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Museikon_1_2017

Pour un corpus des

Pour un corpus des inscriptions grecques de l’église Saint-Sauveur de Berestovo | 87 l’impénitent. À cette vue, tremble, ô mon âme. Sur le rouleau, N. I. Petrov a lu un extrait d’un tropaire : « Τῶν οὐρανίων στρατιῶν Ἀρχιστράτηγοι, δυσωποῦμεν ὑμᾶς, ἡμεῖς οἱ ἀνάξιοι, ἵνα ταῖς ὑμῶν δεήσεσι, [τειχίσητε ἡμᾶς σκέπῃ τῶν πτερύγων...] » (« Archistratèges des milices célestes, nous vous supplions, nous qui sommes indignes, afin que nous nous protégiez par vos prières à l’ombre de vos ailes... »). 52 L’état actuel de la peinture ne permet pas de contredire cette leçon directement, mais l’on peut néanmoins noter que sur la fresque de l’archange dans l’église de Plumbuita, complètement restaurée, le rouleau présente un texte différent issu du canon en l’honneur de la Vierge : « Τῇ Ἀειπαρθένῳ καὶ Μητρὶ τοῦ Βασιλέως τῶν ἄνω Δυνάμεων, ἐκ καθαρωτάτης καρδίας... » (« À la Toujours Vierge et Mère du Roi des Puissances d’en-haut, [nous, les fidèles], de notre cœur très pure [crions en esprit : réjouis- Toi, ô Mère de Dieu, Vierge, Epouse inépousée... »]). Les inscriptions sur le rouleau tenu par l’Archange variaient donc et seules de nouvelles recherches fondées sur un travail de restauration approfondi permettront d’établir les textes originaux conservés dans les églises Saint- Sauveur et de Plumbuita et leur éventuelle parenté. 53 La présence de cette inscription grecque sur la punition du riche pécheur dans une autre église, voire sur une icône, permettrait sans doute d’établir une parenté entre les monuments. Pour l’instant, il a été possible d’identifier un fragment de cette formule sur une icône provenant de Corfou, réalisée par le peintre Georges Kortezas, actif dans la première moitié du xvii e siècle : ΦΡΙΞΟΝ || ΨΥΧΗ || ΜΟΥ ΤΑ Ο||ΡΟΜΕΝΑ. 54 L’église de Strehaia offre de son côté un fragment relativement bien conservé de la fresque d’origine montrant un saint piétinant un personnage, mais l’iconographie s’avère différente. Il n’est pas assuré qu’il s’agisse ici de l’archange, mais plutôt d’une représentation de saint Démétrius brandissant une lance conformément à l’iconographie de la scène hagiographique connue comme « le miracle de la destruction du tsar Kaloyan » (un parallèle, hélas complètement repeint, se trouve dans l’église de Plumbuita). En revanche, une image très proche peut à nouveau être signalée à Corfou, cette fois dans l’église de la Sainte Trinité à Palies Sinies. 55 Le texte du rouleau tenu par l’archange Gabriel, qui fait face à saint Michel, est tout aussi original (Fig. 23-24). La fresque a subi d’importantes interventions, mais le texte d’origine a, semble-t-il, été conservé, seule la forme des lettres ayant été altérée : Ὁ ἈΡΧ(ων) ΓΑΒΡΙΉΛ Traduction : l’Archonte Gabriel. Ο ἐΝ Οὐ||ΡΑΝΟῖΣ || ΚΑΘΟΡ||ὤΝ ΘΕΟῦ || Τ(ὴν) ΔόΞΑΝ || (καὶ) Τ(ὴν) ὲΠὶ || ΓῆΣ ΔΕ ύ||ΨΟΥΣ ΠΑ||ΡέΧΩΝ || ΧάΡΙΝ Ὁ ἐν οὐρανοῖς καθορῶν Θεοῦ τὴν δόξαν καὶ τὴν ἐπὶ γῆς δὲ ὔψους παρέχων χάριν. Traduction : Celui qui contemple dans les cieux la gloire de Dieu et fait descendre sur terre la grâce d’en-haut. Selon toute vraisemblance, l’inscription fait allusion à la doxologie angélique devant les bergers de l’Évangile de saint Luc (2. 