3 Le Joyau Noir

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3 Le Joyau Noir

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Le baron Meliadus

À cette époque de l’année, commençaient, pour le peuple de

Kamarg, les grandes festivités. Les labeurs de l’été étaient

terminés, les maisons se couvraient de fleurs, hommes et

femmes se vêtaient de soie et de lin richement brodés, des

taurillons, lâchés dans les rues, chargeaient les passants amusés

et les gardians paradaient dans leurs parures martiales. Les

après-midi étaient consacrés aux courses de taureaux, qui se

déroulaient dans l’antique amphithéâtre de pierre situé aux

limites de la ville.

Les sièges des arènes étaient de granit, disposés en rangées

régulières. Au sud, près du haut mur qui ceignait la piste, une

tribune couverte, dont le toit d’ardoise rouge était soutenu par

des piliers sculptés, avait été édifiée. On y avait accroché des

tentures brunes et écarlates. C’était là que trônaient le comte

Airain, Yisselda, sa fille, Noblegent et le vieux von Villach.

De leur place, le comte et ses compagnons pouvaient voir la

totalité de l’amphithéâtre, qui commençait à se remplir, et

entendre les conversations animées qui se mêlaient aux bruits

des sabots et aux mugissements des taureaux, encore

prisonniers.

Bientôt, de l’autre côté du théâtre, six gardians vêtus de

capes bleu ciel et équipés de casques à plumet levèrent leurs

trompettes de bronze. La fanfare fit écho aux renâclements des

taureaux et aux hurlements de la foule. Le comte avança d’un

pas.

L’ovation redoubla d’intensité lorsqu’il apparut, souriant et

levant la main en un geste amical. Quand le tumulte se fut

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