NOUVELLES DE JÉRUSALEM - Pâques 2017

ecolebiblique

Les Nouvelles de Jérusalem sont une revue d'informations de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem, 2 à 3 fois par an, elles donnent un aperçu des travaux en cours en exégèse comme en archéologie, ici à Jérusalem. En voici le premier numéro couleurs en ligne. Les articles alternent français et anglais.

The Nouvelles de Jérusalem is an information review of the École Biblique et Archéologique française de Jérusalem, 2-3 times a year, they give an overview of the work in progress in both exegesis and archeology, here in Jerusalem. Here is the first color edition online. Articles are sometimes in French sometimes in English.

des choses nouvelles à dire sur

un tel sujet qui a été tant étudié

depuis plus d’un siècle. Je me

suis seulement emparé de ce dossier

archéologique avec un regard

d’ingénieur, ce qui me permet de

proposer une trame urbaine des

quartiers qui se sont développés

sous les dynasties hasmonéenne

et hérodienne, reprise par les Romains

lorsqu’ils ont transformé

Jérusalem en colonie romaine :

Aelia Capitolina.

Pourriez-vous citer quelquesunes

de vos premières découvertes

à propos de la Jérusalem

d’Hérode ?

Une première découverte – ou

plus exactement une confirmation

d’une thèse déjà développée

par un ancien élève de l’École

biblique, Yves Blomme 1 mais

passée inaperçue – est que l’arc

de l’Ecce Homo situé dans le

quartier musulman au-dessus de

la via dolorosa, n’est pas un arc

de triomphe datant de la période

d’Hadrien (2 ème siècle ap. J.-C.)

mais une porte de la ville voulue

par Hérode le Grand (fin du

1 er siècle avant J.-C.). Cela peut

1- Y. Blomme, « Faut-il revenir sur la datation

de l’arc de l’ “Ecce homo” ? », Revue

biblique 66 (1979), p. 244-271.

paraître anodin. En réalité, cela

bouleverse la vision qu’on pouvait

avoir de la ville : qui dit porte

de ville, dit aussi muraille ; qui

dit muraille, dit aussi deux quartiers

distincts situés de part et

d’autre, qui se sont développés à

des époques différentes. Ce n’est

pas le lieu pour entrer dans le

détail de ces questions mais cela

bouleverse un certain nombre

d’idées reçues.

Une seconde découverte est la

structure en patte d’oie des trois

rues (et non des deux rues), encore

inscrites dans la trame urbaine de

l’actuelle vieille ville aux abords

de la porte de Damas. Deux des

trois rues de la porte de Damas

sont bien connues puisqu’elles

sont empruntées quotidiennement

par des milliers de gens.

Par contre, la troisième, orientée

à l’est, passe souvent inaperçue

parce qu’elle a été comme oubliée

par les architectes de l’empereur

Hadrien qui ont embelli la ville

au 2 ème siècle ap. J.-C., lors de

sa transformation en colonie romaine.

Si cette rue a été oubliée,

c’est qu’elle a été voulue comme

telle à l’origine du quartier, qu’il

faut sans doute faire remonter

à l’époque hasmonéenne. On

ne peut détailler cette question

davantage ici. Mais, encore une

fois, cela ouvre des perspectives.

10 Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 93 - Pâques 2017

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