que d’interleukine (IL)-5 et -13. De<br />

nouvelles études ont montré qu’outre l’axe<br />

lymphocytes auxiliaires T2, les cellules<br />

auxiliaires T22 sont également fortement<br />

activées.<br />

Principes thérapeutiques<br />

En se basant sur notre compréhension des<br />

processus pathogénétiques, le rétablissement<br />

de la fonction de barrière cutanée et<br />

l’endiguement de l’inflammation sont les<br />

éléments clés du traitement de la dermatite<br />

atopique: premièrement, un traitement<br />

de base émollient et deuxièmement,<br />

un traitement anti-inflammatoire efficace<br />

(topique ou systémique). Les directives<br />

actuelles prévoient un traitement<br />

échelonné, suivant le degré de gravité<br />

(illustration 2).<br />

Traitement personnalisé<br />

Dans le quotidien clinique, les patients<br />

présentent différentes formes de dermatite<br />

atopique. Il est donc nécessaire d’adapter<br />

les principes thérapeutiques généraux au<br />

cas concret.<br />

Dans la poussée aiguë, on utilise principalement<br />

des corticostéroïdes topiques,<br />

dont la concentration et/ou la fréquence<br />

d’application peuvent être réduites en cas<br />

d’amélioration des symptômes. Un traitement<br />

à intervalles est indiqué pour un<br />

traitement prolongé aux corticostéroïdes.<br />

Les inhibiteurs de la calcineurine (pimecrolimus,<br />

tacrolimus) constituent une<br />

alternative de traitement pour la dermatite<br />

atopique de gravité légère à modérée.<br />

De récentes études ont démontré leur efficacité<br />

et innocuité chez les enfants sur une<br />

période de traitement de cinq ans.<br />

Contrairement à ce que l’on craignait, les<br />

patients traités aux inhibiteurs de la calcineurine<br />

topiques ne présentent pas de<br />

risque accru d’être atteints de lymphomes<br />

ou carcinomes.<br />

Chez la plupart des patients souffrant de<br />

dermatite atopique, la peau est colonisée<br />

par des bactéries telles que le Staphylococcus<br />

aureus qui jouent un rôle dans la<br />

pathogenèse. Pour réduire la densité des<br />

bactéries et réhydrater la peau, il convient<br />

d’intégrer une douche ou un bain quotidien<br />

dans le plan de traitement. Un traitement<br />

aux antibiotiques systémiques<br />

n’est indiqué qu’en cas de fortes superinfections.<br />

<strong>No</strong>tamment les patients souffrant<br />

d’une dermatite atopique grave ont tendance<br />

à développer des complications<br />

telles que l’eczéma herpétique. Les lésions<br />

de la barrière et l’inflammation étant des<br />

conditions à l’infection, un traitement<br />

Chez certains patients atteints de dermatite<br />

atopique, l’eczéma de la main constitue<br />

la principale manifestation. Dans ce<br />

cas, il faut éviter les facteurs déclenchants<br />

tels que le contact avec des substances<br />

irritantes ou les allergènes de contact et<br />

envisager un traitement à l’alitrétinoïne.<br />

Chez un sous-groupe de patients, la dermatite<br />

atopique est déclenchée par des<br />

allergies. Les allergènes alimentaires tels<br />

que le lait, les œufs, le blé, l’arachide<br />

jouent un rôle notamment chez les enfants<br />

souffrant d’une dermatite atopique<br />

sévère. Les mesures diététiques doivent<br />

être prises selon un diagnostic allergologique<br />

minutieux. Il faut éviter les régimes<br />

non différenciés. Chez les personnes allergiques<br />

aux acariens de la poussière domestique,<br />

la maladie peut aussi affecter la<br />

peau en plus des voies respiratoires. Des<br />

études ont montré qu’une immunothérapie<br />

spécifique aux extraits d’acariens de la<br />

poussière domestique peut améliorer la<br />

dermatite atopique.<br />

Education du patient<br />

Outre un régime thérapeutique individuel,<br />

le traitement personnalisé de la dermatite<br />

atopique implique également l’éducation<br />

du patient. Il s’agit d’enseigner aux patients<br />

la capacité de gérer eux-mêmes leur maladie<br />

au quotidien. Dans notre clinique,<br />

nous proposons les deux programmes<br />

suivants: 1. la formation pour la dermatite<br />

atopique sous forme de cours interdisciplinaires<br />

pour des groupes de patients et 2.<br />

l’instruction thérapeutique individuelle, y<br />

42 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


PERSPECTIVES<br />

compris des démonstrations pratiques<br />

dans le cadre de la consultation.<br />

<strong>No</strong>uvelles approches<br />

thérapeutiques<br />

Les stratégies prometteuses dans le traitement<br />

de la dermatite atopique sont le blocage<br />

du récepteur IL-4/IL-13, des cytokines<br />

IL-13 et IL-22, du récepteur de la prostaglandine<br />

CRTh2 et de la phosphodiestérase<br />

(PDE) 4 ainsi que l’inhibition de la démangeaison<br />

par l’IL-31 et le récepteur de l’histamine<br />

H4. Actuellement, plusieurs études<br />

cliniques de phase 2 et 3 sont en cours avec<br />

les substances correspondantes. La thérapie<br />

au dupilumab, un anticorps monoclonal<br />

qui se lie à la sous-unité alpha du récepteur<br />

IL-4 et inhibe ainsi la transmission<br />

du signal déclenchée par l’IL-4 et<br />

l’IL-13, a montré une rapide amélioration<br />

des symptômes cutanés et une réduction<br />

des démangeaisons. Une baisse des symptômes<br />

d’au moins 50% a été enregistrée<br />

chez 85% des patients.<br />

Actuellement, nous vivons une évolution<br />

intéressante en ce qui concerne la compréhension<br />

de la pathogénèse de la dermatite<br />

atopique et les options thérapeutiques<br />

qui en résultent. Il faut espérer que<br />

les patients concernés pourront bientôt en<br />

profiter.<br />

■<br />

Bibliographie:<br />

1 Ring J, Alomar A, Bieber T, Deleuran M,<br />

Fink-Wagner A, Gelmetti C, Gieler U,<br />

Lipozencic J, Luger T, Oranje AP, Schäfer T,<br />

Schwennesen T, Seidenari S, Simon D,<br />

Ständer S, Stingl G, Szalai S, Szepietowski JC,<br />

Taïeb A, Werfel T, Wollenberg A, Darsow U;<br />

European Dermatology Forum; European<br />

Academy of Dermatology and Venereology;<br />

European Task Force on Atopic Dermatitis;<br />

European Federation of Allergy; European<br />

Society of Pediatric Dermatology; Global Allergy<br />

and Asthma European Network. Guidelines<br />

for treatment of atopic eczema (atopic<br />

dermatitis) Part II. J Eur Acad Dermatol Venereol.<br />

2012 Sep; 26(9): 1176–93.<br />

2 Ring J, Alomar A, Bieber T, Deleuran M,<br />

Fink-Wagner A, Gelmetti C, Gieler U,<br />

Lipozencic J, Luger T, Oranje AP, Schäfer T,<br />

Schwennesen T, Seidenari S, Simon D,<br />

Ständer S, Stingl G, Szalai S, Szepietowski JC,<br />

Taïeb A, Werfel T, Wollenberg A, Darsow U;<br />

European Dermatology Forum (EDF); European<br />

Academy of Dermatology and Venereology<br />

(EADV); European Federation of Allergy<br />

(EFA); European Task Force on Atopic Dermatitis<br />

(ETFAD); European Society of Pediatric<br />

Dermatology (ESPD); Global Allergy and<br />

Asthma European Network (GA2LEN). Guidelines<br />

for treatment of atopic eczema (atopic<br />

dermatitis) part I. J Eur Acad Dermatol Venereol.<br />

2012 Aug; 26(8): 1045–60.<br />

3 Simon D, Bieber T. Systemic therapy for atopic<br />

dermatitis. Allergy. 2013 Dec 20.<br />

4 <strong>No</strong>vak N, Simon D. Atopic dermatitis – from<br />

new pathophysiologic insights to individualized<br />

therapy. Allergy. 2011 Jul; 66(7): 830–9.<br />

doi: 10.1111/j.1398-9995.2011.02571.x. Epub<br />

2011 Mar 3.<br />

5 Wechsler ME, Fulkerson PC, Bochner BS, Gauvreau<br />

GM, Gleich GJ, Henkel T, Kolbeck R,<br />

Mathur SK, Ortega H, Patel J, Prussin C, Renzi<br />

P, Rothenberg ME, Roufosse F, Simon D, Simon<br />

HU, Wardlaw A, Weller PF, Klion AD. <strong>No</strong>vel targeted<br />

therapies for eosinophilic disorders. J Allergy<br />

Clin Immunol. 2012 Sep; 130(3): 563–71.<br />

6 Simon D, Simon HU. New drug targets in atopic<br />

dermatitis. Chem Immunol Allergy.<br />

2012; 96: 126–31.<br />

7 Luger T, De Raeve L, Gelmetti C, Kakourou T,<br />

Katsarou A, Lambert J, Morren MA, Oranje A,<br />

Ruer M, Serdaroglu S, Torrelo A, Werfel T.<br />

Recommendations for pimecrolimus 1%<br />

cream in the treatment of mild-to-moderate<br />

atopic dermatitis: from medical needs to a<br />

new treatment algorithm. Eur J Dermatol.<br />

2013 Dec 1; 23(6): 758–66.<br />

8 <strong>No</strong>grales KE, Zaba LC, Shemer A, Fuentes-Duculan<br />

J, Cardinale I, Kikuchi T, Ramon M,<br />

Bergman R, Krueger JG, Guttman-Yassky E.<br />

IL-22-producing «T22» T cells account for<br />

upregulated IL-22 in atopic dermatitis despite<br />

reduced IL-17-producing TH17 T cells. J Allergy<br />

Clin Immunol. 2009 Jun; 123(6): 1244–52.<br />

9 Beck LA, Thaçi D, Hamilton JD, Graham NM,<br />

Bieber T, Rocklin R, Ming JE, Ren H, Kao R,<br />

Simpson E, Ardeleanu M, Weinstein SP, Pirozzi<br />

G, Guttman-Yassky E, Suárez-Fariñas M,<br />

Hager MD, Stahl N, Yancopoulos GD, Radin<br />

AR. Dupilumab treatment in adults with<br />

moderate-to-severe atopic dermatitis. N Engl<br />

J Med. 2014 Jul 10; 371(2): 130–9.<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

