3 Le Joyau Noir

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3 Le Joyau Noir

Airain marcha sur son adversaire, sabre haut, et frappa de

taille. L’autre para. Comme des bûcherons qui s’acharnent sur le

tronc d’un chêne séculaire, les deux hommes balançaient leurs

lourdes lames avec d’amples et puissants mouvements. Le bruit

métallique de l’acier contre l’acier résonnait dans la salle, ce qui

ne tarda pas à alerter les domestiques et les hommes d’armes de

Meliadus. Ces derniers, déconcertés, ignoraient quelle attitude

adopter. Bientôt von Villach arriva à son tour, suivi de ses

hommes ; les Granbretons, se voyant inférieurs en nombre,

décidèrent de ne pas intervenir.

Des étincelles jaillissaient parfois du choc des deux lames,

que les combattants manipulaient avec une extraordinaire

maestria. Leur visage ruisselait de sueur, leur poitrine se

soulevait au rythme de leur respiration haletante, tandis qu’ils

frappaient et paraient les coups, se déplaçant dans la vaste et

sombre salle.

Le baron Meliadus atteignit l’épaule de son adversaire, mais

ne parvint qu’à l’égratigner, et le sabre du comte Airain s’abattit

sur le flanc du Granbreton, mais le cuir épais dont était fait son

pourpoint arrêta la lame. Il y eut une série d’assauts

extrêmement rapides, et l’on aurait pu croire que les deux

combattants allaient mutuellement se tailler en pièces ; mais,

quand le comte et le baron s’écartèrent et se remirent en garde,

les spectateurs virent qu’Airain ne portait qu’une estafilade au

front et qu’une déchirure ornait son vêtement. Meliadus, pour

sa part, n’était pas blessé ; son pourpoint, en revanche, était en

loques.

Leur souffle court et le bruit de leurs pieds sur le sol se

mêlaient au fracas de leurs armes, tandis qu’ils s’affrontaient,

inlassables.

Le comte, butant contre une table basse, trébucha, et partit à

la renverse, déséquilibré, lâchant dans sa chute la poignée de

son sabre. Meliadus ricana et leva haut sa lame. Airain roula sur

lui-même ; tirant son adversaire par les chevilles, il le fit

basculer à son tour.

Délaissant le fer, ils se battirent à poings nus, luttant

farouchement, les lèvres retroussées, entraînant dans leurs

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