sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

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sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

n’était ni admise, ni tolérée, elle était habituelle, normalisée, institutionnalisée. Quand la

commission anti-corruption a été créée, un ancien ministre a déclaré à un journaliste :

S’ils croient qu’ils vont arriver à la supprimer ! La supprimer est impossible !

Il est de fait que sur tous les grands projets des énormes pourcentages étaient prélevés.

Or le total des aides indiennes, européennes, américaines, du Japon... est, aujourd’hui

encore, toujours supérieur à 50 % du budget de fonctionnement du pays. Et on lit que 90

à 95 % des sommes étaient détournées ! Imaginez ce que représente 90 % du montant

des travaux de construction d’une route, d’un pont, d’un bâtiment et comparez-le au

salaire d’un fonctionnaire même supérieur ! Il était si facile d’indiquer dans les

justificatifs, quand ils étaient demandés, de faux nombres de jours de travail, de faux

prix des matériaux, de fausses quantités de matériaux.... Ceci explique la lassitude de

certains pays qui, au début de l’ouverture des frontières, ont puissamment aidé le Népal

–dont la France- puis ont brutalement arrêté leurs aides. A Pokhara, dans l’enceinte de

l’International Mountain Museum, se dressent deux murs d’escalade. L’un pourtant

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financé par les suspicieux Japonais a coûté 23 laks (23.000.000 roupies), il mesure 9

mètres de hauteur, l’autre, financé et construit par l’Ambassade de France et moi-même

mesure un peu plus de 21 mètres de hauteur, il a coûté moins de 9 laks (9.000.000

roupies). C’est connu, les magouilleurs français ouvrent des comptes bancaires en

Suisse, il serait intéressant de connaître, le nombre de comptes bancaires ouverts en Inde

par des Népalais ayant occupé une fonction dans un gouvernement, et les sommes qu’ils

abritent. Il est de notoriété publique puisque des dirigeants ont été condamnés, que lors

des tractations pour la remise à flot de la Royal Népal Airlines Corporation (la R.N.A.C.,

amusant acronyme !), d’énormes sommes ont été versées. A qui ? Combien ?

Dès qu’il y avait quatre sous à tirer l’administration était toujours vigilante. Il m’a fallu

six ans parce que je n’ai pas voulu m’adresser aux responsables du Parc de Sagarmatha,

le financement étant déposé dans une banque, pour que commencent les travaux

d’électrification du village de Pangbotché au pied de Sagarmatha. Travaux qui, une fois

l’autorisation obtenue, ont été terminés en quelques semaines. Pour des raisons

analogues, il m’a fallu vingt-cinq ans pour faire construire trois salles de classe et un

mur d’escalade pour l’enseignement des métiers de la montagne !

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