Architecture en Chine - Ordre des architectes du Québec (OAQ)

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Architecture en Chine - Ordre des architectes du Québec (OAQ)

à effet de serre, l’utilisation efciente de l’eau, la gestion adéquate des

matières résiduelles, la qualité de vie et les occasions à saisir en terme

d’acquisition de biens.

L’immeuble est donc situé à côté des infrastructures de transport en

commun : la station de métro de Longueuil et le terminus d’autobus de

l’Agence métropolitaine de transport (AMT). Le choix de cet emplacement

est complété par des incitatifs aux transports actifs, comme les

stationnements à vélo, les douches et les casiers. Pour Alain Webster, « ce

type d’investissement devrait être aussi normal pour un bâtiment que la

route qui y mène ». Une navette Longueuil-Sherbrooke à l’usage du

personnel comptabilise 500 déplacements par mois.

VERT À TOUS LES ÉTAGES

Le bâtiment, un campus vertical de 16 étages (dont trois de stationnement

pour des raisons réglementaires), est écoénergétique. La modélisation, à

l’aide du logiciel PEP d’Hydro-Québec, montre que la consommation devrait

ESQUISSES FÉVRIER-MARS 2010 I 25

être réduite de 50% par rapport à un bâtiment type. L’immeuble est chauffé

par récupération de chaleur, géothermie et chaudière à condensation au gaz

naturel. La géothermie a déjà été testée à Sherbrooke dans un bâtiment

construit il y a quatre ans. Ce dernier est désormais autosufsant jusqu’aux

températures extérieures de -13º C. L’université consacre d’ailleurs 2 M$

par an à son plan d’efcacité énergétique, pour un retour sur investissement

prévu en trois à sept ans, selon les actions. À Longueuil, la chaleur

des salles électriques et informatiques est récupérée an de chauffer non

seulement l’air, mais aussi l’eau, en complément d’un chauffe-eau à

condensation au gaz naturel. Les systèmes mécaniques et électriques

bénécient d’un contrôle central.

L’espace extérieur, exigu, a été aménagé pour être le plus vert possible.

L’eau de pluie est d’ailleurs récupérée pour alimenter les bassins. Le bâtiment,

lui, est doté d’équipements à faible débit d’eau. La lumière naturelle est

utilisée au maximum et les vitrages ont été choisis pour leur performance.

Dès la conception, une gestion des matières résiduelles à trois voies –

intégrant les matières compostables – a été prévue. Comme sur le campus

de Sherbrooke, le niveau « performance » du programme Ici on recycle, de

Recyc-Québec, devrait être atteint. Il suppose la mise en place de mesure

de réduction, réemploi et recyclage-valorisation pour une mise en valeur dépassant

80 %. De plus, l’organisation des lieux intérieurs favorise l’ouverture

et la communication entre différentes disciplines. « On ne peut plus se

permettre de faire comme d’habitude, de saucissonner et d’isoler chacun.

L’architecture doit reéter l’interdisciplinarité », explique le responsable.

DES LIMITES AUX AMBITIONS

Dans le même esprit, le processus d’acquisition du mobilier a été effectué

en conformité avec la politique d’approvisionnement responsable de

l’université, comme pour l’ensemble de la gestion courante des autres

activités. Pas si facile puisqu’il faut, bien sûr, respecter la Loi sur les contrats

des organismes publics (LCOP) qui n’autorise qu’une augmentation de

10 % des fourchettes de prix pour l’intégration des critères de développement

durable. « La démarche a malheureusement été limitée, regrette

l’économiste. Autant il est simple d’acheter du papier recyclé, autant, pour

un ameublement standard à grande échelle, nous n’avons pas eu de réponse

satisfaisante à nos appels d’offres.» Espérons que les fabricants de meubles

comprendront le message ! ■

CAMPUS DE LONGUEUIL DE L’UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE, MAROSI TROY, JODOIN LAMARRE PRATTE, LABBÉ ARCHITECTES, PHOTOS : KIM LACROIX

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