43


PERSPECTIVES<br />

AUS DER «PRAXIS»*<br />

DEPARTEMENT INNERE MEDIZIN, MEDIZINISCHE ONKOLOGIE, UNIVERSITÄTSSPITAL BASEL<br />

Das fortgeschrittene Bronchialkarzinom<br />

– was gibt es Neues in<br />

der Diagnostik und Therapie?<br />

Advanced and Metastatic Lung Cancer – What is new in the Diagnosis and Therapy?<br />

Sacha I. Rothschild<br />

Einleitung<br />

Global gesehen ist Lungenkrebs der häufigste<br />

bösartige Tumor mit etwa 1,6 Mio<br />

Neuerkrankungen jährlich und ca. 1,4<br />

Mio Todesfällen [1]. In der Schweiz erkranken<br />

jährlich rund 2500 Männer und<br />

1200 Frauen an Lungenkrebs [2]. Das<br />

mediane Alter bei Diagnose liegt bei über<br />

70 Jahren, wobei 80% der Patien ten im<br />

Alter zwischen 55 und 84 Jahren sind [3].<br />

Diese Altersverteilung und insbesondere<br />

die Tatsache, dass über die Hälfte der Patienten<br />

bei Diagnosestellung über 70 Jahre<br />

alt ist, stellen für die Behandlung besondere<br />

Anforderungen. Während bei<br />

Männern die Inzidenz von Lungenkrebs<br />

seit über zehn Jahren rückläufig ist, zeigte<br />

sich bei Frauen weiterhin ein Anstieg,<br />

* Der Artikel erschien ursprünglich in der «Praxis» (2015;<br />

104 (14): 745 – 750). VSAO-Mitglieder können die «Praxis»<br />

zu äusserst günstigen Konditionen abonnieren.<br />

Details s. unter www.hogrefe.ch/downloads/vsao.<br />

Im Artikel verwendete Abkürzungen:<br />

ALK Anaplastic lymphoma kinase<br />

BRAF v-Raf murine sarcoma viral oncogene homolog<br />

B<br />

ED Extensive disease<br />

EGFR Epidermal growth factor receptor<br />

HER2 Human epidermal growth factor receptor 2<br />

KRAS V-Ki-ras2 Kirsten rat sarcoma viral oncogene<br />

homolog<br />

LD Limited disease<br />

MET Mesenchymal-epidermal transition<br />

NSCLC <strong>No</strong>n-small cell lung cancer<br />

RET Rearranged during transfection<br />

ROS1 c-ros oncogene 1<br />

SAKK Schweizerische Arbeitsgemeinschaft für Klinische<br />

Krebsforschung<br />

SCLC Small cell lung cancer<br />

wobei für die nächsten Jahre durch die<br />

veränderten Rauchgewohnheiten auch<br />

für Frauen eine Abnahme der Inzidenz zu<br />

erwarten ist [4]. Das Rauchen ist für den<br />

überwiegenden Teil der Lungenkrebsfälle<br />

verantwortlich. Es kann davon ausgegangen<br />

werden, dass rund 80–90% aller Fälle<br />

bei Rauchern oder ehemaligen Rauchern<br />

vorkommen. Der Rauchentwöhnung<br />

kommt deswegen eine entscheidende<br />

Bedeutung zu.<br />

Historisch wird Lungenkrebs basierend<br />

auf dem histopathologischen Befund in<br />

zwei grosse Gruppen eingeteilt: (1) nichtkleinzelliges<br />

Bronchialkarzinom (NSCLC)<br />

und (2) kleinzelliges Bronchialkarzinom<br />

( SCLC). Das NSCLC kann in weitere Subgruppen<br />

unterteilt werden, was für die<br />

Behandlung von Bedeutung ist und in<br />

einem späteren Abschnitt erläutert wird.<br />

Die Häufigkeit des SCLC hat in den letzten<br />

Jahren abgenommen, sodass diese Gruppe<br />

heute noch ca. 10–15% aller Lungenkrebsfälle<br />

ausmacht. Abbildung 1 gibt<br />

einen Überblick über die histologischen<br />

Untergruppen des Bronchialkarzinoms.<br />

Gesamthaft hat sich die Prognose der Erkrankung<br />

über die letzten Jahrzehnte etwas<br />

verbessert, was vor allem auf neue<br />

Therapiemöglichkeiten, die im Folgenden<br />

besprochen werden sollen, zurückzuführen<br />

ist [5]. Auch eine verbesserte Diagnostik<br />

und möglicherweise auch Früherkennungsprogramme<br />

bei Risikopopulationen<br />

(Raucher) können zu einer verbesserten<br />

Prognose beitragen [6]. Allerdings ist hier<br />

anzumerken, dass sich die Verbesserung<br />

der Prognose vorwiegend auf bestimmte<br />

Untergruppen des Bronchialkarzinoms<br />

beschränkt, wohingegen für viele Patienten<br />

(insbesondere Patienten mit kleinzelligem<br />

Bronchialkarzinom) keine wesentliche<br />

Verbesserung der Prognose erzielt<br />

werden konnte [5].<br />

Kleinzelliges<br />

Bronchialkarzinom<br />

Das kleinzellige Bronchialkarzinom entsteht<br />

meist in den zentralen Atemwegen,<br />

hat eine hohe proliferative Aktivität und<br />

die Tendenz zu einer frühen hämatogenen,<br />

aber auch lymphogenen Metastasierung.<br />

Somit stellt das SCLC die aggressivste<br />

Form des Bronchialkarzinoms dar. Das<br />

mittlere Überleben beträgt abhängig von<br />

der Krankheitsausdehnung 12–20 Monate<br />

[7]. Das kleinzellige Bronchialkarzinom<br />

kommt fast ausschliesslich bei Rauchern<br />

oder ehemaligen Rauchern vor. Die<br />

allermeisten Patienten werden in einem<br />

fortgeschrittenen und metastasierten Tumorstadium<br />

diagnostiziert. Basierend auf<br />

radiologischen Kriterien wird das SCLC in<br />

eine limitierte (LD) und eine extensive<br />

(ED) Form eingeteilt. LD bezeichnet eine<br />

Erkrankung, die auf eine Thoraxhälfte<br />

beschränkt ist, sodass sämtliche Tumormanifestationen<br />

in ein Strahlenfeld eingeschlossen<br />

werden können [8]. Diese<br />

Tumoren werden mittels kombinierter<br />

Radio-Chemotherapie behandelt. Trotz<br />

guten Therapieansprechens bei den meisten<br />

Patienten ist die Prognose auch bei<br />

lokalisierter Erkrankung ungünstig, und<br />

nur rund 20% der Patienten haben eine<br />

längerfristige Krankheitskontrolle. ED<br />

umfasst alle Tumoren, die weiter fortgeschritten<br />

sind. Da das SCLC durch eine<br />

frühe hämatogene Metastasierung gekennzeichnet<br />

ist, haben viele Patienten<br />

bereits bei der Primärdiagnose Fernmetastasen,<br />

wobei die Leber, das Skelettsystem<br />

und das Hirn die häufigsten Lokalisationen<br />

von Metastasen darstellen. Bei Pa tienten<br />

mit metastasierter Erkrankung stellt<br />

eine Kombinationschemotherapie mit<br />

Platin und Etoposid die Behandlung der<br />

Wahl dar [9]. Bei den meisten Patienten<br />

kann damit ein Therapieansprechen und<br />

44 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


PERSPECTIVES<br />

Abb. 1: Histologische Untergruppen des Bronchialkarzinoms. Primär werden Bronchialkarzinome in nicht-kleinzellige und kleinzellige<br />

