NOUVELLES DE JÉRUSALEM - Pâques 2017

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Les Nouvelles de Jérusalem sont une revue d'informations de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem, 2 à 3 fois par an, elles donnent un aperçu des travaux en cours en exégèse comme en archéologie, ici à Jérusalem. En voici le premier numéro couleurs en ligne. Les articles alternent français et anglais.

The Nouvelles de Jérusalem is an information review of the École Biblique et Archéologique française de Jérusalem, 2-3 times a year, they give an overview of the work in progress in both exegesis and archeology, here in Jerusalem. Here is the first color edition online. Articles are sometimes in French sometimes in English.

Méditation

Pâque en Terre Sainte

Il est un endroit, un objet même qui

récapitule pour moi Jérusalem en

ce temps de Pâques. Il se trouve au

fond du lacis de piliers disparates, de

réparations plus ou moins heureuses,

d’entassement des confessions chrétiennes

qui composent le premier

sanctuaire de la chrétienté, là où l’on

célèbre les mystères du salut au lieumême

où ils se sont accomplis : la

basilique du Saint-Sépulcre.

L’église actuelle datant des croisés

a essayé de conserver tout ce qui

pouvait l’être des antiques basiliques

l’ayant précédée. Ce précieux

objet, une relique, est une colonne

qui à l’origine devait séparer deux

nefs. Elle est en pierre de Bethléem,

ce calcaire dont la couleur tire vers

celle du corps humain. Ses veinures

rouges évoquent un organisme vivant

irrigué par un sang que le Christ

a distillé goutte à goutte pour féconder

une terre aride, inculte et assoiffée.

La colonne présente de multiples

fêlures, parfois profondes, causées

par les incendies et les chutes auxquelles

la furie des hommes l’a exposée.

Afin qu’elle puisse remplir son

office, on l’a bardée d’agrafes et de

replâtrages.

tenir debout, portant les stigmates,

symbole dérisoire mais réel de la

puissance du Ressuscité dont la vie

pascale a triomphé des acharnements

trop humains. Elle nous signifie que

le corps de gloire de la Jérusalem céleste,

vision de paix et cité du grand

roi, n’est pas à portée de l’homme,

mais de l’Esprit Saint qui a ressuscité

Jésus d’entre les morts. Jérusalem

nous rappelle que l’espérance du

chrétien dépasse l’espoir d’ici-bas.

Jérusalem témoigne au monde de

cette fêlure qui traverse le cœur de la

condition humaine. Dans cette cavité

résonne insensé le bruit du contentement

de soi, et l’appel répété à une

prière plus fervente. Il faut en passer

par là pour effectuer le passage auquel

nous invitent les solennités pascales

: « tendez vers les réalités d’enhaut,

car votre vie est cachée avec le

Christ en Dieu » (Col 3,2).

Fr. Renaud Silly, o.p.

Dominicain

Cette colonne dit le paradoxe de la célébration

de la Pâque en Terre Sainte.

Jérusalem est traversée aujourd’hui

comme hier des mêmes tensions qui

ont causé la Passion du Christ et celle

de cette colonne. Elle continue à se

Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 93 - Pâques 2017

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