14) : « Δόξα ἐν ὑψίστοις Θεῷ καὶ ἐπὶ γῆς εἰρήνη ἐν ἀνθρώποις εὐδοκία » (« Gloire soit à Dieu dans les lieux très-hauts, que la paix soit sur la terre et la bonne volonté dans les hommes »). Pour le moment, il ne m’a pas été possible de trouver un texte identique, que ce soit dans les hermèneiai ou sur les autres représentations de l’Archange. 56 2. Vision de Saint Pierre d’Alexandrie. Fig. 23, 24 : Église Saint-Sauveur. L’archange Gabriel. Clichés : Vera Tchentsova. Bien visible, l’inscription suivante flanque un thème iconographique assez recherché, bien qu’assez fréquent dans le décor des sanctuaires balkaniques du xvi e - xvii e siècle, la Vision de Saint Pierre d’Alexandrie (Fig. 25-26). L’évêque, recevant une vision du Christ, les vêtements déchirés, demande « Seigneur, qui t’a déchiré ta tunique ? » ; et le Christ lui répond par les termes d’un stichère « Arius haïssant de voir la lumière » 57 (sur la fresque, la réponse précède la question). Les figures sont également accompagnées de leur vocable : Ὁ Ἁγ(ιος) ΠΈΤΡΟΣ Ι(ησοῦ)Σ Χ(ριστό)Σ Traduction : saint Pierre / Jésus Christ. Le texte du dialogue est largement fautif, mais les fautes n’hypothèquent pas la compréhension et l’établissement du texte : ΑΡΑΟΣ Ὁ ΜΥΣΑΣ ΤΟ ΦΩΣ ΜΗ ΒΛΕΠΗΝ Τ(ί)Σ ΣΟΥ ΤῸΝ Χ(ι)Τ(ώ)ΙΠ ΙΣ(ώτ)ΕΡ ΛΗ(εί)ΛΕΝ Ἄρειος ὁ μυσᾶς τὸ φῶς μὴ βλέπειν. Τίς σου τὸν χιτῶνα, Σῶτερ, διεῖλεν ; L’inscription offre à nouveau ce « gibberish » cher à Ihor Ševčenko, qui reflète selon toute probabilité l’incapacité du peintre à reproduire le texte reçu en modèle : ce n’est pas un hasard, par exemple, si dans le mot διείλεν un lambda ait remplacé le delta, très proche d’un point de vue paléographique. Néanmoins, il faut prendre en compte que la fresque a été rénovée et que les déformations des lettres peuvent refléter ces interventions. À nouveau l’étude de l’iconographie et des particularités paléographiques et linguistiques est suspendue à un processus de restauration et à une étude attentive spéciale de la stratigraphie des couches de peinture. 58 3. Prophète Jonas. Les personnages représentés sur les fresques tiennent fréquemment entre leurs mains des rouleaux arborant des textes assez longs, mais les tentatives de lecture se heur-

