sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

nepalsherpasig.fr

sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

Mais le Népal est aussi un pays de trekking, il est visité annuellement par des milliers de

trekkeurs français. Quel trekkeur, quel trekkeur notable, quel trekkeur écrivain français a

plaidé la cause des révolutionnaires népalais ? Quel média français –de gauche tout au

moins- s’est interrogé, s’est demandé pourquoi un peuple, en l’an 2000, prenait les

armes ? Quel média s’est rendu au milieu des combattants, pour savoir, pour

comprendre ? Quel caméraman est venu filmer, interroger ces maoïstes-Sans-culottes

népalais ? Aucun ! Les cameramen continuent de venir filmer les splendides Himalayas,

les curieux stupas, les Népalais effectuant leurs pujas, les Sherpas dans tous leurs états...

Silence sur le régime politique du pays, silence sur la misère d’un peuple, silence sur les

révoltés. Un silence uniquement troublé par le chœur des aficionados en extase, vantant

le folklore, le sublime, le gnian gnian de ce pays. Des aficionados faisant bruits de

trompettes sur ce qu’ils nomment la spiritualité, celle qu’ils viennent de découvrir dans

des pratiques moyenâgeuses et qui est bâtie sur fond de crédulités, d’idolâtries, de

pratiques ésotériques enfantines.

C’est aussi cela le peuple français.

Et moi vieux Français émigré je me pose des questions : Un jeune individu ayant des

idées révolutionnaires les voit logiquement s’effilocher au fur et à mesure qu’il prend de

l’âge et il n’est pas rare de rencontrer d’anciens gauchistes grisonnants adopter des idées

conservatrices. Georges Bernard Shaw a formulé ceci sous une forme amusante :

Je plains celui qui n’a jamais été révolutionnaire à vingt ans, s’il ne l’a pas été, c’est qu’il manque de

cœur. Je plains celui qui est toujours révolutionnaire à quarante ans, s’il l’est encore, c’est qu’il

manque de tête.

Et Victor Hugo :

Quand on a les cheveux gris, il ne faut pas revoir les opinions pour lesquelles on faisait la guerre et

les femmes auxquelles on faisait l’amour à vingt ans. Femmes et opinions nous paraissent bien

laides, bien vieillies, bien chétives, bien édentées, bien ridées, bien sottes.

Que penser d’un individu tel que moi, qui n’a jamais été motivé par la politique et qui,

soudain, après une vie d’indifférence à cette politique, se met soudain à penser que seuls

41

41

More magazines by this user
Similar magazines