Karzinome unterteilt. Beim nicht-kleinzelligen Karzinom werden weitere Untergruppen unterschieden.<br />

eine Symptomkontrolle erreicht werden.<br />

Das mittlere Überleben dieser Patienten<br />

liegt trotz der Therapie bei weniger als<br />

einem Jahr. Bei einem erneuten Krankheitsrückfall<br />

bzw. einer Tumorprogression<br />

kann bei Patienten in gutem Allgemeinzustand<br />

nochmals über eine Chemotherapie<br />

nachgedacht werden, das Ansprechen<br />

hängt im Wesentlichen vom zeitlichen<br />

Abstand zur Erstlinienbehandlung<br />

ab. Zahlreiche Medikamente wurden in<br />

den letzten Jahren in klinischen Studien<br />

untersucht, ohne dass sich dabei eine<br />

neue Therapie mit verbesserter Prognose<br />

etablieren konnte [10].<br />

Unterstützende Massnahmen im Sinne<br />

einer umfassenden palliativen Versorgung<br />

sollten frühzeitig evaluiert werden. Dazu<br />

gehören eine ausreichende Schmerzbehandlung,<br />

die palliative Radiotherapie<br />

von schmerzhaften Metastasen sowie eine<br />

psycho-onkologische Betreuung und<br />

frühzeitige Planung der weiteren Versorgung<br />

der Patienten in Zusammenarbeit<br />

mit dem betreuenden Hausarzt und den<br />

Angehörigen.<br />

Nicht-kleinzelliges<br />

Bronchialkarzinom<br />

Beim nicht-kleinzelligen Bronchialkarzinom<br />

( NSCLC) werden drei wichtige histologische<br />

Untergruppen unterschieden:<br />

Adenokarzinom, Plattenepithelkarzinom<br />

und grosszelliges Karzinom (Abb. 1). Daneben<br />

gibt es äusserst seltene weitere Untergruppen,<br />

und ein kleiner Teil der Karzinome<br />

kann histologisch nicht weiter charakterisiert<br />

werden. Die Häufigkeit des<br />

Adenokarzinoms hat in den letzten Jahren<br />

tendenziell etwas zugenommen und macht<br />

heute 40–50% der NSCLC aus. Das Adenokarzinom<br />

kann auch bei Nichtrauchern<br />

vorkommen, so haben knapp 20% der Patienten<br />

mit Adenokarzinom der Lunge nie<br />

geraucht. Das Adenokarzinom tritt häufiger<br />

in der Lungenperipherie auf und kann<br />

in wei tere histologische Untergruppen<br />

unterteilt werden, was allerdings für therapeutische<br />

Belange keine Rolle spielt. Das<br />

Plattenepithelkarzinom kommt überwiegend<br />

bei Rauchern vor und wächst häufiger<br />

in den zentralen Lungenabschnitten.<br />

Die Unterscheidung der histologischen<br />

Subtypen war lange Zeit für therapeutische<br />

Entscheidungen nicht von Bedeutung.<br />

Heute wissen wir allerdings, dass die<br />

Wirksamkeit bestimmter Medikamente<br />

abhängig vom histologischen Subtyp des<br />

NSCLC ist. So hat das Folsäure-Analogon<br />

Pemetrexed nur bei Adenokarzinomen<br />

eine Wirksamkeit gezeigt und ist nur für<br />

die Therapie dieser Untergruppe zugelassen<br />

[11]. Zudem kennen wir beim Adenokarzinom<br />

zahlreiche molekulare Veränderungen,<br />

deren Vorliegen für die Wahl<br />

der Therapie entscheidend ist (Abb. 2).<br />

Deswegen ist es heute zwingend notwendig,<br />

dass eine detaillierte Aufarbeitung des<br />

Tumormaterials und die Bestimmung des<br />

histologischen Subtyps sowie gegebenenfalls<br />

eine weitere molekulare Untersuchung<br />

bei Diagnosestellung erfolgt [12].<br />

Beim metastasierten Adenokarzinom der<br />

Lunge ist eine molekulare Untersuchung<br />

Voraussetzung für die Wahl der Therapie.<br />

Bei rund 15% der Patienten in Europa und<br />

den USA liegt eine aktivierende Mutation<br />

im epidermalen Wachstumsfaktorrezeptor<br />

(epidermal growth factor receptor)<br />

vor. Diese Patienten profitieren von einer<br />

zielgerichteten Therapie mit einem Tyrosinkinase-Inhibitor<br />

gegen EGFR [13].<br />

Dafür sind in der Schweiz drei orale Präparate<br />

(Afatinib, Erlotinib und Gefitinib)<br />

zugelassen. Die Wahrscheinlichkeit ist<br />

mehr als doppelt so hoch wie unter einer<br />

konventionellen Chemotherapie, und das<br />

mediane Überleben dieser Patienten liegt<br />

bei über zwei Jahren. Zudem zeigt sich<br />

eine gute Symptomkontrolle mit einer<br />

Verbesserung der Lebensqualität. Weitere<br />

knapp 5% der Patienten weisen eine Gentranslokation<br />

von ALK (anaplastic lymphoma<br />

kinase) auf. Diese Patienten<br />

sprechen auf eine Therapie mit einem<br />

ALK-Inhibitor an. Für diese Indikation ist<br />

in der Schweiz Crizotinib nach Versagen<br />

einer vorherigen Chemotherapie zugelassen<br />

[14]. Für weitere, seltene molekulare<br />

Veränderungen gibt es bisher keine zugelassenen<br />

Medikamente, allerdings laufen<br />

verschiedene klinische Studien auch in<br />

der Schweiz, im Rahmen derer Patienten<br />

mit seltenen molekularen Veränderungen<br />

mit neuen zielgerichteten Therapien behandelt<br />

werden könnten. Eine aktuelle<br />

Übersicht über laufende Studien bietet die<br />

Schweizerische Arbeitsgemeinschaft für<br />

Klinische Krebsforschung ( SAKK) unter<br />

www.sakk.ch.<br />

Die molekulare Testung sollte gemäss<br />

verschiedenen internationalen Richtlinien<br />

folgende Marker umfassen: Mutations<br />

analyse für EGFR, KRAS, BRAF,<br />

HER2; die Suche einer Translokation von<br />

ALK, ROS1 und RET sowie Bestimmung<br />

der Genkopiezahl (Amplifikation) von<br />

MET [15]. Diese Analysen werden meistens<br />

sequenziell durchgeführt, weil das Vorliegen<br />

einer molekularen Veränderung weitere<br />

Aberrationen weitgehend ausschliesst.<br />

Allerdings kann es im Verlauf der Erkrankung<br />

unter einer zielgerichteten Therapie<br />

zu neuen molekularen Veränderungen<br />

kommen, die wiederum die weitere Therapie<br />

beeinflussen, weswegen bei einer<br />

Krankheitsprogression unter einer zielgerichteten<br />

Therapie eine erneute Tumorbiopsie<br />

angestrebt werden sollte [16].<br />

Bei der Mehrzahl der Patienten kann keine<br />

therapeutisch angehbare molekulare<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

45


PERSPECTIVES<br />

Abb. 2: Molekulare Untergruppen des Adenokarzinoms der Lunge. Für Patienten mit<br />

EGFR-Mutation oder ALK-Fusion gibt es zugelassene zielgerichtete Therapien.<br />

