The Red Bulletin Août 2019

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« Dans la rencontre,

je ne cherche pas des

gens comme moi. »

certains sports devraient être remboursés

par la sécu, car c’est la condition sine qua

non du bien-être. Le but de la vie, c’est

quand même de bien vivre, de passer une

bonne journée, de respirer correctement.

N’y a-t-il pas de la culpabilité dans la

notion de « bien vivre » ?

Si, mais ce n’est pas parce qu’il y en a qui

vivent moins bien que nous que nous le

devons aussi… Nous croyons bien vivre,

alors que nous sommes en train de nous

intoxiquer à petit feu.

Que faites-vous dans les moments de

découragement ?

Je me laisse surprendre. La dernière fois,

c’était par mon équipage : nous sommes

restés bloqués une semaine en Islande, le

bateau était hors d’état de naviguer. Les

gars ont trouvé une salle de concert avec

un super système sono, des machines à

fumée. Ils ont tendu des slacklines. Ezra a

amplifié le son des sangles, a mis un petit

instrument dessus, et fait de la musique

avec ; Dan s’est mis au piano. Ils ont répété

trois jours et donné une heure de concert

pour une centaine de personnes.

C’est là que la solidarité et le relais

avec l’équipe fonctionne.

Voilà. On a eu deux jours d’abattement,

et puis ça s’est mis en place. Rien n’arrive

par hasard…

ner les quarts, d’aller à sa banette pour

dormir, avant de remonter sur le pont.

Le projet passe par le fait de toucher

l’autre dans sa différence. Vous souhaitez

concerner un public large et varié,

par de nombreux biais.

Selon moi, il ne faut pas cloisonner. Il faut

se laisser surprendre. Les arts notamment,

c’est l’éternité en plus. On n’est pas obligé

d’être artiste pour apprendre à jouer d’un

instrument, ni pour travailler sa mémoire.

On n’est pas artiste pour quelqu’un

d’autre, mais pour soi. Cela mène à un

grand lâcher prise. Faire passer un message,

c’est une intuition. Pour y arriver, il

faut essayer de différentes manières. Ainsi

on trouve un équilibre, on bouge différemment,

on respire autrement. J’estime que

Avez-vous toujours fonctionné ainsi ?

Pas du tout ! Je suis dans le contrôle. Mon

père m’appelait Idéfix. Quand j’ai décidé

de faire quelque chose, je n’en démords

pas. Il m’a fallu du temps pour cesser de

me mettre la pression par rapport à l’avenir,

laisser faire les choses. Encore maintenant,

j’ai des montées d’angoisse : « On va

tous mourir ; le bateau va couler ; on va à

Dubaï, c’est de la folie, etc. » Le mental, le

soir sous les draps… Je suis une experte

pour me poser des questions.

Pourtant, se poser des questions, c’est

aussi donner du sens…

Trop de question, c’est trop de doutes. Le

mental prend le pas sur le cœur et l’intuition.

Alors que tout le projet Elemen’Terre

est là : revenir à des choses élémentaires

et faire confiance au Vivant pour bâtir

ensemble un futur désirable.

elementerre.earth

THE RED BULLETIN 63

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