sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

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sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

Mon patronyme est Sigayret qui vient de segaïre, celui qui scie, qui fauche, qui est un

simple paysan. Une consultation des registres à l’église du village natal de ma famille

paternelle m’a appris que mes ancêtres étaient brassiers, nom alors donné à ceux qui

travaillaient avec leurs bras. C’étaient des ouvriers agricoles, des paysans sans terre, des

manants, des Dalits, peut-être dans un temps ancien des sortes de Serfs-Kamalaris.

Portant un tel nom, pouvais-je cautionner un régime de monarchie absolue ? Quel parti

était estimable ? Au Népal, le parti Népali Congres rassemblait les partisans de l’ancien

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régime, le parti communiste Union Marxist Leninist, U.M.L., n’était pas, malgré son

appellation, un parti de gauche. Il était comparable à nos socialistes des années 1960

qui, avec la droite, lamentablement, poursuivait la guerre colonialiste d’Indochine puis

celle d’Algérie. Ce parti U.M.L, une fois la révolution proclamée, n’a pas hésité à

honteusement s’allier avec le parti Népali Congres, le parti de l’hindouisme, le parti qui

lutte pour conserver l’ancienne stratification sociale, pour conserver ses privilèges. Je ne

pouvais pas croire en lui. J’ai alors dirigé mon regard vers les maoïstes, ce qui m’a

conduit à me rapprocher d’eux. Suis-je pour autant devenu un inconditionnel maoïste ?

Peut-on le devenir à 76 ans alors que l’âge conduit à sourire des théories, à refuser la

violence, fait aspirer à des sociétés sans heurts, voire à des idées centristes ?

Ai-je l’âge d’agiter des drapeaux, de crier des slogans ? De lever mon poing en guise de

salut ? Le lèverai-je un jour ce poing ? Peut-être si j’en viens à considérer ce geste

comme un symbole. Je suis par contre certain que je le lèverai si j’avais à choisir entre

cette forme de salut et de partage d’amitié et les attitudes de ces Occidentaux récemment

convertis au bouddhisme. Ceux qui, le plus sérieusement du monde, et pour certains sans

peur du ridicule, enchaînent : circumambulations autour de stupas, de chortens, de

manis-simples cailloux gravés, prosternations, méditations, récitations d’oraisons, gestes

d’adoration ou de vénération devant des pictogrammes ésotériques. Je ne me vois pas

affublé de soungti-amulettes au cou et aux poignets, oublieux de la misère du monde,

parlant compassion tout en n’ayant qu’un but : détruire mon égo pour atteindre un

nirvana-grand-vide et sans souffrances. Alors que la misère autour de moi fait souffrir et

tue annuellement des centaines de millions d’individus, des dizaines de millions

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