Veränderung im Tumor gefunden werden.<br />

Für diese Patienten – wie auch für Pa tienten<br />

mit einem Plattenepithel- oder grosszelligen<br />

Karzinom – stellt die platinbasierte<br />

Kombinationschemotherapie die<br />

Behandlung der Wahl dar. Diese Therapie<br />

wird in der Regel über 4 (bis 6) Zyklen à<br />

jeweils drei Wochen verabreicht [17]. In<br />

den letzten Jahren hat sich basierend auf<br />

verschiedenen Studien das Konzept einer<br />

Erhaltungstherapie etabliert. Das bedeutet,<br />

dass die nebenwirkungsreichere Platintherapie<br />

gestoppt, jedoch eine Monotherapie<br />

mit einer besser verträglichen<br />

Substanz bis zur Tumorprogression (und<br />

damit dem Beginn einer Zweitlinientherapie)<br />

oder bis zum Auftreten von schwereren<br />

Nebenwirkungen weitergeführt wird<br />

[18]. Mit diesem Konzept konnte eine<br />

Verbesserung der Prognose erreicht werden.<br />

Dies hängt unter anderem damit<br />

zusammen, dass bei einer Tumorprogression<br />

nur noch rund zwei Drittel der Patien<br />

ten in der Verfassung sind, eine Zweitlinienchemotherapie<br />

zu tolerieren. Der<br />

Nachteil einer Erhaltungstherapie ist, dass<br />

die Patienten keine therapiefreien Intervalle<br />

haben. Indikation und Durchführung<br />

sind deswegen mit jedem Patienten<br />

individuell unter Berücksichtigung möglicher<br />

Nebenwirkungen sowie dessen Präferenzen<br />

zu besprechen.<br />

Zum Zeitpunkt der Tumorprogressesion<br />

gibt es die Möglichkeit, eine neue Chemotherapie<br />

einzuleiten. Für die Zweitlinientherapie<br />

und spätere Therapielinien sollten<br />

aufgrund der Verträglichkeit nur<br />

Monosubstanzen und keine Therapiekombinationen<br />

verwendet werden [19].<br />

Der Entscheid für eine Chemotherapie<br />

oder für eine alleinige supportive Behandlung<br />

sollte individuell mit jedem Patienten<br />

getroffen werden. Einer frühen umfassenden<br />

Palliativbetreuung unter Einbezug<br />

des Hausarztes, der Angehörigen<br />

und situativ weiterer Spezialisten mit dem<br />

Fokus der bestmöglichen Symp tom kontrolle,<br />

Erhalt der Lebensqualität und Planung<br />

der terminalen Phase der Erkrankung<br />

kommt eine zentrale Rolle zu. In<br />

einer vielbeachteten randomisierten Studie<br />

konnte gezeigt werden, dass Lungenkrebspatienten<br />

mit strukturierter früher<br />

Palliativbetreuung nicht nur eine bessere<br />

Lebensqualität aufwiesen, sondern auch<br />

länger lebten [20].<br />

Zusammenfassung<br />

und Ausblick<br />

Trotz der Fortschritte in der Diagnostik<br />

und Therapie liegt die Fünfjahresüberlebensrate<br />

der Patienten mit Lungenkarzinom<br />

in europäischen und nordamerikanischen<br />

Ländern nur in einem Bereich<br />

von 5,5–15,7% [21]. Allerdings hat sich<br />

durch das bessere molekulare Verständnis<br />

der Erkrankung die Prognose für bestimmte<br />

Untergruppen, die basierend auf<br />

der molekularen Analyse ihres Tumors<br />

einer zielgerichteten Behandlung zugänglich<br />

sind, erheblich verbessert. Deswegen<br />

kommt der initialen Diagnose eine entscheidende<br />

Bedeutung zu, wobei es insbesondere<br />

wichtig ist, dass das Tumorgewebe<br />

eingehend analysiert wird. Dabei<br />

kommt der Molekularpathologie eine<br />

Schlüsselrolle zu.<br />

Zukünftig wird die Diagnose «Lungenkrebs»<br />

in noch weitere kleine Untergruppen<br />

von molekular definierten Erkrankungen<br />

aufgeteilt werden, was insbesondere<br />

für die Therapie von Bedeutung sein<br />

wird. Es werden nicht nur vereinzelte<br />

zielgerichtete Medikamente wie bis anhin<br />

zur Verfügung stehen, sondern auch verschiedene<br />

Therapiesequenzen abhängig<br />

von der Art der Resistenzentwicklung unter<br />

einer bestimmten Therapie möglich<br />

sein.<br />

Seit vielen Jahrzehnten ist bekannt, dass<br />

das Immunsystem eine wichtige Rolle bei<br />

der initialen Tumorentstehung spielt und<br />

viele frühe Tumoren durch die Aktivität<br />

des Immunsystems unter Kontrolle gehalten<br />

werden können. Frühe therapeutische<br />

Abstract<br />

Lung cancer is one of the most common<br />

types of malignancies worldwide.<br />

The majority of patients are diagnosed<br />

with an incurable advanced/metastatic<br />

stage disease. Palliative treatment approaches<br />

improve the survival and the<br />

quality of life of these patients. Lung<br />

cancer is subdivided according to histology<br />

and molecular biology. The most<br />

important classification separates<br />

small cell from non-small cell lung<br />

cancer. In the subgroup of non-small<br />

cell lung cancer novel treatment approaches<br />

coming along with an improved<br />

prognosis have been established<br />

during the last decade. The current<br />

manuscript provides an overview on<br />

current treatment options for metastatic<br />

lung cancer. Furthermore, an outlook<br />

on promising future treatment<br />

options is provided.<br />

Key words: lung cancer – nonsmall<br />

cell lung cancer – small cell<br />

lung cancer – chemotherapy – targeted<br />

therapynt<br />

46 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


PERSPECTIVES<br />

Ansätze haben sich primär auf Vakzinierungen<br />

konzentriert. In den letzten Jahren<br />

hat sich gezeigt, dass den tumorinfiltrierenden<br />

Lymphozyten, insbesondere den<br />

T-Zellen eine wichtige Bedeutung zukommt.<br />

Bei verschiedenen Tumoren<br />

konnte gezeigt werden, dass ein Immuninfiltrat<br />

im Tumor eine prognostische<br />

Bedeutung hat, so auch beim Lungenkrebs<br />

[22]. Die meisten Tumoren haben<br />

jedoch unterschiedlichste Strategien entwickelt,<br />

um einer Elimination durch das<br />

Immunsystem zu entkommen. Ein solcher<br />

Mechanismus ist die gezielte Hemmung<br />

von tumorinfiltrierenden T-Lymphozyten<br />

durch direkte Interaktion über<br />

Oberflächenrezeptoren. Neue therapeutische<br />

Strategien, um diese direkte Hemmung<br />

des Immunsystems durch den Tumor<br />

zu unterbrechen und somit dem<br />

Immunsystem die Möglichkeit zu geben,<br />

eine aktive Rolle in der Abwehr des Tumors<br />

zu spielen, haben bei verschiedenen<br />

Tumoren zu beeindruckenden Resultaten<br />

geführt. So hat sich die Therapie des malignen<br />

Melanoms durch diese Therapiestrategien<br />

revolutioniert. Auch beim Lungenkrebs<br />

zeigen diese Therapien bei gewissen<br />

Patienten eine hohe Wirksamkeit<br />

mit gutem Therapieansprechen und teilweise<br />

überaus langen Phasen von Krankheitskontrolle<br />

bei guter Verträglichkeit<br />

[23]. In der Zweitlinientherapie konnte für<br />

den anti-PD-1 Antikörper Nivolumab sowohl<br />

beim Plattenepithelkarzinom als<br />

auch bei den übrigen NSCLC Subtypen<br />

eine Verbesserung des Überlebens gegenüber<br />

einer Standardchemotherapie mit<br />

Docetaxel gezeigt werden [24]. Nivolumab<br />

ist in der Schweiz im Rahmen eines «early<br />

access» Programmes verfügbar. Weitere<br />

sogenannte Immuncheckpoint-Inhibitoren<br />

werden im Rahmen klinischer<br />

Studien, die teilweise auch in der Schweiz<br />

offen sind, untersucht.<br />

Zusammenfassend lässt sich festhalten,<br />

dass Lungenkrebs weiterhin der häufigste<br />

bösartige Tumor mit ungünstiger Prognose<br />

ist. Die Therapie hat sich in den letzten<br />

Jahren durch ein besseres molekulares<br />

Verständnis der Erkrankung und der Einführung<br />

neuer Medikamente gewandelt.<br />

Einzelne histologische und molekulare<br />

Untergruppen werden als eigenständige<br />

Krankheitsentitäten unterschiedlich behandelt.<br />

Deswegen kommt der initialen<br />

Résumé<br />

Le cancer du poumon est l'un des types les plus courants de tumeurs malignes. La majorité des patients<br />

sont diagnostiqués avec une maladie incurable avancée/de stade métastatique. Le traitement palliatif<br />

peut améliorer la survie et la qualité de vie de ces patients. Le cancer du poumon est subdivisé en fonction<br />

de l'histologie et de la biologie moléculaire. La classification la plus importante sépare le cancer du<br />

poumon à petites cellules du cancer du poumon non à petites cellules. Dans le groupe du cancer du<br />

poumon non à petites cellules de nouvelles thérapies ont été établies au cours, de la dernière décennie.<br />

Le présent manuscrit donne un aperçu sur les options actuelles de traitement pour le cancer du poumon<br />

métastatique. En outre, des perspectives sur les futures options de traitement sont fournies.<br />

Mots-clés: cancer du poumon – cancer du poumon à petites cellules – cancer du poumon non à<br />

petites cellules – chimiothérapie – traitement personnalisé<br />

Zusammenfassung<br />

Lungenkrebs ist einer der häufigsten bösartigen Tumoren weltweit. Eine Mehrzahl der Patienten wird<br />

in einem metastasierten Stadium diagnostiziert. In dieser Situation ist die Krankheit nicht mehr<br />

heilbar. Palliative Therapiemassnahmen können das Überleben der Patienten verlängern und die<br />

Krankheitssymptome lindern. Lungenkrebs lässt sich basierend auf der Histologie und der Molekularbiologie<br />

in verschiedene Untergruppen einteilen. Die wichtigste Unterscheidung ist jene zwischen<br />

kleinzelligem und nicht-kleinzelligem Lungenkrebs. Gerade beim nicht-kleinzelligen Lungenkrebs<br />

konnten sich in den letzten Jahren neue Therapien etablieren, die mit einer verbesserten Prognose<br />

einhergehen. Dieser Artikel gibt eine Übersicht zu den aktuellen Therapieoptionen beim metastasierten<br />

Lungenkrebs und stellt zukünftige Entwicklungen bei dieser Krankheit dar.<br />

Schlüsselwörter: Bronchialkarzinom – nicht-kleinzelliges Bronchialkarzinom – kleinzelliges<br />

Bronchialkarzinom – Chemotherapie – zielgerichtete Therapie<br />

Diagnostik und insbesondere der histologischen<br />

und molekularen Analyse des<br />

Tumormaterials eine wichtige Bedeutung<br />

zu. Für bestimmte Subgruppen (insbesondere<br />

zielgerichtet behandelbare Untergruppen<br />

des Adenokarzinoms) hat sich<br />

die Prognose verbessert. Allerdings bleibt<br />

die Prognose für eine Vielzahl der Patienten,<br />

unter anderem mit kleinzelligem<br />

Bronchialkarzinom und Plattenepithelkarzinom<br />

ungünstig. Hier besteht Grund<br />

zur Hoffnung, dass die neuen Immuntherapien<br />

eine Verbesserung der Prognose<br />

erzielen können.<br />

■<br />

Korrespondenzadresse<br />

Dr. med. Dr. phil. nat.<br />

Sacha Rothschild<br />

Medizinische Onkologie<br />

Universitätsspital Basel<br />

Petersgraben 4<br />

4031 Basel<br />

sacha.rothschild@usb.ch<br />

Interessenskonflikt: Der Autor deklariert<br />

Honorare für Advisory Boards von BMS,<br />

Boehringer-Ingelheim, Eli-Lilly, <strong>No</strong>vartis,<br />

Pfizer und Roche sowie Honorare für eingeladene<br />

Vorträge von BMS, Boehringer-<br />

Ingelheim, <strong>No</strong>vartis und Roche empfangen<br />

zu haben.<br />

Manuskript eingereicht: 2.3.2015, revidierte<br />

Fassung angenommen: 23.3.2015<br />

Bibliografie<br />

1. Siegel RL, Miller KD, Jemal A: Cancer statistics,<br />

2015. CA Cancer J Clin 2015; 65: 5–29<br />

2. Nationales Institut für Krebsepidemiologie<br />

und Registrierung ( NICER), Schweizer Kinderkrebsregister:<br />

Krebs in der Schweiz –<br />

Stand und Entwicklung von 1983 bis 2007.<br />

Bundesamt für Statistik 2011. www.bfs.admin.ch/bfs/portal/de/…/publikationen.<br />

Document.139428.pdf. Letzter Zugriff: Dezember<br />

2014<br />

3. Blanco R, Maestu I, de la Torre MG, Cassinello<br />

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lung cancer. Ann Oncol 2015; 26: 451–463.<br />

