The Red Bulletin Decembre 2019 (FR)

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« Il ne faut pas

avoir peur de

se jeter dans

l’inconnu et

prouver à quel

point on croit

en ses rêves. »

ANALYSE

Jérôme Delafosse

inspecte la pile à

combustible qui convertit

l’hydrogène en

électricité (en haut).

SALLE DES MACHINES

Ici, l’eau de mer est

transformée en hydrogène

pour l’alimentation

du moteur électrique

(visible à droite).

renouvelables. C’est notre moyen

de stockage. Ensuite, lorsque nous

n’avons plus de soleil ni de vent, nous

envoyons l’hydrogène stocké sous

pression dans une pile à combustible

qui va le transformer en électricité.

C’est cela qui nous favorisera la navigation

de nuit par exemple.

Une bonne idée ne suffit pas. Il faut

aussi convaincre les gens…

Il faut les convaincre qu’on peut transformer

le monde !

Alors supposons que je veuille

créer une start-up ou révolutionner

l’approvisionnement

énergétique mondial contre les

intérêts d’opposants qui valent

des milliards...

Vous devez être sacrément motivé,

et trouver des alliés plus intelligents

et plus puissants qu’eux.

Et ensuite ?

Il ne faut pas avoir peur de se jeter

dans l’inconnu et prouver à quel

point on croit en ses rêves.

En prenant des risques financiers

personnels, par exemple ?

Lorsqu’on se lance dans un projet

comme ça, il y a toujours un facteur

de risque. Il y a les succès et il y a les

échecs qui font peur et douter, mais

à un moment donné, on arrive à un

point de non-retour. Peu importe ce

qu’il se passe, vous ne pouvez plus

revenir en arrière, vous devez réussir.

Comment vous est venue cette

idée ?

Victorien Erussard, mon ami et partenaire

de projet, qui en a développé

l’aspect technique, a remporté de

nombreuses régates et championnats,

mais il a perdu la Transat Jacques

Vabre parce que ses batteries l’ont

lâché. Nous avons donc eu l’idée de

construire un bateau qui pourrait

s’auto-alimenter en énergie.

Où en êtes-vous dans votre

odyssée ?

Nous avons déjà visité dix-sept pays.

La première année, nous n’avons

amarré que dans les ports français ;

l’année dernière, nous avons navigué

sur toute la Méditerranée. En 2019,

nous nous concentrons sur l’Europe

du Nord. Puis viendront l’Asie, le

Pacifique et la côte ouest des États-

Unis et, en 2022, l’Amérique centrale

et la côte est des États-Unis.

Cette entreprise est-elle particulièrement

risquée ?

Nous avons déjà été pris dans des

vents très violents et parfois « casse

bateau » quand la houle est très

serrée, comme en Méditerranée

entre Barcelone et Marseille. Le plus

inquiétant, c’est quand les vagues

viennent se fracasser sous la nacelle,

ça grince, ça craque, mais ça tient.

Nous sommes fiers car, si nous prouvons

que notre concept fonctionne

en milieu extrême, nous pourrons

l’adapter partout à terre, dès demain,

dans une maison, dans les villes et

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