3 Le Joyau Noir

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3 Le Joyau Noir

Et les vivats retentirent si fort qu’il semblait que la Terre

entière pourrait les entendre.

Et la foule se leva, saluant son seigneur gardian d’une

ovation extraordinaire, tandis que Mahtan Just, une main

plaquée sur sa blessure, rentrait à nouveau dans l’arène et

s’approchait en titubant pour étreindre le bras du comte en

signe de reconnaissance.

Dans la tribune, Yisselda pleurait de fierté et de soulagement

à la fois, tandis que, sans gêne aucune, Noblegent essuyait les

larmes qui coulaient de ses propres yeux. Seul von Villach ne

pleurait pas, se contentant de hocher gravement la tête, en signe

d’approbation.

Le comte Airain revint vers les siens, leur adressant son plus

large sourire. Il posa les mains sur le rebord du mur et s’y hissa

d’une traction pour regagner sa place. Il riait, à présent, et

saluait la foule qui continuait à l’acclamer.

Puis il leva la main pour obtenir le silence et dit :

— Ce n’est pas moi qu’il faut acclamer, c’est Mahtan Just. Lui

seul s’est emparé des rubans. Regardez – il montra ses paumes

vides – je n’ai rien. (Un rire parcourut l’assistance.) Que la fête

continue !

Puis il se rassit.

Noblegent avait repris son expression habituelle. Il se

pencha vers Airain :

— Alors, mon ami, continuerez-vous à prétendre que vous ne

souhaitez pas vous mêler des combats des autres ?

Le comte lui sourit.

— Vous êtes obstiné, Noblegent. Cette affaire était de mon

ressort, après tout.

— Si le rêve d’une Europe unie vous hante toujours, alors les

affaires du continent sont de votre ressort… (Noblegent se

gratta le menton) après tout.

Airain reprit un instant une physionomie grave.

— Peut-être… commença-t-il.

Mais il secoua la tête et éclata de rire.

— Oh ! rusé Noblegent, vous parviendrez toujours à me

prendre en défaut, n’est-ce pas ?

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