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year 2015: does lung cancer have the highest<br />

death rate in EU women? Ann Oncol 2015;<br />

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5. Kris MG, Johnson BE, Berry LD, et al.: Using<br />

multiplexed assays of oncogenic drivers in<br />

lung cancers to select targeted drugs. JAMA<br />

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lung-cancer mortality with low-dose<br />

computed tomographic screening. N Engl J<br />

Med 2011; 365: 395–409.<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

47


PERSPECTIVES<br />

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treatment progress and prospects. Oncology<br />

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compared with cisplatin/<br />

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with extensive disease small-cell lung cancer:<br />

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trial. J Thorac Oncol 2012; 7: 1432–1439.<br />

10. Owonikoko TK, Behera M, Chen Z, et al.: A<br />

systematic analysis of efficacy of second-line<br />

chemotherapy in sensitive and refractory<br />

small-cell lung cancer. J Thorac Oncol 2012;<br />

7: 866–872.<br />

11. Scagliotti G, Hanna N, Fossella F, et al.: The<br />

differential efficacy of pemetrexed according<br />

to NSCLC histology: a review of two Phase III<br />

studies. Oncologist 2009; 14: 253–263.<br />

12. Rothschild S, Zippelius A, Betticher DC, et al.:<br />

Neue Therapiekonzepte beim Bronchuskarzinom.<br />

Schweiz Med Forum 2011; 11: 941–947.<br />

13. Melosky B: Review of EGFR TKIs in Metastatic<br />

NSCLC, Including Ongoing Trials. Front<br />

Oncol 2014; 4: 244.<br />

Key messages<br />

• Lungenkrebs wird histologisch in das kleinzellige und das nicht-kleinzellige Bronchialkarzinom<br />

unterteilt, was für therapeutische Entscheidungen von Bedeutung ist.<br />

• Das Adenokarzinom der Lunge wird basierend auf molekularbiologischen Veränderungen in weitere<br />

Untergruppen unterteilt, wobei einzelne dieser Subgruppen einer zielgerichteten Therapie zugänglich<br />

sind.<br />

• Eine frühzeitige, umfassende palliative Versorgung von Patienten mit metastasiertem Lungenkrebs<br />

unter Einbezug des Hausarztes, der Angehörigen und Fachspezialisten ist von grosser Wichtigkeit.<br />

• Immuntherapeutische Ansätze bieten eine vielversprechende Behandlungsmöglichkeit in der Zukunft.<br />

Lernfragen<br />

1. Für welche Untergruppe des Bronchialkarzinoms sollte bei der Diagnosestellung eine molekulare<br />

Analyse erfolgen, um dem Patienten eine zielgerichtete Therapie anbieten zu können? <br />

(Einfachauswahl, 1 richtige Antwort)<br />

a) Kleinzelliges Bronchialkarzinom<br />

b) Plattenepithelkarzinom<br />

c) Adenokarzinom<br />

d) Grosszelliges Karzinom<br />

2. Welches ist die Standardbehandlung beim metastasierten kleinzelligen Bronchialkarzinom? <br />

(Einfachauswahl, 1 richtige Antwort)<br />

a) Chemotherapie<br />

b) Radiotherapie<br />

c) Kombinierte Radio-Chemotherapie<br />

d) Immuntherapie<br />

3. Welche molekulare Veränderung beim Adenokarzinom der Lunge kann mit einer zugelassenen<br />

zielgerichteten Behandlung therapiert werden? (Einfachauswahl, 1 richtige Antwort)<br />

a) ROS1<br />

b) BRAF<br />

c) KRAS<br />

d) EGFR<br />

14. Rothschild SI, Gautschi O: Crizotinib in the<br />

treatment of non – small-cell lung cancer.<br />

Clin Lung Cancer 2013; 14: 473–480.<br />

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Title. <strong>No</strong>n-Small Cell Lung Cancer (Version<br />

3.2014). http://www.nccn.org/professionals/<br />

physician_gls/pdf/nscl.pdf.<br />

16. Chouaid C, Dujon C, Do P, et al.: Feasibility<br />

and clinical impact of re-biopsy in advanced<br />

non small-cell lung cancer: A prospective<br />

multicenter study in a real-world setting ( -<br />

GFPC study 12–01). Lung Cancer 2014; 86:<br />

170–173.<br />

17. Rossi A, Chiodini P, Sun JM, et al.: Six versus<br />

fewer planned cycles of first-line platinum-based<br />

chemotherapy for non-smallcell<br />

lung cancer: a systematic review and<br />

meta-analysis of individual patient data.<br />

Lancet Oncol 2014; 15: 1254–1262.<br />

18. Rothschild SI, Gautschi O: Maintenance<br />

therapy for patients with advanced nonsmall<br />

cell lung cancer: Who to treat and how<br />

to treat? Mag Eur Med Oncol 2011; 4: 19–22.<br />

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Therapy for Advanced NSCLC. Oncologist<br />

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Early palliative care for patients with metastatic<br />

non-small-cell lung cancer. N Engl J<br />

Med 2010; 363: 733–742.<br />

21. Alberg AJ, Ford JG, Samet JM, et al: Epidemiology<br />

of lung cancer: ACCP evidence-based<br />

clinical practice guidelines (2nd edition).<br />

Chest 2007; 132: 29S–55S.<br />

22. Jadus MR, Natividad J, Mai A, et al.: Lung<br />

cancer: a classic example of tumor escape<br />

and progression while providing opportunities<br />

for immunological intervention. Clin<br />

Dev Immunol 2012; 2012: 160724.<br />

23. Rothschild SI, Thommen DS, Moersig W,<br />

Müller P, Zippelius A: Cancer immunology<br />

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Swiss Med Wkly 2015; 145: w14066.<br />

24. Brahmer J, Reckamp KL, Baas P, et al.:<br />

Nivolumab versus Docetaxel in Advanced<br />

Squamous-Cell <strong>No</strong>n-Small-Cell Lung Cancer.<br />

N Engl J Med 2015 May 31; Epub ahead<br />

of print.<br />

Antworten zu den Lernfragen<br />

1. Antwort c) ist richtig.<br />

2. Antwort a) ist richtig.<br />

3. Antwort d) ist richtig.<br />

48 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


PERSPECTIVES<br />

L’objet choisi<br />

Docteur Putto<br />

Prof. Iris Ritzmann, historienne de la médecine, Zurichh<br />

Vais-je guérir? Cette question préoccupe<br />

les malades. <strong>No</strong>tamment lorsqu’ils vivent<br />

dans une société sans assurance-maladie,<br />

sans certificat médical et sans AI. Il n’y a<br />

pas si longtemps encore, dans de nombreuses<br />

régions de Suisse, la maladie représentait<br />

une menace existentielle pour<br />

des familles entières.<br />

Les médecins, de l’Antiquité à l’époque des<br />

Lumières, lisaient la réponse à la question<br />

cruciale dans la matula qu’ils examinaient<br />

à la lumière. La couleur et la<br />

consistance voire même l’odeur et le goût<br />

de l’urine fournissaient des indications sur<br />

la maladie dont étaient atteints les patients<br />

ainsi qu’un pronostic. Au cours des<br />

siècles, l’uroscopie a fait partie des actes<br />

médicaux fondamentaux. La matula ornait<br />

donc très souvent les représentations<br />

du médecin prémoderne.<br />

Dans la salle baroque de la Bibliothèque<br />

abbatiale de St-Gall, un putto joufflu qui<br />

examine d’un œil aguerri la matula se<br />

trouve dans une petitWe niche en bois, pris<br />

entre les précieux imprimés. Ce personnage,<br />

un enfant enveloppé dans un drap<br />

en or, symbolise un médecin. Le putto fait<br />

partie de l’inventaire de la bibliothèque.<br />

Actuellement, il a cependant une signification<br />

très particulière: dans l’exposition<br />

«Abracadabra», la Bibliothèque abbatiale<br />

présente ses plus précieux manuscrits médicaux.<br />

Des documents uniques du Moyen<br />

Age qui se situent entre magie et art médical.<br />

<br />

■<br />

«Abracadabra» –<br />

Medizin im Mittelalter<br />

Exposition du 8 mars au<br />

6 novembre <strong>2016</strong><br />

Stiftsbibliothek St. Gallen<br />

Klosterhof 6D, 9004 St. Gallen<br />

Heures d’ouverture de la salle<br />

baroque avec exposition<br />

Lundi au vendredi,<br />

10h00–17h00<br />

http://www.stibi.ch/de-ch/museum<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

49


MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong><br />

Comprendre les assurances:<br />

l’assurance véhicules à moteur<br />

La plupart des usagers de la route savent plus ou moins ce que la couverture de l’assurance<br />

responsabilité civile obligatoire et de l’assurance casco partielle ou complète comprennent pour<br />

les véhicules à moteur. Cependant, certaines particularités s’appliquent pour les médecins<br />

et le personnel médical spécialisé. MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong> les présente au moyen du modèle<br />

des phases de vie.<br />

Christoph Bohn, collaborateur indépendant MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong><br />