88 | Vera Tchentsova tent toujours à une orthographe si fautive qu’elle en compromet la compréhension. L’image du prophète Jonas en fournit un bon exemple et illustre également l’impact négatif des restaurations anciennes (Fig. 27-28) : 59 Ὁ ΠΡΟΦ(ή)Τ(ης) ἸΩΝΑΣ Traduction : le prophète Jonas ΑΠΕΡΡΙ||ΨΑΣ ΜΕ || ΕΙΣ ΒΑΘΗ || ΛΑΡΔΙΑ||Σ ΦΑΛΑΣΣΗΣ, ΚΑ||Ι ΠΟΤΑΜ||ΟΙ Ἀπέρριψάς με εἰς βάθη καρδίας θαλάσσης, καὶ ποταμοὶ [ἐκύκλοσάν με...] Traduction : Tu m’as jeté dans l’abîme, dans le cœur de la mer, et les courants d’eau [m’ont environné...] (Jonas 2 : 4). 4. Le prophète Michée. Semblable restauration a subi également la représentation du prophète Michée. On distingue sur le rouleau une partie des lettres de la couche inférieure, lettres fort différentes de celles du texte que l’on lit actuellement (Fig. 29-30) : 60 Ὁ ΠΡΟΦ(ή)Τ(ης) ΜΗΧΑίΑΣ Traduction : le prophète Michée ΚΑΙ ΣΤΗΣΕΠ || ΚΑὶ ὅΨΕΤΑ[ι] || ΚΑῚ ΗΟΙΜ||(αν)ΟῚ Τὸ ΠόΣ (sous la couche de peinture de la restauration, quelques lettres sont visibles : ΙΜΝΙΟΥ) Ν || ΣΙΟὐ ὠΝ || Ν ΙΣΧΥΗΣ † (sous la peinture, on voit le mot : Κ(ύριο)Σ). Καὶ στήσεται καὶ ὄψεται καὶ ποιμανεῖ τὸ ποίμνιον αὐτοῦ ἐν ἰσχύϊ Κύριος... Traduction : Le Seigneur s’affermira et il verra, et il conduira son troupeau avec puissance... (Michée 5 : 3). 5. Le prophète Ézéchiel. Le rouleau présente ici (Fig. 31) un texte qui ne correspond sans doute pas à celui d’origine, sans que l’on puisse déterminer si les erreurs remontent au travail de l’artiste originel ou si elles sont imputables à un restaurateur. Actuellement au-dessus de l’image du prophète et sur le rouleau on lit le texte suivant : Ὁ ΠΡΟΦ(ή)Τ(ης) ἸΕΖΕΚΙ(ήλ) Traduction : le prophète Ézéchiel. ΤάΔΕ ΛΕΗ || Κ(ύριο)Σ ΕΓὼ || ΔώΣΩ || ΕἰΣ Τὰ ΔΕ||ΞΙΑ Traduction : Ainsi parle le Seigneur : Moi, je donnerai à droite... Sur les rouleaux tenus par le prophète Ézéchiel, on peut trouver des citations fort différentes. Souvent on y lit les mots (Éz. 36 : 26) : « Kαὶ δώσω ὑμῖν καρδίαν καινὴν καὶ πνεῦμα καινὸν δώσω ἐν ὑμῖν » (« Et je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau ».). Denys de Fourna dicte l’utilisation d’une autre citation du Livre du prophète (Éz. 34 : 11) : « Διότι τάδε λέγει κύριος Ἰδοὺ ἐγὼ ἐκζητήσω τὰ πρόβατά μου [καὶ ἐπισκέψομαι αὐτά.] » (« Car ainsi parle le Seigneur : Voici que j’aurai soin moi-même de mon troupeau et je m’en occuperai »). 61 Il n’est pas impossible que sur la fresque de l’église Saint-Sauveur le texte ait été composé de deux citations différentes, mal reportées sur la fresque. 6. Le prophète Daniel. Au-dessous de l’effigie de Daniel et sur son rouleau on lit le nom du prophète et une citation du Livre de Daniel (Dan. 2 : 2) : 62 Ὁ ΠΡ(ο)Φ(ή)Τ(ης) ΔΑΝΙΗΑ Traduction : le prophète Daniel. ΕΙΗ ΤΟ || (ὄ)ΝΟΜΑ Τ||ΟΥ ΘΕ||ΟΥ ΕΥ||ΛΟΓ||ΗΜ(ένον) Eἴη τὸ ὄνομα τοῦ Θεοῦ εὐλογημένον (ἀπὸ τοῦ αἰῶνος καὶ ἕως τοῦ αἰῶνος...). Traduction : Béni soit le nom de Dieu, (d’éternité en éternité...). 7. Le prophète Élie. Au-dessous de l’effigie du prophète Élie 63 et sur son rou- Fig. 25, 26: Église Saint-Sauveur. La vision de saint Pierre d’Alexandrie. Clichés: Vera Tchentsova Fig. 27, 28: Église Saint-Sauveur. Le prophète Jonas. Clichés: Vera Tchentsova

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