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La sécurité alimentaire

La sécurité alimentaire

38 Groupe 4 Les citoyens

38 Groupe 4 Les citoyens cherchent leur propre défi nition du problème: • Quelle est la diff érence entre bonnes et mauvaises bactéries? • Quel est l’impact sur le prix de revient? Le contrôle se paie et le consommateur ordinaire doit encore pouvoir le payer. • Le type d’emballage joue-t-il un rôle dans la défi nition des normes? L’emballage est lié à la stérilisation et à la durée de conservation. Qu’en est-il du réfrigérateur? Est-ce une forme d’emballage? • Est-il juridiquement possible d’imposer une norme nationale à d’autres pays? L’Europe a-t-elle ce pouvoir? Que peut faire l’Europe contre une logique de marché libre qui tend de plus en plus à réapparaître? • Existe-t-il déjà des normes diff érentes pour des aliments préparés et non préparés, par exemple en matière de durée de conservation? • Les tests réalisés sur les risques des additifs sont-ils valides? Les expérimentations se font sur des animaux qui sont quand même diff érents des humains. Les animaux ne peuvent pas dire s’ils ont mal à la tête ou s’ils se sentent déprimés. Ils ne font que mesurer les eff ets des E séparément et adoptent l’idée d’ ‘acceptable daily intake’ (absorption journalière acceptable). Elle se calcule sur la base d’une alimentation équilibrée alors que nous savons que les jeunes ne mangent pas ainsi. • Jusqu’où allons-nous en ce qui concerne la stérilité? • Sur la base de quoi fait-on déjà la distinction avec les aliments pour bébés? Sur la base de la santé ou de la digestibilité? Dans la recherche de solutions, les membres de ce groupe partent de l’idée générale qu’on ne peut pas s’écarter d’une norme de santé générale pour tout le monde. Ils émettent à ce sujet les considérations suivantes: • Les avantages et inconvénients des deux modes de production. Avantage d’un mode de production industriel: on a le temps et les moyens de respecter des normes. Désavantage: une grande entreprise peut mieux garantir la stérilité de ses produits mais n’en devenons-nous pas plus vulnérables, notre seuil de résistance ne va-t-il pas baisser? • Avantage d’un mode de production artisanal: on connaît la personne et une confi ance personnelle est possible; on utilise peu ou pas d’additifs. • Dans une grande entreprise, la stérilité est davantage une nécessité car une durée de conservation plus longue y est importante. • On a besoin de plus en plus de normes en raison par exemple du transport d’aliments sur longue distance. • Il y a l’aspect de l’âge. Une analogie est possible avec les médicaments: en dessous d’un certain âge, certains médicaments sont interdits.

Les citoyens se mettent d’accord sur les deux questions à poser à la personne de référence: • Les additifs sont-ils nocifs à long terme et qu’en est-il de l’eff et cumulatif? • Les normes de stérilité ne sont-elles pas exagérées et notre résistance n’en est-elle pas aff aiblie? Le Professeur André Huyghebaert donne les explications suivantes: Explication à la question 1: • Il faut partir d’une description stricte du concept d’additif: il s’agit d’un ajout délibéré, qui reste dans le produit et qui a une fonction précise (diff érente donc d’un contaminant par exemple). (contribution à une meilleure compréhension du concept) • La toxicité est mesurée au moyen de tests. On établit un niveau et on applique un facteur de sécurité de 100 (encore 100 fois plus bas que la dose dont on ne remarque rien). Il est également tenu compte du mode de consommation: par ex. nous mangeons du pain tous les jours et on est donc plus sévère avec ce produit qu’avec un apéro coloré (Campari). En suivant cette logique dans les tests, nous tenons compte du long terme et de l’eff et cumulatif. En réaction aux critiques formulées à l’encontre de ces tests (par ex. qu’ils sont pratiqués sur des animaux), nous appliquons le facteur 10 et nous le multiplions même encore par 10 pour garantir la sécurité des groupes vulnérables (femmes enceintes, allaitement...). (concrétisation du problème) Explication à la question 2: • Selon une thèse, en cherchant la pureté à tout prix, on diminue les résistances. Mais la déontologie veut aussi que les garanties doivent s’appliquer aussi aux groupes les plus faibles. (explication d’un dilemme politique) Les citoyens émettent les considérations suivantes: • Nous ne devons pas nous appesantir sur le danger de ces additifs. Nous devons le croire en tant qu’expert. Si ce n’était pas le cas, Test-Achats aurait abordé cette question depuis longtemps. • D’autre part, il ressort de notre première discussion de ce matin qu’il y a beaucoup de méfi ance. Mais cela est lié à d’autres choses: ‘Nous ne savons pas ce qu’il y a là-dedans’ (par ex. fi let américain préparé, dioxine). Ce sont d’autres questions que celle des additifs. Il reste aussi le problème que les normes doivent être mieux contrôlées. • En tant que citoyen, nous devons davantage oser donner notre avis. C’est diff érent de ‘Que savons-nous?’ La science ne produit d’ailleurs pas de certitudes. Un scientifi que dit une chose et l’autre dit autre chose. En tant que citoyen, je ne fais pas aveuglément confi ance. • Nous pouvons quand même donner notre point de vue: ‘essayer autant que possible de limiter les additifs.’ En fonction de la conservation, c’est d’accord, mais si c’est pour le goût ou la couleur, ce n’est pas nécessaire. Les experts et décideurs politiques doivent prouver que l’ajout d’additifs est structurellement nécessaire sur ce point. Il y a ici en outre un danger d’uniformité, on ne goûte fi nalement plus le produit. • Nous pouvons dès lors nous présenter comme partisans de la chaîne courte. Il devrait y avoir plus de magasins biologiques car les gens iraient davantage acheter dans leur quartier. Les gens achètent trop dans les grandes surfaces, ce qui fait disparaître les petits commerces. Tout est lié à la globalisation. Dans l’industrie alimentaire, il ne s’agit que de profi t et de commerce. Nous voyons que les machines sont de plus en plus utilisées dans l’industrie alimentaire et les chômeurs qui en résultent. 39

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