Un dégât de carrosserie est vite arrivé<br />

quand on se déplace en voiture. Suivant<br />

les circonstances, le dommage peut toucher<br />

d’autres personnes ou des choses de<br />

tiers. L’assurance véhicules à moteur vous<br />

offre, le cas échéant, une couverture adaptée<br />

à vos besoins individuels.<br />

Une règle très simple s’applique pour la<br />

couverture d’assurance dans le domaine<br />

des véhicules à moteur: l’assurance responsabilité<br />

civile est obligatoire pour tous<br />

les véhicules. L’assurance casco partielle<br />

ou complète est facultative pour tous les<br />

véhicules à moteur.<br />

L’assurance<br />

responsabilité civile<br />

L’assurance responsabilité civile prescrite<br />

par la loi couvre les dommages corporels<br />

et/ou matériels causés par l’exploitation<br />

du véhicule à moteur assuré et cela indépendamment<br />

de qui conduisait le véhicule<br />

au moment du sinistre. L’assurance<br />

responsabilité civile protège aussi contre<br />

les prétentions injustifiées de tiers (protection<br />

juridique passive).<br />

Celui qui veut immatriculer un véhicule<br />

doit présenter une attestation d’assurance<br />

au service des automobiles, faute de quoi<br />

une immatriculation n’est pas possible. Il<br />

est ainsi garanti que le véhicule immatriculé<br />

bénéficie effectivement d’une couverture<br />

de responsabilité civile. Une assurance<br />

responsabilité civile constitue donc<br />

la couverture minimale pour un véhicule<br />

à moteur.<br />

L’assurance casco partielle<br />

et complète<br />

L’assurance casco facultative complète<br />

l’assurance responsabilité civile et couvre<br />

les dommages au propre véhicule, la casco<br />

complète couvre également les dommages<br />

de collision.<br />

L’assurance casco partielle couvre les<br />

dommages suivants à votre véhicule: vol,<br />

incendie, dégâts naturels (éboulement de<br />

rochers, chute de pierres, glissement de<br />

terrain, inondation, grêle, tempête, pression<br />

de la neige, avalanche), coulée de<br />

neige (chute de neige ou de glace), bris de<br />

glace, collision avec des animaux, dommages<br />

occasionnés par des fouines, actes<br />

de vandalisme, dommages consécutifs à<br />

l’assistance prêtée lors d’un accident et<br />

chute d’objets tels qu’aéronefs ou parties<br />

d’aéronefs.<br />

Il s’agit d’une assurance casco complète<br />

lorsqu’en plus des risques susmentionnés,<br />

les dommages au propre véhicule à la<br />

suite d’une collision sont également assurés.<br />

L’assurance casco complète offre<br />

donc, comme son nom l’indique, une<br />

couverture complète.<br />

Options d’assurance<br />

Outre l’assurance responsabilité civile,<br />

casco partielle et complète, il existe de<br />

nombreuses autres options pour adapter<br />

la couverture d’assurance à ses besoins.<br />

Cela comprend notamment la protection<br />

50 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong><br />

du bonus, la couverture en cas de faute<br />

grave, les dommages au véhicule parqué,<br />

l’assurance-accidents pour occupants du<br />

véhicule, l’assurance en cas de panne, etc.<br />

Que signifient «faute grave» ou «protection<br />

du bonus»? On entend par «faute<br />

grave» les situations dans lesquelles un<br />

sinistre en responsabilité civile a été causé<br />

par une faute grave. Par exemple si le<br />

conducteur brûle un feu rouge ou franchit<br />

une ligne de sécurité continue. La protection<br />

en cas de faute grave empêche qu’en<br />

cas de sinistre, l’assureur ne se retourne<br />

contre la personne responsable de l’accident<br />

et lui impose une participation aux<br />

frais du dommage ou réduise les prestations<br />

en cas de collision. Les sinistres causés<br />

sous l’influence de l’alcool, de drogues<br />

ou d’abus de médicaments sont exclus de<br />

cette couverture.<br />

Pour expliquer la protection du bonus, il<br />

est important de comprendre la situation<br />

suivante: le conducteur qui roule pendant<br />

plusieurs années sans dommage de collision<br />

profite d’une réduction de sa prime.<br />

Les frais de primes baissent donc en cas<br />

d’absence de sinistre, jusqu’à atteindre<br />

l’échelon le plus bas du système de primes<br />

respectif. On appelle cela «bonus» ou<br />

«degré de bonus». Si un sinistre qui doit<br />

être pris en charge par l’assurance se produit,<br />

la prime pour les années suivantes<br />

augmente considérablement, on perd le<br />

«bonus» ou une partie de celui-ci. On<br />

peut cependant protéger son bonus et<br />

conclure une «protection du bonus». Le<br />

bonus demeure ainsi inchangé après un<br />

dommage de collision (généralement, la<br />

protection s’applique pour un sinistre par<br />

année).<br />

L’assurance véhicule à moteur en un clin d’œil:<br />

– L’assurance responsabilité civile est prescrite par la loi et prend en charge les dommages que<br />

l’on cause à des tiers.<br />

– L’assurance casco couvre les dommages au propre véhicule, la casco complète couvre également<br />

les dommages de collision.<br />

– L’assurance-accidents paie pour les occupants du véhicule, indépendamment de la question de<br />

la responsabilité. Les prestations convenues (capital et/ou indemnités journalières, frais de guérison)<br />

sont allouées en plus d’éventuelles autres assurances de personnes.<br />

– L’assurance de protection juridique vous soutient pour exercer vos prétentions en dommagesintérêts.<br />

– Les options telles que la protection du bonus, la faute grave, la protection contre les sinistres à<br />

l’étranger et les dommages au véhicule parqué complètent la solution individuelle.<br />

– MediDRIVE pour médecins: une meilleure protection – pour leurs déplacements professionnels<br />

et privés.<br />

– Primes avantageuses pour les membres MEDISERVICE auprès de nos partenaires Allianz Suisse<br />

et Zurich.<br />

Avantages pour les<br />

membres de MEDISERVICE<br />

Des études montrent que la majorité des<br />

médecins a un style de conduite conscient<br />

et adapté. Grâce à cela, MEDISERVICE a<br />

pu convenir avec ses partenaires dans le<br />

domaine de l’assurance véhicules à moteur<br />

de solutions particulièrement attractives<br />

pour les médecins.<br />

MEDISERVICE se tient à disposition de ses<br />

membres pour répondre à leurs questions<br />

liées à l’assurance véhicules à moteur. En<br />

effet, dans ce domaine aussi, il est important<br />

de disposer d’une assurance individuelle<br />

adaptée au mieux. En tant qu’organisation<br />

de prestations de service de<br />

l’<strong>ASMAC</strong>, MEDISERVICE connaît parfaitement<br />

les profils de risque des médecins.<br />

Le modèle des phases de vie spécialement<br />

développé (http://www.mediservice-vsao.<br />

ch/fr/phases-de-vie) montre quelles personnes<br />

doivent se pencher de plus près sur<br />

le thème de l’assurance véhicules à moteur<br />

et d’autres sujets d’assurance. Il s’agit<br />

d’éviter des surprises qui peuvent coûter<br />

cher.<br />

Attention: les membres de MEDISERVICE<br />

VSAO-<strong>ASMAC</strong> bénéficient de primes plus<br />

avantageuses chez les partenaires d’assurance<br />

véhicules à moteur leader Allianz<br />

Suisse et Zurich!<br />

Cet article clôt notre série «Comprendre<br />

les assurances». Si vous avez des questions<br />

concernant les assurances, adressez-vous<br />

à MEDISERVICE. <strong>No</strong>us vous<br />

apportons un soutien professionnel et<br />

efficace.<br />

■<br />

52 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong><br />

Le médecin-conseil, un partenaire<br />

important des assureurs<br />

Les médecins-conseils occupent une place essentielle en tant que trait d’union entre la<br />

corporation des médecins et les assurances-maladie. Dès lors, SWICA attache beaucoup de<br />

poids à la qualité de la collaboration entre les parties, cela pour le bien de chacun.<br />

Gioia Zogg, spécialiste en communication d’entreprise SWICA<br />

Dans notre système actuel de droit du travail<br />

et des assurances sociales, les médecins-conseils<br />

jouent un rôle charnière. En<br />

cas de contestation autour du versement<br />

du salaire ou de prestations d’assurance,<br />

ils constituent souvent un partenaire important<br />

auquel il convient de faire appel<br />

pour arrêter une décision.<br />

Pour les assureurs-maladie aussi, les liens<br />

de collaboration avec ces praticiens sont<br />

primordiaux. SWICA recourt aux services<br />

de 27 médecins-conseils qu’elle désigne<br />

aussi par le terme de «médecins experts».<br />

Deux d’entre eux sont des salariés de l’entreprise,<br />

dont l’un est le D r Joachim<br />

Vaeckenstedt, responsable du Service du<br />

médecin-conseil de SWICA. A cette entité<br />

sont rattachés 25 autres médecins répartis<br />

dans toute la Suisse et travaillant sur la<br />

base de mandats. «La plupart des médecins-conseils<br />

ne sont pas des salariés des<br />

assurances mais remplissent la mission<br />

qui leur est confiée en tant qu’activité accessoire»,<br />

précise le D r Vaeckenstedt.<br />

«Comme partout ailleurs, le taux d’occupation<br />

que représentent les tâches accomplies<br />

en tant que médecin-conseil ne dépasse<br />

généralement pas 5%.»<br />

Indépendance garantie<br />

La loi sur l’assurance-maladie obligatoire<br />

(art. 57 LAMal) affirme expressément que<br />

le médecin-conseil procède à l’évaluation<br />

de questions médicales en toute autonomie,<br />

à savoir que ni les assureurs ni les<br />

Pour d’autres informations sur la médecine de l’assurance<br />

et la formation complémentaire dispensée dans ce<br />

domaine, consultez le site www.medecins-conseils.ch.<br />

MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong> et SWICA entretiennent depuis<br />

de nombreuses années un partenariat au profit des<br />

membres de MEDISERVICE. Vous trouverez de plus amples<br />

informations à l’adresse suivante: www.swica.ch/fr-ch/<br />

partner/ps-vsao-asmac/vsao-asmac/avantages-swica.<br />

fournisseurs de prestations ne peuvent lui<br />

donner de directives. Afin que l’indépendance<br />

du médecin-conseil demeure garantie,<br />

SWICA définit sa position au sein de<br />

l’organisation de telle manière qu’aucun<br />

conflit d’intérêts ne puisse surgir. «Dans le<br />

but d’assurer cette indépendance, le médecin-conseil<br />

n’émet que des appréciations<br />

ayant valeur de recommandations et non<br />

pas des verdicts définitifs. Quant à la suite<br />

donnée à ces évaluations, elle dépend très<br />

fortement des circonstances entourant les<br />

cas concrets. Il appartient à la partie qui a<br />

confié le mandat au sein de SWICA d’en<br />

décider», explique le D r Vaeckenstedt.<br />

La préservation de l’indépendance du praticien<br />

n’est toutefois pas l’unique élément<br />

caractérisant la coopération entre les médecins-conseils<br />

et SWICA. Dans ce cadre,<br />

on accorde également une grande place<br />

au respect de la protection et de la sécurité<br />

des données. En particulier, s’agissant<br />

de l’échange des données dont SWICA a<br />

besoin pour l’octroi de ses prestations, des<br />

mesures très strictes d’ordre technique et<br />

organisationnel sont appliquées afin de<br />

protéger la personnalité des patients et des<br />

assurés. Les clients peuvent avoir dès lors<br />

toute confiance que leurs données sont<br />

traitées avec le soin voulu.<br />

Questions fréquentes<br />

au sujet de la «conformité<br />

EAE»<br />

Les médecins-conseils de SWICA collaborent<br />

étroitement avec le département<br />

Prestations, ainsi qu’avec le service des<br />

recours et le service juridique. Parmi les<br />

questions que lui soumettent ces organismes<br />

internes figurent pour une bonne<br />

moitié des évaluations médicales à effectuer<br />

en lien avec la «conformité EAE»<br />

d’un traitement donné. Le sigle «EAE»<br />

signifie «efficacité, adéquation et économicité»,<br />

et ce n’est que lorsque ces trois<br />

critères sont remplis qu’un assureur est<br />

tenu de prendre en charge des prestations<br />

de soins. De nombreuses questions posées<br />

tournent autour des indications thérapeutiques<br />

ou des prestations fournies et de<br />

leur facturation. «Il y a aussi des mesures<br />

médicales à soumettre en vertu de la loi<br />

au médecin-conseil avant leur remboursement,<br />

telles celles prescrites à des fins de<br />

convalescence ou dans le cas des psychothérapies<br />

ambulatoires comprenant plus<br />

de 40 séances», précise encore le D r Joachim<br />

Vaeckenstedt. «Répondre à ces questions<br />

obligatoires représente également<br />

une partie importante de notre travail.»<br />

A SWICA, la procédure en matière de soumission<br />

de questions au médecin-conseil<br />

se déroule quasi exclusivement par voie<br />

électronique. Ce mode de faire, de même<br />

que l’existence d’un vaste réseau de médecins-conseils<br />

de SWICA dans toute la<br />

Suisse permettent la résolution rapide et<br />

efficace des problèmes soumis. Si nécessaire,<br />

le service du médecin-conseil de<br />

SWICA opère même à l’étranger de manière<br />

à garantir la diligence indispensable.<br />

Une bonne collaboration<br />

entre SWICA et les<br />

médecins profite à tous<br />

Les médecins-conseils de SWICA jouent le<br />

rôle de trait d’union entre l’Organisation<br />

de santé et les praticiens. «La coopération<br />

avec les collègues médecins est excellente,<br />

affirme le D r Vaeckenstedt, et cela est important<br />

pour toutes les parties.» Car<br />

lorsque les médecins traitants saisissent en<br />

temps utile les médecins-conseils en cas de<br />

problème avec les assureurs-maladie, par<br />

exemple dans l’hypothèse de conflits sur<br />

des aspects médicaux ou tarifaires, on<br />

prévient souvent du travail pénible en aval.<br />

«SWICA a bonne réputation auprès des<br />

médecins. Ils savent que son service du<br />

médecin-conseil est pour eux un partenaire<br />

à la fois fiable et compétent», relève<br />

encore le D r Joachim Vaeckenstedt. ■<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

53


MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong><br />

BOÎTE<br />

AUX LETTRES<br />

Des voisins en or. Ils vident nos boîtes aux lettres, s’occupent de nos<br />

animaux en notre absence, les enfants jouent ensemble et de belles<br />

amitiés peuvent se nouer au fil des ans. Le tableau n’est malheureusement<br />

pas toujours aussi idyllique. Que faire quand la musique résonne<br />

jusque tard dans la nuit ou qu’il est impossible de profiter de son<br />

balcon à cause de la fumée des grillades d’à côté.<br />

Le bruit est l’un des points de discorde récurrents. Dans toute forme de cohabitation, il<br />

y a toujours certaines nuisances sonores qu’il est impossible d’éviter. Toutefois, il arrive<br />

que la limite autorisée soit dépassée. Les heures de repos sont clairement définies dans<br />

le règlement intérieur ou, à défaut, dans le règlement appliqué dans la plupart des<br />

cantons. Les règles suivantes y sont stipulées:<br />

• Heures de repos générales de 12h à 13h et de 20h à 22h; interdiction de faire trop de<br />

bruit le dimanche.<br />

• Repos nocturne pendant la semaine de 22h à 7h.<br />

• Repos nocturne le vendredi et le samedi de 23h à 7h.<br />

Alexandra Pestalozzi, avocate<br />

spécialisée en droit immobilier,<br />

AXA-ARAG Protection juridique SA<br />

Adopter un comportement respectueux: quelques conseils<br />

• Ecoutez la musique ou la télévision à un volume sonore ambiant ou avec des écouteurs,<br />

car souvent, les voisins n’entendent que les basses. Des matériaux absorbant le<br />

bruit placés sous les haut-parleurs peuvent limiter efficacement les émissions sonores.<br />

• Un immeuble collectif n’est pas conçu pour des fêtes tardives. Quand vous organisez<br />

une fête, avertissez vos voisins par une affichette sur la porte de l’immeuble ou un<br />

mot dans leur boîte aux lettres. Et pourquoi ne pas les inviter à l’apéritif!<br />

• Achetez un barbecue à gaz qui émet moins de fumée et détend les rapports de voisinage.<br />

Si, en été, votre voisin ne supporte pas les barbecues quotidiens, espacez-les et<br />

allumez votre barbecue tous les 15 jours. Privilégiez le dialogue avec votre voisin!<br />

• En semaine, restez discret quand vous discutez sur le balcon après 20h.<br />

• La radio n’a pas non plus sa place sur un balcon.<br />

• Les dimanches et les jours fériés ainsi qu’aux heures de repos, il est interdit de tondre<br />

la pelouse.<br />

Comment procède l’assurance de protection juridique en cas de litige?<br />

Il convient de procéder par étapes. <strong>No</strong>us examinons la situation avec le preneur d’assurance<br />

et définissons la procédure la mieux adaptée. Dans un premier temps, nous<br />

cherchons une solution à l’amiable, notre objectif étant que le preneur d’assurance,<br />

lequel bénéficie de notre aide, puisse trouver une solution durable et qu’il puisse de<br />

nouveau vivre en paix avec ses voisins. <strong>No</strong>us agissons ainsi dans le but de détendre<br />

l’atmosphère avant que le conflit n’empire.<br />

Lorsqu’un conflit entre voisins a pris une ampleur telle qu’aucune solution à l’amiable<br />

n’a pu être trouvée ou lorsqu’un bailleur n’agit pas comme souhaité, nous exigeons en<br />

tant qu’assurance de protection juridique que les droits de notre preneur d’assurance<br />

soient respectés auprès de la partie adverse. ■<br />

AXA-ARAG propose aux membres de MEDISERVICE une assurance de protection<br />

juridique à des conditions très avantageuses. Vous avez d’autres questions? N’hésitez<br />

pas à vous adresser à votre interlocuteur MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong>.<br />

Amateurs de grillades, ce message s’adresse à vous: AXA-ARAG et MEDISERVICE<br />

VSAO-<strong>ASMAC</strong> mettent en jeu cinq sets d’ustensiles pour la viande. Il vous suffit d’envoyer<br />

un e-mail en précisant «Grillade» dans l’objet (info@mediservice-asmac.ch).<br />

Les cinq premiers recevront leur set par la poste.<br />

54 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>


MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong><br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

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MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong><br />

Un solide pilier pour<br />

le troisième âge<br />

L’espérance de vie croît, les taux de conversion des caisses de pension baissent. Parallèlement, le<br />

Parlement examine la réforme de l’AVS et de la LPP dans le cadre d’un projet appelé «Prévoyance<br />

vieillesse 2020». Dans ce contexte pour le moins incertain, déjà plus de la moitié de la population<br />

suisse mise sur le troisième pilier. Par ailleurs, l’épargne-vieillesse commence toujours plus tôt.<br />

Roland Koller, membre du comité de direction, responsable Vente et Marketing,<br />

Assurance des Médecins Suisses société coopérative<br />

Les derniers développements dans le domaine<br />

de la prévoyance mettent un point<br />

en exergue: les personnes qui commencent<br />

tôt à se constituer un patrimoine<br />

de prévoyance s’assurent un précieux apport<br />

financier pour leur retraite, en complément<br />

aux prestations de l’AVS ou de la<br />

caisse de pension. Une étude représentative<br />

sur la prévoyance du pilier 3a, effectuée<br />

en 2015 par l’institut d’étude du marché<br />

Demoscpoe, à la demande de la<br />

Banque CIC Suisse, indique que la population<br />

distingue les signes du temps. Il en<br />

ressort en effet que la part de personnes<br />

possédant en Suisse un compte du pilier<br />

3a a passé pour la première fois la barre<br />

des 50% (51%). En 2012, l’étude précédente<br />

recensait encore une part évaluée à<br />

44%. L’épargne privée du plier 3a (prévoyance<br />

liée), soutenue par la Confédération,<br />

est donc de plus en plus sollicitée.<br />

MediFlex 3a – le produit<br />

d’épargne flexible pour les<br />

médecins<br />

Demandez conseil aux spécialistes de MEDISERVICE<br />

VSAO-<strong>ASMAC</strong> ou commandez une offre sans engagement<br />

sur le site Internet de l’Assurance des Médecins Suisses,<br />

à l’adresse www . va-cooperative.ch.<br />

Il est important de<br />

commencer tôt à épargner<br />

L’étude Demoscope de 2015 a également<br />

examiné la question de savoir quel est le<br />

taux de personnes choisissant d’épargner<br />

de façon précoce. Il en ressort les conclusions<br />

suivantes: «Les jeunes épargnants<br />

commencent nettement plus tôt la constitution<br />

d’une prévoyance privée. Tandis<br />

que plus de la moitié (56%) des épargnants<br />

du pilier 3a de moins de 35 ans a<br />

commencé à cotiser dans la prévoyance<br />

privée déjà avant 25 ans, cette part représente<br />

juste 5% parmi les épargnants de<br />

plus de 55 ans. La confiance de la jeune<br />

génération envers les deux premiers piliers<br />

obligatoires semble donc relative. Il se<br />

dégage clairement que les romands commencent<br />

plus tôt leur épargne dans le pilier<br />

3a (39% avant le 25e anniversaire). Il<br />

est indéniablement judicieux de commencer<br />

tôt à épargner, car l’avoir accumulé se<br />

développe de façon particulièrement profitable<br />

grâce aux intérêts et à l’effet de<br />

cumul d’intérêts. En considérant également<br />

la déduction fiscale, même dans les<br />

périodes d’intérêts bas, le patrimoine de<br />

prévoyance présente un rendement intéressant.<br />

Banque ou assurance<br />

<strong>No</strong>n seulement les banques mais aussi les<br />

assurances proposent des épargnes fiscalement<br />

avantagées du pilier 3a. Outre le<br />

compte d’épargne classique, les banques<br />

offrent également d’autres possibilités,<br />

sous forme de fonds de placement. L’étude<br />

Demoscope précitée de mai 2015 révèle<br />

toutefois que 72% des clients de comptes<br />

bancaires du pilier 3a optent pour une<br />

épargne classique (placement cash). Les<br />

assurances aussi proposent les deux variantes:<br />

une variante d’épargne classique<br />

avec des primes fixes ou un produit combiné<br />

avec des fonds en valeurs mobilières.<br />

Quelles sont les principales différences<br />

entre les solutions bancaires et d’assurance?<br />

Il s’agit principalement des aspects<br />

suivants:<br />

––<br />

Sécurisation de l’avoir d’épargne en cas<br />

de faillite de la banque/assurance<br />

––<br />

Granrantie d’une prestation de capital<br />

convenue au moment de la retraite<br />

––<br />

Sécurisation de l’objectif d’épargne en<br />

cas d’incapacité de gain à la suite d’une<br />

maladie ou d’un accident<br />

––<br />

Flexibilité en termes de versement de<br />

primes<br />

––<br />

Conséquences de la résiliation du<br />

contrat, respectivement du changement<br />

de prestataire (possibles pertes de capital)<br />

Cela vaut toujours la peine de comparer<br />

différentes offres de banques et d’assurances.<br />

Les deux variantes présentent des<br />

avantages et des inconvénients qu’il<br />

convient d’examiner à la lumière des objectifs<br />

de prévoyance individuels. La<br />

constitution de plusieurs solutions 3a peut<br />

également présenter des avantages fiscaux<br />

lors de la perception du capital (retrait<br />

échelonné). ■<br />

N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong><br />

57


IMPRESSUM<br />

ADRESSES DE CONTACT DES SECTIONS<br />

N o 3 • 35 e année • <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong><br />

Editeur<br />

AG<br />

VSAO Sektion Aargau, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

téléphone 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

MEDISERVICE VSAO-<strong>ASMAC</strong><br />

Bahnhofplatz 10A, case postale, 3001 Berne<br />

Téléphone 031 350 44 88, fax 031 350 44 89<br />

journal@asmac.ch, journal@vsao.ch<br />

www.asmac.ch, www.vsao.ch<br />

Sur mandat de l’<strong>ASMAC</strong><br />

Rédaction<br />

Catherine Aeschbacher (rédactrice en chef),<br />

Franziska Holzner-Arnold, Kerstin Jost,<br />

Lukas Staub, Jan Vontobel, Sophie Yammine<br />

Comité directeur<br />

Daniel Schröpfer (président)<br />

Anja Zyska Cherix (vice-présidente), Angelo Barrile<br />

(vice-président), <strong>No</strong>ra Bienz, Christoph Bosshard,<br />

Cyrill Bühlmann, Michel Clément, Marc Oliver Eich<br />

(swimsa), Karin Etter, Lars Frauchiger,<br />

Dina-Maria Jakob, Gert Printzen, Miodrag Savic,<br />

Hervé Spechbach, Marius Suter<br />

Impression et expédition<br />

Stämpfli AG, Wölflistrasse 1, CH-3001 Bern<br />

Téléphone +41 31 300 66 66, info@staempfli.com<br />

www.staempfli.com<br />

Maquette<br />

Tom Wegner<br />

Annonces<br />

Ringier Axel Springer Schweiz AG, Fachmedien<br />

Förrlibuckstrasse 70, case postale, 8021 Zurich<br />

Téléphone 043 444 51 05, fax 043 444 51 01<br />

vsao@fachmedien.ch<br />

Tirage<br />

Exemplaires imprimés: 22 268<br />

Certification des tirages par la REMP/FRP 2015:<br />

21 136 exemplaires<br />

Fréquence de parution: 6 numéros par année<br />

L’abonnement est inclus dans la contribution<br />

annuelle pour les membres de l’<strong>ASMAC</strong><br />

ISSN 1422-2086<br />

L’édition n o 4/<strong>2016</strong> paraîtra en août <strong>2016</strong>.<br />

Sujet: Main et pied<br />

© <strong>2016</strong> by <strong>ASMAC</strong>, 3001 Berne<br />

Printed in Switzerland<br />

BL/BS<br />

BE<br />

VSAO Sektion beider Basel,<br />

Geschäftsleiterin und Sekretariat: lic. iur. Claudia von Wartburg, Advokatin,<br />

Hauptstrasse 104, 4102 Binningen, téléphone 061 421 05 95,<br />

Fax 061 421 25 60, sekretariat@vsao-basel.ch, www.vsao-basel.ch<br />

VSAO Sektion Bern, Geschäftsführung: Janine Junker, Gerhard Hauser,<br />

Schwarztorstrasse 7, 3007 Berne, téléphone 031 381 39 39,<br />

fax 031 381 82 41, bern@asmac.ch, www.vsao-bern.ch<br />

FR <strong>ASMAC</strong> section fribourgeoise, Gabriela Kaufmann-Hostettler, Wattenwylweg 21,<br />

3006 Bern, tél. 031 332 41 10, fax 031 332 41 12, info@gkaufmann.ch<br />

GE Associations des Médecins d’Institutions de Genève, case postale 23,<br />

Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4, 1211 Genève 14, amig@amig.ch, www.amig.ch<br />

GR<br />

JU<br />

Verband Schweizerischer Assistenz- und Oberärztinnen und -ärzte Sektion<br />

Graubünden, 7000 Chur, Samuel B. Nadig, lic. iur. HSG, RA Geschäftsführer/<br />

Verbandsjurist, Tel. +41 78 880 81 64, info@vsao-gr.ch / www.vsao-gr.ch<br />

ASMAJ c/o Karim Bayoumy, Rue de l’Église 6, 2800 Delémont,<br />

<strong>ASMAC</strong>.jura@gmail.com<br />

NE <strong>ASMAC</strong> section neuchâteloise, Joël Vuilleumier, avocat, Rue du Musée 6,<br />

Case postale 2247, 2001 Neuchâtel, tél. 032 725 10 11, vuilleumier@valegal.ch<br />

SG/AI/AR VSAO Sektion St.Gallen-Appenzell, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

téléphone 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

SO<br />

TI<br />

TG<br />

VD<br />

VS<br />

VSAO Sektion Solothurn, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

téléphone 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

<strong>ASMAC</strong>T, Associazione Medici Assistenti e Capiclinica Ticinesi,<br />

Avv. Lorenza Pedrazzini, c/o Ordine dei Medici del Cantone Ticino,<br />

Via Cantonale-Stabile Qi, 6805 Mezzovico-Vira,<br />

tél. 091 930 63 00, fax 091 930 63 01, lorenza.pedrazzini@gmail.com<br />

VSAO Sektion Thurgau, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

téléphone 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

ASMAV, case postale 9, 1011 Lausanne-CHUV,<br />

www.asmav.ch, asmav@asmav.ch<br />

ASMAVal, p.a. Maître Valentine Gétaz Kunz,<br />

Ruelle du Temple 4, CP 20, 1096 Cully, contact@asmaval.ch<br />

Suisse centrale<br />

VSAO Sektion Zentralschweiz, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

téléphone 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

Label de qualité Q-publication<br />

de l’association média suisses<br />

ZH<br />

Zürcher Spitalärzte und Spitalärztinnen VSAO, Dr. R. M. Reck,<br />

Bahnhofstrasse 3, 8610 Uster, téléphone 044 941 46 78, fax 044 941 46 67,<br />

info@vsao-zh.ch, www.vsao-zh.ch<br />

58 VSAO JOURNAL <strong>ASMAC</strong> N o 3 <strong>Juin</strong> <strong>2016</strong>

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